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Sécurité sociale et environnement

Améliorations du dispositif toxicomanie à Lausanne Préavis N° 2009/ 3

Lausanne, le 14 janvier 2009 1. Objet du préavis Lausanne est confrontée, comme les autres villes de notre pays, aux conséquences de la consommation et du trafic de drogues1. Les efforts de prévention, de thérapie et de répression auxquels le canton consent ne permettent pas encore d’éviter complètement la consommation problématique de divers produits psychotropes au sein de la population. Une minorité de personnes toxicodépendantes, très marginalisées, occupe l’espace public2, en particulier la place de la Riponne. Aussi la Municipalité estelle amenée à prendre, d’entente avec l’Etat, des mesures tendant notamment à réduire les risques liés à la toxicomanie. Ces mesures sont conformes à la philosophie qui a présidé à la révision de la Loi sur les stupéfiants, récemment adoptée par le peuple suisse. Dans le cadre de son rapport-préavis 2006/66, la Municipalité avait avancé diverses propositions, dont celle, controversée, d’un espace de consommation3. Suite au rejet de ce rapport-préavis en votation populaire, la Municipalité a organisé, le 13 mars 2008, des Assises de la toxicomanie4, destinées aux professionnels du champ des dépendances, dont les recommandations ont été transmises au Département de la santé et de l’action sociale qui a organisé, le 30 juin 2008, en concertation avec la Ville de Lausanne, des Etats généraux de la toxicodépendance5, destinés aux représentants des partis politiques. Enfin, de nombreuses discussions ont eu lieu, notamment au sein de la commission chargée de l’examen du postulat de Mme Françoise Longchamp et consorts « Pour une réorganisation du dispositif lausannois de prise en charge de la population toxicomane et marginalisée ». Le présent préavis propose une première série de mesures, sous forme de projets pilote, qui ont paru recueillir, dans le cadre des débats précités, un consensus relativement large et qui sont de nature à compléter utilement, à court et à moyen terme, le dispositif lausannois actuel en matière de toxicomanie et de marginalité : 1. Développer les programmes d’occupation et de responsabilisation des toxicomanes, y compris en faveur de ceux qui sont régulièrement présents sur la place de la Riponne ; 2. Mener des actions de détection précoce, de prévention et de médiation sur la Riponne (travail social de rue) ; 3. Pérenniser un lieu d’accueil pour les toxicomanes et les marginaux (bistrot social à l’année en lieu et place de la Terrasse ouverte en hiver seulement). Enfin, la Municipalité se propose de créer une délégation municipale à la toxicomanie et en informe le Conseil communal. Le présent préavis ne prétend pas donner suite à l’ensemble des propositions émises à ce jour, notamment les propositions avancées par le postulat précité, et retenues par le Conseil communal, auquel une réponse complémentaire devra encore être apportée.
On estime que 1000 à 1500 personnes sont aujourd’hui dépendantes de drogues illégales dans l’agglomération lausannoise. Le nombre de ces personnes est estimé à 100-150, jamais présentes en même temps. 3 On sait que les toxicomanes s’injectent des produits dans les toilettes publiques, les halls et les cours d’immeubles, les parcs publics, etc. ce qui n’est pas sans danger pour eux-mêmes et pour la population. 4 Le rapport de synthèse figure sur le site de la ville : http://www.lausanne.ch/view.asp?DomID=64518 5 idem
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2. Le dispositif toxicomanie et marginalité actuel En une quinzaine d’années, la Ville de Lausanne a développé un dispositif important, représentant une charge de quelque 5 millions de francs au budget communal : Réduire les risques liés à la toxicomanie – mise en œuvre du programme cantonal à Lausanne
Echanger et vendre des seringues stériles
87’000 seringues échangées à Lausanne en 2007

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Fondation ABS : Le Passage, Distribus, automates Fleur de Pavé

Répondre aux besoins élémentaires
Héberger
19’000 nuitées par année

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Sleep-In Marmotte Abri PC (en hiver) La Soupe Le Passage Centre d’accueil de Caritas Vaud Colis alimentaires La CARL Point d’Eau Le Passage

