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Partie 1:

Chapitre 1

Formulation et propriétés mécaniques du béton armé

1.1 . Définition

Le béton armé est un matériau complexe hétérogène, constitué de deux éléments : le béton et l’acier.

Le béton est un mélange de liant hydraulique (ciment), de granulats (sable et graviers), d’eau et éventuellement des
adjuvants (accélérateurs ou retardateurs de prise)….Voir figure 1.1.

Figure 1.1 : Constituants du béton.

 Les qualités recherchées du béton sont :

-          Résistance mécanique élevée (résistance à la compression),

-          Imperméabilité parfaite,

-          Absence des réactions chimiques sur les aciers, 

-          Facilité de mise en œuvre (maniabilité),

-          Bonne tenue dans le temps,

-          Résistance aux agents agressifs.

L’acier est un alliage de fer et de carbone. Suivant le pourcentage de carbone utilisé, on distingue les aciers doux, les
aciers mi-durs et les aciers durs…..Voir figure 1.2. 
Figure 1.2 : Aciers

Le béton armé combine la résistance à la compression du béton et la résistance à la traction de l’acier pour obtenir un
matériau résistant à la fois à la compression et à la traction.

1.2. Principe du béton armé

Dans les éléments en béton armé, des parties sont soumises à des contraintes de compression et d’autres à des
contraintes de traction. Cependant, le béton résiste bien à la compression et mal à la traction et l’acier résiste bien à la
traction, d’où l’idée de disposer des armatures en acier dans les zones où se produisent des efforts de traction. A cet
effet, les armatures d’acier prendront les efforts de traction qui peuvent produire des fissures dans le béton….Voir
Figures 1.3a et 1.3b.

   

       Figure 1.3 a : Poutre en béton non armé             Figure 1.3 b : Poutre en béton armé

1.3. Procédures de réalisation

La réalisation d’un élément en béton armé suit ces procédures :

1-      Coffrage : réalisation du moule en bois ou en acier donnant les formes et les dimensions extérieures de l’élément à
construire,

2-      Ferraillage : mise en place des armatures préalablement calculées (armatures longitudinales et transversales),

3-      Bétonnage : mise en œuvre du béton frais dans le moule,

4-      Décoffrage : enlèvement du moule lorsque le béton atteint sa résistance nominale, généralement à 28 jours de
durcissement.

1.4. Avantages et inconvénients du béton armé

1.4.1. Avantages

- L’intérêt économique : le béton est le moins coûteux des matériaux, résistant à la compression et susceptible d’être
associé à d’autres matériaux,
-  La souplesse des formes : le moulage permet d’obtenir des formes diverses pour vue que le calcul soit bien mené,

- Économie d’entretien : les constructions en béton armé ne nécessitent pas d’entretien tandis que d’autres constructions
telles que la charpente métallique a besoin d’être peinte régulièrement,

- Mise en œuvre : la main d’œuvre ne demande pas une grande spécialisation,

- Résistance au feu : les constructions en béton armé se comportent beaucoup mieux en cas d’incendie que les
constructions métalliques ou en bois. Le béton grâce à sa mauvaise conductibilité thermique retarde les effets de la
chaleur sur les armatures,

- Résistance aux efforts accidentels : le béton armé en raison de son poids important est moins sensible aux variations de
surcharges que d’autres modes de constructions,

- Durabilité : le béton armé résiste bien à l’action de l’eau et de l’air. Cependant, il faut vérifier les armatures d’aciers.   

1.4.2. Inconvénients

- Poids important : les ouvrages en béton armé sont plus lourds que les autres modes de constructions. En effet, la
construction des ouvrages plus hauts nécessite des sections de poteaux importantes pour pouvoir résister et assurer la
stabilité,

- Exécution : pour exécuter un ouvrage en béton armé, il faut :

a- Préparation de coffrage qui demande beaucoup de temps et un travail de charpente important. Ce coffrage doit rester
en place jusqu’à ce que le béton atteigne une résistance suffisante,

b- Placement des armatures,

c- Pendant et après le coulage du béton, il faut prendre des précautions pour le protéger contre le gel et l’évaporation
d’eau,

d- Le contrôle de la qualité du béton lors du gâchage.   

 1.5.  Caractéristiques des matériaux constituant le béton armé

1.5.1. Béton

1.5.1.1. Caractéristiques principales

- Une bonne résistance en compression simple,

- Une mauvaise résistance en traction,

- Un poids volumique compris entre 22 et 24 kN/m 3 environ pour le béton, et 25 kN/m3 pour le béton armé,

- Un coefficient de dilatation thermique de 10 -5/°C.

