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FACULTÉ DES SCIENCES TECHNOLOGIQUES

Filière : Génie Electrique

Analyse et réalisation d’un onduleur monophasé :


Application aux systèmes photovoltaïques

MÉMOIRE PRÉSENTÉ ET DÉFENDU EN VUE DE L’OBTENTION DU


GRADE DE LICENCIÉ EN GÉNIE ÉLECTRIQUE

Présenté par : KANDOLO TCHANG Delphin

AOUT 2022
FACULTÉ DES SCIENCES TECHNOLOGIQUES
Filière : Génie Electrique

Analyse et réalisation d’un onduleur monophasé :


Application aux systèmes photovoltaïques

MÉMOIRE PRÉSENTÉ ET DÉFENDU EN VUE DE L’OBTENTION DU


GRADE DE LICENCIÉ EN GÉNIE ÉLECTRIQUE

Présenté par : KANDOLO TCHANG Delphin

Dirigé par : Prof. Dr. Ir. TUNGADIO DIAMBOMBA Hyacinthe-st

ANNEE ACADÉMIQUE 2021-2022


Résumé

L’évolution de la technologie a facilité le développement des énergies renouvelables, parmi


lesquelles l'énergie solaire. Cette source produit l’énergie électrique sous forme d’un courant
unidirectionnel (courant continu). Ceci rend son utilisation pour l’alimentation des appareils
domestique difficile à cause du fait que la plupart d’équipements électriques fonctionnent avec
le courant alternatif. D’où la nécessite de la conversion de l’énergie produite en utilisant un
élément capital le convertisseur. Dans le cas précis il est question d’utiliser un convertisseur
DC/AC. La difficulté d’avoir de l’énergie venant du réseau SNEL (Société Nationale
d’Electricité) fait que beaucoup de gens à Lubumbashi particulièrement se tournent vers
l’installation des systèmes photovoltaïques comme source secondaire d’énergie électrique. A
cause de cela une augmentation des demandes des convertisseurs pouvant supportés une
certaine puissance est aussi observée. La réalisation d’un convertisseur statique DC/AC
alimenté par une tension continue provenant des batteries ou des panneaux photovoltaïques est
l’étude proposée dans ce mémoire. Les travaux réalisés ont étés basé sur l’étude, la simulation
et la réalisation d’un onduleur monophasé. Le cahier de charge de cet onduleur indique
l’utilisation de différentes commandes basées sur l’emploi des transistors, le choix de ces
composants a pour critère la performance, la disponibilité et le faible coût. L’onduleur conçu
et construit après études est de 2000W /220V avec une fréquence de 50Hz. L’appareil est
construit avec des produits, des composants et des matériaux trouvés sur place ce qui permettra
de le revendre à un prix raisonnable selon notre standard de vie. Le principe de son
fonctionnement est une simple conversion de 12 V DC provenant des batteries à l’aide des
semi-conducteurs à une fréquence de 50Hz, pour 220V AC en passant par les enroulements
d’un transformateur.

Mots clés : Energie solaire, Onduleur, Semi-conducteurs.

i
DÉDICACES

Je dédie ce travail :
À mes très chers parents Etienne TCHANG-TCHANG et Thérèse MWAYUMA
BUKANGA pour l’éducation et le grand amour dont ils m’ont entouré, pour leurs soutiens
spirituel, matériel et moral, pour leurs encouragements et pour les sacrifices qu’ils ont
endurés, que Dieu me les gardes.

À mes adorables frères et sœurs : Perlette, Marianne, Hassan, Madonna, Gift, Benitha,
Thessia ;
À toute ma famille ;
À tous ceux qui me sont chers.

ii
REMERCIEMENTS

Je tiens avant tout à reconnaitre la grâce qui m’a été accordée de mener à terme cette formation,
pour cela je remercie DIEU le parfait Amour pour la merveilleuse personne que je suis.

Je voudrais exprimer ma reconnaissance ainsi que ma profonde gratitude à mon directeur de


mémoire le Professeur Docteur Ingénieur TUNGADIO DIAMBOMBA Hyacinthe-St pour son
suivi, sa disponibilité, ses conseils avisés et surtout sa bonté. J’ai eu le plaisir et une grande
chance de travailler avec un encadreur qui m’a aidé, en apportant une richesse exceptionnelle à
mes travaux par ses conseils. Je tiens donc ici à remercier de tout cœur monsieur Joël
MUSAMPA pour ses commentaires dans l’encadrement scientifique ainsi que pour son soutien
et ses efforts. Merci à monsieur Aubin MUTONDO pour sa générosité, son sens de l’humanité,
ses conseils et expériences mis à notre disposition toutes les fois que nous avions besoin de lui.
À tous mes professeurs pour la formation donnée au courant du cycle de licence, sans laquelle
la gestation de ce mémoire aurait été impossible.

Je ne saurais ne pas remercier très profondément mon grand-frère Luc BELLYO pour sa
disponibilité, sa compréhension et son orientation si riche à notre travail. À Tshela KALOMBO
Mariane pour tout ce que tu m'apportes au quotidien, tu n'as jamais cessé de m’encourager et
de me soutenir pour que je sois toujours le meilleur, je voudrais t’exprimer mes affections et
mes gratitudes. À Julien NYAMBI, Félix KIRUMYA, Jordy KAPAPA, Glody KALINDA,
Raymond BAHATI, David SIMFUKWE, Dan KAOMA, Merci d’avoir cru en moi et de
m’avoir toujours encouragé, ce qui d’une manière ou d’une autre m’a permis d’aller de l’avant.

Je tiens également à remercier mes collègues de promotion devenus amis : Joy KYONY, Loïs
KABWIKA, Jenovic KABENGELE, Victor MWEPU, Joraph ISSA, Samuel DIANDA, Paul-
Valery TSHIMBALANGA, Alicia LUMBU, Daniel DIBA, Jean-David MUTOMBO,
Benjamine BONDO, Jonathan BANZA, Landry KALAMBAYI, Ruth EBONDO, Justin
KAUTSHINGU, Daniel TCHIANGA, Théophile PETSHI, Terzian MPIANA, Delphonse
KIMBWELE, Charlotte BULUNGI, Samuel NGOMBE, Moïse BAKATUMANA pour tous les
bons moments passés en votre compagnie.
Il serait difficile de trouver des mots adéquats pour exprimer à quel point je suis reconnaissant.
J'en profite pour remercier tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce mémoire de près ou
de loin. Beaucoup d’amours.
iii
IN MEMORIAM

À notre amie Régine KASONGO qui nous a quittés avant de goûter aux fruits de ce travail et
qui a témoigné d’un amour sincère et digne durant sa vie. Son image ne s'effacera jamais de
notre esprit. Que son âme repose en paix.

iv
Table des matières
Résumé ........................................................................................................................................ i

DÉDICACES ............................................................................................................................. ii

REMERCIEMENTS ................................................................................................................. iii

IN MEMORIAM ....................................................................................................................... iv

Table des matières ...................................................................................................................... v

LISTE DES FIGURES ............................................................................................................ viii

LISTE DES ABREVIATIONS .................................................................................................. x

INTRODUCTION ...................................................................................................................... 1

Position du Problème et Justification ..................................................................................... 1

Objectifs Poursuivis ................................................................................................................ 2

Méthodologie .......................................................................................................................... 2

Délimitation ............................................................................................................................ 2

Bénéfice du Travail ................................................................................................................ 2

Organisation du Travail .......................................................................................................... 2

Chapitre 1 . GÉNÉRALITÉ SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES ET LA


CONVERSION PHOTOVOLTAÏQUE. .................................................................................... 5

1.1 Les Énergies Renouvelables ............................................................................................. 5

1.1.1 Introduction ................................................................................................................ 5

1.1.2 Différents types d’énergies renouvelables ................................................................. 5

1.1.2.1 Energie hydroélectrique .......................................................................................... 5

1.2 La conversion photovoltaïque .......................................................................................... 8

1.2.1 Cellule photovoltaïque ............................................................................................... 8

1.2.2 Module photovoltaïque ............................................................................................ 11

1.2.3 Panneau photovoltaïque ........................................................................................... 12

1.2.4 Système photovoltaïque ........................................................................................... 12

1.2.5 Avantages et inconvénients de l’énergie PV............................................................ 15

v
1.3 Conclusion ...................................................................................................................... 16

Chapitre 2 . ONDULEUR MONOPHASÉ POUR LA CONVERSION DC/AC .................... 18

2.1 Introduction .................................................................................................................... 18

2.2 Définition de l'onduleur .................................................................................................. 18

2.3 Types d’onduleurs .......................................................................................................... 18

2.3.1 Onduleur autonome .................................................................................................. 18

2.3.2 Onduleur non autonome ........................................................................................... 19

2.4 Principe de fonctionnement ............................................................................................ 19

2.5 Applications .................................................................................................................... 19

2.6 Commande de l’onduleur ............................................................................................... 20

