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Projet l’Union Européenne financé par Evaluation finale du projet « Ensemble Différemment » Ensemble différemment

Projet

l’Union Européenne

financé

par

Projet l’Union Européenne financé par Evaluation finale du projet « Ensemble Différemment » Ensemble différemment

Evaluation finale du projet « Ensemble Différemment »

Ensemble différemment : mobilisation des acteurs locaux pour l’insertion sociale des personnes handicapées à Antananarivo

Référence : EuropeAid/CRIS 126-858/L/ACT/MG

Siège Lucile Papon 14, Av Berthelot 69 361 Lyon Cedex France Tel : 33. (0).4.78.69.79.79 Fax : 33. (0).4.78.69.79.94 lpapon@handicap-international.org

HI Madagascar Edith van Wijngaarden Directrice de Programme BP 4286 Ambohijatovo

Antananarivo Antananarivo

Tel : 22.338.18 / 22.239.75

Fax : 22.269.56 hi-dp@moov.mg

HI Madagascar

Anthony Vautier Coordinateur des opérations BP 4286 Ambohijatovo

Tel : 22.338.18 / 22.239.75

Fax : 22.269.56 hi.coordo@gmail.com

Carte de Madagascar : Sites d’intervention du projet Ensemble Différemment

Handicap International Madagascar

Ensemble Différemment Handicap International Madagascar Evaluation finale du projet « Ensemble Différemment » -

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TERMES DE REFERENCE

1 SITUATION DANS LAQUELLE S’INSCRIT LE PROJET

1.1Contexte général de Madagascar 1

Madagascar est une île de l’Océan Indien qui se situe à 400 km au large de l'Afrique de l’Est, séparée de ce dernier par le canal du Mozambique. De par sa taille (cinquième plus grande île au monde), Madagascar présente de grandes disparités géographiques et climatiques. Avec une population de plus

de 20 000 000 habitants, Madagascar est le pays le plus peuplé de la région Océan Indien. Le pays se situe parmi les pays à faible développement humain (IDH: 0.435 ; 135 ème rang/169), situation caractérisée

par

une pauvreté massive (67.3% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté) et marquée par

une

détérioration du PIB par habitant (958 US $/hbt). Le taux de croissance, ne suffit pas à renverser le

taux d’incidence de la pauvreté (croissance pro riche plutôt que pro pauvre). Le taux d’analphabétisme demeure élevé chez les plus de 15 ans (29.3%) et l’espérance de vie globale est de 61 ans. Le nombre insuffisant de services de base, un niveau d’éducation limité ainsi qu’un marché de l’emploi globalement restreint, confinent une large part de la population dans la pauvreté et l’exclusion sociale (mendicité, prostitution, enfants des rues, sans abris), situation précaire accentuée par les difficultés de logement, l’insalubrité et les aléas climatiques. Parmi les populations les plus vulnérables figurent les enfants et les femmes mais également les personnes handicapées qui, pauvres parmi les plus pauvres, subissent de manière accrue les difficultés de la vie quotidienne.

Les

évènements politiques survenus au premier semestre 2009 ont contribué à aggraver les difficultés

des

populations les plus vulnérables, la crise économique mondiale contribuant également à ralentir la

croissance économique. L’abandon du Madagascar Action Plan (MAP) ainsi que la suspension et/ou le

gel des accords de coopération de la part des partenaires au développement, ont conduit à mettre en

parenthèse les actions en faveur de la réduction de la pauvreté, priorité étant donnée au règlement des

différends politiques et au retour à la démocratie. La signature, en août 2009, des accords de Maputo, si

elle semblait offrir une porte de sortie politique à la crise, n’a pas abouti comme prévu à l’organisation en

2010 d’élections démocratiques, et à ce jour aucune relance véritable de la politique de développement et de lutte contre la pauvreté n’est envisagée à court terme. L’année 2010 a ainsi été marquée par quelques tensions et l’organisation d’un referendum proposant la révision de la constitution, révision acceptée à plus de 74% de l’opinion exprimée. Les élections municipales ont par ailleurs été repoussées au printemps 2011 et les élections législatives et présidentielles devraient être organisées la même année.

