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Dossier de presse

7 septembre 2022

Contact presse
Service régional de la communication interministérielle

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Pour la période 2021-2025, le plan régional de santé au travail 4 (PRST 4) a pour
objectif de structurer la prévention des risques professionnels et l’amélioration des
conditions de travail des salariés sur le territoire de La Réunion. Il est issu du Plan
national de santé au travail 4 (PST 4) qui a été présenté le mardi 14 décembre 2021
en Conseil national d’orientation des conditions de travail.
Plusieurs séquences d’échanges et de travail largement ouvertes, associant les
partenaires sociaux et les préventeurs (notamment la Caisse générale de sécurité
sociale, l’Agence régionale d’amélioration des conditions de travail et les services de
santé au travail), ont permis de structurer les objectifs et les actions retenues au
niveau local. Le PRST 4 a vocation à mettre en cohérence les actions de terrain et à
en impulser de nouvelles.
Au total, 18 fiches-actions sont initiées dans le cadre du PRST 4.

4 axes
18 actions
1 – La culture de la prévention
1. Promouvoir l’évaluation des risques et les démarches de prévention
2. Développer et diffuser l’offre de service en direction des entreprises
3. Renforcer la formation initiale et continue en santé et sécurité au travail
4. Développer le dialogue social
5. Favoriser les démarches de qualité de vie et des conditions de travail
2 – La prévention de la désinsertion professionnelle
6. Contribuer à l’efficacité des dispositifs de maintien dans l’emploi
7. Prévenir les conduites addictives en milieu professionnel
3 – La priorité à certains risques
8. Prévenir les risques de chutes de hauteur et de plain-pied
9. Maitriser le risque amiante
10. Prévenir les risques routiers
11. Prévenir les risques chimiques et les risques émergents
12. Prévenir les troubles musculosquelettiques (TMS)
13. Prévenir et agir sur les risques psychosociaux
4 – L’approche globale de secteurs ou catégories de travailleurs
14. Le secteur du Bâtiment et Travaux Publics
15. Renforcer la prévention pour les salariés des particuliers employeurs
16. Le travail intérimaire
17. Le secteur de l’agro-alimentaire et de la distribution
18. Les entreprises classées ICPE

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Les principales tendances en santé au travail

Accidents du travail
Sur le territoire de La Réunion, le taux d’accident du travail reste en dessous du taux
national avec 29,2 accidents pour 1 000 salariés contre 33,5 pour la France entière.
Entre 2015 et 2019, on constate une augmentation de 1 395 accidents de travail avec
arrêt de travail, soit une augmentation de 33%. Dans le même temps, le nombre de
salariés du régime général est passé de 188 000 à 193 000, soit une augmentation de
2,6%. Ainsi, l’indice de fréquence passe de 22,6 à 29,2. Le nombre de décès fluctue
légèrement et s’établit à 6 en 2019.
La fréquence des accidents du travail reste en hausse de 7,3% par an depuis 2014.
Les principales causes d’accidents demeurent la manutention, les chutes de plain-
pied, les agressions (en augmentation) puis les chutes de hauteur.
Maladies professionnelles
En 2019, 13 cas supplémentaires (308) de maladie professionnelle en premier
versement ont été enregistrés par rapport à 2018 (295). Sur le long terme, la
tendance est à la hausse. Il y a en moyenne 1,6 cas de maladie professionnelle pour
1 000 salariés en 2019 contre 1 en 2014.
90,3 % des maladies professionnelles concernent les troubles musculo-squelettiques
(TMS), 3,9 % des cancers, infections bactériennes et autres, 2,3 % sont dues aux
bruits. En 2019, il n’y a eu aucun cas de cancers professionnels, ni de décès liés à une
maladie professionnelle.
Inaptitudes
Sont particulièrement exposés aux inaptitudes les salariés âgés de plus de 50 ans, la
catégorie des employés, les salariés des petites entreprises. Les activités de services
au sens large sont proportionnellement plus touchées que l’industrie ou la
construction. Les risques psychosociaux (RPS) et les troubles musculo-squelettiques
(TMS) liés directement aux conditions de travail génèrent une large majorité des
inaptitudes (60% de inaptitudes).
Le poids des maladies invalidantes reste un sujet de préoccupation pour le salarié,
l’entreprise et les pouvoirs publics. Le lien entre l’organisation du travail, les
conditions de travail et les inaptitudes est souvent établi. Les principales contraintes
physiques évoquées sont les postures contraignantes (52,8%), la manutention
(46,4%), les gestes répétitifs (44,7%).

