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COURS DROIT DES SOCIETES APPROFONDIES

MASTER REVISION COMPTABLE


PLAN DU COURS

Chapitre1: Les assemblées générales


Section 1 : Les assemblées dans les SARL
Section2 : Les assemblées dans les SA

Chapitre 2: Le groupe de sociétés


Section1 : Constitution du groupe
Section 2 : Fonctionnement du groupe

Chapitre 3: Le Groupement d'intérêt économique


Section1 : Constitution du groupement
Section 2 : Fonctionnement du groupement

Chapitre 4 : Les valeurs Mobilières


Section1 : Les actions
Section 2 : Les obligations

Chapitre 5 : Transformation, Scission & Fusion

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CHAPITRE 1 : LES ASSEMBLEES GENERALES DES SOCIETES
COMMERCIALES
SARL & SA
L'assemblée est synonyme de réunion, dans les sociétés commerciales, les
associés ou les actionnaires se réunissent en assemblée pour prendre les décisions
collectives relative au fonctionnement de la société. Il s'agit d'un organe collégial
composé par les associés dans les sociétés de personnes et par les actionnaires
dans les sociétés de capitaux.
Cet organe représente le moyen par lequel les associés participent à la vie sociale
et à la prise des décisions tout au long de la vie sociale, quel que soit la proportion
de sa participation au capital social. Ils auront ainsi un droit de vote proportionnel
à leur participation au capital.
Les assemblées générales sont de plusieurs types, mais elles sont généralement
communes à toutes les sociétés commerciales. A l'exception de l'assemblée
constitutive qui n'existe que dans les sociétés anonymes, les assemblées sont de
deux types ordinaires et extraordinaires.
Dans toutes les sociétés commerciales, les assemblées annuelles se tiennent à la
fin de chaque exercice social pour approbation des bilans. Il s'agit dans ce cas
d'une assemblée ordinaire tenue annuellement.
Le législateur a réglementé le fonctionnement des assemblées générales ordinaires
et extraordinaires à travers les dispositions du code des sociétés commerciales
modifié à plusieurs reprises, la dernière en date, celle apportée par la loi n° 47-
2019 du 29 mai 2019 portant amélioration du climat de l'investissement.

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SECTION 1 : LES ASSEMBLEES GENERALES DANS LA SARL
Les articles 126 à 146 du code des sociétés commerciales1, déterminent avec
précision les modalités de convocation et de fonctionnement des assemblées
générales des associés.
L'article 126 CSC, cite deux types d’assemblées : les assemblées ordinaires et les
assemblées extraordinaires.
Les assemblées générales ordinaires représentent le mode normal de prise des
décisions collectives Ordinaires qui relèvent qui fonctionnement normal de la
société.
Les assemblées générales extraordinaires sont tenues, pour délibérer sur les
questions ayant trait à la modification des statuts, telle que l'augmentation ou la
réduction du capital, changement de forme sociale, de siège social, dissolution de
la société, désignation d'un nouveau gérant statutaire, approbation de la
modification de la structure du capital social etc…
I. La convocation aux assemblées
Il convient de noter que la convocation aux assemblées générales est le mode
normal d’appel à une réunion pour prendre une décision collective en présentiel.
Toutefois, il est important de noter que le législateur a permis de prendre des
décisions collectives par simple consultation des associés.
Il est donc important de s’attarder sur les modalités et procédures de convocation
de l’assemblée des associés, ainsi il est important de déterminer l’organe chargé
de convoquer l’assemblée, ainsi que la procédure qu’il est tenu de suivre.
Les modalités, les modes et les délais de convocation aux assemblées générales
ordinaires et extraordinaires sont en principe les mêmes, sauf quelques
dérogations prévues pour les assemblées extraordinaires.

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Code des sociétés commerciales : CSC

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Paragraphe 1 : Les Assemblées Générales Ordinaires
A. L’Organe chargé de convoquer l’assemblée
Aux termes de l’article 126 alinéa 2 du CSC, les associés sont convoqués aux
assemblées générales par le gérant, et à défaut, par le commissaire aux comptes
s’il en existe un.
L’article 127 CSC ajoute la possibilité pour un ou plusieurs associés de
convoquer l’assemblée « nonobstant toute clause statutaire contraire », ils
peuvent :
- Convoquer l’assemblée générale s’ils détiennent au moins, la moitié du
capital social ou le dixième du capital si le nombre des associés ne
dépasse pas le dixième.
- Demander au gérant, une fois par an, de convoquer l’assemblée générale
s’ils détiennent, au moins, le quart du capital social.
- Demander, pour justes motifs, au juge des référés d’ordonner au gérant
ou au commissaire aux comptes, s’il en existe un, ou un mandataire
judiciaire qu’il aura désigné de convoquer l’assemblée générale et de
fixer l’ordre du jour ».

Les décisions sociales peuvent aussi être prise par une simple consultation
écrite. C’est ce que prévoit l’article 128 du CSC. En effet, si le nombre d’associés
de la SARL est inférieur à 6 (ou ne dépasse pas 5 associés), et si une clause
statutaire le prévoit, les décisions peuvent être prises par consultation écrite des
associés, sauf délibérations relatives à l’assemblée annuelle telles que définies par
l’article 128 du CSC.
B. Les Modalités de la convocation
Le législateur a déterminé les modes de convocation il a par ailleurs fixé les délais
et le contenu de la convocation à communiquer aux associés.
1.Mode et délai de convocation
Pour l’assemblée générale ordinaire, l’article 126 alinéa 3 du CSC, prévoit que
la convocation doit être adressée aux associés, par une lettre recommandée avec
accusé de réception ou tout autre moyen laissant une trace écrite ou ayant la force
probante de l’acte écrit, et ces vingt jours au moins avant la tenue de l’assemblée
générale.