1.2Contextes particuliers à la ville d’intervention du projet : Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA)

La Commune Urbaine d’Antananarivo (Tana) est la capitale économique et politique de Madagascar et

concentre 5% de la population (EDS 2008-2009). Son nom signifie "la ville des mille", mille collines ou mille guerriers selon. La ville fut tout d'abord construite comme une forteresse vers le début du

XVII e siècle par les rois Merina, qui en ont fait leur résidence principale dans les années 1790. Les

Français se sont emparés de la ville en 1895. Elle est devenue, plus tard, la capitale de la colonie française de Madagascar. Elle a conservé son statut de capitale lors de l'accession à l'indépendance du

pays en 1960.

La ville compte environ 1 500 000 habitants répartis dans les 6 arrondissements divisés en 192 Fokontany

(quartiers). Le 5è arrondissement est le plus peuplé,

arrondissement. Le 6 ième arrondissement est le moins peuplé.

suivi du

1 er

arrondissement

puis

du

4

ième

1 http://hdrstats.undp.org/en/countries/profiles/MDG.html

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La partie haute de la ville d’Antananarivo est construite à flans de collines, autour et au-dessous de l’ancien palais royal. La partie basse de la ville, accueillant les habitants les plus pauvres, est située au pied de ces collines sur un terrain inondable en saison des pluies (anciennes rizières). Les familles suivies par l’équipe du projet vivent pour la plupart dans les quartiers défavorisés de la ville basse. Le peuplement des quartiers défavorisés est dense, les constructions sont précaires, les inondations sont fréquentes en saison des pluies (de décembre à mars) et les infrastructures sanitaires sont rares : les logements n’ont ni eau courante, ni toilette. L’espace de vie restreint, la boue des ruelles en saison des pluies, le manque de sanitaires et l’accès difficile aux points d’eau font que l’hygiène est une habitude de vie difficile à respecter.

Le niveau de mortalité des enfants de moins de cinq ans a diminué ces quinze dernières années mais demeure élevé. L’enquête démographique et de santé (EDS 2008-2009) a trouvé un taux de mortalité infantile de 48‰. Le niveau de fécondité amorce une évolution à la baisse également. Le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 5,2 à 4,8. En milieu urbain le nombre est de 2,9 enfants contre 5,2 en milieu rural. On assiste donc à une tendance à la baisse de la fécondité à Antananarivo. Cette transition démographique résulte enfin d’une baisse de la mortalité et de la fécondité, passant de niveaux élevés à des niveaux plus faibles à la suite du développement économique et social. 2

Le niveau d’instruction de la population des quartiers défavorisés de la capitale est faible, la plupart des adultes ont arrêté l’école au niveau primaire, souvent sans avoir pu terminer. Les relations familiales sont complexes et la vie de couple est souvent très mouvementée. Entre 17 et 23% des ménages sont menés par des femmes seules. L’offre d’emploi étant largement inférieure à la demande, le chômage est une réalité très présente et les activités rémunératrices informelles se développent partout où les occasions se présentent 3 . Par ailleurs, comme tous les pays africains, Madagascar n’échappe pas à l’exode rural. C’est ainsi que la population urbaine totale est passée de 7,8% en 1950 à 16,1% en 1975, puis à 26,4% en 1995 et 32,7% en 2005. La ville est entourée de communes dites rurales limitrophes dont la principale vocation jusqu’à présent est de servir pratiquement de zones « dortoirs » à une population qui ne vit essentiellement que par la ville et pour la ville d’Antananarivo. 4

Depuis février 2009, Madagascar est en pleine crise politique, marquée par de profonds changements institutionnels, et ceci a compliqué nos interventions et ralenti le rythme de nos actions, en particulier à Antananarivo dans la mise en œuvre et le suivi du projet « Ensemble Différemment » mené en collaboration avec la Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA). Trois dirigeants se sont ainsi succédé au cours de l’année 2009 au poste de Maire d’Antananarivo, chacun d’entre eux provoquant des changements au niveau des différentes directions techniques. Aujourd’hui l’issue du conflit est incertaine et paralyse lourdement la vie économique du pays. La pauvreté des familles défavorisées s’accentue, notamment dans la capitale où sont concentrées de nombreuses industries conséquemment en difficultés.

1.3 Le handicap à Madagascar

Bien que la réalité du handicap demeure relativement méconnue sur le plan statistique, l’OMS estime que 10% d’une population nationale est porteuse d’une ou plusieurs déficiences (physique, mentale, visuelle et auditive).

