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1ère partie : de la communauté à l’union européenne : l’intégration par les marchés Chapitre 1 : la communauté économique européenne Introduction : les premières étapes de l’intégration européenne : la création de la CECA (1951) 3 phases du processus d’intégration européenne : 1) signature du traité de Rome (mise en place du marché commun en 1957) jusqu’au début des années 70. Elle est marquée par l’application du traité de Rome ainsi que par la mise en place des politiques sectorielles communes (PAC, …) 2) début des années 70 jusqu’au milieu des années 80 : elle est marquée par la stagnation voire le recul de l’intégration européenne (euro stagnation ou europessimisme) 3) fin des années 1980 avec la mise en place de l’acte unique (1986) puis la signature de Maastricht (1992) et le projet de l’UEM (union économique et monétaire). Elle se caractérise par l’accélération du processus avec l’acte unique (marché unique et de l’espace financier européen) et l’UEM en 1999 lancée par le traité de Maastricht qui prévoit aussi la coordination des politiques macroéconomiques. Il y a eu plusieurs élargissements : -élargissement vers le sud : dans les années 1980 avec l’Espagne, le Portugal et la Grèce -milieu des années 1990 : Autriche, Suède et Danemark -en 2004 : les PECO (pays d’Europe centrale et orientale) + Chypre et Malte  Extension territoriale avec des élargissements, des réformes importantes mais aussi dynamisme important les 20 années précédentes. Les performances économiques sont meilleures que celles des Etats-Unis et du Japon (taux de croissance plus rapide, et taux de croissance de progression du PIB/habitant meilleur) PIB/tête (au milieu des années 80) : 100 pour la CEE 113 pour le Japon 155 pour les Etats-Unis Il y a donc des bénéfices considérables pour la France. Des études montrent que la création de la CEE n’a pas seulement provoqué un déplacement du courant d’échange vers les pays européens mais a engendré des flux nouveaux. Autre bénéfice considérable : la mise en place de la PAC inspirée par la France. La PAC était à la base la transposition de la politique agricole française vers les autres pays européens. Toutefois les secousses successives qui ont perturbé l’économie mondiale dans les années 70 (écroulement du système de Brettons Wood = système de taux de change fixe, choc pétrolier de 1973) ont frappé l’Europe plus durement que les Etats-Unis. A partir des années 80, l’écart ne cesse de se creuser au profit des Etats-Unis. C’est la volonté de combattre cette situation de déclin relatif de l’Europe depuis le milieu des années 1980 qui a justifié la relance de l’intégration européenne dans les années 1990. UE (15) PECO ALENA Etats-Unis Japon 1 Exportations (en % du total mondial) Taux de croissance moyen annuel du PIB (90-2001) Taux de croissance moyen annuel du PIB/hab. (90-2001) Population en 2001 50,1 2,1 1,4 379 (6,2%) 4,3 -1,1 0,4 98 (1,6%) 15,8 3 1,8 412 (6,7%) 3 2 278 (4,5%) 4,3 1,2 0,9 98 (1,6%) Les élargissements ont rendu le processus de prise de décision de plus en plus difficile à cause de la divergence d’opinion des différents pays. C’est la raison pour laquelle on a voulu que l’élargissement et l’approfondissement de l’intégration aillent de pair (coordination d’autres politiques macroéconomiques). L’approfondissement a été difficile avec l’échec du traité de Nice en 2000, avec le non français et néerlandais au référendum pour le traité européen et plus récemment avec le nom de l’Irlande. La souveraineté des Etats s’en trouve profondément affectée. 1ère partie : de la communauté à l’union européenne : l’intégration par les marchés. La 1ère étape de l’intégration européenne : l’objectif était de promouvoir l’intégration par le développement des marchés. 2ème partie : les principales conceptions théoriques de la dynamique de l’intégration européenne. On distingue 3 conceptions : -intergouvernementale -néo fonctionnaliste (« déséquilibre créateur ») -néo constructiviste (conception hybride des 2 précédentes) Conception intergouvernementale : elle considère que les processus d’intégration européenne relève des initiatives des Etats. Ils considèrent que l’intégration européenne est le résultat d’un marchandage entre les Etats membres. Elle met l’accent sur le rôle de l’acteur étatique, sur le rôle des Etats notamment les plus puissants comme moteurs de l’intégration. Exemples : - le mise en place du marché commun est le résultat d’un marchandage entre la France épaulée par l’Italie et l’Allemagne épaulée par les Pays-Bas. L’Allemagne voulait la mise en place d’un marché commun et la France voulait la PAC -l’unification monétaire européenne : marchandage entre la France et l’Allemagne. La France voulait la monnaie unique et l’Allemagne voulait la réunification. Les processus d’intégration ne sont pas irréversibles. Il peut y avoir du recul si les Etats le désirent. Approche néo fonctionnaliste : elle s’est développée à partir des années 1980. La dynamique du processus d’intégration internationale est devenue extérieure aux états et elle est de nature institutionnelle. Il faut chercher la dynamique du processus d’intégration européenne dans l’économie mondiale. Si les processus avancent, c’est que les capitaux et les institutions internationales le permettent. Ce processus relève de la théorie du « déséquilibre créateur » qui a inspiré le processus d’intégration dès son début, de Jean Monnet à J. Deloss. Cette conception de déséquilibre créateur considère que la dynamique du processus d’intégration est interne au processus lui-même, la mise en place d’une politique commune dans un domaine donné entraîne à la mise en place de politiques dans d’autres domaines. 2 Exemples : -le traité de Rome a mis en place le marché commun. Le marché commun prévoit la remise en cause de la protection douanière de la production des marchandises des pays membres. La mise en place du marché commun pour les produits entraîne la mise en place de la libéralisation d’un marché unique des services notamment financiers selon la conception du « déséquilibre créateur ». -l’unification des politiques monétaires doit entraîner l’unification des autres volets des politiques macroéconomiques budgétaires et fiscales.  Conception néo constructiviste : après la mise en place de l’union économique et monétaire, dans les années 90, conception hybride des 2 théories précédentes. Elle considère que l’union européenne constitue un système de gouvernance unique au monde. Ce système se caractérise par une multitude d’autorités qui interagissent entres elles à différents niveaux : les Etats nations, les autorités européennes et les autorités régionales. 1ère partie : de la communauté à l’union européenne : l’intégration par les marchés Chapitre 1 : la communauté économique européenne (CEE) Introduction : les 1ères étapes de l’intégration européenne : la création de la communauté européenne du charbon et de l’acier (1951) L’Europe est en ruine dans un contexte de guerre froide entre l’union soviétique et les Etats-Unis. La création de l’Europe relève de 3 volontés : -des élites européennes d’inspirations chrétiens démocrates surtout pour éviter les guerres entre pays européens qui ont abouti au déclin de l’Europe -les Etats européens pour relancer les économies -les Etats-Unis qui ont beaucoup favorisé la mise en place du marché commun La CECA fut la première étape du processus d’intégration européenne. C’est le résultat d’une initiative française. En 1950, Schumann, ministre des affaires étrangères de la France à l’époque a proposé dans une déclaration solennelle de placer sous une autorité commune la mise en place du charbon et de l’acier pour les Etats européens notamment. Contexte : les américains voulaient favoriser la croissance allemande pour pouvoir s’opposer à l’URSS mais la production de l’Allemagne était liée à la production de charbon et d’acier Les objectifs de Schumann : il voulait favoriser la réalisation d’avancées de l’Europe via l’unification économique. Il préférait la mise en place d’institutions supranationales indépendantes des Etats 6 Etats adhèrent : France, Italie, RFA et le Benelux 1er président : Jean Monnet. C’est le premier commissaire au plan, il est considérait comme le père de l’Europe. I. Le marché commun : de