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PFE TAIA

Thesis · July 2015

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1 author:

Soufiane Taia
Université Ibn Tofail
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Modélisation de l’hydrologie et de l’érosion du bassin
versant de l’Oued Beht (Nord-Ouest du Maroc)
Soufiane Taia

To cite this version:


Soufiane Taia. Modélisation de l’hydrologie et de l’érosion du bassin versant de l’Oued Beht (Nord-
Ouest du Maroc). Hydrologie. Faculty of sciences Kénitra, 2015. Français. �tel-03179748�

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abroad, or from public or private research centers. publics ou privés.
Faculté des Sciences Master spécialisé en Hydroinformatique
BP.133, 14000 Kénitra MAROC et Gestion des Hydro-systèmes
Département Sciences de la Terre et de L’Univers

Mémoire

Pour l’obtention du diplôme Master Spécialisé

En Hydroinformatique

Modélisation de l’hydrologie et de l’érosion


du bassin versant de l’Oued Beht
(Nord-Ouest du Maroc)

Présenté par :

Soufiane TAIA

Soutenu le 25/07/2015

Devant le Jury :

Pr. B. EL MANSOURI : Professeur, Faculté des Sciences Kénitra (Président)

Pr. L. ERRAIOUI : Professeur, Faculté des Sciences Kénitra (Encadrante)

Pr. M. KILI : Professeur, Faculté des Sciences Kénitra (Examinatrice)

Pr. J. CHAO : Professeur, Faculté des Sciences Kénitra (Examinateur)


Dédicaces

A ma mère
A mon père
A mes sœurs
A toute ma famille
Et mes amis

I
REMERCIEMENT
Au terme de ce modeste travail, il m’est agréable de m’acquitter d’une dette de

reconnaissance auprès des personnes qui ont contribué de près ou de loin au bon cheminement

de ce travail.

Je remercie particulièrement Mr. El Mansouri Bouabid le responsable du Master Spécialisé

Hydro-Informatique et Gestion des Hydro-systèmes pour les efforts qu’il a déployés

constamment afin de donner à cette formation son niveau escompté et d’avoir accepté de

présider ce jury.

J’adresse ma profonde gratitude à Melle Erraioui Lamia d’avoir accepté de m’encadrer dans

mon mémoire de fin d’études et également pour son soutien tout au long de mon projet.

Je tiens à remercier énormément Mme Kili Malika de m’avoir fait l’honneur d’examiner et de

juger ce travail.

Mes remerciements s’adressent également à Mr. Chao Jamal, je le remercie d’avoir accepté

de juger de ce travail.

J’exprime mes remerciements au corps professoral et administratif du département de

géologie.

Je suis très reconnaissant envers la Direction de la Recherche et de la Planification de l’eau

qui a mis à ma disposition les données hydro-climatiques du bassin versant de l’Oued Beht.

Je tiens également à exprimer mes sincères remerciements à la Direction Régionale des Eaux

et Forêts du Nord Ouest– Kénitra qui a mis à ma disposition les documents disponibles en ce

qui concerne l’aménagement du bassin versant de l’Oued Beht.

II
RESUME

Le principal objectif de ce travail estl’élaboration d’un modèle hydrologique du bassin


versant d’Oued Beht situé au Nord-Ouest du Maroc et qui s’étend sur une superficie de 4561km2,
en appliquant le modèle agro-hydrologique SWAT (Soil and Water AssessmentTool). Ce dernier
a prouvé une très bonne efficacité dans l’évaluation et l’analyse spatio-temporelle du cycle
hydrologique de l’eau, ainsi que l’estimation du taux de sédiments et le transport des pollutions.
Il utilise une large base de données spatiale : le modèle numérique du terrain, l’occupation du sol
et les caractéristiques pédologiques du sol, pour une subdivision du bassin en petites unités de
réponse hydrologique (HRUs). A ceci s’ajoute les données climatiques avec un pas du temps
journalier.

La modélisation du bassin versant d’Oued Beht par le modèle SWAT a été réalisée sur une
période de 13 ans dont une année d’échauffement (warm-up), 6 ans de calibrage et deux périodes
de validation de 3 ans chacune. Le modèle a en effet montré une très bonne performance pour la
phase de calibration2004-2009avec un coefficient de Nash de 0.88et un coefficient de
déterminationR2de0.88.Pour les périodes de validation, la performance est jugée satisfaisante
pour la première période 2001-2003 (NS=0.59, R2= 0.81) et bonne pour la deuxième période
2010-2012 (NS=0.74, R2= 0.89).

Les résultats de la modélisation du bassin Beht ont permis d’établir le bilan hydrologique à
différentes échelles spatio-temporelles. Le taux d’envasement de la retenue du barrage a été
estimé par le modèle à 1.72 Mm3/an. Cette valeur est proche des levés bathymétriques réalisés
par la Direction de la Planification et de la Recherche en Eau, au niveau du barrage El Kansera
(1,57 Mm3/an).

Mots Clés : Modélisation, Hydrologie, Erosion hydrique, Envasement au barrage, Oued Beht,
SWAT.

III
ABSTRACT

The main objective of this work is to develop a hydrological model of the Oued Beht
watershed located in northwest of Morocco and it extends over an area of 4561km2, by applying
the agro-hydrological model SWAT (Soil and Water Assessment Tool). This model has proven
very good efficiency in the evaluation and spatial-temporal analysis of the hydrological cycle of
water, and the estimation of the rate of sediment and transport of pollution. It uses a large spatial
database: the digital elevation model, land-use, soil layers and its characteristics, to subdivide of
the basin into hydrologic response units (HRUs). In addition to that, SWAT requires daily
meteorological data.

The modeling of Oued Beht watershed by the SWAT model was carried outon a period of 13
years including one-year warm-up period, 6 years of calibration and two periods of three years
for the validation. Indeed, the results of this study showed a good agreement between simulated
and observed monthly flow with a Nash and R2of 0.88and 0.88for the calibration period (2004-
2009); 0.59 and 0.81 for the first period of validation (2001-2003); 0.74 and 0.89 for the second
period of validation (2010-2012).

The results of Oued Beht watershed modeling helped to determine the water balance at
different spatial and temporal scales. The siltation rate of the dam was estimated by the model
to1.72 Mm3/an. This value is so close to the bathymetric surveys conducted by the Department
of Planning and Research in Water at the dam El Kansera (1,57 Mm3/an).

Key words: Modeling, Hydrology, Water erosion, siltation dam, Oued Beht, SWAT.

IV
TABLE DES MATIERES

Introduction générale .................................................................................................................. 8


CHAPITRE I : Revue bibliographique ................................................................................ 10
I. Cycle hydrologique et bassin versant ................................................................................ 11
I.1 Cycle hydrologique ................................................................................................................... 11
I.1.1 Notion de cycle hydrologique............................................................................................ 11
I.1.2 Bilan hydrologique ............................................................................................................ 12
I.1.3 Ressource en eau au Maroc ............................................................................................... 13
I.2 Bassin versant ............................................................................................................................ 14
II. Erosion hydrique ............................................................................................................... 15
II.1 Définition................................................................................................................................... 15
II.2 Formes d’érosion hydrique ........................................................................................................ 16
II.3 Facteurs de l’érosion.................................................................................................................. 17
II.3.1 Pluie ............................................................................................................................... 17
II.3.2 Topographie ................................................................................................................... 17
II.3.3 Sol .................................................................................................................................. 17
III. Modélisation des bassins versants ..................................................................................... 18
III.1 Modélisation des processus hydrologiques ............................................................................... 18
III.2 Classification des modèles hydrologiques ................................................................................. 19
III.3 Modélisation quantitative de l’érosion hydrique ....................................................................... 21
Conclusion ..................................................................................................................... 23
CHAPITRE II : Soil and Water Assessment Tool (SWAT) ................................................. 24
I. Choix du modèle ............................................................................................................... 25
II. Description du modèle SWAT .......................................................................................... 25
II.1 Processus modélisés .................................................................................................................. 26
II.1.1 Phase terrestre ................................................................................................................ 26
II.1.2 Phase fluviale ou aquatique ........................................................................................... 28
II.2 Fonctionnement du modèle SWAT ........................................................................................... 31
Conclusion ..................................................................................................................... 33
CHAPITRE III : Principales caractéristiques du bassin versant de l’Oued Beht ................... 34
I. Cadre géographique .......................................................................................................... 35
I.1 Situation géographique .............................................................................................................. 35
I.2 Topographie et morphométrie ................................................................................................... 35
I.2.1 Altitudes ............................................................................................................................ 35
I.2.2 Indice de forme .................................................................................................................. 38

Page|1
II. Cadre géologique .............................................................................................................. 38
II.1 Contexte géologique .................................................................................................................. 38
II.2 Lithologie .................................................................................................................................. 40
II.3 Pédologie ................................................................................................................................... 44
II.4 Géomorphologie ........................................................................................................................ 48
III. Occupation du sol .............................................................................................................. 49
Conclusion ..................................................................................................................... 51
CHAPITRE IV : Hydrologie et variations climatiques du bassin versant d’Oued Beht ........ 52
I. Cadre climatique ............................................................................................................... 53
I.1 Précipitation............................................................................................................................... 53
I.2 Température............................................................................................................................... 56
II. Cadre hydrologique ........................................................................................................... 58
II.1 Réseau hydrographique ............................................................................................................. 58
II.2 Ouvrages Hydrauliques ............................................................................................................. 60
II.2.1 Barrage El Kansera ........................................................................................................ 60
II.2.2 Stations hydrométriques ................................................................................................ 61
II.3 Régime hydrologique ................................................................................................................ 61
II.3.1 Débits mensuels ............................................................................................................. 61
II.3.2 Débits annuels ............................................................................................................... 64
II.3.3 Corrélation Pluie-Débit.................................................................................................. 65
Conclusion ..................................................................................................................... 66
CHAPITRE V : Modélisation hydrologique du bassin versant d’Oued Beht ....................... 67
Méthodologie ..................................................................................................................... 68
I. Préparation et intégration des données d’entrée du modèle .............................................. 68
I.1 Relief ......................................................................................................................................... 69
I.2 Unité de réponse hydrologique (HRU) ...................................................................................... 72
I.2.1 Pédologie ........................................................................................................................... 72
I.2.2 Occupation du sol .............................................................................................................. 74
I.2.3 Pente .................................................................................................................................. 77
I.2.4 Découpage en unités de réponse hydrologique ................................................................. 78
I.3 Données climatiques .................................................................................................................. 80
II. Simulation, Calage et validation ....................................................................................... 82
II.1 Simulation.................................................................................................................................. 82
II.2 Procédure de calage du modèle SWAT ..................................................................................... 82
II.2.1 Analyse de sensibilité .................................................................................................... 84
II.2.2 Calage du modèle .......................................................................................................... 86
II.3 Validation du modèle ................................................................................................................ 88

Page|2
Conclusion ..................................................................................................................... 89
CHAPITRE VI : Résultats et discussions ............................................................................... 90
I. Résultats de la modélisation .............................................................................................. 91
I.1 Calage ........................................................................................................................................ 91
I.2 Validation .................................................................................................................................. 92
II. Hydrologie ..................................................................................................................... 94
II.1 Bilan hydrique ........................................................................................................................... 94
II.2 Apports en eaux au barrage ..................................................................................................... 100
III. Erosion et transports des sédiments ................................................................................ 101
III.1 Bilan d’érosion dans le bassin versant d’Oued Beht ............................................................... 101
III.2 Apports en sédiments au barrage ............................................................................................. 105
Conclusion générale ............................................................................................................... 108
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 111

Page|3
LISTE DES FIGURES

Fig. 1 : Cycle hydrologique schématique (Laborde, 2009) ................................................................ 11


Fig. 2 : Bilan du cycle hydrologique à l’échelle d’un système (Musy, 2005) ..................................... 12
Fig. 3 : Bilan hydrologique du Maroc (REEM, 2001) ......................................................................... 13
Fig. 4 : Distinction entre bassin versant réel et bassin versant topographique (Musy, 2005) ......... 15
Fig. 5 : Schématisation des principaux flux verticaux et latéraux pris en compte dans les modèles
hydrologiques de bassin versant (Chaponnière, 2005) ......................................................................... 19
Fig. 6 : Schéma de description des modèles hydrologiques (Anctil et al. 2005)............................... 21
Fig. 7 : Schéma du cycle hydrologique simulé par SWAT (Neitsch et al., 2005) ............................... 26
Fig. 8 : Phase fluviale représentée par modèle SWAT (Neitsh al., 2005).......................................... 29
Fig. 9 : Principe de discrétisation des Unités des Réponse Hydrologique (URH) (adapté de Ruelland
et al. 2004) ............................................................................................................................................. 32
Fig. 10 : Procédure de fonctionnement du SWAT (adapté de Neitsch et al., 2005 ) ...................... 32
Fig. 11 : Situation géographique du bassin versant d’Oued Beht ................................................... 35
Fig. 12 : (a) : Superficie des classes des altitudes (b) : Courbe hypsométrique .............................. 36
Fig. 13 : Carte hypsométrique du bassin versant d’Oued Beht ...................................................... 37
Fig. 14 : Domaines géologiques du bassin versant d’Oued Beht .................................................... 39
Fig. 15 : Carte lithologique du bassin versant d’Oued Beht (in : DREF, 2007) ................................ 42
Fig. 16 : Carte des ères géologiques du bassin versant d’Oued Beht (DREF, 2007)........................ 43
Fig. 17 : Carte pédologique de la zone d’étude (INRA, 2001 : digitalisée) ...................................... 46
Fig. 18 : Répartition des types d’occupation du sol du bassin versant d’Oued Beht...................... 49
Fig. 19 : Carte d’occupation du sol du bassin versant d’Oued Beht ............................................... 50
Fig. 20 : Carte de répartition spatiale des précipitations du bassin versant d’Oued Beht ............. 54
Fig. 21 : Variation interannuelle de la pluviométrie dans le bassin d’Oued Beht au cours de la
période 1990-2014. ............................................................................................................................... 55
Fig. 22 : Variation saisonnière des précipitations au niveau du bassin versant d’Oued Beht ........ 56
Fig. 23 : Températures maximales (Tmax), minimales (Tmin) et moyenne (Tmoy) de la station
Khémisset ........................................................................................................................................... 56
Fig. 24 : Variations mensuelles des températures (a) Maximales (b) Minimales (c) Moyennes Dans
les stations de Khémisset, Meknès et Ifrane ......................................................................................... 57
Fig. 25 : Carte du réseau hydrographique du bassin versant de l’Oued Beht ................................ 59
Fig. 26 : Evolution du volume et d’envasement au cours du temps ............................................... 61
Fig. 27 : Débit moyen mensuel (Sept 1990-Aout 2012) .................................................................. 62
Fig. 28 : Coefficients mensuels de débits ........................................................................................ 62
Fig. 29 : Hydrogramme annuel de Beht à la station Ouljet Es Soltane pour l’année hydrologique
2009/10. ........................................................................................................................................... 63
Fig. 30 : Débits moyens annuels dans la station El Kansera............................................................ 64
Fig. 31 : Variation annuelle des écarts par apports au débit moyen interannuel .......................... 65
Fig. 32 : Corrélation entre les précipitations annuelles et les débits moyens annuels .................. 66
Fig. 33 : Interface de l’extension ArcSWAT2012 ............................................................................. 69
Fig. 34 : Carte des sous-bassins du bassin versant d’Oued Beht engendrés par le modèle SWAT. 71
Fig. 35 : Interface d’ArcSWAT pour l’ajout des caractéristiques des sols ....................................... 73
Fig. 36 : Images ASTER de la zone après le découpage (du 2003) .................................................. 76
Fig. 37 : Cartes thématiques permettant le découpage des unités de réponse hydrologique
(HRUs). ........................................................................................................................................... 79

Page|4
Fig. 38 : Corrélation entre les précipitations observées et celles de CFSR au niveau de la station
météorologique de Meknès .................................................................................................................. 81
Fig. 39 : Interface de SWAT-CUP ..................................................................................................... 83
Fig. 40 : Corrélation entre les débits observés et simulés en période du calage ........................... 91
Fig. 41 : Hydrogramme débits observés et simulés de la période de calage (Jan. 2004 à Déc.2009)
à la station El Kansera............................................................................................................................ 92
Fig. 42 : Corrélation entre les débits simulés et observés de validation pour la 1er période (a) et la
2ème (b). ........................................................................................................................................... 93
Fig. 43 : Hydrogramme des débits observés et simulés (a) : 1er période de la validation (b) : la 2ème
période de validation............................................................................................................................. 94
Fig. 44 : Bilan hydrique mensuel de la zone d’étude ...................................................................... 96
Fig. 45 : Bilan hydrique annuel de la zone d’étude (SWAT) ............................................................ 97
Fig. 46 : Cartes de la répartition spatiales des termes du bilan hydrique ...................................... 98
Fig. 47 : Contribution de chaque type d’occupation du sol dans le drainage et le ruissellement .. 99
Fig. 48 : Corrélation entre les apports simulés et observés .......................................................... 100
Fig. 49 : Apports en eau au barrage El Kansera ............................................................................ 101
Fig. 50 : Carte de la répartition spatiale du taux d’érosion par sous-bassin................................. 102
Fig. 51 : Contribution de chaque sous-bassin de l’Oued Beht dans l’érosion............................... 104
Fig. 52 : Contribution de chaque type d’occupation du sol dans l’érosion................................... 105
Fig. 53 : Apport mensuel en sédiments au barrage El Kansera durant la période d’étude .......... 106
Fig. 54 : Corrélations entre l’apport en sédiments au barrage et les précipitations, le
ruissellement. ...................................................................................................................................... 107

Page|5
LISTE DES TABLEAUX

Tab. 1 : Répartition géographique des ressources en eau de surface mobilisables (REEM, 2001) .. 14
Tab. 2 : Formes d’incision dues à l’érosion linéaire (Hadir, 2010) ..................................................... 16
Tab. 3 : Répartition des unités pédologiques du bassin versant d’Oued Beht .................................. 47
Tab. 4 : Caractéristiques du barrage El Kansera (El Abdellaoui, 1998) .............................................. 60
Tab. 5 : Caractéristiques physico-chimiques du sol requises par SWAT ............................................ 73
Tab. 6 : Détails des bandes ASTER (Yale, 2014) .................................................................................. 75
Tab. 7 : Correspondance de l’occupation du sol dans le modèle SWAT ............................................ 77
Tab. 8 : Paramètres de calage qui influent le débit (Arnold et al., 2012 ; modifié) ........................... 84
Tab. 9 : Classement des paramètres les plus sensibles au modèle (Hydrologie) ............................... 85
Tab. 10 : Critères d’évaluation de la performance du modèle recommandés pour un pas de temps
mensuel (Moriasi et al. 2007) ................................................................................................................ 87
Tab. 11 : Valeurs optimales des paramètres calibrés....................................................................... 88
Tab. 12 : Bilan hydrique généré par le modèle SWAT durant les périodes d’études ...................... 95
Tab. 13 : Apport annuel en sédiments et envasements du barrage El Kansera ............................ 106

Page|6
LISTE DES ABREVIATIONS

ABHS Agence du bassin hydraulique du Sebou


ASTER Advanced Spaceborne Thermal Emission and Reflection Radiometer
CFSR Climate Forecast System Reanalysis
CN Curve Number
DBF Database Files
DPRE Direction de la Planification et de la Recherche en Eau
ENVI ENvironment for Visualizing Images
FAO Food and Agriculture Organization
GDEM-ASTER Global Digital Elevation Model d'ASTER
HRU Hydrologic Response Unit (Unité de Réponse Hydrologique)
IIASA International Institute for Applied Systems Analysis
MMT Moyenne Mensuelle de la Température
MNT Modèle Numérique du Terrain
MUSLE Modified Universal Soil Loss Equation
NCEP National Centers for Environmental Prediction
NGM Nivellement général du Maroc
OAT One-At-Time
RUSLE Revised Universal Soil Loss Equation
SBV Sous-bassin versant
SCS Service de Conservation des Sols
SIG Système d'Information Géographique
SUFI-2 Sequential Uncertaonly Fitting version 2
SWAT Soil and Water Assessment Tool
SWAT-CUP SWAT calibration and Uncertainty Procedures
USDA United States Department of Agriculture
USLE Universal Soil Loss Equation

Page|7
Introduction générale
L’eau est sans doute la plus importante ressource naturelle, et la gestion de son utilisation
présente un grand défi à l’humanité. La demande en eau est en augmentation permanente en
parallèle avec l’évolution de la population et son besoin en cette ressource vitale. Pour faire
face à ce défi, un ensemble d’outils est développé afin de comprendre le fonctionnement de
cette ressource. Dans ce contexte, la modélisation hydrologique est l’outil le plus adéquat pour
comprendre le cycle de l’eau sur des petites et grandes échelles.