2.6.1 Commande par Hystérésis ....................................................................................... 20

2.6.2 Commande par Modulation de largeur d’impulsion MLI ........................................ 21

2.7 Système de filtrage ......................................................................................................... 22

2.7.1 Filtre passe-bas LC .................................................................................................. 23

2.8 Modélisation de l’onduleur monophasé ......................................................................... 23

2.9 Conclusion ...................................................................................................................... 25

Chapitre 3 . SIMULATION D’UN ONDULEUR MONOPHASE SOUS MATLAB ............ 27

3.1 Introduction .................................................................................................................... 27

3.2 Simulation d'un onduleur monophasé............................................................................. 27

3.2.1 Description de la simulation .................................................................................... 27

3.2.2 Simulation avec la commande pleine onde .............................................................. 27

3.2.3 Simulation avec la commande MLI ......................................................................... 31

3.3 Conclusion ...................................................................................................................... 33

Chapitre 4 . RÉALISATION PRATIQUE ............................................................................... 35

4.1 Introduction .................................................................................................................... 35

4.2 Présentation du banc d’essai ........................................................................................... 35

4.3 Schéma électrique ........................................................................................................... 36

vi
4.4 Description de l’onduleur monophasé réalisé ................................................................ 36

4.4.1 Circuit de commande ............................................................................................... 37

4.4.2 Circuit de puissance ................................................................................................. 42

4.5 Résultats expérimentaux et Interprétation ...................................................................... 44

4.5.1 Charge R .................................................................................................................. 44

4.6.2 Charge RL ................................................................................................................ 45

4.6 Conclusion ...................................................................................................................... 46

CONCLUSION GENERALE .................................................................................................. 47

Bibliographie ............................................................................................................................ 48

ANNEXE ................................................................................................................................. 50

vii
LISTE DES FIGURES

CHAPITRE 1.
Figure 1.1 Fonctionnement d’une centrale hydroélectrique [4]. ................................................ 6
Figure 1.2 Génération d’électricité par une source d’énergie géothermique [6]........................ 6
Figure 1.3 Ferme éolienne on shore et offshore [8]. .................................................................. 7
Figure 1.4 Panneaux photovoltaïques [9]. .................................................................................. 7
Figure 1.5 Structure d’une cellule photovoltaïque. .................................................................... 8
Figure 1.6 Fonctionnement d’une cellule photovoltaïque. ......................................................... 9
Figure 1.7 Les types de cellules photovoltaïques. .................................................................... 10
Figure 1.8 Association des cellules PV en parallèle et en série. .............................................. 11
Figure 1.9 Ensemble composant un champ de modules photovoltaïques. ............................... 12
Figure 1.10 Schéma simplifié d’un système photovoltaïque. .................................................. 13
Figure 1.11 Système photovoltaïque autonome. ...................................................................... 13
Figure 1.12 Système photovoltaïque raccordée au réseau. ...................................................... 14
Figure 1.13 Système hybride PV-Eolienne. ............................................................................. 15

CHAPITRE 2.

Figure 2.1 Schéma de principe de la conversion Continu - Alternative (DC – AC). ............... 18
Figure 2.2 Principe de fonctionnement d’un onduleur [22]. .................................................... 19
Figure 2.3 Schéma basique d’un onduleur. .............................................................................. 20
Figure 2.4 Exemple de la configuration MLI unipolaire simulé avec Matlab (Simulink). ...... 21
Figure 2.5 Circuit de base d’un filtre passe bas LC. ................................................................ 23
Figure 2.6 Schéma d'un onduleur connecté à une charge linéaire avec un filtre LC. .............. 23

CHAPITRE 3.

Figure 3.1 Schéma de simulation d'un onduleur monophasé avec charge résistive ................. 28
Figure 3.2 Allure de la tension après simulation avec charge R. ............................................. 28
Figure 3.3 Allure du courant après simulation avec charge R. ................................................ 29
Figure 3.4 Schéma de simulation d'un onduleur monophasé avec charge inductive. .............. 29
Figure 3.5 Allure de la tension après simulation avec charge RL. ........................................... 30
Figure 3.6 Allure du courant après simulation avec charge RL. .............................................. 30

viii
Figure 3.7 Schéma de simulation d'un onduleur monophasé commande MLI avec charge
inductive. .................................................................................................................................. 31
Figure 3.8 Allure de la tension après simulation avec charge RL sans filtre. .......................... 32
Figure 3.9 Allure du courant après simulation avec charge RL sans le filtre. ......................... 32
Figure 3.10 Forme de la tension après le filtre. ........................................................................ 33

CHAPITRE 4.

Figure 4.1 Banc d’essai de l’onduleur monophasé................................................................... 35


Figure 4.2 Schéma électrique de l’onduleur. ............................................................................ 36
Figure 4.3 Onduleur de tension monophasé réalisé. ................................................................ 36
Figure 4.4 Schéma de principe du circuit générateur des signaux. .......................................... 37
Figure 4.5 Chronogramme de la variation des différentes tensions. ........................................ 38
Figure 4.6 Allure de la tension d’entrée et de sortie du bistable. ............................................. 39
Figure 4.7 Résultats de la simulation des signaux de commande. ........................................... 40
Figure 4.8 Sortie du générateur des signaux. ........................................................................... 40
Figure 4.9 Schéma de principe du circuit distributeur des signaux.......................................... 41
Figure 4.10 Schéma de principe du circuit de puissance. ........................................................ 42
Figure 4.11 Transistor MOSFETs. ........................................................................................... 43
Figure 4.12 Transformateur monophasé 12/220V. .................................................................. 44
Figure 4.13 L'allure du courant de sortie charge R. ................................................................. 44
Figure 4.14 allure du courant de sortie charge R (PROTEUS). ............................................... 45
Figure 4.15 L'allure de la tension de sortie charge RL. ............................................................ 45

ix
LISTE DES ABREVIATIONS

AC : Alternatif Current (courant alternatif)

CAO : Conception Assisté par Ordinateur

DC : Direct Current (courant continu)

GPV : Générateur Photovoltaïque

IGBT : Insulated Gate Bipolar Transistor (transistor bipolaire à grille isolée)

ISIS : Intelligent Schematic Input System

MLI : Modulation de Largeur Impulsions

MOSFET : Metal Oxide Semiconductor Field Effect Transistor (transistor à effet de champ)

PV : Photovoltaïque

PWM : Pulse Width Modulation

SNEL : Société Nationale d’Electricité

x
INTRODUCTION

Position du Problème et Justification

La consommation de l’énergie électrique dans le monde ainsi que dans notre pays est en
constante augmentation. La majeure partie de l'énergie consommée par la population provient
des combustibles fossiles tels que le pétrole, les gaz naturels et surtout du charbon de bois et,
l’utilisation continue et massive de ces derniers peut entraîner l'épuisement des réserves ce qui
met réellement en danger l'environnement. Danger manifesté particulièrement par la pollution
atmosphérique et le changement climatique. Ainsi, l'une des plus grandes préoccupations dans
le monde aujourd'hui est d'atténuer cette pollution en utilisant des sources d'énergies
renouvelables. Ces énergies, en particulier celle issue de l’astre solaire, s’est élargie durant ces
dernières années. Le rayonnement solaire constitue la ressource énergétique la mieux partagée
sur la planète terre et la plus abondante, une partie de ce rayonnement peut être exploitée pour
produire directement de l’électricité [1].

Le courant alternatif est généralement celui que l’on utilise dans les foyers pour l’éclairage, le
chauffage, la cuisine, la charge des ordinateurs, téléphones etc. Il est important de passer du
continu fourni par le panneau photovoltaïque vers une tension alternative de haute qualité d’où
l’importance d’avoir un onduleur. Les onduleurs sont des convertisseurs statiques qui
permettent d’obtenir une source de tension alternative, de valeur efficace fixe ou variable, à
partir d’une source de tension continue. La fonction réalisée est appelée conversion continu-
alternatif. L'onduleur de puissance est un appareil électronique qui comprend des éléments
semi-conducteurs tels que des interrupteurs et des diodes, ainsi que les éléments passifs
d’électroniques comme les résistances, les capacités et les inductances. Il est le cœur de tout
système photovoltaïque alimentant des charges en courant alternatif ou connecté à un réseau
électrique [2]. Grâce aux progrès technologiques réalisés ces dernières années dans le domaine
de l’électronique de puissance, les convertisseurs statiques voient progressivement leur champ
d’applications s’élargir.
Ayant constaté que la majorité des convertisseurs DC/AC sur le marché à Lubumbashi ont
certaines limites comme par exemple ne supportent pas les charges à grandes puissances et ceux
qui peuvent en supporter ont soit un coût très élevé (autour de 2 000 000 FC), soit ne les
supportent pas pendant un long moment. Nous nous proposons dans ce travail de présenter un

1
modèle de convertisseur dont l’utilisation sera plus particulièrement réservée à des applications
domestiques : un fer à repasser de 2000W si non, des lampes ou autres appareils
électroménagers ne dépassant pas cette puissance-là.