Distribuer de la nourriture
130 à 150 repas le soir, 30 à 50 repas à midi 755'000 kg de nourriture distribuée en 2007

Permettre de se laver et de laver ses vêtements
4640 lessives faites en 2007 2761 douches prises en 2007

Prendre en charge les personnes toxicodépendantes et les orienter vers les services qui peuvent les aider à retrouver leur autonomie
Offrir une information et une orientation sociales ainsi que des soins de premiers recours
Au Passage en 2007 : 8047 informations et entretiens A Point d’Eau en 2007 : 2863 consultations infirmières et 526 médicales

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Fondation ABS : Le Passage Point d’Eau Fleur de Pavé Tandem Rel’aids

Occuper, responsabiliser, motiver
Proposer des activités motivantes
L’Eveil en 2007 : 8-18 personnes par jour Sport’Ouverte : 5 camps et 119 personnes accueillies

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Eveil Sport’Ouverte Centre d’accueil de Caritas Vaud

Réduire les inconvénients de la « scène » de la drogue à la Riponne
Proposer un autre lieu de rassemblement, d’accueil
Plus de 20 personnes chaque jour, pendant l’hiver, en 2007

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La Terrasse : Fondation ABS Service social Lausanne – Uniset Services communaux (Routes et Mobilité, Parcs et Promenades) Fondation ABS (Le Passage)

Offrir une information et orientation sociale Ramassage régulier de seringues usagées (à la Riponne et ailleurs)

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Grâce aux prestations du dispositif lausannois, 1. les toxicomanes traversent la période de consommation de substances psychotropes avec des atteintes réduites sur les plans physique, psychique et social. Leurs chances d’une sortie ultérieure sont ainsi préservées, voire améliorées ; 2. ils sont bien informés des possibilités de traitement et régulièrement invités à s’engager dans un processus d’autonomisation, quand bien même certains d’entre eux, malheureusement, n’y parviennent pas avant plusieurs années de consommation ; 3. le rassemblement de la place de la Riponne est, partiellement au moins, sous contrôle. La plus grande partie des seringues usagées est récupérée et la plus grande partie des seringues usagées jetées sur la voie publique est ramassée. Cela grâce à la collaboration des divers services concernés : Corps de police, Service social, Service routes et mobilité, Service des parcs et promenades.

3. Améliorations proposées Le dispositif toxicomanie et marginalité lausannois demeure cependant perfectible. La Municipalité propose les améliorations suivantes :

3.1 Développer les programmes d’occupation et de responsabilisation des toxicomanes, y compris en faveur de ceux qui sont régulièrement présents sur la place de la Riponne Constat Les personnes toxicodépendantes sont le plus souvent désoeuvrées parce qu’elles ne sont plus en mesure d’assumer les contraintes d’une relation de travail, de répondre aux attentes d’un employeur. Cela porte en général à conséquences : perte de sens, du sentiment d’utilité sociale, du rythme de vie, atteinte à l’estime de soi et au lien social. Mais les intéressés demeurent désireux d’exercer des activités valorisantes et socialement utiles et ces activités peuvent, dans certains cas, représenter les premières étapes du processus d’autonomisation. Mesures envisagées • • Coordination et développement des programmes d’occupation dans le cadre des mandats à Caritas Vaud6, l’Eveil et Sport’Ouverte, voire d’autres institutions ; Lancement d’un programme d’occupation, plus particulièrement destiné aux usagers de la Riponne. Mise en œuvre Un poste de coordination des programmes d’occupation serait créé, pour développer et piloter les diverses activités proposées aux personnes toxicodépendantes, dans le cadre des divers mandats – encore à formaliser - confiés à des institutions d’intérêt public, en complément des programmes précités. Le programme d’occupation destiné aux usagers de la Riponne serait animé par des intervenants du dispositif, dans le cadre de plages horaires dédiées à cet effet. Afin qu’il atteigne ses objectifs, il devrait être mis sur pied avec (et non seulement pour) ses participants, raison pour laquelle il serait
Centre d’accueil, rue de la Colline 6, propose une palette d’activités telles que : cuisiner des repas de midi, réparer des vélos prêtés en Ville de Lausanne, trier du textile destiné au recyclage, préparer des denrées alimentaires pour les pastorales, assurer des prestations de maintenance pour le réseau associatif (atelier bois).
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prématuré d’en décrire l’organisation ou les activités de manière détaillée. Organisé sous la forme d’un projet pilote, il serait évalué avant toute pérennisation. Financement Les subventions actuelles à Sport’Ouverte et à l’Eveil sont maintenues. La subvention de Caritas Vaud serait augmentée de 50'000 francs (elle passerait de 100'000 à 150'000 francs). Le poste de coordination (1 EPT) serait prélevé sur la dotation actuelle de l’Uniset. Des collaboratrices et collaborateurs émargeant aux dotations actuelles de la Fondation du Levant et du Service social participeraient à la mise sur pied du nouveau programme. Résultats attendus et évaluation Une partie des personnes toxicodépendantes, y compris parmi celles fréquentant régulièrement la Riponne, participe à des activités socialement utiles (pour elles-mêmes et pour les autres), de nature à améliorer l’image de soi et à développer le lien social. Après 18 mois, la personne responsable de la coordination des programmes remettrait un rapport sur la participation aux diverses activités proposées et sur l’évolution des participants7.