Le modèle mis en œuvre dans cette étude est le modèle SWAT (Soil and Water
Assessment Tool), celui-ci est basé sur une conception physique au lieu d’une conception
basée sur la statistique (Arnold et al., 2012). Ce qui garantit plus de fiabilité et une meilleure
performance surtout dans les bassins où il y a un manque de stations de jaugeage, qui sont un
élément essentiel pour une étude de cette échelle (Neitsch et al., 2005). Ce modèle a permis
d’établir le bilan hydrologique et d’estimer le taux de sédiments et de transport dans la zone
d’étude.

Le présent mémoire s’articule autour de six chapitres :

 Revue bibliographique ;

Ce chapitre présente une revue bibliographique des éléments traités dans le cadre de ce
travail à savoir : l’hydrologie et l’érosion, ainsi une série des approches suivies pour la
modélisation hydrologique et de l’érosion.

 Soil and Water Assassment Tool (SWAT)

Ce chapitre présente une description des concepts, des structures et des fonctions du
modèle appliqué dans ce travail « le modèle SWAT ».

 Caractéristiques physiques du bassin versant d’Oued Beht ;

Ce chapitre est consacré à l’étude et la compréhension des caractéristiques de la zone


d’étude. Il donne une description du contexte géologique, pédologique, topographique, et une
description de l’occupation des sols de la zone d’étude.

Page|8
 Hydrologie et variations climatiques du bassin versant d’Oued Beht ;

Ce chapitre présente d’une part une analyse des variations climatiques à une échelle
spatio-temporelle dans le bassin versant d’Oued Beht et d’autre part, une étude hydrologique
afin de présenter les variations saisonnières et annuelles de l’écoulement du bassin.

 Modélisation hydrologique du bassin versant de l’Oued Beht ;

Ce chapitre détaille la procédure de création et de préparation des différentes données


d’entrées du modèle SWAT. Il présente ainsi leur structuration et leur intégration dans le
modèle. Egalement, ce chapitre est consacré à l’élaboration, le calage et la validation du
modèle SWAT.

 Résultats et discussions.

Ce chapitre décrit les sorties de la modélisation hydrologique et de l’érosionhydrique sur


le bassin versant de l’Oued Beht, il inclut également les interprétations des résultats de
modélisation et discute ainsi la performance du modèle SWAT sur la région.

Page|9
CHAPITRE I : Revue bibliographique

Page|10
I. Cycle hydrologique et bassin versant

I.1 Cycle hydrologique


I.1.1 Notion de cycle hydrologique
Les eaux, sous leurs différentes formes, sont en constante circulation sur la terre et
subissent le changement d’état (Anctil et al., 2005). L’ensemble des processus de
transformation de l’eau forme le cycle hydrologique ou cycle de l’eau(Gray, 1972) (Figure 1).
Ce dernier constitue le point de départ de toute étude hydrologique. L’eau et en perpétuel
mouvement cyclique entre la terre et l’atmosphère (Anctil et al., 2005).

Trois opérations essentielles sont à la base de ce mouvement (Musy, 2005) :

 Le changement d’état de l’eau ;


 Le transport de l’eau sous forme de vapeur (atmosphère) ou liquide (écoulement) ;
 Le stockage (lacs, océans et biomasse).

Fig. 1 : Cycle hydrologique schématique (Laborde, 2009)

Page|11
I.1.2 Bilan hydrologique
Le cycle hydrologique est associé à un espace physique(Ambroise, 1999). Cet espace est
un bassin versant défini par sa structure physique (surface, relief, forme, pente, géologie,
couvert végétale, occupation du sol) et par sa capacité à stocker et conduire l’eau, ainsi que
par les quantités qui s’y écoulent (Musy, 2005).

Le cycle hydrologique permet d’établir le bilan hydrologique qui s’exprime par un


équilibre entre les apports et les sorties du système (le bassin versant) pour une période du
temps donnée (Figure 2) (Ambroise, 1999).

Apports = Sorties + Variations des réserves

Les apports sont formés par les précipitations alors que les sorties sont constituées par
l’évaporation, la transpiration, l’infiltration etc.

Les réserves en eau sont les stocks d’eau présents dans le bassin versant à une date donnée
en surface, dans le sol et dans le sous-sol.

Fig. 2 : Bilan du cycle hydrologique à l’échelle d’un système (Musy, 2005)

Pour un bassin versant le bilan de l’eau est (Gray, 1972):

𝑃 + 𝑆 = 𝑅 + I + 𝐸 + (𝑆 ± ∆𝑆) (1)

 P : Précipitation [mm] ;
 S : Accumulation de la période précédente[mm] ;
 R : Ruissellement [mm] ;
 I : Infiltration [mm] ;
 E : évaporation [mm] ;
 𝑆 ± ∆𝑆 : Accumulationà la fin de la période [mm].

Page|12
I.1.3 Ressource en eau au Maroc
Le Maroc a un climat essentiellement semi-aride de la majore partie de son territoire. Les
ressources en eau sont étroitement liées aux précipitations et aux conditions
d’évapotranspiration (Figure 3). Les précipitations sont caractérisées par une forte disparité et
de leur répartition spatiale et temporelle. Les régimes hydrologiques sont très irréguliers à
l’échelle saisonnière, annuelle, interannuelle (REEM, 2001).

150 Milliards
de m3
121 Milliards de
m3Evapotranspiratio
n 80%

29 Milliards de m3
ressources en eau 9 Milliards de
globales 20% m3Ressources en eau
non mobilisable 30%
20 Milliards de
m3Ressources en eau
mobilisables 70%
16 Milliards de m3Eau de 4 Milliards de m3Eau
surface mobilisable 80% souterraine mobilisable
20%

2.4 Milliards de m3Eau


3 souterraine mobilisée
11 Milliards de m Eau de
surface mobilisée

13.7 Milliards de m3
Totale mobilisé

Fig. 3 : Bilan hydrologique du Maroc (REEM, 2001)

La plupart des ressources mobilisables sont répartie dans le Nord et le centre du pays. A
l’échelle interannuelle il existe une grande variabilité qui s’accentue du Nord vers le Sud.
Pendant les années de sécheresse, les baisses de potentialité en eau peuvent atteindre 80%.
Les zones les plus affectées sont les zones Sud-Atlasique, Sousse Massa, Tansift et l’oriental
(Tableau 1).

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Apport Total
Superficie P moyenne
Bassin versant moyen mobilisable
(Km2) (mm)
(106 m3) (106m3)
Bassins rifains Nord 206 000 680 4319 2492
Loukkos, Sud larache 5600 900 1864 1237
Tangérois 2400 800 643 218
Bassins Méditerranéens côtiers 12600 560 1812 1037
Bassins Atlantiques du Nord et du centre 132 500 520 11260 10307
Sebou 40000 750 5600 4464
Bouregrag, bassins côtiers de casa, 20000 415 830 860
Oum Er Rbia 35000 520 3680 3996
Tensift, bassins côtiers de Safi et Essaouira 37500 332 1110 987
Bassins Sud-Atlasiques Ouest 35 400 230 696 594
(Sous massa et bassins côtiers
d'Agadir-Tiznit)
Bassins de l'Oriental 57 500 245 1650 1544
(Moulouya-Isly)
Bassins Présahariens Sud Atlasiques 1 641 900 123 1346 848
Guir, Bouanane, Talmelt, 29900 138 256 127
Ziz, Rhéris, Maidar 39290 120 390 284
Drâa 95000 120 700 437
Autres bassins sahariens 300 600 50 30
Total 710 850 19300 15755
Tab. 1 : Répartition géographique des ressources en eau de surface mobilisables
(REEM, 2001)

I.2 Bassin versant


Pour tout cours d’eau, il est nécessaire de définir son bassin versant et caractériser son
comportement hydrologique (Gaume, 2006).

Le bassin versant en une section d’un cours d’eau est défini comme la surface drainée par
ces cours d’eau et ses affluents en amont de la section (Roche, 1963). Tout écoulement
prenant naissance à l’intérieur de cette surface doit donc traverser la section considérée,
appelée exutoire, pour poursuivre son trajets vers l’aval (Musy et Higy, 2004).

Le bassin versant englobe par sa définition des objets spatiaux de tailles très différentes de
quelques hectares (parcelle) à quelques millions de kilomètres carrés (Amazone : 7 millions
Km2) (Payraudeau, 2002). Toute fois une distinction doit être faite entre le bassin versant
topographique où le ruissellement de surface est le seul processus considéré et celui désigné
par le bassin versant réel (Figure 4) où tous types d’écoulements sont pris en compte y
compris l’écoulement souterrain (Roche, 1993).

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Fig. 4 : Distinction entre bassin versant réel et bassin versant topographique (Musy, 2005)

C’est au niveau du bassin versant que les processus hydrologiques sont étudiés, par la
délimitation des zones qui contribuent à alimenter l’écoulement vers l’exutoire. Il constitue
l’échelle spatiale où la relation entre les précipitations et les débits d’un cours d’eau est
analysée (Gaume, 2006).

II. Erosion hydrique

II.1 Définition
Les bassins versants sont généralement affectés par le phénomène de l’érosion hydrique,
qui génère des problèmes d’envasement au niveau des retenues situées en aval (Roose, 1994).

L’érosion hydrique se défini comme le détachement et le transport des particules du sol de


son emplacement d’origine par différents agents tel que la pluie et le ruissellement, vers le
lieu de dépôt (Foster et Meyer, 1972). Cette érosion menace les potentialités en eaux et en
sols. Elle est aussi définie comme étant un processus physique et chimique par lequel le sol et
les roches de la croûte terrestre sont continuellement soumis à une abrasion et à une corrosion
(Georges, 2008).

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II.2 Formes d’érosion hydrique
Plusieurs formes d’érosion hydrique peuvent être rencontrées dans un bassin versant,
chaque forme est liée à un ou plusieurs mécanismes naturels, on cite les principales formes
dans les zones arides (DREF, 2007) :

A. Erosion en nappe
L'érosion en nappe entraîne la dégradation du sol sur l'ensemble de sa surface. Elle
s’appelle aussi érosion aréolaire (sheet erosion) parce que l'énergie des gouttes de pluie
s'applique à toute la surface du sol et le transport des matériaux détachés s'effectue par le
ruissellement en nappe. C'est le stade initial de la dégradation des sols par érosion (Roose,
1994).

B. Erosion linéaire
Lorsque l’intensité des pluies dépasse la capacité d’infiltration de la surface du sol, il se
forme d’abord des flaques. Ces flaques communiquent ensuite par des filets d’eau et lorsque
ces filets d’eau ont atteint une certaine vitesse de 25 cm/s (Hjulström, 1935), ils acquièrent
une énergie propre qui va créer une érosion limitée dans l’espace par des lignes d’écoulement.
L’érosion linéaire est exprimée par tous les creusements linéaires qui entaillent la surface du
sol suivant diverses formes et dimensions telles que les griffes, les rigoles et les ravines,
etc.(Roose, 1994)(Tableau 2).

Formes Tracé Longueur Largeur Profondeur


Griffe Sinueux <1m < 10 cm 5-6 cm
Rill Rectiligne Centaine de m 10-20 cm 5-10 cm
Rigole Sinueux Dizaine de m 5-70 cm 10- 30 cm
Ravine Peu sinueux Centaine de m 50cm à 1 m 30-50 cm
Petit ravin Peu signeux Centaine de m 50 cm à 1m 50-200 cm
Tab. 2 : Formes d’incision dues à l’érosion linéaire (Hadir, 2010)

C. Erosion en masse
On attribue à l’érosion en masse tout déplacement de terre selon différentes formes telles
que les mouvements de masse, les coulées de boue et les glissements de terrain. C’est un
phénomène qui a lieu sur les terrains en pente forte (Avenard, 1962).

Page|16
II.3 Facteurs de l’érosion
II.3.1 Pluie
Les études réalisées par Wischmeier et Smith (1958) puis Fedoroff (1965), concernant les
mécanismes de l'érosion pluviale, permettent d'établir deux conclusions importantes sur l’effet
de l’intensité de précipitation sur l’infiltration et l’érosion :

- Les gouttes de pluies constituent un élément important de l'érosion pluviale des


sols et elles entraînent une décomposition mécanique des agrégats et la formation
de la croûte de battance qui imperméabilise la surface du sol et augmente le
ruissellement ;

- L’agressivité de la pluie est proportionnelle à son énergie cinétique, elle dépend


non seulement de la durée et l'intensité de la pluie, mais aussi du diamètre des
gouttes.

II.3.2 Topographie
Plusieurs chercheurs ont mis en évidence l'effet de la topographie sur l'érosion. Nombreux
sont ceux qui ont montré que la topographie agit sur le ruissellement et les pertes en sol par
deux composantes (Wischmeier et Smith, 1978) :

- La longueur de la pente car plus la pente est longue, plus les eaux ont tendance à se
concentrer graduellement dans les fissures ou rainures, ce qui entraîne un apport
considérable en eau et en sédiments ;

- Le degré de la pente car plus le degré de l’inclinaison des versants est important,
plus l’énergie cinétique de l’écoulement et la détachabilité des particules du sol
sont importantes.

II.3.3 Sol
L’état de la surface du sol, à savoir l’encroûtement de surface, la rugosité et la couverture
végétale ou les résidus ont une influence importante sur les taux d'infiltration, de ruissellement
et de l'érosion (Papy et Douyer, 1991).

Pour étudier les phénomène de pertes en sols, en plus de la pente et du type de sol, qui sont
des caractéristiques permanentes au cours d’une saison pluvieuse, les caractéristiques
dynamiques les plus pertinentes pour décrire et classer ces unités en ce qui concerne l'érosion
en nappe sont (Boiffin et al., 1988 ; Bradford et Huang, 1994) :

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- l’encroûtement de surface (les faciès) ;

- la rugosité de surface ;

- la végétation et les résidus de la couverture végétale ;

- la présence de routes et de pistes ou chemins d’animaux.

III. Modélisation des bassins versants

Les processus hydrologiques sont susceptibles d’être modélisés. Cette modélisation est
une représentation simplifiée d’un système physique (Hingray et al., 2009). Elle vise à décrire
le système cible (bassin versant) perçue comme un ensemble d’éléments complexe et difficile
à cerner. Elle permet de représenter les différents processus explicatifs de son fonctionnement,
de simuler sa réponse et de prévoir l’évolution du système modélisé (Dassargues, 1995).

Il faut signaler que le processus de construction d’un modèle est basé sur l’adoption d’un
ensemble d’hypothèses et d’approximations pour la traduction de la réalité en un modèle
(Ambroise, 1999).

Les principales étapes de la modélisation des processus physiques selon Dassargues


(1995) :

 Connaissance du fonctionnement du système modélisé ;

 Constructiond’un modèle conceptuel du problème ;

 Transcription du modèle conceptuel en un modèle mathématique ;

 Optimisation du modèle ;

 Réalisation des prédictions.

III.1 Modélisation des processus hydrologiques


Un modèle hydrologique est une représentation simplifiée du comportement naturel de
l’eau à l’échelle d’un bassin versant. En hydrologie, un modèle examine la distribution
spatiale et temporelle du cycle de l’eau dans l’atmosphère, en surface, dans le sol et sous-sol
(Anctil et al. 2005). La modélisation hydrologique est une traduction mathématique du cycle
de l’eau (Chaponnière, 2005).

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Selon Chaponnière (1005), une très grande variété de modèles hydrologiques existe car les
processus pris en compte et l’approche adoptée pour les conceptualiser diffèrent selon les
auteurs. Les modèles les plus complets prennent en compte les processus verticaux et latéraux.

Fig. 5 : Schématisation des principaux flux verticaux et latéraux pris en compte dans les
modèles hydrologiques de bassin versant (Chaponnière, 2005)

 Processus verticaux

Cinq principaux transferts sont à tenir en compte dans cette dimension : l’interception,
l’évapotranspiration, l’infiltration et la percolation (Figure 5) au sein du profil de sol et la
percolation profonde vers les aquifères.

 Processus latéraux

Il s’agit surtout de conceptualiser les transferts du lieu de production vers le cours d’eau en
représentant : le ruissellement de surface, le ruissellement de sub-surface, le ruissellement de
nappe.

III.2 Classification des modèles hydrologiques


La diversité des modèles hydrologiques, induite par la variation à l’échelle spatiale et
temporelle des processus hydrologiques, a conduit plusieurs auteurs à proposer une
classification de ces modèles (Singh, 1995 ; Ambroise, 1999).

La figure 6 présente un schéma de classification des modèles hydrologique (Anctil et al.,


2005). On y propose trois classifications pour discriminer les modèles : i) les processus
d’écoulement dans la partie continentale, ii) le domaine spatial et iii) le domaine temporel.

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La première sous-classe défini strictement le processus d’écoulement à partir des
processus physique. Elle englobe d’une part les modèles reposant sur la formulation
mathématique pour reproduire le processus d’écoulement sur la base de données de
précipitation, d’évaporation, d’infiltration... (Anctil et al., 2005). D’autre part, les modèles
conceptuels qui imposent des simplifications sur les formules mathématiques décrivent le
processus physique d’écoulement afin d’accommoder les données disponibles ou d’accélérer
le temps de calcul (Refsgaard et al, 1995).

La deuxième sous-classe définie le processus d’écoulement à partir des observations


disponibles (Anctil et al., 2005). De tels modèles proposent une formulation mathématique de
la réaction (débit) à une action (précipitation). C’est le cas du modèle empirique comme la
méthode rationnelle et l’hydrogramme unitaire. Très souvent les modèles hydrologiques
dérivés des données sont de nature statistique (Anctil et al., 2005).

Dans une classification spatiale, on distingue les modèles globaux et les modèles
distribués (Singh, 1995). Pour un modèle globale, le bassin est considéré comme une entité
géographique unique, il n’y a aucune représentation de la variabilité spatiale des processus. Le
modèle distribué prend explicitement en compte la variabilité spatiale des processus, et
discrétise le bassin versant en unités élémentaires qui peuvent être des mailles carrées,
régulières ou irrégulières (Grayson et al., 1992).

A l’échelle temporelle, on distingue les modèles événementiels et les modèles continus.


Les modèles événementiels portent sur la simulation du fonctionnement de l’hydrosystème
juste pendant la durée de déroulement de l’événement considéré (ex : crue). Par contre les
modèles continus portent sur la simulation sur une longue période et d’une façon continue y
compris les périodes où les précipitations ne tombent pas (Hingray et al., 2009).

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Fig. 6 : Schéma de description des modèles hydrologiques (Anctil et al. 2005)

III.3 Modélisation quantitative de l’érosion hydrique


Plusieurs formules ont été mise en place pour quantifier les pertes en terre. Dans ce cadre
Wischmeier a élaboré en 1959 l’équation universelle de perte du sol appelé USLE (Universal
Soil Loss Equation). Dans cette équation, la perte en sol est exprimée à partir de différents
paramètres climatique, topographique, de couverture au sol ou de pratique culturelle
(Wischmeier & Smith, 1978) :

Page|21
𝐴 =𝑅∙𝐾∙𝐿∙𝑆∙𝐶∙ 𝑃 (2)

Où :

 A : Perte du sol en [t/ha/an] ;


 R : Facteur d’érosivité de la pluie ;
 C : Facteur du type de couvert végétal ;
 S : Facteur de l’inclination de la pente ;
 L : Facteur de la longueur de pente ;
 K : Facteur de l’érodabilité du Sol ;
 P : Facteur des pratiques de la conservation du sol.

Cette équation fournie une valeur moyenne de l’érosion au cours de l’année. Mais ne
renseigne pas sur la saisonnalité des processus et ne prend pas en compte la relation pluie-
ruissellement. Des améliorations ont été apportées à l’équation USLE pour palier à ses
limitations : l’équation RUSLE (Revised USLE) (Renard et al., 1991) introduit la saisonnalité
des phénomènes, tandis que Kinnell et Risse (1998) introduisent les processus de
ruissellement dans l’expression de R, au sein de l’équation MUSLE (Modified USLE).

