Vous êtes sur la page 1sur 7

Chapitre VI 

: Les incoterms.

La répartition des frais et risques liés au transport de la marchandise dans le commerce


international est une source de conflit potentiel.

Pour éviter toute incompréhension sur les termes de l’accord, le contrat de vente doit se
référer à un langage codifié,

notamment les incoterms. Le mot incoterms est un acronyme qui vient d’International
Commercial terms. Il correspond à CIV ou conditions internationales de vente en
français.

Les incoterms ont été définis par la chambre de commerce internationale pour mettre en
place des règles internationales homogènes pour l’interprétation des formules
contractuelles utilisées surtout dans les contrats de commerce international.

Leur dernière version date de 2020. Ils définissent de façon uniforme les points de
transfert de frais (douanes et assurances) et les points de transfert des risques (à partir de
quel lieu l’acheteur est responsable des risques encourus par la marchandise).

Ils stipulent en outre, avec précision, les documents qui sont dus par le vendeur à
l’acheteur (données informatiques par exemple).

En effet, chaque incoterm recouvre une série d’obligations pour le vendeur et pour
l’acheteur dans toute situation de commerce international.

On peut donc savoir qui, de l'acheteur ou du vendeur, devra prendre en charge et à ses
risques les prestations logistiques comme le chargement, le transport, les assurances et la
livraison.

Les incoterms sont au nombre de 13. Ils sont répertoriés en quatre catégories en
fonction du mode de transport. Ils permettent de minimiser le risque de complications
juridiques et de malentendus dans les opérations de commerce international.

Ils déterminent la responsabilité de chacun à l'avance, ce qui permet de limiter


potentiellement les litiges et les risques.

Leur intérêt réside dans le fait qu'ils représentent un langage commun aux acheteurs et
aux vendeurs, en leur permettant de répartir clairement les obligations, les coûts et les
risques sur les marchandises de leur acheminement jusqu'à leur livraison.

Le champ d’application des incoterms se limite principalement à la livraison de


marchandises mobiles, concrètes, dont la vente est effectivement conclue.
En sus, ils ne sont valables que s’ils ont été expressément convenus et clairement
mentionnés dans un contrat de vente, dans une offre, dans une commande, dans une
confirmation d’ordre, etc.
Les avantages des Incoterms :
 L’uniformité (universellement reconnus)
 La précision
 La concision

Limite : ne précise pas le moment du transfert de propriété entre l’acheteur et le vendeur.

SECTION I : LES DIFFERENTS TYPES INCOTERMS

 Group E - Departure

EXW : (Ex Works) : Cet incoterm multimodal qui dispose que le vendeur met la
marchandise à la disposition de l’acheteur au sein de son établissement (atelier, usine,
entrepôt, etc.).

L’acheteur supporte donc tous les frais et risques inhérents à l’acheminement des
marchandises de l’établissement du vendeur à la destination souhaitée.

Le vendeur ne s’occupe que de l’emballage. Les PME ne disposant que de peu de moyen
et n’ayant pas d’expérience de logistique internationale ont intérêt à négocier une
transaction en EXW, surtout si l’acheteur dispose de moyens permettant de limiter les
coûts logistiques.

 Group F - Main Carriage Unpaid:

FCA: (Free Carrier): Incoterm multimodal. Le vendeur doit livrer la marchandise au


transporteur désigné par l’acheteur au point convenu et ce après l’avoir dédouanée à
l’exportation.

L’acheteur choisit le mode de transport et le transporteur.

Il paie le transport principal. Le transfert des frais et risques du vendeur à l’acheteur


interviennent au moment où le transporteur prend en charge la marchandise.

FAS: (Free Alongside Ship): Incoterm maritime. Dans le cadre de cet incoterm, le
vendeur ne remplit son obligation de livraison que quand la marchandise a été placée le
long du navire, sur le quai au port d’embarquement convenu.

