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COMPTABILITÉ ET AUDIT

UE 214 T2141-F2/4

Ce fascicule comprend :
La série 2
Les devoirs 2 et 3 à envoyer à la correction

LA CONSOLIDATION DES COMPTES


Comptabilité et audit

Les auteurs :
Chérif-Jacques Allali : Agrégé d'économie et de gestion.

L’ensemble des contenus (textes, images, données, dessins,


graphiques, etc.) de ce fascicule est la propriété exclusive de l’INTEC-
CNAM.
En vertu de l’art. L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle, la
reproduction ou représentation intégrale ou partielle de ces contenus,
sans autorisation expresse et préalable de l’INTEC-CNAM, est illicite.
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorise que « les copies ou
reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non
destinées à une utilisation collective » (art. L. 122-5).

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 3

NOTES LIMINAIRES

1. Ce cours a pour objet de présenter les règles et les méthodes applicables aux comptes consolidés. Il
s’appuie sur les dispositions légales et réglementaires du code de commerce, sur le règlement n° 99-02 du 29
avril 1999 relatif aux comptes consolidés des sociétés commerciales et entreprises publiques ainsi que sur les
normes internationales IAS/IFRS.

2. Ce cours n’aborde pas l’évaluation financière des sociétés et des groupes en normes IAS/IFRS, celle-ci
étant incluse dans la partie « Information comptable et management financier » du programme de l’UE 4
« Comptabilité et audit » du DSCG.

3. Ce cours est à jour au 1er août 2010.

4. Liste des abréviations utilisées :


art. L …-.. Article du code de commerce (partie Législative)
art. R …-.. Article du code de commerce (partie Réglementaire)
§… Paragraphe du règlement n° 99-02 du CRC, sauf indication contraire
ANC Autorité des Normes Comptables (née de la fusion du CNC et du CRC)
CNC Conseil National de la Comptabilité
CRC Comité de la Réglementation Comptable
IAS International Accounting Standard
IFRS International Financial Reporting Statement
IS Impôt sur les sociétés
PCG Plan Comptable Général (Règlement n° 99-03 du CRC)
Règlement n° 99-02 du CRC Règlement du 29/04/99 relatif aux comptes consolidés des sociétés
commerciales et entreprises publiques modifié par les règlements du CRC
n° 2000-07, n° 2002-12, n° 2004-03, n° 2004-14, n° 2005-10, n° 2008-03
et n° 2008-10.
Règlement n° 99-03 du CRC Règlement du 29/04/99 modifié par les règlements du CRC n° 99-08,
n° 99-09, n° 2000-06, n° 2002-10, n° 2003-01, n° 2003-04, n° 2003-05,
n° 2003-07, n° 2004-01, n° 2004-06, n° 2004-07, n° 2004-08, n° 2004-13,
n° 2004-15, n° 2005-09, n° 2007-02, n° 2007-03, n° 2008-01 et n° 2008-15.

5. Depuis le décret n° 2010-56 du 15/01/10, c’est l’Autorité des Normes Comptables (ANC) qui est chargée
de la réglementation dans le domaine de la comptabilité privée.

6. Il est recommandé de consulter les textes auxquels le présent cours fait référence : doctrine du CNC (avis
et recommandations), règlements du CRC, articles du code de commerce, normes IAS/IFRS.
4 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

INTRODUCTION
L’étude des comptes de groupe, c’est-à-dire des « comptes consolidés », nécessite un niveau
minimum de connaissances comptables et fiscales. En comptabilité, le niveau requis est celui de
l’épreuve de comptabilité approfondie du DCG (UE 10). En droit fiscal, le niveau requis correspond
à la partie « L’imposition des résultats dans le cadre des sociétés soumises à l’impôt sur les
sociétés » de l’épreuve de droit fiscal du DCG (UE 4).
Pour éviter tout risque de confusion entre la réglementation française et les normes internationales
IAS/IFRS, la terminologie employée dans ce cours est celle qui est utilisée dans le code de
commerce et dans le règlement n° 99-02 du CRC, sauf lorsqu’il est fait référence explicitement aux
normes IAS/IFRS.
La normalisation comptable française est en profonde mutation depuis de nombreuses années et elle
s’inscrit dans la logique d’une convergence avec les solutions retenues par les normes IAS/IFRS.
Cette tendance semble s’accélérer depuis ces dernières années. En conséquence, les comptes
consolidés en normes françaises se rapprochent de plus en plus, directement et indirectement, des
comptes consolidés établis selon les normes internationales IAS/IFRS :
- directement : par les règlements spécifiques du CRC qui ont modifié le règlement n° 99-02 relatif
aux comptes consolidés des sociétés commerciales et entreprises publiques ;
- indirectement : par les règlements du CRC qui ont modifié le règlement n° 99-03 relatif au Plan
comptable général applicable dans les comptes individuels.
La structure de ce cours permet d’aborder l’étude de la consolidation des comptes de manière
méthodique, progressive et approfondie. Ce cours est conforme au programme de la partie 3
« Comptes de groupe » de l’UE 4 « Comptabilité et audit »du DSCG (cf. BO n° 11 du 18/03/10) :
3. Comptes de groupe (60 heures)
Notions et contenus
3.1. Principes de consolidation
Définition des groupes
Pourcentages d’intérêt et de contrôle
Cadre réglementaire et légal national et normes
comptables internationales (IFRS)
3.2. Processus d’élaboration des comptes de groupe
Sens et portée de l’étude Notions et contenus
Comprendre l’incidence comptable de la Opérations de pré-consolidation
définition d’une entité et de son périmètre Méthodes de consolidation
(le périmètre doit-il être défini selon des Retraitements de consolidation
critères juridiques – droit de propriété – ou de Elimination des comptes réciproques et des
contrôle ?) résultats internes
Traitement des écarts de première consolidation
Variations du pourcentage d’intérêts et du
périmètre de consolidation
Comptes combinés
3.3. Documents de synthèse des groupes Notions et contenus
Bilan, compte de résultat, annexe
Tableau des variations des capitaux propres
Tableau des flux
Indications complémentaires :
3.2. Les retraitements de consolidation concernent : les retraitements d’homogénéité, les retraitements pour des
raisons d’ordre fiscal, les retraitements des différences temporaires, l’ajustement des comptes réciproques, la
conversion des comptes des sociétés étrangères.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 5

PLAN DE LA SÉRIE

TITRE 1. PÉRIMÈTRE DE CONSOLIDATION…………………………………………......... 7


CHAPITRE 1. CADRE LÉGAL ET RÉGLEMENTAIRE…………………………………………. 7
Section 1. Obligation d’établissement des comptes consolidés…………………………........ 7
Section 2. Composition de l’ensemble à consolider………………………………………..... 8
Section 3. Contrôle exclusif………………………………………………………………….. 10
Section 4. Contrôle conjoint………………………………………………………………...... 11
Section 5. Influence notable………………………………………………………………...... 12
Section 6. Notion de groupe………………………………………………………………...... 12
CHAPITRE 2. POURCENTAGE DE CONTRÔLE ET POURCENTAGE D’INTÉRÊTS……...... 14
Section 1. Distinction entre les notions de contrôle et d’intérêts…………………………...... 14
Section 2. Catégories de titres générant des décalages entre contrôle et intérêts…...………... 15
Section 3. Règles de calcul dans le cas de liaison indirecte……………………...…………... 17
Section 4. Autocontrôle………………………………………………………………………. 24
..
CHAPITRE 3. MÉTHODES DE CONSOLIDATION…………………………………………....... 27
Section 1. Principes généraux………………………………………………………………... 27
Section 2. Mise en équivalence………………………………………………………………. 28
Section 3. Intégration proportionnelle………………………………………………………... 28
Section 4. Intégration globale……………………………………………………………........ 29
Section 5. Aperçu de la consolidation du bilan et du compte de résultat…………………...... 29
Section 6. Introduction à la pratique de la consolidation…………………………………...... 36
CHAPITRE 4. CONSOLIDATION PAR PALIERS ET CONSOLIDATION DIRECTE…………. 44
Section 1. Principe général………………………………………………………………........ 44
Section 2. Consolidation par paliers………………………………………………………...... 45
Section 3. Consolidation directe…………………………………………………………........ 51
CHAPITRE 5. EXERCICES D’APPLICATION DU TITRE 1……………………......................... 56
TITRE 2. OPÉRATIONS DE PRÉ-CONSOLIDATION……………………………………… 83
CHAPITRE 1. RETRAITEMENT OBLIGATOIRE DES DIFFÉRENCES TEMPORAIRES……. 84
Section 1. Impôts sur les résultats et différences temporaires………………………………... 84
Section 2. Actifs et passifs d’impôts différés……………………………………………........ 89
Section 3. Traitement comptable des impôts différés………………………………………... 90
CHAPITRE 2. AUTRES RETRAITEMENTS OBLIGATOIRES…………………………………. 95
Section 1. Elimination des provisions réglementées…………………………………………. 95
Section 2. Elimination des subventions d’investissement……………………………………. 98
Section 3. Retraitement des frais d’acquisition des immobilisations………………………… 101
Section 4. Retraitement de l’impact des changements de méthodes…………………………. 107
Section 5. Retraitement des frais d’augmentation de capital……………………………........ 109
.
CHAPITRE 3. RETRAITEMENTS D’HOMOGÉNÉITÉ………………………………………..... 113
Section 1. Méthodes d’évaluation et de présentation……………………………………........ 113
Section 2. Méthodes préférentielles………………………………………………………….. 115
Section 3. Autres méthodes optionnelles…………………………………………………….. 137
CHAPITRE 4. CONVERSION DES COMPTES LIBELLÉS . EN MONNAIE ÉTRANGÈRE…… 144
Section 1. Choix de la méthode de conversion……………………………………………..... 144
Section 2. Méthode du cours historique…………………………………………………........ 146
Section 3. Méthode du cours de clôture…………………………………………………........ 148
Section 4. Comparaison des deux méthodes de conversion…………….……………………. 149
CHAPITRE 5. EXERCICES D’APPLICATION DU TITRE 2……………………......................... 153
6 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

TITRE 3. OPÉRATIONS DE CONSOLIDATION. …………………………………………..... 159


CHAPITRE 1. CUMUL DES COMPTES ET ÉLIMINATION DES COMPTES RÉCIPROQUES..... 160
Section 1. Report des comptes retraités…………………………………………………........... 160
Section 2. Elimination des comptes réciproques…………………..…………………………... 163
CHAPITRE 2. ÉLIMINATION DES RÉSULTATS INTERNES…………………………………... 165
Section 1. Principe général……………………………………………………………….......... 165
Section 2. Elimination des marges internes sur stocks et sur contrats à long terme…...………. 167
Section 3. Elimination des cessions internes d’immobilisations………………………………. 169
Section 4. Elimination des dividendes internes (ou intra-groupe)……………………............... 176
Section 5. Elimination des dépréciations internes……………………………………………... 177
CHAPITRE 3. ACTIONS PROPRES ET ACTIONS D’AUTOCONTRÔLE DE LA SOCIÉTÉ
CONSOLIDANTE…………………………………………………………………………………... 178
Section 1. Classement dans les comptes consolidés.……………………………………........... 178
Section 2. Partage des capitaux propres de la société consolidante.…………………...………. 179
Section 3. Cession des titres de la société consolidante à l’extérieur du groupe………………...... 181
CHAPITRE 4. ENTRÉE DANS LE PÉRIMÈTRE DE CONSOLIDATION……………………...... 182
Section 1. L’écart d’acquisition…………………………………………………………........... 182
Section 2. Les écarts d’évaluation……………………………………………………………... 196
Section 3. L’écart de première consolidation…………………………………………….......... 210
Section 4. Première consolidation d’une entreprise contrôlée depuis plusieurs exercices…….. 215
Section 5. Méthode dérogatoire…………………………………………………………........... 219
CHAPITRE 5. VARIATION DU POURCENTAGE D’INTÉRÊTS……………………………....... 221
Section 1. Variation du pourcentage d’intérêts sans variation du périmètre de consolidation….. 221
Section 2. Variation du pourcentage d’intérêts et variation du périmètre de consolidation….... 238
CHAPITRE 6. EXERCICES D’APPLICATION DU TITRE . 3…….........................……………….. 243
TITRE 4. DOCUMENTS DE SYNTHÈSE CONSOLIDÉS………………….……………….. 273
CHAPITRE 1. BILAN CONSOLIDÉ………………………………………………...……………... 273
CHAPITRE 2. COMPTE DE RÉSULTAT CONSOLIDÉ……………………………...…………... 275
CHAPITRE 3. ANNEXE CONSOLIDÉE………………………………………………………….... 281
Section 1. Informations de caractère significatif…….…………………………………............ 281
Section 2. Tableau de variation des capitaux propres (part du groupe)...…………………….... 281
Section 3. Tableau de financement par l’analyse des flux de trésorerie...………………........... 291
TITRE 5. COMPTES COMBINÉS…………………………………………………………........... 295
CHAPITRE 1. PÉRIMÈTRE DE COMBINAISON…………………………………………………. 295
Section 1. Composition de l’ensemble combiné………………………...………………........... 295
Section 2. Convention écrite entre les entités de l’ensemble de tête…....……………………... 296
.
CHAPITRE 2. RÈGLES DE COMBINAISON ET MÉTHODES……………..…..………………... 296
Section 1. Règles et méthodes d’évaluation et de présentation..………...…………..……….... 296
Section 2. Méthodes spécifiques de la combinaison.................................................................... 296

DEVOIR 2 à envoyer à la correction…………………………………………………………................ 299

DEVOIR 3 à envoyer à la correction……………………………………………………………............ 305

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TITRE 1. PÉRIMÈTRE DE CONSOLIDATION


CHAPITRE 1. CADRE LÉGAL ET RÉGLEMENTAIRE

Section 1. Obligation d’établissement des comptes consolidés

I. Principe général (art. L 233-16)


Une société commerciale doit établir et publier chaque année, à la diligence du conseil
d’administration, du directoire, du ou des gérants, selon le cas, des comptes consolidés ainsi qu’un
rapport sur la gestion du groupe, dès lors qu’elle exerce sur une ou plusieurs entreprises :
- soit un contrôle exclusif ;
- soit un contrôle conjoint ;
- soit une influence notable.
Une société qui émet des valeurs mobilières admises aux négociations sur un marché réglementé
(société cotée) ou des titres de créances négociables ne peut pas déroger à cette obligation.

IAS/IFRS La norme IAS 27 « Etats financiers consolidés et individuels » § 4 définit les termes suivants :
Les états financiers consolidés sont les états financiers d’un groupe présentés comme ceux d’une entité
économique unique.
Un groupe est une société mère et toutes ses filiales.
Une société mère est une entité qui a une ou plusieurs filiales.
Une filiale est une entité, y compris une entité sans personnalité juridique telle que certaines sociétés de
personnes, contrôlée par une autre entité (appelée la société mère).

II. Cas d’exemption


Une société non cotée peut être exemptée de l’obligation d’établir des comptes consolidés dans les
deux cas suivants :
- elle est elle-même sous le contrôle d’une entreprise qui l’inclut dans ses comptes consolidés ;
Remarque. Dans ce cas, l’exemption est subordonnée à la condition qu’un ou plusieurs associés de l’entreprise
contrôlée représentant au moins le dixième de son capital social ne s’y opposent pas ;
- l’ensemble constitué par cette société et les entreprises qu’elle contrôle ne dépasse pas pendant
deux exercices successifs, sur la base des derniers comptes annuels arrêtés, une taille
déterminée par référence à deux des trois seuils suivants :
- total du bilan : 15 000 000 € ;
- montant net du chiffre d’affaires : 30 000 000 € ;
- nombre moyen de salariés permanents : 250.

IAS/IFRS Selon la norme IAS 27 § 10 :


Une société mère n’est pas tenue de présenter des états financiers consolidés si, et seulement si :
a) elle est la filiale d’une autre entité et ses autres propriétaires ne s’y opposent pas ;
b) les instruments de dettes ou de capitaux propres de la société mère ne sont pas négociés sur un marché
public (une bourse des valeurs ou un marché de gré à gré) ;
c) elle n’a pas déposé et n’est pas sur le point de déposer ses états financiers auprès d’un comité des
valeurs mobilières ou de tout autre organisme de régulation, aux fins d’émettre une catégorie
d’instruments sur un marché public ; et
d) la société mère ultime ou une société mère intermédiaire présente des états financiers consolidés,
disponibles en vue d’un usage public, qui sont conformes aux normes internationales d’information
financière (IFRS).
8 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

III. Date de clôture des comptes consolidés (art. L 233-25 et § 202)


Les comptes consolidés sont généralement établis à la date de clôture des comptes de la société
consolidante. Dans le cas exceptionnel où la plupart des entités consolidées clôturent leur exercice à
une autre date que celle qui est adoptée par la société consolidante, la consolidation peut être
effectuée, sous réserve qu’il en soit justifié dans l’annexe :
- soit à la date de clôture retenue par la plupart des entités consolidées ;
- soit à la date de clôture retenue par la société consolidante pour ses comptes individuels.
Remarque. La consolidation des entités qui ne clôturent pas à la date retenue pour les comptes consolidés est
effectuée sur la base de comptes intérimaires contrôlés par un commissaire aux comptes ou, s’il n’en est point,
par un professionnel chargé du contrôle des comptes. Si la date de clôture de l’exercice d’entreprises comprises
dans la consolidation n’est pas antérieure de plus de trois mois à la date de clôture de l’exercice de
consolidation, il n’est pas nécessaire d’établir des comptes intérimaires, à condition de prendre en compte les
opérations significatives entre les deux dates.

IAS/IFRS La norme IAS 27 « Etats financiers consolidés et individuels » § 23 est plus restrictive car elle
limite à trois mois au maximum la différence des dates de clôture :
[…] En aucun cas l’écart entre la fin de la période de reporting de la filiale et celle de la société mère ne
doit être supérieur à trois mois. […]

IV. Certification des comptes consolidés


Les personnes et entités astreintes à publier des comptes consolidés désignent au moins deux
commissaires aux comptes (CAC) titulaires (art. L 823-2). Les CAC de la société consolidante et
ceux des entités consolidées sont, les uns à l’égard des autres, libérés du secret professionnel.
Les CAC certifient que les comptes consolidés sont réguliers et sincères et donnent une image fidèle
du patrimoine, de la situation financière ainsi que du résultat de l’ensemble constitué par les
personnes et entités comprises dans la consolidation.

Section 2. Composition de l’ensemble à consolider (§ 1000)

I. Champ d’application
Toutes les entreprises contrôlées ou sous influence notable doivent être consolidées. Les entreprises
à retenir en vue de l’établissement des comptes consolidés sont donc :
- l’entreprise consolidante (la société mère du groupe) ;
- les entreprises contrôlées de manière exclusive ;
- les entreprises contrôlées conjointement ;
- les entreprises sur lesquelles une influence notable est exercée.

II. Exclusions du périmètre de consolidation (art. L 233-19)


L’art. L 233-19 prévoit quatre cas dans lesquels une entreprise contrôlée ou sous influence notable
est exclue du périmètre de consolidation, sous réserve de justification dans l’annexe.
Lorsqu’une entreprise est exclue du périmètre de consolidation, les titres intégrés représentatifs de
son capital sont comptabilisés en « Titres de participation » dans les comptes consolidés.

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A. Exclusions obligatoires (art. L 233-19 et § 101)


Une entreprise consolidable est exclue du périmètre de consolidation lorsque :
- des restrictions sévères et durables remettent en cause substantiellement le contrôle ou l’influence
exercée sur cette entreprise ou les possibilités de transfert de trésorerie entre cette entreprise et les
autres entités consolidées ;
- dès leur acquisition, les actions ou parts de cette entreprise ne sont détenues qu’en vue de leur
cession ultérieure.

IAS/IFRS C’est le seul cas d’exclusion obligatoire prévu dans la norme IAS 27 § 12 :
Si lors de l’acquisition, une filiale satisfait aux critères lui permettant d’être classée comme détenue en
vue de la vente selon IFRS 5 « Actifs non courants détenus en vue de la vente et activités
abandonnées », elle doit être comptabilisée selon cette norme.

B. Exclusions optionnelles
- l’entreprise ne représente, seule ou avec d’autres, qu’un intérêt négligeable par rapport à l’objectif
d’image fidèle ;
- les informations nécessaires à l’établissement des comptes consolidés ne peuvent être obtenues
sans frais excessifs ou dans des délais compatibles.

III. Dates d’entrée et de sortie dans le périmètre de consolidation (§ 102)

A. Date d’entrée dans le périmètre de consolidation


L’entrée d’une entreprise dans le périmètre de consolidation est effective :
- soit à la date d’acquisition des titres ;
- soit à la date de prise de contrôle ou d’influence notable, si l’acquisition a eu lieu en plusieurs fois ;
- soit à la date prévue par le contrat si celui-ci prévoit le transfert du contrôle à une date différente de
celle du transfert des titres.

IAS/IFRS En ce qui concerne la date d’acquisition, il n’y a pas de différence significative avec la norme
IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » § 8 :
L’acquéreur doit identifier la date d’acquisition qui est la date à laquelle il obtient le contrôle de
l’entreprise acquise.

B. Date de sortie du périmètre de consolidation


Une entreprise sort du périmètre de consolidation à la date de perte de contrôle ou d’influence
notable.

IAS/IFRS Le principe est le même.

1. Cas de cession
En cas de cession, le transfert du contrôle ou d’influence notable est en général concomitant au
transfert des droits de vote lié à celui des titres.
Remarque. Dans le cas exceptionnel où le transfert du contrôle est effectué avant le transfert des titres,
l’entreprise contrôlée peut être déconsolidée (cas de changements dans les organes de direction ou de
surveillance ou contrat entre les parties intervenant avant la date de clôture des comptes).
10 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

2. Perte de contrôle sans cession


En cas de perte de contrôle sans cession, par exemple à la suite d’une dilution ou en raison de
restrictions sévères et durables, la sortie du périmètre de consolidation est concomitante au fait
générateur de la perte de contrôle.

Section 3. Contrôle exclusif

I. Définition (§ 1002 et art. L 233-16)


Le contrôle exclusif est le pouvoir de diriger les politiques financière et opérationnelle d’une
entreprise afin de tirer avantage de ses activités.

IAS/IFRS Cette définition reprend la définition du « contrôle » de la norme IAS 27 « Etats financiers
consolidés et individuels » § 4 (on notera l’absence de l’adjectif « exclusif ») :
Le contrôle est le pouvoir de diriger les politiques financières et opérationnelles d’une entité afin
d’obtenir des avantages de ses activités.

II. Types de contrôle exclusif


Le contrôle exclusif résulte :
- soit de la détention directe ou indirecte de la majorité des droits de vote, c’est-à-dire d’une fraction
supérieure à 50 % des droits de vote ;
► Contrôle de droit (ou contrôle juridique)
- soit de la désignation pendant 2 exercices successifs de la majorité des membres des organes
dirigeants ; la société consolidante est présumée avoir effectué cette désignation lorsqu’elle a
disposé au cours de cette période, directement ou indirectement, d’une fraction supérieure à 40 %
des droits de vote et qu’aucun autre associé ne détenait une fraction supérieure à la sienne ;
► Contrôle de fait (en l’absence de contrôle de droit)
- soit du droit d’exercer une influence dominante en vertu d’un contrat ou de clauses statutaires,
lorsque le droit applicable le permet.
► Contrôle contractuel
Remarque. L’influence dominante existe si l’entreprise consolidante a la possibilité d’utiliser ou d’orienter
l’utilisation des actifs de la même façon qu’elle contrôle ses propres actifs.

IAS/IFRS Dans la norme IAS 27 « Etats financiers consolidés et individuels » § 13, le contrôle est
présumé exister dans des situations qui sont assez proches :
Le contrôle est présumé exister lorsque la société mère détient […] plus de la moitié des droits de vote
d’une entité […]. Le contrôle existe également lorsque la société mère détenant la moitié ou moins des
droits de vote d’une entité, dispose :
a) du pouvoir sur plus de la moitié des droits de vote en vertu d’un accord avec d’autres investisseurs ;
b) du pouvoir de diriger les politiques financières et opérationnelles de l’entité en vertu d’un texte
réglementaire ou d’un contrat ;
c) du pouvoir de nommer ou de révoquer la majorité des membres du conseil d’administration ou de
l’organe de direction équivalent, si le contrôle de l’entité est exercé par ce conseil ou cet organe ; ou
d) du pouvoir de réunir la majorité des droits de vote dans les réunions du conseil d’administration ou de
l’organe de direction équivalent, si le contrôle de l’entité est exercé par ce conseil ou cet organe.

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III. Cas particulier des entités ad hoc (§ 10052)

A. Définition
Une entité ad hoc est une structure juridique distincte, créée spécifiquement pour gérer une
opération ou un groupe d’opérations similaires pour le compte d’une entreprise. L’entité ad hoc est
structurée ou organisée de manière telle que son activité n’est en fait exercée que pour le compte de
cette entreprise, par mise à disposition d’actifs ou de fourniture de biens, de services ou de capitaux.
Une entité ad hoc est comprise dans le périmètre de consolidation dès lors qu’une ou plusieurs
entreprises contrôlées ont en substance en vertu de contrats, d’accords, de clauses statutaires, le
contrôle de l’entité.

B. Critères permettant de caractériser l’existence d’un contrôle contractuel


Les trois critères suivants permettent d’apprécier le contrôle en substance d’une entité ad hoc :
- détention en réalité des pouvoirs de décision, assortis ou non de pouvoirs de gestion même si ces
pouvoirs ne sont pas effectivement exercés ;
- capacité de bénéficier de la majorité des avantages économiques, que ce soit :
- sous forme de flux de trésorerie ;
- de droit à une quote-part de l’actif net ou de disposer d’un ou plusieurs actifs ;
- de droit à la majorité des actifs résiduels en cas de liquidation.
- exposition à la majorité des risques.

Section 4. Contrôle conjoint

I. Définition (§ 1003 et art. L 233-16)


Le contrôle conjoint est le partage du contrôle d’une entreprise exploitée en commun par un nombre
limité d’associés, de sorte que les politiques financière et opérationnelle résultent de leur accord.

IAS/IFRS La définition du contrôle conjoint (ou contrôle commun) de la norme IAS 31 § 3


« Participations dans des coentreprises » est très proche :
Le contrôle commun est le partage du contrôle d’une activité économique en vertu d’un accord
contractuel. Il n’existe que lorsque les décisions stratégiques financières et opérationnelles
correspondant à l’activité imposent le consentement unanime des parties partageant le contrôle (les
coentrepreneurs).
Remarque. Une société sous contrôle conjoint est appelée « coentreprise » et le détenteur
des titres est appelé « coentrepreneur ».
Les termes suivants sont définis dans la norme IAS 31 § 3 :
Une coentreprise est un accord contractuel en vertu duquel deux parties ou plus conviennent d’exercer
une activité économique sous contrôle conjoint.
Un coentrepreneur est un participant à une coentreprise qui exerce un contrôle conjoint sur celle-ci.
Un investisseur dans une coentreprise est un participant à une coentreprise qui n’exerce pas un contrôle
conjoint sur celle-ci.
12 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

II. Eléments essentiels à l’existence d’un contrôle conjoint


Le contrôle conjoint se caractérise par :
- un nombre limité d’associés ;
- un accord contractuel qui prévoit que les décisions essentielles nécessitent le consentement de
tous les associés participant au contrôle conjoint.
Remarque. L’existence d’un contrôle conjoint n’exclut pas la présence d’associés ne participant pas à ce
contrôle conjoint.

Section 5. Influence notable

I. Définition (§ 1004 et art. L 233-16)


L’influence notable est le pouvoir de participer aux politiques financière et opérationnelle d’une
entreprise sans en détenir le contrôle.
Remarque. Cette influence notable peut résulter par exemple d’une représentation dans les organes de
direction ou de surveillance ou de l’existence d’opérations interentreprises importantes.

IAS/IFRS Cette définition est pratiquement la même que celle de la norme IAS 28 « Participations dans
des entreprises associées » § 2 :
L’influence notable est le pouvoir de participer aux décisions de politique financière et opérationnelle
de l’entreprise détenue, sans toutefois exercer un contrôle ou un contrôle conjoint sur ces politiques.
Remarque. Une société sous influence notable est appelée « entreprise associée » et le
détenteur des titres est appelé « investisseur ».
La définition suivante est donnée dans IAS 28 § 2 :
Une entreprise associée est une entité […] dans laquelle l’investisseur a une influence notable et qui
n’est ni une filiale ni une participation dans une coentreprise.

II. Présomption d’influence notable


L’influence notable est présumée lorsque l’entreprise consolidante dispose d’une fraction au moins
égale à 20 % des droits de vote de cette entreprise.

IAS/IFRS Le seuil est le même dans la norme IAS 27 « Etats financiers consolidés et individuels » § 6.

Section 6. Notion de groupe

Les comptes consolidés peuvent être établis et publiés selon l’un des deux référentiels suivants :
- soit les normes françaises (règlement n° 99-02 du CRC), pour les sociétés commerciales non
cotées ;
- soit les normes comptables internationales IAS/IFRS ; ces normes sont appliquées :
- de manière obligatoire, par les sociétés cotées ;
- sur option, par les sociétés non cotées.
Dans chaque norme comptable internationale, les termes utilisés sont définis. Il n’y a donc pas
d’ambiguïté en la matière. En revanche, dans la réglementation française relative à la comptabilité
financière, ce n’est pas toujours le cas.

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I. Absence de définition du « groupe », en France


La notion de « groupe » n’est définie dans aucun texte officiel français relatif à la comptabilité
financière :
- ni dans les art. L 233-16 à L 233-28 et les art. R 233-3 à R 233-16 du code de commerce ;
- ni dans le règlement n° 99-02 du CRC ;
- ni dans le règlement n° 99-03 du CRC.
Dans ces textes officiels, la notion de « groupe » peut avoir un sens spécifique en fonction du
contexte. Il en sera évidemment de même dans ce cours. C’est pourquoi nous allons présenter les
différentes acceptions de la notion de « groupe ».

II. Acceptions diverses de la notion de « groupe »


Dans les textes officiels français de référence, notamment dans le code de commerce et le règlement
n° 99-02 du CRC, la signification du terme « groupe » peut varier.

A. Groupe et périmètre de consolidation


Dans l’acception la plus courante de la notion de groupe, le groupe représente une entité économique
constituée de sociétés juridiquement indépendantes qui ont les caractéristiques suivantes :
- elles ont des liens de participation entre elles, sauf cas particulier ;
- elles sont soumises à une unité de direction.
L’unité de direction est assurée par les dirigeants de la société mère (appelée société consolidante).
Dans cette acception, le « groupe » est constitué des entreprises qui sont incluses dans le périmètre
de consolidation. On retrouve ce sens dans l’art. L 233-26 : « Le rapport sur la gestion du groupe
expose la situation de l’ensemble constitué par les entreprises comprises dans la consolidation, son
évolution prévisible, les événements […] ».

B. Groupe et sociétés intégrées


Plus rarement, la notion de groupe peut concerner l’ensemble des entreprises intégrées, c’est-à-dire
la société mère et les entreprises sur lesquelles elle exerce un contrôle exclusif ou conjoint. On peut
trouver ce sens en rapprochant les art. L 233-28 et L 233-17 : « […] la taille de l’ensemble du
groupe, publient des comptes consolidés, se conforment aux dispositions […] » (art. L 233-28) et
« […], lorsque l’ensemble constitué par une société et les entreprises qu’elle contrôle ne dépasse
pas […] une taille déterminée […] » (art. L 233-17).

C. Groupe et sociétés intégrées globalement


Le groupe peut également représenter la société consolidante et les sociétés placées sous son contrôle
exclusif, c’est-à-dire toutes les filiales. Dans cette acception, l’actif net consolidé du groupe revient
de plein droit à deux catégories d’associés : les associés de la société mère et les associés
minoritaires (les associés des filiales, en général).
Les droits des associés de la mère sont inscrits dans les « Capitaux propres (part du groupe) » et
ceux des minoritaires sont inscrits au poste « Intérêts minoritaires ».
Remarque. Selon l’approche que l’on a des comptes consolidés on peut considérer le poste « Intérêts
minoritaires comme un poste de capitaux propres ou comme un poste intermédiaire entre les capitaux propres
et les passifs.
14 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

IAS/IFRS Pour une société cotée française, la notion de « groupe » est précise puisqu’elle est définie
dans les normes comptables internationales (cf. IAS 27 « Etats financiers consolidés et
individuels » § 4) :
Un groupe est une société mère et toutes ses filiales.
Une société mère est une entité qui a une ou plusieurs filiales.
Un filiale est une entité […] contrôlée par une autre entité (appelée la société mère).

D. Groupe et société consolidante


Dans une acception moins courante, le groupe peut désigner la société mère du groupe. On peut
donner deux exemples :
1. Au poste « Capitaux propres (part du groupe) » du bilan consolidé, « groupe » représente la
société consolidante. Ce poste représente donc les droits des associés de la société mère.
2. Quand un texte fait référence à une méthode définie par le groupe, « groupe » a bien entendu le
sens de société consolidante.

CHAPITRE 2. POURCENTAGE DE CONTRÔLE ET POURCENTAGE D’INTÉRÊTS

Section 1. Distinction entre les notions de contrôle et d’intérêts

La notion de CONTRÔLE est utilisée pour délimiter le périmètre de consolidation et le type


d’influence exercée par la société mère dans chacune des entités consolidées.

CONTRÔLE Lorsqu’une société possède des titres d’une autre société, le pourcentage de contrôle
de droit (ou contrôle juridique) est égal au pourcentage de droits de vote détenus
par rapport aux droits de vote qui peuvent normalement s’exprimer dans les
assemblées de la société.
Remarque. Le § 10051 donne la précision suivante :
Pour le calcul de la fraction des droits de vote détenus, il convient de tenir compte des actions à droit de
vote double, des certificats de droits de vote […] et des titres faisant l’objet d’engagements ou de
portage fermes détenus pour le compte de l’entreprise consolidante.

IAS/IFRS La norme IAS 27 « Etats financiers consolidés et individuels » § 14 impose la prise en


compte des droits de vote potentiels exerçables ou convertibles :
L’existence et l’effet des droits de vote potentiels exerçables ou convertibles, y compris les droits de
vote potentiels détenus par une autre entité, sont pris en considération quand l’entité apprécie si elle
détient le pouvoir de diriger les politiques financières et opérationnelles d’une autre entité.

La notion d’INTÉRÊTS n’est pas utilisée dans le cadre de la pré-consolidation (cf. Titre 2). Elle n’est
utilisée que dans les opérations de consolidation (cf. Titre 3).

INTÉRÊTS Le pourcentage d’intérêts est égal au pourcentage du capital détenu. Il est donc lié
aux droits pécuniaires (ou droits financiers).

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Section 2. Catégories de titres générant des décalages entre contrôle et intérêts

Dans une société par actions des différences entre pourcentage de contrôle et pourcentage d’intérêts
peuvent résulter de l’existence, par exemple :
- d’actions de préférence ;
- d’actions à droit de vote double ;
- d’actions propres ;
- de catégories de titres en voie d’extinction :
- certificats d’investissement et certificats de droits de vote ;
- actions à dividende prioritaire sans droit de vote…

I. Actions de préférence

A. Rappels juridiques (art. L 228-11 et ordonnance n° 2004-604 du 24/06/04)


Une société par actions peut créer des actions de préférence, avec ou sans droit de vote, assorties de
droits particuliers de toute nature, à titre temporaire ou permanent.
Les actions de préférence sans droit de vote ne peuvent représenter plus de 50 % du capital social (la
limite est fixée à 25 % du capital pour une société dont les actions sont admises aux négociations sur
un marché réglementé).

B. Exemple
Le capital de A est divisé en titres de 10 € nominal, dont 300 000 actions ordinaires et 60 000 actions
de préférence sans droit de vote. M détient 30 000 actions ordinaires et 15 000 actions de préférence.
Nombre de droits de vote Nombre total Pourcentage de contrôle de M
détenus par M de droits de vote (contrôle de droit)
30 000 300 000 30 000/300 000 = 10 %
Nombre de titres Nombre total de titres
représentatifs du capital représentatifs du capital Pourcentage d’intérêts de M
de A détenus par M de A
30 000 + 15 000 = 45 000 300 000 + 60 000 = 360 000 45 000/360 000 = 12,5 %

II. Actions à droit de vote double

A. Rappels juridiques (art. L 225-123)


Un droit de vote double peut être attribué à toutes les actions libérées pour lesquelles il est justifié
d’une inscription nominative, depuis deux ans au moins, au nom d’un même actionnaire.
En principe, le droit de vote double est perdu lors de la cession des actions.
Remarque. Le droit de vote double peut être réservé aux actionnaires de nationalité française et à ceux
ressortissant d'un Etat membre de la Communauté européenne ou d'un Etat partie à l'accord sur l'Espace
économique européen.

B. Exemple
Le capital de B est divisé en 250 000 actions de 5 € nominal, dont 100 000 actions nominatives à
droit de vote double et 150 000 actions au porteur. M détient 100 000 actions B nominatives à droit
de vote double.
Nombre de droits de vote Nombre total Pourcentage de contrôle de M
détenus par M de droits de vote (contrôle de droit)
100 000 2 = 200 000 100 000 2 + 150 000 = 350 000 200 000/350 000 = 57,14 %
16 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Nombre de titres Nombre total de titres


représentatifs du capital représentatifs du capital de B Pourcentage d’intérêts de M
de B détenus par M
100 000 250 000 100 000/250 000 = 40 %

III. Actions propres

A. Rappels juridiques (art. L 225-210)


Une société ne peut posséder plus de 10 % de ses propres actions. Elle doit disposer de réserves,
autres que la réserve légale, d’un montant au moins égale à la valeur de ces actions.
Les actions propres doivent être mises sous la forme nominative.
Les actions propres possédées ne donnent pas droit aux dividendes et sont privées de droits de vote.

B. Exemple
Le capital de C est divisé en 600 000 actions de 100 € nominal. A la suite d’une fusion par
absorption, C détient 50 000 actions propres, ces actions pouvant être conservées indéfiniment
puisqu’elles ne représentent pas plus de 10 % de son capital social. M détient 280 000 actions C.
Nombre de droits de vote Nombre total Pourcentage de contrôle de M
détenus par M de droits de vote (contrôle de droit)
280 000 600 000 – 50 000 = 550 000 280 000/550 000 = 50, 91 %
Nombre de titres Nombre total de titres
représentatifs du capital représentatifs du capital de C Pourcentage d’intérêts de M
de C détenus par M
280 000 600 000 280 000/600 000 = 46,67 %

IV. Certificats d’investissement et certificats de droits de vote

A. Rappels juridiques (art. L 228-30 et suiv.)


Le certificat d’investissement (CI) est une valeur mobilière issue du démembrement d’une action.
Le CI est représentatif des droits pécuniaires (dividendes) et sa valeur nominale est égale à celle de
l’action. La proportion des CI ne peut pas être supérieure au quart du capital social.
Le certificat de droit de vote (CDV) est représentatif des autres droits attachés à l’action. Le CDV
doit revêtir la forme nominative.
Il y a autant de CI que de CDV.
L’action est reconstituée de plein droit entre les mains du porteur d’un CI et d’un CDV.

B. Exemple
Le capital de D est divisé en titres de 20 € nominal, dont 500 000 actions ordinaires et 100 000
certificats d’investissement. M détient 120 000 actions ordinaires et 30 000 certificats de droit de
vote de M (sur un total de 100 000 certificats de droit de vote).
Nombre de droits de vote Nombre total Pourcentage de contrôle de M
détenus par M de droits de vote (contrôle de droit)
120 000 + 30 000 = 150 000 500 000 + 100 000 = 600 000 150 000/600 000 = 25 %
Nombre de titres Nombre total de titres
représentatifs du capital représentatifs du capital Pourcentage d’intérêts de M
de D détenus par M de D
120 000 500 000 + 100 000= 600 000 120 000/600 000 = 20 %

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V. Actions à dividende prioritaire

A. Rappels juridiques (art. L 228-35-2 et suiv.)


Les actions à dividende prioritaire sans droit de vote (ADP) ne peuvent représenter plus de 25 % du
capital social.
La valeur nominale de l’ADP est égale à celle de l’action.
L’ADP donne droit à un premier dividende prioritaire prélevé sur le bénéfice distribuable avant toute
autre affectation. La partie de ce premier dividende prioritaire qui n’a pas pu être versée en raison de
l’insuffisance de bénéfice distribuable est reportée sur l’exercice suivant et, s’il y a lieu, sur les deux
exercices ultérieurs (report possible sur 3 exercices au total).
Le droit de vote peut être acquis si les dividendes prioritaires dus au titre de 3 exercices n’ont pas été
intégralement versés.

B. Exemple
Le capital de E est divisé en actions de 10 € nominal, dont 100 000 actions ordinaires et 20 000
actions à dividende prioritaire sans droit de vote (ADP). M détient 25 000 actions ordinaires et
aucune ADP de E.
Nombre de droits de vote Nombre total Pourcentage de contrôle de M
détenus par M de droits de vote (contrôle de droit)
25 000 100 000 25 000/100 000 = 25 %
Nombre de titres Nombre total de titres
représentatifs du capital représentatifs du capital Pourcentage d’intérêts de M
de E détenus par M de E
25 000 100 000 + 20 000 = 120 000 25 000/120 000 = 20,83 %

Section 3. Règles de calcul dans le cas de liaison indirecte

I. Distinction entre liaison directe et liaison indirecte


A. Liaison directe de la société consolidante avec une autre société
La liaison est directe lorsque la société consolidante détient des titres de l’autre société.
M

A
B. Liaison indirecte de la société consolidante avec une autre société
La liaison est indirecte lorsqu’une société en liaison directe ou indirecte avec la société consolidante
détient des titres d’une autre société.
 Il y a une chaîne unique (M, A, B) M M  Il y a une chaîne unique
qui va de M à B. (M, C, D, E) qui va de M à E.

Il y a une liaison directe entre M et A. A C Il y a une liaison directe entre M et C.

Il y a une liaison directe entre A et B B D Il y a une liaison indirecte entre M et


et une liaison indirecte entre M et B. D et une autre liaison indirecte entre
E M et E.
18 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

II. Règles de calcul


A. Règle de calcul dans le cas d’une liaison indirecte par chaîne unique

1. Pourcentage de contrôle indirect de la société consolidante


Le pourcentage de contrôle indirect détenu par la société consolidante dans une autre société est égal
au pourcentage de contrôle direct détenu par une filiale dans cette société.
Remarque. La notion de filiale n’est pas employée ici au sens de l’art. L 233-1 mais au sens de « société sous
contrôle exclusif » de la société consolidante.

Il faut donc qu’il existe une « chaîne de contrôle » allant de la société consolidante à la société
concernée, c’est-à-dire que toutes les sociétés de la chaîne, autres que la société concernée, soient
sous le contrôle exclusif de la société consolidante.
2. Pourcentage d’intérêts indirects de la société consolidante
Le pourcentage d’intérêts indirects détenu par la société consolidante dans une autre société est égal
au produit des pourcentages d’intérêts tout au long de la chaîne d’intérêts qui va jusqu’à la société
concernée, que cette chaîne soit une chaîne de contrôle ou pas.

IAS/IFRS Il y a une divergence entre la réglementation française et les normes internationales.


Nous allons l’expliquer en trois points.
1. Tout d’abord, les intérêts minoritaires dans une filiale (appelés « participation ne donnant
pas le contrôle ») sont définis ainsi dans IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » Annexe A et
IAS 27 « Etats financiers consolidés et individuels » § 4 :
Une participation ne donnant pas le contrôle est la part d’intérêt, dans une filiale, qui n’est pas
attribuable, directement ou indirectement, à une société mère.
Il résulte de cette définition le fait que les intérêts majoritaires (intérêts de la société mère)
dans une filiale correspondent à la part d’intérêt attribuable, directement ou indirectement (par
l’intermédiaire d’une ou plusieurs filiales), à une société mère.
2. D’autre part, pour le calcul du pourcentage d’intérêts dans les entreprises sous influence
notable, il ne faut pas tenir compte du pourcentage des intérêts détenus dans ces entreprises
par des entités sous contrôle conjoint ou sous influence notable. En effet, selon IAS 28
« Participations dans des entreprises associées » § 21 :
La part d’un groupe dans une entreprise associée est l’agrégation des participations dans cette entreprise
associée détenues par la société mère et ses filiales. Pour cet objectif, les participations détenues par les
autres entreprises associées ou coentreprises du groupe sont ignorées. Lorsqu’une entreprise associée a
des filiales, des entreprises associées ou des coentreprises, le résultat et l’actif net pris en considération
pour l’application de la méthode de la mise en équivalence sont ceux comptabilisés dans les états
financiers de l’entreprise associée (y compris sa quote-part dans le résultat et l’actif net de ses
entreprises associées et coentreprises), après les ajustements nécessaires pour uniformiser les méthodes
comptables […].
3. Aucune précision n’est fournie sur le calcul du pourcentage d’intérêts de la société mère
dans une entreprise sous contrôle conjoint, dans IAS 31 « Participations dans des
coentreprises ». Néanmoins, par analogie avec les deux points précédents, nous pensons qu’il
ne faut pas tenir compte du pourcentage des intérêts détenus dans une coentreprise par des
entités sous contrôle conjoint ou sous influence notable.
Remarque. Le calcul des pourcentages d’intérêts ne doit donc être effectué qu’en retenant les
« chaînes de contrôle » (dans les exemples suivants, seules les divergences entre la
réglementation française et les normes internationales seront signalées).

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3. Exemple
 Par hypothèse, les pourcentages M Pourcentage de contrôle indirect de M dans E : 30 %.
représentent le pourcentage du capital 80 % En effet, D est sous le contrôle exclusif indirect de
détenu (% d’intérêts) et le pourcentage M par l’intermédiaire de C
de droits de vote détenus. Il n’y a ni C
contrôle de fait, ni contrôle contractuel. 90 % Pourcentage d’intérêts indirects de M dans E :
D 80 % 90 % 30 % = 21,6 %.
30 %
E

B. Règle de calcul dans le cas d’une liaison indirecte par plusieurs chaînes
1. Pourcentage de contrôle indirect total de la société consolidante
Le pourcentage de contrôle indirect détenu par la société consolidante dans une autre société est égal
au cumul des pourcentages de contrôle direct détenu par les filiales dans cette société.
Remarque. La notion de filiale a encore ici le sens de « société sous contrôle exclusif ».

Il peut exister en effet plusieurs « chaînes de contrôle » allant de la société consolidante à la société
concernée.
2. Pourcentage d’intérêts indirects total de la société consolidante
Le pourcentage d’intérêts indirects détenu par la société consolidante dans une autre société est égal
au cumul des produits des pourcentages d’intérêts tout au long de chacune des chaînes d’intérêts qui
vont jusqu’à la société concernée.
3. Exemple
 Par hypothèse, les pourcentages M 75 % Pourcentage de contrôle indirect de
représentent le pourcentage du capital 70 % M dans E :
détenu (% d’intérêts) et le pourcentage A B 40 % (par C) + 20 % (par B) = 60 %.
de droits de vote détenus, sauf dans un 60 % 20 % 35 %  Rupture de la chaîne de contrôle
cas. Le pourcentage de contrôle C D au niveau de D.
juridique de B dans D n’est en effet que 40 % Pourcentage d’intérêts indirects de M dans E :
de 32 %. Il n’y a ni contrôle de fait, ni E 40 % 70 % 60 % 40 % + 75 % 20%
contrôle contractuel. + 75 % 35 % 40 % = 42,3 %.

IAS/IFRS Le pourcentage d’intérêts indirects de M dans E ne doit tenir compte que des chaînes de
contrôle (M, A, C, E) et (M, B, E) : 70 % 60% 40% + 75 % 20% = 31,8 %.

C. Règle de calcul dans le cas d’une liaison directe et indirecte par plusieurs chaînes
1. Pourcentage de contrôle total de la société consolidante (§ 10050)
Le contrôle exclusif ou conjoint et l’influence notable s’entendent, dans tous les cas, directement ou
indirectement. Ainsi, pour l’appréciation des droits de vote dont dispose une entreprise consolidante
dans les assemblées d’une autre entreprise, il doit être fait masse de l’ensemble des droits de vote
attachés aux actions détenues par l’entreprise consolidante et par toutes les entreprises qu’elle
contrôle de manière exclusive.
En résumé, le pourcentage de contrôle total détenu par la société consolidante dans une autre société
est égal au cumul des pourcentages de contrôle direct détenu par la société consolidante elle-même
et par les sociétés placées sous son contrôle exclusif.
20 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

2. Pourcentage d’intérêts total de la société consolidante


Le pourcentage d’intérêts total détenu par la société consolidante dans une autre société est égal au
cumul du pourcentage d’intérêts directs et du pourcentage d’intérêts indirects total.
3. Exemple
 Par hypothèse, les pourcentages M 90 %
représentent le pourcentage du capital 80 %
détenu (% d’intérêts) et le pourcentage A B
de droits de vote détenus. Il n’y a ni 30 % 15 % 20 % 28 %
contrôle de fait, ni contrôle contractuel. C D
25 %
E 40 %

Société Pourcentage de contrôle de M Type d’influence


direct indirect Total
A 80 % - 80 % Contrôle exclusif
B 90 % - 90 % Contrôle exclusif
C - 30 % (par A) 30 % Influence notable
D - 28 % (par B) 28 % Influence notable
E 15 % 20 % (par B) 35 % Influence notable
(rupture de la chaîne de contrôle au
niveau de C et D)

Société Pourcentage d’intérêts de M


directs indirects Total
A 80 % - 80 %
B 90 % - 90 %
C - 80 % 30 % (par M, A) = 24 % 24 %
D - 90 % 28 % (par M, B) = 25,2 % 25,2 %
E 15 % 80 % 30 % 25 % (par M, A, C) + 90 % 20 % (par 49,08 %
M, B) + 90 % 28 % 40 % (par M, B, D) = 34,08 %

IAS/IFRS Il y a une divergence pour le calcul du pourcentage d’intérêts indirects de M dans E. Il n’y a
qu’une chaîne de contrôle indirect : (M, B, E). Le pourcentage d’intérêts indirects de M dans
E est donc égal à : 90 % 20% = 18 %. Le pourcentage d’intérêts total est égal à 33 %.

D. Règle de calcul dans le cas de participations réciproques


1. Pourcentage de contrôle de la société consolidante
Dans le cas où il existe des participations réciproques, il n’y a pas de difficulté particulière. Le
pourcentage de contrôle total détenu par la société consolidante dans une autre société est égal au
cumul des pourcentages de contrôle direct détenu par la société consolidante elle-même et par les
sociétés placées sous son contrôle exclusif.
2. Pourcentage d’intérêts de la société consolidante
Quand il existe des participations réciproques, il est nécessaire d’appliquer un coefficient diviseur
dans le calcul des pourcentages d’intérêts. Dans une chaîne d’intérêts ce coefficient diviseur ne doit
être appliqué qu’une seule fois dans un calcul de pourcentage d’intérêts, au niveau de l’une ou
l’autre des sociétés qui ont des participations réciproques.
Le coefficient diviseur se calcule ainsi : 1 – Produit des pourcentages d’intérêts réciproques.

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3. Exemple (données de base au 31/12/N)


 Par hypothèse, les pourcentages M Participations réciproques entre A et B
représentent le pourcentage du capital 70 %
détenu et le pourcentage de droits de 5%
vote détenus. Il n’y a ni contrôle de A B
fait, ni contrôle contractuel. 8%
60 % 55 %
C D

Société Pourcentage de contrôle de M Type d’influence


direct indirect Total
A 70 % - 70 % Contrôle exclusif
B - 8 % (par A) 8% Néant
C - 60 % (par A) 60 % Contrôle exclusif
D - 0 % (par B) (rupture de la chaîne de 0% Néant
contrôle au niveau de B)

Coefficient diviseur de calcul des pourcentages d’intérêts : 1 – 5 % 8 % = 0,996.

Société Pourcentage d’intérêts de M


directs indirects Total
A 70 % 1/0,996 = 70,28 % - 70,28 %
B (1) - 70,28 % 8 % = 5,62 % (par M, A) 5,62 %
C (2) - 70,28 % 60 % = 42,17 % (par M, A) 42,17 %
D (3) - 5,62 % 55 % = 3,09 % (par M, A, B) 3,09 %
(1) Le calcul a été simplifié en partant du pourcentage d’intérêts de M dans A. On peut aussi décomposer le
calcul ainsi : 70 % 8 % 1/0,996
(2) ou 70 % 60 % 1/0,996
(3) ou 70 % 8 % 55 % 1/0,996
Remarque. En consolidation, le calcul des pourcentages d’intérêts de M dans B et D est inutile puisque ces
sociétés ne sont pas consolidées.

IAS/IFRS Les pourcentages d’intérêts de M dans A et C sont les mêmes. En consolidation, il n’y a
évidemment pas d’intérêts dans B et D puisque ces sociétés ne sont pas consolidées.

4. Exemple (suite : en N+1, M acquiert des actions représentant 45 % du capital de B)


Nouvel organigramme des liens de participation après l’acquisition des actions B
M
 Par hypothèse, les pourcentages 70 % 45 %
représentent le pourcentage du capital 5%
détenu et le pourcentage de droits de A B
vote détenus. Il n’y a ni contrôle de 8%
fait, ni contrôle contractuel. 60 % 55 %
C D

Société Pourcentage de contrôle de M Type d’influence


direct indirect Total
A 70 % 5 % (par B) 75 % Contrôle exclusif
B 45 % 8 % (par A) 53 % Contrôle exclusif
C - 60 % (par A) 60 % Contrôle exclusif
D - 55 % (par B) 55 % Contrôle exclusif
22 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Coefficient diviseur de calcul des pourcentages d’intérêts : 1 – 5 % 8 % = 0,996.

Société Pourcentage d’intérêts de M


directs indirects Total
A 70 % 1/0,996 = 70,28 % 45 % 5 % 1/0,996 = 2,26 % (par M, B) 72,54 %
B 45 % 1/0,996 = 45,18 % 70,28 % 8 % = 5,62 % (par M, A) 50,80 %
C - 72,54 % 60 % = 43,52 % (par M, A) 43,52 %
D - 50,80 % 55 % = 27,94 % (par M, B) 27,94 %

IAS/IFRS Le raisonnement est le même.

E. Règle de calcul dans le cas de participations circulaires


1. Pourcentage de contrôle de la société consolidante
La règle de calcul est inchangée quand il existe des participations circulaires dans l’organigramme
des liens de participation. Le pourcentage de contrôle total détenu par société consolidante dans une
autre société est égal au cumul des pourcentages de contrôle direct détenu par la société
consolidante elle-même et par les sociétés placées sous son contrôle exclusif.
2. Pourcentage d’intérêts de la société consolidante
Quand il existe des participations circulaires, le raisonnement est du même type qu’en présence de
participations réciproques. Un coefficient diviseur doit être appliqué dans le calcul des pourcentages
d’intérêts. Dans chaque chaîne d’intérêts, ce coefficient diviseur ne doit être appliqué qu’une seule
fois, au niveau des sociétés qui sont incluses dans les liens de participations circulaires.
Le coefficient diviseur se calcule ainsi : 1 – Produit des pourcentages d’intérêts circulaires.
3. Exemple (données de base au 31/12/N)

 Par hypothèse, les pourcentages M Participations circulaires entre A, B et C


représentent le pourcentage du capital 90 %
détenu et le pourcentage de droits de 5%
vote détenus. Il n’y a ni contrôle de A C
fait, ni contrôle contractuel. 80 %
30 % 40 %
B 60 % D

Société Pourcentage de contrôle de M Type d’influence


direct indirect Total
A 90 % 0 % (par C) (rupture de la chaîne de 90 % Contrôle exclusif
contrôle au niveau de C)
B - 80 % (par A) 80 % Contrôle exclusif
C - 30 % (par B) 30 % Influence notable
D - 60 % (par B) + 0 % (par C) (rupture de 60 % Contrôle exclusif
la chaîne de contrôle au niveau de C)

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 23

Coefficient diviseur de calcul des pourcentages d’intérêts : 1 – 80 % 30 % 5 % = 0,988.

Société Pourcentage d’intérêts de M


directs indirects Total
A 90 % 1/0,988 = 91,09 % - 91,09 %
B - 91,09 % 80 % = 72,87 % (par M, A) 72,87 %
C - 72,87 % 30 % = 21,86 % (par M, A, B) 21,86 %
D - 72,87 % 60 % (par M, A, B) 52,47 %
+ 21,86 % 40 % (par M, A, B, C) = 52,47 %

IAS/IFRS Il y a une divergence pour le calcul du pourcentage d’intérêts indirects de M dans D. Il n’y a
en effet qu’une chaîne de contrôle indirect : (M, A, B, D). Le pourcentage d’intérêts indirects
de M dans D est donc égal à : 72,87 % 60% = 43,72 %.

4. Suite de l’exemple (en N+1, M acquiert des actions représentant 25 % du capital de C)


Nouvel organigramme des liens de participation après l’acquisition des actions C
 Par hypothèse, les pourcentages M Participations circulaires entre A, B et C
représentent le pourcentage du capital 90 % 25 %
détenu et le pourcentage de droits de 5%
vote détenus. Il n’y a ni contrôle de A C
fait, ni contrôle contractuel. 80 %
30 % 40 %
B 60 % D

Société Pourcentage de contrôle de M Type d’influence


direct indirect Total
A 90 % 5 % (par C) 95 % Contrôle exclusif
B - 80 % (par A) 80 % Contrôle exclusif
C 25 % 30 % (par B) 55 % Contrôle exclusif
D - 60 % (par B) + 40 % (par C) 100 % Contrôle exclusif
Remarque. C est sous le contrôle exclusif de M mais pas sous le contrôle exclusif de A. Donc, les actions A
détenues par C ne sont par des actions A d’autocontrôle.

Coefficient diviseur de calcul des pourcentages d’intérêts : 1 – 80 % 30 % 5 % = 0,988.

Société Pourcentage d’intérêts de M


directs indirects Total
A 90 % 1/0,988 = 91,09 % 25 % 5 % 1/0,988 = 1,27 % (par M, C) 92,36 %
B - 92,36 % 80 % = 73,89 % (par M, A) 73,89 %
C 25 % 1/0,988 = 25,30 % 73,89 % 30 % = 22,17 % (par M, A, B) 47,47 %
D - 73,89 % 60 % (par M, A, B) + 47,47 % 40 % 63,32 %
(par M, C) = 63,32 %

IAS/IFRS Le raisonnement est le même.


24 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Section 4. Autocontrôle

I. Rappels juridiques (art. L 233-31)


Lorsque des actions ou des droits de vote d’une société sont possédées par une ou plusieurs sociétés
dont elle détient le contrôle, les droits de vote attachés à ces actions ou ces droits de vote ne
peuvent être exercés à l’assemblée générale de la société. Il n’en est pas tenu compte pour le calcul
du quorum.

II. Liens nécessaires à l’existence d’un autocontrôle


Dans un groupe de sociétés, il y a deux catégories de liens qui sont susceptibles de générer un
autocontrôle. Il s’agit :
- soit des participations réciproques ;
- soit des participations circulaires.
L’autocontrôle ayant pour origine des participations réciproques entre sociétés par actions est rare.
En effet, pour que la situation soit licite, au regard de l’art. L 233-29, il faut que l’une des sociétés ait
son siège social à l’étranger.

III. Niveau d’autocontrôle


Il faut distinguer deux niveaux d’autocontrôle, selon que les titres concernés ont été émis par une
société consolidée autre que la société consolidante ou par la société consolidante elle-même.

A. Autocontrôle d’une société consolidée autre que la société consolidante


1. Règle de calcul du pourcentage de contrôle de la société consolidante
Les titres d’autocontrôle de la société contrôlée ou sous influence notable concernée (actions ou
droits de vote) ne doivent pas être pris en compte dans le calcul du pourcentage de contrôle.
2. Règle de calcul du pourcentage d’intérêts de la société consolidante
Les actions d’autocontrôle ouvrent droit aux dividendes. Il faut donc appliquer la règle de calcul
correspondant à l’un des deux cas suivants : participations réciproques ou participations circulaires.
3. Exemple
L’organigramme du groupe M est présenté ci-dessous.
 Par hypothèse, les pourcentages M Autocontrôle au niveau de A
représentent le pourcentage du capital 72 %
détenu et le pourcentage de droits de 10 %
de vote détenus. Il n’y a ni contrôle de A C
fait, ni contrôle contractuel. 70 %
60 % 25 %
B D

Société Pourcentage de contrôle de M Type d’influence


direct indirect Total
A (1) 72/90 %= 80 % 0 % (par C) 80 % Contrôle exclusif
B - 70 % (par A) 70 % Contrôle exclusif
C - 60 % (par B) 60 % Contrôle exclusif
D - 25 % (par C) 25 % Influence notable

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(1) La société C est à la fois sous le contrôle exclusif de A et sous le contrôle exclusif de M. Les actions A
détenues par C sont des actions A d’autocontrôle, non pas parce que M exerce un contrôle exclusif sur A
mais parce que C, qui détient des droits de vote de A, est sous le contrôle exclusif de A. Ces actions A
d’autocontrôle sont donc privées du droit de vote aux assemblées de A. M détient donc 72 % des droits de
vote sur un total de 90 % qui peuvent s’exprimer, soit un pourcentage de contrôle effectif de 80 %.

Coefficient diviseur de calcul des pourcentages d’intérêts : 1 – 70 % 60 % 10 % = 0,958.

Société Pourcentage d’intérêts de M


directs indirects Total
A 72 % 1/0,958 = 75,16 % - 75,16 %
B - 75,16 % 70 % = 52,61 % (par M, A) 52,61 %
C - 52,61 % 60 % = 31,57 % (par M, A, B) 31,57 %
D - 31,57 % 25 % = 7,89 % (par M, A, B, C) 7,89 %

IAS/IFRS Le raisonnement est le même.

B. Autocontrôle de la société consolidante


Lorsqu’il existe un autocontrôle de la société consolidante, il faut distinguer les deux catégories
suivantes d’associés :
- d’une part, les associés majoritaires de la société consolidante ;
- d’autre part, les associés minoritaires de la société consolidante, c’est-à-dire les autres associés.
1. Associés majoritaires de la société consolidante
Les associés majoritaires sont les associés, autres que les sociétés consolidées, qui détiennent
directement des titres de la société consolidante (actions et/ou droits de vote).
2. Règles de calcul dans le cas d’autocontrôle de la société consolidante
a. Pourcentage de contrôle des associés majoritaires de la société consolidante
Le pourcentage de contrôle direct des associés majoritaires de la société consolidante dans leur
société est toujours égal à 100 % puisque les actions des associés minoritaires sont privées du droit
de vote.
Il en résulte que le pourcentage de contrôle des associés majoritaires de la société consolidante dans
chacune des entités consolidées est le même que celui de la société consolidante dans ces mêmes
entités.
b. Pourcentage d’intérêts des associés majoritaires de la société consolidante
Le pourcentage d’intérêts qui doit être calculé est celui des associés majoritaires de la société
consolidante et non pas celui de la société consolidante. En effet, dans le bilan consolidé les
« Capitaux propres (part du groupe) » représentent en fait les intérêts des associés majoritaires de la
société consolidante et non pas ceux de la société consolidante.
Remarque. Il y a un risque de confusion car la terminologie employée reste la même que lorsqu’il n’y a pas
d’autocontrôle de la société consolidante.
26 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

3. Exemple
L’organigramme du groupe M est présenté ci-dessous.
 Par hypothèse, les pourcentages M
représentent le pourcentage du capital 80 % 10 %
détenu et le pourcentage de droits de
vote détenus (les actions M détenues par A 75 % B
B sont privées du droit de vote). Il n’y a 70 %
ni contrôle de fait, ni contrôle Autocontrôle au niveau de
contractuel. C la société consolidante M
Les actions M détenues par B sont des actions d’autocontrôle privées du droit de vote car la société
B est sous le contrôle exclusif de la société M. Dans une telle situation, il est recommandé de
compléter l’organigramme en insérant une entité que nous appellerons « Associés majoritaires de
M»:
Associés majoritaires de M
90 % Autocontrôle au niveau de
la société consolidante M
M
80 % 10 %

A 75 % B
70 %

Société Pourcentage de contrôle des associés majoritaires de M Type d’influence


direct indirect Total
M (1) 100 % 0 % (par B) 100 % Contrôle exclusif
A - 80 % (par M) 80 % Contrôle exclusif
B - 75 % (par A) 75 % Contrôle exclusif
C - 70 % (par A) 70 % Contrôle exclusif
(1) Les actionnaires majoritaires de M détiennent 90 % des droits de vote sur un total de 90 % de droits de
vote qui peuvent s’exprimer aux assemblées de M, soit un total de 100 % des droits de vote (90 %/90 %).

Coefficient diviseur de calcul des pourcentages d’intérêts : 1 – 80 % 75 % 10 % = 0,94.

Société Pourcentage d’intérêts des associés majoritaires de M


directs indirects Total
M 90 % 1/0,94 = 95,75 % - 95,75 %
A - 95,75 % 80 % = 76,60 % (par M, A) 76,60 %
B - 76,60 % 75 % = 57,45 % (par M, A, B) 57,45 %
C - 76,60 % 70 % = 53,62 % (par M, A, C) 53,62 %

IAS/IFRS Le raisonnement est le même.

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CHAPITRE 3. MÉTHODES DE CONSOLIDATION

Section 1. Principes généraux

I. Méthode de consolidation et type d’influence (§ 110 et art. L 233-18)


Il existe trois méthodes de consolidation :
- l’intégration globale ;
- l’intégration proportionnelle ;
- la mise en équivalence.
La méthode de consolidation applicable à chaque entité consolidée est fonction du type d’influence
qu’exerce la société consolidante dans cette entité :
Type d'influence Méthode de consolidation
CONTRÔLE EXCLUSIF Intégration globale
CONTRÔLE CONJOINT Intégration proportionnelle
INFLUENCE NOTABLE Mise en équivalence

IAS/IFRS Il existe également trois méthodes de consolidation :


- la consolidation globale (synonyme d’intégration globale) ;
- la consolidation proportionnelle (appelée également « intégration proportionnelle ») ;
- la mise en équivalence.
Tableau récapitulatif :
Qualification de
Type d’entité Type d’influence Méthode de consolidation
l’entité consolidée
consolidée détenue exercée à appliquer
détentrice des titres
Filiale Société mère Contrôle Consolidation globale

Coentreprise Coentrepreneur Contrôle conjoint Consolidation proportionnelle


(selon IAS 31 « Participations dans
des coentreprises »)
 Méthode de référence
Mise en équivalence
(selon IAS 28 « Participations dans
des entreprises associées »)
 Méthode alternative
Entreprise associée Investisseur Influence notable Mise en équivalence
(selon IAS 28 « Participations dans
des entreprises associées »)

II. Condition nécessaire à la mise en œuvre des méthodes


Les méthodes de consolidation ne doivent être mises en œuvre que dans la phase de consolidation
proprement dite. Chez la société consolidante, les travaux de consolidation ne peuvent commencer
que lorsque les travaux préalables à la consolidation sont terminés.
Remarque. Ces travaux préalables à la consolidation sont également appelés « travaux de pré-consolidation ».

