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2ième édition

Compilé par
Abou Chou’ayb, Mouhammad M. Harouna
Réparation de la prière

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Réparation de la prière

telle qu’enseignée par le Messager et expliquée par les savants

Compilé par

Abou Chou’ayb, Mouhammad M. Harouna

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Réparation de la prière

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Réparation de la prière

Table des matières


Table des matières ..................................................................................... 5
Avertissement ............................................................................................ 7
Introduction ................................................................................................ 9
I. Définition et statut juridique .............................................................. 11
1. Définition .......................................................................................... 11
2. Statut juridique ................................................................................. 11
II. Les différentes parties de la prière ................................................... 14
1. Les conditions .................................................................................. 14
2. Les piliers .......................................................................................... 16
3. Les obligations .................................................................................. 19
4. Les actes méritoires.......................................................................... 21
III. Les réparations ................................................................................... 22
1. La réparation de l’ajout ................................................................... 22
1ère figure : Ajouter un acte dans la prière .................................... 22
2ième figure : Lancer le salam avant de finir la prière .................. 22
2. La réparation de la diminution ...................................................... 26
1ère figure : Lorsqu’on oublie une condition ................................. 26
2ième figure : Lorsqu’on oublie un pilier ........................................ 27
3ième figure : Lorsqu’on oublie une obligation .............................. 30
4ième figure : Lorsqu’on oublie un acte méritoire ......................... 31
3. La correction en cas de doute ......................................................... 31

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Réparation de la prière
1ière figure : Le doute avec prééminence d’un avis ...................... 32
2ième figure : Le doute sans prééminence d’un avis ..................... 33
IV. Résumé ................................................................................................ 36
V. Questions & Réponses ....................................................................... 39
a. Questions diverses ........................................................................... 39
b. Questions relatives à la prière en groupe ..................................... 43
Conclusion ................................................................................................ 47
Bibliographie ............................................................................................ 49
Lexique ...................................................................................................... 51

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Réparation de la prière

Avertissement
Environ deux ans après sa première parution, ce livre est à présent à
sa deuxième édition par la grâce d’Allah. Nous nous sommes
attelé autant que faire se peut pour le maintenir dans sa simplicité,
sa concision et son accessibilité à tous les niveaux et tous les esprits.
Nous y avons certes apporté quelques ajouts pour le rendre encore
plus bénéfique, plus scientifique et plus conforme au Qour’âne, à la
Sounna et à la voie de nos prédécesseurs et savants, mais nous
avons aussi fait fi de certaines choses que nous aurions pu insérer,
afin de ne pas alourdir le livre et le rendre inextricable pour certains
de nos frères et sœurs.
Et comme dans la première édition, nous nous sommes efforcés de
citer les références et sources de tous les textes, que ce soit les
versets, les hadiths ou les propos des savants. Cela est fait dans
l’objectif de rendre crédible le contenu, rassurer le lecteur et lui
donner la possibilité de faire d’éventuelles recherches sur les
différents sujets. C’est la méthodologie qu’Allah et son
Messager nous ont ordonnée de suivre en matière de religion, et
nous espérons de tous les frères qui sont souvent appelés à prendre
la parole ou la plume au nom de l’islam qu’ils la suivront, car c’est
la seule et unique voie pour parvenir à l’union des musulmans dont
tout le monde se proclame être le promoteur, à tort ou à raison.
En dernier lieu, nous précisons aux lecteurs que cette deuxième
édition a raison sur la première à tout point où ils constateraient
une différence.

Ouagadougou, Joumada Thâni 1434H / Avril 2013


Le compilateur

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Réparation de la prière

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Réparation de la prière

Introduction
Louanges à Allah, Seigneur de l’univers, l’Unique dans Sa
seigneurie, Son adoration et Ses attributs ; nous Le glorifions pour
Ses bienfaits latents et manifestes.
Que la paix et la bénédiction soient sur l’Imam des Prophètes,
Mouhammad, qui a été envoyé à toute l’humanité à une période
où cette dernière gisait dans les ténèbres de la perdition, de
l’ignorance et du paganisme, afin qu’il soit une miséricorde pour
elle. Compatissant envers les musulmans et soucieux de leur
devenir, ce Messager nous a laissé sur une voie claire de jour
comme de nuit, dont nul ne s’égare hormis celui dont le cœur est
aveuglé.
Chers frères et sœurs en islam,
Ayant constaté un désir ardent de cette nouvelle génération
d’apprendre davantage sa religion, nous avons trouvé qu’il lui
serait d’une grande utilité que nous compilions ce petit recueil
traitant l’une des questions se rapportant à la prière dont aucun
musulman ne saurait s’en passer : il s’agit de la «Réparation des
erreurs commises par oubli dans la prière» encore appelée dans les
cercles de science et chez les jurisconsultes «Prosternations de
l’oubli».
Le choix de ce thème n’est bien sûr pas fortuit. En effet, il semble
être l’un des problèmes et interrogations qu’ont en commun un
nombre non négligeable de musulmans, mais en dépit de cela, il
tarde et peine à trouver une réponse satisfaisante et claire, basée sur
les arguments tirés du Qour’âne et de la Sounna, à cause du petit
nombre d’œuvres et d’articles qui lui sont consacrés.
Ainsi, par cette modeste compilation, nous espérons délier nos

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Réparation de la prière
frères et sœurs d’un des jougs de l’ignorance, sans bien sûr la
prétention d’avoir réalisé un écrit exhaustif et dénudé de tout
défaut.
Tout en augurant la récompense d’Allah, nous Lui demandons de
nous agréer et de faire de ce timide effort une cause d’entrée au
Paradis pour l’auteur, ses parents, ses enseignants, le lecteur et pour
tous ceux qui ont contribué d’une manière ou d’une autre à sa
réalisation.
Âmîne !!!

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Réparation de la prière

I. Définition et statut juridique


1. Définition
La prosternation de l’oubli désigne les deux prosternations que l’on
fait avant ou après le salut final selon la nature de l’erreur commise.
Comme son nom l’indique, elle n’est légale qu’en cas d’oubli ; donc
dans le cas où l’on délaisserait volontairement un acte à caractère
obligatoire ou qu’on ajouterait un acte n’ayant pas sa place, la prière
serait nulle et devrait être reprise.
2. Statut juridique 1

La réparation de la prière en cas d’erreur (ajout ou diminution) ou


en cas de doute est une obligation, conformément aux nombreux
hadiths dans lesquels le Messager d’Allah l’a ordonnée et ceux
dans lesquels il a lui-même eu à corriger. Ces hadiths seront cités au
fur et à mesure dans notre étude selon le champ auquel ils
appartiennent, mais nous pouvons d’ores et déjà citer ceux-ci.
D’après Abou Hourayra, le Messager d’Allah() a dit :
« Quand l’un d’entre vous se tient débout pour prier, satan vient le
mettre dans la confusion au point qu’il ne sache plus combien de rakates
il a accompli. Quand l’un d’entre vous se retrouvera dans cette situation,
qu’il fasse deux prosternations étant assis ».2

D’après lui encore, le Messager d’Allah() a dit :

1 Les statuts juridiques en islam sont au nombre de cinq(5) : la permission


(moubah ou halal), l’obligation (wadjib ou fard), l’interdiction (haram), le
recommandé (moustahab ou mandoub) et le déconseillé (makrouh). Tout acte doit
forcément avoir l’un de ces statuts. L’objectif ici est de savoir lequel de ces statuts
correspond à la réparation de la prière.
2 Rapporté par Alboukhâriy(1232), Abou Daoud(1030) et Attirmidhiy(397).

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Réparation de la prière
« Quand on fait l’appel à la prière, satan s’en va en lâchant un pet afin
de ne pas entendre l’azan, et quand l’azan est terminé, il revient. Quand
on fait l’Iqama il s’en va et quand on l’achève, il revient. Il se place alors
entre l’homme et son cœur et lui dit « rappelle-toi de ceci, rappelle-toi de
ceci » au sujet de choses auxquelles il n’avait pas encore pensé, et
l’homme se retrouve alors dans un état sans savoir combien de rakates il
a accompli. Quand l’un d’entre vous ne sait pas combien de rakates il a
accompli, qu’il fasse deux prosternations étant assis ».3
Ibn Taymiyyah() dit : « Dans ce hadith authentique, il est
ordonné à l’homme de faire les deux prosternations de l’oubli
quand il ne sait plus combien de rakates il a accompli, et cela
implique l’obligation de la prosternation de réparation ».
Majmou’oul fatawa(Volume23/p.6)
En effet, si la réparation n’était que facultative, le Messager
l’aurait signalée à sa communauté soit par l’acte, soit par la parole,
chose qu’il n’a pas faite. Ainsi donc, délaisser sciemment une
correction obligatoire implique inéluctablement la caducité de la
prière. Allah est plus savant !4
NB : La réparation de la prière concerne toute prière qui comporte
des génuflexions et des prosternations, c’est-à-dire toutes les
prières, sauf la prière mortuaire. Nous précisons aussi qu’ici il n’y a
aucune différence entre la prière obligatoire et la prière facultative,
car aucune allusion à une quelconque différence n’a été rapportée
du Messager d’Allah. Ainsi donc que la prière soit obligatoire ou

3Rapporté par Alboukhâriy(608) et Mouslim(389).


