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PCSI 2 Guillaume Deslandes

Chapitre 14 : Dérivation

I désigne un intervalle de R non vide et non réduit à un point, f une fonction de I dans R et a un point de I .

I. Dérivée en un point et fonction dérivée

1) Dénitions/Rappels
f (x) − f (a)
• Pour tout x ∈ I\{a}, on appelle taux d'accroissement de f entre x et a le quotient , c'est la
x−a
pente de la droite (AM ) où A est le point de coordonnées (a, f (a)) et M celui de coordonnées (x, f (x)).
f (x) − f (a)
• On appelle la fonction taux d'accroissement en a la fonction τa : x 7→ qui est dénie sur I\{a}.
x−a
• f est dite dérivable en a quand sa fonction taux d'accroissement en a admet une limite nie en a (c'est
f (x) − f (a)
toujours une limite épointée en a), dans ce cas on note f 0 (a) cette limite : lim = f 0 (a).
x→a x−a
x6=a
f (a + h) − f (a)
Dans ce cas, on a aussi (par composition de limites) : lim = f 0 (a).
h→0 h
h6=0

• f 0 (a) est le coecient directeur de la tangente à Cf au point d'abscisse a, cette tangente est la droite
d'équation y = f (a) + f 0 (a)(x − a).
• Si la fonction taux d'accroissement en a admet une limite innie en a alors Cf admet une tangente verticale
en a mais f n'est pas dérivable en a.
• f est dite dérivable à gauche en a quand sa fonction taux d'accroissement en a admet une limite nie à
gauche en a (il faut pour cela disposer de  > 0 tel que ]a − , a] ⊂ I ), dans ce cas on note fg0 (a) cette limite :
f (x) − f (a)
lim− = fg0 (a).
x→a x−a
• f est dite dérivable à droite en a quand sa fonction taux d'accroissement en a admet une limite nie à droite
en a (il faut pour cela disposer de  > 0 tel que [a, a + [⊂ I ), dans ce cas on note fd0 (a) cette limite :
f (x) − f (a)
lim = fd0 (a).
x→a+ x−a
• f est dérivable sur I si f est dérivable en tout point de I .

BOn ne parle de dérivabilité en a que si f est dénie en a, de dérivabilité à gauche en a que si


∃  > 0, ]a − , a] ⊂ I et de dérivabilité à droite en a que si ∃  > 0, [a, a + [⊂ I .

Remarque. Soit (α, β) ∈ R2 tels que α < β . Si I = [α, β], on confond "f est dérivable en α" avec "f est dérivable
à droite en α" et "f est dérivable en β " avec "f est dérivable à gauche en β ".

Proposition 1 :
On suppose que ∃  > 0, ]a − , a + [ ⊂ I . On a :
(f est dérivable en a) ⇔ (f est dérivable à droite et à gauche en a et fd0 (a) = fg0 (a)).

Proposition 2 :
f est dérivable en a équivaut à "il existe un réel m (xé) et une fonction ε : x 7→ ε(x) dénie sur I , de limite
nulle en a telle que ∀ x ∈ I, f (x) = f (a) + m(x − a) + (x − a) × ε(x)".

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Proposition 3 :
Si f est dérivable en a alors f est continue en a et la réciproque est fausse.


Les fonctions x 7→ |x| et x 7→ x sont continues en 0 mais ne sont pas dérivables en 0 (pour des raisons diérentes).
Remarque. Il y a un résultat plus précis : si f est dérivable à gauche et à droite en a alors f est continue en a.

2) Cas de non-dérivabilité

BOn ne parle pas du cas où f n'est pas dénie en a.


