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DROIT PENAL GENERAL

INTRODUCTION LA NOTION DE DROIT PENAL A. DEFINITIONS 1. LE DROIT PENAL La plupart des définitions du droit pénal proposées par la doctrine sont très larges. Ainsi il est défini comme « l’ensemble des règles juridiques qui organisent la réaction de l’état vis-à-vis des infractions et des délinquants » ou comme « le droit de l’infraction et de la réaction sociale qu’elle engendre » ou encore comme « l’ensemble des normes juridiques qui réglementent le recours de l’état à la sanction pénale ». Ces définitions incluent dans le domaine du droit pénal à la fois les règles de droit pénal de fond et les règles de procédure pénale. Le législateur réserve l’expression droit pénal aux règles pénales de fond. Dans ce sens, le droit pénal peut être défini comme « l’ensemble des règles ayant pour objet de déterminer les actes antisociaux, de désigner les personnes pouvant en être déclarées responsables et de fixer les peines qui leur sont applicables ». Plus brièvement encore, le droit pénal peut être présenté comme « l’ensemble des règles ayant pour objet la détermination des infractions ». Les dispositions fondamentales applicables en la matière sont contenues dans le code pénal. 2. LA PROCEDURE PENALE La procédure pénale – ou droit pénal de forme – a pour objet de fixer les règles relatives à la recherche, à la poursuite et au jugement des auteurs d’infractions. L’intégralité de ces règles figure, dans le code de procédure pénale. B. RAPPORTS DU DROIT PENAL AVEC LES AUTRES DISCIPLINES 1. RAPPORTS ENTRE LE DROIT PENAL ET LA PROCEDURE PENALE Généralement, le droit ne se confond pas avec le contentieux, qui n’en est qu’une manifestation pathologique, par contre le droit pénal est un droit contentieux par nature. Les textes régissant la vente, le contrat de société s’appliquent sans donner lieu à procès en l’absence de contestation entre les intéressés. En revanche, la mise en œuvre des textes répriment le meurtre, le vol ou la corruption ne se conçoit pas indépendamment de l’intervention des autorités judiciaires puisque ces textes ne définissent pas une activité licite, mais au contraire les conséquences de la violation de certains interdits.

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Il résulte de ce lien entre les deux matières que la qualité d’une législation pénale ne peut être appréciée indépendamment de celle du système procédural qui en assure la mise en œuvre. 2. DROIT PENAL ET LES AUTRES DISCIPLINES AYANT POUR OBJET L’ETUDE DE L’INFRACTION Le droit pénal, qui a pour objet la définition juridique des infractions, doit être distingué d’autres disciplines qui étudient l’infraction sous un ongle politique, sociologique ou scientifique : la politique criminelle, la criminologie et la criminalistique. a. POLITIQUE CRIMINELLE La politique criminelle est un concept introduit au début du XIX siècle. Elle définie comme « l’ensemble des procédés répressifs par lesquels l’Etat réagit contre le crime »1. La doctrine s’accorde à donner à l’expression un sens plus large en intégrant dans la politique criminelle les mesures préventives tels que l’aménagement urbain, la lutte contre les fléaux sociaux, la prise en charge éducative des enfants… Dans cette acceptation élargie, la définition donnée à la politique criminelle est « l’ensemble des procédés par lesquels le corps social organise la réponse au phénomène criminel ».2 b. CRIMINOLOGIE Le droit pénal, qui s’attache à la définition juridique des infractions, doit également être distingué de la criminologique, qui étudie les causes de la criminalité et, les divers modes de traitement du délinquant et de prévention de la récidive. c. CRIMINALISTIQUE La criminalistique a pour objet l’ensemble des procédés scientifiques de recherche des infractions et de leurs auteurs (médecine légale, toxicologie et police scientifique). En réalité, la criminalistique se rattache en réalité à la procédure pénale dans la mesure où elle donne les moyens d’apporter la preuve des circonstances de l’infraction et de la culpabilité de son auteur. d. LA PENOLOGIE La pénologie ou la science pénitentiaire est l’étude des peines, de leur nature, de leurs modes d’exécution.

3. LE DROIT PENAL GENERAL ET LE DROIT PENAL SPECIAL L’article premier du code pénale dispose que « la loi pénale détermine et constitue en infraction les faits de l’homme qui, à raison du trouble social qu’ils provoquent, justifient l’application à leur auteur de peines ou de mesures de sûreté ». Selon les termes de l’article précité, le droit pénal général réunit les règles applicables à l’ensemble des infractions ou une partie d’entre elles, comme, par exemple,
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Définition donnée par Feuerbach M. Delmas-Marty, Les grands systèmes de politique criminelle, coll. Thémis, 1992

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celles fixant le champ d’application de la loi pénale dans le temps et dans l’espace ou celles déterminant les causes d’irresponsabilité pénale ou encore les règles précisant la nature des peines et leurs modalités d’application. Ces règles générales, sont contenues dans les dispositions préliminaires, le livre 1er et le livre II du code pénal. Le droit pénal spécial a pour objet de définir les diverses infractions particulières en décrivant leurs éléments constitutifs, les peines qui leur sont applicables et les règles spécifiques de procédure ou de fond auxquelles elles sont soumises par dérogation aux principes du droit pénal général et de la procédure pénale. La matière du droit spécial est très dispersée. Le livre III du code pénal contiennent les infractions fondamentales : meurtre, homicide ou blessures involontaires, violences, agressions sexuelles, trafic de stupéfiants, vol, escroquerie, abus de confiance, destructions, corruption, faux… Mais, au cours de ces dernières décennies, de nombreuses infractions ont été prévus dans des lois particulières ou des codes spéciaux (code des sociétés anonymes n° 17-95 ; code des sociétés commerciales n° 5-96 ; code du commerce n° 15-96 …). C. OBJET DU DROIT PENAL ET SCIENCES ANNEXES Le droit pénal est la branche du droit qui détermine :   Certains faits ou abstentions (infractions) ; Les sanctions applicables à chaque infraction (peines).

Le droit pénal général étudie les règles applicables à toutes les infractions. Au sens large, il englobe aussi l’étude des peines. La procédure pénale définit l’organisation judiciaire en matière répressive et le déroulement du procès pénal. Le droit pénal spécial comporte l’étude des différentes infractions (meurtre, vol, agression, escroquerie…).

D. NATURE ET FONCTIONS DU DROIT PENAL 1. NATURE DU DROIT PENAL Le droit est traditionnellement divisé en deux grandes branches : d’une part, celle du droit public, qui régit les rapports d’une personne avec l’Etat et dans laquelle figurent le droit administratif et le droit constitutionnel, d’autre part, celle du droit privé, qui régit les rapports entres les personnes et qui comprend en particulier le droit civil. La nature du droit pénal interdit de le rattacher entièrement à l’une ou l’autre de ces deux catégories, dans la mesure où il entretient des rapports étroits avec chacune d’entre elles et présente en réalité un caractère autonome.

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la mesure pénale tend à perdre son caractère purement répressif (mesures de sûreté. délimite de manière simple et rationnelle les compétences de la loi en matière pénale. agression). 3. non à la victime). il peut avoir répression pénale sans réparation ( la simple tentative. « la loi pénale détermine et constitue en infraction les faits de l’homme qui. sans dommage). l’élément matériel. exclure toute autre source de droit en matière pénale. peuvent coexister en cas d’atteinte à l’intégralité de la personne par imprudence (il y a répression et réparation). réinsertion par la réadaptation) La sanction pénale et la sanction civile. la loi pénale sanctionne des abstentions (ex. A la différence de la sanction civile. Aujourd’hui. Autrement dit. vol. omission de secours à personne en péril – article 431 du code pénal). 4 . justifient l’application à leur auteur de peines de mesures de sûreté ». il appartient au pouvoir législatif de déterminer les infractions et les peines qui leur sont applicables (alinéa 3 – article 46 de la constitution révisée de 1996). l’amende va à l’Etat. LES SOURCES DU DROIT PENAL Aux termes de l’article premier du code pénal. La plupart des infractions sont des actes positifs (ex. l’article premier du code pénal précise que la loi est seule compétente pour la détermination des infractions.2. restitutions). De même. qui est essentiellement réparatrice (dommages intérêts. l’élément moral. meurtre. en revanche. En définitive. LES FONCTIONS DU DROIT PENAL Les règles de droit pénal impliquent l’existence d’une sanction d’un caractère spécial : la peine. TITRE PREMIER L’INFRACTION DEFINITION L’article 110 de la loi pénale. définie l’infraction comme : « un acte ou une abstention contraire à la loi pénale et réprimé par elle ». la sanction pénale est répressive (châtiment infligé au coupable . à raison du trouble social qu’ils provoquent. c’est à dire. Cet article. CHAPITRE PREMIER : LES ELEMENTS DE BASE INTRODUCTION L’infraction suppose la réunion de trois éléments constitutifs : l’élément légal.

A signaler que. et des peines emporte les 1. 3.  Immunité diplomatique : pour les infractions commises par les représentants d’un Etal étranger (convention de Vienne. NON-RETROACTIVITE DE LA LOI PNALE Voir principe de non rétroactivité de la loi pénale § 1 : APPLICATION DE LA LOI PÉNALE DANS LE TEMPS 5 .  Immunité de 1996). Ainsi. Non rétroactivité de la loi pénale. sans texte légal . Par exemple. parlementaire : pour les propos devant la chambres des représentants et la chambre des conseillers (article 39 de la constitution révisée SECTION 1 : L’ELEMENT LEGAL INTRODUCTION Le principe de la légalité des incriminations conséquences suivantes :    Ni infraction. SANS TEXTE LEGAL En vertu de l’article 3 du code pénal « nul ne peut être condamné pour un fait qui n’est pas expressément prévu comme infraction par la loi. pour le vol. APPLICATION DE LA LOI DONT LES DISPOSITIONS SONT MOINS RIGOUREUSES Aux terme de l’article 6 de la loi pénale qui dispose « lorsque plusieurs lois ont été en vigueur entre le moment où l’infraction a été commise et le jugement définitif. 2. le juge ne peut créer de nouvelle incrimination ou peine.Chaque infraction comporte des éléments qui sont particuliers à sa définition légale : ils sont étudiés en droit pénal spécial. 1961 et 1963) . ni puni de peines que la loi n’a pas édictées ». Application de la loi dont les dispositions sont moins rigoureuses . même si tous les éléments de l’infraction sont réunis. NI PEINE. l’élément légal est l’article 505 du code pénal réprimant ce crime. pour la non révélation d’infractions commises par certains parents et alliés (article 297 alinéa 2) . l’élément moral. notamment l’intention de soustraire. ni peine. NI INFRACTION. il ne peut compléter une loi insuffisante ni appliquer une sanction autre que celle prévue. dont les dispositions sont les moins rigoureuses. doit recevoir application ». l’élément matériel est l’acte tendant à soustraire une chose appartenant à autrui. il arrive qu’une immunité légale fasse obstacle aux poursuites :  Immunités familiales : pour les vols et d’autres infractions entre certains parents ou conjoint (articles 534 et 535 du code pénal). la loi.

l’article 8 du code pénal applique aux mesures de sûreté la loi en vigueur au moment du jugement de l’infraction. Mais la véritable exception a ce principe de la non rétroactivité des lois réside dans le Dahir du 29 Octobre 1959 qui était déclaré applicable même commises avant son entrée en vigueur. C’est ainsi que malgré l’application de ce principe par le juge pénal qui est tenu d’appliquer la loi pénale en vigueur au moment de l’infraction. L’EXCEPTION Malgré la place primordiale qu’occupe le principe de non rétroactivité dans le système juridique Marocain et malgré son caractère absolu énoncé par l’article 4 de la constitution. à tous les actes commis après l’entrée en vigueur de la loi . Conflit entre la loi antérieur et la loi nouvelle Un acte commis sous l’empire d’une loi déterminée.A. LE PRINCIPE DE NON-RETROACTIVITÉ DE LA LOI PÉNALE La loi pénale s’applique. en vertu d’une loi postérieure au jugement définitif. la loi doit avertir avant de frapper. doit recevoir application » Ce texte répond d’une part aux souhaits du législateur qui veut faire bénéficier les délinquants de la clémence des nouvelles lois et s’aligne d’autre part sur les droits de l’homme. depuis sa promulgation jusqu’à son abrogation. conduit à un deuxième principe : l’application immédiate des lois plus douces. il souffre de certains exceptions en matière pénale. et garantie fondamentale de liberté individuelle. aux infractions 6 . favorables à l’intéressé. elle ne s’applique pas aux actes commis et définitivement jugés avant cette entrée en vigueur. Ceci s’explique par le fait que les mesures de sûreté n’ont pas un caractère répressif et cherchent uniquement la rééducation du délinquant ou la protection de la société. la loi nouvelle lui est donc inapplicable. la loi. dont les dispositions sont les moins rigoureuses. Si l’acte a été jugé définitivement. sauf les exceptions de l’exécution des peines : La peine cesse d’être exécutée quand elle a été prononcée pour un fait qui. à des faits antérieurs non jugés définitivement (article 6 – code pénal) B. et non jugé définitivement au moment où entre en vigueur une loi nouvelle. Par ailleurs l’article 6 du code pénal dispose que : « lorsque plusieurs lois ont été en vigueur entre le moment où l’infraction a été commise et le jugement définitif. C’est un corollaire de la règle plus générale de la légalité. Le fondement du principe. libéral. n’a plus le caractère d’une infraction (article 5 du code pénal) Fondement du principe de non rétroactivité de la loi pénale Le principe de non rétroactivité est une garantie de liberté individuelle .

sauf s’ils sont soumis. en vertu du droit international. tous ceux qui. du corrompu qui sollicite des offres. Aux termes de l’article 11 de cette loi. geste du meurtrier qui appuie sur la détente. étrangers ou apatrides. corruption… Elles supposent. Exceptionnellement. Ex.Cette mesure a été prise à l’occasion de la célèbre affaire des huiles nocives qui a coûté la vie a des citoyens et qui a porté préjudice a la sécurité alimentaire et à la salubrité des Marocains. SECTION 2 : ELEMENT MATERIEL Le droit pénal n’admet pas que l’on réprime la simple pensée coupable. vol. A. à une loi étrangère ». (article 12 du Code pénal). Ainsi l’élément matériel existe : • • Dans le cas de l’infraction consommée . Et en raison du vide juridique que connaissait le système juridique Marocain de l’époque. il conduit aussi à l’application de la loi pénale aux infractions commises hors du royaume lorsqu’elles relèvent de la compétence des juridictions répressives marocaines. « sont considérés comme faisant partie du territoire. du voleur qui s’empare de la chose. promesses ou reçoit des dons…) 7 . LES INFRACTIONS DE COMMISSION Ce sont les plus fréquentes. l’infraction peut consister à omettre un acte prescrit par la loi : il s’agit des infractions d’omission. L’infraction n’existe comme telle qu’avec un minimum de matérialisation de l’attitude coupable. se trouvent sur le territoire du Royaume. CHAMP D’APLICATION en vertu de l’article 10 du code pénal « sont soumis à la loi pénale marocaine. les navires ou les aéronefs marocains quel que soit l’endroit où ils se trouvent. l’infraction consiste à commettre un acte interdit par la loi : il s’agit des infractions de commission. NOTION DE TERRITOIRE Le territoire sur lequel la loi pénale marocaine est applicable est l’espace sur lequel s’étend l’autorité politique de l’Etat. meurtre. Dans le cas de l’infraction seulement tenté. § 2 : APPLICATION DE LA LOI PÉNALE DANS L’ESPACE A. sauf les exceptions établies par le droit public interne ou le droit international ». découle du principe de la souveraineté nationale. Le principe d’application de la loi Marocaine aux infractions commises sur le territoire du Royaume. il était nécessaire de frapper sévèrement toutes personnes qui serait tentée de porter atteinte à la santé des citoyens. § 1 : L’INFRACTION CONSOMMEE Le plus souvent. B. pour leur consommation : Une initiative physique de la part du coupable (Ex. nationaux.

par la volonté de l’agent ou pour toute autre raison. Ex. 2. les agissements criminels sont interrompus avant ce stade. L’INFRACTION DE COMMISSION PAR OMISSION Cette infraction se rapproche de l’infraction d’omission proprement dite. si. l’omission de porter secours à une personne en péril. certaines attitudes sont punissables indépendamment d’un préjudice causé (Ex. Dans le cas ou l’exécution est parfaite (atteinte de l’objectif).Un résultat qui va constituer le dommage : celui-ci peut être matériel (meurtre) ou immatériel (diffamation). omission de déclarer la naissance d’un enfant (article 468 du code pénal). dommageable. Désir de commettre l’infraction . achat d’instruments. envisagée comme une éventualité . L’INFRACTION D’OMISSION PROPREMENT DITE Il s’agit dune abstention sans résultat positif direct la loi pénale prévoit certaines obligations d’agir. § 2 : LA TENTATIVE Entre la naissance de la pensée criminelle et le résultat dommageable. laisser intentionnellement quelqu’un se noyer sans lui porter secours. Phase externe : • • Préparation de l’infraction (étude des lieux. La tentative est punissable comme l’infraction consommée et l’auteur de la tentative est considéré comme auteur de l’infraction (article 114 du code pénal) 8 . on parle d’infraction consommée. Projet pour mener à son terme l’infraction. 1. Exécution. non révélation de crime aux autorités judiciaires ou administratives (article 299 du code pénal). Ex. Cependant. il existe une série de phases variables : Phase interne : • • • Pensée de l’infraction. non témoignage en faveur d’un innocent poursuivi (article 378 du code pénal). Par contre. B. en ce que son auteur est resté passif et par le résultat. d’armes) . l’infraction est seulement « tentée ». LES INFRACTIONS D’OMISSION On distingue l’infraction d’omission proprement dite et l’infraction de commission par omission. Il existe de multiples infractions d’omission dans le droit pénal des sociétés. Un lien de causalité entre l’acte et le résultat. contravention en matière de circulation).

(Ex. il faut distinguer les actes préparatoires et le commencement d’exécution. donner des soins à sa victime). Seuls les agissements extérieurs peuvent constituer la tentative. Pénétrer dans une voiture pour voler celle-ci Venir pour commettre un vol. est assimilée au crime consommé et réprimée comme tel ». pour qu’il n’y ait pas tentative punissable : il doit être antérieur à la consommation de l’infraction. Autrement dit. restituer la chose volée. LES ELEMENTS DE LA TENTATIVE PUNISSABLE Selon l’article 114 de la loi pénale « toute tentative de crime qui a été manifestée par un commencement d’exécution ou par des actes non équivoques tendant directement à le commettre. Désistement volontaire 9 . a. ce désistement doit réunir deux conditions.A. à accomplir l’acte coupable. si elle n’a été suspendue ou si elle n’a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur. Les actes préparatoires Ils ne sont pas punissables sur le plan de la tentative . Exemples • • • • Briser la vitre d’une voiture pour voler à l’intérieur . Se tenir en embuscade avec armes ou véhicules . et volontaire de la part de l’agent. Exemples • • Associations des malfaiteurs . mais ils peuvent parfois être réprimés à titre d’infractions distinctes. et volontairement. b. Une interruption involontaire de l’exécution : le désistement volontaire fait obstacle à la répression de la tentative. avec instruments d’effraction . pour une agression… 2. La tentative punissable suppose la réunion de deux éléments : Un commencement d’exécution . Aide par fourniture d’armes… Les actes d’exécution Sont seuls susceptibles de constituer la tentative punissable. 1. Cependant. COMMENCEMENT D’EXECUTION La simple intention coupable ne peut constituer la tentative. Désistement antérieur à la consommation de l’infraction Le remords tardif est sans effet sur les éléments de l’infraction. ABSENCE DE DESISTEMENT VOLONTAIRE Même s’il y a commencement d’exécution. il n’y aura pas tentative punissable si l’agent renonce assez tôt.

et ayant commis une faute (la culpabilité). c’est-à-dire si son auteur matériel est un être humain responsable. Ainsi la tentative demeurera punissable si le désistement est causé par un événement extérieur. REPRESSION DE LA TENTATIVE PUNISSABLE La répression de la tentative est exclue par la loi parfois pou des raisons tenant à la faible gravité de l’infraction. L’infraction impossible L’article 117 du code pénal dispose : « la tentative est punissable alors même que le but recherché ne pouvait être atteint en raison d’une circonstance de fait ignorée de l’auteur ». elle ne pouvait pas réussir (Ex. on ne tient pas compte du mobile qui a poussé l’agent à s’arrêter (remords.Aux termes de l’article 114 précité. SOUS SECTION 1 : CULPABILITE L’agent auquel l’acte est matériellement imputable ne sera coupable que s’il a commis une faute. c. 1. La tentative de contravention n’est jamais punissable (article 116 du code pénal). • • La tentative de crime est toujours punissable (article 114 du code pénal) . pour qu’une action ou une abstention constitue une infraction punissable. à défaut de quoi il n’y a pas responsabilité. vraiment volontaire. il faut un désistement spontané. • SECTION 3 : L’ELEMENT MORAL L’acte n’est une infraction punissable que s’il y a responsabilité pénale. On distingue généralement deux catégories de dol en matière pénale. parfois en raison de la nature de l’infraction. L’infraction impossible est un cas particulier d’infraction manquée. vol d’un poche vide). La tentative de délit n’est pas punissable en principe qu’en vertu d’une disposition spéciale de la loi (article 115 du code pénal) . il faut que l’agent ait commis une faute et que cette faute lui soit imputable. § 1 : LA FAUTE INTENTIONNELLE A. peur). B. LES DIVERS ASPECTS DE LA FAUTE INTENTIONNELLE La faute intentionnelle c’est le dol. LE DOL GENERAL C’est la faute intentionnelle qui déclenche la responsabilité pénale « Les crimes et les délits ne sont punissables que lorsqu’ils ont été commis intentionnellement » (alinéa 1 de l’article 133 du Code pénal) 10 . jouissant de ses facultés mentales (l’imputabilité). Autrement dit.

quel que soit l’âge du mineur. En droit. elle est fonction de la responsabilité de chaque délinquant . peut être honorable (faim du voleur) ou perverse (cupidité du voleur). la peine. le législateur lui apporte certains tempéraments. ils servent souvent de base à l’attribution du bénéfice des circonstances atténuantes. de même l’article 473 du Code pénal sur l’enlèvement des mineurs fait du mobile avéré une circonstance aggravante du crime « Si le coupable se fait payer ou a eu pour but de se faire payer une rançon par mes personnes sous l’autorité ou la surveillance desquelles le mineur était placé. comme un mécanisme mental en rapport avec le type d’infraction défini par la loi. 11 . b. La théorie classique Cette théorie définit le dol général.a. La connaissance de l’état infractionnel qui consiste à avoir conscience des éléments matériels de l’infraction. la volonté de frauder. Dol général et mobile. Le mobile est seulement l’explication de cette volonté dolosive. le mobil n’influe pas sur l’existence de l’infraction qui demeure punissable.9 sanctionnant les crimes et délits contre la sûreté de l’Etat. Son importance en droit marocain est purement théorique puisqu’aux termes de l’article 2 du Code pénal « nul ne peut invoquer pour son excuse l’ignorance de la loi pénale ». La sévérité particulière des articles 163 à 218. il importe donc de prendre en considération soit les mobiles. sur un plan purement intellectuel. est la réclusion perpétuelle » Dol général et intention frauduleuse L’intention frauduleuse ne se confond pas nécessairement avec le mobile : c’est l’intention de tromper. il faut admettre que le droit pénal doit tenir compte de la qualité du mobile pour exclure au atténué la responsabilité pénale si les mobiles sont honorables. tels qu’ils sont incriminés par la loi pénale. même si le mobile de l’agent était honorable. Les théories réalistes La faute intentionnelle est une notion d’ordre moral . Le dol général se confond ici avec la perversité du mobile. Si l’on veut subordonner la répression à l’état dangereux. c’est la conscience de l’illicéité de l’acte. Le mobile c’est la cause impulsive et déterminante de l’acte criminel. En droit pénal marocain. est en revanche essentielle. soit l’intention frauduleuse. la sanction applicable étant proportionnée au degré de cette perversité. Cette cause variable. La règle de l’indifférence des mobiles n’est pas absolue : les tribunaux leur accordent attention. ne puisse s’analyser en faisant abstraction du mobile . La théorie classique distingue dans le dol général deux éléments constitutifs : L’élément connaissance ou conscience Le dol général consiste à agir avec une double connaissance : La connaissance de l’état de droit infractionnel.

