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République du Tchad unité-Travail-Progrès

Master II: Science de l’éducation


Option : Pédagogie
Semestre : 9
Cours : Communication et Médias dans le Domaine Éducatif

.
CHAPITRE 1 : FONDEMENTS THEORIQUESET

EPISTEMOLOGIQUES

1. Des constats « réels »


La société dite de l’information et de la communication plonge l’individu dans un «
bain médiatique » diffus qui conditionne, à son insu, sa vie quotidienne. Cette pression
médiatique, omniprésente, imperceptible ou si peu, participe à l’évidence à l’éducation des
enfants et des adolescents. Vu les heures que passe l’enfant ou l’adolescent devant un écran
(télé, jeux vidéo, ordinateur, téléphone, etc.) ou à écouter la radio, vu la confiance que certains
accordent aux magazines pour la jeunesse, il faut s’interroger sur l’impact éducatif de ces
différents médias.
En outre, l’avènement des technologies de l’information et de la communication et
le développement à très grande vitesse du numérique ont véritablement ouvert des voies
d’accès inédites à la connaissance. Mais les risques et les effets de ce développement encore
récent sont nombreux. Il faut d’abord constater qu’enfants et adolescents ne disposent pas tous
dans leur proche environnement des moyens de se familiariser avec ces technologies
(équipement, accompagnement, formation). La difficulté d’accès pour tous accroît l’inégalité
d’accès à la connaissance et surtout à la communication. Par ailleurs, faute d’une
réglementation, ces technologies, comme tous les moyens d’information et de communication,
peuvent véhiculer des idéologies illégales et encourager des pratiques déviantes ou
dangereuses pour les enfants et adolescents. Pourtant, les politiques éducatives mises en place
dans les pays visent l’épanouissement du sens critique de chacun. A ce titre, il leur appartient
de reprendre aujourd’hui, de manière très volontariste, un travail de fond sur les interrelations
entre communication, médias et éducation. Ils doivent favoriser l’utilisation de tous les modes de
communication par les enfants et adolescents, et pas uniquement les nouveaux médias qui
peuvent conduire à isoler les individus les uns des autres.

2. Redéfinir les concepts de : « éducation », « média » et «


communication »

2.1. Education
Dans son sens étymologique, éducation vient de « Éducare », qui veut dire « action de guider
hors de » c'est-à-dire « développer, faire produire ». L'éducation est une locomotion d'un lieu vers
un autre qui ne se résout pas au seul mouvement d'un acteur. Ce dernier est un mobile, sujet-objet
d'un déplacement. Tout éduqué, en quelque sorte, est une personne déplacée qui, sous la conduite
d'autrui, a dû quitter un lieu pour en gagner un autre. Ceci nous renvoie à dire que, c'est le fait
d'adopter un autre style, un comportement suite à l'influence extérieure, dans le bon tout comme
dans le mal. L'éducation signifie maintenant plus couramment l'apprentissage et le
développement des facultés physiques, psychiques et intellectuelles, les moyens et les résultats de
cette activité de développement. Spécifiquement, l'éducation humaine inclut des compétences et
des éléments culturels caractéristiques du lieu géographique et de la période historique. Chaque
pays dans le monde dispose de son propre système éducatif, avec un rôle traditionnellement
dévolu aux parents d'un enfant ou à leur substitut d'amener cet enfant aux mœurs de l'âge adulte,
et une intervention souvent croissante des Etats. Dans le système éducatif, nous retrouvons dès
l'abord, l'éducation familiale, généralement accomplie par les parents biologiques de l'enfant en
question, bien que le gouvernement et la société aient un rôle. Les autres peuvent être adoptés,
élevés par une famille d'accueil, ou être placés dans un orphelinat. Ensuite, l'éducation parentale,
selon Pourtois (1984) est une activité volontaire d'apprentissage de la part des parents qui
souhaitent améliorer les interactions nouées avec leur enfant, pour encourager l'émergence de
comportements jugés positifs et réduire celle de comportements jugés négatifs. Cette éducation a
pour but d'aider les parents à mieux actualiser leurs potentialités éducatives, en développement
leur sentiment de compétence et en utilisant le mieux possible les ressources que leur
environnement. L'éducation parentale comprend les mesures prises par l'Etat afin de la
promouvoir, soit en donnant plus de temps au parent pour éduquer leurs enfants, soit en leur
proposant une initiative ou une formation.

2.2. Concept de « média »

Pendant longtemps, les chercheurs ont limité la définition des médias à la dimension
d'instrument de médiation de la communication à son aspect technique. Aujourd'hui le terme «
média » est défini de plusieurs manières. Pour les uns, c'est l'ensemble des supports
communicationnels permettant de véhiculer le message ; pour d'autres, c'est un support
communicationnel qui permet à l'homme de transmettre des messages, des faits sociaux,
économiques, politiques et culturels.
Le mot médias est le pluriel de médium en latin ce qui signifie milieu ou encore intermédiaire.
Patrick Chareaudeau les définit comme des organisations spécialisées qui ont pour mission de
répondre à une demande sociale par devoir démocratique. Par conséquent, c'est une profession
d'information qui cherche à rendre public ce qui serait ignoré, caché ou tenu dans le secret.
Frederic et Bertho pensent que les médias sont tout système de communication permettant à
une société de remplir toutes ou une partie de trois fonctions essentielles, de la communication
à distance, de transmission des messages et de réactualisation des pratiques culturelles.
Pour notre part, les médias sont des moyens de communication de masse qui permettent de
véhiculer le message grâce à des supports techniques (radio, télévision, livre, internet, etc.)
pouvant transformer et encore moins révolutionner les habitudes logiques. Les attitudes
éthiques et le savoir-faire technique. La notion de média est intéressante. Le mot a d'abord été
écrit à la latine media, pluriel de medium. En France, dès la fin du siècle dernier, des plaques de
verre pour lanterne magique avaient déjà été utilisées pour enseigner les élèves, avant que le
film éducatif ne serve à présenter des documents visuels (puis audio visuels, à partir de la fin
des années vingt) pour apprendre. L'accent porte plutôt dans ce genre d'approche sur les
nouveaux supports de connaissances, qui médiatisent la perception de l'élève. La combinaison
de plusieurs media différents a été envisagée dès la fin des années soixante, particulièrement
dans le domaine de la formation des adultes, pour lesquels des émissions de télévision ont été
conçues.
Les approches « multimédia » étaient nées. Elles faisaient référence à l'utilisation de médias
différents comportant des systèmes de signes différents et pouvant se prêter à de l'auto
instruction. Ce n'est que beaucoup plus tardivement (à la fin des années quatre-vingt, quand les
microordinateurs diffusés dans le grand public ont commencé à avoir couramment des capacités
graphiques) qu'est apparu le substantif « multimédia », désignant un système logiciel gérant des
types de données multiples et, notamment, graphiques et sonores. Ce changement, qui
consacre en quelque sorte une sorte de convergence entre le monde de l'audiovisuel et celui de
l'informatique est tout à fait notable.
Avec le temps, le sens de « multimédia » s'est élargi pour prendre en compte le fait que les
informations traitées n'étaient plus forcément résidentes sur un support de mémoire local (de
plus en plus souvent un cédérom), mais pouvaient être réparties sur tout un réseau ; on parle
alors parfois de multimédia en ligne ou hors ligne. Le spectre de significations s'ordonne autour
de trois grands attracteurs : les jeux et le loisir, le culturel et l'éducatif. Ce dernier domaine
comporte plusieurs variétés de logiciels éducatifs, selon qu'ils procèdent plutôt de la simulation
ou d'approches tutoriels.
Dans le cadre de ce cours, le concept de « médias » englobe les moyens d’information, de
communication, de divertissement, d’influence, d’enseignement et d’organisation du quotidien,
autrement dit, non seulement les médias traditionnels (livres, journaux, radio, télévision, etc.),
mais aussi les médias numériques (Internet, jeux d’ordinateur, smartphones, etc.).

2.2.1. Classification des médias

On classifie les médias selon leurs familles et selon leur statut.


2.2.1.1. Selon des familles

D'après Francis Balle, il y a toujours trois familles des médias : les médias autonomes, les
médias de communication et les médias de télédiffusion.
✓ Les médias autonomes : sont des supports médiatiques qui n'ont besoin d'aucun câble de
raccordement à un réseau quelconque. Leur diffusion dépend de la volonté du récepteur de se
les procurer. C'est le cas du livre, du journal, du disque, du logiciel, etc. ;
✓ Les médias de communication : sont ceux qui utilisent les moyens de communication à
distance et à double sens à travers lesquels naît une relation entre individus, entre deux
groupes sociaux ou entre une personne et un groupe ;
✓ Les médias de diffusion : ces médias partent de la TSF de G. Marconi en 1896 en passant
par la radio, la télévision jusqu'à la presse électronique. Ils fonctionnent grâce à de émetteurs et
autres relais qui font rayonner des ondes hertziennes porteuses des messages à sens unique.

2.2.1.2. Selon les statuts

Selon le statut des médias, nous distinguons :


• Les médias publics : sont ceux crées par le pouvoir public et financés par le trésor public. C'est
le cas de la RNT ;
• Les médias privés : sont ceux appartenant à des particuliers et qui relèvent de leur initiative
privée. Ils sont à but lucratif.