Soit f dénie sur I tel qu'on dispose de ε > 0 vériant ]a − ε, a + ε[ ⊂ I . f n'est pas dérivable en a si :
• f admet des dérivées à gauche et à droite nies en a mais qui ne sont pas égales. On dit dans ce cas que a
est un point anguleux.
• f n'admet pas de dérivée à gauche nie en a :
f (x) − f (a)
 τa admet une limite innie à gauche en a : lim− = ±∞
x→a x−a
f (x) − f (a)
 τa n'admet pas de limite à gauche en a : x 7→ n'a pas de limite en a− .
x−a
• f n'admet pas de dérivée à droite nie en a :
f (x) − f (a)
 τa admet une limite innie à droite en a : lim+ = ±∞
x→a x−a
f (x) − f (a)
 τa n'admet pas de limite à droite en a : x 7→ n'a pas de limite en a+ .
x−a

3) Dérivées usuelles et opérations

BRevoir le chapitre 7 pour les dérivées des fonctions usuelles. La plupart des fonctions usuelles sont dérivables
sur leur ensemble de dénition.

BRevoir le chapitre 6 pour les opérations sur les dérivées.


Proposition 4 :
Soit f et g dérivable en a et λ ∈ R.
f
λf , f + g , f × g sont dérivables en a et est dérivable en a si et seulement si g(a) 6= 0.
g

Remarque. On dit que l'ensemble des fonctions dérivables en a est stable par combinaisons linéaires, produit et
quotient.

Proposition 5 :
Soit f dénie sur I , g dénie sur J telles que f (I) ⊂ J . Soit a ∈ I . Si f est dérivable en a et g est dérivable
en f (a) alors g ◦ f est dérivable en a et (g ◦ f )0 (a) = g 0 (f (a)) × f 0 (a).

Rappels. On dit que f est dérivable sur I si f est dérivable en tout point de I .
Ces propositions fonctionnent aussi sur tout un intervalle :

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Proposition 6 :
Soit f et g dérivables sur I et λ ∈ R.
f
λf , f + g , f × g sont dérivables sur I et est dérivable sur {a ∈ I / g(a) 6= 0}.
g

Remarque. On dit que l'ensemble des fonctions dérivables sur I est stable par combinaisons linéaires, produit et
quotient. Ce résultat reste vrai si I n'est pas un intervalle.

Proposition 7 :
Soit f dérivable sur I , g dérivable sur J telles que f (I) ⊂ J . Alors g ◦ f est dérivable sur I .

Proposition 8 :
Soit f : I → J une bijection continue, x0 ∈ I et f dérivable en x0 .
On a alors : f 0 (x0 ) 6= 0 ⇔ f −1 dérivable en f (x0 ).

Cette proposition permet de retrouver les ensembles de dérivabilité des fonctions arcsin, arccos et arctan.
La proposition suivante est assez subtile (car fausse si I n'est pas ouvert) et très utilisée en exercice :

Proposition 9 :
Si f est égale à une fonction dérivable sur un intervalle ouvert alors f est dérivable sur cette intervalle.

BSi l'intervalle n'est pas ouvert, la proposition n'est plus vraie.


Exemple. Soit f une fonction dénie sur R telle que ∀ x > 0, f (x) = 1 alors on peut en déduire que f est dérivable
sur R+∗ (car R+∗ est un intervalle ouvert) et que ∀ x > 0, f 0 (x) = 0. Soit g une fonction dénie sur R telle que
∀ x > 0, g(x) = 1 alors on ne peut pas en déduire que g est dérivable sur R+ (car R+ n'est pas un intervalle ouvert).
Par contre, on a ∀ x > 0, g(x) = 1 donc on peut en déduire que g est dérivable sur R+∗ et que ∀ x > 0, g 0 (x) = 0.

4) Dérivées successives
Pour tout n ∈ N∗ , on note Dn (I, R) l'ensemble des fonctions n fois dérivables sur I . On note C ∞ (I, R) l'ensemble
des fonctions indéniment dérivable sur I .