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Si à la première assemblée la majorité de plus de la moitié des parts sociales, n’est
pas réunie, les associés sont convoqués de nouveau dans un délai qui ne doit pas
être inférieur à quinze jours entre la première et la seconde assemblée, la
deuxième convocation se fera de la manière que la première, dans un délai
de huit jours au moins avant la tenue de la deuxième assemblée.
Pour l’assemblée générale ordinaire annuelle, l’article 128 nouveau alinéa 2
du CSC prévoit que trente jours au moins avant la date de la tenue de l’assemblée
générale, les documents seront communiqués aux associés : il s’agit du rapport de
gestion, l’inventaire des biens de la société, les états financiers, le texte des
résolutions proposées, le rapport du commissaire aux comptes au cas où sa
désignation est obligatoire.
La convocation de l’assemblée générale annuelle est une obligation qui pèse à la
charge du gérant, tenu de la convoquer dans un délai de six mois à compter de la
clôture de l’exercice social, à défaut l’article 147 -2- du CSC prévoit une sanction
: une amende de cinq cents à cinq mille dinars pour les gérants qui n’ont pas
convoqué l’assemblée des associés au moins une fois par an.

Objet des délibérations des assemblées annuelles :


-L’obligation prélever les réserves légales
L’article 140 alinéa 1er du CSC, exige le prélèvement de Cinq pour cent des
bénéfices pour chaque exercice dans l’objectif de constituer un fonds de réserves.
Ce pourcentage est calculé sur la base du bénéfice net de l’exercice diminué des
pertes antérieures et du report à nouveau déficitaire. Ce pourcentage est un
minimum légal qui peut être élever par décision des associés.
L’article 140 alinéa 1er du CSC : La constitution de réserves légales, n’est plus
obligatoire lorsque le fonds de réserves atteint le dixième du capital.
-La distribution des dividendes
L’article 140 §3 CSC : chaque associé a un droit aux dividendes lorsque
l’exercice de l’année le permet.
Le législateur donne à la société un délai de 3 mois comme délai maximum à
compter de la date de l’assemblée annuelle ayant décider la distribution des
dividendes, dans une proportion qui ne peut être inférieure à 30% au moins une
fois tous les trois ans.

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Les associés réunis en assemblée peuvent décider de ne pas distribuer de
dividendes, cette décision doit être unanime.
Le défaut de distribution de dividendes dans le délai légal, entraîne un intérêt de
retard, calculé selon le taux d’intérêt commercial au sens de la législation en
vigueur (article 140 §4 du CSC).
2. Le Contenu de la convocation

La convocation doit mentionner clairement l’ordre du jour de l’assemblée


générale ainsi que les textes des résolutions proposées, c’est-à-dire des décisions
qui seront prises lors de l’assemblée.
Les associés ont le droit de demander l’inscription de projets à l’ordre du jour
pour délibération, ils doivent représenter selon les termes de l’article 128 alinéa
3 nouveau du CSC, au moins Cinq pour cent du capital social et ce par un écrit
recommandé avec accusé de réception ou tout autre moyen laissant une trace
écrite ou ayant la force probante de l’acte écrit. Cette demande doit parvenir au
gérant, avant la première assemblée.
Outre, cette possibilité les associés ont le droit de poser des questions écrites au
gérant huit jours au moins avant l’assemblée, auxquelles le gérant est tenu de
répondre lors de l’assemblée.
Les associés ont par ailleurs le droit de consulter les documents sur place et de se
faire assister par un comptable ou un expert-comptable.
La convocation doit par ailleurs, indiquer le lieu de la réunion, qui est en principe
le siège de la société sauf si les statuts prévoient un autre endroit. En cas de silence
des statuts, ce lui qui convoque l’assemblée dispose des pouvoirs de déterminer
le lieu de la réunion, qui être au le territoire tunisien ou en dehors du territoire,
dans ce dernier cas tous les associés doivent être présents ou représentés, à défaut
l’assemblée n’est pas valable.
C. Le vote des résolutions
Le législateur prévoit le principe de la proportionnalité dans le vote.
A chaque part sociale correspond une voix, l’article 130 du CSC prévoit qu’une
délibération n’est adoptée que lorsqu’elle a été votée par un ou plusieurs
associés représentant plus de la moitié du capital social.
Si la première assemblée n’a pas pu se réunir, sur deuxième convocation la
deuxième assemblée délibère valablement et les décisions sont prises à la
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majorité des voix des associés présents ou représentés quelques soit le
nombre des votants sauf stipulations contraires des statuts.
Il est à noter que le législateur admet le vote par représentation, c’est-à-dire
par mandat, spécial.
L’assemblée générale est habilitée à délibérer sur le rapport spécial relatif
aux conventions collectives, conclues entre le gérant associé ou non avec la
société et ceux conclues entre celle-ci et les associés, et ce en application de
l’article 115 du CSC : il s’agit des convention portant sur les opération de
cession du fonds de commerce ou d’un élément du fonds, cession d’actifs,
l’emprunt au profit de la société, la vente d’immeuble lorsque les statuts le
prévoient , la garantie des dettes d’autrui etc…

