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INSTITUT INTERAFRICAIN DE FORMATION EN

ASSURANCE ET EN GESTION DES ENTREPRISES (IFAGE)

Agrément n°139/MESR/DC/DGES/DESP/DSQ/FL
Habilitation institutionnelle n°RepSEN/Ensup-priv/HA/011-2017

MEMOIRE
Pour l’obtention du diplôme de
Master professionnel en Assurance

SUJET :

Présenté par : Encadré par :


Farida Marilyne Ekambi KOUYATE Omar Cisse SOW

Année 2021-2022
[PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES
SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

DEDICACE
Ce projet fin d’étude est dédié à mon Dieu tout puissant Jésus- Christ
À mes chers parents qui m’ont toujours poussé et motivé dans les études.
Sans eux, je n’aurais certainement pas fait d’études longues. Ce projet
représente donc l’aboutissement du soutien et des encouragements qu’ils
m’ont prodigués tout au long de ma scolarité. Qu’ils en soient remerciés par
cette modeste dédicace.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance I


[PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES
SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

REMERCIEMENTS
Tout d’abord mes sincères remerciements vont à l’endroit de Dieu le tout-
puissant pour son amour, sa grâce et sa miséricorde qui ne cessent de
m’accompagner tout au long de ma vie.
Ce travail est l’aboutissement d’un long cheminement scolaire, qui a
nécessité de la part de plusieurs personnes des sacrifices. En cela, c’est avec
un immense plaisir et enthousiasme que j’aime leur manifester ma
reconnaissance et ma profonde gratitude dans cette partie.
Au président Directeur General d’IFAGE, Monsieur Mandaw KANDJI, qui
nous a permis de retrouver dans cette école une atmosphère très conviviale
qui nous a aidés à couronner notre formation. Vous nous aviez séduit par la
qualité de vos cours à travers vous nous remercions tous les enseignants
d’IFAGE.
A la Directrice des Etudes Madame Marie Ndeye Gnilane Diouf et a tout le
staff d’IFAGE pour leurs encouragements multiformes
Au Directeur General de la CNAAS, Monsieur Mouhamadou Moustapha FALL
et son staff plus précisément à Monsieur Omar Cissé Sow pour leurs
orientations et soutiens.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance II


[PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES
SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

LISTE DES PRINCIPALES ABREVIATIONS


ARC 2 : African. Rainfall Climatology Version 2
ANACIM : Agence National de l’AVIATION CIVILE et de la Météorologie
APT : Assurance par le Travail
BOAD : Banque Ouest-Africaine de Développement
CIMA : Conférence Interafricaine des Marches d’Assurance
CNAAS : Compagnie Nationale d’Assurance Agricole du Sénégal
DAPSA : Direction de l’Analyse, de la prévision et des statistiques Agricoles
ETRM : Evapotranspiration Maximale
ETRP : Evapotranspiration Potentielle
FIDA : Fond International de Développement Agricole
KC : Coefficient Cultural
PAM : Programme alimentaire mondiale
PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance III


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SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

LISTE DES GRAPHIQUES


Graphique 1 : Exemple d’assurance indicielle météorologique avec le
profil d’indemnisation correspondant..........................................................................18
Graphique 2 : Histogramme et estimation par noyau de la série (−4.4; −2.8;
−0.1; 1.0; 2.1; 1.8) avec un noyau gaussien et une fenêtre h = 1. ......................30
Graphique 3 : Exemple de nappe de volatilité implicite................................... 34

LISTE DES TABLEAUX


Tableau 1 : Contrat d’agricole......................................................................................... 18
Tableau 2 : Récapitulation des niveaux de couverture et des franchises....44
Tableau 3 : Exemple d’assurance agricole d'indice du climat. Inde :
couverture du déficit de la chute de pluie à plusieurs étapes, arachides......46
Tableau 4 : Répartition du capital de la CNAAS..................................................... 51

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance IV


[PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES
SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

GLOSSAIRE
Assurance-groupe : une assurance-groupe (ou une assurance collective)
est un système d'assurance ouvert à tous les membres d'une même
collectivité. Exemple : employés d'une entreprise, membres d'une
profession, emprunteurs d'une banque, producteurs d’une fédération, etc.
Assuré bénéficiaire : l’assuré bénéficiaire est la personne, physique ou
morale, qui bénéficie de la couverture assurantielle, c’est-à-dire du
versement des indemnisations en cas de sinistre.
Bénéficiaire : personne physique ou morale au profit de laquelle
l’assurance a été contractée.
Bilan Hydrique : résultat chiffré de la comparaison du total des
précipitations tombées dans une région et l’évapotranspiration potentielle
(Etp).
Capital assuré : montant maximum garanti qui sera versé à titre
d’indemnité au souscripteur.
Code : Code des Assurances de la Conférence Interafricaine des Marchés
d’Assurances
Décade : Période de 10 jours utilisée pour le calcul des indices. Un mois
correspond à trois (3) décades.
Déficit pluviométrique : cas de figure où la pluviométrie est insuffisante
par rapport aux besoins de la plante assurée à une phase de la croissance de
la plante.
Distributeur : personne physique ou morale souscripteur d’un contrat
d’assurance avec possibilité de faire adhérer des tierces personnes eu égard
à son contrat.
Droit de créance : droit dont dispose un individu (personne physique ou
morale) appelé "créancier" sur un autre nommé "débiteur" ou "personne
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SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

débitrice" qui a le devoir de fournir au premier une prestation. En


l’occurrence pour un souscripteur prêteur (SFD ou organisation paysanne),
le droit de se faire rembourser sur l’indemnité d’assurance.
EARS : EARS est une entreprise de haute technologie spécialisée dans la
télédétection. EARS élabore notamment des indices satellitaires, relatifs à
l’eau et l’agriculture. Elle dispose de très nombreuses données très utiles à
l’élaboration de produits d’assurance indicielle, et notamment en Afrique.
Evapotranspiration : Quantité d’eau (mesurée généralement en mm)
perdue par évaporation d’un sol et par transpiration du couvert végétal.
Indice : représente le paramètre sécheresse comme mesuré par les
pluviomètres ou les satellites sur la période d’observation. Les données
seront recueillies sur une base décadaire.
Indice NDVI : l’indice NDVI (Normalized Difference Vegetation index) est
un indice satellitaire construit par différence normalisée, à partir des
canaux rouges et des canaux proches infrarouges (le satellite capte les
canaux réfléchis par la plante). Il est sensible à la fois à la vigueur de la
plante et à la quantité de la végétation dans la zone, et permet d’évaluer sa
bonne santé.
Prime d’assurance : la prime d'assurance est le prix que le preneur
d’assurance doit payer pour pouvoir bénéficier de la couverture
d’assurance. La prime se compose de trois parties : la partie « risque », la
partie « frais » et la partie « bénéfice ». La partie risque constitue le coût
probable de sinistre que représente le risque à assurer. Concrètement,
l'assureur va modéliser le risque que représente l'objet à assurer, sur les
bases de données statistiques. À cette prime de risque, on rajoute tous les
frais de gestion, c'est-à-dire les frais qui permettent (en les répartissant sur
tous les clients) de couvrir les charges opérationnelles de l'assureur. Enfin,
la partie-bénéfice correspond à la marge (positive ou négative) que
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance VI
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SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

l'assureur consent à une population en fonction de ses objectifs


commerciaux.
Réassureur : la réassurance est l’assurance des sociétés d’assurances.
Celle-ci ne peut pas exister sans l'étape préliminaire du transfert de risque
que représente l'assurance. Il s’agit d’un niveau supplémentaire de transfert
des risques, généralement à l’échelle internationale.
Seuil de déclenchement ou trigger : niveau de référence en dessous
duquel l’indemnité sera versée au souscripteur. Aucune indemnité ne sera
versée au souscripteur si l’indice est supérieur ou égal au seuil de
déclenchement.
Seuil de sortie ou exit : seuil à partir duquel ou en dessous duquel
l’indemnisation est maximale, c'est-à-dire égale à la totalité du capital
assuré pour la phase correspondante ou pour la totalité du capital.
Souscripteur : personne physique ou morale signataire de la présente
police au nom de laquelle elle est établie, qui paye ou reverse la cotisation
de l’ensemble de ses clients adhérents.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance VII


[PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES
SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

RESUME
L’étude de la gestion des règlements des sinistres agricoles par l’assurance
indicielle a permis, tout d’abord, d’appréhender les difficultés des
règlements des sinistres agricoles à travers le risque de base.
Ensuite à vérifier les hypothèses suivantes ; L’inexistence d’infrastructures
adéquates pour la gestion technique des produits indiciels ; Le manque
d’éclaircissements et / ou de renseignements à la souscription du
fonctionnement du risque de base à la suite d’un sinistre et l’absence des
modèles d’analyses de risques agricoles par l’assurance indicielle.
En effet, il a fallu dans un premier temps avant toute analyse d’avoir en
esprit les fondamentaux lies à l’assurance indicielle et en second temps à
expliquer les relations d’échanges ou affaires entre la compagnie et les
agriculteurs dans le but de règlements de sinistres agricoles par l’assurance
indicielle.
Au regard de ses résultats, les hypothèses retenues de cette étude sont bien
vérifiées. Cependant, un certain nombre de facteurs pouvant entraver le
bon règlement des sinistres par l’assurance indicielle ont été identifiés et
des recommandations ont été formulées par exemple minimiser et gérer le
risque de base en vue d’inverser la tendance dans les règlements des
sinistres agricoles par l’assurance indicielle.

Mots clés :
-Risque de base
-Indice pluviométrique
-Assurance indicielle
-Seuil de déclenchement
-Seuil de sortie

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance VIII


[PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES
SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

ABSTRACT
The study of the management of the settlement of agricultural claims by
index insurance made it possible, first of all, to understand the difficulties of
the settlement of agricultural claims through basis risk.
Then to verify the following hypotheses;
Lack of adequate infrastructure for technical risk management;
The lack of information at the subscription with regard to the insured of
the operation of this said contract following a claim;
Absence of agricultural risk analysis models through index insurance.
Indeed, it was necessary initially before any analysis to have in mind the
fundamentals linked to index insurance and secondly to explain the
exchange or business relations between the company and the farmers for
the purpose of settlement. Of agricultural claims through index insurance.
In view of its results, the hypotheses retained in this study are well verified.
However, a number of factors that could hinder the proper settlement of
claims by index insurance have been identified and recommendations have
been made, for example, to minimize and manage basis risk in order to
reverse the trend in the settlement of agricultural claims. through index
insurance.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance IX


[PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES
SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION.........................................................................................................................1
PREMIÈRE PARTIE : Analyse de la problématique de la gestion de
règlements des sinistres agricoles par l’assurance indicielle .............................. 5
CHAPITRE PREMIER : CADRE GÉNÉRAL....................................................................... 6
Section 1 : Problématique.................................................................................................... 6
Section 2 : Objectifs.................................................................................................................. 8
Section 3 : Hypothèses provisoire de recherche .........................................................9
Section 4 : Pertinence..............................................................................................................9
Section 5 : Revue critique de littérature...................................................................... 10
CHAPITRE DEUXIÈME : CADRE MÉTHODOLOGIQUE............................................13
Section 1 : Démarche de l’étude .......................................................................................13
Section 2 : Délimitation du champ de l’étude ............................................................ 13
Section 3 : Les instruments de collecte de données ................................................14
1- Étude documentaire ........................................................................................................ 15
2 - Étude quantitative........................................................................................................... 15
Section 4 : Les difficultés rencontrées ...........................................................................15
DEUXIÈME PARTIE : APPROCHE PRATIQUE DU SUJET....................................... 16
CHAPITRE PREMIER : GENERALITES SUR L’ASSURANCE AGRICOLE
INDICIELLE................................................................................................................................17
Section 1 : Les techniques de l’assurance agricole indicielle ..............................17
Paragraphe 1 : Définition de l’assurance indicielle.................................................17
A-L’assurance indicielle.......................................................................................................17
1- Assurance basée sur un indice météo ......................................................................17
2- Assurance basée sur un indice végétal....................................................................19
3- Assurance basée sur un indice rendement............................................................19
4- Assurance basée sur un indice chiffre d’affaires .................................................19
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance X
[PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES
SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

B- Les risques liés à chaque type d’assurance ...........................................................20


C-Contraintes, coûts et difficultés liés à chaque type d’assurance................... 22
Paragraphe 2 : Spécificité et modélisation des indices ....................................... 22
A-Indice rendement...............................................................................................................22
1-Detrending............................................................................................................................ 24
2- Modélisation........................................................................................................................26
3- Modèles paramétriques................................................................................................. 27
4- Modèles non-paramétriques........................................................................................28
5- Limitations et pistes de réflexion...............................................................................31
B-Indice prix............................................................................................................................. 32
1- Black-Sholes........................................................................................................................ 33
2- Alternatives ..........................................................................................................................35
C -Indice chiffre d’affaires ...................................................................................................36
1-Copules ....................................................................................................................................37
2- Alternatives ..........................................................................................................................37
Section 2 : Description des produits d’assurance agricoles indiciels
commercialisés ........................................................................................................................40
Paragraphe 1 : Mécanisme ou application des indices.......................................... 41
A-Indice utilisé .........................................................................................................................41
B- Souscription du contrat indiciel.................................................................................42
CHAPITRE DEUXIÈME : PRÉSENTATION, ORGANISATION ET
FONCTIONNEMENT DE LA CNAAS.................................................................................48
Section 1 : Présentation et location................................................................................49
Paragraphe 1 : Historique et location............................................................................49
A-Historique..............................................................................................................................49
B-Localisation...........................................................................................................................50
Paragraphe 2 : Statut juridique et objet social.......................................................... 50
A-Statut juridique...................................................................................................................50
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance XI
[PROBLEMATIQUE DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES
SINISTRES AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE : CNASS] 2021-2022