En plus de la volonté consciente de violer la loi pénale. conformément à l’article 403 de Code pénal du chef de coup et blessures volontaires ayant entraîner la mort sans intention de la donner. l’agent sait. il en refuse néanmoins la restitution. b. laquelle en sera le résultat. Elle ne signifie rien si elle n’est pas associé à la volonté délibérée d’agir ou de s’abstenir. la volonté de s’approprier de la chose d’autrui (article 505 du Code pénal). l’agent est censé prévoir un dommage prévisible . il est exigé. ayant la capacité de comprendre et de vouloir. Dol spécial et prévisibilité Le dol spécial peut donc être défini comme le fait d’avoir délibérément agi pour obtenir les conséquences préjudiciables de telle ou telle infraction. au moment de l’action. étaient nettement prévues . par exemple. par exemple en cas de vol. les conséquences du meurtre délibérément projeté sont déterminées avec exactitude. l’ayant prévu et n’ayant rien fait pour l’éviter. Dol spécial et intention Le dol spécial c’est une intention précise. les conséquences préjudiciables de l’infraction appréciées. être le détenteur précaire de telle somme. L’agent doit-il être puni comme s’il avait voulu ces conséquences ? la réponse classique est affirmative car. La volonté délictueuse naît de cette décision. en effet. l’agent commet un homicide sans avoir eu l’intention de tuer mais simplement de blesser. a. l’agent n’est pas punissable au titre de l’infraction intentionnelle caractérisée par le do spécial. A défaut de cette intention précise exigée par la loi. Dans le premier cas. Par exemple. LE DOL SPECIAL C’est la faute intentionnelle. par exemple.L’élément volonté La connaissance est en elle-même insuffisant. elles étaient seulement prévisibles. dans le second cas. soit les conséquences préjudiciables qui étaient simplement prévisibles. 2. il pourra être condamné. 12 . au moment de l’action. soit les conséquences préjudiciables qui ont dépassé ses prévisions ? Le dol indéterminé La doctrine distingue le dol déterminé et le dol indéterminé. toujours suffisant pour déclencher la responsabilité pénale . l’agent qui porte volontairement des coups à autrui ne peut ignorer que son action est susceptible de produire différentes conséquences. faciles à énumérer mais dont il ignore. la loi exige en outre un dol particulier : le dol spécial ou spécifique. Le dol général n’est pas. Dans quelle mesure peut-on imputer à l’agent. dans de nombreuses infractions. il peut être puni sous une autre qualification : si. il est censé l’avoir voulu. En revanche. En revanche. 400 à 403 du Code pénal consacrent nettement cette règle en proportionnant la peine applicable en cas de coups et blessures volontaires à la gravité du préjudice subi par la victime. Les articles 267.

au lieu du remède prescrit par le médecin. b. a. De même. Comment admettre que tous les citoyens du Royaume. dol au-delà de l’intention. 2. dont la majeure partie est analphabète. c’est-à-dire soit un élément constitutif. croyant tuer une autre personne. livre par erreur un poison violent occasionnant ainsi le décès du malade. le fils qui tue son père par erreur. La circonstance aggravante de parricide est effacée par l’erreur de fait. il y a là dol prêter intentionnel. seul un lien de causalité matérielle permet de relier ce résultat non voulu à l’acte commis par l’agent. mais un meurtre simple. L’erreur de fait inopérante Il en sera ainsi toutes les fois que subsistera la faute intentionnelle. L’exemple classique est celui de l’agent qui porte des coups à une femme enceinte ont il ignorait la grossesse et dont il provoquera de ce fait l’avortement. 13 . Le pharmacien qui. faut-il admettre que l’erreur ou l’ignorance puisse être exclusive de l’intention criminelle chaque fois qu’elle fait disparaître les éléments intellectuels du dol ? 1.Le dol prêter intentionnel L’infraction peut également produire des conséquences plus graves que celles que l’agent était à même de prévoir. Cette règle est en fait totalement irréaliste. B. ne commet pas un parricide. La règle nul ne peut invoquer pour son excuse l’ignorance de la loi pénale intégrée dans l’article 2 du Code pénal s’oppose absolument à ce que l’erreur de droit constitue une cause de non culpabilité. soit une circonstance aggravante. remarquablement inadaptée à la réalité marocaine. L’ERREUR DANS LES INFRACTIONS INTENTIONNELLES Si le dol général implique que l’agent ait la connaissance du caractère illégal de ses actes. on doit admettre que l’agent ne sera punissable au pénal que sur la base de l’article 400 du Code pénal. mais du délit d’homicide par imprudence. est coupable non pas du crime d’empoisonnement. L’ERREUR DE DROIT Elle peut consister soit dans l’ignorance de la loi pénale. par exemple. soit dans une interprétation inexacte de ses dispositions. Elle transforme alors l’infraction intentionnelle en infraction d’imprudence ou empêche l’aggravation de la peine résultant de la circonstance aggravante. L’ERREUR DE FAIT C’est celle qui porte sur la matérialité de l’acte accompli par l’agent. L’erreur de fait destructrice de la faute intentionnelle L’erreur de fait est exonératrice lorsqu’elle porte sur un élément essentiel de l’infraction. puisse être censés avoir lu le Bulletin Officiel ou le Code pénal ou un traité de droit pénal spécial. ce dernier tombera-t-il sous le coup de l’article 400 du Code pénal réprimant l’avortement ? le lien de causalité subjective faisant défaut.

une simple inattention. adopter l’identité des deux fautes ou au contraire reconnaître leur différence est un choix difficile.• Erreur sur la personne. exceptionnellement des crimes. est susceptible d’engager la responsabilité pénale de l’agent dès l’instant où. Ces quasi-délits du droit pénal sont-ils les mêmes que les quasi-délits du droit civil ? 1. d’imprudence. non seulement par son fait. il importe de distinguer la faute quasi-délictuelle de la faute contraventionnelle. lorsqu’il est établi que cette faute en est la cause directe… La faute consiste. Infraction impossible. mais par sa faute.000 dirhams ». L’APPLICATION DU PRINCIPE D’IDENTITE DE LA FAUTE CIVILE ET DE LA FAUTE PENALE a. soit à omettre ce qu’on était tenu de faire. Le meurtrier se trompant de victime. ces infractions sont effectivement dans la plupart des cas des délits. commet involontairement un homicide (…) est puni de l’emprisonnement de trois mois à cinq ans et d’une amende de 250 à 1. Aux termes de l’article 432 « Quiconque. A. Cependant. 14 . 2. mais n’en ayant pas moins pour les mêmes raisons demeure responsable . L’article 133. imprudence. A la lumière de ces deux textes. négligence ou inobservation des règlements. soit à faire ce dont on était tenu de s’abstenir. Ce sont les quasi-délits du droit pénal . Une simple imprudence. Il en est de même si c’est par maladresse que le coup dirigé contre une personne atteint une victime imprévue . sans intention de causer un dommage ». les deux disciplines incriminant explicitement ou implicitement la négligence et l’imprudence. LA FAUTE QUASI DELICTUELLE Un certain nombre d’infractions sont dites involontaires. par maladresse. à raison du trouble social provoqué. alinéa 2 du Code pénal en fait une catégorie spécifique présentée comme exceptionnelle : « Les délits commis par imprudence sont exceptionnellement punissables dans les cas spécialement prévus par la loi ». Il importe de rapprocher ce texte de celui de l’article 78 du DOC aux termes duquel « Chacun est responsable du dommage moral ou matériel qu’il a causé. de négligence ou d’inattention. l’acte ou l’abstention se révèle « contraire à la loi pénale et réprimé par elle » (article 110 du Code pénal). • • § 2 : LA FAUTE NON INTENTIONNELLE La faute non intentionnelle s’identifie avec le quasi-délit. inattention. en dehors de toute inobservation des règlements. LE PRINCIPE D’IDENTITE DE LA FAUTE CIVILE ET DE LA FAUTE PENALE Les articles 432 et 433 du Code pénal relatifs à l’homicide et aux blessures involontaires fournissent la définition de la faute pénale non intentionnelle. La faute légère pénale La répression de la faute pénale même très légère ressortit explicitement des termes de l’article 432 du Code pénal.

alinéa 3 du Code pénal) . alinéa 3 du Code pénal pose le principe de la répression contraventionnelle de la simple imprudence. la peine contraventionnelle est modérée proportionnellement à la responsabilité qui lui est reconnue (article 135. au moment des faits qui lui sont matériellement imputés. La règle ni infraction. l’article 116 du Code pénal sur la tentative et l’article 129 sur la complicité semblent par ailleurs confirmer la thèse de la contravention. L’harmonisation du procès pénal et du procès civil C’est une conséquence du principe de l’identité des deux fautes lorsque les procès sont engagés parallèlement ou concurremment à propos de la même infraction. susceptible de « réduire sa compréhension et sa volonté ». 1. L’ELEMENT FAUTIF DANS LES FAITS CONTRAVENTIONNELS Si l’article 133. L’ELEMENT VOLONTE DANS LES FAITS CONTRAVENTIONNELS L’article 134. on suivait le principe de droit civil. a. l’assimilation d’un délit à un quasi-délit. c. Cette harmonisation s’opère en fonction de la primauté du criminel sur le civil. 2. Aux termes de ce texte « les contraventions sont punissables même lorsqu’elles ont été commises par imprudence… » . l’autorité sur le civil de la chose jugée au pénal est la conséquence fondamentale de ce principe . sur la base de l’identité des deux fautes. s’il est dangereux pour l’ordre public est remis à l’autorité administrative » (article 134. alinéa 1 du Code pénal s’exprime en termes généraux à propos de l’aliénation mentale exonératrice : l’ « impossibilité de comprendre ou de vouloir » exonère l’agent de toute faute contraventionnelle . il souligne cependant l’existence exceptionnelle « des cas où la loi exige expressément l’intention de nuire ». la faute lourde est assimilée au dol. La faute lourde pénale Si. mais l’harmonisation des deux procès s’arrête à ce niveau. il faudrait condamner pour homicide volontaire l’agent coupable d’un homicide involontaire commis à la suite d’une très grave imprudence. B. Le principe : La faute contraventionnelle d’imprudence 15 . l’agent se trouve seulement « atteint d’un affaiblissement de ses facultés mentales ». ni peine sans texte interdit l‘assimilation d’une faute non intentionnelle à une faute intentionnelle. principe dégagé très tôt au Maroc sur la base du Code d’instruction criminelle de 1913 et consacré par le Code de procédure pénale de 2003. alinéa 3 du Code pénal semble poser le principe de la contravention infraction matérielle. infraction purement matérielle. LA FAUTE CONTRAVENTIONNELLE Il est vrai que l’article 133. il en va de même en cas d’irresponsabilité partielle : si.b. « en matière contraventionnelle l’individu absous. dernier alinéa du Code pénal).

A. fait justificatif. aux normes dégagées à propos du dol général et du dol spécial. pénalement considéré comme partiellement irresponsable en raison d’une insuffisance de discernement. § 1 : INSUFFISANCE DES FACULTES INTELECTUELLES Elle peut tenir à l’âge. MOINS DE 12 ANS Le mineur de moins de douze ans est considéré comme irresponsable pénalement par défaut de discernement (article 134 du Code pénal). la faute réside en l’espèce dans une négligence. 16 . Il ne peut qu’invoquer la force majeure que le Code pénal assimile à la contrainte. Il peut être soumis aux mesures et dispositions de la loi n° 22. remarquablement adaptés à la faute contraventionnelle d’imprudence. La faute contraventionnelle d’imprudence est nécessairement présumée puisqu’elle est punissable dans tous les cas (article 133. alinéa 3 du Code pénal). b. On est majeur à 18 ans. alinéa 2 du Code pénal). Pour renverser une telle présomption. LE MINEUR DE 12 A 18 ANS Le mineur de douze ans qui n’a pas atteint dix-huit ans est. L’exception : La faute contraventionnelle intentionnelle Lorsque « la loi exige expressément l’intention de nuire » (article 133.01 du 3 octobre 2003 relative à la Procédure Pénale 2. Il existe cependant certains règles spéciales entre 12 et 18 ans : 1. Seule l’insuffisance des facultés intellectuelles constitue une cause de non imputabilité. L’AGE L’insuffisance des facultés intellectuelles peut tenir à l’âge (minorité). Il bénéficie de l’excuse de minorité. dans son analyse. une imprudence ou une inobservation des règlements. Cette faute n’est pas présumée et obéit. et ne peut faire l’objet que des dispositions de la loi de la procédure pénale (article 138 du Code pénal). viennent en matière de tentative et de complicité conférer à la faute contraventionnelle intentionnelle un aspect purement matériel : dans les deux cas il est totalement fait abstraction de l’intention coupable. SOUS SECTION 2 : L’IMUTABILITE C’est la capacité de comprendre et de vouloir. l’agent se trouve dans la position du responsable du fait des choses (article 88 du DOC). Il n’y a pas en droit marocain de texte posant un principe général de non imputabilité. ou à certains troubles. l’agent est coupable d’une faute contraventionnelle intentionnelle.Comme dans les infractions quasi-délictuelle. Deux différences fondamentales séparent cependant la faute quasi-délictuelle et la faute contraventionnelle d’imprudence. Seuls les articles 116 et 129 du Code pénal.

sont considérés comme totalement irresponsables et doivent être absous (article 134 du Code pénal). l’âge du mineur s’apprécie non du jour de la comparution en justice. et sans se borner par exemple à viser le comportement du prévenu à l’audience. 17 . Toutefois. au moment de la commission de l’infraction. § 2 : ALTERATION PASSAGERE DES FACULTES INTELLECTUELLES L’altération passagère des facultés intellectuelles peut provenir d’événements accidentels : il s’agit d’une personne adulte et normale. soit des mesures de protection ou de rééducation prévues à l’article 481 du Code de la Procédure Pénale. se trouvaient. AU DESSUS DE 18 ANS Les délinquants ayant atteint la majorité pénale de dix-huit ans révolus. 3. 1. mais au jour où l’infraction est commise. « dans l’impossibilité de comprendre ou de vouloir ». 2. il bénéficie de l’excuse de minorité et peut faire l’objet. mais qui est soumise provisoirement à une influence la privant du jeu normal de ses facultés. par suite de troubles de leurs facultés mentales. sont réputés pleinement responsable (article 140 du Code pénal).En matière de crimes et de délits. L’existence et la nature de ces troubles sera établie par l’expertise médicale. Les juges du fonds doivent s’expliquer sur l’état mental du prévenu à la date des faits. ALIENATION MENTALE L’insuffisance des facultés intellectuelles peut tenir à des raisons congénitales ou à la maladie mentale : il s’agit des troubles psychiques ou neuropsychiques . l’agent qui. En matière de contravention. IRRESPONSABILITE TOTALE Les agents qui. A côté de l’irresponsabilité totale dont bénéficie le dément intégral. IRRESPONSABILITE PARTIELLE En revanche. c’est le problème des psychopathes délinquants. Et l’âge avancé n’est pas en soi une cause d’irresponsabilité pénale. au moment des faits qui leur sont reprochés. B. le Code pénal marocain consacre le concept d’irresponsabilité partielle dont il fait bénéficier le demifou. doit être considéré comme partiellement irresponsable (article 135 du Code pénal). il peut faire l’objet d’une condamnation à une peine d’amende prévue par la loi. soit des peines atténuées prévues à l’article 482 du Code de la Procédure Pénale. se trouvait atteint d’ un affaiblissement de ses facultés mentales de nature à réduire sa compréhension ou sa volonté et entraînant une diminution partielle de sa responsabilité.

C. une trop forte émotion peuvent incontestablement altérer l’élément moral.C. en effet.La question se pose rarement à propos du somnambulisme ou de l’hypnose : il y aurait dans ces cas irresponsabilité (sauf dans le cas d’hypnose. D. LE SOMMEIL L’individu qui dort n’a pas conscience des actes perpétrés durant son sommeil. Il faut la distinguer de l’alcoolisme. omettant ainsi de descendre à la station programmée sur son titre de transport et se trouvant par là même en infraction vis-à-vis du droit pénal des transports ferroviaires. état pathologique durable. L’IVRESSE L’ivresse est un état passager dû à l’absorption excessive d’alcool. en ce cas complice par provocation. Aux termes de l’article 137. Les infractions de commission commise pendant une crise de somnambulisme naturel doivent être regardées comme le fait d’un irresponsable obéissant à des impulsions inconscientes et irrésistibles.N. L’ivresse est-elle une cause de non imputabilité ? Le Code pénal marocain est à cet égard sans équivoque. LES ETATS PASSIONNELS OU EMOTIFS Une violente passion. L’article 137 du Code pénal refuse d’exclure ou de diminuer la responsabilité de l’agent. Quid de l’infraction d’omission commise durant un sommeil naturel ? Exemple : Un passager de l’O. Sa responsabilité doit normalement être engagée. Le Code pénal pose ainsi une règle rigoureuse en estimant que « les états passionnels ou émotifs…ne peuvent. mais surtout à l’hypnotiseur. Elle peut enlever à l’agent toute faculté de discernement. A. L’EMPLOI VOLONTAIRE DE SUBSTENCES STUPEFIANTES Le droit pénal assimile purement et simplement à l’ivresse ce type d’intoxication dont les conséquences peuvent être un facteur de criminalité. l’ivresse ne peut en aucun cas. l’incidence infractionnelle du somnambulisme provoqué par le sommeil hypnotique doit pouvoir être imputée non seulement à l’agent imprudent. L’ivresse peut par ailleurs aggraver la répression des délits d’homicide et de blessures volontaires (article 434 du Code pénal) ou constituer en soi un délit spécifique. B. exclure ou diminuer la responsabilité.F. En revanche. elle est regardée comme un exemple pernicieux pour les enfants (article 482 du Code pénal). s’endort durant le trajet. la responsabilité de l’hypnotiseur). en aucun cas exclure ou diminuer la responsabilité » 18 . lorsque étant le fait e parents. ou plus généralement lorsqu’elle est publique et manifeste (décret royal portant loi du 14 novembre 1967). sauf s’il démontre avoir pris les précautions nécessaires pour se faire réveiller à la station voulue.

la justification résulte d’une permission de la loi. comme un fait antijuridique. ni contravention (article 124. L’infraction est inévitable. Il y a donc transgression apparente de l’ordre pénal. Ce qui en d’autres circonstances eut été infractionnel se trouve justifié par le droit. car l’existence du fait justificatif est exclusif de la faute. Dans le premier cas. ni délit. les poursuites doivent prendre fin . L’infraction est légale. mais il n’y a pas infraction. Dans le second cas. Dans le troisième cas. de façon irrésistible. il fait également disparaître l’élément moral puisque’ aucune faute ne peut être imputée à l’agent. à la commission de l’infraction. Les causes de justification font disparaître l’infraction qui. alinéa 1 du Code pénal) si le fait contraire à la loi pénale préexistante est justifié. la justification résulte de la cause étrangère ayant contraint l’agent. SECTION 1 : LA JUSTIFICATION PAR L’ORDRE DE LA LOI ET LE COMMANDEMENT DE L’AUTORITE LEGITIME Aux termes de l’article 124-1° du Code pénal « Il n’y a ni crime. Il est donc nécessaire pour que l’infraction se trouve constituée qu’elle puisse être analysé comme une transgression de l’ordre pénal. L’étude de l’élément antijuridique se confond avec celle des trois faits justificatifs généraux prévus dans les articles 124 et 125 du Code pénal. En conséquence.CHAPITRE 2 : ÉLEMENT ANTIJURIDIQUE Si l’action ou l’omission incrimine par la loi se trouve justifiée. En effet. pour être constituée. doit nécessairement comprendre un élément antijuridique. L’infraction est nécessaire. l’infraction disparaît. la responsabilité civile du fait personnel de l’agent ne saurait non plus être retenue. il n’y a ni crime. ainsi que l’élément matériel dont l’apparence seule est infractionnelle puisque cette action ou cette omission ne saurait analysée comme un comportement pénal. si le fait justificatif est établi. l’acte infractionnel ne peut être justifié que si sont réunies deux conditions : l’ordre légal et le commandement de l’autorité. Un fait justificatif est une circonstance qui enlève son caractère illégal à un acte normalement contraire à l’ordre social. Il ne se contente pas de neutraliser l’élément légal. ni contravention : 1° Lorsque le fait était ordonné par la loi et commandé par l’autorité légitime ». 19 . la justification résulte d’un ordre de la loi qui impose à une personne d’accomplir un acte. ni délit. aucune sanction ne peut-être prise à l’encontre de l’agent qui ne présente pas un état dangereux ni anti-social . Autrement dit.

