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18 L'incidence du numérique sur le

1. Le numérique au service de l’information dans l’entreprise


A. La fonction essentielle du système d’information dans l’entreprise
L’environnement global devenu plus ouvert et incertain (innovations technologiques, instabilités
économiques et politiques, individualisation des demandes des clients, nouvelles exigences des
salariés et des actionnaires) et la concurrence accrue du 21e siècle rendent l’information capitale
pour les entreprises. Aussi, la démocratisation d’Internet a rendu l’information pléthorique et dif-
fuse, ce qui complexifie la prise de décision. Le « big data » (gestion d’un volume important de
données) représente alors un défi pour les entreprises. Avoir les bonnes informations pour les
bonnes personnes, au bon moment et au bon endroit peut être source d’avantage concurrentiel
certain. C’est en ce sens que l'entreprise doit mettre en place des procédures, mobiliser ses res-
sources humaines, déployer des ressources matérielles (serveurs, ordinateurs, terminaux, etc.) et
immatérielles (logiciels) pour organiser ses flux d’informations. C’est cet ensemble que l’on ap-
pelle le système d’information.
Le système d’information va alors permettre à l’entreprise de collecter des données (internes et
externes) de manière optimale, de les stocker et d’en assurer la sécurité, de traiter ces données en
les analysant, les transformant, les structurant, et d’en assurer la bonne diffusion auprès des dif-
férents acteurs internes (ex. : salariés) et externes (ex. : fournisseurs). Le SI est un élément indis-
pensable à la prise de décision stratégique de l’entreprise et à leur mise en œuvre.

B. Le progiciel de gestion intégré (PGI), un outil au service de l’entreprise


Le système d’information structure les processus des entreprises. Celui-ci est parfois fragmenté
(un système d’information par processus, par exemple : un SI pour le service commercial, un SI
pour le service ressources humaines). Or les entreprises ont besoin de fluidifier le parcours de
l’information et de favoriser son échange entre les différents acteurs internes et externes. C’est là
qu’intervient le progiciel de gestion intégré : il va unifier les informations grâce à la centralisation
des données dans une base de données unique. Il va permettre en interne d’assurer le partage
automatisé et la disponibilité de l’information entre les collaborateurs (ex. : la facture du commer-
cial s’enregistre en comptabilité). En externe, le PGI va permettre de fluidifier les processus avec
les partenaires avec la possibilité pour les entreprises, par exemple, de disposer d’informations
concernant les prix et les stocks de leurs fournisseurs en temps réel.

2. Le numérique, un facilitateur du travail collaboratif


A. Le numérique pour une meilleure coordination des actions et processus
L’environnement incertain impose aux entreprises d’être flexibles et réactives. C’est en ce sens
qu’elles ont dû modifier les modalités de coordination.
Le numérique offre aux entreprises des outils permettant de mieux coordonner les actions et les
processus. Les tâches à faible valeur ajoutée sont automatisées et la communication intra et inter-
organisationnelle est facilitée. Avec les processus de production modernes, les hommes gagnent
en autonomie et sont assistés par des outils numériques qui leur font gagner en efficacité et en
efficience. La technologie est aujourd’hui présente tout au long du processus de production.

1 Chapitre 18 L’incidence du numérique sur le management


B. Le numérique pour une meilleure utilisation du potentiel humain
Le numérique peut par ailleurs être l’occasion pour l’entreprise d’exploiter au mieux son potentiel
humain, souvent sous-exploité quand le salarié est cantonné à effectuer des missions précises sans
possibilité de participer à l’amélioration des processus et à la découverte d’innovations vectrices
de performances individuelles et collectives.
Les outils du numérique peuvent ainsi favoriser la proximité entre les collaborateurs, qu’ils se
trouvent à quelques mètres ou à des milliers de kilomètres, pour développer un travail collabora-
tif source de synergies indéniables. Ces outils favorisent l’ajustement mutuel au détriment de
modes de coordination plus hiérarchiques (réduction des niveaux hiérarchiques). La confiance
donnée aux collaborateurs est cruciale pour développer un management collaboratif et connecté.
Ces outils permettent encore aux entreprises de faire participer les salariés aux activités R&D par
la mise en place de plateformes numériques (tel Id Clic d’Orange). Le numérique permet finale-
ment d’exploiter au mieux le potentiel des salariés (leurs idées peuvent remonter plus facilement)
et ces derniers deviennent plus mobiles et ouverts sur l’extérieur, participant alors grandement à
la pérennisation de l’entreprise.

