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Ecole Supérieure de Génie

Industriel et Biologique
(ESGIB)

CHAPITRE I : OUTILS ET MÉTHODES D’ÉTUDE


PETROLOGIQUE : EXEMPLES DE PROCESSUS
D’EVOLUTION ET DE TRANSFORMATION DES
ROCHES

M. GNINGUE
RÉPARTITION DES ÉLÉMENTS CHIMIQUES DANS LES
ENVELOPPES TERRESTRES

Les lois du fractionnement géochimique conduisent à l’apparition des différents


réservoirs terrestres dans lesquels les éléments chimiques se répartissent différemment.
La différenciation terrestre est le résultat d’une séparation des éléments chimiques les
uns des autres, ce que l’on appelle le fractionnement.
LA DIFFÉRENCIATION

Le degré de différenciation d’un élément chimique i pourra être déterminé à partir d’un
rapport de concentration de i dans différents matériaux soit Ri.

De façon générale, le degré de fractionnement compare la concentration d’un élément


chimique entre un matériau d’étude (échantillon) et un matériau de référence (standard ou
norme).

𝐶𝐶𝐶𝐶(é𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐𝑐)
Ri =
𝐶𝐶𝐶𝐶(𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠𝑠)

Ri traduit le degré de différenciation de l’élément i dans les matériaux terrestres par


rapport à la nébuleuse primitive (chondrite).
Ce rapport peut être utilisé pour étudier la contamination d’un site lors d’étude d’impact de
l’exploitation d’une mine. Il permet de préciser l’enrichissement ou l’appauvrissement d’un
réservoir en un élément donnée.
LE FRACTIONNEMENT
C’est le processus par lequel un élément chimique se partage (se distribue) entre plusieurs
phases liquides et solides.
𝑪𝑪𝑪𝑪
Il est déterminé par la formule suivante : D =
𝑪𝑪𝑪𝑪

Cs = la concentration de l’élément dans la phase solide. Cl = la concentration de l’élément


dans la phase liquide.

Ce coefficient permet de distinguer les éléments compatibles et les éléments incompatibles


Quand une roche subit une fusion partielle : les éléments compatibles se concentrent dans le
solide résiduel alors que les éléments incompatibles se concentrent dans le liquide.
Pour les éléments incompatibles : (KD ou D) « 1
Pour les éléments compatibles KD ou D » 1
Si l’élément se trouve dans plusieurs phases le coefficient de distribution global est Dg = ΣWADi
W = pourcentage de la phase dans la roche et Di le coefficient de partage de l’élément dans
la phase
Ta ble 9-1. Partition Coefficients (CS/CL) for Some Commonly Used Trace
Elements in Basaltic and Andesitic Rocks

Olivine Opx Cpx Ga rne t Pla g Amph Ma gne tite


Rb 0.010 0.022 0.031 0.042 0.071 0.29
Sr 0.014 0.040 0.060 0.012 1.830 0.46
Ba 0.010 0.013 0.026 0.023 0.23 0.42
Ni 14 5 7 0.955 0.01 6.8 29
Cr 0.70 10 34 1.345 0.01 2.00 7.4
La 0.007 0.03 0.056 0.001 0.148 0.544 2
Rare Earth Elements

Ce 0.006 0.02 0.092 0.007 0.082 0.843 2


Nd 0.006 0.03 0.230 0.026 0.055 1.340 2
Sm 0.007 0.05 0.445 0.102 0.039 1.804 1
Eu 0.007 0.05 0.474 0.243 0.1/1.5* 1.557 1
Dy 0.013 0.15 0.582 1.940 0.023 2.024 1
Er 0.026 0.23 0.583 4.700 0.020 1.740 1.5
Yb 0.049 0.34 0.542 6.167 0.023 1.642 1.4
Lu 0.045 0.42 0.506 6.950 0.019 1.563
Data f rom Rollinson (1993). * Eu3+/Eu2+ Italics are estimated

Le coefficient de distribution peut être utiliser pour calculer des concentrations lors de la fusion des roches. On
a pour un élément i : Cil/Co=1/(D(1-F)+F) avec CiL la concentration de l’élément dans le liquide, Co sa
concentration dans le solide et F le taux de fusion.
Application

Soit une roche de composition olivine 50%, orthopyroxène 30%, clinopyroxène 10%, grenat
10% cette roche contient 3000ppm de nickel et 10ppm de rubidium.
On fait subir à cette source une fusion de 30%.
Calculer le coefficient de distribution total du Nickel et du Rubidium.
Calculer la concentration de nickel et de Rubidium dans le liquide Lo obtenu puis commenter
ces concentrations.
APPROCHE THERMODYNAMIQUE DE L’ÉTUDE DES ROCHES

Une roche peut être définie comme un ensemble de phase (minéraux) en équilibre
thermodynamique. La variation des conditions d’équilibre entraine des transformations qui
aboutissent à la formation d’un nouveau assemblage minéralogique.

