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UNIVERSITE DE LA MANOUBA

COMMISSION D’EXPERTISE COMPTABLE

INSTITUT SUPERIEUR DE COMPTABILITE


ET D’ADMINISTRATION DES ENTREPRISES

MEMOIRE PRESENTE POUR L’OBTENTION DU DIPLOME NATIONAL D’EXPERT COMPTABLE

MISE E N P L ACE DU P IL IE R 3 DE SOL VABIL ITE 2 P AR L E S


E NTR E P R ISE S D’ASS UR A NCE TUNI SIE NNE S : DIL IGE NCE S
DU COMMIS SAIR E AUX COMP TE S

Elaboré par : Raoudha BEN ARFI Encadré par : M. Mounir GRAJA

Année Universitaire 2017-2018


DEDICACES

Je dédie ce mémoire :

A ma Mère en témoignage de ma reconnaissance infinie pour les nombreux


sacrifices qu’elle n’a cessé de consentir pour moi et dont je serai à jamais
redevable.

Qu’elle veille bien trouver dans ce travail l’expression de mon profond amour
et attachement.

A mon père qui n’a jamais porté d’aussi suprêmes espérances que celle de ma
réussite.

A mon frère Yassin, et mes sœurs Aida et Hajer que je leur souhaite une vie
pleine de succès et d’espoir.

Que dieu nous garde toujours unis et heureux.

A madame wided Bouaine pour la précieuse aide qu’elle m’a apporté

Que cet humble travail soit le témoignage de ma gratitude à tous mes amis et
à tous ceux qui me sont cher, et m’apportent l’assurance de mon inaltérable
dévouement.
REMERCIEMENTS

Je tiens à exprimer mes vifs remerciements et ma profonde gratitude à mon


encadreur Mr Mounir Graja pour son assistance, son aide et ses conseils
inestimables pour la réalisation du présent mémoire.

Mes remerciements et ma reconnaissance s’adressent :

A tous les membres du jury pour bien vouloir juger ce modeste mémoire.
SOMMAIRE

INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................................................................... 1


CHAPITRE INTRODUCTIF. HISTORIQUE DE LA MISE EN PLACE DE LA DIRECTIVE SOLVABILITE 2............. 6
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE ........................................................................................................................ 9
SECTION I. PRESENTATION DU SECTEUR D’ASSURANCE EN TUNISIE ..........................................................10
SECTION II. LES NORMES DE SOLVABILITE DES ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE ..................21
SECTION III. LES NORMES COMPTABLES TUNISIENNES RELATIVE AU SECTEUR DES ASSURANCES .37
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE................................................................................................................................................48
SECTION I. OBJECTIFS, CHAMP D’APPLICATION, PRINCIPAUX ACTEURS ET LES PRINCIPES
GENERAUX DE LA REFORME SOLVABILITE 2 ...........................................................................................................49
SECTION II. LES FONDEMENTS DE LA COMMUNICATION FINANCIERE SOUS SOLVABILITE 2 ............60
SECTION III. LES IMPACTS DE LA MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE
TUNISIENNE:.........................................................................................................................................................................71
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 DANS LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES ...........................................................................85
SECTION I. LES OBLIGATIONS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES DES ENTREPRISES D’ASSURANCES
EN TUNISIE:...........................................................................................................................................................................87
SECTION II. LES DILIGENCES SUPPLEMENTAIRES DU CAC EN CAS DE MISE EN PLACE DU PILIER 3
PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE TUNISIENNE: .......................................................................................... 101
SECTION III. RAPPORTS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES............................................................................. 122
CONCLUSION GENERALE ................................................................................................................................................... 130
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES................................................................................................................................... 133
ANNEXES ................................................................................................................................................................................. 138
INTRODUCTION GENERALE

INTRODUCTION GENERALE

1
INTRODUCTION GENERALE

Le secteur des assurances en Tunisie, en tant que composante du secteur financier, a bénéficié
d’un courant réformateur qui a englobé tous le secteur1. En effet, les pouvoirs publics ont
entamé depuis l’an 2000 des réformes qui ont été axées sur : l’assainissement des situations
financières des entreprises d’assurance, l’actualisation du cadre législatif et prudentiel et ce
par le renforcement du rôle de l’autorité de contrôle par la création du comité général des
assurances, l’adaptation des règles prudentielles avec les normes internationales au niveau des
modalités de calcul de la marge de solvabilité, le renforcement des règles de gouvernance à
travers le contrôle préalable de tous les changements dans la structure de capital des
entreprises d’assurance et ou de réassurance et la mise en place des normes comptables
spécifiques au secteur.

Aujourd’hui, et avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation Solvabilité 2 dans


l’Union Européenne, touchant les entreprises d’assurances, de réassurances et les mutuelles et
qui a pour objectifs à travers ses trois piliers (pilier 1 : exigences quantitatives, pilier 2 :
exigences qualitatives et pilier 3 : discipline du marché) de :

- Améliorer la protection des assurés ;

- Inciter les organismes à améliorer la connaissance et la gestion de leurs risques par


l’intégration, dans l’appréciation de leurs risques d’éléments qualitatifs tels que : la
gouvernance, le contrôle interne et la gestion des risques ;

- Permettre aux autorités en charge de la supervision de disposer d’outils adaptés pour


évaluer la solvabilité globale des institutions en se basant sur des approches
prospectives et orientées vers les risques ;

- Favoriser la convergence des systèmes de contrôle de la solvabilité entre les pays de


l’Espace Economique Européen.

Dans ce contexte, et compte tenu du phénomène de la mondialisation et l’interdépendance


entre les entités économiques appartenant à des différents Etats. Les entreprises d’assurance
tunisiennes ainsi que les autorités de contrôle sont donc invitées à suivre les changements et
les mutations actuelles du cadre prudentiel européen en vue de prévoir les préalables à mettre
en place par les entreprises en cas d’adoption du nouveau référentiel prudentiel Solvabilité 2.

1
Hafedh Gharbi-« le secteur des assurances en Tunisie face à l’impératif d’un contrat programme ».leaders.com

2
INTRODUCTION GENERALE

Dans ce nouveau régime prudentiel, nous avons choisi de traiter le pilier 3 qui est composé
des états quantitatifs et des rapports narratifs destinés aux autorités de contrôle et au public.

La mise en place de ce nouveau processus de communication financière va entraîner de lourds


impacts d’une part sur les entreprises d’assurance en termes de méthodes et d’organisation et
d’autre part, sur les diligences de l’auditeur dans le cadre d’une mission de commissariat aux
comptes.

Ce mémoire a donc pour objet de :

- Constituer un document synthétique permettant de présenter la réglementation comptable


et prudentielle des entreprises d’assurance en Tunisie ;

- Une description synthétique et pédagogique des exigences quantitatives et qualitatives


relatées par le pilier 3 de solvabilité 2 ;

- Présenter les convergences et les divergences entre le reporting prudentiel en Tunisie et


celui prévu par Solvabilité 2 ;

- Permettre aux dirigeants des entreprises d’assurances Tunisiennes de connaître les


préalables à mettre en place en cas de mise en place du pilier 3 de Solvabilité 2 ;

- Permettre aux experts comptables, commissaires aux comptes, des entreprises


d’assurance tunisiennes de connaitre les incidences de la mise en place du pilier 3 sur
leurs diligences générales ainsi que sur leurs diligences spécifiques en cas de certification
du dit pilier.

Ainsi, l’objectif est de préparer un document qui serait utile :

- Aux experts comptables qui ont des missions de commissariat aux comptes dans les
entreprises d’assurance;

- A l’organe de régulation dans le secteur d’assurance (Comité Général des Assurances)


qui pourrait considérer ce mémoire comme un début de réflexion sur les axes
d’améliorations possibles au vue de l’état des lieux en Tunisie et des pratiques
internationales; et

3
INTRODUCTION GENERALE

- Aux responsables concernés dans les entreprises Tunisiennes qui peuvent toujours
revoir leurs procédures internes afin d’améliorer la qualité de l’information financière à
ce niveau.

Depuis 2001, le Comité Européen des Contrôleurs d’Assurance et des Pensions


Professionnelles (CEIOPS) prépare un nouveau cadre réglementaire pour les compagnies
d’assurances, Solvabilité 2, qui s’apparente à celui mis en place dans les banques avec la
réforme Bâle 2.

Il est opportun donc de poser les problématiques suivantes :

Quels sont les changements apportés par le nouveau cadre prudentiel Solvabilité 2 et
principalement en matière de communication financière ?

Pour le dispositif prudentiel en Tunisie, et dans le cadre de renforcement de la surveillance


des autorités de contrôle depuis 2005, les entreprises d’assurance procède à la communication
des informations conformément à l’article 60 du code des assurances. Quelles sont les
informations communiquées par les entreprises d’assurance Tunisienne au comité
général des assurances ? Quels sont les points de convergences et de divergences entre le
reporting prudentiel tunisien et celui européen ? Est-il nécessaire d’ajuster le reporting
prudentiel du secteur d’assurance tunisien en vue de suivre les nouveautés de la
directive Solvabilité 2 ? Et enfin une éventuelle adaptation du reporting prudentiel
tunisien a-t-elle des implications sur le système d’information et l’organisation des
entreprises d’assurance ?

Par ailleurs, et comme étant un agent de contrôle de la sincérité et la fiabilité de l’information


financière, le commissaire aux comptes des entreprises d’assurance se trouve dans
l’obligation de se former et de s’informer sur les incidences de la mise en place du pilier 3 sur
ses diligences générales et spécifiques. La question qui se pose donc, quels sont les impacts
de la mise en place du pilier 3 sur les diligences du commissaire aux comptes des
entreprises d’assurance ?

4
INTRODUCTION GENERALE

En vue de répondre aux questions posées dans la problématique et atteindre les objectifs qui
lui sont fixés, ce mémoire respectera la démarche suivante :

- Dans un premier chapitre, nous allons essayer de présenter la réglementation


comptable et prudentielle des entreprises d’assurance en Tunisie.

- Dans le deuxième chapitre, nous allons dresser un état des lieux des nouveautés des
normes internationales prudentielles. En fait, en premier lieu nous allons présenter la
directive européenne Solvabilité 2, et en deuxième lieu les nouveautés en matière de
communication financière selon le référentiel solvabilité 2 tout en explicitant les
préalables à la mise en place du pilier 3 par une entreprise d’assurance Tunisienne.

- Le troisième chapitre, sera consacré à la présentation de l’incidence de la mise en


place du pilier 3 sur les diligences générales et spécifiques du commissaire aux
comptes d’une entreprise d’assurance.

Notre méthodologie s’est basée sur une étude empirique des données collectées à l’aide du
logiciel statistique SPSS, qui nous a permis de savoir les préalables à mettre en place en cas
de mise en place du pilier 3 par les entreprises d’assurances tunisiennes ; ainsi que l’impact de
la mise en place du dit pilier sur les diligences générales et spécifiques du commissaire aux
comptes.

5
CHAPITRE INTRODUCTIF. HISTORIQUE DE LA MISE EN PLACE DE LA DIRECTIVE SOLVABILITE 2

CHAPITRE INTRODUCTIF. HISTORIQUE DE LA MISE EN


PLACE DE LA DIRECTIVE SOLVABILITE 2

6
CHAPITRE INTRODUCTIF. HISTORIQUE DE LA MISE EN PLACE DE LA DIRECTIVE SOLVABILITE 2

La règlementation de solvabilité 1 découle de la directive européenne du 24 juillet 1973, mise


à jour le 5 mars 2002 dans le cadre d’un projet nommé « Solvency I ». Cette réforme est
applicable pour toutes les entreprises d’assurances vie, non vie et de réassurances
européennes. Ce régime de Solvabilité a introduit une modification des règles de marge de
solvabilité par l’introduction de la notion d’exigence de marge de solvabilité.

L’objectif de Solvabilité 1 est de protéger les assurés:

 En détenant des provisions prudente : les provisions comptables sont calculées en


utilisant des hypothèses prudentes (les flux sont non actualisés par exemple), de telle
sorte que les provisions soient supérieures en moyenne au montant des règlements à
venir ;

 En couvrant la marge de solvabilité. Les entreprises établissent un état rapprochant la


marge de solvabilité constituée de l'exigence minimale de marge de solvabilité. Cette
exigence minimale se calcule différemment en Vie et Non-Vie. En Non-Vie,
l’exigence minimale brute de réassurance correspond environ au maximum entre 16%
des primes encaissées de l’année en cours et 23% du montant de sinistres (moyenne
sur les trois dernières années) ;

 En Respectant les règles de dispersion des actifs.

Toutefois cette directive a montré ses insuffisances d’ordres quantitatifs et qualitatifs. En


effet,

 Le système européen de Solvabilité 1 n’est pas harmonisé entre les pays. On y


retrouve différents niveaux de provisions mais aussi différentes normes comptables
dont certaines règles locales sont plus contraignantes que d’autres. En conséquence,
chaque pays a développé son propre modèle ce qui fausse la concurrence entre ces
Etats et remet en cause l’harmonisation des normes ;

 L’aspect qualitatif est négligé puisqu’aucune surveillance n’est exercée sur le contrôle
interne dans le cadre de Solvabilité 1 (pistes d’audit, méthodes de gestion);

7
CHAPITRE INTRODUCTIF. HISTORIQUE DE LA MISE EN PLACE DE LA DIRECTIVE SOLVABILITE 2

L’exigence minimale de solvabilité est déterminée selon une approche forfaitaire qui ne prend
pas en compte la réalité des risques qui pèsent sur les assureurs. Et ce à partir des primes et
de la charge moyenne des sinistres en assurance non vie et des provisions mathématiques et
du capital sous risque en assurance vie.

Devant toutes ces critiques adressés à l’encontre de Solvabilité 1, l’Union Européenne a


décidé de réétudier les normes prudentielles européennes afin de les harmoniser et
d’homogénéiser les pratiques des autorités de contrôle au niveau européen. Des groupes de
travail se sont alors constitués au sein de l’EIOPA, c’est le début de Solvabilité 2.

8
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION


COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES ENTREPRISES
D’ASSURANCE EN TUNISIE

9
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

Introduction 1er chapitre

L’évolution de l’activité d’assurance à travers l’histoire, permettant de créer une stabilité


sociale et une dynamique économique, s’est accompagnée par la mise en place des systèmes
de surveillance et de solvabilité des compagnies d’assurance. Ainsi, les pouvoirs publics ont
entamé depuis quelques années des révisions du cadre comptable. En effet, le renforcement du
cadre comptable et prudentiel a pour conséquence de protéger les intérêts des investisseurs
dans le secteur. Pour cela, nous allons procéder :

- Dans une première section, à la présentation du secteur d’assurance en Tunisie;

- Dans une deuxième section, à la présentation des normes de solvabilité dans le


secteur des assurances ;

- Et dans une troisième section à la présentation du cadre comptable des entreprises


d’assurance Tunisiennes

SECTION I. PRESENTATION DU SECTEUR D’ASSURANCE EN TUNISIE

Le secteur des assurances connaît depuis quelques années des remaniements touchant tant aux
aspects législatifs et réglementaires, qu’à l’organisation du marché et des entreprises. En effet,
plusieurs textes régissant le secteur ont été apparus. La loi n° 92-24 du 9 mars 1992 portant
promulgation du code des assurances a rassemblé l’ensemble de ces textes. Ce secteur a
connu une réforme générale (depuis 2002) .Cette réforme s’est axée sur la mise à niveau des
entreprises d'assurance, la réforme des principaux régimes d'assurances, l’ouverture
progressive du secteur à la concurrence, l’amélioration de l'environnement par l'incorporation
de nouvelles dispositions et le développement du cadre législatif et réglementaire.

10
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

I. STRUCTURE ET CADRE REGLEMENTAIRE DU SECTEUR D’ASSURANCE EN


TUNISIE

1. Structure du secteur d’assurance

Le secteur d’assurance en Tunisie est composé actuellement de 23 compagnies réparties


comme suit :

- 13 compagnies sont engagées dans des branches multiples

- 10 compagnies spécialisées: cinq (05) sont spécialisées en assurance vie, trois (03) en
assurance Takaful, une en assurance exportation et assurance-crédit et une en
réassurance.

2. Cadre réglementaire

L’activité de l’assurance en Tunisie est régie par une réglementation riche en lois, décrets
arrêtés et circulaires. Actuellement, les principaux textes qui constituent le cadre
règlementaire de l’activité d’assurance en Tunisie sont les suivants :

Code des Assurances Promulgué par la Loi n° 92-24 du 9 mars 1992 tel que complété et
modifié par :

 La Loi n° 94-10 du 31 janvier 1994 relative à l’insertion d’un troisième titre dans
le code des assurances ;

 La Loi n° 97-24 du 28 avril 1997 relative à l'insertion au code des assurances, d'un
titre IV concernant l'assurance à l'exportation ;

 La Loi n° 2002-37 du 1er avril 2002 modifiant et complétant le code des


assurances, promulgué par la loi 92-24 du 09 mars 1992 telle que complété par la
loi n°94-10 du 31 janvier 1994 et la loi n°97-24 du 28 avril 1997 ;

 La Loi n° 2003- 80 du 29 décembre 2003, portant loi de finances pour l’année


2004.

11
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

 La Loi n° 2005-86 du 15 août 2005 portant insertion d'un cinquième titre au code
des assurances concernant l'assurance de la responsabilité civile du fait de l'usage
des véhicules terrestres à moteur et au régime d'indemnisation des préjudices
résultant.

 La Loi n° 2005-106 du 19 décembre 2005, portant loi de finances pour l’année


2006.

 La Loi n° 2008-08 du 13 février 2008 modifiant et complétant le code des


assurances ;

 La Loi n° 2014-47 du 24 juillet 2014 amendant et complétant le code des


assurances ;

 Le Décret n° 92-2257 du 31 décembre 1992, fixant les dispositions-type des statuts


des sociétés d’assurances à forme mutuelle;

 Le Décret n° 92-2258 du 31 décembre 1992, fixant la composition et les règles de


fonctionnement du Conseil National des Assurances et de la Commission
Consultative des Assurances;

 Le Décret n° 92-2259 du 31 décembre 1992, fixant la composition et les règles de


fonctionnement de la commission prévue à l'article 71 du code des assurances;

 L’Arrêté du ministre des finances du 22 novembre 2001, fixant le modèle type des
conditions générales des contrats d’assurance;

 L’Arrêté du ministre des finances du 27 février 2001, fixant la liste, le mode de calcul
des provisions techniques et les conditions de leur représentation, tel qu’il a été
modifié par l’arrêté du ministre des finances du 28 mars 2005 et par l’arrêté du
ministre des finances du 5 janvier 2009.

12
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

II. LES PRINCIPES DE SURVEILLANCE AU SEIN DES ENTREPRISES D’ASSURANCE


EN TUNISIE

Le secteur d’assurance est un secteur important en Tunisie. Conscient de cette importance, le


législateur a prévu des règles de surveillance des entreprises d’assurances.

1. L’agrément

a. Entreprise d’assurance

L’agrément est rendu obligatoire par le code des assurances, en effet, selon l’article 48 dudit
code, l’agrément est délivré par le ministre des Finances sur avis de la Commission
Consultative des Assurances. Il doit comporter les catégories d’assurances exploitées par
l’entreprise. L’octroi de l’agrément dépend de la faisabilité et la solvabilité de l’entreprise et
notamment du programme d’activité, des moyens techniques et financiers ainsi que de la
structure de son capital ou de son fond commun. En effet, un dossier doit être présenté à
l’organe compétent comportant notamment la liste des catégories d’assurances dans lesquelles
l’entreprise entend opérer.

b. Les intermédiaires, les experts en assurance et les commissaires d’avaries :

Les opérations d’assurance peuvent être présentées au public par : Un courtier d’assurance, un
agent d’assurance, un producteur en assurance sur la vie et par les banques.

A l’exception des établissements bancaires, les intermédiaires doivent justifier de la


possession d’une carte professionnelle et de leur inscription sur un registre tenu à cet effet par
les services du ministère des finances selon l’article 78 du code des assurances.

La carte professionnelle ne peut être accordée qu’après avoir s’assurer que les conditions en
matière de droits civiques et de compétence sont vérifiées.

Tel que prévu par l’article 79 du code des assurances, est considéré comme expert, tout
prestataire de service habilité à rechercher les causes, la nature, l’étendue des dommages et
leur évaluation, sa mission est exclusivement technique.

Est considéré comme commissaire d’avaries tout prestataire de service habilité à constater les
dommages, pertes et avaries survenus aux marchandises assurées, à exercer le recours contre

13
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

les tiers responsables et à prendre les mesures conservatoires et de prévention à l’effet de


limiter l’aggravation des pertes.

Les experts et les commissaires d’avaries ne peuvent exercer leur activité qu’après avoir signé
un cahier des charges approuvé par arrêté du ministre des finances et été inscrits sur un
registre tenu par l’association professionnelle des entreprises d’assurance.

Le cumul entre l’exercice de l’activité de l’expertise et celle du commissariat d’avaries n’est


pas permis.

2. La gouvernance des compagnies d’assurance

Selon les dispositions de l’article 53 du code des assurances, une des conditions d’octroi de
l’agrément d’exercer pour les sociétés d'assurances consiste dans le fait qu’elles doivent être
de droit tunisien et qu’elles soient constituées sous l'une des formes suivantes :

 Société anonyme ;

 Société à forme mutuelle ;

 Caisse mutuelle agricole constituée conformément aux textes particuliers la régissant.

Le code des assurances a exclu clairement toute possibilité d’exercer sous une autre forme.

Il est à noter que la législation Tunisienne n’a pas prévu des exigences spécifiques pour le
secteur de l’assurance en matière de gouvernance des entreprises. Toutefois les principales
dispositions législatives en Tunisie, en matière de gouvernance, sont prévues par le code des
sociétés commerciales et par loi n° 2005-96 du 18 octobre 2005, « relative au renforcement de
la sécurité des relations financière ».

Le code des sociétés commerciales a prévu dans son article 188 : « la société anonyme peut
être administrée par un « conseil d’administration » ou par un « directoire et un conseil de
surveillance»».

Il est à noter que depuis 2008, les désignations des membres des conseils d’administration, les
membres du directoire, les membres du conseil de surveillance et les principaux dirigeants des
entreprises d’assurance et de réassurance sont soumises au Ministre des Finances.2

2
Article 50 ter du code des assurances

14
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

3. Le Contrôle interne, Audit interne et Comité d’audit au sein des entreprises


d’assurance

a. Contrôle interne

Les objectifs du système de contrôle interne sont prévus par la norme comptable générale NC
01. Ce système doit viser dans les entreprises d'assurance, en particulier, les objectifs
suivants :

 Assurer la réalisation et l'optimisation des opérations et la protection des ressources de


l'entreprise.

 Assurer la conformité aux lois et aux règlements.

 Garantir la fiabilité des informations produites.

Les entreprises d'assurance doivent disposer d'un système de contrôle interne efficace. Ce
système doit se conformer aux stipulations de la Norme Comptable Générale NCT 01 tout en
étant étayé par des sous-systèmes et la mise en place de procédures permettant la surveillance
et le contrôle des risques spécifiques liés à la réalisation et au traitement des opérations
d'assurance et de réassurance, et ce en s'assurant notamment de :

- La surveillance des risques techniques.

- La surveillance des risques de contrepartie.

- La surveillance des risques de liquidité.

- La surveillance des risques de taux.

- La surveillance des risques de change.

- La surveillance des risques liés aux traitements informatisés3.

b. Audit interne

La norme comptable Tunisienne n°27 a prescrit aux entreprises d'assurance de mettre en place
une structure d'audit interne ayant pour mission de procéder à l'examen et l'évaluation du

3
Paragraphe 6 de la norme comptable 27 « Le contrôle interne et l’organisation comptable dans les entreprises
d’assurance et / ou de réassurance »

15
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

caractère suffisant et de l'efficacité du système de contrôle interne ainsi qu'à la proposition des
recommandations pour son amélioration. La structure d'audit interne est normalement chargée
d'examiner :

- La fiabilité et l'intégrité des informations financières et d'exploitation.

- Les systèmes mis en place afin de vérifier le respect des normes, plans, procédures,
lois et réglementations.

- Les moyens utilisés pour assurer la protection des actifs et de vérifier leur existence.

- La façon dont les ressources sont utilisées afin de s'assurer de leur utilisation efficace
et sans gaspillage.

- Les programmes de l'entreprise afin de s'assurer que les réalisations et les résultats
sont conformes aux objectifs et prévisions fixés.

c. Comité d’audit

Selon les dispositions de la norme comptable 27, Conformément aux bonnes pratiques
d'usage, il est recommandé d'instituer un Comité d'Audit, rattaché au Conseil
d'Administration, agissant en collaboration ou en complément de la fonction d'audit interne à
l'effet particulièrement :

- De définir, de superviser et de veiller à la coordination entre les différentes activités de


contrôle et des structures qui en ont la charge au sein de l'entreprise ;

- D'adopter les orientations permettant la correction et le suivi des insuffisances des


procédures de contrôle interne ;

- De s'assurer du suivi des recommandations et de parer aux risques de


dysfonctionnement du système de contrôle interne ou des tentatives visant à
outrepasser les procédures de contrôle4.

L’article 12 de la loi n° 2005-96 du 18 octobre 2005, « relative au renforcement de la sécurité


des relations financière » a rendu obligatoire la création d’un comité permanent d’audit pour

4
Norme comptable 27« Le contrôle interne et l’organisation comptable dans les entreprises d’assurance et / ou
de réassurance » Paragraphe 20

16
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

les sociétés faisant appel public à l’épargne. Ainsi cette obligation est applicable pour les
compagnies d’assurance du fait qu’elles sont considérées comme des sociétés faisant appel
public à l’épargne en vertu de l’article n°1 de loi n° 94-117 du 14 novembre 1994, portant
réorganisation du marché financier.

Ce comité permanent d’audit est composé de trois membres au moins, désignés selon le cas
par le conseil d’administration ou le conseil de surveillance parmi leur membre. Il ne peut pas
être membre du comité permanent d’audit, le président-directeur général, le directeur général
ou le directeur général adjoint.

III. LES AUTORITES DE CONTROLE ET LES ORGANISMES DE CONSEIL DANS LE


SECTEUR D’ASSURANCE ET LEURS MODES DE FONCTIONNEMENT

1. Les autorités de contrôle dans le secteur d’assurance

a. Le comité général des assurances

Le comité général des assurances a été institué par la loi n°2008-08 du 13 février 2008
modifiant et complétant le code des assurances. Ce comité est doté d’une personnalité
morale et de l’autonomie financière, a pour rôle de veiller à la protection des droits des
assurés et des bénéficiaires des contrats d’assurance, à la solidité de l’assise financière des
entreprises d’assurance et de réassurance ainsi qu’à leur capacité à honorer ses engagements 5.

Selon l’article 179 du code des assurances les missions attribuées au comité général des
assurances sont notamment :

- Contrôle des entreprises d’assurances, de réassurance et des professions liées au secteur


des assurances et du suivi de leurs activités,

- Etude des questions d'ordre législatif, réglementaire et organisationnel se rapportant aux


opérations d'assurance et de réassurance, que lui soumet le ministre des finances et de
l'élaboration des projets de textes y afférents sur sa demande,

- Etude des questions d’ordre technique et économique se rapportant au développement du


secteur des assurances et à son organisation et la présentation des propositions à cet effet
au ministre des finances ,
5
Article 177 du code des assurances

17
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

- Et en général, étude de toute autre question relevant de ses attributions.

b. Composition du comité général des assurances:

Le comité général des assurances se compose de :

- Président du comité,

- Du collège,

- De la commission de discipline,

- Des services techniques administratifs du comité.

 Président du comité :

Selon les dispositions de l’article 183 du code des assurances, le président du comité est
nommé par décret sur proposition du ministre des finances. Il doit être parmi les compétences
dans le domaine économique ou financier.

 Le collège :

Le collège est l’autorité habilitée à accomplir les tâches du comité .Il prend les décisions
nécessaires pour atteindre les objectifs du comité. Il se compose du président du comité, et des
dix membres suivants 6:

- Un juge de troisième degré,

- Un conseiller au tribunal administratif,

- Un conseiller à la cour des comptes,

- Un représentant du ministère des finances,

- Un représentant du ministère des affaires sociales, de la solidarité et des Tunisiens à


l’étranger,

- Un représentant de la banque centrale de Tunisie,

6
Article 182 du code des assurances

18
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

- Un représentant du conseil du marché financier,

- Trois membres choisis en raison de leur compétence et de leur expérience en matière


d’assurance parmi ceux qui n’exercent aucun métier dans le secteur des assurances.
L'un d'entre eux est un actuaire.

 La commission de discipline:

La commission de discipline émane du collège du CGA. Elle est chargée essentiellement de 7:

 Statuer sur les cas encourant des sanctions comme l’avertissement ou le blâme,

 Appliquer les sanctions financières sur les sociétés d’assurances ou de


réassurances qui manquent à leurs obligations envers le CGA (tel que le retard
dans la communication de leurs rapports annuels, …)

 Suivre les sociétés en difficultés dans l’exécution de leurs programmes de


restructuration.

Selon les dispositions de l’article 191 du code des assurances, La commission de discipline se
compose des membres du collège suivants :

- Le juge de troisième degré,

- Le conseiller au tribunal administratif,

- Le représentant du ministère des finances,

- L'un des membres choisis en raison de leur compétence et de leur expérience en


matière d’assurance.

- Et du délégué général de l’Association Professionnelle des Entreprises d’Assurance ou


de son représentant légal parmi les employés de ladite association.

Le membre choisi en raison de son expérience est nommé par le collège sur proposition du
président du comité.

7
www.cga.gov.tn

19
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

2. Les organismes de conseil et de coordination dans le secteur d’assurance

a. L’association professionnelle des entreprises d’assurance (FTUSA)

Dans l’objectif d’harmoniser les activités des compagnies d’assurance et de servir au mieux
les assurés et de protéger leurs intérêts, l’article 91 du code des assurances tel que modifié par
l’article 1 de la loi n°2002-37 du 1er avril 2002, a obligé les compagnies d’assurance de
constituer « une association professionnelle » avec des statuts qui doivent être préalablement
approuvés par le ministre chargé des finances. Cette association professionnelle est habilitée à
soumettre à l’autorité de tutelle toute question intéressant l’ensemble de la profession.

Les principales missions de la FTUSA sont8:

- Défendre les intérêts généraux de ses membres;

- Représenter les membres auprès des pouvoirs publics et des autorités de contrôle ;

- Faciliter les échanges d’affaires, d’expérience et d’information entre ses membres sur
des questions juridiques, fiscales, financières, techniques et autres;

- Réunir et diffuser toutes les informations concernant les assurances et la réassurance


qui pourraient être utiles à ses membres;

- Réaliser ou faire réaliser des études concernant les problèmes stratégiques, techniques,
financiers et juridiques et établir des statistiques rétrospectives et prospectives de
l’assurance;

- Assurer la liaison avec les autres organismes professionnels, nationaux ou


internationaux, et les partenaires du secteur de l’assurance et de réassurance;

- Développer les actions de formation, de prévention, d’information et de


communication;

- Etudier des questions de toute nature concernant le secteur d’assurance et de


réassurance et faire des propositions aux parties concernées pour favoriser la
promotion et le développement du secteur.

8
:http://www.ftusanet.org/

20
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

b. Le conseil national des assurances

Conformément aux dispositions de l’article 93 du code des assurances tel que modifié par
l’article 6 de la loi n°2002-37 du 1er avril 2002, il est institué un « Conseil National des
Assurances ». Ce conseil est saisi par le ministre chargé des finances afin d’examiner et
d’émettre son avis sur des questions relatives à la situation du secteur et à son organisation
ainsi qu’aux moyens susceptibles d’améliorer ses prestations.

Par ailleurs et tel que prévu par l’article 94 du code des assurances tel que modifié par l’article
6 de la loi n°2002-37 du 1er avril 2002, il est institué au sein du Conseil National des
assurances, une commission spécialisée dénommée « Commission Consultative des
Assurances » appelée à donner son avis à l’occasion de l’octroi de l’agrément conformément
aux dispositions de l’article 50 du code des assurances ou de l’application des sanctions et
mesures prévues au paragraphe 2 de l’article 87 de ce même code.

La composition et les règles de fonctionnement du « Conseil National des Assurances » et de


la « Commission Consultatives des Assurances » sont fixées par le décret n°2002-512 du 27
février 2002.

SECTION II. LES NORMES DE SOLVABILITE DES ENTREPRISES D’ASSURANCE EN


TUNISIE

La Tunisie a adopté depuis 2002, et dès leur apparition, les normes prudentielles « solvabilité
I » et a engagé une révision de la réglementation prudentielle en s’inspirant des principes de
base de « l’IAIS ».9

Ces principes fournissent la base de l'évaluation de la législation d’assurance, de la


surveillance et des procédures et ils peuvent être classés sous huit (08) familles, à savoir :

 Les conditions pour une surveillance efficace.

 Le système de surveillance.

 L’entité surveillée.

9
Souheila Chabchoub-la solvabilité des sociétés d’assurance et de réassurance arabe face aux changements
internationaux »..leaders.com

21
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

 Le processus de surveillance.

 Les exigences prudentielles.

 Les marchés et les consommateurs.

 Lutte contre le blanchissement de capitaux et le financement du terrorisme.

En effet, L’entreprise d’assurance en Tunisie est tenue de respecter les règles suivantes :

- Les règles d’évaluation de ses provisions techniques d’une manière suffisante c'est-à
dire les engagements de l’entreprise envers les tiers et principalement ses assurés ce
qui suppose que l’entreprise a tenu compte de tous les risques auxquels elle est
exposée,

- Les règles de placement et d’évaluation de ses actifs afin d’éviter les placements
hasardeux. Les actifs venant en couverture des provisions techniques doivent être à la
fois limités à certains types d’actifs mais aussi diversifiés,

- Les règles de renforcement de la marge de solvabilité ceci oblige l’entreprise


d’assurance de constituer une épargne pour faire face à des dépenses imprévues.

Dans ce qui suit seront traitées avec plus de détail les règles ci-dessus citées.