Paragraphe 2 : Les Assemblées Générales Extraordinaires


Les assemblées générales des associés sont dites extraordinaires, lorsqu’elles ont
pour objet de statuer sur des modifications statutaires, l’article 131 du CSC,
prévoit à cet effet que : « Les statuts de la société ne peuvent être modifiés que
par une délibération approuvée par les associés représentant les trois quarts du
capital social réunis en assemblée générale extraordinaire. »

A. L’objet de l’assemblée

Le Code des sociétés commerciales prévoit ainsi un ensemble de règles qui


déterminent l’objet des assemblées extraordinaires ainsi que le quorum nécessaire
pour leur validité.
Il apparaît à travers les articles 131 et suivants du CSC que l’ordre du jour de
l’AGE peut porter sur l’une des questions suivantes :
Toute question pouvant affecter les statuts Les décisions entraînant modification
des statuts, tels que le changement de la dénomination sociale, le transfert du siège
social, la modification ou l’extension de l’objet social, ou toute autre modification
d’une clause statutaire ou son rajout telle que l’exclusion d’un associé …(article
131 alinéa 1er du CSC).
- L’augmentation du capital social (article 133 alinéa 1er du CSC) et sa
réduction (article136 CSC)

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- La dissolution anticipée de la société suite à des pertes déclenchant une
baisse des fonds propres devenus inférieurs à la moitié du capital social
(dans ce cas l’assemblée doit se réunir dans un délai de deux mois à compter
de la constatation des pertes pour se prononcer sur la dissolution anticipée
et ce conformément aux dispositions de l’article article 142 alinéa 1er).
- La transformation de la société (articles 143 et 144 du CSC).
- Le changement du gérant nomination et révocation du gérant statutaire
(article 122 du CSC).
- La dissolution anticipée de la société (article 142 alinéa 1er du CSC).
- La fusion ou la scission de la société (article 418 et s. et 430 et s. du CSC).
- La cession des parts sociales à des tiers étrangers à la société (article 109
alinéa 1er du CSC).
- L’agrément du nantissement des parts sociales au profit d’un tiers ;
- L’autorisation donnée à un tiers de participer à une augmentation du capital
dans le cas prévu par l’article 131 du CSC lorsque ce tiers n’a pas été
préalablement agrée par une décision collective des associés (articles 109
et 144 du CSC).
- Le changement de la nationalité de la société (article 132 du CSC).
- La désignation d’un commissaire aux apports par les associés (article 101
du CSC).

D’après l’article 142 CSC, l’assemblée générale extraordinaire des associés


est tenue de se réunir dans un délai de deux mois à compter de la constatation
des pertes, lorsque les fonds propres de la société deviennent inférieurs à la
moitié du capital social, afin de se prononcer sur la dissolution anticipée de
la société. Si la dissolution n’est pas décidée, l’assemblée doit décider au plus
tard à la clôture de l’exercice d’augmenter ou de diminuer le capital d’un
montant équivalent à celui des pertes.
En cas de réduction du capital social , un rapport du commissaire aux comptes
doit être dressé. Il doit être soumis à l’approbation de l’assemblée générale,
conformément aux dispositions de l’article 136 alinéa 2 du CSC.

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B. La Convocation de l’assemblée
Elle est convoquée par le gérant, ou par le commissaire aux comptes s’il en existe
un conformément à l’article 126 du CSC.
L’article 131 CSC prévoit une dérogation à l’obligation de convoquer l’assemblée
par ceux qui sont cités à l’article 126, ainsi il accorde le pouvoir au gérant pour
modifier les statuts à condition de faire approuver ces modifications par la
prochaine assemblée.
C. La validité des délibérations
Pour que les délibérations des assemblées générales extraordinaires soient
valables le législateur a prévu un quorum déterminé, auquel il a émis des
exceptions.
Le Quorum : définit comme étant le nombre d’associés nécessaire pour d’une
assemblée puisse valablement délibérée.
La Majorité : définie comme étant la pluralité des voix.

Le principe :
1ère convocation
L’article 131 du CSC prévoit que les statuts ne peuvent être modifiés que par
une délibération approuvée par les associés représentant les ¾ au moins du
capital social réunis en AGE. (Cette règle n’est pas d’ordre public, les
associés peuvent y déroger).
2ème convocation :
L’article 131 prévoit la convocation d’une deuxième assemblée après un délai
d’au moins 60 jours, en présence des associés détenant au moins le 1/3 du
capital social.
Dans tous les cas, les décisions sont prises à la majorité des deux tiers des
associés présents ou représentés.