BNe pas confondre D (I, R) et C (I, R) : on a C (I, R) ⊂ D (I, R) mais il existe des fonctions n fois dérivables
n n n n

dont la dérivée n-ième n'est pas continue donc Dn (I, R) 6⊂ C n (I, R).
Soit f ∈ Dn (I, R). Pour tout k ∈ [[0, n]], on note f (k) la dérivée k-ième de f .

BNe pas confondre f (k)


avec f k qui peut désigner f puissance k ou dans certains chapitres f ◦ ... ◦ f .
| {z }
k fois

BD (I, R) = F(I, R), autrement dit toute fonction est 0-fois dérivable et pour toute fonction f on a : f
0 (0)
= f.
0
Remarque. Si f est de classe C ∞ alors : ∀ n ∈ N, f (n) = f (n+1) .
1
Méthode. Pour déterminer les dérivées successives d'une fonction comme x 7→ √ ou écrit (2x + 1)−1/2 , on
2x − 1
calcule les premières dérivées, on conjecture un résultat et on le montre par récurrence.

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Proposition 10 (Opérations sur les dérivées successives) :


Soient n ∈ N et f et g deux fonctions n fois dérivables sur I .
combinaison linéaire : pour tout (λ, µ) ∈ R2 , λf + µg est n fois dérivables sur I et
(λf + µg)(n) = λf (n) + µg (n) .
produit : f × g est n fois dérivables sur I .
f
quotient : si g ne s'annule pas sur I alors est n fois dérivables sur I .
g
composée : si f est n fois dérivables sur I et à valeurs dans J et si g est n fois dérivables sur J alors g ◦ f
est n fois dérivables sur I et de même si f est de classe C n sur I et g de classe C n sur J et f (I) ⊂ J
alors g ◦ f est de classe C n sur I .

La plupart des fonctions usuelles sont dérivables autant de fois qu'on veut, i.e. sont de classe C ∞ .

Proposition 11 :
Soit n ∈ N, u et v deux fonctions n fois dérivables sur I . La fonction u × v est aussi n fois dérivables sur I et
on a : n  
X n (i) (n−i)
(u × v)(n) = u v .
i=0
i

k  
k (i) (k−i)
En particulier, pour tout k ∈ [[0, n]], u × v est k fois dérivables sur I et (u × v)(k) = .
X
u v
i=0
i

On a le même résultat avec des fonctions de classe C n : si u et v sont de classe C n sur I alors uv est de classe C n
sur I et n  
X n (i) (n−i)
(u × v)(n) = u v .
i=0
i

II. Théorème de Rolle et applications

1) Extremums locaux
Rappel : Soit f : I → R et a ∈ I . On dit que f admet un maximum sur I en a si ∀ x ∈ I, f (x) 6 f (a). On parle
alors de maximum global. Il ne faut pas confondre le maximum qui est unique quand il existe et un point où le
maximum est atteint qui n'est pas forcement unique. Toute fonction continue sur un segment admet un maximum
et un minimum, ce qui n'est pas forcement le cas d'une fonction continue sur un intervalle.
Remarque. On appelle extremum un maximum ou un minimum. Un extremum peut être local ou global :

Dénition 1 (maximum local) :


Soit f : I → R et a ∈ I . On dit que f admet un maximum local en a si :
∃  > 0, ∀ x ∈ I ∩ [a − , a + ], f (x) 6 f (a).

Remarque. Un extremum global est un extremum local et la réciproque est fausse.

BSi f |[a,b]admet un extremum local en c ∈ [a, b] alors f n'admet pas forcement d'extremum local en c,
par contre, si f|[a,b] admet un extremum local en c ∈ ]a, b[ alors f admet un extremum local en c.
Exercice. Déterminer en quels points la fonction x 7→ bxc admet des maximums locaux et en quels points elle
admet des minimums locaux.

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Exercice. Déterminer une fonction dénie sur [a, b]


1. qui n'admet pas de maximum global
2. qui n'admet pas d'extremum global
3. qui n'admet pas de maximum local
4. qui n'admet pas d'extremum local.