I. LES ENGAGEMENTS TECHNIQUES

En vertu de l’article 59 du code des assurances tel que modifié par l’article 3 de la loi n°
2002-37 du 01 avril 2002 : les entreprises d’assurances doivent inscrire au passif et
représenter à l’actif de leur bilan les provisions techniques suffisantes pour le règlement
intégral de leurs engagements vis-à-vis des assurés ou bénéficiaire de contrats. La liste, le
mode de calcul de ces provisions ainsi que les conditions de leur représentation à l'actif du
bilan sont fixés par l’arrêté du Ministre des Finances du 27/02/2001.

22
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

1. Les provisions techniques en assurance vie

Les provisions techniques en assurance vie correspondant aux opérations d’assurances sur la
vie sont les suivantes:

 La provision mathématique,

 La provision pour frais de gestion,

 La provision pour participations aux bénéfices et ristournes,

 La provision pour sinistres à payer,

 La provision pour égalisation,

 La provision des contrats en unités de compte.

a. La provision mathématique

Sa dénomination mathématique fait référence aux méthodes actuarielles utilisées pour son
calcul. En effet, selon l’article 3 de l’arrêté du Ministre des Finances de 27 Février 2001 : Les
provisions mathématiques en assurance vie comprennent la valeur actuarielle estimée des
engagements de l’entreprise d’assurance y compris les participations aux bénéfices déjà
allouées et déduction faite de la valeur actuarielle des primes futures. La provision
mathématique en assurance vie doit être calculée séparément pour chaque contrat individuel
d’assurance vie. L’utilisation des méthodes statistiques peut être soumise à l’approbation
préalable du ministre des finances pour les contrats groupe.

b. La provision pour frais de gestion

«Les provisions pour frais de gestion sont constituées pour couvrir les charges de gestion
futures des contrats qui ne sont pas couvertes par des chargements sur primes ou par des
prélèvements sur les produits financiers attendus»10.

Cette provision a un caractère complémentaire, elle est constituée pour faire face aux frais de
gestion futurs dés lorsque ceux-ci ne sont pas couverts par ailleurs soit par des prélèvements
sur primes soit par des produits financiers.
10
Article 6 de l’arrêté du Ministre des Finances du 27 Février 2001

23
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

c. La provision pour participations aux bénéfices et ristournes

Les entreprises d’assurances vie doivent faire participer leurs assurés à leurs bénéfices. A la
date de l’inventaire, les entreprises doivent estimer une provision pour couvrir les sommes à
distribuer aux assurés et bénéficiaires des contrats. Les provisions pour participations aux
bénéfices et ristournes comprennent donc, « les montants destinés aux assurés ou aux
bénéficiaires des contrats sous forme de participation aux bénéfices et ristournes dans la
mesure où ces derniers n’ont pas été crédités aux assurés ou ne sont pas inclus dans un fonds
spécial ».11 Le montant des bénéfices à provisionner résulte soit d’une obligation
réglementaire soit contractuelle ou même résulte d’une décision de gestion prise par
l’entreprise d’assurance.

d. La provision pour sinistres à payer

Dans l’assurance vie, la société d’assurance doit constituer une provision pour sinistre à payer
dans l’un des deux cas suivants : survenance d’un sinistre, ou bien que l’assuré, dans les
termes de la réglementation et de son contrat, mette fin à son contrat ou qu’il demande le
remboursement immédiat d’une fraction de la provision mathématique (rachat). Dans de telles
conditions, l’entreprise d’assurance doit constituer une PSAP, pour les contrats non encore
réglés, en excluant la provision mathématique déjà constituée pour ces contrats. La PSAP est
définit comme « la dette de l’entreprise d’assurance envers ses assurés pour les sinistres,
rachats, arrivés à échéance déclarés mais non encore décaissés par l’entreprise d’assurance
ainsi que les sinistres survenus mais non encore déclarés (les sinistres tardifs) »12.

e. La provision pour égalisation

Les provisions d’égalisation comprennent les montants provisionnés pour permettre d’égaliser
les fluctuations des taux de sinistres pour les années à venir dans le cadre des opérations
d’assurance de groupe contre le risque décès13.

Aucune méthode d’estimation de la provision d’égalisation n’a été fournie par la


réglementation en vigueur.

11
Article 8 de l’arrêté du Ministre des Finances du 27 Février 2001
12
Article 9 de l’arrêté du Ministre des Finances du 27 Février 2001
13
Article 11 de l’arrêté du Ministre des Finances du 27 Février 2001

24
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

f. La provision des contrats en unités de compte

Le contrat en unité de compte est un produit pour lequel la garantie constituée n’est pas
exprimée en dinars tunisiens mais en fonction d’un support constitué de titres et d’actions.
L’assureur s’engage uniquement sur le nombre d’unités de compte et non sur leurs valeurs. A
la date de l’inventaire, l’entreprise d’assurance doit évaluer et comptabiliser ses engagements
au titre des contrats en unité de compte en portefeuille.

2. Les provisions techniques en assurance non vie

Les provisions techniques correspondant aux opérations d’assurances non vie sont les
suivantes :

 Provisions pour primes non acquises,

 Provisions pour risques en cours,

 Provisions pour sinistres à payer,

 Provisions d’équilibrage et/ou d’égalisation,

 Provisions pour participation aux bénéfices et ristournes,

 Provisions mathématiques des rentes

a. La provision pour primes non acquises

La PPNA est réglementée par les articles 13 à 17 de l’arrêté du ministre des finances du
27/02/2001 et le paragraphe 4 alinéas i de la norme 29. Elles sont « destinées à constater, pour
l’ensemble des contrats en cours, la part des primes émises et des primes restant à émettre se
rapportant à la période comprise entre la date d’inventaire et la date de la prochaine échéance
de prime ou, à défaut, du terme du contrat ».

La PPNA est calculée soit sur la base de la méthode du prorata temporis soit en se référant
aux méthodes statistiques et ce après approbation du ministre des finances.

25
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

b. La provision pour risques en cours

Selon l’article 18 de l’arrêté du ministre des finances du 27/02/2001 et le paragraphe 4 alinéas


j de la norme 29 : «La provision pour risques en cours est définie comme étant le montant à
provisionner en supplément des primes non acquises pour couvrir les risques à assumer et
destinée à faire face à toutes les demandes d'indemnisation et à tous les frais (y compris les
frais d'administration) liés aux contrats d'assurance en cours excédant le montant des primes
non acquises et des primes exigibles relatives aux dits contrats».

c. Provisions pour sinistres à payer

Les provisions pour sinistres à payer sont réglementées par les articles 20 à 23 de l'arrêté du
ministre des finances du 27 février 2001, fixant la liste, le mode de calcul des provisions
techniques et les conditions de leur représentation et la NCT 29. « Les provisions pour
sinistre à payer correspondent au coût total estimé que représentera pour l’entreprise
d’assurance le paiement de tous les sinistres survenus jusqu’à la fin de l’exercice, déclarés ou
non, déduction faite des sommes déjà payées au titre de ces sinistres »14.

Au moment de l’inventaire, tous les sinistres survenus dans l’exercice et déclarés sont évalués
individuellement. Les sinistres des années précédentes, encore en suspens, sont révisés et
leurs évaluations éventuellement corrigées pour prendre en compte de nouvelles informations.
A la somme de ces évaluations dossier par dossier est ajoutée une estimation des tardifs
représentants les sinistres survenus au cours de l’exercice et déclarés postérieurement à la
clôture. Pour le calcul de cette provision, il est tenu compte de l’expérience du passé en ce qui
concerne le nombre et le montant des sinistres déclarés après la clôture du bilan.

d. Provision d’équilibrage et/ ou d’égalisation

Les provisions pour égalisation et équilibrage sont réglementées par les articles 24 et 25 de
l'arrêté du ministre des finances du 27 février 2001, fixant la liste, le mode de calcul des
provisions techniques et les conditions de leur représentation.

Selon l’article 25 de l’arrêté du ministre des finances du 27 février 2001 « les entreprises
d’assurances pratiquant le risque grêle doivent constituer une provision destinée à assurer la
péréquation des résultats des différents exercices ».

14
Article 20 de l’arrêté du Ministre des Finances du 27 février 2001

26
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

Selon l’article 24 du même arrêté «les entreprises d’assurances pratiquant la catégorie


assurance-crédit et assurance caution doivent constituer une provision destinée à compenser la
perte technique éventuelle apparaissant dans cette catégorie à la fin de l’exercice».

Il s’agit des montants provisionnés conformément aux dispositions légales et règlementaires


permettant de couvrir des risques spéciaux notamment en matière d’assurance grêle,
d’assurance-crédit, d’assurance caution.

Les entreprises d’assurances procèdent à prélever 75% de l’excédent technique éventuel


apparaissant dans la branche concernée. Ce prélèvement cesse lorsque la provision atteint un
certain seuil ; soit :

 Pour la provision d’équilibrage : 150% du montant annuel le plus élevé des primes ou
cotisations d’assurances nettes au cours des cinq derniers exercices précédents,

 Pour la provision d’égalisation : 200% des primes ou cotisations d’assurances de


l’exercice.

e. Provision pour participation aux bénéfices et ristournes

L’entreprise d’assurance fait participer ses assurés (généralement ceux en portefeuille) à ses
bénéfices. A la date de l’inventaire, elle doit estimer une provision pour couvrir les sommes à
distribuer. Ce montant à provisionner résulte d’une obligation contractuelle.

f. Provisions mathématiques des rentes

La provision mathématique des rentes est « la valeur actuelle probable des montants qui
seront versés, sous forme de rentes et accessoires de rentes, postérieurement à la clôture de
l’exercice au titre d’événements qui sont réalisés antérieurement à la clôture de l’exercice »15

Il s’agit de rentes dont une entreprise se trouve débitrice, après un jugement envers des tierces
victimes d’accidents en exécution de contrat d’assurance de responsabilité de toute nature.
Les montants à provisionner sont calculés sur la base de méthodes actuarielles reconnues. Ce
dernier est majoré de 5% à titre de chargement de gestion

15
Paragraphe 4 point o de la NCT 29

27
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

II. LES ACTIFS REPRESENTATIFS DES ENGAGEMENTS TECHNIQUES

La réglementation des actifs admis en représentation des provisions technique vise à


sauvegarder la solvabilité des entreprises d’assurance en exigeant de ces entreprises de
répondre à certaines conditions de sécurité et diversification de ses placements.

Les différentes catégories d’actifs (placements immobiliers, titres à revenus fixes et titres à
revenus variables, côtés et non côtés) inscrits à l’actif du bilan sont évaluées selon les
prescriptions de l’article 33 nouveau de l’arrêté du Ministre des Finances du 28 mars 2005,
modifiant l’arrêté du 27 février 2001, fixant la liste, le mode de calcul des provisions
techniques et les conditions de leur représentation. Les exigences en matière de gestion des
placements concernent notamment :

- La composition et la diversification des actifs en fonction du type de placement ;

- Les limitations ou restrictions du montant susceptibles d’être retenu en ce qui


concerne certaines catégories d’instruments financiers, de biens et de créances ;

- La conservation des actifs ; et

- La séparation totale des actifs admis en représentation des provisions techniques


assurances vie et ceux admis en représentation des provisions techniques assurances
non vie (principe de cantonnement)16.

1. Les catégories d’actif

La liste des placements admis en couverture des engagements réglementés, telle que prévue
par l’article 31 de l’arrêté du Ministre des Finances du 27 Février 2001, comprend 16
rubriques regroupées en :

a. Valeurs mobilière:

Les titres émis par l’Etat ou jouissant de sa garantie, obligations et actions cotées ou pas à la
Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis sont admis sans aucune restriction quant à
l’autorisation préalable du ministère des finances. Toutefois, les actions émises par les
sociétés d’assurances et de réassurances étrangères ne peuvent être affectées à la couverture

16
Article 30 de l’arrêté du Ministre des Finances de 27/02/2001

28
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

des provisions techniques que lorsque la participation a reçue au préalable l’autorisation du


ministère des finances.

Il y a lieu de signaler que les intérêts courus et non échus relatifs à ces placements, ne sont pas
admis en représentation des provisions techniques.

b. Les actifs immobiliers

Les placements immobiliers englobent les immeubles, les parts des sociétés immobilières non
cotées. Les actions des sociétés immobilières cotées sont classées parmi les valeurs
mobilières.

c. Les créances

Ces créances sont admises en représentation des provisions techniques soit en fonction :

 De leur lien avec un passif réglementé (avances sur contrat vie),

 De la qualité du débiteur: il s’agit des créances sur le fonds de garantie de la


réassurance légale, sur le fonds de garantie des assurés,

 Des garanties qui y sont attachées. Ces garanties ne sont admises en représentation des
provisions techniques qu’après avoir eu l’accord du ministère des finances.

d. Les dépôts en espèces

Il s’agit des placements sur le marché monétaire et des dépôts auprès des établissements
financiers.

e. Les frais d’acquisitions reportés

Au titre de l’assurance non vie sont admises en représentation, les frais d’acquisitions à
rattacher à la prime brute des chargements d’acquisitions c'est-à-dire la prime totale.

f. Les actifs en représentation des produits en unités de comptes

Les entreprises d’assurance Vie sont soumises à une réglementation spécifique des
placements lorsque la somme assurée n’est pas exprimée dans une monnaie mais par
référence à une valeur ou à des actifs sous-jacents.

29
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

Ces placements ne sont ni soumis aux règles de limitation ni aux règles de dispersion prévues
par l’article 31 de l’arrêté du ministre des finances du 27 février 2001. Toutefois, pour que ces
actifs puissent représenter les engagements de l’entreprise ils doivent remplir les conditions
suivantes :

 Etre la propriété de l’entreprise d’assurance durant l’exercice comptable,

 Les actions émises par l’entreprise d’assurance ne peuvent pas faire partie de ces
actifs,

 Ils ne doivent pas se baser sur un seul type de placement,

 Les assurés doivent être régulièrement informés de la composition de ces actifs.

2. La limitation des actifs :

Les articles 31 et 32 de l’arrêté du ministre des finances du 27 Février 2001, définissent dans
quelles proportions les actifs sont admissibles au titre de la représentation des engagements
réglementés.

Le tableau ci-après synthétise ces limitations :

Tableau 1. Les catégories d’actifs admis en représentation des provisions techniques

Type d’actif admis en représentation des provisions Limitation


techniques PT

1. Titres émis par l’Etat ou jouissant de sa garantie Sans limite


2. Emprunts obligataires Sans limite
3. Immeubles bâtis et terrains ≥ 20% Provisions techniques
≤ 10% Provisions techniques
pour un immeuble déterminé
Immeubles servant de siège de l’entreprise Sans limite
Parts et actions des sociétés immobilières non cotées Les placements dans les valeurs émises par une
même société :
≤ 5% Provisions techniques
≤ 30% du capital de la société
≤ 20% Provisions techniques
4. Actions des sociétés cotées Les placements dans les actions émises par une
même société :

30
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

Type d’actif admis en représentation des provisions Limitation


techniques PT

≤ 10% Provisions techniques


≤ 30% du capital de la société
5. Part dans les OPCVM (FCP, SICAV) Les placements dans les parts émis par une
même société :
≤ 10% Provisions techniques
≤ 30% du capital de la société
6. Parts dans les SICAR et les SICAF Les placements dans les parts émis par une
même société :
≤ 5% Provisions techniques
≤ 10% Provisions techniques
pour les placements dans ces titres
7. Toutes autres actions ou valeurs mobilières Les placements dans les valeurs émises par un
même organisme :
≤ 5% Provisions techniques
≤ 30% du capital de la société
≤ 20% Provisions techniques
pour les placements dans ces actions
8. Actions des sociétés d’assurances et de réassurances Sans limitation
étrangères dans lesquelles la participation a reçu au
préalable l’autorisation du ministère des finances
9. Placements sur le marché monétaire et dépôts auprès Sans limitation
des établissements financiers
Placement dans les valeurs (2-4-5-8-9) ≤ 50% Provisions techniques
10. Frais d’acquisition reportés au titre de l’assurance non ≤ 22% Provisions techniques
vie17
11. Avances sur contrat vie Sans limitation
12. Quittances non encaissées nettes de taxes et de Sans limitation
commission de 3 mois de date au plus avec un
maximum de 10% des primes ou cotisations nettes
d’annulations et de taxes de l’exercice
13. Créances sur le fonds de garantie de la réassurance Sans limitation
légales
14. Créances sur le fonds de garantie des assurés Sans limitation
15. Lettre de garantie émanant des réassureurs après Sans limitation
accord du ministre des finances
16. Actifs au titre des contrats en unités de comptes Sans limitation

17
Selon la NCT30 : Les frais d'acquisition correspondent aux frais internes et externes occasionnés par la conclusion des
contrats d'assurance.

31
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

III. LA MARGE DE SOLVABILITE (VOIR ANNEXE 1)

Le concept de la marge de solvabilité a été introduit par le législateur Tunisien avec la


promulgation de la loi 2002-37 du 01 avril 2002, qui est venu modifier et compléter le code
des assurances promulgué par la loi 92-24 du 09 mars 2002. L’article 58 nouveau de la loi n°
2002-37 impose aux entreprises d’assurance de constituer et de maintenir une marge de
solvabilité suffisante pour toutes leurs opérations.

1. Eléments constitutifs de la marge de solvabilité

Les éléments constitutifs de la marge de solvabilité sont les suivants :

a. Capital

La fraction versée du capital social est prise en compte dans sa totalité et la fraction non
versée pour moitié. De point de vue solvabilité, il parait inconcevable de prendre en compte
une partie du capital non libéré et, donc un capital non encore définitivement acquis à
l’entreprise, pour la détermination de la marge.

b. Les réserves et bénéfices reportés :

Il s’agit des bénéfices réalisés par l’entreprise d’assurance qui ne sont pas distribués aux
actionnaires ou aux adhérents. Ces réserves confèrent à l’entreprise une aisance financière la
permettant de financer ses investissements.

c. Les plus-values de réévaluation des éléments d’actifs :

Il s’agit des plus-values résultantes de la différence entre la valeur vénale et la valeur de bilan
des éléments d’actifs de l’entreprise. Cet élément ne peut être pris en compte dans le calcul de
la marge de solvabilité que lorsque deux conditions sont remplies :

 1ère condition : les engagements techniques sont totalement couverts par des
placements admis. Si ces derniers ne couvrent pas en totalité les engagements
techniques de la société une partie de ces plus-values vient compenser ce déficit. La
partie restante de cette plus-value est, donc, prise en compte pour la détermination de
la marge de solvabilité.

32
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

 2ème condition : l’autorité de contrôle compétente au niveau du ministère des


finances doit avoir accordée son accord. L’accord du ministère des finances concerne
d’une part l’admission de ces plus-values pour la couverture des provisions techniques
et d’autre part la prise en compte de ces plus-values pour la détermination de la marge
de solvabilité.

d. Autres éléments corporels :

Ils sont admis comme éléments de la marge de solvabilité qu’après accord du ministre chargé
des finances. Aucune définition n’a été donnée à cette rubrique.

e. Pertes et actifs incorporels :

Pour la détermination de la marge de solvabilité à constituer, ces éléments viennent en


déduction des éléments ci-dessus cités.

2. Montant minimal réglementaire de la marge de solvabilité :

Le minimum réglementaire de la marge de solvabilité est indexé sur le volume des activités de
l’entreprise d’assurance pour celle pratiquant l’activité non vie (primes et prestations) et le
montant des engagements souscrits, compte tenu du niveau des cessions en réassurance pour
les entreprises pratiquant l’assurance vie.

Les modalités de calcul de ce minimum sont mentionnées au niveau de l’article 58 bis du


code des assurances.

a. Entreprises d’assurances non vie

Le montant minimal réglementaire de la marge de solvabilité à retenir correspond au montant


le plus élevé en application des deux méthodes de calcul utilisées à partir respectivement des
primes et des sinistres : « …

 20% du total des primes émises et acceptées nettes d’impôts et d’annulations,


multipliée par le rapport existant entre les primes retenues et les primes émises et
acceptées nettes d’impôts et d’annulations sans que ce rapport puisse être inférieur à
50%,

33
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

 25% de la charge moyenne annuelle des sinistres des trois derniers exercices tant pour
les affaires directes que pour les acceptations en réassurances, multipliée par le rapport
existant, entre le montant des sinistres demeurant à la charge de l’entreprise après
cession et rétrocession et le montant des sinistres bruts des réassurances sans que ce
rapport puisse être inférieur à 50%.

Le montant de la charge de sinistres des trois derniers exercices est égal au total des
règlements au cours de cette période s’y ajoute les provisions pour sinistres à payer
constituées à la fin du dernier exercice après déduction des provisions pour sinistres à payer
constituées au début du premier exercice de cette période et les recours encaissés ».

 Critère «Primes»

L’assiette est constituée par les primes émises au cours de l’exercice concerné nettes
d’annulations et d’impôts. Ces primes sont brutes de réassurance (les primes cédées ne sont
pas déduites), elles couvrent les affaires directes et les acceptations en réassurances.

Ces primes sont multipliées par un coefficient qui rapporte les primes retenues par l’entreprise
au montant des primes émises brutes de réassurance nettes d’impôts et d’annulations.

Ce coefficient ne peut être inférieur à 50% c'est-à-dire si les entreprises d’assurances


retiennent moins de 50% des primes émises brutes de réassurance, leur rétention doit être
plafonnée à 50% pour le calcul du montant réglementaire de la marge.

 Critères «Sinistres »

L’assiette, pour ce critère, est la charge moyenne annuelle des sinistres des trois derniers
exercices (sept exercices pour les entreprises qui pratiquent, d’une façon principale,
l’assurance-crédit).

La charge des sinistres s’entend, au sens des dispositions de l’article 58 bis ci-dessous cité, les
prestations payées pendant la période en question indépendamment de la date de survenance
des sinistres correspondants s’y ajoute la variation de la PSAP entre la fin et le début de la
période le tout en brut de réassurance et en net des recours encaissés de la période en
question.

34
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

Pour ce critère le coefficient à prendre en compte est celui des sinistres. Ainsi la charge des
sinistres ci-dessous déterminée est multipliée par le rapport existant entre les prestations
demeurant à la charge de l’entreprise après cession et rétrocession et le montant des
prestations brutes de réassurance.

Ce rapport ne doit pas être inférieur à 50%. En d’autres termes si les réassureurs participent
pour plus de 50% au remboursement des sinistres, leur participation est plafonnée à 50%
pour le calcul du montant réglementaire de la marge.

b. Entreprises d’assurances vie et capitalisation :

Contrairement à la branche Non Vie consistant à comparer deux résultats, pour cette branche,
le montant minimal réglementaire correspond à sommer les montants obtenus en application
des deux méthodes prévues par l’article 58 bis/B : «…

 4% des provisions mathématiques multipliées par le rapport existant entre le montant


des provisions mathématiques net de cession en réassurance et le montant des
provisions mathématiques brutes de réassurance sans que ce rapport puisse être
inférieur à 85%,

 0,3% des capitaux sous risque multiplié par le rapport existant entre le montant des
capitaux sous risques net de cession et rétrocession en réassurance et le montant des
capitaux sous risque brut de réassurance sans que ce rapport puisse être
inférieur à 50%.

Les capitaux sous risques sont égaux aux capitaux assurés déduction faite de la provision
mathématique ».

Contrairement à l’assurance non vie, le calcul de la marge de solvabilité en assurance vie


repose sur l’addition des deux critères (provisions mathématiques et capitaux sous risques)
ceci revient au fait qu’en assurance sur la vie « les risques de sous tarification et de sous-
évaluation des provisions techniques étant plus limités qu’en assurance non vie »

35
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

c. Les entreprises d’assurance multi-branches :

Le montant minimal de la marge de solvabilité d’une entreprise pratiquant l’assurance non vie
et l’assurance vie et capitalisation est égal à la somme des deux montants minimal de marge
de solvabilité vie et non vie.

IV. LE REPORTING AU COMITE GENERAL DES ASSURANCES

Selon l’article 60 du code des assurances, les entreprises d’assurances doivent produire au
comité général des assurances au plus tard le 31 juillet de chaque année, le compte rendu
annuel de toutes leurs opérations avec les tableaux statistiques et les états annexes.

Le contenu de ce rapport est défini par l’arrêté du ministre des finances du 3 octobre 2005,
fixant les documents constitutifs du rapport annuel prévu par l’article 60 du code des
assurances.

Pour assurer le respect des dispositions du dit arrêté, d’une part et l’uniformité des données
fournies par ces entreprises d’autre part, le ministre des finances a mis en place un programme
informatique « ProLog_CGA DOCIN » retraçant les tableaux et définissant toutes les autres
données que les entreprises d’assurances doivent reproduire.

Alors, à partir des données fournies au niveau de ce document, l’autorité de contrôle juge de
la solvabilité de l’entreprise d’assurance.

Cet arrêté distingue deux types de documents :

 Documents publiables (A)

 Documents non publiables (B)

Les composantes et les éléments de ces documents sont exposés dans l’annexe n°2 du présent
document.

36
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

SECTION III. LES NORMES COMPTABLES TUNISIENNES RELATIVE AU SECTEUR DES


ASSURANCES

Les sociétés d’assurance en Tunisie sont régies par un cadre comptable spécifique et ce
depuis la promulgation des nouvelles normes comptables des entreprises d’assurance et de
réassurance par l’arrêté du ministre des finances du 26 Juin 2000 qui s’est inscrit dans le cadre
de la poursuite de la réforme globale du système comptable Tunisien. En effet, ces normes
sectorielles contenues dans l’arrêté du ministre des finances du 26 Juin 2000, traitent de la
présentation des états financiers, le contrôle interne et l’organisation comptable, les revenus,
les provisions techniques, les charges techniques, et les placements.

I. LE CADRE CONCEPTUEL

1. Définition :

Le cadre conceptuel de la comptabilité financière constitue la structure de référence théorique


qui sert de support et de guide à l'élaboration des normes comptables. Le cadre conceptuel est
un ensemble d'objectifs, de concepts fondamentaux et d'éléments qui entretiennent entre eux,
des liens de cohérence et de complémentarité18.

2. Les objectifs du cadre conceptuel

Le cadre conceptuel a pour objectif d’aider à :

 L’élaboration de normes cohérentes pouvant faciliter la production de données et


d’états financiers ;

 L’arbitrage en cas de divergences d’appréhension ou d’oppositions d’intérêts et la


recherche de solutions appropriées ;

 L’interprétation des états financiers ;

 La résolution des questions comptables n’ayant pas été traitée par les normes

18
Paragraphe 1 du cadre conceptuel de la comptabilité financière

37
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

Le cadre conceptuel permet essentiellement de :

 Expliquer les situations comptables

 Standardiser les concepts comptables

 Comprendre la logique comptable dans le but de la diffuser.

Le cadre conceptuel de la comptabilité concerne l’élaboration d’états financiers à caractère


général des entreprises économiques. Il peut également servir de référence aux autres
institutions.19

3. Les hypothèses de base et les conventions comptables :

Le cadre conceptuel de la comptabilité financière prévoit 2 hypothèses sous-jacentes et 12


conventions comptables.

Les hypothèses sous-jacentes et les conventions comptables découlent d’un environnement


économique, social et légal particulier et ils constituent une base pour l’élaboration des
normes comptables et la recherche de solutions appropriées aux problèmes posés.

Les hypothèses sous-jacentes sont :

 Hypothèse de la Continuité d'exploitation :

 Hypothèse de la Comptabilité d'engagement :

Les conventions comptables sont des règles concrètes qui guident la pratique comptable. Elles
sont développées par les pratiques en conformité avec les objectifs et les caractéristiques
qualitatives.

Les conventions comptables sont :

 Convention de l'entité ;

 Convention de l'unité monétaire ;

 Convention de la périodicité ;

19
Paragraphe 2 du cadre conceptuel de la comptabilité financière

38
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

 Convention du coût historique ;

 Convention de réalisation des revenus ;

 Convention de rattachement des charges aux produits ;

 Convention de l'objectivité ;

 Convention de la permanence de méthode ;

 Convention de l'information complète ;

 Convention de prudence ;

 Convention de l'importance relative ;

 Convention de la prééminence du fond sur la forme.

II. LES NORMES COMPTABLES

La promulgation des normes sectorielles de l’assurance et de la réassurance entre dans le


cadre de la poursuite de la réforme globale du système comptable tunisien qui a commencé
par la promulgation de la loi comptable n°96-112 du 30 décembre 1996. En effet, la date
d’entrée en application des normes sectorielles spécifiques au secteur d’assurance a été le 01
Janvier 2001.

Les normes comptables Tunisiennes spécifiques d’assurances sont au nombre de six et sont
détaillées comme suit :

 La Norme comptable N° 26 traite de la préparation des états financiers des entreprises


d’assurance et/ou de réassurance;

 La norme comptable N° 27 traite du contrôle interne et l’organisation comptable dans


les entreprises d’assurance et/ou de réassurance;

 La norme comptable N° 28 traite des revenus dans les sociétés d’assurance et/ou de
réassurance;

39
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

 La norme comptable N° 29 traite des provisions techniques dans les entreprises


d’assurances et/ou de réassurance;

 La norme comptable N°30 traite des charges techniques dans les entreprises
d’assurance et / ou de réassurance;

 La norme comptable N°31 traite des placements dans les entreprises d’assurance et /
ou de réassurance.

1. NCT 26 : Norme comptable relative à la présentation des états financiers

La norme NCT 26 traite de la présentation des états financiers dans les entreprises
d’assurance et de réassurance. Elle est applicable à toutes les entreprises d’assurance et de
réassurance soumises à la tenue et la publication de leurs états financiers en Tunisie.

a. Le bilan

L’actif du bilan d’une compagnie d’assurance tel que présenté à l’annexe 1 de la NCT 26 fait
apparaitre cinq grandes rubriques :

 Les actifs corporels et incorporels (détaillés par catégorie) ;

 Les placements (présentés par catégorie de placement) ;

 La part des réassureurs dans les provisions techniques (par type de provision) ;

 Les créances (détaillées par catégorie de créance) ;

 Les autres éléments d’actif (frais d’acquisition reportés, liquidités et comptes de


régularisation).

Les capitaux propres et les passifs se présentent comme suit :

 Les capitaux propres (y compris le résultat de l’exercice) ;

 Les autres passifs financiers (essentiellement les emprunts) ;

 Les provisions pour risques et charges ;

 Les provisions techniques brutes (par type de provision) ;

40
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

 Les dettes pour dépôts en espèces reçus des cessionnaires ;

 Les autres dettes (détaillées par catégorie de dette) ;

 Les autres passifs (comptes de régularisation et écarts de conversion).

Par une simple lecture du bilan, certains ratios peuvent être évalués dont principalement :
L’équilibre financier à long terne à travers une évaluation préliminaire du taux de couverture
des provisions techniques par des placements (les deux principales rubriques du bilan).

b. Les états de résultats

 L’état de résultat technique de l’assurance vie

Cet état dégage le résultat technique de l’assurance vie en faisant apparaître les produits et les
charges techniques, les produits et les charges de placements relatifs à l’activité "assurance
vie" de l’entreprise.

 L’état de résultat technique de l’assurance non vie

Cet état dégage le résultat technique de l’assurance non vie en faisant apparaître les produits
et les charges techniques relatifs à l’activité "assurance non vie" de l’entreprise. Les produits
et les charges de placements sont présentés en premier lieu au niveau de l’état de résultat puis
une fraction sera transférée à l’état de résultat technique de l’assurance non vie. Cette fraction
correspond au rapport entre les provisions techniques de l’assurance non vie d’une part et le
total des provisions techniques et des capitaux propres d’autre part multiplié par les produits
de placement nets des charges.

La présentation de ces états permet de renseigner sur les performances de l’entreprise dans
l’activité « vie », dans l’activité « non vie » et dans la gestion de ses placements.

Cette présentation permet aussi de dégager, par une simple lecture de ces états, la
performance de l’entreprise en brute de réassurance ainsi que le rendement et l’efficacité de
l’activité, de la politique et du plan de la réassurance (dans la colonne cessions et/ou
rétrocessions).

Par ailleurs, elle offre la possibilité de comparer la performance nette de réassurance de


l’exercice en cours avec l’exercice précédent. De plus, cette présentation permet de déceler

41
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

dans quelle mesure le résultat financier contribue-t-il dans la couverture du déficit technique
brut ou dans le renforcement du bénéfice technique brut

Il y a lieu de mettre l’accent aussi sur l’absence d’harmonie entre le cadre comptable et les
exigences prudentielles à certains niveaux, en effet : L’arrêté du ministre des finances du 27
février 2001, fixant la liste, le mode de calcul des provisions techniques et les conditions de
leur représentation, tel que modifié par l’arrêté du 28 mars 2005 a défini, dans son titre II, les
conditions de représentation des provisions techniques. Cet arrêté prévoit, pour la gestion des
actifs admis en représentation des provisions techniques, l’application du principe du
cantonnement. Ce principe consiste en une séparation totale des actifs admis en représentation
des provisions techniques en assurance vie et des actifs admis en représentation des provisions
techniques en assurance non-vie. Cette séparation concerne les opérations d’acquisition, de
cession des actifs ainsi que l’enregistrement des produits et des charges relatifs à ces actifs. La
classe 2 de la nomenclature comptable ne prévoit pas une répartition comptable des
placements entre ceux admis en représentation des provisions techniques en assurance vie et
ceux admis en représentation des provisions techniques en assurance non-vie. De plus, la
NCT 27 a prévu la répartition des produits des placements au prorata des provisions
techniques et des capitaux propres.

c. Le tableau des engagements reçus et donnés

Ces engagements représentent les droits et obligations dont les conséquences pécuniaires et
les effets sur le montant et la composition du patrimoine de l’entreprise sont subordonnés à la
réalisation de conditions ou d’opérations ultérieures. Nous citons à titre d’exemples les avals,
cautions et garanties de crédits donnés (aux assurés, aux tiers en guise de garantie de la bonne
fin d’une opération spécifiée…) ou les cautions reçues des intermédiaires d’assurances. Ce
tableau doit également fournir des informations sur les engagements des dirigeants, des
entreprises liées et des entreprises avec un lien de participation. Ainsi, le tableau des
engagements reçus et donnés, à travers la présentation des passifs éventuels, permettrait
d’atteindre l’objectif recherché visant l’exhaustivité de la présentation des passifs de
l’entreprise

42
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

d. L’état des flux de trésorerie

L’état des flux de trésorerie informe sur la manière avec laquelle l’entreprise a obtenu et
dépensé des liquidités à travers ses activités d’exploitation, de financement et
d’investissement. Il fournit aussi des informations sur la capacité de l’entreprise à générer des
flux de trésorerie positifs, à honorer ses engagements, à distribuer des dividendes et à couvrir
ses besoins de financement internes. La présentation des flux de trésorerie liés à l’exploitation
doit tenir compte de la spécificité de l’activité, à cet effet il y a lieu de présenter :

 Les encaissements des primes reçues (en distinguant entre affaires directes et
acceptations);

 Les règlements de sinistres (en distinguant entre affaires directes et acceptations) ;

 Les décaissements de primes, les encaissements de sinistres et les commissions reçues


des réassureurs ;

 Les commissions versées sur les acceptations et les commissions versées aux
intermédiaires ;

 Les variations des dépôts auprès des cédantes et des espèces reçus des cessionnaires.

e. Les notes aux états financiers

Les spécificités de l’activité de l’assurance font que les notes aux états financiers soient d’une
importance capitale pour la compréhension des comptes publiés. A cet effet, le normalisateur
a imposé la structure et le contenu de ces notes dans la NCT 26 relative à la présentation des
états financiers comme suit :

- Présentation de l’entreprise, de ses opérations et de ses activités ;

- Faits marquants de l’exercice ;

- Principes et méthodes comptables ;

- Notes sur les rubriques du bilan ;

- Notes sur les rubriques des états de résultats ;

43
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

- Notes sur le tableau des engagements reçus et donnés ;

- Notes sur l’état des flux de trésorerie ;

- Notes complémentaires.

