Vous êtes sur la page 1sur 75

www.ledirecteurfinancier.

ma 1

GESTION ET POLITIQUE FINANCIERE

EVALUATION ET FINACEMENT DES


PROJETS D’INVESTISSEMENT

Animé par : Abdelaziz JNINI


Gestion et politique financière _ Plan

Partie I : Diagnostic financier (rappel)


- Chapitre 1 : Analyse de l’équilibre financier
- Chapitre 2 : Analyse des performances économiques
- Chapitre 3 : Analyse financière statique et la méthode des flux

Partie II : Choix et financement des investissements


- Chapitre 1 : Modalités du choix des investissements
- Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements
- Chapitre 3 : Plan d’investissement et de financement

2
Chapitre 1 : Modalités du choix des investissements

Typologie des investissements


• Différentes catégories d’investissement peuvent être distinguées en
fonction de son objet (investissement de remplacement, investissement
d’expansion (croissance), investissement de productivité, etc.), ou la nature
de l’entreprise (investissement commercial, investissement financier,
investissement immatériel) ;
• Définition : on appelle investissement, l’engagement d’un capital dans une
opération de laquelle on attend des gains futurs, étalés dans le temps, avec
un objectif de création de valeur.
• Tous les investissements susceptibles d’être réalisés par une entreprise ne
peuvent faire l’objet d’une évaluation quantitative.
• Les calculs de rentabilité financières ne concernent que les investissements
pour lesquels il est possible d’estimer des gains attendus.
• Les autres investissements : sociaux (cantines, …), intellectuels (formation,
…) sont décidés sur d’autres considérations.
3
Chapitre 1 : Modalités du choix des investissements

Typologie des investissements

• Définition : on appelle investissement, l’engagement d’un capital dans une


opération de laquelle on attend des gains futurs, étalés dans le temps, avec
un objectif de création de valeur.
• Evaluer un projet d’investissement consiste donc à comparer ces deux
éléments : gains futurs et capital investi.
• Une telle comparaison implique que soient précisées, au préalable, les
caractéristiques d’un projet d’investissement.

4
Caractéristiques d’un projet d’investissement

1- le Capital investi
C’est le montant des dépenses que l’entreprise consacre à la réalisation d’un
projet d’investissement.
Les dépenses d’investissement comprennent :
• Le prix d’achat des immobilisations,
• Les frais d’étude et de recherches techniques et commerciales,
• Les frais de formation de personnel,
• Le coût total d’acquisition ou de construction ainsi que les coûts annexes,
• La valeur des biens utilisés dans le projet et qui sont déjà propriété de
l’entreprise : locaux, terrains, matériels divers, etc. (Coût d’opportunité ou
coût de renonciation).
• Le besoin de financement d’exploitation (BFRE) induit par l’investissement.

5
Caractéristiques d’un projet d’investissement

1- le Capital investi : Précisions

a- Particularités fiscales :
- En cas d’exonération de la TVA ;
- En cas d’achat avec TVA : à intégrer seulement la part de la TVA non
récupérable.
b- En cas d’investissement de remplacement
- La valeur de l’investissement doit être diminué de la valeur résiduelle de
l’équipement ancien.
- Elle doit être corrigée aussi des effets fiscaux relatifs aux plus ou moins
values éventuellement réalisées lors de cette cession :
- Si Prix de cession > VNA : plus value imposable.
- Si Prix de cession < VNA : moins value déductible.

6
Caractéristiques d’un projet d’investissement

1- le Capital investi : Précisions

c- Variation du BFR dûe à l’investissement


- S’il y’a lieu une augmentation des stocks et des crédits clients par exemple
du fait de l’augmentation prévue du volume d’activité, il faut intégrer cette
immobilisation additionnelle de fonds en capitaux circulants dans la
dépense d’investissement, en les actualisant le cas échéant.
- Les augmentations de BFR nécessaires doivent être exprimées en fonction
du CA (% ou en jr de CAHT).
DI = Investissement initial - Cession +/- IS/+-value + Var BFR

N.B : Rappelons qu’en fin de projet, le BFRE est récupéré, car les stocks sont
liquidés, les créances clients sont recouvrées et les dettes fournisseurs réglées.

7
Caractéristiques d’un projet d’investissement

1- le Capital investi : Précisions

d- Échelonnement des dépenses d’investissement


- Les dépenses d’investissement ne s’effectuent pas toujours sur une seule
période. Si elles s’échelonnent dans le temps, il faut en actualiser ou en
capitaliser les dépenses d’investissement (en fonction de la date choisie
pour les calculs).

DI
I1 I2 Ik
(1 + a) (1 + a)² (1 + a)k

8
Caractéristiques d’un projet d’investissement

1- le Capital investi
Exemple
- Une entreprise a décidé d’acheter une machine au prix HT de 1 000 000
Dhs. Le prorata de récupération de la TVA est de 80%.
- les frais de transport et d’installation sont estimés à 150 000 Dhs.
L’augmentation du besoin en fonds de roulement induit par le projet :
16.000 Dhs.

- Le montant du capital investi se calcule ainsi :


• Prix d’achat : 1 000 000
• TVA non récupérable : 1 000 000 * 20% * (1-0,80) = 40 000
• Frais d’installation : 150 000
• BFR additionnel : 16 000
- Capital investi = 1 206 000 Dhs
9
Caractéristiques d’un projet d’investissement

2- Durée de vie économique


• La durée de vie économique d’un projet est la période pendant laquelle
l’investissement est supposé rester en exploitation dans des conditions de
viabilité économique acceptable.

• La durée de vie économique ne coïncide pas avec la durée de vie fiscale.

• Dans le cas de projets à durée de vie très longue (cimenteries, raffineries,


etc), il est fréquent que l’horizon prévisionnel retenu soit plus court. Il ne
peut dépasser 10 ans et il est généralement bien inférieur à la durée de vie
économique de ce type de projets.

10
Caractéristiques d’un projet d’investissement

3- Les flux nets de trésorerie ou cash-flow nets induits par le projet


Notions de cash-flows
• Dans l’étude d’un projet d’investissement, le revenu qui est pris en considération est
le flux net de trésorerie résultant de l’exploitation de l’investissement, c’est à dire le
solde des recettes et des dépenses d’exploitation qui peuvent être rattachées à
l’investissement.
• Il faut raisonner en terme de cash-flow et non en terme de bénéfice comptable.