Les personnes handicapées s’inscrivent parmi les populations les plus vulnérables. Leurs besoins sont nombreux, les réponses proposées limitées et fortement dépendantes des initiatives portées par la société civile. La réticence de l’Etat à convenir, dans le contexte global de la pauvreté, de la vulnérabilité particulière de cette population et de ses besoins spécifiques, rend difficile la reconnaissance de sa pleine citoyenneté et l’applicabilité de ses droits, au quotidien mais également dans le cadre de la politique de lutte contre la pauvreté.

2 Enquête Démographique et de Santé (EDS) Madagascar, 2008-2009, INSTAT, avril 2010

3 Capitalisation - mission d’appui psychologique, approche familiale systémique - Sonia Chillon - ASMAE – Madagascar - 2008

4 Plan d’Urbanisme Directeur de la CUA, PUDiPOP, janvier 2010

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Malgré l’existence d’un corpus juridique adopté en 1997 et la signature par la Présidence Malgache en Septembre 2007 de la nouvelle Convention Internationale sur les Droits des Personnes Handicapées, celles-ci demeurent largement exclues des différents domaines de la vie économique et sociale (éducation, santé, emploi, vie politique et communautaire, etc.). En plus de l’atteinte évidente aux Droits de l’Homme qu’elle représente, cette exclusion présente également l’inconvénient majeur de maintenir la personne handicapée en situation d’invisibilité. Une invisibilité accentuée par un mouvement associatif relativement jeune, qui peine encore à assurer un lobbying efficace autour d’une vision et d’un discours commun sur le Handicap et la place de la personne handicapée. L’une des conséquences directes de cette absence marquée sur la scène nationale et souvent locale, est la non prise en compte dans les stratégies et projets de développement visant l’atteinte des OMD, des besoins spécifiques des personnes handicapées.

2 DESCRIPTIF DU PROJET A EVALUER

2.1 La stratégie HI à Madagascar

Handicap International intervient à Madagascar depuis 1987 et est active dans le champ du développement local urbain depuis 1990. La programmation 2005-2008 dont l’objectif global est d’évoluer «vers l’égalisation des chances pour une pleine participation sociale des personnes en situation de handicap au processus de développement à Madagascar » fixe 2 axes stratégiques aux interventions de Handicap International à Madagascar. Le premier axe, a pour objet de favoriser la promotion des droits et l’insertion sociale des personnes en situation de handicap dans la ville. C’est dans ce cadre que le projet «Ensemble Différemment» a été défini.

En 2009, le programme a procédé au bilan de sa stratégie et s’est engagé sur une nouvelle période de programmation courant de 2010 à 2013. L’objectif global pour cette période demeure que « La Société Malgache s’engage vers une plus grande prise en compte du handicap et de la personne handicapée dans le processus de développement ». Sur la base des acquis de la stratégie 2005-2008, trois champs d’intervention ont été privilégiés :

- Le Renforcement des services visant à renforcer les compétences et les dispositifs qui permettent aux services sociaux et médico-sociaux d’être accessibles et inclusifs.

- L’appui au mouvement des personnes handicapées afin que ce dernier assure un plaidoyer renforcé

en direction des autorités locales et nationales et renforce les efforts de sensibilisation des populations pour une plus grande reconnaissance de l’égalité et de la dignité du citoyen handicapé. - La prévention des incapacités qui s’attachera aux différents niveaux de prévention primaire, secondaire et tertiaire.

En Décembre 2010, Handicap International met en œuvre 7 projets et est présent sur 5 sites (Antananarivo, Diégo Suarez, Majunga, Tamatave et Tuléar). Ces projets s’inscrivent dans les domaines suivants :

Promotion des droits des personnes handicapées Insertion socio-économique des personnes handicapées et accompagnement social des enfants handicapés Accessibilité de l’environnement Prévention des incapacités physiques et psychosociales

2.2 Présentation du projet

Le projet « Ensemble Différemment » s’est inscrit dans la continuité des expériences et acquis de Handicap International à Madagascar, issus de 3 projets, en termes d’insertion des personnes handicapées dont les enfants :

Le projet « petite enfance en difficultés » mis en œuvre à Antananarivo auprès des enfants handicapés de la basse ville avec le soutien de la Fondation Air France (2006-2008), Le projet « ville et handicap » mené dans 4 des principales villes de province malgaches avec le soutien financier de l’Ambassade de France et de l’Union Européenne (2006-2010).

