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Dédicace

Aux êtres les plus précieux ceux qui m’ont élevée depuis l’enfance et
qui ont fait de moi la personne que je suis aujourd’hui, ma mère
SEMTA Malika et mon père HALLAMI Saaid je serais toujours
reconnaissante.
J’espère que vous êtes fières de moi.
A mon frère, pour son encouragement continu, sa présence et ses
précieux conseils.
A la plus chère tante, pour ses efforts incessants, son amour et son
bon cœur.
A ma deuxième famille, les personnes les plus proches de mon cœur :
EL OUASTASSI Widad
EL MAHBOUB KARIMA
Pour leur support et leurs amours inconditionnels.
Je vous rends hommage par ce modeste travail en guise de ma
reconnaissance éternelle.
Je vous aime tous et toutes.

1
Remerciement
Mener à bien ce mémoire, n’aurait été possible si les conditions de sa réalisation
n’étaient pas adéquates.

Ainsi, en préambule, je souhaiterai remercier l’ensemble du personnel du


cabinet « SAAIDI & Associé » est principalement, Mme SAAIDI Bahaa, Mr
SBAA Tarik, Mme CHRAIBI Kenza et Mr EL MEKADDEM Abdelilah, qui
par leur écoute active et leurs explications m’ont permis d’effectuer le travail
dans les meilleures conditions tout en m’épanouissant.

En second lieu, le présent travail n’aurait pu être mené à terme si ce n’est avec
l’aide précieuse de mon encadrant Mr EL MOUSSELLY Abdellatif, à qui
j’exprime mes plus sincères remerciements et toute ma gratitude pour avoir su
m’orienter au bon moment et être disponible.

En outre, mes remerciements vont à l’équipe de la Faculté des Sciences


Economiques, Juridiques et Sociales et au corps professoral qui, durant les 2
dernières années n’ont pas tari d’efforts pour garder un climat de sérieux et de
confiance, afin que la faculté préserve sa qualité, sa renommée et pour nous
permettre à nous, ses étudiants, d’avoir le meilleur des enseignements.

Ensuite, je ne pourrai omettre de présenter toute ma gratitude aux personnes qui


me sont les plus chères, en l’occurrence, mes parents et mon frère qui ont été là,
m’ont soutenue et continuent de me soutenir durant toutes les épreuves par
lesquelles je passe.

2
Résumé Abstract
Au sein d’un marché financier marocain Within a Moroccan financial market
en pleine croissance, la bourse de Casablanca se growth, the stock exchange of Casablanca is
voit donner aux yeux d'un public relativement especially known for a large public as a place of
averti l’image d’un lieu de spéculation et non speculation and not as a space of investment on
un espace d’investissement et d’épargne the mid/ long term savings.
moyen-long terme.
The Mutual Funds are born of the need to
Les Organismes de Placement Collectif overcome this uncertainty felt by investors and
des Valeurs Mobilières sont donc nés de la savers when it comes to the financial markets.
nécessité de palier cette incertitude ressentie par Fourier Michel said that "Unveiling the
les investisseurs et les épargnants une fois face intrigues of the Exchange and brokers, is
aux marchés financiers. Michel Fourier disait undertaking one of the labors of Hercules".
que « Dévoiler les intrigues de la Bourse et des
courtiers, c'est entreprendre un des travaux The audit of the Mutual Funds requires
d'Hercule. ». from auditor, good mastery of the process of
auditing, in order to generate the closest
L’audit des OPCVM suscite donc chez judgment to reality.
l'auditeur la bonne maitrise de la démarche
d'audit au travers des outils déployés, afin de In fact, this modest work tries to illustrate
générer l’opinion la plus proche possible de la both the theoretical and the practical aspect, so
réalité. as to explain the functioning of these agencies,
but also to apprehend the specific methods of
En effet, ce modeste travail essaie the Mutual Funds auditing as part of
d’illustrer à la fois l’aspect théorique et l’aspect transparency and strengthening financial
pratique, afin d’expliquer le fonctionnement de security.
ces organismes, mais aussi la démarche d’audit
spécifique aux OPCVM dans le cadre de la Keywords: Audit approach, opinion, financial
transparence et le renforcement de la sécurité market, savings, mutual funds
financière.

Mots clés : démarche d’Audit, opinion, marché


financier, épargne, OPCVM

3
Liste des figures
Figure 1 : les catégories des OPCVM ................................................................................................... 13
Figure 2: les principaux intervenants d’OPCVM .................................................................................. 16
Figure 3 : Structure du plan comptable marocain des OPCVM ............................................................ 30
Figure 4: Détail de calcul des sommes distribuables par les OPCVM .................................................. 33
Figure 5: Risques d’audit d’un OPCVM ............................................................................................... 42
Figure 6 : Test de validité des titres donnés en pension ........................................................................ 64
Figure 7 : Test de validité des titres donnés en pension ........................................................................ 66
Figure 8 : Extrait de l’état de rapprochement bancaire au 31/12/2018.................................................. 67
Figure 9 : Bouclage de capital en début de période............................................................................... 68
Figure 10 : Test de validation de souscriptions en capital..................................................................... 69
Figure 11 : Test de validation du rachat en capital ................................................................................ 70
Figure 12 : Test de validation des +/- values......................................................................................... 71
Figure 13 : Extrait de test de validité des frais de gestion ..................................................................... 72
Figure 14 : Validation du paiement des frais......................................................................................... 73
Figure 15 : Test de validation de détachement coupons-BDT .............................................................. 74
Figure 16 : Test de calcul de VL ........................................................................................................... 75
Figure 17 : Test de validation des ratios prudentiels et politique de placement. ................................... 76

Liste des tableaux


Tableau 1 : Comparatif des principales caractéristiques de l’action et de l’obligation ......................... 14
Tableau 2: les méthodes d’évaluation des OPCVM .............................................................................. 34
Tableau 3: Fiscalité appliquée sur les personnes physiques résidentes au Maroc................................. 38

4
Glossaire

AMMC Autorité Marocaine du Marché des Capitaux


BAM Bank Al-Maghrib

BDT Bons de Trésor

BG Balance générale
VL Valeur liquidative
BSF Bons de Société de Financement
CGI Code Général des Impôts
CGNC Code Général de Normalisation Comptable
FCP Fonds Communs de Placement
GL Grand livre
IIA Institue of internal Auditors
OPCVM Organisme de Placement Collectif en Valeurs
mobilières
SICAV Les Sociétés d’Investissement à Capital
Variable

TCN Titre de créances négociable

5
Sommaire
Dédicace ........................................................................................................................... 1
Remerciement .................................................................................................................. 2
Résumé............................................................................................................................. 3
Liste des figures ................................................................................................................ 4
Liste des tableaux ............................................................................................................. 4
Glossaire .......................................................................................................................... 5
Introduction générale ....................................................................................................... 8
Méthodologie ................................................................................................................. 10
PARTIE I: Le cadre général des OPCVM ............................................................................ 11
Chapitre I : Aperçu sur les OPCVM ........................................................................................... 12
Section 1: Définition des OPCVM, leur classification et leur fonctionnement ............................................. 12
Section 2 : Les organes de contrôle des OPCVM .......................................................................................... 17

Chapitre II : réglementation juridique, comptable et fiscal des OPCVM ................................... 25


Section 1 : réglementation juridique ............................................................................................................ 25
Section 2 : Réglementation comptable ........................................................................................................ 29
Section 3: Réglementation fiscale ................................................................................................................ 36

Conclusion de la première partie ..................................................................................... 40


PARTIE II : La pratique de l’audit dans le milieu des OPCVM ............................................. 41
Chapitre I : approche préalable par les risques ........................................................................ 42
Section 1 : Notion de risque ......................................................................................................................... 42
Section 2 : risques réglementaires ............................................................................................................... 45
Section 3 : Risques liés à la déontologie ....................................................................................................... 47
Section 4 : risques liés au contrôle interne .................................................................................................. 49
Section 5 : risques opérationnels ................................................................................................................. 50

Chapitre II : la démarche générale d’audit des OPCVM............................................................. 51


Section 1 : la prise de connaissance de l’entité ............................................................................................ 51
Section 2 : Evaluation des procédures contrôle interne .............................................................................. 53
Section 3 : Contrôle et certification des comptes ........................................................................................ 57
Section 4 : Emission des rapports ................................................................................................................. 77

Conclusion de la deuxième partie .................................................................................... 79


Conclusion générale ........................................................................................................ 80
Table des matières .......................................................................................................... 81

6
Bibliographie .................................................................................................................. 85
Webographie .................................................................................................................. 85
ANNEXES ........................................................................................................................ 86

7
Introduction générale
Dans un marché financier régi par la loi de l’offre et de la demande des valeurs
mobilières, la Bourse de Casablanca joue un rôle de plus en plus significatif en tant que lieu
de rencontre entre les différentes parties prenantes.

Dans le contexte de la Bourse n’est connue comme un lieu de spéculation et non comme un
espace d’investissement et d’épargne de moyen-long terme, Les Organismes de Placement
Collectif en Valeurs Mobilières sont amenés à jouer un rôle clé.

Les premiers Organismes de placement collectifs des valeurs mobilières n’ont vu le jour au
Maroc qu’en fin des années 90 suite à une logique des réformes entamées par le pays afin de
libéraliser l’économie marocaine. L’intention est de proposer un nouveau mode de
financement pour les agents ayant un besoin de financement et une nouvelle et large gamme
de produits de placement pour les épargnants désireux de placer leurs fonds dans un milieu
plus sécurisé contre une rémunération aussi bien attractive.

Il faut bien noter que les OPCVM sont institués par le Dahir portant loi N°1-93-213 du 4
rabia II 1414 (21/09/93), ont vu le jour en 1995 et ont été commercialisés à partir du début
1996.

Le législateur est conscient du caractère public de l’épargne collective et du rôle stratégique


que jouent les OPCVM en matière de sa canalisation, partant, il a confié le contrôle de ces
organismes à divers organes indépendants et compétents, dont le commissaire aux comptes.

Le commissariat aux comptes constitue un point clé de cette réglementation relative aux
OPCVM puisqu’il contribue, aux côtés des autorités de tutelle, à offrir à l’épargnant une
sécurité supplémentaire et réduire les réticences que celui-ci peut avoir à la souscription aux
fonds. Le rôle de l’audit financier et comptable est donc essentiel dans la fructification de
l’épargne au sein des OPCVM et dans la garantie du bon fonctionnement de ces derniers
d’où l’intérêt de traiter de ce rapport.

La particularité de la mission d’audit des OPCVM résulte des spécificités de l’activité des
celles-ci qui est assez spéciale pour rationnaliser une réglementation comptable adaptée, et
par conséquent, une démarche d’audit légal ajustée aussi. C’est dans cet esprit que s’inscrit
l’apport du présent mémoire, et qui se veut une modeste contribution dans la vulgarisation
de la pratique du commissariat aux comptes des OPCVM.

8
Ces particularités rendent indispensable la sensibilisation des intervenants dans le cadre d’une
mission d’audit des OPCVM aux particularités inhérentes à l’activité de ces organismes et qui
se reflètent incontestablement au niveau de leurs comptes.

Pour toutes ces considérations, nous avons jugé donc utile et opportun d’appréhender
l’audit des OPCVM et d’essayer d’amener des éléments de réponse à la problématique
suivante : Compte tenu des spécificités de l’activité des OPCVM et les risques
accompagnés, quelle est la démarche et les moyens appropriées que le commissaire aux
comptes peut adopter afin d’assurer aux épargnants la fiabilité de l’information financière
communiquée ?

Pour répondre à la problématique ci-dessus nous avons choisi de formuler des questions
constructives, à savoir :

- Quelles sont les caractéristiques des OPCVM et leur fonctionnement ?


- Quel est le rôle des organes chargés de contrôle des OPCVM, leurs obligations et leurs
responsabilités?
- Le commissaire aux comptes adopte-il une approche par les risques ? et quels
sont les risques relatifs à l’audit des OPCVM?
- S’agit-il d’appliquer la même démarche standardisée lors d’une mission de
commissaire aux comptes des OPCVM ?

9
Méthodologie
Pour apporter les éléments de réponse à la problématique ci-dessus, ce mémoire s’articulera
autour de deux parties :

- La première partie abordera la cadre général des OPCVM qui se décompose de deux
chapitres. D’une part, le premier chapitre donnera un aperçu sur les OPCVM
(définitions, classifications et les principaux intervenants), et d’autre part il traitera les
différents organes qui le contrôlent et les méthodes qui suivent. Le deuxième chapitre
sera consacré à la réglementation juridique, comptable et fiscale des OPCVM.
- Quant à la deuxième partie, elle sera réservée à l’intervention du commissaire aux
comptes dans une mission d’audit des OPCVM. le premier chapitre de cette partie est
dédié à l’approche par risque et les zones de risques que le commissaire aux comptes
doit analyser et y prêter une grande attention. Enfin, le second chapitre sera chargé de
présenter la démarche générale d’audit des OPCVM illustré par un cas pratique.

10
PARTIE I:

Le cadre général des OPCVM


Le développement et la croissance des OPCVM résultent de leur gestion
professionnelle et aux mesures d’encouragement dont ils jouissent. Ces instruments peuvent
être un moyen efficace pour réconcilier l’épargnant avec le marché financier, puisqu’ils se
caractérisent par une grande transparence dans leur mode de gestion, tout ou presque y est
publique.

Parmi les moyens mis en place pour favoriser l’essor des OPCVM au Maroc et que nous
avons d’ailleurs choisi d’aborder dans ce mémoire de fin d’études, l’Audit comptable et
financier occupe une place de choix. En effet, d’une part, il permet au gestionnaire de se
concentrer essentiellement sur son objectif de base, à savoir la fracturation de l’épargne qui
lui est confiée et d’autre part, il offre à l’épargnant une sécurité supplémentaire et réduit les
réticences qu’il peut avoir à souscrire à ces fonds.

Le caractère original des OPCVM est affirmé par le DAHIR 1-93-213 septembre 1993 qui
consacre des particularités dans les domaines aussi bien juridique, comptable et fiscal que du
contrôle.

Ces particularités nécessitent des vérifications spécifiques qui sont accomplies dans le cadre
d’une mission de commissariat aux comptes, cette dernière revêt un caractère légale, et non
seulement une mission d’audit thématique en requérant une opinion motivée, mais se trouve
plus vaste et étendu.

11
Chapitre I : Aperçu sur les OPCVM
Section 1: Définition des OPCVM, leur classification et leur fonctionnement

1. Qu’est ce qu’un OPCVM ?


Les OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) sont
régis par le dahir portant loi n° 1-93-213 du 4 Rebia II (21 septembre 1993). Selon cette loi,
les OPCVM sont en fait « un terme générique qui regroupe différents supports de gestion
collective. En effet, les OPCVM sont des structures d’épargne collective c’est pourquoi,
plusieurs épargnants mettent en commun leurs investissements dans un portefeuille
constitué principalement de valeurs mobilières et dont ils délèguent la gestion à des
professionnels. Ces derniers ont pour rôle de faire fructifier cette épargne en profitant des
performances du marché financier.

Les épargnants ne sont donc plus détenteurs directs de ces titres spécifiques, mais
propriétaires de parts ou d’actions de l’OPCVM, étant elle-même investie en valeurs
mobilières. »

Les OPCVM de droit marocain sont astreints à investir en valeurs cotées sur la place
de Casablanca. A la bourse, les OPCVM (comme tout autre investisseur) ont accès à deux
types de marché :

- Marché Central : C'est un marché où se confrontent les offres et les demandes permettant
ainsi l'établissement d'un cours en cas d'accord entre un acheteur et un vendeur.

- Marché de bloc: Les parties se mettent d'accord sur une opération et informent la bourse de
sa réalisation.

Le cours de la transaction n'est pas retenu comme étant un prix de marché.

Les instruments financiers négociables à la bourse de Casablanca sont :

 les actions ;
 les obligations ;
 les droits de souscriptions et les droits d’attribution.

2. Classification juridique des OPCVM


Le Dahir portant loi n° 1-93-213 du 4 Rebia II (21 septembre 1993), autorise la création de
deux grands types d'OPCVM. :

12
2.1.Les SICAV : Les Sociétés d’Investissement à Capital Variable :
Est une société anonyme qui a pour objet exclusif la gestion d'un portefeuille de
valeurs mobilières et de liquidités, dont les actions sont émises et rachetées à tout
moment à la demande de tout souscripteur ou actionnaire, à un prix déterminé.

Le prix fixé pour les achats et vente correspond à la valeur liquidative majoré des
commissions.

D'un point de vue juridique, les SICAV ont une personnalité morale. Cependant elles
présentent deux particularités :
- D’une part, son objet social est strictement limité à la gestion d’un portefeuille des
valeurs mobilières ;
- D’autre part, son capital est variable en raison des changements quotidiens induits par
les souscriptions et rachats des actionnaires. Ce capital est fixé au départ à un
minimum de cinq millions de dirham.

2.2.FCP : Les Fonds Communs de Placement :


Est une copropriété de valeurs mobilières et de liquidités qui n’a pas de personnalité
morale, dont les parts sont émises et rachetées à tout moment à la demande de tout
souscripteur ou porteur de parts, à un prix déterminé. Sa gestion est assurée par un
établissement de gestion de FCP agissant au nom des porteurs.

L'investissement dans un FCP est matérialisé par des parts sociales ou des certificats
de copropriété.

3. Classification selon leur politique de placement


Traditionnellement, on distingue cinq familles d’OPCVM, et ce compte tenu de la nature des
ces valeurs et de leur prépondérance dans le portefeuille.

Familles
d'OPCVM

OPCVM OPCVM OPCVM OPCVM OPCVM


"Obligation" "Diversifié" "Monétaire" "Contractuel"
"Action"

Figure 1 : les catégories des OPCVM

13
Avant d’aborder les caractéristiques de chaque famille d’OPCVM, il serait intéressant de faire
une comparaison des deux principaux types de valeurs mobilières constituant l’actif des
OPCVM, à savoir l’action et l’obligation.

Action Obligation
Catégorie de titre Titre de propriété Titre de créance
Représentant une fraction du représentant une fraction de
capital de l’entreprise la dette de l’entreprise
Durée de vie Illimitée Limitée (de quelques jours à
plusieurs années)
Rémunération Variable : le dividende Fixe : le coupon représentant
représentant une partie du l’intérêt que l’entreprise s’est
bénéfice distribué engagée à verser aux
créanciers lors de l’émission
Evaluation des cours Il est fonction de Il est fonction des taux de
l’anticipation des rémunération attendus par les
investisseurs de bénéfices investisseurs comparés au
que l’entreprise est capable coupon de l’obligation ; il
de générer n’est donc pas lié aux
résultats de l’entreprise
Risque/Rentabilité L’action est une valeur L’obligation est une valeur
mobilière volatile, donc mobilière moins risquée que
risquée. Elle est d’autant plus l’action et donc moins
volatile que les résultats de rémunératrice
l’entreprise sont le plus
souvent difficiles à prévoir.
L’espérance de gain est
d’autant plus élevée que le
risque pris est grand
Tableau 1 : Comparatif des principales caractéristiques de l’action et de l’obligation1
Après ce bref rapprochement, il est plus facile d’entamer chaque catégorie d’OPCVM et de
mettre en évidence le profil de chaque investisseur auquel chacune s’adresse.

En fonction de leur politique de placement on distingue donc :

 OPCVM « Actions » : Ils sont en permanence investis à hauteur de 60% au minimum


en actions de sociétés cotées à la bourse de Casablanca. Généralement, ils sont plus
risqués car plus volatiles, et plus performants mais sur un horizon temporel plus long.2

Ces OPCVM s’adressent aux investisseurs risquophiles prêts à prendre des risques et à
immobiliser leurs placements relativement longtemps.

 OPCVM « Obligataires » : investis minimum à hauteur de 90% en obligations.


Fréquemment, leur risque est mesuré par référence au concept de sensibilité.

1
« Spécificités comptables et approche d'audit des OPCVM au Maroc » Hamid Ait Bella.
2
Article 3, Arrêté du ministre des finances et de la privatisation n° 1670-07, 24 Aout 2007 relatif à la

14
Plus la sensibilité croît, plus l’OPCVM est sensible au risque de taux. Une sensibilité
faible induit une variation limitée sur la valeur de l’OPCVM.3

Ces OPCVM s’adressent aux épargnants désireux de faire des placements peu risqué,
mais dont la performance, modeste et régulière dans le temps

 OPCVM « Diversifié » : Sont composés à parts égales d’actions et de produits de


taux; Ils permettent à l’épargnant de profiter au mieux du dynamisme de la Bourse et
de bénéficier de la sécurité des placements obligataires.4
 OPCVM « Monétaire » : Investis en obligations et titres de créances négociables à
court terme, les OPCVM monétaires sont destinés principalement aux institutionnels
et aux entreprises pour une optimisation de la gestion de leur trésorerie.

Ces OPCVM sont donc des placements à court terme qui présentent un degré de risque
moins élevé. Toutefois, ils sont moins rentables que les autres types d’OPCVM.

OPCVM « Contractuel » : Sont des OPCVM dont l'engagement de l'établissement


de gestion du FCP ou de la SICAV, selon le cas, porte contractuellement sur un
résultat concret exprimé en termes de performance et/ou de garantie en montant investi
par le souscripteur. En contrepartie de cette garantie, l'établissement de gestion du FCP
ou la SICAV peut exiger du souscripteur, des engagements portant sur le montant
investi et/ou la durée de détention des titres de l'OPCVM par ce dernier.5

4. Classification des OPCVM selon les modes d’affectation du résultat

4.1. Des fonds de capitalisations


On intègre dans le fond les revenus générés par le portefeuille de SICAV ou du FCP à
savoir les dividendes, coupons et intérêt.

