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ANDRÉE-NOËLLE POT

ÉCONOMIE Le soleil du Valais va nous aider à sortir du nucléaire.

Les atouts du solaire thermique

PIERRE MAYORAZ

Sortir du nucléaire, tout le monde en parle. Sur le plan de l’action, les choses semblent al- ler plus lentement. Mais, si l’on veut réussir ce retrait sans perte de confort, ilfaudra bien se met- tre à l’œuvre. Différentes possi- bilités existent de prendre en charge sa consommation ou de la diminuer par des économies et des améliorations techniques. Parmi elles, le solaire thermi- que, très à la mode il y a quel- ques années et qui revient sur le devant de la scène aujourd’hui, grâce notamment à des organi- sations comme l’association Se- basol.

Produire son eau chaude

Le solaire thermique vise la production d’eau chaude. Une installation se compose d’un certain nombre de mètres car- rés de panneaux posés sur le toit, d’une conduite qui amène le produit chauffé par le soleil, un glycol qui résiste au gel, dans un boiler où il fait monter la température de l’eau sanitaire. Le système ne réclame aucune électronique compliquéeetdiffi- cile d’entretien. Deux sondes commandent le tout. La pre- mière mesure la température sur le toit, l’autre, celle de l’eau stockée dans le boiler. Dès que la seconde descend au-dessous de la première, la circulation se met en marche et l’eau se ré- chauffe. En cas de surplus de chaleur, on peut la faire circuler la nuit dans les capteurs qui fonctionnent alors comme ra- diateurs. Les panneaux s’intégrent faci- lement sur un toit de tuiles par exemple. Ils se composentd’une couche d’isolation sur laquelle prend place une plaque noire sélective, du chromate de zinc par exemple, qui absorbe les rayons du soleil et qui chauffe le glycol qui va servir à transmet- tre cette chaleur à l’eau une fois dans le boiler. Une vitre qui

chaleur à l’eau une fois dans le boiler. Une vitre qui Michel Carron, à gauche, et

Michel Carron, à gauche, et Laurent Rielle et l’une des réalisations récentes soutenues par Sebasol sur le toit d’un immeuble de Fully. ANDRÉE-NOËLLE POT

améliore l’effet de serre protège le tout. Une telle installation se marieparfaitement àlamajorité des toits de chez nous. Sur un immeuble, on nelaperçoitpres- que pas. Un panneau thermi- que, moins fragile que le photo- voltaïque, dure toute une vie.

Rentable

Le soleil ne coûte rien et il brille à profusion dans la plupart des régions du Valais. L’investis- sement ne portera donc que sur l’installation. Sans vouloir en- trer dans tous les détails de localisation et de qualité du bâtiment, il faut compter entre

45 000 et 60 000 francs pour une installation de 30 mètres carrés, suffisante pour un im- meuble de 20 appartements, soit environ 60 personnes. De cette somme, il faut déduire les coûts d’un système de produc- tion d’eau chaude traditionnel et les 6000 francs de subven- tion qu’offre le canton du Valais. Cela diminue la facture d’envi- ron 10 000 francs. Michel Carron, responsable valaisan de Sebasol, précise:

«Une telle installation convient particulièrement à des immeu- bles. La rentabilisation prendra plus de temps pour une maison

individuelledontleshabitantsuti- La totale

lisent l’eau chaude raisonnable- ment.» «Nous essayons de sensibiliser les architectes à cette technique rentable. Nous la promouvons aussi auprès des communes qui refusent rarement la pose de pan- neaux. A Vionnaz, on va plus loin. A chaque mise à l’enquête publi- que, le Conseil communal pose la question «avez-vous pensé au so- laire?» A Savièse, on ne facture pas la mise à l’enquête d’une installation solaire thermique. De petits gestes qui ont une grande portée psycho- logique.»

