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Changement climatique et stratégies

d’adaptation des exploitations irriguées


privées dans le Sud-est Tunisien :
Cas de la zone de Gabès-nord
Naceur Mahdhi*, Zaineb Smida**, Fareh Chouikhi*

DOI: 10.30682/nm2201f
JEL codes: Q25, Q54, R15

Abstract
The objective of this study is to analyze the individual strategies and determinants of adaptation to cli-
mate change (CC) of irrigators in South-Eastern Tunisia. A survey questionnaire was administered to 157
randomly selected farm managers in the Gabès-North area, and descriptive statistics and a multinomial
logistic model were used to analyze the data collected from irrigants. The climate variability felt by irri-
gants is explained by a decrease in precipitation and by an increase in temperature. To address this, two
adaptation strategies are distinguished. A first category is called defensive. It aims to adapt production
systems to the water available on the farm taking into account existing wells and boreholes. The second
category is called offensive. It consists of investing in acquiring the water needed to maintain the farm’s
production system. The main determinants of adaptation are given by the perception of CC, by the di-
versification of sources of income, by the farmers’ age, by education and by access to extension services.

Keywords: Climate change, Adaptation strategies, Determinants, Multinomial logit model, South-East-
ern Tunisia.

1.  Introduction jourd’hui, l’agriculture est l’un des secteurs les


plus directement affectés par le changement cli-
Dans un contexte d’exploitation croissante des
matique. À l’échelle du pays, les changements
ressources en eau et des risques de changements
climatiques, la gestion de la ressource en eau est climatiques se traduisent par une augmentation
devenue une préoccupation majeure du monde de la fréquence et de l’intensité des années ex-
entier (Blinda et Thivet, 2009). Particulièrement trêmes sèches et une baisse de la pluviométrie
concernée, la Tunisie se place dans la catégorie moyenne de 11 à 29% du nord au sud par rapport
des pays les moins dotés en ressources en eau et à la période de référence (1961-1990). Ces chan-
les plus exposés aux impacts des changements gements entraîneront également une réduction
climatiques (MAE et GIZ, 2011 ; Grami et Ben des ressources en eau disponibles pouvant aller
Rejeb, 2015) dans le bassin méditerranéen. Au- jusqu’à 30% pour les eaux souterraines et 5%

*  Institut des Régions Arides, Médenine, Tunisia.


**  Institut Supérieur d’Etudes Technologiques de Médenine, Tunisia.
Corresponding author: naceur.mahdhi@ira.rnrt.tn
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pour les eaux de surface (MAE et GIZ, 2011 ; tion à la rareté des ressources en eau en zones
Ben Nouna et al., 2018). arides (Iglesias et Garrote, 2015 ; Leroy, 2019).
L’accroissement très prononcé de la varia- L’adaptation a été considérée par beaucoup
bilité spatiale et temporelle du climat et de la comme le moyen le plus efficace de réduire les
fréquence et de l’ampleur des phénomènes ex- impacts négatifs du changement climatique (De
trêmes de sécheresse, conséquences directes Perthuis et al., 2010). En agriculture l’adap-
des changements climatiques, sont déjà une tation au changement climatique se réfère à
réalité dans le Sud-est tunisien (Jeder et al., l’ajustement dans les systèmes agricoles en ré-
2013 ; Sghaier et Ounalli, 2013). L’impact de ponse aux stimuli climatiques réels ou prévus
ces évènements sur l’agriculture irriguée est ou à leurs effets, ce qui modère les dommages
multiforme (Frija et al., 2016 ; Mahdhi et al., ou exploite des opportunités bénéfiques (GIEC,
2019). Il pèse sur les ressources en eau souter- 2001). La perception et l’adoption des stratégies
raine (épuisement et salinité), sur l’augmenta- d’adaptation étaient les deux composantes clés
tion des besoins d’irrigation, sur la baisse de la de l’adaptation en agriculture (Yegbemey et al.,
production des cultures et de leurs rendements, 2014) où toutes perceptions faussées peuvent
mais également sur l’accroissement de la vul- conduire à des comportements inappropriés en
nérabilité du secteur irrigué, en particulier, termes d’adaptation. Cela signifie que les agri-
de petites exploitations familiales, qui ont de culteurs doivent d’abord percevoir un change-
capacités limitées pour s’adapter (Jeder et al., ment dans les conditions climatiques et ensuite
2013 ; Frija et al., 2016). Face à ces évolutions, mettre en œuvre un ensemble de stratégies pour
dans plusieurs régions les irrigants se trouvent y remédier. En revanche, en agriculture la ma-
obligés à investir toujours plus pour continuer jorité des études d’adaptation à ce jour mettent
de disposer d’eau douce en quantité suffisante l’accent sur le changement climatique et la va-
pour leurs cultures, soit à modifier leurs sys- riabilité en général à travers un large éventail de
tèmes de cultures pour s’adapter à la rareté et mesures d’adaptation privées établies et inno-
la surexploitation des ressources en eau souter- vantes (Wheeler et al., 2013 ; Alam, 2015). Les
raine (Frija et al., 2016 ; Mahdhi et al., 2019). études portant spécifiquement sur l’adaptation
Les petites exploitations familiales, qui ont des à la rareté des ressources en eau et les détermi-
capacités limitées de creuser toujours plus pro- nants d’adaptation dans un contexte de chan-
fond ou de partir pour continuer leurs activités gement climatique restent très peu documentés
dans d’autres régions, sont aujourd’hui les plus (Faysse et al., 2011 ; Van Steenbergen et al.,
vulnérables au changement et à la variabilité 2015). Ce qui soulève les questions suivantes :
climatique. Aujourd’hui en l’absence d’inté- Comment les acteurs du monde agricole ; les
gration de la volatilité climatique à la politique irrigants perçoivent-ils ces changements clima-
nationale de l’eau du pays les différences s’ac- tiques et comment réagissent-ils dans une zone
croissent entre les exploitations agricoles qui tel que le Sud-est tunisien à forte contrainte cli-
ont les moyens d’investir toujours plus pour matique, très vulnérables aux risques de surex-
avoir suffisamment d’eau et celles qui doivent ploitation des ressources en eau souterraine et
adapter leurs cultures à la pénurie (Faysse et d’intrusion marine (Minoia et Guglielmi, 2008 ;
al., 2011 ; Mahdhi et al., 2019). Ainsi, des Frija et al., 2016). A cette fin, l’objectif de cette
voies alternatives doivent donc être trouvées, étude est d’explorer d’une part, les perceptions
à la fois en termes de conception et de viabilité concernant les changements à long terme des
des mesures d’adaptation innovantes à mettre variables climatiques vécus par les irrigants et
en œuvre pour atténuer les effets des change- d’autre part, d’identifier et d’hiérarchiser les
ments climatiques et soutenir la durabilité du pratiques d’adaptation individuelles préférées
secteur irrigué en zones arides. et les déterminants socioéconomiques d’adapta-
Aujourd’hui l’ampleur des enjeux des chan- tion ainsi que les contraintes d’adaptation. Deux
gements climatiques sur l’agriculture sont iné- hypothèses sont avancées. (i) les irrigants per-
vitables et soulèvent la question de l’adapta- çoivent clairement les changements climatiques

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à travers les modifications d’un ou de plusieurs leurs environnements physique et institution-


facteurs climatiques qui se répètent dans leur nel (Hassan et Nhemachena, 2008 ; Deressa et
terroir, (ii) les irrigants adoptent des stratégies al., 2009). Cette étude repose sur une mise en
diversifiées pour s’adapter et réduire leur vul- perspective des relations entre les perceptions
nérabilité aux conséquences des changements du CC, les caractéristiques socio-économiques
climatiques qu’ils ont observés. Le reste de ce des ménages et les stratégies d’adaptation in-
travail est structuré de la manière suivante : la dividuelles des irrigants. Plusieurs approches
section 2 présente les aspects méthodologiques. théoriques et empiriques permettent de carac-
Celle-ci comprend une clarification du cadre tériser les facteurs influençant les décisions des
conceptuel, une présentation de la zone d’étude producteurs dans l’adoption des technologies
et des données collectées, une présentation du en agriculture (Nhemachena et al., 2014 ; Elum
modèle empirique et conceptuel ainsi que des et al., 2017). La mise en perspective entre les
variables explicatives. La session 3 présente différentes variables s’est faite à l’aide des mé-
l’analyse des résultats. La conclusion et les en- thodes de statistiques descriptives et de régres-
seignements sont présentés dans la session 4. sion logistique multinomiale, qui permettent
d’analyser la perception, les stratégies d’adap-
tation et les facteurs déterminants d’adoption
2.  Matériels et méthodes dans le sud-est Tunisien.
2.1.  Cadre théorique
2.2.  Zone d’étude et collecte de données
L’adaptation au changement climatique a
reçu une attention accrue dans le débat scien- L’étude a été réalisée dans la zone de Gabes-
tifique et politique et est de plus en plus un Nord située dans le Sud-est Tunisien. Il s’agit
sujet d’intérêt tant pour les producteurs que d’une plaine côtière. Administrativement, elle
pour les décideurs (GIEC, 2001 ; Vissoh et al., relève des délégations de Ghanouch et de Met-
2012). L’adaptation à la rareté des ressources touia (Figure 1). Le choix de cette zone a été
naturelles est essentielle, en particulier à la lu- justifié par sa forte vulnérabilité aux contraintes
mière du changement climatique, et peut être climatiques et aux problèmes de surexploitation
poursuivie sous la forme d’une adaptation in- des ressources en eau souterraine et de risque
dividuelle, collectif ou publique (Mendelsohn, d’intrusion marine (Minoia et Guglielmi, 2008 ;
2000 ; Leroy, 2019). Dans le contexte des eaux Frija et al., 2016 ; Hamed, 2017). L’agriculture
souterraines, ils concernent la réduction de irriguée constitue l’activité économique princi-
la vulnérabilité des systèmes tributaires des pale dans cette région. Elle couvre une superfi-
eaux souterraines au changement climatique cie de 2004 ha soit 33,6% de la superficie totale
et à la variabilité hydrologique. La perception des périmètres irrigués privés du Gouvernorat de
des effets du CC et l’adoption des stratégies Gabès (ODS, 2018). Sur le plan climatique, cette
d’adaptation sont les deux composantes clés zone se trouve dans l’aire isoclimatique méditer-
de l’adaptation en agriculture (Yegbemey et ranéenne (à pluie hivernale et été sec). Les res-
al., 2014). Elles sont généralement liées. Bien sources en eau souterraine représentent le prin-
que les perceptions ne soient pas nécessaire- cipal potentiel hydrique exploitable dans cette
ment cohérentes avec les analyses climato- zone. Ces ressources sont formées par deux types
logiques, elles doivent être prises en compte d’aquifères ; une nappe phréatique se trouve dans
pour relever les défis socioéconomiques (Omar l’aquifère sédimentaire mio-plio-quaternaire sur
et al., 2015). Cela signifie que les agriculteurs une épaisseur de 20 à 60 m et la nappe profonde
doivent d’abord percevoir un changement dans de la Djeffara. Les deux aquifères subissent de
les conditions climatiques et ensuite mettre en fortes pressions qui ne cessent de s’accroître à la
œuvre un ensemble de stratégies d’adaptation, suite d’un accroissement et d’une extension re-
qui restent influencées aussi par les caractéris- marquable du potentiel irrigable aux dépens des
tiques socio-économiques des ménages et par terres des parcours et de l’accroissement incon-