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Le projet « éducation inclusive » mené dans 16 régions (Itasy et 15 régions avec des classes intégrées) afin de promouvoir et d’améliorer le droit et l’accès à l’éducation pour les enfants en situation de handicap, avec le soutien de l’Union Européenne et l’UNICEF (2006 – 2009)

Les problèmes spécifiques ont été identifiés par HI et le COPH (Collectif des Organisations de Personnes Handicapées) dans le cadre des expériences d’insertion sociale menées par les projets « accompagnement de la petite enfance handicapée » et « ville et handicap ». Leur analyse, ainsi que la forte demande des familles et des associations accueillant les enfants handicapés sont à l’origine du montage de l’Action :

Absence de dialogue entre les services municipaux et les personnes handicapées et méconnaissance de la question du handicap par les acteurs locaux, tant publics (services municipaux et déconcentrés) que privés (employeurs, associations de quartiers, ONG et projets etc), Faiblesse tant organisationnelle qu’opérationnelle des Associations de Personnes Handicapées (APH), Absence d’accompagnement pour les parents confrontés au handicap de leur enfant et mal-être lié à l’attitude discriminatoire de la société malgache vis-à-vis de la personne handicapée, y compris les enfants, Accès limité des familles à l’information et à l’orientation à propos du handicap et de la prise en charge médico-sociale (soins, réadaptation, scolarisation, emploi, etc.) de la personne handicapée, Services d’accueil et d’orientation des personnes handicapées peu nombreux et prise en charge spécialisée plutôt qu’inclusive, entraînant un coût élevé et une participation sociale limitée des personnes handicapées, Qualité des services, tant spécialisés qu’inclusifs, très limitée et absence de standard minimum.

Le projet « Ensemble différemment » a été mis en œuvre par Handicap International en partenariat avec le COPH (Collectif des Organisations de Personnes Handicapées) et en collaboration avec la Commune Urbaine d’Antananarivo. Il travaille avec tous les acteurs de la ville et notamment les services techniques de la mairie, les associations de personnes handicapées et toutes autres associations résidentes dans le territoire de la CUA.

2.2.1 Objectif spécifique

L’objectif spécifique du projet est que les personnes handicapées d’Antananarivo, soutenues par la mobilisation des acteurs, s’engagent dans un processus d’autonomisation pour une insertion réussie dans une société inclusive.

Les objectifs généraux de l’Action sont les suivants :

1. L’exclusion sociale des personnes handicapées (PH) dans la ville d'Antananarivo est réduite.

2. La commune développe une véritable politique sociale visant l'insertion des plus vulnérables dans les

cadres communautaires et sur le territoire.

3. La prise en charge et l'accompagnement des personnes handicapées s'exerce dans un cadre inclusif

de qualité mobilisant les familles et les professionnels.

Quatre composantes ont été mises en place afin de faciliter :

une collaboration entre les autorités locales et les associations des personnes handicapées pour une meilleure prise en compte des personnes handicapées et de leurs besoins spécifiques dans le

développement local. un changement de regard de la communauté sur la personne handicapée.

un accompagnement des personnes handicapées et de leurs familles dans la recherche de solutions de prise en charge. un accompagnement des professionnels de l’enfance pour une véritable prise en compte de l’insertion sociale de l’enfant handicapé et pour l’émergence de services inclusifs adaptés.

Le projet « ensemble différemment » ambitionne que le handicap soit pris en compte dans le développement de la ville et de ses habitants au même titre que les autres problématiques. Il cherche à obtenir que les personnes handicapées aient accès aux mêmes services et activités que les autres membres de la communauté et ne soient plus limités aux services spécialisés.

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Le projet « Ensemble Différemment (ED) » a démarré en février 2009 avec le soutien de l’Union Européenne et a reçu un co-financement de la Fondation Air France (entre le 1 er juillet 2009 et le 30 juin 2010). Le projet devait se terminer fin janvier 2011. L’Union Européenne a accordé une extension du projet jusqu’à fin avril 2011 suite à une demande formulée par Handicap International en août 2010.

2.2.2 Description détaillée des activités

L’Action s’articule autour de 4 composantes répondant à 4 résultats attendus dont la synergie permet d’engager une dynamique locale de prise en compte du Handicap associant, à différents niveaux, les principaux acteurs de l’insertion sociale des personnes handicapées.