Les diagrammes de phases sont régis par la règle de Gibbs qui définit la variance (c’est à dire
le nombre de degré de liberté) en fonction du nombre de phases en présence…
Dans le cas de l’étude des roches, le diagramme des phases est utilisé lors des
transformations thermodynamiques.

Il définit la nature des phases présentes en fonction de la température, de la pression et de la


composition chimique.
Rappels de quelques notions thermodynamiques
Un système thermodynamique est une portion de l’espace que l’on éétudie.
Les variables thermodynamiques peuvent être de deux sortes : intensives et extensives
Une variable d’état intensive est indépendante de la quantité de matière du système
Une variable d’état extensive est proportionnelle à la quantité de matière du système
Si on considère un système A et que l’on double ce système
pour obtenir un nouveau système B, alors B = A + A
- Si p un paramètre intensif de B alors p(B) = p(A). Exemples
Pression, température
- Si X est un paramètre extensif de B alors X(B) = 2.X(A).
Exemples Nombre de mole, la masse, le volume

On appelle phase une substance homogène, physiquement distincte, et mécaniquement


séparable (en principe). Une phase f peut être gazeuse, liquide, vitreuse ou minérale. On appelle
constituants C les variables chimiques indépendantes indispensables à la description de
l’ensemble des phases du système.
Lecture de 2 types de diagrammes de phases.

Les diagrammes de phases que nous utilisons ici (diagrammes X vs. T),
sont des représentations de l’état du système dans l’espace de la
composition (représentée par 2 constituants A et B selon X) et de la
température T. La Pression est supposée fixée ; n, le nombre de paramètres
intensifs du système est donc de 1. Dans certains cas de fractionnement, on
admettra que P = PAtmosphérique.
Le degré de liberté de ces système, défini par la règle des phases de Gibbs, V
(ou F) = C + n - ⏀ (avec C = 2 ; n =1 ; 1≤⏀≤ 3) est donc compris ici entre 0
et 2.
Aux hautes T° considérées, le système est généralement entièrement liquide
(monophasé) quelque soit la concentration (f=2), et aux basses T° considérées, le
système est entièrement solide; il peut alors être polyphasé si les constituants A et B
représentent des corps purs non miscibles (f=1), ou monophasé si les corps représentés
par A et B sont miscibles en toutes proportions (f=2, solutions solides = SS). Entre ces
deux états, initial et final, ces diagrammes nous montrent les deux domaines des
compositions possibles pour le liquide et pour le solide. Ces deux domaines sont
limités chacun par une courbe (f=1, composition fixée si T° fixée):
1. le liquidus limite en direction des basses températures le domaine des
compositions possibles à l’état liquide;
2. le solidus, à l’inverse, limite en direction des hautes températures le domaine
des compositions possibles à l’état solide.
Ces deux courbes sont toujours disjointes, sauf aux points d’abscisse A et B qui
illustrent la cristallisation des corps purs représentés par A et B, et éventuellement en
un point singulier de composition A/B défini, eutectique ou extremum.L’espace situé
entre liquidus et solidus est donc un espace de composition impossible, tant pour le
liquide que pour le solide.
Exemple de Diagramme de phases
Cas de la silice SiO2.
Différentes phases minérales existent à l’état solide selon les conditions de pression et de
température.
ETUDE DE LA CRISTALLISATION OU FUSION