La fonction doit tout d’abord être exercée dans un contexte déontologiquement correct. Principe Lorsque la loi réglemente l’exercice d’une profession ou d’un sport. L’amputation était juridiquement justifiée. A. par exemple. c’est celui du Code de déontologie médicale. cécité. il est accomplie dans un contexte professionnel légal. soit de l’autorisation de la loi. AUTORISATION EXPRESSE DE LA LOI Exemple : l’obligation des médecins et chirurgiens de révéler certaines maladies contagieuses justifie la violation de secret professionnel (article 446 du Code pénal). Limites Elles sont de deux sortes. mais également l’autorisation de la loi. Ainsi le fait qui apparemment est un fait délictueux est en réalité dépouillé de toute criminalité car il est justifié par l’exercice de la profession. Exemples : l’obligation de porter secours justifie une violation de domicile . L’acte médical. Exemple : Il serait inconcevable de poursuivre le chirurgien qui a procédé à l’amputation d’un membre sous le prétexte qu’une telle activité tombe sous le coup de l’article 402 du Code pénal. AUTORISATION TACITE DE LA LOI Elle est le plus souvent liée à l’exercice d’une profession réglementée ou à la pratique d’un sport violent. qui prévoit que « lorsque les blessures ou les coups ou autres violences ou voies de fait ont entraîné une mutilation. s’il 20 . LA SIMPLE AUTORISATION DE LA LOI L’ordre de la loi peut être non seulement l’ordre formel qui résulte d’un texte légal. l’obligation pour le commissaire aux comptes de révéler certaines infractions dans les sociétés justifie la violation de secret professionnel. Ils ne seront pas considérés comme coupables de violation dudit secret. b. cessera d’être justifié pour devenir antijuridique. que cette autorisation soit expresse ou tacite. L’ORDRE DE LA LOI Il suffit par lui-même à justifier l’acte si l’ordre du supérieur n’est pas nécessaire.§ 1 : L’ORDRE DE LA LOI La justification peut en réalité résulter soit de l’ordre de la loi. 1. soit parfois de la coutume ou de l’usage. a. 2. perte d’un œil ou toutes autres infirmités permanentes. B. amputation ou privation de l’usage d’un membre. tel que par exemple la boxe ou les arts martiaux. elle autorise tous les actes qui entrent dans l’exercice normal de cette profession ou dans la pratique usuelle de ce sport. la peine est la réclusion de cinq à dix ans ».

d’une place forte. soit sur la contravention flagrante à l’ordre de l’autorité légitime. Si l’amputation nécessaire d’un membre a été réalisée dans un environnement clinique tel que le malade y a perdu la vie. Son acte devient antijuridique. 1. d’un poste militaire. Les unes concernent le commandement illégal exercé sur des militaires professionnels. semble s’apparenter beaucoup plus à une association de malfaiteurs qu’à un corps de bataille.n’est pas « conforme aux données acquises de la science. au sens de l’article 124 – 1° du Code pénal. le commandement illégitime de militaire professionnel est toujours puni de mort. A. sans droit ni motif légitime. a. 21 . d’un ou plusieurs aéronefs militaires. Six infractions différentes peuvent être dégagées des textes légaux. nécessairement limitée à l’autorité légitime publique qu’il importe d’appréhender négativement par l’étude de deux types d’infractions : le commandement illégitime et l’ordre illégitime issu d’une autorité légitime. Les infractions les plus graves sont érigées en crimes et concernent la sûreté intérieure de l’Etat . il peut être le fait de : « toute personne qui. La légalité gouvernementale doit être écartée du champ de cette analyse. LE COMMANDEMENT ILLEGITIME L’absence de légitimité est fondée soit sur le défaut de titre de commandement. Le commandement illégitime de militaire professionnel Aux termes de l’article 202 du Code pénal. les autres sont des délits et correspondent à des usurpations. d’un port ou d’une ville ». prend ou exerce le commandement d’une unité de l’armée. LES ATTEINTES A LA SURETE INTERIEURE DE L’ETAT C’est l’hypothèse de la guerre civile qui est ici visée par le Code. L’article 163 du Code de la Justice Militaire assure la répression de « tout militaire qui prend un commandement sans ordre ou motif légitime ou qui le retient contre l’ordre de ses chefs ». Les autres concernent le commandement de bandes armées dont la composition. c’est-à-dire à l’ordre de la loi fondé sur la légitimité gouvernementale. Le Code pénal marocain prévoit toutes les possibilités de commandement illégitime. d’un ou plusieurs bâtiment de guerre. Il en est ainsi lorsqu’il exerce son droit dans l’intention de nuire à autrui ou contrairement à sa destination par un véritable détournement de la fonction sociale en vue de laquelle ce droit avait été conféré § 2 : LE COMMANDEMENT DE L’AUTORITE LEGIIME La légitimité. est la conformité d’un commandement à la légalité. L’exercice abusif des prérogatives liées à la profession engage par ailleurs la responsabilité de celui qui commet cet abus. le fait chirurgical ne peut justifier l’homicide.

soit pour piller ou partager des propriétés publiques nationales. soit d’un officier. engage ou entrôle. par exemple un gouverneur. « tout commandant qui maintient son armée ou sa troupe rassemblée après que le licenciement ou la séparation a été ordonné ». Cette infraction est purement militaire. Le texte vise ici l’instigateur. LES USURPATIONS Le commandement d’une autorité illégitime peut être consécutif à différents délits d’usurpation de fonction. l’organisateur de l’insurrection. Le commandement illégitime de bandes armées Selon l’article 203 du Code pénal. ou envoyé des convois de subsistance. soit enfin pour faire attaque ou résistance envers la force publique agissant contre les auteurs de ces crimes. le commandement illégitime de bandes armées est puni de mort. il peut être le fait de : « toute personne qui. il peut s’agir soit d’un agent d’autorité. Il est difficile de spécifier la situation envisagée par cette infraction dont un des éléments constitutifs est fonction de la qualité des recrutés qui doivent être des militaires. Une troupe ne saurait licenciée. places. le véritable commandant illégitime. vaisseaux ou bâtiments. forteresses. ou y a exercé une fonction ou commandement quelconque ». « ceux qui ont dirigé l’association. La bande peut être une armée privée et ce sont de véritables actes de guerre civile que semble vouloir réprimer ce texte dont la finalité est différente de celle de l’article 294 du Code pénal sanctionnant moins sévèrement les dirigeants d’une simple association de malfaiteurs. s’est mis à la tête de bandes armées. « toute personne qui conserve. lève ou fait lever des troupes armées. fait engager ou entrôler des soldats ou leur fournir ou procure des armes ou munitions ». villes. contre l’ordre du gouvernement. 2. levé ou fait lever. soit pour envahir des domaines. fourni ou procuré des armes.Dans le premier cas la qualité originelle du commandant illégitime est indifférente. 22 . b. sans ordre ou autorisation du pouvoir légitime. à qui le gouvernement aurait conféré provisoirement le commandement d’une unité militaire. magasins. mais démobilisée. ou qui ont de toute autre manière apporté une aide aux dirigeants ou commandants des bandes ». propriétés. ports. munitions et instruments de crime. appartenant à l’ETAT. un commandement militaire quelconque ». postes. arsenaux. « toute personne qui. ou celles d’une généralité de citoyens. dans le second cas son appartenance à la fonction militaire est un élément constitutif de l’infraction. soit pour s’emparer de deniers publics. organiser ou fait organiser les bandes séditieuses ou leur ont sciemment et volontairement. ce peut être un civile ou un militaire .

B. continue l’exercice de ses fonctions » et « tout fonctionnaire public électif ou temporaire qui continue à exercer ses fonctions après leur cessation légale ». le refus de respecter l’immunité parlementaire (article 229 du Code pénal) ou l’inviolabilité du domicile (article 230 du Code pénal). En revanche. à quelque niveau qu’ils se situent dans la hiérarchie. l’exécution par le subalterne de l’ordre émanant de l’autorité illégitime doit. L’ordre illégitime sera en l’espèce le fait de « tout magistrat. la déférence à l’ordre fondé sur l’usurpation de l’agent n’est pas constituée en infraction par le Code pénal.a. suspendu ou légalement interdit qui. nomme aux emplois civils et militaires. tout agent ou préposé de l’autorité ou de la force publique qui ordonne ou fait quelque acte arbitraire. hors le cas de nécessité. tout fonctionnaire public. De même lorsque l’exercice de l’autorité publique est illégalement anticipé ou lorsqu’il est illégalement prolongé. elle vise « tout magistrat ou tout fonctionnaire public astreint à un serment professionnel qui. s’analyser comme une action justifiée. attentatoire soit à la liberté individuelle. continue à exercer ses fonctions sans avoir prêté serment ». Une telle action constitue une atteinte directe aux droits et prérogatives de la puissance publique qui. seule. Est constitué en infraction par l’article 380 du Code pénal. l’usage sans motif légitime de violence (article 231 du Code pénal) etc… b. La détention arbitraire (articles 227 et 228 du Code pénal). b. destitué. a. le fait de s’immiscer sans titre dans des fonctions publiques civiles ou militaires. Les abus d’autorité commis par des fonctionnaires contre des particuliers Le principe est posé par l’article 225 du Code pénal. La première hypothèse est prévue par l’article 261 du Code pénal. Dans l’un et l’autre cas le titre légitimant l’autorité est inexistant : le donneur d’ordre n’a pas encore ou n’a plus de commandement légitime. soit aux droits civiques d’un ou plusieurs citoyens ». La deuxième hypothèse est formulé par l’article 262 du Code pénal. elle concerne « tout magistrat. sauf le cas de complicité. Les abus d’autorité commis par des fonctionnaires contre l’ordre public 23 . l’objet de ce texte est de garantir la liberté individuelle et les droits essentiels des citoyens contre l’arbitraire des magistrats et des agents d’autorité. 1. ou le fait d’accomplir un acte d’une de ces fonctions. Dans les deux cas a et b envisagés. LES ABUS D’AUTORITE Ils sont réprimés à deux niveaux. c. tout fonctionnaire public révoqué. L’ORDRE ILLEGITIME ISSU D’UNE AUTORITE LEGITIME Deux cas sont envisagés par le Code : les abus d’autorité et les empiètements. après avoir reçu avis officiel de la décision le concernant.

Ce sont non seulement les arrêts de règlement. Empiètement par les autorités administratives Ils peuvent être de deux sortes : Empiètement sur le pouvoir législatif (article 238 du Code pénal) • Interdiction d’édicter « des règlements contenant des dispositions législatives » . En statuant « sur des matières de la compétence des cours ou tribunaux » article 239 du Code pénal. mais également d’empiéter sur le pouvoir législatif. spécifique au droit musulman . soit de tout autre ordre émané de l’autorité légitime ».Le principe est posé par l’article 257 du Code pénal . Empiètement sur le pouvoir judiciaire • « En intimant des ordres ou défenses à des cours ou tribunaux » article 238 du Code pénal . qui sont prohibés par ce texte fondamental. Empiètement sur le pouvoir exécutif Interdiction d’édicter des règlements en matière administrative . émis par les cours souveraines dans l’ancien droit français. C’est une hypothèse que l’on ne peut envisager que dans un contexte de guerre civile. 2. Empiètement par les autorités judiciaires Deux infractions peuvent être dégagées de l’article 237 du Code pénal : Empiètement sur le pouvoir législatif • Interdiction d’édicter « des règlements contenant des disposition législatives ». • Il s’agit dans le premier cas d’une tentative de subordination du pouvoir judiciaire et dans le second cas d’une substitution de l’autorité administrative à l’autorité judiciaire 24 . LES EMPIETEMENTS Les infractions prévues sous cet intitulé par le Code pénal sont destinées à assurer la protection pénale de la séparation des pouvoirs. fait requérir ou ordonner l’action ou l’emploi de la force publique contre l’exécution d’une loi ou contre la perception d’une contribution légalement établie ou contre l’exécution soit d’une ordonnance ou mandat de justice. • Interdiction d’arrêter ou de suspendre « l’exécution d’une ou plusieurs lois ». mais également le procédé de l’ijtihad. b. Interdiction de s’opposer à l’exécution des ordres de l’administration. • Interdiction d’arrêter ou de suspendre « l’exécution d’une ou plusieurs lois ». Ainsi. l’ordre illégitime sera le fait de « tout magistrat ou fonctionnaire public qui requiert ou ordonne. a. il sera illégitime le commandement de l’autorité judiciaire lorsqu’il aura pour objet non seulement de s’immiscer dans les attributions de l’autorité administrative.

L’EXECUTION D’UN ORDRE MANIFESTEMENT ILLEGAL NE JUSTIFIE JAMAIS L’INFRACTION La sanction est toutefois subordonnée à la gravité de l’infraction. le concept d’autorité légitime implique l’existence d’une subordination hiérarchique. dès l’instant où un officier ou un agent d’autorité abuse de ses fonctions ou usurpe un commandement ou empiète sur un autre pouvoir.SECTION 2 : LA SUFFISANCE D’UNE CONDITION : L’ORDRE DE LA LOI OU LE COMMANDEMENT DE L’AUTORITE LEGITIME Conformément au principe posé par l’article 124 – 1° du Code pénal. les subordonnés peuvent du reste. la réunion des deux conditions doit être cumulative . La réunion des deux conditions ne peut être effectivement réalisable que lorsque l’action est subordonnée à une hiérarchie. un juge d’instruction peut de lui-même perquisitionner (article xx du Code de la Procédure Pénale). l’agent étant uniquement le servant de la loi. en cas d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat. sans commettre les délits de violation de domicile ou d’arrestation arbitraire. 1. De même un simple officier de police judiciaire peut. procéder à des saisies (article xx du Code de la Procédure Pénale) et de décerner des mandats de comparution. en cas de crime ou de délit flagrant. tous les subordonnés sans distinction de grades dans deux cas : 25 . PEINE DE MORT Elle sanctionne. usurpation. « défendre à toute personne de s’éloigner du lieu de l’infraction jusqu’à la clôture de ses opérations » (article xx du Code de la Procédure Pénale). est-elle suffisante pour justifier une infraction ? deux systèmes peuvent être dégagés à partir des textes légaux. Ce principe cumulatif est-il absolu ? Ou bien faut-il admettre que la nécessaire subordination de l’agent puisse être envisagée au regard d’une seule des deux conditions ? § 1 : L’ORDRE DE LA LOI SANS LE COMMANDEMENT DE L’AUTORITE LEGITIME Il constitue un fait justificatif lorsqu’il n’y a aucune subordination hiérarchique. Exemples En matière criminelle. Toutefois. sans être pour autant coupable d’un délit d’atteinte à la liberté individuelle. L’obéissance à un tel commandement. empiètement) . refuser d’obtempérer à ce commandement. l’apparence de ce commandement peut passer pour légitime. A . son commandement perd de droits toute légitimité puisqu’il est fondé sur une infraction (abus. § 2 : LE COMMANDEMENT DE L’AUTORITE LEGITIME SANS L’ORDRE DE LA LOI La subordination hiérarchique justifie-t-elle le comportement pénal lorsque le commandement de l’autorité légitime cesse d’être fondé sur l’ordre de la loi ? Il est bien évident qu’il ne saurait y avoir d’exercice légitime de l’autorité en dehors de l’ordre de la loi .

a. L’article 171 du Code pénal : Attentats contre le Roi, la famille royale ou la forme du gouvernement. b. L’article 204 du Code pénal : Attentats ayant pour but … de susciter la guerre civile. 2. RECLUSION DE CINQ A VINGT En sont passibles, aux termes de l’article 205 du Code pénal, les individus faisant partie sans y exercer aucun commandement ou emploi déterminé de bandes armés si, toutefois, leur commandant est coupable d’une des infractions visées par l’article 203 du Code pénal. 3. MESURES DE SURETE Cette sanction est une faculté dont dispose le juge, conformément à l’article 145 du Code pénal, lorsque l’agent subordonné bénéficie d’une excuse absolutoire, hypothèse prévue par le Code pénal dans deux situations différentes : a. Aux termes de l’article 212 du Code pénal, ceux qui ayant fait partie d’une bande armée, sans y avoir exercé aucun commandement et sans y avoir rempli aucun emploi déterminé, bénéficient d’une excuse absolutoire pour les faits de sédition décrits aux articles 203 à 205 du Code pénal, s’ils acceptent de se retirer au premier avertissement des autorités civiles ou militaires, ou même ultérieurement lorsqu’ils ont été appréhendés hors des lieux de la réunion séditieuse, sans arme et sans opposer de résistance. Ce qui fonde, semble-t-il, l’excuse absolutoire, et partant la réduction de la sanction à d’éventuelles mesures de sûreté est la déférence immédiate au commandement d’une autorité indubitablement légitime. b. Les abus d’autorité commis par des fonctionnaires. Dans les deux cas prévus par le Code pénal, si l’agent démontre avoir agi par ordre de ses supérieurs hiérarchiques dans un domaine de leur compétence, c’est-à-dire s’est contenté de déférer au commandement de l’autorité légitime, il bénéficie aux termes des articles 225 alinéa 2 et 258 du Code pénal, d’une excuse absolutoire. Dans le premier cas (abus contre des particuliers), il semble que le bénéfice du texte puisse être étendu aux autres abus d’autorité (articles 227 à 232 du Code pénal) dans la mesure où ces derniers ne constituent que des cas d’application du principe général dégagé dans l’article 225 alinéa 1. dans le second cas en revanche, la règle posée dans l’article 258 du Code pénal concerne uniquement les magistrats et les fonctionnaires publics, elle ne saurait être étendue aux agents spécialement visés par l’article 260 du Code pénal, « commandants, officiers ou sous officiers de la force publique », dont le comportement pénal ne peut en aucun cas être légalement excusé. B. L’EXECUTION D’UN ORDRE APPAREMMENT LEGAL JUSTIFIE TOUJOURS L’INFRACTION Le principe il n’y a pas d’infraction sans texte s’applique aux militaires subordonnés du commandant légitime dans le cadre des quatre infractions prévues par l’article 202 du Code pénal, ainsi qu’aux civils, simples exécutants d’ordres consécutifs à des

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empiètements (articles 237 à 239 du Code pénal) où à des usurpations de fonctions (articles 261, 262, 380 du Code pénal). SECTION 3 : LA JUSTIFICATION PAR LA CONTRAINTE PHYSIQUE Aux termes de l’article 124-2° du Code pénal « Il n’y a ni crime, ni délit, ni contravention : 1° ………. 2° Lorsque l’auteur a été matériellement forcé d’accomplir ou a été matériellement placé dans l’impossibilité d’éviter l’infraction, par un événement provenant d’une cause étrangère auquel il n’a pu résister ». La contrainte est une cause générale de justification, et non une simple cause de non culpabilité : elle fait disparaître l’infraction. Dans les deux cas envisagés par le texte, il s’agit expressément de la seule contrainte physique : l’agent est soit matériellement forcé d’accomplir, soit matériellement placé dans l’impossibilité d’éviter. Mais qu’est-ce qu’une contrainte physique ? Le Code pénal ne la définit pas à la différence du D.O.C. qui propose dans son article 269 une définition que la jurisprudence marocaine a précisée : la contrainte physique, c’est la force majeure. « La force majeure est tout fait que l’homme ne peut prévenir, tel que les phénomènes naturels, l’invasion ennemi, le fait du prince, et qui rend impossible l’exécution de l’obligation. N’est point considérée comme force majeur la cause qu’il était possible d’éviter, si le débiteur ne justifie qu’il a déployé toute diligence pour s’en prémunir. N’est pas également considérée comme force majeure la cause qui a été occasionnée par une faute précédente du débiteur ». Ce texte est adapté à l’article 124-2° du Code pénal dont il constitue, en dépit de son antériorité, un prolongement précis. Trois conditions sont nécessaires pour que la contrainte physique puisse être érigée en fait justificatif.

