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CHAPITRE IX – POUTRES ISOSTATIQUES

IX.1. PREDIMENSIONNEMENT :

IX.11. Prédimensionnement de la section de béton :

Au stade du prédimensionnement, nous pouvons choisir la hauteur de la poutre


en fonction de sa portée :

1 1
≤h≤
15 10

La largeur peut être déduite de sa hauteur.

h h
≤b≤
5 2

Pour des raisons de bétonnage correct, la largeur de la poutre ne peut être


inférieure à 15 cm.

Les cotes des sections de poutres sont généralement déterminées de 5 cm en 5 cm.

A l’issue du prédimensionnement de la poutre, et connaissant les actions qui


s’exercent sur celle-ci , nous pouvons calculer les moments sollicitant Mu et Mser.

IX.12. Détermination de la hauteur utile économique :

A l’ELU :

Quand les dimensions de la poutre ne sont pas imposées par des considérations
architecturales, le projeteur a intérêt à se fixer des dimensions propres à éviter les
armatures comprimées.

La contrainte de compression du béton est limitée à :

= 0,6 f cj
σ bc

Pour les poutres rectangulaires soumises à la flexion simple, il peut être admis de
ne pas procéder à la vérification de la contrainte de compression du béton
lorsque :

γ −1 f cj
αu ≤ +
2 100
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Cette formule est valable lorsque les aciers sont de classe Fe E 400.

Avec γ = Mu/Mser

Cette prescription impose au projeteur un moment réduit critique : µc

Le moment réduit critique µc dépend :


- de la résistance du béton fcj pour les contraintes de calcul fbu et σbc
- de la nuance de l’acier
- du cas de fissuration
- du rapport γ

Le moment réduit critique µc s’exprime par :

µc = 0,8.αc . (1-0, 4αc)

Sa valeur approchée est obtenue avec :


γ −1 f cj
αc ≈ αu = +
2 100
Si µ < µc les armatures comprimées ne sont pas nécessaires.

Mu
µc = 2
b.d c . f bu

2 Mu
⇒ dc =
µ c .b. f bu

La largeur est souvent déterminée par des considérations d’effort tranchant.


Vu V
Selon τ ≤ τ u = , nous avons b ≥ .du .
b.d τu

Mu
Alors d ≥
µ c .b. f bu

A l’ELS :

Lorsque la fissuration est préjudiciable ou très préjudiciable, il est là aussi plus


économique de ne pas placer, lorsque c’est possible, des armatures comprimées.

A l’ELS, nous ne plaçons pas d’armatures comprimées lorsque :

 __

1 ___ __
 α1 
Mser Mrsb = Mrsb = .b.d 2 .σ bc .α . 1 − 3 
2  
 
2.M ser
⇒ d2 ≥
___ __  
__
 α
σ bc .α .1 − b
 3
 
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La largeur est définie à l’ELU, par des considérations d’effort tranchant, donc :

2.M ser
d≥
___ __  
__
 α
σ bc .α .1 − b
 3
 

IX.13. Prédimensionnement des armatures tendues :

A l’ELU :

Au stade du prédimensionnement, nous pouvons estimer très rapidement la


section d’acier par la formule :

Mu
Ast =
(1 − 0,6µ ).d .σ st

Mu
Avec µ = < 0,3
b.d 2 . f bu

A l’ELS :

La section d’acier est déterminée par :

M ser
As = __
z.σ st

 __ 
 α
avec z = d. 1 − 
 3
 

IX.2. JUSTIFICATION D’UNE POUTRE AUX APPUIS :

IX.21. Différents types d’appuis simples d’about :

Dans ce chapitre, nous n’étudions que les appuis simples d’about de poutre
isostatique. Le cas des appuis intermédiaires sera vu dans le chapitre sur les
poutres continues.
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- Poutres solidaires du poteau ou du mur en béton armé :

c a 2cm

- Poutre reposant sur des appareils d’appui :

45°

- Poutre reposant sur un appui en maçonnerie :

e/3 e/3 e/3

Dans ce cas, la profondeur d’appui est :

a = 2.e/3
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IX.22. Portées à prendre en compte :

Les portées à prendre en compte dans les calculs dépendent des conditions
d’appui :

- Dans le cas des poutres munies d’appareils d’appui, la portée est mesurée
entre points d’application des résultantes des réactions d’appui.

- Dans le cas de poutres reposant sur des murs en maçonnerie, la portée est
mesurée entre points d’application des résultantes des réactions d’appui en
admettant une répartition triangulaire de la pression de contact.

e e

Dans ce cas, la portée l = d + 2.e/3

- Dans les autres cas, la portée est mesurée entre nus des appuis.

Poteaux et poutre en béton armé

l
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IX.23. Vérification de la contrainte de compression dans la bielle d’about :

Nbc z d
Nst

Vu

c a 2cm

Etudions l’équilibre de la bielle comprimée à l’appui.

2
Vu – Nbc . = 0 ⇒ Nbc = Vu . 2
2

2
- Nbc + N st = 0 ⇒ Nst = Vu
2

Nous avons :

b : largeur de la poutre
a : profondeur utile d’appui

2
a : largeur utile de la bielle
2

2
Vu : effort de compression dans la bielle
2

σbc : contrainte de compression dans la bielle

2Vu
σbc =
a.b

IX.24. Valeur limite ultime de la contrainte de compression dans la bielle


d’about :

La condition à respecter est :

2Vu f cj
σbc = ≤ 0,8
a.b γb

Le coefficient 0,8 tient compte d’une inclinaison de la bielle différente de la valeur


théorique de 45° et de moments de flexion secondaires.
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Avec γb = 1,5 la relation devient :

Vu ≤ 0,267.b.a.fcj

La valeur de a est prise au plus égale au bras de levier de la poutre évalué à 0,9d.

