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INSTITUT DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES DE CARTHAGE

Commission d’expertise comptable

MEMOIRE
Présenté en vue de l’obtention du
Diplôme National d’expertise comptable

RISQUES LIES A LA GESTION D’UNE FILIALE DE


DISTRIBUTION CREEE DANS LE CADRE D’UNE INTEGRATION EN
AVAL : ROLE DE L’EXPERT COMPTABLE

PRESENTE PAR ENCADRE PAR


MOHAMED YASSINE BEN HIMENE M. ANIS WAHABI

Mars 2018
SOMMAIRE
Introduction générale .................................................................................................................. 1
PREMIERE PARTIE : CREATION D’UNE FILIALE DE DISTRIBUTION :
OPERATIONS LIEES ET RISQUES ASSOCIES .................................................................... 8
Chapitre 1 : Détermination des opérations intra-groupe issues de l’intégration verticale en aval
dans le commerce de distribution ............................................................................................... 9
Section 1 – L’intégration verticale en aval dans le commerce de distribution ..................... 10
Section 2 - Les opérations intra-groupe dans le cadre d’une intégration en aval ................. 21
Chapitre 2 : Les risques liés aux opérations intra-groupes dans le cadre de l’intégration
en aval ...................................................................................................................................... 34
Section 1 – Risques juridiques.............................................................................................. 34
Section 2 – Risques fiscaux .................................................................................................. 48
Section 3 – Risques financiers et organisationnels ............................................................... 63
DEUXIEME PARTIE : ETUDE DE CAS : CREATION D’UNE FILIALE DE
DISTRIBUTION ET GESTION DES OPERATIONS INTRAGROUPE : ROLE DE
L’EXPERT COMPTABLE ...................................................................................................... 70
Chapitre 1 : Définition des termes de la mission et détermination des conditions de création de
la filiale ..................................................................................................................................... 71
Section 1 : Définition de la mission de conseil et d’accompagnement des actionnaires
dirigeants dans la création d’une entité de distribution dans le cadre d’une intégration en
aval........................................................................................................................................ 71
Section 2 : Détermination des conditions de création de la filiale ....................................... 77
Chapitre 2 : Les recommandations proposées pour une meilleure maîtrise des opérations intra-
groupes (mère/filiale) ............................................................................................................... 93
Section 1 : Enumération des opérations intra-groupes (mère/filiale) et des risques liés ...... 93
Section 2 : Les recommandations pour la maitrise des risques liés .................................... 106
Conclusion générale ............................................................................................................... 124
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 127
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

Introduction générale

Le secteur du commerce parallèle affecte de plus en plus l’économie tunisienne. Selon


une étude effectuée par le ministère de commerce, 77.6% des citoyens tunisiens consomment
des produits du marché parallèle. En 2014, d’après « The World Factbook » 1 , la part du
secteur agricole dans le Produit intérieur brut (PIB) a été de 14.8%, celle du secteur industriel
a été de 33.2% et celle du secteur service a été de 51.7%. Le secteur du marché parallèle a
réussi à arracher entre 15 et 20% du (PIB) de la structure économique existante. Ce marché
emploie plus de 31% de la main-d’œuvre non agricole et offre 14 000 postes d’emploi directs.
Les statistiques du ministère de commerce ont noté que l’exercice du commerce
parallèle s’effectue essentiellement dans des points de ventes anarchiques à concurrence de
46%, dans les commerces à raison de 21%, dans les dépôts à raison de 18% et dans les lieux
d’habitation et autres espaces à concurrence de 15%.
Le ministre des finances a déclaré dans un communiqué de presse que le marché
parallèle a connu une prolifération incroyable pour atteindre 50% de l’ensemble de
l’économie tunisienne2.
Ce marché engendre une concurrence déloyale vis-à-vis du commerce organisé. Les
sociétés de distribution qui se caractérisent par un circuit de distribution long, comprenant au
moins deux intermédiaires entre le producteur et le consommateur final, se sont trouvées avec
des prix non compétitifs en présence de la contrebande. Le nombre d’intervenants entre le
premier distributeur et le consommateur final détermine le niveau de la marge globale
(somme des marges par intervenant) qui s’accumule au coût initial du produit pour fixer le
prix de vente public.
Dans ce contexte certains distributeurs ont connu aussi des difficultés financières suite
au soutien financier des concessionnaires, des grossistes ou des revendeurs en leur accordant
des crédits et des conditions de paiement favorables sans garantie dans le but d’assurer la
distribution de leurs produits. Malgré cette mise à disposition de ces moyens, ces distributeurs
ont rencontré des problèmes de recouvrements dus parfois à la mauvaise gestion de ces
intermédiaires.
Certaines sociétés de distribution ont opté pour la réduction du nombre d’intervenants
dans le circuit de distribution de leurs propres produits. Certes, l’élimination de ces derniers

1Statistiques économiques de la Tunisie (The World Factbook).


2 Selon l’annonce du ministre des finances tunisien à l’agence TAP le 30 septembre 2015.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
augmentera le nombre de clients à gérer mais cette opération de substitution diluera le risque
de recouvrement. En adoptant cette option, elles auront plus de maitrise du prix de vente
destiné au consommateur final. Cette situation permettra à ces sociétés de profiter
éventuellement d’une marge supplémentaire. Ainsi, ces sociétés détermineront leurs stratégies
commerciales de distribution selon des règles uniques et homogènes permettant d’augmenter
leurs forces de ventes.
Pour se faire, quelques sociétés de distribution se sont orientées vers une stratégie
d’intégration verticale en aval en créant des entreprises filiales qui substitueront les
intermédiaires. Cette situation a conduit à l’apparition de groupes de sociétés ayant des
opérations commerciales et financières intra-groupe.
Les opérations intra-groupes sont soumises à des conditions particulières conformément
à des textes règlementaires bien précis à respecter pour maîtriser les risques juridiques,
fiscaux et financiers associés à ces opérations.
En procédant à l’intégration en aval, la société mère fera face à plusieurs opérations
intra-groupe telles que la détermination des prix de cession inter société et des conditions de
vente, la détermination des coûts partagés, le soutien financier, la prise en charge des frais, la
gestion de la trésorerie etc… à travers lesquelles elle est censée préserver son intérêt et
l’intérêt de sa filiale.
Certains groupes de sociétés tunisiens, après avoir créé des filiales de distribution, ont
connu des difficultés financières et des problèmes d’ordre règlementaire et juridique résultant
de la gestion des opérations intra-groupe conclues à des conditions préférentielles.
Toutefois, la société mère pourrait être confrontée à des situations où elle serait amenée
à privilégier un intérêt à un autre au profit du groupe.
Cette situation nous amène à analyser la normalité des actes de gestion entrepris par les
dirigeants des sociétés tout en préservant le principe général de la liberté de gestion. Ce
principe accorde aux dirigeants toute la responsabilité et la maîtrise de la gestion des sociétés.
Peuvent avoir un caractère anormal, les charges étrangères à l’intérêt de la société et qui
sont exagérées ou injustifiées (perte issue de risques anormaux, rémunération ou prix
payé excessif…) ou même les renonciations aux recettes (la société se prive d’un profit sans
contrepartie tel que l’abandon de créance…).La renonciation au profit sans contrepartie pour
préserver l’intérêt du groupe se heurte à la notion de l’acte anormal de gestion. La règle
suppose que la société doit agir pour son propre intérêt social et non pas pour le compte de
l’intérêt du groupe.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
En l’absence de l’unité juridique, ces opérations effectuées dans l’intérêt du groupe
étant une unité économique, peuvent être remises en cause sous de multiples motifs. Parmi les
motifs de contestation, il est cité l’acte anormal de gestion et l’abus de droit, l’abus de
majorité ou de biens sociaux (invoqués par les actionnaires minoritaires ou le commissaire
aux comptes), l’extension des procédures de redressement judiciaire ou de liquidation
judiciaire aux autres sociétés du groupe sur l’initiative des juridictions chargées de ces
procédures.
Ainsi la loi de finances 20103, a donné le droit à l’administration fiscale de redresser le
transfert de bénéfices entre des sociétés ayant des liens de dépendance de droit ou de fait qui
peut engendrer une minoration de l’impôt dû4.
Néanmoins, un jugement du tribunal administratif de Paris a fait l’objet d’une
reconnaissance indirecte du groupe issue de l’identification de l’intérêt du groupe à celui de la
mère : cas où les sociétés filiales agissent pour l’intérêt de la société mère seule redevable de
l’impôt dans le cadre du régime de l’intégration fiscal.5.
L’administration fiscale a, par ailleurs, précisé que tout prêt ou avance financière non
productif d’intérêts constitue une renonciation volontaire à des produits financiers. Ainsi tout
compte débiteur résultant d’une opération financière est réputé productif d'intérêts imposables
au taux appliqué sur le marché monétaire 6 . La jurisprudence du tribunal administratif a,
néanmoins, positivement évolué en reconnaissant explicitement le droit pour une société
détentrice d’une participation dans une autre société d’accorder des prêts non productifs
d’intérêts s’il est établi que l’opération intragroupe relevait d’une gestion normale7.
Toutes ces positions prises ci-dessus énumérées montrent clairement que les opérations
entre sociétés d’un même groupe résultant d’une politique d’intégration verticale en aval
peuvent aboutir soit à des opérations illicites, soit à des opérations entrainant des risques
financiers, des risques fiscaux, des risques organisationnelles et des risques juridiques. Le
traitement de ces opérations doit découler d’une bonne maîtrise des risques y afférents et
3 L’article 51 de la loi n° 2009-71 du 21 décembre 2009 portant loi de finances pour l’année 2010 relatif à la rationalisation
des transactions entre les sociétés ayant des liens de dépendance.
4 Note commune n°33/2010
5 Un jugement du tribunal administratif de Paris en date du 9 juin 1999 ; la cour avait décidé que « intérêt du groupe et la

politique menée par la société mère ne suffisent pas à conférer un caractère anormal à une prise de participation minoritaire
dans une société sœur B déficitaire, cette option ne présentant aucun intérêt propre pour la société A mais visant en fait à lui
faire supporter une partie des charges financières générées par les déficits de B ».
6 DGELF n°788 du 5 mars 2012
7 L’arrêt n° 38589 du 6 juillet 2009, l’administration s’est pourvue en cassation contre l’arrêt de la cour d’appel de Tunis qui

a déchargé une société d’un chef de redressement portant sur la non facturation d’intérêts au titre des sommes mises à la
disposition d’une autre société appartenant au même groupe dans laquelle la première société détenait une participation. Le
tribunal administratif a considéré qu’il convient toujours de distinguer entre actes de gestion normaux et anormaux, que la
gestion de l’entreprise était normale chaque fois où elle procurerait à l’entreprise un avantage financier ou économique, direct
ou indirect. Le tribunal administratif remarque que la non facturation d’intérêts était justifiée par la crise financière que
connaissait la société bénéficiaire du prêt et qui la menaçait de faillite.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
d’une connaissance parfaite des circonstances et des conditions comptables, financières,
fiscales et juridiques.
Le rôle de l’expert-comptable s’avère indispensable auprès des dirigeants et des
actionnaires pour mener au mieux les opérations intra-groupe dans le cadre d’une intégration
verticale en aval et maitriser les risques y afférents en identifiant les limites de ces opérations.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

Quelques sociétés de distribution ont opté pour l’intégration en aval en créant de


nouvelles entités substituant un intervenant dans le circuit de distribution. Ce recours à ce type
de stratégie a pour principal but la maîtrise des prix et des marges ainsi que la réduction du
circuit de distribution. De ce fait, des opérations intra-groupes se sont provenues de la relation
entre la société de distribution et la nouvelle entité créée (société filiale).
Ces opérations peuvent être traitées en privilégiant l’intérêt du groupe au détriment de
l’intérêt de la société filiale. Devant la non reconnaissance de cette notion par l’administration
fiscale et la possibilité d’assimilation de ce type d’acte comme acte anormal de gestion, les
dirigeants du groupe s’exposent à différents risques dont ils doivent maîtriser.

Quelles sont les mesures à entreprendre pour maîtriser les risques liés à la mise en place
d’une filiale dans le cadre d’une intégration en aval et pour maîtriser ceux liés aux
opérations avec la société mère ?

Ainsi nous développerons notre recherche sur trois principaux axes de réflexion qui sont les
suivants :
Tout d’abord,
 Quelles sont les opérations qui peuvent résulter de l’intégration en aval des sociétés de
commerce de distribution ?
Pour traiter ce volet, nous allons répondre aux points suivants :
 Quel est l’intérêt de l’adoption de la stratégie d’intégration en aval ?
 Quelles sont les effets de cette intégration sur la société mère et sa filiale ?
Ensuite, pour mieux comprendre ces opérations et maîtriser les risques y afférents, nous
traiterons la question suivante :
 Comment peut-on éviter les risques juridiques, organisationnels, financiers et fiscaux
liés à ces opérations ?
Pour développer cette question, nous allons répondre aux questions suivantes :
 Quelles sont les risques juridiques, organisationnels, financiers et fiscaux des
opérations issues d’une intégration en aval par création d’une filiale ?
 Comment et quand est ce que ces opérations peuvent être assimilées à des
actes anormaux de gestion ?
 Jusqu’où l’intérêt du groupe peut servir comme argument aux dirigeants pour
justifier le recours aux opérations dans des conditions anormales ?

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
 Quelle est la position prise par l’administration fiscale lors des redressements
fiscaux qui génèrent des réintégrations des bénéfices issues d’opérations
réalisées dans des conditions anormales ?
 Quelles sont les positions juridictionnelles prises dans le cadre des
redressements fiscaux liés à ces opérations critiques ?
 Dans quelle mesure la responsabilité des dirigeants et des actionnaires est-elle
engagée ?
Enfin,
 Comment l’expert-comptable peut-il conseiller et accompagner les dirigeants
actionnaires de la société mère pour la meilleure application de ces opérations ?
Cette dernière question, nous pousse à se poser les interrogations suivantes :

 Quelles sont les conditions de création de la filiale de distribution ?


 Quel rôle peut jouer l’expert-comptable dans la proposition des
recommandations pour la maîtrise des opérations intra-groupe ?

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Pour répondre aux questions de recherche présentées précédemment, le mémoire sera
structuré en deux parties.
La première partie sera réservée, dans le premier chapitre, à la définition de l’intégration
verticale en aval ainsi que ses effets dans le commerce de distribution. Dans le même chapitre,
nous allons exposer la description des différentes opérations entre la société mère et sa filiale
créée dans le cadre d’une intégration verticale en aval.
Nous présenterons également, dans un deuxième chapitre, les risques juridiques, fiscaux,
organisationnels et financiers relatifs à ces opérations.
La deuxième partie sera sous forme d’étude de cas où nous traiterons le cas d’une
société mère qui a opté pour la création d’une filiale de distribution qui a bénéficié de
conditions préférentielles accordées par la société mère. La mission de l’expert-comptable au
sein de cette étude de cas serait d’accompagner et de conseiller les dirigeants actionnaires
pour la maîtrise des risques lors du recours à ces opérations. Un premier chapitre sera réservé
pour la description de la mission et la détermination des conditions de création de la filiale. Le
deuxième chapitre, à son tour, contiendra les recommandations et les solutions apportées par
l’expert-comptable pour maîtriser les risques liés aux opérations réalisées entre la société
mère et sa filiale.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

PREMIERE PARTIE :
CREATION D’UNE FILIALE DE DISTRIBUTION :
OPERATIONS LIEES ET RISQUES ASSOCIES

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
L’expansion du secteur du commerce de distribution demande de plus en plus des alternatives
de développement. Les moyens et les méthodes mis en place pour le commerce et la
distribution sont de diverses formes. Quelques sociétés exerçant dans le commerce ont pu
assurer la distribution de leurs produits à travers des filiales de distribution. Cette alternative,
malgré son intérêt peut présenter des risques issus de la mise en place de cette filiale ainsi que
de l ‘exécution de quelques opérations entre mère et filiale.

Dans un premier chapitre, nous allons présenter l’intégration verticale et les opérations
sources de risque effectuées entre une mère et sa filiale dans ce cadre. Et dans un deuxième
chapitre, nous veillerons à exposer les différents risques juridiques, fiscaux, organisationnels
et financiers relatifs à ces opérations et les mesures à entreprendre pour maitriser ces risques.

Chapitre 1 : Détermination des opérations intra-groupe issues de


l’intégration verticale en aval dans le commerce de distribution

On peut définir l’intégration verticale comme l’intégration par une société d’activités situées
en amont ou en aval sur sa chaîne de valeur, lorsqu’une transaction marchande d’achat ou de
vente se substitue à un échange interne au sein de l’entreprise. Au lieu que la société achetait
un bien ou un service, elle pourra produire elle-même ce bien ou ce service. Là où elle vendait
ses produits à des intermédiaires, elle commercialise elle-même ses produits aux clients
finaux.

Pour l’intégration en amont on pourrait citer un exemple d’un distributeur de détail qui
intégrera la logistique, la fonction de gros via la création d’une centrale d’achats, la
production des biens qu’il commercialise, la conception de ces biens, et même la production
des matières premières nécessaires à leur fabrication. Tandis que pour celle en aval, un
fabricant pourrait décider de distribuer lui-même sa production en créant ses propres points de
vente, en commercialisant directement ses produits.

Afin d’appréhender les opérations entre composantes d’un même groupe issues de
l’intégration verticale en aval dans le commerce de distribution il est plus judicieux de définir
tout d’abord la notion de commerce de distribution ainsi que les effets résultants de
l’intégration en aval.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Section 1 – L’intégration verticale en aval dans le commerce de distribution

La stratégie d’intégration en aval se manifeste lorsque l’entreprise se focalise et s’investit


dans des étapes plus poussées d’élaboration ou de distribution en élaborant carrément elle-
même les activités de ses clients.

S/Section 1 : Le commerce de distribution

Paragraphe 1 : Définition

Dans l’absolu, le mot « distribution » recouvre l’ensemble des moyens et des opérations qui
permettent aux producteurs de biens ou services de mettre ces derniers à la disposition des
utilisateurs ou des consommateurs finaux.

Lorsqu'une entreprise détermine un couple produit/marché c'est-à-dire lorsqu'elle trouve un


produit répondant à un besoin pressenti par un ensemble de consommateurs potentiels, elle
doit faire parvenir ce produit au consommateur final, c'est-à-dire à celui qui va l'utiliser et le
détruire dans la majorité des cas. En effet, distribuer un produit c'est l'amener au bon endroit,
au bon moment, en quantité suffisante avec le choix et les services nécessaires à leur vente,
leur consommation et leur entretien.

Plusieurs fonctions économiques peuvent être assurées par la distribution tél que :

- Le transport, la manutention et l’éclatement des produits en faisant en sorte que ces


biens soient déplacés des lieux de production pour être mis à la disposition d’une
population dispersée ;
- La fragmentation de grandes quantités produites par les producteurs en un ensemble
plus adapté au besoin du consommateur ;
- L’assortiment et le choix en faisant réunir dans un même endroit plusieurs modèles de
produits nombreux et variés pour permettre un choix satisfaisant et adapté aux
clients ;
- Le stockage des produits ;
- Le conseil, l’information et le service après-vente en facilitant, en aidant et en
éclaircissant les orientations des consommateurs dans le choix du produit ;
- Le financement des stocks des producteurs en leur permettant d’avoir des commandes
permanentes afin d’assurer une continuité dans la fréquence de production pour des
quantités qui ne seront pas vendues dans l’immédiat.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
La distribution doit finalement résoudre des problèmes de lieu, de temps, d’assortiment et de
quantité. Et pour ce faire elle pourrait adopter l’une des deux grandes fonctions à savoir celle
de gros et celle de détail.

Pour ce qui est du commerce de gros, il s’agit de l’achat de marchandises en vue de leur
revente à des professionnels détaillants, industriels, commerçants ou grossistes. Tandis que
pour le commerce de détail, il s’agit des activités reliées à la vente de produits ou de services
directement au consommateur final pour un usage personnel plutôt que pour un usage
commercial ou revente.

Afin d’atteindre et d’optimiser les objectifs de la distribution d’un produit, il faudrait penser à
opter pour une politique de distribution qui consiste à choisir, à mettre en place et à gérer les
circuits, composants les canaux de distribution, et les stratégies de distribution.

Le choix des circuits de distribution dépendra de plusieurs critères comme :

- Les caractéristiques du produit à distribuer : par exemple la nature d’un produit dont la
date limite de consommation est très proche c'est-à-dire qu’il dispose d’un délai très
court d’obligation de consommation à partir de sa date de fabrication exige des circuits
capables d’assurer un transport rapide et éventuellement un circuit de distribution très
démultiplié et dispersé ;
- Les caractéristiques et les comportements d’achat des clients potentiels finaux : dans
ce cas il faudrait déterminer la localisation, le nombre et la dispersion des clients
potentiels en cherchant les lieux où ils préfèrent exécuter leurs achats et en quêtant
leurs besoins d’informations, de conseils et de services exprimés ;
- Les caractéristiques, les comportements et les attentes des canaux de distribution
disponibles : pour chacun des canaux qu’elle pourrait envisager, l’entreprise doit
savoir le nombre et la répartition géographique des entités appartenant à ce canal en
identifiant les moyens matériels et humains, nécessaires à la distribution d’un produit,
dont elles disposent ;
- Les ressources et la puissance de l’entreprise : selon les moyens dont dispose la
société, elle pourra déterminer la possibilité de couvrir un certain territoire
géographique et la possibilité de modifier facilement le mode de distribution ;
- Les critères de rentabilité : chaque circuit de distribution engendre des recettes et des
coûts. Ainsi pour chaque canal il faudrait déterminer la marge prélevée ;

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
- Les risques de conflits futurs : l’entreprise doit évaluer le risque de dégradation de
l’image de marque du produit et elle doit maîtriser les sources potentielles de conflits
entre intermédiaires et producteurs dus aux rivalités entre les canaux de distribution.

Paragraphe 2 : Cadre juridique

D’après la loi n°2009-69 du 12 août 2009, relative au commerce de distribution, qui fixe les
règles régissant cette activité, est présumé commerce de distribution « toute activité exercée à
titre professionnel se rapportant à l’achat de produits afin de leur revente en l’état soit en
gros soit en détail ».

Dans sa classification la loi considère le commerçant distributeur grossiste comme le


professionnel qui achète des produits ou des marchandises en gros auprès des producteurs
locaux ou par le biais d’opérations d’importations en vue de leur revente en gros.

On remarque bien que les grossistes de second degré qui n’achètent pas auprès des
producteurs mais auprès d’autres professionnels grossistes en vue de la revente à d’autres
similaires ou détaillants non cités dans la définition de cette loi.

Et pour ce qui est des commerçants distributeurs détaillants, elle les a défini comme ceux qui
mettent à la disposition du public et leurs vend des articles achetés ou bien auprès des
grossistes, ou bien auprès des producteurs ou bien à travers des importations8.

L’exercice des deux types de commerce (gros et détail) en même temps par une entreprise
n’est autorisé que si la séparation entre les deux locaux de vente et entre les deux
comptabilités soit garantie sinon la société subira une sanction d’une amende allant de 300 à
3.000 dinars. De l’autre côté le cumul de l’activité commerciale et de l’activité de
transformation ou de production pour les entreprises est interdit et engendre une sanction
d’une amende allant de 1.000 à 10.000 dinars en cas de non-respect du non cumul sauf pour
les exceptions comme le cas des secteurs d’activités agricoles et artisanales qui peuvent
vendre leurs propres productions.

La liberté d’exercice du commerce constitue un principe pour la loi, néanmoins cette même
loi a prévu, pour des raisons de maîtrise du marché, le respect de cahiers de charges pour
l’exercice de certaines activités et la soumission d’agréments pour certaines personnes
exerçant le commerce. On pourrait citer par exemple le commerce de distribution des articles

8Chapitrepremier, article 2 de la loi n°2009-69 du 12 août 2009.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
électroménagers, le commerce des ascenseurs et assimilés, le commerce des produits
informatiques qui sont soumis à cahiers des charges.Tandis que l’obtention de la carte de
commerçant étranger, l’octroi de la carte de commerçant pour les entités commerciales crées
dans le cadre des entreprises industrielles totalement exportatrices pour l’écoulement de 50%
de leurs production sur le marché local par exemple sont soumis à agrément.

La règlementation en vigueur a aussi orienté les personnes exerçant le commerce en les


obligeant à assurer et à garantir les services après-vente nécessaires pour les articles qu’ils
commercialisent au risque de supporter une sanction d’une amende allant de 300 à 3.000
dinars. Elle a aussi défini quelques pratiques régissant les relations commerciales comme la
précision des limites des délais de paiement (« trente jours à compter de la date de livraison
pour les produits alimentaires, quatre vingt dix jours à compter de la date de la livraison
pour les meubles et les articles électroménagers et soixante jours à compter de la date de la
livraison pour les autres produits9 ») ou la facturation séparée des services fournis dans le
cadre de partenariat commercial et des réductions accordées dans le même cadre. Le non
respect de ces deux dernières dispositions engendre une sanction d’une amende allant de
2.000 à 20.000 dinars.

La veille au respect des différentes dispositions prévues par la loi est assurée par :

- les agents du contrôle économique désignés conformément au statut particulier


régissant le corps des agents du contrôle économique, assermentés et habilités à cet
effet ;
- les officiers de la police judiciaire mentionnés aux numéros 3 et 4 de l’article 10 du
code de procédure pénale ;et
- les agents assermentés et habilités par le ministre chargé du commerce et appartenant
au moins à la catégorie « A ».

Ces personnes habilitées à constater les infractions sont autorisées à visiter les différents
locaux des personnes exerçant le commerce pendant les horaires de travail et lui sont même
permis d’accomplir leurs contrôles en cours de transport des marchandises. Ces mêmes
personnes, qui peuvent même être soutenues par les agents de la force publique sous leurs
demandes en cas de nécessité, sont outillées de plusieurs latitudes accordées par la loi pour
accomplir leurs missions comme « faire toutes les constatations nécessaires et se faire
produire, sur première réquisition et sans déplacement, les documents, pièces ou livres
9Chapitre quatre, article 12 de la loi n°2009-69 du 12 août 2009.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
nécessaires à leurs recherches et constatations et en lever copies certifiées conformes à
l’original, saisir ce qui est nécessaire en documents ... ou des copies de ces documents
certifiées conformes à l’original, ceux qui sont nécessaires pour l’établissement de la preuve
de l’infraction ou pour la recherche des co-auteurs ou des complices du contrevenant un
récépissé est délivré à cet effet, procéder, dans les conditions légales, aux visites ainsi qu’à la
saisie des documents dans les locaux à usage d’habitation et après autorisation préalable du
Procureur de la République. …, consulter et obtenir, sans opposition du secret professionnel,
tous les documents et informations auprès des administrations, des entreprises publiques et
des collectivités locales sur présentation d’une demande écrite du ministre chargé du
commerce, et ce, sans préjudice aux secrets et informations protégés par des loisspéciales ».

L’opposition à l’accomplissement des missions des différents agents de contrôle peut


entrainer les sanctions d’emprisonnement de 16 jours à trois mois et d’une amende allant de
500 à 5.000 dinars ou de l’une des deux peines seulement.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 2 : L’intégration verticale en aval

L'intégration est dite verticale quand le regroupement concerne les différents stades de
production et de distribution d'un même type de produits ou services donnés.

On parle d'intégration en amont lorsqu'il s'agit d'absorber l'activité des fournisseurs. En plus
de ses activités de production, l’entreprise décide de prendre le contrôle et d’assurer elle-
même sa chaîne approvisionnements.

Tandis qu’on parle d'intégration en aval lorsque l'organisation s'investit dans des stades plus
poussés d'élaboration ou de distribution, en faisant ce qui était jusque-là l'activité de ses
clients. Elle prend donc elle-même en charge les activités de distribution auparavant élaborées
par des prestataires.

Et quand une organisation choisit de mettre en place simultanément une intégration en amont
et en aval, on parle d'une stratégie de filière. On qualifie de filière un groupe d'entreprises
prenant en charge tous les processus de transformation de la matière première jusqu'au produit
final. La filière intervient donc à tous les niveaux de manipulation de la matière première,
depuis le premier traitement, la recherche, le processus de négoce lié à sa mise en marché
ainsi que la désignation d'un distributeur.

Paragraphe 1 : Définition

La stratégie d’intégration consiste à prendre en charge des opérations en amont, latérales ou


en aval d’une position d’origine dans la chaîne de fabrication et de commercialisation d’un
produit.

L’intégration verticale était définie, avant la fin des années soixante-dix, en terme de coûts de
transaction. En effet, l’entrepreneur comparait les coûts d’utilisation du marché avec les coûts
d’utilisation de la hiérarchie et ainsi il choisirait la forme d’organisation marché ou entreprise
lui permettant de minimiser les coûts relatifs à l’organisation. L’intégration verticale est
considérée comme l’élimination de l’échange contractuel ou sur le marché par la substitution
d’échanges internes au sein de l’entreprise. En termes de transactions, M. PORTER (1982)
propose la définition suivante : « L’intégration verticale représente la décision d’une firme
d’utiliser des transactions internes, d’ordre administratif, plutôt que des transactions
marchandes pour réaliser ses objectifs économiques. ».

15
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
D’autres économistes estiment l’intégration verticale au niveau productif comme la réunion,
dans une même firme, de deux activités de production tel que le produit de l’un soit un facteur
de production de l’autre10.

Et en général, l’intégration verticale est présentée comme une politique de « make or buy »
qui résulte du comportement d’une société qui choisit de faire elle-même ce qu’elle achetait
sur le marché et/ou ce qu’elle vendait.

La stratégie d’intégration verticale pourrait avoir de multiples formes. Elle s’appuie en effet
sur quatre dimensions principales qui sont autant de domaines de choix autorisant de
multiples combinaisons :

- La première dimension est celle du nombre de stades d’intégration, c’est à dire du


nombre d’étapes de la chaîne productive dans lesquelles l’entreprise s’engage ;
- La deuxième est la largeur de l’intégration, qui désigne le nombre d’activités que
l’entreprise réalise au sein de chacune des étapes de la chaîne ;
- La troisième est son degré, lequel s’apprécie par le pourcentage d’output qui ne fait
pas l’objet d’achat ou de vente à l’extérieur. Une unité est généralement qualifiée de
totalement intégrée lorsque cette proportion pourrait atteindre ou dépasser les 95% ;
- Enfin, la quatrième dimension est celle de la forme de l’intégration, ce qui désigne le
mode de contrôle exercé sur les unités considérées.

L’intégration en aval se caractérise par l’expansion que prend l'entreprise dans une activité
qui se rapproche du consommateur ultime de ses produits par rapport à son activité d'origine,
par exemple un fabricant qui ouvre un magasin de détail.

Paragraphe 2 : Les avantages et inconvénients de la stratégie d’intégration verticale

On pourrait associer à l’intégration verticale des avantages à la fois techniques, financiers et


concurrentiels comme :

- La rationalisation des opérations productives, la maîtrise de multiples technologies et


le contrôle plus étroit de la qualité des produits. Lorsque des activités sont étroitement
interdépendantes, une coordination administrative serait en mesure d’accélérer les flux

10 M.PERRY (1989) : A firm can be described as vertically integrated if iten compasses two single output production
processes in which either the entire output of « upstream » process is employed as part or all the quantity of one intermediate
input into the downstream process or the entire quantity of one intermediate input into the downstream process is obtained
from part or all the output of the upstream process.

