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Avant-propos Page 10

Avant-propos

"Ce qui compte, c'est le bonheur de faire sortir quelque chose de soi,
parce qu'alors, nos rêves deviennent expressions"
(Tao)

"Une connaissance qui n'est pas partagée n'existe pas"


(Dr.W.Rozenbaum)

Tout travail est le fruit de collaborations humaines, c’est pourquoi il m’est à présent
agréable de rendre hommage à celles et ceux qui ont contribué à la réussite de mon mémoire.

Avant tout je tiens à remercier Dieu pour tout et surtout pour m’avoir donné le courage et la
volonté pour reprendre les études en post graduation.

Je remercie également mes parents d’avoir sacrifiés leur vie pour notre bien.

Ma profonde gratitude s’adresse tout particulièrement à mon Directeur de mémoire,


Monsieur Bahedi Mohammed, Ph.D Moscou et chef de département de Génie Civil à l’université
de Batna, qui m’a accordé sa confiance dans l’élaboration de ce mémoire. Tout en suivant de
près ma démarche scientifique, il m’a fait partagé son expérience enrichissante dans le domaine
du gonflement et m’a prodigué de précieux conseils et encouragements pour mener à bien ce
travail.
_C,/______&_D ?+

Je tiens à remercier très vivement et respectueusement Monsieur Chabil Houcine, Maitre de


conférences à l’université de Constantine, pour m’avoir fait l’honneur d’accepter la présidence
du jury.

Je présente également mes remerciements à Monsieur Hammami Mounir, Professeur à


l’université de Skikda, et à mon ami et collègue Monsieur Abbeche Khelifa, Maitre de
conférences à l’université de Batna, qui m’ont fait l’honneur d’avoir accepté de participer au
jury et d’examiner mon travail. Cette rude tâche leur a été infligée pendant les vacances de l’été
; j’en suis désolé, et je les remercie pour leur lecture minutieuse.

Je remercie au même titre Monsieur Karreche Toufik, c’est lui qui m’a soufflé l’idée de
travailler sur le phénomène de gonflement.

Ma thèse n’aurait pu se faire sans le soutien de mon ami et collègue Messaoudi Hachemi,
que je voudrais exprimer mes plus sincères remerciements pour l’aide précieuse qu’il m’a
apporté dans les moments difficiles, en informatique, en documentation et dans la préparation de
la soutenance. Hachemi, merci et encore merci.
Avant-propos Page 11

J’exprime ma vive reconnaissance à Monsieur Messous Nadhir, Directeur du Laboratoire


Régional Des Ponts et Chaussées (LRPC) de Batna, Monsieur Souri Ali, Sous-directeur, pour
m’avoir donné les moyens nécessaires à la réalisation des essais, et la mise à ma disposition les
différents intervenants surtout madame Djamila et madame Houria, pour l’aide qu’ils m’ont
apporté dans le domaine expérimental dont je tiens à remercier chaleureusement, sans oublier
bien sur l’ensemble du personnel.

Mes sincères reconnaissances et gratitudes à tous mes enseignants, du primaire aux études
supérieures.

Je voudrais accorder mes remerciements les plus francs à tous ceux et toutes celles qui ont
été disponibles pour répondre à mes questions et éclaircir mes incertitudes, à ceux qui ont
soutenu mes efforts tout au long de ces deux année, à ceux qui n’ont pas pu le faire mais
l’auraient souhaité et à ceux qui ne l’ont pas souhaité mais dont j’ai compris les raisons.

Enfin, pour le soutien très précieux de tous les instants, j’associe à ce travail ma Mère, ma
ur Yasmina, ma femme, mes deux fils Achek-Eddine et Mohammed Nour-El-Islam ainsi que
toute ma famille et à celle de ma femme. Merci.
Table des Matières
Table des Matières Page 5

Table des Matières

Avant propos 10

Résumé 13

Abstract 15

Notations et définitions 17

Introduction générale 20

Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement 29

1.1 - Introduction 30
1.2 - Nature et structure des sols argileux 31

1.2.1 - Minéralogie des argiles 31


1.2.2 - Structure moléculaire microscopique des argiles 32
1.2.3 - Gonflement interfoliaire et interparticulaire 35

1.3 - Mécanismes de gonflement 36

1.3.1 - Gonflement au sens physico-chimique 36


1.3.2 - Gonflement au sens mécanique 40
1.3.3 - Relations entre la texture du matériau et le gonflement 42
1.3.4 - Conclusion 46

1.4 - Caractérisation en laboratoire du phénomène de gonflement 47

1.4.1 - Définition des paramètres de gonflement 47


1.4.2 - Méthodes indirectes de caractérisation 48
1.4.3 - Essais de gonflement en laboratoire 61
1.4.4 - Aspects phénoménologiques du gonflement 67

1.5 - Conclusion 75
Table des Matières Page 6

Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement 78

2.1- Introduction 79
2.2 - Conséquences du gonflement 79

2.2.1 - Cas des bâtiments 79


2.2.2 - Cas des chaussées 81
2.2.3 - Cas des travaux souterrains 83
2.2.4 - Cas des voiries et réseaux divers 84

2.3 - Causes du gonflement 84


2.4 - Répartition des contraintes dans le sol 85

Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant 92

3.1- Introduction 93
3.2 - Les techniques de stabilisation utilisées 94

3.2.1 - Stabilisation avec des additifs 95


3.2.2 - Stabilisation par ajout de chaux 97
3.2.3 - Techniques d’ajout de chaux 99

3.3 - Techniques simples de construction des fondations 101

3.3.1 - Semelles superficielles sur remblai 101


3.3.2 - Semelles superficielles sur remblai partiel + vide sanitaire 102
3.3.3 - Fondation profonde (puits ou pieux) 102

3.4 - Conclusion 103

Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés 106

4.1- Introduction 107


4.2 - Etude expérimentale 108

4.2.1 - Présentation du matériau 108


4.2.2 - Identification des argiles 109
4.2.3 - Essais mécaniques 116

4.3 - Estimation indirecte des paramètres de gonflement des sols argileux 126

4.3.1 - Application des modèles au sol de N’Gaous 126


4.3.2 - Proposition des Modèles pour L’argile de N’Gaous 129

Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations


superficielles 131
Table des Matières Page 7

5.1 - Introduction 132


5.2 - Description du modèle statistique d’estimation des paramètres de gonflements 132
5.3 - Méthodologie générale de calcul de la déformation 133
5.4 - Exemple d’application pour une construction légère 140
5.4.1- Cas d’une fondation filante 140
5.4.1- Cas d’une fondation carrée 142

Conclusion générale 144

Références bibliographiques 148

Listes des tableaux et figures 152

Annexe 158

Annexe A : Procédures d’essais normalisées 159

Annexe B : Matériels utilisés pour les essais de gonflement 167


Prise en compte du gonflement des terrains pour le dimensionnement des fondations superficielles Page 3

Prise en compte du gonflement des terrains


pour le dimensionnement des fondations
superficielles

Avant propos 10

Résumé 13

Abstract 15

Notations et définitions 17

Introduction générale 20

Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement 29

Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement 78

Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant 92

Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés 106

Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations


Superficielles 131

Conclusion générale 144

Références bibliographiques 148

Listes des figures et tableaux 152

Annexe 158
Prise en compte du gonflement des terrains pour le dimensionnement des fondations superficielles Page 4
Résumé Page 13

Résumé
Certains sols argileux soumis aux variations de la teneur en eau, peuvent augmenter ou
diminuer de volume. Ces phénomènes cycliques de gonflement retrait provoquent des contraintes
parasites dans les structures, et au niveau des fondations. Ces contraintes engendrent des dommages
dans les bâtiments, les autoroutes, les pavages, les pistes d’aéroports et dans les structures
légèrement chargées.
Cette étude a été réalisée sur un sol provenant d’un site situé à proximité de l’hôpital de
N’Gaous (Batna), dont le sol est à l’origine de fissuration au niveau des murs de remplissage de
l’hôpital. Après quelques années d’exploitation, et selon les représentants de la S.U.C.H de
N’Gaous, les fissures sont apparues juste après les fortes pluies qu’a connues la région en 1987.
La présente étude comporte cinq volets :
ü Le premier présente une synthèse bibliographique consacrée à l’étude phénoménologique du
gonflement, et à ses manifestations in situ.
ü Le deuxième décrit deux types d’observations : les manifestations du gonflement dans les
ouvrages ce que nous appellerons ses conséquences, et les facteurs qui contribuent a initialisé
ou a amplifier le gonflement ce que nous appellerons ses causes.
ü Le troisième chapitre montre la nécessité de se rendre compte de l’importance des dommages
occasionnés par le gonflement, en adaptant les techniques de construction pour résoudre ce
problème.
ü Le Le quatrième consiste à prélever des échantillons intacts à proximité de l’hôpital de
N’Gaous (Batna). Une première série d’essais, recommandés pour l’identification et la
caractérisation des sols gonflants, ont été effectués afin de déterminer les paramètres
( VB , wL , wP , IP , A C ) qui sont des essais fiables et simples à réaliser. Par la suite, on a procédé
aux essais mécaniques: essai de compressibilité oedométrique et essai de gonflement, dans le
but de déterminer les paramètres de compressibilité ( Cs , CC , C g , σ 'p ) , d’évaluer la pression et

l’amplitude de gonflement et d'obtenir à partir de corrélations des estimations approximatives de


ces paramètres de gonflement de cette argile de N’Gaous (Batna).
ü Le cinquième chapitre consiste à déterminer une méthodologie permettant de prendre en
compte les effets de gonflement dans le calcul à long terme des fondations.
Mots clés : Argileux, gonflement, retrait, conséquences, causes, techniques, pression de
gonflement, compressibilité, oedométrique, méthodologie.
Abstract Page 15

Abstract
Some clayey soils subjected to water content changes, are likely to increase or decrease in volume.
These swelling-shrinkage cyclic phenomena provoke parasitic stresses in the structures, and at the
foundations level. These stresses generate some damage in buildings, motorways, pavings, airports
tracks and slightly loaded structures.
This investigation has been conducted on a soil extracted from a site situated near hospital
N’Gaous (Batna), where cracking appeared at the level of the hospital replenishment walls. After a
few years of exploitation, and according to the representatives of the S.U.C.H of N’Gaous, the cracks
appeared rightly which took place in the region in 1987.

The present study includes five parts:

ü The first presents a literature review dedicted to the phenomenological study of swelling, and its
demonstrations in situ.
ü The second part describes two types of observations: the demonstrations of swelling in the
structures, what it is called consequences and the factors which contribute to initialize or
amplify swelling, what is called its causes.
ü The third chapter show the necessity to indicate the importance of the damage caused by
swelling, by adapting the techniques of construction to solve this problem.
ü The fourth part deals with the testing program of samples extracted near N’Gaous hospital
(Batna). A first set of tests, recommended for identification and characterization of swelling
soils, haz been conducted in order to determine the parameters ( VB , wL , wP , IP , A C ) that are

reliable and simple tests to achieve. Thereafter, mechanical tests carried ones: oedometric
compressibility test and swelling test , in order to determine the compressibility parameters
( Cs , CC , C g , σ 'p ), of evaluating the pressure and the amplitude of swelling and of obtaining

starting from correlations of the rough estimates of these parameters of swelling of this clay of
N’Gaous (Batna).

ü The fifth chapter consists in determining a methodology permitting to take into account the
swelling effect on the long-term calculation of foundations.

Key words : clayey, swelling, shrinkage, consequences, causes, techniques, swelling pressure
swelling, compressibility, oedometric, methodology.
Notations et définitions Page 17

Notations et définitions
Nous donnons ci-dessous les principales notations utilisées dans ce mémoire.

e Indice des vides


S St Surface spécifique des particules argileuses
γh Poids volumique humide du terrain
γs Poids volumique des particules solides
γd Poids volumique sec
γw Poids volumique de l’eau
Sr Degré de saturation
wn Teneur en eau naturelle
wL Limite de liquidité
wP Limite de plasticité
wS Limite de retrait
__ La valeur initiale de la teneur en eau du sol gonflant, avec P = 0 (droite qui
w sw
coupe l’axe Vertical pris du graphique de la fonction wsw = f ( p )
IP Indice de plasticité
IS Indice de retrait
AC Activité argileuse de Skempton
C2 Teneur en particules de dimensions inférieures à 2µ m
VB Valeur au bleu de méthylène
σ sw Pression de gonflement
σ 'p Contrainte de preconsolidation
ε sw Variation du potentiel de gonflement du sol en fonction des valeurs des
pressions de consolidations P déterminée à l’ domètre
o
ε sw Potentiel de gonflement libre du sol (sans chargement)
CC Indice de compression
Cg Indice de gonflement (courbe de déchargement)
Cs Indice de gonflement (courbe de chargement)
M Facteur qui caractérise le poids de la procédure
TCa Teneur en carbonate de calcium
U• Pourcentage de retrait
χ Pente de la droite représentant le graphique de la teneur en eau en fonction
des contraintes de compressions
σ z ,g Pression du poids propre du sol
σ z, p Poids de l’ouvrage
Notations et définitions Page 18

σ z ad Pression verticale complémentaire due à l’influence du poids du sol non


mouillé à la limite des surfaces mouillée
dz paisseur de la couche de sol mouillé
γ sw Poids volumique de la couche mouillé du sol gonflant
ZB limite inférieure de la zone gonflement
ZH limite supérieure de la zone gonflement
H sw Épaisseur de la couche du sol gonflant
σ moy Contrainte moyenne à la base de la fondation
Df Profondeur de la base de la fondation
b et a Les dimensions de la base de la fondation

Notations particulières du chapitre 1

kB Constante de Boltzmann ( = 1,38 10 −23 J .K −1 )


T Température absolue en K
ec Charge électrique d’un électron ( = 1, 6 10-19 C )
Z Valence des cations
K dc Inverse de l’épaisseur de la double couche
Cliq Concentration ionique du milieu liquide
ε liq Constante diélectrique du milieu liquide
ϕelec Potentiel électrique au milieu de la distance interparticulaire
d Demi-distance entre deux particules argileuses
PR Pression osmotique de répulsion
PA Force “surfacique” d’attraction de Van der Waals
σ cap Tension de surface au niveau du ménisque capillaire
rcap Rayon capillaire
θ cap Angle de contact liquide/fluide au niveau du ménisque
H cap Hauteur de fluide dans le capillaire
Introduction générale
Introduction générale Page 22

Introduction générale

Cadre général

L’argile est un sol d’assise pour un grand nombre de constructions. Certaines familles
d’argiles présentent la caractéristique d’être gonflante ou rétractable. Cette caractéristique est
largement influençable par la variation de la teneur en eau. A teneur en eau constante, il n’aura pas,
ou peu, de variation de volume. Le sol se trouve dans un état d’équilibre hygrométrique. L’apport
d’eau par la pluie, l’arrosage, les fuites ou son départ par évaporation ou évapotranspiration donnent
lieu à des phénomènes de retrait ou de gonflement qui peuvent engendrer des désordres graves sur
les ouvrages: soulèvement de fonds de fouilles, destruction de chaussées, fissuration de bâtiments.
Jusqu’au début des années 1960 [9], la mécanique des sols s’est concentrée principalement sur le
cas des sols totalement saturés ou entièrement secs et seul le tassement était considéré comme une
source possible des dégâts suscités. Or dans le cas générale, qu’ils soient naturels ou artificiels, les
sols sont non saturés : ils contiennent une phase solide, une liquide et une gazeuse, la coexistence de
ces phase est à l’origine du phénomène de succion dont l’influence sur le comportement mécanique
des sols est l’objet d’une attention depuis 1960. Cet intérêt ce traduit par un nombre toujours plus
important de publications qui a permis de démontrer le rôle de la succion sur le comportement
mécanique des sols non saturés.

Parmi les matériaux existants, les matériaux gonflants non saturés font l’objet d’une attention
particulière. L’étude des propriétés de retrait-gonflement des sols, s’est développe avec le souci
principal de résoudre les problèmes posés par les sols argileux gonflants. C'est l'US Bureau of
Reclamation qui le premier mit l'accent sur le phénomène de gonflement. Le développement
des constructions en béton sur fondations superficielles amena alors de nombreux ingénieurs
à s’intéresser au problème du gonflement des sols argileux (Chen, 1975 ; Mouroux et al., 1988).
Introduction générale Page 23

En dépit des nombreuses expériences malheureuses liées à l’apparition du gonflement,


l’étude quantitative du phénomène ne débute réellement qu’au début des années 1970 avec
la communication de Huder et Amberg (1970) [6] présentant la méthode de mesure du gonflement
du même nom, ainsi que les travaux en laboratoire, se développent de manière plus rigoureuse.

Ces matériaux ont pendant longtemps intéressés les chercheurs en raison de la propriété qu’ils
ont de changer le volume lorsque leur teneur en eau, i.e. leur succion est modifiée. En effet les
variations de volume de ses sols, occasionnées par leur variation de teneur en eau, peuvent causer
de graves dommages aux ouvrages de génie civil, les exemples de désordres liés à la présence
d’argile gonflante sont nombreux et variées : Thureau, 1985, Justo 1986, Philipponat 1991,
Vandangeon 1992, Derrich 1999, Djedid 2001……..etc [9]. Lors de leur desséchement, ces sols se
fissurent, ce qui modifient considérablement leurs propriétés hydrodynamiques ( Bouma et al.,
1978 ; Edwards et al., 1979 ; Bronswijk, 1988 ), et endommage l’appareil racinaire des arbres et
arbustes ( Haine, 1923 ) [8]. Dans le domaine des excavations souterraines, le gonflement du terrain
peut entraîner aussi de sérieux problèmes, tant pendant la construction, qu’après la mise en service
de l’ouvrage. Dans les anciens tunnels creusés en terrain gonflant, il n’est pas rare d’observer un
soulèvement de radier atteignant plusieurs dizaines de centimètres.

Malgré ces inconvénients, les propriétés particulières des argiles gonflantes : faible
perméabilité, possibilité de cicatrisation, et propriétés de rétention des radionucléides notamment,
en font des matériaux très intéressants dans de nombreuses applications comme la construction de
sites de stockage de déchets ménagers. Une synthèse des différentes solution de stockage de se type
dans l’ union européenne est disponible dans Koch ( 2001).leur emploi est courant dans ce dernier
contexte mais leur utilisation est aujourd’hui envisagée pour la construction de barrières ouvragées
destinées a confiner des colis de déchets nucléaires stokes en profondeur ( Chapman et Tassoni
,1985 ; Gens et Olivella, 2001 ;Andra, 2002 ;Jérôme Gaombalet , 2004 ) [9] .L’étude de ces sols fait
actuellement l’objet d’un grand nombre de projets de recherche de par le monde .

Les argiles gonflantes sont donc représentées dans de nombreux contextes, leurs propriétés
pouvant être à la fois profitables et/ou dommageables. Le problème primordial actuel que constitue
l’entreposage de déchets, ménagers, industriels ou nucléaires, et qu’il est indispensable d’assurer la
pérennité de l’ouvrage construit sur des périodes extrêmement longues, de l’ordre de plusieurs
siècles.
Introduction générale Page 24

Il est donc de première nécessité d’arriver à caractériser le comportement hydromécanique de


ces sols afin de pouvoir prévoir leur comportement à long terme, et notamment, l’influence des
variations de volume dues à des modifications de leurs états hydrique sur leur comportement
mécanique.

Objectif du mémoire
Le gonflement des sols argileux est un phénomène qui se développe, en présence d’eau, à
l’échelle microscopique au niveau des particules argileuses, et se traduit souvent, malheureusement,
à l’échelle macroscopique par des dommages importants sur les ouvrages.

Les différents cas pathologiques rencontrés dans les pays du Maghreb concernant la
dégradation de structures en contact avec les sols gonflants, font ressortir un besoin de
compréhension et d’évaluation de ces types de phénomènes.
Le caractère gonflant de certaines argiles est lié en premier lieu à leur structure minéralogique.
D’autres facteurs, tels que la structure du sol, sa densité, sa teneur en eau initiale peuvent affecter de
manière significative la pression de gonflement ou la déformation de ces argiles.

Ces phénomènes sont plus marqués lorsqu’ils ont lieu dans des régions où d’importantes
variations climatiques existent, en particulier de forts gradients d’évaporation et des déficits
saisonniers d’humidité. Ces le cas dans les pays du Maghreb : les argiles de Berrechid (Maroc) ; les
régions de Bir Ali Ben Khalifa "gouvernorat de Sfax" et de Labayadh "gouvernorat de Sidi Bouzid"
(Tunisie).

Aussi, les massifs argileux de quelques régions de l’Algérie sont constitués quasi-totalement
de sols gonflants. Plusieurs cas de désordres très préjudiciables, liés au gonflement, ont été signalés
dans plusieurs régions de l’Algérie : la raffinerie de pétrole de Ain-Amenas ; à l’hôpital de N’Gaous
(Batna) ; sur la ligne de chemin de fer Ramdane Djamel (Jijel) ; l’hôpital de Sidi Chahmi et la
briqueterie de Mers El Kébir (Oran) ; l’université de Laghouat ; et l’hôpital de Sidi-Aissa dans la
wilaya de M’Sila.
Les pressions de gonflements développés par le sol sous une semelle de fondation peuvent
atteindre de 0.2 à 0.5 MPa et l’ampleur des mouvements 5 à 20 cm, c’est à dire des valeurs pour
lesquelles les bâtiments courants ne sont pas adaptés.
Introduction générale Page 25

Statistiquement, le retrait-gonflement des sols expansifs représentent une part non négligeable
dans les sinistres constatés sur les édifices publics ou privés. Ces dégâts sont la conséquence de la
mauvaise prise en charge du mouvement du terrain lors de la conception des fondations et dans le
non respect des conditions accompagnatrices qui en découlent. Ce non prise en charge peut
découler:
ü d'une reconnaissance insuffisante qui n'a pas décelé la présence de ce genre de formation.
ü ou d’un non maîtrise de la construction sur ce genre de sol.

Pour illustrer l’influence de ces deux phénomènes sur les constructions légères nous avons
pris l’exemple de l’hôpital de N’Gaous, dont sa structure est conçue d’une ossature métallique
stabilisée aux efforts par un système de portiques auto-stables et des fondations en semelles isolées
et filantes. Après quelques années d’exploitation, des fissures commencent à apparaître au niveau
des murs de remplissage. Selon les représentants de la S.U.C.H de N’Gaous les fissures sont
apparues juste après les fortes pluies qu’a connues la région en 1987.
Toutes ces informations et observations nous on amenés à penser que les désordres sont dus à
un mouvement de fondation autrement dit à un mouvement du sol lequel peut être soit un
gonflement soit un tassement (par compressibilité ou retrait).

La cause principale étant cernée, l’objectif de la présente étude consiste à analyser le phénomène
de gonflement de l argile de Gaous, pour qui une étude complète, simulant le gonflement
unidirectionnel, sur chemin oedométrique, est effectuée, pour comprendre les mécanismes, et
mesurer les caractéristiques de gonflement (amplitude du gonflement, pression de gonflement ) dans
le but d'aboutir à une méthodologie permettant de prendre en compte ses effets dans le calcul à long
terme des fondations, ce qui nécessite la connaissance des caractéristiques physico-mécaniques du
sol sur lequel repose l hôpital de Gaous.

Organisation du mémoire

Le présent rapport comporte cinq chapitres principaux.

F Le premier chapitre présente une synthèse bibliographique consacrée à l’étude


phénoménologique du gonflement, et à ses manifestations in situ : il présente une approche
générale du gonflement. Une analyse microscopique du phénomène, c’est-à-dire de
l’interaction entre les particules d’argile et l’eau, mettra en évidence les origines possibles
Introduction générale Page 26

du gonflement ; aborde aussi la caractérisation macroscopique par des essais en laboratoire


destinés à définir des paramètres de gonflement pour le dimensionnement des ouvrages.

F Le deuxième chapitre décrit les retours d’expérience relatifs à deux types d’observations,
qui ont pu être faites a propos de phénomène de gonflement (ou de retrait-tassement associés)
autour des ouvrages existants : Les unes portes sur les manifestations du gonflement dans les
ouvrages de génie civil tels que les tunnels, les bâtiments ou les maisons individuelles ce que
nous appellerons ses conséquences, et les autres portent sur les facteurs qui contribuent a
initialiser ou a amplifier le gonflement ce que nous appellerons naturellement ses causes .

F Le troisième chapitre montre la nécessité de se rendre compte de l’importance des dommages


occasionnés par le gonflement, en adaptant les techniques de construction pour résoudre ce
problème.

F Le quatrième chapitre présente le travail d’analyse d’essais de gonflement réalisés au


Laboratoire Régional des Ponts et Chaussées de Batna, qui consiste en premier lieu de prélever
des échantillons intacts à proximité de l’hôpital de N’Gaous (Batna). Dans ce cadre, l’étude
expérimentale a débuté par une première série d’essais, recommandés pour l’identification et la
caractérisation des sols gonflants a savoir : l’analyse chimique, limites d’Atterberg, l’analyse
granulométrique par sédimentomètrie, l’essai au bleu de méthylène des matériaux en question.
Ceux ci permettent de calculer quelques paramètres nécessaires à une évaluation qualitative du
taux de gonflement (Surface Spécifique Totale" S St ", Indice de plasticité " IP ", % [d < 80 µ m ],

Activité " A C ").

A ce stade des reconnaissances, on a utilisé quelques classifications disponibles [10] dans la


littérature pour nous permettre de situer le sol étudié et d’évaluer son potentiel de gonflement :
Seed et al. (1962) ; Dakshanamurthy et Raman (1973) ; diagramme de Casagrande ; Williams et
Donaldson (1980) et Vijayvergia et Ghazali. En effet, les résultats d’essais d’identification
permettent aussi de caractériser approximativement la nature de l’argile étudiée d’après le
diagramme de plasticité de Casagrande.
Par la suite, on a procédé aux essais mécaniques: essai de compressibilité oedométrique et
essai de gonflement. Le premier a pour but de déterminer les paramètres de compressibilité a
partir desquels on peut caractériser les sols gonflants, le deuxième c’est une série d’essais de
Introduction générale Page 27

gonflement sous charges constantes qu’on a aussi effectué, dans le but d’évaluer la pression et
l’amplitude de gonflement et d'obtenir à partir de corrélations proposées dans la littérature
"modèles" des estimations approximatives de ces paramètres de gonflement de cette argile de
N’Gaous (Batna).

F Le cinquième chapitre consiste à déterminer une méthodologie permettant de prendre en


compte les effets de gonflement dans le calcul à long terme des fondations.

Certaines parties de ce travail ont été reportées dans les annexes pour assurer une plus grande
cohérence du texte central. L’annexe A donne les procédures d’essais normalisées et l’annexe B les
le matériel utilisé pour les essais de gonflement (présentés au chapitre1).
Chapitre 1 :

Revue bibliographique du phénomène de


gonflement
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 30

Chapitre 1 :

Revue bibliographique du phénomène de gonflement

1.1 - Introduction
Lorsqu'on étudie les problèmes de gonflement rencontrés sur des ouvrages, on s'aperçoit que le
gonflement du terrain est étroitement lié aux apports d'eau du milieu extérieur ou environnant et
que ce phénomène dépend fortement du type de terrain rencontré. C'est pourquoi une description
microscopique du phénomène est indispensable pour bien comprendre quel terrain est
susceptible de gonfler et quels sont les processus de développement du gonflement au niveau
microscopique.

Dans un premier temps, comme les matériaux “gonflants” les plus fréquemment rencontrés sont
les argiles, un rappel sur la minéralogie des argiles est d'abord effectué afin de mettre en
évidence quelle est la composition des différentes familles d'argile, leur stabilité et leur affinité
avec l'eau qui est à l'origine du gonflement.

Ensuite, on s'attachera à développer les différents mécanismes de gonflement qui peuvent


se développer au niveau microscopique et à mettre en évidence les facteurs influant sur le
gonflement. On évoquera aussi une autre forme de gonflement d'origine uniquement chimique
pour l'anhydrite.

Après avoir décrit le phénomène de gonflement au niveau microscopique, on s'intéressera aux


méthodes d'estimation et de caractérisation du potentiel de gonflement d'un terrain. La
dernièrepartie détaillera les différentes manières de caractériser le gonflement au niveau
macroscopique ; méthodes indirectes, essais en laboratoire ou essais in situ. Les méthodes
indirectes basées sur l'évaluation des paramètres géotechniques classiques (teneur en eau,
densité sèche, limites d'Atterberg, valeur de bleu) permettent d'estimer la sensibilité du
matériau vis-à-vis du gonflement. Les essais en laboratoire permettent de décrire un
comportement de gonflement rencontré autour de l'ouvrage. Les essais in situ permettent
d'identifier les sols gonflants en place et de quantifier leur potentiel de gonflement.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 31

1.2 - Nature et structure des sols argileux


Avant d'analyser le phénomène de gonflement proprement dit, il est essentiel de rappeler
certaines notions minéralogiques et physico-chimiques relatives aux interactions entre l'eau et
les particules argileuses (Grim, 1962 ; Mitchell, 1976).

1.2.1 - Minéralogie des argiles

Les argiles sont les produits de décomposition des roches siliceuses, par désagrégation physique
et mécanique, puis par altération chimique. La famille des minéraux argileux regroupe tous les
silicates hydratés appartenant au groupe des phyllosillicates. Les minéraux argileux ont une
structure ionique telle qu'ils interagissent fortement avec les molécules polaires de l'eau. Une
particule d'argile est formée d'un empilement de feuillets élémentaires constitués par
l'association de deux unités structurales de base :

ü le tétraèdre de silice SiO 4 ( Te ) : 4 atomes d’oxygène disposés au sommet d'un tétraèdre

régulier enserrent un atome de silicium. Les tétraèdres se combinent entre eux pour former
des couches planes dites couches tétraédriques (Fig. 1-1).

(a) (b)
Figure 1-1 : a) Unité tétraédrique à c ur de silicium; b) Schéma d'une couche de
tétraèdre avec arrangement hexagonal [6]

ü l’octaèdre d'alumine Al2 ( OH ) 6 et éventuellement de magnésium Mg 3 ( OH )6 ( Oc ) :

6 ions hydroxydes enserrent un atome d’aluminium ou de magnésium. Les octaèdres


se combinent également pour former des couches planes dites couches octaédriques (Fig. 1-
2).

(a) (b)
Figure 1- 2 : a) Unité octaédrique b) Structure en couche à base d'octaèdre de
Brucite Mg(OH) 2 ou de Gibbsite Al(OH) 3[6]
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 32

1.2.2 - Structure moléculaire microscopique des argiles

Le feuillet élémentaire idéal se compose d'un empilement de 2 ou 3 unités de base. Les liens de
covalence et les liaisons ioniques assurent la structure rigide du feuillet élémentaire ; des liaisons
moins fortes mais essentielles, assurent l'assemblage des feuillets élémentaires.