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Figure 1 - Présentation de la zone d’étude. (DRE, 2016). Ces facteurs mettent en exergue
la vulnérabilité du sud-est Tunisien aux chan-
gements climatiques et la nécessité d’adapta-
tion des agriculteurs.
Une combinaison d’approches qualitatives
(des interviews semi structurées de groupes in-
formels et individuels, des observations parti-
cipantes et des transects participatifs) et quan-
titatives, moyennant des enquêtes approfondies,
ont été utilisées. Deux périmètres irrigués privés
ont été choisis de façon raisonnée pour l’étude
approfondie en fonction de leur vulnérabilité au
changement climatique, de surexploitation des
ressources en eau souterraine et de risque d’in-
trusion marine. Il s’agissait des périmètres irri-
gués privés de Gannouch et de Bsissi Oued El
Akarit. La collecte de données a été faite grâce à
un questionnaire portant sur 157 exploitants sé-
lectionnés d’une manière aléatoire et proportion-
nel à l’effectif total des puits de surface par péri-
mètres irrigués au cours de la compagne agricole
2016-2017. Le Tableau 1 montre la structure de
l’échantillon par périmètre.
Les principales données collectées ont concer-
né les caractéristiques démographiques et so-
trôlable des puits de surface surface1 « sondés » cioéconomiques des ménages, les perceptions de
et illicites qui dépassent 453, malgré l’instaura- changements des facteurs climatiques (tempéra-
tion de la zone d’interdiction en 1987 et la créa- ture, précipitations, etc.) et les perceptions de la
tion de GDA d’irrigation en 1999 dans cette ré- rareté des ressources en eau souterraine (niveau
gion (Abidi et Ghoudi, 2011 ; Leghrissi, 2012). de profondeur des puits, salinité). Des informa-
Les niveaux de salinité sont relativement élevés tions sur les mesures d’adaptation individuelles
: environ 4 g/l au plus pour la nappe phréatique, adoptées et leur priorisation moyennant une
et de 2,9 à 4,9 g/l pour la nappe profonde échelle de Likert à quatre points de 0 à 32, et sur

Tableau 1 - Structure de l’échantillon d’étude.


Zone géographique Nappe Périmètres Nombre Taille de Taux de
phréatique irrigués des puits de l’échantillon sondage (%)
surface
Délégation de Metouia Gabes Nord Bsissi 303 105 67
Délégation de Gannouch Gabes Nord EL Eroug 150 52 33
Total 453 157 100
DRE, 2016 ; ODS, 2018.

1
  La majorité des puits de surface ont été « sondés » leurs profondeurs ont progressivement augmenté, allant
généralement au-delà de 50 mètres, pour atteindre les couches à 70-80 m et même à 130 m, traversant ainsi l’aquifère
phréatique pour atteindre le plus profond (DRE, 2016).
2
  Le score « 0 » indique le niveau d’importance le plus bas et le score « 3 » indique le niveau d’importance le plus
élevé.

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les contraintes d’adaptation ont également été 2.3.1.  Cadre d’analyse et modèle économétrique
collectées. Ces données ont été obtenues à partir Face à la variabilité du climat, lorsque le choix
des focus group et des entretiens semi-structu- d’un agriculteur est de s’y adapter, l’ajustement
rés et informels. Le traitement et l’analyse sta- consistera en l’utilisation d’une stratégie ou
tistique des données collectées ont été réalisés d’une combinaison de stratégies parmi un en-
avec les logiciels Word, Excel et SPSS. semble fini et exhaustif de possibilités mutuel-
lement exclusives. Du point de vue économé-
trique, un modèle de choix discret apparaît donc
2.3.  Déterminants d’adaptation au
approprié pour appréhender les aspects ration-
changement climatique : modèle empirique
nels du comportement de l’agriculteur et identi-
et variables explicatives (titre changé et
fier les facteurs explicatifs de chaque alternative
texte reformulé)
qu’il choisit. Dans le cadre de cette étude, nous
Face à la variabilité du climat, lorsque le choix utilisons le modèle Logit Multinomial (MNL)
d’un agriculteur est de s’y adapter, l’ajustement après avoir pris soin de vérifier la validité du
consistera à utiliser une stratégie ou une combi- modèle, c’est-à-dire qu’il y a indépendance des
naison de stratégies parmi un ensemble fini et ex- alternatives non pertinentes.
haustif de possibilités mutuellement exclusives. Le modèle LMN est basé sur la maximisation
Il s’agit d’une modélisation du comportement d’une fonction d’utilité aléatoire (Nhemachena
des producteurs suivant plusieurs alternatives. et al., 2014). La variable dépendante est une
Du point de vue économétrique, un modèle de variable multinomiale et à modalités non ordon-
choix discret apparaît donc approprié pour ap- nées. Désignons par j = 0, 1,…, h ; les différentes
préhender les aspects rationnels du comporte- alternatives (stratégies) possibles ; par X = 1, 2,
ment de l’agriculteur et identifier les facteurs …, t ; les variables explicatives et par i l’indivi-
explicatifs de chaque alternative qu’il choisit. du. Dans cette étude, les options d’adaptation ou
Ainsi les modèles multinomiaux sont donc les les probabilités de réponse sont de deux, comme
plus indiqués. Plusieurs approches théoriques décrit dans la section ci-dessous (Tableau 1).
et empiriques permettent de caractériser les fac- Pour chaque choix j, l’individu i perçoit une utilité
teurs influençant les décisions des producteurs
𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 = 𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽 + 𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀 (1)(1)
dans l’adoption des technologies en agriculture
(Yegbemey et al., 2014 ; Nhemachena et al.,𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈ou = 𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽 + est𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀
la partie déterministe (1) de la fonction
2014). Les approches analytiques le plus sou-𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 d’utilité = 𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽 et la partie aléatoire.
𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌 = 1) = 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 ≥ 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈),=𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗
+ 𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀 (1)
𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 , représente
𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽 +
≠ 𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀
𝑛𝑛 (2
vent utilisées dans les études de décision portant les paramètres associés à la variable explicative
sur l’adoption à choix multiple sont le𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌 logit = mul- 1) = Xi 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈
pour ≥ 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈), 𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗 ≠ 𝑛𝑛 (2);
une alternative j donnée ; la variable
tinomial (LMN) et le probit multinomial 𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌 =
(PMN) 1) = 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈
:;<(=>?@)explicative≥ 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈), 𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗
étant 𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌
un ≠=facteur
:;<(=>?@)/:;< (=>?G) 𝑛𝑛 (2);
1) = 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 ≥:;<[(=>(?@J?G)]
déterminant 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈), 𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗
de ≠ 𝑛𝑛
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∑C = C = ∑C
:;< (=>?B) [∑DEF :;< (=>?B)]/:;< (=>?G) :;< [(=>(?BJ?G)]
(Hassan et Nhemachena, 2008 ; :;<(=>?@)
DEFet l’adoption des stratégies.
Yegbemey :;<(=>?@)/:;< (=>?G) Soit Yij une variable
:;<[(=>(?@J?G)]
DEF
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌
al., 2014). = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) =d’un
L’utilisation ∑C modèle =LMN
logit qui prend
C :;< (=>?B)]/:;< (=>?G) la valeur = ∑C 1 si l’individu i choisi(3) l’alter- :;<[(=>(?
:;< (=>?B) [∑ :;< [(=>(?BJ?G)]
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = Avec
DEF 𝛽𝛽𝛽𝛽 ∈ 𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratég
:;<(=>?@)
=
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 =
:;<(=>?@)/:;< (=>?G)
DEF
𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) =
:;<(=>?@)
=
𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 =

:;<[(=>(?@J?G)]
DEF
=
𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽
:;<(=>?@)/:;< (=>?G)
+ 𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀 (3)que(1) =
pour analyser les déterminants ∑CDEF
des décisions
:;< (=>?B) [∑ Cdes
DEF
native ∑ Cј et
:;< (=>?B)]/:;< (=>?G)
DEF
zéro
:;< (=>?B) si ∑non. Ainsi
C :;< [(=>(?BJ?G)]
DEF [∑ la probabilité
C :;< (=>?B)]/:;< (=>?G)
DEF
le∑C DEF :;< [(=
agriculteurs
Avecdans𝛽𝛽𝛽𝛽 ∈des études de décision ∗ d’adop- choix j de l’individu
𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j.
En posant 𝛽𝛽@ = 𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽0, ∀ 𝑗𝑗, on obtient 𝛽𝛽G = 0. Ce changement de variable se réalise est :
=donne u

tion impliquant
Avec 𝛽𝛽𝛽𝛽 ∈des choixsimilaire
multiples etAvecplus fa-∈ 𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x po
𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j.
𝛽𝛽𝛽𝛽 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈
𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 =𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽
𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽
à celle de l’équation (2).
𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌 = 1) = 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 ≥ 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈), 𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗 ≠ (2)
𝑛𝑛 (2)
En posant
cile à calculer que 𝛽𝛽son

