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Des milmes auteurs

- JA CALGARO et P.M. GERY: Les matrices-transfert dans le


calcul des structures. Eyrolles, 1973.
- Sous la direction de M. ARNOULD et M. VIRLOGEUX: Granulats
et bétons Bilan de dix ans de recherches. Presses de l'Ecole
Nationale des Ponts et Chaussées, 1986. CHAPITRE 1: Introduction ................................................. 1
- Sous la direction de J. MATHIVAT et M. VIRLOGEUX: Les granos CHAPITRE 2: Théorie élémentaire de l'effort tranchant .... 7
ouvrages en béton Association Française Pour la Cons-
truction, 1986. CHAPITRE 3: Torsion pure, libre et uniforme des poutres 49
- JA CALGARO et M. VIRLOGEUX: Projet et construction des CHAPITRE 4: Torsion non uniforme et torsion gênée des
""1Io'1!-,UI::>, ouvrages courants. Presses poutres à section en profil mince ouvert et
de l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, 1987. fermé ............................................................ 71
CHAPITRE .5: Étude des profils minces par l'analyse en
ossatures plissées ......................................... 111
CHAPITRE 6: Rappels sur le calcul des poutres continues 125
CHAPITRE 7: Analyse structurale des tabliers de ponts
à poutres ...................................................... 139
CHAPITRE 8: Analyse structurale des tabliers de ponts
droits en forme de poutre-caisson uni-
cellulaire ...................................................... 199
9 : Généralités sur les calculs de prédimension-
nement des ponts construits par encorbel-
lements successifs et des ponts poussés ....... 239
Toute reproduction, même partielle, de cet ouvrage est interdite. Une copie ou reproduction CHAPITRE 10: Notions sur les ponts courbes 287
par quelque produit que ce soit, photographie, microfilm, bande magnétique, disque ou
autre constitue une contrefaçon passible des peines prévues par la loi du 11 mars 1957 sur
le protection des droits d'auteur.

~1988 ISBN 2-85978-119-6

28. rue des Saint-Pères


75007 PARIS

Département Éd~ioo de "Association Amicale des Ingénieurs Anciens Élèves de l'École Nationale des Une table des matières détaillée figure li la fin de l'ouvrage.
Ponls et Chaussèes.
Avant-propos

Les tabliers de ponts sont des structures tridimensionnelles qui, lorsqu'elles


ne sont pas calculées à l'aide de méthodes numériques, sont analysées à
partir de modèles plus ou moins simplifiés. En règle générale, le fonctionne-
ment d'un tablier de pont est d'abord globalement étudié dans le sens
longitudinal, selon un modèle de poutre; puis on s'intéresse à son
comportement dans le sens transversal pour apprécier le caractère tridimen-
sionnel de ce fonctionnement.
La résistance des matériaux classique a, en particulier, pour objet la
détermination des sollicitations et des contraintes dans les poutres. Elle
repose sur un certain nombre d'hypothèses et d'approximations que l'on
oublie parfois, ou dont on sous-estime l'importance lorsque l'on s'en écarte
un peu trop. En particulier, les principaux résultats sont établis pour des
poutres à fibres parallèles, à section pleine et indéformable. Or, beaucoup
de tabliers de ponts ont une section transversale à parois minces (ponts à
poutres, ponts-caissons), dont les fibres ne sont pas forcément parallèles
(ponts de hauteur variable), et dont la déformabilité peut ne pas être
négligeable.
Le présent ouvrage, qui veut être avant tout un cours, ne traite pas des
ponts-dalles. De nombreux documents techniques ont abordé ce problème
de façon définitive. Il ne traite pas non plus des structures complexes à
caractère innovant qui se sont développées depuis quelques années, mais il
contient de nombreux éléments permettant d'approcher leur fonctionne-
ment mécanique sur des bases rationnelles. Il ne traite pas, enfin, des
tabliers de ponts de très grande portée (ponts à haubans, ponts suspendus)
car ces structures mériteraient à elles seules un ouvrage complet pour
aborder tous les aspects de leur calcul. Il s'intéresse donc essentiellement à
deux types de tabliers très courants : les tabliers à poutres et les tabliers en
forme de poutre-caisson.
Pour ces tabliers, la dissociation entre le fonctionnement longitudinal et le
fonctionnement transversal n'est pas toujours possible lorsque l'on veut
procéder à une évaluation fine de l'état de contraintes. Selon les hypothèses
de départ, il y a, notamment, une interaction entre la flexion et la torsion
sous l'effet de systèmes de chargement excentrés. Qu'il s'agisse de tabliers
de ponts à poutres ou de tabliers en forme de poutre-caisson, les méthodes
d'analyse structurale peuvent être grossièrement rangées dans deux familles
distinctes : la première considère que les sections transversales sont rigou-
VI

reusement indéformables, et la seconde prend en compte, d'une facon plus


ou moins accentuée, la déformabilité des sections.
C'est pourquoi, avant d'aborder l'analyse structurale de ces tabliers, il a
paru utile de commencer ce cours par un exposé détaillé des théories de
l'effort tranchant et de la torsion (pure et gênée), correspondant à CHAPITRE 1
l'hypothèse d'indéformabilité des sections droites, et un exposé succinct de
la méthode d'analyse dite en « ossature plissée ", considérant les poutres
comme un assemblage de voiles longitudinaux parfaitement articulés entre
eux.
Un chapitre, auquel il faut adjoindre un chapitre de rappels sur le calcul
des poutres continues, est consacré au prédimensionnement de deux types
L'étude de la résistance d'une construction commence par le
d'ouvrages en béton très répandus : les ponts construits par choix d'un schéma de fonctionnement et de calcul. Ce choix n'est
encorbellements successifs et les ponts poussés. généralement pas unique et dépend du degré de précision recherché
Ce cours se termine par généralités concernant le calcul des ponts pour l'analyse. La définition du schéma de fonctionnement et de
courbes. calcul repose sur des simplifications .dans la géométrie de la con-
struction, afin de la dépouiller de tous les facteurs non suscep-
tibles d'influencer tant soit peu le ,travail du système entier.
La principale simplification consiste à réduire la forme géométri-
que des corps aux schémas de poutre ou d'enveloppe (membrane).

Le présent Cours est essentiellement consacré au comporte-


ment mécanique des structures linéaires dont le fonctionnement est
assimilable, au moins en partie, à celui d'une poutre dont la sec-
tion transversale est composée de parois minces ou épaisses. Sa
lecture suppose donc une bonne connaissance de la Résistance des
Matériaux usuelle.

Rappelons qu'une poutre est le solide engendré par une aire


plane (S), bornée, dont le centre de gravité (ou d'inertie) décrit
une courbe (C) dans l'espace, le plan (P) contenant l'aire (S) res-
tant normal à la courbe (C) (Figure 1.1).

. , .---1CJ -

----;:.- .~', '

----.
~ .. _-
Figure 1.1
-3-
-2-

On appelle sollicitations dans la section droite (5) les élé-


(5) est appelee section droite de la poutre; elle peut Itre ments de réduction du torseur des efforts (engendrés par les actions
de géométrie fixe ou variable. La courbe (C), lieu du centre de directes ou indirectes) dont les points d'application sont situés à
gravité G des sections droites, est appelée fibre moyenne, et la des abscisses curvilignes inférieures à s (abscisse curviligne de la
courbe engendrée par un point quelconque de (5) est simplement appe- section (5». Ce sont donc les éléments de réduction du torseur des
lée fibre. efforts de "gauelle" sur la section. Ils sont constitués par une som-
me géométrique et un moment résultant.
Si la courbe (C) est plane, la poutre est également dite plane,
et si le plan contenant (C) est plan de symétrie pour (5), la pou- La somme géométrique se projette sur les axes locaux du repère
tre est dite à plan moyen. Dans tout ce qui suit, on admettra que, Gxyz en une composante N suivant Gx (appelée effort normal), et deux
si la section (5) est de géométrie variable, elle l'est de façon composantes Vy et Vz suivant Gy et Gz (appelées composantes d'effort
lente et continue. tranchant). Le moment résultant se projette, de la même façon, en Mx
suivant Gx (moment longitudinal), My et Mz suivant Gy et Gz (compo-
Dans les constructions réelles, les éléments assimilables à santes du moment fléchissant). Toutes ces grandeurs sont représentées
des poutres ne sont pas confectionnés en respectant la définition avec les conventions de signe adoptées dans toute la suite de ce Cours
mathématique qui vient d'être rappelée. Ces éléments ne sont con- sur les dessins de la figure 1.2. On notera, en particulier, que l'ef-
nus que par leur forme (ou leur coffrage) et la fibre moyenne ne fort normal est positif lorsqu'il correspond à une compression.
peut d'emblée être mise en évidence si les fibres ne sont pas pa-
rallèles. Pour pouvoir utiliser les modèles et les résultats de la
Résistance des Matériaux classique, il est nécessaire de rechercher
cette fibre moyenne afin de définir les sections droites.

Considérons, par exemple, un tablier de pont assimilable à


une poutre dont les fibres ne sont pas toutes parallèles. Il arrive,
pour des raisons de commodité, que l'on prenne en compte au titre
des sections droites les sections verticales ou les sections perpendi-
y
culaires à l'extrados. Cette assimilation est souvent inacceptable
là où la hauteur du tablier varie assez rapidement. Il est possible
de rechercher la fibre moyenne par un processus itérat.if comme indi-
qué ci-après. On commence par tr~cer la courbe (Cl), Iteu des centres
de gravité des sections verticales ou normales à l'extrados. A p~r­ /
tir de cette courbe, on peut considérer les sections qui lui sont
normales en tout point et calculer la position du centre de gravité
de ces nouvelles sections. Le lieu de ces centres définit une nou-
velle courbe (C2). En recommençant ce processus autant de fois qu'on
le désire, .on engendre une suite de courbes (C n ) qui converge vers Figure 1.2
la fibre moyenne. Dans la pratique, lorsque la hauteur du tablier ne
varie pas trop rapidement, on se contente de la première itération:
on admet donc que la fibre moyenne est représentée par la courbe (Cl)
et que les sections droites sont les sections normales à (CI).L'er- Lorsque la poutre considérée est droite à plan moyen, et sol-
reur ainsi commise est généralement négligeable. licitée dans son plan, le torseur des sollicitations dans une section
droite se réduit aux composantes d'effort normal (N), d'effort tran-
Soit une poutre de fibre moyenne (C), orientée et rectifiée chant (V z ' noté plus simplement V), et de flexion (moment My, noté
(abscisse curviligne s), rapportée au référentiel orthonormé OXYZ. plus simplement M). Ces composantes sont comptées positivement avec
Au point d'abscisse curviligne s, on introduit un repère local Gxyz la convention de signe habituelle de la Résistance des Matériaux
tel que Gx soit porté par la tangente à (C) en G et tel que les classique ( Figure 1.3).
axes Gy et Gz soient portés par les axes principaux d'inertie de
la section.C'est dans ce repère que l'on étudie les contraintes et
les déformations en utilisant les résultats de la Résistance des
f V(.v z )

Matériaux classique, à condition que le rayon de courbure de la fi-


bre moyenne soit, en tout point, suffisnmment grand.
"."'(.'
N
1

,- _ _
.~.-._.-

Figure 1.3
-{,- -5-

Les efforts appliqués à la poutre engendrent des contraintes


et des déplacements; on les calcule à partir d'hypothèses fondamen- forme suivante: les contraintes et, par suite, les d6formations dnns
tales suggérées par la résolution d'un problème particulier: l'équi- une zone suffisamment éloignée des points d'application d'un système
libre d'un cylindre de génératrices parallèles à OX qui n'est chargé de forces ne dépendent que des éléments de réduction du torseur cons-
que sur ses bases, i l'aide de la théorie de l'élasticité linéaire. titué par ces forces. Bn particulier, deux systèmes de forces équiva-
Ce problème a été résolu en 1856 par De Saint-Venant. Rappelons-en lents produisent les mêmes effets (contraintes et déformations) dans
une région éloignée de leurs points d'application. Pour fixer les
les principaux résultats.
idées, de nombreuses mesures et des calculs poussés ont montré que
l'erreur relative sur les contraintes va de 2 à 5% à une distance
Les éléments 0yy' 0zz et 0yz du tenseur des contraintes sont
nuls. La distribution, dans une section droite, des contr~intes tan- égale à la plus grande dimension de la section du point d'applica-
gentes 0xy et 0xz ne dépend que du couple longitudinal Mx et des com- tion d'un effort concentré, et de quelque 10- 4 à une distance double.
posantes d'effort tranchant et Vz • La rotation différentielle
moyenne autour d'un axe le à OX de deux sections distantes Par contre, dans les poutres dont la section est constituée
de dx est proportionnelle non à ,mais au moment de l'effort ré- de parois minces (section ouverte ou fermée), ce principe de De Saint-
sultant par rapport à une paraI à OX dont les coordonnées de la Venant n'est pas toujours applicable: les effets des efforts concentrés
trace (Yl,zl) dans le plan des sections droites dépend de la forme et les particularités de bord engendrent des perturbations dans l'état
de la section. Avec les notations et conventions de signe précédem- de contraintes et de déformation de la poutre sur des zones d'éten-
ment explicitées, ce moment a pour expression: due essentiellement plus grande que dans le cas des poutres à section
pleine. L'analyse des contraintes nécessite alors des méthodes plus
T R Mx ZIV y - YIV z élaborées .qui seront développées à partir du chapitre 4.
T est appelé le couple de torsion, et le point de coordonnées
(Yl,zl) dans les sections droites est appelé centre de cisaillement. Pour en terminer avec cette introduction, rappelons que les hypo-
Dans le cas d'une section possédant deux axes de symétrie, ce point thèses de base de la théorie usuelle des poutres, de laquelle nous
coincide avec le centre de gravité G, et le couple de torsion avec partirons, sont les suivantes:
le moment longitudinal (T = Mx). Mais, dans le cas des poutres de - le principe de De Saint-Venant, que nous venons d'évoquer,
section quelconque, le centre de cisaillement et le centre de gra- - le principe de Navier-Bernoulli généralisé.
vité sont distincts. Si la poutre considérée est de section pleine
et de forme suffisamment régulière, la distance entre ces points L'hypothèse initiale de Navier-Bernoulli consiste à supposer que,
est généralement faible. Il est alors loisible, en commettant une lors de la déformation d'une poutre, les sections droites, planes avant
erreur minime, de confondre le moment longitudinal et le couple de déformation, le restent après application des efforts. Cette hypothèse
torsion. est bien vérifiée pour les déformations dues aux seules composantes de
flexion. Par contre, en présence d'effort tranchant, les sections ne
Par contre, dans les poutres dont la section droite est compo- restent pas planes: on dit qu'elles se gauchissent. Toutefois, dans les
sée de parois minces, cette distance n'est pas négligeable, et peut poutres à section pleine, ce gauchissement n'affecte guère la distribu-
même être très importante dans le cas des sections ouvertes. Confondre tion des contraintes normales. Cependant, de façon à rendre compte au
le moment longitudinal et le couple de torsion peut alors conduire mieux de la réalité, Pigeaud a énoncé un principe de Navier-Bernoulli
à des erreurs inacceptables. généralisé que l'on peut écrire sous la forme suivante:
n Deux sections droites infiniment voisines (S) et (S') de la
Enfin, la distribution, dans une section droite, des contraintes poutre deviennent, après déformation, deux sections infiniment voisines,
normales 0xx à cette section, la dilatation lin6aire et la courbure généralement gauches, (SI) et (SI). Les sections (SI) et (SI) sont
de la fibre moyenne ppur cette section, ne dépendent que de l'effort superposables par déplacement".
normal N et des composantes de moment fléchissant relatives à cette
section. Nous verrons, par la suite, que comme le principe de De Saint-
Venant, le principe de Navier-Bernoulli généralisé doit être abandon-
Ce dernier résultat n'est valable que pour des poutres analogues né dans l'étude des poutres à section constituée de parois minces,
à celle étudiée dans le problème de De Saint-Venant, c'est-i-dire des soumises à la torsion. Toutefois, afin que l'exposé soit intrinsèquement
poutres à section pleine et de forme régulière, et en dehors des zones complet, nous commencerons par rappeler la théorie élémentaire de
d'application d'efforts concentrés. Dans de telles poutres, l'étendue l'effort tranchant et de la torsion pure et libre dans les deux cha-
des zones dans lesquelles les résultats précédemment énoncés ne sont pitres qui suivent.
pas valables (zones de perturbation des contraintes) est réduite.C'est
ce que traduit le principe de De Saint-Venant qui peut s'écrire sous la
CHAPITRE 2

THÉORIE ÉLÉMENTAIRE
DE L'EFFORT TRANCHANT

La d€termination des contraintes dues aux composantes d'effort


tranchant du torseur des sollicitations dans une section droite d'une
poutre relève de la th~orie de l'Elasticit~. Hais, même dana le cas
simple du Problème de De Saint-Venant, les solutions obtenues ne sont
pas d'un emploi ais~. c'est pourquoi, la R€sistance des Hat~ri8ux "
aborde la question par l'interm~diaire de modèles approch~s fournissant
des r~sultats directement utilisables par les Ing€nieurs. Ces modèles
approch~s constituent la th~orie ~l~mentaire de l'effort tranchant.

2.1-. HYPOTHESES ET FORMULATION DE LA THEORIE ELEMENTAIRE DE L'EFFORT


TRANCHANT DANS LES POUTRES A SECTION PLEINE

Le processus d'€tude qui va suivre porte sur une poutre droite


â section pleine de caract~ristiques g~om~triques et m~caniques cons-
tantes. Elle est soumise â un système d'actions induisant, dans la
section d'abscisse x, un torseur de sollicitations r~duit aux compo-
santes Vy ' Vz ' H et Hz. Conform~ment aux r€sultats issus de la r~­
solution du problème de De Saint-Venant et aux cons~quences des hypo-
thèses fondamentales de la th~orie des poutres, on admet:

- que la contrainte nJrmale o(x,y,z) dans la section droite


. d'abscisse x ne d~pend que des composantes Hyet Hz,
- que la contrainte tangente t(x,y,z) dans cette même section
ne d€pend que des composantes Vy et Vz •

Ceci revient à consid~rer qu'en dehors des zones VOlSlnes des


points d'application d'efforts concentr~s, suppos~es de faible €ten-
due (principe de De Saint-Venant), le gauchissement des sections en-
gendr~ par la pr~sence de contraintes de cisaillement ne modifie pas
la distribution plane des contraintes normales longitudinales.
-9-
-8-

En comptant positivement ces contraintes lorsqu'elles correspor Par convention, on comptera positivement Tn selon la normale
dent à une compression, on peut écrire, dans la section droite d'abs( extérieure à (r) et, si on appelle s l'abscisse curviligne sur cette
se x rapportée à son repère principal d'inertie Gxyz: courbe, il est clair que:
(x) (x)
(2. 1 ) o(x,y,z) = z - •y
(2.2) 1 fr Tn·ds = - !f *,(x,y,z).dy.dz
ô
l
Isolons alors une "tranche" de poutre comprise entre les absci,
ses x et x+dx et traçons, dans le plan de la section d'abscisse x, Ul
ligne fermée (r) définissant la base (6) d'un cylindre de longueur d, Or, la poutre étant à fibres parallèles,
Considérons l'équilibre, au sein de la tranche de longueur dx, de ce
cylindre de base (ô).
dMy dM
(lo z _ _ z
Il est soumis, en ses extrémités, aux contraintes o(x,y,z) et dX (x. y, z) ly·'d,( Iz·'d,(·Y
o(x+dx,y,z). Il subit donc un effort axial différentiel dont l'inten!
té, dans le repère Gxyz attaché à la section d'abscisse x, vaut:
Et connne:
dO (x,y,z).dy.dz
-dx.ff __
6 aX dMy dM z
Cet effort axial est équilibré par des contraintes tangentes SI Vz et 'd,( - Vy
dx
la surface latérale du cylindre. Du fait de la loi de Cauchy de pa-
rité des contraintes tangentes sur deux facettes perpendiculaires, 1.
contrainte tangente agissant sur une génératrice du cylindre a la la relation (2.2) s'icrit encore:
même intensité que la composante ln de la contrainte t existant dans
la section droite d'abscisse x, normale à (r) au droit de la trace d v v
la génératrice sur cette courbe (Figure 2.1). f Tn.ds
r l
z
y
ff z.dy.dz -
ô
i-z ff y.dy.dz
6

Les intigrales ff z.dy.dz et !fy.dy.dz représentent les moments


Ô Ô
statiques de l'aire (ô) par rapport aux axes principaux d'inertie Gy
et Gz. On les note désormais:

'J
s*y a !f z.dy.dz
Ô
et 5 z * ff y.dy.dz
6

et la relation (2.2) s'écrit finalement:

v v
(2.3) f Tn·ds
r
3. S*
1 • Y
J..
l *
Sz
Y z

La formule (2.3) s'étend immédiatement au cas du cisaillement


normal à une ligne (r) joignant deux points A et B du contour de la
section d'abscisse x, dans la mesure où la poutre n'est pas soumise
à des actions tangentes sur sa surface latérale (Figure 2.2).
-10-
- 11-

et connne: 3
1 = bh
La convention de signe sur Y TI
T n reste toujours la même: on en déduit que:
cette composante est comptée 2
T(Z)
6 h 2
z ) V
positivement suivant la nor- 2 - -(
bh3
-
4
-
• z
male extérieure à l'aire
dont on calcule les moments La distribution de la contrainte tangente due à Vz suit donc une
statiques ( aire hachurée loi parabolique suivant la direction Gz. Cette contrainte est maximale
A jLLL-L.J,/..U sur le dessin de la figure au niveau du centre de gravité G où elle vaut:
y 2.2). 3V
8 z
1T 1max 2bh 2

En notant que Z - ~h représente le "bras de levier" du couple élastique


dans la section, on écrit habituellement:
v
z
(2.4) 1T 1max - bZ
Figure 2.2
L'étude des sections rectangulaires par la théorie élémentaire
donne des résultats qui peuvent être jugés représentatifs de l'état
2.2-APPLICATION AU CAS PARTICULIER DES POUTRES DE SECTION RECTAN- de contraintes réel. Envisageons alors d'estimer la déformation due
à l'effort tranchant.
GULAIRE.
La tranche de poutre de longueur dx possède une énergie poten-
Considérons une poutre
tielle de déformation élastique dont l'expression, en fonction des
droite de section rectangu-
contraintes, est la suivante pour l'unité de longueur de poutre:
laire dont les dimensions b
(largeur) et h (hauteur) sont 2
dW 1 0 T2
constantes. Si h est suffisam- U - dx - 2 ffs( T + G)·dy.dz
ment grand devant b, les li-
gnes de cisaillement, c'est-à- L'intégrale est étendue à l'ensemble de la section droite de la
dire les lignes auxquelles sont poutre, E et G sont respectivement les modules d'Young et de glisse-
T . 6 ( -h2-z 2 )V
=_ -::1
tangentes les contraintes de ment du matériau constitutif.
bh 4 z
z cisaillement, liées aux seules
h composantes (Vz,My) du torseur En fait, le terme en 0 ne dépend, par hypothèse, que du moment
y G des sollicitations sont prati- fléchissant My' Pour étudier la déformation d'effort tranchant, on peut
quement parallèles aux côtés donc se limiter au terme en T. On peut donc écrire:
de dimension h. Alors, la com-
posante T n normale à une ligne 1 V~ 36 +h/2 h 2 2 2
joignant deux points A et B du U - 2'G'-6' (7; -z ) .dz
bh -h/2
~ b ,1 contour, parallèle à l'axe Gy,
est égale, en dehors des zones 3 Vz
d'extrémité, à la contrainte - Sbh' G
effective T. L'application de Or, cette énergie potentielle spécifique doit être égale au
la formule (2.3) conduit donc travail réversible de l'effort tranchant. Appelons ÇV(x) la fonction
Figure 2.3: distribution des
à une bonne estimation de cette représentative de la déformée de la poutre due à l'effort tranchant
contraintes de cisaillement
contrainte de cisaillement. comptée positivement suivant la direction Gz. Compte tenu de la con-
vention de signe de Vz • le travail de l'effort tranchant sur le dépla-
Si la ligne AB est à la cote z (Figure 2.3), il est clair que: cement relatif de deux sections distantes de dx c 1 a pour expression:
2 1 dÇV
S,., 1 h 2
7; - z 2'dï("'V z
y 2b )
12- -13-

Enfin, la théorie de l'Elasticité permet de trouver une solution


Par identification, on en déduit donc que: analytique au problème de la section circulaire. En particulier, le long
du diamètre porté par Gy, le cisaillement est maximum au c'entre du
d~V 6 Vz
cercle et minimum sur le bord:
;:r;- = - Sbh . G
3+2v ...2:
V
On pose habituellement: T(O,O) = 2(I+v) . nR 2
dl;V v
z
(2.5)
dx cs;- r(±R,O) =
1+2v
J.ï:\J'
Vz
lIR2

5) est appelée section réduite à l'effort tranchant et, dans le En adoptant un coefficient de Poisson V - 0,25, la valeur du
cas de la section rectangulaire, vaut: cisaillement maximum issue de la théorie élémentaire (4V z /3wR2) est
5 comprise entre les précédentes valeurs ( ~ Vz au centre et ~ Vz
SI (;5
aux bords).
S étant l'aire de la section droite de la poutre.

2.3- CAS DES POUTRES DE SECTION QUELCONQUE


Dans le cas des poutres de section quelconque, l'appréciation des
contraintes tangentes effectives à l'aide de la formule (2.3) demande
des précautions. Habituellement, dans le cas des poutres à plan moyen
sollicitées en flexion dans leur plan, on calcule une contrainte tan-
gente moyenne normale à une ligne de coupure parallèle à Gy. Il ne y. A A
_._.,- - ----. T III
_ 4V z
~(R-Z)
2 2

faut pas oublier qu'au voisinage du bord libre de la section, le ci-


saillement est parallèle à la tangente à ce bord libre s'il ne pré-
sente pas de point anguleux, et nul dans le cas contraire . • _ ...
Cette proposition se démontre aisément par l'absurde. En effet,
soitP un point quelconque du bord libre de la section où l'on peut
définir une tangente unique (Figure 2.4-a). Décomposons le cisail-
lement en une composante parallèle à cette tangente et une composan- Figure 2.5 distribution des
te normale. En vertu de la loi de Cauchy de parité des contraintes contra i ntes tangentes
tangentes, la composante normale se retrouve sur la génératrice de
la poutre passant par P. Or, la surface latérale de la poutre n'est
pas chargée par hypothèse: la dite composante est donc nulle. que dans le cas des sections rectangulaires dans la mesure où, en se
rapprochant du bord, la direction de la contrainte s'écarte de plus
en plus de la verticale. Les résultats du calcul sont les suivants.
3
s*. ~(R2_z2)2 Iy -
UR"
-~4-
y 3
4V 2 2
T(Z) - - Z (R - Z )
3nR"
Alors, si on calcule la déformation d'effort tranchant comme
dans le cas d'une section rectangulaire, on aboutit à une f.ormule

[' analogue à la formule (2.5) dans laquelle la section réduite a pour


expression:
5) •
9
ïO S
Un calcul plus reprêsentatif peut itre fait si, par un procédé
quelconque, on peut approcher la forme des lignes de cisaillement ré-
(a) (b)
elles. Ainsi, si l'on admet que les lignes de cisaillement sont des
Figure 2.4 arcs d'ellipse dont le grand axe est porté par Gz et que la composan-
t'e de cisaillement parallèle à Gz est constante sur toute parallèle
à Gy, on trouve une section réduite proche de la précédente, égale 1:
27
SI ·12 S
-14- -15-

Si, en P, le bord libre présente un point anguleux, les deux Cependant, du fait de leurs rapports géométriques particuliers,
branches du contour aboutissant en P admettent des tangentes différen- les poutres à parois minces présentent des propriétés essentiellement
tes. On peut alors décomposer vectoriellement le cisaillement normale- différentes de celles des poutres à section pleine. En premier lieu,
ment à ces tangentes de façon unique (Figure 2.4-b). Toujours en vertu le principe de De Saint-Venant ne leur est pas toujours applicable:
de la loi de Cauchy, les deux composantes de cisaillement doivent se l'étendue des zones de "pénétration" des effets spécifiques des efforts
retrouver sur les génératrices infiniment voisines aboutissant de part ponctuels est beaucoup plus importante que dans les poutres à section
et d'autre de P. Comme la surface de la poutre n'est pas chargée, ces pleine. Par ailleurs, sous certains modes de sollicitation comme la
composantes sont nulles, et donc le cisaillement global est nul. torsion (Cf. chapitre 3), les sections droites sont affectées par un
gauchissement qui peut ne pas être négligeable.
Considérons, par exemple, une section circulaire de rayon R,
soumise aux composantes de sollicitation (Vz,My). On calcule habituel- Ces sont ces particularités de fonctionnement qui vont être étu-
lement un cisaillement moyen le long de lignes parallèles à Gy (Figure diées dans ce chapitre et les suivants. Maia, avant tout, il convient
2.5). Ce cisaillement moyen est moins représentatif du cisaillement réel d'introduire de nouvelles grandeurs géométriques attachées aux sections,
appelées caractéristiques sectorielles.
L'erreur, sur la contrainte de cisaillement maximale, commise en 2.4.2- Caractêristiques sectorielles d'une section ouverte a
adoptant la solution de la théorie élémentaire est donc d'environ 5%.
Dans le cas général, cette erreur peut être nettement plus sensible, parois minces.
et il convient donc d'utiliser les résultats de la théorie élémentaire
avec discernement. Une section est dite ouverte si elle ne comporte aucune cellu-
le. Dans le plan rapporté aux axes Oy,Oz faisant partie d'un repère
Oxyz orthonormé direct, on considère une section à parois minces
ouverte, représentée par sa ligne médiane (r) qui est une courbe
supposée rectifiée et orientée (figure 2.6 ). On note s l'abscisse
curviligne sur (r), e l'épaisseur de la section au point courant
2.4- THEORIE ELEMENTAIRE DE L'EFFORT TRANCHANT DANS LES PROFILS (fonction de s), l(yo'zo) l'origine de la courbe et M(y,z) le point
courant.
MINCES A SECTION DROITE OUVERTE INDEFORMABLE.
Par ailleurs, on considère un point P du plan, de coordonnées
(Yr,zp) qui sera appelé pale.
2.4.1- Introduction

Dans leS constructions, on emploie souvent des poutres résul-


tant de l'association d'éléments linéaires (voiles plans ou coques)
de faible épaisseur. De telles poutres offrent une grande résistance
et une grande rigidité pour un poids relativement faible. Leur mode
de fonctionnement particulier nécessite un modèle spécifique: le
modèle de la poutre à parois minces (ou profil mince)·.

D'une façon générale, on appelle poutre ~ parois minces une


poutre dont l'une des dimensions en section transversale- l'épais-
seur e - est essentiellement plus petite que l'autre - la longueur
du contour. Cette dernière, ~ son tour, est nettement plus petite
que la longueur de l'axe de la poutre. lO

Dans la mesure où les sections transversales sont convenable-


ment raidies pour qu'elles puissent être considérées comme indéfor-
mables, les modèles classiques de fonctionnement des poutres a sec- .. '0
tion pleine sont applicables aux poutres à parois minces. y Yo

figure 2.6
-11>- -17-

.} -). ~). .t-

2.4.2.1. ~iE~_~~~~~Ei~!!~ IHp = pp' Afa' dfJ + tt)l"

On appelle aire sectorielle de pale P attachle au profil mince Or, fSls = i.M et, dans le repère Oxyz, le vecteur pp' a pour compo-
considlrl la grandeur vectorielle dlfinie par: o
santes (0, yp,-yP , zp,-zp). On en dlduit, tous calculs faits:
-+ s + -p.
wp fo PMAds
~p est reprlsentle par un vecteur perpendiculaire au plan Oyz, donc
(2.6) wp ' a wp - (YP,-Yp)(Z-Zo) + (zp,-Zp)(y-Yo)
parallèle à Ox. C'est pourquoi, on omet habituellement son caractère
vectoriel. Etudions le module et le signe de cette grandeur.

Sous forme différentielle, on peut Icrire: 2.4.2.2. ~~!E~~_~~E~~!§Ei~!i9~~~_~~~!~Ei~!!~~


d~p ~ PHild->S
Dans la pratique, les caractlristiques'sectorielles interviennent
Soit li' le point de (r), infiniment voisin de M, tel que t+1'ad->S. dans l'étude des cisaillements d'effort tranchant et de torsion dans
Il est clair que: les poutres à parois minces. On est alors amenl à employer les carac-
a rHA(M"'"p+P"M') - rHilPM' tlristiques suivantes:
On voit donc que la différentielle de l'aire sectorielle de pale P * le moment statique sectoriel M
w
Ir weds
est Igale au double de l'aire du triangle Illmentaire (P,M,H'). Si on
appelle r la distance de P à la tangente à (r) en M, on peut Icrire: * les moments linéaires sectoriels
d~pl rld~1 MyW = Ir 7.weds M
zw
= f yweds
r
Le module de la différentielle de l'aire sectorielle étant défini,
Itudions son signe. On remarque que le signe de d~p est Iii au signe * le moment d'inertie sectoriel
du produit vectoriel PMilPH', qui est lui-même Iii à l'orientation du
2
plan. Le trièdre Oxyz Itant supposl direct, et compte tenu de la re- 1 f w eds
présentation adoptle dans le plan Oyz, nous considèrerons donc que
w r
l'accroissement de d~p est positif lorsque le rayon-vecteur tourne PM Dans toutes ces intégrales, l'épaisseur e est une fonction arith-
dans le sens trigonométrique direct, c'est-~-dire, dans le plan Oyz, métique • Les calculs peuvent être menés, lorsque la section de la pou-
dans le sens des aiguilles d'une montre. tre ne comporte que des voiles plans, par la même méthode que celle
applicable aux intégrales de MOllR.
Avec cette convention, on constate qu'il n'est pas nlcessaire
de dlfinir avec précision l'orientation de la courbe (r). En parti- 2.h.2.l. ~~~!~!!_~~!ee!!~!!!~~
culier, si cette cour~e possade des ramifications, on part de l'ori-
gine et on détermine wp jusqu'ou bout d'une branche, puis on repart On considire la section reprlsentée sur le dessin de la figure
des noeuds vers les autres branches, toujours avec le même mode de 2.7 -a qui prlcise toutes les dispositions glomltriques. On se pro-
dltermination du signe des accroi~sements de l'aire sectorielle, et pose de déterminer les caractlristiques sectorielles de pôle P situé
en veillant à ce que la fonction wp soit continue à chaque embranche- sur l'axe Oz à la cote ç, l'origine 1 étant confondue avec O.
ment.
Le tracl de l'Ipure de l'aire sectorielle est reprlsentl sur le
L'aire sectorielle ainsi déterminée dépend, Ividemment, de dessin de la figure 2.7 -b et ne pose aucun prl'blème majeur. Cette
l'origine l et du pôle P choisis. Examinons les effets d'un change- épure Itant antisymltrique, du fait du choix de la position de l'ori-
ment d'origine et d'un changement de pôle. gine 1 et du pôle P sur l'axe Oz qui est axe de symltrie de la sec-
tion, il est Ivident que le moment statique sectoriel Mw est nul.
Soit d'abord l'une nouvelle orlglne choisie sur (r), le pale Pour dlterminer les moments linéaires sectoriels, on trace (figures
Pétant inchangl. Il est clair que la difflrentielle de l'aire sec- 2.7 -c et 2.7 -dl les épures en y et en z. Plus prlcisément, on re-
torielle a même expression. Par conslquent, un changement d'origine porte en chaque point du contour la valeur (alglbrique) de ses
ne fait varier l'aire sectorielle que d'une constante. coordonnées y et z. Le calcul des moments linéaires sectoriels se con-
L'origine litant ixée, considlrons maintenant un nouveau pôle duit alors de la même façon que le calcul d'intégrales de MOllR. Compte
tenue de la symétrie de l'épure en z, il est clair que le moment li-
P' de coordonnées (yp"zp')' On peut écrire:
nlaire sectoriel Myw est nul. Par contre, on calcule:
2
P-l-Mllts tp, IId->S + p'- Mills d'où, par intégration: n) hb 2 h b2
M
zw Ç(ï2es + 2 ea)· - -4-ea
-18-

-19-

2.4.3- Cisaillements d'effort tranchant dans une section à


p
parois minces ouverte
p
~B
.,.-4~ L'application ~e la formule générale (2.3) de la théorie élé-
mentaire, établie dans le cas d'une poutre à section pleine, est li-
y o cite dans le cas d'une poutre à parois minces moyennant le respect
o des conditions suivantes:
es
- la section est rapportée à ses axes principaux d'inertie Gy
h
l'a l'a
et Gz;
- la section est convenablement raidie transversalement pour
pouvoir être considérée comme indéformable;
b
- la poutre est à fibres parallèles;
1 1
T>«(-h) - T>«(-h) les coupures le long desquelles on calcule le cisaillement
normal sont perpendiculaires à la ligne médiane de la sec-
a-Section donnt!e tion.
b-(pure de l'aire sectorielle de pôle P
La première de ces conditions est évidente. La seconde est né-
céssaire pour que les contraintes normales longitudinales engendrées
par la flexion puissent être calculées à partir de la formule 2.1 du
B/2
§ 2.1. Si la section était déformable, il en résulterait, sous le
Y seul effet de la flexion, un gauchissement des sections droites per-
turbant la distribution des contraintes normales longitudinales, ce
qui entraînerait l'inexactitude de la formule (2.3). La troisième
condition est également nécessaire pour que l'on puisse définir sans
+ - ~ I- I -8/2 ambigulté les surfaces homologues des sections droites encadrant une
tranche de poutre élémentaire.

Enfin, les coupures doivent être pratiquées normalement à la


-h/2 -h/2 ligne médiane de la section. En effet, les cisaillements étant tan-
gents aux bords libres de la section, leur direction principale est
c-(pure en y d-(pure en z donc celle de la ligne médiane en question. Le fait de pratiquer
des coupures normales à cette ligne permet donc une appréciation
représentative des contraintes de cisaillement réelles. En appelant
~ = Te le flux de cisaillement au point courant du profil, compté
Figure 2.7 avec la même convention de signe que celle explicitée au § 2.1, la
formule (2.3) devient ici:
v V
NOTA l'épure de l'aire sectorielle dans les p~rties verticales du profil est (2.7) ~
_ .2. S* - ....YS*
- - dessinée conventionnellement: le terme ib(~-h) peut Hre positif ou
Iy Y Iz Z

nêgat if.
avec:
S* = f zeds et S* = f yeds
y r* z r*

Enfin, le moment d'inertie sectoriel a pour valeur: en appelant (r*) la portion de la ligne médiane de la section isolée
2 3 2 par la coupure le long de laquelle on calcule le flux de cisaillement
1; 8 hb 2 2 (figure 2.8 ). On rappelle que dans les expressions de S* et S* le
lw =12 es +6(31; -)1;h+h )e a
terme eds a un caractère arithmétique. y z
Comme on peut le constater, l'inertie sectorielle est une grandeur
homogène à la puissance 6 d'une longueur.
-20- -21-

Si l'on tient compte de l'expression (2.7) de ~, et en inté-


grant sur l'ensemble de la ligne médiane (r) de la section, on peut
écrire:
v
V f. S '" .dw
Cp - fIr S"'.dw
y P
- .J.
l r zp
y z
Nous allons nous attacher à transformer l'intégrale f.rS*.dW . Cette
y p
transformation passe par une intégration par parties. Toutefois, une
intégration par parties ne peut être faite simplement que sl la fonc-
tion s~ est continue et dérivable: ce n'est pas le cas si la section
_f comporte des ramifications.
Supposons. tout d'abord. que la section ne comporte par de rami-
fications. En supposant qu'une origine ait été définie sur (f). la
fonction S~(s) est continue et dérivable. On peut donc écrire:
s* 1extrémité 2
Figure 2.8 '"
Ir Sy.dWp yWp extrémité 1 - Ir zwpe.ds

Or, à l'une des extrémités de la section (1 ou 2). le moment statique


est nul car il est relatif à une ai·re nulle, et à l'autre extrémité,
le moment statique est également nul car il est relatif à l'ensemble
de la section et que celle-ci est rapportée à ses axes principaux
Il est clair que la résultante des cisaillements définis par d'inertie.
la formule (2.7) équilibre les composantes Vy et Vz du torseur des
sollicitations. Calculons maintenant leur moment résultant par rap- Par conséquent,
port à un point P quelconque du plan Gyz. Le moment élémentaire dC p
engendré par le flux de cisaillement ~ agissant sur l'élément ds au
Ir Sy.dWp'" = - Ir zwpe.ds
point courant M a pour expression: On démontre, de même, que:
dêp PÎ1lldf
+ .~.ds.t.
... .t.
Ir Sz·d~ '" - Ir ywpe.ds
avec df en appelant le vecteur unitaire porté par la tan- On aboutit ainsi à l'importante formule suivante:
gente à la ligne médiane de la section, orienté vers l'extérieur de 1
la partie de section dont on a calculé les moments statiques pour V V
évaluer ~. On peut donc écrire: (2.8) Cp cfz Irwpyeds + f y
Ir wpzeds
-1- ........
dC p ~. PHAds
Comme nous l'avons déjà vu lors de la définition de l'aire sectorielle, Démontrons maintenant que cette formule reste valable lorsque
le produit vectoriel: le profil considéré comporte des ramifications. Soit (f) un profil
.ds ouvert quelconque. composé de n éléments de parois notés (ri), 1=1,
s un signe qui ne dépend que de l'~ientation générale du plan et du 2, .•.• n. qui se rattachent les uns aux autres aux noeuds Qk' k- 1,2,
sens de rotation du rayon vecteur PM. . .... ,m.

Comme le trièdre de référence Gxyz est orthonormé direct. et que Considérons le noeud particulier Qk: en ce noeud aboutissent
l'accroissement algébrique de 1'aire sectorielle est compté p~sitive­ un certain nombre d'éléments de parois sur lesquels on connait le
ment lorsque le rayon-vecteur PH tourne dans le sens trigonometrique flux de cisaillement. Si l'on note conventionnellement E~t la somme
direct, l'écriture: des flux arrivant sur ce noeud et E~k la somme des flux partsnt de
~.d;:;p ->- ce noeud, 11 est clair que la compatibilité des flux s'exprime par:
respecte les conventions signe adoptées jusqu'à présent. de p est + -
alors compté positivement dans le sens trigonométrique direct du E~k - E1'k 0
repère Cxyz.
Au niveau des moments statiques, on peut donc écrire les
relations analogues:
-22- -2J-

,., +
1:\(Qk) l.:S;(Qk)- = 0 et
,., - 'Iil"
1:S:(Qk)+ 1:S (Qk) = 0
z
'1,11'
Considérons alors l'inté~rale IlIl'
,., n
Il
1: Ir S dw p
Ir Sydw p
l i Y
* ,Il
En intégrant par parties, on peut écrire: lilh_= __ 1
,.,,., ,.,
Ir S dw p = S (Qi k)wp(Qk) - S (Qi l)w p (Ql) - Ir wpzeds c c
i Y y, Y ,
i

Dans cette écriture, licite dans la mesure où la fonction S~ est dé-


rivable entre les bornes de l'élément (ri), cet élément est supposé !:.!9ure 2. 9
relier les noeuds Qk et QI ; S~(Qi k) désigne le moment statique de
l'élément (ri) au voisinage immédi~t du point Qk et S~(Qi 1) désigne (Les cisaillements reprêsentês sont relatifs 3 une
le moment statique dans ce même élément au voisinage imm€diat du composante V d'effort tranchant)
z
point QI' En effectuant la sommation sur l'ensemble des éléments du
profil, et dans la mesure où la fonction Wp est continue, on voit
que l'on peut écrire, sous forme synthétique:

*
1: Ir S dw p
,.,
1: wp(Qk)(S (Qk) - S (Qk) ) - ~wpzeds
+ * - Dans la pratique, en dehors de quelques cas simples où la po-
i i Y k y y sition du centre de cisaillement est évidente (figure 2.9 ), on com-
mence par calculer les caractéristiques sectorielles par rapport à
Et, compte tenu des conditions de compatibilité des flux aux noeuds, un pôle p quelconque judicieusement choisi de manière à simplifier
il vient finalement: au maximum les calculs de caractéristiques sectorielles, puis on
effectue un changement de pôle. On remarquera, tout d'abord, que
,., le choix de l'origine sur (r) est indifférent; en effet, un change-
Ir Sydw p - Ir wpzeds ment d'origine n'affecte l'aire sectorielle que d'une constante, et
comme les axes du repère de la section sont principaux d'inertie, les
et on démontre, de la même manière, que: formules (2.9) sont inchangées.