2.2.1.2.3. Sortes de medias

Parler de sortes de médias, revient à donner les différentes catégories de la presse. Le mot «
presse » tire son origine de l'utilisation d'une presse d'imprimerie sur laquelle étaient pressées
les feuilles de papier pour être imprimées. D'après le Larousse illustré, la « presse » est un
ensemble des journaux ou toute activité du monde du journalisme. Le travail journalistique est
vaste avec plusieurs facettes ou spécialités parce qu'il s'adapte à un monde changeant,
complexe, afin de livrer une information plus utile et plus perspicace aux lecteurs, aux auditeurs,
aux téléspectateurs et aux internautes. Pour ce faire, il y a trois catégories de presse : presse
écrite, la presse audiovisuelle et la presse crypto audiovisuelle ou la presse électronique
(internet).
Les fonctions des médias Depuis plusieurs années, les chercheurs ont limité les fonctions des
médias en trois : Information ; Formation, éducation, culture et Divertissement. Ces trois
fonctions ne suffisent pas. C'est ainsi que Lasswell, cité par Armand et Michel Matelart, dit que
les médias ont aussi d'autres fonctions en dehors de ces trois. Les médias permettent la
surveillance de l'environnement, en relevant tout ce qui pourrait menacer ou affecter le système
de valeurs d'une communauté ou des parties qui la composent. Berthrand, nous dit : « les
médias fournissent les fonctions ci-après aux publics » :
Assurent la communication sociale : les médias relient les individus au groupe, réunissent les
groupes en une nation. Par ailleurs, les petits médias assurent la communication latérale entre
les gens qui partagent une origine ethnique, une profession ou une passion et qui, dans la
société de masses sont souvent éparpillés ;
Fournissent une image du monde : personne ne possède une connaissance directe de
l'ensemble du globe, au-delà de son expérience professionnelle. Ce qu'on sait provient de
l'école, des conversations, mais surtout des médias. Pour nombreuses personnes, les sujets
dont les médias ne parlant pas n'existent pas ;
Transmettent la culture : d'une génération à la suivante, il faut que l'héritage du groupe soit
transmis : une vision du passé, du présent et de l'avenir du monde. Un ensemble des traditions
et des valeurs qui donnent l'individu une identité éthique. Il n'y a que l'école et les médias qui
touchent l'individu tout au long de sa vie ;
Contribuent au bonheur : divertissement est plus indispensable pour réduire les tensions qui
risquent d'amener à la maladie ou la folie ;
Font acheter : ils sont les principaux vecteurs de la publicité, car grâce aux médias la publicité
joue un rôle bénéfique, elle infirme en stimulant la consommation et la concurrence. Mais les
autres l'accusent de manipulation.

2.3. Concept de « communication »


2.3.1. Essai de définition
Elle concerne aussi bien l'être humain, l'animal, la plante (communication intra- ou inter-
espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles technologies, etc.), ainsi que leurs
hybrides : homme-animal, hommes-technologies, etc. C'est une science partagée par plusieurs
disciplines qui ne répond pas à une définition unique. Ce terme recouvre trop de pratiques,
nécessairement disparates, indéfiniment ouvertes et non dénombrables. Si tout le monde
s'accorde pour la définir au moins comme un processus, les points de vue divergent lorsqu'il
s'agit de la qualifier.
La communication, c’est l’action de communiquer, de transmettre, d’informer. Cette fonction
désigne l’étude générale du langage sous trois aspects : l’expression (celui qui utilise ce type de
communication cherche à communiquer une intention, une émotion, un état de conscience) ; la
représentation (donne des informations sur les événements, retransmet un savoir) ; l’action sur
autrui (cherche à convaincre, à séduire, à influencer autrui, transmet des ordres, intime des
interdictions). La communication déborde l’expression verbale, et utilise de nombreux signaux
mimiques ou gestuels, des techniques nouvelles et de nouveaux supports (informatique,
téléphone mobile, numérique, etc.). La communication permet l’échange d’informations entre les
personnes (échange interpersonnel) mais aussi à travers notre société par le biais des acteurs
de la communication. Les acteurs de la communication sont définis comme étant : soit
l’émetteur, soit le récepteur. L’acteur peut être un individu (salarié, femme au foyer, journaliste,
etc.), une entreprise (agence de publicité, association, etc.) ou une administration (mairie,
Ministère, etc.).

La communication est l'ensemble des interactions avec autrui qui transmettent une quelconque
information. On distingue la communication interpersonnelle, la communication de groupe et la
communication de masse, c'est-à-dire de l'ensemble des moyens et techniques permettant la
diffusion du message d'une organisation sociale auprès d'une large audience. Communication
se veut un carrefour de diffusion des études multidisciplinaires menées dans les sciences de
l’information et de la communication et autres sciences humaines sur les rapports décloisonnés
entre production, représentation et appropriation dans les médias.
La communication est :

 Le fait d’établir une relation ou une liaison avec autrui et de leur transférer, partager et
diffuser des informations à travers la linguistique ;
 L’émission d’un message vers un récepteur ;
 Le processus d’échange de messages, d’informations et de connaissances ;
 Peut être établie à travers des outils de télécommunication ou des technologies
d’information.
2.3.2. Communication et transmission d'informations

La communication est le processus de transmission d'informations. Ce terme provient du latin «


communicare» qui signifie « mettre en commun ». La communication peut donc être considérée
comme un processus pour la mise en commun d'informations et de connaissances. La
communication est avant tout un phénomène cognitif. Lorsque des technologies de
télécommunication sont employées, la communication doit s'appuyer sur des fonctions
complexes (protocoles normés, etc.).

Il est important de différencier plusieurs notions lorsqu'on parle de communication :


La science de la communication, cherchant à conceptualiser et rationaliser des processus de
transmission entre êtres, machines, groupes ou entités. On préfèrera dans cet article le terme
de « Science de la communication » ou plus simplement « La communication ». La
Communication est issue de réunion et de la mise en commun des connaissances de plusieurs
sciences : notamment la linguistique, la télégraphie, la téléphonie, la psychologie, la sociologie,
la politique et l'anthropologie. Certains catégorisent cette science comme étant aussi l'étude du
mouvement de l'information, liée à la théorie de l'information ;
Un processus de communication peut être basiquement décrit comme étant le processus de
transmission d'un message d'un émetteur à un ou plusieurs récepteurs à travers un média
subissant des interférences sous condition de message de rétroaction ou feedback. Cela
associe un acte au message et à la médiatisation qui y sont liés. C'est le contexte qui donne le
sens de l'échange. On préfèrera alors le terme de " processus de communication " ou plus
simplement " Une communication ". Nous verrons qu'il existe différents modèles de
représentation et donc différentes façons d'aborder ce qu'est une communication selon les
facteurs que l'on prend en compte ;
Les voies de communication, qui représentent les différents moyens de communications et de
transport, notamment la télécommunication, les voies routières et ferroviaires, les entreprises de
communications… Bref tout ce qui est lié à la médiatisation de message, dans un secteur
industriel, publicitaire ou technologique. Autrefois théorisées et utilisées par le secteur industriel,
le secteur tertiaire (services, publicitaires, ou les ex-Nouvelles Technologies de l'Information et
de la Communication ou NTIC) se sont de plus approprié ces notions, et leur utilisation.

Alexander Graham Bell parlant au téléphone en 1876.

2.3.3. Communication et enjeux


Dans le fond, la communication cherche bien à répondre à l'un des objectifs suivants :

 Faire passer une information, une connaissance, ou une émotion ;


 Créer une norme commune pour se comprendre ;
 Créer une relation pour dialoguer fréquemment, ou relancer le dialogue ;
 Obtenir une influence pour inciter l'autre à agir selon sa volonté ;
 Donner son identité, sa personnalité au tiers, pour être connu.

On parle alors d'enjeux de la communication. Ces enjeux sont liés aux différentes fonctions du
message (voir les concepts de Roman Jakobson). On voit qu'une communication trop axée sur
des moyens techniques peut faire oublier les risques inhérents à la communication.
La communication est le vecteur de la connaissance et de la culture. Envisager la culture sur un
plan strictement individuel, comme celle d'un érudit, serait négliger les aspects de civilisation. La
communication constitue le mode d'échange pour des communautés de personnes souhaitant
partager des cultures communes. Au niveau historique, depuis quelques décennies, les
historiens (école des Annales) ont montré l'importance des représentations sur ce point. On peut
remonter aux modes de communication du Moyen Âge (voir Georges Duby). Les historiens
contemporains prennent en compte le contexte culturel, afin d'éviter les erreurs d'interprétation
(historicisme).
Aujourd'hui comme hier, la communication et ses canaux sont les moyens de diffuser des
informations à caractère culturel au sens large sur les évènements, les découvertes et les
traditions, et d'en garder la trace. La culture d'une communauté de personnes est sans doute
l'élément le plus déterminant du contexte.
2.3.4. Types de communication

2.3.4.1. Communication interpersonnelle

C’est la communication directe entre deux personnes, c’est-à-dire un émetteur et un récepteur.


C’est la discussion orale entre les individus qui constituent l’essence de la vie sociale. Ce type
de communication nécessite la rétroactivité qui va assurer la continuité des conversations.

2.3.4.2. Communication de masse

C’est l’émission d’information en public ; à un nombre illimité de récepteurs. Ce type de


communication ne nécessite pas obligatoirement la présence de feedback exemple : conférence
de presse ; avis ; déclaration, etc.