@ =alternative,
𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽0, ∀ 𝑗𝑗, on
le PMN. obtient 𝛽𝛽Ce G = 0. Ce changement de variable donne une expression de

modèle En posant
similaire ∗
à 𝛽𝛽celle= de
𝛽𝛽𝛽𝛽 l’équation
− 𝛽𝛽0, ∀ 𝑗𝑗, on (2).Enobtient 𝛽𝛽
posant
pour G𝛽𝛽=
∗ ∗
@ =0. Ce
La𝛽𝛽𝛽𝛽 −changement
𝛽𝛽0, ∀ 𝑗𝑗, on
probabilité 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 = 𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽
queobtient 𝛽𝛽
del’agriculteur
variable ∗+ 𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀
= donne
0. iCe changement
une expression
choisisse (1) de vari de l
fournit une @forme fermée pratique :;<f=>?Gg∗ h :;<f=>?g∗hla
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = = 𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌
𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌
== 1)1) == 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈
𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈
≥≥ 𝑈𝑈
similaire àde
les probabilités celle de l’équation
choix sous-jacentes,(2).similaire sans à celle
:;<(=>?@) de l’équation
stratégie j est (2). ∑Cdans
traduite
:;<(=>?@)/:;< (=>?G) le modèle
∗j logit mul-
C :;<i=>?
:;<[(=>(?@J?G)] ∗j
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∑C 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 = :;<i=>? D = kl∑
(
al.,(1)
DEF DEm D
= 𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽 + [∑𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀

et

avoir besoin de l’intégration la méthode multi-𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) =tinomial par DEF(Uddin 2017) :
:;<f=>? gC h :;< (=>?B)]/:;< (=>?G)
:;<f=>? gh ∑C
DEF :;< (=>?B) DEF :;< [(=>(?BJ?G)]
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = ∑C 𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌
∗ = ∗ j1)== 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈
C :;<i=>? ≥ ∗ 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈),
∗ j 𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗 (4)𝑛𝑛 (
∗≠
:;<f=>?g∗
variée, ce qui facilite le calcul des (𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 situations de
= 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∑C :;<i=>?
:;<f=>?
DEF :;<i=>? h
g D
=
kl∑
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌
:;<f=>?
DEm :;<(=>?@)
=
h
g :;<(=>?@)
𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = D :;<f=>? g h :;<(=>?@)/:;< (=>
(4) =:;<(=>?@)/:;< (
Avec (𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 ∗= =𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋)
𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋)=
𝛽𝛽𝛽𝛽 ∈ 𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégi
C = ∗ C = = ∗ C :;<i=
choix caractérisées par de nombreuses alterna- Dj kl∑DEm ∑ :;<i=>? D j ∑DEF :;<i=>? [∑jC kl∑
C∑C:;< (=>?B)
:;< (=>?B) [∑C :;< (=>?B)]/:;<
:;< (=>?B)]/:
DEF D DEm
𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌 = 1) = 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 ≥δj= @ DEFDEF
no@ 𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗 ≠ 𝑛𝑛 (2);
𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈), DEF DEF
tives (Bryan et al., 2009 ; Uddin et ∗al., 2017).:;<(=>?@) np> =Pj(𝛽𝛽𝛽𝛽 − ∑BqG 𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃)= pj(𝛽𝛽𝛽𝛽 −:;<[(=>(?@J?G)]
:;<(=>?@)/:;< (=>?G)
𝛽𝛽𝑘𝑘) (
En(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌
posant=𝛽𝛽𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) =no@𝛽𝛽𝛽𝛽=−∑C𝛽𝛽0,:;< (=>?B)
∀ 𝑗𝑗, on Avec
Avec = 𝛽𝛽𝛽𝛽C𝛽𝛽𝛽𝛽
obtient 𝛽𝛽 ∗
∈ =
∈ 0. Ce changement = ∑de
𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variable
𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variab variable(3) donne un
C’est ainsi que dans le cadre de cette @
δj=étude =Pun
@
j(𝛽𝛽𝛽𝛽 − ∑BqG 𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃 )=
DEF
G
[∑DEF :;< (=>?B)]/:;< (=>?G)
pj(𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽𝑘𝑘)
C
(5):;< [(=>(?BJ?G)]
DEF
modèle de régression logistique similaire à celle de
multinomialnp> l’équation (2).
no@ @ no@ @
:;<(=>?@) δj== np>C j=P (𝛽𝛽𝛽𝛽 − ∑
:;<(=>?@)/:;< (=>?G) 𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃 )= p
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∑C Avec 𝛽𝛽𝛽𝛽 ∈ 𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la straté
BqGEnEn posant
posant δj=
(𝛽𝛽𝛽𝛽 − =P
𝛽𝛽𝑘𝑘)
:;<[(=>(?@J?G)]
= ∑jC𝛽𝛽@∗𝛽𝛽= ∗ j (𝛽𝛽𝛽𝛽 − ∑ BqG (3) (5)
𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃 )= pj∗(𝛽𝛽𝛽𝛽
obtient 𝛽𝛽
obtient 𝛽𝛽 ∗ − 𝛽𝛽𝑘𝑘)
0. 0.CeCec
(MNL) est utilisé. DEF :;< (=>?B) [∑DEF :;< (=>?B)]/:;< (=>?G) @ =
np> 𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽

DEF :;< [(=>(?BJ?G)]

𝛽𝛽0,𝛽𝛽0,
∀ 𝑗𝑗, on
∀ 𝑗𝑗, on G = G =
∗ ∗
similaire
similaire à celle
à celle dede
:;<f=>? l’équation
l’équation
gh (2). (2).
:;<f=>?g h
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∗ = kl∑C :;<i=>? ∗ j
En posant 𝛽𝛽@∗ = 𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽0, ∀ 𝑗𝑗, on obtient 𝛽𝛽G∗ ∑=C
Avec 𝛽𝛽𝛽𝛽 ∈ 𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j. DEF Ce changement
0.:;<i=>? Dj DEm de variable D donne
similaire à celle de l’équation 93 (2). :;<f=>?
:;<f
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 == 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋)
𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋)==
En posant 𝛽𝛽@ = 𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽0, ∀ 𝑗𝑗, on obtient 𝛽𝛽G = 0. Ce changement de variable donne une expression DEF
∗ ∗ ∑ deDEFla:;
C∑C:;<i

∗ ∗
𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 = 𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽 + 𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀 (1)
𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌 = 1) = 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 ≥ 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈), 𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗 ≠ 𝑛𝑛 (2);
:;<(=>?@) :;<(=>?@)/:;< (=>?G)
NEW MEDIT N. 1/2022= :;<[(=>(?@J?G)]:;<[(=>(?@J?G)]
=== [∑ (3)
:;<(=>?@)
:;<(=>?@)
:;<(=>?@) :;<(=>?@)/:;< (=>?G)
:;<(=>?@)/:;< (=>?G)
:;<(=>?@)/:;< (=>?G) :;<[(=>(?@J?G)]
:;<[(=>(?@J?G)]
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌=
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 ==𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋)
𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋)=
𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) ==∑∑∑C∑C C :;< (=>?B)
C CC C :;< (=>?B)]/:;< (=>?G)
C == C ∑CC :;< [(=>(?BJ?G)]
C (3)
(3)
𝑌𝑌𝑌𝑌 = 1) = 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 ≥ 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈), 𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗 ≠
DEFDEF
DEF
DEF 𝑛𝑛 (2);
:;< (=>?B)
:;< (=>?B)
:;< (=>?B) [∑
[∑
[∑
DEFDEF
DEF
DEF :;< (=>?B)]/:;< (=>?G) ∑∑∑
:;< (=>?B)]/:;< (=>?G)
:;< (=>?B)]/:;< (=>?G) DEF
DEF
DEF
DEF :;< [(=>(?BJ?G)]
:;< [(=>(?BJ?G)]
:;< [(=>(?BJ?G)]
:;<(=>?@) :;<(=>?@)/:;< (=>?G) :;<[(=>(?@J?G)]
/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∑C = C = ∑C (3)
DEF :;< (=>?B)
Avec
Avec𝛽𝛽𝛽𝛽
Avec
Avec
[∑DEF :;< (=>?B)]/:;< (=>?G)
le vecteur des coefficients DEFdes:;< [(=>(?BJ?G)]
𝛽𝛽𝛽𝛽∈∈∈𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j.
𝛽𝛽𝛽𝛽 L’évaluation du modèle s’est faite à partir des
𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j.
𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j.
variables explicatives
:;<(=>?@)/:;< (=>?G) x pour la stratégie j.
:;<[(=>(?@J?G)] tests de vraisemblance (la moins double logvrai-
= 𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j.
∈ ∗∗∗=
∗ C (3)∗∗∗∗
[∑C En
En
En posant
Enposant
posant
posant𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽
DEF :;< (=>?B)]/:;< (=>?G) @@@@= ==
∑𝛽𝛽𝛽𝛽
𝛽𝛽𝛽𝛽
𝛽𝛽𝛽𝛽
DEF −−− 𝛽𝛽0,
𝛽𝛽0,
𝛽𝛽0, ,
∀ 𝑗𝑗, onon
∀ 𝑗𝑗, on
∀ 𝑗𝑗, on
:;< [(=>(?BJ?G)] obtient
obtient 𝛽𝛽
obtient 𝛽𝛽
obtient 𝛽𝛽 GGG=
G== 0.
0.0. Ce
Cesemblance)
Ce changement
changement
changement et dele
deniveau
de variable
variable
variable d’adéquation.
donne
donne
donneune
une Les para- de
uneexpression
expression
expression de
dela
lalaproba
proba
prob
Ce changement
similaire
similaire
similaire à à àcelle
celle
celle de
dede
de ∗ variable(2).
l’équation
l’équation
l’équation (2).donne
(2). une ex-
t 𝛽𝛽@ = 𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽0, ∀ 𝑗𝑗, on obtient 𝛽𝛽G = 0. Ce changement de variable donne une expression de la probabilité
∗ mètres des régressions sont testés par la statis-
icients des variables explicatives x pour la stratégie j.
pression (2). de la probabilité similaire à celle de tique de Wald qui se distribue selon la loi Chi2 à
à celle de l’équation ∗∗∗∗ h ∗∗∗∗ h
l’équation (2). (𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = un degré
:;<f=>?
:;<f=>?
:;<f=>?
:;<f=>? gghgghh de
= liberté.
:;<f=>?
:;<f=>?
:;<f=>?
:;<f=>? gghgghh
(4)
btient 𝛽𝛽G = 0. Ce changement de variable
∗ (𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌
donne =
= 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋)
𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋)
une𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 == ∑∑∑C
expression
∑ C :;<i=>? de𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀 ∗∗jjj=
∗∗la =probabilité C :;<i=>? ∗∗∗∗jjj (4)
(4)
:;<f=>?g∗ h =DEF
:;<f=>?
C C
𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽
DEF
DEF
DEF:;<i=>?
∗:;<i=>?
gh
+
:;<i=>? DDjDD kl∑kl∑
kl∑
kl∑ CC
DEm
C
DEm
DEm
DEm:;<i=>?
:;<i=>?
:;<i=>? (1)
DDjD
D
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∑C ∗ = kl∑C𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 = 2.3.2. 
𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽
∗ 𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀 (4) des variables
+Sélection (1) explicatives
DEF :;<i=>?D j DEm :;<i=>? Dj
(4)
:;<f=>?g∗ h 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 =:;<f=>?
𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽𝛽 ∗+
h 𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀𝜀 (1) Les variables explicatives de la régression logis-
= 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∑C
g 𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌no@ = 1)(4)= 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 @@@ ≥ 𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈), 𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗 ≠ 𝑛𝑛 (2);
∗ = kl∑C :;<i=>? ∗ jδj= tique (modèle LMN) ont été sélectionnées en fonc-
no@
no@
no@
DEF :;<i=>?D j DEm D
δj=
δj=𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌
=P
np>=P
=Pj(𝛽𝛽𝛽𝛽
j(𝛽𝛽𝛽𝛽
jj(𝛽𝛽𝛽𝛽
= −−∑