Objectifs Poursuivis

Les travaux développés dans ce mémoire visent à concevoir un onduleur monophasé performant
de par la qualité de sa tension ainsi que de sa puissance de sortie. Cet onduleur monophasé sera
destiné aux applications photovoltaïques autonomes, il pourra être puissant mais coûtera moins
cher.

Méthodologie

La méthodologie de recherche adoptée pour atteindre les objectifs mentionnés est basée sur
les deux points principaux :
 La recherche bibliographique approfondie et l’étude détaillée concernant les énergies
renouvelables, le système photovoltaïque, les onduleurs, afin de mieux cerner la
problématique de recherche et proposer des meilleures solutions appropriées ;
 L’évaluation des systèmes des onduleurs existants et la validation de diverses stratégies
de contrôle/commande développées par plusieurs tests et simulation sous
l'environnement Matlab/Simulink et PROTEUS.

Délimitation

Les travaux effectués dans ce mémoire se sont uniquement orientés vers les onduleurs pouvant
prendre des charges jusqu’à 2000 Watts.

Bénéfice du Travail

Grâce aux résultats des travaux de ce mémoire, les habitants de Lubumbashi ainsi que ceux des
milieux reculés pourront voir une partie de leurs problèmes résolue.

Organisation du Travail

Pour atteindre les objectifs fixés, ce mémoire est partagé en quatre chapitres :
 Le premier chapitre donne les généralités sur les sources d’énergies renouvelables
existantes, l’énergie solaire photovoltaïque, le principe de la conversion, les éléments
composant le système photovoltaïque ainsi que les différents types de systèmes.

2
 Le deuxième chapitre présente la base théorique du travail ; un aperçu de l'onduleur
monophasé, son principe de fonctionnement, différentes techniques de commande et
système de filtrage.
 La modélisation étant une technique nécessaire à l’étude, l’analyse, la synthèse, le
diagnostic et le contrôle des systèmes elle clôturera ce dernier. Le troisième chapitre
portera sur la simulation sous MATLAB SIMULINK.
 Le quatrième chapitre sera dédié à l’aspect pratique de réalisation de notre onduleur
ainsi que l’exposition des principes de base sur lesquels repose notre conception.
Enfin, nous terminerons par une conclusion générale et des perspectives à entreprendre dans
des futurs travaux.

3
Chapitre 1
GÉNÉRALITÉ SUR LES ÉNERGIES
RENOUVELABLES ET LA CONVERSION
PHOTOVOLTAÏQUE.

4
Chapitre 1 . GÉNÉRALITÉ SUR LES ÉNERGIES

RENOUVELABLES ET LA CONVERSION PHOTOVOLTAÏQUE.

1.1 Les Énergies Renouvelables

1.1.1 Introduction

L’épuisement des ressources énergétiques fossiles ainsi que les problèmes posés vis à vis du
respect de l’environnement, appellent au développement des énergies renouvelables. Une
source d'énergie est renouvelable, si sa consommation dans le présent ne limite pas son
utilisation dans le futur. C'est le cas de l'énergie du soleil, du vent, des cours d'eau, de la terre
et généralement de la biomasse. Ce qui n’est pas le cas pour les combustibles fossiles et
nucléaires.

1.1.2 Différents types d’énergies renouvelables

Les énergies renouvelables ont plusieurs ressources, on se limite ici à quatre ressources que
nous trouvons fondamentales selon leurs importances.

1.1.2.1 Energie hydroélectrique

Rappelons d’abord que l’énergie hydraulique est l’énergie renouvelable la plus mature et la plus
développée. L‘énergie électrique est produite par la transformation de l'énergie cinétique d’un
flux d’eau en énergie électrique par l’intermédiaire d’une ou des plusieurs turbines
hydrauliques, couplées à des générateurs électriques. La puissance maximale dépend de la
hauteur de chute, du débit d'eau et des caractéristiques mécaniques de la turbine [3]. Le principal
avantage énergétique de cette énergie est qu'elle n'est pas intermittente. La technologie
nécessaire à son utilisation est maîtrisée, les coûts de maintenance sont raisonnables, Les
installations sont prévues pour fonctionner longtemps. Cependant le coût de réalisation, le bruit,
l’impact sur la vie aquatique, des installations lourdes, et des sites limités pour l’exploitation
sont ses principaux inconvénients [5].

5
Figure 1.1 Fonctionnement d’une centrale hydroélectrique [4].

1.1.2.2 Energie de la géothermie

Dans le contexte des sciences pour l’ingénieur, le terme de « géothermie » regroupe des moyens
de capter l’énergie thermique de l’intérieur du globe terrestre et de l’utiliser comme source de
chaleur ou de la convertir en électricité par des turbines et générateurs électriques. Pour capter
l'énergie géothermique, un fluide est mis en circulation dans les profondeurs de la terre. Ce
fluide peut être celui d'une nappe captive naturelle, de l'eau injectée dans une roche chaude
imperméable ou dans des puits spéciaux. Dans tous les cas, le fluide se réchauffe et remonte
avec une température supérieure. Le principe d’utilisation de la géothermie pour générer
l’électricité est présenté sur la Figure 1.2.

Figure 1.2 Génération d’électricité par une source d’énergie géothermique [6].

6
1.1.2.3 Energie éolienne

Une éolienne est un dispositif qui transforme l'énergie cinétique du vent en énergie mécanique.
Ensuite cette énergie est transformée en énergie électrique par l'intermédiaire d’une machine
électrique. Les termes « parc éolien » ou « ferme éolienne » sont utilisés pour décrire les unités
de production groupées, installées à terre « on shore » ou dans la mer «Offshore ». Les coûts
d'investissement sont relativement élevés, surtout pour le «offshore »mais l'énergie primaire est
gratuite et l'impact environnemental est petit. Dans certaines régions, les éoliennes posent
quand même quelques problèmes, l’énergie éolienne ne suffit pas en elle-même à définir une
politique énergétique et environnementale, la solution serait de coupler l’électricité éolienne à
des panneaux solaires photovoltaïques [7].

Figure 1.3 Ferme éolienne on shore et offshore [8].

1.1.2.4 Energie photovoltaïque

Elle consiste à produire directement de l'électricité à partir de la lumière à l'aide de panneaux


solaires.

Figure 1.4 Panneaux photovoltaïques [9].

7
Cette forme d'énergie est déjà exploitée dans de nombreux pays, surtout dans les pays ou les
régions ne disposant pas de ressources énergétiques conventionnelles tels que les hydrocarbures
ou le charbon. Cette énergie a toutefois deux inconvénients, la production est liée aux conditions
climatiques et son rendement est relativement faible.

1.2 La conversion photovoltaïque

Tous les jours, le soleil fournit de l’énergie à la terre. On peut utiliser cette énergie gratuite
grâce à une technologie appelée photovoltaïque, qui transforme l’énergie solaire en électricité
à travers des modules photovoltaïques composés de cellules solaires. Le mot «photovoltaïque»
vient du mot grec « photos » qui signifie lumière et du mot « Volta » qui est le nom du physicien
italien « Alessandra Volta » qui, en 1800, découvrit la pile électrique. C’est « Alexandre
Edmond Becquerel » qui découvrit le principe de la conversion de la lumière en électricité en
1839. Il avait observé que certains matériaux faisaient des étincelles lorsqu’ils étaient exposés
à la lumière. De là, il démontra qu’il s’agissait d’une conversion directe de la lumière en
électricité [10].

1.2.1 Cellule photovoltaïque

1.2.1.1. Principe de fonctionnement d’une cellule PV

Une cellule photovoltaïque est un composant optoélectronique qui permet de convertir l’énergie
solaire en énergie électrique.

Figure 1.5 Structure d’une cellule photovoltaïque.

La structure la plus simple de ce dispositif est assimilable à une diode photosensible basée sur
des matériaux semi-conducteurs qui exploite l’effet photovoltaïque, un phénomène physique
propre à certains de ces matériaux, pour la transformation de l’énergie.

8
Lorsqu’un matériau semi-conducteur est exposé à la lumière du soleil, les atomes exposés au
rayonnement sont excités par les photons constituants la lumière, sous l’action de cette
excitation, les électrons des couches électroniques supérieures (appelés électrons des couches
de valence) ont tendance à être "arrachés". Ce principe est illustré sur la Figure 1.6. Si l’électron
revient à son état initial, l’agitation de l’électron se traduit par un échauffement du matériau.
L’énergie cinétique du photon est transformée en énergie thermique, sinon les électrons
"arrachés" créent une tension électrique continue faible qui varie en fonction du matériau et de
sa disposition ainsi que de la température de la cellule [10]. Afin d’effectuer la collecte du
courant électrique, des électrodes en forme de grille sont déposés sur les deux couches du semi-
conducteur. L’électrode supérieure permet le passage du rayon lumineux. Une couche anti reflet
est ensuite déposée sur cette électrode afin d’accroitre la quantité de lumière absorbée [11].