Selon l’organisation mise en place dans les groupes, les travaux de pré-consolidation peuvent être
réalisés, selon le cas :
- soit par chaque entreprise consolidée elle-même ;
- soit par la société consolidante pour chaque entreprise consolidée ou pour certaines seulement.
28 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

L’objectif des travaux de pré-consolidation est l’établissement de comptes individuels retraités


destinés à être consolidés. En pratique, les comptes de bilan et les comptes de gestion sont retraités
séparément dans des écritures spécifiques. C’est la raison pour laquelle on distingue deux catégories
d’écritures dans les travaux de consolidation (pré-consolidation et consolidation proprement dite) :
- d’une part, les écritures pour le bilan ;
- d’autre part, les écritures pour le compte de résultat.

Section 2. Mise en équivalence (art. R 233-3 et § 1102)

La mise en équivalence consiste à substituer à la valeur comptable des titres de participation détenus
une autre valeur correspondant à la quote-part des capitaux propres (y compris le résultat) de l’entité
déterminés d’après les règles de consolidation.
Cette « quote-part » est égale au produit des « capitaux propres » par le pourcentage d’intérêts
représenté par les titres de participation consolidés.
La base du calcul (« capitaux propres déterminés d’après les règles de consolidation ») correspond au
montant des capitaux propres retraités résultant de la pré-consolidation.
Remarque. La mise en équivalence d’une entité se traduit par une réestimation des titres de participation
consolidés de cette entité.

IAS/IFRS La définition de la norme IAS 28 « Participations dans des entreprises associées » § 2 est
sensiblement la même :
La méthode de la mise en équivalence est une méthode comptable selon laquelle la
participation est initialement comptabilisée au coût et est ensuite ajustée pour prendre en
compte les changements postérieurs à l’acquisition de la quote-part de l’investisseur dans
l’actif net de l’entreprise détenue. Le résultat de l’investisseur comprend sa quote-part du
résultat de l’entreprise détenue.

Section 3. Intégration proportionnelle (art. R 233-3 et § 1101)

L’intégration proportionnelle consiste à substituer à la valeur comptable des titres de participation


détenus la fraction représentative des éléments actifs et passifs de l’entité intégrée déterminés
d’après les règles de consolidation. Les titres de participation sont donc éliminés et remplacés par la
fraction de l’actif net comptable retraité auxquels ils donnent droit (actifs et passifs retraités résultant
de la pré-consolidation).

IAS/IFRS Dans la définition de l’intégration proportionnelle (ou consolidation proportionnelle) de la


norme IAS 31 « Participations dans des coentreprises » § 3, il est prévu deux présentations
différentes des comptes intégrés selon cette méthode. Le deuxième type de présentation n’est
pas autorisé dans le règlement n° 99-02 du CRC :
L’intégration proportionnelle est une méthode de comptabilisation selon laquelle la quote-
part d’un coentrepreneur dans chacun des actifs, passifs, produits et charges de l’entité
contrôlée conjointement est regroupée, ligne par ligne, avec les éléments similaires dans les
états financiers du coentrepreneur ou est présentée sous des postes distincts dans les états
financiers du coentrepreneur.

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Section 4. Intégration globale (art. R 233-3 et § 1100)

L’intégration globale consiste à intégrer dans les comptes consolidés tous les actifs et passifs de
l’entité intégrée déterminés d’après les règles de consolidation, c’est-à-dire les actifs et passifs
retraités résultant de la pré-consolidation. En contrepartie, les titres de participation détenus sont
éliminés et les intérêts minoritaires sont comptabilisés.

IAS/IFRS Le processus de la consolidation globale décrit dans la norme IAS 27 § 18 « Etats financiers
consolidés et individuels » est quasiment identique :
Pour établir des états financiers consolidés, les états financiers individuels de la société mère et de ses
filiales sont combinés, ligne par ligne, en additionnant les postes semblables d’actifs, de passifs, de
capitaux propres, de produits et de charges. […]

Remarque. Le terme « combinés » a ici le même sens que le terme « intégrés » dans la
réglementation française. Dans la norme IAS 27 § 4, les intérêts minoritaires sont appelés
dorénavant « participation ne donnant pas le contrôle » :
Une participation ne donnant pas le contrôle est la part d’intérêt, dans une filiale, qui n’est pas
attribuable directement ou indirectement à une société mère.

Section 5. Aperçu de la consolidation du bilan et du compte de résultat

I. Aperçu de la consolidation du bilan


Pour donner un aperçu des méthodes de consolidation, nous allons partir d’un exemple simplifié.

A. Données de base
Un périmètre de consolidation comprend deux entités : la société consolidante M et une autre société
consolidée C. M détient un pourcentage d’intérêts de 40 % dans C.
Nous posons les hypothèses simplificatrices suivantes :
- M a participé à la constitution de C en souscrivant à 40 % des actions C émises ;
- capital social de C : 1 000 ;
- coût d’acquisition des actions C détenues par M : 400 ;
- aucune opération n’a été réalisée entre M et C.
Au 31/12/N, les bilans retraités se présentent ainsi :
Bilan retraité de M au 31/12/N
Titres de participation C 400 Capitaux propres
Actifs divers AM Capital 7 000
Réserves 5 000
Résultat 1 500
Passifs PM
AM + 400 AM + 400

Bilan retraité de C au 31/12/N


Actifs divers 1 800 Capitaux propres
Capital 1 000
Réserves 160
Résultat 100
Passifs 540
1 800 1 800
30 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Nous envisagerons successivement les trois hypothèses suivantes en ce qui concerne le type
d’influence exercée par M dans C :
- influence notable (méthode de consolidation appliquée : mise en équivalence) ;
- contrôle conjoint (méthode de consolidation appliquée : intégration à 40 %) ;
- contrôle exclusif (méthode de consolidation appliquée : intégration globale).

B. Terminologie utilisée pour la présentation des méthodes


1. Valeur actuelle consolidée des actions C détenues par M
La valeur actuelle consolidée des actions C détenues par M est égale à la fraction de l’actif net
comptable retraité de C qui revient de plein droit à M : (1 800 – 540) 40 % = 504.
La valeur de l’actif net comptable de C est bien entendu la même que la valeur des droits des
associés de C dans leur société.
Donc, on peut dire également que la valeur actuelle consolidée des actions C détenues par M est
égale à la quote-part des capitaux propres retraités de C revenant de plein droit à M.
2. Différence de consolidation sur actions C détenues par M
La différence de consolidation sur actions C détenues par M est égale à la différence suivante :
Valeur actuelle consolidée des actions C (504) – Valeur comptable des actions C (400) = 104.
La différence de consolidation peut être analysée comme une plus-value latente sur titres C détenus
par M.
3. Poste « Capitaux propres (part du groupe) » dans le bilan consolidé
Ce poste représente les droits de la société consolidante M dans l’actif net consolidé. On peut le
formuler autrement et dire que le poste « Capitaux propres (part du groupe) » représente les droits
des associés de la société consolidante.
4. Poste « Intérêts minoritaires » dans le bilan consolidé
Le poste « Intérêts minoritaires » représente un poste de capitaux propres particulier. Pour que ce
poste existe au passif du bilan consolidé, il faut qu’au moins une entreprise, autre que la société
consolidante elle-même, soit intégrée globalement.
Les « Intérêts minoritaires » représentent les droits des associés des sociétés sous contrôle exclusif,
autres que ceux de la société consolidante.
5. Contrepartie de la différence de consolidation dans le bilan consolidé
Pour équilibrer le bilan consolidé, la contrepartie de la différence de consolidation est répartie entre
deux postes des « Capitaux propres (part du groupe) » :
- le poste « Résultat », pour la quote-part du résultat de C revenant de plein droit à M :
100 40 % = 40 ;
- le poste « Réserves » pour le reste de la différence de consolidation : 104 – 40 = 64.

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C. Méthode de la mise en équivalence


Dans la mise en équivalence, les titres de participation C détenus par la société consolidante M sont
réestimés. La valeur actuelle consolidée des actions C se substitue à leur valeur comptable.
Dès lors que la méthode de mise en équivalence a été appliquée, les titres qui ont été mis en
équivalence apparaissent dans un compte d’immobilisations financières spécifique :
« Titres mis en équivalence ».
Remarque. Lorsque la quote-part de l’entreprise détentrice des titres dans les capitaux propres d’une
entreprise dont les titres sont mis en équivalence devient négative, celle-ci est retenue normalement pour une
valeur nulle. Cependant, dans le cas où l’entreprise détentrice des titres a l’obligation ou l’intention de ne pas
se désengager financièrement de sa participation dans l’entreprise, la partie négative des capitaux propres est
portée dans la rubrique des provisions. Cette provision est ajustée à la clôture de chaque exercice en fonction
de la quote-part dans les capitaux propres de l’entreprise mise en équivalence.

IAS/IFRS Il en est de même dans les normes internationales. En effet, ce cas est prévu dans IAS
28 « Participations dans des entreprises associées » § 30 :
Lorsque la quote-part de l’investisseur est ramenée à zéro, les pertes supplémentaires font l’objet d’une
provision, et un passif est comptabilisé, seulement dans la mesure où l’investisseur a encouru une
obligation légale ou implicite ou a effectué des paiements au nom de l’entreprise associée. Si l’entreprise
associée enregistre ultérieurement des bénéfices, l’investisseur ne recommence à comptabiliser sa quote-
part dans ces bénéfices qu’après avoir dépassé sa quote-part de pertes non comptabilisées.

Impact de la mise en équivalence de C


Titres de participation C + 104 Capitaux propres (dont Résultat : + 40) + 104

Bilan consolidé du groupe M


Titres mis en équivalence 504 Capitaux propres (part du groupe)
(valeur actuelle consolidée des Capital 7 000
actions C) Réserves (5 000 + 64) 5 064
Actifs divers AM Résultat (1 500 + 40) 1 540
Passifs PM
AM + 504 AM + 504
 Aucun compte de bilan de C n’a été intégré dans le bilan consolidé. Quand on dit que la société C
est consolidée par mise en équivalence, cela signifie :
- d’une part, que ses comptes de bilan ne sont pas intégrés ;
- d’autre part, que les titres de participation consolidés de cette société (c’est-à-dire ceux qui sont
détenus par M, dans notre exemple), sont réestimés à leur valeur actuelle consolidée.
32 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

D. Méthode de l’intégration proportionnelle


Dans l’intégration proportionnelle, une fraction de chacun des postes d’actif et de passifs
(provisions et dettes) de C se substitue aux titres de participation C détenus par M. La valeur de
substitution est égale à la valeur actuelle consolidée des actions C.
Impact de l’intégration proportionnelle de C
Titres de participation C - 400 Capitaux propres + 104
(compte à éliminer) (dont Résultat : + 40)
Actifs divers (1 800 40 %) + 720 Passifs divers (540 40 %) + 216
+ 320 + 320

Bilan consolidé du groupe M


Titres de participation C néant Capitaux propres (part du groupe)
(éliminés) Capital 7 000
Actifs divers AM + 720 Réserves (5 000 + 64) 5 064
Résultat (1 500 + 40) 1 540
Passifs PM + 216
AM + 720 AM + 720

E. Méthode de l’intégration globale (intégration des intérêts minoritaires directs)


Dans l’intégration globale, le total des postes d’actif et de passifs (provisions et dettes) est intégré, y
compris la quote-part revenant aux autres associés de C. La contrepartie de la fraction intégrée
revenant de plein droit aux autres associés de C est inscrite au poste « Intérêts minoritaires » du
bilan consolidé.

Intérêts minoritaires débiteurs (§ 270). Lorsque, à la suite de pertes, la part revenant aux minoritaires
d’une entreprise consolidée par intégration globale devient négative, l’excédent ainsi que les pertes
ultérieures imputables aux intérêts minoritaires sont déduits des intérêts majoritaires, c’est-à-dire des
capitaux propres (part du groupe), sauf si les associés ou actionnaires minoritaires ont l’obligation formelle
de combler ces pertes. Si ultérieurement l’entreprise consolidée réalise des bénéfices, les intérêts
majoritaires sont alors crédités de la totalité des profits jusqu’à ce que la partie qu’ils avaient assumée des
pertes imputables aux intérêts minoritaires ait été totalement éliminée.

Impact de l’intégration globale de C


Titres de participation C - 400 Capitaux propres + 104
(compte à éliminer) (dont Résultat : + 40)
Actifs divers (1 800 100 %) + 1 800 Intérêts minoritaires + 756
(1 800 – 540) 60 %
Passifs divers (540 100 %) + 540
+ 1 400 + 1 400

Bilan consolidé du groupe M


Titres de participation C néant Capitaux propres (part du groupe)
(éliminés) Capital 7 000
Actifs divers AM + 1 800 Réserves (5 000 + 64) 5 064
Résultat (1 500 + 40) 1 540
Intérêts minoritaires 756
Passifs PM + 540
AM + 1 800 AM + 1 800

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 Dans la méthode de l’intégration globale, à la valeur comptable des actions C détenus par M a été
substitué l’ensemble des éléments retraités actifs et passifs de la société C.
Ces éléments actifs et passifs intégrés représentent une valeur égale à : 1 800 – 540 = 1 260.
La part des minoritaires représente 60 % de cette valeur, soit 756.
La part de la société consolidante, soit 504 (1 260 40 %), se substitue à la valeur comptable des
actions C qui sont éliminés, soit 400. En contrepartie, la différence de consolidation augmente les
« Capitaux propres (part du groupe) » pour 104 (dont 40 pour le résultat).

II. Aperçu de la consolidation du compte de résultat

A. Données de base (suite de l’exemple)


Les comptes de gestion retraités des sociétés M et C sont résumés ci-dessous, au 31/12/N.
Il est rappelé que le périmètre de consolidation du groupe M ne comprend que M (qui détient une
participation de 40 % dans C) et C.
Compte de résultat retraité de M
Charges ChM Produits PrM
Résultat (bénéfice) 1 500
PrM PrM
Compte de résultat retraité de C
Charges 3 900 Produits 4 000
Résultat (bénéfice) 100
4 000 4 000

B. Structure simplifiée du compte de résultat consolidé


Compte de résultat consolidé
(classement par nature)
Produits
Charges
Résultat net des entreprises intégrées (1)
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence (2)
Résultat net de l'ensemble consolidé (3)
Intérêts minoritaires
Résultat net (part du groupe) (4)
(1) Cumul des résultats intégrés :
- de la société consolidante ;
- des sociétés sous contrôle exclusif (intégrées globalement) ;
- d’une fraction du résultat des sociétés sous contrôle conjoint.
Remarque. Le résultat des sociétés sous contrôle conjoint ne sont intégrés que proportionnellement au
pourcentage d’intérêts directs total détenu par les sociétés intégrées globalement.
(2) Ce poste n’a pas de nature particulière. Il n’est utilisé que dans les comptes consolidés.
Il peut représenter soit des produits nets, soit des charges nettes, selon le cas.
Il permet d’intégrer la quote-part dans les résultats des sociétés mises en équivalence.
Remarque. Le résultat des sociétés mises en équivalence (MEE), tout comme le résultat des sociétés sous
contrôle conjoint, ne sont intégrés que proportionnellement au pourcentage d’intérêts directs total détenu par
les sociétés intégrées globalement.
(3) Résultat net des entreprises intégrées + QP dans les résultats des entreprises MEE.
(4) Résultat net de l’ensemble consolidé – Intérêts minoritaires dans ce résultat.
34 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

C. Méthode de la mise en équivalence


Dans la mise en équivalence, les comptes de charges et de produits par nature de la société C ne
sont pas intégrés. La fraction du résultat de C revenant de plein droit à M est intégrée sur une ligne
particulière du compte de résultat consolidé « Quote-part dans les résultats des entreprises mises en
équivalence ».
Impact de la mise en équivalence de C
Produits -
Charges -
Résultat net des entreprises intégrées -
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence + 40
(100 40 %)
Résultat net de l’ensemble consolidé + 40
Intérêts minoritaires -
Résultat net (part du groupe) + 40

Compte de résultat consolidé du groupe M


Produits PrM
Charges ChM
Résultat net des entreprises intégrées 1 500
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence 40
Résultat net de l'ensemble consolidé 1 540
Intérêts minoritaires -
Résultat net (part du groupe) 1 540

D. Méthode de l’intégration proportionnelle


Dans l’intégration proportionnelle, les comptes de charges et de produits de C sont intégrés en
fonction du pourcentage d’intérêts détenu par M.
Impact de l’intégration proportionnelle de C
Produits (4 000 40 %) + 1 600
Charges (3 900 40 %) + 1 560
Résultat net des entreprises intégrées + 40
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence -
Résultat net de l’ensemble consolidé + 40
Intérêts minoritaires
Résultat net (part du groupe) + 40

Compte de résultat consolidé du groupe M


Produits PrM + 1 600
Charges ChM + 1 560
Résultat net des entreprises intégrées (1 500 + 40) 1 540
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence -
Résultat net de l'ensemble consolidé 1 540
Intérêts minoritaires -
Résultat net (part du groupe) 1 540

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E. Méthode de l’intégration globale (intégration des intérêts minoritaires)


Dans l’intégration globale, les comptes de charges et de produits de C sont intégrés à 100 % alors
que la fraction du résultat de C qui revient de plein droit à M n’est que de 40 %. La contrepartie de la
fraction intégrée revenant de plein droit aux autres associés de C est inscrite au poste « Intérêts
minoritaires » du compte de résultat consolidé.
Impact de l’intégration globale de C
Produits + 4 000
Charges + 3 900
Résultat net des entreprises intégrées + 100
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence -
Résultat net de l’ensemble consolidé + 100
Intérêts minoritaires (100 60 %) + 60
Résultat net (part du groupe) + 40

Compte de résultat consolidé du groupe M


Produits PrM + 4 000
Charges ChM + 3 900
Résultat net des entreprises intégrées (1 500 + 100) 1 600
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence -
Résultat net de l'ensemble consolidé 1 600
Intérêts minoritaires 60
Résultat net (part du groupe) 1 540
36 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Section 6. Introduction à la pratique de la consolidation


Selon les dispositions de l’art. L 233-23, les comptes consolidés sont établis selon les principes
comptables et les règles d’évaluation du Code de commerce, compte tenu des aménagements
indispensables résultant des caractéristiques propres aux comptes consolidés par rapport aux
comptes individuels.

I. Organisation comptable
Le règlement n° 99-02 du CRC ne fixe aucune règle spécifique en ce qui concerne les modalités
pratiques de l’organisation comptable.

A. Plan de comptes en consolidation


Pour l’établissement des comptes consolidés, aucun plan de comptes n’est prévu par le règlement
n° 99-02 du CRC. La société consolidante est donc libre de définir un plan de comptes spécifique
numérique et/ou alphanumérique.
Le plan de comptes général défini à l’art. 432-1 du règlement n° 99-03 du CRC peut servir de
référence. Toutefois, pour l’établissement des comptes consolidés il est nécessaire de faire des
ajustements et de créer des comptes spécifiques.

B. Comptes spécifiques à créer pour les besoins de la consolidation


L’intitulé des comptes est adapté aux contraintes de la consolidation, tant pour les travaux préalables
à la consolidation (souvent appelés travaux de pré-consolidation) que pour les travaux de
consolidation proprement dite.

1. Comptes de « Capitaux propres »


Il ne doit rester dans le bilan consolidé que deux catégories de postes de Capitaux propres :
- les Capitaux propres (part du groupe) ;
Remarque. Ces capitaux propres représentent les droits des associés de la société consolidante dans l’actif
net consolidé. Les « Capitaux propres (part du groupe) » comprennent notamment les postes suivants :
Capital, Primes, Réserves et Résultat.
- et les Intérêts minoritaires.
a. Compte Capital
Il n’est pas nécessaire de modifier l’intitulé du compte Capital de la société consolidante. En effet, le
poste « Capital » du bilan consolidé est celui des comptes sociaux de la société mère du groupe.
En revanche, pour les autres entités intégrées, le nom de la société concernée est ajouté à l’intitulé du
compte. Bien entendu, la numérotation de chaque compte Capital doit permettre d’identifier l’entité
concernée.
Remarque. Sans cette individualisation, il ne serait pas possible d’éliminer les comptes « Capital » dans la
dernière phase des écritures de consolidation.

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b. Comptes Réserves
Ces comptes peuvent nécessiter des retraitements. Le compte Réserves de la société consolidante
prend le nom de « Réserves groupe » ou de « Réserves consolidées ».
Pour les autres entités intégrées, le nom de la société concernée est ajouté à l’intitulé du compte
Réserves et la numérotation est adaptée.
c. Comptes Résultat
Ces comptes peuvent également nécessiter des retraitements. Le compte Résultat de la société
consolidante est intitulé « Résultat groupe » ou « Résultat consolidé ».
Pour les autres entités intégrées, le nom de la société concernée est ajouté à l’intitulé du compte
Résultat et la numérotation est adaptée.
d. Compte « Intérêts minoritaires »
Les intérêts minoritaires représentent les droits des associés autres que la société mère du groupe
dans l’actif net consolidé. Que la structure du groupe soit simple ou complexe, le poste « Intérêts
minoritaires » inclut toujours les droits des associés des filiales, c’est-à-dire des sociétés sous
contrôle exclusif, sauf cas particulier.
Dans une entité consolidée, en général, le pourcentage des intérêts minoritaires est plus faible que
celui de la société consolidante. Mais il y a des cas particuliers dans lesquels ces « Intérêts
minoritaires » sont en fait majoritaires (le terme générique « Intérêts minoritaires » reste employé
dans tous les cas).
2. Compte « Titres mis en équivalence »
Ce compte révèle l’existence de sociétés sous influence notable dans le périmètre de consolidation.
Le solde débiteur de ce compte représente la valeur actuelle consolidée des titres de participation
intégrés des entités mises en équivalence.
Cette valeur actuelle consolidée correspond à la quote-part des capitaux propres de ces entités qui
revient de plein droit à la société consolidante et éventuellement aux « Intérêts minoritaires ».
3. Compte « Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence »
Les comptes de charges et de produits des entités mises en équivalence ne sont pas intégrés
individuellement. En revanche, la quote-part du résultat qui revient de plein droit à la société
consolidante et éventuellement aux « Intérêts minoritaires » doit être incluse dans la valeur des
« Titres mis en équivalence ». Un compte de gestion spécifique a donc été créé pour les besoins de la
consolidation.

C. Système « en partie double »


Dans les comptes individuels, la comptabilité financière doit être tenue selon le système dit « en
partie double ». Dans ce système, tout mouvement ou variation enregistré dans la comptabilité est
représenté par une écriture qui établit une équivalence entre ce qui est porté au débit et ce qui est
porté au crédit des différents comptes affectés par cette écriture (art. 420-1 du PCG).
Dans les comptes consolidés, c’est un système en « double partie double » qui est généralement mis
en place.

D. Système « en double partie double »


Les comptes consolidés étant établis à partir des comptes individuels retraités des entités
consolidées, il est nécessaire de distinguer tout au long du processus de consolidation :
- d’une part, les écritures de consolidation des comptes de bilan ;
- d’autre part, les écritures de consolidation des comptes de gestion.
Nous allons voir qu’un compte spécifique est utilisé pour respecter cette contrainte.
38 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

II. Fonctionnement du compte « Résultat global »


Dans le système « en partie double », à la clôture de l’exercice, il faut solder les comptes de charges
et de produits par transfert au crédit du compte de bilan 120 « Résultat de l’exercice ». Autrement
dit, il est impossible que les comptes de gestion (charges et produits) coexistent avec le compte de
bilan correspondant.

A. Mise en place du système « en double partie double »


Le système « en double partie double » permet de retraiter en parallèle les comptes de gestion et le
compte de bilan individualisé correspondant Résultat (« groupe » ou « nom de l’entité »), en général.
Ce système nécessite l’utilisation d’un compte de liaison qui peut prendre un nom différent selon le
groupe. Nous utiliserons l’intitulé suivant « Résultat global » mais le choix d’un intitulé différent,
par exemple « Astérix », aurait le même effet sur les états financiers consolidés.
Remarque. Il n’est pas nécessaire que le compte de liaison « Résultat global » soit individualisé. De même
qu’il n’est pas nécessaire d’individualiser les comptes de charges et de produits selon l’entité intégrée d’où ils
proviennent.

B. Principe de fonctionnement
Le compte « Résultat global » peut être considéré comme un compte de liaison (avec chacun des
comptes de bilan individualisés « Résultat »), sauf cas particulier, ou comme un compte de
contrepartie qui permet de respecter la partie double (dans les écritures où ne sont mouvementés que
les comptes de gestion).
Il faut retenir que ce compte fonctionne en sens inverse du compte de bilan Résultat (« groupe » ou
« nom de l’entité »), sauf cas particulier. Vous pourrez contrôler le fonctionnement de ce compte
dans les exemples illustrant ce cours, notamment lorsque les écritures de consolidation du bilan sont
mises en regard des écritures de consolidation du compte de résultat.

C. Exemple
1. Données de base
La société A est dans le périmètre de consolidation du groupe M. Les écritures suivantes sont
enregistrées à la clôture de l’exercice :
 dotation aux amortissements d’un camion de livraison : 100 ;
 annulation du stock initial de marchandises : 30 ;
 constatation du stock final de marchandises : 50 ;
 annulation d’une dotation aux provisions pour hausse des prix enregistrée par erreur quelques
jours plus tôt : 70.
2. Ecritures comparées dans les deux systèmes
Dans le système « en partie double », nous supposons que nous passons des écritures d’inventaire
dans les comptes individuels de A.
Dans le système « en double partie double », nous supposons que nous sommes dans le journal
spécifique de pré-consolidation de A et que les enregistrements correspondent à des retraitements
nécessaires pour établir les comptes retraités à envoyer à la société consolidante M.
Remarque. Dans le système « en double partie double », les comptes « Résultat (« groupe » ou « nom de
l’entité ») sont mouvementés en parallèle avec les comptes de charges et de produits dans des écritures
séparées :
Débit du compte de bilan « Résultat » :
 En parallèle, au débit, un compte de charge augmente ou un compte de produit diminue.
Crédit du compte de bilan « Résultat » :
 En parallèle, au crédit, un compte de produit augmente ou un compte de charge diminue.

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 Dotation aux amortissements d’un camion de livraison : 100

Journal de A (comptes individuels)


6811 DA sur immobilisations incorporelles et corporelles 100
28182 Amortissements du matériel de transport 100

Journal de pré-consolidation de A
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat A 100 DA sur immob. incorp. et corporelles 100
Amortissements du mat. de transport 100 Résultat global 100

 Annulation du stock initial de marchandises : 30

Journal de A (comptes individuels)


6037 Variation des stocks de marchandises 30
37 Stocks de marchandises 30

Journal de pré-consolidation de A
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat A 30 Variation des stocks de marchandises 30
Stocks de marchandises 30 Résultat global 30

 Constatation du stock final de marchandises : 50

Journal de A (comptes individuels)


37 Stocks de marchandises 50
6037 Variation des stocks de marchandises 50

Journal de pré-consolidation de A
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Stocks de marchandises 50 Résultat global 50
Résultat A 50 Variation des stocks de marchandises 50

 Annulation d’une dotation aux provisions pour hausse des prix de l’exercice : 70

Journal de A (comptes individuels)


1431 Provisions pour hausse des prix 70
6873 DP réglementées (stocks) 70

Journal de pré-consolidation de A
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Provisions pour hausse des prix 70 Résultat global 70
Résultat A 70 DP réglementées (stocks) 70

Remarque. Dans le système « en double partie double », les comptes Résultat (« groupe » ou « nom de
l’entité ») et « Résultat global » fonctionnent toujours en sens inverse.
40 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

III. Suite de l’exemple (cf. pages 29 et 33)


Pour terminer cette introduction à la pratique de la consolidation, nous allons continuer et compléter
l’exemple qui a été développé dans l’aperçu de la consolidation du bilan (cf. Section 5, I) et dans
l’aperçu de la consolidation du compte de résultat (cf. Section 5, II).
Les travaux comptables réalisés chez la société consolidante vont être présentés dans l’ordre
suivant, pour chacune des méthodes de consolidation mises en œuvre :
1. Ecritures d’intégration des comptes de bilan et des comptes de gestion retraités ;
2. Tableau d’analyse du partage des capitaux propres de C ;
3. Ecriture de mise en équivalence de C ou écritures de partage des capitaux propres de C.

A. Méthode de la mise en équivalence


1. Ecritures d’intégration des comptes de bilan et des comptes de gestion retraités
(1ère étape des travaux de consolidation)

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Titres de participation C 400 Charges ChM
Actifs divers AM Résultat global 1 500
Capital 7 000 Produits PrM
Réserves groupe 5 000
Résultat groupe 1 500
Passifs PM
Intégration des comptes de bilan retraités de M Intégration des comptes de gestion retraités de M

Aucun compte de bilan de C n’est Aucun compte de gestion de C


intégré n’est intégré

2. Analyse du partage des capitaux propres non intégrés de C


(dernière étape des travaux de consolidation)

Intérêts non
Total Intérêts consolidés (40 %)
consolidés (60 %)
Capital C 1 000
+ Réserves C 160 Le calcul de ces
intérêts dans les
= Capitaux propres (hors résultat) 1 160 (1) 1 160 40 % = 464
capitaux propres et
Titres de participation C dans le résultat de C
détenus par M (à éliminer) 400 est inutile.
=  Réserves intégrées (2) 64
Résultat C 100 (3) 100 40 % = 40
Titres C mis en équivalence 464 + 40 = 504
(résultat inclus)

(1) Titres C mis en équivalence (hors résultat).


(2) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres C détenus par M ( Réserves du groupe).
(3)  Résultat du groupe.

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3. Ecriture de mise en équivalence de C


(dernière étape des travaux de consolidation)
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Titres mis en équivalence 504 Résultat global 40
Titres de participation C 400 Quote-part dans les résultats des
(pour solde) entreprises mises en équivalence 40
Réserves groupe 64
Résultat groupe 40
Mise en équivalence de C (ou mise en Intégration de la fraction du résultat de C qui
équivalence des titres C) revient de plein droit à M

B. Méthode de l’intégration proportionnelle


1. Ecritures d’intégration des comptes de bilan et des comptes de gestion retraités
(1ère étape des travaux de consolidation)
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Titres de participation C 400 Charges ChM
Actifs divers AM Résultat global 1 500
Capital 7 000 Produits PrM
Réserves groupe 5 000
Résultat groupe 1 500
Passifs PM
Intégration des comptes de bilan retraités de Intégration des comptes de gestion retraités
M de M

Actifs divers (1 800 40 %) 720 Charges (3 900 40 %) 1 560


Capital C (1 000 40 %) 400 Résultat global 40
Réserves C (160 40 %) 64 Produits (4 000 40 %) 1 600
Résultat C (100 40 %) 40
Passifs (540 40 %) 216
Intégration proportionnelle (à 40 %) des Intégration proportionnelle (à 40 %) des
comptes de bilan retraités de C comptes de gestion retraités de C

2. Analyse du partage des capitaux propres consolidés de C


(dernière étape des travaux de consolidation)
Total Part du groupe (100 %)
intégré
Capital C 400
+ Réserves C 64
= Capitaux propres (hors résultat) 464 464
Titres de participation C détenus
par M (à éliminer) 400 400
=  Réserves intégrées 64 (1) 64
Résultat C 40 (2) 40
(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres C détenus par M ( Réserves du groupe).
(2)  Résultat du groupe.
42 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

3. Ecritures de partage des capitaux propres consolidés de C et élimination des titres C


(dernière étape des travaux de consolidation)
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Capital C (pour solde) 400
Réserves C (pour solde) 64
Titres de participation C (pour solde) 400
Réserves groupe 64
Partage des capitaux propres de C (hors résultat)
et élimination des titres de participation C

Résultat C (pour solde) 40


Résultat groupe 40
Transfert du résultat intégré de C

C. Méthode de l’intégration globale


1. Ecritures d’intégration des comptes de bilan et des comptes de gestion retraités
(1ère étape des travaux de consolidation)
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Titres de participation C 400 Charges ChM
Actifs divers AM Résultat global 1 500
Capital 7 000 Produits PrM
Réserves groupe 5 000
Résultat groupe 1 500
Passifs PM
Intégration des comptes de bilan retraités de M Intégration des comptes de gestion retraités de M

Actifs divers 1 800 Charges 3 900


Capital C 1 000 Résultat global 100
Réserves C 160 Produits 4 000
Résultat C 100
Passifs 540
Intégration globale des comptes de bilan Intégration globale des comptes de gestion
retraités de C retraités de C

2. Analyse du partage des capitaux propres consolidés de C


(dernière étape des travaux de consolidation)

Total Part du groupe Intérêts minoritaires


(40 %) (60 %)
Capital C 1 000
+ Réserves C 160
= Capitaux propres (hors résultat) 1 160 1 160 40 % = 464 1 160 60 % = 696
Titres de participation C détenus
par M (à éliminer) 400 400
=  Réserves intégrées 760 (1) 64 (2) 696
Résultat C 100 (3) 100 40 % = 40 (4) 100 60 % = 60
(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres C détenus par M ( Réserves du groupe).
(2) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres de C (hors résultat).
(3)  Résultat du groupe.
(4) Intérêts minoritaires dans le résultat de C.

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3. Ecritures de partage des capitaux propres consolidés de C et élimination des titres C


(dernière étape des travaux de consolidation)
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Capital C (pour solde) 1 000
Réserves C (pour solde) 160
Titres de participation C (pour solde) 400
Réserves groupe 64
Intérêts minoritaires 696
Partage des capitaux propres de C (hors résultat)
et élimination des titres de participation C

Résultat C (pour solde) 100


Résultat groupe 40
Intérêts minoritaires 60
Partage du résultat de C
44 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

CHAPITRE 4. CONSOLIDATION PAR PALIERS ET CONSOLIDATION DIRECTE

Section 1. Principe général


I. Nouveau principe fixé par le règlement n° 99-02 du CRC
Les capitaux propres consolidés, les intérêts minoritaires et le résultat déterminés dans le cadre d’une
consolidation directe doivent être les mêmes que ceux qui seraient obtenus si la consolidation était
réalisée par paliers (§ 111).
II. Ancienne méthodologie des comptes consolidés
Avant l’année 2000, dans l’ancienne méthodologie des comptes consolidés qui était appliquée, la
méthode de consolidation par paliers était présentée comme plus appropriée que la méthode de
consolidation directe : « […] Aussi, la méthode de consolidation par paliers successifs qui permet
d’obtenir une meilleure appréciation de l’image du « groupe » paraît-elle la plus appropriée » (cf.
page II.160 de l’ancien PCG). A l’époque, la méthode de consolidation par paliers était donc
considérée en quelque sorte comme une « méthode préférentielle ».
La raison qui explique ce choix est que, selon la méthode retenue par le groupe, l’impact sur
l’évaluation des titres mis en équivalence pouvait être différent. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Le règlement n° 99-02 du CRC a en effet fixé la règle suivante : la méthode de consolidation directe
doit conduire aux mêmes états financiers que ceux qui auraient été obtenus si la méthode de
consolidation par paliers avait été appliquée.
III. Impact de l’évolution règlementaire sur les intérêts minoritaires
A. « Intérêts minoritaires » dans les entités mises en équivalence
Dans un bilan consolidé, les « Intérêts minoritaires » comprennent toujours les intérêts des associés
minoritaires des filiales :
- les intérêts minoritaires directs ;
- et les intérêts minoritaires indirects dans les entités contrôlées ou sous influence notable.
Lorsque des entités sont mises en équivalence et qu’il existe des liens indirects entre ces entités et la
société consolidante l’impact de l’évolution réglementaire se situe au niveau du poste « Intérêts
minoritaires ».
B. Suite de l’exemple (cf. page 19)
Nous complétons l’organigramme du groupe M en ajoutant les associés minoritaires. Compte tenu
du type d’influence exercé par M, les méthodes de consolidation appliquées sont les suivantes :
- pour M, C et D : l’intégration globale ;
- pour E : la mise équivalence.
M
80 %
Minoritaires 20 %
de C C
90 %
Minoritaires 10 % D
de D 30 %
E

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 45

Dans les comptes consolidés du groupe M, la consolidation de E par mise en équivalence doit être
effectuée au taux de 30 %, et non pas seulement en fonction du pourcentage d’intérêts de la société
consolidante (soit 21,6 %).
Dans l’ancienne réglementation des comptes consolidés, les groupes avaient le choix d’appliquer le
taux de 30 % (en cas d’option pour la consolidation par paliers) ou le taux de 21,6 % (en cas d’option
pour la consolidation directe). La différence de 8,4 % d’intérêts représente ici des intérêts
minoritaires que l’on peut décomposer ainsi :
- intérêts des associés minoritaires de D : 10 % 30 % = 3 % ;
- intérêts des associés minoritaires de C : 20 % 90 % 30 % = 5,4 %.
Nous allons voir que la méthode de consolidation directe a dû s’adapter à la logique de la méthode
de consolidation par paliers.

Section 2. Consolidation par paliers

I. Processus de la consolidation par paliers


La consolidation par paliers consiste à consolider successivement des sous-ensembles consolidés
dans des ensembles plus grands. L’organisation de la consolidation par paliers peut être jugée
nécessaire dans les groupes à structure complexe, notamment lorsqu’il existe de nombreux liens de
participation indirects.

II. Choix du nombre de paliers


Le nombre de paliers dépend de la complexité des liens de participation indirects. Dans notre
exemple, le nombre maximum de paliers successifs peut être fixé à trois.

III. Règles à respecter à chaque palier


A chaque palier intermédiaire, le périmètre de consolidation du sous-groupe doit être défini. Il doit
inclure toutes les entités qui ont un lien de participation direct ou indirect avec la société
consolidante du sous-groupe.
La méthode de consolidation à appliquer pour chaque entité du sous-groupe dépend du type
d’influence exercée par la société mère du groupe.
Les comptes de capitaux propres à utiliser doivent rester individualisés, y compris ceux de la société
consolidante du sous-groupe.

IV. Suite de l’exemple

A. Données de base complémentaires


Par hypothèse, il n’y a aucune écriture de retraitement à enregistrer à chacun des paliers successifs de
consolidation (il n’y a ni créances et dettes réciproques, ni résultats internes à éliminer, par exemple).
Les bilans retraités des quatre entités se présentent ainsi :
Bilan retraité de M
Titres de participation C 120 Capital 1 000
Actifs divers 1 880 Réserves 400
Résultat 100
Dettes 500
2 000 2 000
46 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Bilan retraité de C
Titres de participation D 90 Capital 150
Actifs divers 410 Réserves 90
Résultat 60
Dettes 200
500 500

Bilan retraité de D
Titres de participation E 180 Capital 100
Actifs divers 170 Réserves 40
Résultat 10
Dettes 200
350 350

Bilan retraité de E
Actifs divers 1 100 Capital 600
Réserves 200
Résultat 50
Dettes 250
1 100 1 100

B. Choix du nombre de paliers


Il peut y avoir trois paliers de consolidation ou deux seulement. Nous allons examiner les deux cas.
1er cas : Choix de trois paliers de consolidation
Dans ce cas, les différentes étapes de la consolidation du groupe M sont les suivantes :
1er palier de consolidation : Entité consolidante D
Périmètre de consolidation : D (intégrée globalement)
E (mise en équivalence)
2ème palier de consolidation : Entité consolidante C
Périmètre de consolidation : C (intégrée globalement)
Sous-groupe D (intégré globalement)
3ème palier de consolidation : Entité consolidante M (société mère du groupe)
Périmètre de consolidation : M (intégrée globalement)
Sous-groupe C (intégré globalement)
2ème cas : Choix de deux paliers de consolidation
Dans ce cas, le premier palier peut se situer soit au niveau de D, soit au niveau de C. Nous supposons
que la consolidation du groupe M commence chez D :
1er palier de consolidation : Entité consolidante D
Périmètre de consolidation : D (intégrée globalement)
E (mise en équivalence)
2ème palier de consolidation : Entité consolidante M
Périmètre de consolidation : M (intégrée globalement)
C (intégrée globalement)
Sous-groupe D (intégré globalement)

C. Mise en œuvre de la méthode de consolidation par paliers


Afin de simplifier la présentation de la méthode, nous nous situons dans le 2 ème cas : la consolidation
du groupe M est réalisée sur deux paliers de consolidation.

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1. Consolidation du sous-groupe D au 1er palier


Sociétés consolidées : Société D (consolidante)
Société E (mise en équivalence)
Journal de consolidation du sous-groupe D
1ère étape : Dans les comptes consolidés du
Consolidation des comptes de bilan sous-groupe D, seuls les comptes de D sont
Titres de participation E 180 intégrés.
Actifs divers 170 Le report des comptes retraités est la 1ère étape
Capital D 100 des travaux de consolidation.
Réserves D 40
Résultat D 10
Dettes 200
Intégration des comptes de bilan retraités de D

Analyse du partage des capitaux propres non intégrés de E (chez D)

Total Part du sous-groupe D Intérêts non consolidés


(30 %) (70 %)
Capital E 600
+ Réserves E 200 Le calcul de cette part dans les
= Capitaux propres (hors résultat) 800 capitaux propres et dans le
(1) 800 30 % = 240
résultat de E est inutile.
Titres de participation E 180
(à éliminer)
=  Réserves sous-groupe D (2) 60
Résultat E 50 (3) 50 30 % = 15
Titres E mis en équivalence (4) 240 + 15 = 255
(résultat inclus)

(1) Titres E mis en équivalence (hors résultat).


(2) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres E mis en équivalence ( Réserves du sous-groupe D).
(3)  Résultat du sous-groupe D.
(4) Valeur consolidée qui se substitue à 180.

Journal de consolidation du sous-groupe D


2ème et dernière étape : Cette écriture de
Consolidation des comptes de bilan consolidation de E correspond à la réestimation
Titres E mis en équivalence 255 des titres E détenus par D. La consolidation est
Titres de participation E (pour solde) 180 faite sur la base des capitaux propres retraités
Réserves D 60 (non intégrés) de E.
Résultat D 15 Remarque. Pour que la consolidation puisse être
Mise en équivalence des titres E (ou mise en réalisée au deuxième palier, les comptes de capitaux
équivalence de la société E)
propres de D doivent rester individualisés.

Bilan consolidé au 1er palier de consolidation du groupe M


Bilan du sous-groupe D
Titres E mis en équivalence 255 Capitaux propres (part du groupe)
Actifs divers 170 Capital D 100
Réserves D (40 + 60) 100
Résultat D (10 + 15) 25
Intérêts minoritaires -
Dettes 200
425 425
48 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

2. Consolidation du groupe M au 2ème palier


Sociétés consolidées : Société M (consolidante)
Société C (intégrée globalement)
Sous-groupe D (intégré globalement)
Journal de consolidation du groupe M
1ère étape : Dans les comptes consolidés du
Consolidation des comptes de bilan groupe M, les comptes de M, de C et du sous-
Titres de participation C 120 groupe D sont intégrés globalement
Actifs divers 1 880 (à 100 %).
Capital 1 000 Le report des comptes retraités est la 1ère étape
Réserves groupe 400 des travaux de consolidation.
Résultat groupe 100
Dettes 500
Intégration des comptes de bilan retraités de M

Titres de participation D 90
Actifs divers 410
Capital C 150
Réserves C 90
Résultat C 60
Dettes 200
Intégration des comptes de bilan retraités de C

Titres E mis en équivalence 255


Actifs divers 170
Capital D 100
Réserves D 100
Résultat D 25
Dettes 200
Intégration des comptes du bilan consolidé du
sous-groupe D

Analyse du partage des capitaux propres intégrés de C (chez la société consolidante M)

Total Part du groupe Intérêts minoritaires


(80 %) (20 %)
Capital C 150
+ Réserves C 90
= Capitaux propres (hors résultat) 240 240 80 % = 192 240 20 % = 48
Titres de participation C
détenus par M (à éliminer) 120 120
=  Réserves intégrées 120 (1) 72 (2) 48
Résultat C 60 (3) 60 80 % = 48 (4) 60 20 % = 12
(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres C détenus par M ( Réserves du groupe).
(2) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres de C (hors résultat).
(3)  Résultat du groupe.
(4) Intérêts minoritaires dans le résultat de C.

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Journal de consolidation du groupe M 2ème et dernière étape : Il ne doit rester que les
Consolidation des comptes de bilan deux catégories suivantes de « capitaux
propres » dans le bilan consolidé du groupe M :
Capital C (pour solde) 150
- la part du groupe (part de M) ;
Réserves C (pour solde) 90
- les intérêts minoritaires (associés de C et de D,
Titres de participation C (pour solde) 120
autres que M).
Réserves groupe 72
Il faut donc, dans un premier temps, éliminer les
Intérêts minoritaires 48
Partage des capitaux propres hors résultat de C capitaux propres de C et les titres de
et élimination des titres C intégrés participation C. Ces derniers représentent en
Résultat C (pour solde) 60 effet un actif fictif puisque l’actif net de C a été
Résultat groupe 48 intégré.
Remarque. Nous décomposons le traitement comptable en
Intérêts minoritaires 12
deux écritures pour mettre en évidence le partage du résultat
Partage du résultat de C
de C entre le groupe et les intérêts minoritaires.

Analyse du partage des capitaux propres intégrés du sous-groupe D


(chez la société consolidante M)

Total Part du groupe Intérêts minoritaires


(80 % 90 % = 72 %) (28 %)
Capital D 100
+ Réserves D 100
= Capitaux propres (hors résultat) 200 200 72 % = 144 200 28 % = 56
Titres de participation D
détenus par C (à éliminer) 90 (1) (90 80 %) 72 (1) (90 20 %) 18
=  Réserves intégrées 110 (2) 72 (3) 38
Résultat D 25 (4) 25 72 % = 18 (5) 25 28 % = 7
(1) Il y a deux catégories de minoritaires qui ont des droits dans l’actif net de D : les associés minoritaires de D
qui ont un pourcentage d’intérêts directs de 10 % dans D et les associés minoritaires de C qui ont un
pourcentage d’intérêts indirects de 18 % dans D (20 % 90 %).
 Pour ne pas faire d’erreur dans le calcul de la différence de consolidation, il faut analyser la valeur des titres
de participation D détenus par C (soit 90) comme un investissement réalisé par les associés de C :
- un investissement réalisé indirectement par l’associé M : 90 80 % = 72 ;
- et un investissement réalisé indirectement par les associés minoritaires de C : 90 20 % = 18.
De ce fait, on peut décomposer ainsi les intérêts minoritaires dans D :
- intérêts directs des minoritaires de D : (200 + 25) 10 % = 22,5 ;
- intérêts indirects des minoritaires de C : (200 + 25) 20 % 90 % – 90 20 % = 22,5.
Total des intérêts minoritaires dans D : 22,5 + 22,5 = 45 (dans le tableau : 38 + 7 = 45, CQFD).
(2) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres D détenus par C ( Réserves du groupe).
(3) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres de D (hors résultat).
(4)  Résultat du groupe.
(5) Intérêts minoritaires dans le résultat de D.
50 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Journal de consolidation du groupe M 2ème et dernière étape (suite) : Il ne doit rester


Consolidation des comptes de bilan que les deux catégories suivantes de « capitaux
propres » dans le bilan consolidé du groupe M :
Capital D (pour solde) 100
- la part du groupe (part de M) ;
Réserves D (pour solde) 100
- les intérêts minoritaires (associés de C et de D,
Titres de participation D (pour solde) 90
autres que M).
Réserves groupe 72
Il faut donc éliminer les capitaux propres de D
Intérêts minoritaires 38
Partage des capitaux propres hors résultat du et les titres de participation D.
sous-groupe D et élimination des titres D intégrés Les titres de participation D représentent en
Résultat D (pour solde) 25 effet un actif fictif puisque l’actif net de D a
Résultat groupe 18 été intégré.
Remarque. Nous décomposons le traitement comptable
Intérêts minoritaires 7
en deux écritures pour mettre en évidence le partage du
Partage du résultat de D
résultat de D entre le groupe et les intérêts minoritaires.

Bilan consolidé au 2ème palier de consolidation du groupe M


Bilan du groupe M
Titres E mis en équivalence 255 Capitaux propres (part du groupe)
Actifs divers 2 460 Capital 1 000
(1 880 + 410 + 170) Réserves (400 +72 + 72) 544
Résultat (100 + 48 + 18) 166
Intérêts minoritaires 105
(48 + 12 + 38 + 7)
Dettes (500 + 200 + 200) 900
2 715 2 715
Remarque. On peut remarquer que E a été mise en équivalence au taux de 30 % (qui correspond au
pourcentage d’intérêts directs détenu par la filiale D) et non pas au pourcentage d’intérêts indirects de M
(80 % 90 % 30 % = 21,6 %). Des intérêts minoritaires dans E, société mise en équivalence, ont donc été
intégrés. Il doit en être de même si on applique la méthode de consolidation directe.

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Section 3. Consolidation directe

I. Processus de la consolidation directe


La consolidation directe consiste à consolider toutes les entités du périmètre de consolidation au
niveau de la société mère. Cette méthode est donc beaucoup plus simple à mettre en œuvre dans les
petits groupes où il n’existe pas de liens de participation indirects.
En revanche, lorsqu’il existe des liens de participation indirects, en particulier dans les structures
complexes, la dernière phase de travaux de consolidation est plus délicate (partage des capitaux
propres intégrés et élimination des titres de participation ou mise en équivalence).

II. Difficultés de mise en œuvre de la méthode


C’est surtout la mise en équivalence des entités sous influence notable qui peut s’avérer délicate.
Trois types de difficultés peuvent survenir en fin de consolidation :
- le calcul du taux de mise en équivalence ;
- le partage entre les intérêts de la société consolidante et les intérêts minoritaires ;
- le calcul de la différence de consolidation.

III. Suite de l’exemple


Sociétés consolidées : Société M (société consolidante)
Société C (intégrée globalement)
Société D (intégrée globalement)
Société E (mise en équivalence)
Journal de consolidation du groupe M
1ère étape : Dans les comptes consolidés du
Consolidation des comptes de bilan groupe M, seuls les comptes de M, de C et de
Titres de participation C 120 D sont intégrés globalement (à 100 %).
Actifs divers 1 880 Le report des comptes retraités est la 1ère étape
Capital 1 000 des travaux de consolidation.
Réserves groupe 400
Résultat groupe 100
Dettes 500
Intégration des comptes de bilan retraités de M

Titres de participation D 90
Actifs divers 410
Capital C 150
Réserves C 90
Résultat C 60
Dettes 200
Intégration des comptes de bilan retraités de C

Titres de participation E 180


Actifs divers 170
Capital D 100
Réserves D 40
Résultat D 10
Dettes 200
Intégration des comptes de bilan retraités de D
52 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Analyse du partage des capitaux propres intégrés de C (chez la société consolidante M)

Total Part du groupe Intérêts minoritaires


(80 %) (20 %)
Capital C 150
+ Réserves C 90
= Capitaux propres (hors résultat) 240 240 80 % = 192 240 20 % = 48
Titres de participation C détenus
par M (à éliminer) 120 120
=  Réserves intégrées 120 (1) 72 (2) 48
Résultat C 60 (3) 60 80 % = 48 (4) 60 20 % = 12
(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres C détenus par M ( Réserves du groupe).
(2) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres de C (hors résultat).
(3)  Résultat du groupe.
(4) Intérêts minoritaires dans le résultat de C.
Journal de consolidation du groupe M 2ème et dernière étape : Il ne doit rester que
Consolidation des comptes de bilan les deux catégories suivantes de « capitaux
propres » dans le bilan consolidé du groupe
Capital C (pour solde) 150
Réserves C (pour solde) 90 M:
- la part du groupe (part de M) ;
Titres de participation C (pour solde) 120
- les intérêts minoritaires (associés de C et de D,
Réserves groupe 72
autres que M).
Intérêts minoritaires 48
Partage des capitaux propres hors résultat de C et Il faut donc éliminer les capitaux propres de C
élimination des titres C intégrés et les titres de participation C.
Résultat C (pour solde) 60
Remarque. Nous décomposons le traitement comptable
Résultat groupe 48 en deux écritures pour mettre en évidence le partage du
Intérêts minoritaires 12 résultat de C entre le groupe et les intérêts minoritaires.
Partage du résultat de C

Analyse du partage des capitaux propres intégrés de D (chez la société consolidante M)


Total Part du groupe Intérêts minoritaires
(80 % 90 % = 72 %) (28 %)
Capital D 100
+ Réserves D 40
= Capitaux propres (hors résultat) 140 140 72 % = 100,8 140 28 % = 39,2
– Titres de participation D détenus
par C (à éliminer) 90 (1) (90 80 %) 72 (1) (90 20 %) 18
=  Réserves intégrées 50 (2) 28,8 (3) 21,2
Résultat D 10 (4) 10 72 % = 7,2 (5) 10 28 % = 2,8
(1) Il y a deux catégories de minoritaires qui ont des droits dans l’actif net de D : les associés minoritaires de D
qui ont un pourcentage d’intérêts directs de 10 % dans D et les associés minoritaires de C qui ont un
pourcentage d’intérêts indirects de 18 % dans D (20 % 90 %).
 Pour ne pas faire d’erreur dans le calcul de la différence de consolidation, il faut analyser la valeur des titres
de participation D détenus par C (soit 90) comme un investissement réalisé par les associés de C :
- un investissement réalisé indirectement par l’associé M : 90 80 % = 72 ;
- et un investissement réalisé indirectement par les associés minoritaires de C : 90 20 % = 18.
De ce fait, on peut décomposer ainsi les intérêts minoritaires dans D :
- intérêts directs des minoritaires de D : (140 + 10) 10 % = 15 ;
- intérêts indirects des minoritaires de C : (140 + 10) 20 % 90 % – 90 20 % = 9.
Total des intérêts minoritaires dans D : 15 + 9 = 24 (dans le tableau : 21,2 + 2,8 = 24, CQFD).
(2) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres D détenus par C ( Réserves du groupe).
(3) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres de D (hors résultat).

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(4)  Résultat du groupe.


(5) Intérêts minoritaires dans le résultat de D.

Journal de consolidation du groupe M 2ème et dernière étape (suite) : Il ne doit rester


Consolidation des comptes de bilan que les deux catégories suivantes de « capitaux
propres » dans le bilan consolidé du groupe M :
Capital D (pour solde) 100
- la part du groupe (part de M) ;
Réserves D (pour solde) 40
- les intérêts minoritaires (associés de C et de D,
Titres de participation D (pour solde) 90
autres que M).
Réserves groupe 28,8
Il faut donc éliminer les capitaux propres de D
Intérêts minoritaires 21,2
Partage des capitaux propres hors résultat de D et
et les titres de participation D.
élimination des titres D intégrés Remarque. Nous décomposons le traitement comptable
en deux écritures pour mettre en évidence le partage du
Résultat D (pour solde) 10 résultat de D entre le groupe et les intérêts minoritaires.
Résultat groupe 7,2
Intérêts minoritaires 2,8
Partage du résultat de D

Analyse du partage des capitaux propres non intégrés de E (chez la société consolidante M)
Intérêts consolidés (30 %) Intérêts non
Total (1) Part du groupe Intérêts minoritaires consolidés
(21,6 %) (8,4 %) (70 %)
Capital E 600
+ Réserves E 200 Le calcul de
ces intérêts
= Capitaux propres (hors résultat) 800 800 21,6 % = 172,8 800 8,4 % = 67,2
dans les
Titres de participation E capitaux
détenus par D (à éliminer) (2) 129,6 (2) 50,4 propres et
=  Réserves intégrées (3) 43,2 (4) 16,8 dans le
Résultat E 50 (5) 50 21,6 % = 10,8 (6) 50 8,4 % = 4,2 résultat de E
Titres E mis en équivalence 172,8 + 67,2 + 10,8 + 4,2 = 255 est inutile.
(résultat inclus)

(1) 80 % 90 % 30 %.
(2) Deux catégories de minoritaires ont des droits dans l’actif net de E : les associés minoritaires de D qui ont
un pourcentage d’intérêts indirects de 3 % dans E (10 % 30 %) et les associés minoritaires de C qui ont un
pourcentage d’intérêts indirects de 5,4 % dans E (20 % 90 % 30 %).
 Pour ne pas faire d’erreur dans le calcul de la différence de consolidation, il faut analyser la valeur des titres
de participation E détenus par D (soit 180) comme un investissement réalisé par les associés de D :
- un investissement réalisé indirectement par l’associé M : 180 80 % 90 % = 129,6 ;
- et un investissement réalisé indirectement par les associés minoritaires de C : 180 20 % 90 % = 32,4 ;
- et un investissement réalisé indirectement par les associés minoritaires de D : 180 10 % = 18.
De ce fait, on peut décomposer ainsi les intérêts minoritaires dans D :
- intérêts indirects des minoritaires de D : (800 + 50) 10 % 30 % 180 10 % = 7,5 ;
- intérêts indirects des minoritaires de C : (800 + 50) 20 % 90 % 30 % 180 20 % 90 % = 13,5.
Total des intérêts minoritaires dans E : 7,5 + 13,5 = 21 (dans le tableau : 16,8 + 4,2 = 21, CQFD).
(3) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres E détenus par D ( Réserves du groupe).
(4) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres de E (hors résultat).
(5)  Résultat du groupe.
(6) Intérêts minoritaires dans le résultat de E.
54 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Journal de consolidation du groupe M


2ème et dernière étape (suite) : Cette écriture
Consolidation des comptes de bilan de consolidation de E correspond à la
Titres E mis en équivalence 255 réestimation des titres E détenus par D. La
Titres de participation E (pour solde) 180 consolidation est faite sur la base des
Réserves groupe 43,2 capitaux propres retraités (non intégrés) de E.
Résultat groupe 10,8
Intérêts minoritaires (16,8 + 4,2) 21
Mise en équivalence des titres E (ou mise en
équivalence de la société E)

Bilan du groupe M
Titres E mis en équivalence 255 Capitaux propres (part du groupe)
Actifs divers 2 460 Capital 1 000
(1 880 + 410 + 170) Réserves (400 +72 + 28,8 + 43,2) 544
Résultat (100 + 48 + 7,2 + 10,8) 166
Intérêts minoritaires 105
(48 + 12 + 21,2 + 2,8 + 21)
Dettes (500 + 200 + 200) 900
2 715 2 715

IV. Consolidation directe et intérêts minoritaires


Lorsqu’il y a des liens de participation indirects entre la société consolidante et des sociétés sous
influence notable ou sous contrôle conjoint, il faut veiller à ce que les intérêts minoritaires soient
correctement consolidés. Il est parfois nécessaire de recourir à la logique de la consolidation par
paliers pour vérifier comment doit être réalisée la consolidation directe.

A. Suite de l’exemple (cf. page 19)


Dans cet exemple, seule la société D est sous influence notable. Entre M et D, il y a un lien de
participation indirect. D’où la nécessité de raisonner par paliers pour comprendre à quel taux D doit
être mise en équivalence.
 Par hypothèse, les pourcentages M 75 % 25 % Minoritaires
représentent le pourcentage du capital 70 % de B
détenu (% d’intérêts) et le pourcentage A B
de droits de vote détenus, sauf dans un 60 % 20 % 35 %
cas. Le pourcentage de contrôle C D
juridique de B dans D n’est en effet que 40 %
de 32 %. Il n’y a ni contrôle de fait, ni E 40 %
contrôle contractuel.

Dans cet exemple, il n’y a pas de difficulté particulière. Les titres D qui ont été intégrés sont les titres
D détenus par B qui est intégrée globalement.
Donc les titres D doivent être mis en équivalence au taux de 35 % (pourcentage d’intérêts directs de
B). Ces 35 % se décomposent ainsi :
- pourcentage d’intérêts de M : 75 % 35 % = 26,25 % ;
- pourcentage des intérêts minoritaires : 35 % – 26,25 % = 8,75 % (ou 25 % 35 %).

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 55

B. Suite de l’exemple (cf. page 20)


Dans cet exemple, 3 sociétés sont sous influence notable : C, D et E. Entre M et ces sociétés il y a un
lien de participation direct et trois liens de participation indirects. D’où la nécessité de raisonner par
paliers pour comprendre à quel taux ces sociétés doivent être mises en équivalence.
 Par hypothèse, les pourcentages M 90 % Minoritaires de B
représentent le pourcentage du capital 80 %
détenu (% d’intérêts) et le pourcentage A B 10 %
de droits de vote détenus. Il n’y a ni 30 % 15 % 20 % 28 %
contrôle de fait, ni contrôle contractuel. C D
25 %
E 40 %

Le pourcentage d’intérêts de M dans E est égal à 49,08 %. Ce taux a un sens du point de vue
financier. Il signifie que si E met en distribution 1 000 de dividendes et qu’il y a une « remontée » de
ces dividendes (redistributions successives aux associés), M percevra au total 490,8 sur les 1 000.
Pourtant, ce pourcentage d’intérêts de 49,08 % ne doit pas être utilisé en consolidation car E n’est
pas intégrée globalement. En effet, on ne peut consolider que les titres E qui ont été intégrés dans
l’actif consolidé, c’est-à-dire :
- tous les titres E détenus par les sociétés intégrées globalement ;
- et une partie des titres E détenus par les sociétés intégrées proportionnellement.
Dans cet exemple, les titres de participation E intégrés sont les titres détenus par M et B qui
représentent un pourcentage d’intérêts total de 35 % (15 % d’intérêts directs pour M et 20 %
d’intérêts directs pour B). Ces 35 % se décomposent ainsi :
- pourcentage d’intérêts de M : 15 % + 90 % 20 % = 33 % ;
- pourcentage des intérêts minoritaires : 35 % – 33 % = 2 % (ou 10 % 20 %).

IAS/IFRS Le raisonnement est le même.


56 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

CHAPITRE 5. EXERCICES D’APPLICATION DU TITRE 1

Thème n° 1 : PRÉSENCE DE CATÉGORIES PARTICULIÈRES DE TITRES

1. Données de base
La société M détient des participations dans six entreprises. A la date du 31/12/N, le portefeuille-
titres de la société M se répartit ainsi :

Nature des titres détenus et nombre


Titres Parts Actions Actions à Actions à Certificats Certificats
sociales ordinaires droit de vote dividende d’investissement de droits de
double prioritaire vote
Actions A 6 000 1 500
Actions B 29 000 3 000
Actions C 2 800 1 200
Actions D 9 000
Actions E 24 000
Parts sociales F 500
Le capital social de chaque société se décompose ainsi à la même date :
Titres représentatifs du capital
Actions Actions à
Société Parts Actions à droit Certificats Valeur Capital
sociales ordinaires dividende d’investissement Total nominale social
de vote prioritaire
double
A (1) 26 000 4 000 30 000 100 3 000 000
B (1) 56 000 12 000 68 000 50 3 400 000
C 12 000 2 000 14 000 10 140 000
D 16 000 9 000 25 000 100 2 500 000
E (2) 50 000 50 000 20 1 000 000
F 2 000 2 000 100 200 000
(1) Il existe autant de certificats de droits de vote que de certificats d’investissement.
(2) A la suite de l’absorption d’une société, E détient 4 000 actions propres. Ces actions peuvent être
conservées indéfiniment puisqu’elles ne représentent pas plus de 10 % de son capital social.
Remarque. L’art. L 225-111 dispose qu’il n’est pas tenu compte des actions propres pour le calcul du quorum,
le droit de vote étant supprimé pour ces actions propres.

2. Rappels juridiques
Action de préférence (art. L 228-11) : Depuis l’ordonnance n° 2004-604 du 24/06/04, une société
par actions peut créer, lors de sa constitution ou au cours de son existence, des « actions de
préférence », avec ou sans droit de vote, assorties de droits particuliers de toute nature, à titre
temporaire ou permanent.
Les actions de préférence sans droit de vote ne peuvent représenter plus de 50 % du capital social (la
limite est fixée à 25 % du capital pour une société dont les actions sont admises aux négociations sur
un marché réglementé).
Action à droit de vote double (art. L 225-123) : Le droit de vote double ne peut être attribué que si
l’action est nominative et si elle est entièrement libérée et inscrite au nom d’un même actionnaire
depuis au moins deux ans. En principe, le droit de vote double est perdu lors d’une cession de
l’action.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 57

Catégories de titres en voie d’extinction :


Avant l’ordonnance n° 2004-604, les sociétés par actions pouvaient créer les catégories suivantes de
titres représentatifs du capital :
Certificat d’investissement (art. L 228-30) : Le certificat d’investissement (CI) est une valeur
mobilière issue du démembrement d’une action. La proportion des CI ne peut pas être supérieure à
25 % du capital social. La valeur nominale du CI est égale à celle de l’action.
Les CI sont représentatifs des droits pécuniaires (dividendes).
Les certificats de droit de vote (CDV) sont représentatifs des autres droits attachés aux actions. Le
CDV doit revêtir la forme nominative.
L’action est reconstituée de plein droit entre les mains du porteur d’un CI et d’un CDV.
Action de priorité (art. L 228-35-1) : L’action de priorité jouit d’avantages par rapport à toutes
autres actions.
Action à dividende prioritaire sans droit de vote (art. L 228-35-3) : La proportion des actions à
dividende prioritaire sans droit de vote (ADP) ne peut excéder 25 % du capital social.
La valeur nominale de l’ADP est égale à celle de l’action.
L’ADP donne droit à un premier dividende prioritaire prélevé sur le bénéfice distribuable avant toute
autre affectation. La partie de ce premier dividende prioritaire qui n’a pas pu être versée en raison de
l’insuffisance de bénéfice distribuable est reportée sur l’exercice suivant et, s’il y a lieu, sur les deux
exercices ultérieurs (report possible sur 3 exercices au total).
3. Calcul du pourcentage de contrôle de droit et du pourcentage d’intérêts
Le pourcentage de contrôle de droit direct de M dans chacune des sociétés est égal au pourcentage de
droits de vote détenus.
Droits de vote pouvant s’exercer aux assemblées
Pourcentage de contrôle de
Société Nombre de droits de vote Nombre de droits de vote droit direct de M
détenus par M existants
A 6 000 26 000 + 4 000 = 30 000 6 000/30 000 = 20 %
B 29 000 + 3 000 = 32 000 56 000 + 12 000 = 68 000 32 000/68 000 = 47,06 %
C 2 800 12 000 2 800/12 000 = 23,33 %
D 9 000 2 = 18 000 16 000 + 9 000 2 = 34 000 18 000/34 000 = 52,94 %
E 24 000 50 000 – 4 000 = 46 000 24 000/46 000 = 52,17 %
F 500 2 000 500/2 000 = 25 %

Le pourcentage d’intérêts directs de M dans chacune des sociétés est égal au pourcentage du capital
détenu.
Titres représentatifs du capital Pourcentage d’intérêts
Société Nombre de titres Nombre de titres directs de M
détenus par M existants
A 6 000 + 1 500 = 7 500 30 000 7 500/30 000 = 25 %
B 29 000 68 000 29 000/68 000 = 42,65 %
C 2 800 + 1 200 = 4 000 14 000 4 000/14 000 = 28,57 %
D 9 000 25 000 9 000/25 000 = 36 %
E 24 000 50 000 24 000/50 000 = 48 %
F 500 2 000 500/2 000 = 25 %

IAS/IFRS Le raisonnement est le même.


