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Chapitre 7 Un régime Mixte : La France

Introduction : Histoire et Allure du Régime

Depuis la fin du XVIIIème siècle, la France a connu une histoire


constitutionnelle assez mouvementée.
Depuis la révolution de 1789 et la première Constitution de Monarchie qui
remonte à 1791, jusqu’à 1875 la France a connu une grande instabilité. Toutefois,
avec l’instauration de la IIIème République, en 1875, la France devient la première
« République » parlementaire au monde.
La Constitution de la Vème République actuelle a été instaurée en 1958 par le
général de Gaulle et à sa mesure, c'est-à-dire que quoique les institutions soient
de type parlementaire ; le président tant qu’il dispose d’une majorité au sein du
parlement et de la confiance du peuple français peut concentrer les pouvoirs
entre ses mains.
Par contre, la face parlementaire du régime resurgit lorsque le président perd sa
majorité parlementaire à la suite d’élections législatives : s’ouvre alors une
période de cohabitation avec un Premier ministre politiquement opposé au chef
de l’État. Ainsi le président est obligé de cohabiter avec une chambre à majorité
hostile et donc avec un gouvernement appartenant à un parti adverse, le régime
redevient parlementaire puisque le pouvoir se transporte entre les mains du
premier ministre responsable devant l’assemblée puisqu’à ce moment le Premier
ministre gouverne, et le président se cantonne à sa fonction d’arbitre, tout en
étant le chef de l’opposition.
(D’une façon plus claire, le régime politique français dépend des élections
législatives).

Section I - L’organisation des pouvoirs publics

L’organisation des pouvoirs publics de la Vème République paraît conforme au


système parlementaire c'est-à-dire un exécutif bicéphale et un bicamérisme au
sein du parlement, mais le général de Gaulle a bouleversé les rapports du pouvoir
en faveur de l’exécutif.

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A- Le pouvoir exécutif

a) Le président de la République.

Il est le chef de l’Etat et est élut depuis le 2 octobre 1962 (suite à une
reforme initiée par le General de Gaulle et ceci en raison de la légitimité des
élections) au suffrage universel direct, c'est-à-dire par l’ensemble des citoyens en
âge de voter (18 ans) inscrits sur les listes électorales pour être élue le candidat
doit avoir 23 ans au minimum.
L’élection se déroule au scrutin majoritaire à 2 tours, pour être élut au
premier tour le candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés
par les élections.
Autrement on passe au deuxième tour qui a lieu 15 jours après le premier, à ce
moment seul s’affrontent les 2 candidats ayant obtenu le plus grand nombre de
suffrage au premier tour et est déclaré élut le candidat venant en tête.
La durée du mandat présidentiel est passée de 7 ans à 5 ans (on est passé du
septennat au quinquennat), avant 2008 le président de la République pouvait être
indéfiniment rééligible, mais actuellement il ne peut être rééligible que pour 2
mandats consécutifs. Il est irresponsable civilement, pénalement et
politiquement, sauf pour le crime de haute trahison suivant l’article 68 de la
Constitution (en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible
avec l’exercice de son mandat). Mais cet article ne contenait en revanche aucune
information sur la question des infractions pénales commises par le Président en
dehors de l’exercice de ses fonctions. Le Conseil Constitutionnel a dû se prononcer
sur la question d’une éventuelle révision de la Constitution en 2007 (préalable à la
ratification du traité de Rome relatif à la Cour pénale internationale), ce texte a
prévu l’engagement de la responsabilité pénale des chefs d’Etat devant cette Cour
internationale. Le Conseil constitutionnel a estimé qu’il résulte de l’article 68 de la
Constitution que le Président de la République, pour les actes accomplis dans
l’exercice de ses fonctions et hors le cas de haute trahison bénéficie d’une
immunité ; qu’au surplus, le Président de la République pendant la durée de son
mandat ne peut être traduit que devant la Haute Cour de justice. Mais selon
l’article 53-2 de la Constitution la responsabilité pénale du Chef de l’Etat peut être
engagée s’il est soupçonné d’avoir commis un acte relevant de la compétence de
la Cour pénale internationale (crime de guerre, génocide…). Et s’agissant des
autres infractions susceptibles d’être commises par le Président de la République,
ce dernier bénéficie d’une immunité procédurale temporaire, ceci signifie que le
Président durant son mandat ne peut faire l’objet d’une action, d’instruction ou de
poursuite devant aucune juridiction ou autorité administrative.
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La Constitution de la Vème République met le Président au premier rang, et
en fait, pour reprendre l’expression de Michel Debré, la « clé de voûte » des
institutions française et du régime politique du pays. Le président de la République
est devenu l’institution majeure de la Vème République, celle qui initie le
changement, donne le ton, représente le pays, et autour de laquelle s’ordonne
toute la vie politique nationale. Une telle évolution était inévitable, dès lors que,
grâce à son élection au suffrage universel direct, le Chef de l’Etat établit un lien
direct et puissant avec ses concitoyens.
En effet l’article 5 de la Constitution mentionne : « Le Président de la République
veille au respect de la Constitution. Il assure par son arbitrage, le fonctionnement
régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de
l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. »