4 Voir Majmou’oul fatawa(Volume23/p.26-35) de Imam Ibn Taymiyyah,
Touhfatou Alfouqahâ(Volume1/p.209) de Imam Alâ’oud-dine Assamarqandiy,
Fathoul Bâriy(Volume3/p.92) de Al-Hâfiz Ibn Hadjar,
Almoughniy(Volume2/p.433) de Imam Ibn Qoudâma et Charhoul
moumti’(Volume3/p.337) de Cheikh Ibn Outheymîne.
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Réparation de la prière
facultative, la réparation reste obligatoire.5

5 Voir Charhoul moumti’(Volume3/p.338-339).


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Réparation de la prière

II. Les différentes parties de la prière


Pour bien cerner ce thème, nous devons préalablement connaitre les
différentes parties de la prière, car dans certains cas la correction est
fonction de la nature de l’acte oublié.
Ces parties de la prière sont au nombre de quatre (4) : les
conditions, les piliers, les obligations et les actes méritoires.
1. Les conditions 6

Les conditions sont les actes qui doivent impérativement être faits
avant la prière et sans lesquels la prière ne peut être entamée. Elles
sont au nombre de cinq(5) :
a. L’entrée de l’heure
Allah() a dit : La prière est une obligation pour les croyants à
des heures bien fixées.7
b. La pureté
D’après Abou Hourayra, le Prophète() a dit : « Allah
n’agrée pas la prière de l’un d’entre vous lorsqu’il fait ses besoins jusqu’à
ce qu’il fasse ses ablutions ».8
c. Couvrir la nudité
Allah() dit : Ô vous qui avez cru ! Parez-vous de vos beaux
habits auprès de chaque mosquée (c’est-à-dire pour chaque prière).9

6 Conformément à la règle de jurisprudence disant que « la condition d’un acte vient


toujours avant cet acte », les conditions de la prière ne font pas partie de la prière en
réalité car elles doivent être faites avant même la prière. Nous les citons ici juste
pour les besoins de la circonstance !
7 Sourate Verset
4 103
8 Rapporté par Alboukhâriy(135) et Mouslim(225).
9 Sourate Verset
7 31

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Réparation de la prière
L’homme doit couvrir la partie comprise entre les genous et le
nombril.
Amr Ibn Chouayb rapporte de son père qui rapporte aussi de son père
que le Prophète() dit : « Ce qui se situe entre le nombril et
le genou constitue une nudité ».10
Quant à la femme, elle doit couvrir tout son corps, sauf le visage et
les mains si elle veut ; elle portera au minimum un Djilbâb11 et un
Khimâr12. Quant au fait de porter deux pièces, c’est-à-dire un habit
se limitant à la hanche ou un peu plus bas, et un pagne ou une
jupe13, ce n’est pas correct. La robe est obligatoire pour la femme
lorsqu‘elle veut sortir de chez elle ou veut prier.
Allah() dit : Ô envoyé ! Dis à tes femmes, à tes filles et aux
femmes des croyants de rabattre sur elle leurs Djilbâbs...14
Allah()dit : Et dis aux croyantes de baisser de leurs regards, de
préserver leur chasteté, de ne montrer de leurs ornements que ce qui en
parait et de descendre leurs Khimârs sur leurs poitrines.15
Comme nous le voyons, dans ces deux versets, Allah() parle
du Khimâr et du Djilbâb en des termes stipulant clairement
l’obligation.
Cheikh Al-Albâniy() dit : « Il y a beaucoup de musulmanes
se voilant, et parmi elles il y en a certaines qui se prétendent
prêcheuses ou dont les maris sont prêcheurs, qui se contentent

10 Rapporté par Abou Daoud(495) et déclaré Hassan par Al-Albâniy dans


Irwâ’oul ghalîl(Volume1/p.302/Hadith n°271).
11 Un grand habit couvrant tout le corps de la femme et dissimulant toutes ses

rondeurs.
12 Un voile couvrant la tête et qui est rabattu sur le cou et la poitrine.
13 Pire encore, certaines mettent des pantalons !!!
14 Sourate Verset
33 59
15 Sourate Verset
24 31

15
Réparation de la prière
juste de mettre le Khimâr sans le Djilbâb, car se disant que c’est
juste cela qui est obligatoire ; mais cela est certes une erreur
répandue qu’elles perpétuent et elles sont davantage encouragées
par le silence des «gens de science» et la petitesse du nombre des
gens qui leur signalent cela ».Ghâyatoul marâm(p.283)
Qu’Allah facilite cela à nos sœurs et les assiste !
d. Faire face à la qibla
Allah() dit : Tourne ta face vers la mosquée sainte ; et où que
vous soyez, tournez-vous vers elle.16
D’après Abou Hourayra, le Prophète() a dit : « Quand
tu te lèves pour la prière, fais très bien tes ablutions et ensuite fais face à
la qibla ».17
e. L’intention
D’après Oumar Ibn Alkhattâb, le Prophète() a
dit : « Les actes ne valent que par les intentions, et chacun n’a de son
œuvre qu’une récompense proportionnelle à son intention ».18
2. Les piliers
Le pilier a la même définition que la condition, à deux différences
près :
Premièrement : La condition d’un acte se trouve toujours avant
l’acte, alors que le pilier est dans l’acte ;
Deuxièmement : La condition reste une condition tout au long de
l’accomplissement de l’acte, alors que le pilier n’est pilier que lors
de son exécution. L’ablution par exemple est une condition du

16 Sourate2Verset144
17 Rapporté par Alboukhâriy(6251) et Mouslim(397).
18 Rapporté par Alboukhâriy(1) et Mouslim(1907).

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Réparation de la prière
début jusqu’à la fin de la prière, et quand elle est rompue la prière
est à reprendre. Par contre la Fatiha, qui est pilier, ne l’est qu’à
l’instant de sa lecture.
Les piliers se définissent aussi tout simplement comme l’ensemble
des actes et paroles donnant à la prière son architecture et le
délaissement volontaire d’un d’entre eux annule la prière. Mais
quand cela est fait par erreur, on fait ce pilier dès qu’on se rappelle,
si on est encore dans la rakate ; mais si la rakate est déjà close, alors
elle est annulée et la suivante prend sa place, comme nous le
verrons avec des détails plus loin Incha Allah.
Ces piliers sont :
a. La position debout dans les prières obligatoires
Allah() dit : Soyez assidus aux prières et surtout la prière
médiane ; et tenez-vous droit devant Allah avec humilité…19
D’après Imran Ibn Houçayn le Prophète() dit : « Prie
debout, si tu ne peux pas, prie assis, et si tu ne peux pas, alors prie sur le
côté ».20
Mais dans les prières facultatives la position débout n’est pas
obligatoire, mais elle est fortement recommandée.
b. Le premier Takbir
D’après Aliy Ibn Abi Tâlib le Prophète() a dit : « La
clé de la prière est la pureté, sa sacralisation se fait par le Takbir et sa
désacralisation par le salam ».21
c. La lecture de la Fatiha

19 Sourate2 Verset238
20 Rapporté par Alboukhâriy(1117) et Abou Daoud(952).
21 Rapporté par Abou Daoud(61), Attirmidhiy(3), Ibn Mâdja(275) et Ahmad(1006).

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Réparation de la prière
Oubada Ibn Assâmit rapporte que le Prophète() a
dit: « Pas de prière pour celui qui ne lit pas la Fatiha ».22
d. La génuflexion (Roukou) et le fait de s’en redresser
Allah() dit : Ô croyants ! Courbez-vous, prosternez-vous,
adorez votre Seigneur et faites le bien ; c’est ainsi que vous récolterez le
succès.23
D’après Abou Hourayra, le Prophète() a dit : « Puis
fais la génuflexion, stabilise-toi en toute quiétude, ensuite redresse-toi et
tiens-toi bien droit ».24
e. Les prosternations (Soudjoud) et l’assise entre elles
Allah() dit : Ô croyants ! Courbez-vous, prosternez-vous,
adorez votre Seigneur et faites le bien ; c’est ainsi que vous récolterez le
succès.25
D’après Abou Hourayra, le Prophète() dit : « Puis fais
la prosternation avec quiétude, ensuite redresse-toi très bien et {refais la
prosternation avec quiétude}».26
f. Le dernier Tachahhoud
Ibn Mas’oud dit : « Nous disions avant qu’on ne nous rende
obligatoire le Tachahhoud « Que la paix soit sur Allah, que la main soit
sur Djibril et Mikâ’il ». Le Messager d’Allah() dit alors :
« Ne dites pas ainsi, c’est Allah lui-même la paix ; dites plutôt :

22 Rapporté par Alboukhâriy(756) et Mouslim(394).


23 Sourate22 Verset77
24 Rapporté par Alboukhâriy(757) et Mouslim(397).

25 Sourate Verset
22 77
26 Rapporté par Alboukhâriy(6251) et Mouslim(397). L’ajout entre les crochets est

rapporté par Alboukhâriy seulement.


