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Le béton est un assemblage de matériaux de nature généralement minérale.

Il met en présence des


matières inertes, appelées granulats ou agrégats (graviers, gravillons, sables, etc.), et un liant
(ciment, bitume, argile), c'est-à-dire une matière susceptible d'en agglomérer d'autres ainsi que des
adjuvants qui modifient les propriétés physiques et chimiques du mélange. Mêlé à de l'eau, on
obtient une pâte, à l'homogénéité variable, qui peut, selon le matériau, être moulée en atelier
(pierre artificielle), ou coulée sur chantier1. Le béton fait alors « prise », c'est-à-dire qu'il se solidifie.

Lorsque l'argile est employée, on parle traditionnellement de « pisé », de « torchis » ou, plus
récemment, de « béton de terre2 », probablement le plus ancien de tous les bétons.

Lorsque le ciment est employé comme liant, on obtient un « béton de ciment ». Lorsque les granulats
utilisés avec le liant hydraulique se réduisent à des sables, on parle alors de mortier. On peut
largement optimiser la courbe granulaire du sable, auquel cas on parlera de « béton de sable ».

Un liant hydrocarboné (bitume) peut également être utilisé, ce qui conduit à la fabrication du « béton
bitumineux ».

Une nouvelle classe de béton émerge qui prend le nom de géopolymère. La géopolymérisation
remplace la chaux par des bases plus puissantes comme la potasse ou la soude qui réagissent avec
les argiles pour former une matrice vitreuse qui lie les grains entre eux3.

Le coulis (ciment, eau et adjuvants) et le mortier (ciment, sable, eau et adjuvants éventuels) diffèrent
du béton (ciment, sable, gravier, eau et adjuvants éventuels) essentiellement par la taille des
granulats (sable et gravier). Selon l'époque et les circonstances, on a pu faire des rapprochement
entre ces différents matériaux qui tiennent à leur proximité physico-chimique4,5. On peut dire que
les coulis et mortiers sont des cas particuliers simplifiés du béton, ou que le béton est un cas
particulier de mortier.

Le béton de ciment associé à de l'acier permet d'obtenir le béton armé ; associé à des fibres, il
permet d'obtenir du béton fibré. C'est, à l'heure actuelle, l'un des matériaux de construction le plus
utilisé au monde (deux tiers des habitations neuves dans le monde6). C'est aussi le deuxième
matériau minéral le plus utilisé par l'homme après l'eau potable : 1 m3 par an et par habitant7. Son
utilisation énergivore est source de multiples dégradations de l'environnement : la production du
clinker entrant dans la composition des liants est responsable d’approximativement 5 % des
émissions de gaz à effet de serre (GES) anthropiques8, principaux responsables du réchauffement
climatique. De plus, la quête perpétuelle d’agrégats adaptés dont le sable, a conduit à la
surexploitation de 75 % des plages de la planète, détruisant nombre d'écosystèmes littoraux6.

Le béton de terre est un matériau qui a mal survécu à la révolution industrielle. Son usage est motivé
par des raisons économiques (matériau gratuit disponible à même le sol), écologiques (ne
nécessitant pas de processus chimiques de transformation énergivore ou polluant et ne générant pas
de déchets indésirables) et politiques : n'intéressant ni l'industrie — car pas de processus de
transformation complexe —, ni le commerce, à cause de sa disponibilité immédiate, il est une option
notamment pour les pays du tiers-monde, soucieux d'indépendance, d'autonomie et
d'autosuffisance2.
Histoire

Le mot betun au sens de mortier est attesté dans le Roman de Troie (vers 1160-1170). Béton désigne
d'abord (1636) une maçonnerie de chaux vive, gros gravier, blocailles, et cailloux, dont on fonde les
bâtiments. Philibert Monet le traduit par le terme latin opus signinum dont la description originale
est donnée par Vitruve au ier siècle av. J.-C., sorte de bétonnage constitué de chaux, de sable et
d'éclats de pierre, exempt de tuileaux, dont la compacité était obtenue au terme d’un damage
intensif9. Il était en particulier employé dans des ouvrages de citerne.

« Le béton se pétrifie dans la terre et devient dur comme roc10. »

L'argile

Vestige de la dynastie Han, Dunhuang, province Gansu (206 av. J.-C. à 220 ap. J.-C.) Pisé.