3.2 Mener des actions de détection précoce, de prévention et de médiation sur la Riponne (travail social de rue) Constat Le groupe des personnes toxicodépendantes se réunissant à la Riponne est composé de : • Un noyau fixe de 30 à 50 personnes toxicodépendantes depuis longtemps, en traitement et connaissant bien les offres du réseau, majoritairement au bénéfice du RI ou de l’AI, dont la moyenne d’âge, supérieure à 40 ans, tend à s’élever. Ils sont souvent propriétaires de chiens, présents avec eux sur la place. Un groupe d’usagers de drogues s’est constitué au sein de ce noyau Plusieurs groupes « satellites », plus discrets : des personnes encore insérées socialement, ou plus jeunes, en début de consommation, ou d’autres encore qui ne viennent que pour établir des contacts en vue de se procurer des produits, qui ne souhaitent pas être vues et encore moins abordées par des travailleurs sociaux. Ces personnes ne se considèrent pas comme dépendantes et estiment par conséquent qu’elles n’ont pas besoin d’aide.

L’Uniset avait développé un travail de rue auprès de ces personnes, qui ne doit pas être abandonné. Mesures envisagées Des prestations de travail social de rue seraient offertes, sous forme de: • • Contacts sur les lieux de rassemblement : écoute, conseil et orientation (à la Riponne). Entrée en contact avec de nouveaux consommateurs, ou consommateurs débutants, prévention ; Indications et orientations avec accompagnement vers les structures d’accueil ou d’occupation : analyse de la problématique et des ressources de la personne, discussion sur les possibilités d’aide institutionnelle en vue d’une thérapie et accompagnement sur place si souhaité ;

L’évaluation pourra notamment se référer à la norme qualité de l’Association des organisateurs de mesures actives en Suisse.

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Interventions pratiques : coup de main tant concret (par exemple : stockage temporaire d’affaires personnelles, placement chiens) qu’administratif (par exemple : courrier) pour débloquer une situation et permettre l’accès à une structure d’aide ; Médiations avec les commerçants : développement et entretien des contacts avec les commerçants et marchands du centre, activités de médiation avec les commerçants et marchands (y compris hors du temps du marché), organisation de rencontres entre les principaux acteurs de la place de la Riponne ; Actions collectives et communautaires : identifier les problématiques sociales (recherche-action sur la vie nocturne, les zones d’exclusion, la détection précoce des consommateurs débutants). Mise en oeuvre

