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Commentaire de saint Thomas d'Aquin aux deux livres de L'Interprétation, d'Aristote

traduction partielle par Yvan Pelletier, 1993
Édition numérique, http://docteurangelique.free.fr, Les œuvres complètes de saint Thomas d'Aquin

Livre premier___________________________________________________________________________________1 Proème de saint Thomas_______________________________________________________________________1 Leçon 1______________________________________________________________________________________3 Chapitre 1______________________________________________________________________________________3 Leçon 2______________________________________________________________________________________5 Leçon 3______________________________________________________________________________________9 Leçon 4_____________________________________________________________________________________13 Chapitre 2_____________________________________________________________________________________13 Leçon 5_____________________________________________________________________________________19 Chapitre 3_____________________________________________________________________________________19 Leçon 6_____________________________________________________________________________________27 Chapitre 4_____________________________________________________________________________________27 Leçon 7_____________________________________________________________________________________31

Livre premier
Proème de saint Thomas
#1. — Comme le dit le Philosophe, au [livre] III [du traité] De l'âme, il y a deux opérations de l'intelligence: l'une, bien sûr, dite intelligence des indivisibles, [est celle] par laquelle l'intelligence saisit l'essence de chaque chose en elle-même; l'autre est l'opération de l'intelligence [par laquelle] elle compose et divise. On ajoute aussi, toutefois, une troisième opération, raisonner, où la raison va du connu à la recherche de l'inconnu. Entre ces opérations, néanmoins, la première est ordonnée à1[1] la seconde: car
1[1]Ordinatur ad. On doit distinguer deux sujets d'ordre, i.e. de disposition selon l'avant et l'après: les

parties d'un tout, fut-il de simple juxtaposition, les unes en regard des autres, quant à leur situation ou leur

il ne peut y avoir composition et division, sinon d'[essences] simples [déjà] saisies. La seconde, ensuite, est ordonnée à la troisième, car c'est d'une vérité connue, à laquelle l'intelligence adhère, que l'on doit partir pour obtenir une certitude sur des [choses] inconnues. #2. — Comme, par ailleurs, la Logique se dit science rationnelle, sa considération porte nécessairement sur ce qui appartient aux trois opérations de la raison mentionnées. Pour ce qui est, donc, de ce qui appartient à la première opération de l'intelligence, c'est-à-dire, pour ce qui est conçu par une intelligence simple, Aristote en traite au libre des Attributions2[2]. Pour ce qui est, ensuite, de ce qui appartient à la seconde opération, à savoir, pour ce qui est de l'énonciation affirmative et négative, le Philosophe en traite au livre Sur l'interprétation. Pour ce qui est, ensuite, de ce qui appartient à la troisième opération, il en traite au livre des Premiers [Analytiques] et dans les suivants, où il s'agit du raisonnement tout court, puis des diverses espèces de raisonnements et d'arguments, moyennant lesquels la raison va d'une [chose] à une autre. C'est pourquoi, en conformité avec l'ordre mentionné des trois opérations, le livre des Attributions est ordonné au livre Sur l'interprétation, qui est ordonné au livre des Premiers [Analytiques] et aux suivants. #3. — Ce livre, donc, que l'on tient en mains, se dit Perihermeneias, au sens de Sur l'interprétation. Or on dit interprétation, d'après Boèce, un phonème3[3] doté de sens qui par lui-même signifie quelque chose, qu'il soit complexe ou incomplexe. Aussi, les conjonctions et les prépositions et les autres de la sorte ne se disent pas des interprétations, car par eux-mêmes ils ne signifient pas quelque chose. Pareillement aussi, des phonèmes dotés de sens par nature, et non en partant du propos ou avec l'imagination de signifier quelque chose, comme le sont les phonèmes des animaux brutes, ne peuvent se dire des interprétations. Qui interprète, en effet, entend exposer quelque chose. C'est

dignité, et les moyens, en regard de la fin qu'ils servent. Le français ne semble pas avoir imposé à ordre et à ordonner de signifier le second type, ici concerné; aucun dictionnaire ne recense comme usuel d'ordonner des moyens à une fin. Mais comme il n'y a pas moyen de traduire autrement sans sacrifier l'analogie avec l'ordre — par exemple, en disant: «la première est en vue de la seconde» —, je me résigne à faire à la langue cette légère violence. 2[2]Praedicamentorum. 3[3]Vox, fvnÆ. Comme ces mots, phonème désigne tout son produit par le langage articulé, en commençant par le plus élémentaire, voyelle ou consonne. Les termes latin et grec ont porté leur extension au son vocal assez composé pour revêtir un sens à l'intérieur du langage. On pourrait objecter que phonème a jusqu'ici été réservé à l'expression technique des tout premiers éléments vocaux; je crois, pour ma part, qu'il vaut mieux lui imposer l'extension plus large de fvnÆ, plutôt que de continuer l'habitude un peu lourde de rendre fvnÆ et vox par les périphrases son vocal ou son de voix. Car on ne peut pas non plus, pour désigner un son particulier émis par un animal et susceptible d'une signification, s'en tenir à voix, qui ne renvoie pas spontanément à un son particulier émis, mais à l'organe de la parole ou à un ensemble de qualités des sons émis par une personne donnée, ni à son, qui a trop d'extension, désignant tout objet de l'ouïe. On pourra encore objecter que phonème est restreint à la signification des sons articulés de la voix humaine, tandis qu'Aristote appelle fvnÆ jusqu'aux gémissements inarticulés et aux cris des animaux, ce que le latin traduit encore par vox. Mais la même difficulté vaut pour son de voix ou son vocal, et l'extension qui lui est nécessaire pour rejoindre le son animal inarticulé se fait aussi bien pour phonème. La même extension n'a-t-elle d'ailleurs pas déjà été nécessaire avec vox, dont la première imposition paraît bien s'être restreinte au son articulé?

pourquoi seuls les noms et les verbes, et les phrases4[4] se disent des interprétations, de celles dont on traite en ce livre. Cependant, le nom et verbe sont manifestement plutôt les principes d'une interprétation que des interprétations. En effet, celui-ci, manifestement, interprète, qui expose que quelque chose est vrai ou faux. C'est pourquoi seule la phrase énonciative, dans laquelle on trouve du vrai ou du faux, s'appelle une interprétation, tandis que les autres phrases, comme l'optative et l'impérative, sont plutôt ordonnées à exprimer une affection qu'à interpréter ce que l'on a dans l'intelligence. Ce livre s'intitule donc Sur l'interprétation, comme si l'on disait Sur la phrase énonciative : car c'est en elle que l'on trouve le vrai ou le faux. D'ailleurs, il ne s'agit ici du nom et du verbe qu'en tant qu'ils sont les parties de l'énonciation. C'est le propre de chaque science, en effet, de livrer les parties de son sujet, de même que ses propriétés. Il devient donc évident à quelle partie de la philosophie appartient ce livre, et quelle en est la nécessité, et quelle place il tient parmi les livres de la Logique.

Leçon 1
Texte d'Aristote

Chapitre 1
[1] D'abord, il faut établir ce qu'est le nom et ce qu'est le verbe, ensuite ce qu'est la négation et l'affirmation et l'énonciation et la phrase.

Commentaire de saint Thomas #4. — Le Philosophe place au début de cette œuvre un proème, dans lequel il énumère un à un les [sujets] à traiter dans ce livre. Comme toute science place au début ce qui concerne les principes, et que les parties des composés sont leurs principes, qui entend traiter de l'énonciation doit placer au début ce qui concerne ses parties. Aussi dit-il: «Il faut, en premier, établir», c'est-à-dire, définir, «ce qu'est le nom et ce qu'est le verbe». En grec, on a: «Il faut, en premier, poser», et cela signifie la même
4[4]Oratio, lÒgow. Il n'y a pas, en français, un terme auquel il soit clairement imposé de signifier, sans autre

connotation, un phonème qui ait la complexité d'un groupe de mots. Discours renvoie trop forcément à la composition de plusieurs énonciations ordonnées à un but, à une persuasion; locution et syntagme en appellent trop à une composition figée d'avance, avec le rôle d'un mot simple, indissoluble quant à son sens, ce qui s'applique mal à l'énonciation; parole, avec le caractère assez moderne de sa référence à la composition, résiste à entrer dans un vocabulaire technique; c'est phrase, malgré sa connotation encore trop restreinte à la grammaire de l'énoncé, qui se prête peut-être le plus facilement à recevoir cette nouvelle imposition logique. Son étymologie l'y prépare, de fait, puisque frãzein, c'est originellement l'acte de faire comprendre en un ou des énoncés plus développés un signe plus simple d'abord proposé ou un mot d'abord prononcé.

ce qui donne: «secundum quod sub aliqua ratione significant simplices intellectus. D'autres. d'une définition des conceptions simples. mais encore plus général que mot ou parole. un nom plus précis que phonème. on comprend plus facilement les mentions suivantes de la ratio du nom . voir [24]. et résiste fort à laisser saisir son unité de sens. Il est difficile de trouver. et on comprend mieux en redonnant sur ce modèle toute son extension à cette expression abrégée. on les traite pour autant qu'à partir d'elles on constitue l'ordre du raisonnement. c'est ainsi qu'on en traite en ce livre. et sous le verbe. #5. c'est à bon droit qu'on les dit des positions. D'expression. on traite seulement du nom et du verbe. Il s'agit bien sûr ici de l'œuvre de l'intelligence. le Robert dit que ce peut être aussi bien un «mot ou groupe de mots». C'est pourquoi on place au début ici seulement les définitions de ce dont on doit traiter. un rapport particulier que le second ne regarde pas. Tout phonème doté de sens. le premier impliquant une mesure. De l'une. qui. #6. du verbe. prout sunt partes enunciationis» fait directement pendant à «secundum quod absolute significant simplices intellectus». fãsiw. de façon à faire abstraction de la simplicité ou multiplicité. on en traite sous la notion de termes. étant donné que l'on a parlé des [expressions] simples dans le livre des Prédicaments. associées à la notion des expressions. D'une troisième manière. Or on peut faire une énonciation simple avec un nom et un verbe seulement. les démonstrations présupposent les définitions à partir desquelles elles concluent. par ailleurs. Aristote utilisera plus loin. et pour cela prennent la place de noms. bien qu'il ait aussi une convenance avec le nom. en effet. que des parties de la phrase. des mots et des termes. comme signes. quelle était la nécessité de traiter encore ici du nom et du verbe. on comprend les pronoms. puis les mots. pour autant qu'elles constituent l'énonciation. à laquelle il appartient qu'ils signifient quelque chose avec ou sans [connotation de] temps. le participe. et ainsi. une limite. et d'autres [propriétés] de la sorte. . par ailleurs. Sous les noms. on doit répondre à cela qu'il peut y avoir une triple manière de traiter des expressions5[5] simples. bien qu'ils ne nomment pas de nature. 8[8]Ratio. il s'agit chaque fois d'une mesure. pour autant qu'elles signifient absolument les intelligences6[6] simples. au livre des Premiers [analytiques]. pour autant qu'on les7[7] conçoit comme les parties de l'énonciation. — On peut encore se demander pourquoi. comme elles signifient la relation de l'une avec l'autre. à l'intérieur des paroles. D'une autre manière. puisqu'il entend traiter de l'énonciation simple. de façon à inclure l'imposition de sens. des conceptions simples ainsi intégrées à des conceptions complexes. car c'est à partir des définitions que l'on connaît le reste. regardées sous un rapport spécial. «Secundum rationem. qui consignifie le temps. en effet. Comme. c'est pourquoi il lui était suffisant de traiter de ces deux-là. certes. Le terme revient cinq fois dans ce contexte. On doit répondre à cela que. et c'est ainsi que leur traité appartient au livre des Prédicaments. prout sunt partes enunciationis». Pour donner ce sens. Secundum rationem s'oppose directement à absolute. mais non avec d'autres parties de la phrase sans celles-là. 7[7]D'abord les conceptions simples en tant qu'éventuelles parties de conceptions complexes. à la 5[5]Dictio. les concepts.chose. 6[6]Intellectus. c'est pourquoi on en traite sous la notion8[8] de nom et de verbe. non de la faculté comme telle. On peut encore dire que seuls les noms et les verbes sont des parties principales de la phrase. ce qui oblige le qualificatif simple pour restreindre le sens au mot isolé et exclure l'énonciation. — Si l'on se demande. omettant les autres parties de la phrase. en français. établissent néanmoins la personne. Ceci saisi. sont plutôt des liens entre les parties de la phrase. il lui suffit de traiter seulement de ces parties de l'énonciation dont une phrase simple est nécessairement constituée.

#8. Il ajoute toutefois «et l'énonciation». Plutôt. non intégrantes. Or la négation. Cependant. comme de l'affirmation et de la négation. #10. que. comme genre. à moins de se voir confirmé par la vérité absolue d'une simple énonciation. qu'on place d'abord la négation. elle signifie que quelque chose est vrai en dépendance d'une supposition. On peut dire que l'énonciation hypothétique se compose de plusieurs attributives. — Par ailleurs. On peut encore dire. qui sont les parties de l'énonciation. «et la phrase». qui contient de la division. que signifie l'affirmation. on le postule pour le moment. que signifie la négation. parce qu'en ce qui peut être et ne pas être. et au dernier [livre] De la génération des animaux. toutefois. — Une fois ceux-là présentés comme principes. mais on en use pour la constitution de la phrase. ce qui ne suffit pas dans les sciences démonstratives. 9[9]Categorica. aussi appartient-il à la considération de la philosophie naturelle. il faudrait que toute énonciation soit composée d'affirmation et de négation —. On peut encore dire. qui consiste en une composition. et on le manifestera plus tard. ce qu'est la négation et ce qu'est l'affirmation». pourquoi il n'en fait pas mention. tandis que la composition conduit plutôt au tout. on doit répondre que le phonème est quelque chose de naturel. Cela. d'après certains. . comme il appert au second [livre] De l'âme. mais des parties subjectives. qui est le genre de l'énonciation. la phrase à l'énonciation. dont la connaissance est requise dans la démonstration. comme il a commencé à énumérer par les parties. et mieux. puisque la division conduit plutôt aux parties. Aussi. le non-être vient avant l'être. et. qui est le genre de la négation et de l'affirmation. — On doit répondre. il procède des parties au tout. cela ne fait rien laquelle d'entre elles on met avant. #7. c'est-à-dire. il ajoute ce qui touche à son intention principale. comme [on use] des choses naturelles pour la constitution des artificielles. aussi. et l'énonciation leur est antérieure. comme le nom et le verbe — autrement. Il n'est donc pas aussi proprement le genre de la phrase. mais des liens entre les parties d'un navire. elles vont ensemble par nature. à laquelle ce livre est principalement ordonné. il la place pour cette raison même avant l'affirmation. C'est pourquoi Aristote a omis le traité des énonciations et des syllogismes hypothétiques. certes. que l'énonciation hypothétique ne contient pas la vérité absolue. l'ordre de l'énonciation paraît bien être interverti: car l'affirmation est naturellement antérieure à la négation. elles ne diffèrent que par la différence de l'un et du multiple. par conséquent. comme elles sont des espèces qui divisent un genre sur un pied d'égalité. des espèces.manière dont les clous et autres choses du genre ne sont pas les parties d'un navire. — Mais on peut se demander. — Si l'on demande encore pourquoi il ne fait plus mention du phonème. comme l'énonciation se divise en attributive 9[9] et hypothétique. bien sûr. #9. disant: «Ensuite.