Lors de la cession d’une partie ou de la totalité des actions ou des parts des fonds, les
actionnaires du Fonds réalisent leurs profits sous forme de plus-value qu’ils dégagent.

4.2. Des fonds de distribution


Selon une périodicité décidée par le gestionnaire, les revenus dégagés par le portefeuille du
Fonds sont distribués aux actionnaires sous forme de coupon.

5. Les principaux intervenants


Sur le marché des OPCVM, Il existe 5 acteurs chargés de leur organisation et de leur
fonctionnement.

3
Article 3, Arrêté du ministre des finances et de la privatisation n° 1670-07, 24 Aout 2007 relatif à la
classification des organismes de placement collectif en valeurs mobilières.
4
« Spécificités comptables et approche d'audit des OPCVM au Maroc » Hamid Ait Bella.
5
Guide pratique des OPCVM-2010.

15
intervenants
d'OPCVM

Entités relevant Entités relevant


d'environnement d'environnement
externe interne

Ministère
chargé des AMMC Promoteur Dépositaire Société de
Finances gestion

Figure 2: les principaux intervenants d’OPCVM

5.1. Entités relevant d'environnement externe :

5.1.1. Le Ministère chargé des Finances :


Le Ministère chargé des Finances est responsable d’approbation des demandes
d’agrément des projets de statuts des SICAV ou règlement de gestion des FCP après avis
de l’AMMC.

Egalement, toute modification des statuts ou du règlement de gestion est subordonnée à un


nouvel agrément du Ministère.

5.1.2. L’Autorité Marocaine des Marchés de Capitaux :


L’AMMC ‘gendarme de la bourse’ est un établissement public qui jouit de la personnalité
morale et de l’autonomie financière. Elle a pour mission :

 S’assurer de la protection de l’épargne investie en instruments financiers ;


 Veiller à l'égalité de traitement des épargnants, à la transparence et à l'intégrité du marché
des capitaux et à l'information des investisseurs;
 S'assurer du bon fonctionnement du marché des capitaux et veiller à l'application des
dispositions législatives et réglementaires ;
 Assurer le contrôle de l'activité des différents organismes et personnes soumis à son
contrôle;
 Assurer le respect de la législation et de la réglementation en vigueur relatives à la lutte
contre le blanchiment des capitaux, par les personnes et les organismes placés sous son
contrôle;
 Contribuer à la promotion de l'éducation financière des épargnants;
 Assister le gouvernement en matière de réglementation du marché des capitaux.

16
L'Autorité Marocaine du Marché des Capitaux s'assure du respect par l'OPCVM ou par son
établissement de gestion et par l'établissement dépositaire des dispositions légales et
réglementaires.

C'est ainsi que l'autorité contrôle les OPCVM sur la base de documents périodiques que ceux-
ci sont tenus de lui communiquer. Par ailleurs, elle effectue régulièrement des inspections
auprès de ces organismes.

5.2. Entités relevant d'environnement interne :

5.2.1. Promoteur :
C’est celui qui crée l’OPCVM. Il peut le filialiser au sein d’une société de gestion. Il
est aussi le groupe financier au sein duquel se trouve géré un OPCVM. Mais souvent,
promoteur, gérant, conservateur, et dépositaire peuvent être regroupés dans une même
entité.

5.2.2. Dépositaire :
Le dépositaire assure le règlement, la livraison et la conservation des actifs des fonds.

Il a la garde des actifs du fonds, tient à jour ses comptes titres et espèces, reçoit des ordres
de règlement/livraison et les exécute en relation avec le dépositaire central ou des
dépositaires locaux ou étrangers. Enfin, il informe le fonds des opérations sur titres (OST)
intervenant sur des portefeuilles et les traites…

Egalement, le dépositaire contrôle la régularité des décisions de l’OPCVM

Accessoirement, le dépositaire peut assurer la gestion du passif du fonds mais ce n’est pas
toujours le cas.

5.2.3. La société de gestion :


Une société de gestion est toute société commerciale qui gère à titre exclusif les
produits de placements dans le respect des contraintes règlementaires et légales, et des
politiques d’investissements définis en interne, pour en tirer le meilleur rendement possible.

Section 2 : Les organes de contrôle des OPCVM


Le caractère public de l’épargne collective et le rôle stratégique que jouent les OPCVM
en matière de sa canalisation vers le secteur productif, ont conduit le législateur à confier le
contrôle de ces organismes à divers organes à savoir l’AMMC, le dépositaire et le
commissaire aux comptes.

17
1. Le contrôle dépositaire
Nous avons vu précédemment que l’établissement dépositaire était un organe clé du
fonctionnement des OPCVM. Maintenant, nous allons traiter le dépositaire en tant qu’organe
de sécurité des OPCVM.

Sur le plan déontologique, le dépositaire est une entité distincte et indépendante de la société
de gestion, dont ces établissements doivent présenter des garanties suffisantes, notamment en
ce qui concerne leur organisation, leurs moyens techniques et financiers et l’expérience de
leurs dirigeants ce qui témoigne de l’importance, de la solidité et de la qualité de leurs
interventions.

Parmi les missions attribuées au dépositaire figurent celles du contrôle. Il est en charge de
vérifier:

 La régularité des décisions d’investissement effectuées par l’OPCVM et s’ils sont


bien conformes aux objectifs de gestion tels que décrits dans leur notice
d'information ;
 Le calcul de la valeur liquidative par le fonds, A ce titre, il doit veiller à ce que la
SICAV ou l’établissement de gestion lui communique les méthodes d’évaluation des
actifs ;
 Les règles de composition de l’actif et des règles de répartition des risques.
 Les documents produits par la société de gestion : rapports annuels, comptes et états
périodiques ;
 L’établissement dépositaire s’assure de la conformité des commissions de
souscription et de rachat acquises à l’OPCVM prélevées avec celles indiquées dans la
note d'information ;
 Le respect par la SICAV ou l’établissement de gestion des règles prudentielles, de
la classification des fonds, de l’orientation d’investissement et de la politique de
placement telles que spécifiés dans la note d'information.

Pour toutes ces responsabilités, on peut dire que le dépositaire est un organe de contrôle
permanent par excellence pour les OPCVM et ne peut pas être substitué par le commissaire
aux comptes quelles que soient ses diligences.

2. Le Contrôle du commissaire aux comptes :


Le contrôle des comptes a pour but principal de donner aux souscripteurs l'assurance
raisonnable mais non absolue que ces comptes sont réguliers et sincères et donnent une image
fidèle de la situation financière de la société. Appliqué aux OPCVM, ce contrôle est un
élément essentiel de la protection des souscripteurs et du bon fonctionnement du marché.

Parmi les mesures de contrôle instaurées figurent les dispositions relatives au commissariat
aux comptes qui couvrent les conditions de nomination, les normes générales ou personnelles
et les missions.

18
2.1. La nomination du commissaire aux comptes
Le commissaire aux comptes qui est chargé de contrôler les OPCVM peut être une
personne physique ou morale. Sa désignation se fait obligatoirement à travers l’un des
commissaires aux comptes inscrits à l’OEC6

Les modalités de sa nomination diffèrent selon que celle-ci intervient lors de la constitution
ou en cours de vie de l’OPCVM.

 Lors de la constitution :

Le premier commissaire aux comptes est désigné par les fondateurs de la SICAV ou du FCP.
Son nom doit figurer dans le projet des statuts ou du règlement de gestion devant être établi
par lesdits fondateurs.

 En cours de vie :

La nomination du commissaire aux comptes incombe au conseil d’administration de la


SICAV. Le commissaire aux comptes du FCP est désigné par l’établissement de gestion sauf
en cas d’exceptions.

La nomination du commissaire aux comptes doit être préalablement approuvée par l’AMMC.

2.2. Les incompatibilités


Les incompatibilités visent le renforcement de l’indépendance du commissaire aux
comptes qui ne doit pas se trouver dans une situation de nature à compromettre son
indépendance.

Pour assurer son indépendance, le commissaire aux comptes ne doit notamment :

 être ni fondateur, ni apporteur en nature, ni administrateur de la SICAV ou de


l’établissement de gestion du FCP ;
 avoir aucun lien de parenté avec les conjoints, parents et alliés jusqu’au deuxième
degré inclusivement des personnes visées au paragraphe précédent ;
 percevoir de l’OPCVM aucune rémunération quelconque pour une activité autre que
celle du commissariat aux comptes ;
 N’avoir aucun associé se trouvant dans l’une des situations précitées, s’il s’agit d’une
société d’experts-comptables.

2.3. La durée des fonctions


La durée des fonctions du commissaire aux comptes est fixée à trois exercices
renouvelables indéfiniment. Elle vaut aussi bien pour le premier commissaire aux comptes
nommé lors de la constitution, que pour ceux qui lui succèdent au cours de l’existence de
l’OPCVM.

6
Circulaire n° 03/01 relative au commissariat aux comptes des organismes de placement collectif en
valeurs mobilières

19
Le renouvellement de sa nomination doit être approuvé par l’AMMC.

2.4. Rémunération
Les honoraires du commissaire aux comptes sont fixés d’un commun accord entre celui-
ci et la SICAV ou l’établissement de gestion du FCP, au vu du programme des diligences
estimées nécessaires.

2.5. Obligations et attributions


Le commissaire aux comptes d’un OPCVM a pour mission permanente, à l’exclusion de
toute immixtion dans la gestion, de vérifier les livres et les valeurs de l’OPCVM et de certifier
la régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes de ce dernier. Il vérifie également la
sincérité des informations afférentes à la situation financière, préalablement à leur diffusion.

 Interdiction de s’immiscer dans la gestion

Il est interdit au commissaire aux comptes de s’immiscer dans la gestion de l’OPCVM. Il ne


peut notamment :

 accomplir des actes de gestion, ni directement ni par association ou substitution aux


dirigeants ;
 porter une appréciation positive ou négative sur la qualité de la gestion de l’organisme
qu’il contrôle ;
 examiner l’opportunité des décisions de gestion prises par le gestionnaire.

 Vérification des livres et valeurs de l’OPCVM

Le commissaire aux comptes doit procéder à la vérification des livres et documents,


obligatoires ou facultatifs, qui sont le support de la comptabilité de l’OPCVM. Il s’agit
notamment du :

 livre journal ;
 grand livre ;
 livre d’inventaire ;
 livre des procédures et de l’organisation comptable.

Par ailleurs, le commissaire aux comptes est tenu de vérifier les valeurs de l’OPCVM. Il
s’agit notamment :

 des liquidités ;
 du portefeuille des valeurs mobilières ;
 des autres valeurs actives et passives faisant l’objet d’un inventaire

20
 Certification de la régularité, la sincérité et l’image fidèle des comptes

Le commissaire aux comptes a l’obligation de certifier les comptes de l’OPCVM. Cette


certification nécessite la mise en œuvre de normes de travail qui lui permettent de fonder son
opinion sur la régularité, la sincérité et l’image fidèle des états de synthèse.

 Vérification de la sincérité des informations préalablement à leur diffusion

Le commissaire aux comptes est chargé de vérifier la sincérité des informations financières
avant leur diffusion au public par l’OPCVM.

2.6. Les rapports à rédiger

2.6.1. Rapports semestriel et annuel


La SICAV et l’établissement de gestion, pour chacun des FCP qu’il gère, sont tenus de
publier dans un journal d’annonces légales :

 un rapport semestriel couvrant les six premiers mois de l’exercice contenant le compte
de produits et charges et des informations complémentaires ;
 un rapport annuel par exercice contenant le bilan, le compte de produits et charges,
l’état des soldes de gestion et certains éléments de l’état des informations
complémentaires.

Les états de synthèse, ci-dessus doivent faire l’objet d’une vérification, par le commissaire
aux comptes, dont l’objectif est de certifier :

 La conformité de la présentation des états de synthèse et documents d’information


périodiques au plan comptable des OPCVM et aux modèles de la circulaire du CDVM
n° 04/00 du 04 décembre 2000 ;
 La cohérence et la conformité des états de synthèse et documents d’information
périodiques publiés avec les éléments de la comptabilité et de l’inventaire des actifs de
l’OPCVM tels qu’ils ont été vérifiés par le commissaire aux comptes.

2.6.2. Rapport général à l’assemblée


Le commissaire aux comptes doit rendre compte de l’accomplissement de sa mission
dans un rapport présenté à l’assemblée de la SICAV ou de l’établissement de gestion, selon le
cas. La délibération de l’assemblée générale de la SICAV concernant l’approbation des
comptes de l’exercice est nulle si elle n’a pas été précédée de la lecture du rapport du
commissaire aux comptes.

Pour que le commissaire aux comptes, certifie la régularité et la sincérité des comptes, et la
sincérité des informations afférentes de la situation financière et l’image fidèle des états de
synthèse, il a besoin de la mise en œuvre de diligences à même de lui permettre de fonder son
opinion.

21
Parmi les diligences qu’il doit dérouler figurent principalement celles nécessaires à la
vérification de :

 La conformité des écritures comptables aux particularités comptables prévues par le


plan comptable des OPCVM ;
 Le respect de l’égalité entre les actionnaires des SICAV ou les porteurs des parts
FCP ;
 La validité des méthodes ;
 La vérification des méthodes d’évaluation retenues ;
 La vérification du respect des orientations dans la gestion affichées dans la note
d’information ;

De plus, le commissaire aux comptes a des missions connexes tels que :

 Le commissariat aux apports ;


 L’opération de fusion qui est réalisée par les conseils d’administration des SICAV ou
de l’établissement de gestion ;
 L’évaluation du montant des actifs en cas de liquidation.

Encore, le commissaire aux comptes porte à la connaissance de l’AMMC les irrégularités et


inexactitudes significatives relevées dans l’exercice de ses fonctions et ce dès qu’il en a pris
connaissance.

De même, dès lors qu’un commissaire aux comptes souscrit ou cède des actions ou des parts
de l’OPCVM qu’il contrôle, il doit en informer, sans délai, l’AMMC.

Parmi les problèmes qui se posent dans le cadre du contrôle des OPCVM par le commissaire
aux comptes, figure celui relatif à la maîtrise de la coordination de divers contrôles. Nous
avons vu précédemment, que le fonctionnement est localisé dans des structures juridiquement
et même géographiquement distinctes et sur lesquelles le commissaire aux comptes n’a pas le
droit de regard direct.

Le problème se pose par exemple lorsqu’il s’agit d’évaluer les procédures d’engagement, le
suivi des risques de contrepartie et de l’exhaustivité des transmissions des ordres au back
office, la qualité de son traitement administratif et la réalité de détention physiques des titres
de l’OPCVM par le dépositaire, de sorte que le commissaire aux comptes ne peut intervenir
chez lui pour vérifier le fonctionnement des procédures ayant lien avec l’OPCVM, il se limite
à vérifier que l’état des actifs de l’OPCVM coïncide effectivement avec le relevé émanant du
dépositaire.

Par conséquent le champ d’investigation du commissaire aux comptes reste borné en raison
d’un cadre juridique n’accordant pas suffisamment de prérogatives nécessaires à un
déroulement satisfaisant de sa mission.

De manière générale, si le commissaire aux comptes n’a pas d’accès direct aux services de la
société de gestion ou du dépositaire, les articles 101 et 120 du dahir n0 93-213 lui

22
reconnaissent le droit d’obtenir communication sur place de toutes les pièces utiles à
l’exercice de sa mission, ce qui nécessite de sa part une adaptation de sa démarche d’audit.

3. Le Contrôle de l’AMMC
L’AMMC est un organisme de tutelle des OPCVM qui a pour mission de s’assurer de la
protection de l’épargne investie en valeurs mobilières, d’assurer l’information des
investisseurs et le bon fonctionnement des marchés de valeurs mobilières et des produits
financiers, et de proposer à cet effet les mesures qui s’imposent. Cette tutelle se manifeste à
travers l’agrément de leur constitution, la surveillance de leur activité et des modifications
majeures intervenues au cours de leur existence et l’information régulière de leur évolution.

3.1. Le statut de l’AMMC


En effet, l’AMMC est créé par le Dahir portant loi n0 1-93-212 du 21 septembre 1993.
Cette loi affirme d’une part, l’indépendance de cette dernière en tant qu’établissement public
doté de la personnalité morale et d’autre part, son autonomie financière et son rôle d’autorité
administrative et de régulation, sous la tutelle du Ministère des Finances, agissant dans le
cadre des prérogatives et de la puissance publique.

Il est par conséquent doté de véritables pouvoirs à l’égard de tous les intervenants soumis à
son contrôle, parmi lesquels figurent les OPCVM.

3.2. Missions et attributions


Le dahir portant loi no 1-93-212 a reconnu un rôle primordial à l’AMMC dans sa
mission de défenseur de l’épargnant. Cette mission se manifeste à travers l’intervention de
l’AMMC à trois niveaux :

 Un contrôle à priori (la délivrance de l’agrément et le visa des notes d’informations) ;


 Un contrôle à postériori (contrôle des informations diffusées, contrôle de l’activité) ;
 L’approbation du commissaire aux comptes et les relations avec lui.

3.2.1. Le contrôle à priori de l’AMMC


Comme il est mentionné ci-dessus, l’AMMC est chargé de délivrer des agréments aux
SICAV et FCP préalablement à leur commercialisation, en vérifiant qu’ils remplissent bien
les conditions requises par la réglementation et donnent lieu à une information complète.

Il intervient aussi bien lors de la constitution de l’OPCVM que lors des changements
intervenus dans les étapes décisives de son fonctionnement ( fusion, scission ou liquidation)
ou encore lors des modifications des statuts ou du règlement de gestion.

L’objectif recherché via ce contrôle consiste à apprécier la qualité des intervenants (leur
organisation, les moyens techniques, humains et financiers…) dans la gestion collective de
l’épargne publique et de s’assurer de la conformité aux dispositions légales que ce soit celles
relatives à la constitution ou du fonctionnement des OPCVM.

23
En cas de soupçons d’irrégularité, l’AMMC peut décider l’ouverture d’une enquête,
prononcer des sanctions en cas de pratiques contraires à la réglementation ou aux obligations
professionnelles.

3.2.2. Un contrôle à postériori de l’AMMC


Inversement au contrôle à priori, exercé seulement par l’AMMC, le contrôle à postériori est
pratiqué par tous les organes de contrôle précités. Par conséquent nous allons focaliser dans ce
point uniquement au contrôle de l’AMMC lequel peut être réalisé par divers moyens :

 Les obligations de communication régulière : l’AMMC contrôle régulièrement les


notes d’informations que les OPCVM fournissent ou publient, ainsi qu’il vérifie les
documents comptables et financiers exigés par ces derniers.

 Les vérifications sur le terrain et enquêtes auprès des OPCVM : Pour la recherche des
infractions à la réglementation des OPCVM, l’AMMC effectue des enquêtes sur place
auprès de ces organismes. Il peut le cas échéant exiger d'eux tous documents et
renseignements nécessaires à l'accomplissement de sa mission de gendarme du
marché. Il peut, en outre, leur adresser une mise en garde, un avertissement ou un
blâme aux gestionnaires ou aux SICAV qui ne s'adaptent pas à la réglementation.

3.2.3. Les relations avec le commissaire aux comptes


Auparavant, nous avons vu que le commissaire aux comptes exerce un contrôle
permanent sur les OPCVM, à l’instar de l’AMMC. Sa nomination pour trois exercices, par le
conseil d’administration de la SICAV ou de la société de gestion des FCP, est subordonnée à
l’approbation de l’AMMC sur la base du programme du travail préparé à cet effet.

Ce programme de travail est véritablement normalisé par le circulaire n o03/01, il porte sur ces
principaux axes :

 Le statut, les attributions et les prérogatives du commissaire aux comptes ;


 Les obligations et les incompatibilités du commissaire aux comptes ;
 Le programme de travail minimum ;
 Et les modèles des rapports.

Précisons que le montant des honoraires du commissaire aux comptes aura certainement
tendance de varier selon l’application effective des normes d’audit.

24
Chapitre II : réglementation juridique,
comptable et fiscal des OPCVM
Section 1 : réglementation juridique

1. Règles spécifiques

1.1. Règle des SICAV

1.1.1. Constitution
Les formalités de constitution d’une SICAV se présentent comme suit :

 L’agrément :
L’aspect le plus particulier de la constitution d’un OPCVM par rapport à une autre
entité est l’agrément préalable des projets de statuts par le ministère chargé des Finances,
après avis de l’AMMC. Selon l’article 32 du dahir relatif aux OPCVM, la demande
d’agrément est transmise par les fondateurs à l’AMMC qui la soumet au Ministère pour
agrément. Cette demande doit lui permettre d’apprécier la qualité :

 Des fondateurs (aussi appelés organismes promoteurs) ;


 Des dirigeants (administrateurs) de la SICAV envisagée (honoraires, compétence) ;
 De l’établissement dépositaire ;
 Du commissaire aux comptes.

Elle doit lui permettre d’apprécier également le respect des normes légales et réglementaires
en matière de rédaction des statuts (SICAV). Le dépôt de la demande d’agrément doit être
attesté par un récépissé délivré par l’AMMC et le refus d’agrément doit être motivé.

 Le projet de statut de la SICAV :

Les projets de statuts soumis à agrément au Ministère des Finances doivent contenir au
moins les éléments tels que stipulés dans l’article 16 du dahir de 1993 relatif aux OPCVM.

 Constitution de la SICAV :
Après agrément, la constitution de la SICAV résulte de la signature des statuts par les
premiers actionnaires. Les formalités suivantes sont ensuite accomplies :

 Libération intégrale des actions ;


 Substitution dans les statuts à la liste des premiers souscripteurs de la liste des
premiers actionnaires, mentionnant les versements effectués par chacun d’eux ;

25
 Intégration dans les statuts de l’évaluation des apports en nature au vu du rapport des
commissaires aux comptes, annexé audits statuts.