Figure 1.6 Fonctionnement d’une cellule photovoltaïque.

1.2.1.2 Types de cellules photovoltaïques (PV)

Une cellule photovoltaïque peut être réalisée avec de nombreux semi-conducteurs.


Aujourd’hui, la majorité des cellules photovoltaïques sont fabriqués à partir de silicium
cristallin (monocristallin ou poly-cristallin) ou en silicium amorphe. Ces technologies
coexistent sur le marché dans des proportions équivalentes depuis de nombreuses années malgré
des prix et des rendements très différents [12]. Le silicium cristallin est actuellement l’option
la plus populaire pour les cellules commerciales, bien que beaucoup d’autres matériaux soient
disponibles. En dehors du prix, le choix d'un type de cellule n'a que peu de conséquences pour
l'utilisateur, la principale différence sera la surface qui, à puissance égale, pourra varier du
simple au double.

9
a) Cellules au silicium monocristallin

Les cellules au silicium monocristallin illustrées sur la Figure 1.7 (a) offrent le meilleur
rendement parmi les panneaux solaires disponibles dans le commerce : entre 16 à 19%. Il faudra
donc moins de cellules pour atteindre la puissance désirée, mais comme le silicium
monocristallin est aussi le plus cher, son seul avantage est finalement d'utiliser une surface
réduite on obtient une puissance de 120 à 190 Wc /m2 [13].

b) Cellules au silicium poly-cristallin (ou multi cristallin)

Les cellules au silicium poly-cristallin ont en général un rendement compris entre 12 et 14%. Il
faut environ 8m2 de cellules pour obtenir 1kWc. Ces cellules sont plus simples à fabriquer et
moins chères que les cellules au silicium monocristallin, Les cellules poly-cristallines sont
reconnaissables aux formes irrégulières des cristaux qui apparaissent nettement à l’œil nu [13].

c) Cellules au silicium amorphe

Les cellules photovoltaïques amorphes sont fabriquées avec un gaz de silicium. Ce gaz peut
être projeté ensuite sur différents supports comme des plaques de verre, du plastique souple ou
encore du métal, via un procédé de vaporisation sous vide. Les cellules sont de couleur grise
foncée. Il s’agit d’un type de cellule bon marché, que l’on retrouve dans la plupart des objets
du quotidien fonctionnant à l’énergie solaire (calculatrice et montre solaire par exemple). Cette
technologie est pratiquée car utilisable sur de nombreux supports et elle peut fonctionner même
sous faible ensoleillement. Cependant ces cellules ont des rendements limité (de l'ordre de 5 à
7%, soit environ 15m2 pour obtenir 1kWc) [14].

Figure 1.7 Les types de cellules photovoltaïques.

10
1.2.2 Module photovoltaïque

La puissance disponible aux bornes d’une cellule est très faible vis-à-vis des besoins de la
plupart des applications domestiques ou industrielles. Pour produire plus de puissance, les
cellules photovoltaïques sont assemblées pour former un module photovoltaïque. Les
connections en série de plusieurs cellules augmentent la tension pour un même courant, tandis
que la mise en parallèle accroît le courant en conservant la tension. Pour obtenir des puissances
supérieures, il est donc nécessaire d’associer en série et/ou en parallèle plusieurs modules pour
former un panneau photovoltaïque [11]. Un groupement formé par la mise en série de 6 cellules
(a) et un groupement mixte formé par la mise en série de 6 cellules le tout en parallèle avec 6
autres cellules en série (b) est illustré dans la Figure 1.8.

Figure 1.8 Association des cellules PV en parallèle et en série.

Les modules photovoltaïques assurent les fonctions suivantes :


✓ Protection des cellules contre les agents atmosphériques.
✓ Protection mécanique et support.

✓ Connexion électrique entre cellules et avec l’extérieur [15].


A l’arrière de chaque module se trouve une boite de jonction contenant 2 diodes antiparallèles.
Ces diodes antiparallèles permettent d’éviter qu’un module au soleil ne se décharge dans un
module à l’ombre [11].

11
1.2.3 Panneau photovoltaïque

Le panneau PV se compose de plusieurs modules photovoltaïques interconnectés en série et/ou


en parallèle afin de produire la puissance requise crête définie selon des conditions spécifiques
d’éclairement et température. Ces modules sont montés sur une armature métallique qui permet
de supporter le panneau solaire avec un angle d’inclinaison spécifique [16]. L’orientation vers
le nord des modules permet de capter un maximum de lumière au cours de la journée et résulte
en un pic de production autour de midi. L’inclination joue un rôle très important pour capter le
maximum de flux solaire, les expériences ont montré qu’il suffit d’incliner le module d’un angle
autour de 30 degrés pour obtenir un meilleur rendement [17]. Pour chaque panneau on peut
avoir autant de sorties que de modules, ce qui fait qu’on aura besoin de boite de dérivation qui
regroupe le tout, alors cette boite de dérivation fixée sur une structure du montage a comme
rôle d’effectuer les connections entre les modules pour obtenir une puissance optimale en sortie
[11-15].

Figure 1.9 Ensemble composant un champ de modules photovoltaïques.

1.2.4 Système photovoltaïque

Un système photovoltaïque est un système d'énergie électrique conçu pour fournir au moyen
du photovoltaïque de l’énergie électrique. Il est formé de plusieurs composants, y compris des
panneaux solaires pour absorber et convertir la lumière du soleil en électricité, un onduleur
solaire pour convertir le courant continu en courant alternatif, ainsi qu’un régulateur pour
contrôler la charge de la batterie, le câblage et d'autres accessoires électriques pour mettre en
place un système de travail.

12
Figure 1.10 Schéma simplifié d’un système photovoltaïque.

Les systèmes photovoltaïques les plus couramment utilisés sont de trois types : autonome,
raccordée au réseau et hybride.

1.2.4.1 Systèmes autonomes

Les systèmes autonomes sont complètement indépendants d’autres sources d’énergie. Ils
servent habituellement à alimenter les maisons ou les camps dans les régions éloignées, lorsque
l’accès à un endroit est difficile ou coûteux, ou même lorsqu’un particulier ne veut plus
dépendre d’une société pour son approvisionnement en électricité.

Figure 1.11 Système photovoltaïque autonome.

13
Dans la majorité des cas, un système autonome exigera des batteries d’accumulateurs pour
stocker l’énergie ceux-là pour disposer d'électricité au cours de périodes sans lumière (la nuit
notamment).

1.2.4.2 Systèmes raccordés à un réseau

Il s’agit du système photovoltaïque le plus populaire pour les maisons et entreprises situées en
zones développées. La connexion au réseau local d’électricité permet d’injecter et de revendre
l’électricité produite. En cas d’ensoleillement insuffisant, l’électricité est importée du réseau.
Un onduleur est utilisé pour transformer le courant continu produit par le système
photovoltaïque en courant alternatif afin d’alimenter les équipements électriques standards.
Les systèmes raccordés au réseau permettent de réduire la consommation d’électricité
provenant du service public. Le propriétaire d’une installation de production raccordée au
réseau a le choix entre deux options :
a) Soit vendre la totalité de sa production (option dite : « Vente de la totalité »). Cette
option oblige à créer un point de raccordement au réseau indépendant du point de
raccordement destiné à la consommation.
b) Soit consommer sa production localement en fonction de son besoin et ne vendre que
l’excédent (option dite « Vente de l’excédent »), le réseau vient faire l’appoint quand la
production est insuffisante par rapport à la consommation [18], [19].
La Figure ci-dessous montre un exemple d’une installation de production d’électricité raccordée
au réseau pour la revente d’énergie.

Figure 1.12 Système photovoltaïque raccordée au réseau.

14
1.2.4.3 Les systèmes hybrides

Les systèmes hybrides sont ceux qui prennent une partie de leur énergie d’une ou de plusieurs
sources supplémentaires. En pratique, les modules de systèmes photovoltaïques sont souvent
alliés à une éolienne ou à une génératrice à combustible. De tels systèmes ont habituellement
des accumulateurs de stockage d’énergie. Afin de garantir un approvisionnement constant en
électricité. Ils conviennent mieux lorsque la demande d’énergie est élevée, lorsque l’énergie
doit être fournie sur demande ou si le budget est limité. Un système hybride peut être relié au
réseau, fonctionner en autonomie ou être soutenu par le réseau [18].

Figure 1.13 Système hybride PV-Eolienne.

1.2.5 Avantages et inconvénients de l’énergie PV

 Avantages
1. Pas de pollution directe ou indirecte (facteurs atmosphériques ou liquides,
produits de nettoyage, risque d’accident physique, ...) aucun déchet, aucune
perturbation pour l’environnement de proximité, c’est une énergie propre et
écologique.
2. Elle est exploitable pratiquement partout, la lumière du soleil étant disponible dans
le monde entier.
3. Haute fiabilité. L'installation ne comporte pas de pièces mobiles qui la rendent
particulièrement appropriée aux régions isolées. C'est la raison de son utilisation
sur les engins spatiaux.