la représentation occasionnée dans l'âme par un objet de connaissance. #12. il présente trois [entités]. il traite des phonèmes dotés de sens dont il a promis. le dit un peu. . à partir de l'une desquelles on en comprend une quatrième. il fait deux [considérations]. plutôt que sur sa constitution: ce que l'on effectue dans le phonème. comme les lettres ne [sont] pas les mêmes pour tous. [ce sont] les mêmes affections de l'âme pour tous et les choses dont celles-ci [sont] les images [sont] aussi les mêmes. Il présente.Leçon 2 Texte d'Aristote [2] Bien sûr. ensuite (16a19). Le mot grec désigne tout ce que l'on trouve en l'âme ou le corps. Comme ce dont il a promis qu'il parlerait. L'expression gagne en clarté et concrétion à se comparer à celle qui suit immédiatement: tå §n cuxª payÆmata. de même il s'agit ici des affections opérées dans le phonème. — On doit donc tenir compte que. il présente l'ordre de signification des phonèmes. ea quae fiunt in voce. pãyhma. car cela relève d'une autre étude. quoiqu'en portant l'attention sur le résultat final : ce que l'on trouve finalement dans le phonème. Commentaire de saint Thomas #11. il met au début (16a3) un traité sur la signification des phonèmes. sur le premier [point]. ea quae sunt in voce. en conséquence de l'action d'un agent extérieur. il montre la différence entre les significations des phonèmes complexes et incomplexes. pourtant. le Philosophe entreprend d'exécuter son propos. En premier. et l'écrit. il montre de quelle nature est la signification des phonèmes. Sur le premier [point]. ceux-ci sont les signes en premier. tå payÆmata §n tª fvnª. ce sont des phonèmes dotés de sens. dans le traité De l'âme. complexes ou incomplexes. il nomme le plus souvent des détériorations — maladies ou symptômes —. en second (16a9). mais aussi. en second (16a5). il traite de quelle nature est la signification des phonèmes. — Son proème présenté. La traduction latine. 10[10]Tå §n tª fvnª. dans son proème. les phonèmes non plus ne [sont] pas les mêmes : [4] ce dont. Sur le premier [point]. qu'il parlerait. En premier. de ce [que l'on effectue] dans le phonème. il fait deux [considérations]. comme ici. [5] On en a parlé. [3] Et. 11[11]Passio. De même qu'il s'agira là des affections produites dans l'âme. l'écriture. si elle est par nature ou par imposition. des œuvres obtenues en établissant un ordre entre les sons de la voix. ce [que l'on effectue] dans le phonème 10[10] est symbole des affections11[11] [produites] dans l'âme. bien sûr. en effet.

sÊmbolon. lui suffiraient les affections de l'âme. que l'on trouve seulement dans le phonème. pour manifester ses conceptions aussi à ceux qui sont loin quant au lieu et à ceux qui viendront dans un temps futur. et non: «les phonèmes» — de façon à parler en continuation avec ce qui précède. comme s'il disait: les noms et les verbes et les autres qui s'ensuivent. plus haut. qui appartient à sa considération principale. qui regarde seulement à ceci et maintenant. c'est-à-dire. l'homme était naturellement un animal solitaire. comme s'il concluait de prémisses. comme la logique est ordonnée à acquérir connaissance des choses. c'est pourquoi il a été nécessaire qu'il y ait des phonèmes dotés de sens pour que les hommes vivent ensemble. si l'homme usait de la seule connaissance sensible. mais par les phonèmes. la troisième manière. il dit: «Bien sûr. signe. comme pour les autres animaux. pour qu'il en ait connaissance. or ce sont des phonèmes dotés de sens. en exposant l'ordre des significations. De plus. #13. — Cependant. qui se manifestent entre eux leurs conceptions par des phonèmes. c'est la signification des phonèmes. touchant immédiatement aux conceptions mêmes de l'intelligence. il avait dit que l'on devait traiter du nom. dans la conception de l'intelligence.» Il dit:bien sûr.les phonèmes. Car il a dit qu'on doit parler du nom et du verbe. ce qui se fait par le phonème. bien sûr. certes. et les affections de l'âme. du verbe et des autres [items] mentionnés. Or ces [entités] ont trois manières d'être. . Car l'affection procède de l'impression d'un agent. pour vivre avec les autres. Aussi. mais plutôt à la considération du grammairien. Si. qui fait abstraction de l'ici et du maintenant. il lui suffirait du phonème doté de sens. En exposant en premier leur signification. car. il n'a pas commencé par les lettres. — Par ailleurs. et ainsi. sont des symboles. moyennant lesquelles il se conformerait aux choses mêmes. n'appartient pas à sa considération. il faut exposer la signification des phonèmes. des affections [produites] en l'âme. il a été nécessaire à l'homme de faire usage de l'écriture. donc. une autre manière. mais aussi pour ce qui est loin quant au lieu et futur quant au temps. comme plus éloignée. les affections de l'âme tirent leur origine des choses mêmes. Il dit donc «ce [que l'on effectue] dans le phonème…». tandis que la signification des lettres. il a été nécessaire que les conceptions d'un homme se fassent connaître des autres. ce [que l'on effectue] dans le phonème est symbole12[12]. Aussi. dans l'émission du phonème. ceux qui sont de langues différentes ne peuvent pas bien vivre ensemble. #14. et d'autres [entités] de la sorte. 12[12]Nota. C'est pourquoi. mais comme l'homme use aussi de la connaissance intellectuelle. à partir desquelles on comprend les choses. mais comme l'homme est un animal naturellement politique et social. il parle de cette manière — disant: «ce [que l'on effectue] dans le phonème». La première manière. dans l'écriture des lettres. cela entraîne chez lui un intérêt non seulement pour ce qui est présent de lieu et de temps.

— Mais comme il n'est pas habituel qu'Aristote nomme affections les conceptions de l'intelligence. 4). #15. dans son abstraction. Mais comme. Pourtant. même l'intellection de l'intelligence possible est une certaine manière d'être affecté. c'est pour cela que. c'est pourquoi il faut comprendre ici les affections de l'âme comme les conceptions de l'intelligence. le nom d'affection s'étendant à toute réception.Ou bien. il s'agit des phonèmes dotés de sens en suite d'une institution humaine. comme s'il disait. c'est que notre intellection ne va pas sans phantasme. L'adjectif. en effet. c'est-à-dire. — Pour ce qui est de ce qu'il dit: «des affections [produites] dans l'âme». comme la colère. pour désigner les noms et les verbes et les autres [entités] qui s'ensuivent. c'est à partir de là que les Platoniciens ont prétendu qu'il signifierait l'idée séparée elle-même de l'homme. d'un amour ou d'une haine. selon la pensée d'Aristote. comme cela apparaît par leur manière même de signifier: car le nom homme signifie la nature humaine en faisant abstraction des singuliers. au troisième [livre] De l'âme (ch. il use du nom d'affections plutôt que d'intelligences. tant parce que c'est par suite d'une affection de l'âme. le mot est en phonème comme le lit est en bois. comme des parties sous un tout. 1). Par ailleurs. les choses. ici. traduit plus haut affection. ce qui est contenu sous le phonème. «ce que l'on a en bois»13[13]. doit se traduire en corrélation avec le nom passio. — Ou bien. Andronicus a prétendu que ce livre n'est pas d'Aristote. selon la pensée d'Aristote. comme la forme du lit [affecte] le bois. il ne se peut pas qu'il signifie immédiatement l'homme singulier. #16. au premier [livre] De l'âme (ch. il dit «ce [que l'on effectue] dans le phonème». le Philosophe appelle encore l'imagination intelligence affective14[14]. comme il est dit au second [livre] de l'Éthique. même la conception de l'intelligence peut être dite affection. la joie et autres de la sorte. 14[14]Intellectus passivum. Et il est vrai que certains phonèmes des hommes signifient par nature des affections de la sorte. comme il est dit au premier [livre] de la Politique. mais est dans la seule intelligence. et que certains d'entre eux sont dotés de sens par nature. qu'ils signifient immédiatement les choses mêmes. Ou bien. comme tous les phonèmes ne sont pas dotés de sens. Ou bien. aussi. Aussi. on doit tenir compte que l'on a coutume d'appeler communément affections de l'âme les affections de l'appétit sensible. qu'il se trouve 13[13]Le mot est produit dans le phonème comme le lit dans le bois. Mais pour le moment. et des autres animaux. comme on le dit au troisième De l'âme (ch. l'homme ne subsiste pas réellement. ce qui ne va pas sans affection corporelle. comme le phonème est quelque chose de naturel. Aussi. comme le gémissement des malades. on trouve manifestement. c'est pour approprier ce qu'il dit à ce qui concerne son intention qu'il dit «ce [que l'on effectue] dans le phonème». Il ne se peut pas. du lit. par leur intermédiaire. et que ceux-là sont loin de la notion du nom et du verbe et des autres qui s'ensuivent. par exemple. il s'est trouvé nécessaire pour Aristote de dire que les phonèmes signifient immédiatement les conceptions de l'intelligence et. qu'il appelle affections de l'âme toutes les opérations de l'âme. . tandis que le nom et le verbe signifient en suite d'une institution humaine qui affecte cette chose naturelle comme une matière. que les noms et les verbes et les phrases signifient immédiatement. 5).

de même les phonèmes non plus. sont «les symboles». Après avoir dit.que l'on veuille signifier son concept intérieur à autrui par phonème. il présente un signe par lequel devient manifeste que ni les phonèmes ni les lettres ne signifient par nature. cependant. n'est pas la même pour tous. car on compare les affections de l'âme aux phonèmes comme un premier à un second: en effet. #18. comme les gémissements des malades et les autres de la sorte. dont il s'agit ici. s'ils signifient par nature. ce qui signifie par nature est le même pour tous. — Ensuite (16a5). Aussi dit-il: «ce dont. aussi cela a-t-il fait difficulté pour certains. desquelles affections en premier. la raison pour laquelle il n'a pas dit aussi «les lettres. mais «l'écrit». qu'il introduit comme un signe de ce qui précède. #19. Cela. mais dont même la formation est due à l'art. mais par suite d'une institution humaine. en effet. En ce qu'elles sont dans l'émission [vocale]. En premier. il est mieux de dire. quant à ce qui est d'être par nature ou de ne pas l'être. il montre la différence entre les signifiants et les signifiés qui précèdent.…». de sorte que le sens serait: Ce que l'on a dans le phonème est signe des affections de l'âme. on ne profère des . il fait trois [considérations]. D'ailleurs. il introduit cela pour manifester la pensée qui précède sous la forme d'une comparaison. pourtant. En effet. il ajoute en continuation que les noms et les verbes qui sont écrits sont les signes des noms et des verbes qui sont dans le phonème. En effet. Mais comme Aristote n'a pas dit: «comme aussi l'écrit». à savoir. qu'Aristote pousse plus loin pour compléter l'ordre de la signification. c'est-à-dire. les signes. c'est que l'on parle de lettres dans l'émission [vocale] comme dans l'écriture. Aussi reste-t-il manifeste que de même que les lettres. #17. les phonèmes qui signifient par nature. en effet. comme aussi les lettres sont signes des phonèmes. se forment par nature. de même [a-t-on] aussi des lettres différentes. certes. on a des phonèmes différents. comme Porphyre l'a interprété. D'après cette interprétation. «ceux-ci». mais fait une narration continue. il traite de la signification de l'écriture. les phonèmes non plus ne signifient pas par nature. pour des gens différents. quoiqu'on en parle plus proprement en ce qu'elles sont dans l'écriture. que les lettres signifient les phonèmes est signifié par le fait que. les phonèmes. Sur ce [point]. du fait qu'elles sont les mêmes pour tous. on parle [plutôt] des éléments du phonème. dont non seulement le mode de signifier est issu d'une imposition. Les phonèmes. comme. — En second (16a4). n'a jamais fait difficulté pour personne pour ce qui est des lettres. Il manifeste aussi cela par ce qui suit (16a5). tandis que la signification des lettres et des phonèmes. qu'aussi parce que la signification des phonèmes renvoie à la conception de l'intelligence dans la mesure où celle-ci sort des choses à la manière d'une espèce d'impression ou d'affection. D'après Alexandre. Mais Aristote en traite ici par comparaison avec les lettres: de même que celles-ci ne sont pas les mêmes pour tous. comme aussi les choses. que les noms et les verbes qui sont dans le phonème sont les signes de ceux qui sont dans l'âme. il montre que les affections de l'âme sont par nature. c'est-à-dire. comme les affections de l'âme sont les mêmes pour tous — «ce dont … en premier». de ce que l'on a dans le phonème». — En second (16a6). sont les mêmes pour tous. c'est-à-dire.

plus loin. #21. — À cela. 15[15]Ratio similitudinis. les affections de l'âme ne paraissent pas être les mêmes pour tous. et les phonèmes des affections. tandis qu'il dit que les affections de l'âme sont des images des choses. sont «les images». et pareillement les phonèmes. «dont». «les choses … sont aussi les mêmes». de là. la simple appréhension: qui n'appréhende pas avec le même concept ne fait pas erreur sur la chose. 4). 16[16]Intellectus et. ainsi faut-il que ses conceptions soient les mêmes pour tous. à savoir. «celles-ci». celui qui parle. on doit porter attention à ce qu'il a dit que les lettres sont les symboles. c'est-à-dire. — Mais comme il peut aussi y avoir du faux dans l'intelligence. Porphyre répond à cela qu'un seul homme qui émet un phonème l'applique à signifier une seule conception de l'intelligence. où. son essence. si l'on s'écarte du vrai. certains soulèvent des objections. Les lettres. des affections de l'âme. qui ne se trompe jamais. de même. mais non selon qu'elle connaît ce qu'est la chose. mais seulement une espèce d'institution. comme on le dit au troisième [livre] De l'âme (ch. de façon qu'on ne découvre pas là une espèce d'image15[15]. l'amène à appliquer son intelligence à la même [chose]. les affections de l'âme. Mais dans les affections de l'âme. il faut découvrir une espèce d'image pour exprimer les choses. intelligit sont pris dans le sens restreint de la première opération de l'esprit. C'est pourquoi il dit clairement: «dont ceux-ci sont les signes en premier». mais tout simplement n'appréhende pas cette chose. au quatrième [livre] de la Métaphysique (ch. les signes. certes. Car si on intellige vraiment ce qu'est l'homme. 18[18]Ratio. on doit référer cela aux conceptions simples de l'intelligence. on n'intellige pas. elles. dans l'intention de s'opposer à ce qu'il dit. comme c'est aussi le cas de beaucoup d'autres signes. du fait que des [gens] différents ont des pensées différentes sur les choses. intellige autre chose. en s'expliquant. Aussi dit-on. on n'intellige pas l'homme. selon qu'elle compose et divise. ce n'est pas la même affection qui est signifiée pour tous.phonèmes que pour exprimer des affections intérieures de l'âme —. c'est-à-dire. et ensuite sola ratio institutionis. avec qui il parle. mais à quelque chose qui ait seulement la nature d'une institution. que la notion18[18] que signifie le nom est la définition. En premier. à savoir. #20. que signifient les phonèmes sans composition. Or ce sont de telles conceptions simples de l'intelligence que signifient en premier les phonèmes. ou en appréhende une autre. 17[17]C'est-à-dire. desquelles choses. — Cependant. et quand quelqu'un d'autre. que signifient les phonèmes. Là. parce qu'elles les désignent par nature. que les affections de l'âme. . sont les mêmes pour tous. non par institution. des phonèmes. avec le même phonème. le concept formé lors de cette intellection véritable. On ne s'attend pas à quelque chose qui ait la nature d'une image. c'est-à-dire. la raison en est que l'âme ne connaît la chose que par une image d'elle qui se trouve soit dans le sens soit dans l'intelligence. Boèce répond qu'Aristote nomme ici affections de l'âme les conceptions de l'intelligence16[16]. 6). et qui sont les mêmes pour tous. le sont pour tous. — Par ailleurs. sont les signes des phonèmes. pour renvoyer aux premières conceptions signifiées en premier par les phonèmes. quoi que ce soit d'autre qu'homme17[17] qu'on appréhende. certains soulèvent d'autres objections à propos des noms homonymes. à la manière dont la trompette est le signe de la guerre. car.