Dans une définition plus large des bétons, les ouvrages de terre crue sont considérés comme étant
des bétons. Le béton de terre est le premier de tous les bétons11.

L'argile, ou à défaut une terre argileuse, sous la couche d'humus (les anciens parlaient de « terre
franche » sous la terre végétale) est présente dans beaucoup de sols, et constitue un mortier (voir
l'article mortier de terre) qui peut être facilement mis en œuvre par moulage dans des techniques de
brique de terre crue ou de banchage.

Les premières cités découvertes dans l'ancienne Mésopotamie étaient construites en terre crue,
avant même l'invention de l'écriture. Ce matériau se dégradant plus rapidement que la pierre, il
existe peu de vestiges aussi marquants que les pyramides d'Égypte. Ainsi, le Moyen-Orient et l'Asie
centrale comptent de nombreux sites exceptionnels tels que Tchoga Zanbil (Iran), Mari (Syrie),
Shibam (Yémen) ou Merv (Turkménistan).

La chaux

On voit par la suite la chaux associée à d'autres matériaux. La première utilisation du ciment remonte
à l'antiquité égyptienne. En effet, un des mortiers les plus anciens, composé de chaux, d’argile, de
sable et d’eau, fut utilisé dans la conception de la pyramide d'Abou Rawash, érigée aux alentours de
2600 av. J.-C., sous la IVe dynastie, mais également pour d’autres ouvrages.

La Rome antique et l'opus caementicium

Thermes de Caracalla, opus caementicium, 216 apr. J.-C.


Vers le ier siècle apr. J.-C., la Rome antique reprend cette technique en l’améliorant avec
l’incorporation de sable volcanique de Pouzzoles ou de tuiles broyées. La pouzzolane est associée à la
chaux et maçonnée à des matériaux tout venant, les caementa. Elle forme une sorte de béton
extrêmement résistant puisque beaucoup de bâtiments construits dans ce matériau présentent des
vestiges encore debout. Comme le dit Vitruve dans son De architectura (livre II, chapitre 6), le
mortier peut résister à l'eau et même faire prise en milieu très humide. Cette qualité est due à la
présence d'une grande quantité de silicate d'alumine. En ajoutant à la chaux aérienne de la
pouzzolane ou des tuileaux concassés, on la transforme artificiellement en chaux hydraulique. Ce
n'est qu'en 1818 que Louis Vicat expliquera les principes de cette réaction, dans sa théorie de
l'hydraulicité12.

L'opus caementicium est une maçonnerie de blocage, un conglomérat souvent réalisé entre deux
parois de petit appareil. Il permet de réaliser les volumes considérables de maçonnerie des
aqueducs, ponts, basiliques, etc. Ce système constructif est performant, économique, rapide, et ne
nécessite aucune qualification de la main-d'œuvre, une bonne partie des matériaux étant employés
sans préparation préalable13.

Le Panthéon de Rome est ainsi réalisé dans une sorte de béton14.

En souvenir de l'usage qu'on fit de la pouzzolane, les cendres volantes silico-alumineuses issues de la
combustion des charbons schisteux brûlés en centrale thermique, employées dans la confection des
ciments contemporains, sont appelées également « pouzzolane15 », de même que tous les
matériaux et roches aux vertus pouzzolaniques.

La technique du béton, diffusée dans la Gaule romaine, est encore employée au début du Moyen
Âge, même si elle est progressivement moins utilisée, au profit d'autres techniques, en particulier
certains mortiers, ou des éléments plus décoratifs. Des exemples de sols en béton ont été observés
par les archéologues dans des édifices de la fin du Xe siècle16.

Puis les artisans dédaignent cette pierre factice et oublient son usage. C'est seulement à partir des
Lumières que quelques savants s'y intéressent à nouveau14.