Les forces de liaison entre feuillets sont principalement :


ü les forces d'attraction moléculaires de Van der Waals qui sont des liaisons faibles ;

ü les liaisons hydrogène qui apparaissent avec des atomes fortement électronégatifs, comme

par exemple l'oxygène dans le cas des argiles ;


ü les substitutions isomorphes qui consistent dans le remplacement de certains cations

constitutifs du réseau cristallin par d'autres de moindre valence. Ce dernier phénomène crée
des déficits de charge qui affaiblissent les forces ioniques de liaison entre les feuillets
(remplacement d'un ion Si 4+ par un ion Al3+ dans la couche tétraédrique de silice, d'un ion
Al3+ par un Mg 2+ dans la couche octaédrique d'aluminium ...). Les particules acquièrent
ainsi une charge négative et peuvent adsorber de façon réversible des cations et des dipôles
d'eau pour atteindre l'électroneutralité. La capacité d'échange ionique (C.E.C.) permet de
mesurer la charge positive nécessaire pour arriver à l'électroneutralité (milliéquivalents/100
g d'argile sèche).

Les particules sont donc soumises à un ensemble de forces d'attraction et de répulsion qui
varient avec la teneur en eau et dépendent des substitutions isomorphes. Malgré la simplicité
apparente de la structure des argiles, on en dénombre un très grand nombre d'espèces, qui se
distinguent par les défauts liés aux substitutions isomorphes au moment de la formation.
L'arrangement des particules des terrains argileux, qui interagissent avec l'eau et les ions qu'elle
transporte, dépend beaucoup du milieu de déposition (notamment de sa salinité).
Les trois types d'argile les plus couramment rencontrés sont la kaolinite, l illite et la
montmorillonite. Nous les décrivons dans la suite avant de préciser les différents mécanismes de
gonflement.

La kaolinite (Si 4 O10 ) Al4 ( OH )8

Le feuillet élémentaire est composé d'une couche de silice et d'une couche d'alumine. Entre
différents feuillets de kaolinite, le contact se fait entre un plan contenant les ions hydroxyles
OH − del'octaèdre, et celui contenant les ions d'oxygène O 2 − du tétraèdre ; dans ce cas, les
liaisons interfoliaires résultent de l'effet composé de liaisons hydrogène et de forces de Van der
Waals ; ce qui se traduit par un lien assez fort. Ainsi une particule de kaolinite sera constituée,
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 33

par exemple, de quelques centaines de feuillets et pourra avoir une épaisseur de quelques
dizaines de micromètres. Ces particules sont stables et leur structure élémentaire n'est pas
affectée par la présence d'eau. (Fig. 1-3)

A) B)
Figure 1-3:Structure particulaire de la Kaolinite,
(Mouroux et al., 1987) [16]

L illite ( K,H 2 O )2 Si8 ( Al,Fe,Mg )4,6 O20 ( OH )4


Le feuillet élémentaire est composé d'une couche d'alumine comprise entre deux couches de
silice. Dans les couches de silice, un ion Si 4+ sur quatre est remplacé par un ion Al3+ . Le déficit
de charge qui en résulte est compensé par les ions potassium K + qui assurent des liaisons assez
fortes entre les feuillets. La particule d'illite comportera, par exemple, une dizaine de feuillets et
pourra avoir une épaisseur de quelques centièmes de micromètres. L'espace créé à l'intérieur du
feuillet de silice est occupé par un ion K + qui, par sa présence, induit un lien fort entre les
couches (Fig. 1-4).

Figure 1- 4:Structure particulaire de l illite,


(Mouroux et al., 1987) [16]

Les chlorites ( OH )4 (Si Al )8 ( Mg, Fe )6 O 20


Il est nécessaire de citer les chlorites du fait que leurs propriétés se rapprochent de celles des
argiles. Leur structure est cependant plus complexe, et se compose de deux feuillets de micas
entre lesquels s'insère un feuillet de brucite. En fait, le déficit du feuillet de mica est rarement
comblé par le feuillet de brucite et des cations interchangeables se logent dans les espaces créés
au sein du feuillet de mica. De l'eau peut alors pénétrer entre les feuillets, provoquant ainsi
un accroissement de l'interdistance et donc un gonflement. Cependant, les édifices de brucite
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 34

tendent à coller les feuillets les uns aux autres et donnent ainsi aux chlorites une certaine
cohésion, contrairement aux feuillets des minéraux argileux, qui sont libres de glisser les uns par
rapport aux autres (Fig. 1-5).

Figure 1-5:Structure particulaire de la chlorite,


(Mouroux et al., 1987) [16]

La montmorillonite ( OH )4 Si8 ( Al3+10/3 , Mg 2/3 ) O20 , n H 2 O [6]

Le feuillet élémentaire est composé comme pour l'illite, d'une couche d'alumine comprise entre
deux couches de silice. Un ion Al3+ est remplacé par un ion Mg 2+ dans les couches d'alumine

(Fig. 1-6). Le déficit de charge qui en résulte est compensé par des ions Ca 2+ (montmorillonite
calcique) ou par des ions Na + (montmorillonite sodique). La valence des ions sodium étant plus
faible que celles des ions calcium, c'est la montmorillonite sodique qui aura la plus grande
surface spécifique et la plus grande C.E.C. Les liaisons entre feuillets étant très faibles, ces
argiles sont très sensibles à la teneur en eau et ont un fort potentiel de gonflement. L'épaisseur
d'une particule de montmorillonite peut-être très faible puisque, contrairement aux autres argiles,
on peut isoler un feuillet élémentaire. La montmorillonite fait partie de la famille plus générale
des smectites définies comme les argiles gonflantes .

A) B)

Figure 1-6 :Structure particulaire de la montmorillonite,


(Mouroux et al., 1987) [16]

Les caractéristiques de ces argiles sont résumées dans le tableau 1-1. La figure 1-7 présente des
images de ces argiles prises au microscope électronique à balayage.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 35

Tableau 1.1: Caractéristiques des argiles [5]

Nombre de Surface
Nom Type feuillets par
Diamètre d'une Epaisseur d'une Spécifique C.E.C. en
particule (µm) particule (µm) meq/100g
particule en m2/g

Kaolinite 1:1 100-200 0,1-4 1-10 10-20 3-15

Illite 2:1 1-10 0,1-1 0,003-0,01 65-100 10-40

Montmorillonite
2:1 1 0,1 0,001 700-840 80-150
(smectite)

Chlorite 2:1:1 1 0,1 0,005 800 10-40

Kaolinite Illite Montmorillonite

Figure 1-7: Photographies au Microscope Electronique à Balayage


des argiles, (Mitchell, 1976) [5]

Les interstratifiés

Il existe bien entendu des minéraux interstratifiés, formés d'un empilement régulier ou irrégulier
de feuillets de deux types différents. Lorsque l'un des feuillets est de type smectite, le
comportement peut s'avérer gonflant. C'est le cas de la corrensite, la tosudite, la kaolinite-
montmorillonite, la saponite-chlorite, la montmorillonite-mica, l'illite-montmorillonite.

Le rappel de ces quelques données permet de souligner la complexité de la minéralogie des


argiles et de mettre en évidence le caractère original des smectites.

1.2.3 - Gonflement interfoliaire et interparticulaire

L'analyse minéralogique précédente montre que certaines argiles, pour lesquelles les liaisons
interfeuillets sont très faibles, ont la propriété de fixer les molécules d’eau entre deux feuillets
voisins (c’est le cas de smectites telles que la montmorillonite, et de certaines chlorites). L’eau
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 36

pénètre à l’intérieur des particules et s’organise en couches monomoléculaires, il s’agit alors


d’un gonflement intraparticulaire ou interfoliaire (Didier, 1972). Il intervient à l'échelle la plus
petite de la structure argileuse mais peut présenter une ampleur très importante.
En dehors de ce cas particulier, qui définit les argiles dites “gonflantes”, le gonflement est
interparticulaire, c’est-à-dire que l’eau ne pénètre pas à l’intérieur des particules d’argiles. Ce
gonflement interparticulaire, contrairement au gonflement interfoliaire, a une ampleur assez
limitée, mais affecte toutes les argiles. Les différents mécanismes de ce gonflement
interparticulaire seront détaillés dans la partie 1.3.

1.3 - Mécanismes de gonflement


Les matériaux susceptibles de gonfler sous l'action de l'eau sont les sols argileux naturels, les
marnes, les roches argileuses et les roches composées d'anhydrite. Le processus de
gonflement interparticulaire met en jeu séparément ou de façon combinée des phénomènes
physico-chimiques et mécaniques variés. Il dépend aussi de la texture du matériau, c'est-à-dire
de l'organisation des plaquettes entre elles, comme on le montrera dans la suite. On présentera
aussi le cas de l'anhydrite dont la transformation en gypse, en présence d'eau, provoque un
gonflement notable.

1.3.1 - Gonflement au sens physico-chimique

Compte tenu de la structure ionique présentée précédemment, il apparaît d'importantes


interactions physico-chimiques entre une particule argileuse et l'eau, généralement illustrées par
le modèle de la double couche. Avec des hypothèses très précises, cette théorie permet de
quantifier le phénomène de gonflement par rapport aux différents paramètres de l'eau.

1.3.1.1 - Modèle de la double couche

La particule d’argile présente généralement une charge nette négative due à des
substitutions isomorphes au niveau des feuillets. Ce déficit de charges se traduit par la fixation
de cations et par l’orientation des molécules polaires (d’eau, par exemple) dans l’espace
périphérique de la particule et éventuellement entre les feuillets. A l'attraction des cations par la
surface des particules d'argile s'oppose la tendance des ions à diffuser et à se distribuer d'une
manière homogène dans l'eau. Le résultat de cette interaction est un nuage d'ions entourant la
particule, appelé double couche électrique diffuse (Fig. 1-8).

On a ainsi, autour de chaque particule, formation d’une double couche d’origine électrique, dite
“couche de Gouy-Chapman” [5], composée :
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 37

- d’une couche fixe liée au solide,


- d’une couche diffuse en affinité avec cette particule.

La théorie de Gouy-Chapman présentait l'inconvénient de prédire des concentrations


d’ions extrêmement élevées à proximité de la surface. Elle a été modifiée par Stern (1924) pour
prendre en compte une quantité finie d'ions aux abords de la particule argileuse. La couche de
Stern consiste en une quantité d’ions finie à côté de la surface (Fig. 1-8); elle est fixe tandis que
la couche de Gouy est mobile. Cette dernière fait la transition entre la solution perturbée par la
particule et la zone plus éloignée, non perturbée. La figure 1-8 donne une représentation
schématique de ce phénomène [5].

Figure 1-8: Schéma de la double couche d eau entourant


une particule argileuse

1.3.1.2 - Application du modèle de la double couche

La théorie de la double couche développée par Bolt (1956) et Van Olphen (1963) se base sur
l’étude de l’interaction de deux “plaquettes” d’argile parallèles. Sans détailler la théorie de la
double couche, on peut en donner les principaux résultats. Dans un sol saturé, l’épaisseur de la
double couche associée à une particule est donnée par la relation :

1 ε liq k B T
=
K dc 8 π Cliq ec2 Z 2
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 38

Où 1 est l’épaisseur de la double couche en cm, ε liq la constante diélectrique du milieu


K dc

liquide, kB la constante de Boltzmann, T la température absolue en Kelvin, ec la charge

électrique d’un électron, Z la valence des cations et Cliq la concentration ionique du milieu

liquide (en ions / m3 ). Le gonflement représentant l’extension des doubles couches, ce


phénomène se développera en particulier avec :

une diminution de la concentration du liquide interstitiel Cliq ,

une diminution de la valence des ions Z ,


une augmentation de la constante diélectrique ε liq ,

une augmentation de la température T .

Dans une étude expérimentale en laboratoire, Didier (1972) et Wong (1998) ont mis en évidence
l'influence notable de la salinité du liquide interstitiel sur le potentiel de gonflement des terrains
argileux. Ils ont, en effet, constaté que plus la concentration en sels (NaCl par exemple) est
faible et plus les déformations de gonflement sont élevées. Ces résultats expérimentaux
confirment bien l'analyse qualitative fournie par la théorie de la double couche.
A partir de cette même théorie, Madsen (1979) et Sridharan et Jayadeva (1982) ont déterminé
une relation entre la pression osmotique de répulsion PR et le potentiel électrique ϕelec entre les

deux particules :
PR = 2 Cliq k T ( cosh ϕ elec − 1) avec ϕelec = 2, 35 − 4,375 lg ( K dc d ) ;

e γs
d étant la demi-distance entre deux particules d’argile, soit d = avec e =
− 1, e
γs S γd
désignant l'indice des vides, S la surface spécifique du sol, γ s le poids volumique des particules
solides, et γ d le poids volumique du sol sec.

On remarque que, pour un sol dont la minéralogie et le fluide interstitiel sont connus, la pression
PR ne dépend que de la demi-distance interparticulaire d ou du poids volumique du sol sec γ d ;

la pression de répulsion PR est alors une fonction strictement décroissante de la demi-distance

interparticulaire d . Madsen (1979) a obtenu, de plus, une corrélation satisfaisante entre la


pression de répulsion ainsi calculée et la pression de gonflement mesurée expérimentalement sur
des argilites et des marnes.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 39

La théorie de la double couche reste évidemment limitée, à cause des hypothèses faites sur le
milieu (pas d’interaction entre les ions, problème bidimensionnel, particules parallèles, ...). On
peut, en première approximation, dire que la théorie de la double couche est applicable quand la
source du gonflement est la pression de répulsion osmotique, c’est-à-dire quand on a affaire à
des sols sursaturés en cations en présence d’une eau de circulation à faible concentration
ionique.

1.3.1.3 - Equilibre d’une particule argileuse dans un milieu saturé


Dans un milieu saturé, un bilan des forces permet de montrer rapidement qu’une diminution des
contraintes effectives entraîne un gonflement interparticulaire.

Considérons deux particules argileuses que l’on peut représenter comme plates et parallèles.
Quand elles sont immergées dans une solution électrolytique, elles sont soumises, d’une part, à
une pression extérieure sous forme de contrainte effective σ ' et aux forces électriques d’autre
part (Fig. 1-9). Les forces électriques se composent de la pression osmotique de répulsion PR et

de la force surfacique d’attraction PA de Van der Waals, qui dépend de la distance 2d entre

les particules et décroît très rapidement avec cette distance.


Pour maintenir les particules à la distance 2d , il faut que la contrainte nette ( PR − PA ) équilibre
la contrainte de compression σ ' et donc qu’elle soit répulsive : σ ' = PR − PA

Figure 1.9 : Forces agissant sur deux particules d argile

Sridharan et Jayadeva (1982) ont constaté que, pour les matériaux argileux tels que la kaolinite
ou la montmorillonite, la force d’attraction de Van der Waals était négligeable devant la
pression osmotique de répulsion, pour l’intervalle de pressions mesurées habituellement en
géotechnique. Dans ces conditions, le mécanisme de gonflement s’explique de la façon suivante
: supposons que la contrainte effective vienne à baisser. L'équilibre ne peut être assuré que par
une diminution de la pression osmotique de répulsion, c'est-à-dire pour une minéralogie du sol et
une composition du liquide interstitiel donné, par un écartement des deux particules ; ceci tend
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 40

par ailleurs à diminuer légèrement la force de Van der Waals. Ainsi, une diminution de
contrainte effective se traduit au niveau macroscopique par le gonflement des argiles.

En résumé, dans le gonflement des argiles saturées, la pression osmotique joue un rôle
prépondérant. La théorie de la double couche fournit une interprétation intéressante des
phénomènes physicochimiques sur le plan qualitatif mais il faut rester prudent pour appliquer
quantitativement cette théorie à une masse de matériau argileux car les hypothèses utilisées ne
caractérisent pas toujours la texture d'un terrain naturel qui peut être très variée comme on le
présentera dans le paragraphe 1.3.3.

De plus, lorsque les argiles ne sont plus saturées, par suite d’une dessiccation par exemple,
d’autres forces deviennent prépondérantes dans l’hydratation des argiles, notamment les forces
d’attraction dues aux charges électriques, les forces de Van der Waals de tension capillaire et les
forces dérivant de l’énergie d’hydratation des cations échangeables. L’ensemble de ces forces
constitue la force de succion qui agit directement sur les molécules d’eau, polaires par nature. La
succion varie en sens inverse du degré de saturation S r . Cette succion est faible pour des sols
saturés et très forte pour des sols secs.

1.3.2 - Gonflement au sens mécanique

Le phénomène de gonflement, de même que le tassement, peut provenir d’une modification de


l’état de contraintes dans le sol en présence d’eau. Il est donc important de rappeler les bases de
la mécanique des sols appliquées à l’état de contraintes dans un sol.

1.3.2.1 - Contraintes dans un sol

Un sol est un système constitué de 3 phases : une phase solide (les particules solides), une phase
liquide (eau interstitielle en général) et une phase gazeuse (bulles d’air ou film d’air continu). Le
sol est saturé si la phase gazeuse disparaît, c’est-à-dire si tous les vides interparticulaires sont
occupés par l’eau interstitielle. Dans un sol saturé soumis à une contrainte totale σ (géostatique
ou surcharge extérieure), cette dernière se décompose en :
σ =σ' +u (Théorie de Terzaghi),

u désignant la pression interstitielle à savoir la pression de l’eau des pores et σ ' la contrainte
effective, c’est-à-dire la contrainte qui s’exerce réellement sur le squelette solide. Si le sol est
sec, la pression interstitielle u est nulle et on a σ ' = σ .
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 41

Si l’élément de sol considéré est situé sous la nappe phréatique à une cote z , la pression
interstitielle est égale à la pression exercée par la colonne d’eau sus-jacente soit u = γ w z .

Si par contre, il se situe au-dessus de la nappe phréatique, il peut être saturé ou non, selon les
caractéristiques du matériau qui le compose et la distance qui le sépare du toit de la nappe.
L’attraction entre les molécules adjacentes à la surface d’un fluide (tension de surface) lui
permet de s’élever dans un capillaire au-dessus de la ligne de pression atmosphérique. La
hauteur de fluide dans le capillaire est donnée par la loi de Jurin :

2σ cap cos θ cap


H cap =
γ fl rcap

où σ cap est la tension de surface, rcap le rayon capillaire, θ cap l’angle de contact liquide/fluide et

γ fl le poids volumique du fluide. C’est ce phénomène qui permet à un sol de retenir de l’eau au-

dessus du toit de la nappe, par l’intermédiaire de son réseau poreux.

Barden (1965) a ainsi identifié, au-dessus de la nappe, une zone considérée comme saturée où le
degré de saturation est proche de l’unité ; la faible fraction d’air contenue dans le sol est occluse
entre les particules et ne perturbe pas l’écoulement d’eau. Il considère alors que, dans ce
domaine, les contraintes appliquées sur le squelette solide peuvent être définies par le principe
de Terzaghi, la pression interstitielle u étant inférieure à la pression atmosphérique. On la définit
comme négative et elle est égale à ( −γ w z ) . Elle représente la succion capillaire du terrain qui,

dans le cas simple d’un tube capillaire, est donnée par la loi de Jurin et caractérise la capacité du
terrain à retenir l’eau au-dessus de la nappe.

Si au contraire, l’élément de terrain n’est pas saturé, la pression interstitielle négative est
fonction de la pression d’eau uw et de la pression d’air ua dans le sol. Bishop (1960) a proposé

une pression interstitielle équivalente u ∗ définie par :

u ∗ = u a + χ ( u w − ua )

où χ est un coefficient qui dépend du degré de saturation du sol : χ varie entre 0 et 1, et est
égal à 1 pour un sol saturé.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 42

1.3.2.2 - Gonflement dû à une modification de l’état de contraintes

Considérons un élément de sol saturé à l’équilibre. Si une contrainte extérieure σ e est appliquée

à cet élément de sol, l’eau étant moins compressible que le squelette solide, la contrainte σ e est

 u = σe
immédiatement reprise par la phase liquide et au temps initial t = 0 on a :  '
σ =0

Si l’on permet alors au sol de se drainer, un phénomène de consolidation va se développer,


correspondant à l’expulsion de l’eau et au transfert de contrainte de l’eau sur le squelette solide.
Un nouvel équilibre va alors s’établir pour l’état de contraintes :
u=0
 '
 σ = σe
Si la contrainte σ e est alors supprimée, le même phénomène se produit en sens inverse, et

immédiatement :
 u = −σ e
 '
 σ = σ e
La pression interstitielle devient négative (dans le domaine des succions) et opposée à la
variation de contrainte totale. Dans des conditions de libre circulation de l’eau, un phénomène
de gonflement va alors se développer, exprimant l’absorption de l’eau et le transfert de
contrainte négative de l’eau sur le squelette solide, jusqu’à l’état final :
u=0
 '
σ =0
Il est donc possible d affirmer que si la consolidation exprime une diminution de la pression
interstitielle jusqu à son annulation, le gonflement exprime quant à lui la diminution de la
succion ( -u ) jusqu à son annulation.

1.3.3 - Relations entre la texture du matériau et le gonflement


Après avoir présenté les résultats théoriques obtenus pour expliquer le gonflement des minéraux
argileux, on s’est intéressé au développement du phénomène de gonflement au
niveau microscopique. Le gonflement, dont on constate les effets macroscopiques, se développe
en fait à l’échelle microscopique, et consiste en une réorganisation du squelette solide et du
réseau poreux constituant la texture du terrain. Pour analyser le développement microscopique
du gonflement, on s’est attaché à définir la notion de texture d’un terrain et à décrire l’évolution
de sa texture au cours du gonflement.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 43

1.3.3.1 - Définition de la texture d’un terrain

En géologie, la texture désigne la forme, la dimension et la disposition d'un certain nombre de


minéraux naturellement groupés en une population au sein du matériau (Le Roux, 1976). L'étude
systématique de matériaux argileux au M.E.B. a permis de cerner l'organisation des particules
d'argile et de dégager certaines textures.

Van Olphen (1963) [5] a proposé une classification basée sur l’association des particules
argileuses entre elles, à partir des critères : dispersé, agrégé (face contre face en agrégats),
floculé (association d’agrégats ou de particules bord-bord ou bord-face), défloculé (aucune
association entre les particules ou entre les agrégats). Cette classification (Fig. 1-10) ne repose
pas sur une observation directe, mais sur les possibilités d’assemblage géométrique.

Figure1-10: Arrangement des particules d'argile (Van Olphen, 1963)

Le Roux (1976) [5] distingue trois classes principales de textures, à partir d’observations sur les
marnes ;
la texture homogène où tous les minéraux sont intiment mélangés et où aucune direction
n’est privilégiée,
la texture orientée où une direction privilégiée apparaît dans l’arrangement des grains,
la texture floconneuse ou en micro agrégats où la phase argileuse se présente sous
forme grossièrement sphérique, soit seule, soit associée aux carbonates.

Collins et McGown (1974) [5] ont tenté de préciser cette définition dans le cas des terrains
contenant une proportion non négligeable de grains non argileux, en introduisant une
classification des relations existant entre particules argileuses et grains sableux ou silex (Fig. 1-
11): connexions argileuses entre grains silteux (a, b, c), agrégats irréguliers en nid d’abeille
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 44

(d,e), agrégats réguliers (f, g), particules argileuses entrelacées avec ou sans inclusions silteuses
(h, j), matrice argileuse (k) ou matrice granulaire (l).

Figure 1-11: Schéma d'assemblages de particules


(Collins et McGown, 1974)

1.3.3.2 - Evolution de la texture au cours du gonflement

La variation de texture des sols au cours du gonflement peut être étudiée à l’aide de deux
techniques complémentaires, la microscopie électronique à balayage (M.E.B.) et la porosimétrie
par injection de mercure. La microscopie électronique à balayage permet de visualiser la texture
des sols, donc d’obtenir des informations générales (arrangement des particules, estimation de
rayons de pores, de tailles de particules, détermination de certains minéraux...). La porosimétrie
par injection de mercure permet de quantifier le réseau poreux par la mesure des rayons de
pores. L’étude du réseau poreux est fondamentale puisque c’est la dilatation volumique qui
cause le gonflement macroscopique.

Grâce à ces deux techniques, Vayssade (1978) et Parcevaux (1980) [5] ont obtenu des résultats
très significatifs sur plusieurs argiles composées essentiellement de kaolinite et, en moindre
importance, d’un interstratifié illite-smectite : Argile Verte de Villejuif, Argile Plastique de
Provins et Fausses Glaises. Leurs observations au M.E.B. ont montré que les sols étudiés ont, à
l’état naturel, une texture assez compacte, constituée plus ou moins nettement d’agrégats
argileux individualisés et tassés les uns contre les autres. Au gonflement, cette texture évolue en
une configuration en agrégats séparés par des pores de géométrie plutôt bidimensionnelle. La
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 45

taille des agrégats diminue et l’épaisseur des pores augmente au cours du gonflement. La figure
1-12 illustre cette évolution [5].

Agrégats primaires Agrégats secondaires

Etat naturel Faible gonflement Fort gonflement


Figure 1-12 : Evolution de texture des sols au cours du gonflement

Par injection de mercure, deux classes de pores ont été mises en évidence pour l’essentiel des
sols étudiés :
ü une classe de pores intra-agrégats (rayon de pores inférieur à 0,05 mm),

ü une classe de pores inter-agrégats (rayon de pores supérieur à 0,05 mm).

Il apparaît que la classe de pores intra-agrégats ne varie pas au cours du gonflement.


L’augmentation de la porosité est due uniquement à l’augmentation de la porosité inter-agrégats
; elle correspond à une croissance des rayons de pores au cours du gonflement.

Cette étude montre que le gonflement des sols argileux saturés ne contenant pas de grande
quantité de minéraux dits “gonflants” (smectites) est un phénomène qui se produit au niveau des
zones de faible résistance, analogues à des fissures (pores bidimensionnels) individualisant
un réseau tridimensionnel d’agrégats.

Troalen et al. (1984) [5] ont aussi utilisé le microscope électronique à balayage pour analyser les
mécanismes du gonflement des sols argileux. Une étude sur des matériaux argileux gonflants de
la région du Caire (argilites massives et argilites litées), de la fraction argileuse
essentiellement composée de montmorillonite, a montré que les résultats obtenus sur des essais
de gonflement ne pouvaient s’expliquer uniquement à partir des analyses chimiques,
minéralogiques et physiques.

En effet, un échantillon d’argilite massive a révélé une micro texture finale serrée dans une
direction et plus lâche dans une autre, ce qui caractérise le comportement anisotrope observé
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 46

alors que les autres échantillons ont fait apparaître un réarrangement des agrégats argileux
(diminution de taille), avec fermeture plus ou moins marquée des discontinuités. Dans le cas des
argilites litées, pour lesquelles les paramètres physiques, chimiques, minéralogiques et les
courbes de gonflement sont voisins, les micro textures initiales sont relativement serrées et

denses (Fig. 1-13a); le gonflement se traduit par des ouvertures entre feuillets argileux
composant les agrégats. Ce phénomène d’expansion est compensé par la fermeture partielle
ou totale des discontinuités initiales, c’est-à-dire des espaces inter-agrégats (Fig. 1-13b).
Finalement, ces observations confirment bien que, pour les smectites, le gonflement interfoliaire
a une ampleur importante [5].

(a) avant gonflement (b) après gonflement

Figure 1-13: Observation au MEB d une texture argileuse


(Troalen et al., 1984)

Les exemples précédents montrent que les techniques d’analyse, M.E.B. et porosimétrie,
permettent de donner une explication des mécanismes du gonflement de divers matériaux
argileux. Le rôle essentiel joué par les micro textures lors du gonflement est bien mis en
évidence et il est possible d’obtenir une meilleure interprétation des différents résultats obtenus
lors d’essais de gonflement. L’évolution de texture est d’autant plus nette et significative que le
matériau est plus fin et plus riche en minéraux argileux.

1.3.4 - Conclusion

Cette analyse microscopique du gonflement a permis de mettre en évidence plusieurs formes de


gonflement. Tout d’abord, lorsque le matériau est saturé, on se rend compte qu’il y a une
interaction notable entre la particule argileuse, voire le feuillet pour les smectites, et les
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 47

cations de l’eau interstitielle. Cette affinité induit un gonflement d’autant plus important que le
terrain contient des particules fines comme les smectites.

On a aussi constaté que l’analyse minéralogique et chimique ne permettaient pas d’interpréter


toutes les manifestations macroscopiques du gonflement car la disposition des différentes
particules, c’est- à-dire la texture, avait une influence importante sur la forme du gonflement.
Les observations au microscope électronique à balayage permettant d’analyser l’évolution de la

texture au cours du gonflement montrent que, pour la kaolinite, le gonflement est uniquement
de type inter-agrégats, au niveau des pores interstitiels alors que pour les smectites, le
gonflement est de type intra-agrégats, c’est-à-dire entre les feuillets.

Cette revue bibliographique montre que le gonflement des argiles est un phénomène notable
dans beaucoup de sols comme les marnes, les molasses ou les schistes argileux contenant en
particulier des smectites et de l’illite. Dans le cas des terrains rocheux, on rencontre le plus
souvent les argiles gonflantes sous forme de veines, ou de matériaux de remplissage des failles,
parfois des joints.

Outre le gonflement des sols argileux, il faut de plus insister sur le gonflement de l’anhydrite,
matériau aussi rencontré lors d’excavation de tunnels et dont le potentiel de gonflement peut être
aussi important que pour les terrains argileux.

Compte tenu de l'importance de ce phénomène, il est nécessaire de pouvoir quantifier ce


gonflement, si possible à partir d'essais d’identification ou d’essais en laboratoire ou in situ.

1.4 - Caractérisation en laboratoire du phénomène de gonflement


La quantification du phénomène de gonflement par des paramètres macroscopiques est
essentielle du point de vue du dimensionnement des ouvrages de génie civil. Dans la
suite, on récapitulera l’ensemble des informations obtenues dans la littérature sur la
caractérisation du phénomène de gonflement.

Les méthodes indirectes reliant le gonflement aux paramètres géotechniques permettent


d’identifier les terrains gonflants alors que les essais de gonflement caractérisent plus
précisément le comportement gonflant d’un échantillon. Accompagnées de précautions
expérimentales, les différentes procédures d’essais en laboratoire permettent de déterminer
des paramètres du gonflement à appliquer dans le dimensionnement d’ouvrage et
d’analyser certains aspects du gonflement comme la cinétique ou l’anisotropie.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 48

1.4.1 - Définition des paramètres de gonflement


En toute rigueur, les paramètres mécaniques à déterminer pour caractériser les terrains gonflants
ne sont pas les mêmes selon que l’objectif choisi est d’empêcher le gonflement, ou de s’assurer
qu’il se produira de façon progressive ou périodique, ou de construire l’ouvrage après
achèvement du processus de gonflement. Le paragraphe 1.3 a montré que les phénomènes
physico-chimiques et les mécanismes intervenant à différentes échelles (auxquels se surajoutent
d’éventuelles modifications de la structure du terrain pendant le gonflement) rendent très
difficiles la caractérisation.

Devant cette complexité, c’est une approche macroscopique qui est adoptée dans la pratique
quotidienne. Elle distingue trois notions : la pression de gonflement, le gonflement libre et
l’indice de gonflement. Ces notions ne peuvent pas être considérées comme des caractéristiques
intrinsèques du matériau gonflant et ne peuvent recevoir de définition objective, car elles
dépendent des conditions dans lesquelles se déroule le gonflement. Elles sont néanmoins
très largement utilisées et ont largement influé sur les procédures d’essais en laboratoire.