L’équation donc est devenue comme suit :

0.65
𝐴 = 11.8 (𝑉. 𝑄𝑝 ) ∗ 𝐾. 𝐿. 𝑆. 𝐶. 𝑃 (3)

 V : Le volume de la crue [𝑚3 ] ;


 𝑄𝑝 : Le débit de pointe de la crue [𝑚3 /𝑠] ;

 C : Facteur du type de couvert végétal ;


 S : Facteur de l’inclination de la pente ;
 L : Facteur de la longueur de pente ;
 K : Facteur de l’érodabilité du Sol ;
 P : Facteur des pratiques de la conservation du sol.

Williams (1981) et Smith et al., (1984) ont comparé l’équation USLE et MUSLE. Cette
dernière a donné des résultats meilleurs (Timothy J et al., 2006).

Page|22
Conclusion

La modélisation des bassins versants consiste à modéliser les processus physiques qui s’y
déroulent afin de les reproduire (Musy et Higy, 1998). Le cycle hydrologique et l’érosion
hydrique constituent les processus étudiés dans ce travail.

Le cycle hydrologique étant un ensemble des processus de transformation de l’eau


(ruissellement, précipitation, évapotranspiration etc.). Ainsi, l’érosion hydrique qui se définit
comme un phénomène de dégradation du sol par l’effet des précipitations et du ruissellement,
leur transport et leur longueur de trajet (Foster et Meyer, 1972).

La diversité de la représentation des processus et des échelles spatio-temporelles a


engendré une multitude de modèles hydrologiques qui sont utilisés dans des contextes divers
(Singh, 1995).

Page|23
CHAPITRE II : Soil and Water Assessment Tool
(SWAT)

Page|24
I. Choix du modèle

L’objectif de ce travail est la modélisation du bassin versant d’Oued Beht afin de mieux
comprendre le fonctionnement hydrologique dans cette zone d’étude et de déterminer les
apports au barrage El Kansera. Le but est de mettre en œuvre une approche intégrée et
spatialisée pour la modélisation des processus liés au ressource en eau de ce bassin en
simulant à la fois le déplacement de l’eau et de sédiment tout au long du bassin et de son
réservoir.

Pour atteindre cet objectif le modèle Soil and Water Assessment Tool (SWAT) a été
choisi. En effet ce modèle répond aux exigences suivantes (Neitsch et al., 2005):

 Assurer une simulation continue, à long terme des processus terrestres et fluviatiles
régissent les débits et les sédiments.

 Garantir la modélisation des grands bassins versants dépassant une superficie de


plusieurs milliers de Km2 ;

 Prendre en compte le fonctionnement des réservoirs dans le processus de la


modélisation.

 Etre le moins gourmand en termes de données et de paramètres.

II. Description du modèle SWAT

Soil and Water Assessment Tool (SWAT) est un modèle agro-hydrologique, développé
par le service de la recherche agricole de (USDA : United States Department of Agriculture).
Il permet de simuler les principaux processus des bassins versants tel que l'hydrologie, la
sédimentation, le transfert d'éléments nutritifs, la croissance des cultures, l'environnement et le
changement climatique, pour un pas du temps journalier (Arnold et al., 1998). L'objectif de ce
modèle est de décrire le fonctionnement physique de ces différentes composantes et leurs
interactions d’une façon simple et réaliste que possible par des équations conceptuelles et
l'utilisation des données d'entrée disponibles de manière à le rendre utile dans la planification
et la prise de décision pour la gestion des bassins versants (Ogden et al., 2001).

Le modèle SWAT dispose d’une interface ArcMap (ArcSWAT) qui utilise le modèle
numérique du terrain (MNT), les coordonnées des stations climatiques et de jaugeage, le
réseau hydrographique, des couvertures de sols et d’occupation de sol en grille ou polygones,

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comme entrées au modèle. Par ailleurs, il permet de faciliter l’extraction des paramètres
d’entrée et de visualiser les résultats (Di Luzio et al. 2002).

II.1 Processus modélisés


Deux phases sont modélisées par SWAT : La première constitue la phase terrestre du cycle
hydrologique et contrôle la quantité d'eau, les charges de sédiments, de nutriments et de
pesticides déversées au canal principal dans chaque sous-bassin. La deuxième concerne le
transport aquatique, autrement dit, les mouvements de l'eau, des sédiments, des nutriments et
autres à travers le réseau fluvial du bassin jusqu’à l’exutoire (Neitsch et al. 2005).

II.1.1 Phase terrestre


A. Hydrologie
Selon Neitsch et al. (2005), les processus impliqués dans l’évaluation de la quantité de
l’eau par SWAT comprennent la précipitation, l’évapotranspiration, le ruissellement de
surface, l’écoulement sub-surface ou latéral et l’écoulement souterrain.

Fig. 7 : Schéma du cycle hydrologique simulé par SWAT (Neitsch et al., 2005)
Page|26
La simulation de la phase terrestre, selon un pas de temps journalier, est basée sur le bilan
en eau suivant :

𝑆𝑊𝑡 = 𝑆𝑊0 + ∑(𝑅𝑑𝑎𝑦 − 𝑄𝑠𝑢𝑟𝑓 − 𝐸𝑎 − 𝑊𝑠𝑒𝑒𝑝 − 𝑄𝑔𝑤 )𝑖 (4)


𝑖=1

 𝑆𝑊𝑡 : Contenu en eau du sol [mm] ;


 𝑆𝑊0 : Contenu initial en eau du sol [mm] ;
 𝑅𝑑𝑎𝑦 : Précipitation journalière [mm] ;

 𝑄𝑠𝑢𝑟𝑓 : Ruissellement de surface [mm] ;

 𝐸𝑎 : Evapotranspiration [mm] ;
 𝑊𝑠𝑒𝑒𝑝 : Infiltration [mm] ;
 𝑄𝑔𝑤 : Débit de base [mm] ;
 t : Temps [j].

 Ruissellement de surface (𝑄𝑠𝑢𝑟𝑓 )

Le ruissellement est calculé par la méthode du numéro de courbe de SCS (Service de


Conservation du Sol) (SCS, 1972).

 Evapotranspiration(𝐸𝑎 )

Le modèle offre trois options pour estimer l’évapotranspiration potentielle (Neitsch et al.,
2005) :

- La méthode Penman-Monteith (Monteith, 1965 ; Allen, 1986 ; Allen, 1989) ;


- La méthode de Priestley-Taylor (Priestley-Taylor, 1972) ;
- La méthode d’Hargreaves (Hargreaves, et al. 1985).

 Débit de base (𝑄𝑔𝑤 )

Le débit de base est défini comme la partie du débit d’un cours d’eau qui provient
essentiellement des nappes souterraines (Musy, 2005). SWAT calcule cet élément en se
basant sur l’équation de Smedema et Rycroft (1983).

Page|27
 Infiltration(𝑊𝑠𝑒𝑒𝑝 )

L'eau infiltrée est estimée par la différence entre la précipitation totale et la somme de la
hauteur d’eau ruisselée en surface et des pertes initiales (interception, stockage temporaire en
surface) (Neitsch, 2005).

B. Erosion
A l’échelle du bassin versant, les sédiments sont entraînés par érosion due à la
précipitation et au ruissellement. Cette érosion est estimée pour chaque HRU par l’Équation
Universelle des Pertes en Sol Modifiée (Modified Universal Soil LossEquation ou MUSLE)
(Williams 1975) :

0.65
𝐴 = 11.8 (𝑉. 𝑄𝑝 ) ∗ 𝐾. 𝐿. 𝑆. 𝐶. 𝑃 (5)

 V : Le volume de la crue [𝑚3 ] ;


 𝑄𝑝 : Le débit de pointe de la crue [𝑚3 /𝑠] ;

 C : Facteur du type de couvert végétal ;


 S : Facteur de l’inclination de la pente ;
 L : Facteur de la longueur de pente ;
 K : Facteur de l’érodabilité du Sol.

II.1.2 Phase fluviale ou aquatique


A. Acheminement des eaux
L’acheminement des eaux dans les rivières est affecté par un ensemble de procédés et
d’ajouts qui font varier les volumes transportés tout au long des tronçons des cours d’eau
(Neitsch et al., 2005). Les pertes sont dues aux processus d’évaporation, de transmission et de
prélèvement d’eau pour des usages domiciles ou agricoles.

Page|28
Fig. 8 : Phase fluviale représentée par modèle SWAT (Neitsh al., 2005)

Pour la modélisation de cette phase, SWAT commence d’abord par le calcul du débit et la
vitesse dans chaque bief, ce calcul est effectué par l’équation de Manning en supposant un
écoulement uniforme (Neitsch et al., 2005).

1 2⁄
𝑄= 𝑆 ∗ 𝑅ℎ 3 ∗ √𝐼 (6)
𝜂

 𝑄 : Débit d’écoulement [m3/s] ;


 𝑆 : Section de bief [m2] ;
 𝑅ℎ : Rayon hydraulique [m] (C’est le rapport de la section mouillée sur le
périmètre mouillé) ;
 𝐼 : Pente de bief [m/m] ;
 𝜂 : Coefficient de rugosité de Manning.

SWAT achemine par la suite le volume d’eau sur le long du réseau en se basant sur la
méthode de routage de Muskingum (Cunge, 1969) :

Page|29
𝑆𝑡+Δ𝑡 − 𝑆𝑡 = 𝐾 [𝑋 ∙ (𝑄𝑒 (𝑡+Δ𝑡) − 𝑄𝑒 (𝑡) ) + (1 − 𝑋 ) ∙ (𝑄𝑠 (𝑡+Δ𝑡) − 𝑄𝑠 (𝑡) )] (7)

 S : le volume de l’eau stoké [m3] ;


 𝑄𝑒 : le débit entrant [m3/s] ;
 𝑄𝑠 : le débit sortant [m3/s] ;
 X : est un facteur de ponderation (0<X<0.5) ;
 K : Paramètre du modèle de muskingum [s] ;
 Δ𝑡 : Pas du temps [h].
B. Acheminement des sédiments
Deux processus sont simulés par SWAT dans le cours d’eau : le dépôt et la dégradation
des sédiments. Le transport des sédiments est estimé à l’aide de l’équation de Bagnold (1977),
déterminant la dégradation en fonction de la pente du canal et de la vitesse de l’eau :

𝑆𝑝
𝐶𝑜𝑛𝑀𝑎𝑥𝑆𝑒𝑑𝑇 = 𝐶𝑠 ∗ 𝑉𝑝 (8)

 𝐶𝑜𝑛𝑀𝑎𝑥 𝑆𝑒𝑑 𝑇 : La concentration maximale de sédiments pouvant être entraînés par


le cours d’eau [tonne/m3] ;
 𝑉𝑝 : La vitesse de pointe [m/s] ;

 𝑆𝑝 et 𝐶𝑠 : est un paramètre du modèle à caler par l’utilisateur.

L’estimation de la quantité des sédiments dans un bief est effectuée par le bilan
suivant (Denise, 2012) :

𝑆𝑒𝑑𝑏 = 𝑆𝑒𝑑𝑖 − 𝑆𝑒𝑑𝑑𝑒𝑝 + 𝑆𝑒𝑑𝑑𝑒𝑔 (9)

 𝑆𝑒𝑑𝑏 : La quantité des sédiments dans le bief [tonne] ;


 𝑆𝑒𝑑𝑖 : La quantité des sédiments initiale dans le bief [tonne] ;
 𝑆𝑒𝑑𝑑é𝑝 : La quantité des sédiments déposés [tonne] ;

 𝑆𝑒𝑑𝑑é𝑔 : La quantité des sédiments dégradés [tonne].

Les quantités de sédiments déposées(𝑆𝑒𝑑𝑑é𝑝 ) et dégradées (𝑆𝑒𝑑𝑑ég )dépendent de la


comparaison entre la concentration initiale de sédiments dans le canal (𝐶𝑜𝑛𝑆𝑒𝑑𝑖 )et la
concentration maximale de sédiments pouvant être entraînés par le cours d’eau (𝐶𝑜𝑛𝑀𝑎𝑥𝑆𝑒𝑑𝑇 )
(Denise 2012).

Page|30
 Si 𝐶𝑜𝑛𝑀𝑎𝑥𝑆𝑒𝑑𝑇 < 𝐶𝑜𝑛𝑆𝑒𝑑𝑖 ,il y a dépôt et il est calculé par:

𝑆𝑒𝑑𝑑é𝑝 = (𝐶𝑜𝑛𝑆𝑒𝑑𝑖 − 𝐶𝑜𝑛𝑀𝑎𝑥𝑆𝑒𝑑𝑇 ) ∗ 𝑉𝑏 (10)

 𝑆𝑒𝑑𝑑é𝑝 : la quantité de sédiments déposée dans le canal |tonnes] ;


 𝐶𝑜𝑛𝑀𝑎𝑥 𝑆𝑒𝑑 𝑇 : La concentration maximale de sédiments pouvant être entraînés par
le cours d’eau [tonne/m3] ;
 𝐶𝑜𝑛𝑆𝑒𝑑 𝑖 : Concentration initiale des sédiments dans le bief [tonne/m3] ;
 𝑉𝑏 : Volume d’eau dans le bief [m3].

 Si 𝐶𝑜𝑛𝑀𝑎𝑥𝑆𝑒𝑑𝑇 > 𝐶𝑜𝑛𝑆𝑒𝑑𝑖 il y a dégradation et elle est calculée par :

𝑆𝑒𝑑𝑑ég = (𝐶𝑜𝑛𝑀𝑎𝑥𝑆𝑒𝑑𝑇 − 𝐶𝑜𝑛𝑆𝑒𝑑𝑖 ) ∗ 𝑉𝑏 ∗ 𝐾𝑏 ∗ 𝐶𝑏 (11)

 𝑆𝑒𝑑𝑑ég : La quantité des sédiments dégradée [tonne] ;


 𝐾𝑏 : Facteur d’érodibilité du canal ;
 𝐶𝑏 : facteur de la couverture du canal.

Finalement, la quantité des sédiments transportés vers l’extérieur de la branche est estimée
par l’équation suivante :

𝑆𝑒𝑑𝑜𝑢𝑡 = 𝑆𝑒𝑑𝑏 ∗ (𝑉𝑜𝑢𝑡 ⁄𝑉𝑏 ) (12)

 𝑆𝑒𝑑𝑜𝑢𝑡 : La quantité des sédiments transportés en dehors du bief ;


 𝑆𝑒𝑑𝑏 : La quantité des sédiments dans le bief [tonne] ;
 𝑉𝑏 : Volume d’eau dans le bief [m3] ;
 𝑉𝑜𝑢𝑡 : Volume d’eau sortant du bief [m3].

II.2 Fonctionnement du modèle SWAT


Le bassin étudié par le modèle SWAT est discrétisé en sous-bassins en fonction des points
remarquables tels que les points de confluence ou les barrages. Le modèle génère par la suite
la discrétisation spatiale finale en petites unités élémentaires appelé : HRU (Hydrologic
Response Unit) dérivée de la combinaison trois couches d’informations (Figure 9): Couche
pédologique, couche d’occupation du sol et couche des pentes (Neitsch, 2005).

Ces unités spatiales sont considérées comme étant homogènes et fournissent la même
réponse hydrologique (Arnold et al., 2012). Ces unités forment la résolution spatiale du

Page|31
modèle SWAT. Pour la résolution temporelle, le modèle SWAT fonctionne d’un pas du temps
journalier. Les données d’entrée sont donc renseignées à cette échelle (Neitsch, 2005).

Fig. 9 : Principe de discrétisation des Unités des Réponse Hydrologique (URH) (adapté de
Ruelland et al. 2004)

La mise en œuvre du modèle SWAT est basée sur : la délimitation des bassins versants, le
choix de Modèle numérique de terrain, la cartographie d’occupation du sol et des types de sol,
la discrétisation du bassin en unités élémentaires puis la résolution des équations décrivant les
processus au niveau des HRUs (Cao et al., 2006 ; Bouraoui et al.,2005).

Pédologie
HRU

Couvert végétal

Pente
Simulation
Modèle Numérique du Sous-Bassins
terrain

Réseau
Hydrographique
Données
climatiques

Fig. 10 : Procédure de fonctionnement du SWAT (adapté de Neitsch et al., 2005 )

Page|32
Les formules utilisées par le modèle SWAT contiennent des paramètres et des coefficients
dont les valeurs dépendent de la nature et des propriétés de la zone d’étude (Arnold et al.,
2012). Ces paramètres peuvent d’être déterminés pas l’utilisateur soit manuellement en se
basant sur les caractéristiques du bassin étudié, soit par la procédure du calage du modèle
(Muleta et Nicklow, 2005).

Conclusion

Le modèle choisi pour cette modélisation est le modèle SWAT. Ce modèle physique à
approche semi-distribuée, permet de simuler le processus hydrologique à partir de
l’établissement du bilan hydrique, et sédimentaire en utilisant l’équation universelle de perte
du sol modifiée (MUSLE) (Neitsch et al., 2005). Egalement, le modèle peut suivre le
cheminement des sédiments et de l’eau dans le réseau hydrographique à partir d’un ensemble
d’équations empiriques et à base physique (Arnold et al., 2012).

L’application d’une modélisation spatiale à base physique permet la connaissance des


caractéristiques physiques du bassin étudié (Kharchaf, 2013). En effet, la prise des décisions
et l’interprétation des résultats ne peut s’effectuer qu’avec une bonne compréhension des
propriétés physiques du bassin étudié.

Page|33
CHAPITRE III : Principales caractéristiques du
bassin versant de l’Oued Beht

Page|34
I. Cadre géographique

I.1 Situation géographique


Le Bassin versant d’Oued Beht en amont du barrage « El Kansera », drainé par l’Oued du
même nom, s’étend sur une superficie de 4560 km2, se situe au Nord-Ouest du Maroc. Il est
limité au Nord par la plaine du Gharb et le plateau de Meknès, au Sud par le bassin de l’Oum-
Erbia, à l’Ouest par le bassin de Bouregreg et à l’Est par le Moyen Atlas. Ce bassin se localise
entre les coordonnées Lambert (X1 = 430347.24 ; Y1 = 281864.43)et (X2 = 529704.23 ; Y2 = 386110.82).

Fig. 11 : Situation géographique du bassin versant d’Oued Beht

I.2 Topographie et morphométrie


I.2.1 Altitudes
L’allure générale des altitudes du bassin versant est plus au moins régulière. Elle suit un
gradient décroissant de l’amont vers l’aval sous formes de bandes perpendiculaires au sens
d’écoulement d’Oued Beht. Ce dernier représente la ligne de basse altitude (Figure13).

Page|35
Le point culminant se trouve à la côte 2057 m et le point le plus bas à la côte 100 m
(barrage El Kansera). Ce bassin présente une différence d’altitude de 1957m sur une longueur
de 139 km. Ceci est un indicateur du comportement hydrologique érosif spécial qu’il peut
présenter. L’altitude moyenne est de 830 m environ. Les altitudes supérieures à 2000 m
présentent un faible pourcentage de 1 % de la superficie totale, et elles sont focalisées dans
l’extrémité Sud. Tandis que 18% du bassin présente une altitude entre 1200 et 2000 m qui
longe le bassin de SW au NE traversant ainsi les régions Azrou et Ain Leuh. Le centre est
caractérisé par des altitudes allant de 800 à 1000m qui occupent le cœur et des altitudes de
1000m à 1200m dans les régions périphériques. Ces deux classes d’altitudes occupent un
pourcentage de 38 % du bassin. Les classes d’altitudes de 800 à 600m, 600 à 400m, 400 à
200m et 200 à 0m occupent la partie avale du bassin et se présentent en bandes parallèles,
avec une proportion de 40% (figure 12).

Classes Surface % du 2600


d'altitude (m) (ha) BV
0 – 200 15606.24 3.42 2100
200 – 400 62192.46 13.63
Altitudes (m)

400 – 600 55659.76 12.20 1600


600 – 800 61107.55 13.40
800 – 1000 87249.80 19.13
1100
1000 – 1200 87224.54 19.12
1200 – 1400 26312.43 5.77
600
1400 – 1600 12344.70 2.71
1600 – 1800 16471.64 3.61
100
1800 – 2000 28222.06 6.19 0 20 40 60 80 100
2000 – 2200 3784.61 0.83 Surface cumulée (%)
Total 456175.79 100

(a) (b)

Fig. 12 : (a) : Superficie des classes des altitudes (b) : Courbe hypsométrique

Page|36
Fig. 13 : Carte hypsométrique du bassin versant d’Oued Beht
Page|37
I.2.2 Indice de forme
Le bassin versant de l’Oued Beht a une forme allongée suivant une direction SW-NE. Il
présente une superficie de 4561 km2et un périmètre de 450 km. L’indice de compacité de
Gravelius, calculé pour ce bassin, est de l’ordre 1.86. Il est donc huit fois plus long que large
ce qui permet un rassemblement rapide des eaux vers l’exutoire. Il peut être également
assimilé à un rectangle de même surface, dont la longueur est de 202.5 km, et la largeur de
22.5 km.