Par ailleurs, chaque norme comptable renseigne sur les informations à fournir dans les notes
aux états financiers.

2. NCT 27 : Le contrôle interne et l’organisation comptable dans les entreprises


d’assurance et / ou de réassurance

Selon le premier paragraphe de la norme comptable NCT27, La norme comptable générale


NC 01 définit les règles générales relatives au contrôle interne et à l'organisation comptable
des entreprises. Ces règles s'appliquent à l'ensemble des entreprises compte non tenu de la
nature particulière de leurs activités.

Les activités d'assurance et de réassurance et leur environnement sont caractérisés par la


nature particulière :

 Du cycle d'exploitation,

 De la complexité croissante des activités et des risques spécifiques liés aux opérations
réalisées,

 De la délégation et du partenariat en ce qui concerne la réalisation des produits et


l'engagement des charges,

 Du recours généralisé à des moyens informatiques pour le traitement des opérations,

 De l'incidence de la législation et des règles édictées par les autorités de contrôle,

 Du développement permanent des nouveaux produits et des nouvelles pratiques dans


le secteur.

L'ensemble de ces particularités nécessite une adéquate adaptation du système de contrôle


interne et de l'organisation comptable des entreprises d'assurance et/ou de réassurance.

44
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

Donc c’est la norme NCT27 qui a pour objectif de prescrire les règles spécifiques relatives au
contrôle interne et à l'organisation comptable des entreprises d'assurance et/ou de
réassurance.

3. Les normes comptables techniques

Les règles de prise en compte, d’évaluation et de présentation des opérations spécifiques


réalisées par les compagnies d’assurances (souscription, émission, annulation, cession,
règlement sinistre, provision…) ont fait l’objet de quatre normes comptables techniques
relatives aux revenus, charges techniques, provisions techniques et placements dans les
entreprises d’assurances et/ou de réassurance.

Ces normes ont été conçues pour pallier aux insuffisances des normes thématiques et
permettre aux compagnies d’assurances tunisiennes de traiter leurs opérations techniques
particulières conformément aux règles de prise en compte, d’évaluation et de présentation
prévues par le cadre conceptuel de la comptabilité financière.

La norme 28 et la norme 30 ont introduit la définition des principales notions de revenus et


des charges dans les entreprises d’assurance et/ou de réassurance : tels que

- Revenus : les primes, les ristournes, les annulations, les primes émises, les primes
acquises et non émises, les frais d'acquisition reportés,…etc.

- Charges : les sinistres, les rachats, les capitaux décès, les Capitaux et arrérages échus
et la Participation aux bénéfices et ristournes.

En outre elle a présenté les règles de prise en compte et d’évaluation de ces revenus et
charges.

La norme 29 a introduit la définition des principales notions de provisions dans les entreprises
d’assurance et/ou de réassurance : tels que la provision pour sinistres à payer, la provision
pour primes non acquises, la provision mathématique, la provision pour participation aux
bénéfices, la provision pour égalisation. Elle a présenté aussi les règles de prise en compte et
d’évaluation de ces provisions.

Enfin, la norme 31 a présenté les définitions, règles de prise en compte et règles d’évaluation
des placements des entreprises d’assurance et / ou réassurance. En plus, elle définit les règles

45
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

d’évaluation en date d’arrêté. En fait, les placements réalisés par une entreprise d'assurance
et/ou de réassurance sont réputés être des placements à long terme. Le classement d'une partie
de ceux-ci en placements à court terme doit être dûment justifié dans les notes aux états
financiers.

Le principe général du coût historique doit être respecté, sauf pour le cas particulier des
placements représentatifs des contrats en unités de compte qui doivent être présentés en valeur
de marché.

CONCLUSION PREMIER CHAPITRE

Les entreprises d’assurance Tunisiennes adoptent jusqu’à maintenant un cadre prudentiel


s’inspirant de la directive Solvabilité 1. En effet, ce cadre s’avère relativement efficace dans
le sens où il a contribué à affronter des défaillances imprévues de certaines entreprises, mais il
présente des limites détaillées comme suit :

- Manque de sensibilité au risque : le système de solvabilité national ne couvre pas tous les
risques d’assurance, alors qu’un certain nombre de risques fondamentaux, que les
assureurs auront à supporter dans l’avenir, notamment le risque de marché (la perte de
valeur des investissements de l’assureur, par exemple), le risque de crédit (titres de
créance non honorés, par exemple) et le risque opérationnel (malversation, ou défaillance
de système, par exemple), ne sont pas adéquatement pris en compte dans le cadre de notre
régime de mesure de la solvabilité des entreprises d’assurances tunisiennes.

- Limitation de la méthode de calcul de la marge de solvabilité: La méthode de calcul de la


marge de solvabilité repose sur des méthodes standardisées (les taux à appliquer sont
relativement forfaitaires).Ces méthodes peuvent se révéler inadaptées à certaines
entreprises. Donc une méthode se basant sur les analyses internes de l’entreprise peut se
révéler plus adaptée à la situation de chaque entreprise.

- Limite des outils de surveillance prudentielle: actuellement aucune information


prudentielle ne devrait être obligatoirement publiée par les entreprises d’assurance. Par
ailleurs, en exerçant leur mission de surveillance, l’autorité de contrôle utilise les
informations demandées conformément à l’arrêté du Ministre des Finances de 03 octobre
2005, accompagné du CD portant « ProLog_CGA DOCIN ». Ces informations ne
peuvent pas, toujours, être fournies par les systèmes d’informations de plusieurs
entreprises.

46
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE

Le Comité Général des Assurances ne dispose pas de pouvoir de sanction, ce dernier ne peut
prendre aucune mesure de sanction de son plein gré ; les infractions à la législation régissant
le secteur sont prises par le Ministre des Finances après avis de la Commission Consultative
des Assurances.

Ainsi, il est à noter que l’entrée en vigueur en 2016, de la réforme Solvabilité 2 dans l’Union
Européenne va engendrer un écart entre les deux systèmes prudentiels celui national et
international.

47
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE


ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE REASSURANCE
TUNISIENNE

48
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Introduction 2éme chapitre

La directive Solvabilité 2, oblige les assureurs de publier une masse importante


d’informations tant à destination du public que des autorités de surveillance du secteur, sur
une base trimestrielle et annuelle, et dans un calendrier plus ambitieux que celui Solvabilité 1.
Les obligations en matière de reporting seront applicables à toutes les entités et groupes
d’assurance réglementés au sein de l’Union européenne, avec des jeux de rapports distincts
selon qu’ils s’adressent à des entités d’assurances autonomes (« solo ») ou aux groupes dont
elles font partie.

La mise en œuvre du pilier 3 est un chantier important pour une entreprise d’assurance
tunisienne. En effet, cette mise en œuvre va impacter plusieurs structures dans l’entreprise ;
non seulement celle financière et de Reporting. Aussi elle est génératrice des charges
importantes liées essentiellement à la formation du personnel, au changement du système
d’information, à la mise en place de nouvelles structures telles que l’actuariat et la gestion
des risques.

Pour cela nous allons présenter dans une :

Première section: Les Objectifs, les principaux acteurs, le champ d’application et les
principes généraux de la réforme solvabilité2 ;

Deuxième section: Les fondements de la communication financière sous Solvabilité2 ;

Troisième section: Les impacts de la mise en place du pilier 3 par une entreprise d’assurance
tunisienne.

SECTION I. OBJECTIFS, CHAMP D’APPLICATION, PRINCIPAUX ACTEURS ET LES


PRINCIPES GENERAUX DE LA REFORME SOLVABILITE 2

I. OBJECTIFS

Les objectifs de Solvabilité 2 sont les suivants:

- Renforcer l’intégration du marché européen de l’assurance, ce qui permettra aussi


d’améliorer les performances de l’économie sur le long terme, par l’harmonisation
des règles applicables et des pratiques de supervision dans les Etats membres ;

49
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

- Améliorer la protection des preneurs d’assurance et des ayants droit en instaurant


un système tenant compte aussi bien des aspects quantitatifs que qualitatifs du
risque ;

- Renforcer la compétitivité des assureurs et des réassureurs européens au niveau


international en tenant compte des développements des marchés financiers, des
techniques de gestion du risque, des normes prudentielles et des normes comptables
sur le plan international et;

- Promouvoir une meilleure réglementation du secteur par l’application d’un régime


de solvabilité plus clair, plus accessible, et plus harmonisé dans tous les Etats
membres.

A partir de ces grands objectifs qualifiés de politiques, le nouveau régime prudentiel


permettra donc de :

 Assurer un équilibre .entre la protection des assurés et le coût du capital pour les
assureurs, donc favoriser une approche fondée sur le profil de risque particulier de
l’entreprise d’assurance.

 Favoriser une bonne gestion des risques et responsabiliser les assureurs en leur
donnant plus de liberté.

II. CHAMP D’APPLICATION

L’article 3 de la directive stipule que, « Solvabilité 2 s’applique aux entités d’assurance et de


réassurance qui exercent au sein de l’Union Européenne et qui y sont établies ou désirent s’y
établir et aux succursales dans l’Union de groupes ou entités établies hors de l’Union
européenne. Elle définit les diverses «branches» d’activités qui sont concernées, en Vie et en
Non-Vie ».

L’article 4 de la même directive liste les sociétés hors champ d’application de ses
dispositions. En fait, cette directive ne s'applique pas à l'entreprise d'assurance qui remplit
toutes les conditions suivantes:

i. l'encaissement annuel de primes brutes émises par l'entreprise n'excède pas 5 M.EUR;

50
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

ii. le total des provisions techniques de l'entreprise, déduction non faite des créances
découlant des contrats de réassurance et des véhicules de titrisation, visées à l'article
76, n'excède pas 25 M.EUR;

iii. lorsque l'entreprise appartient à un groupe, le total des provisions techniques du


groupe, déduction non faite des créances découlant des contrats de réassurance et des
véhicules de titrisation, n'excède pas 25 M.EUR;

iv. l'activité de l'entreprise ne comporte pas d'activités d'assurance ou de réassurance


couvrant les risques de responsabilité civile, de crédit et de caution, sauf si ceux-ci
constituent des risques accessoires au sens de l'article 16, paragraphe 1;

v. l'activité de l'entreprise ne comporte pas d'opérations de réassurance qui soit excèdent


500 K.EUR d'encaissement de primes brutes émises ou 2,5 M.EUR de provisions
techniques, déduction non faite des créances découlant des contrats de réassurance et
des véhicules de titrisation, soit représentent plus de 10 % de son encaissement de
primes brutes émises ou de ses provisions techniques, déduction non faite des créances
découlant des contrats de réassurance et des véhicules de titrisation.

Si un des montants ci-dessus énoncés est dépassé pendant trois années consécutives, la
présente directive s'applique à partir de la quatrième année.

III. LES PRINCIPAUX ACTEURS DE SOLVABILITE 2 20:

Les principaux acteurs ayant travaillé sur la directive Solvabilité 2 sont les suivants :

- La commission Européenne : elle a pour objectifs de piloter le projet, rédiger la


directive et de définir l’application, elle consulte l’EIOPA sur les avis et les positions
techniques.

- Le CEIOPS devenu EIOPA (European Insurance and Occupational Pensions


Authority) : regroupe les représentants des autorités de contrôle des Etats membres
de l’Union Européenne. La commission Européenne peut saisir l’EIOPA pour

20
LOVATO EP MOREAU MARYLINE : les incidences de la mise en œuvre de Solvabilité II sur la mission
d’audit du commissaire aux comptes de mutuelles relevant du Livre II du code de la mutualité : adaptation de
l’approche d’audit et des diligences

51
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

demander des avis techniques .Les Etats membres de l’Union Européenne sont
représentés par :

 Ministères : sous-comité «Solvabilité» ou «Groupe de travail de la Commission»;

 Autorités de contrôle via le CECAPP (Comité Européen des Contrôleurs d’Assurance et


des Pensions Professionnelles). En anglais: CEIOPS (Committee of European Insurance
and Occupational Pensions Supervisors). Leur Rôle est de préparer les réponses à la
Commission.

- L’ACP (Autorité de Contrôle Prudentiel) : l’autorité de contrôle prudentiel a un


rôle élargi à travers Solvabilité 2. En effet, elle joue le rôle de conseil et de formateur
puisqu’elle organise des conférences sur la mise en place de Solvabilité 2. Son pouvoir
s’étendra même à une exigence éventuelle de fonds propres supplémentaires si elle
considère que la société d’assurance ne répond pas aux critères de Solvabilité 2.

IV. LES PRINCIPES GENERAUX DE LA REFORME SOLVABILITE 2 :

1. Principe de proportionnalité

Selon les dispositions de l’article 29 de la directive Solvabilité 2 « Les Etats membres


veillent à ce que les exigences énoncés dans la présente directive soient appliqués d’une façon
proportionnelle, eu égard à la nature, à l’ampleur et à la complexité des risques inhérents à
l’entreprise d’assurance ou de réassurance ».

Cela signifie que la transposition de la directive doit faire l’objet d’une application au plus
juste en intégrant les besoins et contraintes de l’entreprise. L’objectif est de ne pas surcharger
la structure en matière de conformité réglementaire.21

2. Les trois piliers de la réforme Solvabilité 2

Pilier 1 : Les nouvelles exigences quantitatives

Les exigences quantitatives définit dans le cadre du pilier 1 de Solvabilité 2 sont les
suivantes : les exigences de capital, les provisions techniques et les actifs éligibles pour les

21
https://www.insurancespeaker-wavestone.com/2014/09/proportionnalite-dans-solvabilite-2/

52
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

couvrir. Ces règles s’appuient sur un référentiel bien différent de celui de solvabilité 1. Le
principe de base devient l’évaluation à la juste valeur et le principe de prudence disparaît
dans l’évaluation des actifs.

- Les provisions techniques:

Une plus grande harmonisation en matière de provisions techniques constitue la pierre


angulaire du nouveau régime de solvabilité. Les provisions techniques sont constituées
pour que l’entreprise puisse honorer ses engagements d’assurance ou de réassurance envers
les assurés et les souscripteurs, compte tenu des charges d’exploitation.

Sous Solvabilité 2, les provisions techniques doivent répondre à trois critères


fondamentaux : il faut qu’elles soient prudentes, fiables et objectives. Cette position est
également conforme aux travaux menés au niveau international par l’IAIS.

Les provisions techniques doivent également permettre les comparaisons entre assureurs.

Elles se décomposent en un «Best Estimate» auquel s’ajoute une marge de risque.

Le « Best Estimate » représente l’espérance des cash flows futurs. En effet, pour le calcul
du best estimate l’entreprise d’assurance devra prendre en considération les flux de sortie
(paiement des sinistres, frais liés aux contrats) ainsi que les entrées de trésorerie (primes à
recevoir, récupération, recours…) cette valeur est estimée sur la base de la courbe des taux
sans risque, sur la base d’informations actuelles crédibles et d’hypothèses réalistes.
D’ailleurs, l’entreprise d’assurance devra analyser et documenter les dénouements de ces
provisions. Enfin pour calculer ses provisions l’entreprise devra segmenter ses
engagements en groupe de risque homogènes.

En complément du Best Estimate il est calculé une marge de risque afin de garantir que la
valeur des provisions techniques est équivalente au montant que les entreprises
demanderaient pour reprendre et honorer les engagements d’assurance et de réassurance.

La marge de risque couvre les risques liés à l’écoulement des passifs sur la totalité de leur
durée. Elle devrait être déterminée de manière à permettre le transfert ou la liquidation des
engagements d’assurance ou de réassurance.

53
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Cette approche protège les droits des assurés et tient compte de l’incertitude liée à
l’évaluation du « Best Estimate ».

- Les exigences de fonds propres : MCR, SCR

L’un des changements majeurs de la directive Solvabilité 2 est le remplacement de la marge


de Solvabilité par deux exigences quantitatives de fonds propres :

 Le Capital de Solvabilité Requis (Solvency Capital Requirement : SCR)

 Le Minimum de Capital Requis (Minimum Capital Requirement : MCR)

Les besoins en fonds propres représentent le capital éligible de la compagnie d’assurance. Ce


capital est décomposé en tiers en fonction de leur capacité à absorber les pertes. La couverture
du besoin en solvabilité se fait alors selon des règles différentes selon qu’il s’agisse du MCR
ou SCR :

 Le MCR est couvert par des fonds propres de base qui peuvent être du rang 1 et 2 avec
un minimum de 80% du tiers 1 ;

 Le SCR est couvert par des fonds propres de rang 1, 2 et 3 avec un minimum de 50%
du tiers 1 et un maximum de 15% du tiers 3

Cette couverture correspond, comme dans Solvabilité 1, à un matelas de sécurité constitué de


fonds propres permettant de faire face à tout imprévu pouvant mettre en danger la solvabilité
de l’entreprise : aléas de sinistralité, erreur,…etc.

En fait, le processus de détermination des fonds éligibles pour couvrir l’exigence en capital se
décompose en trois étapes : La première étape consistera à identifier les éléments de fonds
propres disponibles, la deuxième étape consistera à classer ces fonds propres par niveau en
fonction de leur capacité d’absorption des pertes (il existe trois niveaux, le niveau 1
correspondant au niveau le plus élevé). Puis dans une troisième étape, il conviendra de
s’assurer que les fonds propres, en fonction de leur niveau, couvrent bien l’exigence de
capital. Les éléments de niveau 2 et 3 ne permettant pas une absorption totale de toutes les
pertes, leur utilisation est donc limitée.

54
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

En effet, le Capital de Solvabilité Requis (SCR) peut être défini comme le capital qu’un
assureur doit détenir afin de maintenir la solvabilité de l’entreprise en cas de survenance
d’un risque majeur. Le niveau de fonds propres doit être supérieur au SCR, pour que la
probabilité de ruine de l’entreprise soit inférieure à 0.5% à l’horizon d’un an.

Le SCR doit être calculé au moins une fois par an et devra faire l’objet d’un suivi continu par
la société d’assurance. Il pourra être calculé selon 2 méthodes soit en utilisant une formule
standard soit le modèle interne.

 Formule standard : le SCR est la somme du capital de solvabilité requis de base,


de l’exigence de capital pour risque opérationnel et de l’ajustement pour capacité
d’absorption des pertes.

 Le SCR de base : est calculé comme l’agrégation des besoins en capital de chacun
des modules de risques, (le risque de souscription non vie, le risque de souscription
vie, le risque de souscription en santé, le risque de marché, le risque de défaut de
contrepartie, le risque opérationnel) avec une matrice de corrélation.

 Le risque de souscription non vie 22: reflète le risque découlant des engagements
d’assurance non vie.

 Le risque de souscription vie 23: reflète le risque découlant des engagements


d’assurance vie.

 Le risque de souscription en santé24 : reflète le risque découlant de la souscription


d’engagements d’assurance santé.

 Le risque de marché25 : reflète le risque lié au niveau ou à la volatilité de la valeur de


marché des instruments financiers ayant un impact sur la valeur des actifs et des
passifs de l’entreprise concernée.

 Le risque de défaut de contrepartie : c’est le risque de défaillance de débiteur dû à sa


mauvaise volonté d’honorer ses dettes ou à une incapacité technique.

22
Marie- Laure Dreyfuss « les grands principes de Solvabilité 2 » 2éme édition l’argus de l’assurance pag
23
Marie- Laure Dreyfuss « les grands principes de Solvabilité 2 » 2éme édition l’argus de l’assurance page 85
24
Marie- Laure Dreyfuss « les grands principes de Solvabilité 2 » 2éme édition l’argus de l’assurance page 86
25
Marie- Laure Dreyfuss « les grands principes de Solvabilité 2 » 2éme édition l’argus de l’assurance page 89

55
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

 Le risque opérationnel : englobe notamment les risques liés, à :

- Des procédures internes défaillantes ou inadéquates ;

- Des erreurs ou fautes du fait de l’homme comme les négligences ou les fraudes ;

- Des événements extérieurs tels que les incendies ou les inondations

- Les risques juridiques.

 Exigence de capital pour risque opérationnel : la formule standard de calcul du SCR


intègre un besoin en capital relatif au risque opérationnel. Cette exigence est prévue
par l’article 107 qui précise que « l’exigence de capital pour risque opérationnel reflète
les risques opérationnels, dans la mesure où ceux-ci ne sont pas déjà pris en
considération » dans les autres modules du SCR.26

 L’ajustement pour capacité d’absorption des pertes 27: reflète la compensation


potentielle de pertes non anticipées par une baisse simultanée soit des provisions
techniques soit des impôts différés ou d’une combinaison des deux.

L’ajustement au titre de la capacité d’absorption des pertes des provisions techniques et des
impôts différés représente donc la compensation de pertes imprévues que peut permettre une
réduction des provisions techniques ou des impôts différés

 Le modèle interne : se définit comme étant des applications particulières de modèles


mathématiques plus généraux. Il peut s’agir de simples calculs standardisés ou de modèle
économétrique très complexe. Ce modèle permet aux assureurs en tenant compte des
risques inhérents à leurs activités, de déterminer des niveaux de besoin en capitaux
appropriés et de prendre de bonne décision de gestion28.

En cas de constatation de non-conformité du capital de solvabilité requis SCR, l’entreprise


dispose de deux mois à compter de la constatation pour soumettre un programme de
rétablissement réaliste à l’approbation de l’autorité de contrôle. Le SCR doit être recouvert
dans un délai de six mois.

26
Marie- Laure Dreyfuss « les grands principes de Solvabilité 2 » 2éme édition l’argus de l’assurance page 91
27
Marie- Laure Dreyfuss « les grands principes de Solvabilité 2 » 2éme édition l’argus de l’assurance page 93
28
Eva BENROS « Solvabilité II : calibrage MCR/SCR dans le contexte QIS4 »

56
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Par ailleurs, le Minimum de Capital Requis (MCR) peut être défini comme le seuil de fonds
propres en dessous duquel une compagnie s’expose à une intervention des Autorités de
Contrôle ainsi qu’au retrait de l’agrément si une recapitalisation n’est pas effectuée dans les
quatre mois. En dessous de ce seuil, la poursuite de l’activité de l’assureur est jugée
inacceptable pour les preneurs et bénéficiaires de contrats.

Le MCR doit être calculé trimestriellement et non annuellement comme le SCR. Il est calculé
à partir d’une fonction linéaire d’un ensemble de variables (provisions techniques, primes
souscrites, capital sous risque). En cas de constatation de non-conformité du minimum de
capital requis, l’entreprise dispose d’un mois à compter de la constatation pour présenter un
plan de financement réaliste. Le MCR doit être recouvert dans un délai de trois mois, sinon
l'agrément est retiré.

Pilier 2: les exigences qualitatives

Le deuxième pilier fixe des normes qualitatives de surveillance. Il est consacré aux règles de
contrôle interne, de gestion des risques et à leur application par l’autorité de contrôle. Il vise à
renforcer la gouvernance des entreprises d’assurance et de réassurance et à renforcer le rôle
du superviseur.

 La gestion des risques:

Le nouveau régime prudentiel exige des entreprises d’assurance une évaluation interne de
leurs risques. Cette évaluation devra notamment permettre:

- D’ajuster l’adéquation entre les fonds propres de l’entreprise et les exigences de


capital calculées dans le cadre du pilier1;

- D’identifier les mesures de risques dans le modèle interne ou dans la formule standard
qui s’écartent sensiblement de la réalité;

- De prendre en compte dans le profil de risque de l’entreprise sa stratégie commerciale


et financière.

57
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Pour l’évaluation de leurs risques et de leurs besoins en fonds propres, les entreprises seront
ainsi tenues de prévoir:

- Une méthodologie de contrôle;

- Des procédures de contrôles documentées;

 La gouvernance:

Le nouveau régime prudentiel définit de manière assez précise un certain nombre de règles
concernant la gouvernance applicable aux entreprises d’assurance.Dès les premiers travaux
préparatoires sur Solvabilité 2, les exigences relatives à la gouvernance étaient déjà très
présentes. Les Etats membres devaient avoir la possibilité d’exiger de toutes les entreprises
d’assurance et de réassurance qu’elles mettent en place un système de gouvernance efficace,
qui garantisse une gestion saine et prudente de l’activité.

Le système de gouvernance efficace doit prévoir une structure organisationnelle adéquate,


avec une répartition claire et une séparation appropriée des responsabilités.

Le système de gouvernance tel que défini dans Solvabilité 2 comprend quatre fonctions:

- La fonction de gestion des risques;

- La fonction de vérification de la conformité;

- La fonction d’audit interne;

- La fonction actuarielle.

 Les activités de contrôle

Dans Solvabilité 2, le champ d’application de la supervision s’étend au-delà du processus


d’évaluation prudentielle tel que défini dans le cadre de Bâle 2 29. En effet, la directive prévoit
l’harmonisation des méthodes, instruments et compétences en matière de supervision
prudentielle entre les différentes autorités de supervision européennes.

Les activités de supervision supposent également comprendre une coopération entre les
superviseurs.

29
Dispositif prudentiel destiné à mieux appréhender les risques bancaires

58
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Le pilier 3: Devoir de transparence vis-à-vis du public et des autorités de contrôle

Le pilier 3 exige des obligations de reporting et de communication qui sont bien plus
fortes que sous Solvabilité1. Le cadre est même élargi par rapport à Bâle 2. En effet, dans
le cadre de Bâle 2, les exigences du troisième pilier concernent uniquement les
informations diffusées auprès du public et les informations prudentielles ne sont
harmonisées que dans une mesure limitée.

 Le Reporting au superviseur

La communication d’informations harmonisées de la part des entreprises d’assurance à


leurs superviseurs est un des éléments fondamentaux de Solvabilité 2.

 La communication vers le public

Le troisième pilier prévoit également la communication d’informations destinées au public.

Sous le nouveau régime prudentiel, la transparence vis-à-vis du public et la communication


d’informations par les entreprises d’assurance et de réassurance sont prévues afin de
renforcer les mécanismes de marché et la discipline au sein du secteur.

Le considérant 38 de la directive Solvabilité 2 précise en effet:« Afin de garantir une


transparence, les entreprises d'assurance et de réassurance devraient publier, c'est-à-dire
rendre accessible au public, gratuitement, sous forme imprimée ou électronique, au moins
une fois par an les informations essentielles concernant leur solvabilité et leur situation
financière».

Figure 1. L’architecture de la directive Solvabilité 2

Pilier 1 Pilier 2 Pilier 3


Règles de calcul de la Autorité de contrôle et Discipline de
solvabilité système de gouvernance marché

Evaluation
Provisions Informations à
des actifs et Risk management
techniques destination du public
passifs

Informations aux
Fonds propres SCR Système de gouvernance
fins de contrôle

Règles
MCR
investissement

59
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

SECTION II. LES FONDEMENTS DE LA COMMUNICATION FINANCIERE SOUS


SOLVABILITE 2

La mise en œuvre du reporting réglementaire Solvabilité 2 va engendrer l’obligation de


produire une masse importante d’informations. En effet, ces exigences en matière de reporting
sont de deux types narratifs et quantitatifs et doivent à la fois être transmises aux régulateurs
et au public. Le nouveau cadre prudentiel a exigé un nouveau format de transmission des
états quantitatifs « XBRL » et des délais de remise des états quantitatifs annuels et
trimestriels.

I. LES PRINCIPES FONDAMENTAUX DU REPORTING PRUDENTIEL SOLVABILITE2

1. Des informations obligatoires

Selon les dispositions de l’article 35 de la directive Solvabilité 2: «Les États membres exigent
des entreprises d'assurance et de réassurance qu'elles fournissent aux autorités de contrôle
les informations nécessaires aux fins du contrôle».

Les entreprises devront donc transmettre à leur autorité de contrôle, aux fins du contrôle, au
minimum les informations nécessaires pour évaluer: leur système de gouvernance, leurs
activités, les principes d’évaluation utilisés pour mesurer leur solvabilité, les risques auxquels
elles sont exposées, les systèmes de gestion des risques mis en place, la structure de leur
capital, leurs besoins en capital et la gestion de leur capital.

2. Les nouveaux délais de remise du reporting

Le nouveau cadre prudentiel Solvabilité 2 a prévu des délais de remise différents selon qu’il
s’agit d’un groupe ou d’une entreprise « Solo » (c’à d individuelle). Les autorités européennes
ont également prévu un régime transitoire et un régime définitif.

a. Les délais dans la période transitoire

La période transitoire est prévue pour durer trois ans à compter de l’entrée en vigueur de
Solvabilité 2, et les délais seront chaque année raccourcis.

60
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Pour les groupes :

La première année, le groupe devra remettre :

- Un reporting annuel complet « groupe » dans un délai de 26 semaines après la clôture


de son exercice comptable ;

- Des reporting trimestriels « groupe » dans un délai de 14 semaines après la clôture du


trimestre concerné.

Pour les entreprises « Solo »

La première année, l’entreprise «solo» devra remettre :

- Un reporting annuel complet dans un délai de 20 semaines après la clôture de son


exercice comptable ;

- Un reporting trimestriel dans un délai de 8 semaines après la clôture du trimestre


concerné.

Ces délais seront ensuite progressivement diminués de deux semaines par an pour le reporting
annuel, et d’une semaine par an pour les états trimestriels sur les deux années suivantes, pour
aboutir aux délais dits définitifs lors de la quatrième année.

b. Les délais en régime permanent :

Après, la période transitoire de trois ans, les délais seront les suivants :

Pour les groupes:

- Le reporting annuel sera à remettre dans un délai de 20 semaines après la clôture de


l’exercice comptable.

- Le reporting trimestriel sera à remettre dans un délai de 11 semaines après la fin du


trimestre.

61
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Pour les entreprises «Solo»

- Le reporting annuel sera à remettre dans un délai de 14 semaines après la clôture de


l’exercice comptable.

- Le reporting trimestriel sera à remettre dans un délai de 5 semaines après la fin du


trimestre.

3. Le nouveau format de transmission du reporting

La transmission des données entre les entreprises d’assurance et/ou de réassurance et les
superviseurs nationaux, soit l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) pour la France, se fera
sous format « XBRL » (eXtensible Business Reporting Language). Cette décision a été prise
par l’EIOPA et s’appliquera à l’ensemble des pays européens.

Le langage « XBRL » est un langage informatique qui permet de structurer et de quantifier


les informations qu’il véhicule. Une de ses principales caractéristiques réside dans sa capacité
à fiabiliser la transmission de l’information financière.

II. LES ETATS QUANTITATIFS DU PILIER 3 :

1. Le bilan prudentiel (Annexe 3)

La réforme Solvabilité 2, impose la constitution d’un bilan présenté sous un nouveau


référentiel. On parle du bilan prudentiel (BS-C1). Il constitue un des éléments central du
nouveau cadre prudentiel pour deux raisons:

- La première raison : parce que c’est de ce bilan que découlera l’actif net, représentatif
des fonds propres disponibles, qui seront comparés à l’exigence de capital. Il sera donc
l’élément central pour calculer le numérateur du ratio de couverture de solvabilité.

- La deuxième raison : parce qu’il fournira à l’instant « t » la valeur économique de la


société et que c’est ce bilan qui sera ensuite soumis à des chocs (« stressé ») pour
déterminer l’exigence de capital. Il sera donc l’élément central pour calculer le
dénominateur du ratio de couverture de solvabilité.

62
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Ainsi, ce nouveau bilan prudentiel sera pris en compte dans les stratégies et orientations de la
société.

La valorisation des éléments du bilan prudentiel est effectuée à partir d’une valeur
économique. Selon l’article 75 de la directive (2009/138/CE) «Les Etats membres veillent à
ce que, sauf indication contraire, les entreprises d’assurance et de réassurance valorisent
leurs actifs et leurs passifs comme suit :

- Les actifs sont valorisés au montant pour lequel ils pourraient être échangés dans le
cadre d’une transaction conclue, dans des conditions de concurrence normales, entre
des parties informés et consentantes ;

- Les passifs sont valorisés au montant pour lequel ils pourraient être transférés ou
réglés dans le cadre d’une transaction conclue, dans des conditions de concurrence
normales, entre des parties informés et consentantes ».

En effet, la directive n°2009/138/CE introduit les normes d’évaluation des passifs et actifs des
sociétés d’assurance; ils devront être évalués selon le principe de la « juste valeur » ou « fair
value», c’est-à dire selon la valeur de marché.