La pression de gonflement (σ sw ) d’un élément de sol, dont l’état physique initial est

connu, peut être définie comme l’état de contraintes à exercer pour maintenir son volume
constant pendant l’imbibition sans distorsion.

Le gonflement libre ( ε sw ) d’un élément de sol, dont l’état physique initial est connu, est

la déformation maximale que provoque l’imbibition de cet élément soumis à un état


de contraintes nulles ou quasi-nulles.

L'indice de gonflement ( C g ) traduit l’importance de la déformation de gonflement induit par

un déchargement par rapport à un état de contraintes donné. La déformation de gonflement


est obtenue au bout d’un temps infini, déduction faite des déformations instantanées dues aux
variations de charge.

1.4.2 - Méthodes indirectes de caractérisation


Les méthodes indirectes consistent à déterminer une corrélation entre le gonflement libre ou la
pression de gonflement et quelques paramètres géotechniques comme les limites d’Atterberg, la
limite de retrait, la teneur en eau, la densité sèche qui semble être les facteurs influant sur le
gonflement des argiles.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 49

1.4.2.1 - Limites d’Atterberg


L'analyse microscopique a illustré un premier mécanisme physico-chimique d'interaction eau
minéral argileux, qui est celui des molécules d'hydratation des cations échangeables, attirés
électriquement par le déficit de charge des feuillets argileux (lui-même dû, entre autres, à
certaines substitutions isomorphes). Ce mécanisme met en évidence l'importance des sels
dissous dans l'eau interstitielle.

Sur un plan macroscopique, ce phénomène est à rapprocher de la notion des limites d'Atterberg.

Ainsi, l'indice de plasticité I p = wL − w p peut s'interpréter comme la quantité d'eau nécessaire

pour faire passer un sol de l'état “solide” ( w n < w p ) à l'état “liquide” ( w n > wL ). Plus le sol

possède de minéraux actifs dans leur interaction avec l'eau, plus il sera nécessaire d'ajouter de
l'eau au sol pour qu'il devienne liquide ; sachant qu'une grande partie de cette eau sera adsorbée
par les particules, il ne restera donc pas à l'état liquide et ne conférera pas au matériau un état
liquide mais pâteux, correspondant à la phase plastique. Quand toute la capacité d'adsorption du
sol sera saturée, alors l'eau en excès restera à l'état libre c'est-à-dire liquide. Ceci rejoint la
Ip
définition de l'activité de Skempton Ac = qui rapporte l'indice de plasticité du matériau à
C2

sa teneur en particules argileuses (notée ici C2 , teneur en particules de dimensions inférieures

à 2µ m ), la seule interagissant avec l'eau.

Cette définition de l'indice de plasticité montre également que P I est un paramètre important
dans les propriétés de rétention d'eau du terrain et donc de gonflement. C'est la raison pour
laquelle un certain nombre de corrélations ont rapidement été recherchées entre les limites
d'Atterberg et les propriétés de gonflement des sols.

Seed et al. (1962) [5] : ont proposé une méthode d’estimation du taux de gonflement sur des
sols compactés en se référant à la teneur en argile du sol et à l’activité du matériau Ac (Fig.

1-14).
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 50

Figure1-14 : Diagramme de classification du potentiel de gonflement


(Seed et al., 1962)

Le gonflement libre ε sw d’un échantillon confiné latéralement en présence d’eau sous une

surcharge de 7 kPa, peut être relié à l’indice de plasticité par l’expression :

ε sw = 21, 6.10−5 ( I P )
2,44
.

Cette relation, obtenue par une étude statistique des résultats expérimentaux, s’applique
aux matériaux contenant entre 8% et 65% d’argile. La comparaison de cette formule avec les
résultats expérimentaux a abouti à une fourchette d’erreur d’environ 33% sur le gonflement
libre. Le tableau 1-2 donne la relation entre le taux de gonflement et l’indice de plasticité.

Tableau 1.2 : Relation entre le gonflement libre et l indice de plasticité


(Seed et al., 1962).

Potentiel de
IP sw (%) gonflement

0 – 10 0 – 1,5 Faible
10 – 20 1,5 – 5 Moyen
20 – 35 5 – 25 Elevé
> 35 > 25 Très élevé

ü Komornik et David (1969) [5] : ont travaillé plus particulièrement sur des sols non remaniés

provenant d’Israël, car la méthode de compactage est un facteur très influent sur les
paramètres de gonflement. Les nombreux essais ont montré qu’une simple corrélation
linéaire était possible entre le gonflement libre et l’indice de plasticité :
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 51

ε sw = 6, 7 + 2, 4 I p , pour les marnes ;


ε sw = 0,9 + 2,1I p , pour les argiles.

La fourchette d’erreur obtenue était d’environ 25 %.

ü Vijayvergiya et Ghazzaly (1973) [5] , tout comme Komornik et David (1969), ont constaté

que, la ligne “A”, définie par Casagrande (1948) dans le diagramme de plasticité et
d’équation I P = 0, 73 ( wL − 20 ) ,sépare les sols gonflants (au-dessus) des sols non gonflants

(en dessous de la ligne A) comme indiqué sur la figure 1-15.Cependant une argile se situant
au dessus de la ligne “A” n’est pas nécessairement gonflante, puisque des sols mous peuvent
parfois y être classés.

Figure 1-15: Caractérisation des sols gonflants.

ü Dakshanamurthy et Raman (1973)[5] : se sont aussi inspirés du diagramme de

plasticitéproposé par Casagrande (1948) pour fournir une classification du niveau de


gonflement. Le diagramme, qui comprend la ligne A de séparation des sols gonflants, est
divisé en 6 zones le long de l’axe des abscisses comme suit (Tab 1-3).
Tableau 1. 3 : Relation entre le gonflement et la limite de
liquidité (Dakshanamurthy et Raman, 1973)

Limite de
liquidité wL Classification

0 – 12 Non gonflant
20 – 35 Gonflement faible
35 – 50 Gonflement moyen
50 – 70 Gonflement élevé
70 – 90 Gonflement très élevé
> 90 Gonflement critique
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 52

ü BRE (1980) [7] : relie le potentiel de gonflement a deux paramètres , l’indice de plasticité et

le pourcentage de la fraction argileuse(particules dont le diamètre est inferieur à 2µ m )


(Tab 1-4).
Tableau 1.4 : Relation entre l indice de plasticité et le
pourcentage des particules <2 (BRE, 1980)

% < 2 µm Potentiel de
IP
gonflement

< 18 < 30 Faible


18 – 22 30 – 60 Moyen
22 – 35 60 – 95 Elevé
> 35 > 95 Très élevé

ü Chen (1988) [7] : relie le potentiel de gonflement a deux paramètres, La limite de liquidité et

le pourcentage des particules dont le diamètre est inferieur à 74 µ m (Tab 1-5).


Tableau 1. 5 : Relation entre La limite de liquidité et la pression
de gonflement (Chen, 1988)

Pression de
wL gonflement Potentiel de
% < 74 µm
(%) (6 ans) (MPa) gonflement

< 30 < 30 < 0.05 Faible


30 – 60 30 – 40 0.15 – 0.25 Moyen
60 – 95 40 – 60 0.25 – 0.5 Elevé
> 95 > 60 1 Très élevé

ü Snethen(1980) [7] : relie le potentiel de gonflement a un seul paramètre, l’indice de plasticité

ainsi comme le montre le tableau 1-6.

Tableau 1. 6 : Relation entre le gonflement libre et


l indice de plasticité (Seed et al. , 1962)

IP Potentiel de gonflement

18 Faible
22 – 32 Moyen
22 – 48 Elevé
>35 Très élevé

1.4.2.2- Retrait linéaire


Les sols argileux présentent un retrait volumique lors de l’évaporation de l’eau interstitielle. Le
retrait volumique évolue de manière linéaire en fonction de la teneur en eau w jusqu’à une
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 53

teneur en eau ws définie comme la limite de retrait. A partir de cette limite ws , le sol perd

de l’eau sans grande variation de volume, il se désature. La limite de retrait et l’indice de


retrait: I s = wL − ws , apparaissent aussi comme des éléments fondamentaux pour l’étude des

variations de volume des sols.

ü Altemeyer (1955) [5] : a proposé une classification des sols en fonction de la limite de retrait

(Tab 1-7).
Tableau 1. 7 : Relation entre le potentiel de gonflement
et la limite de retrait (Altemeyer, 1955)

ws Potentiel de gonflement

< 10 Fort
10 – 12 Critique
> 12 Faible

ü Ranganatham et Satyanarayana (1965) [5] : ont déterminé une relation entre l’indice de

retrait I s le gonflement libre ε sw pour des sols naturels compactés à l’optimum Proctor et

sous une surcharge de 7 kPa en s’inspirant des travaux réalisés par Seed et al. (1962).

ε sw = 41,1.10 −5 ( I s )
2,67

Cette relation leur a permis de classer le potentiel de gonflement d’un sol en fonction de son
indice de retrait (Tab 1-8).
Tableau 1. 8 : Relation entre le potentiel de gonflement et l indice
de retrait (Ranganatham et Satyanarayana, 1965)

Is Potentiel de gonflement

0 – 20 Faible
20 – 30 Moyen
30 - 60 Fort
> 60 Très fort

ü Holtz et Gibbs(1956) [7] : pensent qu’au moins trois paramètres sont indispensables pour

pouvoir apprécier le potentiel de retrait des sols, le tableau donne le potentiel de retrait en
fonction du pourcentage de la fraction argileuse ,de l’indice de plasticité et la limite de retrait
(Tab 1-9).
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 54

Tableau 1. 9 : Potentiel de Retrait (Holtz et Gibbs, 1956)

IP ws U• Potentiel de
% < 2 µm (%)
(%) (%) retrait

> 28 > 35 < 10 > 30 Très élevé


20 – 13 25– 40 7– 10 20 – 30 Elevé
13– 23 15 – 30 10 – 15 10 – 30 Moyen
U • : Pourcentage de retrait

ü Holtz, Dakshanamurthy et Raman (1973) [7] : pensent aussi qu’au moins trois paramétres

sont indispensables pour pouvoir apprécier le potentiel de gonflement des sols, le tableau
donne le potentiel de gonflement en fonction de l’indice de plasticité, de la limite de liquidité
et la limite de retrait (Tab 1-10).
Tableau 1. 10 : Potentiel de gonflement (Holtz, Dakshanamurthy
et Rama, 1973)

Potentiel de IP ws wL
gonflement (%) (%) (%)

Faible < 18 >15 20 – 35


Moyen 15 – 25 10 – 15 35 – 50
Fort 25– 35 7– 12 50 – 70

1.4.2.3- Influence de la teneur en eau et de la densité sèche


Deux paramètres définissant l'état initial d'un sol paraissent intéressants à analyser : la teneur en
eau wn et les densités sèches γ d . Sans être reliées directement au potentiel du gonflement, ces

deux facteurs renseignent directement sur l’état initial du réseau poreux, facteur influant sur
l’état de gonflement (Fig. 1-16).

Figure 1-16 : Influence de la densité sèche sur le gonflement


(Sridharan et al., 1986) [6]
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 55

ü David et Komornik (1969) [7] : A partir d’une étude statistique sur 200 échantillons,
David et Komornik ont déduit une relation qui permet d’estimer la pression de
gonflement (en kPa) tenant compte à la fois de la masse volumique sèche γ d (en kN/m3) de

la teneur en eau w(en %) et de la limite de liquidité wL (en %) :

lg σ sw = 0, 0208 wL + 0, 000665γ d − 0, 0269 wn + 0,132

ü Vijayvergiya et Ghazzaly (1973) [7] : En se basant sur les résultats de 270 essais de

gonflement réalisés sur divers sols, Vijayvergiya et Ghazzaly ont proposé deux modèles qui
permettent de montrer que, pour des sols remaniés, le gonflement libre ε sw (en %) et la

pression de gonflement σ sw (en kPa) d’un sol sont des fonctions semi-

logarithmiques linéaires décroissantes de la teneur en eau wn (en %) et linéaires

croissantes de la masse volumique sèche γ d (en kg/m3), pour une limite de liquidité wL

(en %) donnée :
lg ε sw = 0,033wL − 0,083wn + 0, 458

lg σ sw = 0, 033wL − 0, 083wn − 1, 697
et
lg ε sw = 0,033wL + 0,0321γ d − 6,692

lg σ sw = 0,033wL + 0,0321γ d − 5,154

ü Brackley (1983) [5] : a déterminé une relation générale entre la déformation de gonflement

ε sw (en %) et les principales caractéristiques des sols compactés :

 
− lg σ  ( 0,525 I p + 4,1 − 0,85wn )
147e
ε sw = 5, 3 −
 Ip 

où e désigne l’indice des vides, w la teneur en eau (en %) et σ la surcharge appliquée (en
kPa). L’état initial du sol est ainsi pris en compte, par l’intermédiaire de e et wn , ainsi que la

pression appliquée. La pression de gonflement σ sw est alors définie, pour une déformation de
gonflement nulle par :
147e
lg σ sw = 5,3 −
Ip

ü Williams et Donaldson [7] : ce modèle proposé ne tient pas compte de l’indice des vides
comme celui de Brackley et s’écrit par la relation :
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 56

 
− lg σ  ( 0,525 I p + 4,1 − 0,85wn )
399, 6
ε sw =  7,3 −
 Ip 
ainsi, pour une déformation de gonflement nulle ( ε sw = 0 ) , La pression de gonflement σ sw sera
donnée par :
399, 6
lg σ sw = 7,3 −
Ip

Dans les deux relations précédentes, l’indice de plasticité I p et teneur en eau naturelle wn sont
(en %) alors que la pression de gonflement σ sw est exprimée (en kPa).

ü Neil et Ghazzaly [7] : ont déduit une relation qui permet d’estimer la déformation de
gonflement, cette relation s’écrit :

ε sw = 2,77 + 0,131wL − 0, 27 wn

où ε sw est la déformation de gonflement (en %) ; wL et wn s’expriment en chiffre décimal.

ü Johnson et Snethen [7] : ont déduit une relation qui permet d’estimer la déformation de
gonflement, cette relation s’écrit :

lg ε sw = 0, 0361wL − 0, 0833wn + 0, 458

où ε sw est la déformation de gonflement (en %) ; wL et wn s’expriment en chiffre décimal.

1.4.2.4- Comparaison entre les différents potentiels d’expansion

Afin de voir si ces différentes méthodes permettraient d’obtenir des résultats compatibles entre
eux et surtout avec les observations du terrain, Johnson et Snethen (1978) [6] ont testé, sur 20
sols différents et gonflants, plusieurs méthodes présentées ci-dessus, avec leurs paramètres de
définition (Tab 1-11).Les résultats obtenus sont alors classés en trois grandes catégories :

les résultats où les prévisions coïncident avec les résultats observés,

ceux où ils ne coïncident pas mais où cela va dans le sens de la sécurité,

ceux où ils ne coïncident pas avec des divergences non sécurisantes.

On s’aperçoit très vite que la fiabilité des méthodes présentées varie beaucoup mais qu’aucune
ne donne de coïncidence générale avec l’ensemble des sites testés. De fait une méthode, comme
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 57

celle de Komornik et David (1969) [5], semble à proscrire car elle sous-estime le gonflement à
venir. Il apparaît que celles basées sur des valeurs tirées des limites d’Atterberg sont celles qui
donnent les valeurs les moins incohérentes.
Tableau 1.11 : Comparaison entre les différentes de méthodes de classification
(Johnson et Snethen, 1978) et (Josa , 1988)

Nombre de cas
Paramètres Methode
utilisés divergents mais totalement
qui coïncident
favorables défavorables
Ip Seed et al. (1962) 3 13 4
Dakshanamurthy & 5 13 2
wL , I p
Raman (1973)
ws Altemeyer (1955) 9 7 4
Ranganathan & 5 13 2
Is
Satyanarayana(1965)
Vijayvergiya & 9 8 3
wn , wL
Ghazzaly (1973)
wn , wL , γ d Komornik & David 2 3 15

En conclusion, et en reprenant l’analyse effectuée par Josa (1988) [5], il apparaît difficile de
prétendre classer les sols gonflants uniquement à partir de la valeur d’un indice tiré d’une
mesure indirecte de reconnaissance.

1.4.2.5 - Influence de la surface spécifique de l’argile

Les limites d'Atterberg, qui peuvent être déterminées au moyen d'un matériel léger dans
les laboratoires de chantier, constituent la caractérisation de référence pour les sols argileux.
Mais elles ne donnent pas une identification précise de la nature minéralogique des particules
argileuses et de leur influence sur le comportement global du sol. La mesure de la surface
spécifique des particules présentes dans un sol offre une caractérisation meilleure de l'argilosité
du sol, puisque cette surface varie de façon très importante avec la nature des particules.

On notera qu'il existe deux surfaces spécifiques [5] :


la surface spécifique externe, que l'on peut associer au niveau interparticulaire ; elle vaut 80
m2/g, pour une montmorillonite et entre 70 et 140 m2/g pour une illite,
la surface spécifique interne, associée au niveau interfoliaire ; elle atteint 800 m2/g pour une
montmorillonite alors qu'elle est quasi nulle pour l'illite.

Afin de calculer et d’appréhender la surface spécifique d’un sol argileux, différentes techniques
ont été présentées. La plus simple, et maintenant la plus usitée, est certainement la technique de
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 58

l’essai au bleu de méthylène. Comme les molécules de la solution de bleu de méthylène


adhèrent aussi bien sur la surface interne que sur la surface externe des argiles, l'ajout progressif
de bleu à une masse déterminée de sol jusqu’à saturation complète, permet de déterminer le
potentiel

d’adsorption de ce sol (Tran Ngoc Lan, 1977) [5]. Ainsi un sol adsorbera proportionnellement
d'autant plus de bleu de méthylène que :
la quantité d'argile qu'il contient est importante,
cette argile est active, c'est-à-dire développe une surface spécifique, interne et externe,
élevée et qu'elle est abondamment chargée.

Il apparaît donc une relation directe entre la quantité de bleu adsorbée et la phase argileuse du
sol. Une relation entre la surface spécifique totale Sst et la valeur de bleu de la phase argileuse

VB ( 0/2 µ m ) a été mise en évidence par Gaillabaud et Cinot (1982) [5] :

Sst = 21 VB ( 0/2 µ m )

Les essais réalisés ont donné une surface spécifique totale de 54 m2/g pour la kaolinite et de
795 m 2 /g pour la montmorillonite.

Finalement, on constate que l'essai au bleu de méthylène, en mesurant la surface hydrophile des
argiles, représente un très bon indicateur du potentiel de gonflement d'un sol. De plus, l'essai est
facile et rapide à réaliser.

1.4.2.6 - Ajustement des modèles

Compte tenu de l’écart constaté entre les valeurs des paramètres de gonflement directement
mesurées et celles fournies par les modèles précédents, une première idée a consisté à ajuster
ces modèles (Bekkouche et al., 2000c) [7]. Une analyse statistique a été réalisée. L’examen des
résultats de cet ajustement regroupés dans le tableau 1-12, fait ressortir les remarques suivantes :
ü Les modèles de Seed et al. (1962) ne tiennent pas compte de la teneur en eau naturelle, qui
reste un paramètre déterminant dans le processus de gonflement. Ces modèles n’utilisent que
des paramètres interdépendants (la teneur en argile, l’activité et l’indice de plasticité).
ü Le modèle de Nayak et Christensen et le modèle de Vijayvergiya et Ghazzaly ne peuvent
être utilisés pour des valeurs élevées de la teneur en argile, de la teneur en eau naturelle de
de la limite de liquidité. Le premier modèle est basé sur des paramètres interdépendants, quat
au second il ne tient pas compte de la teneur en eau naturelle.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 59

ü Les modèles de Johnson prédisent globalement des pourcentages de gonflement dans la


limite couramment observées en pratique.

Tableau 1.12: Résultats d ajustement Des Modèles de gonflement

N° Modéle Expression mathématique

1 Seed et al. 1 ε sw = 0,1670877. A.C + 0,8221577

2 Seed et al. 2 ε sw = 0,1823723.I p + 0, 4559623

Vijayvergiya et
3 lg ε sw = 1 19,5 ( 28, 742805.γ d + 0, 22238775.wL − 48, 4704675 )
Ghazzaly 1

Vijayvergiya et
4 lg σ sw = 1 12 ( 0, 0964896.wL − 0, 08028.wn + 3, 0697752 )
Ghazzaly 2

5 Johnson ε sw = −0, 0215153.I p − 2, 671464.Z − 0,8565674.wn +


0, 0023009.wn .I p + 0, 056402.Z .I p + 28, 49721

Nayak et
6 ε sw = 0, 0761548.I p . C wn − 0, 222854
Christensen

David et lg σ sw = 0, 0079182.wL + 0, 6432451.γ d − 0, 00161536.wn + 1,1328183


7
komomik

Vijayvergiya et
8 Ghazzaly 1 lg σ sw = 1 12 ( 0, 0651096.wL − 0,1512264.wn + 26,8704696 )

Vijayvergiya et
9 Ghazzaly 2 lg σ sw = 1 19,5 ( 23, 28378.γ d + 0,15710565.wL − 3,5600565)

1.4.2.7 - Proposition de modèles pour les argiles de Tlemcen

Les résultats de l’ajustement montrent que, pour les argiles étudiées, seule modèle de Johnson
semble être applicable, ceci dans un domaine limité entre 0,2 et 0,4 MPa. Donc, même ajusté, la
plupart des modèles restent imparfaits dans leurs prévisions (Bekkouche et al., 2000c) [7].
Une étude statistique sur les données disponibles dans la région de Tlemcen a été effectuée pour
rechercher des modèles adaptés à ces sols. On donne les modèles jugés performants pour
l’amplitude du gonflement (Tab 1-13) et la pression de gonflement (Tab 1-14). Il est à noter
que la pression de gonflement calculée est exprimée en KPa.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 60

Tableau 1.13: Modèles proposés pour l amplitude de gonflement

N° Expression mathématique Domaine d application

1 lg ε sw = −0, 008.Z + 0, 27. A − 0, 02.TCa + 0, 016.S r − 0,16 ε sw de 0 à 12 %


2 lg ε sw = −0,1.Z + 1, 06. A + 0, 22γ d − 0,04.wn + 0,82 ε sw de 0 à 15 %

Tableau 1.14: Modèles proposés pour la pression de gonflement

N° Expression mathématique Domaine d application


1 lg σ sw = 0,01.I p + 1, 26.γ d − 0, 008.wn − 0,1.M − 0,179 σ sw de 0 à 600 kPa
2 lg σ sw = −0, 001.wn .I p + 0, 024.wL + 0,1.M + 1, 287 σ sw de 0 à 400 kPa
3 lg σ sw = 0, 006.I p + 1, 21.γ d − 0, 013.ws + 0,11.M + 0, 03 σ sw de 0 à 600 kPa

Dans les relations ci-dessus, A, C, Z, wn , ws , wL , γd , I p et TCa représentent

respectivement l’activité, la teneur en argile (en pourcent), la profondeur (en m), la teneur en
eau naturelle (en pourcent), la limite de retrait (en pourcent), la limite de liquidité (en
pourcent), le poids volumique sec (en kN/m3), l’indice de plasticité et la teneur en
carbonate de calcium (en pourcent). Le paramètre M est un facteur qui caractérise le poids
de la procédure utilisée pour mesurer le paramètre en question.

Ce paramètre est égal à 1 pour la procédure de gonflement libre, à 2 pour la procédure de


gonflement à volume constant (DTU 11.1), à 3 pour la procédure de gonflement sous contrainte
constante (AFNOR), à 4 pour la procédure de gonflement à volume constant (LCPC) et à 5 pour
la procédure avec variation de volume (LCPC).

Pour la pression de gonflement, les modèles proposés semblent être représentatifs puisque les
valeurs obtenues sont assez voisines de celles mesurées directement. Ils peuvent donc servir
pour obtenir des valeurs approchées de la pression de gonflement de site dont les propriétés
physiques sont comparables [7].

Pour l’amplitude du gonflement, les résultats des modèles restent discutables à cause des écarts
constatés entre les mesures directes et les calculs. Ces écarts peuvent avoir comme origine le
type de chargement (soit le piston seul, soit le piston et le poids des terres).

Pour les sols gonflants, les praticiens ne s’intéressent qu’aux grandeurs mesurables qui sont
généralement la pression et l’amplitude de gonflement. Ces valeurs les guident dans le choix
du système de fondation.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 61

Les paramètres déterminés par les essais d’identification sont considérés comme les plus
déterminants dans le comportement gonflant des argiles sont l’indice de plasticité, le
pourcentage des particules argileuses, la valeur d’essai au bleu de méthylène et la limite de
retrait.

Sachant aussi que les essais de mesure des paramètres de gonflement sont longs et
coûteux, il serait très intéressant de pouvoir obtenir rapidement une première estimation de
ces paramètres.

1.4.2.8 – Conclusions

L’exposé précédent, qui n’est pas exhaustif, montre le grand nombre de méthodes et de lois
différentes mises au point pour estimer le gonflement des sols de façon indirecte, c’est-à-dire
sans effectuer d’essai de gonflement.

Le plus souvent, ces méthodes restent grossières et différencient seulement les sols à fort
potentiel de gonflement des sols à faible potentiel de gonflement. Les relations sont, en général,
déterminées à partir d’échantillons remaniés dont le comportement n’est pas identique à celui du
matériau dans son état naturel. De plus, il semble que les lois mathématiques citées, qui sont
certes significatives quand elles sont appliquées à un grand nombre de sols très différents
minéralogiquement et granulométriquement, doivent être utilisées avec beaucoup de précautions
sur des sols de natures voisines.

Ces critères de gonflement sont donc très utiles en tant qu’indicateurs du potentiel de
gonflement des sols (faible, moyen ou fort), et sont significatifs lors d’études statistiques sur des
sols différents, mais en aucun cas ne peuvent remplacer les essais directs de gonflement du point
de vue de la caractérisation mécanique de ce phénomène.

1.4.3 - Essais de gonflement en laboratoire

Il existe un grand nombre de procédures d’essais de gonflement, comme le montre une synthèse
récente effectuée par Serratrice et Soyez (1996). Les principaux essais sont présentés dans la
suite.

1.4.3.1 - Problématique des procédures d’essais


Les procédures d’essais de gonflement tirent leur diversité de la complexité du phénomène
analysé, des nombreuses variétés de matériaux gonflants et d’une longue pratique empirique. Il
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 62

semble illusoire, en effet, de chercher à qualifier mécaniquement un sol susceptible de gonfler


par une procédure universelle de laboratoire.

Les procédures d’essais se distinguent principalement par les modalités d’application des
charges sur l’éprouvette (charge de mise en imbibition, durée des paliers, taux de déchargement
d’un palier à l’autre, etc.), par leurs méthodes de suivi en temps réel ou par leurs méthodes
d’exploitation des résultats. L’oedomètre est le seul appareillage préconisé pour la réalisation
des essais de gonflement. Mais ces procédures doivent pouvoir être transposées, au moins dans
leur principe, au cas de l’appareillage triaxial. Elles ont donné lieu à de nombreuses variantes
d’essais, avec l’utilisation d’appareillages et de méthodologies spécifiques, voire de
combinaisons de procédures.

Parce qu’elles sont inspirées des pratiques oedométriques, toutes ces procédures sont basées sur
des essais par paliers avec imbibition et non par chargement continu (qui, plus encore que pour
les sols compressibles, poserait le problème du choix des vitesses d’essai en regard de la
cinétique de gonflement), sans utilisation d’une contre-pression (mise en imbibition et non pas
en saturation). A chaque étape de l’essai, le gonflement se déroule sous une contrainte axiale
constante en principe jusqu’à atteindre la stabilisation de la déformation. Cependant, lorsque la
stabilisation du gonflement n’a pas lieu sous un palier donné, cette part non consommée du
gonflement s’ajoute au gonflement sous le palier de décharge suivant. Didier et al. (1987) et
l’ISRM (1989)[5] préconisent certaines règles détaillées dans l’annexe A, pour passer d’un
palier au suivant, ce qui implique un suivi régulier de l’essai. Mais, dans le cas où ces règles ne
s’appliquent pas, on en est réduit à adopter une valeur forfaitaire de durée des paliers. Par la
suite, on conservera le terme de stabilisation de la déformation, compte tenu des règles fixées
pour définir cette stabilisation.

Aussi, avant d’évoquer ci-dessous les techniques utilisées en laboratoire pour caractériser les
matériaux gonflants, on propose de décrire chacune des quatre méthodes de base d’essais de
gonflement, dont sont issues les procédures normalisées présentées dans l’annexe A.

1.4.3.2 - Les quatre catégories d’essais de gonflement

1.4.3.2.1 - Essai de gonflement libre

L’essai de gonflement libre est issu directement des procédures traditionnelles de l’essai
oedométrique. Après montage dans la bague oedométrique, l’éprouvette est soumise à
l’imbibition sous le poids du piston. Une fois le phénomène de gonflement stabilisé, le
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 63

chargement s’effectue par paliers selon un taux de chargement approprié jusqu’à stabilisation
des déformations sous chaque palier. La pression de gonflement correspond à la charge qu’il est
nécessaire d’appliquer pour ramener l’éprouvette à sa hauteur initiale (Fig. 1-17, méthode 1).

Dans le cas des sols moyennement à fortement gonflants, l’essai de gonflement libre peut
entraîner une modification de structure pendant le gonflement avant le retour à une déformation
nulle. C’est pourquoi il a tendance à surestimer la pression de gonflement.

1.4.3.2.2- Essais en parallèle

Pour éviter l’inconvénient de la stabilisation de chaque palier, on peut utiliser une méthode dite
des essais de gonflement en parallèle, qui consiste à placer plusieurs éprouvettes d’un même
matériau dans différentes cellules oedométriques. Chaque éprouvette est chargée dans son état
naturel jusqu’à une contrainte axiale convenablement choisie suivant un taux d’accroissement
des charges préalablement défini (Fig. 1-17, méthode 2). Le gonflement ou l’effondrement de
chaque éprouvette est obtenu en procédant à son imbibition sous contrainte, jusqu’à stabilisation
des déformations.