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Réparation de la prière
Attahiyyâtou lillah…».27
g. Le salam (salut final)
D’après Aliy Ibn Abi Tâlib, le Prophète() a dit : « La
clé de la prière est la pureté, sa sacralisation se fait par le Takbir et sa
désacralisation par le salam ».28
3. Les obligations
L’obligation est un acte qui a été ordonné mais qui ne trouve aucun
autre texte le promouvant au rang de pilier ou de condition.
a. L’invocation d’ouverture
D’après Rifâ’a Ibn Râfi’, le Prophète() a dit : « La
prière de personne ne sera au complet, jusqu’à ce qu’il fasse ses
ablutions(…) puis fasse le Takbir, loue Allah et le glorifie, ensuite lise ce
qui lui aura été permis et qui lui est facile du coran… ».29
b. Les Takbirs autres que le premier, le fait de dire ‘’Sami’al-lahou
liman hamidah‘’ et ‘’Rabbana wa lakal hamd‘’
D’après Abou Hourayra, le Prophète() a dit : «
L’Imam a été mis pour être suivi, ne soyez donc pas en désaccord avec
lui : quand il fait le Takbir, faites le Takbir, quand il fait la génuflexion,
faites la génuflexion, quand il dit ‘’Sami’al-lahou liman hamidahou‘’ ,
dites ‘’Rabbana wa lakal Hamd‘’, quand il se prosterne, prosternez-vous
».30

27 Rapporté par Annassâ’iy(1277), Addâraqoutniy(133) et Albayhaquiy(2/138) et


authentifié par Cheikh Al-Albâniy dans Irwâ’oul ghalil(Volume2/p.23-
24/Hadith n°319).
28 Rapporté par Abou Daoud(61), Attirmidhiy(3), Ibn Mâdja(275) et Ahmad(1006).
29 Rapporté par Abou Daoud(858) et Annassâ’iy(1136).
30 Rapporté par Alboukhâriy(722) et Mouslim(414).

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Réparation de la prière

D’après Rifâ’a Ibn Râfi’, le Prophète() a dit : « La


prière de personne ne sera au complet, jusqu’à ce qu’il fasse ses ablutions
comme il se doit, puis fasse le Takbir, loue Allah et le glorifie, ensuite lise
ce qu’il veut du coran, puis qu’il dise ‘’Allahou Akbar‘’ et se courbe
jusqu’à ce ses articulations se stabilisent, ensuite qu’il dise
‘’Sami’allahou liman hamidah‘’ et se tienne bien droit, ensuite qu’il dise
‘’Allahou Akbar‘’ et se prosterne jusqu’à ce que ses articulations se
stabilisent (…) ».31
c. Les invocations de la génuflexion et de la prosternation
D’après Ibn Abbas, le Messager d’Allah() a dit : « Il
m’a été interdit de lire le Qour’âne étant en roukou’ ou en soudjoud.
Pendant le roukou’ mentionnez la grandeur du Seigneur, et faites
beaucoup d’invocation pendant le soudjoud, il est fort probable qu’on
vous réponde ».32
d. Le premier Tachahhoud
D’après Ibn Mas’oud, le Messager d’Allah() a dit :
« Quand vous vous asseyez à chaque deux rakates dites ‘’Attahiyyatou
lillah…‘’ ».33

D’après Rifâ’a Ibn Râfi’, le Prophète() a dit :


« Quand tu t’assois en plein milieu de la prière, stabilise-toi, couche ton
pied gauche et fait le Tachahhoud».34

31 Rapporté par Abou Daoud(857).


32 Rapporté par Mouslim(479) et Abou Daoud(876).
33 Rapporté par Annassâ’iy(1163) et authentifié par Al-Albâniy dans Irwâ’oul

ghalil(Volume2/p.43/Hadith n°336).
34 Rapporté par Abou Daoud(860) et Albayhaquiy(2/133), et déclaré Hassan par

20
Réparation de la prière
e. La prière sur le Prophète avant le salam
Fadala Ibn Oubeyd rapporte que le Prophète() a
dit : « Quand l’un d’entre vous prie, qu’il commence d’abord par louer
son Seigneur et le glorifier, et qu’il prie ensuite sur Son Prophète ».35
Dans une autre version, le Messager a dit : « Quand l’un d’entre vous
prie et qu’il s’asseye, qu’il loue Allah comme Il le mérite, qu’il prie sur
moi et qu’il fasse ses invocations ».36
f. Demander protection contre ces quatre choses avant le salam
D’après Abou Hourayra, le Prophète() dit : « Quand
l’un d’entre vous finit le dernier Tachahhoud, qu’il cherche refuge auprès
d’Allah contre quatre(4) choses : contre le feu de l’enfer, le supplice de la
tombe, la tentation de la vie et de la mort et le mal du faux messie ».37
4. Les actes méritoires
Ce sont les actes que le Prophète faisait plus ou moins
régulièrement, mais qu’il n’a jamais ordonné comme obligatoire.
En dehors des conditions, des piliers et des obligations, tout ce qui
reste est considéré comme méritoire, tant qu’il trouve un argument
dans la manière dont le Prophète a accompli sa prière ; au cas
contraire il s’agira d’une innovation et « toute innovation est
égarement » comme l’a dit le Messager d’Allah.
Comme exemple de sounna, nous avons la lecture d’une sourate
après la Fatiha, le fait de lever les mains lors des Takbirs…etc.

Al-Albâniy dans Irwâ’oul ghalîl(Volume2/p.44/Hadith n°337).


35 Rapporté par Abou Daoud(1481), Attirmidhiy(3477) et Ahmad(23937),
36 Rapporté par Attirmidhiy(3476).
37 Rapporté par Mouslim(588), Abou Daoud(983) et Ibn Mâdja(909).

21
Réparation de la prière

III. Les réparations


Trois(3) types d’erreurs peuvent être commis : l’ajout, la diminution
et le doute. Voici les règles se rapportant à leurs corrections :
1. La réparation de l’ajout
L’ajout se présente sous deux(2) figures :
1ère figure : Ajouter un acte dans la prière
Quand on ajoute par oubli un acte, une assise, une génuflexion, une
prosternation ou même toute une rakate, on doit corriger son erreur
par deux prosternations après le salam.
Abdoullah Ibn Mas’oud rapporte qu’un jour le
Prophète() pria à Zouhr cinq rakates. Après avoir fini,
les gens lui dirent : « Les rakates ont-elle été augmentées ? » Il
rétorqua : « Que dites-vous là ? » Ils lui dirent : « Tu as fais cinq rakates
». Il rangea alors ses pieds, fit face à la qibla, fit deux prosternations,
puis lança le Salam ».38
2ième figure : Lancer le salam avant de finir la prière
Bien que ressemblant à une diminution, le fait de lancer le salam
avant d’avoir fini la prière est en réalité un ajout, comme le lecteur
le comprendra à partir de l’exemple illustratif. Quant à la manière
de corriger, voici ce qui est rapporté du Messager.
Abou Hourayra rapporte que le Prophète() pria deux
rakates à Zouhr ou Asr et fit le salam. Un homme nommé Zoul Yadayn
lui demanda : « Ô Messager d’Allah, les rakates ont-été diminuées ou
bien tu as oublié ? » Le Prophète() répondit : « Ni l’un ni

38 Rapporté par Alboukhâriy(1226) et Mouslim(572).


22
Réparation de la prière
l’autre ». Il lui dit : « Tu as certainement dû oublier ». Le
Prophète() demanda alors confirmation aux gens : « Est-
ce vrai ce qu’il dit ? » Les gens répondirent : « Oui! » Il accomplit alors
deux rakates, fit le salam, puis fit deux prosternations et lança un autre
salam.39

D’après Imrâne Ibn Houçayn, un jour le Messager


d’Allah() accomplit trois rakates à la prière d’Açr et
rentra dans sa maison ; un homme nommé Alkhirbaq partit donc lui
expliquer qu’il s’était trompé. Le Messager d’Allah()
sortit et dit aux gens : « Dit-il la vérité ? » Les gens dirent : « Oui ! » Le
Messager() accomplit alors une rakate, fit le salam, fit
deux prosternations et fit un autre salam.40
Exemple illustratif : En priant Maghrib, Adam fit le salam à la
deuxième rakate. S’étant rendu compte de son erreur, il se leva et
accompli la rakate manquante et lança le salam. Si nous
comptabilisons le nombre des rakates d’Adam, nous remarquerons
qu’il a en effet accompli trois rakates, sauf qu’il a fait deux salams
dans la même prière, donc il y a un ajout dans la prière.41 Ainsi pour
se rattraper, il fera deux prosternations après le salam.
Questions relatives à l’ajout
Question 1 : Le hadith d’Abou Hourayra, celui de Imrâne ainsi

