Vous êtes sur la page 1sur 2

Monsieur Emmanuel Macron

Président de la République
Palais de l’Élysée
55 rue du Faubourg-Saint-Honoré
75008 Paris

Paris, le 26 octobre 2022

Monsieur le Président de la République,

Face à la flambée des prix de l’électricité et du gaz, nos fédérations, qui regroupent l’ensemble de la chaîne alimentaire
et des produits de grande consommation, sont particulièrement inquiètes sur l’avenir des entreprises qu’elles
représentent. En effet, l’explosion des factures à venir interroge la pérennité même de certaines d’entre elles, tout
en risquant de mettre à mal le pouvoir d’achat des Français. C’est toute une chaîne agro-alimentaire qui va devoir
choisir entre des arrêts de production ou des hausses difficilement supportables pour le consommateur français.

A la lumière de nos analyses, l’augmentation du coût des produits de première nécessité pour 2023 va être massive.
Les causes sont multiples : certaines sont légitimes et nous ne pourrons pas nous y soustraire, comme l’augmentation
du prix des produits agricoles (français notamment) , l’augmentation des salaires tout au long de la chaîne ou encore
la hausse des matières premières industrielles : tout ceci représente un tiers des augmentations attendues . Mais
sur les deux tiers restant, autrement dit la majeure partie, la raison unique est l’augmentation du coût de l’énergie,
qui s’additionne à chaque étape de la chaîne. C’est sur cette hausse qu’il faut absolument agir, et vite.

Si la France n’agit pas pour contenir ponctuellement ce phénomène, nous nous dirigeons non seulement vers une
inflation démesurée mais aussi vers une rupture de la chaîne alimentaire et des produits de grande consommation :
des produits vont disparaître des rayons car les entreprises ne pourront plus les produire ou les vendre à un prix
acceptable par le consommateur. C’est bien la Souveraineté alimentaire que vous appelez de vos vœux qui serait mise
à mal, nous éloignant de l’objectif que vous avez fixé par des délocalisations et des importations de pays tiers ou
européens inéluctables.

Pendant la crise du Covid, nous avons vécu une pression sur la chaîne alimentaire et nous avons toujours été
rassurants sur la disponibilité des produits et la pérennité économique de la chaîne, parce que des mesures de soutien
étaient prises. La situation aujourd’hui est tout autre. Outre les pénuries, les ruptures de chaînes de production, ce
sont aussi des milliers d’emplois en danger, des fermetures certaines, aussi bien dans le monde agricole, dans les
industries de transformation des produits agricoles (PME mais aussi ETI et GE), du transport ou encore des magasins
en bout de chaîne, provoquant la désertification de certains territoires ruraux.

La réponse dont nous avons besoin doit donc être temporaire mais massive, à la hauteur des enjeux. Si nous apportons
notre soutien à la « garantie électricité » ou « atténuateur tarifaire » présentée vendredi dernier par le Ministre de
l’Economie, Il est en revanche absolument indispensable que :

• Le dispositif ne soit pas réservé aux seules PME mais également applicable à l’ensemble des entreprises. En
effet, qu’elles soient des PME, des ETI ou des grandes entreprises, la facture énergétique pour une très
grande partie d’entre elles représente une part prépondérante de leur valeur ajoutée. Ainsi, avec une facture
énergétique multipliée par 2 ou 3 voire 5, c’est le résultat net qui va tendre à disparaitre et mettre à mal leur
pérennité. L’explosion des prix ne s’arrête pas à la porte des PME, toutes les entreprises sont concernées.
On ne peut différencier les solutions selon la taille des entreprises, l’impact en proportion est le même. En
outre, cela aboutirait à des distorsions majeures de concurrence entre entreprises du même secteur selon
leur taille (cela s’applique tant à la frontière PME-ETI qu’à la frontière ETI-grande entreprise). Les
conséquences opérationnelles d’une telle distorsion de concurrence nationale et internationale seraient
rapidement ingérables.

Page 1 sur 2
• Les paramètres envisagés : aide au-dessus de 325€/MWh à hauteur de 50% seulement, ne sont pas à la
hauteur de la crise annoncée. Cela ne correspond qu’à une baisse de l’ordre de 20%, alors que les prix de
l’électricité augmentent jusqu’à 500%.

• C’est pourquoi nous pensons que le dispositif doit aussi être complété par un maintien de l’Arenh à son
niveau de 2022 soit 120 TWh, ce qui correspondrait à une baisse additionnelle du prix de l’électricité de 30%
environ.

Ainsi, la filière alimentaire et des produits de grande consommation sollicite un rendez-vous dès que possible pour
vous faire part des difficultés insurmontables à venir qui touchent l’ensemble des entreprises de la chaîne alimentaire,
quelles que soient leur taille et leur forme et qui met à mal notre Souveraineté alimentaire. Le bouclier tarifaire dont
nous avons besoin, doit être massif afin de prévenir un désastre économique et soutenir les acteurs de la chaîne
alimentaire et des produits de grande consommation qui forment le tissu agricole et industriel de nos territoires, et
ainsi agir pour le pouvoir d’achat des français.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.

Jérôme Foucault Jean-Philippe André Richard Panquiault Léonard Prunier


Président de ADEPALE Président de ANIA Président de ILEC Président de FEEF
La Voix des Marques

Christiane Lambert Dominique Chargé Thierry Cotillard


Présidente de FNSEA Président de La Coopération Agricole Président de PERIFEM
06 99 44 12 88

Page 2 sur 2

Vous aimerez peut-être aussi