Les exceptions :
1.Les statuts peuvent prévoir que les décisions en AGE sont valables si elles sont
prises par les associés détenant au moins 50% des parts sociales.
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2. Une majorité en nombre et en capital est exigée en cas de cession des parts
sociales à un tiers (Article 109 CSC : la majorité des associés représentant au
moins les trois quarts du capital) ainsi qu’en cas de transformation de la société
en société anonyme (144 CSC l’assemblée délibère dans ce cas conformément à
la majorité requise à l’article 131 CSC, c’est-à-dire celle des trois quarts du capital
social, sur présentation d’un rapport spécial élaboré par un comptable ou un
expert-comptable conformément aux article 173 et 174 du CSC)
Exception : la majorité des associés représentant au moins la moitié du capital
social, est exigée pour la transformation de la société en SA, si le capital social
est supérieur à cent mille dinars.
Ces règles sont d’ordre public, toute violation entraine la nullité de la décision de
transformation.
3. L’unanimité :
La décision unanime des associés est exigée pour les délibérations suivantes :
Pour la transformation de la SARL en SNC, en commandite simple ou en
commandite par actions, l’article 143 CSC exige une décision unanime, il en est
de même pour l’augmentation du capital en espèces par augmentation de la valeur
nominale des parts sociales.
Pour le changement de la nationalité, l’article 132 du CSC exige une décision
unanime, il convient de préciser que la délibération porte sur le transfert du siège
social hors du territoire tunisien. Il en est de même de la désignation d’un
commissaire aux apports par les associés (article 100 du CSC).

II. Les irrégularités de la convocation et de la tenue des assemblées


L’article 127 alinéa 3 du CSC prévoit que : « Tout associé peut ester en justice
pour faire déclarer la nullité d’une assemblée générale irrégulièrement
convoquée, à moins que tous les associés y étaient présents ou représentés. Le
tribunal est saisi et statue sur la demande selon les procédures de la justice en
référé. »

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III. La publicité légale et l’opposabilité des délibérations des assemblées aux
tiers

La publicité légale des actes et Procès-verbaux émanant des assemblées des


associés relatifs à toutes les décisions prises lors de la constitution, de la
dissolution ou en cours de vie sociale, doivent obligatoirement faire l’objet de
publication.
L’article 14 et suivants du code des sociétés commerciales régissent les mesures
de publicité légale et prévoit l’obligation d’immatriculation des sociétés au
registre de commerce, l’article 15 prévoit l’obligation de publication des actes
constitutifs de toute société excepté la société en participation.
L’article 16 énumère les actes et délibérations soumis à publicité, il s’agit de tout
acte ou délibération portant sur la modification des statuts, la nomination de
dirigeants des sociétés, le renouvellement ou la cessation de leurs fonctions, la
dissolution de la société, les cessions des parts sociales ou actions, la fusion, la
scission, l’apport partiel ou total d’actifs, la liquidation, l’avis de clôture des états
financiers après dissolution ou liquidation ou fusion ou scission.
L’article 17 prévoit la sanction de la nullité pour la société nouvellement
constituée non publiée, et de tout acte ou délibération pour lesquels les mesures
de publicité légale n’ont pas été accomplie.
Outre le code des sociétés commerciales la loi n°2018-52, relative au Registre
National des Entreprises, entrée en vigueur le 6 février 2019 a apporté des
modifications substantielles aux procédures régissant l'immatriculation des
commerçants personnes physiques et morales, ainsi que celles des non
commerçants, en étendant l'obligation d'immatriculation à des professions non
commerciales, voire à la quasi-totalité des professions.
D’après l’article 14 de la loi n° 2018-52 l’immatriculation est personnelle et doit
être faite une seule fois. Personne ne peut s'immatriculer plus d'une fois dans le
même registre sous peine d'être sanctionné pénalement. L’article 7 de la même loi
ajoute que, toute personne physique ayant la qualité de commerçant au sens du
Code de Commerce est tenue de s’immatriculer au registre de commerce, détenu
par le registre national des entreprises. La même obligation a été étendue en vertu
de cette loi à tout artisan ou toute personne exerçant toute autre activité
professionnelle.

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Les sociétés jouissant de la personnalité morale ayant leur siège social en Tunisie,
les sociétés commerciales étrangères ayant des filiales ou des succursales, les
sociétés non-résidentes existantes sur le sol Tunisien. A cette occasion le
législateur a défini la personne morale à l'article 2 de la loi, considérant qu'il s'agit
de toute : "entité ayant un patrimoine indépendant des patrimoines de ses
membres, ses associés ou ses actionnaires, même si la législation en vigueur ne
lui confère pas la personnalité morale."

L’article7 de la loi 2018-52 cite une liste de personnes soumises à


l’immatriculation au registre national des entreprises. A la lecture de cet article
on distingue une catégorie de personnes qui de par la nature de leur activité, sont
soumises à l'immatriculation au registre de commerce : ce sont les commerçants :
personnes physiques ou morales (article 7 tiret 1,2,3,4,5), les personnes morales
de droit public exerçant une activité non administrative, sont aussi tenues par la
même obligation, il s’agit :
1- des personnes physiques ayant la qualité de commerçant au sens du Code de
Commerce
2- des sociétés ayant leur siège en Tunisie et jouissant de la personnalité morale,
3- des sociétés commerciales étrangères et les représentations qui ont un
établissement ou une succursale en Tunisie ainsi que les sociétés non-résidentes,
4- des établissements publics à caractère non administratif,
5- les autres personnes morales que la loi ou la réglementation particulière impose
leur immatriculation.
Sont aussi soumis à l’obligation d’immatriculation, les étrangers exerçant une
activité commerciale. Le texte vise aussi bien le commerçant étranger personne
physique que la personne morale. Les sociétés étrangères doivent aussi
s’immatriculer.

