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Université Ibn Zohr

Ecole National des Sciences Appliquées, Agadir


Deuxième année du cycle préparatoire

Cours de Topologie
CP2

Prof. Said TAARABTI

Année Universitaire : 2022-2023


Cours de Topologie Prof. Said TAARABTI

Contenu du polycopié

Ce cours du Module CP-32 : Topologie s’adresse aux élèves de la deuxième année du


cycle préparatoire de l’Ecole Nationale des Sciences Appliquées d’Agadir (ENSAA).

Le cours traite le contenu des chapitres ci-dessous :

1. ESPACES METRIQUES-VECTORIELS NORME

2. SUITES DANS LES ESPACES DE BANACH

3. CONTINUITE

4. ESPACES DE HILBERT

N.B. Plusieurs preuves d’exercices, de théorèmes, de propositions, de lemmes et de cor-


rollaires ne sont pas détaillés dans ce fascicule de topologie . Le lecteur est invité à
• suivre le cours magistral de l’auteur,
• et à réfléchir profondément sur les affirmations, pour connaître la justification des
résultats.

2
TABLE DES MATIÈRES

1 Distances, Normes, Espaces : Métriques et Vectoriels normés. 4


1.1 Distances et Espaces Métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.1 Distances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.1.2 Propriétés fondamentales d’une distance d sur un ensemble E . . . . 5
1.1.3 Espaces Métriques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.4 Distances équvalentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.1.5 Quelques notions qu’on peut définir à l’aide d’une distance . . . . . . 9
1.2 Normes et Espaces Vectoriels Normés. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.1 Normes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.2.2 Propriétés importante d’une norme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Espaces Vectoriels normés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.1 Exemples d’espaces vectoriels normés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13

3
CHAPITRE 1

DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET


VECTORIELS NORMÉS.

1.1 Distances et Espaces Métriques


1.1.1 Distances
Définition 1.1.1. Soit E un ensembles non vide quelconque. Une distance sur E est une fonction
d : E × E → R+ , définie sur le produit cartisien E × E, à valeurs dans l’ensemble R+ des nombres
réels, vérifiant les cinq propriétés suivantes :
(P1 ) [Positivité] ∀u ∈ E, ∀v ∈ E : d(u, v) ≥ 0 ;

(P2 ) [Nullité sur la diagonale] ∀u ∈ E : d(u, u) = 0,

(P3 ) [Séparation] d(u, v) = 0 implique (=⇒) u = v ;

(P4 ) [Symétrie] ∀u ∈ E, ∀v ∈ E, d(u, v) = d(v, u) ;

(P5 ) [Inégalité triangulaire] ∀u ∈ E, ∀v ∈ E et ∀w ∈ E,


d(u, v) ≤ d(u, w) + d(w, v)

Remarque Importante :
Si une distance d ne vérifie pas (P5 ), mais satisafaite à la propriété suivante :

(P5 − bis) ∀u ∈ E, ∀v ∈ E ∀w ∈ E : d(u, v) ≤ max{d(u, w), d(w, v)},

propriété plus forte que (P5 ), on dit que d est ultramétrique.


Commentaire :
Pour u ∈ E et v ∈ E donnés, le nombre réel positif ou nul d(u, v) est appelé distance de u à v.
En général seule la propriété (P5 ) pose des difficultés ( parfois grandes) de vérification.
Il arrive toutefois que (P3 ) ne soit pas complétement évidante. (faire attention)

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Exemple. On suppose choisir une unité de longueur, la distance classique entre deux points.
On prend pour E le plan, ou bien l’espace à trois dimensions de la géométrie élémentaire (par exemple
un triangle). Soient A, B et C trois points : Les inégalités

d(A, B) ≤ d(A, C) + d(C, B) et |d(A, C) − d(C, B)| ≤ d(A, B)

et les autres inégalités obtenues par permutation circulaire de A, B etC, sont des inégalités bien
connues entre les longueurs des côtés d’un trianges.