2. Les annexes au bilan prudentiel

En complément du bilan prudentiel, les entreprises d’assurances devront établir des états
quantitatifs suivants:

 Bilan BS

 Primes, Sinistres et frais COVER

 Activité par pays COUNTRY

 Fonds propres FP

 Analyse de la variation des fonds propres VA

 Actifs Assets

 Provisions techniques TP

 Besoins en capital SCR & MCR

 Réassurance RE

63
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Figure 2. Liste des états quantitatifs (QRT)

Source Infotech 21 : Pilier 3 un nouveau reporting à s’approprier. Actuaris.com

Les états quantitatifs Bilan BS: sont composés :

- Bilan prudentiel qui est la pièce maîtresse du dispositif Solvabilité 2. (voir II-1)

- Un tableur permettant de recenser les éléments hors bilan pouvant en cas de réalisation
affecter la situation financière de l’entreprise. Il conviendra de recenser les garanties
financières reçues (exemple lettre de crédit, …), les titres donnés et reçus en garantis, avec
une indication des valeurs de réalisation des titres et des valeurs des actifs et des passifs sous
garantie, et une présentation des actifs et des passifs contingents non enregistré au bilan.

- Un tableur est également prévu pour présenter les expositions par pays avec une présentation
pour les postes du bilan des valeurs en devise de référence, ce qui permettra d’identifier les
éventuels déséquilibre actifs/ passifs en devise.

- Un autre tableur (Activité par pays COUNTRY) retraçant les activités transfrontalières
pratiquées par l’organisme à travers les primes, prestations et commissions par pays.

64
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

- Les états de restitution sur les fonds propres, et des variations de fonds propres,
présentent une analyse de la composition des fonds propres en distinguant les fonds propres
de base et les fonds propres auxiliaires avec une ventilation selon leur capacité d’absorption
et les éléments justifiant les variations des fonds propres.

 Définition des fonds propres de base:

L’article 88 de la directive définit les fonds propres de base comme étant : « l’excédent des
actifs par rapport aux passifs après déduction des actions propres évalués conformément à
l’article 75 ». Plus les passifs subordonnés.

Le point de départ est le bilan prudentiel.

Cependant, il ne suffira pas d’extraire l’actif net du bilan prudentiel pour constituer les fonds
propres de base. Certains ajustements devront être opérés dont notamment :

- Le retraitement des éléments de capitaux propres statutaires ne correspondant pas aux


fonds propres tels que définis par la directive. Il s’agit principalement de
l’élimination des actions propres et de distribution de dividendes, ainsi que tous les
autres éléments ne respectant pas les éléments de classification par niveau.

- Le retraitement des participations dans les institutions financières et dans les


établissements de crédit. Ces participations ne sont pas reconnues en Solvabilité 2
comme étant des éléments de fonds propres. Cette élimination s’explique par le fait
que ces activités sont très spécifiques et qu’en, conséquence, par prudence, elles ne
pourront pas constituer un actif net qui puisse couvrir l’exigence de capital.

- Le retraitement des fonds cantonnés30, qui doivent faire l’objet d’une analyse séparée
comme s’il s’agissait d’une entité autonome .Ainsi, les éléments de ces fonds devront
être retraités pour être analysés séparément.

 Définition des fonds propres auxiliaires

Les fonds propres auxiliaires seront composés d’éléments susceptibles d’être appelés
d’absorber des pertes. Ces éléments sont différents de ceux des fonds propres de base.

30
Les fonds cotonnés sont des fonds (actifs et/ou passif) disponibles uniquement pour couvrir les pertes relatives
à des souscripteurs ou à des risques particuliers.

65
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Lorsqu’une entreprise voudra utiliser les fonds propres auxiliaires, elle devra en demander
l’approbation de son autorité de contrôle. L’autorité de contrôle devra en effet approuver les
montants des éléments des fonds propres auxiliaires à prendre en considération pour
déterminer le total des fonds propres.

Les fonds propres auxiliaires pourront inclure les éléments suivants :

- La fraction non versée du capital social ou le fond initial qui n’a pas été appelé ;

- Les lettres de crédit et les garanties ;

- Tout autre engagement, juridiquement contraignant, reçu par l’entreprise.

- Les états de restitution sur l’exigence de capital : présentent les calculs de SCR et
MCR. Pour le calcul du MCR, il existe 2 tableurs: un pour les assureurs exerçant une
seule activité (vie ou non vie) et un pour les assureurs mixtes. Enfin, il existe un
tableur par module de risque (marché, santé, contrepartie, vie, non vie, opérationnel).

- Les états de restitutions sur les placements permettent de présenter le portefeuille des
placements de manière détaillée avec la liste des actifs en ligne et par portefeuille (vie,
non vie et santé) en indiquant les caractéristiques de chaque actif (son émetteur, le
pays d’origine, la notation, la duration, l’échéance, le type de valorisation).

- Les états de restitution sur les provisions techniques (vie et non vie) permettent de
présenter les provisions telle que calculé selon le référentiel Solvabilité 2, c’est-à-dire
en distinguant la composante « meilleure estimation » et la composante « marge pour
risque ». Les provisions techniques devront être présentées par ligne d’activité en bruts
et en nette de réassurance.

- Les états de restitution pour les opérations de réassurances présentent une


description par portefeuille (vie et non vie) de la nature des couvertures et des
programmes de réassurances, des positions au bilan (part des réassureurs dans les
provisions techniques) et des informations sur ces réassureurs (noms, notation, pays)
afin d’évaluer le risque de contrepartie associé à chaque réassureur.

66
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

III. LES RAPPORTS NARRATIFS

1. Rapport destiné au superviseur : Regular Supervisory Report (RSR) :

Dans le cadre du reporting annuel obligatoire, les organismes d’assurance seront tenus de
rédiger un rapport narratif (en anglais : Regular supervisory report ou RSR) destiné à
l’autorité de contrôle. Il est à signaler que tous les rapports narratifs destinés au superviseur
devront être validés par l’organe d’administration de gestion ou de contrôle.

- Les informations à fournir aux fins du contrôle:31

L’article 35 est consacré aux informations à fournir aux autorités de contrôle. Celles-ci
comprennent au minimum les informations nécessaires à la mise en œuvre du processus de
contrôle prudentiel.

Il est donc prévu que les autorités de contrôle aient les informations suffisantes pour évaluer :

- Le système de gouvernance appliqué par les entreprises ;

- Les activités des entreprises ;

- Les principes d’évaluation appliqués à des fins de solvabilité ;

- Les risques auxquels les entreprises sont exposées ;

- Le système de gestion des risques des entreprises ;

- La structure du capital ;

- Les besoins en capital des entreprises ;

- La gestion du capital des entreprises.

Les autorités de contrôle doivent également disposer de l’information nécessaire pour


« prendre toute décision appropriée qu’appelle l’exercice de leurs droits et fonctions en
matière de contrôle ».

L’article 35 donne également des précisions quant aux principes relatifs aux informations
fournies :

31
Marie Laure Dreyfuss -Les grands principes de Solvabilité 2- 2éme édition - l’argus de l’assurance

67
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

- «Elles reflètent la nature, l’ampleur, et la complexité des activités de l’entreprise


concernée, et notamment les risques inhérents à cette activité ;

- Elles sont accessibles, complètes pour tout ce qui est important ;

- Elles sont pertinentes, fiables et compréhensibles ».

2. Rapports destinés au public: Rapport sur la solvabilité et la situation


financière (SFCR)

La réforme Solvabilité 2, exige des entreprises d’assurances qu’elles publient annuellement,


un rapport narratif sur leur solvabilité et leur situation financière (en anglais : Solvency and
Financial Condition Report, SFCR). Les informations contenues dans ce rapport devront être
en lien étroit avec celles communiquées à l’autorité de contrôle dans le rapport au superviseur
(RSR). Le SFCR devra être publié sur le site internet de l’entreprise et resté accessible au
public au moins pendant une période de cinq ans. Si l’entreprise n’a pas de site internet, elle
devra s’engager à fournir une version informatisée du rapport à toute personne qui lui en ferait
la demande, pendant cinq ans après la date de publication obligatoire du rapport.

Même si le rapport est publié sur son site internet, il sera obligatoire d’en fournir une copie
imprimée à toute personne qui en ferait la demande, pendant deux ans après la date de
publication obligatoire du rapport. La version informatisée du SFCR devra être transmise à
l’autorité de contrôle.

- Les informations à fournir au public:

Les structures des rapports RSR et SFCR sont identiques. Cependant, le RSR est plus complet
et les analyses sont plus détaillés. Ainsi que les entreprises sont tenues de mettre à jour les
informations divulguées quand il y a lieu (des dispositions particulières s’appliquent en cas
de non-respect du Minimum de Capital Requis ou du capital de Solvabilité Requis) et sont
autorisées à publier des informations supplémentaires sur une base volontaire.

68
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

3. Les spécificités du groupe en matière de communication financière32

Les principes applicables aux entreprises individuelles sur l’information financière à


communiquer au superviseur et au public s’appliqueront également aux groupes d’entreprises
d’assurance. Cela signifie que les groupes auront à produire les rapports quantitatifs et
qualitatifs présentés précédemment. Cependant, la directive prévoit des dispositions
applicables aux groupes afin de couvrir leurs spécificités.

Concernant les rapports qualitatifs, nous rappelons que deux rapports doivent être préparés.
Pour les groupes internationaux, le choix de la langue devra être fait en accord avec le
contrôleur du groupe.

Le premier, pour le superviseur est « le rapport à l’autorité de contrôle » on parle du (RSR


groupe). Trois parties de ce rapport devront être compléter pour couvrir les spécificités du
groupe:

 Activité et performance : cette partie devra contenir la liste détaillée des filiales du
groupe et leurs caractéristiques, une description des activités du groupe, de ses sources de
pertes et de profits, la contribution de chaque filiale au plan stratégique du groupe et enfin
des informations sur les principales transactions intragroupes.

 Système de gouvernance : cette partie devra contenir une description de l’évaluation


interne du risque, une présentation des risques significatifs du groupe et de l’organisation
interne du groupe.

 Gestion du capital du groupe : cette partie devra présenter l’exigence de capital


(MCR/SCR), les fonds propres du groupe (en distinguant les contributions de chaque
filiale), non éligibles à la couverture de l’exigence en capital et la classification des fonds
propres du groupe par niveau.

Le deuxième rapport narratif est « le rapport sur la solvabilité et la situation financière » (on
parle du SFCR groupe) : Ce rapport est public comme nous l’avons vu pour les compagnies
individuelles, la structure du SFCR est la même que celle du SCR.

32
Arnaud Becquet- Marie Laure Dreyfuss « Maîtriser le reporting sous solvabilité 2 » édition argus de
l’assurance

69
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Il comprend cinq parties dont les trois mêmes parties que le SCR devront être complétées par
des informations sur le groupe :

 Activité et performance : cette partie devra contenir une description de la structure


juridique du groupe, son organisation et sa gouvernance ainsi que des informations
sur les opérations intragroupes significatives.

 Système de gouvernance : cette partie devra contenir une description du système de


gestion des risques mis en place par le groupe. Ainsi que l’organisation du contrôle
interne du groupe. Par ailleurs, il devra présenter les accords de sous-traitance
intragroupe.

 La gestion du capital : cette partie devra être complétée par une description de la
méthode de calcul de l’exigence de capital au niveau du groupe, des informations sur
les fonds propres jugés non transférables, d’une description de l’origine des effets de
diversification et le cas échéant, d’une description des différences entre le modèle
interne utilisé pour les entités individuelle et celui pour le groupe.

Avant d’être publié, ce rapport devra être validé par le contrôleur du groupe (l’autorité de
contrôle chargée de contrôler le groupe au sens de l’article 212 de la directive 2009/138/CE)
qui devra au préalable consulter le collège des contrôleurs et tenir compte de leurs avis.

Pour les états quantitatifs ils devront tenir compte des spécificités des groupes. En plus, du
bilan, des fonds propres, des primes et des prestations, des états devront être préparés pour
tenir compte des spécificités des groupes, comme le périmètre de consolidation, les
contributions des filiales aux fonds propres, l’exigence de capital et les provisions techniques
du groupe prises dans leur ensemble.

70
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

SECTION III. LES IMPACTS DE LA MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE
D’ASSURANCE TUNISIENNE:

Le pilier 3 représente d’une part une synthèse des éléments développés dans les piliers 1 et 2
de Solvabilité 2, d’autre part, une collecte de nouvelles données , une revue de l'architecture
du système d'information et automatisation de certains processus.

I. COMPARAISON DES DEUX REPORTING PRUDENTIELS : TUNISIEN ET


SOLVABILITE 2

1. Les convergences et les divergences entre le reporting prudentiel tunisien et


le pilier 3

Dans ce titre, nous allons essayer de présenter les convergences et les divergences entre le
reporting prudentiel en Tunisie et celui Solvabilité 2. Certainement, les deux reporting
prudentiels convergent au niveau de leurs objectifs de contrôle des entreprises d’assurance et
de réassurance. Toutefois, il existe plusieurs divergences telles qu’au niveau du format et
modalités de transmission, du contenu des états quantitatifs et des règles d’évaluation du bilan
prudentiel.

Pour les autres aspects, notre comparaison est basée sur les critères décris dans le tableau
suivant :

Tableau 2. Les convergences et les divergences entre le reporting prudentiel tunisien et le pilier 3

Reporting Prudentiel Tunisien Pilier 3


Valorisation selon une valeur de coût historique valeur de marché
marché ou coût historique
Type d’informations Narratif et quantitatif Narratif et quantitatif
Format des données Excel XBRL
Délais de remise 31 Juillet 20 semaines après la clôture de l’exercice
comptable pour le groupe
14 semaines après la clôture de l’exercice
comptable pour les sociétés individuelles
Fréquence Annuel Trimestriel et annuel
Volume de données ~30 états ~53 états

Direction responsable de Direction comptable essentiellement Direction comptable, fiscale, actuariat,


l’établissement du reporting investissement et risque
Destinataire Autorité de contrôle (CGA) Autorité de contrôle et public
Notion groupe Non prise en compte des spécificités du Prise en compte des spécificités du groupe
groupe

71
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

1. Comparaison entre les états quantitatifs du reporting prudentiel Solvabilité


2 et les états réglementaires prudentiels en Tunisie

Le régime prudentiel Solvabilité 2 exige des états quantitatifs plus détaillés et plus denses par
rapport- à ceux prévus dans le cadre de Solvabilité 1. Toutefois, Ces états présentent des
similitudes et des divergences par rapport aux états réglementaires prudentiels en Tunisie. Le
tableau ci-dessous présente les points de convergence et de divergence entre les états
quantitatifs solvabilité 2 et ceux en vigueur en Tunisie.

Tableau 3. Comparaison entre les états quantitatifs du reporting prudentiel Solvabilité 2


et les états réglementaires prudentiels en Tunisie

Etat solvabilité 2 Contenu de l’état Etat correspond en Tunisie

Synthèse Informations sur les primes et sinistres payés Les tableaux B6 relatifs aux contrats
d’assurances, sinistres réglés et provisions pour
sinistres à payer détaillés par catégories
d’assurance
Bilan Bilan et autres (hors bilan, intragroupe et Nouveau
devise)
Activité par pays Activité par pays Nouveau
Fond propre Fonds propres (classement par niveau) Nouveau
Marge de solvabilité Calcul du SCR et du MCR Le tableau B12 : Calcul de la marge de
solvabilité
Placements Etat détaillé des placements Tableaux B2 relatifs aux placements de
l’entreprise
Transparisation des OPCVM Nouveau
Revenu des placements Nouveau
Provisions techniques Provisions techniques par catégorie Les tableaux B6 relatifs aux contrats
d’assurances, sinistres réglés et provisions pour
sinistres à payer détaillés par catégories
d’assurance
Provisions techniques vie par produit B10-Tableau détaillé des provisions techniques
d’assurance vie
Rentes Nouveau
Flux futurs Nouveau
Liquidation des provisions non vie Nouveau
Description des risques et des pertes non vie Nouveau
Réassurance Programme de réassurance (cédée) Nouveau
Cession par réassureur B8-1 Primes et résultat de cession en
réassurance

72
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

2. Comparaison entre les règles d’évaluation du bilan prudentiel Solvabilité 2 et


le bilan établi selon le système comptable des entreprises :

Le bilan prudentiel se construit à partir des différents éléments du bilan social. Le passage du
bilan social au bilan prudentiel, exige de valoriser les éléments du bilan selon les principes
Solvabilité 2.

Tableau 4. Comparaison entre les règles d’évaluation et de comptabilisation prévus par le


système comptable des entreprises , et Solvabilité 2

Poste NCT SII

Valeurs historiques d’acquisition (moins Reconnu à l’actif pour son prix de marché
Actifs incorporels amortissements et provisions) uniquement si l’actif peut être revendu
NCT 06 PC 45

Valeurs historiques d’acquisition (moins


Valeur de marché
Actif Immobilier amortissements et provisions)
PC 37/45
NCT 05

Principe de valeur de marché de ces actifs,


Autres actifs corporels Valeur historique d’achat, puis amortie
quoique difficilement déterminable

Valeur historique d’achat, puis amortie Juste valeur


Actifs financiers
NCT 31 Section 6 de la directive

Créances sur les assurés et Coût historique déprécié Juste valeur


autres créances
d’exploitation NCT 26 PC 36/39/51/52

obligation de reporter une partie des frais Absence de calcul de ces frais d’acquisition
Frais d’acquisition reportés d’acquisition reportés
NCT 26 ET 30 PC 39

Défini comme excédents des actifs sur les


passifs puis ségrégués en 3 « tiers » selon
Fonds propres Fonds propres comptables leur degré d’absorption des pertes
Section 3 de la directive

Pas de compte de résultat en tant que tel,


Etat de résultat et notion de résultat net mais analyses de variations de fonds
Résultat propres disponibles
comptable
Art 93 de la directive

Juste valeur
Dettes financières Coût historique
(actualisation des flux)

Estimation prudente des provisions sans


Provisions techniques Best Estimate
isoler la marge pour risque

Enregistrement sur les différences entre


Impôt différé Pas obligatoire valeur fiscale et valeur au bilan
PC 35/54

73
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

3. Réforme du reporting prudentiel Tunisien et avis du comité générale des


assurances

« Il est aujourd’hui nécessaire de promouvoir davantage ce secteur et son image de marque


tout en actualisant les réglementions afin qu’elles soient conformes aux normes
internationales, et en améliorant la qualité des services offerts aux assurés pour acquérir leur
confiance et ce grâce à l’utilisation des technologies modernes de communications,
l’instauration de la transparence au sein des entreprises et notamment la minimisation des
délais d’indemnisation ». 33

Le régime prudentiel tunisien souffre de plusieurs lacunes liées essentiellement aux critères
d’évaluation stables et qui n’englobent pas tous les risques auxquels une entreprise
d’assurance peut être confrontée.

En effet, plusieurs types de risques parmi les risques fondamentaux pour les assureurs sont
jugés comme n’étant pas correctement pris en compte. Il s’agit du risque porté par les actifs,
soit le risque de marché et le risque de crédit. Le risque opérationnel n’est quant à lui que très
peu considéré. La formule standard étant basée sur des scénarios défavorables pour le secteur
en sa globalité, n’est pas également en mesure de permettre à une compagnie de connaître et
de mesurer son propre profil de risque. Une réforme de ce système s’avère nécessaire et le
législateur tunisien ainsi que les autorités de contrôle ont intérêt de s’inspirer des expériences
étrangères, en dans ce cas la directive Solvabilité 2.

De ce fait, nous avons procédé à l’envoi d’un questionnaire enquête (voir annexe 4) destiné au
Comité Général des assurances (la présidence du CGA) portant sur la nécessité de la réforme
du régime prudentiel tunisien. En fait notre enquête concernait particulièrement le pilier 3 de
solvabilité 2. Et la possibilité d’adoption (ou adaptation) du dit pilier. La réponse était que le
reporting prudentiel actuel nécessite une réforme et qu’il souffre des lacunes suivantes :

 Manque de transparence des informations communiquées ;

 Non-conformité au reporting prudentiel international ;

 Aucune information prudentielle ne devrait être obligatoirement publiée par les


entreprises d’assurance.

33
Mot de bienvenue du président du comité général des assurances sur le site www.cga.gov.tn

74
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Le CGA nous a indiqué qu’un comité de travail a été créé au sein du comité général des
assurances ayant pour objectif la mise en place d'un nouveau cadre prudentiel pour les
sociétés d'assurances et de réassurances. Pour la partie reporting, le CGA nous a indiqué que
le comité est en phase de participation à la préparation du projet lors de la réponse à notre
questionnaire (juin 2017. En outre, il adoptera les mêmes principes clés que doit respecter
l’information prudentielle selon le 3ème pilier de Solvabilité 2 mais avec une adaptation selon
les exigences nationale. Le CGA exigera que l’information prudentielle soit publiée selon
une fréquence annuelle et trimestrielle. Aussi, il sollicitera des entreprises d’assurances
qu’elles publient un rapport présentant, sous une forme concise, les informations essentielles
relatives à leur situation financière et à leur solvabilité. Ces informations seront publiées sous
format XBRL. Le délai de remise du reporting prudentiel sera réduit par rapport au délai
actuel. Ainsi Le CGA exigera que certains états soient communiqués au public et il souhaite
que le reporting prudentiel soit audité par le commissaire aux comptes.

En conclusion, nous considérons que le premier pas a été mis vers le changement du reporting
prudentiel. Le plus important est la conscience du régulateur de la nécessité du changement et
du rôle des entreprises d’assurances dans la mise en place de ce nouveau reporting prudentiel.

II. LES PREALABLES A METTRE EN PLACE EN CAS DE LA MISE EN ŒUVRE DU


PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE TUNISIENNE

Dans ce titre, nous allons procéder à l’illustration des différents préalables à mettre en place
en cas de mise en œuvre du pilier 3 par une entreprise d’assurance Tunisienne. Pour cela
nous avons procédé à l’envoi d’un questionnaire aux entreprises d’assurance et/ ou de
réassurance Tunisienne (voir annexe 5 ). Le but de cette enquête est d’apprécier les préalables
à mettre en place en cas de mise en œuvre du pilier 3.

1. Méthodologie et déroulement de l’enquête

a. Echantillon cible

Le secteur d’assurance en Tunisie est composé actuellement de 23 entreprises d’assurance.


C’est ainsi que notre démarche consiste à retenir comme population 23 soit le nombre total
des compagnies d’assurance.

75
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Pour le choix de notre échantillon, nous avons tablé sur un nombre de société représentant
80% de la population totale, soit 19 entreprises d’assurance. Nous leurs avons communiqué
le questionnaire directement ou par email.

b. Exploitation des réponses

Les différentes réponses ont été centralisées sur une base informatique en vue de les
consolider et la production des statistiques à l’aide du logiciel SPSS.

Notre travail s’est déroulé donc en plusieurs étapes :

 Centralisation des réponses au niveau du logiciel SPSS en traduisant les questions et


les réponses au langage du logiciel ;

 Analyse des réponses obtenues à l’aide des méthodes statistiques ;

 Transferts des résultats obtenus sur un fichier Excel qui permet d’obtenir des tableaux
récapitulatifs.

 Analyse des tendances et formulation des conclusions.

2. Résultat obtenus

Sur un échantillon total de 80% de la population, soit 19 entreprises d’assurances ayant reçu
le questionnaire, nous avons pu obtenir 17 réponses soit un taux de réponse de 89%, ce qui
nous a paru relativement satisfaisant pour le dépouillement des résultats.

Notre échantillon se présente com me suit :

 64% des entreprises d’assurances interviewées pratiquent une assurance mixte ;

 18% des entreprises d’assurances interviewées pratiquent une assurance vie ;

 18% des entreprises d’assurances interviewées pratiquent une assurance non vie.

Ainsi 82% des entreprises d’assurance interrogées confirment la nécessité de réformer le


régime prudentiel tunisien. Et 41% affirment la mise en place du pilier 3, par contre 59%
affirment la mise en place du pilier 3 mais avec adaptation selon notre contexte national.

76
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

a. Sensibiliser les équipes aux nouvelles exigences du pilier 3 :

Parmi les plus importants chantiers à considérer par les entreprises d’assurance tunisiennes
lors de la mise en place du nouveau reporting prudentiel (pilier 3) sont la sensibilisation et la
formation du personnel. Ainsi, suivant notre enquête, 6 sur les 17 entreprises d’assurances
interrogées ont confirmé qu’elles ont fait des formations sur le pilier 3, dont deux entreprises
ont opéré une formation approfondie réalisée par un spécialiste externe, pour les autres la
formation a été générale réalisée en interne.

Cette formation a donc concerné :

 Direction générale (50%)

 Direction comptable (25%)

 Tout le personnel comptable, personnel opérationnel, technique et administratif (25%)

En conclusion, la formation sur le pilier 3 doit concerner tout le personnel comptable,


personnel opérationnel, technique et administratif, du fait que le nouveau reporting
réglementaire requiert des données émanant des différentes directions.

b. Coordination entre les différentes directions

La nouvelle directive Solvabilité 2 exige la production et la validation d’un volume


considérable d’informations dans des délais très courts. Toutefois, cette exigence
réglementaire présente des complications liées au degré de finesse des données demandées
par le régulateur. En effet, la préparation du pilier 3 va imposer de gérer des informations
provenant des sources différentes et de mobiliser des équipes de nombreux départements (la
comptabilité des investissements pour les actifs, l’équipe de l’inventaire technique pour les
passifs d’assurance, le service gestion des risques pour le calcul du capital requis, la fiscalité,
la comptabilité,..).

En effet, d’après notre enquête, 88% des entreprises interrogées considèrent que le volume et
le détail des informations requises par le pilier 3 est significatif .

77
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

GRAPHIQUE 1. Appréciation du détail et volume des informations requises par le pilier 3

Par ailleurs, en interrogeant les entreprises d’assurance sur la direction responsable de la


préparation des états prudentiels (pilier 3), 82% selon eux la direction comptable est
responsable de la préparation des états prudentiels et 18% ont répondu que la direction
financière est responsable de la préparation des dits états. Ces deniers considèrent que la
direction financière est la première responsable de la préparation du pilier 3, de ce fait elle
doit collaborer avec la direction comptable et les autres départements (actuariat,
investissement, fiscal,…).

GRAPHIQUE 2. Direction responsable de la préparation des états prudentiels

78
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

Le taux de réponse de 82% nous a permis de confirmer que la direction comptable est
responsable de la préparation du reporting prudentiel (pilier 3). Pour cela, elle doit coordonner
l’ensemble des acteurs concernés.

 Le département comptabilité des investissements qui sera chargé de regrouper et


d’assurer la qualité des données pour tous les actifs constituant le portefeuille et de
connaître les risques portés par ces actifs afin de les classer puis calculer l’exigence de
capital.

 Le département actuariat qui sera sollicité pour calculer les provisions techniques (y
compris celui de la marge pour risque), nécessaires pour établir le bilan prudentiel, il
sera également sollicité pour le calcul de l’exigence de capital.

 Le département gestion des risques qui sera sollicité pour la mise en place du pilier 2
de solvabilité 2 qui touche la mise en place d’un système de gouvernance des risques
efficace, mais aussi pour le calcul de l’exigence de capital.

 Le département fiscal qui sera bien entendu en charge de toutes les questions sur le
calcul des créances et dettes d’impôt.

c. Solution organisationnelle : mettre en place une organisation et des systèmes


d’informations adaptés:

Le référentiel prudentiel Solvabilité 2, prévoit la production des nouveaux états quantitatifs


dans des délais restreints. L’industrialisation de la production de ces reportings, la qualité des
données tout au long de la chaîne de production, la fiabilité des informations transmises et
leurs validations sont essentielles. Ces états devront être approuvés par la direction générale
ou le directoire.34

En effet, dans le but d’avoir une idée sur les enjeux liés à l’adoption du reporting prudentiel,
nous avons demandé aux entreprises d’assurance de préciser si la mise en place du pilier 3
conduira les entreprises d’assurance au changement organisationnel, à l’évolution des
systèmes d’information, ou le recrutement de nouvelles compétences. La réponse était 59%
changement organisationnel, 29% évolution des systèmes d’information et 12% recrutement
de nouvelles compétences.

34
Infotech n°38 Solvabilité2 : les états quantitatifs trimestriels non vie Marie Doitteau

79
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

GRAPHIQUE 3. Principaux enjeux liés à l’adoption du reporting prudentiel (pilier 3)

Pour les entreprises d’assurance ayant répondu que le principal enjeu est le changement
organisationnel considèrent que l’ampleur du travail de collecte de données requiert la mise
en place d’une organisation dédiée. Cette organisation devrait être constituée d’actuaires et de
comptables qui contribuent déjà à la production des rapports sous le régime prudentiel actuel.

Cette organisation doit travailler en collaboration avec différentes directions tout en effectuant
une veille active sur les évolutions normatives. Par ailleurs, elle peut se construire si
nécessaire de consultants extérieurs, qui pourront contribuer à identifier puis à organiser les
différents chantiers tout en apportant leur expertise au sujet format XBRL, connaissance des
données exigées, etc.

Pour les entreprises d’assurance ayant répondu que le principal enjeu est l’évolution du
système d’information, considèrent d’un côté que compte tenu du nombre de rapports à
préparer et des délais de production imposés, une méthode automatisée, ou « industrialisée »,
est souhaitable lorsqu’elle peut être mise en œuvre. D’un autre côté, l’automatisation du
processus garantit aux instances de gouvernance une meilleure confiance dans la qualité des
données, pour un plus grand confort de communication avec les régulateurs et le marché. Une
telle confiance peut se révéler essentielle dans des circonstances où les données déclarées
s’écartent sensiblement des valeurs attendues. À l’inverse, les entreprises qui s’appuient sur

80
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

des systèmes manuels doivent tout d’abord éliminer toute possibilité d’erreur dans les
données avant de pouvoir les exploiter.

A cet égard, la décision dépendra donc de l’ampleur de l’investissement initial que


l’entreprise d’assurance est en mesure de consentir, et du fait qu’il soit ou non réaliste ou
possible de revoir les systèmes existants avant la mise en œuvre du pilier 3. Pour cela nous
avons questionné les entreprises d’assurance si elles utilisent une architecture informatique
cible ou une solution temporaire.

La réponse était la suivante : 53% utilisent une architecture informatique cible et 47%
utilisent une architecture informatique temporaire. Ces dernières doivent veiller à ne pas
mettre en place aujourd’hui des systèmes qui ne pourront pas évoluer et devront être
ultérieurement abandonnés ou remplacés.

A la question : Est-ce que les applications utilisées dans votre société sont centralisés au
niveau d’un entreprise ressource planing ERP35 ? 53% des entreprises ont répondu « oui » et
47% ont répondu « non ».

Pour les entreprises d’assurance dont leurs applications informatique ne sont pas centralisées
au niveau d’un ERP, et vu que les formats des données sont souvent hétérogènes, doivent
opérer des traitements sur les informations issues des différentes applications informatiques.
D’après notre enquête : pour 71% des entreprises d’assurance interrogées, la production des
informations financières nécessite le traitement manuels et non pour 29%.

Quant au 12% ayant répondu que le principal enjeu lié à la mise en place du pilier 3 est le
recrutement de nouvelles compétences considèrent que d’une part, la mise en place des
fonctions clés telles que l’audit, le contrôle interne, la conformité et le risk manangement telle
que exigé par le référentiel solvabilité 2 va engendrer nécessairement des investissements
importants en ressources humaines étant donné que la majorité des entreprises d’assurances
ne disposent pas de ces fonctions. Et d’autre part, pour réussir la mise en place du pilier 3 il
faut recruter de nouvelles compétences au lieu de supporter les coûts de formation.

3. Conclusion de l’enquête

Suite aux résultats de notre étude, l’unanimité de notre échantillon a confirmé la nécessité de
la mise en place du pilier 3 dont 59% ont déclaré la mise en place mais avec adaptation selon

35
l’ERP couvre l’ensemble du système d’information de l’entreprise

81
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

notre contexte national. Cette nécessité découle du fait des faiblesses des états de reporting
actuel (DOCIN) et a pour objectif d’accroître la transparence à travers la diffusion
d’informations au public via le SFCR et la standardisation de l’information communiquée. En
outre, les entreprises d’assurance tunisiennes considèrent que la sensibilisation et la formation
du personnel sont les chantiers les plus importants pour réussir cette mise en place. Mais, il
apparait clairement que quelques entreprises commencent à accueillir solvabilité 2 et plus
particulièrement le pilier 3. En effet, 6 sur les 17 entreprises d’assurances interrogées ont
confirmé qu’elles ont fait des formations sur le pilier 3, dont deux entreprises ont opéré une
formation approfondie réalisée par un spécialiste externe, pour les autres la formation a été
générale réalisée en interne. Les formations sur le pilier 3 devraient concerner tout le
personnel opérationnel, technique et administratif du fait que le nouveau reporting
règlementaire requiert des données qui émanent des différentes directions. En conclusion,
d’après notre enquête la direction comptable apparaît comme la direction responsable de la
préparation du pilier 3. Néanmoins, cette direction devrait coordonner l’ensemble des acteurs
concernés.

 Le département comptabilité des investissements qui sera chargé de regrouper et


d’assurer la qualité des données pour tous les actifs constituant le portefeuille et de
connaître les risques portés par ces actifs afin de les classer puis calculer l’exigence de
capital.

 Le département actuariat qui sera sollicité pour calculer les provisions techniques (y
compris celui de la marge pour risque), nécessaires pour établir le bilan prudentiel, il
sera également sollicité pour le calcul de l’exigence de capital.

 Le département gestion des risques qui sera sollicité pour la mise en place du pilier 2
de solvabilité 2 qui touche la mise en place d’un système de gouvernance des risques
efficace, mais aussi pour le calcul de l’exigence de capital.

 Le département fiscal qui sera bien entendu en charge de toutes les questions sur le
calcul des créances et dettes d’impôt.

