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REPUBLIQUE DU SENEGAL

Un peuple – Un but – Une foi

**************
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR,
DE LA RECHERCHE ET DE L’INNOVATION
**************************

UNIVERSITE CHEIKH ANTA DIOP

**************************************

FALCUTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION

***********************
MEMOIRE MASTER II MONNAIE BANQUE FINANCE

L’impact du secteur bancaire sur l’investissement


privé au Sénégal

Réalisé par : Sous la Direction de :

Ndeye BASSEL Prof Serigne Bassirou LO

Année académique
2018-20192018-2019
Année académique

i
SOMMAIRE
DEDICASES ....................................................................................................................... iii
REMERCIMENT ..................................................................................................................... iv
LISTE DES CIGLES ET ABREVIATION ..........................................................................v
LISTE DES GRAPHIQUES .............................................................................................. vi
LISTE DES TABLEAUX ET ANNEXES ........................................................................ vii
RESUME ......................................................................................................................... viii
INTRODUCTION GENERALE ...........................................................................................9
CHAPITRE I : l’INVESTISSEMENT PRIVE AU SENEGAL : Evolution et mode de Financement 12
SECTION 1 : EVOLUTION DE L’INVESTISSEMENT PRIVE AU SENEGAL .............. 12
SECTION 2 : LE ROLE SPECIFIQUE DES BANQUE DANS L’INVESTISSEMENT PRIVE 16
CHAPITRE II : FINANCEMENT BANCAIRE ET INVESTISSEMENT PRIVE ...........26
SECTION 1 : ANALYSE DU FINANCEMENT BANCAIRE ET L’INVESTISSEMENT PRIVE SUR LE PLAN
THEORIQUE ......................................................................................................................... 26
SECTION 2 : SYNTHESE DES TRAVEAUX EMPERIQUES ........................................... 33
CHAPITRE III : ANALYSE EMPERIQUE DE L’IMPACT DU SECTEUR BANCAIRE SUR
L’INVESTISSEMENT PRIVE ...........................................................................................39
SECTION 1 : METHODOLOGIE DE L’ETUDE ................................................................. 39
SECTION2: INTERPRETATIONS DES RESULTATS ...................................................... 43
SECTION3 : RECOMMANDATION ................................................................................... 47
CONCLUSION ......................................................................... Erreur ! Signet non défini.
Limite de l’étude .................................................................................................................50
REFERENCES ET BIBLIOGRAPHIE : ............................................................................51
ANNEXES : ........................................................................................................................54

ii
DEDICASES
Je dédie ce travail à :
A mon père MALICK BASSEL qui a su croire en moi depuis mes premiers pas à l’école
A ma mère KHADY GAYE pour son amour infaillible
A ma très chère Grand-mère MAYE FAYE pour toute son affection et soutien
Mon grand frère et ma sœur pour leurs conseils précieux
*Massamba BASSEL
*Awa BASSEL

Qu’Allah le Miséricordieux déverse sa grâce sur eux et leur donne longue vie afin qu’ils puissent jouir des
fruits de leur labeur. Je tiens à leur témoigner toute mon affection et ma reconnaissance pour leurs
encouragements.

iii
REMERCIMENT
Je rends grâce à ALLAH Le Tout Puissant, Le Juste, Le Donneur qui m’a gratifié la force physique, morale,
intellectuelle et la santé pour achever ce travail. Je prie sur son prophète MOUHAMED Paix et Salut sur
lui.
Je tiens à exprimer toute ma reconnaissance et mes vifs remerciements

*A notre responsable de Master Pr Babacar SENE,Titulaire des universités et Directeur d’Innodev-


UCAD pour son intérêt à notre sujet, sa clairvoyance et ses conseils précieux.

*A mon encadreur, le Dr Serigne Bassirou LO qui, en dépit de son emploi du temps chargé et des nombreuses
sollicitations a accepté de diriger ce mémoire et l’a suivi avec un soutien permanent, ses orientations
pertinentes et surtout son sens d’ouverture. A travers notre collaboration j’ai vue en lui un homme modeste
et un modèle pour la jeune génération.

*Mes remerciements vont ensuite au corps enseignant de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion
de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar pour la qualité de leur formation et de leur professionnalisme.
*Mes remerciements vont également :

A tous mes camarades de la douzième Promotion Monnaie Banque Finance particulièrement à ceux avec qui
j’ai partagé de bon moment je veux nommer, Alexandre NDIAYE, Serigne Abdoul’ahad NDOUR, les
jumelles (Awa et Adama NDIAYE), Awa DIAKHATE, Seynabou DAW, Ibrahima DIALLO, Cheikh
Ameth Tidiane Diallo GUEYE, Cheikh SYLLA, Fallou BARRE, Modou MBAYE et Daour GUEYE

Je ne saurais terminer sans remercier vivement ceux avec qui j’ai cheminé depuis longtemps, je veux citer
mes deux copines Abibatou THIAM et Sokhna Astou KANE pour leur soutien sans faille.
Ainsi à plusieurs autres personnes qui n’ont pas été citées ici, à tous je dis MERCI.

iv
LISTE DES CIGLES ET ABREVIATION
MPE : Micro et Petite Entreprise

PSE : Plan Sénégal Emergent

IDE : Investissement Direct Etranger

CNUCED : Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement

OHADA : Organisation et l’Harmonisation du droit des Affaires en Afrique

UEMAO : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

CPI : Conseil Présidentiel des Investissements

PPIP : Programme de Promotion des Investissements Privé

BMN : Bureau de Mise en Niveau

ADEPME : Agence de Développement et Encadrement des Petites et Moyennes Entreprise

PREAC : Programme de Réforme de l’Environnement des Affaires et de la Compétitive

APPI : Accords de Protections et Promotions des Investissements

BCEAO : Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest

BNDE : Banque Nationale pour le Développement Economique

ICB: International Commercial Bank

BGFIBANK: Banque Gabonaise et Française Internationale

CBAO : Compagnie Bancaire d’Afrique de l’Ouest

SGBS : Société Générale de Banques au Sénégal

BICIS : Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie du Sénégal

BOA : Banque Ouest Africa

Ecobank : Réseau Bancaire Africaine

AWB : Attijari Wafa Bank

Citibank: Banques des Etats-Unis

BHS : Banque de l’Habitat du Sénégal

CNCAS: Caisse Nationale des Crédits Agricole du Sénégal

BIS : Banque Islamique du Sénégal

PME : Petite et Moyenne Entreprise

FONGIP : Fond de Garantie des Investissements Prioritaires

FONSIS : Fond de Souverain d’Investissements Stratégiques

v
PAP: Plan d’Action Prioritaire

LISTE DES GRAPHIQUES

GRAPHIQUE 1 : Evolution du taux investissement privé aux Sénégal ..................................13

GRAPHIQUE 2 :EVOLUTION DES DEPOTS BANCAIRES ..............................................19

GRAPHIQUE 3 : Evolution du crédit bancaire interieur fourni au secteur privé par les banques 20

GRAPHIQUE :L’asymétrie de l’information et le financement des PME .............................34

vi
LISTE DES TABLEAUX ET ANNEXES

Tableau 1 : Encours d'épargne entre 2011 et 2016 des banques (en milliards FCFA ...............

Tableau 2 : les résultats des tests ADF de racine unitaire sur les variables ............................41

Tableau 3 : résultats du test de causalité ..................................................................................43

Annexe 1 :Test de stationnarité ...............................................................................................54

Annexe2 : Test de cointégration ..............................................................................................61

Annexe 3 : Test d’homocédasticité .......................................................................................62

Annexe4 : Test a correction d’erreur ....................................................................................62

Annexe5 : Test de Spécification du modèle ............................................................................63

Annexe 6: Test de Stabilité des Paramètres .............................................................................63

Annexe7 Test de Cusum Carré ................................................................................................64

Annexe8: Test de causalité.......................................................................................................64

Annexe 9 : Estimation par la méthode des MCO de type Engel et Granger ...........................64

vii
RESUME
Le financement bancaire est la source formelle de financement externe la plus importante pour les PME au
Sénégal. Certaines PME réussissent à accéder au financement bancaire, alors que d’autres vont opter pour
le financement par capital de risque.
L’objet principal de ce papier est de s’interroger sur la contribution effective du système bancaire sénégalais
dans le financement des PME. Ce papier se fonde sur une étude statistique et économétrique à partir des
données annuelles de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et de la banque
mondiale sur la période 1990-2017.Les données collectées ont été estimées par la méthode des moindres
carré ordinaire Globalement, les résultats des estimations du modèle suggèrent de considérer comme
significative la contribution du système bancaire sénégalais sur l’investissement privé. Mais cette
contribution est insuffisante dans la mesure où les PME font face à des problèmes d’accès au financement
externe qui sont souvent essentiel pour la réalisation de leurs projets. En résumé, ces résultats valident a
priori le faible accès des PME dans le financement bancaire et l’inefficience du secteur bancaire
Sénégalaise à l’égard du secteur privé.
ABSTRACT
Bank financing is the most important formal source of external financing for PME in Senegal. Some PME are
able to access bank financing, while others will opt for venture capital financing.The main purpose of this
paper is to question the effective contribution of the Senegalese banking system in the financing of PME.
This paper is based on a statistical and econometric study based on annual data from the Central Bank of
West African States (BCEAO) and the World Bank for the period 2001-2017. The data collected were
estimated by the ordinary square method Overall, the results of the model estimates suggest that the
senegalese banking system's contribution to private investment should be considered significant. But this
contribution is insufficient as PME face problems of access to external financing that are often essential for
the implementation of their projects. In summary, these results validate the lack of access of SMEs in bank
financing and the inefficiency of the Senegalese banking sector towards the private sector.

viii
Introduction Général :

À la fin des années 70 et au début des années 80, la plupart des pays en développement étaient en crise de
politique économique. En raison des circonstances favorables et de la détérioration de la situation économique
et financière, le système financier avait de nombreuses carences et il était impossible de générer de la
croissance économique. Plusieurs recherches ont été faites surtout sur les pays sous-développés, pour trouver
les secteurs d'activités qui contribuent le mieux à la croissance économique. Basé sur l'aide financière de la
Banque mondiale et le Fonds monétaire international, de nombreux pays en développement d'Asie, d'Europe,
d'Amérique latine et d'Afrique ont entrepris des réformes économiques afin de créer un environnement
d'investissement durable et de développer le secteur privé par le biais d'un système économique fondé sur les
mécanismes du marché. Apparemment, le résultat de ces réformes a été de transformer de nombreux pays en
développement dans les pays émergents, où la croissance économique est soutenue par le développement du
secteur privé. Le rôle du système bancaire a été également discuté par A. JOSEPH (2000) qui affirme que les
banques seraient les intermédiaires financiers les plus efficaces dans les pays en développement en raison des
structures productives, du manque de fiabilité des données comptables et de l'étroitesse des marchés.
D’autre part le financement de l'économie désigne l'ensemble des modalités par lesquelles les agents
économiques se procurent les fonds nécessaires à la réalisation de leurs activités.

De nombreuses études se sont également penchées sur les liens existant entre finance et croissance .Pour cela
il fallait remonter à (SCHUMPETER ,1939) qui attribue des compétences spécifiques aux banques à travers
une analyse substantielle du rôle du crédit et leur savoir-faire dans la réduction des asymétriques
informations. Il considérait en effet que l’entrepreneur et le banquier représentaient les deux acteurs
complémentaires du processus d’innovation. Selon (SCHUMPETER, 1939) « le banquier n’est surtout pas
un intermédiaire financier dont la marchandise serait la puissance d’achat, il est d’abords le producteur de
cette marchandise » cette conception qui corresponds aujourd’hui au fonctionnement de l’économie
d’endettement et au principe les crédits fonds des dépôts.
En effet l’idée développer SCHUMPETER est à l’opposé de celle de Smith(1776) selon laquelle seule
l’épargne peut effectuer le financement des investissements. Pour Smith(1776), le crédit bancaire permet
uniquement de financer l’encaisse des transactions et non les investissements à long terme. Or selon ce
dernier l’enrichissement réel des nations donc de la croissance économique repose sur l’accumulation du
capital qui résulte sur l’épargne et non du crédit bancaire.
En effet la littérature économique sur les systèmes financiers connaît un certain renouveau dans la seconde
moitié du XXe siècle, notamment avec les travaux de Gurley et Shaw (1955) qui identifient une relation
significative entre les intermédiaires financiers et la croissance.

La théorie économique affirme que la finance est bonne pour l’économie. Deux économistes de la Banque des
règlements internationaux (BIS en anglais) ont étudié l’impact de la taille et de la croissance du secteur
bancaire sur la croissance dans les économies développées et émergentes. Pour eux, lors du développement
économique d’une économie, l’essor du secteur bancaire a une action positive sur ce développement. Cela
réduit les coûts de transaction, permet le développement de l’investissement direct, en même temps que
l’essor de la distribution du capital risque dans l’économie. Mais ils découvrent que cet effet arrive à un

9
point maximum, au-delà duquel, dans les économies qui ont dépassé ce stade, le développement du secteur
bancaire et du crédit est associé avec une croissance ralentie.
Dans la majorité des pays, les banques sont les institutions financières les plus importantes car elles peuvent
stimuler la croissance économique. Afin de garantir la sécurité et la solidité du système bancaire, de
nombreuses autorités ont réglementé et restreint les opérations bancaires pendant une longue période.
Ainsi, la hausse du chômage dans les pays développés affecte souvent davantage les travailleurs migrants
parce que moins qualifiés en moyenne que les travailleurs qui y habitent. Cette situation provoquera
probablement une baisse des flux de transferts monétaires des migrants vers leur pays d’origine. Or, tout le
monde est conscient du rôle d’amortisseur de tensions sociales que jouent ces transferts monétaires en tant
que puissant soutien de la demande privée intérieure. Le chômage risque de s’accroître dans les pays
africains qui ont accueilli sur leurs territoires des filiales d’entreprises transnationales et de grands groupes
bancaires et financiers internationaux affaiblis par la crise. En effet, plusieurs de ces derniers dont la banque
BNP (Banque Nationale de Paris) Paribas ont réduit leurs effectifs pour faire face à leurs difficultés
financières.

Au Sénégal, la mise en œuvre des politiques de stabilisation depuis la fin des années 70, suivies des premiers
programmes d'ajustement structurel au milieu des années 80, a certes contribué à améliorer le cadre macro-
économique, mais les performances économiques sont restées insuffisantes. De manière générale, la
période 1979-1993 a été marquée, au plan macroéconomique, par un net ralentissement de la croissance
économique en termes réels, voire même une contraction en 1993, entraînant la mise en place d’un “ Plan
d’urgence ” de restauration des capacités financières de l’État. A la suite de la dévaluation du franc CFA
en janvier 1994, l’économie sénégalaise a renoué avec la croissance, le PIB réel ayant crû de 2,9% en 1994
et de plus de 5% par an en moyenne entre 1995 et 2001. Cependant, la grave crise de solvabilité et de
liquidité survenue à la fin des années 80 et au début des années 90 qui a impacté le système bancaire de la
Zone franc, a conduit les autorités de tutelle à imposer un suivi de normes réglementaires plus contraignant
pour les établissements de crédit dans le cadre de leurs activités. Car ces derniers jouent un rôle déterminant
dans le financement de l’économie en particulier du secteur privé. C’est dans cette optique que l’état doit
renforcer la stabilité du secteur bancaire et veiller à ce que ce secteur contribue d’avantage à la couverture
des besoins de financement des entreprises.

L’accès au financement est à un niveau alarmant au Sénégal au moment où on aspire à une émergence dans
les années à venir. En effet la contribution du secteur bancaire au financement de l’économie sénégalaise
reste encore faible (près de 36% en 2017), contre des taux supérieurs à 70% pour les pays tels que le Maroc,
la Tunisie, l’Afrique du Sud, voire même plus de 90% pour la France. Des études ont révélé qu’environ
51% des PME, qui constituent 90% du tissu économique sénégalais, n’ont pas accès au crédit pour défaut
de garantie et 35% de leurs demandes sont rejetées pour cause de dossiers incomplets. Les PME ne
représentent alors que 16% du portefeuille des banques. Cette situation est liée à la fois à la structure du
marché et aux conditions d’accès au crédit. Les PME ont toujours du mal à obtenir un financement des
banques. Elles sont souvent confrontées à un certain nombre de difficultés. Ainsi la première contrainte qui
entrave l’accès au financement est la nature des garanties. Les PME ne sont pas à mesure de fournir des
garanties exigées parce qu’elles sont considérées comme un risque. On note aussi une mauvaise formulation
des demandes de crédit ainsi qu’une manque de sérénité dans la prise de décisions d’octroi de crédit.

10
D’autre part l’accès au financement formel reste encore faible en raison du risque de non-paiement et de
manque de garantie jugé généralement important par les banques. En outre l’absence de garantie et le
manque d’expertise financier des PME dans le domaine de la gestion bancaire constituent une limite
majeure qui rend souvent très difficile la relation de confiance entre les PME et les banques.

En effet les crédits accordés au secteur privé par les banques ne peuvent exister que grâce à l’épargne qui est
une partie de la revenue pas immédiatement consommée. Mais Cela peut poser problème grâce à la
thésaurisation qui peut être causé par une insuffisance des institutions financières en conséquent un taux
de bancarisation faible et un taux d’intérêt trop élevé au niveau des banques. Cette situation entraine une
baisse de l’épargne bancaire. Alors que ce dernier constitue la principale ressource des banques pour mieux
réussir son rôle d’intermédiation bancaire c’est-à-dire collecter l’épargne des agents économiques sous
formes de dépôt et réintroduire celle-ci dans le circuit économique sous forme de crédit ou de retrait qui
permet à la banque d’être au centre du processus de création monétaire.

En d’autre terme pour encourager le renforcement du secteur privé par l’état il est nécessaire que les
investisseurs et les entrepreneurs soient rassurés quant à la future économique du Sénégal et sa capacité de
mettre en place un cadre favorable au secteur privé. Il est maintenant reconnu que le développement du
secteur privé demande une amélioration du climat des investissements de manière à promouvoir une
croissance économique soutenue.

L’exposé de ces éléments théorique et factuels, et notamment le constant de la faible implication des banques
dans le financement des entreprises nous conduit à nous interroger sur l’impact des conditions de
financements bancaires et plus particulièrement du crédit bancaire sur l’investissement privé.

L’objectif général de cette recherche est d’analyser l’effet des caractéristiques du financement bancaire sur
l’investissement privé. De manière Spécifique, il s’agira d’abord de :

Dans le cadre de notre étude, nous émettons les deux hypothèses suivantes :

H1: Les conditions de financement bancaire exercent une influence peu significative sur l'investissement
privé.
H2: Existe-t-elle une relation de causalité entre le secteur bancaire et l’investissement privé ?