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§ 1 : ELLE DOIT ETRE D’ORIGINE EXTERNE Provoquée par « un événement provenant d’une cause étrangère », la contrainte physique apparaît subordonnée à un fait extérieur à la personne de l’agent ; elle ne saurait donc avoir une origine interne. Serait ainsi soumis à une contrainte exonératoire, l’individu séquestré et par la même dans l’impossibilité physique de verser à l’échéance une pension alimentaire : le délit prévu par l’article 480 u Code pénal ne pourrait être constitué. § 2 : ELLE DOIT ETRE IRRESISTIBLE L’agent « n’a pu résister ». La jurisprudence marocaine apprécie cette irrésistibilité avec une sévérité particulière. La force visée par le texte doit être imprévisible. § 3 : ELLE NE DOIT PAS Avoir ETE PROVOQUE PAR UNE FAUTE DE L’AGENT En rappelant dans deux arrêts de principe rendus à propos du délit de blessures involontaires consécutif à un accident de la circulation, cette nécessité de l’absence de faute : Pour avoir le caractère de force majeure, la défaillance mécanique d’un véhicule doit avoir un caractère imprévisible, la Cour Suprême voulant par là signifier que l’état et l’entretien du véhicule doivent être insusceptibles de permettre la prévision de cette défaillance. Il appartient à l’agent de prouver qu’il n’a commis aucune faute d’omission relativement à cet entretien. SECTION 4 : LA JUSTIFICATION PAR NECESSITE Parfois l’infraction est commandée par la nécessité où se trouve une personne de sauvegarder une vie, un ben ou un droit. N’étant pas irrésistiblement contraint à l’infraction, l’agent commet volontairement et délibérément celle-ci, portant ainsi atteinte à la vie, aux biens ou aux droits d’une autre personne. La loi marocaine offre ainsi, en cas de nécessité, le choix entre deux maux : elle permet l’accomplissement d’une infraction pour éviter un mal qu’elle estime encore plus grave. Ce choix fondé sur une permission de la loi, c’est l’état de nécessité. § 1 : L’ETAT DE NECESSITE L’état de nécessité, fait justificatif, n’étant pas expressément formulé par le droit pénal marocain, il doit être induit des dispositions particulières que lui consacre, le Code pénal. On peut l’analyse comme un principe général du droit qui, s’il n’est pas formulé explicitement par le législateur, se trouve véritablement en suspension dans l’esprit de notre droit. A. LES DISPOSITIONS PARTICULIERES Huit textes du Code pénal font une application univoque de l’état de nécessité, fait justificatif général. 1. RUPTURE DU JEUNE

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REFUS D’OBTEMPERER A UNE CONVOCATION DE L’AUTORITE PUBLIQUE Cette contravention sera justifiée si le refus est fondé sur un motif valable. « tout marocain ou étranger qui survole le territoire marocain au moyen d’un aéronef étranger sans y être autorisé par une convention diplomatique ou une permission de l’autorité marocaine ». 6. AVORTEMENT « L’avortement n’est pas puni lorsqu’il constitue une mesure nécessaire pour sauvegarder la santé de la mère ». Bien que le texte ne le précise pas. EXERCICE DE L’AUTORITE PUBLIQUE ILLEGALEMENT ANTICIPE « Tout magistrat ou tout fonctionnaire public astreint à un serment professionnel qui (…) commence à exercer ses fonctions sans avoir prêté serment » (article 261 du Code pénal). 7. ABANDON DE FAMILLE Ce délit peut apparaître nécessaire s’il est fondé. dans tous les cas envisagés par le Code. elles sont manifestement l’application d’une règle générale. commettrait une infraction nécessaire et ne tomberait pas 29 . en application de l’article 456 du Code pénal. ENCOMBREMENT DE LA VOIE PUBLIQUE Ce texte justifie en cas de nécessité le dépôt sur la voie publique « des matériaux ou des choses quelconques qui empêchent ou diminuent la liberté ou la sûreté de passage » (article 608-10° du Code pénal). DESTRUCTION OU MUTILATION D’ANIMAUX DOMESTIQUE OU D’ELEVAGE Ces différents délits cessent d’être infractionnels s’ils sont commis par nécessité (articles 602 et 603 du Code pénal). ne commet pas le délit d’exercice illégal de l’autorité publique s’il agit par cas de nécessité. Ces huit dispositions ne sauraient être considérées comme exceptionnelles . (article 479 du Code pénal) 5. (article 453 du Code pénal) 4. De même le médecin frappé d’interdiction professionnelle. celle de l’impunité de l’infraction nécessaire. 2. (article 609-3° du Code pénal).le fait de rompre ostensiblement le jeune « dans un lieu public pendant le temps de Ramadan » (article 222 du Code pénal) doit être analysé comme une infraction nécessaire. sur un motif grave. 3. délit passible en temps de paix d’un emprisonnement d’un à cinq ans. si la rupture est canoniquement justifiée. Deux exemples suffisent à s’en convaincre : Aux termes de l’article 193-3° du Code pénal est coupable d’atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat. une telle infraction est sans aucun doute justifiée par la nécessité de la commettre dès l’instant où la déférence à la norme pénale peut raisonnablement s’analyser comme un risque mortel pour l’équipage de l’aéronef.

en effet. justifiant l’avortement nécessaire. mais ne sauraient. fussent-ils louables . A défaut de contrainte morale. est celle de l’indifférence des mobiles. fondée à punir si le bien sacrifié par la transgression du droit a une valeur moindre ou égale au bien sauvegardé par la commission de l’infraction. en l’espace. b. n’est pas érigée en fait justificatif autonome. ils peuvent. justifiée l’infraction commise sous la pression d’un chantage. tout au plus. les états passionnels ou émotifs « ne peuvent. un texte comme l’article 453 du Code pénal. B. sans nul doute. omise par l’article 224-2° du Code pénal. peut-elle du moins fonder l’état de nécessité ? On peut être tenté de l’admettre en analysant. en droit marocain. n’est pas à même de fonder d’autres justifications : un musulman ne saurait. Si la sanction pénale n’est pas nécessaire. De surcroît. venir justifier l’infraction lorsque celleci est fondée sur une contrainte morale spécifique. permettre au juge d’accorder le bénéfice des circonstances atténuantes. être contraint moralement à rompre le jeune. dès l’instant où cette nécessaire transgression de l’ordre juridique n’est pas inspirée par un tempérament anti-social est sans objet. FONDEMENT OBJECTIF Le seul critère susceptible de justifier l’infraction nécessaire. peut-on retenir cette cause impulsive et déterminante de l’infraction que peut être le mobile généreux (exemple : le vol nécessaire pour nourrir sa famille). FONDEMENT Comment fonder la justification d’une infraction commise délibérément par un agent à qui la loi consent exceptionnellement une option entre deux maux ? Un tel fondement peut-il être subjectif et correspondre soit à la contrainte morale. quelle que soit sa nature juridique. on doit considérer l’infraction comme nécessaire. La société n’est pas. C’est au contraire l’état de nécessité qui peut. en certains cas exceptionnels. 30 .ainsi sous le coup du délit spécifique de l’article 323 du Code pénal (inobservation de la mesure de sûreté) si sa transgression de la loi est fondée sur la nécessité de soigner. en droit pénal marocain. 2. FONDEMENT SUBJECTIF a. en aucun façon. En effet. La règle posée. justifier l’infraction qui demeure punissable. Si la contrainte morale. donc injustifiée. soit au mobile ? Est-il au contraire purement objectif et partant susceptible de se confondre avec l’intérêt social ? 1. telle celle qui est décrite par l’article 538 du Code pénal : Est ainsi. réside dans l’intérêt social. peut déterminer le choix du médecin. en aucun cas exclure ou diminuer la responsabilité » (article 137 du Code pénal). donc justifiable. par exemple. Cependant cette considération subjective qui. par exemple.

En revanche. pour se défendre. Si la transgression du droit pénal peut être justifiée par un péril actuel et injuste. Il en va de même dans le cadre de l’article 603 alinéa 2 du Code pénal. Infraction justifiables Si le bien sauvegardé a une valeur supérieure au bien sacrifié. Cette proportionnalité est une conséquence même du fondement objectif de l’opinion légale. celle du croyant dans l’hypothèse de l’article 222 du Code pénal. aux termes de l’article 609-3° du Code pénal. CONDITIONS TENANT A L’INFRACTION a. à savoir l’intérêt social. par exemple. aucune autre alternative ne lui est offerte . CONDITIONS TENANT AU PERIL a. Un péril injuste Le péril ne doit pas avoir été causé par une faute de l’agent . C’est ainsi qu’aux termes de l’article 435 du Code pénal. Une infraction mesurée Il ne paraît pas douteux qu’une certaine proportionnalité soit exigée pour justifier l’infraction. Aux termes de l’article 453 du Code pénal.C. car c’est le seul moyen de « sauvegarder la santé de la mère ». b. l’infraction ne saurait être justifiée quand bien même la vie de l’agent eut été sérieusement menacée. encore faut-il qu’elle soit nécessaire et mesurée. Une infraction nécessaire Les huit textes du Code pénal sont univoques : l’agent a le choix entre deux maux . l’agent a été contraint. si. en droit malékite. après avoir pénétré dans une propriété privée au mépris d’une interdiction. Exemples : la vie de l’équipage de l’avion transgresse dans l’hypothèse²de l’article 193-3° du Code pénal . de détruire l’animal. 2. l’intérêt social exige la transgression de l’ordre pénal et l’infraction est justifiée. b. Un péril actuel L’actualité du péril ressortit des huit textes du Cod pénal. lorsque. 1. la destruction d’animaux prévue par l’article 602 alinéa 1 du Code pénal a été réalisée à la suite d’une « violation de clôture » (article 602 alinéa 2 du Code pénal). par exemple. le refus d’obtempérer à une convocation de l’autorité publique ne se trouverait pas justifié si l’agent immobilisé pour « un motif grave » avait la possibilité légale de se faire représenter. l’infraction est l’unique moyen de conjurer le péril. De même la rupture du jeune prévue par l’article 222 du Code pénal ne peut. le médecin est contraint de pratiquer un avortement. la santé de la mère dans l’hypothèse de l’article 453 du Code pénal. 31 . l’avortement thérapeutique peut intervenir « pour sauvegarder la santé de la mère ». être fondée que sur une nécessité physique ou professionnelle… etc. CONDITIONS Il est bien évident que l’infraction nécessaire doit être subordonnée à de stricte conditions.

en effet déboucher sur un homicide nécessaire qui étant. ne pourrait être défini que comme un meurtre (article 392 du Code pénal). tel qu’il est visé par l’article 124-3° et 125 du Code pénal. estimée nécessaire par l’agent. il ne peut. la vie et l’intégrité corporelle de l’agresseur sont apparemment moins respectables que les biens matériels de l’agressé. ni contravention : 1° …. ouvre l’exercice d’un droit fondé sur un choix : se laisser agresser ou se défendre. Dans le conflit agresseur défenseur. A. Infractions injustifiables Quid si c’est la vie d’une personne qui est en jeu (exemple : pour sauver sa propre vie un automobiliste tue une autre personne) ? Une réponse négative s’impose : Si la permission de la loi ouvre en droit marocain un choix. l’article 125 pose. en l’espèce l’attaque injustifiée.. en cas de nécessité. ce choix est mesuré .En est-il de même en cas d’égalité entre le bien sacrifié et le bien sauvegardé. ou contribuer. § 2 : LA LEGITIME DEFENSE L’article 124-3° du Code pénal « Il n’y a ni crime. 2° …. soit injustifiable. La défense individuelle normalement prohibée devient légitime en cas d’urgence. B. 32 . Si on justifiait le meurtre nécessaire. lorsque l’intervention sociale est défaillante. Il semble que l’on puisse admettre que la société n’ait aucun intérêt à préférer. la sauvegarde de tel bien par rapport à tel autre.. des conditions particulières. ni délit. Il ne peut en aller différemment qu’en certains cas de légitime défense . mais le conflit agresser agressé peut déterminer de telles conséquences que le législateur a préféré réglementer cette application particulière de l’état de nécessité en l’érigeant en principe justificatif autonome. Si le bien sauvegardé a une valeur dérisoire au regard du bien sacrifié. principale application de l’état de nécessité. au rétablissement du droit. en ripostant. il ne paraît pas douteux que l’infraction. on ne pourrait qu’approuver la torture nécessaire. pourvu que la défense soit proportionnée à la gravité de l’agression ». dans certains cas déterminés. FONDEMENT Il paraît manifeste que « la nécessité actuelle de la légitime défense ». 3° Lorsque l’infraction était commandée par la nécessité actuelle de la légitime défense de soi-même ou d’autrui ou d’un bien appartenant à soi-même ou à autrui. CONDITIONS L’article 124-3° du Code pénal pose des conditions générales. par hypothèse. Comment justifier l’application de l’article 124-3° du Code pénal à la défense d’autrui ? L’agent défenseur d’autrui verra son acte justifié parce qu’il accompli un devoir de justice également fondé sur un choix : Tolérer l’injustice. délibéré.

a. La légitime défense apparaît ainsi comme la principale illustration de l’état de nécessité. Elle doit être injuste Injuste. car à la différence de l’article 328 du Code pénal français qui ne vise que les personnes. Cette extension légale du fait justificatif à la défense de toutes les agressions doit être regardée comme la conséquence du fondement même de la légitime défense. consiste dans la menace d’un mal imminent qui ne peut être écarté qu’en commettant l’infraction. L’état de nécessité. il n’y a pas légitime défense. c’est-à-dire en opérant un choix. la défense sociale peut jouer et peut notamment être mise en œuvre sur la base des articles 425 à 429 du Code pénal relatifs à la répression des menaces contre les personnes ou les biens. « nécessité actuelle » dit le texte. Quid si l’agression est injuste mais perpétrée par une autorité légitime ? Exemple : Arrestation sans mandat d’arrêt. en tant que principe général. mais vengeance privée. Elle doit être actuelle La condition d’actualité. exécutée conformément aux articles 460 et s du Code de la Procédure Civile. l’agression ne doit pas être légale.1. Une saisie mobilière. ne saurait évidemment justifier une obstruction violente du débiteur dont la défense n’est certes pas légale. un mal éventuel. Les conditions nécessaires à la justification seront donc fonction du caractère de l’agression. En cas de défense contre un mal future. nous paraît susceptible de justifier la réaction de l’agressé. le refus d’obtempérer à un tel ordre. Quid si l’agression est perpétrée par un irresponsable majeur ou mineur ? Cette agression ne pouvant être antijuridique puisque située hors du champ infractionnel. la défense ne saurait être légitime. Il n’y a plus urgence. en revanche. ne soit justifié. Conditions tenant à l’agression Aucune condition n’est relative à l’objet de l’agression. soit à la défense. Il ne paraît pas douteux qu’en droit marocain. Cette actualité laissée à l’appréciation du juge cesse dans manifestement deux cas : En cas de riposte contre une attaque déjà passée. puisque seul le délit de rébellion est prévu par le Code et qu’il n’est pas permis d’ajouter ou de retrancher à la loi. au moyen de violences correspondant à une défense légitime. l’article 124-3° du Code pénal envisage la légitime défense « de soi-même ou d’autrui ou d’un bien appartenant à soi-même ou à autrui ». c’est-à-dire antijuridique . 33 . LE CAS GENERAL Les conditions de la justification tiennent soit à l’agression.

Le terme « proportion » nous paraît en fait inadapté à l’institution car il semble introduire l’idée de réciprocité : défense mesurée ne saurait en effet signifier talion. soit se voir accorder conformément à l’article 146 du Code pénal le bénéfice des circonstances atténuantes. blessant son épouse et l’amant de cette dernière « à l’instant où il les surprend en flagrant délit d’adultère » . en repoussant. LES CAS PARTICULIERS Il est deux cas particuliers où le Code semble renoncer à la mesure imposée par l’article 124-3° du Code pénal. L’agresseur défenseur n’avait pas d’autre alternative : subir l’injustice ou rétablir le droit. l’agent pourra soit bénéficier d’une des excuses atténuantes de provocation prévue par les articles 416 à 421 du Code pénal. les blessures faites ou les coups portés. b. Ce texte n’est pas une simple application de l’article 124-3° du Code pénal . en effet. l’escalade ou l’effraction des clôtures. voir même du contexte socio culturel de l’agent agressé. L’appréciation de la proportion est une question de fait qu’il appartient au juge seul de trancher. Cette absence de justification ne signifiant d’ailleurs pas que l’agent sera condamné à la peine prévu par le Code. « sont présumés accomplis dans un cas de nécessité actuelle de légitime défense : 1° L’homicide commis. Conditions tenant à la défense Elle doit être nécessaire Principale application de l’état de nécessité. murs ou entrée d’une maison ou d’un appartement habité ou de leurs dépendances. aux termes de l’article 418 du Code pénal par un mari trompé. n fonction notamment de l’âge. par exemple. Aux termes de l’article 125 du Code pénal. 2. en cas d’attaque 34 . si l’épouse et l’amant ripostent. du sexe. La légitime défense cessera de justifier l’infraction si elle est démesurée . pendant la nuit. Selon la nature de l’agression. sont-ils en état de légitime défense ? Une réponse affirmative s’impose. en considération du péril qui pouvait être redouté. la défense pour être légitime doit normalement constituer le seul moyen de s’opposer à l’agression. elle ne fait pas disparaître l’infraction : la défense de l’amant ou de l’épouse est partant légitime et donc justifiée. il en constitue au contraire une dérogation dans la mesure où il établit. ou inférieur : la défense légitime d’un bien peut difficilement justifier la perte d’une vie humaine. 2° L’infraction commise en défendant soi-même ou autrui contre l’auteur de vols ou de pillages exécutés avec violence ». car si l’excuse de provocation a pour conséquence d’atténuer la peine de l’agent. Elle doit être mesurée C’est-à-dire « proportionnée à la gravité de l’agression ». Le mal causé par l’agressé peut être supérieur au mal reçu : un homicide peut ainsi être jugé nécessaire pour se prémunir d’un vol ou de blessures graves .Quid enfin si l’agression est perpétrée par un agent excusable.

auteur de l’homicide ou des blessures. 35 . L’agent. Toutefois. que sa riposte était nécessaire. l’attaque étant actuelle et injuste. la loi n’hésite pas à indiquer les sujets de droit susceptibles de supporter la réaction sociale à l’occasion de la commission d’une infraction. n’est pas tenu de prouver. une présomption de légitime défense. l’agent semble dispensé de délibérer un choix : il opte d’emblée pour la défense que la loi veut. DEUXIEME TITRE LE DELINQUANT CHAPITRE 1 : NOTION DE DELINQUANT Le droit positif ne donne pas une définition du délinquant.particulièrement grave. présumer nécessaire. Devant la gravité de l’agression. en ce cas.

Ceci dit. tandis que. l’objet de l’infraction etc… 36 . à titre d’auteur. la nature de la peine. intellectuels ou professionnels). dès que le groupement arrive à ce stade. Dans l’hypothèse où la personne qui exécute n’est qu’un figurant. les différentes conditions générales de l’infraction. l’individualisme perd de plus en plus de terrain. société (réunion de personnes physiques et de capitaux en vue d’exploiter des biens. SECTION 1 : L’AUTEUR DE L’INFRACTION L’auteur d’une infraction est la personne qui réalise le trouble social. l’individu. il devient susceptible d’intervenir directement dans le phénomène criminel . Le groupe. de partager les profits et de supporter les pertes éventuelles). Cette observation limite les concepts de responsabilité et d’auteur à l’être humain. peuvent accomplir l’infraction. il laisse place aux activités et aux aspirations des groupes. or. au sein de la société humaine. de responsable principal de la réaction sociale. association. finit par acquérir une condition sociales semblable à celle de la personne physique. le droit positif attache la qualité d’auteur à l’individu qui dirige la réalisation de l’infraction. d’où la question de demander s’il ne faut pas considérer cette personne morale comme auteur et comme complice d’infraction ? PARAGRAPHE 1 : LES PERSONNES PHYSIQUES Les personnes physiques. Il gagne des droits et se soumets à des obligations ou devoirs. l’article 127 du même code précise que les personnes morales ne peuvent être condamnées qu’à des peines pécuniaires et aux peines accessoires : la confiscation partielle.L’article 126 du Code pénal dispose que les peines et les mesures de sûreté sont applicables aux personnes physiques. Toutefois. les êtres humains. Les juristes l’appeler « personne morale ». ce groupe. (réunion de personnes physiques et de biens en vue de défendre des intérêts moraux. religieux. Il ajoute que le tribunal peut les soumettre aux mesures de sûreté réelles : confiscation du bien ayant un rapport avec le trouble social et fermeture de l’établissement. la dissolution et la publication du jugement de condamnation. la gravité de l’une et de l’autre. les animaux et les choses ainsi que les être humains privés des dites facultés ne peuvent supporter la responsabilité pénale de leur comportement. la nature de l’infraction. personne physique pleinement douée de ses facultés intellectuelles et mentales. la personne physique voit son entité se dissiper au profit de l’idée du groupe. Les hommes organisent leurs intérêts intellectuels et matériels dans le cadre d’institutions où l’homme. La loi pénale considère comme auteur d’une infraction toute personne qui l’exécute matériellement. CHAPITRE 2 : CLASSIFICATION DES INFRACTIONS La classification des infractions s’articule sur plusieurs critères .