1) =∑∑@BqG
BqG
BqG
BqG 𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃≥ )=
𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃
𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃
𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 )= )=pppj(𝛽𝛽𝛽𝛽
𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈), j(𝛽𝛽𝛽𝛽
jj(𝛽𝛽𝛽𝛽
−−−𝛽𝛽𝑘𝑘)
𝛽𝛽𝑘𝑘)
𝛽𝛽𝑘𝑘)
𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗 (5)
(5)
(5)
≠ 𝑛𝑛 (2);
np>
np>
np>
no@ @ tion de l’analyse de la littérature et de la disponibi-
Cette δj=1) ==P
𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌𝑌transformation
= j(𝛽𝛽𝛽𝛽 −≥ ∑𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈),
BqG 𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃
conduit )= p≠j(𝛽𝛽𝛽𝛽
à normaliser − les
𝛽𝛽𝑘𝑘) (5)
np> 𝑃𝑃(𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈𝑈 :;<(=>?@)
𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎𝑎 𝑗𝑗 𝑛𝑛 (2);
:;<(=>?@)/:;< (=>?G) lité des données (Deressa et al., 2009 ; Tun Oo et
:;<[(=>(?@J?G)]
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋)
paramètres et à lever = l’indétermination = du mo- al., 2017). Les = (3)
o@ @ (𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = C
∑CDEF :;<(=>?@)
:;< (=>?B)

[∑C
=
DEF :;<(=>?@)/:;< (=>?G)
:;< (=>?B)]/:;< (=>?G) ∑C
=
DEF variables
:;< [(=>(?BJ?G)]explicatives sont
:;<[(=>(?@J?G)]
(3)données
=Pj(𝛽𝛽𝛽𝛽 − dèle. Les paramètres
∑BqG 𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃 )= pj(𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽𝑘𝑘) du
∑DEFmodèle correspondent
(5)[∑DEF :;< (=>?B)]/:;< (=>?G) ∑DEF :;< [(=>(?BJ?G)]
C C
:;<[(=>(?@J?G)] par la perception des ménages du changement cli-
:;< (=>?B)
p> :;<(=>?@) :;<(=>?@)/:;< (=>?G)
= ∑C :;< (=>?B) désormais
Avec = 𝛽𝛽𝛽𝛽[∑∈Caux différences entre =lesCparamètres matique(3)et par leurs caractéristiques socio-écono-
𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j.
:;< (=>?B)]/:;< (=>?G) ∑DEF :;< [(=>(?BJ?G)]
DEF
originauxAvec DEF 𝛽𝛽𝛽𝛽 ∈et𝑅𝑅𝑅𝑅 le vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j.
le vecteur de paramètre de la miques. Le Tableau 2 présente la liste des variables
modalité
En posant de référence
𝛽𝛽 ∗
= 𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽0, . Les
∀ 𝑗𝑗, on
vecteur des coefficients des variables explicatives x pour la stratégie j. coefficients
obtient 𝛽𝛽 ∗
esti-
= 0. Ce changement de variable donne une expression de la proba
@ G explicatives et les signes attendus des paramètres.
més En sont
ne
similaire posant
à celle pas𝛽𝛽de

=l’équation
𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽0, (2).
@directement ∀ 𝑗𝑗, on obtient 𝛽𝛽ils
interprétables, G = 0. Ce changement de variable donne une expression de la pr

Ainsi deux stratégies d’adaptation ont été modé-
servent
𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽0, ∀ 𝑗𝑗, on similaire
plutôt àG∗celle
obtient 𝛽𝛽 = 0.deCeune
donner l’équation
orientation
changement (2). de survariable
la na- donne une expression de la probabilité
lisées. ∗ Il s’agit d’une ∗stratégie défensive et offen-
de l’équation ture(2).de la relation entre la variable dépendante et:;<f=>?g h :;<f=>?g h
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∑C :;<i=>? sive.
:;<f=>? Les
∗ j∗= hvariables explicatives
:;<f=>?
C :;<i=>? ∗∗ h sont données
(4) par la
les variables explicatives. Seuls les effets
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 margi-DEF
= 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = ∑C D g kl∑
= DEm Dgj
(4)
perception ∗ des ménages
C du changement
∗ climatique
naux doivent être interprétés. :;<f=>?g∗ h On doit:;<f=>? donc g∗cal- h DEF :;<i=>?D j kl∑DEm :;<i=>?D j
(𝑃𝑃(𝑌𝑌𝑌𝑌 = 𝑗𝑗/𝑋𝑋𝑋𝑋) = = et par leurs (4) caractéristiques socio-économiques.
culer les effets marginaux. C
∑DEF :;<i=>? LesD j effets
∗ kl∑DEmmarginaux
C :;<i=>?D j ∗
Les variables de perception sont des variables di-
sont obtenus en dérivant les probabilités δj= =P
no@ par rap-@ 𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃)= pj(𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽𝑘𝑘)
j(𝛽𝛽𝛽𝛽 − ∑BqG chotomiques qui prennent la valeur(5) 1, si l’irriguant
port aux variables explicatives. np> no@
δj= =Pj(𝛽𝛽𝛽𝛽 − ∑perçoit @
np> BqG 𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃 le )= CCpj(𝛽𝛽𝛽𝛽
et les − 𝛽𝛽𝑘𝑘)
risques climatiques (5)(rareté et
no@ @
δj= =Pj(𝛽𝛽𝛽𝛽 − ∑BqG 𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃𝑃)= pj(𝛽𝛽𝛽𝛽 − 𝛽𝛽𝑘𝑘) (5) surexploitation (5) des ressources en eau) et 0 sinon
np>

Tableau 2 - Liste des variables du modèle et les signes attendus des paramètres.
Variables Typesa Description des variables
Variable dépendante : prend la valeur 1 s’il y a adoption
Adoption D
d’une stratégie d’adaptation et 0 sinon
Signes
Variables explicatives du modèle
attendus
Perception de CC (1= si l’agriculteur perçoit le CC et le
Perception D +
risque climatique et 0 sinon).
Variables socio-économiques
Age du chef de ménage C L’âge en années du chef d’exploitation +/-
Prend la valeur 1 s’il s’agit d’un niveau d’étude secondaire et
Niveau d’éducation D +
0 si non
Taille du ménage C Nombre de personnes en charge dans le ménage +/-
Prend la valeur 1 si il y a accès aux services de vulgarisation
Encadrement technique D +
et 0 sinon
Taille de l’exploitation C Superficie irrigable +
Prenant la valeur 1 si l’individu a une activité secondaire et
Activité secondaire D +
0 si non
La contrainte de l’exploitation est le manque de moyen
Contrainte financière D -
financier (1=oui, 0=non)
Revenu agricole C Revenu annuel agricole +

94
NEW MEDIT N. 1/2022

Tableau 3 - Caractéristiques socio-économiques et démographiques des agriculteurs interrogés.


Variables qualitatives Valeurs absolues Fréquences relatives (%)
Droit de propriété sur la terre 135 86
Education 72 46
Activité secondaire 50 32
Contact avec un vulgarisateur 55 35
Contrainte financière 57 36
Accès facilité au crédit 31 20
Variables quantitatives Moyennes Écarts types
Age 51 15,7
Expérience agricole 23 9
Taille de ménage 4,6 2,34
Superficie irriguée 12,2 10,6
Revenue annuel agricole 19900 27050
Résultats de nos enquêtes.

(Percep.). L’effet attendu de cette variable est po- dont le plus jeune est à l’âge de 30 ans et celui
sitif. Les variables socio-économiques sont : le ni- le plus âgé est de l’ordre de 78 ans. Le niveau
veau d’instruction (instruction), l’âge de l’exploi- d’instruction reste relativement faible avec 41%
tant (âge), la taille du ménage (ménage), la taille de de la population ayant atteint le niveau secondaire
l’exploitation (superficie), le revenu annuel agri- et 14% seulement de l’échantillon ayant fait des
cole (Rag), la pratique d’une activité secondaire, études supérieures, l’un tiers s’arrêtant au pri-
l’accès à l’encadrement/vulgarisation (encadre- maire. Le pourcentage des individus n’ayant reçu
ment) et la contrainte financière (CF). L’effet de ces aucune instruction dans les exploitations enquê-
variables varie selon la stratégie adoptée. L’enca- tées est de l’ordre de 11%. Les modes de faire-va-
drement et le revenu devraient avoir un effet positif loir de la terre dans la zone d’étude sont l’héri-
car ils devraient stimuler l’adoption des stratégies tage, le don, l’achat, et la location. L’accès à la
adaptatives. La régression logistique multinomial a terre à travers ces modes confère différents droits
été faite avec le logiciel STATA 13.0. de propriété. Ainsi, 86% des personnes interro-
gées ont affirmé être propriétaires de leurs terres.
3.  Résultats et discussion L’agriculture est l’activité principale de 80% des
personnes interrogées. Il s’agit d’une agriculture
3.1.  Caractéristiques des agriculteurs enquêtés
essentiellement irriguée. En plus de l’agricul-
Les caractéristiques démographiques et so- ture, 32% des producteurs interrogés possèdent
cio-économiques des irrigants interrogés sont ré- une activité secondaire. Le commerce et les pe-
sumées dans le Tableau 3. L’âge moyenne de chef tits métiers sont les activités secondaires les plus
d’exploitation familiale est de l’ordre de 51 ans, exercées3. Le nombre d’actifs agricoles par mé-

3
  D’abord, le commerce représente une activité phare de ces producteurs : 25% de ceux qui sont interrogés le font au
moins durant une partie de l’année. Ce secteur est lié à l’agriculture. Les transactions commerciales restent dominées par
les produits agricoles (oignon, carotte, courge, courgette, etc.) et ces producteurs vendent leurs propres récoltes. C’est
ainsi que le commerce de fruits et légumes est très prospère dans la région de Gannouch. Cette activité peut générer des
revenus pouvant aller de 4000 DT à 6000 DT/an. Mais, le développement des transactions commerciales est, souvent,
tributaire d’une bonne production agricole, donc les effets de la péjoration climatique peuvent impacter négativement
sur ce secteur. L’autre activité que nous avons relevée est l’exercice d’autres métiers par 7% des producteurs enquêtés
comme la maçonnerie, les tailleurs, les artisans, les mécaniciens… etc. Ces secteurs sont moins développés. Mais, ils
permettent tout de même aux producteurs de diversifier leurs revenus.