15
4. L’équipement de production peut presque toujours être installé à proximité du lieu
de consommation, évitant ainsi les pertes en ligne.

 Inconvénients
1. Le rendement réel de conversion d’un module est faible, de l’ordre de 10-15 %
avec une limite théorique pour une cellule de 28%. Les générateurs
photovoltaïques ne sont compétitifs par rapport aux générateurs diesel que pour
des faibles demandes d’énergie en régions isolées.
2. Lorsque le stockage de l’énergie électrique sous forme chimique (batterie) est
nécessaire, le coût du générateur est accru. Le stockage de l’énergie électrique
pose encore de nombreux problèmes.
3. La fabrication du module photovoltaïque relève de la haute technologie et requiert
des investissements d’un coût élevé.
4. Sensible aux conditions météorologiques.

1.3 Conclusion

L’énergie solaire photovoltaïque est une des sources d’énergies renouvelables, ainsi qu’une des
technologies les plus importantes dans le développement durable. Dans ce chapitre, il a été
énoncé, de manière générale, les différentes ressources énergétiques permettant de produire de
l’électricité avec des sources à énergies renouvelables. Une présentation des différents
composants constituant un système photovoltaïque a été faite; en abordant le mode de
production de l’énergie électrique par la mise en série et/ou parallèle des cellules ou bien des
modules photovoltaïques et leurs protections; aussi présenté les différentes configurations
électriques à savoir les structures autonomes, connectées au réseau et les configurations
hybrides. Enfin nous avons cité les avantages et inconvénients de l’énergie solaire
photovoltaïques. Le chapitre suivant, sera destiné à l’étude de l’onduleur monophasé destiné
aux systèmes photovoltaïques autonomes, son principe de fonctionnement et sa commande
seront abordés.

16
Chapitre 2
ONDULEUR MONOPHASÉ POUR LA
CONVERSION DC/AC

17
Chapitre 2 . ONDULEUR MONOPHASÉ POUR LA CONVERSION

DC/AC

2.1 Introduction

Le générateur photovoltaïque nous produit une énergie continue, il est nécessaire de la convertir
en alternatif afin de satisfaire l’alimentation des charges, cette conversion est assurée par
l’onduleur. Dans ce chapitre, nous allons étudier un onduleur monophasé destiné à une
application photovoltaïque autonome.

2.2 Définition de l'onduleur

Un onduleur est un convertisseur statique assurant la conversion d’énergie électrique de la


forme continue (DC) à la forme alternative (AC). En fait, cette conversion d'énergie est
satisfaite au moyen d'un dispositif de commande (transistor). Il permet d’obtenir aux bornes du
récepteur une tension alternative réglable en fréquence et en valeur efficace, en utilisant ainsi
une séquence adéquate de commande [20].

Figure 2.1 Schéma de principe de la conversion Continu - Alternative (DC – AC).

2.3 Types d’onduleurs

Deux grandes catégories distinguent les onduleurs :

2.3.1 Onduleur autonome

Un onduleur est dit autonome s’il est capable de générer sa propre tension alternative et la
fréquence obtenue en sortie est fixée par son circuit de commande.

18
Nous distinguons deux types d’onduleur autonome :
 Les onduleurs de tension alimentée par une source de tension continue.
 Les onduleurs de courant alimentés par une source de courant continue.

2.3.2 Onduleur non autonome

Un onduleur est dit non autonome ou assisté si sa fréquence et la forme de sa tension sont
imposées par le réseau alternatif sur lequel est branché le convertisseur. C’est le cas du
fonctionnement en mode onduleur des redresseurs commandés à thyristor. La fréquence et la
forme de la tension sont imposées par le réseau alternatif qui assure la commutation des
thyristors [21].

2.4 Principe de fonctionnement

L’énergie à l’entrée de l’onduleur étant continue et celle en sortie alternative, cela laisse voir
que son principe de fonctionnement est basé sur la commutation. Cette commutation est réalisée
grâce à des interrupteurs qui commutent de façon alternative. A l’exemple de K1 et K2 sur la
figure ci-dessous, lorsque K1 est fermé et K2 ouvert une tension positive E se retrouve au borne
de la charge ; et lorsque K2 est fermé et K1 ouvert une tension négative -E se retrouve au borne
de la charge et ainsi de suite.

Figure 2.2 Principe de fonctionnement d’un onduleur [22].

2.5 Applications

Les onduleurs autonomes sont employés dans des nombreux domaines en électricité ils ont des
multiples applications :
 les alimentations de secours ;
 les alimentations sans interruption ;
 le raccord des panneaux solaires au réseau électrique ;

19
 les variateurs de vitesse des machines alternatives : la tension du réseau est redressée
puis un onduleur fabrique une tension dont la fréquence et la forme sont réglables ;
 dans le domaine des véhicules électriques et hybrides, l'onduleur permet de transformer
la tension de batterie continue en tension sinusoïdale, admissible par les machines
synchrones et asynchrones ;
 transfert d’énergie entre deux réseaux de fréquences différentes.

2.6 Commande de l’onduleur

Une fois le choix des interrupteurs fait, il faut élaborer une commande pour les piloter.
L’objectif de la commande est de générer les ordres d’ouverture et de fermeture des
interrupteurs de sorte que la tension créée par l’onduleur soit la plus proche de la tension de
référence. Pour cela, les principales techniques de commande utilisées pour les convertisseurs
sont [23] :
 la commande par hystérésis (simple ou modulée) et
 la commande MLI (Modulation de largeur d’impulsion) ou aussi appelée PWM
(Pulse-width modulation).

Figure 2.3 Schéma basique d’un onduleur.

2.6.1 Commande par Hystérésis

Le principe de contrôle des courants par hystérésis consiste à établir le signal d'erreur
(différence entre le courant de référence et le courant du compensateur actif). Cette erreur est
comparée à un intervalle appelé bande d'hystérésis qui génère la commande des interrupteurs.
L'hystérésis modulée utilise en plus une fréquence fixe de commutation des semi-conducteurs.

20
2.6.2 Commande par Modulation de largeur d’impulsion MLI

La modulation à largeur d'impulsion est utilisée pour créer des signaux de déclenchement pour
les quatre interrupteurs de l'onduleur de façon appropriée. En effet, dans un onduleur, les
commutateurs doivent être commandés dans une certaine séquence pour créer une tension de
sortie sinusoïdale. Ainsi, une forme d'onde de référence est requise et est appelée : signal de
modulation (ou de commande). Ce signal est comparé à une porteuse, généralement de forme
triangulaire, qui contrôle la fréquence de commutation tandis que le signal de référence contrôle
l'amplitude et la fréquence de la tension de sortie [24]. Il existe deux méthodes de modulation,
la modulation unipolaire et la modulation bipolaire.

Pour la modulation unipolaire, la tension de sortie de l'onduleur Vinverter passe de +VDc à 0 ou


de -VDc à 0. Pour la modulation bipolaire, la tension de sortie Vinverter est soit +VDc ou -VDc. En
effet, lorsque le signal de référence est plus grand que la porteuse, les interrupteurs 1 et 4 (haut
gauche et bas droit en Figure 2.3) sont actifs et lorsque le signal de référence est plus petit que
la porteuse alors ce sont les interrupteurs 3 et 2 (haut droite et bas gauche, en Figure 2.3). On
peut observer un exemple en Figure 2.4 de la configuration unipolaire avec les états des
interrupteurs 1 et 4. La modulation unipolaire a l'avantage d'être facilement exécutable, mais
elle génère plus d'harmoniques indésirables qu'une modulation bipolaire [25]. Ainsi pour
améliorer le contenu harmonique, il est préférable de choisir une modulation à largeur
d'impulsion bipolaire pour la commande de l'onduleur.

Figure 2.4 Exemple de la configuration MLI unipolaire simulé avec Matlab (Simulink).

21
2.6.2.1 Caractéristiques de la modulation

La technique de la MLI se caractérise par deux grandeurs :


 Le coefficient de réglage : qui est défini comme étant le rapport de la valeur maximale
de la tension sinusoïdale Vmax et de la valeur maximale de la tension triangulaire Vtrimax.
Il permet de déterminer l'amplitude du fondamental de l'onde de modulation de largeur
d'impulsion.
𝑉√2
𝑟= (2.1)
𝑉𝑡𝑟𝑖𝑚𝑎𝑥

 L’indice de modulation : Il est défini comme étant le rapport de la fréquence de l'onde


porteuse à celle de l'onde modulante [22].
𝑓𝑡
𝑚= (2.2)
𝑓
Lorsque le facteur de modulation augmente, les fréquences des premiers harmoniques non
négligeables augmentent ce qui rend le filtrage plus simple.

