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CONSEILS D’ENFANTS Mise en place L'examen des divers projets de mise en place d'un conseil d'élèves dans l'école montre

des points intéressants à souligner. - On crée souvent un conseil quand il y a déjà eu des difficultés dans l'école : violences physiques ou verbales, incivilités. C'est à dire qu'on donne alors au conseil une fonction de réparation. Aujourd'hui les instructions officielles nous donnent des outils et des arguments pour institutionnaliser ce type de pratique même dans les écoles dites " calmes " ne serait-ce que pour faciliter la communication et apporter la preuve que toute vie sociale s'organise autour de règles destinées à résoudre ou éviter des conflits. - Il faut se mettre d'accord dans l'école sur le rôle éducatif du Conseil. - Le Conseil est un lieu d'échange, de communication, d'expression des besoins. Il peut sembler focaliser ou susciter même des difficultés comme des revendications surtout dans un premier temps. Une difficulté est de ne pas simplement en faire le lieu " des demandes " des enfants, " demandes à l'adulte, à l'institution… " Mais un lieu de propositions constructives. L'école doit chercher d'abord ses propres solutions puis ensuite seulement en appeler si besoin à d'autres institutions. A terme, le conseil des élèves devrait fonctionner en relation avec le conseil d'école, le conseil d’établissement… Son existence pourrait être mentionnée utilement dans le règlement intérieur avec délimitation de ses " pouvoirs ". - L'apprentissage du Conseil d'élèves et le travail préparatoire en classe implique un engagement y compris par rapport au calendrier : il faut mettre en place des échéanciers que l'on peut tenir. Trop fréquent cela risque de tourner à vide, trop éloigné cela ne permet pas de dialogue conseil/classes et surtout de percevoir rapidement l'impact des décisions prises. Certaines écoles se basent sur un rythme d'une réunion par quinzaine, d'autres d'une réunion par mois… - Le Conseil d'élèves est doté d'un pouvoir législatif. Ce pouvoir ne doit pas s'opposer au règlement intérieur. Il semble difficile d'imaginer que le vote à la majorité simple soit pertinent, peut-être faudrait-il s'accorder à défaut d'unanimité sur un vote des deux tiers au moins des délégués… Cette question revient souvent parmi les différents problèmes rencontrés. On est ici dans la délicate notion d'intérêt collectif ou d'intérêt général. - Le Conseil des élèves a une fonction de médiation : dans certains cas entre deux classes, voire entre personnes… Il faut bien entendu faire préciser ici que le délégué-médiateur ne vient pas se substituer à l'adulte et c'est toute l'ambiguïté de certaines pratiques où l'on a vu des écoles mettre en place de véritables petites milices de cour de récréation… Il faut donc plutôt se limiter à un rôle de " député " qui transmet au Conseil, vote lorsqu'il est mandaté et revient ensuite vers sa classe expliquer la décision prise et peut être contribuer à faire accepter par ses camarades une loi nouvelle non demandée ou non acceptée . - Le Conseil doit posséder ses rituels de fonctionnement. La question de l'animation des débats se pose. Par exemple si le directeur anime les débats, peut-il répondre aux questions ? On peut très bien imaginer un Président (élu) de séance, enfant ; une organisation de la salle rappelant celle de l'assemblée nationale avec le banc des enseignants, les places des délégués,