Cependant. à la différence de l’infraction de droit commun. seulement. sa matérialisation et ses buts ne reviennent presque jamais à la haine. PARAGRAPHE 1 : LES INFRACTIONS POLITIQUES L’infraction politique constitue un trouble certain . leurs motivations divergent catégoriquement. l’infraction politique ne produit guère le même effet que le meurtre. 1. MILITAIRE OU DE DROIT COMMUN On ne fait presque jamais attention aux actions qui ont pour ut la contestation des institutions politiques d’un ETAT. la plupart du temps l’observateur se contente de les aligner. LES SOLUTIONS DU DROIT POSITIF L’examen du Code pénal dégage plusieurs catégories d’actes susceptibles de rentrer dans le concept d’infraction politique.SECTION 1 : CLASSIFICATION DES INFRACTIONS EN FONCTION DE LEUR NATURE POLITIQUE. l’égoïsme. cette nécessité de distinction implique la recherche d’une définition d’ensemble. le profit. Une remarque de même genre s’applique à l’action du militaire dans le cadre de compétence réservé aux forces armées. CRITERE DE LA DISTINCTION La jurisprudence marocaine ne dénote aucun effort de recherche ni d’orientation. de l’usage qu’en font les responsables. Lorsque leurs résultats coïncident avec ceux des infractions ordinaires. Par conséquent le droit marocain demeure tributaire des inspirations du droit comparé et des suggestions doctrinales en la matière. elle ne choque pas profondément la conscience collective de la société. les actes qui coïncident avec les comportements criminels de droit commun peuvent se rattacher à la catégorie politique lorsqu’ils sont motivés par un idéal. Or l’infraction politique doit être distinguée du délit de droit commun car son auteur ne correspond pas aux observations formulées sur la personnalité du criminel envisagé par le juriste et le criminologue. le militaire qui commet une infraction ne ressemble pas au délinquant ordinaire. Se traduisant par une contestation des institutions. 37 . la cupidité. 2. le crime politique revient à une atteinte aux institutions constitutionnelles aux fonctions du régime et son idéologie. La motivation de son acte. A. Si les actes de l’un et de l’autre se ressemblent. le vol. de droit commun. CRITERES DOCTRINAUX Du point de vue criminologique. d’un critère de l’infraction politique par rapport à l’infraction de droit commun. INTERET DE LA DISTINCTION PARAGRAPHE 2 : LES INFRACTIONS MILITAIRES L’expérience démontre que dans la majorité des cas.

la compétence du tribunal permanent des Forces Armées Royales. par conséquent. A. CRITERE DE L’INFRACTION MILITAIRE Le dahir de 1956 formant Code de Justice Militaire présente un critère simple à saisir. Selon l’article 160 du Code pénal que si elle concerne une infraction de droit commun commise dans le cadre des institutions militaires (catégorie des infractions militaires mixtes). Sur le plan du droit interne. Sur le plan du fond. COMPETENCE DU TRIBUNAL PERMANENT DES F. Le dahir de 1956 prévoit notamment une série d’infraction qui ne se distinguent pas des infractions de droit commun : le vol.11. etc… Dans la deuxième conception. l’infraction militaire revient à l’action délictueuse qui ne peut être commise que par un élément de l’armée . l’attentat à la vie d’autrui. le délit militaire peut être envisagé des points de vue subjectif et objectif. Selon la première conception. on ne la conçoit pas de la part d’un civil.1956). B.A. Les droits positifs actuels consacrent à la délinquance militaire des textes adaptés tels que les prescriptions du Code de Justice Militaire (dahir du 10.R. les différences de régimes sont plus intéressantes. INTERETS DE LA DISTINCTION Sur le plan international l’auteur d’une infraction militaire n’encourt point l’extradition lorsqu’il remplit les conditions vues dans l’infraction politique. la désobéissance. tous ceux qui s’en révèlent responsables.L’action délictueuse du militaire s’explique par des raisons engendrées par son genre de vie spécial et par la doctrine sociopolitique dont il est convaincu. qu’ils soient militaires ou civils deviennent passibles de la justice pénale militaire. La condamnation à l’occasion d’une infraction militaire ne compte pour récidive. l’abandon de poste et la violation du règlement disciplinaire intérieur à un établissement militaire. c’est l’honorabilité de l’armée qui est en cause. la désertion. SECTION 2 : CLASSIFICATION DES INFRACTIONS EN FONCTION DE LEURS ELEMENTS JURIDIQUES GENERAUX 38 . il leur ajoute quelques sanctions spécifiquement militaires telles que la dégradation et la destitution. Ex. 1. la falsification. Le Code de Justice Militaire prévoit toutes les peines criminelles de droit commun . Cette vue présente l’avantage de la précision et de la simplicité. le faux témoignage.

« en temps de guerre » de la réclusion de cinq à trente ans. pour cette infraction par n’importe quel délinquant. l’espion coupable d’une atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat est passible. et « en temps de paix » d’un emprisonnement d’un à cinq ans. En fonction des mœurs politiques du moment ou du contexte international. Il est toutefois nécessaire que la sanction pénale soit adapté par le juge au degré de responsabilité propre à chaque délinquant. aux termes de l’article 490 du Code pénal. n’étant pas unies par les liens du mariage. De même. il fera de l’infraction qu’il réprime un crime. toutes personnes de sexe différent qui. aux termes des articles 191 et 192 du Code pénal. mais également excéder ces limites sous la forme d’une atténuation 39 . un délit ou une contravention et il fixera la peine objectivement encourue. Lorsque la sanction pénale est temporaire. C’est là une infraction strictement fondée sur le confessionnalisme musulman (crime et péché de zina). l’individualisation du châtiment par le juge peut non seulement s’opérer dans les limites du minimum légal. « sont punies de l’emprisonnement d’un mois à un an. Par exemple.TITRE TROIS LA REACTION SOCIALE C’est de façon purement abstraite que le législateur apprécie la gravité des infractions. ont entre elles des relations sexuelles ».

au-dessous du minimum ou d’une aggravation au-dessus du maximum. 40 . 182. 1. 185. Crimes contre la sûreté extérieure de l’Etat (articles 181. A. par exemple la peine de mort est uniquement criminelle . revêt deux formes juridiques différentes : les peines et les mesures de sûreté. 190 du Code pénal) . elle n’est pas même toujours appliquée . b. CRIMES PASSIBLES DE LA PEINE DE MORT Ils sont nombreux : 29 infractions présentant une gravité exceptionnelle sont passibles de mort. 203 du Code pénal). peine criminelle principale prévue par l’article 16-1° du Code pénal. 165. SURETE DE L’ETAT a. Attentat contre le Roi ou l famille royale (article 163. Elles peuvent être criminelles. d’autres en revanche peuvent se situer à différents niveaux de l’échelle répressive. C’est là tout le problème de l’individualisation de la sanction pénale. (voir les articles 16. délictuelles ou contraventionnelles. SECTION 1 : LES PEINES Il y a deux catégories de peines : les peines principales et les peines accessoires. CHAPITRE PREMIER : LES MANIFESTATIONS OBJECTIVES DE LA REACTION SOCIALE La réaction sociale. en droit marocain. 167 du Code pénal) . Certaines sont spécifique à une catégorie. 202. PARAGRAPHE 1 : LES PEINES CORPORELLES Les peines corporelles ne subsistent en droit marocain qu’à travers la fusillade jusqu’à ce que mort s’ensuive. Celle-ci est rarement définitive . il importe donc de s’interroger sur ses causes d’exemption ou d’extinction. « Elles sont principales lorsqu’elles peuvent être prononcées sans être adjointe à aucune autre peine ». c. Crimes contre la sûreté intérieure de l’Etat (articles 201. l’échelle des peines est fixée par l’article 15 du Code pénal. SOUS-SECTION 1 : LES PEINES PRINCIPALES Selon l’article 14 du Code pénal. c’est par exemple le cas des pines privatives de liberté. 17 et 18 du Code pénal).

à enlèvement de mineur (article 474 du Code pénal). meurtre aggravé (article 392 du Code pénal). Récidive criminelle L’article 155 du Code pénal dispose « si le premier crime ayant été puni de réclusion perpétuelle. Corruption d’un magistrat ayant eu pour effet une condamnation à mort (article 253 du Code pénal) . POUR LA PEINE DE MORT a. f. Actes de terrorisme Lorsque les faits ont entraîné la mort d’une ou de plusieurs personnes (article 2183 . violences à enfant avec intention de provoque la mort (article 410 du Code pénal). dernier alinéa du Code pénal). Violences Crime accompagné de torture (article 399 du Code pénal). à castration (article 412 du Code pénal). Coalition de fonctionnaire civils et militaires visant à attenter à la sûreté intérieure de l’Etat (article 238 du Code pénal) . b. CRIMES CONTRE LES PERSONNES a. 41 . c. à entrave à la circulation (article 591 du Code pénal). Homicides involontaires Consécutifs à violences à enfant (article 411-5° du Code pénal). assassinat (article 393 du Code pénal). 3. Fux témoignage e matière criminelle. Incendie de maison habitée Article 580 du Code pénal. Élimination radicale des grands criminels . B. infanticide aggravé ou prémédité (article 397 du Code pénal) ou consécutif à une exposition (article 463 du Code pénal). la peine édictée par la loi pour le second crime est la réclusion perpétuelle ». Homicides volontaires Violences envers un fonctionnaire public ayant entraîné sa mort (article 267 alinéa 5 du Code pénal). parricide (article 396 du Code pénal). LA LEGITIMTE DE LA PEINE DE MORT 1. empoisonnement (article 398 du Code pénal).2. b. ORDRE PUBLIC a. à incendie (article 584 du Code pénal). b. e. au cas de condamnation à mort de l’accusé (article 369 du Code pénal). c. d. enlèvement ou séquestration accompagné de torture (article 438 du Code pénal). Elle est irremplaçable.

elle peut être soit perpétuelle (article 16-2° du Code pénal). » b. PARAGRAPHE 2 : LES PEINES PRIVATIVE DE LIBERTÉ Elles peuvent. Concernant les poinçons.à la réclusion perpétuelle. être criminelle. la réclusion perpétuelle est une sanction souvent prévue par le Code : 28 infractions en sont passibles . L’erreur judiciaire devient irréparable . en fonction de la gravité objective de l’infraction.2. a. En écriture publique ou authentique (articles 352 et 353 du Code pénal) . Ordre public Coalition de fonctionnaires civils et militaires visant à attenter à la sûreté intérieure de l’Etat (article 235 du Code pénal). délictuelle ou contraventionnelle et obéir ainsi à des règles spécifiques . timbres et marques (article 332 du Code pénal) . c. 172 et 173 du Code pénal). b. il n’est donc pas inopportun de délimiter son champ d’application . Faux. contrefaçons et usurpations • Concernant les monnaies ou effets de crédit public (article 334 du Code pénal) . Corruption d’un magistrat ayant eu pour effet une condamnation à la réclusion à perpétuité (article 253 du Code pénal). RÉCLUSION c’est la seule peine criminelle privative de liberté . par décision irrévocable. c. condamné à une peine criminelle. la famille royale et la forme du gouvernement (articles 146. Bien qu’exceptionnelle au regard du principe que pourrait représenter la réclusion à temps. Sûreté de l’Etat Attentats et complots contre le Roi. A. Récidive criminelle Selon l’article 155 du Code pénal « Quiconque ayant été. soit prononcée « à temps » pour une durée de cinq à trente ans (article 16-2° du Code pénal). RÉCLUSION. est condamné : ……. . a commis un second crime quelle qu’en soit la nature. CONTRE LA PEINE DE MORT a. 166. d. • • • 42 . 169. DÉTENTION 1. L’amendement n’est plus possible . certaines dispositions leurs sont cependant communes . si le maximum de la peine édictée par la loi pour le second crime est la réclusion de trente ans . Concernant le sceau de l’Etat (article 342 du Code pénal) . Elle est inefficace : les pays qui l’ont supprimée n’ont pas vu leur criminalité augmenter. EMPRISONNEMENT.

Crimes contre les biens • • Vol aggravé (article 507 du Code pénal) . dissimulation ou lacération d’affiches apposées en exécution d’une décision judiciaire . 410. Certains délits sont punis d’un emprisonnement inférieur à un mois. Crime contre les personnes Homicides volontaires : meurtre simple (article 392 du code pénal). Dans les trois exceptions. infanticide simple (article 397 du Code pénal) . Recel aggravé (article 572 du Code pénal) . f. 404. la catégorie de l’infraction n’est pas modifiée (article 112 du Code pénal) bien que la durée de l’emprisonnement déroge au principe posé par l’article 17 du Code pénal. cinq ans au plus (article 17 du Code pénal). e. • • Par le jeu des circonstances atténuantes. C’est une peine « à temps ». Homicide involontaire consécutif à des violences volontaires (articles 403. 3. le minimum de l’emprisonnement peut être abaissé à 6 jours en matière de délits de police (article 150 du Code pénal). 411. castration (article 412 du Code pénal) . Enlèvement : de majeur (article 437 du Code pénal). b. de mineur (article 473 du Code pénal). EMPRISONNEMENT c’est la seule peine délictuelle privative de liberté. Délit correctionnel .• Faux témoignage en matière criminelle ayant déterminé la condamnation de l’accusé à la réclusion perpétuelle (article 369 du Code pénal). Exemple : l’article 325 du Code pénal : suppression. Principe Un mois au moins. infraction que la loi punit d’une peine d’emprisonnement dont elle fixe le maximum à plus de deux ans (article 111 du Code pénal) . Blessures : tortures à fonctionnaire public (article 231 du Code pénal). 414-4° et 568 du Code pénal) . Délit de police : infraction que la loi punit d’une peine d’emprisonnement dont elle fixe le maximum à deux ans ou moins de deux ans (article 111 du Code pénal). 2. Exception • La récidive peut entraîner un emprisonnement de 10 ans (articles 156 et 157 du Code pénal) . a. DÉTENTION 43 .

Principe La durée de la peine se calcule « à partir du jour où le condamné est détenu en vertu de la décision devenue irrévocable ». antérieur au Code pénal. Principe Moins d’un mois (article 18 du Code pénal). Exception Lorsqu’il y a eu détention préventive. DISPOSITIONS COMMUNES AUX TROIS PEINES PRINCIPALES PRIVATIVES DE LIBERTE 1. 3. soit au jour du mandat de justice.1962 portant approbation du texte du ode pénal. b. l’infraction constitue alors une contravention. CALCUL DE LA PEINE La durée des peines privatives de liberté se calcul comme suit : • • • • Peine d’un jour : 24 heures . b. (article 30 du Code pénal). b. lorsqu’un texte spécial. celle-ci est imputée sur la durée de la peine dont le point de départ est fixé soit au jour où a commencé la garde à vue. soit celle dont la durée est la plus longue lorsqu’il s’agit de peines de même nature. Peine d’un mois : 30 jours . le condamné exécute en premier lieu la peine la plus grave. Peine inférieure à un mois : se compte par jours complète de 24 heures . 2. POINT DE DEPART DE LA PEINE a. PRINCIPE Lorsque plusieurs peines privatives de liberté doivent être subies.11. C’est une peine « à temps ». Aux termes de l’article 5 du dahir du 26. B. délictuelles ou contraventionnelles. La peine la plus grave sera soit celle qui est au plus haut degré de l’échelle des peines criminelles.c’est la seule peine contraventionnelle privative de liberté. Exceptions Certains infractions prévues par le Code pénal et sanctionnées par un emprisonnement d’un minimum inférieur à un mois sont des délits de police. Exceptions Principe de la continuité des peines 44 . édicte une peine d’emprisonnement dont le maximum est inférieur à un mois. à moins que la loi n’en dispose autrement (article 31 du Code pénal). ORDRE DANS LEQUEL S’EXECUTENT LES PEINES PRIVATIVES DE LIBERTE a. Peine de plus d’un mois : se calcul de date à date. a.

elle doit être purgée jusqu’à son terme normal. Ils ont un domicile certain . Si elle accouche moins de 40 jours avant sa condamnation. Si elle est déjà incarcérée. ou les dispositions de la kafala des enfants abondonnés sont applicables (article 33 alinéa 2 du Code pénal). Lorsque la peine d’emprisonnement prononcée contre chacun des époux est supérieure à une année. Ils ont à leur charge. les dispositions de la loi relative à la procédure pénale sur la protection des enfants en situation difficile. REGLES SPECIALES AUX EPOUX TOUX DEUX CONDAMNES Selon les termes de l’article 33 du Code pénal : Leur peine ne sera pas exécuter simultanément . l’exécution de la peine est différée.Si une peine a débuté en raison du temps passé en prévention. un enfant de moins de dix-huit ans insusceptible d’être recueilli « dans des conditions satisfaisantes » par une personne publique ou privée. s’ils le désirent et remplissent les conditions suivantes : • • • • Leur peine est inférieure à un an . sans interruption. d’autre part une mesure de sûreté (article 61-2° du Code pénal). la peine privative de liberté prononcée contre elle ne peut être exécutée que 40 jours après sa délivrance. et sous leur protection. REGLES SPECIALES AUX FEMMES ENCEINTES Selon les termes de l’article 32 du Code pénal : lorsqu’il est vérifié qu’une femme est enceinte de plus de six mois. PARAGRAPHE 3 : LES PEINES RESTRICTIVES DE LIBERTE Il s’agit de la seule résidence forcée qui est d’une part une peine criminelle principal (article 16-4° du Code pénal). Révocation du sursis La première peine est alors exécutée avant la seconde. 4. et s’ils ont à leur charge ou sous leur protection un enfant de moins de dix-huit ans ou si l’enfant ne peut être recueilli par des membres de sa famille ou par une personne publique ou privée. Ils ne sont pas détenus au jour du jugement . dans des conditions satisfaisantes. A. elle bénéficie « pendant le temps nécessaire » du régime de la détention préventive. sans possibilité de confusion avec cette dernière (article 56 alinéa 3 du Code pénal). DEFINITION 45 .

B. d’autre une peine accessoire à une peine criminelle principale (article 36-2° du Code pénal). Privation du droit de port d’armes (article 26-5° du Code pénal) et donc du droit de chasser. CONTROLE ET SANCTION La direction générale de la sûreté nationale est chargée de contrôler la résidence (article 25 alinéa 2 du Code pénal) dont l’inobservation est sanctionnée par un emprisonnement d’un à cinq ans (article 317 du Code pénal). civils et de famille. maître ou surveillant » (article 26-5° du Code pénal). 2. emplois ou offices publics (article 26-1° du Code pénal). Privation du droit d’être électeur ou éligible et « en général de tous les droits civiques et politiques » (article 26-2° du Code pénal). PARAGRAPHE 4 : LES PEINES PRIVATIVE DE DROIT Il s’agit de la seule dégradation civique qui est une peine criminelle principale d’une part (article 16-5° du Code pénal). B. Incapacité d’être tuteur ou subrogé tuteur. DUREE Cinq ans minimum. 46 . A. C. 4. Comme un seul cas d’application est prévu par le Code (article 234 : coalition de fonctionnaires). si ce n’est de ses propres enfants (article 26-4° du Code pénal). 1. 3. le maximum étant déterminé par chaque infraction puni de la résidence forcée (article 25 alinéa 1 du Code pénal). DEFINITION C’est une incapacité de jouissance consistant dans l’interdiction d’exercer les prérogatives liées ordinairement à la citoyenneté et se traduisant par des droits civiques. Interdiction « d’enseigner. 6. 5. Destitution et exclusion des condamnés de toutes fonctions. de diriger une école ou d’être employé dans un établissement d’enseignement à titre de professeur. Interdiction de porter des décorations (article 26-2° du Code pénal). Interdiction de « servir dans l’armée » (article 26-5° du Code pénal). de servir de témoins dans tous actes et de déposer en justice autrement que pour y donner de simples renseignements (article 26-3° du Code pénal). Incapacité d’être expert. DUREE DE LA PEINE Deux à dix ans « sauf dispositions spéciale contraire » (article 26 dernier alinéa du Code pénal). on peut poser en principe que la durée maximum de la peine est fixée à dix ans.Assignation d’un lieu de résidence ou d’un périmètre déterminé dont le condamné ne peut s’éloigner sans autorisation du ministre de la justice pendant la durée fixée par la décision (article 25 alinéa 3 du Code pénal).