58 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Thème n° 2 : CONTRÔLE DE DROIT ET CONTRÔLE DE FAIT

1. Données de base
La société M a des liens de participation avec neuf sociétés. Ces liens peuvent être schématisés
ainsi :
M
40 %
20 %
A 80 % 60 % 50 % D
B C 65 %
30 % F
60 %
E 10 % G
20 % 50 %
40 %
H

50 % I
Les pourcentages représentent la fraction détenue du capital et la fraction détenue des droits de vote.
Les autres associés de A sont nombreux et, pour la plupart, se désintéressent de la gestion de leur
société, ce qui confère à la société M le pouvoir de désigner la majorité des membres des organes
d’administration depuis plusieurs années.
Un accord contractuel signé entre H et D prévoit que les décisions essentielles nécessitent le
consentement des deux associés.
2. Calcul du pourcentage de contrôle de droit et du pourcentage d’intérêts
Le pourcentage de contrôle de droit de M dans chacune des sociétés est égal au cumul du
pourcentage de droits de votes détenus directement et du pourcentage de droits de vote détenus
indirectement par les filiales (c’est-à-dire toutes les sociétés dans lesquelles M exerce un contrôle
exclusif).

Société Pourcentage de contrôle de M Type d’influence


direct indirect Total
A 40 % - 40 % CE de fait
B 80 % - 80 % CE de droit
C 60 % - 60 % CE de droit
D 20 % - 20 % Influence notable (1)
E - 60 % (par B) + 30 % (par C) = 90 % 90 % CE de droit
F - - 0% Néant (2)
G 50 % 10 % (par E) 60 % CE de droit
H - 20 % (par G) + 40 % (par E) = 60 % 60 % CE de droit
I - 50 % (par H) 50 % Contrôle conjoint
CE : Contrôle exclusif
(1) M est présumée exercer une influence notable dans D car elle détient une fraction au moins égale à 20 %
des droits de vote de cette société.
(2) M n’exerce aucune influence dans F car il y a une « rupture de contrôle » au niveau de D qui n’est pas une
filiale de M.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 59

Dans l’hypothèse où M établit des comptes consolidés, le périmètre de consolidation comprend les
sociétés suivantes, en principe :
- la société M, appelée société mère ou société consolidante ;
- les filiales A, B, C, E, G et H (sous le contrôle exclusif de M) ;
- I qui est sous le contrôle conjoint de M ;
- D qui est sous l’influence notable de M.
La société F n’est pas incluse dans le périmètre de consolidation.
Le pourcentage d’intérêts de M dans chacune des sociétés est égal au cumul du pourcentage du
capital détenu directement et du capital détenu indirectement par l’intermédiaire des sociétés incluses
dans le périmètre de consolidation, que celles-ci soient contrôlées de manière exclusive ou conjointe
ou qu’elles soient sous influence notable.

Société Pourcentage d’intérêts de M


directs indirects Total
A 40 % - 40 %
B 80 % - 80 %
C 60 % - 60 %
D 20 % - 20 %
E - 80 % 60 % (par B) + 60 % 30 % (par C) = 66 % 66 %
F (1) - 20 % 65 % (par D) = 13 % 13 %
G 50 % 66 % 10 % (par E) = 6,6 % 56,6 %
H - 66 % 40 % (par E) + 56,6 % 20 % (par G) = 37,72 % 37,72 %
I - 37,72 % 50 % (par H) + 20 % 50 % (par D) = 28,86 % 28,86 %
(1) Le calcul du pourcentage d’intérêts de M dans F est inutile puisque F n’est pas consolidable.

IAS/IFRS Il y a une divergence pour le calcul du pourcentage d’intérêts de M dans I puisque (M, D, I)
n’est pas une chaîne de contrôle : 37,72 % 50 % (par H) = 18,86 %.
60 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Thème n° 3 : EXISTENCE DE PARTICIPATIONS RÉCIPROQUES

1. Données de base
La société M a des liens de participation avec quatre sociétés. Ces liens peuvent être schématisés
ainsi :
M
90 %
75 %
10 %
A B
60 % 8%
C
20 %
D
Les pourcentages représentent la fraction détenue du capital et la fraction détenue des droits de vote.
2. Rappels juridiques
Il n’est pas possible de dire si la liaison réciproque entre deux sociétés est licite, au regard du droit
des sociétés, sans connaître les données suivantes :
- la forme juridique des sociétés ;
- le lieu du siège social de chacune des sociétés ;
- dans certains cas, la qualité des associés des sociétés.
Les art. L 233-29 et L 233-30 ne sont applicables que si les deux conditions suivantes sont remplies :
- les deux sociétés ont leur siège social en France ;
- l’une au moins des sociétés est une société par actions ou, à défaut, si aucune des sociétés n’est
une société par actions, l’une au moins compte parmi ses associés une société par actions.
Participations réciproques entre sociétés par actions (art. L 233-29) : Une société par actions ne
peut posséder d’actions d’une autre société si celle-ci détient une fraction de son capital supérieure à 10 %.
A défaut d’accord entre les sociétés intéressées pour régulariser la situation, celle qui détient la
fraction la plus faible du capital de l’autre doit aliéner son investissement. Si les investissements sont
de la même importance, chacune des sociétés doit réduire le sien, de telle sorte qu’il n’excède pas
10 % du capital de l’autre.
Lorsqu’une société est tenue d’aliéner les actions d’une autre société, l’aliénation doit être effectuée
dans le délai d’un an. Jusqu’à leur aliénation, la société ne peut exercer les droits de vote attachés à
ces actions.
Participations réciproques avec une seule société par actions (art. L 233-30) :
1ère situation : Si une société qui n’est pas une société par actions compte parmi ses associés une
société par actions détenant une fraction de son capital supérieure à 10 %, elle ne peut détenir
d’actions émises par cette dernière.
Si elle vient à en posséder, elle doit les aliéner dans le délai d’un an. Jusqu’à leur aliénation, la
société ne peut exercer les droits de vote attachés à ces actions.
2ème situation : Si une société autre qu’une société par actions compte parmi ses associés une société
par actions détenant une fraction de son capital égale ou inférieure à 10 %, elle ne peut détenir
qu’une fraction égale ou inférieure à 10 % des actions émises par cette dernière.
Si elle vient à en posséder une fraction plus importante, elle doit aliéner l’excédent dans le délai d’un an.
Jusqu’à leur aliénation, elle ne peut exercer les droits de vote attachés à ces actions excédentaires.

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3. Calcul du pourcentage de contrôle de droit et du pourcentage d’intérêts


Il y a des participations réciproques entre A et B mais aucune des sociétés ne détient une fraction
supérieure à 10 % du capital de l’autre. Les sociétés A et B peuvent donc normalement exercer leurs
droits de vote dans les assemblées de l’autre société. Il n’y a pas d’actions privées du droit de vote.
Le pourcentage de contrôle de droit de M dans chacune des sociétés est égal au cumul du
pourcentage de droits de vote détenus directement et du pourcentage de droits de vote détenus
indirectement.

Société Pourcentage de contrôle de droit de M Type d’influence


direct indirect Total
A 75 % 8 % (par B) 83 % Contrôle exclusif
B 90 % 10 % (par A) 100 % Contrôle exclusif
C - 60 % (par A) 60 % Contrôle exclusif
D - 20 % (par C) 20 % Influence notable

Le coefficient diviseur à appliquer dans les calculs de pourcentages d’intérêts dans les sociétés A et
B est égal à : 1 – 10 % 8 % = 0,992.
Le pourcentage d’intérêts de M dans chacune des sociétés est égal au cumul du pourcentage du
capital détenu directement et du capital détenu indirectement par l’intermédiaire des sociétés incluses
dans le périmètre de consolidation, que celles-ci soient contrôlées de manière exclusive ou conjointe
ou qu’elles soient sous influence notable.

Société Pourcentage d’intérêts de M


directs indirects Total
A 75 % 1/0,992 = 75,60 % 90 % 8 % (par B) 1/0,992 = 7,26 % 82,86 %
B 90 % 1/0,992 = 90,73 % 75 % 10 % (par A) 1/0,992 = 7,56 % (1) 98,29 %
C - 82,86 % 60 % (par A) = 49,72 % 49,72 %
D - 49,72 % 20 % (par C) = 9,94 % 9,94 %
(1) Le reste des intérêts dans B est détenu par les associés minoritaires de A. En effet, ces minoritaires de A
détiennent un pourcentage d’intérêts indirects dans B égal à :
(100 % (75 % + 8 %)) 10 % 1/0,992 = 1,71 %.
98,29 % (détenus par M) + 1,71 % (détenus par les minoritaires de A) = 100 % d’intérêts dans B, CQFD.

IAS/IFRS Le raisonnement est le même.


62 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Thème n° 4 : EXISTENCE DE PARTICIPATIONS CIRCULAIRES

1. Données de base
La société M a des liens de participation avec quatre sociétés. Ces liens sont présentés dans
l’organigramme ci-dessous.
M

80 % 20 %
A C
80 % 60 %
B
30 %
D
Les pourcentages représentent la fraction détenue du capital et la fraction détenue des droits de vote.
2. Rappels juridiques
Notion d’autocontrôle (art. L 233-31) : Lorsque des actions ou des droits de votre d’une société
sont possédées par une ou plusieurs sociétés dont elle détient le contrôle, les droits de vote attachés à
ces actions ou ces droits de vote ne peuvent être exercés à l’assemblée générale de la société. Il n’en
est pas tenu compte pour le calcul du quorum.
3. Calcul du pourcentage de contrôle de droit et du pourcentage d’intérêts
Bien qu’il y ait des participations réciproques entre A et B, par exemple, celles-ci sont indirectes par
l’intermédiaire de C. Il n’y a donc pas de participations réciproques au sens des art. L 233-29 et
L 233-30.
En revanche, il y a une situation d’autocontrôle. Les actions A détenus par C sont en effet des
actions A d’autocontrôle puisque la société C est sous le contrôle indirect de A. Il n’y a donc que
80 % des actions A qui ont le droit de vote.
Le pourcentage de contrôle de droit de M dans chacune des sociétés est égal au cumul du
pourcentage de droits de vote détenus directement et du pourcentage de droits de vote détenus
indirectement par les filiales (c’est-à-dire toutes les sociétés dans lesquelles M exerce un contrôle
exclusif).

Société Pourcentage de contrôle de droit de M Type d’influence


direct indirect Société
A 80 %/80 % = 100 % 0 % (par C) 100 % Contrôle exclusif
B - 80 % (par A) 80 % Contrôle exclusif
C - 60 % (par B) 60 % Contrôle exclusif
D - 30 % (par B) 30 % Influence notable

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 63

Le coefficient diviseur à appliquer dans le calcul des pourcentages d’intérêts dans les sociétés A, B
et C est égal à : 1 – 80 % 60 % 20 % = 0,904.
Le pourcentage d’intérêts de M dans chacune des sociétés est égal au cumul du pourcentage du
capital détenu directement et du capital détenu indirectement par l’intermédiaire des sociétés incluses
dans le périmètre de consolidation, que celles-ci soient contrôlées de manière exclusive ou conjointe
ou qu’elles soient sous influence notable.

Société Pourcentage d’intérêts de M


directs indirects Total
A 80 % 1/0,904 = 88,50 % - 88,50 %
B - 88,50 % 80 % = 70,80 % (par M, A) (1) 70,80 %
C - 70,80 % 60 % = 42,48 % (par M, A, B) (2) 42,48 %
D - 70,80 % 30 % = 21,24 % (par M, A, B) 21,24 %
(1) Le reste des intérêts dans B est détenu par les associés minoritaires de B et de C.
Les associés minoritaires de B détiennent un pourcentage d’intérêts directs dans B égal à :
(100 % 80 %) 1/0,904 = 22,12 %.
Les associés minoritaires de C détiennent un pourcentage d’intérêts indirects dans B égal à :
(100 % 60 %) 20 % 80 % 1/0,904 = 7,08 %.
70,80 % + 22,12 % + 7,08 % = 100 % d’intérêts dans B, CQFD.
(2) Le reste des intérêts dans C est détenu par les associés minoritaires de B et de C.
Les associés minoritaires de C détiennent un pourcentage d’intérêts directs dans C égal à :
(100 % 60 %) 1/0,904 = 44,25 %.
Les associés minoritaires de B détiennent un pourcentage d’intérêts indirects dans C égal à :
(100 % 80 %) 60 % 1/0,904 = 13,27 %.
42,48 % + 44,25 % + 13,27 % = 100 % d’intérêts dans C, CQFD.

IAS/IFRS Le raisonnement est le même.


64 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Thème n° 5 : PARTICIPATIONS RÉCIPROQUES ET INTÉRÊTS MINORITAIRES


1. Données de base
La société M a des liens de participation directs et indirects avec six sociétés. Ces liens sont
présentés dans l’organigramme ci-dessous (les pourcentages représentent la fraction détenue du
capital et la fraction détenue des droits de vote).
M
70 % 60 %
A B
60 % 50 % 20 % 60 %
C D E
40 %
La société D n’a que deux actionnaires : C (société 10 %
anonyme, filiale de A) et W (une société extérieure au
groupe M) qui se partagent le contrôle de la société. F

Il est précisé que les participations croisées entre C et D sont licites.

2. Rappels juridiques
Les sociétés C et D sont des sociétés par actions. Chacune des sociétés possède une fraction du
capital de l’autre supérieure à 10 %. Si les participations réciproques sont licites, au regard de
l’art. L 233-29, c’est qu’au moins l’une des sociétés a son siège social situé hors de France.
3. Calcul du pourcentage de contrôle de droit et du pourcentage d’intérêts
Le pourcentage de contrôle de droit de M dans chacune des sociétés est égal au cumul des
pourcentages de droits de vote détenus directement et indirectement par les filiales (c’est-à-dire
toutes les sociétés dans lesquelles M exerce un contrôle exclusif).

Société Pourcentage de contrôle de M Type d’influence Méthode de


direct indirect Total consolidation
A 70 % - 70 % Contrôle exclusif Intégration globale
B 60 % - 60 % Contrôle exclusif Intégration globale
C - 60 % 60 % Contrôle exclusif Intégration globale
D - 50 % 50 % Contrôle conjoint Intégration proportionnelle
E - 60 % 60 % Contrôle exclusif Intégration globale
F 20 % 10 % 30 % Influence notable Mise en équivalence
Le coefficient diviseur à appliquer dans les calculs de pourcentages d’intérêts dans la liaison
réciproque entre C et D est égal à : 1 – 50 % 40 % = 0,8.
Le pourcentage d’intérêts de M dans chacune des sociétés est égal au cumul du pourcentage du
capital détenu directement et du capital détenu indirectement par l’intermédiaire des sociétés incluses
dans le périmètre de consolidation, que celles-ci soient contrôlées de manière exclusive ou conjointe
ou qu’elles soient sous influence notable.

Société Pourcentage d’intérêts de M Total


directs indirects
A 70 % - 70 %
B 60 % - 60 %
C - 70 % 60 % (par A) 1/0,8 = 52,5 % 52,5 %
D - 52,5 % (par C) 50 % = 26,25 % 26,25 %
E - 60 % 60 % (par B) = 36 % 36 %
F 20 % 36 % 10 % (par E) = 3,6 % 23,6 %

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IAS/IFRS Le raisonnement est le même.

4. Analyse des intérêts minoritaires dans les comptes consolidés


Dans un bilan consolidé, le poste « Intérêts minoritaires » n’inclut en général que les intérêts
revenant aux associés des entreprises sous le contrôle exclusif de la société consolidante. Autrement
dit, en général, seuls les associés de la société consolidante et les associés des filiales autres que la
mère ont des droits dans les actifs et les passifs consolidés.
Toutefois, dans le cas où il existe des participations croisées ou circulaires, le poste « Intérêts
minoritaires » du bilan consolidé peut inclure partiellement des droits d’associés de sociétés
intégrées proportionnellement ou mises en équivalence.
En pratique, le calcul des intérêts minoritaires se fait par différence. Il n’est donc pas nécessaire de
décomposer le pourcentage d’intérêts directs et le pourcentage d’intérêts indirects revenant aux
minoritaires des filiales dans chacune des entités consolidées.
Le tableau ci-après présente une règle de calcul des intérêts minoritaires consolidés dans une entité,
autre que la société consolidante M, en fonction des trois paramètres suivants pour chaque entité :
la méthode de consolidation appliquée, le pourcentage de contrôle et le pourcentage d’intérêts de
la société M.
Méthode de consolidation Pourcentage des intérêts minoritaires consolidés
appliquée pour l’entité Base du calcul % soustractif minoritaires
Intégration globale 100 % % d’intérêts de M = % d’intérêts des
minoritaires
Intégration proportionnelle ou % d’intérêts directs des % d’intérêts de M = % d’intérêts des
minoritaires
Mise en équivalence sociétés intégrées globalement
ou fraction du % d’intérêts
directs des sociétés intégrées
proportionnellement
La mise en œuvre de cette règle donne les pourcentages d’intérêts minoritaires consolidés suivants
dans chacune des entités :
Règle de calcul des intérêts minoritaires dans une entité
Société Base du calcul Pourcentage d’intérêts Pourcentage des intérêts
soustractifs minoritaires
A (1) 100 % 70 % 30 %
B (1) 100 % 60 % 40 %
C (1) 100 % 52,5 % 47,5 %
D 50 % 26,25 % (3) 23,75 %
E (1) 100 % 36 % 64 %
F 30 % 23,6 % (2) 6,4 %
(1) Dans leur propre société, les actionnaires minoritaires de A, B, C, et E possèdent respectivement une
fraction du capital égale à 30 %, 40 %, 40 % et 40 %.
(2) Le pourcentage d’intérêts des minoritaires dans F se décompose ainsi :
4 % pour les minoritaires de E (40 % 10 %) et 2,4 % pour les minoritaires de B (40 % 60 % 10 %).
(3) Le pourcentage d’intérêts des minoritaires de D se décompose ainsi :
- 30 % 60 % 50 % 1/0,8 = 11,25 % (pour les minoritaires de A) ;
- 50 % 40 % 50 % 1/0,8 = 12,5 % (pour la société W extérieure au groupe).
Remarque. W exerce avec M un contrôle conjoint de D. La fraction du capital de D détenue par W est
égale à 50 %. Le pourcentage d’intérêts directs de W dans D est donc égal à : 50 % 1/0,8 = 62,5 %.
Or, dans les comptes consolidés de M, la société D est intégrée à 50 %. Il y a donc 12,5 % d’intérêts de W
qui sont inclus dans ces 50 % (cf. d. Compte « Intérêts minoritaires », page 37).
66 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Thème n° 6 : CONSOLIDATION DU BILAN ET DU COMPTE DE RÉSULTAT

1. Données de base
Le périmètre de consolidation du groupe M comprend deux entités : la société consolidante M et la
société A. La société mère M détient 30 % des actions de la société A. Le bilan et le compte de
résultat des sociétés M et A se présentent ainsi, après les retraitements de pré-consolidation :
Bilan retraité de M au 31/12/N
Immobilisations corporelles 7 800 Capital 5 000
Titres de participation A 1 200 Réserves 5 600
Autres actifs 9 000 Résultat 400
Dettes 7 000
18 000 18 000

Compte de résultat retraité de M au 31/12/N


Charges d'exploitation 1 000 Produits d'exploitation 1 400
Charges financières 100 Produits financiers 80
Charges exceptionnelles 50 Produits exceptionnels 220
Impôts sur les bénéfices 150
Résultat (bénéfice) 400
1 700 1 700

Bilan retraité de A au 31/12/N


Immobilisations corporelles 5 500 Capital 4 000
Autres actifs 3 500 Réserves 1 800
Résultat 200
Dettes 3 000
9 000 9 000

Compte de résultat retraité de A au 31/12/N


Charges d'exploitation 500 Produits d'exploitation 850
Charges financières 120 Produits financiers 50
Charges exceptionnelles 80 Produits exceptionnels 100
Impôts sur les bénéfices 100
Résultat (bénéfice) 200
1 000 1 000
 Par simplification, nous supposons que les travaux de consolidation ne nécessitent pas de
retraitements : ni élimination de comptes réciproques, ni élimination de résultats internes, ni
retraitement d'écart d’acquisition ou d’écarts d’évaluation.
Nous envisageons les trois hypothèses suivantes :
 A est sous l’influence notable de M ;
 A est contrôlée conjointement par M et deux autres sociétés ;
 A est contrôlée de manière exclusive par M.

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2. La société A est mise en équivalence (M exerce une influence notable)


Ecritures d’intégration des comptes de bilan retraités et des comptes de gestion retraités
(1ère étape des travaux de consolidation)
Les comptes retraités de A ne sont pas intégrés.
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Immobilisations corporelles 7 800 Charges d’exploitation 1 000
Titres de participation A 1 200 Charges financières 100
Autres actifs 9 000 Charges exceptionnelles 50
Capital 5 000 Impôts sur les bénéfices 150
Réserves groupe 5 600 Résultat global 400
Résultat groupe 400 Produits d’exploitation 1 400
Dettes 7 000 Produits financiers 80
Produits exceptionnels 220
Intégration des comptes de bilan retraités de M Intégration des comptes de gestion retraités de M

Aucun compte de bilan de A n’est intégré Aucun compte de gestion de A n’est intégré

Ecritures de retraitements de consolidation proprement dite


(2ème étape des travaux de consolidation)
D’après les données de base, il n’y a pas de retraitement à effectuer pour la consolidation du groupe M.
Partage des capitaux propres non intégrés de A et écritures de mise en équivalence
(3ème étape des travaux de consolidation)

L’analyse du partage des capitaux propres non intégrés de A est présentée dans le tableau ci-dessous.
Intérêts consolidés (30 %) Intérêts non
Total Part du groupe Intérêts consolidés
(30 %) minoritaires (0 %) (70 %)
Capital A 4 000
+ Réserves A 1 800 Le calcul de
ces intérêts
= Capitaux propres (hors résultat) 5 800 (5 800 30 % = 1 740
dans les
Titres de participation A capitaux
détenus par M (à éliminer) 1 200 propres et
=  Réserves intégrées (1) 540 dans le
Résultat A 200 (2) 200 30 % = 60 résultat de A
Titres A mis en équivalence 1 740 + 60 = 1 800 est inutile.
(résultat inclus)

(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres A détenus par M ( Réserves du groupe).
(2)  Résultat du groupe.

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Titres A mis en équivalence 1 800 Résultat global 60
Titres de participation A (pour solde) 1 200 Quote-part dans les résultats des
Réserves groupe 540 entreprises mises en équivalence 60
Résultat groupe 60
Mise en équivalence de A (ou mise en Intégration de la fraction du résultat de A qui
équivalence des titres A) revient de plein droit à M
68 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Bilan consolidé et compte de résultat consolidé du groupe M


(dernière étape des travaux de consolidation)

Bilan du groupe M
Immobilisations corporelles 7 800 Capitaux propres (part du groupe)
Titres mis en équivalence 1 800 Capital 5 000
Autres actifs 9 000 Réserves (5 600 + 540) 6 140
Résultat (400 + 60) 460
Intérêts minoritaires
Dettes 7 000
18 600 18 600

Compte de résultat du groupe M


(classement par nature)
Produits d'exploitation 1 400
Charges d'exploitation 1 000
Résultat d'exploitation 400
Charges et produits financiers (80 – 100) – 20
Résultat courant des entreprises intégrées 380
Charges et produits exceptionnels (220 – 50) 170
Impôts sur les résultats 150
Résultat net des entreprises intégrées 400
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence 60
Résultat net de l'ensemble consolidé 460
Intérêts minoritaires
Résultat net (part du groupe) 460

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 69

3. La société A est intégrée proportionnellement (M exerce un contrôle conjoint)


Ecritures d’intégration des comptes de bilan retraités et des comptes de gestion retraités
(1ère étape des travaux de consolidation)

Les comptes retraités de A ne sont intégrés qu’à concurrence de 30 % de leur valeur.


Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Immobilisations corporelles 7 800 Charges d’exploitation 1 000
Titres de participation A 1 200 Charges financières 100
Autres actifs 9 000 Charges exceptionnelles 50
Capital 5 000 Impôts sur les bénéfices 150
Réserves groupe 5 600 Résultat global 400
Résultat groupe 400 Produits d’exploitation 1 400
Dettes 7 000 Produits financiers 80
Produits exceptionnels 220
Intégration des comptes de bilan retraités de M Intégration des comptes de gestion retraités de M

Immobilisations corporelles 1 650 Charges d’exploitation (500 30 %) 150


(5 500 30 %) Charges financières (120 30 %) 36
Autres actifs (3 500 30 %) 1 050 Charges exceptionnelles (80 30 %) 24
Capital A (4 000 30 %) 1 200 Impôts sur les bénéfices (100 30 %) 30
Réserves A (1 800 30 %) 540 Résultat global (200 30 %) 60
Résultat A (200 30 %) 60 Produits d’exploitation (850 30 %) 255
Dettes (3 000 30 %) 900 Produits financiers (50 30 %) 15
Produits exceptionnels (100 30 %) 30
Intégration proportionnelle (à 30 %) des Intégration proportionnelle (à 30 %) des
comptes de bilan retraités de A comptes de gestion retraités de A

Ecritures de retraitement de consolidation proprement dite


(2ème étape des travaux de consolidation)

D’après les données de base, il n’y a pas de retraitements à effectuer pour la consolidation du groupe M.
Partage des capitaux propres consolidés de A et élimination des titres A intégrés
(3ème étape des travaux de consolidation)

L’analyse du partage des capitaux propres consolidés de A est présentée ci-dessous.


Total Part du groupe
intégré
Capital A 1 200
+ Réserves A 540
= Capitaux propres (hors résultat) 1 740 1 740
Titres de participation A détenus
par M (à éliminer) 1 200 1 200
=  Réserves intégrées 540 (1) 540
Résultat A 60 (2) 60
(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres A détenus par M ( Réserves du groupe).
(2)  Résultat du groupe.
70 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Capital A (pour solde) 1 200
Réserves A (pour solde) 540
Titres de participation A (pour solde) 1 200
Réserves groupe 540
Partage des capitaux propres hors résultat de
A et élimination des titres A intégrés

Résultat A (pour solde) 60


Résultat groupe 60
Transfert pour affectation du résultat A

Bilan consolidé et compte de résultat consolidé du groupe M


(dernière étape des travaux de consolidation)
Bilan du groupe M
Immobilisations corporelles 9 450 Capitaux propres (part du groupe)
(7 800 + 1 650) Capital 5 000
Autres actifs (9 000 + 1 050) 10 050 Réserves (5 600 + 540) 6 140
Résultat (400 + 60) 460
Intérêts minoritaires
Dettes (7 000 + 900) 7 900
19 500 19 500

Compte de résultat du groupe M


(classement par nature)
Produits d'exploitation (1 400 + 255) 1 655
Charges d'exploitation (1 000 + 150) 1 150
Résultat d'exploitation 505
Charges et produits financiers (80 + 15 – 100 – 36) – 41
Résultat courant des entreprises intégrées 464
Charges et produits exceptionnels (220 + 30 – 50 – 24) 176
Impôts sur les résultats (150 + 30) 180
Résultat net des entreprises intégrées 460
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence
Résultat net de l'ensemble consolidé 460
Intérêts minoritaires
Résultat net (part du groupe) 460

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4. La société A est intégrée globalement (M exerce un contrôle exclusif)


Ecritures d’intégration des comptes de bilan retraités et des comptes de gestion retraités
(1ère étape des travaux de consolidation)

Les comptes retraités de A sont intégrés globalement (dont 70 % revenant de plein droit aux
minoritaires).
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Immobilisations corporelles 7 800 Charges d’exploitation 1 000
Titres de participation A 1 200 Charges financières 100
Autres actifs 9 000 Charges exceptionnelles 50
Capital 5 000 Impôts sur les bénéfices 150
Réserves groupe 5 600 Résultat global 400
Résultat groupe 400 Produits d’exploitation 1 400
Dettes 7 000 Produits financiers 80
Produits exceptionnels 220
Intégration des comptes de bilan retraités de M Intégration des comptes de gestion retraités de M

Immobilisations corporelles 5 500 Charges d’exploitation 500


Autres actifs 3 500 Charges financières 120
Capital A 4 000 Charges exceptionnelles 80
Réserves A 1 800 Impôts sur les bénéfices 100
Résultat A 200 Résultat global 200
Dettes 3 000 Produits d’exploitation 850
Produits financiers 50
Produits exceptionnels 100
Intégration globale des comptes de bilan Intégration globale des comptes de gestion
retraités de A retraités de A

Ecritures de retraitement de consolidation proprement dite


(2ème étape des travaux de consolidation)
D’après les données de base, il n’y a pas de retraitements à effectuer pour la consolidation du groupe M.
Partage des capitaux propres consolidés de A et élimination des titres A intégrés
(3ème étape des travaux de consolidation)
L’analyse du partage des capitaux propres consolidés de A est présentée dans le tableau ci-dessous.

Total Part du groupe Intérêts minoritaires


(30 %) (70 %)
Capital A 4 000
+ Réserves A 1 800
= Capitaux propres (hors résultat) 5 800 5 800 30 % = 1 740 5 800 70 % = 4 060
Titres de participation A détenus
par M (à éliminer) 1 200 1 200
=  Réserves intégrées 4 600 (1) 540 (2) 4 060
Résultat A 200 (3) 200 30 % = 60 (4) 200 70 % = 140
(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres A détenus par M ( Réserves du groupe).
(2) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres de A (hors résultat).
(3)  Résultat du groupe.
(4) Intérêts minoritaires dans le résultat de A.
72 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Capital A (pour solde) 4 000
Réserves A (pour solde) 1 800
Titres de participation A (pour solde) 1 200
Réserves groupe 540
Intérêts minoritaires 4 060
Partage des capitaux propres hors résultat de
A et élimination des titres A intégrés

Résultat A (pour solde) 200


Résultat groupe 60
Intérêts minoritaires 140
Partage du résultat de A

Bilan consolidé et compte de résultat consolidé du groupe M


(dernière étape des travaux de consolidation)

Bilan du groupe M
Immobilisations corporelles 13 300 Capitaux propres (part du groupe)
(7 800 + 5 500) Capital 5 000
Autres actifs (9 000 + 3 500) 12 500 Réserves (5 600 + 540) 6 140
Résultat (400 + 60) 460
Intérêts minoritaires (4 060 + 140) 4 200
Dettes (7 000 + 3 000) 10 000
25 800 25 800

Compte de résultat du groupe M


(classement par nature)
Produits d'exploitation (1 400 + 850) 2 250
Charges d'exploitation (1 000 + 500) 1 500
Résultat d'exploitation 750
Charges et produits financiers (80 + 50 – 100 – 120) – 90
Résultat courant des entreprises intégrées 660
Charges et produits exceptionnels (220 + 100 – 50 – 80) 190
Impôts sur les résultats (150 + 100) 250
Résultat net des entreprises intégrées 600
Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence
Résultat net de l'ensemble consolidé 600
Intérêts minoritaires 140
Résultat net (part du groupe) 460

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Thème n° 7 : CONSOLIDATION PAR PALIERS ET CONSOLIDATION DIRECTE

1. Données de base
L’organigramme du groupe M est présenté ci-dessous (les pourcentages représentent la fraction
détenue du capital) :
M

90 %
A

30 %
B

La société A est intégrée globalement et la société B est mise en équivalence.


Le pourcentage d’intérêts de M dans B est de 27 % (90 % 30 %).
Par simplification, il n’y a pas de créances et dettes réciproques et il n’y a pas de résultats internes.
Les deux hypothèses suivantes sont envisagées :
Hypothèse 1 : La consolidation est faite par paliers :
- 1er palier : consolidation du sous-groupe A ;
- 2ème palier : consolidation du groupe M.
Hypothèse 2 : La consolidation est directe.
Au 31/12/N, les bilans retraités des 3 sociétés se présentent ainsi, après les retraitements préalables
à la consolidation :
Bilan retraité de M
Titres A (1) 180 Capital 400
Actifs divers 1 620 Réserves 550 (1) Les titres A ont été souscrits lors de la
Résultat 50 constitution de la société.
Dettes 800
1 800 1 800
Bilan retraité de A
Titres B (2) 30 Capital 200
Actifs divers 970 Réserves 300 (2) Les titres B ont été souscrits lors de la
Résultat 40 constitution de la société.
Dettes 460
1 000 1 000
Bilan retraité de B
Actifs divers 650 Capital 100
Réserves 240
Résultat 10
Dettes 300
650 650
74 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

2. Rappel du règlement n° 99-02 du CRC


La consolidation est réalisée soit directement par l’entreprise consolidante du groupe (la société M),
soit par paliers (ici un seul palier au niveau de la filiale A). La consolidation par paliers consiste à
consolider successivement des sous-ensembles consolidés dans des ensembles plus grands.
REGLE A RESPECTER : Les capitaux propres consolidés, les intérêts minoritaires et le résultat
déterminés dans le cadre d’une consolidation directe doivent être les mêmes que ceux qui seraient
obtenus si la consolidation était réalisée par paliers.
3. Consolidation par paliers au 31/12/N

 1er PALIER : Consolidation du sous-groupe A

Sociétés consolidées : Société A (société consolidante)


Société B (mise en équivalence)
Journal de consolidation du sous-groupe A
1ère étape : Dans les comptes consolidés du sous-
Consolidation des comptes de bilan groupe A, seuls les comptes de A sont intégrés.
Titres de participation B 30 Le report des comptes retraités est la 1ère étape des
Actifs divers 970 travaux de consolidation. Dans cet exemple, les
Capital A 200 étapes suivantes de la consolidation sont absentes :
Réserves A 300 - élimination des créances et dettes réciproques ;
Résultat A 40 - élimination des résultats internes ;
Dettes 460 - prise en compte et retraitement de l’écart
Intégration des comptes de bilan retraités de A d’acquisition et des écarts d’évaluation.

Analyse du partage des capitaux propres non intégrés de B (chez A)

Total Part du sous-groupe A Intérêts non consolidés


(30 %) (70 %)
Capital B 100
+ Réserves B 240 Le calcul de cette part dans les
= Capitaux propres (hors résultat) 340 (1) 340 capitaux propres et dans le
30 % = 102
résultat de B est inutile.
Titres de participation B 30
(à éliminer)
=  Réserves A (2) 72
Résultat B 10 (3) 3
Titres B mis en équivalence (4) 102 + 3 = 105
(résultat inclus)

(1) Titres B mis en équivalence (hors résultat).


(2) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres B mis en équivalence ( Réserves de A).
(3)  Résultat de A.
(4) Valeur consolidée des titres B qui se substitue à 30.

Journal de consolidation du sous-groupe A


2ème et dernière étape : Cette écriture de
Consolidation des comptes de bilan consolidation de B correspond à la
Titres B mis en équivalence 105 réestimation des titres B détenus par A.
Titres de participation B (pour solde) 30 La consolidation est faite sur la base des
Réserves A 72 capitaux propres retraités (non intégrés) de B.
Résultat A 3
Mise en équivalence des titres B (ou mise
en équivalence de la société B)

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Bilan consolidé au 1er palier de consolidation du groupe M


Bilan du sous-groupe A
Titres B mis en équivalence 105 Capitaux propres (part du groupe)
Actifs divers 970 Capital A 200
Réserves A (300 + 72) 372
Résultat A (40 + 3) 43
Intérêts minoritaires -
Dettes 460
1 075 1 075

 2ème PALIER : Consolidation du groupe M

Sociétés consolidées : Société M (société consolidante)


Sous-groupe A (intégré globalement)
Journal de consolidation du groupe M
1ère étape : Dans les comptes consolidés du
Consolidation des comptes de bilan groupe M, les comptes de M et du sous-groupe
Titres de participation A 180 A sont intégrés globalement (à 100 %).
Actifs divers 1 620 Le report des comptes retraités est la 1ère étape
Capital 400 des travaux de consolidation. Dans cet
Réserves groupe 550 exemple, les travaux de consolidation sont
Résultat groupe 50 simplifiés. En effet, il n’est pas nécessaire de
Dettes 800
passer par les étapes suivantes :
Intégration des comptes de bilan retraités de M
- élimination des créances et dettes réciproques ;
- élimination des résultats internes ;
Titres B mis en équivalence 105
- prise en compte et retraitement de l’écart
Actifs divers 970
d’acquisition et des écarts d’évaluation.
Capital A 200
Réserves A 372
Résultat A 43
Dettes 460
Intégration des comptes de bilan consolidé du
sous-groupe A

Analyse du partage des capitaux propres intégrés de A (chez la société consolidante M)

Total Part du groupe Intérêts minoritaires


(90 %) (10 %)
Capital A 200
+ Réserves A 372
= Capitaux propres (hors résultat) 572 572 90 % = 514,8 572 10 % = 57,2
Titres de participation A détenus
par M (à éliminer) 180 180
=  Réserves intégrées 392 (1) 334,8 (2) 57,2
Résultat A 43 (3) 43 90 % = 38,7 (4) 43 10 % = 4,3
(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres A détenus par M ( Réserves du groupe).
(2) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres hors résultat de A.
(3)  Résultat du groupe.
(4) Intérêts minoritaires dans le résultat de A.
76 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Journal de consolidation du groupe M


2ème et dernière étape : Il ne doit y avoir que
Consolidation des comptes de bilan les deux catégories suivantes de « capitaux
Capital A (pour solde) 200 propres » dans le bilan consolidé :
Réserves A (pour solde) 372 - la part du groupe (part de M) ;
Titres de participation A (pour solde) 180 - les intérêts minoritaires (associés de A autres que M).
Réserves groupe 334,8 Il faut donc éliminer les capitaux propres de A
Intérêts minoritaires 57,2 et les titres de participation A. Les titres de
Partage des capitaux propres hors résultat de participation A représentent en effet un actif
A et élimination des titres A intégrés
fictif puisque l’actif net du sous-groupe A a été
Résultat A (pour solde) 43 intégré.
Résultat groupe 38,7 Remarque. Nous décomposons le traitement comptable
Intérêts minoritaires 4,3 en deux écritures pour mettre en évidence le partage du
Partage du résultat de A résultat de A entre le groupe et les intérêts minoritaires.

Bilan consolidé au 2ème palier de consolidation du groupe M


Bilan du groupe M
Titres mis en équivalence 105 Capitaux propres (part du groupe)
Actifs divers (1 620 + 970) 2 590 Capital 400
Réserves (550 + 334,8) 884,8
Résultat (50 + 38,7) 88,7
Intérêts minoritaires (57,2 + 4,3) 61,5
Dettes (800 + 460) 1 260
2 695 2 695

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 77

4. Consolidation directe au 31/12/N

 CONSOLIDATION DIRECTE du groupe M

Sociétés consolidées : Société M (société consolidante)


Société A (intégrée globalement)
Société B (mise en équivalence)
Journal de consolidation du groupe M
1ère étape : Dans les comptes consolidés du
Consolidation des comptes de bilan groupe M, les comptes de M et de A sont
Titres de participation A 180 intégrés globalement.
Actifs divers 1 620 Le report des comptes retraités est la 1ère étape
Capital 400 des travaux de consolidation. Comme nous
Réserves groupe 550 l’avons déjà signalé précédemment, les travaux
Résultat groupe 50 de consolidation sont ici simplifiés. En effet, il
Dettes 800
n’est pas nécessaire de passer par les étapes
Intégration des comptes de bilan retraités de M
suivantes :
- élimination des créances et dettes réciproques ;
Titres de participation B 30
- élimination des résultats internes ;
Actifs divers 970
- prise en compte et retraitement de l’écart de
Capital A 200
première consolidation (écarts d’évaluation et écart
Réserves A 300
d’acquisition).
Résultat A 40
Dettes 460
Intégration des comptes de bilan retraités de A

Analyse du partage des capitaux propres non intégrés de B (chez la société consolidante M)
Intérêts consolidés (30 %) Intérêts non
Total Part du groupe M Intérêts consolidés
(27 %) minoritaires (3 %) (70 %)
Capital B 100
+ Réserves B 240 Le calcul de
= Capitaux propres (hors résultat) 340 ces intérêts
340 27 % = 91,8 340 3 % = 10,2
dans les
Titres de participation B capitaux
détenus par A (à éliminer) (30 90 %)27 (30 10 % = 3) 3 propres et dans
=  Réserves intégrées (1) 64,8 (2) 7,2 le résultat de B
Résultat B 10 (3) 10 27 % = 2,7 (4) 10 3 % = 0,3 est inutile.
Titres B mis en équivalence 91,8 + 10,2 + 2,7 + 0,3 = 105
(résultat inclus)

(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres B détenus indirectement par M ( Réserves du groupe).
(2) Intérêts minoritaires indirects dans les capitaux propres hors résultat de B.
(3)  Résultat du groupe.
(4) Intérêts minoritaires indirects dans le résultat de B.
78 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Journal de consolidation du groupe M


2ème étape : Cette écriture de consolidation de
Consolidation des comptes de bilan B correspond à la réestimation des titres B
Titres B mis en équivalence 105 détenus par A. La consolidation est faite sur la
Titres de participation B (pour solde) 30 base des capitaux propres retraités (non
Réserves groupe 64,8 intégrés) de B.
Résultat groupe 2,7
Intérêts minoritaires (7,2 + 0,3) 7,5
Mise en équivalence des titres B (ou mise en
équivalence de la société B)

Analyse du partage des capitaux propres intégrés de A (chez la société consolidante M)

Total Part du groupe Intérêts minoritaires


(90 %) (10 %)
Capital A 200
+ Réserves A 300
= Capitaux propres (hors résultat) 500 500 90 % = 450 500 10 % = 50
Titres de participation A détenus
par M (à éliminer) 180 180
=  Réserves intégrées 320 (1) 270 (2) 50
Résultat A 40 (3) 40 90 % = 36 (4) 40 10 % = 4
(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres A détenus par M ( Réserves du groupe).
(2) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres hors résultat de A.
(3)  Résultat du groupe.
(4) Intérêts minoritaires dans le résultat de A.

Journal de consolidation du groupe M


3ème et dernière étape : Il ne doit rester dans le
Consolidation des comptes de bilan bilan consolidé que les deux catégories
Capital A (pour solde) 200 suivantes de « capitaux propres » :
Réserves A (pour solde) 300 - la part du groupe (part de M) ;
Titres de participation A (pour solde) 180 - les intérêts minoritaires (associés de A autres que M).
Réserves groupe 270 Il faut donc éliminer les capitaux propres de A
Intérêts minoritaires 50 et les titres de participation A. Les titres de
Partage des capitaux propres hors résultat de participation A représentent en effet un actif
A et élimination des titres A intégrés
fictif puisque l’actif net de A a été intégré.
Résultat A (pour solde) 40 Remarque. Nous décomposons le traitement
comptable en deux écritures pour mettre en
Résultat groupe 36
évidence le partage du résultat de A entre le groupe
Intérêts minoritaires 4
Partage du résultat de A
et les intérêts minoritaires.

Bilan consolidé du groupe M (consolidation directe)


Bilan du groupe M
Titres mis en équivalence 105 Capitaux propres (part du groupe)
Actifs divers (1 620 + 970) 2 590 Capital 400
Réserves (550 + 64,8 + 270) 884,8
Résultat (50 + 2,7 + 36) 88,7
Intérêts minoritaires (7,5 + 50 + 4) 61,5
Dettes (800 + 460) 1 260
2 695 2 695

Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
T2141-F2/4 SÉRIE 02 79

Thème n° 8 : CONSOLIDATION DIRECTE ET MÉTHODE DE MISE EN ÉQUIVALENCE

1. Données de base
L’organigramme du groupe M est présenté ci-dessous (les pourcentages représentent la fraction
détenue du capital) :
M

90 % 9%
A

20 %
B

La société A est intégrée globalement et la société B est mise en équivalence.


Le pourcentage d’intérêts de M dans B est de 27 % (9 % + 90 % 20 %).
La consolidation des trois entités est faite directement chez la société consolidante M.
Par hypothèse, il n’y a aucune écriture de retraitement à enregistrer en consolidation (il n’y a ni
créances et dettes réciproques, ni résultats internes à éliminer).
Au 31/12/N, les bilans retraités des 3 sociétés se présentent ainsi, après les retraitements préalables à
la consolidation :
Bilan retraité de M
Titres A (1) 180 Capital 400
Titres B (2) 9 Réserves 550 (1) Les titres A ont été souscrits lors de la
Actifs divers 1 611 Résultat 50 constitution de la société.
Dettes 800 (2) Les titres B ont été souscrits lors de la
1 800 1 800 constitution de la société.

Bilan retraité de A
Titres B (2) 20 Capital 200
Actifs divers 980 Réserves 300
Résultat 40
Dettes 460
1 000 1 000
Bilan retraité de B
Actifs divers 650 Capital 100
Réserves 240
Résultat 10
Dettes 300
650 650
2. Rappel du règlement n° 99-02 du CRC
Lorsque la consolidation est réalisée directement par l’entreprise consolidante du groupe (la société
M), les capitaux propres consolidés, les intérêts minoritaires et le résultat doivent être les mêmes que
ceux qui seraient obtenus si la consolidation était réalisée par paliers.
80 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

3. Ecritures de consolidation au 31/12/N et bilan consolidé

 CONSOLIDATION DIRECTE du groupe M

Sociétés consolidées : Société M (société consolidante)


Société A (intégrée globalement)
Société B (mise en équivalence)
Journal de consolidation du groupe M
1ère étape : Dans les comptes consolidés du
Consolidation des comptes de bilan groupe M, les comptes de M et de A sont
Titres de participation A 180 intégrés globalement.
Titres de participation B 9 La 1ère étape des travaux de consolidation
Actifs divers 1 611 consiste à reporter les comptes de ces entités.
Capital 400 Comme nous l’avons signalé précédemment,
Réserves groupe 550 les travaux de consolidation sont ici simplifiés.
Résultat groupe 50
En effet, par hypothèse, les étapes suivantes
Dettes 800
ont été supprimées :
Intégration des comptes de bilan retraités de M
- élimination des créances et dettes réciproques ;
- élimination des résultats internes ;
Titres de participation B 20
- prise en compte et retraitement de l’écart
Actifs divers 980
d’acquisition et des écarts d’évaluation.
Capital A 200
Remarque. Il n’y a ni écart d’acquisition ni écarts
Réserves A 300 d’évaluation si les titres détenus ont été souscrits
Résultat A 40 lors de la constitution (cf. Titre 3, Chapitre 4).
Dettes 460
Intégration des comptes de bilan retraités de A

Analyse du partage des capitaux propres non intégrés de B (chez la société consolidante M)
Intérêts consolidés (29 %) Intérêts non
Total Part du groupe M Intérêts minoritaires consolidés
(27 %) (2 %) (71 %)
Capital B 100
+ Réserves B 240 Le calcul de
= Capitaux propres (hors résultat) 340 ces intérêts
340 27 % = 91,8 340 2 % = 6,8
dans les
Titres de participation B capitaux
détenus par M (à éliminer) 9 propres et
Titres de participation B dans le
détenus par A (à éliminer) (20 90 %) 18 (20 10 %) 2 résultat de B
=  Réserves intégrées (1) 64,8 (2) 4,8 est inutile.
Résultat B 10 (3) 10 27 % = 2,7 (4) 10 2 % = 0,2
Titres B mis en équivalence 91,8 + 6,8 + 2,7 + 0,2 = 101,5
(résultat inclus)

(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres B détenus directement et indirectement par M
( Réserves du groupe).
(2) Intérêts minoritaires indirects dans les capitaux propres hors résultat de B.
(3)  Résultat du groupe.
(4) Intérêts minoritaires dans le résultat de B.

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Journal de consolidation du groupe M


2ème étape : Cette écriture de consolidation de
Consolidation des comptes de bilan B correspond à la réestimation des titres B
Titres B mis en équivalence 101,5 détenus par A et M. La consolidation est faite
Titres de participation B (pour solde) 29 sur la base des capitaux propres retraités (non
Réserves groupe 64,8 intégrés) de B.
Résultat groupe 2,7
Intérêts minoritaires (4,8 + 0,2) 5
Mise en équivalence des titres B (ou mise en
équivalence de la société B)

Analyse du partage des capitaux propres intégrés de A (chez la société consolidante M)

Total Part du groupe Intérêts minoritaires


(90 %) (10 %)
Capital A 200
+ Réserves A 300
= Capitaux propres (hors résultat) 500 500 90 % = 450 500 10 % = 50
Titres de participation A détenus
par M (à éliminer) 180 180
=  Réserves intégrées 320 (1) 270 (2) 50
Résultat A 40 (3) 40 90 % = 36 (4) 40 10 % = 4
(1) Différence de consolidation (hors résultat) sur titres A détenus par M ( Réserves du groupe).
(2) Intérêts minoritaires dans les capitaux propres hors résultat de A.
(3)  Résultat du groupe.
(4) Intérêts minoritaires dans le résultat de A.

Journal de consolidation du groupe M


3ème étape : Dans le bilan consolidé, il ne doit
Consolidation des comptes de bilan rester que les deux catégories suivantes de
Capital A (pour solde) 200 « capitaux propres » :
Réserves A (pour solde) 300 - la part du groupe (part de M) ;
Titres de participation A (pour solde) 180 - les intérêts minoritaires (associés de A autres que M).
Réserves groupe 270 Il faut donc éliminer les capitaux propres de A
Intérêts minoritaires 50 et les titres de participation A. Les titres de
Partage des capitaux propres hors résultat de participation A représentent en effet un actif
A et élimination des titres A intégrés
fictif puisque l’actif net de A a été intégré.
Résultat A (pour solde) 40 Remarque. Nous décomposons le traitement
Résultat groupe 36 comptable en deux écritures pour mettre en
Intérêts minoritaires 4 évidence le partage du résultat de A entre le groupe
Partage du résultat de A et les intérêts minoritaires.

Bilan consolidé du groupe M (consolidation directe)


Bilan du groupe M
Titres mis en équivalence 101,5 Capitaux propres (part du groupe)
Actifs divers (1 611 + 980) 2 591 Capital 400
Réserves (550 + 64,8 + 270) 884,8
Résultat (50 + 2,7 + 36) 88,7
Intérêts minoritaires (5 + 50 + 4) 59
Dettes (800 + 460) 1 260
2 692,5 2 692,5
82 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

4. Intérêts minoritaires dans le bilan consolidé


Intérêts minoritaires directs et indirects
Nous avons vu que la consolidation de la société B génère des intérêts minoritaires, bien que cette
société ne soit pas intégrée globalement. Il en aurait été de même si B avait été intégrée
proportionnellement.
L’analyse de la répartition des intérêts entre la part du groupe et la part des minoritaires est présentée
dans le tableau suivant.
Pourcentage d’intérêts intégrés (1)
Société Total Part du groupe Part des
intégré Directs Indirects Total minoritaires
M 100 % 100 % 100 % Néant
A 100 % 90 % - 90 % (2) 10 %
B 29 % 9% 90 % 20 % = 18 % 27 % (3) 2%
(1) La notion de « pourcentage d’intérêts intégrés » d’une entité consolidée ne doit pas être confondu avec le
pourcentage d’intérêts revenant à la société consolidante. En effet, le pourcentage d’intérêts intégrés
correspond au cumul suivant :
Pourcentage d’intérêts revenant directement ou indirectement au groupe
+ Pourcentage d’intérêts revenant directement ou indirectement aux minoritaires.
(2) Pourcentage d’intérêts directs revenant aux minoritaires de A dans A.
(3) Pourcentage d’intérêts indirects revenant aux minoritaires de A dans B : 10 % 20 %.

Calcul détaillé des intérêts minoritaires


Dans cet exemple, il n’y a pas de participations réciproques ou de participations circulaires. Il n’y a
pas non plus de retraitements à effectuer en consolidation proprement dite. Il est donc facile de
calculer les intérêts minoritaires inclus dans le bilan consolidé.
 1ère étape : Repérer les entités dans lesquelles il y a des minoritaires, au sens du règlement
n° 99-02 du CRC. Dans cet exemple simple, les minoritaires sont les associés de la filiale A, autres
que la société consolidante elle-même. Dans un exemple plus complexe, on pourrait également
trouver des minoritaires directs dans une entité intégrée proportionnellement (cf. thème n° 5, page
64) ou dans une entité mise en équivalence.
 2ème étape : Calculer les intérêts directs et les intérêts indirects de ces minoritaires de A. Le calcul
doit être fait à partir des capitaux propres et du résultat retraités des entités concernées. Le total
représente en quelque sorte les droits de ces associés dans l’ensemble consolidé :
Intérêts directs des minoritaires de A dans A : 54 Les intérêts indirects des
(200 + 300 + 40) 10 % minoritaires de A dans B
+ Intérêts indirects des minoritaires de A dans B : + 5 représentent la différence de
(100 + 240 + 10) 20 % 10 % 20 10 % consolidation qui leur
= Intérêts minoritaires dans le bilan consolidé 59 revient de plein droit sur les
titres B détenus par A.

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TITRE 2. OPÉRATIONS DE PRÉ-CONSOLIDATION


Il est nécessaire de distinguer deux types de travaux dans le processus de consolidation :
 d'une part, les travaux préalables à la consolidation (appelés travaux de pré-consolidation) qui
sont effectués par chaque entité consolidée, à partir de ses comptes individuels ;
 Ces travaux de pré-consolidation permettent d’établir des comptes individuels retraités. Les comptes
retraités doivent ensuite être transmis au service de consolidation de la société consolidante.
 d'autre part, les travaux de consolidation proprement dite qui sont effectués par la société
consolidante, à partir des comptes individuels retraités des entités consolidées.
 Ces travaux de consolidation permettent d’établir les comptes financiers consolidés du groupe.
La structure du processus de pré-consolidation peut être présentée de la manière suivante :
Comptes individuels Sociétés sous Sociétés sous Sociétés sous
des ► Société mère contrôle contrôle influence
sociétés consolidées exclusif conjoint notable

Journal de pré-consolidation de chaque société consolidée :


(dans certains groupes, la société consolidante peut se charger de tout ou partie de ces travaux)

1. Report des comptes individuels (comptes de bilan et comptes de gestion)

2. Retraitements préalables à la consolidation :


Retraitement obligatoire des différences temporaires
(comptabilisation des impôts différés)
Autres retraitements obligatoires :
Eliminations des écritures passées pour la seule application des
législations fiscales
(+ comptabilisation des impôts différés résultant des éliminations)
Retraitement des frais d’augmentation de capital
(+ comptabilisation des impôts différés résultant du retraitement)
Retraitements d’homogénéité : application des méthodes d’évaluation et de
présentation retenues pour le groupe
(+ comptabilisation des impôts différés résultant de ces retraitements)
Conversion des comptes libellés en monnaie étrangère
Remarque. Les sociétés consolidées doivent organiser leur comptabilité de manière à pouvoir ajuster
entre elles, avant la consolidation, le solde des comptes réciproques (utilisation de comptes spécifiques
de bilan et de gestion pour les opérations internes).

Comptes individuels Sociétés sous Sociétés sous Sociétés sous


retraités des ► Société mère contrôle contrôle influence
sociétés consolidées exclusif conjoint notable

Envoi des comptes individuels retraités à la société consolidante


(sauf pour la société mère qui peut effectuer directement ces travaux dans le journal de consolidation)

Travaux de CONSOLIDATION proprement dite ► Cf. Titre 3 du cours


84 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

CHAPITRE 1. RETRAITEMENT OBLIGATOIRE DES DIFFÉRENCES TEMPORAIRES

Section 1. Impôts sur les résultats et différences temporaires (§ 31)

I. Généralités
Le principe de rattachement des charges aux produits est un principe comptable qui doit être
appliqué dans les comptes consolidés alors qu’il n’a pas été retenu pour l’établissement des comptes
individuels.
Nous verrons que, dans les comptes consolidés, la mise en œuvre de ce principe comptable entraîne
le fait que les impôts sur les résultats regroupent tous les impôts sur les bénéfices, qu’ils soient
exigibles (comme dans les comptes individuels) ou qu’ils soient différés.

A. Impôt exigible
Lorsqu’un impôt est dû et que son règlement n’est pas subordonné à la réalisation d’opérations
futures, il est qualifié d’exigible, même si le règlement est étalé sur plusieurs exercices.
Dans les comptes individuels, la charge d’impôts enregistrée est égale, à quelques exceptions près, à
l’impôt exigible calculé selon les règles fiscales.
L’impôt sur les bénéfices exigible (IS dû) est enregistré au crédit du compte 444 « Etat. Impôts sur
les bénéfices ». Il peut être égal au cumul de trois impôts sur les bénéfices :
- l’IS calculé sur le bénéfice fiscal ;
- l’IS calculé sur la plus-value nette à long terme imposée ;
- la contribution sociale sur les bénéfices.

B. Principe de rattachement des charges aux produits


Le principe de rattachement des charges aux produits peut être présenté de manière simplifiée à
l’aide des quatre règles fondamentales suivantes :

1ère REGLE
A chaque produit comptabilisé au cours d’un exercice (imposable immédiatement ou ultérieurement)
doit être RATTACHÉE
la charge d’impôts sur les bénéfices correspondante

2ème REGLE
A chaque charge comptabilisée au cours d’un exercice (déductible immédiatement ou ultérieurement)
doit être RATTACHÉE
l’économie d’impôts sur les bénéfices correspondante
(c’est-à-dire la réduction de charge)

3ème REGLE
L’économie d’impôt résultant de la déduction extra-comptable d’une charge déductible
doit être NEUTRALISÉE (c’est-à-dire ELIMINÉE)
car il n’y a pas eu de charge comptabilisée au cours de l’exercice

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4ème REGLE
La charge d’impôt résultant de la réintégration extra-comptable d’un produit imposable
doit être NEUTRALISÉE (c’est-à-dire ELIMINÉE)
car il n’y a pas eu de produit comptabilisé au cours de l’exercice
Remarque. Pour que le principe de rattachement des charges aux produits soit respecté, il est souvent
nécessaire d’enregistrer un impôt différé.

C. Impôt différé
Certaines des opérations réalisées par l’entreprise peuvent avoir des conséquences fiscales positives
ou négatives autres que celles qui sont prises en considération pour le calcul de l’impôt exigible. Il
en résulte des actifs ou des passifs d’impôts qui sont qualifiés de différés.

II. Différences temporaires


Si une différence temporaire existe, c’est que le principe de rattachement des charges aux produits
n’a pas été respecté. Il est donc nécessaire de régulariser la situation.
 Une différence temporaire existe dès lors que la valeur fiscale d’un actif ou d’un passif est
différente de sa valeur comptable.

IAS/IFRS Dans la norme IAS 12 « Impôts sur le résultat » § 5, les différences temporaires sont
dénommées « différences temporelles » :
Les différences temporelles sont les différences entre la valeur comptable d’un actif ou d’un passif au
bilan et sa base fiscale […].
La base fiscale d’un actif ou d’un passif est le montant attribué à cet actif ou passif à des fins fiscales.

Les § 7 et 8 de la norme donnent les précisions suivantes :


La base fiscale d’un actif représente le montant qui sera fiscalement déductible de tout avantage
économique imposable qui ira à l’entité lorsqu’elle recouvrera la valeur comptable de cet actif. Si ces
avantages économiques ne sont pas imposables, la base fiscale de l’actif est égale à sa valeur comptable.
La base fiscale d’un passif représente sa valeur comptable, moins tout montant qui sera fiscalement
déductible au titre de ce passif au cours des périodes futures. Dans le cas de produits perçus d’avance, la
base fiscale du passif qui en résulte est la valeur comptable moins tout élément de produits qui ne sera
pas imposable au cours des périodes futures.

 Une différence temporaire peut exister aussi du fait d’un décalage entre le traitement comptable
d’une charge ou d’un produit et son régime fiscal. Exemples :
- une charge est comptabilisée mais elle n’est déductible que dans un exercice suivant ;
- un produit est comptabilisé mais il n’est imposable que dans un exercice suivant ;
- une charge est déductible mais elle n’a pas été comptabilisée dans l’exercice ;
- un produit est imposable mais il n’a pas été comptabilisé dans l’exercice.
 Une différence temporaire peut apparaître :
soit dans les comptes individuels ;
soit dans les travaux préalables à la consolidation : lors des retraitements de pré-consolidation ;
soit dans les travaux de consolidation proprement dite : lors des retraitements de consolidation.
Remarque. Dans les deux premiers cas, le décalage temporaire doit être neutralisé dans les travaux de
pré-consolidation. Dans le troisième cas, le décalage temporaire ne peut être neutralisé que dans les
travaux de consolidation.
86 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Dans cette section du cours, nous ne nous intéresserons qu’aux différences temporaires qui sont
apparues dans les comptes individuels. Dans les travaux de pré-consolidation, ces différences
temporaires doivent obligatoirement être éliminées par un traitement comptable spécifique.

A. Apparition des différences temporaires et régularisation comptable


1. Détection d’une nouvelle différence temporaire dans les comptes individuels
Une nouvelle différence temporaire ne peut être détectée que grâce à une analyse fiscale.
Prenons quelques exemples classiques de différences temporaires dans les comptes individuels N-1
d’une société soumise à l’IS.
Impact sur le résultat de l’exercice N-1
Résultat Résultat
comptable fiscal
Charges comptabilisées (déductibles ultérieurement)
Participation des salariés (1)  aucun
Contribution sociale de solidarité (1)
Dotation aux provisions pour pensions et
obligations similaires (2)
Charges déductibles (imposables ultérieurement)
Différences de conversion – Actif (3) aucun 
Produits imposables (déductibles ultérieurement)
Différences de conversion – Passif (4) aucun 
(1) La charge devient déductible au cours de l’exercice suivant. Il y a donc un décalage temporaire déductible.
(2) La charge est déductible ultérieurement lors du paiement effectif. Il y a donc également un décalage
temporaire déductible.
(3) Les pertes latentes de change (DCA) sont déduites extra-comptablement du résultat fiscal de l’exercice et à
réintégrer extra-comptablement au résultat fiscal de l’exercice suivant. Il y a donc un décalage temporaire
imposable.
(4) Les gains latents de change (DCP) sont réintégrés extra-comptablement au résultat fiscal de l’exercice et à
déduire extra-comptablement du résultat fiscal de l’exercice suivant. Il y a donc un décalage temporaire
déductible.

2. Élimination (ou neutralisation) d’une différence temporaire en pré-consolidation


Lorsqu’une différence temporaire est apparue dans les comptes individuels, elle doit être éliminée
par l’enregistrement d’un impôt différé dans les comptes consolidés, sauf cas particuliers.
Dans les exemples précédents, nous avons trois catégories de différences temporaires à éliminer :
Charges comptabilisées (déductibles ultérieurement)
La nouvelle différence temporaire déductible doit être éliminée par la diminution du « résultat
fiscal consolidé ».
Conséquence :  Actifs d’impôts différés et  Impôts sur les bénéfices (en contrepartie)
Charges déductibles (imposables ultérieurement)
La nouvelle différence temporaire imposable doit être éliminée par une augmentation du « résultat
fiscal consolidé ».
Conséquence :  Impôts sur les bénéfices et  Passifs d’impôts différés (en contrepartie)

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Produits imposables (déductibles ultérieurement)


La nouvelle différence temporaire déductible doit être éliminée par une diminution du « résultat
fiscal consolidé ».
Conséquence :  Actifs d’impôts différés et  Impôts sur les bénéfices (en contrepartie)
Remarque. A ce stade du cours, nous supposons que les normes de consolidation du groupe prévoient le
maintien des écarts de conversion dans le bilan consolidé, ce qui est peu probable compte tenu du fait qu’il
existe une autre méthode considérée comme préférentielle (cf. page 116).

B. Suivi des différences temporaires dans les comptes individuels


Dans les comptes individuels, une différence temporaire qui est apparue au cours d’un exercice peut
évoluer de la manière suivante au cours de l’exercice suivant :
- soit elle reste inchangée ;
- soit elle augmente ;
- soit elle diminue ;
- soit elle s’élimine.
Nous allons voir ci-dessous quelle a été l’évolution des différences temporaires qui sont apparues
dans l’exercice précédent, en N-1.
Impact sur le résultat de l’exercice N
Résultat Résultat
comptable fiscal
Charges déductibles (comptabilisées précédemment)
Participation des salariés (1) aucun 
Contribution sociale de solidarité (1)
Pensions (ou obligations similaires) (2) aucun
Produits imposables (déduits précédemment)
Différences de conversion – Actif au 31/12/N-1 (3) aucun 
Charges déductibles (imposées précédemment)
Différences de conversion – Passif au 31/12/N-1 (4) aucun 
(1) La charge est devenue déductible en N et elle a été comptabilisée en N-1. La différence temporaire qui
existait fin N-1 a donc disparu en N.
(2) On suppose qu’il n’y a pas eu de pensions versées en N. Le décalage temporaire déductible qui existait à la
clôture de N-1 existe toujours fin N.
(3) Les DCA qui existaient fin N-1 sont devenues imposables (elles ont été réintégrées extra-comptablement au
résultat fiscal de l’exercice N). La différence temporaire qui existait fin N-1 a donc disparu en N.
(4) Les DCP qui existaient fin N-1 sont devenues déductibles (elles ont été déduites extra-comptablement du
résultat fiscal de l’exercice N). La différence temporaire qui existait fin N-1 a donc disparu en N.

C. Transferts OBLIGATOIRES entre les comptes « Résultat » et « Réserves »

 Ces écritures de transferts OBLIGATOIRES sont nombreuses, tant dans les retraitements
de pré-consolidation que dans les retraitements de consolidation proprement dite.
Elles font partie de ce qui est le plus délicat à analyser dans les comptes consolidés.