Pour vérifier empiriquement ces hypothèses nous privilégions le modèle à correction d'erreur (ECM) sur une
période de 1990 à 2017. L'avantage d'une telle spécification est qu'elle met en exergue le comportement
des investisseurs privés aussi bien à court terme qu'à long terme. Ainsi pouvons-nous identifier les facteurs
sur lesquels ils fondent leurs décisions d'accumulation à court terme et à long terme.

Toute fois Le présent travail de recherche s’articule autour de trois (3) chapitres :

Le premier chapitre exposera les caractéristiques de l’investissement privé au Sénégal ainsi son mode de
financement par les banques. Dans la deuxième partie nous aborderons la revue de la littérature du
financement bancaire et l’investissement privé. Nous présenterons dans la troisième partie l’approche
méthodologique avant de discuter des résultats.

11
CHAPITRE I : l’Investissement Privé Au Sénégal : Evolution et mode de Financement
L’investissement privé joue un rôle dans le processus de croissance et développement économiques. C’est
ainsi qu’il a toujours fait l’objet d’une attention très particulière de la part des autorités politiques ainsi que
des économistes. Cette attention s’est traduite par de nombreuses mesures visant à améliorer
l’investissement privé. En effet avant étudier ces différentes politiques incitations de l’investissement privé
au Sénégal, nous allons d’abords présenter les caractérisques de ce derniers ensuite identifier le rôle que
joue le secteur bancaire dans l’investissement privé au Sénégal.

SECTION 1 : Evolution De L’investissement Privé Au Sénégal


Le secteur privé sénégalais est essentiellement composé des Petite et Moyenne Entreprise (PME) qui
représentent près de 90% des entreprises au Sénégal. Avec une contribution au PIB qui tourne autour de
30%, ces entreprises emploient environ 60% de la population active, soit 42% du total des emplois du
secteur moderne. Les PME constituent aujourd’hui la base du tissu économique du Sénégal. Comme dans
de nombreux pays africains, elles sont non seulement le moteur de la croissance, mais également un levier
puissant du secteur privé.

I/ Les caractéristiques de l’investissement au Sénégal


Le nombre des PME s’est fortement accru ces dix derniers années notamment au niveau des micros et petites
entreprises (MPE) évoluant souvent dans le secteur non structuré. Les PME constituent en majorité des
entreprises commerciales ou artisanales de taille variable et de formes juridiques différenciées. Il ressort
d'une étude de la Banque mondiale et de la Société financière internationale que les troubles politiques, la
période d'attente et d'incertitude qui a précédé la dévaluation du franc CFA a gravement affecter
l'investissement privé. Malgré une conjoncture économique internationale instable depuis 2001 le Sénégal
a su maintenir un niveau d’investissement satisfaisant. A cet effet l’investissement s’est inscrit sur une
tendance haussière, avec une croissance moyenne de 7.6% sur la période de 2014 à 2018 contre 5.4% sur
la période antérieur grâce au dynamisme du secteur privé. En effet le Sénégal bénéficie traditionnellement
d’une réelle attractivité en terme investissement étranger. Les IDE sont alimentés depuis plusieurs années
par le Plan Sénégal Emergent(PSE) en faveur du développement des infrastructures. Si les volumes des
IDE restent relativement faibles, l’explication résulte principalement de l’absence de matières première
exploitable. Selon CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement), les
IDE sont passés de 587Millions de dollars en 2017 contre 629 Millions de dollars en 2018.

1/ Les facteurs explicatifs de l’émergence du secteur privé au Sénégal


Signataire de nombreuses conventions internationales, le Sénégal est d’une stabilité reconnue. A cet effet
plusieurs caractéristiques peuvent être citées pour encourager l’investissement privé au Sénégal parmi
lesquelles :

1-1/ Un environnement favorable aux affaires


Le Sénégal est doté des instruments juridiques et réglementaires nécessaires pour faciliter les activités
économiques, encourager les investissements et assurer les conditions d’une saine concurrence entre les
entreprises. De plus le droit des affaires est régi par le traité de l’organisation pour l’harmonisation du droit
des affaires en Afrique (OHADA) enfin de sécuriser l’environnement juridique des entreprises. Ainsi la

12
protection des investisseurs est assurée grâce aux accords de promotions et de protection réciproque des
investisseurs.

1-2/Une économie saine et compétitive


L’économie sénégalaise s’est améliorée et solidifier au cours de ces derniers années grâce à ses ressources
naturelles (agriculture, pèche, tourisme). Le Sénégal est la quatrième (4em) économie de l’Afrique de
l’ouest, il est l’un des pays les plus industrialiser de la zone. Et grâce aux récentes découvertes pétrole et
gaz au large du cote sénégalaises le pays peut attirer plus investisseurs. Ainsi les autorités sénégalaises se
sont engagées dans d’énormes travaux afin d’acquérir des infrastructures modernes et ainsi profiter de
l’économie du pays.

1-3/ Accès privilégié aux marchés régionaux et internationaux


Le Sénégal a une position géographique stratégique qui sert d’intersection reliant les quatre grands pays de la
zone (Sénégal, Burkina Faso, Ghana et le Mali) renforcée par des relations politiques internationales et
régionales de bonne facture. Ce qui permet un accès privilégié aux marchés régionaux grâce aux accords
de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui permet d’ouvrir le commerce en un très
grand nombre de consommateur et au marché internationaux. De plus il bénéficie d’une stabilité monétaire
et de l’accès au capital avec des taux faibles grâce à son adhésion à l’UEMOA ainsi qu’à la zone franc.

2/ Les limites
2-1/ La vulnérabilité de l’économie face aux aléas climatiques
Le changement climatiques comporte d’énormes enjeux socio-économiques et pose des défis majeurs au
Sénégal. Il implique des interactions complexes qui peuvent impacter l’activité économique. Au Sénégal le
changement climatiques est une menace déjà sensible a plusieurs faits parmi lesquels l’accès et le contrôle
des ressources naturelles à savoir l’agriculture, la pèche, et le tourisme.

2-2/ Une administration lente et corrompu


L’administration ne met pas en place suffisamment et rapidement les reformes structurelles attendus par le
marché. Mais aussi la non transparences des appels d’offres ce qui justifie la négociation de certains projet
en privé. Malgré une amélioration certaine l’environnement des affaires est toujours perturbé par une forte
tendance du gouvernement à l’interventionnisme, une justice lente et des régulations globalement
défaillantes.
Graphique1 : EVOLUTION DU TAUX INVESTISSEMENT PRIVE AU SNEGAL

13
7
Taux investissement privé en % du PIB
6
5
4
3
2
1
0
-1 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017

-2
Source banque
mondiale sur la période de 2017

II/ Les Mesures de Développement du Secteur Privé


Le secteur privé est un élément essentiel dans le développement économique. Mais pour que ce secteur puisse
jouer son rôle, il faut améliorer l’environnement des affaires et réduire la durée des procédures d’installation
d’une entreprise.

1/ Les structures d’appui de l’investissement privé


Selon le rapport de la Banque mondiale sur l’évaluation des politiques le Sénégal fait partie des pays africains
qui ont réalisés une hausse de 7% ou plus par rapport à la mesure de distance pour amélioration du climat
des affaires. Selon le doing-bussiness de 2017, le Sénégal est la 147em position sur 190 économies contre
153 places en 2016. Cette progression constante est dû d’après ce rapport au fait que la méthodologie prend
en compte plus de pratique administrative et règlementaire. En effet le gouvernement a pris des mesures
importantes pour améliorer le climat des affaires avec l’aide de la banque mondiale pour créer :

 Le conseil présidentiel de l’investissement (CPI) qui est un cadre officiel de concentration entre tous les
acteurs de l’économie du secteur privé afin de permettre une insertion réussite du Sénégal dans le processus
de la mondialisation et de créer une dynamique de croissance économique accélérée.

Le programme de promotion des investissements privé (PPIP) qui a des multiples domaines
d’intervention plus précisément l’amélioration du climat de l’investissement, la consolidation de la
production du secteur privé local, la consolidation de l’investissement étranger, l’exécution des reformes
politiques sectoriels et l’appui au renforcement des capacités de l’entreprise.
 Le Bureau de Mise en Niveau (BMN) dont l’objectif est de renforcer globalement la position
concurrentielle des entreprises sénégalaises.
 Agence Nationale chargée de la Promotion de l’Investissement et des grands Travaux(APIX) qui
permet de promouvoir l’image de l’économie et de l’attractivité

de la destination Sénégal, participé à l’effort national de mise en niveau des infrastructures, reformer
l’environnement des affaires.

14
 Agence de Développement et d’Encadrement des Petite et Moyennes Entreprises (ADEPME) elle est
chargée d’assister et d’encadrer les PME qui fondent des demandes ou bénéficient des prêts de la part de
l’Etat. Elle permet de renforcer les capacités des chefs d’entreprises afin de favoriser la génération des PME
pour renforcer les capacités productives de Sénégal et assister les entreprises en difficulté.

2/ Les reformes politiques


Le Sénégal est une terre d’opportunité, l’environnement des affaires est favorable et en constante amélioration.
A cet effet il est tellement engagé pour promouvoir les investissements et favoriser une augmentation de la
croissance économique tirée par le secteur privé. C’est dans cette optique que le gouvernement du Sénégal
met en place depuis 2013 le Programme de Réforme de l’Environnement des Affaires et de la Compétitive
(PREAC). Ainsi de nombreux changements sont notés à l’instar de la suppression du capital sociale pour
la création d’une entreprise, la création des guichets unique pour la constitution de l’entreprise, la
dématérialisation des procédures douanières, la réduction des taxes pour les sociétés qui investissent, ainsi
que les différentes incitations fiscales permises par le code d’investissement et le régime de l’entreprise.

De plus la signature de plusieurs Accords de Protection et de Promotion des Investissement (APPI) avec des
partenaires dans le cadre de la mondialisation permet d’améliorer la sécurité juridique des investissements.
Ils prévoient le rapatriement libre des capitaux d’investissement et des retours sur investissement,
garantissent l’exploitation et prévoient une clause de la Nation le Plus Favorisée (NPF) ou traitement des
investisseurs. Ils prévoient aussi l’indemnisation des pertes en cas de guerre, de conflit armé ou d’émeute.

En effet à la suite la mise en œuvre des reformes sur l’environnement des affaires il est beaucoup plus facile
de créer et exploiter une entreprise au Sénégal. Les investisseurs sont maintenant en mesure :
*D’enregistrer une entreprise en 24h.
*Faire une opération d’importation et exportation en 10 jours.
*Faire un transfert de propriété sur une courte durée grâce à une augmentation de la transparence du registre.

*Réduction des couts relatifs au paiement des impôts avec une baisse du plafond maximal de l’impôt sur le
revenu.

*Amélioration de l’accès à l’information sur les crédits avec l’opérationnalisation d’un nouveau bureau de
crédit.
*Amélioration des procédures collectives de paiement du passif facilitée par l’introduction d’une nouvelle
procédure de conciliation pour les entreprises en difficulté.

Toutefois le résultat de ces politiques d’appui du secteur privé reste insatisfait et les entreprises demeurent peu
performantes en dépit des différents reformes. Cette dynamique des entreprises est liées à divers facteurs
parmi lesquels l’accès au financement.

15
SECTION 2 : Le Rôle Spécifique Des Banque Dans L’investissement Privé

Le rôle des banques dans l'économie était clair et bien établi tant que les marchés financiers étaient sous-
développés, car elles étaient les seules à pouvoir fournir des services de liquidité et de crédit aux entreprises
et aux ménages. Le système bancaire du Sénégal s'est densifié ces dernières années. On note l'implantation
en masse de nouvelles banques mais également l'absorption de certaines d'entre elles par d'autres. Ainsi
dans cette section, nous étudierons en premier lieu l’évolution du secteur bancaire au Sénégal puis dans
une deuxième étape l’impact de ce secteur sur l’investissement privé.

I/ Le fonctionnement du secteur bancaire sénégalais

Le système bancaire est l'ensemble des établissements de crédit implantés dans un pays et qui sont responsable
de la quantité de monnaie en circulation. Les établissements de crédits se sont les banques qui font comme
activités essentielles l'octroi de crédits aux agents économiques. Ces établissements sont privés et cherchent
à faire des bénéfices.

1/Les caractéristiques du secteur bancaire


Les banques sont présentes partout dans la capitale sénégalaise. Dans les régions, certaines d’entre elles ont
implanté leurs succursales, pour plus d’accessibilité à tous. Selon un document de la Banque centrale des
Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

L’objectif visé par cette politique d’implantation de nouvelles banques est de relever le niveau de bancarisation
de l’économie sénégalaise, d’améliorer l’accès des populations aux services financiers, de lutter contre la
pauvreté et de promouvoir la croissance par l’amélioration du financement des activités économiques.

Pour comprendre l’importance du système bancaire dans la vie économique contemporaine, il importe
d’insister sur le fait que les banques ne sont pas de simples intermédiaires financiers. En effet la dévaluation
du CFA en 1993 avait rendu les Sénégalais méfiants vis à vis des banques et l'accumulation des CFA sur
un compte bancaire n'a longtemps pas été très populaire. La situation s'est grandement améliorée et
aujourd'hui près de 30% de la population sénégalaise est titulaire d'un compte bancaire.

Le secteur bancaire est composé de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), des
banques secondaires ou commerciales.
L’année 2012 est marquée par la prise de décisions importantes en matière de politique monétaire. A cet effet,
le nombre de banques commerciales resté stable (19 banques). Toutefois, une forte extension du réseau
bancaire est constatée en 2012.

Sur le plan financier, l’année 2013 marque par la prise de décisions majeures qui permet de passer de 19 à
21 banques avec l’arrivée de la Banque Nationale pour le Développement Economique (BNDE) et
d’Orabank.
Au plan national, le secteur financier est marqué en 2015 par l’installation de trois nouveaux établissements
de crédit. La Banque de Dakar, la Banque internationale du Commerce ou International Commercial
Bank(ICB) et la BGFIBANK ont porté le nombre d’établissement de crédit à 24 banques. En 2016 le

16
système bancaire n’a pas observé l’arrivée de nouveaux établissements. Elle est constituée, tout comme
l’année 2015, de 24 banques et 533 guichets automatiques.
1-1/Typologie des banques
Les banques s’intéressent à divers types de clients des particuliers modestes aux grands groupes
internationaux. Elles varient entre les banques généralistes à réseau national, (CBAO, SGBS,
BICIS,BNDE ,BOA), les banques à réseau ouest africain qui mènent des politiques favorisant les clients
des autres pays d’Afrique à effectuer des transactions économiques et financières dans le pays (Ecobank,
Attijari Bank…), les banques d’affaires spécialisées dans le financement d’entreprises (Citibank, Banque
islamique du Sénégal) et enfin, les banques spécialisées dont les plus en vue sont la BHS et la CNCAS.

2/ le rôle des banques


Les banques sont les établissements financiers qui collectent les dépôts du public (en particulier les dépôts à
vue) et qui accordent des crédits aux entreprises et aux ménages. Elles ont pour fonction de collecter
l'épargne des agents économiques ayant une capacité de financement pour la distribuer aux agents ayant un
besoin de financement (l'État, la plupart des entreprises et certains ménages).Parmi les intermédiaires
financiers, les banques sont les seules à détenir le pouvoir de création monétaire. En effet, chaque fois
qu'une banque accorde un crédit, la quantité de monnaie en circulation dans l'économie augmente, car ce
crédit se matérialise nécessairement par un dépôt supplémentaire que l'emprunteur utilise ensuite comme
il le souhaite. Le système bancaire joue donc un rôle crucial dans le processus de création monétaire.

2-1/la fonction d’une banque


Les banques sont des institutions qui assument deux fonctions distinctes :
• Collecte des dépôts
• Octroi de crédits

2-1-1/la banque pour collecter de dépôt


Une bonne partie des ressources courantes de la banque est constituée par l’épargne des agents économiques
sous forme de dépôt émis par les clients. Cette épargne permet à la banque de jouer le rôle de création
monétaire car elles collectent des fonds pour les prêter ensuite. Autrement dit les dépôts effectués dans les
banques par les agents économiques sont réintroduits dans le circuit économique grâce aux crédits distribuer
par les banques.
Au regard de ce qui précède la définition de l’activité bancaire et des fonds propres que les actionnaires
apportent pour la constitution de la banque, toute l’activité de celle-ci est fondée sur l’épargne des agents
économique qui est générateur. On distingue ainsi deux types de dépôts à savoir :
*Les dépôts à vue qui sont des liquidités ou des sommes disponibles à tout moment et sans frais de retrait.

*Les dépôts à terme qui consiste à conserver les fonds pendant un certain délai durant lequel le client ne peut
pas le retirer

17
Au-delà de l’importance pour les banques l’épargne est aussi très importante pour l’économie. Elle est vue
comme un bon indicateur du développement durable dans la mesure où elle mesure l’investissement net de
la base productive d’un pays.

2-1-2/ la banque pour octroyer du crédit


Les crédits bancaires sont des financements accordés aux différents agents économiques par les établissements
de crédit. Ils impliquent avant leur octroi, une analyse des risques, et aussi des prises de garanties. Ils
peuvent être consentis pour des durées courtes sous formes de découvert ou être rembourser à long terme.
On distingue plusieurs types de crédits parmi lesquels :
*les crédits de trésorerie :

Sont des encours qui répondent à des attentes très diverses de la part des clients de la banque. Les crédits de
trésorerie les plus fréquents, sont ceux qui autorisent une position débitrice sur le compte du client ou qui
financent des biens de consommations (crédits personnels).
*les crédits aux entreprises :

Les crédits aux entreprises impliquent la bonne connaissance des dirigeants de l’entreprise, de son activité et
des caractéristiques financières de cette dernière. La banque est donc dans ce domaine une approche
complète, en analyse financière, avant que d’octroyer des crédits. Ces crédits peuvent avoir des
caractéristiques communes à ceux accordés aux particuliers mais ils sont souvent spécifiques.

II/ Le financement bancaire du secteur privé


Le financement est l’ensemble des techniques et des moyens de règlement mis en œuvre pour la réalisation
d’un projet économique, ainsi que, les moyens financiers nécessaires à la création, au fonctionnement ou
au développement d’une entreprise. Les entreprises, en particuliers les PME ont toujours du mal à obtenir
un financement des banques. Mais si l’accès est si difficile, malgré la disponibilité des ressources, on estime
que le risque qui caractérise le secteur privé crée une certaine réticence vis-à-vis des banques. Les
entreprises africaines font face à de sérieux problèmes pour accéder au marché financier. Cela s’explique
par le fait que beaucoup d’auteur considèrent le financement des PME comme une activité à risques au
regard de leur incapacité à fournir des ressources nécessaire pour sécuriser les financements bancaires.