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une tribune, une urne pour le vote à bulletin secret… et pourquoi pas, ponctuellement ou de façon plus organisée, la visite d'une classe comme spectateur des débats. A noter : il arrive parfois qu'un représentant du personnel de service et un représentant des parents, voire de la mairie soit invité… - Modalités. a) dans les classes : Il faut s'entendre sur les modalités de fonctionnement dans les classes. Nous avons pu observer divers fonctionnements : -Deux délégués et deux suppléants sont élus pour l'année. - Deux délégués et deux suppléants sont élus pour une période donnée ou un trimestre… - Les élèves " tournent " deux à deux. Solution qui invite chacun au conseil mais ne permet pas forcément d'élaborer des projets dans la continuité. Dans chaque classe on prépare le Conseil lors d'un entretien hebdomadaire qui peut souvent être animé par un élève, donner lieu à des travaux écrits préalables ou de conclusion, des votes … A la fin de ces réunions les délégués de la classe sont mandatés par leurs camarades pour défendre ou proposer un projet, souligner un problème… On peut également structurer la classe en assemblée avec recours à une " tribune ". A noter : les élèves candidats à la fonction de délégué peuvent faire une campagne électorale avec affichage et pourquoi pas discours écrit… b) les enseignants : Comme pour les élèves, ils fonctionneront soit par désignation, soit par représentation… Le directeur ou la directrice représente l'institution, dans une école importante il semble que la présence de deux enseignants soit souvent la meilleure solution. Nous avons expérimenté la solution : deux enseignants par réunion, chaque enseignant enchaîne deux réunions et passe le relais… ce qui permet d'assurer la rotation et la continuité. Si les classes viennent tout à tour assister aux débats, l'enseignant de la classe concernée est présent. Matériellement : les assemblées ont lieu par exemple après une récréation, la directrice a la liste des délégués et veille à leur présence. Les enseignants qui assistent au Conseil doivent répartir leurs élèves avec du travail autonome. Un secrétariat des débats est tenu par deux enfants d'une part et par l'un des enseignants. Le procès verbal des débats peut être ensuite affiché. c) conduite des séances : la difficulté est en général de permettre à chaque délégué de s'exprimer, en particulier les élèves des petites classes. Si l'idéal est d'avoir un Président enfant qui distribue la parole, les enseignants épaulent, régulent, encouragent les plus petits. Les enseignants et la directrice peuvent bien entendu demander la parole et s'exprimer, il est pertinent par exemple de s'appuyer sur le règlement intérieur… mais l'enjeu réside dans le fait d'accepter de ne pas répondre trop vite même par la négative aux propositions enfantines et surtout d'éviter de se placer dans la position où les enseignants présents accèderaient directement aux demandes. Ils ont à rendre compte au Conseil des maîtres (d'où la nécessité de faire connaître aux élèves les différentes assemblées de l'école). Par contre la directrice ou le directeur comme un enseignant mandaté peut " faire passer un message " ou soulever un problème et le proposer à la réflexion de l'Assemblée.

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De même, si une proposition s'exprime lors d'une première assemblée et si les élèves en débattent, il semble pertinent de s'obliger à un retour vers les classes avant toute prise de décision. Exemple : il y a des bousculades dans l'escalier pour remonter après la récréation, une classe demande un ordre de passage… les délégués débattent, étudient la proposition, la formulent si possible par écrit. Ils la soumettront ensuite au vote de leurs camarades en classe. Puis chaque délégué reviendra mandaté par sa classe et l'Assemblée votera à la séance suivante. Cet " aller-retour " qui semble parfois fastidieux permet toutefois de mieux expliciter et intégrer les nouvelles règles ou propositions. Il se peut aussi que l'Assemblée soulève un problème sans savoir le résoudre et le soumette à la réflexion des classes, des maîtres… L'équipe pédagogique peut se donner régulièrement un temps pour faire le bilan, analyser les difficultés rencontrées. Il importe que chacun puisse s'exprimer. Sous certaines conditions, il peut être intéressant d'inviter un représentant du Conseil d'école à l'Assemblée et réciproquement, que le Conseil d'école invite un représentant de l'Assemblée. Il est souvent utile de définir le lien entre l'Assemblée des élèves et le budget de l’école. Soit en faisant élire les délégués des élèves chargés de la coopérative au sein de l'Assemblée, soit en faisant voter par la Coopérative de l'école qui possède sa propre assemblée, un budget alloué à l'Assemblée des élèves. Ainsi institutionnalisée, l'Assemblée des élèves (ou Conseil des élèves, ou Conseil d'enfants) prend sa place parmi les institutions démocratiques de l'école. Source : Prepaclasse

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