Quant aux sociétés commerciales, l’immatriculation au registre de commerce est


très importante, car c’est à partir de cette date que la personne morale acquiert la
personnalité juridique. En effet, l’article 4 du Code des Sociétés Commerciales
prévoit que : " Toute société commerciale donne naissance à une personne
morale indépendante de la personne de chacun des associés à partir de la date
de son immatriculation au registre du commerce, à l’exception de la société en

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participation." C’est de l’immatriculation que dépendra alors l’existence
juridique de la société

La fonction principale de publicité effectuée à travers le registre de commerce a


été reprise par les nouvelles dispositions contenue dans le livre 6 de la loi de 2018,
qui dote le centre du registre national des entreprises d'une revue officielle
électronique paraissant sur le site web du Registre National des Entreprises et
réservée à la publication des opérations des entreprises, dans un but d'information
des tiers de leur situation juridique.2
La nouveauté de la loi consiste au fait que la publication à travers la revue en ligne
dispense de toute autre exigence de publicité légale par tout autre moyen tel que
le journal officiel par exemple, que la publicité soit exigée en tant que condition
de validité ou en tant que moyen d'opposabilité de l'acte aux tiers.3
La publicité légale électronique doit paraître sur le site web du registre national
des entreprises dans les 24 heures suivant le dépôt de l'acte objet de publicité, il
en est ainsi de toute constitution, mise à jour, liquidation, radiation etc…
L’article 29 de la loi prévoit que : « Les sociétés à responsabilité limitée
doivent déposer :

1. Une copie du procès-verbal des délibérations de l'assemblée des


associés, en cas d'augmentation ou de réduction du capital.
2. Le rapport des commissaires aux apports en nature, en cas
d'augmentation du capital par apports en nature. Ce rapport doit être
déposé au registre au moins huit jours avant la date de l'assemblée des
associés appelée à décider de l'augmentation du capital. »

L’article 32 de la loi relative au RNE, a aussi obliger les représentants légaux


des sociétés de déposer leurs états financiers établis conformément aux lois et
règlements en vigueur, dans le registre au plus tard au terme du septième mois
suivant la clôture de l’exercice comptable

La nomination d’un commissaire aux comptes doit aussi faire l’objet d’une
publicité légale. En effet, décidé par l’assemblée générale des associés, cette

2www.registre-entreprises.tn
3 L'article 48 de la loi 52-2018.

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décision est soumise à publicité. Il en est de même de la cessation de ses
fonctions ou de son remplacement.

Quant aux sanctions du défaut d’immatriculation

Elles sont prévues par les articles 51 à 59 de la loi 2018, elles sont pénales et
pécuniaires.
D'abord, le tribunal peut rendre une injonction obligeant le contrevenant à
accomplir l'acte manquant. L'article 51 prévoit en outre des pénalités de retard
payables au profit du centre en cas de retard dans l'accomplissement de la mesure
publicitaire.
Ensuite, concernant le défaut d’immatriculation, ou l'immatriculation tardive ou
encore le défaut d'accomplissement des inscriptions modificatives, le législateur
a édicté des sanctions pénales. Les articles 54 et 55 de la loi de 2018 prévoient en
outre des sanctions pénales variant entre l'amende et l'emprisonnement pour toute
personne qui fait sciemment des déclarations manquantes lors de
l'immatriculation, l'inscription ou la radiation.4 La sanction de l'emprisonnement
est prévue pour toute déclaration mensongère.5 Elle est aussi prévue en cas de
falsification des documents ou des attestations émises par le centre national du
registre des entreprises. Ou encore en cas de falsification des documents présentés
lors de l'immatriculation ou lors de l'inscription.

La sanction peut consister en la radiation de l'immatriculation ou de l'inscription


faite sur la base des documents ou données erronées ou falsifiées. Ou encore la
privation de la personne concernée de l'exercice de son activité et ce en vertu d'une
décision de justice.
En outre, l’inobservation des formalités de publicité expose les dirigeants sociaux
qui en ont eu la charge à une sanction d’amende de trois cents à trois mille dinars
(article 20 du CSC).

4 L'article 54 prévoit une amende de 1000 à 5000 dinars. Elle est portée au double pour les personnes morales.
5 L'article 54 : 5 ans d'emprisonnement et 50 mille dinars d'amende.

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SECTION 1 : LES ASSEMBLEES GENERALES DANS LA SOCIETE
ANONYME

I. La convocation aux assemblées

A l’instar de la société à Responsabilité limitée, la convocation d’une assemblée


dans la Société Anonyme est soumise à des formalités, ainsi l’article 277 du
CSC, prévoit que :
L’assemblée générale est convoquée par le conseil d’administration ou le
directoire. En cas de nécessité, elle peut être convoquée par :