Ainsi, il ressort de notre étude que désormais, ce sont les aspects organisationnels et les
solutions informatiques les principaux enjeux d’atteinte d’un processus récurent cible de
préparation du pilier 3.En effet, d’après les réponses obtenues, et étant donné que les états de
reporting seront alimentés par de nombreuses données issues des systèmes de gestion et des

82
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

outils de calcul actuariels, les entreprises d’assurance tunisiennes doivent étudier dans quelle
mesure elles peuvent automatiser leurs processus de reporting. Elles doivent également
élaborer des stratégies relatives aux modalités de gestion des données dans l’entreprise et à la
préparation aux nouvelles exigences : des équipes chargées de la gestion des risques, des
études actuarielles et de la comptabilité. Elles devront garder à l’esprit l’importance de
l’évolutivité des systèmes. Elles peuvent aussi souhaiter améliorer leurs systèmes lorsqu’elles
sont en mesure d’y consacrer davantage de fonds. Elles doivent donc concevoir leurs
systèmes de telle sorte qu’il soit possible de les améliorer ultérieurement sans mettre au rebut
l’infrastructure existante.

83
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE

CONCLUSION DEUXIEME CHAPITRE

La directive Solvabilité 2, dans le cadre de son pilier 3, exige une masse importante
d’informations par rapport aux états communiqués actuellement par les entreprises
d’assurances Tunisiennes conformément à l’arrêté du Ministre des Finances de 03 octobre
2005. Certes, les deux reporting convergent au niveau de leur objectif de contrôle.
Néanmoins, il existe de nombreux points de divergences tels que: le format de transmission
des données, le nombre des états communiqués, la fréquence de publication,…

En outre, il convient de noter qu’il est indispensable pour l’organe de contrôle CGA, de revoir
les états réglementaires prudentiels actuels puisqu’ils présentent plusieurs lacunes telles que:

 Manque de transparence des informations communiquées ;

 Non-conformité au reporting prudentiel international ;

 Aucune information prudentielle ne devrait être obligatoirement publiée par les


entreprises d’assurance.

La mise en place du reporting prudentiel Solvabilité 2 va obliger les assureurs à revoir ou à


modifier leur système d’information. Dans ce cadre, il existe deux points qu’il conviendrait
de prendre en compte36 :

 Les sources et le volume des données,

 Le nombre de métiers impliqués (comptabilité, actuariat, finance, réassurance) qui


nécessite de mettre en place des processus transversaux de production des données,

Il leur faut également résoudre des problèmes pratiques tels que les modalités de collecte des
données, les équipes requises à cet effet et le mode d’organisation à adopter pour être en
mesure de répondre aux exigences du nouveau régime.

36
Arnaud BECQUET ; « INFOTECH N° 21 –Pilier 3 : un nouveau reporting à s’approprier ! » ; actuaris.com

84
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX


COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR LES
ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

85
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Introduction troisième chapitre

L’audit financier est défini comme étant un ensemble de travaux menés conformément à des
normes, par un professionnel compétent et indépendant, et conduisant à exprimer une opinion
motivée sur la régularité et la sincérité des états financiers d'une entreprise, par référence à un
système comptable bien déterminé.
L'auditeur nommé pour effectuer un mandat d'audit légal est appelé dans la législation
Tunisienne «commissaire aux comptes». La mission essentielle des commissaires aux
comptes concerne le contrôle des comptes de toute nature (comptes consolidés, sociaux,
prévisionnels etc.) préparés par la direction de la société auditée, ainsi que le contrôle de
l'information financière dont la publication est obligatoire.
En outre, il est confié aux commissaires aux comptes des entreprises d’assurances en
compléments de leurs diligences normales, une mission spécifique de surveillance de la
conformité à certaines normes prudentielles.

La mise en place du plier 3 dans une société d’assurance va nécessairement impacter


l’ensemble des étapes de la mission d’audit du commissaire aux comptes. Puisqu’il n’est pas
exclu que ce dernier en complément de ses diligences actuelles, ait le devoir de valider les
rapports émis par les entreprises d’assurances dans le cadre du pilier 3.

Pour cela, dans ce chapitre, nous présentons en premier lieu les obligations du commissaire
aux comptes des compagnies d’assurances (section 1). Ensuite, nous analysons les nouvelles
diligences du commissaire aux comptes cas de mise en place du pilier 3 (section 2) et enfin,
nous traitons l’impact de l’audit du pilier 3 sur le rapport général du commissaire aux
comptes et le rapport destiné au comité générale des assurances (section3).

86
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

SECTION I. LES OBLIGATIONS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES DES ENTREPRISES


D’ASSURANCES EN TUNISIE:

La démarche générale du commissaire aux comptes, en vue de la certification des états


financiers, peut être présentée en diverses étapes distinctes au cours desquelles les travaux
nécessaires au fondement de l’opinion sont effectués.

I. CADRE LEGAL

Le CAC des sociétés d’assurance a plusieurs rapports à émettre dans le cadre de ses
interventions légales:

 La certification des états financiers annuels: la mission de certification des états


financiers est prévue par l’article 266 du code des sociétés commerciales ;
 Les vérifications spécifiques : les informations d’ordre comptable au niveau du rapport
de gestion par l’application des dispositions de l’article 266 du code des sociétés
commerciales, la conformité avec certaines lois (dématérialisation des titres prévue par
l’article 19 du décret N° 2001-2728 du 20 Novembre 2001), l’examen des procédures
de contrôle interne relatives au traitement de l’information comptable et à la préparation
des états financiers tel que prévu par l’article 3 de la loi N° 94-117 du 14 Novembre
1994 tel que modifié par la loi N° 2005-96 du 18 Octobre 2005, …etc.) ;
 Le rapport spécial sur les conventions réglementées prévue par l’article 200 du code des
sociétés commerciales et les conventions avec les parties liées en application des
dispositions de l’article 475 dudit code ;
 La certification des situations intermédiaires pour les sociétés cotées conformément aux
dispositions de l’article 21 de la loi N° 94-117 du 14 Novembre 1994, portant
réorganisation du marché financier ;
 La certification des situations consolidées conformément aux dispositions de l’article
471 du code des sociétés commerciales ;
 La révélation des faits délictueux prévue par l’article 270 du code des sociétés
commerciales ;
 La procédure d’alerte prévue par la loi 95 des entreprises en difficultés ;
 Le rapport spécial destiné au Ministre des Finances en application des dispositions de
l’article 61 du code des assurances, et conformément à la circulaire du Ministre des
Finances N° 947 du 16 Septembre 2002.

87
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

II. LES DILIGENCES GENERALES

1. Acceptation de la mission

Le commissaire aux comptes en Tunisie conduit ses missions sur la base des normes d’audit
internationales ISA de l’IFAC ainsi que conformément aux normes et note d’orientation
publiées par l’OECT.

Pour l’acceptation de la mission, le Paragraphe 6 de la norme internationale d’audit ISA 300


relative à « la planification d’un audit d’états financiers » prévoit que l’auditeur doit mettre en
œuvre les procédures suivantes au début de la mission d’audit encours :

En effet, l’évaluation de l’acceptation doit se faire pour les clients potentiels, préalablement à
l’acceptation d’une nouvelle mission d’audit mais aussi pour les clients existants lorsqu’il y a
des changements dans l’environnement, dans la direction, ou la structure d’actionariat du
client. Ainsi l’associé responsable évalue suivant la norme ISA 220 « contrôle qualité d’un
audit d’états financiers » :

 L’intégrité des principaux propriétaires, des dirigeants clés et des responsables de la


gouvernance de l’entité ;

 La compétence de l’équipe pour réaliser la mission d’audit ;

 Si le cabinet et l’équipe de mission puissent se conformer aux règles de déontologie


pertinentes ;

 L’identification éventuelle des circonstances spéciales ou d’autres risques inhabituels


pouvant affecter l’indépendance du cabinet d’audit.

L’auditeur estimant acceptable le risque client et le risque global de la mission, n’a qu’à
matérialiser son acceptation de celle-ci à la société d’assurance, moyennant un document
appelé «lettre de mission».

Selon l’ISA 210 «Accord sur les termes et les conditions d’une mission d’audit» dans son
paragraphe 9 : « l’auditeur doit convenir les termes et conditions de la mission d’audit avec la
direction ou les responsables de la gouvernance, selon le cas ».

88
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

2. Planification de la mission

D’après l’ISA 300 paragraphe 3 « Planifier un audit implique d’établir un plan de mission
décrivant la stratégie générale d’audit adoptée pour la mission et de développer un programme
de travail dans le but de réduire le risque d’audit à un niveau faible acceptable ».

Le commissaire aux comptes cherche toujours à ce que sa planification soit adéquate afin
qu’il s’assure que la mission d’audit soit réalisée d’une manière efficace et efficiente : la
planification permet donc de fixer une approche détaillée concernant la nature, le calendrier et
l’étendue de l’audit.

Pour diriger à bien sa mission d’audit, le commissaire aux comptes doit, aussi bien connaître
l’entreprise d’assurance qu’il contrôle que son système de contrôle interne. Cette
compréhension lui permet d’exercer son jugement professionnel en ce qui concerne
l’appréciation des risques d’inexactitudes en assurance et la façon d’établir un plan d’audit
formalisé.

a. Prise de connaissance de l’environnement de contrôle

L’entreprise d’assurance évolue dans un environnement contraignant et a pour métier de


prendre des risques transférés par leurs assurés qui sont des activités particulièrement
délicates à auditer. Etant donné, ces risques et les spécificités des opérations de l’entreprise
d’assurance sur le plan juridique, comptable et fiscal, le commissaire aux comptes doit porter
une attention particulière à l’appréciation de l’intégrité morale de la direction de ce type
d’entreprise qui peut être amenée dans certaines circonstances à manipuler les résultats de
l’entreprise pour dissimuler une difficulté financière par exemple.

Du point de vue complexité de ce contexte réglementaire, le commissaire aux comptes doit


bien connaître les spécificités comptables, fiscales et réglementaires de l’entreprise.

Pour ce faire, il peut:

- Recourir à ses connaissances du secteur s’il a une expérience antérieure en la matière,

- Interroger la direction sur les textes législatifs et réglementaires susceptibles d'avoir


une incidence significative sur les activités de l’entreprise,

89
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

- Recourir aux rapports des organes de réglementation du secteur des assurances


notamment ceux de la FTUSA et du Comité Général des Assurances.

Le non-respect par l’entreprise d’assurance des textes législatifs et réglementaires est


susceptible de conduire à des anomalies significatives dans ses états financiers, le
commissaire aux comptes doit en tenir compte lors de l’établissement de son plan d’audit.

Après avoir eu connaissance de l’environnement de l’entreprise d’assurance, le commissaire


aux comptes, doit acquérir une connaissance de ses stratégies et ses objectifs qui évoluent
dans le temps, pour se faire il doit acquérir une connaissance suffisante des process et par
suite dégager les risques d’affaires affectant la capacité de l’entreprise à atteindre ses objectifs
et à mettre en exécution ses stratégies. Le fait pour ce dernier d’avoir une compréhension
générale des risques d’affaires s’avère utile pour lui permettre d’identifier plus facilement les
risques que les états financiers contiennent des anomalies significatives. Il juge la capacité du
processus mis en place par l’entreprise à réduire ces risques. Suite à cette connaissance, le
commissaire aux comptes sera en mesure de :

 Déterminer les risques généraux,

 Déterminer le seuil de signification,

 Identifier les domaines et systèmes significatifs.

Ainsi le plan de mission, les principaux axes de contrôle et le programme de contrôle des
comptes pourront être élaborés.

b. Compréhension du système de contrôle interne :

L’ISA 315 prévoit que « le commissaire aux comptes prend connaissance du contrôle interne
pour identifier des types d’anomalies potentielles, pour évaluer les facteurs pouvant engendrer
des risques d’anomalies significatives et pour définir la nature, le calendrier et l’étendue des
procédures d’audit complémentaires ».

La prise de connaissance du système de contrôle interne implique l’évaluation de la


conception d’un contrôle et la vérification de sa mise en application.

90
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Pour le commissaire aux comptes, un bon système de contrôle interne doit lui permettre
d’obtenir l’assurance que les contrôles mis en place par l’entreprise d’assurance garantissent
l’exhaustivité de recensement des risques de l’entreprise et définir en conséquence, la nature,
le calendrier et l’étendue des autres procédures d’audit.

Le commissaire aux comptes examine la conception d’un contrôle pour déterminer s’il doit
vérifier sa mise en application. Il doit avoir une compréhension des 5 éléments constitutifs de
contrôle interne cités par l’ISA 315 à savoir : l’environnement de contrôle, le processus
d’évaluation des risques de l’entité, le système d’information, les activités de contrôle et le
suivi des contrôles ou le pilotage.

c. Elaboration du plan d’audit

Après avoir pris connaissance des spécificités de l’entreprise puis mis en évidence les risques
d’inexactitudes, le commissaire aux comptes établit un plan d’audit qui le guidera tout au long
de ses travaux : tant au cours des intérims que du contrôle des comptes de l’exercice.

Le plan d’audit indique :

 Une description de la nature, du calendrier d’application et de l’étendue des procédés


d’appréciation des risques jugés suffisants pour pouvoir apprécier les risques
d’inexactitudes importantes,

 Une description de la nature, du calendrier d’application et de l’étendue des autres


procédés d’audit prévus au niveau des assertions pour chaque catégorie importante
d’opérations, chaque solde de compte important et chaque information importante
fournie dans les états financiers,

 Il doit mettre également en évidence le recours éventuel aux services des experts
externes dont le commissaire aux comptes peut avoir besoin pour mener à bien sa
mission : actuaire, expert-comptable de l’entreprise, informaticien.

3. Phase de contrôle des comptes

En fonction de la confiance obtenue lors des étapes précédentes, le commissaire aux comptes
établit ses programmes de contrôles. La revue analytique constitue un moyen important pour
les travaux de validation du commissaire aux comptes au niveau d’une entreprise d’assurance.

91
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Le commissaire aux comptes peut à cette occasion comparer les données comptabilisées avec
les données attendues en se fondant sur une analyse des variations d’un facteur donné :

 D’un exercice à l’autre,

 Par rapport aux données du marché,

 Par rapport aux données d’une autre entreprise d’assurance exerçant la même activité
dans une ou plusieurs branches,

 Par rapport aux prévisions de l’entreprise.

Le commissaire aux comptes peut calculer des ratios jugés par lui comme fournissant des
précisions. Lorsqu’il dégage des écarts par rapport à ce qu’il a prévu, il recherche des
explications par entretien avec la direction de l’entreprise d’assurance et analyse à l’aide
d’une documentation complémentaire. De même, il peut utiliser les états statistiques que
l’entreprise est tenue de les fournir au niveau de son rapport annuel.

A cet effet, il peut :

 Examiner les états A3, A4 et B1 :

 Les branches dans lesquelles l’entreprise réalise une part significative de son chiffre
d’affaires,

 Les branches en pertes,

 Les branches bénéficiaires,

Pour ces branches, il procède aux comparaisons entre :

 Les données de l’exercice et celles des exercices antérieurs,

 Les données de l’entreprise et celle du marché,

 Les données brutes et les cessions en réassurance.

 Examiner l’état B2 :

 Pour identifier la part des placements investie dans les différentes composantes.

92
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

 Calculer les principaux ratios de structures, évolution et comparaison avec le marché.

Les ratios représentant un instrument complémentaire fort utile dans l’analyse et la


compréhension des comptes d’une société d’assurance. Ils permettent de:

 Fournir un certain nombre d’indications sur la structure de l’activité ;

 Analyser sur le long terme les principales tendances de l’évolution de l’activité ; et

 Effectuer une comparaison de cette activité avec les autres sociétés du secteur.

4. Achèvement de la mission

A l’achèvement de sa mission, le commissaire aux comptes, fait une synthèse de ses travaux
et constats, et s’assure qu’il dispose de tous les éléments d’appréciation pour justifier ses
décisions lesquelles sont consignées dans son rapport destiné aux divers utilisateurs.

Avant d’émettre son avis quant à la fiabilité de l’information fournie par l’entreprise
d’assurance, le commissaire aux comptes procède aux travaux suivants :

 La lettre d’affirmation

La norme internationale d’audit ISA 580 relative à la déclaration de la direction stipule dans
son paragraphe 6 que :

Les objectifs de l’auditeur sont :

a) D’obtenir des membres de la direction et, le cas échéant, des responsables de la


gouvernance des déclarations écrites affirmant qu’ils estiment s’être acquittés de leurs
responsabilités quant à la préparation des états financiers et à l’exhaustivité des
informations fournies à l’auditeur;
b) D’étayer au moyen de déclarations écrites, lorsqu’il détermine que cela est nécessaire
ou que d’autres normes ISA l’exigent, d’autres éléments probants pertinents par
rapport aux états financiers ou à des assertions spécifiques qu’ils contiennent ;
c) De répondre de manière appropriée aux déclarations écrites fournies par la direction et,
le cas échéant, les responsables de la gouvernance, ou au refus de la direction ou, le
cas échéant, des responsables de la gouvernance de fournir les déclarations écrites
demandées par l’auditeur.

93
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Par ailleurs, l’article 13 quinter du CSC dispose que « Les organes de direction et les chargés
des affaires financières et comptables des sociétés commerciales, soumises conformément aux
dispositions du présent code à l’obligation de désigner un ou plusieurs commissaires aux
comptes inscrits au Tableau de l’Ordre des Experts Comptables de Tunisie, sont tenus de
signer une déclaration annuelle présentée aux commissaires aux comptes pour attester qu’ils
ont fourni les diligences nécessaires pour garantir l’exhaustivité et la conformité des états
financiers à la législation comptable. Le contenu de cette déclaration est fixé par arrêté du
Ministre des Finances. ».

 Seuil de signification définitif

Le seuil de signification est la mesure que peut faire le commissaire aux comptes du montant
à partir duquel une erreur, une inexactitude ou une omission peut affecter les états financiers
de l’entreprise d’assurance. Il contribue en début de mission à identifier les domaines
significatifs sur lesquels portera l'évaluation du contrôle interne et en fin de mission, il
constitue l'élément quantitatif permettant de justifier les décisions relatives à l'opinion émise.

Selon CNCC37 « Dans le secteur des assurances, il est admis de fixer un seuil de signification
spécifique et généralement plus élevé pour les provisions techniques que pour les autres
sections, compte tenu de la difficulté d’évaluation de ce poste et en tenant compte de la
permanence des méthodes. En outre, il est admis, compte tenu de la nature et de l’importance
des provisions techniques, que ce seuil de signification soit plus élevé que dans les autres
secteurs d’activités. Le critère de résultat est moins significatif que dans d’autres secteurs ».

En fin de mission, la détermination du seuil de signification permet au commissaire aux


comptes d’apprécier si les erreurs constatées doivent être corrigées ou faire l’objet d’une
mention dans le rapport, lorsque l’entreprise refuse de les corriger.

 Examen analytique de cohérence

Selon l’ISA 520 « Procédure Analytique », l’auditeur doit concevoir et mettre en œuvre, vers
la fin de son audit, des procédures analytiques qui l’aideront à parvenir à une conclusion
générale sur la cohérence des états financiers avec sa compréhension de l’entité.

37
Conseil national des commissaires aux comptes

94
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

En effet, dès la phase de planification, la revue analytique constitue un moyen important pour
les travaux de validation du commissaire aux comptes de l’entreprise d’assurance. En fait, il
se trouve dans l’obligation d’augmenter au maximum ses travaux d’évaluation du contrôle
interne mais également au niveau de son système d’information, et ce afin d’alléger le plus
possible ses travaux de validation par des tests de détails et de recourir aux procédures de
revues analytiques. A l’achèvement de la mission, l’examen analytique a pour objectif de
s'assurer, de la cohérence d’ensemble des états financiers.

Toutefois, les conclusions tirées de l’application des procédures analytiques peuvent identifier
des inexactitudes qui doivent faire l’objet de procédures complémentaires tel que des réunions
avec la direction.

 Documentation des travaux

Conformément à l’ISA 230 : l’auditeur doit préparer une documentation qui soit suffisante
pour permettre à un auditeur expérimenté et n’ayant pas jusqu’alors participé à la mission de
comprendre :

a) La nature, le calendrier et l’étendue des procédures d’audit mises en œuvre afin de se


conformer aux normes ISA et aux exigences des textes légaux et réglementaires
applicables;

b) Les résultats des procédures d’audit mises en œuvre et les éléments probants obtenus;

c) Les questions importantes relevées au cours de l’audit, les conclusions sur ces
questions, et les jugements professionnels importants qu’il a fallu porter pour tirer ces
conclusions.

A ce titre, la documentation faite par le commissaire aux comptes concerne notamment :

 Les communications avec les organes de direction de l’entreprise d’assurance et


éventuellement les réponses obtenues,

 La compréhension de l’environnement de l’entreprise y compris les éléments du


contrôle interne,

95
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

 Le résultat de 1'appréciation des risques au niveau des états financiers et au niveau des
assertions,

 Le plan d’audit,

 Les contrôles effectués.

Il y a lieu de signaler qu’en droit tunisien, l’article 259 du code des sociétés commerciales
exige des commissaires aux comptes la tenue d’un registre spécial « registre des diligences »
comportant des informations sur l’équipe d’audit et des renseignements sur l’entreprise
auditée. L’Ordre des Experts Comptables de Tunisie en a fourni un modèle.

 Formulation de l’opinion

Le commissaire aux comptes possède, à ce stade toutes les informations nécessaires à la


formulation de son opinion qui varie en fonction des conclusions tirées des phases
précédentes. Ainsi, le commissaire aux comptes peut émettre soit :

Un rapport pur et simple :

Ce dernier ne comporte ni réserves ni paragraphe d’observation,

Un rapport modifié :

Il comprend soit :

 Un paragraphe d’observation sans incidence sur l’opinion : c’est le cas par exemple
d’un sinistre important qui a été correctement provisionné mais en cas où la
responsabilité de l’entreprise sera prouvée, cette dernière aura sérieusement des
difficultés financières,

 Opinion avec réserve : la réserve formulée n’est pas d’une importance qu’elle
entraînerait une opinion défavorable, c’est le cas par exemple lorsque le taux de
couverture des engagements techniques de l’entreprise est légèrement inférieur à
100%,

 Une impossibilité d’exprimer une opinion : cette opinion doit être formulée par le
commissaire aux comptes lorsque la conséquence possible d’une restriction de

96
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

l’étendue des travaux d’audit est si importante ou concerne un nombre important de


rubriques que le commissaire aux comptes n’est pas parvenu à obtenir des éléments
probants suffisants et adéquats pour se prononcer sur les états financiers. Le cas par
exemple des dirigeants de l’entreprise d’assurance qui refusent de signer la lettre
d’affirmation.

 Une opinion défavorable : le commissaire aux comptes émet un rapport défavorable


lorsqu’il estime qu’une réserve ne suffirait pas à qualifier la nature incomplète ou
trompeuse des états financiers.

III. LES DILIGENCES SPECIFIQUES DU CAC

En vertu des dispositions de l’article 61 du code des assurances, il est confié aux
commissaires aux comptes des diligences spécifiques de surveillance de ces entreprises à
certaines règles prudentielles. En effet ils doivent :

 « Signaler immédiatement au ministre chargé des finances, tout fait de nature à


constituer un danger pour les intérêts de la compagnie ou les bénéficiaires des contrats
d’assurances,

 Remettre au ministre chargé des finances, dans les six mois qui suivent la clôture de
chaque exercice, un rapport concernant le contrôle effectué par eux. Ce rapport est
établi dans les conditions et selon les modalités fixées par le ministre chargé des
finances,

 Adresser au ministre chargé des finances une copie de leur rapport destiné à
l’assemblée générale et aux organes de l’entreprise qu’ils contrôlent ».

Cette dernière obligation n’implique pas de la part des commissaires aux comptes
l’accomplissement de diligences supplémentaires, il n’en demeure pas moins que pour
satisfaire aux deux premières exigences, ils seront amenés à redéfinir le cadre général de leur
mission, traditionnellement orientée vers la certification de la régularité et la sincérité des
comptes, pour juger de la capacité de l’entreprise d’assurance auditée à honorer ses
engagements d’assurance.

97
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Le manquement par les commissaires aux comptes aux deux premières obligations mises à
leur charge, peut amener le ministre des finances à prononcer à leur encontre, après leur
audition, des sanctions disciplinaires qui consistent en une interdiction d’exercer leurs
fonctions auprès des entreprises d’assurance, à titre provisoire, pour une durée maximum de
trois ans ou à titre définitif.

1. En matière de normes de solvabilité :

Le commissaire aux comptes doit procéder à l’évaluation de la solvabilité des entreprises


d’assurances. De ce fait, il doit dans le cadre sa mission permanente émettre des conclusions
se rattachant :

 A la capacité financière de l’entreprise d’assurance à faire face à ses engagements


envers ses assurés,

 Aux failles en matière de gestion de l’entreprise et son organisation interne qui ont une
incidence sur sa solvabilité future.

Dans son circulaire n° 947/2002 du 16 septembre 2002, le ministère des finances, précise que
les commissaires aux comptes doivent évaluer la capacité de l’entreprise d’assurance à faire
face à ses engagements vis-à-vis des assurés. Selon cette note, il relève du rôle du
commissaire aux comptes d’auditer la structure financière de l’entreprise et sa capacité
d’honorer ses engagements.

Ces dispositions rejoignent celles requises par la démarche européenne en matière


d’appréciation de la solvabilité des entreprises d’assurances par le commissaire aux comptes.

Pour s’assurer que l’entreprise est suffisamment solvable pour couvrir ses engagements
d’assurances, le commissaire aux comptes doit :

a. En matière de provisions techniques :

- S’assurer que les provisions techniques sont évaluées et présentées conformément aux
dispositions de l’arrêté du 27 février 2001 du ministère des finances.

- Présenter les méthodes adoptées par la compagnie pour évaluer les provisions
techniques qui ne sont pas prévues par l’arrêté du 27 février 2001. Dans le cas où le

98
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

commissaire aux comptes conclue que ces méthodes ne donnent pas une évaluation
prudente, il doit procéder aux ajustements nécessaires après accord du ministère des
finances.

- Vérifier l’évaluation de toutes les provisions techniques en se basant sur des


échantillons représentatifs pour chaque catégorie d’assurance. Le commissaire aux
comptes doit annexer à son rapport les résultats et les conclusions obtenus ainsi que les
méthodes adoptées et l’approche retenue pour déterminer ses échantillons.

- Valider le coût moyen d’un sinistre à appliquer aux dossiers non documentés,

- Présenter les délais d’indemnisations dans les différentes catégories.

b. En matière d’actifs représentatifs des provisions techniques

En plus de diligences appliquées pour l’audit du processus placements, le commissaire aux


comptes est tenu d’apprécier leur couverture des engagements de l’entreprise. A ce titre, il
doit :

 Présenter les méthodes adoptées par la compagnie d’assurance pour les actifs admis en
représentation des provisions techniques et leurs conformités avec la réglementation
en vigueur.

 S’assurer que les ajustements relatifs aux actifs et aux provisions techniques sont pris
en compte lors de la représentation.

 S’assurer que la compagnie d’assurance a procédé à la séparation entre les actifs


représentant les provisions techniques vie et les actifs représentant les provisions
techniques non vie, selon l’article 31 de l’arrêté du Ministre des finances du 27 février
2001.

 Présenter un tableau récapitulatif indiquant les revenus et les charges relatives aux
actifs admis en représentation des provisions techniques.

c. Contrôle de la marge de solvabilité

Le contrôle de la marge de solvabilité est effectué aussi bien par le comité général des
assurances que par le commissaire aux comptes. En effet, le commissaire aux comptes de la

99
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

compagnie d’assurance doit aussi vérifier le calcul de la marge de solvabilité telle que définie
par l’article 58 du code des assurances, lors de l’accomplissement de ses diligences.

Toutefois ce contrôle demeure sommaire et basé sur des chiffres et des informations
historiques sur la situation financière de la compagnie d’assurance et ne tient pas compte des
hypothèses futures à long et moyen terme et sa capacité de faire face à ses engagements
envers les assurés.

Il y a lieu de rappeler que la marge de solvabilité doit être couverte à tout moment de la vie
sociale d'une entreprise d'assurance. Au cas où le commissaire aux comptes constaterait dans
l'exercice de sa mission que cette exigence n'était pas remplie continuellement, il doit en
informer immédiatement l’organe de contrôle des assurances.

2. Rédaction du rapport

En application du circulaire n°947 du 16 septembre 2002 du comité général des assurances


fixant les conditions et le contenu du rapport du commissaire aux comptes des compagnies
d’assurance, à communiquer au ministre des finances tel que prévu par l’article 61 du code
des assurances.

Ce rapport doit contenir des informations concernant les éléments suivants :

 Le système de contrôle interne de l’entreprise,

 La politique de tarification,

 Les provisions techniques,

 Les actifs admis en représentation de ses engagements techniques,

 Les créances envers les assurés, les intermédiaires et les réassureurs

 Son évaluation du système de lutte contre le blanchiment d’argent.

Le rapport doit être finalisé et envoyé au ministre des finances dans les meilleurs délais, mais
au plus tard six mois après la clôture de l’exercice social.

100
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

SECTION II. LES DILIGENCES SUPPLEMENTAIRES DU CAC EN CAS DE MISE EN PLACE


DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE TUNISIENNE:

Comme nous venons de le montrer les évolutions prévues dans cadre de solvabilité 2 et plus
particulièrement dans le cadre du reporting prudentiel, vont nécessairement impacter les
diligences du commissaire aux comptes des entreprises d’assurances.

Pour cela nous avons adressé un questionnaire aux experts comptables, commissaires aux
comptes des entreprises d’assurances (voir annexe 6 ). Cette enquête a pour objectif de
recueillir leur attitude sur l’impact de la mise en place du nouveau reporting prudentiel sur
leurs diligences générales et spécifiques.

I. METHODOLOGIE ET DEROULEMENT DE L’ENQUETE

1. Echantillon cible

Le questionnaire a été exclusivement diffusé aux experts comptables tunisiens inscrits à


l’ordre des experts comptables de Tunisie et aux experts comptables mémorialistes faisant
prévaloir d’une expérience professionnelle supérieure à 5 ans. Nous avons envoyé le
questionnaire par email, directement (de main en main), ainsi que plusieurs relances
téléphoniques ont été faite aux experts comptables qui n’ont pas répondu.

2. Exploitation des réponses

Les différentes réponses ont été centralisées dans une base informatique en vue de les
consolider et la production des statistiques à l’aide du SPSS.

Notre travail s’est déroulé donc en plusieurs étapes :

 Centralisation des réponses au niveau du logiciel SPSS en traduisant les questions et


les réponses au langage du logiciel ;

 Analyse des réponses obtenues à l’aide des méthodes statistiques ;

 Transferts des résultats obtenus sur un fichier Excel qui permet d’obtenir des tableaux
récapitulatifs.

 Analyse des tendances et formulation des conclusions.

101
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

II. RESULTAT OBTENUS

Le nombre final des réponses aux questionnaires diffusés s’élève à trente.

La structure de notre échantillon se présente comme suit :

50% partner signataires, 37% managers et 14% chef de mission ayant une expérience
minimale 5 ans.

50%
45%
40%
35%
30% 50%
25% 37%
20%
15%
10%
14%
5%
0%
Chef de mission Manager Partner signataire

GRAPHIQUE 4. Structure de l’échantillon

Nous avons essayé d’avoir un échantillon varié des personnes ayant participé aux missions de
commissariat aux comptes des entreprises d’assurance du fait qu’ils sont les plus aptes à
appréhender les spécificités d’adoption du pilier 3.

Par ailleurs, l’unanimité de notre échantillon a conduit une mission de commissariat aux
comptes des entreprises d’assurances et / ou de réassurance. Mais seulement 97% ont
participé à la rédaction du rapport destiné au comité général des assurances.

102
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

3%

Oui
Non

97%

GRAPHIQUE 5. Pourcentage de l’échantillon ayant participé à la rédaction du rapport


destiné au CGA

En outre, à la question : êtes-vous d'accord pour l'adoption du pilier 3 dans le secteur


d’assurance en Tunisie.

67% de la population interrogée confirme l’adoption du pilier 3 et 33% confirme l’adoption


du dit pilier mais moyennant une adaptation selon notre contexte national.

Concernant la question : envisagerez-vous certifier le pilier 3 ?

90% 83%
80%
70%

60%
50%

40%
30%

20% 17%

10%

0%
Oui Non

GRAPHIQUE 6. Certification du pilier 3

103
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

83% de l’échantillon envisage certifier le pilier 3. La certification nécessite donc la mise en


place des diligences spécifiques supplémentaires. Ainsi, il paraît nécessaire pour le
commissaire aux comptes de rajouter d’autres procédés d’audit dans le cadre de sa
compréhension de l’entité, de son environnement de contrôle y compris de son système de
contrôle interne.

III. INCIDENCES DE LA MISE EN PLACE DU PILIER 3 SUR SES DILIGENCES


GENERALES

1. Planification de la mission

a. Acceptation ou maintien de la mission finalisée par la signature d’une lettre de


mission

Suite à l’élargissement du périmètre de sa mission, le commissaire aux comptes doit évaluer si


les conditions d’acceptation ou de maintien de sa mission soient respectées. De ce fait, des
procédures supplémentaires devraient être mises en place dans les cabinets afin de garantir ces
conditions. Les procédures supplémentaires se présentent généralement sous forme d’un
questionnaire permettant d’orienter la mission sur des problématiques importantes pouvant
avoir un impact sur la certification du commissaire aux comptes mais aussi sur la continuité
d’exploitation de l’entreprise. Le questionnaire (voir annexe n°7) doit prendre en
considération l’état d’avancement de la mise en œuvre du pilier 3.

Signature d’une lettre de mission

Conformément à l’ISA 210 «Accord sur les termes et conditions d’une mission d’audit» le
commissaire aux comptes doit convenir les termes de la mission d’audit avec la direction
ou les personnes constituant le gouvernement d’entreprise, selon les cas.