2.6.2.2 Avantages et inconvénients de la MLI

 Avantages
1. Permet de produire un courant de charge très voisin d’une sinusoïde ;
2. Diminue les harmoniques supplémentaires et non souhaitées présentes dans les
courants générés par l'onduleur ;
3. Grande fiabilité.
 Inconvénients
1. Augmente les pertes par commutation qui sont dues à la haute fréquence de
commutation ;
2. Plus couteux pour les applications domestiques ;
3. Circuit complexe ;

2.7 Système de filtrage

La tension et/ou le courant de sortie des onduleurs contient un nombre important d’harmoniques
multiples de la fréquence de commutation des bras d’interrupteurs. Pour la majorité
d’onduleurs, un filtre de sortie passe-bas est nécessaire pour obtenir la sortie de fréquence
fondamentale.

22
2.7.1 Filtre passe-bas LC

Les filtres passe-bas du second ordre représentent une grande partie de filtres présents dans les
systèmes de génération distribuée d’électricité, essentiellement les systèmes autonomes. Ces
filtres, dont le circuit de base est illustré par la Figure 2.5, sont constitués de la connexion d’une
bobine d’inductance L et d’un condensateur de capacité C en plus des résistances équivalentes
respectives à chaque élément. Cette disposition permet d’éliminer les harmoniques dues à la
commutation des interrupteurs de puissance [26].

Figure 2.5 Circuit de base d’un filtre passe bas LC.

L’équation ci-dessous est celle qui est donnée par la fréquence de coupure qui caractérise ces
filtres.
1
𝑓𝑐 = (2.3)
2𝜋√𝐿𝐶

2.8 Modélisation de l’onduleur monophasé

Pour notre étude, la forme de la Figure 2.6 est utilisée. Elle se compose de l’onduleur
monophasé en pont constitué de quatre transistor MOSFET (ou IGBT). Le filtre LC est utilisé
pour filtrer la tension en sortie de l’onduleur et la charge R est considérée linéaire.

Figure 2.6 Schéma d'un onduleur connecté à une charge linéaire avec un filtre LC.

En observant la Figure ci-dessus et en utilisant les lois de KIRCHHOFF (nœuds et mailles),


deux cas possibles se présentent :

23
 1er cas (S1 et S4 ouverts ; S2 et S3 fermés) :

𝑑𝑖𝐿 1 1
= 𝑉𝑑𝑐 − 𝑉𝑐 (2.4)
𝑑𝑡 𝐿𝑐 𝐿𝑐

𝑑𝑉𝑐 1 1
= 𝑖𝐿 − 𝑉 (2.5)
𝑑𝑡 𝐶 𝑅𝐶 𝑐

Avec Vdc la tension produite par une batterie ou un panneau solaire. Ainsi des expressions
précédentes nous pouvons déduire le modèle d’état de forme :

Ẋ(𝑡) = 𝐴𝑋(𝑡) + 𝐵𝑈(𝑡) (2.6)

Avec comme matrice d’état ;

𝑖𝐿 (𝑡)
𝑋(𝑡) = [ ] (2.7)
𝑉𝑐 (𝑡)
Et

1
0 −
𝐿𝑐
𝐴= (2.8)
1 1

[𝐶 𝑅𝑐 ]

1
𝐵 = [𝐿𝑐 ] (2.9)
0

 2em cas (S2 et S3 ouverts ; S1 et S4 fermés) :

𝑑𝑖𝐿 1 1
= − 𝑉𝑑𝑐 − 𝑉𝑐 (2.10)
𝑑𝑡 𝐿𝑐 𝐿𝑐

24
𝑑𝑉𝑐 1 1
= 𝑖𝐿 − 𝑉 (2.11)
𝑑𝑡 𝐶 𝑅𝐶 𝑐

Ainsi des expressions précédentes nous pouvons déduire le modèle d’état de forme :

Ẋ(𝑡) = 𝐴𝑋(𝑡) + 𝐵𝑈(𝑡) (2.12)

Avec comme matrice :


1
0 −
𝐿𝑐
𝐴= (2.13)
1 1

[𝐶 𝑅𝑐 ]

1

𝐵 = [ 𝐿𝑐 ] (2.14)
0

2.9 Conclusion

Dans ce chapitre consacré aux généralités sur l’onduleur monophasé, il a été question de
présenter les différents types d’onduleurs (autonomes et non autonomes), le principe de
fonctionnement de ceux-ci, le type de commande par hystérésis par modulation à largeur
d’impulsion qui sont les meilleurs commandes parce qu’ils font sortir une tension proche de la
tension sinusoïdale ces types de commandes ont aussi leurs inconvénients tel qu’ils sont
couteux et rare sur le marché. Ensuite vu le nombre d’harmoniques dues à la commutation des
interrupteurs l’utilisation d’un filtre passe-bas a été proposée comme solution. Enfin nous avons
abouti à l’interprétation mathématique des phénomènes physique de l’onduleur c’est-à-dire sa
modélisation qui a donné deux matrices pour les deux sens de courant. Le prochain chapitre
consiste à la simulation de l’onduleur en présentant les résultats avec interprétation en utilisant
le logiciel Matlab (Simulink).

25
Chapitre 3
SIMULATION D’UN ONDULEUR
MONOPHASE SOUS MATLAB

26
Chapitre 3 . SIMULATION D’UN ONDULEUR MONOPHASE

SOUS MATLAB

3.1 Introduction

Après l’étude des systèmes photovoltaïques faite dans le premier chapitre et de l’onduleur
monophasé dans le deuxième, nous entamons la simulation de l’onduleur monophasé en pont
commandé à pleine onde et par la technique de MLI, à l’aide du logiciel MATLAB (Simulink),
sachant que la simulation numérique permet d’aboutir à l’amélioration des performances, de la
durée de vie et des coûts des produits, ainsi qu’une meilleure appréhension des phénomènes
physiques.

3.2 Simulation d'un onduleur monophasé

Nous simulons un onduleur monophasé en utilisant deux commandes : Pleine onde et MLI.

3.2.1 Description de la simulation

Le système est fait d’un circuit qui illustre un convertisseur monophasé, (Convertisseur à pont
complet). Le convertisseur est construit avec le bloc MOSFET qui est le bloc de base de
plusieurs convertisseurs. Comme le bloc IGBT / Diode le bloc MOSFET est un modèle
simplifié ici constitué de deux paires IGBT (ou MOSFET) / Diode. Les blocs MOSFET et
diodes individuels ont été choisis pour une représentation plus détaillée. Le circuit utilise la
tension continue (VDc = 240 V), la fréquence de la porteuse est variable ainsi que et l'indice de
modulation. L’exécution de la simulation est d’abord faite en utilisant un générateur de signal
carré pour la commande pleine onde et un générateur de signal PWM pour la commande MLI.
L'onduleur pont complet génère une tension variant entre 0 et + 240V pendant un demi-cycle
puis entre 0 et -240V pour le demi-cycle suivant.

3.2.2 Simulation avec la commande pleine onde

Dans la commande pleine onde, la tension de sortie est générée en faisant commuter les
interrupteurs à la fréquence souhaitée pour la tension. Pour chaque branche du pont, chaque
interrupteur est maintenu alternativement Transistor 1 et 4 fermés puis Transistor 2 et 3 ouverts
durant des intervalles égaux à la moitié de la période T (0 à T/2 puis T/2 à T) avec T valant 1/f
et où f correspond à la fréquence souhaitée pour la ou les tensions de sortie.

27
a) Charge Résistive

La Figure 3.1 montre la simulation d’un onduleur monophasé avec charge R en


utilisant la commande pleine onde.

Figure 3.1 Schéma de simulation d'un onduleur monophasé avec charge résistive

Après simulation la visualisation des allures de la tension et du courant aux bornes de la


charge résistive est comme suite :

Figure 3.2 Allure de la tension après simulation avec charge R.

28
Figure 3.3 Allure du courant après simulation avec charge R.

 Observation
Nous constatons que :
1. La tension comporte 2 niveaux : + 240V / - 240V
2. L’allure du courant suit celle de la tension les deux étant en phase.

b) Charge Inductive

La Figure 3.4 montre la simulation d’un onduleur monophasé avec charge R-L en utilisant la
commande pleine onde.

Figure 3.4 Schéma de simulation d'un onduleur monophasé avec charge inductive.

29
Après simulation la visualisation des allures de la tension et du courant aux bornes de la
charge inductive est comme suite :

Figure 3.5 Allure de la tension après simulation avec charge RL.

Figure 3.6 Allure du courant après simulation avec charge RL.

Nous constatons que :


1. La tension est alternative ; elle comporte 2 niveaux : + 240V / - 240V
2. Le courant du convertisseur DC/AC est de la forme exponentielle.
Il faut noter que la stratégie de la commande onde pleine est la plus simple. Ainsi, le courant de
sortie est très riche en harmoniques de basses fréquences. La Figure 3.6 montre la forme du
courant.