95
NEW MEDIT N. 1/2022

Figure 2 - Perception des changements de facteurs climatiques en (%).

Vagues de chaleur graves


Changement de température
Dérèglement de la saison de pluie
Nombre de journées chaudes par an
Humidité
Épisodes de temps froid Pas de changement
Le taux d’occurrence des tempêtes de poussière…
A diminué
Intensité de la pluie
Durée de la saison d’hiver A augmenté
Changement dans la quantité de précipitations par an
Nombre de jours de pluie par an

0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Perception du changement en %

nage est en moyenne Figure de 21,5 (±0,7) personnes


- Perception et perçoivent
du changement que par
climatique les les
précipitations
agriculteurs.ont changé.
l’expérience en agriculture est de 24 (±9) ans. Les La diminution des pluies (83%) et des pluies de
enquêtés emblavent en moyenne 12,2 ha (±10,6) plus en plus aléatoires et sporadiques (75%) sont
et consacrent à l’agriculture une moyenne de les principales perceptions des changements liés
963,8HJ par an. Par ailleurs, il ressort également aux précipitations. Le dérèglement de la saison
du Tableau 2 que 65% des exploitants n’ont pas des pluies est perçu par 76,6% des exploitants.
bénéficié des services d’encadrement
Economie d'eau et de vulga- Ce phénomène se manifeste par une diminution
risation et 80% n’avaient Diversif pas un accès facilité au de la durée de la saison des pluies, la réduction
des C
Abondon de quelques cultures
crédit agricole à cause de risque d’endettement, du nombre de jours de pluie (82%) et la réduc-
Stratégie défensive

Chang des sy de C
de conditions d’accès difficiles (bureaucraties, tion de l’intensité journalière des précipitations
Ajustemt des pratiques c et calendrier ag
formalités administratives, garanties) et des taux (53%). Viennent ensuite le décalage des saisons
L’utilisation des semences améliorées
d’intérêts élevésRéduction
(de 14% de laàsup
16%)
irriguéepour les crédits
avec une tendance à la réduction de la saison
de moyenDiversification
à long terme. des sources de revenu d’hiver (56%). Quant à la température, 87% des
L’abandon de l’activité irriguée enquêtés perçoivent des variations thermiques
Assurance agricole se manifestant par l’augmentation du nombre de
3.2.  Perceptions
Equip et approfonddu des
changement
puits existants climatique jours chauds (70%), l’augmentation des vagues
offensive
Stratégie

Curage des nouveaux puits de chaleur (84%) et le changement des extrêmes


La quasi-totalité desdeirrigants
Augmentation interrogés dans de températures (87%) qui se traduit par des pé-
la sup irriguée
la zone d’étude (98%) a perçu des0%changements 10% 20%riodes plus chaudes
30% 40% ou plus60%
50% froides.70%Enfin,80%
67 % 90%
de facteurs climatiques durant les vingt dernières des producteurs interrogées percevaient d’autres
années qui ont eu des répercussions directes sur changements tels que des vents plus forts (36%)
le secteur irrigué etFigure 3 - Pratiques
sur la rareté et stratégies
des ressources et uned’adaptation
augmentation répertoriées.
de l’humidité (59%).
en eau souterraine. Les perceptions les plus ci- L’étude a également révélé que les agriculteurs
tées étaient une baisse des précipitations, un avaient
Manque d'accés au des perceptions différentes de l’impact
dérèglement de la saison des pluies, une plus marché;du
4%CC sur la rareté des ressources en eau souter-
Accés non facilité aux
grande irrégularité des pluies,
Pénurie et coûtuneélevéaugmentation
des raine dans la zone d’étude.
crédits; 22% Les impacts mention-
intrants; 17%
des températures et des vents plus violents et par nés par plus de 85% des irrigants comprenaient
l’augmentation du taux d’occurrence des phéno- l’augmentation des prélèvements et besoins d’ir-
mènes météorologiques extrêmes (Figure 2). rigation (80%), la baisse des niveaux piézomé-
Les irrigants perçoivent clairement les chan- trique de la nappe phréatique suite au déficit de
gements climatiques. Ainsi,
Contraintes 90%
d'accés à des irrigants la recharge (75%)4, diminution du débit artésien
d'autres sources d'eau;
14%
  Dans les années 1970 et 1980, le niveau piézométrique de l’aquifère côtier de Gabès
4
Nord
Manque se trouvait sur l’isopi-
d'informations;
eze entre 20 et 25 mètres. En 1998, en raison de l’augmentation du nombre de puits illégaux, le44%niveau piézométrique
a chuté de 10 mètres, ce qui était la valeur seuil pour éviter l’intrusion maritime (CRDA Gabès, 2003).

96
Figure 4 - Contraintes d’adaptation soulevées.
Figure 2 - Perception du changement climatique par les agriculteurs.
NEW MEDIT N. 1/2022

Figure 3 - Pratiques et stratégies d’adaptation répertoriées.

Economie d'eau
Diversif des C
Abondon de quelques cultures
Stratégie défensive

Chang des sy de C
Ajustemt des pratiques c et calendrier ag
L’utilisation des semences améliorées
Réduction de la sup irriguée
Diversification des sources de revenu
L’abandon de l’activité irriguée
Assurance agricole
Equip et approfond des puits existants
offensive
Stratégie

Curage des nouveaux puits


Augmentation de la sup irriguée

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90%

Figure 3 - Pratiques et stratégies d’adaptation répertoriées.


(50%)5 et de la dégradation de la qualité de l’eau l’ajustement des pratiques culturales et du ca-
d’irrigation (35%). Les perceptions identifiées lendrier agricole (53%). Les autres réponses in-
concordent avec les études mentionnées dans cluaient,
Manque d'accés au l’utilisation des semences améliorées à
la littérature qui s’accordent sur une augmenta- cycle
marché; 4% court (50%), la réduction de la superficie
Accés non facilité aux
tion de la fréquence Pénurie et coût élevé des
et deintrants;
l’intensité
17%
des années irriguée (41%), crédits;
équipement
22% et approfondisse-
extrêmes sèches et une baisse de la pluviomé- ment des puits existants (33%), la diversifica-
trie moyenne qui se traduirait par une réduction tion des revenus par l’exercice d’autres métiers
des ressources en eau disponibles (West et al., (32%) et creusage de nouveaux puits d’une
2008 ; Sarr et al., 2015). Les résultats obtenus manière illicite (28%). Les autres réponses in-
Contraintesceux
ont par ailleurs corroboré d'accés à
d’Ouédraogo et cluaient l’augmentation de la superficie irri-
d'autres sources d'eau;
al. (2010) et Omar et al.14% (2015) et qui révèlent guée (20%) moyennant l’achat ou la location
que les populations se rendent compte de la va- des terres plus riches Manque en eau, l’orientation vers
d'informations;
riabilité du climat. l’agriculture pluviale (13%) et44% le recours à l’as-
surance agricole (2%).
En termes de stratégies d’adaptation les dif-
3.3.  Pratiques et stratégies d’adaptation
férentes mesures d’adaptation peuvent être clas-
individuelles diversifiées
sées en deux types de stratégies (Figure 3).
Figure 4 - Contraintes d’adaptation soulevées.
Les mesures et pratiques d’adaptation aux Une première catégorie est dite offensive (S1).
changements climatiques sont diverses et indi- Elle est conçue pour la gestion de l’offre en eau
viduelles dans la zone d’étude. Quatre-vingts d’irrigation et accroitre la production. Elle com-
pour cent (80%) des irrigants interrogés, dans la prend, principalement, le creusage de nouveaux
zone de Gabès-Nord, ont développé une gamme puits, 1 l’équipement et l’approfondissement des
très variée de pratiques et mesures d’adaptation puits existants, et l’augmentation de la superficie
(Figure 3). Les réponses spontanées les plus irriguée à travers la location des terres plus riches
courantes comprenaient le recours à l’économie en eau. Elle est adoptée par 34% des irrigants de
de l’eau (79%), la diversification des cultures notre échantillon qui ont montré une forte capa-
(65%), l’abandon de quelques cultures (60%), cité d’adaptation. Cette catégorie d’agriculteurs
le changement du système de culture (58%) et est principalement constituée de gros agricul-

5
  L’augmentation des puits équipés du moteur a des impacts évidents, en particulier en termes de diminution du
débit artésien, qui passe de 10-25 l/s à 4 l/s, avec des valeurs moyennes de 0,5 et à 1 l/s (CRDA Gabès, 2003).