A la question : pensez-vous que l’audit du pilier 3 nécessite l’adaptation de la lettre de


mission. 83% ont répondu « oui » parce qu’il s’agit de mettre en œuvre des diligences
complémentaires qui seront rendue obligatoire par les textes légaux. 17% ont répondu
« non » par ce que l’audit du pilier 3 n’a pas d’incidences sur les diligences du
commissaire aux comptes.

104
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

17%
Oui parce qu’il s’agit de
mettre en œuvre des
diligences
complémentaires rendue
obligatoire par les textes
légaux;
Non ppar ce que l’audit
du pilier 3 n’a pas
d’incidences sur les
diligences du commissaire
aux comptes

83%

GRAPHIQUE 7. Adaptation de la lettre de mission

En conclusion, d’après les réponses obtenues pour l’audit du nouveau reporting prudentiel,
le commissaire aux comptes doit adapter la lettre de mission qui doit inclure en plus des
termes de la mission de commissariat aux comptes :

 L’objectif et l’étendue de l’audit portant sur les états quantitatifs et les rapports
qualitatifs;

 L’identification précise des états de revus ;

 La liste des travaux qui seront menés ;

 Les responsabilités du commissaire aux comptes ;

 Les responsabilités de la direction ;

 L’indication du référentiel Solvabilité 2 applicable pour l’établissement des états


prudentiels ; et

 Une indication de la forme et du contenu envisagés de tout rapport à émettre par le


commissaire aux comptes, ainsi qu’une mention précisant qu’il peut exister des
circonstances dans lesquelles la forme et le contenu d’un rapport peuvent être
différents de ce qui était envisagé.

105
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

b. Choix de l’équipe

Pour les besoins de l’audit du nouveau reporting prudentiel, il est nécessaire que le
commissaire aux comptes choisisse les membres de son équipe en tenant compte des
spécificités du secteur d’activité et des points techniques soulevés par Solvabilité 2 et plus
particulièrement par le pilier 3. Par ailleurs, la question qui a été posée dans le cadre de notre
enquête : est ce que les auditeurs des entreprises d’assurance ayant mis en place le pilier 3
ont reçu une formation sur la directive solvabilité 2 et plus particulièrement sur les
spécificités du nouveau reporting prudentiel ?

Les réponses étaient les suivantes : 40% seulement ont reçu une formation sur les spécificités
du pilier 3.

60%

50% 60%
40%
40%
30%

20%

10%

0%
Oui Non

GRAPHIQUE 8. Pourcentage des auditeurs ayant fait une formation sur le pilier 3

Donc, dans le cadre de l’audit du reporting prudentiel, plusieurs choix peuvent s’offrir au
commissaire aux comptes :

 Former des membres de son équipe aux principes et techniques du pilier 3 via des
formations organisées par des professionnels ; ou

 S’appuyer sur des collaborateurs ayant des expériences similaires par exemple dans
les banques lors de la mise en place de Bâle 2.

106
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

c. Calendrier d’intervention

Bien que la mission du commissaire aux comptes soit permanente, nous pouvons noter que
trois temps rythment sa mission chez le client.

 La revue des procédures de contrôle interne qui pourra se réaliser durant le


deuxième semestre de l’exercice ;

 L’audit des comptes annuels ;

 Les vérifications spécifiques avant la préparation du rapport.

Dans le cadre de l’audit du pilier 3, le commissaire aux comptes devra adapter son calendrier
d’intervention aux nouveaux délais de remontée des nouveaux reporting. Il semble
raisonnable de penser que les interventions des commissaires aux comptes soient réalisés
avant l’établissement de ce reporting par la société et ce afin de prendre en considération les
éventuels ajustements proposés par le commissaire aux comptes sur les comptes annuels
audités.

Planning d’intervention du commissaire aux comptes

Source : mémoire d’expertise comptable : Lovato EP Moreau Mai 2013-les incidences de la mise en
œuvre de Solvabilité 2 sur la mission d’audit du commissaire aux comptes de mutuelles relevant de livre II du
code de la mutualité : adaptation de l’approche d’audit est des diligen

107
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

d. Détermination du seuil de signification

Le commissaire aux comptes identifie sur la base de son jugement professionnel, des critères
pertinents à partir des quels, par application de taux ou d’autres modalités de calcul, il
détermine le seuil de signification. Les critères couramment utilisé sont le résultat courant, le
résultat net, le chiffre d’affaire,… Le choix du seuil s’expliquera par l’attention que porteront
les utilisateurs des comptes de la société d’assurances sur certains éléments,

Nous avons demandé aux auditeurs s’il faut fixer 2 seuils de signification : un pour l’audit du
bilan prudentiel et un autre pour l’audit du bilan comptable.

Les réponses étaient « oui » pour 90% des commissaires aux comptes interviewés parce que
les facteurs de prise de décision ne sont pas les mêmes et « non » pour 10% étant donné que
selon eux les termes de la mission n’iront pas changer.

90%
80%
70%
60%
50% 90%
40%
30%
20%
10% 10%
0%
Oui parce que les facteurs de Non par ce que les termes de la
prise de décision ne sont pas les mission n'iront pas changer
mêmes

GRAPHIQUE 9. Fixation de 2 seuils de signification (un pour l’audit du bilan


comptable et un pour l’audit du bilan prudentiel)

En conclusion, le commissaire aux comptes doit fixer 2 seuils de signification un pour


l’audit du bilan comptable et un autre pour l’audit du bilan prudentiel: les fonds propres de
base semblent constituer des indicateurs pertinents pour la détermination du seuil de
signification relatif au bilan prudentiel.

108
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

e. Prise de connaissance de nouvel environnement de contrôle

La mise en place de la réforme Solvabilité 2 et plus particulièrement du pilier 3, va engendrer


un nouvel environnement de contrôle. En effet, un nouveau système de contrôle interne (un
nouveau système d’information, des nouvelles procédures,…) et des nouvelles fonctions clés
vont être mise en place au sein de l’entité.

Pour cela, nous avons demandé aux commissaires aux comptes des entreprises d’assurance
interrogés d’indiquer les diligences supplémentaires suite à la mise en place du pilier 3.

 Revoir la cartographie des risques ;

 Revoir le nouveau système d’information,

 S'entretenir avec les structures nouvellement créés en vertu des exigences qualitatives
de la directive solvabilité 2

L’enquête a fait ressortir les résultats suivants :

Le commissaire aux comptes doit revoir la cartographie des risques pour les raisons
suivantes :

EFFECTIF POURCENTAGE DE
L’ECHANTILLON

Pour prendre en considération les nouveaux risques inhérents


19 29%
pouvant influencer les ratios de solvabilité (SCR, MCR)

Pour identifier les risques supplémentaires qui n’ont pas été pris en
16 25%
compte dans le calcul du SCR, MCR

Pour identifier les risques opérationnels de l’entreprise pouvant avoir


23 35%
une incidence significative sur les comptes

Question à choix multiples : plusieurs réponses sont possibles et le commissaire aux comptes peut cocher plusieurs réponses en même
temps

Le commissaire aux comptes doit revoir le nouveau système d’information pour les raisons
suivantes :

109
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

EFFECTIF POURCENTAGE DE
L’ECHANTILLON

Par ce que la mise en place du pilier 3 va engendrer un nouveau système


20 48%
d’information

Pour définir la nature, le calendrier et l’étendue des procédures d’audit


17 40%
complémentaires

Question à choix multiples : plusieurs réponses sont possibles et le commissaire aux comptes peut cocher plusieurs réponses en même
temps

Le commissaire aux comptes doit s’entretenir avec les structures nouvellement créés en vertu
des exigences qualitatives de la directive solvabilité 2 ;

EFFECTIF POURCENTAGE DE
L’ECHANTILLON

Pour prendre connaissance du nouvel environnement de


22 41%
contrôle

Pour prendre connaissance des nouvelles procédures 12 22%

Pour identifier les risques d’anomalies significatives 15 29%

Question à choix multiples : plusieurs réponses sont possibles et le commissaire aux comptes peut cocher plusieurs réponses en même
temps

On conclue donc, que compte tenu de la mise en œuvre du pilier 3, le commissaire aux
comptes est confronté à un nouvel environnement de contrôle. Par conséquent, il doit mettre
des diligences supplémentaires afin d’identifier les nouveaux contrôles menées par les
entreprises d’assurances susceptibles d’être jugés pertinents pour fonder son approche
contrôle.

Revoir la cartographie des risques :

Le commissaire aux comptes doit avoir une vision globale des risques encouru par
l’entreprise d’assurance. Pour cela, il est utile qu’il obtienne la cartographie des risques afin
d’identifier :

- Les risques supplémentaires qui n’ont pas été pris en compte dans le calcul des ratios
de solvabilité (SCR, MCR) et ;
- Les risques opérationnels de l’entreprise.

110
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Entretien avec les nouvelles structures

 Fonction gestion des risques

Solvabilité 2 exige la mise en place d’une fonction clé au sein des compagnies d’assurances,
celle du risque management. Cette fonction aura comme attributions de38 :

 Identifier les zones de risques et apporter un conseil en matière des risques ;

 Veiller à ce que le système de gestion, de prévention, de contrôle et de management


des risques soit cohérent et efficace ;

 Offrir une vision de la solvabilité sur un axe réglementaire mais aussi sur un axe de
pilotage ;

 Assurer le reporting sur la solvabilité, les risques et actionner des alertes si besoin. En
effet, concernant le reporting règlementaire, la fonction risque management est le
pilote du processus d’élaboration du reporting réglementaire (pilier 3). A ce titre elle
administre solvabilité 2, permettant de collecter les informations nécessaires à ces
reporting.

Le commissaire aux comptes doit s’entretenir avec la fonction risque management afin
d’obtenir de la part de son interlocuteur :

 La politique générale des risques définissant l’ensemble des risques identifiés ;

 La cartographie des risques ;

 La liste des actions envisagées pour atténuer les risques ;

 Les contrôles visant à évaluer leur efficacité.

 Fonction audit interne

La mise en place de solvabilité 2 va engendrer nécessairement des changements au niveau


des attributions de l’audit interne. En effet, après la mise en conformité avec la directive
Solvabilité 2, l’auditeur interne devra auditer :

 Les bases de données construites pour l’élaboration du pilier 3 ;

 Le nouveau système d’information ;

38
Lerda Aurélien : l’impact de solvabilité 2 (gouvernance des risques ») sur les fonctions audit interne, contrôle
interne et gestion des risques (mastère : Audit et gouvernance des organisations)

111
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

 Les progiciels utilisés pour l’alimentation des états du pilier 3.

 Le bilan solvabilité 2

Le commissaire aux comptes devra s’entretenir avec l’audit interne et obtenir les rapports
annuels d’audit afin d’avoir une connaissance des contrôles effectués sur l’exercice par l’audit
interne, des conclusions et des éventuels axes d’amélioration.

 Fonction contrôle interne et conformité

«L’article 46 de la directive stipule que les entreprises d’assurances et de réassurances


disposent d’un système de contrôle interne efficace. Ce système comprend au minimum des
procédures administratives et comptables, un cadre de contrôle interne, des dispositions
appropriées en matière d’informations prudentielle à tous les niveaux de l’entreprise et une
fonction de conformité. »

De ce fait, les entreprises d’assurances doivent disposer d’un service de contrôle interne
indépendant et donc détaché de toute autre fonction (audit interne et risk management), un
dispositif permanent de contrôle interne en place ainsi qu’une politique écrite de contrôle
efficace et des contrôles efficaces et efficients permettant de couvrir les risques 39.

La fonction contrôle interne est tenue de transmettre annuellement au conseil d’administration


un rapport sur le système de contrôle interne. Ce rapport devra fixer les lignes directrices de la
politique de placements concernant notamment le choix des intermédiaires financiers et la
qualité des actifs, il devra décrire aussi l’organisation et le dispositif du contrôle interne.

Ainsi le commissaire aux comptes doit s’entretenir avec la fonction contrôle interne et
conformité afin de prendre connaissance :

 Des contrôles effectués par ce service au cours de l’exercice écoulé et ayant pour objet
de fiabiliser les informations financières ;

 Des modes de restitution des contrôles (fréquence des contrôles, reporting des
contrôles, résultats des contrôles et anomalies décelées, formalisation des contrôles
effectués).

Donc il est important que le commissaire aux comptes liste les contrôles qu’il juge pertinent
pour son audit.
39
Lerda Aurélien : l’impact de solvabilité 2 (gouvernance des risques ») sur les fonctions audit interne, contrôle
interne et gestion des risques (mastère : Audit et gouvernance des organisations) page 57

112
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Prise de connaissance du nouveau système d’information

Pour les besoins de la mise en place du pilier 3, l’entreprise d’assurance peut être amenée à
revoir son système d’information compte tenu des nouvelles exigences. Etant donné, que
l’ensemble des informations sont aujourd’hui dématérialisés, le commissaire aux comptes
doit s’intéresser lors de la phase de compréhension de l’entité aux systèmes d’informations
de son client. Il doit documenter dans son dossier de travail la cartographie des systèmes
d’informations en indiquant l’ensemble des applications utilisées et leurs interactions. Dans
les interactions, le commissaire aux comptes est attentif aux flux qui se déversent en
comptabilité : déversement automatique, semi-automatique ou saisie manuel. Le commissaire
aux comptes peut s’appuyer sur des contrôles généraux informatiques pour valider certains
process. Ainsi que le commissaire aux comptes est amené à contrôler la sécurité et les accès
du système d’information.

f. Les conclusions des travaux de contrôle

Le commissaire aux comptes documente son « approche contrôle » en :

 Menant des entretiens avec les responsables des fonctions clés ;

 Récupérant auprès d’eux les documents et justificatifs illustrant les contrôles


effectués ;

 Testant la mise en œuvre, la conception et l’efficacité opérationnelle des contrôles


effectués par la compagnie qu’il avait jugée pertinents pour l’aider à valider certaines
assertions de comptes significatifs.

Une fois ce travail effectué, il est dorénavant en mesure de conclure ses travaux.

Deux types de conclusions peuvent être effectués :

Les tests de contrôle interne sont satisfaisants :

Une fois, le commissaire aux comptes a réalisé les tests sur les procédures et a pu s’assurer
que les contrôles sont effectivement réalisée par les services concernés et qu’ils sont
correctement effectués. Dans ce cas, il peut conclure que les contrôles sont efficaces. Il devra
ensuite juger si la validation des assertions des comptes par ces tests de contrôle interne est
suffisante.

113
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Dans le cas où il la juge suffisante, il devra lors de l’audit des comptes, récupérer
éventuellement les travaux de contrôle effectués afin de documenter dans son dossier de
travail que l’ensemble de l’exercice a bien été couvert par des contrôles.

Dans le cas où il juge la validation des assertions insuffisante par son « approche contrôle », il
peut programmer de les compléter lors de l’audit des comptes. Ainsi, il déploiera une
approche substantive pour auditer les assertions des comptes significatifs

Cette approche se décompose en deux familles de contrôles : les procédures analytiques et les
tests de détail.

Les tests de contrôle internes ne sont pas satisfaisants :

Lorsque le commissaire aux comptes s’est rendu compte au cours de ses tests que les
contrôles n’étaient pas effectués ou qu’ils ne répondaient pas finalement aux objectifs et aux
risques décelés, ainsi il ne peut pas s’appuyer sur ces travaux pour valider les assertions des
comptes significatifs, alors il devra ainsi mener une approche substantive sur l’ensemble des
assertions des comptes significatifs audités.

Le commissaire aux comptes doit relever les faiblesses de contrôle interne relevées lors de
son audit dés lorsque ces faiblesses ont une incidence directe et indirecte sur les éléments
financiers et comptables conformément à l’ISA 260 « communication avec les responsables
de la gouvernance ».

IV. INCIDENCES DE LA MISE EN PLACE DU PILIER 3 SUR SES DILIGENCES


SPECIFIQUES :

Dans l’hypothèse où le commissaire aux comptes a la responsabilité de valider le pilier 3,


nous pouvons assimiler ces travaux à des diligences complémentaires rendues obligatoires par
les textes.

1. Audit des postes du bilan prudentiel, les annexes du bilan et utilisation des
travaux des experts

Dans le but de déterminer les états quantitatifs et les rapports narratifs pouvant être audité par
le commissaire aux comptes, ainsi que les diligences spécifiques supplémentaires nous avons

114
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

demandé aux commissaires aux comptes des entreprises d’assurances de classer par ordre
d’importance les états du nouveau reporting prudentiel pouvant faire l’objet d’un audit.

Les résultats de notre enquête se présentent comme suit

35
30
25
20
15
10 Très important
5
Important
0
Moyenne
Faible

GRAPHIQUE 10.classement par ordre d’importance des états du pilier 3 pouvant


faire l’objet d’un audit

a. Audit des postes du bilan prudentiel

Les entreprises d’assurances continuent à publier leurs états financiers selon les principes
comptables nationaux. Elles doivent dans un second temps préparer leur bilan prudentiel
selon les principes de Solvabilité 2. Ce bilan est établi à partir du bilan comptable. Pour cela,
des ajustements sur les postes du bilan comptable pour valoriser les postes du bilan prudentiel
doivent être opérés. Donc afin de justifier les valeurs retenues dans le bilan prudentiel et afin
d’assurer une traçabilité satisfaisante et suffisante entre le bilan comptable et le bilan
prudentiel, l’entreprise doit prévoir une piste d’audit.

115
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Les ajustements opérés sur les différents postes du bilan comptable se présentent comme suit :

Les actifs incorporels :

Le goodwill sur acquisitions est valorisé à zéro car il n’est pas considéré comme un actif
identifiable et séparable sur le marché. Concernant les autres immobilisations elles sont
évaluées à la juste valeur si elles répondent aux deux critères suivants :

- La possibilité de séparer les immobilisations incorporelles ;

- L’indication de transaction sur ces actifs ou actifs similaires montrant qu’ils peuvent
être vendus sur le marché.

En cas d’impossibilité d’évaluer une immobilisation incorporelle à sa juste valeur, donc elle
est évalué à zéro.

Les immobilisations corporelles

Les immobilisations corporelles sont évaluées à leurs justes valeurs. Si les immobilisations
corporelles de la société sont amorties sur leur durée d’utilisation, dans ce cas aucun
retraitement ne soit réalisé sur ce poste

Les immeubles de placements

Les immeubles de placements sont évalués à la valeur de marché sur la base des expertises
réalisées par des experts agrées.

Les actifs financiers

Les actifs financiers sont évalués à la valeur de marché cette valeur correspond :

- Pour les obligations et les actions cotées : au prix de cotation fourni par le mandataire
de gestion ou les établissements financiers.

- Pour les OPCVM, à la valeur de marché ventilée selon la nature des actifs sous-jacents.

- Pour les prêts et les dépôts à terme à une actualisation des flux futurs de trésorerie.

116
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Les provisions

Les provisions doivent être évaluées au montant constituant la meilleure estimation de la


dépense nécessaire à l’extinction de l’obligation à la date de clôture. Les provisions pour
risque et charge sont enregistrées si la probabilité de sortie de ressource est supérieure à 50%.
Dans le cas contraire il s’agit d’un passif éventuel. Ces provisions sont évaluées sur la base
des flux financiers futurs probables actualisés au taux sans risque. Quant aux passifs éventuels
sont évaluées à la valeur de marché, ou à défaut sur la base des flux financiers futurs
probables actualisés au taux sans risque.

Les fonds propres

Afin d’obtenir les fonds propres du bilan Solvabilité 2 à partir des fonds propres du bilan
comptable, les retraitements suivants devront être effectués :

- Réévaluer les emprunts subordonnés en valeur économique en actualisant les flux futurs
de trésorerie au taux sans risque majoré du spread de l’émetteur à l’origine (le spread
étant le risque de l’émetteur par rapport à sa notation) ;

- Constater la réserve de réconciliation entre le résultat du bilan comptable et du bilan


prudentiel ;

- Maintenir la réserve de capitalisation.

- A la question : pensez-vous que l’audit du pilier 3 nécessite l’adaptation du programme


de travail ?

L’enquête a fait ressortir les résultats suivants : 76% des commissaires aux comptes interrogés
confirment que l’audit du pilier 3 nécessite l’adaptation du programme de travail, parce que
sa mise en place aura un impact sur leur mission. 24% de la population interrogée considère
que la mise en place du pilier 3 n’aura aucun impact sur la mission du commissaire aux
comptes.

117
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

80%
70%
60%
50%
76%
40%
30%
20% 24%
10%
0%
Oui par ce que la mise en place Non par ce que la mise en place
du pilier 3 aura un impact sur la du pilier 3 n’aura aucun impact
mission du CAC sur la mission du CAC

GRAPHIQUE 10. Nécessité d’adaptation du programme de travail pour l’audit du


pilier 3

Le taux de confirmation 76%, nous a permis de conclure que le commissaire aux comptes
doit adapter son programme de travail pour l’audit du nouveau reporting prudentiel.

Nous avons proposé dans l’annexe 8 un programme de travail spécifique pour l’audit du bilan
prudentiel.

Ainsi, le commissaire aux comptes peut décider de recourir à un audit informatique pour
valider certaines assertions des process clés identifiés. Par exemple, il peut juger plus efficace
de valider les interfaces par un expert informatique plutôt que de valider manuellement les
déversements et les pistes d’audit.

b. Contrôle du SCR, MCR et utilisation des travaux de l’actuaire

Comme nous l’avons précisé précédemment, le SCR est calculé à minima une fois par an par
l’entreprise d’assurance. Il s’agit du capital de solvabilité cible qu’elle doit couvrir par ses
fonds propres éligibles. Le SCR de base regroupe le capital requis pour couvrir six grandes
catégories de risque. Il est calculé comme l’agrégation des besoins en capital pour chacun des
six risques avec une matrice de corrélation tenant compte des interactions pouvant exister en
situation des stress.

118
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Le MCR doit être calculé trimestriellement et non annuellement comme le SCR. Il est calculé
à partir d’une fonction linéaire d’un ensemble de variables (provisions techniques, primes
souscrites, capital sous risque). Cette fonction linéaire est calibrée selon la valeur en risque
des fonds propres de l’entreprise d’assurance avec un niveau de confiance de 85% à l’horizon
d’un an.

Dans le cas où le commissaire aux comptes a besoin de valider les calculs du SCR et MCR, il
semble plus judicieux de faire appel à un expert actuaire conformément à la norme ISA 620
« Utilisation par l’auditeur des travaux d’un expert de son choix », « lorsqu’une expertise
dans un domaine autre que la comptabilité ou l’audit est nécessaire pour obtenir des éléments
probants suffisants et appropriés, l’auditeur doit déterminer s’il y a lieu d’utiliser les travaux
d’un expert ».

Dans ce cas, il doit évaluer si l’expert possède la compétence, les capacités et l’objectivité
nécessaires par rapport à ses besoins. Le critère d’objectivité est primordial et permet au
professionnel de s’assurer que les travaux du professionnel ne sont pas biaisés ou influencés
par la volonté de la gouvernance.

Quant au critère de compétence, il s’apprécie en fonction des qualifications professionnelles,


des diplômes ou de l’inscription de l’expert sur la liste d’experts agrées auprès d’un
organisme professionnel ou d’une juridiction et également en fonction de l’expérience ou la
réputation de l’expert dans le domaine particulier concerné. Le commissaire aux comptes
devra s’assurer que la nature et l’étendue des travaux de l’expert défini dans le contrat
répondent aux besoins de son audit.

Ainsi, il devra documenter dans son dossier de travail les contrôles effectués pour s’assurer
de l’objectivité et de la compétence de l’expert, ainsi que les travaux effectués par l’expert
pour s’assurer des besoins d’audit. Nous proposons dans l’annexe 9 un programme de travail
pour l’audit des travaux de l’expert.

c. Contrôle des états des actifs

Avec Solvabilité 2, le commissaire aux comptes n’aura plus à s’assurer que l’entreprise
d’assurance respecte les règles de dispersion et de limitation concernant les placements parce
que les critères quantitatifs font place aux critères qualitatifs. Effectivement, le commissaire

119
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

aux comptes devra privilégier une approche par les risques. Pour cela, il devra prévoir dans
son programme de travail de contrôler que l’entreprise d’assurance gère le risque de
concentration. Ce risque couvre le risque lié à un manque de diversification du portefeuille
d’actif, ou à une exposition importante au risque de défaut d’un ou plusieurs émetteurs. Pour
analyser ce risque, le commissaire aux comptes devra disposer du détail du portefeuille de
l’ensemble des titres détenues par catégorie d’actif (actions, obligations, OPCVM,…), pour
chacun des titres il doit connaître l’émetteur. Ainsi il peut se baser sur l’analyse de la variation
des ratings entre deux périodes, et les notations des titres.

d. contrôle des états de réassurance

Dans le cadre de solvabilité 2, un des principaux risques à analyser est le risque de défaillance
du réassureur. Pour cela, le commissaire aux comptes doit prévoir les contrôles suivants :

- S’assurer que l’organe d’administration a mis en œuvre un suivi de la solvabilité des


réassureurs ;
- Obtenir le suivi de la solvabilité des réassureurs concernés ;
- analyser l’antériorité des comptes courants des réassureurs qui peut être un indice de
difficulté.

e. Contrôle des rapports narratifs définis par le pilier 3 :

Le RSR (Regular Supervisory Report)

Ce rapport destiné au comité général des assurances se décompose de cinq parties. Nous
analysons chacune des parties pour déterminer le rôle éventuel du commissaire aux comptes
dans le contrôle de ces parties.

Activité et performance de l’activité : dans cette partie l’entreprise d’assurance fournit des
éléments de compréhension de son activité et de son organisation : les effectifs,
l’organigramme, position concurrentielle, la stratégie à court et moyen terme,… Ces données
peuvent être validées par cohérence par le commissaire aux comptes, notamment lors de la
phase de compréhension de l’entité. Pour les données chiffrées, le commissaire aux comptes
peut les valider grâce à son audit des comptes. Pour les données prévisionnelles, le
commissaire aux comptes s’assure de la cohérence de ces informations.

120
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Système de gouvernance de l’entreprise : l’entreprise doit indiquer dans cette partie, les
décisions prises en termes de gouvernance : positionnement des responsables, les fonctions
clés, les politiques de rémunérations. le commissaire aux comptes doit s’assurer des moyens
mis en œuvre pour respecter les exigences en matière d’honorabilité, de compétence et de
gestion des risques.

Profil de risque de l’entreprise : dans cette partie, l’entreprise d’assurance fournit des
informations sur les risques identifiés pour le calcul de son SCR. Elle explique la manière
dont le risque est géré et détaille les techniques d’atténuation du risque. Le commissaire aux
comptes peut corroborer les risques retenus avec qu’il a réalisé sur le SCR.

Evaluation de la solvabilité : dans cette partie, l’entreprise d’assurance détaille


principalement les méthodes retenues utilisées pour évaluer l’ensemble des postes du bilan
prudentiel. L’entreprise d’assurance fournit notamment les hypothèses de ses calculs, les
méthodes d’évaluation des actifs et des provisions techniques. Cette partie peut être validée
par le commissaire aux comptes car il peut se référer aux travaux effectués lors de la
validation du bilan prudentiel.

Gestion du capital : dans cette partie, l’entreprise présente les conséquences des calculs faits
précédemment puisqu’elle chiffre les exigences en capital : elle donne les informations
concernant le SCR et MCR à court et moyen terme. Elle donne aussi des informations sur les
fonds propres pour indiquer si les fonds propres couvrent ces exigences de capital. Elle doit
également fournir une analyse prospective de ses fonds propres. Le commissaire aux comptes
est en mesure de valider les informations chiffrées puisqu’il a procédé à la validation du bilan
prudentiel et à la validation des ratios de solvabilité. Concernant, les données chiffrées
prospectives, il peut se prononcer sur leur cohérence compte tenu de sa connaissance du
client. Il doit aussi procéder à la validation de la classification des fonds propres (Tier 1, Tier
2, Tier 3).

121
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

SECTION III. RAPPORTS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES

Nous avons demandé aux commissaires aux comptes des entreprises d’assurances et ou de
réassurance de déterminer l’incidence de l’audit du pilier 3 sur les rapports du commissaire
aux comptes.

La question posée dans le cadre de notre enquête était la suivante :

Pensez-vous que l’audit du pilier 3 du dispositif prudentiel solvabilité 2 nécessite l’adaptation


du :

 Rapport général au cas d’insertion d’une information prudentielle dans le rapport de


gestion ;

 Rapport destiné au CGA

 Aucun de ces rapports

Les résultats de notre enquête se présentent comme suit :

8%

50%

42%

Rapport général au cas d’insertion d’une information prudentielle dans le rapport de gestion ;
Rapport destiné au CGA
Aucun de ces rapports

GRAPHIQUE 11. Rapports du commissaire aux comptes

122
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Nous concluons que la mise en place du pilier 3 élargit le champ d’intervention du CAC.
Dans le cas où ce dernier a la responsabilité de valider le pilier 3, nous pouvons assimiler ces
travaux à des diligences complémentaires rendues obligatoires par les textes.

I. RAPPORT GENERAL

1. Nouveau paragraphe à insérer dans la lettre d’affirmation

L’ISA 580 « Déclarations écrites » définit l’objet de la lettre d’affirmation. Elle vise à ce que
le représentant légal de l’entité établisse une lettre dans laquelle il confirme les déclarations
fournies au commissaire aux comptes durant son intervention et qui lui ont permis de
conclure sur certaines assertions. La lettre d’affirmation peut également inclure des
informations concernant des vérifications spécifiques du commissaire aux comptes tels que le
rapport de gestion, les conventions réglementés,…

Compte tenu des nouvelles diligences liées à la certification du pilier 3, le commissaire aux
comptes devrait ajuster la lettre d’affirmation. Ce point a été confirmé par la majorité des
commissaires aux comptes interviewés. Soit, 90% de notre échantillon ont déclaré la nécessité
d’insertion d’un paragraphe au niveau de la lettre d’affirmation parce que l’audit du pilier 3
entre dans le cadre des diligences spécifiques du commissaire aux comptes.

10%

Oui par ce que l’audit du plier 3


entre dans le cadre des
diligences spécifiques du CAC
Non par ce que l’audit du plier
3 n’entre pas dans le cadre des
diligences spécifiques du CAC

90%

GRAPHIQUE 12. Nécessité d’adaptation de la lettre d’affirmation

123
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

On conclue que dans le but de certifier le pilier 3, l’entreprise d’assurance devrait confirmer
au CAC les points suivants :

 Qu’elle a appliqué au mieux de sa connaissance la directive Solvabilité 2 ;

 Qu’elle lui a communiqué tous les points de non-conformité à Solvabilité 2 décelés


par le service contrôle interne-conformité ;

 Que les hypothèses retenues pour les calculs du bilan prudentiel et de ratio de
solvabilité paraissent raisonnables et reflètent les intentions et la capacité de l’entité à
mener à bien les actions envisagées ;

 Qu’elle n’a pas connaissance d’un rapport ou d’un avis du comité général des
assurances dont le contenu pourrait avoir une incidence significative sur
l’établissement des états financiers. Si elle a connaissance d’un tel rapport, l’entité doit
indiquer la nature de la problématique soulevée par le comité général des assurances
et l’incidence de cette dernière dans les comptes annuels ;

 Qu’elle a communiqué les plans d’action et les plans de trésorerie définis pour l’avenir
visant à permettre la poursuite de ses activités pendant les douze prochains mois et que
ces plans d’actions reflètent les intentions de la direction ;

 Que les rapports émis dans le cadre du pilier 3 ont été établis conformément à la
réforme Solvabilité 2 et ont été remis au commissaire aux comptes dans leur intégrité.

2. Opinion

Les diligences spécifiques du commissaire aux comptes dans le cadre de l’audit du pilier 3,
peuvent avoir un impact sur son opinion. En effet, l’opinion du CAC peut être impactée par
Solvabilité 2 en cas d’incertitude concernant la continuité d’exploitation.

Lorsque l’entreprise constate que le SCR n’est pas conforme ou qu’il risque de ne plus l’être
dans les 3 mois, elle doit en informer immédiatement l’autorité de contrôle.

Selon les dispositions de la directive Solvabilité 2, l’entreprise dispose alors d’un délai de 2
mois pour présenter à l’autorité de contrôle un programme de rétablissement réaliste.

124
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

L’autorité de contrôle exige de l’entreprise qu’elle prenne les mesures nécessaires


conformément au plan de rétablissement pour redresser la situation dans un délai de 6 mois.

Dans le cas où l’entreprise présente un SCR non conforme, elle doit respecter la même
procédure que précédemment. Toutefois elle ne dispose que d’un délai d’un mois pour
présenter un plan de financement réaliste à court terme, à l’autorité, en vue de ramener, dans
un délai de 3 mois les fonds propres de base éligibles au moins au niveau du MCR ou de
réduire son profil de risque pour garantir la conformité du MCR.

Le CAC d’une entreprise qui passe par ces difficultés devra en tirer des conséquences dans
son rapport.

 S’il juge qu’il existe une incertitude sur la continuité d’exploitation de l’entreprise,
que le pilier 3 fournit une information pertinente et que les possibilités de poursuite de
l’activité ne sont pas affectées par de multiples incertitudes et ne sont pas
définitivement compromises  un paragraphe d’observation est à insérer dans son
rapport.

 S’il juge que le pilier 3 ne fournit pas l’information au titre de cette incertitude ou que
l’information donnée n’est pas pertinente  impossibilité de donner son avis : opinion
avec réserve.

 S’il estime que la situation est définitivement compromise et que l’entreprise ne


pourra pas être en mesure de respecter le plan de rétablissement  refus de
certification.