Dans les comptes individuels, certaines différences temporaires qui existaient à la clôture d’un
exercice s’éliminent au cours de l’exercice suivant ou au cours d’un exercice ultérieur.
Exemples :
Une charge comptabilisée en N-1 devient déductible au cours de l’exercice suivant N.
Une différence de conversion d’actif qui a été déduite du résultat fiscal de l’exercice N-1 est réintégrée au
résultat fiscal de l’exercice suivant N.
88 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Dans ce cas, la différence temporaire qui existait fin N-1 a déjà été éliminée dans les écritures de pré-
consolidation de N-1. Donc, il faut régulariser la situation dans les écritures de pré-consolidation de
l’exercice N pour que les comptes consolidés ne soient pas affectés une deuxième fois.
Il n’y a pas d’impôt différé à constater puisqu’il n’y a plus de différence temporaire. Les capitaux
propres (résultat inclus) ne doivent donc pas être affectés. En revanche, l’élimination du décalage
temporaire a eu une incidence sur le résultat de l’exercice. Il faut donc neutraliser cette incidence en
utilisant en contrepartie le compte de réserves.
L’écriture de retraitement à enregistrer pour les comptes de bilan sera du type suivant :
 Résultat et  Réserves (en contrepartie) ou  Réserves et  Résultat (en contrepartie)

D. Distinction entre différences temporaires et différences permanentes


Contrairement aux différences temporaires, les différences permanentes ne sont pas génératrices
d’impôts différés. Les différences permanentes correspondent à des décalages définitifs entre le
traitement comptable d’une charge ou d’un produit et son régime fiscal. Le tableau ci-dessous
récapitule certaines de ces différences permanentes pour une société soumise à l’IS.
Impact sur le résultat de
l’exercice
Résultat Résultat
comptable fiscal
Charges comptabilisées définitivement non déductibles
Fraction des amortissements excédant la limite fiscale
applicable aux véhicules de tourisme
Taxe sur les voitures de tourisme
Charges à caractère somptuaire
Amendes, pénalités fiscales (et dotations correspondantes)  aucun
Intérêts excédentaires de comptes courants d’associés
Jetons de présence excédentaires
Abandon de créance financière non déductible
Dotations aux provisions pour pertes de change
Dotations aux provisions pour impôts sur les bénéfices (1)
Impôts sur les bénéfices
Produits comptabilisés définitivement non imposables
Fraction non imposable d’un abandon de créance financière
Reprises sur provisions pour amendes et pénalités fiscales  aucun
Reprises sur provisions pour pertes de change
Reprises sur provisions pour impôts sur les bénéfices (1)
Dividendes bénéficiant du régime des sociétés mères (2) très faible
(1) Ces provisions sont enregistrées au crédit du compte 155 « Provisions pour impôts ». Exemple : provision
résultant de l’option pour l’étalement d’imposition d’une plus-value à court terme sur sinistre. C’est l’un des
rares cas où un passif d’impôt différé est enregistré dans les comptes individuels.
(2) Les dividendes de filiales ne sont imposables que pour un montant correspondant à la « quote-part des
frais et charges), soit 5 % du montant des dividendes perçus (pour des dividendes de source française).

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Section 2. Actifs et passifs d’impôts différés

I. Prise en compte des impôts différés


Tous les passifs d’impôts différés doivent être pris en compte, sauf exceptions prévues au § 313 (ces
exceptions seront évoquées ultérieurement dans le titre III de ce cours).
En revanche, les actifs d’impôts différés ne sont portés à l’actif que si leur récupération est
probable.

A. Prise en compte des passifs d’impôts différés


Les passifs d’impôts différés sont les montants de dettes probables d’impôts sur les bénéfices qui
seront exigibles au cours d’exercices futurs, au titre de différences temporaires imposables.

IAS/IFRS La définition est sensiblement la même dans la norme IAS 12 « Impôts sur le résultat » § 5 :
Les passifs d’impôt différé sont les montants d’impôts sur le résultat payables au cours de périodes
futures au titre de différences temporelles imposables.

B. Prise en compte des actifs d’impôts différés


Les actifs d’impôts différés sont les montants d’impôts sur les bénéfices recouvrables au cours
d’exercices futurs, au titre :
- soit de différences temporaires déductibles ;
- soit du report en avant de déficits fiscaux ;
- soit du report en avant de crédits d’impôt non utilisés.

IAS/IFRS On trouve quasiment la même définition dans la norme IAS 12 § 5 :


Les actifs d’impôt différé sont les montants d’impôts sur le résultat recouvrables au cours de périodes
futures au titre :
a) de différences temporelles déductibles ;
b) du report en avant de pertes fiscales non utilisées ; et
c) du report en avant de crédits d’impôt non utilisés.

Les actifs d’impôts différés ne sont pris en compte (§ 312) que :


- si leur récupération ne dépend pas des bénéfices futurs ; dans ce cas, ils sont retenus à hauteur
des passifs d’impôts différés déjà constatés arrivant à échéance dans la période au cours de
laquelle ces actifs deviennent ou restent récupérables ;
- ou si il est probable qu’ils pourront s’imputer sur un bénéfice imposable attendu au cours de
cette période (il est présumé qu’un tel bénéfice n’existera pas si l’entreprise a supporté des pertes
au cours des deux derniers exercices).

II. Evaluation des impôts différés (§ 315)

A. Principe général
Les actifs et les passifs d’impôts différés doivent être évalués en retenant le taux d’impôt et les
règles fiscales en vigueur à la clôture de l’exercice et qui seront applicables lorsque la différence
future se réalisera. C’est le cas, par exemple, lorsque les textes fiscaux en vigueur à la clôture de
l’exercice prévoient l’instauration ou la suppression de majorations ou de minorations d’impôt dans
le futur.
90 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

B. Effet des variations de taux d’impôt (méthode du report variable)


L’effet des variations de taux d’impôt et de règles fiscales sur les actifs et passifs d’impôts différés
existants affecte le résultat, même lorsque la contrepartie de ceux-ci a été comptabilisée directement
en capitaux propres à l’origine (réserves ou report à nouveau).

C. Principe de non-actualisation
Les actifs et passifs d’impôts différés ne sont pas actualisés.

IAS/IFRS La règle est la même dans la norme IAS 12 « Impôts sur le résultat » § 53 :
Les actifs et passifs d’impôt différé ne doivent pas être actualisés.

Section 3. Traitement comptable des impôts différés

I. Présentation des impôts différés dans les comptes pré-consolidés

A. Distinction entre les impôts différés et les impôts exigibles


Les actifs, passifs et charges d’impôts différés doivent être présentés distinctement des actifs, passifs
et charges d’impôts exigibles, soit au bilan et au compte de résultat, soit dans l’annexe.
1. Comptes de bilan à créer
Au niveau des comptes de bilan, il faut créer deux comptes spécifiques pour distinguer les impôts
exigibles des impôts différés. La société consolidante doit définir un plan de comptes à utiliser par
chacune des entités dans les écritures de pré-consolidation. Dans ce cours, nous utiliserons les
comptes de bilan suivants :
- pour les actifs d’impôts différés : le compte « Impôts différés – Actif » (compte débiteur) ;
- pour les passifs d’impôts différés : le compte « Impôts différés – Passif » (compte créditeur).
2. Compte de charge d’impôts sur les bénéfices différés à créer
Pour distinguer les impôts sur les bénéfices différés des impôts sur les bénéfices exigibles, nous
utiliserons le compte de charge « Impôts sur les bénéfices différés ». En conséquence, dans le
compte de résultat retraité de chaque entité, le poste « Impôts sur les résultats » doit être égal à
la somme algébrique suivante :
Impôt sur les bénéfices inclus dans les comptes individuels avant retraitements de pré-consolidation
+/- Impôts sur les bénéfices différés enregistrés dans les écritures de pré-consolidation

IAS/IFRS La définition de la charge d’impôt est pratiquement la même dans la norme IAS 12 « Impôts
sur le résultat » § 5 :
La charge […] d’impôt est égale […] au montant total de l’impôt exigible et de l’impôt différé inclus
dans la détermination du résultat de la période.

B. Principe de compensation des actifs et passifs d’impôts différés


Les actifs et les passifs d’impôts différés doivent être compensés lorsqu’ils concernent une même
entité fiscale, quelle que soit leur échéance.

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II. Contrepartie des actifs et passifs d’impôts différés


La contrepartie de l’actif ou du passif d’impôt différé doit être traitée comme l’opération réalisée qui
en est à l’origine. Il faut examiner les cas suivants en fin d’exercice :

1er cas : l’impôt différé est lié à une opération de l’exercice (produits ou charges).
Dans ce cas, l’impôt différé doit affecter le résultat de l’exercice.
2ème cas : l’impôt différé est lié à une opération d’un exercice précédent.
Dans ce cas, l’impôt différé ne doit pas affecter le résultat de l’exercice, mais celui
de l’exercice précédent concerné. L’impôt différé doit donc affecter :
- soit les réserves (cas le plus fréquent) ;
- soit le report à nouveau (cas de changement de méthode comptable).
3ème cas (le plus délicat à analyser) : la différence temporaire qui existait à la clôture d’un
exercice précédent a disparu en fin d’exercice.
Dans ce cas, il n’y a plus d’impôt différé. Les capitaux propres (résultat inclus) ne
doivent donc pas être affectés. En revanche, l’élimination du décalage temporaire a eu
une incidence sur le résultat de l’exercice. Il faut donc neutraliser cette incidence en
utilisant en contrepartie le compte de réserves.
L’écriture de retraitement à enregistrer pour les comptes de bilan sera du type suivant :
 Résultat et  Réserves (en contrepartie) ou  Réserves et  Résultat (en contrepartie)

III. Exemple

A. Données de base
La société C est dans le périmètre de consolidation du groupe M. A la clôture de l’exercice N, la
société C a ouvert un journal auxiliaire de pré-comptabilisation pour y reporter ses comptes annuels
et les retraiter conformément aux normes de consolidation définies par la société consolidante M.
Les écritures suivantes ont été enregistrées dans ses comptes individuels :
31/12/N
691 Participation des salariés aux résultats 330
4284 Dettes provisionnées pour participation 330
des salariés aux résultats
Droits des salariés au titre de l’exercice N

6371 Contribution sociale de solidarité 24


4386 ORGANIC. Charges à payer 24
CSS au titre de l’exercice N

6815 Dotations aux provisions d’exploitation 66


153 Provisions pour pensions et obligations 66
similaires
Augmentation des engagements pour indemnités de
départ à la retraite (IDR)
4761 DCA. Diminution des créances 95
4762 DCA. Augmentation des dettes 25
411 Clients 95
401 Fournisseurs 25
Pertes latentes de change sur créances et dettes

401 Fournisseurs 39
4772 DCP. Diminution des dettes 39
Gains latents de change sur dettes
92 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

31/12/N
6865 Dotations aux provisions financières 100
1515 Provisions pour pertes de change 100
Pertes de change non compensées par une position
globale de change (1)

(1) Au 31/12/N, il existe une position globale de change en dollars. La société a donc limité la dotation à
l’excédent des pertes latentes sur les gains latents, conformément aux dispositions de l’art. 346-2 du PCG
(dans la position globale de change, les pertes latentes sont égales à 120 et les gains latents à 20).

Données relatives aux comptes annuels individuels, au 31/12/N-1 :


- il n’y avait que des gains latents de change (DCP) pour un montant de 78 (aucune perte latente) ;
- la provision pour indemnités de départ à la retraite était égale à 153 ; elle est donc passée à 219
au 31/12/N (153 + 66) ;
- la participation des salariés au titre de l’exercice N-1 a été enregistrée pour 270 (elle est devenue
déductible en N après attribution individuelle aux salariés) ;
- la contribution sociale de solidarité au titre de l’exercice N-1 a été enregistrée pour 21 (elle est
devenue déductible en N lors de son paiement).

B. Extrait des normes de consolidation du groupe M


Les comptes consolidés sont établis conformément aux dispositions du règlement n° 99-02 du CRC.
Le groupe n’applique pas la méthode préférentielle relative aux écarts de conversion. Ces écarts ainsi
que la provision pour pertes de change doivent donc être maintenus dans les comptes individuels
retraités. Les impôts différés sont calculés au taux de 33 1/3 %.

C. Analyse fiscale des données et détection des différences temporaires


Analyse des écritures d’inventaire au 31/12/N
Impact sur le résultat de l’exercice Différence temporaire
Résultat Résultat Déductible Imposable
comptable fiscal
1. Participation N 330 330
2. CSS N 24 24
3. DP pour IDR 66 66
(1) 420
4. DCA au 31/12/N 120 (2) 120
5. DCP au 31/12/N + 39 (3) 39
6. DP pour perte de change 100 Différence permanente
Total des différences temporaires 459 120
(1)  Impôts différés – Actif au 31/12/N : (pour les trois premières écritures) : 420 1/3 = 140.
(2)  Impôts différés – Passif au 31/12/N : 120 1/3 = 40.
(3)  Impôts différés – Actif au 31/12/N : (pour la dernière écriture) : 39 1/3 = 13.

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Analyse des données au 31/12/N-1


DCP : Le gain latent de 78 a été imposé au titre de N-1.
Dans les travaux de pré-consolidation de N-1, la différence temporaire déductible a été éliminée
par l’enregistrement d’un actif d’impôt différé égal à : 78 1/3 = 26 (une économie d’impôts sur
les bénéfices a été enregistrée en contrepartie).
Les comptes individuels de N ont bénéficié de la déduction fiscale de 78, donc d’une économie
d’impôts sur les bénéfices (diminution de charge d’impôt) égale à 26.
Conséquence : Dans les comptes pré-consolidés de N, il ne doit pas y avoir d’impôt différé (la
différence temporaire a été éliminée dans les comptes individuels). Il ne doit donc pas y avoir
d’impact sur les capitaux propres (résultat inclus). En revanche, l’économie d’impôts sur les
bénéfices enregistrée dans les comptes individuels doit être neutralisée (c’est-à-dire éliminée).
Provision pour indemnité de départ à la retraite (IDR) : La différence temporaire déductible
de N-1 existe toujours (nous avons vu dans le tableau précédent qu’une nouvelle différence
temporaire est apparue en N).
Conséquence : Dans les comptes pré-consolidés de N, il doit y avoir un actif d’impôt différé égal à
51 (153 1/3) et la contrepartie de cet actif doit être le compte de réserves, car la différence
temporaire déductible correspondante est apparue dans les exercices antérieurs.
Participation N-1 : La charge comptabilisée en N-1 est devenue déductible en N.
Dans les travaux de pré-consolidation de N-1, la différence temporaire déductible a été éliminée
par l’enregistrement d’un actif d’impôt différé égal à : 270 1/3 = 90 (une économie d’impôts sur
les bénéfices a été enregistrée en contrepartie).
Les comptes individuels de N ont bénéficié de la déduction fiscale de 270, donc d’une économie
d’impôts sur les bénéfices égale à 90.
Conséquence : Dans les comptes pré-consolidés de N, il ne doit pas y avoir d’impôt différé (la
différence temporaire a été éliminée dans les comptes individuels). Il ne doit donc pas y avoir
d’impact sur les capitaux propres (résultat inclus). En revanche, l’économie d’impôts sur les
bénéfices enregistrée dans les comptes individuels doit être neutralisée.
Contribution sociale de solidarité N-1 : Même analyse que pour la participation N-1.
Conséquence : L’économie d’impôts sur les bénéfices enregistrée dans les comptes individuels
pour 7 (21 1/3) doit être neutralisée dans les écritures de pré-consolidation.
94 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

D. Ecritures enregistrées dans le journal de pré-consolidation


Les écritures de retraitement relatives aux décalages temporaires peuvent être présentées de
manière détaillée ou synthétique. Nous les présentons dans l’ordre des analyses précédentes.
Journal de pré-consolidation de C (31/12/N)
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Impôts différés – Actif 140 Résultat global 140
Résultat C 140 Impôts sur les bénéfices différés 140
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS aux
(élimination des décalages temporaires charges pour participation des salariés, CSS
déductibles sur participation N, CSS N et DP et DP pour IDR
pour IDR)

Résultat C 40 Impôts sur les bénéfices différés 40


Impôts différés – Passif 40 Résultat global 40
Prise en compte de l’imposition différée sur Rattachement d’une charge d’IS pour
DCA au 31/12/N (élimination du décalage neutraliser l’économie d’IS enregistrée dans
temporaire imposable) les comptes individuels

Impôts différés – Actif 13 Résultat global 13


Résultat C 13 Impôts sur les bénéfices différés 13
Prise en compte de l’imposition différée sur Rattachement d’une économie d’IS pour
DCP au 31/12/N (élimination du décalage neutraliser la charge d’IS enregistrée dans les
temporaire déductible) comptes individuels

Résultat C 26 Impôts sur les bénéfices différés 26


Réserves C 26 Résultat global 26
Prise en compte de l’imposition différée sur la Rattachement d’une charge d’IS pour
DCP du 31/12/N-1 (élimination du décalage neutraliser l’économie d’IS enregistrée dans
temporaire imposable) les comptes individuels

Impôts différés – Actif 51


Réserves C 51
Prise en compte de l’imposition différée sur
provision sur pensions au 31/12/N-1
(élimination du décalage temporaire déductible)

Résultat C 90 Impôts sur les bénéfices différés 90


Réserves C 90 Résultat global 90
Prise en compte de l’imposition différée sur Rattachement d’une charge d’IS pour
participation N-1 (élimination du décalage neutraliser l’économie d’IS enregistrée dans
temporaire imposable) les comptes individuels

Résultat C 7 Impôts sur les bénéfices différés 7


Réserves C 7 Résultat global 7
Prise en compte de l’imposition différée sur CSS Rattachement d’une charge d’IS pour
N-1 (élimination du décalage temporaire imposable) neutraliser l’économie d’IS enregistrée dans
les comptes individuels

Remarque. Il est très important que les comptes de capitaux propres soient individualisés (exemple
« Réserves C »), de manière à ce que la société consolidante M puisse procéder ultérieurement à la
consolidation des comptes retraités de la société C.

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CHAPITRE 2. AUTRES RETRAITEMENTS OBLIGATOIRES

Ce chapitre concerne principalement l’élimination de l’incidence sur les comptes des écritures
passées pour la seule application des législations fiscales (§ 303).
Afin de ne pas fausser l’image donnée par les comptes consolidés, il convient d’éliminer l’incidence
des écritures passées pour la seule application des législations fiscales du pays où se situe l’entreprise
consolidée et notamment :
• la constitution ou la reprise de provisions réglementées (amortissements dérogatoires inclus) ;
• la reprise de subventions d’investissement en résultats ;
• l’inscription en charges de certains frais accessoires sur acquisition d’immobilisations ;
• la comptabilisation en résultats de l’impact des changements de méthodes.
A la fin de ce chapitre, nous verrons que, pour les comptes consolidés, le CNC a rendu obligatoire
l’élimination des frais d’augmentation de capital inscrits à l’actif (cf. avis n° 2004-15 du CNC
relatif à la définition, la comptabilisation et l’évaluation des actifs).

Section 1. Elimination des provisions réglementées

I. Rappel de la définition (art. 441/14 du règlement n° 99-03 du CRC)


Les provisions réglementées sont des provisions qui ne correspondent pas à l’objet normal d’une
provision. Elles sont comptabilisées en application de dispositions légales.
Remarque. Les amortissements dérogatoires sont assimilés à des provisions réglementées, du point de vue de
leur fonctionnement comptable.

II. Objectif de l’élimination des provisions réglementées


L’impact des provisions réglementées sur les comptes individuels retraités doit être supprimé. Il ne
doit rester aucune trace des comptes de bilan et des comptes de gestion qui ont été utilisés dans les
comptes individuels.

III. Conséquences pour les comptes consolidés

A. Conséquences pour les comptes de bilan


L’élimination des provisions réglementées crée un décalage temporaire imposable, sauf cas
particulier. Il faut donc comptabiliser un passif d’impôt différé pour éliminer ce décalage temporaire.
Remarque. L’élimination des provisions pour investissement (participation des salariés) ne crée pas de
décalage temporaire.

Présentons l’écriture de retraitement de manière simplifiée et synthétique :


Pré-consolidation des comptes de bilan
Provisions réglementées (pour solde) L’écriture d’élimination des provisions pour investissement
Réserves et/ou Résultat est encore plus simple puisque, dans ce cas, il n’y a pas de
Impôts différés – Passif passif d’impôt différé en contrepartie.
Elimination des provisions réglementées et
Rappel. Les comptes retraités ne peuvent être consolidés
prise en compte de l’imposition différée pour
ultérieurement que si l’intitulé des comptes de capitaux propres
éliminer le décalage temporaire imposable
permet d’identifier la société concernée.

Le compte de capitaux propres à utiliser en contrepartie est déterminé de la manière suivante :


- compte Réserves : pour les dotations enregistrées au cours des exercices précédents ;
- compte Résultat : pour les dotations de l’exercice.
96 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

B. Conséquences pour les comptes de gestion


Le principe de rattachement des charges aux produits doit être respecté. En conséquence, aux
dotations et aux reprises sur provisions réglementées éliminées, il faut rattacher une charge d’impôts
sur les bénéfices (charge d’IS) ou une économie d’impôts sur les bénéfices, dans les conditions
suivantes (sauf pour le cas particulier de la provision pour investissement qui est définitivement
libérée d’impôt) :

1er cas : Dotations éliminées (au crédit) > Reprises éliminées (au débit)

Le résultat de l’exercice augmente Il faut donc rattacher une charge d’impôts sur les bénéfices

2ème cas : Reprises éliminées (au débit) > Dotations éliminées (au crédit)

Le résultat de l’exercice diminue Il faut donc rattacher une économie d’impôts sur les bénéfices

Présentons les écritures de retraitement de manière simplifiée :


Pré-consolidation des comptes de gestion
1er cas : Dotations > Reprises
Rappel : l’élimination d’une charge est assimilable RP réglementées (pour solde)
à la constatation d’un produit et, inversement, Résultat global
l’élimination d’un produit est assimilable à DP réglementées (pour solde)
l’enregistrement d’une charge. Elimination des dotations et des reprises

Impôts sur les bénéfices différés


Résultat global
Rattachement d’une charge d’IS à
l’augmentation du résultat

2ème cas : Reprises > Dotations


RP réglementées (pour solde)
DP réglementées (pour solde)
Résultat global
Elimination des dotations et des reprises

Résultat global
Impôts sur les bénéfices différés
Rattachement d’une économie d’IS à la
diminution du résultat

C. Exemple
1. Données de base
La société R a doté une provision pour hausse des prix à la clôture de l’exercice N-6 pour 600. Cette
provision doit être reprise au plus tard au 31/12/N. La société doit procéder au retraitement de ses
comptes individuels pour éliminer cette provision réglementée. Le taux de calcul des impositions
différées est de 33 1/3 %.
Les retraitements de pré-consolidation sont enregistrés dans un premier temps sans prise en compte
de l’imposition différée. Une écriture relative à l’imposition différée est ensuite comptabilisée, si
nécessaire.

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2. Traitement comptable au 31/12/N-6


Journal de pré-consolidation de R
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
PHP (pour solde) 600 Résultat global 600
Résultat R 600 DP réglementées (stocks) (pour solde) 600
Elimination de la provision pour hausse des
prix constituée, avant prise en compte de Elimination de la dotation aux PHP
l’imposition différée

Résultat R (600 1/3) 200 Impôts sur les bénéfices différés 200
Impôts différés - Passif 200 Résultat global 200
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la
(élimination du décalage temporaire imposable) diminution des charges de dotation

3. Traitement comptable pour les exercices suivants (du 31/12/N-5 au 31/12/N-1)


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
PHP (pour solde) 600
Réserves R 600
Elimination de la provision pour hausse des
prix constituée, avant prise en compte de
l’imposition différée

Réserves R (600 1/3) 200


Impôts différés - Passif 200
Prise en compte de l’imposition différée
(élimination du décalage temporaire imposable)

Remarque. C’est toujours le même montant de PHP qui est dans les comptes individuels reportés dans le
journal de pré-consolidation. Mais, contrairement au retraitement du 31/12/N-6, l’élimination de cette PHP
doit se faire par transfert dans les réserves car la provision a été dotée dans un exercice antérieur.
Le retraitement ne peut évidemment pas avoir d’impact sur les comptes de gestion.

4. Traitement comptable au 31/12/N


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat R 600 RP réglementées (stocks) (pour solde) 600
Réserves R 600 Résultat global 600
Elimination de l’incidence de la reprise pour
solde de la PHP constituée en N-6, avant
prise en compte de l’imposition différée Elimination de la reprise sur PHP

Réserves R (600 1/3) 200 Résultat global 200


Résultat R 200 Impôts sur les bénéfices différés 200
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à la
(élimination du décalage temporaire déductible) diminution des produits
98 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Section 2. Elimination des subventions d’investissement

I. Méthodes comptables applicables dans les comptes individuels


Deux méthodes comptables sont applicables pour enregistrer le produit résultant d’une subvention
d’investissement reçue. Aucune de ces méthodes n’est considérée comme préférentielle :
- 1ère méthode : enregistrement de la totalité du produit au crédit du compte 777 « Quote-part des
subventions d’investissement virée au résultat de l’exercice ».
- 2ème méthode : inscription de la subvention dans les capitaux propres pour étalement du produit
sur plusieurs exercices (reprise de la subvention en résultats par l’intermédiaire du
compte débiteur 139 « Subventions d’investissement inscrites au compte de
résultat »).
En règle générale, sauf cas particulier, le régime fiscal s’aligne sur le traitement comptable et il n’y a
donc pas de décalage temporaire.

II. Objectif du retraitement des subventions d’investissement


Dans les comptes consolidés, il convient de procéder à l’élimination de la reprise de subvention
d’investissement en résultats (cf. § 303). Cette disposition réglementaire n’est applicable que si les
subventions d’investissement ont été inscrites dans les capitaux propres à l’origine.
En l’absence de doctrine de l’ANC, nous présentons deux des méthodes qui sont appliquées par les
groupes, dans le cadre de la réglementation française.

A. Elimination des subventions par transfert dans les réserves


Cette méthode est celle qui semble la plus conforme à la réglementation bien que sa justification ne
soit pas évidente. Nous nous contenterons de présenter l’objectif de cette méthode. Il s’agit de
transférer directement la subvention dans les capitaux propres sans que le résultat ne soit affecté :
- ni le résultat de l’exercice au cours duquel la subvention a été acquise ;
- ni le résultat des exercices suivants.

B. Elimination des subventions par transfert dans un compte de régularisation du passif


Cette méthode, respecte le principe de rattachement des charges aux produits (elle est l’une des
méthodes appliquées en normes IAS/IFRS). En effet, les subventions sont considérées comme un
produit constaté d’avance. La logique de cette méthode apparaît bien dans l’art. 362-1 du règlement
n° 99-03 du CRC : « […] La reprise de la subvention d’investissement qui finance une
immobilisation amortissable s’effectue sur la même durée et au même rythme que l’amortissement
de la valeur de l’immobilisation acquise ou créée au moyen de la subvention. […] ». Il s’agit donc de
rattacher le produit de la subvention aux charges d’amortissement.

IAS/IFRS Selon IAS 20 « Comptabilisation des subventions publiques et informations à fournir sur
l’aide publique », les subventions publiques liées à des actifs doivent être présentées au bilan
soit en produits différés, soit en déduisant la subvention pour arriver à la valeur comptable de
l’actif (cf. IAS 20 § 24). Les deux méthodes de présentation sont considérées comme des
solutions acceptables. Ces méthodes sont énoncées dans les § 26 et 27 :
Une méthode présente la subvention en produits différés comptabilisés en résultat sur une base
systématique sur la durée d’utilité de l’actif.
L’autre méthode déduit la subvention en calculant la valeur comptable de l’actif. La subvention est
comptabilisée en résultat sur la durée d’utilité de l’actif amortissable par l’intermédiaire d’une réduction
de la charge d’amortissement.

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III. Conséquences pour les comptes consolidés

A. Méthode comptable : Subventions virées dans les réserves


Dans ce cas, trois retraitements sont à effectuer dans les écritures de pré-consolidation :
1er retraitement : transfert dans les réserves, pour solde ;
2ème retraitement : élimination de l’incidence de la reprise sur le résultat de l’exercice ;
3ème retraitement : constatation d’un passif d’impôt différé pour éliminer le décalage
temporaire imposable créé par les deux premiers retraitements.

B. Méthode comptable : Subventions virées dans un compte de régularisation du passif


Dans ce cas, un seul retraitement doit être effectué dans les écritures de pré-consolidation : il s’agit
d’enregistrer un transfert dans le compte « Produits constatés d’avance », pour solde. Ce retraitement
ne crée pas de décalage temporaire imposable.

C. Exemple
1. Données de base
La société S a encaissé une subvention d’investissement en N-1 égale à 300 pour financer une
immobilisation amortissable. La subvention a été inscrite dans les capitaux propres pour être étalée
sur une durée de 5 ans, prorata temporis.
Les reprises en résultat ont été enregistrées en N-1 et N pour respectivement 30 et 60. La société doit
procéder au retraitement de ses comptes individuels pour éliminer la subvention d’investissement.
Le taux de calcul des impositions différées est de 33 1/3 %.
Les retraitements de pré-consolidation sont effectués dans le cadre du règlement n° 99-02 du CRC.
Les écritures sont enregistrées dans un premier temps sans prise en compte de l’imposition différée.
Une écriture relative à l’imposition différée est ensuite comptabilisée, si nécessaire.
2. Méthode appliquée : Subventions virées dans les réserves
Remarque. Par simplification, le traitement comptable est présenté avec le poste « Subvention
d’investissement » (différence entre le solde créditeur du compte 131 « Subventions d’équipement » et le
solde débiteur du compte 1391 « Subventions d’équipement inscrites au compte de résultat »).

a. Traitement comptable au 31/12/N-1


Journal de pré-consolidation de S
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Subventions d’investissement 270
(pour solde)
Réserves S (300 – 30) 270
Virement pour solde, avant prise en compte
de l’imposition différée

Résultat S 30 QP des subventions d’investissement 30


Réserves S 30 virée au résultat de l’exercice (pour solde)
Résultat global 30
Elimination de l’incidence de la reprise sur le Elimination du produit exceptionnel enregistré
résultat de l’exercice, avant prise en compte
de l’imposition différée

Réserves S (300 1/3) 100 Résultat global 10


Résultat S (30 1/3) 10 Impôts sur les bénéfices différés 10
Impôts différés – Passif (270 1/3) 90
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à la diminution
(élimination du décalage temporaire imposable) des produits comptabilisés
100 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

b. Traitement comptable au 31/12/N


Journal de pré-consolidation de S
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Subventions d’investissement 210
(pour solde)
Réserves S (300 – 30 – 60) 210
Virement pour solde, avant prise en compte
de l’imposition différée

Résultat S 60 QP des subventions d’investissement 60


Réserves S 60 virée au résultat de l’exercice (pour solde)
Résultat global 60
Elimination de l’incidence de la reprise sur le Elimination du produit exceptionnel enregistré
résultat de l’exercice, avant prise en compte
de l’imposition différée

Réserves S (270 1/3) 90 Résultat global 20


Résultat S (60 1/3) 20 Impôts sur les bénéfices différés 20
Impôts différés – Passif (210 1/3) 70
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à la diminution
(élimination du décalage temporaire imposable) des produits comptabilisés

3. Méthode appliquée : Subventions virées dans un compte de régularisation du passif


a. Traitement comptable au 31/12/N-1
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Subventions d’investissement 270
(pour solde)
Produits constatés d’avance 270
(300 – 30)
Virement pour solde

b. Traitement comptable au 31/12/N


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Subventions d’investissement 210
(pour solde)
Produits constatés d’avance 210
(300 – 30 – 60)
Virement pour solde

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 101

Section 3. Retraitement des frais d’acquisition des immobilisations

I. Méthodes applicables dans les comptes individuels

A. Dispositions applicables pour toutes les entreprises (soumises à l’IS ou non)


Dans les comptes individuels, les droits de mutation, honoraires ou commissions et frais d’actes, liés
à l’acquisition d’une immobilisation peuvent, sur option, être rattachés au coût d’acquisition de
l’immobilisation ou comptabilisés en charges.
Remarque. L’option concerne également les titres de placement.
Dans son avis n° 2005-J, le Comité d’urgence du CNC considère que l’option peut être exercée de manière
différenciée, dans le respect du principe de permanence des méthodes, pour l’ensemble des immobilisations
incorporelles et corporelles d’une part, et pour l’ensemble des titres immobilisés (titres de participation et
autres titres immobilisés) et des titres de placement d’autre part.

Le régime fiscal s’aligne sur le traitement comptable et il n’y a donc pas de décalage temporaire,
sauf cas particulier.

B. Cas particulier : acquisition de titres de participation par les sociétés soumises à l’IS
1. Nouveau régime fiscal applicable pour les frais d’acquisition de titres de participation
Pour les exercices clos à compter du 31/12/06, les frais d’acquisition de titres de participation
doivent être inclus au coût d’acquisition fiscal des titres et déduits par voie d’amortissement sur une
période de 5 ans, prorata temporis. Les frais d’acquisition de titres de participation ne sont donc pas
déductibles au titre de leur exercice d’engagement.
Remarque. Dans le cas où une société soumise à l’IS a opté pour l’activation des frais d’acquisition des titres
de participation, la déduction fiscale de ces frais nécessite l’enregistrement d’une dotation (débit du compte
6872 « Dotations aux provisions réglementées » et crédit du compte 145 « Amortissements dérogatoires »). Il
en résulte une diminution de la valeur nette fiscale des titres.
Dorénavant, on peut difficilement imaginer que l’option consistant à enregistrer les frais dans les charges sera
choisie car elle ne présente plus d’intérêt du point de vue fiscal.

2. Avis n° 2007-C du Comité d’urgence du CNC


Dans son avis relatif à l’exercice de l’option de comptabilisation des frais d’acquisition des titres de
participation, le Comité d’urgence a considéré que, compte tenu du nouveau régime fiscal, les
sociétés soumises à l’IS étaient autorisées à modifier l’option de comptabilisation à caractère fiscal.
Ce changement d’option a pu être effectué indépendamment de l’option retenue pour l’acquisition
des autres titres immobilisés et des titres de placement (le changement d’option limité aux seuls titres
de participation n’a été autorisé qu’au titre des exercices 2006 et 2007).

II. Objectif du retraitement des frais d’acquisition des immobilisations

A. Frais d’acquisition des immobilisations autres que les titres de participation


Dans les comptes consolidés, les frais d’acquisition d’immobilisations doivent être inclus dans le
coût des actifs immobilisés concernés (immobilisations incorporelles et corporelles, titres
immobilisés autres que les titres de participation).
Les frais d’acquisition ne doivent donc pas être enregistrés dans les charges de l’exercice au cours
duquel ils ont été engagés.
102 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

IAS/IFRS La même règle est énoncée dans les normes IAS 38 « Immobilisations incorporelles » et IAS
16 « Immobilisations corporelles ». Selon IAS 38 § 27 :
Le coût d’une immobilisation incorporelle acquise séparément comprend :
a) son prix d’achat, y compris les droits de douane et les taxes non remboursables, après déduction des
remises et rabais commerciaux ; et
b) tout coût directement attribuable à la préparation de l’actif en vue de son utilisation prévue.
Selon IAS 16 § 16 :
Le coût d’une immobilisation corporelle comprend :
a) son prix d’achat, y compris les droits de douane et les taxes non remboursables, après déduction des
remises et rabais commerciaux ;
b) tout coût directement attribuable au transfert de l’actif jusqu’à son lieu d’exploitation et à sa mise en
état pour permettre son exploitation de la manière prévue par la direction ;
c) l’estimation initiale des coûts relatifs au démantèlement et à l’enlèvement de l’immobilisation et à la
remise en état du site sur lequel elle est située […].

B. Frais d’acquisition des titres de participation (cf. § 210)


Dans les comptes consolidés, les frais d’acquisition doivent être inclus dans le coût d’entrée des
titres de participation, nets de l’économie d’impôt correspondante.
Les frais d’acquisition ne doivent donc pas être enregistrés dans les charges de l’exercice au cours
duquel ils ont été engagés.

IAS/IFRS Selon la norme IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » § 53, les autres coûts directement
attribuables sont exclus du coût d’acquisition des titres. Ils sont donc comptabilisés en
charges :
Les frais connexes à l’acquisition sont les coûts que l’acquéreur encourt pour effectuer un regroupement
d’entreprises. Parmi ces coûts figurent :
- les commissions d’apporteur d’affaires ;
- les honoraires de conseils juridiques, comptables, de valorisation et autres honoraires professionnels
ou de conseil ;
- les frais administratifs généraux, y compris les coûts de fonctionnement d’un département interne
chargé des acquisitions […].

III. Conséquences pour les comptes consolidés

A. Frais d’acquisition d’immobilisations autres que les titres de participation


1. Les frais ont été comptabilisés en charges dans les comptes individuels
Il n’y a que dans ce cas que des retraitements sont à effectuer dans les travaux de pré-consolidation.
1er retraitement : augmentation de la valeur de l’immobilisation et élimination des frais
constatés, en contrepartie :
 Actifs et  Capitaux propres (en contrepartie) ;
Remarque. Si les charges ont été enregistrées au cours de l’exercice, il faut
augmenter le Résultat. Si elles ont été enregistrées dans un exercice précédent, il faut
augmenter les Réserves.
2ème retraitement (éventuellement) : augmentation des amortissements comptables sur la base
de l’augmentation de la valeur d’actif (pour une immobilisation
amortissable) ;
3ème retraitement : constatation d’un passif d’impôt différé pour éliminer le décalage temporaire
imposable créé par les deux retraitements précédents.

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2. Exemple
a. Données de base
Les comptes consolidés du groupe M sont établis dans le cadre de la réglementation française. La
société F est incluse dans le périmètre de consolidation du groupe M.
Le 1/01/N-1, la société F a acquis une construction pour un coût HT de 1 000 (durée d’utilisation
prévue : 15 ans, mode d’amortissement comptable : linéaire).
Les frais d’acquisition HT ont été enregistrés dans les comptes de charges par nature (droits
d’enregistrement : 78, rémunérations d’intermédiaires et honoraires : 12).
Dans les travaux de pré-consolidation, le taux de calcul des impositions différées est de 33 1/3 %.
b. Traitement comptable au 31/12/N-1
Journal de pré-consolidation de F
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Constructions 90 Résultat global 90
Résultat F 90 Droits d’enregistrement (pour solde) 78
Rémunérations d’intermédiaires
et honoraires (pour solde) 12
Inscription à l’actif des frais d’acquisition Elimination des frais d’acquisition

Résultat F (90 1/15) 6 DA sur immob. incorp. et corporelles 6


Amortissements des constructions 6 Résultat global 6
Complément d’amortissement résultant de Dotation complémentaire
l’augmentation de la valeur d’origine

Résultat F ((90 – 6) 1/3) 28 Impôts sur les bénéfices différés 28


Impôts différés – Passif 28 Résultat global 28
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la diminution
(élimination du décalage temporaire imposable) des charges enregistrées

c. Traitement comptable au 31/12/N


Journal de pré-consolidation de F
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Constructions 90
Réserves F 90
Inscription à l’actif des frais d’acquisition N-1

Réserves F (90 1/15) 6 DA sur immob. incorp. et corporelles 6


Résultat F (90 1/15) 6 Résultat global 6
Amortissements des constructions 12
Compléments d’amortissement résultant de Dotation complémentaire pour N
l’augmentation de la valeur d’origine

Réserves F (84 1/3) 28 Résultat global 2


Résultat F (6 1/3) 2 Impôts sur les bénéfices différés 2
Impôts différés – Passif (78 1/3) 26
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire imposable) l’augmentation des charges enregistrées
104 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

B. Frais d’acquisition des titres de participation


1. Les frais ont été comptabilisés en charges dans les comptes individuels
Ce cas n’est envisageable que dans le cadre du régime applicable pour les exercices clos avant le
31/12/06. En effet, dans ce régime fiscal, les charges comptabilisées sont immédiatement
déductibles.
retraitement : augmentation de la valeur de l’immobilisation et élimination des frais constatés,
nets d’économie d’impôt, en contrepartie :
 Actifs et  Réserves (en contrepartie)
2. Les frais sont inclus dans le coût d’acquisition des titres de participation
Dans ce cas, il faut envisager deux hypothèses :
Hypothèse 1 : régime applicable pour les exercices clos avant le 31/12/06.
Dans ce cas, aucune charge n’ayant été comptabilisée, le traitement comptable n’a pas généré
d’économie d’impôt. Il n’y a donc pas de retraitement de pré-consolidation à effectuer.
Hypothèse 2 : régime applicable pour les exercices clos à compter du 31/12/06 : les frais d’acquisition
sont déductibles sur une période de 5 ans, prorata temporis.
Dans ce cas, aucune charge n’a été comptabilisée mais les frais d’acquisition sont déductibles sur
une période de 5 ans. Une économie d’impôt exigible a été obtenue dès l’exercice d’engagement des
frais, grâce à la constitution d’une provision pour amortissement dérogatoire. Il reste une économie
d’impôt différée sur le reste de la période de 5 ans.
1er retraitement : diminution de la valeur de l’immobilisation à concurrence de l’économie
d’impôt et constatation d’un actif d’impôt différé, en contrepartie :
 Actifs (Titres de participation) et  Actifs (IDA) (en contrepartie)
Remarque. L’écriture est la même, que les frais aient été engagés au cours de
l’exercice ou au cours d’un exercice précédent.
2ème retraitement : constatation de la diminution de l’actif d’impôt différé du fait de la
résorption du décalage temporaire déductible initial et augmentation des
capitaux propres, en contrepartie :
 Actifs (IDA) et  Réserves et/ou  Résultat (en contrepartie)

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3. Exemple
a. Données de base
Les comptes consolidés du groupe M sont établis conformément aux dispositions du règlement n°
99-02 du CRC. La société F est incluse dans le périmètre de consolidation du groupe M. En tant que
filiale de la société M, elle est intégrée globalement. Le 1/07/N-1, la société F a acquis des titres de
participation représentant 40 % du capital de la société B. Ces titres ont été acquis dans les
conditions suivantes :
- prix d’acquisition : 1 188 ;
- honoraires versés à des consultants : 18.
Le bénéfice fiscal est imposé au taux de 33 1/3 %. Les trois hypothèses suivantes sont envisagées
pour l’enregistrement des frais d’acquisition dans les comptes individuels de F :
Hypothèse 1 : les frais d’acquisition ont été enregistrés en charges ;
(exercice N-1 clos avant le 31/12/06)
Hypothèse 2 : les frais d’acquisition ont été inclus dans le coût d’entrée des titres ;
(exercice N-1 clos avant le 31/12/06)
Hypothèse 3 : les frais d’acquisition ont été inclus dans le coût d’entrée des titres.
(exercice N-1 clos à compter du 31/12/06)

b. Traitement comptable au 31/12/N-1


Journal de pré-consolidation de F
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Hypothèse 1 : les frais d’acquisition ont été enregistrés en charges
(exercice N-1 clos avant le 31/12/06)

Titres de participation B 12 Impôts sur les bénéfices différés 6


Résultat F (18 – 18 1/3) 12 (18 1/3)
Résultat global 12
Honoraires 18
Inscription des frais d’acquisition nets Élimination des honoraires et rattachement
d’économie d’IS dans la valeur d’entrée des d’une charge d’IS pour éliminer le décalage
titres de participation temporaire imposable

Hypothèse 2 : les frais d’acquisition ont été inclus dans le coût d’entrée des titres
(exercice N-1 clos avant le 31/12/06)
Dans ce cas, il n’y a pas de retraitement à effectuer car il n’y a pas d’économie d’impôt. En effet,
pour les exercices clos avant le 31/12/06, il ne pouvait y avoir d’économie d’impôt qu’à condition
que les frais d’acquisition soient enregistrés dans les charges.
Hypothèse 3 : les frais d’acquisition ont été inclus dans le coût d’entrée des titres
(exercice N-1 clos à compter du 31/12/06)

Impôts différés – Actif (18 1/3) 6


Titres de participation B 6
Elimination du décalage temporaire déductible à
la date d’acquisition des titres, le 1/07/N-1

Résultat F (18 1/3 1/5 6/12) 0,6 Impôts sur les bénéfices différés 0,6
Impôts différés – Actif (18 1/3 1/5 6/12)
0,6 Résultat global 0,6
Elimination de la résorption du décalage Rattachement d’une charge d’IS pour
temporaire déductible du 1/07/N-1 résultant de éliminer l’économie d’IS réalisée en N-1
l’économie d’IS obtenue en N-1
106 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

c. Traitement comptable au 31/12/N


Journal de pré-consolidation de F
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion

Hypothèse 1 : les frais d’acquisition ont été enregistrés en charges


(exercice N-1 clos avant le 31/12/06)

Titres de participation B 12
Réserves F (18 – 18 1/3) 12
Inscription des frais d’acquisition nets
d’économie d’IS dans la valeur d’entrée des
titres de participation

Hypothèse 2 : les frais d’acquisition ont été inclus dans le coût d’entrée des titres
(exercice N-1 clos avant le 31/12/06)
Dans ce cas, il n’y a pas de retraitement à effectuer car il n’y a pas d’économie d’impôt.

Hypothèse 3 : les frais d’acquisition ont été inclus dans le coût d’entrée des titres
(exercice N-1 clos à compter du 31/12/06)

Impôts différés – Actif (18 1/3) 6


Titres de participation B 6
Elimination du décalage temporaire déductible à
la date d’acquisition des titres, le 1/07/N-1

Réserves F (18 1/3 1/5 6/12) 0,6 Impôts sur les bénéfices différés 1,2
Résultat F (18 1/3 1/5) 1,2 (18 1/3 1/5)
Impôts différés – Actif 1,8 Résultat global 1,2
Elimination de la résorption du décalage Rattachement d’une charge d’IS pour
temporaire déductible du 1/07/N-1 résultant de éliminer l’économie d’IS réalisée en N
l’économie d’IS obtenue en N-1 et N

Remarque. La deuxième écriture a pour conséquence d’annuler l’incidence fiscale des dotations aux
provisions réglementées enregistrées dans les comptes individuels pour bénéficier de la déduction fiscale sur 5
ans des frais d’acquisition des titres de participation (au 31/12/N, le compte 145 « Amortissements
dérogatoires » est créditeur du montant suivant dans les comptes individuels : 18 × 1/5 × (6/12 + 1) = 5,4).
En consolidation, le crédit du compte « Impôts différés – Actif » remplace le crédit du compte « Impôts
différés – Passif » qui est habituellement enregistré pour éliminer le décalage temporaire imposable résultant
de l’élimination du compte « Amortissements dérogatoires ». En conclusion, lors de l’élimination de ces 5,4 du
compte « Amortissements dérogatoires », il ne faudra pas constater un passif d’impôt différé pour 1,8.

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Section 4. Retraitement de l’impact des changements de méthodes


I. Changements de méthodes comptables dans les comptes individuels (art. 314-1 du PCG)

A. Principe général
Dans les comptes individuels, l’impact du changement de méthode déterminé à l’ouverture, après
effet d’impôt, doit être imputé en « report à nouveau » dès l’ouverture de l’exercice.
Remarque. Contrairement aux autres changements comptables (changements d’estimation et de modalités
d’application, changements d’options fiscales, corrections d’erreurs), les changements de méthodes comptables
ne doivent avoir aucun impact sur le résultat de l’exercice, en principe.

B. Dérogation au principe, en raison de l’application de règles fiscales


Dans les comptes individuels, il est admis que l’entreprise soit amenée à comptabiliser l’impact du
changement dans le compte de résultat, en raison de l’application de règles fiscales.
Remarque. C’est notamment le cas lorsque le changement de méthode comptable entraîne une diminution de
valeur d’actif. Il peut être nécessaire dans ce cas de constater une charge déductible, car la déduction extra-
comptable d’une charge non comptabilisée risque d’être refusée par l’administration fiscale.

II. Objectif du retraitement de l’impact des changements de méthodes


Dans les comptes consolidés, la dérogation liée à l’application de règles fiscales n’est pas admise.
Par conséquent, dans le cas où cette dérogation a été appliquée dans les comptes individuels, il faut
éliminer l’impact sur le résultat de l’exercice.

IAS/IFRS En ce qui concerne la comptabilisation de l’impact d’un changement de méthode


comptable, les dispositions prévues dans IAS 8 « Méthodes comptables, changements
d’estimations comptables et erreurs » sont les mêmes : le changement de méthode comptable
ne doit pas avoir d’impact sur le résultat de l’exercice au cours duquel le changement est
opéré. En effet, selon IAS 8 § 22 :
[…] lorsqu’un changement de méthodes comptables est appliqué de manière rétrospective […], l’entité
doit ajuster le solde d’ouverture de chaque élément affecté des capitaux propres pour la première période
antérieure présentée, ainsi que les autres montants comparatifs fournis pour chaque période antérieure
présentée comme si la nouvelle méthode comptable avait toujours été appliquée.

Changements d’estimations comptables : L’impact d’un changement d’estimation


comptable doit être enregistré dans le résultat de l’exercice en cours. Il n’y a donc pas de
divergence entre IFRS et réglementation française (cf. IAS 8 § 36) :
L’effet d’un changement d’estimation comptable […] doit être comptabilisé de manière prospective et
inclus dans la détermination du résultat :
a) de la période du changement, si le changement n’affecte que cette période ; ou
b) de la période du changement et des périodes ultérieures, si celles-ci sont également concernées par ce
changement.

Corrections d’erreurs : Selon la réglementation française, en principe, sauf cas particulier,


les corrections d’erreurs doivent être comptabilisées dans le résultat de l’exercice au cours
duquel elles sont constatées. Il y a donc une divergence entre IFRS et réglementation
française puisque selon IAS 8 § 46 :
La correction d’une erreur d’une période antérieure est exclue du résultat de la période au cours de
laquelle l’erreur a été découverte. […]
108 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

III. Conséquences pour les comptes consolidés

A. Élimination de l’impact sur le résultat de l’exercice


Dans le cas où la dérogation a été appliquée dans les comptes individuels, il faut effectuer les
retraitements suivants dans les écritures de pré-consolidation :
- éliminer l’impact sur le résultat par transfert en report à nouveau, pour les comptes de bilan ;
- éliminer l’impact sur les comptes de gestion qui ont été affectés.

B. Exemple
1. Données de base
La société consolidée A a procédé à un changement de méthode comptable pour ses stocks de
produits au 1/01/N. L’impact du changement de méthode, d’un montant de 75 avant effet d’impôt, a
été enregistré au débit du compte 7135 « Variation des stocks de produits ». La société étant
fiscalement bénéficiaire, une économie d’IS de 25 a pu être réalisée.
Les impôts différés sont calculés au taux de 33 1/3 %.
2. Retraitement de pré-consolidation au 31/12/N
Journal de pré-consolidation de A
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Report à nouveau A 50 Impôts sur les bénéfices différés 25
Résultat A (75 – 75 1/3) 50 (75 1/3)
Résultat global 50
Variation des stocks de produits 75
Transfert de l’impact du changement de Élimination de la charge (nette d’économie
méthode en report à nouveau d’IS) liée au changement de méthode

Remarque. Il n’y a pas de décalage temporaire créé par ce retraitement de pré-consolidation. Il n’y a donc pas
d’impôts différés à constater.

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Section 5. Retraitement des frais d’augmentation de capital

I. Les frais d’augmentation de capital dans les comptes individuels


Les opérations d’augmentation de capital, de fusion et de scission peuvent entraîner des charges
susceptibles d’être inscrites à l’actif, sur option. On peut citer les dépenses suivantes par exemple :
- droits d’enregistrement sur les apports ;
- honoraires de notaire et honoraires de conseils de nature comptable, juridique et fiscale ;
- charges liées aux formalités de publicité légale : frais d’insertion et frais de greffe, par exemple ;
- frais de communication et de publicité engagés entre la date de lancement et la fin de l’opération ;
- frais de montage d’opérations financières facturés par les banques ;
- frais d’introduction en bourse…

A. Méthodes comptables applicables dans les comptes individuels


Quatre méthodes sont applicables pour enregistrer les frais engagés de cette nature :
1ère méthode : enregistrement en charges ;
2ème méthode : enregistrement direct à l’actif (étalement dans un délai maximum de 5 ans) ;
3ème méthode : enregistrement indirect à l’actif (étalement dans un délai maximum de 5 ans) ;
4ème méthode : imputation sur les primes (méthode préférentielle).
Remarque. Si les primes sont insuffisantes pour permettre l’imputation de la totalité des frais, l’excédent
est comptabilisé en charges.

B. Exemple
1. Données de base
En N-1, la société C a procédé à une émission d’instruments de capitaux propres (augmentation de
capital en nature) pour un montant total de 100 000 (dont 10 000 de primes d’apport). Par
simplification, les frais engagés pour cette opération ne représentent que des droits d’enregistrement
(versement effectué le 1/07/N-1 : 300).
2. Traitement comptable dans les comptes individuels en N-1
Hypothèse 1 : les frais sont enregistrés en charges
1/07/N-1
6354 Droits d’enregistrement 300
512 Banque 300
Paiement des droits sur les apports

Hypothèse 2 : les frais sont enregistrés directement à l’actif


1/07/N-1
2013 Frais d’augmentation de capital 300
721 Immobilisations incorporelles 300
Transfert à l’actif
31/12/N-1
6811 DA sur immobilisations incorp. et corporelles 60
28013 Amort. des frais d’augmentation de capital 60
(300 1/5)
Amortissement sur 5 ans, par fractions égales
110 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Hypothèse 3 : les frais sont enregistrés de manière indirecte à l’actif


1/07/N-1
6354 Droits d’enregistrement 300
512 Banque 300
Paiement des droits sur les apports
31/12/N-1
2013 Frais d’augmentation de capital 300
721 Immobilisations incorporelles 300
Transfert à l’actif

6811 DA sur immobilisations incorp. et corporelles 60


28013 Amort. des frais d’augmentation de capital 60
(300 1/5)
Amortissement sur 5 ans, par fractions égales

Hypothèse 4 : les frais sont imputés sur les primes


1/07/N-1
1043 Primes d’apport 300
512 Banque 300
Paiement des droits sur les apports
31/12/N-1
695 Impôts sur les bénéfices (300 1/3) 100
1043 Primes d’apport 100
Neutralisation comptable de l’économie d’impôt
Hypothèse : la société est bénéficiaire et son taux
d’imposition à l’IS est de 33 1/3 %

Remarque. Les frais sont déductibles extra-comptablement du résultat fiscal. L’économie d’impôt réalisée
doit être neutralisée par l’augmentation d’égale valeur d’une charge d’impôts sur les bénéfices.
L’imputation des frais sur les primes est donc une imputation nette d’économie d’IS, conformément à l’avis
n° 2000-D du Comité d’urgence du CNC.

II. Objectif du retraitement des frais d’augmentation de capital


Dans les comptes consolidés, les frais d’augmentation de capital doivent obligatoirement être
imputés sur les primes. Les frais engagés ne doivent avoir aucun impact sur le résultat de l’exercice
et sur le résultat des exercices suivants.

IAS/IFRS Les dispositions prévues dans IAS 32 « Instruments financiers : présentation » § 37 sont
pratiquement les mêmes :
[…] Les coûts de transaction d’une transaction portant sur les capitaux propres sont portés en déduction
des capitaux propres (nets de tout avantage d’impôt sur le résultat y afférent) […].

III. Conséquences pour les comptes consolidés


Dans les travaux de pré-consolidation, il n’y a pas de retraitement à effectuer si les frais
d’augmentation de capital ont déjà été imputés sur les primes dans les comptes individuels.
Si la méthode préférentielle n’a pas été utilisée dans les comptes individuels, le retraitement à
effectuer entraîne un décalage temporaire déductible dans le cas où les frais d’augmentation de
capital ont été inscrits à l’actif (directement ou indirectement).
Nous allons continuer l’exemple précédent pour montrer quels sont les retraitements de pré-
consolidation à effectuer dans les trois premières hypothèses.

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A. Suite de l’exemple : Hypothèse 1 : les frais ont été enregistrés en charges


Journal de pré-consolidation de C (31/12/N-1)
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Primes d’apport C 200 Impôts sur les bénéfices différés 100
Résultat C (300 – 300 1/3) 200 (300 1/3)
Résultat global 200
Droits d’enregistrement (pour solde) 300
Imputation des frais sur les primes, nets Elimination dans le compte de résultat de
d’économie d’IS l’impact des frais d’augmentation de capital

Remarque. La société C n’étant pas la société consolidante, il n’est pas nécessaire d’effectuer de retraitement
pour les exercices suivants. En effet, à partir de N, aucun compte de gestion n’est influencé par les frais
d’augmentation de capital engagés en N-1.
Si un retraitement était effectué pour les comptes de bilan, il s’agirait d’un virement des primes vers les
réserves, ce qui ne présenterait pas d’intérêt (les primes incluses dans les capitaux propres du bilan consolidé
sont uniquement celles de la société consolidante).

B. Suite de l’exemple : Hypothèse 2 : les frais ont été enregistrés directement à l’actif
Retraitement au 31/12/N-1
Journal de pré-consolidation de C
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Primes d’apport C 300
Frais d’augmentation de capital 300
(pour solde)
Elimination du compte d’actif (valeur brute)

Amort. des frais d’augmentation de Résultat global 60


capital (pour solde) 60 DA sur immob. incorporelles et
Résultat C (300 1/5) 60 corporelles (pour solde) 60
Elimination de l’amortissement de l’exercice Élimination de la dotation de l’exercice

Résultat C (60 1/3) 20 Impôts sur les bénéfices différés 20


Impôts différés – Actif (240 1/3) 80 Résultat global 20
Primes d’apport C 100
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la
(élimination du décalage temporaire déductible) diminution des charges comptabilisées

Retraitement au 31/12/N
Journal de pré-consolidation de C
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Primes d’apport C 300
Frais d’augmentation de capital 300
(pour solde)
Elimination du compte d’actif (valeur brute)

Amort. des frais d’augmentation de Résultat global 60


capital (pour solde) 120 DA sur immob. incorporelles et
Réserves C (300 1/5) 60 corporelles (pour solde) 60
Résultat C (300 1/5) 60
Elimination des amortissements N-1 et N Élimination de la dotation de l’exercice N

Réserves C (60 1/3) 20 Impôts sur les bénéfices différés 20


Résultat C (60 1/3) 20 Résultat global 20
Impôts différés – Actif (180 1/3) 60
Primes d’apport C 100
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la
(élimination du décalage temporaire déductible) diminution des charges comptabilisées
112 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

C. Suite de l’exemple : Hypothèse 3 : les frais ont été enregistrés indirectement à l’actif
Retraitement au 31/12/N-1
Journal de pré-consolidation de C
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Primes d’apport C 300 Résultat global 300
Résultat C 300 Droits d’enregistrement (pour solde) 300
Elimination des frais enregistrés Elimination des charges enregistrées

Résultat C 300 Immobilisations incorporelles 300


Frais d’augmentation de capital (pour solde)
(pour solde) 300 Résultat global 300
Élimination de l’inscription à l’actif Elimination de la production immobilisée

Amort. des frais d’augmentation de Résultat global 60


capital (pour solde) 60 DA sur immob. incorporelles et
Résultat C (300 1/5) 60 corporelles (pour solde) 60

Elimination de l’amortissement de l’exercice Elimination de la dotation de l’exercice N-1

Résultat C (60 1/3) 20 Impôts sur les bénéfices différés 20


Impôts différés – Actif (240 1/3) 80 Résultat global 20
Primes d’apport C 100
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la
(élimination du décalage temporaire déductible) diminution des charges comptabilisées

Retraitement au 31/12/N
Journal de pré-consolidation de C
 Retraitement de pré-consolidation identique à celui de l’hypothèse 2

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CHAPITRE 3. RETRAITEMENTS D’HOMOGÉNÉITÉ

Section 1. Méthodes d’évaluation et de présentation

I. Principe général (§ 300 et art. L 233-22)


Les comptes consolidés visent à donner une représentation homogène de l’ensemble formé par les
entreprises incluses dans le périmètre de consolidation, en tenant compte des caractéristiques propres
à la consolidation et des objectifs d’information financière propres aux comptes consolidés
(prédominance de la substance sur l’apparence, rattachement des charges aux produits, élimination
des écritures passées pour la seule application des législations fiscales).
L’application de règles homogènes dans les comptes consolidés est nécessaire dès lors qu’une
situation se présente de façon similaire dans plusieurs entreprises consolidées.

IAS/IFRS L’utilisation de méthodes comptables uniformes est également prévue dans la norme IAS
27 § 24 « Etats financiers consolidés et individuels » :
Les états financiers consolidés doivent être préparés en utilisant des méthodes comptables uniformes
pour des transactions et autres événements semblables dans des circonstances similaires.

A. Nécessité des retraitements d’homogénéité


Des retraitements doivent être effectués dès lors que des divergences existent entre les méthodes
comptables et leurs modalités d’application retenues pour les comptes individuels des entreprises
incluses dans le périmètre de consolidation et celles qui sont retenues pour les comptes consolidés.

IAS/IFRS La même règle est énoncée dans la norme IAS 27 § 25 :


Si une entité du groupe utilise des méthodes comptables différentes de celles adoptées dans les états
financiers consolidés pour des transactions et des événements semblables dans des circonstances
similaires, les ajustements appropriés sont apportés à ses états financiers dans le cadre de la préparation
des états financiers consolidés.

B. Importance relative
Les comptes consolidés doivent donner toutes les informations de caractère significatif sur le
patrimoine, la situation financière ainsi que sur le résultat de l’ensemble consolidé.
Les évaluations et les retraitements sont soumis à une appréciation de leur importance relative.
Les éléments d’actif et de passif ainsi que les charges et les produits compris dans les comptes
consolidés doivent donc être évalués selon des méthodes homogènes, sauf si les retraitements
nécessaires sont de coût disproportionné et d’incidence négligeable sur les comptes consolidés.

IAS/IFRS Le terme « significatif » est défini dans la norme IAS 1 « Présentation des états financiers » §
7:
Les omissions ou inexactitudes d’éléments sont significatives si elles peuvent, individuellement ou
collectivement, influencer les décisions économiques que prennent des utilisateurs sur la base des états
financiers. L’importance relative dépend de la taille et de la nature de l’omission ou de l’inexactitude,
appréciée par rapport aux circonstances particulières. La taille ou la nature de l’élément, ou une
combinaison des deux, peut être le facteur déterminant.
[…]
114 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

C. Secteurs d’activités différents


Lorsqu’une entité consolidée appartient à un secteur différent du secteur d’activité principal du
groupe et qu’elle applique des règles comptables qui sont particulières à ce secteur, ces règles
peuvent être maintenues dans les comptes consolidés.

IAS/IFRS La norme IAS 27 § 17 apporte les précisions suivantes :


Une filiale n’est pas exclue du périmètre de consolidation parce que ses activités sont dissemblables de
celles des autres entités du groupe. Une information pertinente est fournie en consolidant ces filiales et
en fournissant des informations supplémentaires dans les états financiers consolidés sur les différentes
activités des filiales. […]

II. Méthodes et règles de présentation définies par la société consolidante


Les comptes consolidés sont établis suivant des méthodes définies par la société consolidante pour
l’ensemble des entités consolidées et ils doivent être conformes à la réglementation française, y
compris les options ouvertes par le code de commerce pour les comptes individuels et celles
spécifiquement ouvertes, pour les comptes consolidés, par les art. L 233-23 et R 233-10.

IAS/IFRS Pour les entités qui appliquent les normes IAS/IFRS, l’art. L 233-24 apporte les précisions
suivantes :
Lorsqu’elles utilisent les normes comptables internationales adoptées par règlement de la Commission
européenne, les sociétés commerciales qui établissent et publient des comptes consolidés au sens de
l’art. L 233-16 sont dispensées de se conformer aux règles comptables prévues par les art. L 233-18 à
L 233-23 pour l’établissement et la publication de leurs comptes consolidés.

A. Méthodes d’évaluation optionnelles


Les différentes méthodes comptables applicables dans les comptes consolidés ne sont pas
nécessairement équivalentes. Certaines peuvent être considérées comme donnant une meilleure
information (cf. la Section suivante du cours).

B. Choix des méthodes et manuel de consolidation


Un manuel de consolidation doit être établi par la société consolidante et mis à la disposition des
entités incluses dans le périmètre de consolidation. Il doit contenir notamment :
- les principes comptables, les méthodes d’évaluation et de présentation du groupe ;
- les règles de conversion des comptes libellés en devises ;
- le plan de comptes à utiliser dans les écritures de pré-consolidation…
Remarque. Les sociétés consolidées doivent organiser leur comptabilité de manière à préparer et faciliter les
travaux de la société consolidante en matière de réciprocité de comptes, par exemple : utilisation de comptes
spécifiques pour les opérations réalisées entre sociétés consolidées (comptes de bilan et comptes de gestion).

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Section 2. Méthodes préférentielles (§ 300)

Dans les comptes consolidés, certaines méthodes sont considérées comme préférentielles.
Les méthodes préférentielles sont celles qui sont considérées par l’organisme normalisateur comme
conduisant à une meilleure information.
Lorsqu’une méthode préférentielle est appliquée, la référence et les modalités d’application de la
méthode de comptabilisation utilisée doivent être indiquées expressément dans l’annexe.
Le choix d’utiliser ces méthodes préférentielles est irréversible ; en cas de non-application d’une
méthode préférentielle, son impact sur le bilan et le compte de résultat doit être donné en annexe.

I. Rappel des méthodes préférentielles applicables dans les comptes individuels


Catégorie comptable Méthode préférentielle Autre méthode
Frais d’établissement
- frais de constitution Inscription en charges Inscription à l’actif
- frais de transformation Inscription en charges Inscription à l’actif
- frais de 1er établissement Inscription en charges Inscription à l’actif
- frais d’augmentation de capital, Imputation sur les primes (1) Inscription à l’actif ou
de fusion et de scission Inscription en charges
Coûts de développement Inscription à l’actif (2) Inscription en charges
Sites Internet actifs créés Inscription à l’actif (2) Inscription en charges
Contrat à long terme Méthode à l’avancement Méthode à l’achèvement
Engagements de retraite Inscription au passif Information dans l’annexe
(1) En cas d’insuffisance, les frais sont comptabilisés en charges.
(2) Si les conditions d’inscription à l’actif sont remplies (faisabilité technique, disponibilité de ressources
appropriées et intention d’achever l’immobilisation incorporelle, capacité à l’utiliser ou à la vendre pour
générer des avantages économiques futurs, capacité d’évaluer son coût de façon fiable).