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-Le ou les commissaires aux comptes ;
-Un mandataire nommé par le tribunal sur demande de tout intéressé en cas
d’urgence ou à la demande d’un ou plusieurs actionnaires détenant au moins 5%
du capital de la SA lorsqu’elle ne fait pas APE ou 3% lorsqu’elle fait APE ;
-Le liquidateur ;
-Les actionnaires détenant la majorité du capital social ou des droits de vote après
offre publique de vente ou d’échange ou après la cession d’un bloc de contrôle.
Délais et mode de convocation :
D’après l’article 276 CSC, l’assemblée générale est convoquée par un avis publié
au JORT et au journal officiel du RNE, dans un délai de 21 jours au moins avant
la date fixée pour la réunion.
L’article 280 du CSC prévoit que : « Le conseil d’administration ou le directoire
doit mettre à la disposition des actionnaires au siège de la société, quinze jours au
moins avant la date prévue pour la tenue de l’assemblée, les documents
nécessaires pour leur permettre de se prononcer en connaissance de cause et
donner leur avis sur la gestion et le fonctionnement de la société ». L’article 286
du CSC prévoit aussi que : « Avant la réunion de toute assemblée générale, tout
actionnaire a le droit d’obtenir, dans les conditions et les délais déterminés par les
statuts, communication de la liste des actionnaires ».
Validité des délibérations:
D’après l’article 278§2 : elle ne délibère valablement sur première convocation
que lorsque les actionnaires présents ou représentés présentent détiennent le 1/3
au moins des actions leur conférant le droit de vote.
Si ce quorum n’est pas atteint, une deuxième assemblée est tenue sans qu’aucun
quorum ne soit requis, et l’assemblée statue à la majorité des voix des actionnaires
présents ou représentés (Article 278§3, 4 et 5)
Le vote des délibérations soumises à l’assemblée, peut se faire par représentation,
ou par correspondance.
En cas de représentation, l’actionnaire doit remettre à son représentant un
mandat spécial à cet effet. (Article 278§6).
En cas de vote par correspondance, la société met à la disposition des
actionnaires un formulaire de vote spécial, le vote n’est valable que lorsque la

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signature de l’actionnaire est légalisée. Le formulaire doit être envoyée à la société
au plus tard le jour précédent la réunion.
La présence et le vote aux assemblées est réservé aux actionnaires. Toutefois, les
statuts peuvent « exiger un nombre minimum d’actions, sans que celui-ci puisse
être supérieur à dix, pour participer aux assemblées générales ordinaires ».
(Article 279 CSC).
Documentation pré-assemblée : L’article 280 du CSC dispose que : « Le conseil
d’administration ou le directoire doit mettre à la disposition des actionnaires
au siège de la société, quinze jours au moins avant la date prévue pour la
tenue de l’assemblée, les documents nécessaires pour leur permettre de se
prononcer en connaissance de cause et donner leur avis sur la gestion et le
fonctionnement de la société ». Il s’agit de l’exercice du droit à l’information
prévu à l’article 11 du CSC. En outre, l’article 286 du même code donne le droit
à tout actionnaire d’obtenir, dans les conditions et les délais déterminés par les
statuts, la liste des actionnaires.
Contenu du procès-verbal de l’assemblée:
Le législateur a déterminé les énonciations obligatoires devant être contenus dans
chaque procès-verbal d’assemblée, à cet effet l’article 285 du CSC prévoit que :
« Le procès-verbal des délibérations de l’assemblée générale doit contenir les
énonciations suivantes :
• La date et le lieu de sa tenue ;
• Le mode de convocation ;
• L’ordre du jour ;
• La composition du bureau ;
• Le nombre d’actions participant au vote et le quorum atteint ;
• Les documents et les rapports soumis à l’assemblée générale ;
• Un résumé des débats, le texte des résolutions soumises au vote et son
résultat.
Ce procès-verbal est signé par les membres du bureau, et le refus de l’un d’eux
doit être mentionné ».
Les procès-verbaux des assemblées sont obligatoirement mis à la disposition des
actionnaires aux siège de la société avec les feuilles de présence, à cet effet le
législateur a permis à chaque à l’actionnaire détenant 5 % du capital (SA NAPE)

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et 3% (SA FAPE), d’obtenir une copie des Pv des trois derniers exercices, à défaut
ce dernier aura le droit de saisir le juge des référés (Article 284 CSC).
Sanctions :
Le dernier alinéa de l’article 277 du CSC prévoit que :« Toute assemblée dont
la convocation n’est pas conforme aux modalités ci-dessus mentionnées peut
être annulée. Toutefois, l’action en nullité n’est pas recevable lorsque tous les
actionnaires y étaient présents ou représentés ».
La sanction est donc la nullité.
II.Typologie des assemblées d’actionnaires dans les sociétés anonymes
L’article 274 du CSC prévoit trois types d’assemblées : les assemblées générales
constitutives, ordinaires et extraordinaires.
A la lecture des dispositions régissant la Société Anonyme, on se rend compte
qu’il existe d’autres types d’assemblées en marge des assemblée nécessaires pour
le démarrage et le fonctionnement de la société, il s’agit des assemblées spéciales.
1.L’Assemblée Générale Constitutive
Il s’agit de l’assemblée tenue dans la phase de la constitution de la société.
Cette assemblée générale est convoquée par les fondateurs de la société qui
appellent les souscripteurs à se réunir afin de délibérer sur la constitution de la
SA. Elle est tenue une seule fois.
Dans un délai de 15 jours, à partir de la clôture de la souscription, les fondateurs
sont tenus de réunir les souscripteurs en assemblée générale constitutive dans les
formes et délais mentionnés dans la notice aux termes de l’article 171 CSC.
La convocation doit se faire par écrit ou tout autre moyen laissant une trace écrite.
Le délai de convocation n’a pas été prévu par le législateur, mais elle doit dans
tous les cas être tenue dans un délai n’excédant pas six mois à compter de la
clôture des souscriptions. (Délai accordé aux souscripteurs pour retirer les fonds
à défaut de constitution de la société : article 169 CSC)
Quant au quorum et à la majorité requis pour la validité des délibérations des
assemblées constitutives, l’article 175 du CSC prévoit qu’il s’agit des mêmes
conditions de quorum et de majorité exigées pour les assemblées générales
extraordinaires conformément aux articles 291 : soit la présence des actionnaires