Le processus de fusion partielle est en quelque sorte l'inverse du processus de cristallisation


fractionnée. Si on augmente progressivement la température d'un matériel solide composé
d'un assemblage de minéraux silicatés, cet assemblage passe entièrement ou partiellement
de la phase solide à la phase liquide. Les minéraux ne cristallisent pas tous en même temps,
ceux-ci ne fondent pas non plus tous en même temps lorsqu'ils sont chauffés. A une pression
donnée, le point où un minéral passe de sa phase solide à sa phase liquide est sa température
de fusion (qui est la même que la température de cristallisation). Si on augmente
progressivement la température d'un assemblage solide de silicates, les premiers minéraux à
fondre sont les minéraux de basse température.
INFLUENCE DE L’EAU SUR LA FUSION DES ROCHES : FUSION ANHYDRE ET
FUSION HYDRATÉE
CALCUL DU TAUX D’EXTRACTION DES ÉLÉMENTS LORS D’UNE FUSION

Pour évaluer le taux de fusion partielle, on peut réaliser un bilan des concentrations entre
les roches et le liquide de fusion.

Principe de conservation des masses, appliqué à un élément (ici K)

%K(roches mère) = f×%K(liquide) + (1-f)×%K(résidu)

f = %K(roches mère)−%K(résidu)
%K(liquide)−%K(résidu)
Application à un exemple (Taux de fusion (f) de 20 %)

% en poids
SiO2 MgO Al2O3 CaO Na2O K2O FeO
Roche-mère 45.5 41.8 1.8 1.6 0.6 0.1 7.2
Résidu 44.2 49.3 0.5 0.1 0.3 0 6
Liquide

Conclusion : tous les éléments chimiques ne fondent pas dans les mêmes
proportions. Ils fondent plus ou moins bien en fonction de leur compatibilité
avec le solide.
% en poids
SiO2 MgO Al2O3 CaO Na2O K2O FeO
Roche 45.5 41.8 1.8 1.6 0.6 0.1 7.2
Résidu 44.2 49.3 0.5 0.1 0.3 0 6
Liquide 50.7 11.8 7 7.6 1.8 0.5 12

De manière pratique, on évalue le taux de fusion en utilisant :


- des éléments peu concentrés et bien répartis dans les différents minéraux (donc pas SiO2,
mauvais indicateur) ;
- des éléments incompatibles comme K2O (mais aussi FeO, MgO et Na2O avec moins
de fiabilité) ; On peut aussi estimer que la totalité du K2O a rejoint la phase liquide, donc
même sans connaître la composition de la roche résiduelle, on peut estimer sa teneur en K2O
à zéro.
Si on prend un exemple d’élément incompatible CiL/C0 = 1/F
IMPORTANCE DE LA VITESSE DE REFROIDISSEMENT

Lors du refroidissement les liquides de fusion des roches passent de l’état liquide à l’état
solide (solide cristallin ou solide amorphe). En fonction de la vitesse à laquelle on fait le
refroidissement, on a :
- Un solide amorphe, non cristallisé : refroidissement rapide (idéal pour stabiliser une
phase instable à l’état cristallin ou pour avoir certaines propriétés)
- solide cristallin (formation de cristaux) : vitesse de refroidissement lente

La cristallisation fractionnée est un processus très classique en pétrologie magmatique.


Lorsqu’un magma cristallise, le solide n’ayant pas la même composition que le liquide, ce
dernier voit sa composition évoluer progressivement : cette évolution dépend de la nature et
la proportion des phases qui cristallisent.
MÉLANGE BINAIRE SIMPLE
CAS DES MINÉRAUX MISCIBLES À TOUTES TEMPÉRATURES : DIAGRAMMES AVEC
UN FUSEAU
Un mélange est dit homogène lorsque ses constituants sont miscibles aussi bien à l'état
liquide qu'à l'état solide formant alors des solutions liquides ou solides. Ceci est possible
car les minéraux ont une structure cristalline proche, il peut donc y avoir formation de
minéraux par substitution d'ions sans changement de structure.

Exemple en géologie : Série continue des péridotites (silicate de fer et de Magnésium)

La Forstérite Mg2SiO4, pôle Mg des péridots, cristallise à 1890°C.


La Fayalite Fe2SiO4, pôle Fe des péridots, cristallise à 1205°C.