1/ Le mode de financement des banques


Le système bancaire est l'un de tout premier partenaire de l'État en matière de développement économique ,
du fait qu'il joue un rôle primordiale dans la création monétaire et la mobilisation des ressources de
développement aussi bien nationale qu’étrangère, il est en même temps susceptible de fournir la garantie
et l'expertise nécessaire au bon choix des projets de développement et prémunir les investissements privés
contre les risques de dérapages et de mauvaise gestion ; En effet, les crédits accordé au secteur privé, la
mobilisation de l’épargne, le soutient des activités commerciales et des services sont autant des
contributions au financement du développement du secteur privé

1-1/ La collecte des fonds :

18
Le dépôt par contre est défini comme étant des liquidités confiées par une banque à une personne physique
ou morale. Il est à la base même de la création monétaire par les banques de second rang par le biais de
crédits. Mais en quoi l’épargne constituerait elle un aspect fondamental de l’activité bancaire ?

L’épargne permet à la banque de jouer totalement son rôle de la création monétaire, car celle-ci collectent
des fonds pour les prêter ensuite. Le mécanisme de création monétaire trouve son origine dans les crédits
accordés aux clients. L’épargne des ménages ou des particuliers est la part du revenu qui n'est pas utilisée
pour la consommation immédiate et qui est mise en réserve en vue d’une dépense future ou d’un meilleur
rendement. Une partie de l’épargne est confiée aux banques qui les rémunèrent par un taux d’intérêt.

Tableau 1: Encours d'épargnes entre 2011 et 2016 des banques (en milliards FCFA)

Indicateurs 2011 2012 2013 2014 2015 2016

Masse 2 712,7 2 896,9 3 127,2 3108,8 3 708,5 4 217,4


monétaire

Encours 2 123,3 2 310,1 2 508,3 2 432,4 2 909,9 3 297,3


d'épargne

Dépôt à vue 1343,4 1461,9 1587,1 1 359,1 1 690,5 1 990,1

Dépôt à terme 772,1 840,3 912,2 1065,4 1 211,5 1 299,3

Autre dépôt 7,9 7,9 7,9 7,9 7,9 7,9

Source : BCEAO 2016


Graphique1 : EVOLUTION DES DEPOTS BANCAIRES

Evolution des dépots bancaires


3500

3000

2500

2000

1500

1000

500

0
2011 2012 2013 2014 2015 2016

depot bancaire depot en vue depot a terme

19
Source ANSD sur la période 2011 à 2016

La masse monétaire a connu une augmentation de 509 milliards FCFA (+13,7%) pour ressortir à 4 217,4
milliards FCFA en fin décembre 2016. Les dépôts bancaires occupent une place t importante sur la masse
monétaire soit (78%) Celle-ci. Selon les données de l’ANSD l’analyse de l’évolution des dépôts bancaire
sous l’angle de ses composantes indique une amélioration sur la période d’étude. En effet 3297,3 Milliard
en 2016 contre 2123,3 Milliards en 2011 soit une hausse de 1174 Milliards.

Le système bancaire sénégalais est stable et en constante progression dans la collecte de fonds. Ceci est dû à
l’augmentation du nombre de population bancarisés, qui est la conséquence de la rude concurrence et des
dernières lois visant à augmenter le taux de bancarisation de ce secteur avec comme finalité une baisse des
coûts d’accès au service financier. Cependant la mobilisation de ressources stables reste un problème
majeur pour les banques, en effet malgré sa grande part sur la masse monétaire peut-il permettre aux
banques de faire des prêts à long terme.
1-2/ Le crédit accordée au secteur privé par les banques :

Le crédit, contrairement au dépôt est un acte par lequel une personne physique ou morale met à la disposition
d'une autre une somme d'argent ou des moyens de paiement contre promesse de remboursement dans un
délai plus ou moins long fixé à l'avance. Bien que les dépôts soient préalables à toute activité bancaire, un
adage en économie dit que « les prêts font les dépôts

Les banques jouent aussi un rôle important dans une activité qui est cette fois spécifique à savoir le financement
des petites et moyennes entreprises (et des ménages) qui n'ont pas la possibilité d'emprunter directement
sur les marchés, en particulier parce qu'il leur est plus difficile qu'aux grandes entreprises dont la réputation
est déjà acquise de se signaler aux marchés (problèmes d'asymétrie d'information). Ce financement
comporte trois étapes importantes:
* La sélection des emprunteurs (afin d'écarter ceux qui sont trop risqués);

* La surveillance de leurs activités (pour éviter un mauvais choix d'investissement ou même un détournement
des fonds par les emprunteurs);
*Enfin, le recouvrement des créances (avec éventuellement une procédure de contentieux en
Cas de défaut de paiement).

1-2-1/La sélection des emprunteurs :


Dans tous les secteurs d'activité, et pas seulement celui des services financiers, le rôle des intermédiaires
consiste à exploiter la performance de ses partenaires. La banque cherche d’abords à savoir si l’entreprise
a la capacité à rembourser ces prêts à travers ses activités. Mais aussi si elle est capable de supporter le
montant demandé. La performance de la banque sera alors le reflet de la qualité de sa gestion. Par contre,
même si une petite banque est efficace dans sa politique d'investissement, elle reste méfiante d'un ou
plusieurs gros emprunteurs, qui peut entraîner la sanction immédiate du retrait massif de ses déposants.

Par conséquent, l'obtention d'informations sur sa clientèle représente un enjeu considérable pour la banque. Or
les clients qui souhaitent emprunter sont souvent aussi les déposants de la banque. Cette dernière obtient

20
donc de l'information sur la situation financière de ses clients dans le cadre de sa gestion des comptes de
dépôts.

D’autre part ses informations ne semblent pas acquises dans la totalité car la relation entre l’entreprise qui
présente le dossier de crédit, et la banque qui veut financer le projet d’investissement est caractérisé par une
asymétrie informationnelle à différents niveaux. L'emprunteur a plus d'informations que le prêteur sur ses
propres possibilités de remboursement, sur la qualité des projets qu'il cherche à financer mais aussi sur sa
capacité à bien les mener. Etant consciente ce phénomène, la banque fixe des taux d’intérêts assez élevés
pour leur permettre de se couvrir de la probabilité de tomber sur de «mauvais emprunteurs », mais ces taux
risquent de fuir les «bons emprunteurs » qui mériteraient des taux d’intérêts plus faible.

Ce comportement, censé maximiser le résultat de la banque, encourage les emprunteurs risqués et décourage
les emprunteurs de qualité. Ces derniers considèrent le coût de crédit trop cher, préfèrent changer d’attitude
ou se retirer du marché du financement bancaire, les emprunteurs aux projets les moins viables et pour qui
l’important étant l’obtention du financement, resteront. Cette structure implique une augmentation des coûts
de financement pour la PME, ainsi une augmentation des risques de crédit. Ce qui peut causer une sélection
adverse qui consiste d’une part à octroyer des crédits aux entreprises ayant une mauvaise solvabilité, et
d’autre part, refusent d’octroyer des crédits aux entreprises ayant une très bonne solvabilité. Elle témoigne
par conséquent la difficulté pour les banques à discerner les meilleurs projets et que les perdants sont
toujours les bons produits et les bons clients.

1-2-2/ La surveillance de leurs activités :


L’intermédiaire financier est le seul à disposer à la fois des moyens et la motivation pour exercer la fonction
de contrôle d’une façon adéquate et cela du fait de sa dimension, ainsi que le montant de la créance. La
banque doit veiller à ce que l’emprunteur n’utilise pas une partie des fonds alloués à d’autres fins que celle
pour lesquels, ils ont été initialement prévus, affectant ainsi sa capacité de remboursement enfin de ne pas
créer des doutes sur le respect des contrats.

La méfiance des bailleurs de fonds est d’ailleurs justifiée par le fait que les PME sont plutôt situées dans des
secteurs en récession. C’est ainsi que cette catégorie d’entreprises ne bénéficie aucun avantage, leurs
performances appréhendées par le taux de rentabilité financière se révélant légèrement inférieures à celles
des grandes entreprises.

D’abords en ce qui concerne l’octroi de crédit pour le fonctionnement des PME, il est important que
l’entreprise emprunteuse occupe une place importante sur le marché à travers ses activités. Autrement dit
la situation de l’entreprise vis-à-vis de la concurrence, sa capacité d’attirer et de fidélité à la clientèle. C’est
dans cette optique que les décideurs bancaires seront particulièrement sensibles à ces aspects dynamiques
qui permettent d’évaluer la capacité de remboursement du débiteur. En effet la part des marchés accaparée
par une PME se révèle déterminante pour les banques.

En suite la rentabilité des PME emprunteuse, c’est-à-dire l'apport de garanties constitue également un critère
important pour les banques, la réalisation des chiffres d’affaires élevées permet de minimiser les risques de
faillite et donc d’augmenter la chance de remboursement.

21
En fin en dépit des bons résultats réalisés par les PME, les banques sont un peu réticentes sur les entreprises
nouvellement créées. La relation clientèle joue aussi un rôle fondamental dans l’octroi du crédit au PME.
Les conditions de crédit dépendent en grande partie du pouvoir de marchandages exercé par l’entreprise
sur le bailleur. Toute fois les jeunes créateurs d’entreprise se trouvent dans une situation défavorable en
raison de leur méconnaissance des cadres bancaires et de la rationalité spécifique des établissements
auxquels ils s’adressent.

1-2-3/ Le recouvrement des créances :

Les banques sont des entreprises fragiles, dont les faillites sont parfois très coûteuses pour leurs actionnaires,
leurs clients, et souvent même pour les contribuables. La raison fondamentale de cette fragilité est le
système dit de réserves fractionnaires grâce auquel les banques transforment des actifs liquides de court
terme les dépôts à vue, qui peuvent faire l'objet de retraits à tout moment en des actifs liquides de long
terme les crédits, qui sont difficilement cessibles et dont la maturité est assez longue en moyenne. Plus la
période du prêt est longue, plus le prêt nécessite un suivi et un contrôle accru et le risque de son
recouvrement est plus élevé, d'où la probabilité du rationnement du crédit. Par contre, le prêt à court terme
est moins rationné car il réduit le problème de l’asymétrie d’information. En effet l’offre et la demande du
crédit dépendent du taux d’intérêt, et le rendement anticipé de la banque est fonction de la probabilité du
remboursement de l’emprunt.

L'introduction des garanties dans le contrat de prêt permet aux banques de procéder à une discrimination parmi
les emprunteurs en distinguant les bons des mauvais. Les garanties augmentent les chances de lancer des
projets moins risqués sous peine de les perdre. Elles servent pour le recouvrement des crédits en cas de
défaut de remboursement de l’emprunteur et la réduction de l’asymétrie d’information entre la PME et la
banque.

On distingue deux types de recouvrements :

* recouvrement amiable :

Chaque banque a ses propres procédures, mais il implique toujours l’ouverture d’un dialogue avec votre
conseiller. La plupart du temps cette démarche évite que votre dossier soit transmis au service contentieux
ou à l’organisme chargé de procéder au recouvrement. Il consiste à rédiger un nouveau contrat pour définir
vos obligations et celles de la banque, consolider la relation et éviter tout litige éventuel.

*le recouvrement judiciaire :

La procédure judiciaire est composée de trois(3) phases :

-L’assignation des parties, signifiée par huissier pour avertir qu’un procès est engagé contre vous.

-l’instruction de l’affaire, pendant laquelle un juge étudier votre dossier, rend une ordonnance et fixe la date
du procès.

22
-la prononciation du jugement, qui fixe les conditions de mise en jeu des garanties.

GRAPHIQUE 2 : EVOLUTION DU CREDIT INTERIEUR FOUNI AU SECTEUR PRIVE PAR LES


BANQUES

CREDIT ACCORDE AU SECTEUR PRIVE PAR


LES BANQUES

29,43029433
27,75333786
27,26540461

27,25353925
26,19302976
24,15254476
23,70223303
21,12807612
19,17022707
18,63484447
15,79776531
15,5583237

15,5107182
14,15946408
13,13600168
12,28464526
11,83261478

2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017
Source banque
mondiale sur la période de 2001 à 2017

2 /Les contraintes liés au financement du secteur privé:

L’accompagnement du segment PME qui constitue un levier important de la croissance économique en termes
de création de richesse et d’emplois, rencontre un certain nombre de contraintes parmi lesquelles les
difficultés persistantes d’accès au financement des entreprises (PME).En effet, la contribution du secteur
bancaire au financement de l’économie sénégalaise reste encore faible (près de 36% en 2017), contre des
taux Supérieurs à 70% pour des pays tels que le Maroc, la Tunisie, l’Afrique du Sud, voire de plus de
99%pour la France.
Cette situation est liée à la fois à la structure du marché et aux conditions d’accès au crédit. A ce niveau,
plusieurs facteurs entrent en jeu dont le degré d’asymétrie d’informations entre institutions financières et
emprunteurs, le niveau et les types de garanties exigées, etc.

Le manque de transparence du système d’informations des PME et surtout de leurs activités, notamment
l’absence d’états financiers fiables qui suscitent souvent des interrogations quant à leur insuffisance et à
leur imperfection et parfois par rapport à leur complexité. Ce qui occasionne des problèmes d’asymétrie
d’information, dans la relation entre la PME et la banque source de sélection adverse et/ou d’aléa moral, et
qui rend difficile l’appréciation du risque de la part des prêteurs est souvent déploré comme étant la source
d’incompréhensions de toutes sortes entre les entreprises et les banques. Car ces informations comptables

23
et financières sont souvent présentées comme variable déterminantes dans l’évaluation du risque de crédit
des entreprises. Elles occupent en conséquence une place primordiale dans les analyses effectuées par les
chargés d’affaires et les utilisent pour appuyer leurs décisions d’octroi du crédit. Il faut une gestion
transparente pour prétendre accéder au financement. Une PME qui n’est pas transparente, quels soient les
outils que vous pouvez développer a son profil, aura des problèmes pour bénéficier de financement.

Par ailleurs, les spécificités du projet d’investissement présentées par la PME peuvent également influencer la
décision d’octroi du crédit. En effet, la banque évalue le projet sur la base des critères financiers, à savoir,
la valeur actuelle nette, le taux de rendement interne et l’indice de profitabilité qui permettent d’analyser la
rentabilité et le coût-utilité du projet. Le besoin de renforcement des connaissances sur l’offre de
financement et ses conditions d’accès, la détermination et la formulation de besoins de financement
crédibles, la gestion des contentieux avec les intermédiaires financiers, constituent ainsi autant de
préoccupations à résoudre pour favoriser le financement et l’essor de la PME.

D’autre part Ainsi l’accès au financement des PME est marqué par la nature des garanties infligées. Les PME
ne sont pas à mesure de fournir les garanties exigées parce qu’elles sont considérées comme un risque.
L’absence de garanties et le défaut de formalisation assez marqué dans le secteur, le manque d’expertise
financière des PME dans le domaine de la gestion bancaire et comptable constitue un autre frein majeur qui
rend souvent très précaire la relation de confiance entre les PME et les banques.

En ce qui concerne les banques nous pouvons citer le coût de la dette bancaire. Ces couts sont librement fixés
par les banques en fonction du marché. Cette structure discriminatoire des taux d’intérêt ne traduit sans
doute pas un souci de stimulation de l’épargne et de l’investissement. Elle est plus proche d’un
comportement de «marge bancaire » qui n’étonne pas dans une logique de multiplicateur de crédit où des
objectifs de liquidité et rentabilité priment sur l’activité de crédit. Si cette situation permet de consolider
les marges bancaires, elle renchérit surtout le coût du crédit aux entreprises. Cette situation amène les
entreprises à considérer que les garanties exigées par les banques ne constituent qu’un prétexte de refus du
crédit demandé.

On note aussi la contrainte de garantie, celle-ci permet aux banques de réduire significativement leur risque
de pertes monétaires en exerçant leur droit de liquidation de ces actifs matériels en cas de défaut de paiement
de la part de l’emprunteur. La garantie préserve donc au banquier une certaine marge de sécurité pour parer
aux éventuels risques (risques de crédit essentiellement). Elle peut être analysée comme une fonction
croissante de l’obtention du crédit bancaire en ce sens que plus la garantie proposée n’est élevée, plus
l’entreprise à des chances d’obtention du crédit bancaire sollicité. Ce facteur est d’autant plus important
pour les crédits d’investissement et de fonctionnement.

D’autre part les conditions de prêts exigés par les banques pour les entreprises qui ne sont pas en relation avec
eux posent problème. En effet l’augmentation des taux intérêts empêche certaine entreprises d’accéder au
financement à défaut de ne pas pouvoir supporter les couts. Mais aussi la taille des fonds propre de la
banque affecte ses mécanismes d’octroi de crédit. En effet le niveau des fonds propre déterminer et exiger
par le comité de bale impose aux banques de diminuer leur bilan ou d’augmenter leur capital ce qui permet
à la banque de ne pas pouvoir octroyer de crédit.

24
En effet bien qu'elles dégagent des bénéfices confortables qui placent même le Sénégal parmi les pays les plus
stables et les plus performants en matière de rentabilité, le secteur bancaire reste timide dans ces relations
avec les PME. Et dans une perspective d'une meilleure prise en charge des questions de financement de ces
PME, surtout du secteur informel, les relations bancaires ne sauraient au Sénégal être fondées uniquement
sur des jugements à partir de documents comptables et de mouvements de comptes bancaires. Ainsi, la
rigidité des banques dans ce sens à amener d'autres acteurs du secteur financier, tels que structures de
microfinance, à se mettre au-devant pour trouver des solutions à l'accès au financement des petites et
moyennes entreprises.

25
CHAPITRE II : FINANCEMENT BANCAIRE ET INVESTISSEMENT PRIVE
SECTION 1 : Analyse du financement bancaire et l’investissement privé sur le plan théorique
I / Système Bancaire
Le système bancaire est le système central des économies de marché modernes. Sans système bancaire, il serait
impossible de gérer l’ensemble complexe des relations économiques nécessaires à une économie
décentralisée caractérisée par un niveau élevé de division et de spécialisation du travail.

1/Organisation du système bancaire du point de vue des économistes:


Les économistes ne s’accordent pas sur les mécanismes exacts par lesquels la finance influence les variables
dites « réelles » de l’économie. Si, des intuitions de l’école autrichienne aux analyses postkeynésiennes de
Minsky, plusieurs travaux hétérodoxes ont depuis longtemps souligné l’importance de la finance, les
auteurs néoclassiques n’ont que peu à peu intégré les variables financières dans leurs modèles et saisi la
portée de leurs répercussions réelles. Dans leur optique, les divers intermédiaires, marchés et instruments
financiers émergent en raison des « frictions » générées par les coûts d’information et de transaction. C’est
en atténuant ces derniers que les systèmes financiers sont propres à influencer les comportements d’épargne
des agents, leurs décisions d’investissement, l’innovation technologique et donc finalement la dynamique
de la croissance économique.