30
3.2.3 Simulation avec la commande MLI

La commande MLI, comme expliquée dans le point 2.6.2 de ce travail, est déduite de la
comparaison entre le signal variable Svar (un signal sinusoïdal d'amplitude variable et de
fréquence f qui détermine la fréquence de la tension de sortie) et de porteuse S, (un signal
triangulaire d'amplitude fixe et de fréquence très élevée). L'utilisation de cette commande va
permettre d'éliminer les premiers rangs d'harmoniques de courant pour l'amélioration du facteur
de puissance. Toutefois il faut retenir que cette technique ne résout pas vraiment le problème
des harmoniques de courant. La Figure 3.7 montre la simulation d’un onduleur monophasé avec
charge RL en utilisant la commande MLI.

Figure 3.7 Schéma de simulation d'un onduleur monophasé commande MLI avec charge
inductive.

Après simulation la visualisation des allures de la tension et du courant aux bornes de la


charge inductive dans la commande MLI est comme suit :

31
Figure 3.8 Allure de la tension après simulation avec charge RL sans filtre.

Figure 3.9 Allure du courant après simulation avec charge RL sans le filtre.

Nous constatons que :


1. La tension est alternative ; elle comporte 2 niveaux : + 240V / - 240V
2. Le courant du convertisseur DC/AC est sinusoïdal et comporte des ondulations à la
fréquence de la porteuse.

32
Figure 3.10 Forme de la tension après le filtre.

3.3 Conclusion

Dans ce chapitre :
Il a été question d’analyser le comportement de l’onduleur, en effet les résultats de simulation
du système sous MATLAB-SIMULINK de la commande pleine onde et la commande MLI ont
permis de constater l’allure de la tension et du courant de charge d’abord avec une charge
résistive ensuite avec une charge inductive. Les simulations ont apportés un éclaircissement sur
la théorie vue, car elles montrent la différence entre les deux commandes tout en désignant la
commande M.L.I comme la meilleure, vu la forme de la tension de sortie qui se rapproche d’une
sinusoïde contrairement aux signaux carrés de la commande pleine onde. Le chapitre suivant
sera consacré à la réalisation d’un onduleur monophasé dédié aux systèmes photovoltaïques
pour des applications domestiques.

33
Chapitre 4
RÉALISATION PRATIQUE

34
Chapitre 4 . RÉALISATION PRATIQUE

4.1 Introduction

À partir des chapitres précédents nous avons pu avoir une idée sur le principe de fonctionnement
de l’onduleur. Ce chapitre est consacré à la réalisation d’un onduleur monophasé dont la sortie
est de 220V, 50Hz à partir d’une source de tension continue de 12V. Il est aussi réservé à la
validation expérimentale, la base de notre réalisation pratique repose sur une connaissance
théorique préalable qui permet de composer les différents circuits à partir des expériences et
tests. La simulation étant une étape importante avant la réalisation de notre projet afin de tester
le circuit réalisé. Nous avons utilisé un logiciel qui permet la conception assistée par ordinateur
(CAO) appelé Proteus dans sa partie ISIS.

L’onduleur réalisé comporte deux parties essentielles, qui sont :

 le Circuit de commande et
 le Circuit de puissance.

4.2 Présentation du banc d’essai

La majorité de taches qui concerne la réalisation de notre onduleur monophasé (test, soudage
des composants électroniques etc.), ont été réalisées et finalisés dans l’atelier génie électrique
de l’Université Nouveaux Horizons.

Figure 4.1 Banc d’essai de l’onduleur monophasé

35
4.3 Schéma électrique

Figure 4.2 Schéma électrique de l’onduleur.

4.4 Description de l’onduleur monophasé réalisé

Figure 4.3 Onduleur de tension monophasé réalisé.

36
L’onduleur réalisé a deux parties principales :

1. Le circuit de puissance.
2. Le circuit de commande.

4.4.1 Circuit de commande

Il se compose de deux grandes parties :

a) La partie génératrice des signaux

Pour la conception du générateur, notre choix s’est porté sur celui à transistor toujours dans le
but de réduire le coût et d’avoir une réalisation facile à la place du générateur à circuit intégré.
Cela a pour avantage de rendre la détection des pannes et la réparation simple, nous n’avons
pas non plus voulu utilisé des cartes Arduino programmable dans le but de limiter les dépenses
et d’éviter les perturbations dans le fonctionnement (Disfonctionnement).
Le générateur utilise deux types de bascule :
1. l’un c’est l’astable qui est le générateur central délivrant des signaux carrés.
2. et l’autre le bistable venant corriger les signaux de l’astable et le divise par deux pour
donner deux signaux symétriques de même nature.

Figure 4.4 Schéma de principe du circuit générateur des signaux.

37
- FONCTIONNEMENT DE L’ASTABLE

On suppose qu’au début les condensateurs sont déchargés au moment de la mise sous tension,
les deux condensateurs se chargent rapidement à travers R4 et R5 et les jonctions "base-
émetteur". Les deux transistors Q1 et Q2 tendent à se saturer mais un va se saturer avant l'autre.
Supposons que ce soit Q1 qui se sature le premier. Si Q1 se sature cela signifie que U CE1=0
l'armature positive de C1 est mise à la masse et on a VC1+UBE2=0 ; UBE2=-VC1. Le transistor Q2
se bloque, le condensateur C2 va se charger jusqu'à la valeur VC2=5-0,7=4,3V. Une fois C2
chargé, la saturation de Q1 est maintenue à travers R2 Le condensateur C1 est lentement chargé
en inverse à travers la résistance R1 la tension VC1 passe d'une valeur positive à une valeur
négative et va tendre vers -5V mais cette tension ne va jamais atteindre cette valeur. Pour VC1=-
0,7V, le transistor Q2 va se mettre à conduire et va se saturer, ceci va entraîner que VCE2=0 ;
UBE1+VC2=0 ; UBE1=-VC2 et le transistor Q1 va se bloquer, le condensateur C1 va se charger
rapidement jusqu'à la valeur de 4,3V. Une fois C1 chargé, la saturation de Q2 est maintenue à
travers R1.
Le condensateur C2 est lentement chargé en inverse à travers R2. La tension VC2 passe d'une
valeur positive à une valeur négative, lorsque VC2=-0,7V. T1 va se remettre à conduire et le
cycle recommence.

Figure 4.5 Chronogramme de la variation des différentes tensions.

38
- FONCTIONNEMENT DU BISTABLE

Au début en absence d'une impulsion de déclenchement, un transistor est bloqué et l'autre


saturé. Supposons que Q3 soit bloqué et Q4 saturé. A l'instant t1 on applique la première
impulsion, le transistor Q3 se sature, ce qui met le collecteur de Q3 à la masse et entraîne le
blocage de Q4. Après la disparition de l'impulsion à l'instant t2, la saturation de Q3 est
maintenue à travers R11 et R8. La tension VS est sensiblement égale à VCC. A l'instant t=t3 on
applique une impulsion négative à la base deT1. Le transistor Q3 se bloque et le blocage de Q3
entraîne la saturation de Q4. Après la disparition de l'impulsion, la saturation de Q4 est
maintenue travers R10 et R7. La sortie VS=0. Ces différentes variations de tensions sont
représentées sur la figure suivante.

Figure 4.6 Allure de la tension d’entrée et de sortie du bistable.

L’astable et le bistable utilisent des transistors simples et très sensibles c’est-à-dire le transistor
de faible puissance, dans notre montage nous allons utiliser les transistors C8050 pour les deux
montages astable et bistable. Apres la simulation nous obtenons les deux signaux de la
commande des transistors :

39
Figure 4.7 Résultats de la simulation des signaux de commande.

La Figure ci-dessous présente l’allure des signaux réels du circuit de la commande générateur
des signaux :

Figure 4.8 Sortie du générateur des signaux.

b) La partie distributeur des signaux

Le circuit distributeur est un élément de grande importance car c’est lui qui contrôle et qui
gère la distribution des quatre signaux à transmettre aux quatre MOSFETs pour leurs
commandes. Son fonctionnement est tel qu’il comprend des transistors montés en push-pull et
formant des portes logiques, ici des portes inverseuse NO (en logique TTL); cette porte nous
permettra de contrôler le signal sous forme de 1 ou 0, le signe négatif (-) comme point 0 et le
signe positif (+) comme point 1.

40
Pour ce montage nous utiliseront 4 portes inverseuses qui nous serviront de commande des
MOSFETs comme sur le schéma ci-dessous.

Figure 4.9 Schéma de principe du circuit distributeur des signaux.

Apres avoir réalisé ces portes, elles sont interconnectées deux à deux pour une bonne
commande et cette commande verrouille deux transistors qui sont en série, l’un au positif et
l’autre au négatif ; par conséquent le fonctionnement de deux transistors est respectivement
logique.

41
4.4.2 Circuit de puissance

Figure 4.10 Schéma de principe du circuit de puissance.