l’approfondissement (1958-1970) à la stagnation de l’intégration européenne A. Le marché commun (1957) Mis en place après la signature du traité de Rome. Contexte historique : mise en place de la CECA, le Benelux adresse à ses partenaires en 1955 un mémorandum qui propose la mise en place d’un marché commun général et la mise en place de politiques sectorielles notamment dans 3 les transports et l’énergie nucléaire. La réaction française fut au début prudente. Le patronat français était hostile à l’abolition des barrières de douanes qui protégeaient les productions nationales. Il y avait une opposition entre 2 positions : -les néerlandais et les allemands favorables à la mise en place du marché commun mais réservés pour les politiques communes. -les français favorables surtout à la mise en place des politiques communes Le traité de Rome constitue un compromis entre ces 2 positions : -mise en place du marché commun -mise en place de la PAC (1962) -mise en place de l’association de l’Afrique coloniale à la communauté européenne Traité de Rome signé en 1957 B. Les différentes formes d’intégration économique des Etats Le marché commun constitue une des 4 formes d’intégration économiques entre Etats : -zone de libre échange -union douanière -marché commun -union économique et monétaire Zone de libre échange : les pays membres décident d’abolir les droits de douanes pour les échanges intérieurs à la zone (ex : zone de libre échange mise en place par l’Angleterre) Union douanière : zone de libre échange + mise en place d’un tarif extérieur commun par l’ensemble des pays de l’union (exemple : les 3 pays du Benelux) Marché commun : union douanière + libéralisation des marchandises mais aussi des mouvements de capitaux et des mouvements de personnes Union économique et monétaire : marché commun + unification des politiques monétaires, harmonisation des politiques macroéconomiques fiscales et budgétaires des pays membres avec le traité de Maastricht en 1992 C. Les caractéristiques du marché commun Le traité de Rome prévoyait la libre circulation entre pays membres de la communauté européenne (6 pays membres), la suppression des droits de douane qui devrait être complète d’ici 1970 (suppression partielle) -barrière douanière commune : tarif extérieur commun -harmonisation des politiques de concurrence -mise en place des politiques sectorielles communes La suppression des droits de douane a été terminé plus vite que prévu : en 1968. Il y a eu plusieurs vagues d’élargissement : 1972 : Grande-Bretagne, Irlande et Danemark 1980 : Grèce (1981) et Espagne et Portugal (1985) 1995 : Autriche, Suède et Finlande 2000 : PECO, Chypre et Malte D. La période depuis le début des années 1970 jusqu’au milieu des années 1980 : stagnation de l’intégration européenne Jusqu’au début des années 1970, il y a une période d’intégration. A partir de 1970, il y a un ralentissement (crise pétrolière et Brettons Wood). Il y a une détérioration de la situation économique européenne et mondiale, un 4 déséquilibre des balances commerciales, une accélération de l’inflation, un ralentissement de la croissance et une hausse du chômage (carré magique de Kaldor) Repli sur soi, comportements protectionnistes : remise en cause du principe de solidarité : chaque pays contribue en fonction de ses capacités donc certains pays contribuent davantage. La Grande Bretagne exige une remise. De plus, il y a une tendance au retour du protectionnisme des marchés nationaux (contrôles techniques et sanitaires des marchandises à la frontière). De plus, il y a un obstacle à la circulation des travailleurs et un blocage des institutions européennes (refus de la France d'appliquer la règle de décision à la majorité, marginalisation de la commission et du parlement. Conclusion d’étape : au cours de cette phase, on a constaté que les moteurs de l’intégration sont bien les Etats (approche intergouvernementale). On constate ainsi que l’Europe est une construction d’un type particulier (sui generis). D’un côté, il y a la commission qui ressemble au gouvernement. Elle est composée de commissaires. La commission a un simple pouvoir de proposition et d’application. Le pouvoir législatif appartient au conseil des ministres. Le pouvoir de prise de décision et d’impulsion appartient au conseil des ministres et au conseil des chefs d’Etats et de gouvernements. Les institutions les plus importantes sont au niveau des Etats. De plus, il y a un faible rôle du parlement. II. Acte unique (1986) et projet de l’union économique et monétaire : relance de la construction européenne Aux 15 ans d’europessimisme et d’euro stagnation (de 70 à 85), se succèdent à partir de 1985 un certains nombres d’initiatives : -le livre blanc (85) -l’acte unique (86) -le rapport Delors (89) L’acte unique contenait des réformes qui devaient être complétées jusqu’en 1992. La relance de l’intégration européenne du milieu des années 80 a été motivée par le constat d’un affaiblissement de l’Europe face aux Etats-Unis (déclin relatif). On a considéré que l’approfondissement de l’intégration permettrait à l’Europe d’augmenter sa compétitivité face aux Etats-Unis et au Japon. A. Compétitivité comparé Europe / Etats-Unis à la veille de l’acte unique Au début des années 80, il y a une baisse des écarts entre l’Europe et les EtatsUnis mais après c’est l’inverse. On a observé depuis la signature du traité de Rome, une ouverture commerciale croissante de l’Europe et des Etats-Unis mais pas du Japon. Pour calculer l’ouverture commerciale, il y a plusieurs solutions :  Importations / PIB  Exportations / PIB  [(Exportations + importations)/2] / PIB  Importations / demande intérieure (= taux de pénétration) On constate une progression des échanges commerciaux intracommunautaires. Mesurer la qualité des spécialisations de l’appareil productif : 5  Composition des exportations et des importations selon le dynamisme de la demande  Pourcentage des produits manufacturés et des produits complexes / exportations  Pourcentage des produits de haute technologie dans les importations / exportations On en déduit 5 groupes : – produits à demande forte : demande croissante voire fortement croissance au niveau mondial (ordinateurs) – produits à demande moyenne – produits à demande faible (textile, agriculture) Il y a une détérioration de la compétitivité de l’Europe. A. L’acte unique : marché unique et espace financier européen 1. Le dispositif de l’acte unique Il prévoit l’ensemble des réformes dans 3 domaines : -mise en place du marché unique et de l’espace financier européen (EFE) -les institutions européennes (avant unanimité pour les prises de décisions  majorité qualifiée). La règle de l’unanimité est maintenue dans un certain nombre de domaines. La règle de majorité qualifiée signifie que le vote des différents Etats est qualifié d’un coefficient fonction des poids économiques et démographiques des Etats (coefficient de pondération) -les finances communautaires (baisse des dépenses pour la PAC qui avant représentait environ 80% du budget communautaire et hausse des dépenses des fonds structurels et des dépenses de recherche et développement). Le marché unique a permis la mise en place d’un vrai marché intérieur. Nous allons voir plus précisément le volet économique de l’acte unique :  Réalisation du marché unique de produits. Le marché commun prévoyait l’abolition des droits de douane de la production nationale des pays européens (fini en 1968). Un certain nombre d’obstacles persistait et empêchait la libre circulation des marchandises (contrôles sanitaires, techniques à la frontière). Le marché unique était réservé aux entreprises publiques (environ 9 ou 10% du PIB).  Mise en place de l’espace financier européen : -les établissements de crédit peuvent fournir librement leurs services sur tout l’espace de la communauté européenne  liberté de fourniture des services financiers de l’EFE -liberté d’installation d’établissements de crédits dans tous les pays membres -reconnaissance mutuelle des réglementations - les succursales des établissements de crédits sont régies par le règlement des pays d’origine (passeport unique des établissements de crédit) Ce dispositif a eu pour conséquence la concurrence des réglementations et un alignement vers les réglementations les plus souples.  