Soit C le centre de cisaillement: la formule de changement de


* p
Ir Szdw - Ir wpyeds pôle (2.6) donne:
Wc '" wp - (yc-yp)(z-zo) + (zC-zp)(y-yo)
La formule (2.8) est donc valable dans tous les cas. Elle montre que le
moment des cisaillements d'effort tranchant calculé en un point quel- En tenant compte du fait que les axes Gy et Gz sont principaux d'iner-
conque p n'est généralement pas nul. JI existe un point C particulier ti~, on peut écrire:
en lequel ce moment est nul: on l'appelle le centre de cisaillement,
et sa position est définie par les conditions: Ir yeds '" Ir zeds ~ Ir yzeds = 0

Ir wcyeds o 2
Ir z eds l
2
Ir y eds
J z
(2.9) Y
Ir wczeds o Alors:

Ir wczeds o Ir ulpzeds - (Yc-yp) Ir (z-"o)zeo R + (zc-zp)fr (y-yo)zeds


Ainsi, si on sollicite, par exemple, une poutre-console par un
effort dont la ligne d'action ne passe pas par le centre de cisaille- Ir wpzeds - (Yc-yp)I y
ment de la section d'application de cet effort, le torseur des solli-
citations de la poutre admettra une composante de torsion dont les
effets se superposent à ceux de la flexion.
-24- -25-

En opérant de même sur ~wcyeds, on trouve, finalement, les Sur le dessin de la figure 2.10, le flux de cisaillement d'ef-
fort tranchant d'une section de poutre en forme de caisson unicellu-
coordonnées (yc,zC) du centre de cisaillement: laire a été déterminé et représenté à titre d'exemple, la section étant
symétrique par rapport à Gz et soumise à l'effort tranchant Vz '
Ir wpzeds
YC ~ yp + l Dans le cas génér~l, une méthode énergétique est nécessaire
Y pour déterminer les flux de cisaillement.
(2.10)
Ir wpyeds
Zc ~ zp - l
Z

Lorsque la section présente un axe de symétrie, le centre de z


cisaillement est, bien évidemment, sur cet axe. Dans le cas de
l'exemple traité au § 2.4.2.3, le centre de cisaillement est situé
sur l'axe Gz à une cote égale à: al
1

l;C
2 2
h b e
a

+ 2hb e
2
a
-.--1
v
r
- op
f

V
z
. el
..

h
y G
2.5- THEORIE ELEMENTAIRE DE L'EFFORT TRANCHANT DANS LES PROFILS MINCES
v'
A SECTION DROITE INDEFORMABLE FERMEE .... ei -.. 1-- e3
2.5.1.- Hypothèses de la théorie élémentaire
Comme dans le cas des poutres à section pleine ou des poutres
l'-e
3

a2
.. 3(ezaz+e3a3)
---
à section constituée de parois minces formant un profil ouvert, la v =
[] elal+eZa2+2e3a3
théorie élémentaire de l'effort tranchant dans les profils minces
fermés suppose que:
- les fibres de la poutre sont parallèles,
- la section transversale est indéformable.
- ":!
1 VZ
r
.Y
e 1a 2v ----..
Mais, dans le cas des profils minces fermés, la formule 2.3
ne peut, à elle seule, permettre de déterminer le cisaillement en
un point quelconque du contour de la section. En effet, dans le cas
J~'.::,: l""c:::C:_!::!-'~U,J:,:;~]~t
1 Vz
- .,. ...4! (a -a ) v .::::dJ
~!-,;,J)-"t';[?r'.'=. !.':!:I2. :,-!;'.!.-:!: '!:-t
!::l.;":-!:!I'::!-!I!.!f:'
1
!' 1':::'.2......::t1-.': '.'. -'<. : "=!. !.!:': !5~l
général, une portion de section ne pourra être isolée que grâce à
deux coupures normales au contour moyen, et la formule 2.3 ne permet- 1
'~
tra de calculer qu'une différence de flux de cisaillement entre les
deux coupures. Le c~lcul est néanmoins possible dans le cas d'une ~~ .
\--==
poutre à plan moyen unicellulaire dont le torseur des sollicitations
ne comporte qu'une composante d'effort tranchant contenue dans ce plan
moyen. En effet, dans une telle poutre, et par raison de symétrie, le
cisaillement d'effort tranchant est nul sur l'axe de symétrie. On
_ 1 VZ(e , v+e (/_z2
'r,'" "j= . . ,. "L""J§
~ ~ 1 )
~
,____

~
peut donc considérer l'équilibre d'une portion quelconque de la sec-
tion comprise entre deux coupures, l'une d'elles étant pratiquée au
droit du plan de symétrie. L'application de la formule 2.3 à l'aire 1 Vz - 2
- ":! r«e j 'j+2e 3'3)v-e 3a 3 )
---...
ainsi délimitée permet de calculer le flux de cisaillement au droit y
de l'autre coupure, a priori quelconque, et donc dans l'ensemble de Epure du flux de cisaillement dO a Vz
la section. Il est clair que, comme dans le cas des profils minces
ouverts, les coupures sont toujours normales au contour moyen et que
la section est rapportée à ses axes principaux d'inertie Gy.Gz. Figure Z.1O
-27-
-26-

2.S.2.- Principe de la détermination et formulation

Considérons une.poutre à fibres élémentaires parallèles dont la


section transversale est un profil fermé quelconque à parois minces.
On isole, par la pensée, une tranche comprise entre les abscisses
x et x+dx. Cette tranche est soumise aux composantes de flexion et
d'effort tranchant du torseur des sollicitations.

Dans la mesure où la section transversale de la poutre est sup-


posée indéformable, les contraintes normales longitudinales ne dépen-
dent que des composantes de flexion, de sorte que l'énergie potentielle
de déformation de cette tranche se scinde en deux parties: l'une,
s'exprimant en fonction des contraintes normales, est liée aux compo-
santes de flexion de la sollicitation et l'autre, s'exprimant en
fonction des contraintes tangentes, est liée aux composantes d'effort
tranchant du torseur des sollicitations.

Pratiquons, dans cette tranche de poutre, cles coupures longitu-


dinales "spécifiques" destinées à ne libérer que le gauchissement de
la section dû à l'effort tranchant. Ce faisant, le profil initialement
fermé devient ouvert. On applique alors des flux de cisaillement in-
connus au droit des lèvres de ces coupures spécifiques. Ces flux incon-
nus sont calculés en s'appuyant sur le théorème de Castigliano, en
traduisant que l'énergie potentielle spécifique de glissement de la
tranche de poutre considérée est minimale. Passons à la mise en
équation du problème.
df!tal1
Tout d'abord, on peut considérer que la section étudiée est
constituée par un certain nombre de cellules fermées et de parois
minces libres ou reliant les cellules fermées entre elles. Figure 2.11

Supposons que la scction comporte n cellules fermles, numéro-


. tées de 1 à n. On pratique donc n coupures spécifiques de glissement,
une par cellule. Au droit de la coupure de la cellule n·j, on appli- Ils sont, s priori, inconnus; c'est pourquoi, l'on pose:
que un système autoéquilibré de flux de cisaillement, noté ~j' En
se reportant au dessin de la figure 2.11, il est clair que ce flux de t j ~ Xj'~j
cisaillement circule le long des parois de cette cellule et qu'il
est constant puisqu'il n'induit aucune contrainte normale longitudi- ~1 ~tant un flux unit~ dans la cellule nOj. L'~nergie sp~cifique de
nale. g issement attach~e à la tranche de poutre de longueur dx vaut:

La section étant rendue "ouverte" par les n coupures, on peut dW 1 2 1 2 1 2 ds


calculer le flux de cisaillement induit par l'effort tranchant en U .. dx" 2e If T dS .. 2G Ir T cds" 2e Ir + .-;-
appliquant la formule 2.7, dans la mesure oD la section est rapportée en appe1ant (r) la ligne représentative du contour moyen de la sec-
à ses axes principaux d'inertie Gy,Gz avec la convention de signe
tion, e l'épaisseur du contour au point courant d'abscisse curvili-
déjà définie pour les contraintes tangentes. Notons <l>iso ce flux gne s, et e le module de glissement du matériau. En tenant compte
de cisaillement. de l'expression de <1>, on peut écrire:
Le flux de cisaillement total dans la section est donc égal 1 n - 2 ds
à la somme suivante: U .. 2G Ir (+iso + ~ Xj+j) .-;-
n
<1> <1> iso + E <1> j Dans la structure réelle, les glissement's relatifs au droit
1
des coupures spécifiques sont nuls. En vertu du théorème de Casti-
dans la mesure où les <l>j correspondent aux valeurs des flux réels gliano, on peut donc écrire:
circulant autour des diverses cellules.
-28-

V i= 1 t . ' f n,
au = 0 -29-
4
aX
i
ce qui se traduit par un système liniaire i n inconnues de la forme: dC p • 4- dw p
n
li 1=1,2, ... ,n , o comme nous l'avons diJi démontré en 2.4.3. Donc:
(2.11) ~Oilj -I-'''t, iso
avec:
Cp cf</> dwp
- - ds
Ô ij Ir 4- i <l>j"e Or, n _
4- = 4- iso -1- f Xi </>l
6 = f.
r
i i 4- iso • ds Donc: n _
i. Iso e
Cp c Ir 4- 1so dwp -1- f Xi Ir4>i dw p
les intégrales étant étendues à l'ensemble du profil. Examinons plus Il est clair que:
en détail les diffirents termes du système. Ir ;jiidwP
'i l.dwp - n D
1
Un coefficient de type <5 J ' avec i. f j, ne petit être différent ni reprisentant le double de l'aire délimitée par le contour moyen
1
de zéro que si les cellules nO et j ont une partie commune car, comme de la cellule nOi. Considérons maintenant la première intégrale. Com-
nous l'avons dit, les flux unitaires ii ne circulent que sur le pourtour me </>iso est un flux de cisaillement correspondant il un profil mince
des cellules affecties. ouvert, on peut directement utiliser les résultats du § 2.4.3, et,
plus particulièrement, la formule (2.8). Au total, on peut donc écrire:
Si l'on convient d'adopter la même convention de signe sur le
sens de rotation des flux dans les cellules, par exemple le sens de v V n
rotation direct relatif au repère orthonormé Gxyz, et dans la mesure Cp = t-z Ir wpyeds -1- 1 z Ir wpzeds
y
-1- 1: xin
1 i
oU e - e(s) est une fonction arithmétique, on voit que l'on peut écri-
re: Considérons maintenant le système suivant des n inconnues À :
(2.12) ct i
n

Désormais, nous conviendrons de réserver la notation ~i à une


(2.14 ) 'J i= 1,2 .... n
f OfjÀj = ni
intégrale portant sur l'ensemble de la cellule nOi, et la notation dont on peut facilement trouver la solution puisque tous les coeffi-
~) à une intégrale portant sur la partie commune aux cellules nOi et j clents ne dépendent que des caractéristiques géométriques de la sec-
(eventuellement de longueur nulle). tian. On peut l'écrire sous la forme matricielle suivante:
Le calcul des termes Iso ne pose aucune difficulté: lôl'IAI œ Inl
V V où lôl est la matrice, symétrique, des coefficients li il , lAI est le vec-
(2.13) '1 S* ds z "S* ds _ J teur-colonne des inconnues Ài et Inl est le vecteur-colonne des ni' Par
Iso z' e1 i y' e l ' i ailleurs, les Xi sont solutions d'un système linéaire que l'on peut
z y
il condition d'affecter, dans les diverses parties des contours des mettre sous la forme matricielle suivante:
cellules, aux moments statiques S~ et S~ des signes homogènes i la
convention faite sur la circulation des [lux dans les dites cellules. lô l'Ix 1 m IÔ i so 1
2.5.3.- Centre de cisaillement Le terme générique du vecteur-colonne IÔ 1 étant:
i sa
Considérons un profil fermé quelconque (r) comportant n cellules V V
fermées et p ramifications libres éventuelles. On conserve les notati-
ons du paragraphe précédent relatives aux intégrales sur les parois des
fy "i s*y'e
ds -1- J 91
Iz i
s* ~
z' e
cellules. La sect ion est toujours rapportée aux axes pr inc ipaux d' iner- Or, on peut écrire:
tie Gyz du repère global orthonormé Gxyz'. Les cisaillements d'effort n
tranchant sont calculés selon la méthode précédemment exposée: la ré- f xin i t lx 1.lnl t 'ô
1 sa
,• 'cd -1 • , ô 1· 1A 1
sultante de ces cisaillements conduit, bien évidemment, aux composàn-
tes Vy et Vz de l'effort tranchant. Calculons le moment qu'ils engen- t Ill i sa 1.1 A1
drent en un point P quelconque du plan de la section. Le flux 4- agis-
V n d V n
sant sur l'élément de contour ds donne un moment élémentaire: z 1: À "s*.~ -1- J E À '1 s*. ds
Iy 1 i i Y e lz 1 i i z e
Il s'ensuit que:
-)()- -31-

V n ds Vz n ds 2.5.4. Détermination pratique de la fonction sectorielle et du


Cl' ~ -!-< Irwpyeds + f ~111 5".-;-}
1:
+ T( Irwpzeds + f ).i'i 51:y '--;;-) centre de c1sa11lement.
7. Y
Si on considère, par exemple, le terme: Etant donnée une section de poutre ass~ilable à un profil mince
fermé comportant un nombre quelconque de cellules, on commence par pra-
Ë). , S* .ds tiquer une coupure spécifique "ouvrant" chacune des cellules, et trans-
1 t i z e
formant ainsi le profil fermé en profil ouvert. A partir d'un pôle l'
on constate qu'il représente l'intégrale, sur l'ensemble du contour donné, on peut donc construire la fonction représentative de l'aire
(r), du produit de la fonction S~ avec une fonction égale à: sectorielle OOp, à partir d'une origine quelconque, comme il l'a été
indiqué au § 2.4.2.1. On construit ensuite la fonction représentative
* 0 sur les ramifications ouvertes, de la fonction f(s) à partir de la même origine. Pour cela, on commence
par résoudre le système (2.14) qui fournit les valeurs des coefficients
* ).i /e sur une paroi de la cellule nOi non commune à une Ai' Puis, à partir de l'origine choisie, on construit la fonction f(s}
autre paroi, à partir des accroissements élémentaires:
1: ().i-).j}!e SUT une paroi de la cellule nOi, commune avec
la cellule nOj. (2.18) df _ ). ds
e
On introduit alors une fonction, notée f(s}, pr~itive continue en convenant que ).- 0 si le point courant décrit une ramification li-
de la précédente fonction, construite à partir de la même origine bre ou reliant deux cellules (mais n'en appartenant à aucune), A - Ai
que celle à partir de laquelle on détermine la fonction wp(s}. Par si le point courant décrit un élément de paroi n'appartenant qu'à la
un raisonnement analogue ( intégration par parties) à celui développé cellule nOi dans le sens positif conventionnel du flux de cisaillement
au § 2.4.3, on établit facilement que: dans cette cellule ( A - -Ai dans le sens contraire), et enfin
n ds *
1: ~i'i S . - = - Ir f(s}yeds et
A a !(Af-).i) si le point courant décrit un élément de paroi de la cel-
lule nO • fommun avec la cellule n"j, en lui affectant le signe "+"
\ z e
dans le sens positif conventionnel du flux de cisaillement relatif à
la cellule nOi et le signe "-" dans le cas contraire.
n
f ~t" iSy.--;;-
'" ds
= - Ir [(s)zeds
La fonction f(s} étant indépendante du pôle P, la formule de
On rappelle que les accroissements de la différentielle df(s} de la changement de pôle pour la fonction sectorielle ~p est la même que
fonction f (s) sont comptés posit ivement dans le sens de "rotation" celle relative à l'aire sectorielle Wp , à savoir:
positif de la cellule concernée.
~C - ~p - (yc-yp}(z-zo) + (zC-zp}(y-Yo)
On appelle alors fonction sectorielle du profil fermé la fonc-
tion définie sur le profil rendu ouvert en sectionnant les cellules Ainsi, pour déterminer la position du centre de cisaillement,si
par: elle n'est pas évidente a priori, on détermine la fonction sectorielle

1 ~p(s)
à partir d'un pôle l' judicieusement choisi afin de s~plifier au maxi-
(2.\ 5) = wp(s} - [(s) 1 mum les calculs, puis on effectue un changement de pôle. Comme dans le
cas des profils minces ouverts, les coordonnées du centre de cisaillement
Cette fonction, relative au pôle l', se calcule en retranchant de l'aire C se déduisent de celles du pôle P par les formules:
sectorielle la fonction f(s} précédemment définie qui, elle, ne dépend
pas du pôle choisi. Avec cette notation, on aboutit finalement à la
(2.l9)
Ir vr zeds z _ z Ir "'pyeds
formule fondamen~t~a~l~e~:~__________________________~ Yc· yI' + 1 C l' - l
, V V Y z
(2.\6) Cp = t-z Ir Vpyeds + f y
Ir "'pzeds
2.5.5. Cas particulier des sections unicellulaires
Cette formule est l'analogue de la formule (2.8) relative aux Dans le cas particulier d'une section unicellulaire (pourvue ou
profils ouverts. On constate alors qu'il existe un point du plan de la non de ramifications ouvertes), le système (2.14) se réduit à une seule
section, appelé centre de cisaillement, en lequel le moment des actions équation; le paramètre A relatif à la cellule a pour expression:
tangentes est nul. Ce point, noté C, est tel que les moments linéaires
de la fonction sectorielle construite à partir de ce point pris comme ). a _fl_
"ds
pôle sont nuls: e
La cellule ayant été "coupée" de manière à la rendre ouverte, on
(2.11) Ir "'c yeds = Ir ",c zeds = 0 construit, pour un pôle l' donné, les fonctions représentatives de 00p et
f(s) à partir d'une des lèvres de la coupure en affectant aux accroisse-
ments élémentaires de ces fonctions lin signe homogène à ls convention
sur le sens de parcours autour de la cellule.
-3)-

-)2- ~-
y -!1 0,5787 10
-2 Cv
Y Y
O,5787( 16-i) lo.:2y

'~I
Sur cette cellule, la fonction f(s) a donc pour expression: -,1-- ------
sds 9,2593,10 -cvy
f(s)=À/
o e
à condition de la parcourir dans le sens positif de rotation. Il est

1O-2~ J:.-
clair que cette fonction est monotone croissante de 0 à n entre les
deux lèvres de la coupure de la cellule. Si, au point d'abscisse curvili-
gne sa on rencontre une ramification ouverte quelconque, la fonction 20,3704,
f(s) sur cette ramification une valeur constante égale à f(sa)' y

On notera enfin que la fonction sectorielle ~p(s) sur le contour (22,6852-0,5787/) JO-cv y
est continue le long de la cellule; en particulier, elle s'annule à a-[e ure du flux de cisaillement "isostatique"
l'extrémité (lèvre d'extrémité de la coupure) et se raccorde donc à
sa valeur nulle à l'origine (lèvre origine de la coupure). (12,451-0,5787/) 10 -cvy
c -2~
O,5787{16-y)lO Y<"
2.6- EXEMPLES D'APPLICATION
Nous développerons, ci-après, trois exemples d'application, mon-
trant comment établir les fonctions sectorielles des profils minces fer- 2
------f- :-
~, ;
més et comment l'on procède pour déterminer le centre de cissillement. 3,1917,10- yy 1 0_ J~
2.6.1, Cas d'une section unicellulaire
Dans cet exemple, On se propose de déterminer le centre de cisail-
lement d'une section en forme de caiSson unicellulaire appartenant, par 7,9194,1O-'V
y
exemple, à un tablier de pont. Cette section, représentée sur le dessin L-'"L 2 2
(I0,234,-o,S787y )10- V
de la figure "2.12, possède
un axe de s~nétrie vertical
et est assimilée à un profil b- ~~~du Jx .?~_s~ll~:,,~~o~~ y

mince fermé unicellulaire.


Pour déterminer le centre de r igur. 2, l 3
cisaillement, nous dévelop-
perons deux méthodes: la ds 8 2x3
0l!= 95 e 0,25 + (l,4 = 47

~[
première (méthode directe)
LZZ V consiste à déterminer l'épure
Y
des cisaillements dus li un , = -v {_2_ 1 2 0 5787 10- 2 2d 2 9,2593+20,3704 10- 2 3
- <-0,40 ~.-II>
<II - 0.40 v 1iso y 0,25 x o · . y y + x 2xO,4 x +
L7B effort tranchant Vy dirigé
0,2 suivant Gy, puis à chercher, 2 2 2 -2
sur l'axe Gz, le point en le- 0,25 x/o (22,6852-0,5787y )10 dy

~~ quel le moment de ces cisail-


lements est nul. La seconde = -5,85186 V
y
Figu,'e 2,12 méthode applique directement
les formules (2.17) et (2. 9)
Ainsi, x= 0,12451 Vy = 12,451.10- 2V
y
(méthode sectorielle).
L'épure des flux de cisaillement totaux est représentée sur le
2.6:1.1. Méthode directe dessin de la figure 2.13-b).
On commence par calculer les diverses 'grandeurs suivantes: Pour déterminer le centre de cisaillement,calculons, par exemple,
S (aire de la section) = 5,40 m2 le moment du flux de cisaillement au point r situé au milieu du hourdis
v (distance de G à la fibre supérieure) 1,22 m inférieur.
v'(distance de G à la fibre inférieure) t,78 m +2 2 -2
Iz 21,6 m4. Cp = 3 (2 (12,451-0,5787y )10 Vydy + 2x3~4 0,5787(16-y 2 -2
)10 Vydy
- 7,9194-3,1917 3 10- 2 4 V
Pour déterminer l'épure des cisaillements provoqués par V , on 2 -x. x y 1 ,5fl08 V
y
pratique une coupure transformant le caisson en profil ouvert. ~ous pla-
çons cette coupure sur l'axe de symétrie au niveau du hourdis supérieur.
Le calcul du flux isostatique de cisaillement conduit au diagramme de
la figure 2 .l3-a). Pour déterminer le flux "hyperstatique", on calcule:
-J4-
-35-
Le centre de cisaillement 0, situé sur l'axe Gz, est donc il une
distance de P telle que:
PO ~ 1,5808 m
!.r ,l,'l'pyed s ~ -2{ 1,91489x2
2 x~ °
3 x , 25 + 1.91489+4,08511
2 x 3 x 2 x , 40 + °
On voit, sur cet exemple, que le centre de cisaillement n'est pas con-
fondu avec le centre de gravité de la section, mais qu'il lui en est
4,08511 X}X 0.25 + 2x~,25(70,97868+23.48934)}
relativement proche, à la différence de la plupart des profils minces -34,14467
ouverts.
On en déduit, par application de la seconde des formules (2.19),
2.6.1.2. Méthode sectorielle que:
34,14467 _ =
21,6 Zp +
- zp + 1,5808 m
Zc
L'emploi de la méthode sectorielle consiste à tracer l'épure de
la fonction sectorielle .p = W - f(s) pour u·n pôle P et une origine 1 On aboutit donc au même résultat que par la méthode directe.
(sur le contour de la section) quelconques, puis il appliquer les for- 2.6.2. Cas d'une poutre-caisson à trois âmes
mules 2.19. Il est bien évident que l'on a tout intérêt à utiliser au
maximum les symétries de la section. Dans le cas présent, le centre de Le dessin de la figure 2.15 montre une ;ection de poutre-caisson
cisaillement est situé sur l'axe Gz; on choisit donc le pôle P et l'ori- symétrique à trois âmes dont les dimensions ont été choisies de façon
gine l sur cet axe, les deux points pouvant être confondus. Sur les à simplifier les calculs. Cette section comporte donc deux cellules
figures 2.14-a) et 2.14-b), nous avons représenté les fonctions Wp(s) et mitoyennes et on se propose de déterminer le centre de cisaillement
f(s) en prenant le pôle P au milieu du hourdis inférieur et l'origine par la méthode sectorielle. Les caractéristiques mécaniques sont les
l des abscisses curvilignes au milieu du hourdis supérieur. suivantes:
S - 8,25 m2 v - 1,13636 m V ' - 1, 86364 m

24 24 l
y
= 14,097 m4 l
z
= 120 m4
19,91489

12 12
4.08511 l

r
4
.j 4 4

1
4
.,
1
y v.1.13636 10 • 25
0,25- 1--- -. G
1--0,25 0,25 ~ - 3
.'·1,86364
(0 G ~O,25
a- Epure de l'aire sectorielle b- [pur. d. la fonction 1(.)
(origin. 1)
L 8_ _ _ _ ._--.J
d. pOl. P et d'origine 1
Figure 2.15

Pour déterminer le centre de cisaillement, on commence par ren-

. 'le! J'
1. dre le profil "isostatique" en "ouvrant" les deux cellules. On prati-
1.91~89 que, par exemple, deux coupures au milieu du hourdis supérieur des
deux cellules,
Compte tenu de la symétrie du profil, il est bien évident que
-J, le centre de cisaillement se trouve sur l'axe Gz. On a donc intérêt,
pour simplifier les calculs, à choisir le pôle P de la fonction secto-
~ 14,08511 rielle et l'origine I des abscisses curvilignes sur cet axe. Dans le
cas présent, nous avons confondu le pôle et l'origine I, placée au point
de jonction de l'âme centrale avec le hourdis supérieur. Sur les dessins
c-[pure de la foncUon sectorielle ~tr d- Epure en y des figures 2. 16-a) à 2. t6-d), nous avons tracé successivement les
d. pOle P et d'origine i épures de l'aire sectorielle wI' de la fonction f(s), de la fonction
sectorielle .pl- wI-f(s) et 'épure en y du p~ofil.
Figure 2.14
Pour déterminer la fonction f(s), on commence par résoudre le
La figure 2.14-c) représente l'épure de la fonction continue .pp système des équations (2.14) qui, dans le cas present, s'écrit:
et la figure 2.14-d) représente l'épure en y du profil. On peut alors
calculer:
1"'"

-:37-

6
_.)(,- À
1 À
2 D ïT
2~
-24 Enfin, on achève le calcul en intégrant:

rrnt
96 2 96 96+36 l 36
Ir .pI yeds 2xO,2S{ 24x ïT+ 8x")xïT+ 6x -L-l- + "))( 16xïT l- 172,72727

D'où:
24 1-24 172,72727


Zc - zr - 120 C zr - 1,43939 m
+ On constate, dans cet e)(emple, que le centre de cisaillement est à
environ 30 cm en dessous du centre de gravité G.

12 + -12 2.6.3 Cas d'une sectiofl en bi-caisson


a) Epure de l'aire sectorielle w de pôle Le dessin de la figure 2.17 représente la section droite d'une
et d'origine 1 1 poutre en forme de bi-caisson avec hourdis supérieur continu. Avec les
216
216 dimensions adoptées, les caractéristiques mécaniques sont les suivantes:
-IT
~IT ~
168 S 10 m2 v=I,OSm v'-I,9Sm
WI __ R
1- Tr
1+ ly. 15,975 m4 Iz· 261,33 m4
[

0.
48
+1 -1

p ____+_4._
z

~ 4 4 4

if~
~

96
-n 1· J -
y,I,05OO T0,25
b) (pure de la (onction f{s) d'origine 1 Y 0,25-< r--v' .1,9500 -1--- 0 ,25 G 0,25-. r- 0,25 1<- 3

. C) 0~
0,25 0,25

96
-n Figure 2.17

Ici encore, compte tenu des symétries de la section, i l est clair


36 que le centre de cisaillement se trouve sur l'axe Gz, Toutefois, nous
- 11
déterminerons la fonction sectorielle pour une origine des nbscisses
curvilignes qui n'est pas située sur cet axe de symétrie. Dllns le CliS
présent, nous prenons cette origine 1 11 l'extrémité "droite" du hour-
c) Epure de la fonction sectorielle ~tI dis supérieur.
de pôle et d'origine 1
On rend les cellules ouvertes en pratiquant des coupures au mi-
+8 lieu de la portion de hourdis supérieur qui les concernent. Les cellu-
les étant disjointes, le système des équations (2.14) prend la forme
1 + simple:
56À = 24
.4
:...J -8
et 56"2 24
1
D

f· -4 3
d'où Œ "7
!
ÀjD À
2
Alors, sur les dessins des figures 2.18-a) 11 2.1R-d), on s repré-
1-4
,4 senté successivement l'épure de l'aire sectorielle w de pôle I, l'épure
de la fonction f(s), l'épure de la fonction sectorie le .pl - wr-f(s) 1
et l'épure en y du profil. On calcule alors:
d) [pure en y du prof; 1 Figure 2.16
96 54 96 18
Ir 1/l l yeds - O,25x{Tx4x8-1R)(T - 6x T + 6x T + L8 x 60 - ~2x!Q+
7 7 3
56>'1 12À 2 24 3. x 1824 _ 3.)( 5256 + 3. x 360} _ 63 71429
3 7 3 7 3 '
-12À + 56À 24
1 2
d'où l'on tire:
-38- -39-
.48
On en déduit:
63,71429 _ z _ 0,24381 m
1 + .l' Zc - zr - 261,33 1
Il
4-

+ + -/-
Ici encore, le centre de cisaillement est situé ~ plus de 80 cm au des-
1 sus du centre de gravité G•
• 24
''-

~
.48
2.7-CAS PARTICULIER ors POUTRES MIXTES
+ 1 tj. 1+

Dans les constructions de Génie Civil, on emploieparfois des pou-


"""""'-: - ( '-12 tres mixtes, c'est-~-dire des poutres constituées de matériaux différents.
·Il Il s'agit principalement des poutres mixtes acier-béton, et on les ren-
contre, en particulier, dans le domaine des ponts. Or, jusqu'~ présent,
n). [l'url'! tll!' l'.lrt! 'f'r.torll'!1I. rit pftllP ft d'orll)"", 1
nous avons supposé implicitement que la section des poutres étudiées n'é-
tait constituée que psr un seul matériau homog~ne. Dans ce paragraphe,
,
240
nous examinona comment les résultats de ce chapitre peuvent être trans-
posés au cas de profils minces mixtes acier-béton.
L'hypoth~se de Navier-Bernoulli conduit ~ écrire que les sections
+ droites de la poutre restent planes apr~s déformation, de sorte que
la déformation longitudinale du profil ~ l'abscisse curviligne s peut
,
2'0
être écrite sous la forme:
EX(S) - A + By + Cz
+
On en déduit, en négligeant l'influence du coefficient de Poisson,
que la contrainte normale a pour expression: .,.
0x(s) - E(s)(A + By + Cz)
Les grandeurs A,B et C sont des fonctions de x, et E(s) est le module
d'Young, qui est une fonction de l'abscisse curviligne.
Exprimons, tout d'abord, que la résultante dea contraintes nor-
b) (pure de 1. (orn;tion t(s) d'orfIJlne 1 males, comptées positivement en compression, est égale ~ l'effort normal
appliqué. Il vient:
~ 1 1___ 48
T
N - A Ir E(s)eds + BIr E(s)yeds + Cl E(s)zeds
-+- r
915 ce ...... la sommation étant étendue i l'ensemble du profil, sur lequel nous n'a-
T T vons pas encore fait d'hypoth~ses (profil ouvert ou fermé). Si l'on con-
vient de privilégier le module Es de l'acier, et si l'on note Ec le
module du béton, et enfin en introduisant le rspport:
~ .. ".J \ .~ E
s
n -E
-
"
120 c
qui est appelé coefficient d'équivalence acier-béton, on voit que l'on
240 peut écrire la précédente relation sous la forme:
"

li: li: lt
N • Es { AIr e ds + BIr ye ds + C/r ze ds }
c) [purt! dt la fonction nctortel1. +, d'ortgtne ft de·rxU. t
en attribuant au profil une épaisseur fictive elt(s) égale i e(s) dans
les parois en acier et ~ eln dans les parois en béton.

tCJ U.
·6

===:J ·10 Si l'on introduit alors les caractéristiques géométriques usuellea


de la section en les calculant i partir de cette épaisseur fictive, et si
on se place dans le rep~re des axes principaux d'inertie correspondants,
il est clair que:
.6 ... ·2
N
Ir yeltds - Ir zeltds - 0 et A - EST
d) [purt' en 'f df 11 nclion s

Figure 2.18
-40-

où S' l'aire de la section calculée à partir de l'épaisseur fic-


the -41
De même, en exprimant que le moment des contraint~s normales est
équivalent aux composantes Mv et Mz du moment fléchissant, on voit que:
Pour le premier, si le béton n'est pas fissuré, sa valeur est
fi H d'environ 0,2 alors que la valeur du second est de l'ordre de 0,3.
C m .--Ï- et B z_
= ___
Compte tenu de la précision de la théorie élémentaire de l'effort tran-
El' E l'
s y s z chant, on voit qu'il est admissible de poser également:
en appelant l'et l' les moments d'inertie de la section homogènéisée.
y Z
e E
s s
n =-
On en déduit:
H H
ec E
c
E(s) N z J.. Ainsi, en privilégiant le module de glissement de l'acier, l'énergie
o)/s) E {S' -IïY + l'Z}
s Z y spécifique de glissement de l'élément de poutre de longueur dx a pour
expression:
et e(s)ox(s) - e (s){S' -l'Y+ l'z
'" N Hz ~ u = _1_1. 1j>2 ds
2e r . :11:
A partir de là, examinons ce qui se passe da~s lesYdeux types de profils, S e
ouverts et fermés.
avec, toujours, e* = e dans l'acier et e*= eln dans le béton. A partir
2.7.1 Cas des profils mixtes ouverts de cette constatation, toutes les phases de la démonstration développée
au § 2.5.2 restent valables en prenant en compte l'épaisseur fictive des
parois. Cette prise en compt2 intervient dans l'expression du système
La formule (2.7) s'étend facilement au cas des profils mixtes ou-
d'équations (2.11), dans les formules (2.12) et (2.13) et dans l'expres-
verts sous la forme: sion du système (2.14).
V
(2.20) <1>
S,* - J S,li: En résumé, tous les développe~ents de ce chapitre sont valables
Y l' Z
z pour les profils mixtes fermés en effectuant les calculs sur la base
avec: de l'épaisseur fictive e*.
S,* S ,*. J ye*ds
J ze*ds et
y r*
Z r'"
En ce qui concerne l'aire sectorielle, sa définition ne fait pas 2.8~ CAS DES POUTRES DE SECTION VARIABLE
intervenir l'épaisseur du • Par contre, les autres caractéristi-
ques sectorielles doivent calculées à partir de l'épaisseur fictive L'étude élémentaire des poutres de section variable est beaucoup plus
e* pour que toutes les démonstrations du § 2.4.3 restent valables. En compliquée que celle des poutres à fibres parallèles. Pour apprécier cette c.
particulier, la position du centre de cisaillement est calculable plexité, nous commencerOns par traiter un exemple théorique.
les formules (2.9) et (2.10) dans lesquelles e est remplacé par I
et lz par l! et l~ . Y 2.8.1 - Etude d'un exemple simple
On considère une poutre-console de longueur L parfaitement encastrée en
2.7 .2 =-=:.::..:...L.:...::.:....;..;..;:....c.c.;.._ _ __ extrémité, représentée sur le dessin de la figure 2.19. En son origine, elle
est soumise à une force verticale induisant un effort tranchant constant
Dans le cas des profils mixtes fermés, l'établissement du système V - F. En section transversale, la poutre est un caisson à parois minces de
résolvant (2.11) résulte de l'application du théorème de Castigliano à forme rectangulaire (largeur b, hauteur 2Àb, épaisseur e constante pour tout.
partir de l'évaluation de l'énergie potentielle spécifique de glisse- les parois).
ment associée aux contraintes tangentes. Cette énergie fait intervenir
le module de glissement e qui, dans le cas présent, est différent pour
le béton et l'acier. Dans l'expression de l'énergie spécifique de
glissement attachée à une tranche de poutre de longueur dx, il convient
de laisser G sous le signe de sommation, à savoir:

U = lI. ... 2 ~
2 r

Si l'on prend le module de glissement de l'acier comme module de


référence, on sera amené à considérer le rapport:

.~
l+v
'1'

c
• eG

BIOL
lt;---1
Hb

s
en appelant v et v les coefficients de Poisson du béton et de l'acier.
c s
FigJre 2.19
-42- -f,)-

On suppose que la hauteur de la poutre, variable, suit une loi parabolique


définie par: x' Compte tenu de ce que:
À(X) m ÀO + K L'
dl 6(À+1) dÀ dÀ x'
Ainsi, compte tenu de la géométrie simple de la section droite, la fibre moyenne Idx ~ 2À'+3)' dx et de ce que x.--
dx
2 2K --
L'
= 2(),-), 0 )
est définie sans amiguité.
il vient:
On suppose également que la longueur L est grande devant les dimensions transver- dF*: Feb' (>.'+>._ • + 12(),-À p )(À+l) u' - 2(À-À p ) (2À'+4>.+)
sales et que la variation de hauteur de la poutre est modérée. dx 1 u 2À'+3À 2>'+3
Isolons une tranche de poutre comprise entre les abscisses x et x+dx. La En convenant de compter positivement le flux de cisaillement dans les âmes
poutre étant de hauteur modérément variable, on peut admettre que les contraintes lorsqu'il "sort" de la partie dont on considère l'équilibre, on voit
normales sur les faces de cette tranche se distribuent linéairement en que l'effort normal différentiel est équilibré par ce flux de cisaillement:
fonction de la hauteur de sorte qu'à l'ordonnée z on peut encore écrire:
dF*
o(z) _ ~ ~ Fxz dx = -2~ - -2Te
1 1
Ainsi:
avec 1 - i eb' (2À'+3À'). T(U) c_
Fb ' (P+À-u' + 120.-À p )(H1)
21 2>"+)>' u' -
2(),-À~)(2),'+4À+3)
2>.+3
Découpons alors cette tranche en deux parties par un plan horizontal de
cote z (Figure 2.20) et considérons l'équilibre de la partie supérieure en On en déduit, en particulier:
projection suivant l'axe des abscisses.
Dans la section d'abscisse x, cette partie supérieure est soumise à l'effort T(Z=O) _ ,(u-O) = _ Fb'(),'+À_ 2(À-À o)(2À'+4À+3)
normal: 21 2À+3
F* = 2fÀb ~ eÇ dç + ~ eb Àb _ Me (À'b'+Àb' -z') s Me b'(À2+À-u')
z l' l' 1 1 T(z-Àb) _ ,(uu),) __ Fb' (À+ 2(À-À o )(4À2+2À+3)
z 21 2H3
en posant u = b et - À ~ u ~ + À •
Ainsi, la variation de la contrainte de cisaillement en fonction de la
hauteur de la poutre est parabolique. Mais, selon la valeur de À, c'est-à-dire
selon la section considérée, le cisaillement peut être maximum au niveau du
centre d'inertie (z=O) ou au niveau des fibres extrêmes des âmes (z-Àb).
De plus, si on calcule la part d'effort tranchant reprise par les âmes, on
trouve le résultat suivant:
(- J+ Àb
) = -_Àb2Te.dz 6(À-À o )
Vames F(l- 2),2+3À
F'
Dans la section ordigine (x=O), À = Ào et tout l'effort tranchant est
par les âmes. La contrainte de cisaillement suit la loi habituelle des
de poutres à fibres parallèles. Toutefois, le calcul des cisaillements dans la
section origine n'a pas de signification puisque c'est dans cette section
la force concentrée F est appliquée.

En section courante, V(âmes) est toujours inférieur il l'effort tranchant


car une partie de cet effort est reprise par les hourdis du fait de leur
x"dx
inclinaison par rapport il la fibre moyenne. De plus, on note que l'effort
tranchant dans les âmes passe par un minimum; en effet,
Figure 2.20
dV(âmes) = 0 entraîne 2À'-4ÀÀ o - 3À 0 - 0

Dans la section d'abscisse x+dx, la partie superleure est soumise à un effort ré- Cette équation admet comme racine positive:
sultantégal à F*+dF*.
Cette partie supérieure est donc globalement soumise à un effort normal différentiel À - À
o + ~ À' +
020
À 2.
égal à dF*.
r

-1,5-

Ces contrainte!j normales sont ùes contraintes princip~des vis-à-vis de facettes


-44- perpendiculaires au:< feuillets moyens de~ hourdis. En Se référant il la
théorie du cercle de NOIIR, On ét::lblit facilement, par exemple au niveau
du hourdis ~uIH:rieur, que:
a o~'t. cos 2 a ct t::l u*sin!l.co~;rx
2.8.2-"L'effet RESAL"
en appelant a l'angle du feuillet moyen du hourùis avec la fibre moyenne de
la poutre.
Pour traiter correctement le problème de l'effort tranchant dans les poutres
à fibres non parallèles, i l est nécessaire d'établir une théorie différente
de celle en usage pour les poutres à fibres parallèles. En effet, l'hypothèse
de nullité des contraintes normales sur les facettes pprallèles à la fibre moyen,

----C~O~~
n'est plus justifiée: elle semble devoir être réservée à des facettes obliques
qu'il convient de définir au mieux. Par ailleurs, au voisinage des fibres
extrêmes, le cisaillement, dans une poutre à section pleine, ne peut être nul
que sur des facettes normales à ces fibres dans la mesure où on se place en a"
dehors des zones d'application d'éventuels efforts de surface. RESAL a proposé
une méthode d'évaluation des contraintes de cisaillement pour des poutres à
section pleine basée sur les trois hypothèses suivantes. Figure 2.21
a) La contrainte normale sur une facette parallèle à la fibre élémentaire
qui passe au point considéré, et perpendiculaire au plan moyen, est nulle. On en déduit donc que la contrainte a coexiste avec une contrainte de
Cette hypothèse, inspirée des résultats de la théorie de l'Elasticité dans le cisaillement T telle que:
problème du "coin", paraît pleinement justifiée. T ~ a tga
b) Dans une section droite (lJ, les contraintes normales sur des facettes
perpendiculaires aux fibres élémentaires sont réparties linéairement suivant Au niveau du hourdis inférieur, le même raisonnement peut être tenu et comme
une loi du type: la contrainte normale est une contrainte de traction, le sens de la contrainte
de cisaillement est le même ("vers le haut") que dans le hourdis supérieur.
a = k(e+z) Compte tenu de la symétrie du problème, son intensité est également la même.
En admettant que la contrainte de cisaillement T soit uniformément distribuée
où z est l'ordonnée, dans (~), du point où l'on évalue la contrainte, k et dans l'épaisseur du hourdis et que l'angle du feuillet moyen de ce hourdis
e étant des coefficients qui dépendent de la géométrie de la poutre et du avec la fibre moyenne de la poutre soit faible ( de façon à pouvoir assimiler
torseur des sollicitations. Cette hypothèse peut être considérée comme déduite COSa à 1), on peut dire que l'effort tranchant total F est équilibré par
de l'hypothèse de NAVIER. les cisaillements dans les deux hourdis et par les cisaillements dans les
c) Dans une section droite (E), les cisaillements sur des facettes perpendia âmes. Appelons V(âmes) la résultante des cisaillements dans les âmes; on peut
laires aux fibres élémentaires sont répartiS suivant une loi du type: alors écrire:
F D V(âmes) + 2Tbe
f(S).g(z)
Or, l'équation du feuillet moyen du hourdis supérieur est:
où f est uniquement fonction de la sollicitation S, et g est uniquement fonction
de l'ordonnée z. Cette hypothèse est également inspirée des résultats de la z(x) = b.>'(x)
théorie élémentaire de l'effort tranchant dans les poutres à fibres parallèles Donc:
et de ceux de la théorie de l'Elasticité dans le problème du "coi~'. tga. Q ~ et T = -1-
Fb 2 dÀ
ÀX'dl( 2Fb' ),(>'->'0)
dx Z
r
Ces hypothèses ont permis à RESAL de proposer une méthode qui conduit à des Compte tenu de la valeur de l, on trouve finalement:
résultats très proches de ceux de l'Elasticité dans les problèmes où une solu-
tion analytique peut être explicitée. Dans les cas courants, elle ne se ·T
3F >'->'0
prête pas à une formulation aisée, et c'est pourquoi nous ne la développerons eb' 2).'+3>.
pas. Une approche plus "physique" peut être envisagée dans le cas des poutres On calcule alors:
à parois minces. V(âmes) z F - 6F.~~~À2. c
6(>'->'0»
F( 1- 2>.' +3>.
Considérons le probl~me traité au paragraphe précédent,et plaçons-nous dans
une section d'abscisse x donn~e. La r~sistance des mat~riaux ~l~mentaire
On retrouve ainsi la même relation que celle' établie au paragraphe précédent.
nous permet de calculer les contraintes normales dans les hourdis:
En conclusion, le fait de considérer l'inclinaison des hourdis par rapport
o + Àb à la fibre moyenne permet d'estimer correctement la résultante des contraintes
de cisaillement dans les âmes d'une poutre à parois minces. Toutefois, le
Or, dans la réalité, les hourdis étant minces, on peut considérer qu'ils calcul qui vient d'être fait ne permet pas de connaître avec précision la
"canalisent" des contraintes normales 0* le long de leur feuillet moyen. distribution de ces contraintes tangentes sur la hauteur des âmes.