de quelle nature sont les affections de l'âme. dans l'ordre de nature. il la manifeste. car ils ne sont encore ni faux ni vrais. et comment elles sont les images des choses. les conceptions de l'intelligence passent avant les phonèmes que l'on profère pour les exprimer. c'est à l'image d'une différence entre concepts qu'il assigne une différence entre significations de phonèmes. il fait deux [considérations]: en premier. à moins que l'on n'ajoute l'être ou le non-être. parmi eux. [7] car le faux et le vrai. il n'y ait qu'une conception — car les phonèmes sont différents pour des [personnes] différentes. on l'a dit au livre De l'âme. Sur ce [point]. — En troisième (16a8). [8] Les noms en eux-mêmes. soit absolument. il se dispense d'une considération plus attentive de cela. soit en rapport à un temps. et tantôt avec nécessité que l'un des deux s'y attribue. quand on n'y ajoute rien. [9] En voici un signe: même bouc-cerf signifie quelque chose. en effet. #22. le Philosophe traite ici de la différence de signification des phonèmes. homme ou blanc. Il entend plutôt affirmer l'identité des conceptions de l'âme en comparaison avec les choses. d'autres non. Commentaire de saint Thomas #23. de même en va-t-il aussi dans le phonème. il annonce la différence. qu'il dit pareillement être les mêmes. et les verbes. ressemblent au concept sans composition ni division. de sorte que cette . dans l'âme. tantôt sans dire vrai ni dire faux. certains signifient le vrai ou le faux. en second (16a12). c'est affaire de composition et de division. Car cela n'appartient pas à la préoccupation logique. — Après avoir traité l'ordre de la signification des phonèmes. mais à la naturelle.Mais il vaut mieux dire que l'intention d'Aristote n'est pas d'affirmer l'identité de la conception de l'âme en comparaison avec le phonème. pour un seul phonème. Étant donné que. par exemple. mais [qui ne soit] encore ni vrai ni faux. en effet. Leçon 3 Texte d'Aristote [6] De même qu'il y a concept. de sorte que.

manifestation ne procède pas seulement d'un [cas] semblable. Il dit donc que. nécessairement. bien sûr. et parfois avec l'un des deux. C'est ce qu'il dit. quant à ce qu'il a dit de la ressemblance des phonèmes avec l'intelligence. Or dans l'une d'elles. il s'ensuit. et parfois on a nécessairement l'un des deux. tandis que dans l'autre on en trouve. C'est de cette manière. signifient sans vrai ni faux. pareillement. comme il en est traité au troisième [livre] De l'âme (ch. d'après les natures des choses dont elles sont l'image. il paraît à l'abord y avoir une difficulté. mais plutôt de la cause. 6). #25. quand elle compare un concept avec un autre de manière à saisir que les choses sont différentes. comme il en est aussi traité au troisième [livre] De l'âme (ch. de même non plus dans la division. comme la division se fait par une résolution à des [éléments] indivisibles ou simples. comme il n'y a pas de vérité ou de fausseté dans les [concepts] simples. parfois on parle de division. de l'autre manière. Mais si on renvoie à la chose. quand l'intelligence compare un concept avec un autre comme en saisissant la conjonction ou l'identité des choses dont elles sont les conceptions. — On doit donc tenir compte de ce que. comme les conceptions de l'intellligence sont des images des choses. on ne trouve pas de vrai et de faux. Là. En premier. 6). en soi. comme on l'a dit au début (#9). on trouve de la vérité et de la fausseté. dans l'âme. #26. que. il y a deux opérations de l'intelligence. il dit d'abord que la vérité et la fausseté est affaire de composition et de division. — Ensuite (16a12). car on n'en trouve. car. dans l'intelligence. Ainsi aussi. mais de division. il manifeste ce qu'il a dit. pour que le signe se conforme au signifié. et certains avec vrai et faux. D'une manière. dans cette seconde opération de l'intelligence. il semble bien que. l'image d'Hercule se nomme certes en elle-même. que. mais en tant qu'elle est une image d'Hercule. donc. Tandis que l'autre opération de l'intelligence consiste à composer et à diviser entre eux ce type de concepts simples. il faut comprendre que l'une des deux opérations de l'intelligence est l'intelligence des indivisibles. parfois on parle de composition. si nous regardions en elles-mêmes les [conceptions] qui touchent l'intelligence. — Mais à ce [sujet]. aussi. quant à ce qu'il a dit de l'intelligence. Pour montrer. c'est-à-dire. où elle compose et divise. ce qui laisse que l'on n'en trouve pas dans la première opération. ce qu'est l'homme ou ce qu'[est] le blanc ou ce qu'[est] autre chose. Or comme les phonèmes dotés de sens sont formés pour exprimer les conceptions de l'intelligence. certains. que du fait que l'intelligence compare un concept simple avec un autre. que l'intelligence va parfois sans vrai ni faux. par exemple. parmi les phonèmes dotés de sens aussi. Mais on doit répondre que. et elle est du cuivre rouge. dans les . Par exemple. pour autant que l'intelligence intellige alors absolument la quiddité ou l'essence seule d'une chose. il y a toujours composition où il y a vérité et fausseté. #24. on peut regarder et nommer de deux manières ces [conceptions] qui touchent l'intelligence. que ses effets imitent. De composition. en second (16a13). que. on a parfois intelligence sans vrai ni faux. on la dit un homme.

2). Plutôt. D'une manière. on dit certaines choses vraies ou fausses en rapport à notre intelligence non de manière essentielle ou formelle. on n'en trouve qu'en rapport à de la composition et à de la division. — Pour en avoir l'évidence. il n'y a aucune composition. il faut que ce soit en regard de l'intelligence. Par ailleurs. 19[19]Intellectus. même la chose. Car d'abord. Aussi semble-t-il bien que même la conception simple de l'intelligence. comme on parle de vrai ou faux or. Mais on doit tenir compte de ce qu'une chose se rapporte à l'intelligence de deux manières. — En outre. or le sens ne compose ni ne divise. pour autant qu'elle signifie la séparation des choses. au sixième [livre] de l'Éthique (ch. et fausse pour autant qu'elle est différente de la chose. 7). le Philosophe dit. #27. car les contradictoires sont l'objet des opinions de différentes [personnes]. c'est là qu'est la première et la plus haute vérité. comme dans qui dit ou connaît le vrai. pourtant. comme le dit le Philosophe. mais efficiente. la vérité n'est donc pas seulement affaire de composition et de division. #29. non de la faculté. #28. il s'ensuivrait que les contradictoires seraient en même temps vraies. ne soit pas privée de vérité et de fausseté. De plus. dans le traité De l'âme. Or on trouve de la vérité comme en ce qui est vrai autant dans des [entités] simples que dans des composées. est le bien de l'intelligence. bien sûr. d'une autre manière. en effet. tandis que la négation se dit division. et c'est ainsi que les choses naturelles se comparent à l'intelligence spéculative humaine. on ne dit pas vraie la chose naturelle de la manière l'ont prétendu les anciens naturalistes qui soutenaient que la vérité des choses tient seulement au fait qu'on les pense. l'affirmation se dit composition. tandis que les choses comme ce dont les intelligences19[19] sont des images. Aussi. pour autant qu'elle signifie de la conjonction du côté de la chose. . comme la mesure au mesuré. on la dit vraie ou fausse. quoi que ce soit que l'on dise vrai. les phonèmes se rapportent à l'intelligence comme ses signes. en effet. En outre.phonèmes. — Le vrai. dans l'intelligence divine. il semble bien que la vérité ne consiste pas seulement en composition et division. C'est sous ce [rapport] que l'on dit l'or vrai ou faux. comme on le prouve au douzième [livre] de la Métaphysique (ch. Par ailleurs. à ce [compte]. les concepts. ce n'est donc pas dans la seule composition ou division qu'il y a vérité. On dit aussi que l'être et le vrai se convertissent. que le sens des sensibles propres est toujours vrai. comme en ce qui est vrai. Ce qui appert comme suit. il s'agit ici de l'œuvre de l'intelligence. en autant qu'elles sont de nature à entraîner une estimation d'elles vraie ou fausse. mais comme en qui dit ou connaît le vrai. on doit tenir compte de ce que l'on trouve de la vérité en quelque chose de deux manières: d'une manière. Comme supra (voir note 5). qui est une imae de la chose. C'est pourquoi on dit l'intelligence vraie pour autant qu'elle se conforme à la chose.

. Aussi le Philosophe dit-il encore. Car du faux or est du vrai cuivre. C'est pourquoi l'intelligence ne connaît la vérité qu'en composant ou divisant par son jugement. en autant qu'il est une chose. #31. comme on le dit au troisième [livre] De l'âme (ch. Or connaître la dite relation de conformité n'est rien d'autre que de juger qu'il en soit ou n'en soit pas ainsi dans la chose. On doit toutefois tenir compte que. le phonème sera vrai qui signifie l'intelligence vraie. 3). — On doit savoir. #32. — De la manière dont la chose se dit vraie par rapport à sa mesure. Car il ne peut connaître la relation de sa conformité avec la chose. certes. 9). se dise vrai comme les autres choses aussi. en autant qu'elle atteint à la nature de l'art. c'est pourquoi seule l'intelligence peut connaître la vérité. que la vérité est seulement dans l'esprit. de même aussi le sens ou l'intelligence. ce phonème: l'homme est un âne est vraiment un phonème et vraiment un signe. — Comme toutes les [choses] naturelles se rapportent à l'intelligence divine à la manière des [œuvres] d'art à l'art. C'est de cette manière que l'être et le vrai se convertissent. dont la mesure est la chose extérieure. Comme les phonèmes sont les signes des intelligences. au premier [livre] de la Physique (ch. le jugement de l'intelligence divine porte sur cela sans composition et division. comme en qui connaît la vérité. Et ce jugement. Par contre. 4). sera vrai. C'est ainsi que l'on comprend que le sens du sensible propre est vrai. Tandis qu'[il sera] faux quand il ne s'accorde pas avec la chose. et faux qui signifie l'intelligence fausse. toutefois. que le Philosophe parle ici de vérité pour autant qu'elle touche l'intelligence humaine. le sens se dit vrai. parce que toute chose naturelle se conforme à l'art divin par sa forme. Et c'est de cette manière que le Philosophe parle ici. elle. quand il se conforme en sa forme à la chose qui existe en dehors de l'âme. mais fausse. de même aussi l'intelligence divine connaît la composition et la division de manière simple.De l'autre manière. Aussi. bien que le sens de l'objet propre soit vrai. C'est de cette manière aussi que l'intelligence qui saisit ce qu'est [la chose] sans composition et division est toujours vraie. #30. on le dit pour cette raison faux. peut connaître une pareille relation de conformité. lorsque [l'intelligence] juge que n'est pas ce qui est. car. il s'ensuit que n'importe quelle chose soit dite vraie pour autant qu'elle a sa propre forme. les choses se rapportent à l'intelligence comme le mesuré à la mesure. par exemple. par exemple. Par conséquent. Aussi. pour autant qu'elle imite l'art divin. par ailleurs. comme il appert dans l'intelligence pratique. tandis que l'intelligence. qui juge de la conformité des choses et de l'intelligence en composant et en divisant. en autant qu'elle manque à la nature de l'art. il saisit seulement la chose. mais parce qu'il est signe du faux. Aussi appert-il que la vérité et la fausseté comme en qui connaît et dit [vrai ou faux] n'est affaire que de composition et division. il ne connaît cependant pas que cela est vrai. Aussi l'œuvre de l'artisan se dit-elle vraie. ce qui est composer et diviser. ou ne pas être [une] qui n'est pas. ou qu'est ce qui n'est pas. le Philosophe. de même que notre intelligence aussi comprend les [choses] matérielles de manière immatérielle. nomme la forme quelque chose de divin. au sixième [livre] de la Métaphysique (ch. s'il s'accorde avec les choses. bien que le phonème. lorsque l'intelligence juge qu'est une chose qui est. qui est cause des choses.

alors cela devient vrai ou faux. soit en rapport au temps passé. en second (16a16). pris séparément. qui donne une réponse vraie à une interrogation faite. et c'est pourquoi il n'y a pas de vrai ou de faux. des concepts simples. mais ensuite. — Ensuite (16a13). Car on comprend le verbe qui a été mis dans l'interrogation. à savoir. toutefois. des noms de la sorte signifient quelque chose. qui se compose de bouc et de cerf. #34. il le prouve avec un signe. et qui. il s'ensuit que les noms en eux-mêmes et les verbes. c'est cerf. — C'est pour la clarté. par quoi s'exprime le jugement de l'intelligence. bien que de choses composées.#33. Aussi y a-t-il composition implicite. Leçon 4 Texte d'Aristote 20[20]Par exemple: il pleut. c'est bouc. quand on ajoute d'être ou de ne pas être. s'assimilent à l'intelligence qui va sans composition et division. et du verbe d'action impersonnelle20[20]. En effet. — Et il n'y a pas d'objection à tirer du verbe de la première et deuxième personne. Car en ces [cas]. mais sous un certain rapport — comme lorsque l'on dit que quelque chose a été ou sera. il manifeste ce qu'il avait de la ressemblance des phonèmes avec l'intelligence. il apporte un signe tiré du nom composé. sauf quand on ajoute d'être ou de ne pas être. si on n'ajoute rien d'autre. ou futur. se dit tragélafoß. car ce n'est pas encore vrai ou faux. on peut ajouter être ou ne pas être. et qui ne puisse [pourtant] être ni vrai ni faux sans composition ni division. — Ensuite (16a16). Car trágoß. comme la vérité et la fausseté dans l'intelligence est seulement affaire de composition et de division. De plus. Par ailleurs. Il conclut donc de ce qui précède que. ce qui n'est pas être absolument. à savoir. avec un seul nom. on comprend une [entité] de nature nominale certaine et déterminée. qu'il use d'un exemple tiré d'un nom qui signifie ce qui n'est pas dans la réalité. il tonne. . et c'est pourquoi on dit que cela est absolument. Comme lorsqu'à qui demande: Qui nage dans la mer? on répond: Le poisson. en quoi la fausseté apparaît tout de suite. comme le nom mi tout seul ne signifie pas le vrai ou le faux. bien que non explicite. ce qui est être ou ne pas être en acte. et élafoß. comme quand on dit homme ou blanc. #35. soit en rapport au temps présent. bouc-cerf. en grec. de même non plus le verbe dit tout seul. En premier. — Et il n'y a pas d'objection à tirer de celui. il manifeste son propos.