 Acquisition de la personnalité morale:

Dans les 30 jours qui suivent la constitution de la SICAV, une copie des documents
suivants doit être déposée au greffe du tribunal de première instance :

 Statuts ;
 Acte d’agrément ;
 Certificat délivré par l’établissement dépositaire attestant du dépôt du capital initial.

La personnalité morale est alors acquise et dans le même délai de trente jours, les formalités
suivantes sont accomplies :

 Extrait des pièces ci-dessus à publier au bulletin officiel et dans un journal


d’annonces légales ;
 Envoi à l’AMMC d’une copie du certificat de dépôt du capital initial.

 La note d’information et la fiche signalétique:

La note d’information soumise au visa de l’AMMC et la fiche signalétique destinées à


être mises à la disposition du public, doivent être établies conformément à un modèle type
élaboré par l’AMMC.

Après visa par ce dernier, la note d’information est publiée dans un journal d’annonces
légales.

1.1.2. Les règles de fonctionnement


Avant d’embarquer dans le fonctionnement spécifique des OPCVM, il est nécessaire de
mettre en évidence quelques termes d’usage courant dans l’activité.

 La valeur liquidative : c’est une valeur déterminée périodiquement (quotidien ou


hebdomadaire) de l’OPCVM, par valorisation de son portefeuille en se basant sur le
dernier cours des actions et des obligations qu’il détient en portefeuille.7

D’une manière simplifiée, la VL peut être exprimée ainsi :

7
Comprendre la valeur liquidative des OPCVM

26
Avec les frais de gestion représentent la rémunération de la société de gestion. Ils
correspondent à l’ensemble de charges d'exploitation encourues par un OPCVM, à l'exclusion
des charges d’emprunts. Leur taux ne peut excéder 2%.

 Les souscriptions: est un acte d’engagement qui permet aux épargnants d’acquérir autant
de parts d’OPCVM qu’ils souhaitent, quand ils désirent et sur la base de la VL périodique
calculée.

 Les rachats : est une opération par laquelle un investisseur ayant souscrit des parts ou des
actions d’OPCVM les vend à l’OPCVM qui le lui rachète en se fondant sur la VL de rachat
sous déduction de frais éventuels.

 Les droits d’entrée et de sortie : A l’achat comme à la vente, une commission peut être
demandée, dont le montant est très variable selon les distributeurs et les produits. Le
niveau maximum de ces commissions de souscription et de rachat est précisé dans la note
d’information.

Prix d’achat = (valeur liquidative + commission de souscription) x nombre de parts ou


d’actions achetées.
Prix de vente = (valeur liquidative - commission de rachat) x nombre de parts ou
d’actions vendues.8

Par ailleurs, les principales règles de fonctionnement des SICAV sont les suivantes :

 Les actions des SICAV sont intégralement libérées lors de leur émission. Elles sont
obligatoirement nominatives ;
 Le montant du capital des SICAV est égal à tout moment à la valeur de leur actif net,
déduction faite des sommes distribuables.;
 Le rachat par les SICAV de leurs actions, comme l'émission d'actions nouvelles,
peuvent être suspendus à titre provisoire lorsque des circonstances exceptionnelles
l'exigent et si l'intérêt des actionnaires est prioritaire, dans les conditions fixées par les
statuts ;
 Une SICAV doit suspendre le rachat de ses actions lorsque son capital atteint la moitié
du montant minimum (Cinq millions).

1.1.3. L’information des actionnaires et des tiers


En ce qui concerne l’information des actionnaires et des tiers, celle-ci est très
importante et étroitement réglementée car le développement d’un marché financier repose
avant tout sur la confiance des investisseurs et des épargnants. L’intégrité du marché doit être
assurée par un ensemble de principes et de règles qui concernent aussi bien les entreprises
cotées que les intermédiaires financiers.

Ainsi les SICAV, sont tenues de publier les informations suivantes :

8
Guide pratique des OPCVM-2010

27
 La valeur liquidative : elle est affichée le premier jour ouvrable qui suit sa
détermination et est déterminée au moins chaque vendredi. Les prix de souscription et
de rachat sont également affichés ;
 Le rapport semestriel : il est publié dans un délai de 30 jours à compter de la fin du
premier semestre de chaque exercice ;
 Le rapport annuel : publié, au plus tard, six mois après la clôture de l’exercice. les
valeurs liquidatives constatées au début et è la fin de l’année

Préalablement à leur diffusion, les documents comptables contenus dans les rapports annuels
et semestriels doivent être certifiés par le commissaire aux comptes. Et enfin, l’article 109 du
dahir relatif aux OPCVM stipule que ces derniers doivent communiquer à Bank Al Maghrib
les informations nécessaires à l’élaboration des statiques monétaires sans pour autant avoir à
préciser le contenu ou la date de transmission de ces informations.

1.2. Règle des FCP

1.2.1. Constitution
Les formalités de constitution des FCP sont quasi identiques à celles des SICAV à
l’exception des points suivants :

 Selon l’article 22 du dahir de 1993 relatif aux OPCVM, le projet de règlement de


gestion (équivalent des statuts) « doit être établi à l’initiative conjointe d’un
établissement de gestion et d’un établissement dépositaire, fondateurs dudit FCP ».
 Il n’y a pas de premiers administrateurs dans le projet de règlement de gestion
 Le dépôt au greffe du règlement de gestion, de l’acte d’agrément et du certificat
attestant du dépôt des apports initiaux (tous ces documents établis en double
exemplaire), ne confère pas la personnalité juridique au FCP.

1.2.2. Les règles de fonctionnement


L’établissement de gestion émet des certificats nominatifs, représentatifs d'une ou de
plusieurs parts du FCP qu'il gère.

La souscription de parts d'un FCP emporte acceptation du règlement de gestion.

Il gère le FCP en conformité avec le règlement de gestion et dans l’intérêt exclusif des
porteurs de parts. Il doit exécuter ses obligations avec la diligence d'un mandataire. A ce titre,
l’établissement de gestion occupe plusieurs fonctions:

 il exerce tous les droits attachés aux titres composant le portefeuille du FCP ;
 il représente le FCP à l'égard des tiers et peut ester en justice pour défendre ou faire
valoir les droits et intérêts des porteurs de parts ;
 il ne peut utiliser les actifs du FCP pour ses besoins propres.

Le rachat par le F.C.P. de ses parts comme l’émission de parts nouvelles pouvant être
suspendu à titre provisoire par l‘établissement de gestion, lorsque des circonstances

28
exceptionnelles l'exigent et si l'intérêt des porteurs de parts le commande, dans les conditions
fixées par le règlement de gestion.

Les rachats sont suspendus lorsque l'actif net du F.C.P. atteint la moitié du montant minimum
(Un million de dirhams).

2. Règles communes
Lors de la constitution, les deux formes d’OPCVM sont tenues de présenter auprès de
l’AMMC leurs projets de statuts et les règles de gestion afin qu’il les approuve. Ces projets
doivent contenir un certain nombre de mentions obligatoires tel que la stratégie
d’investissement, la dénomination, la catégorie d’OPCVM et l’adresse des établissements de
gestion et des établissements dépositaire.

Après avis de l’AMMC, le ministère chargé des finances définis les conditions d’évaluation
de la valeur liquidative des OPCVM. Cette dernière est définie au moins chaque fin de
semaine selon l’article 68 du dahir.

L’établissement de gestion et l’établissement dépositaire sont tous deux responsables


individuellement ou solidairement envers les tiers et les porteurs de parts des dispositions
légales et réglementaires qui régissent le fonctionnement des OPCVM. Après leur
constitution, les OPCVM sont tenus de publier une note d’information dans un journal
d’annonces légales après visa de l’AMMC.

Les OPCVM ne peuvent recevoir d'apports en nature autres que les valeurs visées à l'article
78 du dahir Précité

L'établissement dépositaire tient un relevé chronologique des opérations réalisées pour le


compte d'un OPCVM et établit, au moins une fois par trimestre, l'inventaire des actifs gérés
par l‘OPCVM.

Ces documents peuvent être consultés par le commissaire aux comptes et par les
actionnaires ou porteurs de parts ainsi que par toute personne assermentée et spécialement
commissionnée à cet effet par l’AMMC.

Section 2 : Réglementation comptable


L’objectif premier de toute comptabilité, et celle des OPCVM ne déroge pas à la règle,
est de permettre la reproduction de l’image fidèle. Pour y arriver, le respect d’un certain
nombre de principes est primordial.

29
1. Le cadre comptable
Le cadre comptable comprend dix classes dont la première classe est réservée exclusivement
à la détermination de la valeur liquidative.

Comptes de situation

Classe 1 : Comptes de capitaux de d’actif net

Classe 2 : Comptes d’actif immobilisé

Classe 3 : Comptes d’actif circulant (hors comptes financiers)

Classe 4 : Comptes de passif circulant (hors comptes financiers)

Classe 5 : Comptes financiers

Comptes de gestion

Classe 6 : Comptes de charges

Classe 7 : Comptes de produits

Classe 8 : Comptes de résultat

Comptes spéciaux

Classe 0 : Comptes spéciaux

Classe 9 : Comptes analytiques

Figure 3 : Structure du plan comptable marocain des OPCVM


La codification présente des comptes jusqu’à cinq chiffres, avec la signification suivante
en fonction du nombre de caractères :

X……………..……………Classe ou masse

XX……………………...…Rubrique

XXX…………………...….Poste

XXXX ...............................Compte principal

XXXXX………….………Compte divisionnaire

XXXXXX et + ..........……Sous comptes

Avec X équivaut à un chiffre.

30
1. Dérogations aux principes comptables
Dérogation au principe de prudence :

En vertu de ce principe, les charges probables et les diminutions plausibles des produits
de l’exercice doivent être pris en considération dans le calcul du résultat de l’exercice sur la
base des provisions. Dans le même sens, les produits ne sont pris en compte que lorsqu’ils
sont certains et définitivement acquis.
Par ailleurs dans le cadre de la comptabilité des OPCVM, ceux-ci ont l’obligation d’inscrire
en produits les plus-values latentes sur les titres et valeurs du portefeuille.

En Bref, ce principe évite de transférer sur des exercices ultérieurs ces charges ou ces
minorations de produits, qui doivent grever le résultat de l’exercice présent.

Dérogations au principe de comptabilisation au cout historique :

L’exception au principe d’évaluation au coût historique, retenu par le CGNC, se traduit


par la comptabilisation des valeurs des titres à leur valeur de marché. Par dérogation à ce
principe, l’OPCVM doit réévaluer, à leur valeur actuelle, les valeurs et titres détenus en
portefeuille.

Dérogation au principe de clarté :

En application de ce principe, l’OPCVM doit organiser sa comptabilité, enregistrer ses


opérations, préparer et présenter ses états de synthèse conformément aux prescriptions du
présent plan comptable. Par dérogation à ce principe, des postes relevant d’une même
rubrique d’un état synthèse peuvent exceptionnellement être regroupés si leur montant
respectif n’est pas significatif au regard de l’objectif d’image fidèle.

2. Les mécanismes comptables spécifiques aux OPCVM


En matière comptable, l’originalité des OPCVM n’est pas due principalement à leur
objet, mais à certains mécanismes qui remettent en cause les notions fondamentales de
la « comptabilité classique ».

Altération du capital :
« Le montant du capital des SICAV est égal à tout moment à la valeur de leur actif net,
déduction faite des sommes distribuables définies à l’article 94 »9. (Précisons au passage que
cette définition s’applique également aux FCP).

Par conséquent la notion du capital est profondément altérée. En effet, en décidant que le
capital corresponde en permanence à leur valeur de l’actif net diminué des sommes
distribuables, la loi met le capital des OPCVM en relation étroite avec une grandeur qui
fluctue tous les jours en fonction des variations du marché des valeurs mobilières.

9
Article 40 de loi n° 1-93-213 du 4 Rabii II (21 Sеptеmbrе 1993)

31
Le capital n’a pas de valeur nominale et devient donc instable. Il varie tous les jours en
fonction de deux facteurs :

 L’entrée et la sortie de porteurs de parts qui entraînent des variations du nombre de


parts ou d’actions de l’OPCVM ;
 La variation de la valeur des actifs détenus en portefeuille d’autre part.

A l’ouverture de l’exercice, le capital est débité ou crédité du solde des postes suivants :

 Emissions et rachats ;
 Commissions de souscription et de rachat ;
 Différences d’estimation ;
 Frais de négociation des titres (pour les OPCVM qui comptabilisent les titres selon la
méthode des frais exclus) ;
 Plus ou moins-values réalisées.

Les sommes distribuables :


les sommes distribuables « sont égales au résultat net augmenté du report à nouveau et
majoré ou diminué du solde du compte de régularisation des revenus afférents à l’exercice
clos… »10.

De façon plus explicite, les sommes distribuables sont établies comme suit :

10
Article 94 de la loi n° 1-93-213 du 4 Rabii II (21 Sеptеmbrе 1993)

32
Résultat net
Intérêt + Arrérages + Primes et lots + Dividendes + Jetons de
présence + Tous autres produits relatifs aux titres détenus en
portefeuille + Produits des fonds momentanément disponibles
+ – frais de gestion – Charges d’intérêts

Report à nouveau
+ Ou -

Solde du compte de
régularisation des
revenus afférents à
l’exercice clos
Revenus avancés par les nouveaux souscripteurs – Revenus
incorporés dans le prix versé aux actionnaires ou porteurs de
parts qui se retirent.

=
Sommes distribuables

Figure 4: Détail de calcul des sommes distribuables par les OPCVM

On notera que :

 Les composantes du résultat net des OPCVM trouvent leur origine uniquement dans les
titres et les disponibilités contrairement aux entreprises commerciales et industrielles où
l’origine de leurs résultats nets peut être fort diverse. Il s’agit donc d’une énumération
limitative dans le cas des OPCVM et qui conduit à une notion différente de celle adoptée
par le CGNC ;
 Les produits qui participent à la détermination du résultat d'un OPCVM, se composent
essentiellement des revenus relatifs aux titres et aux disponibilités.

Régularisation des revenus :


Le compte de régularisation des revenus permet d’assurer une répartition équitable du
résultat distribuable entre tous les ayants droit; il est crédité des revenus avancés par les
nouveaux souscripteurs et débités des revenus incorporés dans le prix versé aux actionnaires
ou porteurs de parts qui se retirent.

33
3. Les méthodes d’évaluation
Les actifs des OPCVM, doivent être évalués conformément à ce que stipulé par la loi «
l’évaluation des valeurs apportées à l’OPCVM ou détenues par lui est effectuée dans les
conditions fixées par le ministère chargé, après avis du l’AMMC, en tenant compte
notamment des transactions opérées sur ces valeurs et de leur cotation sur un marché
réglementé »11.

Les évaluations doivent être homogènes et respectent le principe de permanence de méthodes.

Le tableau ci-dessous met en évidence les méthodes d’évaluations appliquées à chaque


OPCVM :

Typologie des Nature Méthode d’évaluation observation


titres retenue
Les titres de Les actions Evaluation au dernier
capital cotées cours coté au marché
central
Les actions non Approche multicritères Cette approche doit être
cotées fondée sur les méthodes préalablement validée par
financières reconnues le commissaire aux
comptes et soumise au
visa de l’AMMC
Les parts ouEvaluation de leur
actions dernière valeur
d’OPCVM liquidative connue,
quelque soit leur
périodicité de calcul
Les parts de FCP Evaluation à la dernière
évaluation comme les
parts émises
Les titres de créances à coupon Actualisation de Cette évaluation est
annuel et à taux fixe l’ensemble des montants adossée à la courbe des
remboursable in fine restants à percevoir sur la taux de référence de
durée de vie restante à BAM
courir l’échéance de ces
titres
Les autres titres de créances Evaluation sur la base Cette approche doit être
d’une méthode financière préalablement validée par
connue le commissaire aux
comptes et soumise au
visa du l’AMMC
Tableau 2: les méthodes d’évaluation des OPCVM

11
Article 66 de loi n° 1-93-213 du 4 Rabii II (21 Sеptеmbrе 1993)

34
4. Présentation des documents de synthèse

Les états de synthèse prescrits pour les OPCVM sont les suivants :

BILAN

COMPTE DE PRODUITS ET CHARGES

ETAT DE SOLD ET GESTION « ESG »

INVENTAIRE DES ACTIFS

ETAT DES INFORMATIONS


COMPLEMENTAIRES
Le bilan :

Cet état fait ressortir :

 Les immobilisations (pour les SICAV seulement) ;


 Le détail du portefeuille de titres (valeurs admises à la cote ou ayant fait l’objet d’une
émission publique, valeurs non admises…) ;
 Le détail des autres emplois (titres de créances négociables…) ;
 Les fonds en dépôt, les créances et les dettes.

Le compte de produits et charges :

Le CPC présente, en les détaillant par nature, les produits de l’exercice ainsi que les
frais de gestion. Aucune compensation ne peut être opérée entre les postes de produits et de
charges.

L’état des soldes de gestion :

La principale différence entre l’ESG prévu par le CGNC et l’ESG adopté par les
OPCVM consiste à enregistrer une partie des charges et des produits dans les comptes des
capitaux (classe 1). Cette classification permet d’analyser d’une part l’actif net de l’OPCVM,
et d’autre part sa valeur liquidative.

L’inventaire des actifs :

Les OPCVM doivent établir, deux fois par an, un inventaire des actifs détenus en
portefeuille qui sera soumis au dépositaire afin qu’il vérifie si l’OPCVM a respecté les seuils
réglementaires de composition du portefeuille.

L’état des informations complémentaires :

Ce document de synthèse complète et commente l’information comptable donnée par les états
de synthèse.

35
Section 3: Réglementation fiscale
Depuis leur introduction au Maroc, les OPCVM bénéficient d’un statut fiscal privilégié.
En effet, en vertu du principe de transparence fiscal, le dahir portant loi n° 1-93-213 a prévu à
leur sujet un ensemble de dispositions, dont des exonérations et des impositions, qui
répondent au mieux à leur objet et mode de fonctionnement.

1. Le régime d’imposition des OPCVM

1.1. Exonérations des OPCVM


Conformément à l'article 106 de la loi n° 1-93-213 relative aux OPCVM, ces derniers
bénéficient de l'exonération des impôts et droits suivants :

 Droits d'enregistrement et de timbre relatifs aux variations du capital et aux


modifications des statuts et des règlements de gestion ;
 L'impôt sur la patente ;
 L'impôt sur les sociétés (IS) ;
 La participation à la solidarité nationale.

Et en vertu de l’article 107 du dahir, les OPCVM bénéficient de l’exonération des taxes
suivantes :

 La taxe sur les produits des actions ou parts sociales (TPA) : en étant exonérés de cette
taxe, les OPCVM pourront encaisser la totalité des dividendes sur les actions ou parts
sociales détenues ;
 La taxe sur les produits de placement à revenu fixe (TPPRF) : l’exonération de cette
taxe permet aux OPCVM de recevoir le montant brut des coupons relatifs aux
obligations détenues ;
 La taxe sur les profits de cessions d’actions et parts sociales (TPCAPS).

Les opérations de souscriptions et de rachat permettent aux OPCVM d’acquérir des droits
d’entrée et de sortie. Selon le circulaire n° 717 relative au code général des impôts, les
OPCVM bénéficient d’une exonération sur ces droits puisqu’ils constituent des apports en
capital.

1.2. Imposition des OPCVM


Généralement, les OPCVM désignent un réseau placeur qui s’occupe, pour le compte de
ces derniers, des opérations de souscriptions et de rachats de titres. Ce réseau reçoit en
contrepartie des commissions. Selon les dispositions du CGI, ces commissions font l’objet
d’une imposition à la TVA à un taux réduit de 10%. Néanmoins, le réseau placeur est, selon la
réglementation, redevable de la TVA collectée. Quant aux OPCVM, ils ne bénéficieront pas
d’une déduction de la taxe sur leurs frais de gestion

36
2. Réglementation fiscale des actionnaires et porteurs de parts
La réglementation marocaine a mis en place pour les actionnaires et porteurs de parts
des dispositions fiscales qui diffèrent selon :

 La nature de l’opération : profit ou revenu ;


 La politique d’affectation des résultats : capitalisation ou distribution ;
 La nature des titres : actions ou obligations ;
 La personnalité du souscripteur : personne physique ou morale ;
 Le lieu de sa résidence : au Maroc ou à l’étranger.

Nous avons choisi dans ce cas de traiter la fiscalité des porteurs de parts selon leur
personnalité et leur lieu de résidence. En effet, la souscription à un OPCVM ou le rachat de
ses parts peut être effectué par des personnes physiques ou morales. La réglementation
marocaine a donc mis en place des dispositions spécifiques à chacune de ces deux
personnalités, respectant ainsi le principe de transparence fiscale.

2.1. Imposition des personnes physiques


 Ayant leur résidence au Maroc :

En vertu de l’article 107 du dahir, les personnes physiques résidentes au Maroc


bénéficient d’une réduction à moitié au taux de 15%, non cumulable, de la taxe sur les
produits des actions et revenus assimilés, à condition de faire transmettre à l’OPCVM une
attestation de propriété des titres comprenant :

 Le nom, le prénom, l’adresse et le numéro de la CIN (ou de la carte de séjour) de la


personne concerné ;
 La raison sociale et l’adresse du siège de la société émettrice.

Quant aux produits de placement à revenu fixe, les personnes physiques, à l’exception des
professionnels soumis au régime du revenu net simplifié ou réel, sont soumises à une retenue
à la source au titre de l’IR au taux de 30%.

Selon l’article 73 du CGI, les profits réalisés sur la cession d’actions non cotées, d’obligation,
de titres de créances et parts d’OPCVM sont soumis à une retenue à la source au titre de l’IR
au taux 20%. S’il s’agit d’actions cotées et d’OPCVM actions, les plus-values réalisées seront
soumises à une retenue à la source au titre de l’IR aux taux libératoires de 15% ou 20% selon
la nature des titres.