En se concentrant essentiellement sur la littérature théorique développée par les auteurs néoclassiques, sans
pour autant oublier les réflexions pionnières de Bagehot et Schumpeter, Ross Leine (2005) attribue à la
finance deux fonctions primordiales qui sont susceptibles de catalyser la croissance de long terme.

1-1/ Mobiliser l’épargne par le biais de la diversification et de la gestion des risques


La diversification des risques réalisée par les banques est aussi un facteur important d'économies d'échelle. En
effet, un investisseur prudent cherche typiquement à diversifier ses placements, conformément au vieil
adage selon lequel on ne met pas tous ses œufs dans le même panier. La banque qui collecte des fonds
auprès d'une multitude d'épargnants aura donc des possibilités de diversification du risque autrement plus
importantes qu'un investisseur individuel. De la même façon, une banque qui a un grand nombre de
déposants peut se permettre de ne garder en réserve qu'une fraction limitée des dépôts afin de faire face aux
retraits de ces déposants, et investi le reste dans des actifs de long terme plus rémunérateurs.

Selon les néoclassiques le secteur bancaire permettent de mobiliser efficacement l’épargne. En effet, puisque
les épargnants sont dispersés les uns des autres, la collecte de leurs ressources implique des coûts de
transaction. La mobilisation de l’épargne suscite notamment des problèmes d’asymétrie d’information,
dans la mesure où les créditeurs sont amenés à renoncer au contrôle de leur épargne. L’agrégation de
l’épargne sera alors facilitée par des contrats bilatéraux, dont la société par actions constitue un exemple,
permettant de mettre en relation les entreprises désireuses d’un apport en capital et les agents en capacité
de financement. Les banques peuvent aussi activement participer au processus d’agglomération de
l’épargne : une multitude d’épargnants placent leurs ressources auprès d’un intermédiaire qui les met alors
à la disposition d’une multitude d’entreprises en besoin de financement. L’accroissement de l’épargne
disponible permet aux entreprises de dépasser le caractère indivisible de leurs projets d’investissement et
de pleinement exploiter les économies d’échelle.

26
Bien que la littérature néoclassique sur la croissance économique se focalise sur l’épargne, Bagehot (1874) a
souligné que la principale contrainte liée à la capacité d’un pays à financer des projets importants n’était
pas le taux d’épargne en lui-même, mais la capacité du système bancaire à mettre en place et à attribuer les
ressources. Car les projets d’investissement rentables présentent souvent deux caractéristiques: ils
requièrent une grande quantité de capital et ils tendent à être risqués. Certains d’investisseurs ne disposent
pas de ressources nécessaires pour financer ces projets. Ils préfèrent ainsi consacrer leur argent à des projets
à faible risque et à faible rendement. Une telle stratégie d’investissement a un effet négatif sur la croissance
et l’innovation. Pour être efficace, un système bancaire doit offrir un mécanisme permettant aux gros et aux
petits investisseurs de répartir les risques.
Selon Vale (1993), la gestion des comptes génère d’une part une information utile pour la banque dans
l’activité de crédit. D’autre part la demande d’un client pour les services bancaires dépend positivement
des conditions de crédit qui lui sont proposées.

1-2/ Améliorer la répartition du capital grâce à la production d’informations:


La collecte d’informations sur la viabilité d’un projet donné ou la solvabilité d’un emprunteur donné implique
des coûts fixes importants, et les intermédiaires financiers qui regroupent de nombreux petits investisseurs
se répartissent autour de ces coûts fixes. Ce mécanisme, associé à la diversification des risques, incite
Schumpeter à dire:<<Que le banquier a une position intermédiaire entre ceux qui veulent exécuter de
nouvelles combinaisons et les possesseurs de moyens de production. Mais il en découle le paradoxe selon
lequel, en présence d’un marché efficace s’il est coûteux de rassembler des informations, il est par contre
facile de les reproduire. C’est pourquoi même les grands agents économiques ne seront guère incités à
recueillir des informations s’ils estiment que leur action est susceptible de révéler ces informations et ce
faisant de produire des externalités positives >>.

C’est dans cette optique que la banque grâce à leurs relations de crédit répétées indéfiniment à la possibilité
de créer un test statistique fiable lui permettant de distinguer clairement les emprunteurs qui mentent et
ceux qui annoncent le véritable résultat de leur investissement. En effet, ce test permet à la banque d’avoir
toutes ses informations sur l’emprunteur pour évaluer le risque présent de ce dernier. Lorsque l’entrepreneur
annonce un mauvais résultat, il court le risque de subir une pénalité. Ainsi la banque, qui connaît le nombre
de fois que l’emprunteur a subi cette pénalité dans le passé, compare la moyenne des paiements passés de
l’entrepreneur avec l’espérance de paiement connue dès le départ. Elle peut alors déterminer la probabilité
que le résultat annoncé soit le véritable résultat. Si cette probabilité est inférieure à un certain seuil, la
banque choisit de « punir » l’emprunteur, par exemple en lui refusant un nouveau crédit. Cette stratégie
incite l’entrepreneur à ne pas dissimuler son résultat mais à dire systématiquement la vérité : l’honnêteté
devient la meilleure politique pour l’emprunteur.

On comprend alors aisément pourquoi les banques prennent des mesures pour la conservation et une meilleure
exploitation des informations sur leurs clients. De plus elle permet d’améliorer l’efficience de
l’intermédiation bancaire grâce au développement d’un savoir bancaire de nature subjective sur les clients
en rendant de plus en plus précise l’évaluation du risque de crédit par la banque. En effet, l’existence de
relations personnalisées et durables permet à la chargé de clientèle de se forger une opinion de plus en plus

27
fine sur la qualité de l’entreprise. Par ailleurs il est important de savoir que ce test n’est valable que si la
banque et l’entreprise sont en relation pour une durée infinie.

2/La règlementation du secteur bancaire est-elle efficace?


Tobin (1984), Conscient qu’un marché financier important pouvait certes engendrer des avantages en termes
d’augmentation de la liquidité, il a souligné que ces avantages étaient toutefois annulés par la création
d’instruments financiers inutiles, voire dangereux. C’est pourquoi il a plaidé pour une réglementation plus
stricte et l’introduction de taxes sur les transactions dans le but de limiter les incitations à utiliser des
instruments financiers à des fins purement spéculatives.

Selon une étude récente d’Igan et al, les institutions financières qui exerçaient le plus de pression contre le
renforcement des lois et des réglementations sur le prêt et la titrisation hypothécaires étaient aussi
impliquées dans des pratiques de prêt plus risquées. Ils en déduisent que le lobbying a joué un rôle-clé
favorisant la détérioration de la qualité du crédit au cours des années précédant la crise et avancent qu’en
2009 l’industrie financière a intensifié ses activités de lobbying dans le but de limiter la réglementation des
contrats dérivés. Dans le même sens, Mian et al. (2010) ont découvert que les politiques ayant bénéficié de
contributions électorales de la part des secteurs de la banque soutenaient davantage la loi d’urgence sur la
stabilisation de l’économie (Emergency Economic Stabilization Act) de 2008.

En effet il existe au moins trois problèmes liés aux hypothèses à la base de la déréglementation financière. Le
premier concerne l’idée selon laquelle les seules institutions exposées à des risques systémiques sont les
banques de dépôt. Le fait de se concentrer étroitement sur les banques de dépôt a en effet entraîné un
arbitrage réglementaire considérable et la création d’un système bancaire de l’ombre peu réglementé. Le
deuxième problème est lié à l’hypothèse que la réglementation microprudentielle (c’est-à-dire la
réglementation qui garantit le bon fonctionnement de chaque institution) suffit pour empêcher les crises
systémiques. Aujourd’hui, il apparaît évident que la réglementation financière doit être macro prudentielle.
Or, la mise en œuvre de la réglementation macro prudentielle fait face à plusieurs obstacles techniques et
politiques. Le troisième problème porte sur le fait que les organes de réglementation adoptent souvent des
modèles de risques similaires à ceux utilisés par l’industrie financière. Or, la réglementation est nécessaire
car les marchés ne fonctionnent pas toujours bien. Il est difficile de remédier aux défaillances du marché
en utilisant les mêmes instruments d’évaluation que ceux utilisés par les acteurs du marché (Persaud, 2008).

Par ailleurs la finance peut faire des merveilles pour le développement économique, mais, comme tout outil
puissant, elle peut également causer des dommages importants. Les pays en développement ne doivent
certes pas hésiter à mener des réformes politiques visant à étendre la taille et l’efficacité de leurs secteurs
financiers, mais les décideurs ne doivent pas perdre de vue qu’un tel processus de réforme doit être associé
à un dispositif réglementaire puissant et complet. Cela n’est pas une tâche facile. La crise actuelle montre
que la réglementation financière est loin d’être parfaite, même dans les systèmes financiers les plus
sophistiqués, et peut faire cruellement défaut dans certains pays disposant d’un marché financier débutant.

II/ Problématiques du Financement Bancaire des Entreprises

28
Parmi les nombreux faits stylisés réunis par les économistes consacrant leurs travaux à l’étude des cycles du
crédit, le financement intermédiaire est particuliérement plus important par rapport aux autres sources de
financement. Cette constatation a conduit les économistes à centrer leurs recherches sur le rôle spécifique
que peuvent jouer les banques dans le financement de l’économie et sur l’incidence possible de leur
comportement en matière de prêt sur la demande et l’offre globales.

1/Problème d’Agence:
La relation de crédit entre les PME et les bailleurs de fonds est considérée comme une relation d’agence dans
laquelle les PME sont les agents, qui reçoivent du financement des bailleurs de fonds, ces derniers étant les
principaux. Donc, il y’a relation d’agence, lorsqu’une partie (le principal) engage par contrat, une autre
partie (l’agent) qui doit lui procurer certains services de gestion, en lui donnant certains pouvoirs sur les
ressources qui ne lui appartiennent pas. Dans cette relation, chaque partie cherche à maximiser ses propres
intérêts, parfois au détriment des intérêts de l’autre. Cette attitude crée inévitablement des conflits lorsque
les intérêts respectifs ne sont pas convergents. Les prêteurs n’octroient des fonds que si la capacité de
remboursement est élevée chez les emprunteurs. Autrement dit, la première préoccupation des prêteurs est
la conservation du capital ou la capacité de remboursement des emprunteurs alors que les risques des
entreprises peuvent augmenter les probabilités de défaut de paiement.

D’après Gasse et d’Amour (2000), les entrepreneurs sont des êtres passionnés qui prennent des risques
calculés. Cet écart de vision entre les entrepreneurs et les bailleurs de fonds fait naître des conflits qui
rendent difficilement leur évaluation du risque et de son importance. Selon Sarasvathy et al. (1998), les
entrepreneurs contrôlent le rendement en fixant le niveau de risque, alors que les banquiers contrôlent le
risque en mettant l’accent sur le rendement. Chaque partie poursuit ses objectifs propres et vise à maximiser
ses bénéfices, ce qui peut être source de conflits entre les deux parties.

L’étude de Janssen et Wtterwulghe (1998) révèle également qu’il existe de véritables barrières psychologiques
entre les dirigeants des PME et les responsables des banques. Tout ceci multiplie les sources de conflit entre
eux et engendre des problèmes d’agence qui sont liés aux actions ou aux informations cachées (Sinve,
1998). Cela nous amène à traiter du problème d’asymétrie de l’information, du risque moral et du risque
d’anti-sélection.

2/ Le comportement des banques face au risque de crédit des PME:


Les PME ne peuvent pas toutes accéder aux fonds externes ou elles peuvent le faire, mais parfois à des coûts
élevés. D’après les banques, étant donné que les PME sont considérées comme représentant un surplus de
risque, les conditions de crédit qui leur sont imposées doivent être plus sévères que celles imposées aux
grandes entreprises (St-Pierre, 2004). C’est le principal problème affectant la relation de crédit entre les
PME et leurs bailleurs de fonds, surtout s’il s’agit d’une banque. Les banques exigent donc plusieurs
documents et informations des PME et leur reprochent souvent la mauvaise qualité et la faible quantité
d’informations fournies (Fasano et Gfeller, 2003; Berger et Udell, 1998). Par ailleurs, Waldron (1995)
soutient que les banques sont beaucoup « moins efficaces » que les prêteurs informels pour répondre aux
besoins de crédit des petites entreprises. En effet, les banques exigent souvent des informations
standardisées, ce qui augmente fortement les coûts d’information pour les emprunts des PME, tandis que

29
les prêteurs informels font preuve de plus de flexibilité et savent adapter leurs exigences d’information à la
réalité des PME.

2-1/ L’asymétrie d’information


L’asymétrie d’information est une situation de conflits ou de divergence d’intérêts. Elle apparait lorsque des
informations particulières sont cachées par certains, dont ils sont les seuls à connaitre, dans l’objectif de
maximiser leurs espérances. La relation entre l’entreprise qui présente le dossier de crédit, et la banque qui
veut financer le projet d’investissement, est caractérisé par une asymétrie informationnelle à différents
niveaux. Cela provient du fait que l’entrepreneur dispose d’une information considérée comme étant
confidentielle et touchant la valeur du projet ainsi que son propre mode de gestion ; et la banque, qui se
trouve dans l’incapacité de choisir les bons projets.

Les différents risques qui peuvent provenir de la déficience informationnelle entre le bailleur de fond et
l’emprunteur sont :

- Risque moral: le risque moral est l’une des conséquences de l’asymétrie de l’information. Le risque moral
est défini comme le risque de non-respect par les agents des engagements stipulés au contrat. Il peut venir
du fait que les dirigeants de PME utilisent les fonds obtenus pour les allouer à des projets plus risqués en
espérant avoir un rendement plus élevé,(St-Pierre, 1999), ou encore pour satisfaire leurs besoins personnels
(Petit et Singer, 1985). Cette façon de faire peut augmenter le risque de crédit pour les bailleurs de fonds.
Dans certains cas les banques exigent des garanties personnelles des propriétaires-dirigeants pour réduire
ce risque. Ceci crée alors un obstacle de plus à l’obtention de crédit bancaire pour les PME, notamment
pour les jeunes entreprises qui ne peuvent fournir ces garanties.

- Risque d’anti-sélection : Ce risque est fortement lié à la méconnaissance de l’emprunteur, d’une part, et à
la qualité de l’information fournie dans les demandes de financement, d’autre part. Lorsque les prêteurs ne
possèdent pas suffisamment d’information sur les PME ou que celle-ci est imprécise, ils peuvent faire un
mauvais choix de clients ou commettre l’erreur d’accorder le même taux d’intérêt et les mêmes conditions
à toutes les entreprises et à tous les projets, ce qui encourage les emprunteurs à haut risque et décourage les
emprunteurs de qualité.

Les problèmes précités augmentent le risque de crédit et les coûts d’emprunt des PME, ce qui contribue à
décourager les bailleurs de fonds à subvenir à leurs besoins monétaires. Une explication à cette situation se
trouve dans le contexte informationnel dans lequel se déroulent les discussions et qui présente d’importantes
asymétries. L’étude de Petersen et Rajan (1994) note que le risque d’anti-sélection et le risque moral ont
des impacts importants sur les jeunes et petites entreprises, limitant leur accès aux fonds bancaires, alors
que le rationnement de crédit serait moins contraignant pour ces firmes.

30
GRAPHIQUE 3 :L’ASYMETRIE DE L’INFORMATION ET LE FINANCEMENT DES PME

Source: Adapté de Tucker et Lean (2003), tire de St-Pierre (2004) (18).

2-2/Le rationnement de crédit

Après l’évaluation des dossiers des PME, les banques peuvent imposer une prime au taux d’intérêt, haussant
ainsi le coût pour l’emprunteur, ou privilégier le rationnement de crédit. Le rationnement est défini comme
une solution où le bailleur de fonds accepte partiellement la demande de crédit au taux d’intérêt offert
(Greenbaum et Thakor, 1995). L’équilibre entre l’offre et la demande de fonds se fait par une hausse du
taux d’intérêt ou des exigences de garantie, entraînant toutefois un problème d’antisélection.Ainsi, la hausse
des taux d’intérêt n’est pas toujours une solution optimale puisqu’elle peut créer un effet de clientèle et
attirer les emprunteurs représentant avec un risque élevé ou inciter des emprunteurs à privilégier des projets
plus risqués que ce qui était prévu (risque moral).Pour qu’il y ait rationnement de crédit : «il faut que les
entreprises se voient refuser un prêt alors qu’elles sont prêtes à payer le prix prévalent pour un prêt de ce
type à un emprunteur de cette classe de risque. C’est alors, la preuve d’un ajustement par la quantité. Par
contre, si le prix augmente à ceux d’une dégradation du marché bancaire, l’évincement des entreprises qui

31
n’acceptent pas ces conditions ne peut être qualifié de rationnement de crédit car c’est un ajustement par
les prix »

Autrement dit, le rationnement de crédit est le phénomène par lequel la demande des fonds excède l’offre de
fonds de telle sorte qu’une catégorie de candidats au prêt se voit refuser l’accès à un financement (Eber,
1996).

Stiglitz et Weiss(1981), ont montré dans leur modèle, l’influence du taux d’intérêt sur la probabilité de défaut
de remboursement des prêts en présence de gap informationnel. Le rationnement de crédit qui en découle
est caractérisé par le refus du secteur bancaire de prêter à des individus ou à des entreprises, même si ceux-
ci sont prêts à supporter des charges d’intérêts élevées pour couvrir les frais de la banque.

Dans leur modèle, il est conclu que la disponibilité d’un emprunteur à payer son crédit, donne un signal sur le
niveau de risque de son projet. Ainsi, les emprunteurs qui sont disposés à payer très cher sont en moyenne
les plus risqués. Ces derniers sont prêts à payer un prix élevé parce qu’ils perçoivent leur probabilité de
remboursement faible.

En effet, le taux d’intérêt affecte le risque moyen de portefeuille de prêts de la banque ; d’une part, il élimine
certains emprunteurs potentiels (l’effet de sélection adverse), et d’autre part, il affecte le comportement des
emprunteurs (l’effet d’incitation ou d’aléa moral). Par conséquent, si les prix affectent la nature des
transactions, il ne peut pas simultanément équilibrer le marché. L’offre et la demande du crédit dépendent
du taux d’intérêt, et le rendement anticipé de la banque est fonction de la probabilité du remboursement de
l’emprunt.