S~r la base de l'exemple traIte, on peut généraliser le résultat obtenu


au calcul de la part d'effort tranchant reprise par les âmes d'un caisson
de hauteur variable.
-46- -47-

V œ V(âmes) - Bsostg<ls + Biuitglli


2.8.3-"Réduction"de l'effort tranchant par effet RESAl
o~ V est l'effort tranchant total dans la section droite consid~r~e, et
Dans les poutres d~ hauteur variable en forme de caisson, il est d'usage V(âmes) est la p.~rt de cet effort tranchant repris par les âmes. On en
de calculer les contrainte! tangentes dans les â~!s & partir d'une valeur donc que:
de l'effort tranchant "r~duite" par rapport à sa valeur totale dans la section V(âmes) = V + Bsostgos - Bioitgo i
considérée. Cette "réduction" ( au sens algébrique du terme, cotmle on le
verra plus loin), consiste à tenir compte de l'inclinaison des hourdis par On voit donc que la compression dans le hourdis inférieur entraîne une
rapport à la fibre moyenne de la poutred'une manière analogue à celle exposée de l'effort tranchant dans les âmes, tandis que la compression dans le
sur l'exemple précédent. supérieur conduit à une "augmentation" de cet effort tranchant.
Pour que l'exposé soit plus parlant, nous raisonnerons sur une section Au voisinage d'un appui, la contrainte normale dans le hourdis inférieur étant
dans laquelle l'effort tranchant total est physiquement positif. En nous nettement plus élevée que dans le hourdis supérieur, on voit que V(âmes)
référant au dessin de la figure 2.22, nous appellerons: est généralement inférieur à V. C'est pourquoi, l'on parle de "réduction"
- Os la contrainte normale au droit du feuillet moyen du hourdis supérieur l'effort tranchant par effet Résal. •
(positive en compression), En fait, selon les cas de charge cette réduction peut être plus ou
- o. la contrainte normale au droit du feuillet moyen du hourdis inférieur importante, voire même négative. Par ailleurs, la méthode qui vient d'être
(positi~e en compression),
- a et a. la valeur absolue des angles que font les feuillets moyens des exposée ne permet pas de connaître la distribution des contraintes tangentesl
dans les âmes. Une pratique courante des bureaux d'études consiste à ,
hourdisssupérteur et inférieur avec la fibre moyenne de la poutre. calculer cette distribution à partir de la valeur V(âmes) COIIIDe si la poutr;~
était à fibres parallèles. Cette méthode est fondamentalement erronnée du
point de vue de la résistance des matériaux, mais ne conduit pas à des erreurs
"ourdis sup~cleu'C - aire cetta: D. trop grossières au niveau des résultats numériques.
0. --=-f' - ' - En conclusion, dans les cas courants o~ la variation de hauteur de ,la
reste modérée, la méthode de "réduction" de l'effort tranchant par 'effet
peut être employée, tout en ayant conscience de son inexactitude, mais lorsque
• _ _ Fibre 1801enne la variation de hauteur est trop prononcée, il convient de recourir à des
méthodes d'analyse plus fines.
"

Hourdh inférieur
aire oette Bi

a: -~ =='? o~"·
't.- CI.tao.
at-~ ==='?
·t;~i
'i-o,tfIG i

Figure 2.22

Les angles 0 et a. sont supposés petits, de sorte que le cosinus de leur angle
peut être pr~s égal à ,. Par ailleurs, on admet que la variation de la
contrainte normale suivant l'épaisseur des hourdis est négligeable. Ces
derniers sont donc supposés soumis à une contrainte uniformément répartie, égale
à.o ou ai sel~n le ca~. Enfin, nous.appel~e~ons res~ec~i~ement ~s.et Bi les
s des sectl0ns droltes des hourdls super leur et lnferleur, llmltées aux
alres
parties débordant des âmes.
Compte tenu de ces hypothèses, des dispositions géométriques de la figure
2.J2. et des développements du paragraphe précédent, nous pouvons écrire:
CHAPITRE 3

TORSION
.... ~
.... 'LW.J ET UNIFORME

3. 1- GENERAL! TES

Nous avons rappelé, au chapItre 1 introductif, les principaux


résultats du problème de De Saint-Venant. En particulier, dans le cas
de la torsion avec effort tranchant, nous avons vu que le moment de
torsion est le moment de l'effort résultant dans une section droite
par rapport à un axe qui est la ligne des centres de cisa:lliement.
Dans ce chapItre, nous étudions la torsion pure, libre et uni-
forme des poutres dont la section est un profil mince, ouvert ou fer-
mé, en partant de l'étude classique des poutres à section pleine et
à fibres parallèles. Par torsion pure, libre et uniforme, on envisage
un mode de sollicitation des poutres qui se réduit à un moment lon-
gitudinal constant dans le cadre de liaisons de ces poutres qui ne
gêne en aucune manière le gauchissement de leurs sections.
Comme nous l'avons également dit au chapItre l, la torsion uni-
forme peut engendrer, dans les poutres à section pleine, des contrain-
tes normales au voisinage des zones d'application d'efforts concentrés,
là oU le gauchissement peut être gêné. Hais, en vertu du Principe de
De Saint-Venant, ces zones sont d'étendue très limitée, et partout
ailleurs, on peut admettre que le gauchissement est uniforme, ce qui
n'entraine l'apparition d'aucune contrainte normale. Par contre, lors-
qu'une poutre à section pleine est soumise à une densité linéaire de
couples longitudinaux, le gauchissement n'est plus uniforme et il
apparait des contraintes normales, indépendamment du fait que le gau-
chissement puisse être gêné ou non dans une section quelconque. Toute-
fois, 11 est d'usage de considérer que les contraintes normales dues
à la torsion non-uniforme, sans être gênée, sont d'intensité modérée
et peuvent souvent être négligées dans les calculs.
Par contre, dans les poutres dont la section est un profil mince
ouvert ou fermé, la torsion non-uniforme ou la torsion gênée engendrent
des contraintes normales dont l'intensité est loin d'être négligeable
car le principe de De Saint-Venant ne leur est pas toujours applicable.
Ces questions seront abordées en détail au chapItre suivant.
En résumé, le présent chapItre est consacré à l'étude des effets
d'un moment longitudinal constant dans les poutres droites à fibres paral-
lèles (section constante) libres de se gauchir. Des consid€rations sur
lesquelles nous n'insisterons pas ici conduisent à admettre que les résul-
tats énoncés dans le cadre de la solution du probl~me de De Saint-Venant
restent approximativement valables, toujours vis-à-vis d'une sollicita-
tion de torsion pure uniforme, pour les poutres employées dans les cons-
tructions de Génie Civil, qui peuvent être droites ou courbes, de section
-51-
-50-

L'analogie de la membrane permet de se faire une idée de la loi


constante ou variable, et soumises a des charges quelconques, dans la de distribution des contraintes dans une section soumise ~ la torsion
mesure où le rayon de courhure de ln f ihre moyenne est grand vIs-il-vis car on peut toujours se représenter, au moins approximativement, le
des dimensions de la section droite, et si celle-ci varl~, éventuellement, caractère de la déformation de la membrane résultant de la pression.
lentement et progressivement, sauf au voisinage des points d'application Elle permet également d'obtenir des résultats quantitatifs moyennant
d'efforts concentrés. un étalonnage du système physique de mesure de la déformée tenant
compte de la rigidité de la membrane et de la pression qui lui est
Pour une poutre droite à fibres parallèles, soumise a la torsion appliquée.
pure et uniforme, les sections tournent les unes par rapport aux autres
autour d'un axe dont la trace, dans leur plan, sera appelé centre de Pour ce qui nous concerne, nous serons amenés il nous référer il
torsion. Nous verrons plus loin qu'en torsion non-uniforme oU gênée l'analogie de la membrane d'un point de vue esaentiellement qualitatif.
ce centre de torsion est confondu avec le centre de cisaillement. Considérons, par exemple, la section re-
présentée sur le dessin de la figure
3.2- PROPRIETES GENERALES DES CONTRAINTES DE CISAILLEMENT DUES A LA 3.1; il est relativement facile d'ima-
giner la déformée de la membrane et la
TORSION PURE, LIBRE ET UNIFORME. forme de ses lignes de niveau qui sont
3.2.1 Conditions de bord ses lignes de cisaillement d'intensité
constante. On peut alors en déduire as-
Les contraintes de cisaillement dues a la torsion possèdent les sez facilement l'allure du diagramme
mêmes propriétés, au voisinage du contour des sections, que celles dues des contraintes tangentes selon cer-
a l'effort tranchant: elles sont tangentes au contour si celui-ci ne taines directions.
présente pas de point anguleux, et nulles dans le cas contraire. La
démonstration de cette prorpiété est identique a celle développée au
3.2.3 ,Théorème n01
§ 2.3 du chapitre 2. Considérons une section de poutre sou-
mise au couple de torsion T induisant
3.2.2 Analogie de la membrane des contraintes de cisaillement de
Dans le cas général, la détermination de la distribution des con- composantes Txy et TxZ dans un repère
traintes de cisaillement dues à la torsion dans une section quelconque orthonormé Oyz direct. Il est clair que
par les méthodes de l'élasticité linéaire ne se prête pas aune for- l'on peut écrire:
mulation analytique simple. C'est pourquoi, une méthode d'évaluation, T c fJ.S(Y.T
au moins qualitative, par un pror(.df indirect a été recherchée. xz - Z.T xy )dydz
Figure 3.1 S étant l'aire délimitée par la section.
En Mécanique, il arrive que des problèmes fondamentalement dif- I.e théorème n'l, que nous allons démon-
férents quant a leur essence physique se ramènent aux mêmes équations trer, nous permet d'écrire:
différentielles. Alors, une analogie peut être établie entre ces pro-
blèmes qui permet, dans certains cas, de se représenter clairement les r'-fJ.-s-y-T-x-z-.-d-y-.d-Z-C---fJ.-s-Z-T-X-y-.-d-y-.d-Z-.--=f:--1
(3.1)
lois du premier problème dans la mesure où l'on a précisé le lien entre
les variables des deux problèmes et où le second admet une interpréta-
tion simple du lien entre ses propres variables. Pour démontrer ce théorème, nous nous référons à l'équation d'équi-
libre du milieu continu constitué par la poutre en l'absence de forces
Il en va ainsi du problème de la torsion: en effet, quelle que soit volumiques qui, dans le cas de la torsion pure, se réduit à:
la forme de la section étudiée, le problème de la torsion d'une poutre
se ramène il la même équation différentielle que le prohlème de l'équilibre dT dT
0.2) ~+-E. 2 0
d'une membrane tendue sur un contour identique et chargée par une pres- dy dZ
sion uniforme. L'analogue de la contrainte est ici l'angle entre la
Cette équation différentielle doit être complétée par les condi-
tangente à la surface de la memhrane déformée (le long d'une li~ne de
tions aux limites, ~ savoir la contrainte normale Tn est nulle le long
plus grande pente) et le plan du contour, et l'analogue du moment de
du bord. Ceci peut s'exprimer en écrivant vectoriellement:
torsion est le double du volume compris entre la surface de la membra- .)- -Jo- -,.
ne déformée et le plan du contour. T ... t = 0

Soit x ~ ~(y,z) l'équation de la déformée de la membrane sous une ....t représentant le vecteur tan~ent au bord. En supposant que ce bord soit
pression uniforme p. En appelant V le volume délimité par la surface de régulier, les composantes de t sont:
la membrane déformée et le plan de la section, T le moment de torsion,
Txy et Txz les composantes de la contrainte de cisaillement au point (il
dz
ds ' ds
courant de la section, les précédentes analogies se traduisent par les ds étant la différentielle de l'abscisse curviligne sur le bord. Ainsi,
relations suivantes: la condition de nullité de la contrainte normale sur le bord s'écrit:
T +0+ 2V

+0-> _ d~ d~
T T <-0 ....
xy dZ xz dy
r
-57.-

-53-
(3.3) .d" 'xz .dy 0
sur le contour de ln sC'c.tion.
La d~monstration du thêorème nficessite l'emploi de la formule de
Green-Riemann que nous rappelons ci-après. Etant donnêes deux fonctions
p(y,z) et Q(y,z) continues ainsi que leurs dfirlvfies partielles ap/'dz et
dQ/ay sur un domaine S du plan Oyz d~limité par une courbe fermfie
simple (r) continue et continûment dfirivable sauf, fiventuellement, en
un nombre fini de points anguleux, on a:
~ ôP
f + (P .dz+Q.dy) = Us (ily - a"Z-)dydz
r
r+ désignant r dficrit dans le sens positif relatif à l'orientation du
repère Oyz.
En supposant que toutes ces conditions soient satisfaites, on (;1,
peut poser: 3T
al' xz
P(y,z) = -'xz.yz d 'oil dZ = -yz--a;- - y.T xz
dl U9~-L

Q(y,z) = Txy'YZ d'où !.!l yz -2'.1. + Z. T


dy dy xy
le cylindre matériel de génératrices parallèles aux fihres de la poutre
Compte tenu de (3.2), l'application de la formule de Green-Riemann et dont la base est dfilbnitée par (r). En vertu du thfiorème de réci-
donne: procité des contraintes tangentes sur deux facettes perpendiculaires,
ff (z. , + y. T ) d yd z f YZ(T .d? -, .dy) 0 en vertu de la contrainte 'n se retrouve le long des génfiratrices. La torsion
S xy xz r+ xY xz fitant supposfie uniforme, cette contrainte est constante le long d'une
(3.3) • fibre. Or, le cylindre construit sur la base (r) est en fiquilibre: il
ne "sort" pas du reste de la poutre. La rfisultante des actions tan-
On en dfiduit donc que:
gentes de surface, projetie suivant l'axe longitudinal, est donc nulle,
f~<; z'Xy.dydz - ff yl .dydz ce qui se traduit par (en appelant 1 la longueur de la poutre):
S X"
et comme: "rTn·l. ds Qrtn.ds 0
T ff (Yl - z, )dydz,
S xz xy
on en dfiduit le thfiorème:
3.3- DEFORMATION DUE A LA TORSION PURE DES POUTRES A SECTION PLEINE-
INERTIE DE TORSION.
ff yT . dydz
S xz
-ff
s
7., xy .dydz = !.
2 3.3.1. Déformation d'une poutre droite à section pleine en torsion
pure
3.2.4 Théorème n02
On considère une poutre droite à section pleine et à fibres paral-
On considère une poutre droite de section constante soumise à un lèles, soumise à une sollicitation de torsion pure uniforme. Cette pou-
couple de torsion T. Dans le plan de la section droite, on trace une tre est rapportfie à un réffirentiel global orthonormé OXYZ tel que OX
courbe (r) fermée supposfie orientée et rectifiée; on note s son abscis- soit parallèle à son axe (figure 3.3). Comme nous l'avons déjà dit, les
se curviligne i partir d'une origine quelconque et M le point courant sections subissent, du
d'abscisse curviligne s. En M, on dficompose le cisaillement dû B T en fait de cette sollicita-
une composante normale T n et une composante tangentielle '~ comme tion, un gauchissement
X.'
indiqui sur le dessin de la figure 3.2. Le théorème n"2 s exprime ( elles ne restent pas
sous la forme: planes). Par ailleurs, le
déplacement relatif de
0.4 ) cleux sections voisines est
une rotation autour d'un
le symbole!1r indiquant une tntégration sur l'ensemble de la courbe (r). axe longitudinal dont la
trace, dans le plan des
La dfimonstration de ce théorème est sbnple: Isolons, par la pensée, sections droites, est ap-
o pelfi centre de torsion.
Sans nuire i la génfiralité
de l'exposé, nous suppo-
U2~~__ U sons que l'axp OX est le
lieu des centres de torsion.
-51,- -55-

Appelons e(x) la fonction représentative de l'angle de rotation Après déformation, les points A et B tournent autour de l'axe de
de la section d'abscisse x: cet angle est compté positivement s'il la poutre, mais le déplacement relatif de la section d'abscisse x+dx
correspond au sens de rotation direct du repère orthonormé OXYZ. La ro- par rapport à la section-d'abscisse x peut être caractérisé pnr une
tation différentielle de entre les sections d'abscisses x et x+dx est rotation relative de dO entre ces deux sections, de sorte que si l'on
évidemment proportionnelle au couple de torsion T (matériau élastique considère A comme fixe, le point B vient en B' tel que:
linéaire) et inversement proportionnelle au module de glissement G du
matériau, dans la mesure où ce matériau est homogène et suit une loi BB' e r.dB
de comportement élastique et linéaire. Compte tenu des conventions de l'angle de rotation y du segment AB est slor9 lié au cisaillement T(r)
signe particulières affectant T et l'angle de rotation B(x), nous pou- le long du cercle de rayon r par la relation:
vons écrire:
0.5)
* -~J
=
où K est une constante ( homogène 1 L4) caractéristique de la section,
BB'
y • AB - -d-x- = -
compte tenu de nos conventions de signe).
On en déduit donc que:
r.de T
G

appelée inertie de torsion. I.e produit GK est également appelé rigidi- (3.6) rl-T-(-r-)-=---Gr-·-'t-"'~""'I
té de torsion.
Dans le cas des poutres courbes à fibres non parallèles, on
admet que la déformation spécifique de torsion est encore une rotation Exprimons alors que la résultante des cisaillements est équivalen-
relative des sections les unes par rapport aux autres, et que cette te au couple de torsion T. Entre les cercles de rayons r et r+dr, les
rotation relative suit la loi de la formule (3.5) 1 condition, comme cisaillements équilibrent un couple éléme~taire:
d 'habitude, que la courbure de la poutre soit faible ou que la varia- de 3
tion de géométrie des sections soit lente et progressive. dT = 2~r.dr.r.T(r) a - 2~G'dx r dr

3.3.2 Cas particulier des sections circulaires Par intégration, il vient:


4 de
Imaginons une membrane tendue sur un contour circulaire et sou- T - r1 GR 'dx
mise 1 une pression uniforme. Il est clair que, sous l'effet de cette Il s'ensuit que l'inertie de torsion d'une section circulaire a pour
pression, la membrane va se déformer en forme de calotte sphérique. Les expression:
lignes de niveau de cette calotte sont donc des cercles concentriques, 1 4 1 4
(3.7) KerR e )2110 ( (1 = ZR)
du moins plans et de même axe que le cercle définissant le contour de
la section.
Le long d'un rayon de la section, il est clair que le cisaillement Par ailleurs,
de - torsion lui est perpendiculaire en tout point car ce cisaillement t
T(R) = _ GR. de
dx
ft RT
K
= ZT
-3
max
est tangent aux lignes de niveau. rI n'y a donc pas de composante de ~R

cisaillement le long du rayon. La conséquence de ceci est que la sec-


Si la poutre était creuse, la matière étant située entre les
tion, soumise au couple de torsion T, ne connait aucun gauchissement:
cylindres de rayons RI et R2 ( RZ > RI)' l'inertie de torsion serait:
les sections initialement planes le restent, et elles.ne font que tour-
ner les unes par rapport aux autres autour de l'axe de symétrie du 1 4 4 4
K - rRz( 1 - RI/RZ)
cylindre.
Considérons (figure 3.4) un élément de poutre compris entre les 3.3.3 Gauchissement des sections pleines dO ~ la torsion
abscisses x et x+dx, et isolons un cylindre coaxial de rayon r, sur la
surface duquel nous traçons un élément de génératrice AB. Dans le cas général, la torsion induit, dans les poutres 11 sec-
tion non circulaire, un gauchissement des sections droites. Le dessin
de la figure 3.5 schématise ce gauchissement dans le cas d'un tronçon
de poutre 1 section rectangulaire soumis à la torsion pure libre.

,/#'/:?\: '~-
/

0' Figure 3.5

y
-- r

~
/- Figure 3.4

T
-57-

-56-
+ +
Mais OB fi t représente, en valeur absolue, la distance r de 0 à
la tangente à (l') en B. Le sens de la rotation différentielle des sec-

t
l
tions n'étant pas fiquivoque, nous écrirons, pius simplement:
BB' = -r.dO
En ce qui concerne le point C, i l vient occuper une position C'
telle que:
CC,=dW ds
dS
La déformation du rectangle filfimentaire ABCD est donc caractérisfie par
l'angle:
y = Ct - B (avec nos conventions de signe)
où: BB' de et 8= CC'= dW
Cl - - -r-
dx 'dx ds as
Or, la déformation y est liée à la composante tangentielle Tt du ci-
saillement par la relation:
Tt
y a C
On en déduit l'importante relation suivante:

Figure 3.6 (3.8)


1 c=
Tt
-r·d,("-as
de dW 1

qui lie le gauchissement sur une courbe tracée dans la section à sa ro-
Considfirons (figure 3.6) une poutre cylindrique de base quelcon-
tation et au'x contraintes de cisaillement. Si l'on intègre la formule
que et, dans le plan d'une section droite, traçons une courbe fermée
(3.8) sur l'ensemble de la courbe (l'), et dans la mesure où la fonc-
(r). Cette courbe, rapportée au repère direct Oyz, est supposée orien-
tée et rectifiée, et on note s son abscisse curviligne. Au point cou- tion de gauchissement est continue (pas de dislocations entre les fi-
rant M d'abscisse curviligne s, la contrainte de cisaillement T engen- bres de la poutre), on peut ficrire:
drée par le couple de torsion Test dficomposfie suivant la tangente
orientée (Tt) et la normale (T n ). Après application du couple de tor- (J ~ds de (J r.ds
sion, le point M subit un déplacement lié i la rotation de la section
r G dx r
autour de son centre de torsion et au gauchissement. Nous supposerons Or,
dfisorma!s que le système d'axes est issu du centre de torsion O. (J rods 2E
r
Isolons la portion de poutre cylindrique comprise entre les ab- en appelant l: l'aire délimitée par la courbe (r), et ce résultat est
scisses x et x+dx et dont la base est délimitfie par la courbe (r). indépendant de la position du centre de torsion O. On aboutit alors
Pour étudier sa déformation, on trace sur sa surface un rectangle élé- à l'importante propriété suivante:
mentaire AB CD de longueur dx et de largeur ds. Après application du
couple de torsion T, la section d'abscisse x+dx tourne de de par dO
(3.9) (Jr Tt·ds 2Gl: dx
rapport à la section d'abscisse x autour du centre de torsion 0, a
priori inconnu. Par ailleurs, sIon appelle w(x,s) la fonction de gau-
chissement relative à la courbe (r) dans la section d'abscisse x, le 3.3.4 Cas particulier des sections rectangulaires
point C se déplace longitudinalement, par rapport à A, d'une quantité
égale à: Les propriétés des contraintes tangentes dues à la torsion évoquées
dW
w(x,s+ds) - w(x,s) = ds as' au § 3.2 permettent de représenter approximativement leur distribution
Pour apprécier la déformation du rectangle ABCD, on peut faire le des- dans une section rectangulaire (figure 3.7). En particulier, elles sont
sin en supposant le point A fixe. Considérons d'abord le déplacement nulles au voisinage des angles et maximales au milieu des grands cStés.
du point B. Il vient occuper une position BI telle que: Avec les notations de la figure J.7, les r~sultats numériques sont les
suivants:
T
-> B\=dOflOB TA T
en notant dO le vecteur représentatif de la rotation différ.entielle max 2
aab
entre les sections. Pour ce qui concerne la déformation du rectangle (3. 10)
élémentaire, seule nous intéresse la projection de ce déplacement sur
la tangente au contour. la projection B' de BI sur cette tangente est
donc telle que:
-). -? -+ -). + -+ + -}-
BB' BB 1 . t = (d 0, OB, t) = cl O. (01\ fi t)
-5R-
-59-

La valeur des coefficients a,B et à celui des autres. Il est donc possible d'écrire:
n est donnée dans le tableau ci-
dessous, en fonction du rapport T c/2 1 2
alb des côtés du rectangle, où -2 - J T(y).y.Ldy ~ LLe T
- e/2 "max
l'on a supposé a plus grand que b.
n'où:
21Le cas alb ~ ~ est particulière- 3T 6T
'A mi\x Tmax - - -
2 et T(y) - - 3 ' y
ment important; nous allons retrou- Le Le
ver directement le résultat en
développant quelques commentai- Pour une tranche de poutre de longueur dx, l'énergie élastique
res. emmagasinée par déformation a pour expression:
Considérons une bande longue et dx 2 dx e/2 2
mince d'épaisseur e constante et dU - 2G JJ T dS .. 2G J T (y). Ldy
de longueur L. Si nous appliquons - e/2
l'analogie de la membrane à cette et, compte tenu de la précédente expression, il vient:
bande, il est clair qu'en dehors 2
des zones d'extrémité la déforma- dU .. dx 1L
2G' 3
Figure 3.7 tion de cette membrane sera essen- Le
tiellement cylindrique, de généra- Mais, cette énergie est égale au travail réversible du couple de tor-
trices parallèles à la dimension L de la section. sion T sur la rotation dO élémentaire qu'il induit:
2
1 1 T
dU ~ - "2 T.<I9" "2 GK dx (par définition).

~ 1 1,5 1,75 2 2,5 3 1, 6 8 10 '" l En identifiant les deux expressions de l'énergie potentielle élastique,"
1
a 0,208 0,231 0,239 0,21,6 0,258 0,267 0,282 0,299 0,307 0,313 3

B 0,11,1 0,196 0,211, 0,229 0,21,9 0,263 0,281 0,299 0,307 0,313 3 1
1
on voit que:

(3. Il) --J?l


K- "3
1
Le
3

n 1,000 0,859 0,820 0,795 0,766 0,753 0,745 0,71,3 0,71,2 0,71,2 0,742 3.3.5 Inertie de torsion d'une section pleine composée d'éléments
, ____ ,_
.e.leins
On peut admettre, en première approximation, que la base de cette dé- Considérons alors une section composée d'éléments pleins dont on
formée cylindrique est parabolique, de sorte que l'intensité des con- sait estimer l'inertie de torsion propre. Si on suppose que la section
traintes tangentes, parallèles aux "grands" côtés, peut être considé- est globalement indéformable sous sollicitation de torsion pure, cha-
rée comme linéaire antisymétrique dans l'épaisseur de la section. Dans cun des éléments subit donc la même rotation spécifique deldx que
le repère Oyz (figure 3.8), on peut donc écrire: l'ensemble de la section. Chaque élément, d'inertie de torsion Ki' re-

r '!:1.
T .. T
prend donc un couple de torsion Ti tel que:
max e
e e de Ti
avec - "2 ~ y ~ "2 - dx .. GKi

T-r
'
1
, ......IL..

---e~~~~--~~-
Or, en vertu du théorème
nOl (§ 3.2.3), les con-
traintes tangentes paral-
On en déduit donc que:
de Tl T2 Tn 1:T i T

,.'l', Ana logle de la membrane lèles aux côtés de dimen-


sion L n'équilibrent que
la moitié du couple de
- dx .. GK .. GK "
1 2
- GKn .. GE Ki .. GK

Ainsi, l'inertie de torsion de la section globale est la somme des iner-


-;-'-'-ph torsion T. L'autre moi-
ties de torsion de chacun de ses éléments:

d, ~

~~'Tmax
tié e~t équilibrée par
les contraintes tangentes
(3.12) r K ~1:-;-;'-1
III qui "tournent" aux extré-
mités de la section. Ces 3.4- TORSION LIBRE DES PROFILS MINCES OUVERTS
,
1
Distribution des contr.intes
dern'ièrès sont de faible
~ tangente~ dans l'~paisseur
intensité, mais possèdent 3.4.1 Inertie de torsion d'un profil mince ouvert
\J.J un grand'''bras de levier"
ce qui explique que leur
La section droite d'un profil mince ouvert est constituée d'~lé­
mente dont une dimension (longueur) est prépondérante devant l'autre
Figure 3.8 effet soit équivalent à (épaisseur). Dans chaque élément, les contraintes tangentes dues il la
r
-61
-60-

o= -r dO_~
• OX dS
torsion sont distribuées comme dans le cas de la section rectiligne
étroite examinée au 1 3.3.6 en dehors des zones d'extrfimité ou des La grandeur r est une fonction de l'ahscisse curviligne s et
points de jonction éventuels des divers éléments qui la composent. e n'est fonction que de x (les sections étant supposées indéformables).
Etant donné un élément droit ou curviligne, de longueur Li et Comme le gauchissement est nul lorsque dO/dx est nul, il s'ensuit, par
intégration:
d'épaisseur constante ei, son inertie de torsion propre a donc pour
expression:
1 3.15) w(x,s) dei1
- "'O(s) 'dl(
= )"
En appliquant le résultat établi au § 3.3.5 (formule 3.12), Ainsi, le gauchissement des sections de la poutre suit la loi
Il est clair que l'inertie de torsion de l'ensemble de la section sectorielle (Cf. chapItre 2) de pale 0, centre de torsion. En fait,
a pour expression: cette loi n'est pas, actuellement, définie avec précision car le cen-
1 e3
tre de torsion n'est pas, fi priori, connu, et que la fonction "'0(8)
0.13) K
i.. l3 'i 1 n'est généralement définie qu'à une constante près, l'origine des
abscisses curvilignes n'étant pas précisée.
Mals cette formule n'est valable, rappelons-le, que si la section droi-
te du profil est indéformable, afin que la rotation spécifique de cha- Nous avons vu qu'un changement d'origine change d'une constan-
que élément soit la même que celle de la section en entier. Dans les te l'aire sectorielle. De même, un changement de pale la fait varier
constructions réelles, il convient donc de disposer des raidisseurs de quantités linéaires en y et z. Ces changements correspondent, en
transversaux en nomhre suffisnnt pour que c~tte condition d'ind~formn­ fait, au déplacement parallèle du plan de la section comme un tout
bilité soit respectée. rigide le long de l'axe OK et à sa rotation par rapport aux axes Oy
et Oz. ~Ials, en ce qui concerne la déformation du plan de la section,
On établit ensuite facilement que la contrainte maximale dans
la formule (3.15) la détermine complètement. Nous verrons au chapItre
l'élément nGt a pour expression: suivant, qu'en torsion non uniforme ou gênée, la fonction de gauchis-
de T sement peut être entièrement déterminée, et que le centre de torsion
Tt,max Ge t · dx = Kei est confondu avec le centre de cisaillement.

La plus forte contrainte tangente est donc obtenue sur les bords 3.5- TORSION LIBRE DES PROFILS MINCES FERMES
de l'élément le plus épais. En fait, ce résultat a été établi en négli-
geant les contraintes locales aux angles internes éventuels si le pro- 3.5.1 Etude des profils minces fermés unicellulaires
fil est polygonal. L'analogie de la membrane montre facilement qu'en
Ces angles internes, l'angle de pente local est plus grand qu'aux 3.5.1.1. P!!!§!~~~~~-~~_~~~E~!!~~~~!_~_!~_!~!~!~~_~~~!~_!~~_2!~-
autres points du contour intérieur: les contraintes tangentes locales fils minces ouverts et fermés.
y ont donc une intensité plus élevée. c'est pour éviter ces pointes de -----------------------------
contraintes que l'on arrondit généralement les angles intérieurs des L'analogie de la membrane permet de matérialiser facilement la
profilés ou que l'on prévoit des goussets. différence de comportement à la torsion libre entre profils minces ou-
Signalons enfin que lorsqu'un élément de profil mince ouvert est verts et fermés.
d'épaisseur variable, si cette épaisseur est faiblement variable, on Dans les profils ouverts, la déformée de la membrane est, com-
peut le considérer comme un assemblage d'éléments de longueur ds et me nous l'avons déjà dit, asslmilable à une parabole dans le sens de
d'épaisseur e(s); son inertie de torsion peut alors être déterminée l'épaisseur des parois, Ce qui conduit à un diagramme linéaire anti-
par la formule:

(3.14) Ki
1
3"
Li
~
3
e (s) .ds
---1 symétrique des contraintes de cisaillement,
les 8ur la ligne médiane du contour.
ces contraintes étant nul-

Par contre, dans le cas d'un profil mince fermé unicellulaire,


la déformation de la membrane tendue sur le contour de la section Con-
3.4.2 Gauchissement d'un profil mince ouvert duit au soulèvement du "couvercle" découpé par le contour intérieur
de la cellule. Suivant l'épaisseur du profil, la déformation de la
Considérons une poutre à fibres parallèles dont la section droite membrane peut être considérée comme linéaire en première approxima-
est un profil mince ouvert indéformable. Nous venons de voir que les tion, ce qui correspond à une distribution uniforme des contraintes
contraintes tangentes engendrées par la torsion pure sont linéairement tangentes dans l'épaisseur du profil constituant la cellule fermée.
et antisymétriquement distribuées dans l'épaisseur des éléments consti- Si la cellule comporte des ramifications libres, i l est bien évident
tuant la section. En particulier, elles sont nulles le long de la li- que dans ces ramifications la distribution des contraintes tangentes
gne moyenne. est de même nature que dans un élément de profil mince ouvert.
Si on applique la formule (3.R) du § 3.3.3 sur cette ligne moy-
enne, on voit que l'on peut écrire:
~.
! -62-
,1 -63-
1
l"

>---- .Ir
1

F
J_ --L. t - - - - - 1
-- dS/ ~I
{[JJ1
1
"

LITZ
1'1

Profil ouv.rt Profil fem!! 1;;1

~.ne ~ Figure 3.10

Etant donnée une poutre à section fermée unicellulaire soumise à


la torsion pure et libre, on consid~re la tranche comprise entre les

,.. ,.. 100 ~


abscisses x et x+dx (figure 3.10). Dans cette tranche, on découpe un
prisme élémentaire de longueur curviligne ds. Avec les notations de la
figure 3.10, l'équilibre des forces appliquées à ce prisme en projec-
challl_nt< "anUs""Hriqu.s" Ch.IIl .... nts "synoêtrlques" tion suivant l'axe longitudinal de la poutre se traduit par:

-T 1e l dx + T2e 2dx = 0 , ce qui entratne:


Hota: Pour appliqu.r l'onalogl. d. 1......br.n •• 1l suffit d'Imaginer que
1 ton découpe,dans un suppost!r rfgtd~lune ouverture A 10 forme de la
s.ction 1 Hudler .t que l'on colle sur c. support une membr.n. êl.stlque (3.17) 1 Tl el - T2e 2 - • - Te - Cte 1
Puis on applique une pression untfOMl'l1!.On comprend Men que ,dans le
cas d. la s.ctlon fermê •• l'êlm.nt de support hoH! par le dêcoupage
de la sect ton ,correspondant au contour intérieur se soulève c~
un "couvercle M • 3.5.1.2. !~~!!!~-~~_!~!~!~~_~~~~_~E~!!!_f~E~~_~~!~~!!~!~!E~
Commençons par l'étude d'une section unicellulaire simple, c'est-
Figure 3.9 à-dire sans ramifications. Le moment, en 0 ( origine du rep~re de
la section), des cissillements de torsion doit être égal au couple de
Toutes ces considérations sont illustrées sur le dessin de la torsion T, quel que soit le point O.
figure 3.9. Il convient de noter que le "couvercle" relatif au con-
tour intérieur de la cellule fermée se soulève nécessairement en Sur l'élément de contour de longueur ds agit la force:
restant parall~le au plan de la section. En effet, s'il n'en était + dF - •. ds.t
pas ainsi;' le bord du couvercle ne serait pas une ligne de niveau; t étant le vecteur tangent au contour moyen de la section supposé ori-
il existerait donc des contraintes tangentes perpendiculaires au enté. Alors:
bora intérieur de la section, qui devraient se retrouver, en vertu ......... .... +
de la Loi de Cauchy de parité des contraintes tangentes, sur la T - , OHlldF - + tJOHllt.ds - +tJr.ds
paroi interne de la poutre. Or, cette paroi n'est pas directement en appelant r la distance de 0 à la tangente au contour moyen de la
sollicitée; les dites contraintes sont donc nécessairement nulles section au point courant H. tlais:
et le bord du "couvercle" est une ligne de niveau de la déformée
de la membrane. ~r.ds-n-2A

Il découle de ceci une importante conséquence: si on appelle en appelant A l'aire délimitée par le contour moyen de la section
h la cote du "couvercle" et a l'angle de pente transversale de la (figure 3.11). On a donc l'importante relation suivante:
membrane, il est clair que:
(3.16) h = e.tga - Cte
(3.18) r-
T - 2+11 1
Or, la pente de la membrane est l'analogue de la contrainte de ci- Par ailleurs, nous pouvons ap-
saillement; on en déduit que le flux de cisaillement + = Te est pliquer la formule 3.9 du §
également constant sur les éléments de paroi appartenant à la 3.3.3. a ce contour moyen en
cellule fermée. Ce résultat peut également être démontré de la façon écrivant que:
suivante.
3.11
-61,-

-65-

ri ~"ds !Il e
<1> ri ds -2GA de
<1>
e "dx
Alors, la déformation propre des éléments longitudinaux de la pou-
On en déduit que: tre considérée reprennent un couple de torsion égal à:
!.. ,r ds = -2GA de = ZGA ..!.. = ZAT
:1: de 1 3
2A '" e "dx "GK K ,T - -G.
dx i"3e ds

[1]
et donc: En résumé, à rotation spécifique de/dx donnée, un profil mince
= 4A2 reprend un couple de torsion supérieur à celui résultant des for-
0.19)
\1' ds mules 3.5 et 3.19; il reprend, en fait, un couple égal à T+T'*.
e Evaluons l'erreur commise si l'on néglige T*.
de 1 3
On peut encore écrire: T* G· dX l' "3eds _ 1 3
T- 3K cS e ds
(3.20) le z::: - -
GK de
- =:; -
2AG
- - -
de GK.~~
<1>
2A"dx glds • dx
Dans le cas d'une poutre à parois d'épaisseur constante et dont
e la cellule a une longueur totale L, on a:
J.5.1.3 Précision de la théorie éllmentaire
----------------------------------- !.'*= l(Le) 2
La théorie Ilémentaire que nous venons de développer n'est vala- T 3 2A
ble pour autant que le profil considlré soit effectivement très mince. Ce rapport est donc proprotionnel au carré du rapport de l'aire ef-
En effet, dans l'analogie de la membrane, nous avons supposé que la fective de la section à l'aire délimitée par le contour moyen; i l
pente de sa déformée était constante sur l'épaisseur du profil. Si ce est généralement négligeable, et i l en va de même pour les contrain-
dernier n'est pas très mince, cette hypothèse n'est qu'approchée: la tes. En effet:
déformée de la membrane s'incurve légèrement par rapport à sa corde, T'* e .dT*
- _ -eG de
de sorte que la distribution des contraintes tangentes n'est pas ri- dK* 'dx
goureusement uniforme. Sion admet, en deuxième approximation, que
cette incurvation est parabolique, il se superpose à la distribution Ainsi,
uniforme une distribution "antisymétrique" qui peut s'interpréter 2
-~gl
physiquement de la façon suivante. T 2A e
Un profil fermé unicellulaire à paroi épaisse résiste à la torsion et si l'épaisseur e est constante,
par un terme de rigidité "globale" liée à la circulation d'un flux cons-
tant le long du contour et par un terme de rigidité "locale" propre
à chaque élément de la section, comme si la poutre était constituée
T * Le
T - 2A
par l'assemblage de bandes longitudinales. Pour évaluer ce terme de
rigidité "locale", admettons 'lue la poutre soit constituée de bandes
longitudinales de dimension ds dans le sens transversal. Chacune de ces
3.5.1.4 ~~~_~~~-EE~!!!~-~~!~~!!~!~!E~~_~~~~_E~~!!!~~E!~~~_~~~~E!~~
bandes élémentaires a une rigidité de torsion propre: Dans le cas des profils fermés unicellulaires avec ramifications
dK:I:=le3ds ouvertes, la plus grande partie de la rigidité à la torsion provient
3 de la cellule fermée et, en général, les ramifications ouvertes ont
reprenant le couple élémentaire: un rôle négligeable vis-à-vis de la torsion libre. Néanmoins, pour
dT
:1:
= -G.dK 'dx
'* de être plus rigoureux, il convient de calculer l'inertie totale de tor-
sion en ajoutant le terme de rigidité "locale" de l'ensemble du pro-
Cette manière de voir les choses se justifie par le fait que les fil au terme de rigidité "globale" lié au flux de cisaillement uni-
"retours" de contraintes s'annulent deux à deux (figure 3.12). forme parcourant les parois de la cellule fermée.