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1 - La culture de la prévention au centre de l’action
La progression de la culture de prévention dans toutes ses dimensions constitue un
enjeu majeur devant permettre une meilleure maîtrise des risques professionnels et
d’améliorer la qualité de vie et les conditions de travail.
Les nouvelles dispositions issues de la loi du 2 août 2021 pour renforcer la prévention
en santé au travail représentent un levier pour développer l’évaluation des risques et
la prise en compte des principes généraux de prévention au sein de l’entreprise.
L’ensemble des acteurs doit être associé, notamment dans le cadre d’un dialogue
social dynamisé à tous les niveaux.
Le plan prévoit de développer la communication, l’accompagnement des
entreprises, le travail en réseaux et l’intégration de la prévention dans les formations
initiales et continues.

Des réseaux pour diffuser


la culture de prévention au sein des entreprises

Dans le cadre du PRST, les partenaires structurent et animent des réseaux regroupant des
référents de la prévention désignés au sein des entreprises.
Ces réseaux permettent aux référents d’échanger leurs bonnes pratiques et démarches en
matière de prévention. Ils permettent de diffuser la culture de prévention dans les entreprises.
Des réunions sont régulièrement organisées pour présenter aux référents les évolutions
techniques ou règlementaires, ainsi que les matériels ou services en lien avec la prévention des
risques professionnels ou l’amélioration des conditions de travail.
Les différents réseaux existants regroupent environ 300 personnes, référents en entreprise,
intervenants extérieurs habilités ou coordonnateurs de sécurité dans le BTP.
Un nouveau réseau, destiné aux représentants du personnel des CSE des entreprises, est en
cours de construction.

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L’observatoire de la qualité de vie au travail

La notion de Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) a été enrichie


dans « l’Accord national interprofessionnel pour une prévention renforcée et une offre
renouvelée en matière de santé au travail et conditions de travail » du 9 décembre 2020.
La qualité de vie et des conditions de travail est désormais un outil reconnu pour
améliorer conjointement la santé au travail et la performance des entreprises.
Dans le cadre du Plan régional de santé au travail 2021-2025, à La Réunion, un
Observatoire de la Qualité de Vie au Travail a été mis en place. Il est opérationnel depuis
juin 2021. A travers celui-ci, l’ARACT Réunion (Association Régionale pour l’Amélioration
des Conditions de Travail) et ses partenaires analysent les accords QVT pour identifier et
diffuser les bonnes pratiques. Les initiatives locales sont mises en avant à travers des récits
d’action permettant aux dirigeants d’entreprises et aux partenaires sociaux de prendre
conscience de l’apport du paritarisme de projet et de la qualité du dialogue social pour le
développement économique et humain.
Pour aider les entreprises à identifier les acteurs pouvant soutenir une telle démarche, une
cartographie de l’offre de service a été publiée sur le site de l’ARACT et peut être diffusé
sur demande. Des évènements et des webinaires sont également organisés pour
sensibiliser les différents acteurs et promouvoir la QVCT.
Le premier observatoire régional de la QVCT en France est donc opérationnel à La
Réunion ; il participe à la large diffusion de cette notion et de la démarche. Reste à
consolider sa mission d'éclairage des politiques publiques en étudiant l'impact des
démarches en cours sur la santé au travail.

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2 – La prévention de la désinsertion professionnelle : un enjeu majeur
La prévention de la désinsertion et de l’usure professionnelle constituent un enjeu en
termes de santé publique. Le vieillissement de la population active et l’allongement
des carrières incitent à agir sur tous les aspects de cette thématique.
Le développement de la culture de prévention dans toutes ses dimensions, la priorité
accordée à certains risques (les troubles musculosquelettiques et les risques
psychosociaux) et plus généralement, l’amélioration des conditions de vie et de
travail, contribuent à prévenir l’usure et la désinsertion professionnelle.
Ces actions sont complétées par l’objectif partagé avec les acteurs du programme
régional d’insertion des travailleurs handicapés de renforcer l’efficacité du dispositif
de maintien dans l’emploi.
La préoccupation grandissante de l’impact des addictions dans le milieu de travail
fait aussi l’objet d’une attention particulière.

La charte de maintien dans l’emploi

L’amélioration du dispositif de maintien dans l’emploi constituait un des objectifs du PRST 3 et


est repris dans le PRST 4. La synergie entre le Plan Régional pour l’Insertion des Travailleurs
Handicapés (PRITH) et le PRST est apparue comme une évidence pour traiter des sujets
communs, notamment celui du maintien dans l’emploi.
Plusieurs actions ont été retenues :
- l’organisation chaque année d’une journée du maintien dans l’emploi ;
- la création d’une cartographie et d’un guide du maintien dans l’emploi à destination des
employeurs et des salariés ;
- l’adoption d’une charte de maintien dans l’emploi ;
- la sensibilisation des représentants du personnel au handicap.
La charte pour le maintien dans l’emploi signée le 28 avril 2022 regroupe des représentants de
l’Etat, des partenaires institutionnels, les partenaires sociaux et des acteurs de terrain.
La charte pour le maintien dans l’emploi est articulée autour de quatre grands axes de travail :
- la mise en œuvre précoce du maintien dans l’emploi.
- la mise en œuvre rapide et efficace de la prise en charge.
- le développement de la coopération entre les acteurs.
- la mobilisation du monde du travail.