II. Cadre géologique

II.1 Contexte géologique


Le bassin versant d’Oued Beht à cheval sur trois domaines géologiques du Nord-Ouest du
Maroc : Le Maroc central, causse moyen atlasique et le couloir Sud Rifain (Figure 14). Il en
découle alors une grande variabilité des composantes géologiques et structurales en allant du
Paléozoïque jusqu’au Quaternaire.

Une grande partie du bassin est incluse dans le domaine géologique du Maroc central qui
chevauche à partir de l'intersection avec Oued Beht à côté de khemisset jusqu’à l’axe
Azrou_Ain Leuh.

Ainsi, les schistes primaires (Ordovicien, Silurien, Dévonien ou Carbonifère) sont très
largement représentés dans la Méséta qui est dans sa majorité tabulaire et pénéplainée après
l’orogénie hercynienne (Michard, 1976). Le causse moyen atlasique qui couvre le reste de la
partie Sud-Ouest du bassin versant et une petite surface autour d’Agouraï. Le socle hercynien
est l’aspect le plus important qui se représente dans cette partie du bassin, ce qui laisse pointer
les roches dures du Primaire (grès, calcaires, quartzites) au sein de schistes tendres déblayés
par l'érosion, c’est le paysage qu'offre en particulier la vallée de l'oued Tigrigra dans la région
d'Azrou. L'échancrure d'Azrou correspond à un anticlinorium hercynien faillé dont
l'orientation NE - SW est celle des grands accidents du Moyen Atlas (Bentayeb et
Leclerc,1977)

Le Nord-Est du bassin est couvert par le bassin de Meknès-Fès, qui fait partie du couloir
Sud Rifain, ce bassin considéré dans son ensemble comme un vaste synclinal dissymétrique
de direction E-W qui s'enfonce progressivement du S vers le N, et se redresse brusquement au
contact des rides prérifaines (Chamayou et al., 1975).

Page|38
Fig. 14 : Domaines géologiques du bassin versant d’Oued Beht
Page|39
II.2 Lithologie
Les principales séries de formations rencontrées dans le bassin de Beht (Bentayeb A. et
Leclerc, 1977 ; Chamayou et al., 1975 ; Combe, Ferré et Thauvin, 1975)sont (Figure 15):

 Silurien
Il se présente sous forme d’un dépôt important de schistes fins noirâtres dites « Argilites
noires », contenant des fossiles de graptolites.

 Dévonien moyen – supérieur


Ils sont représentés par des schistes et calcaires en amont du bassin. Sur le bassin versant
d’Oued Beht, ils entrent en contact avec les formations du Viséen sous forme des filons de
direction NNE-SSW.

 Viséen
Il se focalise dans le Sud du bassin, représenté par des schistes à passage calcaires, sous
forme des bandes, s’étalent en direction NNE-SSW en alternance avec des formations des
conglomérats rouges, schistes et grès de l’âge Namurien.

 Trias
Il est constitué par une série d’argiles rougeâtres, gypsifère et salifères, au sein de laquelle
s'intercalent des coulées de basaltes doléritiques. Il représente au Nord et Nord-Est du bassin
une épaisseur qui peut atteindre les 700m.

 Lias inférieur et moyen


Avec le Lias inférieur débute la formation des dolomies et calcaires, qui constituent le
principal matériau du causse d’une épaisseur de 200m. Il se trouve généralement dans le Sud
et le Nord-Est du bassin versant de l’Oued Beht couvrant les régions du causse.

 Jurassique inférieur et moyen


Le Jurassique inférieur et moyen est représenté par des formations calcaires plus ou moins
dolomitiques appelées « Calcaires corniches » qui sont parfois masquées par des formations
basaltiques du Quaternaire. Elles sont localisées en amont du bassin versant dans le moyen
atlas plissé.

Page|40
 Miocène
Le Miocène n'est représenté que par le Tortonien, sous forme de marnes bleues, blanches
et de grès. Il se trouve principalement dans le Nord du bassin dans la vallée d’Oued Beht. Le
Miocène peut atteindre une puissance de 1000 m à la verticale.

 Pliocène et Villafranchien
A cette ère se déposent des calcaires lacustres, des poudingues et des sables fauves. Dans
le bassin versant d’Oued Beht se rencontrent des dépôts fluviatiles appelés poudingues qui
recouvrent les sables fauves. Ils sont représentés par des conglomérats, grès calcaires et
argiles sableuses qui se focalisent au Nord Est du bassin, avec une épaisseur moyenne de 20
mètres.

 Quaternaire
Le Quaternaire est représenté par des dépôts variés : cônes de déjection et d’éboulis au
pied du Causse moyen-atlasique, travertins d'El-Hajeb, et des coulées basaltiques volcaniques
sur la bordure et sur le causse moyen-atlasique. Ces coulées sont épais d’environ 150 à 200 m.
Cette épaisseur va en diminuant vers la périphérie du plateau pour atteindre quelques dizaines
de mètres. Dans la vallée de l'oued Tigrigra à l'Ouest d'Azrou, la coulée atteint 90 m, mais se
trouve réduite vers l'Ouest à une épaisseur de 3,5 m. Les formations quaternaires dans le
bassin sont surtout sous forme de dépôts alluviaux à dominance limoneuse.

Page|41
Fig. 15 : Carte lithologique du bassin versant d’Oued Beht (in : DREF, 2007)
Page|42
Les ères géologiques du bassin versant caractérisées par la dominance de l’ère primaire
avec un pourcentage de l’ordre de 54%, couvrant presque toute la région de la Meseta, en
deuxième position vient l’ère tertiaire et quaternaire qui occupent 34% de la superficie totale
du bassin. Une grande partie de cette ère se focalise en aval de la vallée d’Oued Beht sous
forme des marnes sableuses, l’autre partie se rencontre au Sud du bassin sous forme de
coulées basaltiques. Par une proportion de 12% vient l’ère secondaire qui occupe les régions
de moyen atlas et causse au Sud du bassin et les régions d’Agouraï au centre, ainsi qu’une
partie en amont du barrage El Kansera (Figure 16).

Fig. 16 : Carte des ères géologiques du bassin versant d’Oued Beht (DREF, 2007)

Page|43
II.3 Pédologie
Dans la carte pédologique établie par l’Institut Nationale de la Recherche Agronomique
(INRA) et publiée en 2001 (Figure 17), on distingue plusieurs unités pédologiques plus au
moins étendus, couvrant l’ensemble du bassin versant d’Oued Beht. La localisation et
l'alternance de ces derniers est étroitement liée à celle des roches-mères, des facteurs
topographiques, de l'âge, mais aussi aux milieux bioclimatiques où ils se forment.

Dans ce qui suit on présente les principales classes de sols affleurant dans le bassin versant
de L'Oued Beht et leurs caractéristiques majeures d'après Billaux et Bryssine (1970) :

 Sols calcimagnésiques

Sols formés par la libération des quantités suffisantes de calcaire actif par des roches
calcaires ou magnésiennes. Ils sont caractérisés par un blocage de l’humification à un stade
précoce par le calcaire actif et une forte incorporation d’humus peu évolué dans le profil. La
matière organique est rapidement décomposée.

 Sols isohumiques

Sols caractérisés par le fait qu’ils ont une même teneur en humus dans tout le profil au-
dessus de la roche-mère qui est le plus souvent une roche sédimentaire détritique. Ils sont
caractérisés par une incorporation profonde, par voie biologique, de matières organiques
stabilisées par une maturation climatique prolongée.

 Sols minéraux bruts

Sols jeunes s’observant sur des formations superficielles et des roches qui n’ont pas
encore subi d’évolution pédologique. La structure est d’origine lithologique et ne contient que
des traces matière organique.

 Sols peu évolués

Sols caractérisés par un faible degré d’altération. Les horizons humifères s’édifient
rapidement et la matière organique est peu abondante. Dans ces sols on ne retrouve pas de
formation de complexes oragno-minéraux.

Page|44
 Vertisols et assimilés

Sols à argiles gonflante. La fraction organique est réduite. Ils sont caractérisés par une
incorporation profonde par mouvements vertiques de complexes organo-minéraux très stables
et de couleur foncées.

 Sols fersiallitiques

Sols très anciens qui se forment en climat tempéré chaud (climat méditerranéen). Ils se
forment sur tous les types de sols à la condition qu’ils ne contiennent plus de carbonates (sols
cristallins, sols calcaires décarbonatés, etc). Ils se caractérisent par une forte altération, une
richesse en calcium, en fer mais peu de calcaires. Le processus de fertilisation est accompagné
généralement par le processus de rubéfaction.

 Sols hydromorphes

Sols caractérisés par des processus d’oxydo-réduction. (Réduction ou ségrégation locale


du fer) liés à la présence temporaire ou permanente de l’eau provoquant un déficit d’oxygène.
Ils comportent tous un horizon réductique et un drainage interne modéré.

 Sols brunifiés

Ils se développant sur des matériaux variés mais bien drainés avec une quantité suffisante
de fer. Ils sont caractérisés par un humus de type mull, peu épais, résultant surtout de
l'insolubilisation par le fer libre suffisamment abondant et formant un pont ferrique avec les
argiles. La brunification est considérée comme le processus principal mais elle est souvent
associée au processus de lessivage.

Page|45
Fig. 17 : Carte pédologique de la zone d’étude (INRA, 2001 : digitalisée)
Page|46
La couverture pédologique pour l’ensemble du bassin versant montre une forte dominance
des sols peu évolués, ces derniers peuvent constituer des associations avec les sols minéraux
bruts et calcimagnésiques (33.1%). Les sols peu évolués et l’association « sols peu évolué et
sols minéraux bruts » se retrouvent dans la partie amont du bassin, ils sont essentiellement
associés aux dépôts alluviaux. L’association sols peu évolués et sols calcimagnésiques,
affleurent principalement sur la rive droite en aval du bassin.

Une proportion d’environ 30% du bassin versant est occupée par les sols brunifiés et
associations sols brunifiés et sols hydro-morphes ou sols peu évolués. Ces sols couvrent
essentiellement le centre du bassin cependant ils peuvent être rencontrés également plus au
Sud dans la partie amont.

Dans les extrémités Nord-Est et Sud-Ouest, affleurent les vertisols et sols assimilés qui
présentent un pourcentage d’environ 11%. Les sols isohumiques et l’association sols
isohumiques et sols calcimagnésiques développés sur les formations marneuses en aval du
bassin versant, présentent une proportion de l’ordre de 11.2% (Tableau 3).

Unité pédologique Superficie (%) superficie (ha)


Sols peu évolués et Sols minéraux bruts 15.6 71328
Sols brunifiés 15.0 68496
Sols peu évolués 13.1 60179
Sols brunifiés et Sols hydromorphes 12.7 57941
Vertisols et sols assimilés 10.8 49401
Sols calcimagnésiques et Sols isohumiques 8.0 36609
Sols minéraux bruts 4.6 21275
Sols calcimagnésiques et Sols peu évolués 4.4 19937
Sols isohumiques 3.2 14746
Sols calcimagnésiques 2.8 12996
Sols brunifiés et Sols peu évolués 2.7 12159
Sols hydromorphes 2.0 9050
Sols fersiallitiques 1.3 5866
Sols minéraux bruts, Sols peu évolués et Sols hydromorphes 1.0 4727
Sols fersiallitiques et Sols peu évolués 1.0 4601
Sols brunifiés et Sols minéraux bruts 0.6 2821
Sols brunifiés et Sols calcimagnésiques 0.4 1624
Sols brunifiés et Sols isohumiques 0.3 1574
Sols fersiallitiques et sols holomorphes 0.3 1351
Vertisols, sols assimilés et Sols hydromorphes 0.2 812
Vertisols, sols assimilés et Sols peu évolués 0.1 498
Total 100 457993
Tab. 3 : Répartition des unités pédologiques du bassin versant d’Oued Beht

Page|47
D’autres types du sol et d’association de sol, affleurent dans le bassin tels que : sols
hydromorphes, Sols fersiallitiques, l’association sols minéraux bruts, sols peu évolués et sols
hydromorphes, l’association sols fersiallitiques et sols peu évolués, l’association sols brunifiés
et sols minéraux bruts etc… mais en faible voir même très faible proportion.

II.4 Géomorphologie
Le bassin d’Oued Beht fait la particularité par sa séparation en deux entités
géomorphologiques, à travers l’axe franchissant le bassin à la direction NE-SW en passant par
Ouljet Es Soltane.

Le Nord-Ouest du bassin versant présente une continuité des rides prérifaines. Ces rides
sont constituées par un ensemble monotone de collines marneuses et marno-calcaires. Ces
collines, dont le ravinement offre un aspect caractéristique, que traverse la vallée de Oued
R’dom. A l’Ouest de Oued El Kell s’observe un ensemble de plis anticlinaux faillés.

La partie ouest du bassin (Meseta centrale) allant de la région d’El khmisset jusqu’à Ouljet
Es Soltane est un massif ancien constitué de formations de flysch gréseuses, schistes et de
grès quartzitiques résistant. Ces formations donnent naissance à un relief appalachien de
direction NE-SW. Le réseau hydrographique très dense est à l’origine de vallées très
encaissées avec des versants abrupts. Dans la région d’Ouljet Es soltane, ce massif se
transforme en une terrasse alluviale sur laquelle se développe une agriculture vivrière.

En allant vers le Nord-Est du bassin, la vallée devient plus encaissée, les versants
deviennent plus raides, offrant une forme en corniches. Cependant au Nord et au niveau des
marnes de la formation tortonienne, la vallée s’élargie et il en résulte alors le recul des
versants. Au niveau du barrage on assiste un rétrécissement du lit d’Oued.

Sur la partie amont du bassin versant, le relief reflète l’aspect Karstique de la région. Dans
cette région s’observe des dolines de cinquantaine de mètres développés sur des dalles
volcaniques qui reposent sur un substratum calcaire. Ces dolines aboutissent aux
effondrements et à la création de lacs répartis dans le plateau d’Azrou.

Les plissements devient plus faibles en allant vers le Nord-Ouest (Vers le causse
d’Ifrane), qui également marqué par les chaînons d’importantes failles issues de la tectonique
cassante au niveau de la zone.

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III. Occupation du sol

La figure 19 présente la carte d’occupation du sol d’Oued Beht établie à travers une
classification supervisée sur les images satellites « ASTER » à l’aide d’un outil de traitement
des images (ENVI : ENvironment for Visualizing Images). On distingue six principaux types
d’occupation de sol sur le bassin versant d’Oued Beht. Les terrains parcours prédominent en
occupant presque le 1/3 ce qui est équivalent à une superficie de 1471 km2. Ils sont dispersés
sur l’ensemble du bassin. Cette végétation spontanée se développe plus au moins en fonction
de type du sol et de climat. Les sols nus viennent en deuxième positions en représentant 23%
de la surface totale soit 1052 km2. Ils localisés surtout en amont du bassin jusqu’à l’axe de
Azrou-Ain leuh. Les forêts représentent 20.6% de la superficie. Elles sont regroupées en deux
lots situés respectivement sur le milieu et l’extrémité Sud du bassin. Les zones agricoles
occupent 18% des terres, elles se trouvent surtout en amont du bassin, plus précisément dans
les plateaux de Khemisset, Mèknes, Agouraï, et près du barrage El Kansera. L’agriculture à
cette zone, est dominée par des cultures céréalières, en présence de l’arboriculture, cultures
fourragère, légumineuses et maraîchages. Les matorrals apparaissent à l’extrême Nord-Ouest
de la zone d’étude avec une proportion de 5.6% (Figure 18).

Eau
23.0%
32.2% zones agricoles
parcours
Sols dénudés
forêts
20.6%
Matorrals
18.1%
Zones urbaines
5.6%

0.2%
0.3%

Fig. 18 : Répartition des types d’occupation du sol du bassin versant d’Oued Beht.

Page|49
Fig. 19 : Carte d’occupation du sol du bassin versant d’Oued Beht

Page|50
Conclusion

Dans ce chapitre nous avons montré que le bassin versant d’Oued Beht présente un aspect
montagneux très diversifié. Les altitudes suivent un gradient décroissant de l’amont (2057m)
vers l’aval (100 m). Egalement les formations géologiques qui vont du primaire au
quaternaire, avec dominance du premier. Ce qui a pu engendrer un ensemble des sols plus au
moins diversifiés, dominés par les sols peu évolués, sols brunifiés et vertisols et sols
assimilés.

Par ailleurs, la couverture végétale est marquée par la forte présence des parcours, qui
occupent plus de 32%, suivis des forêts (20%) et des terrains agricoles (18%). Ainsi les
terrains nus présentent 23% de la superficie du bassin.

Page|51
CHAPITRE IV : Hydrologie et variations
climatiques du bassin versant d’Oued Beht

Page|52
I. Cadre climatique

Dans le bassin versant de Beht reigne un climat de type méditerranéen (semi-aride à


humide). Il présente un double gradient d’agressivité décroissant du Sud au Nord et de l’Est à
l’Ouest. Ce climat est marqué par les fréquentes sécheresses estivales et la violence des
précipitations orageuses.

I.1 Précipitation
Concernant la précipitation, une répartition spatiale a été établie à partir les données
météorologiques de CFSR (Climate Forecast System Reanalysis). La figure 20 montre une
zonation pluviométrique avec un maximum de précipitation rencontré au niveau de la partie
Sud-Est du bassin (>900 mm) alors que vers le Nord-Ouest on enregistre une lame d’eau qui
ne dépasse pas les 550mm. Dans le détail, cette figure révèle :

- L’effet de l’altitude se manifeste dans les régions montagneuses situées au Sud-


Est. Dans cette partie, ce sont les altitudes supérieures à 1800m qui sont les plus
arrosées et reçoivent des précipitations supérieures à 800 mm.

- Dans le centre et au niveau de la rive gauche jusqu’en amont du bassin,


s’enregistrent des hauteurs de précipitation comprises entre 600 mm et 800 mm.

- Les régions les moins arrosées reçoivent une précipitation moyenne annuelle
inférieure à 600 mm, elles sont caractérisées par une tranche hypsométrique en
dessous de 400m.

Enfin on peut dire à partir de ces données de précipitation que la répartition géographique
des pluies dépend de plusieurs facteurs qui sont entre autre : l’altitude, la continentalité et
l’exposition des versants.

Page|53
Fig. 20 : Carte de répartition spatiale des précipitations du bassin versant d’Oued Beht

Page|54
La répartition temporelle des précipitations (Figure 21) est mise en évidence à partir de
données pluviométriques de l’année 1990 à 2014. Elle montre que la pluviométrie est très
irrégulière d’une année à l’autre et la succession des années sèches et humides ne suit aucune
règle. La pluviométrie moyenne annuelle est égale à 538 mm, avec un écart type de 190 mm.
Le minimum pluviométrique annuel a été enregistré au cours de l’année 1994/95 avec un
déficit remarquable par rapport à la moyenne annuelle qui est de l’ordre de 54%. Les années
1990/91, 1995/96, 1997/98, 2008/09, 2009/10 et 2010/11 présentent un excédent évalué à
150%. L’excédent pluviométrique le plus important a été observé dans l’année 2009/10, qui
est d’environ 170%.

1000
900
800
Pm = 536
700
Précipitation (mm)

600
500
400
300
200
100
0

Précipitation (mm) Pm : Pluviométrie moyenne annuelle (mm)

Fig. 21 : Variation interannuelle de la pluviométrie dans le bassin d’Oued Beht au cours de la


période 1990-2014.

La figure 22 illustre la variation des moyennes mensuelles de précipitation. Elle révèle que
ce sont les saisons d’hiver et de printemps qui sont les plus pluvieuses de l’année. Plus de
74% des précipitations annuelles se concentrent dans la période allant de Novembre à Avril.
La saison d’été est sèche et n’enregistre que de faibles précipitations le plus souvent de type
orageuses. Les mois de Décembre et Février totalisent les plus fortes précipitations (75 mm),
alors que les mois de Juillet et Aout sont les plus secs de l’année ils ne reçoivent que 3mm.

Page|55
90

80

70
Précipitation (mm)

60

50

40

30

20

10

0
Sep Oct Nov Dec Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug

Fig. 22 : Variation saisonnière des précipitations au niveau du bassin versant d’Oued Beht

I.2 Température
Les températures mensuelles moyennes, maximales et minimales dans le bassin versant
d’Oued Beht sont représentées dans les figures 23 et 24. Les données de températures ont été
recueillies à partir de stations situées dans le bassin (Khémisset) ou à partir des stations les
plus proches de celui-ci (Méknes et Ifrane).