Les résultats 1 et 2 sont mis en œuvre directement par le COPH à partir de l’expérience acquise par cet organisme dans le cadre du partenariat établi avec HI pour la mise en œuvre depuis 2006 du projet « ville et handicap » dans les villes de Mahajanga, Antsiranana, Toamasina et Toliara. Le COPH reçoit lorsque nécessaire l’appui de HI tant en matière technique qu’administrative et financière.

Les résultats 3 et 4, qui nécessitent l’appui de ressources techniques spécialisées, sont menés par HI. Le COPH est cependant étroitement associé à l’ensemble des actions réalisées pour la définition des cadres méthodologiques et leur mise en œuvre, afin de renforcer ces propres capacités en matière d’actions sociales et d’ingénierie de la formation.

Composante 1 : les autorités locales et les associations de personnes ayant des incapacités collaborent pour une meilleure prise en compte des personnes handicapées et de leurs besoins spécifiques dans le développement local

Cette composante a pour objet de renforcer les capacités de lobbying des personnes handicapées et de leurs associations et d’engager un dialogue entre ces derniers et les autorités locales (la CUA) de manière à ce que les problèmes spécifiques des personnes handicapées soient mieux connus et mieux pris en compte dans les projets communaux.

Création d’une Commission Communale du Handicap (CCH) : Espace de concertation et de dialogue pour une meilleure prise en compte du handicap dans les politiques de développement de la CUA Appui à la formulation d’une politique communale du handicap

Composante 2 : Le changement de regard de la communauté sur la personne handicapée est encouragé

La composante 2 contribue au changement de regard sur la personne handicapée en développant un mouvement de sensibilisation intervenant à tous les échelons de la communauté (population, leaders, organisations de la société civile) et en encourageant les associations locales autres que les APH à s’impliquer sur la question du Handicap.

Actions de sensibilisation (appels à projets, grande campagne d’information locale relative aux droits des personnes handicapées et sensibilisation des leaders communautaires)

Composante 3 : Les personnes handicapées et leurs familles sont accompagnées dans la recherche de solutions de prise en charge

La composante 3 permet d’apporter, sous différentes formes (centre de conseils, rééducation, appuis personnalisés, espaces de socialisation et de développement personnel) des réponses concrètes aux attentes des personnes handicapées et de leurs familles.

Mise en place de 4 bureaux d’accueil des personnes handicapées dans les centres sociaux communaux de la CUA (quartiers d’Andravoahangy, Isotry, Namontana et Volosarika) notamment mise en accessibilité et équipement des bureaux, formation et suivi des assistantes sociales pour l’accueil, l’écoute, l’orientation et l’accompagnement social personnalisé des personnes handicapées.

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Dispositif d’accompagnement social personnalisé doublé d’une équipe mobile de réadaptation

Activités socioculturelles autour des 4 bureaux d’accueil communaux

Composante 4 : Les professionnels de l'enfance sont accompagnés pour une meilleure prise en compte de l'insertion sociale de l'enfant handicapé et pour l'émergence de services inclusifs adaptés

La composante 4 apporte un appui aux professionnels de la ville d’Antananarivo accueillant à ce jour des enfants handicapés, que cet accueil se fasse dans des centres spécialisés ou dans des structures inclusives.

Information et mise en réseau, formation des professionnels de l’enfance et du handicap et élaboration de projets d’établissement.

2.2.3 Acteurs impliqués : partenaires, groupes cibles et bénéficiaires

Le partenaire Le partenaire opérationnel de Handicap International pour la mise en œuvre du projet est le Collectif des Organisations des Personnes Handicapées (COPH)

Les groupes cibles

La Commune Urbaine d’Antananarivo (CUA) qui, en tant que collectivité territoriale doit apporter des réponses aux problèmes sociaux de sa population et qui a choisi, au travers de la création du Service des Personnes Agées et Handicapées, d’aborder notamment la question du handicap, Les familles d’enfants handicapés au cœur du processus de prise en charge de l’enfant handicapé, Les professionnels du secteur médico-social issus de la société civile dont le rôle est d’accueillir l’enfant, de l’accompagner, au travers d’un service de qualité pour une insertion sociale réussie La communauté en générale sans laquelle les droits des personnes handicapées ne sauraient trouver leur expression dans la vie quotidienne. Les professionnels et les techniciens des secteurs public et privé intervenant ou susceptible d’intervenir dans le cadre du développement local et du handicap qui bénéficieront des sensibilisations et des formations organisées

Les bénéficiaires finaux

Un accent particulier est porté sur les enfants handicapés et leurs familles (au moins 350 enfants et familles), Les personnes handicapées en général et leurs associations sur lesquelles repose la responsabilité de la reconnaissance de la personne handicapée en tant que citoyen (15000 personnes sur la zone d’influence des bureaux d’accueil communaux et au moins 70 personnes issues des associations).