La résistance de phrase à désigner un groupe de mots qui n'est pas encore un énoncé complet en fait d'ailleurs. mais vieilli — «Les synonymes sont plusieurs dictions ou plusieurs phrases différentes qui signifient une même chose» (La Bruyère. dans bateau-mouche 24[24]. elle n'en a aucun. sinon. [ceux] des bêtes. non-homme n'est pas un nom. on aura duplex. séparée. cité dans Robert. dans Beaumont. que ce soit ou ne soit pas. à la limite. disons. littéralement: petit bâtiment léger de pirate. donc. qui laisse soupçonner une difficulté à appeler phrase une définition. [13] Par convention.Chapitre 2 [10] Le nom. bateau. ˆnoma èploËw µ peplegm°now . Cette différence qualifiera aussi le phonème comme genre du verbe et de la phrase. séparée. voir [26]. sÊnyeth. un nom infini. dont aucun n'est un nom. en effet. car phrase a déjà ce sens. tandis que chez ceux-ci elle veut [avoir un sens]. stoixe›a —. une traduction encore plus fidèle de lÒgow. phrase renvoie plus spontanément à l'expression d'un énoncé complet.». [ce n'est] pas tout à fait comme dans les noms simples qu'il en va aussi dans les composés23[23]. parce qu'aucun nom ne l'est par nature. diploËw. mont ne signifie pas quelque chose par lui-même comme dans la phrase22[22] beau mont. il s'agit de donner au mot un peu plus d'extension pour lui faire désigner toute tournure de plus d'un mot: énoncé. citée plus loin (#77). qui ne comporte pas l'articulation de langue et de lèvres qui permet la division en les éléments phonétiques que nomment les lettres. à tout prendre. 24[24] ÉEpaktrok°lhw. lÒgow. 1457a10). destinée à faire surmonter le même malaise. il n'y a pas de nom d'institué avec lequel on doive appeler cela. Peut-être simplement comme indication que le nom est un phonème normalement constitué de syllabes elles-mêmes constituées de lettres — éléments. sans verbe. qui paraît offrir la même résistance à cette extension. l'ajout de composé. J'ai déjà justifié — voir note 4 — la traduction technique par phrase. C'est. Certes. qu'il y ait phrase. Ce n'est pas trop difficile. 20. dont aucune partie. est un phonème doté de sens par convention. n'est dotée de sens21[21]. [11] En effet. 20. la partie n'est dotée de sens d'aucune manière. 1296). mais [seulement] quand il devient symbole. puisqu'on l'attribue pareillement à n'importe quoi. comme quoi la définition de la phrase devrait être réservée à la phrase complète. cette composition peut se limiter à une seule syllabe et une seule lettre. périphrase. comme. même si. par ailleurs. 22[22]Oratio. chez ceux-là. description. c'est-à-dire. 23[23]Nomen simplex vel compositum. 1457a26): «Il est possible. sans notation de temps. mais aussi définition. par exemple. [14] Par ailleurs. car ce n'est ni une phrase ni une négation. puisque même les sons intraduisibles en lettres25[25] expriment quelque chose. pour signifier le nom composé. Plus loin. etc. mais. . [12] Cependant. comme première différence du phonème. 21[21]Dans la Poétique (ch. assez curieusement. Aristote donne sensiblement la même définition du nom. Comme on le voit aussi à la remarque d'Aristote dans la Poétique (ch. 25[25] ÉAgrãmmatow. Certes. comme on le voit à la remarque erronée de Jean le Grammairien.

il fait deux [considérations]. — Sur le premier [point]. il traite donc en premier des principes de l'énonciation. de la signification des phonèmes. le phonème est un son émis par la bouche de l'animal. Comme. comme un sifflement fait pour rien. ou qu'il ne soit ni traduisible en lettres ni articulé. ils ne disent ni vrai ni faux. #37. il exclut des [choses] qui ne satisfont pas parfaitement à la définition du nom. — Après avoir traité de l'ordre de la signification des phonèmes. — C'est pour cela qu'il met cinq [éléments] dans la définition du nom. parce qu'elle inclut totalement la chose. il traite de son principe formel. il traite des principes quasi matériels de l'énonciation. en second (16b26). on doit tenir compte que l'on dit la définition terme. et qu'en toute science il faut d'abord connaître les principes du sujet. Par exemple. que ce soit un phonème traduisible en lettres et articulé. Voir note 11. . il s'est agi. On ajoute ensuite une première différence. qui est le genre de l'énonciation. on distingue le nom de tous les sons qui ne sont pas des phonèmes. il définit le nom. Commentaire de saint Thomas #36. comme on le dit au second [livre] De l'âme (ch. En premier. en second (16a21). Comme il vise principalement l'énonciation. aussi. plus haut. En premier. qui est le sujet de ce livre. à quoi la définition convienne. pour cette raison. accompagné de certaine imagination. Sur le premier [point]. de la phrase. à titre de genre. leur définition comporte les mêmes [éléments]. En premier. [16] Pour le reste. à la différence de n'importe quel phonème non doté de sens. tandis que le nom [le fait] toujours. on met phonème. il fait deux [considérations]. qui signifie l'action ou l'affection26[26] qui paraît de la chose. 26[26]Passio. Sur le premier [point]. c'est-à-dire. En effet.[15] De Philon ou à Philon et tous pareils [phonèmes] ne [sont] pas des noms. comme biltris. Sur le premier [point]. c'est-à-dire. de ses parties intégrantes. il traite du nom. à savoir. le Philosophe arrive ici à traiter des phonèmes dotés de sens eux-mêmes. de l'énonciation elle-même. et par cela. en troisième (16a29). qui signifie la substance de la chose. il explique la définition. en second (17a2). à savoir. en second (16b6). 6). il conclut de ce qui précède que le nom est un phonème doté de sens. En premier. mais des cas de nom. à quoi la définition ne convienne pas. il fait trois [considérations]. à savoir. de cette manière que rien de la chose n'est au delà de la définition. sauf qu'avec est ou était ou sera. il traite du verbe. doté de sens. est ou n'est pas de Philon ne dit ni vrai ni faux. et il n'y a rien d'autre en deçà de la définition. #38.

que l'on peut regarder trois [aspects] touchant le temps. qui est par nature. — On doit dire. car les noms jour ou an signifient le temps. hier. il est nécessaire. on peut regarder la relation du temps qui mesure. comme lorsque nous disons que l'écuelle est du bois avec une forme. «sans notation de temps». — Cependant. On doit répondre. le temps lui-même. sont dans le genre de la substance par leur matière. C'est lorsqu'il dit: «par convention». par leur forme. comme le sont le gémissement des malades et les phonèmes des animaux brutes. regardée en elle-même. à titre de genre. Puisque. dans leur définition. le nom diffère des phonèmes dotés de sens par nature. à titre de différence. en tant qu'on la signifie avec le participe. #40. — Mais cela semble bien être faux. comme le phonème est une chose naturelle. à savoir. il pose une seconde différence. En premier. dans leur définition. signifie la forme accidentelle comme inhérente à un sujet. pour autant qu'il est une chose et peut ainsi se signifier par un nom. dans la définition de tout accident il faut mettre son sujet. Comme si l'on disait: «Le nom est un signe phonétique». D'une troisième manière. en tant que tel. car les formes des œuvres d'art sont des accidents. toutefois. — En quatrième. Par cela. il met une troisième différence. mais instituée par les hommes. à titre de différence. et l'accident. C'est pourquoi le verbe et le participe signifient avec le temps. comme lorsque l'on dit: «Le camus est un nez courbe». qui est par institution. signifie avec temps. c'est-à-dire. mais dans le genre des accidents. qui signifie l'action ou l'affection. mais plutôt signe. quand les noms signifient concrètement l'accident. ce que l'on signifie par des adverbes de temps. il s'ensuit que le verbe. bien sûr.#39. et [d'autres] de la sorte. quand les noms signifient l'accident abstraitement. Le nom. comme toute autre chose. tandis que le nom n'est pas une chose naturelle. si les noms des œuvres d'art étaient pris comme signifiant abstraitement les formes artificielles mêmes. Mais la substance. il semble bien que l'on n'aurait pas dû mettre. comme ce que l'on mesure en premier et principalement avec le temps est le mouvement. comme genre du nom. #41. #42. bien sûr. par quoi le nom diffère du verbe. Tandis que. que l'on mette l'accident au nominatif. comme aussi on définirait plus convenablement une écuelle. ne se prête pas en tant que telle à être mesurée avec le temps. Il en irait autrement. phonème. toutefois. et son sujet à l'oblique. on peut regarder ce que l'on mesure avec le temps. donc. en lequel consiste l'action et l'affection. il est plus convenable que. on mette la chose naturelle à titre de genre. dans leur définition. comme demain. par une institution humaine. mais non le nom et le pronom. issue du bon plaisir de l'homme. que les œuvres d'art. elle ne s'y prête qu'en autant qu'elle est sujette au mouvement. comme lorsque l'on dit: «La camusité est une courbure du nez». et pareillement que le nom est un phonème doté de sens. si l'on disait que c'est un ustensile en bois que si l'on disait que c'est du bois en forme d'ustensile. D'autre manière. toutefois. . Si donc les noms des choses artificielles signifient les formes accidentelles en tant qu'inhérentes à des sujets naturels. par ailleurs. pour autant qu'elle est signifiée par le nom et le pronom. ou sujet. — En troisième. on met. leur matière. à titre de genre.

— En cinquième. ne signifie pas la partie de la conception composée à partir de laquelle on institue le nom pour qu'il signifie. Il est difficile de trouver. le concept d'une partie de la matière de fait encore divisible. n'a la forme du tout. à ce [sujet]. deviendra manifeste avec ce qui suit dans le traité du verbe. il met une quatrième différence. dans les [noms] simples. sa partie ne signifie rien. son sens. à partir de ce fait qu'une pierre est souvent occasion de blessure au pied. et ce avec les noms composés. dans l'institution d'un nom. la phrase signifie la conception composée même. la différence entre noms simples et composés. on se rapporte toutefois à la signification du nom pour autant qu'il est entier. tandis que la quatrième partie. En premier. une partie de la phrase signifie une partie de la conception composée. de même qu'on l'institue pour qu'il signifie un concept simple. ni en apparence. à savoir. sans notation de temps. elle le veut. #45. Mais la raison de la différence. en premier. il manifeste la définition présentée. la partie n'est d'aucune façon dotée de sens. ne signifie rien. séparée. de tout le nom —. quant à la troisième. comme lorsque l'on dit homme juste. aussi. c'est à partir de l'indivisibilité que l'on institue le nom atome 28[28]. lequel on institue pour qu'il signifie un concept simple. tandis que. indépendamment de sa constitution matérielle phonétique. Il manifeste donc. En effet. et il dit qu'il n'en va pas de même dans les noms simples et dans les composés. il montre quant à cela la différence entre noms simples et composés. à partir d'un concept qu'il ne signifie pas — l'indivisibilité. c'est que le nom simple. il manifeste son propos avec les noms composés. par exemple. où cela paraît davantage. elle a l'apparence d'avoir un sens. À l'opposé. en second (16a26). Car les deux premières parties sont manifestes avec ce qui précède. or. que la partie du nom. dans le nom Beaumont. quant à sa dernière partie. Sur le premier [point]. il montre. J'ai traduit par un cas semblable. — Ensuite (16a22). 28[28]Lapis nomme la pierre. dans les composés. ce à partir de quoi on institue un nom pour qu'il signifie est autre chose que ce que le nom signifie. il fait deux [considérations]. séparée. en second (16a22). la partie mont toute seule ne signifie pas quelque chose comme elle le fait dans la phrase beau mont. en français. mais il ne la signifie pas. n'a pas forme humaine. tandis que le nom composé. En premier. Néanmoins. a un sens. par exemple. un mot équivalent pour exprimer. — Ensuite (16a21). le fait de lui donner sa forme. dont la partie. c'est-à-dire. séparée de l'homme. Avec cela. selon une étymologie fantaisiste. séparée. Il en ressort que la partie du nom composé. nommant ainsi. comme on l'a dit pour le nom Beaumont. ni en vérité. 27[27]Imponitur. n'est dotée de sens». La raison en est que la signification est comme la forme du nom. on l'institue à partir d'une conception composée. de même aussi on l'institue pour qu'il signifie à partir d'un concept simple. . mais on l'institue pour signifier le concept d'une chose. aucune partie. on distingue le nom de la phrase. séparée — à savoir. lorsqu'il ajoute: «dont aucune partie. #44.#43. la main. atome. cependant. d'où il y a apparence que sa partie ait un sens. parce que. La raison en est qu'on institue27[27] un nom unique pour qu'il signifie une intelligence simple unique.

comme on l'a dit. car certains animaux n'ont pas de voix. mais aucun de ces sons n'est un nom. ont dit que les noms ne signifient pas par nature. On l'institue. Par ailleurs. et que cela ne fait aucune différence quelle chose par quel nom on signifie. Il dit que la raison pour laquelle on a dit que le nom signifie par convention. comme Socrate. leçon 6. ou l'un et l'autre déterminés. quand il dit: «même les sons intraduisibles en lettres. comme homme . dans la mesure où leur signification ne vient pas de la nature. ou une personne déterminée. Grammaticalement. tout nom signifie une nature déterminée. comme si nous disions: la chimère est non-homme. comme un pronom. il requiert au moins un suppôt dans l'appréhension. en effet. il manifeste la troisième partie de la définition qui précède. mais signifient cependant par nature. 29[29] äVn oÈd°n §stin ˆnoma. En effet. Aussi non-homme peut-il se dire indifféremment tant de ce qui n'existe pas en réalité. d'où le nom signifie: il ne signifie pas par nature. enfin. pour une chose. Par cela. lequel peut s'assujettir et s'attribuer. à partir de différentes propriétés. cependant. que non-homme n'est pas un nom. il est manifestement donné à comprendre que le nom ne signifie pas par nature. il requerrait un sujet au moins qui existe. C'est ce qu'il veut dire. les cas des noms. En premier. c'est qu'aucun nom ne signifie par nature. qui se dit également de l'être et du non-être. à partir de la négation de l'homme. car on ne peut les signifier avec des lettres. ce qui signifie par nature ne devient pas. il y a eu diversité d'opinion. comme si l'on dit: le cheval est non-homme. on l'instituait à partir de la privation. on ne doit pas comprendre qu'il dit: «dont aucun n'est un nom»29[29]. Voilà. comme si les sons des animaux n'avaient pas de noms. D'autres. — Ensuite (16a26). du fait qu'ils sont privés de poumons. ne signifie ni une nature déterminée ni une personne déterminée. le nom infini. les deux traductions sont possibles: «dont aucun n'est un nom» et «pour lesquelles il n'y a aucun nom». c'est-àdire. . comme Aristote l'entend ici. #47. quand on l'institue pour qu'il signifie. Certains. comme Platon l'a dit (voir infra. En effet. il peut se dire de l'être et du non-être. que de ce qui existe en réalité. En effet. Il dit alors plutôt sons que phonèmes. il exclut certaines [choses] de la définition du nom. certains ont dit que les noms ne signifient par nature d'aucune manière. Cela n'y fait pas obstacle. Si. car pour une seule chose il peut y avoir de nombreuses images. comme si les noms étaient des images naturelles des choses. ont dit que les noms signifient tout à fait par nature. comme on parle du rugissement du lion et du mugissement du bœuf. car on les nomment avec des noms. mais ils signifient par nature leurs propres affections seulement par des sons. comme Boèce et Ammonios le disent. comme [ceux] des bêtes». Aussi ajoute-t-il: «mais quand il devient symbole». Mais dire cela: non-homme. on peut. #48. instituer beaucoup de noms différents. par ailleurs. — On doit cependant savoir qu'à ce [sujet]. et pareillement. comme il signifie à la manière du nom. signe.#46. mais comme on l'institue à partir de la négation. dans la mesure où leur signification convient aux natures des choses. — Ensuite (16a29). en premier. en second (16a32). mais parce qu'aucun tel son n'est un nom. mais par institution. Néanmoins. en effet. #8). Il dit donc. mais est par nature. qu'une chose soit signifiée par de nombreux noms.