3.5.2 Etude des profils minces fermés multicellulaires


Comme nous venons de le voir, la contribution à la rigidité totale

~ de torsion de la rigidité propre des parois d'une poutre ou de ses rami-


fications ouvertes peut généralement être négligée. Nous ne considérons
donc, dans ce paragraphe, que l'ensemble des cellules fermées d'un
profil mince multicellulaire.
Figure 3.12
3.5.Z.1 ~~~!~g!~_~~_!~_~~~~~~~~
h'analogie de la membrane permet de comprendre le fonctionnement
'q

-66-
-67-

3.5.2.2 !~E~~!~!!~~_~~_e~~~!~~_~!_~!~~_~~_~9uation
Les n flux de cianUlem"nt InconntJR nc peuvent, C-vldcmm"nt, pn ..
être choisis arbitrairement: ils doivent respecter ln condition de
fermeture matérialisée par la formule 0.9) que l'on applique au con-
Section soumise A la torsion tour moyen de chaque cellule. Ainsi, pour la cellule n'i, nous écri-
rons:
(3.21) de T
'i "ti·ds - -2GA i 'dx - 2Ai'j(
en appelant Ai l'aire délimitée par le contour moyen de la cellule n'i
et K le momenE d'inertie de torsion de l'ensemble de la section, a pri-
ori incorinu. Mais:

ds •
Figure 3.13 E~ij' ds
~ "ti·ds - ~ "ti e .-- -
i e j i~ e
la sommation portant sur l'ensemble des paroia de la cellule nOi et
avec la convention de notation suivante:

~ij - ~i sur un élément de paroi libre,

• ~i- ~j sur une paroi, de la cellule nOi, commune


avec la cellule n·j.
à la torsion d'un profil mince fermé multicellulaire. Dans une plaque On voit donc que la condition de fermeture relative à la celltJle
rigide, on découpe le profil donné et on applique une me~brane tendue n'i peut s'écrire sous la forme:
que l'on soumet à une pression uniforme. Alors, tous les "couvercles" ds ds T
correspondant au contour interne des diverses cellules se soulèvent (3.22) ~i' --E~j' -- - 2A '-K
i ij e
e i j
avec des cotes en général différentes de l'un à l'autre. Mais, comme
nous l'avons vu en 3.5.1.1., tous ces couvercles restent parallèles Ceci constitue l'équation générique d'un syatème de n équations
au plan de la section (figure 3.13). Entre deux couvercles adjacents, linéaires pour les n flux inconnus; mais, dans ce système, K n'est
la pente de la membrane représente l'intensité du cisaillement qui pas encore déterminé. On note que ce système s'apparente, au second
se développe dans la paroi commune, et la différence de cote de ces membre près, au système résolvant du problème de l'effort tranchant
couvercles est en relation directe avec le flux de cisaillement, qui dans les sections minces multicellulaires (Cf.S2.5.2 du chapitre 2),
,est donc constant dans la dite paroi. et nous poserons donc:

Considérons alors deux cellules n'i et j adjacentes. Le flux de


0.23) 1 6 11 = 'i ds e e
6 ij - - 'ij da
cisaillement dans leur paroi commune est noté ~ii' On peut considérer
qu'il résulte de la différence de deux flux ~i eE ~l circulant autour
des cellules n'i et j, en relation directe avec les' cotes absolues des de sorte que le système résolvant s'écrit:
"couvercles" correspondants.
(3,24) Y i- 1,2 ••. n T
E 6ij~j - 2Ai'j(
Dans la mesure où l'on définit un sens de parcours identique dans
toutes les cellules, homogène au sens du couple de torsion général T, j
on peut écrire que, dans la paroi commune aux cellules n'i et j sup- Rappelons que, dans ce système, les coefficients 6 ii sont posi-
posée appartenir à la cellule n'i, le flux de cisaillement vaut: tifs, les coefficients 6 ij sont négatifs, et que la convention de
signe sur les flux est contenue dans l'orientation des cellules,
~i- ~j de façon homogène à l'orientation du couple de torsion T.
Dans cette même paroi, supposée appartenir à la cellule n'j, le flux de
cisaillement algébrique vaut, bien évidemment: Exprimons alors que l'ensemble des cisaillement de torsion per-
met d'équilibrer le couple de torsion T. A cet effet, ainsi que nous
~j- ~i l'avons fait au c~apitre 2, nous introduisons la solution (~I'~2"'~n)
du système linéaire suivant:
On voit donc que la solution du problème de la torsion du profil
fermé multicellulaire consiste à déterminer n flux de cisaillement (3.25) r--V-i-~-I-,-2-
••-.-n---~-6-ij-~-j--.-O-i--.---i-,'
2A
inconnus (correspondant aux n cellules du profil) induisant des forces
dont le moment axial équilibre le couple de torsion T.
Alors, les flux de ci~aillement ~1 sont liés aux grandeurs ~i par
les relations:
-(,Il-

T
r -69-
'If i~1,2 .•. n, +1 î(Ài
18 22 5
La cellule n"i est parcourue par un flux de cisaillement. qui °11= 0;1 180 022
ü,l 220 °12= - ü,l -50
équilibre un couple 1, tel que: i
D'où:
18À -5À = 4
2", lAi "'ini 1 2
Il s'ensuit que: -5À + 22À2 6
1
~+jnj
On en déduit:
1 = l.: Ij
j
- f< njSl
j
j
À\
lill 1211
371 À2 = 171

De tout ceci on déduit que: Alors, K À 0 + À 0 31,423 m4


1 1 2 2

~ Àj~jJ
O
(3.26) K =
Autour de la cellule n l circule le flux ~l= 0,00952.1,
autour de la cellule n"2 circule le flux .2 - O,01012.T
et,
dans l'âme centrale, l'lntensit6 du flux de cisaillement est égale
C'est l'expression de l'inertie de torsion globale de la section. à 0,00080.1 , le flux étant dirigé de "bas en haut",
Dans le cas particulier d'une section unicellulaire, on retrouve
l'expression du § 3.5.1.2. car: Si l'on veut tenir compte de l'inertie de torsion propre des
parois de la section, il convient d'ajouter le terme:
et À _ SI 211.
o 211. d'où: 1 2 1 3 4
If ds !JI ds 1.:) Le =).42. (0,1) = 0,014 m
e e
ce qui, dans le cas présent, est tout-à-fait négligeable.
K
~ e 3.5.2.4 ~~~~b!~~~~~~~_~~~_~~~~!~~~_~~_e!~!!!_!~!~~_~~!~!~~!!~!~!!~
Par ailleurs, i l est loisible de tenir compte, en l'ajoutant à Dans un élément de paroi de la section, la relation différentielle
la précédente expression, du terme de rigiditi locale des parois dans 0.8) établie au § 3.3.3. est évidemment valable, en particulier sur
la section considérée. le contour moyen. Sur ce contour moyen, la contrainte de cisaillement
est nulle si l'élément en question appartient à.une ramification ou-
3.5.Z.3. ~~~~E!~_~~~EE!!~~~!~~ verte, ou est calculable par la méthode précédemment décrite si cet
élément appartient à une cellule fermée.

i--~
Si tel est le cas, et si l'élément de paroi appartient, pour
1. lm 1
tlni
-f .-----~- 1
fixer les idées, à la cellule nOi, on peut donc écrire:
1
1 T = ~
r0.10 To. lo 0.10 t e
avec - .i s'il s'agit d'une paroi libre,

Sm
0.10-11-- ~ -Il--0.IO
J -11--0.10
= .1 - "'j si la paroi, appartenant à la cellule nOi, est

o () l
1
0.10
Commune avec la cellule n"j.
Hais, pour tout i,
.i T de
î(Àf - -GÀ i · dx

Appelons, comme nous l'avons déjà vu, ",(x,s) la fonction de gau-


Figure 3.14 chissement de la section, r la distance du centre de torsion de la
section à la tangente au contour moyen au droit du point courant et
On se propose de déterminer l'inertie de torsion et les flux de de/dx la rotation spécifique de la poutre.
cisaillement dans le caisson dissymétrique à trois âmes représenté Alors, de la relation (3.8), on déduit que:
sur le dessin de la figure 3.14. Les principales dimensions sont
précisées' sur ce dessin. Dans un premier temps, nous négligeons le
moment d'inertie local des parois de la section. Il est clair que: :: r.~~ sur un élément de ramification ouverte,
À
= 40
dO e
Sl = 2AZ = 60
d x + -.-!:.
SI = L dd sur un élément de la cellule n"i non
\ 2 e x , Il 1 f ermee,
_
À -À commun .1 une aut re ce u e
Les coefficients du Ryst~me r~solvant (3.25) se calculent aise-
ment: dO
- LI +-L î 'cl
dO sur un e-1-ement d e 1a cel 1 ule n ° i
(X e x commun ii la cellule nOj
-70-
-71-

La fonction de gauchissement étant nécessairement continue et Supposons que l'on prenne le module Go de l'un des matériaux comme
nulle en l'absence de sollicitation de torsion, il est clair que module de référence. On voit que l'inertie de torsion de la section
l'on peut écrire: peut s'exprimer sous la forme suivante:
(3.27) 1 w(x,s) - - Wo(s).~ de T
dx - - Ci(
G
i
avec K - l: - K
o i Go 1
~ (s) étant la fonction sectorielle introduite au paragraphe 2.5.3. Mais, compte tenu de l'expression de Ki' on voit que si l'on pose:
da chapitre 2, de pôle 0, centre de torsion des sections, et définie Go
par: n i -G - (coefficient d'équivalence)
i
(3.28) ~ (s) = w (s) - f(s) tout se passe comme si l'on était en présence d'une poutre confec-
o 0
tionnée dans un matériau homogène de module de glissement Go dont
w (s) est l'aire sectorielle de pôle 0 relative au profil considéré l'épaisseur des parois de la section droite, dans les différents
rgndu ouvert en pratiquant une coupure spécifique dans chacune des éléments, a pour expression:
cellules fermées et f(s) est la fonction continue, définie a partir
de la même origine que l'aire sectorielle, dont la dérivée est égale e
à:
lni
o sur les ramifications ouvertes,
Considérons, a titre d'exemple, le cas d'un pont mixte a deux poutres
~i dont la section transversale est représentée sur le dessin de la
sur l'élément de paroi de la cellule nOi non Commun figure 3.15.
e
~ une autre cellule,
Le module de glissement
~ -~
de référence est celui
~ sur l'élément de paroi de la cellule nOi, commun de l'acier, noté Gs '
e avec la cellule nOj.
>

L'épsisseur réelle e c du
Les conventions de signe sont fixées par l'orientation choisie hourdis en béton (de mo-
du sens de parcours des cellules fermées. Comme dans le cas des pro- dule de glissement Ge)
fils minces ouverts, la fonction sectorielle n'est définie qu'à une est remplacée par une
constante pr~s dans la mesure où l'origine des abscisses curvilignes épaisseur fictive égale a
n'est pas précisée. * -~
ec
ec
esl i • ;r;-
3.6- CAS DES PROFILS MINCES ~'IXTES
avec:
bl n - Gs/G c
Par profils minces mixtes, on entend des poutres dont les éléments
peuvent être constitués par des matériaux de caractéristiques méca- L'inertie de torsion de
niques différentes. Dans les constructions courantes, il s'agit es- la section a alors pour
Figure 3.15
sentieliement des ossatures mixtes acier-béton. expression:

3.6.1. Inertie de torsion d'un profil mince ouvert mixte 133 3 *3


K - 3(2heaa+2bsess +2b i e i+Be )
s c 3
Considérons une poutre dont la section transversale, toujours 3 ec
supposée indéformable, comprend un certain nombre d'éléments de 133
- 3(2hesa+2bsess +2b i e si+ B' n
longueur Li, d'épaisseur ei, confectionnés dans un matériau de
module de glissement Gi' L'inertie de torsion de l'élément courant dans le cadre d'une évaluation de la déformée de torsion par la for-
est: K .! L 3 mule:
i 3 iei de T
dx - - Ci(
Cet élément courant équilibre, pour une rotation spécifique s
de/dx donnée, un couple de torsion Ti tel que: 3.6.2 Inertie de torsion d'un profil mince fermé mixte
da Ti
dx - - GiKi Dans le cas d'un profil mince fermé mixte, uni- ou multi-cel1ulaire,
le probl~me se présente un peu différemment. Le flux de cisaillement
La démonstration du § 3.3.5. peut alors être reprise de la façon dans un élément de paroi d'une cellule est toujours constant: ceci
suivante, en intégrant le module de glissement dans les formules: résulte de la condition d'équilibre élémentaire de la mati~re. Lea
de Tl T2 Tn T choses changent dans l'application de la formule 3.8 du § 3.3.3. En
effet, la fonction de gauchissement est toujours continue, mais si l'on
- dx - GtKt - G K - - GnKn ~ l:GiKi int~gre cette relation sur un contour fermé entourant la cellule nOi
2 2

t
-72-
r
1
et si tous les éléments de paroi de cette cellule ne sont pas 1
1
confectionnés à partir du même matériau, il convient de maintenir
le module de glissement G sous le symhole d'intégration. Pour le CHAPITRE 4
contour moyen de la cellule nai, il convient donc d'écrire:
ds
<1 eG =- 2A i
dO dO
dx = - Il i · dx
o
TORSION
Supposons, encore pour fixer les idées, que la poutre considérée ET TORSION GÊNÉE
comporte des parties métalliques et des parties en béton. En appelant
toujours n le coefficient d'équivalence acier-béton ( n= Gs/G ),
À SECTION EN
c
et en prenant le module de glissement de l'acier (G s ) comme module de OUVERT
référence, on calcule l'inertie de torsion de la section de manière
classique en affectant aux éléments de parois en béton d'épaisseur
réelle e une épaisseur fictive qui vaut, maintenant:

* =-ne 4.1- INTRODUCTION


e
Nous venons d'étudier, au chapitre 3, les effets, dans une poutre
droite à fibres parallèles, de la torsion pure libre et uniforme. Ce
mode de sollicitation conduit à une déformation de l~ poutre caracté-
risée par une rotation relative uniforme des sections droites les unes
par rapport aux autres et par un gauchissement de ces sections. Etant
libre, ce gauchissement est également uniforme et n'indult aucune
déformation longitudinale des fibres au second ordre près. Les seules
contraintes engendrées par la torsion pure sont donc des contraintes
de cisaillement.
En fait, dans les constructions réelles, la torsion n'est genera-
lement pas uniforme et le gauchissement peut être limité dans certaines
sections du fait de liaisons particulières ou de modes de chargement
spéciaux. Par exemple, si on considère une poutre-console dont la
section origine est parfaitement encastrée dans un bloc indéformable
et soumise, en son extrémité, à un couple de torsion, il est clair que
cette poutre est sollicitée en torsion uniforme, mais sa section ori-
gine ne peut se gauchir. La distribution des contraintes va donc être
perturbée sur une zone, au voisinage de l'encastrement, d'étendue plus
ou moins grande.
Nous avons déjà dit, au chapltre précédent, que les poutres à
section en profil mince (ouvert ou fermé) ont un comportement essen-
tiellement différent de celui des poutres usuelles à section pleine.
Certes, elles conservent, en tant que schéma de calcul, les principsles
propriétés des secondes dans la mesure où leur section droite est
indéformable. En particulier, les formules usuelles de la Résistance
des Matériaux relatives 1 la traction, à la flexion composée et à la
torsion libre et uniforme restent généralement valables.
Mais, malgré leur parenté avec les poutres à section pleine, les
poutres à section en profil mince révèlent, en vertu de leurs rapports
géométriques particuliers, des propriétés essentiellement différentes
de celles des premières. Ainsi, notamment, le principe de De Saint-
Venant ne leur est pas toujours applicable: l'étendue des zones de
perturbation des contraintes au voisinage des appuis et des points
d'application des efforts concentrés est beaucoup plus grande que
dans le cas des poutres à section pleine.
-71,-
-75-

* pour les profils ouverts:


dB
w(x,s) - - WO(R).J:K (formul~ 1.15)

* pour les profils fermés:


da
w(x,s) - VO(s).dx formule 3.27)

où wO(s) et Vo(s) sont respectivement l'aire sectorielle et la fonc-


tion sectorielle de pôle 0, centre de torsion.
La première de ces formules a été établie en partant de l'hypo-
thèse que les contraintes tangentes engendrées par la torsion dans
un profil mince ouvert ont une intensité nulle sur le contour moyen
de la section, et la seconde a été établie en partant de l'hypothèse
Figure 4.1 que les flux de cisaillement spécifiques existant dans les parois des
cellules fermées de la section sont d'intensité constante.
Du fait de la non-uniformité du gauchissement, se traduisant par
une dérivée seconde de la fonction a(x) non nulle, nous allons voir
que des contraintes normales apparaissent dans les sections qui, ~ leur
Une interprétation physique simple peut être donnée de ce phé- tour, vont engendrer de nouvelles contraintes tsngentes, appelées con-
nomène. Considérons, par exemple, une poutre-console encastrée ~ traintes secondaires. Les formules du gauchissement précédemment rappe-
l'origine dont la section droite est en forme de H, telle que re- lées doivent donc être sjustées pour tenir compte de la modification
présentée sur le dessin de la figure 4.1. Elle est soumise, en son sur la distribution des contraintes tangentes et il est nécessaire de
extrémité, à un système de deux forces égales et de même sens, res- formuler de nouvelles hypothèses.
pectivement appliquées en haut et en bas de chacune des deux mem-
brures verticales. La sollicitation globale ainsi engendrée est, au 4.2.2 Hrpothèses de la théorie de la torsion non-uniforme "ou
sens de la Résistsnce des Matériaux usuelle, un effort normal de trac- genée.
tion, d'intensité 2F.
Dsns le cadre de ce Cours, nous nous bornerons à détailler la
Si la poutre n'avait pas de membrure horizontale, les deux mem- théorie de la torsion non-uniforme ou gênée pour des poutres ~ fibres
brures verticales fléchiraient indépendamment, l'une vers le haut et parallèles confectionnées dans un matériau élastique, linéaire et ho-
l'autre vers le bas, et l'action de chaque moment fléchissant se déve- mogène. Les hypothèses fondamentales sont les suivantes:
lopperait sur toute la longueur de la poutre. Ls présence de la mem-
brure horizontale limite, 'avec un degré qui est fonction de la rigi- a) l,es sections droites de la poutre sont indéformables: sous
dité de la liaison qu'elle crée, la déformation différentielle des l'effet de ls torsion, elles ne font que tourner autour du centre de
,membrures verticales. Si la rigidité de cette liaison est faible,on torsion et se gauchir normalement ~ leur plan;
conçoit aisément que la non-uniformité des contraintes en section b) La poutre considérée est un profil mince: ses parois sont
transversale "pénètre" beaucoup plus loin le long de la poutre que si d'une minceur telle qu'elles ne peuvent transférer une charge d'une
cette dernière avait une section pleine. section ~ une autres que par l'intermédiaire de contraintes contenues
Dans ce chapitre, nous nous attacherons à étudier le fonctionne- dans la surface cylindrique s'appuyant sur le contour moyen dea sec-
ment de poutres droites à fibres parallèles, dont la section transver- tions. Par'conséquent, l'état des contraintes dans la poutre eat re-
sale est un profil mince ouvert ou fermé, soumises à une sollicitation présenté par deux composantes: la contrainte normale a(x,s), compt~e
de torsion non uniforme ou à des limitations du gauchissement de cer- positivement en compression, et la contrainte tangente T(X,S);
iU:1
taines de leurs sections. c) On admet que le gsuchissement des sections reste proportionnel
4.2- CONTRAINTES NORMALES LIEES AU GAUCHISSEMENT DES SECTIONS à celui.d'un;-;ëction soumise à une torsion libre uniforme. C'est
pourquoi, on pose:
4.2.1 Rappels et hypothèses de base ~ pour les profils minces ouverts:
Au chapitre 3, nous avons déterminé les contraintes de cisaillement (4 .l) ~
w(x,s) - - wo (s) ·dx
engendrées par la torsion libre et uniforme dans une poutre droite
à fibres parallèles dont la section est un profil mince ouvert ou ~ pour les profils minces fermés:
fermé. Cette étude supposait implicitement que cette section droite
est indéformsble, de façon à pouvoir définir un angle de rotation glo- (4.2) w(x,s) a - VO(s).~,
bal à l'abscisse x. De plus, nous avons vu que la torsion engendre un la fonction X(x) n'étant qu'une fonction de l'abscisse longitudinale x,
gauchissement w(x,s) dont l'expression est: a priori inconnue, et introduite, dans les précédentes formules, par sa
dérivée première pour établir une analogie avec l'angle de rotation des
sections.
-76-
-77-

4.2.3 Contraintes normales liées au gauchissement non uniforme Si la sollicitation appliquée à la poutre considérée est une
sollicitation de torsion pure, les contraintes normales que nous
Les fibres de la poutre subissent une déformation longitudinale venons d'expliciter doivent conduire ft un torseur resultnnt nul.
dont l'expression est: Ceci veut dire qu'elles n'engendrent ni effort normal ni moments
2 fléchisssnts. Ainsi,
(l,.3) E
X
= WO(S) . .Lx
d/
pour un profil ouvert,
(4.6) 'r oe.ds 0 'roze.ds 0 'r oye.da = 0

-
i
WO(S).S!...A pour un profil fermé. ces diverses intégrales portant sur l'ensemble du contour moyen de
2 la section, contour supposé rectifié par l'abscisse curviligne a.
dx
Cette déformation longitudinale engendre des contraintes normales Compte tenu de l'expression de o=o(x,s), les relations (4.6)
sont équivalentes aux suivantes:
dans les sections droites.
~ pour les profils ouverts:
En zone courante, la surface latérale de la poutre est supposée
non chargée, de sorte que l'on peut écrire on - 0 en appelant on la
contrainte normale il la surface cylindrique médiane de la poutre.
(4.7) 'r woeds = 0 'r woyeds = 0 'r wozeds = 0
De même, les sections droites étant supposées indéformables, on e"-
~ pour les profils fermés:
primera que E t U 0 en notant Et la déformation tangentielle de la sec-
tion. En se rHérant il la Loi de Ilooke, on en déduit que: (l, .8)
'r WOeds - 0 'r Woyeds - 0 'r WOzeds - 0
vo" (v est le coefficient de Poisson)
Les deux dernières de ces groupes de relations montrent qu'en
torsion non uniforme, le centre de torsion colncide avec le centre de
E = _ v(l+v) cisaillement puisqu'elles sont identiques aux relations (2.9) et (2.17)
On en déduit:
n E °x du chapitre 2. De plus, la première de ces groupes de relations fixe
2 l'origine des abscisses curvilignes sur le profil puisque le moment
(l+v) (l-2v)
E
° = (l-v)E V (l+v)
E'
soit: statique total de l'aire sectorielle ou de la fonction sectorielle
X " 0" doit être nul. Ainsi, la fonction de gauchissement de la section
droite est entièrement déterminée.
E
I-v 2 • E x ° X .Dans la pratique, on commence par déterminer la position du
Compte tenu de l'e"pression de E", les contraintes normales lon- centre de torsion (ou de cisaillement) C. On construit alors l'épure
gitudinales apparaissant du fait de la torsion nOn uniforme ont pour de l'aire sectorielle ou de la fonction sectorielle de pôle C pour
e"pression: une origine quelconque des abscisses curvilignes, judicieusement
E 2 choisie de façon à simplifier au maximum les calculs; on note wé et
O(l<,S) = --·2·· • w (s) .Lx pour un profil ouvert, wè les fonctions ainsi obtenues. Soient Wc et Wc les fonctions sa-
l-v 0 • dx 2
tisfaisant à l'ensemble des conditions (4.7) et (4.8).
(4.4) 2
. wo(s).~
2
pour un profil fermé. On sait qu'un changement d'origine ne modifie ces fonctions
dx que d'une constante J. Nous écrirons donc:

Ces formules contiennent une convention de signe j~plicite: wC(s) wè(s) + J ou


elles supposent que les contraintes normales sont comptées positive- wC(s) = wé(s) + J
ment en traction. Désormais, comme nous l'avons fait jusqu'à présent,
nous compterons positivement ces contraintes en compression. Par Alors, en intégrant sur l'ensemble du contour moyen de la section,
il vient:
ailleurs, le terme (1-v 2 ) est voisin de 1 pour les matériaux usuels.
C'est pourquoi, sans nuire à la précision d'un calcul qui, comme on Ir wC(s)eds = 0 (par définition) = Ir wc(s)eds + JE
le verra plus loin, présente un caractère approché, nous conviendrons
d'écrire désormais: et, de même,
~1~--------------~2--' 'r ~C(s)eds = 0 (par définition) = Ir w~(s)eds + J1:
o(x,s) = EWo(S)'~ pour un profil ouvert en appelant E l'aire de la section droite de la poutre. On voit donc
(l, . 5) d" que la fonction cherchée se déduit de Wc ou de Wc en ajoutant la
2 constante:
d
= E~O(S)'~
dl<
pour un profil fermé.
(4.9) J
wè eds 'r wè
eds
ou J = - - - 1 : -
'r
1:
en comptant positivement les contraintes normales en compression.
r -78-

L'aire et la fonction sectorielles qui satisfont aux conditions


-79-

(~.7) et (4.8) sont respectivement appelées aire sectorielle princi- Comme le gauchissement est nul si l'angle de torsion est nul,
pale et fonction 'H'ctorlC'lle l'rln,,Jl'n~. on en déduit que:
(4.10) B(x) ~ x(x)
4.2.4 Contraintes de cisaillement secondaires
Ainsi, dans les profils minces ouverts, le gauchissement des
L'existence de contraintes normales variables le long de l'axe sections est proportionnel à la fois à l'aire sectorielle principale
longitudinal de la poutre entraine celle de contraintes de cisaille- et à l'angle de rotatidn spécifique des sections (dérivée de la
ment dites secondaires. Nous verrons, dans ce qui suit, que ces con- fonction représentative de l'angle absolu de torsion). Alors, les
traintes secondaires n'agissent pas de la même façon dans les profils contraintes normales ont pour intensité:
ouverts et dans les profils fermés. Dans les premiers, en dehors des
zones de gauchissement nul, on constate habituellement que leur inten- d2a
(4.11) o(x,s)· EW (s)'di2
c
sité est faible devant l'intensité maximale des contraintes tangentes 1
primsires, correspondant à la part du couple de torsion reprise en et engendrent des contraintes tangentes secondaires que l'on va
torsion de De Saint-Venant. Mnis, étant uniformément distribuées calculer.
dans l'épaisseur du profil, leur moment résultant n'est pas négligeable
devant celui des contraintes primaires. Au total, la distribution des 4.3.2 Etablissement de l'équation différentielle de torsion
contraintes tangentes dans l'épaisseur du profil n'est pas antisymé-
trique, mais change néanmoins de signe et il existe donc une ligne Pour calculer les cisaillements secondaires dont il vient d'être
contenue dans le contour de la section sur laquelle la contrainte question, on considère une tranche de poutre comprise entre les
tangente est nulle. abscisses x et x+dx. Par une coupure normale au contour moyen de la
Par contre, dans les profils fermés, il y a superposition de section droite, on isole la portion de profil comprise entre cette
deux systèmes de contraintes tangentes uniformément distribuées dans coupure et son (ou ses) extrémité(s) libre(s).
l'épaisseur et les flux circulant autour des cellules fermées ne sont
plus constants. C'est pourquoi, il est maintenant nécessaire d'examiner
séparément les problèmes de la torsion non-uniforme ou gênée dans
les profils ouverts et dans les profils fermés.

4.3- TORSION NON UNIFORME ET TORSION GENEE DANS LES PROFILS MINCES
OUVERTS
4.3,1 Gauchissement des sections
y
" Nous venons de voir (formule 4.1) que le gauchissement des
sections droites d'une poutre en profil mince ouvert est supposé
de la forme:
w(x,s) c - wc(s),~

;j
Par ailleurs, nous avons établi au chapItre 3 (formule 3,8) o
que:
\1
;\, Tt de 3w
- - -r -
'dx --
as soit, dans le cas présent:
,i G
Figure 4.2
de db'C ~
-r'dx + d'S' dx En se référant au dessin de la figure 4.2, et en comptant, selon
de ~ des conventions déjà précisées au chapItre 2, positivement le flux
-r'dx + r'dx
de cisaillement sortant de la portion de poutre dont on considère
de par la définition même de l'aire sectorielle. Or, en 4,2.4, nous l'équilibre suivant l'axe longitudinal, on peut écrire:

r avons dit qu'il existe une ligne particulière de la section, en zone


courante, au droit de laquelle la contrainte de cisaillement totale
est nulle. Le profil étant mince, cette ligne est très proche de la
(4.12) • - Te
!I:
f
r
E' 3
!I:
ao
a'
f wCeds
dx r!l: x
eds
dJa

ligne moyenne; on peut donc considérer que la contrainte de cisaille- Dans cette expression, r est la portion de contour moyen de la
ment sur cette ligne moyenne est quasiment nulle. On en déduit donc section correspondant à l'élément de poutre dont on considère l'équi-
que: libre. C est le centre de torsion.
i
'il

1
-81-
-80-

Le couple de torsion global T est donc repris en paEtie par Par exemple, pour une extrémité libre, les contraintes normales
des cisaillements de torsion libre et en partie par ces cisaille- sont nulles, de sorte que a" (x) y est nulle. Pour une extrémité li-
ments secondaires. Il est donc possibLe d'écrire: bre de se gauchir, mais dont la rotation est bloqu~e, on exprimera
simplement que a = e" = O. Enfin, pour une extrémité encastrée et
T T1+T
Z
avec: dont le gauchissement est empêché, on exprimera que e = 6' - O.

(4. 13) T = -GK·


da
et T =f </>dw
4.3.4 Sollicitations
_ _ _ .... _._10
dans une poutre à section en profil min-
K! _ _ _ 1
1 dx C 2 r
Cette deroière expression s'établit de la même manière que
pour les cisaillements d'effort tranchant vus au § 2.4.3 du chapi- Sous le système des actions le plus général, les déplacements
tre 2. Compte tenu de l'expression de </>, on peut écrire: axiaux d'une poutre à fibres parallèles peuvent être représentés
3 par une fonction du type:
d e
TZ = - E·- f (fltwC eds ) dw
dx 3 r r C
(4.16) w(x,S) ΠWo +z~y - ytz - w '
de
C dx
L'expression fpl: wr.eds joue le même rôle que les moments stati-
1< 1< wo,t y et tz caractérisant les déplacements et la rotation de la
ques 5 y ou 5 z dans les fonnules du § 2.4.3. On peut donc utiliser di-
rectement les résultats déjà établis d'une intégration par parties, section droite comme un tout rigide, et la fonction Wc est l'aire
compte tenu du fait qu'à l'origine des arcs l'intégrale porte sur sectorielle principale (de pôle C, centre de torsion).
une longueur nulle de contour moyen et qu'à l'extrémité, on a: Les contraintes normales dans la section sont donc:
f "'Ceds = 0 a dw d<l> d'" z
2
d e
r °x
="-E~ = -E( ~ + z--1. - y - - wC,-)
dX dx dx dx dx2
On peut donc écrire directement, quel que soit le profil ouvert
considéré: Multiplions cette expression sticcessivement par dy.dz, y.dy.dz,
3 z.dy.dz et wC.dy.dz et intégrons-la sur l'aire de la section trans-
(4.13)bis d e 2
TZ c E.-- 3f wC(s)eds versale. Cette section étant rapportée à ses axes principaux d'iner-
dx r tie Gy"et Gz, et Wc étant l'aire sectorielle principale, il vient:
dw
~~
La grandeur f w~(s)eds, homogène à une longueur à la puissance 6, f 0x.dy.dz
N =
dx
est appelée Inert~ sectorielle principale, et généralement notée Iw'
dt dt
Avec cette notation, l'équation différentielle de la déformée de la z
H f cr .z.dy.dz = -Er .--1. Hz -fox·y·dy.dz = -Elz'~

e2Je
poutre se présente sous la forme: Y x y dx
3
et: 2
(4.14) El ' d
- 3 - GK'dx = T d e
dx B cfo wc·dy.dz = El '---2
x w dx
On voit apparaître ici une nouvelle caractéristique de sollici-
4.3.3 Résolution de l'équation différentielle de torsion non tation, notée B et appelée bimoment. Ses dimensions sont ML 3T- 2 • Con-
unlforme ou gênée. trairement aux autres sollicitations déjà connues, le bimoment est
un facteur autoéquilibré et ne peut être déterminé à partir des con-
La poutre étant supposle de caract~rjstiques mécaniques et ditions d'équilibre d'un élément de poutre. En éliminant les grand-
géométriques constantes, 'équation (4.14) est une équation diffé- eurs Wo'~y et "'z' la contrainte normale en section droite de la pou-
rentielle linéaire à coefficients constants dont la solution est la tre peut ~'écrire~:________________________________~
somme de la solution générale de l'équation sans second membre et N H H B
d'une solution particulière de l'équation avec second memhre. Dans
le cas le plus général, on peut écrire:
(4.17)
I 0x = 5 + z \ - y \ + Iw'wC

Le dernier terme caractérise les changements apportés aux lois


2 GK
a linéaires de la distribution des contraintes par le gauchissement de
Er w la section.
(4.15) O(x) 1\ + Beha" t r.shax + /K foX [cha(x-t) I]T(t)dt De même, les contraintes tangentes dans la section transversale
sont constituées, dans le cas général, psr les contraintes de torsion
Dans cette expression, A,R et C sont des constantes d'intégra- de De Saint-Venant, les contraintes dues à l'effort tranchant et les
tion et la solution particulière explicitée est telle qu'elle s'an- contraintes tangentes secondaires de la torsion non uniforme ou
nule ainsi que ses deux premières dérivées pour xC O. Les constantes gênée.
d'intégration sont déterminies en explicitant les conditions aux
limites.
-82-
-83-

4.3.5 Exemple de détermination


Pour illustrer le probl~me de la torsion non uniforme, nous étudions un • n---
!
exemple th~orique volontairement simplifi~ conduisant ~ des formules litt~rales ~.;
faciles à lire.

• 1

v· •
!
r--
~
Te - ~/ Aire uc.torh!llt
..-.
--r ~

~
G

z.
• ]0
v' • T
T ~
r--' e - l-- ]02

Tl \ .. ==->..L 1

'-- ,_L-..

~
Flqure 4.4

On considère une poutre droite de section constante représen- .~z UZ.Z


T
tée sur le dessin de la figure 4.3. Cette poutre forme travée indé-
pendante; en ses extrémités, elle est simplement appuyée vis-à-vis (PU" de l'lire stctorlel1e prlnciPlle
de la flexion et encastrée à la torsion. Sa longueur est L, et elle
est représentée dans le référentiel général orthonormé direct (OXYZ) Fleure 4.5
sur le dessin de la figure 4.4.
5 5
On admet, par exemple, que ses sections extrêmes sont libres de se Iw = 84 ea
gauchir (l'entretoisement n'~tant efficace que pour maintenir leur
g~om~trie). b) Equation différentielle de torsion non uniforme
Elle est sollicitée par une charge linéaire uniforme de densité Appliquons l'équation 4.14 à la poutre considérée, que l'on
constante notée p, verticale, en "lame de couteau", dont la ligne suppose convenablement raidie afin d'assurer l'indéformabilité de
d'action est située à la distance algébrique d de l'axe longitudinal ses sections droites. Tout d'ahord, il est clair que:
de symétrie de la poutre. dT
-pd
dx -
a) Caractéristiques mécaniques de la section. d'où T(x) D To-pd
On établit aisément les résultats suivants: La constante To se détermine en exprimant que, par symétrie,
- aire de la section : S ~ 3ea
a 2a T(L) - - To ' de sorte que:
- position du centre de gravité v~3 , v' ~3 L
T(x) = pd(ï - x)
- moment d'inertie 1 ~! ea 3
y 3 2
Par ailleurs,
- moment d'inertie de torsion (de De Saint-Venant): Ka ae 3 Cl
42
2 ~--- ~
5(l+v) . a4
Pour déterminer les caractéristiques sectorielles principales,
on se réfère aux dessins de la figure 4.5. On commence par déterminer en appelant v le coefficient de Poisson du matériau constituif de
l'épure de l'aire sectorielle pour un pôle C situé sur Oz (par rai- la poutre. T,es cond ft ions aux 1 imites du problème considlirli sont:
2
son de symétrie) à la distance p du point l, situé au milieu de la d e
membrure horizontale, et choisi comme origine des abscisses curvi- pour x= 0 et x· L e- 0 et --2 - 0
(gauchissement libre)
lignes. En exprimant que le moment linéaire sectoriel' en y est nul, dx
on détermine la cote du centre de torsion: Compte tenu de ce que la fonction T(x) est linéaire, une re-
3a cherche plus simple de la solution particulière de l'équation avec
p - second memhre que celle de la formule 4.11 peut être faite. Ainsi,
7
on écrira:
On peut alors tracer l'épure de l'aire sectorielle principale et
calculer l'inertie sectorielle:
T E1w S'" T-T pd. sha (L/2-x)
Z 1 achaL/2
-84-
Tl engendre des cisaillements antisymétriques dans l'épaisseur de
d Lx / la paroi de la section et leur intensité maximale vaut:
S(x) = A + Bchax + Cshax - ~( -- - - ) de sorte que:
GK 2 2 eT
T _1 ~ ( !. _ x _ sha(J./Z-x) )
2
O"(x) 2
lla chax + Ca "hax + ~ l,max ae3 ae2 2 ach L/2

En expr imant les cond ft ions aux limites précédemment ind iquées, T engendre des cisaillements uniformément distribués dans l'épais-
on aboutit à la solution suivante:
Z
seur du profil. Compte tenu de ce que son epaisseur est constante,
on peut écrire:
cha(!. - x) 2 T
2 2
6(x) -..E!L.
2
(l - "2a (Lx - x )} 2
f wC· da
a CK chœz
L T
2 = -ES'" (x) fltwC.ds
r
= T
Ùl r lt
Si l'on avait étudié la poutre en torsion de De Saint-Venant seule,
ce qui eût été incorrect, on serait arrivé à la solution suivante: ~.pd sha(L/2-x) f wC. ds
5ea
5 achaL/2 r*
e(x) = _ ~(J
2GK ,x - x 2) En section droite, la contrainte de cisaillement est variable
selon l'abscisse, et la loi de variation de cette contrainte est
c) Etude des contraintes normales
représentée sur le dessin de la figure 4.6.
En toute section, les contraintes normales sont dues à la
flexion et à la torsion non uniforme. En ce qui concerne la flexion, Il est rappelé que cette loi est
J
le moment à l'abscisse x a pour intensité: ~ ( ~ _(~)2) liée à la convention de signe faite
H(x) ~ ( Lx _ x 2 )
p. ~
sur les cisaillements, et que l'o-
rientation correspondante du pro-
Sur la fibre supérieure, la contrainte normale engendrée est fil correspond à la "normale" exté-
uniforme dans le sens transversal et vaut: rieure à la portion dont on calcule
le moment statique sectoriel.
Mv --L....(Lx _ x2)
cr sup :
-- =
Iy 2ea 2 On constate que la contrainte T2
maximale est située dans les mem-
et sur la fibre inférieure, brures verticales (en valeur absolue),
cr = -2a à une distance de la fibre infé-
inf sup
rieure égale à 4a/7, où elle vaut:
En ce qui concerne la torsion non uniforme, on a:
.3 2
2ll (l(i) -8(~»
IT 1= ~. pd .1 sha(L/2-x)
cha(!.-x) 2,max 21,5ea2 achaL/2
cr (x, s) Ew (s) e" (x) avec S"(x) = ~ ( 1 _ _ _2_
C
cœz
Compte tenu des valeurs numériques de l'aire sectorielle prin-
GK h L
Figure 4.6: [pure de j wCds
e) Application numérique.
r' On considère une poutre répondant
cipale, aux extrémités de la membrure supérieure, les contraintes aux caractéristiques suivantes:
normales extrémales ont pour intensité: L 5
L=lm, a=IOcm , e=lcm , E= 2.10 MPa , v= 0,3 (acier).
3 da cha(I - x)
cr
sup :!: 7(l+v).~ ( 1 - - - - L On calcule alors:
e chœz a 2: 6 , 46154 ,. a = 2 , 51,196 ., aL
2 = 1 ' 27098
et en fibres inférieures des membrures verticales, elles ont pour
intensité: Pour l'application numérique, on considèrera que la charge pest
cr + !!.cr à l'excentrement maximum, soit d=O,05m. Le tableau ci-après donne
Inf - 3 sup les valeurs numériques des principales grandeurs, qui sont représen-
Le long de la poutre, elles sont maximales à mi-portée. tées sur les graphiques de la figure 4.7.

d) Etude des contraintes tangentes.


Les contraintes tangentes sont dues à la part Tl du couple de
torsion T reprise en torsion de De Saint-Venant, et à la part T2 de
ce couple liée à l'apparition des contraintes normales.

-GK .dJ!. pd ( !. - x sha(L/Z-x) )


TI 'dx 2 achaL/2
-66- -87-
~(.) (tor!lon noft U""O~) - - - _ . _ . - ~(.) (ulcu' tn tOf'ltOA 4. Dt S.'nt-YtMnt)

-"-- -- - .'m'
10 CI 0 0,1 0, f 0,3 O,f 0,5

----
.c-- "- - ----- _~~~;_ !
P
0,015
._-_
0,010 0,015 0,010 0,005 0
------
r, - - ..
~,125
p- 0,00110 0,00111 O,OOH1 0,00411 0,00131 0
• )lI1"'! COIIIpuU Ives de 11 dtrOf'Wlf.

~1 O,Ol6!0 0,01119 0,00151 0,00541 0,00163 0


P

°.aUp,fftlU.'P 0 450 IDO 1050 1100 1150


[i:~ , jte"-lon'
0 511 195 "~5
" 4Up".,u!p
Itouion' . 1190 JHl

10 CI
t" .....'p '10 171 641 451 131 ,
b) Lt9nu cOII'Plretl'lu cfl!'s _"li '1, ......'P 130 169 rr. 15 36

~

f) COQclusions de cet exemple.

1000

5001
1•

A ,._. .,. . .,
///' 1
L'exemple que nous venons de traiter permet de tirer quelques
conclusions importantes. Tout d'abord, il est clair que le calcul
d'une telle structure en omettant les effets de la non-uniformit~
de la torsion est inacceptable: ces effets sont tr~s importants,
que ce soit au niveau de la déformation (figure 4.7-a) ou au niveau
des contraintes normales,
// ~$U~fI •• IOtt)
/,
En ce qui concerne les contraintes tangentes, on constate - et
100L cet exemple n'a rien de tr~s particulier - que celles résultant de
0.1 0,1 0,3 0,_ o5 la torsion non uniforme sont relativement faibles par rapport aux
contraintes maximales de torsion pure. Cela veut dire que, dans
t c)-Cont,..,lntts tIOF"Nlu ~ 'Ilw't s Dfrltur' Figure 4.7 l'~paisseur du profil, la distribution des contraintes tangentes
• 1
totales n'est pas antisymétrique comme nOUR l'avons admis pour ~ta­
blir la th~orie de la torsion non uniforme, mais trap~zoldale.
1000 ~ ,1'1 ..... ' (SAIO'·VEIIAN')1
Cependant, ces contraintes changent de signe dans l'épaisseur du

5OO~
~tl.·.. I(tor.ton i unHo ..... )
profil, de sorte que l'application de la formule 3.6 du chapItre 3
peut être faite le long de cette ligne de cisaillements nuls qui,
même si on ne la connaIt pas a priori, n'est gu~re diff~rente de
la ligne médiane.

100 i ---.-- Cette constatation rend licite la théorie de la torsion non


uniforme telle qu'elle a ~t~ exposée, et les expressions déduites
0.1 0,1 0.3 déterminent avec un précision suffisante les contraintes normales
et les contraintes tangentes secondaires lorsque de/dx est
variable.

Si l'on avait considéré une poutre bi-encastrée en flexion et en


-81p torsion, et si les extrémités n'avaient pas été libres de se gauchir,
nous aurions eu affaire à un problème de torsion gênée avec les con-
dit ions aux limites Sil i vantes:
e(o) - e(L) co; (!x de (0) a (!x(I,)
de a 0
.C18) P

,j - 717 P

~1 t}-Contr,intes f'IOrmaln d.... s li uctton ofdhn,


-88-
-89-

K étant le moment d'inertie de torsion pure de la section.