II. Méthodes préférentielles applicables dans les comptes consolidés

A. Principe général et cas particulier


Toutes les options préférentielles ouvertes dans les comptes individuels sont évidemment
considérées comme des méthodes préférentielles applicables dans les comptes consolidés.
Le CNC considère toutefois que, dans les comptes consolidés, les frais d’augmentation de capital, de
fusion et de scission doivent obligatoirement s’imputer sur les primes d’émission et de fusion (cf.
avis n° 2004-15 relatif à la définition, la comptabilisation et l’évaluation des actifs). Selon la doctrine
du CNC, cette méthode n’est donc pas une méthode préférentielle mais une méthode obligatoire.

B. Méthodes préférentielles non autorisées dans les comptes individuels


Deux méthodes considérées comme préférentielles dans le règlement n° 99-02 du CRC sont des
méthodes qui ne sont pas autorisées dans les comptes individuels :
- l’une de ces méthodes concerne les écarts de conversion sur créances et dettes en devises ;
- l’autre méthode concerne les contrats de location-financement (ou crédit-bail).

IAS/IFRS Les méthodes considérées comme préférentielles dans les règlements n° 99-02 et n° 99-03 du
CRC sont des méthodes obligatoires dans les normes internationales.
116 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

C. Ecarts de conversion
1. Objectif de la méthode préférentielle
Dans les comptes consolidés, les écarts de conversion des actifs et passifs monétaires libellés en
devises devraient être enregistrés en résultat au cours de la période à laquelle ils se rapportent.
Remarque. En conséquence, lorsque cette méthode préférentielle est appliquée les résultats de change sont
enregistrés dans le résultat financier, qu’ils soient latents ou effectifs.
Rappelons que les postes du bilan s’intitulent « Ecarts de conversion » et que les comptes
correspondants sont dénommés « Différences de conversion – Actif » (DCA) et « Différences de
conversion – Passif » (DCP).
Dans les écritures de pré-consolidation, le retraitement consiste à éliminer les postes « Ecarts de
conversion » qui figurent à l’actif et au passif du bilan et à transférer les valeurs correspondantes
dans le compte de résultat :
- les DCA deviennent des pertes de change (charges financières) ;
- les DCP deviennent des gains de change (produits financiers).
La provision pour risque de change devient sans objet. Elle doit donc être éliminée.

IAS/IFRS Cette méthode, considérée comme préférentielle dans le règlement n° 99-02 du CRC, est une
méthode obligatoire selon les normes comptables internationales. En effet, la règle suivante
est énoncée dans IAS 21 « Effets des variations des cours des monnaies étrangères » § 29 :
Lorsque des éléments monétaires surviennent à la suite d’une transaction en monnaie étrangère et qu’un
changement intervient dans le cours de change entre la date de la transaction et la date de règlement, il
en résulte un écart de change. Lorsque la transaction est réglée dans la même période comptable que
celle pendant laquelle elle a été effectuée, l’écart de change est comptabilisé en totalité pendant cette
période. Toutefois, lorsque la transaction est réglée lors d’une période comptable ultérieure, l’écart de
change comptabilisé lors de chaque période jusqu’à la date du règlement est déterminé en fonction du
changement des cours de change intervenu au cours de chacune des périodes.

Les « éléments monétaires » sont ainsi définis dans IAS 21 § 8 :


Les éléments monétaires sont les unités monétaires détenues et les éléments d’actif et de passif devant
être reçus ou payés dans un nombre d’unités monétaires déterminé ou déterminable.

Le § 16 donne les précisions suivantes :


[…] A l’inverse, la caractéristique principale d’un élément non monétaire est l’absence de tout droit de
recevoir (ou de toute obligation de livrer) un nombre fixe ou déterminable d’unités monétaires. On peut
citer, à titre d’exemple : les montants payés d’avance pour les biens et les services (par exemple, le loyer
payé d’avance), le goodwill, les immobilisations incorporelles, les stocks, les immobilisations
corporelles […].

2. Conséquences pour les différences temporaires


La méthode préférentielle permet de respecter le principe de rattachement des charges aux
produits. En effet, le retraitement de pré-consolidation élimine les différences temporaires apparues
dans les comptes individuels. Il n’y a donc pas d’impôts différés à constater.
Rappel. Les DCA ont été déduites extra-comptablement du résultat fiscal et les DCP ont été réintégrées extra-
comptablement au résultat fiscal imposable.

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3. Exemple
a. Données de base
La société B doit effectuer des travaux de pré-consolidation et envoyer ses comptes retraités à la
société consolidante M. La société B a ouvert un journal spécifique pour enregistrer les écritures de
retraitement préalables à la consolidation. Les comptes de bilan et les comptes de gestion ont été
reportés dans ce journal. Les données suivantes sont extraites des comptes individuels des deux
derniers exercices :
31/12/N-1 31/12/N
Extrait de l’actif du bilan
Ecarts de conversion – Actif 150 145
Extraits du passif du bilan
Provisions pour pertes de change 100 110
Ecarts de conversion – Passif 70 60
Au 31/12/N, les mouvements enregistrés ont été les suivants en ce qui concerne la provision pour
pertes de change : dotation pour 30 et reprise pour 20.
Les normes de consolidation du groupe M prévoient l’inscription des écarts de conversion au compte
de résultat.
b. Ecritures de retraitement dans le journal de pré-consolidation de B
Rappel. Il indispensable que les comptes de capitaux propres soient individualisés, de manière à ce
que la société mère M puisse consolider ultérieurement les comptes retraités de B.
Journal de pré-consolidation de B (31/12/N)
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat B 85 Pertes de change 145
DCP (pour solde) 60 Gains de change 60
DCA (pour solde) 145 Résultat global 85
Elimination des écarts de conversion du 31/12/N Inscription des écarts de conversion au
compte de résultat

Provisions pour pertes de change 110 RP financières (pour solde) 20


(pour solde) Résultat global 10
Réserves B 100 DP financières (pour solde) 30
Résultat B (30 – 20) 10
Élimination de la provision sans objet Élimination des dotations et des reprises

Réserves B 150 Résultat global 150


Résultat B 150 Pertes de change 150
Élimination de l’incidence de la DCA du 31/12/N-1 Ajustement des charges financières

Résultat B 70 Gains de change 70


Réserves B 70 Résultat global 70
Élimination de l’incidence de la DCP du 31/12/N-1 Ajustement des produits financiers

1ère écriture : Nous sommes dans un cas de figure singulier. L’option qui a été choisie pour retraiter les
écarts de conversion a permis d’éliminer une différence temporaire qui provient des comptes individuels.
En effet, la perte de change a été déduite du résultat fiscal et le gain latent a été imposé. Il n’y a donc pas
d’imposition différée à comptabiliser.
118 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

2ème écriture : La provision pour pertes de change est transférée dans les capitaux propres et les charges et
produits financiers sont éliminés. Lorsque la méthode préférentielle est appliquée, il ne doit rester aucune trace
de la provision pour pertes de change puisque tous les résultats de change sont enregistrés dans le résultat
financier, qu’ils soient latents ou effectifs.
Remarque. Le montant transféré au crédit du compte « Réserves » est toujours égal au solde du compte 1515
« Provisions pour pertes de change » dans les comptes annuels individuels de l’exercice précédent. La
logique des mouvements dans les comptes peut donc être retrouvée, soit à partir des comptes de bilan, soit à
partir des comptes de gestion.
3ème écriture : La DCA du 31/12/N-1 a déjà été comptabilisée comme une perte de change dans les écritures
de pré-consolidation de N-1. Au 31/12/N, la DCA de l’exercice précédent est devenue imposable. Cette
écriture de pré-consolidation permet d’éliminer le décalage temporaire en augmentant le résultat comptable.
Comme il n’y a pas d’impôt différé, l’augmentation du résultat ne peut se faire que par transfert interne dans
les capitaux propres.
Remarque. Pour les comptes de gestion, il est possible aussi de créditer le compte « Gains de change ».
L’impact est le même au niveau du résultat financier. Nous avons choisi de diminuer les charges en nous
plaçant dans l’hypothèse où la DCA (enregistrée en charges dans les comptes consolidés de N-1) est devenue
une charge effective dans les comptes individuels en N. Donc, la charge provenant des comptes individuels
est neutralisée.
4ème écriture : La DCP du 31/12/N-1 a déjà été comptabilisée comme un gain de change dans les écritures de
pré-consolidation de N-1. Au 31/12/N, la DCP de l’exercice précédent est devenue déductible. Cette écriture
de pré-consolidation permet d’éliminer le décalage temporaire en diminuant le résultat comptable.
Comme il n’y a pas d’impôt différé, cette diminution du résultat ne peut se faire que par transfert interne dans
les capitaux propres.
Remarque. Pour les comptes de gestion, il est possible aussi de débiter le compte « Pertes de change ».
L’impact est le même au niveau du résultat financier. Nous avons choisi de diminuer les produits en nous
plaçant dans l’hypothèse où la DCP (enregistrée en produits dans les comptes consolidés de N-1) est devenue
un produit effectif dans les comptes individuels en N. Donc, le produit provenant des comptes individuels est
neutralisé.

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D. Location-financement (ou crédit-bail)


1. Objectif de la méthode préférentielle
a. Chez le preneur
Dans les comptes consolidés, l’opération devrait être analysée comme une acquisition
d’immobilisation corporelle financée par le recours à un emprunt.
Le contrat de location-financement (ou de crédit-bail) devrait donc être comptabilisé de la manière
suivante :
- au bilan : inscription d’une immobilisation corporelle et d’un emprunt correspondant ;
- au compte de résultat : enregistrement d’une dotation aux amortissements et d’une charge
financière.

IAS/IFRS La transaction est comptabilisée et présentée en fonction de sa substance et de sa réalité


financière et non pas seulement en fonction de sa forme juridique. En conséquence, la
méthode comptable, considérée comme préférentielle dans le règlement n° 99-02 du CRC, est
obligatoire selon la norme IAS 17 « Contrats de location » § 20 :
Au début de la période de location, les preneurs doivent comptabiliser les contrats de location-
financement à l’actif et au passif de leur bilan pour des montants égaux à la juste valeur du bien loué ou,
si celle-ci est inférieure, à la valeur actualisée des paiements minimaux au titre de la location
déterminée, chacune au commencement du contrat de location. Le taux d’actualisation à utiliser pour
calculer la valeur actualisée des paiements minimaux au titre de la location est le taux d’intérêt
implicite du contrat de location si celui-ci peut être déterminé, sinon le taux d’emprunt marginal du
preneur doit être utilisé. Les coûts directs initiaux encourus par le preneur sont ajoutés au montant
comptabilisé en tant qu’actif.

Les définitions suivantes sont extraites de la norme IAS 17 § 4 :


Les paiements minimaux au titre de la location sont les paiements que le preneur est, ou peut être, tenu
d’effectuer pendant la durée du contrat de location […].
Toutefois, si le preneur à la possibilité d’acquérir l’actif à un prix qui devrait être suffisamment inférieur
à la juste valeur de l’actif à la date à laquelle l’option peut être levée pour que l’on ait […] la certitude
raisonnable que l’option sera levée, les paiements minimaux […] englobent […] le paiement à effectuer
pour lever ladite option d’achat.
Le taux d’intérêt implicite du contrat de location est le taux d’actualisation qui donne […] une valeur
actuelle cumulée : a) paiements minimaux au titre de la location ; et de b) la valeur résiduelle non
garantie égale à la somme i) de la juste valeur de l’actif loué ; et ii) des coûts directs initiaux du bailleur.
La valeur résiduelle non garantie est la part de la valeur résiduelle de l’actif loué dont la réalisation par
le bailleur n’est pas assurée ou qui est garantie uniquement par une partie liée au bailleur.

En cours de contrat, au titre de chaque exercice, les versements sont décomposés en charge
d’intérêts et en remboursement de la dette au passif (cf. IAS 17 § 25) :
Les paiements minimaux au titre de la location doivent être ventilés entre la charge financière et
l’amortissement du solde de la dette. […]

Le § 27 donne les précisions suivantes en ce qui concerne les dotations aux amortissements :
Pour chaque période comptable, un contrat de location-financement donne lieu à une charge
d’amortissement de l’actif amortissable et à une charge financière. La méthode d’amortissement des
actifs loués doit être cohérente avec celle applicable aux actifs amortissables que possède l’entité […].
Si l’on n’a pas une certitude raisonnable que le preneur devient propriétaire de l’actif à la fin du contrat
de location, l’actif doit être totalement amorti sur la plus courte de la durée du contrat de location et de
sa durée d’utilité.
120 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

b. Chez le bailleur
Le contrat de location-financement est enregistré sous forme de prêt, de façon symétrique à
l’enregistrement chez le preneur.
Remarque. L’opération ayant un caractère strictement financier, nous n’aborderons pas l’analyse du point de
vue du bailleur. Notons simplement que, dans le cas où la méthode préférentielle est appliquée, il n’y a pas
d’immobilisation corporelle dans l’actif consolidé du bailleur alors que celui-ci reste propriétaire du bien.

2. Conséquences pour les comptes consolidés


a. Retraitement de pré-consolidation générateur d’une différence temporaire
La méthode préférentielle crée un décalage temporaire puisque les valeurs inscrites à l’actif et au
passif du bilan sont différentes (chez le preneur). Le décalage temporaire doit donc être éliminé par
la prise en compte d’un actif ou d’un passif d’impôt différé, selon le cas.
b. Application d’un principe comptable fondamental non retenu dans les comptes individuels
Cette méthode préférentielle introduit un principe comptable fondamental qui n’est pas applicable
dans les comptes individuels : celui de la prédominance de la substance sur l’apparence (appelé
aussi principe de la prédominance de la réalité économique sur l’apparence juridique).
Chez le preneur (ou crédit-preneur, ou locataire), l’adoption de ce principe a pour effet l’inscription
dans les comptes consolidés d’éléments qui ne font pas partie du patrimoine de l’entité mais qui ont
néanmoins une valeur économique positive (l’immobilisation corporelle) et négative (l’emprunt
correspondant).
c. Méthode préférentielle et image fidèle du « patrimoine »
On peut dire, dans une certaine mesure, que l’adoption du principe de la prédominance de la
substance sur l’apparence rapproche les comptes consolidés établis selon la réglementation française
de ceux qui sont établis selon les normes comptables internationales IAS/IFRS.
En effet, lorsque le principe de la prédominance de la substance sur l’apparence est appliqué, les
actifs et les passifs consolidés incluent des éléments qui ne font pas partie du patrimoine. Dans ces
conditions, on peut se demander si les dispositions de l’art. L 233-21 sont bien adaptées à cette
situation : « Les comptes consolidés doivent être réguliers et sincères et donner une image fidèle du
patrimoine, de la situation financière ainsi que du résultat de l’ensemble constitué par les entreprises
comprises dans la consolidation. […] ».
3. Exemple 1 (redevances de crédit-bail versées à terme échu)
a. Données de base
La société B fait partie du périmètre de consolidation du groupe M. Les normes à appliquer dans les
comptes consolidés prévoient :
- l’amortissement du matériel industriel sur une durée de 10 ans ;
- l’utilisation du mode d’amortissement linéaire ;
- l’inscription à l’actif des biens utilisés en location-financement (ou en crédit-bail) ;
- le calcul des impôts différés au taux de 33 1/3 %.
Le 1/04/N-1, la société B a souscrit un contrat de location-financement pour un matériel industriel
d’une valeur de 10 000. Les principales dispositions du contrat sont les suivantes :
- durée du contrat : 4 ans ;
- nombre de redevances trimestrielles de 720 HT à payer à terme échu : 16 ;
- date de paiement de la 1ère redevance : 30/06/N-1 ;
- taux effectif trimestriel de ce contrat : proche de 3 % ;
- prix d’acquisition HT lors de la levée de l’option d’achat, le 31/03/N+3 : 1 530.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 121

Un extrait de l’analyse des redevances versées, au regard des comptes consolidés, est présenté ci-
²dessous. Dans le cadre des travaux de pré-consolidation, chaque redevance versée est analysée
comme un versement trimestriel relatif au remboursement d’une dette théorique d’emprunt de 10 000
au taux effectif trimestriel de 3 %. Par simplification, les valeurs sont arrondies à l’unité la plus
proche.

Trimestre Début Fin


Dette Intérêts Intérêts Date du
Rang d’emprunt dus dus Amortissement Amortissements Versement versement
théorique
1 10 000 300 420 720 30/06/N-1
2 9 580 287 433 720 30/09/N-1
3 9 147 274 861 446 1 299 720 31/12/N-1
4 8 701 261 459 720 31/03/N
5 8 242 247 473 720 30/06/N
6 7 769 233 487 720 30/09/N
7 7 282 218 959 502 1 921 720 31/12/N

b. Vérification du taux effectif trimestriel de 3 %


Le taux trimestriel de 3 % représente le taux de rendement brut actuariel pour le bailleur et le taux
effectif de l’emprunt théorique chez B.
Ce taux d’actualisation vérifie l’équation suivante à la date du contrat, le 1/04/N-1 :
10 000 = 720 (1 – 1,03-16)/0,03 + 1 530 1,03-16
c. Etapes de l’analyse à effectuer en fin d’exercice
Les travaux de pré-consolidation sont réalisés à partir des comptes individuels reportés. Or, dans ces
comptes individuels, qu’il s’agisse des comptes au 31/12/N-1 ou des comptes des exercices suivants,
le matériel pris en crédit-bail et l’emprunt ne sont pas inscrits dans le bilan.
Donc, dans les travaux de pré-consolidation il faut toujours suivre la même procédure de traitement
comptable pour appliquer la méthode préférentielle. Les étapes du retraitement de pré-consolidation
sont les suivantes, pour les comptes de bilan :
1ère écriture : inscription au bilan du matériel et de l’emprunt (pour leur valeur au 1/04/N-1)
 Actifs (immobilisation inscrite à l’actif) =  Passifs (emprunt)
Remarque. A cette première étape du retraitement, il n’y a pas de décalage temporaire car les valeurs
inscrites à l’actif et au passif sont les mêmes.
2ème écriture : constatation de l’amortissement du matériel depuis le 1/04/N-1 :  Actifs
En contrepartie :  Résultat (à concurrence de la dotation de l’exercice)
 Réserves (à concurrence des amortissements antérieurs)
Remarque. A cette étape du retraitement, un décalage temporaire déductible est créé puisque la valeur
comptable de l’actif diminue.
3ème écriture : constatation des remboursements de l’emprunt depuis le 1/04/N-1 :  Passifs
En contrepartie :  Résultat ( Redevances (éliminées)  Charges d’intérêts)
(moins de charges financières que de redevances pour l’exercice)
 Réserves (à concurrence des remboursements antérieurs)
Remarque. A cette étape du retraitement, un décalage temporaire imposable est créé puisque la valeur
comptable du passif diminue.
4ème écriture : élimination du décalage temporaire net :
- par un actif d’impôt différé si le décalage temporaire est déductible ;
- ou par un passif d’impôt différé si le décalage temporaire est imposable.
122 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

d. Ecritures de retraitement dans le journal de pré-consolidation du crédit-preneur

 Ecritures de retraitement au 31/12/N-1


Journal de pré-consolidation de B
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Matériel industriel 10 000
Emprunts 10 000
Inscription à l’actif du matériel pris en
location-financement le 1/04/N-1

Résultat B (10 000 1/10 9/12) 750 DA sur immob. incorp. et corporelles 750
Amortissements du mat. industriel 750 Résultat global 750
Retraitement de la valeur d’actif du matériel Constatation de la dotation aux amortissements
pris en location-financement sur matériel pris en location-financement

Emprunts 1 299 Charges d’intérêts 861


Résultat B 1 299 Résultat global 1 299
Crédit-bail mobilier (pour solde) 2 160
(720 3)
Retraitement de la dette d’emprunt sur matériel Retraitement de la redevance de crédit-bail
pris en location-financement (une charge financière remplace la redevance)

Résultat B ((1 299 – 750) 1/3) 183 Impôts sur les bénéfices différés 183
Impôts différés – Passif 183 Résultat global 183
Prise en compte de l’imposition différée (élimination Rattachement d’une charge d’IS à la diminution
du décalage temporaire imposable créé par des charges résultant du retraitement du matériel
l’inscription à l’actif du matériel pris en location- pris en location-financement
financement)

 Ecritures de retraitement au 31/12/N


Journal de pré-consolidation de B
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Matériel industriel 10 000
Emprunts 10 000
Inscription à l’actif du matériel pris en
location-financement le 1/04/N-1

Réserves B (10 000 1/10 9/12) 750 DA sur immob. incorp. et corporelles 1 000
Résultat B (10 000 1/10) 1 000 Résultat global 1 000
Amortissements du mat. industriel 1 750
Retraitement de la valeur d’actif du Constatation de la dotation aux amortissements
matériel pris en location-financement sur matériel pris en location-financement

Emprunts 3 220 Charges d’intérêts 959


Réserves B 1 299 Résultat global 1 921
Résultat B 1 921 Crédit-bail mobilier (720 4) 2 880
Retraitement de la dette d’emprunt sur matériel Retraitement de la redevance de crédit-bail
industriel pris en location-financement (une charge financière remplace la redevance)

Réserves B ((1 299 – 750) 1/3) 183 Impôts sur les bénéfices différés 307
Résultat B ((1 921 – 1 000) 1/3) 307 Résultat global 307
Impôts différés – Passif 490
Prise en compte de l’imposition différée (élimination Rattachement d’une charge d’IS à la diminution
du décalage temporaire imposable créé par des charges résultant du retraitement du matériel
l’inscription à l’actif du matériel pris en location- pris en location-financement
financement)

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 123

e. Analyse de la situation des comptes retraités au 31/12/N


L’inscription du matériel pris en location-financement à l’actif a eu les conséquences suivantes sur
les comptes retraités :
COMPTES DE BILAN :
ACTIF :  Valeur nette comptable du matériel : 10 000 – 1 750 = 8 250.
PASSIF :  Emprunts : 10 000 – 3 220 = 6 780.
Augmentation de l’actif net consolidé : 8 250 – 6 780 = 1 470 (décalage temporaire imposable).
Impôt différé – Passif nécessaire pour éliminer le décalage temporaire : 1 470 1/3 = 490, CQFD.
COMPTES DE GESTION :
CHARGES :  Charges : 2 880 – (959 + 1 000) = 921.
Charge d’impôts sur les bénéfices différés nécessaire : 921 1/3 = 307, CQFD.
(pour respecter le principe de rattachement des charges aux produits)

4. Exemple 2 (redevances de crédit-bail versées d’avance)


a. Données de base
La société C procède aux retraitements préalables à la consolidation de ses comptes. Les règles de
consolidation du groupe auquel elle appartient prévoient :
- l’amortissement de l’outillage industriel sur une durée de 8 ans ;
- l’utilisation du mode d’amortissement linéaire ;
- l’inscription à l’actif des biens utilisés en location-financement (ou crédit-bail) ;
- le calcul des impôts différés au taux de 33 1/3 %.
Le 1/10/N-1, la société C a souscrit un contrat de location-financement pour un outillage industriel
d’une valeur de 8 000. Les principales dispositions du contrat sont les suivantes :
- durée du contrat : 5 ans ;
- redevance annuelle payable d’avance : 1 600 HT ;
- date de paiement de la 1ère redevance : 1/10/N-1 ;
- taux effectif annuel de ce contrat : proche de 4 % ;
- prix d’acquisition HT lors de la levée de l’option d’achat, le 1/10/N+4 : 720.
Dans les travaux de pré-consolidation, chaque redevance versée est analysée comme une annuité de
remboursement d’une dette théorique d’emprunt de 8 000 au taux effectif annuel de 4 %. Par
simplification, les valeurs sont arrondies à l’unité la plus proche.
b. Vérification du taux effectif annuel de 4 %
Le taux de 4 % représente le taux de rendement brut actuariel pour le bailleur et le taux effectif de
l’emprunt théorique chez C.
Ce taux d’actualisation vérifie l’équation suivante à la date du contrat, le 1/10/N-1 :
8 000 = 1 600 1,04 (1 – 1,04-5)/0,04 + 720 1,04-5
On peut aussi considérer que le montant emprunté est égal à 6 400 (8 000 – 1 600), compte tenu du
fait que la première redevance est payée d’avance.
Dans ce cas, le taux d’actualisation de 4 % vérifie l’équation suivante, le 1/10/N-1 :
6 400 = 1 600 (1 – 1,04-4)/0,04 + 720 1,04-5
124 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

c. Tableau d’amortissement théorique


Du point de vue financier, le montant de l’emprunt théorique est égal à 6 400.
Début de période Fin de période
Rang de la
Dette d’emprunt Intérêts Amortissement Versement Date du
période
théorique dus versement
1 (1) 6 400 256 1 344 1 600 1/10/N
2 5 056 202 1 398 1 600 1/10/N+1
3 3 658 146 1 454 1 600 1/10/N+2
4 2 204 88 1 512 1 600 1/10/N+3
5 692 28 692 720 1/10/N+4
6 400
(1) 8 000 (emprunt théorique) – 1 600 (versement immédiat assimilé à un remboursement).

d. Ecritures de retraitement dans le journal de pré-consolidation du crédit-preneur


 Ecritures de retraitement au 31/12/N-1
Journal de pré-consolidation de C
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Outillage industriel 8 000
Emprunts 8 000
Inscription à l’actif de l’outillage pris en
location-financement le 1/10/N-1

Résultat C (8 000 1/8 3/12) 250 DA sur immob. incorp. et corporelles 250
Amort. de l’outillage industriel 250 Résultat global 250
Retraitement de la valeur d’actif de Constatation de la dotation aux amortissements
l’outillage pris en location-financement sur outillage pris en location-financement

Emprunts 1 600 Charges d’intérêts 64


Intérêts courus sur emprunts 64 Résultat global 336
(6 400 4% 3/12) Crédit-bail mobilier (pour solde) 400
Charges constatées d’avance 1 200
(pour solde)
Résultat C (1 600 – 64 – 1 200) 336
Retraitement de la dette d’emprunt sur Retraitement de la redevance de crédit-bail
outillage pris en location-financement (une charge financière remplace la redevance)

Résultat C (336 – 250) 1/3 29 Impôts sur les bénéfices différés 29


Impôts différés – Passif 29 Résultat global 29
Prise en compte de l’imposition différée (élimination Rattachement d’une charge d’IS à la diminution
du décalage temporaire imposable créé par des charges résultant du retraitement du matériel
l’inscription à l’actif du matériel pris en location- pris en location-financement
financement)

1ère écriture : En comptabilité, la somme inscrite au passif est le montant théoriquement emprunté bien que,
du point de vue financier, la somme à rembourser ne soit que de 6 400, compte tenu du paiement de 1 600 à la
date du 1/10/N-1 (ce montant est assimilé à un amortissement de l’emprunt).
2ème écriture : La valeur de l’actif a diminué, ce qui a créé un décalage temporaire déductible.
3ème écriture (délicate à analyser) : Du point de vue comptable, l’emprunt s’est substitué aux redevances. Il
faut donc effectuer les retraitements suivants :
- constater le remboursement de l’emprunt au titre de l’exercice N-1 ;
- constater les intérêts courus et non échus sur emprunt, au 31/12/N-1 ;
- éliminer le solde débiteur du compte 486 « Charges constatées d’avance" (la redevance annuelle de 1 600 a
été débitée le 1/10/N-1 ; dans les comptes individuels, il a donc fallu inscrire à l’actif les 9 mois de charges
à rattacher à l’exercice N : 1 600 × 9/12) ;
Remarque. Un décalage temporaire imposable est créé puisque la valeur de l’actif net comptable
augmente.

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4ème écriture : Le décalage temporaire net est imposable pour 86 (336 – 250). Ce décalage temporaire est
donc éliminé par l’enregistrement d’un passif d’impôt différé.

 Ecritures de retraitement au 31/12/N


Journal de pré-consolidation de C
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Outillage industriel 8 000
Emprunts 8 000
Inscription à l’actif de l’outillage pris en
location-financement le 1/10/N-1

Réserves C (8 000 1/8 3/12) 250 DA sur immob. incorp. et corporelles 1 000
Résultat C (8 000 1/8) 1 000 Résultat global 1 000
Amort. de l’outillage industriel 1 250
Retraitement de la valeur d’actif de Constatation de la dotation aux amortissements
l’outillage pris en location-financement sur l’outillage pris en location-financement

Emprunts (1 600 + 1 344) 2 944 Charges d’intérêts 243


Intérêts courus sur emprunts 51 (6 400 4% 9/12 + 5 056 4 3/12)
(5 056 4% 3/12) Résultat global 1 357
Charges constatées d’avance 1 200 Crédit-bail mobilier (pour solde) 1 600
(pour solde)
Réserves C (1 600 – 64 – 1 200) 336
Résultat C (1 600 – 243) 1 357
Retraitement de la dette d’emprunt sur Retraitement de la redevance de crédit-bail
l’outillage pris en location-financement (une charge financière remplace la redevance)

Réserves C ((336 – 250) 1/3) 29 Impôts sur les bénéfices différés 119
Résultat C ((1 357 – 1 000) 1/3) 119 Résultat global 119
Impôts différés – Passif 148
Prise en compte de l’imposition différée (élimination Rattachement d’une charge d’IS à la diminution
du décalage temporaire imposable créé par des charges résultant du retraitement du matériel
l’inscription à l’actif du matériel pris en location- pris en location-financement
financement)

e. Analyse de la situation des comptes retraités au 31/12/N


L’inscription de l’outillage pris en location-financement à l’actif a eu les conséquences suivantes sur
les comptes retraités :
COMPTES DE BILAN :
ACTIF :  Valeur nette comptable du matériel : 8 000 – 1 250 = 6 750.
 Charges constatées d’avance : 1 200.
PASSIF :  Emprunts : 8 000 + 51 – 2 944 = 5 107 (dont 51 d’intérêts courus).
Augmentation de l’actif net consolidé : 6 750 – 1 200 – 5 107 = 443.
(décalage temporaire imposable).
Impôt différé – Passif nécessaire pour éliminer le décalage temporaire : 443 1/3 = 148, CQFD.
COMPTES DE GESTION :
CHARGES :  Charges : 1 600 – (243 + 1 000) = 357.
Charge d’impôts sur les bénéfices différés nécessaire : 357 1/3 = 119, CQFD.
(pour respecter le principe de rattachement des charges aux produits)
126 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

E. Frais d’émission d’emprunt et primes de remboursement


1. Objectif de la méthode préférentielle
Dans les comptes consolidés, les frais d’émission et les primes de remboursement des emprunts
obligataires devraient être systématiquement étalés sur la durée de vie de l’emprunt.

IAS/IFRS Il existe une divergence entre la réglementation française et les normes comptables
internationales. En effet, contrairement aux prescriptions du règlement n° 99-02 du CRC :
 Les frais d’émission des emprunts ne peuvent :
- ni être comptabilisés dans les charges de l’exercice au cours duquel ils ont été engagés ;
- ni être inscrits à l’actif, car ils ne répondent pas à la définition d’un actif.
 Les primes de remboursement des obligations ne peuvent pas être inscrites à l’actif car elles
ne répondent pas non plus à la définition d’un actif.
Avant d’expliquer le traitement comptable des frais d’émission et des primes de
remboursement des obligations selon IAS 39 « Instruments financiers : comptabilisation et
évaluation », il est nécessaire de rappeler comment doit être effectuée :
- d’une part, l’évaluation initiale des passifs financiers (un emprunt obligataire en l’occurrence) ;
- d’autre part, l’évaluation ultérieure des passifs financiers.
Evaluation initiale de l’emprunt obligataire : Lors de sa comptabilisation initiale, l’entité
doit l’évaluer à la juste valeur de la contrepartie reçue en échange, nette des frais de
transaction directement imputables, sauf dans le cas d’un passif financier à la juste valeur par
le biais du compte de résultat.
Evaluation ultérieure de l’emprunt obligataire (cf. IAS 39 § 47) :
Après la comptabilisation initiale, une entité doit évaluer tous les passifs financiers au coût amorti en
utilisant la méthode du taux d’intérêt effectif, sauf :
a) les passifs financiers à la juste valeur par le biais du compte de résultat. […] ;
b) […] ;
[…]

Les frais d’émission (appelés « coûts de transaction ») et les primes de remboursement des
emprunts doivent être étalés sur la durée de l’emprunt par ajustement du taux d’intérêt
effectif. La méthode comptable à appliquer est ainsi définie dans IAS 39 § 9 :
La méthode du taux d’intérêt effectif est une méthode de calcul du coût amorti […] d’un passif financier
[…] et d’affectation des charges financières au cours de la période concernée. Le taux d’intérêt effectif
est le taux qui actualise exactement les décaissements de trésorerie futurs […] sur la durée de vie prévue
de l’instrument financier […] de manière à obtenir la valeur comptable nette […]. Ce calcul inclut
l’intégralité des […] coûts de transaction et de toutes les autres primes […].

Le coût amorti […] d’un passif financier est le montant auquel est évalué […] le passif financier lors de
sa comptabilisation initiale, diminué des remboursements en principal, majoré ou diminué de
l’amortissement cumulé calculé par la méthode du taux d’intérêt effectif, de toute différence entre ce
montant initial et le montant à l’échéance [….].

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 127

a. Primes de remboursement
Dans les comptes individuels, les emprunts obligataires dont le remboursement est assorti de primes
sont comptabilisés au passif pour leur valeur totale, primes de remboursement incluses.
La contrepartie de ces primes est enregistrée au débit du compte 169 « Primes de remboursement des
obligations » (cf. art. 441/16 du règlement n° 99-03 du CRC). L’art. 361-2 de ce règlement précise
que le montant des primes de remboursement d’emprunt est amorti systématiquement sur la durée
de l’emprunt, soit au prorata des intérêts courus, soit par fractions égales.
En conséquence, dans les comptes individuels une seule méthode est applicable aux primes de
remboursement : l’étalement des primes sur la durée de vie de l’emprunt.
Il est donc interdit d’inscrire immédiatement ces primes dans les charges.
Dans les comptes consolidés, il n’y a pas d’autre option possible. Seule la méthode dite
préférentielle peut donc être appliquée.
b. Frais d’émission des emprunts
Dans les comptes individuels, les frais d’émission des emprunts peuvent être :
- soit maintenus en charges ;
- soit répartis sur la durée de l’emprunt.
Aucune de ces options n’est considérée comme préférentielle dans les comptes individuels.
Dans les comptes consolidés, il est possible d’appliquer l’une ou l’autre de ces options. Toutefois, la
répartition des frais d’émission sur la durée de l’emprunt constitue une méthode préférentielle.
2. Conséquences de l’étalement des frais d’émission pour les comptes consolidés
Lorsque la méthode préférentielle est appliquée dans les comptes consolidés, les retraitements de
pré-consolidation sont différents selon l’option choisie dans les comptes individuels.
a. Les frais d’émission de l’emprunt ont été inscrits à l’actif
Dans les comptes individuels, aucun décalage temporaire n’a été créé par l’inscription à l’actif des
frais d’émission et par l’amortissement de ces frais. Il n’y a donc pas d’écriture de retraitement à
enregistrer.
b. Les frais d’émission de l’emprunt ont été maintenus dans les charges du premier exercice
Dans ce cas, deux retraitements sont à effectuer dans les écritures de pré-consolidation :
1er retraitement : inscription à l’actif des frais d’émission d’emprunt restant à répartir ;
2ème retraitement : prise en compte de l’imposition différée pour éliminer le décalage
temporaire imposable créé par le premier retraitement.
128 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

3. Exemple
a. Données de base
Le 1/07/N-1, la société F a émis un emprunt obligataire de 800 obligations de 100 nominal
remboursables in fine à la date du 1/07/N+7, dans les conditions suivantes :
- prix d’émission unitaire : 98 ;
- prix de remboursement : au pair ;
- taux d’intérêt nominal : 3 %, soit un coupon unitaire de 3 €.
Les frais d’émission de l’emprunt (services bancaires) se sont élevés à 800.
Dans les comptes individuels, ces frais ont été maintenus dans les charges de l’exercice.
Les primes de remboursement ont été amorties au prorata des intérêts courus, pour 200 au titre de
l’exercice N-1 et pour 400 au titre de l’exercice N.
Hypothèse 1 : les comptes consolidés sont établis selon la réglementation française
Les normes du groupe M auquel appartient la société F prévoient l’application de la méthode
préférentielle. Dans les comptes consolidés du groupe M, les frais d’émission d’emprunt doivent être
étalés sur la durée de l’emprunt prorata temporis et les primes de remboursement doivent être
amorties au prorata des intérêts courus.
Remarque. Il n’y a pas de retraitement des primes de remboursement dans les écritures de pré-consolidation.

b. Traitement comptable au 31/12/N-1


Journal de pré-consolidation de F
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Frais d’émission des emprunts 750 DA des charges d’exploit. à répartir 50
(800 – 800 1/8 6/12) (800 1/8 6/12)
Résultat F 750 Résultat global 750
Transferts de charges d’exploitation 800
Inscription à l’actif des frais restant à étaler Retraitement pour étalement des frais

Résultat F 250 Impôts sur les bénéfices différés 250


Impôts différés – Passif (750 1/3) 250 Résultat global 250
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS au produit
(élimination du décalage temporaire imposable) net comptabilisé

c. Traitement comptable au 31/12/N


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Frais d’émission des emprunts 650 DA des charges d’exploit. à répartir 100
(800 – 800 1/8 (6/12 + 1)) (800 1/8)
Résultat F 100 Résultat global 100
Réserves F 750
Inscription à l’actif des frais restant à étaler Imputation de la dotation des frais d’émission

Réserves F (750 1/3) 250 Résultat global 33


Résultat F (100 1/3) 33 Impôts sur les bénéfices différés 33
Impôts différés – Passif (650 1/3) 217
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à la
(élimination du décalage temporaire imposable) charge comptabilisée

Remarque. Au 31/12/N, la première écriture pour les comptes de bilan résulte de la synthèse de deux analyses.
Il est donc possible de décomposer cette écriture en deux écritures :
- 1ère écriture : inscription à l’actif du montant des frais d’émission qui restaient à étaler dans les comptes
consolidés, au 31/12/N-1, pour 750 ; en contrepartie, augmentation des réserves d’égal montant pour éliminer
l’incidence de l’excédent des frais d’émission imputés dans les comptes individuels de l’exercice précédent
(800 de charges enregistrées en N-1 dans les comptes individuels – 50 de charges enregistrées en N-1 dans
les comptes consolidés) ;
- 2ème écriture : désactivation des frais d’émission imputables à l’exercice N pour 100, en consolidation ; en
contrepartie, diminution du résultat.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 129

IAS/IFRS Suite de l’exemple (les données de base sont identiques).


Hypothèse 2 : les comptes consolidés du groupe M sont établis selon le référentiel IAS/IFRS.

Evaluation initiale de l’emprunt obligataire :


La valeur comptable initiale de l’emprunt au 1/07/N-1 est la juste valeur de la contrepartie reçue, soit :
800 × 98 – 800 = 77 600 €.
Les charges financières relatives à l’emprunt doivent être calculées au taux d’intérêt effectif.
Au 1/07/N-1, ce taux vérifie l’équation d’équivalence suivante entre la valeur comptable initiale et la
somme des versements actualisés à effectuer pour rembourser l’emprunt :
77 600 = 800 × 3 × (1 – (1+x)-8)/x + 800 × 100 × (1+x)-8
Il vient : x = 3,435 %.
Points de divergence entre comptes individuels et comptes consolidés en IAS/IFRS :
1. Il n’y a pas de frais d’émission à l’actif en normes IAS/IFRS.
2. Il n’y a pas de prime de remboursement à l’actif en normes IAS/IFRS.
3. Au 1/07/N-1, la base de calcul des charges d’intérêts est différente.
 dans les comptes individuels : c’est la valeur nominale de l’emprunt : 80 000 ;
 en IAS/IFRS : c’est la valeur comptable initiale de l’emprunt : 77 600.
4. Le taux de calcul des charges d’intérêts est différent :
 dans les comptes individuels : c’est le taux d’intérêt nominal : 3 % ;
 en IAS/IFRS : c’est le taux d’intérêt effectif : 3,435 %.
5. Evaluation de l’emprunt au bilan :
 dans les comptes individuels : c’est le solde de la dette (y compris les intérêts courus
et non échus) ;
 en IAS/IFRS : c’est le coût amorti de l’emprunt.
Tableau d’amortissement comptable de l’emprunt en IAS/IFRS :
Début de Fin de période
période
Période

Amortissement
Intérêts calculés au
de la valeur Coût amorti
Coût amorti de taux effectif Versement Date
l’emprunt (1) (2) = (1) × 3,435 % (3) de versement comptable de (5) = (1) – (4)
l’emprunt (4)
1 77 600 2 666 2 400 1/07/N (266) 77 866
2 77 866 2 675 2 400 1/07/N+1 (275) 78 141
3 78 141 2 684 2 400 1/07/N+2 (284) 78 425
4 78 425 2 694 2 400 1/07/N+3 (294) 78 719
5 78 719 2 704 2 400 1/07/N+4 (304) 79 023
6 79 023 2 714 2 400 1/07/N+5 (314) 79 337
7 79 337 2 725 2 400 1/07/N+6 (325) 79 662
8 79 662 2 736 82 400 1/07/N+7 (6) 79 664 0
(6) 77 602
(4) = (3) – (2) (6) Ecart dû à l’arrondi du taux d’intérêt effectif
 Retraitements de pré-consolidation à effectuer à la clôture :
Au bilan : il ne faut retraiter que deux postes puisque les frais d’émission d’emprunt n’ont pas été inscrits à
l’actif dans les comptes individuels :
- à l’actif, il faut éliminer le poste « Primes de remboursement » ;
- au passif, faut réajuster la valeur de l’emprunt.
En N-1, ces retraitements n’ont d’impact que sur le résultat de l’exercice. En revanche, en N, les
retraitements ont un impact sur les réserves et sur le résultat.
130 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

IAS/IFRS Au compte de résultat : il faut retraiter deux comptes :


- il faut éliminer la dotation aux primes de remboursement des obligations ;
- il faut réajuster la valeur des charges financières relatives à l’emprunt.

Remarque. Par simplification, le retraitement de la dette d’emprunt obligataire est présenté directement
par le poste « Emprunts obligataires ». Autrement dit, nous considérons que dans les comptes individuels,
au 31/12/N-1 et au 31/12/N, le poste « Emprunts obligataires » est créditeur de 81 200 (80 000 de dette en
principal et 1 200 de dette en intérêts courus et non échus). C’est donc la valeur de 81 200 qui est retraitée
dans les écritures de pré-consolidation et non pas chacune de ses composantes.
Traitement comptable au 31/12/N-1
Journal de pré-consolidation de F
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Emprunts obligataires 2 267 (1) Résultat global 767
(81 200 – 78 933) Charges d’intérêts 133 (2)
Primes de remboursement (pour solde) 1 500 DA des primes de remboursement 100
(800 × 2 – 800 × 2 × 1/8 × 6/12) (800 × 2 × 1/8 × 6/12) (pour solde)
Résultat F (2 267 – 1 500) 767 Services bancaires (pour solde) 800
Retraitement de la dette d’emprunt Retraitement des charges d’emprunt

Résultat F 256 Impôts sur les bénéfices différés 256


Impôts différés – Passif 256 ((800 + 100 – 133) × 1/3)
(767 1/3) Résultat global 256
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la
(élimination du décalage temporaire imposable) diminution de charge nette comptabilisée

(1) Dette d’emprunt dans les comptes individuels :


800 × 100 (principal) + 800 × 3 × 6/12 (1 200 d’intérêts courus et non échus) = 81 200.
Coût amorti de l’emprunt en IAS/IFRS : 77 600 + 2 666 × 6/12 = 78 933.
(2) Excédent de charges d’intérêts en IAS/IFRS : 2 666 × 6/12 – 1 200 = 133.
Traitement comptable au 31/12/N
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Emprunts obligataires 1 996 (1) Charges d’intérêts 271
(81 200 – 79 204) ((2 666 + 2 675) × 6/12 – 800 × 3)
Résultat F (1 300 + 767 – 1 996) 71 DA des primes de remboursement 200
Primes de remboursement (pour solde) 1 300 (800 × 2 × 1/8) (pour solde))
(800 × 2 – 800 × 2 × 1/8 × (1 + 6/12)) Résultat global 71
Réserves F 767
Retraitement de la dette d’emprunt Retraitement des charges d’emprunt

Réserves F (767 ×1/3) 232 Résultat global 24


Résultat F (71 × 1/3) 24 Impôts sur les bénéfices différés 24
Impôts différés – Passif 232 ((271 – 200) × 1/3)
(256 – 24)
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire imposable) l’augmentation de charge nette comptabilisée

(1) Dette d’emprunt dans les comptes individuels :


800 × 100 (principal) + 800 × 100 × 3 % × 6/12 (intérêts courus non échus) = 81 200.
Coût amorti de l’emprunt en IAS/IFRS : 77 866 + 2 675 × 6/12 = 79 204.

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F. Engagements de retraite et avantages similaires


1. Objectif de la méthode préférentielle
Dans les comptes consolidés, les coûts des prestations de retraite et des prestations assimilées
(indemnités de départ, retraites, compléments de retraite, couverture médicale, prestations de maladie
et de prévoyance…) versées à la date du départ à la retraite ou ultérieurement, au bénéfice du
personnel mis à la charge de l’entreprise, devraient être provisionnés et systématiquement pris en
compte dans le résultat sur la durée d’activité des salariés.
Remarque. Dans le règlement n° 99-03 du CRC, cette option est également considérée comme une méthode
préférentielle : « […] La constatation de provisions pour la totalité des engagements à l’égard des membres du
personnel actif et retraité, conduisant à une meilleure information financière, est considérée comme une
méthode préférentielle. » (art. 335-1 du PCG).

IAS/IFRS Cette méthode, considérée comme préférentielle dans le règlement n° 99-02 du CRC, est une
méthode obligatoire selon IAS 19 « Avantages du personnel ».
Remarque. Dans la note de présentation de la recommandation n° 2003-R.01 du CNC
relative aux règles de comptabilisation et d’évaluation des engagements de retraite et
avantages similaires, on peut lire :
[…] Le PCG comme les règlements relatifs aux comptes consolidés ne comportent aucune définition des
engagements de retraite et versements assimilés, ni de modalités d’évaluation et d’actualisation.
Après s’être interrogé sur l’opportunité d’élaborer une méthodologie " nationale " de détermination des
engagements de retraite, le groupe a convenu qu’il était préférable de reprendre les dispositions de la
norme IAS 19. […]

2. Conséquences pour les comptes consolidés


Lorsque la méthode préférentielle est appliquée dans les comptes consolidés, les retraitements de
pré-consolidation sont différents selon l’option qui a été choisie dans les comptes individuels.
a. Les engagements de retraite sont déjà provisionnés dans les comptes individuels
Dans les comptes individuels, les dotations aux provisions enregistrées ont créé un décalage
temporaire déductible (les charges enregistrées ne sont pas immédiatement déductibles). Il faut donc
comptabiliser un actif d’impôt différé pour éliminer ce décalage temporaire déductible.
b. Les engagements de retraite ne sont pas provisionnés dans les comptes individuels
Dans ce cas, deux retraitements sont à effectuer dans les écritures de pré-consolidation :
1er retraitement : inscription au passif de la provision pour retraite ;
2ème retraitement : constatation d’un actif d’impôt différé pour éliminer le décalage temporaire
déductible créé par le premier retraitement.
132 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

3. Exemple
La société A a évalué ses engagements en matière d’indemnités de départ à la retraite :
- indemnité évaluée au 31/12/N-1 : 150 ;
- indemnité évaluée au 31/12/N : 168.
Le taux de calcul des impôts différés est de 33 1/3 %.
Journal de pré-consolidation de A (31/12/N)
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Les engagements de retraite sont déjà provisionnés dans les comptes individuels
Impôts différés – Actif 56 Résultat global 6
Réserves A (150 1/3) 50 Impôts sur les bénéfices différés 6
Résultat A (18 1/3) 6
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS

Les engagements de retraite ne sont pas provisionnés dans les comptes individuels
Réserves A 150 DP d’exploitation 18
Résultat A 18 Résultat global 18
Provisions pour pensions 168
Inscription des engagements au passif Rattachement de la charge au titre de N

Impôts différés – Actif 56 Résultat global 6


Réserves A 50 Impôts sur les bénéfices différés 6
Résultat A 6
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS

G. Contrats à long terme


1. Objectif de la méthode préférentielle
Dans les comptes consolidés, les opérations partiellement achevées à la clôture de l’exercice
(prestations de services ou fournitures de biens) devraient être comptabilisées suivant la méthode de
l’avancement.
La méthode à l’avancement consiste à comptabiliser le chiffre d’affaires et le résultat au fur et à
mesure de la réalisation de l’opération.
Remarque. Dans le règlement n° 99-03 du CRC, cette option est également considérée comme une méthode
préférentielle. L’autre méthode autorisée, la méthode à l’achèvement, consiste à comptabiliser le chiffre
d’affaires et le résultat au terme de l’opération. En cours d’opération, les travaux en cours sont constatés à la
clôture de l’exercice à hauteur des charges de production qui ont été engagées.

IAS/IFRS Les règles relatives aux contrats à long terme sont définies dans IAS 11 « Contrats de
construction ». La définition suivante du contrat de construction dans IAS 11 § 3 est
sensiblement la même que celle relative au contrat à long terme dans l’art. 380-1 du PCG :
Un contrat de construction est un contrat spécifiquement négocié pour la construction d’un actif ou
d’un ensemble d’actifs qui sont étroitement liés ou interdépendants en termes de conception, de
technologie et de fonction, ou de finalité ou d’utilisation.
La méthode à l’avancement, considérée comme préférentielle dans le règlement n° 99-02 du
CRC (PCG), est la seule méthode autorisée dans les normes comptables internationales. En
effet, la règle suivante est énoncée dans IAS 11 § 21 :
Lorsque le résultat d’un contrat de construction peut être estimé de façon fiable, les produits du contrat
et les coûts du contrat associés au contrat de construction doivent être comptabilisés respectivement en
produits et charges en fonction du degré d’avancement de l’activité du contrat à la date de clôture. Une
perte attendue sur le contrat de construction doit être immédiatement comptabilisée en charges […].

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 133

2. Conséquences pour les comptes consolidés


Lorsque la méthode préférentielle est appliquée dans les comptes consolidés, les retraitements de
pré-consolidation sont différents selon l’option qui a été choisie dans les comptes individuels.
a. La méthode à l’avancement est déjà appliquée dans les comptes individuels
Dans les comptes individuels, l’enregistrement du produit à recevoir n’a pas créé de décalage
temporaire. Il n’y a donc pas d’écriture de retraitement à enregistrer.
b. La méthode à l’achèvement a été appliquée dans les comptes individuels
Dans ce cas, deux retraitements sont à effectuer dans les écritures de pré-consolidation :
1er retraitement : inscription du produit à recevoir et élimination de l’en-cours de production ;
2ème retraitement : prise en compte de l’imposition différée pour éliminer le décalage
temporaire créé par le premier retraitement.
3. Exemple
a. Données de base
La société D est dans le périmètre de consolidation du groupe M. La société D utilise la méthode à
l’achèvement pour comptabiliser ses contrats à long terme en cours.
Le 1/08/N-1, la société D a signé avec un de ses clients un contrat relatif à la production d’un produit
à livrer au plus tard le 1/03/N+1. Le prix de vente prévu, révisable en fonction d’un indice technique,
est égal à 1 000. Les données suivantes concernent ce contrat en cours :
Données disponibles Données disponibles
au 31/12/N-1 au 31/12/N
Coût de production cumulé en cours 300 700
Coût de production global prévisionnel 1 000 (1) 1 050
Chiffre d’affaires prévisionnel 1 100 (2) 1 170
Résultat prévisionnel à terminaison 100 120
Pourcentage d’avancement du contrat (3) 24 % (3) 75 %

(1) Les prévisions ont pu être ajustées de manière plus précise.


(2) Révision contractuelle du prix de vente, compte tenu d’un indice technique.
(3) La société utilise des mesures physiques pour déterminer de façon fiable le pourcentage d’avancement de la
production en cours.

Les normes de consolidation du groupe M prévoient :


- l’utilisation de la méthode à l’avancement pour les contrats à long terme en cours ;
- le calcul des impôts différés au taux de 33 1/3 %.
b. Traitement comptable au 31/12/N-1
 Comptes individuels

331 Produits en cours 300


71331 Variation des produits en cours 300
Contrat à long terme en cours
134 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

 Comptes consolidés
Journal de pré-consolidation de D
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Clients. Produits non encore facturés 324 Variation des produits en cours 300
(300 + 100 24 %) (pour solde)
Produits en cours (pour solde) 300 Résultat global 24
Résultat D 24 Ventes de produits finis 324
Retraitement des produits en cours sur CLT Retraitement des comptes de gestion pour le
(application de la méthode à l’avancement) CLT

Résultat D (24 1/3) 8 Impôts sur les bénéfices différés 8


Impôts différés Passif 8 Résultat global 8
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS au produit net
(élimination du décalage temporaire imposable) comptabilisé

c. Traitement comptable au 31/12/N


 Comptes individuels
71331 Variation des produits en cours 300
331 Produits en cours (pour solde) 300
Élimination de l’en-cours initial sur CLT

331 Produits en cours 700


71331 Variation des produits en cours 700
Constatation de l’en-cours au 31/12/N sur CLT

 Comptes consolidés
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Clients. Produits non encore facturés 790 Variation des produits en cours 400
(700 + 120 75 %) (700 300) (pour solde)
Produits en cours (pour solde) 700 Résultat global 66
Réserves D (100 24 %) 24 Ventes de produits finis 466
Résultat D (120 75 % 100 24 %) 66 (790 324)
Retraitement des produits en cours Retraitement des comptes de gestion pour le
(application de la méthode à l’avancement) CLT

Réserves D (24 1/3) 8 Impôts sur les bénéfices différés 22


Vente
Résultat D (66 1/3) 22 Résultat global 22
s de
Impôts différés – Passif (90 1/3)
produi
30
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS au produit
(élimination du décalage temporaire imposable) ts net comptabilisé
finis

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 135

H. Coûts de développement
1. Objectif de la méthode préférentielle
Dans les comptes consolidés, les coûts de développement, ainsi que les coûts de création de sites
Internet actifs, devraient être comptabilisés à l’actif s’ils se rapportent à des projets nettement
individualisés, ayant de sérieuses chances de réussite technique et de rentabilité commerciale.
Remarques.
1. Dans le règlement n° 99-03 du CRC, cette option est également considérée comme une méthode
préférentielle. Notons toutefois que cette méthode ne peut être appliquée (dans les comptes individuels et
dans les comptes consolidés) qu’à condition que six critères soient réunis (cf. art. 311-3 du PCG).
2. Les conditions d’inscription à l’actif des sites Internet actifs créés prévues à l’art. 331-8 du PCG sont les
mêmes que celles de l’art. 311-3 pour les coûts de développement.

IAS/IFRS L’inscription des coûts de développement à l’actif, considérée comme une méthode
préférentielle dans le règlement n° 99-03 du CRC (PCG), est la seule méthode autorisée dans
les normes comptables internationales. L’art. 311-3 du PCG a repris les conditions
d’inscription à l’actif suivantes prévues dans IAS 38 « Immobilisations incorporelles » § 57 :
Une immobilisation incorporelle résultant du développement (ou de la phase de développement d’un
projet interne) doit être comptabilisée si, et seulement si, une entité peut démontrer ce qui suit :
a) la faisabilité technique nécessaire à l’achèvement de l’immobilisation incorporelle en vue de sa mise
en service ou de sa vente ;
b) son intention d’achever l’immobilisation incorporelle et de la mettre en service ou de la vendre ;
c) sa capacité à mettre en service ou à vendre l’immobilisation incorporelle et de la mettre en service ou
de la vendre ;
d) la façon dont l’immobilisation incorporelle générera des avantages économiques futurs probables.
L’entité doit démontrer, entre autres choses, l’existence d’un marché pour la production issue de
l’immobilisation incorporelle ou pour l’immobilisation incorporelle elle-même ou, si celle-ci doit être
utilisée en interne, son utilité ;
e) la disponibilité de ressources techniques, financières et autres, appropriées pour achever le
développement et mettre en service ou vendre l’immobilisation incorporelle ;
f) sa capacité à évaluer de façon fiable les dépenses attribuables à l’immobilisation incorporelle au cours
de son développement.

Remarque. Pour le traitement comptable des coûts de création de sites Internet actifs, SIC 32
« Immobilisations incorporelles – Coûts liés aux sites web » renvoie à IAS 38 § 57.

2. Conséquences pour les comptes consolidés


Lorsque la méthode préférentielle est appliquée dans les comptes consolidés, les retraitements de
pré-consolidation sont différents selon l’option qui a été choisie dans les comptes individuels.
a. Les coûts de développement ont été inscrits à l’actif, dans les comptes individuels
Dans les comptes individuels, l’inscription à l’actif des coûts de développement n’a pas créé de
décalage temporaire. L’amortissement de ces coûts immobilisés selon un plan et dans un délai
maximal de 5 ans n’a pas non plus créé de décalage temporaire.
Il n’y a donc pas d’écriture de retraitement à enregistrer.
b. Les coûts de développement activables sont restés dans les charges des comptes individuels
Dans ce cas, trois retraitements sont à enregistrer dans les écritures de pré-consolidation :
1er retraitement : inscription des coûts de développement à l’actif (valeur brute) ;
2ème retraitement : inscription de l’amortissement des coûts de développement (en valeur
soustractive d’actif) ;
3 retraitement : prise en compte de l’imposition différée pour éliminer le décalage
ème

temporaire imposable créé par les deux retraitements précédents.


136 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

3. Exemple
a. Données de base
Au cours de l’exercice N-1, la société G a engagé des coûts de développement d’un montant de 300
pour un nouveau projet. Les conditions d’inscription à l’actif du coût de ce projet sont réunies mais
l’entreprise n’applique pas la méthode préférentielle. Les frais ont donc été maintenus dans les
charges de l’exercice.
La société G est incluse dans le périmètre de consolidation du groupe M. En ce qui concerne les
coûts de développement, les règles de consolidation prévoient l’application de la méthode
préférentielle.
Dans les comptes retraités à envoyer à la société M, les coûts de développement doivent être inscrits
à l’actif et amortis sur une durée de cinq ans, par fractions égales.
Les impôts différés sont calculés au taux de 33 1/3 %.
b. Traitement comptable au 31/12/N-1
Journal de pré-consolidation de G
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
FRD 300 Résultat global 300
Résultat G 300 Immobilisations incorporelles 300
Inscription à l’actif des FRD engagés en Rattachement de la production immobilisée
N-1 (montant brut) incorporelle

Résultat G (300 1/5) 60 DA sur immob. incorp. et corporelles 60


Amortissements des FRD 60 Résultat global 60
Inscription de l’amortissement des FRD Rattachement de la dotation sur FRD

Résultat G ((300 – 60) 1/3) 80 Impôts sur les bénéfices différés 80


Impôts différés – Passif 80 Résultat global 80
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS au produit
(élimination du décalage temporaire imposable) net comptabilisé

1ère écriture : Pour inscrire les coûts de développement à l’actif, il faut constater en contrepartie une
production d’immobilisations incorporelles. Ce retraitement crée un décalage temporaire imposable puisque les
charges qui sont ainsi neutralisées ont été déduites du résultat fiscal imposable.
2ème écriture : La dotation aux amortissements des FRD crée un décalage temporaire déductible (la charge
est enregistrée dans les écritures de pré-consolidation mais elle n’a évidemment pas été déduite fiscalement).
3ème écriture : Le décalage temporaire net est imposable pour 240 (300 – 60). Il est donc éliminé par un
passif d’impôt différé, pour les comptes de bilan. Pour les comptes de gestion, la charge d’impôts différés
correspond exactement au montant du passif car les coûts de développement ont été engagés au cours de
l’exercice N-1.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 137

c. Traitement comptable au 31/12/N


Journal de pré-consolidation de G
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
FRD 300
Réserves G 300
Inscription à l’actif des FRD engagés en
N-1 (montant brut)

Réserves G (300 1/5) 60 DA sur immob. incorp. et corporelles 60


Résultat G (300 1/5) 60 Résultat global 60
Amortissements des FRD 120
Inscription des amortissements des FRD Rattachement de la dotation sur FRD
engagés en N-1 (60 pour N-1 et 60 pour N)

Réserves G ((300 – 60) 1/3) 80 Eà Résultat global 20


Résultat G (60 1/3) 20 Impôts sur les bénéfices différés 20
Impôts différés – Passif (180 1/3) 60
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à la
(élimination du décalage temporaire imposable) charge comptabilisée

1ère écriture : Pour inscrire les coûts de développement à l’actif, il faut constater en contrepartie une
augmentation des réserves puisque la production immobilisée concerne l’exercice précédent. Ce retraitement
crée le même décalage temporaire imposable qu’à la clôture de l’exercice précédent.
2ème écriture : Les amortissements (N-1 et N) créent un décalage temporaire déductible.
3ème écriture : Le décalage temporaire net est imposable pour 180 (300 – 120). Il est donc éliminé par un
passif d’impôt différé, pour les comptes de bilan. Pour les comptes de gestion, une économie d’IS est rattachée
à la charge de dotation (c’est toujours le même principe de rattachement des charges aux produits que l’on
applique dans les comptes consolidés).

Section 3. Autres méthodes optionnelles

I. Autres options pour lesquelles il n’existe pas de méthode préférentielle


Les autres règles comptables comportant des options susceptibles de présenter un choix entre
différentes méthodes (non préférentielles) sont notamment les suivantes :
Options applicables dans les comptes individuels et dans les comptes consolidés
Charges financières : possibilité de prise en compte dans le coût d’acquisition ou de production
d’un actif éligible (immobilisation ou stock) ;

IAS/IFRS Cette méthode comptable est obligatoire selon IAS 23 « Coûts d’emprunts » (cf. III.C).

Réévaluation des immobilisations corporelles et financières ;

Evaluation des stocks de biens fongibles : coût moyen pondéré ou « premier entré, premier
sorti » ;

IAS/IFRS Ces méthodes de détermination du coût des stocks sont également autorisées selon IAS 2
« Stocks » § 25 :
Le coût des stocks […] doit être déterminé en utilisant la méthode du premier entré – premier sorti
(PEPS) ou celle du coût moyen pondéré. […]
138 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Provisions pour pertes de change : exceptions prévues par l’art. 342-6 du PCG ;

IAS/IFRS Selon IAS 21 « Effets des variations des cours des monnaies étrangères », les écarts de
conversion doivent être inscrits directement en résultat. Il n’est donc pas constitué de
provision pour pertes de change. En conséquence, les exceptions prévues par l’art. 342-6 du
PCG ne sont évidemment pas applicables.

Dépenses de gros entretien ou de grandes révisions : choix entre composant et provision.

IAS/IFRS La constitution d’une provision n’est pas autorisée. Les dépenses d’entretien faisant l’objet
de programmes pluriannuels de gros entretien ou de grandes révisions en application de lois,
règlements ou de pratiques constantes de l’entité doivent obligatoirement être inscrites à
l’actif. Leur coût doit être amorti séparément en tant que composant. En effet, selon IAS 16
« Immobilisations corporelles » § 14 :
La poursuite de l’exploitation d’une immobilisation corporelle (un avion par exemple) peut être soumise
à la condition de la réalisation régulière d’inspections majeures destinées à identifier d’éventuelles
défaillances, avec ou sans remplacement de pièces. Lorsqu’une inspection majeure est réalisée, son coût
est comptabilisé dans la valeur comptable de l’immobilisation corporelle à titre de remplacement, si les
critères de comptabilisation sont satisfaits. Toute valeur comptable résiduelle du coût de la précédente
inspection (distincte des pièces physiques) est décomptabilisée. C’est le cas, que le coût de l’inspection
précédente ait ou non été identifié dans l’opération au cours de laquelle l’immobilisation a été acquise ou
construite. Si nécessaire, le coût estimé d’une inspection similaire future peut être utilisé comme
indication de ce qu’était le coût du composant existant de l’inspection au moment de l’acquisition ou de
la construction de l’élément.

La société consolidante fixe les règles et les méthodes qui doivent être adoptées dans les comptes
individuels retraités. Lorsque l’option retenue pour les comptes consolidés est différente de celle qui
a été appliquée dans les comptes individuels, un ajustement des comptes est nécessaire.
Sauf cas particuliers, les retraitements de pré-consolidation créent des décalages temporaires qui
doivent être neutralisés par la prise en compte de l’imposition différée, c’est-à-dire la
comptabilisation d’impôts différés.

II. Méthode complémentaire d’évaluation des stocks réservée aux comptes consolidés

A. Méthode « dernier entré, premier sorti » (LIFO en anglais : last in, first out)
Dans les comptes individuels, cette méthode d’évaluation des stocks de biens fongibles n’est pas
autorisée. En revanche, elle est applicable dans les comptes consolidés (cf. art. L 233-23 et R 233-
10). Par conséquent, son application dans les comptes consolidés crée un décalage temporaire
déductible ou imposable, selon le cas. Pour éliminer ce décalage temporaire il est donc nécessaire de
constater un actif ou un passif d’impôt différé.

IAS/IFRS Cette méthode comptable de détermination du coût des stocks n’est pas autorisée dans IAS 2
« Stocks ».