2-3/ Les Garanties et le taux intérêt:

À cause de l’asymétrie d’information, les banques demandent souvent aux PME des garanties. Ces dernières
permettent de réduire la perte monétaire des banques lorsque le risque de crédit se matérialise. Elles peuvent
également limiter le risque d’anti-sélection, le risque moral et le rationnement de crédit (Stiglitz et Weiss
1981). Les banques se basent sur le niveau de risque des emprunteurs pour demander des garanties à savoir
que l’ampleur des garanties exigées augmente directement avec le risque perçu de l’emprunteur. Il y a deux
types de garanties que sont la garantie « interne » et la garantie « externe ». La première est composée par
les actifs de l’entreprise dont les bâtiments, les équipements, les machines, les stocks, les comptes clients.
La deuxième est composée par les actifs qui n’appartiennent pas à l’entreprise tels que les actifs de
l’entrepreneur. En fait, les garanties sont devenues une des conditions obligatoires pour les emprunts des
PME dans la majorité des banques car elles augmentent les chances de lancer des projets moins risqués
sous peine de les perdre.

En dehors de l’exigence de garanties, les PME doivent subir un taux d’intérêt élevé (Beck et Demirguc-Kunt
2006) qui s’explique par une perception d’un niveau de risque élevé, mais également par des coûts
d’information et de surveillance des emprunts des PME proportionnellement plus importants que ceux des
grandes entreprises. Comme nous l’avons mentionné, le taux d’intérêt est calculé par le taux sans risque
plus une prime de risque. D’après l’étude de Bukvic et Barlett (2003) auprès des PME slovaques, 71.2%

32
des PME constatent que le coût élevé des emprunts est l’une des barrières les plus importantes à leur accès
au financement externe.

Toutefois les banques ne peuvent pas surveiller toutes les actions des PME, elles imposent alors des clauses
strictes dans les contrats de crédit afin de réduire leurs actions risquées ou leurs comportements
opportunistes (Stiglitz et Weiss 1981). On peut ainsi retrouver dans les contrats de financement des
contraintes sur le niveau d’endettement, l’utilisation de financement, l’émission de rapport financier
périodique, le versement de dividendes, l’augmentation des salaires des membres de la direction, etc.

1.1 SECTION 2 : Synthèse des Travaux Empiriques


I/ Sur le plan microéconomique

Beaucoup se sont intéressés sur les relations entre la banque et son client en ce qui concerne l’accès au
financement. Pour eux les entreprises les moins rationnées sont celles ayant engagé des relations de long
terme avec leur banque. En effet, en réduisant les contraintes de liquidité dans l’économie, celles-ci
réduisent les incertitudes pesant sur les entreprises et contribuent ainsi à une certaine stabilité monétaire et
financière de l’ensemble du système économique

Des travaux contemporains s'interrogent sur les performances des différents systèmes financiers vis-à-vis des
choix d'investissement et de la croissance ( Levine (1971)). On distingue aujourd'hui deux type de système
financiers : les systèmes centrés sur les banques tels ceux de l'Allemagne et du Japon (plus précisément
appelés système de « house banks » où les relations entre banques et firme sont étroites et de long terme)
et, dans une moindre mesure celui de la finance, et ceux centrés sur les marchés tels que ceux des Etats
Unis et de la Grande Bretagne où la concurrence est forte et les relations entre prêteurs et firmes plus
distantes.

1/ La relation Banque- Entreprise


Pour Gaffard et Pollin (1988) l’idée selon laquelle cette relation devrait améliorer la disponibilité du crédit
aux entreprises a fait récemment l’objet d’un grand nombre de vérifications empiriques. Petersen et Rajan
(1994) montrent, sur des données concernant des PME américaines, que l’accès au crédit est d’autant plus
facile que la durée de la relation banque-entreprise est longue. Mais une étude récente vient cependant
nuancer ce résultat. À partir de la même base de données que celle utilisée par Petersen et Rajan mais
réactualisée, Cole (1998) montre qu’une banque a tendance à accorder plus facilement un crédit aux clients
ayant ouvert un compte chez elle mais il obtient que la durée de la relation ne soit pas un facteur explicatif
de la disponibilité du crédit.

Un résultat similaire à celui de Petersen et Rajan [1994] est obtenu dans le cas des PME allemandes par Harhoff
et Körting (1998) : ces deux auteurs montrent, en effet, que l’accès au crédit bancaire dépend positivement
de la durée de la relation banque-entreprise. Par ailleurs, à partir d’un échantillon d’entreprises japonaises
cotées, Weinstein et Yafeh (1998) montrent que des relations bancaires étroites améliorent la disponibilité
du crédit.

Angelini, Di Salvo et Ferri (1998) proposent des résultats plus fins concernant la dynamique des effets de cette
relation sur la disponibilité du crédit. Ils montrent que seules les entreprises (italiennes) en relation avec

33
leur banque depuis moins de 3 ans sont significativement plus contraintes que les autres dans leur accès au
crédit. Ce dernier résultat suggère que les informations générées par la relation banque-client sont
fondamentales au tout début de la relation alors qu’elles tendent à devenir moins importantes par la suite.
Ce résultat est d’ailleurs cohérent avec les résultats de Cole (1998) qui montre que la longueur de la relation
n’exerce plus d’effet sur la disponibilité du crédit après la première année. Ainsi, les relations pourraient-
elles générer des informations importantes les premières années (ce qui expliquerait l’existence de
contraintes de liquidité fortes sur les entreprises en relation avec leur banque depuis moins de 3 ans), puis
voir leur valeur diminuer sensiblement (ce qui expliquerait l’absence d’effet sur la disponibilité du crédit
pour les firmes en relation avec leur banque depuis plus de 3 ans).

2/ Le Cout du Crédit :
Dans une autre optique d’autre étude se sont centrées sur le coût du crédit mais les résultats sont moins probants
que pour la disponibilité du crédit. Ainsi, Petersen et Rajan (1994) trouvent, à partir de données sur des
PME américaines, que la durée de la relation banque-entreprise n’a pas d’influence significative sur le coût
du crédit bancaire. En partant des mêmes données, mais en restreignant l’analyse aux seules lignes de crédit,
Berger et Udell (1995) obtiennent cependant un résultat contraire, à savoir que ces relations tendent à
réduire le coût du crédit. Toujours pour les Etats-Unis, Blackwell et Winters (1997) observent une relation
inverse entre ces relations et taux d’intérêt, concluant que de telles relations sont bénéfiques aux entreprises
de leur échantillon puisqu’elles leur permettent de réduire sensiblement le coût de leurs crédits bancaires.

En ce qui concerne l’Allemagne, Elsas et Krahnen (1998) n’obtiennent pas d’effet significatif de ses relations
sur le coût du crédit. Toujours pour l’Allemagne, Harhoff et Körting [1998] présentent des résultats plus
ambigus. Ils montrent que la durée de la relation n’a pas d’impact sur le taux des lignes de crédit, mais que
la variable qualitative mesurant l’ « intensité » de la relation, a un impact significatif sur ce taux : les
entreprises considérant que leur relation avec leur banque est une relation de confiance obtiennent (toutes
choses égales par ailleurs) des conditions de financement plus favorables.

Sur des données italiennes, Angelini, Di Salvo et Ferri (1998) trouvent, quant à eux, que le coût du crédit croît
avec la durée de la relation. Un résultat opposé est cependant obtenu par D’Auria, Foglia et Marullo-Reedtz
(1999) ; ces auteurs montrent, sur la base de données qualitatives concernant les relations entre les banques
et les entreprises italiennes, qu’une relation étroite avec une banque principale permet aux entreprises
italiennes de payer des taux d’intérêt plus faibles. À partir de données sur les prêts bancaires aux petites
entreprises belges, Degryse et Van Cayseele (2000) mettent en évidence une relation positive entre taux
d’intérêt sur les crédits bancaires et durée de la relation banque-entreprise. Par contre, ils montrent que les
taux d’intérêt dépendent négativement de l’ « intensité » de la relation. Selon Degryse et Van Cayseele, la
durée et l’ « épaisseur » des relations ont donc des effets opposés sur le coût du crédit, l’ « intensité » jouant
d’ailleurs de manière plus forte.

Dans le même ordre d’idées mais sans entrer explicitement dans la problématique des barrières à l’entrée, Boot
et Thakor (2000) expliquent que les relations de clientèle peuvent protéger les banques face à la
concurrence, l’ « investissement » dans les relations étant une variable stratégique des banques. Ils montrent
que la réponse optimale d’une banque à une concurrence accrue est d’augmenter la part de ses activités de
clientèle (prêts aux entreprises, etc.) par rapport à ses activités de transaction (« transaction Banking »).
Ainsi, les relations de clientèle s’intensifient « en quantité ». Boot et Thakor montrent cependant que les

34
banques ont également tendance à investir moins dans la « qualité » des relations dont la valeur (pour les
emprunteurs) tend à décroître. Stratégiquement, les banques auraient donc tendance à réagir à une
concurrence accrue en augmentant la part de leurs activités de clientèle mais en réduisant leurs
investissements dans la qualité des relations avec les entreprises.
3/ Limite de la relation Banque- Entreprise
En premier lieu, Eber (1999) s’intéresse au problème spécifique du contrôle bancaire. D’un côté, on a vu que
les relations permettent de réduire les coûts de contrôle. D’un autre côté, elles tendent à réduire l’efficacité
des banques dans la sélection des projets, en privilégiant systématiquement les anciens clients, ce qui peut
entraîner une augmentation du risque moyen de leur portefeuille de prêts et finalement, une hausse (en
moyenne) des coûts de contrôle. L’effet final des relations sur l’efficience des banques est donc clairement
un problème empirique. À partir de données bancaires françaises, Eber (1999, chapitre 2) montre que le
financement long a tendance à réduire les coûts bancaires mais que cet effet est relativement faible.

Les différentes approches de l’économétrie de l’investissement se heurtent aux problèmes de la prise en


compte des contraintes financières qui empêchent les entreprises autant qu’elles souhaitent. Mais durant les
années quatre-vingt, la séparation entre sphère réelle et sphère financière tend à s’atténuer. Ceci du au
développement d’une vaste littérature théorique et empirique traitant l’impact des contraintes financières
sur le comportement des entreprises en matière d’investissement. Le travail de Fazzari Hubbard et
Petersen(1988) consiste le point de départ de cette littérature empirique basée explicitement sur les
conditions théoriques traitant l’asymétrique d’information et son impact sur l’existence de contraintes
financières.

Selon ces auteurs, les entreprises les plus susceptibles d’être contraintes dans leurs financement externe sont
de petites taille et jeune. Ces entreprises sont en effet eues peu de temps pour se faire connaitre auprès des
banques et établir des relations de confiances avec ces derniers.

La seconde approche empirique de l’effet des relations sur l’efficience bancaire est proposée par Berlin et
Mester (1998) ; cette étude se focalise sur la question du lissage des taux d’intérêt par les relations de long
terme. Les auteurs partent de l’idée qu’un rôle majeur des relations de long terme est de garantir aux
emprunteurs un lissage des taux d’intérêt en réponse à divers types de chocs (notamment les chocs sur le
risque de crédit de l’emprunteur ou les chocs liés à l’évolution des taux d’intérêt du marché). D’un côté, le
lissage des taux d’intérêt génère, pour la banque, des coûts supplémentaires (notamment des coûts de
contrôle et des coûts de couverture) ; Berlin et Mester parlent de « inefficient pricing hypothesis » : selon
cette hypothèse, les banques privilégiant les relations de long terme (c.-à-d. le lissage des taux d’intérêt
offerts à leurs clients) devraient être moins efficientes et connaître des profits plus faibles. D’un autre côté,
le lissage des taux d’intérêt, peut résulter d’un contrat optimal passé entre la banque et l’emprunteur, contrat
qui améliore la situation des deux parties ; Berlin et Mester parlent de « efficient contract hypothesis » :
selon cette hypothèse, les banques privilégiant les relations de long terme (le lissage des taux) devraient
s’avérer plus efficientes que les autres.

35
II/Sur le plan macroéconomique
Même si certains articles décrits dans le sous-section précédente ont mis en évidence la fragilité de la relation
entre finance et croissance dans les pays caractérisés par une forte volatilité macroéconomique, ils n’ont
pas remis en question le consensus de base selon lequel la finance est positivement corrélée avec la
croissance pendant la période calme ou dans les pays dotés de bonnes institution et de politique
macroéconomique. Cependant, une série d’articles rédigés après la crise mondiale ne constatent que la
corrélation entre ressources financier et croissance économique susceptible de disparaitre même pour les
pays dotés de bonne politique et institution.
1/Relation entre finance et croissance

Pour donner un contenu empirique a cette idée ; trois positions différentes dans la littérature semblent marquer
le rapport entre système financier et croissance économique.
D’abord certains auteurs pensent que le système financier a un impact positif sur la croissance économique.
En effet, Baghot en 1973 et Hicks en 1969 montrent le rôle critique qu’à jouer le système financier dans
l’essor de l’industrialisation en facilitant la mobilisation du capital. Schumpeter quant à lui souligne que
lorsque les banques fonctionnent bien, elles encouragent l’innovation technologique en identifiant et en
finançant les entrepreneurs avec un grand potentiel innovateur. Greenwood et Smith (1997) montrent quant
à eux qu’un marché boursier développé peut réduire le cout de la mobilisation de l’épargne et de cette façon
facilite l’investissement productif. Des travaux plus récents vont dans le même sens en montrant que le
développement des structures financier comme la liquidité des marchés boursiers est liée à une croissance
économique élevée selon Rousseau et wachel (2000).

Rousseau et wachel (2011) en évoquant le comportement d’investissement des grandes entreprises observent
que l’hypothèse d’une corrélation positive entre la finance et la croissance avancée dans les études
précédente se révèle solide face aux données les plus récentes. En prenant en compte des données
transversales et des estimations de panel, ils s’aperçoivent notamment que les crédits au secteur privé n’a
aucun effet statistiquement significatif sur la croissance du PIB pour la régression qui incluent la période
après (2000). Rousseau et wachel(2011) suggèrent que cet effet de disparition pourrait être du a une critique
formulée par Lucas : « le développement financier s’accompagne d’une croissance seulement à condition
que les décideurs n’essayent pas exploiter cette relation ». Ils testent cette hypothèse en vérifiant si la
relation entre croissance et ressource financière disparait pendant de libéralisation financière, mais ils ne
trouvent aucun élément de preuve en ce sens. En effet, ils prennent en compte la fréquence des crises
financières. Leurs estimations suggèrent que l’effet de disparition pourrait être dû aux crises financières qui
sont souvent associées à un développement financier rapide.

Arcand et al (2012) cherchent à déterminer si ces rendements décroissants peuvent devenir négatifs. Ils
utilisent différents types de données et déterminateurs pour la MOC afin de vérifier le non monotonie de la
relation entre le développement financier et la croissance économique. Ils observent que l’effet marginal
du développement financier sur la croissance du PIB devient négatif lorsque le crédit au secteur privé atteint
100% du PIB. Ils n’excluent pas les canaux par lesquels un secteur financier important pourrait réduit la
croissance du PIB. Toutefois, ils montent que leurs résultats ne sont pas une pure conséquence de la
mauvaise qualité des institutions de la volatilité macroéconomique ou de l’instabilité financière.

36
L’effet de disparition peut aussi s’expliquer par l’hétérogénéité des crédits. Tandis que les modèles théorique
tendent à étudier le comportement des entreprises ayant besoins des ressources externes pour le financer
les investissements ou leurs fonds de roulement, la littérature empirique sur la finance et la croissance s’est
concentrée sur des indicateurs associant les crédits au ménages et les crédits aux entreprises. Beck et al
(2012) établissent un nouvel ensemble de données sur la composition du crédit dans un modèle standard de
régression de la croissance, ces auteurs montrent qu’il existe une étroite corrélation entre me crédit au
ménage et la croissance économique.
Lavens et al (2013) en introduisant l’innovation financière dans un modèle schumpetérien et montrent que ce
dernière agit sur la vitesse à laquelle un pays donné converge vers la frontière économique mondiale. En
utilisant leur modèle avec des données, Lavens et al (2013) se servent du pourcentage d’année entre 1960-
1990 durant lesquelles un pays dispose d’un bureau de crédit privé comme approximation de l’innovation
financière. Selon eux, la présence de ce dernier constitue un bon paramètre pour leur modèle qui souligne
l’importance des informations pour déterminer l’attribution du crédit. Leurs résultats basées sur un
échantillon représentatif de 56 pays pour la période de 1960-1995, confirme que la présence de registre de
crédit privé est associée à une vitesse de convergence plus rapide. Ils observent également que lorsqu’ils
prennent en compte l’innovation financière, le niveau de développement financier n’a pas d’effet
significatif sur une croissance stable.

2/développement financier et croissance économique


Le financement de l’investissement se fait le plus souvent en ayant recours aux crédits bancaires. En Afrique,
les difficultés de collecter de l’épargne aussi bien les canaux formels que les canaux informels, doublée du
faible niveau d’intermédiation financière font en sorte que les marchés sont de plus en plus regardés comme
un créneau susceptible de donner un nouveau souffle aux entreprises.

Les recherches empiriques et théoriques les plus marquantes entre le développement financier et la croissance
économique sont les travaux de Rose Levine et Robert King (1993) qui ont traduit un modèle de croissance
endogène dans lequel ils ont voulu déterminer comment le système financier peut effectuer la croissance
économique. Bertheleny et Varandakis (1998) ont à leur tour examiné la contribution du développement
financier à la croissance économique en utilisant des données panel. Ils ont considérés 82 pays sur la période
de 1960-1990. Ces deux auteurs utilisent comme variable explicative le taux de croissance comme il a été
utilisé par Mankin, Ramer et Weil (1992). Ils montrent que le développement financier ne semble pas
influencer le comportement d’investissement.

Beck, Levine et Loyaza (2000) ont utilisé la méthode dynamique pour tester l’impact du développement
financier sur le développement économique, la croissance de la productivité, l’accumulation du capital et
l’épargne privée sur un échantillon composé de 74 pays durant la période (1960-1995). Les auteurs ont
trouvé une corrélation positive entre l’approfondissement financier et la croissance économique. En
utilisant une méthode différente, l’analyse de Christopoulos et Tsionas (2004) semble confirmer les
résultats précédents. Sur un échantillon réduit de 10 pays en développement durant la période de (1970-
2000), ils procèdent à une analyse de cointégration en panel. Leurs résultats plaident en faveur d’une
causalité allant en longue période du développement financier à la croissance économique et en faveur de
l’absence de relation de court terme entre les deux phénomènes.

37
Rioja et Valv (2004) trouvent que le développement financier affecte la croissance économique dans les pays
à faible revenu par le biais de l’accumulation du capital, tandis que dans les pays à revenu élevé, le canal
de transition est la production du capital.

Toutefois le solide lien empirique entre le développement financier et la croissance économique est remise en
cause dans certaines études.

Andersen et Tarp (2003) montrent que la relation positive entre le développement financier et le taux de
croissance du PIB, mise en lumière par Levin, Louza et Beck (2000) ne se vérifie plus lorsque l’on restreint
leur échantillon. Ils soulignent aussi que les études sur les données temporelles propres à un pays ne mettent
pas clairement en lumière une causalité allant du développement financier à la croissance économique.
3/ financement bancaire et croissance économique

Yumgue (2007) fait une étude sur les entreprises camerounaises et parvient à la conclusion selon laquelle, les
PME ne bénéficient que des crédits à court terme lorsqu’elles font recours à un financement bancaire.
L’auteur justifie cette situation par le fait que les tontines et les réseaux sociaux jouent un rôle très important
dans l’apport en capitaux des PME.