4.4- TORSION NON UNIFORME ET TORSION GENEE DES PROFILS MINCES FERMES En résumé, on ahoutit 11 ulle première l"luatlon tllfffrent lelle
liant les fonctions 6(x) et x(x) de la forme:
Comme nous l'avons déjà dit, la théorie de la torsion non uni-
forme et de la torsion ginle part de l'hypothêse de gauchissement
des sections droites selon une loi du typc:
(4.19) T = - Glc * + G(Ic-K)~
Pour établir la seconde équation différentielle, nous allons
w(x,s) = - ~o(s).~ traduire l'équilibre entre les contraintes normales et les contrain-
tes tangentes secondaires. Si on appelle ~ le flux de cisaillement
Le cisaillement dans l'Ipaisseur des parois du profil n'Itant
total dans les parois, nous avons vu que l'on peut écrire:
pas nul, i l n'est plus possible, comme dans le cas des profils ou-
verts, de confondre la fonction O(x) avec la fonction x(x). ~ tt ~l + ~2

4.4.1 Etablissement des équations différentielles de torsion tl correspondant aux cisaillements de torsion pure lihre et uniforme,
et les actions tangentes correspondantes équilibrent un couple TI tel
non un HOl'me et gênée. que:
(4.20) Tl GK-
de
Pour fitablir les fiquntions difflrentlelles permettant de déter- dx
miner les deux fonctions inconnues O(x) et X(x), nous allons raison- lntlressons-nous à ~2' En se
ner comme dans le cas des profils minces ouverts. Les cisaillements reportant au dessin de la fi-
dans les parois de la section résultent de la superposition de deux gure 4.8 , il est facile de (o( x). ~~x )dx)eds
flux ~1 et ~2' Le premier correspond à la part du couple de torsion voir que l'équilibre d'un é-
T reprise en torsion pure de De Saint-Venant et le second est Iii à lément de paroi de longueur
l'apparition de contraintes normales de torsion non uniforme ou dx et de largeur ds se tra-
gênée. duit par la relation:
Le moment résultant des actions tangentes par rapport au centre d$2 au
de torsion doit être égal au couple de torsion total appliqué. Par-
tons de la relation fondamentale: "s -eax
Compte tenu de l'expression
T = -Gr.~ _ G a" = -Gr.~+G(r- 2!).ix de o(x,s). il vient:
dx as dx ds dx
3
f(s) est la fonction introduite au chapItre 2 (§ 2.5.3) lors de d
l'étude des cisaillements d'effort tranchant. Compte tenu des con- -Ee~o(s).~
dx
ventions de signe et d'orientation habituelles, nous écrivons:
Cette équation différentiel- y
T = f Te.dw = f Ter .ds = -G-
dO 2
f r eds +G'
ix f (r 2 e-re'-
df
) .ds le peut être intégrée une
r O r dx r dx ds
r fola en faisant apparaltre Figure 4.8
un système de constantes
On voit apparaltre, dans cette relation, une nouvelle grandeur ap- explicitées de Is façon suivante:
pelée inertie tangente polaire, dont l'expression est:
:t d)
~2(x,s) œ -E( S +E c ~) ~
(4.18)
2 ~ i ij i . dx 3
1 = f. r e.ds 1
c r
S; est le moment statique sectoriel calculé entre l'origine 1 du
profil et le point d'abscisse curviligne s:
Par ailleurs, compte tenu de l'expression de df/ds, il est clair
que: s:t
s
= f ~o(s)eds
f re ds 1:( "tsÇf r.ds - E ~f r.ds) o
r i j ij '"
Sa définition est analogue à celle des moments statiques usuels in-
Ces diverses intégrales, portant sur les parois des cellules (puisque troduits lors de l'étude de l'effort tranchant. Le terme:
df/ds = 0 sur les ramifications libres), sont calculées en tenant E c~~1
compte de l'orientation choisie des cellules. Il est donc clair que
les termes du type ~j r.da s'annulent deux à deux. Et comme: représente un ensemble de constantes, dont la dérivée au sens des
fonctions est nulle, affectant chacune des cel iules de la section.
95 r.ds = l1 i
i Plus précisément, à chaque cellule fermée nOi, on affecte une cons-
il est également clair que: tante d'intégration Ci' Ainsi, sur une paroi simple de la cellule
O
n l, la constante est Ci et sur une paroi de la cellule n Ol commune
dE d s à la cellule nOj,_la constante d'intégration est ci-c , En introdui-
f re'- E "ini K
r ds
i sant la fonction .j
6gale à l'unité, dans le sens posItif de rotation
-'10-
-91-

c j 'ij dwO
de la cellule n'i, la somme précédente est donc une fonction multi- s'annulent deux à deux, de sorte que:
forme à valeurs constantes dans les parois de la section, ces valeurs
étant: , ( t cijii)dwo .. E cin i
c ~ 0 dans les ramifications libres, r j i
ij
c ~ ci dans une paroi simple de la cellule n'i Il s'ensuit que:
ij d3
c ci-c j dans une paroi de la cellule n'i commune avec
C T 2 .. - E ~ (-1 "'OwOeds + E cin )
i
ij
la cellule n° j. dx r i

Les différentes valeurs Ci ne sont pas arbitraires; elles doi- En reprenant la démonstration du S 2.5.2, c'est-A-dire en introdui-
vent être telles que la fonction de gauchissement soit une fonction sant les coefficients ~i solutions du système:
continue dans la section. Intégrons alors la relation fondamentale lôl'I1\1 - Inl
(3.8) sur le contour médian de la cellule nOi sous la forme: on établit facilement que:
ds dB aw t cin i - tlô",l· lAI
~i (4)\
+4>2)-;- .. -G dx IIi r .ds - Glii agds i
La fonction w(x,s) étant continue, il est clair que: _ l:;\ _ S* ds
i i i '" e
~ aw ds ~ 0
i as , :1: df
Par ailleurs, du fait des propriétés des cisaillements de De Saint- r S""ds ds
Venant,
ds dB :1:
s$i 4>1·-;- c - Gn i ·dx Enfin, la fonction St étant continue, ainsi que la fonction f(s), une
intégration par part es donne:
On voit donc que la condition de continuité du gauchissement autour
de la cellule nOi s'écrit simplement:
l: cin .. l "'of(s)ds
i
ds i r
0 ~i 4>Z.-;- D
En remarquant que:
Compte tenu de l'expression de 4>Z' ceci se traduit, pour tout i, par: "'o(s) .. wo(s) - f(s)
ds
:1: ds on aboutit finalement A:
s$i S.p. -;- + c i ~i -;- - ; c j 1!j -;-
ds
- 0
3
d 2
On voit donc que les constantes Ci sont solutions d'un système linéai-
(4.21) T2 - E ~ ( l "'0 e ds )
re de n équations ~ n inconnues qui s'écrit matriciellement: dx r

lôl'Ici c lô",1 La grandeur


2
où lôl représente la matrice des coefficients Ôij déjà introduite au
cha~ltre Z (§ 2.5.3), Ici est la matrice-colonne des constantes Ci et
(4.22) 1 .. l
r
"'0 e ds
IÔ.p1 est une matrice-colonne dont le i-ème élément a pour expression: '"
est l'inertie sectorielle du profil fermé. Comme, en général, on
ô"'i ~ - 1$1 S'"
* ds
e
appelle C le centre de torsion, confondu avec le centre de cisaille-
ment, nous adopterons dans la suite l' ind ice "c" li la place de
l'indice "0" pour rappeler que la fonction sectorielle A considérer
Exprimons maintenant que les actions tangentes relatives à $Z équi- est la fonction sectorielle principale. En regroupant les relations
librent un couple total T2: (4.20) et (4.21), et sachant que T .. T\+T 2 , on en déduit la seconde
) éuqation différentielle du~p~r~o~b~l~èm~e~:__________~__,
TZ ~ 1 4>2owO = -E ~ 1 (S~+ t Cij~i)dwo • dO d3
i
!;
r dx r i '1' (4.23) T .. - GK dx + El. ~
,<
A l'aide d'une démonstration analogue à celle faite ~u § 2.~.) du
chapitre 2, on établit facilement que, la fonction S.p étant continue:
4.4.2 Résolution du problême de la torsion gênée ou non uniforme
r
*
1 S.p dwO - 1 WOwoeds
r Rappelons les deux équations différentielles permettant de déter-
Par ailleurs, miner les fonctions inconnues B(x) et X(x):
1 ( 1: Cij~i)dwo t( cis$i dwO - t .c j lij dwO )
r j i j
Compte tenu ~es conventions oc sens sur les cellules, les termes en
-<)2-
-93-
( 4.19) GO -K) _ GI dO T
c c dx
3
( 4.23) U _ CI< da - T
dx3 dx

Eliminons dO/dx de ces deux équations après avoir posé:

(4. zr,) K - 1 _!
le
Il vient:
3 d
(l•. 25) U_ KGK~ a KT
3 dx
dx

C'est cette dernière équation qui permet de déterminer la fonction


X(x). C'est une équation différentielle linéaire à coefficients cons-
tsnts dont ls solution, sous sa forme la plus générale, peut ainsi
s'écrire:
1 x
X(x) - A + Tl ch ax + C sh ax + GK ~ (chOl(x-t)- l} T(t)dt

2 KGK
Ib/21 b Iblll
avec 01
-E~
Les constantes d'intégration se déterminent, comme dans le cas -===='1 î ~~---'I.
~
b·;.5oo
des profils ouverts, à l'aide des conditions aux limites: pour une h • 30
extrémité libre de se gauchir, les contraintes normales sont nulles, t'-D,JO m

de sorte que: 2
U.O
2
dx
De même, pour uns extrémité encastrée dont le gauchissement est empê- Figure 4. 9
ché, on exprimera que:
ix = 0 4.4.3.1 ~~!~~!_~~~_~~E~~~~E!~~!9~~~_~Q~~~!9~~~_~~_!~_~~~~!~~
dx
Une fois·calculée la fonction X(x), on détermine la fonction 8(x) Le calcul des caractéristiques mécaniques élémentaires (calcul
par la relation, déduite de (4.19) et (4.23): en profil mince) de la section conduit aux résultats numériques
3 suivants:
(4.26) da = ix _ ~ .Lx * Aire S = 6,75 m2
dx dx a 2 ' dx3 * Position du centre de gravité: v = 1,13333 m ; v' = 1,86667 m
Enfin, on peut calculer: * Moments principaux d'inertie:
2 1 = Il,58 m4 l = 51,04688 m4
T -GK dO T-T o(x,s) E<j! (s).Lx y z
m T m
l dx 2 1 C dx2 Pour déterminer les caractéristiques sectorielles principales,
nous suivons la même démarche que celle exposée au chapitre 2. Tout
et les contraintes tangentes associées 1 T. et T2 . d'abord, on remarque que, la section admettant Gz comme axe de symé-
trie, le centre de torsion C est sur cet axe. De façon 1 simplifier
4.4.3 Exemple de détermination les calculs numériques, on commence par tracer l'épure de la fonc-
tion sectorielle de pôle et d'origine 0, milieu du hourdis supérieur,
Pour illustrer les effets de la torsion non uniforme et de la en suivant le sens d'orientation positif de la cellule. Le coefficient
torsion gênée dans un profil mince fermé, nous considérons la poutre- À de la fonction f(s) a pour valeur:
caisson représentée sur le dessin de la figure 4.9 • Il s'agit d'une
poutre de section constante, de longueur L, encastrée 1 la torsion À 2 x 3 x 5,5 _ 0 58235
Il + 6 '
en ses extrémités qui, par ailleurs, bloquent 6galement le gauchis- --0;3
sement. Les caractéristiques géométriques nécessaires au calcul sont Les dessins a),b) et c) de la figure 4.10 illustrent les étapes
indiquées sur la figure 4.9 . La poutre est sollicitée par deux numériques du calcul de la fonction Ij!o(s) , de pôle O. Le dessin d)
charges linéaires uniformes "en lame de couteau" de densité q, anti- donne l'épure en y de la section, d'oD 11 résulte le calcul de:
symétriques et appliquées su droit des lignes de jonction du hour-
dis supérieur et des Bmes. La sollicitation ainsi creee est une sol- f <j!o(s)yeds ~ 69,230239
llcitation de torsion sans flexion. r
On en diduit alors l'ordonnée du centre de torsion C par rapport 1
celle du pôle 0:
-94-
-95-
940.5
J 4 ----------
4.4.3.2 ~~~~!_~!_!~_~~~~!
33 I~~
Avec les conventions liées au choix du repère global, la pou-
tre considérée est soumise a une densité de couple de torsion telle
que:
dT
dx • q b
On en déduit:
a) Epure de "'0 b) Epure de fis) T(x} • T + qb
o
T est une constante d'intégration, représentant le couple de torsion
aOl'origine, que l'on détermine en exprimant, compte tenu de la symé-
trie longitudinale du chargement,-que:

LI -"'.'
, II;-w-
5.5
~

[Ir
T(I.) - - T
L 0
T(x) - - qb(-Z-x) - - 5,5q(-Z-x}
en exprimant les longueurs en mètres.
, ce qui donne:
L

2,1 :
Pour établir la solution numérique de l'équation différentielle
C)~.o d) Epure en y
1 de torsion gênée, nous allons supposer qu~ le matériau constitutif
de la poutre a un module d'Young E - 4.10 MPa et un coefficient
de Poisson v - 0,2. Alors, l'équation (4.25) se présente numérique-
ment sous la forme:
D
dx 3 -
~
0,32813 dx - -5,63446.10
-6 L
q(ï- x }
Avec a - 0,57283, et compte tenu de la linéarité du second membre, la
solution de cette équation différentielle est telle que:
-6
~
-2.12092 dx - Ac hax + Rs hax + 5,63446.10
2 q (2"L
- x)
a
Les constantes d'intégration A et B se déterminent en exprimant
les conditions aux limites. La poutre étant totalement encastrée à la
e) [Pu'.~.c torsion et au gauchissement en ses extrémités, il est clair que:

Figure 4.10 .!!K(O}


dx - ~(L)
dx - °
f "'O(s)yeds Ceci entratne que:
r ~ _ 5,63446.10
~
s!!(l _ 2x _ sha(L/2-x) )
Zc - Zo - I - Zo - 1,35621 m
Z dx 2 • 2 L shaL/2
a
On peut alors tracer l'épure de la fonction sectorielle principale
"'C représentée sur le dessin e) de la figure 4.10. On note que cette Par dérivations, nous aboutissons aux résultats suivants:
épure est "antisymétrique" en y.
Les caractéristiques intervenant dans les équations de _la tor- da .. 5,63446.10- 6 .9!!(l _ 2x _1( sha(L/2-x»
sion gênée sont les suivantes: dx 2' 2 L shaL/2
a
~ Inertie sectorielle 1." : 4,97659 m6 d8 -5,5s!! (l _ 2x _1( sha(L/2-x»
Tl .. _GK
~ Inertie de torsion pure K : 19,21765 m4 dx 2 L shaL/2
~ Inertie tangente pôlsire Ic : 24,14058 m4 T • T - T - -5 5 s!! 1( sha(L/2-x)
2 1 ' 2 shaL/2
Pour calculer cette dernière caractéristique, on trace l'épure de
r(s} et on effectue l'intégration comme pour une intégrale de Mohr. o(x,s) _ 0,68686 li .q(-1 + aL cha(L/2-x)
On en déduit enfin la valeur du paramètre: C 2' shaL/2 }

1( - 1 _! z 0 20393 4.4.3.3 ~Ee!!~~~!~~_~~~~~!9~!


1c '
Considérons une poutre de portée 1. - 50 111 chargée par des densités
d'intensité q = 1 kN/m • Les valeurs numériques des différentes gran-
deurs deviennent:
-97-
-96-

TI -137,5( 1 - - 0,20393 s~~~~!-x» (en kNm) .Il Contr.intt"s rKlr"n.les(en kPa:iAns la section origine

T = - 28,0401. sha(25-x) (en kNm)


2 sh25a ~--
cha(25-x) -1',72
a (x, s) 17,171501jJC (-0,04 +a sh25a ) (en kPa)

avec a = 0,57283.
Pour quelques abscisses particulières, les valeurs numériques
sont rassemblées dans le tableau ci-dessous.
x(m) 0 1 2,5 5 10 15 20 25
Tl -109,5 -116,2 -117,05 -108,4 -82,4 -55,0 -27 ,5 0
~~
-7.48 .~
T -28,0 -15,8 -6,70 -1,6 -0,1 0 0 0
2 b)Contr4tntl!'S nonaales dAns 1. section Dfdfll~> ~1.46

~ 9,149 4,86 1,66 -0,126 -0,655 --0,685 -0,686 -0,687


1jJC
.. . - . _.

~......~
Ces valeurs sont reportées sur les graphiques de la figure 4.11.

T(kNm)
1,(') .0.56

Figure 4.12
'00 f(x}"'I{""l('(lt)

A titre de comparaison, pour obtenir la contrainte maximale, 11


mi-portée, et sur la fibre supérieure (l,46 kPa ) en flexion simple,

"',~
......
!- - ',(') tl faudrait appliquer à la poutre deux densités de charge uniformes
(en lame de couteau) d'intensité égale à 0,07161 kN/m ., disposées
symétriquement le long des lignes de jonction du hourdis et des âmes .
En ce qui concerne les contraintes tangentes, le calcul est un
~~)
1
(kPa) '0 lS '0 'S .If(.' peu plus complexe. Nous nous bornerons à les calculer dans la section
10 l te origine. Dans cette section, le couple T I = -109,5 kNm engendre un
a)~r~~€'ptes.e'!~tlves des ~nt~.~orslon
flux de cisaillement constant sur le contour de la cellule fermée
égal à:

TI 109,5 = -3,31818
2A 33
correspondant à une contrainte:
Tl - - Il,06 kPa
,S
b) lot !le varluton des contraintes nor.~~al!.~ Le couple T = -28,0 kNm engendre un flux de cisaillement ~2 que
2
l'on va déterminer.
Dans le cas présent, compte tenu de ce que la section est uni-
cellulaire, le flux de cisaillement ~2 a pour expression:
Sur les dessins de la figure 4.12, on a représenté le diagramme T ;< _
2
des contraintes normales dans la section origine et dans la section 4>2 = - l ($1jJ + cq, )
médiane. L'ensemble des ces applications numériques montre qu'au voi- 1jJ ;<
sinage des extrémités, la poutre travaille en torsion gênée, avec une Dans cette expression, on rappelle que S1jJ est le moment statique de la
forte perturbation de la distribution des contraintes. nès que l'on fonction sectorielle principale, calculé 1 partir de l'origine des
s'éloigne de quelques mètres de ces extrémités, la poutre travaille abscisses et des extrémités des ramifications libres, ~ est le flux
essentiellement en torsion non uniforme ct les contraintes normales unitaire dans le contour de la cellule, compté positivement dans le
induites restent sensiblement constantes le long de l'axe, et d'in- sens de rotation habituel, et c est une constante égale à:
tensité modérée.
-98-
1
'1 s:t <1:; -9'1-
1 I/J'-;-
1
c ~------

'1 ds
e 4.4.4 Notion de bimoment
Comme dsns le CliS des prof n" minccs ouvert!!, le!! dfplacclncntR
les intégrales portant sur le seul contour de ls cellule fermée. On axiaux d'une poutre ~ fibres parallèles peuvent être représentés par
commence donc par tracer l'épure de S~ (figure 4.13-a), ce qui permet une fonction du tjpe:
de calculer:
, s:t,ds s 30,99137 et comme '1 ds - 56,667
(4.27) _ ",(x,s) - "'0 + zty - ytz - 'c·~
e e "'0' t , et tz caractérisent les déplacements et la rotation de la section
on en déduit: droit~ comme un tout rigide, et la fonction tc est la fonction secto-
c - - 0,54691 rielle principale ( c'est-~-dire construite à partir du centre de tor-
On peut alors tracer l'épure de (S, li: -
+ c+) (figure 4 .13-b), ce qui
sion C pris comme pôle). Les contraintes normales dans la section sont
donne la loi de répartition transversale des cisaillements. La va- donc: il", d",o d+ v dtz d2 y
leur maximsle (en valeur absolue) de cette fonction, au milieu du ° x
-E - - -E( -
ilx dx
+ z.--"- - y . - - '4IC •.::....a. )
dx dx dx2
hourdis supérieur, est 0,54691 et il lui correspond une contrainte
maximale égale ~: En multipliant successivement cette expression par dy.dz, y.dy.dz,
z.dy.dz et '4Ic.dy.dz , puis en intégrant sur l'aire de la section trans-
28,0 1 versale, on voit que:
T 2 ,max s - 0,54691'4,97659 'Oï,) - -10,26 kPa d",
qui se cumule algébriquement à celle due ~ Tl' N- IOxdydz - - ES.--2
dx
dt
Hy - 10x zdydz" El.-I
Y dx
0.66357 dt
El._ z
~/O.45226 Hz - -1 0xydydz z dx
'1
:J 1 + 2
d
B- IOx'4l cd ydz - El'4l'd
-0,21131
7 ! + +
les rlèches Indiquent le sens des
as;
cis.lll .... nts correspondant On voit encore apparattre une nouvelle grandeur, notée B et ap-
pelée bimoment, qui est un facteur sollicitant autoéquilibré caractéri-
0.80813
\J7'
------
.. ~~=r sant les changements spportés aux lois linéaires de la distribution des
contraintes normales dus au gauchissement des sections, La contrainte
0.47078
normale s'exprime alors ria~i~n~s~i~:__________________________--,
N H H B
y~+ -1.tC(s)
a) [pure de J'
o
.c(s)eds • s; (4.28) O(x, s) - + z.J..-
S 1
Y
1
z d.
'1'

4.5- EXTENSION DE LA THEORIE DE LA TORSION NON UNIFORME OU GENEE AU


o.~~
0,11666
CAS DES POUTRES A FIBRES NON PARALLELES.
Comme dans le cas des poutres ~ fibres non parallèles soumises
aux sollicitations usuelles de flexion, nous admettrons que la forme
1 -0.09465 des équations différentielles de la torsion non uniforme ou gênée,

il _.]~.26122 établies dans le cas des poutres ~ fibres parallèles, reste la même
et que les coefficients affectant les fonctions inconnues dépendent
de la variable x. Toutefois, l'intégration analytique de ces équa-
tions différentielles ~ coefficients supposés fonctions de x est
\
-0.07613
Les rlêches Indiquent 1. sens
des cis.lllements rêels.
généralement impossible: il faut "alors recourir à une intégration
numérique. Dans le présent paragraphe, nous abordons le problème à
1
.p
b) [pure de s: .ct
l'aide du formalisme des matrices-transfert. Grâce à ce formalisme,
on peut considérer une poutre à fibres non parallèles comme résultant
de l'assemblage de tronçons sur lesquels on peut considérer que les
caractéristiques mécaniques (au sens large) de la section sont quasi-
Figure 4.13 ment constantes. Il est bien évident que la méthode décrite ci-après
n'est légitime que si la variation des caractéristiques des sections
de la poutre est suffisamment lente, progressive et continue.
-101-
-100-

4.5.1 Etude des poutres a section en profil mince ouvert 1 F, T


A=e-.l..s
. 0 GK 0 B - GK T o C =.l..B
CK 0 D
o
-+-
0
a GKa
4.5.1.1 ~~~~~~_~~_~~~E!~~:~E~~~f~E~_~~_~~~~!~~
Après remise en ordre, on peut écrire:
Considérons une poutre à fibres parallèles soumise, dans le
cas le plus général, à une densité longitudinale de couples d'inten-
B T
(4.32 ) e (x) =a + 1; shax + ~(chax-I) + ~(shax-ax)
sité y(x): cette densité peut être une fonction ou une distribution o 0 a CK GK a
( pour permettre la prise en compte de couples concentrés). Il s'en-
suit que l'équilibre élémentaire d'un tronçon de poutre de longueur 1 x {
dx vis-à-vis de la torsion se traduit par l'équation différentielle + GKa {, sha(x-t)-a(x-t) }Y(t)dt
de base suivante: et, par dérivations successives:
(4.29) dT = y(x) 8 T
dx o 0
1;(x) =!;o·chllx + CK Il shax + GK(chax-l) + C1K {; {cha(x-t)-l }y(t)dt
dans le repère global usuel de la poutre.
En supposant que la fonction 0(,,) soit suffisamment continue et 8(.x) =1; .GK. shax + B chax + T shax + l IX sha(x-t)y(t)dt
o Il 0 0 a a 0
dérivable, l'équation différentielle (4.14) peut être dérivée et
mise sous la forme suivante: Notons el' 1;1' BI et TI les valeurs des fonctions correspondantes pour
x = L, en appelant L la longueur de la poutre, et posons u = aL. Alors,
~ 4
2 d 0
2
2 i l est facile d'établir la relation matrk ielle suivante:
(4.30) dx 4 - Il .- -
dx 2 Il
GK' y(x)

L SllU chu - 1 L shu - u rt.


Cette équation s'intègre sous la forme: 9 e0
1 u CK GKu GK
e(x) A + Ex + C chax + D shax + dK J x (sha(x-t~-a(x-t) )y(t)dt u.shu chu - 1 r)
1;1 0 chu
o CKL GK GK <;0
où A,B,C et D sont quatre constantes que l'on détermine à l'aide des (4.33)1 BI 0 GKL shu L shu
u
chu
u r2 x B
0
conditions aux limites. On remarquera que la solution particulière
explicitée possède la propriété d'être nulle ainsi que ses trois Tl 0 0 0 ri T
0
premières dérivées à l'origine. Nous allons poser:
0 0 0 0
(t..31) 1;(x)= de
dx
Cette fonction caractérise la loi de variation, suivant l'axe longitu-
dinal, du gauchissement des sections. Par ailleurs, on rappelle que: avec:
L
2 ri = Jo y(t)dt r lJL sha(L-t)y(t)dt
d e et que:
2 a 0
2
dx
x r3 JL{cha(J.-t)-1 }y(t)dt
o
T(x) = T + f
y(t) dt
o 0
La constante T s'interprète aisément comme étant le couple de torsion
o
à l'origine de la poutre. Nous allons particulariser les constantes r·4 Jlt shll(L-t)-a(L-t) }Y(t)dt
A,B,e et D précédemment introduites en écrivant que: a 0

e(o) = 8 1;(0) = f;o 8(0) - Bo T(O) = T


0 o
Nous écrirons cette relation matricielle sous la forme condensée
Il est clair que 6 représente l'angle de rotation de la section suivante:
0
origine, que Ço caractérise le gauchissement à l'origine et que Bo est El aT.Eo·
la valeur du bimoment à l'origine.
Alors:
eo = A+C E;
o
- il + aD
3
d e 2 da
so = El. (l2c = GK.C
w
et T
o
= E1w (-3 - (l . dx ) x-O = -GK.il
dx
On en dédu it :
-102-
-103-

en posant:
e E .. r nn-l .En-l
( n
E B Tn Tn - I E
T n-l' n-2' n-2 etc •••
1 n ~-l 1
.. Tl"
n- n- 2· •••••• T0 .E0

Conform{;ment nllx appcllat ions hahituelles, ce vecteur colonne est encore La matrice:
~ ~-l ~-2 1
appel{; vecteur d'état. l,a mat rice T est la matrice-transfert de la T - , n- 1" n- 2" n- 3···· ••• T0
poutre relative à la torsion non-uniforme, liant les vecteurs d'{;tat
origine et extr{;mit{;. Ces vecteurs comportent une composante d'homogè-
n{;ité (1) permettant de prendre en compte directement les effets des
chargements appliqués. Pour une poutre non chargée, les quatre premiers est la matrice-transfert totale de la poutre. Calculer ce produit
{;léments de la cinquième colonne de T sont nuls, et il est possible de matriciel revient à effectuer l'intégration numérique de l'~quation
supprimer la cinquième ligne et la cinquième colonne. différentielle de torsion non uniforme ou torsion gênée a coefficients
variables. Il est alors possible d'effectuer sur cette matrice les
mêmes manipulations que celles déjà effectuées précédemment.

4.5.1.2 ~!!!!~~!!~~_~E~!!9~~_~~~_~~!E!~~~:!E~~!f~E! 4.5.2 Etude des poutres 4 section en profil mince fermé
Dans la mesure où l'établissement de la matrice-transfert d'une La démarche présentée ci-après' est analogue à celle que nous
poutre soumise à une sollicitation de torsion non uniforme ou gênée venons de développer dans le caa des poutres à section en profil mince
correspond à l'intégration complète de l'équation différentielle de ouvert. Noua commençons par {;tablir l'expression de la matrice- trans-
la déformée, il est possible d'utiliser directement cette matrice pour fert de torsion d'une poutre de longueur L à fibres parallèles.
la résolution de problèmes simples relatifs à des poutres à fibres
parallèles.
En effet, à chaque extrémité, on 4.5.2.1. ~~~!~!!!~~-~~_!!_~!!E!~~:!!!~!f~!!_~~_!~!!!~~
dispose de deux conditions aux limites: par exemple, pour une extré-
mité encastrée à la rotation et au gauchissement, e - ( .. 0; pour une On considère encore une poutre de longueur L à fibres parallèlea,
extrémité libre, B .. T - 0; pour une extrémité encastrée à la rotation soumise à une densité longitudinale de couples y(x) qui peut être
mais libre au gauchissement, e .. B - 0 etc ••• On peut donc écrire, en une fonction au sens mathématique usuel ou une distribution. L'équi-
fonction de ces conditions aux limites, deux équations linéaires à libre d'un tronçon de poutre de longueur dx se traduit toujours par
l'équation (4.29):
deux inconnues qui sont les deux composantes indéterminées du vec-
teur d'état origine. dT
dx .. y(x)
Hais le principal intérêt du formalisme des matrices-transfert
est de permettre une détermination des sollicitations liées à la
torsion dans les poutres à fibres non parallèles, à condition que En supposant que la fonction x(x) soit suffisamment continue et déri-
les variations des caractéristiques géométriques des sections soient vable, l'équation différentielle (4.25) peut être mise sous la forme:
lentes et progressives. Ainsi, étant donnée une poutre à fibres non
parallèles, on peut la découper en un certain nombre, soit n, d'élé- 4 2 d2
ments dont on peut considérer, selon la finesse du découpage, que la (4.34 ) ~4
dx
- a ydl( .. ~K2 y(x)
section droite est de caractéristiques constantes. Pour le tronçon
de poutre nOi, compris entre les sections (i-l) et i, on peut donc
calculer la matrice-transfert Tt-l' Au passage de la section, il est Cette équation différentielle se r{;sout de la même mani~re que l'équa-
clair que l'angle de rotation e est continu, que le gauchissement tion (4.30) préc{;demment étahlie:
est continu (pas de "fissuration"), ce qui implique la continuité de
la fonction (, que le bimoment est continu car les contraintes normales 1 x
X(x) .. A + IIx + C chax + "shax + GKa {, {sha(x-t)-a(x-t) }y(t)dt
sont continues et qu'en l'absence de couple concentré, le couple de
torsion est également continu. Dans le cas contraire, on peut l'af-
fecter à l'un ou à l'autre des deux tronçons adjacents. Ainsi, si où A,B,e et D sont des constantes d'intégration que l'on détermine en
E! désigne le vecteur d'état de la poutre au droit de la section exprimant les conditions aux limites (conditions de liaison) de la
n i, on voit que l'on peut écrire: poutre •
.i
;1
-101,-
-105-

Contrairement au cas des profils minces ouverts, le gauchissement Oe tout ceci, on déduit:
des sections est caractérisé par cette fonction x(x) et non pas par la
fonction représentative de l'angle de torsion a{x}.l. connaissance de A' eo - GK Bo
1
B <;
o
-~
GK T()
cette dernière fonction est néanmoins indispensable pour exprimer les
limitations physiques éventuelles portant sur cet angle de rotation. Bo B T
Or, nous avons vu que: C ~ 2- ~ 0=-2...
aGK
a EltjJ KGK
3
de ~ _ l::!s. i-X
dx dx 0 2 ' dx3 I l en résulte; en définitive, les expressions des fonctions suivantes:
chax-l To shax
(4.35) a(x) ~ 60 + (ox + ----cK 80 + GK( K--
O
- x) +
En utilisant la précédente expression de X(x), on voit que l'on peut
écrire, après intégration: 1 x
GKa ~ (Ksha(x-t)-a(x-t)}y(t)dt.
1 x }
S(x) A' + Bx + KC chax + KO shax + GKo ~ {Ksha(x-t)-a(x-t) y(t)dt a chax-I 1 x( }
(4.36) E;(x) ~I;o + KGK Boshox + ----cK To + GK fo chex(x-t)-l y(t)dt

(4.37) 8(x) B chax + ~shexxT +~fx sha(x-t)y(t)dt


Compte tenu de ce que la solution particulière choisie pour l'équation o 0 0 ex 0
différentielle (4.34) s'annule ainsi que ses trois premières dérivées
pour x=O, nous allons particulariser les quatre constantes A',B,e et
o de la façon suivante: Ces relations sont complétées par:

T(x) = T + fX y(t)dt
8(0) = 6 A'+ KC o 0
o
Pour les poutres à section en profil fermé, on appelle vecteur
En posant ~(x) ~ (on peut l'appeler fonction de répartition lon- d'état le vecteur-colonne dont les composantes (la dernière étant une
cqmposante d'homogènéité) sont:
gitudinale du gauchissement),

6
<;(0) t;o B +a 0
E;
E B
Par ailleurs, sachant que
B(x)
~2 '
on écrira:
T
ElojJ dx

B(O) B0 2
Ca En faisant x~ 1. dans les précédentes formules et en posant
EIojJ EltjJ u • al., les vecteur d'état à l'origine (indice 0) et à l'extrémité
(indice 1) sont liés par la relation matricielle suivante:

Enfin, comme:
2 3
a T ~ _ a2 ~ f4
chu-l J:.- ( K shu -
GK dx3 dx al 1.
GK GK u
1)
GK
e0
ushu chu-I f3
1;1 0
KGKL GK GK /;0
2 KI. shu
2 a T (4.38 ) () 0 chu f x 8
alors: a T(O)_ ~ _--.-2. ~ !la 3 BI u 2 0
GK GK
Tl 0 0 0 fI T
0

0 0 0
°
avec:
K 1.
f
1
l
0
y(t)dt f
2
~ ~ fo sha(L-t)y(t)dt
-106-
! -107-

Alors, les contraintes normales dues a la torsion non uniforme


r3 - r:' (cha(L-t) -1 }y (t) d t r4 = a1 {,L (Ksha(L-t)-a(L-t) }Y(t)dt ou gênée dans la section origine sont données par:
B
Nous écrirons cette relation matricielle sous la forme condensée
suivante:
o
,
o(O,s) - l wc(s) - 9,149326 Wc (s)

et ce résultat colncide avec celui établi en 4.4.3.3.


El ~ T. Eo
Dans le cas des poutres à fibres non parallèles, si la géométrie
La matrice T est appelée matrice-transfert de la poutre en tor- des sections varie lentement et continûment, il-est possible de la
sion non uniforme 011 gênée. On notern le" anntogtes nvec Jes pOlltres décomposer en un nombre suffisant de tronçons sur lesquels on peut
à section en profil mince ouvert. considérer que les fibres sont psrallèles, de calculer la matrice-
transfert relative a chacun de ces tronçons a partir des caractéris-
tiques géométriques moyennes, puis de calculer la matrice-transfert
4.5.2.2 ~~~!~~~~~~~_eE~~~g~~_~~~_~~!E~~~~:!E~~~~~E~ de la poutre entière par produit des matrices re1ativea a chaque
tronçon.
Les applications des matrices-transfert en torsion des poutres
a section en profil mince fermé sont identiques a celles relatives Signalons encore que le formalisme des matrices-transfert pos-
aux poutres à section en profil mince ouvert. sède un vaste champ d'applications, et que l'étude de la torsion non
uniforme ou gênée selon ce formalisme est susceptible de développements
Lorsque l'on étudie une poutre isolée à fibres parallèles, sou- beaucoup plus importants que ceux décrits dans le cadre du présent
mise à des conditions de liaison quelconques, on peut directement cours.
employer les résultsts de l'intégration qui a abouti à l'expression
de la matrice-transfert. Ainsi, si l'on reprend l'exemple développé
en 4.4.3, nous sommes en présence d'une poutre soumise à une densité 4.6-TORSION NON UNIFORME OU GENEE DES POUTRES MIXTES
constante:
Dans les ouvrages de Génie Civil, on emploie couramment des pôù-
y(x) ~ qb - 5,5q
tres associant deux matériaux différents: l'acier et le béton. On
Sa longueur est L = 50 m et elle est encastrée à la rotation et au peut donc avoir à étudier la torsion de poutres dont la section trana-
gauchissement en ses extrémités, ce qui correspond aux conditions aux versale, toujours assimilable à un profil mince, comporte des éléments
limites suivantes: da parois en acier ou en béton. Dans le présent paragraphe, nous
examinons comment s'adaptent les développements concernant la tor-
°0 = (0 - a 1= (1= 0 sion non uniforme ou gênée au cas de telles poutres.
On voit aisément qu'en explicitant les deux premières lignes de la
relation matricielle, on aboutit à un système linéaire de deux équa- 4.6.1. Poutres â section en profil mince ouvert
tions aux deux inconnues Bo et To ' Pour le résoudre, il nous faut
calculer r et r . Dans le cas des sections a profil mince ouvert, nous avons vu
3 4
L2 2
que lB" fonc tion de gauchissement w(x, s) a pour expression:
r 3= 5,5qL Shuu- u r 4= 5,5 ~(K(chu-l)- Ï ) da
u w(x,s) - - wC(s}'dx
Le système résolvant s'écrit, après quelques simplifications: Cette expression a été établie à partir de la formule (3.8) du cha-
2 2 pitre 3, en admettant qu'en torsion non uniforme ou gênée la con-
shu L u
(chu-l)B + (K- - I)LT - -5 5 ~(K(chu-l)- - ) trainte de cisaillement s'annule sur une ligne voisine de la ligne
o u 0 ' 2 2
u moyenne du profil. Le module de glissement des matériaux n'inter-
ushuB + K(chu-l)LT m - 5,5 qL2K.shu-u venant pas, la fonction de gauchissement conserve la même forme
o 0 u dans un profil mince ouvert mixte. En torsion non uniforme ou gênée,
ce gauchissement engendre des contraintes normales dont l'expression
On en déduit, tous calculs faits: dépend de l'élément de paroi considéré:
2 2 - dans un élément de paroi en acier:
2 4K {l-ChU}-KU (l+chu}+2K(K+l)ushu 2
B
o
5 , 5 q. 2 d e
' 2u (2K-2KChu+ushu) o(x,s) - EsWc'dx2
1
T
o
- "2 5,5 qL
- dans un élément de paroi en béton:
2
Numériquement, avec u 2R,6415, L=50 m etK= 0,20393, on trouve, en • d e
particulier: o(x,s) - "'c wC' dx 2
Bo 45,512 l"
-109-
-108-

autour de chaque cellule (formule 3.21). Le flux de cisaillement


A partir de ces contraintes normales, on évalue des contrai~tes tan- étant constant autour de chaque cellule, les intégrales de type:
gentes secondaires par la formule (4.12) du chapitre 4, correspondant
aU flux:
f ds
e
ij
~ = - f da e ds
doivent être remplacé~s par des intégrales de type:
rt dX
puis on clacule la part du couple de torsion reprise par ce flux de ds
cisaillement secondaire. ' i j Ce
Si on rapporte les caractéristiques de tous les matériaux à
On voit donc que l'on peut considérer, vis-à-vis de ce calcul, celles de l'acier et si, comme nous l'avons dit précédemment, on
le profil mince donné comme un profil mince en matériau homogène en admet que: f. _ Cs
attribuant aux divers éléments de parois des épaisseurs fictives s
n = - =-
déterminées comme nous 'avons déjà fait au chapitre 2. En privilégiant E G
c c
le module d'Young Es de l'acier, et encposant: on peut effectuer tous les calculs en attribuant aux parois de béton,
d'épaislleur e , une épaisseur fictive:
n 3 ~ CS
,/' = e ln
C

on attribue donc aux parois en béton une épaisseur fictive: En résumé, la résolution du problème de la torsion pure passe par
celle du système (3.25) du chapItre 3 dans laquelle les coefficients
e* = ~n 6 i j ont pour expressions:

g!~ ds
En résumé, dans un profil mince ouvert mixte, on conviendra de
ô
li i /' ô ij = -:- 'ij -:*
calculer les caractéristiques sectorielles, et notamment l'inertie
sectorielle Iw en attribuant aux divers éléments de parois une épais-
seur fictive e- telle que: avec e* = e pour une paroi en acier et
eln pour une paroi en béton.
e pour une paroi en acier, Comme, dans un profil fermé quelconque, nous avons négligé les
~ pour une paroi en béton. cisaillements antisymétriques correspondant à la déformation propre
n
des parois, il est facile de voir que toutes les grandeurs interve-
Il s'ehsuit que l'équation différentielle de torsion gênée (4.14) nant dans la mise en équation de la torsion non uniforme ou gênée
doit s'écrire:
doivent être calculées à partir de ces épaisseurs fictives de parois.
_GK.de~T Mais alors, dans les formules (4.19) et (4.23), les modules G et E
s dx doivent être pris égaux aux modules de l'acier, Gs et Es'
où l'inertie de torsion pure K est, elle, calculée en attribuant aux
parois en béton une épaisseur fictive égale à:
e
~
conformément à ce qui a été dit au § 3.6.1 du chapitre 3.

4.6.2 Poutres à section en profil mince fermé


Pour les poutres à section en profil mince fermé, la fonction
de gauchissement des sections droites est supposée de la forme:

w(x,s) = - ~C(S) ~ .
Mais, contrairement au cas précédent, la définition de la fonction
sectorielle ~C des profils fermés fait intervenir, de façon non ap-
parente mais réelle, le module de glissement des matériaux constitutifs
de la poutre. Si on se reporte à l'étude de la torsion dans les pro-
fils minces fermés multicellulaires (chapItre 3, § 3.5.2), on constate
que le module de glissement G doit être maintenu sous le symbole d'in-
tégration dans les conditions de fermeture du flux de cisaillement
CHAPITRE 5

ÉfUDE DFS PROFUS MINCFS PAR


L'ANALYSE EN OSSATURES PLISSÉFS

5.I-INTRODUCTION
Jusqu'a maintenant, nous n'avons ~tudi~ le comportement que de
structures lin~aires assimilables a des poutres dont la section droi-
te est un profil mince suppos~ ind~formable. Dans ls r~slit~, une
telle atructure suppose un nombre suffisant de raidisseurs transver-
saux pour que l'hypothèse d'ind~formabilit~ des sections droites puis-
se être admise.
Dans de nombreuses constructions de G~nie Civil, on utilise des
poutres a section en profil mince dont la rigidit~ est cens~e être
assur~e par l'inertie propre de ses ~l~ents. En fait, cette inertie
propre est souvent faible et l'hypoth~se d'ind~formabilit~ des sec-
tions droites peut s'av~rer insuffisante.
La th~orie des ossatures plias~es envisage le cas limite de
poutrea de aection constante en profil mince, que l'on consid~re
comme r~sultant de l'assemblsge de voiles plans longitudinaux, li~s
les uns aux autres par des srticulations longitudinsles parfaites
(que nous nommerons ~galement charni~res). Il s'agit, bien ~videm­
ment, d'un mod~le simplifi~ msis qui pr~sente l'avantage de mettre
en ~vidence les diff~rences de comportement d'une poutre selon que
l'on consid~re ses sections droites comme ~tsnt ind~formables ou
tr~s d~formables. De plus, l'analyse en ossature pliss~e conduit,
dans lea cas simples, a des calculs nettement plus ais~a que les
liI~thodea de la Rlls1stance des ~latér1aux usuelle.

Le présent chapItre se propose de d~velopper Is m~tbode d'ana-


lyse en Ossature pliss~e de poutrea droites constitu~es par un aasem-
blage de voiles plans et minces et de section droite constante. On
comprendra aisllment, compte tenu des hypoth~ses de base de la m~thode,
explicitlles en 5.3, que l'analyse en ossature pliss~e ne soit pas
ada~tlle sux structures a section droite varisble.

5.2-MISE EN OEUVRE DE LA METHODE SUR UN EXEMPLE SIMPLE


Avant d'expliciter les hypoth~ses de base et Is formulation
glln~ralede la méthode d'analyse en ossature pliss~e, nous allons
la mettre en oeuvre directement sur un exemple simple. Afin de permettre
quelques comparaisons numériques, nous considérons la même atructure
que celle faisant l'objet de l'exemple du § 4.3.5 (chspitre 4) en
supposant:
112-
-113-

- que le voile horizontal est parfaitement articulé sur les


voiles verticaux;
- 'I"e la ch"rge 1 in;;,dre pest nrpllqll(.e fi frect"mcnt Rur l 'nrrtp ./

d'abscisse a/2 suivant OY.


