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La Conférence des Parties (COP) est un sommet annuel qui réunit 197 nations pour discuter

du changement climatique et de la manière dont les pays - et nous tous - prévoient de le


combattre. Elle fait partie de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements
climatiques, un traité international signé par la quasi-totalité des pays et territoires du
monde, qui vise à limiter l'impact de l'activité humaine sur le climat.
La COP26 s’est tenue à Glasgow (Royaume-Uni), du 31 octobre au 12 novembre,
après avoir été reportée d’un an en raison de la crise sanitaire liée au corona virus.
Plus de 190 dirigeants mondiaux y ont pris part. Des dizaines de milliers de
représentants de gouvernements, de villes, de régions et d’acteurs non-étatiques
(entreprises, investisseurs, ONG…) ont participés aussi à ces deux semaines de
négociations. Comme le rappelle le dernier rapport du Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) publié en août 2021, le monde
n’est pas sur la bonne voie pour rester en dessous des 2 °C voire 1,5 °C de
réchauffement global par rapport à l’ère préindustrielle, objectif à long terme de
l’Accord de Paris. Pour inverser cette tendance, les scientifiques soulignent la
nécessité de diviser par deux les émissions mondiales de gaz à effet de serre au cours
des dix années à venir. C’est le 12 décembre 2015, lors de la COP21, que l’Accord de
Paris est adopté. Il fixe l’objectif de maintenir le réchauffement planétaire sous la
limite des 2 °C et si possible 1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle. C’est aussi
l’Accord de Paris qui établit les objectifs que les pays se fixent pour réduire leurs
émissions de GES, c’est-à-dire les contributions déterminées au niveau national
(CDN). En amont de la COP21, chaque pays a dû présenter ses efforts de réduction
des émissions de gaz à effet de serre. Le texte prévoit une révision à la hausse de ces
contributions nationales tous les cinq ans.
En 2016, la France et l’Union européenne ont ratifié l’accord qui entre en vigueur le 4
novembre. Il a, depuis, été ratifié par 192 pays (la Turquie est le dernier pays à l’avoir
ratifié en 2021). En décembre 2018, le paquet climat de Katowice adopté lors de la
COP24, en Pologne, a mis en place des règles, procédures et orientations communes
et détaillées pour mettre en œuvre l’Accord de Paris. En décembre 2020, l’UE a
révisé et renforcé sa CDN, qui passe à au moins 55 % de réduction des émissions de
GES d’ici à 2030 par rapport à 1990. Elle s’est aussi engagée à la neutralité climatique
à 2050 dès 2019.
Même si le sommet de Glasgow parvient à se mettre d'accord sur tout ce qui précède, pour
être sûrs que nous sommes tous sur la même longueur d'onde, le monde a besoin de
"calendriers communs" pour tous les objectifs écologiques fixés. On pourrait penser qu'il
s'agit d'un problème relativement facile à résoudre. Hélas, non. La priorité absolue sera
d'obtenir des pays qu'ils s'engagent à atteindre des émissions nettes nulles d'ici le milieu du
siècle, avec des réductions de carbone plus agressives et plus rapides d'ici 2030.
Les solutions dites "fondées sur la nature" feront également l'objet de discussions. Il s'agit
d'utiliser la nature elle-même pour résoudre certains des problèmes climatiques, comme
l'absorption du carbone ou la plantation d'arbustes et d'arbres pour se protéger des
phénomènes météorologiques extrêmes tels que les inondations ou les tempêtes de sable.
Un certain nombre d'initiatives ciblées devraient également être mises en place pour relever
des défis spécifiques tels que l'élimination de l'utilisation du charbon et la sauvegarde des
écosystèmes. Quand on examine l'évolution de la crise du climat, on ne peut
s’empêcher de prendre un air dépité. Le problème n’est pas nouveau et le monde
a eu de nombreuses occasions d’éviter les paysages apocalyptiques de flammes et
de nuages de cendres que l’on voit actuellement en Turquie, en Grèce, en Chine
et aux États-Unis.
Le sommet sur le climat organisé à Glasgow, en novembre 2021, par les
gouvernements britannique et italien a été présenté comme l’une des dernières
chances pour l’humanité de ralentir le réchauffement de la planète. En quoi sera-
t-il donc différent des précédents ? Pourquoi tout le monde maintient qu’il est si
important ? N'est-ce pas une formalité ? De nombreuses personnes réclament la
même chose : que les États s'engagent de manière concrète dans le mouvement
écologique mondial connu sous le nom de « Green New Deal. » Cela peut signifier
des choses quelque peu différentes selon les pays mais il y a des thématiques
communes : une transformation sociétale complète qui décarbonise l'économie
tout en mettant l'accent sur les emplois verts et la justice climatique globale.
Si tous les pays riches s'engageaient dans cette voie, les perspectives
internationales seraient complètement différentes. Cependant, alors que de
nombreux gouvernements reprennent le discours des radicaux, en évoquant, par
exemple, une révolution industrielle verte, il est important de se renseigner sur
les politiques mises en œuvre. Toutes les révolutions vertes ne sont pas égales.
Prenons l’exemple de la Grande-Bretagne. En théorie, le gouvernement
britannique s’est fixé des objectifs climatiques de premier plan : il a été le premier
pays au monde à définir un objectif juridiquement contraignant visant à atteindre
une neutralité carbone d’ici 2050. En décembre, il a revu ses ambitions à la hausse
en s’engageant à réduire de 68 % ses émissions par rapport aux niveaux de 1990.
Pourtant, dans le même temps, le Royaume-Uni a approuvé l’exploitation d’un
nouveau gisement de pétrole en mer du Nord, envisage d’ouvrir sa première
nouvelle mine de charbon depuis 30 ans et a réduit son budget d’aide de
plusieurs milliards. Cela a supprimé des projets climatiques, abandonnant ainsi les
communautés qui seront en première ligne des conséquences de la hausse des
températures.
Même lorsqu’il s’agit de tenir d’anciennes promesses, sans parler d’en faire de
nouvelles, le manque de volonté politique est manifeste.

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