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 139

B. Exemple
1. Données de base
La société T évalue ses stocks de biens fongibles selon la méthode « premier entré, premier sorti ».
Dans les comptes retraités qui sont à envoyer à la société consolidante M, les stocks doivent être
évalués selon la méthode « dernier entré, premier sorti ». Les comptes consolidés du groupe M sont
établis conformément au règlement n° 99-02 du CRC.
Dans les travaux de pré-consolidation, les impôts différés sont calculés au taux de 33 1/3 %.
Les stocks de marchandises ont été analysés ainsi à la date du 31/12/N :
Comptes individuels (avant retraitement) Normes à appliquer
(méthode « premier entré, premier sorti ») (méthode « dernier entré, premier sorti »)
Stocks au 31/12/N 50 32
Stocks au 31/12/N-1 40 28
2. Traitement comptable au 31/12/N
Journal de pré-consolidation de T
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat T (50 – 32) 18 Variation des stocks de marchandises 18
Stocks de marchandises 18 Résultat global 18
Retraitement de la valeur du stock final, avant Diminution de la valeur du stock selon la
prise en compte de l’imposition différée méthode « dernier entré, premier sorti »

Impôts différés – Actif (18 1/3) 6 Résultat global 6


Résultat T 6 Impôts sur les bénéfices différés 6
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’augmentation des charges

Réserves T (40 – 28) 12 Résultat global 12


Résultat T 12 Variation des stocks de marchandises 12
Retraitement de la valeur du stock initial, avant Retraitement de la diminution de la valeur du
prise en compte de l’imposition différée stock initial ( Stock initial   Résultat)

Résultat T (12 1/3) 4 Impôts sur les bénéfices différés 4


Réserves T 4 Résultat global 4
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la
(élimination du décalage temporaire diminution des charges
imposable)

1ère écriture : Le stock final est ramené de 50 à 32 (valeur dans les comptes consolidés). En conséquence :
 Stock final et  Coût d’achat des marchandises vendues (en contrepartie) =  Résultat.
2ème écriture : La valeur de l’actif a diminué, ce qui a créé un décalage temporaire déductible. Il faut donc
constater un actif d’impôt différé pour éliminer ce décalage temporaire.
3ème écriture (délicate à analyser) : Il n’est pas possible de retraiter directement la valeur du stock initial car
celui-ci n’existe plus en comptabilité ! Donc, le retraitement ne peut être effectué que par transfert dans les
capitaux propres : dans les comptes individuels, le résultat a diminué de 40 alors qu’il n’aurait dû diminuer que
de 28, dans les comptes consolidés. Il faut donc diminuer le coût d’achat des marchandises vendues :
 Stock initial et  Coût d’achat des marchandises vendues (en contrepartie) =  Résultat.
4ème écriture : Il faut rattacher une charge d’IS à la diminution des charges déductibles pour respecter le
principe de rattachement des charges aux produits.
140 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

III. Incorporation des intérêts des capitaux empruntés dans le coût d’un actif éligible

A. Incorporation des coûts d’emprunt dans les comptes individuels (art. 321-5 du PCG)
Les coûts d’emprunt pour financer l’acquisition ou la production d’un actif éligible, immobilisation
ou stock, peuvent être inclus dans le coût de l’actif lorsqu’ils concernent la période de production
de cet actif, jusqu’à la date d’acquisition ou de réception définitive.
Définition du PCG. Un actif éligible est un actif qui nécessite une longue période de préparation ou
de construction avant de pouvoir être utilisé ou vendu.
Remarque. La durée de la longue période n’est pas définie dans le règlement n° 99-03 du CRC. On peut donc
raisonnablement penser que cette durée peut être inférieure à un an.

B. Limite à l’incorporation des coûts d’emprunt dans les comptes individuels (art. R 123-178)
L’art. R 123-178 est plus strict en ce qui concerne la possibilité d’incorporer les coûts d’emprunt
dans la valeur des stocks, dans les comptes individuels. En effet, cette faculté est limitée aux stocks
dont le cycle de production dépasse nécessairement la durée d’un an.
Remarque. Dans son avis n° 2004-15 relatif à la définition, la comptabilisation et l’évaluation des actifs, le
CNC a émis le vœu que cette disposition restrictive de l’art. R 123-178 soit supprimée.

C. Option complémentaire réservée aux comptes consolidés


Dans les comptes consolidés, selon l’art. R 233-10, les intérêts des capitaux empruntés pour financer
la fabrication d’un élément de l’actif circulant peuvent être inclus dans son coût lorsqu’ils concernent
la période de fabrication.
La durée de cette période n’est pas précisée. Elle peut donc être inférieure à un an.
L’application de cette option complémentaire dans les comptes consolidés crée un décalage
temporaire imposable générateur de passif d’impôt différé.

IAS/IFRS Un actif éligible est dénommé « actif qualifié » dans la norme IAS 23 « Coûts d’emprunts ».
Selon IAS 23 § 9, l’incorporation des intérêts des capitaux empruntés dans le coût d’un actif
éligible est obligatoire :
Les coûts d’emprunt qui sont directement attribuables à l’acquisition, la construction ou la production
d’un actif qualifié sont inclus dans le coût de cet actif. De tels coûts d’emprunt sont incorporés comme
composante du coût de l’actif lorsqu’il est probable qu’ils généreront des avantages économiques futurs
pour l’entité et que les coûts peuvent être évalués de façon fiable. […]

D. Exemple
1. Données de base
Le cycle de production des produits fabriqués par la société F a une durée moyenne de 4 mois. La
société F ne peut donc pas inclure dans le coût de ses produits les intérêts des capitaux empruntés
pour financer leur production.
Dans les travaux de pré-consolidation, la société F doit réajuster la valeur de ses stocks de produits
en incluant les intérêts des capitaux empruntés pour financer la production.
Les impôts différés sont calculés au taux de 33 1/3 %.
Les données du tableau ci-dessous résultent d’une analyse au 31/12/N.
Comptes individuels (hors intérêts des Normes à appliquer
capitaux empruntés pour le financement) (intérêts des capitaux empruntés inclus)
Stocks au 31/12/N 1 000 1 024
Stocks au 31/12/N-1 1 060 1 090

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2. Traitement comptable au 31/12/N


Journal de pré-consolidation de F
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Stocks de produits (1 024 – 1 000) 24 Résultat global 24
Résultat F 24 Variation des stocks de produits 24
Retraitement de la valeur du stock final, avant Inclusion des intérêts des capitaux empruntés
prise en compte de l’imposition différée dans la valeur du stock final de produits

Résultat F (24 1/3) 8 Impôts sur les bénéfices différés 8


Impôts différés – Passif 8 Résultat global 8
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à l’augmentation
(élimination du décalage temporaire imposable) des produits

Résultat F (1 090 – 1 060) 30 Variation des stocks de produits 30


Réserves F 30 Résultat global 30
Retraitement de la valeur du stock initial, avant Retraitement de l’augmentation de la valeur du
prise en compte de l’imposition différée stock initial ( Stock initial  Résultat)

Réserves F (30 1/3) 10 Résultat global 10


Résultat F 10 Impôts sur les bénéfices différés 10
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à la
(élimination du décalage temporaire déductible) diminution des produits

IV. Incidence des réévaluations pratiquées dans les comptes individuels (§ 302)

A. Elimination de la réévaluation ou choix de la réévaluation pour l’ensemble du groupe


Une entreprise consolidée peut être conduite à pratiquer dans ses comptes individuels, une
réévaluation de l’ensemble de ses immobilisations corporelles et financières (selon les dispositions
de l’art. L 123-18, pour les entreprises françaises) ou une réévaluation libre si la législation du pays
où est située l’entreprise le permet.
Si une entreprise du groupe a procédé à une réévaluation dans ses comptes individuels, il convient
soit de l’éliminer dans les comptes consolidés, soit de pratiquer la réévaluation pour l’ensemble du
groupe dans les conditions fixées par l’art. L 123-18. Dans ce cas, la réévaluation doit être effectuée
selon des modalités uniformes.

IAS/IFRS Pour l’évaluation de ses immobilisations corporelles et incorporelles, une entité doit choisir
pour méthode comptable, soit le modèle du coût, soit le modèle de la réévaluation. Le
modèle du coût est ainsi défini dans les normes IAS 16 « Immobilisations corporelles » § 30
et IAS 38 « Immobilisations incorporelles » § 74 :
Après sa comptabilisation initiale, une immobilisation corporelle (ou incorporelle) doit être
comptabilisée à son coût diminué du cumul des amortissements et du cumul des pertes de valeur.
Remarque. Les « pertes de valeur » dans les normes IAS/IFRS correspondent aux « dépréciations »
dans la réglementation française.

Le modèle de réévaluation est défini de la manière suivante dans IAS 16 § 31 et IAS § 75 :


Après sa comptabilisation en tant qu’actif, une immobilisation corporelle (ou incorporelle) dont la juste
valeur peut être évaluée de manière fiable doit être comptabilisée à son montant réévalué, à savoir sa
juste valeur à la date de réévaluation, diminuée du cumul des amortissements ultérieurs et du cumul des
pertes de valeur ultérieures. Les réévaluations doivent être effectuées avec une régularité suffisante pour
que la valeur comptable ne diffère pas de façon significative de celle qui aurait été déterminée en
utilisant la juste valeur à la date de clôture.
NB. La réévaluation ne porte pas obligatoirement sur l’ensemble des immobilisations corporelles et
incorporelles. Elle peut se limiter à une catégorie d’immobilisations ou un regroupement d’actifs de
nature et d’usage similaire au sein de l’activité d’une entité. Contrairement à la réglementation française,
il est possible de réévaluer une immobilisation incorporelle, à condition toutefois qu’elle ait été
initialement comptabilisée au coût (cf. IAS § 77) et qu’il existe un marché actif pour cet actif.
142 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

B. Exemple
1. Données de base
La société F est dans le périmètre de consolidation du groupe M. Selon les normes de consolidation
du groupe, dans les travaux de pré-consolidation à réaliser, chaque entité a l’obligation d’éliminer
l’incidence d’une réévaluation pratiquée dans ses comptes individuels.
A la date du 31/12/N-1, la société F a réévalué l’ensemble de ses immobilisations corporelles et
financières. Les écarts de réévaluation ont été regroupés dans le tableau d’analyse ci-dessous.
Valeur nette Valeur actuelle Ecart de
comptable réévaluation
Terrain 100 520 420
Construction (1) 180 225 45
Titres immobilisés 40 70 30
495
(1) La construction a été acquise pour un coût de 300, le 1/01/N-10. Elle est amortissable en mode linéaire sur
une durée d’utilisation de 25 ans. A partir du 1/01/N, sa durée d’utilisation restante est donc de 15 ans.

L’écart de réévaluation a été réintégré extra-comptablement au résultat fiscal imposable, ce qui a


entraîné une augmentation de l’IS exigible pour un montant de 165 (495 33 1/3 %).
Le plan d’amortissement de la construction a été révisé de manière prospective pour tenir compte de
la nouvelle base de calcul des amortissements (225) à partir de l’exercice N. La dotation prévue pour
l’exercice N est égale à 15 (225/15). La dotation qui était prévue dans le plan d’amortissement initial
était égale à 12 (300/25).
Les deux hypothèses suivantes sont envisagées, en ce qui concerne le supplément d’amortissement
relatif à la partie réévaluée de la construction (15 – 12 = 3), pour l’exercice N :
- Hypothèse 1 : le supplément est maintenu dans le compte 1052 « Ecart de réévaluation libre » ;
- Hypothèse 2 : le supplément est transféré à un compte distribuable, par hypothèse un compte de
réserves ordinaires (conformément aux dispositions de l’art. 350-1 du PCG).
2. Traitement comptable au 31/12/N-1
Journal de pré-consolidation de F
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecart de réévaluation libre (pour solde) 495
Terrain 420
Constructions 45
Titres immobilisés 30
Elimination de l’écart de réévaluation, avant
prise en compte de l’imposition différée

Impôts différés Actif 165 Résultat global 165


Résultat F (495 1/3) 165 Impôts sur les bénéfices différés 165
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS pour
(élimination du décalage temporaire déductible) neutraliser l’IS exigible résultant de la
réévaluation

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3. Traitement comptable au 31/12/N


Journal de pré-consolidation de F
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Hypothèse 1 : le supplément d’amortissement relatif à la partie réévaluée de la construction a
été maintenu dans le compte « Ecart de réévaluation libre ».
Ecart de réévaluation libre (pour solde) 495
Terrains 420
Constructions 45
Titres immobilisés 30
Elimination de l’écart de réévaluation, avant
prise en compte de l’imposition différée

Amortissements des constructions 3 Résultat global 3


Résultat F (15 – 12) 3 DA sur imm. incorp. et corporelles 3
Elimination du supplément d’amortissement Elimination du supplément de dotation
relatif à la partie réévaluée de la construction relatif à la partie réévaluée de la construction

Impôts différés – Actif (495 3) 1/3 164 Impôts sur les bénéfices différés 1
Résultat F (3 1/3) 1 Résultat global 1
Réserves F (495 1/3) 165
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la diminution
(élimination du décalage temporaire déductible) des dotations

Hypothèse 2 : le supplément d’amortissement a été transféré du compte « Ecart de réévaluation


libre » à un compte de réserves.
Remarque. Dans ce cas, seule la première écriture est modifiée. Dans les comptes individuels, le
supplément d’amortissement relatif à la partie réévaluée de la construction, soit 3 (15 – 12), a été viré du
crédit du compte 1052 « Ecart de réévaluation libre » au crédit du compte 1068 « Autres réserves ».
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecart de réévaluation libre (pour solde) 492
(495 – 3)
Réserves F 3
Terrains 420
Constructions 45
Titres immobilisés 30
Elimination de l’écart de réévaluation

Remarque. Les deux autres écritures sont les mêmes que dans l’hypothèse 1.
144 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

CHAPITRE 4. CONVERSION DES COMPTES LIBELLÉS EN MONNAIE ÉTRANGÈRE

La conversion des comptes libellés en monnaie étrangère fait partie des opérations préalables à la
consolidation. Les travaux de conversion sont en général réalisés en fin de pré-consolidation.
Selon le processus de consolidation du groupe, ils sont effectués, soit par la société concernée elle-
même, soit par la société consolidante.
Dans le règlement n° 99-02 du CRC, deux méthodes de conversion sont prévues pour les sociétés
consolidées qui établissent leurs comptes annuels en monnaie étrangère :
- la méthode du cours historique ;
- la méthode du cours de clôture.
Ces méthodes de conversion sont indépendantes de la méthode de consolidation qui doit être
appliquée pour chacune des sociétés étrangères.

IAS/IFRS Dans la norme IAS 21 « Effets des variations des cours des monnaies étrangères » § 8, l’entité
dont les comptes doivent être convertis est appelée « activité à l’étranger » :
Une activité à l’étranger est une entité qui est une filiale, une entreprise associée, une coentreprise ou
une succursale de l’entité présentant les états financiers, et dont les opérations sont fondées ou conduites
dans un pays ou dans une monnaie autres que ceux de l’entité présentant les états financiers.

Section 1. Choix de la méthode de conversion (§ 320)

Le mode de conversion des comptes établis en monnaie étrangère doit être choisi en fonction de trois
paramètres :
- la monnaie locale de l’entité (monnaie dans laquelle elle établit ses comptes individuels) ;
- sa monnaie de fonctionnement ;
- la monnaie de la société consolidante.

IAS/IFRS La monnaie de fonctionnement est appelée « monnaie fonctionnelle » et la monnaie de la


société consolidante est appelée « monnaie de présentation ».

Il faut déterminer tout d’abord la monnaie de fonctionnement de l’entité concernée.

I. Monnaie de fonctionnement et autonomie financière


La monnaie de fonctionnement d’une entité est déterminée en fonction de son degré d’autonomie
économique et financière.

IAS/IFRS La monnaie de fonctionnement est ainsi définie au § 8 :


La monnaie fonctionnelle est la monnaie de l’environnement économique principal dans lequel opère
l’entité.

Le § 9 complète cette définition en précisant que l’environnement économique dans lequel


une entité fonctionne est normalement celui dans lequel elle génère et dépense sa trésorerie.

A. Entité consolidée autonome


Lorsque l’entité a une autonomie économique et financière, la monnaie locale est sa monnaie de
fonctionnement.
Entité Monnaie de fonctionnement
Autonome Monnaie locale de l’entité

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B. Entité consolidée non autonome


Lorsque l’exploitation de l’entité fait partie intégrante des activités d’une entreprise qui établit ses
comptes dans une autre monnaie, c’est la monnaie de cette dernière qui est la monnaie de
fonctionnement de l’entité, en principe.
Les exemples suivants sont donnés au § 320 :
la monnaie nationale de l’entreprise consolidante est prépondérante sur le plan des opérations ou du
financement d’une filiale étrangère ;
une filiale étrangère a des liens commerciaux ou financiers prépondérants avec l’entreprise consolidante
(un exemple de ce qui est considéré comme une extension de l’exploitation de l’entreprise consolidante :
une filiale vend uniquement des biens importés de l’entreprise consolidante et lui remet les produits
correspondants) ;
les « holdings de pays », c’est-à-dire les entreprises regroupant la plupart des filiales et participations
détenues par un groupe dans un pays, font partie de cette catégorie.
Entité Monnaie de fonctionnement
Non autonome Monnaie nationale de l’entreprise dominante

II. Règle à appliquer pour le choix de la méthode

A. Tableau d’analyse du choix de la méthode

Entité Monnaie de fonctionnement Méthode de conversion


obligatoire
Autonome Monnaie locale de l’entité Cours de clôture (1)
Non autonome Monnaie nationale de l’entreprise dominante (2) Cours historique
(1) La méthode du cours de clôture est utilisée pour passer de la monnaie de fonctionnement à la monnaie de la
société consolidante.
Remarque. Dans ce cas, les comptes convertis sont ensuite consolidés, soit par intégration, soit par mise en
équivalence.
(2) Si cette monnaie de fonctionnement n’est pas la monnaie de la société consolidante, les comptes convertis
dans un premier temps au cours historique doivent être ensuite convertis au cours de clôture (passage de la
monnaie de fonctionnement à la monnaie de la société consolidante).

Des règles spécifiques sont prévues au § 321 pour les entreprises situées dans des pays à forte
inflation.

B. Exemple
Les liens de participation de la société consolidante M avec des sociétés incluses dans son périmètre
de consolidation sont présentés dans l’organigramme ci-dessous. La monnaie locale dans laquelle
sont établis les comptes individuels est indiquée entre parenthèses.
M (€)

A (USD) B (USD) C (€)

D (CAD) E (CAD) F (USD)


A, B, C et D sont autonomes du point de vue économique et financier. Par contre, B intervient de
manière prépondérante dans le financement de E, et l’activité principale de F consiste à revendre les
produits achetés à C.
146 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Monnaie Monnaie de Méthode obligatoire


Société locale fonctionnement de conversion des comptes
Cours historique Cours de clôture
M € €
A USD USD USD  €
B USD USD USD  €
C (1) € €
D CAD CAD CAD  €
E (2) CAD USD CAD  USD USD  €
F (3) USD € USD  €
(1) Le fait que C soit autonome ou pas n’a aucun impact puisque ses comptes individuels sont établis dans la
monnaie de la société consolidante.
(2) Les deux méthodes de conversion doivent être appliquées successivement. D’abord, la méthode du cours
historique pour convertir les comptes de la monnaie locale de E (CAD) à sa monnaie de fonctionnement (USD).
Ensuite, la méthode du cours de clôture pour convertir les comptes résultant de la première conversion (en
USD) en monnaie de la société consolidante M (€).
(3) La méthode du cours de clôture ne doit pas être appliquée car la monnaie de fonctionnement de F (€) est la
monnaie de la société consolidante M.

III. Inscription des écarts de conversion dans les comptes consolidés


Selon les dispositions de l’art. R 233-9, l’écart constaté d’un exercice à l’autre et qui résulte de la
conversion en monnaie nationale des comptes libellés dans une autre monnaie est inscrit
distinctement, selon la méthode de conversion retenue :
- soit dans le compte de résultat consolidé, au compte à caractère financier « Ecarts de conversion » ;
- soit dans les capitaux propres consolidés, au poste « Ecarts de conversion ».
Remarque. Ces dispositions n’ont d’impact que si les comptes de la société concernée sont intégrés.

Section 2. Méthode du cours historique


Les opérations de conversion doivent être effectuées dans l’ordre suivant :
- conversion des comptes de bilan ;
- conversion des comptes de gestion ;
- constatation des écarts de conversion.

I. Conversion des comptes de bilan

A. Conversion des éléments non monétaires


Les éléments non monétaires (immobilisations, stocks, capitaux propres hors résultat) sont convertis
au cours historique, c’est-à-dire au cours de change à la date de l’entrée des éléments dans le
patrimoine.
Remarque. Le résultat en monnaie étrangère n’est pas converti. Il n’est donc pas pris en compte.

IAS/IFRS La caractéristique principale d’un « élément non monétaire » est précisée dans IAS 21
« Effets des variations des cours des monnaies étrangères » § 16 :
[…] la caractéristique principale d’un élément non monétaire est l’absence de tout droit de recevoir (ou
de toute obligation de livrer) un nombre fixe ou déterminable d’unités monétaires. On peut citer, à titre
d’exemple : les montants payés d’avance pour les biens et les services (par exemple, le loyer payé
d’avance), le goodwill, les immobilisations incorporelles, les stocks, les immobilisations corporelles
[…].

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B. Conversion des éléments monétaires


Les éléments monétaires (disponibilités, créances, provisions et dettes) sont convertis au cours de
clôture.

IAS/IFRS Les « éléments monétaires » sont ainsi définis dans IAS 21 § 8 :


Les éléments monétaires sont les unités monétaires détenues et les éléments d’actif et de passif devant
être reçus ou payés dans un nombre d’unités monétaires déterminé ou déterminable.

C. Poste « Résultat » du bilan après conversion des comptes


Le solde du compte « Résultat » est obtenu par différence, pour équilibrer les comptes de bilan
convertis.
Remarque. Le résultat de l’exercice n’est pas déterminé par la différence entre les produits et les charges mais
à partir du bilan. C’est évidemment le même résultat que l’on devra retrouver dans le compte de résultat. Les
écarts de conversion qui en résulteront seront donc inscrits dans le compte de résultat et non pas dans le bilan.

II. Conversion des comptes de gestion


Dotations
Les dotations aux amortissements et aux dépréciations sont converties au même cours historique que
les éléments d’actif non monétaires qu’elles concernent (immobilisations ou stocks).
Remarque. La valeur nette comptable de ces éléments d’actif non monétaires est donc toujours convertie au
cours historique.

IAS/IFRS En ce qui concerne la dépréciation des actifs non monétaires, il y a une divergence d’analyse
entre la réglementation française et les normes internationales.
Dans le règlement n° 99-02 du CRC, la dépréciation est calculée dans la monnaie étrangère
puis convertie au cours historique. Tandis que dans les normes internationales la dépréciation
est calculée après la conversion des éléments d’actifs concernés (cf. IAS § 25) :
[…] Lorsqu’un tel actif est non monétaire et qu’il est évalué dans une monnaie étrangère, sa valeur
comptable est déterminée par comparaison entre :
a) le coût ou la valeur comptable, selon le cas, converti(e) au cours de change de la date de
détermination de ce montant (c’est-à-dire au cours de la date de la transaction pour un élément évalué à
son coût historique) ; et
b) la valeur nette de réalisation ou la valeur recouvrable, selon le cas, convertie au cours de change à la
date où cette valeur a été déterminée (par exemple, le cours à la date de clôture).
Cette comparaison peut entraîner la comptabilisation d’une perte de valeur dans la monnaie
fonctionnelle, alors qu’elle n’aurait pas eu lieu dans la monnaie étrangère, ou vice versa.

Autres charges et produits


En principe, ils sont convertis au cours de change à la date où ils sont constatés.
En pratique, ils sont convertis au cours moyen de la période (mensuel, trimestriel, semestriel, voire
annuel).
148 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

III. Comptabilisation des écarts de conversion


L’écart de conversion est obtenu par différence, pour équilibrer le compte de résultat.
Un compte de gestion « Ecarts de conversion » doit être créé à cet effet. Ce compte s’inscrit au
poste « Charges et produits financiers » du compte de résultat consolidé.

IAS/IFRS Les modalités de mise en œuvre de la méthode du cours historique sont similaires. En effet,
d’après IAS 21 § 23 :
A chaque date de clôture :
a) les éléments monétaires […] doivent être convertis en utilisant le cours de clôture ;
b) les éléments non monétaires […] qui sont évalués au coût historique doivent être convertis en utilisant
le cours de change à la date de transaction ; et
c) les éléments non monétaires […] qui sont évalués à la juste valeur doivent être convertis en utilisant
les cours de change de la date à laquelle cette juste valeur a été déterminée.

Section 3. Méthode du cours de clôture


Les opérations de conversion doivent être effectuées dans l’ordre suivant :
- conversion des comptes de gestion ;
- conversion des comptes de bilan ;
- constatation des écarts de conversion.

I. Conversion des comptes de gestion


Les produits et les charges (y compris les dotations aux amortissements et aux dépréciations) sont
convertis au cours moyen de la période.
Remarque. Le compte de bilan « Résultat » doit donc être converti au même cours moyen de la période,
contrairement aux autres comptes de bilan.

II. Conversion des comptes de bilan


Il faut distinguer trois catégories différentes.
Résultat de l’exercice : Il est converti au cours moyen de la période, comme les comptes de
gestion.
Capitaux propres (hors résultat) : Ils sont convertis au cours historique.
Actifs et passifs (monétaires et non monétaires) : Ils sont convertis au cours de clôture.

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III. Comptabilisation des écarts de conversion


Un écart de conversion est obtenu par différence, pour équilibrer le bilan.
Un compte de capitaux propres « Ecarts de conversion » doit être créé à cet effet.
Remarque. En fin de travaux de consolidation, lors du partage des capitaux propres de la société étrangère
intégrée, le compte de bilan « Ecarts de conversion » sera soldé par transfert :
- au poste « Ecarts de conversion » dans les Capitaux propres (part du groupe) », pour la part revenant à
la société consolidante ;
- et, pour le reste, au poste « Intérêts minoritaires ».

IAS/IFRS Les modalités de mise en œuvre de la méthode du cours de clôture sont similaires. En effet,
d’après IAS 21 § 39 :
Le résultat et la situation financière d’une entité dont la monnaie fonctionnelle n’est pas la monnaie
d’une économie hyper inflationniste doivent être convertis […] en utilisant les procédures suivantes :
a) les actifs et les passifs […] doivent être convertis au cours de clôture […] ;
b) les produits et les charges de chaque compte de résultat […] doivent être convertis au cours de change
en vigueur aux dates des transactions ; et
c) tous les écarts de change en résultant doivent être comptabilisés en tant que composante distincte des
capitaux propres.

Le § 40 apporte la précision suivante :


Pour des raisons pratiques, un cours approchant les cours de change aux dates des transactions, par
exemple un cours moyen pour la période, est souvent utilisé pour convertir les éléments de produits et de
charges. Toutefois, si les cours de change connaissent des fluctuations importantes, l’utilisation du cours
moyen pour une période n’est pas appropriée.

Section 4. Comparaison des deux méthodes de conversion

I. Tableau récapitulatif des cours de conversion à utiliser


Méthode de conversion
Cours historique Cours de clôture
Comptes de bilan
Capitaux propres (hors résultat) cours historique cours historique
Ecarts de conversion n’existe pas Ecart obtenu
par différence
Résultat Résultat obtenu cours moyen
par différence
Eléments monétaires du bilan cours de clôture cours de clôture
Autres éléments (non monétaires) cours historique
Comptes de gestion
Dotations aux amortissements et aux dépréciations cours historique (1) cours moyen
Autres charges et produits cours moyen
Ecarts de conversion Ecart obtenu n’existe pas
par différence
Comptabilisation des écarts de conversion Résultat financier Capitaux propres
(compte de résultat) (bilan)
(1) Il s’agit du cours historique des actifs non monétaires correspondants (immobilisations et stocks).
150 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

II. Exemple

A. Données de base
La société canadienne A doit envoyer à la société consolidante M ses comptes individuels convertis
en euros. Dans une première étape des travaux de pré-consolidation, ses comptes ont été reclassés et
retraités en dollars canadiens (CAD) dans un journal spécifique de pré-consolidation.
Les travaux qui restent à effectuer consistent :
- d’une part, à convertir en euros les comptes individuels retraités ;
- d’autre part, à ouvrir un autre journal spécifique et à reporter dans ce journal les comptes
individuels convertis dans la monnaie de la société consolidante.
Le bilan et le compte de résultat retraités au 31/12/N sont présentés ci-dessous, en CAD.
Bilan retraité de A au 31/12/N (en CAD)
ACTIF PASSIF
Immobilisations (1) 500 Capital (3) 250
(brut : 600, amortissements : 100) Réserves (4) 120
Stocks (2) 60 Résultat 70
(brut : 80, dépréciations : 20) Provisions 50
Créances et disponibilités 340 Dettes 410
(brut : 340, dépréciations : 0)
900 900
(1) Les immobilisations ont toutes été acquises le 1/09/N-3.
(2) Stocks au 1/01/N : 90 (pas de dépréciation).
(3) Constitution de la société : 1/01/N-3.
(4) Les réserves proviennent de bénéfices réalisés en N-2 et en N-1 (la perte de N-3 a été apurée) :
- bénéfice N-2 : 20 ;
- bénéfice N-1 : 100.
Compte de résultat retraité de A (en CAD)
Variation des stocks 10 Produits divers 500
Charges diverses 330
Dotations aux amortissements 30
Dotations aux dépréciations 20
Dotations aux provisions 40
Résultat (bénéfice) 70
500 500

Les normes de consolidation du groupe prévoient les règles suivantes :


- le cours moyen de la période est obtenu en calculant la moyenne du cours du début et de fin d’exercice ;
- le cours historique des stocks est le cours moyen de la période ;
- le cours historique des réserves est le cours moyen de l’exercice au cours duquel le résultat correspondant a
été réalisé.

Tableau récapitulatif des cours du dollar canadien (CAD) en euros :


N-3 N-2 N-1 N
1/01 1/09 31/12 31/12 31/12 31/12
Cours en euros 0,62 0,65 0,68 0,70 0,72 0,64

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B. Conversion des comptes et écritures de report des comptes après conversion


1. Méthode du cours historique
La conversion des comptes doit être faite dans l’ordre suivant :
- 1ère étape : conversion des comptes de bilan ;
- 2ème étape : conversion des comptes de gestion.
a. Conversion des comptes de bilan au 31/12/N
Valeur Cours du Valeur Valeur Cours Valeur
ACTIF PASSIF
en CAD CAD en euros en CAD du CAD en euros
Immobilisations 500 0,65 325 Capital 250 0,62 155
Stocks 60 (1) 0,68 40,8 Réserves 120 (2) (2) 84,8
Créances et disponibilités 340 0,64 217,6 Résultat 70 (3) 49,2
Provisions 50 0,64 32
Dettes 410 0,64 262,4
900 583,4 900 583,4
(1) (0,72 + 0,64)/2
(2) 20 (0,68 + 0,70)/2 + 100 (0,70 + 0,72)/2
(3) Montant obtenu par différence pour équilibrer le bilan converti en euros.
b. Conversion des comptes de gestion au 31/12/N
Valeur Cours du Valeur Valeur Cours Valeur
CHARGES PRODUITS
en CAD CAD en euros en CAD du CAD en euros
Variation des stocks 10 (1) 0,68 6,8 Produits divers 500 0,68 340
Charges diverses 330 0,68 224,4
Dotations aux amortissements 30 0,65 19,5
Dotations aux dépréciations 20 0,68 13,6 Ecarts de conversion (3) 0,7
Dotations aux provisions 40 0,68 27,2
Résultat (bénéfice) 70 (2) 49,2
500 340,7 500 340,7
(1) (0,72 + 0,64)/2
(2) Montant reporté d’après la valeur au bilan.
(3) Montant obtenu par différence pour équilibrer le compte de résultat converti en euros.

c. Ecritures de report des comptes après conversion


Journal de pré-consolidation de A
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Immobilisations 325 Variation des stocks 6,8
Stocks 40,8 Charges diverses 224,4
Créances et disponibilités 217,6 Dotations aux amortissements 19,5
Capital A (1) 155 Dotations aux dépréciations 13,6
Réserves A (1) 84,8 Dotations aux provisions 27,2
Résultat A (1) 49,2 Résultat global 49,2
Provisions 32 Produits divers 340
Dettes 262,4 Ecarts de conversion 0,7
Report des comptes de bilan après conversion Report des comptes de gestion après
en euros conversion en euros

(1) Les comptes de capitaux propres de A doivent être individualisés pour être consolidés ensuite par la société
mère M.
152 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

2. Méthode du cours de clôture


La conversion des comptes doit être faite dans l’ordre suivant :
- 1ère étape : conversion des comptes de gestion ;
- 2ème étape : conversion des comptes de bilan.
a. Conversion des comptes de gestion au 31/12/N
Valeur Cours Valeur Valeur Cours Valeur
CHARGES PRODUITS
en CAD du CAD en euros en CAD du CAD en euros
Variation des stocks 10 0,68 6,8 Produits divers 500 0,68 340
Charges diverses 330 0,68 224,4
Dotations aux amortissements 30 0,68 20,4
Dotations aux dépréciations 20 0,68 13,6
Dotations aux provisions 40 0,68 27,2
Résultat (bénéfice) 70 (1) 47,6
500 340 500 340

(1) Montant obtenu par différence pour équilibrer le compte de résultat converti en euros. Compte tenu du fait
que tous les produits et charges sont convertis au même cours moyen de la période (0,72 + 0,64)/2), le résultat
peut être obtenu également en appliquant le même cours moyen au résultat en CAD. En conséquence,
contrairement à la méthode du cours historique, il n’est pas nécessaire de respecter un ordre de conversion des
comptes dans la méthode du cours de clôture.
b. Conversion des comptes de bilan au 31/12/N
Valeur Cours Valeur Valeur Cours Valeur
ACTIF PASSIF
en CAD du CAD en euros en CAD du CAD en euros
Immobilisations 500 0,64 320 Capital 250 0,62 155
Stocks 60 0,64 38,4 Réserves 120 (1) (1) 84,8
Créances et disponibilités 340 0,64 217,6 Résultat 70 (2) 47,6
Ecarts de conversion (3) 5,8
Provisions 50 0,64 32
Dettes 410 0,64 262,4
900 576 900 576
(1) 20 (0,68 + 0,70)/2 + 100 (0,70 + 0,72)/2
(2) Montant reporté d’après la valeur au compte de résultat.
(3) Montant obtenu par différence pour équilibrer le bilan converti en euros.

c. Ecritures de report des comptes après conversion


Journal de pré-consolidation de A
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Immobilisations 320 Variation des stocks 6,8
Stocks 38,4 Charges diverses 224,4
Créances et disponibilités 217,6 Dotations aux amortissements 20,4
Ecarts de conversion A (1) 5,8 Dotations aux dépréciations 13,6
Capital A (1) 155 Dotations aux provisions 27,2
Réserves A (1) 84,8 Résultat global 47,6
Résultat A (1) 47,6 Produits divers 340
Provisions 32
Dettes 262,4
Report des comptes de bilan après Report des comptes de gestion après
conversion en euros conversion en euros

(1) Les comptes de capitaux propres, y compris les écarts de conversion, doivent être individualisés pour être
consolidés par la société mère M, quelle que soit la méthode de consolidation appliquée.

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CHAPITRE 5. EXERCICES D’APPLICATION DU TITRE 2

Thème n° 1 : RETRAITEMENT OBLIGATOIRE DES PROVISIONS RÉGLEMENTÉES


1. Données de base
La société A est une entité comprise dans le périmètre de consolidation de la société M. On vous
communique des données incluses dans les comptes individuels de A avant les retraitements de pré-
consolidation :
Extrait du bilan des trois derniers exercices
Valeurs au bilan
31/12/N-2 31/12/N-1 31/12/N
CAPITAUX PROPRES
Provisions réglementées
Provisions pour investissement - 50 95
Provisions pour hausse des prix - 75 108
Amortissements dérogatoires - 24 30
Extrait du tableau des provisions au 31/12/N-1 (clôture de l’avant-dernier exercice)
Provisions Mouvements de l’exercice Provisions
au 1/01/N-1 Dotations Reprises au 31/12/N-1
Provisions pour investissement - 50 - 50
Provisions pour hausse des prix - 75 - 75
Amortissements dérogatoires - 24 - 24
Extrait du tableau des provisions au 31/12/N (clôture du dernier exercice)
Provisions Mouvements de l’exercice Provisions
au 1/01/N Dotations Reprises au 31/12/N
Provisions pour investissement 50 45 - 95
Provisions pour hausse des prix 75 33 - 108
Amortissements dérogatoires 24 15 9 30

2. Enregistrements dans les comptes individuels N et conséquences


Dans les comptes individuels, le traitement comptable ne génère pas de décalage temporaire entre la
comptabilité et la fiscalité. Les dotations enregistrées sont déductibles et les reprises enregistrées
sont imposables.
Hypothèses de travail : La société A est soumise à l’IS au taux de 33 1/3 % et son résultat fiscal est
bénéficiaire.
31/12/N
6872 DP réglementées (immobilisations) (45 + 15) 60 CONSEQUENCES (en cascade) :
6873 DP réglementées (stocks) 33 en comptabilité
1424 Provisions pour investissement 45  Capitaux propres (1) : 93 et  Résultat : 93
 Capitaux propres (1) : 9 et  Résultat : 9
1431 Provisions pour hausse des prix 33
en fiscalité
145 Amortissements dérogatoires 15  Résultat imposable : 93 (dotation déductible)
Dotations de l’exercice  Résultat imposable : 9 (reprise imposable)
Il n’y a pas de décalage temporaire entre
145 Amortissements dérogatoires 9 comptabilité et fiscalité.
7872 RP réglementées (immobilisations) 9 en comptabilité (incidence de l’IS)
Reprises de l’exercice  Charge d’IS =  Résultat : (93 9) 1/3 = 28 (2)

(1) Il s’agit des capitaux propres (hors résultat). Hors effet d’impôt, les dotations et les reprises sur provisions
réglementées n’ont pas d’impact sur le montant des capitaux propres (résultat inclus) puisque les provisions
réglementées font partie des capitaux propres.
(2) Après effet d’impôt, les capitaux propres (résultat inclus) ont augmenté de 28.
154 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Du fait de l’incidence de l’IS dans les comptes individuels, le traitement comptable des provisions
réglementées a eu un impact sur les capitaux propres au 31/12/N. L’image des comptes individuels a
donc été faussée puisque les capitaux propres de A ont augmenté de 28.
Remarque. L’image des comptes individuels n’aurait pas été faussée dans les deux cas suivants :
- soit la société A est fiscalement déficitaire ;
- soit elle n’est pas soumise à l’IS.

3. Logique des retraitements obligatoires à effectuer en pré-consolidation


Selon le règlement n° 99-02 du CRC, les provisions réglementées (y compris les amortissements
dérogatoires) doivent être éliminées pour que l’image des comptes consolidés ne soit pas faussée.
Cette élimination entraîne des décalages temporaires entre la comptabilité et la fiscalité.
Les retraitements préalables à la consolidation nécessitent les travaux suivants :
il faut éliminer les provisions réglementées du bilan :
- par transfert dans des comptes de capitaux propres (Réserves et Résultat), pour partie ;
- par transfert dans les passifs (au compte « Impôts différés – Passif »), pour le reste ;
il faut éliminer les dotations et les reprises sur provisions réglementées du compte de résultat ;
il faut éliminer les décalages temporaires qui résultent des retraitements précédents.
4. Ecritures de pré-consolidation au 31/12/N-1 et au 31/12/N
Journal de pré-consolidation de A
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecritures de retraitement OBLIGATOIRE des provisions réglementées au 31/12/N-1
PPI (pour solde) 50 Résultat global 149
PHP (pour solde) 75 DP réglementées (immob.) (pour solde) 74
Amortissements dérogatoires (pour solde) 24 (50 + 24)
Résultat A 149 DP réglementées (stocks) (pour solde) 75
Elimination des provisions réglementées Elimination des dotations

Résultat A ((75 + 24) 1/3) 33 Impôts sur les bénéfices différés 33


Impôts différés - Passif 33 Résultat global 33
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la diminution
(élimination du décalage temporaire imposable) des charges comptabilisées

Remarque. La provision pour investissement est définitivement libérée d’impôt, sauf dans le cas rarissime
suivant : la provision n’est pas utilisée conformément à son objet dans les 2 ans suivant sa constitution. C’est la
raison pour laquelle l’élimination de cette provision réglementée n’est pas génératrice de décalage temporaire.
En revanche, l’élimination des PHP et des amortissements dérogatoires crée un décalage temporaire imposable
qu’il faut éliminer.
Dans les comptes consolidés, avant la « prise en compte de l’imposition différée », le décalage temporaire
imposable résulte du fait que les charges ont été déduites du bénéfice imposable mais qu’il n’y a plus de
dotations comptabilisées, celles-ci ayant été éliminées dans les écritures de retraitement.
Ecritures de retraitement OBLIGATOIRE des provisions réglementées au 31/12/N
PPI (pour solde) 95 Résultat global 84
PHP (pour solde) 108 RP réglementées (immob.) (pour solde) 9
Amortissements dérogatoires (pour solde) 30 DP réglementées (immob.) (pour solde) 60
Réserves A (50 + 75 + 24) 149 (45 + 15)
Résultat A (45 + 33 + 15 – 9) 84 DP réglementées (stocks) (pour solde) 33
Elimination des provisions réglementées Élimination des dotations

Réserves A ((75 + 24) 1/3) 33 Impôts sur les bénéfices différés 13


Résultat A ((33 + 15 – 9) 1/3) 13 Résultat global 13
Impôts différés – Passif 46
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une charge d’IS à la diminution
(élimination du décalage temporaire imposable) des charges nettes comptabilisées

Remarque. Le partage entre les Réserves et le Résultat dépend de l’exercice au cours duquel la provision a été
constituée.

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Thème n° 2 : RETRAITEMENT PRÉFÉRENTIEL DES DIFFÉRENCES DE CONVERSION

1. Données de base
La société A est dans le périmètre de consolidation de la société M. On vous communique des
données incluses dans les comptes individuels de A avant les retraitements de pré-consolidation :
Extraits du bilan des trois derniers exercices
Valeurs au bilan
31/12/N-2 31/12/N-1 31/12/N
Extrait de l’ACTIF
Différences de conversion - Actif - 145 105

Extraits du PASSIF
Provisions pour pertes de change - 120 99
Différences de conversion - Passif - 73 48
Remarque. A la clôture des deux derniers exercices, l’art. 342-6 du PCG a été appliqué. C’est la raison pour
laquelle la provision pour pertes de change est inférieure aux pertes latentes de change enregistrées en
« Différences de conversion – Actif ». Cet article du PCG dispose que lorsque les circonstances suppriment en
tout ou partie le risque de perte, la provision pour pertes de change est ajustée en conséquence. Rappelons que
les cinq cas suivants sont prévus :
- existence d’une couverture de change ;
- existence d’une position globale de change ;
- emprunt contracté en devises à des conditions plus avantageuses qu’un emprunt en monnaie nationale ;
- emprunt contracté en devises et affecté à l’acquisition d’immobilisations situées dans le pays ayant pour
unité monétaire la même devise ;
- opération affectant plusieurs exercices.

Extrait du tableau des provisions au 31/12/N-1 (clôture de l’avant-dernier exercice)


Provisions Mouvements de l’exercice Provisions
au 1/01/N-1 Dotations Reprises au 31/12/N-1
Provisions pour pertes de change - 120 - 120

Extrait du tableau des provisions au 31/12/N (clôture du dernier exercice)

Provisions Mouvements de l’exercice Provisions


au 1/01/N Dotations Reprises au 31/12/N
Provisions pour pertes de change 120 39 60 99

2. Enregistrements dans les comptes individuels N et conséquences


A partir des écritures d’inventaire enregistrées dans les comptes individuels de A au 31/12/N, nous
allons voir qu’il existe des différences définitives et temporaires entre la comptabilité et la fiscalité :
- différence définitive : les dotations aux provisions pour pertes de change ne sont pas
déductibles (les reprises ne sont donc pas imposables) ;
- différences temporaires : les DCA sont des charges déductibles non comptabilisées et les
DCP sont des produits imposables non comptabilisés.
Hypothèses de travail : La société A est soumise à l’IS au taux de 33 1/3 % et son résultat fiscal est
bénéficiaire.
156 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

31/12/N
476. Différences de conversion - Actif 105 CONSEQUENCES (en cascade) :
.... Comptes de créances et/ou de dettes 105 en comptabilité
Pertes latentes de change  Actif : 105 et impact sur le Résultat : 0
 Passif : 99 et impact sur le Résultat : 0
…. Comptes de créances et/ou dettes 48  Passif : 60 – 39 = 21 et  Résultat : 21
477. Différences de conversion - Passif 48 en fiscalité
Gains latents de change  Résultat imposable : 105 (charge déductible)
 Résultat imposable : 48 (produit imposable)
6865 Dotations aux provisions financières 39 La dotation n’est pas déductible et la reprise n’est
1515 Provisions pour pertes de change 39 pas imposable
Retraitements extra-comptables :
Réajustement de la provision
A réintégrer au bénéfice imposable : 48 + 39 = 87
1515 A déduire du bénéfice imposable : 105 + 60 = 165
Provisions pour pertes de change 60
7865 Reprises sur provisions financières 60 en comptabilité (incidence de l’IS)
Provisions devenues sans objet  Charge d’IS =  Résultat : (105 – 48) 1/3 = 19

Autres retraitements extra-comptables au 31/12/N :


En regard des écritures enregistrées, nous avons analysé les conséquences comptables et fiscales qui
résultent de la situation des actifs et des passifs monétaires libellés en devises au 31/12/N.
A la clôture de l’exercice N, deux autres retraitements extra-comptables sont nécessaires pour tenir
compte du régime fiscal qui a été appliqué à la clôture de l’exercice précédent :
- Réintégration au bénéfice imposable : la DCA du 31/12/N-1.
- Déduction du bénéfice imposable : la DCP du 31/12/N-1.

3. Logique des retraitements à effectuer en pré-consolidation


Dans le règlement n° 99-02 du CRC, deux méthodes sont admises pour le retraitement des
différences de conversion – Actif et Passif : une méthode préférentielle (seule méthode autorisée en
normes IFRS) et une autre méthode. Quelle que soit la méthode appliquée dans les comptes
consolidés, l’objectif des retraitements vise toujours à supprimer les deux décalages temporaires qui
existent à la clôture de l’exercice entre la comptabilité et la fiscalité :
- 1er décalage temporaire :
en comptabilité : les pertes latentes ne sont pas enregistrées dans les charges (elles sont inscrites
directement à l’actif, en DCA) Le résultat comptable n’a pas diminué.
en fiscalité : les pertes latentes sont déductibles Le résultat fiscal a diminué.
- 2ème décalage temporaire :
en comptabilité : les gains latents ne sont pas enregistrés dans les produits (ils sont inscrits
directement au passif, en DCP) Le résultat comptable n’a pas augmenté.
en fiscalité : les gains latents sont imposables Le résultat fiscal a augmenté.

 Logique des retraitements pour la méthode préférentielle


Dans la méthode préférentielle, les écarts de conversion des actifs et passifs monétaires libellés en
devises doivent être enregistrés en résultat au cours de la période à laquelle ils se rapportent. Il en
résulte les retraitements suivants pour supprimer les décalages temporaires : une perte de change
remplace la DCA et un gain de change remplace la DCP.
Dans cette méthode, la provision pour pertes de change devient sans objet : il faut donc l’éliminer et
éliminer également les dotations et les reprises sur provisions financières.

 Logique des retraitements pour l’autre méthode


Dans l’autre méthode (qui n’est pas appliquée en pratique), les DCA, DCP et provisions pour pertes
de change sont maintenues dans les comptes retraités. Dans ce cas, les décalages temporaires sont
éliminés par la prise en compte de l’imposition différée.

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4. Ecritures de pré-consolidation au 31/12/N-1 et au 31/12/N


Journal de pré-consolidation de A (31/12/N-1)
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Application de la méthode préférentielle : les écarts de conversion des actifs et passifs
monétaires libellés en devises sont enregistrés en résultat au cours de la période à laquelle
ils se rapportent
Résultat A (145 73) 72 Pertes de change 145
DCP (pour solde) 73 Gains de change 73
DCA (pour solde) 145 Résultat global 72
Elimination des écarts de conversion du 31/12/N-1 Inscription au compte de résultat

Provisions pour pertes de change 120 Résultat global 120


(pour solde) DP financières (pour solde) 120
Résultat A 120
Elimination de la provision Elimination de la dotation

Remarque. Il est possible de présenter des écritures plus synthétiques. Nous avons choisi de passer les
écritures en deux étapes, de manière à mettre en évidence les éléments suivants :
- 1ère écriture : Le décalage temporaire a été supprimé (dans les comptes individuels non retraités, il existait un
décalage temporaire entre la comptabilité et la fiscalité). En effet, la charge déductible et le produit imposable
qui n’avaient pas été enregistrés dans les comptes individuels ont été enregistrés dans les comptes retraités
(c’est-à-dire les comptes pré-consolidés).
Il n’y a donc pas d’imposition différée à prendre en compte (il n’y a pas d’actifs ou de passifs d’impôts
différés à enregistrer).
- 2ème écriture : Le décalage définitif qui existait entre la comptabilité et la fiscalité a disparu. La dotation non
déductible qui a été enregistrée dans les comptes individuels a été éliminée des comptes retraités.

Application de l’autre méthode : les écarts de conversion et la provision pour perte de


change sont maintenus dans le bilan
Résultat A ((145 – 73) 1/3) 24 Impôts sur les bénéfices différés 24
Impôts différés Passif 24 Résultat global 24
Prise en compte de l’imposition différée Constatation d’une charge d’IS pour
(élimination du décalage temporaire imposable) neutraliser l’économie d’IS enregistrée dans
les comptes individuels

Remarque. Cette écriture de retraitement permet d’éliminer le décalage temporaire entre la comptabilité et la
fiscalité de manière à ce que l’impôt sur les résultats soit neutralisé dans les comptes retraités (c’est-à-dire les
comptes pré-consolidés).
Rappelons que dans les comptes consolidés, l’impôt sur les résultats est égal à la somme algébrique suivante :
Impôt sur les bénéfices + Impôt sur les bénéfices différés
Dans les comptes individuels, le bénéfice imposable a diminué de 145 (DCA déductible) et il a augmenté de 73
(DCP imposable). L’impôt sur les bénéfices a donc diminué pour le montant suivant : (145 – 73) 1/3 = 24.
La prise en compte de l’imposition différée a pour conséquence de neutraliser la charge d’impôts sur les
résultats (débit du compte « Impôts sur les bénéfices différés »).
Au total, en consolidation, l’impôt sur les résultats est nul : 24 – 24 = 0.
158 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Journal de pré-consolidation de A (31/12/N)


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Application de la méthode préférentielle : les écarts de conversion des actifs et passifs
monétaires libellés en devises sont enregistrés en résultat au cours de la période à laquelle
ils se rapportent
Résultat A (105 48) 57 Pertes de change 105
DCP (pour solde) 48 Gains de change 48
DCA (pour solde) 105 Résultat global 57
Elimination des écarts de conversion du 31/12/N Inscription au compte de résultat
Provisions pour pertes de change 99 RP financières (pour solde) 60
(pour solde) DP financières (pour solde) 39
Résultat A 21 Résultat global 21
Réserves A (provision au 31/12/N-1) 120
Elimination de la provision Elimination de la dotation et de la reprise
Réserves A (145 73) 72 Gains de change 73
Résultat A 72 Résultat global 72
Pertes de change 145
Élimination de l’incidence des écarts de Ajustement des charges et des produits
conversion du 31/12/N-1 financiers

1ère écriture : Le décalage temporaire a été supprimé (dans les comptes individuels non retraités, il existait un
décalage temporaire entre la comptabilité et la fiscalité). En effet, la charge déductible et le produit imposable
qui n’avaient pas été enregistrés dans les comptes individuels ont été enregistrés dans les comptes retraités
(c’est-à-dire les comptes pré-consolidés). Il n’y a donc pas d’imposition différée à prendre en compte (il n’y a
pas d’actifs ou de passifs d’impôts différés à enregistrer).
2ème écriture : Le décalage définitif qui existait a disparu. La charge non déductible et le produit non
imposable qui ont été enregistrés dans les comptes individuels ont été éliminés des comptes retraités.
3ème écriture : Dans les comptes consolidés, les écarts de conversion du 31/12/N-1 ont été inscrits dans le
compte de résultat de l’exercice N-1. Or, dans les comptes individuels, les dettes et les créances sont arrivées à
échéance en N et les mêmes écarts de conversion ont été comptabilisés une nouvelle fois dans le compte de
résultat. C’est pourquoi il est nécessaire de passer cette écriture de retraitement pour l’exercice N.
Application de l’autre méthode : les écarts de conversion et la provision pour perte de
change sont maintenus dans le bilan
Résultat A ((105 – 48) 1/3) 19 Impôts sur les bénéfices différés 19
Impôts différés - Passif 19 Résultat global 19
Prise en compte de l’imposition différée Constatation d’une charge d’IS pour neutraliser
(élimination du décalage temporaire imposable) l’économie d’IS enregistrée dans les comptes individuels
Réserves A ((145 – 73) 1/3) 24 Résultat global 24
Résultat A 24 Impôts sur les bénéfices différés 24
Élimination de l’incidence des écarts de Rattachement d’une économie d’IS à la perte
conversion du 31/12/N-1 de change nette devenue effective en N

1ère écriture : Elle permet d’éliminer le décalage temporaire qui existe entre la comptabilité et la fiscalité, de
manière à ce que l’impôt sur les résultats soit régularisé (neutralisation de l’économie d’IS pour N). Rappelons
que dans les comptes consolidés, l’impôt sur les résultats est égal à la somme algébrique suivante :
Impôt sur les bénéfices + Impôt sur les bénéfices différés
Or, dans les comptes individuels le bénéfice imposable a diminué de 105 (DCA déductible) et il a augmenté de
48 (DCP imposable). L’impôt sur les bénéfices a donc diminué de 19 : (105 – 48) 1/3. La prise en compte de
l’imposition différée a pour conséquence une augmentation de la charge d’impôts sur les résultats (débit du
compte « Impôts sur les bénéfices différés »).
Au total, en consolidation, l’impôt sur les résultats est nul : 19 – 19 = 0.
2ème écriture : Dans les comptes individuels, le décalage temporaire qui existait fin N-1 a été éliminé par un
décalage temporaire en sens inverse en N. En consolidation, il faut donc rattacher à l’exercice N l’économie
d’IS qui a été réalisée dans les comptes individuels de l’exercice N-1.

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TITRE 3. OPÉRATIONS DE CONSOLIDATION


La structure du processus de consolidation proprement dite peut être présentée ainsi :

Comptes individuels Sociétés sous Sociétés sous Sociétés sous


retraités des ► Société mère contrôle contrôle influence
sociétés consolidées exclusif conjoint notable

Journal de consolidation
1. Cumul des comptes retraités (comptes de bilan et comptes de gestion)
report à 100 % pour les entités intégrées globalement
Remarque. En général, ce journal est celui dans lequel les comptes de la société
mère ont été pré-consolidés.
report limité au pourcentage d’intérêts intégrés, pour les entités
intégrées proportionnellement
2. Retraitements de consolidation
Elimination des comptes réciproques des entreprises intégrées
Eliminations des résultats internes
(comptabilisation des impôts différés résultant des éliminations)
 marges internes sur stocks et sur contrats à long terme
 résultats de cessions internes
 dividendes internes (ou intra-groupe)
 dépréciations internes
3. Traitement de l’écart d’acquisition et des écarts d’évaluation
4. Mise en équivalence des entités sous influence notable
5. Partage des capitaux propres et élimination des titres des entités intégrées

Comptes consolidés du groupe

BILAN : Le bilan consolidé ne peut pas être confondu avec un bilan individuel. En effet, les « droits des
associés » sont répartis en deux rubriques :
Capitaux propres (part du groupe) : ils représentent les droits des associés de la société mère.
Intérêts minoritaires : ils représentent principalement les droits des associés des entités intégrées
globalement, autres que la société mère.

COMPTE DE RÉSULTAT : Les soldes suivants doivent être mis en évidence :


Résultat net des entreprises intégrées
Résultat net de l’ensemble consolidé = Résultat net des entreprises intégrées
+ Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence
Résultat net (part du groupe) = Résultat net de l’ensemble consolidé
Intérêts minoritaires

ANNEXE : L’annexe comporte différentes catégories d’informations, notamment les suivantes :


Principes généraux, référentiel comptable, modalités de consolidation, méthodes et règles
d’évaluation
Informations relatives au périmètre de consolidation
Comparabilité des comptes
Explications des postes du bilan et du compte de résultat, méthodes préférentielles
Tableau de variation des capitaux propres (part du groupe)
Tableau de financement par l’analyse des flux de trésorerie
160 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

La consolidation des comptes est le principal moyen de communication financière interne et externe
des groupes. Il existe aujourd’hui des logiciels (ou progiciels) de consolidation qui permettent aux
groupes de toutes tailles de produire des comptes consolidés dans des délais très courts, à partir
d’une importante quantité d’informations.
Le processus de consolidation est plus ou moins complexe d’un groupe à l’autre, mais les différentes
phases ou étapes de ce processus suivent la même logique et présentent des caractères communs.
Par simplification, nous avons présenté une structure du processus de consolidation dans laquelle
chacune des entités consolidées a ajusté et retraité elle-même ses comptes individuels, de manière à
décomposer les différentes opérations de consolidation nécessaires, à partir des comptes individuels
jusqu’aux comptes consolidés.
Bien entendu, chez la société consolidante les opérations préalables à la consolidation sont
indissociables de la consolidation proprement dite. Le retraitement de ses comptes individuels peut
donc être réalisé directement dans le journal de consolidation sans qu’il soit nécessaire d’utiliser un
journal spécifique de pré-consolidation.
Après les ajustements et retraitements des comptes individuels, les opérations de consolidation
peuvent commencer. La consolidation proprement dite est réalisée à partir du cumul des comptes
retraités (bilan, compte de résultat et annexe retraités).

CHAPITRE 1. CUMUL DES COMPTES ET ÉLIMINATION DES COMPTES RÉCIPROQUES

Section 1. Report des comptes retraités

I. Intégration des comptes de bilan et des comptes de gestion


Le report des comptes retraités dans le journal de consolidation marque le début des opérations de
consolidation proprement dite. Les comptes retraités des entités mises en équivalence ne sont pas
utilisés à ce stade de la consolidation. En effet, seuls les comptes des sociétés intégrées sont reportés
dans le journal de consolidation.
Les comptes des sociétés intégrées globalement sont repris en totalité. Ceux des sociétés intégrées
proportionnellement sont repris à concurrence du pourcentage d’intérêts intégrés.
Comme nous l’avons vu précédemment (cf. Titre 1, Chapitre 3, Section 6), l’intitulé des comptes
reportés est adapté aux contraintes de la consolidation, notamment les comptes de capitaux propres.

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II. Exemple

A. Données de base
Le périmètre de consolidation du groupe M inclut quatre entités :
- M : société consolidante ;
- G : société intégrée globalement (pourcentage d’intérêts de M : 80 %) ;
- P : société intégrée proportionnellement (pourcentage d’intérêts de M : 40 %) ;
- E : société mise en équivalence (pourcentage d’intérêts de M : 25 %).
Les participations détenues par M dans chacune des sociétés ont été souscrites au moment de leur
constitution. Les comptes individuels retraités des entités consolidées sont présentés ci-dessous, au
31/12/N.
Bilan retraité M Compte de résultat retraité M
Participations 505 Capital 2 000 Charges 9 600 Produits 9 800
Actifs divers 7 495 Réserves 2 500 Résultat 200
Résultat 200 9 800 9 800
Passifs 3 300
8 000 8 000
Bilan retraité G Compte de résultat retraité G
Actifs divers 1 300 Capital 500 Charges 1 550 Produits 1 600
Réserves 300 Résultat 50
Résultat 50 1 600 1 600
Passifs 450
1 300 1 300
Bilan retraité P Compte de résultat retraité P
Actifs divers 700 Capital 200 Charges 920 Produits 1 000
Réserves 120 Résultat 80
Résultat 80 1 000 1 000
Passifs 300
700 700
Bilan retraité E Compte de résultat retraité E
Actifs divers 500 Capital 100 Charges 680 Produits 750
Réserves 130 Résultat 70
Résultat 70 750 750
Passifs 200
500 500
La société M réalise les travaux de pré-consolidation de ses comptes individuels dans un journal
auxiliaire. Nous supposerons que les écritures de consolidation sont enregistrées dans un journal
spécifique.

B. Cumul des comptes retraités


La consolidation proprement dite commence avec le cumul des comptes des sociétés intégrées, c’est-
à-dire le report des comptes de bilan et des comptes de gestion de chaque entité contrôlée, en
fonction du pourcentage d’intérêts intégrés. Les travaux de consolidation nécessitent l’identification
des comptes de capitaux propres des sociétés intégrées. Les intitulés des comptes sont individualisés
de la manière suivante :
Postes Société M Société G Société P
Capital Capital Capital G Capital P
Réserves Réserves groupe Réserves G Réserves P
Résultat Résultat groupe Résultat G Réserves P
162 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Participations 505 Charges 9 600
Actifs divers 7 495 Résultat global 200
Capital 2 000 Produits 9 800
Réserves groupe 2 500
Résultat groupe 200
Passifs 3 300
Report des comptes de bilan retraités de M Report des comptes de gestion retraités de M

Actifs divers 1 300 Charges 1 550


Capital G 500 Résultat global 50
Réserves G 300 Produits 1 600
Résultat G 50
Passifs 450
Report des comptes de bilan retraités de G Report des comptes de gestion retraités de G

Actifs divers (700 40 %) 280 Charges (920 40 %) 368


Capital P (200 40 %) 80 Résultat global 32
Réserves P (120 40 %) 48 Produits (1 000 40 %) 400
Résultat P (80 40 %) 32
Passifs (300 40 %) 120
Report des comptes de bilan retraités de P (au Report des comptes de gestion retraités de P
taux d’intérêts de 40 %) (au taux d’intérêts de 40 %)

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Section 2. Elimination des comptes réciproques

Après le cumul des comptes des sociétés intégrées, il faut éliminer les comptes réciproques. En effet,
au niveau du groupe, ces comptes présentent un caractère fictif.

I. Catégories de comptes réciproques


Les comptes réciproques à éliminer se répartissent en trois catégories :
comptes de bilan réciproques :
- créances et dettes d’exploitation ;
- créances et dettes financières (créances et dettes rattachées à des participations, prêts et emprunts).
comptes de gestion réciproques :
- achats et ventes ;
- charges financières et produits financiers.
comptes d’engagements hors bilan réciproques.

II. Taux d’élimination à appliquer

A. Opérations entre deux entreprises consolidées par intégration globale


Les créances et les dettes réciproques ainsi que les produits et les charges réciproques sont éliminés
dans leur totalité.
Les effets à recevoir et les effets à payer s’éliminent réciproquement mais, lorsque l’effet à recevoir a
été remis à l’escompte, un concours bancaire est substitué à l’effet à payer.

B. Opérations entre une entreprise intégrée proportionnellement et une entreprise intégrée


globalement
L’élimination est limitée au pourcentage d’intégration de l’entité contrôlée conjointement.

C. Opérations entre deux entreprises consolidées par intégration proportionnelle


En cas de transaction effectuée entre deux entreprises intégrées proportionnellement, l’élimination
est limitée au pourcentage d’intégration le plus faible des deux participations.

D. Opérations entre une entreprise mise en équivalence et une autre entreprise consolidée
Les comptes de bilan et les comptes de gestion d’une entreprise mise en équivalence ne sont pas
intégrés. Une entreprise mise en équivalence ne peut donc pas être concernée par l’élimination de
comptes réciproques intégrés.

III. Suite de l’exemple (cf. page 161)

A. Données de base complémentaires


L’organigramme du groupe M est présenté ci-dessous.

M G est intégrée globalement.


80 % 40 % 25 % P est intégrée à 40 %.
G P E E est mise en équivalence.
164 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Des opérations ont été réalisées à l’intérieur du périmètre de consolidation. Les données suivantes
ont été collectées :
1. Ventes de produits finis de M à G : 100 (pour G, il s’agit d’achats de marchandises) ;
2. Ventes de produits finis de M à P : 80 (pour P, il s’agit d’achats de matières premières) ;
3. Ventes de marchandises de G à E : 75 (pour E, il s’agit d’achats de marchandises) ;
4. Intérêts courus en N sur prêt (créance rattachée à des participations) de G à P : 5 ;
5. Créances et dettes d’exploitation au 31/12/N (créances de M sur G) : 8 ;
6. Créances et dettes d’exploitation au 31/12/N (créances de M sur P) : 15 ;
(dont effets à recevoir remis à l’escompte par M : 2,5 et effets à payer pour P : 2,5)
7. Créances et dettes d’exploitation (créances de G sur E) : 10 ;
8. Créances et dettes rattachées à des participations, intérêts courus non échus inclus (entre G et P) : 40.

B. Ecritures d’élimination des comptes réciproques


Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
1. Les opérations réciproques sont éliminées en totalité Ventes de produits finis 100
car les comptes de gestion ont été intégrés globalement. Achats de marchandises 100
Elimination des opérations entre M et G

2. Les opérations réciproques ne sont éliminées qu’à 40 % Ventes de produits finis (80 40 %) 32
car les comptes de gestion de P n’ont été intégrés qu’au Achats de matières premières 32
taux de 40 %. Le reste des ventes de M à P (60 %) est Elimination de 40 % des opérations entre M
considéré comme une vente externe (ou vente à des tiers). et P
3. Aucune élimination à faire car les comptes de E n’ont
pas été intégrés.
4. Les comptes réciproques sont éliminés à concurrence Produits de participations 2
du taux d’intégration de P. Le reste des produits Charges d’intérêts (5 40 %) 2
financiers de G (60 %) est considéré comme réalisé avec Elimination de 40 % des charges et produits
des tiers. financiers réciproques entre G et P

Fournisseurs 8 5. Les créances et les dettes réciproques sont éliminées en


Clients 8 totalité car les comptes de bilan ont été intégrés
Elimination des dettes et créances globalement.
d’exploitation réciproques entre M et G

Fournisseurs (15 40 %) 6 6. Les créances et les dettes réciproques ne sont éliminées


Clients (15 – 2,5) 40 % 5 qu’à concurrence du taux d’intégration de P. Dans les
Concours bancaires courants 1 comptes individuels retraités de M, la créance
(2,5 40 %) d’exploitation est égale à 12,5 mais M a donné un
Elimination de 40 % des dettes et créances engagement à sa banque, en endossant l’effet tiré sur P à
d’exploitation réciproques entre M et P son ordre.
7. Aucune élimination à faire car les comptes de E n’ont
pas été intégrés.

Dettes rattachées à des participations 16 8. Les créances et dettes réciproques ne sont éliminées
(40 40 %) qu’à concurrence du taux d’intégration de P.
Créances rattachées à des participations 16
Elimination de 40 % des dettes et créances
financières réciproques entre G et P

Remarque. Bien qu’il n’y ait pas de lien de participation entre G et P, les deux sociétés sont incluses dans le
même périmètre de consolidation. Leurs comptes individuels doivent donc être organisés de telle sorte qu’il
soit plus facile de rapprocher le solde des comptes réciproques. C’est pourquoi le prêt de G a P a dû être
enregistré au débit du compte 267 « Créances rattachées à des participations » (la dette d’emprunt de P étant
enregistrée au crédit du compte 17 « Dettes rattachées à des participations »).

