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PRÉSENTATION DE

LA LOI DE
FINANCE 2022

Préparé par :
FODIL Aldjia
Plan
Introduction.
1. Principale mesure fiscale à destination des
entreprises.
1.1- Mesure d’incitation.
1.2- Mesure technique et d’ajustement.
1.3- Autre mesure.
2- Barème de l’IRG.
3- Réforme fiscale.
Conclusion.
Introduction :
La loi de finance 2022 en Algérie signée le 30 décembre 2021 par le président
de la République Mr. Abdelmadjid Tebboune, œuvre selon le gouvernement à
plus de justice sociale et fiscale devant la loi et elle vise à encourager
l’investissement auprès des jeunes entrepreneurs.

Résumé des chiffres et indicateurs prévus pour l’année 2022 :

 Budget de fonctionnement (dépenses) : 6.311,5 Milliards DA


 Budget d’équipement (dépenses) : 3.546,9 Milliards DA
 Total dépenses : 9.858,4 Milliards DA (en hausse de 21% par rapport à
l’année 2021)
 Total recettes : 5.683,2 Milliards DA (dont 2.104 Milliards DA de fiscalité
pétrolière soit 37%)
 Prix de référence du baril du pétrole : 45 Dollars le baril (il était à 40 Dollars
en 2021)
 Prix du marché du baril du pétrole : 50 Dollars le baril
 Taux de croissance économique : 3,3%
 Inflation : 3,7%
 Taux de change moyen USD/DA : 149,3 dinars algérien pour 1 dollar
américain
 Exportations des hydrocarbures : 27,9 Milliards USD
 Importations : 31,8 Milliards USD.
1- Principale mesure fiscale à destination des
entreprises:
De manière globale, la loi de finances pour 2022 ci-après « LF 2022 »
n’introduit pas de bouleversements majeurs dans l’architecture du système fiscal
et des règles procédurales en matière de contrôle et de contentieux fiscaux.
1.1- Mesures d’incitation :
Dans une démarche volontariste visant à favoriser l’activité de production, deux
mesures retiennent l’attention : 

- l’institution d’un taux réduit en matière d’Impôt sur les Bénéfices des Sociétés
(IBS) de 10 % au lieu de 19 % pour ce type d’activités, sous réserve de
réinvestissement et du respect d’un délai de conservation des investissements
réalisés pendant un délai de 5 ans (art. 44 LF 2022) ; 

- l’exclusion de la base imposable à la taxe sur l’activité professionnelle (TAP)


des ventes effectuées par les producteurs. Le taux de la TAP est par ailleurs
réduit de 2 % à 1,5 % pour les autres activités (art. 57 et 59 LF 2022).
1.2- Mesures techniques et d’ajustement :
Nous notons sous ce chapitre, des clarifications bienvenues sur la neutralité
fiscale des groupements de droit algérien, avec toutefois l’obligation déclarative
des membres du groupement du contrat de groupement lui-même et des contrats
conclus avec le groupement dans un délai de 30 jours à compter de leur
signature, sous réserve d’une amende de 500 000 DA (art. 47 LF 2022).

De même, il faudra relever l’effort de clarification pour la détermination du


bénéfice imposable en matière de :

- définition des conditions de fond et de forme requises pour la déductibilité


fiscale des charges, en droite ligne avec une doctrine fiscale clairement établie.
En l’espèce, l’administration fiscale oppose aux entreprises l’obligation de (i)
démonstration de la réalité des charges de toutes nature et (ii) le lien avec
l’exploitation (art. 42 LF 2022) ;

- sans doute inspiré par la pratique du contrôle fiscal et des dossiers portés en
contentieux, le législateur fiscal s’est emparé de la question de la valorisation
des produits et charges libellés en monnaie étrangères. In concreto, les produits
et charges en question devront être valorisés selon le taux de change en vigueur
à la date de leur réalisation

S’agissant des créances et dettes en monnaie étrangère, le taux de change à


retenir pour la conversion sera celui en vigueur à la date de clôture de chaque
exercice (taux au 31/12).

Enfin, les gains et les pertes de changes sont à rattacher à l’exercice de leur
réalisation (absence d’incidence sur l’exercice de leur constatation) (art. 41 LF
2022).