4.4.2.1 Calcul du pont H

Choix des transistors MOSFET de puissance du pont H :


𝑃1 2000
Sachant que 𝐼1 𝑉𝐵𝑎𝑡 = 𝑃1 → 𝐼1 = = = 167 𝐴
𝑉𝐵𝑎𝑡 12

Les MOSFET sont choisis sur la base des caractéristiques suivantes :


 Ils doivent pouvoir supporter un courant continu supérieur à 167 A ;
 Avoir une petite résistance RdsON qui permettra de réduire la puissance dissipée ;
 Une résistance thermique RthJC petite qui permettra d’utiliser un petit radiateur ;
 Pour l'état off, le transistor doit être capable de faire passer une tension supérieure à
12V.

Le choix a été finalement porté sur le IRFP O64 N pour des raisons alliant la qualité et le prix,
il possède les caractéristiques suivantes :

42
Tableau 4.1 Paramètres des MOSFETs.

Paramètres Vds IDmax Rds


Valeurs 55V 110A 0,008Ω

Dans le de but de gérer un courant élevé et partager la charge ainsi que de réduire la quantité
de chaleur générée sur l'ensemble du circuit, l’utilisation d'un réseau MOSFET parallèle est
indispensable, ce qui est possible lorsque tous les MOSFET sont identiques.
Néanmoins la résistance de grille doit rester à la même valeur pour tous les transistors cela pour
garder le temps de déclenchement de chaque MOSFET le même.

Figure 4.11 Transistor MOSFETs.

4.4.2.2 Le transformateur

Un transformateur est une machine statique à induction magnétique généralement utilisé pour
modifier les caractéristiques de l’énergie électrique alternative afin de la rendre aussi commodes
que possible. Selon la loi de Faraday, lorsqu’un flux d’induction magnétique variable circule
dans le circuit magnétique, il induit dans chacun des enroulements une force électromotrice
proportionnellement dans le temps aux taux de changement (dφ/dt) et au nombre de spire que
comporte cet enroulement. Cet appareil est d’un emploi absolument universel, en effet il
transforme les signaux des sources de tensions et de courants sinusoïdaux en signaux de même
fréquence mais de valeurs efficaces généralement différentes.
Pour notre onduleur nous avons utilisé un transformateur monophasé de 12V au primaire et
220V au secondaire.

43
Figure 4.12 Transformateur monophasé 12/220V.

4.5 Résultats expérimentaux et Interprétation

4.5.1 Charge R

L’onduleur réalisé est testé en changeant des charges résistives, ici un potentiomètre de 100
kOhms. La Figure ci-dessous montre l’allure de du courant au borne des charges.

Figure 4.13 L'allure du courant de sortie charge R.

44
Interprétation des résultats
La charge résistive ne modifie pas l’image du courant, le constat est que la forme du courant
traversant la charge prend la même forme que la tension, les mêmes résultats acquis dans l'étude
faite par simulation.

Figure 4.14 allure du courant de sortie charge R (PROTEUS).

4.6.2 Charge RL

L’onduleur réalisé est testé avec une charge composée d’une résistance associée à un élément
faiblement inductif (bobine d’un transformateur).

Figure 4.15 L'allure de la tension de sortie charge RL.

45
 Interprétation des résultats
Les résultats obtenus sont très proche aux résultats de simulation, le constat est que la forme
tension est la même. Les mêmes résultats acquis dans l'étude faite par simulation.

4.6 Conclusion

Ce chapitre a été dédié à la réalisation de l'onduleur et à la présentation des résultats de


validation expérimentale de celui-ci. Il a commencé par la simulation sous Proteus de l'onduleur
cela pour permettre de confirmer, la fiabilité de onduleur réalisé à travers la comparaison des
tests avec les charges (résistive ou/et inductive). Les différents résultats obtenus par la
simulation sont en adéquation avec les résultats obtenus par la réalisation. Ce qui nous a permis
de valider le bon fonctionnement de notre onduleur.

46
CONCLUSION GENERALE

L’objectif principal de ce travail a été d'étudier et de concevoir un onduleur d'une puissance de


sortie d'environ 2000W avec une tension d'entrée de 12 V continue et une tension de sortie de
220 V alternatif à une fréquence de 50 Hz. Ce travail est organisé en quatre chapitres, précédés
d’une introduction. Dans le premier chapitre, un rappel sur les différentes ressources d’énergies
renouvelables est présenté, en se focalisant sur l’energie solaire et la conversion photovoltaïque.
Le deuxième chapitre a en un premier lieu, grâce à une étude bibliographique permis de rappeler
les théories sur le principe de fonctionnement des onduleurs monophasés et leurs applications.
En second lieu, le travail a été consacré à la modélisation qui a abouti à une matrice d’état de
l’onduleur.
Le troisième chapitre est réservé à la simulation de l’onduleur avec différentes technique de
commande à savoir la commande pleine onde, qui est la plus simple à manipuler mais qui offre
un taux d’harmoniques élevés ; ensuite la commande MLI cette dernière donne la meilleure
forme de tension qui se rapproche de la forme sinusoïdale avec un taux d’harmonique réduit.
Au dernier chapitre de ce travail, qui est la partie la plus importante, il a été question de simuler
notre onduleur ainsi que présenter les résultats de la simulation du circuit de commande et de
puissance sous le logiciel Isis Proteus. Ensuite vient la réalisation de l’onduleur qui vise à faire
obtenir une tension alternative 220V à partir d’une tension continue (Batteries ou panneaux
solaires). L’onduleur réalisé est une structure en pont H, constituée d’interrupteurs
électroniques MOSFETs. Par une commutation appropriée de ces derniers la source continue
de 12V est modulée pour obtenir un signal alternatif de fréquence désirée.

Par ailleurs l’utilisation de cet onduleur sera plus particulièrement réservée à des applications
domestiques : un fer à repasser de 2000W si non, des lampes ou autres appareils
électroménagers environnant cette puissance. Ce travail a mis en évidence l’importance de la
réalisation pratique, il est vrai que les systèmes de simulation aident, mais ne remplace donc
pas l'expérience pratique. Parlant des difficultés rencontrées lors de la réalisation pratique, ils
se résument plus sur l’indisponibilité des composants électronique.
Comme perspectives, nous pouvons proposer la continuité des études suivantes :
 La recherche d'autres techniques de commande qui permettent d'avoir une tension à la
sortie la plus sinusoïdale possible.
 La réalisation d’un onduleur pouvant avoir son propre système de charge des batteries
MPPT.
47
Bibliographie

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[11] T. Nacer Eddine, G. Slimane, « Modélisation Et Simulation D'un Système
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[12] K. HELALI, Ingénieur d'Etat, « Modélisation d'une cellule photovoltaïque : Etude
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MAMMERI Tizi ouzou, 2012, Page 25 / 27 / 31 - 32.
[13] http://energie-developpement.blogspot.com/2012/01/cellules-
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[14] http://www.ecosources.info/dossiers/Types_de_cellules_photovoltaiques consulté le 18
Mars 2022.
[15] M. Med Nadjib, H. Charaf Eddine, « Modélisation Et Simulation D'un Système
Photovoltaïque En Fonctionnement Autonome Et Connecté Au Réseau », Mémoire
Master, Université Kasdi Merbah – Ouargla, 2013.

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[16] B. Mohammed, Mémoire DE Magister, « Modélisation D’un Système De Captage
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Puissance Produite Par Les Générateur Photovoltaïques », Diplôme De Magister,
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Single-phase Energy Systems. Mémoire de maîtrise présentée à Faculty of the Virginia
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[26] A. Saim, "Commande à base de descripteurs flous d’une architecture de génération
distribuée" Thèse de Doctorat en Automatique, Université Mouloud Mammeri De
Tizi ouzou, 2017.

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ANNEXE

Devis pour la réalisation de l’onduleur (Travail de Fin de Cycle).

Description Quantité Prix Unitaire Prix Total


PIECES CIRCUIT DE PUISSANCE
Transistor MOSFET: IRFP 064N 24 2,5$ 60 $
Transformateur : 12/220 V 1 30$ 30 $
CIRCUIT REFROIDISSEUR
Métal Refroidisseur 4 2,5$ 10 $
Vis 24 0,25$ 6$
Conducteurs en cuivre 4m 2,5$ 10 $
PARTIE DISTRIBUTEUR DU SIGNAL
Transistor NPN : Tip 41c 6 1$ 6$
Transistor PNP : Tip 42c 6 1$ 6$
Condensateur : 50 V 1000uF 2 1,25$ 2,5 $
CIRCUIT DE COMMANDE
Régulateur : 5 V 1 1$ 1$
Diode Zener : 10 V 5 0,5$ 2,5 $
Résistance : 10 ohms 24 0,25$ 6$
Résistances diverses 20 0,25$ 5$
Plaquette électronique 1 5$ 5$
Total 150 $
Main-d’œuvre 50 $
TOTAL GENERAL 200 $

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