b) Le Gouvernement
Le premier ministre est choisi intuitu personae par le président de la
République (art. 8 Const) mais celui-ci ne peut le révoquer que sur une
présentation du premier ministre de la démission du gouvernement, ou lorsque le
gouvernement n’a plus la confiance du parlement (hypothèse classique du régime
parlementaire).
Le premier ministre a, dans le cadre de la Vème République essentiellement
pour tâche de mettre en œuvre les volontés élyséennes. Mais en même temps il
est chef de la majorité parlementaire, il doit aussi prendre en compte les désirs
des parlementaires du camp majoritaire.

Si le Chef de l’Etat dispose d’une majorité parlementaire, le choix de son


premier ministre est libre et discrétionnaire, mais en période de cohabitation, la
nomination, est contraire. C’est la majorité parlementaire qui fait connaitre son
choix, et celui-ci est respecté par le Chef de l’Etat.
Il jouit d’un statut identique à celui des autres ministres ceux-ci sont nommés par
un décret du président de la République sur proposition du premier ministre.
Les ministres ne bénéficient d’aucune immunité particulière et peuvent être jugés
par les tribunaux ordinaires, leur fonction est incompatible avec un mandat
parlementaire, c’est pour cette raison qu’un suppléant est élut en même temps
que le député afin de le placer en cas d’accès à des fonctions ministérielles ou en
cas de décès. Les ministres étant en grande partie choisis dans les rangs des
députés cette règle a pour conséquence d’éviter les élections partielles.

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B- Le pouvoir législatif

En France comme dans les autres démocraties, le parlement est un lieu de


délibération collégiale où se joue une part déterminante de la vie politique de la
nation. C’est au parlement que sont votées les lois. Ce sont les parlementaires qui
disposent juridiquement des moyens de contrôler l’action gouvernementale. Le
parlement Français se compose sous la Vème République de 2 chambres et qui
sont : l’Assemblée nationale (chambre basse) et le Sénat (Chambre Haute).

a) L’Assemblée nationale

Elle est composée de 577 députés élus pour 5 ans au suffrage universel,
majoritaire, uninominal à 2 tours.
Pour être éligible il faut avoir 23 ans et jouissant de ses droits civiques.
Le scrutin est majoritaire c'est-à-dire que l’emportera le candidat qui a
recueilli le plus grand nombre de voix. Il est uninominal c'est-à-dire qu’il n’y a
qu’un siège par circonscription d’où la nécessité d’un découpage du territoire en
autant de circonscriptions électorales qu’il y a de siège à pourvoir.
Enfin le scrutin est à 2 tours, mais un candidat peut être élut au premier tour s’il
obtient la majorité absolue des suffrages exprimés. Sinon, on procède alors à un
second tour de scrutin.
La majorité relative est suffisante alors à ce moment, c'est-à-dire est déclaré élut
le candidat qui a obtenu le plus de points au second tour.
En cas de démission d’un député, son suppléant ne peut le remplacer et il faut
procéder à de nouvelles élections.

b) Le Sénat

Il est composé de 348 sénateurs environ élus pour 9 ans au scrutin indirect à
2 degrés.
Cela signifie que l’ensemble des électeurs n’est pas appelé à désigner les
sénateurs qui sont élus au niveau de chaque département par un collège
comprenant :
Les députés, les conseillés généraux et les délégués des conseils municipaux…

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Section II Les attributions des pouvoirs publics

A- L’Exécutif :

La Constitution de la Vº République a réservé une place à part au président de


la République puisqu’il jouit de prérogatives propres notamment en période de
crise, distinctes de celles du gouvernement.

a) Les pouvoirs du président de la République.

