Le régime parlementaire est au cœur de l’étude du RU. C’est un régime fondé sur une
séparation souple des pouvoirs avec des moyens d’actions réciproques, la collaboration entre
les pouvoirs est actée dans la constitution et répartition des pouvoirs + mise en jeu du pouvoir
politique : responsable l’un et l’autre devant l’autre.
I. La dévolution au Royaume-Uni
Les régions, ou plutôt les « nations constitutives » selon le terme officiel bénéficient d’une
autonomie croissante depuis la fin des années 1990. Si d’importantes compétences sont
dévolues aux 3 assemblées régionales d’Ecosse, d’Irlande du nord et du Pays de Galles, ces
dernières ne peuvent légiférer sur tous les sujets. Il faut distinguer les « devolved powers »
(pouvoirs dévolues) et les « reserved powers » (pouvoirs réservés). Les régions ne peuvent
adopter des lois que si elles concernent leurs pouvoirs dévolus, qui concernent des
problématiques régionales : les transports, la santé ou encore l’éducation. Les pouvoirs
réservés, comme la politique étrangère ou la défense, demeurent l’unique compétence du
gouvernement du Royaume Uni et sont traité à Westminster.
Irlande du
Pouvoirs Ecosse Pays de Galles
Nord
JUSTICE et SECURITE
Le système politique dévolu des 3 nations constitutives est plutôt semblable aux autres pays
indépendants. Lors des élections législatives régionales, tous les 4 ans, les électeurs élisent les
députés : 129 en Ecosse, 108 en Irlande du nord et 60 au Pays de Galles. Le résultat de chaque
élection nomme un exécutif issu du parti majoritaire. L’Ecosse et le pays de galles sont
dirigés par un PM et l’Irlande codirigée par un PM et vice-PM. Le chef de l’exécutif choisit
les ministres de son gouvernement sauf en Irlande où la répartition des cabinets ministériels se
fait proportionnellement aux scores des partis (méthode dite d’Hondt).
régionale, toutes les décisions la concernant sont prise à Westminster. Mais en 2015, loi dite
des « votes anglais pour les lois anglaises » excluant les députés régionaux de certains votes.
Les députés écossais ont dénoncé ce texte qui ferait d’eux des « citoyens de seconde classe ».
La seule véritable institution aux pouvoirs dévolus en Angleterre est la Greater London
Authority, qui dispose de plus de pouvoirs que les autres autorités locales anglaises. Elle est
dirigée par le maire de Londres, élu au SU tous les 4 ans.
Ils sont liés dans leur émergence et le parlementarisme s’appuie sur le constitutionnalisme
alors que ce dernier soutien le parlementarisme.
Le constitutionnalisme est un mouvement qui lutte contre le système monarchique, qui
défend les droits fondamentaux. Il est porté par des acteurs politiques qui défendent l’idée
d’un passage au parlementarisme. Il défend l’idée d’une séparation des pouvoirs et un
équilibre des pouvoirs.
Notion de parlementarisme : renverser l’influence politique. Après avoir été entre les mains
du pouvoir exécutif et surtout du roi, on veut placer le pouvoir politique au cœur du parlement
qui est l’expression de la souveraineté populaire. La chambre des communes est par exemple
toujours le juge des élections car la souveraineté est dans les mains du parlement et il est le
plus légitime à rendre la justice sur ses membres.
Le constitutionnalisme est marqué par la notion de constitution : au RU constitution non
écrite qui repose sur de grands textes fondamentaux : magna Carta de 1215, l’Habbeas Corpus
de 1679, le Bill of rights de 1689, les parliaments acts de 1911 et 1949 + ensemble des
conventions des constitutions avec l’idée que si les règles ne sont pas écrites, certaines sont
appliqués à l’identique depuis un temps long soit l’ensemble des règles coutumière qui
servent à l’organisation politique comme la dissolution de la chambre des communes par
exemple.
Qu’est ce qui régit l’évolution du rapport entre les pouvoirs exécutif et législatif ? les grands
textes mais un peu ancien, les conventions sont en réalité ce qui le fait car elles sont aussi
précises et codifiés que les règles écrites.
Le rapport de force politique est au cœur du pouvoir entre le PM et le parlement.
1. Système électoral
Il est marqué par le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Ce mode de scrutin est attaché
au régime parlementaire depuis le début au RU.
« Les bourgs pourris » : circonscription législative très anciennes qui se sont complétement
dépeuplés mais continuait à élire des députés alors que des zones très densément peuplés
continuait à élire peu de députés : injustice du découpage électorale qui favorisait les élus
ruraux.
Basculement d’une double logique : majorité électorale devient une majorité parlementaire
qui devient ensuite une majorité de soutien au gouvernement : donne une forte légitimité au
PM qui est le chef du parti qui a remporté les élections, chef de la majorité au parlement et
A – Droit constitutionnel – T5 – Les institutions du Royaume-Uni
Le bipartisme : un des traits essentiels des institutions au RU avec l’idée qu’il y a 2 partis
politiques. Mais c’est faux, le bipartisme au RU correspond plus réellement au fait qu’il y ait
2 partis majoritaires alternativement au parlement : les travaillistes et les
conservateurs. Exceptionnellement, certains partis politiques pouvaient venir compléter 1 des
2 partis pour former des majorités parlementaires : coalisation parlementaire par ex les
Conservateurs avec les libéraux démocrates.