E. Coalition de fonctionnaires (article 236 du Code pénal). Suivant le montant de l’amende qui vient les sanctionner. D. A. cette infraction est délit de police (article 111-4° du Code pénal). Si une infraction est passible de l’amende seule. EN MATIERE CONTRAVENTIONNELLE La loi du 25 juillet 1994. 2. CRIMES PASSIBLES DE LA DEGRADATION CIVIQUE Abus d’autorité commis par les fonctionnaires contre les particuliers (articles 225. a fixé désormais à 1200 dirhams le taux minimum de l’amende. 227. l’amende sanctionne d’une part des délits (article 17-2° du Code pénal).C. les contraventions sont ainsi divisées en deux classes : a. d’autre part des contraventions (article 18-2° du Code pénal). comptée en monnaie ayant cours légal dans le Royaume (article 35 du Code pénal). POSSIBILITE D’Y ADJOINDRE UNE PEINE DELICTUELLE Emprisonnement de cinq ans maximum (article 27 alinéa 1 du Code pénal). peut être désormais regardé comme un principe dont il n’existe plus aucune application dans le Code. puisque le taux minimum de l’amende tel qu’il est prévu par le dahir de 1994 et la loi n° 25-93 est bien fixé à 10 dirhams. EN MATIERE DELICTUELLE La loi n° 25-93 promulguée par le dahir n° 1-94-284 du 25 juillet 1994 (15 safar 1415). 2. MONTANT 1. Contravention de première classe La loi n° 3-80 promulguée par le dahir n° 1-81-283 du 6 mai 1982 (11 rejeb 1402). quel que soit son taux maximum mais dont le minimum est supérieur à 1200 dirhams. peine principale délictuelle (article 17-2° du Code pénal). Empiètement des autorités administratives et judiciaires (articles 237 et 238 du Code pénal). On peu la définir comme une obligation pour le condamné de payer au profit du trésor une somme d’argent déterminée. PARAGRAPHE 5 : LES PEINES PECUNIAIRES Seule peine principale pécuniaire. PEINE DE REMPLACEMENT Peine de remplacement en cas d’inapplicabilité de la peine (marocain ayant déjà perdu ses droits civiques ou étranger) : Réclusion de cinq à dix ans (article 27 alinéa 2 du Code pénal). 229 du Code pénal). L’article 182° du Code pénal. 1. a fixé à 20 dirhams le taux minimum de l’amende et à 200 dirhams le taux maximum 47 . tout en confirmant la fixation à 1200 dirhams du taux maximum de l’amende contraventionnelle a fixé son minimum à 30 dirhams.

exonérer le condamné de tout ou partie de cette amende (article 34 du Code pénal). PRIVATION DE L’EXERCICE DES DROITS PATRIMONIAUX Selon l’article 38 du Code pénal. pendant la durée d’exécution de la peine principale. l’amende peut être portée au double (article 611 alinéa 2 du Code pénal). Elle s’applique de plein droit (article 37 du Code pénal). l’amende peut être portée au double (article 611 alinéa 3 du Code pénal). ne peut signer un chèque ou une lettre 48 . Toutefois. lorsqu’il y a eu détention préventive et que seule une peine d’amende est prononcée. b. par décision spécialement motivée. « Elles sont accessoires quand elles ne peuvent être infligées séparément ou qu’elles sont les conséquences d’une peine principale ». être poursuivie par la voie de la contrainte par corps qui se réalise par l’incarcération du débiteur. le juge peut. L’extrait de la décision de condamnation constitue le titre en vertu duquel le paiement peut être poursuivi par toutes voies de droit sur les biens du condamné. 2. En cas de récidive. Contravention de deuxième classe Amende de 10 à 120 dirhams (article 609 du Code pénal). l’interdit ne peut effectuer aucun acte d’aliénation de ses biens. En cas de récidive. Elles n’a pas à être prononcée. L’exécution des condamnations à l’amende peut.(article 608 du Code pénal). Elle est donc exclue lorsqu’un crime a été sanctionné par une peine délictuelle à la suite d’une excuse ou de circonstances atténuantes. Cette incarcération n’éteint pas l’obligation qui peut faire l’objet de poursuites ultérieures par les voies d’exécution ordinaires. Ce paiement est exigible dès que la décision de condamnation est passée en force de chose jugée. B. PARAGRAPHE 1 : LES PEINES PRIVATIVES DE DROIT A. L’INTERDICTION LEGALE Liée aux seules peines criminelles. MODALITES D’EXECUTION Le montant des amendes est recouvré par les soins de l’administration des finances. 1. par ailleurs. SOUS-SECTION 2 : LES PEINES ACCESSOIRES Aux termes de l’article 14 alinéa 2 du Code pénal. elle consiste en la privation de l’exercice et de la jouissance des droits patrimoniaux qui sont confiés à l’administration d’un tuteur. ne peut consentir un bail ou un prêt. INFRACTIONS PASSIBLES DE LA SANCTION L’interdiction légale ne s’attache qu’aux peines criminelles.

confère à l’interdit le droit de choisir un mandataire pour le représenter dans l’exercice de ses droits sous le contrôle et la responsabilité d’un tuteur dont la désignation obéit aux « formes prévues pour les interdits judiciaires » (article 39 alinéa 1 du Code pénal). en sorte que lorsqu’un crime a été puni d’une peine délictuelle par suite d’une 49 . sauf si ce n’est pour cause d’aliments et dans les limites autorisées par l’administration pénitentiaire (article 39 alinéa 2 du Code pénal). Il peut par exemple tester. CIVILS ET DE FAMILLE Il s’agit de la suspension d’une ou plusieurs des prérogatives liées à la citoyenneté et dont la dégradation civique entraîne globalement la suspension de façon temporaire lorsqu’elle intervient en tant que peine principale. et perpétuelle lorsqu’elle intervient en tant que peine accessoire. Elle est donc perpétuelle si la peine principale est perpétuelle (article 38 du Code pénal). INTERDICTION DE JOUISSANCE Pendant la durée de la peine. En revanche. Elle est perpétuelle. INFRACTIONS PASSIBLES DE LA SANCTION Celle-ci est liée à certaines peines délictuelles « dans les cas déterminés par la loi ». 3. INFRACTIONS PASSIBLES DE LA SANCTION Elle s’attache de plein droit à toutes les peines criminelles principales autre qu’ellemême et. L’interdiction d’exercice de certains des droits visées à l’article 26 du Code pénal est une faculté laissée aux tribunaux lorsqu’ils prononcent certains peines délictuelles. 1. Ce n’est qu’à l’expiration de la peine qu’il lui remettra ses biens et lui rendra compte de son administration. Si aucun mandataire n’est choisi. elle ne peut être associée aux peines délictuelles prononcées pour crime (article 40 du Code pénal). il peut seulement procéder à des actes intéressant son patrimoine. d’autre part est une peine accessoire à une peine criminelle principal (articles 15-5° et 36-2° du Code pénal). 2.de change…etc. n’a pas à être prononcée (article 37 du Code pénal). il appartient au tuteur d’administrer directement le patrimoine de l’interdit. il ne peut percevoir aucune somme d’argent provenant de ses revenus. DUREE DE LA SANCTION Elle s’applique de plein droit le jour où la condamnation principale est devenue irrévocable. C. LA DEGRADATION CIVIQUE Cette sanction d’une part est une peine criminelle principale. 1. 4. DUREE DE LA SANCTION Débutant le jour où la condamnation principal est devenue irrévocable. LA SUSPENSION DE CERTAINS DROITS CIVIQUES. GESTION DES BIENS DE L’INTERDIT L’article 38 du Code pénal. 5. l’interdiction légale dure autant que la peine principale dont elle est l’accessoire. lorsque l’effet de ces actes est reporté à la fin de la peine. c’est donc une sanction facultative. de ce fait. B. le législateur ayant refusé d’en limiter la durée.

à l’intégrité du territoire national. La durée de la sanction est de un à dix ans (article 40 du Code pénal). EXECUTION DE LA SANCTION 50 . D. administrateurs ou gérants. même lorsqu’il s’agit d’une condamnation avec sursis. INFRACTIONS PASSIBLES DE LA SANCTION Elles sont prévues par le dahir du 15 novembre 1958 relatif au droit d’association. non seulement l’article 37 du Code pénal relatif à la dégradation civile est inapplicable mais également l’article 40 du Code pénal. DUREE DE LA SANCTION La sanction est appliquée le jour où la condamnation est devenue irrévocable. tel qu’il a été modifié et complété par la suite et notamment par la nouvelle loi n° 75-00. car seules en fait des peines sanctionnant des délits se voient associés par le code cette peine accessoire. au régime monarchique ou de faire appel à la discrimination » (article 3 de la loi n° 75-00). Cette dissolution peut dès lors s’analyser comme la privation du droit d’association dans le cadre de l’activité sociale initialement réprimée. la famille royale et la forme du gouvernement) et l’article 197 du Code pénal (délits contre la sûreté intérieure de l’Etat) portent à cinq ans le minimum de la sanction et à vingt ans son maximum. 1. trois cas sont prévus par ce texte. a. L’article 27 de la loi 75-00 étend aux associations étrangères les mêmes règles. car le sursis accordé au principal ne s’étend pas à l’accessoire (article 57 alinéa 1 du Code pénal). aux bonnes mœurs ou qui a pour but de porter atteinte à la religion islamique.atténuation de la peine. b. 2. que les fins de cette activité soient purement économiques. Si la personne juridique est « fondée sur une cause ou en vue d’un objet illicite. LA DISSOLUTION D’UNE PERSONNE JURIDIQUE La dissolution d’une personne juridique c’est l’interdiction de continuer l’activité sociale. c’est-à-dire aux formalités de constitution de la personne juridique. mais ce principe est assorti de deux exceptions : les articles 180 (délits contre le Roi. même sous un autre nom et avec d’autres directeurs. contraire aux lois. « En cas d’infraction aux dispositions de l’article 5 ». il faut admettre que les membres ou les dirigeants de la personne juridique aient préalablement fait l’objet d’une condamnation à une peine principale. « S’il apparaît que l’activité de l’association est de nature à troubler l’ordre public » (article 7 alinéa 1 de la loi n° 75-00). Pour qu’une telle peine accessoire puisse être prononcée. 2. c. politiques ou syndicales.

Confiscation facultative En matière criminelle. PERTE TEMPORAIRE (SUSPENSION) Elle est liée facultativement aux trois autres peines criminelles. Certains textes du Code pénal – les articles 341. la dissolution entraîne la liquidation des biens de la personne juridique. On ne peut dès alors déterminer si la sanction portant sur « les choses qui ont servi ou devaient servir à l’infraction » est une peine accessoires comme le veut l’article 43 du Code pénal. mesure de sûreté. PARAGRAPHE 2 : LES PEINES PECUNIAIRES A. de ce fait. LA CONFISCATION PARTIELLE DES BIENS APPARTENANT AU CONDAMNE La confiscation est une peine accessoire (articles 36-5° et 42 à 46 du Code pénal). Dans ce cas.La dissolution ne peut être prononcée que dans les cas prévus par la loi et en vertu d’une disposition expresse de la décision de condamnation (article 47 alinéa 2 du Code pénal). Elle ne porte donc normalement que « sur les biens appartenant à la personne condamnée » (article 45 du Code pénal). 1. 2. Il est cependant parfois impossible de faire un partage exacte entre la confiscation. en matière de sûreté extérieure de l’Etat. C’est là un principe rigoureux qui. peine accessoire. n’a pas à être prononcée. La suspension dure autant que l’exécution de la peine. dès lors qu’elle entretient la confusion entre deux types de sanction dont la finalité est différente. des objets et choses qui ont servi ou devaient servir à 51 . LA PERTE OU LA SUSPENSION DU DROIT AUX PENSIONS SERVIES PAR L’ETAT 1. la confiscation consiste en l’attribution à l’Etat d’une fraction des biens du condamné ou de certains de ses biens spécialement désignés (article 42 du Code pénal). cependant. elle est une mesure de sûreté comme le veut l’article 62-1° du Code pénal. au profit de l’ETAT. entraînera la partage ou la licitation (article 45 du Code pénal). et la confiscation. En tant que peine accessoire. La rédaction de ces trois textes est des plus équivoques. leur association conjointe à une peine principale. de même une mesure de sûreté (articles 62 et 89 du Code pénal). en effet. comporte une exception : les objets du crime ou du délit doivent alors être confisqués « sans qu’il y ait lieu de rechercher s’ils appartiennent ou non au condamné » (article 199 alinéa 1 du Code pénal). sous réserve des droits des tiers. mais qui. 350 et 610 – exigent. en cas d’indivision. PERTE DEFINITIVE Elle est liée de plein droit à la condamnation à mort et à la réclusion perpétuelle et. le juge « peut ordonner la confiscation. portant sur les « objets ayant un rapport avec l’infraction ». ou bien si. INFRACTIONS PASSIBLES DE LA SANCTION a. B.

maisons de jeux et loteries non autorisées (articles 282. et le code précise que seules les dettes légitimes antérieures à la condamnation grèvent les biens confisqués « jusqu’à concurrence de leur valeur ». Le législateur a voulu ainsi éviter que des 52 . • Soit sur des biens spécialement désignés : o Cinq cas prévus en matière délictuelle : sûreté intérieure (article 207). fabrication ou usage de fausses clés (article 609-25°). Elle ne peut ainsi porter que: • Soit sur des biens désignés à l’article 43. le texte. instruments du devin ou sorcier (articles 609-35° et 610). b. la confiscation ne peut être effectivement réalisée que lorsque la condamnation est devenue irrévocable. Confiscation de plein droit En matière criminelle Elle est exceptionnelle. les contrefaçons de monnaie ou de sceaux (articles 338 à 380 et 341 . o Cinq cas en matière contraventionnelle : contrefaçon de monnaie (article 609-7°). un seul cas prévu par le Code pénal : en matière de sûreté extérieure de l’Etat (article 199 alinéa 3 du Code pénal) .l’infraction. au niveau délictuel. infractions à l’exportation (article 287). 345 à 349 et 350) . le juge est parfois tenu de la prononcer. ou qui en sont les produits. on retrouve. atteinte à la propriété littéraire ou artistique (article 575 à 579) . EXECUTION DE LA SANCTION Quelle que soit sa forme. Ce texte doit être retenu et peut être appliqué alors même que la peine infligée pour le crime est seulement délictuelle par suite d’une excuse ou des circonstances atténuantes . Elle n’est autorisée par le Code pénal que « dans les cas prévus expressément par la loi » (article 44). • Soit sur les biens désignés à l’article 43. en effet. 2. Elle peut porter : • Soit sur « une fraction des biens du condamné ». C’est l’administration des domaines qui est chargée de poursuivre l’aliénation des biens confisqués « dans les formes prescrites pour la vente des biens de l’Etat » (article 46 du Code pénal). Un seul cas prévu par le Code pénal : en matière de sûreté extérieure de l’Etat (article 199 alinéa 1 et 2). Deux cas prévus par le Code pénal : contrefaçon de monnaie (articles 334 et 341) ou des sceaux de l’Etat (articles 342 à 344 et 350) . loteries non autorisées (article 609-10°). achat d’objets volés (article 609-24°). ainsi que des dons ou autres avantages qui ont servi ou devaient servir à récompenser l’auteur de l’infraction » (article 43 du Code pénal). 283 et 285). corruption (articles 248 à 255). En matière délictuelle ou contraventionnelle La peine accessoire de la confiscation se rencontre rarement. spécifie qu’il s’agit de « condamnation pour fait qualifié crime ». • Soit sur des biens spécialement désignés.

Décider si cette publication doit être faite intégralement ou par extraits. INFRACTIONS PASSIBLES DE LA SANCTION Elle peut être prononcée en matière criminelle ou délictuelle. LA PUBLICATION DE LA DECISION DE CONDAMNATION Dans les cas déterminés par la loi. b. atteinte à la propriété littéraire et artistique (article 578 alinéa 2). Un seul cas prévu dans le Code pénal : en matière de banqueroute (article 569 du Code pénal). L’affichage ne peut excéder un mois et bénéficie d’une protection particulière. Parfois la loi en fait une obligation au juge. c. EXECUTION DE LA SANCTION La juridiction doit : a. la juridiction de jugement peut ordonner que sa décision de condamnation sera publiée ou affichée. il ne faut pas confondre cette peine accessoire avec l’insertion dans la presse ou l’affichage des jugements obtenus par la victime à titre de dommages intérêts et de réparation civile du préjudice causé notamment en matière d’injure ou de diffamation. 53 . BUT DE LA SANCTION C’est une peine mixte dont le principal aspect est purement pécuniaire à l’égard du condamné qui en supporte le coût. Fixer le montant des frais de la publication qui sont entièrement à la charge du condamné. dénonciation calomnieuse (article 445 alinéa 1). Quatre cas prévus par le Code pénal : outrage à fonctionnaire public (article 263 alinéa 3).engagements fictifs ou frauduleux passés en prévision de la condamnation puissent venir obérer indûment les biens dévolus à l’Etat. C. mais « dans les cas déterminés par la loi ». 1. Le plus souvent la publication est facultative. de titre ou de nom (article 388 alinéa 1). usurpation de fonction. Dans un ou plusieurs journaux qu’elle désigne ou par affichage dans les lieux qu’elle indique. 2. 3. C’est également une peine morale destinée à assurer la réparation du scandale causé par l’auteur de l’infraction. Bien que leur finalité soit similaire.

susceptibles de variation entre un minimum et un maximum. La plupart des peines principales et des sanctions qui en sont l’accessoire sont. il s’agit alors des circonstances atténuantes. mais l’individualisation de ces dernières est spécifique. même si le juge prononce une peine « afférente à une autre catégorie d’infraction » (article 112 du Code pénal). pour la dégradation civique ou pour les mesures de sûreté réelles. soit une peine atténué. Cependant les limites légales ne sont pas toujours infranchissables. Le juge. être « tenu » d’appliquer au coupable. L’EXCUSE DE MINORITE 54 . une excuses spéciale liée à la provocation et une excuses utilitaire liée à la soumission. trois types d’excuses peuvent être dégagés du droit pénal général marocain : une excuses générale liée à la minorité. c’est-à-dire les excuses personnelles. conformément à l’article 142 du Code pénal. peut. le juge dispose d’un pouvoir discrétionnaire pour fixer et individualiser la peine en tenant compte d’une part. SECTION 1 : L’ATTENUATION DE LA SANCTION Elle peut être fondée soit sur une cause légale d’atténuation. de la gravité de l’infraction commise. en revanche. et les « excuses légales atténuantes inhérentes à la personnalité de l’auteur de l’infraction ». la sanction est atténuée. Le Code pénal de 1962 distingue dans l’échelle des causes d’atténuation. Dans l’un et l’autre cas. en effet. tout en laissant subsister l’infraction et la responsabilité assurent aux délinquants… une modération de la peine » (article 143 du Code pénal). selon les cas. comme c’est le cas pour la peine de mort. dressée dans l’article 161. d’autre part de la personnalité du délinquant ». les « excuses légales atténuantes inhérentes à la commission de l’infraction ». soit sur une cause judiciaire d’atténuation. soit une peine aggravée. il s’agit alors des excuses atténuantes. Cette classification ne présente d’intérêt que pour la fixation de la sanction (articles 161 et 162 du Code pénal) et la situation du complice (article 130 du Code pénal). Si on envisage.CHAPITRE 2 : L’INDIVIDUALISATION DE LA SANCTION PENALE Il est extrêmement rare que la sanction pénale prévue par le code de 1962 soit fixe. L’article 141 du Code pénal fixe à cet égard les prérogatives du juge : « Dans les limites du maximum et du minimum édictés par la loi réprimant l’infraction. A. mais « la catégorie de l’infraction n’est pas modifiée ». Il en va de même des mesures de sûreté . le substrat criminologique de l’atténuation. c’est-à-dire les excuses réelles. PARAGRAPHE 1 : LES EXCUSES ATTENUANTES Ce sont « des faits qui . pour la réclusion perpétuelle.

). B. il doit être condamné à une peine de trois à dix ans d’emprisonnement . Ils doivent donc 1. EN MATIERE DE CRIME OU DE DELIT Normalement bénéficier des mesures de protection ou de rééducation propres à l’enfance délinquante (article 147 du Code pénal . le mineur doit être condamné à une peine de dix à quinze ans d’emprisonnement (article 493 alinéa 3 du Code de la procédure pénale) . le maximum et le minimum de la peine prévue par la loi doivent être diminués de moitié. modifié par la loi n° 24-03 promulguée par le dahir n° 1-03207 du 16 ramadan 1424 (11 novembre 2003). trouver son fondement dans une trop forte émotion : si « les états passionnels u émotifs » ne peuvent exclure ou diminuer la responsabilité (article 137 alinéa 1 du Code pénal). Cette norme peut s’appartenir à la légitime défense dans la mesure où l’agent a été poussé à commettre l’infraction par une attitude antérieure de l’agresseur . Elle peut également. à une des peines atténuées de l’article 471 du Code de la procédure pénale (article 512 du Code de la procédure pénale) : • Si l’infraction commise était passible de la peine de mort.31 octobre 2002 . selon les cas. Soit être condamné à l’amende prévue par la loi (article 468 du Code de la procédure pénale). En bénéficient obligatoirement les mineurs de 12 à 18 ans.Elle est générale dans la mesure où toutes les infractions commises par le mineur de moins de douze ans. L’EXCUSE DE PROVOCATION Il s’agit d’une excuse spéciale qui s’applique « à une ou plusieurs infraction déterminées » (article 144 du Code pénal). promulguée par le dahir n° 1-02-255 du 25 rejeb 1423 . • Si l’infraction commise était passible de la réclusion à temps. car ils sont considérés « comme partiellement irresponsable en raison d’une insuffisance de discernement » (article 139 du Code pénal. voire de 12 à 18 ans. • 2. Si l’infraction commise était passible de l’emprisonnement. EN MATIERE DE CONTRAVENTION Soit faire l’objet d’une admonestation . DOMAINE DE L’EXCUSE 55 . L’excuse de provocation vient en quelque sorte atténuer la portée pénale de l’excès de légitime défense. elle s’en différencie. ils peuvent cependant parfois excuser l’infraction et partant atténuer la sanction. car elle suppose une agression déjà consommée. 1. Exceptionnellement être condamné en raison des circonstances et de la personnalité du délinquant et en motivant spécialement la décision. article 493 de la loi n° 22-01 portant Code de la procédure pénale. de la réclusion perpétuelle ou de la réclusion à temps de 30 ans pour un délinquant majeur. de la disproportion entre la riposte et l’attaque. sont susceptibles d’être excusées.

sur un enfant de moins de dix-huit ans. b. sont excusables lorsqu’ils ont été commis par un chef de famille qui surprend dans son domicile un commerce illicite. les blessures et les coups sont excusables. L’article 421 du Code pénal dispose « Les blessures et les coups sont excusables. réalisé avec ou sans violences. les blessures et les coups excusables s’ils ont été provoqués par des coups ou violences graves envers les personnes ». lorsqu’ils sont commis sur la personne d’un adulte surpris en flagrant délit d’attentat à la pudeur ou de tentative d’attentat à la pudeur. Attentat à la pudeur : Aux termes de l’article 419 du Code pénal « Le crime de castration est excusable s’il a été immédiatement provoqué par un attentat à la pudeur commis avec violence ». Principe Ce domaine est étendu par le code aux réactions suscitées non seulement par les crimes et délits « contre les personnes » (l’excuse vient ici atténuer les effets pénaux d’une légitime défense excessive). Crimes et délits contre les personnes L’article 416 du Code pénal dispose « Le meurtre. même s’ils l’ont occasionnée. murs ou entrées d’une maison ou d’un appartement habité ou de leurs dépendances ». L’article 417 du Code pénal dispose « Le meurtre. EFFET DE L’EXCUSE 56 . mais également par les crimes et délits « contre la moralité publique » (l’infraction semble ici excusable par la « légitime » émotion de l’agent). 2. Exception Deux crimes ne sont jamais excusables en fonction de leur gravité particulière : • • Attentat contre la vie ou la personne du Roi (article 163 du Code pénal) . Les mêmes faits sont excusables lorsqu’ils sont commis sur la personne d’un adulte surpris en flagrant délit de viol ou de tentative de viol ». que les coups aient été portés sur l’un ou l’autre des coupables ». Parricide (article 422 du Code pénal). les blessures et les coups sont excusables s’ils ont été commise en repoussant pendant le jour l’escalade ou l’effraction des clôtures. Crimes et délits contre la moralité publique Adultère de l’épouse : L’article 418 du Code pénal dispose « Le meurtre. ainsi que sur le complice à l’instant où il les surprend en flagrant délit d’adultère ». s’ils ont été commis par l’un des époux sur la personne de l’autre.a. Fornication : L’article 420 du Code pénal dispose « Les blessures faites ou les coups portés sans intention de donner la mort.