Exemple en métallurgie : alliage de cuivre (température de fusion = 1084°C) et de zinc


(température de fusion = 420°C) ou le cas d’un alliage cuivre (température de fusion =
1084°C) et du nickel (température de fusion = 1453°C).
Ils sont alors dits totalement miscibles.
Métal pur Mélange
DÉTERMINATION DE LA COMPOSITION DES PHASES
Le diagramme de phase permet de connaître à chaque instant de la solidification ou de la
fusion, la composition de chacune des phases en présence.
DÉTERMINATION DE LA PROPORTION (EN MASSE) DE CHACUNE DES
PHASES
CAS D’UNE MISCIBILITÉ TOTALE À L’ÉTAT LIQUIDE ET IMMISCIBILITÉ À
L’ÉTAT SOLIDE (minéraux quelconques ne formant pas de série isomorphe, immiscibles
à l’état solide)

A est le constituant A pur


B est le constituant B pur
Transformation eutectique
L ←→ A + B
CaMgSi2O6 CaAl2Si2O8
EXERCICE
Le diagramme de phases suivant a été établi pour le Diopside et l’Anorthite, deux
minéraux silicates appartenant à des groupes différents.
Soit le liquide de fusion constitué d’un mélange de composition 18 % Anorthite de formule
CaAl2Si2O8 et 82 % Diopside de formule CaMgSi2O6.
1) Fait un bilan des phases à la température de 1500°C en donnant :
a. le nombre de phases.
b. la nature des phases.
c. la composition de chacune des phases.
d. la proportion de chacune des phases.
2) Fait un bilan des phases à la température de 1300°C en donnant
a. le nombre de phases.
b. la nature des phases.
c. la composition de chacune des phases.
d. la proportion de chacune des phases.
3) A la température de 1278°C :
a. comment s’effectue la cristallisation à cette température qui est celle de l’eutectique E ?
b. Quelles sont les cristaux qui se forment à cette température ?
c. Les cristaux formés constituent-ils un mélange homogène ou un mélange hétérogène ?
4. A quelle température la cristallisation de ce mélange sera-t-elle finie ?
COMPORTEMENT DES ÉLÉMENTS CHIMIQUES DES ROCHES PAR RAPPORT A L’EAU

La molécule d’eau, H2O, présente une géométrie particulière qui lui confère les propriétés
d’un dipôle électrique, avec un pôle chargé négativement du côté de l’oxygène et un pôle
chargé positivement du côté des deux atomes d’hydrogène. De fait, les molécules d’eau
s’attirent les unes les autres et des liaisons hydrogène faibles s’établissent entre les
molécules.

Schéma de la molécule d’eau assimilable à un dipôle et association de molécules par


l’intermédiaire de la liaison hydrogène.
La force d’attraction de la molécule d’eau vis-à-vis des ions détermine leur solubilité.
Le comportement des ions vis-à-vis de l’eau dépend de leur potentiel ionique pi, rapport
entre la charge Z et le rayon ionique Ri : Pi = Z/Ri.
Le rayon des ions est classiquement exprimé en angströms, notés Å (1 Å =
10-10 m, soit 1/10 000 de micromètre), ou en nanomètres (1 nm = 10-9 m).
On distingue plusieurs catégories d’ions, figurées dans le diagramme de Goldschmidt

 les cations faiblement chargés et de rayon ionique élevé, qui présentent un Pi ˂ 1.


Ces cations, dont le principal représentant dans les roches est le potassium (K+), ne
s’hydratent pas et ne forment pas de complexes avec les molécules d’eau.
Ces cations solubles sont couramment appelés cations antistokes.
 les cations dont le 1 ˂ Pi ˂ 3. Ces ions sont hydratés et donnent des solutions alcalines.
Cette catégorie d’ions solubles regroupe notamment le sodium (Na+) et les alcalino-
terreux : calcium (Ca2+), magnésium (Mg2+), strontium (Sr2+), baryum (Ba2+) ;

 les cations précipitants ou cations insolubles des hydrolysats, dont le 3 ˂ Pi ˂ 10


Ces cations (notamment Al3+, Fe3+ et Ti4+) forment des hydroxydes insolubles tel Al(OH)3
à l’origine d’accumulations superficielles de gîtes métallifères ;

 Les cations dont le Pi > 10 constituent l’ensemble des oxyanions (solubles).


Avec la molécule d’eau, ils forment des complexes anioniques solubles tels que CO32-, SO42-
, PO43-…
LES RÉACTIONS CHIMIQUES AU SEIN DES ROCHES

On distingue 4 grands types :


L’ALTÉRATION DES PRINCIPAUX MINÉRAUX DES ROCHES

Les minéraux constitutifs des roches peuvent se ramener a quelques grandes familles
minéralogiques dont le comportement vis-à-vis des processus d’altération sera envisage.
Ce comportement sera surtout sous la dépendance de l’agencement des atomes dans la
structure et de la présence ou non de fer ferreux.