B-Objet social ............................................................................................................................52


TROISIÈME PARTIE : ANALYSE, INTERPRÉTATION DES DONNÉES ET
VÉRIFICATION DES HYPOTHÈSES DE RECHERCHE.............................................. 53
CHAPITRE PREMIER : ANALYSE ET INTERPRÉTATION DES DONNÉES ...... 54
Section 1 : Analyse du risque de base............................................................................55
Paragraphe 1 : Sources/Causes, Impact du risque de base ................................. 55
A -Risque de base ....................................................................................................................55
B- Constatation des dégâts et processus d’indemnisation...................................56
Section 2 : Résultats de l’enquête et vérifications des hypothèses.................. 57
1-En quelle année avez-vous souscrit à l’assurance agricole indicielle ?......57
2-Pourquoi avez-vous souscrit à l’assurance agricole indicielle ?................... 58
3-Considérez-vous que les pluies de ces 3 dernières campagnes aient été
satisfaisantes ? Si oui préciser l’année. .........................................................................59
4-Comment apprécier vous le montant de l’indemnisation reçue face aux
pertes ? Satisfaisant ou Faible...........................................................................................61
CHAPITRE DEUXIÈME : PISTE DE SOLUTIONS.........................................................63
Section 1 : Recommandations...........................................................................................63
Paragraphe 1 - Perspectives ou recommandations................................................ 63
Paragraphe 2 : Minimiser et gérer le risque de base..............................................64
Section 2 : Compréhension et confiance : rigueur et dialogue..........................66
CONCLUSION............................................................................................................................ 68
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES............................................................................... 70
ANNEXES

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance XII


INTRODUCTION

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 1


La variabilité spatio-temporelle des pluies des régions soudano-
sahéliennes est parmi les plus importantes du monde et constitue une
contrainte majeure à laquelle les paysans se sont adaptés par des systèmes
de cultures extensives (Affoler, De Rouw, 2004). Cette contrainte et le
contexte économique expliquent la non-adoption par les paysans pour leurs
productions céréalières pluviale des recommandations de la recherche
visant à l’intensification (Hansen, 2005), d’où en conséquence des
productivités qui restent faibles dans la région (Traoré et al. 2010).
Ainsi, malgré le développement de grands périmètres irrigués dans certains
rizicoles, les zones sahéliennes d’Afrique de l’Ouest pâtissent d’une certaine
insécurité alimentaire. À cela, s’ajoute l’augmentation de la population
africaine qui va doubler d’ici à 2050 et que les productions Asiatiques ne
semblent plus augmenter, il est évident que l’Afrique devra produire
davantage. De plus, cela devra se faire dans un contexte climatique
contraignant du fait de l’augmentation probable des événements extrêmes.
Dans ce contexte marqué par la prévalence de risques climatiques
importants, et d’autres tels que les invasions acridiennes et aviaires,
émerge l’idée de développer des systèmes d’assurance agricoles adaptés
aux paysannats Africains, ce sur la base d’expérience qui ont débuté en Inde
(Hess et Syroka, 2005 ; Barnett et Mahul, 2007 ; Skees et Collier, 2008 ; Ifad
/ wfp, 2010). Ces expériences ont promu des systèmes d’assurances
originaux a priori bien adaptés aux petits producteurs du Sud parce qu’ils
sont en bonne marche et relativement opérationnels : des assurances
indicielles qui reposent sur une évaluation indirecte des dégâts au moyen
d’indices, basés en particulier sur des paramètres climatiques. Ces
assurances sont d’ailleurs aussi considérées comme un outil d’adaptation
au changement climatique. La perspective de développer ces assurances est
séduisante puisqu'en permettant de sécuriser les revenus et les systèmes

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 2


de crédit elles contribuent au développement de systèmes plus intensifs et
donc plus productifs. La plupart des acteurs traditionnels du
développement s’y intéressent désormais en Afrique de
l’Ouest (A0) finance (IMFS) Etats, grands organismes
internationaux tel PAM, FIDA, PNUD, BOAD), et s’y ajoutent les assureurs,
réassureurs du Nord et du Sud.
L’Etat Sénégalais a ainsi créé une compagnie d’assurance Agricole du
Sénégal (CNAAS) en 2008, dont la mission est de gérer les risques
agricoles. L’assurance agricole indicielle se présente fondamentalement
comme une technique de pointe en gestion des risques agricoles. Elle relève
les insuffisances de gestion de l’assurance indemnitaire. En effet, en
assurance indicielle toute la problématique réside dans le mécanisme de
l’indemnité des sinistres. Ainsi, les sinistres sont réglés sur la base d’un
indice qui peut être lié au climat (pluviométrique, la température, etc…) ou
aux pertes (le rendement). C’est en partant de ces différentes
considérations avancées en amont qui justifient le choix de notre sujet : «
La problématique de la gestion de règlements des sinistres agricoles
par l’assurance indicielle » La notion de l’assurance indicielle selon code
CIMA à son article 705, les assurances indicielles tiennent compte de périls
ou d’évènements spécifiques, à une échelle régionale, facilement
mesurables par un organisme habilité. En cas de survenance d’un sinistre,
l’indemnisation des assurés est effectuée sur la base du niveau de l’indice et
des capitaux assurés1. En revanche M. M. SYLLA, l’assurance agricole basée
sur un indice climatique appelée aussi assurance indicielle est un
instrument privé qui permet aux producteurs de transférer les risques
agricoles liés aux variabilités du climat à un assureur. Sa particularité vis-à-
vis de l’assurance agricole classique est qu’ici, les indemnisations sont

1
Article 705 Code des Assurances des Etats membres de la CIMA, édition 2018, p.344.
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 3
déclenchées par un indice calculé sur la base de relevé pluviométriques au
sol, de données satellitaires, ou de l’historique des rendements2.
Notre travail est divisé en trois (03) parties comportant chacune deux (02)
chapitres :
 La première partie porte sur l’analyse de la problématique de la
gestion de règlements des sinistres agricoles par l’assurance
indicielle ;
 La deuxième partie portera sur l’approche pratique du sujet ;
 La troisième partie sur l’analyse, interprétation des données et
vérifications des hypothèses de recherche.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 4


PREMIÈRE PARTIE : ANALYSE DE LA PROBLEMATIQUE
DE LA GESTION DE REGLEMENTS DES SINISTRES
AGRICOLES PAR L’ASSURANCE INDICIELLE

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 5


CHAPITRE PREMIER : CADRE GÉNÉRAL
Section 1 : Problématique
La problématique de règlement des sinistres agricoles par l’assurance
indicielle, met en exergue les mécanismes de gestion de cette dernière. En
effet, l’assurance agricole indicielle, constitue un outil majeur dans
l’industrie d’assurance, car elle permet de contourner le principe phare de
l’assurance indemnitaire. Ainsi, l’assurance n’est pas une source
d’enrichissement sans cause ; partant de ce principe l’assureur remet
l’assuré à sa situation qui était la sienne avant le sinistre.
En effet, l’assurance agricole indicielle, règle des sinistres à partir d’un
indice météorologique, provenant des données d’un appareil
pluviométrique. En matière d’indicielle, les sinistres sont indemnisés en
tenant compte des seuils à savoir : le seuil de déclenchement et le seuil de
sortie.
Concernant, le seuil de déclenchement, comme le nom l’indique est un seuil
qui permet le paiement des sinistres en fonction des données recueillies au
niveau des appareils satellitaire. Ainsi, à travers cette formule l’assureur ne
s’articule pas aux dires de l’expert pour des règlements de sinistres ; le
paiement est subordonné par un indice fixé au contrat. Par conséquent, si
l’indice n’est pas atteint l’assureur est tenu à une obligation
d’indemnisation. Ensuite, à la limite du seuil et/ou au-delà du seuil,
l’assureur ne paie rien cela s’explique qu’il a plu en quantité suffisante que
pour la germination ait eu lieu.
Quant au seuil de sortie, le paiement total des pertes subies par l’assuré est
dû, lorsque l’indice obtenu est inférieur au seuil fixé et/ou lorsque l’indice
est entre les deux seuils, le règlement de sinistres se fait de façon
proportionnelle à la valeur assurée.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 6


Ces étapes de règlements se font en trois phases par rapport au cycle de vie
de la plante. Ces différentes phases sont : la phase de germination, la phase
de floraison et la phase de maturation.
Le principal défi technique que pose l’assurance indicielle tient au risque
de base, enjeu primordial emportant des interrogations sur la véritable
valeur de ces produits3. Le risque de base désigne les écarts potentiels entre
le dommage réel subi par l’agriculteur et le dommage déterminé par l’indice,
susceptible d’entraîner des déclarations de sinistre pour des dommages
inexistants ou le non-dédommagement de sinistres avérés. On peut subir
des dommages sans être indemnisé ou l’être sans subir de sinistre. Le
risque de base procède essentiellement d’aléas tels que nuisibles, vent,
inondation, gel, grêle et autres événements climatiques localisés pouvant
causer des dégâts catastrophiques, mais dont les indices climatiques ne
rendent généralement pas bien compte. Le comportement de l’agriculteur
(par exemple, la date des semis) est très difficile à intégrer à une formule
fixée en début de campagne et constitue donc le second risque de base le
plus répandu. Il peut rendre la police d’assurance indicielle climatique très
sensible aux précipitations durant les mauvaises périodes.
Par conséquent, le risque de base se subdivise en trois types de risque :
 Spatial : par exemple, deux villages dépendant de la même station
météo peuvent subir des sinistres différents ;
 Temporel : il peut s’écouler un certain temps entre un événement et
sa détection par l’indice et inversement ;
 Spécifique au sinistre : l’indice peut être mal corrélé au rendement
réel et ne pas tenir compte de tous les facteurs affectant la récolte.

3
MULLER B., SALL M., LEBLOIS A., BALDE A., FALL M., KOUAKOU P., AFFHOLDER F. (2013), « L’assurance
agricole indicielle en Afrique de l’Ouest : Principes, premières réalisations et perspectives », Agronomie
Africaine, Numéro spécial sur les changements climatiques.
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 7
En effet, la difficulté dans cette étude porte sur l’indemnité des sinistres due
aux agriculteurs, qui est évalué en fonction des indices recueillies par des
appareils pluviométriques. Ainsi, ce dit règlement se heurte de fois au
risque de base. Les causes de celui-ci peuvent être de plusieurs ordres
citons : de nombreux aléas dont ceux liés aux facteurs climatiques, à la
volatilité des prix des intrants et à celle des prix sur le marché ; la non-
fiabilité des données statistiques de la programmation des appareils
pluviomètre ; le réchauffement climatique, qui provoque des hausses de la
température des surfaces jusqu’à trouver un nouvel équilibre. C’est la cause
principale du réchauffement climatique observé ces dernières décennies.
Dans ces conditions, cela en découle aux conséquences ci-après : les
délais d’indemnisation peuvent être très longs ; le processus d’évaluation
peut être très coûteux ; elles peuvent s’avérer très onéreuses ; l’offre de ces
produits est très peu développée.
Dans ce contexte, notre problématique se traduit par l’interrogation
suivante :
 Comment s’effectue le règlement des sinistres agricoles par
l’assurance indicielle ?
L’assurance agricole indicielle, structurellement ne peut pas tout couvrir et
le risque de base est bien réel.
Section 2 : Objectifs
L’objectif général de cette recherche est de montrer la problématique de la
gestion de règlements des sinistres agricoles par l’assurance indicielle à
travers le risque de base.
À cet objectif général, s’est joint les objectifs spécifiques.
a- Les objectifs généraux :
 Montrer les éléments qui se heurtent aux règlements des sinistres
agricoles indiciels ;

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 8


 La minimisation du risque de base au niveau des produits
d’assurances indicielles ;
 La maîtrise de la gestion du risque de base ;
 D’analyser le risque de base pour faire des recommandations quant à
la mise en place d’un système de gestion du risque de base, ainsi que
les moyens de pérenniser ce système.
b- Les objectifs spécifiques :
 La gestion du risque de base ;
 Le processus d’indemnisation par indice météorologique ;
 Rendre transparente l’estimation des sinistres.

Section 3 : Hypothèses provisoire de recherche


Dans le cadre de notre étude, nous avons formulé des hypothèses suivantes :
Hypothèse 1 : L’inexistence d’infrastructure adéquate pour la gestion
technique des produits indiciels.
Hypothèse 2 : Le manque d’éclaircissements et / ou de renseignements à la
souscription du fonctionnement du risque de base à la suite d’un sinistre.
Hypothèses 3 : L’absence des modèles d’analyse de risque agricoles par
l’assurance indicielle.

Section 4 : Pertinence
Dans le cadre de notre travail, nous allons montrer l’importance de la
problématique de la gestion de règlements des sinistres agricoles par
l’assurance indicielle au sein de la CNAAS.
Importance pour nous
Notre réflexion relève d’une grande importance dans la mesure où
l’assurance agricole indicielle est un secteur promoteur et que sa branche
reste encore méconnue au grand public. En tant que technicien, le principal
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 9
est d’appréhender les contours et limites de cette dernière et par la suite
d’aider les décideurs d’entreprise à orienter les décisions, pour la bonne
gouvernance de la société.
Importance pour l’entreprise
Le taux d’abstinence, des souscriptions des contrats indiciels aux
niveaux des producteurs Sénégalais, indique que les entreprises doivent
chercher les mécanismes pour motiver plus de producteurs à souscrire à ce
produit. Effet, le risque de base est le point qui préoccupe l’extension cette
activité. Ainsi, aux entités d’élaborer des techniques, permettant pour s’en
prémunir à ce type de risque. Le risque de base est considéré comme étant
l’absence d’une forte corrélation du produit d’assurance et l’écart des
ressources existantes par rapport à la tendance. Car l’assurance agricole
indicielle est là pour protéger les agriculteurs contre un choc de revenu
négatif. Cependant, si le risque est important, cela va se traduire par une
faible demande de produits d’assurance. Ce que l’on considère comme
élément déterminant d’une faible demande, notamment parce qu’en cas de
risque de base élevé, les moyens de subsistance ne sont pas protégés. Il est
donc essentiel de recourir à des innovations contractuelles et
institutionnelles pour abaisser le risque de base, si l’on veut augmenter la
demande d’assurance agricole indicielle.
Importance pour le marché : l’assurance indicielle, réduit la vulnérabilité
des agriculteurs aux aléas ; augmente des productions alimentaires puis
sécurise, stabilise des revenus des agriculteurs.