3 L’EVALUATION / PRESTATION SOLLICITEE

3.1 Justification de l’évaluation

Le projet Ensemble Différemment mené par Handicap International (HI) à Antananarivo durant 27 mois arrive actuellement à son terme fin avril 2011. Une évaluation finale a été planifiée dans le projet comme partie intégrante des activités à mettre en œuvre. Elle intervient au terme de l’opération menée par Handicap International dans le cadre du projet et permettra d’en faire un bilan général et de proposer des recommandations pour la poursuite de la démarche inclusive et transversale ainsi initiée dans la capitale.

3.2 Objectifs de l’évaluation

Les principaux objectifs liés à l’évaluation finale sont :

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Qualifier la pertinence des objectifs du projet au regard des besoins initialement recensés Qualifier la pertinence et la cohérence des cadres méthodologiques appliqués Apprécier l’efficacité globale du projet, les résultats quantitatifs et qualitatifs de différentes composantes du projet par rapport aux objectifs fixés. Analyser et évaluer les effets /l’impact des actions menées au regard des groupes cibles et bénéficiaires, Déterminer le degré de pérennité et de viabilité des résultats obtenus Analyser le fonctionnement de Handicap International au regard de la méthodologie appliquée pour la planification, le suivi et l’évaluation de l’opération et son encadrement Tirer les conclusions pratiques et proposer des recommandations pour la poursuite du projet

La question de l’efficience devra être traitée de manière transversale.

3.3 Eléments particuliers identifiés permettant d’alimenter les questions d’évaluation développées par le consultant

Le projet était-il pertinent ?

Les besoins et actions mises en œuvre

o

Les objectifs et les différentes phases du projet répondaient-elles aux besoins identifiés et à la demande exprimée lors des différents ateliers et rencontres réalisés. ?

o

Quelle pertinence dans le choix des actions mises en œuvre ?

o

Le projet a-t-il réussi à apprécier l’évolution du contexte local et à s’y adapter ?

o

Quelle cohérence par rapport aux dynamiques dans la société civile locale et aux besoins et intérêts de la municipalité d’Antananarivo ?

o

Quel jugement peut-on porter sur la pertinence de la méthodologie d’accompagnement social et de l’équipe mobile de réadaptation ?

La participation, le partenariat et l’intégration du projet dans le processus de décentralisation, du développement local et de la politique d’action sociale

o

Quelle a été la participation des acteurs durant les différentes phases du projet ? (Bénéficiaires, Municipalité, Associations, Professionnels et Techniciens, …)

o

Les partenariats développés pour la mise en œuvre des activités ont-ils été clairement définis, pertinents et efficaces ?

o

Quelle a été la qualité de l’implication des représentants de la mairie à l’échelle du territoire communal (Direction des Affaires Sociales, de l’Assistance Sociale et de la Santé Publique, Service des personnes âgées et des personnes handicapées etc.) ?

o

De quelle manière le projet s’est il inscrit dans la politique de décentralisation engagée à Madagascar ?

o

Y a t il des démarches participatives, impliquant les acteurs locaux, ainsi que des mécanismes de concertation et d’échange ?

o

Quelle a été la qualité de la participation des acteurs locaux ; valorise-t-on leurs expériences ?

o

La démarche et les méthodes utilisées permettent-elles un renforcement de capacités des acteurs locaux : de quelle façon et pour quels acteurs ?

o

Les ressources humaines de HI et du Collectif des Organisations de Personnes Handicapées (COPH) étaient-elles adaptées par rapport aux objectifs du projet (Quantité, qualité)?