3. Vérifications spécifiques :

Dans l’hypothèse où l’entreprise d’assurance a opté pour la publication d’une information


prudentielle dans son rapport de gestion. Dans ce cas le commissaire aux comptes doit
s’assurer que les données sont exactes et cohérentes avec les données dans le reporting
prudentiel Solvabilité 2. Dans le cas d’informations erronées, il informe le conseil
d’administration de ces anomalies. Il peut émettre une observation dans la partie vérifications
spécifiques de son rapport en indiquant l’inexactitude. La formulation peut être la suivante :

125
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

« Nous avons procédé à la vérification de la sincérité et la concordance avec les comptes


annuels des informations prudentielles (à préciser les quelles) donnés dans le rapport de
gestion du conseil d’administration et dans les documents adressés aux membres sur la
situation financière et les comptes annuels. Ces informations appellent de notre part
l’observation suivante : les données concernant le SCR et MCR ne concordent pas avec les
données validées dans les rapports prudentiels transmis au comité général des assurances»

II. Rapport destiné au comité général des assurances :

La majorité de la population interviewé estime qu’un rapport doit être communiqué au


comité général des assurances et ce dans les cas suivants :

- Non-respect du SCR et MCR,

- Risque de continuité de l’exploitation

On conclue donc, qu’au-delà de la responsabilité de déclencher la procédure d’alerte ou de


communiquer les irrégularités et les inexactitudes au conseil d’administration, voire à
l’assemblée générale, le commissaire aux comptes est également responsable vis-à-vis du
comité général des assurances. Il doit communiquer à ce dernier tout fait ou décision dont
elles ont connaissance au cours de leur mission pouvant entraîner les conséquences suivantes :

- Porter atteinte à la continuité d’exploitation ;

- Entraîner le non-respect du SCR ou MCR.

III. Conclusion de notre enquête:

Notre enquête adressée aux commissaires aux comptes nous a permis de relever les
conclusions suivantes :

La mise en place du pilier 3 dans les entreprises d’assurances aura un impact sur les
diligences générales et spécifiques du commissaire aux comptes car de nouveaux contrôles lui
incombera très certainement tels que le contrôle des données prudentielles. Ainsi, il parait
nécessaire pour le commissaire aux comptes de rajouter d’autres procédés d’audit dans le
cadre de sa compréhension de l’entité, de son environnement de contrôle y compris de son
système de contrôle interne.

126
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

Ces procédés d’audit sont les suivants :

1. Adaptation de la lettre de mission qui doit inclure en plus des termes de la mission de
commissariat aux comptes :

 L’objectif et l’étendue de l’audit portant sur les états quantitatifs et les rapports
qualitatifs;

 L’identification précise des états de revus ;

 La liste des travaux qui seront menés ;

 Les responsabilités du commissaire aux comptes ;

 Les responsabilités de la direction ;

 L’indication du référentiel Solvabilité 2 applicable pour l’établissement des états


prudentiels ; et

 Une indication de la forme et du contenu envisagés de tout rapport à émettre par le


commissaire aux comptes, ainsi qu’une mention précisant qu’il peut exister des
circonstances dans lesquelles la forme et le contenu d’un rapport peuvent être
différents de ce qui était envisagé.

2. Fixation de deux seuils de signification :

D’après notre enquête, 90% de notre échantillon considèrent qu’il faut fixer 2 seuils de
signification : un pour l’audit du bilan prudentiel et un pour l’audit du bilan comptable,
étant donné que les facteurs de prise de décision ne sont pas les mêmes.

3. Prise de connaissance de nouvel environnement de contrôle :

La mise en place du pilier 3 va sans doute amener les entreprises d’assurances à changer
leur système d’information, leurs procédures. Ainsi que des nouvelles fonctions clés vont
être imposées par solvabilité 2 tels que la fonction actuariat, contrôle interne et
conformité. En effet, d’après notre enquête, il paraît que le commissaire aux comptes
devrait mettre en place des diligences supplémentaires afin d’identifier les nouveaux

127
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

contrôles menées par les entreprises d’assurances susceptibles d’être jugés pertinents pour
fonder son approche contrôle. Ainsi le commissaire aux comptes devrait :

 Revoir la cartographie des risques

 S’entretenir avec les structures nouvellement créés en vertu des exigences qualitatives
de la directive solvabilité 2.

 Prendre connaissance du nouveau système d’information.

Dans le cas où le commissaire aux comptes est amené à certifier le pilier 3, il doit adapter son
programme de travail, il peut décider de recourir à un audit informatique pour valider
certaines assertions.

L’audit du pilier 3 aura nécessairement une incidence :

- Sur le rapport général du commissaire aux comptes. En effet, la majorité de notre


échantillon ont confirmé la nécessité d’adapter la lettre d’affirmation par ce que
selon eux l’audit du pilier 3 entre dans le cadre des diligences spécifiques du
commissaire aux comptes. En outre, ces diligences spécifiques peuvent avoir un
impact sur son opinion et il peut émettre une observation dans la partie vérification
spécifiques de son rapport en cas d’informations erronées.

- Sur le rapport destiné au comité général des assurances et ce dans les cas du non-
respect du SCR et MCR ou dans le cas de risque de continuité d’exploitation.

128
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 PAR LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES

CONCLUSION TROISIEME CHAPITRE

Nous avons montré dans ce chapitre que le commissaire aux comptes a actuellement en
complément de ses diligences normales, une mission spécifique de surveillance de la
conformité des entreprises d’assurances à certaines normes prudentielles.

La mise en place du pilier 3, qui constitue un des grands chantiers pour les entreprises
d’assurances va élargir nécessairement le champ d’intervention du commissaire aux comptes.
Par conséquence, il doit analyser les incidences du changement du reporting prudentiel sur
chacune des étapes de sa mission. De ce fait, il devra modifier son approche d’audit ainsi que
ses diligences de la planification à l’émission du rapport.

Pour l’audit du nouveau reporting prudentiel solvabilité 2, le commissaire aux comptes doit
mettre en œuvre des diligences spécifiques supplémentaires.

Ainsi la mise en œuvre du pilier 3, peut entraîner des changements dans le rapport général du
commissaire aux comptes ainsi que le rapport destiné au comité général des assurances.

129
CONCLUSION GENERALE

CONCLUSION GENERALE

130
CONCLUSION GENERALE

Le cadre prudentiel actuel, similaire à la directive Solvabilité I, a été fondé sur plusieurs
générations dont les règles, simples, n’intègrent pas de vision prospective, ne reflètent pas
l’intégralité des risques et n’encouragent pas une allocation efficace du capital.

La réforme Solvabilité 2, un régime en vigueur depuis le 1er Janvier 2016 mais dont les
préparations organisationnelles et comptables ont débuté depuis plusieurs années, vise à
corriger ces insuffisances liées au régime Solvabilité I en Europe. Solvabilité 2 a été
structurée autour de trois piliers, afin de couvrir à la fois le calcul de l’exigence de capital à
constituer, le cadre de gouvernance à mettre en place et la « discipline de marché », c'est-à-
dire les règles qui définissent la communication financière à rendre aux superviseurs et/ou au
public.

Le pilier 3 introduit l’obligation de publier une masse importante d’informations sur une base
trimestrielle et annuelle et dans des délais très courts. Les informations communiquées dans le
cadre de ce pilier sont de type narratif et quantitatif. Le reporting quantitatif devra être
présenté sous un format déterminé en utilisant le langage XBRL.

Certes, la mise en place du pilier 3 constitue un des grands chantiers pour les entreprises
d’assurances Tunisiennes. En effet, les principaux préalables sont essentiellement :

 La sensibilisation des équipes aux nouvelles exigences réglementaires en matière de


reporting et ce par l’organisation des formations ;

 La coordination entre les différentes directions pour les besoins de préparation de ce


nouveau reporting.

 La mise en place d’une organisation constituée d’actuaires et de comptables dédiée à


la préparation de nouveau reporting prudentiel. En effet, les directions comptables et
financières ne pourront pas ajouter à leur planning la construction de nouveaux états
prudentiels sans repenser intégralement leur organisation. Il faudra pouvoir proposer
des solutions, se projeter dans un nouvel environnement avec des délais de clôture
accélérés, travailler différemment avec des départements moins cloisonnés entre eux,
cela en prenant en compte les contraintes de budget et de ressources. Aussi, les
assureurs devront revoir leur système d’information. En effet, l’évolution de ce

131
CONCLUSION GENERALE

dernier constitue un des principaux enjeux lié à la mise en place du nouveau reporting
prudentiel.

Ainsi, la mise en place du pilier 3 va nécessairement impacter les diligences générales et


spécifiques du commissaire aux comptes. Pour cela, il doit revoir son approche d’audit de la
planification jusqu’à l’émission du rapport.

D’un autre côté, notre profession aura un rôle déterminant à jouer à côté des clients pour les
accompagner dans cette importante transition. D’abord, en faisant valoir sa connaissance de la
directive, ce mémoire ambitionne de l’aider sur ce point. Ensuite sur la base de sa
compréhension et de son expérience, acquise chez de nombreux acteurs sur le marché, notre
profession pourra diagnostiquer les forces et faiblesses d’un nouveau dispositif, en
l’occurrence pilier 3. Enfin, notre position de partenaire fera de nous un acteur idéal pour
assister nos clients dans la gestion du changement.

Solvabilité 2 est donc une opportunité pour la profession car nous pouvons apporter de la
valeur à nos clients. A nous de faire valoir nos qualités, notre expertise et apporter une
contribution forte sur ce sujet, qui puisse être reconnue sur le marché.

Les limites de l’étude :

Le présent travail souffre principalement de trois limites et ce bien évidemment, sans


impacter la validité des résultats.

- Première limite : ce travail aurait été meilleur si on a trouvé assez de documentations


qui traitent du pilier 3 ;

- Deuxième limite : l’indisponibilité des experts comptables, elle a été un grand


problème pour la réalisation de ce travail. en effet, l’enquête nous a pris assez du
temps à cause de l’indisponibilité des acteurs ;

- Troisième limite : Difficulté d’obtenir des informations détaillées auprès du CGA (tel
que un exemple des nouveaux états prudentiels).

132
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

133
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Ouvrages

- Arnaud Becquet Mari-Laure Dreyfus « Maitriser le reporting sous solvabilité2 » Edition


L’Argus. 2013, 118 pages.

- David Fitouchi « SolvencyII du projet de réforme à l’approche par les modèles


internes » Les éditions demos 2005, 142 pages

- DREYFUS Marie-Laure. « Les grands principes de Solvabilité 2 ». Edition L’Argus.


2015, 400 pages.

- Frédéric PLANCHET- Pierre THEROND « Mesure et gestion des risques


d’assurance : analyse critique des futurs référentiels prudentiel et d’information
financière » Edition economica 2007, 204 pages.

- Raouf Yaich « Le nouveau contrôle interne concepts, composantes, et technique de


contrôle » Edition Raouf Yaich 2010, 448 pages

- Jamel Eddine CHICHTI « L’Intermédiation Financière des Banques et des


Assurances », Imprimerie officielle de la république Tunisienne 2000

- Philippe Morin et Patrick Thourot « Solvabilité2 en 125 mots clés » édition Revue
Banque 2014, 180 pages.

Revues et articles

 Arnaud BECQUET ; « INFOTECH N° 21 –Pilier 3 : un nouveau reporting à s’approprier! »

 BECQUET Arnaud (2012). « Pilier 3 : un nouveau reporting à s’approprier ! »


ACTUARIS CONSEIL.

 CTIP (2013) « Solvabilité 2 et les institutions de prévoyance »

 DUFOYER Bertrand (2010). « Solvabilité II : Synthèse de la directive »

 EIOPA (2014) « Annual Report »

 EIOPA (2015) « Orientations relatives au système de gouvernance »

 EIOPA (2015) « Orientations sur la communication d'informations et les informations


à destination du public »

 ERNST & YOUNG (2012). « Solvabilité II : Enquête Européenne ».

 FTUSA (2014) « Le marché tunisien des assurances en 2013 »

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 INVOKE Financial Reporting (2013). « Comment les organismes d’assurance font-


ils face au défi Solvabilité 2 en matière de reporting ? ».

 KPMG (2006). «Solvabilité II : Vers une approche globale et cohérente de la


solvabilité. Des principes à la mise en œuvre ».

 L’AGEFI HEBDO (2014). « Dossier Solvabilité II :La dernière ligne droite ».

 Marie Doitteau Infotech n°38 Solvabilité2 : les états quantitatifs trimestriels non vie

Thèses et mémoires

 BUSSEREAU Frédéric (2014). “Le bilan prudentiel sous le référentiel solvabilité II:
analyse et proposition d’outils pour l’expert-comptable”. (mémoire d’expertise
comptable).Paris, 137 pages.

 CHARBONNEAU Alexis (2014) « La mise en place d'un modèle d'évaluation du


risque de crédit dans le cadre de la réforme Solvabilité 2 ». (mémoire de mastère
finance). Université Paris-Dauphine et d'Orléans, 103 pages.
 DERIEN Anthony (2010). “Solvabilité 2 : une réelle avancée ?”.(thèse doctorat
sciences de gestion).Université Claude Bernard-Lyon1, 236 pages.
 GUYOT Loïc & ROUOT Mattieu (2013). « Impact de l’évolution de la
réglementation européenne sur les assureurs ». (mémoire d’actuariat). Centre d’Etudes
Actuarielles de Paris, 154 pages.
 KHROUF Amel (2008). “La solvabilité des sociétés d’assurance non-vie: évaluation
des règles prudentielles et des normes comptables et proposition d’amélioration”.
(mémoire d’expertise comptable). IHEC CARTHAGE, 223 pages.
 LERDA Aurélien (2011). “L’impact du pilier 2 de solvabilité 2 (Gouvernance des
risques) sur les fonctions d’audit interne, contrôle interne et Risk Management”.
(mémoire de Master Audit et gouvernance des organisations). IAE d’Aix-en-Provence,
190 pages.
 LOVATO EP MOREAU Mariline (2013). « Les incidences de la mise en œuvre de
Solvabilité II sur la mission d’audit du commissaire aux comptes des mutuelles
relevant du livre II du code de la mutualité : adaptation de l’approche d’audit et des
diligences ». (mémoire d’expertise comptable).Paris, 165 pages.

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 RASSAA Imen (2007). “La surveillance de la solvabilité des entreprises d’assurances :


gestion et approche d’audit”. (mémoire d’expertise comptable). ISCAE MANOUBA,
264 pages.
 SAUVET Clélia (2006) “SOLVENCY II – Quelle modélisation stochastique des
provisions techniques prévoyance et non vie?”. (mémoire du Master actuariat).
Université de LYON, 95 pages.
 THEROND Pierre-Emannuel (2007). “Mesure et gestion des risques d’assurance :
analyse critique des futurs référentiels prudentiels et d’information financière”. (These
de doctorat). Université Claude Bernard-Lyon1, 237 pages.
 TRABELSI Wadii (2007). “Règles prudentielles des entreprises d’assurance vie”.
(mémoire d’expertise comptable). IHEC CARTHAGE, 173 pages.

Lois, Circulaires et normes de référence

Textes réglementaires tunisiens

Loi 92-24 du 09 mars 1992 portant promulgation du code des assurances telle que modifiée
par les lois :

 94-10 du 31 janvier 1994.

 97-24 du 28 avril 1997.

 2002.37 du 1er avril 2002.

 2005-86 du 15 août 2005

- Arrêté du Ministre des Finances du 27 février 2001, fixant la liste, le mode et calcul des
provisions techniques et les conditions de leur représentation tel que modifié par
l’arrêté du ministre des finances du 28 mars 2005.

- Arrêté du ministre des finances du 03/10/2005 fixant les documents constitutifs du


rapport annuel prévu par l’article 60 du code d’assurance

- Circulaire de Monsieur le Ministre des Finances n° 258 du 02 Octobre 2010

- Code des sociétés commerciales

136
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

Textes réglementaires internationaux

- Pratique professionnelle adoptée par le conseil national de la compagnie nationale des


commissaires aux comptes CNCC du 9 décembre 2004 et promue au rang de bonne
pratique professionnelle par Avis du H3C rendu le 24 février 2005

- Autorité de Contrôle Prudentiel et Banque de France, Analyses et Synthèses,


Solvabilité 2 : principaux enseignements de la cinquième étude quantitative d’impact
(QIS 5), N°1 Mars 2011.

Normes comptables et d’audit

- Normes Comptables nationales : NCT

- Normes internationale d’audit ISA

Articles et Sites sur le Web


 www.cga.gov.tn

 www.ccamip.fr

 www.cea.assur.org

 www.ceiops.org

 www.eu.europa.eu

 www.ifac.org

 http://www.leconomiste.com

 http://www.insurancespeaker-wavestone.com/2014/09/proportionnalite-dans-solvabilite-2

 http://www.argusdelassurance.com/institutions/ifrs-4-et-solvabilite-2.46310

 http://www.pierretherond.fr

137
ANNEXES

ANNEXES

138
ANNEXES

ANNEXE 1 : Calcul de la marge de solvabilité


Elément Montant en mdt

· Capital social 30 000

· Réserves et primes liées au capital 140 000

· Autres capitaux propres 1 500

· Résultat reporté (après affectation du


65 000
résultat de l’exercice)

Résultat reporté (après affectation du résultat de


4 770
l’exercice)

A déduire :

· Les actifs incorporels (2 000)

Marge de solvabilité 239 270

 Le minimum réglementaire de la marge de solvabilité

D’après l’article 58 bis de la loi n° 2002-37 du 1er avril 2002, le montant minimum
réglementaire de la marge de solvabilité est égal à la somme des marges minimales vie et
non vie obtenues par l’application des méthodes suivantes :

- Minimum réglementaire de la marge non vie : correspond au plus élevé des montants
calculés respectivement par rapport aux primes (1) et sinistres (2) :

1- 20 % du total des primes émises et acceptées nettes d’impôts et d’annulations,


multiplié par le rapport existant entre les primes retenues et les primes émises et
acceptées nettes d’impôts et d’annulations sans que ce rapport ne puisse être inférieur
à 50 %.

2- 25 % de la charge moyenne annuelle des sinistres des trois derniers exercices tant pour
les affaires directes que pour les acceptations en réassurance, multiplié par le rapport
existant, entre le montant des sinistres demeurant à la charge de l’entreprise après
cession et rétrocession et le montant des sinistres brut des réassurances sans que ce
rapport ne puisse être inférieur à 50 %.

 Calcul par rapport aux primes 49 500

 Calcul par rapport aux sinistres 45 440

 Marge de solvabilité non vie retenue 49 500

139
ANNEXES

- Minimum réglementaire de la marge vie : correspond à la somme des montants obtenus


en application des deux méthodes suivantes :

1- 4 % des provisions mathématiques multipliées par le rapport existant entre le montant


des provisions mathématiques net de cession en réassurance et le montant des
provisions mathématiques brut de réassurance sans que ce rapport puisse être inférieur
à 50 %
2- 3‰ des capitaux sous risque multiplié par le rapport existant entre le montant des
capitaux sous risques net de cession et rétrocession en réassurance et le montant des
capitaux sous risque brut de réassurances sans que ce rapport puisse être inférieur à
50%
 Calcul par rapport aux provisions mathématiques (1) en 1 350
mDT
 Calcul par rapport aux capitaux sous risque en mDT 5 500

 Marge de solvabilité vie retenue en mDT 6 850

(1) Les traités de réassurance vie établis en excédents de sinistres ne prévoient pas de
déterminer une provision mathématique vie à la charge des réassureurs, nous avons
donc appliqué un taux de rétention de 100 %.

Le montant minimum réglementaire de la marge de solvabilité est donc

égal à : 56 350 mDT

La marge de solvabilité constituée couvre le minimum réglementaire requis.

140
ANNEXES

Annexe 2 : Les documents et les états de conjoncture des entreprises


d’assurance

A-1 Les tableaux de conjoncture des compagnies d’assurance sont les suivants :

Le Tableau n°1 : Les Indicateurs techniques de l’activité des entreprises


d’assurance.

Il comprend deux sous tableaux :

Tableau n°1-1 : Relatif à l’évolution des indicateurs techniques des branches


d’assurance non vie.

Tableau n°1-2 : Relatif à l’évolution des indicateurs techniques des branches


d’assurance vie.

A- Contrats Collectifs

B- Contrats Individuels

Le Tableau n°2 : Suivi des actifs représentant les provisions techniques des
branches d’assurance

Ce tableau est établi conformément aux dispositions de l’arrêté du ministre des


finances du 27 février 2001, fixant la liste et le mode de calcul des provisions
techniques et les conditions de leur représentation, tel que modifié par l’arrêté du
ministre des finances du 28 mars 2005.

A-2 Le rapport annuel :

D’après l’arrêté du ministre des finances du 3 octobre 2005, le rapport annuel ainsi que
les tableaux statistiques et les états annexes prévus par l’article 60 du code des
assurances sont principalement les suivants :

A-2-1 Les Etats Financiers :

1. L’actif du bilan (A1)

2. Les capitaux propres et le passif (A2)

3. L’état de résultat technique de l’assurance non vie (A3)

141
ANNEXES

4. L’état de résultat technique de l’assurance vie (A4)

5. L’état de résultat (A5)

6. Le tableau des engagements reçus et donnés (A6)

7. Le tableau de flux de trésorerie (A7)

8. Les notes aux états financiers

A-2-2 Les Tableaux statistiques (Documents non publiables) :

1. Les tableaux B1 relatifs aux résultats techniques par catégories d'assurance,


comprennent:

 Le tableau B1-1 : Résultats techniques d'assurance vie (Tableau B1 Vie)

 Le tableau B1-2: Résultats techniques d'assurance non vie (Tableau B1 Non vie)

2. Les tableaux B2 relatifs aux placements de l'entreprise, comprennent:

 Le tableau B2-1: La liste détaillée des placements

 Le tableau B2-2-1: Les acquisitions de placements immobiliers

 Le tableau B2-2-2: Les cessions de placements immobiliers

 Le tableau B2-2-3: Les opérations d'acquisitions et de cessions des titres et


actions

3. Les Tableaux B3 relatifs aux éléments d’actifs représentant les provisions


techniques, comprennent :

 Le tableau B3-1 : Etat des éléments d’actifs représentant les provisions


techniques d’assurance vie (Tableau B3 Vie).

 Le tableau B3-2 : Etat des éléments d’actifs représentant les provisions


techniques d’assurance non vie (Tableau B3 Non vie).

4. Les tableaux B4 relatifs aux créances de l'entreprise, comprennent:

 Le tableau B4-1 : Les créances sur les assurés par catégories d'assurance et par
exercice d'émission

142
ANNEXES

 Le tableau B4-2 : Les créances sur les intermédiaires en assurance par exercice
d'émission.

 Le tableau B4-3 : Les autres créances

5. Les tableaux B5 relatifs aux primes émises et créances, comprennent:

 Le tableau B5.1: Les primes émises nettes d'annulations détaillées par catégories
d'assurance et par intermédiaire

 Le tableau B5-2: Les créances de l'entreprise détaillées par intermédiaire en


assurance

 Le tableau B5-3 : Les émissions, encaissements et annulations de primes


effectués au cours de l'exercice inventorié: détail par année de souscription

 Le tableau B5-4: La liste des créances annulées au cours de l'exercice inventorié

6. Les tableaux B6 relatifs aux contrats d'assurance, sinistres réglés et provisions pour
sinistres à payer détaillés par catégories d'assurance, comprennent les tableaux ci-
après :

 Le tableau B6.1 : Le nombre de contrats

 Le tableau B6.2: Le nombre de sinistres déclarés, payés ou classés et à payer:


détail par exercice de survenance

 Le tableau B6.3: Le nombre de sinistres déclarés entre le 31 décembre de


l'exercice inventorié et la date de clôture de l'inventaire des dossiers sinistres du
même exercice

 Le tableau B6.4: Sinistres, paiements et provisions: détail par exercice de


survenance des opérations effectuées au cours de l'exercice inventorié

 Le tableau B6.5 : Coût moyen et pourcentage des sinistres par rapport aux
primes: détail par exercice en cours de liquidation

 Le tableau B6.6 : Liste des dossiers des sinistres importants

7. Le tableau B7 : Les primes et résultats des opérations d'acceptation par catégorie


d'assurance, ventilés suivant la provenance: locale et étrangère.

143
ANNEXES

8. Les tableaux B8 relatifs aux primes cédées,résultats, transferts de devises et


créances relatives aux opérations de cessions, comprennent:

 Le tableau B8-1 : Primes et résultats des opérations de cession

 Le tableau B8-2 : Transferts de devises, créances, provisions et dépôts relatifs


aux opérations de cessions détaillés par réassureur

 Le tableau B8.3 : Créances sur les réassureurs

9. Le tableau B9 : Les mouvements des contrats d'assurance vie et de capitalisation,


des capitaux ou rentes assurés au cours de l'exercice inventorié

10. Le tableau B10: Provisions techniques d'assurance vie et de capitalisation

11. Le tableauB11 : Calcul des provisions pour risques en cours

12. Le tableau B12 : Calcul de la marge de solvabilité

13. Le tableau BI3 : Affectation du résultat de l'exercice

A-2-3 Les Renseignements sur l’Entreprise (Documents non publiables) :

1. Les renseignements généraux (RG1)

2. Le capital social (RG2)

3. Les membres du conseil d'administration ou du conseil de surveillance et du


directoire (RG3)

4. Les cadres de direction, l'effectif et l'organigramme (RG4)

5. Le réseau commercial de l'entreprise (RGS) comprend :

 Les bureaux directs et les succursales

 Les agences d'assurance

 Les courtiers d'assurance

 Les producteurs vie

 Les banques et la poste

 Autres intermédiaires

144
ANNEXES

6. La liste des experts en assurance avec lesquels l'entreprise a traité au cours de


l'exercice (RG6)

7. La liste des commissaires d'avaries avec lesquels l'entreprise a traité au cours de


l'exercice comptable (RG7)

8. La liste des catégories d’assurance exploitées (RG8)

9. La liste des réassureurs avec lesquels l'entreprise a traité au cours de l'exercice


(RG9)

145
ANNEXES

ANNEXE 3. Structure du bilan prudentiel Solvabilité II (1/2)

Valorisation Valeur dans les


Actif
Solvabilité II comptes sociaux
Écarts d'acquisitions
Frais d'acquisition reportés
Actifs incorporels
Impôts différés actifs
Excédent de régime de retraite
Immobilisations corporelles pour usage propre
Placements (autres que les actifs en représentation de contrats en UC ou indexés)
Immobilier (autre que pour usage propre)
Participations
Actions
Actions cotées
Actions non cotées
Obligations
Obligations souveraines
Obligation d'entreprises
Obligations structurées
Titres garantis
Fonds d'investissement
Produits dérivés
Dépôts autres que ceux assimilables à de la trésorerie
Autres placements
Placements en représentation de contrats en UC ou indexés
Prêts et prêts hypothécaires
Prêts et prêts hypothécaires aux particuliers
Autres prêts et prêts hypothécaires
Avances sur polices
Provisions techniques cédées
Non vie et santé similaire à la non-vie
Non vie hors santé
Santé similaire à la non vie
Vie et santé similaire à la vie, hors UC ou indéxés
Santé similaire à la vie
Vie hors santé, UC ou indexés
UC ou indexés
Dépôts auprès des cédantes
Créances nées d'opérations d'assurance
Créances nées d'opérations de réassurance
Autres créances (hors assurance)
Actions auto-détenues
Instruments de fonds propres appelés et non payés
Trésorerie et équivalent trésorerie
Autres actifs non mentionnés dans les postes ci-dessus
Total de l'actif

Source : ACPR/ Banque de France

146
ANNEXES

ANNEXE 3 Structure du bilan prudentiel Solvabilité II (2/2)

Valorisation Valeur dans les


Passif
Solvabilité II comptes sociaux
Provisions techniques – non-vie
Provisions techniques non-vie (hors santé)
Provisions techniques calculées comme un tout
Meilleure estimation
Marge de risque
Provisions techniques santé (similaire à la non-vie)
Provisions techniques calculées comme un tout
Meilleure estimation
Marge de risque
Provisions techniques - vie (hors UC ou indéxés)
Provisions techniques santé (similaire à la vie)
Provisions techniques calculées comme un tout
Meilleure estimation
Marge de risque
Provisions techniques vie (hors santé, UC ou indexés)
Provisions techniques calculées comme un tout
Meilleure estimation
Marge de risque
Provisions techniques UC ou indexés
Provisions techniques calculées comme un tout
Meilleure estimation
Marge de risque
Autres provisions techniques
Passifs éventuels
Provisions autres que les provisions techniques
Provision pour retraite et autres avantages
Dettes pour dépôts espèces des réassureurs
Impôts différés passifs
Produits dérivés
Dettes envers les établissements de crédit
Dettes financières autres que celles envers les établissements de crédit
Dettes nées d'opérations d'assurance
Dettes nées d'opérations de réassurance
Autres dettes (non liées aux opérations d'assurance)
Dettes subordonnées
Dettes subordonnées exclues des fonds propres de base
Dettes subordonnées incluses dans les fonds propres de base
Autres dettes non mentionées dans les postes ci-dessus
Total du passif

Actif net

Source : ACPR/ Banque de France

147
ANNEXES

ANNEXE 4/

Questionnaire destiné au Comité Général des Assurances

Monsieur/ madame,

Nous préparons actuellement un mémoire en vue de l’obtention du diplôme national d’Expert-


Comptable. Ce mémoire porte sur les principales nouveautés apportées par le dispositif
prudentiel européen Solvabilité 2 en matière de communication, ainsi que les préalables
à mettre en place par les entreprises d’assurance tunisiennes en cas mise en place du
pilier 3 de solvabilité2 et l’impact de cette mise en place sur les diligences du
commissaire aux comptes.

Votre expérience et vos réflexions nous seront, de ce fait, d’une grande utilité et d’un grand
apport et contribueront à l’élaboration de ce mémoire pour qu’il soit un début de réflexion sur
les démarches possibles au vu de l’état des lieux en Tunisie et des pratiques internationales.

Nous vous serons gré de bien vouloir répondre au présent questionnaire et nous tenons à vous
informer que vos réponses resteront anonymes et qu’aucune utilisation n'en sera faite en
dehors de ce mémoire.

Dans l’attente, veuillez agréer, Monsieur/Madame, l’expression de ma haute considération.

Tunis, le

Raoudha BEN ARFI

148
ANNEXES

Points de vue sur l’adoption du reporting prudentiel Solvabilité 2 dans le


secteur de l’assurance en Tunisie :

1. Trouvez-vous que le dispositif prudentiel tunisien nécessite une réforme?


 Oui
 Non
2. Que pensez-vous du reporting prudentiel en Tunisie ?
 Conforme au reporting international
 Différent du reporting international
 Variable
3. Pensez-vous que le reporting prudentiel en Tunisie garantit une transparence des
informations communiquées ?
 Oui
 Non
4. Trouvez Vous que le reporting prudentiel tunisien nécessite une réforme?
 Oui
 Non
5. Travaillez-vous actuellement sur l’adaptation du reporting prudentiel Tunisien selon
les exigences du reporting prudentiel Solvabilité 2 dans le secteur de l’assurance?
 Oui
 Non
6. Si oui, A quelle phase en êtes-vous ?
 Phase de veille informative
 Phase de concertation avec les différents acteurs du marché
 Phase de participation à la préparation du projet
7. Adopterez-vous les mêmes principes clés que doit respecter l’information prudentielle
selon le 3ème pilier de Solvabilité 2 ?
 Oui
 Oui mais moyennant une adaptation selon les exigences nationales
 Non

149
ANNEXES

8. Merci de noter de 1 (très important) à 4 (faible) les changements liés à l’élaboration du


reporting prudentiel des entreprises d’assurances conformément au référentiel solvabilité2 :
Très important Important Moyenne Faible

Augmentation du nombre des états à produire

Communication public de certains états du


reporting prudentiel

Transmission du reporting prudentiel au comité


général des assurances sous forme XBRL

Communication trimestrielle et annuelle du


reporting prudentiel

Réduction des délais de remise du reporting


prudentiel

9. Souhaiterez-vous que le reporting prudentiel soit audité par les commissaires aux
comptes avant sa publication

 Oui pour garantir la transparence et la fiabilité de l’information publiée ;

 Non

150
ANNEXES

ANNEXE 5 :

Questionnaire destiné aux entreprises d’assurance et/ ou réassurance tunisiennes

Monsieur/ madame,

Nous préparons actuellement un mémoire en vue de l’obtention du diplôme national d’Expert-


Comptable. Ce mémoire porte sur les principales nouveautés apportées par le dispositif
prudentiel européen Solvabilité 2 en matière de communication, ainsi que les préalables
à mettre en place par les entreprises d’assurance tunisiennes en cas mise en place du
pilier 3 de solvabilité2 et l’impact de cette mise en place sur les diligences du
commissaire aux comptes.

Votre expérience et vos réflexions nous seront, de ce fait, d’une grande utilité et d’un grand
apport et contribueront à l’élaboration de ce mémoire pour qu’il soit un début de réflexion sur
les démarches possibles au vu de l’état des lieux en Tunisie et des pratiques internationales.

Nous vous serons gré de bien vouloir répondre au présent questionnaire et nous tenons à vous
informer que vos réponses resteront anonymes et qu’aucune utilisation n'en sera faite en
dehors de ce mémoire.

Dans l’attente, veuillez agréer, Monsieur/Madame, l’expression de ma haute considération.

Tunis, le.

151
ANNEXES

Solvabilité 2 : c’est une directive qui va remplacer la directive actuelle solvabilité 1. Elle repose
sur 3 piliers : pilier 1 : les exigences quantitatives, pilier 2 : les exigences qualitatives et pilier 3 : la
communication au public et au régulateur.
Il est à noter que le calcul de la marge de solvabilité en Tunisie est inspiré
de Solvabilité 1.
Pilier 3 : va remplacer la DOCIN actuellement en Tunisie, il est composé des rapports
narratifs et des états quantitatifs plus détaillés.

