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Corrigé Corrigé de l’épreuve de synthèse à la maison

(TP rédigé, intro et conclusion de la synthèse rédigées, développement esquissé simplement)

1) Entre 1994 et 2003, le PIB réel par habitant de la Norvège a été multiplié par environ 2,3. Ce qui signifie que, en 2003, l’économie norvégienne a créé 2,3 fois plus de richesses par habitant que dix ans auparavant en volume ; autrement dit, le niveau de vie des Norvégiens s’est considérablement accru (c’est la plus forte hausse pour les pays cités). Cette amélioration prend donc en compte les deux variables que sont le PIB et la population.

2) L’IDH repose sur 3 critères : richesse (PIB/hab.), santé (espérance de vie à la naissance), éducation (taux d’alphabétisation x nombre moyen d’années d’études). D’une part, la croissance économique se traduira par une hausse de l’IDH, puisque le PIB/hab. augmentera (à condition que l’accroissement démographique ne soit pas plus rapide). D’autre part, la croissance économique mettra à disposition des richesses supplémentaires qui pourront être utilisées en faveur de la santé ou de l’éducation (construction d’infrastructures sanitaires, formation du personnel de santé…).

3) La réponse doit être nuancée grâce aux exemples du tableau. Le pays qui est en haut du classement IDH est celui qui s’est le plus enrichi sur la période (Norvège) ; c’est le pays qui a le PIB/hab. le plus élevé qui est donc le plus «développé» (au sens de l’IDH). Cependant, le Canada qui reste au 5e rang d’IDH en 2003 est le pays qui a le plus faible PIB/hab. ; les États-Unis sont au 10e rang d’IDH.

4) Les exemples de la protection sociale en matière de chômage, famille, santé ou vieillesse peuvent être développés. Par exemple, en matière de protection vieillesse, le droit à une pension de retraite pour les actifs âgés leur permet de maintenir le niveau de leur consommation, mais aussi de se retirer du marché du travail lorsque leur productivité est susceptible de faiblir ; de plus, étant indépendants, ils ne seront pas à la charge des femmes qui pourront se porter sur le marché du travail (processus de marchandisation).

5) Amartya Sen explique que des structures sociales favorisant le développement, telles que les dispensaires/centres de santé et les écoles primaires, sont peu coûteuses à mettre en place. En effet, elles nécessitent surtout de la main d’œuvre (qui est nombreuse donc peu coûteuse) et peu d’investissements (pour lesquels les capitaux manquent dans les pays en développement).

6) Dans le domaine de l’agriculture, la redistribution des terres aux petits paysans permet effectivement d’accroître la productivité agricole par une plus grande implication des exploitants, qui bénéficient directement des efforts qu’ils fournissent dans leur travail. Dans le domaine de l’éducation, l’égalité des chances permet de développer les talents d’une population plus nombreuse qui constituera un « capital humain » plus efficace.

Sujet : Vous montrerez que si la croissance entraîne le développement, le développement peut aussi favoriser la croissance économique.

Introduction À l’automne, le gouvernement prépare le budget pour l’année à venir, il s’appuie pour cela sur une prévision de croissance économique. La croissance, que F. Perroux définit comme « l’accroissement durable d’un indicateur de production », le plus souvent le PIB, est donc synonyme d’enrichissement et permet au gouvernement d’estimer ses recettes pour orienter ses dépenses (justice, éducation, santé, culture…). Comment l’enrichissement d’un pays peut-il conduire à l’amélioration générale des conditions de vie des individus, accroître le bien-être de manière à satisfaire les besoins dits « primaires » (alimentation, logement…), mais aussi d’éducation et de santé, ou encore satisfaire les désirs d’émancipation ? Peut-on renverser la relation causale ? Autrement dit, le développement peut-il à son tour favoriser l’enrichissement? En quoi le processus d’émancipation peut-il produire de la richesse économique ? Après avoir montré que la croissance économique entraîne le développement, nous étudierons la façon dont le développement peut favoriser la croissance.

I. Montrons comment la croissance favorise le développement

a. Constat/exemple : Reprendre la réponse à la question 1 ; plus généralement c’est le cas des pays

occidentaux pendant les Trente Glorieuses ; également vrai pour la Corée.

b. Comment passe-t-on de croissance à développement ? Mécaniquement, une hausse du PIB fait

augmenter l’IDH (Q2), mais le développement est un processus plus vaste. La croissance, c’est davantage de moyens financiers pour financer les infrastructures économiques et sociales (santé, éducation, justice…) ; une fois les besoins de base satisfaits, d’autres préoccupations peuvent émerger (liberté, égalité, démocratie). La croissance entraîne une distribution de revenus (salaires, profits, prélèvements

obligatoires) permettant plus de consommation et d’investissement ; l’amélioration du capital humain et technique fait apparaître un cercle vertueux (Q3).

II. Et comment le développement peut, à son tour, favoriser la croissance

a. Les structures de base du développement sont faciles à mettre en place au début de la phase de

développement (beaucoup de main-d’œuvre pour ces secteurs, or elle est abondante, donc pas chère,

dans les pays en développement) (Q6). Ces structures vont permettre d’accroître la productivité de la main- d’œuvre (plus instruite et en meilleure santé notamment), ce qui est favorable à la croissance. b. La démocratie sociale crée un climat favorable à la croissance : exemple de la réduction des inégalités (Q5). On peut développer ici le point de vue de A. Sen : la liberté, moteur du changement. La protection sociale permet de maintenir la demande en temps de crise, dans une perspective très keynésienne (Q.4). Mais, elle est aussi un investissement rentable dans une logique plus libérale d’offre, notamment ciblée sur la petite enfance (cf. Alter Eco n°272, septembre 2008, p.74-76 ).

Conclusion La croissance économique est souvent considérée comme l’élément indispensable pour entamer un processus de développement (grâce à elle, la distribution de revenus favorise l’investissement permettant d’augmenter la productivité qui, à son tour, aura un impact sur l’évolution des structures politiques et sociales…). Pour autant, le développement a un rôle à jouer dans la croissance (une main-d’œuvre plus productive, une baisse de la fécondité rendent les femmes plus disponibles pour l’activité économique…). Après avoir vu l’impact réciproque croissance/développement, on peut s’interroger sur la qualité de cette croissance et de ce développement, c’est-à-dire leur pérennité.