2.3.4.3. Communication de groupe

C’est l’émission d’un message par un émetteur à un groupe ciblé (un nombre de récepteur bien
défini). Exemple : publicité, communication interne dans un département d’une entreprise,

2.3.4.4. Communication verbale et la communication non verbale

Ce sont celles qui s’établissent à travers la discussion c’est-à-dire l’utilisation des signes
linguistiques. Elle englobe la parole, l’écriture, la gestuelle, les médias : tous ce qui s’exprime
par le langage. Ce type de communication exige une rétroaction c’est-à-dire un feedback pour
assurer la réception du message. Tandis que communication non verbale est celle exprimé
implicitement sans l’utilisation des langues tel que l’art (écriture de livres, musique, dessin, etc.),
façon de s’habiller (les couleurs), etc.
Cette distinction verbale/non verbale n'est pas toujours aisée à faire. Une communication
verbale est faite de signes linguistiques. Ces signes confèrent un corpus appelé langue, ou plus
généralement langage, mais les linguistes viennent à distinguer langue et langage. L'écriture, la
langue des signes, la voix sont des médias, des moyens de communiquer, etc. L'art de
conceptualiser ce message dans un langage afin de minimiser les interférences est appelé la
rhétorique. Aristote et Cicéron étaient des théoriciens de rhétorique, qui devint l'un des sept arts
libéraux dans le haut Moyen Âge.
Est dite « non verbale » une communication basée sur la compréhension implicite de signes non
exprimés par un langage : l'art, la musique, la kinesthésie, les couleurs, voire les vêtements ou
les odeurs. Ces signes, leur assemblage et leur compréhension ou leur interprétation sont dans
leur grande majorité dépendants de la culture.
Le mot verbal peut également être compris comme exprimé de vive voix (Petit Larousse). On
parlera alors de communication orale, par opposition à la communication écrite. Par contre, On
nomme réseau un ensemble d'acteurs, d'agents économiques, de noeuds, ou lieux de
communication grâce auxquels les messages circulent. L'information se concentre et se
redistribue ainsi. On parle d'un réseau.

2.4. Modèles de communication


De nombreux théoriciens de la communication ont cherché à conceptualiser ce qu'était « une
communication ». Il ne s'agit pas là d'une liste exhaustive, tant les modèles sont nombreux et
complémentaires. Nous chercherons à en donner une évolution générale en donnant les plus
connus de ces modèles et l'apport qu'ils ont induit.

2.4.1. Modèle de Shannon et Weaver

Modèle de Shannon et Weaver

Le modèle de Claude Shannon et Weaver désigne un modèle linéaire simple de la


communication : cette dernière y est réduite à sa plus simple expression, la transmission d'un
message. On peut résumer ce modèle en : Un émetteur, grâce à un codage, envoie un
message à un récepteur qui effectue le décodage dans un contexte perturbé de bruit.
Apparu dans Théorie mathématique de la communication (1948), ce schéma sert à deux
mathématiciens Claude Shannon (père entre autres de nombreux concepts informatiques
modernes) et Warren Weaver (scientifique versé tant dans la vulgarisation que la direction de
grands instituts), à illustrer le travail de mesure de l'information entrepris pendant la Seconde
Guerre mondiale par Claude Shannon (ce dernier a été embauché par Weaver à l'Office of
Scientific Research and Development pour découvrir, dans le code ennemi, les parties chiffrées
du signal au milieu du brouillage).
A l'origine, les recherches de Shannon ne concernent pas la communication, mais bien le
renseignement militaire. C'est Weaver qui a « traduit » la notion de brouillage par celle de « bruit
», la notion de signal par « message », la notion de codeur par « émetteur », la notion de
décodeur par « récepteur », etc. Jusqu'à la fin de sa vie, Claude Shannon se défendra contre la
reprise du soi-disant modèle pour autre chose que des considérations mathématiques. Le
modèle dit de Shannon et Weaver n'a en effet de prétention qu'illustrative. Mais, il a souvent été
pris au pied de la lettre, révélant alors la forte influence béhavioriste du modèle de Pavlov
(stimulus-réponse).
Ce modèle, malgré son immense popularité, considéré comme « le modèle canonique de la
communication », ne s'applique pas à toutes les situations de communication et présente de
très nombreux défauts. Le modèle de Shannon et Weaver considère que le récepteur est passif
: toutes les recherches en Sciences de l'information et de la communication montrent que cela
est simpliste, ou faux.

2.4.2. Modèle de Lasswell

Harild Dwight Lasswel, politologue et psychiatre américain, s'est fait un nom en modélisant la
communication de masse. Pour lui, il s'agit de la décrire à travers les questions : « Qui, dit quoi,
par quel canal, à qui et avec quel effet ? ». C'est la stricte reprise des cinq questions que
Quintilien adressait à tout apprenti rhéteur :

 Qui ? : correspond à l'étude sociologique du ou des milieux et organismes émetteurs.


 Dit quoi ? : se rapporte au contenu message, à l'analyse de ce contenu.
 Par quel média ou canal ? : C'est l'ensemble des techniques utilisées pour diffuser
l'information à un instant donné dans une société donnée.
 A qui ? : vise l'auditoire, ou audience. C’est-à-dire les publics récepteurs avec des analyses
selon des variables
 Avec quels effets ? : Il s'agit d'analyser et d'évaluer les influences du message sur
l'audience.

Ce modèle conçoit la communication comme étant un processus d'influence et de persuasion,


très proche de la publicité. Ce modèle dépasse la simple transmission du message (même s'il y
reste centré) et envisage notamment les notions d'étapes de communication, la capacité de
pluralité des émetteurs et des récepteurs et de finalité d'une communication (ses enjeux).
En revanche, il est critiquable, sur la même base que les critiques émises contre le modèle de
Claude Shannon et Weaver. En effet il envisage la communication comme une relation
d'autorité et de persuasion. Il néglige le message de rétroaction, ainsi que les notions de
psychologie et de sociologie de part et d'autre de la relation de communication. Le récepteur est
toujours considéré comme passif, ce qui est encore inexact, car il existe en général interaction
entre l'émetteur et le récepteur, ce qui n'est pas pris en compte dans ce modèle.
L'un de ses ouvrages majeurs intitulé Propaganda Technique in the World War (1927) fait partie
des ouvrages de référence dans l’usage de la propagande dans la Seconde Guerre mondiale.
Sa vision autoritaire, voire autoritariste de la communication, lui vaut de nombreux ennemis,
encore aujourd'hui. Ce modèle est à lier par antithèse aux travaux du célèbre Marshall McLuhan
(La galaxie Gutenberg, 1967) et Régis Debray (Traité de médiologie, 1991).

2.4.3. Modèle de Jakobson


Cet autre modèle, fondé sur la linguistique, est proposé par Roman Jakobson (1896-1982). Ce
linguiste russe développe un point de vue centré non plus sur la transmission d'un message,
mais sur le message lui-même, évitant ainsi les dangers d'instrumentalisation technique (voir sur
ce point philosophie des réseaux). Il est composé de six facteurs. A chacun de ces facteurs est
lié une fonction du message, explicitée par Jakobson.

 Le destinateur, lié à la fonction expressive du message ;


 Le message, lié à la fonction poétique du message ;
 Le destinataire, lié à la fonction conative du message ;
 Le contexte, l'ensemble des conditions (économiques, sociales et environnementales
principalement) extérieures aux messages et qui influence sa compréhension, lié à la
fonction référentielle du message ;
 Le code, symbolisme utilisé pour la transmission du message, lié à la fonction
métalinguistique du message ;
 Le contact, liaison physique, psychologique et sociologique entre émetteur et récepteur, lié à
la fonction phatique du message.

On notera l'apparition ou la réapparition des trois dernières notions (contexte, code, contact) qui
complètent énormément la vision d'ensemble sur ce qu'est une communication. Certains
facteurs peuvent être considérés comme des agents de communication (destinataire). Sur le
contexte, voir l'article perception de l'environnement. Ces travaux sont à lier à l'impulsion
linguistique de Ferdinand de Saussure, conceptuelle de Shannon et Weaver, et philosophique
de John Austin.
2.4.4. Modèle de Gerbner

George Gerbner, Sociologue des années 1950, avait l'ambition de formuler un modèle général
de la communication. Il présente en 1956 un modèle beaucoup plus complexe que les
précédents. Son modèle s'articule autour de deux propositions essentielles :

 Il lie le message au contexte, ainsi il permet de le renseigner sur la signification du message


;
 Il décrit le processus de communication comme un ensemble à deux dimensions : une
perceptive et une autre dimension pour le contrôle.

Le trait particulier de ce modèle est qu'on peut l'appliquer aux différentes formes de
communication en fonction du contexte. Il convient à un acte de communication interpersonnelle
entre deux personnes mais aussi au processus plus complexe de la communication de masse.
2.4.5. Modèle de Newcomb
Theodore M. Newcomb, 1953, présente le modèle ABX triangulaire et devient le premier à
introduire le rôle de communication dans la relation sociale.
2.4.6. Modèle de Westley et Mac Lean
B.H. Westley et M.S. Mac Lean reprennent en 1957 l'idée du besoin social de l'information que
l'on retrouve chez Newcomb et l'adapte spécifiquement à la Communication de masse.
2.4.7. Modèle de Riley et Riley
Dans ce modèle est considéré en premier lieu l'appartenance des individus humains à des
groupes. L'émetteur rebaptisé communicateur, et le récepteur sont donc distribués dans des
groupes primaires (familles, communauté, petits groupes, etc.) sociologiques.
Ces groupes influeraient la façon de voir, de penser et de juger de leurs membres. Ces groupes
évoluent dans un contexte social dont ils dépendent. Ce modèle de Matilda White Riley et de
John White Riley introduit de nouvelles notions, notamment celle de contexte et d'appartenance
à un groupe, liées à la sociologie. De plus ce modèle est le premier à prendre en compte la
notion d'une boucle de rétroaction, entre l'émetteur et le récepteur. Cela montre qu'il y a
réciprocité et inter-influence entre les individus. Ce modèle est à l'origine des travaux sur la
communication de groupe.