Exemple. (Important)
— Soit E = R. L’application d définie par :

d(x, y) = |x − y| = valeur absolue de (x − y) = max{(x − y), (y − x)}

est une distance usuelle sur R.


— Pour n entier ≥ 1. Soient X = (x1 , x2 , ..., xn ) et Y = (y1 , y2√
, ..., yn ) dans Rn :
√ ∑ n
d(X, Y ) = (x1 − y1 ) + (x2 − y2 ) + ... + (xn − yn ) =
2 2 2 (xi − yi )2 d définit la tout
i=1
à fait classique distance euclidienne sur Rn .

Exemple. — Sur E = C, on considérera la distance :

∀z, z ′ ∈ E, d(z, z ′ ) = |z − z ′ | désigne le module.

Si z = α + iβ = (α, β) et z ′ = α′ + iβ ′ = (α′ , β ′ ), alors



d(z, z ′ ) = (α − α′ )2 + (β − β ′ )2

d est la distance euclidienne, dans IR2 de (α, β) et (α′ , β ′ ).


— Soit U = {z ∈ C | |z| = 1}. Pour tout u, v ∈ U , on pose

δ(u, v) = |arccos (Re(u.v))|

La fonction δ ainsi définie représente la longueur de l’arc de cercle unité entre u et v. Il est
alors clair que δ est une distance.

1.1.2 Propriétés fondamentales d’une distance d sur un ensemble E


Propriété 1.1.1 (Seconde inégalité triangulaire ). Pour tout u, v et w dans E, on a

|d(u, w) − d(v, w)| ≤ d(u, v).

Démonstration : ∀u, v, w ∈ E, on a :

d(u, w) ≤ d(u, v) + d(v, w)

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 5


NORMÉS.
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D’où d(u, w) − d(v, u) ≤ d(u, v) et d(v, w) ≤ d(v, u) + d(u, w) = d(u, v) + d(u, w), d’après (P5 )
et (P4 ), doù
d(u, v) ≥ d(v, w) − d(u, w) = −[d(u, w) − d(v, w)]

et finalement |d(u, w) − d(v, w)| ≤ d(u, v). ■

Propriété 1.1.2 ( Inégalité triangulaire généralisée). ∀u1 ∈ E, ∀u2 ∈ E, ..., ∀up ∈ E :



p−1
d(u1 , up ) ≤ d(uk , uk+1 )
k=1

Démonstration : La démonstration se fait par récurrence. Le résultat est vrai pour les trois
points u1 , u2 , u3 , d’après (P5 ). Supposons-le vrai pour p points et démontrons le pour (p+1)
points.
En utilisant (P5 ), on a
d(u1 , up+1 ) ≤ d(u1 , up ) + d(up , up+1 )

D’après l’hypothèse de récurrence, on a



p−1
d(u1 , up ) ≤ d(uk , uk+1 )
k=1

et donc

p−1

p
d(u1 , up+1 ) ≤ d(uk , uk+1 ) + d(up , up−1 ) = d(uk , uk+1 )
k=1 k=1

Exemple. [Distance Discrête]


Soit E un ensemble non vide. Posons
{
1 si u 6= v
δ(u, v) =
0 si u = v
Cette distance est appelée "distance discrête " sur E.
En effet : on posé δ(u, u) = 0 pour tout u ∈ E et δ(u, v) = 1 si u = v, donc (P1 ) et (P4 ) sont clairs.
Démontrons (P5 ) − bis qui implique (P5 ).
L’inégalité δ(u, v) ≤ max{δ(u, w), d(w, v)} se prouve aisément en examinant tous les cas possibles :

— si δ(u, w) ou δ(w, v) vaut 1 l’inégalité est vérifiée puisque δ(u, v) vaut 0 ou 1.