• Cash-flow = Recettes imputables au projet - dépenses imputables au projet

• Pour simplifier les calculs, on admet que les CF sont générés en fin d’exercice
0 1 2 4

CF 1 CF 2 CF n
• Il s’agit des flux financiers nets générés par l’exploitation de l’investissement et
restant à la disposition de l’investisseur pour de nouvelles affectations
(rémunération et remboursements de dettes, nouveaux investissements,
rémunération des actionnaires, etc).
11
Caractéristiques d’un projet d’investissement

3- Les flux nets de trésorerie ou cash-flow nets induits par le projet

Séparation des décisions d’investissement et de financement


• Le flux net de trésorerie ne comprend pas les frais financiers, la décision
d’acquérir un actif étant provisoirement isolée du choix du mode de
financement.

• Dans un premier temps, on évalue les revenus économiques du projet,


abstraction faite des moyens de financement utilisés, de façon à mettre en
évidence la rentabilité économique du projet d’investissement.

• Le coût de financement est introduit par le biais du taux d’actualisation qui


correspond au coût du financement utilisé (coût moyen pondéré du
capital).

12
Caractéristiques d’un projet d’investissement

3- Les flux nets de trésorerie ou cash-flow nets induits par le projet


• La détermination des cash-flows prévisionnels se fait au niveau du compte
de produits et charges prévisionnels.
• Les cash-flows sont le résultat de prévisions de chiffres d’affaires, des
différents coûts d’exploitation et des impôts. Dans la mesure ou l’on admet
qu’il y a identité entre recettes et chiffre d’affaires d’une part et entre
dépenses et charges décaissables d’autre part, on peut écrire :
- Cash-flow = Chiffre d’affaires - Charges décaissables
- On a aussi, résultat net = Chiffre d’affaires – (charges décaissables + dotations)
- On déduit donc Cash-flows = Résultat net + Dotations

• On a donc : Cash-flow = Résultat net + Dotations

• Cash-flow = Résultat prévisionnel avant charges financières et après impôts +


dotations aux investissements d’exploitation.

13
Caractéristiques d’un projet d’investissement

3- Les flux nets de trésorerie ou cash-flow nets induits par le projet


Exemple : Soit un projet d’investissement comportant des matériels pour
160.000 DHS (HT) amortissables linéairement sur 5 ans. La TVA est
totalement récupérée.
Les prévisions d’exploitation relatives à ce projet sont les suivantes (en
milliers de DHS) :

Année 1 2 3 4 5
Chiffre d’affaires 210 240 267 216 189
Charges variables 100 120 130 110 94

Les charges fixes, hors amortissements sont évaluées à 44.000 et sont


supposées rester à ce niveau pendant les 5 années. L’impôt sur les sociétés
est au taux de 30 %.
 TAF : Calculer les cash-flows de ce projet.

14
Caractéristiques d’un projet d’investissement

3- Les flux nets de trésorerie ou cash-flow nets induits par le projet

Exemple :
Année 1 2 3 4 5
Chiffre d’affaires (1) 210 240 267 216 189
Charges variables (2) 100 120 130 110 94
Charges fixes hors amorts (3) 44 44 44 44 44
Amortissements (4) 32 32 32 32 32
Résultat avant impôt 34 44 61 30 19
Impôt sur les sociétés (5) 10,20 13,20 18,30 9,00 5,70
Résultat net (6) 23,80 30,80 42,70 21,00 13,30
Cash flow = CA - charges décaissables
55,80 62,80 74,70 53,00 45,30
(1) - [(2) + (3) + (5)]
CF = Résultat net + amort
55,80 62,80 74,70 53,00 45,30
(6) + (4)

N.B : l’égalité des deux formules suppose qu’il n y a pas de crédits clients et fournisseurs.

15
Caractéristiques d’un projet d’investissement

3- Les flux nets de trésorerie ou cash-flow nets induits par le projet

Cash-flow en situation d’investissement de remplacement

• Dans le cas d’une création d’entreprise, les excédents nets d’exploitation


prévisionnels sont entièrement imputables au projet étudié. En revanche, il
est plus délicat d’isoler les flux de trésorerie d’un investissement réalisé
dans une structure existante.

• Dans ce cas, on utilise l’approche différentielle, ce qui revient à calculer un


flux de trésorerie différentiel en comparant les produits et les charges dans
les hypothèses de réalisation et de non réalisation du projet.

16
Caractéristiques d’un projet d’investissement

4- Taux et technique d’actualisation


• Les flux de trésorerie dégagés dans le temps, par un projet
d’investissement ne peuvent être comparables qu’à la condition de
ramener leurs valeurs respectives au même instant.

• L’actualisation des flux financiers devrait prendre en considération la


dépréciation de la monnaie dans le temps résultat de l’inflation ainsi que la
rémunération de l’immobilisation des fonds dans le temps ou la
renonciation à la liquidité immédiate, et la prime de risque.

• La détermination du taux d’actualisation est particulièrement délicate, non


mécaniste et comporte une part de subjectivité non négligeable de
l’investisseur relative à ses propres anticipations.

17
Caractéristiques d’un projet d’investissement

4- Taux et technique d’actualisation

Taux d’actualisation
La détermination du taux d’actualisation peut se faire selon deux logiques :

1. Le taux d’actualisation perçu comme un coût d’opportunité ;


Ce taux peut provenir des possibilités de placement ou d’investissement
sur le marché financier dans l’acquisition de titres à niveau de risque
similaire.

2. Le taux d’actualisation perçu comme un coût de capital .


Il peut aussi être représenté par le coût moyen pondéré des capitaux de
l’entreprise après impôts.
Ce coût résulte de la moyenne des coûts spécifiques par catégorie de
ressources pondérées par l’importance relative de chaque catégorie de
ressources dans le total des ressources.
18
Caractéristiques d’un projet d’investissement

4- Taux et technique d’actualisation

La détermination du taux d’actualisation en tant que coût du capital.

tc = t K +I D
K+D K+D

Exemple :
Pour financer ses projets d’investissement, une entreprise dispose d’un capital
de 2 400 composé de :
• 1 400 de capitaux propres au coût de 8%
• 1 000 de dettes financières au coût de 6% (après IS)

Coût du capital : TC = (0,08 x 1 400 + 0,06 x 1 000) / 2 400 = 7,17%.