La réaction criminelle ainsi excusée pouvant être analysée par le tribunal comme un indice d’état dangereux. le Code pénal envisage expressément cette cause dans son article 440 en cas d’atteinte portée par des particuliers à la liberté individuelle. proche de certains excuses absolutoires . Bien que le texte ne le précise pas. il est nécessaire. l’article 424 du Code pénal autorise ce dernier à appliquer « en outre » à l’agent excusé l’interdiction de séjour pendant cinq ans au moins et dix ans au plus. Les infractions excusables « Ceux qui. sur la base des textes du code. Si l’arrestation ou l’enlèvement a été exécuté avec une des circonstances aggravantes suivantes : o o Port d’un uniforme ou d’un insigne réglementaire . des textes spéciaux étant réservés à la protection des mineurs de dix-huit ans (articles 471 à 475 du Code pénal). C. sans ordre des autorités constituées et hors le cas où la loi permet ou ordonne de saisir des individus. l’agent sera condamné à un emprisonnement d’un à cinq ans (article 423-1° du Code pénal) .Lorsque le fait d’excuse est prouvé. S’il s’agit d’un délit. enlèvent. arrêtent. cette excuse semble uniquement concerner la détention et la séquestration de majeurs ou de mineurs de dix-huit ans. 1. à cet égard. De la réclusion de dix à vingt ans si la détention ou la séquestration a durée trente jours ou plus (article 436 alinéa 2 du Code pénal) . • Sont punis de la réclusion de cinq à dix ans si la détention ou la séquestration a duré moins de 30 jours (article 436 alinéa 1 du Code pénal) . Usage d’un aux nom . tels qu’ils ont été modifiés par le dahir portant loi n° 1-74-232 du 28 rebia II 1394 (21 mai 1974). il sera passible d’un emprisonnement de six mois à deux ans (article 423-2° du Code pénal). ainsi que leurs complices (expressément assimilés à l’auteur par l’article 439 du Code pénal). l’agent sera condamné à un emprisonnement d’un à trois mois ‘article 423-3° du Code pénal). ainsi que la sanction qui leur est applicable. a. de définir avec précision les éléments constitutifs des infractions excusables. elle est. L’EXCUSE DE SOUMISSION Elle est utilitaire dans la mesure où la réduction de peine ne peut s’analyser que comme une prime à la soumission . détiennent ou séquestrent une personne quelconque » (article 436 alinéa 1 du Code pénal). DETENTION ET SEQUESTRATION DE MAJEURS OU DE MINEURS DE DIX-HUIT ANS Pour apprécier la portée de l’excuse. s’il s’agit « de tout autre crime ». S’il s’agit d’un crime légalement puni de mort ou de réclusion perpétuelle. • • 57 . le tribunal est tenu d’atténuer la sanction pénale encourue par l’agent.

Si l’une des quatre infractions de l’article 436 a eu pour but de procurer aux auteurs des otages . Conditions d’application de l’excuse Le tribunal est tenue d’en faire bénéficier « tout coupable qui. Entre le dixième jour et le trentième jour accompli. DETENTION ET SEQUESTRATION DE MINEURS DE DOUZE ANS 58 . Soit pour favoriser la fuite ou assurer l’impunité des auteurs d’un crime ou d’un délit . depuis son arrestation ou enlèvement. la portée de l’excuse est plus ou moins atténuante selon la gravité du préjudice subi par la victime : Dans les cas prévus à l’article 436 du Code pénal. spontanément. Menace d’un crime contre les personnes ou les propriétés. a fait cesser la détention ou la séquestration ». o o o Soit pour préparer ou faciliter la commission d’un crime ou d’un délit . la peine est la réclusion de cinq à dix ans (article 440-2° alinéa 3 du Code pénal) • Dans les cas prévus à l’article 437 du Code pénal. Si la personne torturée a été « libérée spontanément ». les agents sont punis de mort (article 438 du Code pénal). Cette excuse est également applicable « si les actes criminels ayant eu pour but l’exécution d’un ordre ou l’accomplissement d’une condition. Usage d’un moyen de transport motorisé . 2. Si la personne détenue ou séquestrée est libérée « en bonne santé » : • Moins de dix jours accomplis depuis son arrestation ou enlèvement. b. la peine est l’emprisonnement d’un à cinq ans (article 440-2° du Code pénal) . la libération a eu lieu sans que l’ordre ait été exécuté ou la condition accomplie » (article 440-1° alinéa 3 du Code pénal). • Si la personne victime d’une des quatre infractions de l’article 436 du Code pénal « a été soumise à des tortures corporelles ». Dans le cas prévu à l’article 438 du Code pénal. Soit pour l’exécution d’un ordre ou l’accomplissement dune condition et notamment le paiement d’une rançon . Si l’otage est libéré « en bonne santé » avant le cinquième jour accompli depuis celui de l’arrestation ou enlèvement. la peine est réduite à la réclusion de cinq à dix ans (article 440-1° alinéa 2 du Code pénal). La peine est la réclusion de 20 à 30 ans . la peine est la réclusion de dix à vingt ans (article 440-2° alinéa 4 du Code pénal).o o o • Usage d’un faux ordre de l’autorité publique . La peine est la réclusion perpétuelle (article 437 du Code pénal) .

Infractions dont la sanction est susceptible d’atténuation L’enlèvement ou le détournement « par violence. PARAGRAPHE 2 : LES CIRCONSTANCES ATTENUANTES A la différence des circonstances aggravantes précisées pour chaque infraction et des excuses atténuantes qui sont limitativement énumérées par le code. DOMAINE DES CIRCONSTANCES ATTENUANTES QUANT AUX INFRACTIONS 59 . l’agent devrait bénéficier néanmoins de l’atténuation de peine. Est puni de mort. les circonstances atténuantes sont des faits laissés « à l’appréciation du juge » article 146 alinéa 3 du Code pénal).Les articles 472 alinéa 2 et 473 alinéa 2 du Code pénal relatifs à l’enlèvement ou au détournement d’un mineur de douze ans prévoient également une atténuation de la peine encourue par l’agent. l’attitude de l’agent serait certainement sans influence sur la sanction : si l’enfant est retrouvé vivant grâce aux seules investigations de la police. a. si le coupable « se fait payer ou a eu pour but de se faire payer une rançon » (article 473 alinéa 1 du Code pénal) . La loi pénale étant d’interprétation stricte. dégager avec certitude le fondement de l’atténuation qui n’est pas nécessairement lié à la soumission ou au repentir actif. la peine est la réclusion de cinq à dix ans . en l’espace. conformément aux libellés des articles 472 et 473 du Code pénal. Cette institution peut donc être analysée comme une sorte de correctif judiciaire de la rigueur abstraite de la loi . Le législateur se veut manifestement utilitaire et l’on ne peut. dès lors. mais il s’agit dans les deux cas d’une atténuation de peine dont la finalité ne peut être que la protection de l’existence du mineur. menace ou fraude » d’un mineur « âgé de moins de douze ans » : • • Est puni de la réclusion de dix à vingt ans (article 472 alinéa 1 du Code pénal) . Est puni de la réclusion perpétuelle. son appréciation est souveraine. • b. Le Code pénal ne parle pas. si l’enlèvement est suivi de mort (article 474 du Code pénal). A. soit à la culpabilité de l’auteur ». d’excuse atténuante. la peine est la réclusion de dix à vingt ans. en l’espèce. celle-ci. peut effectivement paraître « excessive par rapport soit à la gravité des faits. Les effets de l’admission des circonstances atténuantes « sont exclusivement personnels et la peine ne doit être réduite qu’à l’égard des condamnés qui ont été admis à en bénéficier » (article 146 alinéa 2 du Code pénal). Dans le cas de l’article 473. précise l’article 146 alinéa 1 du Code pénal. Atténuation de la peine Elle intervient « si le mineur est retrouvé vivant avant qu’ait été rendu le jugement de condamnation » : • • Dans le cas de l’article 472. CONDITIONS D’APPLICATION 1. formule générale traduisant bien l’impuissance de la loi à prévoir tous les cas et partant la nécessité de transformer le juge marocain en législateur puisque.

• Si la peine édictée est celle de la réclusion perpétuelle. en outre. c’est le principe de la généralisation qui est posé . Si la peine édictée est la résidence forcée. L’interdiction de séjour pour une durée de 5 à 10 ans . la juridiction prononce la dégradation civique ou un emprisonnement de six mois à deux ans (article 148 alinéa 1 du Code pénal) . 60 . 3. • Lorsque la peine de l’emprisonnement est substituée à une peine criminelle (article 147 alinéa 7 du Code pénal). primaire. L’interdiction des droits prévus à l’article 26-1° et 2° du Code pénal pour une durée de 5 à 10 ans . SUR LES PEINES PRINCIPALES CRIMINELLES • Si la peine édictée est la mort. DOMAINE DES CIRCONSTANCES ATTENUANTES QUANT AUX DELINQUANTS Là encore. qu’elles soient de droit commun ou d’exception. le tribunal criminel applique la peine de la réclusion de 5 à 20 ans . multiple. prononcer : o o o • Une amende de 200 à 1200 dirhams . 5) : o o S’il s’agit d’une réclusion de 20 à 30 ans. trois hypothèses sont prévues par le texte (article 147 alinéa 3. pose le principe de la généralisation en déclarant que les circonstances atténuantes sont applicables de plein droit à tous les crimes. le tribunal criminel applique la peine de la réclusion de 10 à 30 ans . Si la peine édictée est la réclusion à temps. Si le minimum de la peine édictée est la réclusion de dix ans. le tribunal criminel peut. majeur. Les récidivistes toutefois ne peuvent en bénéficier qu’en matière délictuelle (articles 149 alinéa 1 et 150 alinéa 1 du Code pénal) et contraventionnelle (article 151 alinéa 1 du Code pénal). EFFETS DES CIRCONSTANCES ATTENUANTES 1. disposent de cette prérogative. le tribunal criminel applique la peine de la réclusion perpétuelle ou celle de la réclusion de 20 à 30 ans (article 147 alinéa 1 du Code pénal) .L’article 146 du Code pénal. Si le minimum de la peine édictée est la réclusion de cinq ans. B. toutes les catégories de délinquants peuvent bénéficier des circonstances atténuantes : mineur. le tribunal criminel applique une peine d’emprisonnement de un à cinq ans . 4. 2. le tribunal criminel o applique la réclusion de 5 à 10 ans ou une peine d’emprisonnement de 2 à 5 ans . DOMAINE DES CIRCONSTANCES ATTENUANTES QUANT AUX JURIDICTIONS Toutes les juridictions de jugement. délits et contraventions.

l’agent coupable d’un crime et 61 . soit à la privation de certains des droits énumérés à l’article 26 du Code pénal. le tribunal criminel peut : • • Soit réduire celle-ci jusqu’à 120 dirhams . 3. Qu’en est-il si. l’agent se verra condamné soit à une peine d’emprisonnement de six mois à deux ans. peut : • Soit réduire la peine au-dessous du minimum légal. sans toutefois que l’emprisonnement puisse être inférieur à six jours et l’amende à 12 dirhams . « dans tous les cas où la peine édictée est celle de l’emprisonnement et de l’amende ou l’une de ces deux peines seulement ». et sauf disposition légale contraire. SUR LES PEINES ACCESSOIRES Attachées de plein droit à une peine principale. « même au cas de récidive » peut : • Soit réduire la détention et l’amende jusqu’au minimum prévu par le code pour les peines contraventionnelles . Dans ce cas. peut réduire la peine au dessous du minimum légal. si la peine de l’emprisonnement était seule édictée par la loi. SUR LES PEINES PRINCIPALES DELICTUELLES a. le juge. le juge n’ayant pas le pouvoir de les modifier directement. celle-ci n’en subsiste pas moins avec son accessoire. par suite de circonstances atténuantes. le maximum de cette amende peut être fixé à 5000 dirhams. b. • 4. En matière de délit de police Le juge « même au cas de récidive ». S’il se borne. à réduire la peine principale dans son taux ou dans sa durée. • • c. « dans les cas où la peine édictée est celle de l »emprisonnement et de l’amende ou l’une de ces deux peines seulement ». sans qu’en aucun cas cette amende puisse être inférieure au minimum de l’amende contraventionnelle. 2. En matière de délit correctionnel Le juge « même au cas de récidive ». Soit substituer l’amende à la détention dans le cas où cette dernière peine est édictée par la loi. par suite de circonstances atténuantes.• Si la peine édictée est la dégradation civique. Si la peine criminelle édictée est accompagnée d’une amende délictuelle Selon l’article 147 alinéa 6 du Code pénal. Soit substituer l’amende à l’emprisonnement. par exemple. Soit la supprimer. sans toutefois que l’emprisonnement puisse être inférieur à un mois et l’amende inférieur à 200 dirhams (article 149 du Code pénal). et sauf disposition légale contraire. la peine principale se trouve transformée en une autre peine ? Si. Soit prononcer séparément l’une ou l’autre de ces peines . elles en suivent le sort. SUR LES PEINES PRINCIPALES CONTRAVENTIONNELLES Aux terme de l’article 151 du Code pénal.

article 510 du Code pénal). fausses clés (vol. SECTION 2 : L’AGGRAVATION DE LA SANCTION Trois séries de causes d’aggravation existent en droit marocain : les circonstances aggravantes. 1. la contravention de maraudage de l’article 608-6° du Code pénal est la même infraction que le jour. L’article 153 du Code pénal consacre cette norme en rappelant que « la loi détermine ces circonstances à l’occasion de certaines infractions criminelles et délictuelles ». A. Il appartient donc au législateur de prévoir à l’avance la liste des événements qui lui paraissent susceptibles d’aggraver la responsabilité de l’agent. le texte exclut l’aggravation des contraventions. article 510 du Code pénal). c’est que les circonstances qui correspondaient à leur aggravation sont le plus souvent érigées en éléments constitutifs de délits. les premières sont réelles ou objectives. article 509 62 . DOMAINE DES CIRCONSTANCES AGGRAVANTES L’article 152 du Code pénal distingue les circonstances inhérentes à la commission de l’infraction. que deviennent l’interdiction légale et la dégradation civique ? Elles disparaissent. Les circonstances aggravantes peuvent donc être définies comme des circonstances accessoires du fait principal. la récidive et le concours d’infraction. CIRCONSTANCES AGGRAVANTES REELLES Ce sont celles qui participent à la structure matérielle de l’infraction. mais la nuit ou en réunion. civils ou de familles visés à l’article 26 ». les secondes sont personnelles ou subjectives. Par exemple.ce dernier. Elles aggravent de ce fait la criminalité objective de l’acte. au contraire « est tenu d’appliquer au coupable une peine (…) aggravée chaque fois que sont prouvées (…) une ou plusieurs des circonstances aggravantes prévues par la loi » (article 142 alinéa 1 du Code pénal). violence (vol. car. être aggravées. dans la plupart des cas. mais dont le code lui-même fournit pourtant un exemple. article 302 du Code pénal). fixées limitativement par la loi et qui déterminent une augmentation des peines ordinaires. réunion (rébellion. port d’armes (mendicité article 331 du Code pénal). de celles qui sont inhérentes à la culpabilité de l’agent . circonstance rare. PAPAGRAPHE 1 : LES CIRCONSTANCES AGGRAVANTES Dans un système dominé par le principe de l’égalité. si les contraventions ne sauraient.passible de réclusion n’est condamné qu’à un emprisonnement. l’agent contre qui est prononcé une peine délictuelle peut. conformément à l’article 40 du Code pénal se voir interdire « l’exercice d’un ou plusieurs des droits civiques. De fait. article 509 du Code pénal). effraction (vol. elles « ne s’attachent qu’aux peines criminelles » et non pas à la catégorie de l’infraction . a.car elles se rattachent au fait matériel de l’infraction. Circonstances de moyen Ex : Escalade (vol. car elles sont liées à la personnalité de l’agent. l’aggravation de la peine applicable ne peut être abandonnée à l’arbitraire du juge . en revanche. Curieusement. précise l’article 37 du Code pénal.

à la structure morale de l’infraction. en quelque sorte. Ex. article 51O du Code pénal). : chemins publics (vol. Circonstances de temps Ex. maison habitée (vol. lorsque. article 508 du Code pénal). dans motif légitime. : vol du domestique (article 509 du Code pénal) ou de l’ouvrier (article 509 du Code pénal). crime commis par le sujet sur la personne du souverain) car ces relations étaient de nature a lui faciliter l’infraction. 2. : nuit (vol. avec les conséquences procédurales qui y sont attachées. 2. AGGRAVATION DE LA PENALITE Ex. b. port illégal d’uniforme (vol. véhicule (vol. il est puni de l’emprisonnement de trois mois à un an (article 327-2° du Code pénal). : la mendicité est un délit puni de l’emprisonnement d’un à six mois (article 326 du Code pénal) . article 509 du Code pénal). Circonstances fondées sur l’exercice de certaines fonctions qui impliquent une honnêteté sans faille Ex. CIRCONSTANCES AGGRAVANTES PERSONNELLES Elles participent. : la préméditation aggrave le meurtre (article 393 du Code pénal) et les blessures volontaires (article 400 du Code pénal). c. a. article 31 alinéa 3 dahir du 16 juillet 1974). Ex. B. Circonstances fondées sur la nature des relations qui unissent l’agent à sa victime car ces relations lui imposaient un devoir particulier de respect. : parricide (article 397 du Code pénal. Ex. article 510 du Code pénal)… etc. Circonstances correspondant à un degré supplémentaire de la faute intentionnelle Ex.du Code pénal). article 510 du Code pénal). Circonstances de lieu Ex. : usage de violence. MODIFICATION DE LA CATEGORIE DE L’INFRACTION Elle intervient. Elles aggravent de ce fait la responsabilité de l’agent. détournement d’archives publiques par le dépositaire publics (article 276 alinéa 2 du Code pénal). aéroport (vol. gare ferroviaire (vol. en raison des circonstances aggravantes. b. « la loi édicte une peine afférente à une autre catégorie d’infraction » (article 113 du Code pénal). article 509 du Code pénal) …etc. : L’incendie contraventionnel prévu par l’article 608-5° du Code pénal est expressément aggravé et érigé en délit par 63 . article 509 du Code pénal). EFFETS DES CIRONSTANCES AGGRAVANTES 1. c. article 508 du Code pénal). période prohibée (pêche. si le délit est réalisé en simulant des infirmités.par un préposé de la force publique (article 231 alinéa 1 du Code pénal). au cours d’un incendie (vol.

en commet une autre » (2é terme de la récidive). mais concours réel d’infraction. au sens technique de ce terme . La plupart des mesures de sûreté interviennent. EFFETS SUR LE COAUTEUR OU COMPLICE Les circonstances personnelles n’ont d’effet qu’a l’égard du seul participant auquel elles se rapportent (article 130 alinéa 2 du Code pénal) . délit de l’article 506 du Code pénal. en effet. il n’y aurait pas récidive. UNE CONDAMNATION PENALE Seule une condamnation pénale peut être prise en considération. « même si elles ne sont pas connues » de lui (article 130 alinéa 3 du Code pénal). après avoir été l’objet d’une condamnation irrévocable pour une infraction antérieure (1 er terme de la récidive). voire même en cas de grâce. PARAGRAPGE 2 : LA RECIDIVE C’est la cause fondamentale d’aggravation de la peine . A. devient un crime passible de la réclusion perpétuelle si. En cas de prescription. cette dernière qui fonde le premier terme de la récidive . celui qui. exceptionnellement. il est indifférent que la peine ait été subie. dès lors. les circonstances réelles sont supportées par le complice ou le coauteur. par le tribunal. L’article 154 du Code pénal dispose « Est (…) en état de récidive légale. ce sera la récidive qui fondera le prononcé de la mesure de sûreté . le larcin. Cette première condition est Imposée par l’article 154 du Code pénal. On peut justifier cette règle en rappelant que le droit marocain ne punit sévèrement qu’après avoir donné à l’agent un avertissement solennel qui se traduit par l’irrévocabilité de la sanction : les délais accordés à l’agent pour attaquer la décision sont écoulés et toutes les voies de recours sont épuisées . lorsqu’il a provoquée un homicide . elle révèle subjectivement une nocuité persistante de l’agent . le prononcé. explicité à cet égard par les articles 155 à 160 du Code pénal. il n’en irait 64 . la condamnation est passée en force de chose jugée. en revanche. car la condamnation subsiste . UNE CONDAMNATION IRREVOCABLE AU JOUR OU LA SECONDE INFRACTION EST COMMISE Si la condamnation n’était que définitive.l’article 435 du Code pénal. PREMIER TERME DE LA RECIDIVE La condamnation antérieure doit obligatoirement présenter certaines caractéristiques : 1. l’agent était porteur « de manière apparente ou cachée d’une arme » . essentiellement comme sanction accessoire d’une peine principale et c’est. Mais qu’est-ce qu’une condamnation pénale ? c’est une condamnation à une peine. même lorsqu’elle vient sanctionner un crime ne saurait être pris en considération parmi les antécédents du récidiviste. elle est donc objectivement commandée par l’utilité sociale. c’est le cas de la relégation. 3. d’une mesure de sûreté. 2. aux termes de l’article 507 du Code pénal.