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représentant la moitié du capital (sur 1ère convocation) , le tiers sur deuxième
convocation.
Objet des délibérations de l’assemblée générale constitutive :
D’après l’article 172 CSC, l’AGC a pour objet de valider les actes de
constitution accomplis par les fondateurs, à cet effet, elle : vérifie la souscription
intégrale du capital, ainsi que la libération du montant exigible des actions, elle se
prononce sur l’approbation des statuts qui ne peuvent être modifiés qu’à
l’unanimité des souscripteurs. Elle statue aussi sur l’évaluation des apports en
nature d’après l’article 173, le pv doit mentionner l’approbation de l’évaluation à
défaut la société ne peut valablement se constituer.
L’assemblée est habilitée à nommer les premiers administrateurs et les premiers
commissaires aux comptes, qui doivent accepter leurs missions dans le procès-
verbal de la dite assemblée.

2.L’Assemblée Générale Ordinaire


Convocation de l’AGO :
Elle est convoquée aux termes de l’article 277 CSC par le conseil d’administration
ou par le directoire.
Le conseil d’administration ou le directoire doit mettre à la disposition des
actionnaires au siège de la société, 15 jours au moins avant la date prévue pour la
tenue de l’assemblée, les documents nécessaires pour leur permettre de se
prononcer en connaissance de cause et donner leur avis sur la gestion et le
fonctionnement de la société (article 280 CSC).
L’assemblée générale ordinaire ne peut délibérer valablement sur première
convocation que si les actionnaires présents ou représentés détiennent au moins le
1/3 des actions conférant le droit de vote (article 278 alinéa 2 CSC), à défaut une
deuxième assemblée est tenue sans qu’aucun quorum ne soit requis, un délai
minimum de 15 jours doit être observé entre les deux assemblées , la deuxième
statue à la majorité des voix des actionnaires présents ou représentés(article 278
alinéas 3 et 4 CSC).
L’assemblée générale statue à la majorité des voix des actionnaires présents ou
représentés (article 278 alinéa 5 CSC).

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L’assemblée générale est présidée par la personne désignée aux statuts. A défaut,
la présidence est confiée au président du conseil d’administration ou au président
du directoire et, le cas échéant, à l’actionnaire choisi par les actionnaires présents
(article 281 alinéa 1er CSC).
Le président de l’assemblée générale est assisté de deux scrutateurs, et d’un
secrétaire, désignés par les actionnaires présents. Ils forment le bureau de
l’assemblée (article 281 alinéa 2 CSC).
Avant de passer au vote, une feuille de présence est établie, elle doit mentionner
les noms des actionnaires présents ou représentés, leur nombre ainsi que le
nombre des cations qu’ils détiennent, ainsi que leurs domiciles. Cette feuille doit
être émargée par les actionnaires et certifiée par le bureau puis déposée au siège
social.
Les Attributions de l’Assemblée Générale Ordinaire
Cette assemblée doit être tenue au moins une fois par an et dans les six mois qui
suivent la clôture de l’exercice comptable, elle a pour mission d’approuver ou de
désapprouver les comptes de l’exercice écoulé et de rendre les décisions relatives
aux résultats après avoir pris connaissance du rapport du conseil d’administration
ou de celui du directoire et de celui du commissaire aux comptes ; elle contrôle
les actes de gestion.
L’article 275 CSC considère nulle, la décision de l’assemblée générale portant
approbation des états financiers si elle n’est pas précédée par la présentation des
rapports du ou des commissaires aux comptes.
L’AGO de la SA a aussi pour attribution d’affecter les bénéfices, une fois les
comptes de la SA approuvés, il revient à l’assemblée générale ordinaire de décider
du sort des bénéfices réalisés. Cette affectation doit respecter la constitution des
réserves obligatoires, facultatives et statutaires. Les bénéfices seront distribués
aux actionnaires sous forme de dividendes (article 287 CSC). Tout actionnaire
doit recevoir sa part des dividendes dans un délai maximum de trois mois de la
date de la tenue de l’assemblée générale qui a décidé la distribution. Les
actionnaires peuvent en décider autrement à l’unanimité (article 288 alinéa 2
CSC). Dans le cas de dépassement du délai de trois mois, les bénéfices distribués
génèrent un intérêt commercial (article 288 alinéa 3 CSC). L’action en paiement
des dividendes se prescrit par 5 ans à partir de la date de la tenue de l’assemblée
générale qui a décidé la distribution (article 288 alinéa 4 CSC).