Libéralisation complète des mouvements de capitaux, y compris vis-àvis des non résidents. Les non résidents sont libres d’acheter des titres français par exemple. Cette libéralisation intervient environ à la même époque que le big bang de la City à Londres et la libéralisation du marché japonais, dans le cadre de la globalisation financière. Les accords de Schengen (milieu des années 80) prévoient que les contrôles sur les personnes soient exercés aux frontières de la communauté européenne. 6 La mise en place de l’EFE s’est accompagnée par le mouvement de privatisation des banques et la constitution de grands groupes bancaires européens. 2. Conséquences unique macroéconomiques attendues du marché L’acte unique et le marché unique marquent la dernière étape de l’intégration économique européenne par les marchés. Cette dernière étape était censée avoir des conséquences positives pour la croissance et l’emploi. Par quels mécanismes cela a-t-il était possible ?  Par la baisse des coûts : suppression d’un certain nombre de coûts liés aux contrôles aux frontières, à l’homogénéisation des normes techniques, économies d’échelles (le marché unique constitue un marché unique pour les entreprises européennes élargissement des débouchés, élargissement de la production donc baisse des coûts fixes par unité produite)  Contrôle de l’inflation, baisse du taux d’inflation pour 2 raisons : -baisse des coûts -accentuation de la concurrence entre entreprises européennes Les conclusions sont qu’à court terme, le marché unique aurait un certain nombre d’effets négatifs sur l’emploi mais à long terme les effets positifs l’emporteraient. Voir document 9. On ne peut pas dresser de bilan. B. Le bilan de l’intégration européenne par les marchés jusqu’aujourd’hui On va étudier les avancées jusqu’aujourd’hui. 1. Le marché de produits Peut-on dire qu’il y a un marché européen de produits ? L’indicateur économique de la réalisation du marché unique des produits est la convergence des prix des marchandises. S’il y a convergence des prix, on peut considérer que le marché unique progresse. Voir tableau 10. Plus l’adhésion est ancienne, plus la dispersion des prix entre pays membres est faible. La convergence des prix est plus importante pour les biens de consommation.  Le marché unique de produits n’existe pas encore en Europe. Le prix unique n’existe que pour les produits agricoles grâce à la PAC. 2. Le marché des services et le marché du travail La dispersion des prix est nettement plus prononcée en ce qui concerne les services. Il y a eu la directive Bolkenstein pour donner un coup de pouce aux services mais ça a été un échec à cause des pays. Les obstacles sont encore très importants pour l’audiovisuel, le transport aérien et les services publics mais c’est aussi dans le secteur des services financiers malgré la mise en place de l’EFE que des progrès restent à faire. Les entreprises ne disposent pas encore de l’unité des services financiers. Il demeure encore la coexistence de plusieurs marchés boursiers (EURONEXT pour Paris, Amsterdam, Bruxelles et Lisbonne, marché financier de Londres, bourse de Francfort). Il y a une différenciation des autorités nationales de surveillance et de contrôle des intermédiaires financiers. L’EFE devait pourtant être unifié. Le marché européen du travail n’existe pas. C’est la libre circulation des personnes, des travailleurs qui conditionne la constitution d’un marché unique du 7 travail. Or, les flux migratoires à l’intérieur de l’Union européenne sont faibles (en 2000 sur 378 millions d’européens environs 5,5 millions résidaient dans un pays dont ils n’étaient pas nationaux soit environ 1,5%). Les flux migratoires entre pays de la zone européenne ne dépassent 0,1% de la population européenne totale. Pourquoi cette faiblesse ? Parce que de nombreux barrages persistent encore aujourd’hui comme les barrières linguistiques et culturelles, obstacles de natures réglementaires et législative (par exemple, les chômeurs indemnisés ne peuvent pas aller chercher du travail dans d’autres pays européens ; dans le régime de protection sociale, les pensions complémentaires ne peuvent pas être transmises). Il existe des barrières juridiques de certaines professions comme la fonction publique par exemple. 3 phases de migration après la guerre : -années 50, 60 : flux migratoires importants en provenance de l’Europe du Sud vers l’Europe centrale et du nord, notamment des travailleurs non qualifiés (mobilité de personnes) - années 70, 80 : les entreprises européennes se délocalisent vers les pays de l’Europe du sud (mobilité de capital) -depuis années 90 et surtout depuis 2000 : flux migratoires en provenance des pays d’Europe de l’est. Les accords de Schengen prévoient le transfert de contrôle aux frontières de la communauté. Seuls l’Irlande et le Royaume-Uni ne font pas partis de Schengen. L’Allemagne et l’Autriche ont émis des restrictions aux flux venant des PECO jusqu’en 2011. 3. Échanges extérieurs et flux d’investissements directs extérieurs (IDE) L’intégration économique européenne a-t-elle conduit au resserrement des échanges intra zones ou pas ? Idem pour les IDE ? Voir tableau 11. Il y a une régionalisation incontestable des échanges extérieurs et des flux d’investissements directs. Cela veut dire qu’il y a un développement considérable des exportations et des importations intra zones. Cette progression se réalise surtout pour les exportations pendant la première décennie après la mise en place du marché commun. Elle est liée à l’élargissement. Voir tableau 12. Il y a une progression des importations intra union européenne. On parle d’IDE lorsqu’une entreprise prend une participation étrangère d’au moins 10% du capital. Voir tableau 11. La part des autres pays européens dans les flux entrants d’IDE européens est croissante. 1998 2000 Entrant sortant 82% 65% Donc 82% des flux entrants dans un pays européen venaient d’un autre pays européen. Cela est le signe d’une régionalisation des flux d’IDE. Stratégie des entreprises européennes : préfèrent-elles s’allier avec d’autres entreprises européennes ou pas ? Voir tableau 13 : fusions acquisitions 2 méthodes d’agrandissement d’une entreprise : -croissance interne : investissement interne à l’entreprise 8 -croissance externe : prise de contrôle d’autres entreprises (fusions acquisitions souvent) Les entreprises européennes préfèrent les fusions acquisitions avec des entreprises américaines. Quand il y a un ralentissement de la croissance, il y a une hausse des cibles nationales. Quand il y a une hausse de la croissance, il y a une hausse des cibles hors Europe. Donc les entreprises européennes n’ont pas une stratégie européenne : globalisation plutôt que régionalisation. 1. Conclusion d’étape L’acte unique clôt une première phase, celle de l’intégration par les marchés. Cette phase débute avec la mise en place de la CECA et continue avec la mise en place du marché commun et se termine avec l’acte unique et le marché unique. Ensuite, il y a l’intégration par les politiques macroéconomiques : mise en place de la monnaie unique. Ce sont les problèmes macroéconomiques qui auront la fonction intégratrice. Il y a une coordination des politiques budgétaires et fiscales. Il y a un approfondissement de l’intégration économique. Comment les différentes conceptions théoriques de l’intégration interprètent la relance des années 80 ? Il y a une différenciation des théories en ce qui concerne le moteur de l’intégration européenne.  Pour la conception néo fonctionnaliste, les moteurs de la relance sont les transformations de l’économie internationale : mondialisation des échanges, internationalisation de la production, des entreprises poussent vers l’approfondissement du processus d’intégration européenne.  Pour la conception du déséquilibre créateur, sans qu’elle néglige l’influence de l’économie internationale, elle considère que l’approfondissement de l’intégration européenne avec l’acte unique est l’aboutissement de la dynamique des phases précédentes. Au début, il y a eu le marché commun qui appelle le marché unique de biens qui appelle le marché unique de services notamment financiers (intégration croissante des services financiers avec l’EFE). Ceci amène à la monnaie unique.  