Salhi (2011) en utilisant les données par la MCO il obtient une corrélation positive entre les indicateurs de
développement financier et la croissance économique cette relation de long terme qui existe entre sphère
financier et sphère réelle peut être expliquée par la forte positivité de coefficient de corrélation de
l’indicateur financier (p63).
Silivestu (2012) met en évidence la problématique du financement des bancaire des PME romaines sur la
période de 2007 à 2011. Selon cette étude, plus de 80% des PME romaine s’autofinance ou font recours au
financement bancaire dans le cadre de leurs activités. L’auteur évoque que l’accès des PME au crédit
bancaire demeures un problème en romaine et cela peut être justifié par le problème asymétrique
d’information, la pratique des taux d’intérêt.

Armand Guilbert (2016) en analysant influence du crédit bancaire sur la croissance économique à partir des
données de source secondaire en série temporelles durant la période de 1980 à 2014 par la méthode des
moindres carrés généralisés. Les résultats obtenues ont montré que le taux de bancarisation agit
positivement sur la croissance économique c’est ta dire sur l’investissement de ces pays sur un modelé
dynamique.

Rerrah et Boukrif (2016) en évaluant l’impact du crédit bancaire sur la croissance des entreprises privées sur
un échantillon de 52 PME algérienne ont obtenus comme résultat que l’impact du crédit bancaire est non
significatif sur la croissance des entreprises. Ce résultat nous permet de constater que ce n’est pas
nécessairement l’accès au crédit bancaire qui excite la croissance de l’emploi des entreprises. En effet si le
crédit permet d’améliorer le développement des entreprises, l’accès de ces derniers au crédit à long terme
reste limité par un certains nombres de contraintes.

D’autre part ces auteurs montrent dans un document intitulé relation entre la conjoncture économique et le
système bancaire en (2018)en se basant sur des indicateurs macroéconomique et financier par la méthode
MCO que la conjoncture économique et le système bancaire sont liées par des relations de causalité de
granger au sens unique à court terme.

38
CHAPITRE III : ANALYSE EMPERIQUE DE L’IMPACT DU SECTEUR
BANCAIRE SUR L’INVESTISSEMENT PRIVE
Cette dernière partie de notre travail va aborder l'estimation empirique de l’impact du secteur bancaire sur
l’investissement privé au Sénégal. Nous allons dans une première section présenter le modèle et les résultats
de son estimation. Dans une seconde section, nous analyserons les résultats obtenus puis présenterons
quelques recommandations de politiques économiques dans le but de relancer l'investissement privé au
Sénégal.

SECTION 1 : Méthodologie de l’étude


I / Spécification du modèle
Ainsi, afin de répondre à la question de l’effet des conditions de financement bancaire sur l’investissement
privé, ce travail s’inspire du modèle de Dia Kamgnr et Touma Mama 2001. L’estimation par les ECM
(Méthode a Correction d’Erreur) sera utilisée pour atteindre nos objectifs de recherche. Ainsi pouvons-nous
identifier les facteurs sur lesquels ils fondent leurs décisions d'accumulation à court terme et à long terme.
Après avoir identifié les variables exogènes qui ont un meilleur pouvoir explicatif, nous vérifierons les
conditions d'utilisation d'un tel type de modèle avant de passer à l'estimation proprement parlée.

Afin d'avoir des résultats robustes, il est donc nécessaire d'élaborer un certain nombre de tests statistiques
préliminaires. Le protocole de tests adopté comprend le test de stationnarité, le test de cointégration, le test
modèle à correction d’erreur et le test de causalité.
Le modèle pour l'évaluation de l’impact du secteur bancaire sur l’investissement privé au Sénégal est dès lors
développé en termes des équations suivantes.

Log(TXINVPR)=β1+β2log(PIBR)t+β3log(TXlNVPUB)t+β4log(CREDSP)t +β5log(TXINTR)t +
β6log(NIC)t Ƹt

1/Présentation des variables


Taux d’investissement privé en % du PIB : On parle de taux d’investissement brut des entreprises dans le
secteur privé. Ce ratio financier indique la part de la valeur ajoutée brute utilisée pour les investissements.
Il s’agit de la formation brute de capital fixe (FBCF) exprimée en pourcentage du PIB créée au cours du
processus de production. Pour les entreprises, la FBCF compte les acquisitions diminuées des cessions des
actifs tangibles (immeubles, véhicules,..) ou intangibles (logiciels).
LE PIB : est considéré comme meilleur indicateur synthétique qui permet de mesurer la richesse crée par un
pays. Il est calculé à partir des données issues des comptes nationaux et de la comptabilité nationale.

Le taux d’investissement public en % du PIB d’un pays est un ratio qui indique la formation brute de capital
fixe de tous les agents économiques (gouvernement, entreprises, ménages) exprimée en pourcentage du
PIB. Pour un pays, la FBCF est la somme des investissements matériels et logiciels réalisés pendant un an
dans ce pays.

Les crédits bancaires accordés au secteur privé par les banques en % du PIB
Cet indicateur mesure l’importance des banques dans le financement du secteur privé. Il apparait comme étant
le meilleur indicateur qui reflète l’état de développement bancaire et sa participation au financement de

39
l’activité privée. Il est utilisé pour la première fois par LEVINE et ZEVROS en(1998) et la seconde fois
par BECK et Al en(1999).
Le taux d'intérêt reel : Le taux d’intérêt réel est égal au taux d'intérêt affiché sous déduction
Le niveau incertitude : elle est considérée comme une dispersion et fait appel à des notions statistiques. Il est
égal à l’écart type des termes de change.
2/Source des données
Les données utilisées dans notre travail de recherche comme le PIB a prix constant, le taux investissement
public nous proviennent de la banque mondiale et le crédit accordé au secteur privé par les banques, le taux
intérêt réel, et le niveau d’incertitude de la Banque Centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (BCAO) mais
aussi par des calculs faites par nous-même sur la période de 1990 à 2017.

3/Les conditions d'utilisation de L'ECM

Pour établir la relation qui existe entre le système bancaire et l’investissement privé au Sénégal, il est
primordial de procéder à deux tests préliminaires. En effet, pour éviter toute régression fallacieuse, il est
impératif de se rassurer de la stationnarité des variables et de leur degré d’intégration. En cas de relation de
cointégration entre les variables prises deux à deux, il est également nécessaire d’estimer un modèle à
correction d’erreur destiné, comme son nom l’indique, à corriger le biais d’estimation induit par la
cointégration. Cette méthode a l’avantage de déterminer directement le sens de causalité entre variables
mais aussi elle renseigne si cette causalité est unidirectionnelle ou bidirectionnelle.

3-1/Test de stationnarité
La spécification d'un modèle nécessite le plus souvent que les variables soient stationnaires, pour éviter le
risque de régressions fallacieuses. Il existe plusieurs tests statistiques pour déterminer l'ordre d'intégration
des séries. C'est pour cette raison que cette étude utilise le test usuel de racine unitaire de Dickey-Fuller
Augmenté (ADF). Ce test prend en compte uniquement la présence d'autocorrélation dans les séries. Il est
basé sur les modèles :

3-2/ Ordre d’intégration des séries


La détermination de l’ordre d’intégration nécessite l’utilisation des tests de la racine unitaire. Pour cela, on
estime le modèle suivant en se basant sur l’application des procédures de tests Augmented Dickey- fuller
(ADF).

3-3/Estimation par la méthode de cointégration


Cette méthode n’est appropriée que si les variables testés dans la première étape sont intégrés d’ordre1. La
cointégration signifie en fait l’existence d’une ou des relations d’équilibre à long terme. Elle est caractérisée
par la possibilité de réaliser une tendance commune de long terme d’une ou de plusieurs séries non
stationnaire. A ce niveau, on peut citer la méthode d’Engle et Granger (1987) qu’est une procédure
d’estimation en deux étapes basée sur la méthode des moindres carrés ordinaires et sur la stationnarité des
résidus obten.
II/Présentation des résultats

40
1/Test de normalité de jarque-Bera
Les de normalité n'est rejetée que dans les cas du taux d’intérêt réel et du niveau incertitude. Toutes les autres
séries considérées peuvent être considérées comme normales. En outre, les restent assez faibles dans tous
les cas. Mais, qu'en est-elle de la stationnarité de ces séries ?

2) Test de stationnarité
On dit qu’un processus est stationnaire lorsque tous ses moments sont indépendants du temps. Dans ce cas,
tout choc tendant à l’éloigner de sa moyenne déclenchera des mécanismes le ramenant tendanciellement
vers sa valeur moyenne. La stationnarité des variables représente une solide garantie contre les régressions
fallacieuses et non cohérentes.

Les variables testées sont les suivantes : le taux d’investissement privé(PIB) (txinvpr), le produit intérieur brut
au prix du marché (PIB), les crédits fourni au secteur privé par les banques (CRSP) le taux intérêt réel
(TXIR) et Le taux investissement public (PIB) (txinvpub) et le niveau incertitude (NIC).

HYPOTHESE

H0 : les variables ne sont pas stationnaires

H1 : les variables sont stationnaires

Les tableaux ci-dessous présentent les résultats des tests ADF des variables. Ces tests conduisent à rejeter
l’hypothèse nulle d’existence d’une racine unitaire au seuil de 1%, 5% et 10% pour toutes les séries analysé

Tableau 2 : les résultats des tests ADF de racine unitaire sur les variables
VARIABLE ADF(0) Niveau Différence 1ere ADF(1) Ordre
d’intég
(1) (2) (3) (1) (2) (3) ration
Dlog(TXINVPR) -3.689 -2.971 -2.625 -3.699* -2.976** -2.627*** -5.362 I(1)
Dlog(PIB) -2.698 -4.323 - 3.580 -3.225 -4.339* -3.587** -3.229*** -18.03 I(1)
Dlog(TXINVPUB 0.337 -2.650 -1.953 -1.609 -2.653* -1.953** -1.609*** -6.577 I(1)
)
Dlog(CRSP) -0.196 -3.689 -2.971 -2.625 -3.699* -2.976** -2.627*** -4.542 I(1)
Dlog(NIC) -2.772 -4.323 -3.580 -3.225 -4.339* -3.587** -3.229*** -4.885 I(1)

Dlog(TXIR) -2.057 -3.737 -2.991 -2.635 -3.724* -2.986** -2.632*** -6.767 I(1)
Source : confectionné sur base des résultats obtenus par le logiciel E-views 7.1

D`après ce tableau, il y a lieu de constater que pour des degrés de signification de 95%, les variables sont non
stationnaires en niveau. Afin de les rendre stationnaires, on procède à leur différenciation première.
L`application du test de racine unitaire (ADF) en différence première des variable nous a permis de
constater que les valeurs calculées de la statistique ADF sont presque toutes inférieures aux valeurs critiques
d’où l’hypothèse nulle est rejetée au seuil de 1%, 5% et 10%. Les variables deviennent donc stationnaires
en différence première.

41
En ce qui concerne l’ordre d’intégration des séries, les valeurs obtenues avec les différences premières
permettent de conclure, qu'elles sont intégrées d'ordre 1. On peut penser à l‘existence d'une relation de
cointégration entre elles.

3/ Test de cointégration
Dans l'étude des relations de cointégration, nous nous sommes intéressés naturellement aux variables
intervenant dans la spécification des équations de comportement.
La méthode de sélection de relation de cointégration que nous avons retenue, est celle de Johannsen (1992).
H0 : les variables ne sont pas cointégrées
H1 : les variables sont cointégrées

None * 0.866743 133.7190 83.93712 0.0000


At most 1 * 0.728177 79.30108 60.06141 0.0005
At most 2 * 0.542625 44.13073 40.17493 0.0190
At most 3 0.460554 23.00997 24.27596 0.0716
At most 4 0.205896 6.345221 12.32090 0.3952
At most 5 0.004458 0.120627 4.129906 0.7748

Le test de Johansen appliqué sur les variables révèle l’existence de six (6) relations de Cointégration. En effet
les résultats ci-dessus ont montré que des relations de cointégration existent entre les variables auxquelles
nous nous sommes intéressées (133.71>83.93) au seuil de 5% , ce qui nous permet d’utiliser un modèle à
<<<<<

correction d’erreur (MCE).


L’avantage d’utiliser un modèle à correction d’erreur est qu’il permet d’avoir les effets des différentes
variables à court et à long termes. Ce qui permet de faire une analyse bien pointue.
4/Estimation par la méthode des MCO les paramètres du modèle à CE de type Engel et Granger
Ce modèle présente une propriété remarquable qui a été démontrée par Granger en 1983. Un ensemble de
variables cointégrées peut être mis sous forme d’un modèle à correction d’erreur dont toutes les variables
sont stationnaires et dont les coefficients peuvent être estimés. Il existe deux MCE parmi lesquels le modèle
a deux étapes d’Engle et Granger.
1ère étape : estimons la relation de LT par la méthode des MCO
TXINVPR =β1+β2(PIBR)t +β3(TXlNVPUB)t +β4(CRSP)t +β5(TXINR)t + β6(NIC)t +Ƹt
(1)
L’estimation du modèle est donnée par le tableau suivant :

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

C 4.786979 1.552889 3.082629 0.0053


LOG(PIB) 0.001810 0.000307 5.889361 0.0000
LOG(TXINVPUB) -1.419424 0.265772 -5.340756 0.0000
LOG(CRSP) -0.200281 0.096365 -2.078373 0.0490
LOG(TXIR) -0.212270 0.142449 -1.490151 0.1498
LOG(NIC) -0.128105 0.082910 -1.545109 0.1360

42
TXINVPR = 4.786 + 0.001log(PIB) - 1.419log(TXINVPUB)- 0.20log (CRSP)-0.212log(TXIR) -
0.12log(NIC)
2ème étape : Estimons la relation du modèle dynamique de CT par la méthode des MCO

Dlog(TXINVPR) =β1+β2logD(PIBR)t +β3Dlog(TXlNVPUB)t +β4Dlog(CREDSP)t + β5Dlog(TXIR) +


β6Dlog(NIC)t +β7(Ƹt-1) + 𝜇t (2)
L’estimation du modèle est donnée comme suit voir

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

C 0.088861 0.501543 0.177175 0.8611


Dlog(PIB) 0.001293 0.000866 1.492312 0.1505
Dlog(TXINVPUB) -1.026436 0.470582 -2.181207 0.0407
Dlog(CRSP) -0.252736 0.202669 -1.247039 0.2261
Dlog(TXIR) -0.147068 0.090414 -1.626614 0.1187
Dlog(NIC) -0.156506 0.092370 -1.694341 0.1050
RESIDU(-1) -0.478495 0.189575 -2.524040 0.0197

Β6= -0,478est le coefficient de correction d’erreur


On constate que le coefficient associé à la force de rappel est négatif (-0,478) et significativement différent de
0 au seuil de 5% car prob(t-stat)=0.019<0.05 donc le modèle à CE de type Engle-Granger est valable.
Le modèle étant ainsi estimé, nous allons à présent, dans la section qui suit, procéder à une interprétation des
résultats.
5/Causalité des variables
Pour déterminer le sens de causalité entre le secteur bancaire et l’investissement privé, nous avons utilisé le
test de causalité de Granger. En effet ce test peut mettre en évidence plusieurs cas de figure : une causalité
de l’une des variables vers l’autre, sans que l’inverse soit vrai (causalité unidirectionnelle), une causalité
dans les deux sens (bidirectionnelle) ou pas de causalité.
Le tableau suivant regroupe les résultats concernant la causalité au sens de Granger entre les variables
TXINVPR et CRSP
Tableau 3 : résultats du test de causalité

Hypothèse F-Statistique Probabilité


CRSP cause TXINVPR 0.670 0.521
TXINVPR ne cause pas CRSP 0.238 0.790
L’hypothèse de causalité est rejetée pour toutes probabilités critiques 1%, 5%, 10%

SECTION2: Interprétation des résultats


Cette section fera l’objet d’interprétation des résultats obtenus à l’issu des estimations de nos modèles mais
également de formulation de recommandations de politique économique.
I/ Discutions des résultats interprétation

43
Pour que le modèle à correction d’erreur soit valide le coefficient de correction d’’erreur (force de rappel à
l’équilibre) doit être négatif et significativement différent de zéro.

Pour notre équation le coefficient de correction d’erreur est négatifs et égal à -0,478et donc significativement
différents de zéro au seuil de 10% .Il existe donc un mécanisme de correction d’erreur.

1/Test de significativité des variables


Dans le modèle de long terme toutes les variables sont significatives, alors qu’à court terme les variables qui
expliquent de manière significative l’investissement privé seul le niveau incertitude est significatif. Par
ailleurs les deux relations estimées sont globalement significatives car les valeurs de prob(Fstat) (0.0002 et
0.005) sont toutes inférieures à 5%.

La valeur du coefficient de détermination R² renseigne sur le pouvoir explicatif de l’ensemble des valeurs
exogènes. A court terme, elles expliquent 55.2% des décisions de l’investissement privé ; à long terme,
62.6% de la variation du taux investissement privé expliquée par le modèle.
Test de normalité des erreurs
H0 : les erreurs suivent une loi normale
H1 : les erreurs ne suivent pas une loi normale

Les erreurs suivent une loi normale à long et court terme car les prob (0.5 et 0.6) sont tous supérieurs à 10%.
Voir annexe ()
2/ Test de corrélation des erreurs
H0 : les erreurs ne sont pas corrélées
H1 : les erreurs sont corrélées

Concernant le test de Godfrey qui renseigne sur la corrélation ou non des erreurs, au seuil de 10%, à long
terme nous acceptons l’hypothèse d’existence de corrélation des erreurs car la probabilité (0.05%) est
inférieure à 5% et alors qu’à court terme on note
L’absence de corrélation des erreurs car les probabilités (0.4) est supérieure à 5%
(Voir annexes3).

3/ Test d’homocèdasticité
H0 : les erreurs sont homocédéstiques
H1 : les erreurs sont hétérocédastiques

Pour vérifier l’homocédasticité des erreurs, nous avons effectué le test d’ARCH. Les résultats montrent que
les erreurs sont homocédastiques car toutes les deux probabilités (à court terme et à long terme) sont
supérieures à 5 % (voir annexes4). Les erreurs sont donc non corrélées et homocédastiques et les MCO
deviennent optimales

44
Les probabilités critiques associées au test de FISHER sont supérieures à 5 %, ce qui nous emmène à conclure
que les deux modèles ne sont globalement pas significatifs au seuil de 5 % (voir estimation des modèles).