Les contribuables ayant subi cette retenue sont tenus de verser la valeur de cette retenue à
l’administration fiscale après un mois de la réalisation des cessions. Ils sont également
autorisés à souscrire une déclaration avant le premier avril de l’exercice suivant. Cette
déclaration fait objet d’une demande de régularisation ou de restitution et comprend toutes les
opérations de cession réalisées durant un exercice déterminé.

37
Toutefois, si la valeur des rachats de titres OPCVM ne dépasse pas 24 000 dirhams, le profit
ou la fraction du profit sur ces rachats réalisé au cours de l’exercice est exonéré de l’impôt.
Sont également exonérées de l’impôt les donations entre ascendants et descendants, et entre
époux, frères et sœurs.

Le tableau suivant récapitule la fiscalité appliquée sur les personnes physiques résidentes au
Maroc selon les situations dans lesquelles elles se présentent :

Catégorie des titres Politique Taux d’impôt Mode de paiement


d’affectation
Actions Capitalisation 10% Retenue à la source
Distribution 10% sur les et versée au lieu et
dividendes place du porteur
Obligations Capitalisation 20% d’OPCVM par le
Distribution 20% à la dépositaire
distribution
Diversifiés Capitalisation 15%
Monétaires Capitalisation 20%
Tableau 3: Fiscalité appliquée sur les personnes physiques résidentes au Maroc

 N’ayant pas leur résidence au Maroc :

Les revenus des personnes physiques dont leur domicile ne se trouve pas au Maroc sont
soumis à une retenue à la source au taux de 15% sous réserve de l’application des dispositions
des conventions internationales de non double imposition.

Quant aux plus-values réalisées sur cession de titres d’OPCVM, ils bénéficient d’une
imposition à l’IR en raison de l’ensemble de leurs revenus et profits de source marocaine.

2.2. Imposition des personnes morales


 Ayant leur siège au Maroc :

Si les sociétés transmettent à l’OPCVM dans lequel elles ont investi une attestation de
propriété, leurs produits de placement à revenu fixe seront imposables à la TPPRF au taux de
20%. Cette imposition est non libératoire de l’IS avec droit à la restitution. Quant aux produits
des actions et revenus assimilés, ces sociétés bénéficient d’une exonération de la TPA mais
sont soumises à l’IS après abattement de 100%. Si, par contre, ces sociétés déclinent leur
identité, leurs produits de placement à revenu fixe seront soumis à une retenue à la source au
taux de 30%. Cette imposition sera dans ce cas libératoire de l’IS. Quant à leurs produits des
actions et revenus assimilés, ils seront soumis à une retenue à la source au titre de la TPA qui
est également libératoire de l’IS. Les profits nets dégagés par les actionnaires ou porteurs de
parts sur la cession de titres d’OPCVM sont comptabilisés dans les comptes de produits. Ils
entrent dans le calcul du résultat fiscal et, par conséquent, font l’objet d’une imposition à l’IS
de droit commun. Les sociétés soumises à cet impôt doivent présenter, dans les trois mois
suivant la clôture de l’exercice, une déclaration du résultat fiscal à l’inspecteur des impôts.

38
Quant à son paiement, il doit être effectué spontanément au moment du dépôt de la
déclaration.

 N’ayant pas d’établissement au Maroc :

Les sociétés non résidentes au Maroc sont également soumises à l’IS, du fait de
l’inexistence d’une convention internationale de non double imposition. Cet impôt représente
en réalité 30% sur les plus-values réalisées sur cession de titres au Maroc. Il est versé au
moment de la déclaration du résultat fiscal qui elle-même est déposée dans les trente jours qui
suivent le mois de la réalisation des cessions.

39
Conclusion de la première partie
Depuis leur lancement ou leur mise en service effective, les OPCVM ont connu un
succès incontournable et ce n’est pas fortuite , c’est grâce aux nouveaux instruments
d’épargnes offerts par ces organismes et aux dispositifs qui n’ont pas cesser de démontrer
leurs avantages que ça soit en matière de sécurité, rentabilité, préservation des intérêt des
investisseurs et porteur de parts quel que soient leurs contributions et apports ,chose qui a
permis de tisser une très bonne relation de confiance mutuelle entre épargnant et l’OPCVM.

Cette confiance est née suite à plusieurs facteurs on n’y cite la stricte réglementation à
travers son cadre comptable ,fiscal et juridique et aussi bien l’intervention des intervenants et
instances de contrôle qui veillent à ce que les règles en matière soient respectées et pour que
la stricte anomalie ne soit présentée, d’où la nécessité de ne pas passer sans parler du rôle
important que joue le commissaire aux comptes pour la certification de ces fonds dans un
environnement entouré du risques et c’est ce que nous allons découvrir lors de la deuxième
partie de ce mémoire.

40
PARTIE II : La pratique de l’audit dans
le milieu des OPCVM
Les missions du commissariat aux comptes des OPCVM se caractérisent par la pluralité
des interventions dans un même exercice et leur élargissement aux opérations d’apport, en
nature, en fusions, scissions et liquidation.

Dans le déroulement de ses diligences, le commissaire aux comptes sera particulièrement


attentif :

- A la conformité de l’orientation des placements aux principes énoncés par les


souscripteurs ;
- Au respect des ratios imposés par la loi ;
- A l’exhaustivité des informations fournies aux souscripteurs ;
- Aux risques et aléas liés à ce domaine.

La démarche retenue par les entreprises « classique » ne permet pas le respect de tous ces
objectifs. Donc il s’avère nécessaire une démarche adaptée qui garantie la qualité des travaux
et de même l’opinion émis par le commissaire aux comptes.

En effet, l’approche par risque se basant sur une bonne connaissance de l’environnement de
contrôle, bien qu’elle est très utilisé dans l’audit des entreprises commerciales et industrielles.

Dans le même ordre d’idée, en raison de l’importance de l’approche par risque en matière
d’audit des OPCVM et de la complexité des risques caractérisant la gestion collective de
l’épargne publique, il a été jugé favorable de consacrer un chapitre à ce sujet (chapitre I).

Alors que dans le deuxième chapitre, nous allons évoquer la démarche qui permet au
commissaire aux comptes de s’assurer de la réalisation des objectifs à partir d’une succession
des phases qui s’achève par l’expression de l’opinion à travers des rapports.

41
Chapitre I : approche préalable par
les risques
Au cours de ce présent chapitre nous allons déterminer les risques auxquels sont
confrontés les OPCVM et qui participent fortement à la définition et l’orientation de la
démarche du commissaire aux comptes intervenant pour la certification des comptes de ces
entités.

Section 1 : Notion de risque


En général, le risque est « la possibilité qu’il se produise, un événement susceptible d’avoir
impact sur la réalisation des objectifs. Le risque se mesure en terme de probabilité et
d’impact »12

En termes d’audit, le risque est la probabilité que l’auditeur exprime une opinion fausse en
raison d’anomalies significatives contenues dans les comptes et non détectées.

Quelle que soit son approche, le commissaire aux comptes ne peut jamais accéder à une
certitude absolue sur l’absence d’anomalies dans les états financiers faisant l’objet de son
contrôle.

La figure suivante, explicite les différents types des risques qui confrontent la certification des
comptes des OPCVM :

Risque d'audit
d'un OPCVM

Risques Risques liés à la Risques liés au Risques


réglementaires déontologie contrôle interne opérationnels

Figure 5: Risques d’audit d’un OPCVM

12
IIA : Institue of Internal Auditors

42
Ce risque, appelé risque d’audit, se scinde en trois facteurs considérables: le risque
inhérent, le risque lié au contrôle et le risque de non détection.

1. Risque inhérent
Le risque inhérent est défini comme étant « le risque qu'un solde de compte ou une
catégorie d'opérations puisse renfermer une inexactitude qui, seule ou ajouté à des
inexactitudes présentes dans d'autre soldes ou catégorie, pourrait être significative à
supposer qu'il n'y ait pas de contrôles internes s'y rapportant ».13

Dans le cas particulier d’OPCVM, ce risque est lié principalement aux éléments suivants :

1.1. Le risque lié au secteur d’activité


Ce risque trouve son origine dans la complexité et la nouveauté de l’activité. En effet le
secteur d’activité des OPCVM est un secteur assez spécifique aussi bien par ses textes que par
ses produits et ses intervenants.

Le marché sur lequel les OPCVM interviennent, ils utilisent de nouveaux instruments
financiers et s’exposent aux risques de marché à savoir le risque de signature, de contrepartie
et de liquidité.

1.2. Risque lié à l’environnement légal


Ce risque se trouve son origine dans les facteurs suivants :

 Le caractère récent, complexe et parfois ambigu des textes et les difficultés d’application
qui s’en suivent ;
 Une réglementation, un plan comptable et des principes spécifiques ;
 L’établissement des situations hebdomadaires sous la forme de la valeur liquidative
nécessite une rigueur dans les délais, aussi bien dans comptabilisation que dans la
valorisation des actifs.

1.3. Risque lié à la nature des transactions


La nature et le volume des transactions engendrent à un ensemble des risques. En effet,
le traitement quotidien d’une des opérations à caractère varié et immatériel, accroît le risque
d’erreur et accentue son impact sur les OPCVM.

1.4. Risque lié à l’organisation


La structure organisationnelle des OPCVM se caractérise par la diversité des parties
prenantes et l’existence des conflits d’intérêts. En effet :

13
IIA: Institue of Internal Auditors

43
 Les OPCVM d’un groupe promoteur (réseau bancaire par exemple) ont une structure
interne distincte et les objectifs arrêtés par le conseil d’administration au gérant peuvent
influencer aussi bien les résultats que les performances ;
 La société de gestion qui doit être totalement indépendante au dépositaire, qui est
généralement liée à une banque; peut être tentée de placer au sein des OPCVM des
produits qu’elle souhaite céder.

A ce niveau, les procédures de contrôle interne atténuent ce risque qui reste tout de même
difficile à apprécier.

1.5. Risque lié à la conception et au fonctionnement des systèmes


Les transactions redondantes fournies par un système informatique sont généralement
plus fiable que les transactions exceptionnelles.de plus, même si le fonctionnement théorique
du système informatique paraît satisfaisant, il le faut toujours un contrôle permanent pour
garantir plus de crédibilité.
Nombreuse facteurs peuvent accroître ce risque tels que : le taux de rotation du personnel et
sa formation.

2. Risque lié au contrôle


Le risque de contrôle est défini comme étant « le risque de non-détection d’une
anomalie dans un compte ou une catégorie d’opérations malgré les systèmes comptables et de
contrôles internes mise en place dans l’entité »14.

Les facteurs qui peuvent causer ce risque sont généralement les suivants :

 Le non respect du principe de la séparation des fonctions entre le dépositaire, le gérant du


portefeuille du dépositaire et le gérant de l’OPCVM ;
 L’informatisation du traitement des opérations, si elle permet de diminuer le risque de
contrôle (calcul arithmétique, exhaustivité, cohérence des données,…), elle est génératrice
du risque de reproduction d’anomalies et nécessite plus de qualifications du personnel ;
 La transmission tardive des informations entre gérants, service comptable et dépositaire.

3. Risque de non détection


Appelé également le risque professionnel, c’est le risque que les travaux d’audit
employés par l’auditeur n’arrivent pas à détecter les anomalies dans les états financiers
(audités), autrement dit c’est le risque pour l’auditeur de voir sa responsabilité engagée.

Ce risque, contrairement aux deux premiers qui existent indépendamment de l’audit, demeure
lié aux procédures d’audit mise en œuvre, il trouve son origine dans une équipe d’audit
médiocre sur plan des connaissances théoriques ou pratiques, une mauvaise orientation de la
mission, ou des erreurs d’interprétation des résultats et d’expression d’opinion.
14
Guide pratique d’audit, (CARTIER LE GUERINEL)

44
De ce fait l’auditeur doit concevoir une approche d’audit adapté aux trois risques
susmentionnés de manière à freiner le risque d’audit à un niveau tolérant.

Section 2 : risques réglementaires


Dans le but de protéger les investisseurs et les épargnants contre les conséquences
d’engagements dépassant le niveau de risques initialement accepté à la souscription, des
règles réglementaires dont l’application est permanente ont été instauré par la circulaire du
CDVM n°12/01. L’objectif étant de diviser les risques inhérents sur un portefeuille de valeurs
mobilières.

Les risques en question sont :

 La surexposition du portefeuille à un type de placement ;


 Le détournement de l’activité principal telle qu’annoncée.

La vérification du respect des ratios apparaît souvent comme une contrainte, alors qu’en fait
leur compréhension, leur suivi et leur contrôle permet de mieux appréhender les risques
auxquels les OPCVM sont exposés.

Il faut signaler que les règles régissant l’actif des OPCVM demeurent assez libres, malgré la
rigueur exigée par les dispositions légales qui contraignent les OPCVM à respecter des ratios
de division des risques par émetteur et de composition des actifs. La notion de surexposition
du portefeuille par rapport à l’émetteur que nous avons juger pertinent de détailler ainsi que
l’ensemble des ratios et plafonds instaurés pour protéger les investisseurs et les épargnants
vous seront présentées dans ce qui suit :

1. La surexposition du portefeuille par rapport à l’émetteur


La surexposition du portefeuille par rapport à l’émetteur consiste à ne pas répartir
suffisamment le risque global de dépréciation sur un nombre minimum d’aléas individuels.
Elle se traduit par une très forte concentration du portefeuille sur quelques produits ou valeurs
qui peuvent entraîner un risque en cas d’évaluation défavorable. Par conséquent, la
diversification est indispensable et fait l’objet d’une réglementation sous la forme de ratios
permettant un contrôle rapide et aisé par type d’émetteur.

Ces ratios s’imposent aussi bien au gérant qu’au dépositaire et font l’objet de contrôle de la
part du commissaire aux comptes. En effet, ils constituent en même temps des critères
objectifs d’appréciation du risque d’audit et particulièrement du risque inhérent.

2. Ratios de division par émetteur


Un OPCVM ne peut employer en valeurs mobilières d’un même émetteur plus de 10%
de ses actifs. Il ne peut placer jusqu’à 100% de ses actifs dans des valeurs mobilières émises
ou garanties par l’Etat.

De même il peut détenir plus de 10% d’une même catégorie de valeurs mobilières émises par
un même émetteur.

45
Enfin, Un OPCVM peut toutefois détenir plus de 10% d’une même catégorie de valeurs
mobilières émises ou garanties par l’Etat. Le contrôle des deux ratios de division des risques
s’effectue au niveau de l’"Inventaire des actifs". Il se matérialise de la façon suivante :

 Le pourcentage des titres détenus par l’OPCVM et émis par un même émetteur privé
par rapport au total des actifs détenus par l’OPCVM, doit être en permanence
inférieur ou égal à 10%.
 Le rapport entre la quantité de titres de même catégorie, émis par un même émetteur
privé, détenus par l’OPCVM d’une part, et la quantité globale de ces mêmes titres
existant sur le marché d’autre part, doit être en permanence inférieur ou égal à 10%.

3. Ratios de composition de l’actif


L’activité de l’OPCVM est définie comme la gestion d’un portefeuille de valeurs
mobilières qui peut être plus ou moins spécialisée dans un compartiment précis, sous réserve
de respecter un minimum de répartition des risques. La composition de l’actif de l’OPCVM
doit, en effet, correspondre aux caractéristiques de son identification telles qu’énoncées dans
la note d’information et la fiche signalétique.

4. Ratios de liquidités
Les liquidités détenues par un OPCVM ne peuvent à aucun moment représenter plus de
15% de ses actifs. On entend par liquidité les fonds déposés à vue ou pour une durée
n’excédant pas deux ans.

Ce ratio a pour objectif de protéger les intérêts des porteurs de parts et actionnaires. En effet,
les liquidités composant l’actif de l’OPCVM ne sont pas rémunérées, mais génèrent des
produits de trésorerie pour l’organisme promoteur au détriment des porteurs de parts et
actionnaires. Dans ce contexte leur limitation préserve les intérêts des épargnants.

Le contrôle du ratio de liquidités s’effectue sur la base de la "Ventilation simplifiée de l’actif


net" de la circulaire n°04/00 du 4 décembre 2000 relative aux documents comptables et
financiers exigés des OPCVM. Il se matérialise de la façon suivante :

Ratio de liquidité =

5. Plafonds des emprunts d’espèces :


Les emprunts d’espèces auxquels un OPCVM est autorisé à procéder ne peuvent à
aucun moment excéder 10% de ses actifs. Cette possibilité permet au gérant de l’OPCVM de
faire face à des rachats importants et imprévus et de préserver par conséquent une certaine
liquidité à son portefeuille. Les franchissements de seuils constituent des irrégularités faisant

46
l’objet de déclarations à l’AMMC et de mention dans les rapports du commissaire aux
comptes.

Le contrôle du ratio emprunts d’espèces s’effectue sur la base de la "Ventilation


simplifiée de l’actif net". Il se matérialise de la façon suivante :

è
Ratio d’emprunts d’espèce =

Section 3 : Risques liés à la déontologie


La déontologie peut être définie comme la science qui traite des devoirs professionnels à
remplir. Ces devoirs professionnels viennent compléter les textes qui ne peuvent pas prétendre
à l’exhaustivité.

Les OPCVM qui sont des professionnels de la gestion de l’épargne publique pour le compte
des non professionnels, sont paradoxalement très dépendants à l’égard des acteurs financiers
(promoteurs, dépositaire et gestionnaires), qui peuvent s’en servir à des fins personnelles. Ce
risque de détournement de l’OPCVM de sa vocation est accentué par une structure
organisationnelle qui rend difficile la différentiation physique des acteurs à intérêts
divergents. Ainsi, les OPCVM peuvent être le moyen de :

 Générer des commissions par les achats-ventes excessifs ;


 Affecter les blocs de titres achetés au portefeuille propre lorsque le titre s’apprécie ou
aux OPCVM lorsque le titre se déprécie ;
 Utiliser les titres des clients pour leur propre compte, Produire des commissions au
détriment de la surveillance de leurs performances ;
 Inciter les OPCVM à souscrire aux titres qu’il émit pour répondre aux besoins de
financement du groupe promoteur ;
 prise de participation favorisée par un cumul de mandat par le gestionnaire (gestion
de fonds du groupe et des OPCVM).

Ces défaillances déontologiques restent difficiles à surveiller, surtout que la séparation des
tâches n’existe pas toujours et rendent les contrôles externes en particulier difficiles à mener.

1. Les règles érigées par l’AMMC


En tant qu’organisme chargé de la mission de la protection de l’épargne investie en
valeurs mobilières et de veiller au bon fonctionnement du marché financier, l’AMMC fixe les
règles minimales que les SICAV, les établissements de gestion de FCP et tout établissement
délégataire de la gestion d’un OPCVM, sont tenus d’intégrer dans le code déontologique à
mettre en place et qui est applicable à leur personnel et aux membres du conseil
d’administration sans oublier les décideurs des entités précitées.

47
1.1. Le personnel et les membres de conseil d’administration
Le personnel et les membres de conseil d’administration sont interdits d’effectuer les
opérations ci-après :

 Acheter, souscrire ou vendre des titres, directement ou par l'entremise ou au nom


d'autres personnes à partir du moment où le gestionnaire prend la décision de vendre
ou acheter lesdits titres et ce, jusqu'au lendemain de la date de transmission de l’ordre
par l’OPCVM.

Il est à signaler que ces règles s'appliquent uniquement aux membres précités qui ont pris part
aux décisions en question ou qui en ont pris connaissance.

 Acheter, souscrire ou vendre, directement ou par l'entremise ou au nom d'autres


personnes, des titres qu'ils comptent recommander à l'achat ou à la vente à l’OPCVM.

Par ailleurs, si l’un des personnel compte exécuter une transaction boursière il s’oblige d’en
faire une déclaration détaillée (nom de l’intéressé, nom de l’intermédiaire, la valeur …) au
directeur dans les cinq jours suivant son exécution.

1.2. Décideurs d’OPCVM en matière d’investissement


Les membres qui interviennent dans la prise de décisions d'investissement de l’OPCVM ne
peuvent :

 Accepter de poste d'administrateur d'une société faisant appel public à l’épargne ou


émettrice de titres de créances sans l'accord de leur employeur ;
 Accepter de rémunération extérieure sans l'accord préalable et écrit de leur employeur;
 Accepter de gratification pouvant porter atteinte à l'indépendance de leur gestion.

Le suivi du respect des règles déontologiques est confié à une personne dont l’identité est
communiquée à l’AMMC ainsi que les incidences sous forme de rapport.

2. Structure organisationnelle et les moyens humains et techniques

2.1. Structure organisationnelle


Tout gestionnaire doit mettre en place une organisation lui permettant :

 D’exercer ses activités avec équité, diligence et impartialité dans l’intérêt exclusif des
porteurs de parts et des actionnaires ;
 D’éviter l’apparition de conflits d’intérêt ;
 D’assurer l’autonomie des gérants et la séparation des métiers en précisant les
responsabilités, les prérogatives et le champ d’action de chacun ;
 De retracer et d’individualiser tout ordre émis par les membres pour leur compte
propre et ce, quelle que soit l’institution de domiciliation de leurs comptes.

48
Cette organisation doit être compatible avec les règles de déontologie qui prévalent, assurant
ainsi une bonne séparation entre le dépositaire et le gestionnaire. Elle se manifeste par :

 un personnel différent;
 un positionnement dans l’organigramme différent (fonctionnellement et
hiérarchiquement);
 un cloisonnement satisfaisant des flux d’information oraux, écrits et informatiques ;
 un cloisonnement des circuits de fonctionnement : les back offices des OPCVM ne
doivent pas être communs avec ceux du dépositaire;
 un cloisonnement juridique par filialisation des gestions.