./
5.2.1 Approche du fonctionnement de la structure

Figure 5.2

~~0
~e Pour le voile nOl, les réactions d'appui sont égales à pL/2,
x
de sorte que l'on peut écrire:
Q NI = ~x gI3{t)dt (compté positivement en
compression),
1 a x
l.2 px(L-x) + .! N
"1= 2 px (L-x) + 2'0 g13(t)dt 2 1
Figure 5.1 Pour le voile n02, les réactions d'appui sont nulles, de
sorte que l'on peut écrire:
Les notations et la nllm'rotation des voiles 'tant prlcis'es sur
le dessin de la figure 5.1, supposons que la structure se réduise au x
N = ~ g23(t)dt et
seul voile nOl. Sous l'effet de la charge P. ce voile fléchirait com- 2
me une poutre, et il en résulterait un rnccourcissement de la fibre
a x a
supérieure. Du fait de la présence du voile horizontal et de l'autre M2 = 2~ g23(t)dt ft 2 N2
voile vertical (n"2), ce raccourcissement et glné. Il ya transmission
d'efforts entre les voiles n"1 et 3 et entre les voiles nO 3 et 2 par Pour le voile n"3, qui n'est soumis qu'aux glissements gl) et
l'intermédiaire de flux de cisaillement longitudinaux le long des g23 sur ses bords, on 'crit:
charnières.
N = -NI - N
3 2
Pour étudier la structure, nouS allons donc isoler chacun des
voiles en introduisant, au titre d'efforts internes, des efforts de H = - ~(N - N )
3 2 1 2
glissement représentés par les of'llsités 1 in"" Ires gl) (x) et g23 (x)
le long des deux lignes d'articulation. Exprimons maintenant la compatibilité des contraintes normales au
droit des deux lignes d'articulation. Cette compatibilité s'exprime
Pour étudier chacun des voiles, qui ne sont soumis qu'l des par:
sollicitations contenues dans le plan de leur feuillet moyen, nous
NI a Hl N) a H3
allons supposer qu'ils se comportent comme des poutres vis-à-vis de + --.", + -- et
ces sollicitations. r.ela revient à admettre le principe de Navler-
Bernoulli, ou encore que la distribution des contraintes est liné-
~ 2 Il 2 13 S;
aire dans leurs sections droites. On va donc introduire, pour chaque N N a ")
2 + .! "2 3
voile, un effort normal (NI,N~ et N3 ) et un moment fl'chlssant
("1'"2'") au niveau de leur fibre moyenne" situie en leur milieu S2 2 'Ç = S) - 2 "S
3
et 1 1= 1 2 = 1)= ~;
du fait que leur ipaisseur est constante.
Dans le cas présent, SI= S2= S)= ea
Pour déterminer ces composantes de sollicitations, nous expri- En tenant compte des précédentes valeurs et des équations d'équi-
merons simplement la continuité des contraintes normales au droit libre élémentaires, ce système se met sous la forme suivante:
des lignes d'articulation, ce qui revient à traduire la continuité
de la déformation longitudinale. 4N - N = - l.2 p 2E.a ( L-x)
1 2
5.2.2 Mise en équation du problème et résolution
NI - 4N = 0
Les notations étant précisées sur le dessin de la figure 5.2, 2
écrivons les équilibres élémentaires en considérant une tranche de On en déduit que:
poutre comprise entre l'origine et l'abscisse x pour chacun des voiles. Nj = -
2 x
<; r-;;(J,-x) N,= - ,1" p,:- (L-x)
-115-
-1111-

~-IOOO
1';"'%:7%7:-%""/~"",,,,==-- -V1 ~O%",,~..-;;%,...,~r:""""z::>'_'1"11-R7
A partir de l~, on peut calculer toutes les autres sollicitations,
il "Avoir: 1 x l'IRl
N3~ "ï l' a (I.-x)
3 1 N _ 3
Ml = ïO px(L-x) M2= - 20 px(L-x) 3- 20 px(L-x)
et, enfin, la distribution des contraintes normales dans la section 17.3
droite d'abscisse x, qui est représentée sur le dessin de la figure .500
5.3.
ContraIntes no"..105 ContraIntes no"..les
résultant d. l',nalys. ri!sultant d. l'.nalyse en
en ossature plissé! torsIon non-unlfo"""
(pour p.l) (pour p.l)

Figure 5.4
7 P
~ ~X(L-X 2
~ -d e _ -1 .e!
a x(t.-x)
dx2 4 EIfIl
_ 2 _p
~ ~ x(l-.)
•• d'où une distribution des contraintes normales donnée par:
X(L-X)
o(x,s) • 4'1 pa fIlC(S)

Compte tenu des valeurs de la fonction fIlC(s) rappelées sur le dessin
Il ---:!
- -, P x(L-x) de la figure 4.5, on constate que la contrainte normale en fibres
•• su'périeures des poutres nOl et 2 vaut:

+ ~ x(L-x)
- 2
1 p 10ea
~ ~ .(l-x) tandia qu'au niveau des fibres inférieures elle vaut:

+ ~ x(L-x)
Figure 5.J 5ea
Si on cumule ces contraintes à la flexion (-2-2x (L-x)
celles dues ~
5.2.3 Comparaisons avec l'exemple du § 4.3.5 2ea
en fibre aupérieure et - ~ x(L-x) en fibre inférieure), on retrouve
Pour fixer les idées, on peut comparer les résultats, au niveau ea
des contraintes normales en section médiane, de la méthode d'analyse exactement les mêmes résultats que par l'anslyse en ossature plissée.
en ossature plissée et de la théorie de la torsion non uniforme. La Cette constatation sera expliquée plus loin.
comparaison est immédiate sur les dessins de la figure 5.4, établis
il partir des valeurs du tableau du § 4. J. 5 -dl . On constate que 5.3- HYPOTHESES DE BASE DE L'ANALYSE EN OSSATURE PLISSEE DES POUTRES
l'allure des diagrammes de contraintes est similaire et que les va-
leurs numériques sont relativement voisines. A SECTION EN PROFIL MINCE.
On peut prolonger la comparaison de la façon suivante. Si, dans 5.3.1 Domaine d'application
l'exemple du § 4.3.5 ,on avait négligé la part de torsion reprise Avant de préciser les hypoth~ses de base de l'analyse en ossature
par les cisaillements de torsion pure (ou torsion de De Saint-Venant)
plissée des poutres (ou des structures linéaires) dont la section est
pour ne retenir que les cisaillements de torsion non uniforme,l'équa- un profil mince, l'exposé qui vient d'être fait Rur un exemple simple
tion différentielle de torsion de la poutre se serait réduite à: permet de cerner le domaine d'application de la méthode.
dJe
E1bI --3 T = lp<l (!!.- x) S.J.l.l ~~~~~!~1~_~~~-~!~~~!~~~~
2 2
dx
Par intégration, et compte tenu de ce que les sec'tions d'about Le principe même de la méthode suppose qu .. 1eR voiles constitutifs
sont libres de se gauchir, on aurait obtenu: de la structure se transmettent des efforts les uns aux autres par
l'intermédiaire de charni~res. sous forme de flux de cisaillement
-116-
-117-
longitudianux r~sultnnt des conditions d'~gnle d~formation longitudi-
nale de deux voiles adjacents ilU droit de leur charnière commune. Tout J.
autre effort interne est donc exclus, ce qui entraine un certain nombre
de limit.lt ions. l P-1
a) Les voiles peuvent, à la limite, être de largeur variable. Hais,
dans ce cas, le calcul des contraintes normales dans les sections droites
de ces voiles. considérés comme des poutres, peut être discutable. Ainsi,
D]h
il est pr~férable de ne considérer que des éléments droits et de largeur 1
constante. Par contre, leur épaisseur peut être variable en section droite.

b) Les voiles ont un feuillet moyen plan ou quasi-plan; si


une structure comportait un voile à feuillet moyen non plan, les
efforts extérieurs appliqués au droit des charnières (Cf.§ 5.3.1.2.) !p
engendreraient des flexions transversales très fortes, d'où des
déformations incompatibles avec l'application du principe de Navier-
Bernoulli aux sections droites de ce voile. t~-- u ___ - - - - - - - - - - - - -FI~:
c) La structure ne peut comporter deux voiles à feuillets moyens
contenus dans un même plan et liés par une charnière: cette dernière III PIZ
ne pourrait pas ne transmettre que des efforts de cisaillement longitu-
dinaux. Pour s'en convaincre, Considérons l'exemple suivant. Une
poutre droite, de section rectangulaire (largeur b, hauteur h), de
longueur L est simplement appuyée en ses extrémités et est solI icitée
1 p

par une charge verticale P en son milieu ( figure 5.5).


~bi=trnfnnrl~D-;rf~rJ~
"" r--" ,
Appelons Mo le moment fléchissant induit dans cette poutre. Il x
apparait des contraintes normales dont les valeurs, sur les fibres
extrêmes, sont: ~I 0 1111111111111
6
cr = ~-2 No
bh P/Z P/Z
III
Supposons alors que cette poutre soit, en fait, constituée de
deux poutres droites de largeur b et de hauteur h/2, liées entre elles 1 PIZ
à l'aide d'une charnière. Les deux poutres devant adopter la même
courbure, appelons q{x) et g(x) les densités de charge verticale et
de flux de cisaillement appliquées par la poutre supérieure( poutre
n 0 2) sur la poutre inférieure (poutre nOl) avec les conventions de
signe de la figure 5.5.
En posant:
R(x) IX g(t)dt , nOus pouvons écrire: ~------------------------------;P/4
o
* pour la poutre nOl :
Figure 5.5
H (x) !2 x x h
- fo (x-t)q(t)dt + t;R(x)
Ni
Q

1 Les moments et H devant être égaux, pour que les courbures


2
NI (x) = R(x) des deux poutres so ent égales, on en déduit que:
* Pour la poutre n02: 2 ~
x
(x-t)q(t)dt =
Px
2' Y(x)
P
+ i(2x-L)Y(x-
L
2)
H ex) = ,x (x-t)q(t)dt -P(x- .!:.)Y(x- .!:.) + !!R(X) En dérivant deux fois cette relation au sens des distributions, on
2 0 2 2 4 voit que la charge q(x) se compose de deux forces verticales concen-
N (X) = - R(x) tries, égales 1 P/4, aux extrimltis de la poutre n"l et une force ver-
2 ticale concentrée égale 1 P/2 au milieu de la poutre. Donc, en fait,
Dans ces écritures, Y(x-~) est la fonction de Heaviside, égale à 0 les deux poutres n 0 1 et 2 sont identiquement sollicitées par une
pour x < L/2 et 11 1 pour x > L/2, et dont la dérivée est la distribu- force verticale égale à P/2 en leur milieu, reprise par des réactions
tion de Dirac en x= L/2. d'appui aux extrémités égales à P/4.
On peut alors écrire:
Hl (x) = H (x) =
2
"21 h
Ho + 7," R(x) et NI (X)=-N (x)
2
R(x)

Achevons la détermination en exprimant que les contraintes normales


sont identiques, pour les deux poutres, au droit de la charniire commu-
ne:
-118-
-119-

2N I 21, 2N 24
Cl - - + - M • Cl - - -
I - - MI
I,sup bh bh 21 2,inf bh bh 2
- elle est droite et composée de voiles à feuillet moyen plan
de largeur constante;
On en déduit que:
N z 12 - sa'section est telle qu'un élément est suivi par un autre et
1 - hMI est lui-même en contact direct avec celui qui le précède: au droit
d'une charnière ne peuvent aboutir que deux voilea seulement à feuil-
et, en remplaçant ces grandeurs par leurs expressions en fonction de leta moyens nou" coplanaires;
R{x):
3 M0
R(x) - - 2h - les charges appliquées sont ramenéea à des densités linéairea
d'efforts au droit des charnièrea.
En résumé, la poutre nOI est soumise aux sollicitations suivantes: Toutes ces conditions font que la méthode d'analyae en ossature
1 plissée est relativement restrictive mais, dana la pratique, un grand
N - --LM MI • '8 Mo nombre de structures peuvent se prêter à une telle analyse.
1 2h 0

Si on calcule les contraintes normales sur les fibres extrêmes, on 5.3.2 Hypothèses de base de l'analyse des structures linêai-res
trouve:
__6_ en ossatures pl1ssêes.
Cl •
M 0 et
I,sup
I,inf - Cl
bh 2 0 Compte tenu du domaine d'application dela méthode qui vient d'être
On retrouve bien les résultats de la Résistance des Matériaux usuelle, explicité, les hypothèses de base de l'analyse en ossature plissée sont
mais on voit que la charnière ne peut pas ne transmettre que des ci- les suivantes.
saillements. Dans le cas simple que nous venons de traiter, on a pu
calculer facilement les efforts d'interaction entre les deux poutres; a) La participation à la rigidité de torsion pure ( torsion de
dans le cas général (chargement global quelconque), cette détermina- De Saint-Venant) des voiles constitutifs de la structure à la reprise>
tion est beaucoup plus compliquée et c'est pourquoi, dans l'analyse des chargements extérieurs est négligée: la sollicitation globale de
des structures en ossature plissée, il est exclus de considérer deux torsion éventuelle est équilibrée par des contraintes de cisaillement
voiles articulés dont le feuillet moyen est contenu dans un même plan. liées aux contraintes normales apparaiasant du fait du fonctionnement
en flexion dea voiles, et donc uniformément réparties dans l'épais-
seu-r des voiles.
5.3.1.2 ~l~!~~~~_~~_~~~~g~~~~!_~~~~~!~~~
Dans les structures réelles, les charges extérieures peuvent b) Chaque voile se comporte comme une poutre vis-à-vis des sol-
être appliquées de façon quelconque. Dans le cadre de l'application licitations qui sont contenues dans le plan de son feuillet moyen: le
d'une méthode de déplacements, il est possible d'étudier une poutre principe de Navier-Bernoulli leur est donc applicable, ce qui revient
(ou une structure linéaire) en superposant les efforts déterminés à considérer qu'en section droite la distribution des contraintes nor-
suivant les deux schémas suivants: dans un premier temps, on sup- males dans un voile est linéaire.
pose que les lignes d'articulation sont fixes dans l'espace. Les charges c) La transmission des efforts internes d'un voile à l'autre
appliquées aux voiles induisent des sollicitations dans le cadre est assurée, au droit de la charnière commune, par un flux de cisaille-
d'un fonctionnement en plaque de ces voiles. On peut alors déterminer ment résultant du non glissement relatif des deux voiles (continuité
.les réactions d'appui le long des charnières. Dans un deuxième temps, des déformations longitudinales).
les lignes d'articulation de la structure sont libérées en déplacement
et on leur applique les réactions précédemment déterminées. En cu- 5.4-FORMULATION GENERALE DE LA METHODE
mulant les deux familles de sollicitations ainsi déterminées, on
obtient la sollicitation totale dans la structure. Nous allons développer la formulation g~nérale de la m~thode
dans le cas d'une structure compos~e de voiles d'~paisseur constante.
Le calcul des voiles en plaques à bords articulés fixes relève Isolons trois voiles consécutifs, numérot~s (i-1), (i), (i+I). Leur
de méthodes appropriées, analytiques ou numériques. Dans ce qui suit, dimension transversale est notée respectivement ai_l' ai et ai+1 et
on suppose que cette étape est franchie et que la structure n'est plus l'aire de leur section droite est notée Si-l' Si et Si+l' La
soumise qu'à des densités d'efforts le long des charnières. structure est suppos~e soumise à des densités lin~aires d'efforta
Les voiles travaillant en flexion dans le plan de leur feuillet au droit des charnières, que l'on décompose suivant les directions
moyen, les charges extérieures doivent être décomposées en densités des feuillets moyens des voiles. Ainsi, le voile nOi est soumis aux
contenues dans le plan des feuillets moyens des voiles adjacents densit~s suivantes, contenues dans le plan de son feuillet moyen:
(décomposition géométrique). Pour qu'elle puisse être réalisée, il
est nécessaire qu'au droit des charnières n'aboutissent que deux
* qi,i_l(x) le long de la charnière commune avec le voile nO(i-I),
voiles adjacents à feuillets moyens non coplanaires. .. * qi,i+l(x) le long de la charnière commune avec le voile nO(i+I) •
En résumé, une structure ne peut être analysée de façon repré- Ces densités sont comptées avec une convention de signe homogène
sentative selon la méthode des ossatures plissées que si: au trièdre (OxYizi) que l'on associe au voile nOi, tel que Ox soit pa-
rallèle à l'axe longitudinal de la structure, OZi soit normal au plan
du voile et Oy! complète le référentiel de façon à le rendre orthonorm~
direct.
-121-
-120-
Les voiles étant d'épaisseur constante, leur fibre moyenne est
confondue avec leur axe géométrique, pris comme axe longitudinal local.
On notera 'lue, par exemple, la densité relative à l'élément 0°(1+1) On Introduit, pour le voll" n"l, l'effort normal Nt, compté positive-
au droit de sa charnH're commun ... avec l'(>lément n"I n pOlir expreflslon ment suivant Ox, et le moment (J"chissant Hl' ~ont Ir vr"trur rrpr"-
qi+l,i(x) et elle est généralement différ"nte de la "ensit" ql,I+1(x). sentatif est compté positivement suivant Oz!,

Isolons les voIles par la pensée, comme figuré sur le dessin 5.6. 5.4.1 Expression des sollicitations
Raisonnons sur le voile nOI. Les efforts extérieurs appliqués
à ce voile engend rent:
- un effort normal Ni 0 (par exemple, dû à la précontrainte),
- un moment fléchissa~t Mi 0 (lié aux densit€s qi 1-1 et ql 1+1
et à d'éventuelles réactions de liaison). . ,
Compte tenu de la présence des efforts de glissement au droit
des charni~res, on peut écrire, à l'abscisse courante x:
(5.1) Ni Ni,o + Ri,I_1 - Rt,!+l
1
(5.2) Mi = Mi,o + "2 a i (Ri,i_I+Ri,i+I)
Toutes ces grandeurs sont ùes fone tions de l'abscisse ". l.es
formules (5.1) et (5.2) sont valables pour tous les voiles ,interm€dial-
res constituant la structure, à l'exception des voiles d'extr€mit€ qui
comportent un bord libre et dont la charge éventuelle est n€cessaire-
ment contenue dans le plan de leur feuillet moyen .
. 5.4.2 Equations de compatibilité des contraintes normales
Le voile nOi est le siège de contraintes normales engendrées
par les sollicitations Ni et Mi' Compte tenu de ce que son épaisseur
es} constante, nous pouvons écrire:
*
Contrainte normale au droit de la charnière commune à l'élé-
ment nO(i-I):
1 6
°1,i_1 = Si (N i +
i
Mi ) a
l (N + ~ M )+ l (4R +2R )
Si i,o ai i,o Si i,i-l l,i+l
qi. itl
* Contrainte normale au droit de la charnière commune à l'élément
n°(1+I) :
1 6
qhl.i
°1,i+1 Si (N i - a/ 1)

= l (N _ ~ M )- l (2R +4R )
Si i,o ai i,o Si i,i-I 1,i+1
Par analogie, la contrainte normale, dans le voile nO(I-I), au
droit de sa Charnière commune avec le voile nOi, a pour e"pression:
a = _1_ (N __6_ M )- _1_(2R +4R )
1-1,1 5 _ 1-1,0 a _ 1-1,0 $1_1 1-1,i-2 i-I,1
1 1 1 1
Or, du fait de la continuité de la déformation longitudinale, on doit
avoir:
Figure 5.6 °
0i_I,i - 1 ,1_1 pour tout x.
Avec les conventions de signe et de notations de cette figure, on in- Ceci conduit à l'équation générique suivante:
troduit le long de la charnière rcliant les voiles n"(i-I) et (i) une
densité linéaire d'efforts de glissement, notée indifféremment gi i_1(x)
ou gi_I,I(x), et on pose: '
x
1-[ Ri_l, i ~ gi , i-I (t)dt
-122-
-123-

(5.3) _2_R + 4(_1- + L)R +2. R


Si_1 i-I,l-2 Sl_1 SI i,l-1 Si i,i+1 car So = 0 : cette aire correspond ~ un voile qui n'existe pas.
DanR ]"s RtTllctllTC!'l 11nralr"B il "Tofil mince otlvE'rt, le AyAtè'me
_1_ (N __ 6_ M )_ ..L( N +J?-.M ) (5.4) contient davantage d'équations que le "yst<:'me (5.3): la différen-
SI_1 i-1,o a 1_ 1 1-1,0 Si i,o al i,o ce est égale aU nombre des extrémités libres de la section. Par contre,
dans les structures ~ profil mince fermé pouvant être analysées en
ossature plissée, les deux systèmes conduisent au même nombre d'équations
portant sur un même nombre d'inconnues.
C'est l'équation générique d'un syst~e linéaire qui en compor-
te autant que la structure contient de charnières: il y a doœ autant 5.4.4 Utilisation pratique des résultats
d'équations que d'inconnues Ri' Sa solution permet alors de calculer
les sollicitations dans les voiles ~ partIr des formules (5.1) et Il est rare que les systèmes (5.3) ou (5.4) soient directement
(5.2). employés dans un problème particulier. En effet, la forme des équationa
dépend étroitement des conventions de aigne adoptées pour les sollici-
5.4.3 Equation des trois contraintes tations dans les voiles, donc du choix dcs'repères locaux, et de ls
Le système précédemment explicité admet les grandeurs Ri comme numérotation des voiles. Pratiquement, l'écriture directe de l'un ou
inconnues. Il est possible, et souvent plus pratique, de raisonner de l'autre de ces systèmes ne peut être faite que si la section trans-
directement en contraintes. Pour cela, on remarque que, dans le voile versale de la structure comporte effectivement une succession simple
nO i, de voiles pouvant être numérotés de façon continue.
fi 6
Ni + -Hi - °i i-l' S i et Ni - ai Mi - °i,i+1 S i Dans les css particuliers que l'on peut être amené a traiter, il
ai '
est souvent plus simple d'établir directement le système résolvant,
On en tire: basé sur les inconnues R ou 0, en adoptant des conventions de signe
1
Ni - ï Si(oi,i_1 + °i,i+l) et de numérotation spécifiques, destinées a simplifier au maximum les
calculs. Par ailleurs, des considérations de symétrie ou d'antisymé-
1 trie permettent souvent d'abaisser substsntiellement le degré du
Mi - Tï a i S i(ol,i_l - 0i,i+l) système résolvant. Il faut donc essentiellement retenir le principe
En reportant ces expressions dans les relations (5.1) et (5.2), et de la méthode et les limites de. son domaine d'emploi.
en résolvant par rapport aux grandeurs R, il vient:
En ce qui concerne le calcul dea termes du "second membre" des
1 1 _LM systèmes (5.3) et (5.4), il convient d'évsluer les sollicitations
Ri,i_1 - (; Si(20 i ,i_1 + °i,1+I) - ïNi,o Si 1,0 provoquées dans les divers voiles par les charges extérieures appli-
quées. Ces charges extérieures font apparaltre des réactions de liaison
R - - ls (0 + 2o ) + lN -..LM dont il faut, bien évidemment, tenir compte. En particulier, si la
1,1+1 6 1 1,1-1 i,i+1 2 i,o ai i,o structure linéaire considérée est longitudinalement hyperstatique, il
Alors, en traduisant que Ri 1-1 ~ R -1 i' on aboutit ~ l'équation convient de déterminer les sollicitations dans les voiles en tenant
générique d'un nouveau syst~me, équivalent au système des équations compte de cette hyperstaticité. Plus précisément, si un voile comporte
(5.3), de la forme: plua de deux appuis simples extérieurs, ce voile doit être lui-même
considéré comme une poutre hyperstatique vis-3-vis des chargements
extérieurs qu'il reçoit.
(5.4) Si-l·01_I,i_2 + 2(Si_1 +Si)oi,i-l + Si· o i,1+1 -
5.4.5 Contraintes de cisaillement

3 (N +N ) + 6( ..L M __
1_ M
Qu'il s'agisse de profils minces ouverts ou fermés, le calcul
1,0 i-I,o ai 1,0 a _ 1-1,0 des contraintes de cisaillement dans une section ne pose pas de pro-
i 1 blèmes majeurs. En effet, la réaolution du système des équations
(5.3). fournit la valeur des flux de cisaillement su droit des char-
nières. Connaissant 1s distribution des contraintes normales et leur
Cette équatIon est appelée équation des trois contraintes par loi de vsr'iation dans le sens longitudinal, on écrit l'équilibre
analogIe avec la formule des trois moments (formule de Clapeyron) d'une portion de voile comprise entre les sections d'abscisses x
relative aux poutres continues. Divers auteurs ont, d'ailleurs, déve- et x+dx de la structure linéaire considérée, et entre une charnière
loppé des méthodes de résolution du système (5.4) analogues ~ la ou une extrémité libre et une coupure longitudinale.
méthode dite des "foyers" dans les poutres continues.
On remarquera que, l'établissement de la formule étant axé sur
la considération des voiles consécutifs n·(i-l) et (1), et si le pre- 5.4.6 Déplacements et déformations
mier voilé est un voile d'extrémité de la secti~n, l'équatIon (5.4) I~
courbure yi du voile nOi dans le plan de son feuillet moyen
dans laquelle on fait i=1 se réduit ~: peut être évaluée ~ partir des contraintes normales sur ses fibres
6
extrêmes. En reprenant les conventions de signe de la figure 5.6, on
(5.5) 2S I o i + Sioi 2 tt 3N +-M peut écrire:
,0 , I ,0 8 I ,0
1
-124-

" Mi
Yi = El i

Or, conune: "t


- (J =--
,1-1 1,1+1 Il
i l en résulte:
a i ,l_1 - ai, i+1 CHAPITRE 6
(5.6) y"
i Ea!

Cette formule n'est valable, rappelons-le, que pour un voile d'épa!s-


seur constante. Une formule analogue s'établit tout aussi facilement
pour un voile d'épaisseur variable.
Alors, la déformée de flexion de chaque voile peut être évaluée
par une double intégration, en satisfsisant aux conditions géométri-
ques de bord. Lorsque la déformée d'un élément est connue, les
flèches des autres éléments s'en déduisent. En effet, si on considère 6.1- POUTRES CONTINUES SUR APPUIS SIMPLES
le voile suivant le voile nOi, on peut écrire:
6.1.1-Définition de la structure étudiée
cr - cr a!:!:.!
1,1-1 i,i+1
a - cr ai On considère une poutre droite continue, à plan moyen, chargée dans son
1,1+1 1+1,1+2
plan par des efforts qui lui sont normau". Elle comporte n travées et repose
Si les sollicitations dans tous les voiles varient de la même manière donc sur (n+l) appuis notés Ao' Al'· ... An'
dans le sens longitudinal, condition qui est remplie si les charges La travée nOi, comprise entre les appuis Ai-l et A. a une longueur L ..
aux charnières et les liaisons e"térleures sont affines, le second L'abscisse x étant définie à l'origine de chaque travé~ • le moment d'in:rtie
membre de la précédente égalité est indépendant de x, de sorte que, de flexion Iy (noté, plus simplement, 1) est une fonction de x , soit l(x),
comme les voiles sont astreints à rester en contact les uns avec les de mime que sa section droite S(x).
autres, l'intégration est immédiate:
yi Yi
Yi+l Y +1l
0) Ci) CD CV
Ainsi, on peut avoir intérêt, dans la pratique, à décomposer les sys-
tèmes de chargement en sous-systèmes affines de façon à simplifier le
calcul des déformations. /loi l) AIÎ L2 A: .......... ~~:!t Lj r~~ ......~~:IG:JAn
figure 6.1

Cette poutre est un système hyperstatique de degré (n-l) et il est d'usage de


considérer les (n-I) momen~sur appuis intermédiaires (notés Ml' M '" M -1)
comme étant les inconnues hyperstatiques du problème. 2 n
6.1.2- La formule des trois moments (formule de CLAPEYRON)
La mise en équation de ce problème par la méthode des forces conduit à un
système linéaire de (n-I) équations à (n-I) inconnues que l'on met sous la
forme:
(c +a )M
1 2 1
+ b M •
2 2
wi - w~
biM i _ 1 + (c i +a i + 1)M i + b i +
I Mi + 1 • Witl - "l
W. (6. 1)

b N t(c ta)M • 'u' - w"


n-I n-2 11-1 n n-l n n-I
il ,
-1 ~(,-
-'27-
Dans ce syst~me, les coefficients a.,b. et c. ne sont fonction que des
caractéristiques géométriques de la pouÈre~ Ils ~ont appelés coefficients de bi-,Mi_Z+(ci_,+ai)Mi_l+biHi = wi
Groupe Il
souplesse de la poutre et leur définition est la suivante, pour chaque travée (2 éqllations)
(l'indice i "tant supprimé pour 111 1<-r,<'r I,,~ <-cri lllr,,~): [ b.M.
l 1-
,+(c.+a.
1 1+
,)M.+
1
b.1+ lM.1+ , = -w':l
a • IL (1- ~)2 dx
o L ' El
b : IL ~(1- ~)dx
o L L El
c = I L (~)2 dx
o L 'El
(6.2) ..........
Groupe III +(c +a)M =0
(
b H
n-' n-2 n-I n n-I
où E est le module d'Young du matériau constitutif de la poutre.
H = 0
Par ailleurs, si on consid~re une travée courante de longueur L supposée n
simplement appuyée en ses extrémités, les charges extérieures induisent un
moment fléchissant dans cette poutre noté M. (x). Les grandeurs w. sont Seules les équations du groupe II possèdent un second membre non nul. Les
définies, pour chaque travée, par les formut~~: l équations du groupe 1 montrent que les rapport~:
MI M2 H_
w' - JL M. (x) ('_ ~) dx "JL ( ) x dx i 2
w M iso x 'L'El (6.3) M _
o lS0 L El 0 H ; H3
2 i 1
w' et w" représentent les angles de rotation (avec les conventions de signes restent constants quel que soit le chargement de la travée nOi. De même, les
de la résistance des matériaux usuelle pour les poutres droites) à l'origine équations du gtoupe III montrent que sont également constants les rapports:
et à l'extrémité de la travée de longueur L supposée simplement appuyée, sous
l'effet des charges extérieures. M _ Mi + 1
n 1 Hn-2
On notera que: Hn-2 Hn_3 ~
l

IL dx = a+2b+c et JL ~ dx b+c (6.4) La poutre étant supposée déchargée, on définit les. rapports focaux par les
,1 o El o L'El grandeurs: K
-1<-1
6.1.3- Résolution du problème ,p = --- en exploitant le système résolvant à partir des
k ~ du groupe l,
Dans les cas simples, une résolution directe du syst~me est possible.

,pk,~
Ainsi, pour une poutre symétrique à trois travées:
• - ~ en exp loltant
' 1e systeme
•• reso 1vant • . d es
a part~r
c : a ,c, a , a, c3 d'où k-I du groupe III.
2 2 3
(c,+a ) (w;- w'j)-bZ(wj- w'~) -bz(wi- w';)+(c,+a Z) (wj- wï) Attention, les rapports ,pk et ,pk ne sont pas inverses l'un de l'autre: ils
z calculables par les relations de récurrence suivantes:
M,= (c +a )' - b' M2: (c +a )' -b'
'Z 2 'Z 2
Rapports focaux de "gauche" R.1pports focaux de "droite"
Pour une poutre symétrique à 4 travées, les travées centrales étant elles-mêmes ,p,. 0 ,p~ • 0
symétriques, c =a =c =a • b =b , c,s a 4 et a,= c 4 d'où
Z Z 3 3 Z 3 b b _
2
~ • c l +a 2 -b l ,pl n 1
~ - c +a -b ~'
(c,+a )(wj- wï)-b2(wi-w~)- bZ(w~-w;) 2 ~n-I n-I n n n
2
b b _
M2 z(a (c,+a )-bi} 3
2 z ~ c +a -b ,p2 n 2
, (6.5) 3
s
Z 3 2 ~ = c +a -b ,p'
(lI'-b..!" -b H h'4-1I,"3 - b M ~n-2 n-2 n-' n-l n-I
M = 2 , Z 2 H3 = 2 2
, c +a c,+a 2
, 2 b +1 b.
Dans le cas général, si l'on vellt traiter le probl~me manuellement, le calcul
.. i- = c.+a.
-.o/i+l -b'"
1 1+1 j'ri
l
~ = ci+ai+l-bi+l,pi+1
l
de la poutre continue s'cffectue en chargeant successivement chaque travée,
puis en cumulant le~ cfrl'L" du chaq:"mcnt dl' l '"ns"m"le de~ tr11vée~.
b b
Supposons, pnr exemple, qllc l'on tH' chnrgc (Iut' 1:1 lrnVl-l' 11<1 Î.• I.l~ HYHll'lIIt'
(6.') peut être décomposé en trois groupes d'équations linéaires:
~ = c
~ n-I
+a -b ~
n n-l n-'
l
A:T =
'fI
C, +a 2-b 2,p'2
n
M : 0 Ces rapports peuvent être évalués indépendamment de la charge de la poutre
o
puisque les relations de récurrence ne font intervenir que les coefficients de
(c,+DZ)M 1+ b 2HZ = 0 souplesse des travées. Avec ces notations, le système résolvant s'écrit:
Groupe r o
( ~~~~~~~~~n3)Mz+b3H3
-128- -129-

l
Si la fonction M..
l,lS0
(x) est dérivable au sens des fonctions, on peut écrire:
li ~
Groupe l
d
V. •
1,150
(x) = -dX
(M..
ItlSO
(x»
1 -1> i-l Mi-1
Enfin, la réaction d'appui au droit de l'appui simple Ai a pour expression:

8
i H. 1 + b.H. W'.
'" . 1- l 1 l Ri = v i + l (O)- Vi(L i )
Groupe I l lb.
l
-w'! ~Ii+l-Hi MCMi_1
bil\_I+ ~ Mi l = V. . (O)-V.. (L.)+ """::'-;--'C.
-L-.-
(6.9)
._ _---.:.1_ _ _ _-' 1+1,150 1,150 l Li+1
l

1c •
1H.1 6.2- CALCUL PRATIQUE DES COEFFICIENTS DE SOUPLESSE
Groupe III
[ m

o
-1>'n-l Hn-2 6.2.1-Cas des poutres de hauteur constante
On peut généralement considérer que les tabliers de ponts de hauteur
constante ont un moment d'inertie également constant, en vue de dégrossisages
manuels. D'éventuels épaississements d'âmes ou de hourdis au voisinage des
La solution des équations du groupe I l conduit à: appuis peuvent être, au départ, négligés. Dans ces conditions, pour une
poutre d'inertie 1 constante, on établit facilement que:
(w ~ l '" ~) + ,»':l 1 w ~ + (w'~ /1> . )
1 1 M = __ l 1 1 (6.6) L
. (1/1> .• ~)-1 i b.'(l/ •.• !)-l a =c = 3EI b = ~ = ~
111 111 6El 2

Ces deux moments étant connus, les relations des groupes et III permettent Les relations. de récurrence relatives aux rapports focaux prennent la forme
simplifiée suivante:
de déterminer les autres inconnues hyperstatiques. •
Graphiquement, en dehors de la travée chargée, l'épure résultante des L.
- - = 2 +_1_(2_1>.) à partir de .1 = 0
moments fléchissants est linéaire par travée: les moments étant de signes opposés 4>i+l Li + l l
aux extrémités de chacune d'elles, les segments passent par un point fixe sur
la poutre appelé foyer de gauche (en relation avec le rapport focal de gauche)
1 Li + l
pour les travées précédant la travée chargée, et foyer de droite (en relation -;,- = 2 + - - ( 2 - tjl! ) à partir de 4>~ = 0
avec le rapport focal de droite) pour les travées suivant la travée chargée, •.1 L.1 1+1
comme indiqué sur la figure 6.2.
6.2.2-Cas des poutres à travées symétriques de hauteur variant paraboliquement
On considère une travée symétrique de longueur L, dont la hauteur varie
(8) CD (8) paraboliquement, telle que représentée sur le dessin de la figure 6.3. On
suppose connus:

~ "":;::> ~ , - ,illflQf'I~\ ~. . ;::::::!:.--- /_.~


- les moments d'inertie de flexion aux extrémités (Il) et à la clé (1 ),
- les hauteurs de poutre aux extrémités (hl) et à la clé (h ), 0
1+2 - l'aire des sections droites aux extrémites (SI) et à la cYé (So)'
Pour pouvoir calculer' manuellement les coefficients de souplesse d'une
telle travée, on se donne une loi de variation du moment d'inertie de flexion
permettant de conduire des calculs analytiques.

It==,;)~
1
Le calcul de la poutre continue peut donc être fait par la méthode des rapports
focaux en chargeant successivement toutes les travées, puis en cumulant les
résultats obtenus.
Ainsi, dans la travée n"l, le moment fléchissant total a lour expression:
.
,150
(x) + M.
1-1
(1- ~ ) + M )(.
Li
(6.7) / f--x
(1

et l'effort
Figure 6.3
Mi-~\-1
v,l (x) v..
L,lS0
(x) +---
L.
(6.8)
l
l'
Il', !
-130-

Il est d'usage de consid~rer une loi de variation de la forme Kh 5/2 , h ~tant


-131-

4
i la hauteur de la poutre: cette loi est interm6diaire entre la loi limite ~22!!~~~!2~_~~~~Eig~~~ 10 * 5,3444 m , I, - 38,8158 m4
1 = Kh' et la loi de variation de l'inertie d'une section pleine 57Zrectan- On calcule: K = 1,2103 , IK = 1,1001 A (O,IK) - 0,6049 A (0,1K)=0,135
gulaire 1= Kh ' . L'exp~rience montre qu'une loi de la forme 1 = Kh conduit o 2
~ des r~sultnts assez prdcis pnr rapport h un calcul num6rique fin pour D'où:
Ea r.c ),U467.1O- 2 !:~ 2,0974. lU -2
une section de poutre en forme de caisson. T
2

T L
2

Pour la trav~e considérée, nous serons donc amen~s ~ poser:

Il l(x) 1 (I+K(I- ~x)Z)5/2


0
avec K (I II )0,4
10- (6.10)
6.2.3-Cas des travées de rive des ponts construits par encorbellements
successlfs
Les travées de rive des ponts construits par encorbellements successifs,
6.2.2.1 E2~~~!~~_2~~!!~!~~!~~~ lorsqu'ils sont de hauteur variable, comportent une partie de hauteur
et une partie de hauteur variable, la variation de la hauteur ~tant suppos~e
Pour les poutres dont la hauteur varie paraboliquement, on sera amené ~ parabolique.
considérer la valeur numdrique d'int~Rrnles de la forme:
.1 Les notations employées pour une telle travée sont celles de la figure 6.4.
fX 2 n
A (x
n
x )
Z
x x dX (6.11)
1 (l+x,)5/2

==n
"
Les valeurs numcr1ques de ces intdr,rale5, pour n quelconque, !'!ont cl1lclllnbles ~ :
J,Li
à l'aide de la relation de récurrence suivante:
--------------~

pour n ~ 3 (n-2)A + + (n+I)A


n 2 n

Pour pouvoir appliquer cette relation, il est ndcessaire de connaître


n+l
2
x

(I+x,)3/2
2
x,n+l
(1+x') 372
1
(6.12) 10 ru. "1
1

préalablement les 5 premiers termes.