2.4.8. Modèles issus de la réseautique informatique

Ces modèles techniques sont intéressants à noter car ils se basent sur des acteurs différents du
sujet d'étude habituel : l'ordinateur, fondamentalement logique et non-humain. Selon ces
modèles, toute action de communication se baserait sur un processus essentiel, ou protocole de
communication :
Phase de mise en contact/connexion
L'émetteur envoie une demande de connexion.
Le récepteur répond, soit affirmativement, soit négativement.
Si on fonctionne dans le principe d'une communication synchrone, l'émetteur et le récepteur
s'envoient des messages pour se synchroniser.
Phase de l'envoi du (des) message(s)
L'émetteur envoie un message
Le récepteur dit s'il l'a bien reçu, ou si l'émetteur doit renvoyer son message.
Les rôles du récepteur et de l'émetteur peuvent s'inverser au cours de la communication.
Phase de clôture/déconnexion
L'un des ordinateurs demande la fermeture de la connexion.
Ces modèles ont aussi mis beaucoup plus en valeur la notion de réseau de communication, et
de noeud de communication. En effet, un message transmis peut être relayé d'un poste à
l'autre. De plus, on peut l'envoyer à un groupe d'ordinateurs. Et donc il faut savoir qui prend la
parole, et comment, etc. (principe du « token »).
La notion de code (appelé protocole) est elle aussi très importante car une parfaite coordination
entre les ordinateurs à la logique binaire est essentielle. Par contre, évidemment, la psychologie,
la sociologie et leur implication dans le contexte de communication n'est pas explicité du tout
dans ce modèle-là. Elle oublie totalement les notions de sens et de fonction du message.
Si le mot « communication » existe dans la langue française depuis plusieurs siècles, ce n'est
pas avant la seconde moitié du XXème siècle qu'il s'installe avec force dans le discours
médiatique et politique, qu'il désigne un champ d'étude et de recherche de plus en plus vaste et
qu'il devient l'objet d'une conceptualisation toujours plus poussée. Les rapports entre
communication et société sont donc complexes. Sans qu'il y ait besoin de remonter aux sociétés
de fourmis et autres insectes sociaux, il faut rappeler que les sociétés humaines se perpétuent
dans et par la communication interpersonnelle entre générations. La fascination contemporaine
pour les « nouveaux médias » amène à négliger les plus vieux médias du monde : le corps, le
geste, la parole.
Pour une analyse de communication dans la langue anglaise, il faut lire les travaux de John
Durham Peters, merveilleux de précision et d'invention. Les racines latines étant évidemment
identiques, les deux mots évoluent sémantiquement de manière parallèle. Mais il manquera au
mot de la langue française un philosophe comme John Locke. Celui-ci lui offrira une noblesse
philosophique dès 1690 dans Essay Concerning Human Understanding, ce qui peut
partiellement expliquer pourquoi ce sont d'abord des penseurs anglo-saxons qui se sont
emparés du mot : Charles Cooley, George Herbert Mead, John Dewey, Edward Sapir, etc.
Dans Democracy and Education, le philosophe John Dewey écrivait en 1916 : « La société ne
continue pas seulement à exister par la transmission, par la communication, mais, peut-on dire
avec assurance, continue à exister dans la transmission, dans la communication. Il y a plus
qu'un lien verbal entre les mots « commun », « communauté » et « communication ». Les
hommes vivent en communauté en vertu des choses qu'ils ont en commun ; et la
communication est la façon par laquelle ils en viennent à posséder des choses en commun ».
Ces propos peuvent apparaître simplistes. Ils jouent en fait très finement sur l'étymologie du mot
communication et [...].

3. Objectifs de la communication pour l’éducation

La Communication c'est avant tout la production, l'apprentissage et l'échange d'idées. Dans le


secteur de l'éducation, l'un des objectifs de la communication est d'aider chaque groupe
d'intervenants à donner un sens à son rôle et à ses responsabilités tout en cherchant à
comprendre et à accepter ceux des autres. Le partenariat est une réussite dès lors que la
plupart des parties considèrent qu'elles-mêmes comme les autres avancent dans la même
direction, œuvrant en faveur d'intérêts communs, partageant les mêmes idées sur les
problèmes, les réformes, les programmes éducatifs. La confiance mutuelle est également une
condition de base, tout comme par ailleurs, le fruit de ces relations. La communication contribue
à instaurer cette confiance.
La conscience de partager des intérêts mutuels, des points communs et l'instauration d'un climat
de confiance ne sont pas « choses innées » ; ils n'apparaissent pas seuls, de façon naturelle ou
spontanée. En revanche, ils peuvent être le fruit d'une communication planifiée.
La Communication peut servir de multiples fonctions dans les relations de partenariat pour
l'éducation, notamment :

 Information : fournir des données factuelles et explications sur l'entreprise commune et la


relation avec les différents intervenants. Exemples : (i) comment fonctionnera un programme
de redéploiement des enseignants ? qui sera concerné ? où et quand serat-il appliqué ? (ii)
taux de scolarisation par sexe et par région ; (iii) les résultats des écoles

aux examens nationaux ; (iv) coût unitaire d'un élève par région ; (v) ratio élève enseignant par
région. De telles informations permettent de faire une mise à niveau lorsqu'il s'agit d'informations
utilisées dans le cadre du dialogue.

 Dialogue et instauration de la confiance : veiller à ce que tous les différents points de vue
soient exprimés, donner des explications et répondre aux hésitations sur les questions
abordées. Par exemple, que pensent les mères du fait que les filles aillent à l'école toute la
journée ? Les enseignants perdent-ils leur ancienneté lorsqu'ils sont mutés ailleurs ?
L'intention du gouvernement de reconfier aux organisations religieuses la gestion des écoles
primaires ne constituera-t-elle pas un frein à la fréquentation de certains groupes ? Une
stratégie de communication prévoira des réunions de groupe, des entretiens individuels, des
ateliers, des lettres d'information, etc. afin d'aborder les différents aspects de ces types de
situation, et de faire en sorte d'éviter de gros malentendus, de façon à ce que les partenaires
se sentent à l'aise dans leur rôle présent et à venir.
 Consensus : une fois que les parties prenantes ont été informées et qu'elles ont eu la
possibilité d'exprimer leur point de vue, et que leurs préoccupations ont été prises en compte
de façon adéquate, il devient possible d'arriver à un accord sur des lignes d'action, des
calendriers, des répartitions des responsabilités etc. Par exemple, si des objectifs ont été
fixés pour la scolarisation des filles dans une communauté, qui veillera à ce que les filles
aillent effectivement à l'école ? Si des ressources spéciales sont nécessaires pour ce faire,
comment seront-elles mobilisées ? Quel est le rôle des parents et des familles, des groupes
religieux, des responsables éducatifs pour atteindre ces objectifs ? Accepteront ils
d'assumer leur rôle ? Si l'on doit envisager des sanctions pour non-performance, seront-
elles comprises et acceptées par tous ? Une stratégie de communication cherchera les
voies et moyens de gérer effectivement ces questions. Elle suivra de près, grâce au
feedback de suivi, l'évolution des compréhensions et l'avancement des objectifs décidés en
commun.
 Plaidoyer : les individus et institutions influents sont probablement peu disposés à changer
leurs habitudes de pensée et de réaction, et prompts à bloquer de idées nouvelles, s'ils les
jugent menaçantes ou indésirables. La communication peut constituer un moyen d'obtenir
l'engagement des centres de pouvoir et d'influence et de les pousser à « évoluer » avec leur
temps ; à utiliser leur influence à des fins de progrès. Par exemple, les chefs traditionnels
des villages et les chefs de famille autoriseront-ils les filles à continuer à fréquenter l'école
plutôt que de les marier à la puberté ?

Comment les rassurer et du coup rassurer d'autres personnes influentes, sur le fait que la
poursuite de la scolarité n'engendrera pas des épouses et des mères « irresponsables ». Il s'agit
là de questions de plaidoyer et certaines d'entre elles peuvent s'avérer polémiques. Il existe des
approches spéciales de la communication pour le plaidoyer afin de renforcer le soutien des
personnes et groupes influents en faveur d'un changement proposé, qu'il s'agisse de lois, de
politiques, de réglementations, de programmes, de valeurs culturelles ou de comportements.

