Vous êtes sur la page 1sur 2

Introduction :

8 quatrains analysés, forme régulière avec des rimes croisés


29e poème de "Spleen et idéal" (Mélancolie, élévation)
poème ambivalent: description d'un corps en decomposition
dimension romantique, bucolique, idyllique dans les 4 premières strophes où
Baudelaire se promène avec sa compagne, contraste direct quand ils finissent par
rencontrer le corps en putréfaction.

Strophe n°1 :

adjectifs qualificatifs "putrides, noirs, épais" : souci de rendre compte


précisément de la description du cadavre -> hypotypose (figure de style consistant
en une
description animée, une peinture vive et frappante)

rimes "putride, liquide" : qui est en train de pourrir/résultat de la pourriture,


transformation à l'état liquide

stades de la vie de l'insecte : "larve, mouche, liquide"

expression "noir bataillon" : larves comparées à une armée qui part à l'assaut du
corps de l'animal pour le détruire

oxymore "vivants haillons" : charogne, animal mort mais qui fait venir la vie sur
elle avec des insectes morts tels que des vers, ce qui crée encore un rapprochement
avec la poésie qui peut redonner vie à un corps mort

deux enjambements : "noirs bataillons de larves, le long de ces vivants haillons"


vers qui coulent sur les suivants qui mime par la forme poétique cet écoulement
des larves, de liquides épais

spectacle vivant visuellement, avec notamment des allitérations en r qui miment le


bruit de grouillement des larves sur le corps qui viennent contribuer au réalisme

Strophe n°2 :

verbes d'action "descendait, vivait, montait" qui viennent contrebalancer la mort


du cadavre

adjectif "vague" : polysémie du mot avec le sens de la vague qui anime la strophe
puis en tant qu'adjectif montrant le côté indéfini de cette charogne
la charogne va stimuler l'imagination du poète à partir de ces larves qui animent
le corps

indéfini "on eût dit que le corps"

vocabulaire qui renvoie à la vie : "descendait, montait", lorsqu'on respire,


"vivait, souffle" qui sont des synonymes de vie

Cette deuxième strophe montre l'estompation des contours de la charogne vis-à-vis


de la description détaillée qu'on en a fait à la strophe précédente
Paradoxe d'une vie qui anime un corps mort et le début de l'appel à l'imaginaiton

Strophe n°3 :
le poète sous entend une dimension microcosme/macrocosme, de petites entités qui
constituent à elles-même un monde : en regardant cette charogne, le poète a
l'impression de voir un second monde
aussi, avec le terme "beau", on a : mundus (monde) = kosmos, leur première
définition est le beau et renvoie donc à la beauté alors que c'est un animal en
putréfaction
présence d'une dimension musicale, comme avec des allitérations en r où Baudelaire
esthétise le bruit dans la strophe présente
"musique" rime avec "rythmique", deux termes qui renvoient à l'art, à la musique et
qui renvoient aussi au rythme d'une poésie
métaphores renvoyant aux éléments naturels et aux formes de vie : "eau, vent,
grain" (fruit d'une moisson, blé parvenu à maturation) qui cultivent ce paradoxe
vie/mort

Vous aimerez peut-être aussi