97
NEW MEDIT N. 1/2022

teurs (70%) de notre échantillon qui investissent calendrier agricole, l’abandon des cultures ma-
à la fois dans l’appropriation de l’eau et dans raichères consommatrice en eau (pomme de
les technologies d’économie d’eau. Ce groupe terre, tomate, laitue et melon) et arboricoles très
d’agriculteurs irrigue de grandes superficies qui vulnérables à la variabilité climatique (pommier,
dépassent les 10 ha. Les cultures maraîchères et d’abricotier et de pêcher)6 et l’introduction de la
les cultures fourragères consommatrices d’eau culture de l’olivier (variétés locale « Chemlali »
ont laissé la place à des plants d’olivier à huile et espagnoles « l’Arbequina » et « l’Arbosana »
qui occupent 73% de la superficie irriguée. Ce pour une densité de 270 pieds/ha et une moyenne
groupe d’agriculteurs a suffisamment de moyens de 749 pieds par exploitation). Elle est adoptée
financiers pour investir dans d’autres zones. par 66% des exploitations dont 72% sont des
L’acquisition ou la location des terres agricoles exploitations de taille moyenne comprise entre
dans d’autres zones sont pratiquées par 20% des 5 et 10 ha. En moyenne ces actions sont consi-
cas qui ont choisi de se déplacer vers les régions dérées comme des mesures d’adaptation posi-
de Temoula (Gabès-sud), Matmata et Ouedhref tives et générales que les exploitations devront
pour s’y installer soit par le biais de la location ou continuer d’adopter à l’avenir pour améliorer la
carrément l’achat de nouvelles terres. Dans ces capacité d’adaptation des irrigants à une telle va-
zones, les agriculteurs ont choisi de se spéciali- riabilité climatique et maintenir la productivité
ser dans la culture de l’olivier surtout la variété du secteur irrigué.
« Chemlali » et, plus récemment, des variétés Les différentes mesures et stratégies d’adap-
espagnoles telle que « l’Arbequina » et « l’Ar- tation identifiées apparaissent pertinentes et
bosana » avec une densité moyenne de 270 pieds concordent avec les stratégies d’adaptation indi-
par hectare et un effectif moyen de 2589 pieds viduelles avancées par la littérature. Ces straté-
par exploitation. En moyenne ces actions sont gies montrent à la fois des points communs et
considérées comme des mesures d’adaptations des spécificités par rapport à d’autres stratégies
positives dans la mesure où elles améliorent la d’adaptation au changement climatiques avan-
capacité des irrigants à une telle variabilité cli- cés par Berahmani et al. (2012), Wheeler et al.
matique. Néanmoins leur généralisation est sus- (2013), Alam (2015), et Faysse et al. (2011).
ceptible d’aggraver les impacts des changements Néanmoins, le nombre et la diversité des adap-
climatiques et d’engendrer des pressions sur les tations mises en place par les irrigants indiquent
ressources en eau souterraine et met en question une réelle volonté de minimiser la pénurie des
la durabilité de ses pratiques sur le plan écono- ressources en eau souterraine et les impacts
mique et environnemental et accroître le risque des changements climatiques. Cependant, si
pour le secteur irrigué et de la vulnérabilité en certaines sont bien adaptées aux changements
particulier des petites exploitations familiales, décrits (diversification des sources d’irrigation,
qui ont des capacités limitées pour s’adapter. conservation de l’eau d’irrigation), d’autres
La deuxième catégorie est dite défensive ou apparaissent comme des réponses générales
« adaptative » (S2). Elle est conçue pour la ges- (diversification des cultures et les ajustements
tion de la demande en eau d’irrigation à l’échelle du calendrier agricole) dénotant l’insuffisance
de l’exploitation. Elle vise à adapter les systèmes d’efficacité des premières mesures. Le curage
de production à l’eau disponible sur l’exploita- et l’approfondissement des puits a été égale-
tion compte-tenu des puits et forages existants. ment montré comme une réponse commune
Elle comprend l’économie de l’eau d’irrigation aux changements climatiques en Afrique du
(irrigation goutte à goutte), les ajustements du Nord et en Asie (Berahmani et al., 2012 ; Alam,

6
  Selon un responsable de la cellule Territoriale de vulgarisation de Gannouch « l’augmentation de la température
ces dernières années a causé la réduction des superficies emblavées en rosacées fruitières telles que le pommier,
l’abricotier et le pêcher. Ces cultures étaient assez répandues entre les années 1980 et les années 1990 puisque le nom-
bre d’heures de froid nécessaire à la production des fruits était suffisant. Actuellement, avec l’élévation des tempéra-
tures, ces cultures ne reçoivent plus les heures de froid nécessaires et leur production se trouve alors affectée ».

98
NEW MEDIT N. 1/2022

2015). La généralisation de telles adaptations sement), ainsi, que par la rareté très prononcée
est susceptible d’aggraver les impacts des chan- des ressources en eau souterraine dans cette zone
gements climatiques et d’engendrer des pres- où la mise en œuvre de techniques d’économie
sions sur les ressources en eau souterraine et d’eau permettrait d’assurer une disponibilité suf-
accroître le risque pour le secteur irrigué et de fisante et un accès fiable à l’eau. Toutefois, les
la vulnérabilité en particulier des petites exploi- options telle que l’irrigation goutte à goutte sont
tations familiales, qui ont des capacités limités à forte intensité de capital, bien qu’elles soient
pour s’adapter (MAE et GIZ, 2011 ; Iglesias et la stratégie idéale contre la raréfaction des res-
Garrote, 2015 ; Frija et al., 2016 ; Jeder et al., sources en eau. Pratiquer la diversification des
2013). En absence de politiques spécifiques, les cultures a été identifié comme la deuxième stra-
différences s’accroissent entre les exploitations tégie d’adaptation. C’est une stratégie d’adapta-
agricoles qui ont les moyens d’investir toujours tion potentiellement viable car le fait de disposer
plus pour avoir suffisamment d’eau et celles qui différents types de cultures dans une ferme peut
doivent adapter leurs cultures à la pénurie d’eau réduire le risque agricole global contre l’échec
(Faysse et al., 2011 ; Frija et al., 2016). ou les pertes des rendements, et élargit les op-
portunités de profit. De nombreuses études ont
également mis en évidence les options de diver-
3.4.  Priorisation et indice d’adaptation
sification des cultures comme mesures d’adap-
Par ordre de priorité, moyennant une échelle tation appropriées (Uddin et al., 2017 ; Evelyn
de Likert à quatre points, l’économie de l’eau et al., 2017). Le changement des systèmes de
d’irrigation a été classée en premier rang (Ta- cultures, l’ajustement des pratiques culturales et
bleau 4) et comme la tactique la plus sollicité. du calendrier agricole, l’utilisation des semences
Cette priorité peut être expliquée par les subven- améliorées viennent en troisième lieu et figurent
tions accordées par les pouvoirs publics pour ce également parmi les pratiques d’adaptation pos-
type d’investissement (60% du coût d’investis- sibles dans la région. Cela pourrait être proba-

Tableau 4 - Priorisation des pratiques d’adaptation aux changements climatiques (n =157).


Fréquence par niveau d’importance (%)
Indice de
Pratiques d’adaptations Très Moins Aucune Rang
Important poids moyen
important important importance
Economie d’eau 83 17 - - 2,83 1
Diversification des cultures 75 22 13 - 2,79 2
Changement des systèmes
66 17 17 2,50 3
de cultures
Ajustement des pratiques
culturales et du calendrier H64 25 8 3 2,48 4
agricole
Utilisation des semences
67 17 8 8 2,42 5
améliorées
La diversification des
33 25 25 17 1,75 6
revenus
Augmentation de la
17 25 25 33 1,25 7
superficie irriguée
Equipement et
approfondissement des 13 20 22 45 1,02 8
puits existants
Réduction de la superficie
- 17 50 33 0,83 9
irriguée
Assurance agricole - 8 17 75 0,33 10

99
Changement de température
Dérèglement de la saison de pluie
Nombre de journées chaudes par an NEW MEDIT N. 1/2022
Humidité
Épisodes de temps froid Pas de changement
blement
Le taux le résultat
d’occurrence des tempêtes desdechangements
poussière… perçus par 3.5.  Contraintes d’adaptation aux
A diminué
l’agriculteur dans les régimes
Intensité de la pluie pluviométriques changements climatiques
qui affectentDuréedirectement
de la saisonla recharge des nappes
d’hiver A augmenté
Changementphréatiques et par la suite la disponibilité des
dans la quantité de précipitations par an Le manque d’information sur les stratégies
Nombre de jours de pluie par an
besoins en eau des cultures. La diversification d’adaptation, contrainte d’accès aux crédits agri-
des sources de revenus vient en0 sixième 10 20 rang30 40coles,50pénurie
60 70et coût
80 élevé
90 des
100intrants, contraintes
suivie de la location des terres plus riches en d’accès
Perception à d’autre
du changement en % sources d’eau, et du manque
eau dans d’autres zones (Temoula (Gabès sud), d’accès aux marchés ont été soulevés comme
Matmata et Ouedhref). Même si l’agriculture principales barrières à l’adaptation (Figure 4). Le
continue Figure 2 - Perception
à être l’unique activité du
de changement
80% des manque d’informations (44% des
climatique par les agriculteurs. interrogés) porte
producteurs rencontrés, la pluralité des sources sur un accès limité des agriculteurs à l’information
de revenus par l’exercice d’autres métiers (com- provenant de sources privées ou publiques sur les
merce et petit métiers) reste l’une des pratiques mesures d’adaptation appropriées d’adaptation, en
recherchées et qui présente un gage de sécuri- cas d’événements météorologiques extrêmes, y
té en cas de mauvaises récoltes, en particulier, compris de fortes précipitations, des températures
pour les petites exploitations qui ont des capaci- extrêmement élevées ou des températures extrê-
Economie d'eau
tés limitées pour s’adapter. Le recours à l’appro- mement basses qui sont fréquemment mentionnés
Diversif des C
fondissement des puits existants et le creusage comme indicateurs du changement climatique.
Abondon de quelques cultures
de nouveaux puits restent parmi les pratiques L’accès non facilité aux crédits agricoles (22%) a
Stratégie défensive

Chang des sy de C
les moins recherchées et restent d’une manière été identifié par les agriculteurs comme une autre
Ajustemt des pratiques c et calendrier ag
illicite à cause des restrictions légales imposées contrainte majeure de l’adaptation. L’utilisation
L’utilisation des semences améliorées
dans cette zone (Abidi et Ghoudi, 2011). En du crédit agricole dans la zone d’étude est limi-
Réduction de la sup irriguée
dernier lieu l’assurance a été classée comme la tée, en plus de l’accès aux facilités de micro-crédit
Diversification des sources de revenu
stratégie d’adaptation la moins recherchée. Cela disponibles au niveau de la ville. Le risque d’en-
L’abandon de l’activité irriguée
pourrait être expliqué par l’absence de méca- dettement et les conditions d’accès difficiles (bu-
Assurance agricole
nismes efficaces d’assurance agricole contre les reaucraties, formalités administratives, garanties)
Equip et approfond des puits existants
catastrophes naturelles (sécheresse et sirocco), à côté des taux d’intérêts élevés (de 14% à 16%)
offensive
Stratégie

Curage des nouveaux puits


la complexité des procédures et la lenteur de pour les crédits de moyen à long terme peuvent
Augmentation de la sup irriguée
règlement des sinistres ainsi que le coût élevé expliquer le moindre intérêt des agriculteurs pour
des primes d’assurance, et du0%nombre10% limité des
20% les30%
établissements
40% de crédit formels.
50% 60% Enfin,
70% l’accès
80% 90%
institutions financières (FAO, 2013). à d’autres sources d’eau d’irrigations (réseau pu-

Figure 3 - Pratiques et stratégies d’adaptation répertoriées.


Figure 4 - Contraintes d’adaptation soulevées.