Section 5 : Revue critique de littérature


Dans le cadre de notre étude, nous avons eu à parcourir certains
articles sur la problématique du règlement des sinistres agricoles par

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 10


l’assurance indicielle. Abdoulaye Ndao, ingénieur agronome parle de la
problématique des règlements des sinistres en assurance agricole indicielle.
Elle est caractérisée par une indemnisation en fonction des pertes
individuelles de chaque agriculteur ou assuré. En effet, l’indemnité
d’assurance est calculée à partir d’un indice défini pour refléter aussi
précisément que possible les pertes. Par exemple : les rendements
départementaux, etc.
L’assurance indicielle permet une gestion anticipée du risque
météorologique pouvant, plus sous de bonnes circonstances s’avérait d’une
grande efficacité, que les mécanismes d’assurance récoltent traditionnelles.
À terme assurance-indice se traduira certainement par des retombées
positives pour le développement économique et la lutte contre la pauvreté
en offrant au producteur une prestation indemnitaire contre la baisse de
rendement de leur culture.
L’assurance agricole indicielle sur un rendement agrégé est fondée
sur indice de rendement dont l’unité d’assurance tel que le rendement
agrégé départemental.
La couverture de rendement est définie par une référence calculée, en
relation à une tendance ou à la moyenne d’une série de données antérieures
de rendement dans l’unité choisi, et par la suite la comparaison entre deux
valeurs : le rendement de niveau de couverture et le rendement publié par
la DAPSA dans l’unité d’assurance.
Pour calculer l’indice d’assurance (primes et indemnités) pour ce type
de produit, il faut, simuler dans le temps les rendements historiques
officiels dans chaque unité d’assurance et par culture.
Les indemnisations sont calculées s’il y a perte de rendement par une
comparaison, très simple entre deux valeurs tel que le seuil de
déclenchement et le seuil de sortie. Il faut noter, que ce type de produit les

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indemnisations ne sont pas déclenchées de manière automatique ; elles
sont déclenchées par les données communiquées par l’appareil
pluviométrique.
L’assurance agricole indicielle est une forme d’assurance connue sous
le nom indice météo. Elle est en plein essor au niveau mondial, permet une
nouvelle gestion efficace des paiements des sinistres, car en assurance
agricole indicielle, l’on n’a pas besoin des déclarations faites par assurée et
le rapport des dires de l’expert.
Il sied, de rappeler que l’assurance agricole indicielle constitue des
fois un réel problème à l’indemnisation des sinistres. L’on constate que les
sinistres payés au titre de l’indice de référence ne correspondent pas à la
perte réelle subie par l’assurée. Ce phénomène est qualifié par ce qu’on
appelle : risque de base. Le risque de base est le point épineux en assurance
agricole indicielle.

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CHAPITRE DEUXIÈME : CADRE MÉTHODOLOGIQUE
Section 1 : Démarche de l’étude
Nous allons présenter la démarche à suivre pour atteindre les objectifs de la
recherche et les méthodes que nous avons choisies pour la collecte des
informations, les méthodes d’analyses des résultats obtenues ainsi que les
limites et les difficultés observées dans la réalisation de ces travaux.
Par le biais de cette thématique, nous nous sommes assignés comme
tâche de parler de la problématique de la gestion de règlements des
sinistres agricoles par l’assurance indicielle. Ce choix se justifie du simple
fait que la branche IARD, est celle qui domine le marché des assurances
dans la zone CIMA. Les opérations d’assurances sont constituées de
plusieurs techniques telle la tarification, l’émission, l’encaissement de
primes, la gestion des sinistres, les placements (actions et obligations), les
dépôts à terme, la couverture des engagements réglementés, la marge de
solvabilité, l’évaluation des provisions techniques et l’assurance agricole
indicielle. La problématique de la gestion de règlements des sinistres
agricoles par l’assurance indicielle constitue l’objectif à atteindre dans notre
recherche. Ceci est le point clef de cette étude.

Section 2 : Délimitation du champ de l’étude


La majorité des personnes vivantes en milieu rural dans les pays en
développement gagnent leur vie grâce à des activités agricoles. Si elles
perdent une partie ou la totalité de la récolte suite à des phénomènes
météorologiques extrêmes, elles courent le risque de vivre à la limite du
seuil de subsistance ou de tomber dans la pauvreté ou encore d’aggraver
leur état de vulnérabilité. Les assurances agricoles, qui offrent une
compensation financière dans le cas de perte de récoltes, représentent par
conséquent des moyens de stabiliser les revenus des ménages ruraux dans

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le cas de telles pertes et aident ainsi les agriculteurs à se prémunir
d’insécurité alimentaire et de pauvreté. Cependant, l'assurance agricole
peut entraîner des coûts de transactions élevés. L’assurance indicielle est
une façon de réduire ces coûts de transactions. Dans ce contexte,
l’assurance agricole climatique indicielle est de plus en plus considérée
comme un outil d’adaptation au changement climatique.
En effet, les risques liés à l’activité agricole deviennent de plus en plus
importants. Les politiques de soutien publiques ont montré leurs limites en
cas de calamités. Il est donc nécessaire pour l’Etat, en rapport avec son
devoir de protection des personnes et de leurs biens et des agriculteurs
pour sauvegarder leur patrimoine, de prendre des mesures adéquates
contre ces risques. La solution trouvée pour mener à bien cette mission de
protection contre les risques agricoles est l’assurance indicielle qui se
confronte au risque de base. Au regard de ce qui est notifié ci-haut, nous
nous proposons de mener une étude sur la problématique de la gestion de
règlements des sinistres agricoles par l’assurance indicielle, afin de
circonscrire notre champ d’étude.

Section 3 : Les instruments de collecte de données


Nous ne saurions pas étudier cette thématique sans nous
référer aux principes de l’assurance indicielle, d’analyser le comportement
global des producteurs assurés par rapport au risque de base afin de
déterminer les limites des produits. C’est pourquoi, nous procéderons par la
méthode de la collecte de données telle que la recherche documentaire, les
ouvrages et les cours que nous avions pu consulter conséquemment à la
problématique. En effet, pour la collecte d’informations, nous avons réalisé
une étude quantitative.

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1- Étude documentaire
Dans le cadre de la réalisation de l’étude documentaire, nous
avons d’une part pris appui sur les données de la CNAAS. L’objectif de cette
recherche est d’avoir des informations fiables émanant de cette dernière.
D’autre part, nous avons réalisé une recherche sur l’internet
pour avoir des informations sur l’analyse du risque de base dans l’espace
CIMA. Cette recherche nous a permis de collecter des informations à travers
un questionnaire auprès des agriculteurs.

2 - Étude quantitative
Cette étude nous a permis d’obtenir des informations que nous avons
utilisées dans notre travail. Elle répondait aux critères suivants :
 Avoir des informations auprès des agriculteurs par les
questionnaires ;
 La source d’informations était l’ensemble des agriculteurs.
Les résultats de l’étude quantitative seront représentés à travers des
graphiques.

Section 4 : Les difficultés rencontrées


Les difficultés rencontrés tout le long de ce travail a porté sur
l’obtention des informations dans les différentes questions.
Traiter notre sujet nécessite d’évoquer en deuxième partie son cadre
conceptuel.

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DEUXIÈME PARTIE : APPROCHE PRATIQUE
DU SUJET

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CHAPITRE PREMIER : GENERALITES SUR L’ASSURANCE AGRICOLE
INDICIELLE
Dans cette partie, nous allons aborder toutes les notions qui
couronnent l’assurance agricole indicielle.
Section 1 : Les techniques de l’assurance agricole indicielle
Nous analyserons dans cette section la spécificité des indices et la
modélisation des indices (paragraphe 2) après avoir défini le concept
d’assurance indicielle (paragraphe 1).

Paragraphe 1 : Définition de l’assurance indicielle


A-L’assurance indicielle
Les assurances indicielles ou paramétriques sont une forme de couverture
relativement nouvelle développée depuis les années 1990. L’objectif
principal était en premier lieu de se protéger face aux aléas
météorologiques par le biais de contrats inspirés des dérivées climatiques
mais entièrement paramétrables (indice, période, station météo. .). En effet
L’assurance indicielle est donc une assurance où l’indemnisation est
proportionnelle à un indice et non au sinistre réel. Elle présente l’avantage
de ne pas nécessiter d’expertise réduisant ainsi les couts de la prime et la
durée avant indemnisation. L’indice doit être fourni par un tiers dit “de
confiance” acceptée en amont par l’assureur et l’assuré. Ainsi nous
décrirons ici quatre types d’assurance indicielle chacune basée sur des
indices différents à savoir :

1- Assurance basée sur un indice météo


C’est le cas le plus courant d’assurance indicielle, il permet à l’agriculteur
de se protéger face à un risque météorologique spécifique tel que la
sécheresse ou un excès de précipitations. Les indices les plus

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communément utilisés dans le secteur de l’agriculture sont les indices de
températures, de précipitations et plus rarement de vent et
d’ensoleillement. Il est possible entre autres de travailler sur du cumul ou
en nombre de jours critiques. L’indice est dans ce cas généralement fourni
par un institut météorologique national reconnu. Ci-dessous un exemple de
contrat d’un agriculteur souhaitant se prémunir de températures trop
élevées durant le mois de juillet :

Tableau 1 : Contrat d’agricole

Graphique 1 : Exemple d’assurance indicielle météorologique avec le


profil d’indemnisation correspondant.

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2- Assurance basée sur un indice végétal
Beaucoup moins répandues, les assurances basées sur un indice
végétal protègent l’agriculteur sur des indices mesurables à un niveau local
ou global. Elles sont pour l’instant difficiles à mettre en place en raison du
manque d’historique disponible et du fait que les mesures sont pour la
plupart réalisées par satellite. Les indices sur lesquels des essais de
couverture ont déjà été réalisés sont les indices d’évapotranspiration, NDVI
(Normalized Différence Végétation Index) et indice d’azote et de nitrogène
présent dans les sols. L’utilisation de ces couvertures reste pour l’instant
des cas très isolés.

3- Assurance basée sur un indice rendement


Cette couverture est très ressemblante à une assurance multirisque à
la différence que l’indice de rendement retenu pour le calcul de
l’indemnisation n’est plus celui de l’agriculteur mais un indice “méso ”. Le
terme “méso” signifie ici que l’indice est un indice agrège sur une zone de
culture plus étendue que celle du producteur assuré, qui elle est qualifiée de
“micro”. Cette distinction permet de supprimer l’expertise nécessaire à
l’indemnisation en se référant à l’indice fournit par le tiers de confiance, en
général un fournisseur de données national (ministère de l’agriculture,
institut de statistiques etc. …).

4- Assurance basée sur un indice chiffre d’affaires


Comme pour l’assurance basée sur le rendement agrégé, il est
possible de faire un parallèle entre l’assurance indicielle revenu et
l’assurance indemnitaire revenu. La nuance est encore une fois dans le
calcul de l’indemnisation. On considèrera ici un indice de revenu ou de
chiffre d’affaires

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 19


“méso ”, par exemple le chiffre d’affaires réagi par hectare.
Avec l'assurance indicielle, le paiement n'est pas lié à la survie ou à l’échec
de la culture, ce qui encourage l'agriculteur à prendre les meilleures
décisions. Une autre caractéristique qui permet de réduire les aléas moraux
est que l'assurance indicielle utilise des données objectives et disponibles
pour tous, et les individus ne peuvent détourner une situation à leur
avantage. Les contrats sont rédigés de façon à protéger le contractant
contre les risques ou les évènements spécifiques tels que la perte de
rendement, sécheresse, inondation définis et consignés à l’échelle régionale.
Le sinistre est qualifié à partir d’un indice construit pour refléter aussi
précisément que possible les pertes agricoles des agriculteurs. Il est
opportun de ce fait de voir la spécificité des risques liés à chaque type
d’assurance indiciels.