19
Caractéristiques d’un projet d’investissement

5 - La valeur résiduelle
• A la fin de la durée de vie économique du projet, certains éléments investis
pourront avoir une valeur résiduelle.

• La valeur résiduelle est la valeur probable de négociation ou valeur vénale à la


fin de la durée de vie économique des différents éléments investis lors de la
réalisation du projet.

• Elle correspond au désinvestissement effectué par l’entreprise à l’occasion de la


sortie d’un investissement (cession des éléments d’actifs) : définition
correspondant d’une approche patrimoniale ;

• Elle peut également être appréhendée comme une valeur de rendement au-
delà de l’horizon prévisionnel : elle correspond à la somme des CF postérieurs à
l’horizon prévisionnel retenu, générés jusqu’à la fin de sa durée de vie
économique.

• Elle doit être ajoutée au cash flow de la dernière année du projet.


20
Evaluation de la rentabilité des projets

Principe général

• Évaluer un projet d’investissement conduit à comparer le capital investi (I)


à l’ensemble des cash-flows générés : CF1, CF2, ………, CFn ;

• Cette comparaison implique l’évaluation du capital investi et des CF à une


même date.

0 1 2 4

CF 1 CF 2 CF n

I
Compraison

21
Evaluation de la rentabilité des projets

Classification

• L’évaluation de projets n’a pas pour but de prédéterminer avec certitude la


rentabilité attendue de l’investissement mais permet simplement de situer
le niveau de rentabilité attendue, et de classer les projets entre eux.

• Il existe de nombreux critères de choix d’investissement, mais les critères


financiers peuvent être classés en deux groupes, selon qu’ils privilégient
l’une des deux contraintes financières, celle de la rentabilité, ou celle de
la solvabilité.
- ƒLe délai de récupération privilégie la contrainte de solvabilité.
- La valeur actuelle nette (VAN) et le taux de rendement interne (TIR)
privilégient celle de la rentabilité.

22
Evaluation de la rentabilité des projets

1- Le délai de récupération ou Pay-Back


• Il correspond à la période d’exploitation nécessaire pour récupérer le
capital initial investi. C’est la période au terme de laquelle, le cumul des
flux de trésorerie générés par le projet couvre la dépense d’investissement.

• Principe : les cash-flows sont cumulés jusqu’à ce que le cumul soit égal au
montant de l ’investissement. A cette date, l ’entreprise a récupéré sa mise.

• L’approche privilégie la trésorerie, en avantageant les projets qui


permettent de récupérer ses fonds le plutôt possible.
• Inconvénients :
- écarter les projets rentables à long terme.
- La méthode ne tient pas compte de la dépréciation de l ’argent.

23
Evaluation de la rentabilité des projets

1- Le délai de récupération ou Pay-Back


• Exemple : deux projets d’investissement A et B :

Projet DI Flux différentiels Durée de vie VR


A 10 000 3 100 5 0
B 12 000 2 200 10 0
- DR (A) : 3,22 an, soit 3 ans et 3 mois.
- DR (B) : 5,45 ans, soit 5 ans et 6 mois.

• D’après ce critère, on préfère le projet A au projet B ; en ignorant leurs


rentabilités respectives au-delà du DR.

24
Evaluation de la rentabilité des projets

1- Le délai de récupération ou Pay-Back


• Exemple 2 : deux projets d’investissement A et B :
Projet (A) Projet (B)
DI 20 000 24 000
Durée de vie CF (A) CF (B)
1 6 000 2 000
2 9 000 4 000
3 5 000 4 000
4 4 000 6 000
5 4 000 7 000
6 2 000 7 000
7 6 000
8 4 000
9 4 000
10 2 000
Total CF 30 000 46 000

• Délai de récupération ?
25
Evaluation de la rentabilité des projets

1- Le délai de récupération ou Pay-Back


• Exemple 2 : deux projets d’investissement A et B :
Projet (A) Projet (B)
DI 20 000 24 000
Durée de vie CF (A) CF (B) CF (A) cumulé CF (A) cumulé
1 6 000 2 000 6 000 2 000
2 9 000 4 000 15 000 6 000
3 5 000 4 000 20 000 10 000
4 4 000 6 000 24 000 16 000
5 4 000 7 000 28 000 23 000
6 2 000 7 000 30 000 30 000
7 6 000 30 000 36 000
8 4 000 30 000 40 000
9 4 000 30 000 44 000
10 2 000 30 000 46 000
Total CF 30 000 46 000 3 ans 5 ans et 2 mois

- Le projet A est préféré au projet B , d’après ce critère, malgré que la somme des CF
de B > sommes des CF de A.
- Supposons que les deux projets se caractérisent par un DR identique égal à 5 ans.
Quel projet à retenir ?
26
Evaluation de la rentabilité des projets

1- Le délai de récupération ou Pay-Back

• Ce critère peut être utilisé dans des situations particulières, par exemple :

- L’entreprise est en situation de trésorerie très difficile ;


- Le progrès technique rapide entraine un risque d’obsolescence élevé ;
- Le risque économique et politique est élevé.

• La qualité de ce critère est meilleure si les projets d’investissement ont des


durées de vie similaires et des flux de trésorerie annuels relativement
constants.

27
Evaluation de la rentabilité des projets

1- Le délai de récupération ou Pay-Back

• Utilisation du délai de récupération du capital investi

- Pour qu’un projet d’investissement soit acceptable, il faut que le délai de


récupération soit inférieur à un délai fixé par l’entreprise. La fixation de ce
délai est problématique et il n’existe pas de règles objectives permettant de
justifier telle ou telle pratique.

- Un projet d’investissement est d’autant plus intéressant que le délai de


récupération est plus court.

28
Evaluation de la rentabilité des projets

1- La Valeur Actuelle Nette (V.A.N)


• Elle est égale à la différence entre les flux nets de trésorerie actualisés à la
date 0 (to) et le montant du capital investi.
I : l’investissement initial ; CF : cash-flow ; n : durée
de vie, t : taux d’actualisation.

• Si les cash-flows sont constants :

• Un projet est rentable, lorsqu’il dégage une VAN positive au taux


d’actualisation choisi ;

• La valeur actuelle nette est alors considérée comme la valeur créée par un
investissement. Elle représente l'augmentation immédiate de valeur qui
revient à l'investisseur.