Pour la conception intergouvernementale, elle ne néglige pas l’influence des transformations économiques mondiales mais elle considère que la relance est le résultat d’un nouveau compromis plus vaste entre ces Etats. II. Le cadre institutionnel Les institutions européennes comprennent : – 2 instances intergouvernementales : le conseil des ministres et le conseil des chefs d’Etats et de gouvernement (=conseil européen). – 1 instance supranationale : la commission – 1 instance qui représente le peuple de l’union : le parlement européen La commission et le parlement européen représentent le cœur institutionnel de l’Europe. – 2 instances de contrôle : la cour des comptes, la cour de justice européenne. 9 A. Les institutions européennes 1. Le triangle institutionnel : la commission, le conseil des ministres, le parlement a) La commission C’est une instance supranationale qui est composé de commissaires désignés par les pays membres après accord de l’ensemble des pays membres, pour un mandat de 5 ans. Les commissaires sont considérés comme indépendants des gouvernements qui les ont élus. Ils sont censés représentés les européens. Depuis le traité de Nice, tous les pays ont le droit à un commissaire (y compris les grands pays). Les décisions sont prises en principe selon la majorité simple mais le plus souvent on essaye d’obtenir le consensus. Dans la réalité, les commissaires ont des liens constants avec le gouvernement qui les a élus. La commission est divisée en 24 directions qui sont l’équivalent des ministères. La fonction de la commission ne fait pas d’elle l’équivalent du gouvernement des Etats. La commission a pour fonction : – le rôle de proposition des lois, des directives, au conseil des ministres – la fonction d’application des décisions du conseil – la fonction de mener des négociations au nom de l’union – la fonction de surveillance que les règles de concurrence soient appliquées dans le cadre de l’UE (responsable de la politique de concurrence) a) Le conseil des ministres C’est une institution intergouvernementale, le véritable organe législatif de la communauté. Il a pour fonction de légiférer. C’est le conseil qui décide des règlements, des directives que les pays membres devront appliquer. C’est également le conseil qui joue un rôle décisif au niveau des négociations extérieures. C’est lui qui décide de l’ouverture des négociations. Il est présidé par les ministres des pays membres qui assurent la présidence pendant 6 mois (actuellement c’est la France). Il y a plusieurs conseils des ministres (agriculture, transports,…). De plus, il codécide du budget de la communauté avec le parlement.  Dans certains domaines, les décisions sont prises de façon unanime : l’harmonisation fiscale, le domaine des affaires sociales, la politique commerciale pour les biens culturels, la politique étrangère de défense et de sécurité, pour l’adhésion d’un nouveau pays membre, pour revoir à la hausse la part du budget de la communauté dans les PNB de l’UE (actuellement 1,24%), la politique monétaire.  Dans d’autres domaines, il faut la majorité qualifiée. Chaque pays est affecté d’un coefficient qui est fonction de sa population et de son PIB. Les grands pays sont favorisés (la voix de la France est multipliée par 29). Il faut la majorité des voix (72% du total des voix soit 258/345 sièges). Il faut aussi la majorité du nombre d’Etats et dans certains cas que la population des pays d’accords représente 62% de la population de l’union (uniquement si un Etat le demande). Les domaines concernés par la majorité qualifiée sont l’environnement, la santé publique, la reconnaissance de diplômes, la protection du consommateur. Le droit réglementaire et son rapport avec le droit des Etats : Le règlement c’est la véritable loi communautaire, il doit être appliqué tel quel par les Etats. 10 Les directives se limitent à poser des principes généraux et les Etats doivent mettre en place des lois nationales. Dans les faits, les directives sont appliquées telles quelles par les Etats. Il y a le principe de subsidiarité : il concerne la délimitation du domaine de compétence de l’union européenne. On cherche à savoir à quel niveau les problèmes pourront le mieux être résolus : au niveau national ou européen ? b) Le parlement européen C’est la chambre de peuple de l’union. Ces membres sont élus au suffrage universel depuis 1979. Le nombre de parlementaires de chaque pays est fonction du poids démographique et économique du pays. Actuellement, il y a 732 membres. Le parlement siège a Strasbourg. Il y a différents partis présents au parlement : – partis populaires européens (PPE) 268/732 sièges. C’est la droite – partis socialistes européens (PSE) 200/732 – alliance des démocrates libéraux pour l’Europe (ADLE) modem notamment Le parlement est concerné par 4 types de procédures : – la procédure de consultation – la procédure de coopération, elle concerne les textes de la commission mais elle n’est plus utilisée depuis le traité de Nice – la procédure d’avis conforme : on demande au parlement d’approuver ou non. Par exemple, elle est utilisée pour l’adhésion d’un nouveau pays membre – la procédure de codécision : par exemple, pour le recherche ou la protection du consommateur. Avant, de prendre une décision on demande l’avis du parlement. Si le parlement et le conseil des ministres refusent alors il y a un rejet. Si un des 2 n’est pas d’accord, il y a possibilité de proposer des amendements. Mais il faut trouver un accord sinon la décision n’est pas prise. De plus, le parlement codécide pour le budget. Si le parlement n’est pas d’accord avec le budget proposé par la commission alors le parlement propose des amendements contrôlés par le conseil des ministres. S’il est d’accord alors le projet passe. Sinon, le budget est bloqué. La communauté fonctionne alors selon le système du 12ème provisoire. On reconduit les dépenses de l’année précédente. Pour chaque mois, on reconduit le 12ème des dépenses annuelles de l’année précédente. Idem pour les recettes. Le parlement peut aussi refuser la nomination d’un commissaire ou changer la commission. 1. Un centre d’impulsion, le conseil des chefs d’Etat et de gouvernement (conseil européen) Le conseil des chefs d’Etat et de gouvernement est aussi appelé le conseil européen (différent du conseil qui renvoie au conseil des ministres). C’est le centre d’impulsion de l’union européenne. C’est la 2 ème instance intergouvernementale. Il a été mis en place en 1974 (16ans après la mise en place du marché commun). Sa création a été le résultat d’une constatation que le conseil des ministres ne pouvait pas prendre de décisions importantes. Il est présidé par le président et le gouvernement du pays qui préside l’Union européenne. La présidence tourne tous les 6 mois. Actuellement c’est Sarkozy. 4 réunions par an au maximum. C’est à ce niveau que sont prises les décisions stratégiques. Elles sont prises par consensus normalement, souvent les propositions viennent des Etats les plus puissants. La commission européenne ne fait pas des propositions formelles au conseil européen, il lui soumet seulement 11 des avis ou des communications. Les décisions du conseil européen ne sont pas soumises au contrôle du parlement. Le poids le plus important se trouve entre les mains d’institutions intergouvernementales. Le pays qui assure la présidence n’a pas plus de poids que les autres pays. 2. Deux instances de contrôle : la cour européenne de justice et la cour des comptes La cour de justice européenne siège au Luxembourg, mise en place dès 1952, avant le traité de Rome. Sa fonction est d’assurer le respect du droit communautaire par les Etats membres et par les juridictions nationales (l’application des différents traités). Elle est composée par 27 membres (chaque Etat membre a droit à un juge). Les juges sont assistés par 8 avocats généraux. Les membres de la cour de justice sont élus pour 6 ans. La cour de justice peut être saisie par des Etats, par les juridictions nationales, et depuis quelques années par des particuliers lorsqu’ils considèrent que leurs droits sont atteints. La cour des comptes est composée par des membres désignés par les Etats. 1 représentant par Etat  27 membres, mandat de 6 ans. Les fonctions de la cour des comptes sont de contrôler les comptes de l’union européenne, la bonne application des règles budgétaires et de contrôler les dépenses réalisées. 