Compte tenu du comportement variable des ions vis-à-vis de la molécule d’eau, les
minéraux sont dégradés par soustraction, d’abord, des ions les plus solubles puis,
progressivement, des ions les moins solubles.
Les minéraux sont essentiellement constitués de silicates d’alumine, fer, magnésie et
bases.
Ils forment des composés ioniques où Si, Fe, Al, Mg, Ca, Na, K, etc.. forment avec l’oxygène
des édifices de configuration bien définie, régie par les règles de PAULING (1960). Le
silicium est au centre d’un tétraèdre où les sommets sont occupés par des oxygènes.
Le fer ferreux ou ferrique est, le plus souvent, au centre d’octaèdres. L’aluminium est au
centre de tétraèdres (feldspaths, micas),
ou d’octaèdres (micas). Le magnésium est au centre d’octaèdres.
Les bases (Ca, Na, K) sont au centre d’édifices à 8 ou 12 sommets. La stabilité des
minéraux sera fonction de l’agencement dans l’espace des édifices structuraux, les uns par
rapport aux outres.
 La présence de fer ferreux oxydable dans un réseau constituera un point de faiblesse.
Dans les péridots, les tétraèdres de silice n’ont pas de sommets en commun, mais sont reliés

par l’intermédiaire d’ions Fe2+ ou Mg2+. L’hydrolyse provoque la perte de magnésium, la

silice est dissoute et le fer oxydé. Le résidu final sera essentiellement ferrugineux.

Dans les pyroxènes, les tétraèdres de silice forment des chaînes reliées par un oxygène

commun a deux tétraèdres. Dans les amphiboles, les tétraèdres forment des chaînes

doubles. Les pyroxènes résistent mieux a l’altération que les péridots, mais moins bien que

les amphiboles. Les bases sont libérées par hydrolyse, et la silice dissoute.
Le mica blanc alumineux résiste très longtemps a l’altération en raison de l’absence de fer

ferreux. Par contre, la biotite, riche en magnésie et fer ferreux, est plus rapidement attaquée.

Les feldspaths et le quartz présentent un réseau tridimensionnel dont le motif se distribue

régulièrement dans I ‘espace. Le quartz est constitué d’édifices où chaque tétraèdre est relié

aux suivants par les quatre sommets. II ne présente aucun point faible qui puisse donner lieu

à une hydrolyse ou a une oxydation. Seule la dissolution pourra intervenir ; le quartz pourra

donc disparaître, mais avec extrême lenteur ; la plupart du temps, il subsistera dons le sol.
ETUDE DES TRANSFORMATIONS DES GISEMENTS ET DES HALDES

MINERAI
COMPOSITION
D’UN GISEMENT
MINIER
GANGUE
(ROCHES ENCAISSANTES)
Dans un gisement les principaux minéraux qui contiennent les métaux d’intérêts
économiques, sont également associés à d’autres éléments chimiques délétères qui seront
présents lors du traitement métallurgique.

Dans ces deux cas, on s’intéressera particulièrement aux concentrations et à la distribution


de ces métaux ou autres éléments chimiques au sein des minéraux d’intérêt économique.

Les résultats obtenus permettent aux entreprises de mieux comprendre les variations de
teneurs du concentré de minerai et les différents taux de récupération métallurgiques des
métaux obtenus à l’usine.

Une approche de plus en plus utilisée pour améliorer la récupération du minerai est de
considérer les interactions entre les différentes phases minéralogiques le composant.
LA CONCEPTION ET ANALYSES ET ETUDE CHIMIQUES
APPLICATION DE PROCÉDÉS DE DU MINERAI
TRAITEMENT MÉTALLURGIQUE

RELATIONS SPATIALES ENTRE


LES MINÉRAUX DE LA GANGUE
ET DU MINERAI
ETUDES MINÉRALOGIQUES

PROPRIÉTÉS DES MINÉRAUX

MORPHOLOGIE TEXTURE DURETÉ


IDENTIFIER LES PRINCIPAUX MINÉRAUX
CONTENANT LES MÉTAUX
OBJECTIFS
DES ETUDES
IDENTIFIER DES MINÉRAUX CONTENANT
ÉLÉMENTS CHIMIQUES DÉLÉTÈRES PRÉSENTS
LORS DU TRAITEMENT MÉTALLURGIQUE