Quelle a été l’efficacité globale du projet ?

o

Quel est le degré d’atteinte des objectifs spécifiques et résultats attendus ?

o

La mise en œuvre du projet a-t-elle suivie la planification initiale ? Si écarts, peuvent ils être argumentés de manière cohérente

o

Les indicateurs étaient-ils appropriés et, sinon, l’équipe mettant en œuvre le projet les a-t- ils modifiés de façon pertinente ?

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o

Quelle est l’appréciation des bénéficiaires et des partenaires sur le projet ?

o

Quelles capacités ont été renforcées ?

o

Quels changements sont visibles au niveau de l’insertion sociale des bénéficiaires ?

Quel a été l’impact global du projet ?

o

Quelle est la contribution du projet dans la mise en œuvre du processus d’accompagnement social personnalisé ?

o

Quels ont été les améliorations /les changements observés sur les bénéficiaires, leur participation sociale, leur environnement ?

o

Est-ce que d’autres populations ont été positivement concernées par l’action du projet ? Si oui, lesquelles et pourquoi ?

o

Quels ont été les changements observés parmi les structures partenaires ou bénéficiaires du projet sur la question du handicap ?

o

Quels changements ont eu lieu au niveau des espaces et mécanismes d’échanges entre les différents acteurs ?

o

Quels impacts les infrastructures mises en accessibilité ont-elles produits dans la vie sociale des personnes handicapées au niveau de la commune ?

Quels sont les degrés de pérennité et de viabilité observés du projet ?

o

Quels sont les éléments permettant de confirmer l’appropriation et la participation aux mécanismes décisionnels du projet par les acteurs, partenaires et bénéficiaires ?

o

Quel est le degré d’implication des différents partenaires publics et associatifs du projet dans le processus d’insertion sociale ? Quel degré d’implication est envisageable après le projet par ces mêmes partenaires.

o

La CUA pourra-elle adapter et assurer la pérennité de la gestion des activités liées à l’accompagnement social personnalisé après le retrait de HI ?

o

Quelle pourra être l’implication de la municipalité pour appuyer les associations de/ pour personnes handicapées ?

o

Quelle est la qualité de préparation/transfert de compétences des différents acteurs concernés pour assurer la continuation des activités du projet ?

Les principales leçons à tirer

Sur la base des réponses aux questions précédentes, quelles bonnes pratiques et leçons apprises peuvent être mis en lumière et quelles recommandations peuvent être faites à HI ?

o

Recommandations sur la stratégie de HI (les erreurs à ne pas commettre, les actions qu’il faudrait mieux diffuser)

o

Recommandations sur les décisions d’intervention (les éléments fondamentaux pour la réussite de projets similaires)

o

Recommandations sur les procédures et les accords de partenariats

o

Recommandations sur le dispositif opérationnel

o

Recommandations sur le maintien de certaines activités

o

Recommandations sur les thèmes de capitalisation

3.4. Méthodologie

Dans le cadre de cette évaluation, le consultant veillera à procéder à une analyse à base participative. L’ensemble des bénéficiaires sera consulté. Les acteurs locaux publics et privés, parties prenantes de la dynamique du projet Ensemble Différemment, seront également consultés. L’implication de l’ensemble des acteurs du projet à chaque étape du processus d’évaluation reposera sur une collaboration étroite avec l’équipe du projet à Antananarivo.

L’évaluation s’appuiera entre autres sur :

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1.

Des entretiens (téléphoniques ou skype) ou visites au siège de Handicap International

Rencontre ou entretien avec le Responsable de Programme Entretien avec les Référents Techniques impliqués

2. Un travail préparatoire : Consultation d’éléments bibliographiques et révision et finalisation de la liste

des questions d’évaluation

Eléments disponibles :

Revue de littérature externe en lien avec les thématiques du projet : Document de référence sur l’accompagnement social (HI, décembre 2009) Documents de projet (cadre logique, budget, narratif initial et divers comptes-rendus d’ateliers, rapports des études menées, documents de formation, projets d’établissement etc.…) Rapport intermédiaire (année 1) Union Européenne Rapports intermédiaire et final Fondation Air France Rapports de mission des Référents techniques HI (projet d’établissement, accompagnement social et stratégie)

3. La visite du projet et la restitution de la mission, organisées à Antananarivo.

- Des entretiens, rencontres et questionnaires avec les personnes ayant travaillé sur ce projet