 Mobilisation sociale : comment un grand nombre de personnes au niveau de la « base » et


de la périphérie peut être amené à soutenir les réformes et programmes éducatifs ? Par
exemple, comment faire en sorte que le « mouvement » EPT soit accepté et remporte
l'adhésion de la majorité dans les communautés dans les pays, plutôt que d'être cantonné à
l'engagement pris par les Ministres de l’Education lors de conférences internationales, qui
intéressent peu leurs populations ? Des campagnes et programmes structurés de
communication peuvent être mis sur pied afin d'impliquer les populations à différents
niveaux de la société dans les décisions concernant les programmes éducatifs proposés.
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Références bibliographiques
BALLE Francis, médias et société, Montcheretien, Paris, 2005, 8 p.
BARBIEBR Frederic et L’avenir. C., Histoire des médias, De Bock, Bruxelles, 382 p.
BERMEJO BERROS, Jésus, génération télévision, éd. A ; Colin, Paris, 2009, p.
CARRON cite par Jaquinot, G., Les jeunes et les medias, ed. L’Harmattan, Paris,2002, pp.56-58
CHARAEUDEAU.P., « les conditions d'une typologie des genres télévisuels d'information » in
<réseau n°81, CENT, Paris, janvier-février 1997, 190 p.
CHAREAU DEAU PATRICK, les médias et l'information, éd, Deboek, Bruxelles, 2005, 20 p.
FALCONI, A. et BUDIMBAN François Xavier, y., Lexique des médias, internet et multimédia,
médiaspaul, Kinshasa, 2009,141 p.
FALCONI, A., Histoire de la communication du début du cinéma à l'internet, médiaspaul,
Kinshasa, 2003, 130p.
Fraser Colin et RESTREPO ESTRADAS, manuel de la radio communautaire, Paris, Unesco,
2001 p.
HAVERLLANGE F., Libérer la parole paysanne au sahel, éd. L'Harmattan, Paris, 2000, 238 p.
Lasuel, cité par Amand et Michel Matelard, histoire des théories de la communication, la
découverte, Paris 1995, 20 p.

ACTIVITES A FAIRE

Activité 1 :
-Résumez le chapitre 1 dans vos propres mots (2 pages) Activité 2 :
Faire un tableau synoptique des points convergents et divergents entre les media et la
communication
Activité 3 :
Impacts des modèles de communication pour l’éducation (5 pages)
Activité 4 :
Faire un commentaire des objectifs de la communication pour l’éducation (5 pages)

CHAPITRE 2 : LES GRANDS DEFIS DES MEDIAS ET DE LA

COMMUNICATION EN EDUCATION

Introduction
Socrate dans une parole de Sages préconisait de toujours passer ce que l’on a à dire à travers
le filtre de trois tamis : est-ce vrai ? Bon ? Utile ? C’est dire que la diffusion, la circulation de
l’information ainsi que la communication ne constituent pas des questions nouvelles. Mais, elles
trouvent une résonnance particulière du fait de l’évolution des technologies, de la multiplication
des supports d’information, de l’accélération du temps, réinterrogeant les notions de liberté
d’opinion et d’expression, de responsabilité, de développement de la démocratie et de dialogue
entre les citoyens.
Depuis près de deux décennies en effet, on assiste à une transformation profonde du monde
des médias et des pratiques médiatiques et communicationnelles : apparition continue de
nouveaux vecteurs d'information (Internet, réseaux sociaux numériques, etc.). Cette possibilité
est offerte à chacun d'être émetteur et récepteur de l'information, de la communication, du climat
de méfiance vis-à-vis des médias (Missika et Wolton, 1983).
L'élargissement de l'offre médiatique, la multiplication de ses formats et la diversité de ses
contenus alimentent un flux d'information et de communication désormais continu, instantané,
planétaire. De nouveaux espaces de discussion, de communication et de connaissances
enrichissent le débat démocratique. Mais, ces changements ont également fragilisé l'existence
de certains médias et produit des dérives (Gariel, 2019).
Dans ce contexte, l'éducation aux médias et à la communication doit permettre aux enfants,
aux jeunes d'acquérir, sans pour autant devenir des professionnels, des connaissances et des
compétences leur permettant de s'informer, de communiquer, de diffuser, d'analyser et de
partager des informations de façon responsable. Elle apparaît comme un défi majeur pour
préserver et vivifier la démocratie, mais aussi comme une opportunité de rendre concrète
l'éducation à la citoyenneté. En effet, elle concourt à développer le discernement et l'esprit
critique nécessaires pour décrypter les médias, l'information et la communication afin d’exercer
sa liberté d'opinion et d'expression.
Sur le plan étymologique, « éduquer » signifie « conduire hors de », donc apprendre à grandir,
à accéder à une autonomie responsable. L’éducation aux médias et à la communication,
véritable enjeu de démocratie, s’inscrit donc dans une vision globale d'éducation populaire et
d'exercice de la citoyenneté, à l’ère du numérique reposant sur de nombreux dispositifs et
acteurs dans les systèmes éducatifs (Missika et Wolton, 1983).
Ce chapitre se propose de donner une vue panoramique des grands défis des médias et de la
communication qui animent les différents plateaux techniques des paysages éducatifs.
Aujourd’hui, à tous les niveaux sociétaux, les médias dans une approche de l’information et de
la communication jouent des rôles très importants dans l’univers éducatifs des enfants.

1. Médias et communication en éducation : un enjeu de


démocratie face aux mutations du monde

Le monde des médias et les pratiques de la communication sont en mutation profonde depuis
une quinzaine d'années. Ces évolutions rendent nécessaire une éducation aux médias et à la
communication renouvelée et tournée non seulement vers tous les publics, mais aussi et surtout
vers les acteurs de l’éducation (Wilson, Carolyn ; Grizzle, Alton ; Tuazon, Ramon ; Akyempong,
Kwame ; Cheung, Chi-Kim, 2011).
La presse écrite a longtemps détenu le monopole de l'information et d'actualité. Ce monopole a
progressivement été remis en question par l'émergence de nouveaux moyens de diffusion de
l'information et de la communication : la radio, la télévision, l'Internet, les réseaux sociaux
numériques, etc. Comme l'a souligné Éveno (2019), au fur à mesure de leur apparition, ces
différents vecteurs d'information et de communication se concurrencent, se superposent, se
complètent, développent des modes spécifiques de traitement de l'information mais ne
disparaissent pas.
En effet, ils convergent, s'hybrident, élargissent l'offre médiatique tout en modifiant ses formats
et ses contenus et alimentent un flux d'information et de communication désormais continu. La
masse énorme des informations peut entraîner le zapping (Gariel, 2019). Le clic ou la
communication, en tant qu'ils alimentent le modèle économique de certains acteurs, deviennent
parfois plus importants que la communication elle-même. Il est donc primordial de donner à
toutes et tous le discernement, le recul, et l’esprit critique nécessaires dans leur rapport aux
médias et à la communication.
Comme l'a analysé Joux (2019), bien avant l'arrivée d'Internet et des réseaux sociaux
numériques, les médias dits aujourd'hui « traditionnels » (journaux, radio, télévision) ont introduit
toute une série d'innovations, reposant bien souvent sur l'emploi de nouvelles technologies de
l’information et de la communication, et modifiant le rapport à l'information et à la
communication. Ils ont aussi bénéficié des effets de la libéralisation des médias audiovisuels au
début des années 1980 et des moyens mis en place pour favoriser leur développement (Gariel,
2019).
Les changements dans la façon de produire et de communiquer et de de transmettre de
l'information ont contribué à amplifier les flux d'information désormais continus, à brouiller les
frontières entre ce qui relève de l'information et de la communication et ce qui n'en relève pas.
Les informations sont désormais foisonnantes, vérifiées ou non, voire quelquefois
volontairement manipulées.
Ces changements ont également suscité des recherches et des réflexions en matière
d'éducation aux médias, à la communication et à l'information afin d'aider leurs différents publics
(enfants, jeunes, adultes) à les décrypter, à mieux recevoir les informations et à disposer de
repères. Ces efforts, bien souvent concentrés sur les jeunes, doivent être maintenus, amplifiés
et élargis à tous les publics en prenant mieux en compte dorénavant Internet et les réseaux
sociaux numériques dans la vie de chacun (Deidi Tworek, 2018).

1.1. Apparition d’une faible crédibilité des médias, de l’information et de la


communication
Cette faible crédibilité questionne leurs actions pour la restaurer et celles qui pourraient être
conduites par l'éducation aux médias à l'information et à la communication auprès de tous les
publics pour améliorer leur confiance envers les principaux supports d'information et de
communication.

1.2. Naissance d’une faible confiance dans les réseaux sociaux en matière d'information
et de communication
Les réseaux sociaux numériques suscitent une faible confiance en matière de communication et
d'information. Selon, le baromètre 2019 sur la confiance des tchadiens dans les médias et la
[1]

communication, parmi les personnes interrogées, 35 % utilisent les réseaux sociaux numériques
(comme Twitter ou Facebook par exemple) plusieurs fois par jour, 14 % plusieurs fois par
semaine, 7 % moins souvent et 38 % n'utilisent pas les réseaux sociaux.
Parmi les personnes interrogées, 71 % n'ont pas confiance dans les informations qui circulent
sur les réseaux sociaux quand elles sont publiées par un ami et 39 % quand elles proviennent
d'un site d'information d'un média de la presse écrite ou audiovisuelle. Parmi les utilisatrices et
utilisateurs des réseaux sociaux, seule une minorité de 15 % répond « ne pas partager
d'information sur les réseaux sociaux », 69 % fait « toujours ou souvent » attention à l'émetteur
de l'information, c'est à dire la personne ou le média qui l'a publiée en premier et 70 % lit
« toujours ou souvent » la totalité de son contenu.

1.3. La désinformation : quels effets ?


Selon, le baromètre 2019 sur la confiance des tchadiens dans les médias 38, 12 % des
personnes interrogées disent qu'elles sont « confrontées à des informations qui déforment la
réalité ou qui sont même fausses », « une fois par semaine ou même plus » et 16 % « deux ou
trois fois par mois ». Toujours selon cette enquête, les principaux acteurs qui devraient agir
contre la propagation des fakes news sont les responsables de l’information et de la
communication (36 %).