2.2. Les moyens humains et techniques


Tout gestionnaire doit se doter de moyens humains et techniques lui permettant d’être à
même d’exercer convenablement ses activités, notamment :

 De gérants et de cadres compétents ;


 D’outils et de moyens technologiques suffisants et performants ;
 De procédures lui permettant d’effectuer tous les rapprochements entre ses écritures
et celles de l’établissement dépositaire des OPCVM.

Ces moyens doivent être adaptés à son niveau d’activité et à ses perspectives de
développement.

Section 4: risques liés au contrôle interne


Rappelons au préalable que le contrôle interne correspond à l’ensemble des sécurités
contribuant à la maîtrise de l’entreprise. Il a pour but d’assurer la protection, la sauvegarde du
patrimoine et la qualité de l’information d’une part et de l’autre, l’application des instructions
de la direction et de favoriser l’amélioration des performances. Il se manifeste par
l’organisation, les méthodes et procédures de chacune des activités de l’entreprise pour
maintenir la pérennité de celle-ci.

Les risques de contrôle interne sont liés à la méthode qu’adopte la structure pour répondre aux
risques spécifiques à l’activité des OPCVM.

1. Les règles érigées par l’AMMC


L’organisation de l’OPCVM doit être satisfaisante en respectant les règles de séparation
de fonctions et séparation des tâches.

Le commissaire aux comptes soucieux doit intégrer dans sa démarche d’audit l’évaluation du
contrôle interne, devra d’abord s’intéresser au respect du principe de la séparation des
fonctions et des tâches avant d’étudier les différentes procédures mises en place.

49
2. Les moyens mis en œuvre
En dehors des procédures mises en place, la structure animant les OPCVM doit être
dotée de moyens adéquats pour éviter notamment des retards de traitement préjudiciables à
l’égalité des souscripteurs. En effet, ceux-ci, procédant à tout moment à des souscriptions et
rachats, ont besoin d’une valeur liquidative fiable et à jour.

Quelle que soit la qualité des procédures mises en place, l’insuffisance des moyens mis en
œuvre présente un risque en matière de fonctionnement des OPCVM qui peut mettre en péril
l’égalité fondamentale devant exister entre porteurs de parts ou actionnaires.

Section 5 : risques opérationnels


Le risque opérationnel se définit comme le risque de pertes résultant de carences ou de
défaillances attribuables à des procédures, personnels et systèmes internes ou à des
événements extérieurs. La définition inclut le risque juridique, mais exclut les risques
stratégiques et d’atteinte à la réputation.

Les OPCVM sont confrontés de leur part à quatre types de risques opérationnels :

1. Risque de dépréciation des actifs :


Le risque de dépréciation des actifs est relatif au risque de taux encouru sur un engagement
à taux fixe. Ce risque dépend principalement de la volatilité des taux, de l’importance de
l’effet de levier et du degré d’être maîtrisés en fixant des limites à une perte potentielle.
L’auditeur doit s’assurer de l’existence et du respect de ces limites.

2. Risque de signature
Le risque de signature est encouru par un OPCVM porteur de valeurs mobilières en cas de
défaillance de l’émetteur. Il concerne principalement les OPCVM monétaires et peut être géré
par la fixation de limites d’engagement par émetteur sur la base d’un rating interne ou officiel.
L’auditeur doit donc s’assurer de l’existence et du respect de ces limites.

3. Risque de contrepartie
Les OPCVM encourent un risque de défaillance de la contrepartie sur les opérations de
rémérés, pensions, prêts-emprunts de titres

4. Risque de liquidité

Il concerne les opérations sur titres et se traduit par un défaut de règlement ou de livraison à
l’échéance. Une défaillance de la contrepartie peut donc exposer un OPCVM à un risque de
crédit ou à un risque de taux en cas de nécessité de refinancement.

50
Chapitre II : la démarche générale
d’audit des OPCVM
Section 1 : la prise de connaissance de l’entité

1. La prise de connaissance des OPCVM


La prise de connaissance de l’OPCVM est une étape primordiale et indispensable à la
mission d’audit parce que c’est sur la base de cette dernière que l’auditeur prend conscience
des différents risques liés à l’environnement, aux particularités et au fonctionnement du
marché d’intervention. A ce niveau l’auditeur identifie les cycles les plus significatifs et
établit le plan et les orientations de la mission, pour mieux gérer le calendrier de ses
immixtions.

1.1. La connaissance des caractéristiques de l’OPCVM audité


Dans cette phase, le commissaire aux comptes doit présenter et décrire les caractéristiques
principales à savoir :

la classifiaction et les caractéristiques


les caractéristiques
orientation des comptables de
des placements
placements l'OPCVM
• Nature de • historique des VL • coupon couru ou
placements • politique de détaché
• ratios spécifiques distribution • calcul de frais de
gestion

1.2. Constitution du dossier permanent


Le dossier permanent permet au commissaire aux comptes d’avoir toutes les
informations juridiques qui vont l’aider à réaliser la mission.

La liste des documents nécessaires diffère de celle de la société commerciale ou industrielle.


Elle est même diffère selon si l’OPCVM est une SICAV ou un FCP et porte les éléments
suivants :

 Une copie des statuts ou du règlement de gestion ;


 L’agrément ;
 Une copie de l’attestation du dépôt de fonds ;
 Une copie de la note d’information ;
 Une liste de tous les dirigeants ;

51
 Pour les SICAV, une copie de déclaration d’immatriculation au registre de commerce ;
 Le rapport des commissaires aux comptes précédents ;
 Copies de tous les contrats concernant le fonctionnement de l’OPCVM ;
 Copies des différents PV du conseil d’administration de la SICAV, et de celui de
l’établissement de gestion du FCP ;
 La description de tous les moyens : humains, financiers, et techniques.

Pour faciliter le travail du et économiser plus du temps, le commissaire aux comptes s’oriente
vers le dossier d’agrément qui contient la quasi-totalité de ces informations ci-dessus, par
conséquent il se focalise au contenu du dossier permanent que sa constitution.

1.3. Les moyens d’identification des zones de risques probants :


Pour chaque domaine, il semble important d’identifier les zones de risques potentiels de
nature à justifier des diligences particulières.

Les méthodes les plus adéquats à cette recherche sont de nombre de deux : l’entretien à
travers un questionnaire et le seuil de signification.

1.3.1. Entretien
C’est un aide-mémoire lors du premier entretien annuel avec le client ou lors d’un des
premiers contacts qui permet la détermination :

- les zones de risque et donc les travaux à mener ;


- les moyens à utiliser ;
- et de l’équipe à constituer.

L’analyse des placements est fondamentale dans cette démarche. En effet, la préoccupation du
commissaire aux comptes est de vérifier que l’ensemble des titres détenus en portefeuille est
évalué à la valeur de marché.

Après l’analyse du questionnaire rempli par les différentes responsables, il paraît plus
pertinent le recours d’un audit informatique, puis à déterminer le seuil de signification.

1.3.2. Le seuil de signification


Le risque peut avoir plusieurs natures, leur incidence peut être chiffrable ou non.

Pour apprécier son degré il s’avère nécessaire à se baser sur un seul critère : le seuil de
signification.

Le seuil de signification est le niveau au dessous duquel les erreurs ( ou risques d’erreurs)
sont jugés acceptables. Généralement, il est exprimé en pourcentage de l’élément analysé.

Un élément est jugé significatif si sa nature qualitative ou quantitative est susceptible d’avoir
influence sur la régularité et la sincérité des états financiers annuels.

L’AMMC a estimé 1% de la valeur liquidative est significative.

52
1.4. Planification de la mission
Le plan de mission des OPCVM est établit sur la base de la prise de connaissance de
l’environnement, des caractéristiques de l’OPCVM et de l’appréciation des différentes zones
de risque.

Le plan d’une mission s’articule généralement autour des points suivants :

Il contient les rubriques suivantes :

- Présentation de l’OPCVM : Dénomination, classification, orientation de placements,


organisation générale, dépositaire, société de gestion, principaux dirigeants et contacts,
date de clôture, historique
- Chiffres significatifs : budget et comptes prévisionnels, particularités et principes
comptables
- Définition de la mission : Nature, commissaires aux comptes des autres entité
- Systèmes et domaines significatifs : organisation comptable, procédures comptables,
politiques comptables, seuil global de signification sur VL (1%% maximum), seuil de
signification par cycle, zones de risques identifiés
- Points forts et points faibles : Contrôles effectués par le dépositaire
- Orientation du programme de travail : Evaluation du contrôle interne, attestation du
commissaire aux comptes et du dépositaire, confirmation directe (dépositaire),
documents à obtenir, intervention de spécialistes (domaine informatique)
- Organisation et budget : Intervenants, répartition des heures par nature de travaux et
par période d’intervention, honoraires et frais
- Planification : date d’intervention, rapports à émettre et délais de leur émission.

Section 2 : Evaluation des procédures contrôle interne


Nous avons déjà rappelé, que le contrôle interne correspond à l’ensemble des sécurités
contribuant à la maîtrise de l’entreprise. D’où, l’appréciation du dispositif du contrôle interne
par le commissaire aux comptes est indispensable pour des considérations aussi bien
d’efficacité que de coût, puisqu’il permet à ce dernier d’éviter les redondances et de
concentrer sur les points forts que les faibles.

Toute mission d’audit privilégiant une approche par risque doit comprendre impérativement la
phase de l’analyse des procédures et d’évaluation du contrôle interne et déterminera par la
phase de l’émission des rapports.

53
En effet, ce travail ne doit pas être considéré comme une tâche supplémentaire du
commissaire aux comptes mais un élément fondamental de la démarche d’audit pour orienter
la mission et arrêter le programme du travail.

Malgré le droit d’investigation qu’il détient, il faut signaler que le commissaire aux comptes
trouve une difficulté à évaluer et à tester le contrôle interne puisqu’il n’a pas d’accès direct
aux services du dépositaire et de société de gestion.

Le contrôle interne sera attaqué en fonction de six cycles d’opérations retenus dans le
fonctionnement des OPCVM, à savoir :

 Souscriptions et rachats ;
 Opérations de trésorerie ;
 Produits et charges sur les opérations de gestions des actifs ;
 Frais de gestion, intérêts des emprunts ;
 Opérations de valorisation.

Mais avant tout élément il faut analyser l’organisation de l’OPCVM.

Les travaux consisteront à dresser des organigrammes, décrire les systèmes et évaluer les
procédures en utilisant les canevas du cabinet qui demeurent largement adaptés.

1. Analyse de l’organisation de l’OPCVM


L’objectif :

L’objectif est de :

 S’assurer si l’organisation respecte le niveau du satisfait de l’organisation vis-à-vis le


principe de séparations des fonctions, le principe des moyens suffisants et le principe
du contrôle ;
 Vérifier l’indépendance de l’OPCVM par rapport au dépositaire ;
 S’assurer de l’adéquation des moyens humains et techniques de l’OPCVM par rapport
aux besoins ;
 Vérifier l’existence de pôles de compétence et de surveillance.

Méthodes :
 Le dossier d’agrément ;
 Les entretiens ;
 Tests sur les documents.

L’appréciation des procédures du contrôle interne donne lieu à un rapport destiné aux
dirigeants de l’OPCVM, en mentionnant non seulement les points forts et les points faibles
repérés mais aussi des recommandations s’avérant appropriés au commissaire aux comptes.

54
2. Souscriptions et rachats
Les opérations de souscriptions affectent de manière très expressive aussi bien la situation
financière que le résultat de l’OPCVM.

L’objectif :

L’objectif est de :

 Examiner les procédures qui garantissent le bon usage de la valeur liquidative


retenue pour les opérations de souscription et de rachat ;
 Examiner les procédures de régularisation des revenus.

Programme de tests :
 Décrire les circuits de documents et de procédures de traitement des informations
relatives aux opérations de souscriptions et rachats ;
 Obtenir la liste des contrôles auxquels provient le dépositaire ;
 Avoir les délais et les dates d’enregistrement des opérations ;
 Identifier les écritures initiées directement par le dépositaire ;
 déterminer les points forts du contrôle interne et effectuer des tests de permanence ;
 Evaluation de l’impact des faiblesses sur les comptes.

3. Opération de gestion de portefeuille


L’objectif :

L’objectif est de s’assurer de les transactions inscrites au portefeuille de l’OPCVM sont


réelles, exhaustives, et correctement valorisées.

Le programme de tests :
 Etablir l’organigramme des services ayant la charge de gérer les actifs ;
 Vérifier les cours retenus pour le calcul de la valeur liquidative ;
 Apprécier les procédures de suivi des ratios prudentiels ;
 Identifier les écritures pouvant être générées automatiquement ;
 Vérifier le bon calcul des plus ou moins values sur les ventes :
 Apprécier le dispositif assurant le respect du principe de séparation des fonctions de
conservation des actifs par le dépositaire, de gestion des actifs et d’enregistrement
comptable des opérations ;
 Sur la base d’un échantillon d’avis d’opéré vérifier l’exhaustivité de la
comptabilisation.

55
4. Opérations de trésorerie
L’objectif :

L’objectif est de s’assurer que les opérations de trésorerie sont bien suivies et respectent la
réglementation.

Le programme de tests :
 Etablir l’organigramme des services intervenant dans les opérations de trésorerie ;
 Relever les opérations de placement de trésorerie et son suivi quotidien ;
 Estimer les délais et les dates d’enregistrement des opérations ;
 Relever les procédures d’autorisations de découverts et des emprunts ;
 Relever et évaluer les procédures de passation des opérations post ou pré-datées ;
 Apprécier les procédures de contrôle de soldes bancaires par le dépositaire et la
périodicité des recoupements des positions espèces (rapprochement bancaire).

5. Frais de gestion, intérêts des emprunts


L’objectif :

L’objectif est de s’assurer que les frais respectent de la réglementation.

Programme de tests :
 Etablir l’organigramme des services intervenant dans le fonctionnement des frais et
des intérêts ;
 Relever le dispositif de contrôle interne assurant le respect du principe de séparation
des fonctions d’engagement des charges, de leur règlement et de leur enregistrement
comptable ;
 Suivi des échéanciers (coupons, intérêts, dividendes, produits divers...) ;
 Vérifier le suivi des opérations des annulations des produits ;
 Effectuer les tests de conformité.

6. Valorisation
L’objectif :

Ce contrôle a pour principal objectif de vérifier est-ce que les procédures de valorisation sont
conformes à la note d’information, aux statuts et aux méthodes des ratios.

Programme de tests :
 Dresser un organigramme des services intervenant dans les opérations de valorisation ;
 La méthode de valorisation obtenue (rappel : principe de permanence et d’unicité de
méthode pour une même communauté de gestion) ;
 L’origine des caractéristiques des valeurs ;
 L’origine des cours de valorisation périodique ;

56
 Effectuer un test de conformité ;
 Dégager les points forts et faibles du système.

Section 3 : Contrôle et certification des comptes


En s’appuyant sur les résultats des phases précédentes, désormais, l’auditeur peut
valider les inventaires, la comptabilité et les états de synthèse. Ainsi, l’approche par risque va
lui permettre de faire la distinction entre les zones présentant un risque significatif et devant
faire l’objet d’un contrôle approfondi, et les zones ne demandant que des vérifications réduits.

L’exécution du programme de contrôle des comptes doit permettre au commissaire aux


comptes :

 D’une part, réunir des éléments probants suffisants pour s’assurer que les dispositions
légales et réglementaires aux quelles est soumis l’OPCVM sont bien respectées (règles
de présentation et d’évaluation notamment) ;
 D’autre part, garantir que les actifs existent et appartiennent à l’OPCVM, et que les
passifs, les produits et les charges concernent bien cet organisme.

Pour bien pénétrer la phase de certification des comptes, nous allons dépendre sur un cas
pratique extrait d’une mission d’audit que nous avons eu l’honneur d’y participer.

La mission a été déroulé par le commissaire aux comptes cabinet « SAAIDI & associé » au
sein de la société de gestion « AD Capital » afin de certifier trois états de synthèse de trois
fonds d’OPCVM, cependant, nous avons choisir d’utiliser comme illustration dans ce
présente phase un seul nommé « AD Morrocan Equity Fund ».

Avant tout, nous allons commencer par un aperçu général de différentes parties
susmentionnées.

1. Présentation du cabinet « SAAIDI & associé »15

1.1. Historique
C'est en 1985 que M. Abderrahmane SAAIDI, après plus de dix années d'expérience
professionnelle dans les domaines de l'audit, du conseil et de la formation, aussi bien en
France qu'au Maroc, notamment en qualité d'Associé d'un des plus grands cabinets
internationaux d'audit et de conseil, a décidé de créer son propre cabinet. Dès sa création, le
cabinet s'est distingué par la qualité de ses prestations aussi bien en audit qu’en conseil, et la
pertinence de ses analyses et prises de position sur des questions pointues et d’actualité. En
1993, M. Abderrahmane SAAIDI est nommé Ministre de la Privatisation chargé des
entreprises d’Etat, ainsi qu’à partir d’août 1997, de l’Incitation de l’Economie, fonction qu’il
occupera jusqu’à mars 1998. A partir du 1er juillet 2001 jusqu’à 2004, il a assuré la Direction
Générale de la SAMIR (La raffinerie du Maroc). Depuis, le cabinet s'est enrichi de
collaborateurs et autres professionnels justifiant de compétences confirmées et

15
Site internet du cabinet

57
pluridisciplinaires, et a réalisé de nombreuses missions, tant sur le plan national
qu'international, qui lui ont permis d'acquérir l'expérience, l'expertise et la réputation qui lui
sont aujourd'hui reconnues. Actuellement, le cabinet est dirigé par :

- M. Abderrahmane SAAIDI en tant qu’Associé Gérant et Expert-Comptable DPLE ;

- Mme Bahaa SAAIDI en tant qu’Associée et Expert-Comptable DEC.

1.2. Les moyens humains, techniques & d’appui :


- L’effectif est composé de plus de 60 professionnels auditeurs, juristes, fiscalistes et
informaticiens dont deux au rang d’associé. Nos collaborateurs sont de formation
universitaire ou de grandes écoles et comptent plusieurs années d’expérience au Maroc et à
l’étranger.
- Le Cabinet « A. Saaïdi Consultants » est structuré en deux pôles sous la direction directe
de l’associé- gérant M. Abderrahmane Saaïdi : Conseil et Expertise-comptable.
- Le Pôle Conseil compte une équipe de fiscalistes experts-comptables diplômés d’Etat et de
juristes expérimentés, ainsi qu’un spécialiste en consolidation et un informaticien. Le Pôle
Expertise-comptable compte un responsable expert-comptable mémorialiste et plusieurs
comptables expérimentés.
- Le Cabinet « A. Saaïdi et Associés », sous la gouverne de Mme Bahaa SAAIDI, associée
en étroite collaboration avec Vivian Lyng, responsable « Indépendance, Gestion des
risques et Contrôle-qualité », comprend une équipe d’audit et de revue composée de trois
Directeurs d’audit, quatre Managers, chefs de missions, auditeurs confirmés et débutants.
Parmi eux, nous avons des experts-comptables diplômés d’Etat, experts-comptables
mémorialistes et experts-comptables stagiaires. Le reste de l'équipe est composé de lauréats
de grandes écoles de commerce.
- Le Cabinet dispose également d’une succursale sise à Marrakech.
- Tous les collaborateurs sont dotés d’un PC portable et sont connectés entre eux via un
réseau interne et utilisent la messagerie "Domino Lotus Notes".

1.3. Les métiers du cabinet « SAAIDI & associés »


Le cabinet est très connu par la diversité et la multitude des services et des prestations
qu’il offre à ses clients, on y trouve principalement les métiers suivants :

Audit :

En appliquant les normes internationales et locales, l’approche du cabinet consiste de


mettre à participation d’une manière intensive pendant la phase de planification des
personnes hautement qualifiées et expérimentées généralement sont un associé et un Directeur
d’audit, afin d’identifier les risques pour chaque activité significative de l’entreprise et
d’élaborer le plan d’audit.

L’évaluation des risques intrinsèques et des risques de contrôle interne permettra, d’une part
la détermination de l’étendue de ses travaux et d’autre part, une contribution immédiate à
l’amélioration du contrôle de ces risques.

58
L’audit donne lieu à l’émission d’un avis formel sur les états financiers apportant l’assurance
au client que ceux-ci ne contiennent pas d’erreur ou omission qui pourrait affecter d’une
manière significative la situation financière ou le résultat des opérations de l’entreprise
auditée.

Dans le cadre d’une mission d’audit, le cabinet est appelé à formuler des observations sur le
respect des règles spécifiques régissant le secteur d’activité ainsi que des avis en conseils
formulés sous forme de recommandations en vue d’améliorer les systèmes de contrôle interne
et comptable visant ainsi la sauvegarde du patrimoine.

Finance :

Le cabinet se spécialise aussi bien dans :

- Analyse de la situation financière, le diagnostic et le conseil en matière de structure


financière ;
- Assistance à la préparation des études prévisionnelles ;
- Conception et préparation de Business Plans ;
- Evaluation d’entreprises ;
- Assistance à la préparation des dossiers de financement et à la négociation des conditions
de financement ;
- Appréciation financière des divers scénarios envisageables dans le cadre d'une opération
donnée et la préparation des plans financiers en vue de l'optimisation de la gestion
financière de l'entreprise ;
- Assistance aux travaux de restructuration des entreprises (transmission, fusion, absorption).

