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INTRODUCTION

Depuis quelques années en Côte d’Ivoire, des cours dans les


établissements scolaires connaissent des perturbations à l’approche des
congés. Animés par le désir d’aller bien avant la date indiquée, profiter de
ces temps de repos programmés durant l’année, des élèves s’adonnent à
des actes de violences. Ce sont souvent des coups de sifflets, des jets de
pierres et de gourdins dans les salles de classe pour déloger leurs
camarades et des enseignants. L’année académique 2021-2022 n’échappe
pas à cette pratique.

I. L’ORIGINE DES CONGES SCOLAIRE ANTICIPE

Ce phénomène des « congés anticipés » de décembre a surgi dans


l’espace scolaire dans les années 1990 et n’a ensuite pas cessé de
prospérer.

Dans le courant des années 2000, des groupes d’élèves se


réclamant de la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte
d’Ivoire, NDLR), parfois violents, déferlaient sur des établissements
publics et privés pour forcer l’administration et le corps enseignant à
arrêter les cours avant la date indiquée pour les congés de Noël.

II. LES ARGUMENTS AVANCES PAR LES ELEVES QUI


RECLAMENT CES CONGES ANTICIPES

La raison principale réside dans l’écart entre l’arrêt des notes du premier
trimestre et le départ définitif en congé de noël.

 Une semaine avant la date prévue pour les congés de Noël, nous
assistons à l’arrêt des notes et au calcul des moyennes du premier
trimestre.
 Une fois les notes arrêtées et les moyennes calculées, il n’y a
pratiquement plus de devoirs notés, ni d’interrogations écrites,
jusqu’au retour des congés.
 Les élèves considèrent donc le temps entre l’arrêt des notes, le
calcul des moyennes et la date de départ pour les congés de noël,
comme du « temps perdu ».
 Ils estiment dès lors, selon une logique dont ils sont les seuls à
détenir les clés, qu’ils ne peuvent attendre plus longtemps pour
aller en congé.

III. COMMENT LES CONGES ANTICIPES DEBOUCHE


SUR DES VIOLENCES AUSSI IMPORTANTES, SUR
DES MORTS ?

Il y a d’autres raisons profondes qui expliquent ces perturbations


scolaires, et qu’il faut chercher dans l’image que la Côte d’Ivoire elle-
même renvoie à ses élèves : le non-respect la non considération de
l’autorité.

L’école est une institution sociale qui est régie par des lois. Elle a
donc ses exigences, auxquelles tout citoyen désireux d’acquérir du savoir,
devrait se conformer. Le respect de l’autorité n’est plus de mise à l’école :
des élèves qui frappent des enseignants, des responsables
d’établissements qui demandent aux élèves, parfois, de conspuer des
enseignants…

En Côte d’Ivoire, l’école n’est plus forcément le lieu de production


des compétences et de promotion du mérite.

Le non-respect de l’autorité explique aussi la persistance de ce


phénomène de congés anticipés. Car, si les élèves avaient de la
considération pour leur tutelle, ils se conformeraient au calendrier des
congés scolaires.

IV. LES SOLUTIONS PRECONISEES POUR ERADIQUER


CE PHENOMENE ?

 l’État doit régler un certains nombres de choses. Dans un premier


temps, il doit faire voter une loi ou instaurer une mesure pénale en
vue de sanctionner tous ceux qui provoqueraient les congés
anticipés.

 Il faut également assainir l’environnement immédiat des


établissements d’enseignements : la plupart cohabitent avec des
buvettes, des « maquis », etc.

 Autre mesure qui est à mon sens nécessaire : sécuriser l’accès des
établissements scolaires, instaurer des passes d’accès à l’enceinte
des établissements, de sorte que l’accès soit contrôlé et sécurisé.

 Il faut également instruire les élèves, dès le début de l’année, sur


toutes les conséquences des congés anticipés.

 Par ailleurs, les enseignants, en coordination avec les


administrations des établissements, doivent programmer les
devoirs communs durant la dernière semaine qui précède les
congés.

 De même, le ministère de tutelle doit réduire l’écart entre la date de


l’arrêt des notes, du calcul des moyennes du premier trimestre et
celle des congés de décembre.

 Enfin, il faut programmer les leçons qui feront l’objet de sujets aux
examens pendant la dernière semaine précédant les congés de noël.

CONCLUSION

Il n’y a de richesse que d’hommes. Ayons à l’esprit de construire des


hommes de qualité, en élevant nos enfants avec des règlements qui
incluent à la fois des sanctions et des récompenses, le respect de
l’autorité, des aînés et des biens publics ainsi que le goût de l’effort, seule
voie qui mène au succès. Ainsi, pourrions-nous espérer jouir de la
garantie de préparer une génération qui saura relever les défis de demain
et conduire nos familles et notre société vers des lendemains qui
chantent.

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