1.5.1.2. Résistances mécaniques

Dans les cas courants, pour l’établissement des projets, le béton est défini par la valeur de sa résistance à la compression
à 28 jours, dite valeur caractéristique requise. Elle est notée f c28 et choisie en fonction des conditions de fabrication du
béton, de la classe du ciment utilisé et de son dosage en m 3.
Lorsque l’âge du béton est inférieur à 28 jours, on prend en compte pour les calculs de résistance fcj valeur
caractéristique à j jours, obtenue, suivant les cas, par les formules suivantes :

 La résistance à la compression est mesurée par compression axiale de cylindres droits de 16 cm de diamètre, soit de 200
cm2 de section, et d’une hauteur double de leur diamètre (32 cm).

Cet essai est réalisé conformément à la norme NF-P 18-406……Voir figure 1.4.

                 

Figure 1.4. Essai de compression

Les valeurs courantes de fc28 sont comprises entre 20 et 30 MPa.

La résistance du béton est définie aussi par la résistance caractéristique à la traction f tj à j jours. Elle est
conventionnellement calculée par la relation :

 (1.1)

Dans la relation précédente, ftj  et fcj sont exprimés en MPa. Elle est valable si :

                                                                   (1.2)

La résistance caractéristique en traction f tj  peut être déterminée par l’un des essais suivant (figures 1.5a et 1.5b):

-          L’essai de traction par flexion : NF- P 18-407,

-          L’essai de fendage : NF- P 18-408. 


                  

      Figure 1.5 a : Essai de traction par flexion               Figure 1.5 b : Essai de fendage

 1.5.1.3. Diagrammes contraintes-déformations

·         Aux états limites ultimes (E.L.U)

Le diagramme contraintes (σbc) déformations (ɛbc) du béton aux états états limites ultimes est le diagramme de calcul
simplifié dit « parabole-rectangle ». Il est défini par le diagramme schématisé ci-après :

Figure 1.6 : Diagramme contrainte-déformation du béton à l’E.L.U

Avec :

σbc : Contrainte de compression dans le béton,

ɛbc : Déformation unitaire du béton,

fcj : Résistance caractéristique à la compression à « j » jours,

fbu : Résistance conventionnelle ultime à la compression.

La valeur fbu  de la contrainte de calcul pour une déformation supérieure ou égale à 2.10 -3 est égale à :

   (1.3)

Avec :
γb = 1,5 dans le cas général pour les combinaisons fondamentales,

    = 1,15 pour les combinaisons accidentelles,

θ = 1 dans le cas général quand la durée d’application des charges considérées est > à 24 heures,

   = 0,9 lorsque cette durée est comprise entre 1 heure et 24 heures,

   = 0,85 lorsqu’elle est inférieure à 1 heure.

·         Aux états limites de service (E.L.S)

La contrainte de compression du béton sera limitée dans les calculs à 0,6 f cj. Jusqu’à cette valeur, le diagramme des
contraintes peut-être assimilé à une droite. Il est schématisé ci-dessous :

Figure 1.7: Diagramme contrainte-déformation du béton à l’E.L.S

 Avec :

: Contrainte admissible du béton en compression (= 0,6 f cj ), 


   

ɛbc : Déformation unitaire du béton,

fcj : Résistance caractéristique à la compression à « j » jours,

1.5.1.4. Déformations du béton

·         Déformation longitudinale

Sous des contraintes normales d’une durée d’application inférieure à 24 heures, on définit un module de déformation
longitudinale, noté « Eij ». Sa valeur, à j jours, est donnée par :

   (1.4)

 Sous des contraintes de longue durée d’application, les effets du fluage du béton nous rajoutent une déformation
complémentaire du double de la déformation instantanée, soit en définitive une déformation totale triple. La valeur du
module de déformation longitudinale différée du béton, notée « Evj », est calculé par :
    (1.5)

·         Déformation transversale

Le coefficient de Poisson est défini par :

  (1.6)

                   Figure 1.8: Déformation relatives du béton : longitudinale et transversale

Avec :

: Déformation relative longitudinale. 

   (1.7)

 : Déformation relative transversale,

    (1.8)

Le coefficient de Poisson est pris égal à :

0  pour le calcul des sollicitations (section fissurée),

0,2 pour le calcul des déformations (section non fissurée).

Modifié le: mercredi 20 avril 2022, 09:54


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