CES PARAMÈTRES TAUX DE RÉCUPÉRATION


AURONT UN IMPACT DES MÉTAUX

SIGNIFICATIF SUR

MAILLE DE LIBÉRATION
Dans le cadre de exploitation d’un gisement on peut chercher à appliquer l’approche axée
sur la connaissance des propriétés.
La caractérisation d’un gisement peut se faire de la façon suivante :
a) Caractériser les différentes variables géologiques, pétrographiques, minéralogiques et
géochimiques qui existent au sein d’une enveloppe minéralisée et de ses lithologies
encaissantes ;

b) Obtenir une meilleure compréhension des réactions chimiques des minéraux des
lithologies composant le minerai avant même l’extraction du gisement ;
c) Considérer les propriétés des minéraux, dont la composition chimique, la morphologie,
la texture, etc. ainsi que les relations spatiales entre le minerai et les minéraux de la gangue ;
d) Identifier les principaux minéraux qui contiendront non seulement des métaux d’intérêt
économique ou délétère et potentiellement néfastes pour l’environnement, mais également
les minéraux qui seront susceptibles de générer ou de neutraliser l’acide.
L’étude des stériles des gisements

Dans un gisement de roches massives, les principaux sulfures rencontrés sont généralement
la pyrite et la chalcopyrite, le blende ZnS, la galène PbS.
Les principales réactions d’oxydation chimique de la pyrite ont été décrites par de nombreux
auteurs.
Ces réactions sont présentées ci-après :
Les réactions 2.1, 2.2 et 2.3 se produisent lors du premier stage de développement du drainage
minier acide alors que le pH est près de la neutralité.
La réaction 2.4 représente la réaction résultante à ce stade.
La réaction 2.1 caractérise l’oxydation directe de la pyrite et la libération de soufre sous forme
de sulfate (SO42-) et la production de fer ferreux (Fe2+) qui sera oxydé en fer ferrique (Fe3+)
en présence d’oxygène selon la réaction 2.2.
La réaction 2.3 indique que l’hydrolyse du Fe3+ produit des ferrohydroxydes et 3 moles d’ions
H+.
La réaction 2.4 indique que l’oxydation de pyrite en présence d’eau génèrera des
ferrohydroxydes (Fe(OH)3) et de l’acide sulfurique (H2SO4) favorisant ainsi une diminution du
pH des eaux de drainage. Les réactions impliquant la pyrite seront accélérées à un stade plus
avancé du drainage minier acide (réaction 2.5) alors que la pyrite réagira avec le fer ferrique
(Fe3+) et l’eau pour produire du soufre sous forme sulfate ainsi que 16 moles d’ions hydrogène.
Les principales réactions chimiques concernant l’oxydation de la chalcopyrite sont les suivantes
Les réactions 2.6 et 2.7 caractérisent l’oxydation de la chalcopyrite en présence d’oxygène
ou en présence de fer ferrique et d’eau.

Ces réactions conduisent à la libération de cuivre, de fer ferreux (Fe2+) et de soufre sulfate
dans les eaux de surface.

L’équation 2.7 est similaire à l’équation 2.5 décrite précédemment pour la pyrite et indique
que la chalcopyrite se dissous en présence de fer ferrique ainsi que d’eau pour libérer du
cuivre, du fer, du soufre sulfate et des ions H+ menant à l’acidification des eaux. Le fer
ferrique peut être obtenu par la réaction 2.2 si la pyrite est en association avec la
chalcopyrite dans le minerai et les stériles.
La calcite est le minéral possédant la plus grande capacité de neutraliser l’acide généré par
l’oxydation de la pyrite et/ou de la chalcopyrite.
En fait, la calcite a un des taux de dissolution parmi les plus rapides et se dissout totalement.
Pour ce carbonate, les réactions de neutralisation sont les suivantes :