B- Les risques liés à chaque type d’assurance


Si les assurances indicielles présentent de nombreux avantages par
rapport aux assurances traditionnelles du fait qu’elles atténuent très
fortement certains risques (aléa moral, risque de fraude, risque d’anti-
sélection), elles produisent en revanche des risques spécifiques dont
certains constituent un obstacle à leur attrait et à une diffusion plus large de
leurs produits. Le principal risque lié aux assurances indicielles climatiques
et satellitaires est le risque de base pouvant être défini comme un décalage
ou une inadéquation entre la couverture proposée par le produit et le
dommage réel constaté. Celui-ci est quasi inexistant dans le cadre de
l’assurance classique. La réduction du risque de base fait l’objet de
plusieurs études et travaux de la part d’experts en assurances et de
chercheurs en économie et en gestion de risque agricole. En effet, la nature
de ce risque a pour conséquence de dissuader la majorité des agriculteurs

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 20


du bien-fondé de ce type d’assurance. Le risque spatial peut être également
élevé dans le cadre des assurances indicielles et particulièrement pour
celles relatives au rendement moyen par zone. En effet, la pertinence d’un
indice peut être sujette à caution eue égard à l’étendue des zones à assurer
et des éventuelles caractéristiques inhomogènes de ces dernières. Toutefois,
comme sus évoqué, les assurances indicielles permettent fortement
atténuer, et parfois d’annihiler, l’aléa moral, le risque de fraude et le risque
d’anti-sélection. L’aléa moral peut être défi ni comme la propension ou
l’incitation à ne plus produire les efforts adéquats et nécessaires pour la
réalisation d’une œuvre ou d’une tâche du fait de la perspective d’une
réparation matérielle eu égard au manque à gagner. Ce risque est quasi- ou
extrêmement faible dans l’assurance indicielle. Néanmoins, en théorie, il
pourrait survenir des situations où l’agriculteur assuré ne puisse pas être
incité à utiliser pleinement les capacités de production de son exploitation
dès lors qu’il constate que le seuil de référence de l’indice choisi pour
déclencher une indemnisation a été atteint (par exemple, l’absence totale de
pluie alors que l’indice repose sur la pluviométrie). Le risque de fraude dans
l’assurance classique réside dans la possibilité de la part de l’assuré de
causer le dommage en vue de prétendre à des indemnisations. Ce risque
n’existe pas dans l’assurance indicielle du fait que les réparations reposent
sur la variation d’un indice indépendant du contrôle de l’assuré. L’incitation
à s’assurer très élevé pour les assurés percevant l’imminence d’un
dommage constitue en soi le risque d’anti-sélection dans le cadre de
l’assurance classique. Ce risque est a priori écarté dans le cas des
assurances indicielles à moins que (de façon très théorique) le futur assuré
ait une connaissance approfondie des mécanismes indiciels et dispose
d’informations sur des événements futurs pouvant avoir un impact sur
l’évolution des indices.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 21


C-Contraintes, coûts et difficultés liés à chaque type d’assurance
Les coûts liés à chaque type d’assurance peuvent être distingués selon
qu’ils sont réalisés en amont de l’élaboration du produit d’assurance
(expertise préalable, données, technologie…) ou liés aux processus et aux
délais d’indemnisation. S’agissant du coût de la conception, les produits
relevant de l’assurance traditionnelle sont très souvent standardisés ou
déployés massivement et sont, par conséquent, générateurs d’économies
d’échelle. A contrario, les assurances indicielles peuvent s’avérer très
onéreuses, car nécessitant des études et expertises coûteuses et pouvant
requérir des moyens technologiques importants et des données statistiques
précises couvrant une longue période de temps. Toutefois, le coût de
conception de ces indices a vocation à être amorti et peut être considéré
comme un investissement initial si l’indice est utilisé sur une longue
période. Les coûts d’évaluation des sinistres dans le cadre des assurances
classiques peuvent être très élevés du fait notamment de la lenteur du
processus et de risques de contestation impliquant notamment
l’intervention d’experts. A l’exception de celles basées sur le rendement par
zone, les assurances indicielles font l’objet d’un processus d’évaluation
moins coûteux et plus objectif que les assurances classiques.

Paragraphe 2 : Spécificité et modélisation des indices


A-Indice rendement
Dans l’optique de développer une couverture indicielle de revenu agricole il
est nécessaire de comprendre et estimer le comportement des indices qui la
composent. Tout comme dans le cas d’une assurance indicielle rendement
pour le choix d’une méthode de modélisation du rendement est capital.
Dans un premier temps le choix nous indiquera si la mise en place de ce
type de couverture est possible, puis permettra à l’assureur de tarifer ce

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 22


contrat. Une assurance indicielle ”carence d’apport”, ou ”yield short all” en
anglais, est définie par sa limite haute que l’on notera u, sa limite basse
notée d et l’indemnisation par unité d’indice au-delà du seuil
correspondante (appelée tick). Ainsi la fonction payoff de ce type de contrat,
pour un rendement y, est :

La prime pure (actuarially fair premium en anglais) représente le montant


de prime pour lequel le contrat d’assurance a un payoff net égale à zéro en
espérance. En termes mathématiques, la prime pure notée Π est solution de
l’équation suivante :
La prime pur est essentiel pour tarifer un contrat d’assurance, en effet la
prime finale du contrat sera toujours fonction de celle-ci. Il est donc
nécessaire pour déterminer ce montant de connaître la valeur de
l’espérance du payoff, c’est- à-dire pour un tick égal à 1.

Dans l´équation ci-dessus FY représente la fonction de répartition de Y, où Y


est le rendement. Cette équation permet donc de comprendre l’importance
d’une modélisation précise de la distribution des rendements dans la
tarification de ce type d’assurance. Bien que cet exemple soit basé sur une
assurance rendement pur, la problématique est la même dans le cas d’une

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 23


assurance revenu. Une hypothèse de distribution trop éloignée de la réalité
entraînera des problèmes d’anti sélection ou inversement des problèmes de
solvabilité du produit d’assurance. De nombreuses recherches ont été
réalisées sur le sujet de la modélisation des rendements agricoles et ce
depuis plus de 40 ans. Il n’existe pas encore à ce jour une théorie dominante
mais un ensemble de méthodes présentant chacune avantages comme
inconvénients. A travers cette section nous explorerons la littérature
existante sur le sujet afin de déterminer quelles seront les méthodes les
plus adaptées dans le cas de notre étude. Les méthodes permettant de
supprimer la tendance des séries de rendements, ce que l’on appellera par
la suite ”detrending”, première étape avant toute modélisation. Enfin avant
de conclure nous discuterons des limitations des modèles actuels et
aborderont les améliorations envisageables.

1-Detrending
(Xt) est stationnaire au sens strict (fort) si : (X1, X2, ..., Xk) a même loi que
(X1+h, X2+h, ..., Xk+h) pour tout h et k tels que (h, k) ∈ I × I
Lorsque l’on souhaite étudier des séries temporelles il est important
d’éliminer tous les éléments qui ne sont pas purement aléatoires afin de se
ramener à une série stationnaire. Si la série présente une tendance elle ne
peut pas être stationnaire. En effet, prenons le cas d’une série Xt avec une
tendance constante :

Il est donc évident que cette série n’est pas stationnaire du fait qu’elle ne
conserve pas ces caractéristiques au cours du temps. La simple observation
des séries historiques de rendements laisse envisager une tendance forte.
Cette tendance s’explique entre autre par le développement de nouvelles

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 24


technologies dans le domaine de l’agriculture, ainsi que l’utilisation accrue
d’intrants (engrais et pesticides).
Il existe de nombreux tests statistiques permettant de déceler l’existence
d’une tendance, test que l’on qualifiera en anglais de ”unit root test”. Une
fois l’existence prouvée afin de supprimer la tendance, il est nécessaire de
faire une ou plusieurs hypothèses sur le comportement de celle-ci. On parle
alors de méthode de detrending, ces méthodes nous permettent d’obtenir
une série normalisée Y ∗ t du type :

De nombreux modèles de detrending ont été étudiés dans la littérature


scientifique et en particulier les modèles suivants :

• Linéaire simple : Yˆ t = a + b ∗ t
• Linéaire ”double” (one-knot linear spline) : : Yˆ t = a+b∗t+c∗t∗1t>u

• Moyenne mobile :
• LOESS (Cleveland [1979]) : Méthode de régression locale non
paramétrique.
• Linéaire avec variables météorologique (Conradt [2012]).
La série détrendée s’obtient alors en calculant t pour chaque t :

Enfin en injectant le résultat de l´équation on obtient la série des valeurs


détrendées pour un niveau souhaité défini par Ypivot. Des études
concernant des modèles plus complexes ont été réalisées, notamment des
méthodes basées sur des modèles ARIMA ou GARCH. Cependant ces
modèles nécessitent une paramétrisation précise difficilement réalisable
avec des historiques de données courts. Il est évident que le choix d’une

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 25


méthode influencera la tarification et sera donc un élément clé dans l’étude
des contrats d’assurance présentant un indice de rendement. Dans la suite
de cette partie nous décrirons uniquement des séries détrendée. En effet,
une étude de distribution ne peut se faire que sur une série stationnaire
afin de travailler avec des variables indépendantes et identiquement
distribuée.

2- Modélisation
Une étude de modélisation est sujette à la quantité de données disponibles,
il est donc crucial de travailler sur des périodes les plus longues possibles.
De ce fait, les données de rendement de par leur caractère annuel vont
clairement limiter l´étendu des modèles envisageables. Le second critère à
prendre en compte est la complexité du modèle, en effet la sophistication
d’un modèle ne révèle pas toujours son pouvoir prédictif. Au contraire
certains modèles pourront apporter des problèmes de sur-apprentissage
(overfitting en anglais) et donc des biais de modélisation. On peut
distinguer dans les méthodes de modélisation de rendement un premier
ensemble de modèles, ceux que l’on qualifiera de paramétriques. Ces
méthodes consistent à choisir une distribution de probabilité par des
critères statistiques et/ou agronomiques et estimer ces paramètres.
Pour simplifier l’étude on travaillera généralement non pas sur la série
détrendée brute mais sur une variation relative, en prenant la série ci-
dessous par exemple on s’assure d’avoir des variations relatives
strictement supérieurs à 0.

De plus il est aisé, une fois cette étude réalisée, de retrouver la distribution
de la série détrendée grâce au théorème.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 26


Soit X de densité fx et Y = a ∗ x + b avec (a, b) ∈ R ∗ × R, alors Y a pour
densité :

Nous travaillerons des lors sur les séries de variations à la moyenne des
données détrendées, notées Vt qui représentent mieux le comportement
des rendements.

3- Modèles paramétriques
Sans faire une description exhaustive de l’ensemble des modèles qui ont fait
l’objet d’une étude nous décrirons dans cette section les distributions
paramétriques majeures pouvant être utilisées pour modéliser un
rendement agricole. Les critères permettant de juger de la qualité d’un
modèle paramétrique seront généralement d’ordre statistique à savoir des
tests (Anderson-Darling), critères statistiques (AIC, BIC...), comparaison des
moments empiriques et théoriques, etc. Cependant la compréhension des
modèles agronomiques sous-jacents peut-être un excellent indicateur de la
justesse de notre modèle. Par exemple l’observation de séries de rendement
révèle souvent un skewness négatif (moment d’ordre 3 inférieur à 0). Ce
phénomène peut s’expliquer par le fait que les rendements soient limités à
la hausse par l’impossibilité d’accroitre exponentiellement la production à
l’hectare, tandis que les phénomènes météorologiques impactent
généralement à la baisse les cultures. Les premières études sur le sujet
tentaient de démontrer le caractère normal des rendements. La première
idée fut de considérer le rendement méso (départemental, régional...),
comme étant une moyenne de lois identiques et donc par application du
Théorème central limite faire l’hypothèse que ces rendements agrégés
suivaient une loi normale. Cependant cette hypothèse fut invalidée

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 27


rapidement par le fait que les indices de rendement présentaient une très
forte interdépendance spatiale. Par la suite de nombreux auteurs ont
consacré leurs articles à analyser différentes distributions et leur influence
respective sur la tarification des contrats d’assurance. Les modèles les plus
courants à travers la littérature sont les distributions Normale, Beta,
Gamma, Log normale, Logistique, Weibull ou des mélanges de deux lois
normales. Le fait que certaines de ces distributions aient des moments
d’ordre supérieur à 2 constants ne coïncide pas avec la large variété de
densités empiriques observées. La plupart des méthodes de tarification
utilisées de nos jours font le choix de la loi Beta à 4 paramètres qui
s’accommode très bien à une large gamme de forme en comparaison aux
autres lois citées précédemment, qui affichent un fort manque
d’adaptabilité. Néanmoins comme chaque méthode elle a ses propres
inconvénients, en particulier le fait qu’elle soit très sensible aux choix de ces
paramètres. A noter que c’est la méthode utilisée actuellement par la FCIC.
Plus récemment des études ont été réalisées sur des distributions moins
communes comme la distribution d’Erlang (Wenjun [2015]) ou encore la
famille des lois de Johnson (Lawas [2005]). Cependant l’apparente
complexité et le manque de résultats concernant ces lois nous pousse à les
éviter dans cette étude afin d’éviter les problématiques d’overfitting
notamment.