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3 – Priorité à certains risques
La Réunion est concernée au même titre que le reste du territoire, par la nécessité de
consacrer et mutualiser des moyens d’actions contre les risques professionnels les
plus graves et les plus fréquents. La plupart font déjà l’objet d’actions concertées
qu’il convient de renforcer et diversifier.
L’accident de la route est la première cause de mortalité au travail. La prévention du
risque routier fait l’objet d’une structuration des actions dans le cadre du plan.

Le PRST 4 et les risques émergents

Il est nécessaire que le système de prévention anticipe et appréhende les risques associés aux
évolutions technologiques. Au niveau national, la recherche en santé au travail est orientée
vers les risques émergents pour rendre accessible l’information et mieux cartographier les
facteurs impactant la santé des travailleurs. Une meilleure prévention passe par une meilleure
connaissance des nouveaux risques, pour ainsi anticiper les actions de prévention
correspondantes. Le PRST 4 a ciblé deux types de risques émergents : les nanomatériaux et les
perturbateurs endocriniens.
• Les nanomatériaux
Les évolutions technologiques permettent de miniaturiser dans des proportions qui
n’existaient pas auparavant. Le domaine de l’infinitésimal permet des prouesses techniques
mais laisse place également à des risques accrus. Les mêmes substances utilisées à l’échelle du
microscopique ou nanométrique deviennent une source d’exposition pour les travailleurs,
atteignant principalement les voies respiratoires.
Dans le cadre du PRST 4, il s’agira de poursuivre les travaux entamés dans le PRST précédent :
- poursuivre l’identification des secteurs d’activité et des produits concernés ;
- organiser des campagnes de mesures et d’identification dans les entreprises ciblées ;
- créer un outil en ligne pour aider les professionnels à identifier les nanomatériaux.
Cette action est réalisée en partenariat avec l’IUT de SAINT-PIERRE. Il est important
d’accompagner les entreprises pour une meilleure prévention de ce risque dont les contours
restent encore mal connus. En effet, actuellement, il n’y a pas de classification ou d’étiquetage
règlementaire spécifique pour les nanomatériaux.
• Les perturbateurs endocriniens
Cette thématique, qui a émergé sur le plan de la santé publique, concerne également la sphère
professionnelle. Les expositions en milieu professionnel peuvent être multiples notamment par
la manipulation de matières premières utilisées (plastifiants, solvants..) ou de substances entrant
dans la composition de nombreux produits finis tels que les colles et les vernis. Les activités
professionnelles potentiellement touchées peuvent concerner de nombreux secteurs :
l’agroalimentaire, le BTP, le nettoyage industriel, etc.
Le PRST 4 a pour objectif d’établir un état des lieux pour mieux identifier les activités touchées
par ce risque.

Ces deux risques émergents doivent être intégrés dans une approche globale d’évaluation et de
prévention des risques chimiques. La démarche de prévention recommandée est similaire à
celle qui doit être mise en œuvre pour les agents chimiques cancérigènes, mutagènes
ou toxiques pour la reproduction (CMR). L’objectif est de supprimer les nanomatériaux et
perturbateurs endocriniens identifiés ou de les remplacer par des produits moins nocifs
(principe de substitution). A défaut, il convient de limiter les expositions au niveau le plus bas
possible par la mise en œuvre des moyens de protection collective et individuelle adaptés.

4 – Approche globale de secteurs ou catégories de travailleurs


Les acteurs du PRST4 décident de pérenniser et d’initier des actions globales en
directions de secteurs ou de catégories de travailleurs. L’implication des partenaires
sociaux est le plus souvent recherchée dans le développement des actions.

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La cohérence avec les autres actions du plan est prise en compte pour chaque action
spécifique.

Le BTP, un secteur prioritaire

Le BTP est un secteur accidentogène et exposé à de multiples risques notamment les chutes de
hauteur, l’amiante, les TMS et les risques chimiques. Aussi, il a été ciblé pour une action renforcée
dans le cadre du PRST.
L’approche sectorielle permet d’associer les représentants des entreprises à la définition des actions
mises en œuvre. Ainsi, les partenaires de la prévention ont construit des outils d’aide à la
prévention adaptés au territoire. Par exemple, un kit « chutes de hauteur » et « amiante » ont été
élaborés.
Les entreprises peuvent y trouver des informations notamment sur les organismes de formation
compétents à La Réunion ou la liste de fournisseurs de matériels conformes.
Ces documents sont disponibles sur le site www.preventionpro974.re

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