Ces interventions de rue seraient confiées à l’Association du Relais, secteur Rel’aids. L’équipe du Rel’aids travaille depuis une quinzaine d’années dans ce domaine ; elle est composée de quatre personnes dont l’expertise dans le champ de la toxicomanie est reconnue. Elle serait présente à la Riponne lors des jours de marché et consacrerait au moins quatre demi-journées par semaine au mandat de la Ville de Lausanne. Les membres de l’équipe ne seraient pas en uniforme. Financement Actuellement, la subvention annuelle allouée au Rel’aids est de 80'000 francs. Elle serait augmentée de 50'000 francs par an pour ces prestations de tshm (elle passerait de 80'000 à 130'000 francs). Une somme de cinq mille francs serait prévue pour l’évaluation. Résultats attendus et évaluation Les personnes toxicodépendantes qui se réunissent à la Riponne sont régulièrement rencontrées et incitées à recourir aux diverses structures de prise en charge existantes, dans les domaines de la réduction des risques et de la thérapie (y compris programme d’occupation). Les préoccupations des autres usagers de la place sont également prises en considération, leurs craintes sont apaisées. L’évaluation du travail de rue tshm interviendrait après 18 mois et sera confiée à l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive de Lausanne (IUMSP), plus précisément à l’unité d’évaluation des programmes de prévention (UEPP), en charge du mandat cantonal d’évaluation de tout le dispositif toxicomanie cantonal8.

3.3 Pérenniser un lieu d’accueil pour les toxicomanes et les marginaux (un bistrot social à l’année en lieu et place de la Terrasse en hiver seulement). Constat Le rassemblement des personnes toxicodépendantes, souvent très marquées, au cœur de la cité, interpelle et parfois dérange, quand bien même il n’engendre pour ainsi dire pas de danger pour les personnes et les biens. Certains peuvent souhaiter que toutes ces personnes se réunissent ailleurs, hors de la vue des passants. La Municipalité n’entend pas, cependant, les chasser de force, mais réprimer les éventuelles infractions aux dispositions légales en demandant à la police d’intervenir le cas échéant, aider les

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Une collaboration sera entreprise entre l’IUMSP et l’EESP (Ecole d’études sociales et pédagogiques) sur la question du tshm, l’EESP a déjà fourni plusieurs études dans ce domaine. Entre autre sur mandat de la Direction de l’enfance, de la jeunesse et de l’éducation « Evaluation du la mise en œuvre du travail social de proximité à Lausanne » N. Richard, C. Palazzo, octobre 2007.

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intéressés à s’en sortir, autant que faire se peut. Par ailleurs, elle souhaite offrir à l’année aux toxicomanes, un lieu adéquat où ils puissent se réunir, un « bistrot » à leur attention. Dans le cadre du dispositif actuel, un lieu alternatif à la Riponne est ouvert 4 mois par an en faveur des personnes toxicodépendantes, à savoir la Terrasse. Ce lieu est fréquenté (une vingtaine de personnes chaque jour, en moyenne), ce qui réduit la pression sur la Riponne. En outre, les usagers de la Terrasse réduisent quelque peu leur consommation d’alcool. Il vaut donc la peine de tester l’ouverture d’un lieu d’accueil permanent (ouvert à l’année), sous la forme d’un vrai bistrot. Mesure envisagée Un bistrot social serait prévu, bistrot dont la mission est de : • • Réduire les inconvénients de la « scène » de la drogue à la Riponne en assurant une fonction de « délestage » du rassemblement ; Offrir un lieu où les personnes marginales, exclues ou consommatrices de produits psychotropes, puissent maintenir un lien social, passer du temps dans un espace à l’abri des intempéries.