L’acheteur doit supporter tous les frais et risques de perte ainsi que de dommage que peut
courir la marchandise. FAS impose au vendeur l’obligation de dédouaner la marchandise
à l’exportation.

FOB: (Free on Board): Incoterm maritime. Cet incoterm dispose que le vendeur ne
remplit son obligation que quand la marchandise est placée à bord du navire au port
d’embarquement désigné. Le vendeur dédouane lui-même la marchandise à l’exportation.

Par contre, l’acheteur choisit le navire et paie le fret maritime. Pour ce qui est du transfert
des frais et des risques, il intervient une fois la marchandise placée sur le bateau.
Concrètement, il n’y a que quelques d’écart avec un FAS. Cependant, il faut considérer
l’importance de ces quelques mètres dans la mesure où les problèmes de casse, vol,
détournement sont nombreux dans certains ports.

 Group C - Main Carriage Paid:

CFR : (Cost and Freight) Cet incoterm maritime stipule que le vendeur doit choisir le
navire et payer les frais et le fret nécessaires pour acheminer la marchandise au port de
destination désigné. Les formalités d’exportation sont à la charge du vendeur.

Tous comme dans le cas du FOB, le transfert des frais et des risques intervient une fois la
marchandise sur le bateau. Même si c’est le transport principal est au frais du vendeur,
c’est à l’acheteur d’assurer les marchandises.

CIF : (Cost, Insurance and Freight) Dans le cadre de cet incoterm maritime le vendeur
a les mêmes obligations qu’en CFR mais il doit en plus fournir une assurance maritime
contre le risque de perte ou de dommage de la marchandise au cours du transport.

CPT: (Carriage Paid To) Il s’agit d’un Incoterm multimodal. Le vendeur choisit le
mode de transport et paie pour le transport de la marchandise jusqu’à la destination
convenue. Il dédouane la marchandise à l’exportation.

Quand la marchandise est remise au transporteur principal, les risques sont alors
transférés du vendeur à l’acheteur.

CIP : (Carriage and Insurance Paid) Cet incoterm multimodal confère les mêmes
obligations au vendeur qu’en CPT, mais il doit en plus fournir une assurance contre le
risque de perte ou de dommage que peut courir la marchandise au cours du transport.

 Groupe D - Delivered:

DAF : (Delivered At Frontier) C’est le seul Incoterm routier. Le vendeur a rempli son
obligation de livraison quand la marchandise a été livrée, dédouanée à l’exportation, au
lieu convenu à la frontière, mais avant la frontière du pays adjacent, sur le véhicule de
transport d’approche non déchargé. Le transfert des frais et risques se fait au passage de
la frontière.

DES: (Delivered Ex Ship) Incoterm maritime. Le vendeur a rempli son obligation de


livraison, quand la marchandise, non dédouanée à l’importation, est mise à la disposition
de l’acheteur à bord du navire au port de destination convenu.

Le vendeur supporte tous les frais et risques inhérents à l’acheminement de la


marchandise jusqu’au port de destination convenu.

DEQ: (Delivered Ex Quay) Incoterm maritime. Le vendeur a rempli son obligation de


livraison quand il met la marchandise, non dédouanée à l’importation, à la disposition de
l’acheteur sur le quai, au port de destination convenu. L’acheteur dédouane la
marchandise à l’importation. Le transfert des frais et risques se fait quand la
marchandise est sur le quai du port convenu.

DDU : (Delivered Duty Unpaid) Dans le cadre d’Incoterm multimodal, le vendeur livre
la marchandise à l’acheteur, non dédouanée à l’importation, et non déchargée à l’arrivée
de tout véhicule de transport, au lieu de destination convenu.

L’acheteur s’occupe, à ses risques et frais, de l’accomplissement des formalités


douanières d’importation et du paiement des droits et taxes d’importation.

DDP : (Delivered Duty Paid) Dans le cadre de ce Incoterm multimodal, le vendeur fait
tout, y compris le dédouanement à l’importation et le paiement des droits et taxes de
douane dus à l’importation.