16
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
entre unités sur le marché et aussi d’assurer un usage fréquent plus rationnel des
facteurs de production ;
- Le cumul des marges réalisées par les fournisseurs ou les distributeurs. En récupérant
les activités amont ou aval, la société s’approprie les marges réalisées par ceux-ci ;
- Les réductions de coûts liées aux phénomènes d’économies d’échelle induits par
l’accession à la grande taille, et d’économies de champs faisant que la fabrication
conjuguée d’un ensemble de produits s’avère souvent moins onéreuse que des
productions disjointes en raison de la rationalisation possible des opérations dans le
temps et l’espace ;
- La diminution de certains coûts, liés à la réduction des négociations, des conflits, à une
meilleure coordination des activités, à un meilleur partage d’informations ;
- La garantie d’approvisionnement ou de débouchés :les marchés sur lesquels il existe
des phénomènes de rareté incitent les distributeurs à s’intégrer verticalement pour
garantir leurs approvisionnements. De la même manière, l’intégration verticale
garantit à un fabricant l’écoulement de sa production. Celle-ci ne peut pas se voir
préférée la production d’un concurrent ;
- L’accroissement du pouvoir de marché vis-à-vis des concurrents ou des fournisseurs :
devenir le distributeur de ses produits, mais aussi des produits de ses concurrents,
renforce la position de l’entreprise intégrée ;
- L’enrichissement de ses savoirs en intégrant des compétences et des technologies
auparavant non maîtrisées ;
- Le contrôle de sa distribution, de l’image de sa marque et de ses produits. Des
fabricants de produits peuvent intégrer une partie de leur distribution afin de protéger
leurs marques de la banalisation et en créant des points de vente mettant en scène leurs
produits ;
- Une source d’une plus grande réactivité. Une société peut réussir grâce à l’intégration
verticale à réduire très fortement le temps entre la création d’un nouveau modèle et sa
commercialisation dans les points de vente ;
- Une barrière à l’entrée pour de potentiels nouveaux concurrents. En plus de devenir
distributeur sur un nouveau marché, il leur faudra devenir aussi fabricant (ou
inversement), ce qui rend l’opération plus coûteuse et plus complexe.

17
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
L’intégration verticale comme toute stratégie présente également quelques inconvénients qu’il
convient de signaler. Essentiellement, ce sont les multiples facteurs de rigidité qui
caractérisent le fonctionnement de l’entreprise intégrée :

- Une modification de la structure des coûts dans le sens d’un accroissement de la part
des frais fixes qui augmente la sensibilité de l’entreprise au risque conjoncturel ;
- Une renonciation aux avantages potentiels du changement de partenaires au plan de
l’approvisionnement et des débouchés, ainsi la perte d’opportunités. La société ne peut
plus bénéficier des opportunités du marché : un meilleur prix en changeant de
fournisseur, une innovation, un distributeur plus performant… ;
- Une réelle difficulté à sortir de la filière choisie en raison de la spécialisation des actifs
associés à l’intégration amont ;
- L’entreprise peut changer de métier ou maîtriser de nouveaux métiers, avoir de
nouvelles cultures d’entreprise, qui ne sont pas aisément compatibles différents de
ceux qu’elle maîtrisait auparavant ;
- Des investissements onéreux qui manqueront peut-être à l’activité principale de la
société.

18
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 3 : Les effets de l’intégration en aval

Parmi les raisons stratégiques qui poussent vers le raisonnement de l’intégration, on pourrait
citer la possession du pouvoir d’anticipation des entreprises qui leurs permet d'obtenir des
informations que les autres firmes n'ont pas sur le marché amont ou aval (en matière de
prévisions, une des grandes supériorités de la firme intégrée sur les entreprises indépendantes,
est constituée par l'apparition d'anticipations convergentes aux différents stades de la
production) et la réaction au pouvoir de monopole.

D’autres facteurs pourraient éventuellement encourager l’intégration comme la réduction de


coûts et l’efficacité productive en permettant l’apparition d'économie de taille liée à une
meilleure coordination au niveau de la gestion des différents stades de production, et ce, à
quatre principaux niveaux :

1- Gestion des stocks : l'avantage majeur est de diminuer leur volume total : l'intégration
verticale réduit la redondance des stocks. Cette économie est non négligeable lorsque
le coût unitaire du produit est élevé et/ou le coût d'opportunité du stockage est élevé ;
2- Meilleure gestion des investissements : elle conduit à une gestion équilibrée des
capacités de production, évitant l'apparition de surcapacités à certains stades de la
production et des goulots d'étranglements à d'autres étapes ;
3- Recherche et développement : il arrive souvent que la solution d'un problème
technique lié à la production dépende de l'étroite collaboration entre les différents
participants aux différents stades de la production. La collaboration sera d'autant plus
facile à obtenir qu'elle sera interne, notamment du fait des secrets de fabrication et des
brevets que détiennent les entreprises ;
4- Sécurité en matière de prix des approvisionnements : si le marché est du type
oligopolistique (voire monopolistique), le prix des approvisionnements est
certainement supérieur au minimum du coût moyen de production. Il existe dès lors un
intérêt à s'intégrer en amont, sous réserve que le coût d'entrée sur ce marché ne vienne
pas diminuer cet avantage.

L’intégration vers l’aval procure, quant à elle, des garanties sur les débouchés et sur l’accès
aux circuits de distribution, et constitue une protection contre le pouvoir de négociation des
clients. Elle procure également une capacité à mieux différencier le produit tout simplement
grâce au contrôle d’un grand nombre de composantes des processus de production et de
distribution. Elle donne un meilleur accès aux informations pertinentes concernant le marché

19
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
puisque celles-ci, qu’il s’agisse d’éléments relatifs au volume, à la composition de la demande
ou aux goûts des consommateurs, tendent à se situer plus près du stade aval. La connaissance
de ces informations permet un meilleur ajustement quantitatif et qualitatif des productions, ce
qui constitue un avantage concurrentiel d’autant plus décisif que le secteur considéré est
instable ou cyclique. Enfin, l’intégration verticale constitue un moyen d’élever des barrières à
l’entrée de concurrents potentiels dans le secteur. Ces barrières tiennent à l’importance des
investissements requis d’un nouveau venu qui voudrait bénéficier des avantages des firmes
déjà intégrées.

L’intégration en aval pourrait poser des problèmes spécifiques d’organisation. La logique


économique tend dans une certaine mesure pour une centralisation du système décisionnel. En
effet, les impératifs industriels de maîtrise d’un ensemble d’activités interdépendantes de
façon à exploiter des effets d’échelle, à réduire des coûts de transaction et bénéficier d’un fort
pouvoir de marché nécessite que l’entreprise puisse disposer d’une organisation à même de
permettre une cohérence d’ensemble des décisions. Le risque ici serait d’être constamment
confronté à des phénomènes de sous-optimisation ; c’est-à-dire des décisions optimales pour
une unité donnée mais pas nécessairement au regard des critères qui prennent en considération
l’entreprise dans sa globalité au détriment des autres unités. L’entreprise verticalement
intégrée constitue un « système coopératif » par opposition au « système concurrentiel » qui
correspond à des entreprises exerçant des activités sans lien entre elles et dans lesquelles ce
type de risque de dérive ne se pose pas dans les mêmes termes. L’une des questions qui
pourrait se poser aux dirigeants est de savoir dans quelles conditions l’entreprise peut garder
un avantage concurrentiel tout en optant pour l’intégration verticale.

20
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Section 2 - Les opérations intra-groupe dans le cadre d’une intégration en aval

S/Section 1 : La notion de groupe de sociétés

La notion de groupe suppose l’existence de liens de dépendance entre les différentes sociétés
qui le composent. Deux entreprises sont dépendantes, et donc appartiennent à un même
groupe, si l’une d’elle participe directement ou indirectement à la direction, au contrôle ou au
capital de l’autre ou si les deux entreprises sont détenues ou sont sous l’influence d’une même
entreprise ou d’un même groupe. Le lien de dépendance peut être juridique (de droit) ou de
fait.

Le groupe est plutôt une réalité économique qu’un sujet de droit. Il ne peut pas avoir de
patrimoine propre ni agir en justice ou faire l’objet de redressement ou de liquidation
judiciaire. Cette existence de groupe de sociétés repose sur le lien de dépendance entre les
entités qui le composent et sur le centre décisionnel unique visant à coordonner la stratégie du
groupe pour la recherche d’un intérêt commun. Le caractère unitaire des groupes n’est pas
reconnu par le droit des sociétés, chaque société appartenant au groupe est traitée de façon
individuelle sur la base de sa propre personnalité juridique.

Paragraphe 1 : La définition économique

Dans l’absence d’une définition économique précise et exacte de la notion de groupe, on


pourrait se référer au lien de dépendance entre les sociétés et l’unité de décision pour définir
un groupe de sociétés. En effet, le groupe peut être assimilé à un ensemble d’entités
juridiquement indépendantes qui ont mis des moyens en commun pour réaliser une stratégie
financière, commerciale ou industrielle.

Mercadal et Janin (1993)11 définissent le groupe comme étant « un ensemble de sociétés qui
présente une structure juridique distincte, mais qui sont liées par des participations ou des
relations contractuelles leur conférant une certaine interdépendance économique ou
financière, laquelle peut se manifester par l’existence d’un pouvoir de décision unique
prépondérant ou partagé, extérieur à plusieurs de celles-ci et propre à l’ensemble du groupe ».

Y. Chartier (1992) 12 propose la définition suivante : « Le groupe est couramment analysé


comme étant un ensemble de sociétés qui, tout en étant juridiquement distinctes, se trouvent
cependant liées les unes aux autres de telle sorte que l’une d’entre elles, qualifiée de société

11
MERCADAL.B, JANIN.P, « Mémento pratique des sociétés commerciales », édition Francis Lefebvre 1993, n°3335.
12
Laure Nuit-Pontie, « Les groupes de sociétés » Collection le Droit en questions, p. 9.

21
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
mère ou de société dominante, est en mesure d’imposer, en fait ou en droit, une unité de
décision aux autres composantes du groupe qui se trouvent ainsi dans la situation de sociétés
dominées ».

Dans la plupart des temps, le groupe de sociétés est une conséquence d’une préoccupation
stratégique qui émane d’une logique d’intégration en amant ou en aval ou d’une stratégie de
développement qui permettra une allocation optimale des ressources aux emplois les plus
performants.

Finalement, le « Top Management » des sociétés de groupe est à la recherche des effets de
synergie et des économies d’échelles pour maitriser et réduire de plus en plus les coûts.

Paragraphe 2 : La définition juridique du groupe des sociétés

Selon les principes du droit des sociétés, les entités appartenant à un même groupe sont
chacune d’elles pourvue d’une personnalité morale juridiquement indépendante, alors que le
groupe lui-même n’a pas d’existence juridique, par contre la jurisprudence l’a visé en
évoquant la particularité des rapports intra-groupe.

Avec la promulgation de la loi n°2001-117 du 6 décembre 2001 complétant le code des


sociétés commerciales, le groupe de sociétés a été défini comme étant « un ensemble de
sociétés ayant chacune sa personnalité juridique, mais liées par des intérêts communs, en
vertu desquels l’une d’elles, dite société mère, qui doit avoir la forme d’une société anonyme,
tient les autres sous son pouvoir de droit ou de fait et y exerce son contrôle, assurant, ainsi,
une unité de décision »13.

Les caractéristiques du groupe citées par la loi 2001-117 sont :

- La dépendance financière : qui a été retenue dans le sens de la détention des


participations majoritaires ou minoritaires dans le capital social, le groupe de sociétés
résultera alors d’une conséquence de ce lien de dépendance entre ces différentes
sociétés ;
- Le pouvoir de décision unique : la société mère celle qui détient la majeure partie des
participations en capitaux détient le pouvoir de prendre une décision pour déterminer
la stratégie du groupe afin d’atteindre ses objectifs ;

13 Article 461, alinéa 1er du code des sociétés commerciales.

22
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
- La communauté d’intérêt : toutes les sociétés appartenant au groupe s’orienteront vers
un objectif commun pour préserver l’intérêt du groupe.

Cette même loi a aussi déterminé les composantes du groupe qui sont divisés en société mère,
société filiale et société contrôlée :

- La société mère est la société qui contrôle directement ou indirectement les


sociétés du groupe14. Il est à retenir que le contrôle peut être soit de droit dans le
cas où la société mère détienne directement ou indirectement la majorité des droits
de vote soit de fait et ce résultant d’une dilution du capital permettant à une société
d’avoir le contrôle même avec une participation minime. La société mère est
qualifiée de holding dans le cas où son activité se résume dans la détention et la
gestion des participations des autres sociétés, elle ne pourra exercer aucune autre
activité commerciale ou industrielle.15

- La société filiale est définie comme suit : « Est réputée filiale, toute société dont
plus de 50% du capital est détenu directement ou indirectement par la société
mère, et ce, abstraction faite des actions ne conférant pas à leur porteur des droits
de vote »16.

- La société contrôlée est dite contrôlée si la majorité de ses droits de vote est
détenue par la société contrôleuse seule ou en vertu d’un accord conclu avec
d’autres sociétés lui permettant d’avoir le pouvoir de décision au sein d’une
assemblée générale. La présomption de contrôle de fait est fixée à la détention de
40% du capital de la société contrôlée.

De l’autre côté, le législateur tunisien a donné la possibilité que le groupe forme une seule
entité fiscale pour assoir l’impôt sur les sociétés et ce en introduisant le régime d’intégration
des résultats via l’article 30 de la loi n°2000-98 du 25 décembre 2000, portant loi des finances

14L’article 462 du code des sociétés commerciales a défini les sociétés contrôlées comme suit : « Est considérée comme étant
contrôlée par une autre société toute société :
- dont une autre détient une fraction du capital lui conférant la majorité des droits de vote,
- ou dont une autre société y détient la majorité des droits de vote, seule ou en vertu d’un accord conclu avec d’autres
associés,
- ou dont une autre société y détermine, en fait, les décisions prises dans les assemblées générales, en vertu des droits
de vote dont elle dispose en fait
15
Article 463 du code des sociétés commerciales
16
Article 461 du code des sociétés commerciales

23
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
pour la gestion 2001. Ce régime permet à la société mère d’être imposée sur l’ensemble des
résultats réalisés par les sociétés appartenant au même groupe.

L’éligibilité à ce régime requière un ensemble de conditions à respecter avant de se valoir de


ce droit. Le groupe doit remplir les conditions17 prévues par l’article 49 bis du code de l’IRPP
et de l’IS à savoir :

 La société mère doit détenir et maintenir au moins 75% du capital de la filiale18 ;

 La société mère doit être côté en bourse ou à défaut s’engager à introduire la bourse
dans, au maximum, la fin d’année d’entrée en vigueur du régime. Ce délai peut être
prorogé d’une année sur décision du Ministère des Finances sur la base d’un rapport
motivé du C.M.F ;

 Les sociétés concernées doivent être établies en Tunisie et soumises à l’IS (les sociétés
étrangères et les sociétés fiscalement transparentes sont exclues) ;

 Les sociétés doivent avoir les mêmes dates d’ouverture et de clôture des comptes.

Selon les dispositions de l’article 49 du code de l’IRPP et de l’IS, le paiement de l’impôt est
effectué par la société mère, elle constitue le seul vis-à-vis de l’administration fiscale. Elle est
imposée à son taux d’imposition relatif à son activité même si elle bénéficie d’un régime de
faveur. Toutefois l’impôt minimum prévu par le paragraphe II de l’article 49 demeure
applicable. Le chiffre d’affaires pris en compte pour le calcul du minimum d’impôt est
constitué du cumul des chiffres d’affaires de l’ensemble des sociétés concernées par le
régime. Le paragraphe III de l’article 49 qui admet l’imputation sur l’impôt sur les sociétés dû
sur la base des résultats intégrés :

 Des acomptes provisionnels et des excédents de retenues à la source et avances des


sociétés concernées antérieurs à l’entrée en vigueur du régime y compris ceux de la
société mère ;

 Des retenues à la source et des avances supportées par les mêmes sociétés après
l’entrée en vigueur du régime ; et

17Outre les conditions de forme à savoir une demande écrite, accompagnée de l’accord des autres sociétés membres et d’un
état détaillé émanant de l’administration.
18 Taux fixé par l’article 17 de la loi 2003-80 du 29/12/2003, portant loi de finances pour l'année 2004.

24
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
 Des acomptes provisionnels payés par la société mère après l’entrée en vigueur du
régime.

Dans ce cas, les sociétés peuvent profiter des reports d’impôts les unes des autres.

Malgré l’effort effectué par le législateur tunisien pour la reconnaissance du groupe de société
en créant l’entité fiscale du groupe, ce régime n’exonère pas les dites sociétés de l’application
de la retenue à la source sur les opérations réciproques tel que prévu par l’article 52 du code
de l’IRPP et de L’IS. Néanmoins, ce régime reste difficilement accessible vu les conditions
d’éligibilité qui lui sont affligées.

Le code de travail à travers ses articles 28 à 30 a, de son côté, prévu le cas de sous-traitance
de certains travaux, « le chef d'entreprise est responsable avec le sous-entrepreneur de main
d'œuvre de l'observation de toutes les prescriptions concernant les conditions du travail,
l'hygiène et la sécurité des salariés du sous-entrepreneur comme s'il s'agissait de ses propres
ouvriers et employés et sous les mêmes sanctions ». Ainsi le donneur d’ordre ou le premier
entrepreneur devient responsable et solidaire, au cas où par exemple le sous-traitant devient
insolvable, du paiement des salaires et des congés payés des salariés de ce dernier.

Ces dispositions ont été mises par le législateur afin de protéger les salariés de certaines
pratiques abusives réalisées par certaines entreprises dominantes qui sous-traitent à partir de
leurs filiales, une partie de leur production.

Et malgré la non utilisation du concept de groupe au niveau du code de travail et du décret


n°30 du 9 Janvier 1995 précisant les conditions relatives à la composition et au
fonctionnement des commissions consultatives d’entreprises, le législateur tunisien n’a
pourtant pas ignoré le phénomène de concentration du pouvoir économique en prévoyant la
création d’une commission consultative 19 pour chaque filiale employant quarante salariés
permanents ou plus, et d’une commission consultative centrale ayant pour mission la
coordination entre les actions des commissions consultatives des filiales20, pour les entreprises
ayant plusieurs filiales. Du fait que la création d’institutions représentatives du personnel est
fondée sur l’existence d’une unité économique et sociale et non sur l’existence de liens de
dépendance juridique entre les entreprises concernées.

19 La Commission Consultative d’Entreprise constitue, sur le plan du droit de travail, une représentation non syndicale des

travailleurs au sein de l’entreprise.


20 En application des dispositions de l’article 162 (nouveau) du code de travail.

25
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
La loi n°2001-65 du 10 juillet 2001 modifiée par la loi n°2006-19 du 2 mai 2006 relative aux
établissements de crédit a utilisé aussi le terme de mère et de filiale dans son article 4 mais n’a
défini aucune de ces sociétés.

Le circulaire de la banque centrale de Tunisie n°91-24 du 17 décembre 1991 relative à la


couverture des risques et suivi des engagements dans son article 2 a fait allusion à la notion du
groupe. Sauf que cette application reste restreinte vu qu’elle concerne exclusivement les
crédits.

Quant à la réglementation du marché financier, elle a bien défini la notion de holding en


nommant la société comme étant une holding lorsqu’elle exerce un contrôle sur une autre
société. Le contrôle est donc établi :

- « lorsqu'elle détient, directement ou indirectement, plus de 50 % des droits de


vote aux assemblées générales de cette société ;

- ou lorsqu'elle dispose seule de la majorité des droits de vote dans cette société
en vertu d'un accord conclu avec d'autres actionnaires, nonobstant la nullité
prévue à l'article 9421 alinéa deux du code des sociétés commerciales ;

- ou lorsqu'elle détermine, en fait, par les droits de vote dont elle dispose, les
décisions dans les assemblées générales de cette société »22.

Toutes ces définitions de la notion de groupe ainsi que les textes réglementaires y afférents
permettent de donner les outils nécessaires aux délimitations des champs des sociétés
appartenant aux même groupe, qui sont considérées comme des parties liées, pour la gestion
des opérations intra-groupe.

21
Article 94 - Sous peine de nullité, ne peuvent prendre la forme d'une société à responsabilité limitée les sociétés d'assurance,
les banques et autres institutions financières, les établissements de crédit et d'une façon générale toute société à laquelle la loi
impose de prendre une forme déterminée.
22
Article 10, alinéa 3 de la loi 94-117 du 14 Novembre 1994 portant réorganisation du marché financier.

26
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 2 : Les opérations intra-groupes

Les opérations intra-groupes sont les opérations réalisées et enregistrées entre sociétés
appartenant au même groupe. Il s’agit de toute transaction financière ou commerciale
concernant simultanément ces dernières. Parmi les exemples les plus classiques, on peut citer
volontiers comme transaction l’émission d’une facture de vente de biens ou services. Dans la
société émettrice de la facture, il y a à la fois comptabilisation d’une créance commerciale au
bilan et d’un produit de vente au compte de résultat, tandis que dans la société acheteuse, il y aura
une dette commerciale au bilan et une charge au compte de résultat. Dans ce cas on est dans une
relation de clients-fournisseurs alors qu’il peut s’agir aussi d’une opération de prêt accordée,
d’avance de trésorerie ou toute opération de soutien financier ou économique.

En absence d’une liste exhaustive d’opérations susceptibles d’être conclues, nous allons
essayer d’identifier les opérations habituellement observées dans les groupes de sociétés ainsi
que leurs principales caractéristiques.

Paragraphe 1 : Les opérations de vente de biens ou services

Ces opérations sont celles effectuées de manière habituelle et dans le cadre de son activité
principale faisant partie de l’objet social de la société (achats, ventes, sous-traitance,
prestations…). La vente peut concerner par exemple des biens ou marchandises achetés en
vue de la revente ou même ceux fabriqués et la prestation peut concerner de multiples services
comme la sous-traitance ou les services d’assurances ou ceux financiers…

Bien que ces opérations soient réalisées entre sociétés de groupe, il faut qu’elles respectent
certains critères comme la quantité, le prix, les modalités de paiement et les conditions de
vente. D’après l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement économique),
un service n’est susceptible d’être facturé que s’il répond à un besoin réel de la société
bénéficiaire des services en respectant la notion d’intérêt social.

Dans certains cas, une société mère pourrait imposer des prestations et les facturer à leurs
filiales afin d’absorber une partie de leurs frais inhérents au siège de celle-ci. De ce fait,
certaines activités exercées par la société mère ne peuvent pas être facturées aux filiales dans
le cadre d’une convention de prestations de service soit du fait de la nature même de certaines
opérations, soit parce que ces dernières ne répondent pas à un besoin réel. Ainsi il y a lieu
d’analyser et d’approfondir nos connaissances des activités, de l’organisation et du
fonctionnement du groupe afin de mettre en place des contrats de management appropriés tout

27
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
en identifiant qui assume les risques et la responsabilité des diverses activités, qui est
détenteur des moyens mis en œuvre, qui les utilise, qui rend des services, et à quel titre.

Paragraphe 2 : Les frais de gestion commune

L’appartenance à un groupe fera naître des transactions issues des frais de gestion ou dites
aussi de siège qui sont des frais issus de la pratique des affaires. Le principe étant la
centralisation de certaines activités au sein d'une société du groupe qui met son savoir-faire à
la disposition d'autres sociétés, ou de l'ensemble du groupe. Ce « know how » peut concerner
des services rendus ou des charges supportées par une société du groupe et refacturées par la
suite aux autres sociétés du même groupe.

Il y a même des créations de sociétés mères ou filiales afin de prendre en charge un certain
nombre de tâches fonctionnelles (organisation générale, contrôle interne, assistance
informatique, services administratifs : juridiques, fiscalité, comptabilité, contrôle de gestion,
services de formation du personnel, charges de gestion de la société mère ou Holding,
services et charges liés à la production ou à la commercialisation tels que les charges de
recherche et développement, de publicité, etc...).

Le recours à ce genre de procédé par les groupes se justifie par le but de pallier à
l'émiettement de certains services dans les filiales car la centralisation permet une
organisation plus efficace et une meilleure gestion résultant de la centralisation des
informations au moindre coût, cette dernière se traduisant par une économie sensible en
matériel et personnel, avec le fait que la gestion est confiée à un personnel qualifié.

La facturation des frais de siège présente des difficultés en pratique comme les problèmes
d'identification du coût à refacturer, du choix des clés de répartition pour les charges, ainsi
que du prix à refacturer pour les services rendus.

Paragraphe 3 : Les opérations sur les éléments d’actifs immobilisés

Il s’agit des transactions qui portent sur des éléments d’actifs immobilisés corporels,
incorporels ou financiers, que ce soit une cession ou une location.

Les immobilisations corporelles sont les éléments d'actif physiques et tangibles qui :

- ayant un potentiel de générer des avantages futurs, sont détenus par une
entreprise soit pour être utilisés dans la production ou la fourniture de biens et

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
de services, soit pour être loués à des tiers, soit à des fins administratives et de
soutien à leur activité ;

- sont censés être utilisés sur plus d'un exercice.23

Quant aux éléments incorporels (qui comprennent notamment les fonds de commerce), ils
sont définis comme étant des actifs non monétaires identifiables, sans substance physique et
qui répondent aux critères suivants :

- ils sont obtenus ou contrôlés par une entreprise pour être utilisés à la
production ou à la fourniture de biens ou services, pour être donnés en location
à des tiers, ou pour être utilisés pour les besoins propres de l'entreprise ;

- ils ont été acquis, créés ou mis en valeur en vue d'être utilisés pendant plus
d'une période comptable ; et

- ils ne sont pas destinés à être vendus dans le cours normal des affaires.24

Comme exemple de biens incorporels, on pourrait citer les droits exclusifs d’exploitation
d’une invention ou d’un savoir-faire plus ou moins protégé (brevet ou simple savoir-faire non
protégeable) mais également les actifs constitués par élément de propriété intellectuelle
(logiciel informatique).

N’importe la nature de l’opération, celle-ci doit s’effectuer au prix du marché, dans des
conditions assurant l'équilibre réciproque des transactions. Tout prix facturé qui s'éloigne du
prix du marché pour ce genre d'opérations est de nature à faire qualifier cette dernière d’acte
anormal de gestion.

Pour la validité au regard du droit, des opérations intra-groupes, ne pose pas problème. Par
contre la difficulté réside dans la détermination des prix et des conditions de ces transactions.

23
NCT 5 Norme comptable relative aux Immobilisations corporelles.
24
NCT 6 Norme comptable relative aux Immobilisations incorporelles.

29
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 4 : Le transfert de personnel

On parle de transfert de personnel, caractérisé comme une technique d’extériorisation de


l’emploi non encore prévue par une règlementation en droit de travail, lorsque l’opération
devient triangulaire en associant la société d’origine, celle d’accueil et le salarié transféré.

La convention de transfert en question peut se revêtir par trois formes :

a- La rupture du contrat de travail initial et la conclusion d’un nouveau contrat : la


rupture du contrat de travail qui liait le salarié à l’employeur précédent n’ouvre pas
droit aux indemnités de licenciement puisqu’il s’agit d’un transfert entre deux sociétés
du groupe dans le cadre d’une convention de transfert acceptée par le salarié. Ce
transfert doit aussi garantir la précision, dans le nouveau contrat conclu avec la société
d’accueil, des fonctions du salarié, son classement hiérarchique, le montant de son
salaire, le lieu de l’exécution du travail, l’horaire du travail, etc…
b- La poursuite du contrat initial : en conservant le même contrat de travail, il faudrait
tout simplement rajouter un avenant précisant le changement de l’employeur suite au
transfert mais tout en maintenant pour le salarié son ancienneté et ses avantages acquis
précédemment.
c- La suspension du contrat initial : pendant la durée de détachement du salarié, on
pourrait prévoir la conclusion d’un nouveau contrat en suspendant l’ancien. Par ce
type de convention de transfert, le salarié peut garantir un droit de retour en cas de
rupture du nouveau contrat ou d’arrêt de l’activité de la société d’accueil.

Paragraphe 5 : Les opérations financières

Les opérations financières sont nombreuses. Parmi ces dernières, il y’a celles qui ont été
énumérées par l’article 474 du code des sociétés commerciales comme il y’a d’autres qui ont
été prévues au niveau de la loi 2001-65 relative à la réglementation bancaire modifiée par la
loi n°2006-19 du 2 mai 2006.

Les opérations financières qui peuvent s’effectuer entre sociétés du groupe tournent autour
d’un principe fondamental à savoir l’entraide. On pourrait citer :

a- Le financement en capital : qui semble un moyen de renforcement des structures


financières des sociétés ou de répartition du patrimoine qui peut même influencer le
contrôle des sociétés. On pourrait citer comme exemple le transfert des titres entre

30
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
sociétés du groupe, l’augmentation du capital, les prêts participatifs ou encore la
fusion et scission.
b- Les opérations de trésorerie : qui peuvent être sous forme d’un apport en compte
courant associé c'est-à-dire la mise à disposition par un actionnaire ou par un associé,
au profit de la société, d’un fond que ce soit par injection dans le compte tenu par la
société ou en conservant dans ce compte, les sommes qui lui sont dues au titre de
dividendes ou d'intérêts. Comme elles peuvent être sous forme d’avances de
trésoreries qui s’effectuent dans le cadre d’une gestion centralisée de la trésorerie du
groupe, dans un souci d’optimisation en profitant de l’excédent de trésorerie de
certaines entreprises pour combler les besoins des autres, pouvant être réalisées sur
différentes périodes (court, moyen et long termes). Sans oublier les autres opérations
comme les remises, les rabais, les ristournes et les fixations des délais de règlement.
c- Les garanties : dans un contexte de groupe, certaines sociétés se trouvent dans
l’obligation de soutenir d’autres afin d’augmenter leurs chances à accéder à certains
financements et ceux en donnant des garanties pour le compte de ces dernières sous
forme de garanties réelles, de nantissements, de garanties personnelles, de
cautionnement, de lette d’intention, de garantie à la première demande et d’aval.
d- Les autres opérations financières : comme les prêts accordés entre sociétés
appartenant au même groupe qui sont généralement munis de conditions élaborées sur
des bases subjectives, ou les abandons de créances qui se résument par la renonciation
d’une partie ou de la totalité d’une créance pour alléger le passif exigible de la société
débitrice, ou encore les dons et subventions qui constituent une aide accordée à titre
gratuit et définitif aux sociétés bénéficiaires pour assainir une situation ou réaliser un
investissement.

31
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 3 : Les opérations intra-groupes issues d’une intégration en aval

Principalement les opérations intra-groupes qui sont issues d’une intégration en aval sont
celles qui émanent des opérations de l’intégration de la chaine logistique.

Progressivement dans des organisations de plus en plus complexes, le management logistique


s’est inséré avec une gestion d’interfaces intra et inter-organisationnelle. En supplychain
management, la coordination de la chaîne logistique est devenue stratégiquement importante.

L’approche de la chaîne de valeur globale se veut un outil d’analyse de la structure de


gouvernance qui décrit le processus par lequel certains acteurs de la chaîne exercent un
contrôle sur d’autres participants et la manière dont ces pilotes s’approprient ou distribuent la
valeur créée le long de la chaîne. Cette même approche permet d’exposer la séquence des
processus par lesquels les biens et les produits sont réalisés, produits et mis sur le marché à un
niveau global intégrant tous les acteurs impliqués.

La focalisation est plus portée sur la chaîne qui correspond à l’ensemble des flux physiques
des produits et des informations correspondantes qui forment les relations d’échanges entre
entreprises où y sont intégrées des activités comme le transport, l’entreposage et le stockage,
la manutention, la préparation des commandes, la commercialisation des produits, etc…

Selon le Council of Supply Chain Management Professionals (CSCMP), le supplychian


management se définit comme suit : « le supplychain management comprend la planification
et la gestion de toutes les activités impliquées dans la recherche de fournisseurs, de
l’approvisionnement, de la transformation et toutes les activités relevant du management
logistique. (…) Le SCM est une fonction intégratrice qui vise à relier les fonctions et les
processus clés de l’organisation à un double niveau, intra et inter-organisationnel afin
d’élaborer un business model performant et cohérant. ».

La notion d’intégration est très présente en logistique. A ce titre il faut analyser la fonction
intégratrice du supplychain management en répondant à deux questions très importantes à
savoir « quoi intégrer ? » et « quel est l’étendue de cette intégration ? ».