La fonction du bistrot serait celle remplie avec succès par la Terrasse depuis trois hivers. Les usagers devraient pouvoir y faire ce qu’ils font à la Riponne, soit se rassembler et consommer de l’alcool. L’établissement serait soumis néanmoins aux règles strictes de la Loi sur les auberges et débits de boisson (LADB), généralement connues et bien acceptées, et dont la personne titulaire de la patente se porterait garante. Le lieu de prise en charge pour les toxicomanes – premiers soins, appui social – demeure le Passage, où la consommation d’alcool est naturellement interdite. Il va sans dire que le trafic ou la consommation de produits psychotropes illégaux ne seraient, en aucun cas, tolérés au bistrot. L’équipe en charge du bistrot sera aussi à disposition des clients, pour les orienter vers les diverses structures du dispositif lausannois dont le but demeure l’autonomisation des usagers. Les personnes se réunissant à la Riponne seront invitées à utiliser le bistrot social par les travailleurs sociaux de rue, en particulier lorsque leur nombre devient trop important. La police interviendrait également lorsqu’elle le juge nésessaire. Mise en oeuvre Institution mandataire Le bistrot social serait confié à une association à créer, mandatée par la Ville, dont le comité comprendrait au moins un représentant du SSL et un représentant de la Fondation du Levant. Divers contacts ont déjà eu lieu en vue de la création de l’association. Outre une représentation des professionnels du réseau, il y aurait lieu de disposer de compétences juridiques, financières, professionnelles en lien avec la restauration. Lieu Le bistrot serait situé à la rue César-Roux 16, immeuble propriété de la Ville depuis 2007, qui contient un ancien café restaurant au rez-de-chaussée, comprenant 40 places à l’intérieur et 30 places sur la terrasse. Cet emplacement présente plusieurs avantages : il est proche du centre ville, de l’Hôtel de police et des urgences santé ; il est situé dans un quartier mixte ; l’accès au café n’est pas directement sur le trottoir et évite des problèmes de circulation ; la terrasse est à l’abri de la rue et en site propre, non utilisable par d’autres habitants. Ces locaux ne nécessitent que des aménagements minimaux (nettoyage et consolidation des barrières de la terrasse). La question de la fumée a été étudiée avec soin. Les bénéficiaires du bistrot sont très souvent dépendants du tabac et il y a lieu de tenir compte de la votation cantonale sur la fumée passive. Un dispositif de « fumoir » conforme aux réglementations à

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venir a été étudié mais a dû être abandonné pour des raisons financières et de faisabilité (mise à l’enquête obligatoire). En conséquence, c’est une solution plus souple de pose d’un store ou d’une toile de tente sur la terrasse qui a été retenue et prise en compte dans les coûts prévus. Cela permettra aux personnes d’aller fumer dehors, sans service, et sans engendrer de nuisances sonores pour l’entourage. Horaires d’ouverture Le bistrot ouvrirait ses portes 6 jours par semaine, du lundi au samedi, de 10 h à 20 h (horaire pouvant être décalé en hiver). Les heures d’ouverture prévues tiennent compte à la fois des observations faites sur les habitudes de vie des usagers concernés et à la fois des horaires des magasins, donc de la densité des passants au centre ville. C’est principalement dans l’après-midi et en début de soirée que le rassemblement de personnes est difficile sur la place de la Riponne. Le dimanche est un jour particulier, très calme au centre ville et à la Riponne. Il ne paraît pas indispensable de prévoir une ouverture du bistrot ce jour-là. De plus, le centre d’accueil le Passage est ouvert le dimanche. Prestations Le bistrot proposerait un service de boissons avec et sans alcool (pas d’alcools forts). Il ne servirait pas de repas chauds (qui sont déjà offerts à la Soupe populaire le soir, au Passage et au centre d’accueil de Caritas à midi) mais une petite restauration (sandwichs, produits de boulangerie). Les boissons seraient vendues à un prix inférieur au prix usuel dans la branche mais un peu supérieur au prix d’achat du stock. Gestion de l’environnement Les alentours immédiats du bistrot feraient l’objet d’une attention particulière : il y a lieu de concevoir des aménagements adéquats (nuisances sonores et sécurité). Une convention avec le Corps de police fixerait les obligations réciproques et précisera les modalités d’intervention à l’extérieur en cas de trafic de stupéfiants, de consommation de produits illicites et d’utilisation des WC pour des injections notamment. Une commission consultative serait constituée, qui réunirait à la fois des usagers du bistrot, des voisins, le concierge de l’immeuble9, et les divers membres du réseau médico-social ainsi que la police. Cette commission doit permettre de recueillir les préoccupations et propositions des uns et des autres, de traiter les problèmes de voisinage, de contribuer à créer un lieu où les marginaux se reconnaissent. Le personnel Il serait constitué de : EPT Gérante Intervenant-e-s sociaux * Total 1 5 6 Montant (salaire et charges) 125'000.450'000.575'000.-

* Deux EPT d’intervenants sociaux seraient assurés par les collaboratrices et collaborateurs mis à disposition par la Fondation du Levant – à la demande du Département de la santé et de l’action

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On rappellera que l’immeuble César-Roux 16 accueille aussi des logements de transition du service social. L’unité logement de ce dernier assurera une présence hebdomadaire (comme il le fait à rue de Genève 85).