29
Evaluation de la rentabilité des projets

1- La Valeur Actuelle Nette (V.A.N)


• Elle est égale à la différence entre les flux nets de trésorerie actualisés à la
date 0 (to) et le montant du capital investi.
I : l’investissement initial ; CF : cash-flow ; n : durée
de vie, t : taux d’actualisation.

• La VAN est un surplus dégagé par le projet après avoir :


- Remboursé le capital investi sur la durée de vie du projet ;
- Rémunéré en permanence au taux (a) le capital encore investi en début de chaque
période.

• La valeur actuelle nette mesure l’avantage absolu susceptible d’être retiré d’un
projet d’investissement.

• Elle dépend donc de l’importance du capital investi dans le projet. Elle constitue :
 Un critère de rejet pour tout projet dont elle est négative ;
 Un critère de sélection entre deux projets, sera retenu celui dont la VAN est la plus
30
forte.
Evaluation de la rentabilité des projets

1- La Valeur Actuelle Nette (V.A.N)

Exemple : soit le projet d’investissement suivant :

Année 0 1 2 3 4
Investissement 100
Cash-flows 30 40 50 20

Coût du capital : 10%

TAF : Calculer la VAN

31
Evaluation de la rentabilité des projets

1- La Valeur Actuelle Nette (V.A.N)

Exemple : soit le projet d’investissement suivant :

Année 0 1 2 3 4
Investissement 100
Cash-flows 30 40 50 20

Coût du capital : 10%


VAN = [30 ∗ (1,1)−1 + 40 ∗ (1,1)−2 + 50 ∗ (1,1)−3 + 20 ∗ (1,1)−4 ] - 100
VAN = 111,56 - 100 = 11,56

32
Evaluation de la rentabilité des projets

1- La Valeur Actuelle Nette (V.A.N)


• Ce critère ne permet pas de comparer des projets qui exigent des capitaux
investis différents :
• Exemple
Année 0 1 2 3 VAN à 10%
Investissement 100
Cash-flows 40 60 30 8,49

Année 0 1 2 3 VAN à 10%


Investissement 300
Cash-flows 120 180 90 25,47

• Ce critère fournit un montant (avantage absolu) et n’intègre pas la taille de


l’investissement, d’où l’utilité de calculer l’indice de profitabilité.
33
Evaluation de la rentabilité des projets

2 – L’indice de profitabilité (IP)


• Alors que la VAN mesure l’avantage absolu susceptible d’être retiré d’un projet
d’investissement, l’IP mesure l’avantage relatif, c’est-à-dire l’avantage induit
par 1 Dhs de capital investi.
• Il consiste à rapporter la somme des CF actualisés à la dépense
d’investissement.

IP = 1 + (VAN / I)

- y compris la VR en n.

• Si IP > 1 : le projet est rentable.

• Il permet une indication de la rentabilité relative par rapport à la taille de


l’investissement. Pour deux ou plusieurs projets, le choix porte sur celui
dont l’indice de profitabilité est le plus élevé.

34
Evaluation de la rentabilité des projets

2 – L’indice de profitabilité (IP)


• Utilisation :

- Il constitue un critère de rejet pour tout projet dont l’indice est inférieur à
1.
- Pour deux ou plusieurs projets, sera celui dont l’indice de profitabilité est
le plus élevé.

35
Evaluation de la rentabilité des projets

2 – L’indice de profitabilité (IP)


• Application : Reprenons l’application de la VAN avec la méthode de l’IP

Année 0 1 2 3 4
Investissement 100
Cash-flows 30 40 50 20

• Coût du capital : 10%


• Calculer l’IP

36
Evaluation de la rentabilité des projets

2 – L’indice de profitabilité (IP)


• Application : Reprenons l’application de la VAN avec la méthode de l’IP

Année 0 1 2 3 4
Investissement 100
Cash-flows 30 40 50 20

• IP = 1 + VAN/I = 1 + 11,56/100 = 1,1156

• IP = (1 / 100) [30(1,1)−1 + 40(1,1)−2 + 50(1,1)−3 + 20(1,1)−4 ]


= 1,1156

37
Evaluation de la rentabilité des projets

3 – Le Taux Interne de Rendement (T.I.R)


• Le TIR d’un projet d’investissement est le taux (r) qui annule la VAN. C’est le
taux qui égalise la DI et la série actualisée (au taux r) des CF nets dégagés par
le projet :
𝑛
- DI = 𝑖=1 𝑪𝑭(𝟏 + 𝒓)−𝒊

• Pour un seul projet d’investissement : le TIR constitue un critère de rejet pour


tout projet dont le TIR est inférieur au taux d’actualisation - plancher recquis
par l’investisseur.

• Pour plusieurs projets, l’investissement retenu est celui dont le TIR est le plus
élevé.

38
Evaluation de la rentabilité des projets

3 – Le Taux Interne de Rendement (T.I.R)


• Application : Reprenons l’application de la VAN avec la méthode du TIR

Année 0 1 2 3 4
Investissement 100
Cash-flows 30 40 50 20

• Soit r le taux de rentabilité recherché, il est donné par l’équation d’équivalence :


• 100 = 30 (1 + 𝑟)−1 + 40 (1 + 𝑟)−2 + 50 (1 + 𝑟)−3 + 20 (1 + 𝑟)−4
• r = 15,32%
• Interprétation :
- La réalisation de l’investissement ci-dessus équivaut à placer le capital de 100,
à 15,32% et remboursable en quatre annuités respectives de 30, 40, 50 et 20.

39
Evaluation de la rentabilité des projets

3 – Le Taux Interne de Rendement (T.I.R)


• Le TIR d’un projet ne prend sa pleine signification que lorsqu’il est comparé à
un taux ‘’cible’’ j, qui est considéré comme le taux de rendement minimum
exigé par l’investisseur :

- Si r > j : le projet est intéressant et peut être retenu ;


- Si r < j : le projet ne peut être retenu.

• J peut être un coût des capitaux de l’entreprise, soit un coût d’opportunité, ou


une exigence de rentabilité minimale propre à l’investisseur.

40
Evaluation de la rentabilité des projets

Cas des projets dont le financement est échelonné dans le temps


• Dans ce cas, les différences fractionnées du capital investi doivent être évaluées à
une même date (date 0, en général) et au coût du capital.