Fiscalité :

Dans le cadre fiscal le cabinet assure :

- Conseil en vue de rationaliser et de planifier la gestion fiscale ;


- Assistance à l'occasion d'un contrôle ou d'un contentieux fiscal ;
- Assistance à la préparation des déclarations ;
- Elaboration d'études sur la portée, l'interprétation et l'application des textes fiscaux
spécifiques ou sur le régime applicable à une opération ou activité déterminée qu'elle soit à
caractère local ou international ;
- Optimisation fiscale ;
- Audit fiscal dans le but de vérifier que l'entreprise remplit bien ses obligations fiscales
d'une part et qu'elle profite de tous les avantages offerts par la législation fiscale en vigueur
d'autre part.

Assistance comptable :

Le cabinet fournit aussi bien des prestations comptables tels que :


- Conception et mise en place de l'organisation comptable et des procédures ;
- Tenue et supervision de la comptabilité ;

59
- Assistance aux travaux d'inventaire et de fin d'exercice ;
- Assistance aux travaux de consolidation des comptes de groupes ;
- Paramétrage des applications comptables ;
- Conception, mise en place et suivi du « reporting » ;
- Evaluation de l'organisation et des procédures mises en place.

Droit des affaires :

Le cabinet couvre les domaines suivants :

- Conseil juridique ;
- Optimisation juridique ;
- Etudes juridiques sur la portée de textes spécifiques ou sur le régime juridique.

2. Fiche signalétique16 de la société de gestion « AD Capital » :

Dénomination AD Capital

Objet social Gestion d’OPCVM

Cordonnées 219, Boulevard Zerktouni, Angle Bd Roudani, 6eme Etage,


Appt 64, Maarif - El Maarif (AR)

Téléphone +212 (0)522251745

Fax +212 (0)522993441

Président Abdelssalam ABDELMAKSOUD DIYAB AMR

Dirigeants Mohamed CHAOUKI, directeur général

Conseil d’administration Emirates International Investement Company (E.I.I.C),


ou de surveillance National Holding, CHAOUKI Mohamed, LEAP Investment,
Abdessalam ABDELMAKSOUD DIYAB AMR

Capital social 10 000 000.00

Contrôleur interne Abd Eljalil El Ghaz

Site web http://www.adcapital.ma

16
Le site internet de la bourse de Casablanca

60
3. Apeçu sur “AD MOROCCAN EQUITY FUND”

3.1. Fiche signalétique du FCP AD MOROCCAN EQUITY FUND

 Denomination sociale : AD MOROCCAN EQUITY FUND


 Nature juridique : FCP  Code Maroclear : MA0000037079
 Date de création : 25/05/2010
 Date et référence de l’agrément : 20 Mai 2010 sous la référence N° AG/OP/037/2010
 Siège social: Km 34 Avenue Mohamed VI Saada 5 Imm 8 N° 8, Rabat, MAROC.
 Durée de vie : 99 ans
 Exercice social : du 01er janvier au 31 décembre (de chaque année).
 Apport initial : 1.000.000 DH.
 Valeur liquidative d’origine : 1.000 DH
 Durée de placement recommandée : 3 ans minimum
 Promoteurs : AD CAPITAL et Mohamed CHAOUKI
 Souscripteurs concernés : Institutionnels, Personnes morales, particuliers et autres
investisseurs
 Etablissement de gestion : AD CAPITAL
 Etablissement dépositaire : ATTIJARI WAFA BANK
 Commercialisateur : AD CAPITAL
 Commissaire aux comptes : Cabinet A. SAAIDI & ASSOCIES.

3.2. Caractéristiques financières de l’OPCVM


 Classification : Le FCP AD MOROCCAN EQUITY FUND est un Fonds Commun de
Placement «Actions».
 Indice de référence : MASI.
 Stratégie d'investissement : Le fonds est un OPCVM « Actions ». Dans cette optique, le
FCP investira à hauteur de 60% au moins de ses actifs, hors titres d’OPCVM actions et
liquidités, en actions, certificats d’investissement et droits d’attribution ou de
souscription, cotés en bourse des valeurs de Casablanca ou sur tout autre marché
réglementé en fonctionnement régulier et ouvert au public, tout en respectant la
réglementation en vigueur.

61
Par ailleurs, le fonds pourra consacrer au maximum 10% de son actif net à des opérations de
placement en devises à l’étranger, dans les limites, règles et conditions de la réglementation
en vigueur.

4. Déroulement de la mission : les contrôles effectués et les résultats


Avant la date prévue de la mission, le cabinet « SAAIDI & Associés » a organisé 2 jours de
formation pour former et encadrer les stagiaires ainsi que les auditeurs juniors. Cette
formation porte sur la connaissance du contexte général des OPCVM et sur la prise des
connaissances théoriques et les outils techniques nécessaires pour une intervention efficace et
efficiente.

Il s’agissait principalement de nous renseigner sur :

 La société de gestion, objet de la mission ;


 le marché des OPCVM au Maroc ;
 Le plan comptable propre aux OPCVM ;
 Les travaux d’audit effectués dans le cadre des interventions précédentes.

Au bout de cette étape, un programme de travail est élaboré concernant la mission en entier
puis par rapport à chaque cycle afin de répondre aux principales assertions d’audit.

L’équipe du travail de la mission chez AD Capital est composée de :

- un manager : Mr.abdeilah EL MEKKEDAM


- un auditeur junior : Mme kenza chaibi
- et 2 stagiaires.

La date d’intervention a été fixée pour le 11 février 2019.

4.1. Les travaux d’audit effectués sur le bilan


Préalablement, nous avons récupéré chez AD Capital certains documents qui nous
aident à l’élaboration de nos travaux de contrôle des comptes, à savoir :

- La balance générale : l’auditeur doit déterminer sur la base des comptes de la balance
et du seuil de signification les comptes les plus significatifs ;
- Le grand livre : ce document donne le détail des opérations et permet à l’auditeur
d’effectuer les sélections sur la base des montants les plus éloquents ;
- Les valeurs liquidatives : leur suivi est nécessaire pour la réalisation des tests de
valorisation et de souscription et rachat.
- Les avis d’opéré : c’est document qui regroupe toutes les opérations de vente, d’achat
et de pension de l’exercice.
- Le document Maroclear: le dépositaire central des titres fourni un document qui
regroupe toutes les informations et les caractéristiques des titres sur le marché.

62
- Les relevés bancaires et les états de rapprochement : pour la validation des ERB et
vérifier l’exhaustivité et l’exactitude des comptes bancaires de l’OPCVM.

Puis on procède à la vérification des cycles bilanciels représentant le plus de risque tels que le
capital, le portefeuille, la trésorerie.

Ensuite, on commence par l’établissement des LEADS de tous les cycles (voir annexe 1).

4.1.1. Cycle « portefeuille titre »


Le portefeuille est un cycle très sensible puisque les valeurs des titres qui le composent
connaissent des fortes fluctuations sur le marché financier ce qui rend le commissaire aux
comptes plus attentif et inquiet à ces changements.

Le contrôle du portefeuille des valeurs mobilières se fait en deux étapes le contrôle physique
et le contrôle de valorisation des titres :

4.1.1.1. Le contrôle physique


Le contrôle physique consiste à vérifier les quantités réelles des titres inscrits dans
l’actif de l’OPCVM. Pour cela, il faut impérativement effectuer un rapprochement entre la
situation des titres chez le dépositaire et celle chez le gestionnaire.

Afin d’accomplir ce contrôle, le commissaire aux comptes examine le relevé du compte titres
qui est certifié à chaque fin d’année par l’établissement dépositaire et le compare avec
l’inventaire des actifs de l’OPCVM (voir annexe 2).

4.1.1.2. Contrôle de valorisation des titres


La valorisation constitue un élément clé et l’un des points les plus importants que le
contrôleur doit vérifier, et y accorder une attention particulière. Aucun écart aussi minime soit
il ne doit être toléré, car c'est la base sur laquelle la valeur de l'actif net est déterminé. Son
outil est la comparaison des montants comptabilisés avec les documents correspondants « avis
d'opéré, avis d'exécution, contrats ».

4.1.1.3. Validation Titres en pension


L’opération de pension est une opération entre deux partie un préteur de titre et un
préteur de numéraire (cédant et cessionnaire). Il s’agit donc d’une cession au comptant suivie
d'un rachat au terme de l’opération. Le cédant des titres fait un transfert de propriété au
cessionnaire en contrepartie d’un numéraire généralement la valeur nominale du titre, et à
l’échéance il reprend ses titres et le cessionnaire s’engage à lui rétrocéder les titres à un prix
convenu.
Les titres peuvent être donnés en pension comme ils peuvent être reçus dans le premier cas
les titres donnés en pension sont considérés comme étant des emprunts générant des charges
financières, quant aux pensions reçues, elles sont considérées comme étant des avances de
trésorerie générant les produits financiers.

Pourquoi le recours à ce type d’opération ?

63
La réponse est très simple : il s’avère très difficile pour un OPCVM de garder la
composition de son actif en respectant les impositions de la réglementation et les règles
prudentielles. Lorsqu’ il s’agit d’un déficit, la société de gestion doit reprendre son équilibre
et corriger la situation avant l’établissement de la prochaine VL et ce n’est qu’à travers la
vente de ses titres. Cependant, cette vente peut engendrer des problèmes liés à la liquidité , la
raison pour laquelle la loi a autorisé aux sociétés de gestion la possibilité de transférer la
propriété de ces titres pour une échéance déterminée généralement ne dépasse pas 10 j
moyennant un prix de convenu, on parle dans ce cas-là de la mise en pension ou une cession
provisoire.

En revanche, lorsque l’OPCVM est excédentaire, la société de gestion permet d’acheter des
tires provisoirement, il s’agit d’achat temporaire.
Souvent, ces opérations ne sont applicables qu’aux bons de trésor étant qu’il s’agit de titre
sans risque.

a. Les titres reçus en pension :


Les pensions émises sont considérés comme étant des emprunts qui génèrent des charges
financières. Le canevas du test s’expose comme suit :

Figure 6 : Test de validité des titres donnés en pension


Objectif du test :
Il s’agit du test de vаlidаtiоn sur titres reçus en реnsiоn (Cоmрtе 3515), il consiste à valider
le montant en se basant sur l’équation :
Nombre du jour * Taux * Montant GL

Il permet de s’assurer que la valeur figurant sur l’inventaire du dépositaire correspond à celle
enregistrée comptablement.

Explication du test :

Les Etapes du test de validité des titres donnés/reçus en pension :


 Faire un rapprochement des titres donnés/reçus en pension avec l’inventaire certifié du
dépositaire ;
 Faire un pointage des flux correspondant à ces opérations avec ce qui est mentionné
sur le contrat et les relevés bancaires ;

64
 Vérifier que les reclassements des titres donnés en pensions ont été faits sur la base de
la valeur d’acquisition des titres.

On test les intérêts engendrés par les opérations de pension, du coup on scoop sur ces
derniers. On filtre par le Compte 7385, on prend les opérations avec les montants les plus
élevé, afin de les rapprocher avec les intérêts calcules

« COMPTE 7385 » : AUTRES PRODUITS SUR OPERATIONS DE PENSION


Enregistre au crédit le montant de la rémunération de l’opération de pension (Différentiel entre la
valeur de rachat et la valeur convenue dans le contrat.

A partir de cette sélection des intérêts, on prend les opérations concernées par le test. Ensuite
on filtre par le Compte 3515 pour repérer les montants du grand livre.

COMPTE 3515 : CREANCES REPRESENTATIVES DES BONS DU TRESOR REÇUS EN


PENSION
Débité de la valeur des Bons du Trésor convenue dans le contrat par le crédit d’un compte financier

Les calculs passés pour justifier le montant comptabilisé :


 Montant global de l’acquisition : Quantité*Prix unitaire d’acquisition
 Produits calculés : Nbr de jours*Montant global s’acquisition*taux de repos/360
 Ecart : la différence entre le montant calculé et le montant comptabilisé au niveau du
grand livre.
Ensuite, l’auditeur récupère les Etats de Rapprochements Bancaires de l’OPCVM (ERB) et
vérifie la correspondance des comptes bancaires à travers les relevés bancaires, avec les
comptes comptables

Il valide le montant du décaissement sur le relevé de compte bancaire (Un document qui
résume les opérations effectuées sur un compte géré par un établissement bancaire ou un
établissement financier pendant une certaine période. En règle générale, il se fait par mois.)
Après, il valide les assertions sur le test par le signe : (2) : OK relevé bancaire
Puis il vérifie l’avis temporaire de l’opération (il contient des informations sur l’opération à
savoir date début, date fin, le taux …), et finalement il valide sur le test le signe (1)  : OK
avis de vente temporaire.
Conclusions : Test satisfaisant.
b. Les titres donnés en pension

Le test se présente comme suit :

65
Figure 7 : Test de validité des titres donnés en pension
Objectif du test :
Il s’agit du test de vаlidаtiоn sur titres données en реnsiоn (cоmрtе 6385) pour s’assurer que
la valeur figurant sur l’inventaire du dépositaire correspond à celle enregistrée
comptablement.

Explication du test :
On reproduit les mêmes étapes que le test des titres reçus en pension :
On filtre dans un premier lieu par le Compte 6385 pour prendre que les opérations avec les
montants les plus significatifs.

« COMPTE 6385 : AUTRES CHARGES SUR OPERATIONS DE PENSION


Enregistre au débit le montant de la rémunération de l’opération de pension (Différentiel entre la
valeur de rachat et la valeur convenue dans le contrat). »

Dans un deuxième lieu, on filtre par le Compte 4153 afin de prendre les montants du grand
livre correspond aux opérations avec le plus grand montant d’intérêts sélectionnés.

« COMPTE 4152 : DETTES REPRESENTATIVES D’OBLIGATIONS DONNEES EN PENSION


Crédité de la valeur des obligations convenue dans le contrat par le débit d’un compte financier »
On procède à nos calculs pour justifier le montant comptabilisé.
On valide les assertions bancaires après le contrôle des relevés bancaires : (2) : OK relevé
bancaire
Finalement on vérifie l’avis d’opéré des opérations testés et on valide les assertions (1) : OK
avis d’opéré.
Conclusions : Test satisfaisant.

66
4.1.2. Cycle « trésorerie » :
Du fait du grand impact de la trésorerie sur les états financiers, le commissaire aux comptes
vérifie ce cycle même il ne contient pas un montant significatif.

4.1.2.1. Test de cohérence


Avant tout le commissaire aux comptes commence par le test de cohérence (voir annexe
3) qui consiste à confronter les informations mentionnés au BG avec celles de la VL afin de
s’assurer de la bonne comptabilisation des opérations de trésorerie réelle.

4.1.2.2. Rapprochement bancaire


Pour mieux comprendre le rapprochement bancaire, il s’avère nécessaire de définir ce
concept, donc le rapprochement bancaire est une comparaison entre le compte comptable
5141 « banque » chez la banque, et le même compte dans la comptabilité de l’entreprise (il y a
un logiciel de comptabilité qui s’appelle Manar chez la société de gestion d’accueil) , ces
deux partie enregistrent les même opération mais en sens opposé , toutes fois si on consultent
les deux comptes à la même date, les soldes ne seront probablement pas identique car les
opérations ne sont pas enregistrés à la même date dans les deux comptabilités.
Voici les étapes à suivre pour réaliser un RB :
 S’assurer que les états de rapprochement comprennent le visa du responsable
hiérarchique et qu’ils sont établis régulièrement ;
 Rapprocher les soldes comptables de la banque avec les soldes figurant sur les relevés
bancaires à la clôture de l’exercice audité ;
 Vérifier l’exactitude arithmétique des états ;
 En cas d’existence de suspens, demander les justificatifs et vérifier leur apurement sur
les relevés bancaires de l’exercice suivant.

Figure 8 : Extrait de l’état de rapprochement bancaire au 31/12/2018

4.1.3. Cycle « Capital »

4.1.3.1. Bouclage de capital en début de période


Via ce test de cohérence, le commissaire au compte s’assurer de l’exactitude du montant du
capital figurant sur la balance générale

Le capital est décomposé comme suit :

67
Eléments Montant
Capital en début de période
+ Emission de l’exercice
- Rachat de l’exercice
+ droits d’entrée et de sortie
+ plus values sur les titres
- Moins values sur les titres
- différence d’estimation
- Frais d’acquisition et de cession de titres
+/- Autres éléments
Capital au 31/12/2018
Figure 9 : Bouclage de capital en début de période
Objectif du test :

C’est un test de cohérence consiste à reconstruire le capital à la date de valeur 31/12/N pour le
rapprocher au montant du capital comptabilisé dans la balance. Aucun écart ne doit être
identifié. Le contrôle a pour objectif de s’assurer du montant porté sur les états de synthèse.
Donc à ce niveau, l’audit porte sur :

 La validité et l’exactitude du capital ;


 La réalité, la validité et l’exhaustivité des mouvements et composantes du capital ;
 Présentation et comptabilisation des comptes ;
 Séparation des exercices.

Explication du test :

 Rapprocher les comptes de la balance générale avec le bilan ;


 Les reports à nouveau doivent respecter les décisions d’affectation des résultats ;
 Vérifier que le capital au début de l’exercice est celui déclaré en fin d’exercice
précédent ;
Après avoir cerné le cycle du capital nous allons zoomer sur les éléments qui le constituent
afin de vérifier la régularité et la conformité avec les éléments qui figurent dans la Balance.

4.1.3.2. Les souscriptions et les rachats :

a. Test de validation de souscription

Le test se présente comme suit :

68
Figure 10 : Test de validation de souscriptions en capital
Explication du test :

En premier lieu, l’auditeur doit sélectionner un échantillon. Pour cela, il procède à une
vérification globale du Caractère exhaustif et correcte de l’enregistrement des souscriptions.
Il s’agit d’extraire du grand livre une série d'opération de souscriptions/rachats classés par
ordre décroissant couvrant au moins 50% de l'ensemble des souscriptions/rachats
comptabilisées par la méthode du SCOOP.

Dans la cadre du Poste 112 : Emission et Rachats, on filtre par le Compte 11211 pour le
montant du grand livre de la souscription et le Compte 11212 pour la prime d’émission
émise.
« POSTE 112 : EMISSIONS ET RACHATS »
Le compte 1121 « Emissions » est crédité pour les souscriptions et le compte 1122 « Rachats » est
débité pour les rachats. Ces comptes enregistrent le montant de la valeur liquidative des parts
souscrites et rachetées, déduction faite des sommes portées aux divers comptes de régularisation.

Le Regul est calculé en filtrant par le numéro d’opération dans le grand livre, et à partir de la
classe 8 et 9, on applique l’équation suivante :

Total des comptes CREDIT – Total des comptes DEBIT

La Valeur liquidative se calcul comme suit :

Montant Grand livre + Prime d’Emission + Régul

Quantité

Le montant de la banque encaissé est calculé comme suit :

Montant Grand livre + Prime d’Emission + Régul

69
Finalement l’auditeur valide les assertions par apport au relevé bancaire ainsi la valeur
liquidative. Il s’agit de vérifier si l’opération de souscription a été calculée sur la base de la
VL de la veille, puisque la fréquence de calcul de cette VL peut être hebdomadaire :
Conclusion : Test satisfaisant.

b. Test de rachat
Le test se présente comme suit :

Figure 11 : Test de validation du rachat en capital


Explication du test :

On filtre par le compte 11222 pour le montant Capital du grand livre de la souscription et le
Compte 11320 pour la prime d’émission émise.
Le test est basé sur les mêmes équations de calcul que le test des souscriptions.
Conclusion :
Le résultat du test est sаtisfаisаnt, les montants des régulаrisаtiоns du résultat et des рrimеs
étaient égaux à ceux cоmрtаbilisés pour les deux орérаtiоns testés.

4.1.3.3. Les frais de négociation


Les frais de négociations sont constitués par les frais de ventes et achats d’actions, TCN
ou obligations. Le test relatif à ces frais a pour objectif de valider les commissions sur ces
opérations payées aux différents acteurs. Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur cet élément
puisqu’il n’a pas un grand impact sur l’AN et de ce fait moins sur le cycle
souscriptions/rachats. De plus, ces commissions sont justifiées par des avis d’opéré et
contiennent rarement des erreurs.

4.1.3.4. Test sur les plus et moins-values


Les « plus ou moins-values » constituent un poste a un poids lourd qui impacte
significativement l’AN. Nous traiterons des plus-values sur titres uniquement car les moins
values subissent le même traitement.

70
Figure 12 : Test de validation des +/- values
Objectif du test :
Ce test a pour objectif de vérifier le calcul et la bonne comptabilisation des plus-values et
moins-values réalisées sur les cessions d’éléments d’actifs. Il s’agit de recalculer ces derniers
et rapprocher les valeurs calculées avec les valeurs comptabilisées au niveau du grand livre
pour s’assurer de l’exactitude des montants
Explication du test :
La différence entre le prix de vente et le prix de revient constitue la plus ou moins-value à
comptabiliser (classe 1) :
 Le compte 1172200 : Les plus-value réalisés sur titres
 Le compte 1173200 : Les moins-value réalisés sur titres
L’auditeur choisi un échantillon représentatif qui couvre plus de 50% des éléments cédés à
partir du grand livre et récupère ensuite le journal des opérations pour s’assurer qu’il y a
effectivement une existence des plus/moins-values comptabilisées

Ensuite, l’auditeur vérifie le bulletin de cote et les relevés de transactions pour valider les
assertions suivantes :

71
  : Assertion valide
C : Calcul vérifié

(1) : Ok avis vente ferme


(2) : Ok relevé bancaire
(3) : Ok relevé des transactions

Conclusion :
Test satisfaisant vu que l’écart entre le montant d’achat d’obligations comptabilisé et calculé
est nul.