39 Rapporté par Alboukhâriy(1229&482) et Mouslim(573).


40 Rapporté par Mouslim(574), Abou Daoud(1018), Annassâ’iy(1237) et Ibn
Mâdja(1215).
41 Certains commettent l’erreur de faire le décompte de leurs rakates dès l’instant

où ils commettent l’erreur, ce qui est en réalité une autre erreur. Par exemple dans
notre exemple, celui qui fera le compte de ses rakates dès l’instant de son erreur
croira qu’il a retranché, ce qui n’est pas juste.
23
Réparation de la prière
que l’exemple illustratif parlent du cas où la personne se rend
compte de l’erreur après avoir lancé le salam ; mais quand la
personne se rend compte avant le salam qu’elle est en train de clore
une prière inachevée que doit-elle faire ? Elle se prosterne avant ou
après le salam ?
Réponse 1 : Si la personne se rend compte avant de lancer le salam,
elle devra faire les rakates manquantes et dans ce cas aussi elle fera
les deux prosternations après le salam, pas avant. Par exemple, en
accomplissant une prière d’Icha, après trois rakates seulement,
Adam s’assoit et commence à faire le Tachahhoud pour lancer le
salam ; avant de finir ce Tachahhoud, il se rend compte qu’il est en
erreur. Dans ce cas, il se remet debout, fait la rakate manquante,
lance le salam, fait deux prosternations et lance un autre salam.
Cheikh Ibn Outheymîne() dit : « Dans ce cas aussi il se
prosterne après le salam, c’est-à-dire qu’il finit son Tachahhoud, il
lance le salam, il fait deux prosternations et ensuite il lance un
autre salam. La preuve de cela est :
1. Quand le Messager a accompli cinq rakates et qu’ils l’ont
informé après le salam, il a juste rangé ses pieds, s’est prosterné et
a lancé le salam (…). Il n’a pas dit aux gens que quand la personne
se rend compte de son erreur avant le salam, elle se prosterne
avant le salam. Comme il s’est prosterné après le salam et qu’il n’a
pas dit aux gens que pour cet ajout la prosternation se fait avant le
salam normalement, on comprend donc que la prosternation pour
cet ajout se fait après le salam ;
2. Le hadith de Zoul Yadayn dans lequel le Prophète a lancé le
salam à la deuxième rakate et quand on lui fit signe, il compléta la
prière, fit le salam, fit deux prosternations et fit le salam. Cette
prosternation de l’oubli que le Messager d’Allah a faite c’est à

24
Réparation de la prière
cause de l’ajout d’un salam en plein dans la prière (…) ;
3. L’ajout dans la prière est un ajout et la prosternation de l’oubli
est aussi un ajout ; la sagesse voudrait donc qu’on reporte la
prosternation de l’oubli à après le salam, afin qu’il n’y ait pas deux
ajouts dans la prière ». Charhoul moumti’(Volume3/p.341)
Question 2 : Lorsqu’on se rend compte qu’on est en train
d’accomplir une cinquième rakate dans une prière de quatre rakates
par exemple, on continue ou bien on se rassoit ?
Réponse 2 : Dès qu’on se rend compte qu’on est en train d’ajouter
une chose dans la prière on arrête.
Cheikh Ibn Outheymîne() dit : « Il s’assoit dès qu’il se rend
compte, même au cas où il se rend compte étant dans le roukou’
qu’il est en train d’accomplir une cinquième rakate, il s’assoit.
Certains étudiants en science se trompent sur cette question et
pensent que sa réponse est la même que celle de la personne qui se
met débout sans faire le premier Tachahhoud42 et donc que
lorsqu’il est déjà dans la rakate ajoutée et qu’il a commencé la
lecture il lui est interdit de revenir s’asseoir ; cela est un amalgame
et une erreur. On ne doit en aucun cas persister dans la rakate
ajoutée, dès qu’on se rappelle, il est un devoir de revenir afin de
mettre fin à l’ajout, car s’il persiste dans l’ajout sciemment, il
aurait ajouté un acte dans la prière sciemment et cela n’est pas
permis et annule la prière ». Charhoul moumti’(Volume3/p.342)
Après avoir mis fin à l’ajout, la personne fera deux prosternations
après avoir lancé le salam pour effacer la rakate ajoutée.

42 Cheikh Ibn Outheymîne fait allusion au hadith dans lequel le Messager


d’Allah s’est mis débout par oubli sans s’asseoir à la deuxième rakate, quand il
lui fut fait signe, il ne se rassit pas et il fit deux prosternations avant de lancer le
salam. Nous traiterons cette question avec plus de détails dans la partie de l’oubli
d’une obligation Incha Allah, à la page26.
25
Réparation de la prière
Question 3 : Il est connu de tous que le voyageur accomplit tout au
long de son voyage les prières de quatre(4) rakates en deux(2). Que
doit faire le voyageur qui se met debout pour une troisième rakate ?
Il continu pour faire quatre rakates ou bien il se rassoit ?
Réponse 3 : Selon l’avis le plus juste, il est obligatoire de ramener les
prières de quatre(4) rakates à deux(2) rakates lors des voyages, à
moins qu’on ne se retrouve derrière un Imam qui n’est pas un
voyageur. Partant de là, celui qui se met debout pour une troisième
rakate, alors qu’il a pris l’intention d’accomplir juste deux, est pareil
à celui qui accomplit une cinquième rakate.
Cheikh Ibn Outheymîne() dit : « La position juste est qu’il
doit se rasseoir, car il est entré en prière en voulant accomplir deux
rakates, qu’il accomplisse donc les deux rakates sans ajouter
quelque chose. Dans ce cas donc il se prosternera pour son oubli
après le salam ». Charhoul moumti’(Volume3/p.344)
2. La réparation de la diminution
Pour le cas de la diminution, la correction dépendra essentiellement
de la nature de l’acte omis : condition, pilier, obligation ou
méritoire.43
1ère figure : Lorsqu’on oublie une condition
Lorsqu’on oublie une condition de la prière, il n’y a pas de
correction à faire, mais c’est plutôt toute la prière qui doit être
reprise, car en réalité l’oubli d’une des cinq conditions signifie qu’on
n’a même pas commencé la prière.44

43 Pour maitriser ces quatre différentes parties de la prière, nous conseillons aux
lecteurs de retourner en arrière, de les mettre à l’écrit (sans les hadiths) et de les
mémoriser, car il lui sera difficile de maitriser la correction à ce niveau sans les
connaitre par cœur.
44 Mais celui qui se trompera de Qibla et la personne qui oubliera d’accomplir sa

26
Réparation de la prière
2ième figure : Lorsqu’on oublie un pilier45
Pour le cas de l’oubli d’un pilier, selon l’instant auquel on se rendra
compte de l’erreur, trois(3) cas peuvent se présenter :
1er cas : On s’est rappelé du pilier avant d’entamer la rakate suivante
Quand on se rappelle du pilier avant d’entamer la rakate suivante,
on revient à l’endroit où on a commis l’erreur, on accomplit le pilier
oublié, on continue la prière à partir de là, et ensuite on fait deux
prosternations après le salam.
L’argument de cela est qu’à l’unanimité des savants, l’absence d’un
pilier dans une rakate annule au minimum cette rakate si celle-ci est
déjà achevée, mais si elle n’est pas encore terminée on retourne
accomplir le pilier omis.46
Quant aux prosternations faites après le salam, elles s’expliquent
par le fait qu’il y a un surplus dans la prière comme l’exemple
l’illustrera.
Exemple illustratif : Adam a oublié de faire le roukou, et il ne s’est
rappelé qu’après le premier soudjoud. Dans ce cas, il se remet
debout, il fait son roukou, et ensuite il se redresse et continue sa
prière normalement à partir de là. Quand nous faisons le décompte
de la prière d’Adam, nous nous rendons compte qu’il y a une rakate
où il y a eu trois prosternations au lieu de deux, ce qui signifie qu’il
y a ajout. Pour cela Adam fera donc deux prosternations après son
salam.
2e cas : On ne s’est rappelé du pilier qu’après avoir entamé la rakate

prière à l’heure ne sont pas concernés par cette règle, et leurs prières sont valides.
45 Les règles qui suivront concernent tous les piliers, excepté le premier Takbir.

Quiconque l’oublie doit reprendre toute sa prière, il n’est pas possible de corriger,
qu’on l’ait délaissé sciemment ou par erreur.
46 Voir Bidâyatou Almoudjtahid(Volume1/p.194) de Ibn Rouchd.

27
Réparation de la prière
suivante47
Quand on ne s’en rappelle qu’après avoir entamé la rakate suivante,
la rakate dans laquelle on a oublié le pilier devient nulle et la rakate
entamée se met à sa place. On continue la prière normalement à
partir de là, et on fait deux prosternations après le salut final, car
quand on fait le compte des rakates on remarque qu’elles sont au
complet, mais il y a un surplus dans la prière qui est l’ensemble des
actes de la rakate annulée. 48
Exemple illustratif : Adam en priant Asr a oublié une prosternation
dans la deuxième rakate, et il ne s’en est rappelé qu’après avoir
entamé la troisième rakate. Dans ce cas, la deuxième rakate est
annulée et la troisième se met à sa place, c’est-à-dire qu’elle devient
la deuxième. Il continue sa prière à partir de là, et à la fin il fait deux
prosternations après le salam. 49
=
3e cas : Quand on s’en rappelle juste après la prière50

47 Voir Alkâfiy fi fiqhi ahlil madina(57) de Imam Ibn Abdil Barr.


48 Pour le Cheikh Abdourrahmâne Assa’diy et Cheikh Ibn Outheymîne, la rakate
dans laquelle l’oubli a été commis est valide et on a la possibilité de faire le pilier
omis tant qu’on n’a pas atteint l’image de ce pilier dans la rakate suivante. Voir
Irchâdou Oulil Baçâ’ir(p.94) de Assa’diy et Charhoul moumti’(Volume3/p.372) de
Ibn Outheymîne.
On a le choix entre ces deux avis, mais pour ne pas s’embrouiller, retenons l’avis
cité dans le corps de ce livre et faisons fi de celui-ci, à moins qu’on ne soit un
averti. Cet avis qui est le leur sera illustré par un exemple dans la note suivante.
49 Donc pour le Cheikh Ibn Outheymîne, même si Adam ne se rappelait

qu’en lisant la Fatiha de la rakate suivante, il peut retourner accomplir la


prosternation qu’il a oubliée et continuer sa prière à partir de là. Il n’aura pas à
annuler la deuxième rakate pour la remplacer par la troisième puisqu’il n’a pas
atteint la prosternation de la troisième rakate. Ensuite il fait deux prosternations
après le salam.
50 Ici nous faisons allusion au cas où on se rappelle peu de temps après le salam.