Théorème 1 (de l'extremum local) :


Soit f une fonction dénie sur le segment [a, b]. On suppose que :
• f admet un extremum local en c
• f est dérivable en c
• c ∈ ]a, b[
alors f 0 (c) = 0.

BIl ne faut pas oublier l'hypothèse c ∈ ]a, b[. Si on sait juste que c ∈ [a, b] alors le théorème ne s'applique pas.
Dénition 2 :
Les points où la dérivée d'une fonction s'annule sont appelés les points critiques de cette fonction.

On peut reformuler le théorème de l'extremum local : Soit f : [a, b] → R. Si f admet un extremum local en c ∈ ]a, b[
et que f est dérivable en c alors c est un point critique de f .

Proposition 12 :
Soit f : ]a, b[→ R dérivable sur ]a, b[. Ses extremums locaux sont tous atteints en des points critiques.

Que dire de la réciproque ? Soit f : I → R, dérivable sur I . Un point critique de f est-il forcement un extremum
local de f ?
La réponse est non et le contre-exemple le plus simple à bien connaitre est x 7→ x3 en 0.

2) Théorème de Rolle

Théorème 2 (de Rolle) :


Soit f une fonction continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[ et telle que f (a) = f (b), alors il existe un réel c ∈ ]a, b[
tel que f 0 (c) = 0.

Graphiquement : La courbe Cf possède (au moins) une tangente horizontale.

BLes trois hypothèses sont importantes.


Remarque. "f continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[" se reformule par "f dérivable sur ]a, b[ et continue en a
et en b".
Exemple. Évidemment, si f est dérivable sur [a, b] alors f est continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[.
Trouver une fonction f continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[ qui ne soit pas dérivable sur [a, b].

BCe théorème ne s'étend pas aux fonctions à valeurs complexes. f : t 7→ e it


est continue sur [0, 2π], dérivable
sur ]0, 2π[ et f (0) = f (2π) mais f 0 ne s'annule pas sur ]0, 2π[.
Le TAF est une généralisation (simple) de théorème de Rolle.

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Théorème 3 (TAF) :
Soit a < b deux réels et f une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[. Alors il existe un réel c ∈ ]a, b[
tel que :
f (b) − f (a)
f 0 (c) = .
b−a

Graphiquement : La courbe Cf possède (au moins) une tangente parallèle à la corde (AB).
Preuve. On ajuste la fonction f pour se ramener au théorème de Rolle, pour cela on lui soustrait la fonction
ane qui vaut f (a) en a et f (b) en b (ou simplement une fonction ane qui a la bonne pente).

3) Fonctions lipschitziennes

Dénition 3 :
Soit k ∈ R+ . On dit que f est k-lipschitzienne sur I si : ∀ (x, y) ∈ [a, b]2 , |f (x) − f (y)| 6 k|x − y| et on dit que
f est lipschitzienne s'il existe un k ∈ R+ tel que f est k -lipschitzienne.

Remarque. Une fonction k-lipschitzienne sur [a, b] est une fonction dont tous les pentes des cordes sont inférieures
à k en valeur absolue.
Exemple. Montrer que la fonction x 7→ |x| est 1-lipschitzienne sur R.

Exemple. Montrer que la fonction x 7→ x n'est pas lipschitzienne sur [0, 1].

BLorsqu'on dit qu'une fonction est lipschitzienne ou k-lipschitzienne, il faut préciser sur quel intervalle.
Exemple. Montrer que pour tout couple (a, b) ∈ R2 tel que a 6 b, la fonction x 7→ x2 est lipschitzienne sur [a, b]
mais x 7→ x2 n'est pas lipschitzienne sur R.

Proposition 13 :
Toute fonction lipschitzienne est continue et la réciproque est fausse.

BUne fonction lipschitzienne n'est pas forcement dérivable.