1 2xi +3x 2 2xj+3x ,
A (x x ) = fX2 dx -( -- )
o 2 x, (l+x' )5/2 3 (l+xi)3/2 (1 +x') 3/Z Figure 6.4
" 1
La partie de hauteur constante (0 ~ X ~ aL) est supposée avoir un moment d'
X2 x.dx 1 (1 1 de flexion également constant (1 0 ), Sur la partie de hauteur variable, la loi
A, (x x ) f
2 x, (l+x,)5/2 3 - (l+xi)3/2 + (l+xj)3/Z de variation du moment d'inertie des sections est la suivante:
"
x' aL ~ x ~ L, 1 I(x) - 1 {I+ K(x-aL)2)5/2 avec K • (1 , /1 )°,4_ 1 (6.
x2 x'.dx 1 xi 1
A (x x ) = f -{ o L-aL 0
Z 2 x, (l+x.)5/2 3 (l+ 3/2 (1 +x') 3/2
xp 1 En utilisant les mêmes notations qu'au paragraphe pr~c~dent (§6.2.2.1),
"
les coefficients de souplesse de la trav~e sont donnés par les formules:
x2 x, .dx 1 + __'_+1.( 1 _ 1 )
A (x x ) E f
3 2 X1 11+x 3 (l+xi)3/2 (l+xj)3/2
"
(l+x' )5/2 lJ+xi 1 a • fL(I- ~)2.dx _ ~(3-3a+a') + L(I-a)' (A - l A + 1. A )
o L El 3E10 El IR 0 IK 1 K 2

A (x x ) fX 2
4
x .dx
Ln
! X2+IJ+X i !- 31 ( 4xi+3x2
3/2
4xj +3x ,
b 2
0
fL ~(t- ~).dx _ a'L (3-2a) + L(1-a)' {aA + 1-2a A - ~ A} \ (6.16)
4 2 x, (l+x,)5/2 x , +/'+xj (l+xP (l+x,)3/2 o L L El 6Elo El IK 0 IK 1 K 2
" 1 0
c = fL (~)2.dx = o'L + L(1-a) (a'A + 2a(l-a) A + (I-a)' A
6.2.2.2 Ç~!~~!_~~~_~2~~~!~!~~~~_~~_~2~2!~~~~ o L El 3E10 E1,li< 0 IK 1 K Z
0
Pour la trav~e sym~trique considdr~e, les coefficients de souplesse ont avec A 2 A (O,IK).
les expressions suivantes: n n
4 4
a = c fL (1- ~)2 dx L
Ao + ~ A2) (6.13) ~22!i~~~i2~_~~~~E!g~~~ 10 2 5,3604 m I, = 38,~158 m , a • 0,170
o L ' El =
4El IK K = 1,2076 ,IK = 1,0989, Ao ~ 0,6047 A, = 0,2317 A - 0,1349
2
o
b fL ~(I_ ~)dx L
__ (A_ (6.14) Ea ~ 0,0552 Eb 2 0,0198 Ec 2 0,0220
o L L El 4El IK 0 K' A2 ) L L L
o
avec A A (0, IK) et A
2
= A2 (0,1K).
o o
-132- -133-

6.3-CAlCUl PRATIQUE DES ROTATIONS ISOSTATIQUES A • A (-IK, 1K(1-2B»


n n
6.3.1 Cas des poutres de hauteur constante Dans le cas particulier où la charge Q est placée à mi-portée (6 a t). ces
expressions deviennent:
a) ~~~!g~_~~!!~!~~~~~!_!~E~E!!~_~~E_!~~!=_!~_!E~~~~
=--~ lA)
w' =-w" qL'
P11111111111111111111111 Ir wt _ w"
SEI
o
li<
A
o
-
IK 1

- 24Er ,. L .,
avec Ao - Ao(O,Ii<) et Al = A1 (0,1i<).
Figure 6.5
6.3.3 -Cas des travées de rive des ponts construits par encorbellements
b) ~~~!!il~_~!!!!~!~~~~~~_E~E~!!!~_~!:!!_!:!!!~_I!~E!:i=_~=_!!!_!:E~~~= successifs
Les notations employées sont celles de la figure 6.4 et les lois de variation
-~(Hl)' (1+26-rp) Il mo Ulll mIUr du moment d'inertie de flexion sont celles explicitées au § 6.2.3.
~
l,
1
w 24E1
.. m ~(I-fl')2
1 8L (1-6)L -1 a) ~h!~g~_~!!i!~~~~~~!!~_~~2!E~!~_~~~_~~~~~_!~_!~~g~~~E_~~_!~_~~!~~~
'" 24E1
",'
__ ~L'.b + qL'(l-o)' (o'A" 0(2-)0) A + (1-0)(1-30) A _ (1-0)' A )
Figure 6.6 2 2EI IK 0 li< 1 K 2 KIK 3
0
c) 4
.. ~ (1' a
2EI ( 3" - 4 )

.A
w' _ QL2 1 a qL'(I-o) 30'(1-0)
6E1 6(1-6)(2-B)
,-
If sL
.1, (1-6) L 1 w" - qL2.c -
2 2EI /K
(a'A ..
0 li<
A
1
..
30(1-0)'
K 2
(1-0)'
A .. - - - A )
KIK 3
w" QL'
6E1 13(1-13') 0
4
Figure 6.7 ~ a
- 2EI (4)
o
Les fonctions An sont calculées pour:
6.3.2 Cas des poutres à travées symétriques de hauteur variant paraboliquement
Les notations employées sont celles du § 6.2.2.1 et les cas de charge corres- An C An (0, IK)
pondent aux mêmes figures que précédemment.
~~~Eg=_~!!!!~!~~~=~~_!§2~!~!=_~~!_~~~!=_!~_!!~~~=_igL b) gh~Eg~_~~i!~E~~~~~!_E~e~E~i~_~~E_~!!~_2~E~i~_~~_!~_~E~~~~
a)

w
. '"
.. _ 1
li qL' .b
Nous ne donnerons pas les formules générales concernant ce type de chargement,
leur intérêt pratique étant très limité. Par contre, nous donnons les formules
b étant le coefficient de souplesse intermédiaire de la travée. correspondant à l'application de la densité de charge uniforme q sur la
longueur de la partie d'inertie variable. Par combinaison avec le cas de charge
b) ~~~!g=_!:!!!!!~!~~~=!!~_!~2~!!i=_~!:!E_!:!!!=_2~!!i=_~=_!!_!E~~~= (figure 6.6) précédent, on peut facilement obtenir l'effet d'un chargement sur la partie
d'inertie constante.
",' • - (I-13)'.b + (1-2B)'A - (1-4B') A _ (1-413) A .. __1__ A
32EI li< o li< 1 K 2 KIK 3
- 21 qL' (l-a)'.b .. qLl(I-0)4 (A - -1 A)
o w' -
2E1oKIi< 2 li<
WU m ~L2(I-13)'.c
- {(I-2B)'A (1-2B) (3-2B) A .. 3-413 A ___1__ A
2 32EI li< 0 IK 1 K 2 KIi< 3
w" l qV(I-a)'.c - qL'(1-a)' (aA" ~ A)
avec b et c coefficientsOde souplesse de la travée et: 2 2EI KIi< 2 li< 3
o
1i<(1-2B) ) avec • A (O,/K).
n
c) ~~~!g=_~~!!~~!!~!~~_!!ig~E~_~~Z2 c) Çh!Eg~_~~~~~~~!~~_!~_2~i~~_~~~~~~i~~~_~_~-~~

'"
. -QL(I-8).b <-
QL2
{(1-26)A
o
- ~ A -
IK 1
lK A
2 '"
, _ -QL (1- ) b .. QL' (1-0)' ( A
a El o K 1
_ 1-0
-- A }
IK 2
SEI IK
0
Il QJ.(I-a)c - QV.(1-a)'. (flA +.!.::~ A.)
w"· QL( l-B).c - (1-2B)A - 2(1-6) A + lA) "' hl oK 1 /K 2
SEI li< o IK 1 K 2
0
avec A - An(O,/K).
avec b et c coefficients de souplesse de la travée et:
-134- -135-

6.4- EFFETS DE DENIVELLATIONS D'APPUI


la fibre moyenne est donc tel que:
Les effets de dénivellations d'appuis (par exemple, tassements différentiels
ou prise en compte de défauts de nivellement entre différents appuis) se traitent c(z) _ du _ z.dw
dx dx
à l'aide de la formule des trois moments.
Appelons E. le déplacement vertical, compté positivement vers "le haut". en comptant positivement les déformations dans le sens d'un allongement physique
de l'appui Ai. Oans les travées isostatiques de référence, il est facile de si l'élément de fibre était libre de se dilater, il subirait un allongement
calculer les rotations de la fibre moyenne en leurs extrémités. On introduit donc relatif égal à:
dans le second membre du s stème de résolution: À.t(z)

~
Ei+l -Ei " c i -E i _ l Or, sa dilatation est gênée du fait de l'hypothèse de conservation des sections
wi + l m L. wi m L. (6.17) planes. Il apparaît donc des contraintes normales telles que:
1+ 1 1

a(z) m -E(c(z)-À.t(z»
6.5- EFFETS THERMIQUES DANS LES POUTRES CONTINUES ces contraintes étant comptées positivement en compression. La section étant
rapportée à ses axes principaux d'inertie, on voit facilement qu'en traduisant
6.5.1-Déformation d'une poutre droite isostatique la nullité de l'effort normal résultant, il vient:
Considérons une poutre droite isostatique à plan moyen. On suppose que la
fibre inférieure est portée, à partir d'une température initiale uniforme, à une du _ ~ !ft(z)dS
température ti et la fibre supérieure à une température t s . La section consi- dx S
dérée de la poutre a une hauteur h, et on note respectivement zi et Zs la distance
du centre d'inertie aux fibres inférieure et supérieure. De même, en exprimant que les contraintes normales n'équilibrent aucun moment
fléchissant. il vient:
dw • _ ~ ffz.t(z)dS
t
s dx l
lS
6.5.2-Calcul des rotations isostatiques des travées
Pour calculer les efforts induits par les effets thermiques dans les
li continues sur appuis simples. on peut employer la formule des trois moments
tl en introduisant les rotations isostatiques suivantes pour chaque travée:
- pour une distribution linéaire des températures:
L· x dx
Figure 6.8 wi - Hts- t i)fo1 (l-t.)·ïl

!
,.~\

!I 1
Dans les ouvrages réels, la loi de variation de la température entre les fibres
extrêmes peut être quelconque. On admet généralement, pour les ouvrages en béton,
qu'elle est linéaire. En appelant À le coefficient de dilatation thermique du
matériau constitutif de la poutre, on voit facilement:
roi:
1
=r -A(t _t.)fLi ~ dx
s 1 0 Li·ïl
1
(6.18)

~
- poùr une distribution quelconque des températures:
- que la fibre moyenne subit un allongment algébrique (compté positivement
dans le sens d'un allongment au sens physique du terme) égal à:
1
z.1 w., m À(t -t.)f L·l (1- ~ )( ff zt(z)dS)
! du l s l 0 L. I i · dx
dx À(t i + h (t s -t i » 1

~ - que les sections subissent une rotation relative différentielle (comptée


selon les conventions de signe de la résistance des matériaux usuelle) égale à:
w'! =-Ht -t.)li ~L
1 fi 1 o.
(ffzt~z)dS) .. dX
1
l
ri
i! t -t.
, dw = -À~ Naturellement, tout ceci suppose que les appuis simples de ta poutre ne
dx h pas à sa libre dilatation longitudinale. Si ce n'était pas le cas, il conviendrait
"
l'
i: de reprendre la méthode générale de calcul des effets thermiques dans les
Si la répartition des températures entre les fibres extrêmes est quelconque, structures hyperstatiques en tenant compte des termes relatifs à l'effort
représentée par une loi t(z) (avec t. t(-z.) et t = t(+z
D »,
des contraintes normal.
normales prennent naissance dans la ~ection àe pout~e consi~érée, correspondant 6.5.3- Formules pratiques
à un torseur nul. On peut admettre que l'hypothèse de conservation des sections
l' planes est encore valable. Nous. nous limiterons au cas usuel où l'on suppose que la répartition des
1
températures sur la hauteur d'une poutre est linéaire. la température des
!,1 Appelons du l'allongement algébrique de la fibre moyenne et dw la rotation fibres extrêmes étant la même tout ail long de la poutre.
relative des sections d'un tronçon de poutre compris entre les abscisses x et
x+dx. L'allongement relatif c(z) des fibres situées à la cote z par rapport à 6.5.3.1 Ç~~_~~~_e~~~~~~_~~_~~~~~~! __ ~~~~~~~~~
-136- -137-
),(t -t.) L.
s l l
w'.' :::: On remarquera que pour une travée symétrique, dotée d'un ciblage symétrique,
l h T
Li /2 dx
6.5.3.2 ~~~_~~~_~~~!E~~_~Y~~!Ei~~~~_~~_~~~!~~E_~~E!~~!_~~E~~~! i~~~~~~~ -w!
l
wf.'
l
"21 foLi HP..
1,lS0
(d"
x)'TI
i
[
o
MP..
1,lS0
(x) 'El
i
Les notations sont celles de la figure 6.3. La loi de variation de la
hauteur h(x) de la poutre est:
Considérons alors une précontrainte théorique engendrant, dans la travée nOl
x x un moment isostatique de la forme:
h(x) hl + 4(h 1-h o ).t(t - 1)
C x
MP.. (x) m. 1 (1- 2.. ) + ·L. m = ln =:: 0
Alors, en supprimant l'indice i pour alléger les écritures: 1,150 1- L. o n
l l

À(t -t.)L Ih -h
w' - WH S l 1 _
Arc tg (_ _ 0) On voit facilement que:
2/h (h -h ) v1ï
0 1 0 0
wi+, - -m i a i +1 - mi + 1b i + 1
6.5.3.3 ç~~_~~~~~_~E~~~~_~~_E!Y~_~~_E~~~_~~~~~E~!~_E~E_~~~~E~~!!~~~~~~
~~~~~~~i!~
wi = mi _ 1b i + mic i
La travée considérée est celle de la figure 6.4. La loi de variation de L'équation des trois moments s'écrit alors:
sa hauteur est:
bi(Hi_l+mi_l) + (ci+Hi+l)(Mi+mi) + b i + 1 (H i + 1+mi+l) - 0
o~ x ~ aL h(x) = h
o
h -h Le syst.me n'étant pas singulier, on efr déduit que pour tout i:
h(x) + 1 0 x
aL ~ x ~ L Q
<ï=ëï)' ( t - a) 2
H. = -m.
l l
Avec cette loi, en posant 6t : ts-t :
i
,Ih -h .!. iiÇ h Ainsi, les moments hyperstatiques "compensent" exactement les effets de ce
1
1
w' = À~taL(l_ Ï) + Mtt(l-a)' { I\rctg A ( 1
--)-
o
2 ,Ih -h Ln(tf)} moment isostatique particulier, de sorte que la ligne de précontrainte est
o ,Ih (hl-h ) 111 0 confondue avec la fibre moyenne de la poutre. Le seul effet de la précontrainte

i
o 0 o 10
est de créer un effort normal.
>'6tLa' MlL( l-a)
Ih:"=h l-a 111 h
w" {aArctg(_I__
0) + __ 0 Dans le cas général, le moment total de précontrainte dans la travée nOi
j -2-h- 2 Ih -h Ln(tf)} est égal i:
o Ih (h.-h )
o 0
111
o 10
0
X K
MPi(x) MPi,iso(·) + Hi _ 1 (1- t.) + Hi · t l.
l
6.6- GENERALITES SUR LES EFFETS DE LA PRECONTRAINTE
Ce moment total est tel que:
Nous nous plaçons dans le cas fréquent o~ les dilatations linéaires de
la fibre moyenne de la poutre sont libres. Dans une structure isostatique, [Li MP .. ~ dx + [Li+l HP. (1- 2- ) dx o
la précontrainte ne provoque généralement pas de réactions au niveau des o l Li El 0 1+1 L i + 1 El i + 1
i
liaisons. On démontre facilement que l'on peut rendre isostatique une poutre
droite continue en introduisant des articulations au droit de ses appuis inter-
m'diaires et en "sectionnant" par la pensée les cibles au droit de ces articula-
tioris i condition de placer (toujours par la pensée) des ancrages au droit des
coupures.
La précontrainte, mise en oeuvre dans une poutre hyperstatique, engendre
des sollicitations hyperstatiques puisque la structure n'est pas libre de se
déformer en flexion. Ln méthode de calcul des effets de la pr'contrninte reste
toujours la même, i partir de ln formule des trois moments.
Appelons MP.. (x) le moment de précontrainte dû aux câbles dans la
travée nOi suppo§é~s~endue isostatique. Les moments hyperstatiques M. au droit
des appuis sont calculés à partir du système linénire (6.1) avec, au1second
membre:
(J} ! HP . . (x)(I- ~) d"
l 1,lS0 L. El
l 0
(6.19)
fJJ'!:= fLi . (,,).~ dx
l 0 ,150 Li E[
CHAPITRE 7

ANALYSE SfRUCfURALE
DES TABLIERS DE PONTS À POUTRES

7.1- GENERALITES
Les tabliers de ponts à poutres sont des structures tridimensionnel
pour lesquelles de nombreuses méthodes de calcul ont été proposées. Le but
du présent chapitre est d'en décrire, plus ou moins sommairement, les
pales en explicitant les hypothèses de base de chacune. Pour un ouvrage
il appartient au projeteur d'apprécier la validité de la méthode qu'il"
employer, en fonction des dispositions géométriques et mécaniques prévues pour
le tablier.
Par le passé, les ponts à poutres (en béton armé, en béton précontra
ou en ossature mixte) étaient munis d'un nombre suffisant d'entretoises
int~rmédiaires pour assurer l' indéformabilité de ia section transvers.ale.
Actuellement, les ponts à poutres en béton armé sont rares en France; pour
des raisons économiques et de facilité de fabrication, les ponts à poutres
précontraintes ne comportent plus d'entretoises que sur appui. Seuls les
ponts en ossature mixte ou entièrement métalliques sont généralement dotés
d'entretoises ou de pièces de pont assurant une certaine indéformabilité de la
section transversale. Toutefois, on peut noter une tendance à la suppression
des entretoises dans les ponts en ossature mixte de faible portée, comportai'
un assez grand nombre de poutres.
1
t
1
Compte tenu de ce qui vient d'être dit, on peut classer les méthodes
d'analyse structurale en deux familles, selon que la section transversale
.

peut être considérée comme étant déformable ou indéformable.


)l
i'li1 Dans le cas des tabliers de ponts sans entretoises, il est clair que
~,
la section transversale ne peut être considérée comme étant indéformable.
Le comportement mécanique de tels tabliers s'écarte donc de celui résultant
~: de l'application des méthodes classiques de la résistance des matériaux.
;~ De plus, i l convient de distinguer le~ tabliers à deux poutres des
'1 comportant plus de deux poutres.
i:,
, En effet, dans les tabliers à deux poutres, les modes, de chargement symé-
1
triques n'engendrent aucun gauchissement de la section dans la mesure où e l l
l'
est elle-même symétrique. On peut alors calculer les contraintes engendrées'-
"
par ces modes selon les méthodes usuelles de la résistance des matériaux.
\j

I;
l
Par contre, dans les tabliers à plus de deux poutres, une distribution
symétrique de charges induit un gauchissement symétrique de la section, qUI:
s'explique facilement. Si les poutres n'étaient pas reliées entre elles par
'ii' le hourdis, elle~ subiraient, dans le cas général, des flexions longitudin -
i! ~I différentes. Il en résulterait des déformations relatives différentes de leurs

:~
fibres, en particulier de leurs fibres supérieures. Dans la structure réelle,
l' ces déformations sont gênées par la présence du hourdis, mais ce dernier
i
n'est pas suffisamment indéformilble pour uniformiser les çontraintes
-141-
-140-

7.2.1. 1 ~E!~~!e~_g~~~E~!_~=_!~_~~~~~~=
dont il est le si~ge. Les dessins de la figure 7.1 montrent sch.matiqucment
la diff.rence de comportement sous charges symétriques d'un tablier à deux On considère un tablier à poutres sous chaussée assimilé à un
poutres et d'un t~blier à trois poutres. ensemble de poutres pnrall~les de mime port6c. aux appul9 al1gn~s
perpendiculairement aux poutres, dont les inerties suivent la même
101 de variation à un facteur de proportionnalité près en fonction de
l'abscisse longitudinale, et solidarisées par des entretoises qui leur
0,
"
~ ..~ sont disposées normalement. Dans la pratique, le problème consiste à
attribuer à chaque poutre une portion de hourdis telle que cette con-
dition soit réalisée .

.\ On commenCe par étudier les effets d'une charge verticale P con-


centrée sur une entretoise intermédiaire (figure 7.2) dont l'excentri-
cité algébrique est notée d dans un repère Oy~ a priori quelconque.
a) OHo...,.tion, de la section transvec,.le d'un tabllec A
deux pou tres SOU$ chargement symétrique
z

P
10, d
f' ... (0 c;)
0 0) ...

f
il ~
\
b) Gduchlss_nt et distorsion de la section transversale d'un
Ubl ier A trois poutres sous charg_nt symétrique 1
n'induis.nt pu de flexion gênecale longitudinal.
y Yi 0
Figure 7.1

Figure 7.2
Dans le cas du tablier à deux poutres, même deux densités linéaires de
moments symétriques, appliqués à l'enracinement des poutres sur le hourdis,
n'engendrent pas de gauchissement, mais seulement une flexion transversale Si on supprime, par la pensée, les autres entretoises, les points
qui, d'ailleurs, peut plus Ou moins perturber la distribution des contraintes homologues (de même abscisse longitudinale) des différentes poutres res-
normales de flexion longitudinale. tent alignés en raison de la proportionnalité des lois d'inertie, puis-
qu'ils le sont au droit de l'entretoise chargée. Ceci entraine que les
Par contre, sous non symétriques, tous les tabliers subissent, entretoises autres.que celle chargée n'interagissent pas avec les pou-
en section transversale, la fois un gauchissement et une distorsion.
tres.
Des méthodes d'analyse sommaire ne permettent pas de caractériser de façon Soient Yi et Ii l'abscisse transverssle et l'inertie de la poutre
suffisamment représentative le gauchissement symétrique d'une section li plus nOi, et appelons Ri l'action verticale de l'entretoise chargée sur cet-
de deux poutres. L'étude fine de tels tabliers nécessite le recours li des te poutre. Dans la mesure où l'on néglige l'inertie de torsion des pou-
méthodes numériques de type éléments finis. tres, nous pouvons écrire:
7.2- ETUDE.DES TABLiERS DE PONTS A SECTION DROITE INDEFORMABLE Ri - 1 i (a + by i)
Il s'agit, comme nous venons de le dire, d'un mod~le adapté aux tabliers oÙ a et b sont deux constantes indépendantes d~ la poutre considérée.
dotés d'entretoises suffisamment rigides. Exprimons alors que l'entretoise est en équilibre sous l'effet de P et
7.2.1 Méthode de calcul dite "des entretoises rigides" des réactions Ri:
La méthode dite des entretoises rigides est due à J. COURBON (" Calcul - équilibre en projection suivant Oz:
des ponts li poutres ll1ultiples solidarisées par des entretoises"- Annales des
Ponts et Chaussées- Novembre-Décembre 1940). a E Ii + b ! Yi I , - P
1 i
-142- -143-

7.2.1.2 ~~~~!~~~~_~~~~!~~~~~~lE~~_~~~~~!!~~~!~~
- équilibre en moments par rapport à Ox:

2 Le premier travail du projeteur est "d'isoler" les poutres du tablier en


a r YiIi + b r yiI l ~ Pd affectant à chacune d'elles une largeur de hourdis participant. Des considéra-
i i tions à caractère théorique ont amené J.R. ROIIINSON 3 proposer d'attribuer aux
Choisissons alors comme repère Oyz de la section un repère tel que: différentes poutres des largeurs de hourdis telles que leurs inerties soient
proportionnelles aux sections de leurs aciers tendus,dans le cas des tabliers
rYi1i- o en béton armé. Une telle précision n'est généralement pas nécessaire: on se
i contente donc, dans la pratique, d'attribuer aux poutres intermédiaires des
Alors, largeurs de hourdis égales aux entraxes des poutres.
P Pd
a - et b-~
ni Il convient, toutefois, de respecter les prescriptions de l'article
i i i i
A.4.1.3 des règles B.A.E.L. 83 ou de l'article 5.4.2.2 des règles B.P.E.L.83
de sorte que l'on peut écrire: ou encore de l'article 11.3.1 du règlement de calcul des ponts mixtes acier-
béton. Ces prescriptions limitent la largeur des tables de compression des
El poutres en indiquant que:
(7. l) Ri -
Pli
El ili avec ili- 1 +~
El 2· Yi
d
- l'on ne doit pas attribuer la même zone de hourdis à deux nervures
différentes,
i i
~ i Yi - la largeur en cause ne doit pas dépasser le dixième de la portée d'une
travée (comptée à partir du nu des poutres si elles sont en béton, ou
6 i est appel~ le coefficient d'excentricit~ relatif à la poutre n"i et de l'axe des poutres si elles sont métalliques).
à l'excentricit~ d de la charge. Dans le cas oD la structure se compose Elles sont résumées Bur le dessin de la figure 7.3. On rappelle que, pour la
de n poutres ~galesau même espacement b, l'axe Oz est l'axe de sym€trie justification des sections, la largeur des tables de compression est réduite
de la section et l'on montre que, pour n pair ou impair, (trait pointillé) au voisinage des extrémités et sur appuis intermédiaires.

(7.2) ili - 1 + 6. n + 21- 2i ·b


d
n -1

à condition que les poutres soient numérot~es de 1 à n à partir du côt~


1 oD d est positif. LZ/IO
Pour une charge dispos~e sur une entretoise, les moments fl~chis­
sants dans les diff~rentes poutres sont proportionnels aux r~actions
Ri. Si la charge n'est pas sur une entretoise, msis si les entretoises
sont suffisamment rapproch€es, on admet que l'on ne commet qu'une er-
reur minime sur les moments fl~chissants en supposant qu'ils sont pro-
portionnels aux mêmes quantit~s Ri, comme si le tablier ~tait dot~ d'une
l i
Inflnlt~ d'entretoises rigides tr~s rapprochées.
Figure 7.3
i.l
i
C'est pourquoi, dans la pratique, après avoir d~terminé le moment
fléchissant total M(x) à l'abscisse x en considérant le tablier comme
,'1 une poutre sans dimension transversale, on répsrtit ce moment en moments
il
Mi(x) dans les différentes poutres selon la loi: Dans l'exposé de la méthode générale, nous n'avons parlé que du moment
fléchissant. En ce qui concerne l'effort tranchant, l'effet répartiteur des
Il entretoises disparaît pr~s des appuis parce que les flèches des poutres y
(7.3) Mi - M'fI' ili deviennent petites par rapport aux flèches de courbure des entretoises.
1 i On distingue alors deux zones dans la travure: la zone courante, comprise
et si toutes les poutres sont identiques: entre les deux entretoises intermédiaires les plus proches des appuis, et
la zone comprise entre les appuis et la première entretoise intermédiaire.
M
(7.3}bis Mi - t; . ili En zone courante, il est légitime d'admettre que l'effort tranchant
1
1':,
l" Dans le cas d'un tablier à deux poutres identiques,
se répartit entre les poutres selon la même loi que le moment fléchissant, de
sorte que l'effort tranchant dans une section donnée de la poutre nOi, noté
Vi, se déduit de l'effort tranchant global V par la formule:
1 d d 1
61 - 1 + 2 b 62 - 1 - 2b (7.4) 1 V.l - v. t li • il.l
lili En résumé, on constate que l'analyse structurale du tablier comprend deux
phases: une première phase où on détermine les sollicitations globales
i l

ou, si toutes les poutres sont identiques,


comme si le tablier était une simple poutre, et une seconde phase où l'on V
\l répartit les efforts entre les poutres (analyse transversale) par l'inter-
médiaire des coefficients d'excentrement 6 l•.
(7.4)bis Vi - n 6i
l']
-1/,4- -145-

Dans les zones comprises entre Les appuis et la l'rentière entretoise, on consi- l
dère qu'il n'y a pas de r~partition sur appui et que la rdpnrtition est
complète au droit de la première entretoise. On convient alors de fnire une d
interpolation linéaire entre ces deux sections de la façon expliquée ci-après. 1
1
l B 1

-1 r c les 1

l
entre toi se t
0
's
Elt!~ G ~
e.
Y
VI

_L....

Vue en plan FIgure 7.:;

La section droite est asslmil~e à un profil mince. La présence


des entretoises est prise en compte par le fait que l'on suppose cette
1. l(lon9 ueur de la travée)
section indéformable, de façon li pouvoir appliquer la théorie de la
torsion non uniforme. Le chargement considéré est constitué par une
Figure 7.4 densité linéaire constante de charges verticales, d'intensité q, située
l l'abscisse d suivant l'axe Gy du repère barycentrique des sections.
Sur le dessin de la f nous avons représenté la zone de travure De plus, on suppose que les caractéristiques géométriques et mécaniques
comprise entre un appui et entretoise intermédiaire. Soit Q une de la Section sont constantes sur toute la longueur de la travée.
charge concentrée, appliquée relative aD et distante de Sb de
la poutre oOi (0 <S< O. Enfin, on introduit les notations suivantes:
Ss b
Appelons V~ l'effort tranchant calculé dans l'hypothèse de répartition S • he Cl m - II·
1 Ss - Be s a a s S B
totale à l'aide de la formule 7.4, et V! l'effort tranchant calculé dans a
l'hypothèse d'indépendance des poutres. l
7.2.2.2 ~!~!~!~!!~!!g~~~_~~~!~!g~~~
Pour déterminer V~, on suppose les dalles articulées sur les poutres et
1
formées d'une infinité de poutres transversales infiniment rapprochées. Alors: Que le nombre n de poutres soit pair oU impair, on établit facile-
m Q. (Hl) .L-~D ment les résultats élémentaires suivants:
L'effort tranchant nOi au point d'abscisse nD est alors - Aire totale de la section: St - Sa(n + as)
égal li:
- Position du centre d'inertie:
(7.5) h n+2"11
h n v
v ft - - -
i
w - --
2' n+a
Dans le cas des ponts biais, il convient de disposer les entretoises selon fl 2' n+a s Il
le biais de l'ouvrage. La méthode de calcul précédemment développée conduit à - Moments principaux d'inertie
des résultats corrects. 2
S h n(n+qa) sa b2 a
2
7.2.2 Analyse a partir de la théorie de la torsion non uniforme l
y
m __ a__
12 n+a
s
Iz -12 "2s +n(n -1)
s Il
La théorie de la torsion non uniforme ou gênée, telle que développée au - Inertie de torsion:
chapitre 4 est applicable aux tabliers d~ ponts entretoisés dans la mesure
où elle suppose l'indéformabilité de la section transversale. l 2 2
!{ m }Sa (ageS +nel\)
7.2.2.1. ~~~!~!~!~~_~~_!~_~~!~~~~~~_~~~~!~~ _ Position du centre de torsion et aire sectorielle principale.
De façon li simplifier les formules analytiques explicitées dans ce Pour déterminer la position du centre de torsion, nous utiliserons
psragraphe, nous considérons un tablier de pont constitué par n poutres la méthode sectorielle. Les résultats ont 1s même forme, que le nombre
identiques, de hauteur h et d'épaisseur constante e . Le hourdis est un
de poutres Boit pair ou impair. Nous détaillerons les calculs pour un
voile de largeur totale B et d'épaisseur constante :s- Les poutres sont nombre impair de poutres. On commence par construire l'épure de l'aire
régulièrement espacées, et on appelle b la distance entre l'axe de deux
sectorielle de pôle 0, point du hourdis situé sur l'axe Gz, et de même
d'entre elles. Ces dispositions sont représentées sur le dessin de la
origine ( Figure 7.6-a). Le centre de torsion étant, par symétrie, sur
figure 7.5.
11ri

-11,6-
-11,7-

2 2 p(p+l)(2p+l)
1 w yeds • -h b e avec n • Zp+1
r 0 a 6
h
2Cl +r. 2n(n Z_1}
(7,6 ) s
1 2 2 2' 2 2 -, Yi
-ïï,Sahb .n(n -1) ClS+S n(n -1)
En application de la formule (2.10) du chapItre Z, on en déduit Le calcul de l'inertie sectorielle en découle, et le résultat est
la cote du centre de torsion C: le suivant: 2 2 Z 2 2
1 __ Sa__
b h n(n -1}(I,Cl s +6 n(n -il}
(7,7 )
Ir woyeds h S2 n (n Z-l} wil,l, 0 +S2 n (n 2 _1}
Zc - Zo - Iz
- zo+ ï' 2 2 - Zo + 1; s
ClS+S n(n -I}
On peut alors tracer l'épure de l'aire sectorielle principale, 7.2.2.3. Etude des sollicitations dans le tablier.
-----------------------------------------
c'est-à-dire de l'aire sectorielle de pôle C et d'origine 0 ( Figure
7.6-c). On constate, en particulier, qu'au droit de la fibre inférieure Sous l'effet de la densité linéaire uniforme, q, le tablier su-
de la poutre d'abscisse Yi selon Gy, la valeur de l'aire sectorielle bit une flexion et une torsion. Supposons, pour simplifier, que la tra-
principale est: vée considérée soit indépendante. Le moment global engendré par q a
pour expression:
H(x) - !2 qx(L-x)

o L étant la portée de la travée. Ce moment fléchissant induit des con-


traintes normales que l'on détermine selon les méthodes de la Résistance
des Matériaux usuelle. En particulie"r, sur la fibre inférieure des pou-
tres, il engendre une contrainte de traction égale à:

-2bh -bh .bh .2bh


Vi 6 n+za s
°inf - - M(x)'1 - -M(x}.ilS"' n(n+I,a )
y a s
0) Epur. d. l'oire s.ctoriell. de pôl. et d'origine 0
Par ailleurs, les extrémités ne pouvant subir de rotation, la
structure est soumise à un moment de torsion global dont l'expression
est: L
2b T(x) - qd(ï-x)
-~ -b -lb
L'équation différentielle à laquelle satisfait l'angle de rotati-
--rt-=-I- on e(x) de la section d'abscisse x est l'équation (1,.11,) du chapItre 1,:
... 3
ElU GK de _ T(x}
il
1
w 3
dx
dx
l' L L-
2b -b -2b En posant: 2 CK
a • E1w
b) Epure en y de 1. section
elle s'int~gre sous la forme suivante:
de nd L
c -
dx
- A chax of. B shax - -,=(-- x)
CK 2
----
T' -tb -ltb A priori, les entretoises d'about empêchent la rotation des sections
correspondantes, mais n'empêchent pas leur gauchissement. C'est pour-
quoi, pour calculer les constantes d'intégrstion, on exprime que:
2 2
U(L)
2
- ~(O)
2 - 0
dx dx
i'i
"
-2b(h-t) -b(h-t) b(h-t) lb(-h-() " Tous calculs faits, on aboutit à:
li e, Epure de l'air ••• ctori.ll. principale,
U2 _ 2( 1- cha(L/2-x»
rill Figure 7.6 (t.bller a .-br. d. poutr.s I.. pair) (7.8)
j 1 dx2 GK chaL/2
Il
-148- -149-

Le gauchissement non uniforme des sections engendre des contraintes


normales ( et des contraintes tangentes corrélatives) dont l'expression
générale est:
2
a(x,s) EwC(s) .d- 2 e~ Ew (s) •.!Ii( 1 _ cha(L/2-x) ) 0,40
dx C GK chaL/2

Compte tenu de la valeur de l'aire sectorielle principale au droit de la


fibre inférieure des poutres (formule 7.6), on en déduit qu'à l'abscisse
3,20
Y1 suivant Gy, la contrainte normale sur cette fibre inférieure a pour
expression:
2 2
E ~ 2a s +S nCn -1) cha(L/2-x)
(7.9) a~nf(Yi) = -GK 2 ,,2 (2 I)Y1 0 - chaL/2 )
CL +" n n - Section donnée
s

7.2.2.4 ~~~!~!!!~~_~~_s~~ff!s!~~!_~~~~S~~!E~~~~!
La contrainte normale au dro1t de la fibre inférieure de la poutre
r 6,00
riS· 1

f'" F·".
d'abscisse transvërsale Y1 est la somme de la contrainte normale due à

f" . .'TL
la flexion et de la contrainte normale due à la torsion non uniforme. On
peut donc définir un coefficient d'excentrement de la poutre d'abscisse
Y1 comme étant le coefficient 6 1 tel que:

ainf+a~nf(Yi)
6
i
=
a
m 1 +
ainf(Y i )
---"'''-''---='-
a
1_ 3,20 .1. 3,20 -1
inf inf
Avec les expressions précédemment déterminées, 11 vient: Profil mince équivalent

la trov"e est de porté. 1-23,50 III.


2
n(n+4a )(2a +S2 n (n _1»
2
5 h Figur.7.?
E a S 5
(7.10) 6 i - 1+(;·--2· Yi d.F(x)
2 2
6KL (n+2a )(a +8 n(n _1»
s s
On calcule alors:
F(x) chaL/2 - cha(L/2-x)
avec: m 1 2 2
x -I)x .chaL12 K - }.O,548(2,627737.0,.18 + 3.0,40 ) - 0,103232 m4
I(l 2 2
T œ 0,548.3,2 ,1,37 24(4.2,627737 + 0, 16.24) _ 3,894921 m6
~ 144 2,627737 + 0, 1.24
7.2.3. Comparaisons numériques. D'où:
2 GK
a - 0,011043 avec" - 0,2
- Elw
Afin de comparer les r~sultats de la méthode des entretoises ri-
gides avec ceux de l'analyse en torsion non uniforme, nous effectuons -1
a • 0,105088 m aL/2 m 1,234781 avec L- 23,5 m
une comparaison numérique sur l'exemple représenté sur le dessin de la
figure 7.7. Numériquement, la fonction F(x) de la formule (7.lo)varie de 2,084218
pour x - 0 à l, 854380 pour x· L/2 • Il,75 m. Sion considère la valeur
La formule (7.1) donnant le coeffici~nt d'excentricité est prise maximale, qui est au voisinage de l'origine, le calcul numérique donne:
sous la forme:
1 + 12 6(y i) - 1 - 0,103851 Yid
6(y i) d
b 2 ( n 2 -1) Yi
Cette valeur est un peu plus faible que celle donnée par la méthode des
entretoises rigides, mais l'ordre de grandeur est le même. A mi-port~e,
ce qui donne, avec n-) et b - 3,20 m:
le coefficient 6(Y1)-1 est encore un peu plus faible, !!t vaut O,092399Yid.
6(Yl) - 1 + O,146484·y i d ( Yi et d en m) En fait, la méthode des entretoises rigides suppose que l'inertie
Dans le cadre de la théorie de la tOI sion non uniforme, les divers de torsion propre des éléments de la section transversale est négligea-
paramètres ont les valeurs suivantes: ble. Si l'on fait la même hypothèse dans le cadre de la théorie de la
torsion non uniforme, l'équation différentielle à laquelle satisfait
SS m 8 x 0, 18 m 1,44 m2 5a - l,) 7 x 0,4 - 0,548 m2
l'angle de rotation du tablier se réduit à:
as 2,627737 B ft 0,4
-150-
-151-

d 1a L
E\,- = 'Id ( - - x ) Ces valeurs littérales ~unt, bien évidemment, établies pour une sec-
d,,) 2
tion homogène. Pour une ossature mixte, la transposition est aisée, à
qui, compte tenu des conditions aux llmlt~s, s'int~gre en: partir des épaisseurs é'luivalente~ déjà précisées.
2
a
d
-2 -
dx
zfi-wx( L - x)
d On détermine ensuite les contraintes de cisaillement en fonction
des parts Tl et T2 du couple de torsion reprises en torsion de De Saint-
Venant et en torsion non uniforme. On rappelle que:
Ainsi: 2 2
2Cl +6 n(n _1) L sha(L/2-x»
a' (y) _ s
-36. " Yi Tl - -GK de qd(ï- x - achaL/2
• 5 hb2 '1 d x(L -x) dx
inf 1 n(n 2-1)(4a +6 2n(n 2 _1»
s a 3
2 2 T • El .d -e - 'Id sha(L/2:-x)
et: (n+4a s ) (2a +6 n(n -1» Yi 2 w dx3 achaL/2
s
6(y ) - 1 - 12. 2 2 2 2"
1 (n -1)(n+2a )(4a +6 n(n -1» b La reprise de Tl est assur€e par des cisaillements antisymétriques dans
s s
l'€paisseur des voiles et la reprise de TZ est assurée par des cisaille-
Avec les valeurs num€rlques de l'exemple consid€r€, on trouve: ments variables le long du contour, mais uniformément répartis dans
l'épaisseur des voiles.
6( Yi)-l - O,lS1943'Y
i
Isolons alors une tranche de poutre comprise entre les abscisses
Cette valeur est proche de celle fournie par la m€thode des entretoises x et x+dx avec dx-l. Alors, compte tenu de ce que nous avons vu au
rigides.
chapttre 3 concernant la distribution des contraintes de torsion
En conclusion, on constate que dans le cas des ponts à poutres pure dans une section mince, l'effet de ces contraintes peut être
bien entretois€es, la m€thode dite des entretoises rigides conduit à assimilé à celui de couples répartis et de forces concentr€es aux extré-
une estimation correcte des effets de l'excentrement des charges. mités des voiles. La part Tl du couple total de torsion est ainsi re-
prise par les poutres (Tai) et par le hourdis (T sl ) de telle sorte que:
7.2.4 Cas particulier des tabliers a deux poutres sous chauss~e Tl- ZT al + T
si
avec: es Z
Dans le cas des tabliers à deux poutres, l'étude en torsion non a (-)
uniforme conduit aux r€sultats suivants: s e
a
l+a TaI-Tl' etTsI-T I ·
1 s 1 2 l+2a es Z es Z
v 1 - -5 h . _ _ s
s - h· 2 +Cls vi - h' 2 +a Y 3 a 2+a Z + as(e) Z + as(e-)
s s a a
2 2
h 66 l _ J... 5 h2 2 2a s +36 La densité de couples répartis dans les poutres et dans le hourdis a
1; •
w 12 a b. - - 2 pour expression:
1\'1: 2" • a +66 2 a +66
T T
s s al si
Yat - 2h
II) L'épure des contraintes normales dans la section d'abscisse x est re-
Ysi - 2iï

présentée sur le dessin de la figure 7.8 en fonction de la valeur de et il faut leur adjoindre des forces concentrées dont l'intensité a la
1
al: même expression aux extrémités des voiles, comme indiqué sur le dessin
2 de la figure 7. 9-a. .
al - (l+v) hb
K -36
-
'Id ( 1 _ cha(L/2-x)
2 chaL/2 ) 'On peut alors calculer les éléments de réduction de ces sollicita-
a +66
s tions dans le portique constitué par la tranche de poutre de longueur
unité et, par intégration sur une longueur convenable (suivant l'axe
longitudinsl du tablier), en déduire les sollicitations dans les en-
tretoises, qui sont seules censées travailler à la flexion transver-
sale pour assurer l'ind~formabilité du profil.
"3
..-:~~
"1 ~ ~=I:::> -0
-"3
En ce qui concerne le flux de cisaillement li~ l la part TZ du
couple de torsion total, son épure est représentée sur le dessin de la
Oz figure 7.9-b. A partir de là, on peut encore considérer les sollicita-
tions de flexion transversale dans une tranche de poutre de longueur
unité pour en déduire celles affectant" les entretoises. On notera qu' il
n'y a inversion du sens des cisaillements dans le hourdis compris entre
les poutres que si la quantité:
- "2
_36 3 + 66 -2
as ,_
-152- -153-

7.3.1 La méthode des ossatures plissées


l'I
7.3.1.1 Généralités
-----------
Un tablier de pont à poutres sous chaussée peut être schématisé,
dans le cadre d'une analyse en ossature plissée, par plusieurs voiles:
l'un, horizontal, représente le hourdis supérieur portant la chaussée
et les autres représentent les poutres. Conformément à ce que nous
avons dit en 5.3.1.1., le hourdis ne peut être lui-même décomposé en
plusieurs volles car leur feuillets moyens seraient coplanaires.
Le hourdis doit donc être globalement considéré comme un voile
"l'al
lié aux poutres par l'intermédiaire d'articulations situées directe-
ment sous son feuillet moyen (figure 7.10~ Nous nous contenterons
a) Couplu et for cu répartis.II!!. TI
d'examiner, ici, les effets des densités linéaires de charges appli-
quées au droit des lignes d'articulation, charges que l'on supposera de
2
Je,S(I-8 ) TZ
direction verticale. Il convient alors de distinguer le cas des tabliers
â deux poutres de celui des tabliers â un nombre quelconque de poutres
'7'~ supérieur â deux.

t~\t Dans le cas d'un tablier â deux poutres dont la section transver-
sale est supposée symétrique (ce qui est généralement le cas), la charge
S.hb 0,1-383.35-2) TZ
extérieure peut facilement être décomposée en un système symétrique et
~T\ un système antisymétrique (figure 7.10.
Ir . as +66 2 '"Ç
_.L' -r\-
S.hb "/'2
il' "Ç

il \ S.hb as
---g-'
,-"'."-'l '"Ç"
",'66
2

bl Epure des flu. de cI,alllement symêtrlques lit!. i TZ


,~r
(pour une tranche de poutre de longueur unit!!) Figure 7. 10: modélisation en ossature plissée
d'un tablier â poutres sous chaussée.
FIgure 7.9

\. 7.2.5-
1
'~
-~-"-'-'---
Ainsi que nous venons de le voir, la méthode des entretoises rigides
et la théorie de la torsion non uniforme ou gênée conduisent à des résultats
t

n"'" r-,
voisins. Dans les lcations pratiques, la méthode des entretoises rigides
est beaucoup plus à mettre en oeuvre que la seconde. Elle ne semble,
Jql lx) f,f X
) t,f.)

fi
toutefois, bien que dans le cas des tabliers en béton (armé ou précon-
traint). En effet, le cas des ponts en ossature mixte ou métalliques,
les effets du gauchissement des sections peuvent affecter de façon sensible +
le bord des semelles inférieures des poutres principales. Or, ces effets ne
peuvent être quantifiés par la méthode des entretoises rigides, qui présente
un caractère relativement global. l
Donc, si l'on veut examiner de près le niveau de contraintes dans les qs(x) - Z(ql (x) +q2 (x»
semelles des poutres de ponts métalliques, il est préférable de recourir 1
qa(x)-Z(ql(x)-qZ(x»
à la théorie de la torsion non uniforme ou gênée.
Figure 7.1r. décomposition d'un système de chargement
7.3- ETUDE DES TABLIERS DE PONTS A SECTION DROITE DEFORMABLE en une partie symétrique et une partie
Nous examinons, ci-aprt,s, quelques unes des méthodes les plus employées antisymétrique.
pour étudier le fonctionnement de tabliers à poutres sans entretoises interwé-
dia ires .
( 1
-15/.-
-155-

Le système de chargement symétrique ne va pas induire de flexion


dans le plan du feuillet moyen du hourdis: les contraintes normales
y sont uniformément distribuées et des considérations de statique
élémentaire montrent a l'évidence que l'analyse en ossature plissée " ~
conduit aux mêmes résultats que l'analyse selon la Résistance des Ma-
~
tériaux usuelle. Par contre, le système de chargement antisymétrique
va induire des sollicitations antisymétriques (M,N) dans les poutres ..-----. ----- -----.. ..•
et une flexion simple dans le hourdis. Seul ce cas de chargement est
donc intéressant dans le cadre d'une analyse en ossature plissée.
..• ~

Dans un tablier comportant un nombre de poutres supérieur a 2,


compte tenu de la souplesse infinie des voiles vis-a-vis de sollici-
tations normàles au plan de leur feuillet moyen, un chargement, même
symétrique, mais nOIl uniforme,des poutres va engendrer des flexions
différentes dans ces dernières. C'est pourquoi, il convient d'examiner
les effets de chargements symétriques quelconques.

7.3.1.2 ~~~~~_~:~~_~~~!!~E_~_~~~~_2~~~E~~
0" po.. 1 $a' hta S.. 8t,

On considère un tablier de pont à fibres parallèles, dont la $. b


section transversale est assimilable à un profil mince, dont les carac-
CI,- ~ 6' If

téristiques géométriques sont représentées sur le dessin de la figure


7. Il. Comme nous venons de le voir, nous nous bornerons à l'étude des
sollicitations sous chargement antisymétrique. En supposant les liaisons Figure 7.13
extérieures affines, les sollicitations dans lès poutres sont antisy-
métriques et l'effort normal dans le hourdis supérieur est nul.

NI
\: 8 6 hN 1 6

l
• - + h"S(M
°l,sup 5 o +'2 I ) ·S(4N I +i\Mo )
a a s
1 1- l-q,·, '1
l fo. Par ailleurs, au droit de la charni~re avec la poutre n O l, la con-

f· }..
ql.' trainte normale dans le hourdis vaut:

l
'i I-----------.~I l<s vo.u~s SOttt d·~pa.UlW.\
Or, Is ..
es B
12
3
.. _ _
2
B S
8 .. __
o
b 2a sS
b Ms
s
b2
s - '21" - ï I NI
s
en posant as .. SslSa et 8 .. b/B.
~o".ttn.nCt 12 1282 a
!j
On rappelle que, conformément aux notations de la figure 7.' 3, Sa et
Figure 7.12 Ss désignent respectivement les aires des sections droites d'une pou-
tre et du hourdis. Il s'ensuit que:

~r,
2
68
Les notations et les conventions de signe sont celles de la figure
7.13 où nous avons "éclaté" les éléments afin de représenter plus s-----N
aS
s a
1 °
~;' facil ement les efforts internes. Nous appellerons Mo le moment résul-
tant des actions extérieures et des liaisons dans la poutre n·l. On En écrivant l'égalité des contraintes 01 su et os' on en déduit,
peut ainsi écrire: sprès réduction: • p
:1
- pour la poutre n'l _ _3a
_s__ M0
fii N .. d'où
1 2a +38 2
Il: NI - R - IX
o
g(t)dt
s
h
"i M
1
= M + È. R - M + È. N
0 2 0 2 1 a +68
2
b 3a s
l'
f - pour le hourdis
M1 .. s
4a +68 2
~I et H .. - 2 Ho
0 s h 2a +38
Ns - 0
s s
1
'\\, On peut alors calculer, en fonction de Ho. les contraintes normales
M
s - - È.
2
2R - -b R - -b N
1 dans les sections caractéristiques du profil:

La contrainte normale sur la fibre supérieure de la poutre n'l


-156-

_ il la jonction du hourdis et de la poutre nOI -157-

Ili8 2 Ho
o
;-as +313 2 hS a No = ïq:«L-x)
1

Alors, l'application de la formule (S.h) conduit a écrire:


_ au niveau de la fibre inférieure de la poutre nOI
2
2 °l - 02 h(a +h( ) H
6(et +3( ) H yU :::. s o
s 0
1
o Eh 2 . Eh 2S
~
2 2a~ hS a 2a +38
s a
s et, par double intégration, en tenant compte des
Compte tenu du caractère antisymétrique du chargement et de la linéa- conditions aux limites:
rité des contraintes dans le hourdis, le diagramme des contraintes 2
normales dans l'ensemble de la section s'en déduit aisément. I l est )(OS+hB ) Lx) x4 L\
représenté sur le dessin de la figure 7.14. YI : 2 • ~( 6 - T2 - 12 )
2a +)13 a
Les contraintes de cisaillement se calculent aisément dans la s
mesure où les contraintes normales s'expriment, dans l'ensemble de Par ailleurs, en effectuant les réductions nécessaires, on a:
la structure, sous la forme d'un produit:
Y~
313 2
o(x,s) - f (x).f (s)
1 2
Ainsi, l'application de la formule générale:
h
yi' M; .
a +66 2 . b
s
Hg
r: :
Il

,--fr:t ~eds
ax
Ce rapport étant constant, et les voiles astreints à rester soli-
daires le long des charnières, on peut écrire:

où , est le flux de cisaillement au droit d'une coupure normale au pro- 9(32 - L Lx) 4
y = x L\
fil, compté positivement lorsqu'il sort de la partie r~ délimitée par s - - 2 ' EbS ( -6- il" -12
cette coupure, est aisée dans le cas présent. Nous ne ~a ferons pas 20 +38 a
5
du fait de la lourdeur des expressions littérales.