Le cas où le temps serait exagéré entre le salam et le constat de l’erreur sera traité
plus loin Incha Allah.
28
Réparation de la prière
Quand on ne se rappelle avoir oublié un pilier d’une rakate
qu’après le salam, on accomplit une rakate complète en guise de
compensation ; car dès lors qu’une nouvelle rakate a été entamé, la
rakate dans laquelle le pilier a été oublié s’est annulée, comme
précédemment expliqué. Ensuite l’on fait deux prosternations après
avoir lancé le salam, car il y a eu un surplus sur le nombre
canonique de rakates.51
Exemple illustratif : Adam oublie la Fatiha de la première rakate de
sa prière d’Asr, et il ne s’en rappelle qu’après le salam. Dans ce cas,
dès qu’il se rappelle il devra accomplir une rakate en remplacement
de celle dans laquelle il a oublié le pilier (la lecture de la Fatiha).
Après la compensation, nous remarquons que les quatre rakates de
la prière d’Asr d’Adam sont au complet, sauf qu’il y a un surplus
qui est les actes de la rakate annulée, donc pour cela il devra faire
deux prosternations après le salam.
NB : Par contre, si l’oubli a lieu dans la dernière rakate, on ne
reprend pas toute la rakate, mais on retourne à l’endroit où l’erreur
a été commise dans cette rakate, et on procède de la même manière
que dans le premier cas de cette figure. Ceci, car ici aussi c’est
comme s’il n’avait pas entamé la rakate suivante du moment où il
n’y en a même pas.
Exemple illustratif du NB : Dans la dernière rakate de sa prière,
Adam oublia la deuxième prosternation, et ne s’en rendit compte
qu’après le salam. Dans ce cas il ne doit pas reprendre toute la
rakate, mais il doit plutôt retourner s’asseoir, faire la deuxième
prosternation et ensuite il continue sa prière normalement jusqu’au
salam, et après le salam, il fait deux prosternations.

51 Dans la première édition de ce livre, nous avons cité un avis complètement


différent de celui-ci, mais nous pensons finalement que ce dernier est plus juste et
plus correcte, et que l’autre est une erreur. Allah est le plus savant !
29
Réparation de la prière
3ième figure : Lorsqu’on oublie une obligation
A ce niveau nous avons deux cas :
1e cas : On se rappelle avant d’atteindre un pilier
Quand on se rappelle avoir oublié une obligation avant d’atteindre
un pilier, on retourne à l’endroit où on a commis l’erreur, on fait
l’acte oublié tout simplement et on ne corrige pas.
2e cas : On ne s’en rappelle qu’après avoir atteint un pilier
Quand on ne s’en rappelle qu’après avoir atteint un pilier, on ne
retourne pas à l’obligation oubliée, mais on continue la prière et à la
fin on fait deux prosternations avant le salam.
Les règles de ces deux cas ont été déduites des deux hadiths
suivants :
D’après Almoughiratou Ibn Chou’ba, le Prophète() a
dit : « Quand l’un d’entre vous se lève à la deuxième rakate (au lieu de
s’asseoir), s’il n’est pas complètement debout, qu’il s’asseye. Par contre,
s’il est déjà debout, qu’il ne s’asseye pas, mais qu’il fasse deux
prosternations à cause de l’oubli ».52

Abdoullah Ibn Bouhayna raconte : « Le Prophète()


accomplit avec nous deux rakates lors d’une des prières (comportant
quatre rakates), et se redressa sans s’asseoir (pour le Tachahhoud), et les
gens le suivirent. Une fois la prière achevée, alors qu’on s’attendait au
salam, il fit le Takbir et accompli deux prosternations, et fit ensuite le
salam ».53
Explication du hadith : Dans le premier hadith, il est dit que quand

52 Rapporté par Abou Daoud(1036), Ibn Mâdja(1208), et authentifié par Al-


Albâniy dans Irwâ’oul ghalîl(Volume2/Page109-110).
53 Rapporté par Alboukhâriy(1224) et Mouslim(570).

30
Réparation de la prière
la personne oublie l’obligation, qui est l’assise pour la Tahiyya ici, et
se rappelle de l’erreur avant d’atteindre le pilier, qui est la position
debout, il doit s’asseoir et il n’a pas à corriger. Mais par contre
lorsqu’il se tient debout, il ne retourne pas à l’obligation, mais il
continue sa prière et fait deux prosternations à la fin de sa prière,
juste avant le salam. Dans le deuxième, le Messager d’Allah part
plus loin en appliquant la règle, c’est-à-dire en ne se rasseyant pas
une fois debout.
4ième figure : Lorsqu’on oublie un acte méritoire
Lorsqu’on oublie un acte méritoire, on n’est pas tenu de corriger,
mais cela est quand-même souhaité, ceci car…
D’après Thawbân, le Prophète() a dit : « Pour tout
oubli deux prosternations ».54

Abdoullah Ibn Mas’oud aussi rapporte que le Messager


d’Allah() a dit : « Quand l’homme ajoute ou diminue
dans sa prière, qu’il fasse deux prosternations ».55
Cheikh Ibn Outheymîne() dit : « A notre avis, lorsque la
personne faisait d’habitude ces actes méritoires, elle a le droit de
corriger lorsqu’elle les oublie ».56
3. La correction en cas de doute
Le doute est un état dans lequel toute personne est susceptible de se
retrouver. Dans la prière cet état est régi par un certain nombre de

54 Rapporté par Abou Daoud(1025) et Ibn Mâdja(1219), et déclaré Hassan par Al-
Albâniy dans Sahihou Abi Daoud(917).
55 Rapporté par Mouslim(572).
56 Thamrâtout-tadwîn min massâ’ili Ibn Outheymîne(Question n°106) de Dr. Ahmad

Ibn Abdourrahmâne Al-Qâdiy .


31
Réparation de la prière
règles que nous traiterons dans les prochaines lignes.
Lorsqu’on doute dans sa prière, deux cas peuvent se présenter : soit
on penche plus vers un des avis, soit on est neutre.
1ière figure : Le doute avec prééminence d’un avis
Lorsqu’en doutant on a pu donner plus de crédit à une des
éventualités, alors on considère cette éventualité comme étant l’avis
juste et on continue sa prière à partir de là. Une fois la prière
achevée, c’est-à-dire après le salam, on fait deux(2) prosternations.
D’après Abdoullah Ibn Mas’oud, le Prophète() a
dit : « Quand l’un d’entre vous doute dans sa prière, qu’il cherche la
vérité et qu’il fasse le reste de la prière, puis qu’il fasse deux
prosternations ».57
-Dans une autre version, le Messager d’Allah() a dit :
« Ces deux prosternations concernent celui qui ne sait plus s’il a ajouté
quelque chose dans sa prière ou s’il a diminué ; dans ce cas, que la
personne cherche donc la vérité, qu’il fasse le reste de la prière à partir de
là et qu’il fasse deux prosternations ».58
-Dans une deuxième version le Messager() a dit : « Qu’il
fasse le reste, qu’il fasse le salam et qu’il fasse deux prosternations ».59
-Dans une troisième version : « Qu’il regarde le plus à même d’être
juste ».60
-Dans une quatrième version : « Qu’il cherche ce qu’il pense être juste ».61
-Dans une cinquième version : « Qu’il cherche ce qui est plus proche de la

57 Rapporté par Alboukhâriy(401) et Mouslim(572).


58 Rapporté par Alboukhâriy(6671).
59 Rapporté par Alboukhâriy(401).
60 Rapporté par Mouslim(572).
61 Rapporté par Mouslim(572).