— Si δ(u, w) = δ(w, v) = 0 on a u = v = w, d’où l’inégalité est encore vérifiée.

Exemple. (Important)
Soient E et F deux ensembles et soit f : E → F une application injective. On suppose donnée une
distance d sur F . La forme :
δ(u, v) = d[f (u), f (v)].

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 6


NORMÉS.
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définit une distance δ sur E, appelée distance transportée par f (de F sur E). En effet :

∀u ∈ E : δ(u, u) = d[f (u), f (u)];


∀u, v ∈ E : δ(u, v) = d[f (u), f (v)] = 0;
δ(u, v) d[f (u), f (v)] = 0 ⇒ f (u) = f (v)
⇒ u = v car f est injective
∀u, v ∈ E : δ(u, v) = d[f (u), f (v)] = d[f (v), f (u)] = δ(v, u);

Pour l’inégalité triangulaire, on a :

∀u, v, w ∈ E : δ(u, v) = d[f (u), f (v)] ≤ d[f (u), f (w)] + d[f (w), f (v)] = δ(u, w) + δ(w, v).

Par exemple, toute fonction strictement monotone φ : IR → IR définit une distance dφ sur R
par :
dφ (u, v) = |φ(u) − φ(v)|.

-Or φ : IR → IR, donc φ est injective, et d’après ce qui précéde l’application dφ (u, v) = |φ(u) −
φ(v)| définit une distance.
Ainsi u 7→ φ(u) = u3 , u 7→ φ(u) = arctan(u), ...etc

Exemple. (Important)
Adjoignons à IR les deux symboles −∞ et +∞.( avec, pour tout x réel : −∞ < x < +∞) pour
obtenir la droite étendue E = IR (notation classique).
On munit souvent E de la distance :
x
d(x, y) = |φ(x) − φ(y)| où φ (x) =
1 + |x|

La fonction φ est considéré prolongeable sur IR par

φ(−∞) = −1
φ(+∞) = +1

On peut tout aussi bien considérer la fonction ψ(x) = arctan(x) prolongée par
−π π
ψ(−∞) = et par ψ(+∞) = .
2 2
Il suffit d’après l’exemple 4, de vérifie que les fonction φ et ψ sont des applications injectives de IR
dans IR
— φ est bijective de IR sur [−1, +1], d’inverse :
u
φ−1 (u) = si u ∈] − 1, +1[
1 − |u|

φ−1 (−1) = −∞, φ−1 (+1) = +∞.


−π +π
— ψ est bijective sur [ , ].
2 2

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 7


NORMÉS.
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1.1.3 Espaces Métriques


Définition 1.1.2. Un espace métrique est un couple constitué par un ensemble non vide E et par
une distance d sur E. On dit souvant que E est muni de la distance d.
Commentaires
Un espace métrique sera en général noté par (E, d) ou bien Ed .
Sur un même ensemble E on peut définir une infinité de distances.
( même si E est fini, car si d est une distance sur E, alors λ.d est aussi une distance sur E.)

Définition 1.1.3. Soit (E, d) un espace métrique et soit F 6= ∅ une partie de l’ensemble E. L’espace
métrique (F, δ) où δ désigne la restriction d|F ×F de d à F × F ⊂ E × E est appelé sous-espace
métrique de (E, d).

Exemple. Soit E = Rn "usuel" muni de la distance enclidienne d. Soit, par exemple, le sous-
ensemble F de Rn suivant :

F = {X = (x1 , x2 , ..., xn ) ∈ IRn / ∀i = 1, 2, ..., n : xi ≥ 0}

(F, d) est un sous espace métrique de (E, d).