Laurent Rielle, spécialiste en solaire thermique affilié à Seba- sol, vaplusloin: «Il existeactuelle- ment des poêles à bois ou à pellets qui peuvent se combiner avec une installation solairethermique et as- surer tout le chauffage d’une mai- son individuelle avec deux à quatre stères de bois par année selon les conditions climatiques.» Une ma- nière d’économiser et d’atteindre une quasi-indépendance énergé- tique. Une telle installation re- vient à environ 45 000 francs, à comparer, par exemple, avec le prix d’une pompe à chaleur et ses à-côtés.

= TROIS QUESTIONS À

pompe à chaleur et ses à-côtés. = TROIS QUESTIONS À « Avec le soleil de Fully,
pompe à chaleur et ses à-côtés. = TROIS QUESTIONS À « Avec le soleil de Fully,
pompe à chaleur et ses à-côtés. = TROIS QUESTIONS À « Avec le soleil de Fully,

« Avec le soleil de Fully, nous sommes gagnants à tous les coups»

 

Comment avez-vous eu l’idée d’équi- per votre immeuble de panneaux so- laires thermiques?

l’ensoleillement. Avec celui dont nous disposons à Fully, nous partons gagnants à tous les coups. Sans parler de l’an- nonce de l’augmentation des prix de l’électricité. Avec cette rentabilité, nous aurons amorti l’installation en dix ans maximum.

L’installation de ces panneaux a-t-

 

ROLAND THEURILLAT COPROPRIÉTAIRE ET CONCIERGE DE L’IMMEUBLE LES PAPILLONS À FULLY

Lors d’une sortie à skis, j’ai rencontré Mi- chel Carron et nous avons parlé énergie et soleil valaisan. Il m’a convaincu de la possibilité d’équiper mon immeuble de panneaux thermiques. Il a fait une estimation des coûts et rende- ments que j’ai soumise à l’assemblée des propriétaires qui a manifesté son intérêt tout en demandant des précisions. Le devis définitif a recueilli l’unanimité et nous avons effectué les travaux en 2008.

Cette installation a-t-elle répondu à vos attentes et aux promesses faites?

L’immeuble «Les Papillons» et sa discrète installation. ANDRÉE-NOËLLE POT

L’exemple des «Papillons»

 

elle changé quelque chose à votre confort?

Personnellement, je n’ai pas remarqué de changement. Seule une personne de l’im- meuble s’est plainte d’un manque de pres- sion de l’eau. En revanche, j’ai le sentiment d’avoir fait quelque chose de bien pour l’environne- ment et cela procure une sensation agréable. Si un jour je construis une maison, j’installe- rai assurément des panneaux thermiques sur le toit.

PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE MAYORAZ

L’immeuble «Les Papillons» se situe à Fully, région ensoleillée que l’on sait. Il compte huit apparte- ments qui abritent 24 personnes en moyenne. En 2008, les copro- priétaires décident d’installer 18 mètres carrés de panneaux solai- res, de modifier leur réseau d’eau chaude et d’acquérir deux boilers de 800 litres pour 30 000 francs. Avecla subvention et endéduisant le coût des deux boilers âgés de 20 ans et qu’il aurait fallu changer, la

facture descend à 20 000 francs. L’économie annuelle prévue se monte à 2400francs au prix actuel du kilowattheure. En un peu plus de huit ans, l’installation est amor- tie. «Les Papillons» chauffait son eau à l’électricité. Avec un système au mazout ou une pompe à cha- leur, l’économie annuelle se réduit à 1200 francs. L’amortissement passe à seize ans. Mais, qui dit que le mazout coûtera le même prix à ce moment-là? PM

L’économie annuelle se monte à un peu plus de 2000 francs soit à peu près les chiffres promis. En 2011, les excellentes conditions de soleil du début de l’année devraient permettre de les dépasser. En fait, l’économie dépend de la qualité de

Une installation simple et facile

dentretien. ANDRÉE-NOËLLE POT

dépend de la qualité de Une installation simple et facile d ’ e n t r