ce qui ne se trouve pas avec les [cas] obliques. parce que. parce qu'une phrase de la sorte ajoute la négation à l'affirmation 30[30]. On le dit quand même debout. quel rapport entretiennent les cas obliques avec le nom. En latin comme en grec. 31[31]Pt«siw. En somme. c'est-à-dire. elles tombent. du fait que rien n'empêche que quelque chose qui tombe ne tombe de manière à rester debout. on a nommé les différentes flexions des noms en se référant à l'image de la chute d'un homme originellement debout. ici. se fiche dans le bois. signifient le vrai ou le faux. prenant comme départ de leur déclinaison le nominatif. sont issus d'une conception intérieure de l'esprit. car c'est à son propos que l'on établit le nom pour qu'il signifie quelque chose. et les grammairiens les suivent. ici. qui. mais il y a cette différence que le nom. dans les cas du nom. et sur le même pied. du fait qu'il ne tombe pas. on a grammaticalement un verbe et un objet direct. . par opposition à rectus. 30[30]Il est étonnant de voir décrire la négation comme l'ajout de quelque chose à l'affirmation. comme un poinçon. on s'écarte de la verticale que forme celui qui est debout. C'est pourquoi ils institue un nouveau nom poour une expression de la sorte. 32[32]Obliquus. Les Stoïciens. à savoir. le nom est debout au nominatif. qu'il apporte l'exemple d'un verbe substantif. comme dans les noms composés non plus. Négation et affirmation ne sont-elles pas plutôt. il n'y avait pas de nom d'établi. s'appellent des cas obliques32[32] du nom. Il dit que la notion que signifie le nom est la même encore dans les autres. mais c'est logiquement un sujet qui a la forme grammaticale d'un objet direct. par ailleurs. séparée. de sujet. casus. une phrase négative. #49. et que seul le nominatif se dit principalement un nom. qui est naturellement l'expression de l'affirmation avec l'ajout d'un signe négatif? On se serait plutôt attendu à voir donner comme raison. ont dit que l'on appelle cas les nominatifs aussi. ce que l'on ne trouve pas ici. le repentir tient Socrate. C'est avec clarté. ce n'est pas une phrase. en conséquence. d'une certaine manière. à cause de l'indétermination de sa signification. Aucune traduction française de pœnitet n'est impersonnelle. En effet. en tombant.Par ailleurs. en tombant. la nécessité d'un sujet et d'un verbe pour une énonciation vraie ou fausse est logique et peut ne pas se retrouver manifeste grammaticalement. à savoir. adjoint au verbe est ou sera ou a été. par ailleurs. 34[34]Pœnitentia habet Sortem. pour rendre intelligible la traduction. que l'on dit debout. au temps d'Aristote. en français. Il faut quand même la lui imaginer. il montre. debout. qui. ce n'est pas non plus une négation. sous lequel soient contenues des expressions de la sorte. comme on l'a dit. Socrate se repend. mais sans garder la connotation de chute. comme lorqu'on dit: il manque Socrate 33[33]. Des expressions de la sorte. du fait qu'ils tombent. et il a alors toutes ses attributions de nom. car il y a d'autres verbes. comme. l'absence du verbe. avec des obliques. 33[33]Pœnitet Sortem. — Casus est resté cas. #50. comme si l'on disait: Socrate manque 34[34]. pareillement. ici. — Ensuite (16b1). deux espèces de l'énonciation? Sans doute doit-on comprendre que saint Thomas parle strictement ici de l'expression vocale de la négation. il exclut les cas31[31] du nom. car. parce que l'on comprend que l'action du verbe porte sur l'oblique. il dit que de Caton ou à Caton et autres [expressions] de la sorte ne sont pas des noms. une partie n'en signifie pas quelque chose. l'appelant nom infini. — Ensuite (16a32). En somme. impersonnels. signifie toujours le vrai ou le faux. d'ailleurs. mais il s'affaiblit en tombant au rôle de simple complément de nom ou de verbe. c'est-à-dire.

ainsi que je l'ai ajouté entre crochets pour coller à la version latine que commente saint Thomas. courra. Comparer: «Quae non praedicantur de subiecto sunt per se. elle a été donnée de manière inconvenable. comme on l'a dit. de ce [que l'on dit] d'un sujet ou [qui est] en un sujet38[38]. Ou on doit répondre que la définition donnée ne convient pas absolument à ces [entités]: en effet. course (santé) 36[36] [est] un nom. car il signifie en plus le fait d'exister maintenant. il est toujours symbole de ce que l'on dit d'autre chose 37[37]. 35[35]Shme›on se traduit plus naturellement par signe. Ces expressions sont encore plus abrégées ici que dans le traité des Attributions. en outre. en soustrayant du nom ces [entités]. 2). [20] Par ailleurs. le nom infini ne signifie rien de déterminé. et dont aucune partie. ce sont deux manières de dire. expressions consacrées de l'attribution essentielle et accidentelle (voir Attributions. scilicet sicut in subiecto existentia. un verbe. Íg¤eia. qui traduisait plus haut. à savoir. tandis que ce qui se dit d'un sujet.#51. je n'appelle pas cela des verbes. [18] Je dis qu'il signifie en plus le temps: par exemple. c'est-à-dire. eorum quae de altero dicuntur. — À l'encontre: si le nom infini et les cas ne sont pas des noms. 10. et court (est en santé). Par accident.» (S. nous procurant comme exemple de verbe un mot plutôt qu'une locution. celui-ci commentera (#55) qu'ici. est ce qui signifie en plus le temps. D'où l'intérêt de ne pas traduire tout de suite ici par signe. il est toujours symbole35[35] de ce que l'on dit d'autre chose. Il ne faut pas se laisser abuser par le fait que la seconde de ces expressions courtes paraît renvoyer à l'être. Autre version: t«n ÍparxÒntvn. d'attribuer qui sont opposées: «être dit d'un sujet comme ce qu'il est» et «en être dit comme ce qui est en lui ». nota signifie signum. de ce qui existe. Mais comme la traduction latine dont dispose saint Thomas traduit par nota. 37[37]T«n kayÉ •t°rou legom°nvn. 36[36]Cursus.. accidentia sunt. Thomas. mais qu'il contracte ensuite la signification du nom. le fait est intéressant en français. Anal. de ce qui s'attribue. n'a de signification. currit. — Ce qui ne s'attribue pas à un sujet est par soi. en tant qu'étant en un sujet. sÊmbolon. ne court pas (n'est pas en santé) et n'est pas malade. Ígia¤nei. La traduction latine n'a pas gardé les exemples originaux du texte grec. d'après Ammonios. séparée. In I Post. Leçon 5 Texte d'Aristote Chapitre 3 [17] Le verbe. On doit répondre. où il est question d'être dit d'un sujet et d'être dans un sujet. en 16a4 et 16a28. la définition du nom qui leur convient. #87) . [19] De plus. quae vero dicuntur de subiecto. 38[38]T«n kayÉ Ípokeim°nou µ §n Ípokeim°nƒ. Il en ira de même plus loin avec ne court pas. est un accident. qu'il a défini plus haut le nom plus communément. lui. ni le cas du nom ne signifie en rapport avec la première intention de celui qui l'institue. a couru. Car cela signifie en plus le temps et s'attribue toujours à autre chose. comme plus haut.

n'a de signification». [22] En eux-mêmes. pas si on dit l'être40[40] seul. un verbe infini. Cela diffère du verbe. En premier. parce que celui-ci signifie en plus le temps présent. Mais c'est. celui tout autour. On a dit. Car être ou ne pas être n'est pas signe de la réalité39[39]. — On doit par ailleurs tenir compte qu'Aristote. mais sa réalité. il fait trois [considérations]. il présente la définition du verbe. car tout seul il n'est rien. le laissant à l'intelligence du lecteur. comme ce que l'on avait dit: «phonème doté de sens par convention». quand on dit: «Dont aucune partie. participe présent. [23] et signifient une chose — car qui [les] dit fixe la pensée. ne met pas dans la définition du verbe ce qui est commun au nom et au verbe. res. — Après avoir traité du nom. bien sûr. la nature de ce dont on parle. il l'explique. tourné par le traducteur latin en l'indicatif présent est. en ce qu'il dit qu'il signifie en plus le temps. en second (16b11). 40[40]ÖVn. [21] Pareillement aussi. #53. dits tout seuls. On n'entend pas ici l'essence. le Philosophe traite ici du verbe. mais des cas de verbe. il signifie en plus une composition. il semble que cela aurait dû être omis. à partir de ce qu'il avait dit dans la définition du nom. comme 39[39]Prçgma. donc. Commentaire de saint Thomas #52. fut en santé ou sera en santé ne [sont] pas des verbes. comme cela aussi a été mis dans la définition du nom. il exclut certaines [choses] de la définition du verbe. les verbes sont des noms. dans la définition du nom. que le nom signifie sans notation de temps. déparée. puisqu'on l'attribue pareillement à n'importe quoi. Mais il met trois parties dans la définition du verbe: dont la première distingue le verbe du nom. À ce [sujet].mais on n'a pas établi de nom pour cette variété. mais ne signifient pas encore si elle est ou non. et qui [les] entend s'y tient —. mais qu'il n'est pas possible de comprendre sans les composés. en troisième (16b19). cherchant la brièveté. Ammonios répond qu'on a mis cela dans la définition du nom pour distinguer le nom des phrases qui se composent de noms. en effet. il définit le verbe. que ce soit ou ne soit pas. il fait deux [considérations]. comme lorsqu'on dit: L'homme est animal. en second (16b8). disons. son existence actuelle. À cela. il montre le rapport entre le verbe et le nom. La seconde partie est celle par laquelle on distingue le verbe de la phrase. Mais comme il y a aussi des phrases qui se composent de verbes. tandis que ceux-là. #54. — Toutefois. Sur le premier [point]. . En premier.

Il s'agit de la troisième manière de dire une chose par soi. en tant qu'elle sort de son agent ou patient et lui inhère comme à son sujet. ont valeur de nom. et même à la connaître. aussi. simple partie matérielle et subjective de la phrase. La raison en est que le propre du nom est de signifier une chose comme existant par elle-même41[41]. Le concept formé pour représenter une chose s'y identifie d'une manière comparable. c'est-à-dire. — Cependant. même de ce qui n'a d'une action que le caractère d'inhérer en un temps non précisé. qui signifie avec [notation de] temps. i. en dire quelque chose. comme lorsqu'on dit: Marcher est se mouvoir. que le nom. mais aussi du participe. comme l'on dit qu'est par soi une chose particulière qui est dans le genre de la substance. comme une chose. tandis que le propre du verbe est de signifier l'action ou l'affection42[42]. toute seule1. marche. d'après laquelle «par soi signifie une chose solitaire. quand il sera plus indispensable de le faire ressortir. et de la signifier comme elle est. ou ce qu'elle pâtit. n'exprimera plus que l'existence et l'inhérence. phonème dont le propre est de signifier l'action ou l'affection de ce dont on parle. et ainsi on la signifie par un nom. le temps. autrement. de ce que l'on dit d'autre chose. L'action n'a pas d'existence en elle-même. faisant même abstraction de l'antériorité et de la postériorité qui le caractérise. Anal. que. abstraitement. il est toujours symbole. Ainsi. 42[42]On nomme une réalité pour attirer l'attention sur elle. on la traite en substance. In I Post.» C'est que noms et participes peuvent se mettre du côté du sujet et de l'attribut. et donc avec la mesure naturelle du mouvement: un temps. comme sa partie formelle. il est cette chose même sous certain aspect. pour en distinguer le verbe. et d'autres semblables. D'une manière. du fait qu'on ne l'attribue pas à un sujet» (S. Or on peut signifier l'action de trois manières. et c'est pourquoi il fallait répéter. Pour dire l'adéquation d'un concept à une chose. en grec et en langage latin vulgaire. . C'est le temps de l'action qui cause et exprime en quelle mesure l'agent nommé existe dans cette action. On peut aussi dire. quelques lignes plus loin. mais le verbe est toujours du côté de l'attribut. #55. ainsi que #68 et [26].lorsqu'on dit: Marcher est se mouvoir. L'aspect de solitude ne se conçoit pas aussi spontanément à entendre par soi que per se . 10. l'intelligence moulera par la suite sur cela tout effort de concevoir la nature et les propriétés de tout ordre sous lesquelles elle connaîtra toute chose nommée. ce qui nous amène à en parler. naturellement. et que le langage est d'abord donné aux hommes pour qu'ils se fassent connaître l'utilité et la nocivité des choses. pour indiquer qu'on va en parler. — La troisième partie est celle par laquelle on distingue le verbe non seulement du nom. Aussi dit-il: «En outre. on dit que cette chose agit ce concept. Parce que c'est ce qui en est le plus sensible. à la 41[41]Per se. il fallait répéter cela dans la définition du verbe aussi. D'où l'invention du verbe. D'où. course. ce qu'on peut en faire. qui se mettent parfois du côté du sujet. c'est son mouvement: ce qu'elle fait. #87). juger qu'un concept interprète correctement une chose. ils reçoivent l'addition des articles comme les noms.e. aussi traduirai-je parfois tout seul. cela paraît comporter une exception dans les verbes de mode infinitif.. et le droit qui s'y attache. #56. parce qu'aussi c'en est l'aspect le plus directement lié à son utilité: ce que ça peut faire. quand on les met comme sujet. comme lorsqu'on dit: action. elle est lui sous certain aspect. le verbe paraissait avoir une plus grande ressemblance avec la phrase. signe. Par un processus d'abstraction graduel difficile à analyser. Thomas. et le verbe arrivera à exprimer toute attribution. Voir infra. affection. comme le verbe implique une composition dans laquelle s'accomplit la phrase qui signifie le vrai ou le faux. D'une autre manière. ce faisant. elle est nécessairement la même chose que son agent. cela s'exprime en faisant de ce concept l'action ou la passion de cette chose. On doit néanmoins répondre que les verbes de mode infinitif. Et ce que l'on dit le plus spontanément d'une réalité.

et comme noms. nous sont connues dans le temps. en tant que sa signification renvoie à la chose. qui signifient l'inhérence même de l'action au sujet peuvent se prendre comme des verbes. d'ailleurs. #57. ne signifie pas en plus le temps. attribution et attribuer. comme on l'a dit (#4-5). en premier. je traduirai toujours praedicatum. il explique la définition présentée. Cours. — On peut encore soulever l'objection que. parce que c'est le propre du mouvement d'être mesuré par le temps. Aussi. par contre. que l'on prend comme une chose. Mais comme la sortie même ou l'inhérence de l'action peut être saisie et signifiée par l'intelligence comme une chose. Cependant. on semble bien mettre comme sujet même les verbes d'autres modes.manière d'une action. on la signifie par des verbes des autres modes que l'on attribue aux attributs. 45[45]À titre expérimental. il exprime sa vérité en usant de la même mesure avec laquelle on mesure l'action. et ainsi. comme une chose. En premier. dont la définition implique qu'elle inhère. c'est une chose de signifier le temps principalement. 44[44]Le verbe. il explique l'autre partie. ce qui ne convient pas au nom mais au verbe44[44]. Il explique donc. en second (16b9). logiquement. Là. et jamais du côté du sujet. et ce avec un exemple. comme il signifie l'action non à la manière de l'action mais à la manière d'une chose qui existe par elle-même. praedicatio et praedicari par attribut. parce qu'il l'a expliquée dans le traité du nom (#43). à savoir: «dont aucune partie. en tant qu'elle sort de la substance et inhère à elle comme à son sujet. comme le verbe signifie l'action à la manière de l'action. Comme il exprime la représentation en l'assimilant à une action. — Ensuite (16b8). quant à ce qu'il a dit que [le verbe] signifie en plus le temps. et c'est autre chose de signifier avec le temps. on doit noter qu'étant donné que l'on signifie le sujet d'une énonciation comme ce à quoi inhère une chose. C'est pourquoi tant les verbes que toutes les parties de la phrase. on ne prend pas le verbe cours formellement. tant parce qu'en toute attribution 43[43]Vis. quant à ce qu'il a dit qu'il est le symbole de ce que l'on attribue à autre chose. mais en tant qu'il signifie matériellement le phonème même. comme lorsqu'on dit: Cours est un verbe. pour autant qu'ils signifient comme des choses. #59. à moins de le prendre en valeur de nom. #58. séparée. Or on a dit. que signifier en plus le temps. n'a de signification». ce qui peut convenir à un nom. exprime la vérité de la représentation. — Ensuite (16a9). que le verbe signifie en plus le temps. du fait que c'est un nom. il n'explique pas la seconde partie. Course. se prennent avec la valeur43[43] de noms. en raison de leur caractère concret. c'est signifier une chose mesurée dans le temps. parfois. évidemment. il s'ensuit que les verbes eux-mêmes de mode infinitif. signifie en plus le temps. . Il est donc dit que le verbe est toujours symbole de ce que l'on dit d'autre chose: tant parce que le verbe signifie toujours ce que l'on attribue. les actions. et en général le mouvement: le temps. plus haut (#42). Mais on doit répondre qu'en parlant ainsi. on le met toujours du côté de l'attribut45[45]. comme c'est un verbe qui signifie l'action. quand on les met matériellement.