La révolution industrielle et la chaux hydraulique

Du temps de Bernard Forest de Bélidor (xviiie siècle), on faisait dans l'eau beaucoup de fondations
avec des pierres qu'on jetait à l'endroit où on voulait établir des bases ; on plaçait avec ces pierres du
mortier susceptible de durcir dans l'eau (qu'on obtient alors toujours par un mélange de chaux
aérienne, de tuileaux ou de pouzzolane, et de sable). On donnait le nom de « béton » à ce mortier et
cette manière de fonder s'appelait « fondation à pierres perdues ». Cette méthode avait le grand
inconvénient d'exposer à mettre trop de mortier à certains endroits et pas assez à d'autres puisque
lorsqu'on fondait à une grande profondeur sous l'eau, la mauvaise visibilité empêchait de bien
distribuer le mortier. Le versement du béton sous l'eau se faisait par différentes méthodes : trémies,
caisses fermées pour éviter que le mortier soit délavé le temps de son immersion, etc.17,18. Par la
suite, Vicat donna le nom de « mortier hydraulique » à celui qui a la propriété de durcir dans l'eau
(Vicat le nomme aussi « béton », mais il entrevoit qu'il conviendrait de donner ce nom uniquement
au mortier hydraulique dans lequel on a introduit des cailloux ou de la pierraille). On a par la suite
donné le nom de « béton » uniquement au mélange de ce mortier avec des pierres concassées. «
Ainsi le béton n'est autre chose qu'une maçonnerie faite avec de petits matériaux ; et en faisant sur
terre le mélange du mortier hydraulique avec les pierres concassées on a le grand avantage d'obtenir
dans l'eau un massif bien homogène. On forme ainsi une maçonnerie très dure si le mortier
hydraulique que l'on a fait est de bonne qualité. On voit donc que la bonté du béton dépend
principalement de celle du mortier hydraulique »19.

La révolution industrielle et le ciment Portland

Article connexe : Histoire du béton de ciment.

Le pont du Jardin des plantes de Grenoble, un des premiers ouvrages au monde en béton de ciment
coulé20, construit en 1855 par Joseph et Louis Vicat.

L'opinion généralement admise dans la seconde moitié du xviiie siècle est que c'est l'argile qui donne
à la chaux la propriété singulière de durcir dans l'eau. L’Anglais John Smeaton l'expérimente dans la
construction du phare d'Eddystone. Jusqu'au début du xixe siècle, la manière de faire le mortier, qui
a presque toujours été abandonnée aux ouvriers, est l'objet de nouvelles expérimentations, éclairées
par les progrès récents de la chimie, qui a été promue en science exacte. En 1796, James Parker
découvre sur l'île de Sheppey, en Grande-Bretagne, un calcaire suffisamment argileux pour donner
après une cuisson à 900 °C un ciment naturel à prise rapide qui est commercialisé sous la marque
Ciment romain. Le ciment prompt est de même nature. Côté français, en 1818, Louis Vicat, ingénieur
de l'École nationale des ponts et chaussées, expérimente les chaux hydrauliques et la possibilité de
les fabriquer de manière artificielle. Sous son impulsion, en France, l'usage des chaux hydrauliques et
ciments naturels se généralise et, à partir des années 1850, les ciments artificiels surcuits au nom de
ciment Portland[pas clair]. Toutefois, le nom de Portland vient du brevet déposé en 1824 par le
briquetier Joseph Aspdin, « ciment de Portland », pour sa chaux hydraulique à prise rapide.

C’est dans les années 1830 que l’on voit apparaître les premiers développements de ce matériau,
avec notamment la construction d’une maison de trois étages en béton à Montauban, par
l'entrepreneur François-Martin Lebrun, puis, à partir de 1852, le béton-pisé ou béton-aggloméré de
l’industriel François Coignet. À la même époque, Joseph Lambot, puis Joseph Monier, développent
les ciments armés, amenés à devenir bétons armés sous l'impulsion de François Hennebique, ou
encore de l'architecte et entrepreneur Auguste Perret au début du xxe siècle. Ce dernier déclare : «
Faisant au béton l'honneur de le tailler, de le boucharder, de le ciseler, nous avons obtenu des
surfaces dont la beauté ferait trembler les tailleurs de pierre »14.

L'architecte Tony Garnier préconise l’usage du béton de mâchefer et le nouveau béton armé pour les
travaux que lui confie le maire de Lyon Édouard Herriot ; il y réalise notamment le quartier des États-
Unis. Pour sa part, Le Corbusier affirme dans sa charte d'Athènes : « Le béton est un matériau qui ne
triche pas »14.

En 1929, c’est Eugène Freyssinet, ingénieur français, qui va révolutionner le monde de la construction
en inventant le béton précontraint.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'architecte nazi Fritz Todt utilise 17 millions de cubes
d’Eisenbeton pour bâtir le mur de l'Atlantique. Après le conflit, il faut reloger rapidement les
populations dont les habitations ont été détruites et reconstruire des villes rasées comme Le Havre
ou Lisieux ; le béton est alors utilisé. De la même façon, le développement des grands ensembles lors
des Trente Glorieuses (qui sont cependant rapidement décriés) et la démocratisation du tourisme
dans les stations balnéaires comme La Grande-Motte mobilisent ce matériau14.