3. Les autres institutions participant à la gouvernance européenne : la BCE, le comité économique et social et le comité des régions. a) La BCE Elle a été mise en place en 1999, au début de l’intégration économique européenne. Elle est responsable de la politique monétaire unique des pays de la zone euro. Actuellement, il y a 15 membres. Son principal objectif est le contrôle de l’inflation (stabilité des prix). Il est fixé par le traité de Maastricht. La BCE est indépendante des pays membres. 1ère fonction : elle élabore la politique monétaire. 2ème fonction : la BCE a la charge, avec le conseil des ministres des finances de la politique d’échange de l’union européenne. Quels sont ses organes de direction ? 1ère instance : instance de direction : le conseil des gouverneurs composé des gouverneurs des banques centrales des pays membres de la zone euro. 2ème instance de direction : le directoire : 6 membres désignés par les chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de la zone euro, dont le président, le vice président et 4 membres pour un mandat de 8 ans non renouvelable. C’est le directoire qui est chargé de l’application de la politique monétaire. 3ème instance : le conseil général auquel participe les gouverneurs des banques centrales des pays qui ne sont pas membres de la zone euro. Ses fonctions sont de prendre des décisions de nature patrimoniale, d’essayer d’harmoniser la politique monétaire et la politique d’échange des pays de l’union européenne qui n’ont pas intégré la zone euro. b) Le comité économique et social Sa fonction est d’assurer la représentation des intérêts socio professionnels auprès des organes de prise de décision. Participent à ce conseil des représentants de différentes professions. Chaque Etat établit une liste parmi lesquels sont choisis les membres du conseil économique et social. Le nombre de représentants est proportionnel à la population et au poids économique. Il a un rôle purement consultatif. On demande son avis essentiellement au moment où 12 la commission fait des propositions au conseil des ministres. Actuellement, il y a 344 conseillers. Chacun a un mandat de 4 ans renouvelable. c) Le comité des régions Il est apparu en 1992 avec le traité de Maastricht. Chaque Etat établit une liste de candidats et c’est le conseil qui choisit le nombre de personnes en fonction du poids démographique et économique. L’objectif est d’associer les collectivités territoriales au processus. Il n’a qu’un rôle consultatif. B. Institutions européennes et processus de prise de décisions 3 institutions européennes sont concernées par le processus de prise de décisions : - la commission européenne - le conseil des ministres - le parlement La commission européenne a tout d’abord un pouvoir de proposition et d’application des décisions du conseil. Le conseil des ministres a un pouvoir de décision. La parlement a un pouvoir de prise de décision par les procédures suivantes : consultation, coopération, avis conforme et codécision. La commission transmet ses propositions au parlement, au conseil économique et social et au conseil des régions. Les propositions sont ensuite soumises au conseil des ministres. Comment la commission arrive-t-elle à faire des propositions ? Comment le conseil des ministres prend ses décisions ? Comment sont-elles appliquées ? Il y a une application étroite entre commission et pouvoir politique et administratif des Etats nations. Il y a le lancement d’une réflexion préalable pour formuler une proposition par la commission sous forme de communication dans le journal officiel de la communauté européenne. Puis, la commission fait appel à des cabinets d’audits et de conseils privés. Elle fait appel aussi aux comités consultatifs et au conseil économique et social et le comité des régions éventuellement. Cette phase préparatoire est particulièrement propice à l’intervention des différents lobbies. Il existe 2 catégories de lobbies : – organisation à but non lucratif : associations, syndicats – instances à but lucratif : cabinets d’avocats, d’audits, de conseils, grandes entreprises, grandes banques La capacité de lobbying de la France est assez limitée surtout avec les PME mal représentées au niveau bruxellois. Ensuite, il y a une élaboration d’un projet de proposition soumis au secrétariat général de la commission européenne. Ensuite, il y a une réunion de la commission pour décider. En principe, c’est la règle de la majorité relative (+ de 50%) qui est appliquée. Dans le fait, on essaye de prendre une décision par consensus. Ensuite, la proposition est transmise au parlement et au conseil. Le conseil des ministres concerné transmet la proposition aux Etats, aux capitales des pays membres. Il y a une convocation des groupes de travail par le conseil des ministres. Si le conseil des ministres est d’accord alors la proposition est adoptée. Si le conseil des ministres n’est pas d’accord, on associe le comité des représentants permanents des Etats (COREPER). Si un consensus est obtenu, la proposition est adoptée sinon elle est rejetée. Ensuite, il y a la phase d’application des décisions du conseil. Dans la réalité, ce sont les APU des Etats membres qui sont chargés de l’application des décisions. 13 A. Le budget européen 1. Les caractéristiques du budget européen Le budget européen n’a pas d’équivalent dans la mesure où il n’est ni le budget d’un Etat ni le budget d’une institution internationale. Il a un poids faible. En 2007, il était de 129 milliards d’euros. Le budget de la France est de 280 milliards d’euros. Il a quand même un poids symbolique fort. Le budget de l’union depuis 1970 est codécidé par le conseil des ministres et le parlement. Jusqu’à 1970, c’est le conseil des ministres qui décidait seul. Au printemps de chaque année, la commission présente un avant projet de budget. Le conseil des ministres discute sur cette proposition. Certaines dépenses sont obligatoires donc ne peuvent pas être changées par la commission : ce sont les dépenses liées à la PAC. L’aboutissement du projet de budget est envoyé au parlement en octobre. Il y a 2 possibilités : – le parlement accepte et le projet est adopté – le parlement propose des amendements au conseil Si le conseil accepte les amendements après discussion, le projet est adopté. Sinon, le conseil doit proposer un deuxième projet de budget. Si le parlement accepte ce second budget, alors il est adopté. Si le 2ème est rejeté lui aussi alors il y a le principe de douzièmes provisoires. Pour qu’il n’y ait pas de blocage, chaque mois de l’année en cours est reconduit le 12ème des dépenses de l’année passée. Les caractéristiques du budget sont : – sa très grande faiblesse – sa part du PNB communautaire est bloquée à 1,24, le montant du budget ne peut pas dépasser 1,24% du PNB communautaire. Actuellement il est de 1,03 % du PNB. – Il doit obligatoirement être équilibré : dépenses = recettes. Il ne peut donc pas stimuler l’activité économique. – Le budget de la communauté notamment les ressources sont fortement dépendantes des contributions des Etats membres. 1. La composition des recettes et des dépenses a) Les recettes une partie de la TVA est reversée aux caisses communautaires (15% de l’ensemble des recettes) – les droits de douane sur les importations notamment agricoles (15%). Ils n’ont cessé de baisser (OMC) – la contribution des pays membres fonction du PIB de chaque pays (70% des ressources) Donc, il y a une prépondérance des contributions des pays membres (85%), donc forte dépendance aux pays membres. a) Les dépenses – – – – l’agriculture (46%) Politique régionale (40%) Recherche et développement, politique extérieure, fonctionnement des institutions (14%) 14 Prépondérance de la PAC mais aussi de la politique régionale non négligeable. Depuis quelques années, on cherche à accroître les dépenses pour la recherche et le développement et pour la formation et baisse de la PAC.  