Proposition 14 (Inégalité des accroissements nis) :
Si f est continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[ et s'il existe des réels m et M tels que ∀ x ∈ ]a, b[, m 6 f 0 (x) 6 M
alors :
f (b) − f (a)
m6 6 M.
b−a

y−x
Exemple. Montrer que ∀ (x, y) ∈ R2 tels que 0 < x < y , on a : x < < y.
ln(y) − ln(x)

Proposition 15 (Inégalité des accroissements nis reformulation) :


Si f est dérivable sur I et si f 0 est bornée sur I alors f est lipschitzienne sur I .

Proposition 16 (Corollaire de l'inégalité des accroissements nis) :


Si f est de classe C 1 sur un segment alors elle est lipschitzienne sur ce segment.

BCe résultat n'est plus valable sur I .


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4) Dérivée et sens de variation

Théorème 4 (de la dérivée nulle) :


Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I alors "f est constante sur I " équivaut à "f 0 est nulle sur I ".

BLe théorème est faux si I n'est pas un intervalle. La fonction x 7→ 1 R+ a une dérivée nulle sur R∗ et n'est
pas constante sur R .

Théorème 5 (de monotonie) :


Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I alors "f est croissante sur I " équivaut à "f 0 est positive sur
I " et "f est décroissante sur I " équivaut à "f 0 est négative sur I ".

BLe théorème est faux si I n'est pas un intervalle. La fonction x 7→ x1 a une dérivée positive sur R ∗
et n'est
pas croissante sur R .

Proposition 17 (Inégalité des accroissements nis généralisée) :


Soit f et g deux fonctions dérivables sur I telles que |f 0 | 6 g 0 sur I , alors pour tout a 6 b dans I on a :
|f (b) − f (a)| 6 g(b) − g(a).

Preuve. (g + f )0 > 0 donc (g + f )(a) 6 (g + f )(b) donc −(g(b) − g(a)) 6 f (b) − f (a) et de même (g − f )0 > 0
donc (g − f )(a) 6 (g − f )(b) donc f (b) − f (a) 6 g(b) − g(a).

Théorème 6 (stricte monotonie) :


Soit f une fonction dérivable sur un intervalle I alors "f est strictement croissante sur I " équivaut à "f 0 est
positive sur I et l'ensemble des points critiques de f ne contient aucun intervalle de la forme [a, b] avec a < b
dans I " (de même pour f strictement décroissante).

Remarque. La condition est en particulier réalisée lorsque f 0 ne s'annule qu'un nombre ni de fois sur I .

5) Prolongement dérivable

Théorème 7 (de la limite de la dérivée) :


Soit a ∈ I et l ∈ R̄. On suppose que f est continue sur I et dérivable sur I\{a} et que lim f 0 (x) = l, alors
x→a

f (x) − f (a)
lim = l.
x→a x−a
En particulier,
• Si l ∈ R alors f est dérivable en a et f 0 (a) = l donc f 0 est continue en a.
• Si l = ±∞ alors f n'est pas dérivable en a (sa courbe représentative admet une tangente verticale en a).

Remarque. Le théorème est encore vrai si a est au bord de I .

Proposition 18 :
Soit a ∈ I et f une fonction continue sur I et de classe C 1 sur I\{a}. Si f 0 admet une limite nie en a alors f
est de classe C 1 sur I .

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Exemple. Montrer que la fonction suivante est de classe C 1 sur R+ :

x2 ln(x) si x 6= 0
(
f :x 7→
0 si x = 0.

Proposition 19 :
Soit k ∈ N ∪ {+∞}, a ∈ I . Si f est une fonction de classe C k sur I\{a} et si pour tout i dans [[0, n]], f (i) admet
une limite nie en a alors f admet un prolongement de classe C k sur I .

III. Fonctions convexes et concaves

Proposition 20 :
Soit x ∈ R et a < b deux réels. On a :
x ∈ [a, b] ⇔ ∃ λ ∈ [0, 1], x = λa + (1 − λ)b.