1.1.4 Distances équvalentes


Définition 1.1.4. Soient d et δ deux distances sur un même ensemble non vide E. Les distances d et
δ sont dites équvalentes s’il existe deux constantes réelles c > 0 et C > 0 telles que :

∀u ∈ E, ∀v ∈ E : c.d(u, v) ≤ δ(u, v) ≤ C.d(u, v)

δ(u, v)
∀u ∈ E, ∀v ∈ E : avec u 6= v : c≤ ≤ C.
d(u, v)
Exemple. ..
Sur E =IR, la distance usuelle d(x, y) = |x−y| et la distance discrète δ ne sont pas équivalentes.

Exemple. Considérons un cercle E de centre O et de rayon r. Pour u et v deux points de cercle,


posons

θ l’angle que fait [ou) et [ov) exprimé en rédians et compris entre 0 et π

d(u, v) = longueur(euclidienne) de la corde joignant u à v

δ(u, v) = θ.r longueur(euclidienne) du plus petit arc joignant u à v

On peut calculer la longueur d(u, v) = d par la formule :


( )
θ
d = 2r (1 − cos(θ)) = 4r sin
2 2 2 2
.
2

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 8


NORMÉS.
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Il est facile de vérifier que d et δ sont deux distances sur E.


Les distances d et δ sont équivalentes en raison de l’inégalité bien connue :

longueur de plus petit arc π


1≤ ≤
longueur de la corde 2

En effet :
δ rθ θ
= θ
=
d 2r sin( 2 ) 2 sin( 2θ )
δ π
Puisque 0 ≤ δ ≤ π, alors 1 ≤ ≤ .
d 2

1.1.5 Quelques notions qu’on peut définir à l’aide d’une distance


Définition 1.1.5. Soit (E, d) un espace métrique. Etant donné un point u ∈ E et un nombre réel ρ
strictement positif. Les sous-ensembles de E définissent :
— La boule ouverte de centre u et de rayon ρ :

B(u, ρ) = B(u, ρ[:= {v ∈ E / d(u, v) < ρ},

— La boule fermé de centre u et de rayon ρ :

B(u, ρ) = B(u, ρ] := {v ∈ E / d(u, v) ≤ ρ},

— La sphère de centre u et de rayon ρ :

S(u, ρ) := {v ∈ E / d(u, v) = ρ}.

Remarque importante :
Puisque, par définition, ρ > 0, les boules fermés et ouvertes ne sont pas vides car elles
contiennent au moins leurs centre. Par contre, une sphère peut être vide.

Exemple. — Soit E =IR, muni de la distance usuelle d(x, y) = |x − y|. On a :

B(x, ρ) =]x − ρ, x + ρ[, l’intervalle ouvert

B(x, ρ) = [x − ρ, x + ρ]= l’intervalle fermé

S(x, ρ) = {x − ρ, x + ρ} = ensemble à deux éléments.

— Soit E 6= ∅ arbitraire, muni de la distance discrète. On vérifie facilement que

B(x, ρ) = {x}, si ρ ≤ 1 B(x, ρ) = E, si ρ > 1 ;

B(x, ρ) = {x}, si ρ < 1 B(x, ρ) = E, si ρ ≥ 1 ;

S(x, ρ) = ∅ si ρ < 1 S(x, ρ) = E\{x} si ρ = 1 S(x, ρ) = ∅ si ρ > 1.

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 9


NORMÉS.
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— L’application (x, y) 7→ | arctan(x) − arctan(y)| est une distance sur l’ensemble R = R ∪


{−∞, +∞}. Relativement à cette distance l’ensemble R est borné et son diamètre est égale à π.
π π
Par exemple, la boule ouverte B(0, ) est égale à R, la boule fermée B(0, ) est égale à l’espace
2 2
tout entier R, la boule B(+∞, 2π) est égale, elle aussi, à R, quant à l sphère S(+∞, 2π) elle
est vide.

Définition 1.1.6. Soit (E, d) un espace métrique et soit A une partie non vide de E. Pour tout u ∈ E
on note d(u, A) et on appelle distance de u à A le nombre réel ≥ 0 :

d(u, A) := inf d(u, a) = inf {d(u, a) / a ∈ A} .


a∈A

N.B : On prolonge cette notion en posant : d(u, ∅) = +∞ pour tout u ∈ E.