32
Réparation de la prière
vérité ».62
Ce hadith et toutes ses versions nous enseignent que « Chercher la
vérité » consiste à fournir un effort pour se rappeler par exemple de
ce qu’on a lu. Se rappeler qu’on a lu, par exemple, deux sourates
signifie qu’on a accompli deux rakates et non pas une ; se rappeler
qu’on a fait une Tahiyya signifie qu’on a accompli deux rakates et
non pas une ou qu’on a prié trois rakates et non pas deux ; se
rappeler avoir lu deux fois la Fatiha sans la faire suivre d’une
sourate, signifie qu’on a accompli quatre rakates. 63
Ainsi donc si on arrive à faire cela, le doute est écarté, on continue la
prière à partir de ce qu’on pense être la vérité et après le salam on
fait deux prosternations.
Exemple illustratif : Ayant été distrait dans sa prière de Zouhr,
Adam s’est surpris debout sans savoir où il en est et il douta entre
une et deux rakates. Après avoir fourni un effort, il se rappela avoir
lu deux sourates en plus de la Fatiha. Il conclut donc qu’il a
accompli deux rakates et non pas une. Il devra donc achever sa
prière en faisant deux rakates et faire deux prosternations après le
salam.
2ième figure : Le doute sans prééminence d’un avis
Il y a des cas où on doute sans pouvoir donner plus de crédit à un
avis au détriment de l’autre, c’est-à-dire qu’on est totalement
confus. Dans ce cas voici comment les choses se feront :
Abou Sa’îd Alkhoudriy rapporte que le Prophète() a
dit : « Quand l’un d’entre vous doute dans sa prière et qu’il ne sait plus

62Rapporté par Mouslim(572).


63 Voir Majmou’oul Fatawa(Volume13/p.23) et Ahkâmou soudjoudis-sahwi(p.45-46)
d’Ibn Taymiyyah.
33
Réparation de la prière
combien de rakates il a accompli, trois ou quatre, qu’il écarte la rakate
dont il doute et prenne ce dont il est sûr, et qu’il fasse deux
prosternations avant de faire le salam. Au cas où il s’avère qu’il a
accompli cinq rakates, les deux prosternations lui rendront sa prière
paire, et au cas où il a accompli juste les quatre rakates, ces deux
prosternations humilieront satan ».64

D’après lui encore, le Messager d’Allah() a dit : « Quand


l’un d’entre vous doute dans sa prière qu’il écarte la rakate dont il doute
et qu’il se base sur ce qui est certain. Quand il sera certain que sa prière
est pleine, qu’il fasse deux prosternations. S’il s’avère que sa prière était
en réalité achevée alors la rakate supplémentaire et les deux
prosternations seront une bonne action supplémentaire ; et s’il s’avère
que sa prière était belle et bien incomplète, la rakate accomplie la
complètera et les deux prosternations humilieront satan ».65
« Ce dont il est sûr » ou « ce dont il est certain » ici fait référence au
plus petit nombre de rakates. Quand on doute entre deux et trois
rakates, c’est qu’on est au moins sûr d’avoir accompli deux, mais le
doute porte sur la troisième ; dans ce cas on écarte alors la troisième
rakate et on considère qu’on a accompli juste deux rakates et on fait
deux prosternations avant de lancer le salam.
Exemple illustratif : En accomplissant la prière de Zouhr, Adam
douta entre deux et trois rakates et il n’arriva pas à trancher ou a
donner plus de crédit à l’une des deux éventualités. Il doit donc
prendre ce qu’il est sûr d’avoir d’accompli, c’est-à-dire deux
rakates, et à la fin il fait deux prosternations avant le salam.

64 Rapporté par Mouslim(571).


65 Rapporté par Abou Daoud(1024).
34
Réparation de la prière
Note importante : Il nous faut préciser au lecteur que le doute n’est
pas pris en compte dans trois cas :
1-Quand ce sont juste des insufflations sans aucune justification,
comme le fait d’entendre une voix interne disant « tu t’es trompé » ;
2-Quand la personne est trop sujette au doute, au point qu’elle ne
pose jamais un acte sans que le doute ne la prenne ;
3-Quand le doute survient après la clôture de la prière, sauf au cas
où il devient une certitude.66

66Voir Soudjoudous-sahwi(p.10) et Charhoul moumti’(Volume3/p.378-379) de Ibn


Outheymîne.
35
Réparation de la prière

IV. Résumé
En réalité, il y a d’autres avis sur l’instant auquel doivent se faire les
deux prosternations : certains sont d’avis que dans tous les cas les
deux prosternations se font avant le salam, d’autres que tout se fait
après le salam…etc. Mais cette position que nous avons citée tout au
long de l’exposé est la seule qui met en pratique tous les hadiths du
thème sans exception, et cela lui donne sans aucun doute la
primauté sur tout autre avis.
Ibn Taymiyyah() dit : « En effet, cette manière de corriger, à
part le fait qu’elle met en pratique tous les hadiths, est aussi
logique, car :
a. En cas de diminution, tel que l’oubli du premier Tachahhoud, la
prière a besoin d’une correction, et cette correction ne peut se faire
qu’avant le salam, afin qu’elle puisse compléter la prière, car le
salam mettra fin à la prière, or elle n’est pas encore complète.
b. En cas d’ajout d’une rakate par exemple, on ne fait pas la
prosternation avant le salam, car cela constituerait un deuxième
ajout. On corrige donc une fois la prière close, c’est-à-dire après le
salam, car la prosternation de l’oubli est faite ici pour humilier
satan, et non pas compléter la prière.
c. Quand on doute et qu’on privilégie un avis, après avoir
accompli les rakates restantes, la prière est en réalité déjà au
complet, et les deux prosternations sont faite ici juste pour
humilier satan, et non pour une réparation ; donc on les fait après
le salam.
d. Quand on lance le salam avant la fin de la prière, et qu’on se
rappelle et qu’on fait le manquant, on a déjà achevé la prière. Les
deux prosternations doivent juste annuler le salam ajouté. Donc

36
Réparation de la prière
on le fait après le salam.
e. Au cas où on doute sans qu’on ne privilégie un avis, les deux
prosternations sont censées lui rendre ses rakates paires67, donc
elles se font avant le salam. Avant le salam, car le salam clôturerait
la prière, et donc les deux prosternations ne pourraient pas jouer
leur rôle ». Majmou’oul fatawa(Volume23/p.24-25)
De ce qui précède, nous pouvons retenir donc que les
prosternations se font souvent avant le salam et souvent après.
-Elles se font avant le salam dans deux cas :
1er cas : Quand il y a un manque dans la prière, comme l’indique le
hadith d’Abdoullah Ibn Bouhayna dans lequel on rapporte que le
Prophète a fait deux soudjoud avant le salam pour avoir oublié la
première Tahiyya.
2ième cas : En cas de doute sans prééminence d’un des avis, comme
l’indique le hadith de Abou Sa’îd Alkhoudriy, se rapportant au
cas de celui qui doute et ne sait plus combien de rakates il a
accompli, trois ou quatre.
-Elles se font après le salam dans deux cas aussi :
1er cas : Quand on remarque un surplus dans sa prière après le
salam, comme l’indique le hadith de Ibn Mas’oud dans lequel le
Prophète pria cinq rakates à Zouhr.
2ième cas : Quand on doute tout en penchant vers l’un des avis,
comme l’indique le hadith de Ibn Mas’oud dans lequel le
Prophète demande à celui qui doute de faire un effort de trouver
ce qui lui semble juste, de compléter la prière et de faire deux

67On parle de « rendre les rakates paires » car le Messager d’Allah a dit cette
parole en considérant une prière de quatre rakates.
37
Réparation de la prière
prosternations après le salam.68
Autre manière de récapituler
Nous pouvons aussi résumer en retenant trois(3) principes :
1e principe : Quand je fais le compte de ma prière juste avant de
lancer le salam et que je décèle l’absence d’une obligation, je fais
deux prosternations avant le salam.
2ème principe : Quand je fais le compte de ma prière juste avant de
lancer le salam et que je constate qu’il y a un surplus ou une rakate
annulée et remplacée, je dois faire deux prosternations après avoir
lancé le salam.
3ième principe : Quand je suis dans le doute et que j’arrive à donner
plus de crédit à un avis, je termine ma prière et je fais deux
prosternations après le salam. Si je n’arrive pas à me décider, je
prends le plus petit nombre et je fais deux prosternations avant de
lancer le salam.
Allah est plus savant !

68 Ce résumé est inspiré de Soudjoudous-sahwi(p.16-18) de Ibn Outheymîne.


38
Réparation de la prière

V. Questions & Réponses


a. Questions diverses
Q1 : Comment faire quand, par oubli ou par ignorance, on fait les
deux prosternations avant le salam au lieu d’après, ou le cas
contraire ?
En cas d’erreur, on est excusé et la prière est valide, de même que la
correction.69
Q2 : Quand on ajoute une sourate dans les rakates où on ne doit lire
que la Fatiha, doit-on corriger ?
Cela n’est pas une erreur et il est même recommandé de le faire de
temps à autre, comme rapporté du Messager d’Allah.
D’après Abou Sa’id Alkhoudriy, Le Prophète() lisait
(souvent) à Zouhr dans les deux premières rakates une trentaine de
versets, et il en lisait la moitié (i.e. une quinzaine) dans les deux
dernières rakates.70
Donc il s’agit d’une pratique totalement autorisée et méritoire.
Q3 : Quand on ajoute la prière sur le Prophète pendant l’assise où
on doit juste lire la Tahiyya, doit-on corriger ?
Il n’y a pas de correction à ce niveau aussi, car c’est une chose
rapportée dans la sounna du Prophète.
D’après Â’icha, Le Prophète() pria de nuit neuf (9)
rakates et ne s’assit que dans la huitième rakates, il fit la Tahiyya et fit
la prière sur le Prophète et ensuite il se redressa et fit la neuvième

69 Voir Zâdoul Ma’âd(Volume1/p.281-282) de Ibn Qayyim, Majmou’oul


fatawa(Volume23/p.36) de Ibn Taymiyyah et Majmou’ou fatawa Ibn
Baz(Volume11/p.267) de Ibn Bâz.
70 Rapporté par Mouslim(452).