La réaction 2.8 se réalise dans des conditions de drainage caractérisé par un pH allant 6,4 à
10,3. Dans ce contexte, la calcite neutralise une mole d’acide pour libérer du calcium et du
bicarbonate (HCO3-). Les réactions 2.9 et 2.10 concernent la neutralisation par la calcite du
drainage minier à des pH inférieurs à 6,4. La réaction 2.9 produit du calcium et de l’acide
carbonique alors que la réaction 2.10 donne comme produits de l’eau et du dioxyde de
carbone. La vitesse de neutralisation d’un carbonate variera selon sa composition chimique.
Les carbonates composés de calcium comme la calcite (CaCO3) et de magnésium tel la
dolomite (Ca,Mg)(CO3)2 et la magnésite (MgCO3) neutraliseront beaucoup plus rapidement
l’acide que les carbonates contenant du fer dont l’ankérite et la sidérite.
Exemple : L'altération par les eaux, riches en oxygène,
Soit une mine à ciel ouvert dont le minerai est constitué en grande
majorité de pyrite FeS2 (95%) et en plus faible quantité de galène (PbS)
et de blende (ZnS).
Décrire l’évolution de ces minerais due à l'oxydation par l'oxygène
dissous. Conclure
Les équations d'oxydation de FeS2, PbS et ZnS en ions sulfates, Fe2+
Pb2+ et Zn2+.
PbS(s) +2O2(g) = SO42- + Pb2+

ZnS(s) +2O2(g) = SO42- + Zn2+ .


FeS2(s) + ½H2O +3,75O2 = Fe3+ + H+ +2SO42-.

Conclusion : lors de l'oxydation du minerai seule l'oxydation de FeS2 est


responsable de l'acidification des eaux.
La granulométrie des roches stériles et la surface spécifique

La proportion des particules fines qui seront présentent sera fortement influencée par
certaines propriétés intrinsèques de la roche dont sa compétence (solidité) ainsi que sa
résistance à l’érosion. Certains travaux suggèrent que des roches à granulométrie fine (ex.
basalte, dacite) produisent une proportion plus faible de particules de dimension < 2 mm que
des roches modérément à grossièrement grenues. La proportion de particules < 2 mm peut
excéder 40% du volume de fragments composant une halde à stérile, en particulier si la
composition minéralogique des échantillons les prédispose à s’altérer rapidement sous l’effet
des processus d’altération météorique.
La surface spécifique (aire massique) d’une roche représente la surface totale par unité de
masse (m2/Kg). Elle est déterminée par la mesure
La connaissance de la granulométrie est donc importante pour évaluer la
réactivité des minéraux

Quoique les réactions chimiques d’altération météorique affectent toutes les tailles de
fragments, les fragments les plus fins sont beaucoup plus sensibles et susceptibles
d’être soumis aux transformations minéralogiques et géochimiques.
La température et les conditions climatiques

La température et les conditions climatiques peuvent avoir un effet important sur les
processus géochimiques qui influences la composition du drainage minier dont les taux
d’oxydation des sulfures, la précipitation et la dissolution des minéraux secondaires, la
solubilité de l’oxygène et les taux de réactivités des minéraux neutralisants.
La température serait responsable d’un ralentissement important du taux d’altération des
sulfures exposés aux conditions de terrain.
Dans les conditions naturelles d’entreposage, le centre des haldes est souvent caractérisé
par des températures plus élevées qu’à la surface, ce qui peut avoir pour effet de modifier la
cinétique des réactions chimiques de lixiviation des métaux.
LA CONCENTRATION EN OXYGÈNE

La concentration en oxygène a un effet important sur les taux d’oxydation des sulfures. Les
essais en laboratoire sont généralement réalisés dans des conditions ou la concentration en
oxygène est d’environ 20%. Cette concentration en oxygène est également présente à la
surface des empilements de stériles, mais diminue graduellement à mesure que l’on
s’enfonce vers le centre et la base de la haldes où elle peut atteindre 3%. Ces faibles
concentrations en oxygène peuvent réduire considérablement les taux de réaction des
sulfures situés au centre de la haldès comparativement à ceux exposés en surface et dont les
taux pourraient s’approcher de ceux mesurés en laboratoire.
LA VITESSE D’ÉCOULEMENT DES EAUX DE LIXIVIATION

La vitesse d’écoulement de l’eau dans les haldès à stériles est souvent très lente, voire même

réduite, à nulle dans certaines zones, particulièrement celles de faible conductivité

hydraulique. Les essais réalisés sur le terrain indiquent que de 30 à 45% de l’eau présente

dans les haldès est immobile alors que de 55 à 70% présentent un certain écoulement selon

des réseaux de drainage préférentiel. Les endroits où l’eau est relativement immobile

représentent des sites préférentiels d’accumulation de cations et/ou anions initialement

dissous et lixiviés de phases minérales primaires des roches composants les stériles.