La célèbre scène d'ouverture du film Mélodie en sous-sol (1961) d'Henri Verneuil évoque les
transformations des villes par le béton. Sorti de prison, le personnage joué par Jean Gabin revient à
Sarcelles pour trouver, décontenancé, sa maison entourée par des immeubles de béton : « Merde
alors. […] Et dire que j'avais acheté ça pour les arbres et puis pour les jardins. Ils appelaient ça la zone
verte ! »14.

À la fin des années 1980, on voit apparaître les bétons hautes performances et par la suite, de
nouvelles grandes innovations vont voir le jour avec notamment les bétons autoplaçants (BAP) et les
bétons fibrés à ultra hautes performances (BFUP).

Le béton de ciment est, à l'heure actuelle, le matériau de construction le plus utilisé au monde.

Les bétons

Béton de terre

Article détaillé : Béton de terre.

La désignation « béton de terre » est récente, ce matériau est plus connu sous les termes
traditionnels de pisé ou de torchis.

Les matériaux de base d'un béton de terre sont : l'argile (la plus pure est le kaolin), sable, gravier,
eau. Grâce à sa cohésion interne, l'argile joue le rôle de liant, le gravier et le sable sont le squelette
interne, l'eau est le lubrifiant. Le béton de terre n'a cependant pas de résistance mécanique
suffisante pour autoriser des applications structurales.
L'argile, qui est susceptible de présenter des variations de volume en cas de modification de la teneur
en eau, peut être stabilisée par adjonction de ciment Portland, chaux, d'armatures végétales (paille
sèche coupée, chanvre, sisal, fibres de feuilles de palmier, copeaux de bois, écorces), par adjonction
d'asphalte, d'huile de coco, etc., pour assurer l'imperméabilisation, par traitement chimique (chaux,
urine de bestiaux, etc.), géopolymérisation, etc.2.

Le béton de terre est mis en œuvre dans les techniques de torchis (sur pan de bois et clayonnage ou
dans la technique du pisé), de bauge, de brique de terre crue (ou adobe) ou dans les briques moulées
mécaniquement2, etc.

Béton de chaux

Article connexe : Dalle en béton de chaux.

Dans le cas du béton de chaux, c'est la chaux hydraulique qui sert de liant. Ce type de béton est
notamment utilisé pour réaliser des dalles.

Béton de ciment

Article détaillé : Béton de ciment.

Le béton de ciment, couramment appelé « béton », est un mélange de ciment, de granulats, d'eau et
d'adjuvants.

Dénomination particulière des bétons de ciment

béton armé : matériau composite, composé d'une armature en acier recouverte de béton ;

béton extrudé : en technique routière, le béton extrudé est un béton coulé en place à l'aide de
machines à coffrages glissants, dénommées machines à extruder ou extrudeuses. Il permet de
réaliser des murets de sécurité, des bordures et des dispositifs de retenue sur des linéaires
importants ;

béton projeté ou gunite : béton propulsé, après malaxage, sur un support sous forme de jet ;

béton autoplaçant : béton de ciment capable, sous le seul effet de la pesanteur, de se mettre en
place dans les coffrages même les plus complexes et très encombrés sans nécessiter pour autant des
moyens de vibration afin de consolider le mélange avec comme résultat un produit très homogène ;

béton cellulaire : bloc isolant réalisé en autoclave ;

béton cyclopéen : béton contenant des gros blocs de pierre, des moellons, des galets, etc. ;

béton hautes performances : béton caractérisé par une très forte résistance à la compression ;

béton translucide : matériau de construction en béton ayant la propriété de transmettre la lumière


due à des éléments optiques intégrés ;

bloc de béton : élément de maçonnerie moulé ;


béton désactivé, dit aussi béton dénudé : nom donné à un béton dont la surface laisse apparaitre les
granulats de couleur. Il est obtenu par pulvérisation d'un désactivant sur la surface fraiche d'un béton
au moment de son coulage21. Ensuite, une fois séché, un rinçage à haute pression de la surface fait
apparaitre les granulats21. Gardant la résistance du béton, il peut-être décoratif, coloré, et ce
traitement lui confère des propriétés antidérapantes22.