Cette technique, qui généralise la procédure de Holz et Gibbs (1956), présente l’inconvénient
d’avoir à tester simultanément des éprouvettes de matériaux parfois hétérogènes. Elle est
principalement utilisée dans le cas des matériaux compactés, pour lesquels il est plus facile de
préparer des éprouvettes identiques. Mieussens (1993) [5] a ainsi proposé une procédure d’essais
de gonflement-effondrement pour évaluer la qualité de matériaux compactés. Après stabilisation
des matériaux compactés, on compare entre elles les déformations résultant, d’une part, du
chargement et, d’autre part, de l’imbibition en fonction de la contrainte axiale, ce qui donne
directement le potentiel de gonflement de la roche testée. Cette méthode présente l’avantage de
soumettre le sol ou la roche à des conditions proches de la réalité, chaque éprouvette pouvant
représenter différents éléments du massif ou du remblai.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 64

Figure 1.17 : Différentes procédures d essais de gonflement (Sridharan et al., 1986)

1.4.3.2.3 - Essai à volume constant

La méthode de gonflement à volume constant consiste à imbiber l’éprouvette sous une charge
donnée, puis à la charger par petits paliers successifs de façon à maintenir au mieux sa hauteur à
une valeur constante (Fig. 1-17, méthode 3). Dans ces conditions, la structure du sol est
supposée ne pas trop évoluer pendant l’essai, contrairement à ce qui se passe avec la procédure
du gonflement libre. Cette méthode a été fortement décriée car elle est délicate à mettre en
oeuvre (l’essai doit impérativement se dérouler par accroissement continu du chargement
jusqu’à l’équilibre qui est atteint lorsque la charge est égale à la pression de gonflement). De
plus, le matériel doit posséder une forte rigidité et le rattrapage du gonflement par des poids
supplémentaires induit de petites oscillations, assimilables à des cycles de chargement-
déchargement.

1.4.3.2.4 - Essai Huder-Amberg


Huder et Amberg (1970) [5] ont proposé une procédure inspirée de la méthode de Chen (Fig. 1-
18) et qui a été adoptée par la Société Internationale de Mécanique des Roches (ISRM, 1989).
Elle consiste à placer l’éprouvette de roche dans son état naturel à l’intérieur d’une bague
oedométrique flottante fermée par deux pierres poreuses. Le premier chargement est appliqué en
quatre à cinq paliers, à l’éprouvette conservée dans son état naturel, jusqu’à une contrainte
axiale σ vo (chemin a). Pour effacer les effets du remaniement dû au prélèvement du sol et à sa
mise en place dans l’oedomètre, l’éprouvette est ensuite soumise à un cycle de déchargement-
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 65

rechargement jusqu’à la contrainte σ vo (chemins b et c). Sous cette contrainte, elle est alors

mise en présence d’eau par saturation de la cellule oedométrique, ce qui provoque le gonflement
-ou effondrement- (chemin AB).

Figure 1.18 : Essai de gonflement selon la méthode de Huder-Amberg (1970)

Plusieurs semaines, voire plusieurs mois, peuvent s’écouler avant la stabilisation du gonflement
de la roche. Ce stade étant dépassé, l’éprouvette est déchargée au palier précédent et son
gonflement est observé jusqu’à stabilisation, avant de procéder à un nouveau déchargement, ce
qui se traduit par le chemin (s) de la figure 1.18. L’intersection des chemins c (rechargement à
l’état naturel) et s (déchargement sous imbibition) a pour abscisse la pression de gonflement σ sw
selon Huder et Amberg. Lorsque la capacité de l’appareillage ne suffit pas à franchir la pression
de gonflement, l’intersection est obtenue par extrapolation en prolongeant les chemins c et s.

Cette méthode présente deux difficultés :


si le gonflement AB est trop important, cela peut conduire à une extrapolation arbitraire, ce
qui se produit lorsque la contrainte σ vo est trop éloignée de la pression de gonflement σ sw ;
les durées des paliers de gonflement peuvent conduire à une durée d’essai excessive.

La relation de Huder et Amberg liant la variation de volume à la variation de contrainte entre


σ v et σ sw s’écrit :

∆h σ 
εv = − = C g lg  v 
h  σ sw 
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 66

1.4.3.2.5 - Comparaison des différentes procédures d’essai

Ainsi que nous l’avons vu auparavant, trois techniques principales (Sridharan et al., 1986)
peuvent être mises en uvre pour déterminer la pression de gonflement d’un échantillon de sol.
En fonction notamment du niveau de confinement des échantillons, les valeurs trouvées peuvent
varier sur une assez grande échelle. Ceci explique, entre autres, les grandes différences
constatées entre les résultats donnés par les diverses méthodes de mesure de pression de
gonflement.

De nombreux auteurs ont essayé de comparer, sur des sols équivalents, les différentes méthodes,
afin d’identifier celles qui sont les plus cohérentes avec les valeurs relevées sur place. De toute
manière, le problème de la normalisation des essais reste posé (Didier et al., 1987), de même que
celui de la comparaison entre les valeurs de pression de gonflement mesurées. Sridharan et al.
(1986) ont mené une étude exhaustive de comparaison des différentes méthodes. Cette étude
conclut (Fig. 1-17), de manière générale, que :
la méthode à volume constant donne des valeurs moyennes ; Iyer (1987) signale que ces
valeurs sont égales aux valeurs de succion initiale ;
la méthode consistant à recharger par paliers un échantillon ayant libéré tout son potentiel de
gonflement surestime la pression de gonflement ;
la méthode de mesure sous charges variables donne des valeurs plus faibles.

Les auteurs ont aussi montré qu’à partir de modes opératoires combinés, on peut obtenir des
valeurs encore différentes de pression de gonflement. Par exemple, si on réalise un essai à
volume constant avec déchargement par paliers successifs suivi d'un essai de gonflement libre
avec rechargement, la pression de gonflement obtenue est alors inférieure à la pression de
gonflement donnée par la seule méthode du gonflement libre. On se rend compte de
l’importance énorme du chemin de contraintes suivi au cours du gonflement.

La pression de gonflement σ sw n’est donc pas une grandeur intrinsèque au matériau mais dépend

fortement du chemin de chargement.

En comparant les déformations de gonflement mesurées in situ et celles déterminées avec les
différentes procédures expérimentales, il semble que les valeurs de la pression de gonflement
estimées à volume constant soient les plus proches de celles effectivement constatées sur le
terrain (Erol, 1987) et soient donc les plus pertinentes.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 67

Khaddaj (1992)[5] arrive aux mêmes conclusions et préconise l’utilisation systématique de la


méthode à volume constant, d’une part, pour éviter les hétérogénéités inhérentes à l’utilisation
de différents échantillons (essais en parallèle) et, d’autre part, pour limiter les problèmes de
mesure, dus notamment aux frottements parasites survenant à l’intérieur des oedomètres lors
d’essais à gonflement libre.

Les trois procédures proposées par Sridharan et al. (1986) sont destinées surtout à déterminer
une pression de gonflement appliquée sur une paroi rigide lorsqu'un terrain est susceptible de
gonfler par apport d'eau. Par contre, dans le cas d'une excavation, pour laquelle le gonflement
résulte des effets combinés d un apport d'eau et d un déchargement mécanique, le phénomène
doit être caractérisé par une pression de gonflement σ sw et par un indice de gonflement Cg. C'est

pourquoi l'essai d'Huder-Amberg paraît mieux adapté pour ce type de configuration.

1.4.3.3 - Les matériels

Historiquement, c’est à l’aide d’oedomètres que les premiers essais de gonflement ont été
réalisés. Cet appareillage est bien adapté à la mesure d’une variation de volume et offre un
moyen direct de suivi du gonflement lors de la mise en imbibition de l’éprouvette, contrairement
à l’appareillage triaxial qui nécessite d’utiliser un matériel et des procédures d’essais plus
élaborés.

Par ailleurs, cet appareillage est largement répandu. Par contre, l’oedomètre classique n’offre
qu’une déformation unidimensionnelle et le chemin des contraintes suivi pendant l’essai reste
inconnu. Une amélioration des essais a consisté à employer des oedomètres équipés de bagues
de mesure de la pression radiale σr pendant le gonflement (Komornik et Zeitlen, 1965, 1970 ;
Ofer, 1981 ; Erol et Ergun, 1994). Hors du cadre des essais en laboratoire, il faut signaler les
appareillages basés sur une sonde pressiométrique pour la réalisation d’essais de gonflement in
situ. Quelques illustrations de ces différents appareils sont présentées dans l’annexe B.

On rappelle que les procédures d’essais de gonflement suggérées par les instances de
normalisation internationale en restent toutes à l’utilisation de l’oedomètre traditionnel.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 68

1.4.4 - Aspects phénoménologiques du gonflement

Après avoir détaillé les différentes procédures d’essais expérimentaux, il est


intéressantd’analyser les principaux aspects phénoménologiques du gonflement, en particulier la
cinétique et l’aspect tridimensionnel, afin de pouvoir les prendre en compte dans les méthodes
de calcul.

1.4.4.1 - Cinétique de gonflement

1.4.4.1.1 - Comportement général


Le gonflement des sols argileux est un phénomène très lent, en raison de la faible perméabilité
des argiles. Il est donc fondamental de commencer l’étude du gonflement par l’étude de la
cinétique, c’est-à-dire la relation existant entre la déformation de gonflement et le temps. La
représentation graphique du gonflement unidimensionnel en fonction du logarithme du temps a
usuellement l’allure de la figure 1.19.

La courbe obtenue, soit lors d’un essai de gonflement libre, soit lors d’un palier de
déchargement, montre que la déformation peut se décomposer en un gonflement primaire et un
gonflement secondaire à l’image de la consolidation hydrodynamique des sols, mais dans une
direction opposée. De très nombreux travaux expérimentaux font apparaître ce type de cinétique
(Seed et al. 1962 ; Parcher et Liu, 1965 ; Komornik et Zeitlen, 1970 ; etc.).

Figure 1.19 : Courbe de gonflement en fonction du temps

La première phase de gonflement, lié à la migration de l’eau dans l’éprouvette à partir de ses
extrémités, relève d’un processus de diffusion. Elle est plus ou moins lente suivant la nature et
l’état du matériau, et selon le chargement, et dure quelques heures, voire quelques jours dans le
cas d’une éprouvette de 25 mm de hauteur avec imbibition par les deux faces.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 69

La phase de gonflement secondaire est plus problématique, car la direction de la déformation de


gonflement est opposée à celle du chargement, contrairement au fluage qui produit des
déformations de compression sous des charges de compression. La cinétique du gonflement
secondaire est très lente et dépend du niveau de chargement et, pour de faibles charges, il est
souvent impossible d’atteindre un équilibre dans des conditions raisonnables de réalisation des
essais de laboratoire. Ces faibles vitesses de déformation sont en accord avec les observations
faites dans les massifs de sol ou de roche, autour des tunnels notamment, où le processus de
gonflement peut se dérouler pendant plusieurs années, voire plusieurs décennies (Steiner, 1993).

1.4.4.1.2 - Modélisation de la cinétique

Des modélisations de l'évolution du gonflement en fonction du temps ont été proposées par
différents auteurs, soit en considérant la dissipation de la succion (Baker et Kassif, 1968), soit en
distinguant une phase de gonflement primaire (correspondant à la diffusion de l’eau dans les
pores) et une phase de gonflement secondaire d’hydratation des minéraux argileux (Alonso et
al., 1989 ; Gens et al., 1993). D’un point de vue empirique, certains auteurs (Dakshanamurthy,
1978 ; Sridharan et al., 1986 ; Didier et al., 1987) [5] préconisent de représenter la cinétique du
gonflement par une loi hyperbolique de la forme :
t
εv =
a + bt

où ε v désigne la déformation verticale, t le temps et, a et b deux constantes.

Vayssade (1978), quant à lui, proposé la relation :


t
εv = G
B+t
G représentant le taux de gonflement final, obtenu pour un temps infini et B le temps de demi-
gonflement (par rapport au gonflement final). Cette relation peut aussi s’écrire :
t 1 B
= t+
εv G G
ce qui correspond à une droite dans le système de coordonnées ( t , t / ε v ) . Les paramètres G et B

peuvent ainsi être déterminés graphiquement et correspondent respectivement à l’inverse de la


pente et au produit de G par l’origine.
Parcevaux (1980) a montré que G et B étaient influencés par la contrainte initiale de la phase de
déchargement, G oscillant autour d’une valeur moyenne pour un type de sol donné sous un état
de contraintes fixé et que B peut être considéré comme proportionnel à l’épaisseur ho de

l’échantillon.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 70

t 1 B
La relation linéaire = t+ permet, par extrapolation, de déduire le gonflement final
εv G G
ε vf à partir d’essais rapides. Didier (1987) confirme que la cinétique du phénomène de
génération de la pression de gonflement peut être approchée par une loi hyperbolique (annexe
A).

1.4.4.1.3 - Influence saisonnière


La prise en compte dans les calculs des déformations engendrées par des variations saisonnières
de teneur en eau a conduit quelques expérimentateurs à procéder à des essais cycliques de
séchage et d’humidification de matériaux compactés (Day, 1994 ; Al Homoud et al., 1995). Les
éprouvettes sont alors soumises alternativement à des phases d’imbibition et de séchage (par
injection d’air dans les plaques poreuses ou par évaporation naturelle), ce qui provoque, dans
certains cas, une fatigue du matériau testé par appauvrissement de sa capacité à gonfler ou dans
d’autres cas, au contraire, un accroissement du potentiel de gonflement. Al Homoud et al. (1995)
ont entrepris une étude systématique du gonflement de six argiles différentes et montré que, sous
l’effet répété de cycles de séchage et d’imbibition, les sols présentent des signes de fatigue. Le
premier cycle provoque la plus grande réduction du potentiel de gonflement ; celui-ci diminue
encore pendant les cycles suivants pour se stabiliser au bout de quatre ou cinq cycles.
L’observation des argiles au microscope électronique montre un réarrangement progressif des
particules argileuses pendant les cycles, qui, par agrégation, conduit à une disposition plus stable
vis-à-vis de l’absorption de l’eau. Les auteurs postulent que l’effet contraire est obtenu lorsque
l’argile est complètement desséchée en dessous de sa limite de retrait. Compte tenu des faibles
vitesses de gonflement observées en général, la question de la représentativité de ce type d’essai
(réalisé sur des périodes relativement courtes) se pose néanmoins.

1.4.4.2 - Aspect tridimensionnel du gonflement


A l’évidence, et parce qu’il intéresse la roche dans sa masse, le gonflement est un mécanisme
tridimensionnel. La pratique courante des essais à l’oedomètre dissimule cet aspect du
phénomène. Il n’existe, à l’heure actuelle, que des résultats partiels sur l’aspect tridimensionnel
du gonflement des matériaux intacts et quelques résultats pour les matériaux compactés.

1.4.4.2.1 - Etude à l’oedomètre “Ko”


Komornik et Zeitlen (1965, 1970) ont étudié la pression latérale développée pendant la
saturationen condition oedométrique d’une argile gonflante compactée. L'oedomètre “ K o ”

permet de suivre l’évolution du chemin de contraintes totales pendant le gonflement. Sous fortes
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 71

charges axiales, l’imbibition provoque soit un faible gonflement, soit l’effondrement du sol
compacté ou un faible gonflement et le déviateur q = σ v − σ h reste positif (la contrainte radiale

reste inférieure à la contrainte verticale, σ v > σ h ). Par contre, sous faible charge axiale, la

déformation de gonflement est forte et q devient négatif (la contrainte radiale dépasse la
contrainte verticale σ v < σ h ). Dans ce cas, le gonflement sous charge axiale constante

provoque la rupture en extension de l’argile compactée (Serratrice et al., 1996).

En reprenant les résultats de Skempton (1970) et de Matyas (1969), Iyer (1987) affirme que l’on
peut poser le principe de l’isotropie de la pression de gonflement. En effet, Skempton (1961) et
Matyas (1969) [5] ont montré que la pression de gonflement déterminée expérimentalement sur
l’argile de Londres ou sur l’argile canadienne de Winnipeg était égale à la succion initiale du
matériau.

Katti et al. (1984) ont étudié, sur différents échantillons compactés de grandes dimensions, la
contrainte latérale exercée sur les parois d’un oedomètre lors de la saturation du sol. Cette
pression de gonflement latérale passe d’abord par un pic très marqué avant de chuter jusqu’à une
valeur de palier. Ce palier correspond approximativement à la pression de gonflement verticale
(Chen, 1975). Différents facteurs influent sur cette pression latérale : la masse volumique sèche
du matériau, le degré de saturation initial, ainsi que la surcharge verticale exercée. Les relations
entre la masse volumique sèche et les pressions de gonflement horizontales et verticales

ρ d = f (σ hsw ) et ρ d = g (σ vsw ) sont comparables et varient de manière analogue.

Ofer (1983) a présenté un appareillage oedométrique modifié proche de celui de Komornik et


Zeitlen (1965) qui permet de connaître la pression latérale de gonflement d’un sol lors de sa
saturation. Cette cellule possède une membrane latérale instrumentée qui permet d’enregistrer
latéralement les pressions exercées par le sol. Il a pu, grâce à cet essai, montrer l’influence des
différents facteurs tels que la masse volumique sèche de l’échantillon ou la contrainte verticale.

De nombreux auteurs (Katti et al., 1984 ; Edil et al., 1992) ont insisté sur l’importance de la
contrainte verticale appliquée sur la valeur de la pression de gonflement latérale mesurée. En
effet, il semble que plus la contrainte exercée sur l’échantillon est importante et plus la pression
latérale développée par celui-ci est forte. Cependant Joshi et Katti (1980) ont différencié deux
zones importantes lors du développement de la pression de gonflement latérale, selon que la
contrainte verticale exercée est supérieure ou inférieure à la pression de gonflement :
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 72

si 0 < σ v < σ sw , la pression latérale exercée sur les parois de l’oedomètre par l’échantillon

peut être très importante et augmente fortement avec l’augmentation de σ v .

si σ v > σ sw , il n’y a pas d’augmentation de la pression latérale lors de la saturation de

l’échantillon mais au contraire apparition d’un tassement vertical. On se ramène alors au


cadre oedométrique mais au contraire apparition d’un tassement vertical. On se ramène alors
au cadre oedométrique avec des courbes σ h / σ v oedométriques classiques.

Il convient d’insister sur le fait que la méthodologie d’essai n’est pas indifférente puisque l’on
remarque que les essais à volume constant donnent des contraintes horizontales beaucoup plus
fortes que les essais à contrainte verticale constante. Le problème le plus important reste de
savoir si l’on peut considérer la pression de gonflement comme un phénomène isotrope.

Satyarayana (1973) affirme que les plus fortes pressions de gonflement sont enregistrées, pour
unéchantillon de sol remanié et compacté statiquement, dans une direction faisant un angle de
45 degrés avec l’horizontale. Ce résultat, qui n’a jamais été confirmé, semble indiquer que la
réorganisation du sol par certains modes de compactage peut favoriser l’apparition de directions
privilégiées.

L’étude la plus complète sur l’anisotropie éventuelle de la pression de gonflement est celle
réalisée par Kabbaj (1981)[5] sur une bentonite compactée. Celui-ci a remarqué une forte
anisotropie de lacontrainte exercée par le sol pour de faibles degrés de saturation, cette
anisotropie s’annulant progressivement lorsque l’on se rapproche de la saturation totale de
l’échantillon. Il en conclut que la pression de gonflement d’un sol n’est pas anisotrope. Selon ses
observations, la saturation du sol permet le réarrangement progressif des particules argileuses ;
celles ci présentent toujours une nouvelle anisotropie structurelle en fin d’essai avec une
direction privilégiée des feuillets argileux perpendiculairement à la charge.
Kabbaj a également formulé l’hypothèse que l’anisotropie structurelle de la bentonite (comme
de tous les sols argileux) exerce une influence sur ses caractéristiques de gonflement.
Cependant, lors d’une humidification sous charge, la structure interne du matériau se modifie en
entraînant une diminution de l’anisotropie de ces caractéristiques. Il a insisté cependant sur
l’anisotropie très forte du gonflement sous faibles charges et sur l’importance des risques que
peut présenter l’utilisation des matériaux gonflants compactés dans des projets de génie civil.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 73

Shanker et al. (1987), dans une étude générale du comportement anisotrope des sols gonflants,
ont conclu à l’isotropie de ces types de sol en se basant uniquement sur les déformations
volumiques de gonflement mesurées en fonction du mode de drainage utilisé (1, 2 ou 3 axes de
drainage).

1.4.4.2.2 - Etude à l’appareillage triaxial


Kassif et Baker (1969) ont vérifié que les résultats expérimentaux obtenus par Komornik
(1965) s’accordaient bien avec les formules théoriques fournies par Skempton et Bishop (1954)
sur les contraintes uniaxiales (oedomètre) et triaxiales. En particulier, ils ont montré que le
rapport contrainte axiale sur contrainte radiale est compris entre 0,8 et 1,1 et que la valeur
moyenne vaut quasiment 1, ce qui correspond à une pression de gonflement isotrope.

Dakshanamurthy (1979) a étudié le comportement d’une argile compactée susceptible de


gonfler dans les 3 directions à partir d’un chemin de contraintes donné. Il a montré que, quel que
soit le chemin de contraintes suivi, il y avait une relation unique entre la déformation volumique
ε vol et la contrainte moyenne p. D’autre part, il a constaté que les déformations de gonflement

sont anisotropes même pour un chemin de contraintes isotrope.

Tisot et al. (1983) ont comparé, sur une bentonite compactée, les différentes méthodes d’essais
à l’oedomètre et à l’appareil triaxial. Pour l’essai de gonflement libre, les résultats
oedométriques sont fortement supérieurs aux résultats triaxiaux, peut-être en raison des
frottements latéraux le long de l’oedomètre. Toutes les méthodes à l’appareil triaxial donnent
une contrainte moyenne comparable. Pour l’essai à volume constant, on constate que la pression
de gonflement oedométrique et la pression de gonflement verticale au triaxial sont comparables
et que la pression de gonflement est anisotrope, le rapport σ v / σ h dépendant des caractéristiques

initiales du matériau ( γ d , wn ) . Compte tenu de la rapidité de l’essai à volume constant, il est

préconisé d’utiliser ce mode opératoire avec l’appareil triaxial, afin de connaître aussi la
pression de gonflement radiale, sachant que les mêmes résultats sont obtenus à l’oedomètre en
termes de pression de gonflement.

Johnson (1989) a constaté, sur des essais à volume constant sur des échantillons intacts, que la
pression de gonflement était à priori isotrope, même si le matériau avait une structure
anisotrope. Ceci est en accord avec la relation possible entre la pression de gonflement et la
succion initiale.
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 74

Yesil et al. (1993) ont développé un nouvel appareillage triaxial (annexe B) pour étudier le
comportement axial d’un matériau compacté en fonction de la pression de confinement. Après
un essai à volume constant pour une pression de confinement donnée, l’échantillon est déchargé
afin d’obtenir le potentiel de gonflement.

L’analyse statistique des résultats expérimentaux a abouti à la relation générale suivante :


ε v = ( a + bσ h ) − ( c + d σ h ) lg σ v

où σ v désigne la contrainte verticale (en MPa), σh la contrainte latérale de confinement (en

MPa) et ε v la déformation verticale. Une étude menée sur une marne a conduit aux résultats

suivants : a = 3,79 ; b = −2,92 ; c = −7,82 et d = −6,14. On remarque que, pour une pression
verticale inférieure à 1 MPa, plus l’échantillon est confiné latéralement, plus le gonflement axial
est élevé (en effet pour σ v < 1 MPa, lg σ v < 0). Cette étude n’a donné aucun résultat explicite sur

le comportement radial.

1.4.4.3 - Effets de structure et effets d’échelle


Les matériaux inertes vis-à-vis du gonflement et déformables ne sont sensibles qu’à des
sollicitations mécaniques ou de succion avec un cortège de propriétés mécaniques diverses (non
linéarité, anisotropie mécanique, etc.). Les matériaux gonflants présentent, de plus, des
particularités liées à leurs propriétés physico-chimiques ainsi qu’à l’hétérogénéité, à la
fissuration et à l’anisotropie de structure. Dans la description et la caractérisation du gonflement,

de nombreux indices laissent à penser que des effets de structure se superposent aux mécanismes
évoqués ci-dessus.

Dans le cas des matériaux naturels, intacts, on peut citer :


ü l’influence de la fissuration, où le gonflement est compensé par la présence de fissures,

ü l’influence de la cimentation,

ü le comportement des matériaux argileux contenant de gros éléments (inertes vis-à-vis du

gonflement) ou des mélanges de sables et d’argile,


ü l’évolution de l’anisotropie pendant le gonflement (Kabbaj, 1981) [5],

ü l’évolution du gonflement au cours des cycles de séchage et d’humidification, accompagnée

du réarrangement des particules argileuses (Al Homoud et al., 1995).

Ainsi, par exemple, une part du gonflement peut être absorbée par les vides présents dans les
matériaux compactés contenant de gros éléments, ou les matériaux naturels fissurés, ou les
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 75

matériaux effondrables, limitant ainsi le développement complet du gonflement à l’échelle


macroscopique. L’arrangement initial des particules argileuses ou leur réarrangement pendant le
gonflement semblent influencer directement le processus de gonflement et son ampleur. La
pression de gonflement et le gonflement libre sont plus grands pour un arrangement des
particules argileuses parallèles entre elles. La structure des sols et des roches, leur cimentation,
leur vieillissement avant toute action mécanique contribuent à limiter l’ampleur du gonflement.
Au contraire, la déstructuration occasionnée soit par des actions extérieures de cisaillement
(comme dans la zone décomprimée d’un tunnel, par exemple), soit par dissolution, peut libérer
le gonflement.

En cas d’évolution de la structure, l’utilisation d’une procédure d’essai reproduisant le chemin


de contraintes subi par le sol in situ ne produira pas le même résultat car les propriétés
mécaniques et le comportement du sol auront changé. Un sol qui a gonflé au niveau de ses
grains n’est plus le même sol.

Une autre remarque concerne l'effet d'échelle, car la différence de taille entre l'échantillon et le
massif est importante. Un échantillon ne représentera jamais l'ensemble des couches
géologiques du terrain qui interviennent dans la réponse en grand du massif. Entre autres, une
couche de matériau cohérent non gonflant située au-dessus d’un terrain gonflant joue un rôle
considérable.
Katti et al. (1983) [5] ont montré d'ailleurs qu'une couche de matériau cohérent non gonflant de
hauteur H agit sur le matériau gonflant comme une surcharge verticale supérieure au poids γ H
car le poids de la couche non gonflante mais aussi la cohésion du matériau s’opposent au
gonflement. Tous ces résultats ont pu être validés sur des essais en grande dimension.
Traditionnellement les essais de gonflement sont réalisés uniquement sur le matériau gonflant à
cause des petites tailles des échantillons et de la complexité du problème. Néanmoins les effets
d'échelle et de structure pourraient justifier les valeurs élevées des pressions de gonflement
obtenues en laboratoire par rapport aux résultats données par les mesures in situ (Steiner, 1993).

1.5 – Conclusion

Ce chapitre a permis de mettre en évidence la complexité du phénomène de gonflement, qui fait


intervenir plusieurs mécanismes physiques, chimiques et mécaniques d'interaction du matériau
et de l'eau, à différentes échelles. Il est également vraisemblable que la structure du matériau
(arrangement des particules, fissuration, etc.) conditionne le processus de gonflement, d'une
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 76

part, et que le processus de gonflement soit lui-même accompagné, dans certains cas, de
modifications de structure (réarrangement des particules, compensation de vides, etc.), d'autre
part.

L'évolution des procédures d'essais de gonflement a surtout été guidée par des objectifs
pratiques, conditionnés par les problèmes posés et la nécessité d’aboutir sans trop de mal à une
caractérisation des matériaux gonflants. Les méthodes indirectes de caractérisation inspirées des
essais d'identification des matériaux sont très utiles à l’évaluation du “potentiel” de gonflement
mais ne peuvent pas remplacer les essais en laboratoire vis-à-vis de la détermination des
paramètres de gonflement, que sont la pression de gonflement ou la déformation de gonflement.

D'un point de vue expérimental, il paraît raisonnable de retenir l'oedomètre classique


recommandé par les normes ou l'oedomètre modifié “ K o ” qui permet d'étudier le

comportement tridimensionnel du matériau de façon simplifiée. Dans tous les cas, il paraît
prétentieux de pouvoir caractériser véritablement le comportement réel d'un matériau gonflant
mais les recommandations générales pour l’étude du gonflement en laboratoire (prélèvement,
identification, procédure d’essai) doivent être respectées pour assurer des résultats et des
informations fiables sur le comportement déterminé expérimentalement. L’objectif des essais en
laboratoire est finalement de déterminer simplement mais rigoureusement des paramètres de
gonflement représentatifs du comportement d'un terrain se développant autour d'un ouvrage.
Dans la mesure où la présente étude porte sur le comportement des tunnels en terrain gonflant, il
est intéressant de préciser la procédure expérimentale adaptée à ce type d’ouvrage. Pour des
tunnels suffisamment profonds, les fluctuations saisonnières sont supposées négligeables et le
matériau quasisaturé, c’est-à-dire sans phase gazeuse apparente malgré un possible état de
succion (Barden, 1965). Dans ce cas, l’apport d’eau extérieure au terrain entraînera un
gonflement d’origine osmotique qui sera aussitôt amplifié par le changement d’état in situ
(creusement, fluage). La caractérisation du phénomène de gonflement autour d’un tunnel
nécessite donc une phase d’imbibition et une phase de déchargement. C’est pourquoi, pour une
telle étude, on recommande la procédure proposée par Huder et Amberg qui utilise un chemin
des contraintes proche du changement subi in situ.

Contrairement aux procédures d’essai classiques, définissant une pression de gonflement à


volume constant pour modéliser une poussée du terrain gonflant sur une paroi rigide, la méthode
de type Huder-Amberg vise à déterminer une pression de gonflement σ sw représentant le seuil de
Chapitre 1 Revue bibliographique du phénomène de gonflement Page 77

contraintes en dessous duquel le gonflement peut se développer et surtout un indice de


gonflement C g caractérisant la déformation de gonflement pour une réduction de contraintes

donnée.
Chapitre 2 :

Conséquences et causes du gonflement


Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 79

Chapitre 2 :

Conséquences et causes du gonflement

2.1 – Introduction
Les argiles gonflantes se trouvent dans des régions arides ou semi-arides et dans des zones
tempérées, ces sols sont toujours dans un état partiellement saturé du fait de la position de la
nappe phréatique. Dans certaines régions on assiste à deux saisons bien distinctes, l’une
pluvieuse et l’autre sèche. En période sèche le matériau se fissure et présente des polyèdres
(Legroun, A., et Le Roux, A., 1987).

Dans de nombreux pays du monde le gonflement est à l’origine de fréquents désordres des
ouvrages légers. Aux Etats-Unis d’Amérique les dommages provoqués par le gonflement des
sols présentent un coût supérieur à celui de toutes les catastrophes naturelles. En Algérie
l’urbanisation de certains quartiers des villes et la construction des routes se heurtent aux
problèmes que pose le phénomène de gonflement.

2.2 - Conséquences du gonflement

Les désordres provoques par le gonflement affectent généralement les constructions apportant
de faible contrainte sur le sol support. La pathologie dépend du type d’ouvrage. Nous ne
traiterons ici que le cas des bâtiments légers, des chaussées et des Tavaux souterrains.