i. il semble bien qu'il signifie autre chose par l'un et l'autre. Saint Thomas passe par un autre biais: l'essence. les verbes de temps passé ou futur. C'est en effet le propre du verbe de signifier quelque chose par mode d'action ou d'affection. i. — Ensuite (16b11). il s'ensuit qu'ils signifient toujours ce que l'on dit comme dans un sujet. comme le verbe. par exemple: «L'homme est blanc». peut être signifiée par le verbe. mais par suite. plutôt qu'elles ne signifient une action ou une affection déterminée.e. l'intelligence attribue l'action selon le mode même de l'action. en effet. En premier. du fait que le verbe implique la composition par laquelle l'attribut se compose avec le sujet. parce que. ce sont les verbes eux-mêmes qui sont attribués plus qu'ils ne signifient les attributs46[46]. Cependant. son concept soit composé au concept de ce sujet à l'imitation du mode selon lequel une action est dénoncée d'un sujet. que ne court pas et n'est pas malade ne se disent pas proprement des verbes. Aussi.e. Par exemple: originellement. Tant l'essence que l'accident. Le premier [point] est de signifier le temps. et les expressions47[47] qui précèdent ne le font pas: elles écartent l'action ou l'affection. du fait de signifier l'agir et le subir: de même qu'ils sont dans le temps. d'un accident. le verbe infini. #61. en usant de la consignification du temps pour en exprimer l'existence. Boèce répond que l'un et l'autre appartiennent au même. Le second [point] est de toujours êtree mis du côté de l'attribut. L'accident. de là. et de le lui attribuer selon ce même mode de l'action. il semble bien que l'on dise une chose comme d'un sujet quand elle lui est attribuée essentiellement. Voir note 5. en raison de la composition impliquée. quand un accident est attribué à un sujet. . l'adéquation avec la chose que signifie le sujet auquel elle est attribuée. comme on en traite au sixième [livre] de la Physique (ch. bien sûr. C'est donc en vain que l'on dit dans un sujet ou d'un sujet. de ce [que l'on dit] d'un sujet ou [qui est] en un sujet». avec le verbe. même le repos se mesure par le temps.il faut qu'il y ait un verbe. il exclut certaines choses de la définition du verbe. Mais comme Aristote use d'une disjonction. mais rien n'empêche que. et donc prenne forme de verbe. ce que l'on a mis plus haut dans la définition du verbe leur convient. et d'attribuer au sujet toute nature ou propriété qui le fasse connaître. la raison en est que la négation se réduit au genre de l'affirmation. signifie 46[46]On aurait attendu une explication plus directe. C'est pourquoi on peut dire que lorsqu'Aristote dit que «le verbe est toujours le symbole de ce que l'on attribue à autre chose». comme l'attribution semble bien appartenir plus proprement à la composition. par exemple: «L'homme est animal». On doit donc comprendre que le verbe est toujours le signe que quelque chose soit attribué. à la fois est attribué à un sujet et est en un sujet. Si donc les verbes signifient l'action ou l'affection. on ne doit pas le comprendre comme si c'étaient les signifiés des verbes qui étaient attribués. 47[47]Dictiones. 8). en premier. Tandis qu'[on la dit] dans un sujet. donc. de même leur privation. ne peut pas convenir à son sujet à la manière d'une action. À cela. qui signifie l'action ou l'affection. En effet. en effet. qui sont des accidents. bien qu'elles ne puissent se dire proprement des verbes. #60. comme le vrbe. — Mais il semble y avoir doute quant à ce que l'on ajoute: «c'est-à-dire. parce que toute attribution se fait par le verbe. elle découvre la possibilité de faire abstraction d'action attribuée. en second (16b16). pour exprimer qu'elle est bien ce que son sujet est. que l'on attribue quelque chose essentiellement ou accidentellement. Il dit donc.

il dit avec plus de clarté le temps présent. ni d'action ou d'affection. mais sont déficientes en regard de la définition complète48[48] du verbe. ne sont pas des verbes. mais sont des cas de verbe. qui est de temps passé. 48[48]Determinata. En effet. Toutefois. parce que les verbes infinis se prennent avec la valeur d'une expression unique. — Ensuite (16b16). existence. car le passé ou le futur se dit en regard du présent. tandis que les verbes négatifs avec la valeur de deux expressions. il exclut du verbe les verbes de temps passé et futur. le passé est ce qui a été présent. En effet. on doit répondre que la définition du verbe présentée plus haut est donnée pour le verbe pris communément. et le futur ce qui sera présent. il faut plutôt entendre le temps présent qui mesure l'action qui a commencé et n'est pas encore complète en acte. de sorte que l'on ne comprenne pas le présent indivisible. est proprement un verbe ce qui signifie l'agir ou le pâtir en acte49[49]. . Elle en viendra par la suite à faire abstraction de ce que le caractère reconnu actuel soit action ou affection pour étendre le verbe à signifier l'actualité de tout caractère — situation. La privation. et non le présent absolument. — C'est encore avec raison que l'on dit les verbes de temps passé ou futur des cas du verbe qui signifie en plus le temps présent. Par ailleurs. En effet. que chacune d'entre ces [expressions] peut indifféremment se dire de ce qui est ou de ce qui n'est pas. Il dit que de même que les verbes infinis ne sont pas des verbes absolument. qualité. qui est l'instant. qui est de temps futur.quelque chose comme existant en autre chose. de même les expressions qui précèdent signifient l'écartement de l'action ou de l'affection. Il est correct que ce qui signifie en plus le temps passé ou futur n'est pas un verbe proprement dit. en effet. ou courait. de même aussi courra. Il donne comme raison du nom. car dans l'instant il n'y a pas de mouvement. relation. ce sont donc des verbes. tandis qu'agir ou pâtir dans le passé ou le futur ne l'est que sous un certain [rapport]. suppose un sujet déterminé. 49[49]L'intelligence invente le verbe encore plus pour exprimer l'actualité de l'action conçue. #64. elle fera même abstraction de l'opposition de l'aspect du présent qui l'oppose strictement au passé et au futur et entendra l'actualité comme simple existence ou adéquation du concept à la chose conçue. les verbes de cette sorte diffèrent des verbes négatifs. c'est la raison pour laquelle on les appelle des verbes infinis. temps et même essence — composé à une réalité nommée. comme le verbe est proprement ce qui signifie l'agir ou le pâtir. tandis que ceux-là signifient le temps qui l'entoure d'un côté et de l'autre. mais en valeur de simple négation. qui est agir ou pâtir absolument. il n'y avait pas non plus de nom affecté à ce genre d'expressions différentes des verbes. Avant Aristote. Ils diffèrent du verbe du fait que le verbe signifie en plus le temps présent. — Mais si on soulève l'objection: si la définition du verbe convient aux expressions en question. #63. mais jamais le verbe comme tel ne sera dépossédé de cette consignification de temps entendu comme actualité. Or on nie que des expressions de la sorte soient des verbes parce qu'elles sont déficientes en regard de la définition parfaite du verbe. mais comme des expressions de la sorte ont quelque [rapport] avec les verbes. la négation apposée ne se prend pas en valeur de privation. #62.

Aussi doit-on dire autrement. En premier. il montre le rapport entre les verbes et les noms. l'esprit de mon auditeur reste suspendu. si je dis: l'homme. mais du côté du sujet. temps. On doit cependant répondre qu'étant donné qu'il y a deux opérations de l'intelligence. puisque ce qui suit ne correspond pas à cette intention. pour ce qui est de ce que je voudrai dire de lui.#65. car seule la phrase parfaite fait que l'intelligence s'en tient à elle. comme on en a traité plus haut (#1). Il dit donc. C'est que pareille diversité ne se trouve pas du côté de l'action. il signale que celui qui dit un verbe produit une intelligence dans l'esprit de son auditeur. plus haut (#24). la diversité qui va par modes et temps regarde l'action même. que l'on a dit que les verbes sont des noms seulement dans la mesure où ils signifient quelque chose. eux aussi. en tant qu'ils nomment. alors que la déclinaison du verbe se diversifie par modes. la diversité qui se fait par nombre et personne ne constitue pas des cas de verbe. On disait moins brièvement. pour autant qu'on peut la comprendre comme existant par elle-même. et si je dis: court. En premier. . sont des noms. — Ensuite (16b19). — Mais cela paraît faux. son esprit est suspendu pour ce qui est de quoi je le dis. c'est-à-dire. Il le prouve parce que l'on a dit. pour montrer que le verbe est un phonème doté de sens. il s'ensuit que les verbes mêmes. se comprennent sous les noms reçus communément. mais de ses œuvres. — Ensuite (16b20). Puisque agir ou pâtir mêmes sont aussi des choses. À ce [sujet]. Aussi les noms peuvent-ils s'assujettir et s'attribuer. mais non le nom. en premier. les concepts (voir note 6). tout comme les noms. il prouve son propos. l'agir ou le pâtir. à savoir. plus haut (#24): conceptiones intellectus. en premier. il signale que celui qui l'entend s'en tient [à elle]. Certains entendent cela des verbes qui sont pris avec valeur de nom. ni le verbe. en second (16b20). signifie une chose sous un mode défini. le nom. dits en eux-mêmes. et c'est pourquoi l'une et l'autre constituent des cas de verbe. les verbes de mode impératif ou optatif se disent des cas tout comme les verbes de temps passé ou futur. il manifeste son propos. soient qu'ils soient d'un autre mode. comme on l'a dit: soit qu'ils soient de mode infinitif. il fait deux [considérations]. Il ne s'agit pas ici de la faculté. En effet. que l'on prend le nom ici pour autant qu'il signifie communément toute expression affectée à signifier une chose. #66. Mais les verbes de mode indicatif de temps présent ne se disent pas des cas. Il dit donc. comme lorsque je dis: Courir est se mouvoir . — Cependant. nombres et personnes. Néanmoins. En effet. s'il est dit tout seul. signifient. #67. Aussi. pour autant qu'il se distingue du verbe. que les phonèmes dotés de sens signifient les intelligences50[50]. Et pour manifester cela. celui qui dit le nom ou le verbe tout seul fixe 50[50]Intellectus. C'est pourquoi. du fait qu'ils ne signifient pas le vrai ou le faux. le propre du phonème doté de sens est d'engendrer une intelligence dans l'esprit de l'auditeur. par contre. en second (16b21). les conceptions de l'intelligence. Mais cela n'est manifestement pas l'intention d'Aristote. de quelque personne ou nombre qu'ils soient. tout comme les noms non plus. du fait que les verbes signifient quelque chose. il présente ce à quoi il vise. #68. que les verbes eux-mêmes. comme lorsque je dis: ’Cours’ est un verbe.

53[53]Ens. mis tout seul. à savoir. par conséquent. il le prouve ensuite par ce de quoi il le paraît le plus. 52[52]Quidem. — Cela. instrument intellectuel qu'elle est. saint Thomas. à savoir. Cela fait plus artificiel en français. car52[52] tout seul il n'est rien. le grec et le latin — encore plus. c'est-à-dire. tant que l'on n'ajoute rien qui fixe sa signification. le verbe strict51[51] qu'est être. dans la lettre grecque. équivoquement et équivoque ont un sens trop fortement péjoratif pour rendre la ımvnum¤a et le ım≈numow grecs. où on se limite plus naturellement à adjoindre l'article à l'infinitif. aussi faut-il traduire de manière à laisser flotter cette fausse piste. car ne pas courir. d'autant plus que ce terme latin se veut la traduction de kathgor¤a. je préfère translittérer les termes grecs. comme dans la traduction latine. bien que délicat. En correspondance avec la traduction de praedicari par attribuer. qui porte à regarder l'homonymie comme principalement source de confusion et non comme le précieux. et dire homonymement et homonyme. Mais ici.» Là. et le verbe infini qu'est ne pas être. qui correspond à gãr. c'est-à-dire. aequivocum. ou du vrai ou du faux. tout verbe défini implique être. on peut comprendre cela comme dit généralement de tous les verbes. l'étant 53[53] lui-même. #69. qui décline de la perfection du verbe. en opposition à infini. par conséquent. et quant à cela. dit tout seul. que la chose soit ou ne soit pas. par ailleurs. même est. Je rétablis enim. dont il dit qu'il n'est rien — ainsi que l'explique Alexandre —. il a pris ce qui est la source et l'origine de l'être même. en effet. parce qu'étant se dit équivoquement54[54] des dix attributions55[55]. ne signifie cela tout entier. dont ni l'un ni l'autre. avant que le nom ou le verbe ne soit émis et que son émission ne soit achevée. ne signifie pas encore quelque chose à la manière de la composition et de la division. #70. dit tout seul. puisqu'il ne dispose pas de l'article pour marquer plus clairement un usage proprement nominal de l'infinitif — utilisent le participe présent. qui est l'intelligence de qui compose et divise le verbe même ou le nom dit tout seul. Bien qu'en effet. à savoir. l'auditeur s'en tient là. se laisse prendre par la connotation péjorative. 54[54]Aequivoce. de même que l'aequivocatio et l'aequivocum latins. 55[55]Praedicamenta. toutefois. les autres encore moins. — C'est pourquoi il ajoute aussitôt: «mais ne signifie pas encore si elle est ou n'est pas». aucun verbe. car1 tout seul il n'est rien. qui était en suspens. je traduis praedicamentum par attribution.l'intelligence quant à la première opération. n'est significatif de la vérité ou de la fausseté dans la chose. Il le prouve ensuite par les verbes qui veulent le plus signifier la vérité ou la fausseté. mais il ne fixe pas l'intelligence quant à la seconde opération. donc avec valeur de nom. ne signifie rien. on a: «Pas si on dit l'étant seul. même pour traduire les latins.» Pour prouver. Pour désigner l'être à la manière d'une chose qui existe par elle-même. c'est ne pas être courant. on doit noter qu'en grec. qui est la simple conception d'une chose. quand il ajoute: «Pas si on dit l'être seul. comme on va le voir à sa critique qui suit. Normalement. Et c'est le second [point] qu'il entend prouver. Puisqu'en effet. que les verbes ne signifient pas que la chose est ou qu'elle n'est pas. ne signifie pas non plus que l'on est ou n'est pas. que la chose soit ou ne soit pas. et que tout verbe infini implique ne pas être. En français. qui teinte déjà fortement les termes latins. et quant à cela. car courir. 51[51]Ipsum. . cela manifeste par conséquent qu'aucun verbe n'est significatif de l'être ou du non-être de la chose. il a dit que le verbe ne signifie pas si la chose est ou n'est pas. il ne fait pas que l'auditeur s'en tienne à lui. Ou bien. c'est être courant. tout équivoque3. Strict.