39
Réparation de la prière
rakate.71
Donc il s’agit d’une pratique méritoire de temps à autre aussi.
Q4 : Au cas où on oublie un pilier et qu’on ne s’en rappelle qu’après
le salam, à partir de quelle durée entre le salam et le rappel dit-on
que la prière est nulle et doit être reprise ?
Quand la durée est courte, il fait ses deux prosternations dès qu’il se
rappelle, mais après avoir complété le manquant. Mais s’il perd ses
ablutions même quand la durée est courte, la prière est nulle, sauf
au cas où il s’agit de la prosternation après le salam, alors là il peut
refaire ses ablutions et la faire, car ici les deux prosternations n’ont
pas pour objectif de compléter la prière mais elles représentent
plutôt un avertissement ou un défi contre satan comme le dit le
Prophète.72
Mais quand la durée est longue, les savants ont donné deux
réponses :
 Pour Ahmad, Malik, Abou Hanifa et Ach-châfi’iy …
La prière est nulle car on ne peut pas interrompre une même prière
pendant un long moment et ensuite la continuer, même pas par
oubli.
 Pour Ibn Hazm, Yahya ibn Sa’îd Al Ançâriy, Layth, Al
Awzâ’iy et Ibn Taymiyyah …
La prière n’est pas invalide car on n’a pas une limite de durée
établie par un texte à partir de laquelle on peut dire qu’une prière
est nulle. Le Prophète a eu à commettre une erreur dans sa prière,
a parlé, est sorti de la mosquée, rentré chez lui, puis quand il s’en

71 Rapporté par Abou Awâna(2/324) et Mouslim(746) mais en des termes un peu


différents.
72 Voir Majmou’oul fatawa(Volume23/p.36) d’Ibn Taymiyyah.

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Réparation de la prière
est rendu compte, il alla à la mosquée et corrigea. En plus, le
Prophète a dit dans un hadith : « Quiconque oublie une prière ou
s’endort à son heure, son expiation consiste à la faire dès qu’il s’en
rappelle ».73
Synthèse : La deuxième réponse est certes appuyée par un
raisonnement solide, mais par prudence il est mieux de reprendre la
prière quand la durée est vraiment très longue… Allah est plus
savant !!! 74
Q5 : Quand on intervertit des invocations ou paroles obligatoires ?
Quand on oubli carrément de dire l’invocation ou la parole
obligatoire, et qu’on dit une autre à sa place, alors là on doit se
rattraper par deux prosternations avant le salam, car on a délaissé
une obligation. Par contre lorsqu’on dit la parole obligatoire, mais
en lui ajoutant une autre formule encore, on fera deux
prosternations après le salam pour avoir ajouté une parole qui n’a
pas sa place. 75
Exemple : En se redressant de la génuflexion, Adam dit Allahou
Akbar au lieu de Sami’al-lahou liman hamidah (Tasmî’). Au cas où il
oublie carrément le Tasmî’, il doit faire deux prosternations avant le
salam car il a retranché de sa prière. Par contre si après le Allahou
Akbar, il arrive à dire le Tasmî’ aussi, il fera deux prosternations
après le salam car il ajouté un Takbir qui n’a pas sa raison d’être ici.
Q6 : Comment faire lorsqu’on commet deux erreurs, l’une
nécessitant une correction avant le salam, et l’autre une correction
après le salam ?

73 Rapporté par Alboukhâriy(597) et Mouslim(314).


74 Cette réponse est tirée de Sahihou fiqhis-sounna (Volume1/p.466) de Abou Malik
, avec une petite modification.
75 Voir Majmou’oul Fatawa(Volume11/p.270) de Cheikh Ibn Bâz.

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Réparation de la prière
Cheikh Ibn Outheymîne() dit : « Pour le cas de celui qui
rassemble deux erreurs, l’une nécessitant une correction avant le
salam, et l’autre une correction après le salam, les savants disent
que les prosternations d’avant le salam l’emportent sur les
prosternations d’après le salam, et donc il se prosternera avant le
salam. Comme exemple de ce cas, nous avons un homme qui,
lors de la prière de Zouhr, se redresse pour la troisième rakate sans
s’asseoir pour la Tahiyya, et qui s’assoit dans la troisième rakate
pensant que c’est la deuxième. Cet homme se remettra debout,
accomplira la rakate manquante et se prosternera avant le salam. Il
a diminué la Tahiyya, ce qui nécessite deux prosternations avant le
salam, puis il a ajouté une assise dans la troisième rakate, ce qui
nécessite deux prosternations après le salam, et donc celles à faire
avant le salam prennent le dessus ». Soudjoudous-sahwi(p.17-
18)
Q7 : Doit-on faire le Tachahhoud après les deux prosternations ou
pas ?
Après la prosternation de l’oubli, on ne doit pas faire de Tachahhoud
car ceci n’a pas été authentiquement rapporté du Prophète. Il ne
figure que dans un hadith rapporté par Attirmidhiy, Abou Daoud et
Alhâkim où il est dit que « Le prophète pria avec les gens et se trompa. Il
fit alors la prosternation de l’oubli, fit le Tachahhoud et lança le salam ».
Mais ce hadith est un hadith Châz76 (Marginal). Il est déclaré inapte
pour l’argumentation par les grands spécialistes des hadiths tels
que Albayhaquiy, Ibn Abdil Barr, Ibn Hadjar, Ibn Taymiyyah, Ibn
Almounzir, Al-Albâniy et d’autres ().77

76 C’est une variante des hadiths faibles, c’est-à-dire inaptes pour une
argumentation.
77 Voir Fathoul Bâriy(Volume3/p.98-99). Pour plus de détails sur les anomalies du

hadith, les non-arabophones peuvent voir notre compilation intitulée 300 hadiths
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Réparation de la prière
Ibn Taymiyyah() dit : « Il est rapporté que le Prophète fit la
prosternation de l’oubli dans beaucoup de hadiths, tels que celui de
Ibn Mas’oud, Abou Hourayra, Imran ibn Houçayn…etc. mais
dans aucune de ses paroles il n’ordonna aux gens le Tachahhoud
après la prosternation de l’oubli. Ce Tachahhoud est d’une durée
égale, voire supérieure à celle des deux prosternations et ne peut
donc ne pas être rapporté. S’il avait fait le Tachahhoud, ceux qui
ont rapporté qu’il avait fait la prosternation de l’oubli l’auraient
signalé. Le Takbir (pendant la prosternation de l’oubli), et le salam
(après) sont des propos minimes comparés au Tachahhoud, donc
comment peuvent-ils rapporter ceci sans rapporter cela ».
Majmou’oul fatawa(Volume23/p.48)
Q8 : Quand nous commettons plusieurs erreurs dans la prière,
devons-nous faire plusieurs fois la prosternation ou bien une seule
fois suffira ?
La majorité des savants sont d’avis que la correction se fera une
seule fois, car il n’a jamais été rapporté du Messager ni de ses
compagnons qu’ils ont une fois corrigé en faisant plusieurs fois les
deux prosternations.
b. Questions relatives à la prière en groupe
Q1 : Que faire quand l’imam se trompe dans la prière ?
Quand l’Imam se trompe dans la prière on doit lui faire signe.
D’après Sahl Ibn Sa’d, le Prophète() a dit : « Quand
vous êtes atteints par une chose dans la prière, que les hommes disent
Soubhanallah ».78

faibles et forgés à ne jamais attribuer au Messager qui n’est toujours pas paru
malheureusement.
78 Rapporté par Alboukhâriy(7190) et Annassâ’iy(784).

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Réparation de la prière
D’après Abou Hourayra, le Prophète() a dit : « Le
Soubhanallah pour les hommes et l’applaudissement pour les femmes ».79
Mais lorsqu’on lui fait signe, ce dernier n’est pas tenu de répondre
automatiquement, sauf au cas où les gens insistent ou qu’il doute de
lui-même, car lorsqu’on fit signe au Prophète dans le hadith cité
plus haut, il a d’abord cherché confirmation avant de corriger.
Q2 : Quand Imam commet lui seul une erreur, les gens doivent-ils le
suivre dans la correction ?
Quand Imam se trompe, ceux qui sont derrière lui sont tenus de
corriger avec lui, même au cas où eux n’ont pas commis l’erreur.
Mais si la correction est faite par deux prosternations après le salam,
celui qui a manqué certaines rakates ne corrige qu’après avoir
remboursé les rakates manquées.80
Imam Ibn Almounzir() dit : « Tous ceux dont les propos sont
pris en compte parmi les savants sont d’avis que lorsque l’Imam se
trompe et corrige, le fidèle doit le suivre. Leur argument est la
parole du Prophète « l’Imam a été mis pour être suivi ». Al-
Awsat(Volume3/p.516).
Q3 : Quand l’Imam se trompe et ne corrige pas, les fidèles doivent-
ils corriger ?
Quand l’Imam se trompe et ne corrige pas, ceux qui ont priés
derrière lui doivent corriger, car cela est une obligation pour Imam
et pour ceux qui le suivent, donc le refus de corriger d’Imam ne les
décharge pas eux.
Q4 : Que faire lorsqu’on commet une erreur alors qu’on prie derrière
un imam ?