Pour répondre à la première question, une étude peut se faire selon quatre couches : une
intégration des flux, des processus et des activités, des systèmes et technologies et des acteurs,
comme le résume le tableau suivant :

32
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

Quatre couches
Caractéristiques de l'intégration pour chaque couche
d'intégration
Fluidité et continuité, pertinence des flux physiques, informationnels
Flux
et financiers, individuellement et de manière combinée
Synchronisation des opérations pour chaque processus clé ; cohérence
Processus et entre processus opérationnels clés, processus de pilotage et processus
Activités support ; intégration des processus au niveau opérationnel,
organisationnel et stratégique
Systèmes et Interopérabilité et inter connectivité des systèmes et technologies
technologies physiques et d'information, individuellement et de manière combinée
Interaction, coordination et collaboration des individus, des équipes,
Acteurs des fonctions, et des entreprises; communication, travail collectif,
(Organisations) structures interfaces ou partagées, congruence stratégique,
organisationnelle et culturelle

Tandis que pour la question de l’étendue de l’intégration, on pourrait les résumer sous cinq
niveaux :
- Intra-organisationnelle : Au sein de chaque entreprise ;
- Inter-organisationnelle limitée : Aux partenaires directs (les premiers clients ou les
fournisseurs de premier rang) ;
- Inter-organisationnelle étendue : A l'ensemble des partenaires d'une chaîne ;
- Multi-chaînes : A l'ensemble des chaînes auxquelles participe une organisation ;
- Sociétale : Avec une perspective de développement durable et qui s'intéresse à des
parties prenantes externes à la chaîne logistique.
Si on croise ces différentes couches exposées dans le tableau précédent avec les niveaux
d’intégration au sein des chaînes logistiques, il est alors possible de déterminer le degré
d’intégration et les facteurs facilitateurs de l’intégration logistique.

Ainsi, la création d’une filiale de distribution dans le cadre d’une intégration en aval
génère obligatoirement des opérations intra-groupes favorisant des fois les intérêts d’une
société à une autre. Les risques y afférent dépendent essentiellement du cadre dans lequel ces
opérations ont été effectuées. Les dirigeants des sociétés du groupe doivent identifier ces
risques et leurs conséquences organisationnelles, financières, fiscales et juridiques.

33
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Chapitre 2 : Les risques liés aux opérations intra-groupes dans le cadre de
l’intégration en aval

Dans la majorité des comportements managériaux des différentes gouvernances des groupes
de sociétés, on cherche toujours à satisfaire ou à respecter l’intérêt général du groupe même
parfois au détriment de l’intérêt de certaines sociétés appartenant au même groupe, malgré
qu’il s’agisse d’entités juridiquement distinctes. Ce genre de raisonnement pousse le groupe à
être exposé à certains risques liés aux opérations imposées par la gouvernance et cherchant à
défendre l’intérêt commun.

Section 1 – Risques juridiques

Les actionnaires qui détiennent le capital des sociétés situés en tête du groupe n’ont pas
forcément les mêmes intérêts et objectifs que de ceux détenant le capital des sociétés
dominées et qui sont nullement intéressés par les intérêts des sociétés dominantes. Les
premiers vont toujours défendre l’idée de renforcer la structure de tête dans l’intérêt commun
du groupe alors que les deuxièmes resteront toujours fidèles au principe du respect de l’intérêt
social individuel et indépendant de l’entité. De ce fait, le risque de l’abus de biens et de
crédits sociaux, le risque de l’abus de majorité, le risque d’action en comblement de passifs et
le risque d’extension des procédures collectives peut alors survenir.

S/Section 1 : Risques d’abus de biens et de crédits sociaux

Paragraphe 1 : Définition

Lorsque les dirigeants s’apprêtent à effectuer des opérations intragroupe à des conditions
anormales dans l’objectif de vider le patrimoine social, ils peuvent être exposés au risque
d’abus de biens et de crédits sociaux.

Le code des sociétés commerciales (CSC) au niveau de son article 223 stipule : « sont punis
d'une peine d'emprisonnement d'un an au moins et de cinq ans au plus et d'une amende de
deux mille à dix mille dinars ou de l'une de ces deux peines seulement : «les membres du
conseil d'administration qui, de mauvaise foi, ont fait, des biens ou du crédit de la société un
usage qu'ils savaient contraire à l'intérêt de celle-ci, dans un dessein personnel ou pour
favoriser une autre société dans laquelle ils étaient intéressés directement ou
indirectement ...». A la seule différence de la sanction, l’article 146 du même code qui a prévu
une peine qui varie entre un et cinq ans d'emprisonnement et une amende comprise entre 500
et 5 000 dinars pour les gérants, a repris pratiquement la même disposition sauf que c’est

34
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
relatif aux sociétés à responsabilité limité et non pas aux sociétés anonymes comme
l’article 223.

Paragraphe 2 : Eléments constitutifs de l'abus de biens et de crédits sociaux

Ce type d’abus est confirmé lorsqu’il cumule trois éléments essentiels à savoir l’élément
légal, l’élément matériel et celui moral.

a- L’élément légal : Les textes à travers les articles 146 et 223 du CSC visent, par la
punition de l'abus, la protection et la sauvegarde du patrimoine social de la société
contre toute forme de détournement ou de pillage des dirigeants. La loi ainsi assure la
protection de la société elle-même, des porteurs de capitaux, et plus particulièrement
les minoritaires d'entre eux, et par voie de conséquence ses créanciers. Toutefois,
l'abus de biens sociaux est considéré principalement comme étant un moyen de
protection des actionnaires minoritaires et de la société pour la simple raison qu'ils
sont les seuls à pouvoir intenter l’action contre les dirigeants.
b- L’élément matériel : L'élément matériel exige non seulement qu'un usage des biens et
crédits sociaux soit vérifié ou qualifié mais aussi, que cet usage soit abusif ou
frauduleux. User de la chose même si c’est temporaire et en dehors de toute
appropriation, même si ça ne nécessite ni un détournement ni une dissipation, même
s’il ne signifie pas nécessairement un transfert du patrimoine de la société au dirigeant,
c'est accomplir des actes de disposition tels que l'aliénation mais aussi des actes
d'administration tels que les prêts et les avances. Il s’agit de l’accomplissement d’un
acte positif contraire à l’intérêt de la société, par exemple le fait de s'approprier
directement des biens de la société ou de faire payer par celle-ci des dépenses à
caractère strictement personnel 25 . L'usage porte sur les biens sociaux qui sont
l'ensemble des actifs de la société et sur le crédit social. Pour ce dernier, ça pourrait
être expliqué par le fait de disposer de la capacité d'emprunter ou de la signature
sociale pour cautionner ses propres dettes, ou le fait de tirer des traites pour des achats
personnels, afin de favoriser une tierce personne ; ou bien encore, de profiter, d'une
manière ou d’une autre, de la renommée commerciale de la société, de la bonne
marche de l'entreprise, de son capital, du volume et de la nature de ses affaires ...La
flexibilité dans le choix des termes du texte légal donne la possibilitéau juge répressif
de procéder à une interprétation extensive du délit et lui permet de poursuivre plus

25
VERON (M.), Droit pénal des affaires, Ed. Masson, 1992, p. 171.

35
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
aisément la gestion frauduleuse des dirigeants sociaux 26 . Dans l’absence d’une
définition claire du législateur pour le concept d’usage, il pourrait s’agir donc tant des
actes d’appropriation ou de disposition que des actes d’administration. Ainsi dans le
choix du terme usage, le législateur veut s’opposer au développement des actes de
disposition et aussi « la simple utilisation abusive des biens suffit à caractériser
l’infraction »27. En résumé le délit d’abus de biens sociaux se vérifie par l’utilisation
temporaire ou définitive, avec ou sans possession 28 , et pour ce qui est de l’usage
incriminé résultant d’une simple omission la majorité des juges ont considéré que
l’omission d’agir n’implique aucun usage à défaut d’un recours direct ou indirect aux
biens ou au crédit de la personne morale, et par conséquent, ne pourrait être réprimée.
c- L’élément moral : C’est le dol général à savoir la mauvaise foi auquel le législateur a
ajouté un dol spécifique comme l’intérêt personnel du dirigeant. Il doit avoir agi, en
connaissance de cause en ayant l'intention de nuire à la société, à des fins personnelles
ou pour favoriser une autre société dans laquelle il était intéressé directement ou
indirectement. L'élément moral se matérialise à travers la mauvaise foi de l'auteur de
l'acte et sa connaissance de se favoriser personnellement au préjudice de la société
pour un intérêt financier (comme la réalisation ou la possibilité de réalisation d'un
profit pécuniaire) ou moral (comme la conservation de relations privilégiées avec
d’autres dirigeants de la société bénéficiaire de l'avantage). Cet élément intentionnel se
caractérise par la difficulté d’établir sa preuve. Ainsi pour prouver l'élément
intentionnel de l'infraction, il suffit de prouver l'existence d’un intérêt direct ou
indirect retiré par le dirigeant et la simple conscience du dommage ou du risque auquel
il a exposé la société, suite à ses agissements, suffit à prouver l’élément moral. Il n'est
donc pas nécessaire que le dirigeant ait accompli lui-même l'acte, le fait de l'avoir
laissé s'accomplir sans réagir le rend tout aussi coupable. Au final l’élément moral
reste toujours soumis à l’appréciation souveraine du juge.

Paragraphe 3 : Responsabilité et mesures à entreprendre

Les responsables sur l’abus de biens et des crédits sociaux sont les membres du conseil
d’administration pour les sociétés anonymes et le ou les gérants pour la société à

26
GOUTHIERE Bruno (2004), " Les impôts dans les affaires internationales ", éditions Francis Lefebvre, 6ème édition.
27
Cass. crim. 8 mars 1967, D.1967, p.586, note DALSACE.
28
F.-J. PANSIER, « Droit pénal des affaires », P.U.F., 1992, p.81.

36
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
responsabilité limitée. Les sanctions de ces opérations sont prévues dans l’article 223 et
l’article 146 du code des sociétés commerciales.

La loi n°2009-16 du 16 mars 2011 a instauré des règles relatives aux conflits d'intérêts entre
les intérêts personnels des dirigeants de la société anonyme et les intérêts de celle-ci. A ce
titre, le législateur a soumis certaines opérations à autorisation du Conseil d'administration, à
audit par le commissaire aux comptes et à approbation par l'assemblée générale des
actionnaires. Le législateur a mis en place un mécanisme de préventions et de contrôles
règlementant certaines conventions. Ce mécanisme « tend à maintenir ou le cas échéant
restaurer l’équilibre contractuel, de telle manière que la société́ ne subisse aucun dommage du
seul fait qu’elle a traité avec l’un de ses dirigeants »29.

Le commissaire aux comptes doit vérifier, sous sa responsabilité, toutes les opérations
prévues dans l’article 200, 201 et 202 du code des sociétés commerciales traitant des
conventions réglementées.

Ainsi, les étapes à entreprendre pour ce type d’opérations sont les suivantes :

Etape 1 Autorisation du conseil d'administration


Etape 2 Rapport du commissaire aux comptes
Etape 3 Approbation de l'assemblée générale
Etape 4 Information du commissaire aux comptes

Sous paragraphe 1 : Les conventions réglementées


a- Les personnes concernées :
Les personnes concernées par les conventions réglementées, telles que prévu par l’article 200
du code des sociétés commerciales, sont :

- Le président ou le Directeur Général,


- Les Directeurs Généraux adjoints ;et
- les membres du conseil d'administration.

b- Les opérations concernées :

Les opérations concernées par les conventions réglementées sont :

- « la cession des fonds de commerce ou d’un de leurs éléments, ou leur location


à un tiers, à moins qu’elles ne constituent l’activité principale exercée par la
société ;

29
Y GYON, Droit des affaires, Tome 1, droit commercial général et société, Editions Economica, 9ème édition, 1996, § 423.

37
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
- l’emprunt important conclu au profit de la société dont les statuts fixent le
minimum ;
- la vente des immeubles lorsque les statuts le prévoient ;
- la garantie des dettes d’autrui, à moins que les statuts ne prévoient une
dispense de l’autorisation, de l’approbation et de l’audit dans la limite d’un
seuil déterminé. Les dispositions ci-dessus ne s’appliquent pas aux
établissements de crédit et d’assurance. »30

c- Mécanisme :

Le mécanisme d’autorisation et de contrôle se présente comme suit :

30
Article 200 du code des sociétés commerciales

38
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

CONVENTION REGLEMENTEE

ACCORD AU PREALABLE DU CONSEIL


ADMINISTRATION

NON OUI

CONVENTION POUVANT FAIRE L'OBJET D'UNE


ANNUALTION

ANNULATION COUVERTE PAR VOTE DE


L'ASSEMBLEE GENERALE SUR RAPPORT
SPECIAL DU CAC

OUI
TENUE D'UNE ASSEMBLEE GENERALE

NON
RESPONSABILITE DE L'INTERESSE ET
APPROBATION PAR L'ASSEMBLEE
POSSIBILITE D'ANNULATION DE LA
GENERALE
CONVENTION

NON OUI
EXECUTABLE ET EN CAS DE DOL
IMPUTABLE AU CONSEIL AUCUN RECOURS SAUF DOL
D'ADMINISTRATION

39
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Sous paragraphe 2 : Les conventions réglementées dans les sociétés de groupe

Les conventions conclues entre les sociétés mère et filiale d’un même groupe ayant les mêmes
dirigeants sont soumises à des procédures spécifiques de contrôle qui consiste en
l’approbation de celles-ci par l’assemblée générale des associés de chaque société́ concernée
et ce en se basant sur un rapport spécial établi par le commissaire aux comptes à l’effet si la
société́ concernée est soumise à l’obligation de désignation d’un commissaire aux comptes31.
Le contrôle n’est pas obligatoire si la convention porte sur une opération courante conclue à
des conditions normales.

S/Section 2 : Risques d’abus de majorité

Paragraphe 1 : Définition

On trouve une définition établie par la jurisprudence française qui qualifie l’abus de majorité
comme étant une décision prise « contrairement à l'intérêt général et dans l’unique dessein de
favoriser les membres de la majorité au détriment des membres de la minorité »32 . Cette
notion pourrait être identifiée et qualifiée comme tel lors de l’exercice du droit de vote, on
évoquerait dans ce cas la théorie de l’abus de droit dans le domaine du droit des sociétés. Ce
raisonnement serait inspiré de l’article 1273 du code des obligations et des contrats qui
stipule : « tout associé est tenu d’apporter, dans l’accomplissement de ses obligations envers
la société, la diligence qu’il apporte dans ses propres affaires… il répond aussi de
l’inexécution des obligations résultant de l’acte de société et de l’abus de pouvoir à lui
conférés… »33.

L’article 290 du code des sociétés commerciales, pour les sociétés anonymes indépendantes,
dispose : « les actionnaires détenant au moins vingt pour cent du capital social pourront
demander l’annulation des décisions prises contrairement au statut ou portant atteinte aux
intérêts de la société, et prises dans l’intérêt d’un ou de quelques actionnaires ou au profit
d’un tiers… ». On remarque bien qu’à travers l’apparition de ce dernier code, l’abus de
majorité paraît être légiféré.

31
Article 475 du code des sociétés commerciales
32
TPI Tunis, 16/04/1988 jugement n018623 cité par S. Ben Abde1jalil, les opérations financières au sein des groupes de
sociétés, DEA droit des affaires, 1998. P 108.
C.A. Tunis, 28 décembre 1988, arrêt n°81895 s’est prononcée sur l’existence de l’abus de majorité en se fondant sur les
33

dispositions de l’article 1273 du COC. Il a infirmé le jugement du TPI de Tunis du 16 avril 1988, n° 18623, inédit qui a
écarté l’existence d’un abus de majorité en annonçant que « dés le moment où il n’était pas établi que les résolutions votées
étaient non conformes à la loi et aux statuts, elles ne pouvaient renfermer en elles un abus de majorité ».

40
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Au final, dès lors qu’il s’agit pour l’actionnaire majoritaire d’une confusion entre son propre
intérêt avec l'intérêt du groupe et prend des décisions relatives à des opérations non
financières contraires à l'intérêt social alors la qualification risque d’être assimilés à un abus
de majorité.

Dans le cadre d’un groupe, la problématique serait alors de s’interroger sur le fait qu’il peut y
avoir ou pas abus de majorité dans le cas où les décisions prises par les majoritaires sont
décidées au détriment de l’intérêt de la société mais dans l’intérêt du groupe. Et étant donné
que ce dernier est généralement arrêté par l’actionnaire majoritaire qui pourrait être la société
mère, il faudrait en effet qu’elle évite de confondre cet intérêt du groupe avec son intérêt
personnel.

Paragraphe 2 : Eléments constitutifs de l'abus de majorité

Il n’existe aucun texte légal qui vise à empêcher le développement de l’abus de majorité.
Dans ce cas d’espèce il pourrait être qualifié de délit civil caractérisé par deux éléments à
savoir matériel et intentionnel.

a- L’élément matériel : serait le fait que l'acte voté par la majorité soit contraire à
l'intérêt social et qu'il nuit directement aux intérêts des actionnaires minoritaires. La
décision pour qu’elle soit abusive, elle doit en même temps être contraire à l’intérêt
général de la société et dans l’unique intérêt de favoriser la majorité au détriment de la
minorité. A travers cet acte nous pourrons constater la présence d’un élément matériel
double à savoir l’atteinte à l’intérêt général et la rupture de l’égalité entre les associés.
b- L’élément intentionnel : est l’élément selon lequel les majoritaires prenaient
intentionnellement la décision qui les avantageaient aux dépens de la minorité tout en
sachant que cet acte a été réalisé en ayant conscience de l’usage des pouvoirs et des
influences dont ils disposaient et en connaissance de cause du favoritisme personnel
qu’ils aient instauré. Pour vérifier l’élément moral, les associés minoritaires doivent
prouver qu’au moment de la prise de décision litigieuse, les majoritaires ont eu
conscience qu’un tel acte a été fait pour servir leurs propres intérêts au détriment des
autres. Et généralement, pour que l'acte soit qualifié d'abus, il faudrait donc apporter la
preuve de la parfaite connaissance de ses auteurs de leur intention de nuire et de
profiter et qu'il ne s'agissait pas d'une simple maladresse involontaire. Aussi le seul
fait de l'intention de se favoriser suffit à déduire l'élément intentionnel donc il n'est pas
nécessaire de prouver l’intention de nuire à la minorité.

41
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 3 : Responsabilité et mesures à entreprendre

La législation de l’abus de majorité a pour intérêt de préserver les intérêts des minoritaires. Ce
recours est toujours valable, même pour les conventions soumises aux autorisations des
articles 200 et/ou 475 du code des sociétés commerciales tant que les éléments constitutifs de
l’abus de majorité sont détectés et prouvés.

Aucune responsabilité n’est engagée pour les dirigeants des sociétés, seule l’action en nullité
provoquée par les minoritaires peut être retenue.

Les dirigeants auront à prouver l’intérêt des deux sociétés et les minoritaires auront à prouver
l’intérêt des majoritaires au détriment de la société dont les minoritaires y participent.

S/Section 3 : Risques d’action en comblement de passifs

L’action en comblement de passifs est un instrument conçu par le législateur afin d’atténuer
les effets de la séparation des patrimoines et de limitation de la responsabilité induits par la
technique de la personnalité morale. Elle permet aux créanciers de mettre directement en
cause la responsabilité des dirigeants sur une base extra contractuelle lorsqu’ils ont commis
une faute ayant contribué à mettre la société débitrice en difficulté.

Tout créancier d’une société serait bien évidemment intéressé par l’assurance que sa situation
financière serait saine et stable afin de garantir le recouvrement de ses créances. Ainsi tout
acte qui remettrait en cause cette stabilité financière, par le simple fait d’appartenir à un
groupe qui privilégie l’intérêt commun à l’encontre de celui de la société débitrice, serait
passible de sanctions à l’encontre de son responsable. L’action en comblement de passifs, qui
suppose le support des dettes de la société débitrice par le ou les dirigeants, en fait partie de
ces sanctions et c’est un risque que peut encourir le groupe.

L'action en comblement du passif était une sanction appliquée par le tribunal de commerce
aux dirigeants d'une société dont la gestion avait été jugée fautive et qui étaient condamnés à
payer en tout ou en partie les dettes sociales qui n'avaient pas pu être réglées sur les actifs de
l'entreprise dont ils assuraient la direction34.

Les articles 214 et 254 du code des sociétés commerciales relatifs aux sociétés anonymes
stipulent : « Lorsque le règlement judiciaire ou la faillite fait apparaître une insuffisance

34
Dictionnaire du droit privé, Serge Braudo, Conseiller honoraire à la Cour d'Appel de Versailles et Alexis Baumann, Avocat
au Barreau de Paris.

42
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
d’actif, le tribunal peut, à la demande de l’administrateur judiciaire, du syndic de la faillite ou
de l’un des créanciers, décider que les dettes de la société seront supportées, en tout ou en
partie, avec ou sans solidarité et jusqu’à la limite du montant désigné par le tribunal, par le
président-directeur général, le ou les directeurs généraux adjoints, les membres du conseil
d’administration ou tout autre dirigeant de fait. Il peut aussi interdire à la personne
condamnée la direction des sociétés ou l’exercice de l’activité commerciale pour une période
fixée dans le jugement. Les personnes indiquées ci-dessus ne sont exonérées de la
responsabilité que si elles établissent qu’elles ont apporté à la gestion de la société toute
l’activité et la diligence d’un entrepreneur avisé et d’un mandataire loyal… ». L’article 121 du
même code prévoit les mêmes dispositions sauf que c’est applicable sur les sociétés à
responsabilité limitée.

A travers ces articles, on pourrait conclure que l’action en comblement du passif ne pourrait
être provoqué qu’à partir du déclenchement d’une procédure collective et qu’à travers le
cumul de trois éléments à savoir l’existence d’une insuffisance d’actif de la société en
redressement, la constitution de la preuve d’une faute de gestion commise par le dirigeant et
l’établissement du lien de causalité entre la faute et le préjudice.

Dans un contexte de sociétés appartenant à un même groupe, toute entreprise pourrait être
amenée à combler un passif d’une autre affiliée, soit par le simple fait qu’elle soit une
dirigeante de droit soit en faisant prévaloir sa qualité de dirigeant de fait (est considéré un
dirigeant ou un gérant de fait toute personne qui est en mesure, sans habilité juridique, de
prendre des décisions qui impacteront le volet stratégique, commercial et financier de la
société).

La responsabilité mise à la charge du dirigeant afin de s’acquitter du montant d’insuffisance


d’actif n’est plus vérifiée si le condamné arrive à prouver qu’il a exercé en bon père de famille
en ayant appliqué toutes les diligences requises pour une gestion d’un entrepreneur avisé et
d’un mandataire loyal. Mais il est très difficile, dans un environnement de groupe de sociétés,
de fournir ce type de preuve procurant l’exonération de cette charge.

S/Section 4 : Risque d’extension des procédures collectives

Les procédures collectives, ou droit de la faillite ou droit des entreprises en difficulté sont des
procédures qui ont été conçues afin d’assurer la sauvegarde des entreprises qui connaissent

43
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
des difficultés économiques principalement en assurant le maintien de l’activité, la
préservation des emplois et le paiement des dettes.

En Tunisie, ces procédures ont fait l’objet d’une réforme par le législateur à travers la loi
n°36-2016 du 29 avril 2016 relative aux entreprises en difficulté et aux procédures collectives.
Cette réforme a atteint le Code du Commerce, la loi n°94-34 du 17 avril 1995 relative au
redressement des entreprises en difficulté économique, le Code des Obligations et des
Contrats, le Code du Travail, le Code des Sociétés Commerciales, le Code des Droits Réels, le
Code Pénal, la loi n°95-44 du 2 mai 1995 relative au registre du Commerce, et aussi le Code
de Procédure Pénale.

Ces procédures concernent essentiellement les opérations de règlement amiable, règlement


judiciaire, liquidation judiciaire en raison de difficultés économiques, faillite, et autres
procédures rattachées comme le comblement de passif social et l’extension de la faillite.

La faillite est une procédure légale impliquant une personne ou une entreprise dans
l'incapacité de rembourser ses dettes en cours, et le mot faillite suppose une cessation de
paiement constatée suite à un jugement. Généralement, lorsqu’une société appartenant à un
groupe est touchée par une faillite cela n’aura aucune influence sur les autres sociétés
affiliées, mais à travers quelques règlementations le législateur a permis de déroger au
principe de l’indépendance juridique et de l’autonomie de la personne morale afin d’identifier
les responsables qui ont, à travers leurs actes et décisions, pousser à cet état et au final pour
leurs faire assumer les conséquences.

On remarque bien ceci à travers les dispositions de l’article 478 du code des sociétés
commerciales (CSC) qui stipulent : « Les procédures de faillite et de redressement ouvertes
contre l'une des sociétés appartenant au groupe de sociétés peuvent être étendues aux autres
sociétés y appartenant en cas de confusion de leurs patrimoines, d'escroquerie ou d'abus des
biens de la société faisant l'objet des procédures de faillite ou de redressement, ou s'il est
établi que la société débitrice était fictive, et que les sociétés appartenant au groupe ont
donné l'apparence d'y être associées. La faillite peut être étendue aux dirigeants de droit ou
de fait des autres sociétés appartenant au groupe de sociétés s'il est établi que la faillite est
due à leur fait ».

44
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 1 : Personnes concernées par l’extension

a- Les sociétés du groupe : Certaines sociétés ont tendance, à travers leurs dirigeants, à
vider des filiales (ou d’autres sociétés appartenant au même groupe) de leurs
substances et de leurs patrimoines pour échapper au respect de leurs engagements avec
leurs créanciers. C’est pour cela que le législateur à travers l’article 478 du CSC a
voulu protéger ces créanciers en étendant les procédures de faillite et de redressement
ouvertes contre l'une des sociétés du groupe, aux autres sociétés y appartenant s'il
s'avère qu'il y a eu une confusion de leurs patrimoines, une escroquerie ou un abus des
biens de la société faisant l'objet des procédures de faillite ou de redressement ; une
existence d’une société débitrice illusoire ou une apparence que les sociétés,
appartenant au groupe, ne forment qu'un seul débiteur.
b- Les dirigeants : A part le fait que l’extension pourrait affecter les sociétés appartenant
au même groupe, elle pourrait aussi toucher ses dirigeants lorsqu’on serait apte de
prouver ou d’attacher la responsabilité à ces derniers comme c’est indiqué au niveau
de l’alinéa 2 de l’article 478 du CSC. Dans l’absence des critères de la confusion, de
l’escroquerie ou de l’abus de biens, de l’illusion et de l’apparence, apparait une
possibilité de déduction que la faillite serait survenue suite à l’indélicatesse ou la
malversation d’un dirigeant. Et partant de ce fait que l’extension de la faillite pourrait
atteindre les dirigeants aussi bien de droit que de fait35.

Paragraphe 2 : Faits générateurs de l’extension de la faillite


a- La confusion des patrimoines :

Afin d’étendre les procédures collectives à d’autres sociétés, la jurisprudence française a créé
la notion de confusion des patrimoines qui peut résulter d'un mélange des éléments matériels
des patrimoines de deux ou plusieurs sociétés. Cette confusion pourrait être identifiée par
l’utilisation du même siège social, l’utilisation des mêmes ressources humaines, l’imbrication
des activités et des moyens techniques ou même l’utilisation de dénominations semblables qui
peuvent entrainer une confusion dans l’esprit des tiers. Ce qui pourrait encourager ces
derniers à s’engager en fondant leur décision d’accorder le crédit sur l’actif total du groupe36.
D’autres indices pourraient aider à constater la confusion, mais qui ne suffisent pas à eux
seuls, comme le fait d’avoir les mêmes dirigeants dans un groupe. Peut-être qu’en lui

Le dirigeant de fait n’a pas été l’objet d’une définition légale, il a été défini par la doctrine comme étant « toute personne
35

morale ou physique qui, sans mandat social, en toute souveraineté et indépendance, exerce une activité positive de gestion et
de direction au sein d’une autre société ce qui le met en mesure de décider du sort commercial et financier de l’entreprise ».
36
HANOUN Ch, « le droit et les groupes de sociétés », Ed. librairie générale de droit et de jurisprudence, 1991, pp.247.

45
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
rajoutant la confusion des politiques commerciales, industrielles et financières, les
mouvements financiers anormaux, le paiement des dettes d'une société par une autre
appartenant au même groupe, ils deviendront des éléments probants. Au final pour attester de
l’existence de confusion, deux critères sont sollicités par les instances à savoir l’impossibilité
de dissocier les patrimoines mais aussi les mouvements anormaux de fonds37. De l’autre coté
la confusion doit être totale, c’est pour cela que, pour des confusions partielles de
patrimoines, les juges se sont refusé à étendre la procédure collective38.

b- Société débitrice fictive :

Une société fictive est une société qui est créée juridiquement mais qui s’agit d’un écran,
d’une figure ou d’une façade pour d’autres sociétés du groupe qui sont les véritables maitres
d’œuvre. Son unique raison d’être c’est d’induire les tiers en erreur en leur faisant croire de sa
réalité, il s’agit tout simplement d’une apparence. Ainsi la société faillite, par sa « fictivité »
n'est qu'un simple figurant39, c’est pour cela que cet état pourrait constituer un fait générateur
de l’extension de la faillite.

En se référant aux travaux préparatoires de la discussion de la loi n°2001-117 du 06 décembre


2001 complétant le code des sociétés commerciales, l’appréciation du caractère fictif d’une
société de groupe dépend de trois critères à savoir l’objet social non convaincant, le capital
social insignifiant et l’absence d’affectio societatis. La jurisprudence française a aussi évoqué
cette appréciation en se fondant sur certains critères organiques et fonctionnels s’agissant
notamment de la communauté d'associés, de dirigeants et de siège social, de la subordination
totale de la société fictive, du dysfonctionnement de ses organes de direction et de
délibération et l’absence d’activité distincte par rapport aux autres sociétés du groupe.

37
C. MAGE, « les groupes de sociétés en droit international privé », thèse, Nice, 1996, p.332, cité par R. JAOUA, « la
protection des minoritaires dans les groupes de sociétés ».
38
Cass. com. 8 juillet 1968, Bull. civ., IV, n°255, cité par C. MAGE, thèse préc.
39
ARTZ (J.F.), L'extension du règlement judiciaire ou de la liquidation des biens aux dirigeants sociaux, RTD corn., 1975.

46
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
c- Comportement fautif d’une société du groupe :

A travers l’escroquerie ou l’abus de biens sociaux de la société redressée, une société


appartenant au groupe peut faire apparaitre l’unicité du groupe. Ces actions ou toute autre
pratique pouvant faire croire que le groupe constitue une entité unique40et d’induire en erreur
les tiers sur les véritables relations entre les sociétés peuvent constituer une cause d’extension
des procédures collectives.

Suite à la réunion de trois éléments caractéristiques, à savoir une vérité cachée, une apparence
trompeuse et une croyance légitime chez les tiers, le tribunal de Paris a décidé d’étendre les
procédures de faillite à la société mère.

d- Comportement fautif d’un dirigeant d’une autre société du groupe :

Les dirigeants des autres sociétés appartenant au groupe peuvent voir leur responsabilité
engagée et être soumis aux répercussions redoutables de la faillite si celle-ci est due à leurs
propres faits. Ainsi l’apparence fautive n’est pas la seule cause d’extension des procédures
collectives. Et les actes fautifs des dirigeants de droit ou de fait, pouvant consister dans le fait
de sacrifier les intérêts financiers ou commerciaux de la société en difficulté, doivent avoir un
lien clair avec les causes de la faillite de la société même en difficulté.