Béton bitumineux

Article détaillé : enrobé bitumineux.

Le béton bitumineux (aussi appelé enrobé bitumineux) est composé de différentes fractions de
gravillons, de sable, de filler et de bitume employé comme liant. Il constitue généralement la couche
supérieure des chaussées (couche de roulement). L'enrobé est fabriqué dans des usines appelées «
centrales à enrobés », fixes ou mobiles, utilisant un procédé de fabrication continu ou par gâchées. Il
est mis en œuvre à chaud (150 °C environ) à l'aide de machines appelées « finisseurs » qui
permettent de le répandre en couches d'épaisseur désirée. L'effet de « prise » apparaît dès le
refroidissement (< 90 °C), aussi est-il nécessaire de compacter le béton bitumineux avant
refroidissement en le soumettant au passage répété des « rouleaux compacteurs ». Contrairement
au béton de ciment, il est utilisable presque immédiatement après sa mise en œuvre.

Le bitume étant un dérivé pétrolier, le béton bitumineux est sensible aux hydrocarbures perdus par
les automobiles. Dans les lieux exposés (stations services) on remplace le bitume par du goudron. Le
tarmacadam des aérodromes est l'appellation commerciale d'un tel béton de goudron (rien à voir
avec le macadam, dépourvu de liant).

Géopolymère

Article détaillé : Géopolymère.

Autres bétons

Le béton de chanvre est un béton isolant mêlant de la chaux formulée à de la chènevotte — du


chanvre textile, chanvre industriel ou chanvre agricole — mis en œuvre sous forme de blocs
préfabriqués, conglomérat isolant banché, ou projeté.

Le béton de copeaux est un mélange de copeaux de bois issu de scierie liés par de la chaux et/ou du
ciment. Son avantage est son très faible cout découlant des copeaux de bois souvent mis à
disposition gratuite par les scieries en tant que rebut. Ses performances isolantes sont équivalentes
au béton de chanvre. Il peut aisément être mis en œuvre au niveau individuel et proposé aussi sous
forme de briques ou panneaux prêts à l'emploi.

Le béton de mâchefer est constitué de granulats de type mâchefer, liés avec de la chaux et/ou du
ciment23. Prôné par l'architecte Tony Garnier, il eut son heure de gloire dans la première moitié du
xxe siècle, notamment pour la réalisation du stade de Gerland et du quartier des États-Unis24.
Le béton tendre est un béton composé issu d'un mélange de ciment Portland et de granulats de
roches tendres (calcaire, tourbe ou argile consolidés)25, donnant au béton une consistance plutôt
molle.

Impact environnemental

La bétonisation, l'action d'urbaniser à l'excès une zone caractérisée par le développement de


surfaces minérales du type béton, asphalte, pierre ou acier, a des conséquences néfastes sur
l'environnement et les paysages.

Consommation d'énergie

Le gros de la consommation d’énergie due au béton provient d'activités consommatrices d’énergie


qui entraînent une émission plus ou moins forte de CO2 :

l'acheminement (dérivés du pétrole pour le transport en camion du béton ou des matières


premières) ;

la confection (dans le cas du béton de ciment, mazout ou autre combustible pour cuire la roche en
ciment) ;

la consommation électrique pour brasser mécaniquement de grandes quantités de béton.

Si la consommation d'énergie est importante pour du béton de ciment ou du béton bitumineux,


l'énergie grise du bloc de chanvre (énergie nécessaire à l’ensemble de la fabrication d’un produit) est
inférieure à tous les autres matériaux isolants dans la masse (un rapport de 4 par rapport à la brique
terre cuite et 3 par rapport au béton cellulaire).

Émissions de gaz à effet de serre

L'impact carbone varie fortement selon le type de béton : de 235 kgCO2eq / m3 pour le béton
C20/25, à 396 kgCO2eq / m3 pour le béton C60/7526.

Il est important dans le cas du béton de ciment, l'utilisation énergivore du béton de ciment étant
source de multiples dégradations de l'environnement : la production du clinker entrant dans la
composition des liants est responsable d’approximativement 5 % des émissions de gaz à effet de
serre (GES) anthropiques8, principaux responsables du réchauffement climatique.