Manque d'accés au
marché; 4%
Pénurie et coût élevé des Accés non facilité aux
intrants; 17% crédits; 22%

Contraintes d'accés à
d'autres sources d'eau;
14%
Manque d'informations;
44%

Figure 4 - Contraintes 100


d’adaptation soulevées.
NEW MEDIT N. 1/2022

Tableau 5 - Effets marginaux des variables explicatives de l’adaptation des agriculteurs aux changements cli-
matiques (estimation du Modèle Logit Multinomial).
Stratégie offensive Stratégie défensive
Variable
coef. Écart Type Effet Marg. coef. Écart Type Eff. Marg.
Age 0,31 0,021 -0,001 0,050 0,021 0,006*
Taille de famille 0,168 0,130 -0,009 0,273 0,130 0,035
Niveau d’éducation 1,72 0,584 0,215** 1,08 0,605 -0,066
Superficie irriguée 0,29 0,163 0,010 0,327 0,163 0,026
Revenu agricole 0,0001 0,0000 3,95e *
-6
3,23e -6
0,000 3,31e-6
Activité secondaire 0,042 0,656 0,07** 1,88 0,967 0,09***
Contrainte financier -0,236 0,771 -0,062 -0,672 0,547 -0,118
Vulgaris. 0,185 0,66 -0,057 1,99 0,798 0,221**
Perp. de CC -0,288 0,742 -0,217** 0,843 0,692 0,240**
Observations 157
Log pseudo-vraisemblance -119,47
Pseudo R2 0,12
Wald chi2(16) 39,49***
Prob > chi2 0,0009
La catégorie de base est la non-adoption d’au moins une de ces deux stratégies. Les niveaux de significativité
sont respectivement : 1% (***), 5% (**) et 10% (*).

blic et nappes profondes) et aux marchés consti- tion d’une stratégie offensive et stratégie adapta-
tuent d’autres contraintes soulevées, respective- tive sont analysées en comparaison avec l’option
ment, par 14% et 4% des producteurs. de référence qui est la non-adoption d’au moins
Ces résultats ont corroboré les observations une de ces deux stratégies. Avant d’exécuter le
faites par d’autres études en Afrique (Ge- modèle, le problème de multi colinéarité entre
brehiwot et van der Veen, 2013 ; Yegbemey et les variables explicatives a été testé moyennant
al., 2014 ; Harmanny et Malek, 2019) qui ré- respectivement le test du Facteur d’Inflation de
vèlent que l’adaptation peut être limitée par de la Variance (VIF)7. Le modèle a été également
nombreux facteurs, tels que les obstacles socioé- testé pour la validité des hypothèses de l’indé-
conomiques, institutionnels, biophysiques, et fi- pendance des alternatives non pertinentes (IIA)
nanciers, et, par conséquent, l’adaptation privée à l’aide du test Hausman, et il a été constaté que
ne peut pas être entièrement autonome. le modèle LMN est approprié pour cette étude.
Par conséquent, la probabilité d’utiliser une cer-
taine méthode d’adaptation par un ménage don-
3.6.  Déterminants des stratégies
né est supposée indépendante de la probabilité
d’adaptation : Estimation du modèle
de prendre une autre méthode d’adaptation. Le
économétrique
Tableau 5 présente les coefficients estimés du
Les facteurs influençant l’adoption des straté- modèle LMN, l’Écart Type, les effets marginaux
gies d’adaptation ont été examinés à l’aide du et leurs niveaux de signification pour les deux
modèle de logit multinomial (LMN). Les stra- stratégies d’adaptation étudiées. Les résultats
tégies que nous étudions, notamment (i) l’adop- montrent que le modèle estimé est globalement

7
  Les valeurs du VIF pour l’ensemble des coefficients associés aux variables explicatives sont comprises entre 1.03
et 1.43 avec une moyenne de 1.12. Ceci indique qu’il n’y a pas de problème de multi colinéarité dans les modèles que
nous allons estimer en utilisant ces variables.

101
NEW MEDIT N. 1/2022

statistiquement valide. En effet, la log-vraisem- 3.6.2.  Niveau d’instruction


blance (-119,47) est satisfaisante, ainsi que le L’éducation du chef de ménage a un effet posi-
Khi-deux du modèle (Khi2= 39,49) qui est signi- tif et significatif pour l’adoption d’une stratégie
ficatif à 1%. Au niveau des paramètres estimés, offensive au seuil de 5%. Cet effet indique que
on trouve globalement six variables ayant une les chefs de ménage qui ont un niveau d’instruc-
influence significative sur la probabilité d’adop- tion au moins égal au niveau secondaire, ont
tion des stratégies d’adaptation. Ces variables 21,5% plus de chance d’adopter une stratégie of-
sont entre autres : l’âge, le niveau d’éducation, fensive par rapport aux chefs de ménage moins
la vulgarisation, le revenu agricole, l’exercice éduqués. Diverses études parviennent à cette
d’une activité secondaire et la perception du CC. même conclusion selon laquelle la relation entre
En outre, l’analyse de la sensibilité de la proba- l’éducation et l’adaptation au changement clima-
bilité d’adoption par rapport aux variables ex- tique est positive (Ouédraogo et al., 2010 ; Ye-
plicatives montre que certaines variables ont des gbemey et al., 2014). Les agriculteurs plus ins-
effets marginaux les plus forts. En plus, certaines truits sont en général plus capables d’évaluer les
variables affectent positivement et d’autres né- technologies disponibles et le climat car il existe
gativement la propension à l’adoption des stra- une différence majeure avec les agriculteurs
tégies d’adaptation. Une analyse singulière des moins éduqués en termes d’accès aux actifs,
variables ayant des effets significatifs sur la pro- au crédit, à la technologie et à l’approvisionne-
babilité de choix nous permettra de mettre en ment en intrants (Hassan et Nhemachena, 2008).
évidence ces effets. Concernant la stratégie adaptative le niveau
d’éducation influence négativement le choix de
3.6.1.  L’âge cette stratégie mais non significative. Plus le ni-
L’âge du chef de ménage a une relation posi- veau des agriculteurs est élevé, moins ils auront
tive et significative avec la probabilité de choi- tendance à adopter cette stratégie d’adaptation.
sir une stratégie d’adaptation défensive (0,006) La non significativité de niveau d’éducation sur
au seuil de 10%. Cet effet indique qu’une aug- l’adoption de la stratégie adaptative peut s’ex-
mentation d’une unité de l’âge du ménage ac- pliquer par le fait que dans nos provinces, avec
croit la probabilité d’utiliser cette stratégie de l’évolution dans le domaine de la vulgarisation
0,6%. Les agriculteurs les plus âgés auront ten- (partage d’expérience entre producteur, accès
dance à plus adopté cette stratégie que les plus à l’information dans la langue locale, etc.), les
jeunes. La raison probable de cette association producteurs arrivent à comprendre les mesures à
positive est due au fait que l’âge peut proba- prendre dans un contexte de changement clima-
blement doter les agriculteurs de l’expérience tique dont notamment les stratégies adaptatives.
requise qui leur permettra de mieux évaluer
les risques liés aux décisions d’investissement 3.6.3.  Revenu annuel
dans l’adaptation au changement climatique. Le revenu annuel agricole présente une re-
Ces résultats ont confirmé les résultats des tra- lation positive pour l’ensemble des stratégies
vaux de Deressa et al. (2009) et Davis et Ali d’adaptation et significative à 10% pour la stra-
(2014) qui sont parvenus à la conclusion selon tégie offensive. Ces résultats sont en accord
laquelle l’expérience en agriculture est un po- avec Abid et al. (2014), Yong (2014) et Tun Oo
tentiel déterminant d’adaptation du producteur et al. (2017) où une association positive signi-
au changement climatique. Concernant la stra- ficative entre l’adoption de stratégies d’adapta-
tégie offensive, bien que le coefficient asso- tion au changement climatique et le niveau de
cié à l’âge de l’irrigant soit non significatif, le revenu a été obtenue. Cela signifie que les agri-
signe négatif peut nous conduire à dire que les culteurs qui ont gagné plus de revenus grâce à
agriculteurs plus âgés sont moins susceptibles leurs activités agricoles avaient vraisemblable-
de prendre ce type de stratégie. La probabilité ment plus de ressources sous forme d’écono-
d’adapter ce type de stratégie diminue plus un mies de secours à investir dans l’infrastructure
agriculteur est âgé. d’adaptation et ont plus de chances d’adopter

102
NEW MEDIT N. 1/2022

des stratégies d’adaptation au changement cli- sibilisation et l’anticipation des agriculteurs au


matique que les agriculteurs qui ont un petit re- changement climatique et aux options d’adapta-
venu agricole annuel. Ces résultats concordent tion disponibles pour y faire face. L’importance
avec les conclusions de Bryan et al. (2009) et de la vulgarisation dans l’adaptation des produc-
Ado et al. (2019) qui ont rapporté que la pro- teurs au changement climatique est déjà mise
duction agricole et les revenus annuels des mé- en exergue dans les travaux de Nhemachena et
nages avaient une incidence significative sur Hassan (2007), Gbetibouo (2009) et Deressa
les niveaux d’adaptation des ménages. et al. (2009) qui ont remarqué que les agricul-
teurs qui obtiennent des informations par l’in-
3.6.4.  Activité secondaire termédiaire des agents de vulgarisation sont plus
En plus du revenu agricole, l’exercice d’une susceptibles d’être informés de la situation cli-
activité secondaire augmente également consi- matique et des réponses suivies. Concernant la
dérablement la probabilité d’adopter des stra- stratégie offensive l’encadrement technique in-
tégies d’adaptation. L’exercice d’une activité fluence négativement le choix de cette stratégie
secondaire est positivement et significativement mais non significative. L’encadrement technique
corrélé avec la décision d’adaptation au change- semble ne pas avoir d’effet sur la probabilité
ment climatique au seuil de 5% pour la straté- d’adopter des stratégies offensives parce que ses
gie offensive et de 1% pour la stratégie adap- types d’adaptation restent hors de la portée des
tative. Une activité secondaire constitue une services de vulgarisation et restent guidés par
autre source de revenus pour les irrigants. Une des initiatives privées. Ce résultat est similaire
augmentation unitaire du revenu non agricole à celui de l’étude de Ouédraogo et al. (2010),
augmente la probabilité d’adopter des stratégies qui a constaté que l’accès aux services de vul-
offensives et défensives de 7% et de 9%, res- garisation n’était pas un déterminant de l’adap-
pectivement. Ainsi, les revenus issus de l’ac- tation des technologies de CES, de la fumure et
tivité secondaire peuvent être mis à profit pour de la date de semis où le principal canal de dif-
augmenter le niveau d’investissement dans les fusion des technologies de CES reste les projets
intrants tels que la main-d’œuvre, les engrais et les organisations non gouvernementales de
et pesticides, les nouvelles variétés et surmon- développement.
tées ainsi les contraintes financières à l’échelle
d’exploitation. Ce résultat est conforme à ceux 3.6.6.  Perception de changement climatique
de Gnanglè et al. (2012) et Piya et al. (2013) La perception de CC et du risque climatique
qui trouvent que la diversification des activités est l’une des variables explicatives qui influent
est aussi une stratégie d’adaptation au change- sur le choix des mesures d’adaptation des agri-
ment climatique. En ce sens, les producteurs culteurs. La perception des irrigants des effets
qui possèdent déjà une activité secondaire au- de CC s’est trouvée positivement et significa-
raient une plus forte probabilité à s’adapter au tivement corrélée avec le choix de la stratégie
changement climatique. adaptative au seuil de 1%. Ce résultat révèle que
les agriculteurs qui percevaient le CC et le risque
3.6.5.  Vulgarisation climatique liée à la rareté et à la surexploitation
La vulgarisation présente une corrélation po- des ressources en eau souterraine sont plus sus-
sitive et significative avec la probabilité de choi- ceptibles de s’adapter au CC de 24 fois plus que
sir une stratégie adaptative au seuil de 5%. Une ceux qui ne perçoivent pas un CC. En revanche,
augmentation d’une unité du contact avec les la perception de risque de CC a un effet néga-
services de vulgarisation est susceptible d’aug- tif relativement plus fort (-0,217) et significatif
menter la probabilité pour l’agriculteur d’adap- au seuil de 5%, pour le choix de la stratégie of-
ter la stratégie adaptative de 9,8% plus élevées fensive. Cet effet montre qu’un accroissement
que celles des ménages qui n’ont pas accès aux de la pénurie d’eau de 1% réduit la probabilité
services de vulgarisation. Les contacts avec les d’adoption des stratégies offensive de 21,7% et
agents de vulgarisation peuvent faciliter la sen- accroit la probabilité d’adoption des stratégies