On introduit un programme pluriannuel de budget communautaire 2006-2006 et 2007-2013) pour respecter les objectifs fixés. Certains pays sont des contributeurs nets (ils donnent plus qu’ils ne reçoivent) et d’autres sont bénéficiaires bruts (aides > contributions). VOIR document 5. Contributeurs nets surtout Royaume-Uni et Allemagne car ce sont des pays peu agricoles et que la part de la PAC dans les aides est très importante. La France reçoit un peu plus qu’elle ne donne. L’Allemagne et la Grande-Bretagne ne veulent pas que les contributions augmentent. La GrandeBretagne a demandé qu’on lui restitue une partie de sa contribution. La proposition a été acceptée dans les années 90 (elle a reçue entre 60 et 70% de sa contribution). VOIR TABLEAU 6. La contribution n’est pas la même selon les pays car les grands bénéficiaires du marché commun mais aussi du marché unique furent les pays les plus industriels de l’Europe. Le pouvoir d’achat des pays moins développés de l’union leur a été profitable. Donc, cet écart est justifié et il va même dans le sens des pays contributeurs. La mise en place du marché unique a handicapé les pays moins développés. Sur demande de Prodi, il y a eu un rapport qui propose un certain nombre de changements. Le rapport Prodi permet : – d’abandonner l’exigence d’unanimité pour l’élaboration des perspectives budgétaires. – d’accroître les ressources propres à la communauté européenne en mettant en place une taxe européenne. De plus, les bénéfices de la BCE ne sont pas partagés entre les Etats mais pour le budget. Il propose de baisser la part de la PAC dans le budget communautaire. Chapitre 2 : les politiques communautaires La communauté économique européenne ne se limite pas au marché unique. Les pays membres ont mis en place un certain nombre de politiques communes qui avaient comme objectif d’homogénéiser l’espace européen et de favoriser l’approfondissement de l’intégration économique. Ces politiques communes sont : – la PAC, principe décidé par le traité de Rome, mis en place en 1962. – La politique de concurrence – La politique industrielle pendant quelques périodes – La politique régionale depuis l’acte unique – La politique sociale : absence de consensus entre pays membres 15 I. La PAC (politique agricole commune) C’est la première et la plus importante politique commune. Elle a permis à l’Europe et à la France de sortir de l’absence de l’autosuffisance. Après excédent considérable des échanges agricoles, réalisation de gains de productivité importants (modernisation de l’agriculture) et une hausse des salaires. Il y a eu une accumulation d’excédents agricoles, une hausse du productivisme, l’accroissement des dépenses liées à la PAC (73% du budget à la fin des années 70), accroissement de la pollution. Donc, il y a des critiques croissantes vis-à-vis de la PAC au niveau international notamment (les Etats-Unis se sentaient menacés par exemple). L’Europe a du baisser les dépenses de la PAC. En 1986, avec l’acte unique on décide de diminuer la part de la PAC sans cesse jusqu’en 2013. A. Fondements et principes 1. Les fondements A l’époque du traité de Rome, il y avait une productivité et des revenus faibles, une dépendance avec les importations. La surface moyenne des exploitations agricoles était de 5 hectares en Europe contre 100 hectares aux Etats-Unis. Un agriculteur européen nourrissait 10 personnes alors qu’un paysan américain 50 personnes. La PAC favorise la croissance de la production pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, une hausse des revenus sans que le consommateur supporte des prix très élevés. Les arguments en faveur de la PAC (volonté de la France) sont de 3 types : – le caractère déloyal de la concurrence mondiale au niveau des produits agricoles (tableau 1) – le caractère aléatoire de la production agricole (aléas climatiques). Par ailleurs, l’élasticité prix des produits agricoles est faible. La consommation ne dépend pas vraiment des prix – l’agriculture est cause d’externalités négatives (pollution) et positives (sauvegarde du patrimoine naturel) 1. Les principes Il y a 3 principes : – l’unicité du marché : marché unique des produits agricoles et d’un prix unique, abolition de la protection douanière entre pays membres et la barrière douanière pour les autres pays – la préférence communautaire : on privilégie les produits agricoles produits par d’autres pays membres. On met en place des barrières douanières sur les importations étrangères à l’Europe et on établit des aides pour les exportateurs pour qu’ils soient compétitifs sur le marché international – la solidarité financière : mise en place de FEOGA (fond européen d’orientation et de garanties agricoles) chargé du prélèvement des droits de douane, du versement de restitution aux exportateurs ainsi que les orientations que les agricoles devaient faire. Il se compose de 2 sections : 1.la fonction garantie (droits de douanes prélevés et restitués 2.la fonction orientation (donnait les orientations aux agriculteurs pour savoir ce qu’ils devaient cultiver 16 1. Les prix agricoles Il y a 4 catégories de produits agricoles soutenus : – les produits bénéficiant des prix garantis et de subventions directes aux producteurs oléagineux, protéagineux, de viande bovine et ovine – les produits bénéficiant que des prix garantis (produits laitiers et sucre) – les produits bénéficiant de soutien direct aux producteurs (huile d’olive, tabac, certains fruits et légumes) – les produits bénéficiant d’une faible intervention commune (orientation par exemple) : viande de porc, volailles, œufs, miel. Le prix des produits agricoles qui bénéficiaient de l’aide aux prix était supérieurs voire même supérieurs aux prix des produits internationaux. Le prix était discuté et fixé chaque année au printemps lors du marathon agricole. On distingue différents prix : – le prix indicatif : prix que le conseil des ministres souhaite pour les produits agricoles – le prix d’intervention : prix fixé par le ministre de l’agriculture Le prix mondial est en dessous du prix européen. Prix d’intervention < prix indicatif Les autorités interviennent lorsque le prix atteint le niveau d’intervention. Elles rachètent des productions pour éviter que le prix ne baisse trop. Les autorités souhaiteraient que le prix se fixe au prix indicatif. Les prix d’intervention se trouvent au dessus du niveau d’équilibre. Le prix des produits importés sera fixé au prix du seuil (=prix indicatif). Les droits de douane sont la différence entre le prix mondial et le prix du seuil. La différence entre prix d’intervention et prix mondial représente les restitutions aux producteurs. C’est donc le budget communautaire qui prend en charge une partie du prix pour que les producteurs européens ne soient pas désavantagés par rapport aux concurrents pour les exportations. Progressivement, les prix d’intervention diminuent et tendent à se rapprocher du prix mondial. Le prix de seuil disparaît. A. Les résultats de la PAC : la PAC victime de ses succès ? La protection de l’agriculture a porté ses fruits au-delà de toute espérance. A l’abri de la concurrence, les agricultures ont marqué des progrès impressionnants comme la hausse de la production, un accroissement de la taille moyenne des exploitations, une amélioration des revenus agricoles au moins dans un premier temps. Cette évolution caractérise surtout les grandes exploitations car elles ont réalisé des gains plus importants. De plus, il y a une augmentation des exploitations avec une hausse importante de l’excédent des échanges agroalimentaires. 1962  80% d’autosuffisance 1995  125% avec une balance commerciale largement excédentaire. Il y a eu une accumulation des stocks qu’il fallait écouler sur les marchés étrangers. Les prix garantis ont permis une hausse de la production, et donc une course au productivisme et une accumulation des stocks. L’accroissement des dépenses liées à la PAC est un inconvénient car on voulait relancer la construction européenne et lui donner de nouveaux objectifs incompatibles avec l’inflexibilité de la PAC. De plus, une critique est liée à la pollution donc ce sont des critiques internes dans un premier temps. Mais il y a aussi des critiques externes notamment de la part des EtatsUnis. Les Etats-Unis voyaient leurs parts de marché menacées. Aux Etats-Unis aussi il y a des soutiens, des versements d’aides directs aux paysans américains (=déficiency pay) à la charge des contribuables. En Europe, le soutien se retrouve principalement dans les prix à la charge des consommateurs. 