Le transfert des frais et risques se fait à la livraison chez l’acheteur. Celui-ci se charge
alors du déchargement et gère les risques y relatifs.

Tableaux récapitulatifs des incoterms

Le transport maritime

FOB: Free on Board (franco bord) VD CIF: Cost Insurance and Freight (coût
assurance et fret) VD
FAS: Free Alongside Ship (franco le long du navire) DES : Delivered Ex Ship (rendu ex-ship) VA
VD
CFR: Cost and Freight (coût et fret) VD DEQ : Delivered Ex Quay (rendu à quai) VA

Le transport omni modal

EXW : Ex Works (à l’usine) VD CIP : Carriage and Insurance (port payé assurance
comprise) VD
FCA : Free Carrier (franco transporteur) VD DDU : Delivered Duty Unpaid (rendus droits non
acquités) VA
CPT : Carriage Paid To (port payé jusqu’à) VD DDP : Delivered Duty Paid (rendu droits acquittés)
VA

Le transport terrestre

DAF : Delivered At Frontier (rendu frontière)

SECTION II : LE CHOIX DES INCOTERMS


Le choix des incoterms résulte de la négociation entre les intéressés. Mais il dépend
aussi de facteurs extérieurs (habitudes du marché, pratique des entreprises concurrentes)
et de la capacité de l’entreprise à mettre en œuvre une politique logistique pour en faire
un facteur compétitif.

Ce qu’il convient de retenir, c’est que le choix des incoterms a des implications
juridiques en termes d’obligations pour le vendeur et pour l’acheteur. Aussi, ce choix
doit-il être fait avec beaucoup de précautions.

1. Incoterms et politique commerciale

Les incoterms des groupes E, F et C libèrent le vendeur de toute obligation dans le pays
d’expédition. Ils sont de ce fait dits incoterms de vente départ. La vente départ laisse les
risques du transport principal à l’acheteur.

Groupe E EXW : obligation minimale du vendeur, le transfert des risques et des frais a
lieu dans les locaux du vendeur
Groupe F FCA, FOB, FAS : la remise au transporteur met fin aux obligations du
vendeur
Groupe C CFR, CIF, CPT, CIP : le vendeur paie dans tous les cas le transport,
quelquefois l’assurance

Les incoterms de vente départ (VD) sont retenus dans les contrats quand l’exportateur,
c’est-à-dire le vendeur, n’est pas en mesure de proposer une offre plus complète au
client dans des conditions de prix et de sécurité satisfaisantes.

Le groupe D par contre, ne libère le vendeur de ses obligations que lorsque les
marchandises arrivent à destination. Cela lui laisse les charges et les risques liés au
transport. C’est pourquoi ils sont appelés incoterms ventes à l’arrivée. La vente à
l’arrivée laisse les risques du transport principal au vendeur.

A travers les incoterms, le vendeur décharge l’acheteur d’un certain nombre


d’obligations et de risques ce qui du coup peut constituer un excellent argument de
vente.

Cela lui pose a priori peu de problèmes d’autant plus qu’il est le plus souvent en
meilleure position que l’acheteur pour rechercher des solutions de transport optimales. Il
lui arrive même parfois d’avoir une maîtrise complète des opérations de distribution.

Cependant, il faut noter que quel que soit le point de transfert de frais, entre un acheteur
et un vendeur, c’est toujours l’acheteur qui supporte de façon directe ou indirecte la
totalité des frais. Même si le vendeur s’encharge, il répercutera certainement cela sur le
prix de vente de sorte qu’au final c’est l’acheteur qui paie.
2. Incoterms, opérations de déchargement et formalité douanières

Les incoterms ont été révisés en 2000. Cette révision a principalement réglé des
problèmes récurrents liés aux opérations de chargement/déchargement et de
dédouanement.