4- Modèles non-paramétriques
Utiliser une méthode paramétrique revient à faire une hypothèse forte sur
le comportement des rendements. Imposer une distribution équivaut donc
à définir une règle, si celle-ci est juste on augmente grandement la qualité
du modèle, si elle est erronée alors on la diminue. Un choix inexact peut
entrainer d’importantes erreurs, en effet deux distributions semblant

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 28


identiques peuvent amener à des primes ainsi que des loss-ratios très
différents. Ce phénomène s’explique notamment par la modélisation des
queues de distribution, en particulier la queue gauche qui est la partie
affectant le plus pricing d’une assurance carence d’apport. Les méthodes
non-paramétriques et semi-paramétriques apportent une idée de solution
face à ces questions, cependant elles présentent aussi un désavantage
majeur. Bien que ces méthodes possèdent une grande flexibilité, elles
nécessitent de larges échantillons afin d’avoir une estimation précise. La
quantité de données disponible influence grandement le fitting dans ce type
de méthode, un nombre trop faible de données disponibles entraînera
d’importants problèmes de sur apprentissage liés aux valeurs extrêmes
(outliers). La méthode non-paramétrique la plus classique est l’analyse
dite ”burn”, aussi appelée analyse historique ou empirique. Cette méthode
consiste à observer les payoffs qui auraient été engendrés par la mise en
place de ce produit dans le passé. Le mot ”burn” est ici synonyme de
cashflows négatifs. Cette méthode bien que très simple nécessite un
historique important. Supposons qu’un évènement extrême se produise en
moyenne une fois tous les 100 ans, la probabilité d’observer cet évènement
avec 100 ans d’historique disponible est seulement de 63.4% et 39.4% si
l’on considère 50 ans d’historique. Les données à notre disposition dans ce
secteur sont généralement inferieures à 50 ans, il est alors évident que
cette méthode peut fortement sous-estimer le risque sous-jacent. Un
procédé pour pallier à ce genre de problèmes lors de la tarification d’un
contrat d’assurance consiste à combiner cette méthode avec des méthodes
de prévisions des valeurs extrêmes (Generalized extrême value theory par
exemple) ou plus simplement mettre en place un chargement
supplémentaire proportionnel au nombre d’années d’historique disponibles.
Les méthodes d’estimation par noyau (Kernel density estimation)

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 29


permettent de faire une approximation continue de la distribution des
rendements historiques. La densité est alors donnée par la formule
suivante ;

Dans cette équation, la fonction K est appelé noyau et est égal à la densité
d’une loi de probabilité, généralement une loi normale. Le paramètre h est
appelé fenêtre ou bande-passante et permet d’ajuster le lissage de
l’estimation. L’estimation est faiblement sensible au choix du noyau,
cependant elle l’est beaucoup plus à celui de la bande-passante. Il existe
plusieurs méthodes qui permettent de déterminer la bande-passante
optimale (”rule of thumb”, plug-in approach...). Si l’on travaille sur une série
trop courte, l’approximation sera très sensible aux outliers et bien que
continue, la distribution obtenue sera très irrégulière. Il existe de
nombreuses autres méthodes non-paramétriques qui permettent d’aller
encore plus loin. Cependant en l’absence de séries de données historiques
importantes, il est difficile de juger de l’apport de ces méthodes. Des
exemples de ces méthodes sont développés dans l’article de Ker et Goodwin
[2000]

Graphique 2 : Histogramme et estimation par noyau de la série (−4.4;


−2.8; −0.1; 1.0; 2.1; 1.8) avec un noyau gaussien et une fenêtre h = 1.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 30


Enfin il existe une dernière catégorie de modèles : les modèles semi-
paramétriques. Pour l’heure, ce type d’estimation est peu utilisé mais les
premiers résultats semblent prometteurs (Goodwin et Ker [2002] ;
Goodwin et Mahul [2004]). Ces modèles présentent les avantages à la fois
des méthodes non-paramétriques et paramétriques tout en atténuant les
défauts intrinsèques à chacune d’elles. L’idée générale est de choisir une
distribution paramétrique qui semble à première vue judicieuse et de
modifier cette dernière en ayant recours à une méthode non paramétrique
du type estimation par noyau.

5- Limitations et pistes de réflexion


Comme nous avons constaté ci haut il existe un certain nombre de
limitations à prendre en compte dans la modélisation des rendements. La
limite majeure étant souvent le nombre de données utilisables, il est
évident que le choix du modèle sera très fortement lié à l’historique
disponible. Goodwin et Mahul [2004] recommande :
— Dans le cas où on travaille avec un historique court (inférieur à 30-40
données) on choisira de travailler plutôt avec une méthode paramétrique.
Les alternatives étant plus sensibles, elles entraineront généralement un
lissage imparfait.
— Sinon, sauf dans le cas où l’on peut faire une hypothèse sur la
distribution, on préférera une méthode non-paramétrique ou semi-
paramétrique car plus flexible. Un second point important dans la
modélisation est la proximité entre les moments empiriques et théoriques,
ce que l’on qualifiera de ”cross-matching” des moments. En effet, dans
l’étude des rendements un des pièges à éviter est de ne modéliser que les
moments d’ordres 1 et 2, à savoir la moyenne et la variance. Les moments

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 31


d’ordres 3 (Asymétrie - Skewness) et d’ordre 4 (Aplatissement - Kurtosis)
sont également essentiels pour représenter le comportement de l’indice.
Pour aller dans cette direction les travaux sur des distributions moins
courantes qui ont été abordés précédemment semblent apporter un
premier élément de réponse. Nous avons déjà cité les distributions de
Johnson et Erlang. Cette dernière présente la propriété intéressante d’être
dense dans l’espace des distributions de probabilité positives. Enfin
Ramirez et al. [1994] ont étudié une transformation envisageable de lois
normales afin d’obtenir des moments d’ordre 3 et 4 non constants. La
question de l’ hétéroscédasticité n’a pas encore été abordée ici, cependant
la question existe. La vision la plus simple est de considérer que la variance
des rendements est proportionnelle à leur moyenne, l’équation deviendrait
alors :

Une seconde option permettant de prendre en compte l’évolution de la


variance au cours du temps est de considérer un modèle paramétrique qui
varie au cours des années. Par exemple Goodwin et Ker [2002] décrivent
un modèle ”Time-varying Beta” où les paramètres de la distribution sont
calculés sur des fenêtres mobiles. La majorité de ces innovations
nécessitent d’importants historiques et encore trop peu de résultats ont été
présents à ce jour.

B-Indice prix
Tout comme pour l’indice rendement, il est essentiel de bien définir le prix
et le modéliser adéquatement. Cependant il existe une grande différence
entre la modélisation de ces deux indices. En effet précédemment nous

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 32


avons utilisé l’historique disponible pour estimer la distribution des
rendements, Buschena et Ziegler [1999] montrent que l’historique est
beaucoup moins efficace dans le cas du prix. Ils préconisent l’utilisation des
cotations d’options sur le marché (market-based options) afin d’obtenir une
modélisation plus fidèle au comportement de l’indice. Si l’on définit la
densité de probabilité risque neutre fQ comme la densité de probabilité du
prix actualisé de l’actif à maturité, on a :

Ce résultat est issu de l’hypothèse de non-arbitrage qui énonce que dans un


marché sans opportunité d’arbitrage, avec des investisseurs neutres au
risque, le prix d’un produit doit être égal à l’espérance de son payoff.
L’objectif est alors de déterminer la densité fQ, pour ce faire il existe
généralement deux méthodes :
— En optimisant le paramètre de fQ afin de minimiser l’écart entre les prix
réels des options et les prix donnés par l’équation
— En résolvant directement l’équation, en remarquant par exemple que :

Le modèle presque universel est le modèle de Black-Sholes, il est


aujourd’hui utilisé par le FCIC ainsi que la plupart des instituts cherchant à
modéliser un indice de prix côté sur un marché financier.

1- Black-Sholes
Pour rappel le modèle de Black-Sholes énonce que le prix d’un actif sous-
jacent dans un marché sans opportunité d’arbitrage, suit un mouvement
brownien géométrique de volatilité σ constante et de drift µ constant : dSt =
µSt dt + σSt dWt ou Wt est un processus de Wiener. Le modèle de Black-
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 33
Scholes amène à faire l’hypothèse que fQ suit une loi log-normale de
paramètre µ (le drift du modèle) et σ (la volatilité du modèle). La méthode
classique pour déterminer ces deux paramètres utilise le prix des options
sur le marché de référence. Dans un premier temps on relève le prix du
future qui a pour date de maturité, la date estimée de récolte de la céréale.
Dans un second temps on détermine la volatilité implicite des options par
un algorithme type Newton-Raphson. Des articles et études tentent de
démontrer que ce modèle n’est pas adapté au marché actuel car il ne reflète
pas le comportement réel des prix. L’élément le plus courant pour justifier
de ce choix de modèle erroné est le comportement de la volatilité. Le
modèle de Black Sholes implique que la volatilité soit constante par rapport
au strike (ou au ”moneyness”) pour une maturité fixée. Dans les faits cela
n’est quasiment jamais observable, en général la volatilité implicite par
rapport à la maturité et au strike prend la forme d’une ”nappe”

Graphique 3 : Exemple de nappe de volatilité implicite


Source : www.sctcm.blogspot.fr
On parlera de smille de volatilité lorsque pour une maturité T, la volatilité
n’est pas constante. Ces smiles nous renseignent sur les suppositions faites
par les acteurs du marché, plus il y aura de courbure plus les acteurs
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 34
anticipent une forte incertitude pour les options très dans la monnaie ou
très en dehors de la monnaie. On pourra parler de ”smirks” lorsque la
courbe de volatilité implicite à T fixée est asymétrique et distinguer les
courbes ”forward skewed” lorsque la volatilité est plus importante pour les
strikes plus élevés et les courbes ”reverse skewed” lorsque la volatilité est
inférieure pour les strikes plus élevées.

2- Alternatives
Afin de répondre aux problématiques liées à la volatilité des prix des
modèles de type ARCH (Autorégressive Conditional Heteroskedasticity) ont
été mis à l’épreuve. Le modèle le plus courant étant le modèle GARCH qui
permet de faire des forecasts de séries temporelles hététeroscatique.
Cependant l’utilisation de ces méthodes se heurte dans un premier temps
au nombre de données historiques disponibles et surtout dans un second
temps à leur faible pouvoir prédictif à long-terme. Ce type de modèle
présente de très bons résultats lorsqu’il s’agit de prévoir à court-terme,
cependant ici la prévision doit être faite sur des périodes de plusieurs mois.
En effet on cherche à estimer le prix de la céréale au moment de la récolte
calculée au moment du semis (6 à 9 mois). L’observation de la densité
empirique fQ laisse envisager que celle-ci puisse prendre des formes bien
plus diverses qu’il n’est possible avec une loi log-normale. En effet, les prix
font apparaitre une large variété de skewness et kurtosis. Partant de ces
observations plusieurs articles étudient des distributions alternatives à la
loi log-normale. Sherrick et al. [1996] font le choix d’utiliser une
distribution paramétrique flexible capable d’approximer une large gamme
de moments d’ordre 1 à 4. La loi Burr de type III est, d’après leur étude,
capable de couvrir l’ensemble des formes envisageables avec les lois de
Pearson (I, IV et VI), normale, gamma, Weibull, log-normal, exponentielle et

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 35


logistique. Ainsi la distribution de Burr de type III présente une meilleure
approximation pour les contrats proches de leur maturité tandis que la loi
log-normale sera préférée pour les longues maturités. Dans les faits la
plupart des modélisations seront faites pour des contrats éloignes de leur
expiration.
Enfin beaucoup d’articles vantent les mérites des mélanges de distributions,
autrement dit des distributions, du type :

La fonction f est un mélange fini représenté par une somme pondérée de


densités de probabilité Φi, en général les densités Φ sont des lois normales
ou log-normales. Ce type de densité est très utile pour représenter une
grande variété d’asymétrie et d’aplatissement, mais aussi dans le cas de
distribution bimodale. En particulier si le cours des prix présente des chocs
(”jumps”), le caractère multimodale de ces densités pourra permettre
d’approximer ce comportement.

C -Indice chiffre d’affaires


Le développement de produit de couverture de chiffre d’affaires
agricole doit se faire en parallèle de l´étude du comportement de cet indice.
La difficulté étant ici de prendre en compte l’interaction qui existe entre le
rendement d’une céréale et son prix. On constate empiriquement dans la
plupart des cas une corrélation négative entre ces deux indices, corrélation
jouant le rôle ”d’assurance naturelle” souvent appelé ”Natural hedge” en
anglais. Cette couverture permet en cas de mauvaises récoltes d’avoir une
compensation financière due à la hausse du prix de la céréale en question.
Ce phénomène s’explique en grande partie par la dépendance spatiale

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 36


présente dans l’agriculture céréalière, si un agriculteur connait un mauvais
rendement généralement les agriculteurs de sa région, voire de son pays,
seront touchés de la même façon. Cependant il arrive que cette protection
naturelle ne suffise pas, c’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place
une assurance protégeant ces deux indices. En plus de protéger en partie
l’agriculteur, la corrélation négative fait généralement diminuer la prime
d’assurance liée au produit de protection du chiffre d’affaires par rapport
au produit prix pur additionné au produit rendement pur. Il est néanmoins
nécessaire de modéliser cet indice avant de pouvoir estimer la prime
correspondante. Nous considèrerons à partir de ce point que les marginales
de rendement et de prix sont déjà estimées.

1-Copules
Basiquement une copule peut être vue comme la fonction de répartition
d’une distribution multivariée. C’est à dire si l’on considère n variables
aléatoires (X1, X2, ..., Xn) (pas forcément indépendantes ni identiquement
distribuées) alors la copule C représente :

Ainsi réciproquement on peut énoncer le théorème de Sklar :


Si C’est une copule et si F1, F2, ..., Fn sont des fonctions de répartition, alors
F(x1, x2, ..., xn) = C (F1(x1), F2(x2), ..., Fn (xn)) est une fonction de
répartition de dimension n ayant pour marginales F1, F2, ..., Fn.