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sociale – et trois EPT seraient assurés par le SSL, ceci sans création de postes nouveaux, la dotation Uniset étant mise à contribution. La dotation en personnel a été calculée en tenant compte du nombre d’heures dans l’année où le bistrot est ouvert (3'120 heures) et d’une présence minimale de deux personnes au moins dans le bistrot et de trois personnes pendant les heures « de pointe » ou à la fermeture. Cette dotation en personnel laisse une certaine marge, qui permettrait aux intervenants de participer également aux autres projets mentionnés dans le présent préavis (programme d’occupation). Financement Coûts d’installation Les montants suivants seraient nécessaires : Mobilier et équipements divers Aménagement de la terrasse, barrière et store Total Frs 50'000.Frs 30'000.Frs 80’000.-

Fonctionnement Ce tableau présente l’essentiel du budget du bistrot (une année d’exploitation) Charges Salaires et charges sociales Loyer Electricité Taxes Assurances Divers Achats marchandises Total Recettes Subvention Lausanne Contribution en nature10 Contribution en nature11

575'000.30'000.6'000.6'000.3'000.5'000.20'000.645'000.-

175’000.180’000.270'000.-

Recettes12 Total

20'000.645'000.-

Evaluation Un montant de frs 65'000.- serait consacré à l’évaluation du projet (voir ci-dessous). Un premier acompte de 30'000 francs fait l’objet d’une demande de crédit spécial dans le présent préavis. Le solde (35'000 francs) serait porté dans le budget de fonctionnement 2010. Résultats attendus et évaluation Le nombre de personnes toxicodépendantes sur la place de la Riponne diminue. Un contact est proposé aux personnes de la Riponne qui ne connaîtraient pas les structures du dispositif. L’évaluation finale du bistrot social interviendrait après 24 mois, et sera confiée à l’IUMSP.

4. Création d’une délégation municipale à la toxicodépendance

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Collaboratrice et collaborateur de la Fondation du Levant, mis à disposition avec l’aval financier du DSAS (deux EPT). Collaboratrices et collaborateurs du SSL, émargeant aux dotations actuelles (trois EPT) 12 Vente des boissons, avec une très faible marge de bénéfice.
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La Municipalité souhaite créer une délégation municipale à la toxicomanie, pour améliorer la coordination des acteurs de l’action sociale, sanitaire et de police en matière de toxicodépendance. Afin d’aborder les différents aspects de la problématique cette délégation sera composée de Municipal Directeur de la sécurité sociale et de l’environnement Services concernés Service social Service des parcs et promenades En charge de Réduire les risques Travail social auprès des toxicomanes Ramasser les seringues usagées (parcs) Arrêter les auteurs d’infraction

Directeur de la sécurité publique et des sports Directeur des travaux

Corps de police

Routes et mobilité

Ramasser les seringues usagées (toilettes publiques)

5. Organisation des mesures 3.1, 3.2. et 3.3. du présent préavis Les mesures d’amélioration du dispositif lausannois présentées par le présent préavis impliquent plusieurs acteurs. On peut représenter leur collaboration par le schéma suivant :

DSSE

Le comité comprend au moins 1 représentant du SSL et 1 représentant de la Fondation du Levant

SSL
Convention de subvention

Association du Relais

Association du Bistrot

Autorisation d’exploiter Contrat de travail

Responsable

Responsable

Gérante

Autorisation d’exercer

interventions Riponne

Programmes occupation

Bistrot social

Personnes détachées par le SSL et par la Fondation du Levant

Les contrats de travail des collaboratrices et collaborateurs du bistrot social définiront clairement les horaires à respecter dans chacune des activités, bistrot et programmes d’occupation.