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Nomination des administrateurs et des commissaires aux comptes :
l’assemblée générale ordinaire est habilitée à nommer les administrateurs et les
commissaires aux comptes. Il a également la possibilité de révoquer les
administrateurs nommés.
Approbation des convention réglementées : L’assemblée générale ordinaire a
aussi parmi ses attributions, la mission d’approuver certaines opérations telle que
la cession du fonds de commerce de la société ou de l’un de ses éléments, la
location à un tiers, l’emprunt la vente d’immeuble, la garantie des dettes
d’autrui… Elle se prononce aussi sur les conventions conclues entre la société et
ses dirigeant et ou actionnaires objet d’un rapport spécial du commissaire aux
comptes conformément au 2-3 et 4 de l’article 200 CSC .

3.L’assemblée générale extraordinaire


Sa convocation se fait selon les mêmes règles de convocation applicables à l’AGO
Ses Attributions : D’après l’article 291 CSC seule l’assemblée générale
extraordinaire est habilitée à modifier toutes les dispositions des statuts. Toute
clause contraire des statuts est nulle.
Délibération :
Quorum : Les délibérations de l’assemblée générale extraordinaire ne sont
considérées valables que si les actionnaires présents ou représentés au droit de
vote détiennent au moins, sur première convocation, la moitié des actions
ayant droit de vote et sur deuxième convocation le tiers (article 291 alinéa2
du CSC). A défaut de ce dernier quorum, l’assemblée générale extraordinaire
peut être prorogée à une date postérieure ne dépassant pas 2 mois à partir de la
date de convocation (article 291 alinéa3 du CSC).
La majorité : l’assemblée générale extraordinaire statue à la majorité de deux
tiers des voix des actionnaires présents ou des représentants ayant droit au vote
(article 291 alinéa 3 du CSC).
L’assemblée générale extraordinaire régulièrement tenue, statue sur la
modification des statuts, c’est-à-dire sur toutes les questions faisant l’objet d’une
clause statutaire, il en est ainsi du capital social, le siège social, le mode de gestion
etc…

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Ainsi relève de sa compétence, la décision relative à l’augmentation du capital
social et sa réduction par application des articles 293 et 307 du CSC.

Cette décision doit faire l’objet d’une publicité lagéla au RNR


conformément à la loi 52-2018 relative au RNE.

Les décisions relatives aux changements intéressant la SA : L’assemblée


générale extraordinaire peut décider, au cours de l’existence de la SA, du choix
du mode d’administration ou de sa suppression (article 224 alinéa 3 du CSC), de
la décision de fusion (article 418 du CSC), de scission (article 429 du CSC), ou
de transformation (article 434 du CSC). Il en est de même des décisions de
dissolution (article 387 du CSC), de création de certains titres (articles 347 et 375
du CSC), de changement de nationalité ou de siège social…
4.Les assemblées spéciales
Les différents types d’assemblées spéciales :
- L’article 333 alinéa1er du CSC autorise les porteurs des obligations de
pouvoir se réunir en assemblée spéciale.
- L’article 354 du CSC prévoit que « les titulaires d’actions à dividende
prioritaire sans droit de vote sont réunis en une assemblée spéciale ».
- L’article 373 alinéa 2du CSC donne droit aux titulaires de titres participatifs
de se réunir en assemblée spéciale.
- L’article 384 alinéa 2 du CSC fait allusion à la possibilité donnée aux
titulaires de certificats d’investissement de pouvoir se réunir en assemblée
spéciale.
La tenue des assemblées spéciales
- La SA est habilitée aussi bien pour convoquer l’assemblée que pour fixer
son ordre du jour ;
- Un groupe représentant 10% de la masse totale des titres peut présenter une
demande à la SA pour qu’elle convoque l’assemblée. Si la SA ne convoque
pas l’assemblée dans le mois qui suit la demande, le groupe auteur de la
demande peut, sur autorisation du président du tribunal de première
instance, procéder lui-même à la convocation. La convocation est réalisée
par l’insertion au JORT et dans deux journaux quotidiens (article 356 du
CSC). Un doute persiste sur le mode de convocation de l’assemblée
générale des porteurs d’actions à dividende prioritaire. Dans l’attente
d’éclaircir le régime applicable, il est recommandé, par prudence, de
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recourir à la fois à la publication au JORT et au BORNE, à l’instar du
régime retenu par l’article 276 du CSC pour la convocation de
l’assemblée générale des actionnaires des sociétés anonymes.
- Pour la première convocation, l’assemblée n’est régulièrement tenue que si
la moitié de ses membres sont présents ou représentés. Sur deuxième
convocation, le quorum exigé s’abaisse au tiers des membres présents ou
représentés.
- La majorité requise pour la prise des décisions est de deux tiers des
présents.
Les attributions des assemblées spéciales :
- Emission d’un avis préalable sur les questions inscrites à la délibération de
l’assemblée générale ordinaire des actionnaires ;
- Désignation d’un de ses membres pour la représenter et défendre les
intérêts des membres ;
- Approbation des modifications des droits des titulaires d’actions à
dividende prioritaire comme condition initiale de la prise de la décision par
l’assemblée des actionnaires (article 365 alinéa 2 du CSC).
- Attribution spéciale de l’assemblée des titulaires de certificats
d’investissement mentionnée par l’article 384 alinéa 2 du CSC qui porte
sur la renonciation au droit préférentiel de souscription en cas
d’augmentation du capital en numéraire par l’émission de nouveaux
certificats d’investissement ;
- Attribution de renonciation spécifiée par l’article 385 du CSC pour le droit
de préférence à la souscription en cas d’émission d’obligations convertibles
en action (article 385 du CSC).

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