40
N. FEKI, « Les procédures collectives et les groupes de sociétés ».

47
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Section 2 – Risques fiscaux

S/Section 1 : L’acte anormal de gestion

D’une manière générale, dans les différents environnements économiques, le principe étant
qu’aucune personne externe à une entreprise même l’administration ne pourrait substituer un
dirigeant quant à sa façon d’administrer ou de gouverner ou de choisir ses propres décisions
dans le cadre de la gestion d’une entité. C’est au niveau des textes généraux de droit relatifs à
l’organisation de la vie économique d’une manière générale et le commerce d’une manière
particulière, dans l’absence d’un texte réglementaire précis, qu’apparait le principe de liberté
de gestion où il est mis en évidence 41 . Et ça se confirme en Tunisie au niveau de la
constitution de 1959, et bien avant même dans le pacte de 1857 et dans la constitution de 1861
qui consacraient explicitement et pour la première fois, la liberté de commerce et de
l’industrie 42 pour finalement inciter les hommes à travailler et les encourage à créer et à
produire.

A travers l’administration fiscale, lorsqu’un vérificateur redresse les conséquences des actes
anormaux de gestion, en matière d’impôt sur les sociétés dans le but de sauvegarder les
intérêts de l’entreprise et ses partenaires, on remarque bien que le principe de non immixtion
dans la gestion des sociétés serait soumis à certaines limites fiscales.

Paragraphe 1 : Définition

Etant difficile à définir, l’action ou l’agissement est qualifié d’acte anormal de gestion lorsque
l’entreprise renonce à une recette qu’elle aurait normalement dû percevoir ou engage des
dépenses qu’elle n’aurait pas dû accomplir, le tout en favorisant un tiers et ce sans
contrepartie. Ainsi ce type d’acte n’est pas accompli dans le propre intérêt de l’objet social de
l’entreprise.

Les charges étrangères à l’intérêt de la société et qui sont exagérées ou injustifiées (perte issue
de risques anormaux, rémunération ou prix payé excessifs…) ou même les renonciations aux
recettes (la société se prive d’un profit sans contrepartie tel que l’abandon de créance…), tous
ces actes pourraient être qualifiés d’anormaux.

41
MEZGUENI M, « Le juge fiscal et le principe de liberté de gestion des entreprises », Mémoire en vue de l'obtention de
D.E.A en droit fiscal, Faculté Juridique Politique et Social de Tunis, Février 2006, P5.
42
BEN MRAD Hedi, « le principe de liberté de commerce et de l'industrie », thèse de doctorat, faculté de droit et des sciences
de Tunis 1998, P.42.

48
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Aussi la renonciation au profit sans contrepartie dans le but de privilégier l’intérêt du groupe
(dans le cas des sociétés d’un même groupe) se heurte à la notion de l’acte anormal de
gestion. La règle étant que la société doit agir pour son propre intérêt social et non pas pour le
compte de l’intérêt du groupe ce qui privilégie la logique juridique sur la logique économique.

Ainsi, l’acte anormal de gestion est l’acte engagé par la société sans servir son propre
intérêt43.

Paragraphe 2 : Fondement de l’acte anormal de gestion

L’exploitant d’une entité est le seul juge de l’opportunité de sa gestion et l’administration ne


peut se substituer à lui pour apprécier ce qui aurait le mieux convenu à son entreprise. La
jurisprudence a reconnu ce principe en énonçant que l’administration n’a pas à s’immiscer
dans la gestion interne des entreprises, et qu’un contribuable n’est jamais obligé de tirer de la
gestion d’un bien ou d’une entreprise le profit le plus élevé possible. Mais dans un souci de
préservation de l’intérêt collectif, en protégeant et en préservant les recettes fiscales qui
constituent une bonne partie du budget de l’état, l’administration fiscale pourrait vérifier que
les décisions prises par les entreprises ne sont pas constitutives d’abus. Si le contribuable est
taxé d’office ou que sa comptabilité fait défaut ou comporte de graves irrégularités, c’est à
l’administration de prouver qu’un acte n’a pas été accompli dans l’intérêt de l’entreprise.

Et afin d’attester de l’existence d’un acte anormal de gestion, il faudrait dans un premier
temps vérifier que l’acte accompli s’inscrit dans le cadre de la gestion de l’entreprise. Dans un
deuxième temps prouver que l’acte a causé une diminution de la base imposable que ce soit à
travers la majoration des dépenses par des charges fictives ou par l’engagement de charges
non nécessaires à l’exploitation ou à travers la renonciation aux recettes que l’entreprise aurait
pu normalement les percevoir. Dans un troisième temps, en ayant diminué la base imposable,
il faudrait que l’acte soit profitable par un tiers à l’entreprise et cette atteinte à l’intérêt de
l’entreprise doit être intentionnelle car une simple erreur de gestion portant atteinte à cet
intérêt ne saurait suffire à caractériser un acte anormal de gestion. Et au final, pour affecter la
qualification d’anormal à un acte, il y a lieu que l’avantage accordé à un tiers ne doit pas avoir
de contrepartie puisqu’il arrive en effet que l’entreprise accorde un avantage en contrepartie
d’un autre, ainsi cette situation n’est pas représentative d’un acte anormal de gestion par
exemple une société qui peut renoncer à une partie de certaines recettes et le bénéficiaire

AMEDEE – MANESENE (G), « Principes et pratiques du droit fiscal des affaires », édition Economica 1990, p183.
43

49
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
s’engage en contrepartie à devenir caution de cette dernière. Cette renonciation à ces recettes
possède une contrepartie qui s’inscrit dans l’intérêt de l’entreprise.

L’article 12 du code de l’IRPP et de l’IS dispose : « Le résultat net est établi après déduction
de toutes charges nécessitées par l'exploitation », ce qui veut dire que toute dépense non liée à
l’exploitation ne serait pas admise en déduction du résultat imposable. Aussi l’article 48 du
même code a évoque le point des intérêts perçus par les sociétés au titre des sommes mises à
la disposition des associés, en rajoutant à la base imposable 8% des sommes prêtées pour les
intérêts non décomptés ou le différentiel entre les deux taux (8% et le taux inférieur appliqué)
multiplié par les sommes en question si la société prêteuse a appliqué un taux inférieur à 8%
pour au final aligner cet acte à la normalité.

Et avec ces types de règlementations, on a en parallèle des affaires où un juge fiscal tunisien a
reconnu le principe de la liberté de gestion de l'entreprise en reconnaissant la déduction de
provisions non prévues par la loi fiscale ainsi que la liberté de l'entreprise dans sa gestion
financière44. De plus on a eu deux autres cas en 2004 qui reconnaissent le même principe à
travers deux jugements, dans le même mois, qui ont qualifié l’acte anormal de gestion comme
une limitation de la liberté de gestion45.

En France, le conseil d’état a, à maintes reprises, soutenu le principe de non immixtion de


l’administration dans la gestion des entreprises en affirmant que « Le contribuable n’est
jamais tenu de tirer des affaires qu’il traite, le maximum de profit que les circonstances, lui
auraient permis de réaliser »46. La jurisprudence française est très avancée sur ce sujet, car
depuis des années elle a pu constituer un historique important régissant le principe de liberté
de gestion comme par exemple la prise de position où elle a affirmé que :« l’administration ne
peut critiquer les risques entrepris par la société, ni le choix du mode de financement en cas
de recours d’emprunt alors que les fonds propres de la société auraient été suffisants47 », ainsi
les charges financières de l’emprunt ont été admises en déduction pour la détermination de la
base imposable. Sans oublier les critiques permanentes de la doctrine française de ce type
d’acte anormale de gestion à travers une considération comme : « difficile de fonder sur cette
base le pouvoir reconnu à l’administration non pas évidemment pour se substituer à

Commission spéciale de taxation d’office de Sfax, arrêt n°46-97, 26-11-99, la revue de la jurisprudence et de la législation,
44

n°2, 44ème année, février 2002, p. 213.


45
T.P.I, Tunis, aff, n°793, 08-07-2004.
46
CE, 7 juillet 1958, n°35977, droit fiscal 44/1958, comm.938.
47
CE, 20 décembre 1963, req. n°52308, droit fiscal 13/1964.

50
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
l’entreprise afin de faire un acte qu’elle n’avait pas fait, mais pour, au moins, faire comme si
cet acte avait été effectué48 ».

Etant toujours une notion qui n’est pas très précise, l’arrêt n°46/97 de la commission spéciale
de taxation d’office de Sfax49a affirmé que la théorie de l'acte anormal de gestion ne peut être
appliquée en matière de la taxe sur la valeur ajoutée, qui correspond à un impôt indirect payé
par le consommateur final, et dont le rôle du contribuable consiste en la collecte de ladite taxe
au profit de l'Etat. Ainsi, le pouvoir de contrôle fiscal se limite aux montants inscrits sur les
factures, tant que les conditions de forme sont respectées

Malgré toutes ces prises de position, l’administration fiscale aura toujours les latitudes pour
rejeter quelques charges ou pour réintégrer des produits en s’appuyant sur l’argument de
l’anormalité de l’acte de gestion puisque la mise en œuvre de cet argument ne demande
aucune procédure judiciaire, contrairement au délit d’abus de biens sociaux. Par exemple au
niveau des dépenses elle pourrait les remettre en cause que ce soit pour leurs montants
(comme les rémunérations excessives), que pour leurs fonds (comme les emplois fictifs). Et
au niveau des produits que ce soit pour cause d’insuffisance (comme la minoration d’une
redevance) ou pour cause d’omission (comme les prêts accordés sans intérêts ou les cautions
attribuées gratuitement sans contrepartie).

Au final, pour pouvoir qualifier une action d’un acte anormale de gestion, trois conditions
doivent être vérifiées à savoir :

- L’élément légal, puisqu’à travers l’article 12 du code de l’IRPP et de l’IS on


pourrait déduire que les charges anormales non nécessaires à l’exploitation
seront non admises en déduction ;
- L’élément matériel, car l’acte doit être contraire à l’intérêt et l’objet social de
la société et doit affecter son bénéfice ;
- L’élément moral, lorsque l’action a permis volontairement à un tiers d’acquérir
un avantage sans contrepartie.

Dans un contexte de groupe de sociétés, cette situation peut entrainer une double imposition,
le produit imposé chez la société redressée est quelques parts imposé dans une autre société
ou un manque à gagner réintégré et imposé dans une société du groupe n’est pas déduit dans
l’autre société.

48 SERLOTEEN P, « Droit fiscal des affaires », éditions Dalloz 2001, p34.


49 Commission spéciale de taxation d'office de Sfax, arrêt n°46/97, 26 novembre 1999, in La revue de la jurisprudence et de
la législation, n° 2, 44année, février 2002, pp. 213-237.

51
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 2 : L’abus de droits

Paragraphe 1 : Définition

L'abus de droit est une notion juridique qui permet de sanctionner tout usage d'un droit ou de
clauses abusives qui dépasse les bornes de l'usage normal et raisonnable de ce droit. Le terme
« abus » se réfère à l'usage excessif d'un droit ayant eu pour conséquence l'atteinte aux droits
d'autrui. Ainsi l’exercice d’un droit par son titulaire dans des conditions telles que cet exercice
constitue une faute et peut être sanctionné, pourrait correspondre à un abus de droit.

L'abus de droit suppose par définition l'existence d'un droit dont l'exercice est abusif. Il ne
peut en effet y avoir d'abus de droit en l'absence de droit50.

En Belgique, les cours de cassation ont défini cette notion à travers plusieurs arrêts en
stipulant qu’il s’agissait de « l'exercice d'un droit d'une manière qui dépasse manifestement
les limites de l'exercice normal de celui-ci par une personne prudente et diligente »51.

Cette même notion constitue une limite pour la liberté de mettre en œuvre des droits qui sont
pourtant reconnus par la loi, donc c’est une sorte de piège pour tous ceux qui veulent prendre
la loi au mot afin de tourner à leur avantage tous les non dits qui y figurent.

Certaines firmes effectuent des montages en utilisant quelques articles de droit dans le seul
but de minorer ses impôts dus. A travers l’article 103 du Code des Obligations et des Contrats
qui stipule : « Il n'y a pas lieu à responsabilité civile lorsqu'une personne, sans intention de
nuire, a fait ce qu'elle avait le droit de faire. Cependant, lorsque l'exercice de ce droit est
nature à causer un dommage notable autrui et que ce dommage peut être évité ou supprimé,
sans inconvénient grave pour l'ayant droit, il y a lieu à responsabilité civile si on n'a pas fait
ce qu'il fallait pour le prévenir ou pour le faire cesser ». On remarque que l’abus de droit en
fiscalité constitue une variante de la théorie de l’abus de droit en matière civile, car
l’opération sera assimilée à une dissimulation effectuée afin de porter atteinte aux droits de
l’administration fiscale en minorants ses recettes fiscales. De ce fait on pourrait conclure qu’il
y a abus de droit lorsque « les parties ont cherché à tromper les tiers, le fisc en particulier, en
leur présentant un acte apparent contraire à l'acte réel qu'ils ont secrètement passé »52.

50 P. Van Ommeslaghe, Droit des obligations, t.I, Bruxelles, Bruylant, 2010, p. 77.
51 Cass., 10 juin 2004, Pas., p. 996 ; Cass., 6 janv. 2006, Pas., 2006, p. 71; Cass., 9 févr. 2005, Pas., 2005,
p. 329 ; Cass., 12 déc. 2005, Pas., 2005, p. 2498 ;.Cass., 9 mars 2009, J.T., 2009, p.392.
52 COZIAN M., « Peut on immoler une société à l’intérêt du groupe », Chroniques, 1996, n° 6, p.204.

52
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Ce type d’abus pourrait aussi être exercé en matière de droit de travail pour échapper à la
notion de licenciement abusif des travailleurs53, ou même en matière de droit commercial en
favorisant l’intérêt de certains au détriment des intérêts des minoritaires54.

En fiscalité, les deux notions d’acte anormal de gestion et celle de l’abus de droit poussent
vers la minoration de l’impôt à payer, sauf que pour la première l’acte est accompli pour
favoriser une autre personne autre que la société alors que pour la deuxième l’intérêt social de
la personne morale est respecté.

Paragraphe 2 : Fondement de l’abus de droit

On pourrait constater l’existence d’un abus de droit à travers deux critères à savoir l'usage du
droit dans l'intention exclusive de nuire. C'est le critère initial de l'abus de droit développé par
la Cour de cassation en France dès 195855. Le terme « exclusif » est important, il faut que
l'usage du droit n'ait pas d'autre but que celui de nuire. Quant au deuxième critère c’est le fait
pour une personne d'exercer son droit sans intérêt ou motif légitime ou sans intérêt
raisonnable et suffisant, causant ainsi un dommage à autrui.

En Tunisie, c’est après la promulgation du code des droits et procédures fiscaux qu’est apparu
la notion d’abus de droit à travers son article 101 sous l’intitulé « Sanctions fiscales pénales
en matière de fraude fiscale » qui stipule : « Est punie d'un emprisonnement de seize jours à
trois ans et d'une amende de 1.000 dinars à 50.000 dinars toute personne qui a :

 simulé des situations juridiques, produit des documents falsifiés ou dissimulé la


véritable nature juridique d'un acte ou d'une convention dans le but de bénéficier
d'avantages fiscaux, de la minoration de l'impôt exigible ou de sa restitution ;

 accompli des opérations emportant transmission de biens à autrui dans le but de ne


pas acquitter les dettes fiscales ;

 majoré un crédit de taxe sur la valeur ajoutée ou de droit de consommation ou minoré


le chiffre d'affaires dans le but de se soustraire au paiement de ladite taxe ou dudit
droit ou de bénéficier de la restitution de la taxe ou du droit. La sanction s'applique
dans les cas où la minoration ou la majoration excède 30% du chiffre d'affaires ou du
crédit d'impôt déclaré. ».

53 Article 21 du code de travail.


54 Article 290 du code des sociétés commerciales.
55Cass. 11 avril 1958, Pas. 1958, I, p. 867; Cass. 29 novembre 1962, Pas. 1963, I, p. 406; Cass. 14 février 1992, Pas. 1992, I,

p. 528. La jurisprudence française a appliqué très tôt ce critère spécifique. Voy. Colmar 2 mai 1855, D. 1856, II, p. 9.

53
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
On remarque bien que le législateur tunisien pour punir ce genre de comportement ne s’est
pas contenté d’une amende fiscale mais il l’a renforcé d’une sanction fiscale pénale (à la
différence du droit français qui s’est contenté de la première punition).

S’agissant d’une source importante et principale pour le budget de l’état, ce dernier aura tous
les droits pour combattre les formes d’évasion fiscale à travers l’utilisation de la force de droit
pour y parvenir. Cette rigueur de la répression vise à prévenir et à dissuader, d’une manière
efficace, tout contribuable ayant dissimulé la véritable nature d’un acte ou d’une convention,
ou simulé des situations juridiques pour se soustraire à l’impôt normalement exigible.

L’abus de droit qui nécessite l’établissement d’un montage juridique à des fins purement
fiscales suppose la combinaison d’un élément matériel et d’un élément moral.

a. L’élément matériel : l’utilisation d’un droit qui est appuyé par un acte juridique
constitue une première condition pour la notion d’abus de droit selon l’article 101 du
code des droits et procédures fiscaux qui cible les manœuvres ayant pour but la
simulation de situations juridiques qui détournent la véritable nature juridique d’un
acte ou d’une convention. Ainsi l’acte juridique se différencie du fait juridique qui
peut être défini comme « un événement quelconque auquel la loi attache une
conséquence juridique qui n’a pas été spécialement recherchée par son auteur ; il est
évident que le fait juridique n’a pas de place dans la théorie de l’abus de droit »56.
b. L’élément moral : lorsque le contribuable, soupçonné de fraude, la réalise
intentionnellement alors on pourrait constater qu’il y a infraction. De ce fait il y a lieu
de différencier l’acte volontaire de celui involontaire. Dans l’application de la loi, si
pour le premier acte il est considéré comme acte de mauvaise fois donc frauduleux, le
deuxième semble être de bonne fois ainsi assimilé à une simple erreur. En conclusion,
l’intention semble indispensable pour que l’on puisse affirmer une dissimulation
juridique.

56 COZIAN. M, « Garanties procédurales de l’abus de droit », op. cit, n° 59, p. 56.

54
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 3 : Le transfert de bénéfices

Paragraphe 1 : Définition

Généralement, les techniques adoptées afin de procéder au transfert de bénéfices dans le cadre
des transactions commerciales, entre sociétés appartenant à un même groupe, sont les
applications de prix préférentiels pour les ventes de marchandises et les prestations de
services ou les acquisitions de marchandises ou de prestations de services selon des prix
défavorables. Ceci peut induire la majoration des charges déductibles ou la minoration des
revenus imposables au niveau d’une société.

D’un point de vue juridique, les prix de transfert pratiqués entre sociétés dépendantes trouvent
leur origine dans les conventions de non double imposition dans son article 9 relatif aux
entreprises associées considérées comme un dispositif réglementaire de répression des prix de
transfert.

L’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) a défini les prix


de transfert comme étant : « les prix auxquels une entreprise transfère des biens corporels, des
actifs incorporels, ou rend des services à des entreprises associées »57. Cela veut dire que ça
peut concerner les ventes de biens et de marchandises mais aussi toutes les prestations de
services intra-groupes comme le partage de certains frais communs entre plusieurs entreprises
du groupe (frais d’administration générale ou de siège), la mise à disposition de personnes ou
de biens, les redevances de concession de brevets ou de marques, les relations financières, les
services rendus par une entreprise du groupe aux autres entreprises…

Dans un souci de justesse concernant les bases d’imposition de chaque société et afin d’éviter
les distorsions de concurrence entre les entreprises, les pays membres de l’OCDE ont adopté
le principe du « prix de pleine concurrence » pour les opérations intra-groupes. Ce principe
signifie que le prix qui doit être pratiqué entre sociétés dépendantes doit être le même que
celui qui aurait été proposé sur le marché entre deux entreprises indépendantes.

En Tunisie on peut retrouver la description de la nature de l’opération qui a été réalisée entre
deux sociétés ayant des liens de dépendances au niveau du code des sociétés commerciales à
travers son article 200 lorsqu’il a traité la notion des opérations libres où il n’avait pas qualifié
les opérations courantes conclues à des conditions normales comme conventions règlementées

57 Site web : www2.impots.gouv.fr.

55
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
soumises à autorisation par le conseil d’administration et à approbation par l’assemblée
générale des actionnaires dans le souci de délimitation des responsabilités.

Aussi dans le cadre de la qualification de la normalité des prix de transfert, le code de l’IRPP
et de l’IS dans son article 48 a carrément fixé un prix de transfert entre entreprises
dépendantes en stipulant : « Les intérêts de prêts versés aux associés sont déductibles dans la
limité de 8% à condition que le montant des sommes productives d’intérêt n’excède pas 50%
du capital et que ce dernier soit entièrement libéré ». Ainsi par la fixation par le législateur du
taux de 8% qui a été considéré comme prix de pleine concurrence, l’application d’un taux
différent et supérieure engendrera une réintégration du différentiel au niveau de la base
imposable.

D’un autre côté, l’administration fiscale considère que tout prêt ou avance financière qui n’ont
pas produit d’intérêts constitue une renonciation volontaire à des produits financiers. Ainsi
tout compte débiteur résultant d’une opération financière est réputé productif d'intérêts
imposables au taux appliqué sur le marché monétaire58.

Dans un autre sens la jurisprudence du tribunal administratif a positivement évolué en


reconnaissant explicitement le droit pour une entreprise détentrice d’une participation dans
une autre d’accorder des prêts non productifs d’intérêts s’il est établi que l’opération
intragroupe relevait d’une gestion normale59.

L’article 51 de la loi de finance 2010 dispose : « Lorsqu’il est établi aux services fiscaux
l’existence des transactions commerciales ou financières entre une entreprise et d’autres
entreprises ayant une relation de dépendance, qui obéissent à des règles pour la détermination
de leur valeur qui différent de celles qui régissent les relations entre des entreprises
indépendantes, la minoration des bénéfices découlant de l’adoption de ces règles différentes
est réintégré dans les résultats de la dite entreprise. »60. On peut déduire que cette dernière loi
a donné la possibilité à l’administration fiscale de redresser un transfert de bénéfices, entre

58 DGELF n°788 du 5 mars 2012.


59 L’arrêt n° 38589 du 6 juillet 2009, l’administration s’est pourvue en cassation contre l’arrêt de la cour d’appel de Tunis qui
a déchargé une société d’un chef de redressement portant sur la non facturation d’intérêts au titre des sommes mises à la
disposition d’une autre société appartenant au même groupe dans laquelle la première société détenait une participation. Le
tribunal administratif a considéré qu’il convient toujours de distinguer entre actes de gestion normaux et anormaux, que la
gestion de l’entreprise était normale chaque fois où elle procurerait à l’entreprise un avantage financier ou économique, direct
ou indirect. Le tribunal administratif remarque que la non facturation d’intérêts était justifiée par la crise financière que
connaissait la société bénéficiaire du prêt et qui la menaçait de faillite.
60 Exposé des motifs de la loi de finance 2010.

56
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
sociétés dépendantes de droit ou de fait, si elle prouverait l’existence du lien de dépendance et
si elle établirait que ce transfert a entrainé une diminution de l’impôt du61.

Paragraphe 2 : Les différentes techniques de transfert de bénéfices

On pourrait résumer les différentes techniques de transfert de bénéfices en les classant sous
deux formes principales à savoir la prise en charge de dépenses injustifiées ou exagérées ou le
transfert de bénéfices par la renonciation à des recettes.

a. Le versement excessif des redevances : En principe les redevances sont des dépenses
qui servent à récompenser des services spécifiques rendus comme les concessions de
licences, de brevets ou formules de fabrication, l’assistance technique, l’assistance
scientifique, l’assistance commerciale ou encore celle administrative. Ce qu’on
reproche à ces types de redevances, à travers les différents redressements, c’est le
critère excessif. Les montants payés à ce titre peuvent constituer des transferts de
bénéfices si elles ne sont pas légitimes ou si leur montant est anormal62. L'estimation
du caractère normal des montants versés pourra se faire, par le biais des comparaisons,
pourvu que celles-ci soient exactes.
b. Charges de services non fondées ou exagérées : Si une rémunération de prestations
ne correspond pas à une contrepartie normale des prestations fournies alors elle sera
considérée comme constitutive d'un transfert de bénéfices. Des facturations anormales
d’honoraires, de commissions, de salaires, de frais de transport ou de publicité peuvent
être assimilées à des opérations de transfert de bénéfices. Dans certaines prises de
positions, on a considéré que l’entreprise peut déduire les charges engagées par le
siège pour le compte exclusif de sa filiale dans la limite des frais réellement supportés
par le siège63.
c. Prise en charge de frais exagérés : Dans certains cas, on peut se trouver dans un
contexte où une société mère prend en charge des dépenses communes à l’ensemble
des filiales composant le groupe afin d’entreprendre leur fonctionnement normal et
afin d’éviter des dépenses jugées de trop. Il y a même des entreprises qui ont été
créées pour avoir la charge de fournir certaines prestations à l’ensemble du groupe.
Pour ce type de prestations, on pourrait citer comme exemple la mise à disposition de
biens ou de personnes ou encore les frais d’administration générale ou de siège qui

61 Note commune n°33/2010.


62 Prise de position DGELF 191 du 20 février 2006 ; prise de position DGELF 373 du 22 mars 2000.
63 Prise de position DGELF (111) du 4 janvier 2007 ; prise de position DGELF (410) du 7 mars 2005.

57
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
posent toujours problèmes quant à la répartition de ces dernières entre les différentes
entreprises liées. La doctrine administrative s’est prononcée dans ce cas afin d’orienter
les affectations de ces dépenses en stipulant que la société mère doit répartir les
charges communes qu’elle a supportées sur la base des services effectivement réalisés
rendus par une société du groupe au profit des autres et qu’en cas d’impossibilité de
répartition l’administration tolèrera l’affectation en fonction des chiffres d’affaires
réalisés. De l’autre côté, la facturation de charges communes exagérées 64 , et
l'utilisation d'un taux de répartition déterminé par avance dans le cadre de conventions
établies à cet effet ne sont pas acceptées 65 . Ainsi pour défendre tout type de taux
d’affectation utilisé il faut présenter des éléments objectifs et scientifiques employés
pour le calcul de cette quote-part.
d. La minoration et la majoration des prix de vente ou d’achat : Du fait de lien de
dépendance, les entreprises peuvent appliquer entre eux des prix préférentiels, à
travers des opérations de vente ou d’achat, qu’elles n’appliquerait pas à d’autres
clients ou fournisseurs non liées avec elles et exerçant le même type de transactions.
La renonciation à ces produits et le transfert de bénéfices sont prouvés dans la cas
d’espèce par la manipulation du prix constatée.
e. Les autres modalités de transfert de bénéfices : L’accord de rabais commerciaux
anormaux ou non motivés commercialement, l’abandon de créances, l’octroi de
cautions à titre gracieux, l’octroi de prêts sans intérêts ou avec des conditions souples
(taux d'intérêt inférieur aux taux pratiqués dans un marché de pleine concurrence),
tous ces types d’opérations effectuées entre sociétés liées sont aussi considérées
comme méthodes de transfert de bénéfices66.

64 Prise de position DGELF du 12 mai 2006, RCF n° 75, 2007, p68 ; prise de position DGELF (579) du 5 mai 2010 ; prise de
position DGELF 1752 du 12 juillet 2005 ; prise de position DGELF 489 année 2003.
65 Prise de position DGELF (595) du 29 avril 2010.
66 Note commune n°33/2010.

58
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 4 : Risques fiscaux liés au prix de vente modifié

Les entreprises qui sont les plus concernées ou confrontées à ces risques fiscaux sont ceux qui
sont liées c'est-à-dire qu’elles sont dépendantes par le constat des actes ou des faits qui
permettent de déduire que l’une dispose d’un contrôle sur l’autre. Et la mauvaise application
dans la détermination des prix de transfert entre ces entités pourrait entraîner des risques à
savoir le risque des sanctions en cas d’insuffisance ou inexistence de documentation, le risque
de redressement entrainant une double imposition, l’extension du risque sur la TVA et le
risque de sanctions fiscales pénales.

Paragraphe 1 : Le risque de sanctions en cas d’insuffisance ou inexistence de


documentation

Le manque ou l’absence de documentation, en droit tunisien, pourrait entrainer des sanctions


allant du renversement de la charge de la preuve jusqu’au rejet de la comptabilité. Tout en
sachant qu’une comptabilité serait considérée comme conforme que lorsqu’elle est appuyée
par des justificatifs comme les factures par exemple et par la tenue des livres comptables ainsi
que l'élaboration et la présentation des états financiers.

Ainsi le renversement de la charge de la preuve au contribuable en cas de contrôle fiscal


pourrait être causé par l’inexistence ou l’insuffisance de la documentation. Comme ça par le
simple fait que l’administration fiscale adresse au contribuable une demande de justification
ou d’une information insuffisante ou inexistante, elle pourrait facilement obtenir le
renversement de la charge de preuve.

Dans d’autres cas où elle constaterait l’absence de plusieurs pièces justificatives concernant
les prix de transfert, l’administration pourrait aller jusqu’au rejet de la comptabilité. Elle aura
ainsi un pouvoir important pour écarter une comptabilité jugée irrégulière et par la suite elle
se basera sur des éléments extracomptables pour procéder au redressement des bases
imposables.

Paragraphe 2 : Le risque de redressement entrainant une double imposition

Souvent à travers un redressement opéré par l’administration et qui concerne le prix de


transfert appliqué, pourrait émaner un risque de double imposition économique qui veut dire
l’imposition de personnes différentes au titre d’un même revenu.

59
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Par exemple, une entreprise vend un produit X pour 1 000 à une autre qui y est liée alors que
le prix de pleine concurrence est de 800. L’administration va corriger le résultat imposable
chez la société acheteuse en réintégrant dans ce cas les 200 qui représentent la différence entre
le prix effectivement payé et le prix qu’aurait dû payer cette entrepriseà une société
indépendante et dans des conditions normales. Ainsi cette différence deviendrait une marge
supplémentaire et imposable pour la société acheteuse. De l’autre côté, l’entreprise vendeuse
a déjà comptabilisé la vente du même produit au prix de 1 000 et par conséquent s’est acquitté
de l’impôt sur cette base. Par conséquent avec la réintégration et l’imposition les 200 se
trouvent imposés à la fois chez la société acheteuse et chez celle vendeuse.

Cette possibilité d’application des comparaisons pour la détermination des prix de pleine
concurrence peut trouver son fondement à travers l’article 6 du code des droits et procédures
fiscaux (CDPF) qui a abordé le droit de l’administration fiscale d’effectuer des comparaisons
avec des données relatives à des exploitations similaires en stipulant que : « …Elle peut
établir l'impôt et rectifier les déclarations sur la base de présomptions de droit ou de
présomptions de fait formées notamment de comparaisons avec des données relatives à des
exploitations, des sources de revenu ou des opérations similaires ».

La double imposition économique telle qu’elle a été défini par l’Organisation de Coopération
et de Développement Economique (OCDE) serait la situation dans laquelle deux personnes
différentes seront imposables au titre d’un même revenu ou d’une même fortune67.

Paragraphe 3 : L’extension du risque sur la Taxe sur la valeur ajoutée

A travers le contrôle de l’application des prix de transfert, l’administration pourrait en profiter


pour étendre le redressement à d’autres impôts. Ainsi un abandon de créance octroyé, entre
sociétés du même groupe, pour équilibrer une situation financière délicate causée par
l’application de prix de transfert inadéquats, pourrait être considéré comme un produit
d’exploitation à prendre en compte dans le calcul de la valeur ajoutée, par conséquent,
l’administration estimera qu’un tel abandon est soumis à la TVA pour les mêmes raisons.

La commission spéciale de taxation d’office de Sfax a écarté l’application de la théorie de


l’acte anormal de gestion en matière de TVA et a considéré que le droit de vérification de
l’administration se limite aux montants inscrits dans les factures régulières dans leur

67 Commentaire Organisation pour la coopération et le développement économique, p150 n°2

60
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
forme 68 .L’administration peut contrôler les prix facturés et les comparer aux prix réels
supérieurs aux prix consignés reconstitués grâce à des documents réguliers 69. Mais l’article 6
du code de la TVA70 a énoncé la possibilité de redressement de la TVA dans le cas où la
société acheteuse est non assujettie à la TVA.