• Application :
Année 0 0,5 (6mois) 1 2 3 4 5 6
Investissement 100 200 100
Cash-flows 80 120 130 100 90

Calcul de la VAN à 10%


• Évaluation du capital investi à la date 0
100 + 200 (1,1)−0,5 + 100 (1,1)−1 = 382
• Évaluation à la date 0, de l’ensemble des cash-flows
80 (1,1)−2 + 120 (1,1)−3 + 130 (1,1)−4 + 100 (1,1)−5 + 90 (1,1)−6 = 358
• VAN = 358 - 382 = - 24
• IP = 358 / 382 = 0,94
41
Evaluation de la rentabilité des projets

La sélection des projets


• Choix du critère à utiliser

- Les critères utilisés n’ont pas le même objectif, et ne donnent pas


forcément le même classement,
Critères Objectifs
VAN Maximisation de l’avantage absolu global
IP Maximisation de l’avantage relatif global
TRI Maximisation de la rentabilité globale
DR Considération du risque au détriment de la rentabilité

• Le premier critère c’est le TIR dans la mesure ou l’entreprise privilégie


l’aspect rentabilité
• La VAN si les projets à classer nécessitent des capitaux investis égaux
• L’IP si les projets à classer nécessitent des capitaux investis différents
42
Evaluation de la rentabilité des projets

Problème de discordance entre critères


• Pour augmenter la fiabilité du classement, il arrive d’utiliser simultanément
deux critères (VAN et TRI) si les capitaux investis sont égaux ou TRI et IP dans
le cas contraire ;

• Si les deux critères concordent >>> classement à maintenir


• Si les deux critères sont discordant >>>> utilisation d’un troisième critère
- Soit, le taux de rentabilité interne global (TRIG)
- Soit, la valeur actuelle nette globale (VANG) : si les capitaux investis sont
égaux ;
- Soit l’IPG (si les capitaux investis sont inégaux)

43
Evaluation de la rentabilité des projets

5 - les critères de choix des investissements

• Divergence de classement de projets d’investissement selon le critère de


rentabilité adopté

• Dans certains cas, le critère de la valeur actuelle nette et du taux interne de


rendement classent les projets dans un ordre différent. Des résultats
contradictoires avec ces deux méthodes posent un problème de sélection
délicat lorsque le choix ne peut porter que sur des projets mutuellement
exclusifs.
• Il existe une possibilité de conflit entre les critères de la VAN et du TRI dans
les cas particulières suivants :
- projets dont la répartition temporelle des flux est différente ;
- projets dont le montant investi est différent ;
- projets ayant des durées de vie inégale.
• Précisons que ces situations sont nécessaires, mais non suffisantes.
44
Evaluation de la rentabilité des projets

Problème de discordance entre critères


1- La valeur actuelle nette globale (TRIG)

• Le TRIG est le taux pour lequel il y’a équivalence entre le capital investi et la
valeur acquise des cash-flows calculée au taux r ;

• 𝐈 = 𝑨 (𝟏 + 𝒙)−𝒏 𝑨 = 𝑪𝑭 (𝟏 + 𝒙)𝒏

• Exemple : soit le projet suivant


0 1 2 3 4

100 20 50 40 30

Supposons que les cash-flows soient réinvestis au taux de 12%, nous aurons
A = 30 + 40(1,12)1 + 50(1,12)2 + 20(1,12)3 = 165,62
100 = 165,62(1 + 𝑥)−4 ou 100(1 + 𝑥)4 = 165,62 X = 13,44%
• Interprétation : Le TRIG est le taux auquel on aurait dû placer le capital 100
pour obtenir 165,2 au bout de 4 ans.
45
Evaluation de la rentabilité des projets

Problème de discordance entre critères


2- Le taux de rentabilité interne globale (VANG)

• La VANG est la différence entre la valeur actuelle de la valeur acquise des


cash-flows et le montant de l’investissement ;

• 𝐕𝐀𝐍𝐆 = 𝑨 (𝟏 + 𝒕)−𝒏 - I t = coût du capital


• Interprétation : La VANG mesure l’avantage global que procure l’ensemble :
Investissement + réinvestissement des cach-flows
• Exemple : soit le projet suivant
0 1 2 3 4

100 20 50 40 30

Supposons que les cash-flows soient réinvestis au taux de 12%, nous aurons
A = 30 + 40(1,12)1 + 50(1,12)2 + 20(1,12)3 = 165,62
VANG = 165,62(1,1)−4 −100 = 13,12
46
Evaluation de la rentabilité des projets

Problème de discordance entre critères


• Exemple

• Choix entre les deux projets suivants (coût du capital : 10%) ;

Projet 1 0 1 2 3
Investissement 100
Supposons que les cash-flows soient réinvestis
Cash-flows 60 au taux de
4012%, nous26,74
aurons
A = 30 + 40(1,12)1 + 50(1,12)2 + 20(1,12)3 = 165,62
VANG = 165,62(1,1)−4 −100 = 13,12
Projet 2 0 1 2 3 4
Investissement 120
Cash-flows 22 40 60 49,7

• TAF : Calculez le TIR et l’IP

47
Gestion et politique financière _ Plan

Partie I : Diagnostic financier (rappel)


- Chapitre 1 : Analyse de l’équilibre financier
- Chapitre 2 : Analyse des performances économiques
- Chapitre 3 : Analyse financière statique et la méthode des flux

Partie II : Choix et financement des investissements


- Chapitre 1 : Modalités du choix des investissements
- Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements
- Chapitre 3 : Plan d’investissement et de financement

48
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

1.1. Le financement par fonds propres .


1.1.1. La capacité d’autofinancement
- La CAF représente l’ensemble des générées par l’entreprise au cours
de l’exercice, du fait de ses opérations courantes.
- Le CAF est la différence entre les produits encaissables et les charges
décaissables.
- La CAF est un indicateur potentiel de la capacité de l’entreprise à générer
des flux par sa propre activité, elle ne prend pas en compte les
décalages financiers et les variations de stocks. La CAF est un flux de
fonds et non un flux de trésorerie.
- L’autofinancement est constitué par la partie de la CAF investie dans
l’entreprise, c’est-à-dire : Autofinancement = CAF - dividendes

49
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

1.1. Le financement par fonds propres .


1.1.2. La cession d’éléments d’actif
- Les cessions d’éléments de l’actif peuvent résulter de trois volontés
différentes.
a. Renouveler le parc des immobilisations. En effet, ce renouvellement
normal s’accompagne généralement de la vente du matériel placé.
b. La recherche de sources de financement. Dans certains cas, l’entreprise
est contrainte de vendre des actifs qui ne sont pas nécessaires à son
activité pour trouver de nouveaux capitaux.
c. Le recentrage des activités. L’entreprise cède des usines, des filiales ou
des participations dés lors qu’elle décide de revenir à son métier
dominant. Dans ce cas, les sommes en jeu peuvent être considérables.