1.4. Rumeurs et théories du complot


La rumeur, information non vérifiée et dont la source est non identifiée, peut alimenter le «
complotisme », c’est-à-dire la méfiance de « quelqu’un qui récuse la version communément
admise d’un événement et cherche à démontrer que celui-ci résulte d’un complot fomenté par
une minorité active ». La rumeur et le complotisme ne sont pas des phénomènes nouveaux,
mais ont pris de l’importance avec le développement d’Internet, des moteurs de recherche, des
réseaux sociaux numériques, etc., autant de supports qui permettent une diffusion plus large
géographiquement et plus rapide de ce type d’information et de communication, mais aussi d’«
accumuler des traces » pour étudier ces phénomènes. Leur diffusion sur ces supports est
facilitée par un contexte de forte défiance à l’égard de la « parole officielle » dont les médias «
traditionnels » sont souvent considérés comme des relais. Ces phénomènes ont repris de
l’ampleur notamment à partir des attentats de 2001 aux États-Unis et de 2015 en France.

1.5. Fake-news ou infox


Les infox constituent une information mensongère délivrée dans le but de manipuler ou tromper
un auditoire. A l'ère d'Internet et des réseaux sociaux numériques, elles ont pris une importance
considérable et suscitent une forte inquiétude. Toutefois comme l'a souligné Cardon (2018) lors
de son audition et dans un article récent, « la panique sur les effets des fake news est très
largement exagérée et les technologies numériques, à elles seules, ne peuvent être rendues
responsables de phénomènes politiques globaux ».

1.6. Deepfake ou vidéos truquées


Après les faux articles, les photos retouchées ou sorties de leur contexte, les vidéos tronquées
sont apparues les deepfake, les vidéos truquées. Elles se basent sur une technologie très
élaborée, mélange d’intelligence artificielle et de reconnaissance faciale. Elles permettent de «
faire dire » ou de « faire faire » n'importe quoi à n'importe qui de façon hyperréaliste. Cette
nouvelle forme de manipulation de l'information et de la communication a trouvé un certain écho
sur des sites Internet ou encore sur les réseaux sociaux numériques où les contenus les plus
spectaculaires sont souvent les plus viraux. Une façon de lutter contre les deepfake est de
recourir à la technologie en mettant au point des outils qui permettent de les détecter.

2.L'éducation aux médias et à la communication


Entendus comme l’ensemble des moyens de diffusion de l’information et de la communication,
les médias sont des acteurs majeurs de la démocratie. En effet, ils contribuent à satisfaire le
droit à l’information et à la communication à animer le débat démocratique et à éclairer les
enjeux de la décision politique, en apportant des éléments de pédagogie, de compréhension et
d’analyse, ou en faisant valoir les points de vue divergents (Hugues Ferreboeuf, 2018). Ils
permettent ainsi aux citoyens de construire leurs propres opinions. Leur rôle démocratique
justifie les règles éthiques auxquelles ils sont astreints : exactitude de l’information, de la
communication, vérification des sources, respect de la vie privée et de la présomption
d’innocence.
L'existence de cette liaison intrinsèque entre les médias, la communication et la diffusion de
l'information et la démocratie pose la question de l'éducation des citoyens aux médias et à la
communication. C’est pour cette raison que Condorcet pose dès 1791 en France, dans
les Cinq mémoires sur l'instruction publique, le débat et les conditions pour que l’école puisse
être à la fois le lieu où se transmettent les savoirs et où l’on se forme en qualité de citoyen libre
et éclairé. Dans ce contexte, l’éducation aux médias, à la communication et à l'information doit
être reconnue comme l'un des piliers de l’éducation à la citoyenneté, qui est l’une des missions
importantes de l’école.
Il existe aujourd'hui une multiplicité d'actions et de dispositifs qui concourent à l'éducation aux
médias, à la communication et à l'information. Ces derniers, en grande partie centrés sur les
jeunes, sont portés par différentes politiques publiques et mis en œuvre par de nombreux
acteurs sans véritable cohérence d'ensemble et sans évaluation du nombre de leurs
bénéficiaires et encore moins de leurs effets (Heidi Tworek, 2018).
2.1. Education aux médias et à la communication : des politiques publiques centrées sur
les jeunes
Dans le cadre des politiques publiques qu'il impulse, l'État, bien souvent en lien avec les
collectivités territoriales, les associations, etc. met en œuvre ou soutient des actions ou des
dispositifs d'éducation aux médias, à la communication et à l'information. Le nombre important
de Ministères qui interviennent dans ce champ interroge la coordination et l'efficacité des actions
menées et souligne l'importance d'une évaluation de la politique publique en la matière et qui
constitue aujourd’hui des défis pour les pays.
2.2. Une multiplicité de dispositifs et d'actions portés par des acteurs associatifs
Le défi à l'éducation aux médias et à la communication mobilise une profusion d'autres acteurs,
issus de milieux très différents, crée et utilise de nombreux outils pédagogiques, repose sur des
modes d'interventions parfois très innovants sans avoir véritablement d'organisation globale
encadrant les messages fondamentaux qu'elle souhaite transmettre à toutes et tous.
Aujourd'hui, les personnes impliquées dans ce type d’éducation agissent bien souvent à leur
échelle, dans leur territoire et en fonction de leur propre vision et de leurs moyens. Il en résulte
des interventions dont la qualité et l'ampleur peuvent être hétérogènes.

3.Education aux médias et à la communication : des défis


internationaux
Longtemps ignorée du système scolaire et exclue du champ des politiques publiques,
l'éducation aux médias, à la communication et à l'information a progressivement émergé au
niveau international. Des travaux de chercheurs, de scientifiques ou de praticiens et des
démarches collectives sous l'égide d'organisations internationales se sont emparés du sujet
dans les années 70/80.
Les États reconnaissent dès lors un rôle majeur à l'information, à la communication et aux
médias dans la vie quotidienne des citoyens, dont la liberté d'expression, l'accès et la maîtrise
de l'information et le regard critique sur celle-ci en sont les principaux enjeux. Des groupes de
réflexions au sein d'organisations internationales ou impulsés par celles-ci vont produire un
ensemble d'actes, qui sont aussi des alertes à l'intention des États et qui prendront la forme de
propositions de programmes ou de recommandations. L'éducation aux médias et à la
communication est un sujet qui a été inscrit tardivement dans les priorités politiques des États
africains en particulier.
Pour conclure, l’éducation aux médias et à la communication permet aux enfants d’acquérir des
compétences médiatiques. Cette éducation se doit d’être transversale pour être des plus
efficaces. Elle se pratique à l’école, mais aussi en famille, dans les mouvements de jeunesse ou
tout autre loisir collectif. Elle vise l’acquisition de compétences tels que la déconstruction des
médias et de la communication, le sens critique, le sens des responsabilités, ainsi que la
manipulation, la conception, la création de contenus médiatiques.
Il s’agit de dépasser la seule vision technologique des médias et de la communication. Il faut
aussi s’interroger sur la pratique que l’on en fait, l’usage quotidien que l’on en a. Il est question
également d’étudier les mécanismes liés à la publicité, la marque des lobbys ou tout autre
aspect liés à la consommation des médias et à travers les médias. Il s’agit enfin d’évaluer les
potentialités et les risques, de mettre en œuvre des stratégies pour augmenter les potentialités
et restreindre au maximum les risques. Une fois, former les enfants aux risques, c’est leur
donner les moyens de faire face à ces contenus le jour où ils y sont confrontés.
Une éducation aux médias et à la communication liés à Internet et à la téléphonie ne peut pas
se passer d’une réflexion sur le partage d’informations et de communication personnelles, de la
protection de ces informations et d’une prise de conscience du droit à la vie privée, à l’intégrité
des personnes ainsi qu’aux conséquences en cas de non-respect de ces droits. Des parents
soucieux alertent parfois les systèmes éducatifs à propos d’événements qui touchent leurs
enfants ; ceux-ci marquent souvent leur souhait de participer eux-mêmes à l’éducation à l’usage
des TIC par exemple. L’éducation aux médias et à la communication consiste à donner les clés
nécessaires au bon usage des médias, mais aussi à communiquer quand une situation
dégénère et nécessite l’intervention d’un tiers.
Références bibliographiques https://www.contrepoints.org/2017/03/17/284241-lindustrie-
medias-a-lerenumerique https://www.ifop.com/publication/entretien-du-mois-la-transformation-
digitaleunerevolution-toute-en-nuances/

 L'information audiovisuelle à l'heure du numérique, Alexandre Joux, Directeur de l'École de


journalisme et de communication d'Aix-Marseille (EJCAM), in Cahier Français n°406,
septembre-octobre 2018.
 La Folle du logis, La télévision dans les sociétés démocratiques, Jean-Louis Missika et
Dominique Wolton, Gallimard, 1983, page 279.
 Pour une sobriété numérique, rapport du groupe de travail dirigé par Hugues Ferreboeuf
pour le think tank The shift projet – octobre 2018.
 Entretien avec Heidi Tworek, L’âge d’or des médias : une exception historique ? La revue
des médias, INA, 2018.
 Médias Français : qui possède quoi ? Le Monde diplomatique - association ACRIMED,
décembre 2018.
 Qui possède les médias ? Une analyse de l'actionnariat des médias, étude du laboratoire
interdisciplinaire d'évaluation des politiques publiques (LIEPP-Sciences Po), décembre
2017. L'école dans la société numérique, rapport d'information de l'Assemblée nationale,
n°1296, déposé le mercredi 10 octobre 2018, Bruno Studer, président et rapporteur.
 Éducation aux médias et à l’information : programme de formation pour les enseignants,
Wilson, Carolyn ; Grizzle, Alton ; Tuazon, Ramon ; Akyempong, Kwame ; Cheung, Chi-Kim.
2011.