Paragraphe 4 : Le risque de sanctions fiscales pénales

A part la possibilité de qualification du transfert de bénéfice comme acte anormal de gestion à


travers les redressements, l’administration fiscale pourrait pousser ses analyses pour identifier
les motifs réels des opérations effectuées par les sociétés liées et apporter les preuves qui lui
incombent que la facturation cachait un transfert de bénéfice. De ce fait afin de qualifier la
transaction comme abus de droit, elle pourrait se référer à l’article 101 du code des droits et
des procédures fiscaux qui stipule : « Est punie d'un emprisonnement de seize jours à trois
ans et d'une amende de 1.000 dinars à 50.000 dinars toute personne qui a :

 simulé des situations juridiques, produit des documents falsifiés ou dissimulé la


véritable nature juridique d'un acte ou d'une convention dans le but de bénéficier
d'avantages fiscaux, de la minoration de l'impôt exigible ou de sa restitution ;

 accompli des opérations emportant transmission de biens à autrui dans le but de ne


pas acquitter les dettes fiscales ;

 majoré un crédit de taxe sur la valeur ajoutée ou de droit de consommation ou minoré


le chiffre d'affaires dans le but de se soustraire au paiement de ladite taxe ou dudit
droit ou de bénéficier de la restitution de la taxe ou du droit. La sanction s'applique
dans les cas où la minoration ou la majoration excède 30% du chiffre d'affaires ou du
crédit d'impôt déclaré. ».

S/Section 5 : Responsabilité et mesures à entreprendre

A part le risque d’abus de droit, aucun risque fiscal ne peut engager la responsabilité des
dirigeants des sociétés.

68 YAICH Yamen, « La gestion des risques fiscaux relatifs aux prix de transfert au sein des entreprises liées implantées en
Tunisie en matière d’impôt directs », Institut Supérieur de Comptabilité d’Administration des Entreprises, Mémoire
d’expertise comptable, 2012.
69 Commission spéciale de la taxation d’office de Sfax, arrêt n°46/97 du 26 novembre 1997, Rapporté dans la revue de la

jurisprudence et de la législation, n°2, 44 ème année, février 2002


70 Article 6 du code de la TVA stipule que : « Lorsqu'une entreprise vendeuse et une entreprise acheteuse non assujettie sont

dans la dépendance l'une de l'autre, la taxe sur la valeur ajoutée due par la première est assise non sur la valeur des livraisons
qu'elle effectue à la seconde, mais sur le prix de vente pratiqué par cette dernière. Toutefois, cette disposition ne s'applique
pas en ce qui concerne les produits livrés par quantités importantes et habituelles à des tiers au même prix que celui consenti
entre elles par les entreprises dépendantes. »

61
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Pour le calcul des impôts et des taxes dus des sociétés du groupe, les dirigeants de la société
devraient prouver les intérêts des sociétés dans toutes les opérations effectuées entre la société
mère et sa filiale.

Pour quelques cas, si les dirigeants pourraient prouver l’intérêt du groupe surtout dans le
cadre d’un soutien de sa filiale, la preuve du contraire incombe à l’administration fiscale.

62
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Section 3 – Risques financiers et organisationnels

S/Section 1 : Les risques financiers

Paragraphe 1 : Définition des opérations financières intra-groupe

A travers le code des sociétés commerciales, on a considéré les prêts, tels que spécifié par la
législation des établissements de crédit, ainsi que les avances en compte courant et les
garanties comme des opérations financières quelques que soient leurs natures et leurs
durées71.

Une autre définition pour les opérations financières a été prévue par la loi n°2001-65 du 10
juillet 200172, relative aux établissements de crédit telle que modifié et complété par la loi
n°2006-19 du 2 mai 200673 à travers son article 4 qui stipule : « Constitue une opération de
crédit au sens de la présente loi, tout acte par lequel une personne, agissant à titre onéreux,
met ou promet de mettre des fonds à la disposition d'une autre personne ou prend, dans
l'intérêt de celle-ci, un engagement par signature tel qu'un aval, un cautionnement ou toute
autre garantie. Sont réputées des opérations de crédit, les opérations de leasing et
d'affacturage ».

Ainsi nous pourrons conclure qu’il existe trois grandes catégories d’opérations financières,
quelques que soient leurs formes, à savoir :

- Les prêts : ces opérations comprennent la mise ou la promesse de mise à disposition


des fonds, l’engagement par signature et les opérations d’affacturage et de leasing74 ;
- Les avances sur les comptes courants ; et
- Les garanties.

Les opérations financières classiques et les plus récurrentes sont les opérations de prêts
accordés. Normalement, ces dernières ont été réservées en exclusivité aux établissements
financiers puisque l’article 14 de la loi 2001-65 modifiée par la loi n° 2006-19 du 2 mai 2006
relative aux établissements de crédit a interdit toute personne (physique ou morale) d’exercer
des activités d’opération de crédit à titre habituel.

71Article 474 du code des sociétés commerciales.


72Loi n° 2001-65 du 10 juillet 2001 relative aux établissements de crédit.
73 Loi n° 2006-19 du 2mai 2006, modifiant et complétant la loi n° 2001-65 du 10 juillet 2001 relative aux établissements de

crédit.
74
Article 4 de la loi n° 2001-65 du 10 juillet 2001, relative aux établissements de crédit telle que modifiée et complétée par la
loi n°2006-19 du 2 mai 2006.

63
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Et faisant référence à cette dernière loi, la banque centrale, ayant le droit d’effectuer toutes les
investigations possibles, est habilitée à demander auprès du ministre des finances après
audition avec le premier responsable de la société 75 la liquidation de cette dernière si elle
exerce ce type d’opérations sans l’agrément requis.

Mais finalement dans un contexte de groupe de sociétés, on retrouve des exceptions à ces
interdictions au niveau de l’article 474 du code des sociétés commerciales et de la loi 2001-65
modifiée par la loi n°2006-19 du 2 mai 2006. Si l’article 474 stipule que : « Nonobstant toute
disposition contraire,il est permis d’effectuer des opérations financières entre les sociétés du
groupe… sont considérées opérations financières, tout prêt au sens de la législation relative
aux établissements de crédit,…», la loi n°2006-19 a reconnu le droit d’une société mère de
donner un prêt à l’une de ses filiales.

Paragraphe 2 : Risques financiers dus aux opérations de soutien financier

Toute entreprise pourrait être suivie ou évaluée à travers des analyses financières par le biais
de ce qu’on appelle les ratios financiers ou de structure. Ces ratios représentent des
coefficients ou des pourcentages calculés par un rapport entre deux masses. Ils fournissent des
indications sur la rentabilité d’une entreprise, la structure de ses coûts, sa productivité, sa
solvabilité, ses liquidités, son équilibre financier…

Pour ce qui est des ratios qui permettent d’analyser l’équilibre financier d’une société, on
pourrait retrouver ceux permettant d’analyser la solvabilité de l’entreprise, son autonomie
financière, son fonds de roulement, son besoin en fonds de roulement (BFR), sa trésorerie
nette, son délai moyen de règlement des créances clients ou des dettes fournisseurs, sa
rotation des stocks…

Citons à titre d’exemple le ratio d’indépendance financière ou le ratio de liquidité générale ou


encore le ratio de couverture des emplois stables. Ainsi cette analyse fonctionnelle effectuée
en utilisant ces ratios aura pour objectif de vérifier que :

- Les ressources détenues à long terme financent au moins l’actif immobilisé ;


- Le cycle d’exploitation soit sain c’est-à-dire qu’il dégage une ressource en fonds de
roulement ou que, dans le cadre contraire, le besoin en fonds de roulement soit financé
par l’excédent des ressources à long terme sur les biens durables (Fond de Roulement
Net Global) ;

75 Article 14 de loi 2001-65 relative à la réglementation bancaire.

64
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
- La situation de trésorerie soit positive.
Et pour ce qui est des ratios qui servent à analyser la rentabilité de l’entreprise on pourrait
retrouver le taux de marge commerciale, le taux de valeur ajoutée, le taux d’EBE (Excédent
Brut d’Exploitation),le taux de résultat net…

De l’autre côté il existe aussi des ratios financiers hybrides comme le ratio de délai de rotation
des stocks, le ratio de délai des crédits clients et le ratio de délai des crédits fournisseurs.

Dans un contexte de groupe de sociétés, et à travers les opérations financières qui peuvent être
effectuées entre ces mêmes entreprises sur des bases subjectives, les ratios financiers qui
reflètent la situation financière et l’image réelle d’une manière objective peuvent se trouver
affectés négativement et biaisés et peuvent même aller à compliquer les possibilités de trouver
des financements externes pour la société.

65
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 2 : Les risques organisationnels

Pour toute entité économique, afin de garantir les bonnes pratiques de gestion, le principe
étant que cette dernière repose sur sa propre structure organisationnelle et non pas sur des
personnes ou sur des structures d’autres sociétés.

Cette structure qui sert de base pour l’entreprise doit définir les relations qui lient ses
différentes composantes. L’organisation peut être centralisée ou décentralisée, ce qui importe
c’est de mettre en place une organisation efficace qui passe par la définition formelle des
responsabilités, des pouvoirs et des procédures d’exécution et de contrôle sans toutefois
perdre de vue le système de délégation qui doit exister à tous les niveaux de responsabilité.
C’est aussi l’environnement interne qui constitue la base de la structure organisationnelle de
l’entité et dicte la manière selon laquelle les tâches de fixation d’objectifs devront être
menées. L’environnement interne englobe la totalité de la philosophie managériale en matière
de risques de l’organisation, de l’appétence pour le risque, de l’intégrité et des valeurs
éthiques des dirigeants de l’organisation.

Dans un contexte de groupe de sociétés, on a toujours tendance à considérer que la filiale est
une entité dépendante de sa maison mère. On présumera, au contraire, d’une relative
indépendance de la société fille si la prééminence est donnée à l’autonomie juridique des
sociétés. Tirer toutes les conséquences de cette alternative nous amènerait à dire qu’il existe
deux formes polaires de fonctionnement des groupes. Certains vont privilégier l’intégration de
leurs membres tandis que d’autres vont miser sur l’autonomie des filiales. Ces situations sont
en fait impossibles car aucun groupe n’est totalement intégré ou totalement décentralisé.

Des situations d’autonomie totale sont inenvisageables car incompatibles avec le minimum de
gestion unifiée qu’impose la structure en groupe ; l’architecture de groupe elle-même perdrait
tout son sens. A l’inverse, une situation de contrôle absolu est difficilement réalisable pour
des raisons légales et organisationnelles. Nous sommes donc dans une impasse. Préjuger des
liens de dépendance ou au contraire d’indépendance ne permet pas de comprendre ce qui se
passe réellement au sein des groupes de sociétés.

Il arrive souvent que l’intervention de la société mère s’apparente à un contrôle de type


managérial. En effet, lorsque cette dernière gère les systèmes d’informations afin de maîtriser
la production et la transmission d’informations, établit le planning des réunions pour
coordonner plus finement l’activité ou encore dote les filiales de dispositifs qualité pour

66
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
satisfaire ses clients, son action serait de ce type. Mais son objectif étant alors de construire
une coordination administrative, avec les outils et les dispositifs de gestion qui
l’accompagnent. Et dans la plus part des cas finalement, la maison mère agit avec sa filiale
comme s’il s’agissait d’un département intégré à l’entreprise, faisant fi de l’indépendance
juridique de la société. Son rôle tend alors à se confondre avec celui de la structure dirigeante.
Deux indices sont apparus emblématiques d’une telle situation : la subordination des
directions de filiales et la mise en correspondance des structures organisationnelles des
sociétés mères et des filiales. Certains groupes adoptent, en effet, des organigrammes
similaires et mettent en place des services centraux communs, « amputant » véritablement les
filiales de leurs prérogatives entrepreneuriales.

La situation de gouvernance hybride a des conséquences remarquables et inattendues sur la


gestion de ces ensembles organisationnels que sont les groupes : elle les place face à un
certain nombre de dilemmes de gestion fondamentaux. Les groupes doivent ainsi résoudre des
problèmes à multiples facettes, où les paradoxes, voire les contradictions foisonnent.

Prenons deux exemples courants à travers lesquels nous révélerons ainsi une relation de
groupe en tension permanente comme la fixation des prix de cession interne etla
subordination des dirigeants de filiales.

Paragraphe 1 : La décision de fixation des prix de cession intra groupe

La question qui se pose éternellement est de comment fixer les prix de biens ou de services
échangés entre sociétés affiliés. Y a-t-il lieu d’appliquer une régulation purement marchande
où les prix internes sont les mêmes que ceux qui s’appliquent à l’extérieur du groupe, sur le
marché ou opter pour une régulation hiérarchique pour laquelle les prix internes seront fixés
sous l’autorité d’un dirigeant de la maison mère ?

Généralement, la tension est bien palpable entre une intervention toujours possible de la
société mère et la possibilité qu’elle a de laisser jouer les forces du marché. Les dirigeants de
groupe ou responsables financiers expliquent toujours que les transactions entre entreprises
associées s’effectuent au prix du marché. Ils insistent, en effet, sur le fait que les prix intra
groupe doivent être ceux de la pleine concurrence. Mais au-delà des discours et sur le terrain,
on constate que quels que soient les groupes observés, tous sont en fait très attentifs à la
formation des prix et ils sont loin de les abandonner aux seules forces du marché car les
décisions appartiennent le plus souvent à la direction du groupe. Et ça s’explique notamment

67
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
par les objectifs qui sont assignés à la politique des ventes qui serait un moyen de désigner les
centres de coûts ou de profits. Les jeux de cessions se rapprochent ainsi plus d’un système de
conventions en organisation que d’un véritable phénomène de marché.

Paragraphe 2 : La subordination des dirigeants des filiales

La subordination des dirigeants des filiales permet la coopération entre entités mais
l’autonomie nécessaire à tout chef d’entreprise autorise aussi le développement d’intérêts
antagonistes.

Certains groupes se contentent de leur pouvoir d’actionnaire leur permettant de révoquer


librement les dirigeants de filiales tandis que d’autres consacrent juridiquement leur
subordination. Par exemple pour les sociétés anonymes et selon le droit des sociétés, c’est à
l’assemblée générale des actionnaires que revient le pouvoir de nommer et de révoquer le
conseil d’administration, ce dernier ayant ensuite pour mission de choisir, parmi ses membres,
son président ainsi que le directeur général de la société éventuellement. Ainsi l’associé
majoritaire va donc pouvoir choisir la personne du dirigeant. Le pouvoir de nomination et de
révocation constitue l’expression première de la notion de contrôle dans les groupes. Mais
s’ils sont effectivement désignés par la maison mère, les dirigeants de filiales bénéficient
ensuite d’indépendance dans la conduite de l’entreprise grâce à leur mandat social qui signifie
que, dans l’exercice de leurs fonctions, les dirigeants sociaux ne sont pas liés à la société mère
par un lien de subordination. Sauf que dans la plupart des cas la question de l’indépendance
des dirigeants de filiales est en fait remise en cause, notamment lorsqu’il existe une
subordination des mandataires sociaux. Les dirigeants sociaux d’une filiale peuvent, en effet,
cumuler leurs fonctions avec un contrat de travail ou de fait dans une autre société qui sera la
maison mère en l’occurrence. La filiale est alors, non seulement, le terrain d’élection de la
subordination en capital mais aussi en personne physique.

On ne peut ainsi être à la fois indépendant et subordonné. Ces situations de subordination


placent les dirigeants dans une situation délicate. A l’égard des filiales, ces dirigeants sont, en
principe, de véritables dirigeants mais ils sont également, en pratique, de simples exécutants
de la maison mère. Dans ce cas typique l’actionnaire tend à endosser le rôle de manager étant
donné que le dirigeant de filiale est dans un lien de subordination, hiérarchique, avec la
société mère. Cette dernière est ainsi à la fois actionnaire de la filiale et employeur de son
dirigeant.

68
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 3 : Les mesures à entreprendre

Pour éviter les conflits d’intérêts et afin de préserver au mieux les intérêts de chaque société,
il serait préférable de favoriser les modes de gestion transparents et structurés (plutôt des
sociétés anonymes). En plus, il serait recommandé que les dirigeants des sociétés ne soient
pas les mêmes personnes.

Ainsi, chaque gouvernance veillera à préserver les intérêts de la société qu’elle dirige.

La structure de la société filiale devrait avoir une structure organisationnelle complète et


indépendante.

Ce risque organisationnel est un risque élevé dans le tissu économique des sociétés familiales
Tunisiennes. Ce même risque peut causer des risques financiers qui peuvent biaiser les
structures financières des sociétés mères.

La détection des risques juridiques, fiscaux, organisationnels et financiers issus des


opérations entre mère et filiale de distributions est tributaire de l’identification des opérations
et des zones de risque éventuels. Les dirigeants des sociétés devraient faire recours aux
experts pour maitriser ces risques et éviter au mieux les conséquences. Le savoir faire de
l’expert comptable aidera ces dirigeants à la prise de décision dans le cadre de création d’une
filiale de distribution et dans la gestion des opérations intra-groupe.

69
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

DEUXIEME PARTIE :
ETUDE DE CAS : CREATION D’UNE FILIALE DE
DISTRIBUTION ET GESTION DES OPERATIONS
INTRAGROUPE : ROLE DE L’EXPERT COMPTABLE

70
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Après avoir exposé les différentes opérations entre une société mère et sa filiale de
distribution ainsi qu’après l’énumération des différents risques éventuels y afférents, nous
allons étudier un cas pratique de création d’une filiale SENG DISTRIBUTION de la mère
SENG société commerciale. Au cours de sa mission, l’expert comptable va être le conseiller
groupe qui assistera les dirigeants de la mère et de la filiale dans la détermination des
conditions de création de la filiale ainsi que dans la gestion des opérations intragroupe (mère
et filiale).

Chapitre 1 : Définition des termes de la mission et détermination des


conditions de création de la filiale

En premier lieu et avant d’étudier le cas de la société mère et de sa filiale, il est indispensable
de définir le rôle de l’expert comptable et les limites de son intervention ainsi que les attentes
des deux parties de la convention de la mission qui lui est demandées.

En deuxième lieu, l’expert comptable assistera les dirigeants dans la détermination des
conditions de création de la filiale et exposera les différentes éventualités et variables de
création et de gestion.

Section 1 : Définition de la mission de conseil et d’accompagnement des actionnaires


dirigeants dans la création d’une entité de distribution dans le cadre d’une intégration
en aval

L’expert comptable est de plus en plus sollicité pour des missions de conseil pour des projets
de développement ou de restructuration des sociétés du groupe. Les dirigeants actionnaires se
dotent d’un outil d’expert pour éviter tous les risques fiscaux, financiers et juridiques
éventuels pour la gestion de leurs activités. Un bon conseil peut permettre à ces demandeurs
de service du conseil d’économiser des coûts ou de saisir des opportunités.
Dans l’étude de cas actuel, les dirigeants actionnaires, conscients de l’importance de l’apport
d’un expert, se sont adressés à l’expert comptable conseillé pour les accompagner dans la
création d’une filiale de distribution des produits des sociétés du groupe dans le cadre d’une
intégration en aval.

S/Section 1 : Objet de la mission


Les dirigeants ont effectué le choix stratégique du développement de l’activité des sociétés du
groupe à travers la création d’une filiale de distribution.

71
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
L’intervention de l’expert comptable consiste en l’accompagnement à la création et à la mise
en place de cette filiale dans les meilleures conditions pour :
- La définition des conditions de création de cette filiale ;
- La gestion optimale des différentes opérations commerciales et financières entre la
société mère et la filiale de distribution ;
- La maitrise des risques fiscaux et juridiques y afférents ;
- La maitrise de la rentabilité des différentes sociétés du groupe ; et
- La maitrise de transfert des engagements de la société mère à la filiale pour les
opérations encours avant la création de la filiale.

Paragraphe 1 : La définition des conditions de création de cette filiale


Une création d’une filiale pour servir à la distribution des produits des sociétés du groupe
nécessite une réflexion par rapport à :
- sa raison sociale ;
- sa forme juridique ;
- son capital social et sa répartition ;
- son objet social ;
- son mode de gestion ;
- son niveau d’investissement et à son niveau du fond de roulement…
La société filiale doit être créée aux meilleures conditions pour faire face aux exigences de la
stratégie commerciale définie par les dirigeants actionnaires.

Paragraphe 2 : La gestion optimale des différentes opérations commerciales et


financières entre la société mère et la filiale de distribution

La gestion des opérations commerciales et financières d’une filiale créée en intégration dans
l’activité de sa société mère nécessite l’intervention d’un conseiller expert pour préserver les
intérêts des différentes sociétés du groupe. Pour se faire, l’expert comptable conseiller doit :
- Recenser toutes les opérations commerciales effectuées entre les sociétés du groupe ;
- Recenser toutes les opérations financières effectuées entre les sociétés du groupe ;
- Identifier tout type de lien entre les sociétés du groupe étudié ;
- Etudier l’impact financier, fiscal et juridique pour chaque opération détectée ou
éventuelle.

72
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 3 : La maitrise des risques fiscaux et juridiques y afférents
Toute opération effectuée dans le cadre de cette relation mère filiale intégrée peut être source
de risque fiscal et/ou juridique. Le conseiller expert comptable pourra être le mieux placé pour
identifier ces risques et proposer ses recommandations d’expert pour maitriser ces risques
éventuels. Sa formation polyvalente lui permettra ainsi de voir l’ensemble du projet sur ses
différents angles. Ainsi, le rôle de l’expert sera indispensable pour fixer les conditions
d’application des opérations commerciales, administratives et financières afin de maitriser et
de calculer les risques énumérés.

Paragraphe 4 : La maitrise de la rentabilité des différentes sociétés du groupe


Toutes les opérations effectuées entre les sociétés du groupe ont un impact sur la rentabilité
financière de chacune. La rentabilité financière de chaque société est protégée par l’intérêt
social de cette dernière. Chaque actionnaire, même minoritaire, est en mesure de vérifier cette
rentabilité pour préserver son intérêt au sein de chaque société dont il est actionnaire. L’expert
comptable conseillé devra veiller à recadrer toutes les opérations effectuées entre les sociétés
de groupe en proposant des solutions pour la maitrise du risque financier éventuel dont
l’assise financière des sociétés en dépend.

Paragraphe 5 : La maitrise de transfert des engagements de la société mère à la filiale


pour les opérations encours

La société mère est déjà en activité quand elle va créer cette filiale. L’activité de cette filiale
comportera en partie celle de la société mère qui devra avoir un nouvel emplacement dans la
chaine de distribution. Cette dernière va transférer son portefeuille de clients avec ses
engagements à sa nouvelle filiale. Ce transfert d’engagements devrait être effectué dans les
meilleures conditions pour éviter les risques juridiques et fiscaux. Le rôle de l’expert
comptable serait très important dans cette situation vu l’existence du risque juridique et fiscal
important issu de ces opérations de transfert.

S/Section 2 : Les termes de la mission


Les termes de la mission demandée seront articulés sur deux principaux volets :
 Le premier volet sera l’accompagnement des dirigeants de la société mère dans la
création de la filiale de distribution et dans la présentation des différentes conditions
de création.

73
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
 Le deuxième volet sera l’identification des différentes opérations entre mère et filiale
et le conseil des dirigeants des sociétés pour la maitrise des risques juridiques et
fiscaux.

S/Section 3 : Lettre de mission


Une lettre de mission est un document écrit devant être signé par l’expert-comptable et son
client. Cette lettre est obligatoire, quelque soit la nature de la mission exercée par l’expert-
comptable ou son importance.

La lettre de mission est un contrat classique qui, comme tout document juridique, va lier
l’entreprise contractuellement avec son expert-comptable et constituera, en cas de litige, une
preuve à part entière.

Généralement, lors du premier contact avec un expert-comptable, une proposition de


mission est d’abord établie et adressée à l’entreprise. Ensuite, avec l’accord de ses dirigeants
et, en tenant compte des éventuelles modifications, la lettre de mission définitive est transmise
au moins en deux exemplaires : un pour l’entreprise et l’autre pour l’expert-comptable.

La lettre de mission est rédigée et proposée par l’expert-comptable. Elle doit comporter un
certain nombre de mentions parmi lesquelles :

 l’identification des parties ;


 la description des prestations réalisées par l’expert-comptable ;
 les honoraires de l’expert-comptable ainsi que les modalités de règlement ;
 les conditions générales de l’intervention de l’expert-comptable ;
 les obligations respectives des parties ; et
 la procédure à suivre en cas de litige avec l’expert-comptable et de résiliation
de la lettre de mission.

A chaque modification de l’un des éléments évoqués ci-dessus, un avenant ou une nouvelle
lettre de mission doit être établie.

La lettre de mission instaure un cadre contractuel aux relations entre un expert-comptable et


son client.

Paragraphe 1 : L’identification des parties

L’expert comptable, la première partie, devra donner toutes les informations nécessaires à son
client telles que :

74
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
- son matricule fiscal ;
- son régime ;
- son numéro de registre de commerce (s’il s’agit d’une société) ;
- son représentant légal (s’il s’agit d’une société) ;
- son adresse précise ; et
- son contact.

Quant à la deuxième partie, elle pourra être soit la société mère, soit la société filiale. Le
choix entre les deux sociétés est très important quant à la position de l’expert comptable pour
les prises de positions et la définition des risques. Le champ d’application de son intervention
en dépendra. Dans le cas d’espèce, le client retenu est la société mère. Ainsi les frais engagés
par la société mère peuvent être inclus dans le coût d’investissement pour la création de la
nouvelle filiale. Cette charge pourrait être remboursée par la filiale après sa création.
L’identification de la société mère sera à travers :
- Sa raison sociale ;
- Son capital ;
- Son identifiant fiscal,
- Son numéro du registre de commerce ;
- Son représentant légal ; et
- Son adresse.

Paragraphe 2 : Description de la prestation de l’expert comptable

L’expert comptable doit préciser qu’il s’agisse d’une mission de conseil et préciser sa
responsabilité par rapport aux recommandations présentées au client. Il doit bien préciser
l’objet de la mission tel que défini ci-dessus. Outre ces informations, l’expert comptable doit
fixer son champ d’intervention et le groupe de société retenu.

Paragraphe 3 : Les honoraires de l’expert comptable et les modalités de paiement

Pour garantir le bon déroulement de sa mission, l’expert comptable aura intérêt à expliquer et
à détailler les honoraires de la mission en les défalquant soit par étape soit par partie. Il doit
définir tous les livrables à envoyer aux clients pour chaque étape ou chaque partie. Il serait
préférable d’indexer les paiements aux livrables présentés.

75
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 4 : Les conditions générales de l’intervention de l’expert-comptable et les
obligations respectives des parties

L’expert comptable devra garantir la disponibilité de l’information pour pouvoir émettre son
avis sur la base de données réelles et valables. Il doit garantir son droit d’accès à l’information
à travers l’appui de la direction de la société. Il ne sera pas tenu sur des informations non
communiqués par le client. Dans le cas du non accès à l’information, l’expert comptable doit
en informer ses mandataires.
Il doit aussi garantir pour son client le respect de la confidentialité quant aux informations en
sa disposition. La lettre de mission doit contenir une clause de confidentialité pour mettre le
client dans une position confortable.

Paragraphe 5 : La procédure à suivre en cas de litige avec l’expert-comptable et de


résiliation de la lettre de mission

En cas de litige, il serait préférable de trouver une solution à l’amiable. La mission de conseil
est une mission un peu délicate dont le lien est tissé sur la relation de confiance mutuelle.
Mais si le litige persiste, la lettre de mission doit prévoir un article de gestion de litige et de
résiliation de la lettre.

76
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Section 2 : Détermination des conditions de création de la filiale

S/Section 1 : Présentation de la société mère

Paragraphe 1 : Fiche signalétique

 Raison sociale : Société SENG


 Date de création : 1950
 Capital social : 17 000 000 dinars
 Répartition du capital :
ACTIONNAIRES NOMBRES ACTIONS MONTANTS % CAPITAL
ALI 380 000 3 800 000 22,35
MOHAMED 350 000 3 500 000 20,58
SALEH 240 000 2 400 000 14,11
JAMEL 100 000 1 000 000 5,88
FATHI 75 000 750 000 4,41
SAMI 55 000 550 000 3,23
SOCIETE DE PARTICIPATION 500 000 5 000 000 29,41
TOTAL 1 700 000 17 000 000 100

 Forme juridique : Société Anonyme


 Activité de la société :
- L’achat, la fabrication, la transformation, le conditionnement et le stockage de tous
engrais, produits chimiques et d’hygiène destinés à l’industrie et à l’agriculture, y
compris les graines de semences, aliments vitaminés, etc.…
- La construction, le montage, l’assemblage de tous matériels agricoles, la
commercialisation et le courtage en Tunisie et dans tous territoires ou pays dans
lesquels elle jugera bon d’exercer son activité, des produits, engrais et matériels
énumérés ci-dessus.
 Chiffres clés :
Libellé Valeur
Chiffre d’affaire 21 000 000 dinars
Total Bilan 75 075 730 dinars
Effectif 48

77
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 2 : Présentation de la situation de la société mère

La situation financière de la société SENG se présente comme suit :

BILAN ARRETE AU 31/12/2016


(Exprimé en dinars tunisien)
31/12/16
ACTIFS NON COURANTS

ACTIFS IMMOBILISES

Immobilisations incorporelles 70 811


Amortissement des immobilisations incorporelles -31 564

Immobilisations incorporelles Nettes 39 247

Immobilisations corporelles 8 923 882


Amortissements des immobilisations corporelles -4 793 543

Immobilisations corporelle Nettes 4 130 339

Immobilisations financières 49 773 349


Provisions sur immobilisations financières -10 426 312

Immobilisations financières Nettes 39 347 037

TOTAL DES ACTIFS IMMOBILISES 43 516 623

TOTAL DES ACTIFS NON COURANTS 43 516 623

ACTIFS COURANTS

Stocks 15 814 880


Provisions sur stocks -421 379
15 393 501

Clients et comptes rattachés 8 061 714


Provisions sur comptes clients -1 591 072
6 470 642

Autres actifs courants 6 712 154


Moins : provisions sur créances diverses 0
6 712 154

Liquidités et équivalents de liquidités 2 982 810

TOTAL DES ACTIFS COURANTS 31 559 107

TOTAL DES ACTIFS 75 075 730

78
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

BILAN ARRETE AU 31/12/2016


(Exprimé en dinars tunisien)

31/12/16

CAPITAUX PROPRES

Capital social 17 000 000

Réserves 1 987 439

Résultats reportés 243 065

Autres capitaux propres 8 800 000

Subvention d'investissement 0

TOTAL DES CAPITAUX PROPRES AVANT RESULTAT 28 030 504

Résultat de l'exercice -740 703

TOTAL DES CAPITAUX PROPRES 27 289 801

PASSIFS

PASSIFS NON COURANTS

Emprunts 5 029 374

Provisions pour risques et charges 0

TOTAL DES PASSIFS NON COURANTS 5 029 374

PASSIFS COURANTS

Fournisseurs et comptes rattachés 13 130 999

Autres passifs courants 2 624 473

Autres passifs financiers 7 821 451

Concours bancaires et autres passifs financiers 19 179 632

TOTAL DES PASSIFS COURANTS 42 756 555

TOTAL DES PASSIFS 47 785 929

TOTAL DES CAPITAUX PROPRES & PASSIFS 75 075 730

79
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Le bilan de la société SENG arrêté au 31 décembre 2016 présente un déséquilibre financier
structurel. Le fond de roulement de la société est négatif et s’élève à 11 197 448 dinars dont
le détail se présente comme suit :

Désignation Valeur
Actifs immobilisés 43 516 623
Capitaux permanents 32 319 175
Fond de roulement -11 197 448

Cette situation est due essentiellement à la structure des actifs immobilisés de la société dont
les titres de participations représentent 90 % des actifs immobilisés qui se présentent comme
suit :

Désignation Valeur
Titres de participation 49 773 349
Provision sur titres de participation -10 426 312
Valeur nette 39 347 037
Total Actifs immobilisés 43 516 622
% (TP/Actifs immobilisés) 90%

Le portefeuille des titres de participations de la société a été acquis tout au long des années
avec des objectifs différents.