Des travaux tendent également d'évaluer la quantité de CO2 que le béton réabsorbera au cours de sa
vie. Jusqu'à 40 % du CO2 émis lors de la production de ciment, de 1913 à 2013, aurait été ainsi
capturé selon une étude enthousiaste27. Mais cela serait ignorer la production toujours croissante
exponentiellement [archive], notamment depuis l'entrée de la Chine à l'OMC. Les échelles de temps
ne sont bien entendu pas mises en évidence par ces études vantant la « carbonation », voulant ainsi
atténuer l'impact environnemental du béton. On peut faire le même constat pour la compensation
carbone en voulant planter des arbres ou des sols (cf. Félix Lallemand et Jonathan Guyot). La prise en
compte de cette « carbonation » des matériaux contenant du ciment semble pourtant peu
significative pour l'analyse de cycle de vie de ces produits28.

Le bloc de chanvre a au contraire un bilan CO2 négatif (stockage temporaire de CO2) le temps de la
durée de vie de la structure.

Vide juridique autour du "béton bas carbone"

Si des solutions de « Béton bas carbone » sont de plus en plus mises sur le marché par les cimentiers,
le terme « béton bas carbone » ne fait pas l’objet d’une définition officielle s’appuyant sur un cadre
normatif ou réglementaire29. Ainsi, plusieurs vides juridiques ont permis des abus autour du
comptage du bilan carbone des laitiers et de la fuite carbonne. Dans le dernier cas, des entreprises
comme LafargeHolcim ou la start-up Cem'In'Eu importent le clinker depuis le Maroc ou la Turquie,
pays ou le bilan carbone n'est pas établi. Le ciment composé de ce clinker peut ensuite être vendu
légalement dans l'UE sous le nom de Béton bas carbone en évitant les contraintes réglementaires du
marché européen du CO230,31,32,33.

Consommation de ressources naturelles

Disparition du sable

Dans le cas du béton de ciment, la quête perpétuelle d’agrégats adaptés dont le sable a conduit à la
surexploitation de 75 % des plages de la planète, détruisant nombre d'écosystèmes littoraux6.

Durabilité

« Il convient de ne pas assimiler la durabilité d'un produit de construction à celle de l'ouvrage. En


effet, il est inutile de formuler un béton intrinsèquement durable, si sa mise en œuvre au sein de la
structure n'est pas conforme aux règles de l'art et si les diverses sollicitations auxquelles il est soumis
n'ont pas été correctement appréciées, ce qui conduirait à ce que l'ouvrage ne remplisse pas
durablement sa fonction pendant sa durée de service requise. »

— Infociment34

« Un béton durable est un béton compact (présentant une faible porosité) dont les constituants de
qualité ont été bien choisis conformément aux normes. »

— Infociment34
La durabilité du béton est définie par la norme NF X60-500 — Terminologie relative à la fiabilité –
Maintenabilité – Disponibilité. Octobre 1988 —:

« l‘aptitude d’un bien à accomplir une fonction jusqu’à ce qu’un état limite soit atteint »

— LERM35

Certaines attaques réduisent la durabilité du béton : la carbonatation, la corrosion des armatures


(danger majeur pour la durabilité des ouvrages en béton armé), les chlorures dans le béton, l'eau de
mer, la lixiviation, l'alcali-réaction (ou ASR pour alkali silica reaction), la réaction sulfatique interne, le
gel et le dégel, l'écaillage du béton36.

Notes et références

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Béton de ciment » (voir la liste
des auteurs).

Dans le langage courant, « béton », sans précision, désigne le béton de ciment.

René Vittone, Bâtir. Manuel de la construction, PPUR Presses polytechniques, 10 juin 2010 (ISBN 978-
2880748357), consulter en ligne [archive].

Rainer 2008, p. 223.

Witier, p. 6.

Treussart 1829, p. 21.

« Nos plages à court de sable » [archive du 8 octobre 2014], sur future.arte.tv, 7 juillet 2014 (consulté
le 7 novembre 2014).

Amaury Cudeville, « Recycler le béton » [archive] sur pourlascience.fr, octobre 2011, p. 17-18
(consulté le 2 mai 2019).

« Émissions du ciment, quelles perspectives » [archive] sur construction-carbone.fr (consulté le 2 mai


2019).

L'archéologie assigne à opus signinum une autre signification, celle donnée par Pline, lecteur de
Vitruve : un mortier étanche incorporant des tuileaux utilisé en application de la maçonnerie décrite
plus haut. Voir à ce sujet Pierre Gros, Vitruve et la tradition des traités d’architecture. Frabrica et
ratiocinatio, nouvelle édition en ligne [archive], Rome, Publications de l’École française de Rome,
2006 (ISBN 9782728310289).