3. Le numérique, générateur de valeur ajoutée pour l’entreprise


A. La plus-value du numérique pour l’entreprise
Le déploiement du numérique nécessite de l’entreprise qu'elle mobilise des ressources impor-
tantes (lever des fonds pour financer les investissements). Parfois, toute l’organisation est mise à
plat et repensée : on parle alors de reengineering. Ces investissements sont souvent assez rapide-
ment rentabilisés tant le numérique, habilement manié, offre des perspectives intéressantes. Il
permet au dirigeant d’avoir une vision globale de l’entreprise en temps réel, d‘améliorer sa com-
pétitivité par la réduction des coûts liés à des gains de productivité, de sécuriser les informations,
d’améliorer la traçabilité des informations pour connaître l’origine de chaque information.
L’entreprise connectée coconstruit avec ses partenaires. Les relations avec les fournisseurs sont
facilitées et le partage d’informations permet d’instaurer une relation gagnant-gagnant : les infor-
mations circulent mieux et la coordination pour la gestion des stocks ou du développement d’un
produit est optimale. Avec ses clients, l’entreprise a l’occasion d’accroître la personnalisation de
son offre en leur donnant la possibilité de co-créer le produit qu’ils désirent, tant dans un sens
esthétique que fonctionnel.
Le numérique offre donc aux entreprises flexibilité, réactivité et compétitivité. Mais il peut aussi
cacher certains dangers.

B. Les limites et les risques de la digitalisation pour les entreprises


Le numérique peut être source de risques pour l’entreprise. Il existe plusieurs types de risques :
- les risques de malveillance : ils peuvent être d’ordre interne ou externe (exemple : piratage, es-
pionnage, vol d’informations, destruction, etc.) ;
- les risques juridiques : non-respect de la réglementation (notamment en matière de protection
des données à caractère personnel), négociation et gestion des contrats de prestations informa-
tiques, etc. ;
- les risques financiers : coûts d’acquisition et de maintenance des matériels, des licences logi-
cielles, de la réorganisation du système d’information, des formations du personnel, etc. ;
- les risques opérationnels : obsolescence et pannes des matériels, perte d’informations, etc. ;
- les risques stratégiques : mauvaise définition de la stratégie de transformation numérique, dé-
pendance envers un fournisseur, cannibalisation entre les points de vente, etc. ;
- les risques sociaux : résistance au changement, manque de compétence, etc.

Thème 4 L’impact du numérique sur la vie de l’entreprise 2


Les conséquences de ces risques peuvent être importantes pour les entreprises : déficit d’image,
mauvaise réputation, méfiance et défiance des consommateurs, boycott, dévalorisation boursière,
etc.
Pour éviter ces risques, il est important que les entreprises prennent des mesures spécifiques :
- faire un état des lieux des données sensibles et donner aux collaborateurs des accès limités à
leurs besoins ;
- sensibiliser les collaborateurs au risque de piratage (sécurisation des mots de passe et ordina-
teurs personnels) ;
- sécuriser le système d’information par la mise en place d’outils adaptés (logiciels anti-intrusion,
etc.) et en s’entourant d’experts ;
- mettre en place une cellule de crise pour maîtriser la communication en cas de piratage (afin de
préserver la réputation de l’entreprise et éviter une perte financière).

3 Chapitre 18 L’incidence du numérique sur le management

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