Propriété 1.1.3. Pour tout A 6= ∅, ∀u ∈ E, ∀v ∈ E, on a :

|d(u, A) − d(v, A)| ≤ d(u, v)

Définition 1.1.7. On appelle le diamètre d’une partie A d’un espace métrique (E, d) la plus grande
valeur ( éventuellement infinie) qui puisse être prise par d sur A × A :

diam(A) = sup d(x, y).


(x,y)∈A×A

Remarque importante : D’après la définition précédente, on a les résultats importants à


connaitre suivants :
1. Lorsque diam(A) est fini, on dit que la partie A est bornée.
2. Si f est une applicaiton d’un ensemble X à valeurs dans l’espace métrique (E, d), on
dit que l’application f est bornée, si la partie f (X) est bornée.

Définition 1.1.8. Soit (E, d) un espace métrique et soit A une partie de E ; On appelle adhérence
de A et on note adh(A) le sous ensemble de E défini par :

adh(A) := {u ∈ E / d(u, A) = 0}.

En particulier, pour tout u ∈ E, puisque d(u, ∅) = 0 et d(u, E) = 0, alors

adh(∅) = ∅, et adh(E) = E.

En plus
1. Tout point de adh(A) est dit point adhérent à A
2. On dit qu’une partie B de E est fermée si B = adh(B).
3. On dit qu’une partie B de E est ouverte si ∁B
E est fermée.

∁B
E est le complémentaire de B par rapport à E.

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 10


NORMÉS.
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1.2 Normes et Espaces Vectoriels Normés.


On désigne par (K, +, ×) un corps commutatif et par E un ensemble muni d’une loi de
composition interne notée encore + et d’une loi de composition externe (α, x) ∈ K × E 7→
α.x ∈ E. Le triplet (E, +, .) est un espace vectoriel sur K si les conditions suivantes sont
satisfaites :

C1 - (E, +) est un groupe commutatif,

C2 - α.(x + y) = α.x + α.y (α ∈ K, x, y ∈ E),

C3 - (α + β).x = α.x + β.x, (α, β ∈ K, x ∈ E),

C4 - (α × β).x = α.(β.x), (α, β ∈ K, x ∈ E),

C5 - 1 désigne l’élément unité du corps K. 1.x = x.1 = x,

Dans tout ce qui suit nous supposons que E est un espace vectoriel sur le corps K, avec
K = R ou C.

1.2.1 Normes
Définition 1.2.1. Soit N une application de E à valeurs dans R+ , N : E → R+
On dit que N est une norme sur E si pour tout x, y ∈ E et tout λ ∈ K :

(P1 ) [Positivité] ∀u ∈ E : N (u) ≥ 0 ;

(P2 ) [Nullité à l’origine deE : ] ∀u ∈ E : N (0) = 0,

(P3 ) [Séparation] N (u) = 0 implique (=⇒) u = 0 ;

(P4 ) [Homogénéité] ∀u ∈ E, ∀λ ∈ K, N (λ.u) = |λ|.N (u) ;

(P5 ) [Inégalité triangulaire] ∀u ∈ E, ∀v ∈ E :

N (u + v) ≤ N (u) + N (v).

Pour u ∈ E donné, le nombre réel≥ 0, N (u) est appelé norme de u.


Notons que pour tout u ∈ E :

N (−u) = N ((−1).u) = | − 1|.N (u) = 1.N (u) = N (u).

Lorsque N est une norme sur E, on dira que (E, N ) est un espace vectoriel
normé (en abrégé e.v.n).
Nous noterons N (x) =k x k si aucune confusion n’est à craindre.