« Concrescit in petram signinum opus insudameris, et tupis durita cocipit, contrahit. » Dans Philibert
Monet, Parallèle des langues latine et française, Guillaume Valfray imprimeur, 1636, consulter en
ligne [archive].

Le bois, le feuillage et les peaux d'animaux furent les premiers constituants de l'architecture
naissante des pays tempérés. Pour les régions du globe où la végétation est rare, ainsi pour la plupart
des rivages méditerranéens, ce fut l'argile qui fut le matériau le plus utilisé. Il est intéressant de
retrouver ensuite l'argile et le bois associés, dans une architecture plus mûre, constituant les
structures dites à maison à pans de bois. (Jean-Pierre Adam, La Construction romaine. Matériaux et
techniques, Grands manuels picards, 6e édition, 2011.

Louis Joseph Vicat, Traité pratique et théorique de la composition des mortiers, ciments et gangues à
pouzzolanes et de leur emploi dans toutes sortes de travaux [archive], Impr. Maisonville, 1856, 103 p.
(consulté le 3 mai 2019).

Stefano Camporeale, Hélène Dessales et Antonio Pizzo, Arqueología de la construcción [archive],


CSIC, 2008.

Philibert Humm, « Matons ce béton ! », Paris Match, semaine du 9 au 15 juin 2016.

Fonds de formation professionnel de la construction, Bruxelles, 1992.

Charles Lelong, « Bétons de sol et pavement de l'abbatiale de Marmoutier », Bulletin Monumental,


vol. 150, no 1, 1992, p. 39-47 (lire en ligne [archive]).

Treussart 1829, p. x1.

Joseph Mathieu Sganzin, Programme ou résumé des leçons d'un cours de constructions, avec des
applications tirées spécialement de l'art de l'Ingénieur des ponts et chaussées, t. 1, 1840, p. 55
(consulter en ligne).

Treussart 1829, p. x2.

Le premier ouvrage a été construit en 1840 à Grisolles par l'architecte François-Martin Lebrun. Il a
fait l'objet d'une présentation à l'Académie des sciences en 1842. Il a été démoli.

« Béton désactivé » [archive] sur francebeton.com (consulté le 3 mai 2019).

« Faire poser du béton désactivé : utilisation, conseils et prix » [archive], sur jardinage.lemonde.fr
(consulté le 27 octobre 2020).

« Fiche CEREMA - L’habitat en béton de mâchefer » [archive] [PDF], sur loire.gouv.fr (consulté le 17
janvier 2020).

« Mâchefer et premiers bétons » [archive], sur patrimoine-terre-lyonnais.patrimoineaurhalpin.org


(consulté le 8 janvier 2020).

« A1-3.4 - Roches tendres (calcaire, tourbe ou argile consolidés) médiolittorales à bivalves foreurs et
cryptofaune associée (Habitats marins benthiques d'Atlantique) » [archive], sur Inventaire National
du Patrimoine Naturel (consulté le 17 août 2020).

ADEME, Réaliser une analyse environnementale dans les Travaux Publics - Guide Sectoriel, 2015 (lire
en ligne [archive] [PDF]), p. 110.

(en) Zhu Liu, Ying Zhang, Carmen Andrade et Isabel Galan, « Substantial global carbon uptake by
cement carbonation », Nature Geoscience, vol. 9, no 12, décembre 2016, p. 880–883 (ISSN 1752-
0908, DOI 10.1038/ngeo2840, lire en ligne [archive], consulté le 27 juin 2019).

(en) Romain Sacchi et Christian Bauer, « Should we neglect cement carbonation in life cycle inventory
databases? », The International Journal of Life Cycle Assessment, vol. 25, no 8, 1er août 2020, p.
1532–1544 (ISSN 1614-7502, DOI 10.1007/s11367-020-01776-y, lire en ligne [archive], consulté le 1er
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Voir aussi

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béton, sur le Wiktionnaire

Bibliographie

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colloque internationaux 200 ans de béton, Grenoble 2017, Cahier Icomos France #29, AE&CC Ensa de
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Articles connexes
Béton à contenu recyclé (souvent dit béton ternaire)

Béton bas carbone

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