Généralement, plus la vitesse de percolation des eaux de lixiviation est lente, plus les cations

et anions lixiviés auront tendance à former des minéraux secondaires. La formation de ces

minéraux réduira considérablement la mobilité et les concentrations de plusieurs cations et

anions dans les eaux de drainage s’écoulant à l’extérieur de la haldès.


MÉTHODES DE CARACTÉRISATION MINÉRALOGIQUE

Les observations et les analyses des compositions minéralogiques des échantillons


constituent des composantes essentielles de la caractérisation géoenvironnementale de
stériles miniers. Les principaux travaux réalisés au cours de cette étude sont présentés dans
les sections suivantes.
1 Observations macroscopiques et microscopiques
La composition minéralogique d’une roche peut être décrite par une observation
macroscopique qui sera complétée par une observation microscopique détaillée à l’aide d’un
microscope optique. Ce type d’observation permet d’obtenir une première identification des
principales phases minérales ainsi que la forme et la taille des grains.
Dans le cas de l’étude des stériles, ces observations ont pour but d’identifier les principales
phases minérales de types sulfures, d’oxydes et de sulfosels présents ainsi que les relations
texturales avec les minéraux de la gangue. Une attention particulière a été portée aux
minéraux des classes sulfures et oxydes afin de vérifier les états d’altération de leurs
surfaces, du degré de fracturation de même que la présence possible d’inclusions ou
d’intercroissances. L’identification de ces phases permettra éventuellement d’expliquer les
teneurs en métaux obtenus.

2 Diffraction X

Des analyses en diffraction des rayons X (DRX) peuvent être réalisées sur des
échantillons de roches. Ces analyses permettent d’identifier les phases minéralogiques
présentent dans chacun des échantillons et d’effectuer une évaluation quantitative de
leurs proportions..
Le microscope électronique à balayage

Le microscope électronique à balayage (MEB) constitue une autre technique de


caractérisation minéralogique. Le MEB peut permettre de raffiner l’identification
minérale réalisée en diffraction X, d’obtenir la composition stoechiométrique des phases
minérales et d’identifier les phases hôtes de métaux potentiellement délétères. Les
observations réalisées au MEB permettent également d’observer les relations texturales
du minerai avec ceux de la gangue.
Logiciels de calculs de minéralogie normative

Les résultats obtenus des analyses géochimiques pour les éléments majeurs ont été utilisés
pour déterminer la composition normative « norme » des minéraux primaires et secondaires
de chaque échantillon. Deux types de norme minéralogique peuvent être calculés avec les
compositions chimiques, soit la norme CIPW (Cross et al., 1903).
Le principal intérêt d’utiliser les calculs de norme minéralogique est qu’ils permettent
d’obtenir une évaluation quantitative rapide des compositions minéralogiques d’une grande
quantité d’échantillons et ce, à très faible coût.
La norme CIPW peut être utilisée pour quantifier la composition des minéraux primaires d’un
échantillon.
Méthodes de caractérisation géochimique

Plusieurs types d’analyses peuvent être réalisés dans les travaux de caractérisation
géochimique. Les analyses en éléments majeurs et traces permettront d’effectuer une
discrimination lithogéochimique des échantillons qui servira pour la classification des
différents types de roches et peut aussi permettre de calculer la composition normative des
roches. Tel que mentionné précédemment, les résultats de ces analyses seront également
utilisés, pour effectuer des calculs de compositions normatives de minéraux primaires et
secondaires. Les résultats ainsi obtenus seront combinés aux observations minéralogiques
pour conduire à l’identification des phases minérales potentiellement acidifiantes et
neutralisantes. Les résultats des travaux de géochimie et de minéralogie normative peuvent
être utilisés pour réaliser l’étude de caractérisation géoenvironnementale du gisement. Les
différentes méthodes analytiques chimiques utilisées pour déterminer les concentrations
des éléments chimiques sont la fluorescence x et la spectrométrie de masse

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