2.2.1 – Cas des bâtiments

Les bâtiments et particulièrement les maisons individuelles construits sans précautions sur des
sols gonflants présentent souvent des figures de dégradation telles que fissures des murs
porteurs, voire des murs de remplissage, bombement de l’éventuel radier, etc. qui conduisent
parfois à l’instabilité générale du bâtiment par rupture ou déboisement de ses élément porteur.
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 80

Ces désordres résultent du caractère différentiel que prennent les mouvements du sol de
fondation (terrassement ou gonflement) sollicitant la structure en flexion ou en cisaillement
(Fig. 2-1). Ces différences relatives de mouvement proviennent par ailleurs de l’hétérogénéité

des sols de fondation, de celle des forces appliquées par la structure sur le sol, ainsi que des
perturbations hydriques que le bâtiment peut engendrer (Mouroux et al. ,1987) [16].

Les dégâts causes aux structures des bâtiments reposant sur des sols gonflants ont été chiffres à
environ 2.25 milliards de dollars, aux U.S.A., en 1976 (Leveron, 1984).

La figure 2-2 illustre différents types de dégâts causes a un bâtiment qui repose sur un sol sujet
au gonflement ou au retrait.

Figure 2- 1 : Formes et directions de fissuration, (Mouroux et al., 1987).


Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 81

Figure 2-2 : Formes de dégâts sur des bâtiments reposant sur


des terrains gonflants, (Mouroux et al., 1987).

2.2.2 – Cas des chaussées

Le gonflement peut provoquer des désordres importants a la structure de la chaussée .ce


phénomène est causé par des variations de teneur en eau du sous sol .d’après Jennings 1962 il
peut être attribue au climat et a la surcharge. Christodoulias, et al 1987 signalent que sur les
routes d’importance moyenne en Grèce malgré le renouvellement d’asphalte il ya apparition de
divers type de fissures. Les désordres subits par la chaussée se résument à :

généralement les fissures apparaissent a la fin de la saison sèche sur les accotements de la
chaussée .en saison de pluie ces fissures permettent a Léau de s’infiltrer plus facilement
entrainant la saturation de ces zones et par conséquent leur gonflement, engendrant ainsi
l’apparition de déformation à la surface de la chaussée (Fig. 2-3 ; 2-4).

apparition de fissures longitudinales qui peuvent être assimilées à la chute de la portance


dans les zones latérales de la chaussée entrainant l’affaissement des bords .ces phénomènes
sont accélères par le flux routier Afés, 1987 [17]. Ces désordres s’amplifient avec le début
de la saison sèche (Fig. 2-5).
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 82

Surface
Imperméable Zone de
Fissuration

Zone en Equilibre
Zone de
Dessiccation

Figure 2-3 : Apparition des premières fissures sur les accotements (fin de saison sèche)

Zone d’Equilibre

Figure 2- 4 : Apparition des premières déformations et infiltration d eau à travers les fissures
(début de la saison des pluies)

Fissures

Zone
Saturée Zone Saturée et
Zone
Gonflée
Gonflée
d’Equilibre

Figure 2-5 : Chute de la portance dans les zones saturées apparition de fissures longitudinales
(fin de saison des pluies)
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 83

2.2.3 – Cas des travaux souterrains

Les travaux souterrains situes en terrain gonflant (principalement les tunnels) ont souvent posé
des difficultés très importantes, aussi bien lors de leur construction qu’après leur mise en
service. D’une manière générale, les désordres rencontrés résultent d’une augmentation de
contraintes sur les parois de l’ouvrage, induite par le gonflement des terrains encaissants.
Cependant, on note quelques différences selon l’âge de l’ouvrage (et de sa méthode d’exécution)
et le type de gonflement rencontré (gonflement en masse ou localisé).

Tableau 2.1 : vitesses des désordres dans certains tunnels


(Robert, 1990).

Date de Date des Durée des Vitesses de Soulèvement


Nom construction mesures mesures soulèvement total en mm
en mm/an
Abri
antiaérien - - 1504 jours 18 75
central de
Zurick

Tunnel
ferroviaire de 1871-1875 1923-1954 31 ans 73 226
Bozberg
Tunnel de 1903-1908 1910-1917 7 ans 23,5 165
Ricken 1940-1947 6 ans 7 42
Tunnel de 1878-1880 1903-1907 4 ans 48 192
Kappelisberg 1919-1923 4 ans 23 92

Les désordres caractéristiques qui affectent le plus souvent les ouvrages anciens localisés dans
un milieu sujet au gonflement en grande masse sont les suivant (Robert et Fabre, 1987) [16].

Ø Soulèvement puis dislocation du radier ;


Ø Bombement et convergence des piédroits ;
Ø Purement de la voûte en clé ;
Ø Ecaillage des moelles en clé.

Les ouvrages récents (jusqu'à quelques année) avec soutènement en béton projeter par exemple
et qui sont également localises dans des terrains pouvant gonfler en masse présentent
généralement les désordres suivants (Robert, Fabre 1987) :

Ø Bombement mis en évidence par des mesures de convergence ;


Ø Fissuration éventuelle du radier lorsqu’il y en a un ;
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 84

Ø Convergence importante entre piédroit ;


Ø Instabilité localisée dans le béton projeté.

Enfin, les ouvrages franchissent localement des zones sujettes au gonflement (zone de failles ou
fortement altérée) présentent souvent des figures de cisaillement très importante au droit de la
zone singulière (Robert et Fabre, 1987).
Le tableau 2-1 indique la vitesse et l’amplitude que peut avoir le soulèvement du radier dans
certains ouvrages souterrains dont la plupart sont des tunnels.

2.2.4 – Cas des voiries et réseaux divers

Les dommages touchent également les voiries et réseaux divers. Les réseaux de drainage
peuvent par exemple subir des inversions de pente qui provoquent le débordement des drains
alimentant de cette façon le phénomène de gonflement, ( Mouroux et al., 1987) [16] .
Les routes non conçues pour les sols gonflants peuvent facilement être détruites par
enchaînement des phénomènes d’évaporation de l’eau, de retrait des sols, de fissuration puis
d’infiltration de l’eau a travers les fissures, puis de gonflement plus en profondeur, etc.…

2.3 - Causes du gonflement

Pour que le gonflement d’un sol se produise, il faut que des «minéraux expansifs» puissent
entrer en contact avec de l’eau. En effet toutes les observations ayant portées sur les
conséquences présumées du gonflement d’un sol, qu’il s’agisse de la construction de tunnels,
d’habitats ou de voiries, ont abouti à la formation de cette équation de base [16].

« Minéraux expansifs + eau = gonflement »

Quand un ouvrage est mis en contact avec des terrains expansifs, les désordres qui peuvent
l’affecter ou après sa construction et qui sont attribués au caractère gonflant des terrains
encaissants résultent d’un changement de teneur eu eau de ces terrains et trouvent généralement
leur origine dans l’une ou l’autre des causes suivantes :

L’ouvrage est construit dans une région à saison constatées (saison sèche- saison humide, en
région tropicale par exemple).
La méthode d’exécution ou de confortement de l’ouvrage utilise l’eau (ex : foration à l’eau
de bouton pour le confortement du tunnel de Mornay), (Robert et Fabre, 1987) [16].
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 85

Lors des travaux de construction d’un tunnel par exemple, la ventilation est supprimée, ce
qui a pour effet d’augmenter la teneur en eau de l’air ambiant (Robert et Fabre, 1987) [16].
Des canalisations sont rompues ce qui fait que l’eau s’infiltre dans les terrains gonflant.
La construction d’un ouvrage proche perturbe l’écoulement des eaux souterraines.
Des travaux de drainage contribuent au retrait des sols gonflants.
Des mesures d’imperméabilisation ne sont pas prises, ce qui contribue à rendre les terrains
sensibles aux variations saisonnières (alternance saison sèche -saison humide).
L’évacuation ou l’évaporation de l’eau contenue dans les sols gonflants est brusquement
empêchée alors que les apports d’eau à ses sols ne sont pas limités, ce qui a pour effet
d’augmenter leur teneur en eau (ex : la construction d’un bâtiment supprime l’évacuation de
l’eau contenue dans un sol de fondation).
Etc. …..

Mais les problèmes proviennent avant tout, de la présence de terrains gonflants dont il convient
de bien comprendre la minéralogie et le comportement en présence d’eau comme cela a été
expliqué au chapitre I.

2.4 – Répartition des contraintes dans le sol

Le gonflement, pour qu'il se développe, a besoin d'une source d'eau. Elle peut provenir des
remontées capillaires a partir de la nappe phréatique. Ces remontées capillaires se font
généralement dans le terrain naturel en présence d'un gradient moyen d'évaporation qui est a
l'origine même de la sur consolidation et qui donne lieu a un écoulement quasi permanent d'eau de
bas en haut. L'existence d'une structure ou d'une couverture à la surface du sol empêche
l'évaporation et ainsi le gonflement empêché a lieu et développe une pression de gonflement .
Cert ains aut eurs mo ntr ent que ce phéno mène aura lieu au centr e de la struct ure
mais au bout de quatre a cinq années l'équilibre s'établit. Dans les zones latérales, des
structures ou couvertures, l'évaporation a lieu et le gonflement ou le retrait adoptent le cycle
du climat. Jennings, et al 1962 [17] donnent une approche au problème en attribuant la variation
de la teneur en eau:

-1/ a la variat ion des contraintes effectives. La variation de la teneur en eau


est notée parδ wσ .

-2/ au climat indépendamment de la charge, la variation de la teneur en eau est


notée δ wc .
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 86

Dans ce paragraphe nous étudierons les trois cas de figures proposés par Jennings et al
1962 :
1er cas : pas d’évaporation (Fig. 2-6), perméabilité constante, k = ka = constante ko :

coefficient de terre au repos.

Puisque le coefficient de perméabilité est constant le gradient hydraulique en tout point est égal
à la pression interstitielle en profondeur et suit une loi linéaire.

σ 1' = σ − u1
Où :

σ 1' = contrainte effective.


σ = contrainte totale.
u1 = pression interstitielle.

Figure 2-6 : Distribution des contraintes dans le sol sans évaporation


(d'après Jennings, et al.,1962)

Sous condition de saturation et sans écoulement d'eau la pression interstitielle en un point est
directement liée à sa hauteur au-dessus du niveau de la nappe phréatique:

p1'' = −u1 = −γ w ( Z − H a )

σ 1' = γ * Z − γ w ( Z − H a )

Où :

p1''
: succion.
γ w : poids volumique de l'eau.
H a : profondeur de la nappe phréatique.
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 87

2eme cas : Evaporation avec une pression de q1 p qcr (Fig. 2-7), et perméabilité constante
k = ka = kb .

Figure 2-7 : distribution des contraintes dans le sol avec évaporation


(d'après Jennings, et al., 1962)

Dans ce cas le sol est soumis a une pression d'évaporation " q1 " inférieure a la pression

critique d'entrée d’air ( qcr ) . On observe que le niveau de la nappe phréatique diminue de ∆H b

et que la contrainte effective augmente en profondeur (consolidation de l'argile). La direction de


remontée d'eau est déterminée par la pente de la courbe p2'' .

σ 2' = σ − u2
σ 2' = γ * Z + p2'' f σ 1'
Où :
σ 2' : nouvelle contrainte effective.

u2 : nouvelle pression interstitielle.

H b : nouvelle profondeur de la nappe phréatique.

p2'' = xγ w ( Z − H b ) = −u2

x : est supérieur à 1.

3éme cas : Evaporation avec dessiccation et fissuration de la surface du sol avec une pression
d'évaporation q2 f qcr .
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 88

zone 1 : zone de tension

Figure2-8 : distribution des contraintes dans le sol (Evaporation q2 f qcr )


(d'après Jennings, et al 1962).

Le sol est soumis à une pression d'évaporation q2 f qcr au niveau des zones 2 et 3 et par

conséquent la perméabilité est faible (Fig. 2-8). On constate que la différence des contraintes σ h'

et σ v' dans la zone 2 est nulle. La zone 3 est une zone de transition. Dans ces deux portions

partiellement saturées la pression interstitielle est négative u ∗ = − χ p" . Mais dans la zone de
dessous considérée humide, la perméabilité est constante et la pression interstitielle est négative
(succion) et équivalente à p" = −uw .

σ ' = σ − u∗
Où:
u ∗ = ua + χ ( ua − uw ) (Bishop,1958)
χ = varie de 0 à 1, c'est un facteur sans dimension fonction du degré de saturation Sr (Fig.
2-9).
ua : pression interstitielle de l'air.
uw : pression interstitielle de l'eau.

Figure 2-9 : Relation entre χ et Sr pour le sol de Whyalla


(d'après P.L.Newland 1971)
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 89

4éme cas : Avec surcharge

La présence d'une structure surchargeant une certaine surface d'un sol gonflant empêche
l’évaporation (Fig. 2-10). Le sol situé en dessous et au centre de l'ouvrage trouve un équilibre
après une période estimée par certains chercheurs a quatre ou cinq années. Mais aux bords de
l'ouvrage a une certaine profondeur, sous une pression d'évaporation, le sol se dessèche et se
fissure, il en résulte une pression interstitielle négative (succion) qui oscille entre 0 et −∞ , en
fonction des saisons. Elle est faible en saison humide et très forte en saison sèche. Ce
phénomène disparaît au delà d'une certaine profondeur estimée selon Kantey, et Donaldson,
1952 [17] à 3 ou 4 mètres.

Figure 2-10 : Répartition des contraintes dans le sol (d'après Jennings, et al 1973)

σ 'f = (σ z + ∆σ z ) + χ * p ''f

σ 'f notée MN , ∆σ ' = MN − KL = ∆σ z + χ f * p ''f − χ i∗ * pi''

A saturation ⇒ χ = Sr = 1 et p ''f peut être assimilée a la pression hydrostatique. Si la

profondeur de la nappe phréatique est plus petite que "z" alors χ f * p ''f = − ( −uc ) pression

négative capillaire.

D'autres chercheurs ont représenté la diffusion de la contrainte totale et de la pression de


gonflement en profondeur (Fig. 2-11). Marri oui 1976 suggère que sur les sols sur consolidés
expansifs il est nécessaire de construire des bâtiments lourds a grande surface d'appui.
Chapitre 2 Conséquences et causes du gonflement Page 90

Figure 2-11 : Evolution des pressions sous une semelle (d'apres Marriotti, 1981)

Philipponat, 1991 donne une distribution des contraintes sous une semelle continue selon la
théorie de Bousinesq présentée (Fig. 2-12) ou la courbe I illustre la distribution des contraintes
verticales dans l'axe de la semelle. La courbe II représente la distribution des contraintes
verticales au bord de la semelle et la courbe III la distribution des contraintes verticales à 0.5
fois la largeur de la semelle. La pression de gonflement est supposée avoir une distribution
uniforme en profondeur. Toujours, selon Philipponat, 1991 [17] la zone (1) provoque le
soulèvement, mais il considère que la zone comprise entre la pression de gonflement et les
courbes (I) et (II) serait la zone la plus réaliste pour le calcul du soulèvement.

Figure 2-12 : Répartition de la contrainte dans l axe, au bord, et à l extérieur


(d après Philipponat, 1991)
Chapitre 3 :

Techniques de construction en terrain gonflant


Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 93

Chapitre 3 :

Techniques de construction en terrain gonflant

3.1 - Introduction
Lorsque la construction d’un ouvrage traverse une zone de terrain gonflant, le dimensionnement
doit absolument prendre en compte le risque de gonflement pendant ou après l’excavation, en
particulier au niveau du radier, afin d’assurer la stabilité de l’ouvrage au cours de son existence.
Pour concevoir un tel ouvrage, l’objectif principal du dimensionnement est alors, soit de
contrôler le gonflement, soit de l’empêcher [5].

Les descriptions suivantes illustrent les trois concepts de dimensionnement définis par la société
internationale de mécanique des roches (ISRM, 1994).

Dimensionnement passif
Dans les dimensionnements passifs , le terrain peut gonfler librement et est régulièrement
retiré afin de ne pas compromettre la stabilité de la structure tout entière .
Une méthode analogue mais plus satisfaisante sur le plan pratique consiste à laisser un vide
entre le terrain et la structure interne rigide.

Les descriptions suivantes illustrent les trois concepts de dimensionnement définis par la société
internationale de mécanique des roches (ISRM, 1994).

Dimensionnement actif
Le dimensionnement actif consiste à introduire des moyens artificiels pour réduire les arrivées
d’eau et ou les déformations de gonflement (le drainage ; La stabilisation chimique ; La
stabilisation mécanique).

Dimensionnement intermédiaire

Le dimensionnement intermédiaire consiste à placer une couche de matériau compressible entre


le terrain gonflant et la fondation [5]. Cette technique permet alors aux déformations de
Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 94

gonflement de se développer dans une certaine mesure avant de transmettre une pression
relativement faible sur le revêtement d’un tunnel ou fondation.
3.2 - Les techniques de stabilisation utilisées

Le traitement des sols est souvent opéré pour augmenter leur résistance, pour réduire ou
augmenter leur perméabilité ainsi que pour diminuer leur compressibilité. Il est, aussi utilisé
pour minimiser la sensibilité du sol aux variations de la teneur en eau comme dans le cas des
sols expansifs.
Parmi les techniques de stabilisation les plus couramment utilisées [3], on distingue :

ü La stabilisation mécanique.
ü La stabilisation thermique.
ü La stabilisation chimique (par additifs).

Dans le tableau 3-1 suivant, on donne les principaux avantages et inconvénients de chaque
procédé.
Tableau 3.1 : avantages et inconvénients des techniques de stabilisation couramment utilisées
Techniques Procédés Avantages Inconvénients
• Il faut une grande quantité
• Le compactage est le plus
d’eau. (compacter au-dessus
Compactage économique
de l’optimum avec une wn
• Réduire le potentiel expansif
élevée).
Stabilisation
• L’épaisseur de la couche.
mécanique Substitution
• Disponibilité du matériau.
• Le temps de l’opération.
Préhumidification • La distribution uniforme de
wn.
• La réalisée le plus rapidement
Amélioration Circulation d’un
possible.
fluide froid (azote • Lorsqu’ aucune solution n’est
par congélation
possible. • Il faut tenir compte de la
liquide) dans des
[15] tubes
déstabilisation du massif de
sol au dégel.
Stabilisation Augmenter la • Réduire la répulsion électrique
• Très coûteuse.
thermique température entre les particules.
• Le choix d’un type, de dosage
• Augmenter la concentration
et de la méthode d’addition
Les sels ionique de l’eau libre.
d’un produit. (Valence et
• Réduire le phénomène d’échange. rayon du cation).
• Augmenter la résistance.
• Diminuer la plasticité.
Stabilisation • Utilisation d’un dosage
Ciment • Réduire le potentiel de variation important.
chimique de volume.
(Par ajout de • Augmenter la limite de retrait.
matériaux)
• Diminuer la plasticité, la densité
sèche
La chaux • et la pression du gonflement. • Carbonatation de la chaux.
• Augmenter la résistance et wopt.
• Utilisation d’un faible dosage.
Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 95

3.2.1 - Stabilisation avec des additifs

Les additifs permettant d’améliorer les caractéristiques des sols sont classés en deux grandes
familles : Les sels et les liants.
3.2.1.1 - Les sels
Le traitement des sols est souvent opéré pour augmenter leur résistance, pour réduire ou
augmenter leur perméabilité ainsi que pour diminuer leur compressibilité. Il est, aussi utilisé
pour minimiser la sensibilité du sol aux variations de la teneur en eau comme dans le cas des
sols expansifs.

La technique de stabilisation chimique par les sels à différentes concentrations (Fig. 3-1) [1]
[Chlorure de potassium KCl (Fig. 3-1a), Chlorure de sodium NaCl (Fig. 3-1b), Chlorure de
calcium CaCl2 (Fig. 3-1c), Sulfate d’ammonium ( NH 4 ) 2 SO 4 , (Fig. 3-1d)] appliquée à deux

argiles gonflantes de l’Ouest Algérien (l’argile de Mansourah et la Bentonite de Maghnia) [1].


Les résultats obtenus montrent que les sels minéraux ont une efficacité très forte sur le
gonflement. Le KCl s’avère le sel qui a le plus d’effet sur le taux de gonflement est sur les
limites d’Atterberg. Une concentration en KCl de 0.5 mol/l a permis de réduire de près de70%
le taux de gonflement d’une argile de la famille des montmorillonites. L’application de la
technique de la stabilisation des sols gonflants par les sels à des ouvrages réels doit être
envisagée avec prudence car il n’est pas impossible que le gonflement des matériaux
traités puisse rejoindre celui des matériaux non traités (risque de lixiviation des sels). Pour cela,
il faudrait mener une étude spécifique détaillée si possible dans les conditions du site avant
chaque cas de traitement, afin de définir la nature et la concentration des solutions salines à
utiliser ainsi que le processus de mise en uvre.

G(%)

G(%)

L o g t ( m in ) L o g t ( m in )

Figure 3-1a: Variation du taux de gonflement Figure 3-1b: Variation du taux de gonflement
de l'argile intacte de Mansourah en fonction de l'argile intacte de Mansourah en fonction
du temps en présence du Kcl du temps en présence du NaCl
Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 96

G(%) G(%)

L o g t ( m in ) L o g t ( m in )

Figure 3-1c: Variation du taux de gonflement Figure 3-1d: Variation du taux de gonflement
de l'argile intacte de Mansourah en fonction de l'argile intacte de Mansourah en fonction
du temps du en présence du CaCl2 du temps en présence du (NH4) 2SO4

3.2.1.2 - Les liants


Les liants se divisent en deux grandes familles qui sont les liants hydrauliques et les
liants organiques. Le schéma suivant (Fig. 3-2) donne les principaux liants existants dans
l’industrie.

Ciments
Chaux

Hyrauliques Cendres Volantes
Laitiers + Chaux

 Pouzolane

Liants

Goudrons
 Bitumes

Organiques 
 Ré sin esnaturelles
 Polyméres

Figure3-2: Classification des liants [3]

3.2.1.2.1 - Liants hydrauliques


Ce sont des produits d’origine minérale qui par réaction avec l’eau donnent des réseaux
cristallins enchevêtrés ayant une bonne cohésion et pouvant aboutir à des jonctions avec le
squelette minéral. Ils sont tous à base de chaux qui va réagir avec l’argile par échange
cationique, floculation et agglomération, carbonatation et par réaction pouzzolanique.

Ces réactions se traduisent par :

ü Une amélioration immédiate des propriétés mécaniques du sol et une diminution de la


sensibilité à l’eau par floculation et échange cationique.
Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 97

ü Une réaction lente produisant les matériaux cimentant, c’est la réaction pouzzolanique.

3.2.1.2.2 - Liants organiques


Ce sont des produits de type colle, c’est à dire des composés organiques susceptibles d’une
bonne adhésion au squelette minéral [3]. On en distingue deux sortes :

ü Les mono-composants (un seul constituant) ont un caractère thermoplastique, ce sont par
exemple les bitumes de pétrole, les goudrons et les brais de houille.

ü Les bi-composants (deux constituants) sont à mélanger au moment de la mise en uvre. Le


résultat est intermédiaire entre le collage thermoplastique des mono-composants et le
scellement des liants hydrauliques, ce sont par exemple des polymères, des résines ou des
dopes.

L’action de ces produits donne au sol des propriétés hydrophobes qui dépendent de l’enrobage
des particules du sol par le liant. L’inconvénient majeur de ces liants organiques est
leur biodégrabilité sous des climats tropicaux.

3.2.2 - Stabilisation par ajout de chaux

La stabilisation par ajout de chaux est la technique de traitement des sols la plus répandue
[3]. L’utilisation de cette technique permet :
ü D’éviter des volumes de terrassement importants dans le cas de substitution des sols
médiocres.
ü De donner aux sols argileux d’une manière assez rapide une bonne consistance pour des
dosages compris entre 1% et 2%. Ceci montre aussi l’intérêt économique de ce procédé.
ü De modifier les propriétés du sol.

Sachant qu’il y a deux types de chaux, vive et éteinte, le choix s’effectue en basant sur les
essais de laboratoire, les essais de chantier et sur le prix de revient. Généralement, c’est la chaux
vive qui est préférée car elle fournit plus d’ions de Ca 2+ , elle donne un produit plus
dense et un abaissement de la teneur en eau important.

Il est clair que c’est la phase argileuse du sol qui réagit avec la chaux. La qualité du résultat
dépend des engins utilisés dans le traitement. L’expérience a montré que suite à un traitement,
certaines modifications se produisent sur les caractéristiques du sol :

ü Diminution de la teneur en eau du mélange de 0.6% à 0.8% pour 1% de chaux.

Additivement à l’échange de cations Na + et K + par Ca 2+ et la floculation des


Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 98

particules argileuses provoquée par les forces électriques, les limites de consistance changent.

L’ajout de chaux, en réduisant la plasticité des sols par une augmentation immédiate de la
limite de plasticité et une diminution de la limite de liquidité, produit des structures maniables
et faciles à compacter. La quantité optimale pour avoir ces changements est appelée point de
fixation de la chaux. Au-delà de ce point, des processus de formation de divers ciments
se produisent augmentant la résistance du sol.

De nombreuses études ont montré que la stabilisation des sols argileux par la chaux transforme
ces derniers en sols fermes et améliore leur résistance, leur perméabilité et stabilise leurs
volumes après gonflement et retrait. Les mécanismes responsables de ces changements se
résument selon un grand nombre d’auteurs à :

3.2.2.1 - Echange cationique


L’addition de chaux engendre un excès de cations de calcium divalents qui tendent à remplacer
les cations monovalents ( Na + et K + ) . Les ions de calcium non échangés seront adsorbés, ce

qui conduit à augmenter la densité en ions, c’est à dire une baisse dans la capacité d’échange
des particules. Tout ceci se traduit par une baisse du gonflement.

3.2.2.2 - Floculation et agglomération des particules d’argiles


L’ajout de chaux à des grains fins d’argiles cause une floculation et une agglomération
des particules. Ce phénomène a comme résultat un changement apparent dans la texture, les
petits grains se regroupent pour former d’autres grains de grande taille. Donc, la floculation
d’argile augmente la grosseur effective des grains et joue un rôle important dans la stabilisation.

3.2.2.3 - Carbonation de la chaux


La chaux réagit avec le dioxyde de carbone de l’air ( CO 2 ) pour former de faibles agents

de cimentation comme les carbonates de calcium par exemple ( CaCO3 , MgCO3 ) [3] selon le

type de chaux utilisée. Généralement, on essaie de réduire ce phénomène par compactage du


sol traité après une petite durée de malaxage. Des études ont monté que cette réaction est
probablement plus nuisible qu’utile dans la stabilisation du sol.

3.2.2.4 - Réaction pouzzolanique


Cette réaction se produit entre la silice et/ou l’alumine du sol et la chaux pour former certains
types d’agents de cimentation ou de solidification. Le résultat de ces réactions donne la part
la plus importante dans l’augmentation de la résistance du mélange sol-chaux et les
Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 99

propriétés acquises par le sol peuvent durer des années. Ce phénomène est la cause principale
qui assure la bonne stabilisation du mélange sol-chaux.

3.2.3 -Techniques d’ajout de chaux

3.2.3.1 - Technique classique


Le dosage de chaux est défini pondéralement, il est rapporté au poids de sol sec et exprimé
en pourcent. Sur chantier, pour les raisons d’épandage, ce dosage est rapporté au mètre carré de
sol pour obtenir le dosage en Kg/m2. L’épandage est effectué par dépôt d’une couche de chaux
à la surface du sol à traiter ; les conditions d’exécution imposent des limites à l’épaisseur des
couches soumises aux opérations nécessaires de malaxage et de compactage. Les malaxeurs de
type pulvi- mixeur permettent d’atteindre 40 cm dans le sol naturel.

Si l’obtention de la granulométrie demandée se révèle difficile ou impossible par suite


du caractère plastique et cohérent du sol, on peut envisager un malaxage en deux étapes
espacées dans le temps (24 à 48 heures). Cette manière peut laisser à la chaux le temps
d’ameublir les mottes argileuses.

En couches de chaussées, la stabilisation s’effectue in-situ comme suit : Elle commence


par l’excavation du terrain jusqu’à la profondeur voulue puis la pulvérisation du produit,
l’opération se fait par des engins rotatifs. La chaux est ensuite uniformément épandue sur toute
la surface à traiter sous forme sèche ou liquide (poudre ou coulis). Après ajout de chaux, on
procède au malaxage primaire et durant cette période l’eau est additionnée de telle sorte que
le sol ait une teneur en eau légèrement supérieure à l’optimum.

Après le malaxage primaire, le sol traité doit être réarrangé et compacté immédiatement
pour éviter au maximum la carbonatation du mélange et minimiser l’évaporation. Une
dernière opération consiste à pulvériser le mélange et compacter de nouveau pour atteindre
l’état voulu ; sinon, ajouter une quantité de chaux pour compenser les pertes dues à la
carbonatation et à l’érosion.

L’utilisation d’un coulis de chaux dépend du pourcentage recommandé ainsi que de la


teneur optimale, un mélange typique de 1 tonne de chaux diluée dans 2500 litres d’eau (3500
litres pour les faibles pourcentages) produit approximativement 31% de chaux en solution.
Le coulis est recommandé principalement pour les raisons suivantes :

ü Le coulis a l’avantage par rapport à la chaux sèche de ne pas être transporté lors de
Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 100

l’opération d’épandage par les vents.

ü Le coulis assure une meilleure distribution dans le sol.

Il faut noter que cette méthode est à rejeter dans le cas des sols humides, surtout lors des
périodes pluviales, car la chaux doit être non hydratée pour pouvoir absorber l’eau.

Dans le cas des sols expansifs, ce traitement permet de réduire le nombre et la taille des fissures
développées par les constructions sur ces types de sol. Il est aussi utilisé pour empêcher ou
minimiser le mouvement d’eau et par conséquent éviter toute variation de teneur en eau dans le
sol de fondations. Lorsqu’il s’agit de constructions légères, la chaux est souvent appliquée sous
les semelles filantes mais le traitement est efficace lorsqu’elle est appliquée sous radier. Dans
ces cas, un pourcentage de 4 à 6% est recommandé sur une épaisseur de 150mm et l’opération
est suivie d’un compactage immédiat [3].

3.2.3.2 - Technique d’injection


La méthode décrite en 1973 par Wright [3] permet de traiter les argiles expansives sous forme
d’un système d’injection sous pression de chaux liquide. Le procédé a aussi pour but de
minimiser les tassements différentiels, d’améliorer la capacité portante des argiles silteuses,
de réduire le gonflement et l’érosion des argiles hautement plastiques.

Après perforation autour de la construction, on injecte un coulis de chaux sous pression dans le
sol : la chaux pénètre dans les fissures existantes et dans celles créées par la pression elle-même.
Les différentes réactions chimiques qui se produisent donnent naissance à de nouvelles espèces
de minéraux qui forment une barrière dans le sol empêchant ainsi toute circulation d’eau sous la
zone de la construction.

Les pressions d’injection sont de l’ordre de 350 à 1380 KPa et dépendent des conditions du sol à
traiter. Le coulis sera injecté en utilisant des pipes d’injection de 38 à 41mm de diamètre et qui
peuvent aller jusqu’à une profondeur de 40m [3].