Etant : « L’arbitre chargé d’assurer le fonctionnent des pouvoirs Publics ». « Ainsi


que le garant de l’indépendance Nationale », le Président de la République à côté
des pouvoirs classiques d’un chef d’Etat dans un régime parlementaire se voit
attribuer des pouvoirs propres sans contreseing comme :

- Le droit de message aux assemblées parlementaires.


- La nomination du 1er ministre
- La nomination de 3 membres du conseil constitutionnel et de son
président.
- Ainsi que le droit de saisine du conseil constitutionnel.
- La présidence de conseil des ministres ainsi que du conseil supérieur de
la Magistrature et du conseil supérieur de la défense nationale
- Il possède seul le droit de dissolution de l’assemblée nationale.
- Il a le droit de soumettre au referendum tout projet de loi portant sur
l’organisation du pouvoir public au même tout projet de la loi
constitutionnelle.
- Enfin en période de crise l’article 16 de la Constitution donne au Chef de
l’Etat de pouvoirs exorbitants en lui permettant de prendre toutes les
mesures nécessaires, en vue d’assurer le fonctionnent régulier des
services publics. En pratique il peut dans ce cas cumuler tous les
pouvoirs.

b) Le gouvernement :

Le gouvernement est responsable devant l’Assemblée nationale uniquement


et est dirigé par le 1er ministre qui possède des pouvoirs propres et entretient des
rapports étroits avec le chef de l’Etat et avec le parlement. Si l’Assemblée
nationale n’est pas satisfaite de la politique gouvernementale, elle peut mettre en
cause la responsabilité politique du gouvernement. Donc, seule l’Assemblée
nationale dispose d’un tel pouvoir.
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Le conseil des ministres est un organe collégial et solidaire, et se tient en
principe une fois par semaine sous la présidence du président de la République.
Le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation mais le président
de la République dirige l’action gouvernementale.
Toutefois si le président se trouve en présence d’une majorité et par conséquent
d’un premier ministre d’une orientation différente de la sienne il doit se borner à
présider le conseil des ministres sans y exercer d’influences particulières.

Donc suivant la Constitution française, il appartient au gouvernement de


déterminer et de conduire la politique de la nation. C’est ainsi que le
gouvernement dispose, de moyens lui permettant d’orienter, d’accélérer ou de
freiner la discussion des textes émanants du parlement.
Chaque membre du gouvernement assume un double rôle ; un rôle politique et un
rôle administratif. Sur le plan administratif, le ministre est placé à la tête d’un
ensemble de services qui constituent son département ministériel, sur lequel il
exerce un pouvoir hiérarchique par voie d’arrêtés et de circulaires.

B- Le Parlement

Il joue un rôle dans l’élaboration des lois, l’approbation du budget de l’Etat


et le contrôle de l’action gouvernementale qui est toutefois réservée à la seule
assemblée nationale car le sénat ne peut voter une motion de censure.

Selon l’article 39 de la Constitution : « L’initiative des lois appartient


concurremment au premier ministre et aux membres du Parlement ».
Cependant le rôle législatif du parlement a été réduit contrairement à la
tradition parlementaire qui veut que le domaine de la loi soit illimité. Le parlement
étant considéré comme souverain et de ce fait pouvant légiférer sur n’importe
quelle matière.
L’innovation apportée par la Constitution de 1958 se base sur l’idée de
circonscrire le domaine de la loi à un certain nombre de matière limitativement
énuméré dans l’article 34.

L'article 34 opère une véritable révolution du rôle de la loi. Dans les régimes
précédents de la IIIème et de la IVème Républiques, la loi, « expression de la
volonté générale », pouvait intervenir dans tous les domaines : elle n'était limitée
ni par la Constitution, en l'absence de possibilité de contrôler effectivement la
conformité d'une loi à la norme fondamentale, ni par le règlement qui, ne pouvait

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intervenir qu'en vertu d'une loi. Or la Constitution de 1958 semble renverser le
rôle respectif de la loi et du règlement : l'article 34 limite la loi à une liste de
domaines particuliers, tandis que l’article 37 dispose que le règlement peut
couvrir tous les champs non attribués à la loi. C'est donc désormais le règlement,
pris par le pouvoir exécutif, qui devient autonome.
(L'article 37 de la Constitution de la Vème République française, définit l'étendue
du domaine règlementaire et précise ses relations avec le domaine législatif).

Quoi qu’il en soit la Vème République française a rompu avec le


parlementarisme classique en limitant les prérogatives du parlement tout en
assurant la prépondérance de l’exécutif.

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