I. Présentation de l'entreprise d'assurance et/ ou de réassurance:


1. Quelle est la nature des opérations d’assurance pratiquées par votre entreprise ?
 Assurance Vie
 Assurance Non Vie
 Assurance Mixte
2. Adoption du reporting prudentiel européen "Solvabilité 2" dans le
secteur de l’assurance en Tunisie :
1. Trouvez-vous que le dispositif prudentiel tunisien nécessite une réforme?
 Oui
 Non
2. Êtes-vous d’accord pour l’adoption du reporting prudentiel Solvabilité 2 dans le
secteur de l’assurance en Tunisie ?
 Oui
 Oui mais moyennant une adaptation
 Non
3. Votre entreprise a-t-elle procédé à la formation du personnel aux nouvelles exigences
prudentielles Solvabilité 2 ?
 Oui
 Non
4. S’agit-il d’une formation ?
 Générale
 Approfondie
5. Quelle est la population qui a bénéficié de cette formation ?
 Direction générale
 Direction comptable
 Direction financière
 Tout le personnel comptable Personnel opérationnel, technique et administratif

152
ANNEXES

6. La formation est-elle organisée ?


 En interne
 Par un spécialiste externe
7. Pour bien cerner les principes novateurs et les apports de la directive Solvabilité 2 en
matière de communication au secteur de l’assurance, les actions de formation
entreprises sont-elles selon vous ?
 Insuffisantes
 Satisfaisantes
8. Quels sont les principaux enjeux liés à l’adoption du reporting prudentiel Solvabilité
2
 Changement organisationnel
 Evolution des systèmes d’information
 Recrutement de nouvelles compétences
9. Utilisez-vous une architecture informatique
 Cible ou
 Une solution temporaire
10. Est-ce que les applications utilisées dans votre société sont centralisés au niveau d’un
ERP ?
 Oui
 Non
11. Est-ce que l’accès à la modification des données par les utilisateurs est verrouillé ?
 Oui
 Non
12. La production de certaines informations financières nécessite t’elle des traitements
manuels
 Oui
 Non
13. A qui envisagerez-vous attribuer la responsabilité de préparation des états prudentiels
 Direction comptable
 Direction financière
 Direction actuariat
 Prestataire extérieur
 Autre

153
ANNEXES

14. Publierez-vous une information prudentielle dans votre rapport de gestion :

 Oui

 Non

15. Merci de noter le niveau de difficulté (Significatif, Modéré, Mineur) de chacun des
éléments suivants :

Significatif Modéré Mineur

Volume des informations requises

Détails des informations requises

Obtention des informations de la part des tiers

Insuffisance de clarté des exigences de reporting Solvabilité2

154
ANNEXES

Questionnaire destiné aux auditeurs des entreprises d’assurance et/ ou réassurance


tunisiennes

Monsieur/ madame,

Nous préparons actuellement un mémoire en vue de l’obtention du diplôme national d’Expert-


Comptable. Ce mémoire porte sur les principales nouveautés apportées par le dispositif
prudentiel européen Solvabilité 2 en matière de communication, ainsi que les préalables
à mettre en place par les entreprises d’assurance tunisiennes en cas mise en place de
pilier 3 de solvabilité2 et l’impact de cette mise en place sur les diligences du
commissaire aux comptes.

Votre expérience et vos réflexions nous seront, de ce fait, d’une grande utilité et d’un grand
apport et contribueront à l’élaboration de ce mémoire pour qu’il soit un début de réflexion sur
les démarches possibles au vu de l’état des lieux en Tunisie et des pratiques internationales.

Nous vous serons gré de bien vouloir répondre au présent questionnaire et nous tenons à vous
informer que vos réponses resteront anonymes et qu’aucune utilisation n'en sera faite en
dehors de ce mémoire.

Dans l’attente, veuillez agréer, Monsieur/Madame, l’expression de ma haute considération.

Tunis le

155
ANNEXES

I. Présentation générale:
1. Diplôme:
 Licence ou maîtrise Comptabilité
 CCA ou mastère Comptabilité
 CES Révision comptable
 Expert-Comptable
2. Niveau Hiérarchique au sein du cabinet :
 Junior
 Senior
 Chef de mission
 Manager
 Partner signataire
3. Votre expérience :
 Inférieure à 3 ans
 Entre 3 et 6 ans
 Entre 6 et 12 ans
 Supérieure à 12 ans
4. Vous avez travaillé ou vous travaillez actuellement dans un cabinet ayant conduit des
missions de commissariat aux comptes des entreprises d’assurances ?
 Oui
 Non
5. Avez-vous participé ou conduit une mission de commissariat d’une entreprise
d’assurance tunisienne ?
 Oui
 Non
6. Avez-vous participé à la rédaction du rapport du CAC destiné au CGA ?
 Oui
 Non
7. Le cabinet appartient-il à un réseau de cabinets étranger ?
 Oui
 Non

156
ANNEXES

8. Avez-vous reçu une formation sur la directive Solvabilité 2 et plus particulièrement sur le
pilier 3 Solvabilité 2 ?
 Oui
 Non
II Adoption du reporting prudentiel européen "Solvabilité 2" dans le
secteur de l’assurance en Tunisie :
1. Êtes-vous d’accord pour l’adoption du reporting prudentiel Solvabilité 2 dans le
secteur de l’assurance en Tunisie ?
 Oui
 Oui mais moyennant une adaptation du pilier 3 aux exigences nationales
 Non
2. Merci de noter de 1 (très compliqués) à 4 (faciles) la mise en place du Pilier 3 de la
directive Solvabilité 2?
 1. très compliqués
 2. compliqués
 3. moyens
 4. Faciles
3. Envisagerez-vous certifier le pilier 3 Solvabilité 2 ?
 Oui
 Non
III L’incidence de l’audit du reporting prudentiel sur la mission du CAC :
1. Merci de cocher les diligences supplémentaires que selon vous le CAC doit faire suite à
la mise en place du reporting prudentiel de la directive Solvabilité 2 :
 Revoir la cartographie des risques
 Pour prendre en considération les nouveaux risques inhérents pouvant influencer les
ratios de solvabilité (SCR40, MCR41);
 Pour identifier les risques supplémentaires qui n’ont pas été pris en compte dans le
calcul du SCR, MCR ;
 Pour identifier les risques opérationnels de l’entreprise pouvant avoir une incidence
significative sur les comptes.
 Revoir le nouveau système d’information
 Par ce que la mise en place du pilier 3 va engendrer un nouveau système d’information
 Pour définir la nature, le calendrier et l’étendue des procédures d’audit
complémentaires

40
Solvency capital requirement
41
Minimum capital requirement

157
ANNEXES

 Ou autres
 S'entretenir avec les structures nouvellement créés en vertu des exigences
qualitatives de la directive solvabilité 2
 Pour prendre connaissance du nouvel environnement de contrôle
 Pour prendre connaissance des nouvelles procédures ;
 Pour identifier les risques d’anomalies significatives
 Ou autres
2. Pensez-vous que l’audit du pilier 3 nécessite l’adaptation de la lettre de mission
 Oui parce qu’il s’agit de mettre en œuvre des diligences complémentaires rendue
obligatoire par les textes légaux;
 Non par ce que l’audit du pilier 3 n’a pas d’incidences sur les diligences du CAC
 Ou autres
3. Pensez-vous que l’audit du pilier 3 nécessite l’adaptation du programme de travail ?
 Oui par ce que la mise en place du pilier 3 aura un impact sur la mission du CAC
 Non par ce que la mise en place du pilier 3 n’aura aucun impact sur la mission du
CAC
 Ou autres
4. Pensez-vous que l’audit du pilier 3 nécessite l’adaptation du questionnaire du Contrôle
interne ?
 Oui
 Parce que la mise en place du pilier 3 entraîne le changement du contrôle interne de la
société
 Pour tenir compte des nouveaux risques ;
 Ou autres
 Non
 Parce que la mise en place du pilier 3 n’entraîne pas le changement du contrôle
interne de la société ;
 Parce que la mise en place du pilier 3 n’engendre pas de nouveaux risques ;
 Ou autres
5. Pensez-vous qu’il faut fixer 2 seuils de signification (un pour l’audit du bilan
prudentiel et un pour l’audit du bilan comptable)
 Oui parce que les facteurs de prise de décision ne sont pas les mêmes ;
 Non par ce que les termes de la mission n’iront pas changer ;
6. Pensez-vous que l’audit du pilier 3 Solvabilité 2 nécessite l’insertion d’un nouveau
paragraphe au niveau de la lettre d’affirmation

158
ANNEXES

 Oui par ce que l’audit du plier 3 entre dans le cadre des diligences spécifiques du
CAC
 Non par ce que l’audit du plier 3 n’entre pas dans le cadre des diligences spécifiques
du CAC
7. Vous pensez que l’audit du pilier 3 du dispositif prudentiel Solvabilité 2 nécessite
l’adaptation du :
 Rapport général au cas d’insertion d’une information prudentielle dans le rapport de
gestion ;
 Rapport destiné au CGA pour les raisons suivantes :
 Non-respect du SCR, MCR
 Risque de continuité de l’exploitation
 Ou autres
 Aucun de ces rapports
8. Merci de noter de 1 (très important) à 4 (faible) les états du reporting prudentiel
Solvabilité 2 devront faire l’objet d’un audit externe:
Très important Important Moyenne Faible

Rapport narratif (SFCR) destiné au public 20

Rapport narratif (RSR) destiné au superviseur

Etats quantitatifs

Bilan prudentiel

Etats des actifs

Etats des provisions techniques

Etats de fond propre

Etats relatifs à l’analyse de la variation des fonds


propres

Etats de Besoins en capital SCR & MCR

Etat de Réassurance

Etat des primes, sinistres et frais

159
ANNEXES

ANNEXE 7 : Questionnaire relatif à l’acceptation ou le maintien de la mission

Questionnaire relatif à l’acceptation/maintien client

Client

Incidences sur le maintien ou


Questions Oui/ Non
l’acceptation de la mission

1. Le commissaire aux comptes n’a pas de


doute sur l’intégrité de la direction et n’a pas
identifié d’indicateurs susceptibles de
prouver que le client pourrait avoir commis
des fraudes et des actes illégaux.

2. Y’a-t-il un risque de continuité


d’exploitation ?

3. Le commissaire aux comptes respecte


t’il les règles d’éthique et d’indépendance ?

Si non l’acceptation du
client semble compromise.
4. Le commissaire aux comptes dispose-t-
Si le CAC, accepte tout de
il des compétences et des ressources
même il devra mettre en
nécessaires pour accomplir la mission ?
place des procédures
adéquates.

5. La société est-elle engagée dans le


processus de mise en place de la réforme
solvabilité 2 ?

6. Sur la base des éléments disponibles la


société a-t-elle des difficultés à respecter les
exigences du pilier 3 ?

Conclusion
Le niveau du risque lié à l’entité : Conclusion : acceptation
- Faible ou maintien du client
approuvé ou non
- Moyen
- Elevé

160
ANNEXES

ANNEXE 8 : Audit des rubriques du bilan prudentiel


Client

Tâches effectuées Assertions Conclusions

I. Actifs A

1. Immobilisations incorporelles: Exactitude,


- S’assurer que le goodwill présenté dans le Réalité,
bilan prudentiel est évalué à zéro. Droit et
- Pour les autres immobilisations Obligation
incorporelles (brevet, droit, fond
commercial,…) s’assurer que l’entreprise a
montré qu’il existe une valeur de transaction
pour ce type d’actif (ou présentant des
caractéristiques comparables) sur un marché
actif.
2. Immobilisations corporelles
- S’assurer que le poste des immobilisations
corporelles est réévalué à la juste valeur.
- Vérifier que si une autre base d’évaluation
est retenue, l’entreprise a fourni toutes les
explications.
3. Immeubles de placements
- S’assurer que les immeubles d’exploitation
sont évalués à leurs valeurs de marché à la
date de clôture en se référant aux rapports
d’expert disponibles à la date de clôture.
- S’assurer que la valeur d’expertise des
différents immeubles de placements sont
déterminés par des experts agrées.

4. Participations
- S’assurer que l’identification des

161
ANNEXES

Client

Tâches effectuées Assertions Conclusions

participations est conforme à la définition Exactitude,


solvabilité 2.
Evaluation
- Obtenir les éléments probants justifiant les
et
valeurs figurant dans le bilan solvabilité2.
imputation
- Vérifier par test de mouvement les
acquisitions et cession effectués sur les titres
de participations.
- S’assurer que les participations côtés sont
évaluées à leur valeur de marché.
5. Actifs financiers
- Obtenir les relevés de portefeuille du
mandataire de gestion ou des établissements
de placement justifiant les valeurs de
marché retenues pour la valorisation des
placements.
- Obtenir le détail de calcul des flux de
trésorerie futurs actualisés pour les prêts et
dépôts à terme.
- S’assurer que les retraitements des
provisions, des décotes/ surcotes et des
intérêts courus ont été correctement Exactitude,

effectués. Evaluation
- Valider les valeurs finales retenues dans le et
bilan prudentiel. imputation
6. Créances et dettes des comptes
courants d’assurance et de réassurance
- Obtenir le détail de calcul des flux de
trésorerie futurs pour les créances et dettes
Exactitude,
des comptes d’assurance et de réassurance et

162
ANNEXES

Client

Tâches effectuées Assertions Conclusions

vérifier qu’il s’agit des créances et dettes Réalité,


antérieures à 1 an, et que le taux utilisé pour
Evaluation
l’actualisation est un taux sans risque ajusté
et
d’un taux de non recouvrement observés
imputation
(pertes observées).
7. Primes acquises non émises
- S’assurer que les sinistres futurs
correspondants aux primes acquises ont été
projetés dans les calculs de meilleure Exactitude,
estimation. Réalité et
8. Créances vis-à-vis des réassureurs Evaluation
- Vérifier que les dépôts effectués auprès des
compagnies d’assurances cédantes et les
provisions techniques cédées sont calculés à
leur valeur économique.
Exactitude,
9. Frais d’acquisitions reportées
Réalité et
- Vérifier que les frais d’acquisition reportés
Evaluation
sont éliminés du bilan prudentiel.
10. Impôt différés actifs
- Vérifier que tous les ajustements de normes Exactitude,
ont fait l’objet d’un impôt différé actif ou
Réalité et
d’un impôt différé passifs selon le sens. Evaluation
- Vérifier que l’entreprise d’assurance a
réalisé un test de recevabilité afin de Exactitude,

démontrer qu’elle disposera de bénéfices Réalité et

imposables futurs suffisant pour recouvrer Evaluation

ses impôts différés actifs.

163
ANNEXES

II. Passifs

1. Fond propres
- Obtenir de la société les calculs qui permet
Exactitude,
le passage du bilan comptable au bilan
Réalité,
prudentiel et vérifier que les retraitements
ont été correctement effectués :
2. Dettes financières :
S’assurer que les dettes financières sont
valorisées selon la valeur de marché sans
prise en compte du risque de crédit propre. Evaluation
3. Provisions techniques et
- Obtenir le détail de calcul des provisions imputation
techniques, se prononcer sur les hypothèses
retenues pour le calcul des provisions
techniques ;
- Faire appel à un actuaire agrée pour valider
les provisions techniques
- Valider les données sources fournies à Existence,
l’expert actuaire pour réaliser les calculs. exactitude et
Ce travail peut être réalisé avec la direction valorisation
technique en charge de calcul des des
provisions ; provisions
- Obtenir les travaux réalisé par le service techniques
fonction actuarielle et s’assurer qu’elle à
procéder à un examen critique des
provisions ;
4. Provisions pour risque et charge :
- S’assurer que les règles de
comptabilisations des provisions pour
risque et charge sont respectés à savoir la
probabilité de sortie de ressource est
supérieure à 50% ;

164
ANNEXES

5. Passifs éventuels
- Obtenir le détail du calcul des flux futurs
actualisés relatifs au passif éventuel ;
- Se prononcer sur les hypothèses retenues
pour le calcul de ces flux ;
- S’assurer de la conformité des valeurs
calculé par l’actuaire et celles figurant dans Réalité,
le bilan prudentiel ; Exactitude
6. Engagements de retraite
- S’assurer de l’égalité des valeurs des
engagements de retraite entre les comptes
sociaux et le bilan prudentiel.
Réalité,
Exactitude

Annexe 9 : Programme de travail : utilisation des travaux d’un expert

Client

Tâches effectuées Fait par Référence

I- Le choix de recourir à un expert A

- Argumenter le choix de recourir à un expert. A


Dans quel domaine d’intervention ?

- L’expert est-il employé ou sous-traité par


l’entreprise ?

- Quels risques et quels comptes les travaux de


l’expert couvrent il ? quelles sont les
assertions concernées ?

II- La formalisation de la relation avec


l’expert

1. Dans le cas où l’expert est choisi ou i

165
ANNEXES

Client

Tâches effectuées Fait par Référence

sous-traité par l’entreprise d’assurance


- Obtenir le contrat qui lie l’entreprise
d’assurance et l’expert et analyser
attentivement les clauses relatives aux
responsabilités de l’expert, et à son
indépendance.
- Analyser également l’étendue des travaux
réalisés par l’expert et s’assurer qu’ils
couvrent nos objectifs.
- Envoyer des instructions à l’expert quant aux
travaux et fichiers de travail souhaités.
2. Dans le cas où l’expert est choisi par le
cabinet
- Rédiger une lettre de mission définissant les
conditions de son intervention, la nature et
l’étendue de ses travaux ainsi que le tarif
de son intervention. Indiquer également le
planning et le délai maximum de remontée
des synthèses des travaux.
Dans tous les cas :

- S’assurer que l’expert est compétent dans le


domaine : obtenir le cas échéant son
inscription sur une liste d’experts agrées, se
renseigner sur ses expériences
professionnelles et son profil.
- S’assurer que l’expert est indépendant.
- Au moment de l’intervention sur l’audit des
comptes de l’entreprise, obtenir les travaux
réalisés par l’expert.

166
ANNEXES

Client

Tâches effectuées Fait par Référence

- S’assurer qu’ils correspondent aux demandes


formulées dans les instructions ou dans la
lettre de mission.
- Analyser la cohérence des données utilisées
par l’expert pour établir ses calculs ou
produire les éléments. Les données sources
peuvent être validées en utilisant les données
clients.
- S’assurer du caractère cohérent et raisonnable
des hypothèses retenues pour les calculs ou
l’élaboration des données en fonction de son
jugement professionnel et de la connaissance
de l’entreprise d’assurance.
- Si l’expert est intervenu sur l’exercice
précédent, analyser le cas échéant le
dénouement des estimations ou calculs
effectués par ce dernier. déterminer si l’écart
éventuel est acceptable au regard du seuil de
signification et conclure sur la pertinence de
ses travaux.
- S’assurer que les conclusions de l’expert sont
correctement traitées dans le bilan prudentiel.
Dans le cas où le professionnel juge les
travaux de l’expert insuffisant
- Communiquer les défaillances à la direction
de l’entreprise d’assurance.
- Indiquer les conséquences sur les travaux
d’audit : recours à un autre expert, demande
complémentaires, réalisation par le cabinet de

167
ANNEXES

Client

Tâches effectuées Fait par Référence

procédures substantives supplémentaires.


Conclusions
- Les travaux de l’expert ont-ils été conformes
aux attentes ?
- Ont-ils permis de couvrir les assertions
d’audit ?
- Le recours à l’expert sera-t-il reconduit en
n+1 ?

168
TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION GENERALE ................................................................................................................................................... 1


CHAPITRE INTRODUCTIF. HISTORIQUE DE LA MISE EN PLACE DE LA DIRECTIVE SOLVABILITE 2............. 6
CHAPITRE I. PRESENTATION DE LA REGLEMENTATION COMPTABLE ET PRUDENTIELLE DES
ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE ........................................................................................................................ 9
Introduction 1er chapitre ......................................................................................................................................................10
SECTION I. PRESENTATION DU SECTEUR D’ASSURANCE EN TUNISIE ..........................................................10
I. STRUCTURE ET CADRE REGLEMENTAIRE DU SECTEUR D’ASSURANCE EN TUNISIE ....................11
1. Structure du secteur d’assurance .......................................................................................................................11
2. Cadre réglementaire ..............................................................................................................................................11
II. LES PRINCIPES DE SURVEILLANCE AU SEIN DES ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE .......13
1. L’agrément ...............................................................................................................................................................13
a. Entreprise d’assurance ..........................................................................................................................................13
b. Les intermédiaires, les experts en assurance et les commissaires d’avaries :.........................................13
2. La gouvernance des compagnies d’assurance.................................................................................................14
3. Le Contrôle interne, Audit interne et Comité d’audit au sein des entreprises d’assurance .................15
a. Contrôle interne ......................................................................................................................................................15
b. Audit interne ............................................................................................................................................................15
c. Comité d’audit .........................................................................................................................................................16
III. LES AUTORITES DE CONTROLE ET LES ORGANISMES DE CONSEIL DANS LE SECTEUR
D’ASSURANCE ET LEURS MODES DE FONCTIONNEMENT ................................................................................17
1. Les autorités de contrôle dans le secteur d’assurance ..................................................................................17
a. Le comité général des assurances ......................................................................................................................17
b. Composition du comité général des assurances: ............................................................................................18
2. Les organismes de conseil et de coordination dans le secteur d’assurance ............................................20
a. L’association professionnelle des entreprises d’assurance (FTUSA) ..........................................................20
b. Le conseil national des assurances .....................................................................................................................21
SECTION II. LES NORMES DE SOLVABILITE DES ENTREPRISES D’ASSURANCE EN TUNISIE ..................21
I. LES ENGAGEMENTS TECHNIQUES ....................................................................................................................22
1. Les provisions techniques en assurance vie .....................................................................................................23
a. La provision mathématique ................................................................................................................................23
b. La provision pour frais de gestion ......................................................................................................................23
c. La provision pour participations aux bénéfices et ristournes ......................................................................24
d. La provision pour sinistres à payer.....................................................................................................................24
e. La provision pour égalisation ...............................................................................................................................24
f. La provision des contrats en unités de compte...............................................................................................25
2. Les provisions techniques en assurance non vie .............................................................................................25
a. La provision pour primes non acquises .............................................................................................................25
b. La provision pour risques en cours .....................................................................................................................26
c. Provisions pour sinistres à payer .......................................................................................................................26
d. Provision d’équilibrage et/ ou d’égalisation.......................................................................................................26
e. Provision pour participation aux bénéfices et ristournes ..............................................................................27
f. Provisions mathématiques des rentes ...............................................................................................................27
II. LES ACTIFS REPRESENTATIFS DES ENGAGEMENTS TECHNIQUES ........................................................28
1. Les catégories d’actif..............................................................................................................................................28
a. Valeurs mobilière: ...................................................................................................................................................28
b. Les actifs immobiliers.............................................................................................................................................29
c. Les créances .............................................................................................................................................................29
d. Les dépôts en espèces ...........................................................................................................................................29
e. Les frais d’acquisitions reportés ..........................................................................................................................29
f. Les actifs en représentation des produits en unités de comptes................................................................29
2. La limitation des actifs : ........................................................................................................................................30
III. LA MARGE DE SOLVABILITE (VOIR ANNEXE 1).........................................................................................32
1. Eléments constitutifs de la marge de solvabilité .............................................................................................32
a. Capital .......................................................................................................................................................................32
b. Les réserves et bénéfices reportés : ...................................................................................................................32
c. Les plus-values de réévaluation des éléments d’actifs : ................................................................................32
d. Autres éléments corporels : ..................................................................................................................................33
e. Pertes et actifs incorporels : .................................................................................................................................33
2. Montant minimal réglementaire de la marge de solvabilité : .....................................................................33
a. Entreprises d’assurances non vie ........................................................................................................................33
b. Entreprises d’assurances vie et capitalisation : ...............................................................................................35
c. Les entreprises d’assurance multi-branches : ..................................................................................................36
IV. LE REPORTING AU COMITE GENERAL DES ASSURANCES ....................................................................36
SECTION III. LES NORMES COMPTABLES TUNISIENNES RELATIVE AU SECTEUR DES ASSURANCES .37
I. LE CADRE CONCEPTUEL .........................................................................................................................................37
1. Définition : ................................................................................................................................................................37
2. Les objectifs du cadre conceptuel .......................................................................................................................37
3. Les hypothèses de base et les conventions comptables : .............................................................................38
II. LES NORMES COMPTABLES ..................................................................................................................................39
1. NCT 26 : Norme comptable relative à la présentation des états financiers ..........................................40
a. Le bilan ......................................................................................................................................................................40
b. Les états de résultats .............................................................................................................................................41
c. Le tableau des engagements reçus et donnés ................................................................................................42
d. L’état des flux de trésorerie .................................................................................................................................43
e. Les notes aux états financiers .............................................................................................................................43
2. NCT 27 : Le contrôle interne et l’organisation comptable dans les entreprises d’assurance et / ou
de réassurance ..................................................................................................................................................................44
3. Les normes comptables techniques ...................................................................................................................45
CONCLUSION PREMIER CHAPITRE ...............................................................................................................................46
CHAPITRE II. MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE ET OU DE
REASSURANCE TUNISIENNE................................................................................................................................................48
Introduction 2éme chapitre ................................................................................................................................................49
SECTION I. OBJECTIFS, CHAMP D’APPLICATION, PRINCIPAUX ACTEURS ET LES PRINCIPES
GENERAUX DE LA REFORME SOLVABILITE 2 ...........................................................................................................49
I. OBJECTIFS .....................................................................................................................................................................49
II. CHAMP D’APPLICATION ..........................................................................................................................................50
III. LES PRINCIPAUX ACTEURS DE SOLVABILITE 2: .........................................................................................51
IV. LES PRINCIPES GENERAUX DE LA REFORME SOLVABILITE 2 :............................................................52
1. Principe de proportionnalité .................................................................................................................................52
2. Les trois piliers de la réforme Solvabilité 2 .....................................................................................................52
SECTION II. LES FONDEMENTS DE LA COMMUNICATION FINANCIERE SOUS SOLVABILITE 2 ............60
I. LES PRINCIPES FONDAMENTAUX DU REPORTING PRUDENTIEL SOLVABILITE2 ............................60
1. Des informations obligatoires ..............................................................................................................................60
2. Les nouveaux délais de remise du reporting ...................................................................................................60
a. Les délais dans la période transitoire ................................................................................................................60
b. Les délais en régime permanent : ......................................................................................................................61
3. Le nouveau format de transmission du reporting ..........................................................................................62
II. LES ETATS QUANTITATIFS DU PILIER 3 : ..........................................................................................................62
1. Le bilan prudentiel (Annexe 3)............................................................................................................................62
2. Les annexes au bilan prudentiel ........................................................................................................................63
III. LES RAPPORTS NARRATIFS ................................................................................................................................67
1. Rapport destiné au superviseur : Regular Supervisory Report (RSR) : .................................................67
2. Rapports destinés au public: Rapport sur la solvabilité et la situation financière (SFCR) ....................68
3. Les spécificités du groupe en matière de communication financière ........................................................69
SECTION III. LES IMPACTS DE LA MISE EN PLACE DU PILIER 3 PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE
TUNISIENNE:.........................................................................................................................................................................71
I. COMPARAISON DES DEUX REPORTING PRUDENTIELS : TUNISIEN ET SOLVABILITE 2................71
1. Les convergences et les divergences entre le reporting prudentiel tunisien et le pilier 3.....................71
1. Comparaison entre les états quantitatifs du reporting prudentiel Solvabilité 2 et les états
réglementaires prudentiels en Tunisie .......................................................................................................................72
2. Comparaison entre les règles d’évaluation du bilan prudentiel Solvabilité 2 et le bilan établi selon le
système comptable des entreprises : ...........................................................................................................................73
3. Réforme du reporting prudentiel Tunisien et avis du comité générale des assurances .......................74
II. LES PREALABLES A METTRE EN PLACE EN CAS DE LA MISE EN ŒUVRE DU PILIER 3 PAR UNE
ENTREPRISE D’ASSURANCE TUNISIENNE .................................................................................................................75
1. Méthodologie et déroulement de l’enquête .....................................................................................................75
a. Echantillon cible ......................................................................................................................................................75
b. Exploitation des réponses .....................................................................................................................................76
2. Résultat obtenus .....................................................................................................................................................76
a. Sensibiliser les équipes aux nouvelles exigences du pilier 3 : ......................................................................77
b. Coordination entre les différentes directions ...................................................................................................77
c. Solution organisationnelle : mettre en place une organisation et des systèmes
d’informations adaptés: .................................................................................................................................................79
3. Conclusion de l’enquête ........................................................................................................................................81
CONCLUSION DEUXIEME CHAPITRE ..........................................................................................................................84
CHAPITRE III. LES DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX COMPTES EN CAS DE MISE EN PLACE DU
PILIER 3 DANS LES ENTREPRISES D’ASSURANCE TUNISIENNES ...........................................................................85
Introduction troisième chapitre ..........................................................................................................................................86
SECTION I. LES OBLIGATIONS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES DES ENTREPRISES D’ASSURANCES
EN TUNISIE:...........................................................................................................................................................................87
I. CADRE LEGAL ..............................................................................................................................................................87
II. LES DILIGENCES GENERALES................................................................................................................................88
1. Acceptation de la mission .....................................................................................................................................88
2. Planification de la mission ....................................................................................................................................89
a. Prise de connaissance de l’environnement de contrôle .................................................................................89
b. Compréhension du système de contrôle interne : ..........................................................................................90
c. Elaboration du plan d’audit .................................................................................................................................91
3. Phase de contrôle des comptes...........................................................................................................................91
4. Achèvement de la mission ....................................................................................................................................93
III. LES DILIGENCES SPECIFIQUES DU CAC .......................................................................................................97
1. En matière de normes de solvabilité :..............................................................................................................98
a. En matière de provisions techniques : ...............................................................................................................98
b. En matière d’actifs représentatifs des provisions techniques ......................................................................99
c. Contrôle de la marge de solvabilité ..................................................................................................................99
2. Rédaction du rapport ......................................................................................................................................... 100
SECTION II. LES DILIGENCES SUPPLEMENTAIRES DU CAC EN CAS DE MISE EN PLACE DU PILIER 3
PAR UNE ENTREPRISE D’ASSURANCE TUNISIENNE: .......................................................................................... 101
I. METHODOLOGIE ET DEROULEMENT DE L’ENQUETE ............................................................................ 101
1. Echantillon cible ................................................................................................................................................... 101
2. Exploitation des réponses .................................................................................................................................. 101
II. RESULTAT OBTENUS ............................................................................................................................................. 102
III. INCIDENCES DE LA MISE EN PLACE DU PILIER 3 SUR SES DILIGENCES GENERALES ............ 104
1. Planification de la mission ................................................................................................................................. 104
a. Acceptation ou maintien de la mission finalisée par la signature d’une lettre de mission ............... 104
b. Choix de l’équipe ................................................................................................................................................. 106
c. Calendrier d’intervention .................................................................................................................................... 107
d. Détermination du seuil de signification .......................................................................................................... 108
e. Prise de connaissance de nouvel environnement de contrôle ................................................................. 109
f. Les conclusions des travaux de contrôle ........................................................................................................ 113
IV. INCIDENCES DE LA MISE EN PLACE DU PILIER 3 SUR SES DILIGENCES SPECIFIQUES : ........ 114
1. Audit des postes du bilan prudentiel, les annexes du bilan et utilisation des travaux des experts
……………………………………………………………………………………………...114
a. Audit des postes du bilan prudentiel .............................................................................................................. 115
b. Contrôle du SCR, MCR et utilisation des travaux de l’actuaire ............................................................... 118
c. Contrôle des états des actifs ............................................................................................................................. 119
d. contrôle des états de réassurance ................................................................................................................... 120
e. Contrôle des rapports narratifs définis par le pilier 3 : ............................................................................. 120
SECTION III. RAPPORTS DU COMMISSAIRE AUX COMPTES............................................................................. 122
I. RAPPORT GENERAL ................................................................................................................................................ 123
1. Nouveau paragraphe à insérer dans la lettre d’affirmation..................................................................... 123
2. Opinion ................................................................................................................................................................... 124
3. Vérifications spécifiques : ................................................................................................................................... 125
II. Rapport destiné au comité général des assurances : ...................................................................................... 126
III. Conclusion de notre enquête: ........................................................................................................................... 126
1. Adaptation de la lettre de mission qui doit inclure en plus des termes de la mission de commissariat
aux comptes : ...................................................................................................................................................................... 127
2. Fixation de deux seuils de signification : ............................................................................................................. 127
3. Prise de connaissance de nouvel environnement de contrôle : ..................................................................... 127
CONCLUSION TROISIEME CHAPITRE ....................................................................................................................... 129
CONCLUSION GENERALE ................................................................................................................................................... 130
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES................................................................................................................................... 133
ANNEXES ................................................................................................................................................................................. 138
LISTE DES FIGURES

Figure 1. L’architecture de la directive Solvabilité 2 .........................................................................................59

Figure 2. Liste des états quantitatifs (QRT) ........................................................................................................64


LISTE DES GRAPHIQUES

GRAPHIQUE 1. Appréciation du détail et volume des informations requise par le pilier 3 .................78

GRAPHIQUE 2. Direction responsable de la préparation des états prudentiels ......................................78

GRAPHIQUE 3. Principaux enjeux liés à l’adoption du reporting prudentiel .............................................80

GRAPHIQUE 4. Composition de l’échantillon ................................................................................................. 102

GRAPHIQUE 5. Pourcentage de l’échantillon ayant conduit une mission de CAC d’une entreprise
d’assurance .............................................................................................................................................................. 103

GRAPHIQUE 6. Certification du pilier 3 ........................................................................................................... 103

GRAPHIQUE 7. Nécessité d’adaptation de la lettre de mission ................................................................ 105

GRAPHIQUE 8. Pourcentage des auditeurs ayant fait une formation sur le pilier 3 ........................... 106

GRAPHIQUE 9. Fixation de 2 seuils de signification (un pour l’audit du bilan comptable et un pour
l’audit du bilan prudentiel) ................................................................................................................................... 108

GRAPHIQUE 10. Nécessité d’adaptation du programme de travail pour l’audit du pilier 3 ............. 118

GRAPHIQUE 11. Rapports du commissaire aux comptes .......................................................................... 122

GRAPHIQUE 12. Nécessité d’adaptation de la lettre d’affirmation ......................................................... 123


LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1. Les catégories d’actifs admis en représentation des provisions techniques ..........................30

Tableau 2. Les convergences et les divergences entre le reporting prudentiel tunisien et le pilier 3 71

Tableau 3. Comparaison entre les états quantitatifs du reporting prudentiel Solvabilité 2 et les
états réglementaires prudentiels en Tunisie .....................................................................................................72

Tableau 4. Comparaison entre les règles d’évaluation et de comptabilisation prévus par le système
comptable des entreprises , et Solvabilité 2 .......................................................................................................73

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