Equipe HI Madagascar (équipe de Direction et de coordination du programme, chef de projet et équipe d’animateurs) Partenaire du projet : COPH Municipalité d’Antananarivo, Direction des Affaires Sociales, Direction de l’assistance sociale et de la santé publique, Service des personnes âgées et personnes handicapées Bénéficiaires du projet Acteurs institutionnels Professionnels et techniciens des secteurs public et privé

- Des consultations (entretiens, ateliers, etc.) auprès :

de la population handicapée et de leurs familles, dont les bénéficiaires directs de l’Action, pour l’impact des projets d’accompagnement social personnalisé

Ces consultations seront menées avec l’appui d’un enquêteur national et grâce à des outils de collecte établis au préalable par l’évaluateur. Ces outils seront traduits en malgache par le programme.

- Une restitution

A la fin de la mission de terrain, les premiers résultats et recommandations seront présentés par l’évaluateur et discutés :

avec l’équipe encadrante du projet à Antananarivo (Chef de projet, animateurs et COPH) avec les principaux acteurs (partenaires et bénéficiaires) avec l’équipe nationale encadrante du projet (HI et COPH) avec l’équipe de direction (Directeur, Coordinateur des projets)

Suite à ces différentes rencontres, une première version du rapport final sera rédigé par l’évaluateur et présenté à HI. Suite à la validation et tenant compte des différentes remarques, le rapport final sera transmis par l’évaluateur en trois exemplaires papier et une version informatique.

4- MOYENS HUMAINS

Nous proposons la combinaison de deux personnes pour réaliser cette évaluation : un expert international recruté dans le cadre de cet appel à prestation et un enquêteur/assistant national recruté par le

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programme. Cet enquêteur, externe au programme HI, assistera l’expert dans la conduite de son évaluation et assurera la traduction des entretiens en langue locale.

5 CHRONOGRAMME

Une durée de 15 jours est prévue sur le programme pour la réalisation de l’évaluation, préférentiellement entre le 28 février et le 11 Mars 2011, excluant ainsi le temps de préparation de la mission et la rédaction du rapport d’évaluation. Un premier rapport d’évaluation devra être soumis 7 jours après la mission sur le terrain pour commentaires par HI. La prestation devra être achevée par la remise du rapport final au plus tard 7 jours après les commentaires fournis par HI.

6 QUALIFICATIONS REQUISES

Pour la réalisation de l’évaluation, le consultant devra présenter les compétences et expériences suivantes :

Expérience significative d’évaluation de projet Expertise et expériences significatives dans le domaine du développement local Maîtrise de la méthode participative Expériences dans le domaine de l’insertion et du développement social Connaissance et expériences significatives autour de la thématique du Handicap Si possible, connaissance et expériences dans le domaine de l’accessibilité, l’éducation et la réadaptation Maîtrise de la langue française indispensable

7. CONDITIONS APPLICABLES

Handicap International se chargera de l’ensemble de la logistique et des frais annexes pour le bon déroulement de la mission, à savoir :

- Le billet d’avion aller/retour du pays d’origine à Madagascar pour l’expert

- Les déplacements dans la capitale (voiture)

- L’hébergement de l’expert pendant la mission (hôtel de niveau intermédiaire)

- L’organisation de toutes les activités afférentes à la mission (prise de rendez-vous avec les partenaires, organisation d’ateliers, formations, visites terrain, traduction, etc.)

- La mise à disposition d’un assistant/enquêteur national externe à l’équipe HI pour la conduite de la mission d’évaluation à Antananarivo.

La proposition financière attendue du prestataire doit ainsi uniquement inclure les honoraires liés à la prestation et incluant les frais de bouches durant la mission (repas, divers) et tiendra compte du statut ONG du demandeur.

8. DEPOT DE CANDIDATURE

Le consultant intéressé devra remettre un dossier d’offre technique et financière (en euros) complet, incluant les documents suivants :

- Curriculum vitae du consultant

- Liste des travaux réalisés en lien avec la prestation sollicitée,

- Note méthodologique présentant la compréhension des termes de référence et une proposition pour la réalisation de la mission d’évaluation

- Une proposition financière en accord avec les conditions applicables préalablement citées.

L’ensemble du dossier devra être transmis par courrier électronique au plus tard le 11 Février 2011 aux adresses électroniques suivantes :

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hi-ensdiff@moov.mg

hi.coordo@gmail.com

hi-dp@moov.mg

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