- clarifications apportées à la notion de territorialité de l’IBS en y intégrant :

 les bénéfices, produits et revenus réalisés en Algérie par des sociétés


étrangères, générés par des opérations portant sur les biens qu’elles
possèdent en Algérie ;
 les bénéfices dont le droit d’imposition est attribué à l’Algérie en vertu
d’une convention fiscale (art. 34 LF 2022).
 Revalorisation du seuil annuel de déductibilité des charges au titre des :
 éléments de faible valeur : de 30 000 DA à 60 000 DA ;
 annuités d’amortissements des véhicules de tourisme : de 1 000 000 DA à
3 000 000 DA ;
 cadeaux publicitaires :1000 DA l’unité au lieu de 500 DA dans la limite
d’un plafond de 500 000 DA ;
 subventions et dons à des établissements et associations à caractère
humanitaire : de 2 000 000 DA à 4 000 000 DA (art. 43, 50 LF 2022).
- admission de la déductibilité des dépenses de location de véhicules plafonnée à
un montant annuel de 200 000 DA et des frais de leur entretien et réparation à
hauteur de 20 000 DA par véhicule (art. 50 LF 2022) ;
- codification des taxes sur la formation professionnelle et d’apprentissage avec
pour effet de rendre plus intelligibles les modalités de leur application, eu égard
aux nombreux contentieux générés (art. 56 LF 2022).

Il est ainsi précisé que la base imposable de ces deux taxes dont le paiement sera
désormais annuel (au plus tard le 20 février de l’exercice N+1) s’entend des
rémunérations brutes versées aux employés avant déduction des cotisations
sociales et de retraite ainsi que l’Impôt sur le Revenu global/salaires.

Par ailleurs, il est également prévu une exonération de la taxe de formation


professionnelle en faveur des employeurs ayant moins de 20 employés.

1.3- Autres mesures :


D’autres mesures non moins importantes sont à noter telles que :