79 Rapporté par Alboukhâriy(1203) et Mouslim(422).


80 Voir Soudjoudous-sawhi(p.14-15) de Cheikh Ibn Outheymîne.
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Réparation de la prière
Quand on commet une erreur alors qu’on suit un Imam, on ne
corrige pas.
Cheikh Al-Albâniy() dit : « Nous savons tous que les
compagnons qui priaient derrière le Prophète commettaient sans
doute des erreurs qui nécessiteraient une réparation s’ils priaient
seuls ; ceci est un fait que nul ne peut nier. Cependant, il n’a
jamais été rapporté qu’un d’entre eux a corrigé, or si c’était
légiféré, ils l’auraient fait, et s’ils l’avaient fait on nous l’aurait
rapporté. Donc si on ne le rapporte pas, c’est qu’il n’est pas légiféré
». Irwâ’oul ghalîl (Volume2/p.132)
Mais si l’erreur nous a fait manquer une rakate par exemple, on doit
rattraper cette rakate.
Q5 : Que faire quand l’imam se lève pour accomplir une cinquième
rakate, et refuse de s’asseoir malgré les interpellations de ceux qui
sont derrière lui ?
Quand l’imam se relève pour une cinquième rakate, on doit lui faire
signe comme expliqué plus haut. Mais au cas où il ne se rassoit pas,
les fidèles ne doivent pas le suivre, à moins qu’eux-mêmes soient
dans le doute, c’est-à-dire qu’ils ne soient pas sûrs que l’Imam se
soit trompé.81
NB : Il est possible que l’imam commette une erreur dans les
formules et lectures à voix basse, comme la Fatiha, à l’insu des
fidèles, et que ces derniers le croient en erreur lorsqu’il se mettra
debout pour ajouter une cinquième rakate, vu l’invalidité de l’une
des quatre premières. Donc pour éviter cette confusion, il est
demandé à l’imam qui sait qu’il n’est pas en erreur, de faire signe de

81Certaines personnes pensent que, de la même manière qu’on ne se rassoit pas


pour faire la Tahiyya au cas où on l’oublie et qu’on entame la troisième rakate, on
ne se rassoit pas quand on entame la cinquième rakate aussi. Cela est
malheureusement une erreur comme expliqué plus-haut par Outheymîne.
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Réparation de la prière
la main aux fidèles pour leur dire de se relever, comme cela a été
rapporté du Messager d’Allah dans des hadiths authentiques
d’Imam Alboukhâriy et Imam Mouslim dans certaines situations
plus ou moins similaires.

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Réparation de la prière

Conclusion
Ici prend fin ce petit exposé par la grâce d’Allah. Conscient
qu’aucune œuvre humaine ne saurait être exempte d’erreur, nous
vous prions de bien vouloir nous faire part de vos remarques et
suggestions, afin que les erreurs soient corrigées pour d’éventuelles
éditions, et que le document soit encore plus profitable aux lecteurs.
Puisse Allah nous guider sur sa voie droite et nous gratifier
davantage de ses bienfaits incommensurables.
Acheminez vos suggestions, remarques et inquiétudes à l’adresse
suivante :
Téléphone : (00226) 75611552, (00226) 61256625 ou (00227) 99832335
Courriel : ahmed.mikail@yahoo.fr

Toutes les louanges sont à Allah, qui permet, par sa grâce, la réalisation
des bonnes actions. Que la paix et le salut soient sur Son Messager, sa
famille, ses compagnons et ceux qui les suivront jusqu’à la fin des temps.


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Réparation de la prière

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Réparation de la prière

Bibliographie
Ahkâmou soudjoudis-sahwi d’Imam Ibn Taymiyyah, avec les notes de
Fawwâz Ahmad, Ed. Dar Ibn Hazm.(Première édition 1996)
Al-Awsat de Abou Bakr Mouhammad Ibn Ibrahim Ibn Almounzir,
Ed. Dar Taybah. (Première édition 1985)
Alkâfiy fi fiqhi ahlil madina de Imam Ibn Abdil Barr, Ed. Dâroul
Koutoubil Ilmiyyah. (Deuxième édition 1992)
Almoughniy, Imam Ibn Qoudama, Ed. Dar Âlamil koutoub
Bidâyatou Almoudjtahid de Imam Ibn Rouchd, Ed. Daroul Ma’rifa.
(Sixième édition 1982)
Charhoul moumti’ de Cheikh Mouhammad Ibn Sâlih Al-Outheymîne,
Ed. Dar Ibn Aldjawziy (1422 H)
Djadâwilou soudjoudis-sahwi wa massâ’ilihi de Badr Ibn Nâyif
Fathoul Bâriy Charhou Sahihi Alboukhâriy de Al-Hâfiz Ibn Hadjar Al-
Asqalâniy, Ed. Maktabatous-salafiyyah
Ghâyatoul marâm de Cheikh Al-Albâniy, Ed. Maktaboul Islamiy.
(Première édition 1980)
Irchâdou Oulil Baçâ’ir de Abdourrahmâne Assa’diy, Ed. Adwâ’ous-
salaf. (Première édition 2000)
Irwâ’oul ghalîl de Cheikh Al-Albâniy, Ed. Maktabatoul ma’ârif.
(Première édition 1979)
Majmou’oul Fatawa d’Ibn Taymiyyah, Ed. Daroul Wafâ
Majmou’oul Fatawa de Ibn Baz, compilé par Cheikh Mouhammad Ibn
Sa’d Ach-chouway’ir, Ed. Daroul Qâssim
Mousnad Imam Ahmad de Imam Ahmad Ibn Hanbal, Ed.
Mou’assassatou Arrissâla. (Première édition 1995)
Sahihou Fiqhis-sounna d’Abou Mâlik Almiçriy, Ed. Maktabatout-
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Réparation de la prière
tawfiqiyyah
Sahihou Mouslim de Imam Mouslim Ibn Hajjâj, Ed. Dârou Taybah.
(Première édition 2006)
Sahihoul Boukhâriy de Imam Mouhammad Ibn Ismâ’îl Alboukhâriy,
Ed. Maktabatour-rouchd. (Deuxième édition 2006)
Sifatous-salat de Cheikh Al-Albâniy, Ed. Maktabatoul Ma’ârif.
(Deuxième édition 1996)
Soudjoudous-sahwi de Mouhammad Ibn Sâlih Al-Outheymîne, Ed.
Maktatabou Al-Ilm
Soudjoudous-sahwi fi daw’il kitabi was-sounna de Dr. Sa’îd Alqahtâniy,
Ed. Aljirayssiy
Sounanou Abi Daoud de Imam Abou Daoud Souleymane Ibn Al-
Ach’ath, Ed. Maktabatoul ma’ârif. (Deuxième édition)
Sounanou Annassâ’iy de Imam Abou Abdourrahmâne Ahmad Ibn
Choua’yb, Ed. Maktabatoul ma’ârif. (Première édition)
Sounanou Ibn Mâdja de Imam Abou Abdoullah Mouhammad Ibn
Yazîd, Maktabatoul ma’ârif. (Première édition)
Sounanout-tirmidhiy de Imam Mouhammad Ibn Issa Attirmidhiy,
Ed. Maktabatoul ma’ârif. (Première édition)
Touhfatoul fouqahâ de Imam Alâ’oud-dine Assamarqandiy, Ed.
Dâroul Koutoubil Ilmiyyah. (Première édition 1984)
Zâdoul ma’âd de Ibn Qayyim Aljawziyya, Ed. Mou’assassatou
Arrissala.(Troisième édition 1998)

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Réparation de la prière

Lexique
() : Se met devant le nom Allah, et signifie Exalté soit-Il.
() ou () : Se met devant le nom du Prophète, et signifie
Paix et salut d’Allah sur lui.
 : Se met devant le nom d’un compagnon, et signifie Qu’Allah
l’agrée.
 : Se met devant le nom d’un compagnon femme, et signifie
Qu’Allah l’agrée.
(): Se met devant le nom d’un savant mort, et signifie Qu’Allah
lui fasse miséricorde.
: Se met devant le nom d’un savant vivant, et signifie
Qu’Allah le préserve.

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Cheikh Ibn Outheymîne() dit : « La plupart


des gens ignorent beaucoup d’entre les règles de la
prosternation de l’oubli (réparation de la prière) ;
parmi eux il y en a qui délaissent la prosternation là
où elle est obligatoire, parmi eux il y en a qui
l’accomplissent là où elle n’a pas sa place, certains la
font avant le salam même quand sa place est après le
salam, d’autres la font après le salam alors que sa
place est avant. Pour cela donc, la connaissance de
ses règles est très importante, surtout pour les
Imams que les gens prennent comme référence et qui
ont pris la responsabilité de suivre seulement ce qui
est légiférée dans les prières auxquelles ils président
les musulmans ». Soudjoudous-sahwi(p.3)

Editions Almisbâh
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