2- Alternatives
Il existe des méthodes alternatives aux copules qui permettent entre autre
de ne pas faire d’hypothèse concernant la structure de corrélation. Le seul
paramètre est ici la mesure de corrélation, qui peut être le ρ de Pearson, le ρ

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 37


de Spearman ou le τ de Kendall par exemple. Ces méthodes sont pour la
plupart issues de la théorie développée par Johnson et Tenenbein [1981]
que l’on appelle communément ”Weighted Linear Combination”. Ces
méthodes sont comparables à simuler une loi bivariée quelconque avec la
corrélation souhaitée puis de transformer cette dernière en loi uniforme,
pour enfin obtenir la simulation voulue avec les fonctions inverses des
marginales. L’algorithme d’Iman-Conover permet de faire ce type de
simulation en conservant la corrélation de rang par le biais de mesures de
corrélation adaptées. Une méthode plus simple consiste à simuler deux lois
normales indépendantes et de les transformer en échantillon corrélé à
l’aide de la décomposition de Cholesky. Cette dernière méthode conserve
uniquement la corrélation linéaire. Ces méthodes sont elles aussi
fondamentalement paramétriques, il est nécessaire de connaître les
marginales ainsi que la valeur de la mesure de corrélations. De plus si l’on
considère les moments ”bivariées” (par exemple la covariance serait le
moment bivariée d’ordre 2), ces alternatives ne font coïncider que les deux
premiers moments. Certaines copules peuvent-elles travailler sur les
moments bivariés d’ordre supérieurs à deux.
Tous les indices sont construits pour refléter aussi précisément que
possible le rendement, mais en utilisant des paramètres différents.
Actuellement, 5 types d’indices basés sur le climat sont principalement
utilisés dans l’assurance indicielle en général.
1- Indice pluviométrique saisonnier l’assurance climatique est
indexée sur les niveaux de pluviométrie par le calcul de la différence entre
le cumul saisonnier d’une zone et la moyenne pluviométrique historique
des pluies de cette zone ou par un standard agro-climatique pour une
plante supérieure ou inférieure à la moyenne. Une corrélation de la

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 38


moyenne historique avec les rendements permet d’évaluer les pertes de
production subies par les cultures (Dick et Stoppa, 2011)4.
2- Indice paramétrique sécheresse à plusieurs phases les besoins en
eau et la sensibilité à la sécheresse d’une culture varient au cours des
phases de développement. On distingue généralement trois grandes phases,
à savoir la phase végétative, le développement/floraison et la maturation.
La valeur de l’indice pour une zone donnée est établie à partir des relevés
pluviométriques journaliers réalisés au niveau d’une station de référence
de la zone. Ce qui est indemnisé dans le cadre de cette assurance, c’est
l’écart de pluviométrie (entre le niveau relevé de façon décadaire et le
niveau de référence fixé à la souscription) valorisé au coût de production
(somme assurée) de la spéculation. L’indice choisi est le niveau de
pluviométrie. La construction de l’indice nécessite une bonne base de
données agro-météorologique pour arriver à approcher l’impact exact d’un
(1) mm de pluie sur les rendements. (Benoit SARR et al, 2012)5.
3-Taux de satisfaction des besoins en eau et indice de rendement
parmi les indices basés sur le bilan hydrique, figure le taux de
satisfaction des besoins en eau (ETR/ETM), ETR étant
l’évapotranspiration réelle de la culture en conditions hydriques
normale. Il est calculé à partir de l’algorithme d’Eagleman. À partir
d’ETR/ETM, on calcule l’indice de rendement en grains espéré (IRESP)
comme suit : IRESP (%) =ETR/ETM (cycle) × ETR/ETM (phase
sensible de la culture) (IFAD, 2010)6 .

4
Dick, W. & Stoppa, A., Weather Index-based Insurance in Agricultural Development, 2011
5
Benoit Sarr, Sanossi Atta, Luc Kafando : Revue des indices climatiques utilisés dans les systèmes d’assurance
agricoles indicielle en Afrique, Sécheresse Vol 23, 2012, page256.
6
6 IFAD, 2010. The Potential for Scale and Sustainability the Potential for Scale and Sustainability in Weather
Index Insurance. Water, p.153. Available at:
http://www.ruralfinance.org/servlet/CDSServlet?status=ND0xODA1LjcyMzQ1JjY9ZW4mMzM9ZG9jdW1l
bnRzJjM3PWluZm8~
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 39
4- Taux de satisfaction des besoins en eau / (WRSI) Water Rééquipement
Satisfaction Index La FAO7a mis au point une méthode d’estimation de
l’indice I dans les pays où l’eau constitue un facteur limitant de l’agriculture
pluviale. Le calcul de I est basé sur le bilan hydrique. I reflète l’ensemble
cumulé des déficits et des excédents d’eau subis décade après décade par la
plante durant le cycle en cas de déficit (Di), l’indice est réduit du
pourcentage de ce déficit par rapport aux besoins totaux en eau de la
culture pour la saison (SETM).
5- Le Normalized Différence Végétation Index (NDVI) Il est basé sur
l’observation satellitaire de la végétation en permettant d’apprécier la
capacité des plantes à effectuer la photosynthèse. C’est un indice qui varie
de -1 à 1. La végétation est meilleure lorsqu’il est proche de 1. Utilisé au
Niger, cet indice donne une erreur de près de 30 % comparé à l’indice de
rendement en grains espéré (Maichanou 2016)8 . Par ailleurs, la corrélation
entre la végétation et le rendement en grains n’est toujours pas bien établie.

Section 2 : Description des produits d’assurance agricoles indiciels


commercialisés
Cette section nous permettra d’étudier le mode de fonctionnement de
l’assurance indicielle telle que pratiquée par la CNAAS. Nous verrons aussi
les modes de règlements par l’assurance indicielle.

7
FAO, 2009. La situation mondiale de l’alimentation et de l'agriculture, le point sur l'élevage,
8
Ahamadou Maichanou, La micro assurance agricole indicielle : raisons et conditions d’exercice au Niger,
Working paper N°2016 05
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 40
Paragraphe 1 : Mécanisme ou application des indices
A-Indice utilisé
L’assurance indicielle pratiquée par la CNAAS est basée sur la
pluviométrie. À ce niveau, il est utilisé un indice ayant comme paramètre la
pluviométrie et mesurée par l’installation de pluviomètres au sol ou par une
couverture satellitaire.
1-L’indicielle par pluviomètre au sol ; l'assurance sécheresse est un
exemple de produit de l'assurance indicielle. Le principe est de baser le
paiement des indemnités sur un déficit pluviométrique. Elle utilise des
données pluviométriques collectées par l’ANACIM (Agence National de
l’Aviation Civile et de la Météorologie) pendant toute la durée de la culture
ou à différents moments du cycle de la culture, pondérées, plafonnées, qui
permettent d'évaluer les pertes de rendement dans les zones couvertes. Elle
peut être souscrite par des agriculteurs dont les cultures pluviales se
situent dans un rayon moyen de 5 km à 7Km autour d`une station
pluviométrique pour laquelle on dispose de données depuis au moins 20 ou
30 ans. L’indice est construit autour des différentes phases du
développement d’une culture (végétative, développement-floraison et
maturité). Sa formule générale est la suivante : est le besoin en eau maximal
par phase ; n’est le nombre de décades d’une phase ; ETPi est
l’évapotranspiration potentielle de la décade i en millimètres et KC est un
coefficient cultural qui varie selon les étapes du développement d’une
culture (Maichanou, 2016). Lorsque l’indice se retrouve entre deux valeurs
seuils (seuil haut ou seuil de déclenchement ou Trigger et seuil d’abandon
ou seuil de sortie ou exit), il s’ensuit à une indemnisation proportionnelle à
la pluviométrie et aux frais engagés dans l’exploitation agricole pour la
phase considérée, le développement d’une culture étant segmenté en
plusieurs phases. Cet indice a l’avantage de tenir compte non seulement des

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 41


besoins en eau d’une culture selon les phases critiques de son
développement, mais les pauses pluviométriques au niveau. L’indice par
pluviomètre au sol est spécifique à une culture et à une zone donnée.
2-L’indicielle satellitaire ; elle a toujours pour paramètre la pluviométrie.
Le contrat proposé est basé sur une estimation des précipitations par
satellite (RFE et NOAA ARC2). Le satellite utilise une série de données sur
21 ans. Il a une couverture spatiale complète du Sénégal, une granularité
10km*10km. On comprend bien que la mise en place d’un tel indice
nécessite des moyens conséquents (satellite et experts). L’indice mesure la
teneur en hydrogène dans les nuages pour détecter les éventuelles pluies. Il
peut arriver qu’il enregistre une pluie dans une zone alors qu’effectivement,
il n’a pas plu dans cette zone. Contrairement à l’assurance pluviomètre au
sol, l’indice satellitaire est générique (n’est pas spécifique à un type de
culture donné), mais adapté aux cultures céréales sèche (non irriguées)
comme le mil, le maïs, l’arachide… Chaque village de référence couvre les
villages situés à 3 km de rayon au minimum.

B- Souscription du contrat indiciel


1- L’adhésion à l’assurance et le paiement de la prime L’assurance
indicielle sécheresse ne couvre pas tous les risques et n’y adhère
pas qui veut. Pour bénéficier de l’assurance il faut remplir les
conditions d’adhésion qui sont :
 Être producteurs de l’une des spéculations céréalières
sèche ;
 Avoir son champ dans les zones couvertes par
l’assurance ;
 En préalable à l’adhésion, tous les villageois concernés
devront être sensibilisés sur le produit ;

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 42


 Faire partie d’une organisation faîtière ou d’une
association de producteurs ;
 Assurance par le Travail (APT) réalisé le travail
communautaire demandé dans les temps.
Ce dernier point, permet aux agriculteurs les plus vulnérables
(Tamba, Kolda, Nioro, Kougheul, Fatick) de faire un travail
complémentaire de défense et de restauration des sols en
contrepartie d’un salaire journalier (1 000f) sur une durée maximum
de 08 jours, lequel, dans ce cas servirait au paiement de la prime. Les
adhérant plus ou moins riche peuvent payer leur prime cash. Dans le
cadre de l’APT, le PAM paiera la prime pour le compte des
producteurs assurés directement à la Compagnie. Le montant de la
prime est calculé par la formule suivante : montant Assuré (MA) *
Taux de Prime (TP). Les tarifs varient en fonction des zones couvertes
du département et du taux de couverture. Ils sont exprimés en
pourcentage de la somme assurée. Les tarifs varient de 5,17 % à
7,45 %.
2-Le règlement des sinistres en pratique on a privilégié un
système facile à comprendre par tous (World Bank, 2009)9 : un indice
composite de plusieurs sous-indices établis chacun pour une phase-
clé (2 à 4 phases considérées) de la culture. Chacun permet de gérer
une éventuelle indemnisation selon la pluviométrie sur la phase et
trois paramètres :
 Une pluviométrie de référence,
 Un seuil « trigger » qui est la pluviométrie en deçà de
laquelle il y aura indemnisation,

9
World Bank, 2009. The World Bank Annual Report. Washington DC 20433 USA, p.64. Available at:
http://siteresources.worldbank.org/EXTAR2009/Resources/6223977 1252950831873/AR09_Complete.pdf.
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 43
 Un seuil « exit » pour lequel l’indemnisation sera
maximale. L’indemnisation est calculée suivant la
formule : SA*(SDD-NPC) / (SDD-SDS). SA : Somme
Assurée par phase SDD : Seuil de déclenchement NPC :
Niveau de Pluviométrie Constaté SDS : Seuil de Sortie

Il est aussi appliqué des franchises, récapitulées dans le tableau suivant :

Tableau 2 : Récapitulation des niveaux de couverture et des franchises


Phases Capitaux Assurés Franchise
Échec des semis 30 % de la somme 70 %
totale
Phase 1 : Germination 80 % de la somme 20 %
totale
Phase 2 : Floraison 80 % de la somme 20 %
totale
Phase3 : Maturation 80 % de la somme 20 %
totale
Source : Service Technique de la CNAAS
Le niveau de pluviométrie réellement enregistrée détermine le
montant de l’indemnisation qui se situe entre le trigger et l’exit. Les seuils
doivent être déterminés en relation à des niveaux d’évapotranspirations
relatives des cultures ayant un sens. On doit s’appuyer pour cela sur des
modèles de simulation des cultures. L’indemnisation suit le processus
suivant :
 Envoi des informations sur la pluviométrie quotidienne
après la fin de chaque phase par IRI (Institut
Internationale de Recherche sur le climat et la société) ;
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 44
 Envoi des informations par phase sur l’indemnité par
hectare (ha) aux agriculteurs 10 jours après réception des
données IRI ;
 Envoi des informations à la fin de couverture aux
distributeurs à l’assureur 20 jours après la fin de la
période couverte ;
 Paiement de l’indemnité aux souscripteurs par la CNAAS
dans les 10 jours suivants la réception de l’appel à
indemnisation ;
 Distribution de l’indemnité aux agriculteurs sinistrés
l’assurance indicielle obéit à un modèle de promotion et
de distribution
 différente de celle de l’assurance agricole classique.
Exemple 1
Indices Pluviométriques : Approche agronomique basée sur les besoins de
la plante en eau
• Couverture : déficit pluviométrique
• Précision : 5 km à 7Km max de rayon autour
pluviomètre/station météo. Zones de couverture limitées
réseau de pluviomètres
Exemple 2 : Riz pluvial 90 jours au Sénégal /
 Package 5 couvertures : échec de semis, 3 phases de production,
épisodes secs /
 Couverture 80% /
 Primes entre 5 % et 7,5% selon zones / (CNAAS _ ANACIM)
Indices Satellites :
Approche statistique basée sur la valeur relative des indices comparée à
l’historique des données
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 45
• Couvertures : Biomasse (NDVI), Evapotranspiration
(ETR), Pluie Estimée (RFE)
• Précision : entre 3x3 km ETR et 10x10(RFE) km selon les
indices/satellites utilisés. Couverture nationale
Exemple 1: Maïs 80 jours au Mali / Evapotranspiration relative / package
de 4 couvertures : échec de semis + 3 phases de production / Couverture
100% / Primes entre 10% et 16% selon zones / (Allianz Mali _ EARS)

Tableau 3 : Exemple d’assurance agricole d'indice du climat. Inde :


couverture du déficit de la chute de pluie à plusieurs étapes, arachides
Étapes La semence La croissance La récolte
10 Juin – 14 15 Juillet – 28 29 Août – 2
Juillet Août Oct.
Période 35 jours 44 jours 34 Déboursement par
jours l’assurance
Indice de 80 mm 110 mm 80 mm Rs10 3.570 (US$ 85)
la chute de
pluie
Perte de rendement