103
NEW MEDIT N. 1/2022

adaptative. Ce résultat peut être expliqué, d’une tive pourrait être due au fait que l’adaptation est
part, par les mesures législatives appliquées dans spécifique à la parcelle. Cela signifie que ce n’est
cette région8 qui limitent l’adoption de ce type de pas la taille de l’exploitation, mais les caractéris-
stratégie offensive (Abidi et Ghoudi, 2011 ; Le- tiques spécifiques de l’exploitation qui dictent la
ghrissi, 2012) et encourage le recours aux stra- nécessité d’une méthode d’adaptation spécifique
tégies adaptative. D’autre part, cette stratégie re- au changement climatique. Dans la littérature il
quiert des charges de production élevées devant y a une controverse sur la relation entre la super-
des capacités limitées d’adaptation des irrigants ficie de l’exploitation et l’adaptation aux chan-
dans le sud-est tunisien (Mahdhi et al., 2019). gements climatiques (Deressa et al., 2009 ; Nhe-
Ces résultats confirment les résultats d’Alaud- machena et al., 2014). Cependant, étant donné
din et Sarker (2014) et Rezaei et al. (2017) et que la taille des exploitations agricoles est asso-
qui montrent que la perception des agriculteurs ciée à une plus grande richesse, on émet l’hypo-
à l’égard de la rareté des ressources en eau est thèse qu’elle permet d’accroître l’adaptation aux
l’une des variables explicatives qui influent sur changements climatiques (Bradshaw et al., 2004
le choix des mesures d’adaptation des agricul- in Deressa et al., 2009).
teurs. Les résultats obtenus ont par ailleurs cor- Enfin, les résultats de l’estimation permettent
roboré ceux de Mertz et al. (2009) et Ouédraogo aussi d’observer une influence négative et non
et al. (2010) qui révèlent que les populations qui significative de la variable contrainte financière
se rendent compte de la variabilité et de CC ont sur le choix des stratégies. Ce résultat suggère
plus de chances de prendre des mesures d’adap- que plus cette contrainte est déclarée forte moins
tation en réponse aux changements observés. les producteurs ont tendance à prendre de dé-
Notons enfin que, d’autres variables bien cisions d’adaptation. Cela se trouve justifié par
qu’ayant été citées comme influençant positive- l’accès non facilité aux crédits agricoles selon
ment ou négativement le choix des producteurs, les usagers. Ce résultat corrobore les résultats de
n’ont aucun effet statistiquement significatif Nguyen et al. (2021) qui montre que le manque
dans le modèle. Il s’agit notamment de la super- des moyens financiers et le risque d’endettement
ficie de l’exploitation, la taille de famille et de la des agriculteurs réduisent de manière significa-
contrainte financière. tive l’adoption des stratégies d’adaptation au
La taille de famille introduit dans le modèle changement climatique.
d’adaptation, n’est pas significativement corré-
lée avec l’adaptation du producteur au change-
4.  Conclusion et recommandations
ment climatique (probabilité > 0,10). Cela se
trouve justifié, car la quasi-totalité des produc- Le changement climatique est une réalité qui
teurs interrogés ont affirmé que la main-d’œuvre devrait avoir des impacts significatifs sur l’agri-
familiale disponible était suffisante pour exé- culture tunisienne avec des pluies moins in-
cuter toutes les activités de production, y com- certaines, des températures plus élevées et par
pris les éventuels ajustements ou adaptations au l’augmentation du taux d’occurrence des évè-
changement climatique. nements extrêmes comme les inondations, les
Pour la taille de l’exploitation, les régressions sécheresses. Aujourd’hui, l’agriculture irriguée
effectuées présentent des coefficients non signi- est plus susceptible d’être affectée par le chan-
ficativement différents de zéro au seuil de 5%. gement climatique. Par conséquent, l’adaptation
La taille ne constitue donc pas un facteur signi- de l’agriculture au changement climatique est
ficatif d’adoption des stratégies d’adaptation. La nécessaire au niveau micro. Cette étude montre
raison probable de cette relation non significa- que les agriculteurs perçoivent et s’inquiètent

8
  Instauration de la zone d’interdiction en 1987 et la création d’un Groupement de Développement Agricole (GDA)
de Bsissi-Oued El Akarit en 1999 pour contrôler le nombre de puits et de forages et limiter l’extension des superficies
irriguées.

104
NEW MEDIT N. 1/2022

des effets du changement climatique et de la pé- L’étude des déterminants d’adoption montre
nurie des ressources en eau souterraine dans le que l’âge, l’éducation, la vulgarisation, le revenu
sud-est Tunisien. L’analyse des perceptions du agricole, diversification des sources de revenu et
changement climatique dans la région d’étude a la perception du risque de CC sont les principaux
fait ressortir la prise de conscience d’une baisse déterminants de l’adaptation des irrigants au chan-
des précipitations, dérèglement de la saison des gement climatique et à la rareté des ressources en
pluies, de l’augmentation des températures, de eau souterraine. En somme, la capacité d’un ir-
la variabilité de la température moyenne et des rigant à s’adapter au changement climatique dé-
précipitations et de la rareté des ressources en pend de sa perception du phénomène, de la néces-
eau souterraine à cause de l’augmentation des sité d’apporter des solutions et des possibilités qui
prélèvement et besoins d’irrigation au cours des lui sont offertes. Dans une perspective d’adapta-
20 dernières années. Pour y faire face, treize tion aux changements climatiques, des recherches
mesures et pratiques d’adaptation ont été adop- futures doivent être menées afin d’améliorer les
tées par les irrigants allant du recours à l’éco- stratégies existantes ou développer de nouvelles
nomie de l’eau à l’abandon de l’activité irrigué stratégies. Pour ce faire, une bonne connaissance
et l’orientation vers l’agriculture pluviale. En et analyse des stratégies endogènes et de déter-
termes de stratégies d’adaptation, les différentes minants d’adaptation constitue un bon point de
mesures d’adaptations peuvent être classées départ pour orienter les politiques publiques et
dans deux types de stratégies potentiels : Une améliorer efficacement la résilience des agri-
première dite offensive. Elle comprend, princi- culteurs aux changements climatiques en zones
palement, l’équipement et l’approfondissement arides. En outre, des voies alternatives doivent
des puits, et location de terres plus riches en eau donc être trouvées, en fonction de la prévision de
dans d’autres zones. La deuxième catégorie est climat futur, à la fois en termes de conception et
dite défensive. Elle vise à adapter les systèmes de viabilité des mesures d’adaptation innovantes
de production à l’eau disponible sur l’exploita- à mettre en œuvre pour atténuer les effets des
tion compte-tenu des puits et forages existants. changements climatiques et soutenir la durabilité
Elle comprend la diversification des cultures, du secteur irrigué en zones arides. Dans ce sens,
les ajustements du calendrier agricole, le chan- des mesures d’adaptation doivent être prises dans
gement du système de culture et l’économie différentes conditions agro-écologiques et clima-
de l’eau d’irrigation à l’échelle de l’exploita- tiques à travers l’encouragement de la recherche
tion. La connaissance et la prise en compte de en matière d’évaluation et d’identification des op-
différentes pratiques et stratégies d’adaptation tions d’adaptation (paquet technologique agricole
permet d’identifier des options d’adaptation à adapté aux changements climatiques, diffusion de
la fois réalistes du point de vue de leur mise en nouvelles variétés tolérantes et de variétés pré-
œuvre et ambitieuses du point de vue de leurs coces adaptables aux changements climatiques,
objectifs et aider à élaborer des priorités pour etc.) à la fois réalistes du point de vue de leur
l’adaptation des ressources en eau pour l’irri- mise en œuvre et ambitieuses du point de vue de
gation. Néanmoins, leurs adaptations restent leurs objectifs. Dans le court et le moyen terme,
limitées, d’une part, par des contraintes informa- les possibilités d’adaptation du pays doivent
tionnelles, financières et techniques, et d’autre passer par la collecte des eaux de ruissèlement,
part, la généralisation des stratégies offensive est la recharge de la nappe, tarification incitative,
susceptible d’aggraver les impacts des change- amélioration de l’efficacité d’usage de l’eau d’ir-
ments climatiques et d’engendrer des pressions rigation à travers la généralisation de l’irrigation
sur les ressources en eau souterraine et met en goutte à goutte et la réduction des pertes en d’eau.
question la durabilité de ses pratiques sur le plan D’autres mesures peuvent être liées aux pratiques
économique et environnemental et accroît le culturales telles, l’optimisation des dates de semis
risque pour le secteur irrigué et la vulnérabilité en fonction des changements du climat, l’utilisa-
en particulier des petites exploitations, qui ont tion de semences sélectionnées et de variétés à
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