Certaines participations étaient dans le cadre de création de filiales pour soutenir l’activité de
la société SENG ou des acquisitions des sociétés concurrentes à la société mère. Et d’autres
participations étaient dans le cadre de détention dans des sociétés ayant des activités
totalement différentes de l’activité de la société mère.

Les provisions sur les titres de participations ont impacté les résultats d’exploitations de la
société au fur et à mesure des années passées.

Le besoin en fond de roulement de la société s’élève à 10 745 594 dinars dont le détail se
présente comme suit :

Désignation Valeur
Stock 15 814 880
Clients 8 061 714
Fournisseurs 13 130 999
BFR 10 745 594

80
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Ce besoin est financé soit par des concours bancaires soit par des financements
d’exploitations à court terme. Les concours bancaires au 31 décembre 2016 s’élèvent à
19 179 632 dinars.

Malgré les crédits accordés par les fournisseurs d’exploitation, la société SENG se trouve
entrain de supporter ses clients et de disposer d’un stock représentant 80% de ses achats
consommés annuels.

Paragraphe 3 : Les besoins principaux pour la création d’une filiale de distribution

Sous paragraphe 1 : Restructuration financière de la société mère

Face à cette situation financière, la société mère SENG doit procéder à un plan de
restructuration financière. Les actifs financiers de la société doivent être financés par les fonds
propres de la société et non pas à travers des crédits bancaires à moyen et long terme. Ainsi,
les actionnaires de la société SENG doivent injecter des fonds au moins à concurrence du
déficit en fond de roulement. Ces injections peuvent être effectuées sur une période à moyen
terme.

Les revenus et les provisions issues des titres de participations sont d’un impact important sur
le résultat de la société SENG, la plus part du temps plus influant que les résultats
d’exploitations ordinaires de la société. Ainsi, le transfert de l’activité de distribution de ses
produits à travers une filiale serait une éventualité de maitrise de cette activité. L’activité de la
nouvelle filiale ne sera pas impactée par les charges financières amplifiées par le déficit
structurel dû aux acquisitions des titres de participations.

Sous Paragraphe 2 : Maitrise du portefeuille client

Les clients actuels de la société SENG qui disposent d’une marge commerciale plus élevée
que celle réalisées au sein de la société SENG profitent des conditions commerciales
exceptionnelles offertes par cette dernière avec des crédits et des délais de paiement accordés
qui sont supportés et financés par la société SENG.

Certains clients, profitent des crédits supplémentaires de certaines filiales de la société SENG.

L’encours d’un même client au sein des sociétés appartenant au même groupe n’est plus
maitrisé dans l’absence d’une centralisation de l’information. Ainsi les risques clients sont de
plus en plus élevés, un impayé client au sein d’une société peut révéler un risque financier
important pour les autres sociétés du groupe.

81
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Pour maitriser ce risque, la société mère a intérêt de centraliser les ventes au sein d’une seule
société pouvant vendre tous les produits selon les besoins des clients.

Sous Paragraphe 3 : Maitrise du besoin en fond de roulement de la société mère

Les sociétés du groupe et la société mère détiennent des stocks importants qui dépassent leurs
niveaux moyens des ventes trimestrielles. Cette situation alourdit le besoin en fond de
roulement de la société mère et de ses filiales.

Sous paragraphe 4 : Homogénéisation des opérations commerciales

Les objectifs de vente des sociétés mère et filiales ne sont pas centralisés. Le client n’est pas
pris en charge dans la totalité de ses besoins et le commercial de chaque société ne pourra pas
lui présenter de substitut ou un « package ». La centralisation des ventes pour une seule
société de distribution permettra aux commerciaux de prendre en charge les clients selon des
conditions homogènes et favorables pour les deux parties.

Sous paragraphe 5 : Maitrise de la marge commerciale

La société mère vend ses marchandises à des revendeurs ou à des distributeurs qui bénéficient
de toutes les conditions favorables pour réaliser leurs marges avec le support de la société
mère. Elle met tous les moyens nécessaires pour que ses clients puissent vendre et arracher un
financement de leurs besoins en fonds de roulement à travers la maitrise du niveau de stock
qui est, dans la plupart du temps, supportée par la mère. La création de sa filiale lui permettra
de diminuer le nombre d’intervenant et de préserver une marge commerciale au sein de sa
filiale.

S/Section 2 : Les conditions de création de la filiale

Paragraphe 1 : La forme de la société de distribution filiale

La société filiale à créer pourrait être soit une société anonyme soit une société à
responsabilité limitée. Le code des sociétés commerciales a exclu le choix de la forme d’une
société à responsabilité limitée pour les sociétés d’assurance, les banques et les autres
institutions financières, les établissements de crédit et toute autre société dont la loi impose
une forme précise (article 94 du code des sociétés commerciales).
Ci-après un tableau comparatif entre la société anonyme et celle à responsabilité limitée :

82
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

Société Anonyme SA Société à responsabilité


limitée SARL
Le capital minimum est fixé à 50 000 Capital social minimum de
Dinars. 1 000 DT.

Libération du capital : Minimum de 25% de Libération totale du capital, lors


Capital l’apport numéraire doit être libéré et le reste de la création, pour l’apport en
au maximum sur cinq ans. Quant aux numéraire et ceux en nature
apports en nature, ils doivent être libérés (article 97 du code des sociétés
intégralement. commerciales).
La création d’une Société Anonyme Les associés d’une SARL
Nombre
nécessite au minimum 7 actionnaires. Le doivent être au minimum 2 et au
d'associés
nombre d’actionnaires n’est pas plafonné. maximum 50.
L’administration de la société anonyme est La gestion de la société peut
assurée par un directeur général et un être assurée par un ou plusieurs
conseil d'administration. Ce conseil gérants.
comporte au moins trois membres et au plus
douze membres.
Le membre du conseil d’administration
peut ne pas être un actionnaire sauf
disposition contraire des statuts (article 189
du code des sociétés commerciales).
Organes de La société anonyme peut être dirigée par un
gestion directoire qui assume la responsabilité de sa
direction et exerce ses fonctions sous le
contrôle d'un conseil de surveillance.
Le conseil de surveillance est composé de
trois membres au moins et de douze
membres au plus (article 236 du code des
sociétés commerciales).
L’article 237 du même code stipule
que : « Chaque membre du conseil de
surveillance doit être propriétaire d'un

83
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Société Anonyme SA Société à responsabilité
limitée SARL
nombre déterminé d'actions de la société,
fixé par les statuts. »
Le nombre des membres du directoire ne
doit pas dépasser les cinq personnes
obligatoirement physiques. Ce nombre peut
être ramené à une personne si le capital
social est inférieur à cent mille dinars.
(article 225 du code des sociétés
commerciales).
Les actions sont facilement cessibles à Les parts sociales ne peuvent
d’autres actionnaires. être cédées à des tiers étrangers
Transmission
à la société qu'avec le
des titres ou
consentement de la majorité des
des actions
associés représentant au moins
les trois quarts du capital social.
Les actionnaires sont responsables à Chacun des associés a une
Responsabilité hauteur de leur apport. responsabilité dans la gestion de
des associés l’entreprise à hauteur de son
apport.
L’assemblée générale constitutive ou La nomination du gérant de la
l’assemblée générale ordinaire nomme les société peut être déterminée par
membres du conseil d'administration pour
les statuts ou par décision des
une durée fixée par les statuts sans excéder
Nomination ou les trois ans renouvelable sauf stipulation associés.
révocation des du contraire au niveau des statuts de la
société. L’assemblée générale ordinaire
membres de
peut révoquer le conseil d’administration à
gestion tout moment. (article 190 du code des
sociétés commerciales).La nomination et la
révocation des directeurs généraux se fait à
travers une décision du conseil
d’administration.

84
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Société Anonyme SA Société à responsabilité
limitée SARL
Les membres du directoire sont nommés
par le conseil de surveillance pour une
durée maximale de six ans renouvelable,
sauf stipulation contraire des statuts. Un
membre du directoire peut être révoqué par
l'assemblée générale sur proposition du
conseil de surveillance.
Les membres du conseil de surveillance
sont nommés par l'assemblée générale
constitutive ou par l'assemblée générale
ordinaire pour une durée déterminée par les
statuts, et qui ne peut être inférieure à deux
ans ni supérieure à six ans. Ils sont
révoqués par l’assemblée générale
ordinaire.
Un commissaire au compte doit être nommé Un commissaire aux comptes
dès la création de la société. doit être nommé après la
deuxième année si 2 des 3
critères suivants sont satisfaits :
Commissariat
chiffre d'affaire supérieur à
aux comptes
300 000 DT HT, total bilan
supérieur à 100 000 DT HT,
nombre de personnel supérieur
à 10.

85
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
La filiale de distribution aura un besoin en fond de roulement important dû à ses engagements
envers ces éventuels clients ainsi qu’à la valeur des stocks indispensables pour faire face aux
besoins de ses clients.
La forme d’une société anonyme donnera à la société filiale plus de chance pour financer le
projet de création ainsi que ses projets de développement en faisant recours aux institutions
financières, à la bourse de valeurs mobilières, aux SICAR, aux divers investisseurs…
Une société à responsabilité limitée permettra à la société mère de pouvoir préserver sa
concentration en part du capital qui lui garantira le contrôle de la société de distribution créée.

Paragraphe 2 : La répartition du capital

La société filiale aura à gérer le portefeuille client des sociétés du groupe. Elle récupérera une
grande partie de leurs fonds de commerce. Les intérêts des associés et des actionnaires
minoritaires de la société mère doivent être préservés. Pour se faire, la filiale devrait être
détenue presque en totalité par la société mère ou préserver la même structure de capital de la
société mère.

Paragraphe 3 : Le capital social de la société filiale

Sous paragraphe 1 : Le coût d’investissement du projet de distribution de la filiale


Pour le calcul du coût d’investissement, les éléments suivants seront pris en compte :
- Les constructions et éventuellement les terrains ;
- Les aménagements des locaux ;
- Le matériel de transport (parc auto à constituer) ;
- Le matériel informatique ;
- Le mobilier et le matériel de bureau ;
- Les frais d’établissement (frais de constitution de la société, frais des études, les
salaires du personnel recruté avant entrée en exploitation, commissions bancaires,
commissions des SICAR éventuellement, frais d’assurance, frais de voyage et de
déplacement, les intérêts intercalaires…) ;
- Les frais d’approche (transit, TVA, les divers et les imprévus…) ;
- Le fond de roulement initial (les frais de fonctionnement pour la période avant
encaissement et le BFR initial).

Tous les coûts nécessaires à la mise en place du projet doivent être pris en compte pour le
calcul du coût d’investissement.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Sous paragraphe 2 : Le capital de la filiale
Le financement de l’investissement pourra se faire à partir :
- des fonds propres ;
- des participations des sociétés d’investissement à capital risque ;
- des participations des fonds d’investissements ; et
- des crédits bancaires.
En général, le capital social sera fixé à au moins 30% du coût d’investissement.

S/Section 3 : La présentation de la filiale de distribution créée

Paragraphe 1 : Fiche signalétique

La société filiale a été créée avec les conditions suivantes :


 Raison sociale : SENG Distribution
 Forme juridique : Société anonyme
 Mode de gestion : Directeur général et Conseil d’administration
 Date de création : Juin 2016
 Capital social : 500 000 dinars
 Répartition du capital :
Actionnaires Montant % du capital
SENG 255 000 51%
ALI 205 000 41%
MOHAMED 20 000 4%
JAMEL 10 000 2%
FATHI 5 000 1%
SAMI 2 500 0,5%
HALIMA 2 500 0,5%
Total 500 000 100%

 Siège social : Le même que la société mère

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 2 : Organigramme

L’organigramme conçu pour la nouvelle filiale se présente comme suit :

La nouvelle organisation de la filiale dégage les points suivants :


i. La société sera sous les directives du directeur général de la société mère ;
ii. La société SENG DISTRIBUTION sous-traitera quelques travaux de support auprès
de la société mère (les travaux techniques, les travaux logistiques, les travaux
marketing, gestion de la trésorerie…) ;
iii. La gestion du risque client sera traitée au niveau d’une nouvelle direction de gestion
des engagements et du risque client. Cette direction se chargera des encours actuels
des différents clients et prendra en charge le portefeuille client pour son traitement et
apurement. Elle opérera en coordination avec la direction trésorerie groupe ;

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
iv. L’organigramme a prévu une direction commerciale qui sera tenue de réaliser les
objectifs des ventes établis en coordination avec la direction technique de la société
mère chargée de son côté du choix des produits et de leurs approvisionnement ;
v. La stratégie marketing sera fixée par la société mère, la société filiale a recruté une
assistante marketing qui a été chargée de la collecte des données du marché ;
vi. Les commerciaux de la société seront assistés par les technico-commerciaux de la
société mère ;
vii. Certains commerciaux de la société mère ont été transférés à la nouvelle filiale.

Paragraphe 3 : Présentation des liens entre la société mère et sa filiale

Les différents liens entre la société SENG et SENG Distribution se résument dans les volets
suivants :
- Exploitation ;
- Finance ;
- Logistique ;
- Administratif.

Sous-paragraphe 1 : La gestion de l’exploitation entre les deux sociétés SENG et SENG


DISTRIBUTION
Au niveau de l’exploitation, la société SENG est tenue de :
- Choisir les produits à commercialiser vu son expérience et la compétence de sa
direction technique dotée des ingénieurs agronomes qualifiés pour le choix des
produits ;
- Réaliser les recherches et développements pour les différents produits et pour les
natures des sols des différents clients ;
- Négocier avec les différents fournisseurs vu l’ancienneté de la relation commerciale et
la réticence des fournisseurs étrangers quant aux changements de vis à vis
distributeur ;
- Fixer les stratégies commerciales et les budgets des ventes ;
- Fixer les prix publics conseillés ainsi que les prix de vente de la société mère ;
- Préparer les arguments techniques de vente ainsi que les moyens de communication ;et
- Assister les commerciaux de la société SENG DISTRIBUTION pour la réalisation de
leurs objectifs de vente et éventuellement identifier les besoins spécifiques des clients
de la société SENG DISTRIBUTION.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Quant à la société SENG DISTRIBUTION, elle est tenue de :
- Vendre tous les produits des sociétés sur terrain ;
- Réaliser les objectifs de vente par zone et par produit, les locaux de la société mère
seront mis à la disposition de la société SENG DISTRIBUTION pour ses points de
vente sur le territoire tunisien (comptoir et stock de produits) ;
- Gérer les points de vente sur le plan administratif et juridique ;
- Prendre en charge tous les clients en respectant les règles de gestion imposées par la
société SENG ; et
- Assurer l’administratif des ventes (bons de commandes, factures, avoirs, …).

Sous-paragraphe 2 : La gestion de la trésorerie de la société SENG DISTRIBUTION


Pour la gestion de la trésorerie de la société SENG DISTRIBUTION, elle étudiera le risque
client pour fixer les limites des crédits à accorder aux différents clients, les conditions de
vente ainsi que les modalités de paiement de chaque client.
Au niveau du recouvrement, toutes les opérations en front office sont assurées par la société
SENG DISTRIBUTION telles que :
- La distribution des factures clients ;
- La récupération des titres de paiement ;
- La vérification du respect des conditions de vente et des modalités de paiement et le
lettrage des comptes clients ;
- L’envoie des titres de paiement à la direction trésorerie groupe.

La société SENG, de son côté, se charge des travaux de recouvrement en back-office à partir
du moment où les conditions normales ne sont plus respectées par le client telle que :
- La conception des arrangements pour les paiements ;
- La gestion des impayés ;
- La gestion des dossiers en précontentieux ;
- La gestion des dossiers du contentieux.

La société SENG est le vis à vis unique des banques et des institutions financières, tous les
travaux bancaires sont assurés par ses soins et ses moyens.
Le poids de la société mère permettra à cette filiale de profiter des conditions bancaires
particulières et préférentielles.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Sous-paragraphe 3 : La gestion de la logistique
La société SENG DSTRIBUTION doit s’assurer du bon déroulement des livraisons de ses
ventes aux différents clients malgré que les moyens utilisés pour assurer ses livraisons soient
ceux de la société mère.
Et pour garantir la disponibilité des produits à vendre, la société SENG DISTRIBUTION est
tenue de vérifier les niveaux des stocks à l’instant (t) et ceux prévisionnels pour assurer ses
ventes.
De l’autre côté, c’est la société SENG qui assure tout le volet d’approvisionnement au niveau
de sa direction de Supply Chain qui englobe les attributions suivantes :
- Gestion du stock global des sociétés ;
- Gestion des approvisionnements ;
- Gestion des dépôts ;
- Gestion du parc auto ;
- La maintenance et la sécurité des points de vente.

Sous-paragraphe 4 : La gestion administrative


Pour la gestion des ressources humaines, la société SENG DISTRIBUTION assurera le suivi
de ses travaux administratifs à travers un responsable administratif sous les directives de son
directeur général. Ce responsable sera chargé :
- Du suivi des présences ;
- Du suivi des congés ;
- De la gestion de la paie ;
- De prendre en charge le personnel pour le suivi de leurs demandes auprès de la
direction ressources humaines groupe ;
- De la collecte et de la gestion des documents administratifs et des pièces comptables
justificatives.
Quant aux travaux assurés par la direction ressources humaines de la société SENG, ils se
résument dans les points suivants :
- Validation de la paie ;
- Gestion des contrats ;
- Gestion des recrutements ;
- Gestion des formations.
La société SENG assure de son côté tous les travaux de la comptabilité et juridiques.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Les liens entre la société mère et sa filiale doivent faire l’objet d’un traitement spécial
pour éviter tous les risques juridiques, fiscaux, financiers et organisationnels pour la société
mère ainsi que pour la société filiale. Ce traitement est spécifique à chaque opération détectée
par les soins de l’expert comptable dont les diligences sont définies au paravent.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Chapitre 2 : Les recommandations proposées pour une meilleure maîtrise
des opérations intra-groupes (mère/filiale)

L’expert comptable joue un rôle important dans l’accompagnement de la société mère et de la


société filiale pour la maitrise des risques liés aux opérations effectuées entre SENG et SENG
DISTRIBUTION.
Les deux sociétés, étant deux entités juridiques, doivent supporter leurs produits et leurs
charges conformément à la réalité des opérations effectuées entre elles. L’expert comptable,
en tant que conseiller assumera son rôle pour la proposition du cadre juridique et financier des
opérations détectées.

Section 1 : Enumération des opérations intra-groupes (mère/filiale) et des risques liés

S/Section 1 : Détermination des flux d’exploitation entre les deux sociétés

Paragraphe 1 : Les activités de support


a. Pour la société SENG :
La société SENG traite, à travers son personnel titulaire, les opérations suivantes :
i. La gestion financière :
Toutes les opérations d’encaissement et de décaissement de la société SENG
DISTRIBUTION sont gérées et suivies par la société SENG. Cette dernière traite
directement avec les banques avec lesquelles elle traite pour toutes les sociétés du
groupe.
ii. La gestion des contrats du personnel et de la paie de la société SENG
DISTRIBUTION :
Le savoir faire du personnel de la société mère SENG, ainsi que la complexité des
mécanismes de rémunération et la spécificité de la convention du secteur de travail de
la société SENG DISTRIBUTION, ont argumenté le choix de la société SENG
DISTRIBUTION de sous-traiter les opérations de gestion des contrats de travail ainsi
que la gestion de la paie.
iii. La tenue de la comptabilité :
Toutes les pièces comptables et juridiques de la société SENG DISTRIBUTION sont
mises à la disposition du personnel de la société SENG pour le traitement comptable et
la génération des situations financières de la filiale.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
iv. La mise à disposition des points de vente de la société SENG (mère) à la société
SENG DISTRIBUTION:
La société SENG fait profiter la société SENG DISTRIBUTION de ses points de
vente installés dans le territoire Tunisien pour une exploitation différente de celle de la
société filiale.
La société SENG facture un montant mensuel en refacturant le coût du personnel traitant les
dossiers de la société SENG DISTRIBUTION. Le produit de la facturation comporte les
salaires bruts du personnel mis à disposition de la filiale ainsi que toutes les charges sociales y
afférents.
b. Pour la société SENG DISTRIBUTION :
La société SENG DISTRIBUTION constate la facture de la société SENG au niveau de sa
comptabilité. Un compte fournisseur SENG est créé pour le suivi des paiements des
opérations inter-sociétés.
Pour ce qui est des locaux exploités, la société SENG DISTRIBUTION a engagé des travaux
d’aménagements pour préparation des parties qui lui sont allouées.

Paragraphe 2 : Les opérations commerciales


Sous paragraphe 1 : Le prix de vente mère et prix de vente filiale

a. Pour la société SENG :


La société SENG a créé une filiale qui va prendre la place des concessionnaires, auparavant
ses clients partenaires. La société SENG doit passer par une étape intermédiaire pour
reprendre de plus en plus sa part de marché. Elle cède ses produits à sa filiale avec une remise
supplémentaire pour lui accorder un avantage concurrentiel de vente de ses produits.
b. Pour la société SENG DISTRIBUTION :
La société SENG DISTRUBUTION a respecté les prix de vente appliqués par ses
concurrents. Elle constate une marge plus importante que ses concurrents.
La filiale reçoit des produits conditionnés par la mère pour son propre compte. La société
SENG lui vend ses articles sans marge supplémentaire vu les prix de vente publics qui ne
permettent pas de dégager une marge confortable.
Sous paragraphe 2 : La prise en charge du portefeuille clients de la société mère
a. Pour la société SENG :
Le portefeuille clients de la société mère peut être divisé en trois groupes.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Un premier groupe comportant les clients les plus importants garantissant au moins la moitié
du chiffre d’affaires. Ces clients sont qualifiés de clients solvables avec un risque client très
maîtrisable.
Un deuxième groupe qui comporte les petits clients avec des engagements importants soit
30% du chiffre d’affaires où la société filiale doit jouer un rôle très important pour la gestion
de leurs risques. Ces clients doivent être suivis à la loupe pour maîtriser leurs risques
financiers.
Un troisième groupe qui comportent les clients à incidents : des retards des paiements très
importants, des impayés des fois temporaires, des clients à difficultés…
Au cours de ce projet, la société mère a mis à la disposition de la société SENG
DISTRIBUTION ce portefeuille de clients pour prendre en compte les engagements des
clients actuels pour ses ventes et assurer le recouvrement des dettes antérieures.
b. Pour la société SENG DISTRIBUTION :
Tous les crédits accordés par la filiale pour réaliser ses ventes actuelles doivent être soumis à
l’approbation de la direction des engagements de la filiale qui prendra en compte
l’engagement global des clients.

S/Section 2 : Les opérations financières


Au cours de la première année, le chiffre d’affaire objectif de la société SENG
DISTRIBUTION était fixé à 30 000 000 dinars. Pour atteindre ce niveau de chiffre d’affaire,
la société doit disposer des fonds nécessaires pour atteindre ses objectifs. La société SENG
DISTRIBUTION, étant créée nouvellement et ne disposant pas de patrimoine ou de garanties
réelles lui permettant de recourir aux banques et aux institutions financières, est soutenue
essentiellement par la société SENG.

Paragraphe 1 : Les crédits fournisseurs


La société SENG est l’unique fournisseur de marchandises de la société SENG
DISTRIBUTION. Cette dernière achète ses marchandises à travers des crédits fournisseurs
pour une période de remboursement qui peut aller des fois à 12 mois. En effet, la vente de la
société SENG (sell in) ne peut être vraiment réalisée que si la société SENG DISTRIBUTION
l’a réalisée (sell out).
La société SENG DISTRIBUTION ne choisit pas les produits à vendre, elle doit se procurer
les produits disponibles chez la société SENG pour les vendre sur le marché.
Ces crédits fournisseurs sont accordés sans rémunération particulière.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 2 : Le financement de stock
La société SENG détient le stock de la société SENG DISTRIBUTION. A chaque vente
réalisée par la société SENG DISTRIBUTION, une commande fournisseur est adressée à la
société SENG pour livraison directe au client. La société SENG DISTRIBUTION ne dispose
pas de stock en fin de journée.
Ainsi son stock est financé en totalité par la société SENG.

Paragraphe 3 : Les crédits clients


Le niveau du crédit fournisseur accordé à la société SENG DISTRIBUTION et la prise en
charge du financement de son stock lui permettent, de son côté, de présenter des conditions de
vente à ses clients très favorables sur le marché. Il s’agit d’un atout de vente attirant pour
certains clients.

Paragraphe 4 : Les crédits de gestion


La société SENG DISTRIBUTION ne dispose que d’une ligne d’escompte pour financer son
exploitation.
Tout le reste de l’enveloppe de crédit de gestion est pris en charge par la société SENG. Cette
dernière dispose d’une ligne d’accréditif pour les ouvertures des lettres de crédit, d’un
financement en devise pour relayer ses dettes fournisseurs et des crédits de financement de
stock pour les produits dont elle transforme en produits conditionnés.
Pour faire disposer cette ligne de crédit à la société SENG DISTRIBUTION, la société SENG
a dû se porter garante à ce crédit à travers une caution solidaire hypothécaire.
La société SENG DISTRIBUTION peut disposer de la trésorerie dans la plupart du temps.

S/Section 3 : Détermination des risques juridiques et des risques fiscaux issues des
opérations identifiées

Paragraphe 1 : Assistance de la filiale dans la gestion administrative

Sous paragraphe 1 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG (mère)
La mise à disposition du personnel de la société pour les travaux administratifs, juridiques et
comptables de la société SENG DISTRIBUTION est rémunérée à travers une facturation
mensuelle. Le personnel mis à la disposition de la société filiale est dédié exclusivement aux
travaux de la filiale et bénéficie des moyens généraux, des locaux et du matériel nécessaire
pour assurer leurs travaux. Ces travaux sont facturés au coût du personnel sans aucune marge
supplémentaire.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
a- Risque fiscal :
Cette opération suppose :
- La renonciation aux recettes soit à la marge sur les travaux fournis ; et
- Le support des charges supportées exclusivement pour les besoins de la société filiale
SENG DISTRIBUTION.
En cas de contrôle fiscal, l’administration fiscale peut assimiler cette opération à un acte
anormal de gestion et ce en se basant sur les éléments suivants : Cette opération pourrait être à
l’encontre de l’intérêt et l’objet social de la société et affecte directement son bénéfice :
- L’élément légal, puisqu’à travers l’article 12 du code de l’IRPP et de l’IS on
pourrait déduire que les charges anormales non nécessaires à l’exploitation
seront non admises en déduction ;
- L’élément matériel, car l’acte doit être contraire à l’intérêt et l’objet social de
la société et doit affecter son bénéfice ; et
- L’élément moral, lorsque l’action a permis volontairement à un tiers d’acquérir
un avantage sans contrepartie.

Dans cette situation, l’administration fiscale sera en mesure d’imposer la société mère sur la
marge non constatée ainsi que les intérêts de retard y relatifs.
b- Risque juridique :
La société mère a mis à la disposition de la société filiale SENG DISTRIBUTION tous les
moyens de gestion administratifs et de support sans en bénéficier d’une rémunération
adéquate.

Les actionnaires majoritaires de la société mère SENG ont fait confusion entre leurs propres
intérêts et l’intérêt du groupe pour prendre des décisions relatives à une opération contraire à
l’intérêt social de la société mère. Cette action pourrait être assimilée à un abus de majorité.

En se basant sur l’article 290 du code des sociétés commerciales, les actionnaires minoritaires
disposant d’au moins 20% du capital social de la société SENG peuvent demander
l’annulation de cette opération.

Les minoritaires de la société SENG peuvent provoquer la notion d’abus de majorité. Ils n’ont
qu’à prouver les deux éléments suivants :
- La rupture d’égalité entre les associés ; et
- Le non respect de l’intérêt de la société.
Si ces derniers obtiennent gain de cause, il pourrait y avoir une annulation de la décision

97
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
(article 290 du code des sociétés commerciales) et en plus exercer l’action sociale contre les
associés majoritaires (article 477 du code des sociétés commerciales).

Sous paragraphe 2 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG


DISTRIBUTION (Filiale)

a- Risque fiscal :
La société SENG DISTRIBUTION dispose d’un personnel administratif qui assure, en
collaboration avec celui de la société mère SENG, les travaux administratifs, juridiques et
comptables. La société SENG DISTRIBUTION Constate aussi les charges relatives au contrat
de sous-traitance signé avec la société SENG.
Cette opération pourrait être assimilée à un transfert de bénéfice à la société mère.
Parmi les techniques de transfert de bénéfice, on peut citer le versement excessif des
redevances. Les redevances qui servent à récompenser l’assistance administrative de la
société SENG pourrait revêtir le caractère excessif.
De ce fait, en cas de contrôle fiscal, les charges de la convention de sous-traitance pourront
faire l’objet d’une réintégration dans le résultat de la filiale SENG DISTRIBUTION.
Ainsi, la société SENG DISTRIBUTION serait redevable de :
- l’impôt sur société sur cette charge ;
- de la TVA déductible afférente à la charge initiale ; et
- des intérêts de retard y relatifs.
b- Risque juridique :
Aucun risque juridique ne pourrait être détecté de cette opération pour la filiale SENG
DISTRIBUTION.

Paragraphe 2 : Mise à disposition des locaux de la société mère SENG à la société SENG
DISTRIBUTION et le transfert du portefeuille client à la filiale SENG DISTRIBUTION

Sous paragraphe 1 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG (mère)
La mise à disposition des locaux de la société SENG à la société SENG DISTRIBUTION
suppose à la mise à disposition d’une partie du fond de commerce de la mère à sa filiale. Cette
opération n’est matérialisée par aucun document juridique entre la société mère et sa filiale.
Outre cette opération, la société SENG a transféré tout le portefeuille clients à la société
SENG DISTRIBUTION et a procédé à l’assainissement des créances de la société SENG au
fur et à mesure des nouvelles transactions.

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
a- Risque fiscal :
Cette opération suppose la renonciation aux recettes dues à la non facturation de l’utilisation
du fond de commerce par la société SENG DISTRIBUTION. Cette opération, dans un
premier degré pourrait être considérée comme une location du fond de commerce et au
deuxième degré comme une vente du fond de commerce suite à la transmission du
portefeuille clients à la filiale.
En cas de contrôle fiscal, l’administration fiscale peut assimiler cette opération à un acte
anormal de gestion.
Dans cette situation, l’administration fiscale sera en mesure d’imposer la société mère pour
soit :
- Un revenu foncier dû à la non constatation d’un loyer ou d’une redevance pour
la mise à disposition de son fond de commerce à la société SENG
DISTRIBUTION ; ou
- Une plus value sur vente du fond de commerce, ainsi que la TVA y afférentes.

La société SENG serait donc redevable de l’impôt sur les sociétés sur ces revenus détectés
ainsi que les intérêts de retard y afférents.
b- Risque juridique :
Cette opération de transfert du fond de commerce de la société SENG à la société SENG
DISTRIBUTION dégage les risques juridiques suivants :
- Le risque d’abus de majorité ;
- Le risque d’abus des biens sociaux ;
- Le risque d’action en comblement de passif ;
- Le risque d’extension des procédures collectives.
i- Abus de majorité :
La société mère a mis à la disposition de la société filiale SENG DISTRIBUTION son fond
de commerce sans en bénéficier d’une rémunération. Cet acte est considéré comme anti
statutaire. Les actionnaires majoritaires de la société mère SENG ont fait confusion entre leurs
propres intérêts et l’intérêt du groupe pour prendre des décisions relatives à une opération
contraire à l’intérêt social de la société mère. Cette action pourrait être assimilée à un abus de
majorité.