qu'une définition commune convienne. comme elle signifie la chose qui a l'être. puisque c'est ainsi que l'entend ici s. C'est pourquoi on doit expliquer autrement. C'est l'unique connotation que garde le français équivocité. mais de manière inégale. du fait de dire ce qui. cela se voit le plus quand l'on dit l'étant. mais désigne seulement une conjonction. il signifie adjoint à autre chose une composition. Par suite. à des choses qui. Mais la composition même qui est impliquée dans le fait de dire est. on le comprend de ce qui se dit tel en premier. car l'étant n'est rien d'autre que ce qui est. en en concédant la définition. à ce qu'[Ammonios] dit. l'homonymie — l'aequivocatio — consiste justement en cela. il semble bien signifier la chose. et que pas même étant ne signifie non plus que la chose est ou n'est pas. car s'il ne signifiait pas une chose. Aussi Porphyre explique-t-il autrement qu'étant ne signifie pas lui-même la nature d'une chose. Thomas. parfois cela est reçu avec la même expression. mais signifie plusieurs: parfois ceci. mais qui ne peut se comprendre sans les [éléments] extrêmes de la composition. — C'est pourquoi. #71. L'intérêt intellectuel est de procurer une connaissance approximative de choses que l'on n'arrive pas encore à définir proprement. tant aussi parce qu'une expression équivoque ne signifie pas rien. c'est-à-dire. mais elle la signifie en plus en tant qu'elle signifie la chose qui a l'être. signifie avec autre chose. qui a pris étant en lui-même comme quelque chose de spécial. — Mais comme cela est commun à tous les noms et verbes. en plus ou en moins. du fait de dire est. signifie en plus comme lorsque l'on disait que le verbe signifie en plus le temps. si l'expression l'étant signifiait principalement l'être. en vertu de cette ressemblance incomplète. [Aristote] en assigne la raison quand il ajoute: «Il signifie en plus une composition. à cause du nom commun. Mais cela non plus ne semble pas dit avec convenance. que même étant n'est rien. d'après ce qu'Ammonios explique. il ne serait ni nom ni verbe. mais signifie en plus. À insister trop uniquement sur ce risque. et déjà le latin beaucoup. parce que la composition dans laquelle consiste la vérité et la fausseté ne peut se comprendre sinon pour autant qu'elle relie les extrêmes de la composition. 56[56]Le même problème de mots resurgit: de fait. la différence entre ces choses qui le méritent d'abord ou par extension.Mais cette explication ne convient manifestement pas. mais seulement une conjonction. elle signifierait sans doute que quelque chose est. c'est-à-dire: ne signifie pas que quelque chose est. . pareille signification ajoutée de la composition ne suffit pas à la vérité ou à la fausseté. En effet. dit absolument. c'est-à-dire. cette explication ne semble pas non plus être conforme à l'intention d'Aristote. tant parce qu'étant ne se dit pas de manière strictement équivoque. elle ne le signifie pas principalement. Certes. C'est ce que veut dire «n'est rien». aussi [Aristote] ajoute-t-il qu'«il signifie en plus une composition. on finit par ne plus voir dans l'homonymie que ce risque de confusion et par en faire par définition une faute. à savoir. d'où. comme ne le sont pas non plus les prépositions ou les conjonctions. au point de nier nominalement l'équivocité pour la réaffirmer de fait. tant aussi parce que pareille explication ne fait pas grand chose à l'intention présente. comme le nom homme ou sage. pour suivre davantage les mots d'Aristote. Et ainsi. et l'être. équivoque. Mais il y a risque d'oublier. mais qu'il n'est pas possible de comprendre sans les composés». ne signifie pas le vrai ou le faux. partagent légitimement le même nom. mais avec de l'antérieur et du postérieur56[56].» On ne prend pas ici. on doit tenir compte que lui-même a dit que le verbe ne signifie pas que la chose est ou n'est pas.

L'homme est animal.e. i. aucun verbe ne signifie que la chose est ou n'est pas. c'est pourquoi il signifie à la manière du verbe. #73. Parce que. l'essence conçue animal. en regard du temps présent. Comme cet être même paraît bien une certaine composition. il ajoute que cette composition que signifie le verbe est ne peut se comprendre sans ses composantes. dit tout seul. le fait d'être conçu par l'intelligence comme absolument conforme à la réalité extérieure. parce que son intelligence dépend des extrêmes sans l'apposition desquels il n'y a pas intelligence assez parfaite de la composition pour qu'il puisse y avoir en elle du vrai ou du faux. soit absolument soit sous un certain rapport. certes. Comme cela peut se vérifier de n'importe quelle essence déterminée. Absolument. C'est pourquoi c'est par suite que le verbe est signifie la composition. car c'est le conforme à la réalité extérieure qui est en acte. il s'ensuit que lorsque nous voulons signifier que n'importe quelle forme ou n'importe quel acte inhère actuellement à un sujet. en effet. peut paraître signifier une composition dans laquelle il y ait du vrai ou du faux. ne signifie pas que quelque chose est. en regard des autres temps. nous composons spontanément cet être dans le temps présent avec toute notion d'une essence que nous croyons concevoir en conformité avec une réalité nommée. c'est qu'il ne la signifie pas principalement. . signifie être en acte . le sens est plus clair. comme on l'a en nos versions. sous un certain rapport. Leçon 6 Texte d'Aristote 57[57]Est signifie «en premier ce qui tombe dans l'intelligence par mode d'actualité absolument». je la crois conforme à la réalité nommée homme. Qu'en effet. l'actualité que signifie principalement le verbe est est communément l'actualité de toute forme ou de tout acte substantiel ou accidentel. bien qu'il signifie l'être. par ailleurs. i. qui est dans le temps présent. — La raison pour laquelle. qui signifie l'être. nous le signifions par le verbe est 57[57]. En effet. par ailleurs. i. avec la mesure de l'action réelle. mais par suite. il le prouve par le verbe est qui. il signifie en premier ce qui tombe dans l'intelligence par mode d'actualité absolument.#72. — Mais si l'on dit: «Pas si on dit l'être».e. pour exclure cela. par ailleurs. dit absolument. il dit que le verbe est signifie en plus la composition. est. d'où le verbe est.e.

il présente la définition de la phrase. et non pas chacune des parties. mais c'est alors un simple phonème. par convention. comme une expression59[59] mais non comme une affirmation. parce qu'il le supposait. À ce [sujet]. Toutefois. dans la définition de la phrase. comme on l'a dit. qui sont les principes matériels de l'énonciation. parce que cela ne se vérifie que du nom et du verbe. mais. il ne l'a pas mis dans sa définition. dont telle ou telle partie 58[58]. on doit tenir compte que le Philosophe. pour autant qu'ils en sont les parties. kayÉ aÍtã. qui est le principe formel de l'énonciation. secundum placitum. affirmative ou négative. fãsiw. il exclut une erreur. toutefois. Voir note 5. Un terme assez général pour recouvrir le nom et le verbe. parce que la signification de la phrase diffère 58[58]Partium aliquid. ris n'est pas doté de sens. le Philosophe traite maintenant de la phrase. met en premier ce en quoi la phrase ressemble au nom et au verbe. 60[60]Secundum se. toute phrase est dotée de sens non pas comme un organe61[61]. mais non que cela est ou n'est pas. [la partie] a une signification. 59[59]Dictio. Voir note 41. dans souris. La traduction de Tricot. t«n mer«n ti. est [elle-même] dotée de sens. En premier.Chapitre 4 [24] La phrase est un phonème doté de sens. Telle ou telle partie. lorsqu'il dit: «La phrase est un phonème doté de sens». Dans les [noms] doubles. La signification d'une phrase se compare à la fonction d'un organe. mais pas l'énonciation. comme on l'a dit. — Sur le premier [point]. katå sunyÆkhn. il fait trois [considérations]. …w ˆrganon. en effet. mais pas toute seule60[60]. [27] Par ailleurs. en second (16b28). mais alors que l'organe a sa fonction par nature. #75. [25] Je veux dire comme homme signifie quelque chose. alors que toute énonciation est soit affirmation soit négation. . — Après avoir traité du nom et du verbe. séparée. pour ne pas répéter fréquemment la même chose. parties principales de la phrase. 61[61]Sicut instrumentum. en troisième (16b33). pour autant qu'elle en est le genre. énonciation. la phrase tient sa signification par convention. comme le veut Tricot. il l'explique. du fait qu'il l'avait mis dans la définition du nom. Il le répète cependant dans la définition de la phrase. il a aussi mis cela dans la définition du nom et il a prouvé du verbe qu'il signifie quelque chose. par effort de brièveté. de fait encore. [26] Tandis que [ce n'est] pas le cas pour une seule syllabe d'homme . Commentaire de saint Thomas #74. puisque l'intention d'Aristote est justement de définir la phrase par le fait qu'aucune de ses parties n'a de sens comme énonciation. — même si fãsiw peut revêtir ce sens en d'autres contextes — est un absurde contresens. Il n'y aura affirmation ou négation que si l'on ajoute quelque chose.

l'accord avec pars demanderait le nominatif aliqua. encore moins comme une négation. Par exemple: «Si le soleil luit sur la terre.» Et il en va pareillement de beaucoup de cas. qui renvoie à l'intelligence composée. aussi. #77. ne signifient pas quelque chose d'absolu. — Néanmoins. Plus haut. en raison des négations et des autres syncatégorèmes. La grammaire est un peu torturée. que l'on définit ici la phrase de manière commune. n'importe laquelle. c'est le jour. on a dit que la partie du nom ne signifie rien toute seule. séparée. il y a deux significations du phonème: l'une. [tandis que] la seconde ne concerne pas la phrase. Ainsi. laissant l'impression qu'on va en faire un complément de significativa. qu'elle ne paraît pas convenir à toutes les parties de la phrase. C'est pourquoi. séparée. lorsqu'on donne la définition d'une espèce. la précision de deux serait patronymique… 63[63]Cuius pars est significativa aliquid separata. Par ailleurs. on comprend la définition en rapport à ce qui est en acte. qui renvoie à l'intelligence simple. on doit mettre dans la définition ce qui est commun à la phrase simple et à la composée. avoir des parties qui signifient quelque chose comme une affirmation concerne la seule phrase composée. ne signifie pas quelque chose comme une affirmation. Porphyre répond qu'en tout genre où on trouve de l'antérieur et du postérieur. mais seulement la relation d'une chose avec une autre. en effet. Aussi. comme. si une partie de la phrase. À cela. oubliant. il met ensuite cela en quoi la phrase diffère du nom et du verbe. et partium aliquid comme certaine des parties. peut-être en confondant significativa avec significans. Cependant. tandis qu'avoir des parties qui signifient quelque chose à la manière d'une expression et non à la manière d'une affirmation est 62[62]Sed solum quod est coniunctum ex duabus partibus. — En second. Le sens de la remarque commande que l'on entende pars aliqua comme une partie.de la signification du nom et du verbe. qui se compose d'un nom et d'un verbe. dans le genre de la phrase. Il n'y a apparemment pas de raison d'éloigner ainsi aliquid de pars. Ou est-ce l'affirmation que le nom n'a de sens que formé de toutes ses syllabes? Mais alors. . Aspasios objecte. double. Aussi ajoute-t-il: «Comme une expression. parce que la négation. comme le nom et le verbe. qu'Aristote appelle justement diploËw. tandis que la phrase signifie l'intelligence composée. Il est difficile de faire du sens avec ce bout de phrase sans lui faire violence. contre cette définition. par exemple. Or. que cela gouvernerait le génitif et introduisant un changement n'a aucune pertinence dans le contexte. est [elle-même] dotée de sens». non à ce qui est en puissance. de l'homme. est dotée de sens63[63]» mais «dont telle ou telle partie est dotée de sens». dans ce chapitre (voir [26])? C'est en le prenant ainsi que je traduis. non à la manière d'une affirmation. séparée. ici. qui. l'autre. en tant que phonème. Est-ce une allusion à l'exception apparente du nom composé. la première signification concerne la phrase. mais non comme une affirmation. la phrase simple est antérieure. à moins qu'il ne soit formé de deux parties62[62]. comme Alexandre et Ammonios. il suit qu'Aristote a d'abord défini la phrase simple. Il y a des phrases. Ou on peut dire. ajoute encore à l'affirmation. on doit définir ce qui est antérieur. puisque le nom ou le verbe signifient l'intelligence simple.» Cela revient à dire: la partie de la phrase est dotée de sens à la manière dont une expression a une signification. #76. dont les parties signifient quelque chose comme une affirmation. par contre. il fait mention seulement de l'affirmation et non de la négation. lorsqu'il dit: «Dont chacune des parties. pas n'importe laquelle. C'est avec clarté qu'il n'a pas dit: «Dont une partie. mais la partie de la phrase. en effet. par exemple. tout seuls. à cause de sa simplicité.

cette définition convient tant à la phrase complète qu'à l'incomplète. du fait que des parties ne paraissent appartenir qu'à une chose complète. sans se prononcer sur sa réalité. fÆmi et fãsiw se rapportent souvent à l'acte de dire oui. ne dictio pro affirmatione sumatur…» Comme j'ai choisi antérieurement de traduire dictio par expression. Alexandre et Ammonios. qui se composent de parties qui. il y a dire et dire. prises séparément. et il ajoute non comme une affirmation. bien que toutes les parties renvoient principalement à un tout complet. En grec aussi. et cela. s'il s'agit de la disjonctive la plus forte. Pour comprendre. comme les pierres renvoient à la maison par l'intermédiaire du mur. La conditionnelle apportée en exemple n'affirme ni que «le soleil luit sur la terre». mais qu'il appartient à la notion de phrase que sa partie soit quelque chose qui signifie à la manière d'une expression. seule la phrase complète a des parties dotées de sens. par l'intermédiaire de parties principales dont elles sont des parties. tandis que d'autres. c'est-à-dire. il faut parler d'affirmation par extension et amputer le principal de sa signification. que cette définition de la phrase se donne seulement de la phrase complète. . et les membres organiques à l'animal. que la phrase conditionnelle a de plus que la phrase simple que même ses parties signifient à la manière d'une affirmation. Ainsi donc.commun à la phrase simple et à la composée. qui n'affirme déterminément aucune de ses parties. 66[66]En chaque langue. la seule chose affirmée est la conséquence entre les deux. ces réponses ont le tort de concéder trop universellement qu'une partie de la phrase composée signifie comme une affirmation. Aristote dit fréquemment exprimer pour affirmer. qui a elle aussi des parties dotées de sens. y renvoient immédiatement. D'après cette [interprétation]. pas en l'une de ses parties. Ce n'est pas toujours le cas. Il en va de même dans la disjonctive. pour qu'expression ne soit pas pris pour affirmation65[65]. sont déjà des énonciations simples complètes. l'exprimer. et c'est seulement toute entière que la phrase conditionnelle l'affirme. il se trompait. les réserver à la simple expression d'une chose conçue. 66[66] Le philosophe que l'on appelle Jean le grammairien a voulu. comme s'il disait. comme le fait Aristote ici. C'est pourquoi c'est cela qu'il devait mettre dans la définition de la phrase. plus insistant. comme Porphyre. plus fort que le seul dire. il vaut mieux traduire ici dicere par exprimer. pour garder la correspondance lexicale que le contexte commande. selon le sens de Porphyre. il ajoute que la partie de la phrase signifie comme une expression. que l'on ne prenne pas maintenant expression en ce que c'est la même [chose] qu'affirmation. Mais on peut aussi. certaines parties. et on peut dire que la chose en va ainsi qu'on l'a dit. C'est pourquoi. la disjonctive affirme seulement que ses parties ne sont pas toutes fausses en même temps. et user d'un terme plus fort. Aussi. parce que. 64[64]Telles que formulées. ni toutes vraies. par ailleurs. d'après lui. Le cas est différent. cependant. Ici toutefois. c'est seulement toute entière qu'elle le fait. la main et le pied et ainsi de suite. Comme. on ne doit pas comprendre qu'il appartienne à la notion de phrase que sa partie ne soit pas une affirmation. comme les murs et le toit à la maison. avec les conjonctives et les causales. l'amener à l'attention de l'intelligence. et les nerfs et les os à l'animal par l'intermédiaire des membres organiques. 65[65]«Ponit dicere pro affirmare. toutes les parties de la phrase renvoient principalement à la phrase complète. d'affirmer. bien qu'elle diffère quelque peu quant à ses mots64[64]. et non à la manière d'une affirmation. La solution de Porphyre revient au même quant à son sens. en effet. à savoir. pour indiquer qu'il y a jugement sur la réalité de ce que l'on a conçu: katãfhmi est ainsi un peu l'équivalent de notre dire que. de se prononcer sur la réalité. On peut dire quelque chose simplement comme cela. dont une partie est la phrase incomplète. ni même que «c'est le jour». dite exclusive. toutefois. comme toutes les parties de la maison renvoient à la maison. simplement nommer la chose.