Commentaires :

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 11


NORMÉS.
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— Contrairement au paragraphe précédent, E désigne ici un espace vectoriel (réel ou


bien complexe) et non un ensemble quelconque !!!!
La notion de norme est beacoup plus spécialisée que celle de distance.
— Les seules difficultés de vérification des axiomes d’une normes sont (P5 ), parfois très
difficile à prouver, et (P3 ) parfois non trivial.
— Question de notation :
Le plus souvent, on note pas une norme avec une lettre N . Mais plutôt avec un signe
rappelant la valeur absolue et le module.
En général, on note une norme par k • k, parfois simplement | • |.

Définition 1.2.2. [Distance associée à une norme] Soit E un espace vectoriel sur K, et soit k · k
une norme sur E. On associe à cette norme, de manière natrelle, une distance d sur E par la formule :

∀u ∈ E, ∀v ∈ E : d(u, v) := ku − vk.

La distance d est dite associée à la norme k · k.


Remparque :
L’application d définie sur E par d (x, y) =k x − y k est une distance sur E et l’application
x 7→k x k est continue de (E, d) dans R+ .
En effet : Nous montrons les axiomes définissant une distance.
d est bien une fonction positive de E × E dans R.
d(u, u) = ku − uk = k0k = 0, et

d(u, v) = 0 ⇒ ku − vk = 0 ⇒ u − v = 0 ⇒ u = v

d(v, u) = kv − uk = ku − vk = d(u, v)
d(u, v) =k u − v k=k u − w + w − v k≤k u − w k + k w − v k= d(u, w) + d(w, v).
d est effectivement une distance sur E.

1.2.2 Propriétés importante d’une norme


Propriété 1.2.1. Seconde inégalité triangulaire

∀u ∈ E, ∀v ∈ E : |kuk − kvk| ≤ ku − vk.

Propriété 1.2.2. Inégalité triangulaire généralisée


∀u1 ∈ E, ..., ∀un ∈ E, ∀λ1 ∈ K, ..., λn ∈ K :

n ∑
n
k λi u i k ≤ |λi |.kui k.
i=1 i=1

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 12


NORMÉS.
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1.3 Espaces Vectoriels normés


Définition 1.3.1. Un espace vectoriel normé réel [resp. complexe] est un couple constitué par un
espace vectoriel E réel [resp. complexe] et par une norme k · k sur l’espace vectoriel E. on le note par
(E, k · k) et on l’abrégera souvent par e.v.n.
Terminologie
Soit (E, k · k) un e.v.n et soit F un sous espace espace vectoriel de E.
La restriction k · kF de la norme k · k à F est une norme sur F .
Le couple (F, k · kF ) est appelé sous espace vectorie normé ( en abrégé : sous e.v.n) de
(E, k · k)

Définition 1.3.2. Deux normes sur un même espace vectoriel E seront dites équivalente si les deux
distances associées sont équivalentes.
C-à-d : k · k et k| · k| sont équvalentes si et seulement si : il exsite c > et C > 0 tels que :

∀u ∈ E, c.kuk ≤ k|uk| ≤ C.kuk.

Exemple. Soit n ∈ IN ∗ , considérons pour tout x = (x1 , ..., xn ) de IK n , les réels kxk1 , kxk2 et
kxk∞ définis par :
( ) 12

n ∑
n
kxk1 = |xk |, kxk2 = |xk |2 , kxk∞ = max |xk |.
1≤k≤n
k=1 k=1

Les applications k · k1 , k · k2 et k · k∞ : IK n → IR sont des normes équvalentes sur IK n .

1.3.1 Exemples d’espaces vectoriels normés


Exemple. [Les normes usuelles (norme standars) sur IK n ]
— Soit n ∈ IN ∗ , considérons pour tout x = (x1 , ..., xn ) de IK n , pour tout p ∈ [1, +∞[,
l’application :
k · kp IK n → IR
( ) p1

n
x = (x1 , ..., xn ) 7→ |xk | p
k=1

est une norme sur IK n , appelée norme de Hölder.