En se basant sur l’article 290 du code des sociétés commerciales, les actionnaires minoritaires
disposant d’au moins 20% du capital social de la société SENG peuvent demander
l’annulation de cette opération.

99
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
ii- Abus de biens sociaux :
Les dirigeants de la société SENG ont effectué une opération à des conditions anormales à la
suite de laquelle il y a eu transfert de patrimoine à la société SENG DISTRIBUTION. A la
suite de cette opération, les dirigeants peuvent être exposés au risque d’abus de biens sociaux.
Les dirigeants de la société SENG ont favorisé l’intérêt de la société SENG DISTRIBUTION
au détriment de la société SENG. Les dirigeants de la société SENG sont des actionnaires
dans la société SENG DISTRIBUTION.

Il s’agit d’une infraction pénale qui punit les dirigeants responsables de l'abus, elle s'étend aux
présidents et administrateurs, aux dirigeants de fait, et aux représentants des personnes
morales dirigeantes. Selon l’article 223 du code des sociétés commerciales, les dirigeants
pourraient être punis d’une peine d’emprisonnement d’un an au moins et de cinq ans au plus
et d’une amende de mille à dix mille dinars.

iii- Action en comblement de passif :


Le transfert du fond de commerce de la société SENG à la société SENG DISTRIBUTION
pourrait mettre la société SENG dans des difficultés financières avec le temps. Les
actionnaires de la société SENG DISTRIBUTION peuvent détourner tout le fond pour
l’utiliser pour la vente de produits autres que ceux présentés par la société mère.

Les créanciers de la société mère peuvent mettre en cause la responsabilité des dirigeants de la
société SENG qui ont commis une faute qui a contribué à mettre la société débitrice en
difficulté.

L’action en comblement de passifs induit le support des dettes de la société SENG par ses
dirigeants et les sociétés du groupe. Ces derniers, une fois condamnés, seront tenus de payer
tout ou partie des dettes sociales qui n’avaient pas pu être réglées sur les actifs de la société
SENG.

Les articles 214 et 254 du CSC relatif aux sociétés anonymes stipulent : « Lorsque le
règlement judiciaire ou la faillite fait apparaître une insuffisance d’actif, le tribunal peut, à la
demande de l’administrateur judiciaire, du syndic de la faillite ou de l’un des créanciers,
décider que les dettes de la société seront supportées, en tout ou en partie, avec ou sans
solidarité et jusqu’à la limite du montant désigné par le tribunal, par le président-directeur
général, le ou les directeurs généraux adjoints, les membres du conseil d’administration ou
tout autre dirigeant de fait. Il peut aussi interdire à la personne condamnée la direction des
sociétés ou l’exercice de l’activité commerciale pour une période fixée dans le jugement.Les

100
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
personnes indiquées ci-dessus ne sont exonérées de la responsabilité que si elles établissent
qu’elles ont apporté à la gestion de la société toute l’activité et la diligence d’un entrepreneur
avisé et d’un mandataire loyal… ».

Le déclenchement d’une procédure collective ne peut se faire qu’à travers le cumul de trois
éléments à savoir :
- l’existence d’une insuffisance d’actif de la société SENG en redressement ;
- la constitution de la preuve d’une faute de gestion commise par le dirigeant ; et
- l’établissement du lien de causalité entre la faute et le préjudice.
iv- Extension des procédures collectives :
Ce risque ne pourra être déclenché que lorsque la société SENG s’introduit dans des
procédures concernent essentiellement les opérations de règlement amiable, de règlement
judiciaire, de liquidation judiciaire en raison de difficultés économiques, de faillite, et d’autres
procédures rattachées comme le comblement de passif social et l’extension de la faillite.

L’article 478 du code des sociétés commerciales qui stipule : « Les procédures de faillite et de
redressement ouvertes contre l'une des sociétés appartenant au groupe de sociétés peuvent être
étendues aux autres sociétés y appartenant en cas de confusion de leurs patrimoines,
d'escroquerie ou d'abus de biens de la société faisant l'objet des procédures de faillite ou de
redressement, ou s'il est établi que la société débitrice était fictive, et que les sociétés
appartenant au groupe ont donné l'apparence d'y être associées. La faillite peut être étendue
aux dirigeants de droit ou de fait des autres sociétés appartenant au groupe de sociétés s'il est
établi que la faillite est due à leur fait.

Sous paragraphe 2 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG


DISTRIBUTION (Filiale)
a- Risque fiscal :
La société SENG DISTRIBUTION a effectué des travaux d’aménagements dans les locaux de
la société SENG mis à sa disposition sans justificatif d’exploitation des locaux : contrat de
loyer ou contrat de vente.
Ainsi, en cas de contrôle fiscal, toutes les charges engagées pour l’aménagement des locaux
ne seront pas admises en déduction pour le calcul du bénéfice imposable.
b- Risque juridique :
Aucun risque juridique ne pourrait être détecté de cette opération pour la filiale SENG
DISTRIBUTION.

101
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 3 : Prix de vente des deux sociétés SENG et SENG DISTRIBUTION
Sous paragraphe 1 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG (mère)
La société mère SENG vend les marchandises à la société SENG DISTRIBUTION avec une
réduction particulière comparativement à ses clients distributeurs revendeurs. Pour les
produits conditionnés, la société SENG facture au coût de production.
a- Risque fiscal :
En réduisant sa marge commerciale, la société SENG accorde la grande partie de la marge à la
société SENG DISTRIBUTION. Etant deux sociétés dépendantes et appartenant au même
groupe, l’application du prix préférentiel pour les ventes de marchandises y compris celles
produites constitue une des techniques adoptées pour le transfert de bénéfice. Ceci peut
induire la majoration des charges déductibles ou la minoration des revenus imposables au
niveau d’une société. La société SENG est normalement tenue d’appliquer un prix de
concurrence entre deux entités juridiques indépendantes.

Malgré que la société SENG DISTRIBUTION sera à son tour imposée aux bénéfices réalisées
comportant cette marge réduite de la société SENG, cette opération de vente à prix minorée
peut être une source de double imposition contrairement au dispositif réglementaire.

L’article 51 de la loi de finance 2010 dispose : « Lorsqu’il est établi aux services fiscaux
l’existence des transactions commerciales ou financières entre une entreprise et d’autres
entreprises ayant une relation de dépendance, qui obéissent à des règles pour la détermination
de leur valeur qui différent de celles qui régissent les relations entre des entreprises
indépendantes, la minoration des bénéfices découlant de l’adoption de ces règles différentes
est réintégrée dans les résultats de la dite entreprise. »

Ainsi l’administration fiscale est en mesure de redresser le transfert de bénéfice qui a entrainé
une diminution de bénéfice de la société SENG et taxera la société SENG sur l’impôt sur
société dû et les intérêts de retard y afférents.

Pour les produits conditionnés, l’administration fiscale pourra éventuellement récupérer la


taxe due sur :
- Le FODEC ; et
- Le droit de consommation.
b- Risque juridique :
La société SENG a renoncé à une partie de son bénéfice pour le compte de sa filiale SENG
DISTRIBUTION.

102
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Les actionnaires majoritaires de la société mère SENG ont fait confusion entre leurs propres
intérêts et l’intérêt du groupe pour prendre des décisions relatives à une opération contraire à
l’intérêt social de la société mère. Cette action pourrait être assimilée à un abus de majorité.
En se basant sur l’article 290 du code des sociétés commerciales, les actionnaires minoritaires
disposant d’au moins 20% du capital social de la société SENG peuvent demander
l’annulation de cette opération.

Sous paragraphe 2 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG


DISTRIBUTION (Filiale)
a- Risque fiscal :
Aucun risque fiscal ne pourrait être détecté de cette opération pour la filiale SENG
DISTRIBUTION.
b- Risque juridique :
Aucun risque juridique ne pourrait être détecté de cette opération pour la filiale SENG
DISTRIBUTION.

Paragraphe 4 : Crédits fournisseurs et crédits clients


Sous paragraphe 1 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG (mère)
La société SENG accorde des délais clients très importants qui permettent à la société SENG
DISTRIBUTION d’accorder des délais clients plus avantageux soit un argument de vente
important pour cette dernière. La société SENG ne perçoit aucune rémunération pour les
délais supplémentaires accordés. Elle supporte des charges financières pour financer son
besoin en fond de roulement auprès des banques.
a- Risque fiscal :
Cette opération suppose :
- La renonciation aux recettes en renonçant à la rémunération de la mise à disposition de
ces crédits fournisseurs à sa filiale SENG DISTRIBUTION ; et
- Le support des charges financières de son crédit de gestion pour les besoins de la
société filiale SENG DISTRIBUTION.
En cas de contrôle fiscal, l’administration fiscale peut assimiler cette opération à un acte
anormal de gestion.
Ainsi la société SENG devrait payer :
- un impôt sur le bénéfice dû sur une rémunération de ce crédit accordé ; et
- la taxe sur la valeur ajoutée y afférente.

103
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Outre cet impôt dû, l’administration fiscale pourrait réintégrer les charges financières
supportées par la société SENG pour le financement de la société SENG DISTRIBUTION. La
société SENG a vendu le stock à la société SENG DISTRIBUTION avec une échéance de
paiement très privilégiée. Ainsi, l’administration fiscale pourrait ne pas accepter la
déductibilité des charges financières y afférentes.
b- Risque juridique :
La société SENG a mis à la disposition de la société filiale SENG DISTRIBUTION son stock
avec un délai de paiement assimilé à un crédit de financement de son besoin en fond de
roulement.
Les actionnaires majoritaires de la société mère SENG ont fait confusion entre leurs propres
intérêts et l’intérêt du groupe pour prendre des décisions relatives à une opération contraire à
l’intérêt social de la société mère. Cette action pourrait être assimilée à un abus de majorité.
Dans ce cas de figure, les actionnaires minoritaires de la société SENG peuvent demander
l’annulation de cette opération.
Sous paragraphe 2 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG
DISTRIBUTION (Filiale)
a- Risque fiscal :
Aucun risque fiscal ne pourrait être détecté de cette opération pour la filiale SENG
DISTRIBUTION.
b- Risque juridique :
Aucun risque juridique ne pourrait être détecté de cette opération pour la filiale SENG
DISTRIBUTION.

Paragraphe 5 : Cautions et garanties accordées


Sous paragraphe 1 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG (mère)
Pour acquérir une ligne de crédit de gestion, la société SENG DISTRIBUTION a sollicité le
soutien financier de la société SENG. Cette dernière lui a accordé une caution hypothécaire
solidaire pour garantir la ligne de crédit de gestion accordée à la société SENG
DISTRIBUTION. Aucune rémunération n’est prévue pour cette opération.
a- Risque fiscal :
Cette opération suppose la renonciation aux recettes soit à la rémunération de cette garantie
accordée à la filiale.

104
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
En cas de contrôle fiscal, l’administration fiscale peut assimiler cette opération à un acte
anormal de gestion vu que cette opération pourrait être à l’encontre de l’intérêt et l’objet
social de la société SENG.
Dans cette situation, l’administration fiscale sera en mesure d’imposer la société mère pour la
rémunération non constatée ainsi que les intérêts de retard y afférents.
b- Risque juridique :
i- Abus de majorité :
La société mère a mis à la disposition de la société filiale SENG DISTRIBUTION une
garantie réelle sans en bénéficier d’une rémunération en contre partie.
Les actionnaires majoritaires de la société mère SENG ont fait confusion entre leurs propres
intérêts et l’intérêt du groupe pour prendre des décisions relatives à une opération contraire à
l’intérêt social de la société mère. Cette action pourrait être assimilée à un abus de majorité.
En se basant sur l’article 290 du code des sociétés commerciales, les actionnaires minoritaires
disposant d’au moins 20% du capital social de la société SENG peuvent demander
l’annulation de cette opération.

ii- Abus de biens sociaux :


Les dirigeants de la société SENG ont mis en garantie l’un des biens de la société qui pourra
être mis en jeu en cas de non respect de la société SENG DISTRIBUTION de ses
engagements envers la banque. A la suite de cette opération, les dirigeants peuvent être
exposés au risque d’abus de biens sociaux. Les dirigeants de la société SENG ont favorisé
l’intérêt de la société SENG DISTRIBUTION au détriment de la société SENG. Les
dirigeants de la société SENG sont des actionnaires dans la société SENG DISTRIBUTION.

Il s’agit d’une infraction pénale qui punit les dirigeants responsables de l'abus, elle s'étend aux
présidents et administrateurs, aux dirigeants de fait, et aux représentants des personnes
morales dirigeantes. Selon l’article 223 du code des sociétés commerciales, les dirigeants
pourraient être punis d’une peine d’emprisonnement d’un an au moins et de cinq ans au plus
et d’une amende de mille à dix mille dinars.

Sous paragraphe 2 : Les risques juridiques et fiscaux pour la Société SENG


DISTRIBUTION (Filiale)
a- Risque fiscal :
Aucun risque fiscal ne pourrait être détecté de cette opération pour la filiale SENG
DISTRIBUTION.

105
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
b- Risque juridique :
Aucun risque juridique ne pourrait être détecté de cette opération pour la filiale SENG
DISTRIBUTION.

S/Section 4 : Détermination des risques organisationnels et financiers

La société SENG DISTRIBUTION profite des moyens de la société SENG mis à sa


disposition. Ces moyens, malgré leurs utilisations, constituent une source de contrainte, vu les
délégations de pouvoir qui sont concentrés au niveau de la société mère.
La dualité managériale dans la gestion des ressources (matériels, ressources humaines,
financières…) crée des confusions dans la gestion des ressources des sociétés.

La mise à disposition des fonds à la société filiale SENG DISTRIBUTION génère des charges
financières importantes à la société SENG qui impactent le résultat de la société SENG. Les
acquisitions des immobilisations pour le compte de la société SENG DISTRIBUTION
aggravent le fond de roulement négatif de la société SENG qui se trouve de plus en plus
contrainte à acquérir des crédits bancaires et obligée à financer ses investissements à travers la
liquidité et la trésorerie d’exploitation.

Section 2 : Les recommandations pour la maitrise des risques liés

S/Section 1 : La justification de la normalité des opérations et la préservation des


intérêts des deux parties

Paragraphe 1 : Assistance de la société SENG à la société SENG DISTRIBUTION

Les frais que supporte la société SENG pour les travaux administratifs et comptables ainsi que
la mise à disposition à la société SENG DISTRIBUTION des locaux administratifs et
commerciaux sont considérés comme des charges communes aux sociétés du groupe.
Ce type de charge est courant dans les sociétés de groupe. De ce fait, le traitement fiscal de
ces charges supportées par la société mère a fait l’objet d’une note commune de la direction
générale des impôts en 2013 NC n°22 /2013 précisant la répartition des charges communes
entre les sociétés d’un même groupe.
Sous paragraphe 1 : Le traitement dans la société SENG
La société mère assure le support administratif de part son savoir faire et sa structure
spécifique pour le contrôle et le suivi des opérations de la société SENG DISTRIBUTION.
En plus, elle a mis à la disposition de sa filiale des locaux administratifs pour la gestion de
son activité.

106
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Ainsi, la société SENG, en tant que mère doit supporter sa filiale en contre partie d’une
rémunération qui doit être :
- Pour les frais de fonctionnement, une partie des charges communes qu’elle doit
énumérer et définir les montants des charges y relatives éventuellement majorée d’une
marge justifiée par la structure de la société mère ; et
- Pour les locaux, la charge du loyer adéquate proportionnellement aux superficies
occupées.
S’agissant d’une opération facturée avec une marge et effectuée par la société mère, la
répartition des charges communes sera qualifiée de facturation de services rendus. A cet effet,
toutes les obligations fiscales en matière de facturation, de retenue à la source et de TVA
doivent être respectées :

- Les montants facturés à la société SENG DISTRIBUTION du service sont pris en


compte parmi ses produits imposables ;
- La société SENG est tenue de déclarer et de payer la TVA au titre de la totalité́ des
montants facturés conformément à la législation fiscale en vigueur. Les factures
doivent être conformes aux dispositions de l’article 18 du code de la TVA.

La société SENG pourra déduire la TVA déductible des charges déjà supportées.
Ainsi, les dirigeants de la société SENG, et vu la normalité des opérations et des facturations
pourront justifier l’intérêt de la société mère et la régularité du traitement fiscal.

Sous paragraphe 2 : Le traitement dans la société SENG DISTRIBUTION

La société SENG DISTRIBUTION profitera du savoir faire de la société SENG dans la


validation des travaux administratifs, juridiques et financiers. Elle doit avoir son propre
personnel qui s’occupera des travaux administratifs et financiers au quotidien.
En s’installant dans les locaux de la société SENG, la société SENG DISTRIBUTION pourra
profiter des effets de synergie du groupe.
Les services présentés par la société SENG sont considérés comme services normaux et
courants si les conditions de ces opérations sont semblables à celles de sociétés
indépendantes.
Le traitement fiscal de cette opération se présente comme suit :

107
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
- Pour l’assiette de l’impôt sur les sociétés : les montants des factures de la société
SENG seront pris en compte et déduits de l’assiette imposable de la société SENG
DISTRIBUTION.
- Pour la retenue à la source : la retenue à la source est exigible selon les taux fixés à cet
effet, sur la totalité du montant facturé.
- Pour la taxe sur la valeur ajoutée : La société SENG DISTRIBUTION pourrait déduire
la TVA supportée sur la base de la facture de la société SENG et ce conformément à
l’article 9 du code de la TVA.

Paragraphe 2 : Le transfert d’une partie du fond de commerce à la société SENG


DISTRIBUTION et gestion du portefeuille clients

Sous paragraphe 1 : Le traitement dans la société SENG

La société SENG DISTRIBUTION vend les produits de la société SENG en utilisant les
moyens mis à sa disposition à travers la société mère et à travers son support technique et
commercial.
Pour éviter les risques juridiques et fiscaux cités ci-dessus, et pour préserver ses intérêts, la
société SENG devrait effectuer un contrat de franchise avec la société SENG
DISTRIBUTION.
L’article 14 de la loi n° 2009-69 du 12 août 2009, relative au commerce de distribution définit
le contrat de franchise comme : « un contrat par lequel le propriétaire d’une marque ou d’une
enseigne commerciale accorde le droit de son exploitation à une personne physique ou morale
dénommée franchisé, et ce, dans le but de procéder à la distribution de produits ou à la
prestation de services moyennant une redevance. »
Ainsi un réseau de franchise est l’ensemble des commerces indépendants qui agissent sur la
même marque et en exerçant des méthodes commerciales identiques.
Les contrats de franchise ne peuvent pas prévoir des conditions de chiffre d’affaires minimum
ou une fixation des prix de revente76.
En contre partie de ses services, la société SENG percevra des redevances qui peuvent être un
pourcentage du chiffre d’affaires réalisé par SENG DISTRIBUTION.

La société SENG, une fois le contrat de franchise effectué et validé par les deux sociétés ne
pourra donc plus vendre à d’autres clients dans le territoire négocié avec le franchisé. Ainsi,
elle apurera sont portefeuille clients au fur et à mesure dans une étape intermédiaire.

76L’article 4 du décret n° 2010-1501 du 21 juin 2010.

108
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
La société SENG facturera alors la redevance selon la fréquence précisée au niveau du contrat
de franchise. A cet effet, toutes les obligations fiscales en matière de facturation, de retenue à
la source et de TVA doivent être respectées :

- Les montants facturés à la société SENG DISTRIBUTION du service sont pris en


compte parmi ses produits imposables ;
- La société SENG est tenue de déclarer et de payer la TVA au titre de la totalité́ des
montants facturés conformément à la législation fiscale en vigueur. Les factures
doivent être conformes aux dispositions de l’article 18 du code de la TVA.

Ainsi, les dirigeants de la société SENG, et vu la normalité des opérations et des facturations
pourront justifier l’intérêt de la société mère et la régularité du traitement fiscal.

109
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Sous paragraphe 2 : Le traitement dans la société SENG DISTRIBUTION

Au niveau de la société SENG DISTRIBUTION, et vu la présence d’un contrat de franchise,


le traitement fiscal de cette opération se présente comme suit :

- Pour l’assiette de l’impôt sur les sociétés : les montants des factures de la société
SENG seront pris en compte et déduits de l’assiette imposable de la société SENG
DISTRIBUTION ;
- Pour la retenue à la source : la retenue à la source est exigible selon les taux fixés à cet
effet, sur la totalité du montant facturé ;
- Pour la taxe sur la valeur ajouté : La société SENG DISTRIBUTION pourrait déduire
la TVA supportée sur la base de la facture de la société SENG et ce conformément à
l’article 9 du code de la TVA.

Paragraphe 3 : Prix de vente des deux sociétés SENG et SENG DISTRIBUTION


L’article 51 de la loi n° 2009 -71 du 21 décembre 2009 portant loi de finances pour l’année
2010 a prévu la possibilité du redressement des bénéfices transférés d’une société à une autre
qui présentent des liens de dépendance suite à des opérations commerciales avec des
conditions commerciales différentes de celles effectuées entre deux sociétés indépendantes.77.
Pour pratiquer ce redressement, l’administration fiscale a l’obligation de prouver :

- Le lien de dépendance entre les deux sociétés ; et


- Une minoration de l’impôt dû.

Pour la société SENG, en cas d’existence de contrat de franchise, les prix appliqués seront
nécessairement justifiés par ce type de relation. Une partie de la marge de la société SENG
DISTRIBUTION est absorbée par la redevance de franchise.
Dans le cas contraire, la société SENG pourrait vendre à la société SENG DISTRIBUTION
avec des prix standard et des rabais annuels suite à la réalisation de paliers de vente. La
société SENG DISTRIBUTION aura tendance à être l’unique client de la société SENG.

77 Article 48 septies du code de l’ IRPP et de l’ IS : « Lorsqu’il est établi pour les services fiscaux l’existence de
transactions commerciales ou financières entre une entreprise et d’autres entreprises ayant une relation de dépendance qui,
pour la détermination de leur valeur, obéissent à des règles qui différent de celles qui régissent les relations entre des
entreprises indépendantes, la minoration des bénéficesdécoulant de l’adoption de ces règlesdifférentes est réintégrée aux
résultats de ladite entreprise. Les dispositions du premier paragraphe du présent article s’appliquent dans les cas où il est
établi que le prix des transactions pratiqués par l’entreprise concernéediffère des prix des transactions pratiqués à l’égard de
ses autres clients ou des prix des transactions pratiqués par les entreprises indépendantes et exerçant une activité analogue ou
lorsqu’il est établi que des charges ont été supportées au titre d’opérations non justifiées et qu’il a résulté de ces opérations ou
transactions une réduction dans le paiement de l’impôt dû. ».

110
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Il est à préciser que si l’impôt dû entre les deux sociétés demeure non minoré, ce
redressement n’aura plus lieu de l’être78.

Paragraphe 4 : Crédits fournisseurs, cautions et garanties


Sous paragraphe 1 : Le traitement dans la société SENG

La société SENG DISTRIBUTION devrait calculer son besoin en fond de roulement avec des
délais moyens du marché et définir son besoin en trésorerie. Elle devrait déposer un dossier de
crédit de gestion pour faire face à ses besoins en trésorerie.
Dans l’impossibilité d’acquérir l’enveloppe de crédit de gestion souhaitée, la société SENG
DISTRIBUTION pourrait s’adresser à la société SENG pour lui financer cette enveloppe à
travers des crédits fournisseur et stock intéressants.
Cette opération de soutien financier, permise entre les sociétés d’un même groupe, doit faire
l’objet d’une rémunération sous forme d’intérêts au moins assimilables à celle des charges
financières théoriques de l’enveloppe souhaitée.
Ainsi, pour la société SENG :

- Les intérêts facturés à la société SENG DISTRIBUTION sont pris en compte parmi
ses produits imposables ;
- Elle est tenue de déclarer et de payer la TVA au titre de la totalité́ des montants
facturés conformément à la législation fiscale en vigueur.

Sous paragraphe 2 : Le traitement dans la société SENG DISTRIBUTION

Au niveau de la société SENG DISTRIBUTION, et vu le besoin de financement de


l’exploitation, le traitement fiscal de cette opération se présente comme suit :

- Pour l’assiette de l’impôt sur les sociétés : les montants des factures de la société
SENG seront pris en compte et déduits de l’assiette imposable de la société SENG
DISTRIBUTION ;
- Pour la retenue à la source : la retenue à la source est exigible selon les taux fixés à cet
effet, sur la totalité du montant facturé ;
- Pour la taxe sur la valeur ajoutée : La société SENG DISTRIBUTION pourrait déduire
la TVA supportée sur la base de la facture de la société SENG et ce conformément à
l’article 9 du code de la TVA.

78Note commune n°33/2010, texte n° DGI 2010/66.

111
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 2 : Etablissement des conventions régissant les relations entre les deux sociétés

Paragraphe 1 : Rédaction des conventions pour tout type d’opération


Sous paragraphe1 : Conventions administratives et commerciales entre les
sociétés SENG et SENG DISTRIBUTION
a- Convention d’assistance administrative et comptable :
La société SENG et SENG DISTRIBUTION doivent concevoir des conventions pour définir
tous les types d’opérations ainsi que les modalités de fonctionnement entre les deux sociétés.
Chaque convention doit contenir :
- un objet ;
- une durée ;
- les honoraires ;
- les modalités de paiement ;…
b- Convention commerciale :
La convention commerciale va prévoir les objectifs commerciaux à réaliser et les paliers des
rabais commerciaux à accorder en cas de respect de ces paliers de vente.
Sous paragraphe 2 : Contrat de franchise
Le contrat de franchise doit être matérialisé par un écrit. Il doit être accompagné d’un
document mentionnant des informations obligatoires du franchiseur tel que précisé par
l’article 3 du décret n° 2010-1501 du 21 juin 2010, portant fixation des clauses minimales
obligatoires des contrats de franchise ainsi que des données minimales du document
d'information l’accompagnant79.

79Art.3 - Le document d'information accompagnant le contrat de franchise, visé par l'article 15 de la loi n° 2009-69 du 12
août 2009 relative au commerce de distribution inclut des données relatives au franchiseur et son secteur d'activité́ et
notamment les mentions suivantes :
- la forme juridique de l'entreprise et la nature de son activité́ ,
- l'identité́ du franchiseur et son adresse pour les personnes physiques,
- l'identité́ du représentant légal, l'adresse du siège social, la liste des dirigeants et le capital pour les personnes
morales,
- l'historique de l'entreprise,
- le numéro d'inscription dans le registre de commerce ou toute donnée équivalente,
- la preuve des droits de propriété́ de la marque ou de l'enseigne commerciale,
- les données relatives à l'inscription au registre national des marques,
- les données sur le réseau des franchises,
- listes du réseau des franchises en Tunisie, leurs adresses, la date de leur adhésion au réseau et la liste des franchisés
exclus du réseau,
- les données sur le secteur d'activité́ de l'entreprise et les opportunités de développement du secteur dans les zones
où la marque est représentée ainsi qu'en Tunisie,
- la spécification de la nature, du montant des dépenses et des investissements spécifiques de la marque ou de
l'enseigne commerciale,
- les états financiers de l'entreprise.

112
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Le même décret dans son article 2 cite les mentions obligatoires du contrat de franchises qui
sont les suivantes :
- « les services rendus par le franchiseur au franchisé notamment en ce qui concerne le
transfert de l'expérience acquise, du savoir faire et de l'exploitation des droits de la
propriété́ intellectuelle,
- les royalties exigées du franchisé,
- la durée du contrat et les conditions de son renouvellement,
- les conditions d'exploitation de la marque ou de l'enseigne commerciale,
- les conditions de résiliation du contrat,
- les clauses d'exclusivité́ d'approvisionnement,
- les clauses de non concurrence,
- la délimitation de la zone géographique exclusive d'exploitation de la marque ou de
l'enseigne commerciale,
- l'obligation du franchisé à la confidentialité́ des données divulguées par le franchiseur,
- le plan d'investissement à exécuter par le franchisé,
- Les conditions de répartition des dépenses de publicité́ ,
- la communication au franchiseur des données relatives à la vente et à la situation
financière du franchisé,
- les procédures d'autorisation du franchiseur ou de ses délègues pour accéder aux
locaux du franchisé,
- la possibilité́ pour le bénéficiaire d'un contrat d'exclusivité́ de représentation couvrant
tout le territoire de la République Tunisienne, de conclure avec des franchises des
contrats d'exploitation couvrant des zones géographiques limites. »

Paragraphe 2 : Approbation des conventions


Sous paragraphe 1 : Article 200 du code des sociétés commerciales
Pour la régularité de toutes les opérations effectuées au sein de la société SENG et sa filiale
SENG DISTRIBUTION, il est indispensable de vérifier les conditions de l’article 200 du
code des sociétés commerciales. Cet article a définit :
- Les opérations libres ;
- Les opérations interdites ; et
- Les opérations soumises à l’approbation, à l’autorisation et à l’audit.
Le législateur, à travers cet article, veut éviter tout conflit entre les intérêts des dirigeants et
ceux de la société.

113
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
a- Des opérations libres :
Les conventions libres sont celles courantes effectuées à des conditions normales.
Chaque intéressé doit les communiquer au :
- Président du conseil d’administration ;
- Directeur général ; ou
- Administrateur délégué.
Dans tous les cas, les dirigeants doivent présenter une liste détaillée aux membres du conseil
d’administration et aux commissaires aux comptes.
Ces opérations feront l’objet d’audit selon les normes d’audit.
b- Des opérations interdites :
Les personnes concernées par les conventions interdites sont :
- Le président-directeur général ;
- Le directeur général ;
- L’administrateur délégué ;
- Les directeurs généraux adjoints ; et
- Les membres du conseil d’administration ainsi qu’aux conjoints, ascendants,
descendants et toute personne interposée au profit de l’un d’eux.
Opérations concernées : Octroi :
- D’un emprunt de la société ;
- D’une avance ;
- D’un découvert en compte courant ;
- Des subventions ;
- D’une caution ou d’un aval envers les tiers.
Conséquences de ces opérations :
- Nullité du contrat
Il est interdit, sous peine de nullité, à tout actionnaire, à son conjoint, à ses ascendants ou
descendants ou toute personne interposée pour le compte de l’un d’eux, de contracter sous
quelque forme que ce soit, des emprunts avec la société, de se faire consentir par elle une
avance, un découvert en compte courant ou autrement, ou d’en recevoir des subventions afin
de l’utiliser pour la souscription dans les actions de la société.
c- Des opérations soumises à autorisation, à approbation et à audit :
i. Les opérations soumises à l’autorisation du conseil d’administration :
Toute convention conclue, directement ou indirectement, entre d’une part la société et de
l’autre part :

114
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
- son président du conseil d’administration ;
- son administrateur délégué ;
- son directeur général ;
- l’un de ses directeurs généraux adjoints ;
- l’un de ses administrateurs ;
- l’un des actionnaires personnes physiques y détenant directement ou indirectement
une fraction des droits de vote supérieurs à dix pour cent ; ou
- la société la contrôlant au sens de l’article 461 du code des sociétés commerciale ;
est soumise à l’autorisation préalable du conseil d’administration.
« Sont également soumises à autorisation préalable les conventions conclues entre la société
et une autre société lorsque le président directeur général, le directeur général,
l’administrateur délégué, l’un des directeurs généraux adjoints ou l’un des administrateurs est
associé tenu solidairement des dettes de cette société, gérant, directeur général, administrateur
ou, d’une façon générale, dirigeant de cette société.
L’intéressé ne peut prendre part au vote sur l’autorisation sollicitée. »80.

ii. Les opérations soumises à l’autorisation du conseil d’administration, à


l’approbation de l’assemblée générale et à l’audit du commissaire aux comptes :

Les opérations qui sont soumises à l’autorisation préalable du conseil d’administration, à


l’approbation de l’assemblée générale et à l’audit du commissaire aux comptes sont les
suivantes :
- la cession des fonds de commerce ou d’un de leurs éléments, ou leur location à un tiers, à
moins qu’elles ne constituent l’activité principale exercée par la société ;
- l’emprunt important conclu au profit de la société dont les statuts fixent le minimum ;
- la vente des immeubles lorsque les statuts le prévoient ;
- la garantie des dettes d’autrui, à moins que les statuts ne prévoient une dispense de
l’autorisation, de l’approbation et de l’audit dans la limite d’un seuil déterminé. Les
dispositions ci-dessus ne s’appliquent pas aux établissements de crédit et d’assurance.
Plusieurs opérations effectuées par la société SENG font partie du champ d’application de
l’article 200 du code des sociétés commerciales et qui nécessite l’autorisation du conseil
d’administration et l’approbation de l’assemblée générale.
Le commissaire aux comptes de la société SENG doit établir son rapport spécial sur ces
opérations règlementées pour délibération par l’assemblée générale.