Ici, Le produit est conçu autour de la construction d'un indice qui est
fortement corrélé avec des expériences de perte. L'indice le plus commun
dans l'agriculture est celui des précipitations. Typiquement, un assureur
offrira un contrat qui spécifiera l'indice (par exemple, précipitations), la
période et l’emplacement où l’indice sera mesuré, le seuil, la somme assurée
et toutes les limites d'indemnité. Si les précipitations sont inférieures à
l'indice au point spécifique de mesure et au cours de la période spécifiée

10
Cours de MR SOW OMAR Assurance Agricole et Indicielle page 14
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 46
dans le contrat, l'assureur déboursera dans le cadre du contrat
indépendamment des pertes réelles de l'assuré. La somme payée est
déterminée selon les dispositions du contrat. Un déboursement simple peut
être le montant total assuré.
Généralement, les contrats sont écrits de sorte que la proportion de la
somme assurée qui est payée soit déterminée par la déviation de la
production réelle observée dans l'unité assurée de l'indice.
Ce produit peut être employé aux niveaux micro, méso ou macro. Au niveau
micro, un producteur assurera sa production basée sur la mesure des
précipitations à une station météorologique près de sa ferme. L'assurance
de niveau méso peut attirer un financier qui a financé la récolte des
producteurs dans un secteur géographique donné et souhaite atténuer son
risque de crédit contre la possibilité de sécheresse dans le secteur. Au
niveau macro, un pays souhaitant diminuer la possibilité de famine causée
par une mauvaise récolte des produits de base suite à la sécheresse, peut
être attiré à cette assurance, où l'indice est basé sur le pays et l’observation
du climat dans toutes les stations du pays.
S’agissant de l’indice de rendement régional, le contrat d'assurance définit
une région mentionnée « unité assurée ». L'assureur construit un indice
basé sur un rendement garanti pour l'unité assurée, normalement dans la
gamme de 50% à 90% du rendement prévu. L'assureur débourse si le
rendement effectif de la récolte assurée dans l'unité assurée chute au-
dessous du rendement garanti, indépendamment du rendement effectif de
l’assuré particulier. Le déboursement est déterminé comme le produit du
déficit de la production de l'unité assurée et de la somme assurée. Le
paiement est normalement effectué durant les six mois qui suivent la
moisson.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 47


CHAPITRE DEUXIÈME : PRÉSENTATION, ORGANISATION ET
FONCTIONNEMENT DE LA CNAAS
Ce chapitre présente la CNAAS à travers ses généralités, ainsi que son
organisation et son fonctionnement.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 48


Section 1 : Présentation et location
Cette section portera deux parties. La première présentera
l’historique de la société et la seconde sa location.

Paragraphe 1 : Historique et location


A-Historique
La CNAAS (Compagnie Nationale de l’Assurance Agricole du Sénégal)
est le fruit d’un Partenariat Public Privé. Elle est une société anonyme avec
conseil d’administration. Sa création a été surtout motivée par l’Etat du
Sénégal de faire respecter les dispositions de la loi d’orientation Agro Sylvo-
Pastorale (ASP) N° 2004-16 du 04 juin 2004. Cette loi dispose en son
chapitre 13, articles 56 et 57 que : « Article 56 : La protection contre les
calamités naturelles et les risques liés aux activités agro-sylvo--------
pastorales est assurée par l’Etat. » « Article 57 : L’Etat, en concertation avec
les organisations professionnelles agricoles, définit et met en œuvre une
politique de soutien aux assurances agricoles, afin de sécuriser les
productions, les revenus et les équipements. » C’est ainsi que l’Etat du
Sénégal a exigé la création d’une société d’assurance dont l’unique raison
d’être sera de prendre en charge la couverture des risques agricoles. Un
partenariat synergique a vu le jour réunissant autour d’un capital de 1 500
000 000 :
 L’Etat du Sénégal,
 Les compagnies d’assurance et de réassurance du Sénégal,
 Des organisations paysannes et des privés nationaux.
En effet, elle a été créée en juillet 2008 et a obtenu l’avis favorable de
la Commission Régionale de Contrôle des Assurances de la CIMA lors de sa
session de décembre 2008 tenue à Libreville. Elle a reçu son agrément par

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 49


arrêté N°01289 du 10 février 2009 du ministre de l’Economie et des
Finances. Sa réalisation fait du Sénégal un pionnier en matière de
couverture des risques agricoles dans la zone CIMA. La CNAAS a pour
objectif de :
 Planifier la stratégie de pérennisation du régime d’assurance
agricole au Sénégal ;
 Apporter sa contribution à la modernisation de l’agriculture
sénégalaise par :
- La diffusion de techniques et pratiques vertueuses ressortissant à la
souscription et à l’exécution des polices d’assurance agricole ;
- La levée de certaines contraintes de financement et par conséquent la
facilitation de l’accès des agriculteurs au crédit.
 Aider à rendre plus visible et assurer une meilleure
transparence du système de protection contre les calamités
naturelles et les risques liés aux activités ASP.
 Promouvoir le développement de l’industrie agricole au
Sénégal et faire la promotion de nouveaux produits.

B-Localisation
La CNAAS est située à Keur GORGUI à la Villa N 4 de la Cité des
Enseignants du Supérieur.
Paragraphe 2 : Statut juridique et objet social
A-Statut juridique
La CNAAS (Compagnie Nationale de l’Assurance Agricole du Sénégal) est
le fruit d’un partenariat Public privé. Elle a été créée en juillet en 2008 et
a obtenu l’avis favorable de la commission régionale de contrôle des
Assurances (CRCA) de la CIMA lors de sa session de décembre 2008
tenue à Libreville. La CNAAS a reçu son agrément par arrête N 01289 du
Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 50
10 février 2009 du Ministre de l’économie et des Finances. Sa création a
été surtout motivée par l’Etat du Sénégal de faire respecter les
dispositions Agro Sylvopastorale est assurée par l’Etat.
Cette loi dispose en son chapitre 13, article 56 et 57 que :
<<Article56 : La protection contre les calamites naturelles et les risques
liés aux activités agro-sylvo-pastorale est assurée par l’Etat. >>
<<Article 57 : L’Etat, en concertation avec les organisations
professionnelles agricoles, définit et met en œuvre une politique de
soutien aux assurances agricoles, afin de sécuriser les productions, les
revenus et les équipements >>
Elle est une société anonyme avec conseil d’administration au capital
de 3 155 490 000 de francs de CFA repartie entre:
 L’Etat du Sénégal
 Les sociétés d’assurance IARD
 Les organisations paysannes
 Des privés nationaux

Tableau 4 : Répartition du capital de la CNAAS

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 51


L’opération de recapitalisation lancée par la Compagnie Nationale
d’Assurance Agricole du Sénégal (CNAAS) a été bouclée avec succès. Le
capital social de la compagnie était de 2 465 490 000 FCFA. Pour se
conformer à la nouvelle règlementation CIMA qui est d’avoir un capital
social de 3 000 000 000 FCFA avant le 31 Mai 2019, l’Assemblée Générale
Extraordinaire du 24 juillet 2019 avait décidé d’une augmentation de
capital de 1 500 000 000 F.CFA pour porter le capital social de la CNAAS a 3
9 490 000 FCFA.
En 2020, le capital social de la CNAAS est passe à 3 150 000 000 FCFA.

B-Objet social
La création de la CNAAS fait du Sénégal un pionnier en matière de
couverture des risques agricole dans la zone CIMA. La CNAAS a pour
objectif de :
 Planifier la stratégie de pérennisation du régime d’assurance
agricole au Sénégal
 Apporter sa contribution à la modernisation de l’agriculture
sénégalaise par :
- La diffusion de techniques et pratiques vertueuses ressortissant à
la souscription à l’exécution des polices d’assurance agricole ;
- La levée de certaines contraintes de financement et par
conséquent la facilitation de l’accès des agriculteurs au crédit.

 Aider à rendre plus visible et assurer une meilleure transparence


du système de protection contre les calamites naturelles et les
risques lies aux activités Agro Sylvo-Pastorales.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 52


Promouvoir le développement de l’industrie agricole au Sénégal et faire
la promotion de nouveaux produits.

TROISIÈME PARTIE : ANALYSE,


INTERPRÉTATION DES DONNÉES ET
VÉRIFICATION DES HYPOTHÈSES DE RECHERCHE

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 53


CHAPITRE PREMIER : ANALYSE ET INTERPRÉTATION DES DONNÉES
Nous présenterons dans ce chapitre, une analyse globale puis une
analyse détaillée des données recueillies par le questionnaire d’étude de
recherche. Sur ce, nous n’allons pas clore cette étude sans avoir un regard
sur les difficultés de la problématique de la gestion de règlements des
sinistres agricoles par l’assurance indicielle.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 54


Section 1 : Analyse du risque de base
Paragraphe 1 : Sources/Causes, Impact du risque de base
A -Risque de base
Dans la mesure où les paiements versés dans le cadre d’un contrat dérivé
climatique sont par définition déterminés par l’indice sous-jacent et non
pas par le montant réel de la perte financière, il existe souvent un écart
entre l’indemnisation versée par l’assureur et le coût du sinistre subi par
l’assuré. Le risque que l’indemnisation ne compense pas exactement le coût
du sinistre est appelé « risque de base ». Lequel risque de base peut se
réaliser dans trois situations :
 Lorsqu’il n’y a pas de paiements et qu’il y a un sinistre,
 Lorsqu’il y a un paiement sans sinistre,
 Lorsque le paiement n’est pas proportionnel par rapport au
sinistre.
Le principal élément qui permet d’expliquer ce risque de base est le
problème de la localisation géographique de l’activité que l’on veut couvrir.
On ne connaît pas, en général, les conditions météorologiques du site et
pour pallier ce manque, on utilise les relevés des stations météorologiques
voisines. Or, ces dernières sont parfois trop éloignées pour expliquer
convenablement les conditions météorologiques du site considéré. Le
problème de la localisation se posera avec plus ou moins d’acuité selon la
variable météorologique considérée. Ainsi, il faudra, par exemple, être
particulièrement vigilant pour les contrats sur le niveau des précipitations
dans la mesure où les précipitations sont souvent très localisées. De plus en
plus de professionnels soulèvent la question de la date des semis et
souligne l’importance de veiller à ce que l’indice prenne effet lorsque
l’agriculteur sème.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 55


B- Constatation des dégâts et processus d’indemnisation
Dans le cadre des assurances classiques, l’indemnité est versée par
l’assureur à l’assuré sur la base d’un dommage réel constaté par ce dernier.
Cette démarche peut susciter une vérification de la part de l’assureur par
voie d’expert et être susceptible de déclencher une contre-expertise de la
part de l’assuré et ouvrir la voie à un cycle de contestations et de contre-
expertises. Au final, les délais d’indemnisation peuvent être longs et très
coûteux. Dans le cas des assurances indicielles, l’indemnisation n’est pas
liée à une constatation des dégâts, mais à une variation d’un indice
indifféremment de la réalisation d’un sinistre. Par conséquent, les délais
d’indemnisation sont relativement rapides pour les assurances reposant
sur les indices climatiques et satellitaires. Néanmoins, il est à souligner les
aspects spécifiques de l’assurance indicielle relatifs à la non-prise en
compte du dommage pour la décision d’indemnisation. En effet, une récolte
peu satisfaisante associée à une évolution non-défavorable de l’indice ne
donne pas lieu à des dédommagements. A contrario, une évolution
défavorable de l’indice associée à une récolte satisfaisante donnera lieu à
des indemnisations. Ce type de situation est censé être assez rare, et
dépend avant tout de la pertinence et de la qualité de l’indice. Les délais
d’indemnisation reposant sur les indices basés sur un rendement moyen
par zone peuvent être très longs. En effet, l’indice, pouvant être assis sur le
rendement moyen de la récolte concernant la période en cours, ne peut
dans ce cas être déterminé avant la fin de la campagne agricole les
assurances traditionnelles contrairement aux assurances indicielles
peuvent garantir un revenu en couvrant tous les risques dont ceux liés au
prix.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 56


Section 2 : Résultats de l’enquête et vérifications des hypothèses
Les données recueillies à la suite de cette enquête eu été dépouillées par
Google Forms.
Quant à leur traitement, nous avons eu recours au logiciel Excel pour
déterminer les pourcentages, afin de les comparer à nos seuils de décisions
et d’en tirer les conclusions qui s’imposent.
Avant de présenter les résultats, il convient de signaler que les quinze
questions distribués ont été intégralement récupérés et ont pu être
exploité, soit par un taux de 100 % l’échantillon.
Rappelons aussi que nos préoccupations essentielles étaient de
comprendre :
 L’inexistence d’infrastructures adéquates pour la gestion technique
des produits indiciels.
 Le manque d’éclaircissements et / ou de renseignements à la
souscription du fonctionnement du risque de base à la suite d’un
sinistre.
 L’absence des modèles d’analyse de risque agricoles par l’assurance
indicielle.

IL est utile de rappeler aussi que le questionnaire était adressé aux cibles
suivantes : les agriculteurs et la CNAAS.
Nous extrayons du questionnaire les interrogations phares à savoir le
1, 2, 5,6, 9,10 et 12 pour les besoins d’analyse de vérifications et des
hypothèses.
1-En quelle année avez-vous souscrit à l’assurance agricole indicielle ?

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 57


Source : Agriculteurs Tambacounda
Ici, ces années à savoir 2010, 2012, 2013, 2015 et 2020 nous renseignent
des périodes de souscriptions des contrats d’assurance agricole indiciels
par les agriculteurs. À travers ces années, nous indiquerons dans la suite de
nos analyses des années, ayant fait l’objet de rendement satisfaisant ou non.