La profondeur d’appui simple d’about doit être telle que :

3,75Vu
≤ a ≤ 0,9d
b. f cj

Les valeurs de a dans les cas les plus courants sont indiquées sur les figures du
paragraphe IX.21.

IX.25. Vérification de la section des armatures longitudinales inférieures sur


l’appui simple d’about :

D’après l’équilibre de la bielle comprimée :

Nst = Vu

La section des armatures longitudinales doit être suffisante pour équilibrer l’effort
tranchant Vu .

fe
As . ≥ Vu
γs

Vu .γ s
Soit : As ≥
fe

Les aciers doivent être ancrés au-delà du nu de l’appui pour assurer l’équilibre de
la bielle.

IX.3. CONDITION DE NON FRAGILITE :

Une section minimum d’armatures longitudinales est imposée réglementairement.

Cette section doit équilibrer la sollicitation de fissuration du béton non armé.

La contrainte maximale de traction des aciers est prise égale à la limite d’élasticité
garantie fe :

σst = fe

L’effort maximal de traction est :

Nst = fe . As

Le bras de levier :

z ≈ 0,9d
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La sollicitation maximale est :

Ms = Ns . z

Ms = fe . As . 0,9

La contrainte de traction du béton supposé non armé est :


I
ftj = Mf .
v

Avec Mf : moment de fissuration

bh 3 h
I= et v=
12 2

D’où la sollicitation de fissuration :


bh 2
Mf = ftj .
6
La condition nécessaire est :

Ms ≥ Mf avec d = 0,9d

2
b d 
fe . As . 0,9d ≥ fu . . 
6  0,9 
Condition de non fragilité (pour les poutres à section rectangulaire) :

As f tj
≥ 0,23
bd fe

Cette condition est généralement remplie dans le cas des poutres.

IX.4. ARRET DES BARRES :

La section d’acier tendu est déterminée dans la section médiane. Le diagramme du


moment fléchissant est parabolique. La section d’acier devient donc surabondante
dans toute section éloignée du milieu de la poutre.

Nous allons donner une construction graphique permettant de disposer au mieux


les armatures longitudinales, l’épure d’arrêt des barres.

IX.41. Sollicitation des membrures tendues :

Sections de poutres soumises à un moment de flexion M(x) (Mu ou Mser) et un


effort tranchant Vu(x).

Considérons les effets des sollicitations M(x) et Vu(x) dans les sections suivantes :

- S (x) située à l’abscisse x du nu de l’appui,


- S (x-z) située à l’abscisse (x-z)
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Section soumise à un moment de flexion seul :

Nbc
y

d
z

Ns As

S (x)
x

Effet du moment de flexion seul :

L’équilibre de la section exige :

M (x) = Nbc.z = Ns.z

L’effort de traction dans les armatures longitudinales est donc :

M ( x)
Ns =
z

Section soumise à un moment de flexion et à un effort tranchant (le béton est


fissuré à 45°) :

S(x)
45°
Nbc

Nst

S(x-z)
(x-z) z
x
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Effet du moment de flexion et de l’effort tranchant :

L’effort tranchant Vu (x) a pour effet de provoquer dans la poutre des fissures que
l’on admet rectilignes et inclinées à 45° sur l’axe longitudinal de la poutre.

L’équilibre exige dans la section (x-z) :

M (x) = Nst . z

M ( x)
⇒ Nst =
z

L’effort de traction est donc égal à celui qui existe dans la section d’abscisse x.

Conséquence pratique :

Il en résulte que l’effort de traction dans la membrure tendue à l’abscisse (x-z) est
déterminé en tenant compte du moment M (x) dans la section d’abscisse x.

Nous avons :

d = 0,9h et z ≈ 0,9 donc z ≈ 0,8h

Pratiquement, il suffit de décaler la courbe des moments fléchissants de la valeur


z = 0,8h parallèlement à l’axe longitudinal de la poutre, dans la direction où le
moment augmente en valeur absolue.

x-z

Courbe des moments

M(x)

0.8h
z=
0.8h
Courbe décalée des moments

IX.42. Tracé de l’épure d’arrêt des barres :


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- Tracer la courbe des moments de flexion


- Tracer la courbe décalée de z = 0,8h
- Calculer les moments résistants des aciers pour chaque lit :

Mr = As . σst . z

As : section des armatures du lt considéré


___
σst : fe/γs à l’ELU et σst = σ st à l’ELS
z : bras de levier

Le premier lit d’armatures prolongées sur appui doit satisfaire la condition :

As1 .σst ≥ Vu

- Porter en ordonnée, à l’échelle choisie, la valeur cumulée des moments


résistants.

- Déterminer les arrêts de barres en tenant compte de la longueur de scellement


ls nécessaire au scellement total de la barre.

Charge uniformément répartie

Courbe théorique des moments

Courbe décalée de z = 0.8h

z = 0.8h

Mru(1)

Mru(1+2)

Mru(1+2+3)

ls2 ls2

ls3 ls3

3éme lit
2éme lit
1er lit

Tracé de l'épure d'arrêt des barres

Section transversale de la poutre

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