Exemple. Soit E = C([a, b], IR) l’espace vectoriel réel de toutes les fonctions f : [a, b] → R qui sont
continues sur [a, b](a < b). Les normes classiques sur l’espace C([a, b], IR) sont :

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 13


NORMÉS.
Cours de Topologie Prof. Said TAARABTI
∫ b
Norme de la moyenne : kf k1 := |f (t)|dt
a

(∫ b ) 21
Norme de la moyenne quadratique : kf k2 := |f (t)| dt
2
a

Norme uniforme : kf k∞ = max |f (t)| = max{ |f (t)| / t ∈ [a, b]}


a≤t≤b

(T.D) :Il est facile de démontrer qu’il existe c et C réels > 0 tels que :

∀f ∈ E, kf k1 ≤ c.kf k2 ≤ C.kf k∞ .

On peut, pour tout réel p ≥ 1, définir sur E la norme suivante :


(∫ b ) p1
kf kp = |f (t)| dt
p
a

Exemple. Soit I un ouvert non vide de R et soit Cb (I, R) l’ensemble de toutes les fonctions numé-
riques continues bornées sur I. On définit sur Cb (I, R) l’application

f 7→ kf k∞ = sup{|f (x)| , x ∈ I}.

On vérifie aisément que k · k∞ est une norme sur Cb (I, R). Cette norme est appelée la norme de
la convergence uniforme.

Exemple. Soit E = Rn ou Cn muni de sa structure ordinaire d’espace vectoriel.


Soit x = (x1 , x2 , ..., xn ) ∈ E. On définit les trois applications de E dans R+ par :


i=n
kxk1 = |xn |,
i=1

(i=n ) 12

kxk2 = |xn | 2
i=1

kxk∞ = max (|x1 |, |x2 |, ..., |xn |) = max (|xi |) .


1≤i≤n

Ces trois applications sont des normes sur E. De plus E muni de l’une quelconque de ces normes
est un espace vectoriel normé.
On peut aussi définir sur E = Rn ou Cn , p ≥ 1 la norme
( i=n ) p1

x 7→ kxkp = |xi |p .
i=1

Soit E un espace vectoriel normé. Pour tout a ∈ E, r > 0 les ensembles B(a, r), B(a, r) et S(a, r)

CHAPITRE 1. DISTANCES, NORMES, ESPACES : MÉTRIQUES ET VECTORIELS 14


NORMÉS.
Cours de Topologie Prof. Said TAARABTI

désignent respectivement la boule fermée, la boule ouverte et la sphére de centre a et de rayon r, de E


définies par :
B(a, r) = {x ∈ E, kx − ak < r},

B(a, r) = {x ∈ E, kx − ak ≤ r}

S(a, r) = {x ∈ E, kx − ak = r}.

Définition 1.3.3. Un sous-ensemble U de E est dit ouvert dans (E, d) s’il est vide ou si pour tout
a ∈ U , il existe r > 0 tel que
B(a, r) ⊂ U.

L’ensembles des ouverts de E est une topologie sur E dans le sens suivant.

Propriété 1.3.1. Soit (E, d) un espace métrique, on a

1. Toute réunion d’ensembles ouverts de E est un ensemble ouvert dans E.

2. Toute intersection d’un nombre fini d’ensembles ouverts de E est un ensemble ouvert dans E.

3. E et ∅ sont des ouverts de E.

On verifie que B(a, r) est fermée et que B(a, r) = {x ∈ E, d(a, x) < r} est un ensemble ouvert de
E.
Les propriétés ci-dessus seront démontrées dans le cadre plus générale des espaces métriques (en
exercices). Comme pour toute espace métrique, la topologie d’un e.v.n est séparée. En effet, si x 6= y,
r r
r = d (x, y) 6= 0 alors les boules B(x, ) et B(y, ) sont ouvertes, disjointes et contienent respecti-
2 2
vement x et y.

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