cela ne signifie pas quelque chose tout seul. en tant qu'elles sont des parties d'un nom de la sorte. On pourrait rattacher cela à ce que l'on vient tout juste de dire. que l'on institue pour signifier une chose simple à partir d'une intelligence composée. Peut-être: «Cela». mais non si on lui ajoute une seule syllabe d'un nom. qui est une partie de phrase. ce que je prononce ris est parfois une expression qui signifie toute seule. les syllabes qui peuvent être des expressions. On doit savoir. mais en tant qu'elle est simple en sa signification. dans le composé lui-même et en autant qu'elles sont des expressions. #79. cependant. non pas pour autant qu'il se trouve de fait composé avec un verbe dans une énonciation toute formée. parce qu'il ne signifie pas que ce soit ou ne soit pas. mais non des parties du nom ou du verbe. En premier. En effet. à savoir. que sont les syllabes ou les lettres. mais c'est dans sa signification qu'elle a sa simplicité. — Ensuite (16b30). il en exclut une fausse intelligence. mais de la manière dont on l'a dit plus haut (#45). On peut en effet ajouter quelque chose par l'addition de quoi se fasse l'affirmation ou la négation. . on doit comprendre cela des parties desquelles immédiatement se constitue la phrase. du nom et du verbe. c'est-à-dire. comme on appelle proprement la partie d'un tout ce qui intervient immédiatement pour la constitution du tout. il exclut une fausse intelligence. «mais seulement en puissance». si on lui ajoute le verbe. et non la partie de sa partie. «je le dis non pas en acte». Cependant. il explique la définition présentée. séparée. c'est-à-dire. seulement pour autant qu'on le regarde seul. il manifeste que ce que l'on dit est vrai. Il explique donc ce qu'il a dit. c'est-à-dire. signifient quelque chose. il signifie quelque chose. une expression se compose de plusieurs phonèmes. pour autant qu'elle signifie une intelligence simple. que. à savoir. dans les noms composés. qui peuvent parfois être des expressions qui signifient toutes seules. mais ne sont pas des phonèmes qui signifient tout seuls. que telle ou telle de ses parties. c'est-à-dire. elle ne peut avoir de partie qui ait une signification. Par suite. les parties signifient quelque chose en apparence. peut être dotée de sens. Il manifeste cela pour les syllabes. dans la définition de la phrase. que «telle ou telle partie» de la phrase est dotée de sens: [il en va] comme du nom homme. les syllabes sont certes des phonèmes. seulement en puissance à lui être uni. 67[67]Phrase d'intelligence difficile. est dotée de sens. C'est pourquoi aussi. à savoir. il faut qu'on le rattache à ce que l'on a dit plus haut. mais ne signifie pas comme une affirmation ou une négation. séparément. mais elles ne signifient pas quelque chose toutes seules. mais seulement en puissance 67[67]. lorsqu'elles entrent dans la composition du nom. séparé du verbe. de sorte que le sens serait que le nom sera affirmation ou négation si quelque chose lui est ajouté. C'est pourquoi il ajoute que dans les noms doubles. quoique non pas une partie de nature à être une seule syllabe d'un nom. dans les noms composés. à savoir. — Ensuite (16b28). Et je dis cela non pas en acte. mais non en vérité. C'est pourquoi on dit que la partie de la phrase. en tant qu'elle est un phonème composé. Mais parce que les mots qui suivent ne conviennent pas avec ce sens. elle peut avoir une partie qui soit phonème. mais en tant qu'on le prend comme une syllabe unique du nom souris. mais c'est un simple phonème. Par exemple. que le nom ne se prononce pas sur la réalité de ce qu'il désigne. en second (16b30).#78.

avec lesquels on forme le phonème. la phrase. son instrument est la phrase. par l'institution humaine de la raison et de la volonté. Leçon 7 68[68]Virtus.#80. donc. Comme cela fait encore plus métaphore de nommer organe l'instrument artificiel. comme on le prouve au troisième [livre] De l'âme (ch. en effet. car l'intelligence n'est pas l'acte d'un corps. que. avec lesquels on distingue les sons en lettres et en articulations. C'est la raison elle-même. d'ailleurs. la phrase et ses parties ne sont pas des choses naturelles. en effet. Il y a eu des gens. mais au-dessus de toute nature corporelle. or la capacité70[70] d'interpréter est naturelle à l'homme. — Ensuite (16b33). et ses parties sont comme des effets produits par la faculté d'interpréter avec les instruments nommés. qui meut la faculté corporelle motrice à [produire] des œuvres artificielles dont la raison use aussi comme d'instruments. Il faut qu'une faculté68[68] naturelle possède ses instruments69[69] naturels. de cette façon elle n'est pas une faculté naturelle. que la faculté motrice use d'instruments naturels. 70[70]Potentia. Aristote dit que toute phrase est dotée de sens. si nous n'attribuons pas la faculté d'interpréter à la faculté motrice. la phrase est quelque chose de naturel. je traduis instrument. pour dire que la phrase et ses parties signifient naturellement et non par convention. elle. D'où la traduction d' ˆrganon. et la langue et les dents et les lèvres. ˆrganon. comme de bras et de mains. 69[69]Instrumentum. mais naturellement. 4). en organe. ses instruments sont naturels. C'est pourquoi il ajoute que la phrase signifie par convention. en effet. Le mot grec désigne tout aussi bien un organe naturel qu'un instrument artifi- ciel. il exclut une erreur. mais des produits artificiels. De même. mais à la raison. comme on l'a dit plus haut (#46). . dans un livre qui s'intitulait Cratyle. de même la faculté d'interpréter use de la gorge et d'autres organes naturels pour faire une phrase. Il serait tentant de traduire de la sorte instrumentum. De cette manière. que l'on dit être de Platon. ils usaient d'un raisonnement comme suit. parce que la nature ne fait pas défaut dans le nécessaire. Mais saint Thomas joue un peu sur les deux plans. pour parler d'un instrument de l'art. car c'est par la phrase que la faculté d'interpréter interprète le concept de l'esprit. la raison peut aussi user de la phrase et de ses parties comme d'instruments. Pour le prouver. Donc. dans le texte d'Aristote. cependant. c'est-à-dire. malgré une certaine violence que comporte de nommer ainsi des organes naturels. car les instruments naturels de la faculté d'interpréter sont la gorge et les poumons. pour produire des œuvres artificielles. — En répliquant à ce raisonnement. le mot latin déjà moins bien. [mais] non comme l'instrument d'une faculté naturelle. ici. sans qu'ils ne soient les instruments d'une faculté corporelle. qui ne signifie pas par institution humaine. sans qu'ils ne signifient naturellement. et en français. instrument fait plutôt métaphore pour parler d'un organe naturel. et réciproquement organe. Par ailleurs. de même qu'aussi toutes les œuvres d'art sont causées par la volonté et la raison humaines. Par suite. #81. On doit savoir. nous appelons instrument ce avec quoi un agent opère.

dans la troisième (17a26). Par ailleurs. qui provient de ce qui s'ajoute à la simple énonciation. on ne trouve pas de vérité et de fausseté. du fait de dire: «Ce n'est pas toute phrase qui est énonciative…». et la définition de l'énonciation. bien qu'elle ne soit pas l'instrument d'une vertu qui opère naturellement. en troisième (17a4). il montre qu'avec cette définition. c'est de signifier la conception de l'intelligence. En premier. c'est la [phrase] énonciative qui [relève] de notre considération présente. mais [seulement] celle dans laquelle il y a du vrai ou du faux». — Après avoir traité des principes de l'énonciation. on doit tenir compte que la phrase. en disant que «ce n'est pas toute phrase qui est énonciative. qui est l'usage de l'instrument. comme aussi de tout phonème doté de sens. il traite de l'opposition de ses parties entre elles. comme on l'a dit plus haut (#81). comme on l'a dit plus haut (#15). il la divise. il traite de l'énonciation absolument. il fait trois [considérations]. on doit tenir compte qu'Aristote use d'une brièveté étonnante: il signale à la fois la division de la phrase. par exemple. Dans la première. [30] Laissons donc de côté les autres — leur examen est plus approprié à la rhétorique ou à la poétique. du fait de dire: «…. C'est pourquoi il définit la phrase énonciative par la signification du vrai et du faux. il définit l'énonciation. il présente la définition de l'énonciation. — Sur le premier [point]. dans la seconde (17a23). la prière est une phrase. dans la seconde (19b5). Sur le premier [point]. le Philosophe commence ici à traiter de l'énonciation même. #83. il montre que l'on doit traiter de la seule énonciation. il y a deux opérations de l'intelligence: dans l'une d'elles. [29] on ne trouve pas [cela] dans toutes. La première partie se divise en trois parties. Là. Cette partie se divise en deux [autres]: dans la première. Commentaire de saint Thomas #82. et l'usage de la phrase. est tout de même l'instrument de la raison. tandis que dans l'autre on trouve du vrai ou du faux. Et cela. mais [seulement] celle dans laquelle il . mais [seulement celle] dans laquelle on trouve le fait de dire vrai ou de dire faux. l'énonciation se différencie des autres espèces de la phrase.Texte d'Aristote [28] Toute [phrase] n'est pas énonciative. de la diversité des énonciations. Or tout instrument doit se définir par sa fin. en second (17a3). mais ni vraie ni fausse. [c'est] au second livre.

à porter l'attention de son esprit: c'est à cela que va la phrase vocative. à laquelle se réduit la phrase optative. La dubitative.» #84. à répondre avec sa voix: c'est à cela que va la phrase interrogative. dans lequel il y a du vrai ou du faux. #85. certes. dans la composition de laquelle n'entre pas de verbe. la déprécative. l'interrogative et la vocative. en second. l'impérative. on dit qu'il y a du vrai ou du faux dans l'énonciation comme dans le signe de l'intelligence vraie ou fausse. qui comporte une pensée complète. parmi ces phrases. et dans la chose [qu'il est] comme en sa cause.y a du vrai ou du faux». mais seulement dans l'énonciative. car en regard de son supérieur. de manière à ce que l'on comprenne que ceci est la définition de l'énonciation: «L'énonciation est une phrase dans laquelle il y a du vrai ou du faux. mais il n'y a de phrase vocative que si plusieurs [mots] sont associés. par ailleurs. face aux subordonnés. — Néanmoins. comme elles ne font pas un sens parfait dans l'esprit de l'auditeur. mais comporte aussi dans sa fonction de diriger les autres [facultés] d'après son concept. classée parmi les phrases parfaites. on provoque ou excite l'esprit de l'auditeur à porter attention. il est manifeste qu'elles ne signifient pas le vrai ou le faux. Par contre. Il s'ensuit que toutes les formes des phrases dans lesquelles on trouve du vrai ou du faux sont contenues sous l'énonciation. la phrase déprécative. Cependant. on doit savoir qu'il y a cinq espèces de phrase parfaite. comme on l'a dit plus haut (#76). on ne doit pas comprendre que le simple nom de cas vocatif soit une phrase vocative. comme on le dit au livre des Attributions (ch. comme si je dis: «Mon très cher Pierre!»71[71]. — Cependant. à se mettre à l'œuvre: c'est à cela que va. Or c'est dans trois [directions] qu'un homme est dirigé par la raison d'un autre: en premier. face aux supérieurs. c'est seulement dans l'énonciative qu'il y a du vrai ou du faux. l'énonciation se différencie des autres phrases. Et certes. se réduit à l'interrogative. à savoir: l'énonciative. 4). comme aussi l'optative à la déprécative. ch. mais c'est dans l'esprit qu'est le vrai ou le faux comme en son sujet. en troisième. #86. . qui signifie ce que l'esprit conçoit sur les choses. et. on n'a de pouvoir moteur que par l'expression de son désir. 5). parce que l'intelligence ou raison non seulement conçoit en ellemême la vérité de la chose. pour les phrases imparfaites. de même aussi il y ait d'autres phrases pour signifier l'ordre de la raison d'après lequel elle dirige les autres [facultés]. Comme. que certains appellent indicative ou suppositive. ces quatre espèces de la phrase ne signifient pas le concept même de l'intelligence. parce que. il montre qu'avec cette définition. parce que. il est manifeste qu'elles n'expriment pas parfaitement le jugement de la raison. — Ensuite (17a3). il s'ensuit qu'en aucune d'entre elles on ne trouve de vrai ou de faux. dans lequel consiste le vrai ou le faux. donc. Toutefois. car il faut que l'une des parties de la phrase signifie quelque chose séparément. mais un certain ordre qui en découle. il reste étonnant de voir la phrase vocative. la phrase impérative. c'est du fait que la chose est ou n'est pas que la phrase est vraie ou fausse. Mais ceci mis de côté. il était nécessaire que. par la [phrase] vocative. de même que par la phrase énonciative se trouve signifié le concept même de l'esprit. 71[71]Même avec la composition de plusieurs mots. comme on le dit au sixième livre de la Métaphysique (V.

Aussi. il montre que l'on doit traiter de la seule énonciative. comme le Philosophe le dit dans sa Rhétorique.#87. le démonstrateur n'use à sa fin que de phrases énonciatives. . Il dit que les quatre autres espèces de la phrase sont à laisser de côté. qui concerne le fait d'appliquer un auditeur à une chose. mais aussi par les dispositions de l'auditeur. quant à ce qui concerne notre intention présente. mais à l'étude de la grammaire. C'est pour cela que les orateurs et les poètes s'efforcent le plus souvent d'émouvoir leurs auditeurs. La raison en est que l'étude de ce livre vise directement la science démonstrative. car elles signifient les choses selon que leur vérité se trouve dans l'esprit. tombe proprement sous l'étude de la rhétorique ou de la poétique. tandis que l'orateur et le poète conduisent à adhérer à la chose qu'ils visent non seulement par ce qui lui est propre. en les excitant à des passions. en raison de ce qu'il signifie. dans laquelle l'esprit de l'homme est amené moyennant une raison à adhérer à une chose. Tandis que la phrase énonciative appartient à notre étude présente. C'est pourquoi l'étude des dites espèces de la phrase. — Ensuite (17a4). car leur étude convient davantage à la science rhétorique ou poétique. dans la mesure où on y étudie la construction correcte des phonèmes. mais à partir de ce qui lui est propre.