Dans la figure 21, la température moyenne oscille entre 9.7 °C au mois de Janvier et
25.5°C au mois d’Aout. L’amplitude maximale de température mensuelle est de 34°C, elle est
observée au mois de Juillet et Aout. Les mois les plus froids de l’année sont les mois de
Décembre et Janvier avec des températures minimales de l’ordre de 5.3°C et 4.3°C.

40
Tmax
35
30 Tmin
Temperature (°C)

25 Tmoy
20
15
10
5
0
Janv. Fév. Mar Avr. Mai Juin Juil. Aout Sept. Oct. Nov. Déc.

Fig. 23 : Températures maximales (Tmax), minimales (Tmin) et moyenne (Tmoy) de la


station Khémisset

Page|56
Les moyennes mensuelles des températures (MMT) Figure 24-c montrent une nette
variation en allant du Nord-Est vers le Sud-Ouest, c’est à dire de l’aval vers l’amont. La
station de Khémisset révèle que les MMT oscillent entre 9.7 et 25.5°C, la station de Meknès
située proche du centre du bassin enregistre des MMT entre 7.9 et 21.6°C, celle d’Ifrane
située du côté amont présente des MMT qui varient entre 4.1 et 21.7°C. On remarque que
cette répartition des températures moyennes est en relation avec la morphologie du bassin. En
ce qui concerne les moyennes des températures maximales (Figure 24-a) la station de la ville
d’Ifrane enregistre des valeurs qui dépassent celle de la station de Meknès surtout pendant les
mois de Juillet et Aout. Les moyennes de températures minimales révèlent que c’est la station
d’Ifrane qui enregistre les valeurs les plus basses (-0.6 à 1°C).

40 20
35 (a) (b)
30 15
Température (°C)

Température (°C)

25
10
20
15 5
10
0
5
0
-5
Fév.

Avr.

Juin

Déc.
Mar

Mai

Aout
Sept.

Nov.
Juil.

Oct.
Janv.

Fév.

Avr.

Juin

Déc.
Mar

Mai

Aout

Nov.
Juil.

Sept.
Janv.

30 Oct.

25
(c)
Température (°C)

20

15

10

0
Fév.

Avr.

Juin

Déc.
Mar

Mai

Aout

Nov.
Juil.

Sept.
Janv.

Oct.

Khémisset Meknès Ifrane

Fig. 24 : Variations mensuelles des températures (a) Maximales (b) Minimales (c) Moyennes
Dans les stations de Khémisset, Meknès et Ifrane

Page|57
II. Cadre hydrologique

II.1 Réseau hydrographique


Le bassin versant de l’Oued Beht est drainé par un réseau hydrographique ramifié d’une
longueur totale de 451 km. Les pentes moyennes des cours d’eau sont comprises entre 0.3 et
5%. Le cours d’eau principale Oued Beht, coule vers le Nord-Ouest et prend ses origines aux
confluences des Oueds Tigrigra et Ifrane à l’Est du bassin. En aval, le Beht reçoit des apports
importants sur sa rive droite des Oued Ouchket et El Kell, tandis que sur sa rive gauche un
nombre important d’Oueds le draine tels que l’Oued Bou Ikddidne, Chablia et Al kour
(Figure25).

L’Oued Beht ruisselle sur une longueur de 143 km drainant une surface de l’ordre de 4400
km2, avec une pente moyenne de 0.88%. Les principaux affluents de l’Oued sont :

 Oued Tigrigra

Considéré comme le principal affluent du Beht, il coule sur une longueur de 50 km


drainant une superficie de 1038 km2 à l’Est du bassin, sa pente moyenne est de l’ordre de
0.35%. Parmi ces principaux affluents se trouvent Oued Adarouch, Amghras, Igart et Aït
Tiousoline.

 Oued Ifrane

Sa longueur est environ de 47 km, il draine une superficie de 678 km2 au Sud-Est du
bassin avec une pente moyenne de 1.05%. Il reçoit des eaux à partir des affluents
secondaires : Oued Aîn Leuh, El Hammam, Bouharch, Skhirat et Tiouzoline.

 Oued El Kell et Ouchket

Ils drainent une superficie de 987 km2, rencontrant le Beht avant qu’il atteint le Barrage El
kansera, ils coulent respectivement sur une longueur de 91 km et 60 km avec des pentes
moyennes de 1.22% et 1.05%.

Page|58
Fig. 25 : Carte du réseau hydrographique du bassin versant de l’Oued Beht
Page|59
II.2 Ouvrages Hydrauliques
II.2.1 Barrage El Kansera
A. Caractéristiques principales de la retenue
La retenue du barrage El Kansera se situe sur l’oued Beht (X=453048.5 m Y=382747.9m)
Elle se trouve au centre d’un triangle formé par les villes de Meknès, Khémisset et Sidi
Kacem. Elle présente une hydrologie très contrastée avec une capacité de 192 000 m3, sur une
superficie de 18 Km2 au niveau normal 122,5m NGM (Nivellement Général du Maroc). Sa
profondeur moyenne est de 16,5m et le point le plus profond est de 28m. Le temps de séjour
moyen de l’eau dans la retenue est d’environ 2 à 36 mois (Derraz, 1995). Le barrage El
Kansera réalisé entre 1927 et 1935 est le plus ancien barrage d’accumulation du Maroc
(El Abdellaoui, 1998).

Année de mise en service 1935


Cours d’eau Oued Beht
La ville la plus proche Sidi Slimane
Province Sidi Slimane
Fonction Irrigation-AEP-Energie
Hauteur sur fondation 68 m
Surface Moyenne du lac 18 Km2
Longueur en crête 170 m
Volume du barrage 192000 m3
Capacité utile de la retenue 266 Mm3
Surface du bassin versant 4560 Km2

Tab. 4 : Caractéristiques du barrage El Kansera (El Abdellaoui, 1998)

B. Envasement du barrage El Kansera


Les conséquences de l’érosion les plus directes sont la perte du capital terre et
l’envasement des retenues de barrages. Le barrage El Kansera ne diffère pas des autres
barrages au Maroc, il perd annuellement une grande quantité de son volume due à la
dégradation du sol au niveau du bassin versant d’Oued Beht. Les données de la bathymétrie
obtenues de la Direction de la Planification et la Recherche en Eau (DPRE), ont permis
d’établir un taux d’envasement moyenne de l’ordre de 1.57 Mm3/an. En effet, le barrage a
perdu environ 27 % de son volume depuis 1981 jusqu’à 2011. La figure 24 présente
l’évolution du volume et de l’envasement au niveau de la retenue du barrage El Kansera.

Page|60
300
273.4
265.9 260.3 Volume Envasement
249.9
250 230.5
220.8 219.4 216.4
Volume (Mm3)

200

150

100 78.0
73.6 75.0
63.9
44.5
50 28.5 34.1
21.0

0
1981 1989 1995 1997 2001 2004 2008 2011

Fig. 26 : Evolution du volume et d’envasement au cours du temps

II.2.2 Stations hydrométriques


Les débits liquides sur le bassin versant d’Oued Beht sont enregistrés au niveau de deux
stations hydrométriques permanentes, installées sur l’Oued ce sont :

 La station El Kansera située en exutoire du bassin versant, et juste en amont du


barrage dont les coordonnées sont (X= 452 450m, Y=382 500m), elle est mise en
service depuis 1939. Elle permet d’enregistrer les débits et les paramètres
climatiques tels que les précipitations, les températures. Elle contrôle une
superficie de 4560 Km2.

 La station de Ouljet Es Soltane située au centre du bassin de coordonnées


(X=456250m, Y=358060m), elle contrôle une superficie de 2433 Km2 depuis
l’année 1981.

Les données mensuelles de débits liquides utilisées dans cette étude sont fournies par la
DPRE. Ce sont les données enregistrées depuis 2000 jusqu’en 2012 au niveau de la station
hydrométrique El Kansera.

II.3 Régime hydrologique


II.3.1 Débits mensuels
Les variations moyennes des débits liquides mensuelles d’Oued Beht (Figure 27),
montrent que l’essentiel de l’écoulement liquide correspond à la saison hiverno-printanière
qui assure 80% de l’écoulement annuel. Le maximum étant atteint au mois Février avec un

Page|61
débit de 20.3m3/s. Les apports liquides qui s’écoulent entre Mai et Octobre sont très faible,
sans pour autant que l’Oued ne sèche, avec un débit minimal de l’ordre d’environ 0.6 m3/s.
Ainsi le régime hydrologique d’Oued Beht montre une variation saisonnière avec période
humide et sèche en réponse à un climat de type semi-aride.

Sur la figure 28 sont reportées les variations mensuelles des coefficients de débit au niveau
de la station El Kansera. La courbe d’évolution annuelle montre une allure presque
symétrique. La régularité relative des débits observés peut être due à l’apport des différents
affluents qui permettent de maintenir l’écoulement, et à la nature des matériaux généralement
imperméables qui forment le bassin versant.

25
20.3
20 18.6
16.1 16.5
Débit (m3/s)

15
10.4
10 8.6

3.6 4.2
5 2.5 2.0
0.6 0.8
0
Sep Oct Nov Dec Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug

Fig. 27 : Débit moyen mensuel (Sept 1990-Aout 2012)

2.5
Coefficien t mensuel de débit

1.5

0.5

0
Sep Oct Nov Dec Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug

Fig. 28 : Coefficients mensuels de débits

Dans les zones à climat semi-aride le régime hydrologique des bassins versant est
caractérisé par deux périodes d’écoulement différentes (Sibari, 2002) : période de crues et
période d’étiage.

Page|62
A. Période de crue
La crue est définie comme la période durant laquelle le débit dépasse un certain multiple
du débit moyen annuel d’un cours d’eau (Roche, 1963). Au cours d’une crue, on dit qu’il y a
inondation lorsque les eaux envahissent des zones habituellement hors d’eau. Ces crues
peuvent causer des dommages matériels importants et dans certains cas des pertes de vie. Il
est logique alors que l’homme de tout temps s’est intéressé aux crues, que ce soit à leur
détermination ou à leur prévision.

Ne disposons pas de données journalières de débits sur la station El Kansera, située à


l’exutoire du bassin, on a donc utilisé celles de la station Ouljet Es Soltane qui contrôle le
réseau hydrographique en amont du bassin, dont la superficie est de l’ordre de 2433 Km2.
Parmi les crues exceptionnelles observées à cette station, on peut citer la crue de 10 décembre
2003 dont le débit atteint 430 m3/s. Mais cette crue n’avait apporté que 37Mm3 d’eau et elle
n’a duré qu’une seule journée. L’année 2009/10 a enregistré également deux crues
exceptionnelles (Figure 29). D’une part la crue d’hiver, dont le débit de pointe était de 338
m3/s et a donné un apport liquide de près de 196 Mm3 entre le 19 décembre 2009 et le 19
janvier 2010. D’autre part, la crue de printemps beaucoup plus importante présente un débit
maximal de 405 m3/s. Cette crue dont l’apport liquide est de l’ordre de 323Mm3 s’étale de 13
février au 17 mars 2010. Ces crues sont générées par des pluies intenses et concentrées dans le
temps. En effet, la présence de terrains imperméables, dénudés et pentus dans la partie amont
du bassin déclenche un processus de ruissellement intense.

450
Crue d’hiver Crue de printemps
400
Débits liquides journaliers (m3/s)

350

300

250

200

150

100

50

0
S O N D J F M A M J J A

Fig. 29 : Hydrogramme annuel de Beht à la station Ouljet Es Soltane pour l’année


hydrologique 2009/10.

Page|63
B. L’étiage
La période allant du mois de Mai à Septembre correspond à la période d’étiage d’Oued
Beht. Ces étiages sont assez sévères ; les débits moyens les plus secs (Juillet et Aout) sont
respectivement de 0.61 et 0.83 m3/s. Au cours de cette période les fortes températures de l’air
peuvent occasionner des évaporations importantes et par conséquent un tarissement complet
du lit d’Oued Beht.

II.3.2 Débits annuels


Les débits interannuels de l’Oued Beht sont irréguliers d’une année à l’autre. Le graphe
indique que les années 1995-96, 2008-09 et 2009-10 sont caractérisées par des débits moyens
annuels très importants qui atteignent respectivement 19,6 m3/s, 23.2 m3/s et 29.8 m3/s. Par
contre les années 1992-93, 1994-95, 1998-99, 1999-00, 2001-02, 2004-05, 2006-07 et 2007-
08 présentent des débits les plus faibles ne dépassant pas 4m3/s. La moyenne interannuelle des
débits est de l’ordre de 8.6 m3/s (Figure 30).

35

30

25
Débit (m3/s)

20

15

10

Fig. 30 : Débits moyens annuels dans la station El Kansera

Afin de mettre en évidence les fluctuations hydroclimatiques qui ont affecté le bassin
versant de Beht, la méthode des écarts (Ec) des débits moyens annuels (Qma) au débit moyen
interannuel (Qmi) parait être appropriée, puisqu’elle est utilisée avec succès par plusieurs
auteurs tels que Probst et Tardy (1987) sur les fleuves mondiaux ; Etchanchu (1988) sur la
Garonne ; Haida (2000) sur le Sebou ; Sibari (2002) sur l’Inaouène.

Page|64
𝑄𝑚𝑎−𝑄𝑚𝑖
𝐸𝑐 (%) = ( ) ∗ 100 (13)
𝑄𝑚𝑖

 𝐸𝑐 : Ecarts [%]
 𝑄𝑚𝑎 : Débit moyen annuel [m3/s]
 𝑄𝑚𝑖 : Débit moyen interannuel [m3/s]

L’application de la méthode des écarts (Ec) à notre bassin versant a prouvé une alternance
de périodes humides et périodes sèches. Les périodes déficitaires ou sèches s’étendent sur de
longues périodes. Une première période allant de 1991 jusqu’à 1995 et une deuxième période
très sèche de plus de dix ans qui s’installe dans le bassin de 1997 à 2008, avec des déficits
variant entre 7% et 74%. Les périodes humides correspondent aux années 95/96, 96/97 avec
des excédents respectifs 126% et 45%et celles correspondant aux années 08/09, 09/10/, 10/11
et 12/13 qui enregistrent des excédents allant de 62% à 242% (Figure 31).

250

200

150

100
Ec (%)

50

-50

-100

-150

Fig. 31 : Variation annuelle des écarts par apports au débit moyen interannuel

II.3.3 Corrélation Pluie-Débit


La figure 32 représente la relation entre les précipitations annuelles et les débits moyens
annuels. Elle montre une bonne corrélation linéaire pour l’Oued Beht avec un coefficient de
détermination R2 = 0.71. En général, on peut dire qu'il existe une liaison saisonnière annuelle
étroite entre les précipitations et le régime de l’Oued, puisque les précipitations sont le facteur
essentiel qui conditionne le régime hydrologique et qui constituent la matière première des
débits du cours d'eau.

Page|65
1200

Précipitations annuelles (mm)


1000

800
R² = 0.7079
600

400

200

0
0 10 20 30 40
Débits moyens annuels (m3/s)

Fig. 32 : Corrélation entre les précipitations annuelles et les débits moyens annuels

Conclusion

Le climat du bassin versant d’Oued Baht est de type méditerranéen. Les précipitations sont
marquées par des irrégularités annuelles. Elles varient de 550 mm au Nord-Ouest du bassin à
environ 900 mm au Sud-Est. Les températures présentent une variation nette dans l’espace et
dans le temps. Les hautes altitudes sont caractérisées par des températures faibles, allant de
-0.9 °C pendant l’hiver à 25°C durant l’été. Alors que les régions situées à de faible altitude
enregistrent des températures de l’ordre de 15°C pendant l’hiver et 34°C durant l’été.

En ce qui concerne le réseau hydrographique, le bassin est caractérisé par un réseau


ramifié d’une longueur de 451 km. Le cours d’eau principale du bassin (Oued Beht) coule du
Sud-Est vers le Nord-Ouest, en prenant ces origines aux confluents des Oueds Tigrigra et
Ifrane.

Le régime hydrologique se caractérise d’une part par des crues enregistrées


essentiellement pendant les périodes humides et qui assure 80% de l’écoulement liquide
annuel. D’autre part, des étiages pendant la saison sèche où les écoulements liquides sont très
faibles de l’ordre de 20%. En plus des variations saisonnières, le régime d’écoulement de
Beht présente des fluctuations interannuelles. Ainsi à l’échelle interannuelle on a une
alternance des périodes humides et des périodes sèches. On remarque une longue période
sèche d’environ dix ans qui s’installe sur le bassin Beht allant de l’année 1997 jusqu’à 2008.

Page|66
CHAPITRE V : Modélisation hydrologique
du bassin versant d’Oued Beht

Page|67
Méthodologie

La modélisation du fonctionnement des bassins versants à travers des modèles conceptuels


est basée sur la représentation des processus simulés à travers des équations à paramètres.
Cette conceptualisation ne permet la reproduction physique des processus du milieu naturel
que pour les modèles à base physique (Higy, 2000). D’une part, seuls les modèles distribués
peuvent garantir la prise en compte des variations spatiale de ces processus. D’autre part, la
mise en œuvre d’un modèle distribué et à base physique des processus, revient à résoudre les
différentes équations du modèle en cherchant à déterminer les valeurs optimales des
paramètres de ces équations tout en protégeant la signification physique et la distribution
spéciale de ces paramètres (Higy, 2000). Sur la modélisation conceptuelle, ces paramètres
sont généralement inaccessibles par la mesure directe in-situ et ne peuvent être déterminés
qu’à travers la procédure du calage du modèle.

La mise en œuvre d’un modèle conceptuel suit généralement les étapes suivantes :

 Détermination et identification des phénomènes à modéliser ;

 Définition des formules et des méthodes pour la représentation des processus


composant le phénomène étudié ;

 Collecte et structuration des données d’entrée du modèle ;

 Analyse de sensibilité des paramètres du modèle ;

 Calage du modèle ;

 Validation du modèle ;

 Edition et interprétation des résultats.

I. Préparation et intégration des données d’entrée du modèle

La mise en œuvre du modèle SWAT nécessite une série de données spatio-temporelles de


différentes natures. Ce chapitre présente la procédure de création et de préparation des
différentes données d’entrée du modèle SWAT. Il s’agit des informations sur le relief, le sol,
l’occupation du sol et le climat (la précipitation, la température, l’humidité relative, le
rayonnement solaire et la vitesse du vent). La collecte de ces données est effectuée avec une
résolution spatiale fine pour l’incarnation du principe de fonctionnement semi-distribué du

Page|68
modèle. Ces données collectées sont acquises dans l’ensemble des zones représentatives du
bassin étudié.

L’intégration des données est faite à l’aide de l’outil ArcSWAT, une extension applicative
développée dans l’environnement ArcGIS Desktop, afin d’intégrer à ce dernier l’ensemble
des modules et les fonctions nécessaires pour l’exécution du modèle SWAT. Cette extension
est développée par la société « Stone Environnement Inc » en collaboration avec les équipes
de recherche du Département D’Agriculture Américain (USDA) travaillant sur le modèle
SWAT (Arnold, 2012).

Dans ce travail la version ArcSWAT utilisée est la version 2012 du modèle. L’interface de
l’extension avec l’outil ArcGIS est illustrée dans la figure suivante :

Fig. 33 : Interface de l’extension ArcSWAT2012

I.1 Relief
Le relief est défini par le modèle numérique du terrain qui décrit l’élévation dans chaque
point couvrant la zone d’étude par une résolution spécifique. Il permet de construire un
modèle conceptuel qui sert comme base de plusieurs études, notamment dans la modélisation
hydrologique.

Le modèle numérique du terrain est utilisé par le modèle SWAT, d’une part pour délimiter
le bassin, la discrétisation des sous-bassins ainsi que la génération du réseau hydrographique
d’autre part, pour déterminer certains paramètres du bassin tels que la pente et sa longueur qui
seront utilisés dans l’estimation du taux de sédiments livré par le bassin.