50
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

1.1. Le financement par fonds propres .


1.1.3. L’augmentation de capital
L’augmentation de capital peut être réalisée par plusieurs modalités :
- Apports en numéraire : Il revient à émettre de nouvelles actions contre un
apport d’argent à l’entreprise.
Cette augmentation du capital est accompagnée d’un droit de souscription
préférentielle qui consiste à accorder aux anciens actionnaires une priorité
pour souscrire de nouvelles émissions d’actions.
- Apports en nature
- Incorporation des réserves
- Conversion de dettes

51
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement


1.1. Le financement par fonds propres .
1.1.3. L’augmentation de capital
- Apports en numéraire :
- L’entreprise doit :
1. déterminer la somme qu’elle désire obtenir,
2. fixer le prix d’émission d’actions nouvelles.
- La fixation de ce prix d’émission se situe, en principe, entre deux limites :
* une limite inférieure qui est la valeur nominale,
* une limite supérieure qui est la valeur de l’action ancienne avant l’augmentation
du capital.
- Entre ces deux limites, le niveau choisi dépend de la notoriété de l’entreprise, de
ses perspectives de développement et de l’état du marché financier.
- a. La prime d’émission
- Le prix d’émission détermine la prime d’émission :
- Prime d’émission = Prix d’émission – Valeur nominale.
52
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement


1.1. Le financement par fonds propres .
1.1.3. L’augmentation de capital
- Apports en numéraire :

- a. La prime d’émission
- Prime d’émission = Prix d’émission – Valeur nominale.

- Exemple :
- Emission de 15 000 actions de valeur nominale 100 Dh, au prix de 140 DH ;
- La somme perçue est égale à 15 000 x 140 soit 2 100 000 Dhs dont :
 15 000 x 100, soit 1 500 000 représentent l’augmentation du capital
 15 000 (140-100), soit 600 000 Dhs représentent la prime d’émission.

53
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

1.2. Le financement par endettement à long terme


Le financement par endettement est le complément classique du financement par
capitaux propres. On distingue les emprunts classiques souscrits auprès des
établissements de crédit, les emprunts obligataires souscrits auprès du public et le
crédit bail.
I.2.1.L’emprunt bancaire
Dans ce type de financement, l’entreprise a pour seul interlocuteur la banque prêteuse,
ou le pool bancaire si le financement est accordé par plusieurs banques réunies.
Ces financements peuvent être utilisés immédiatement et en totalité, mais ils peuvent
être mis à la disposition de l’entreprise, cette dernière utilisant les fonds au fur et
à mesure de ses besoins.
Les modalités de remboursement de ces emprunts peuvent être de trois sortes :
- Remboursement par amortissements constants
- Remboursement par annuités constantes
- Remboursements in fine.
54
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

1.2. Le financement par endettement à long terme


Exemple :
• Soit un emprunt de 1.000 DH remboursable sur 4 ans, avec un taux d’intérêt de 10%.
• Présenter le tableau d’amortissement d’emprunt correspondant à chacune des modalités.

a) Remboursement par annuité constante :


𝒊 A = annuité (principal + intérêts)
• A = Co Co = Capital encaissé (emprunt)
𝟏− (𝟏+𝒊)−𝒏
i = taux d’intérêt nominal
• A = 1.000 x 10% / 1 − (1,1)−4 n = durée de l’emprunt
• A = 315,47
CDP PPL intérêt Annuité Capital fin période
(a) (b) = (d) - (c ) (c ) = (a) * i (d) (e ) = (a) -(b)
1 1 000,00 215,47 100,00 315,47 784,53
2 784,53 237,02 78,45 315,47 547,51
3 547,51 260,72 54,75 315,47 286,79
4 286,79 286,79 28,68 315,47 0,00
55
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement


1.2. Le financement par endettement à long terme
Exemple : Soit un emprunt de 1.000 DH remboursable sur 4 ans, avec un taux d’intérêt de 10%.

b) Remboursement par amortissement constant :

CDP PPL intérêt Annuité Capital fin période


(a) (b) (c ) = (a) * i (d) = (b) + (c ) (e ) = (a) -(b)
1 1 000,00 250,00 100,00 350,00 750,00
2 750,00 250,00 75,00 325,00 500,00
3 500,00 250,00 50,00 300,00 250,00
4 250,00 250,00 25,00 275,00 0,00

c) Remboursement in fine :
CDP PPL intérêt Annuité Capital fin période
(a) (b) (c ) = (a) * i (d) = (b) + (c ) (e ) = (a) -(b)
1 1 000,00 100,00 100,00 1 000,00
2 1 000,00 0,00 100,00 100,00 1 000,00
3 1 000,00 0,00 100,00 100,00 1 000,00
4 1 000,00 1 000,00 100,00 1 100,00 0,00

56
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

I.2.2. L’emprunt obligataire


• Il se fait par appel public à l’épargne. Ainsi, l’entreprise n’est pas financée par un seul
prêteur mais par l’ensemble des investisseurs qui ont acheté les obligations émises.
• Toutefois, seules les sociétés de capitaux peuvent émettre des obligations.
• L’obligation est un titre de créance qui se caractérise par :
- Une valeur nominale (ou valeur faciale), c’est à partir de laquelle est calculée
l’intérêt,
- Un prix d’émission, c’est le prix auquel l’obligataire (le prêteur) devra payer le titre ;
- Un taux d’intérêt nominal qui est généralement fixe et qui permet de déterminer le
montant des coupons annuels versés aux obligations ;
- Un prix de remboursement, c’est la somme qui sera remboursée à l’obligataire.
• Avec :
- Prime de remboursement = prix de remboursement – prix d’émission

57
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

I.2.2. L’emprunt obligataire


• Les modalités d’amortissement sont :
- Amortissement in fine ;
- Amortissement par annuités constantes ;
- Amortissement par tranches constates : le nombre d’obligations amorties chaque
année est constant ;

58
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

I.2.2. L’emprunt obligataire


• Exemple :
• Soit un emprunt obligataire de 5 millions de dhs sur 10 ans, financé par 5.000
obligations de 1.000 de valeur nominale, au taux nominal de 10%. Le prix d’émission
est de 980 Dhs et la valeur de remboursement de 1.050 dhs.