80 Article 200 du code des sociétés commerciales.

115
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Le tableau suivant résume les conséquences des différents déroulements de ces conventions :

Autorisations & Approbations Conséquences


Convention autorisée par le conseil Possibilité d’annulation en cas de dol
d’administration et approuvée ou désapprouvée
par l’assemblée générale
Convention non autorisée par le conseil Conséquences mises à la charge de
d’administration et désapprouvée par l’intéressé
l’assemblée générale
Convention autorisée par le conseil La responsabilité est mise à la charge de
d’administration et désapprouvée par l’intéressé et des administrateurs, à moins
l’assemblée générale qu’ils n’établissent qu’ils n’en sont pas
responsables

Sous paragraphe 2 : Responsabilité des membres de la gouvernance de la société

Le président ou au directeur général ou au directeur général adjoint ainsi qu'à un ou plusieurs


membres du conseil d'administration, ayant profité des avantages accordés suite à la
conclusion des conventions exercées dans le cadre de l’article 200 du code des sociétés
commerciales, restent responsables sur toutes ces opérations. Ces dites opérations peuvent
faire l’objet d’une action en annulation s’il a été prouvé qu’elles ont causé des dommages à la
société.

Toutefois, l’action en nullité peut être couverte par un vote d’approbation de l'assemblée
générale en se basant sur un rapport spécial des commissaires aux comptes exposant les
circonstances en raison desquelles la procédure d'autorisation n'a pas été suivie.81

Sous paragraphe 3 : Article 475 du code des sociétés commerciales


L’article 47582du code des sociétés commerciales a stipulé que les opérations financières des
sociétés appartenant au même groupe sont soumises aux procédures spécifiques de contrôle.
Dans le cas où les sociétés sont indépendantes, ces dernières appliquent l’article 200 du code
des sociétés commerciales relatives aux conventions réglementées.

81 Article 202 du code des sociétés commerciales.


82Article 475 - Lorsque deux sociétés ou plus appartenant à un groupe de sociétés ont les mêmes dirigeants, les conventions
conclues entre la société mère et l'une des sociétés filiales ou entre sociétés appartenant au groupe sont soumises à des
procédures spécifiques de contrôle consistant en leur approbation par l'assemblée générale des associés de chaque société
concernée, sur la base d'un rapport spécial établi par le commissaire aux comptes à l'effet si la société concernée est soumise
à l'obligation de désignation d'un commissaire aux comptes.
Le contrôle n'est pas obligatoire si la convention porte sur une opération courante conclue à des conditions normales.

116
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Ainsi toutes les opérations effectuées entre les deux sociétés SENG et SENG
DISTRIBUTION sont soumises à la procédure de contrôle spécifique.

Les étapes de la procédure de contrôle des conventions réglementées énumérées ci-dessus se


sont réduites à l’autorisation de l’assemblée des actionnaires et à la présentation
éventuellement (en cas d’obligation de nomination d’un commissaire aux comptes) du rapport
spécial à cet effet.

Entre autres, l’article 475 a dispensé les conventions portant sur une opération courante
conclue à des conditions normales des procédures de contrôle spécifiques. Il est donc clair
que dans le groupe, une opération courante n’est pas soumise à l’autorisation de l’assemblée
générale des actionnaires si elle est conclue à des conditions normales.

Les deux sociétés SENG et SENG DISTRIBUTION doivent présenter ces opérations,
accompagnées des rapports des commissaires aux comptes respectifs, pour l’approbation de
l’assemblée générale de chacune des deux sociétés.

117
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

S/Section 3 : Etablissement d’un tableau de bord de gestion des risques des opérations
entre mère et filiale

Suite aux travaux effectuées par l’expert comptable conseillé pour détecter les opérations
entre SENG et SENG DISTRIBUTION dans le cadre de leur activité de distribution, il serait
intéressant de mette en place un tableau de bord précisant les conditions de déroulement de
ces opérations pour maîtriser les risques juridiques et les risques fiscaux.

Paragraphe 1 : Les conditions de création de la filiale de distribution


La création de la filiale SENG DISTRIBUTION a pour objectif principal d’exécuter l’activité
de la distribution exclusive des produits de la société SENG. Le choix des conditions de la
création d’une filiale doit préserver les intérêts des deux sociétés. Cette filiale devrait être
détenue en grande partie par SENG. Le tableau suivant expose les principales conditions pour
la création de SENG DISTRIBUTION :

Mode Risque
Forme juridique SA Risque de perte de contrôle
de la société SENG
DISTRIBUTION par SENG
SARL Limitation des sources de
financement
Répartition du capital Société SENG Risque des intérêts
DISTRIBUTION détenue en minoritaires
grande majorité par SENG
(minimum 75%)
Raison sociale SENG DISTRIBUTION Risque des intérêts
minoritaires
Siège social Siège social SENG Risque d’extension des
procédures collectives et de
comblement de passifs
Mode de gestion Même gouvernance de SENG Conflits des intérêts

Une deuxième alternative pourrait se présenter à la société SENG, pour la distribution


exclusive et maitrisée de ses produits, à travers la préparation des dossiers de franchise.

118
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 2 : Maitrise des risques des opérations effectuées entre SENG et SENG
DISTRIBUTION

Pour la maîtrise des différentes opérations effectuées entre la société SENG et SENG
DISTRIBUTION, il serait utile d’exposer les modes de gestion de celles-ci dans le tableau
suivant :

Risque Fiscal Risque


Opération Mode
juridique
Acte anormal de gestion Abus de - Elaboration d’une
majorité convention
- Facturation des
1/ Assistance dans
remboursements des
la gestion
frais
administrative
- Facturation d’une
prestation avec marge
de pleine concurrence
Acte anormal de gestion - Abus de - Elaboration d’un
majorité contrat de location
- Abus de - Facturation des
biens remboursements des
2/ Mise à
sociaux frais
disposition des
- Action en - Elaboration d’un
locaux avec le
comblemen contrat de franchise
transfert du
t de passif - Facturation d’une
portefeuille
- Extension redevance
des (pourcentage du
procédures chiffre d’affaires et
collectives frais fixes)
Transfert de bénéfices Abus de Application de prix dans
majorité le cadre d’un contrat de
3/ Détermination
franchise : marge minorée
des prix de vente
(par SENG) justifiée par
une redevance payée (par

119
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Risque Fiscal Risque
Opération Mode
juridique
SENG DISTRIBUTION)
Acte anormal de gestion Abus de Accord de crédit avec des
majorité conditions très favorables
4/ Crédits
(par rapport aux
fournisseurs et
conditions normales)
crédits clients
avec contrepartie sur le
différentiel
Acte anormal de gestion - Abus de Octroi de cautions et de
5/ Cautions et majorité garanties avec
garanties - Abus de contrepartie
accordées biens
sociaux

120
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 3 : Les conditions d’élaboration des conventions
Les opérations effectuées entre les sociétés du groupe peuvent être soumises à des
autorisations et à des approbations différentes selon leurs natures. Le tableau suivant résume
ces différentes natures ainsi que leurs autorisations :

Conventions Autorisation Références juridiques


- Approbation de - Article 475 du code des
l’assemblée des sociétés commerciales.
Toutes les opérations financières des
actionnaires ou - Article 115 du code des
sociétés appartenant au même groupe.
des associés des sociétés commerciales.
deux sociétés.
- Pas - Article 200 du code des
d’approbation sociétés commerciales.
de l’assemblée - Article 115 du code des
des actionnaires sociétés commerciales.
Opérations libres courantes effectuées à
(SA).
des conditions normales
- Approbation de
l’assemblée des
associés
(SARL).
Conventions règlementées : - Autorisation du - Article 200 du code des
- la cession des fonds de commerce ou conseil sociétés commerciales.
d’un de leurs éléments, ou leur d’administratio - Article 115 du code des
location à un tiers, à moins qu’elles n et sociétés commerciales.
ne constituent l’activité principale approbation de
exercée par la société ; l’assemblée des
- l’emprunt important conclu au profit actionnaires.
de la société dont les statuts fixent le - Approbation de
minimum ; l’assemblée des
- la vente des immeubles lorsque les associés
statuts le prévoient ; (SARL).
- la garantie des dettes d’autrui, à
moins que les statuts ne prévoient une
dispense de l’autorisation, de

121
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Conventions Autorisation Références juridiques
l’approbation et de l’audit dans la
limite d’un seuil déterminé. Les
dispositions ci-dessus ne s’appliquent
pas aux établissements de crédit et
d’assurance.

Toutefois, il existe des conventions interdites, pour les sociétés anonymes83ainsi que pour les
sociétés à responsabilité limitée84, dont les conséquences entrainent la nullité des contrats.

83 Article 200 du code des sociétés commerciales stipule : « A l’exception des personnes morales membres du conseil

d’administration, il est interdit au président-directeur général, au directeur général, à l’administrateur délégué, aux directeurs
généraux adjoints et aux membres du conseil d’administration ainsi qu’aux conjoint, ascendants, descendants et toute
personne interposée au profit de l’un d’eux, de contracter sous quelque forme que ce soit, des emprunts avec la société, de se
faire consentir par elle une avance, un découvert en compte courant ou autrement, ou d’en recevoir des subventions, ainsi que
de faire cautionner ou avaliser par elle leurs engagements envers les tiers, sous peine de nullité du contrat.L’interdiction
prévue à l’alinéa précédent s’applique aux représentants permanents des personnes morales membres du conseil
d’administration. A peine de nullité du contrat, il est interdit à tout actionnaire, à son conjoint, ses ascendants ou descendants
ou toute personne interposée pour le compte de l’un d’eux, de contracter sous quelque forme que ce soit, des emprunts avec
la société, de se faire consentir par elle une avance, un découvert en compte courant ou autrement, ou d’en recevoir des
subventions afin de l’utiliser pour la souscription dans les actions de la société ».
84Article 116 du code des sociétés commerciales stipule : « Il est interdit à la société d'octroyer des crédits à son gérant ou

aux associés personnes physiques, sous quelque forme que ce soit, ou d'avaliser ou de garantir leurs engagements envers les
tiers. L'interdiction s'étend aux représentants légaux des personnes morales associées ainsi qu'aux conjoints, ascendants et
descendants des personnes visées ci-dessus. Tout intéressé peut se prévaloir de la nullité de l'acte conclu en violation des
dispositions ci-dessus ».

122
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Les dirigeants de la société SENG et SENG DISTRIBUTION ont pu se doter d’un tableau de
bord qui leurs permettra de suivre toutes les opérations actuelles effectuées entre la société
mère et sa filiale. La mission de l’expert comptable et l’exposition des risques juridiques,
fiscaux, organisationnels et financiers ont sensibilisé ces dirigeants et ont attiré leurs
attentions sur des éléments qu’ils ignoraient jusqu’avant la mission de conseil effectuée.

123
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Conclusion générale

Généralement, les dirigeants actionnaires majoritaires ayant le contrôle sur toutes les sociétés
du groupe adoptent des pratiques courantes à savoir des opérations intragroupes habituelles ou
inhabituelles mais conclues à des conditions anormales qui favorisent certaines entreprises
des autres selon le cas. Ce qui entrainerait des risques juridiques, fiscaux, financier et
organisationnels.

Suite à ces conséquences de risques, on retrouve d’un côté l’administration fiscale qui veille à
préserver les sources de revenu de l’état et de l’autre les intérêts minoritaires, qui tous deux
forment un excellent garant pour la protection de l’intérêt social de chaque société qui va de
travers avec le but des dirigeants du groupe qui tendent plutôt à préserver l’intérêt du groupe.

Les risques de l’acte anormal de gestion ainsi que le risque d’abus et d’autres pourraient
toujours être évoqués et constituer des arguments pour protéger l’intérêt social individuel de
la société. Mais dans certains cas, l’intérêt du groupe peut constituer le justificatif principal
des dirigeants pour accorder des faveurs aux sociétés du groupe.

Ainsi afin de renforcer leurs positions, ces derniers ont dû prendre les précautions nécessaires
pour éviter les risques éventuels et ce en ayant recours à l’expert comptable conseillé qui a
exécuté une mission de conseil et d’accompagnement aux dirigeants actionnaires pour
maitriser les risques issus de ces opérations.

En effet, avec l’appui de cette mission, et à travers l’énonciation des différentes conditions de
déroulements de ces opérations intragroupe par l’expert comptable conseillé selon la
règlementation en vigueur, ils pourraient se couvrir contre les risques qui menacent les
différentes sociétés ainsi que leurs dirigeants.

Le groupe de sociétés étudié, a effectué différentes opérations intragroupes dans le cadre de


l’intégration en aval. Les opérations détectées par le conseillé dans l’application de ces
opérations entre les sociétés du groupe ont fait l’objet de traitements de forme et de fond pour
faire face aux risques fiscaux, financiers et organisationnels pour les sociétés et aux risques
juridiques qui menacent les dirigeants.

Les dirigeants de la société devraient respecter les conditions de forme telles que la
concrétisation des conventions dans des contrats écrits autorisés et/ou approuvés selon la
règlementation en vigueur. De l’autre côté, ils doivent veiller à la protection de l’intérêt social

124
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
des sociétés auteurs des opérations, à la démonstration de la preuve de l’intérêt du groupe en
cas de faveurs accordées aux sociétés du groupe et à la présence de la contrepartie pécuniaire
de ces multiples opérations

Les dits dirigeants ne doivent pas aussi perdre de vu que, malgré le respect des différentes
autorisations et approbations concernant ces opérations, le législateur a permis aux
minoritaires de préserver leurs intérêts en faisant recours à l’engagement de la responsabilité
de la gouvernance qui favorise l’intérêt de la majorité.

L’expert comptable conseiller a pour principal rôle d’aviser les différents responsables et de
leurs proposer les solutions les plus adéquates conformément aux textes juridiques traitant de
l’acte anormal de gestion, de l’abus de biens et crédits sociaux, de l’abus de majorité, de
l’action en comblement de passifs et de l’extension des procédures collectives.

Certes la création d’une filiale de distribution exclusive des produits de la société mère peut
être une des solutions les plus efficaces pour maitriser les marges commerciales et le réseau
de distribution. Sauf que les conditions de création et les modes de gestion des opérations
entre la société mère et sa filiale peuvent être une source de risques inévitables.

L’expert comptable, au cours de sa mission de conseil, ne pourra pas imposer les conditions et
les modes de gestion des opérations intergroupe. Les dirigeants pourraient ne pas adopter les
conseils de l’expert comptable malgré les éventuels risques exposés.

L’expert comptable ne dispose pas de pouvoir, à travers cette mission, pour imposer ses
consignes malgré l’importance de son intervention dans ce type d’opérations de création
d’une filiale de distribution. Il pourrait être le garant du respect des intérêts des actionnaires
ou des associés minoritaires. Ainsi, outre la mission de commissariat aux comptes qui pourrait
garantir le traitement des conventions réglementées, toutes les autres opérations hors champs
d’application de l’article 200 demeurent une source de risque éventuel. L’article 475 du code
des sociétés commerciales couvre aussi une partie de ces opérations mais ne garantie pas le
respect des intérêts des sociétés.

Pour préserver les intérêts de tous les intervenants à savoir les actionnaires, les associés et
l’administration fiscale, il serait intéressant d’exiger des missions spécifiques imposées
éventuellement par les actionnaires et les associés des sociétés mère et filiale pour garantir le
bon déroulement des opérations entre les sociétés du même groupe. Ainsi, annuellement,

125
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
l’expert comptable présentera un rapport à l’assemblée générale qui certifiera la régularité des
opérations effectuées entre mère et filiale.

Dans les missions de commissariat aux comptes, l’expert comptable se préserve le droit
d’accepter ou non une mission. De même pour ce type de mission de conseil, l’expert
comptable se doit de bien instaurer une relation de confiance avec son client pour garantir au
mieux l’application des consignes proposées. En effet, devant la non application des
consignes proposées, l’image de l’expert comptable, connu comme conseiller du groupe, se
trouvera menacée lors de l’exposition du groupe de sociétés et de ses dirigeant à ces éventuels
risques avec leurs conséquences.

126
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable

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Institut Supérieur de Comptabilité d’Administration des Entreprises, mémoire
d’expertise comptable, 2004.
 CHABCHOUB Salma, « Les problèmes de gouvernance des groupes : le cas
d'un groupe familial tunisien », Thèse de doctorat soutenue à l’Université de
Montpelier, 2006.
 CHOUIKHI Fathi, « Appréciation de risques lies aux prix de transfert dans le
cadre des opérations intra-groupe », Institut des hautes études commerciales de
Carthage, mémoire d’expertise comptable, 2013.
 DESFEUILLET Mathieu, « Les groupes de sociétés face à la théorie des actes
anormaux de gestion », mémoire en 3ème cycle en droit, Université Robert
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 DRIRA Walid, Risques juridiques et fiscaux des opérations intra-groupes
diligences du commissaire aux comptes, Université de Sfax Faculté des sciences
économiques et de gestion de Sfax, mémoire d’expertise comptable, 2014.

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matière de prix de transfert », Institut Supérieur de Comptabilité
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intragroupe : Dilemme entre la réalité économique du groupe et l’autonomie
juridique des sociétés liées », mémoire d’expertise comptable, Institut Supérieur
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une réalité règlementaire controversée pour les entreprises liées », Université de
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comptes en présence d’un environnement de gestion centralisée de trésorerie
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juridiques et fiscales et diligences du commissaire aux comptes », mémoire
d’expertise comptable, Faculté des sciences économiques et de gestion de Sfax,
2006.
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des Hautes Etudes Commerciales, 2005.
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protection des tiers et diligences du commissaire aux comptes », mémoire
d’expertise comptable, Institut Supérieur de Comptabilité et d’Administration
des Entreprises, 2005.

129
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intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
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diligences du commissaire aux comptes », Université de Sfax Faculté des
sciences économiques et de gestion de Sfax, mémoire d’expertise comptable,
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sein des entreprises liées implantées en Tunisie en matière d’impôt directs »,
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4 Normes et réglementations

4-1 Nationales

 Code des sociétés commerciales.


 Code de l’IRPP et de l’IS.
 Code des obligations et des contrats.
 Note commune n°33/2010, Loi de Finances 2010.
 Loi 91-64 du 29 juillet 1991 relative à la concurrence et la fixation des prix
complétée par la loi 2005-60 du 18 juillet 2005.
 Loi 2009-69 du 12 août 2009 régissant le commerce de distribution.

131
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
 DGELF n°788 du 5 mars 2012.
 Normes comptables tunisiennes :
 Norme comptable tunisienne NCT 35 « Etats financiers consolidés » ;
 Norme comptable tunisienne NCT 36 « Participations dans les
entreprises associées » ;
 Norme comptable tunisienne NCT 37 « Participations dans les
coentreprises » ;
 Norme comptable tunisienne NCT 38 « Regroupements d'entreprises » ;
 Norme comptable tunisienne NCT 39 « Informations sur les parties
liées ».

4-2 Internationales
 International Accounting Standards Comitee‐IASC‐, « Normes comptables
internationales », notamment :
 Norme comptable internationale IAS 23 « Coût d’emprunt » ;
 Norme comptable internationale IAS 24 « Information relative aux
parties liées » ;
 Norme comptable internationale IAS 27 (modifiée en 2011) « Etats
financiers consolidés et individuels » ;
 Norme comptable internationale IAS 28 (modifiée en
2011) « Participations dans des entreprises associées » ;
 Norme comptable internationale IAS 32 « Instruments financiers » ;
 Amendement à IAS 32 (compensation des actifs financiers et des
passifs financiers) ;
 Norme comptable internationale IAS 39 « Instruments financiers :
comptabilisation et évaluation » ;
 Norme comptable internationale IFRS 3 « Regroupements
d’entreprises ».

5 Web graphie
 www.actuel‐expert‐comptable.fr
 www.afg.asso.fr
 www.africanmanager.com
 www.archimede.bibl.ulaval.ca

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Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
 www.bibliotique.com
 www.books.google.fr
 www.cabinet-haddad.com
 www.corpgov.deloitte.com
 www.focuspcg.com
 www.iasb.org
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 www.webmanagercenter.com
 www.wikipedia.fr

133
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Table Des Matières
Introduction générale.................................................................................................................. 1
PREMIERE PARTIE : CREATION D’UNE FILIALE DE DISTRIBUTION :
OPERATIONS LIEES ET RISQUES ASSOCIES .................................................................... 8
Chapitre 1 : Détermination des opérations intra-groupe issues de l’intégration verticale en aval
dans le commerce de distribution ............................................................................................... 9
Section 1 – L’intégration verticale en aval dans le commerce de distribution ..................... 10
S/Section 1 : Le commerce de distribution ........................................................................... 10
Paragraphe 1 : Définition .................................................................................................. 10
Paragraphe 2 : Cadre juridique ......................................................................................... 12
S/Section 2 : L’intégration verticale en aval ........................................................................ 15
Paragraphe 1 : Définition .................................................................................................. 15
Paragraphe 2 : Les avantages et inconvénients de la stratégie d’intégration verticale ..... 16
S/Section 3 : Les effets de l’intégration en aval ................................................................... 19
Section 2 - Les opérations intra-groupe dans le cadre d’une intégration en aval ................. 21
S/Section 1 : La notion de groupe de sociétés ...................................................................... 21
Paragraphe 1 : La définition économique ......................................................................... 21
Paragraphe 2 : La définition juridique du groupe des sociétés ......................................... 22
S/Section 2 : Les opérations intra-groupes ........................................................................... 27
Paragraphe 1 : Les opérations de vente de biens ou services ........................................... 27
Paragraphe 2 : Les frais de gestion commune .................................................................. 28
Paragraphe 3 : Les opérations sur les éléments d’actifs immobilisés ............................... 28
Paragraphe 4 : Le transfert de personnel ........................................................................... 30
Paragraphe 5 : Les opérations financières ........................................................................ 30
S/Section 3 : Les opérations intra-groupes issues d’une intégration en aval........................ 32
Chapitre 2 : Les risques liés aux opérations intra-groupes dans le cadre de l’intégration en
aval ........................................................................................................................................... 34
Section 1 – Risques juridiques.............................................................................................. 34
S/Section 1 : Risques d’abus de biens et de crédits sociaux ................................................. 34
Paragraphe 1 : Définition .................................................................................................. 34
Paragraphe 2 : Eléments constitutifs de l'abus de biens et de crédits sociaux .................. 35
Paragraphe 3 : Responsabilité et mesures à entreprendre ................................................. 36
S/Section 2 : Risques d’abus de majorité ............................................................................. 40
Paragraphe 1 : Définition .................................................................................................. 40

134
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 2 : Eléments constitutifs de l'abus de majorité ............................................... 41
Paragraphe 3 : Responsabilité et mesures à entreprendre..................................................... 42
S/Section 3 : Risques d’action en comblement de passifs .................................................... 42
S/Section 4 : Risque d’extension des procédures collectives ............................................... 43
Paragraphe 1 : Personnes concernées par l’extension....................................................... 45
Paragraphe 2 : Faits générateurs de l’extension de la faillite ............................................ 45
Section 2 – Risques fiscaux .................................................................................................. 48
S/Section 1 : L’acte anormal de gestion ............................................................................... 48
Paragraphe 1 : Définition .................................................................................................. 48
Paragraphe 2 : Fondement de l’acte anormal de gestion .................................................. 49
S/Section 2 : L’abus de droits ............................................................................................... 52
Paragraphe 1 : Définition .................................................................................................. 52
Paragraphe 2 : Fondement de l’abus de droit.................................................................... 53
S/Section 3 : Le transfert de bénéfices ................................................................................. 55
Paragraphe 1 : Définition .................................................................................................. 55
Paragraphe 2 : Les différentes techniques de transfert de bénéfices ................................ 57
S/Section 4 : Risques fiscaux liés au prix de vente modifié ................................................. 59
Paragraphe 1 : Le risque de sanctions en cas d’insuffisance ou inexistence de
documentation ................................................................................................................... 59
Paragraphe 2 : Le risque de redressement entrainant une double imposition ................... 59
Paragraphe 3 : L’extension du risque sur la Taxe sur la valeur ajoutée ........................... 60
Paragraphe 4 : Le risque de sanctions fiscales pénales ..................................................... 61
S/Section 5 : Responsabilité et mesures à entreprendre ....................................................... 61
Section 3 – Risques financiers et organisationnels ............................................................... 63
S/Section 1 : Les risques financiers ...................................................................................... 63
Paragraphe 1 : Définition des opérations financières intra-groupe ................................... 63
Paragraphe 2 : Risques financiers dus aux opérations de soutien financier ..................... 64
S/Section 2 : Les risques organisationnels ........................................................................... 66
Paragraphe 1 : La décision de fixation des prix de cession intra groupe .......................... 67
Paragraphe 2 : La subordination des dirigeants des filiales .............................................. 68
S/Section 3 : Les mesures à entreprendre ............................................................................. 69

135
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
DEUXIEME PARTIE : ETUDE DE CAS : CREATION D’UNE FILIALE DE
DISTRIBUTION ET GESTION DES OPERATIONS INTRAGROUPE : ROLE DE
L’EXPERT COMPTABLE ...................................................................................................... 70
Chapitre 1 : Définition des termes de la mission et détermination des conditions de création de
la filiale ..................................................................................................................................... 71
Section 1 : Définition de la mission de conseil et d’accompagnement des actionnaires
dirigeants dans la création d’une entité de distribution dans le cadre d’une intégration en
aval........................................................................................................................................ 71
S/Section 1 : Objet de la mission .......................................................................................... 71
Paragraphe 1 : La définition des conditions de création de cette filiale ........................... 72
Paragraphe 2 : La gestion optimale des différentes opérations commerciales et financières
entre la société mère et la filiale de distribution ............................................................... 72
Paragraphe 3 : La maitrise des risques fiscaux et juridiques y afférents .......................... 73
Paragraphe 4 : La maitrise de la rentabilité des différentes sociétés du groupe ............... 73
Paragraphe 5 : La maitrise de transfert des engagements de la société mère à la filiale
pour les opérations encours ............................................................................................... 73
S/Section 2 : Les termes de la mission ................................................................................. 73
S/Section 3 : Lettre de mission ............................................................................................. 74
Paragraphe 1 : L’identification des parties ....................................................................... 74
Paragraphe 2 : Description de la prestation de l’expert comptable .................................. 75
Paragraphe 3 : Les honoraires de l’expert comptable et les modalités de paiement ......... 75
Paragraphe 4 : Les conditions générales de l’intervention de l’expert-comptable et les
obligations respectives des parties .................................................................................... 76
Paragraphe 5 : La procédure à suivre en cas de litige avec l’expert-comptable et de
résiliation de la lettre de mission ...................................................................................... 76
Section 2 : Détermination des conditions de création de la filiale ....................................... 77
S/Section 1 : Présentation de la société mère ....................................................................... 77
Paragraphe 1 : Fiche signalétique ..................................................................................... 77
Paragraphe 2 : Présentation de la situation de la société mère ......................................... 78
Paragraphe 3 : Les besoins principaux pour la création d’une filiale de distribution ....... 81
S/Section 2 : Les conditions de création de la filiale ............................................................ 82
Paragraphe 1 : La forme de la société de distribution filiale ............................................ 82
Paragraphe 2 : La répartition du capital ............................................................................ 86
Paragraphe 3 : Le capital social de la société filiale ......................................................... 86
S/Section 3 : La présentation de la filiale de distribution créée ........................................... 87
Paragraphe 1 : Fiche signalétique ..................................................................................... 87

136
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
Paragraphe 2 : Organigramme .......................................................................................... 88
Paragraphe 3 : Présentation des liens entre la société mère et sa filiale ........................... 89
Chapitre 2 : Les recommandations proposées pour une meilleure maîtrise des opérations intra-
groupes (mère/filiale) ............................................................................................................... 93
Section 1 : Enumération des opérations intra-groupes (mère/filiale) et des risques liés ...... 93
S/Section 1 : Détermination des flux d’exploitation entre les deux sociétés ........................ 93
Paragraphe 1 : Les activités de support............................................................................. 93
Paragraphe 2 : Les opérations commerciales .................................................................... 94
S/Section 2 : Les opérations financières ............................................................................... 95
Paragraphe 1 : Les crédits fournisseurs ............................................................................ 95
Paragraphe 2 : Le financement de stock ........................................................................... 96
Paragraphe 3 : Les crédits clients...................................................................................... 96
Paragraphe 4 : Les crédits de gestion ................................................................................ 96
S/Section 3 : Détermination des risques juridiques et des risques fiscaux issues des
opérations identifiées ............................................................................................................ 96
Paragraphe 1 : Assistance de la filiale dans la gestion administrative .............................. 96
Paragraphe 2 : Mise à disposition des locaux de la société mère SENG à la société SENG
DISTRIBUTION et le transfert du portefeuille client à la filiale SENG
DISTRIBUTION............................................................................................................... 98
Paragraphe 3 : Prix de vente des deux sociétés SENG et SENG DISTRIBUTION ....... 102
Paragraphe 4 : Crédits fournisseurs et crédits clients ..................................................... 103
Paragraphe 5 : Cautions et garanties accordées .............................................................. 104
S/Section 4 : Détermination des risques organisationnels et financiers ............................. 106
Section 2 : Les recommandations pour la maitrise des risques liés.................................... 106
S/Section 1 : La justification de la normalité des opérations et la préservation des intérêts
des deux parties .................................................................................................................. 106
Paragraphe 1 : Assistance de la société SENG à la société SENG DISTRIBUTION .... 106
Paragraphe 2 : Le transfert d’une partie du fond de commerce à la société SENG
DISTRIBUTION et gestion du portefeuille clients ........................................................ 108
Paragraphe 3 : Prix de vente des deux sociétés SENG et SENG DISTRIBUTION ....... 110
Paragraphe 4 : Crédits fournisseurs, cautions et garanties .............................................. 111
S/Section 2 : Etablissement des conventions régissant les relations
entre les deux sociétés ........................................................................................................ 112
Paragraphe 1 : Rédaction des conventions pour tout type d’opération ........................... 112
Paragraphe 2 : Approbation des conventions.................................................................. 113

137
Risques liés à la gestion d’une filiale de distribution créée dans le cadre d’une
intégration en aval : rôle de l’expert-comptable
S/Section 3 : Etablissement d’un tableau de bord de gestion des risques des opérations entre
mère et filiale ...................................................................................................................... 118
Paragraphe 1 : Les conditions de création de la filiale de distribution ........................... 118
Paragraphe 2 : Maitrise des risques des opérations effectuées entre SENG et SENG
DISTRIBUTION............................................................................................................. 119
Paragraphe 3 : Les conditions d’élaboration des conventions ........................................ 121
Conclusion générale ............................................................................................................... 124
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 127
1 Ouvrages .......................................................................................................................... 127
2 Thèses et Mémoires ......................................................................................................... 128
3 Articles et études ............................................................................................................. 130
4 Normes et réglementations .............................................................................................. 131
4-1 Nationales ................................................................................................................. 131
4-2 Internationales .......................................................................................................... 132
5 Web graphie ..................................................................................................................... 132

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