La représentation de relief choisie pour cette étude est celle de GDEM-ASTER (Global
Digital Elevation Model issu du capteur ASTER) qui est caractérisée par sa résolution spatiale
de 30 m, elle est largement utilisée dans la modélisation hydrologique des bassins versants
(Hirt et al., 2010).
Page|69
Le relief a été intégré dans le modèle SWAT sous forme d’un raster des élévations. Ce
dernier sera utilisé pour la délimitation des sous-bassins et la génération du cours d’eau en
utilisant l’algorithme D8 de Jenson et Domingue(1988). Le principe de fonctionnement de
l’algorithme D8 consiste à évaluer les pentes afin de créer une matrice des directions
d’écoulement, qui permet d’identifier les lieux de convergence de l’eau et donc d’en extraire
le réseau hydrographique (Arnold et al., 2012). Pour délimiter le bassin versant, on identifie
l'emplacement de l'exutoire. L'algorithme D8procède alors de l'amont vers l'aval, en incluant
les cellules qui convergent vers l'exutoire selon la matrice des directions d'écoulement.

Après l’intégration du modèle numérique du terrain, le bassin versant d’Oued Beht a été
discrétisé en 29 sous-bassins, chaque sous-bassin contient un bief principal et un exutoire
(Figure 34).

Page|70
Fig. 34 : Carte des sous-bassins du bassin versant d’Oued Beht engendrés par le modèle SWAT
Page|71
I.2 Unité de réponse hydrologique (HRU)
Une fois le réseau hydrographique déterminé et les limites du bassin versant extraites,
nous procédons ensuite à la construction des unités de réponse hydrologique (HRU), qui sont
elles-mêmes une discrétisation de chaque sous-bassin en petites unités. Ces HRUs présentent
une combinaison unique d’occupation du sol, de pratiques culturales, de types de sols et de
pente.

En fait, la génération de ces unités pour le bassin versant d’Oued Beht a nécessité
l’intégration de trois couches : une couche pédologique, une couche d’occupation du sol et
une couche des pentes.

I.2.1 Pédologie
Le sol est une composante fondamentale qui régit le fonctionnement du bilan hydrique au
niveau de chaque parcelle. En effet, les différents processus d’écoulement, d’infiltration, de
percolation et de transfert dépendent largement de la structure et du degré de saturation du sol
(Guillet, 1991). Ainsi, la connaissance de la nature de cette composante et de son état
hydrique constitue une information importante dans la compréhension et la modélisation du
fonctionnement hydrologique des bassins versants (Normand et al., 1996). Le sol également
joue un rôle très décisif dans la génération des processus d’érosion (Wishmeier et al., 1978).

La cartographie du sol est effectuée sur ArcMap en digitalisant la carte pédologique du


Maroc central produite par le département du milieu physique à Institut Nationale de la
Recherche Agronomique à l’échelle de 1 :500,000, à l’aide d’une dizaine des travaux
pédologiques effectuée entre 1964 et 1989. Cette carte pédologique a été publiée en 2001
(Figure 36-a).

Le modèle SWAT nécessite en plus de la cartographie du sol, une série des données
décrivant les caractéristiques physico-chimiques de chaque type du sol, telles que la texture, la
profondeur, la disponibilité d’eau dans le sol (AWC) et la conductivité hydraulique (Ksat),
etc. Pour cela on a utilisé la base de données du sol HWSD (Harmonized World Soil
Database) délivré par FAO (Food and Agriculture Organisation) et IIASA (International
Institute for Applied Systems Analysis). Cette base de données, est constituée d’une couche
cartographique numérique couplée à une table attributaire comportant les principales
caractéristiques de types du sol (Nachtergaele et Velthuizen, 2009).

Les attributs décrivant les caractéristiques de chaque type du sol requis par le modèle
SWAT sont illustrés dans le tableau suivant :
Page|72
Paramètre Unités Signification
SNAM - Nom du type de sol
NPLAYERS - Nombre de couches dans le sol
HYDGRP - Groupe hydrologique
SOL_ZMX mm Profondeur racinaire maximum du sol
ANION
EXCL fraction Fraction de la porosité pour laquelle les anions sont exclus
Volume des craquelures (potentiel au maximum) du sol en fraction du
SOL_CRK fraction volume total de sol
TEXTURE - Texture du sol
SOL_Z mm Profondeur de la couche (de la surface au fond de la couche)
SOL_BD g/cm3 Densité apparente humide
SOL_AWC mm/mm Disponibilité en eau de la couche
SOL_CBN % en masse Teneur en carbone organique
SOL_K mm/h Conductivité hydraulique à la saturation
CLAY % en masse Quantité de l'argile contenue dans la couche
SILT % en masse Quantité de limon contenue dans la couche
SAND % en masse Quantité de sable contenue dans la couche
ROCK % en masse Quantité de fragments rocheux contenus dans la couche
Nombre entre
SOL_ALB 0 et 1 Albédo du sol humide
Sans
USLE_K dimensions Facteur d'érodabilité du sol
SOL_EC dS/m Conductivité électrique du sol

Tab. 5 : Caractéristiques physico-chimiques du sol requises par SWAT

L’intégration de la carte des sols dans le modèle SWAT est effectuée en créant dans la
base de données du modèle SWAT vingt et un (21) nouveau type de sol faisant partie de la
carte pédologique de la zone d’étude. Les caractéristiques de ces sols ont été par la suite
intégrées dans la base de données du modèle en utilisant l’interface d’édition des sols illustrée
dans la figure 35 :

Fig. 35 : Interface d’ArcSWAT pour l’ajout des caractéristiques des sols

Page|73
I.2.2 Occupation du sol
L’occupation des sols, est une des éléments fondamentaux de la modélisation
hydrologique, elle joue un rôle déterminant dans le fonctionnement des processus
hydrologiques. Dans le modèle SWAT, l’occupation des sols est utilisée pour le découpage du
bassin en unités élémentaires, et également pour l’estimation du taux d’érosion, et
l’écoulement de surface.

L’acquisition de cette information a été effectuée principalement à partir des données


délivrées par la Direction Régionale des Eaux et Forêt du Nord-Ouest à Kenitra et complétée
par l’utilisation des techniques de la télédétection spatiale.

A. Production de la carte d’occupation des sols


Le processus de production de la carte d’occupation des sols, intègre la classification
d’une image satellite de la zone d’étude, et la manipulation du résultat de cette classification
pour extraire les différentes informations nécessaires pour être utilisées comme entrées du
modèle. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin d’un outil de traitement d’images, et
d’un outil SIG pour la manipulation et l’analyse des résultats.

 Outil utilisé

Dans ce travail on a utilisé la version 5.1 du logiciel ENVI (Environment for Vizualizing
Images) qui est une application de télédétection conçue pour des applications géo-spatiales. Il
vise principalement le traitement des données géo-spatiales matricielles et permet à
l'utilisateur de lire, visualiser et analyser des images numériques en particulier issues de la
télédétection. Le format utilisé par ENVI est un format raster brut associé à un fichier texte.
Ce dernier contient toutes les informations utiles au logiciel pour lire l’image : sa dimension,
sa résolution et sa projection.

 Les images utilisées

Il s’agit des images ASTER (Tableau 6) (Advanced Spaceborne Thermal Emission and
Reflection Radiometer) à haute résolution de 30m qui contiennent 11 bandes séparées
(Tableau6).Grâce à sa résolution spatiale élevée et son habilité à changer d'angle de vue,
ASTER peut fournir des images stéréoscopiques et des modèles numériques de terrain
détaillés (Yale, 2014).

Page|74
Bande Etiquette Longueur d’onde μm Résolution
B1 VNIR_Band1 0.52 - 0.60 15m
B2 VNIR_Band2 0.63 - 0.69 15m
B3 VNIR_Band3N 0.76 - 0.86 15m - Nadir view
B4 VNIR_Band3B 0.76 - 0.86 15m - Backward scan
B5 SWIR_Band4 1.60 - 1.70 30m
B6 SWIR_Band5 2.145 - 2.185 30m
B7 SWIR_Band6 2.185 - 2.225 30m
B8 SWIR_Band7 2.235 - 2.285 30m
B9 SWIR_Band8 2.295 - 2.365 30m
B10 SWIR_Band9 2.36 - 2.43 30m
B11 TIR_Band10 8.125 - 8.475 90m
B12 TIR_Band11 8.475 - 8.825 90m
B13 TIR_Band12 8.925 - 9.275 90m
B14 TIR_Band13 10.25 - 10.95 90m
B15 TIR_Band14 10.95 - 11.65 90m
Tab. 6 : Détails des bandes ASTER (Yale, 2014)

La première étape du traitement est le rassemblement de 11 bandes téléchargées


séparément en une seule image. Et la deuxième étape consiste le découpage et l’extraction de
la zone du bassin à partir de l’image pour faciliter tout traitement éventuel (Figure 36).

 Prétraitements des images

Pour le prétraitement des images on a procédé à deux corrections :

 Une correction géométrique qui sert à attribuer des coordonnés cartographiques


aux pixels de l’image pour lever les erreurs de localisation et les rendre
superposables à une autre image.

 Une correction atmosphérique qui sert à enlever les effets de l’atmosphère sur
l’image, et d’en extraire une information indépendante de ces effets (Kergomard,
2000).

Page|75
Fig. 36 : Images ASTER de la zone après le découpage (du 2003)
Page|76
 Classification

Les classifications permettent de regrouper les pixels en fonction de leur valeur


radiométriques. Le processus effectue une reconnaissance automatique des radiométries puis
les regroupe en un nombre de classes qui a été spécifié.

Il existe deux types de classification, la classification supervisée et la classification non-


supervisée. Dans ce travail on a appliqué sur les images traitées une classification supervisée
en utilisant la méthode du maximum de vraisemblance. Nous avions besoin de valider ces
résultats, et vérifier leur validité sur le terrain. En effet ces résultats ont été comparés aux
données de carte établie par la Direction Régionale des Eaux et forêts du Nord-Oued à Kenitra
(DREF, 2007) afin de vérifier et compléter celles générées par les images satellites.

La combinaison des cartes obtenue par le traitement des images satellites et ceux de la
(DREF, 2007) a abouti finalement à une carte d’occupation du sol (Figure 36-b), avec sept
classes : eau, forêts, terrains agricoles, matorral, parcours, sols dénudés et des zones urbaines.

B. L’intégration de la carte d’occupation du sol dans ArcSWAT


Lors de l’étape d’intégration de l’occupation du sol, on doit fournir au modèle la carte
d’occupation du sol ainsi qu’une table reprenant les différents types d’occupations du sol.
ARCSWAT possède sa propre liste d’occupations parmi lesquelles on a choisie celles
correspondant aux différentes classes présentes dans le bassin du Beht (Tableau 7).

Type d'occupation du sol Correspondance dans SWAT


Eau WATR
Zone Agricole AGRL
Parcours PAST
Sols dénudés SWRN
Forêts FRST
Matorral RNGB
Zone Urbaine URBN

Tab. 7 : Correspondance de l’occupation du sol dans le modèle SWAT

I.2.3 Pente
La couche des classes de pente (Figure 36-c) a été extraite du modèle numérique de terrain
en utilisant les outils de l’analyse spatiale sur ArcGIS. Les pentes du bassin ont été regroupées
en cinq classes suivantes :

Page|77
 Pente < 5%

 5% < Pente < 10%

 10% < Pente < 20%

 20% < Pente < 40%

 Et Pente > 40%

I.2.4 Découpage en unités de réponse hydrologique


Une fois que les couches de sol, d’occupation des sols et les pentes (Figure 37) ont été
intégrées au SWAT, l’ensemble du bassin a été discrétisé en 842 HRUs. Puisqu’on possède
des cartes à haute résolution spatiale de 30m, la génération des unités hydrologiques produit
des petites unités qui ne représentent aucun intérêt pour la modélisation, mais alourdissent
l’opération de calage. Afin de minimiser ces unités ayant des superficies très petites de
quelques pixels, on a adopté un seuil de 10 % pour les trois couches. Après ce raffinement le
nombre de HRUs est finalement fixé sur 394 HRUs.

Page|78
(a)Carte pédologique (b) Carte d’occupation du sol (c) Carte de classes de pente

Fig. 37 : Cartes thématiques permettant le découpage des unités de réponse hydrologique (HRUs).

Page|79
I.3 Données climatiques
Les données climatiques constituent la principale variable d’entrée des modèles
hydrologiques. Elles constituent également les composantes fondamentales du bilan hydrique
(Arnold, 2012). Les variables climatiques requises par le modèle SWAT sont le maximum et
le minimum de la température, les précipitations, la vitesse du vent, l’humidité relative et le
rayonnement solaire (Neisch, 2005). Ces données doivent être d’un pas du temps journaliers
durant la période d’étude.

A. Source des données climatiques


La zone d’étude n’est pas couverte par un réseau des stations climatiques dense. Cela nous
a imposé l’exploitation des données des stations avoisinantes (Meknès) et l’utilisation des
données satellitaires (CFSR : Climate Forecast System Reanalysis) d’une résolution de 38 km.
Les données de CFSR sont réalisées par le NCEP (National Centers for Environmental
Prediction). Fuka et al. (2013) ont utilisé la précipitation et la température de CFSR pour la
modélisation hydrologique dans cinq petits bassins versants par SWAT. Leurs résultats
suggèrent que l'utilisation de précipitations et de températures de CFSR pour prédire
l'écoulement sont plus intéressants voir meilleurs que les simulations utilisant des données
météorologiques traditionnellement observées.

Pour utiliser les données de CFSR. Nous avons tout abord essayé d’établir une
comparaison de données satellitaires et ceux observées dans la station de Meknès (Figure 38)
et ce pour les années 2010, 2011 et 2012. Les résultats de cette comparaison révèlent une très
bonne corrélation entre les deux types des données. En effet, le coefficient de corrélation et de
l’ordre de 0.81 pour 2010 et 0.83 en année 2011 et 0.84 en 2012.

Page|80
100 70
2010 2011

Precipitations observées (mm)


90
Précipitation observées (mm) 60
80
70 50
60 40
50
R² = 0.8141 30
40 R² = 0.8326
30 20
20
10
10
0 0
0 20 40 60 80 0 20 40 60
Précipitations de CFSR (mm) Précipitations de CFSR (mm)

70
2012
Précipitation observées (mm)

60

50

40

30
R² = 0.8424
20

10

0
0 20 40 60
Précipitation de CFSR (mm)

Fig. 38 : Corrélation entre les précipitations observées et celles de CFSR au niveau de la station
météorologique de Meknès

B. L’intégration des données climatiques


La station météorologique (CFSR) la plus proche au bassin versant Beht est situé Nord-
Ouest du bassin, de coordonnées X = 450056.8 m, Y= 364434.2 m avec une élévation de
203m.

L’implantation des données climatiques nécessite l’édition de deux fichiers par variable,
un fichier pour les coordonnées de la station et l’autre contient la variable en question et la
date de l’observation. Les variables d’entrée sont :

- Les précipitations journalières (mm) ;


- Les températures minimales et maximales journalières (°C) ;
- Le rayonnement solaire journalier (Mj/m2) ;
- La vitesse moyenne journalière du vent (m/s) ;
- L’humidité relative moyenne journalière (fraction).

Page|81
II. Simulation, Calage et validation

II.1 Simulation
Une fois les données sont intégrées dans le modèle (MNT, type de sol, type de couvert
végétal et le climat), celui-ci est donc prêt à la simulation. Il offre une boite de dialogue
contenant plusieurs options de simulation dont il propose trois pas du temps de simulation,
journalier, mensuel et annuel. Puisqu’on possède des mesures mensuelles des débits, on a
choisi un pas du temps mensuel afin de pouvoir comparer de manière correcte les simulations
avec les observations.

La période de simulation est définie sur 13 ans, elle se subdivise en :

 Une année « Warm-up » (Jan. à Déc. 2000) qui est recommandée afin d’optimiser
le calage, cette période a pour objectif de laisser le modèle faire son premier cycle
hydrologique complet ;

 Première période de validation (Jan. 2001 à Déc. 2003) ;

 Période de calibration (Jan. 2004 à Déc. 2009) ;

 Deuxième période de validation (Jan. 2010 à Déc. 2012).

Après l’exécution, le modèle a mis à notre disposition un fichier nommé « Output.dbf »


contenant tous les résultats de calcul sous forme de tableaux pour chaque sous-bassin durant
la période entière de simulation. Les résultats obtenus englobent plusieurs variables tels que
les débits d’entrée et de sortie, la concentration de la matière en suspension, la dégradation
spécifique des sols, l’évapotranspiration.

II.2 Procédure de calage du modèle SWAT


Pour que les résultats simulés du modèle soient fiables et réalistes, il faut les
comparer avec des données observées. Cette première comparaison présente toujours un
grand écart entre les donné simulées et observées d’où la nécessité d’ajuster certains
paramètres du modèle, il s’agit de la phase de calibration.

Cette phase indispensable dans la modélisation peut être effectuée, soit manuellement ou à
partir des algorithmes préprogrammés. Dans cette étude on a choisi d’appliquer les
algorithmes relatifs à ces processus, afin de minimiser le temps et augmenter la précision
d’optimisation. Il s’agit de l’outil SWAT-CUP (SWAT Calibration and Uncertainty

Page|82
Procedures) développé par Abbaspour (2007) qui propose une gamme de fonctions et
d’interfaces plus étendue et plus riches pour le paramétrage et le calage du modèle. Cet outil
intègre la version baptisée SUFI-2 développée par Abbaspour (2007), qui est une méthode
utilisée largement pour la calibration du modèle SWAT dans de grandes échelles. Elle
présente une facilité d’implantation et un nombre réduit de simulations nécessaires pour avoir
de meilleurs résultats (Yang et al. 2008). Cette méthode stochastique utilise l’échantillonnage
par Latin Hypercube pour discrétiser le domaine de variation des paramètres et définir leurs
valeurs optimales (Abbaspour et al., 2011).

Le fonctionnement de l’outil SWAT-CUP est basé sur l’utilisation des fichiers de sortie
générés dans l’étape d’exécution du modèle SWAT dans ArcSWAT (Abbaspour, 2011).

Fig. 39 : Interface de SWAT-CUP

Seule la calibration par SWAT des débits est réalisée dans cette étude puisque nous ne
disposons que des données de débits mensuels mesurées. En effet le modèle SWAT, est un
modèle semi-distribué à base physique, il contient une série de équations à paramètres. Ces
paramètres peuvent être mesurés comme ils peuvent être estimés.

Les principaux paramètres de calibration utilisés dans de nombreuses études pour le calage
des débits et leurs fourchettes de variation (Arnold et al., 2012), sont représentés dans le
tableau suivant:

Page|83
Paramétre Description Fourchette de variation
CN2.mgt Curve Number 35 – 98
SOL_AWC(..).sol L'eau disponible dans le sol (mm/mm) 0–1
ALPHA_BF.gw Coefficient de tarissement de la nappe 0–1
souterraine
GW_DELAY.gw Délai de recharge de l’aquifère (j) 0 – 365
GWQMN.gw Seuil de contribution de la nappe souterraine à 0 – 5000
l’écoulement en chenal, écoulement de base
(mm)
ESCO.hru Facteur sol d’évaporation du sol en fonction de 0–1
la profondeur
SOL_K(..).sol Conductivité hydraulique saturée (mm/h) 0 – 500
EPCO.hru Facteur végétal d’évaporation du sol en 0–1
fonction de la profondeur
SURLAG.bsn Le temps de réponse au ruissellement de 0 – 24
surface (j)
OV_N.hru Coefficient de Manning pour l'écoulement de 0 – 30
surface
GW_REVAP.gw Coefficient d’évaporation à partir de la nappe 0.02 – 0.2
souterraine
REVAPMN.gw Seuil d’évaporation à partir de la nappe 0 – 500
souterraine (mm)
RCHRG_DP.gw Coefficient de percolation vers la nappe 0–1
profonde
GDRAIN.mgt Le temps de réponse du drain souterrain (h) 0 – 100
TDRAIN.mgt Le temps requis pour drainer le sol à la capacité 0 – 72
au champ (h)
DEP_IMP.hru Profondeur de la couche imperméable mm 1000 – 7000
SOL_BD(..).sol La densité apparente du sol g/l 0.9 – 2.5
SOL_ALB(..).sol Albédo du sol humide 0 – 0.25
SLSUBBSN.hru La longueur moyenne de la pente du bassin (m) 10 – 150
SHALLST.gw Profondeur initiale de l'eau dans l'aquifère peu 0 – 1000
profond (mm)
CH_N2.rte Coefficient de Manning des chenaux principaux -0.01 – 0.3
CH_K2.rte Perméabilité des berges des chenaux principaux -0.01 – 500
(mm/h)
Tab. 8 : Paramètres de calage qui influent le débit (Arnold et al., 2012 ; modifié)

II.2.1 Analyse de sensibilité


L’analyse de sensibilité est une phase primordiale dans la modélisation hydrologique, son
objectif est de réduire le nombre de paramètres à inclure dans la calibration, ce qui a pour
effet de diminuer les efforts requis en calibration et d'augmenter les probabilités de converger
vers une combinaison performante. Elle consiste à estimer l’impact de la variation des
paramètres d’entrée sur les sorties du modèle. Plus la variation des sorties est grande, plus le

Page|84
paramètre a une influence importante (Satlelli et al., 2000). Elle permet ainsi d’alléger la
calibration en fixant les paramètres qui n’ont pas d’influence sur les sorties du modèle.