- l'imposition des dividendes versés à des personnes morales résidentes à une


retenue à la source libératoire de 5 %. Pour les personnes physiques résidentes,
le taux applicable est de 15 % (art. 30, 45 LF 2022) ;
- la non déductibilité des pénalités contractuelles versées à des personnes
morales non imposables en Algérie (art. 50 LF 2022) ; 
- l'extension de la responsabilité des personnes morales inscrites sur le Fichier
National des Infractions frauduleuses (FNIF) à leurs représentants légaux (art.
110 LF 2022).
1- Barème de l’IRG :
Le PLF 2022 prévoit une révision totale du barème de l'IRG, apportant des
ajustements dans les tranches de revenus et les taux d'imposition y
correspondant.
Ainsi, le nouveau barème de l'IRG propose d'exclure les revenus annuels
n'excédant pas 240.000 dinars de cet impôt, ceux compris entre 240.001 et
480.000 dinars y seront soumis à hauteur de 23%, entre 480.001 et 960.000
dinars à 27%, entre 960.001 et 1.920.000 dinars à 30%, entre 1.920.001 et
3.840.000 dinars à 33%, tandis que les revenus supérieurs à 3.840.000 dinars
seront imposables à hauteur de 35%.
En outre, les traitements, indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes
viagères, bénéficieront d'un abattement proportionnel sur l'IRG à 40% qui ne
peut être inférieur à 12.000 dinars/an ou supérieur à 18.000 dinars/an (soit entre
1000 et 1.500 dinars /mois).
Le projet souligne également que les revenus qui n'excèdent pas 30.000 dinars
bénéficient d'une exonération totale de l'IRG, tandis que les revenus supérieurs à
30.000 et inférieurs à 35.000 dinars bénéficient d'un deuxième abattement
supplémentaire.
Selon le même texte, les revenus supérieurs à 30.000 et inférieurs à 42.500
dinars des travailleurs handicapés moteurs, mentaux, non-voyants ou sourds-
muets, ainsi que les travailleurs retraités du régime général, bénéficient d'un
abattement supplémentaire sur le montant de l'IRG, non cumulable avec le
deuxième abattement.
Il est aussi proposé de faire bénéficier les cessions de logements collectifs
constituant l'unique propriété et l'habitation principale, d'une réduction d'impôt
de 50%.
Par ailleurs, le PLF 2022 propose de consacrer le principe de la globalité de
l'imposition des revenus des personnes physiques qui consiste à intégrer dans la
base imposable à soumettre au barème de l'IRG, au lieu de situation du domicile,
l'ensemble des revenus réalisés par une personne à l'exception de certains
revenus pour lesquels l'imposition libératoire est maintenue eu égard à la nature
de ces revenus.
2- Réforme fiscale :
Animant une conférence de presse au Palais du Gouvernement, M.
Benabderrahmane a indiqué que la LF 2022, signée par le Président de la
République, "est une révolution en matière de réforme et de justice fiscales et
d'élargissement de l'assiette fiscale", relevant qu'elle renfermait de nouvelles
mesures pour la promotion de l'investissement.
Le Gouvernement présentera "prochainement" en Conseil des ministres le projet
de loi sur l'investissement pour endossement par le président de la République, a
annoncé le Premier ministre.
M.Benabderrahmane a également évoqué l'allocation chômage créée en vertu de
ce texte et qui devra entrer en vigueur courant 2022.
Le Gouvernement révisera le point indiciaire des salaires à partir du deuxième
semestre 2022, a-t-il aussi annoncé, rappelant que la LF 2022 prévoyait
plusieurs mesures visant à améliorer le pouvoir d’achat des citoyens, dont
l’allègement de la charge fiscale dans le cadre de la révision du barème de
l’impôt sur les salaires.
Par ailleurs, le Premier ministre a précisé que le taux de croissance de
l’économie nationale était de 4,1% à fin 2021, faisant état d’une "amélioration
constante" de la situation économique en Algérie.
Conclusion :
La loi de finances 2022 "coupe court aux discours fallacieux visant à semer le
désespoir et le doute" concernant des domaines importants pour les citoyens
comme l'aide sociale et le pouvoir d'achat, a estimé M. Achour dans une
allocution à l'issue de l'adoption du texte de loi au Conseil de la nation.
Le gouvernement continuera, dans le cadre de cette loi, à affecter des fonds
importants à l'aide sociale, a-t-il ajouté, rappelant à ce propos les déclarations du
Premier ministre qui a affirmé que l'Etat "ne renoncera pas à l'aide".
D'ailleurs en 2022 les transferts sociaux dépasseront 1.942 milliards de DA (17
milliards de dollars), ce qui montre "l'attachement du président de la République
à honorer ses engagements quant à la préservation des acquis nationaux", a-t-il
dit.
Dans son rapport complémentaire concernant le texte de loi, la commission des
affaires économiques et financières au Conseil de la nation a présenté une série
de recommandations visant à enrichir la nouvelle approche du gouvernement à
l'égard de l'économie nationale, dont l'adoption de nouveaux mécanismes pour
assurer la disponibilité des liquidités dans les banques et encourager l'épargne et
la promotion du secteur agricole.
La commission a également préconisé la mise en place de nouveaux
mécanismes incitatifs au profit des startup et des moyennes entreprises pour en
finir avec l'économie de rente.
Elle a en outre plaidé pour la poursuite des efforts de développement de la
finance islamique pour contenir le marché parallèle, et d'adapter la réforme
fiscale à la réalité et aux exigences actuelles de l'économie nationale.
Mettant l'accent sur la nécessité de prendre en considération l'égalité entre toutes
les wilayas en termes de dégel des projets d'équipements publics, la commission
a appelé à l'accélération de la cadence de la concrétisation des projets
structurants à forte valeur économique.
Elle a aussi plaidé pour la création d'une taxe sur les transactions foncières (bail,
vente et achat de biens immobiliers) en l'ajoutant aux droits d'enregistrement
pour garantir le paiement de cette taxe par tout un chacun, en sus de l'institution
d'un nouvel impôt dénommé "impôt de récupération des subventions des
produits de consommation auprès des grands consommateurs parmi les usines,
les hôtels et les entreprises privées".
La commission a par ailleurs préconisé d'accélérer la numérisation du système
des impôts, des banques et des douanes et de fixer l'âge de 25 à 45 ans au lieu de
19 à 40 ans pour bénéficier de l'allocation-chômage, avec l'introduction d'une
prime provisoire pour les stagiaires, en orientant les jeunes à cibler leurs stages
pour qu'ils puissent bénéficier d'une opportunité de travail.
Elle a également mis en avant l'importance de réformer le système douanier pour
pouvoir accompagner les opérateurs économiques nationaux et étrangers, avec la
révision des actes de concession et la mise en place des mécanismes pratiques
dans les secteurs économique et agricole.
La commission a enfin suggéré de poursuivre la rationalisation des importations,
le développement des exportations et l'élargissement de l'assiette fiscale ainsi
que l'augmentation de l'allocation dont bénéficient les personnes aux besoins
spécifiques à 20.000 DA.

Bibliographie :
- Site web :
https://www.aps.dz/economie/131446-conseil-de-la-
nation-la-loi-de-finances-2022-porteuse-d-espoir-
pour-une-algerie-nouvelle
- Site web :
https://cms.law/fr/dza/news-information/principales-
mesures-fiscales-de-la-loi-de-finances-pour-2022-a-
destination-des-entreprises
- Site web :
https://www.gaan.dz/articles/actualites/resume-de-la-
loi-de-finances-2022-593746#:~:text=La%20loi%20de
%20finance%202022%20en%20Alg%C3%A9rie
%20sign%C3%A9e%20le%2030,investissement
%20aupr%C3%A8s%20des%20jeunes
%20entrepreneurs.
- Document loi de finance 2022 Algérie.

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