3.2.3.3 - Technique de pieux de chaux

La technique des pieux de chaux est la méthode la plus performante et la moins coûteuse pour le
traitement des sols expansifs. Ceci est d’autant plus efficace si le sol est saturé car l’affinité de
la chaux à l’absorption d’eau diminue la teneur en eau de celui-ci. Les pieux sont installés à
l’aide de tubes métalliques de diamètre variant entre 250 et 500mm, de profondeur variant entre
Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 101

5 et 8m et d’espacement entre axes de pieux variant entre 1.5 et 2.5m. Le tube est d’abord
introduit dans le sol jusqu’à la profondeur voulue puis vidé ensuite retiré. C’est à ce stade que
le vide laissé par le tube remplie de pierres de chaux [3].

Le contact de l’eau du sol avec la chaux déclenche une réaction exothermique autour des pieux.
Le dégagement de chaleur provoqué conduira à une évaporation de l’eau interstitielle. Il y a
aussi un écoulement d’eau vers l’intérieur du pieu suivi d’un écoulement de chaux hydratée vers
le sol.

3.3 - Techniques simples de construction des fondations

3.3.1 – Semelles superficielles sur remblai (Fig. 3-3):


1. Décapage partiel des sols gonflants, avec débordes de 2 m par rapport aux murs
extérieurs.
2. Pose d’une membrane imperméable sur la plate-forme.
3. Réalisation d’un remblai compacté de 1.3 à 1.5 m d’épaisseur (peu perméable et inerte à
l’eau, donc peu argileux).
4. Les constructions seront fondées très superficiellement avec une semelle de fondation
armée et chaînage linteau continu courant au sommet des baies.
5. Réalisation d’un trottoir et d’une couverture anti-érosion.

Figure 3-3: Semelle superficielle sur remblai [14]


Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 102

3.3.2 – Semelles superficielles sur remblai partiel + vide sanitaire (Fig. 3-4):

1. Le remblai partiel situé sous la semelle devra être composé d’un sol permettant d’amortir le
plus possible le gonflement.
2. Une bonne imperméabilité du trottoir.
3. les semelles et la dalle portée sur vide sanitaire devront être particulièrement bien armées.
4. la structure devra être flexible avec renforcement des angles.

Figure 3-4: Semelle superficielle sur remblai partiel + vide sanitaire [14]

3.3.3 – Fondation profonde (puits ou pieux) (Fig. 3-5):


1. Eviter l’adhérons entre terrain et fut des colonnes pour empêcher tout soulèvement par
adhérence.
2. Dégager impérativement les poutres longrines liant les têtes de puits ou de pieux par un
vide inférieur d’une vingtaine de centimètres.
3. Le plancher porté avec vide sanitaire.
Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 103

Figure 3-5: Fondation profonde (puits ou pieux) [14]

3.4 – Conclusion
La description des retours d’expérience a mis en évidence la diversité des terrains susceptibles
de gonfler et l’ampleur des dommages occasionnés par le phénomène de gonflement. Pour
prévenir ce risque, une conception adéquate est nécessaire pour, d’une part, empêcher toute
arrivée d’eau à proximité des terrains gonflants et, d’autre part, calculer la structure
capable de résister au gonflement à court et à long terme.

Le principe des dispositions actuelles visant à s’affranchir du problème de gonflement ou de


retrait de certains sols repose sur deux choix possibles (Mouroux et al .1987) [16] :

adapter la structure de l’ouvrage aux mouvements des terrains afin qu’elle résiste ou accepte
les déformations. Il s’agit dans ce cas, soit de diminuer la rigidité et le monolithisme de
l’ouvrage au moyen de joints ou d’articulations qui permettent des déformations
différentielles importantes (surtout valable pour des bâtiments légers et coût important pour
une efficacité non garantie), soit de rigidifier la structure par renforcement ou sur
dimensionnement.
supprimer ou minimiser les mouvements de terrains, soit en limitant les variations de teneur
en eau (imperméabilisation, drainage, dispositions visant à garantir les raccordements de
réseaux d’eau humidification préalable), soit en diminuant la sensibilité du
Chapitre 3 Techniques de construction en terrain gonflant Page 104

terrain au gonflement par une action physico-chimique (traitement à la chaux, au ciment ou


aux sels), soit en déblayant les terrains gonflants sur la hauteur où ils sont sujets à des
variations hydriques trop importants en leur substituant un autre sol (remblais non gonflant).

De plus, durant la construction de l’ouvrage ou les travaux de confortement qui peuvent être
effectués. Ils convient d’adopter une méthode où les apports d’eau aux terrains sont aussi réduits
que possible (machines d’abattage, foration à l’air, . . . ), ( Robert et fabre ,1987)[16].
Chapitre 4 :

Caractérisation des matériaux utilisés


Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 107

Chapitre 4 :

Caractérisation des matériaux utilisés

4.1 - Introduction
Les paramètres qui provoquent le retrait-gonflement des argiles sont nombreux et ils rapportent
surtout à la minéralogie de ces sols. Il est donc possible d'identifier les sols expansifs en étudiant
leur minéralogie. Seulement cette identification reviendrait chère et n’informerait pas sur les
paramètres quantitatifs caractérisant le phénomène.

Par contre, il est possible d'identifier ce type de sols en déterminant un certain nombre de
paramètres géotechniques simples qui sont en relation avec le caractère expansif des sols et qui
sont déterminés, pour la plupart, lors de la phase de reconnaissance préliminaire. Ainsi, on peut
soupçonner le caractère expansif d'un sol à travers :

F Premièrement sa granulométrie
En effet, Si dès le départ le tamisage sous l'eau s’impose, c’est qu'on est en présence d'un sol fin.
Si en plus, une grande proportion des particules de l'échantillon prélevé passaient à travers le tamis
0,08mm, c'est que le sol est vraiment fin. Si encore, l'opération de sédimentométrie révèle la
présence d'une grande proportion de particules argileuses, c'est qu'on est en présence d'un sol de
nature gonflante. Bien sûr, on n'a pas encore d'idée sur son potentiel de gonflement.

F Deuxièmement ses limites d'Atterberg


En effet, l'indice de plasticité est un paramètre qui indique l'étendue du domaine de variation de la
teneur en eau et dans lequel le sol reste malléable sans se casser ni devenir liquide. C'est
donc un paramètre qui indique indirectement l'importance de la fraction argileuse dans la
constitution du sol. C'est donc un bon indicateur du caractère expansif des sols. Bien sûr, il serait
erroné de croire qu'un sol est d'autant plus gonflant que son indice de plasticité est élevé.
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 108

F Troisièmement son activité


L'activité d'un sol est donnée par le rapport de l'indice de plasticité sur la fraction argileuse.
C'est un paramètre qui est relié à la valeur du bleu déterminé expérimentalement. Un sol est
d'autant plus actif que sa valeur du bleu est élevée. Cette dernière est reliée à la surface
spécifique. Or, la surface spécifique caractérise directement la capacité d'un sol à retenir les
molécules d'eau, c'est donc un autre bon indicateur du caractère expansif du sol.

Pour étayer les arguments avancés ci-dessus, analysons-les données provenant de l’examen d'un
sol provient de la région de Batna, exactement a proximité de l’hôpital de N’Gaous. Les
caractéristiques de ce sol sont déterminées dans l’étude expérimentale présentées ci-dessous.

4.2 - Etude expérimentale

4.2.1 - Présentation du matériau

Pour étayer les arguments avancés ci-dessus, analysons-les données provenant de l’examen d'une
argile naturelle extraite de la région de Batna (Algérie), exactement à proximité de l’hôpital de
N’Gaous (Fig. 4-1), qui se trouve prés de la route nationale, reliant N’Gaous à Sétif. Ce matériau a
été choisi en raison des problèmes rencontrés dans cette région. Nous avons pris l’exemple de
l’hôpital de N’Gaous (Fig. 4-2), dont le sol est à l’origine des désordres importants pour la bonne
tenue de la construction (fissuration et affaissement des plates formes entrainant parfois le
décollement des plinthes ; fissuration inclinées de certaines murs) (Fig. 4-3).

Les caractéristiques de ce sol sont déterminées dans l’étude expérimentale présentées ci-dessous.
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 109

Figure 4-1 : Plan du site

Figure 4-2 : Hôpital de N’Gaous Figure 4-3 : Exemple de pathologie


Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 110

4.2.2 - Identification des argiles

Quels que soient les objectifs recherchés dans une étude géotechnique, il est de règle d’effectuer
initialement l’identification des sols concernés. Cette procédure permet d’orienter les analyses
géotechniques ultérieures et surtout d’effectuer une classification des matériaux rencontrés. Les
paramètres nécessaires pour cette classification sont aussi bien de nature physico-chimique que
granulométrique.

4.2.2.1 - Analyse chimique

Cette analyse a porté sur la détermination de la nature chimique de l’argile de N’Gaous à étudier.
Dans ce cadre, une analyse chimique quantitative réalisée par fluorescence X a été déterminée, les
résultats sont résumés dans le tableau 4-1.
Tableau 4.1: Composition chimique de l’argile de N’Gaous

Quantités
Composition chimique
(%)
Silice [SiO2] 41,78
Alumine [Al2O3] 17,43
Oxyde de fer [Fe2O3] 7,43
Carbonate de calcium [CaCO3] 7,92
Chaux [CaO] 7,32
Magnésie [MgO] 2,72
Anhydride sulfurique [SO3] 0,02
K2 O 2,03
Na2 O 0,37
CL 0,02

Ainsi, l’analyse chimique quantitative révèle que :


ü l’échantillon renferme une proportion de 41,78% de silice [SiO2] largement inférieur à 80% qui
est la frontière des sols gonflants et non gonflants [8].
ü Le taux de carbonate de calcium [CaCO3] est de 7,92%, ce qui fait que l’argile à étudier est en
réalité argileuse [12].
ü Le taux de l’anhydride sulfurique [SO3] est de 0,02%, ce qui fait que l’argile à étudier n’est pas
en réalité agressif.

4.2.2.2 - Propriétés physiques

Les caractéristiques physiques mesurées sont récapitulés dans le tableau 4-2. Il est à noter que 4
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 111

échantillons ont été prélevés dans l’argile.

Tableau 4.2 : Caractéristiques physiques des argiles de N’Gaous

Paramétres Ech1 Ech 2 Ech 3 Ech 4 Moyennes


Teneur en eau naturelle wn [%] 14,486 14,464 14,301 14,135 14,3464
Teneur en eau de saturation wsat [%] 17,416 17,224 17,5347 17,423 17,3994
Degré de saturation S r [%] 83,1737 83,972 81,5584 81,1275 82,4579
Poids volumique sec γ d [ KN m ] 3
18,569 18,776 18,444 18,562 18,5878
Poids volumique humide γ h [ KN m ] 3
21,2589 21,492 21,082 21,185 21,2546
Poids volumique des grains γ s [ KN m ] 3
27,4449 27,7509 27,2602 27,4346 27,4726
Limite de liquidité wL [%] / / / / 72,284
Limite de plasticité wP [%] / / / / 29,20
Indice de plasticité I P [%] / / / / 43,084

A la lecture de ces valeurs, et surtout de la limite de liquidité, la limite de plasticité et de l'indice de


plasticité, et Selon la classification LPC [13], on peut dire :
ü Le sol de N’Gaous est une argile plastique.
ü Les valeurs de la limite de liquidité et la limite de plasticité sont très proche respectivement
des intervalles de 37 à 72 et 19 à 27 de la nontronite (variété de la famille des smectite), qui est une
argile gonflante.

4.2.2.3 - Essai au bleu de méthylène

L'essai permet de mesurer la valeur du bleu des échantillons, et par la suite leur surface spécifique,
qui sont récapitulés dans le tableau 4-3.

Tableau 4. 3 : Résultats de l'essai au bleu de méthylène

Echantillon VB [cm3 /g] S.S.T. [m2/g]


Argile de N’Gaous 9,273 194,733

Les donnés regroupées dans le tableau ci-dessus laissent clairement apparaître que le sol de N’Gaous
admet un potentiel de gonflement élevé puisque :
ü D’après les résultats obtenus on voit bien que l’argile de N’Gaous a une valeur de bleu dépassant
6, indiquant un sol à potentiel de gonflement fort (Zarhouni et al., 2002) [10].
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 112

ü La surface spécifique totale S St de cette argile rentre dans l’intervalle de 150 à 800 m²/g, ce qui

implique que notre argile est constituée essentiellement de minéraux de type de la famille des
montmorillonites, qui est une argile à potentiel de gonflement élevé (Mouroux et al, 1988) [10].

4.2.2.4 - Analyse granulo-sédimentométrique et activité

Les résultats des analyses granulométriques, synthétisés dans le tableau 4-4, ont montré que notre
sol est constitué de plus de 50% d'éléments inférieurs à 80 µ m , et que se sol est une argile
limoneuse.

Tableau 4. 4 : Résultats de l’analyse granulo-sédimentométrique de l’argile de N’Gaous

Profondeur Argile Limon Sable fin %[d<80 %[d<2 Activité


Echantillon
(m) (%) (%) (%) µm] µm] (Ac)

Argile de
2,30-2,50 71 24,50 4,50 98,90 71 0,6068
N’Gaous

D'après les résultats obtenus par la formule de Skempton ( AC = I P p 2µ m ) qui définit l'activité des

argiles, cette valeur atteste qu'on est en présence d’argiles d'activité peu active
( 0,5 p AC p 0, 75 ) légèrement inférieure à celle des minéraux illitiques ( 0,90 ) , qui sont des argiles

moyennement gonflantes [12]. Selon Mitchell, 1976 [9], cette valeur de l'activité rentre dans
l’intervalle de 0,5 à 1,3 de la famille des minéraux illitiques.

A ce stade des reconnaissances, on peut utiliser les classifications disponibles [7] dans la littérature
pour nous permettre de situer le sol étudié et d’évaluer son potentiel de gonflement. Il faut signaler
qu'il existe de nombreuses classifications et que chacune de ces classifications se basent sur les
paramètres dont l'auteur ou les auteurs les jugent les plus déterminants, il y’a celle qui sont basé sur
un seul paramètre et d’autre sur la combinaison de deux ou trois paramètres, évidemment plus le
nombre des paramètres combinés est grand plus la prévision de potentiel de gonflement est
meilleure (SNETHEN 1977) :

L’indice de plasticité I P peut renseigner, selon Seed et al. (1962), sur le taux de gonflement

du sol (Tab. 4-5).


Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 113

Tableau 4. 5 : Classification des sols selon Seed

Potentiel de
Ip gonflement

<10 Faible
10– 20 Moyen
20 – 35 Elevé
>35 Très élevé

Cette classification montre bien que le taux de gonflement de notre argile est très élevé, puisque la
valeur de l’indice de plasticité I P synthétisée dans le tableau 4-5, est supérieure à 35.

La Limite de liquidité wL peut renseigner, selon Dakshanamurthy et Raman, (1973), sur le taux

de gonflement du sol (Tab. 4-6).

Tableau 4. 6 : Relation entre le gonflement et la limite de


Liquidité (Dakshanamurthy et Raman, 1973)

Limite de liquidité wL Classification

0 – 20 Non gonflant
20 – 35 Gonflement faible
35 – 50 Gonflement moyen
50 – 70 Gonflement élevé
70 – 90 Gonflement très élevé
> 90 Gonflement critique

Cette classification montre bien que notre argile admet un gonflement élevé, puisque la valeur de la
Limite de liquidité wL synthétisée dans le tableau 4-6, est comprise entre 50 et 70.

Une classification peut être faite aussi suivant les valeurs de wL et I P en se basant sur le

diagramme de Casagrande de classification des sols fins ( Reiffsteck, 1999) [4], le points
représentatif du sols examiné a été positionné sur le diagramme ci-dessous , il s’agit d’une argile
très plastique, très argileuse et l’échantillon testé se situe dans la zone des argiles gonflantes
(Fig. 4-4).
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 114

iio)àçççhyyg
Non peu Zone des argiles
Plastique Très plastique Gonflantes
plastique Plastique
Indice de plasticité IP

SSol N’GAOUS
Argile T.P
Très argileux

Argileux
Argile peu Limon Très Plastique
Plastique

Moyennement
argileux
Limon peu Ligne A
plastique IP=0,73(W L -20) Faiblement
argileux

WL=50
Limite de liquidité WL (%)

Figure 4-4 : Diagramme de Casagrande de classification des sols fins

Williams et Donaldson (1980) considèrent que le caractère expansif des argiles est fortement lié
à l’activité. Ainsi, un abaque est proposé, il donne le potentiel expansif en fonction de l’indice
de plasticité et en fonction de la teneur en argile.

Le sol examiné est positionné dans l'abaque de Williams et Donaldson [7] (Fig. 4-5) qui est à nos
yeux la classification la plus fiable, notre argile à un potentiel de gonflement très élevé.

Ac=2
Indice de plasticité IP

Ac=1

Ac=0,5

Très élevé ----1


Elevé ---------2
Moyen -------3
Sol N’Gaous

Teneur en argile < 2 µm (%)

Figure 4-5 : Abaque de Williams et Donaldson


pour l’identification des sols gonflants
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 115

Enfin, Vijayvergia et Ghazali proposent une classification en fonction de la limite de plasticité et


de l’indice de plasticité. C’est le diagramme de Casagrande [7] (Fig. 4-6) qui est divisé en zones,
avec en plus, une séparation des sols gonflants des sols non gonflants par la ligne A.

Le point représentatif du sol examiné est situé au dessus de la ligne A sur le diagramme ci-dessous
(Fig. 4-6), qui atteste que notre argile est gonflant.
Indice de plasticité IP

Sol N’Gaous Limite de liquidité W L ( %)

Figure 4-6 : Classification des sols selon


Vijayvergia et Ghazali

En effet, les résultats d’essais d’identification permettent aussi de caractériser l’argile étudiée
d’après le diagramme de plasticité de Casagrande ci-dessous [9], le point représentatif du sol
examiné a été positionné sur le diagramme (Fig. 4-7), il est très proche de la zone des argiles
de la famille des montmorillonites.

Ligne U
Sol N’Gaous IP=0,9 ( W L -8 )
Montmorillonites
Indice de plasticité IP

Illites
Ligne A
IP=0,73(W L -20)
Chlorites

Kaolinites

Halloysites

Limite de liquidité WL(%)

Figure 4- 7 : Position des minéraux argileux les plus communs


sur l’abaque de plasticité de Casagrande
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 116

4.2.3 - Essais mécaniques

4.2.3.1 - Appareillage “Description de la cellule de mesure”

La cellule oedométrique permet de mesurer le potentiel de gonflement (Fig. 4-8), elle est composée
(Fig. 4-9 ; Fig. 4-10) :
D’une embase (φ = 114mm ; ho = 40mm ) ou vient se loger une bague oedométrique

(φ = 70mm ; ho = 20mm ) . La bague contenant l’éprouvette est surmontée par un anneau fixé à

l’embase par boulons de diamètre 8mm. Le piston surmonte l’éprouvette et coulisse librement à
l’intérieur du cylindre .Il est percé en son centre Dun orifice permettant de véhiculer le liquide
qu’une pierre poreuse de faible porosité permet de répartir à la surface de l’éprouvette. L’éprouvette
est placée entre deux pierres poreuses d’épaisseur 5 mm. Afin d’éviter le colmatage des pierres
poreuses, un papier filtre est placé entre elles et l’échantillon. Le piston est bloqué par un disque
annulaire qui est fixé au cylindre par des boulons capteurs. Un comparateur fixé sur la cellule par
l’intermédiaire d’une plaquette de positionnement.

Comparateur
Disque annulaire

Capteur de
Cylindre déplacement

Boulon
Piston capteur

Embase
Bâti de
consolidation

Figure 4-8 : Cellule de mesure de la pression


gonflement
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 117

Liquide Embase
Papier d’imbibition
filtre

Éprouvette

Piston

Bague

Pierre
poreuse Anneau

Figure 4-9 : Photo de détail Cellule de la mesure


de la pression gonflement

Bâti de Levier
consolidation

Surcharge

Figure 4-10 : Photo d’exemple de bâtis oedométriques


Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 118

4.2.3.2 - Essai Oedomètrique

4.2.3.2.1- Objectif
Déterminer les paramètres de compressibilité d'un sol gonflant saturé soumis à des charges
verticales par palier.

4.2.3.2.2- Principe
L'essai s'effectue sur une éprouvette de sol intact placée dans une enceinte cylindrique rigide. Un
dispositif applique sur cette éprouvette un effort axial vertical, l'éprouvette étant drainée en haut et
en bas et maintenue saturée pendant l'essai oedomètrique (Fig. 4-11).
La charge est appliquée par paliers maintenus constants successivement croissants et décroissants
suivant un programme défini. Les variations de hauteur de l'éprouvette sont mesurées pendant l'essai
en fonction de la durée d'application de la charge.

4.2.3.2.3- Equipement nécessaire


ü Bague oedométrique ou moule de diamètre 70mm .
ü Une enceinte thermique (étuve) à température réglable de 50o C à 105o C .
ü Bâti de consolidation comportant un levier qui transmet les charges.
ü Les outils nécessaires au taillage et préparation des éprouvettes.
ü Série de poids.
ü Une balance précise au 1/1000 g.
ü Un chronomètre donnant la seconde Figure 4-11 : Appareil
Oedomètrique
4.2.3.2.4- Mode opératoire
ü Enduire l'intérieur de la bague (enceinte oedométrique) de graisse non dégradable dans l'eau.
ü Taillée avec soin l'échantillon aux dimensions de la bague et dresser les deux bases.
ü Déterminer les caractéristiques initiales ( w, ho , , mo ,...) .
ü Placer la cellule sur son plateau.
ü Remplir le réservoir avec de l'eau distillée pour la saturation et l'observation de la variation de
hauteur de l'éprouvette commence à partir de ce moment.
ü La charge est appliquée à l’éprouvette successivement à des contraintes voisines de 0,5 σ v' o ,
0,75 σ v' o , σ v' o en suivant le gonflement jusqu’à apparition du premier tassement. Cette contrainte

est notée σ v 2 , dans notre cas : σ v 2 = 0, 25 bar .


Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 119

ü Poursuivre le chargement ensuite avec un taux d’accroissement de la contrainte (sans


déchargement intermédiaire), dans notre cas : 0,5 bar, 1 bar, 2 bars, 4 bars, 6 bars (sans
déchargement intermédiaire).
ü L'essai est arrêté en obtenant 3 points alignés dans la courbe ( ∆h , lg σ v' ) .

ü Le déchargement comporte au moins quatre paliers dont σ v 2 et σ v1 (poids du dispositif


d’application des charges). Un palier dure 24 h normalement. Conventionnellement, la
stabilisation de la déformation de l’éprouvette est atteinte si la variation de hauteur est de moins
10 µ m entre deux lectures espacées d’au moins 8h.

4.2.3.2.5- Calcul et résultats

Cet essai est plus long, mais permet de manière systématique de détecter des sols gonflants.
L’allure de la variation du déplacement de l’échantillon avant et après gonflement est donnée sur la
les photos ci-après (Fig. 4-12).

Ces photos nous permettent bien de voir réellement la variation finale de notre argile par apport à
son état initial et de conclure finalement que le sol de N’Gaous est une argile gonflante.

Figure 4- 12 : Photos d’un échantillon avant et après gonflement

La photo ci-dessous (Fig. 4-13) montre bien que la déshydratation (après séchage) de
l’échantillon de la figure 4-5 a entraîné la formation de larges fissures (retrait), ce qui caractérise
le sol gonflant.
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 120

Figure 4- 13 : Photo de l’échantillon


(Fig. 4- 5) après séchage

Le diagramme oedométrique dans le plan indice des vides - contraintes (Fig. 4-14) présente une
allure caractéristique d’un matériau gonflant, en effet :

ü La courbe de déchargement est caractérisée par des pentes très accentuées auxquelles

correspondent des valeurs élevées de l’indice de gonflement C g (C g ≥ 0, 04 ) [11] et de l’indice

de compression CC ( 0, 04 ≤ CC ≤ 0, 25 ) [11].
ü La courbe de déchargement final recoupe la courbe de chargement initial mettant ainsi en

évidence le caractère expansif du sol (indice des vides final « e f » après déchargement supérieur

à l’indice des vides initial « eo ») comme le montre la figure 4-14 ci-dessous.

Figure 4-14 : Essai de compressibilité oedométrique


Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 121

Le tableau 4-7 donne les valeurs des caractéristiques de compressibilité déterminées sur un
échantillon prélevée entre 2,30 et 2,50 m de profondeur, à partir des résultats d’essai de
compressibilité oedométrique.

Tableau 4. 7 : Caractéristiques de compressibilité

Profondeur σ v' o σ 'p Cg Cs CC wn ws


ef
Echantillon eo
(m) (bars) (bars) (%) (%) (%) (%) (%)
Argile de
2,30-2,50 0,51 1,90 5,42 2,36 6,81 13,81 26,81 0,478 0,56
N’Gaous

On remarque une concordance entre les différents résultats. Le potentiel de gonflement de ce sol est
fort et notre argile est surconsolidé.

4.2.3.3 - Essai de gonflement à l'Oedometre

4.2.3.3.1- Objectif
Déterminer la pression de gonflement afin d’apprécier le comportement d’ouvrages pouvant être
affectés par la présence de matériaux gonflants.

4.2.3.3.2- Principe
L'essai s'effectue sur plusieurs éprouvettes de sol intact provenant d’un même échantillon et
prélevées sensiblement au même niveau. Chaque éprouvette de sol est placée dans oedomètre. On
applique un effort différent mais maintenu constant sur chacune des éprouvettes et on mesure sa
variation de hauteur :

dans une première étape sans ajouter d’eau.


puis dans une deuxième phase après avoir mis l’éprouvette en présence d’eau.

4.2.3.3.3- Equipement nécessaire


Le même équipement que celui de l’essai de compressibilité.

4.2.3.3.4- Mode opératoire


ü Préparer au moins quatre éprouvettes, les peser et noter leurs hauteurs initiales ho .
ü Sur la première éprouvette, appliquer une contrainte de 10 kPa.
ü A la seconde éprouvette, appliquer une contrainte dont la valeur est estimé de telle sorte que sa
déformation axiale en présence d’eau soit quasi nulle σ v' o .
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 122

ü Aux autres éprouvettes, les contraintes sont choisies σ v' o + ∆σ ' , afin d’avoir, dans une
représentation graphique ( lg σ ; ∆h f hi ) , des points représentatifs répartis au mieux entre les

valeurs des contraintes de gonflement σ sw et 10 kPa.

ü Pour chacune des éprouvettes, noter la date et l’heure du début du palier de chargement.
w Première étape (sans ajouter d’eau) : La contrainte est appliquée pendant au moins 2h et
jusqu’à ce que la variation de hauteur de l’éprouvette entre deux lectures espacées de 1h soit
inférieure à 10 µ m . Noter la variation de hauteur ( ∆hi ) obtenue en fin de la première étape et

introduite l’eau dans le bac d’imbibition.


w Deuxième étape (éprouvette en présence d’eau) : La contrainte est appliquée à l’éprouvette
jusqu’à stabilisation de sa hauteur. Conventionnellement, la stabilisation de la déformation de
l’éprouvette est atteinte si la variation de hauteur est de moins 10 µ m entre deux lectures
espacées d’au moins 8h. Noter la variation de hauteur ∆hf obtenue en fin d’essai et retirer le

dispositif d’application de l’effort. L’éprouvette est pesée, puis mise à l’étuve pour déterminer
sa teneur en eau finale selon la norme NF P 94-050.

Les lectures du déplacement vertical sont faites au voisinage de la série suivante : 1 min ; 5 min ; 30
min ; 1h ; 2h ; 4h ; 8h ; 16h ; 24h (au-delà les lectures sont espacées d’au moins 8h).

4.2.3.3.5- Calcul et résultats


Pour apprécier les risques auxquels ce potentiel expose l’hôpital nous avons essayé de déterminer la
pression σ sw et l’amplitude ε sw de gonflement.

Par définition la pression de gonflement est celle qu’il faut appliquer à l’échantillon pour juguler
toute tentative d’expansion du sol en présence d’eau.
Pour mesurer cette pression, nous avons utilisé la méthode des différentes pressions (AFNOR).
L’essai s’effectue s u r sept (05) éprouvettes provenant d’un même échantillon de l’argile
de N’Gaous ; d’épaisseur h = 20mm . Chaque éprouvette est placée dans un oedomètre puis
chargée dans son état naturel par une contrainte axiale maintenu constante, pour notre essai , on a
adopté les contraintes suivantes : 0,015 bar ,0,25 bar, 0,5 bar, 1 bar et 2 bars. La hauteur de référence
pour chaque éprouvette est celle déterminée juste avant la mise en eau : hi = ho − ∆hi .
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 123

a - Variations des déformations en fonction du temps

Les variations des déformations en fonction du temps sont récapitulées dans la figure 4-15.

Essai Oedométrique

9
Potentiel de gonflement ∆h/h en %

8 0,015 bar, ∆h/h=8,866%


0,25 bar, ∆h/h=5,968%
7 0,5 bar, ∆h/h=4,294%
1 bar, ∆h/h=1,963%
6
2 bars, ∆h/h=0,315%
5

0
0 2 4 6 8 10 12
Temps en jours

Figure 4-15 : Variation des déformations en fonction du temps


(gonflement sous charge constante)

Les différents essais ont montré que le phénomène de gonflement, dans la majorité des cas,
s'effectue dans les premières heures, et on observe à la suite une évolution lente, puis une
stabilisation.
Ces essais mettent en évidence la relation entre le gonflement total et la contrainte initiale
appliquée avant saturation, et qui se résume par le fait que la contrainte est inversement
proportionnelle au gonflement.

b - Détermination de la pression de gonflement graphiquement

Les essais effectués montrent bien que le taux de gonflement décroît lorsque la pression
appliquée augmente, ce qui nous mène à la notion de pression de gonflement correspondant à un
pourcentage de gonflement nul (L’abscisse du point de la courbe qui correspond à une amplitude de
gonflement nulle donne la pression de gonflement). Dans notre cas, celle ci est bien comprise entre
2 et 2,5 bars (Fig. 4-16).
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 124

Essai Oedométrique

9
Potentiel de gonflement ∆h/h en %
8

0
0,0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5
Contraintes en bars

Figure 4-16 : Variation du taux de gonflement en fonction de la contrainte

La courbe de la figure 4-17 présentée dans le plan taux de gonflement - logarithme de la contrainte
nous permet de déterminer avec précision la valeur de la pression de gonflement dont la valeur est de
σ sw = 2,1843 bars. Cette valeur de la pression de gonflement a été déterminée par la droite
y = 2,1655 − 6,39969 x d’ajustement des points (Fig. 4-17).
Le seul inconvénient de cette méthode, est l'utilisation de plusieurs échantillons pour déterminer la
pression de gonflement.

Figure 4-17 : Variation du taux de gonflement en fonction


du logarithme de la contrainte
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 125

c -Variations de la teneur en eau après gonflement en fonction de la contrainte

Ces essais mettent en évidence la relation entre la teneur en eau après gonflement et la
contrainte initiale appliquée avant saturation, et qui se résume par le fait que la contrainte
est inversement proportionnelle la teneur en eau après gonflement, ce qui nous permet a dire que la
teneur en eau après gonflement décroît lorsque la pression appliquée augmente(Fig. 4-18).