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ACTIVITES A FAIRE
1. Après avoir lu le texte (Document 1 en annexe), situez la place des TIC dans le
développement de l’éducation dans les pays en développement (10 pages)

2. Pourquoi les fake-news, constituent selon vous un défi pour l’éducation surtout en Afrique ? (5
à 8 pages)
3. Faire un aperçu non exhaustif sur les médias et la communication dans le système éducatif
tchadien (5 pages).
Pourquoi est-il important d’avoir un « plan médias et communication » pour un meilleur
fonctionnement des systèmes éducatifs ? (8 pages).

CHAPITRE 3 : COMMUNICATION, MEDIAS ET EDUCATION :

UNE QUESTION HOLISTIQUE

Introduction
L’on a pu constater, à travers les conférences, débats, analyses et études réalisées ces
dernières années, combien les questions ayant trait à l’éducation à la communication et aux
médias préoccupaient les parents, les enseignants, l’Etat, etc. Il faut le relever avec insistance
que le nombre d’heures que passe un jeune adolescent devant un écran (de télévision,
d’ordinateur, de console de jeux, etc.) dépasse aujourd’hui le nombre d’heures passées en
classe.
Un certain nombre de parents surtout prennent conscience que la place que les médias, en
particulier les médias de communication, occupent dans la vie de leur enfant est importante. Elle
a une influence sur eux et modifie leur rapport au monde, aux autres et aux choses. Mais, il
semble important de noter que d’autres parents n’ont pas la même inquiétude. Ils ne réalisent
pas l’impact des médias ou, bien heureux du rôle de « garde » que ces médias constituent, font
peu de cas des conséquences éventuellement néfastes qu’ils peuvent avoir sur leurs enfants.
Il serait donc intéressant de mettre en place des campagnes d’information grand public, voire
des formations, à destination de ces parents afin que l’éducation aux médias ne soit pas laissée
à la seule école, mais qu’elle prenne aussi sa place dans les sphères éducatives de façon
générale. De plus, comme rien n’est imposé à ce jour en matière d’éducation aux médias à
l’école, il arrive qu’un jeune en fin de cursus n’ait jamais pu bénéficier d’une mise en lumière des
diverses problématiques liées à la posture et l’usage médiatique.
Les milieux politiques et structurels de l’enseignement, à la suite des multiples interpellations
des mouvements associatifs impliqués dans les questions de performance éducative, doivent
s’éveiller à cette réalité et inciter les différents pouvoirs organisateurs à intégrer l’éducation aux
médias dans leurs objectifs éducatifs et pédagogiques.

1. L’éducation aux médias et à la communication : une


variante hors de l’école aussi
Les médias occupent une place toujours plus importante dans la vie des enfants et des jeunes
notamment, d’où l’émergence de nouvelles exigences pour les enseignants, chargés de
l’instruction, et pour les parents, chargés de l’éducation. Afin que l’éducation aux médias et à la
communication ait un effet durable, les parents ou responsables légaux et les enseignants de
façon générale doivent assumer ensemble cette mission, travailler main dans la main et
dialoguer.

1.1. La mission des parents


S’agissant de l’utilisation des médias par les enfants, le rôle des parents est souvent sous-
estimé. En effet, les parents ont une influence considérable sur les habitudes médiatiques de
leur progéniture, dès le plus jeune âge.
Leur comportement sert d’exemple : ils peuvent montrer qu’il est possible non seulement de
choisir activement un média et l’utiliser de manière critique, mais également de se consacrer
entièrement à une communication ou à un travail, sans se laisser distraire par un média.
L’éducation aux médias et à la communication dans le cadre familial est avant tout l’affaire des
parents, chargés d’accompagner leurs enfants dans la découverte des médias, ainsi que leur
intégration active et raisonnable dans le quotidien et les loisirs.

2. L’instruction, une mission de l’école

Comme nous l’avons vu précédemment, l’éducation aux médias et à la communication est un


élément indispensable de la culture générale contemporaine. L’école a pour mission de
confronter les élèves, en fonction de leur tranche d’âge, aux aspects importants de l’éducation,
par une approche systémique, fiable, pertinente et structurée, comme c’est le cas pour d’autres
domaines essentiels de la culture générale. Elle jette ainsi les bases pour une acquisition
durable de compétences médiatiques.
Une éducation aux médias et à la communication se doit d’être transversale pour être des plus
efficaces. Elle se pratique à l’école, mais aussi en famille, dans les mouvements de jeunesse ou
tout autre loisir collectif. Mais, cette réalité ne doit cependant pas nous arrêter dans l’utilisation
des médias en général et d’Internet en particulier. L’évolution extrêmement rapide des
technologies de la communication, dans laquelle les plus jeunes générations baignent avec une
facilité parfois déconcertante pour les générations antérieures, nécessite un usage régulier,
réfléchi, sain et adéquat pour le développement intellectuel, technique, pratique et aussi moral
des enfants et des ados du XXI siècle. Afin qu’ils y trouvent leurs marques et puissent répondre
aux exigences de la société qu’ils sont appelés à construire.
Cet usage s’apprend, à la maison et à l’école, mais aussi ailleurs. Il ne s’agit donc pas de
surprotéger les enfants à tout crin en les isolant de toute pratique des médias. Ne pas isoler ni
surprotéger l’enfant ; cette dynamique est cruciale et nous rappelle une phrase empruntée à
Thierry Desmedt « si on laisse cela dans l’ombre, on manque à la mission de l’école de rendre
le monde intelligible ».
Par ailleurs, il y a une responsabilité de l’école, encore souvent frileuse (par peur des critiques,
par manque de moyens ou par manque de formation des enseignants) lorsqu’il s’agit d’amener
les élèves à apprivoiser et à s’approprier les différents modes de communication, Internet en
particulier. La « patte » de l’école dans l’éducation aux médias et à la communication reste
encore trop souvent, pour les raisons que nous venons d’évoquer, le fruit d’une initiative d’un
enseignant ou d’un membre de la communauté éducative.

3.Rôle des parents et des enseignants

Tant les parents que l’école ont leur place à prendre dans l’éducation des enfants (l’éducation
aux médias et à la communication en fait partie, au même titre que toute autre dimension de
l’éducation). La conjonction des bénéfices éducatifs apportés par l’un et par l’autre permet aux
enfants de devenir ensuite eux-mêmes des adultes pleinement épanouis, équilibrés et
transmetteurs de valeurs positives (EJCAM, 2018). Cela passe par un bon dosage entre, d’une
part, la protection de l’enfant, et, d’autre part, la confrontation de celui-ci au monde et aux
choses. Bien entendu, « le déséquilibre entre des parents qui se sentent dépassés par les
compétences technologiques de leurs enfants et un enfant qui a un sentiment de liberté,
d’impunité, de domination sur ce terrain pose la question du rapport éducatif, et impose une
nouvelle vision de l’éducation aux médias et à la communication. Une vision justement
davantage fondée sur la responsabilisation des enfants, qui doivent comprendre que le bon
usage n’est pas la maîtrise technique, et des parents, qui doivent être conscients de leur
légitimité à donner des règles. Les parents ont généralement l’occasion d’apporter un suivi
éducatif plus individuel et personnel, plus affectif. Les écoles doivent répondre aux exigences du
nombre, donnent un cadre que celui-ci soit plutôt ouvert ou plutôt fermé. A la différence de la
famille, le pari d’éducabilité de l’école est avant tout collectif (même si une vigilance à titre
individuel est préconisée). Ce qui réclame des moyens d’éducation adaptés à ce schéma. En
adhérant au projet pédagogique de l’école où ils mettent leur enfant, les parents accordent leur
confiance à l’équipe pédagogique, s’associent aux valeurs et aux perspectives éducatives de
l’établissement. Ils ont donc des attentes légitimes en termes d’acquis pédagogiques, mais aussi
en termes d’éducation. Plus particulièrement, l’éducation aux médias et à la communication qui
doit prendre sa place dans la formation des jeunes à divers niveaux des systèmes éducatifs.
L’idée est que les écoles organisent elles-mêmes une formation spécifique aux médias, à tous
les médias, à plusieurs moments de la formation en fonction des attentes spécifiques à chaque
âge. Dans une première phase, les enfants pourraient être confrontés aux différents types de
médias (presse écrite, télévision, Internet, etc.). Mais la confrontation seule ne suffit pas. Il faut
chaque fois leur permettre de prendre distance par rapport à chaque média et leur apprendre à
cerner la qualité et la pertinence de l’information et de la communication qu’ils reçoivent, les
messages subliminaux, les appels à l’action ou à l’inaction. Nous insistons sur l’importance de
l’éducation à tous les types de médias et de communication car il s’agit aussi de
démocratisation. L’école est un lieu privilégié pour effectuer des études critiques et
comparatives des médias, en confrontant les points de vue de chaque élève, en apportant des
témoignages extérieurs. A ce titre, les parents peuvent eux-mêmes s’impliquer. Ils sont d’ailleurs
régulièrement demandeurs pour participer à ce type de débats (débats liés à l’éducation aux
médias et à la communication) aux côtés des enseignants. Pour les enfants et les élèves, il
s’agira de donner le goût de la lecture, de la nouveauté et de la découverte, de la
communication. Là aussi, des partenariats familles/école sont possibles.