4/ Test spécification du modèle


Concernant l’étude de la spécification des modèles, nous avons effectué le test de spécification de RAMSEY
H0 : le modèle est bien spécifié
H1 : le modèle est mal spécifié

. Les résultats montrent que les deux probabilités courtes terme et long terme sont supérieurs à 5 %, ce qui
témoigne que les deux modèles sont effectivement bien spécifiés (voir annexes).

Pour s’assurer de la stabilité des coefficients, le test (« récursive coefficients ») a été effectué. Ce dernier
montre que tous les coefficients sont stables (voir annexes).

5/ Test stabilité des paramètres


La stabilité des modèles a été étudiée à travers le test de CUSUM et CUSUM carré. Ces tests montrent
qu’aucune des courbes ne coupe le corridor (voir annexes 7). Ce qui signifie que les deux modèles à
correction d’erreur sont conjoncturellement et structurellement stables.

II. Interprétations économiques et vérification des hypothèses de recherche


Nous allons à présent passer à l'analyse économique des différentes relations empiriques entre l'accumulation
privée et ses déterminants, à la lumière des résultats de nos estimations.

1/ Relation taux investissement privé - PIB réel


L'estimation indique un lien positif entre le niveau de l'activité générale (PIB) et le taux d'investissement privé.

A court terme une augmentation de 10% du PIB entraine une évolution de 0.01% du taux d’investissement
privé. Mais l’augmentation de ce dernier ne nécessite pas l’augmentation stock de capital à moins que les
firmes disposent des capacités de production inutilisées ce qui entraine une augmentation de leur main
d’œuvre d’où une hausse du PIB ne sera pas accompagnée par une hausse du taux d’investissement car
son poids dans le PIB est faible.

En long terme une augmentation de 10% du PIB entraine une hausse de 0.02% du taux investissement privé.
Cela peut s’expliquer par le fait que l’augmentation de ce dernier permet stimuler la production des facteurs
de production qui nécessite indéniablement un développement stock de capital ce qui explique l’effet
significativement positif de la variable du PIB sur le taux investissement privé.

Nous pouvons retenir le PIB impact positivement sur le taux investissement privé mais seule la relation de
long terme demeure significative.

2/ Relation entre taux investissement privé – taux investissement public


Le taux d’investissement public est associé à des variables négatives (-1.026) à court terme et (-1.419) à long
terme. Ces variables sont significatives au seuil de 5%. Autrement dit une hausse de 1% du taux
d’investissement public entraine une baisse de 1.02% du taux d’investissement privé en court terme et une

45
baisse de 1.41% du taux d’investissement privé à long terme.. L’investissement public agit donc
négativement sur l’investissement privé mais toutefois l’effet de long terme l’emporte sur le court terme

Cette relation inverse peut s’expliquer en termes d’effet d’éviction, en effet le déficit budgétaire ainsi que son
mode de financement peuvent contribuer à cet effet. Nous pouvons en déduire que l’éviction financière et
l’éviction sur le marché d’occasion, que crée l’investissement public peuvent être effectives au Sénégal. Vu
la faiblesse relative des fonds souvent engagés par l’Etat du Sénégal dans le financement de
l’investissement privé.

D’autre part cela peut s’expliquer sur le choix des marchés publics qui se font de gré à gré. La passation des
marchés se fait selon des procédures qui ne privilégient pas l’efficacité et la capacité qui se traduit par une
utilisation inefficiente des ressources productives en particulier du secteur privé. Tout ceci est Causé par
la gestion hasardeuse du gouvernement sénégalais ainsi que de la corruption des travaux publics.

3/ Relation entre taux investissement privé – crédit au secteur privé par les banques
A court terme les crédits accordés au secteur privé n’exercent pas une influence significative. Une
augmentation de 1% du crédit au secteur privé par les banques provoque une diminution de 0.25% du taux
investissement privé. A long terme la relation est significative au seuil de 5% mais négative. Autrement dit
une hausse de 1% du crédit au secteur privé par les banques favorise une diminution de 0.20% du taux
investissement privé.

En outre on peut donc dire en définitive, d’après les résultats l’estimation que le volume de crédit bancaire
n’exerce aucun effet significatif sur l’accumulation privé. En outre le crédit au secteur privé par les banques
à court terme est faible car rare sont les investisseurs qui accepterons des crédits sur une petite période en
raison des circonstances bien définies.

4/ Relation entre taux investissement privé – taux intérêt reel


A court terme le taux intérêt réel est négatif et non significatif. Autrement dit une hausse de 1% du taux intérêt
réel entraine une diminution de 0.14% du taux d’investissement privé. A long terme le taux d’intérêt réel
est négatif et non significative. En d’autre terme une augmentation de 1% du taux d’intérêt réel conduit à
une baisse de 0.21% du taux d’investissement privé.

Ce qui veut dire que le cout du crédit n’agit pas, du moins de manière significatif sur la formation de capital
du secteur privé à cout et long terme.

Ceci vient confirmer notre hypothèse de recherche à savoir les conditions de financement bancaire (crédit
accordé au secteur privé et taux intérêt réel) exercent une influence non significative sur l’investissement
privé. Cela peut être expliqué par le fait que le secteur privé sénégalais est marqué par la prédominance des
activités dites informelle et des PME. Les institutions de crédits, particulièrement les banques, rechignent
généralement à financer leurs investissements du fait de l’asymétrie d’information et une manque de
sophistication sur les demandeurs de crédit. D’autre part le manque de garantie et de l’incertitude qui
caractérisent leurs activités.

Relation entre taux investissement privé- le Niveau d’incertitude

46
Les estimations font clairement ressortir un effet significativement négatif de l'incertitude sur la formation de
capital des firmes, à court terme comme à long terme: une réduction 1% de l'incertitude entraîne une
hausse de l'investissement privé (par exemple de 0.15% à court terme et 0.13% à long terme). Ce résultat
est à la fois conforme à notre hypothèse et à aux conclusions de la récente théorie des choix irréversibles:
lorsque le degré de perception de l'incertitude par les firmes est élevé, ces dernières retardent, voire
annulent leurs projets d'investissement.
L'environnement des affaires au Sénégal est essentiellement caractérisé par une Grande liberté syndicale qui
de nature à entraver l'activité des entreprises en particulier par les grèves; un système juridique très
imprévisible (des enquêtes qui n'arrivent pas à terme, comme les audits commandés par le gouvernement
dès l'avènement de l'alternance en 2000) et une certaine illisibilité des actions publiques, etc.
5/ Relation de causalité
L’utilisation de ce test était de détecter l’effet de la relation entre la variable du secteur bancaire et
l’investissement privé. Le questionnement auquel nous avons tenté de répondre se résume ainsi : est-ce que
le secteur bancaire cause l’investissement privé ? Ou est-ce que c’est l’investissement privé qui cause le
secteur bancaire ? Ou bien s’il y a un impact mutuel entre les deux ? Ou pas.

L’interprétation des résultats qui indique l’acceptation de l’hypothèse nulle dans deux les équations donc pas
de relation de causalité entre le secteur bancaire et l’investissement privé nous a permis de répondre à notre
deuxième hypothèse de recherche. L’effet non significatif du secteur bancaire sur l’investissement est alors
confirmé par le test de causalité au sens de Granger. Cela peut être expliqué par plusieurs facteurs, les
banquiers mettent l’accent sur les limites des entrepreneurs : manque de garanties, information peu fiable,
doutes concernant la rentabilité et la performance des PME et compétences faibles d’un bon nombre
d’entrepreneurs. Ces facteurs peuvent diminuer la capacité de remboursement des PME et découragent les
banquiers à octroyer des crédits aux PME. Quant aux PME, elles confirment rencontrer des problèmes
concernant l’enregistrement et l’évaluation des garanties, les formalités exigées par les banques, la longue
durée de traitement des dossiers, l’échéancier (court) des emprunts et les compétences limitées de certains
banquiers. Les difficultés propres à chaque partie font qu’il est difficile de trouver un terrain d’entente, ce
qui nuit à l’obtention de financement bancaire pour les PME.

Pour cette raison, entre autres, la relation entre le secteur bancaire et l’investissement privé n’est pas stable ou
homogène, son effet et son sens de causalité diffèrent selon la période étudiée.

SECTION3 : Recommandation
A la lumière des résultats de notre exercice de modélisation économétrique, nous pensons que les politiques
suivantes peuvent favoriser la relance de l'investissement privé et contribuer ainsi à la réalisation des
objectifs, afin que le secteur privé puisse jouer son rôle dans le processus de développement économique.

1/ Une amélioration du déficit


L’investissement public agit donc négativement sur l’investissement privé mais toutefois l’effet de long terme
l’emporte sur le court terme qui peut s’expliquer sur le choix des marchés publics qui se font de gré à gré.
C’est pour cette raison que l’Etat du Sénégal a mis en place ARMP (Autorité de Régulation des Marchés
Publics) qui a pour mission d’assurer la régulation du système de passation des marchés publics. Cette
mission de régulation a pour objet d’émettre des avis, propositions ou recommandations dans le cadre de la
définition des politiques et de l’assistance à l’élaboration de la réglementation en matière de marchés

47
publics.L’état doit améliorer la gestion de leur finance publique de façon à consacrer une bonne partie du
budget au financement de l’investissement privé. Il doit adopter une politique budgétaire expansionniste
pour influencer d’une manière favorable la conjoncture de l’économie.

2/ Un appui de financement des établissements financiers au secteur privé informel


L’évolution du nombre des établissements financiers affiche un net retard par rapport à celle des banques.
L’offre des établissements de crédit est certes diversifiée mais concerne essentiellement des prêts à court
terme. Les financements de campagnes agricoles ou le soutien aux grandes entreprises est davantage assuré
par la filière bancaire.
Les contraintes induites par l’environnement socio-économique et la structure même de l’économie
sénégalaise affectent directement les établissements bancaires du pays. Le système bancaire et financier se
heurte encore aujourd’hui à la méconnaissance des populations qui se méfient des banques vues comme
des institutions uniquement intéressées par le profit. Certains habitants encore trop nombreux préfèrent se
tourner vers le secteur informel. Les banques sont donc principalement rassemblées en milieu urbain. La
plupart des banques sénégalaises ont ainsi implanté leurs agences surtout autour de Dakar ainsi que d’autres
grandes villes comme Saint-Louis, Kaolack ou Thiès. Cette bancarisation ciblée s’est faite au détriment des
zones rurales très insuffisamment couvertes par les services bancaires.
Pour relever le niveau de bancarisation du pays, le Sénégal compte sur sa politique d’implantation de nouvelles
banques. Elle devrait à terme stimuler l’économie du pays en favorisant l’accès des habitants aux services
financiers, d’améliorer la croissance et de combattre la pauvreté.
Le Sénégal mise aussi sur l’essor du digital et de la téléphonie mobile qui devrait rapidement améliorer
l’adhésion au système financier et booster le niveau de bancarisation des ménages sénégalais. Le téléphone
portable représente ainsi un excellent outil pour le faciliter les transferts d’argent depuis un compte bancaire

3/ Une amélioration du climat des affaires


Les investisseurs sont très sensibles aux risques et incertitudes. Alors qu’ils doivent assurer l’ensemble des
fonctions nécessaires au développement du secteur privé. En effet ils doivent pouvoir trouver auprès du
secteur financier les ressources nécessaires à son fonctionnement sans difficulté majeur comme, le
recouvrement des créances, la fiscalité, l’insuffisance de la demande et la corruptiton. Ainsi l’instauration
d’un meilleur climat des affaires est de nature favorable. A cet effet le gouvernement du Sénégal met en
œuvre depuis 2013, le Programme de Réformes de l’Environnement des Affaires et de la Compétitivité
(PREAC) qui a instauré de nombreux reforme à savoir la réduction des taxes pour les sociétés qui
investissent, la dématérialisation des procédures douanières. Mais cela ne semble pas suffisant les
investisseurs ont besoin de sentir en securité.L’Etat doit trouver une méthode de les rassurer ou même de
les indemniser en cas de perte causé par une guerre ou de conflit armé. Afin d’amélioré son climat des
affaires pour promouvoir les investissements et favorise une croissance économique tirée du secteur privé.

4/ Amélioré le comportement des entrepreneurs

Les entrepreneurs auraient intérêt à mieux comprendre le fonctionnement du système bancaire. Les chefs
d’entreprise devraient comprendre l’importance pour les banquiers de disposer d’une information fiable,
complète et transparente pour octroyer du financement et en fixer les conditions. Ainsi, les dirigeants
devraient porter attention à la préparation des documents financiers et du plan d’affaires qu’ils déposent.

48
Conclusion
L’esprit qui a prévalu le long de ce travail était de montrer l’impact du secteur bancaire sur l’investissement
privé au Sénégal. Le rôle des PME est primordial dans toutes les économies. Leur contribution à la création
de la valeur et de l’emploi est significative. Cependant, Parmi les obstacles qui affectent leur rôle, on
distingue les contraintes de financements externes nécessaires pour combler les besoins opérationnels et
d’investissements. De ce fait, elles recourent excessivement au financement externe et exclusivement au
financement bancaire.

A partir de la revue de littérature sur le financement des PME et l’asymétrie d’information caractérisant la
relation banque-PME, il est clair que la banque met en place le rationnement de crédit sur la base de
plusieurs caractéristiques qu’elles soient liées à la PME. À cause de leur mission, les banques demandent
souvent plus d’informations et de garanties par rapport aux prêteurs informels. La relation usuelle existant
entre les PME et ces banques est un partenariat d’affaires. C’est pour ces raison, d’ailleurs que les banques
sont très réticentes en matière de financement vis à vis des PME et cela se manifeste par la demande d’une
multitude de documents constituant la demande du dossier de crédit, en plus du traitement de ce dernier qui
prend beaucoup de temps avant d’annoncer soit son admission soit son rejet et l’application des taux
d’intérêt élevés ainsi des exigences excessives en terme de garantie.

Pour vérifier nos hypothèses nous avons collecté les données qui sont de source secondaire, en provenance de
la publication annuelle de la Banque Mondiale, plus précisément dans «le livre des indicateurs mondiaux
de développement» et nous avons fait une étude économétrique qui a consisté à tester un modèle à partir
du logiciel EVIEWS. Le modèle testé est un modèle dynamique qui a subi un test de stationnarité pour voir
la significativité des variables. Par ailleurs, les résultats nous montrent que les conditions de financement
bancaire c’est-à-dire les crédits accordés au secteur privé par les banques et le taux intérêt des prêts a un
effet positif mais pas significatif sur l’investissement privé. Le secteur privé rencontre d'énormes difficultés
pour accéder au financement des banques. Ces dernières sont très sensibles au risque, et il faut dire que les
entreprises ne leur fournissent pas suffisamment de garantie quant à la rentabilité de leurs activités. Cela
explique sans doute le niveau relativement faible du financement bancaire. C’est dans ce sens que l’état a
mis en place la BNDE(Banque Nationale de Développement Economie) qui permettra aux PME de
participer d’avantage à relever le taux de croissance du PIB a 7% comme vise PSE(Plan Sénégal Emergent)
et cela en partenariat de certains nombre d’organisme comme le FONGIP(Fond de Garantie des
Investissements Prioritaires), le FSA et les autres fonds de garanties qui vont offrir leur garantie pour
couvrir les risques encourus dans le cadre du financement des PME ; le FONSIS(Fond de Souverain
d’Investissements Stratégiques) qui va intervenir dans le financement du haut de bilan des PME ou en
apport de quasi fonds propre. Ces structures d’appui aux PME accompagneront les porteurs de projet à
mieux structurer leur dossier de demande de financement et renforcer au besoin leurs capacités de gestion et
de pilotage de leurs activités. Mais aussi soutenir le secteur bancaire en couvrant partiellement le risque de
défaillance des PME et en contribuant à l’amélioration de l’offre de financement adoptée à leurs besoins.
En effet, l’Etat et ses démembrements et d’autres partenaires au développement seront mis à contribution
pour mobiliser des ressources longues à des conditions douces, afin de financer les PME à des taux se
situant autour de 8 à 9%. Nous pensons que cette stratégie est apte à apporter un début de solution à la
problématique du financement et va créer un effet d’amélioration auprès des autres banques. Mais au-delà
de ces innovations, il est important que les sénégalais soient plus motivés à la valorisation de la production
locale plutôt que d’importer les produit à l’extérieur. C'est la responsabilité à l’Etat d mettre en œuvre un

49
certain nombre de mécanismes qui permettent de renforcer la compétitive des PME, mais également
d’encourager les sénégalais d’investir dans le secteur de l’industrie.

Il faut aussi que les responsables des structures publiques comme le FONSIP et le FONSIS chargées du
financement et de l’accompagnement des PME au Sénégal, renforcent leur présence auprès des porteurs de
projets. Aujourd’hui, peu de responsables des PME sont informés de l’existence de ces structures, encore
moins de leurs missions. Elles ne bénéficient d’aucun conseil, encore moins de soutient. C’est ce qui
explique toutes leurs difficultés.

La création d’un climat général de confiance entre la banque et l’emprunteur sur la qualité et la disponibilité
des informations fournies par ces derniers sont des variables décisives pour l’obtention de crédit bancaire.
L’amélioration de l’asymétrie d’information est alors la base qui permet aux PME d’augmenter leur
réputation et de créer la confiance chez les banques. Le développement de la relation entre les PME et les
banques est considéré comme une solution pour diminuer l’asymétrie d’information entre ces deux parties.
. Lorsque cette relation est bien établie, cela permet non seulement de réduire l’asymétrie d’information
chez les PME mais aussi de limiter le nombre d’institutions bancaires avec lesquelles les PME transigent.
Il s’ensuit une réduction des coûts de financement tout en pouvant permettre aux PME d’obtenir plus de
fonds auprès de leur institution bancaire. En dépit de tout cela est-ce-que l’Etat finira-t-elle à mettre en
place des politiques favorables pour le développement du secteur privé par le secteur bancaire ?

2 Limite de l’étude
A la lumière de notre analyse nous constatons ce travail pourrait être plus pertinente en intégrant dans le
modelé le taux d’endettement qui s’est révélé important dans les enquêtes et d’autre part l’épargne nationale
qui n’était pas disponible dans la base. De plus les informations collectées reflètent la situation de la crise
de 2008 ce qui peut affecter nos résultats.

50
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www.ansd.sn
www.bceao.int
www.banquemondiale.org
www.lafinancepourtous.com

Direction de la prévision et de la statistique.