59
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

I.2.2.L’emprunt obligataire
• On peut distinguer quatre catégories d’obligations :
 Les obligations ordinaires représentent un simple droit de créance sur l’entreprise émettrice.
Elles donnent droit à un intérêt payable annuellement et à un remboursement à une date
connue ou à l’avance.
 Les obligations convertibles confèrent à leurs titulaires le droit de demander la conversion de
leurs titres en actions dans les conditions prévues au moment de l’émission de l’emprunt.
• La conversion peut avoir lieu au cours de périodes déterminées ou à tout moment. Ces
obligations présentent un attrait spéculatif, ce qui explique que le taux d’intérêt soit inférieur
au taux normalement pratiqué.
 Les obligations remboursables en actions (ORA) présentent, pour les obligataires, un risque plus
élevé que les obligations convertibles. C’est pourquoi, leur taux d’intérêt est plus avantageux.
Par contre, en raison de leur nature, les ORA sont considérées comme des quasi-fonds propres
voire des fonds propres.
 Les obligations à bon de souscription d’actions (OBSA) sont des obligations accompagnées de
bons de souscription qui donnent droit de souscrire à des actions à un prix fixé à l’avance, au
cours d’une période déterminée.
60
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

I.2.3. Le crédit bail


Exemple :
• C’est un contrat de location portant sur un bien meuble ou immeuble assorti d’une
option d’achat à un prix fixé à l’avance.
• Le temps qui sépare la date de conclusion du contrat de la date à laquelle peut
être exercée l’option est une période irrévocable. Elle correspond généralement à la
durée fiscale d’amortissement du bien. En principe, le contrat ne peut être résilié
pendant cette période.
• À la fin de la période irrévocable, l’entreprise a le choix entre :
- Lever l’option d’achat et donc devenir propriétaire du bien ;
- Prolonger le contrat de location ( à des conditions plus avantageuses) ;
- Restituer le bien.
• On distingue :
a. Crédit bail mobilier : Il porte sur les machines ou sur des véhicules,
b. Le crédit bail immobilier : Il porte sur les immeubles à usage professionnel,
61
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

I.2.3. Le crédit bail


Les avantages du crédit bail :
• Facilité et rapidité d’obtention.
• N’affecte pas la capacité d’endettement.
• Une assurance contre le risque technique.
• Permet aux PME rentables de financer leur développement (faible capacité
d’endettement même s’ils sont rentables).

Les inconvénients du crédit bail :


• Moyen généralement plus coûteux

62
Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements

1. Les différentes sources des modes de financement

I.2.3. Le cession bail (ou lease-back)

• C’est une opération qui consiste, pour une entreprise, à céder des biens immobiliers
(usine, siège social), ou des biens d’équipements (matériels) à une société de leasing
qui lui en laisse la jouissance sur la base d’un contrat de crédit-bail prévoyant les
conditions de rachat.

• Cette opération permet à une entreprise de se procurer des capitaux pour mettre à
profit une opportunité d’investissement qu’elle ne pourrait financer autrement.

63
Chapitre 2 : Le choix des sources de financement

2. Les critères de choix des modes de financement

a. Le bénéfice net par action

- Dans ce cas, on compare les bénéfices nets offerts par chacune des sources de
financement envisagées.

- Le mode de financement le plus avantageux est celui qui offre le bénéfice par action
le plus élevé.

64
Chapitre 2 : Le choix des sources de financement

2- Les critères de choix des modes de financement

b. Les décaissements réels actualisés


- Il s’agit de calculer pour chaque source de financement, les sommes des
décaissements nets actualisées qui correspond au total des remboursements qui
seront encaissés par l’entrepreneur. Ces remboursements doivent être nets
d’économies fiscales et actualisés à la période initiale du fait que leur décaissement
intervient de manière étalée dans le temps.
- Ce critère de décaissement réel permet de comparer des formules mixtes de
financement.
- La détermination des décaissements nets actualisés effectués à partir d’un tableau
d’amortissement induit par les sources de financement. Le décideur choisira la source
de financement qui se matérialisera par la somme des décaissements réels la plus
faible.

- Selon le critère des décaissements réels actualisés le mode de financement le plus


avantageux pour l’entreprise est celui qui offre les décaissements réels actualisés les
plus bas.
65
Chapitre 2 : Le choix des sources de financement

2. Les critères de choix des modes de financement

c. Critère des Excédents des Flux de Liquidité :

- On s’intéresse aux flux de liquidité dus à la réalisation du projet d’investissement


et à la manière dont il est financé.
- Flux de liquidité= Cash-flows= [marge avant frais liés au financement – frais
liés au financement (nets d’impôts)]
- Excédent de flux de liquidité = Flux de liquidité actualisés – part de
l’investissement supportée par l’entreprise.

- Le mode de financement le plus avantageux est celui qui offre l’excédent de


flux de liquidité le plus important.