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CHAPITRE 2. ÉLIMINATION DES RÉSULTATS INTERNES

Section 1. Principe général (art. R 233-8 et § 261, 281 et 293)

La consolidation impose l’élimination des résultats internes à l’ensemble consolidé, y compris les
dividendes (art. R 233-8 et § 261, 281 et 293). L’élimination concerne toutes les entreprises
consolidées, y compris les entreprises mises en équivalence.
Le résultat consolidé ne doit provenir que des transactions réalisées avec des « tiers », c’est-à-dire
principalement les entités extérieures au périmètre de consolidation. Par conséquent, il en est de
même pour le résultat des exercices précédents, c’est-à-dire pour les capitaux propres hors résultat.

Dans les comptes consolidés, les « tiers » sont répartis en deux catégories :
- la catégorie principale, facilement identifiable : les entités extérieures au périmètre de consolidation ;
- une autre catégorie, difficile à appréhender, qui n’existe que dans les comptes consolidés : par
simplification, on peut dire qu’il s’agit des associés des entités contrôlées conjointement ou sous
influence notable, autres que les entités intégrées globalement. Prenons un exemple : une entité B est
intégrée au taux d’intérêts de 25 %. Bien que B soit incluse dans le périmètre de consolidation, on
considère que si une entité intégrée globalement réalise une opération avec B, 25 % de la transaction
est interne et le reste représente une transaction avec des « tiers ».

Toutefois, lorsque les résultats internes sont des pertes, il convient de s’assurer que l’élimination des
pertes n’a pas pour effet de maintenir la valeur comptable de l’élément cédé (immobilisation ou
stock) à une valeur supérieure à sa valeur actuelle (application du principe de prudence).

I. Catégories de résultats internes


Les résultats internes à éliminer sont principalement les suivants :
- les marges internes sur stocks et sur contrats à long terme ;
- les résultats de cessions internes ;
- les distributions internes de dividendes ;
- les dépréciations internes.

II. Taux d’élimination à appliquer pour les marges et les résultats de cessions internes
A. Opérations entre deux entreprises consolidées par intégration globale
Les marges internes sur stocks (et sur contrats à long terme) et les résultats de cessions internes sont
éliminés en totalité.
B. Opérations entre une entreprise intégrée proportionnellement et une entreprise intégrée
globalement
L’élimination est limitée au pourcentage d’intégration de l’entité contrôlée conjointement.
C. Opérations entre deux entreprises consolidées par intégration proportionnelle
L’élimination est limitée au pourcentage d’intégration le plus faible des deux participations.
D. Opérations entre une entreprise mise en équivalence et une autre entreprise consolidée
Les résultats internes compris dans les stocks, les immobilisations et autres actifs provenant
d’opérations réalisées entre une entreprise mise en équivalence et une autre entreprise consolidée
(intégrée ou mise en équivalence) doivent être éliminés, bien que les comptes de l’entreprise mise en
équivalence ne soient pas intégrés.
L’élimination est limitée au pourcentage d’intérêts le plus faible des deux participations.
166 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

III. Incidence des éliminations sur les comptes de capitaux propres consolidés
A la clôture de l’exercice, les travaux de consolidation sont effectués sur la base des comptes
individuels retraités. Chaque élimination de résultat interne diminue les capitaux propres de la
société consolidée concernée. Les trois cas de figure suivants peuvent se présenter, dans le cadre de
l’élimination des marges internes et des résultats de cessions internes :

1er cas ►  Résultat (et les réserves ne sont pas affectées)


Le résultat diminue quand l’élimination concerne des charges et des produits
Création enregistrés au cours de l’exercice.
d’un décalage
temporaire Exemples d’éliminations de ce type :
déductible - marge interne sur stock final de marchandises ou de matières ( charges)
- marge interne sur stock final de produits ou sur contrat à long terme ( produits)
- cession interne d’immobilisation au cours de l’exercice ( produits >  charges)

Élimination du
décalage  Impôts différés – Actif et  Résultat (en contrepartie)
temporaire (à concurrence du taux de calcul des impôts différés)

2ème cas ►  Réserves (et le résultat n’est pas affecté)

Création Les réserves diminuent quand l’élimination concerne des charges et des produits
d’un décalage enregistrés au cours d’un exercice précédent.
temporaire Exemple d’éliminations de ce type :
déductible - cession interne d’immobilisation au cours d’un exercice précédent

Élimination du
décalage  Impôts différés – Actif et  Réserves (en contrepartie)
temporaire (à concurrence du taux de calcul des impôts différés)

3ème cas ►  Réserves et  Résultat (en contrepartie)


Disparition Dans ce cas, les capitaux propres restent inchangés. En revanche, leur structure est
du décalage modifiée car le résultat augmente en contrepartie d’une diminution des réserves.
temporaire
déductible Exemples d’éliminations de ce type :
antérieur - marge interne sur stock initial de marchandises ou de matière
(par inversion du - marge interne sur stock initial de produits ou sur contrat à long terme en cours au
décalage)
début de l’exercice

Élimination de
l’impact de  Résultat et  Réserves (en contrepartie)
l’inversion du
(à concurrence du taux de calcul des impôts différés)
décalage

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Section 2. Elimination des marges internes sur stocks et sur contrats à long terme

I. Elimination des marges internes sur stocks

A. Objectif de l’élimination
Les stocks inclus dans l’actif des entités consolidées peuvent provenir de ventes réalisées par
d’autres entités consolidées. Par conséquent, la marge réalisée sur ces ventes internes doit être
éliminée. Pour les comptes consolidés, la marge est considérée comme fictive tant que les biens
n’ont pas été vendus à l’extérieur du périmètre de consolidation.

B. Suite de l’exemple (cf. pages 161 et 163)


1. Données complémentaires
La société M vend ses produits finis à G et à P avec une marge de 20 % sur le prix de vente.
La société G vend ses marchandises à E avec une marge de 15 % sur le prix de vente.
La valeur des stocks, avant l’élimination des marges internes, est donnée dans le tableau ci-dessous.
G P E
(Stocks de (Stocks de matières (Stocks de
marchandises) premières) marchandises)
Stocks au 31/12/N 75 60 40
Stocks au 31/12/N-1 90 45 24
Les impôts différés sont calculés au taux de 33 1/3 %.
2. Ecritures d’élimination des marges internes sur stocks
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat groupe (15 – 5) 10 Variation des stocks de marchandises 15
Impôts différés – Actif (15 1/3) 5 Impôts sur les bénéfices différés 5
Stocks de marchandises (75 20 %) 15 Résultat global 10
Elimination de la marge interne sur stocks de G, Rattachement d’une économie d’IS à
avec prise en compte de l’imposition différée l’augmentation du coût d’achat des
pour éliminer le décalage temporaire déductible marchandises vendues
Réserves groupe (90 20 % 2/3) 12 Impôts sur les bénéfices différés 6
Résultat groupe 12 (18 1/3)
Résultat global 12
Var. des stocks de marchandises 18
(90 20 %)
Elimination de la marge interne sur stocks Rattachement d’une charge d’IS à la
initiaux de G, avec prise en compte de diminution du coût d’achat des marchandises
l’imposition différée vendues
Résultat groupe (4,8 – 1,6) 3,2 Variation des stocks de matières 1ères 4,8
Impôts différés – Actif (4,8 1/3) 1,6 Impôts sur les bénéfices différés 1,6
Stocks de matières premières 4,8 Résultat global 3,2
(60 20 % 40 %)
Elimination de la marge interne sur stocks P, Rattachement d’une économie d’IS à
avec prise en compte de l’imposition différée l’augmentation du coût d’achat des matières
pour éliminer le décalage temporaire déductible premières consommées
Réserves groupe (45 20 % 2/3 40 %) 2,4 Impôts sur les bénéfices différés 1,2
Résultat groupe 2,4 (3,6 1/3)
Résultat global 2,4
Var. des stocks de matières 1ères
(45 20 % 40 %) 3,6
Elimination de la marge interne sur stocks Rattachement d’une charge d’IS à la
initiaux de G (au taux de 40 %), avec prise en diminution du coût d’achat des matières
compte de l’imposition différée premières consommées
168 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Remarque. Les écritures présentées sont synthétiques, c’est-à-dire qu’elles tiennent compte directement de
l’imposition différée (la constatation d’impôts différés permet d’éliminer les décalages temporaires). Mais il
est évidemment possible de passer des écritures plus analytiques.

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat G (40 15 % 2/3 25 %) 1 Ventes de marchandises 1,5
Impôts différés – Actif (1,5 1/3) 0,5 Impôts sur les bénéfices différés 0,5
Produits constatés d’avance 1,5 Résultat global 1
(40 15 % 25 %)
Elimination de la marge interne sur stocks E Rattachement d’une économie d’IS à la
non intégrés, avec prise en compte de diminution du prix de vente des marchandises
l’imposition différée pour éliminer le décalage
temporaire déductible

Réserves G (24 15 % 2/3 25 %) 0,6 Impôts sur les bénéfices différés 0,3
Résultat G 0,6 (0,9 1/3)
Résultat global 0,6
Var. des stocks de marchandises 0,9
(24 15 % 25 %)
Elimination de la marge interne sur stocks Rattachement d’une charge d’IS à la
initiaux de E non intégrés, avec prise en diminution du coût d’achat des marchandises
compte de l’imposition différée vendues

Remarque. Dans la première écriture, pour les comptes de bilan, il n’est pas possible de diminuer la valeur des
stocks de E qui inclut une marge interne car les comptes de E ne sont pas intégrés. Donc, faute de pouvoir
diminuer la valeur de l’actif consolidé, il faut créditer un compte de régularisation du passif.

II. Elimination des marges internes sur contrats à long terme

A. Objectif de l’élimination
Les produits à recevoir inclus dans l’actif des entités consolidées peuvent provenir de contrats à long
terme produits pour d’autres entités consolidées. Le résultat partiel (si les contrats sont en cours) ou
définitif sur ces contrats internes doit donc être éliminé. Pour les comptes consolidés, le résultat
interne est considéré comme fictif tant que les biens ou services produits restent à l’intérieur du
périmètre de consolidation.

B. Suite de l’exemple (cf. pages 161 et 163)


1. Données complémentaires
Le 1/07/N, G a signé un contrat à long terme avec P pour la fourniture de produits finis à livrer au
plus tard fin avril N+1. La méthode à l’avancement est appliquée dans les comptes individuels de G
et dans les comptes consolidés. Le résultat à terminaison sur le contrat a pu être estimé avec une
fiabilité suffisante au 31/12/N. Les données relatives à ce contrat en cours sont les suivantes :
Coût de production engagé au 31/12/N 60
Prix de vente ferme et non révisable 110
Coût de production global prévisionnel 100
Bénéfice global prévisionnel 10
Les produits à recevoir sur contrat à long terme sont enregistrés hors TVA, selon les normes du
groupe M. Les impôts différés sont calculés au taux de 33 1/3 %.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 169

2. Ecritures d’élimination de la marge interne sur contrat à long terme


Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat G 2,4 Ventes de produits finis 2,4
Clients. Produits non encore facturés 2,4 Résultat global 2,4
(110 – 100) 60/100 40 %
Elimination à 40 % de la marge interne sur Elimination de la marge interne intégrée dans
contrat à long terme, avant prise en compte de le chiffre d’affaires partiel
l’imposition différée

Impôts différés – Actif (2,4 1/3) 0,8 Résultat global 0,8


Résultat G 0,8 Impôts sur les bénéfices différés 0,8
Prise en compte de l’imposition différée pour Rattachement d’une économie d’IS à la
éliminer le décalage temporaire déductible diminution du chiffre d’affaires

Remarque. Bien entendu, une écriture de synthèse aurait pu être comptabilisée, comme nous l’avons montré
pour l’élimination des marges internes sur stocks. Le pourcentage d’avancement du contrat en cours a été
estimé par le rapport entre le coût de production engagé (60) et le coût de production global prévisionnel (100).

Section 3. Elimination des cessions internes d’immobilisations

I. Objectif de l’élimination
Une cession ne peut être prise en compte que si l’immobilisation sort du périmètre de consolidation.
En conséquence, lors d’une cession interne d’immobilisation, il faut retraiter le résultat de cession
(ainsi que les amortissements ultérieurs, si le bien est amortissable) pour neutraliser son incidence
sur le résultat et/ou les réserves consolidés.
L’objectif du retraitement consiste donc à éliminer l’incidence de la cession, pour ramener la valeur
de l’immobilisation à la valeur nette comptable historique.

II. Analyse de la cession interne

A. 1ère étape : Hypothèse simplificatrice : Taux d’élimination : 100 %


Pour simplifier le raisonnement, quelle que soit la méthode de consolidation appliquée à chacune des
entités concernées, on peut poser l’hypothèse que les deux sociétés sont intégrées globalement.
1. Élimination du résultat de cession interne
Le retraitement à faire pour éliminer le résultat de cession du vendeur est préparé sur cette base
d’élimination à 100 %. Ce retraitement a un impact sur le résultat ou les réserves du vendeur.
2. Retraitement de l’amortissement pour la période postérieure à la cession (éventuellement)
Le retraitement de l’amortissement est préparé sur la base d’élimination à 100 %. Ce retraitement a
un impact sur le résultat et/ou les réserves de l’acheteur.
Deux solutions sont envisageables pour le calcul de l’amortissement théorique à partir de la date de
cession :
Solution 1 : Base amortissable : la valeur nette comptable chez le vendeur à la date de cession.
Durée d’amortissement : durée d’utilisation restante dans le périmètre de
consolidation (c’est-à-dire, durée d’utilisation prévue par l’acquéreur).
Justification : on procède à un changement d’estimation de la durée d’utilisation du
bien à l’intérieur du périmètre de consolidation.
Solution 2 : Base amortissable : la valeur nette comptable chez le vendeur à la date de cession.
Durée d’amortissement : durée d’utilisation restante prévue par le vendeur.
Justification : on considère que le bien n’a pas été cédé.
170 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

B. 2ème étape : Ajustement de l’analyse : Application du taux d’élimination effectif


Les retraitements de consolidation qui ont été préparés, compte tenu de l’hypothèse de travail
simplificatrice, sont ensuite ajustés pour tenir compte du taux d’élimination effectif à appliquer.

III. Exemple

A. Données de base
Le 1/07/N, la société mère M a cédé à crédit un matériel industriel à la société A (incluse dans son
périmètre de consolidation). Au titre de l’exercice N, le résultat fiscal de M est bénéficiaire.
Dans les comptes consolidés, les impôts différés sont calculés au taux de 33 1/3 %.
NB : la liaison entre M et A est directe (la société M détient les titres A dans son portefeuille).
Société cédante Société M
Nature de l’immobilisation Matériel industriel
Conditions d’acquisition à l’origine :
- date d’acquisition 1/07/N-3
- coût d’acquisition 90
- durée d’utilisation prévue 5 ans
- mode d’amortissement comptable linéaire
- cumul des amortissements jusqu’à la cession 54
Date de cession 1/07/N
Valeur nette comptable à la date de cession 36
Prix de cession HT 45
Produit net exceptionnel de cession 9
Société cessionnaire Société A
Modalités d’amortissement chez le cessionnaire :
- coût d’acquisition 45
- durée d’utilisation prévue 3 ans
- mode d’amortissement comptable linéaire

B. Enregistrements dans les comptes individuels et conséquences


NB : Par simplification, la TVA (x) n’est pas calculée.
Chez le vendeur M
1/07/N
6811 DA sur immob. incorporelles et corporelles 9
(90 1/5 6/12)
28154 Amortissements du mat. industriel 9
Dotation jusqu’à la date de cession CONSEQUENCES (en cascade, hors dotation) :
675 VCEAC 36 en comptabilité (avant IS)
28154 Amortissements du mat. industriel (pour solde) 54  Actif net : 9 et  Résultat : 9 (45 – 36)
2154 Matériel industriel (pour solde) 90 en fiscalité
Sortie du matériel industriel cédé  Résultat imposable : 9

462 Créances sur cessions d’immobilisations x + 45 en comptabilité (incidence de l’IS)


775 PCEA 45  Impôts sur les bénéfices ( Résultat) :
44571 Etat. TVA collectée x 9 1/3 = 3
Cession à crédit à A du matériel industriel et  Dette d’IS : 3

Chez l’acquéreur A (ou cessionnaire)


1/07/N
2154 Matériel industriel 45
44562 Etat. TVA déductible sur immobilisations x
404 Fournisseurs d’immobilisations x + 45
Acquisition à crédit à M

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 171

C. Elimination de la cession interne dans les comptes consolidés du groupe M


1. Tableaux d’analyse pour les retraitements de consolidation au 31/12/N (au taux de 100 %)
Élimination du résultat de cession interne de l’exercice N, au 1/07/N
chez le cédant chez l’acquéreur Retraitement à effectuer
M (mère) A (dans l’hypothèse d’une
élimination à 100 %)
Valeur d’origine 90 45  Valeur brute : 45
Amortissements à la date de cession 54  Amortissements : 54
Valeur nette comptable 36 45  Actif net : 9
Prix de cession 45
Résultat de cession (à éliminer) 9  Résultat groupe : 9

Retraitement de l’amortissement comptable, du 1/07/N au 31/12/N


Selon les normes de consolidation du groupe M, on considère que le bien n’a pas été cédé. A partir
de la date de cession, le calcul de l’amortissement théorique est donc effectué sur la base des
éléments suivants :
Base amortissable : la valeur nette comptable chez le vendeur à la date de cession.
Durée d’amortissement : durée d’utilisation restante prévue par le vendeur.
chez M chez A Retraitement à effectuer
(amortissement (amortissement réel) (dans l’hypothèse d’une
théorique) élimination à 100 %)
Dotation aux amortissements N (1) 9 (2) 7,5  Amortissements : 1,5
 Résultat A : 1,5
(1) 90 (base amortissable sur 5 ans) 1/5 6/12 ou 36 (base amortissable sur les 2 ans restants) 1/2 6/12
(2) 45 1/3 6/12

Remarque. Dans la logique de la solution 1 (cf. page 169), l’amortissement théorique serait calculé ainsi pour N :
36 (base amortissable sur 3 ans) 1/3 6/12 = 6.

2. Ecritures de consolidation au 31/12/N


Nous envisagerons les trois hypothèses suivantes :
 A est intégrée globalement
 A est intégrée proportionnellement à 20 %
 A est mise en équivalence (pourcentage d’intérêts de M : 20 %)
Dans les hypothèses  et  les valeurs à retraiter sont ajustées en fonction du pourcentage
d’élimination à appliquer.
172 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
 A est intégrée globalement

Résultat groupe 9 PCEA 45


Matériel industriel 45 VCEAC 36
Amortissements du mat. industriel 54 Résultat global 9
Élimination de 100 % du résultat de cession Élimination du produit net exceptionnel
interne

Impôts différés – Actif (9 1/3) 3 Résultat global 3


Résultat groupe 3 Impôts sur les bénéfices différés 3
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’élimination du produit net exceptionnel

Résultat A 1,5 DA sur immob. incorp. et corporelles 1,5


Amortissements du mat. industriel 1,5 Résultat global 1,5
Retraitement de la dotation de l’exercice Augmentation de la dotation

Impôts différés – Actif (1,5 1/3) 0,5 Résultat global 0,5


Résultat A 0,5 Impôts sur les bénéfices différés 0,5
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’augmentation de la dotation

 A est intégrée proportionnellement à 20 %

Résultat groupe (9 20 %) 1,8 PCEA (45 20 %) 9


Matériel industriel (45 20 %) 9 VCEAC (36 20 %) 7,2
Amortissements du mat. industriel 10,8 Résultat global 1,8
(54 20 %)
Élimination de 20 % du résultat de cession interne Élimination de 20 % du produit net exceptionnel

Impôts différés – Actif (1,8 1/3) 0,6 Résultat global 0,6


Résultat groupe 0,6 Impôts sur les bénéfices différés 0,6
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’élimination du produit net exceptionnel

Résultat A (1,5 20 %) 0,3 DA sur immob. incorp. et corporelles 0,3


Amortissements du mat. industriel 0,3 Résultat global 0,3
Retraitement de 20 % de la dotation de l’exercice Augmentation de 20 % de la dotation
(retraitement de l’amortissement intégré) (augmentation de la dotation intégrée)

Impôts différés – Actif (0,3 1/3) 0,1 Résultat global 0,1


Résultat A 0,1 Impôts sur les bénéfices différés 0,1
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’augmentation de la dotation

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 173

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
 A est mise en équivalence (pourcentage d’intérêts de M : 20 %)
Résultat groupe (9 20 %) 1,8 PCEA (45 20 %) 9
Produits constatés d’avance (1) 1,8 VCEAC (36 20 %) 7,2
Résultat global 1,8
Élimination de 20 % du résultat de cession interne Élimination du produit net exceptionnel

Produits constatés d’avance (1,8 1/3) 0,6 Résultat global 0,6


Résultat groupe 0,6 Impôts sur les bénéfices différés 0,6
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’élimination du produit net exceptionnel
Résultat A (1,5 20 %) 0,3 QP dans les résultats des entr. MEE 0,3
Produits constatés d’avance (1) 0,3 Résultat global 0,3
Retraitement de la dotation de l’exercice Augmentation de la dotation

Produits constatés d’avance (0,3 1/3) 0,1 Résultat global 0,1


Résultat A 0,1 QP dans les résultats des entr. MEE 0,1
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’augmentation de la dotation

(1) Il n’est pas possible de retraiter la valeur du matériel industriel détenu par A (valeur brute et
amortissements) puisque celui-ci n’a pas été intégré dans les comptes consolidés. Néanmoins, tant que
l’immobilisation reste dans le périmètre de consolidation le résultat de cession interne de M doit être éliminé.
La seule façon de le faire est d’utiliser un compte de régularisation du passif.

3. Tableaux d’analyse pour les retraitements de consolidation au 31/12/N+1 (au taux de 100 %)
Élimination du résultat de cession interne de l’exercice N, au 1/07/N
chez le cédant chez l’acquéreur Retraitement à effectuer
M (mère) A (dans l’hypothèse d’une
élimination à 100 %)
Valeur d’origine 90 45  Valeur brute : 45
Amortissements à la date de cession 54  Amortissements : 54
Valeur nette comptable 36 45  Actif net : 9
Prix de cession 45
Résultat de cession (à éliminer) 9  Réserves groupe : 9

Retraitement de l’amortissement comptable, du 1/07/N au 31/12/N+1


chez M chez A Retraitement à effectuer
(amortissement (amortissement (dans l’hypothèse d’une
théorique) réel) élimination à 100 %)
Amortissement N (exercice précédent) (1) 9 (2) 7,5  Amortissements : 1,5
 Réserves A : 1,5
Dotation aux amortissements N+1 (3) 18 (4) 15  Amortissements : 3
 Résultat A : 3
Total 27 22,5  Amortissements : 4,5
 Réserves A : 1,5
 Résultat A : 3
(1) 90 (base amortissable sur 5 ans) 1/5 6/12 ou 36 (base amortissable sur les 2 ans restants) 1/2 6/12
(2) 45 1/3 6/12
(3) 90 (base amortissable sur 5 ans) 1/5 ou 36 (base amortissable sur les 2 ans restants) 1/2
(4) 45 1/3
Remarque. Dans la logique de la solution 1 (cf. page 169), l’amortissement théorique serait calculé ainsi :
- pour N : 36 (base amortissable sur 3 ans) 1/3 6/12 = 6.
- pour N+1 : 36 (base amortissable sur 3 ans) 1/3 = 12.
174 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

4 Ecritures de consolidation au 31/12/N+1


Nous envisagerons les mêmes hypothèses qu’à la clôture de l’exercice précédent :
 A est intégrée globalement
 A est intégrée proportionnellement à 20 %
 A est mise en équivalence (pourcentage d’intérêts de M : 20 %)
Dans les hypothèses  et  les valeurs à retraiter sont ajustées en fonction du pourcentage
d’élimination à appliquer.

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
 A est intégrée globalement

Réserves groupe 9
Matériel industriel 45
Amortissements du mat. industriel 54
Élimination de 100 % du résultat de cession interne

Impôts différés – Actif (9 1/3) 3


Réserves groupe 3
Prise en compte de l’imposition différée
(élimination du décalage temporaire déductible)

Réserves A 1,5 DA sur immob. incorp. et corporelles 3


Résultat A 3 Résultat global 3
Amortissements du mat. industriel 4,5
Retraitement des amortissements Augmentation de la dotation

Impôts différés – Actif (4,5 1/3) 1,5 Résultat global 1


Réserves A (1,5 1/3) 0,5 Impôts sur les bénéfices différés 1
Résultat A (3 1/3) 1
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’augmentation de la dotation

 A est intégrée proportionnellement à 20 %


Réserves groupe (9 20 %) 1,8
Matériel industriel (45 20 %) 9
Amortissements du mat. industriel
(54 20 %) 10,8
Élimination de 20 % du résultat de cession interne

Impôts différés – Actif (1,8 1/3) 0,6


Réserves groupe 0,6
Prise en compte de l’imposition différée
(élimination du décalage temporaire déductible)

Réserves A (1,5 20 %) 0,3 DA sur immob. incorp. et corporelles 0,6


Résultat A (3 20 %) 0,6 Résultat global 0,6
Amortissements du mat. industriel 0,9
Retraitement de 20 % des amortissements Retraitement de la dotation au taux de 20 %
(retraitement des amortissements intégrés) (augmentation de la dotation intégrée)

Impôts différés – Actif (0,9 1/3) 0,3 Résultat global 0,2


Réserves A (0,3 1/3) 0,1 Impôts sur les bénéfices différés 0,2
Résultat A (0,6 1/3) 0,2
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’augmentation de la dotation

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Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
 A est mise en équivalence (pourcentage d’intérêts de M : 20 %)

Réserves groupe (9 20 %) 1,8


Produits constatés d’avance (1) 1,8
Élimination de 20 % du résultat de cession interne

Produits constatés d’avance (1,8 1/3) 0,6


Réserves groupe 0,6
Prise en compte de l’imposition différée
(élimination du décalage temporaire déductible)

Réserves A (1,5 20 %) 0,3 QP dans les résultats des entr. MEE 0,6
Résultat A (3 20 %) 0,6 Résultat global 0,6
Produits constatés d’avance (1) 0,9
Retraitement des amortissements Augmentation de la dotation

Produits constatés d’avance (0,9 1/3) 0,3 Résultat global 0,2


Réserves A (0,3 1/3) 0,1 QP dans les résultats des entr. MEE 0,2
Résultat A (0,6 1/3) 0,2
Prise en compte de l’imposition différée Rattachement d’une économie d’IS à
(élimination du décalage temporaire déductible) l’augmentation de la dotation

(1) Il n’est pas possible de retraiter la valeur du matériel industriel détenu par A (valeur brute et
amortissements) puisque celui-ci n’a pas été intégré dans les comptes consolidés. Néanmoins, tant que
l’immobilisation reste dans le périmètre de consolidation le résultat de cession interne de M doit être éliminé.
La seule façon de le faire est d’utiliser un compte de régularisation du passif.
176 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Section 4. Elimination des dividendes internes (ou intra-groupe)

I. Objectif de l’élimination

A. Décalage entre la réalisation du bénéfice et la constatation des produits financiers


Les dividendes distribués au cours d’un exercice résultent d’une décision d’affectation du résultat de
l’exercice précédent. Dans les comptes individuels, il y a donc un décalage entre l’exercice au cours
duquel le bénéfice a été réalisé (par la société distributrice) et l’exercice au cours duquel tout ou
partie de ce bénéfice est encaissé et enregistré en produits financiers (par la société bénéficiaire).

B. Absence de décalage dans les comptes consolidés


Dans les comptes consolidés, un tel décalage ne peut pas exister. En effet, la quote-part des bénéfices
revenant de plein droit au détenteur des titres est immédiatement prise en compte dans son propre
résultat consolidé, sans attendre l’encaissement de tout ou partie de ces bénéfices.
Les dividendes encaissés au cours d’un exercice étant déjà inclus dans le résultat consolidé de
l’exercice précédent, les produits de participations enregistrés dans les comptes individuels doivent
être éliminés des comptes consolidés de l’exercice.

II. Taux d’élimination à appliquer


Les dividendes intra-groupe doivent être éliminés en totalité, quelle que soit la méthode de
consolidation appliquée pour l’entité distributrice. En effet, la société bénéficiaire encaisse des
bénéfices à concurrence de la quote-part de ses droits pécuniaires dans la société distributrice, c’est-
à-dire en fonction de son pourcentage d’intérêts.

III. Retraitement de consolidation

A. Elimination des dividendes internes par virement dans les capitaux propres
En consolidation, il faut diminuer le résultat de la société bénéficiaire et augmenter les réserves en
contrepartie car les bénéfices encaissés figuraient déjà dans les résultats consolidés au titre de
l’exercice précédent. Le retraitement n’entraîne pas d’imposition différée.

B. Suite de l’exemple (cf. page 161)


1. Données complémentaires
En N, la société M a encaissé des dividendes mis en distribution par les sociétés G, P et E. Les
produits financiers ont été enregistrés au crédit du compte 7611 « Revenus des titres de
participation » pour les montants suivants :
- 24 provenant de G (soit 80 % des 30 de dividendes distribués au titre de N-1) ;
- 10 provenant de P (soit 40 % des 25 de dividendes distribués au titre de N-1) ;
- 5 provenant de E (soit 25 % des 20 de dividendes distribués au titre de N-1).
2. Ecritures d’élimination des dividendes internes
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat groupe (24 + 10 + 5) 39 Revenus des titres de participation 39
Réserves groupe 39 (pour solde)
Résultat global 39
Elimination des dividendes internes Elimination des produits déjà intégrés en N-1

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 177

Section 5. Elimination des dépréciations internes

I. Objectif de l’élimination
Dans les comptes consolidés, contrairement aux comptes individuels, les titres de participation
consolidés par intégration globale, proportionnelle ou par mise en équivalence ne sont pas évalués
directement. Ils sont évalués indirectement au travers des éléments d’actif et de passif identifiables
des entités qu’ils représentent.
En conséquence, les dépréciations des participations constituées par l’entreprise détentrice des titres
doivent être éliminées, dans la mesure où elles font double emploi.
Remarque. Pour les exercices ouverts à compter du 1/01/07, les dotations aux dépréciations des titres de
participation ne sont plus déductibles et les reprises ne sont plus imposables, sauf cas particulier. Par
conséquent, l’élimination d’une dépréciation interne de titres de participation (assimilable à une reprise sur
dépréciations) ne crée pas de décalage temporaire imposable.
Il n’y a donc pas de passif d’impôt différé à constater.

II. Taux d’élimination à appliquer


Les dépréciations des titres de participation doivent être éliminées en totalité. Les dépréciations des
créances rattachées à des participations doivent être éliminées à hauteur du pourcentage d’intérêts de
l’entreprise détentrice des titres.

III. Retraitement de consolidation


A. Traitement comptable
En consolidation, il faut éliminer les dépréciations et augmenter le résultat et/ou les réserves en
contrepartie, selon que les dotations ont été enregistrées à la clôture de l’exercice ou à la clôture d’un
exercice antérieur. Sauf cas particulier, le retraitement n’entraîne pas d’imposition différée.
B. Exemple
1. Données de base
Au 31/12/N, la société consolidante M détient des titres de participation A acquis pour 100. La
société A ayant subi des pertes ces dernières années, la société M a déprécié les titres A :
- dotations enregistrées dans les exercices antérieurs : 30 ;
- dotation complémentaire enregistrée à la clôture de l’exercice N : 12.
Le pourcentage d’intérêts de M dans A est de 40 %. On envisage les deux hypothèses suivantes :
H1. A est intégrée globalement ;
H2. A est intégrée à 40 %.
2. Ecritures d’élimination des dépréciations internes
Quelle que soit la méthode de consolidation appliquée pour A, la dépréciation des titres de
participation A est éliminée en totalité.
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Dépréciations des titres de participation 42 Résultat global 12
(pour solde) Dotations aux dépréciations des
Réserves groupe 30 éléments financiers 12
Résultat groupe 12
Elimination des dépréciations intra-groupe Elimination des dotations aux dépréciations
intra-groupe
178 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

CHAPITRE 3. ACTIONS PROPRES ET ACTIONS D’AUTOCONTRÔLE DE LA SOCIÉTÉ


CONSOLIDANTE

Section 1. Classement dans les comptes consolidés (§ 271)

Les titres représentatifs du capital de l’entreprise consolidante détenus par elle-même ou par des
entreprises contrôlées sont classés selon la destination qui leur est donnée dans les comptes
individuels de ces entreprises.
Les titres de la société consolidante détenus par des entreprises mises en équivalence ne sont
évidemment pas classés puisqu’ils ne sont pas intégrés dans les comptes consolidés.
Remarque. Les titres de la société consolidante qui sont concernés par le classement se décomposent en trois
catégories de titres :
- les actions propres (titres de la société consolidante détenus par elle-même) ;
- les actions d’autocontrôle (titres de la société consolidante détenus par les sociétés sous contrôle exclusif) ;
- les actions de la société consolidante détenues par les sociétés sous contrôle conjoint.
Dans le § 424, par simplification sans doute, ces trois catégories de titres immobilisés de la société
consolidante sont regroupées sous le nom de « Titres d’autocontrôle ».

IAS/IFRS Selon IAS 32 « Instruments financiers : présentation » § 33, les actions propres ne doivent pas
être maintenues dans l’actif consolidé et elles ne doivent pas avoir d’impact sur le résultat :
Si une entité rachète ses propres instruments de capitaux propres, ceux-ci (les « actions propres »)
doivent être déduits des capitaux propres. Aucun profit ou perte ne doit être comptabilisé dans le résultat
lors de l’achat, de la vente, de l’émission ou de l’annulation d’instruments de capitaux propres de
l’entité. De telles actions propres peuvent être acquises ou détenues par l’entité ou par d’autres membres
du groupe consolidé. La contrepartie versée ou reçue doit être comptabilisée directement en capitaux
propres.
En ce qui concerne les informations spécifiques à fournir, il est précisé dans le § 34 :
Le montant d’actions propres détenues est indiqué séparément, soit au bilan, soit dans les notes, selon
IAS 1 « Présentation des états financiers ». Une entité fournit des informations selon IAS 24
« Information relative aux parties liées » si l’entité rachète ses instruments de capitaux propres à des
parties liées.

I. Titres de la société consolidante inscrits dans les titres de placement


Les titres de la société consolidante qui ont été acquis en vue d’une opération de courte durée
(attribution aux salariés ou placement de trésorerie, par exemple) ont été inscrits à l’actif dans un
compte « Titres de placement ». Dans les comptes consolidés, ces titres doivent être maintenus à
l’actif.

II. Titres de la société consolidante inscrits dans les titres immobilisés


Les titres de la société consolidante qui ont été inscrits dans les « Titres immobilisés » doivent être
éliminés de l’actif consolidé et ils doivent être présentés distinctement dans le tableau de variation
des capitaux propres de l’annexe (cf. Titre 4, Chapitre 3, Section 2). Dans les comptes consolidés,
ces titres doivent être éliminés par le crédit, pour solde, du compte « Titres immobilisés » et, en
contrepartie, ils doivent être portés en diminution des capitaux propres consolidés :
- au débit du compte « Titres de l’entreprise consolidante », à hauteur du pourcentage d’intérêts
des associés majoritaires de la société consolidante dans la société détentrice des titres ;
- au débit du compte « Intérêts minoritaires », à hauteur du pourcentage des intérêts minoritaires
dans la société détentrice des titres.
Remarque. Dans le cas où les titres immobilisés sont des actions propres de la société consolidante, le
pourcentage d’intérêts des associés majoritaires de la société consolidante est égal à 100 %.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 179

Section 2. Partage des capitaux propres de la société consolidante


Nous avons vu que l’existence d’un autocontrôle de la société consolidante entraîne la nécessité de
distinguer deux catégories d’associés (cf. page 25) :
- d’une part, les associés majoritaires de la société consolidante ;
- d’autre part, les associés minoritaires de la société consolidante, c’est-à-dire les autres associés.
Il résulte de cette situation le fait que les capitaux propres de la société consolidante doivent être
partagés entre ces deux catégories d’associés.

I. Part des associés majoritaires de la société consolidante

A. Terminologie employée dans les comptes consolidés


La structure du bilan consolidé ne permet pas de détecter la présence d’intérêts minoritaires dans les
capitaux propres de la société consolidante. En effet, la part des associés majoritaires de la société
consolidante est appelée « Capitaux propres (part du groupe) » et non pas comme on aurait pu le
penser logiquement « Capitaux propres (part des associés majoritaires du groupe) ». Il y a donc un
risque de confusion.
Remarque. Le « groupe » représente ici la société consolidante.

B. Comptabilisation de la part des associés majoritaires dans les capitaux propres consolidés
Il n’y a pas d’écriture spécifique à enregistrer, compte tenu du fait que la part des associés
majoritaires dans les capitaux propres consolidés est déjà inscrite dans les « Capitaux propres (part
du groupe) ».

II. Part des intérêts minoritaires dans les capitaux propres de la société consolidante
A. Transfert des intérêts minoritaires
La part des associés minoritaires de la société consolidante doit être déduite des « Capitaux propres
(part du groupe) » et portée au crédit du poste « Intérêts minoritaires ».
Les « Capitaux propres (part du groupe) » sont diminués au débit du compte « Réserves groupe »
car une réduction de la valeur des postes « Capital » ou « Primes », par exemple, n’aurait pas de
sens.

B. Suite de l’exemple (cf. page 25)


1. Données de base complémentaires
Nous nous intéressons principalement à la société consolidante du groupe M et à la société sous
contrôle exclusif B.
La société A détient une participation de 75 % dans le capital de B acquise pour 750.
La société B détient une participation de 10 % dans le capital de M acquise pour 400.
Les titres M détenus par B ont été enregistrés au compte « Titres immobilisés d’autocontrôle M ».
Au cours de l’exercice N, M a distribué 150 de dividendes à ses associés.
Au 31/12/N, au terme des opérations de consolidation du groupe M, il reste les travaux suivants à
effectuer :
- élimination des dividendes internes distribués par la société consolidante M ;
- partage des capitaux propres de M et élimination des titres d’autocontrôle M ;
- partage des capitaux propres de B et élimination des titres de participation B.
180 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Au 31/12/N, avant les dernières écritures de consolidation à enregistrer, les capitaux propres retraités
de M et B sont les suivants :
Société consolidante M Société B
Capital 4 000 1 000
Primes et Réserves 3 000 1 385
Résultat 200 95
7 200 2 480
2. Ecritures d’élimination des dividendes internes au 31/12/N
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat B (150 10 %) 15 Revenus des titres immobilisés 15
Réserves B 15 (pour solde)
Résultat global 15
Elimination des dividendes internes Elimination des produits déjà intégrés en N-1

3. Partage des capitaux propres de M et élimination des titres d’autocontrôle M au 31/12/N


Tableau d’analyse
Part des associés Intérêts minoritaires
Total majoritaires du (4,26 %)
groupe (95,74 %)
Capital 4 000
+ Primes et Réserves groupe 3 000
= Capitaux propres groupe (hors résultat) 7 000 (1) 6 701,8 (2) 298,2
Titres M d’autocontrôle détenus
par B (à éliminer) 400 229,8 170,2
= Capitaux propres retraités (hors résultat) 6 600 6 472 128
Résultat groupe 200 200 95,74 % = 191,5 200 4,26 % = 8,5
(1) 7 000 95,74 % (2) 7 000 4,26 %
Remarque. L’acquisition des titres M d’autocontrôle par la société B est analysée comme un investissement
réalisé par les associés de B :
- un investissement réalisé indirectement par les associés majoritaires de M : 400 57,45 % = 229,8 ;
- un investissement réalisé indirectement par les associés minoritaires de B : 400 42,55 % = 170,2.

Ecritures enregistrées au 31/12/N


Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan
Titres de l’entreprise consolidante 229,8 Remarque. Dans le cas où les actions d’autocontrôle
Intérêts minoritaires 170,2 M sont détenues par une société consolidée dans
Titres immobilisés d’autocontrôle M 400 laquelle la société consolidante détient directement
(pour solde) ou indirectement un pourcentage d’intérêts de
Elimination des titres d’autocontrôle M 100 %, il n’y a pas d’intérêts minoritaires.
Réserves groupe 298,2 Il en est de même lorsque les titres M sont des
Intérêts minoritaires 298,2 actions propres.
Transfert dans les intérêts minoritaires de leur
part dans les capitaux propres hors résultat de
la société consolidante

Résultat groupe 8,5


Intérêts minoritaires 8,5
Transfert de la part de résultat de la société
consolidante revenant aux minoritaires

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4. Partage des capitaux propres de B et élimination des titres de participation B au 31/12/N


Tableau d’analyse
Part des associés
Total majoritaires du Intérêts minoritaires
groupe (57,45 %) (42,55 %)
Capital B 1 000
+ Primes B 100
+ Réserves B (1 285 + 15) 1 300
= Capitaux propres (hors résultat) 2 400 (1) 1 378,8 (2) 1 021,2
Titres de participation B détenus
par A (à éliminer) 750 574,5 175,5
=  Réserves intégrées 1 650 804,3 845,7
Résultat B (95 15) 80 80 57,45 % = 46 80 42,55 % = 34
(1) 2 400 57,45 %.
(2) 2 400 42,55 %.
Remarque. L’acquisition des titres de participation B par la société A est analysée comme un investissement
réalisé par les associés de A :
- un investissement réalisé indirectement par les associés majoritaires de M : 750 76,60 % = 574,5 ;
- un investissement réalisé indirectement par les associés minoritaires de A : 750 23,40 % = 175,5.

Ecritures enregistrées au 31/12/N


Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan
Capital B (pour solde) 1 000
Primes B (pour solde) 100
Réserves B (pour solde) 1 300
Titres de participation B (pour solde) 750
Réserves groupe 804,3
Intérêts minoritaires 845,7
Partage des capitaux propres hors résultat de
B et élimination des titres B intégrés

Résultat B (pour solde) 80


Résultat groupe 46
Intérêts minoritaires 34
Partage du résultat de B

Section 3. Cession des titres immobilisés de la société consolidante à l’extérieur du groupe

En cas de cession ultérieure des titres immobilisés de la société consolidante (actions propres ou
actions d’autocontrôle) à l’extérieur du groupe, le prix de cession et l’impôt correspondant sont
inscrits directement dans les réserves consolidées.
182 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

CHAPITRE 4. ENTRÉE DANS LE PÉRIMÈTRE DE CONSOLIDATION

Section 1. L’écart d’acquisition

I. Définition
L’entrée d’une entreprise dans le périmètre de consolidation résulte de l’acquisition de ses titres par
l’entreprise consolidante (directement ou indirectement), quelles que soient les modalités juridiques
de l’opération (achats de titres, fusions, échanges…).

A. Ecart d’acquisition dans le règlement n° 99-02 du CRC


A la date d’acquisition des titres, l’écart d’acquisition est égal à la différence suivante :
Coût d’acquisition des titres
Quote-part de l’actif net réestimé de l’entreprise acquise revenant de plein droit à l’acquéreur
(ou quote-part des capitaux propres réestimés revenant de plein droit à l’acquéreur)
Remarque. L’actif net réestimé (ou actif net réévalué) correspond à la valeur d’entrée des actifs et passifs
identifiables de l’entreprise acquise. Les « capitaux propres réestimés » représentent la même valeur que
l’actif net réestimé. On peut employer indifféremment l’une ou l’autre des expressions.
Les droits des minoritaires sont calculés sur la base de l’actif net réestimé de l’entreprise acquise.

B. Ecart d’acquisition dans la norme IFRS 3 « Regroupements d’entreprises »

IAS/IFRS L’écart d’acquisition est dénommé différemment selon qu’il est positif ou négatif :

Ecart d’acquisition Dénomination actuelle

POSITIF GOODWILL

NÉGATIF PROFIT DÛ À UNE ACQUISITION À DES CONDITIONS AVANTAGEUSES


Remarque. D’autres dénominations ont été utilisées précédemment pour
l’écart d’acquisition négatif : « Badwill » et « Goodwill négatif ».

Dans la norme IFRS 3, le calcul de l’écart d’acquisition est présenté différemment. A la date
d’acquisition des titres, lorsque le regroupement d’entreprises est réalisé en une seule opération,
le goodwill ou le profit résultant d’une acquisition à des conditions avantageuses est égal à la
différence suivante :
Prix d’acquisition des titres
+ Intérêts minoritaires directs dans l’entreprise acquise
+ Quote-part de l’actif net réestimé de l’entreprise acquise déjà détenue par l’acquéreur
(dans le cas d’une acquisition par étapes)
Actif net réestimé de l’entreprise acquise

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IAS/IFRS La terminologie employée dans la norme IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » § 32 est


différente de celle que nous avons utilisée précédemment par simplification. En effet,
l’évaluation du goodwill ou du profit résultant d’une acquisition à des conditions
avantageuses est présentée comme la somme algébrique suivante :
Contrepartie transférée […]
+ Participation ne donnant pas le contrôle dans l’entreprise acquise […]
+ Juste valeur […] de la participation précédemment détenue par l’acquéreur dans
l’entreprise acquise (dans un regroupement d’entreprises réalisé par étapes)
Solde net des actifs identifiables acquis et des passifs repris […]
Les intérêts minoritaires, désormais dénommés « Participation ne donnant pas le
contrôle » sont définis ainsi dans IAS 27 « Etats financiers consolidés et individuels » § 4 :
Une participation ne donnant pas le contrôle est la part d’intérêt, dans une filiale, qui n’est pas
attribuable, directement ou indirectement, à une société mère.

1. Valorisation selon la méthode du GOODWILL PARTIEL


Dans cette approche, c’est le point de vue de l’acquéreur qui est privilégié et non pas celui de
l’entité économique acquise. Le goodwill partiel est un actif incorporel non identifiable représentant
les avantages économiques futurs qui résultent de la quote-part acquise des actifs identifiables. C’est
donc un actif incorporel non identifiable de l’entité acquise qui revient de plein droit à l’acquéreur.
Remarque. Cette méthode du goodwill partiel est la seule méthode applicable dans le cas où l’entité acquise
est une coentreprise ou une entreprise associée. Dans le cas où l’entité acquise est une filiale, l’acquéreur a le
choix entre cette méthode et la méthode du goodwill complet.

IAS/IFRS Lorsque l’entité acquise est une entreprise associée, le goodwill n’est pas comptabilisé en
tant qu’immobilisation incorporelle. En effet, selon IAS 28 « Participations dans des
entreprises associées » § 23 :
[…] Lors de l’acquisition de la participation, toute différence entre le coût de la participation et la
quote-part de l’investisseur dans la juste valeur nette des actifs et des passifs identifiables de l’entreprise
associée est comptabilisée comme suit :
a) le goodwill lié à une entreprise associée est inclus dans la valeur comptable de la participation […] ;
b) tout excédent de la quote-part de l’investisseur dans la juste valeur nette des actifs et passifs
identifiables de l’entreprise associée sur le coût de la participation est inclus comme produit […].
Remarque. L’excédent du b) précédent correspond à ce qui était appelé naguère « badwill » ou encore
« goodwill négatif » et qui est dénommé aujourd’hui « profit résultant d’une acquisition à des
conditions avantageuses ».

Cette méthode du goodwill partiel est autorisée dans IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » § 19 :
Pour chaque regroupement d’entreprise, l’acquéreur doit évaluer toute participation ne donnant pas le contrôle détenue dans
l’entreprise acquise […] soit à la part proportionnelle de la participation contrôlante dans l’actif net identifiable de
l’entreprise acquise.

Remarque. La « participation contrôlante » correspond à la participation de l’acquéreur.

Rappelons qu’au regard des comptes consolidés, les intérêts minoritaires directs (dénommés
« participation ne donnant pas le contrôle dans l’entreprise acquise ») ne sont intégrés que dans le cas
d’une prise de contrôle exclusif, c’est-à-dire lorsque l’entité acquise est intégrée globalement.
Dans cette méthode du goodwill partiel, les intérêts minoritaires directs sont calculés sur la base de
l’actif net réestimé de l’entreprise acquise, c’est-à-dire sur la base de la juste valeur des actifs
identifiables acquis et des passifs repris.
184 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

2. Valorisation selon la méthode du GOODWILL COMPLET (full goodwill)


Dans cette approche, on s’intéresse à la valeur globale de l’entité acquise. Le goodwill complet est
un actif incorporel non identifiable représentant les avantages économiques futurs qui résultent des
actifs identifiables de l’entité acquise. C’est donc un actif incorporel non identifiable de l’entité
acquise qui revient de plein droit à deux catégories d’associés :
- d’une part, l’acquéreur ;
- d’autre part, les autres associés (que nous appelons les associés minoritaires directs).
Cette méthode du goodwill complet est autorisée dans IFRS 3 § 19 :
Pour chaque regroupement d’entreprise, l’acquéreur doit évaluer toute participation ne donnant pas le contrôle détenue dans
l’entreprise acquise soit à la juste valeur […].

Des indications sur l’évaluation de la juste valeur d’une participation ne donnant pas le contrôle dans
l’entreprise acquise sont fournies dans IFRS 3 § B44 :
La présente Norme autorise l’acquéreur à évaluer une participation ne donnant pas le contrôle dans l’entreprise acquise à sa
juste valeur à la date d’acquisition. Parfois, un acquéreur sera capable d’évaluer la juste valeur […] sur la base des cours
observés sur un marché actif pour les actions non détenues par l’acquéreur. Dans d’autres situations, toutefois, un cours
observé sur un marché actif pour les actions ne sera pas disponible. Dans ce cas, l’acquéreur doit mesurer la juste valeur de
la participation ne donnant pas le contrôle en utilisant d’autres techniques de valorisation.

Dans la méthode du goodwill complet, les intérêts minoritaires directs sont calculés sur la base de la
juste valeur de l’entreprise acquise, c’est-à-dire sur la base du cumul suivant :
Juste valeur des actifs identifiables acquis et des passifs repris
+ Goodwill complet (goodwill partiel + quote-part revenant aux intérêts minoritaires directs)
La juste valeur par action de la participation de l’acquéreur et celle de la participation ne donnant pas
le contrôle (juste valeur par action des intérêts minoritaires directs) peut différer dans la mesure où la
quote-part du goodwill incluse dans la valeur de l’action n’est pas proportionnelle, du fait notamment
de la prise en compte d’une prime de contrôle pour l’acquéreur, par exemple.
Cette prise en compte d’une prime de contrôle (ou d’une décote pour absence de contrôle) est
prévue dans IFRS 3 » § B45 :
La juste valeur par action de la participation de l’acquéreur […] et celle de la participation ne donnant pas le
contrôle peuvent différer. La principale différence sera probablement l’inclusion d’une prime de contrôle dans
la juste valeur par action de la participation de l’acquéreur […] ou, à l’inverse, l’inclusion d’une décote pour
absence de contrôle (également appelée décote minoritaire) dans la juste valeur par action de la participation ne
donnant pas le contrôle.

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C. Comparaison entre l’écart d’acquisition et le goodwill à partir d’un exemple simplifié


1. Données de base
Le 1/07/N, la société mère M prend le contrôle direct de l’entité A en acquérant des titres pour un
montant de 306 (coûts directement attribuables à l’acquisition inclus, nets de l’économie d’impôt
correspondante : 6 ; cf. II. Coût d’acquisition des titres, page suivante).
Ces titres représentent un pourcentage de droits de vote et un pourcentage d’intérêts de 60 % dans
l’entité A. A la date d’acquisition, la juste valeur des actifs identifiables acquis et des passifs repris
est égale à 400. Par simplification, nous supposons que cette juste valeur est la même selon les deux
référentiels, le règlement n° 99-02 du CRC et les normes IAS/IFRS.
Nous envisagerons les hypothèses suivantes :
 les comptes consolidés sont établis selon le référentiel français (règlement n° 99-02 du CRC) ;
 les comptes consolidés sont établis selon les normes IAS/IFRS et, pour cette acquisition, le
groupe M calcule le goodwill selon la méthode suivante :
 1ère option possible : méthode du goodwill partiel ;
 2ème option possible : méthode du goodwill complet dans deux cas différents :
- cas n° 1 : par simplification, il n’existe pas de prime de contrôle ;
- cas n° 2 : il est tenu compte d’une prime de contrôle de 15 dans la juste valeur de
la participation de M dans A.
2. Calcul de l’écart d’acquisition au 1/07/N
Hypothèse 2 :
Hypothèse 1 : Norme IFRS 3 « Regroupements d’entreprises »
Règlement 1ère option possible : 2ème option possible :
n° 99-02 du CRC méthode du méthode du GOODWILL COMPLET
GOODWILL PARTIEL Cas n° 1 : Cas n° 2 :
pas de prime de contrôle prime de contrôle : 15
Coût d’acquisition 306
des titres A 300 300 300
Juste valeur des actifs
identifiables acquis et 400 400 400 400
des passifs repris de A
Part de l’acquéreur 60 % 60 % 60 % 60 %
(pourcentage d’intérêts)
Ecart d’acquisition (1) 66
GOODWILL PARTIEL (2) 60 (2) 60 (2) 60
Intérêts minoritaires 400 × 40 % = 160
Participation ne donnant
pas le contrôle :
- à la part proportionnelle (3) 160
dans l’actif net identifiable
- à la juste valeur (4) 200 (5) 190
GOODWILL COMPLET (6) 100 (7) 90
(1) 306 – 400 × 60 %
(2) 300 – 400 × 60 %
(3) 400 × 40 %
(4) 300/60 % × 40 %
(5) (300 – 15)/60 % × 40 %
(6) 300 + 200 – 400 ou 60 + 60/60 % × 40 %
(7) 300 + 190 – 400 ou 60 + (60 – 15)/60 % × 40 %
186 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

II. Coût d’acquisition des titres

A. Prise de contrôle ou d’influence notable en une seule opération (§ 210)


Sauf cas particuliers, le coût d’acquisition des titres est égal au montant de la rémunération remise au
vendeur par l’acquéreur (liquidités, actifs ou titres émis par une entreprise comprise dans la
consolidation estimés à leur juste valeur), majoré de tous les autres coûts directement imputables à
l’acquisition (droits d’enregistrement, honoraires versés aux consultants et experts externes
participant à l’opération), nets de l’économie d’impôt correspondante.

IAS/IFRS Il en est de même dans les normes internationales pour toute acquisition de titres de
participation ne donnant pas le contrôle exclusif, c’est-à-dire lorsque les titres acquis :
- donnent une influence notable dans l’entreprise acquise ; ou
- entraînent un contrôle conjoint ; ou
- augmentent le pourcentage d’intérêts de l’acquéreur dans l’entreprise acquise déjà sous
contrôle exclusif, sous contrôle conjoint ou sous influence notable.
En revanche, lorsqu’il s’agit d’une prise de contrôle exclusif, selon la norme IFRS 3
« Regroupements d’entreprises » § 53, les autres coûts directement attribuables sont exclus du
coût d’acquisition des titres. Ils sont donc comptabilisés en charges :
Les frais connexes à l’acquisition sont les coûts que l’acquéreur encourt pour effectuer un regroupement
d’entreprises. Parmi ces coûts figurent :
- les commissions d’apporteur d’affaires ;
- les honoraires de conseils juridiques, comptables, de valorisation et autres honoraires professionnels
ou de conseil ;
- les frais administratifs généraux, y compris les coûts de fonctionnement d’un département interne
chargé des acquisitions […].

Remarque. Les frais d’augmentation de capital ne sont pas inclus dans le coût d’acquisition. Ils sont
imputables nets d’impôts sur les capitaux propres (cf. Titre 2, Chapitre 2, Sections 3 et 5).

Lors de la comptabilisation initiale d’une acquisition, il est en général possible d’estimer le


montant de tout ajustement, même si une incertitude existe, sans porter atteinte à la fiabilité
de l’information. Si ces événements futurs ne se produisent pas, ou s’il est nécessaire de
revoir l’estimation, le coût d’acquisition est ajusté avec les répercussions correspondantes
sur l’écart d’acquisition.
1. Ajustement du coût d’acquisition en cas de paiement différé ou étalé
En cas de paiement différé ou étalé, le coût d’acquisition doit être actualisé si les effets de
l’actualisation sont significatifs.
2. Ajustement du coût d’acquisition résultant de la convention d’acquisition
Lorsque la convention d’acquisition prévoit un ajustement du prix d’acquisition dépendant
d’un ou plusieurs événements, le montant de la correction doit être inclus dans le coût
d’acquisition, à la date d’acquisition, si les deux conditions suivantes sont remplies :
- l’ajustement est probable ;
- son montant peut être mesuré de façon fiable.
3. Ajustement du coût d’acquisition résultant d’un événement postérieur à l’acquisition
Le coût d’acquisition doit également être corrigé lorsqu’une éventualité affectant le montant
du prix d’acquisition se résout postérieurement à la date d’acquisition.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 187

B. Prise de contrôle ou d’influence notable par achat de lots successifs de titres (§ 220)
Le coût d’acquisition total des titres (acquisition initiale et acquisitions complémentaires donnant le
contrôle ou l’influence notable) est déterminé dans les mêmes conditions que lors de l’entrée d’une
entreprise dans le périmètre de consolidation en une seule opération.

C. Incidence des dividendes encaissés qui proviennent de résultats antérieurs à l’acquisition


Les dividendes perçus qui portent sur des résultats réalisés avant l’acquisition n’ont pas d’incidence
sur l’écart d’acquisition. Ces dividendes internes sont donc éliminés par virement dans les capitaux
propres (cf. III, A, page 176).

III. Actifs et passifs identifiables (actif net réestimé de l’entreprise acquise)


Lors de la première consolidation d’une entreprise, la valeur d’entrée des éléments identifiables de
son actif et de son passif est évaluée selon des méthodes spécifiques.

IAS/IFRS Le principe d’évaluation est fixé dans IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » § 18 :


L’acquéreur doit évaluer les actifs identifiables acquis et les passifs reprise à la juste valeur à la
date d’acquisition.

A. Identification des actifs et passifs


Les actifs et les passifs identifiables de l’entreprise acquise, y compris les éléments incorporels, sont
des éléments susceptibles d’être évalués séparément dans des conditions permettant un suivi de leur
valeur. Pour les actifs incorporels, tel peut être notamment le cas des brevets, marques et relations
contractuelles avec les clients.

L’identification des actifs et passifs est indépendante du fait que ces éléments sont inscrits ou non
dans les comptes individuels de la société qui entre dans le périmètre de consolidation.
Ne sont pas considérés comme des actifs et passifs identifiables de l’entreprise acquise :
- le fonds commercial et les parts de marché ;
- les écarts de conversion et les provisions pour pertes de change ;
- les subventions d’investissement et les provisions réglementées.
Peuvent être considérés comme des actifs et passifs identifiables : Certains éléments non
inscrits dans les comptes individuels de l’entreprise acquise, par exemple :
- les coûts de développement répondant aux conditions d’inscription à l’actif ;
- les biens utilisés en crédit-bail ;
- les provisions pour engagements de retraites et obligations similaires.

B. Principes généraux relatifs à la valeur d’entrée


Le montant résultant de l’évaluation des actifs identifiables constitue leur nouvelle valeur brute.
Cette valeur brute sert de base aux calculs ultérieurs :
- des plus ou moins-values en cas de cession ;
- ainsi que des dotations aux amortissements et aux dépréciations.
Les provisions enregistrées à la date de première consolidation constituent la base à partir de laquelle
seront déterminées les dotations et les reprises ultérieures.
188 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

IAS/IFRS Le principe est le même dans les normes internationales. Une entité consolidée ne contribue à
la formation du résultat consolidé qu’à partir de son entrée dans le périmètre de consolidation.
Tout résultat acquis avant la date d’entrée dans le périmètre de consolidation doit donc être
considéré comme une réserve. La norme IAS 27 « Etats financiers consolidés et individuels »
§ 26 donne les précisions suivantes :
Les produits et les charges d’une filiale sont inclus dans les états financiers consolidés à compter de la
date d’acquisition de la manière définie dans IFRS 3. Les produits et les charges de la filiale doivent être
basés sur les valeurs des actifs et des passifs comptabilisés dans les états financiers de la société mère à
la date d’acquisition. Ainsi, une charge d’amortissement comptabilisée dans l’état du résultat global
consolidé après la date d’acquisition doit être basée sur les justes valeurs des actifs amortissables
correspondants comptabilisés dans les états financiers consolidés à la date d’acquisition. […]

C. Méthode d’évaluation des actifs et passifs identifiables


La valeur des actifs et passifs identifiables est déterminée en fonction de l’usage prévu par la société
consolidante. Les actifs sont classés en deux catégories :
- les biens non destinés à l’exploitation ;
- les biens destinés à l’exploitation.
1. Evaluation des biens non destinés à l’exploitation
Les biens non destinés à l’exploitation, c’est-à-dire les actifs destinés à être revendus à brève
échéance ou les actifs non nécessaires à l’exploitation, sont évalués à leur valeur de marché à la
date d’acquisition ou, en l’absence de marché, à leur valeur vénale nette des coûts de sortie.
2. Evaluation des biens destinés à l’exploitation
Les biens destinés à l’exploitation sont évalués à leur valeur d’utilité pour la société consolidante.
Cette valeur d’utilité correspond au prix qu’elle aurait accepté de payer si elle avait acquis ces
éléments séparément, compte tenu de l’usage qu’elle compte en faire. La valeur d’utilité de ces biens
destinés à l’exploitation s’identifie donc à leur valeur de remplacement.

IAS/IFRS Un classement ou une désignation des actifs identifiables acquis et des passifs repris doit être
effectué à la date d’acquisition, selon IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » § 15 :
A la date d’acquisition, l’acquéreur doit classer ou désigner les actifs identifiables acquis et les passifs
repris de manière à permettre l’application ultérieure d’autres IFRS. L’acquéreur doit procéder à ces
classifications ou désignations sur la base des dispositions contractuelles, des conditions économiques,
de ses politiques comptables ou de gestion et d’autres conditions pertinentes en vigueur à la date
d’acquisition.

3. Détermination de la valeur d’utilité des actifs et passifs destinés à l’exploitation


L’objectif étant de déterminer une valeur d’utilité à la date d’acquisition, élément par élément, les
méthodes appliquées pour cette évaluation peuvent être différentes de celles qui sont habituellement
utilisées par l’entreprise consolidante pour les comptes consolidés. Il est approprié, par exemple, de
recourir à des méthodes d’actualisation financière pour déterminer la valeur d’entrée des éléments
monétaires ou des provisions pour charges dès lors que cela influe de façon significative sur le
montant obtenu.
Le principe de la valeur d’utilité n’interdit pas que les valeurs comptables puissent être représentatives de
celle-ci.

Document de travail réservé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
T2141-F2/4 SÉRIE 02 189

 Immobilisations incorporelles : tous les actifs incorporels identifiables font l’objet d’une
évaluation. Il est rappelé que selon l’art. 211-3 du PCG, une immobilisation incorporelle est
identifiable :
• si elle est séparable des activités de l’entité, c’est-à-dire susceptible d’être vendue, transférée, louée ou
échangée de manière isolée ou avec un contrat, un autre actif ou passif ;
• ou si elle résulte d’un droit légal ou contractuel même si ce droit n’est pas transférable ou séparable de
l’entité ou des autres droits et obligations.

IAS/IFRS La règle est la même dans IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » § B31 :


L’acquéreur doit comptabiliser séparément du goodwill les immobilisations incorporelles identifiables
acquises lors d’un regroupement d’entreprises. Une immobilisation incorporelle est identifiable si elle
respecte soit le critère de séparabilité soit le critère légal-contractuel.

Les actifs incorporels identifiables qui ne sont pas inscrits dans les comptes sociaux de l’entreprise
acquise font également l’objet d’une évaluation.

IAS/IFRS Il en est de même dans IFRS 3 § 13 :


[…] Par exemple, l’acquéreur comptabilise les immobilisations incorporelles identifiables acquises,
telles qu’une marque, un brevet ou une relation commerciale, que l’entreprise acquise n’a pas
comptabilisé en tant qu’actifs dans ses états financiers parce qu’elle les a développés en interne et
qu’elle a comptabilisé les coûts correspondants en charges.

La valeur d’utilité des immobilisations incorporelles correspond à leur valeur de marché lorsqu’il
existe un marché actif pour des biens similaires. Par marché actif, on entend un marché sur lequel
s’échangent régulièrement à des prix connus des biens de nature homogène. En l’absence de
marché actif, c’est la valeur d’utilité qui est retenue en se référant notamment à la pratique du
secteur concerné.
Cas particulier du contrat de location-financement en cours :
Lorsque l’entreprise acquise détient un bien dans le cadre d’un contrat de location-financement (ou de crédit-
bail), la valeur de l’actif identifiable est estimée différemment selon que le groupe applique la méthode
préférentielle ou non (cf. Titre 2, Chapitre 3, Section 2).
1er cas : la méthode préférentielle est appliquée dans les comptes consolidés : dans ce cas, il y a deux
éléments identifiables à estimer :
- actif identifiable : valeur nette comptable de l’immobilisation corporelle ;
- passif identifiable : dette théorique restante de l’emprunt correspondant.
2ème cas : le bien corporel n’est pas inscrit à l’actif : dans ce cas, un droit incorporel doit être estimé à la
différence entre :
- d’une part, la valeur de l’immobilisation corporelle ;
- et d’autre part, la dette résiduelle correspondant à la valeur actualisée des loyers restant à payer
et de l’option de rachat.