Figure 4-18 : Variation de la teneur en eau après gonflement


en fonction de la contrainte

4.3 - Estimation indirecte des paramètres de gonflement des sols argileux

Dans la phase de reconnaissance primaire et une fois le sol expansif soupçonné, il est possible
d’obtenir une estimation des paramètres de gonflement (amplitude et pression) à partir de
nombreuses corrélations proposées dans la littérature (chapitre 1, paragraphe 1.4). Ces relations
empiriques mettent en relation les paramètres de gonflement avec paramètres géotechniques
déterminés à partir des essais classiques d’identification. Bien sûr, il faut se garder d’une utilisation
abusive de ces relations, les valeurs obtenues ne doivent servir que lors des études d’avant projet
sommaires notamment pour orienter les concepteurs.

4.3.1 - Application des modèles au sol de N’Gaous

Afin de tester l’efficacité des modèles citées au chapitre 1, paragraphe 1-4, ceux-ci ont été appliqués
au sol gonflant provenant du site se trouvant a proximité de l’hôpital de N’Gaous (Batna). Les
résultats généraux de ces applications sont résumés dans les tableaux 4-8, 4-9, 4-10.
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 126

Tableau 4.8: Résultats Des Modèles de gonflement

a) Pression de gonflement
Valeurs de
N° Modéle Expression mathématique σ sw en bars

147e
1 Brackley lg σ sw = 5,3 − 6,67
Ip

2
David et lg σ sw = 0, 0208 wL + 0, 000665γ d − 0, 0269 wn + 0,132 3,0598
komornik

3 Vijayvergiya et lg σ sw = 0, 033wL − 0, 083wn − 1, 697 14,51


Ghazzaly 1
Vijayvergiya et
4 lg σ sw = 0, 033wL − 0, 083wn − 1, 697 15,78
Ghazzaly 2

b) Amplitude de gonflement

Valeurs de
N° Modéle Expression mathématique ε sw en %

1 O’Neil et ε sw = 2,77 + 0,131wL − 0, 27 wn 2,8302


Ghazzaly
Vijayvergiya et
2 lg ε sw = 0,033wL − 0,083wn + 0, 458 15,51
Ghazzaly 1

3 Vijayvergiya et lg ε sw = 0,033wL + 0,0321γ d − 6,692 45,71


Ghazzaly 2
4 Johnson lg ε sw = 0, 0361wL − 0, 0833wn + 0, 458 2,97

Tableau 4.9: Résultats d’ajustement Des Modèles de gonflement aux argiles de la région de Tlemcen

a) Pression de gonflement
Valeurs de
N° Modéle Expression mathématique σ sw en bars

1 David et lg σ sw = 0, 0079182wL + 0, 06432451γ d − 0,00161536 wn


komornik 7,542
+ 1,1328183
Vijayvergiya et
2 Ghazzaly 1 lg σ sw = 1 12 ( 0, 0651096 wL − 0,1512264 wn + 26,8704696 ) 2,8229

Vijayvergiya et
3 Ghazzaly 2 lg σ sw = 1 19,5 ( 23, 28378γ d + 0,15710565wL − 3,5600565) 4,161
Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 127

b) Amplitude de gonflement
Valeurs de
N° Modéle Expression mathématique ε sw en %

1 Seed et al. ε sw = 0,1823723 I p + 0, 4559623 8,31329

Vijayvergiya et
2 lg ε sw = 1 12 ( 0, 0964896wL − 0, 08028wn + 3, 0697752 ) 5,509
Ghazzaly 1

Vijayvergiya et
3 lg ε sw = 1 19,5 ( 28, 742805γ d + 0, 22238775wL − 48, 4704675 ) 11,98
Ghazzaly 2

4 Johnson ε sw = − 0, 0215153I p − 2, 671464 Z − 0,8565674wn 16,1243


+ 0, 0023009 wn I p + 0, 056402 ZI p + 28, 49721

Nayak et
5 ε sw = 0, 0761548I p C wn − 0, 222854 16,015
Christensen

Tableau 4.10: Résultats Des Modèles de gonflement proposés aux argiles de la région de Tlemcen

a) Pression de gonflement

Valeurs de
N° Modéle Expression mathématique σ sw en bars

1 Bekkouche et log σ sw = 0,082 wL + 0,17 M − 0,002 wn I P − 2,858 2,2033


al., 2000

Djedid et al lg σ sw = − 0,001wn I p + 0,024 wL + 0,1M + 1, 287


2 5,0549

b) Amplitude de gonflement

Valeurs de
N° Modéle Expression mathématique ε sw en %

1 Bekkouche et log ε sw = 0,004C + 0,378 4,6


al., 2000

2 Djedid et al lg ε sw = − 0,1Z + 1, 06 A + 0, 22γ d − 0, 04 wn + 0,82 4,7386


Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 128

Compte tenu de l’écart constaté entre les valeurs des paramètres de gonflement directement
mesurées et celles fournies par les modèles précédents (Tab. 4-8), on peut conclure, que cette écart
montre bien que ces modèles ne sont applicables qu’aux sols pour lesquels ils ont été établis et
qu’ils ne se basent pas sur les mêmes paramètres ce qui les conduit à donner le plus souvent des
résultats différents voir même contradictoires.

Seul le modèle de David et komornik semble être applicable au sol de N’Gaous, car son résultat a
donné une valeur de 3,0598 bars pour la pression de gonflement qui est proche que celle mesurée
expérimentalement de l’argile de N’Gaous ( σ sw = 2,1843 bars ).

L’examen des résultats des tableaux 4-9, 4-10 ci-dessus, par l’application des modèles ajustés et
proposés aux argiles de la région de Tlemcen (Bekkouche et al., 2000 ; Djedid et al., 2001), laisse
clairement apparaître que quelques applications convergent vers les mêmes valeurs des paramètres
d’expansivités, sauf les modèles de Johnson et Nayak et Christensen qui semblent surestimer
l’amplitude de gonflement du sol examiné.

De ces tableaux, on peut aussi conclure que, l’écart des paramètres de gonflement ont été démunie
par apport aux paramètres des modèles du tableau 4-8, ce qui nous permet de dire que l’argile de
N’Gaous (Batna) et l’argile de la région de Tlemcen convergent vers les mêmes caractéristiques de
gonflement.

4.3.2 - Proposition des Modèles pour L’argile de N’Gaous

Comme le modèle proposé par (Bekkouche et al., 2000), pour la pression de gonflement et le
modèle de Seed et al. ajusté par (Djedid et al., 2001), pour l’amplitude de gonflement de l’argile de
la région de Tlemcen semblent être représentatifs puisque les valeurs obtenues

(σ sw = 2, 2033 bars et ε sw = 8, 31329 % ) sont assez voisines de celles mesurées directement

(σ sw = 2,1843 bars et ε sw = 8,866 % ) .Il peuvent donc servir pour obtenir des valeurs approchées

de la pression et l’amplitude de gonflement du site de la région de N’Gaous (Batna).


Chapitre 4 Caractérisation des matériaux utilisés Page 129

Les modèles retenus pour la pression et l’amplitude de gonflement que nous jugeons performants
aux argiles de la région de N’Gaous (Batna) sont donnés ci-dessous :

F Pour la pression du gonflement :


ü log σ sw = 0,082 wL + 0,17 M − 0,002 wn I P − 2,858

F Pour l’amplitude du gonflement :


ü ε sw = 0,1823723 I p + 0, 4559623

o  p   __ 
ü ε sw = ε sw  1 −   ( wsw − wn ) − χ p 
 psw   

ε sw :Variation du potentiel de gonflement du sol en fonction des valeurs des pressions de

consolidations P (Fig. 4-15).


o
ε sw : Potentiel de gonflement libre du sol (sans chargement).

psw : Pression de gonflement (Fig. 4-17).

wn : Teneur en eau naturelle (initiale).


__
w sw : La valeur initiale de la teneur en eau du sol gonflant, avec P = 0 (droite qui coupe l’axe
Vertical pris du graphique de la fonction wsw = f ( p ) (Fig. 4-18).

χ : Pente de la droite représentant le graphique de la teneur en eau en fonction des contraintes de


compressions (Fig. 4-18).
Chapitre 5 :

Détermination des méthodes de calcul des


fondations superficielles
Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 132

Chapitre 5 :

Détermination des méthodes de calcul des fondations superficielles

5.1 - Introduction
La déformation des sols argileux gonflants est considérer comme un processus au passage de l’état
naturel à l’état de saturation, accompagnés d’une augmentation de volume.

La variation de la teneur en eau dans les sols argileux apporte un changement important des
caractéristiques physiques de ces sols vu le caractère dynamique qui obéit à une loi déterminée.

Cependant le processus d’infiltration entraîne le gonflement des sols argileux sous l’influence des
contraintes extérieures telles que le poids propre du sol, la teneur en eau et le cheminement de
l’infiltration des eaux.

Néanmoins la complexité de ce phénomène est évidente dans le domaine de la construction, car il


ne répond à l’heure actuelle à aucune loi mathématique.

Pour les calculs de la déformation au gonflement (entraîne un soulèvement), il est nécessaire de


posséder une expression “approche analytique”, décrivant une relation fonctionnelle entre le
gonflement relatif et la pression de consolidation.

C’est pourquoi il s’avère nécessaire d’élaborer une méthodologie de calcul pour déterminer la
déformation de ces sols, objet de ce chapitre.

5.2 - Description du modèle statistique d’estimation des paramètres de


gonflements

Plusieurs auteurs ont proposé des modèles d’estimation des paramètres de gonflement à savoir la
pression et l’amplitude. Ainsi certains ont proposé des corrélations entre ces paramètres et les
caractéristiques intrinsèques du sol (Aissa Mamoune S. M 2002). Ces corrélations ont été
Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 133

obtenues sur la base d’une analyse statistique de donnée. Dans le cas du modèle établi pour l’argile de
5
N’Gaous, la pression (σ sw en Bars) avec (1 bars = 10 Pa) et l’amplitude ( ε sw en %) de

gonflement. A partir de ces relations validées, il est possible d’estimer indirectement les
paramètres de gonflement (pression et amplitude) de gonflement que nous jugeons performants aux
argiles de la région de N’Gaous (Batna), qui sont donnés ci-dessous :

F Pour la pression du gonflement :


ü log σ sw = 0,082 wL + 0,17 M − 0,002 wn I P − 2,858

F Pour l amplitude du gonflement :


ü ε sw = 0,1823723.I p + 0, 4559623
o  p   __ 
ü ε sw = ε sw  1 −   ( wsw − wn ) − χ p 
 psw   

5.3 - Méthodologie générale de calcul de la déformation


Sur la base des résultats des recherches expérimentales réalisés au Laboratoire Régional des Ponts
et Chaussées de Batna, chapitre 4, paragraphe 4.3.2 (Fig. 4-15 et 4-18), il est recommandé dans
les calculs pratiques, d’utiliser la fonction ε sw = f ( p ) sous la forme :

o  p   __ 
ε sw = ε sw 1 −   ( wsw − wn ) − χ p  ......................................... (1)
 psw   

ε sw :Variation du potentiel de gonflement du sol en fonction des valeurs des pressions de

consolidations P (Fig. 4-15).


o
ε sw : Potentiel de gonflement libre du sol (sans chargement).

psw : Pression de gonflement (Fig. 4-17).

wn : Teneur en eau naturelle (initiale).


__
w sw : La valeur initiale de la teneur en eau du sol gonflant, avec P = 0 (droite qui coupe l’axe
Vertical pris du graphique de la fonction wsw = f ( p ) (Fig. 4-18).

χ : Pente de la droite représentant le graphique de la teneur en eau en fonction des contraintes de


compressions (Fig. 4-18).
Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 134

L’état des contraintes du sol de fondation est déterminé par des calculs sur la base des normes qui
prennent en compte l’action de la pression du poids propre du sol σ z , g , du poids de l’ouvrage σ z , p

et la pression verticale complémentaire due à l’influence du poids du sol non mouillé à la limite des
surfaces mouillée.

Pour la détermination de la valeur du soulèvement des fondations après gonflements du sol en


fonction du gonflement relatif du à la pression de consolidation et les formules qui décrivent l’état
de contraintes du sol de fondation, il est nécessaire de trouver la position des limites des zones de
gonflement [2] (Fig. 5-1).

Les méthodes essentielles pour la détermination des limites des zones de gonflement se fait comme
suit : En général on détermine la profondeur, ou la somme des contraintes dues à l’action du poids
propre du sol, des surcharges et la contrainte verticale complémentaire du à la partie non mouillée
du massif de sol est égale à la pression de gonflement.

La zone du gonflement possible du sol peut se situer entre les profondeurs trouvées.

En prenant en compte cela, les limites des zones de gonflement se déterminent à partir des
équations suivantes :

σ z ,tot = σ z , p + σ z , g + σ z ad p psw ........................................... ( 2 )

Dans les conditions de la pression naturelle, la déformation due au gonflement est prise
unidimensionnelle à travers les conditions de compressions dans les limites de la couche de sol
gonflant, ou la condition σ z , g ≤ p est satisfaite

Sur la profondeur z à partir du haut de la couche du sol, nous divisons en tranche élémentaires la
couche de sol mouillé d’épaisseur d z .

La déformation relative du gonflement du sol envisagée prend la forme suivante :

∆d z o  p   __ 
ε sw = = ε sw 1 −  ( wsw − wn ) − χ p  ................................ ( 3)
dz  psw   

D’après les résultats des recherches expérimentales on a établi [ 1 ], la fonction ( 3 ) sous une
forme simplifiée :
Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 135

ε sw = bo − b1 p + b2 p 2 ....................................................... ( 4 )
Où :

o  
__
bo = ε sw  w sw − wn 
 
 ε o   __ 
b1 =  sw  ( wsw − wn ) + χ psw 
 psw   
o
ε
b2 = sw χ
psw

On remarque que dans la fonction ( 4 ) qui intègre les coefficients bo ; b1 et b2 , comprennent


des caractéristiques importantes des sols gonflants.

Dans les conditions de la tension naturelle, le changement des contraintes de compression en


profondeur, on peut les déterminer par les formules habituelles de mécanique des sols σ z , g = γ sw × z

; alors de ( 4 ) nous aurons :

ε sw = bo − b1γ sw z + b2 γ sw
2 2
z .................................................... ( 5 )
Où:

γ sw : Poids volumique de la couche mouillé du sol gonflant.

La valeur finale de la déformation absolue du gonflement du sol dans les conditions de tension
naturelle est déterminée par l’expression suivante :

S sw , g = ∫ ε sw ( p)dz...................................................... ( 6 )
ZH

ZB

Où:

ZB et ZH : Représente respectivement la limite inférieure et supérieure de la zone gonflement.


Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 136

Psw

σ m oy

Df

ZB Zone I
b

σ0 ZH
Zone II

σ Z ,g
σ Z ,tot

Z Zone III

Figure5-1 : Distribution des contraintes sous une fondation

Substituons ( 5 ) en ( 6 ) et effectuons l’intégration, on obtient:

S sw, g = bo ( Z H − Z B ) − b1γ sw ( Z H2 − Z B2 ) + b2 γ sw ( Z H3 − Z B3 ) ......................... ( 7 )


1 1 2

2 3
Dans le cas particulier, lorsque la contrainte due au poids propre du sol, ne dépasse pas la valeur de
la pression de gonflement sur toute l’épaisseur du massif de sol gonflant, donc (σ z,g < psw )

avec ( 0 < Z ≤ H sw ) :

pour: Z B = 0 ; Z H = H sw , l'expression ( 7 ) pour la détermination de la déformation dû au

gonflement dans des conditions de tension naturelles devient:


Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 137

1 1
S sw , g = b o H sw − b1 γ sw H sw
2
+ b 2 γ sw
2 3
H sw .......................... ( 8 )
2 3
Où:

H sw : Épaisseur de la couche du sol gonflant.

Le calcul du soulèvement de la fondation d’un bâtiment ou d’un ouvrage, reposant sur les sols
argileux gonflants. Le cas général doit tenir compte de l’action des trois composantes normales des
contraintes. Mais pour la simplification du problème, comme pris en charge par les normes de la
littérature, la déformation au gonflement nous la déterminons en relation des conditions de la
compression uniforme.

Comme il a été vu plus haut, la déformation due au gonflement dans les fondations des bâtiments et
des ouvrages se produit dans la zone de gonflement, ou elle répond à la condition suivante :

σ z ,tot ≤ psw

De là les équations pour la détermination des formules de calcul, comme conclusion du


soulèvement du massif de sol, c’est la transformation de l’expression (4) sous forme d’un
polynôme.

La contrainte de compression jusqu'à la profondeur des fondations est prise par V.V. ROCHIN [2].
1 1 
− 0 ,5 Z  + 
σ z,p = σ oe b a 

Ou
σ o = σ moy − γ sw D f ....................................................... ( 9 )

σ moy : Contrainte moyenne à la base de la fondation

Df : Profondeur de la base de la fondation

b et a : Les dimensions de la base de la fondation

Ainsi la somme de la pression sur la profondeur étudiée de la fondation prend la forme suivante :

 1 1 
− 0 ,5 Z  +
(Z )+ σ

σ z ,t o t = ρ = γ sw + D f o e  b a 
. . . . . . . .. . . . . . . . . (1 0 )

En tenant compte de (10) l’expression (4) prend la forme suivante :


Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 138

2

1 1
Z ( +
1
 1
− Z
1
+
1

 ....... (11)
) ( )
ε sw = bo − b1 ( Z + D f ) − b1σ o e 2 b a
+ b2 γ sw ( Z + D f ) + σ o e 2 b a

 

La valeur finale de la déformation due au soulèvement des fondations des bâtiments et ouvrages se
détermine par la formule ( 6 ).

Substituons (11) en (6), nous aurons :

 
2
ZH

1 1 1
Z( + )  − Z( + ) 
1 1 1

Ssw, p = ∫ b 0 − b1γ sw (Z + D f ) − b1σ o e 2 b a


+ b 2 γ sw (Z + D f ) + σ o e 2 b a
  dz
ZB 
   

En calculant le dernier intégral on procède aux transformations nécessaires, nous aurons


l’expression du soulèvement d’une fondation rectangulaire assise sur un sol gonflant.

S sw , p = ( bo − b1γ sw D f + b2γ sw )(Z − Z B ) − γ sw ( b1 − 2 b2γ sw D f )(Z − Z B2 ) + γ sw b2 ( Z H3 − Z B3 )


2 1 2 1 2
Df H H
2 3
2σ o ( b1 − 2 b2 γ sw D f )  − 1 ( 1 + 1 ) Z H 1 1
− ( +
1
) ZB  b2σ o2  − ( 1b + 1
) ZB − (
1
+
1
) ZH 
+  e 2 b a
− e 2 b a
 + 1 1 e
a
− e b a

1 1    
+ +
b a b a
    
  − 1 1 + 1 Z   − 1 1 + 1 
 Z B 2  e 2  b a  B −  ZH + 2  e 2  b  ZH 
+ 4 b2 γ swσ o  + a
 .....(12)
  1 + 1  1 + 1   1 1 1 1 
2 2

b + a  +   
  b a  b a     b a   
 

Dans le cas particulier, quand toute la couche du sol est une argile gonflante, σ z ,tot ≤ psw et en

conformité de ZB = 0 et ZH = Hsw la formule (12) prend la forme :

S sw, p = ( b0 − b1γ sw D f + b2 γ sw D 2f ) H sw − γ sw ( b1 − 2b2 γ sw D f ) H sw


1 1
2 2
+ b2 γ sw
2 3
H sw
2 3
2σ 0 ( b1 − 2 b2 γ sw D f )  − 2  b + a  H sw
1 1 1
 b2σ 02  −  +  H sw 
 1 1

+ e  
− 1 + 1 − e b a

1 1   1 1  
+ + 
b a b a
   
   − 1 1 + 1 H 
 2 H 2  e 2  b a  sw  ...............................(13)
+ 4 b 2 γ swσ 0  −  sw +
 1 + 1 
2
1 1 1 1 
2

b a + +
  b a     
   b a   
Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 139

Cas d une fondation carrée

Pour une fondation de forme carrée a = b, et en conformité avec la formule (12) nous aurons :

S sw , p = ( bo − b1γ sw D f + b2 γ sw D 2f ) ( Z H − Z B ) − γ sw ( b1 − 2 b2 γ sw D f ) ( Z H2 − Z B2 )
2 1
2
 − ZbH − B 
Z
 − 2 bZ B 2 ZH

+ b2 γ sw ( Z H − Z B ) + bσ o ( b1 − 2 b2 γ sw D f )  e
1 1 −
2 3 3
− e b
 + bb2σ o  e
2
− e b 
3   2  
 − B
Z
− H 
Z

+ 2 bb2 γ swσ o ( Z B + b ) e b − ( Z H + b ) e b  ........................................................(14)


 

Dans le cas particulier, quand toute l’épaisseur de la couche du sol est une argile gonflante.
σ z ,tot ≤ psw ; et ZB = 0, ZH = Hsw ; la formule (14) prend la forme :

S sw , p = ( bo − b1γ sw D f + b2γ sw D 2f ) H sw − γ sw ( b1 − 2 b2 γ sw D f ) H sw
1 1
2 2
+ b2 γ sw
2
H sw3

2 3
 − H sw
  2 H sw

+ bσ o ( b1 − 2 b2 γ sw D f )  e b − 1 +
1 −
bb2σ o2  1 − e b 
  2  
 −
H sw

+ 2 bb2 γ swσ o b − ( H sw + b ) e b  ...............................................................................(15)
 

Cas d une fondation filante

Pour une fondation filante ( a → ∞ ) la formule (12) prend la forme :

S sw , p = ( bo − b1γ sw D f + b2 γ sw D 2f ) ( Z H − Z B ) − γ sw ( b1 − 2 b2 γ sw D f ) ( Z H2 − Z B2 )
2 1
2
 − Z2 Hb − B 
Z

( Z H3 − Z B3 ) + 2 bσ o ( b1 − 2 b2 γ sw D f )  e
1
+ b2 γ sw
2
− e 2b

3  
 − ZB

ZH
  −
ZB
− H 
Z

+ bb2σ  e 2
o
b
− e b
 + 4 bb2 γ swσ o ( Z B + 2 b ) e 2b
− ( Z H + 2b ) e 2b
 ........(16)
   

Pour le cas particulier, quand σ z ,tot ≤ psw , la formule (16) prend la forme :

S sw , p = ( bo − b1γ sw D f + b2 γ sw D 2f ) H sw − γ sw ( b1 − 2 b2 γ sw D f ) H sw
1 1
2 2
+ b2 γ sw
2
H sw3

2 3
 − H sw
  H sw

+ 2 bσ o ( b1 − 2 b2γ sw D f )  e 2 b − 1 + bb2σ o2  1 − e b 

   
 −
H sw

+ 4 bb2 γ swσ o  2 b − ( H sw + 2b ) e 2 b  ...........................................................................(17)
 
Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 140

Cas d une fondation circulaire.

Pour les fondations circulaires de diamètre d, (b = a = 0.886 d) la formule (12) prend la forme :

S sw, p = ( bo − b1γ sw D f + b2 γ sw D 2f ) ( Z H − Z B ) − γ sw ( b1 − 2b2 γ sw D f ) ( Z H2 − Z B2 ) + b2 γ sw ( Z H3 − Z B3 )


2 1 1 2

2 3
 − 1.129d Z H 1.129 Z B
  − 2.257d Z B 2.257 Z H

+ 0.886 d σ o ( b1 − 2 b2 γ sw D f )  e
− −
− e d
 + 0.443 d σ o 
2
e − e d

   
 −
1.129 Z B

1.129 Z H

+ 1.772 b2 γ swσ o ( Z B + 0.886 d ) e d
− ( Z H + 0.886 d ) e d
 ..................(18)
 

Dans le cas particulier, quand σ z ,tot ≤ psw , on a :

S sw, p = ( bo − b1γ sw D f + b2 γ sw D 2f ) H sw − γ sw ( b1 − 2b2 γ sw D f ) H sw


1 1
2 2
+ b2 γ sw
2 3
H sw
2 3
 − d
1.129 H sw
  2.257 H sw

+ 0.886 d σ o ( b1 − 2 b2 γ sw D f )  e

− 1 + 0.443 d b2σ o 1 − e 2 d

   
 −
1.129 H sw

+ 1.772 d b2 γ swσ o 0.886 d − ( H sw + 0.886 d ) e d
 ...........................................(19)
 

5.4 - Exemple d’application pour une construction légère :

5.4.1- Cas d une fondation filante

Les données :

γ sw = 2,125 t m3 ; D f = 1 m ; b = 1 m ; H sw = 12 m ; σ o = 10 t m 2 ; wn = 14,1o o ; ε sw
o
= 22 %
Calcul des coefficients bo ; b1 et b2 :

o  
__
ü bo = ε sw  sw − wn  = 0,22 ( 0,212 − 0,141) = 0, 01562
w
 

 εo   __   0, 22 
ü b1 =  sw  ( wsw − wn ) + χ psw  =   [ (0, 212 − 0,141) + 0,007 × 2,18]
 psw    2,18 
= 8, 7.10−3 cm 2 daN = 8, 7.10− 4 m 2 t

0, 212 − 0,198
avec : χ = = 0, 007 cm 2 daN
2−0
Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 141

o
ε sw 0, 22
ü b2 = χ= × 0, 007 = 7, 06.10− 4 cm 4 daN 2 = 7, 06.10− 6 m 4 t 2
psw 2,18

En injectant les valeurs trouvées des coefficients bo ; b1 et b2 dans la formule (17), on aura la
valeur du soulèvement de la fondation :

S sw, p = ( 0, 01562 − 8, 7.10− 4 × 2,125 × 1 + 7, 06.10 − 6 × 2,1252 × 12 )12 −


1
2
× 2,125

× ( 8, 7.10− 4 − 2 × 7, 06.10− 6 × 2,125 × 1)12 2 +


1
× 7, 06.10− 6 × 2,1252 × 123
3
 − 12 
+ 2 × 1 × 10 ( 8, 7.10− 4 − 2 × 7, 06.10− 6 × 2,125 × 1)  e 2×1 − 1 + 1 × 7, 06.10 − 6
 
 −
12
  −
12

× 102  1 − e 1  + 4 × 1 × 7, 06.10− 6 × 2,125 × 10  2 × 1 − (12 + 2 × 1) e 2×1 
   
= 0, 0404 m

⇒ S sw, p = 0, 0404 m = 4,04 cm

Si on prend b = 2 m , la valeur du soulèvement devient :

S sw, p = ( 0, 01562 − 8, 7.10− 4 × 2,125 × 1 + 7, 06.10− 6 × 2,1252 × 12 )12 −


1
2
× 2,125

× ( 8, 7.10− 4 − 2 × 7, 06.10− 6 × 2,125 × 1)12 2 +


1
× 7, 06.10− 6 × 2,1252 × 123
3
 − 12 
+ 2 × 2 × 10 ( 8, 7.10− 4 − 2 × 7, 06.10− 6 × 2,125 × 1)  e 2×2 − 1 + 2 × 7, 06.10− 6
 
 −
12
  −
12

× 10  1 − e  + 4 × 2 × 7, 06.10 × 2,125 × 10  2 × 1 − (12 + 2 × 2 ) e
2 2 −6 2× 2

   
= 0, 028 m

⇒ S sw, p = 0, 028 m = 2,80 cm


Chapitre 5 Détermination des méthodes de calcul des fondations Page 142

5.4.1- Cas d une fondation carrée :

Les données :

γ sw = 2,125 t m3 ; D f = 1 m ; b = 1 m ; H sw = 12 m ; σ o = 10 t m 2 ; wn = 14,1o o ; ε sw
o
= 22 %

Calcul des coefficients bo ; b1 et b2 :

o  
__
ü bo = ε sw  sw − wn  = 0,22 ( 0,212 − 0,141) = 0, 01562
w
 

 εo   __   0, 22 
ü b1 =  sw  ( wsw − wn ) + χ psw  =   [ (0, 212 − 0,141) + 0,007 × 2,18]
 psw     2,18 
= 8, 7.10 cm 2 daN = 8, 7.10− 4 m 2 t
−3

0, 212 − 0,198
avec : χ = = 0, 007 cm 2 daN
2−0

o
ε sw 0, 22
ü b2 = χ= × 0, 007 = 7, 06.10− 4 cm 4 daN 2 = 7, 06.10− 6 m 4 t 2
psw 2,18

En injectant les valeurs trouvées des coefficients bo ; b1 et b2 dans la formule (15), on aura la
valeur du soulèvement de la fondation :

S sw, p = ( 0, 01562 − 8, 7.10− 4 × 2,125 × 1 + 7, 06.10− 6 × 2,1252 × 12 )12 −


1
2
× 2,125

× ( 8, 7.10− 4 − 2 × 7, 06.10− 6 × 2,125 × 1)122 +


1
× 7, 06.10− 6 × 2,1252 × 123
3
 − 12  1
+ 1 × 10 ( 8, 7.10− 4 − 2 × 7, 06.10− 6 × 2,125 × 1)  e 1 − 1 + × 1 × 7, 06.10− 6
  2
 −
2×12
  −
12

× 102  1 − e 1  + 2 × 1 × 7, 06.10− 6 × 2,125 × 10 1 − (12 + 1) e 1 
   
= 0, 0477 m

⇒ S sw, p = 0, 0477 m = 4,77 cm


Conclusion générale Page 145

Conclusion générale

Ignorer le phénomène de gonflement des argiles est dangereux, systématiser les essais serait
aussi aberrant. Entre ces deux extrêmes, l'ingénieur doit optimiser ces moyens et profiter de tous les
outils disponibles pour conduire une campagne de reconnaissance appropriée et concevoir en
conséquence une infrastructure adéquate. Dans la plus part du temps, il n’a pas été tenu compte de
ce phénomène lors des études et des réalisations des projets, c’est le cas de l’hopital de N’Gaous
(Batna).

Nous avons montré qu'à partir d'essais simples effectués pratiquement dans toutes les campagnes de
reconnaissance préliminaires, que l’identification des sols gonflants est très utile, puisque elle
permettra d’adapter les reconnaissances ultérieures en fonction du degré d’expansivité du sol et de
donner du temps au bureau d’étude pour concevoir un système de fondation adéquat. Cette
identification qui reste qualitative est possible à l’aide des classifications disponibles dans la
littérature. Ce caractère gonflant a été ensuite confirmé par les mesures directes au laboratoire des
paramètres de gonflement. Nous avons montré aussi, qu’il est possible d'obtenir à partir de
nombreuses corrélations proposées dans la littérature " modèles" des estimations approximatives
des paramètres de gonflement ( pression et l'amplitude) du site de la région de N’Gaous (Batna).