17 B. Révisions de la PAC et bilan 1. Révision de la PAC Il y a des réformes successives depuis les années 80 sous l’effet des contraintes budgétaires, des critiques internes et sous l’effet de critiques internationales dans le cadre des négociations organisées par l’OMC notamment : rounds Uruguay et Tokyo avec une remise en cause surtout des prix garantis. Les réformes consistent en : – la mise en place de quotas : chaque producteur se voit attribuer un volume de production, si dépassement, il doit payer des taxes pour écouler sa production – la mise en place des stabilisateurs automatiques : les prix garantis sont appliqués mais pas au-delà de la limite fixée – baisse des prix garantis – hausse des aides directes aux producteurs qui sont fonction de la superficie (lutte contre le protectionnisme) avec un rapprochement avec le système américain – gel des terres – extensification 1. Bilan et défis Les révisions de la PAC ont eu un certain nombre de conséquences attendues avec une baisse de la part des dépenses agricoles (baisse de 30 points : 73 à 43%), un contrôle de la production des excédents. On juge que 43% est toujours une part trop importante car l’agriculture représente 2 ou 3% de la production. Les enjeux sont importants au niveau international. Dans le cadre des accords de Marrakech (OMC), la communauté a pris un certain nombre d’engagements pour la part des dépenses agricoles dans le budget. Il y a 3 catégories de dépenses agricoles dans le cadre de cet accord : – les dépenses de la boîte verte (dépenses agricoles autorisées). Elles ne sont pas liées à l’accroissement de la production mais à l’environnement, la lutte contre la diversification – les dépenses de la boîte bleue : elles sont autorisées si elles s’accompagnent d’une baisse de la production – les dépenses de la boîte rouge : dépenses interdites notamment soutien par les prix. L’Europe s’est engagée dans une baisse de l’agriculture notamment avec la pression des Etats-Unis. En 2003, Bush a augmenté de 70% les aides pour l’agriculture. I. La politique de concurrence C’est un principe constitutif du marché commun avec sa mise en place lors du traité de Rome. L’importance a été renouvelée lors de la création de l’acte unique qui ouvre la voie au marché unique. Le marché unique augmente la taille du marché avec l’élargissement des marchés pertinents qui pousse à l’accroissement de la taille des entreprises et des économies d’échelles (économies réalisées grâce à l’accroissement de la production qui permet de diminuer les coûts unitaires). Il y a une volonté de réglementer, de contrôler la tendance naturelle des entreprises à accroître leur taille. 18 A Fondements et conception de la politique de concurrence 1. La politique de concurrence a) Les arguments Elle fait référence à l’analyse néoclassique qui met l’accent sur la politique de concurrence dans le cadre des économies de marché. Selon cette conception, c’est dans des conditions de concurrence pures et parfaites qui sont idéales : atomicité du marché, information parfaite notamment. Il faut ces conditions pour que le prix soit le plus faible et le volume de production le plus élevé. L’optimum est atteint dans ces conditions. Si des conditions monopolistiques ou oligopolistiques prévalent, la conséquence serait la fixation d’un prix plus élevé et un volume de production plus faible donc des conditions défavorables. Cette analyse met l’accent sur les conditions de la concurrence. Cette analyse n’est pas toujours vérifiée dans la réalité. Dans certaines activités, certaines entreprises, grâce à un processus d’innovations et des économies d’échelles arrivent à atteindre des prix de marché faibles grâce à la baisse des coûts. La concurrence oligopolistique est légitime dans les cas où : – lorsqu’il y a des économies d’échelles importantes – lorsque les coûts d’entrées sont très élevés (investissements nécessaires pour qu’une entreprise puisse entrer dans un marché. – il a des innovations donc une baisse des coûts et une baisse des prix importants La politique de concurrence européenne est souvent très directive et elle empêche l’émergence des champions européens. a) La politique de concurrence européenne A quel niveau doit être conduite la politique de concurrence ? C’est le niveau communautaire qui a été choisi pour plusieurs raisons (commission) : – divergences possibles entre Etats qui créeraient des externalités positives ou négatives – contradiction entre politique de concurrence et politique industrielle européennes car la politique de concurrence repose sur le principe de la neutralité et la politique industrielle impose sur la sélectivité (prendre des mesures favorables à telle catégorie d’entreprises, de secteurs pour telle ou telle raison). 1. Les différentes conceptions a) La conception qui préconise la concurrence en soit Selon cette approche, la concurrence doit être poursuivie car elle permet une meilleure efficacité et qu’elle correspond mieux à la nature humaine (permet le développement de l’initiative individuelle). Il faut surveiller les positions dominantes avec une politique de concurrence active, protéger les PME des grandes entreprises. b) La conception qui considère que la concurrence n’est pas un objectif en soit mais un instrument qui peut exister auprès d’autres instruments Dans certains cas, elle doit être favorisée mais parfois il faut une politique industrielle. C’est une approche plus pragmatique. B. Le dispositif Selon l’article 3 du traité de Rome, la communauté doit établir une concurrence non faussée. La concurrence peut être faussée par plusieurs pratiques : – les ententes – l’abus de position dominante 19 – – la concentration les aides publiques 1. Interdiction des ententes L’analyse économique montre que les ententes peuvent conduire à des situations semblables aux monopoles avec des prix plus élevés et des quantités échangées plus faibles. Donc, il en résulte une perte nette pour les économies. En Europe, il existe des interdictions et des dérogations pour ce système contre les ententes. Les ententes sont interdites si elles ont pour effet de restreindre la concurrence par la fixation des prix plus élevés ou en procédant à un partage du marché ou en limitant les niveaux de productions. Il y a aussi un certains nombres de dérogations dans les cas où les ententes ont comme conséquence d’améliorer la productions des biens ou promouvoir le progrès technique. Ainsi, par exemple, en cas d’excédent de production, les ententes sont autorisées. On peut interdire à des entreprises d’effectuer des recherches indépendantes si on considère que la recherche collective est mieux appropriée. Par exemple, en 2001, la commission a condamné 2 entreprises chimiques BASF et Roche a versé une amende de 800 millions d’euros pour entente illicite pour garder les prix élevés. 2. Abus de position dominante C’est lorsqu’une entreprise exploite de façon abusive sa production sur un marché pour fausser la concurrence. La commission tient compte de la part de marché de l’entreprise, critère de contestabilité du marché (le marché est contestable lorsque les barrières à l’entrée sont faibles). La barrière à l’entrée représente l’investissement nécessaire pour entrer dans un marché donné. Par exemple, si la barrière à l’entrée d’un marché est énorme alors le marché n’est pas contestable. Pourquoi utiliser ce critère ? Car si le marché est contestable (entrée facile), les entreprises déjà présentes ne peuvent pas augmenter les prix car ça attirerait de nouvelles entreprises. Par exemple, le marché de transport aérien, très contestables, faibles barrières à l’entrée car il y a des compagnies aériennes présentes en utilisant que 2 ou 3 avions. Il y a une concentration importante mais les barrières sont faibles. La commission européenne peut aussi attaquer des entreprises non européennes avec Microsoft en 1998 avec des amendes élevées. 