On peut parler de récidive générale si l’aggravation de peine est infligée quelle que soit la nature respective des infractions successives. constituer le second terme de la récidive. au moment où la deuxième infraction est commise : l’amnistie notamment efface la condamnation et empêche ainsi qu’elle puisse être invoquée à l’encontre du récidiviste. pourvu toutefois que les crimes et délits sanctionnés par le juge militaire soient punissables d’après les lois ordinaires. 4. Elle ne doit pas non plus être une conséquence de l’infraction ayant motivé la première condamnation. 65 . celle-ci va supporter l’aggravation de la peine prévue par la loi en cas de récidive. non plus. à l’instar de l’évasion à laquelle elles s’apparentent. b. 1. par dérogation à l’article 120 du Code pénal. par exemple de vol à viol. Le droit pénal marocain utilise les deux systèmes. B. la réhabilitation ou le sursis définitivement acquis à l’issue du délai d’épreuve. UNE CONDAMNATION IMPUTABLE La condamnation pénale antérieure ne peut constituer le premier terme de la récidive que si elle figure encore au casier judiciaire de l’agent. mais une infraction commise postérieurement .différemment que si la condamnation ou ses effets avaient été effacés par l’amnistie. car on peut légitimement estimer qu’elles ne sont commises. et de récidive spéciale si la loi exige que la deuxième infraction soit identique à la première. L’article 310 du Code pénal prévoit du reste que la peine sanctionnant l’évasion se cumule. Peu importe donc la nature de l’infraction. : les infractions prévues par les articles 317 à 325 du Code pénal et sanctionnant « l’inobservation de la résidence forcée et des mesures de sûreté » ne peuvent. avec toute peine temporaire privative de liberté infligée pour l’infraction ayant motivé la première condamnation. que pour échapper aux conséquences de cette condamnation. de corruption à corruption… ? ou bien sera-t-elle également sanctionnée si le second terme diffère du premier. DEUXIEME TERME DE LA RECIDIVE Ce n’est pas une condamnation. NATURE DE LA RECHUTE a. Ex. : le délit d’évasion ne saurait constituer le second terme de la récidive. UNE CONDAMNATION EMANANT D’UNE JURIDICTION MAROCAINE ORDINAIRE OU SPECIAL C’est là une conséquence du principe de la territorialité. La nouvelle infraction doit être juridiquement indépendante de la première. Ex. Elle ne doit pas être une conséquence de la première condamnation. 3. La nouvelle infraction doit-elle être identique à la première ? La récidive sera-t-elle prise en considération par exemple uniquement de meurtre à meurtre.

: la fornication. Récidive perpétuelle Pour admettre l’état de récidive. Le tribunal est en ce cas tenu d’apprécier le fait « suivant la plus grave d’entre elles » (article 118 du Code pénal) et de prononcer une seule peine. PARAGRAPHE 3 : LE CONCOURS REEL D’INFRACTION Il importe de le distinguer du concours idéal d’infraction. Ex. Dès l’instant où la première condamnation est devenu irrévocable. proxénitisme hôtelier (article 501 du Code pénal) . Ex. en fonction de la gravité des infractions. lorsqu’une action ou omission se prolonge dans le temps par la réitération constante de la volonté coupable de l’agent. En l’espèce choisie. les fornicateurs seront donc jugés pour un outrage. la commission d’une nouvelle infraction ne déterminera pas l’état de récidive par rapport à la première infraction. Au-delà du délai fixé. : mendicité (article 326 du Code pénal) . la législation ne tient pas compte de l’intervalle de temps qui a séparé les deux infractions. vagabondage (article 329 du Code pénal) . Il y a concours ou cumul idéal d’infractions lorsque un « fait unique » est « susceptible de plusieurs qualifications » (article 118 du Code pénal). Récidive temporaire Le législateur exige. excitation habituelle de mineur à la débauche (article 497 du Code pénal) .2. 66 . telle qu’elle est définie par l’article 490 du Code pénal (1ére qualification) et l’outrage public à la pudeur. tel qu’il est prévu par l’article 483 du Code pénal (2e qualification). Il y a infraction d’habitude lorsque un acte pris isolément n’est pas punissable : seule sa répétition constitue l’infraction. DELAI DE RECHUTE Deux systèmes sont concevables a. de l’infraction d’habitude et de l’infraction continue. Les deux systèmes sont retenus par le droit pénal marocain qui impose la temporalité ou la perpétuité de la récidive. pour admettre la récidive. tolérance habituelle de l’exercice de la débauche dans un local privé (article 503 du Code pénal). b. que les infractions se soient succédées dans un délai préalablement fixé. vie commune avec une prostituée (article 498-3° du Code pénal) . l’agent se trouve viagèrement exposé à tomber en état de récidive par la commission d’une seconde infraction. Il y a infraction continue ou successive.

il n’est pourtant pas un récidiviste puisqu’il n’a pas reçu. l’avertissement solennel de ne pas recommencer. La sanction qui doit lui être appliquée ne peut que faire l’objet d’une mesure particulière. sous la forme d’une condamnation irrévocable. non représentation d’enfant (article 477 du Code pénal) . L’agent se distingue dès lors du délinquant occasionnel parce qu’il a commis plusieurs infractions . La sanction peut aussi s’éteindre par la disparition de l’agent ou par la disparition de l’infraction . Il y aura. en revanche. lorsque l’agent accomplira « simultanément » ou successivement » « plusieurs infractions non séparées par une condamnation irrévocable » (article 119 du Code pénal). d’uniforme (articles 382 à 384 du Code pénal) . la disparition de la condamnation – La réhabilitation limite ses effets aux mesures de sûreté . Les articles 49 à 60 et 93 à 104 du Code pénal posent différentes normes destinées à réglementer les modes d’extinction anticipée de la sanction. il en va différemment de la dispense d’exécution de la peine réputée 67 . : port illégal de décoration. de titre.Ex. recel (article 571 du Code pénal). concours ou cumul réel (ou matériel) d’infractions. mais elle peut également s’éteindre avant le terme fixé par la condamnation. CHAPITRE 3 : L’EXTINCTION DE LA SANCTION PENALE La sanction disparaît normalement par l’achèvement de son exécution .

PARAGRAPHE 1 : EFFET SUR LES PEINES A. il est nécessaire que les conditions posées par le Code de la Procédure Pénale soient remplies au jour du décès .) . 1. 31 C. Il importe cependant de distinguer selon que la peine pécuniaire a été prononcée contradictoirement ou par contumace. C’est là une évidence qu’il est à peine nécessaire de mentionner. une personne étrangère à l’infraction va subir la sanction prononcée contre l’auteur de cette infraction. à ce titre. CONDAMNATIONS COTRADICTOIRES Pour que la peine pécuniaire puisse être légalement exécutée sur les biens successoraux. c’est-à-dire de toutes les peines privatives ou restrictives de libertés ou de droits.P. les confiscations et.exécutée par fiction – Extinction de la sanction par exécution fictive ou de la disparition de la peine contractuellement remplacée par le paiement d’une somme d’argent – La transaction. mais que l’on doit cependant dégager de l’article 49-1° du Code pénal qui en pose le principe. les frais occasionnés par la publication ou l’affichage de la condamnation. PEINES PECUNIAIRES . 2. Leur transmissibilité et donc leur imputation sur les patrimoines des héritiers vont manifestement à l’encontre du principe de la personnalité des peines. « la mort du condamné » est une cause d’extinction des peines principales et accessoires supportées par la personne même de l’agent. tenter de justifier cette anomalie juridique en argent de la mutation nécessairement subie par la créance de la société : dés l’instant où elle a pénétré les patrimoines des héritiers. quelle est son incident sur la sanction pénale si le prévenu a vécu suffisamment pour être condamné irrévocablement. Les peines pécuniaires visées par ce texte ne peuvent donc être que les amendes. elle est devenue une dette et fait. PEINES PERSONNELLES Qu’il s’agisse d’une exécution capitale ou d’un décès naturel. c’est-à-dire qu’elle ne puisse plus faire l’objet d’aucune voie de recours ordinaire ou de pourvoi en cassation dans l’intérêt des parties. il faut donc que la décision ait acquis l’autorité de la chose irrévocablement jugée. le cas échéant. CONDAMNATION PAR CONTUMACE 68 . B. « la mort du condamné n’empêche pas l’exécution des condamnations pécuniaires sur les biens provenant de sa succession ». Aux termes de l’article 50 du Code pénal.P. cependant. On peut. en l’espèce. partie du passif de la succession. SECTION 1 : EXTINCTION PAR LA MORT DU CONDAMNE La mort du prévenu éteint l’action publique (a. puisque.

dans les mêmes conditions que pour les peines. la prolongation du délai d’opposition édicté par le Code de la Procédure pénale lorsque la notification n’a pas été faite à personne. MESURES DE SURETE PERSONNELLES L’article 93-1° du Code pénal estime opportun de rappeler que la mort du condamné est le terme nécessaire des mesures de sûreté personnelles. CONDAMNATION PAR DEFAUT . décide. 69 . c’est dire qu’elles ne peuvent plus faire l’objet d’aucune voie de recours ordinaire (appel ou opposition). l’irrévocabilité des condamnations par A. PARAGRAPHE 2 : EFFET SUR LES MESURES DE SURETE A. obligatoirement mis sous séquestre ou qui doivent l’être sur ses biens successoraux. les restitutions et les dommages. Le Roi. En effet. La mort du prévenu laisse subsister l’action civile dont l’objet. c’est sa perpétuité qui gratuit sa transmissibilité aux héritiers PARAGRAPHE 3 : EFFET SUR LES AUTRES CONDAMNATIONS A la différence de l’action publique qui ne peut être exercée que contre les auteurs et les complices. CONDAMNATION CONTRADICTOIRE Les condamnations civiles ne peuvent être exécutées sur les biens successoraux que si elles sont définitives. conformément aux articles 105 à 108 du Code pénal est constitué par les frais de justice. de distinguer la condamnation contradictoire de la condamnation par défaut. l’infraction disparaît et partant la sanction. B.La confiscation peut donc être poursuivie. SECTION 2 : EXTINCTION PAR LA DISPARITION DE L’INFRACTION Si la loi pénale est abrogée. sont acquises à L’Etal. Il peut en aller de même par simple effacement du caractère délictueux de l’acte reproché à l’agent. susceptible de venir se greffer définitivement sur l’activité d’un établissement commercial frappé de fermeture. Elles ne deviennent exécutoires que si le délai de l’opposition est expiré. B. l’action civile qui tend à la constatation d’une dette civile de réparation peut être exercée contre les héritiers de l’agent décédé.intérêts . cependant. en usant de ses attributs régaliens. dans ce cas la mort du condamné entraîne nécessairement contumace. MESURES DE SURETE REELLES Elles sont exécutée nonobstant le décès du condamné . car. les peines pécuniaires déjà exécutées sur ses biens. sur les biens successoraux. Il importe.Lorsque le condamné contumax meurt avant l’expiration du délai de prescription. Quant à l’indignité réelle. n’est opposable qu’au ministère public et non à la partie civile. que l’infraction n’a jamais existé : la fiction s’impose au droit et l’infraction disparaît.

au prononcé ultérieur du sursis (article 55 du Code pénal). SUR L’ACTION PUBLIQUE 1. après qu’elles aient cessé d’être en vigueur. ont pu être ainsi revivifiés. continuent à régir les infractions commises pendant la durée de leur application ». PARAGRAPHE 1 : MODALITES D’APPLICATION A. B.l’abrogation de la loi pénale fait obstacle à l’exécution de la peine non encore subie et met fin à l’exécution en cours ». par l’effet d’une foi postérieure à sa commission. partant l’effacement de la condamnation. C. SI LES POURSUITES NE SONT PAS ENCORE ENGAGEES LORSQUE LE TEXTE EST ABROGE L’abrogation s’oppose à l’introduction de l’action publique. Cette norme. EXCEPTION Selon les termes de l’article 7 du Code pénal. posée par les articles 49-3°. le cas échéant. SUR LES PEINES L’article 52 du Code pénal dispose : « .SOUS SECTION 1 : L’ABROGATION DE LA LOI PENALE L’abrogation de la loi ne peut qu’entraîner la disparition de l’infraction. relatifs au maintien de l’ordre. la condamnation doit normalement être effacée du casier judiciaire et ne peut. 2.Qu’en est-il de la loi tombée en désuétude ? Bien qu’elle n’ait plus été appliquée depuis plusieurs années. SI LES POURSUITES SONT ENGAGEES LORSQUE LE TEXTE EST ABROGE Aux termes de l’article 5 du Code pénal : « Nul ne peut être condamné pour un fait qui. de ce fait. alors même que le code pénal contient des dispositions de dispositions de finalité similaire. une loi pénale demeure toujours en vigueur . PARAGRAPHE 2 : EFFETS A. le fait ne pouvant plus être qualité pénalement. SUR LA CONDAMNATION Si l’abrogation intervient postérieurement au jugement ou à l’arrêt. 52. PRINCIPE Dés l’instant où le législateur décide expressément ou tacitement que tel fait ne constitue plus une infraction. ne constitue plus une infraction… » B. les loi temporaires « même. 93-3° et 96 du Code pénal doit être analysée comme une incidence du principe de légalité consacré par l’article 3 du Code pénal. faire obstacle. la loi pénale ancienne est abrogée . SUR LA SANCTION PENALE 1. certains textes du protectorat. 70 . l’extinction de l’action publique et de la sanction pénale..

2. soit effacer la condamnation irrévocable et partant supprimer la sanction pénale en cours d’exécution. SUR LES MESURES DE SURETE La règle est posée par l’article 9 du Code pénal : « l’exécution d’une mesure de sûreté cesse lorsque le fait qui l’avait motivée n’est plus constitutif d’infraction par l’effet d’une postérieure ou lorsque cette mesure de sûreté est elle-même supprimée par la loi ». SOUS SECTION 2 : L’AMNISTIE L’amnistie fait disparaître l’infraction dans la mesure où elle efface rétroactivement le caractère délictueux de certains faits. sont censés n’avoir jamais été incriminés par la loi. EFFETS SUR LA RESPONSABILITE PENALE Agissant directement sur la source objective de la responsabilité pénale. selon les cas d’être par exemple un délinquant primaire. EXTINCTION DE L’ACTION. il est mis fin à l’exécution des peines tant principales qu’accessoires ». le législateur demeure libre d’intervenir. PARAGRAPHE 1 : MODALITES D’APPLICATION L’article 51 alinéa 1 du Code pénal dispose : « L’amnistie ne peut résulter que d’une disposition expresse de la loi ». seule loi-cadre en la matière. Cet effet extinctif n’est pourtant pas absolu.L’article 5 du Code pénal dispose : « …si une condamnation a été prononcée. un mineur. sous réserve toutefois des dispositions de l’article 103 du Code pénal. B. DE LA CONDAMNATION ET DE LA SANCTION 71 . Selon quelles modalités ? Dans le silence du Code pénal. Ces faits. un résistant… Ainsi le dahir du 19 décembre 1955 est venu amnistier toutes les condamnations prononcées entre le 11 janvier 1944 et le 7 décembre 1955 contre les partisans de Mohamed V. SOIT UN CARACTERE REEL lorsqu’elle s’applique à une catégorie déterminée d’infraction quels qu’en soit les auteurs. L’amnistie peut ainsi avoir : A. elle peut soit éteindre l’action publique. 1. partisans de Mohamed ben Arafa PARAGRAPHE 2 : EFFETS DE L’AMNISTIE La loi en « détermine les effets sous réserve toutefois des droits des tiers » (article 51 alinéa 2 du Code pénal). SOIT UN CARACTERE PERSONNEL Lorsque le législateur subordonne son admission à certaines conditions exigées de l’agent. et partant l’infraction. Inversement un dahir de 1963 amnistiera un grand nombre de « collaborateurs ». Selon le niveau procédural de son intervention. l’amnistie a des effets puissants. tenu. A. répréhensibles pénalement. qui ainsi disparaît. Chaque loi d’amnistie fixe donc librement ses conditions d’application. Il appartient donc au seul législateur de déterminer quels sont les agents ou les infractions qui peuvent en bénéficier. C’est l’élément légal de l’infraction.

et. Les poursuites ne sont pas encore engagées lorsque la loi est publiée Si elle a un caractère purement réel. car le fait infractionnel a cessé d’être délictueux. Si l’on peut considérer que l’infraction disparaît. 72 . il en va différemment lorsque les faits amnistiés ont été parallèlement sanctionnés par des mesures de sûreté réelles. à moins qu’elle n’en décide autrement par une disposition expresse. « la loi portant amnistie de l’infraction ou de la peine principale. arrête l’exécution des mesures de sûreté personnelles… ». Extinction de l’action publique à l’égard des infractions visées par l’amnistie Deux situations peuvent se rencontrer. l’amnistie s’oppose à l’introduction de l’action publique. Les poursuites sont engagées lorsque la loi est publiée Si c’est la juridiction d’instruction qui est saisie. Il est donc normal qu’il soit impossible d’en supprimer toutes les traces. Effacement de la condamnation et extinction de la sanction pénale Ce sera juridiquement le cas lorsque la loi d’amnistie est publiée postérieurement au jugement ou à l’arrêt de condamnation. Les peines principales et accessoires sanctionnant l’infraction visée par la loi sont immédiatement éteintes. Le montant des peines pécuniaires principales et accessoires déjà exécutées ne saurait être restitué à l’agent amnistié. Enfin. si c’est la juridiction de jugement. en principe. aux termes de l’article 94 du Code pénal. bénéficier d’une extinction : « la loi portant amnistie…demeure sans effet sur les mesures de sûretés réelles ». La condamnation est effacée du casier judiciaire. aux termes de l’article 95 du Code pénal. dans la plupart des cas. Celles-ci. l’infraction amnistiés a bel et bien existé dans le passé et c’est par la technique de la rétroactivité que le fait délictueux a disparu. b. le demandeur peut utiliser la procédure de rectification conformément aux dispositions du Code de la Procédure Pénale. LIMITES DE L’EFFET EXTINCTIF Il faut se garder d’assimiler l’amnistie à un fait justificatif. Quoi qu’il en soit. La condamnation amnistiée ne saurait non plus faire obstacle au prononcé ultérieur du sursis . elle doit relaxer. ne sauraient. Celui-ci ne peut non plus se retourner en indemnité contre l’Etat pour obtenir réparation du préjudice causé par son incarcération. 2. en cas de difficulté d’interprétation de la loi. sous réserve toutefois des dispositions de l’article 103 du Code pénal.a. le délinquant amnistié doit pouvoir bénéficier des dispositions de l’article 55 du Code pénal. elle est tenue de rendre une décision de non-lieu . par effacement de l’élément légal. qu’il a cessé d’être antijuridique.

que les victimes de l’infraction amnistiée. Cet effet limité de l’amnistie emporte deux conséquences. c’est à la suite de nécessaires poursuites que l’agent pourra prouver l’existence des conditions personnelles requises par la loi. B. Elle ne peut dès lors plus le faire. force est d’admettre que l’amnistie n’éteint pas l’action civile de la victime. en effet. l’action publique étant éteinte. la juridiction répressive demeure-t-elle compétente à l’égard de l’action civile ? Deux situations doivent être distinguées.Enfin si l’amnistie a un caractère purement personnel. La prise civile n’a pas encore porté son action devant le juge pénal. si la victime a déjà porté son action au pénal au moment de la publication de la loi d’amnistie. EFFETS SUR LA RESPONSABILITE CIVILE Le Code pénal prend le soin de préciser dans son article 51 alinéa 2 que la loi doit définir les effets de l’amnistie « sous réserve toutefois des droits des tiers ». Les restitutions (articles 106 et 107 du Code pénal) . En revanche. Les dommages intérêts (article 108 du Code pénal). on ne saurait considérer que la publication de la loi met un terme à l’action publique . le juge répressif demeure compétent. L’agent amnistié est passible « des autres condamnations qui peuvent être prononcées » :    Les frais et dépenses du procès (article 105 du Code pénal) . les « tiers » ne pouvant être. au moment de la publication de la loi d’amnistie. 73 . Dans quelle mesure l’origine délictueuse des faits ouvrant l’action civile va-t-elle lui conserve le régime spécifique de l’action civile à origine pénale ? En d’autres termes. en l’espace.