2-Pourquoi avez-vous souscrit à l’assurance agricole indicielle ?

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 58


Source : Agriculteurs Tambacounda
Au regard de cette question, il est clair de notifier que les agriculteurs
souscrivent à l’assurance agricole indicielle, pour les besoins ci-après :
garantir le crédit bancaire protéger les revenus, protéger les cultures de
l’insuffisance des pluies puis pour certains juste par enthousiasme.

3-Considérez-vous que les pluies de ces 3 dernières campagnes aient


été satisfaisantes ? Si oui préciser l’année.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 59


Source : Agriculteurs Tambacounda

Les pourcentages recueillis, montrent que 15 % des agriculteurs sont


satisfaits de la quantité des pluies des trois dernières campagnes en
Revenge 85 % sont insatisfaits. En conséquence parmi ces derniers certains
se retrouveront dans la problématique du risque de base qui constitue
l’écart entre l’indemnité payé et l’indemnité qui aurait dû être payé. Ainsi
cela impactera les rendements des producteurs, ceci se justifie par le second
graphique qui indique un pourcentage de 100 %.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 60


Source : Agriculteurs Tambacounda

Il en ressort de ce graphique ci-dessus 5 % des agriculteurs qui ont


souscrits à l’assurance agricole indicielle relève un rendement satisfaisant
et 95 % de ces derniers relèvent un niveau de rendement insatisfait. Dans
ces conditions, le groupement sera mal indemnisé, en fonction des
montants reçus qui ne correspondent pas de fois à la réalité du terrain. En
effet, des niveaux de rendements satisfaisants s’expliquent par des actions
menées par des agriculteurs en apportant des quantités d’eau aux cultures
permettant la germination, la floraison et la maturation afin de pallier à la
tendance inverse. Ainsi, l’ensemble des actions menées prouve à suffisance
que le risque de base est l’épine qui mine de fois la gestion des règlements
sinistres agricoles par l’assurance indicielle.

4-Comment apprécier vous le montant de l’indemnisation reçue face


aux pertes ? Satisfaisant ou Faible.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 61


Source : Agriculteurs Tambacounda

Ce graphique décrit d’une part 10 % des agriculteurs mentionnent que le


montant reçu à la suite des sinistres correspondent aux pertes réelles
d’autre part 90 % indiquent le contraire.
Au regard des analyses ci-haut cela montre que parmi les agriculteurs
évoluant sur le marché Sénégalais certains en tire satisfaction des montants
reçus par la compagnie par ailleurs d’autres mentionnent la non satisfaction
de ce dit montant. Ainsi, l’on peut retenir, toute la problématique de cette
thématique s’articule autour de l’analyse du risque de base. Nous ne
saurions pas décortiquer ce vocable, car cela a été fait tout le long de notre
travail. En effets, les hypothèses de départ sont vérifiées.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 62


CHAPITRE DEUXIÈME : PISTE DE SOLUTIONS
Section 1 : Recommandations
Paragraphe 1 - Perspectives ou recommandations
Après avoir suscité de grands espoirs, l’assurance indicielle peine à se
développer, du fait notamment de l’expertise requise et de son caractère
contre intuitif (l’indemnisation est dissociée de la survenance d’un sinistre).
Toutefois, elle présente de nombreux avantages et pourrait se développer si
ses promoteurs réussissaient à enclencher un cycle vertueux liant diffusion
accrue et économies d’échelle. Des signaux positifs relatifs à son
développement apparaissent à l’horizon. En effet, la précision croissante
des données satellitaires couplées à l’essor du Big Data (l’exploitation des
métadonnées) permettra de concevoir des indices plus précis et mieux
adaptés aux besoins des assurés dans des délais plus courts. En outre, la
formation d’experts dans ce champ nouveau pourrait contribuer à son essor.
En théorie, le téléphone portable pourrait faciliter la diffusion de ce

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 63


nouveau produit et à l’instar du mobile banking, on pourra probablement à
l’avenir évoquer la mobile index-insurance. Plus prosaïquement, de
nombreux efforts impliquant particulièrement les autorités (nationales,
régionales et locales), les institutions internationales (Banque mondiale,
AFD) doivent être poursuivies et intensifiées. En fait, une stratégie globale
devrait être définie dans chaque pays, impliquant les agriculteurs, les
coopératives et tous les acteurs institutionnels et financiers. Par ailleurs, les
cadres réglementaires devraient parfois être ajustés et adaptés à ces
nouvelles formes d’assurances. Enfin, les autorités pourraient
subventionner les agriculteurs pour les encourager à souscrire plus
massivement à ces produits d’assurance.
Paragraphe 2 : Minimiser et gérer le risque de base
Techniquement, la réussite d’une assurance indicielle repose d’abord sur la
pertinence de l’indice : ses valeurs doivent être bien corrélées aux pertes,
ou, au moins, les valeurs seuil de référence de l’indice qui décident des
indemnisations doivent refléter au plus près les niveaux de pertes des
cultures contre lesquelles les agriculteurs sont censés être protégés. La
mise au point de l’indice et des valeurs seuils impliquent donc une étude
sérieuse qui doit être menée à partir de données et d’informations fiables.
Cependant, quel que soit l’indice, et même si l’on multiplie les lieux de
mesures (réduction des zones couvertes), il y aura toujours une certaine
probabilité qu’il n’indemnise pas bien un certain nombre d’agriculteurs
parce que la réalité sera toujours plus ou moins hétérogène au sein de la
zone, ne serait-ce que sur le plan pluviométrique. Ce risque de mauvaise
indemnisation est dit « risque de base » et présente deux aspects : ne pas
indemniser (ou mal indemniser) des paysans ayant eu des pertes, ce qui est
dangereux pour la crédibilité et la pérennité du système, et, à l’inverse, en
indemniser certains inutilement ou trop, ce qui induit un surcoût qui se

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 64


répercute sur les primes. La probabilité de ces erreurs doit être évaluée lors
de la construction des indices, en procédant en particulier à des analyses de
sensibilité. Cela est important pour les indices pluviométriques. La mise en
place de l’assurance doit chercher en priorité à minimiser le risque de base
défavorable aux agriculteurs. Pour cela, on veillera à la rigueur de l’étude et
au-delà, on agira aussi sur les facteurs d’hétérogénéité des cultures : le
respect de recommandations variétales, de calendrier (fenêtre de semis) et
d’itinéraires techniques, minimisant les risques assurés (stress hydrique en
phase sensible par exemple) et non assurés (type attaques phytosanitaires),
et augmentant les rendements sont donc à promouvoir. Le respect de telles
mesures préventives et « intensifiant » peut être une condition d’accès à
l’assurance, ou à des tarifs préférentiels, cela en lien avec le crédit et l’accès
aux intrants (Affholder et al. 2006 ; Skees et Collier, 2008). Rappelons que
c’est en respectant de telles conditions que les modèles de culture
fonctionnent bien. Des modes collectifs de gestion locale peuvent aussi
contribuer à minimiser les impacts du risque de base. De fait, s’il peut
arriver que des agriculteurs soient parfois mal indemnisés, et/ou d’autres
trop, d’un point de vue statistique les choses doivent s’équilibrer sur un
certain nombre d’années au sein d’une zone, à moins d’une erreur grave sur
l’indice. Il est donc possible qu’une communauté d’assurés (par exemple
une organisation paysanne) s’organise pour gérer tout ou partie des «
erreurs de paiement » au travers d’une caisse alimentée par les
indemnisations indues. Ainsi, l’assurance peut venir agir en synergie avec
l’organisation, le crédit, la garantie des intrants et l’appui technique pour
améliorer et stabiliser la productivité.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 65


Section 2 : Compréhension et confiance : rigueur et dialogue
En premier lieu, il faut bien entendu partir d’une réelle demande des
agriculteurs : elle doit être bien évaluée et progressivement clarifiée
(écarter les attentes trop irréalistes) et formalisée au travers d’un
processus participatif d’échanges et d’information. Les paysans doivent
connaître les impératifs techniques à respecter (itinéraires) et les valeurs
des primes : ils doivent participer à la définition de leur montant en tenant
compte de la protection qu’ils souhaitent et de leur possibilité de trésorerie.
Cela ne peut se faire qu’au travers d’allers-retours et échanges à l’aide de
simulations. De façon générale, il faut un travail d’explication important, car
les agriculteurs doivent bien appréhender le fonctionnement du système.
Dans le cas des assurances paramétriques, il faut qu’ils comprennent que
celles-ci ne les protègent que vis-à-vis du risque ciblé, et qu’ils pourront
donc subir des dommages dus à d’autres facteurs qui ne seront pas couverts.
Ils doivent aussi être informés des imperfections du système, en particulier
du risque de base, pour y être préparés et s’organiser éventuellement. Il
faut par ailleurs que les assurés et l’assureur aient une confiance totale dans
les mesures et calculs qui servent à déterminer les valeurs de l’indice. Il faut
donc s’assurer des conditions garantissant leur fiabilité : respect de normes
techniques, protection des équipements (par exemple pluviomètres
automatiques de qualité et sécurisés par barrière), transparence des
procédures, intégrité des opérateurs, etc. Des mécanismes de contrôle par
les différentes parties peuvent être développés.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 66


Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 67
Tout compte
fait, notre
étude CONCLUSION porte
sur la

problématique de la gestion de règlements des sinistres agricoles par


l’assurance indicielle. Elle nous a permis avant toute analyse de présenter
de prime abord l’assurance indicielle de manière générale à travers ses
modes et techniques, ensuite d’effectuer une analyse sur les risques
indiciels en particulier le risque de base et ses différentes modes de
variations par le biais d’une enquête. L’urgence est d’appréhender le risque
de base dans la gestion des règlements de sinistres agricoles, bien qu’elle
fasse apparaître des problèmes majeurs concernant le règlement des
sinistres agricoles. Le règlement des sinistres agricoles doit donc être
amélioré tout en apportant un accent particulier sur le risque de base qui
doit être retenu. Les données pluviométriques recueillies au niveau

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 68


satellitaire devront également s’adapter à ces produits pour garantir
l’équité de traitement et la transparence dans les règlements des risques
indiciels. Notre choix sur ce thème s’est clairement justifié tout au long de
cette analyse compte tenu de son importance, son actualité et sa dimension
technique. Ainsi, nous nous sommes assignés comme tache de comprendre,
toutes les techniques et méthodes permettant d’aplatir le risque de base
afin de régler les sinistres agricoles sans difficultés. Mais il est important de
rappeler que nous avons avancés quelques réponses provisoires et
anticipées en guise d’hypothèses.
Nous avons à cet effet posés comme hypothèses de travail ; l’inexistence
d’infrastructures adéquates pour la gestion technique des produits indiciels;
le manque d’éclaircissement et /ou de renseignements à la souscription
du fonctionnement du risque de base à la suite d’un sinistre ; L’absence des
modèles d’analyses de risque agricoles par l’assurance indicielle.
Ce travail technique nous a permis de décortiquer et de comprendre toutes
les difficultés que la CNAAS rencontre des fois pour indemniser les
agriculteurs à travers le risque de base. Par conséquent, nous pouvons dire
que les trois (03) hypothèses de ce travail sont validées. Aussi, à travers
des données recueillies et traitées via le questionnaire, cela prouve à
suffisance que la CNASS éprouve des difficultés d’indemniser des
agriculteurs à juste titre. C’est pourquoi, conscient de cette réalité, tout
manager de société doit penser à mettre en place une stratégie efficace
permettant de résoudre ses problèmes risque de base. Ce plan permettra
de pallier la problématique portant sur la gestion de règlements de
sinistres agricoles indiciels.

Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 69


REFERENCES
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Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 70


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Farida Marilyne Ekambi KOUYATE | Master II Assurance 73


ANNEXES
QUESTIONNAIRES

Ce questionnaire est destiné à l’ensemble des agriculteurs évoluant dans l’espace CIMA
en particulier le marché sénégalais, afin de connaitre les difficultés qu’ils rencontrent
lors de l’indemnisation des sinistres agricoles par l’assurance indicielle.

1-En quelle année avez-vous souscrit l’assurance agricole indicielle ?

2-Pourquoi avez-vous souscrit à l’assurance agricole indicielle ?

3- A quelles dates y a-t-il eu la première pluie utile (20 mm sur 1 ou 2 jours de pluie
cumulée) qui a permis de semer ?

4- Avez-vous tous pu semer juste après ? Si non, pourquoi ?

5- Considérez-vous que les pluies de ces 3 dernières campagnes ont été satisfaisantes ?
Si oui préciser l’année.

6- Cela a-t-il eu un impact sur vos rendements ?

7- Avez-vous eu des relevés disponibles ?

8- Quels rendements avez-vous ces 3 dernières années ? Préciser par spéculation.

9- Etes- vous satisfaits des niveaux de rendement que vous avez obtenu ?

10-Votre groupement a-t-il été déjà indemnise ?

11-Si oui en quelle (s) année(s) et combien aviez-vous reçu ?

12-Comment apprécier vous le montant de l’indemnisation reçu face aux pertes ?


Satisfaisant ou Faible

13-Pensez -vous que vous auriez dû être indemnise suite à une mauvaise campagne et
que cela n’a pas été le cas ? Préciser l’année ?

14-Seriez -vous prêt a payer une prime supplémentaire, pour gérer les cas ou
l’assurance ne fonctionnerait pas du tout ou préférez-vous prendre le risque que l’indice
ne capture pas votre sinistre ?

15- Quels types de problemes avez-vous rencontrer au cours des saisons ?

Semi - Pleine Développement


installation Début floraison floraison gousse Maturation
Déficit
pluviométrique

Trop d’eau

Nuages

Vents forts

Criquets /saut

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