Il est nécessaire de mentionner l’existence de deux types d’analyse de sensibilité implantés


sur la méthode SUFI-2 : La méthode OAT (One at time) et La méthode Globale.

Après la définition des paramètres de calage qui influent le débit, on a procédé une analyse
de sensibilité Globale afin de réduire le nombre des paramètres à caler, en excluant ceux qui
n’ont aucune influence sur le phénomène étudié. L’analyse de sensibilité a permis de classer
les paramètres sensibles pour le modèle en ordre suivant leurs degrés d’influence. Parmi 22
paramètres, onze sont avérés influents.

Rang de sensibilité Paramètre Description


1 SOL_BD(..).sol La densité apparente du sol
2 CN2.mgt Curve Number
3 ESCO.hru Facteur sol d’évaporation du sol en fonction de la profondeur
4 SOL_AWC(..).sol L'eau disponible dans le sol
5 GW_DELAY.gw Délai de recharge de l’aquifère
6 EPCO.hru Facteur végétal d’évaporation du sol en fonction de la profondeur
7 CH_N2.rte Coefficient de Manning des chenaux principaux
8 ALPHA_BF.gw Coefficient de tarissement de la nappe souterraine
9 DEP_IMP.hru Profondeur de la couche imperméable
10 SURLAG.bsn Le temps de réponse au ruissellement de surface
11 REVAPMN.gw Seuil d’évaporation à partir de la nappe souterraine.

Tab. 9 : Classement des paramètres les plus sensibles au modèle (Hydrologie)

Parmi les onze paramètres qui influent le plus la modélisation hydrologique (Tableau 9),
on distingue la présence des paramètres liées aux :

Sol : La densité apparente du sol « SOL_BD » et la teneur en eau du sol « SOL_AWC.

Ecoulement de surface : Curve Number« CN2 », le temps de réponse au ruissellement de


surface « SURLAG» et le coefficient de rugosité de Manning «OV_N2».

Evaporation : Le facteur sol d’évaporation du sol en fonction de la profondeur « ESCO »


et le facteur végétal d’évaporation du sol en fonction de la profondeur « EPCO ».

Ecoulement souterrain : Le coefficient de tarissement de la nappe souterraine


« ALPHA_BF », le délai de recharge de l’aquifère « GW_DELAY »,la profondeur de la
couche imperméable « DEP_IMP » et le seuil de la hauteur d’eau minimal dans l’aquifère peu
profond nécessaire pour le démarrage du processus de Revap « REVAPMN ».

Page|85
II.2.2 Calage du modèle
Le calage consiste à comparer les sorties simulés par le modèle avec des données
d’observation. L’évaluation et l’adéquation entre les deux jeux de données (simulées et
observées) se fait à travers des indicateurs statistique comme le coefficient de Nash et le
pourcentage de BIAS (Arnold, 2012).

 Coefficient de Nash-Sutcliffe (NS)

Le coefficient de Nash-Sutcliffe (NS) est déterminé comme suit :

∑𝑛𝑖=1(𝑂𝑖 − 𝑆𝑖 )2
𝑁𝑆 = 1 − 𝑛 (14)
∑𝑖=1(𝑂𝑖 − 𝑂̅)2

Où :

 𝑂𝑖 : Les valeurs observées ;


 𝑆𝑖 : Les valeurs simulées ;
 𝑂̅ : La moyenne des valeurs observées ;
 n : Le nombre des observations.

Les valeurs de coefficient de Nash vont de-∞à 1, 1 étant la valeur optimale (Arnold,
2012).Sevat et Dezetter (1991) ont trouvé ce critère comme la meilleure fonction-objectif pour
un ajustement global d’un hydrographe.

 Pourcentage de bias

Le pourcentage de biais (PBIAS) est déterminé comme suit :

∑𝑛𝑖=1(𝑂𝑖 − 𝑆𝑖 ) ∗ 100
𝑃𝐵𝐼𝐴𝑆 = (15)
∑𝑛𝑖=1 𝑂𝑖

 𝑂𝑖 : Les valeurs observées ;


 𝑆𝑖 : Les valeurs simulées ;

Le pourcentage de BIAS mesure la tendance moyenne des données simulées à être


supérieures ou inférieures aux données observées. Une valeur optimale du pourcentage de
BIAS est nulle, elle indique une parfaite simulation du modèle. Un pourcentage de BIAS
positif indique une sous-estimation du modèle tandis qu’un pourcentage négatif démontre une
surestimation du modèle (Moriasi et al., 2007).

Page|86
Le calage du modèle n’est jamais parfait, il est toujours entaché d’une imprécision
associée à la complexité de la nature, et parfois à la structuration du modèle. En se basant sur
les critères statistiques obtenus jusqu’en 2007, Moriasi et al. (2007) ont pu établir une grille
d’évaluation de la performance mensuelle, récapitulée dans le tableau suivant :

Evaluation de la PBIAS
NS
performance Débit Sédiments N, P
Très bonne 0.75 < NS ≤ 1.00 PBIAS < ± 10 PBIAS < ± 15 PBIAS < ± 25
Bonne 0.65 < NS ≤ 0.75 ± 10 ≤ PBIAS < ± 15 ± 15 ≤ PBIAS < ± 30 ± 25 ≤ PBIAS < ± 40
Satisfaisante 0.50 < NS ≤ 0.65 ± 15 ≤ PBIAS < ± 25 ± 30 ≤ PBIAS < ± 55 ± 40 ≤ PBIAS < ± 70
Non satisfaisante NS ≤ 0.50 PBIAS ≥ ± 25 PBIAS ≥ ± 55 PBIAS ≥ ± 70

Tab. 10 : Critères d’évaluation de la performance du modèle recommandés pour un pas de


temps mensuel (Moriasi et al. 2007)

Après avoir déterminé les paramètres les plus sensibles au modèle SWAT, on a donc
procédé un calage semi-automatique basé sur des méthodes d’optimisation implanté sur
SUFI-2. Le calage semi-automatique suit la démarche suivante :

 Définir la fonction-objectif (Nash ou PBIAS) que la méthode de calage


optimisera ;

 Déterminer de la liste des paramètres à caler et ses fourchettes de variation qui


principalement doivent avoir une signification physique. les paramètres qui ne
font pas partie de cette liste sont fixés sur leurs valeurs initiales ;

 Lancer la première itération du calage qui contient un nombre large de


simulations supérieur à 500 ;

 Après la fin de la première itération, on a pu extraire les valeurs optimales et


les fourchettes de variation, ainsi que les valeurs de la fonction objective.

 Les résultats obtenus de la première itération n’était pas satisfaisante. On a


ajusté les paramètres d’entrées et relancer d’autres itérations jusqu’à
l’obtention des résultats acceptables.

Le calage du modèle au niveau de bassin versant d’Oued Beht est effectué sur une période
de six ans, qui débute le mois de janvier 2004 et se termine le mois de décembre 2009, avec
un pas du temps mensuel. Le point pris pour le calage est l’exutoire du bassin, étant donné
que les données observées qu’on possède sont les débits moyens mensuels de la station El
Kansera.

Page|87
Les valeurs optimales des paramètres calés sont illustrées dans le tableau suivant :

Paramètre Domaine de variation Valeur optimale


r__SOL_BD().sol -0.5 à 0.6 -0.21
r__CN2.mgt -0.2 à 0.2 0.12
v__ESCO.hru 0.8 à 1 0.86
r__SOL_AWC().sol -0.2 à 0.1 0.11
v__GW_DELAY.gw 30 à 450 631.26
r__EPCO.hru 0à1 0.88
v__CH_N2.rte 0 à 0.3 0.23
v__ALPHA_BF.gw 0à1 0.84
r__DEP_IMP.hru 0 à 6000 1593.66
r__SURLAG.bsn 0.05 à 24 8.00
v__REVAPMN.gw 0 à 10 9.53

Tab. 11 : Valeurs optimales des paramètres calibrés

*R : La valeur du paramètre sera multipliée par (1 + la valeur spécifiée par la méthode de


calage).

V : la valeur du paramètre sera remplacée par la valeur spécifiée par la méthode de calage.

Le calage du modèle a permis d’avoir de très bonnes performances au niveau des


indicateurs statistiques (𝑐𝑓 Chapitre V).

II.3 Validation du modèle


La phase de validation constitue l’étape la plus décisive quant à la simulation de la gestion
des ressources en eaux au niveau d’un bassin versant. Une fois la performance du modèle en
calage jugée satisfaisante comme c’est le cas dans nos résultats, on fait tourner le modèle avec
les paramètres optimaux issus du calage, pour une autre période appelée période de validation
(Arnold, 2012).

Cette étape a été effectuée sur ArcSWAT, on a donc remplacé les valeurs des paramètres
initiaux par ceux optimaux obtenus dans la phase de calage sur SWAT-CUP. Ce
remplacement se fait de manière manuelle dans les fichiers DBF (Database Files)
d’ArcSWAT. Par la suite, on a tourné le modèle pour deux périodes de validation :

- Une période sèche de durée trois ans, réalisée pour une période avant la calibration.
Elle débute au mois de janvier 2001 et s’achève au mois de décembre 2003 ;

- Une période humide de même durée effectuée après la calibration, soit entre
janvier 2010 et décembre 2012.
Page|88
Comme le calage la validation consiste également à comparer les sorties simulées avec les
données d’observations. L’évaluation des résultats de ces phases de validation doit être
principalement jugée à travers les indicateurs statistiques. En effet, ces derniers présentent des
valeurs différentes d’une validation à l’autre (𝑐𝑓 Chapitre V).

Conclusion

L’application du modèle SWAT sur le bassin versant d’Oued Beht nécessite la préparation
d’une banque de données spatiales renfermant le relief, la pédologie, l’occupation du sol et les
données climatiques.

Le modèle numérique de terrain utilisé est « GDEM-ASTER» caractérisé par sa résolution


spatiale de 30m. La carte des sols a été obtenue en digitalisant la carte pédologique du Maroc
centrale réalisé par (INRA, 2001). La carte d’occupation des sols est la combinaison des
informations documentaires de terrain et une classification supervisée appliquée sur des
images satellites de capteur ASTER. Les données climatiques utilisées sont issues des
réanalyses de CFSR.

La simulation des résultats a été faite sur une période de 13 ans. Une année d’initialisation
du modèle « Warm-up » (Jan. à Déc. 2000), une période de calibration (Jan. 2004 à Déc.
2009) et deux périodes de validation (Jan. 2001 à Déc. 2003) et (Jan. 2010 à Déc. 2012).

Le chapitre suivant décrit les sorties de la modélisation hydrologique et de l’érosion


hydrique sur le bassin versant de l’Oued Beht, il inclut également les interprétations des
résultats de modélisation et discute ainsi la performance du modèle SWAT sur la région.

Page|89
CHAPITRE VI : Résultats et discussions

Page|90
I. Résultats de la modélisation

I.1 Calage
Le calage du modèle est effectué sur une période de six ans (Jan-2004 à Déc-2009), par
l’outil SWAT-CUP en utilisant la méthode d’optimisation SUFI2. Le coefficient de Nash
obtenu est de l’ordre de 0.88et celui de détermination est de 0.88. Ces valeurs indiquent une
très bonne performance du modèle à la phase de calage selon les critères d’évaluation de la
performance du modèle recommandés pour un pas de temps mensuel (Moriasi et al. 2007).

Les débits mensuels observés et ceux simulés par le modèle à l’exutoire du bassin (Station
El Kansera) pour cette période de calibration, sont illustrés dans la figure 40. Cette dernière
montre que la simulation des débits est fidèle à la réalité.

100
y = 0.9121x + 1.1217
90
R² = 0.8813
80 NS=0.8795
Débits Simulés m3/s

70 PBIAS= -5.4429

60
50
40
30
20
10
0
0 20 40 60 80 100
Débits observés m3/s

Fig. 40 : Corrélation entre les débits observés et simulés en période du calage

Dans l’hydrogramme des débits observés et simulés de la période de calage (Figure 41),on
distingue une très bonne simulation pour la majorité des débits. Exemple pour l’année la plus
humide (2008-2009)le débit enregistré le mois de Février est de 100 m3/s, et celui simulé par
le modèle est de 90 m3/s. Par contre, le modèle a surestimé les débits au mois Février 2006 et
la période de Nov-2004 à Mars-2005. De manière générale, le modèle a surestimé les
simulations cumulés du calage par un excèdent de l’ordre de 105% comparativement aux
observations.

Page|91
120
Débits observés
100 Débits simulés

80
Debit m3/s

60

40

20

Fig. 41 : Hydrogramme débits observés et simulés de la période de calage (Jan. 2004 à


Déc.2009) à la station El Kansera

I.2 Validation
Les indices statistiques pour la première période de validation (Jan-2001 à Déc-2003) ont
montré des valeurs variant d’insatisfaisantes à très bonnes (Figure 42-a). A titre d’exemple, la
valeur du coefficient de détermination (0.81) montre une très bonne corrélation entre les
débits simulés et les débits observés. Le pourcentage de BIAS est négative (-35) ce qui
indique une surestimation des débits simulés par le modèle pendant cette période.

Quant à la deuxième période de validation (Jan-2010 à Déc-2012), les critères statistiques


montrent que le modèle a permis de reproduire les simulations d’une façon correcte. En effet,
la valeur de coefficient de détermination est de l’ordre de 0,9 et ceux de Nash et de PBIAS sont
respectivement de 0.74 et -14.06. Cela indique une très bonne performance du modèle dans cette
phase Selon Moriasi et al. (2007).

Page|92
70 160

60
(a) 140 (b)

Débits simulés m3/s


Débits simulés m3/s

120
50
100
40
y = 1.1718x + 1.2723 80 y = 1.2716x - 2.3737
30 R² = 0.8064 R² = 0.8997
NS = 0.5921 60 NS= 0.7433
20 PBIAS = -35.2924 PBIAS = -14.0630
40
10 20

0 0
0 20 40 60 0 50 100 150
Débits observés m3/s Débits observés m3/s

Fig. 42 : Corrélation entre les débits simulés et observés de validation


pour la 1er période (a) et la 2ème (b).

Ces critères statistiques utilisés pour déterminer la performance du modèle ont montré que
les débits observés au niveau de la deuxième période de la validation correspondent mieux à
ceux simulés. En ce qui concerne la première période de validation on note une surestimation
des débits simulés.

En effet, la première période de validation, qui est considérée comme une période sèche,
avec une moyenne de précipitation annuelle d’environ 518mm, a été surestimée par le modèle
de manière générale avec un excèdent évalué de 135% sur le cumul total de la période. Dans
la figure 43, on distingue que les pics des crues en Janvier 2001, Décembre 2001 et celle de
septembre 2002 sont exagérés par le modèle. Par contre la crue d’avril 2002 a connu une sous-
estimation.

Dans la deuxième période est considérée comme étant nettement plus humide avec une
moyenne annuelle des précipitations de l’ordre de 678mm. On note une juxtaposition des pics
de crues des mois de Septembre 2011 et Septembre 2012. Cependant, Le modèle continue à
surestimer les crues particulièrement celle de février 2010. On remarque que la crue de
novembre de la même année arrive trop tard engendrant un décalage de pics. Cette période
humide a montré un excédent moins important que celui de la première période de validation
(114%).

Globalement, le modèle SWAT a reproduit correctement les débits pour les deux périodes.
L’écoulement varie fortement en fonction des précipitations. Il en résulte alors que les
incertitudes aux pics des crues peuvent être liées d’une part à l’utilisation des données

Page|93
climatiques satellitaire (CFSR) au lieu des données climatiques journalières mesurées. Et
d’autre part à la complexité des composantes naturelles du bassin versant qui peuvent jouer un
rôle important dans la légère imperfection du modèle.

70

60
(a) Débits observés
Débits simulés
50
Débit m3/s

40

30

20

10

180

160
(b) Débits observés
Débits simulés
140

120
Débit m3/s

100

80

60

40

20

Fig. 43 : Hydrogramme des débits observés et simulés (a) : 1er période de la validation
(b) : la 2ème période de validation

II. Hydrologie

II.1 Bilan hydrique


Au niveau d’un bassin versant, le modèle SWAT calcule les différents termes du cycle de
l’eau selon l’équation du bilan hydrique. Il estime la part de l’évapotranspiration, du

Page|94
ruissellement, de l’infiltration et du stockage dans le sol à partir des entrées constituées
essentiellement des précipitations (Neitsch et al., 2005). Ce bilan peut être établi pour les
différentes entités spatiales (HRUs, sous-bassins et bassin) ainsi que pour les différentes
résolutions temporelles (mensuelle, saisonnière ou annuelle). La figure 43, montre les
principales composantes hydrologiques simulées par le modèle SWAT pendant toute la
période de simulation.

Sur l'ensemble du bassin versant, la précipitation moyenne annuelle durant la période


d’étude est de l’ordre de 538mm, dont 80% est éliminée par l’évapotranspiration (431mm)
(Figure 43). Le ruissellement de surface est d’environ 37 mm soit un pourcentage de 7% de la
précipitation. Quant à l’écoulement total dans la rivière il est de l’ordre de 90 mm. Ceci peut
être expliqué essentiellement par une alimentation à partir des écoulements latéraux (44.7
mm) et non pas une alimentation à partir de la nappe compte tenu de la présence d’un substrat
peu perméable dans le bassin versant (Hazan et Lazarevitch, 1967). En effet, la valeur de la
percolation est de 14.7 mm soit un pourcentage de l’ordre de 3%.

Précipitation (mm) 438.4


Evapotranspiration (mm) 431.5
Evap. Potentiel (mm) 1434.1
Ruissellement (mm) 37.2
Débit de subsurface (mm) 44.7
Débit de base (mm) 7.0
Ecoulement total (mm) 90.0
Percolation vers la nappe libre (mm) 14.7
Tab. 12 : Bilan hydrique généré par le modèle SWAT durant les périodes d’études

 Variation mensuelle du bilan hydrique

La variation mensuelle des composantes du cycle hydrologique, selon l’estimation du


modèle, est caractérisée par deux périodes. La première période allant d’Octobre à Mars où
les précipitations sont importantes, ce qui génère des ruissellements importants de surface. La
deuxième période allant d’Avril jusqu’à Aout où l’évapotranspiration est prédominante. Les
ruissellements de surface disparaissent pendant cette saison. En effet, la lame d’eau évaporée
dépasse celle précipitée (Figure 44).

Page|95
90
Precipitation (mm) Ruissellement (mm) Evapotranspiration (mm)
80

70
La lame simulé (mm)

60

50

40

30

20

10

0
Sep Oct Nov Dec Jan Feb Mar Apr May Jun Jul Aug

Fig. 44 : Bilan hydrique mensuel de la zone d’étude

 Variation interannuelle du bilan hydrique

L’évolution annuelle du bilan hydrique du bassin (Figure 45) présente la fluctuation des
précipitations, de l’évapotranspiration et de l’écoulement total. Cette variation est caractérisée
par des précipitations irrégulières d’une année à l’autre. Elles fluctuent autour d’une moyenne
annuelle de l’ordre de 538mm. L’évapotranspiration et l’écoulement total sont respectivement
de l’ordre de 431mm et 90 mm. Cependant il existe une année exceptionnelle pendant laquelle
la lame d’eau précipitée dépasse 1000mm, c’est le cas de l’année 2010. Cette dernière a connu
également des valeurs très importantes des autres composantes hydrologiques telles que
l’écoulement qui dépasse les 315 mm et l’évapotranspiration qui atteint la valeur de 607 mm.