11 '5 m -1
<l-

,1
1~
I
1 '0.45"
1 1
0.95m 0.951.'1
1
1 1

J.JOm i 1
n.'Om
'-+1
1
3.JOm

Section donnée

,
e .. O.45m

0" -(1+
2
2)0
J82 1
0J"
,
a 0,
0.95 h- 2. i75 m
.
e -0.9Sm

Figure 7.14 ProH l mince &qulvalllnt

Si l'on s'intéresse à la déformation de la structure, il est Ca/t.a.cCéJLi.~ÜOUe..l méca.n.iouu


nécessaire de préciser les liaisons. Supposons qu'il s'agisse d'une , Z
travée de longueur 1., simplement appuyée en flexion en ses extrémi- 5,' 6,75 m- Sa' 1,63615", a.' 1,560J6 B' 0,56
tés, et bloquée en torsion, ce qui suppose la présence d'entretoises
d'about. Supposons également, pour simplifier les calculs, que la
densité de q(x) soit constante égale à q. I l s'ensuit que, Figure 7.15
l, le moment Ho des forces extérieures est:
-\58- -\59-

Pour fixer les id;;",,;, nouS aUons consWérer l'exemple numérique


correspondant aux indications de la [ieure 7.\5 Si l'on pose: La structure est supposée sollicitée par une densité de charges
verticales axées sur la poutre médiane. Les solllcitations dans la
1 Il 1 section vont respecter le caractère de symétrie de la structure et
~ l.x l( ):-_x. )
À(x) ~ ES~( -6- - fi 12 de son chargement. Alnst, 1('9 pOl.tres latérales (nOI et 3) sont sou-
mises à un effort normal NI et un 1II0ment fléchissant Ml' la pOl.trr.
on constate que: médiane est soumise aux efforts (N Z,M ) et le hourdis n'est solli-
Y1(X) O,792Z>'(x) et 2
cité que par un effort normal N • Avec les conventions de signes et
Ys(X) ~ 0,05543 >'(x) de notations de la figure 7.18 fvue éclatée; sur laquelle les efforts
tranchants dans les poutres n'ont pas été représentés) et en notant:
Ainsi, les poutres fléchissent verticalement, vers le bas pour la
x x
poutre nOl et vers le haut pour la poutre n"2, et le hourdis supé- RI (x) - {, gl (t)dt et R2 (x) .. {, g2(t)dt
rieur se déplace de la poutre nOl vers la poutre nOZ. Ceci est sché- il est clair que:
matisé sur le dessin de la figure 7.\6.
- poutre n'l NI .. RI b 'b
Hl - ïRI .. ïNl
- poutre n02 N .. R h
M .. M +.!!.R .. Mo + '2
2 2 2 0 2 2 N2
lq - hourdis Ns .. -(2R +R ) .. -2N - N
1 2 1 2
en appelant H le moment des forces extérieures
appliquées à la pou-
YI tre médiane, 80mpte tenu des liaisons réelles.
Figure 7.16
~ Y,

. /

. /
,,/
,,/
.' ,,-

I l est clair que cette déformée ne peut correspondre à la dé-


formée réelle de la structure car nous avons totalement négligé l'iner-
,./
,,/ ,/
P'
-"
tie de torsion propre des voiles et la capacité de la section transver-
sale à résister aux efforts de flexion transversale.

7.3.1.3 ~~~~!_~~~~_~~~!~!~-~-~~~~~-~~~~!!~
Quel que soit le nombre de poutres, un tablier à poutres se
traite de la même façon que nous venons de le faire dans le cas d'un
bi-poutres. Dans le présent paragraphe, nous considérons un tablier
"Ir;,
à trois poutres pour illustrer, dans le cadre d'une analyse en
ossature plissée, les effets d'un chargement symétrique.
-0-
La section transversale du tablier étudié est représentée sché-
matiquement sur le dessin de la figure 7.17: on la suppose symétrique
et les trois poutres sont de caractéristiques identiques.

Figure 7. \8

l' , !e,
i"" ,
1T La résolution du problème consiste à écrire l'égalité des con-
traintes au niveau du hourdis supérieur et au niveau de la fibre 9U-
périeure des poutres n'l et 2.
Pour la poutre nOl, al su ..
N 4N
~ + h~ Hl" ~
e. ,p a a a
• N2 6 ' b 4N 2 6
Pour la poutre n 2, a 2 ,9Up - S+tiS(Ho + ï N2)" -S-+tiS"'o

r · • '"• ·
_ _ _ _ S, • S. s
Notations: S ' he
S,
os· ~
1 Pour le hourdis, (1
s
.. -
N
S
s
s,
..
a

a
a

- S1 (2r~ 1+N 2 ) .;;-


1
s
a a

En exprimant l'égalité de ces trois contraintes, on aboutit aux deux


équations suivantes:
Figure 7.\7
-161-
-160- , 2(3+20)
2 3+4a li v s
h s v
et
le = Sa'4' d'où 1t hS (3+4a )
3+a It h5 a (3+4a s) as
w
s
(2+40 ,,) N 1 + 1'1 = ()
2 Selon la Résistance des Matériaux usuelle, les contraintes engendrées
3 par le moment fléchissant Mo sur les fibres e~trêmes ont donc pour
NI - 1'1 2 2h Mo
expression: M
On en dédu it: cr u __6 _ -2
M )(l+2a ) M en fibre supérieure
N = __3 o 1'1 =_ s o sup 3+4a hS
et s a
1 2(3+4a ) h 2 3+4a h
s s
- en fibre inférieure 2(3+2a ) M
A partir de là, on calcule: s o
a ihf - - -3+4(1
- n~
3+2a s a
M _ _"_11
= --) et M ft
2 (3+4a ) On constate que la contrainte dans le hourdis sùpérieur est la même
1 4 (3+4a ) 2 0
s s
que dans l'analyse en ossature plissée. Par contre, en fibre inféri-
et,enfin, les contraintes normales: eure, les trois poutres sont sollicitées de la mêMe manière et sont
6 M le siège de contraintes intermédiaires entre celles des poutres de
- dans le hourdis cr = N IS = --- -!? rive et médiane dans la précédente analyse.
s s s 3+4a s hS a

- en fibre inférieure de la poutre nOl En ce qui concerne la déformée de la structure, et si on ap-


pelle y(x) la fonction représentative de la flèche commune des trois
3 Mo poutres selon la Résistance des Matériaux usuelle, on établit aisé-
cr --- --
1 3+4a hS ment que, selon l'analyse en ossature plissée, les flèches des diver-
s a
ses poutres sont:
Ml It 9
- en fibre inférieure de la poutre n02: - poutre de rive: Yl (x) - HI y{x) 4{3+a ) y(x)
o a s
12(I+a ) Mo 3 (3+Za )
s - poutre médiane: M It s
2
O2 3+4a
s
hS
a
Yz{x) = HI y(x) m 2(3+a ) y{x)
o a s
L'allure du diagramme des contraintes normales dans l'ensemble de la Compte tenu de ce que les voiles sont supposés sans rigidité dans le
section est représentée sur le dessin de la figure 7.19. On note que sens transversal, on peut établir les dessins de déformées de la
la poutre médiane est nettement plus sollicitée que les poutres de
figure 7.20_
rive.

"s
1 1 1 ~ ,J.'

~formée selon 1a Oêformh selon l'analysœ


Rêsistance de, Matêriaux usuelle en ossature pl hsi!e

Figure 7.20
O
2 ' -2(1""),,, ~
al 7.3.1.4. Conclusion
----------
Comme nous venons de le voir, l'analyse en ossature plissée des tabliers de
ponts à poutres sous chaussée ne pose aùcune difficulté, quel que soit le
Figure 7.19 nombre de poutres. Il faut cependant distinguer le cas des ponts à deux
poutres de celui des ponts à plus de deux poutres. En effet, dans le pre-
Comparons les résultats que nous venons d'obtenir à ceux que fournit mier cas, seuls les modes de ch:1rgement nnti!>ymétriC]ues engendrent un
la Résistance des ~~tériaux usuelle. Pour cela, on comm~e par déter- gauchissement de la section transversale, alors. que ce phénomène est mis
miner les caractéristiques mécaniques de la section: en évidence sous modes de chargement symétriques dans l'autre cas.
S = S + JS S (3+a )
De plus, la comparaison des résultats des § 7.2.4 et 7.3.1.2 montre
s a a s
que l'allure du diagramme des contraintes est identique par les deux
v (distance de G à la fibre supérieure) = 2(;+: ) méthodes. Si l'on effectue le ~alcul d'un tablier à deux poutres
3+20 q s
1~
1 -1(,:>-
-163-

selon la théorie de la torsion non uniforme ou gênée, en négligeant la


rigidité de torsion de Saint-Venant, on aboutit aux même résultats numéri- La structure est rapportée au repère Oxy tel que le montre le dessin de
ques que par l'analyse en ossature plissée (il suffit de faire tendre la figure l. 21.
a vers 0 dans l'expression de 01 dll § 7.2.4 après l'avoir multipliée par
2 pour obtenir le même cas de chargement que celui envisagé en 7.3.1.2.).
Cette remarque est valable pour toute section composée de trois éléments
de voiles non concourants puisque dans les deux théories la répartition
des contraintes normales est linéaire dans chaque élément et les contraintes
tangentes sont soumises aux mêmes conditions aux bords libres des voiles et
ail droit des charnières.
Signalons enfin que l'étude des effets d'un entretoisement peut être
abordée dans certains cas particuliers, notamment dans le cas d'un
'-
tablier à trois poutres sous chargement symétrique non uniforme. En effet,
dans un tel cas, la présence de l'entretoise peut être représentée par
L
la transmission, aux poutres principales, de contraintes de cisaillement

;J~
conduisant à un système d'efforts résultants auto-équilibré. Mais les
effets d'un entretoisement ne peuvent pas être simulés dans un tablier à
deux poutres sous charges antisymétriques car l'action réciproque des
voiles constitutifs de la section et des entretoises ne peuvent se
réduire à des cisaillements simples le long des bords des entretoises.
M •
7.3.2 La méthoqe de Guyon-Massonnet 'r

La méthode de Guyon-Massonnet est une méthode de calcul des dalleR Figure 7.21
ou de réseaux de poutres relativement simple et largement employée pour
le calcul de tabliers de ponts. Initialement développée pour des dalles Ce réseau de poutres est assimilé à une dalle droite orthotrope
isotropes, elle a été ensuite étendue au cas des dalles othotropes. formant travée indépendante, possédant donc deux bords libres (selon Ox)
Cependant, elle nécessite un certain nombre d'adaptations pour le calcul et deux bords simplement appuyés (selon Oy). L'hypothèse de base de la
des ouvrages réels, adaptations dans le détail desquelles nous n'entrerons méthode consiste à admettre que le coefficient de Poisson du matériau
guère. constitutif, supposé homogène, est nul. Cette hypothèse est plus ou moins
Les principales publications auxquelles il convient de se référer sont contestable, mais, dans la mesure où le but de la méthode est de déterminer
les suivantes: la répartition des efforts dans les différentes parties de la structure
- GUYON : calcul des ponts larges à poutres multiples solidarisées et où les variations de ces efforts ne sont pas très importantes, l'erreur
par des entretoises -Annales des Ponts et Chaussées - 1946. qui en résulte peut être considérée comme négligeable.
- GUYON: calcul des ponts dalles - Annales des Ponts et Chaussées -1949.
- MASSONNET : contribution au calcul des ponts à poutres multiples- L'équation différentielle des dalles orthotropes, dans le cas du
problème considéré, eut se mettre BOUS la forme:
Annales'des Travaux Publics de Ilelgique - Juin-Octobre-Décembre 1950.
a4w a4w a4w
! - MASSONNET : compléments à la méthode de calcul des ponts à poutres
multiples (avec tables numériques}-Annales de l'I.T.B.T.P. Janvier 1962
- R. BARES et C.MASSONNET : le calcul des grillages de poutres et
(l.ll) pp.~ + (Y p+Y E}·---2----2 + PE'~" q(x,y)
3x ax 3y 3y

t dalles ortho tropes- Dunod . Dans cette expression, w(x,y) représente la déformée de la dalle, comptée

l,
~,
7.3.2.1 rE!~~!E~_~~_!~_~~~~~~~
On considère une travée indépendante, de portée L, de largeur 2b, dont
positivement suivant l'axe Oz, q(x,y) est la densité de charge par unité de
surface, également comptée positivement suivant Oz.
Bp BE Cp CE
~' l'ossature est constituée par une poutraison croisée de m poutres longitudina- P -- P ,,- Y"- y a_
; les ( portée L, espacement LI) et de n entretoises (portée 2b, espacement b l )
P bl E LI P bl E LI
intermédiaires, disposées transversalement. L'hypothèse de nullité du coefficient de Poisson simplifie beaucoup
Toutes les poutres sont identiques et caractérisées par:
1: - leur rigidité de flexion Bp = EIp'
l'expression des sollicitations puisque:

M
a2w H
a2w
- leur rigidité de torsion Cp = GK p ' x Pp'-2 y P E '-::-2
ax 3y
De même, toutes les entretoises sont identiques, et également caractéri-
sées par:
M
a2w a2w
leur rigidité de flexion BE - EI E et xy Yp'axay Myx .. - YE'3xay
leur rigidité de torsion CE = GK E·
Ainsi, on remplace la structure réelle discontinue par une structure
1 fictive continue ayant pour rigidités les valeurs moyennes qu'ont ces
: 1
rigidités dans la structure réelle. Les précédentes notations (M ,H ,M ,
il '
l'"
Hyx ) sont les notations habituelles de la théorie des plaques. x y xy
-105-
-164-
On définit alors le coefficient K(y,e) par le rapport:

si le tablier est formd de poutres dont la rdsistance ~ la torsion


est négligeable, le coefficient (Yp+Y ) ést pratiquement nul. Au contraire, (7.12) K(y,e) = w(y,e)
E W
si le pont est une dalle isotrope, on a: m
Pp = Pg = P et Yp+ YE = 2p
Supposons maintenant que la dalle soit soumise à un ensemble de charges
Les structures réelles ayant un comportement intermédiaire entre ces "en lame de couteau" tel que:
deux comportements particuliers, l'équation différentielle de la dalle q(x,y) = E q .. sin(~X)
orthotrope est mise sous la forme: i L

4
i) w a\, La charge d'intensité q. étant placée à l'abscisse e. selon Oy. I l est
+ 201 IppP E -2--2 + PE'-4 q(x,y) clair que la déformée d~ la dalle, somme des déformé~s dues il chacune
àx ôy <ly des charges (hypothèse de l'élasticité linéaire), a pour expression:

avec 01 (paramètre de torsion). (Yp+YE)!2/ppPE • Par ailleurs, on peut montrer w(x,y) -lE q.w(y,e.» sin(lI x)
que le fonctionnement du tablier est completement défini par ce paramètre l l L
Cl! et le paramètre d'entretoisement a défini par:
- lIX
-lE qiK(y,ei» wm.sin(~)
eH~\4~
L VP; en vertu d~ la définition du coefficient K.
Pour analyser de manlere approchée l'effet de la répartition transver- Mais si toutes ces charges étaient réparties sur la largeur de la dalle avec
sale des charges, on admet qu'elle est la même que si ces charges Se la densité
réduisaient au premier terme de leur développement en série de Fourier Eqi
suivant l'axe de la dalle:
lb
q(x,y) • ql(y).sin(n;)
la d~formée de la dalle aurait pour expression:
et i l a été démontré que cette approximation est suffisante pour les - lIX
objectifs recherchés. wm - (~qi} wm·sin(~)
l

7.3.2.2 ~!~~!~~_!~~&!~~~!~~!~_~~~_E~~!!~~ On déduit de ceci que:


Considérons, tout d'abord, une charge "unitaire" an lame de couteau E q/(y,e )
i
telle·que: w(x,y) = w
- nx m q.
. l
q(x,y) - 1.sin(~) 1

située le long d'un axe parallèle à Ox et d'excentricité e, comme indiqué


sur le dessin de figure 7.22. Appelons alors M (x,y) le moment fléchissant "longitudinal" dans la dalle
et li le moment'lorgitudinal "moyen" que développeraient les charges appli-
quée~msi elles étaient uniformément réparties dans le sens transversal.
lix(x,y) - - pp,---Z
a 2w Hxm
d
2
P p '--2(w (x»
dX m
dx
,. On en déduit donc que:
!~ r---------------~~~
E q.K(y,e.)
i 1 1
(7.13) Mx (x,y) m Hxm
l: q.
. l
1

y
Le coefficient K dépend de la valeur du paramètre d'entretoisement a,
Figure 7.22 de la valeur du paramètre de torsion a et, bien évidemment, de y et de e.
L'étude numérique de nombreux cas a permis de montrer que, si l'on fait
On démontre que la dalle prend une déformée de la forme: seulement varier a, le coefficient K obéit avec une très bonne approxima-
-
w(x,y,e)
- . nx
w(y,e).s1n(~)
tion il la loi d'interpolation suivante:

Supposons maintenant cette même charge répartie sur la largeur 2b de la (7.14) 1 Ka - Ko + (KI-Ko),fa 1
dalle, donc avec la densité 1/2b le long de Oy. Cette charge conduit à une
déformée cylindrique de la dalle, de la forme: où Ko et KI représentent les valeurs de K pour a - 0 et 1 respectivement.
- . nx
Wm·sLn(~)
-166- -167-

Les valeurs de KO et KI peuvent être directement calculées à partir Comme le coefficient K, le coefficient ~ se déduit des valeurs ~ et ~I
des expressions analytiques fournies dans l'article de C.HASSONNET dans correspondant à a = 0 ou l, par la formule d'interpolation: 0
les Annales de l'lTBTP, 011 directement lues dans les tnbles de valeurs
numériques qui les accompngncnt, en [onction tic dirrér('l1le~ v;tlcur~ dtl
paramètre d'entretoisement et pour:
(7.16) E 110 +(", -"0).1;;" 1

e 3.1" , 3 Les valeurs de ~ et ~I sont calculées à partir de leurs expressions


b ~ -', - 4' 2' - 4' 0, 4' 2' 4' 1 analytiques ou d~rectement lues sur les tables. A noter que ces valeurs
correspondent au premier terme du développement en série de Fourier. C'est
t- 0 , 4' 2' ? et 1
généralement suffisant, mais si l'on souhaite plus de précision, on peut
prolonger le développement en pren,mt, p:lr eKemple, les trois premiers
En vertu du théorème de Maxwell-Betti, la fonction K(y,e) est symétrique, termes. Le moment M a alors pour expression (relative à la charge q,
à savoir: précédente): y
K(y,e) = K(e,y) n n . IIX
M,<X,y) a bl:~ q .Sln(~)
En conclusion, pour obtenir le moment fléchissant longitudinal pnr unité où ~n et qn représentent le n-ibme terme du'développement en série de ~
de largeur transversale , on calcule le moment longitudinal moyen pour et de la charge q. Alors:
l'abscisse x considérée, c'est-à-dire comme si la dalle était une poutre
simplement appuyée en ses extrémités, puis on multiplie ce moment moyen ~n(e,y,e) œ ~(ne,y,e)
par le coefficient "d'excentrement":
):qiK(y,e ) Lorsque la dalle est chargée par plusieurs charges "en lame de couteau"
i ou réparties sur des bandes, on cumule les effets de chacune de ces
Eqi
7.3.2.4 ç!!~~!_~~~_~~~~~~_~~_~~!~!~~
La démonstration qui vient d'être faite avec des charges en "lame de Toujours pour une charge en lame de couteau de type:
couteau" s'étend facilement au cas de charges réparties sur une bande de . (IIX)
largeur inférieure à celle de la dalle. Par exemple, si la bande comprise q,.Sln ~

entre les ordonnées e, et e2 est soumise à la charge: placée à l'excentricité e suivant Oy, on calcule les moments de torsion
. (IIX) par les formules suivantes:
q.S1n ~
r---------------------~
(7.17) M - M - 21 (u)b.ql.cos(IILx)
il convient de remplacer les termes de la forme qiK(y,ei) par: xy yx
e
Yp
qI
Z K(y,e)de M
xy
--(M
Yp+Y xy
-M
yx
)
e, E
que l'on calcule en intégrant la ligne d'influence de K en y. M • M -(M -M )
yx xy xy yx
7.3.2.3 ~!~~~~~_~!~~~~~!~~!~_!~~~!~~~~~~~) La variation de leU) en fonction de a peut être représentée
ment par la loi simple:
Nous avons vu précédemment que: 2
M (x,y) ~ - P .-
a w
(7.'8) Il(a)-~I
E ay Z
y
l, désignant ls valeur de l pour a - ,.
Pour une charge de la dalle soumise à la loi:
i'\; La valeur de II peut être évaluée à partir des formules analytiques ou
q,.sin(.~)
L
directement lue dans les tables.
Comme précédemment, on procède aux cumuls appropriés en présence de Il.~
répartie suivant la parallèle à Ox d'excentricité e, on a vu que la
déformée était de la forme:
plusieurs charges. Il
7.3.2.5 ~~~~!~~~~~~~~~_~~_~~!!~_~~_!~~!!~!_~~_9~~!9~~~_~h~!g~~_~~~~!!~~
w(y). sin(II~)
D'une façon générale, pour une fonction q(x) quelconque,
i
l,i Donc:
My(X,y) - -PE.w"(y) .sin(II~) 2 fL . kllx
q(x) - l: qn.sin(n~x) avec qk - L 0 q(x)sm(T)dx
Cette quantité a été mise sous la forme: n-l

(7. '5) M ~(e,y,e).b.q,sin(~) a) Charge uniformément répartie (q-Cte) sur la longueur L:


Y
qk - ~
kll
si k est impair

• 0 si k est pair
-168-

1 . kwx -169-
d'où q(x) = 11
1: j{,sln(T)
1
b) Charge uniformément répartie sur une longueur 2c centrée 'sur le
point d'abscisse d: Dans le sens transversal, ces mêmes principes sont applicables si le
. (knd) . (knc) tablier est doté d'entretoises intermédiaires. En l'abscence d'entretoises,
qk.= .SlO T .Sln T il convient de faire jouer au hourdis le rBle des entretoises et introduire
alors la rigidité du hourdis COlronC précédemment.
d'où q(x) = ~ '; 1 . (knd)
~ j{.sln T
. (knc) . (knx)
.Sln T .Sln T Dans le cas particulier des ossatures mixtes comportant un nombre de
11
1 poutrelles supérieur à 2, la méthode de Guyon-Massonnet donne des résultats
convenables en admettant que l'inertie de torsion des poutrelles (et des
c) Charge concentrée Q au point d'abscisse d: entretoises éventuelles) est nulle. Le terme (Yp+Y ) est donc simplement
E
égal à Eh'/6 correspondant à l'épaisseur h de la dalle en béton armé.
2Q . knd
qk = ~ sln(-r-) Le coefficient a est alors lié aux rigidités de flexion par la
relation:
,. . (knd) . (knx)
q(x) = ~ Sln T .Sln T a = --=-"--
1 t2,rp;o;
7.3.2.6 ~E!!!~~E!~~_2r~E!g~~_2~_!!_~~E~~2~_2~_~~~~~:~!~~~~~~E
Lorsque le tablier est continu, la méthode de Guyon-Massonnet est
La méthode de Guyon-MasBonnet, telle qu'elle vient d'être exposée, encore applicable à condition de remplacer la travée considérée par un
considère une structure comprenant des poutres principales et des entretoises. tablier fictif, appuyé en ses deux extrémités, et présentant la même flèche
Mais, contrairement aux méthodes du f 7.2, les entretoises ne sont pas élastique que le tablier réel sous une charge concentrée appliquée au
supposées infiniment rigides. A la limite, il est possible d'appliquer milieu de la travée. Cela revient à augmenter convenablement la rigidité
la méthode à un tablier de pont à poutres sans entretoises intermédiaires: de flexion des poutres.
c'est alors le hourdis qui joue le rôle des entretoises. En ce qui concerne la nullité du coefficient de Poisson, on peut
Le problème majeur auquel est confronté le projeteur consiste à estimer que cette hypothèse est admissible, dans le cas des ponts en béton,
déterminer numériquement les rigidités des éléments intervenant dans - pour les dalles nervurées ou les tabliers à poutres, car le "gonfle-
l'équation (7.11). En ce qui concerne les poutres principaies, le calcul ment" du béton dans le sens transversal peut s'effectuer librement,
de leur rigidité de flexion est relativement simple. Le calcul de - pour les dalles pleines, précontraintes dans le sens longitudinal
leur rigidité de torsion est plus délicat dans la mesure où on associe mais silnplement armées dans le sens transversal, car les fissures longitu-
une partie du hourdis aux poutres, hourdis dont le fonctionnement est dinales affectant le béton tendu nous ramènent au cas précédent.
plutôt celui d'une plaque. Par contre, dans le cas d'une dalle pleine (ce qui sort un peu du cadre
Or, si l'on se réfère à l'équation différentielle des plaques de notre propos) doublement précontrainte, l'hypothèse de nullité du
isotropes, et dans la mesure où l'on néglige le coefficient de Poisson, coefficient de Poisson peut être contestable. Pour le béton, ce coefficient
op voit que leur rigidité de torsion est égale à leur rigidité de flexion. est de l'ordre de 0,15. Des études fines, menées par ROWE ont montré que
En effet, pour une plaque isotrope, les coefficients K ,Kt et ~ ne sont guère affectés. Par contre, le
coefficient ~I estObeaucoupoplus sensible, En définitive, il a été proposé
Pp P
E
~ ; ~h; (h épaisseur de la dalle) de calculer le coefficient (~a)O, 15 correspondant à v = 0,15 par la
formule:
et comme, selon l'équation des plaques isotropes,
(~a)O,15 ~ (~l)O, 15 + «~1)0.15-~0)rn
Yp+Y E 2p p 2P E
le coefficient (~1)0, 15 étant donné par des tables spécifiques.
on en déduit que: Enfin, la méthode de Guyon-MaSBonnet conduit a des résultats valables
y =
Eh'
P " TI pour les ponts biais, à condition que le biais soit supérieur à 65 grades:
on fait alors les calculs avec la portée et la largeur biaises du tablier.
Or, si l'on considérait une longueur unité de dalle comme une section
de poutre allongée, sa rigidité de torsion (Cf .. chapitre 3) serait: Entre 50 et 65 grades, la méthode peut encore être employée en considérant
1 Eh' Eh' la portée droite au centre de la travée et la portée biaise près des
GK ~ 3 Gh'- 6(I+v) • ~ bords, et en opérant de même pour les largeurs. ------
Il semble donc logique de calculer la rigidité de torsion d'une poutre 7.3.3 La méthode des matrices-transfert de flexion transversale
comprenant une certaine largeur de hourdis en: Cette méthode a été développée, au départ, par P. CART et J. FAUC1~RT,
- décomposant la section de la poutre en éléments rectangulaires, et publiée dans les Annales de l'LT.B.T.P. du mois de Hai 1968. Il
- faisant la somme des moments d'inertie de torsion de ces éléments, s'agit d'un modèle d'analyse adapté, au départ, âu calcul des dalles nervurées
- attribuant à la fraction de table de compression appartenant au dépourvues d'entretoises intermédiaires. Mais elle est couramment employée
hourdis un moment d'inertie de torsion égal à la moitié du moment d'inertie pour le calcul de la répartition transversale des sollicitations dans un
calculé comme si c'était une poutre. tablier de pont à poutres, moyennant quelques adaptations évoquées plus
loin. Dans ce qui suit, nous la présentons à l'aide du formalisme des
matrices-transfert, cette présentation étant différente de celle de la
publication originale, mais le principe d'analyse reste le même.
.. ~
-170-
-171-

7.3.3. 1 ~~e~~~~~~~_~~_~~~~_~~_!~_~~~~~~~ D _ Eh'


.- j.

On considère un tablier de pont formant travée indépendante de longueur


L, comportant m poutres longituclinllies non entrctoisérn AIl"f sur ap""i,
reliées par un hourdi~ que nous supposerons, pour simplifier les développe-
ments, d'épaisseur h constante. On suppose que l'on peut facilement identifier
les poutres par rapport au hourdis, et le dessin de la figure 7.23
définit les caractéristiques géométriques de la section droite.

Figure 7.24

Conformément au dessin de la figure 7.24, on note:


A v~ et v~ les efforts tranchants, par unité de longueur, en ses
extrémités, l
A m~ et m~ les moments fléchissants, par unité de longueur, en ces
mêmes ektrémités.
Il peut être soumis à une densité linéaire de charge, "en lame de couteau",
notée qhi(x) , située à la distance 6 de son origine.
y
i
b) Poutre n"i

(l! Figure 7.23

Les poutres sont supposées droites, de section constante dans le sens


longitudinal (Ox), et à plan moyen. On note 2ai la largeur mesurée au niveau
de la fibre supérieure de la poutre nOi. On appelle respectivement
Ri - Eli et ri - GKj leurs rigidités flexionnelle et torsionnelle TI
(au sens de la tors10n de Saint-Venant) suivant Ox.
(" Figure 7.25
Par ailleurs, la bande de hourdis nOi, comprise entre les poutres
'~ n° (i-I) et (i) est de largeur b i . La poutre nOi subit une flexion dans Bon plan moyen vertical (flèche
il' notée z i' comptée positivement suivant Oz) et une torsion d'axe longitu-
Au niveau des extrémités, les poutres sont simplement appuyées en dinal, garactérisée par l'angle de rotation 9. (avec une convention de
flexion, mais encastrées à la torsion grâce aux entretoises d'about. La signe homogène à celle du repère orthonormé okyz). On note respectivement
structure ainsi définie possède un degré "d'hyperstaticité interne" V~ et Ti son effort tranchant et son moment de torsion (fonctions de
élevé. Pour simplifier son analyse, dont la complexité est essentiellement 1 absds.s.e x).
due au fonctionnement en plaque du hourdis, on considère ce dernier comme
étant formé de bandes transversales non jointives, entre les poutres. Elle est soumise, de la part des hourdis qui lui sont enracinés:
Cette hypothèse , négligeant les effets de la flexion longitudinale du A aux densités v'~ et m': d'effort tranchant et de moment fléchissant,
hourdis, conduit à une structure nettement moins "hyperstatique" que la transmis par le hourâis not,
structure réelle, mais les calculs numériques montrent que cette hypothèse A aux densités vi 1 et m~ 1 d'effort tranchant et de moment fléchissant
est suffisante pour tracer les lignes d'influence des sollicitations dans transmis par le hourats nO i!l.
une section donnée.
Par ailleurs, elle peut supporter une densité de charge longitudinale
7.3.3.2 Notations "en lame de couteau" de densité qpi (x), située·à la distance ai de 80n
---------
a) Cas du hourdis compris entre les poutres (i-I) et (i). plan moyen.

Le hourdis, compris entre les poutres (i-I) et (i): est numéroté "i"; 7.3.3.3 ~~!~~!~~_~~~!~_!~~_~~2!~~~~~~~~_~~!_h~~!~!!_~~_~~~_2~~~!~~
il a une largeur bi et une épaisseur h constante. On appelle D sa rigidité Il est facile d'établir que le déplacement vertical à l'origine du
flexionnelle par unité de longueur dans le sens transversal:
hourdis nOi (enraciné sur la poutre nO(i-l» est égal à:
zD.i-l + a i _ 19 i _ I
-173-

-172- On appelle alors vecteurs d'état à l'origine et à l'extrémité de la


bande de hourdis nOi les vecteurs:
z z .
et que le déplacement vertical en son extrémité (enracinée sur la poutre p,i-l pl.
nOi) est égal à:
ai-I a.1.
E!
1-1 1 mi El! ml
m..
Par ailleurs, il est clair que les angles da rotation transversale dOR l l
extrémités de cette bande de hourdis sont égaux respectivement à
8 i - 1 et Si' v~ v'!
1 1.

7.3.3.4 ~~~~~_~~_!~_~~~~~_~~_h2~!~!~_~:!
En comptant la coordonnée y à partir de l'origine de la bande de La précéd~nte relation matricielle peut alors être mise sous la forme
hourdis considérée, on note Viey), mi(y), wi(y) et zhi(Y) l'effort synthétique suivante:
tranchant, le moment fléchissant, l'angle de rotation et le déplacement
vertical de cette bande à la distance y de son origine. L'effort tranchant
(7.19)
r Ei· Hi·El_11
et le moment fléchissant s'entendent par unité de longueur dans le sens où H. est la matrice-transfert de la bande de hourdis nOi. Il convient
de l'axe Ox. Les équations d'équilibre et de déformation appliquées à cette de n5ter que les termes de la cinquième colonne de cette matrice sont,
bande sc traduisent par: a priori, des fonctions de l'abscisse x par l'intermédiaire du facteur
(i) Vi (y) vi - qhi.Y(y-Bi) (y m fonction de Heaviside) qhi'
(H) mi(y) - + viY - qhi(y-Bi)Y(y-B i ) 7.3.3.5
/
(Hi) "'i (y) + mi ~ + vi ts- -10 qhi (y-Bi)'Y(y-B i ) ~.' ~Tt'drt
(iv) Zh'l (y) . 1+
1- 1El.1- 1-
, z:
1 +y8. 1 + m. 2D + ~ "-6
l D V
l
v>

v'
1+1
if" ( .1
1
- 6D qhi (y-B.)'Y(y-Il.)
l l.

En faisant y - dans ces équations, en se souvenant que Zh.(b.)=z .-a.S.,


l l pl 1 1
et en remplaçant ai par son expression tirée de (iii), il vient:

v'.' v~
l
:ml
l. - qhi
Figure 7.26
+ - qhi (beBi)
On considère une tranche de poutre de longueur dx. Les équations fonda-
+ v!
1 mentales d'équilibre de cette tranche sont leg suivantes:
ei - e i-l + l
- 2D qhl' (b.-B.»
1. l.

b (2a +b ) bi(3a i +b i ) dV i • v" _ v' _


i i i dx i i+l qpi
zp,i-l+ S i_l +
2D
... v!
1 6D
dT.
1 -dl
x
œ -a. (v'!+v! 1)- qpiCii + m + -m "
). 1. 1+
,
- 6D 'Ihi (b i -B i)2 (3a i +b e'\) i 1 i
Mais: éz. 2
dV. d S.
Ces relations peuvent se mettre sous la forme matricielle suivante: R.~. __1 et L
1. dx4 dx ri' dx 2 • -
On en déduit donc:
bi (3"i +b i ) 'lhi 4
d 4 (z .) • v.n -v.1 1 -q .
2 (a _ +b +"i) ()D - ï&!ï(b i -S i )'(3"i+b i- Si) z
p,i-l R. -
p,i i 1 i l dx pl 1 1+ pl
M '1 h i
1. 6 _
ei 0 ID - 2il(bCB i)' i 1 2
d
r. -2(S,) D a.). (v':+v!
1+
1)+'1 pl.(J.1. -m!1+ 1
m" 0 0 b. -qhi (bCSi) m'
i
1. dx l 1.
i l

L'équilibre de la poutre nO! se traduit donc par deux équations différen-


v" 0 0 0 -'1 h i v! tielles. Pour les linéariser, on effectue un développement en série de
i 1
sinus des ~iverses grandeurs mi.vi, mi. vi. Z i' Si et '1 i • ainsi que
0 0 0 0 de la denSité de charge qhi' l' P
,~ -174-
-175-

Le k-ième terme du développement en série de ces grandeurs est affecté


de l'indice k. En particulier, où Pi est la matrice-transfert de franchissement de la poutre nOi.

z. sin(knx) • (kllx)
z . • E
pl,k L et O. - L O • k Sln ---L 7.3.3.6 ~~~~!~~!~~_~~_e~~~!~~~
pl 1 1 l,
1
Pour chaque poutre et chaque bande de hourdis, nous avons pu établir
Le développement en'serie de sinus permet de satisfaire aux conditions l'expression de la matrice-transfert relative à chaque terme du dévelop-
sur appui 'de la travée indépendante. On note alors que: pement en série de sinus des grandeurs "longitudinales". On peut alors
calculer les termes de la matrice-transfert F de flexion transversale
4 2 telle que:
d d kn 2. knx
-4(z .) m E Z
pi,k (kn
T) 4 sin(knx) et -2(0.)= - L a. k(-L) sln(-L )
L
dx pl 1 dx 1 1 l, (7. 22) GE'.
1 'm+1 • F • E"1
On pose alors:
avec: F - Pm·Hm-I·Pm-I······ H2 ,P
4 y. k • r (kn)2 t
(7.20) 1 Pi,k - Ri (kLlI) l, i T La problème se résout en explicitant les conditions le long des bords du
et on peut écrire: tablier, au niveau de l'enracinement des bandes de hourdis latérales sur
la poutre nOI ou la poutre nOm. Par exemple, si ces bandes ne sont pas
p. . z. ., v'! -v! - q . directement chargées, mt • v
t
• 0
l,k pl,k l,k l+I,k pl,k n+1 n+1

-y.1, k· a.1, k = a.(v'! k+ v 1+, . ka 1.-m1+,


! 1 k)+q Pl, ! 1 k +m'!1., k m't iii Vi; - 0
1 1,
Compte tenu de ces conditions, la relation E~+I· F.Eï permet d'expliciter
Désormais, pour alléger les écritures, nous omettrons l'indice k, étant deux équations relatives aux inconnues z et al' Une fois calculées ces
entendu que les relations explicitées sont relatives à chaque terme inconnues, on peut déterminer le vecteurPJ'état de flexion transversale
du développement en série de sinus. De même, la matrice H· établie au en tout point de la section.
paragraphe précédent, est calculée pour chaque terme du d~veloppement en
série de sinus de qhi(x). 7.3.3.7 ~2~!!!~~~_e~!~!g~~~_~:!ee!!~!~!2~_~~_!!_!~~~2~~

On peut alors écrire: Telle qu'elle vient d'être exposée, la méthode ne se prête guère
à un calcul manuel simple; par contre, elle est parfaitement adaptée à
vi+1 - -Pizpi + vi - qpi un calcul automatique. Dans la pratique, on applique une seule charge
"en lame de couteau" d'intensité longitudinale constante, égale à l'unité,
m!1+ 1 - y.O. +a.(2v~ m~
1 1 1 1 -p.z .-q pl.)+ q pl.a.1 +
1 pl l que l'on déplace transversalement de façon à tracer la ligne d'influence
d'une sollicitation donnée (par exemple, le moment fléchissant dans une
On introduit les vecteurs d'état de part et d'autre de la poutre nOi: poutre).
On atteint une bonne précision, dans le cas des chnrges réparties,
z . z . en ne considérant que le premier terme du développement en série de
pl pl
sinus, comme dans le cas de la méthode de Guyon-Massonnet.
a.1 O.
1 Lœ probl~me majeur est toujours d'affecter aux poutres les caractéris-
E' • tiques de flexion et de torsion appropriées.
E'~ m'! mi+1
1 l i+1
Indépendamment du découpage de la section en poutres et hourdis, il
v'.' vi+1 convient de donner aux poutres la rigidité de flexion et la rigidité de
l torsion calculées en leur attribuant la portion de hourdis qui leur
revient.: en effet, il faut pouvoir tenir compte du fait que ce hourdis
transmet des contraintes normales dans le sens longitudinal, même si
A l '.aide de ce qui précède, on peut écrire matriciellement: dans le sens transversal on le suppose découpé en bsndes entre leurs
sections d'enracinement sur les poutres.
0 0 0 0 De même que pour l'application de la méthode de Guyon-MssBonnet, il
0 0 0 0 semble judicieux (mais ce n'est pas une obligation) de prendre en compte
lé moment d'inertie de torsion des dalles évalué selon la théorie des
E' • y. 2a. -q . (a.-a.) Et!
i+1 l-a i P i 1 l pl 1 1 1 plaques et non selon la théorie des poutres.
-Pi 0 0 1 -qpi

0 0 0 0
ou encore:
(7.21) Ei+1 • Pi·E'i
-176-
-177-
7.3.4 Comparaisons numériques
On se propose de déterminer la ligne d'influence du moment fléchissant
Dans ce paragraphe, on se propose d'appliquer la m'thode de Guyon-Masson- longitudinal dans la poutre n Ol (correspondant à y 2,5 m , soit 3

net et la m'thode des matrices-transfert de flexion transversale à un y/b m 0,5556 ). Pour cela, on considère une densité de charge en lame
tablier en forme de dalle nervur'e. de couteau d'intensité unité, se déplaçant transversalement de e--b à
La structure 'tudiée est une travée indépendante, de 30 m de portée, e • b. Le problème revient donc à déterminer le coefficient K(y,e) avec
dont la section transversale est représentée sur le dessin de la figure y • 2,5 m.
7.27-a) A l'aide des tables, on commence par déterminer la valeur de K et Kj
pour y/b 0,5556 en interpolant linéairement entra les valeurs y/g • 0,5
et ylb 0,75 , et ce pour 6
ft 0,5 et pour e • 0,55. ft

Pour e - 0,54365 et y/b- 0,5556 , on obtient les résultats suivants:


,-------- ---
1.50 e -b -3b/4 -b/2 -b/4 0 '9/4 b/2 3b/4 b !
K
a
-0,60649 -0,23742 0,14033 0,54175 0,97703 1,43787 1,88336 2,24148 2,59721
.) 0,47716 0,56170 0,66783 0,80731 0,98126 1,17601 1,35153 1,45579 1,51701
KI

T
K 1,71556 1,47494 1,27067 t,11079 0,98610 0,87675 0,74375 0,55790 0,28255
01

Les valeurs de K permettent, entre autres, de tracer la ligne d'influence


bl e) de ce facteur co~respondant à la section médiane de la poutre n"l. On
note que pour b-O, la valeur de K n'est pas exactement égale à 1; cela
tient à la précision des interpol~tions effectuées.
Pour avoir le moment fléchissant réel dans la poutre nOI GOUS l'effet
de la densité de charge linéaire unité, il convient de multiplier les
valeurs de K par le moment fléchissant moyen induit dans la poutre
Pour l'application des deux méthodes, on associe à chaque poutre la moitié nOI, à s~voi~:
de la largeur du tablier, soit 4,50 m. M
moy
_.!.2. 1 '--8-.
(30)'
56,25
Le centre d'inertie de chaque poutre est alors à O,6132m de la fibre supéri-
eure, et on calcule:
• le moment d'inertie de flexion de chaque poutre: 0,5177 7.3.4.2 ~