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6. Consultation L’avant-projet du présent préavis a fait l’objet d’une consultation auprès des institutions du Dispositif seuil bas et auprès d’une association d’usagers. Les principales observations recueillies, peu nombreuses, ont été prises en compte. 7. Aspects financiers 7. 1 Conséquence du préavis sur le budget Récapitulatif des subventions supplémentaires à prévoir au budget communal Mesure Programmes d’occupation Travail social hors murs Bistrot social Total Institution Caritas Vaud Association du Relais (Rel’aids) Association bistrot social Montant 50'000.50'000.175'000.275'000.-

7.2 Demande d’un crédit spécial pour 2009 L’ouverture du bistrot social étant prévue pour le mois de mars 2009, un crédit spécial de fonctionnement sur 10 mois d’un montant de 339’300 francs, serait demandé pour l’exercice 2009 : Caritas Vaud Rel’aids Bistrot social Coûts d’installation du bistrot social Evaluation du projet, 1er acompte Total Frs 41'700.Frs 41'700.Frs 145'900.Frs 80'000.Frs 30'000.Frs 339'300.-

8. Conséquences sur l’effectif du personnel de l’administration communale L’effectif de l’administration communale sera diminué d’un EPT (transféré à l’association en charge du bistrot social).

9. Conséquences du point de vue du développement durable Le développement durable repose sur le sens de la responsabilité collective, la consolidation du lien social et la promotion d’une société qui procure à ses membres ce qui leur est nécessaire pour vivre dignement, pour favoriser leur développement personnel et établir des relations interpersonnelles harmonieuses (rapport-préavis 211/2001). La politique sociale communale définit et organise les mesures proposées. Le présent préavis s’insère dans cette politique et constitue un apport au développement durable à Lausanne.

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10. Conclusions Eu égard à ce qui précède, la Municipalité vous prie, Monsieur le président, Mesdames et Messieurs, de bien vouloir prendre les résolutions suivantes :

Le Conseil communal de Lausanne, vu le préavis no 2009/3 de la Municipalité, du 14 janvier 2009 ouï le rapport de la commission nommée pour examiner cette affaire; considérant que cet objet a été porté à l’ordre du jour, décide : 1. d’améliorer le dispositif toxicomanie lausannois en développant les programmes d’occupation et de responsabilisation des toxicomanes et d’en confier la mise en œuvre à des institutions privées ; (augmentation de la subvention à Caritas Vaud) 2. de mener des actions de détection précoce, de prévention et de médiation sur la Riponne (travail de rue ou travail social hors murs) et d’en confier la mise en œuvre à des institutions privées ; (augmentation de la subvention à Rel’aids) 3. de pérenniser un lieu d’accueil pour les toxicomanes et les marginaux (bistrot social à l’année en lieu et place de la Terrasse ouverte en hiver seulement) et d’en confier la mise en œuvre à une association privée en création; (avec une subvention annuelle de 163'000 francs) 4. d’allouer à cette fin à la Municipalité un crédit spécial de fonctionnement de 339'300 francs, montant à porter en augmentation des rubriques suivantes du budget 2009 de la Direction de la sécurité sociale et de l’environnement : a. b. c. d. e. f. 6303.365 «Subventions à des institutions privées» - Caritas Vaud : 41'700 francs. 6303.365 «Subventions à des institutions privées» - Rel’aids : 41'700 francs. 6303.365 «Subventions à des institutions privées» - Association en création pour le bistrot social : 145'900 francs. 6302.311 «Achats d’objets mobiliers et d’installations» - Achat mobilier pour le bistrot social : 50'000 francs. 6302.314 «Entretien des biens immobiliers» - Aménagement extérieur du bistrot social : 30'000 francs. 6302.318 «Honoraires, études, expertises» - Evaluation du bistrot social, acompte : 30'000 francs.

Au nom de la Municipalité Le syndic Daniel Brélaz

Le secrétaire Philippe Meystre

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Incidence sur le budget de 2009 _________________________________ Déficit prévu au budget de 2009 Nouveaux crédits votés Moins recettes Nouveaux crédits demandés Présent crédit Moins recettes Déficit total présumé 339'300._- 0.404'100.- 119'500.10'148'300.284'600.190'040'700.339'300._ 200'812'900.-