Page|96
1200
Précipitation (mm)
1000
Evapotranspiration (mm)
La lame simulée (mm)

800 Ecoulement total (mm)

600

400

200

0
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

Fig. 45 : Bilan hydrique annuel de la zone d’étude (SWAT)

 Variation spatiale des composantes du bilan hydrique

La spatialisation des termes du bilan sur le bassin versant revêt une importance particulière
et constitue un résultat prometteur pour la gestion des ressources en eau des bassins versants.
Dans ce but plusieurs cartes ont été réalisées :

 Carte d’évapotranspiration annuelle

Il est nécessaire de déterminer dans quelle partie l’évaporation et la transpiration ont lieu
dans le bassin versant car l’évaporation est considérée comme une perte des eaux. La figure
46a montre la répartition spatiale du taux moyen d’évapotranspiration annuelle, pour la
période 2000 – 2012, qui est la somme de la quantité d’eau transpiré par les plantes et l’eau
évaporée du sol. La plus grande quantité d’évapotranspiration (de 450 mm à 460 mm) est
rencontrée dans les hautes altitudes des régions montagneuses au Sud-Ouest. Alors que ce
sont les zones à faibles couvert végétal ou dénudées du Sud-Est qui présentent un faible taux
d’évapotranspiration (390 mm).

Page|97
(a) : Evapotranspiration (b) : Percolation (c) : Ecoulement total

Fig. 46 : Cartes de la répartition spatiales des termes du bilan hydrique

Page|98
 Carte de la recharge annuelle de la nappe

La recharge des eaux souterraines dépend des précipitations, de l’occupation du sol, du


type du sol, de la nature lithologique et du relief.

La moyenne de la recharge annuelle des eaux souterraines dans le bassin versant d’Oued
Beht (phréatique et profonde) illustrée dans la figure 46-b, révèle que la percolation la plus
importante (entre 30 et 45 mm) est située dans la partie du causse moyen atlasique du bassin.
Dans cette zone le substratum est de nature calcaire (de nature karstique). Dans la partie Sud-
Est du bassin, constituée essentiellement de schistes, la percolation n’est que de 10 à 15 mm.

 Carte des apports d’eau annuels

Ce sont les eaux latérales, de base, et ruisselées qui constituent une source d’eau
d’écoulement total. La figure 46-c montre que c’est la partie Sud-Est du bassin versant qui
présente la plus grande réserve d’eau. En effet, cette zone est située sur un substratum
schisteux, et est caractérisée également par le plus faible taux de percolation et
d’évapotranspiration (Figure 46-a et 46-b). Elle est le lieu de rencontre de deux grands
affluents (Oueds Tigrigra et Ifrane). Dans la majeure partie du Nord et du Sud-Ouest du
bassin, la réserve en eau est plus faible, car l’évapotranspiration et la percolation y sont très
importantes.

La figure 47 montre la contribution de l’occupation du sol dans les phénomènes de


drainage et de ruissellement dans le bassin versant d’Oued Beht. Elle révèle que le
ruissellement est plus important que l’écoulement latéral dans les zones agricoles et les
parcours. Alors que dans les zones forestières et matorrals c’est l’écoulement de sub-surface
qui domine par rapport aux ruissellements. Dans les zones dénudées situées généralement sur
surface de faible relief, le taux de ruissellement et de drainage sont presque identiques.

Sols dénudés

Matorrals

Parcours

Forêts

Zones agricoles

0 20 40 60 80 100 120 140


Drainage (mm) Lame simulée (mm)
Ruissellement (mm)

Fig. 47 : Contribution de chaque type d’occupation du sol dans le drainage et le ruissellement


Page|99
II.2 Apports en eaux au barrage
Dans cette étude l’intérêt a été porté sur l’estimation des apports en eau dans le bassin. Ces
apports sont générés par le modèle SWAT à partir d’écoulements produits par les différentes
HRUs du bassin versant (Neitsch et al., 2005).

La corrélation entre les apports simulés par SWAT et observés au niveau du barrage El
Kansera, illustrée par la figure 48, révèle une bonne performance du modèle. En effet cette
corrélation présente un coefficient de Nash de 0.73 et un coefficient de détermination de 0.83.
Cette performance est due au fait que le modèle a été calibré par rapport à la station El
Kansera.

450
y = 1.0999x + 0.9173
400 R² = 0.8265
NS= 0..7306
Apports simulés (Mm3)

350
PBIAS = -7.4997
300
250
200
150
100
50
0
0 100 200 300 400
Apports observés (Mm3)

Fig. 48 : Corrélation entre les apports simulés et observés

Durant la période 2000-2012 le barrage El Kansera a retenu un apport mesuré de l’ordre


de 3945 Mm3 alors que le modèle a estimé un apport d’environ 4471 Mm3, ce qui représente
une surestimation d’environ de 13%.

La figure 49 illustre les apports moyens annuels mesuré et ceux simulé par SWAT, avec
une moyenne interannuelle des apports mesurés et estimés respectivement de 328.7 Mm3 et
372.6 Mm3. L’année 2010 a été remarquablement surestimée, par contre l’année 2009 a été
sous-estimée par le modèle.

Dans le barrage les apports annuels en eaux sont généralement de l’ordre de 200 à 400
Mm3. Les deux années 2007 et 2010 sont exceptionnelles. La première (2007) est une année
déficitaire de plus 28%. La deuxième (2010) est excédentaire de plus de 180%.

Page|100
1600

1400 Apports mésurés Mm3

Apports simulés Mm3


Apports annuels (Mm3)

1200

1000

800

600

400

200

0
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012

Fig. 49 : Apports en eau au barrage El Kansera

III. Erosion et transports des sédiments

III.1 Bilan d’érosion dans le bassin versant d’Oued Beht


Le modèle SWAT simule l’érosion au niveau du bassin versant en utilisant la méthode de
MUSLE qui combine un ensemble de facteurs : le ruissellement, le type de sol, l’occupation
du sol, la topographie et les pratiques de gestion des terres. Cette méthode permet d’apporter
une estimation des particules des sols susceptibles d’être arrachées et livrées aux cours d’eau
et de spatialiser les zones les plus sensibles à l’érosion (Kharchaf, 2013). L’équation de
MUSLE est basée essentiellement sur le ruissellement qui est considéré comme l’élément le
plus érosif.

Le modèle SWAT peut ainsi estimer la quantité de sédiments érodées et transportées vers
le réseau hydrographique au niveau de chaque unité spatiale (Neitsch et al., 2005).

La quantité des sédiments livrés par les différentes unités spatiales du bassin versant
d’Oued Beht varie entre 1.06 et 14.2 t/ha/an, avec un taux moyen de l’ordre de 6.44 t/ha/an
(Figure 50). Une étude menée par la Direction Régionale des Eaux et Forêt du Nord-Ouest à
Kenitra, dans le but d’analyser les problèmes d’érosion et d’identifier les zones à grand risque
d’érosion, montre un taux moyen d’érosion de 6.02 t/ha/an (DREF, 2007). Cette valeur est
proche de la valeur estimée par le modèle SWAT. Ce taux est très élevé et indique que le
bassin versant d’Oued Beht présente différentes zones où l’érosion hydrique est très
importante.

Page|101
Fig. 50 : Carte de la répartition spatiale du taux d’érosion par sous-bassin
Page|102
La figure 50 montre une répartition spatiale de la dégradation spécifique dans chaque
sous-bassin de la zone d’étude. Cette répartition nous a permis d’identifier les zones où les
pertes de sols sont très élevées. Cette dégradation est en fait étroitement liée aux propriétés
physiques du bassin. Elle peut atteindre des valeurs maximales (plus de 12 t/ha/an) en amont
du bassin, particulièrement au niveau des sous-bassins SBV26 et SBV 27 qui sont caractérisés
par des terrains nus et de hautes altitudes. Elle est importante et est de l’ordre de 8 à 12 t/ha/an
d’une part au milieu du bassin où les terrains nus prédominent et d’une autre part, en aval du
bassin où sur les formations marneuses se développent une activité agricole très intense. Par
contre les valeurs minimales de la dégradation spécifique (1 à 5 t/ha/an) caractérisent la rive
gauche de la vallée de Beht en aval du bassin versant ainsi qu’à son extrémité Sud. Ces deux
zones sont couvertes par des forêts ce qui réduit le taux d’érosion.

 Contribution de chaque sous-bassin dans d’érosion

La figure 51 représente la comparaison entre la superficie de chaque sous-bassin et sa


contribution dans l’érosion. Elle donne en effet, la quantité de sédiments érodée au niveau de
chaque sous bassin puis transportée vers le réseau hydrographique. Le sous bassin versant 24,
dont la superficie est de 545 km2, livre une quantité très importante de l’ordre de 4.6 105
tonnes/an, correspondant à une contribution de 16%. Bien que le sous bassin 27 présente une
dégradation spécifique très élevée de 14.2 t/ha/an, sa contribution ne dépasse pas 6.2 %, vu
que sa superficie n’est que de 128 km2. Ceci dit il existe des sous-bassins dont la superficie est
importante mais engendre un faible tonnage de sédiments, c’est le cas des sous-bassins
versants 2, 28, 29. Alors que d’autres bassins (3, 26 et 27) dont la taille est faible cependant ils
délivrent un apport solide très important. En effet ce sont les caractéristiques physiques
(occupation des sols, type des sols, pente, précipitation...) qui régissent la contribution de
chaque sous-bassin.

Généralement, la quantité totale d’érosion délivrée vers le réseau hydrographique est


d’environ de 2.92 106 tonnes/an. Cette valeur s’avère très proche de celle trouvée par la DREF
(2007) qui est de l’ordre de 2.65 106 tonnes/an.

Page|103
15.9%
5 600

4.5 Erosion (10^5 tonne/an)

Surface (Km2) 500


4

3.5
Erosion (105 tonne/an)

400

7.3%
3

Surface km2
7.9%

7.6%
2.5 300

6.2%
5.1%

5.7%
2

5.0%

5.1%
4.2%

2.0%
200
3.7%
3.1%

1.9%

2.3%
1.5

0.9%
3.4%

2.7%
2.4%

0.7%

0.6%
1
1.0%

0.0%
1.5%

1.2%
0.1%
0.8%

100
0.7%

1.2%
0.5

0 0

Fig. 51 : Contribution de chaque sous-bassin de l’Oued Beht dans l’érosion

 Contribution de chaque type d’occupation du sol dans l’érosion

La présence d’un couvert végétal dense réduit le taux d’érosion. En effet la densité du
feuillage brise l’énergie cinétique des gouttes de pluies et retarde l’érosion du sol (Rey et al,
2004). De même, le contact des courants de ruissellement avec les tiges et les racines
réduisent la vitesse et la capacité érosive de l’écoulement.

Les résultats obtenus à partir de cette modélisation (Figure 52), ont montré que les terrains
couverts par les forêts et les matorrals sont les moins touchés par l’érosion. Moins de 5 103
tonnes/an des sédiments sont transportés vers le réseau hydrographique pour les forêts, soit
une contribution de 0.2%, bien que ces terrains occupent plus de 21% de la superficie totale
du bassin. Par contre, les sols nus contribuent par le taux le plus élevé (44.5%) des sédiments
transportés dans le bassin. Ces sols occupent plus de 23 % de la superficie du bassin versant.
Les parcours et les zones agricoles contribuent d’une manière significative dans les apports
solides, ils délivrent respectivement 9 105 et 6.8 105 tonnes/an.

Page|104
Fig. 52 : Contribution de chaque type d’occupation du sol dans l’érosion

III.2 Apports en sédiments au barrage


Les éléments mobilisés, qui représentent l’essentiel du flux alluvial, sont exportés
essentiellement vers le barrage. Les résultats de simulations de la quantité de transports
solides pour la période 2001-2012 sont illustrés dans Le tableau 54. Pour cette période le taux
d’envasement de la retenue du barrage a été estimé par le modèle à 1.72 Mm3/an. Cette valeur
s’avère très proche des levés bathymétriques réalisés au niveau du barrage El Kansera qui ont
évalué le taux d’envasement moyen annuel d’environ de 1,57 Mm3/an.

La figure 53 présente la variation des apports mensuels en sédiments dans le barrage


durant la période d’étude. Cette variation montre que la grande partie des sédiments arrive à la
retenue pendant les périodes humides spécifiquement durant les crues.

Page|105
6000

5000
Apport en sédiments (103 t)

4000

3000

2000

1000

Fig. 53 : Apport mensuel en sédiments au barrage El Kansera durant la période d’étude

A l’échelle annuelle l’apport moyen en sédiments est estimé à 2.59 106 tonnes/an ce qui
engendre un envasement moyen annuel d’environ de 1.72 Mm3. Le maximum d’apport en
sédiments au bassin a été enregistré durant l’année 2010 (15.36 106 tonnes) induisant ainsi un
envasement de 10.24 Mm3 (Tableau 13).

Année 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 Moy
Apport en
sédiments au 1.21 2.01 2.10 0.08 0.19 1.26 0.06 1.85 3.33 15.36 2.40 1.28 2.59
barrage 106 t
Envasement du
0.80 1.34 1.40 0.05 0.13 0.84 0.04 1.24 2.22 10.24 1.60 0.85 1.73
barrage Mm3

Tab. 13 : Apport annuel en sédiments et envasements du barrage El Kansera

La figure 54 illustre la variation des apports en sédiments en fonction du ruissellement


d’une part et de précipitation d’une autre part. Les apports en sédiments au barrage varient
significativement avec les précipitations (R2=0.87). Cependant, ces apports sont beaucoup
plus sensibles à la variation du ruissellement (R2= 0.97). Ceci est principalement lié à
l’équation universelle de perte des sols modifiée (MUSLE) utilisée par le modèle SWAT, qui
fait appel au ruissellement au lieu de la précipitation.

Page|106
18000

16000 y = 73.029x - 120.4


R² = 0.98
14000 y = 19.437x - 7871.2
Apport en sédiments (103 t)

R² = 0.87
12000

10000

8000

6000

4000
Précipitation (mm)
2000
Ruisselement (mm)
0
0 200 400 600 800 1000 1200
Précipitation (mm) - Ruissellement (mm)

Fig. 54 : Corrélations entre l’apport en sédiments au barrage et les précipitations, le


ruissellement.

Il faut signaler que les valeurs d’envasement estimées par le modèle restent un ordre de
grandeur du fait que le modèle n’a pas été calibré pour la partie des sédiments (MES). Le
calage s’est basé principalement dans ce cas sur les données hydrologiques (Précipitation,
température, humidité, débit etc.) et l’utilisation des valeurs universelles des paramètres liés
aux sédiments. La quantification de l’érosion hydrique au niveau du réseau hydrographique et
des retenues des barrages reste un problème crucial qui ne peut être résolu que par la
disponibilité des mesures de débits solides.

Page|107
Conclusion générale

L’objectif de ce travail de recherche était l’application et le test de la modélisation


spatialisée comme outil de gestion de simulation du fonctionnement des ressources en eau au
niveau des bassins versants. Le modèle utilisé (SWAT) a été calibré avec succès sur le bassin
versant d’Oued Beht. Il a reproduit donc le bilan hydrologique et de l’érosion au niveau des
différentes entités de la zone et d’évaluer les apports en eau et en sédiments au barrage El-
Kansera. Ces résultats ont été obtenus à l’issue d’une longue étape de préparation et
structuration des données à une échelle spatio-temporelle à l’aide des techniques de la
télédétection et de système d’information géographique (SIG). En plus d’une étape de calage
et de la validation du modèle qui a été réalisée sur le bassin versant d’Oued Beht.

Les différents chapitres de ce rapport peuvent être synthétisés en trois parties :

La première partie a été consacrée à l’exposé d’un aperçu sur les méthodes et les concepts
liés à la modélisation des bassins versants. Ainsi qu’une étude d’art sur les méthodes et les
techniques utilisées pour la modélisation hydrologique et de l’érosion au niveau des hydro-
systèmes. Une présentation du modèle SWAT et ses bases de fonctionnements pour la
simulation des différents processus des bassins versants d’une manière spatialisée.

La deuxième partie a été consacrée à la présentation du bassin versant de l’Oued Beht


selon plusieurs thématiques. L’objectif est de cerner les différentes propriétés physiques et
morphologiques de l’espace étudié afin de faciliter sa modélisation par SWAT.

La troisième partie a été consacrée à la préparation et la structuration des données à une


échelle spatio-temporelle. La modèle SWAT exige une gamme de données sur le relief, le sol
et l’occupation du sol ainsi que des données hydro-climatiques s’échelonnant sur la période
d’étude d’un pas du temps journalier. La spatialisation du domaine en unités élémentaires
(HRU) a été élaborée par le modèle à l’aide des données du relief, du sol et d’occupation du
sol. La démarche du calage et de la validation du modèle est effectuée grâce à l’outil SWAT-
CUP dont un grand effort a été déployé pour la réalisation de cette importante phase. Une
analyse de sensibilité a été menée afin d’identifier les paramètres les plus influents et auxquels
une attention particulière doit être apportée.

Le calage du modèle sur une période de six ans (Jan-2004 à Déc-2009) a permis d’avoir un
coefficient de Nash de 0.88 et celui de détermination est de 0.88. Ces valeurs indiquent une
très bonne performance du modèle à la phase de calage. En effet, la simulation des débits
durant cette période est proche de la réalité. Elle présente un excédent de l’ordre de 105%.
Page|108
En ce qui concerne les périodes de validation, les critères statistiques utilisés pour
déterminer la performance du modèle ont montré que les débits observés au niveau de la
deuxième période de la validation (Jan-2010 à Déc-2012) correspondent mieux à ceux
simulés. Quant à la première période de validation (Jan-2001 à Déc-2003) on note une
surestimation des débits simulés.

Les faibles variations enregistrées entre les débits simulés et observés peuvent être liées
d’une part à l’utilisation des données climatiques satellitaire (CFSR) au lieu des données
climatiques journalières mesurées. Et d’autre part à la complexité des composantes naturelles
du bassin versant qui peuvent jouer un rôle important dans la légère imperfection du modèle.

Parmi les composantes du bilan hydrique, c’est l’évapotranspiration qui est prédominante.
En effet 80% de la précipitation annuelle est évaporée. Le ruissellement de surface n’est que
37 mm alors que l’écoulement total dans la rivière est de 90 mm. Ceci peut être expliqué
essentiellement par une alimentation à partir des écoulements latéraux (44.7 mm) et non pas
une alimentation à partir de la nappe compte tenu de la présence d’un substrat peu perméable
dans le bassin versant.

L’apport total en eau dans le barrage, durant la période d’étude, est estimé par le modèle à
4471 Mm3alors que l’apport mesuré est de 3945 Mm3. Ce qui représente une surestimation
d’environ de 13%.

La quantité des sédiments livrés par les différentes unités spatiales du bassin versant
d’Oued Beht varie entre 1.06 et 14.2 t/ha/an, avec un taux moyen de l’ordre de 6.44 t/ha/an.

La dégradation spécifique peut atteindre des valeurs maximales (plus de 12 t/ha/an) en


amont du bassin, particulièrement au niveau des sous-bassins SBV26 et SBV 27 qui sont
caractérisés par des terrains nus et de hautes altitudes. La présence d’un couvert végétal dense
peut réduire ce taux. En effet, les résultats obtenus à partir cette modélisation, ont montré que
les terrains couverts par les forêts et les matorrals sont les moins touchés par l’érosion.

Le taux d’envasement de la retenue du barrage a été estimé par le modèle à 1.72 Mm 3/an.
Cette valeur est proche des levés bathymétriques réalisés au niveau du barrage El Kansera
(1,57 Mm3/an).

Il faut noter que la grande difficulté rencontrée dans la mise en œuvre de cette démarche
de modélisation à approche spatialisée est le problème de manque de données. En effet, les

Page|109
données exigées par la modélisation spatialisée doivent être bien réparties dans l’espace et
dans le temps.

L’ensemble des résultats obtenus montre la nécessité absolue de disposer de longue série
de données d’entrée (précipitation, température, humidité etc.) et de sortie (débits, matière en
suspension). Les données d’entrée sont obtenues grâce aux nouvelles technologies
d’information et en particulier à la télédétection et aux bases de données internationales ce qui
a permis le calage de la phase hydrologique du modèle. La phase d’érosion n’a pas été
calibrée à cause du manque de données de mesure de matière en suspension.

Au terme de ce travail et afin de perfectionner une meilleure modélisation avec SWAT,


nous formulons les perspectives suivantes :

D’une part, cette étude peut être améliorée par la disponibilité d’une carte d’occupation
des sols bien détaillée comprenant les types de cultures, et d’une carte pédologique contenant
tous les paramètres dont SWAT a besoin, ce qui permettra de s’approcher beaucoup à la
réalité.

Ainsi, la disponibilité des mesures sur le transport des solides permet de mieux caler le
modèle, surtout donner plus de fiabilité au taux d’érosion annuel.

Dans le présent modèle, on aurait pu avoir une simulation parfaite si on a intégré plus de
stations météorologiques couvrant tout le bassin. C’est ce qui a principalement causé le
décalage entre le débit simulé et observé surtout dans la phase de validation.

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