Rappels. On dit qu'une partie A de R est convexe si dès que a et b sont dans A le segment [a, b] est aussi dans
A (ou [b, a] si b < a). Les parties convexes de R sont les intervalles de R.

Remarque. Dire que [a, b] ⊂ A équivaut à dire que ∀ λ ∈ [0, 1], λa + (1 − λ)b ∈ A.

Dénition 4 :
Soit f : I → R. On dit que f est convexe sur I si :
∀ (a, b) ∈ I 2 , ∀ λ ∈ [0, 1], f (λa + (1 − λ)b) 6 λf (a) + (1 − λ)f (b).

Remarque. Si f est convexe alors le graphe Cf de f est toujours situé en dessous de sa corde, c'est l'inégalité des
cordes.
Exemple. Réécrire cette inégalité de deux façons diérentes.
Remarque. On note Ef = {(x, y) ∈ R2 / x ∈ I, y > f (x)} l'épigraphe de f . On a f est convexe sur I si et
seulement si Ef est une partie convexe de R2 .

Proposition 21 :
Si f est convexe sur I alors pour tout (a, b, c) ∈ I 3 , on a :
f (b) − f (a) f (c) − f (a) f (c) − f (b)
a<b<c⇒ 6 6 .
b−a c−a c−b

Remarque. C'est l'inégalité des pentes. Il faut savoir l'interpréter graphiquement.

Proposition 22 :
Si f est convexe sur I alors :
∀ (a, x) ∈ I 2 , f (x) > f 0 (a)(x − a) + f (a).

Remarque. Autrement dit, si f est convexe sur I , son graphe est situé au dessus de ses tangentes, c'est l'inégalité
des tangentes.

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Proposition 23 :
Soit f : I → R. Si f est dérivable sur I alors f est convexe sur I si et seulement si f 0 est croissante sur I .

Proposition 24 :
Soit f : I → R. Si f est deux fois dérivable sur I alors f est convexe sur I si et seulement si f 00 est positive
sur I .

Preuve. C'est une application directe de la proposition précédente.

Dénition 5 :
Une fonction f est concave sur I si −f est convexe sur I .

Proposition 25 :
Le graphe d'une fonction concave est donc située au dessus de ses cordes et en dessous de ses tangentes. Une
fonction deux fois dérivable est concave si et seulement si sa dérivée seconde est négative ou nulle.

2
Exemple. Montrer que ∀ x ∈ [0, π/2], x 6 sin(x) 6 x.
π

IV. Dérivabilité des fonctions à valeurs complexes

Soit f une fonction de I dans C. La dénition de la dérivabilité en a ∈ I et sur I est la même. On note D(I, C)
l'ensemble des fonctions à valeurs complexes dérivables sur I .

Proposition 26 :
Soit a ∈ I . f est dérivable en a si et seulement si Re(f ) et Im(f ) sont dérivables en a.
On a alors f 0 (a) = Re(f )0 (a) + Im(f )0 (a).

Proposition 27 :
Soit I un intervalle de R et f ∈ D(I, C). f est constante sur I si et seulement si ∀ x ∈ I, f 0 (x) = 0.

Les opérations algébriques sur les dérivées sont les mêmes que pour les fonctions à valeurs réelles et la formule de
Leibniz est toujours valable. Il n'y a pas de notion d'extrema locaux donc il n'y a pas de théorème de Rolle, par
contre l'inégalité des accroissements nis reste vraie.

Proposition 28 (Inégalité des accroissements nis) :


Soit a < b deux réels et f : [a, b] → C une fonction continue sur [a, b] et dérivable sur ]a, b[, s'il existe un réel
k tel que ∀ x ∈ ]a, b[, |f 0 (x)| 6 k alors les taux d'accroissement de f sont bornés par k sur [a, b] :

∀ (x, y) ∈ [a, b]2 , |f (x) − f (y)| 6 k|x − y|.

Preuve. Admise.

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