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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
https://www.contrepoints.org/2017/03/17/284241-lindustrie-medias-a-
lerenumerique https://www.ifop.com/publication/entretien-du-mois-la-transformation-
digitaleunerevolution-toute-en-nuances/
L'information audiovisuelle à l'heure du numérique, Alexandre Joux, Directeur de l'École de
journalisme et de communication d'Aix-Marseille (EJCAM), in Cahier Français n°406,
septembre-octobre 2018.
Cloutier, J. (1973). La communication audio-scripto visuelle à l’heure des self-médias. L’ère
d’EMEREC. Presses de l’Université de Montréal.
Cennamo, K.S. (1993). Learning from video : factors influencing learners’preconceptions and
invested mental effort. ETR & D, 1993, Vol. 41, 3, 33-45.

ACTIVITES A FAIRE
1. Résumez le document 2 en 2 pages
2. Ressortez dans le document 2, l’approche culturelle de l’éducation des médias dans le
contexte scolaire des élèves (4 pages)
3. Pourquoi selon vous, les médias et la communication doivent se faire de manière
transversale dans l’éducation (10 pages)
4. Quelle est la place des médias sociaux dans la communication en éducation ? (5 pages)

CHAPITRE 4 : LE CHAMP D'INTERRELATION : « EDUCATION-

COMMUNICATION » ET « EDUCATION-MEDIAS »

Introduction
Ce chapitre théorique n’est pas très exhaustif. Il s’est proposé juste de présenter les relations
inévitables et réciproques entre l’éducation et les médias et la communication qui sont en fait
des termes interreliés et dépendent en grande partie des systèmes d’éducation des pays.
1.« Education-communication »
Ce retour en arrière, en forme de repérage forcément cavalier, des premières interactions entre
l'école et les médias, et des questionnements qu'elles génèrent, montre que s'ouvrait, dès les
années 1960, un véritable chantier à la fois de recherches théoriques et d'expériences
pédagogiques et sociales (Jacquinot, 1995). Cela aurait dû conduire à signer un pacte définitif
d'alliance entre ces deux secteurs d'activités que sont l'éducation et la communication ; de
même, entre les disciplines qui y consacrent leurs enseignements et leurs recherches, c'est-
àdire les Sciences de l'éducation et les Sciences de la communication.
Chaque nouvelle technologie d'information ou de communication, on le sait, porte en elle l'espoir
d'un usage éducatif. Il est vrai que cette attente est encore plus grande dans les pays aux taux
élevés d'analphabétisme, ce qui explique sans doute la grande sensibilité à cette préoccupation
d'interrelation et l'urgence ressentie dans les pays africains. Le dialogue s'est finalement peu à
peu instauré non sans lenteur, sans tensions et sans ambiguïtés (Jacquinot, 2001, p. 364-391) :
insuffisante entreprise de théorisation pourtant nécessaire pour résister à la pression sociale et
aux injonctions politico-administratives, applicationnisme réducteur dans le transfert des
modèles successifs de la communication (du modèle shannonien à l'interactionnisme) sans
parler des rigidités académiques qui ne facilitent pas l'interdisciplinarité pourtant constamment
invoquée.

2.« Education-médias »
Les médias ont fait leur entrée à l’école de longue date : de la photo au jeu informatique, en
passant par la vidéo, ils soutiennent à merveille l’apprentissage à l’école. Trop irréalistes,
certaines attentes à l’égard de l’utilisation des médias ont été déçues. Un bon média laboratoire
de langues ou émission éducative, par exemple, n’assure pas à lui seul le succès durable de
l’apprentissage (Jacquinot, 1995). Il appartient à l’enseignant de choisir avec soin le média à
utiliser, de le placer dans un contexte didactique pertinent et d’accompagner les élèves dans
leur processus d’apprentissage.
Ce faisant, il faudra se poser les questions suivantes : quel est le média adapté et approprié
dans quelles conditions et dans quel contexte méthodique et didactique ? Avec quel média suis-
je à l’aise, lequel est adapté à ma conception de l’enseignement, à mon projet didactique, à la
phase d’apprentissage en question ? De quoi est-ce que je me sens capable ? Qu’est-ce qui est
raisonnablement faisable compte tenu du plan d’études, de mes ressources, de mes
connaissances et, surtout, de mes élèves ? Comment puis-je promouvoir un apprentissage
durable ?

1.1. Une opportunité pour l'apprentissage autodirigé


Selon Bretz (1971), en utilisant les médias de façon naturelle et différenciée à l’école, il est
possible de diversifier les formes d’enseignement, de lancer des processus d’apprentissage
autodirigé, d’encourager la participation et de casser des structures et des hiérarchies obsolètes
et figées. L’intégration harmonieuse de médias dans les processus d’enseignement offre de
nouvelles possibilités d’apprentissage, de travail et de collaboration, qui permettent aux élèves
de s’adapter rapidement aux exigences de la vie professionnelle.
De plus, elle donne aux élèves l’occasion d’aborder, avec circonspection et en dehors de tout
stress, les médias de manière ciblée, de tirer parti, dans le meilleur des cas, de leurs
connaissances préalables et de contextualiser les expériences faites au quotidien. En définitive,
cet enseignement a pour but, outre l’illustration de contenus et l’utilisation de médias dans les
cours, de développer aussi les compétences médiatiques.
Les médias ouvrent de nombreuses possibilités d’apprentissage. Ils permettent de découvrir
des documents historiques originaux (photos, enregistrements audio, extraits d’émissions
télévisées, etc.). Ils offrent de nouvelles possibilités d’apprentissage personnalisé, ainsi que
d’apprentissage collaboratif, indépendant de l’heure et du lieu. Grâce aux programmes
d’apprentissage et aux exercices, l’élève peut centrer son étude sur certaines séquences ou
s’exercer pour acquérir de la routine (Jacquinot, 1995). Les univers ludiques favorisent des
processus d’apprentissage amusants, souvent collaboratifs. Un documentaire peut servir
d’introduction émotionnelle à une thématique ou être le point de départ d’une discussion en
classe au terme d’un processus d’apprentissage et devient, de ce fait, une sorte de contrôle des
connaissances.
De manière générale, un film est un excellent moyen d’aborder un sujet. Il fait appel aux
émotions, permet de se mettre à la place d’une autre personne, de s’identifier à elle ou de se
projeter sur elle (Peraya, 1999). Il facilite ainsi la discussion sur certains thèmes (par exemple le
cyber harcèlement ou la sexualité), car le débat porte, en surface, sur les « personnages du film
et leurs émotions ». La production d’un média (par exemple une interview audio, la réalisation
d’une vidéo, une présentation Powerpoint) est une activité qui incite l’élève à s’intéresser tout
particulièrement à une personne, une région, un village, etc., à étudier un sujet en profondeur, à
donner un nouvel éclairage.
Travailler sur un produit média comporte des attentes qualitatives utiles, ce qui favorise un
apprentissage efficace : peaufiner un texte destiné à un vrai public ou monter les meilleurs
extraits d’une interview, etc. sont des expériences gratifiantes (Jacquinot, 1995). Lorsqu’ils
produisent leurs propres contributions médias (p. ex. un court-métrage, un dessin animé, une
pièce radiophonique, un roman photo), les élèves non seulement se plongent dans la
thématique en question, mais étudient également le mode de production et de fonctionnement
du média.
De même, les projets média développent la faculté de planifier un travail de longue durée, de
coordonner différentes tâches en groupe, de définir ensemble un objectif et de surmonter les
passages à vide, ce qui encourage les élèves à trouver des compromis et leur permet de
découvrir sous un autre angle leur personnalité et celle des autres (Meyer, 1988). Dans les
projets de ce genre en particulier, le processus est souvent plus important que le produit final.
etc.
Peut-on dire que celui qui reçoit les messages de la radio et de la télévision est
automatiquement informé ? De plus les renseignements qui sont fournis sont-ils de nature à
éclairer le citoyen sur ses choix, à l'aider à prendre des décisions raisonnées et raisonnables ? Il
apparaît que l'établissement de ce type d'information et le développement dans chaque individu
d'une aptitude à percevoir, déchiffrer, trier et assimiler les messages dépendent d'un certain
nombre de conditions qui ne sont pas seulement d'ordre technique (Anderson, 1988).
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REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
ANDERSON, J. A. (1988), Examen critique de quelques concepts éclairant la position de
l'éducateur face aux médias, Media Education. Rencontre de la recherche et de l'éducation,
Actes du Symposium du 27 au 20 juin 1988, Lausanne, 11-18. L'essentiel de cette intervention
est tiré de ANDERSON J.A. &
Meyer T.P. (1988) Mediated Communication : A Social Action Perspective, Sage.
BRETZ R. (1971), A taxonomy of communication media. Educational Technology Publications,
Englewood Cliffs.
JACQUINOT, G. (1995), De la nécessité de rénover l'éducation aux
médias. Communication, 16, 1, 19-35.
PERAYA D. (1999), Les dispositifs de communication éducative médiatisée : médiatisation et
médiation, Journées d'études sur la médiation culturelle, La médiation culturelle ou naissance
d'une nouvelle professionnalité ? Société Française des Sciences de l'Information et de la
Communication (SFIC), 18 et 19 septembre 1998, Avignon.

ACTIVITES A FAIRE
1. Remplir le tableau ci-dessous qui fait ressortir les points communs et les points de
différence entre l’éducation, médias et communication.
Points convergents Points divergents
Education
Médias
Communication

2. Selon vous, l’absence des Lois sur la régulation des médias et de la communication dans
le système éducatif tchadien joue-t-elle sur les comportements des élèves et des enseignants
dans l’éducation en milieu scolaire ? (10 pages)

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