4.2. Les contrôles effectués sur les comptes de gestion

4.2.1. Frais de gestion


Les frais de gestion représentent le pourcentage prélevé sur l’encours de l’OPCVM et
destinés à couvrir les frais de fonctionnement, d’exploitation et à rémunérer la société de
gestion, et ne couvrent pas les charges d’emprunts. Ces frais sont engagés trimestriellement et
sont plafonnés à hauteur de 3% de la moyenne des actifs nets constaté à l’établissement de
chaque valeur liquidative.

L’auditeur est amené à vérifier l’exhaustivité et l’exactitude des frais de gestion et si leur
mode de calcul est conforme à ce qui est mentionné sur la note d’information et la convention
de gestion, et de s’assurer également de la régularité et de la périodicité des enregistrements
de ces frais ainsi qu’au règlement des commissions à l’AMMC.

le test se présente comme suit :

Figure 13 : Extrait de test de validité des frais de gestion

72
Objectif du test :
Il s’agit de s’assurer que les frais sont suivis dans le respect de la réglementation. Pour cela le
test vérifie leur exhaustivité et exactitude ainsi la conformité du mode de calcul avec ce qui
est mentionné sur la note d’information et la convention de gestion. Il traite aussi la
périodicité des enregistrements de ces frais et le règlement des commissions à l’AMMC.

Explication du test :
Les bases de calculs se présentent comme suit :
 Nombre de jours : la différence de jours entre la VL précédente et VL du jour en
question.

 Base actif brut et Part OPCVM : figure au niveau de l’historique VL.

 Base de calcul des frais de gestion : constaté lors de l’établissement de chaque valeur
liquidative, avec une déduction faite des parts ou d’actions d’autres OPCVM détenues en
portefeuille et gérées par la société de gestion elle-même
Base actif brut - Part OPCVM.

 AMMC Calculé : Nbr jours * Base de calcul * 3% (3% = Taux des frais AMMC)
365

 FDG Calculé : Nbr jours * Base de calcul * Taux TTC


365
Le taux appliqué pour le calcul des frais de gestion doit respecter le seuil réglementaire. Pour
cela on le rapproche avec le taux figurant au niveau de la convention de gestion et de la note
d’information.
Le taux appliqué pour ce fond est de 2,37%. Il a été communiqué par le chef de mission.
Ensuite, il faut Rapprocher les montants calculés avec ce qui est comptabilisé. Il s’agir de :
 La FDG figurant au niveau du grand livre (compte de charge 6561)
 L’AMMC Calculée par celle figurant au niveau du grand livre (compte de charge
65261)

Finalement, l’auditeur procède à la validation des assertions bancaires.

Figure 14 : Validation du paiement des frais


Conclusion :
Le test est satisfaisant, il n’y a pas d’écart entre les FDG recalculé et ceux comptabilisés

73
4.2.2. Les revenus

4.2.2.1. Les revenus des produits sur actions cotées


Pour valider les produits sur actions, le commissaire aux comptes commence par
sélectionner, à partir du grand-livre, l’échantillon qu’il sera testé. Par la suite, il doit cadrer les
opérations sur le grand-livre avec celles présentes sur l’avis d’opération, puis il doit s’assurer
de l’utilisation du dernier cours sur le bulletin de la cote pour calculer les dividendes. Et
finalement il doit vérifier l’encaissement effectif de ces dividendes en consultant les relevés
bancaires dans le but de s’assurer de la réalité des flux de trésorerie.
*
Il est à noter que AD Moroccan Equity Fund ne contient pas des produits sur actions.

4.2.2.2. Validation des coupons sur obligations et TCN détenus


Le test se présente comme suit :

Figure 15 : Test de validation de détachement coupons-BDT


En fonction de l’option de comptabilisation des obligations (coupon couru ou encaissé),
le commissaire aux comptes effectue les contrôles suivants :

 S’assurer que les enregistrements comptables sont réalisés en fonction de l’option


choisie ;
 Rapprocher les coupons courus enregistrés avec la cote et l’avis d’achat ou de vente ;
 Récupérer les pièces justificatives des coupons encaissés pour vérifier la réalité des
enregistrements ;
 Rapprocher, en termes de montant et de date, l’échéancier des titres avec les
caractéristiques figurant sur le répertoire de Maroclear, avec le relevé bancaire et avec
le grand-livre ;
 Recouper les coupons et les échéanciers de chaque titre ;
 Rapprocher la VL avec le répertoire de Maroclear ;
 Calculer le montant du coupon à partir des caractéristiques du titre et le rapprocher
avec le montant comptabilisé ;
 Vérifier l’encaissement du coupon sur le relevé bancaire pour s’assurer de la réalité
des flux de trésorerie et il valide l’assertion (1).

Pour calculer le coupon, on applique la formule suivante :

(Nominal*Taux facial*Quantité) *(Date de jouissance-Date de détachement) /365 ou 366

74
4.3.Les contrôles spécifiques
Dans le cadre de sa mission permanente de contrôle, le commissaire aux comptes doit
effectuer des vérifications spécifiques afin de s’assurer que l’OPCVM respecte toutes les
dispositions du dahir portant loi n° 1-93-213.

4.3.1. Calcul de la Valeur Liquidative

Avant de procéder au calcul de la VL il va falloir tout d’abord recalculer l’actif net de


l’OPCVM à partir de la BG et le rapprocher avec l’actif net comptabilisé.

Figure 16 : Test de calcul de VL


Une fois ce dernier est calculé on le divise au nombre de parts en circulation, on trouve la VL
à confronter avec celle figurant sur l’état VL fournie par l’OPCVM.

Ces contrôles sont effectués spécialement afin de s’assurer de la cohérence entre la


comptabilité et la valeur liquidative.

4.3.2. Respect des ratios prudentiels


Le respect des ratios prudentiels liés à la composition de l’actif est un procédé pour l’OPCVM
de s’adapter aux dispositions de la loi, de préserver sa crédibilité et de garantir les droits et les
intérêts des actionnaires ou porteurs de parts.

Dans le même ordre d’idée, le commissaire aux comptes est tenu dans ce cas de vérifier les
ratios et l’orientation des placements. En cas de détection d’anomalie, dans le cadre de
l’analyse l’état du portefeuille, il doit prévenir l’AMMC et les responsables de l’OPCVM,
ainsi s’il trouve un dépassement significatif, il doit le mentionner dans le rapport général.

Généralement, le canevas de politique de placement et les ratios se présente comme suit :

75
Politique de placement Ratios prudentiels
Trésorerie
Date VL Actif Net Total Portefeuille Titre
Actions % % Obligations TCN% % OPCVM (1) Trésorerie (15%) internationale(1 Emprunt (10%)
(10%)
0%)
177 861 589,68 5 456 396,50 0,00 25 730 332,66 0,00 0,00 6 070 456,82
20/07/2018 222 897 169,26 209 048 318,84     RAS
85,08% 2,61% 0,00% 12,31% 0,00% 0,00% 2,72%
185 860 030,22 5 465 465,00 0,00 27 601 481,35 2 450 731,58 0,00
27/07/2018 234 472 573,74 218 926 976,57     RAS
84,90% 2,50% 0,00% 12,61% 1,05% 0,00% 0,00%
180 868 066,37 5 274 835,50 0,00 39 024 853,66 1 410,25 0,00
24/08/2018 229 581 899,52 225 167 755,53     RAS
80,33% 2,34% 0,00% 17,33% 0,00% 0,00% 0,00%
179 908 540,41 5 271 306,50 0,00 24 035 813,70 19 755 493,70 0,00
31/08/2018 227 840 176,66 209 215 660,61     RAS
85,99% 2,52% 0,00% 11,49% 8,67% 0,00% 0,00%
172 290 690,69 5 282 145,50 0,00 28 114 823,24 10 108 008,57 0,00
21/09/2018 209 026 882,81 205 687 659,43     RAS
83,76% 2,57% 0,00% 13,67% 4,84% 0,00% 0,00%
173 627 334,62 0,00 0,00 37 028 267,60 1 129,35 0,00 0,00
28/09/2018 210 320 935,49 210 655 602,22     RAS
82,42% 0,00% 0,00% 17,58% 0,00% 0,00% 0,00%
166 404 732,96 5 288 094,50 0,00 21 809 822,44 10 427 522,94 0,00 0,00
19/10/2018 207 492 136,44 193 502 729,44     RAS
86,00% 2,73% 0,00% 11,27% 5,03% 0,00% 0,00%
162 993 558,85 5 282 740,00 0,00 39 461 799,74 0,00 0,00 13 812 160,14
26/10/2018 195 995 403,51 207 738 178,60     RAS
78,46% 2,54% 0,00% 19,00% 0,00% 0,00% 7,05%
170 598 157,90 10 675 393,14 1 519 586,70 28 423 533,65 0,00 0,00 972 021,57
23/11/2018 208 418 706,06 211 216 671,39     RAS
80,77% 5,05% 0,72% 13,46% 0,00% 0,00% 0,47%
173 994 404,28 5 289 985,00 0,00 33 313 492,40 102 447,06 0,00 0,00
30/11/2018 212 653 400,15 212 597 881,68     RAS
81,84% 2,49% 0,00% 15,67% 0,05% 0,00% 0,00%
182 736 238,49 0,00 18 233 625,23 517 211,47 0,00 0,00
28/12/2018 221 237 467,69 200 969 863,72     RAS
90,93% 0,00% 0,00% 9,07% 0,23% 0,00% 0,00%
182 008 124,60 0,00 38 458 866,49 5 466,82 0,00 0,00
31/12/2018 220 423 582,87 220 466 991,09     RAS
82,56% 0,00% 0,00% 17,44% 0,00% 0,00% 0,00%

Figure 17 : Test de validation des ratios prudentiels et politique de placement



Les ratios à contrôler sont les suivants :

Liquidité :

Le ratio de liquidité doit être en permanence inférieur à 15% des actifs d’un OPCVM
(Liquidités/Total actifs).

Concernant le ratio de la liquidité de source internationale, ne doit pas dépasser 10%

Emprunts :

Les emprunts d’espèces auxquels un OPCVM est autorisé à procéder ne peuvent à aucun
moment excéder 10% de ses actifs (emprunts d’actifs/Total actifs).

Division des risques :

- Un OPCVM ne peut employer en valeurs mobilières d’un même émetteur plus de 10% de
ses actifs.

- Un OPCVM peut placer jusqu’à 100% de ses actifs dans des valeurs mobilières émises ou
garanties par l’Etat.

. - Un OPCVM peut toutefois détenir plus de 10% d’une même catégorie de valeurs
mobilières émises ou garanties par l’Etat.

Après la vérification des rations on valide les assertions.

4.3.3. Contrôle des états de synthèse


Le but de la mission d’audit d’OPCVM est de contrôler les états de synthèse et de
vérifier l’exactitude et l’exhaustivité de leur contenu et forme afin d’assurer le respecter de
l’égalité entre les épargnants et concrétiser leur droit à une information fiable.

76
Il est à noter que le contrôle des états financiers des OPCVM se distingue par son caractère
semestriel, de ce fait le commissaire aux comptes s’assure que l’état détaillé du portefeuille
mis en disposition, ne comporte pas d’anomalies, et que le contenu des publications
semestrielles est conforme aux dispositions du règlement et de l’instruction du l’AMMC,

Les états financiers englobent le bilan, le CPC, l’ESG, l’inventaire des actifs et l’ETIC.

Pour mieux mener son contrôle le commissaire aux comptes doit s’assurer de :

 La conformité de la date de clôture des états financiers à la fiche signalétique ;


 La conformité des informations contribue dans les états financiers à la comptabilité,
au relevé certifié par le dépositaire et au document d’information périodique ;
 Le respect des délais de publication des comptes.

4.3.4. Contrôle périodique des informations


La périodicité des documents d’information est également semestrielle, les contrôles du
commissaire aux comptes à ce propos portent sur :

 Le respect de la périodicité des publications ;


 Le respect des délais de publication ;
 Le recoupement des informations diffusées avec les données comptables et
extracomptables ;
 La vérification des documents diffusés.

Section 4 : Emission des rapports


La phase ultime d’une démarche d’audit c’est l’émission des rapports sur lesquelles le
commissaire aux comptes exprime son opinion sur les états de synthèse et la situation
financière de l’OPCVM ainsi qu’il met en évidence tous les aspects significatifs et les
anomalies détectés.

Traditionnellement, il existe un rapport général et une lettre d’affirmation.

1. Le rapport général
Rédigé dans le respect des conditions de fond et de forme prévues par la profession, le
rapport général du commissaire aux comptes est avant tout un rapport d’opinion dans lequel
celui-ci rend compte de l’accomplissement de sa mission d’audit légal des états de synthèse
de l’exercice. Ces derniers concernent les rapports annuel et semestriel que la SICAV ou
l’établissement de gestion du FCP sont tenus de publier dans un journal d’annonces légales
conformément aux dispositions de l’article 89 du Dahir 1-93-213 modifié. On notera enfin
que le rapport général du commissaire aux comptes est donné en lecture lors de l’assemblée
générale, et ce avant sa délibération concernant l’approbation des comptes de l’exercice clos.

D’ailleurs, notre mission d’audit chez AD Capital donne lieu à la rédaction d’un rapport
général (voir annexe 4).

77
2. Lettre d’affirmation
La lettre d'affirmation est une lettre signée par les dirigeants de l'entreprise, qui
s'engagent à avoir communiqué aux auditeurs tous les éléments concernant les événements
significatifs, ayant un impact sur la situation financière de l'entreprise. Elle donne également
l'occasion à l'auditeur d'obtenir un engagement écrit de la part des dirigeants sur leurs
intentions/décisions concernant la marche de l'entreprise qui pourraient avoir un impact sur
les l'évaluation de certains postes.

Les lettres d’affirmation sont entrées aujourd’hui dans les usages courants des sociétés, cotées
ou non, y compris des filiales de groupes étrangers
Il n'existe pas de modèle standard, mais les affirmations les plus courantes portent sur des
éléments significatifs, tels que :

 Les irrégularités ou malversations connues, commises au sein de la société;

 tout avertissement ou mise en demeure d'organismes officiels, concernant le non


respect ou le manquement aux règles professionnelles de présentation des comptes;

 toute transaction connue s'étant traduite par des versements ou des recettes à caractère
illicite;

 tout plan de restructuration ou de réorganisation en cours, ou prévu;

 toute affaire litigieuse ou contentieuse en cours.

Il est nécessaire pour le commissaire aux comptes d’obtenir des déclarations de la direction
pour chaque SICAV et chaque fonds. En ce qui concerne les fonds, ceux-ci n’ont pas la
personnalité morale et sont représentés à l’égard des tiers par la société de gestion.

Les comptes des fonds gérés par une même société de gestion sont par conséquent sous la
responsabilité des dirigeants de cette société. Ainsi rien ne s’oppose à ce que l’ensemble des
déclarations écrites de la direction nécessaires lors de la clôture des comptes de plusieurs
fonds soient réunies dans une même lettre d’affirmation, à la condition que les fonds
concernés soient clairement précisés.

Cette possibilité ne peut être retenue pour les SICAV. Le commissaire aux comptes doit
obtenir les déclarations de la direction à une date la plus rapprochée possible de la date de
signature de son rapport. Par conséquent, il n’est pas possible de regrouper des déclarations
écrites dans des lettres concernant plusieurs dates d’arrêté.

La mission d’audit des fonds chez AD Capital donne lieu à une lettre d’affirmation (voir
annexe 5) qui expose à chaque fonds les déclarations qui le concerne

78
Conclusion de la deuxième partie
L’objectif du commissaire aux comptes étant la formulation d’une opinion sur les
comptes objet de son contrôle.il s’assure qu’ils sont réguliers et sincères et donnent une image
fidèle de la situation financière et des résultats. Il s’assure avant l’émission de son opinion
qu’aucune anomalie significative ne subsiste dans les comptes.

Par conséquent son souci est de concevoir une stratégie de contrôle assurant l’adéquation des
moyens dont il dispose avec l’objectif précité. Cette démarche demeure adaptée aux OPCVM
dans la recherche des risques.

Quelle que soit l’approche du commissaire aux comptes, il subsistera toujours un risque
d’anomalies non détectées dans les états financiers audités et qui trouve son origine dans trois
facteurs essentiels, à savoir : le risque inhérent, le risque de contrôle et le risque de détection.

Dans ce contexte, la vérification et le contrôle des risques spécifiques au secteur des OPCVM
ainsi que le respect des rations à la réglementation est dans le but de protéger les investisseurs
contre les conséquences d’engagements dépassant le niveau de risques initialement accepté.

Par conséquent, le commissaire aux comptes ne pourra pas appliquer sur ce secteur tous les
aspects de la démarche d’audit standard, il choisi toujours d’appliquer une démarche adaptée
à la complexité de ce domaine.

La mission d’audit des OPCVM n’est pas complète sans une prise de connaissance de
l’organisme et sans un contrôle interne préalablement réalisés. Ces deux étapes sont
indispensables dans la mesure où elles permettent au commissaire d’obtenir des informations
qui vont orienter par la suite ses contrôles, définir les cycles les plus risqués et fonder son
opinion.

La méthodologie proposée par ce mémoire ne constitue qu’un exemple de démarche d’audit


que peut adoptée le commissaire aux comptes. Celle-ci peut être ajustée en fonction de
l’OPCVM audité et de l’environnement dans lequel il agit

79
Conclusion générale
L’introduction des OPCVM a révolutionné le marché boursier marocain, ils présentent
plusieurs avantages qui lui ont garanti un grand succès permettant ainsi de mobiliser une
épargne qui était en dehors du circuit économique, ce succès s’explique également par la
réglementation stricte de ce secteur, en effet le dahir relatif aux OPCVM montre clairement la
volonté du législateur de protéger l’épargnant, dans ce sens les article 35 et 36 ont tout
particulièrement retenu mon attention le premier stipule que «toute modification des statuts
d'une SICAV ou du règlement de gestion d'un FCP est subordonné à un nouvel agrément du
Ministre chargé des Finances » le second quant à lui ajoute que « tout acte et délibération
ayant pour effet la modification de l'une quelconque clauses des statuts d'une SICAV ou du
règlement de gestion d'un FCP impliqueraient le déclenchement de toutes les formalités de
dépôt, de publicité ainsi que celles de transmission »

Cette volonté de protéger l’épargnant est à saluer mais il faut préciser qu’il en résulte une
certaine rigidité vu que la moindre modification statutaire entraîne le déclenchement de toutes
les procédures d'agrément édictées par les articles 32 à 34 et examinés plus haut.

Cette rigidité constitue une insuffisance du dahir des OPCVM qu’on peut comprendre vu que
la réglementation de ce domaine et récente alors que ce dernier ne cesse de connaître une
croissance exceptionnelle. A côté de la réglementation l’audit vise également la protection des
épargnants, ayant une mission d’intérêt général l’auditeur mets en œuvre toutes les diligences
d’audit qu’il juge nécessaire pour vérifier la sincérité, la régularité et l’image fidèle des états
de synthèse de l’OPCVM audité, donnant ainsi aux épargnant et aux investisseurs potentiels
une information financière fiable sur laquelle ils peuvent se baser pour savoir comment leur
argent est ou sera géré et en conséquence prendre des décisions.

Il convient de mentionner que l’assurance accordée aux épargnants que ce soit à travers la
cadre réglementaire des OPCVM ou les travaux d’audit ne peut être absolue. Les épargnants
ne peuvent échapper à leur responsabilité, ils doivent être vigilent et réclamer leur droit à
l’information concernant la gestion de leur patrimoine.