 Immobilisations corporelles : leur valeur d’utilité correspond à la valeur de marché pour les biens
banalisés (notamment les terrains et constructions non industriels) ou à leur valeur de
remplacement nette pour les biens spécifiques à l’exploitation.
 Participations et autres titres immobilisés : les titres acquis doivent être évalués en fonction de
leur utilité pour l’entreprise consolidante. En conséquence, les titres consolidés par intégration
globale, proportionnelle ou par mise en équivalence ne sont pas évalués directement mais au
travers des éléments d’actifs et de passifs identifiables des entités consolidées qu’ils représentent.
Au contraire, les titres non consolidés sont évalués à leur valeur de marché.
190 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

 Stocks et contrats en cours : en règle générale, la valeur d’utilité des stocks ne peut simplement
correspondre au coût historique d’achat ou de production reflété par les comptes de l’entreprise
acquise car il convient de tenir compte des efforts déjà consentis pour amener chaque élément du
stock en l’état d’élaboration où il se trouve. Pour les contrats à long terme en cours, par exemple, la
marge correspondant à l’état d’avancement des contrats est ainsi incluse dans la valeur d’entrée des
en-cours.
 Prêts et créances, dettes : leur valeur d’entrée est déterminée par actualisation des valeurs dues à
l’échéance, au taux constaté sur le marché financier approprié à la date d’acquisition, si l’incidence
de cette actualisation est significative (par exemple, dans le cas où les prêts ou créances ne sont pas
productifs d’un intérêt correspondant aux conditions normales du marché à la date d’acquisition).
 Titres de placement : leur valeur d’entrée est leur valeur de réalisation (cours de bourse, s’il s’agit
de titres cotés), nette des frais de cession.
 Engagements relatifs aux avantages à long terme accordés aux salariés : tous les engagements
relatifs aux avantages à long terme accordés aux salariés tels qu’indemnités de départ,
compléments de retraite, par exemple, doivent être identifiés et comptabilisés selon la situation
financière des régimes correspondants, même dans l’hypothèse où la société consolidante
n’applique pas ce principe dans ses comptes consolidés.
 Provisions : leur évaluation doit tenir compte de tous les risques et charges identifiés à la date
d’acquisition mais ne doit pas tenir compte des provisions pour pertes d’exploitation futures, en
dehors du cas des pertes sur contrats en cours.
Par conséquent, les provisions pour coûts de restructuration ne sont comptabilisées que si les coûts
de restructuration résultent d’une obligation de l’entité acquise vis-à-vis de tiers, matérialisée par
l’annonce, avant la date d’acquisition, de la décision aux tiers concernés, et à condition que l’entité
n’attende plus de contrepartie de ceux-ci.
4. Prise en compte des actifs et passifs d’impôts différés
Les créances et dettes d’impôts différés attachées aux écarts d’évaluation sont enregistrées
conformément aux dispositions du § 31 (cf. Titre 2, Chapitre 1, Section 2).

IAS/IFRS La règle est la même dans IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » § 24 et 25 :


L’acquéreur doit comptabiliser et évaluer un actif ou un passif d’impôt différé découlant des actifs
acquis et des passifs repris lors d’un regroupement d’entreprises […].
L’acquéreur doit comptabiliser les effets fiscaux potentiels de différences temporelles et de déficits
fiscaux reportables d’une entreprise acquise qui existent à la date d’acquisition ou qui résultent de
l’acquisition […].

D. Délai d’évaluation des actifs et passifs identifiables (§ 2110)


L’évaluation des actifs et passifs identifiables doit être faite en fonction de la situation existant à la
date d’entrée de l’entreprise dans le périmètre de consolidation, sans que des événements ultérieurs
puissent être pris en considération.
Toutefois, l’entreprise consolidante dispose d’un délai pour procéder aux analyses et expertises
nécessaires pour évaluer de manière définitive les éléments identifiables. Ce délai se termine à la
clôture de l’exercice qui suit l’entrée dans le périmètre de consolidation.
Si une nouvelle appréciation est faite des valeurs fixées lors de l’entrée, il en découle de manière
automatique une modification de l’écart d’acquisition avec effet rétroactif.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 191

IAS/IFRS La période d’évaluation n’est pas tout à fait la même car le délai d’un an court à partir de la
date d’acquisition et non pas à partir de la date de clôture de l’exercice d’acquisition.
Exemple : Si la date d’entrée dans le périmètre de consolidation est le 1/03/N, la période d’évaluation
prend fin aux dates suivantes :
- selon le référentiel 99-02 du CRC : 31/12/N+1 (si la date de clôture est le 31 décembre) ;
- selon le référentiel IAS/IFRS : 1/03/N+1.
Selon IFRS 3 « Regroupements d’entreprises » § 45 :
Si la comptabilisation initiale d’un regroupement d’entreprises est inachevée à la fin de la période de
reporting au cours de laquelle le regroupement d’entreprises survient, l’acquéreur doit mentionner dans
ses états financiers provisoires des montants relatifs aux éléments pour lesquels la comptabilisation est
inachevée. […] La période d’évaluation prend fin dès que l’acquéreur reçoit l’information qu’il
recherchait à propos des faits et circonstances qui prévalaient à la date d’acquisition ou dès qu’il apprend
qu’il est impossible d’obtenir des informations supplémentaires. Cependant, la période d’évaluation ne
doit pas excéder un an à compter de la date d’acquisition.

IV. Traitement comptable de l’écart d’acquisition


L’écart d’acquisition n’est pas générateur d’impôts différés (§ 313).

IAS/IFRS Le traitement comptable est le même. En effet, selon IAS 12 « Impôts sur le résultat » § 21, le
goodwill n’est pas générateur de passif d’impôt différé.

Le traitement comptable de l’écart d’acquisition (ou du goodwill) est réalisé à la fin des travaux
de consolidation, juste avant la mise en équivalence des entités sous influence notable et avant le
partage des capitaux propres des entreprises intégrées et l’élimination des titres de participation.

A. Ecart d’acquisition positif dans le règlement n° 99-02 du CRC (§ 21130)


1. Inscription au bilan de l’écart d’acquisition positif
L’écart d’acquisition positif représente un goodwill, c’est-à-dire une valeur payée en contrepartie des
avantages que procure la prise d’intérêts dans l’entreprise : élimination d’une entreprise concurrente,
sécurité dans l’approvisionnement, assurance d’un débouché, amélioration des conditions de
production, etc.
L’écart d’acquisition positif est inscrit au premier poste de l’actif immobilisé consolidé, avant les
immobilisations incorporelles. La prise en compte de l’écart d’acquisition peut être enregistrée de
deux manières différentes, selon le choix de la société consolidante. En contrepartie de l’inscription à
l’actif, il est possible :
- soit d’augmenter les capitaux propres de l’acquéreur, au crédit du compte « Réserves (de
l’acquéreur) » ;
- soit de diminuer la valeur d’entrée des titres de participation chez l’acquéreur, au crédit du
compte « Titres de participation (de l’entreprise acquise) ».
2. Amortissement de l’écart d’acquisition positif
L’écart d’acquisition positif est amorti sur une durée qui doit refléter aussi raisonnablement que
possible, les hypothèses retenues et les objectifs fixés et documentés lors de l’acquisition.
192 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

3. Suite de l’exemple (cf. page 105)


a. Données complémentaires (1ère version avec un écart d’acquisition positif)
A la date d’acquisition des titres B par la société F, le 1/07/N-1, les actifs et passifs identifiables de la
société B ont été évalués par un cabinet spécialisé. L’actif net réestimé de B a été évalué à 2 500.
Les normes du groupe M prévoient l’amortissement de l’écart d’acquisition sur 10 ans.
Trois hypothèses ont été envisagées pour le coût d’acquisition des titres de participation représentant
40 % du capital de B :
Hypothèses 1 et 3 : 1 200 (après retraitement de pré-consolidation) ;
Hypothèse 2 : 1 188 + 18 = 1 206 (pas d’économie d’impôt en pré-consolidation).
b. Calcul de l’écart d’acquisition au 1/07/N-1
Hypothèses 1 et 3 Hypothèse 2
Coût d’acquisition des titres B, au 1/07/N-1 1 200 1 206
Quote-part de l’actif net réestimé de B revenant
de plein droit à F, détentrice des titres B 1 000 1 000
(2 500 40 %)
= Ecart d’acquisition au 1/07/N-1 200 206
NB. Pour la suite, nous présentons le traitement comptable pour une seule des deux valeurs : 200.
c. Traitement comptable au 31/12/N-1 (hypothèses 1 et 3)
A ce stade du cours, nous n’avons pas besoin de connaître la méthode de consolidation appliquée à la
société B qui vient d’entrer dans le périmètre de consolidation. Dans les travaux de consolidation, le
traitement comptable de l’écart d’acquisition est toujours le même.
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecart d’acquisition 200 Remarque. Il est possible également de créditer le
Réserves F 200 compte « Titres de participation B ».
Prise en compte de l’écart d’acquisition sur
titres B détenus par F, au 1/07/N-1
Résultat F (200 1/10 6/12) 10 DA des écarts d’acquisition 10
Ecart d’acquisition 10 Résultat global 10
Amortissement de l’écart d’acquisition sur Dotation aux amortissements de l’écart
titres B détenus par F d’acquisition

d. Traitement comptable au 31/12/N (hypothèses 1 et 3)


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecart d’acquisition 200 Remarque. Il est possible également de créditer le
Réserves F 200 compte « Titres de participation B ».
Prise en compte de l’écart d’acquisition sur
titres B détenus par F, au 1/07/N-1
Réserves F (200 1/10 6/12) 10 DA des écarts d’acquisition 20
Résultat F (200 1/10) 20 Résultat global 20
Ecart d’acquisition 30
Amortissement de l’écart d’acquisition sur Dotation aux amortissements de l’écart
titres B détenus par F d’acquisition

Remarque. Dans le bilan consolidé au 31/12/N, l’écart d’acquisition sur titres B est inscrit à l’actif pour une
valeur de 170 (200 – 30).

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B. Ecart d’acquisition positif dans la norme IFRS 3 « Regroupements d’entreprises »


1. Inscription à l’actif du goodwill
L’écart d’acquisition positif est appelé goodwill. Dans le cas où il concerne l’acquisition de titres
d’une coentreprise ou d’une entreprise associée, il s’agit d’un goodwill partiel (selon l’approche de
l’acquéreur). En revanche, quand il est lié à l’acquisition de titres d’une filiale, il peut s’agir soit
d’un goodwill partiel (selon l’approche de l’acquéreur) soit d’un goodwill complet (selon
l’approche de l’entité économique), compte tenu de l’option choisie par l’acquéreur à la date de la
transaction.
Rappelons la définition du goodwill donnée dans l’annexe A de la norme IFRS 3 :
Un actif représentant les avantages économiques futurs résultant des autres actifs acquis lors d’un
regroupement d’entreprises qui ne sont pas identifiés individuellement et comptabilisés séparément.

Dans IAS 1 « Présentation des états financiers » § 51, il n’est pas prévu de poste « Goodwill » dans
les informations à présenter dans l’état de situation financière (dénomination du bilan en norme
IAS). Toutefois, le goodwill peut être inscrit au premier poste des actifs non courants, avant les
immobilisations incorporelles.
Remarque. Le goodwill lié à une entreprise associée est inclus dans la valeur comptable de la participation (cf.
IAS 28 « Participations dans des entreprises associées » § 23). Dans ce cas, il est inclus dans la valeur du poste
« Titres mis en équivalence » de l’état de situation financière consolidée (ou bilan consolidé).

Le traitement comptable de la prise en compte du goodwill est différent selon que le goodwill est
partiel ou complet :
 Prise en compte du goodwill partiel (approche de l’acquéreur)
Journal de consolidation du groupe
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Goodwill
Réserves (de l’acquéreur)
Prise en compte du goodwill revenant à
l’acquéreur

Remarque. Ce traitement comptable est le plus simple à mettre en œuvre en pratique. Toutefois, une autre
solution nous semple acceptable aux examens, en contrepartie de l’inscription à l’actif du goodwill partiel : le
crédit du compte « Titres de participation (de l’entreprise acquise) ».

 Prise en compte du goodwill complet (approche de l’entité économique)


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Goodwill
Réserves (de l’entreprise acquise)
Prise en compte du goodwill de l’entité
acquise

Remarque. Ce traitement comptable est le plus simple à mettre en œuvre en pratique. Toutefois, une autre
solution nous semple acceptable aux examens, en contrepartie de l’inscription à l’actif du goodwill complet : le
crédit des comptes « Réserves (de l’acquéreur) » pour la part du goodwill revenant à l’acquéreur (c’est-à-dire
le goodwill partiel) et « Intérêts minoritaires » pour la part du goodwill revenant à la participation ne donnant
pas le contrôle. Rappelons qu’on peut admettre aussi le crédit au compte « Titres de participation (de
l’entreprise acquise) » au lieu du crédit au compte « Réserves (de l’acquéreur) ».
194 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

IAS/IFRS La norme IAS 1 « Présentation des états financiers » § 66 et 67 décompose les actifs en deux
catégories : les actifs courants et les actifs non courants » :
L’entité doit classer un actif en tant qu’actif courant lorsque :
(a) elle s’attend à réaliser l’actif ou qu’elle entend le vendre ou le consommer dans son cycle
d’exploitation normal ;
(b) elle détient l’actif principalement aux fins d’être négocié ;
(c) elle s’attend à réaliser cet actif dans les douze mois qui suivent la période de reporting ; ou
(d) l’actif se compose de trésorerie ou d’équivalents de trésorerie […], sauf s’il ne peut être échangé ou
utilisé pour régler un passif pendant au moins douze mois après la période de reporting.
L’entité doit classer tous les autres actifs en actifs non courants.
La présente Norme regroupe sous le terme d’actifs « non courants » les immobilisations corporelles, les
immobilisations incorporelles et les actifs financiers destinés à être détenus pour une longue durée. […].

2. Test de dépréciation du goodwill


Le goodwill n’est pas amortissable. En revanche, pour les besoins des tests de dépréciation le
goodwill doit être affecté à chacune des unités génératrices de trésorerie (UGT) de l’acquéreur ou à
chacun des groupes d’unités génératrices de trésorerie susceptible de bénéficier des synergies
résultant de l’acquisition.
Selon IAS 36 § 90, une UGT à laquelle un goodwill a été affecté doit être soumise à un test de
dépréciation tous les ans ainsi que toutes les fois qu’il y a une indication que l’unité peut s’être
dépréciée, en comparant la valeur comptable de l’unité, y compris le goodwill, à sa valeur recouvrable.
Remarque. En ce qui concerne le goodwill lié à une entreprise associée, les dispositions spécifiques suivantes
sont prévues dans IAS 28 « Participations dans des entreprises associées » § 33 :
Du fait que le goodwill inclus dans la valeur comptable d’une participation dans une entreprise associée n’est pas
comptabilisé séparément, il ne fait pas individuellement l’objet de tests de dépréciation […]. Au lieu de cela, la valeur
comptable totale de la participation fait l’objet de tests de dépréciation […] en comparant sa valeur recouvrable […] à sa
valeur comptable […].

IAS/IFRS Les définitions suivantes sont données dans la norme IAS 36 « Dépréciations d’actifs » § 6 :
Une unité génératrice de trésorerie est le plus petit groupe identifiable d’actifs qui génère des entrées de
trésorerie largement indépendantes des entrées de trésorerie générées par d’autres actifs ou groupes
d’actifs.
La valeur comptable est le montant auquel un actif est comptabilisé après déduction du cumul
des amortissements et du cumul des pertes de valeur y afférents.
La valeur recouvrable d’un actif ou d’une unité génératrice de trésorerie est la valeur la
plus élevée entre sa juste valeur diminuée des coûts de la vente et sa valeur d’utilité.
La perte de valeur est le montant par lequel la valeur comptable d’un actif ou d’une unité
génératrice de trésorerie excède sa valeur recouvrable.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 195

C. Ecart d’acquisition négatif dans le règlement n° 99-02 du CRC (§ 21131)


1. Inscription au bilan et reprise
Un écart d’acquisition négatif correspond généralement :
- soit à une plus-value potentielle du fait d’une acquisition effectuée dans des conditions avantageuses ;
- soit à une rentabilité insuffisante de l’entreprise acquise.
L’écart d’acquisition négatif est inscrit dans les provisions et il est rapporté au résultat sur une durée
qui doit refléter les hypothèses retenues et les objectifs fixés lors de l’acquisition.
Remarque. Lors de l’acquisition des titres, les actifs incorporels identifiés qui ne peuvent pas être évalués par
référence à un marché actif ne doivent pas être comptabilisés au bilan consolidé s’ils conduisent à créer ou
augmenter un écart d’acquisition négatif.

2. Suite de l’exemple (cf. pages 105 et 192)


a. Données complémentaires (2ème version avec un écart d’acquisition négatif)
L’actif net réestimé de B a été évalué à 3 600. Les normes du groupe M prévoient la reprise de
l’écart d’acquisition négatif sur 5 ans.
Les mêmes hypothèses sont envisagées pour le coût d’acquisition des titres de participation qui
représentent 40 % du capital de B.
b. Calcul de l’écart d’acquisition au 1/07/N-1
Hypothèses 1 et 3 Hypothèse 2
Coût d’acquisition des titres B, au 1/07/N-1 1 200 1 206
Quote-part de l’actif net réestimé de B revenant 1 440 1 440
de plein droit à F, détentrice des titres B
(3 600 40 %)
= Ecart d’acquisition au 1/07/N-1 240 234
c. Traitement comptable au 31/12/N-1 (hypothèses 1 et 3)
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Réserves F 240 Remarque. Il est possible également de débiter le
Provisions pour risques 240 compte « Titres de participation B ».
(écart d’acquisition)
Prise en compte de l’écart d’acquisition
négatif sur titres B détenus par F, au 1/07/N-1
Provisions pour risques (écart d’acquisition) 24 Résultat global 24
Résultat F (240 1/5 6/12) 24 Reprises sur provisions 24
Reprise de l’écart d’acquisition négatif sur Reprise sur provision relative à un écart
titres B détenus par F pour la période du d’acquisition négatif
1/07/N-1 au 31/12/N-1

d. Traitement comptable au 31/12/N (hypothèses 1 et 3)


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Réserves F 240 Remarque. Il est possible également de débiter le
Provisions pour risques 240 compte « Titres de participation B ».
(écart d’acquisition)
Prise en compte de l’écart d’acquisition
négatif sur titres B détenus par F, au 1/07/N-1
Provisions pour risques (écart d’acquisition) 72 Résultat global 48
Réserves F (240 1/5 6/12) 24 Reprises sur provisions 48
Résultat F (240 1/5) 48
Reprise de l’écart d’acquisition négatif sur Reprise sur provision relative à un écart
titres B détenus par F pour la période du d’acquisition négatif
1/07/N-1 au 31/12/N
196 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

D. Ecart d’acquisition négatif dans la norme IFRS 3 « Regroupements d’entreprises »


L’écart d’acquisition négatif est appelé « profit résultant d’une acquisition à des conditions
avantageuses ».
Selon IFRS 3 § 36 :
Avant de comptabiliser un profit sur une acquisition à des conditions avantageuses, l’acquéreur doit réexaminer s’il a
correctement identifié tous les actifs acquis et touts les passifs repris ; il doit également comptabiliser tous les actifs ou
passifs additionnels identifiés lors de ce réexamen. […]

1. Réexamen de l’évaluation des actifs acquis et des passifs repris, avant comptabilisation
Le réexamen a pour objectif de s’assurer que les évaluations reflètent correctement la contrepartie de
toutes les informations disponibles à la date d’acquisition. Avant d’enregistrer un profit sur une
acquisition à des conditions avantageuses, l’acquéreur doit réexaminer si les actifs acquis et les
passifs repris ont été correctement identifiés et évalués. Il doit donc, le cas échéant, comptabiliser
tous les actifs ou passifs additionnels identifiés lors de ce réexamen.
2. Traitement comptable du profit résultant d’une acquisition à des conditions avantageuses
Après le réexamen évoqué ci-dessus, si le profit résultant de l’acquisition à des conditions
avantageuses subsiste, l’acquéreur doit comptabiliser le profit correspondant en résultat à la date
d’acquisition. Le profit est attribué à l’acquéreur.
Remarque. L’acquéreur doit préciser dans ses états financiers consolidés le poste du compte de résultat dans
lequel le profit est comptabilisé et il doit décrire les raisons pour lesquelles la transaction a abouti à un profit.

 Prise en compte du profit résultant d’une acquisition à des conditions avantageuses


(à la date de clôture de l’exercice de l’entrée dans le périmètre de consolidation)
Journal de consolidation du groupe
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Réserves (de l’acquéreur) Résultat global
Résultat (de l’acquéreur) Profit résultant d’une acquisition
à des conditions avantageuses
Prise en compte du profit résultant de Profit dû à une acquisition à des conditions
l’acquisition à des conditions avantageuses avantageuse

Remarque. Ce traitement comptable ne doit évidemment être effectué qu’au titre de l’exercice au cours duquel
l’entité acquise entre dans le périmètre de consolidation.

Section 2. Les écarts d’évaluation

I. Définition (§ 211)
On appelle « écart d’évaluation » la différence suivante calculée lors de la première consolidation
d’une entreprise contrôlée de manière exclusive :
Valeur d’entrée d’un actif ou d’un passif identifiable dans le bilan consolidé
Valeur comptable du même élément dans le bilan individuel retraité de l’entreprise
Le calcul des écarts d’évaluation se fait sur la base du bilan individuel retraité de l’entreprise, à la
date de son entrée dans le périmètre de consolidation, résultat intermédiaire inclus. Les postes
suivants ne doivent pas être considérés comme des actifs et des passifs identifiables :
- le fonds de commerce et les parts de marché ;
- les écarts de conversion et les provisions pour pertes de change ;
- les subventions d’investissement ;
- les provisions réglementées.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 197

II. Impôts différés résultant des écarts d’évaluation


Les écarts d’évaluation constituent des décalages temporaires imposables ou déductibles. Ils sont
donc à l’origine d’impôts différés.
Par exception à cette règle, il ne doit pas y avoir de passifs d’impôts différés pris en compte pour la
comptabilisation d’écarts d’évaluation portant sur des actifs incorporels généralement non amortis ne
pouvant être cédés séparément de l’entreprise acquise (les marques, par exemple).

III. Suivi des valeurs d’entrée et impact sur l’écart d’acquisition


Nous avons vu qu’à la date d’acquisition des titres, l’écart d’acquisition est égal à la différence
suivante :
Coût d’acquisition des titres
Quote-part de l’actif net réestimé de l’entreprise acquise revenant de plein droit à l’acquéreur
(Actifs identifiables réestimés – Passifs identifiables réestimés) Pourcentage d’intérêts de l’acquéreur

A. Lien entre le coût d’acquisition des titres et l’écart d’acquisition (ou le goodwill partiel)
L’écart d’acquisition (ou le goodwill partiel) ne concerne que l’acquéreur des titres. Il est donc
directement lié au coût d’acquisition :
 Coût d’acquisition = x  Ecart d’acquisition positif = x ou  Ecart d’acquisition négatif = x
(ou goodwill partiel) (ou profit résultant d’une
acquisition avantageuse)
 Coût d’acquisition = x  Ecart d’acquisition positif = x ou  Ecart d’acquisition négatif = x
(ou goodwill partiel) (ou profit résultant d’une
acquisition avantageuse)

B. Lien entre la valeur réestimée des actifs et passifs identifiables et les écarts d’évaluation
Les écarts d’évaluation concernent l’entreprise acquise. Ils sont directement liés à la valeur
réestimée des actifs et des passifs identifiables de l’entreprise, à la date de son entrée dans le
périmètre de consolidation :

Impact sur les écarts d’évaluation


 Valeur réestimée d’un actif identifiable = EE  Ecarts d’évaluation = EE
ou  Valeur réestimée d’un passif identifiable = EE
 Valeur réestimée d’un actif identifiable = EE  Ecarts d’évaluation = EE
ou  Valeur réestimée d’un passif identifiable = EE

C. Lien entre les écarts d’évaluation et l’écart d’acquisition (ou le goodwill partiel)
Il y a deux catégories d’associés de l’entreprise qui entre dans le périmètre de consolidation :
- la société consolidée qui a acquis les titres (soit k le pourcentage d’intérêts acquis) ;
- et les autres associés (ils détiennent un pourcentage d’intérêts égal à 1 – k).
Remarque. Les autres associés sont appelés « associés minoritaires ».

Les écarts d’évaluation peuvent varier dans le temps, dès l’exercice suivant l’entrée dans le périmètre
de consolidation et au cours des exercices ultérieurs.
198 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

L’impact de cette variation est différent selon la méthode de consolidation appliquée pour
l’entreprise qui est entrée dans le périmètre de consolidation.
En contrepartie de cette variation :
- soit l’écart d’acquisition (ou le goodwill partiel) reste inchangé ;
- soit l’écart d’acquisition initial (ou le goodwill partiel initial) est modifié avec effet rétroactif.

Tableau d’analyse de la modification d’un écart d’acquisition (avec effet rétroactif) résultant
de la variation des écarts d’évaluation :  EE (diminution) ou  EE (augmentation)

Impact sur l’ECART D’ACQUISITION POSITIF Impact sur les intérêts minoritaires
(avec effet rétroactif)

 L’entreprise est mise en équivalence ou intégrée proportionnellement (au taux d’intérêts k)


(en normes IAS/IFRS, l’écart d’acquisition positif correspond au goodwill partiel)

 Ecarts d’évaluation consolidés = EE k

 Ecart d’acquisition = EE k aucun


(ou goodwill partiel)

 Ecarts d’évaluation consolidés = EE k

 Ecart d’acquisition = EE k
(ou goodwill partiel)

 L’entreprise est intégrée globalement


(en normes IAS/IFRS, l’écart d’acquisition positif correspond au goodwill partiel)

 Ecarts d’évaluation consolidés = EE

 Ecart d’acquisition = EE k et  Intérêts minoritaires : EE (1 – k)


(ou goodwill partiel)

 Ecarts d’évaluation consolidés = EE

 Ecart d’acquisition = EE k et  Intérêts minoritaires : EE (1 – k)


(ou goodwill partiel)

Remarque. Dans ce tableau, nous avons choisi de nous limiter à l’analyse de l’impact sur l’écart d’acquisition
positif (ou goodwill partiel), par simplification. L’impact varie en sens contraire pour un écart d’acquisition
négatif (ou profit résultant d’une acquisition à des conditions avantageuses).
En normes IAS/IFRS, lorsque la méthode du goodwill complet est appliquée (pour l’entrée dans le périmètre
de consolidation d’une entité contrôlée de manière exclusive), la relation est la suivante dans l’hypothèse où il
existe un goodwill :
 Ecarts d’évaluation consolidés = EE  Goodwill complet = EE
 Ecarts d’évaluation consolidés = EE  Goodwill complet = EE

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 199

D. Cas de modification rétroactive de l’écart d’acquisition


Il y a deux cas dans lesquels l’écart d’acquisition doit être modifié avec effet rétroactif :
1er cas : Evénement survenant avant la fin du délai d’évaluation des actifs et passifs identifiables
Si de nouvelles informations conduisent, avant la fin du premier exercice qui suit l’entrée dans le
périmètre de consolidation, à une nouvelle appréciation des valeurs fixées à l’origine, celles-ci
doivent être modifiées et il en découle automatiquement une modification de la valeur brute et des
amortissements cumulés de l’écart d’acquisition (cf. le tableau d’analyse précédent).
2ème cas : Evénement survenant au-delà du délai prévu
Les valeurs réestimées qui se révèlent injustifiées par suite d’une erreur lors de la première
consolidation, et non pas par suite d’un changement d’estimation, doivent être corrigées, avec pour
contrepartie, une modification rétroactive de l’écart d’acquisition (cf. le tableau d’analyse précédent).

IAS/IFRS Il en est de même pour la modification rétroactive du goodwill selon IFRS 3 « Regroupements
d’entreprises » § 47 à 50 (pour les 1er et 2ème cas ci-dessus).
Rappel : Dans les normes IAS/IFRS, l’écart d’acquisition positif est appelé « Goodwill ». Le
goodwill n’est pas amortissable.

E. Exemple
1. Données de base
Les comptes consolidés du groupe M sont établis selon la réglementation française. La société G est
intégrée globalement. La filiale G a pris une participation de 30 % dans le capital de la société A par
l’achat de deux lots successifs de titres. Le coût d’acquisition total des actions A est égal à 1 000,
après retraitement de pré-consolidation. Il se décompose ainsi :
- 1er lot acquis le 1/01/N-4 : actions représentant 12 % du capital, coût d’acquisition : 400 ;
- 2ème lot acquis le 1/10/N-1 : actions représentant 18 % du capital, coût d’acquisition : 600.
C’est à la date d’acquisition du 2ème lot, soit le 1/10/N-1, que la société A est entrée dans le périmètre
de consolidation du groupe M :
- capitaux propres retraités de A, avant réestimation au 1/10/N-1 : 2 500 (résultat intermédiaire
inclus : 60) ;
- capitaux propres réestimés de A au 1/10/N-1 : 3 000 (différence entre les actifs identifiables et
les passifs identifiables) ;
- écarts d’évaluation nets d’impôts différés au 1/10/N-1 : 3 000 – 2 500 = 500 :
Partage des écarts d’évaluation
Analyse des écarts d’évaluation Total Part revenant à la Intérêts minoritaires
société G (30 %) (70 %)
Ecarts d’évaluation bruts sur actifs identifiables :
- sur marque créée en interne (1) 100
- sur brevet 150
- sur terrain et construction (60+ 390) 450
Total 700 210 490
Passifs d’impôts différés sur écarts d’évaluation :
(taux de calcul des impôts différés : 33 1/3 %)
- sur brevet (150 1/3) 50
- sur terrain et construction (450 1/3) 150
Total 200 60 140
Ecarts d’évaluation nets d’impôts différés passifs 500 150 350
(1) Il n’y a pas de passif d’impôt différé relatif à l’écart d’évaluation sur la marque, car celle-ci ne peut être
cédée séparément de l’entreprise acquise.
200 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

IAS/IFRS Signalons une divergence entre la réglementation française et les normes internationales. En
effet, un passif d’impôt différé est attaché à l’écart d’évaluation sur une marque acquise dans
le cadre d’un regroupement d’entreprises. Dans notre exemple, le passif d’impôt différé est
égal à : 100 × 1/3 = 33 (après arrondi par défaut).
Le total des écarts d’évaluation nets d’impôts différés passif est donc égal à : 500 – 33 = 467.
Pour ne pas alourdir la suite, nous continuerons l’analyse de cet exemple exclusivement dans
le cadre de la réglementation française.

Au cours de l’exercice N, il apparaît que l’écart d’évaluation sur le terrain (hors passifs
d’impôts différés) doit être augmenté de 45 :
- valeur comptable dans les comptes individuels retraités de A : 840 ;
- valeur réestimée au 1/10/N-1 : 900 (évaluation provisoire) ;
- valeur réestimée en N : 945.
Au cours de l’exercice N+1, la valeur réestimée de la marque créée en interne se révèle
injustifiée par suite d’une erreur lors de la première consolidation de A. Il faut corriger l’écart
d’évaluation en le diminuant de 40.
L’écart d’acquisition est amorti sur 10 ans. Les trois hypothèses suivantes sont envisagées :
Hypothèse 1 : A est intégrée globalement (G exerce un contrôle exclusif de fait) ;
Hypothèse 2 : A est intégrée proportionnellement (G exerce un contrôle conjoint) ;
Hypothèse 3 : A est mise en équivalence (G exerce une influence notable).
2. Analyse de l’écart d’acquisition
Impact de la réestimation du terrain : la nouvelle estimation du terrain avant la fin du délai fixé
(clôture de l’exercice N) entraîne une modification de l’écart d’acquisition avec effet rétroactif au
1/10/N-1.
Impact de la réestimation de la marque : bien que le délai soit dépassé, l’écart d’acquisition doit
également être modifié de manière rétroactive car la valeur estimée initiale se révèle injustifiée par
suite d’une erreur.
31/12/N-1 31/12/N 31/12/N+1
 Capitaux propres réestimés de A au 31/12/N-1 3 000 3 000 3 000
(Actifs identifiables – Passifs identifiables)
Réestimation des actifs et passifs identifiables au 31/12/N : 30 30
 Ecart d’évaluation sur le terrain (brut) : 945 – 900 = 45
 Passifs d’impôts différés sur terrain : 45 1/3 = 15
 Capitaux propres réestimés de A au 31/12/N 3 030 3 030
Réestimation des actifs et passifs identifiables au 31/12/N+1 : 40
 Ecart d’évaluation sur la marque : 40
 Passifs d’impôts différés sur la marque : néant
 Capitaux propres réestimés de A au 31/12/N+1 2 990
Coût d’acquisition des titres A au 1/10/N-1 1 000 1 000 1 000
Quote-part des capitaux propres réestimés de A revenant de
plein droit à l’acquéreur G (1) (2) 900 (3) 909 (4) 897
Ecart d’acquisition brut 100 91 103
(modifié au 31/12/N et au 31/12/N+1, avec effet rétroactif)
Amortissements de l’écart d’acquisition
- annuité N-1 : 100 1/10 3/12 2,5 2,5 2,5
- annuité N : 91 1/10 (3/12 + 1) – 2,5 8,88 8,88
- annuité N+1 : 103 1/10 (3/12 + 2) – (2,5 + 8,88) 11,80
Cumul des amortissements de l’écart d’acquisition 2,5 11,38 23,18
Ecart d’acquisition net 97,5 79,62 79,82

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 201

(1) ou « Quote-part de l’actif net réestimé de A revenant de plein droit à G ».


(2) 3 000 30 %.
(3) 3 030 30 %.
(4) 2 990 30 %.

3. Traitement comptable de l’écart d’acquisition


Le traitement comptable de l’écart d’acquisition sur titres A détenus par G est indépendant de la
méthode de consolidation qui s’applique à la société A. Les écritures présentées ci-après sont donc
les mêmes dans les trois hypothèses.
Nous verrons plus loin que le traitement comptable des écarts d’évaluation est plus complexe car il
dépend de la méthode de consolidation appliquée à la société A.

a. Traitement comptable au 31/12/N-1


Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecart d’acquisition 100 Remarque. Il est possible également de créditer le
Réserves G 100 compte « Titres de participation A ».
Prise en compte de l’écart d’acquisition sur
titres A détenus par G

Résultat G 2,5 DA des écarts d’acquisition 2,5


Ecart d’acquisition 2,5 Résultat global 2,5
Amortissements de l’écart d’acquisition sur Dotation aux amortissements de l’écart
titres A détenus par G d’acquisition

Remarque. L’écart d’acquisition pourrait s’appeler « Ecart d’acquisition sur titres A détenus par G ». Il est
donc associé aux titres A détenus par G. C’est pourquoi son amortissement, au titre de l’exercice N-1, a un
impact sur le résultat de G.
Au 31/12/N-1, l’écart d’acquisition net (sur titres A) qui est inscrit à l’actif du bilan consolidé du groupe M
est égal à 97,5 (soit 100 – 2,5).

b. Traitement comptable au 31/12/N


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecart d’acquisition 91 Remarque. Il est possible également de créditer le
Réserves G 91 compte « Titres de participation A ».
Prise en compte de l’écart d’acquisition sur
titres A détenus par G

Réserves G 2,5 DA des écarts d’acquisition 8,88


Résultat G 8,88 Résultat global 8,88
Ecart d’acquisition 11,38
Amortissements de l’écart d’acquisition sur Dotation aux amortissements de l’écart
titres A détenus par G d’acquisition

Remarque. La nouvelle valeur brute de l’écart d’acquisition est amortie avec effet rétroactif au 1/10/N-1.
L’amortissement consolidé de l’écart d’acquisition pour la période du 1/10/N-1 au 31/12/N doit respecter les
deux contraintes suivantes :
- le cumul des amortissements doit être calculé sur la base de la nouvelle valeur brute, avec effet rétroactif ;
- l’impact de l’amortissement sur les réserves de G, au 31/12/N, doit correspondre à l’amortissement
consolidé au 31/12/N-1 (calculé sur la précédente valeur brute).
En conséquence, l’impact de l’amortissement sur le résultat de G correspond à l’amortissement pour N et à
l’ajustement de l’amortissement pour N-1.
Au 31/12/N, l’écart d’acquisition net (sur titres A) qui est inscrit à l’actif du bilan consolidé du groupe M est
égal à 79,62 (soit 91 – 11,38).
202 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

c. Traitement comptable au 31/12/N+1


Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecart d’acquisition 103 Remarque. Il est possible également de créditer le
Réserves G 103 compte « Titres de participation A ».
Prise en compte de l’écart d’acquisition sur
titres A détenus par G

Réserves G 11,38 DA des écarts d’acquisition 11,80


Résultat G 11,80 Résultat global 11,80
Ecart d’acquisition 23,18
Amortissements de l’écart d’acquisition sur Dotation aux amortissements de l’écart
titres A détenus par G d’acquisition

Remarque. La nouvelle valeur brute de l’écart d’acquisition est amortie avec effet rétroactif au 1/10/N-1.
L’amortissement consolidé de l’écart d’acquisition pour la période du 1/10/N-1 au 31/12/N+1 doit respecter les
mêmes contraintes qu’au 31/12/N :
- le cumul des amortissements doit être calculé sur la base de la nouvelle valeur brute, avec effet rétroactif ;
- l’impact de l’amortissement sur les réserves de G, au 31/12/N+1 doit correspondre à l’amortissement
consolidé au 31/12/N (cet amortissement est égal au cumul pour N-1 et N).
En conséquence, l’impact de l’amortissement sur le résultat de G correspond à l’amortissement pour N+1 et à
la correction des amortissements de N-1 et de N.
Au 31/12/N+1, l’écart d’acquisition net (sur titres A) qui est inscrit à l’actif du bilan consolidé du groupe M est
égal à 79,82 (soit 103 – 23,18).

IV. Traitement comptable des écarts d’évaluation

Le traitement comptable des écarts d’évaluation, comme le traitement comptable de l’écart


d’acquisition, est effectué à la fin des travaux de consolidation, juste avant la mise en équivalence
des entités sous influence notable et avant le partage des capitaux propres des entreprises
intégrées et l’élimination des titres de participation.
Ce traitement comptable est plus complexe que celui de l’écart d’acquisition car il dépend de la
méthode de consolidation appliquée à l’entreprise acquise.

Il faut distinguer trois étapes dans le traitement comptable des écarts d’évaluation, pour une société
acquise intégrée :
1ère étape : ajustement de la valeur brute des actifs identifiables réestimés ;
2ème étape : prise en compte des écarts d’évaluation ;
3ème étape : retraitement des écarts d’évaluation.

A. Ajustement de la valeur brute des actifs identifiables (cf. § 21120)


Nous avons vu que le montant résultant de l’évaluation des actifs identifiables constitue leur
nouvelle valeur brute à la date d’entrée dans le périmètre de consolidation. Il est donc nécessaire de
retraiter les actifs réestimés pour éliminer les amortissements et les dépréciations qui existaient à
cette date. Pour les actifs réestimés, le retraitement a pour conséquence de transformer chacune des
valeurs nettes comptables (valeur brute – (amortissements + dépréciations) en valeur brute.
Remarque. La valeur brute provenant des comptes individuels ne sera donc pas la même que la valeur brute
dans les comptes consolidés. Pour un actif amortissable, par exemple, il est nécessaire que le logiciel de
consolidation du groupe garde en mémoire la correspondance entre les deux valeurs brutes et les deux plans
d’amortissement.

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B. Prise en compte des écarts d’évaluation


1. Ecarts d’évaluation d’une société acquise intégrée globalement
Après l’inscription de l’écart d’acquisition dans l’actif consolidé, les écarts d’évaluation doivent être
intégrés globalement puisqu’ils ne sont pas enregistrés dans les comptes individuels retraités de
l’entreprise acquise.
Ces écarts d’évaluation (intégrés à 100 %) reviennent de plein droit à deux catégories d’associés de
l’entreprise acquise : le détenteur des titres (l’acquéreur) et les associés minoritaires directs.
La prise en compte des écarts d’évaluation peut être enregistrée de trois manières différentes. Le
choix du traitement comptable dépend de la société consolidante du groupe. Nous allons présenter
les trois traitements comptables de manière simplifiée en utilisant un poste d’actif « Ecarts
d’évaluation » qui remplacera l’ensemble des comptes d’actif et de passif réestimés.
a. 1er traitement comptable possible :
Journal de consolidation du groupe
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecarts d’évaluation (par simplification)
Réserves (de l’entreprise acquise)
Prise en compte des écarts d’évaluation

Remarque. En contrepartie des écarts d’évaluation pris en compte, les capitaux propres consolidés (hors
résultat) de l’entreprise acquise sont augmentés (l’entreprise acquise ne commence à réaliser des résultats pour
le groupe qu’à partir de la date de son entrée dans le périmètre de consolidation). Le compte « Réserves (de
l’entreprise acquise) » est ensuite soldé dans l’écriture de partage des capitaux propres de l’entreprise acquise :
il se répartit entre les intérêts de la société consolidante, au crédit du compte « Réserves groupe », et les
intérêts minoritaires directs et indirects, au crédit du compte « Intérêts minoritaires ».

b. 2ème traitement comptable possible :


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecarts d’évaluation (par simplification)
Réserves (de l’acquéreur)
Intérêts minoritaires (directs)
(chez l’entreprise acquise)
Prise en compte des écarts d’évaluation

Remarque. En contrepartie des écarts d’évaluation pris en compte, les droits des associés de l’entreprise
acquise sont augmentés. La quote-part des écarts d’évaluation revenant de plein droit à l’acquéreur est créditée
au compte « Réserves (de l’acquéreur) ». Le compte « Réserves (de l’acquéreur) » est ensuite soldé dans
l’écriture de partage des capitaux propres de l’acquéreur : il se répartit entre les intérêts de la société
consolidante, au crédit du compte « Réserves groupe », et les intérêts minoritaires directs et indirects chez
l’acquéreur, au crédit du compte « Intérêts minoritaires ».

c. 3ème traitement comptable possible :


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecarts d’évaluation (par simplification)
Titres de participation
(de l’entreprise acquise)
Intérêts minoritaires (directs)
(chez l’entreprise acquise)
Prise en compte des écarts d’évaluation

Remarque. Le crédit du compte « Titres de participation (de l’entreprise acquise) » a le même impact sur les
capitaux propres consolidés (hors résultat) que le crédit du compte « Réserves (de l’acquéreur) » dans le
traitement comptable précédent.
204 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

2. Ecarts d’évaluation d’une société acquise intégrée proportionnellement


Après l’inscription de l’écart d’acquisition dans l’actif consolidé, les écarts d’évaluation doivent être
intégrés à concurrence du pourcentage d’intérêts de l’acquéreur. Les intérêts minoritaires directs
dans les écarts d’évaluation ne sont donc pas intégrés.
La prise en compte de la quote-part des écarts d’évaluation revenant à l’acquéreur peut être
enregistrée de trois manières différentes. Nous allons présenter les trois traitements comptables de
manière simplifiée en utilisant un poste d’actif « Ecarts d’évaluation (part de l’acquéreur) » qui
remplacera l’ensemble des comptes d’actif et de passif réestimés.
a. 1er traitement comptable possible :
Journal de consolidation du groupe
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecarts d’évaluation (part de l’acquéreur)
Réserves (de l’entreprise acquise)
Prise en compte de la quote-part intégrée des
écarts d’évaluation (part de l’acquéreur)

Remarque. Les intérêts minoritaires directs dans l’entreprise acquise ne sont pas intégrés. Le compte
« Réserves (de l’entreprise acquise) » est ensuite soldé dans l’écriture de partage des capitaux propres de
l’entreprise acquise : il se répartit entre les intérêts de la société consolidante, au crédit du compte « Réserves
groupe », et les intérêts minoritaires indirects (ces intérêts minoritaires indirects dans l’entreprise acquise sont
les intérêts des minoritaires directs de l’acquéreur), au crédit du compte « Intérêts minoritaires » (les intérêts
minoritaires existent uniquement dans le cas où l’acquéreur n’est pas la société consolidante elle-même).

b. 2ème traitement comptable possible :


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecarts d’évaluation (part de l’acquéreur)
Réserves (de l’acquéreur)
Prise en compte de la quote-part intégrée des
écarts d’évaluation (part de l’acquéreur)

Remarque. Le compte « Réserves (de l’acquéreur) » est ensuite soldé dans l’écriture de partage des capitaux
propres de l’acquéreur : il se répartit entre les intérêts de la société consolidante, au crédit du compte
« Réserves groupe », et les intérêts minoritaires directs chez l’acquéreur, au crédit du compte « Intérêts
minoritaires » (les intérêts minoritaires existent uniquement dans le cas où l’acquéreur n’est pas la société
consolidante elle-même).

c. 3ème traitement comptable possible :


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Ecarts d’évaluation (part de l’acquéreur)
Titres de participation
(de l’entreprise acquise)
Prise en compte de la quote-part intégrée des
écarts d’évaluation (part de l’acquéreur)

Remarque. Le crédit du compte « Titres de participation » a le même impact sur les capitaux propres
consolidés que le crédit du compte « Réserves (de l’acquéreur) » dans le précédent traitement comptable.

3. Ecarts d’évaluation d’une société acquise mise en équivalence


Les écarts d’évaluation ne peuvent pas être intégrés par l’intermédiaire des comptes d’actifs et de
passifs identifiables concernés puisque la société acquise n’est pas intégrée.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 205

La prise en compte des écarts d’évaluation bruts et le retraitement de ces écarts peuvent être
effectués de deux manières différentes. Le choix du traitement comptable (ou du retraitement extra-
comptable) dépend de la société consolidante du groupe. Il est possible :
- soit d’utiliser le compte « Titres (de la société acquise) mis en équivalence »
(cf. l’exemple suivant) ;
- soit d’effectuer un retraitement extra-comptable qui ne sera pris en compte qu’en fin de
consolidation, dans l’écriture de mise en équivalence des titres de la société acquise.

C. Retraitement des écarts d’évaluation


Les écarts d’évaluation enregistrés à la date de première consolidation peuvent concerner des actifs
susceptibles de se déprécier, des immobilisations amortissables et des provisions.
L’évaluation des valeurs réestimées se fait chaque année conformément aux règles comptables
suivies habituellement par le groupe.
Chaque année, le retraitement des écarts d’évaluation se traduit par l’enregistrement de charges et de
produits :
pour les sociétés intégrées, les comptes suivants sont utilisés :
- dotations aux amortissements et aux dépréciations des actifs réestimés ;
- dotations et reprises sur provisions pour les passifs réestimés.
pour les sociétés mises en équivalence, un seul compte de gestion spécifique est utilisé :
« Quote-part dans les résultats des entreprises mises en équivalence ».

D. Suite de l’exemple (cf. page 199)


1. Données de base complémentaires
Rappelons que les comptes consolidés du groupe M sont établis dans le cadre de la réglementation
française. Nous supposerons que le groupe M applique le 1er traitement comptable possible pour la
prise en compte des écarts d’évaluation. Les informations suivantes sont extraites des comptes
individuels retraités de la société A, au 1/10/N-1 :
Brevet Construction
Date d’acquisition 1/10/N-3 1/10/N-16
Durée d’utilisation prévue 5 ans 25 ans
Mode d’amortissement linéaire linéaire
Valeur brute 350 850
Cumul des amortissements 140 510
Valeur nette comptable au 1/10/N-1 210 340
Durée d’utilisation restante 3 ans 10 ans
Au 1/10/N-1, les valeurs réestimées des actifs identifiables de A sont les suivantes :
Valeur Ecart d’évaluation
réestimée inclus
Marque 300 100
Brevet 360 150
Terrain 160 60
Construction 730 390
700
Les autres actifs identifiables de A sont évalués à leur valeur comptable.
206 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

2. Traitement comptable des écarts d’évaluation


a. Traitement comptable au 31/12/N-1
Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Hypothèse 1 : A est intégrée globalement
Amortissements des brevets 140
Amortissements des constructions 510
Brevets 140
Constructions 510
Ajustement des valeurs brutes des actifs réestimés
(reclassement des amortissements)

Marques 100
Brevets 150
Terrains 60
Constructions 390
Impôts différés – Passif 200
Réserves A 500
Prise en compte des écarts d’évaluation au
1/10/N-1 (cf. tableau d’analyse page 199)

Impôts différés – Passif 7,42 DA sur imm. incorp. et corporelles 22,25


(12,5 + 9,75) 1/3 (12,5 + 9,75)
Résultat A (12,5 + 9,75 – 7,42) 14,83 Impôts sur les bénéfices différés 7,42
Amortissements des brevets 12,50 (22,25 1/3)
(150 1/3 3/12) Résultat global 14,83
Amortissements des constructions 9,75
(390 1/10 3/12)
Retraitement des écarts d’évaluation pour la Dotation aux amortissements des écarts
période du 1/10/N-1 au 31/12/N-1, avec prise en d’évaluation et rattachement d’une économie d’IS
compte de l’imposition différée pour éliminer la
résorption du décalage temporaire imposable

1ère écriture : Dans les comptes individuels de A, la valeur brute des brevets et des constructions n’a
évidemment pas été modifiée. Les amortissements calculés du 1/10/N-1 au 31/12/N-1 ont représenté les
valeurs suivantes : pour le brevet : 350 1/5 3/12 = 17,5 et pour la construction : 850 1/25 3/12 = 8,5.
Au 31/12/N-1, dans les comptes individuels de A, la VNC de ces immobilisations est donc passée de 210 (au
1/10/N-1) à 192,5 pour le brevet et de 340 (au 1/10/N-1) à 331,5 pour la construction.
Dans les comptes consolidés, dans l’hypothèse où A est intégrée globalement, les nouvelles valeurs brutes,
avant prise en compte des écarts d’évaluation, sont les suivantes :
- pour le brevet : 350 – 140 = 210 ;
- pour la construction : 850 – 510 = 340.
2ème écriture : Dans les comptes consolidés, après la prise en compte des écarts d’évaluation, les valeurs
brutes des immobilisations amortissables, au 1/10/N-1, sont devenues égales aux valeurs réestimées à la date
d’entrée de A dans le périmètre de consolidation :
- pour le brevet : 210 + 150 = 360 ;
- pour la construction : 340 + 390 = 730.
3ème écriture : Du point de vue des comptes consolidés, l’amortissement du 1/10/N-1 au 31/12/N-1 se calcule
sur la nouvelle valeur brute et en fonction de la durée d’utilisation restante de chaque immobilisation, soit :
- pour le brevet : 360 1/3 3/12 = 30 ;
- pour la construction : 730 1/10 3/12 = 18,25.
Nous pouvons vérifier que les amortissements consolidés pour cette période de 3 mois correspondent au cumul
de l’amortissement enregistré dans les comptes individuels et de l’amortissement de l’écart d’évaluation
enregistré dans les écritures de consolidation :
- pour le brevet : 17,5 + 12,5 = 30 ;
- pour la construction : 8,5 + 9,75 = 18,25.

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 207

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Hypothèse 2 : A est intégrée proportionnellement (au taux de 30 %)

Amortissements des brevets 42


Amortissements des constructions 153
Brevets (140 30 %) 42
Constructions (510 30 %) 153
Ajustement des valeurs brutes intégrées des actifs
réestimés (reclassement des amortissements)

Marques (100 30 %) 30
Brevets (150 30 %) 45
Terrains (60 30 %) 18
Constructions (390 30 %) 117
Impôts différés – Passif (200 30 %) 60
Réserves A 150
Prise en compte des écarts d’évaluation au
1/10/N-1 (cf. tableau d’analyse page 199)

Impôts différés – Passif 2,23 DA sur imm. incorp. et corporelles 6,68


(3,75 + 2,93) 1/3 (3,75 + 2,93)
Résultat A (3,75 + 2,93 – 2,23) 4,45 Impôts sur les bénéfices différés 2,23
Amortissements des brevets 3,75 (6,68 1/3)
(150 1/3 3/12) 30 % Résultat global 4,45
Amortissements des constructions 2,93
(390 1/10 3/12) 30 %
Retraitement des écarts d’évaluation pour la Dotation aux amortissements des écarts
période du 1/10/N-1 au 31/12/N-1, avec prise en d’évaluation et rattachement d’une économie d’IS
compte de l’imposition différée

Hypothèse 3 : A est mise en équivalence (pourcentage d’intérêts de G dans A : 30 %)


Titres A mis en équivalence 150 Remarque. Il est possible également de créditer :
(part de l’acquéreur dans les écarts d’évaluation) - le compte « Réserves G » ;
Réserves A 150 - ou le compte « Titres de participation A ».
Prise en compte de la quote-part des écarts
d’évaluation revenant de plein droit à G

Résultat A 4,45 Quote-part dans les résultats des


Titres A mis en équivalence 4,45 entreprises mises en équivalence 4,45
Résultat global 4,45
Retraitement des écarts d’évaluation pour la Enregistrement d’une charge nette représentative de la
période du 1/10/N-1 au 31/12/N-1 dotation aux amortissements des écarts d’évaluation et
du rattachement d’une économie d’IS

Remarque. Dans ce traitement comptable, l’ajustement des valeurs brutes ne peut évidemment pas être
enregistré puisque les comptes d’actif et de passif de A ne sont pas intégrés.
1ère écriture : Le compte « Titres A mis en équivalence » a été débité à la place des comptes d’actif et de
passif de A (ce qui suppose que les calculs ont été effectués au préalable extra-comptablement). La valeur de
l’actif net consolidé du groupe M augmente donc du même montant.
2ème écriture : Le retraitement des écarts d’évaluation entraîne une charge nette de 4,45 qui doit être
rattachée au résultat de la société A. En contrepartie, il faut diminuer la valeur de l’actif consolidé.
Il y a deux autres traitements comptables possibles pour les comptes de bilan :
1. Une écriture de synthèse au lieu des deux écritures présentées. Dans ce cas, l’écriture de synthèse enregistre
les écarts nets d’évaluation, après retraitement extra-comptable.
2. Attendre que la société A soit mise en équivalence pour ajouter à la valeur mise en équivalence les écarts
nets d’évaluation.
208 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

b. Traitement comptable au 31/12/N


Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Hypothèse 1 : A est intégrée globalement

Amortissements des brevets 140


Amortissements des constructions 510
Brevets 140
Constructions 510
Ajustement des valeurs brutes intégrées des actifs
réestimés (reclassement des amortissements)

Marques 100
Brevets 150
Terrains (60 + 45) 105
Constructions 390
Impôts différés – Passif 215
(200 + 45 × 1/3)
Réserves A (500 + 45 – 15) 530
Prise en compte des écarts d’évaluation au
1/10/N-1 après modification rétroactive
(cf. tableaux d’analyse pages 199 et 200)

Impôts différés – Passif 37,09 DA sur imm. incorp. et corporelles 89


(62,5 + 48,75)1/3 (150 1/3 + 390 1/10)
Réserves A (12,5 + 9,75 – 7,42) 14,83 Impôts sur les bénéfices différés 29,67
Résultat A (50 + 39 – 29,67) 59,33 (89 1/3)
Amortissements des brevets 62,5 Résultat global 59,33
(150 1/3 (3/12 + 1))
Amortissements des constructions 48,75
(390 1/10 (3/12 + 1))
Retraitement des écarts d’évaluation pour la Dotation aux amortissements des écarts
période du 1/10/N-1 au 31/12/N, avec prise en d’évaluation et rattachement d’une économie
compte de l’imposition différée d’IS

Hypothèse 2 : A est intégrée proportionnellement (au taux de 30 %)

Amortissements des brevets 42


Amortissements des constructions 153
Brevets (140 30 %) 42
Constructions (510 30 %) 153
Ajustement des valeurs brutes intégrées des actifs
réestimés (reclassement des amortissements)

Marques (100 30 %) 30
Brevets (150 30 %) 45
Terrains (60 + 45) 30 % 31,5
Constructions (390 30 %) 117
Impôts différés – Passif 64,5
(200 + 15) 30 %
Réserves A (150 + 30 30 %) 159
Prise en compte des écarts d’évaluation au
1/10/N-1 après modification rétroactive
(cf. tableaux d’analyse pages 199 et 200)

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T2141-F2/4 SÉRIE 02 209

Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Impôts différés – Passif 11,13 DA sur imm. incorp. et corporelles 26,7
((18,75 +14,63) 1/3) ((150 1/3 + 390 1/10) 30 %)
Réserves A (3,75 + 2,93 – 2,23) 4,45 Impôts sur les bénéfices différés 8,9
Résultat A ((50 + 39) 2/3 30 %) 17,8 (26,7 1/3)
Amortissements des brevets 18,75 Résultat global 17,8
(150 1/3 (3/12 + 1)) 30 %
Amortissements des constructions 14,63
(390 1/10 (3/12 + 1) 30 %)
Retraitement des écarts d’évaluation pour la Dotation aux amortissements des écarts
période du 1/10/N-1 au 31/12/N, avec prise en d’évaluation et rattachement d’une économie d’IS
compte de l’imposition différée

Hypothèse 3 : A est mise en équivalence (pourcentage d’intérêts de G dans A : 30 %)


Titres A mis en équivalence 136,75 Quote-part dans les résultats des
(part de l’acquéreur dans les écarts d’évaluation entreprises mises en équivalence 17,8
nets : 159 – (4,45 + 17,8))
Résultat global 17,8
Résultat A ((50 + 39) 2/3 30 %) 17,8
Réserves A (150 + 30 30 % – 4,45) 154,55
Prise en compte et retraitement des écarts Constatation d’une charge nette représentative de la
d’évaluation pour la période du 1/10/N-1 au dotation aux amortissements des écarts d’évaluation
31/12/N et du rattachement d’une économie d’IS

Remarque. Le compte « Titres A mis en équivalence » a été débité à la place des comptes d’actif et de passif
de A en intégration proportionnelle (les calculs ont été préalablement effectués de manière extra-comptable).
Nous avons présenté une écriture de synthèse pour montrer un traitement comptable différent de celui qui a été
fait au 31/12/N-1.
Il y a un autre traitement comptable possible pour les comptes de bilan : attendre que la société A soit mise en
équivalence pour ajouter les écarts nets d’évaluation à la valeur d’équivalence.
210 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

Section 3. L’écart de première consolidation

La notion d’écart de première consolidation n’est pas employée de manière explicite dans le
règlement n° 99-02 du CRC mais elle est citée dans l’art. R 233-5 :
« L’écart de première consolidation d’une société est réparti dans les postes appropriés du bilan
consolidé ; la partie non affectée de cet écart est inscrite à un poste particulier d’actif ou de passif du
bilan consolidé.
L’écart non affecté est rapporté au compte de résultat, conformément à un plan d’amortissement, ou
de reprise de provisions. […] ».
Remarque. L’écart de première consolidation comprend deux parties : une partie « affectée » et une partie
« non affectée » :
- la partie affectée correspond à la part des écarts d’évaluation qui revient de plein droit à l’acquéreur ;
- la partie non affectée correspond à l’écart d’acquisition.
Cette terminologie est celle qui prévalait avant le règlement n° 99-02 du CRC. Néanmoins, elle continue d’être
utilisée par certains praticiens. Elle figure même dans le programme officiel du DSCG (cf. BO n° 11 du
18/03/10) !

L’entrée d’une entreprise dans le périmètre de consolidation peut être analysée sous l’angle de
l’écart de première consolidation. Cette analyse nous permet de faire une synthèse de ce que nous
avons vu dans les deux sections précédentes.

I. Définition
A la date d’acquisition des titres, l’écart de première consolidation est égal à la différence suivante :
Coût d’acquisition des titres
Quote-part des capitaux propres retraités de l’entreprise acquise (y compris le résultat
intermédiaire) revenant de plein droit à l’acquéreur
Remarque. Les capitaux propres retraités sont ceux qui apparaissent après que des reclassements et des
retraitements aient été effectués pour que soient respectées les règles de présentation et d’évaluation utilisées
pour l’ensemble consolidé. Les actifs et les passifs identifiables n’ont pas encore été réestimés à ce stade.

II. Traitement comptable de l’écart de première consolidation

A. Décomposition de l’écart de première consolidation


L’écart de première consolidation est égal à la somme des écarts suivants :
Quote-part de l’acquéreur des titres dans les écarts d’évaluation (1)
+ Ecart d’acquisition
(1) Ecarts d’évaluation sur actifs et passifs identifiables Pourcentage d’intérêts de l’acquéreur.

B. Enregistrement de l’écart de première consolidation


Bien que la terminologie employée soit différente, le traitement comptable de l’écart de première
consolidation correspond exactement au traitement comptable de l’écart d’acquisition et des écarts
d’évaluation. Il n’y a donc rien de nouveau dans cette section par rapport à ce qui a été vu aux
Sections 1 et 2 précédentes, contrairement aux apparences.

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C. Suite de l’exemple (cf. pages 199 et 200)


1. Données de base
La société G est incluse dans le périmètre de consolidation du groupe M. Le 1/10/N-1, la société G,
entité intégrée globalement, a pris une participation de 30 % dans le capital de la société A :
- coût d’acquisition des titres A, après retraitement de pré-consolidation : 1 000 ;
- capitaux propres retraités de A, avant réestimation au 1/10/N-1 : 2 500 (résultat intermédiaire
inclus : 60);
- capitaux propres réestimés de A au 1/10/N-1 : 3 000 (différence entre les actifs identifiables et
les passifs identifiables) ;
- écarts d’évaluation bruts : 700, affectés ainsi :
- sur marque créée en interne : 100 ;
- sur brevet : 150 (durée d’utilisation restante : 3 ans, amortissement linéaire) ;
- sur terrain : 60 ;
- sur construction : 390 (durée d’utilisation restante : 10 ans, amortissement linéaire) ;
- passifs d’impôts différés : 200 (calculés au taux de 33 1/3 %).
L’écart d’acquisition est amorti sur 10 ans. Les trois hypothèses suivantes sont envisagées :
Hypothèse 1 : A est intégrée globalement (G exerce un contrôle exclusif de fait) ;
Hypothèse 2 : A est intégrée proportionnellement (G exerce un contrôle conjoint) ;
Hypothèse 3 : A est mise en équivalence (G exerce une influence notable).
2. Données complémentaires pour l’exercice N-1
Les écritures de consolidation qui n’ont pas encore été enregistrées sont les suivantes (en ce qui
concerne les titres A détenus par G et les capitaux propres retraités de A) :
- prise en compte de l’écart d’acquisition sur titres A détenus par G et amortissement de cet écart ;
- prise en compte des écarts d’évaluation sur titres A détenus par G et retraitement de ces écarts ;
- partage des capitaux propres de A et élimination des titres de participation A.
Après les retraitements de consolidation et avant les derniers traitements comptables à effectuer, les
soldes créditeurs des comptes de capitaux propres de A sont les suivants, dans l’hypothèse où A a été
intégrée globalement (hypothèse 1) :
Capital A 800
Réserves A 1 740
Résultat A 84
Le pourcentage d’intérêts de M dans G est égal à 80 %.
3. Analyse de l’écart de l’écart de première consolidation au 1/10/N-1
Coût d’acquisition des titres 1 000
Quote-part des capitaux propres retraités de A revenant de plein droit à
l’acquéreur G, y compris le résultat intermédiaire (2 500 30 %) 750
= Ecart de première consolidation 250
Quote-part de G dans les écarts d’évaluation de A 150
(cf. tableau d’analyse page 199)
= Ecart d’acquisition 100
212 COMPTABILITÉ ET AUDIT T2141-F2/4

4. Dernières écritures de consolidation de A au 31/12/N-1


Journal de consolidation du groupe M
Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Hypothèse 1 : A est intégrée globalement
Ecart d’acquisition 100 Remarque. Il est possible également de créditer le
Réserves G 100 compte « Titres de participation A ».
Prise en compte de l’écart d’acquisition sur
titres A détenus par G

Résultat G (100 1/10 3/12) 2,5 DA des écarts d’acquisition 2,5


Ecart d’acquisition 2,5 Résultat global 2,5
Amortissement de l’écart d’acquisition sur Dotation aux amortissements de l’écart
titres A détenus par G d’acquisition
Amortissements des brevets 140
Amortissements des constructions 510
Brevets 140
Constructions 510
Ajustement des valeurs brutes des actifs réestimés
(reclassement des amortissements)
Marques 100 Remarque. C’est le 1er traitement comptable
Brevets 150 possible qui est appliqué ici pour la prise en compte
Terrains 60 des écarts d’évaluation. D’autres traitements
Constructions 390 comptables sont possibles (cf. page 204).
Impôts différés – Passif 200
Réserves A 500
Prise en compte des écarts d’évaluation au
1/10/N-1 (cf. tableau d’analyse page 199)

Impôts différés – Passif 7,42 DA sur imm. incorp. et corporelles 22,25


(12,5 + 9,75) 1/3 (12,5 + 9,75)
Résultat A (12,5 + 9,75 – 7,42) 14,83 Impôts sur les bénéfices différés 7,42
Amortissements des brevets 12,5 (22,25 1/3)
(150 1/3 3/12) Résultat global 14,83
Amortissements des constructions 9,75
(390 1/10 3/12)
Retraitement des écarts d’évaluation pour la Dotation aux amortissements des écarts
période du 1/10/N-1 au 31/12/N-1, avec prise en d’évaluation et rattachement d’une économie d’IS
compte de l’imposition différée

Résultat A 60 Comptes de produits éliminés X


Réserves A 60 Comptes de charges éliminés X-60
Résultat global 60
Transfert du résultat intermédiaire de A Élimination du solde des comptes de gestion
(acquis avant l’entrée dans le périmètre de à la date d’entrée de A dans le périmètre de
consolidation) consolidation

Capital A (pour solde) 800 Remarque. Le pourcentage d’intérêts de la société


Réserves A (pour solde) 2 300 consolidante dans A est égal à 24 % (80 % 30 %).
(1 740 + 60 + 500)
L’acquisition des titres A par G doit être considérée
Réserves groupe 56
comme un investissement réalisé indirectement par
(1 000 80 % – 3 100 24 %)
les associés de G :
Titres de participation A (pour solde) 1 000
- à concurrence de 80 % par M, soit :
Intérêts minoritaires 2 156
(3 100 76 % – 1 000 20 %) 1 000 80 % = 800 ;
Partage des capitaux propres hors résultat de A - à concurrence de 20 % par les associés minoritaires
et élimination des titres de participation A de G, soit : 1 000 20 % = 200.

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Journal de consolidation du groupe M


Consolidation des comptes de bilan Consolidation des comptes de gestion
Résultat A (pour solde) 9,17
(84 – 14,83 – 60)
Résultat groupe (9,17 24 %) 2,2
Intérêts minoritaires (9,17 76 %) 6,97
Partage du résultat réalisé par A du 1/10/N-1
au 31/12/N-1

Remarque. Il reste d’autres écritures à enregistrer pour terminer la consolidation du groupe M, notamment
les écritures de partage des capitaux propres de G et l’élimination des titres de participation G.

Hypothèse 2 : A est intégrée proportionnellement (au taux de 30 %)

Ecart d’acquisition 100 Remarque. Même écriture que dans l’hypothèse 1.


Réserves G 100 Il est possible également de créditer le compte
Prise en compte de l’écart d’acquisition sur « Titres de participation A ».
titres A détenus par G

Résultat G (100 1/10 3/12) 2,5 DA des écarts d’acquisition 2,5


Ecart d’acquisition 2,5 Résultat global 2,5
Amortissement de l’écart d’acquisition sur Dotation aux amortissements de l’écart
titres A détenus