66
Chapitre 2 : Le choix des sources de financement

2. Les critères de choix des modes de financement


Exemple :
- Une entreprise projette de lancer un investissement supplémentaire dont les caractéristiques
sont les suivantes :
- Montant : I = 120 KDH ; - Durée : 5 ans ; - Amortissement Linéaire ;
- Taux de l’IS 35% ; Taux d’actualisation 10% ;
- Chiffres d’affaires et charges variables avant frais de financement (en KDH) :
1 2 3 4 5
Chiffre d'affaires 200 250 300 350 400
Charges variables avant
frais de financement 150 196 240 280 320

Travail à Faire :
- Pour financer l’investissement supplémentaire, le responsable financier hésite entre les deux
modes de financement suivants :
• Autofinancement 20% + Emprunt 80% (Taux d’intérêt 12% ; Remboursement in Fine)
• Crédit Bail (Loyer Annuel 36 KDH)
- Il vous demande de l’assister dans ce choix ; selon les critères suivants :
• Décaissements réels ;
• Excédents de Flux de Liquidité. 67
Gestion et politique financière _ Plan

Partie I : Diagnostic financier (rappel)


- Chapitre 1 : Analyse de l’équilibre financier
- Chapitre 2 : Analyse des performances économiques
- Chapitre 3 : Analyse financière statique et la méthode des flux

Partie II : Choix et financement des investissements


- Chapitre 1 : Modalités du choix des investissements
- Chapitre 2 : Modalités de financement des investissements
- Chapitre 3 : Plan de financement associé à un projet d’investissement

68
Chapitre 3 : Plan de financement associé à un projet
d’investissement

Définition

- Le plan de financement est un document prévisionnel est un outil de synthèse


de la politique financière du long terme.

- Il est donc l’expression financière du projet d’investissement, il permet aussi


d’assurer l’adéquation entre le montant des dépenses prévisionnelles et le
montant des moyens financiers pour les réaliser.

- Le plan de financement présente donc :


• Les futurs emplois durables auxquelles l’entreprise devra faire face pendant les
années en questions.
• Les futures ressources durables dont disposera l’entreprise pour chacun de
ces mêmes années.

69
Chapitre 3 : Plan de financement associé à un projet
d’investissement

Modèle

- Il n’existe pas de modèle officiel du plan de financement. La présentation suivante


est proposée à titre indicatif :
Années 1 2 3 4
Emplois
- Acquisitions des immobilisations
- Augmentation du BFR
- Remboursement des dettes de financement
- Distribution des dividendes
Total emplois
Ressources
- Capacité d’autofinancement
- Cession des immobilisations
- Augmentation du capital
- Emprunt
Total ressources
Ecart annuel
Trésorerie initiale
Trésorerie finale

70
Chapitre 3 : Plan de financement associé à un projet
d’investissement

Contenu
Les emplois prévisionnels
- Acquisition des immobilisations
- Les distributions de dividendes
- Les variations du BFR
Les ressources prévisionnelles
- Augmentation du capital
- Augmentation des dettes de financement
- Cession des immobilisations
- La CAF
• Lorsque le remboursement d’emprunt figurant aux emplois porte uniquement sur
le principal >>> les CAF (ou CF) sont déterminées après frais financiers sur
emprunts et après impôt (IS).
• Par contre, si les CF positionnés en ressources le sont avant frais financiers et
après IS (CF utilisés pour l’évaluation de la VAN du projet) >>>>> outre les
remboursements en principal, il importe d’ajouter les frais financiers nets des
économies d’IS. 71
Chapitre 3 : Plan de financement associé à un projet
d’investissement

Contenu
Les ressources prévisionnelles
- La CAF
Année 1 2 3
Frais financiers 400,00 450,00 500,00
CF avant FF et après IS 2 150,00 2 380,00 2 477,50
CF après FF et IS 1 890,00 2 087,50 2 152,50
Les remboursements d'emprunt en PPL 1 000,00 1 400,00 1 600,00

Option 1 1 2 3
Ressources
……………………………
- CF après Frais financiers et IS 1 890,00 2 087,50 2 152,50
Emplois
- Remboursement en PPL 1 000,00 1 400,00 1 600,00

Option 2 1 2 3
Ressources
……………………………
- CF avants Frais financiers et IS 2 150,00 2 380,00 2 477,50
Emplois
- Remboursement en PPL 1 000,00 1 400,00 1 600,00
- Frais financiers nets d'IS 260,00 292,50 325,00
72
Chapitre 3 : Plan de financement associé à un projet
d’investissement

Les objectifs du plan de financement

l'élaboration du plan de financement prévisionnel le moyen de réaliser trois


objectifs :
- 1. Réfléchir sur la stratégie propre de l'entreprise. Une stratégie n'est en
effet viable que si elle débouche sur un plan de financement réalisable, ce
qui permet d'en apprécier la cohérence financière.

- 2. Fournir des bases de négociation avec les partenaires financiers. C'est


un élément de justification de l'utilisation des fonds demandés. Mais
surtout, l'élaboration d'un plan de financement est une condition préalable
imposée par les établissements de crédit.

- 3. Prévenir les difficultés financières.

73
Chapitre 3 : Plan de financement associé à un projet
d’investissement

Élaboration du plan de financement

Equilibrage du plan
4.1 La notion d’avant-projet
- Le plan de financement dans sa présentation finale doit témoigner d’un
équilibre jugé satisfaisant par la direction de l’entreprise. Pour y
parvenir, il faut généralement élaborer un certain nombre d’avant-projets
qui servent de base à la réflexion.
- Lorsqu’on aboutit à un excédent de ressources sur les besoins, aucun
financement complémentaire n’est à envisager. L’excédent de ressources
va entraîner un accroissement de disponibilités.
- Le problème se pose surtout dans le cas inverse, c’est à dire lorsque le plan
de financement fait apparaître un besoin de financement sur quelques
années ou sur la totalité de la durée de prévision.

74
Chapitre 3 : Plan de financement associé à un projet
d’investissement
Élaboration du plan de financement

Equilibrage du plan
4.2 L’équilibrage du plan lorsque les ressources sont limitées
- Dans une telle situation, généralement toutes les ressources financières sont
mobilisées et la capacité de financement est saturée. Dès lors, l’entreprise ne peut
qu’envisager de renoncer à certains investissements si le plan regroupe plusieurs
projets d’investissement. Il faut alors tenir compte de leur impact sur le calcul des
flux prévisionnels d’exploitation. C’est donc à la fois la partie ressources et la partie
emplois qu’il faut reconsidérer.
4.3 L’équilibrage avec possibilité de compléter les ressources financières
- A ce stade de l’avant-projet, si un déficit existe, l’entreprise va être confrontée au
choix des ressources complémentaires dont elle a besoin. Comme généralement, les
flux d’autofinancement prévisionnels sont déjà comptés en totalité et qu’il est
difficile de procéder à une augmentation de capital à ce stade, il s’agira surtout de
distinguer la part des besoins qui pourra être financée par des emprunts et la part
qui sera financée par du crédit bancaire à court terme (sur une année par exemple).

75

Vous aimerez peut-être aussi