80
Table des matières
Dédicace ........................................................................................................................... 1
Remerciement .................................................................................................................. 2
Résumé............................................................................................................................. 3
Liste des figures ................................................................................................................ 4
Liste des tableaux ............................................................................................................. 4
Glossaire .......................................................................................................................... 5
Introduction générale ....................................................................................................... 8
Méthodologie ................................................................................................................. 10
PARTIE I: Le cadre général des OPCVM ............................................................................ 11
Chapitre I : Aperçu sur les OPCVM ........................................................................................... 12
Section 1: Définition des OPCVM, leur classification et leur fonctionnement ............................................. 12
1. Qu’est ce qu’un OPCVM ? ............................................................................................................... 12
2. Classification juridique des OPCVM ................................................................................................ 12
2.1. Les SICAV : Les Sociétés d’Investissement à Capital Variable : ............................................... 13
2.2. FCP : Les Fonds Communs de Placement : ............................................................................. 13
3. Classification selon leur politique de placement............................................................................. 13
4. Classification des OPCVM selon les modes d’affectation du résultat ............................................. 15
4.1. Des fonds de capitalisations ................................................................................................... 15
4.2. Des fonds de distribution ....................................................................................................... 15
5. Les principaux intervenants ............................................................................................................ 15
5.1. Entités relevant d'environnement externe : .......................................................................... 16
5.1.1. Le Ministère chargé des Finances : .................................................................................... 16
5.1.2. L’Autorité Marocaine des Marchés de Capitaux : .............................................................. 16
5.2. Entités relevant d'environnement interne : ........................................................................... 17
5.2.1. Promoteur : ........................................................................................................................ 17
5.2.2. Dépositaire : ....................................................................................................................... 17
5.2.3. La société de gestion :........................................................................................................ 17
Section 2 : Les organes de contrôle des OPCVM .......................................................................................... 17
1. Le contrôle dépositaire ................................................................................................................... 18
2. Le Contrôle du commissaire aux comptes : .................................................................................... 18
2.1. La nomination du commissaire aux comptes .............................................................................. 19
2.2. Les incompatibilités ................................................................................................................ 19
2.3. La durée des fonctions ........................................................................................................... 19
2.4. Rémunération ......................................................................................................................... 20
2.5. Obligations et attributions ..................................................................................................... 20
2.6. Les rapports à rédiger ............................................................................................................ 21
2.6.1. Rapports semestriel et annuel ........................................................................................... 21
2.6.2. Rapport général à l’assemblée .......................................................................................... 21
3. Le Contrôle de l’AMMC ................................................................................................................... 23
3.1. Le statut de l’AMMC ............................................................................................................... 23
3.2. Missions et attributions .......................................................................................................... 23

81
3.2.1. Le contrôle à priori de l’AMMC .......................................................................................... 23
3.2.2. Un contrôle à postériori de l’AMMC .................................................................................. 24
3.2.3. Les relations avec le commissaire aux comptes ................................................................ 24

Chapitre II : réglementation juridique, comptable et fiscal des OPCVM ................................... 25


Section 1 : réglementation juridique ............................................................................................................ 25
1. Règles spécifiques ........................................................................................................................... 25
1.1. Règle des SICAV ...................................................................................................................... 25
1.1.1. Constitution ....................................................................................................................... 25
1.1.2. Les règles de fonctionnement ........................................................................................... 26
1.1.3. L’information des actionnaires et des tiers ....................................................................... 27
1.2. Règle des FCP.......................................................................................................................... 28
1.2.1. Constitution ....................................................................................................................... 28
1.2.2. Les règles de fonctionnement ........................................................................................... 28
2. Règles communes ........................................................................................................................... 29
Section 2 : Réglementation comptable ........................................................................................................ 29
1. Le cadre comptable ......................................................................................................................... 30
1. Dérogations aux principes comptables ........................................................................................... 31
2. Les mécanismes comptables spécifiques aux OPCVM .................................................................... 31
3. Les méthodes d’évaluation ............................................................................................................. 34
4. Présentation des documents de synthèse ...................................................................................... 35
Les états de synthèse prescrits pour les OPCVM sont les suivants :........................................................ 35
Section 3: Réglementation fiscale ................................................................................................................ 36
1. Le régime d’imposition des OPCVM ................................................................................................ 36
1.1. Exonérations des OPCVM ....................................................................................................... 36
1.2. Imposition des OPCVM ........................................................................................................... 36
2. Réglementation fiscale des actionnaires et porteurs de parts ....................................................... 37
2.1. Imposition des personnes physiques ..................................................................................... 37
2.2. Imposition des personnes morales......................................................................................... 38

Conclusion de la première partie ..................................................................................... 40


PARTIE II : La pratique de l’audit dans le milieu des OPCVM ............................................. 41
Chapitre I : approche préalable par les risques ........................................................................ 42
Section 1 : Notion de risque ......................................................................................................................... 42
1. Risque inhérent ............................................................................................................................... 43
1.1. Le risque lié au secteur d’activité ........................................................................................... 43
1.2. Risque lié à l’environnement légal ......................................................................................... 43
1.3. Risque lié à la nature des transactions ................................................................................... 43
1.4. Risque lié à l’organisation ....................................................................................................... 43
1.5. Risque lié à la conception et au fonctionnement des systèmes ............................................. 44
2. Risque lié au contrôle ...................................................................................................................... 44
3. Risque de non détection ................................................................................................................. 44
Section 2 : risques réglementaires ............................................................................................................... 45
1. La surexposition du portefeuille par rapport à l’émetteur ............................................................. 45
2. Ratios de division par émetteur ...................................................................................................... 45
3. Ratios de composition de l’actif ...................................................................................................... 46
4. Ratios de liquidités .......................................................................................................................... 46
5. Plafonds des emprunts d’espèces : ................................................................................................. 46
Section 3 : Risques liés à la déontologie ....................................................................................................... 47

82
1. Les règles érigées par l’AMMC ........................................................................................................ 47
1.1. Le personnel et les membres de conseil d’administration ..................................................... 48
1.2. Décideurs d’OPCVM en matière d’investissement ................................................................. 48
2. Structure organisationnelle et les moyens humains et techniques ................................................ 48
2.1. Structure organisationnelle .................................................................................................... 48
2.2. Les moyens humains et techniques ....................................................................................... 49
Section 4: risques liés au contrôle interne ................................................................................................... 49
1. Les règles érigées par l’AMMC ........................................................................................................ 49
2. Les moyens mis en œuvre ............................................................................................................... 50
Section 5 : risques opérationnels ................................................................................................................. 50
1. Risque de dépréciation des actifs : .................................................................................................. 50
2. Risque de signature ......................................................................................................................... 50
3. Risque de contrepartie .................................................................................................................... 50

Chapitre II : la démarche générale d’audit des OPCVM............................................................. 51


Section 1 : la prise de connaissance de l’entité ............................................................................................ 51
1. La prise de connaissance des OPCVM ............................................................................................. 51
1.1. La connaissance des caractéristiques de l’OPCVM audité ..................................................... 51
1.2. Constitution du dossier permanent ....................................................................................... 51
1.3. Les moyens d’identification des zones de risques probants : ................................................ 52
1.3.1. Entretien ............................................................................................................................ 52
1.3.2. Le seuil de signification ...................................................................................................... 52
1.4. Planification de la mission ...................................................................................................... 53
Section 2 : Evaluation des procédures contrôle interne .............................................................................. 53
1. Analyse de l’organisation de l’OPCVM ............................................................................................ 54
2. Souscriptions et rachats .................................................................................................................. 55
3. Opération de gestion de portefeuille .............................................................................................. 55
4. Opérations de trésorerie ................................................................................................................. 56
5. Frais de gestion, intérêts des emprunts .......................................................................................... 56
6. Valorisation ..................................................................................................................................... 56
Section 3 : Contrôle et certification des comptes ........................................................................................ 57
1. Présentation du cabinet « SAAIDI & associé » ................................................................................ 57
1.1. Historique ............................................................................................................................... 57
1.2. Les moyens humains, techniques & d’appui : ........................................................................ 58
1.3. Les métiers du cabinet « SAAIDI & associés » ........................................................................ 58
2. Fiche signalétique de la société de gestion « AD Capital » : ........................................................... 60
3. Apeçu sur “AD MOROCCAN EQUITY FUND” ........................................................................... 61
3.1. Fiche signalétique du FCP AD MOROCCAN EQUITY FUND ..................................................... 61
3.2. Caractéristiques financières de l’OPCVM ............................................................................... 61
4. Déroulement de la mission : les contrôles effectués et les résultats .............................................. 62
4.1. Les travaux d’audit effectués sur le bilan ............................................................................... 62
4.1.1. Cycle « portefeuille titre » ................................................................................................. 63
4.1.1.1. Le contrôle physique .................................................................................................. 63
4.1.1.2. Contrôle de valorisation des titres ............................................................................. 63
4.1.1.3. Validation Titres en pension ....................................................................................... 63
4.1.2. Cycle « trésorerie » : .......................................................................................................... 67
4.1.2.1. Test de cohérence ...................................................................................................... 67
4.1.2.2. Rapprochement bancaire ........................................................................................... 67
4.1.3. Cycle « Capital » ................................................................................................................. 67
4.1.3.1. Bouclage de capital en début de période ................................................................... 67

83
4.1.3.2. Les souscriptions et les rachats : ................................................................................ 68
4.1.3.3. Les frais de négociation .............................................................................................. 70
4.1.3.4. Test sur les plus et moins-values ................................................................................ 70
4.2. Les contrôles effectués sur les comptes de gestion ............................................................... 72
4.2.1. Frais de gestion .................................................................................................................. 72
4.2.2. Les revenus ........................................................................................................................ 74
4.2.2.1. Les revenus des produits sur actions cotées .............................................................. 74
4.2.2.2. Validation des coupons sur obligations et TCN détenus ............................................ 74
4.3. Les contrôles spécifiques ........................................................................................................ 75
4.3.2. Respect des ratios prudentiels........................................................................................... 75
4.3.3. Contrôle des états de synthèse ......................................................................................... 76
4.3.4. Contrôle périodique des informations............................................................................... 77
Section 4 : Emission des rapports ................................................................................................................. 77
1. Le rapport général ........................................................................................................................... 77
2. Lettre d’affirmation ......................................................................................................................... 78

Conclusion de la deuxième partie .................................................................................... 79


Conclusion générale ........................................................................................................ 80
Table des matières .......................................................................................................... 81
Bibliographie .................................................................................................................. 85
Webographie .................................................................................................................. 85
ANNEXES ........................................................................................................................ 86

84
Bibliographie
Ouvrage :
- Hamid Ait Bella. « Spécificités comptables et approche d'audit des OPCVM au
Maroc » Edition universitaires européennes. 2 avril 2014.
- Guide Complet des OPCVM : Investir et gagner sur les Sicav, FCP.
- Trackers : ROUSSEY, Guy, Maxima ,2009
- SICAV ET FCP : Apprenez à choisir les meilleurs LORENZINI FREDERIC
- Guide pratique des OPCVM : CDVM ,2010

Textes de loi, dahir et normes comptables :


- Plan comptable des organismes de placement collectif en valeurs mobilières –OPCVM
- Circulaire N° 01-09 relative aux règles prudentiels régissant l’activité des OPCVM
- Circulaire 02-09 relative à la classification des OPCVM
- Circulaire 04-06 relative aux règles de comptabilisation des opérations de pensions
- Circulaire 05-09 relative aux frais de gestion des OPCVM
- Circulaire du gouverneur de BANK AL-MAGHRIB n° 3/g/96 du 30 janvier 1996
relative aux bons des sociétés de financement
- Arrêté du ministre des finances et de la privatisation n° 1670-07, 24 Aout 2007 relatif
à la classification des organismes de placement collectif en valeurs mobilières
- DAHIR PORTANT LOI N° 1-93-213 DU 4 REBIA II (21 SEPTEMBRE 1993)

Articles et publications :
- L’Economiste
- Conseil Nationale de la comptabilité, Rabat 2016
- AMMC : Comprendre la valeur liquidative des OPCVM
- Guide pédagogique de l’AMMC : Comprendre les OPCVM
- GUIDE OPCVM, COSOB
- Compara bourse : Le guide de la bourse en ligne
- Droit Economique N°2 2009 : Instruments de placement sur les marchés boursiers

Webographie
-
http://www.ammc.ma/
-
http://www.casablanca-bourse.com/bourseweb/index.aspx
-
http://SAAIDI-consultants.com/
-
http://www.ammc.ma/sites/default/files/Circulaire%20du%20CDVM%20-
%20Octobre%202014.pdf

85
ANNEXES
Annexe 1 : Les LEADS

PORTEFEUILLE TITRES - CONCORDANCE BG/VL

Compte Libellé 31/12/19 Réf.

310 Actions 0,00

311 Obligations et val. assimilées 174 302 485,82

312 Obligation ordinaire 0,00

3127 IC OBL 0,00

3129 Diff ESTIM OBL 0,00

313 BDT 0,00

3137 IC TCN 0,00

3139 DIFF D ESTIM 0,00

314 PARTS FCP 37 997 570,25

3149 DIFF ESTIM FCP 236 325,08

315 TITRES DONNES 0,00

3159 DIFF D ESTIM 0,00

3175 DIFF D ESTIM 0,00

318 IC sur titres reç en pens 202,64

350 11 031 448,03

37 Différence estimation PTF TIT 0,00

Total portefeuille BG 223 568 031,82

Total Portefeuille VL 223 568 031,82

EcaRt 0,00

α Diff estim actif = passif

C/C : Test satisfaisant

86
OPERATEURS DEBITEURS - CONCORDANCE BG/VL

Compte Libellé 31/12/19 Réf.

3220000 Coupon à recevoir

COUPON A RECEVOIR VL 0,00

ECART 0,00

C/C : Test satisfaisant

ACTIF NET - CONCORDANCE BG/VL

Compte Libellé 31/12/19 Réf.

111 Capital 185 363 642,89

112 Emissions et rachats 44 310 742,67

113 Commissions souscrip/rachats 318 934,65

115 Différences d'esimation - 4 536 256,35

114 Gains et pertes de change -

116 Frais de négociation - 675 817,62

117 Plus ou moins values réalisée - 2 983 144,27

170 Régul. report à nouveau 143 535,14

18 Résultat en instance d'affectation -


Résultat net 1 858 189,90

1 TOTAL ACTIF NET COMPTABLE 223 799 827,01

TOTAL ACTIF NET VL 223 799 827,01

ECART 0,00

C/C : Test satisfaisant

87
OPERATEURS CREDITEURS - CONCORDANCE BG/VL

Compte Libellé 31/12/19 Réf.

415 Dett repres / Titres don en pen 0,00

4497 Achat règlement différé 0,00

44810 Prov Frais dépositaire 10 752,06

4483 AMMC 4 887,29

4488 Prov frais de gestion et intérêts débiteurs 375 344,55

449 Prov intérêts débiteurs 0,00

OPE. CREDITEURS COMPABLE 390 983,90

OPE. CREDITEURS VL 390 983,90

ECART 0,00

C/C : Test satisfaisant

88
Annexe 2 : l’inventaire des actifs

89
Annexe 3 : test de cohérence de trésorerie

TRESORERIE ACTIF - CONCORDANCE BG/VL

Compte Libellé 31/12/19 Réf.

50 Dépôt à terme < 2 ans 0,00

TOTAL COMPTES A TERME VL 0,00

ECART 0,00

5141000 Banques 622 779,09

Banque VL 622 779,09

ECART 0,00

467 Banque en devise 0,00

0 0,00

ECART 0,00

90
Annexe 4 : Rapport général

Aux porteurs de parts du


FCP "AD MOROCCAN EQUITY FUND"
Chez AD CAPITAL
219, Bd Zerktouni, Angle Bd Brahim
Roudani, CP 20330, El Maârif
Casablanca

RAPPORT DU COMMISSAIRE AUX COMPTES


EXERCICE DU 1ER JANVIER 2018 AU 31 DECEMBRE 2018

Mesdames, Messieurs,

Conformément à la mission qui nous a été confiée par l’établissement de gestion du Fonds
Commun de Placement "AD MOROCCAN EQUITY FUND", nous avons effectué l'audit des
états de synthèse ci-joints dudit Fonds, comprenant le bilan, le compte de produits et charges,
l'état des soldes de gestion et l’état des informations complémentaires (ETIC) relatifs à l’exercice
clos le 31 décembre 2018. Ces états de synthèse font ressortir un actif net de DH 233 799 827,01 y
compris un bénéfice à affecter de DH 1 858 189,90.

Responsabilité de la Direction

La direction de l’établissement de gestion du Fonds Commun de Placement « AD CAPITAL» est


responsable de l'établissement et de la présentation sincère de ces états de synthèse,
conformément au référentiel comptable admis au Maroc. Cette responsabilité comprend la
conception, la mise en place et le suivi d'un contrôle interne relatif à l'établissement et la
présentation des états de synthèse ne comportant pas d'anomalie significative, ainsi que la
détermination d'estimations comptables raisonnables au regard des circonstances.

Responsabilité de l’Auditeur

Notre responsabilité est d'exprimer une opinion sur ces états de synthèse sur la base de notre audit.
Nous avons effectué notre audit selon les normes de la profession au Maroc. Ces normes
requièrent de notre part de nous conformer aux règles d'éthique, de planifier et de réaliser l'audit
pour obtenir une assurance raisonnable que les états de synthèse ne comportent pas d'anomalie
significative.

Un audit implique la mise en oeuvre de procédures en vue de recueillir des éléments probants
concernant les montants et les informations fournis dans les états de synthèse. Le choix des
procédures relève du jugement de l'auditeur, de même que l'évaluation du risque que les états de
synthèse contiennent des anomalies significatives. En procédant à ces évaluations du risque,
l'auditeur prend en compte le contrôle interne en vigueur dans l'entité relatif à l'établissement et la
présentation des états de synthèse afin de définir des procédures d'audit appropriées en la
circonstance, et non dans le but d'exprimer une opinion sur l'efficacité de celui-ci. Un audit
comporte également l'appréciation du caractère approprié des méthodes comptables retenues et le
caractère raisonnable des estimations comptables faites par la direction, de même que
l'appréciation de la présentation d'ensemble des états de synthèse.

91
Nous estimons que les éléments probants recueillis sont suffisants et appropriés pour fonder notre
opinion.

Opinion sur les états de synthèse

Nous certifions que les états de synthèse cités au premier paragraphe ci-dessus sont réguliers et
sincères et donnent, dans tous leurs aspects significatifs, une image fidèle du résultat des
opérations de l’exercice écoulé ainsi que de la situation financière et du patrimoine du Fonds
Commun de Placement "AD MOROCCAN EQUITY FUND" au 31 décembre 2018
conformément au référentiel comptable admis au Maroc.

Casablanca, le 2019.

A. Saaïdi & Associés


Commissaire aux Comptes

Bahaa SAAIDI
Associée

92
Annexe 5 : lettre d’affirmation

Casablanca,

A. Saaidi & Associes


Commissaires aux Comptes
4, place Maréchal
Casablanca

Messieurs,

Nous vous confirmons, ci-après, au mieux de notre connaissance, les informations et


assurances qui vous ont été fournies dans le cadre de votre audit des états financiers des
FCP mentionnés ci-après, afférents à l'exercice clos le 31 décembre 2018 et faisant
apparaître, à cette date les actifs nets et les résultats suivants:

FCP Actif Net Résultat à affecter


AD MOROCCAN EQUITY FUND 233 799 827,01 1 858 189,90
AD CASH 287 792 608,89 6 978 028,63
AD BONDS 255 477 803,06 5 981 253,19

1. Notre Direction accepte la responsabilité de la préparation de ces états financiers et


confirme qu'ils présentent une image fidèle de la situation financière et des résultats des
Fonds cités ci-dessus, conformément aux principes comptables généralement admis au
Maroc.

2. A ce jour, nous n’avons connaissance d’aucun événement ni d’aucune affaire qui soient
susceptibles d’affecter, d’une manière significative, les comptes des FCP ou les
informations traduites en annexes pour l’exercice clos le 31 décembre 2018. Nous n'avons
connaissance d'aucun contrat ou transaction importants qui n'aient été fidèlement décrits et
correctement enregistrés dans les livres comptables ni d'aucune opération effectuée à des
conditions autres que normales.

3. Les FCP sont effectivement propriétaires de tous les actifs qui figurent sur leurs bilans
respectifs et il n'existe pas de sûretés grevant ces actifs, à l’exception des titres donnés et
pris en pension. Tous les actifs des FCP ci-dessus cités, sont inclus dans les états financiers
respectifs arrêtés au 31 décembre 2018.

4. L’ensemble de la comptabilité et de la documentation y afférente (tels que rapports


internes, documents de contrôle interne, etc…) ainsi que tous les contrats ou
conventions ayant ou pouvant avoir une incidence significative sur les comptes annuels,
tous les rapports des instances de contrôle externe ou de tutelle et tous les procès-
verbaux des conseils et assemblées réunis à la date de cette lettre, ont été mis à votre
disposition.

93
5. Nous n’avons connaissance :

a) D’aucune irrégularité ou malversation commises par un membre de la Direction ou


d’autres employés et pouvant avoir une incidence significative sur la sécurité du
contrôle interne ou sur la présentation des comptes des FCP ;

b) D'aucune demande d'organismes officiels qui pourrait avoir une incidence significative
sur la présentation et les méthodes d'évaluation des comptes annuels des FCP ;

c) D’aucune violation ou infraction aux lois, décrets, règlements ou clauses contractuelles


dont l’incidence pour les FCP serait telle que ces faits devraient être mentionnés dans
les états d’informations complémentaires (ETIC), le cas échéant, faire l’objet d’une
provision ;

d) D’aucun passif éventuel important non enregistré ou non déjà mentionné dans l’ETIC ;

e) D’aucune réclamation dont pourrait résulter des indemnités importantes au dépends des
FCP ou de la Société de gestion de ces derniers ;

f) D’aucun fait susceptible d’être porté à votre attention et qui ne serait pas traduit dans
les comptes annuels, ni insuffisances quelconque dans le système informatique
(matériels et logiciels) d’élaboration des valeurs liquidatives et des états financiers des
FCP que vous avez examinés.

6. Tous les apports, de titres notamment, intervenus au cours de l’exercice vous ont été
signalés.

7. Toutes les irrégularités significatives relevées par le contrôleur interne dans le cadre de
l’exercice de sa mission ainsi que les mesures de régularisation entreprises ou
envisagées ont été portées à votre connaissance et ont été communiquées à l’AMMC.

8. Toutes les opérations effectuées par les membres du personnel pour leur propre compte
ont été portées à la connaissance du contrôleur interne et respectent le code
déontologique de la profession et les circulaires de l’AMMC.

9. Les actifs des FCP ne font pas l’objet d’engagements autres que ceux mentionnés dans
l’ETIC.

10. Postérieurement à la date de clôture des comptes, il n’est survenu aucun événement
nécessitant un ajustement des comptes annuels ou une mention dans l’ETIC de
l’exercice considéré.

11. Toutes les informations comptables et financières adressées ou mises à la disposition


des porteurs de parts au cours de l’exercice vous ont été communiquées conformément
à la loi.

94
12. Nous confirmons notre position par rapport à la valorisation retenue pour certains titres
émanant d’émetteurs privés, en particulier ceux opérant dans le secteur immobilier
(ALLIANCES DEVELOPPEMENT IMMOBILIER et ALLIANCES DARNA). Nous
n’anticipons pas de dépréciation sur ces titres. A ce stade, nous ne jugeons pas
nécessaire de déprécier ces titres.

Par ailleurs, nous vous informons que des négociations sont toujours en cours avec le
Groupe ALLIANCES portant sur une proposition d’une restructuration de la dette
privées.

AD CAPITAL compte suivre de près l’évolution de la situation d’ALLIANCES


DEVELOPPEMENT IMMOBILIER et d’ALLIANCES DARNA et s’engage à
procéder aux ajustements de la valorisation qui seraient nécessaires sur ces titres en
concertation avec le commissaire aux comptes et l’AMMC.

Veuillez agréer, Messieurs, l'expression de nos sentiments distingués.

Mohamed CHAOUKI
Directeur Général

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