Les estimations indirectes des paramètres de gonflement à partir des modèles statistiques doivent
être utilisées uniquement à titre indicatif. Donc, il est clair qu'en phase de l'étude détaillée de tout
projet, les mesures directes au laboratoire sont incontournables si le sol présente les prémices d'un
sol gonflant.
Conclusion générale Page 146

Si les opérateurs se trouvent obligés de construire sur des sols gonflants, il est recommandé
d’appliquer la série de mesures préventives :

F Maintenir le taux d’humidité naturel du sol


F Rechercher un niveau de fondation insensible aux variations de température et d’humidité.
F Meilleur raidissement de l’ouvrage.
F Eviter les dallages sur terrain plein.
F Proscrire la proximité des arbres et arbustes
F Adopter une liaison souple à l’arrivée et au départ des canalisations.

La solution radicale est d’éviter de construire sur des sols très gonflants. Il faut rappeler que la
reprise en sous uvre est souvent très coûteuse et pas toujours efficace.
Références Bibliographiques Page149

Références Bibliographiques

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Stabilisation des sols gonflants par les sels
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Département de Génie Civil, Faculté des Sciences de l’Ingénieur, Université Aboubakr
Belkaïd – Tlemcen, BP 230 Tlemcen (13000). Tél/Fax: 00 213 43 28 56 85

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Département de Génie Civil, Faculté des Sciences de l’Ingénieur, Université Aboubakr
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Journées d’études sur les sols gonflants-JESG 27 Octobre 2002, Tlemcen
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Géotechnique et monuments historiques. Méthodes de modélisations appliquées à des cas
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Thèse de doctorat. Institut National Polytechnique de Laurraine, Laboratoire de Mécanique
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Stabilisation des sols gonflants : Cas d’une argile en provenance de Mila.
Thèse de doctorat. Institut National des Sciences Appliquées (I.N.S.A) de Lyon (France).
Liste des tableaux et figures
Liste des tableaux et figures Page 153

Liste des tableaux

Tableau 1-1. Caractéristiques des argiles. 35

Tableau 1-2. Relation entre le gonflement libre et l’indice de plasticité (Seed et al., 1962). 50

Tableau 1-3. Relation entre le gonflement et la limite de liquidité (Dakshanamurthy et Raman, 1973). 51

Tableau 1-4. Relation entre l’indice de plasticité et le pourcentage des particules < 2 µm (BRE, 1980). 52

Tableau 1-5. Relation entre La limite de liquidité et la pression de gonflement(Ghen, 1988). 52

Tableau 1-6. Relation entre le gonflement libre et l’indice de plasticité (Seed et al., 1962). 52

Tableau 1-7. Relation entre le potentiel de gonflement et la limite de retrait (Altemeyer, 1955). 53

Tableau 1-8. Relation entre le potentiel de gonflement et l’indice de retrait (Ranganatham et


Satyanarayana, 1965). 53

Tableau 1-9. Potentiel de Retrait (Holtz et Gibbs, 1956). 54

Tableau 1-10. Potentiel de gonflement (Holtz, Dakshanamurthy et Rama, 1973). 54

Tableau 1-11. Comparaison entre les différentes de méthodes de classification (Johnson et Snethen, 1978) et
(Josa , 1988). 57

Tableau 1-12. Résultats d’ajustement Des Modèles de gonflement. 59

Tableau 1-13. Modèles proposés pour l’amplitude de gonflement. 60

Tableau 1-14. Modèles proposés pour la pression de gonflement. 60

Tableau 2-1. Vitesses des désordres dans certains tunnels (Robert, 1990). 83

Tableau 3-1. Avantages et inconvénients des techniques de stabilisation couramment utilisées. 94

Tableau 4-1. Composition chimique de l’argile de N’Gaous. 110

Tableau 4-2. Caractéristiques physiques des argiles de N’Gaous. 111

Tableau 4-3. Résultats de l'essai au bleu de méthylène. 111

Tableau 4-4. Résultats de l’analyse granulo-sédimentométrique de l’argile de N’Gaous. 112

Tableau 4-5. Classification des sols selon Seed. 113


Liste des tableaux et figures Page 154

Tableau 4-6. Relation entre le gonflement et la limite de liquidité (Dakshanamurthy et Raman, 1973). 113

Tableau 4-7. Caractéristiques de compressibilité. 121

Tableau 4-8. Résultats Des Modèles de gonflement. 126

Tableau 4-9. Résultats d’ajustement Des Modèles de gonflement aux argiles de la région de Tlemcen. 126

Tableau 4-10. Résultats Des Modèles de gonflement proposés aux argiles de la région de Tlemcen. 127
Liste des tableaux et figures Page 155

Liste des figures

Figure 1-1. a) Unité tétraédrique à c ur de silicium; b) Schéma d'une couche de tétraèdre avec
arrangement hexagonal. 31

Figure 1-2. a) Unité octaédrique b) Structure en couche à base d'octaèdre de Brucite Mg (OH) 2 ou de
Gibbsite Al (OH) 3. 31

Figure 1-3. Structure particulaire de la Kaolinite, (Mouroux et al., 1987) 33

Figure 1-4. Structure particulaire de l’illite, (Mouroux et al., 1987) 33

Figure 1-5. Structure particulaire de la chlorite, (Mouroux et al., 1987)


34
Figure 1-6. Structure particulaire de la montmorillonite, (Mouroux et al., 1987)
34
Figure 1-7. Photographie au Microscope Electronique à Balayage des argiles, (Mitchell, 1976) 35

Figure 1-8. Schéma de la double couche d’eau entourant une particule argileuse. 37

Figure 1-9. Forces agissant sur deux particules d’argile 39

Figure 1-10. Arrangement des particules d'argile (Van Olphen, 1963). 43

Figure 1-11. Schéma d'assemblages de particules (Collins et McGown, 1974). 44

Figure 1-12. Evolution de texture des sols au cours du gonflement. 45

Figure 1-13. Observation au MEB d’une texture argileuse (Troalen et al., 1984). 46

Figure 1-14. Diagramme de classification du potentiel de gonflement (Seed et al., 1962). 50

Figure 1-15. Caractérisation des sols gonflants. 51

Figure 1-16. Influence de la densité sèche sur le gonflement (Sridharan et al., 1986). 54

Figure 1-17. Différentes procédures d’essais de gonflement (Sridharan et al., 1986). 64

Figure 1-18. Essai de gonflement selon la méthode de Huder-Amberg (1970). 65

Figure 1-19. Courbe de gonflement en fonction du temps. 68

Figure 2-1. Formes et directions de fissuration, ( Mouroux et al., 1987). 80

Figure 2-2. Formes de dégâts sur des bâtiments reposant sur des terrains gonflants, ( Mouroux et al.,
1987). 81
Figure 2-3. Apparition des premières fissures sur les accotements (fin de saison sèche). 82

Figure 2-4. Apparition des premières déformations et infiltration d’eau à travers les fissures (début de
la saison des pluies) 82
Liste des tableaux et figures Page 156

Figure 2-5. Chute de la portance dans les zones saturées apparition de fissures longitudinales
(fin de saison des pluies). 82

Figure 2-6. Distribution des contraintes dans le sol sans évaporation (d'après Jennings, et al.,1962). 86

Figure 2-7. Distribution des contraintes dans le sol avec évaporation (d'après Jennings, et al., 1962). 87

Figure 2-8. Distribution des contraintes dans le sol (Evaporation q2 f qcr ) (d'après Jennings, et al 1962). 88

Figure 2-9. Relation entre χ et Sr pour le sol de Whyalla (d'après P.L.Newland 1971). 88

Figure 2-10. Répartition des contraintes dans le sol (d'après Jennings, et al 1973). 89

Figure 2-11. Evolution des pressions sous une semelle (d'apres Marriotti, 1981). 90

Figure 2-12. Répartition de la contrainte dans l’axe, au bord, et à l’extérieur (d’après Philipponat, 1991). 90

Figure 3-1a. Variation du taux de gonflement de l'argile intacte de Mansourah en fonction du temps en
présence du KCl . 95

Figure 3-1b. Variation du taux de gonflement de l'argile intacte de Mansourah en fonction du temps en
présence du NaCl 95

Figure 3-1c. Variation du taux de gonflement de l'argile intacte de Mansourah en fonction du temps en
présence du CaCl2 96

Figure 3-1d. Variation du taux de gonflement de l'argile intacte de Mansourah en fonction du temps en
présence du ( NH 4 ) 2 SO 4 96

Figure 3-2. Classification des liants. 96

Figure 3-3. Semelle superficielle sur remblai. 101

Figure 3-4. Semelle superficielle sur remblai partiel + vide sanitaire. 102

Figure 3-5. Fondation profonde (puits ou pieux). 103

Figure 4-1. Plan du site. 109

Figure 4-2. Hôpital de N’Gaous. 109

Figure 4-3. Exemple de pathologie. 109

Figure 4-4. Diagramme de Casagrande de classification des sols fins. 114

Figure 4-5. Abaque de Williams et Donaldson pour l’identification des sols gonflants. 114

Figure 4-6. Classification des sols selon Vijayvergia et Ghazali. 115

Figure 4-7. Position des minéraux argileux les plus communs sur l’abaque de plasticité de Casagrande 115
Liste des tableaux et figures Page 157

Figure 4-8. Cellule de mesure de la pression gonflement . 116

Figure 4-9. Photo de détail Cellule de la mesure de la pression gonflement. 117

Figure 4-10. Photo d’exemple de bâtis oedométriques. 117

Figure 4-11. Appareil Oedomètrique. 118

Figure 4-12. Photos d’un échantillon avant et après gonflement. 119

Figure 4- 13. Photos de l’échantillon (Fig. 4 -5) après séchage. 120

Figure 4-14. Essai de compressibilité oedométrique. 120

Figure 4-15. Variation des déformations en fonction du temps (gonflement sous charge constante). 123

Figure 4-16. Variation du taux de gonflement en fonction de la contrainte. 124

Figure 4-17. Variation du taux de gonflement en fonction du logarithme de la contrainte. 124

Figure 4-18. Variation de la teneur en eau après gonflement en fonction de la contrainte. 125

Figure 5-1. Distribution des contraintes sous une fondation 136

Figure A-1. Procédures d’essais de gonflement de ASTM D4546 (1985). 160

Figure A-2. Procédures d’essais de gonflement de Didier et al. (1987). 161

Figure A-3. Procédure d’essais de gonflement de ISRM (1989). 164

Figure A-4. Procédure d’essais de gonflement ISSMFE (1991). 165

Figure B-1. Appareillage de mesure de la pression de gonflement de Palit (1953). 167

Figure B-2. Appareillage de mesure de la pression de gonflement. 168

Figure B-3. Cellule de mesure de la pression de gonflement de Didier. 169

Figure B-4. Cellule dométrique modifiée (Komornik et Zeitlen, 1965). 169

Figure B-5. Appareillage triaxial pour des essais de gonflement (Yesil, 1993). 170

Figure B-6. Appareil de Ofer (1984) et exemple de résultat. 171

Figure B-7. Appareil de Flavigny et al. (1991) et exemple d’un essai de pression de gonflement. 172
Annexe
Annexe A : Procédures d’essais normalisées Page 159

ANNEXE A : Procédures d’essais normalisées

A.1 - ASTM D4546 (American Society for Testing and Materials, 1985)
L’American Society for Testing and Materials (ASTM, 1985) préconise trois procédures d’essais
à l’oedomètre (figure A.1) :

Méthode I :
Boucle de chargement, déchargement, rechargement (chemins 1, 2 et 3) puis imbibition et
gonflement libre sous le poids du piston jusqu’à ce que le mouvement du piston devienne
négligeable (chemins 3 et 4). Dans un dernier temps, on procède à un chargement par paliers
pour ramener l’éprouvette à sa hauteur initiale (chemins 4 et 5) ;

Méthode II :
Gonflement sous une charge constante égale à la contrainte verticale en place jusqu’à ce que le
mouvement du piston devienne négligeable (chemins 2 et 3), puis chargement par paliers pour
ramener l’éprouvette à sa hauteur initiale (chemins 3 et 5).

Méthode III :
Gonflement à volume constant à partir du poids des terres (chemins 2 et 3). L’essai est poursuivi
par un essai oedométrique conventionnel avec boucles de chargement-déchargement, afin
d’évaluer le potentiel de gonflement.

Dans les méthodes II et III, l’éprouvette est préalablement chargée dans son état naturel sous le
poids des terres. Dans la méthode I, un cycle de chargement-déchargement peut être appliqué,
avant imbibition. Ces procédures sont accompagnées de recommandations pour le stockage et la
préparation des échantillons. Les paramètres mesurés sont indiqués à titre indicatif sur la figure
A.1.
Annexe A : Procédures d’essais normalisées Page 160

(c) Méthode III : Gonflement à volume constant à partir du poids des terres
Figure A.1 : Procédures d essais de gonflement de ASTM D4546 (1985)

A.2 - DIDIER et al. (1987)

Ces auteurs proposent plusieurs procédures opératoires. L’utilisation d’une loi hyperbolique est
suggérée pour déterminer la durée du palier d’imbibition et des paliers suivants. L’éprouvette est
chargée à partir du poids du piston σ d jusqu’au poids des terres σ vo à sa teneur en eau naturelle,

puis on procède à un cycle et demi de chargement-déchargement-rechargement. A partir de l’état


caractérisé par l’indice des vides eo obtenu sous σ vo , l’essai peut être prolongé par l’une des trois

procédures suivantes. (figure A.2)

A.2.a - Description des procédures d essais


Annexe A : Procédures d’essais normalisées Page 161

Méthode 1 :
L’essai avec saturation à volume constant du sol sous poids des terres ( e = eo ) , est destiné en

premier lieu à déterminer la pression de gonflement du sol et à apprécier sa capacité de


gonflement par une série de déchargements ultérieurs. La tolérance proposée sur les variations
V
autorisées de volume de l’éprouvette est < 10− 4 dans le cas des essais de longue durée.
V

Méthode 2 : Gonflement libre (σ vf p σ vo ) Gonflement libre (σ vf f σ vo )


Figure A.2 : Procédures d essais de gonflement de Didier et al. (1987)

Méthode 2 :

L’essai avec gonflement libre sous poids des terres, est destiné à évaluer l’amplitude de
gonflement, mais permet aussi d’estimer σ sw . Deux variantes peuvent être envisagées pour cet

essai, suivant que la contrainte σ vf induite au sein du terrain par l’état de service de la structure
Annexe A : Procédures d’essais normalisées Page 162

est supérieure ou non au poids des terres. Dans les deux cas, l’échantillon est saturé sous le poids
des terres, puis :
Ø rechargé de manière progressive jusqu’à ce qu’il retrouve sa hauteur avant saturation, pour

être ensuite ramené progressivement à la précontrainte σ d . Cet essai est adapté au cas où

σ vf > σ vo ;

Ø soit directement ramené à la contrainte initiale σd dans le cas où σ vf < σ vo .

A.2.b - Détermination de la durée des paliers de gonflement à partir d une loi


Hyperbolique

A.2.b.1 - Suivi d un palier de gonflement

Un des points fondamentaux d’un essai de gonflement de type incrémental est la durée des
paliers de déchargement ou de saturation. A la différence des essais de compressibilité, on
estimera que dans un essai de gonflement uniaxial, on peut passer au palier suivant lorsque la
vitesse de gonflement est inférieure ou égale à une vitesse limite, qui peut être, elle aussi,
forfaitaire. Cette démarche est d’ailleurs celle adoptée pour les essais “rapides” décrits
précédemment, le “seuil” retenu étant de 1/100 mm par 8 heures dans le cas de l’étape de
saturation pour des échantillons de hauteur initiale H o voisine de 20 mm.

Cette dernière procédure nécessitant quelques précautions d’utilisation, il est apparu judicieux

d’utiliser le critère suivant : le palier de déchargement ( i + 1) est amorcée lorsque la variation du

taux de gonflement ∆ε i = ∆ ( ∆H H o )i de l’échantillon mesurée pendant le palier i est supérieure

ou égale à 95 % de la variation du taux de gonflement ∆ε i , ∞ que le sol serait susceptible de

manifester sous cette même contrainte au bout d’un temps infini.

Cette méthode qui présente l’avantage d’être adaptée à la variabilité des éprouvettes étudiées,
nécessite, en contrepartie, la mise au point d’un outil de calcul à la fois simple et représentatif de
la cinétique générale du phénomène de gonflement. L’utilisation d’une loi hyperbolique répond à
ces deux conditions.

A.2.b.2 - Calcul de ∆εi,∞ au moyen d une loi hyperbolique


Dakshanamurthy (1978), Vayssade (1978), Parcevaux (1980) et Didier et al. (1985) ont montré

qu’expérimentalement, la cinétique du gonflement, en règle générale, peut être approchée par


une relation hyperbolique de la forme :
Annexe A : Procédures d’essais normalisées Page 163

t
∆ε i ( t ) = ∆ε i , ∞
B+t

On démontre aisément que ∆ε i , ∞ est égal à l’inverse de la pente de la droite de régression des
 t 
points expérimentaux exprimés dans le diagramme  , t  , complété au fur et à mesure des
 ∆ε i ( t ) 
lectures par l’opérateur, en parallèle avec le tracé du diagramme ( ∆ε i ( t ) , log t ) .

A.2.b.3 - Interprétation des données

w Détermination de la courbe théorique de gonflement


L’intérêt de la mise en oeuvre de la loi hyperbolique dans la détermination de la durée de chaque
palier de déchargement réside dans le fait qu’il est facile, à partir de ces calculs, de tracer la
courbe de gonflement théorique du sol, représentative d’un gonflement à un temps infini (figurée
en pointillé sur la figure A.2).
Le taux de gonflement infini ε i , ∞ de l’éprouvette, sous contrainte σ i , sera calculé pour i

croissant à l’aide de la relation :


ε i , ∞ = ε i −1 + ∆ε i , ∞
dans laquelle ε i −1 est le taux de gonflement mesuré de l’éprouvette à la fin du palier

précédent, ∆ε i , ∞ ayant été défini précédemment.

Le choix de cette équation se justifie par le fait que le phénomène de gonflement correspondant
au palier i −1 n’étant pas stabilisé au début du palier i ; la valeur de ∆ε i , ∞ calculée par la loi

hyperbolique intègre le cumul des résidus de déformation des étapes précédentes. Le calcul de
ε i , ∞ par la relation
i
ε i , ∞ = ∑ ∆ε j , ∞
j =1

conduit à surestimer la valeur de ce taux du gonflement.

w Détermination des paramètres de gonflement du sol


La pression de gonflement σ sw est définie par l’abscisse du point G, intersection de l’horizontale

( e = eo ) et du prolongement de la partie linéaire de la courbe de gonflement théorique. On

considérera que la pente C g de la droite théorique constitue une valeur approchée de l’indice de

gonflement du sol, reliant la variation du taux de gonflement à celle de logarithme des


contraintes effectives.
Annexe A : Procédures d’essais normalisées Page 164

A.3 - ISRM (International Society for Rock Mechanics, 1989)


La Société Internationale de Mécanique des Roches (ISRM, 1989) donne des recommandations
pour l’échantillonnage, le stockage et la préparation des éprouvettes et propose trois méthodes
d’essais :
w gonflement libre d’une éprouvette non confinée, immergée dans un bac, avec mesure des
déformations de gonflement axiale (à l’aide d’un comparateur) et radiale (à l’aide d’une
bague
graduée) ;
w gonflement à volume constant pour déterminer une pression maximale de gonflement ;
w gonflement sous plusieurs paliers de décharge (figure A.3).
Cette dernière procédure basée sur l'essai Huder-Amberg a pour but de mesurer la déformation
axiale de gonflement d’une éprouvette de roche placée dans un oedomètre et résultant de la
décharge du matériau à partir de la valeur maximale de la contrainte (le poids des terres, par
exemple) jusqu’à une valeur compatible avec le projet. Elle est applicable aux cas où les
conditions aux limites sont assimilables aux conditions oedométriques.
Pour chaque palier de déchargement sous imbibition, on distingue la part instantanée de la
déformation ∆ε σ directement liée au déchargement et la part ∆ε due au gonflement par

adsorption d’eau. Le cumul de cette dernière donne la courbe de gonflement Σ ( ∆ε ) .

Figure A3 : Procédure d essais de gonflement de ISRM (1989)


Annexe A : Procédures d’essais normalisées Page 165

A.4 - ISSMFE (International Society for Soils Mechanics and Foundation


Engineering, 1990)

La Société Internationale de Mécanique des Sols et Travaux de Fondations (ISSMFE, 1991)


propose une méthode d’essais basée sur des oedomètres en parallèle (figure A.4). Plusieurs
éprouvettes d’un même sol sont imbibées dans des cellules oedométriques et sous différentes
charges, ce qui permet de déterminer une pression de gonflement σg et un coefficient C g . La

déformation étant mesurée directement à partir du début du gonflement, la méthode donne


directement le potentiel de gonflement.

Figure A.4 : Procédure d essais de gonflement ISSMFE (1991)

A.5 - BS 1377 (British Standard, 1990)

Trois méthodes d’essais de gonflement à l’oedomètre sont préconisées pour les sols fins :
w mesure de la pression de gonflement à volume constant, à partir du poids du piston, puis
déchargement par paliers ou rechargement par paliers sous imbibition, selon une séquence de
chargement appropriée ;
w même séquence de gonflement à volume constant jusqu’à la pression de gonflement puis
déchargement par paliers et sous imbibition, selon une séquence de charges appropriée
jusqu’à une charge minimale prédéfinie et enfin rechargement jusqu’à la pression de
gonflement en suivant la même séquence de charges. Cette dernière séquence permet de
déterminer les paramètres de compressibilité et de consolidation du sol testé ;
Annexe A : Procédures d’essais normalisées Page 166

w chargement jusqu’à la contrainte σ v o , correspondant au poids des terres, puis imbibition

(effondrement ou gonflement) jusqu’à stabilisation et poursuite de l’essai par un cycle de


chargement et de déchargement par paliers.

A.6 - Essai de gonflement-effondrement pour les sols compactés (Mieussens,


1993)

Une procédure d’essais oedométriques a été développée au Laboratoire Régional des Ponts et
Chaussées (LRPC) de Toulouse (Mieussens, 1993) dans le but de qualifier les matériaux
compactés. Cette procédure prévoit de tester, en une semaine, six éprouvettes identiques au
départ. L’argile est compactée par compactage semi-statique dans les moules oedométriques,
puis les éprouvettes sont chargées sous 25, 50, 100, 200, 400 et 800 kPa de contrainte totale
axiale σa respectivement pendant trois jours. Les éprouvettes sont mises en présence d’eau
pendant quatre jours supplémentaires. L’évolution de la déformation axiale ε a est enregistrée au
cours du temps. Suivant la nature du matériau testé, son état résultant du compactage et le niveau
de chargement, cette opération peut provoquer un gonflement ou un effondrement. Une courbe
C1 représentent alors les déformations obtenues au bout de trois jours, pour chacune des six
éprouvettes, sous les charges qui leur sont appliquées tandis qu'une courbe C2 montre les
déformations de chacune des éprouvettes, sous ces mêmes charges, après quatre jours
d’imbibition. La comparaison de ces deux courbes renseigne, d’une part, sur la compressibilité
du sol compacté et, d’autre part, sur sa sensibilité à l’imbibition.

A.7 - Norme Française NF P 94-091 (AFNOR, 1995)

La procédure de cette norme permet de déterminer la pression de gonflement et le potentiel de


gonflement d’un sol en présence d’eau sous différentes charges. L’essai s’effectue à l’oedomètre
sur plusieurs éprouvettes identiques (essais en parallèle). La norme précise les conditions d’essai,
le choix des charges à appliquer aux éprouvettes et la méthode d’exploitation des résultats. La
procédure s’attache essentiellement à la détermination de la pression de gonflement et du
potentiel de gonflement (part de la déformation due à l’imbibition).
Annexe B : Matériels utilisés pour les essais de gonflement Page 167

Annexe B : Matériels utilisés pour les essais


de gonflement

B.1. Description de l’appareillage oedométrique

Le plus ancien de ces appareils est celui de Palit [6] (Fig. B-1). Il permet le réglage de la hauteur
verticale de l’échantillon, au moyen d’une vis, la pression de confinement étant déterminée par
lecture sur l’anneau dynamométrique. Cette technique a été reprise par la majorité des autres
cellules de pression de gonflement expérimentées depuis, moyennant quelques améliorations.

Figure B- 1 : Appareillage de mesure de la pression de gonflement de Palit (1953)

La flexibilité de l’anneau dynamométrique de l’appareil de Palit a, dans un premier temps, été très
contestée et décrite comme la cause d’erreurs dans la détermination de la pression de gonflement
(Agarwal et al., 1973 ; Didier, 1973) [6]. De fait, il est prouvé que le moindre déplacement autorisé
réduit fortement la contrainte exercée. Pour remédier à cela, plusieurs améliorations ont été
apportées au dispositif dométrique. Elles consistent soit à automatiser la remise sous contrainte
des échantillons dès l’apparition du moindre déplacement axial (Agarwal et al., 1973), soit à
rigidifier l’ensemble de l’appareillage (Didier, 1973).
Annexe B : Matériels utilisés pour les essais de gonflement Page 168

La presse asservie d’Agarwall et al. (Fig. B-2) permet un contrôle en déplacement très fin. Une
remise en charge de l’échantillon a lieu dès que le déplacement axial est supérieur à 1/12 de mm,
∆V
c’est à dire que la variation du volume atteint la valeur = 3.10−2 .
V

Figure B- 2 : Appareillage de mesure de la pression de gonflement

Didier (1973) [6], pour sa part, préfère confiner l’échantillon dans une cavité rigide (Fig. B-3a), la
pression de gonflement étant déduite de la mesure de la déflexion d’une plaque d’acier pré-
∆V
étalonnée. Cette cellule rigide permet une précision sur le volume de l’ordre de = 10−3 .
V
Il décrit aussi une autre cellule basée sur le principe oedométrique (Fig. B-3b), qui permet de
suivre la pression de gonflement exercée à volume constant en fonction de l’état de succion de
l’échantillon. Cet appareil permet de bloquer totalement le piston durant la saturation et donc
d’obtenir la valeur de la pression de gonflement pour un volume rigoureusement constant. Il
∆V
permet par ailleurs d’effectuer aussi des essais à donné.
V
Annexe B : Matériels utilisés pour les essais de gonflement Page 169

(a) 1973 (b) 1980


Figure B- 3: Cellule de mesure de la pression de gonflement de Didier

B.2. Autres types d’appareillage de laboratoire

L’appareillage spécifique à la mesure de la pression de gonflement est largement répandu. Par


contre, cet domètre classique n’offre qu’une déformation unidimensionnelle et le chemin
des contraintes suivi pendant l’essai reste inconnu. Une amélioration des essais a consisté à
employer des domètres équipés de bagues de mesure de la pression radiale σ r pendant le

gonflement (Komornik et Zeitlen, 1965, 1970 ; Ofer, 1981 ; Erol et Ergun, 1994) [6] ; cet domètre
modifié est appelé domètre “ Ko ” (Fig. B-4). Dans ce cas, la rigidité de la bague doit être
rigoureusement assurée pour éviter toute déformation latérale.

Figure B- 4 : Cellule dométrique modifiée (Komornik et Zeitlen, 1965)


Annexe B : Matériels utilisés pour les essais de gonflement Page 170

L’étude expérimentale du gonflement en laboratoire s’effectue aussi avec le contrôle de succion


(Schreiner et al., 1994) ou de la contrainte latérale et de la succion (Schreiner et al., 1994).
L’appareillage triaxial offre quant à lui la possibilité de maîtriser la sollicitation en déformation ou
en contrainte. Des études expérimentales du gonflement ont été réalisées à l’aide
d’appareillages triaxiaux traditionnels (Parcher et Liu, 1965 ; Kassif et Baker, 1969 ; El Gamali
et al., 1991) ou asservis (Fourie, 1989 ; Yesil et al., 1993) (Fig. B-5).

Figure B-5 : Appareillage triaxial pour des essais de gonflement (Yesil, 1993)

B.3. Mesure de la succion

Pour l'étude des sols non saturés, on soulignera tout de même l'essai au papier filtre (Chandler et al.,
1986) [6] basé sur l'hypothèse, qu'à l'équilibre, le potentiel de l'eau d'un échantillon de sol et le
potentiel de l'eau d'un papier filtre en contact avec l'échantillon sont les mêmes. L'essai consiste
donc à placer un échantillon de sol en contact avec un papier filtre dont on connaît la courbe de
rétention. Le papier filtre peut être placé dans le sol à l'état sec ou humide. Généralement, trois
couches de papier filtre sont superposées et la mesure est effectuée sur la couche interne. A
l'équilibre, moyennant l'hypothèse citée précédemment, la succion du sol est évaluée par la
Annexe B : Matériels utilisés pour les essais de gonflement Page 171

détermination de la teneur en eau du papier filtre et l'utilisation de la courbe adéquate (Chandler et


al., 1986). On obtient ainsi la succion du sol dans son état de référence.

B.4. Cas des essais in situ

Hors du cadre des essais en laboratoire, il faut signaler les appareillages basés sur l’utilisation d’une
sonde pressiométrique, tels que ceux proposés par Ofer (1984) et Flavigny (1991) pour la
réalisation d’essais de gonflement in situ.

L’appareillage utilisé par Ofer (1984) [6] est un cylindre muni de jauges de contraintes
latérales, permettant de mesurer la contrainte horizontale agissant sur son pourtour. Il s’agit en
quelque sorte d’un domètre “inversé” avec une mesure du coefficient Ko. Deux anneaux
circulaires placés au dessus et au dessous de la partie sensible permettent d’humidifier le sol
autour de la sonde. L’appareillage est enfoncé dans un trou de forage. Il est complété par des
lames de scissomètre afin de mesurer la cohésion non-drainée du terrain. La figure B- 6 donne une
vue en coupe de cette sonde. A l’origine, la cellule était foncée dans une forge d’un diamètre
légèrement inférieur. Les auteurs ont développé, par la suite, une sonde mise en place par
autoforage.

anneaux Pression latérale


poreux en kPa
200

150

100

50

scissomètre Log t en mn
anneau
avec jauges 10 100 1000 10000

FigureB- 6: Appareil de Ofer (1984) et exemple de résultat

Flavigny et al. (1991) [6] ont développé un dispositif pressiométrique dit “Expansol”, conçu pour
opérer à faible profondeur dans des conditions habituelles d’essais (Fig. B-7). Il s’agit
de deux sondes pressiométriques superposées reliées chacune à un système de mise en pression
(de type générateur de pression asservi) entre lesquelles se trouve un dispositif d’humidification.
La sonde supérieure est dévolue aux essais pressiométriques normaux tandis que la sonde inférieure
permet de réaliser deux types d’essais pendant l’humidification :

- soit un essai de gonflement libre en asservissant la pression dans la sonde à sa valeur initiale,
Annexe B : Matériels utilisés pour les essais de gonflement Page 172

- soit un essai de pression de gonflement en maintenant le volume à sa valeur sous contrainte


initiale.

On remarque que l’essai est d’une durée très faible et ne donne que la première partie de la courbe
obtenue par Ofer.

Figure B- 7: Appareil de Flavigny et al. (1991) et exemple d’un essai de pression de gonflement
Conclusion générale

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