Le principe selon lequel celui qui contrôle les équipements au lieu convenu assurera
le chargement ou le déchargement a induit des changements.

Les principales nouveautés des incoterms 2000 par rapport aux incoterms 1990 sont les
suivantes :

Les deux derniers incoterms de la famille D que sont le DDU : Delivered Duty Unpaid
(à destination finale mais avant le dédouanement import) et le DDP : Delivered Duty
Paid (à destination finale, dédouanement import effectué) ont fait l’objet de précisions et
d’une modification importante concernant l’allocation des frais de déchargement dans la
révision 2000.

L’incoterm DDP reste certes inchangé dans ses aspects du dédouanement et du paiement
des droits et taxes d’arrivées, mais il permet désormais au vendeur comme l’incoterm
DDU de livrer la marchandise dans les locaux de l’acheteur sans déchargement.

En clair, la révision de ces incoterms permet de mettre une marchandise à la disposition


de l’acheteur avant déchargement ce qui fait que les frais de déchargement sont
transférés à celui-ci. Cela est en réalité de l’ordre de la logique d’autant que cette
opération se passe dans un endroit que le vendeur maîtrise peu.

L’incoterm FCA (Free Carrier) a également été révisé pour mettre à la charge du
vendeur les opérations de chargement en cas de pré-transport.

L’incoterm (Free Alongside Ship) a quand à lui subi un important remaniement en ce qui
concerne les obligations de dédouanement export.

Ces charges sont désormais transférées au vendeur beaucoup mieux placé que son client
pour assurer de telles formalités.

Dans le même ordre d’idée, l’incoterm DEQ (Delivered Ex Quay) exige dans sa version
révisée 2000 que l’acheteur dédouane la marchandise à l’importation et assure les
formalités douanières requises.

Dans le cadre du DEQ, la livraison se limite à quai et les frais de déchargement ou de


manutention à l’arrivée ainsi que les risques afférents sont à la charge de l’acheteur.

Si l’acheteur veut confier des prestations ultérieures comme la mise en entrepôt au


vendeur, il doit alors choisir les incoterms DDU ou DDP.
Enfin, il faut signaler que l’incoterm EXW reste un incoterm minimaliste pour le
vendeur puisque celui-ci n’assure aucune formalité de douane à l’export et que le
chargement, sauf accord contraire express, reste entièrement à la charge de l’acheteur.

Il est donc de l’intérêt de l’acheteur de chercher à vérifier qu’il sera bien en mesure
d’assurer ces opérations.

Si tel n’est pas le cas, il aura plutôt intérêt à choisir un incoterm FCA lui assurant le
dédouanement export et le changement par le vendeur.

3. Incoterm et assurance

Il est toujours de l’intérêt de l’acheteur, dans une vente départ, de vérifier que la
marchandise est bien garantie surtout lorsqu’il ne souscrit pas lui-même l’assurance.

Le vendeur qui ne support pas le risque de perte ou d’avarie de la marchandise n’a


qu’une obligation minimale en matière d’assurance (CIP/CIF).

Ainsi, l’acheteur qui désire être couvert pour des risques particuliers doit en faire la
demande expresse au vendeur (par exemple CIF + risques de guerre). Dans tous les cas
où le vendeur paie l’assurance, il fournit le certificat à l’acheteur.

SECTION III :  LES LIMITES DES INCOTERMS

Les incoterms ont des limites. D’abord, leur usage est facultatif. Pour ce faire les parties
doivent clairement y faire référence dans les contrats de vente tout en ancrant les
obligations sur un lieu géographique précis.

Le second problème est que des variantes des incoterms peuvent être utilisées et porter à
confusion. La troisième limite est liée au fait que l’incoterm ne règle pas le problème du
transfert de propriété de la marchandise.

Enfin, la pratique des ports ou de certaines professions développe des usages particuliers
qui donnent lieu à des dispositions contractuelles expresses prévalant sur la définition
des incoterms.

Vous aimerez peut-être aussi