Mais contexte politique actuel qui affaiblit les gouvernement et besoin d’apport d’autres partis
pour créer des majorités.
La couronne est une institution très importante mais avant tout symbolique : institution la
plus ancienne (symbolique la continuité et la représentation du RU). La reine Elizabeth règne
depuis plus de 60 ans, couronnée le 2 juin 1953 et elle a vu défilé de nombreux PM. La reine
est classée comme la 49ème femme la plus influente du monde.
A – Droit constitutionnel – T5 – Les institutions du Royaume-Uni
Le roi règne mais ne gouverne pas. Il est le chef de l’état mais le pouvoir politique est dans les
mains du PM. Si dans les textes c’est la reine qui détient les compétences, elles sont en réalité
décidées par le PM : par ex le discours du trône est prononcé par la reine mais écrit totalement
par le PM. De même, la reine promulgue les lois mais ne dispose pas du vrai pouvoir, elle
nomme le PM mais elle ne le choisit pas. La reine est irresponsable politiquement et
juridiquement : « elle est la garante du jeu institutionnelle, l’arbitre du rôle des institutions au
RU ».
Le chef de l’état n’exerce plus politiquement ses compétences : elles sont transférées au PM,
la personnalité centrale du gouvernement. Symbiose entre les membres du parlement et du
gouvernement : même parti, même chef le PM, élus en même temps.
Notion de régime parlementaire : séparation souple des pouvoirs. Elle est pensée comme une
garantie d’un équilibre entre les pouvoirs avec collaboration harmonieuse. Cel est
indépendamment de l’influence politique or c’est elle qui donne la tonalité de cette séparation
souple des pouvoirs. L’équilibre des pouvoirs n’existe pas vraiment. Au RU, c’est le PM qui
reste le chef.
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Idée d’une atténuation récente de 2011 avec le Fixed-Term Parliament Act de 2012 : changé
la donnée dans la relation entre la chambre des communes et le PM. Avant ce dernier pouvait
dissoudre la chambre quand il le voulait donc par opportunité politique il pouvait avancer ou
reculer les élections. Cet act a réduit la possibilité du PM de dissoudre la chambre. Il a donné
un terme précis aux législatures, au mandat de 5 ans jour pour jour.
Pour Theresa May, elle a clairement été contestée par son partie dans sa gestion de la
négociation du Brexit. Beaucoup de critiques de certains députés de son parti et notamment
Boris Johnson. Elle a été contrainte de s’allier au parti nord-irlandais qui dictait lui-même ses
propres exigences sur le Brexit. Décembre 2018 : motion de censure de son propre parti
contre May mais échec. En avril 2019, le report du 6 mois achève la relation entre les
conservateur et May : dresse une majorité des Tories contre May et elle démissionne 2 mois
plus tard.
Boris Johnson savait que les conservateurs étaient très divisés sur cette question du Brexit. Il a
multiplié les menaces : d’exclusion tous les parlementaires qui s’opposait à la politique du no-
deal, menace de priver d’investiture les députés de son parti qui s’opposait à lui.
Theresa May : l’accord de sortie de l’UE fut rejeté au parlement par 230 voies d’écart. May
n’a jamais réussi à trouver de majorités à la chambre : c’est bien le PM qui cherche à obtenir
une majorité à la chambre. Les cartes sont rebattues avec le Brexit et on retombe sur les
bases : le PM doit chercher la majorité car elle lui est vitale.
La fonction de PM de May a été compliqué vis-à-vis de son équipe gouvernementale : 50
démissions de ministre en 3 ans donc gouvernement instable.
Le PM peut être isolé au sein du gouvernement : plus d’allié dans son parti.
Boris Johnson : 3 fois échec de trouver des majorités à la chambre des communes et
l’ensemble de voies en sa faveur n’a cessé de diminuer. Il a fait le choix de contourner le
parlement en prolongeant l’interruption de cessions parlementaires afin que le parlement ne
puisse plus intervenir : manœuvre habile. A peine quelques semaines après son entrée, déjà
plus de majorité à la chambre des communes
3. La difficulté est qu’il n’y a pas forcément de coïncidence parfaite entre les
soutiens.
Les deux sont censés logiquement aller ensemble : la majorité du parti et à la chambre des
communes car le PM est le chef du parti qui devient le chef des députés.
La situation du Brexit montre que May a été mise en minorité sur les votes concernant la
politique du Brexit mais de l’autre côté, jamais mis en minorité sur une motion de défiance.
Ce qui fait concrètement qu’un jour May était mise en minorité politique et le lendemain les
députés lui accordaient leur confiance.
La dissolution n’est plus une compétence discrétionnaire du PM.
La situation est critique : les divisions internes des conservateurs sur le Brexit pèsent sur
l’ensemble de la gestion gouvernementale. C’est l’éclatement partisan qui pèse sur le
fonctionnement politique : preuve du poids des partis politiques.
Le bipartisme pèse sur la politique parlementaire et sur la relation du PM et de la chambre des
communes : relation sans cesse remise en jeu.