53
3 ANNEXES :
Annexe 1 Test de stationnarité

Level

Null Hypothesis: TXINVPR has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.380201 0.1561


Test critical values: 1% level -3.689194
5% level -2.971853
10% level -2.625121

Exogenous: Constant, Linear Trend


Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.327923 0.4064


Test critical values: 1% level -4.323979
5% level -3.580623
10% level -3.225334

Null Hypothesis: TXINVPR has a unit root

Exogenous: None
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -0.557920 0.4664


Test critical values: 1% level -2.650145
5% level -1.953381
10% level -1.609798

Diffrence 1ére

Null Hypothesis: D(TXINVPR) has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.477040 0.0001


Test critical values: 1% level -3.699871
5% level -2.976263
10% level -2.627420

Null Hypothesis: D(TXINVPR) has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

54
t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.362090 0.0009


Test critical values: 1% level -4.339330
5% level -3.587527
10% level -3.229230

Null Hypothesis: D(TXINVPR) has a unit root


Exogenous: None
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.540503 0.0000


Test critical values: 1% level -2.653401
5% level -1.953858
10% level -1.609571

Level
Null Hypothesis: PIB has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -0.445364 0.8877


Test critical values: 1% level -3.689194
5% level -2.971853
10% level -2.625121

Null Hypothesis: PIB has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.698838 0.2444


Test critical values: 1% level -4.323979
5% level -3.580623
10% level -3.225334

Null Hypothesis: PIB has a unit root


Exogenous: None
Lag Length: 1 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic 9.889121 1.0000


Test critical values: 1% level -2.653401
5% level -1.953858
10% level -1.609571

Difference 1ére

55
Null Hypothesis: D(PIB) has a unit root
Exogenous: Constant
Lag Length: 1 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -1.240405 0.6410


Test critical values: 1% level -3.711457
5% level -2.981038
10% level -2.629906

Null Hypothesis: D(PIB) has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -18.03808 0.0000


Test critical values: 1% level -4.339330
5% level -3.587527
10% level -3.229230

Null Hypothesis: D(PIB) has a unit root


Exogenous: None
Lag Length: 1 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic 0.094762 0.7041


Test critical values: 1% level -2.656915
5% level -1.954414
10% level -1.609329

LEVEL

Null Hypothesis: TXINVPUB has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -0.720113 0.8257


Test critical values: 1% level -3.689194
5% level -2.971853
10% level -2.625121

Null Hypothesis: TXINVPUB has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.944077 0.1648


Test critical values: 1% level -4.323979
5% level -3.580623
10% level -3.225334

56
Null Hypothesis: TXINVPUB has a unit root
Exogenous: None
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic 0.337571 0.7758


Test critical values: 1% level -2.650145
5% level -1.953381
10% level -1.609798

Différence 1ér

Null Hypothesis: D(TXINVPUB) has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -7.073022 0.0000


Test critical values: 1% level -3.699871
5% level -2.976263
10% level -2.627420

Null Hypothesis: D(TXINVPUB) has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.878991 0.0000


Test critical values: 1% level -4.339330
5% level -3.587527
10% level -3.229230

Null Hypothesis: D(TXINVPUB) has a unit root


Exogenous: None
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.577535 0.0000


Test critical values: 1% level -2.653401
5% level -1.953858
10% level -1.609571

Level

Null Hypothesis: CRSP has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

57
Augmented Dickey-Fuller test statistic -0.196079 0.9281
Test critical values: 1% level -3.689194
5% level -2.971853
10% level -2.625121

Null Hypothesis: CRSP has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.080474 0.5338


Test critical values: 1% level -4.323979
5% level -3.580623
10% level -3.225334

Null Hypothesis: CRSP has a unit root


Exogenous: None
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic 0.587849 0.8373


Test critical values: 1% level -2.650145
5% level -1.953381
10% level -1.609798

Différence 1ére

Null Hypothesis: D(CRSP) has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -4.542509 0.0013


Test critical values: 1% level -3.699871
5% level -2.976263
10% level -2.627420

Null Hypothesis: D(CRSP) has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.058452 0.0019


Test critical values: 1% level -4.339330
5% level -3.587527
10% level -3.229230

Null Hypothesis: D(CRSP) has a unit root


Exogenous: None

58
Lag Length: 2 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -1.948006 0.0507


Test critical values: 1% level -2.660720
5% level -1.955020
10% level -1.609070

Level

Null Hypothesis: NIC has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.505665 0.1249


Test critical values: 1% level -3.689194
5% level -2.971853
10% level -2.625121

Null Hypothesis: NIC has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.772869 0.2180


Test critical values: 1% level -4.323979
5% level -3.580623
10% level -3.225334

Null Hypothesis: NIC has a unit root


Exogenous: None
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.092759 0.0370


Test critical values: 1% level -2.650145
5% level -1.953381
10% level -1.609798

Différence 1ére

Null Hypothesis: D(NIC) has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -4.963186 0.0004


Test critical values: 1% level -3.699871
5% level -2.976263

59
10% level -2.627420

Null Hypothesis: D(NIC) has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 0 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -4.885534 0.0029


Test critical values: 1% level -4.339330
5% level -3.587527
10% level -3.229230

LEVEL

Null Hypothesis: TXIR has a unit root


Exogenous: Constant
Lag Length: 4 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.057157 0.2624


Test critical values: 1% level -3.737853
5% level -2.991878
10% level -2.635542

Null Hypothesis: TXIR has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 4 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.485782 0.3313


Test critical values: 1% level -4.394309
5% level -3.612199
10% level -3.243079

Null Hypothesis: TXIR has a unit root

Exogenous: None
Lag Length: 4 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -1.023294 0.2666


Test critical values: 1% level -2.664853
5% level -1.955681
10% level -1.608793

Difference 1ere

Null Hypothesis: D(TXIR) has a unit root

60
Exogenous: Constant
Lag Length: 2 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.767061 0.0000


Test critical values: 1% level -3.724070
5% level -2.986225
10% level -2.632604

Null Hypothesis: D(TXIR) has a unit root


Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 2 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -6.600306 0.0001


Test critical values: 1% level -4.374307
5% level -3.603202
10% level -3.238054

Null Hypothesis: D(TXIR) has a unit root


Exogenous: None
Lag Length: 3 (Automatic - based on SIC, maxlag=6)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -2.813158 0.0070


Test critical values: 1% level -2.664853
5% level -1.955681
10% level -1.608793

Annexe2 : Test de cointégration

Date: 09/01/20 Time: 13:22


Sample (adjusted): 1992 2018
Included observations: 27 after adjustments
Trend assumption: No deterministic trend
Series: TXINVPR PIB TXINVPUB CRSP NIC TXIR
Lags interval (in first differences): 1 to 1

Unrestricted Cointegration Rank Test (Trace)

Hypothesized Trace 0.05


No. of CE(s) Eigenvalue Statistic Critical Value Prob.**

None * 0.866743 133.7190 83.93712 0.0000


At most 1 * 0.728177 79.30108 60.06141 0.0005
At most 2 * 0.542625 44.13073 40.17493 0.0190
At most 3 0.460554 23.00997 24.27596 0.0716
At most 4 0.205896 6.345221 12.32090 0.3952
At most 5 0.004458 0.120627 4.129906 0.7748

Annexe3 :Test de normalité des erreurs

61
Long terme

6
Series: Residuals
Sample 1990 2018
5 Observations 29

4 Mean 2.05e-15
Median 0.410601
Maximum 3.302431
3 Minimum -3.834430
Std. Dev. 1.777330
Skewness -0.424390
2
Kurtosis 2.499808

1 Jarque-Bera 1.172831
Probability 0.556318

0
-4 -3 -2 -1 0 1 2 3

Court terme

6
Series: Residuals
Sample 1991 2018
5 Observations 28

4 Mean 3.17e-17
Median -0.026996
Maximum 3.751352
3 Minimum -2.449046
Std. Dev. 1.442463
Skewness 0.429579
2
Kurtosis 2.949323

1 Jarque-Bera 0.864174
Probability 0.649153

0
-2 -1 0 1 2 3 4

Annexe 4 Test d’homocédasticité

Long terme
Heteroskedasticity Test: ARCH

F-statistic 2.530555 Prob. F(1,26) 0.1237


Obs*R-squared 2.483497 Prob. Chi-Square(1) 0.1150

Court terme

Heteroskedasticity Test: ARCH

F-statistic 0.548859 Prob. F(1,25) 0.4657


Obs*R-squared 0.580033 Prob. Chi-Square(1) 0.4463

Annexe4 Test de Corrélation des Erreurs

62
Long terme

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

F-statistic 3.443843 Prob. F(2,21) 0.0509


Obs*R-squared 7.162405 Prob. Chi-Square(2) 0.0278

Court terme

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:

F-statistic 0.732570 Prob. F(2,19) 0.4938


Obs*R-squared 2.004576 Prob. Chi-Square(2) 0.3670

Annexe6: Test de Spécification du modèle


Long terme

Ramsey RESET Test


Equation: EQ01
Specification: TXINVPR C PIB TXINVPUB CRSP TXIR NIC
Omitted Variables: Powers of fitted values from 2 to 4

Value df Probability
F-statistic 1.919612 (3, 20) 0.1589
Likelihood ratio 7.338318 3 0.0619

Court terme

Ramsey RESET Test


Equation: EQ02
Specification: D(TXINVPR) C D(PIB) D(TXINVPUB) D(CRSP) D(TXIR)
D(NIC) RESIDU(-1)
Omitted Variables: Powers of fitted values from 2 to 4

Value df Probability
F-statistic 1.506549 (3, 18) 0.2468
Likelihood ratio 6.272457 3 0.0991

Annexe 7: Test de Stabilité des Paramètres


Long terme

Chow Breakpoint Test: 2013


Null Hypothesis: No breaks at specified breakpoints
Varying regressors: All equation variables
Equation Sample: 1990 2018

F-statistic 0.739797 Prob. F(6,17) 0.6251


Log likelihood ratio 6.727656 Prob. Chi-Square(6) 0.3468
Wald Statistic 4.438781 Prob. Chi-Square(6) 0.6175

Court terme
Chow Breakpoint Test: 2012
Null Hypothesis: No breaks at specified breakpoints
Varying regressors: All equation variables
Equation Sample: 1991 2018

63
F-statistic 1.216703 Prob. F(7,14) 0.3561
Log likelihood ratio 13.30588 Prob. Chi-Square(7) 0.0650
Wald Statistic 8.516923 Prob. Chi-Square(7) 0.2892

Annexe8 :Test de Cusum Carré


Long terme

15

10

-5

-10

-15
96 98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

CUSUM 5% Significance

court terme

15

10

-5

-10

-15
98 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18

CUSUM 5% Significance

64
Annexe9: Test de causalité

Date: 02/12/20 Time: 11:12


Sample: 2001 2017
Lags: 2

Null Hypothesis: Obs F-Statistic Prob.

CRSP does not Granger Cause TXINVPR 15 1.62842 0.2442


TXINVPR does not Granger Cause CRSP 0.39909 0.6812

Annexe 10: Estimation par la méthode des MCO de type Engel et Granger

Etape1

Dependent Variable: TXINVPR


Method: Least Squares
Date: 09/03/20 Time: 13:35
Sample: 1990 2018
Included observations: 29

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

C 4.786979 1.552889 3.082629 0.0053


PIB 0.001810 0.000307 5.889361 0.0000
TXINVPUB -1.419424 0.265772 -5.340756 0.0000
CRSP -0.200281 0.096365 -2.078373 0.0490
TXIR -0.212270 0.142449 -1.490151 0.1498
NIC -0.128105 0.082910 -1.545109 0.1360

R-squared 0.626227 Mean dependent var 3.874168


Adjusted R-squared 0.544972 S.D. dependent var 2.907129
S.E. of regression 1.961026 Akaike info criterion 4.366804
Sum squared resid 88.44929 Schwarz criterion 4.649692
Log likelihood -57.31865 Hannan-Quinn criter. 4.455401
F-statistic 7.706937 Durbin-Watson stat 1.043062
Prob(F-statistic) 0.000221

65
Etape2

Dependent Variable: D(TXINVPR)


Method: Least Squares
Date: 09/03/20 Time: 13:57
Sample (adjusted): 1991 2018
Included observations: 28 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

C 0.088861 0.501543 0.177175 0.8611


D(PIB) 0.001293 0.000866 1.492312 0.1505
D(TXINVPUB) -1.026436 0.470582 -2.181207 0.0407
D(CRSP) -0.252736 0.202669 -1.247039 0.2261
D(TXIR) -0.147068 0.090414 -1.626614 0.1187
D(NIC) -0.156506 0.092370 -1.694341 0.1050
RESIDU(-1) -0.478495 0.189575 -2.524040 0.0197

R-squared 0.552852 Mean dependent var 0.380963


Adjusted R-squared 0.425095 S.D. dependent var 2.157144
S.E. of regression 1.635600 Akaike info criterion 4.034214
Sum squared resid 56.17891 Schwarz criterion 4.367265
Log likelihood -49.47899 Hannan-Quinn criter. 4.136031
F-statistic 4.327384 Durbin-Watson stat 1.676012
Prob(F-statistic) 0.005397

66
TABLE DES MATIERES
DEDICACES ........................................................................................................................... iii
REMERCIEMENT .................................................................................................................. iv
LISTE DES CIGLES ET ABREVIATION ...............................................................................v
LISTE DES GRAPHIQUES ................................................................................................... vi
LISTE DES TABLEAUX ET ANNEXES ............................................................................. vii
RESUME ............................................................................................................................... viii
INTRODUCTION GENERALE ...............................................................................................9
CHAPITRE I : l’INVESTISSEMENT PRIVE AU SENEGAL : Evolution et mode de Financement 12
SECTION 1 : EVOLUTION DE L’INVESTISSEMENT PRIVE AU SENEGAL ................12
I/ Les caractéristiques de l’investissement au Sénégal ............................................................12
1/ Les facteurs explicatifs de l’émergence du secteur privé au Sénégal ..................................12
1-1/ Un environnement favorable aux affaires.........................................................................12
1-2/Une économie saine et compétitive ...................................................................................13
1-3/ Accès privilégié aux marchés régionaux et internationaux ..............................................13
2/ Les limites ............................................................................................................................13
2-1/ La vulnérabilité de l’économie face aux aléas climatiques ..............................................13
2-2/ Une administration lente et corrompu ..............................................................................13
II/ Les Mesures de Développement du Secteur Privé ..............................................................14
1/ Les structures d’appui de l’investissement privé .................................................................14
2/ Les reformes politiques ........................................................................................................15
SECTION 2 : LE ROLE SPECIFIQUE DES BANQUE DANS L’INVESTISSEMENT PRIVE 16
I/ Le fonctionnement du secteur bancaire sénégalais ...............................................................16
1/Les caractéristiques du secteur bancaire ...............................................................................16
1-1/Typologie des banques ......................................................................................................17
2/ le rôle des banques ...............................................................................................................17
2-1/la fonction d’une banque ...................................................................................................17
2-1-1/la banque pour collecter de dépôt ..................................................................................17
2-1-2/ la banque pour octroyer du crédit ................................................................................18
II/ Le financement bancaire du secteur privé ...........................................................................18
1/ Le mode de financement des banques..................................................................................18
1-1/ La collecte des fonds : ......................................................................................................18

67
1-2/ Le crédit accordée au secteur privé par les banques : .......................................................20
1-2-1/La sélection des emprunteurs : .......................................................................................20
1-2-2/ La surveillance de leurs activités : ................................................................................21
1-2-3/ Le recouvrement des créances :.....................................................................................22
2 /Les contraintes liés au financement du secteur privé:.........................................................23
CHAPITRE II : FINANCEMENT BANCAIRE ET INVESTISSEMENT PRIVE ................26
SECTION 1 : ANALYSE THEORIQUE ................................................................................26
I / Système Bancaire.................................................................................................................26
1/Organisation du système bancaire du point de vue des économistes:...................................26
1-1/ Mobiliser l’épargne par le biais de la diversification et de la gestion des risques............26
1-2/ Améliorer la répartition du capital grâce à la production d’informations: .......................27
2/La règlementation du secteur bancaire est-elle efficace?.....................................................28
II/ Problématiques du Financement Bancaire des Entreprises .................................................28
1/PROBLÈMES D’AGENCE: ................................................................................................29
2/ Le comportement des banques face au risque de crédit des PME: ......................................29
2-1/ L’asymétrie d’information ................................................................................................30
2-2/Le rationnement de crédit ..................................................................................................31
2-3/ Les Garanties et le taux d’intérêt : ....................................................................................32
SECTION 2 : ANALYSE EMPERIQUE ................................................................................33
I/ Synthèse des Travaux Empiriques ........................................................................................33
1/ La relation Banque- Entreprise ............................................................................................33
2/ Le Cout du Crédit : ..............................................................................................................34
3/ Limite de la relation Banque- Entreprise .............................................................................35
CHAPITRE III : ANALYSE EMPERIQUE DE L’IMPACT DU SECTEUR BANCAIRE SUR
L’INVESTISSEMENT PRIVE ...........................................................................................36
SECTION 1 : METHODOLOGIE DE L’ETUDE ..................................................................39
I / Spécification du modèle ......................................................................................................39
1/Présentation des variables .....................................................................................................39
2/Source des données ...............................................................................................................40
3/Les conditions d'utilisation de L'ECM ..................................................................................40
3-1/Test de stationnarité ...........................................................................................................40
3-2/ Ordre d’intégration des séries ...........................................................................................40
3-3/Estimation par la méthode de cointégration ......................................................................40

68
II/PRESENTATION DES RESULTATS ................................................................................40
1/Test de normalité de jarque-Bera ..........................................................................................41
2) Test de stationnarité .............................................................................................................41
3/ Test de cointégration ............................................................................................................42
4/Estimation par la méthode des MCO les paramètres du modèle à CE de type Engel et Granger 42
5/Causalité des variables ..........................................................................................................43
SECTION2: INTERPRETATIONS DES RESULTATS ........................................................43
I/ Discutions des résultats interprétation ..................................................................................43
1/ Test de corrélation des erreurs .............................................................................................44
2/ Test d’homocèdasticité ........................................................................................................44
3/ Test spécification du modèle................................................................................................45
4/ Test stabilité des paramètres ................................................................................................45
II. Interprétations économiques et vérification des hypothèses de recherche ..........................45
1/ Relation taux investissement privé - PIB réel .....................................................................45
2/ Relation entre taux investissement privé – taux investissement public .............................45
3/ Relation entre taux investissement privé – crédit au secteur privé par les banques ..........46
4/ Relation entre taux investissement privé – taux intérêt des prêts ......................................46
5/ Relation de causalité ............................................................................................................47
SECTION3 : RECOMMANDATION .....................................................................................47
1/ Une amélioration du déficit..................................................................................................47
2/ Des politiques incitations .....................................................................................................48
3/ Une amélioration du climat des affaires ..............................................................................48
4/ Amélioré le comportement des entrepreneurs .....................................................................48
CONCLUSION : ......................................................................................................................48
Limite de l’étude ......................................................................................................................50
REFERENCES ET BIBLIOGRAPHIE : .................................................................................51
ANNEXES : .............................................................................................................................53

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70

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