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ESSAI SPE HLP

Dans quelle mesure la littérature prête-t-elle à une heureuse expression de


soi ? je répondrais à cette interrogation en deux temps. Car dans mon sens elle
contient deux grandes questions. Une sur l’expression de la sensibilité personnelle
et une autre sur la nature de celle-ci. Dans un premier temps je traiterais de
l’expression de soi. Puis dans un second temps je parlerais de la nature de cette
expression, en quoi est-elle heureuse ou non.

Tout d’abord, la littérature se prête-t-elle à une expression de soi ? En


attendant cette question, on pense tout de suite au romantisme. Ce courant littéraire
prenant place au début du 19ème en Europe. Ce mouvement est particulier car il
survient pendant une période troublée qui est celle de l’après Révolution, et qu’il met
au centre de ses œuvres l’expression de ses sentiments. Initié par Rousseau avec
les rêveries du promeneur solitaire, ce mouvement se poursuit après lui avec des
auteurs tels que Musset, Lamartine, kafka ou encore Goethe. Chacun d’eux exprime
des sentiments personnels à travers ses œuvres. Parfois directement les leurs,
parfois ceux des personnages.
Musset, par exemple, raconte sa jeunesse dans son roman Confessions d’un
enfants du siècle où il raconte sa jeunesse survenant après les guerres
napoléoniennes. Il raconte comment il subit la “maladie du siècle”, témoigne de ce
sentiment d’être perdu dans une époque sans visage, coincé entre l’avant et l’après.
Il nous confie ses histoires d’amours et nous raconte ses malheurs et son mal-être.
On est alors totalement dans l’expression de soi.
Lamartine, quant à lui, écrit son premier recueil de poèmes, méditation
poétique. Il exprime ainsi par le biais de sa poésie : ses peines, ses angoisses, ses
souvenirs et ses regrets. Encore une fois il est totalement dans l’expression de soi
mais d’une autre manière que musset.
Kafka, de son côté, propose lui aussi une expression de soi dans son livre
posthume Le Procès. Cependant son cas est plus particulier car il laisse
énormément de place à l’interprétation. Kafka se jugerait alors lui-même à travers
cette œuvre, par le biais d’un tribunal qui l’accuse mais on ne sait jamais de quoi.
Puis qui l'exécute dans la honte. peut être coupable d’être humain. Cela reste une
interprétation. Mais il est presque sûr qu’il s’agit là d’une œuvre romantique au vu du
nom du personnage Joseph K qui ressemble beaucoup à Franz Kafka.
Néanmoins nous ne sommes pas obligés de ne regarder que du côté du
19ème siècle et du romantisme pour parler de l'expression de soi dans la littérature.
Au moyen âge on retrouvait déjà des auteurs qui écrivaient en se basant sur leur
expériences personnelles. Comme Christine de Pizan, qui écrit des recueils de
poèmes basés sur son expérience personnelle. C’est une forme d’expression de soi.
Ou encore Pierre de Ronsard, poète de la pléiade qui écrivit un recueil pour
chacune des trois femmes qu’il eût aimée. Comme les sonnets pour Hélène où il y
dépeint ses sentiments à l’égard de sa bien aimée. c’est encore une forme
d’expression de ses sentiments personnels.

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Nonobstant, la littérature n’est pas composée uniquement d'œuvres qui
exprime les sentiments personnels de leurs auteurs. Au travers de l’histoire cela n’a
représenté qu’une partie de celle-ci et il important de souligner cela.

Ainsi la littérature est, dans une certaine mesure, tout à fait propice à
l’expression de ses sentiments personnels, cela étant démontré par de nombreuses
œuvres encore lues et appréciées de nos jours. Cependant à quel point cette forme
de littérature est-elle disposée à une expression heureuse de ses sentiments ?

Pour parler du romantisme et reprendre la première partie de cet essai, on


peut dire que, par exemple, la période du 19ème siècle ne fut pas vraiment propice à
une expression heureuse des sentiments personnels. Musset se complait de ses
échecs amoureux dans Confession d’un enfants du siècle, ou bien illustrant l’amour
impossible dans On ne badine pas avec l’amour. Lamartine expose ses doutes et
ses angoisses aux travers de ses poèmes. Kafka se juge et se met à mort dans le
Procès.
Tous ses auteurs ont alors une chose en commun, et celle-ci n'est pas une
expression heureuse de quoi que ce soit. Plutôt une expression triste, mélancolique
voir cynique de leurs sentiments.
Cela peut se comprendre, dans le cas de musset et lamartine, par le contexte
historique. Avec le Mal du siècle / La Maladie du siècle que subit leur génération. En
est-il qu' ici la littérature ne se prête pas vraiment à une expression heureuse.
Cependant la littérature n’est pas cantonnée au 19ème siècle. De nombreux
auteurs se sont déjà servis de la littérature comme d’un outil d’expression de leurs
sentiments heureux comme malheureux. Rousseau en est un très bon exemple.
Dans son œuvre les rêveries du promeneur solitaire publié à la fin du 18ème.
Rousseau expose certe des écrits solipsistes témoignant d’un certain mal être, mais
aussi des écrits joyeux. C’est le cas de sa cinquième promenade ou il raconte son
séjour sur l’île Saint-Pierre. Il expose sa joie et son désir d’y rester aussi longtemps
qu’il le peut. Voici donc un exemple de littérature donnant lieu à une expression
heureuse de soi et son intériorité.

Ainsi, la littérature peut se prêter à une expression de soi. Comme on a pu


l’observer dans la première partie. De surcroît, la littérature peut tout aussi bien
prêter à une expression heureuse que malheureuse. Cela dépend du contexte
historique, de la vie et du désir de l'auteur. s' il souhaite extérioriser ses joies ou bien
ses peines à travers son œuvre.

MEUNIER Quentin TG6


Temps passé sur la copie : 2h10

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