3. Contrôle des concentrations Il faut contrôler les concentrations qui portent préjudices au libre jeu de la concurrence au moment où les concentrations se réalisent. Il faut donc une autorisation préalable de la commission pour qu’une concentration se réalise (croissance externe). Il y a 3 critères : – le marché : on parle de marché pertinent. Quel est le marché concerné après le processus de concentration – le pourcentage de la part de marché de l’entreprise au niveau européen et national – le pourcentage de la part de marché des concurrents La commission a interdit la fusion entre Schneider et Legrand en 2001. On a accusé la commission d’avoir empêché l’apparition d’une grande entreprise européenne. La commission peut également interdire la fusion d’entreprises non européennes. Par exemple, Mc Donnel Douglas et Boeing. Finalement, la commission a cédé aux pressions américaines. Mais la commission a recommencé avec General Electric et Honeywell mais cette fois elle a vraiment empêché la fusion. Il y a beaucoup de critiques liées à cette politique : – empêcher l’émergence de champions européens, entreprises de très grandes tailles – politique jugée inefficace – approche plutôt nationale que mondiale des positions dominantes 20 – critiques des principes même des autorisations préalables (pour les opérations de fusions acquisitions) 1. Surveillance des aides publiques entreprises publiques à la concurrence et ouverture des Les aides publiques sont interdites quand elles faussent la concurrence. Dans certains cas, elles sont autorisées : – aides publiques régionales qui ont pour objectif de rattraper les écarts – aides publiques en faveur d’un projet européen – aides publiques en cas de catastrophe naturelle (sécheresses, inondations) Le plus souvent les demandes d’aides publiques sont rejetées (Air France, crédit lyonnais). La commission européenne, au nom de la politique de concurrence mène une politique systématique d’ouverture des services publics à la concurrence. Pendant longtemps, l’Europe a ignoré la notion des services publics. La vision européenne est une supériorité de la concurrence sur tout autre mode d’organisation. Le traité de Rome en 1957 prévoit que les entreprises qui sont chargées de la gestion des services publics soient soumises elles aussi aux règles de la concurrence. Cette évolution se traduit dans le passage de notion de service d’intérêt général à la notion de service public universel. Les différences restent dans les modalités d’organisation. La conception européenne reste celle du service minimal (là où l’on ne peut pas s’en passer). Il ne va pas de soit que le service minimal soit organisé sous la forme de monopoles. La commission européenne est favorable à la mise en concurrence des opérateurs. La conception de beaucoup de pays européens (pays anglo-saxons) est beaucoup plus libérale que la conception européenne. La conception de la commission européenne ouvre la voie à une déréglementation, une libéralisation des services publics. Ce mouvement touche plusieurs secteurs : – secteur du transport aérien (lignes intérieures ouvertes aux autres pays européens) – secteur des télécommunications – le gaz – la poste – le transport ferroviaire : tendance à séparer l’infrastructure des services ouverts et ouvrir l’infrastructure à la concurrence. Incontestablement, ces mouvements de libéralisation expriment la montée du néo-libéralisme. Le progrès technique, dans certains cas, y contribue. Le progrès technique rend lui-même caduque le service public. Par exemple, le câble rend caduque le service public. I. La politique industrielle Elle fut l’objet de controverses importantes pendant de nombreuses années au sein de la communauté. Alors qu’aussi bien la CECA que EURATOM, mis en place dès les années 50, peuvent être considérés comme des traités industriels (le premier organisant le charbon et l’acier, le second l’énergie atomique), le traité de Rome ne comporte règle de politique industrielle. Il a fallu attendre le traité de Maastricht signé en 2992 pour qu’apparaisse des règles sur l’industrie. A. Principes généraux de la politique industrielle européenne La caractéristique générale d’une « politique industrielle » est qu’il s’agit d’une politique indirecte qui cherche à agir au niveau de l’environnement des entreprises. Les facteurs environnementaux sur lesquels la politique industrielle essaye d’agir sont : – la concurrence : prévenir les concentrations, les ententes, toutes les pratiques qui empêchent le jeu de la concurrence, libéralisation des services publics. Il y a une exception pour les activités de pointe. 21 Les réformes structurelles : diminution des coûts, notamment les salaires. L’acte unique était censé favoriser la compétitivité de l’Europe avec la suppression des barrières douanières, encourager les réformes qui permettent des gains de productivité  flexibilisation du marché de l’emploi. L’acte unique devait aussi renforcer la base technologique des entreprises européennes en encourageant le développement des dépenses en recherche et développement et également l’innovation.  La politique industrielle n’est pas une politique volontariste (active, interventionniste). Politique industrielle française : politique de champions nationaux sous De Gaulle, politique remise en cause sous la présidence de Giscard d’Estaing avec une politique de « créneaux ». L’idée est que ce n’est pas aux pouvoirs publics de fixer une politique industrielle. Ce sont les entreprises qui savent le mieux les créneaux porteurs. Après, avec Mitterrand, il y a une politique industrielle volontariste (1980-1983). C’est une politique de filières. A. Les formes de la politique industrielle européenne –  Actions défensives en faveur des secteurs en déclin (sidérurgie, industrie textile), réduction d’emplois, plans sociaux, politique de modernisation pour que les entreprises puissent faire face à la concurrence internationale, restriction de certains volumes importés. Par exemple, Arcelor avec une baisse de 110 millions de tonnes pour la production et une réduction de 400 000 emplois sur 15 ans. Des plans semblables avaient été mis en place pour l’industrie automobile, limitation volontaire des exportations.  Actions en faveur d’activités d’avenir sous formes d’aides, de subventions, notamment industrie de pointe. Les aides soutiennent notamment les consortiums européens (entités organisationnelles réunissant plusieurs entreprises européennes ayant les objectifs de coopération sur des gammes de produits et la mise en place de ces consortiums avaient été favorisés par les autorités européennes dans les activités de pointe notamment).  Aides, subventions à l’innovation, à la recherche développement  La politique industrielle s’appuie sur les autres volets des politiques communautaires notamment la politique commerciale, avec les mesures anti dumping (pour faire face à la concurrence déloyale, les concurrents étrangers diminuent agressivement leur prix pour accroître leurs parts de marchés) avec une limitation des importations envers les pays qui font ces mesures. II. La cohésion économique et sociale L’intégration européenne a privilégié pendant très longtemps la dimension économique par rapport à la dimension sociale car on considérait que la politique de solidarité relevait des Etats et non de Bruxelles. L’acte unique a fait apparaître la problématique de la cohésion économique et sociale communautaire qui renvoie au problème de convergence réelle des économies (différent de la convergence nominale). La convergence réelle représente la diminution des écarts entre niveaux de vie et de développement entre économies. La convergence nominale concerne le rapprochement du taux d’inflation, de déficit, d’endettement. L’acte unique prévoyait la mise en place du marché unique, l’abolition de toute protection de la production des Etats membres avec une accentuation de la concurrence qui porte préjudice aux pays moins développés. On a décidé d’augmenter les dépenses vers les régions les moins développées de la communauté pour adoucir les conséquences négatives du marché unique. A. La politique régionale C’est le deuxième poste de dépenses du budget (environ 37%). Certains des instruments de la politique régionale européenne avaient été mis en place dès la signature du traité de Rome mais surtout depuis les années 80 avec l’acte unique. L’objet de la politique régionale est de 22 réduire les écarts de développement et de niveaux de vie entre régions européennes. Elle agit par l’intermédiaire des différents fonds :  FEDER (fond européen de développement régional) : mis en place dès 1957. Son objectif est de favoriser la convergence des niveaux de vie entre régions avec des dépenses assez limitées au début.  FSE (fond social européen) : son objectif est de favoriser l’adaptation des salariés aux restructurations. C’est lui qui finance le plan social pour les adaptations de la main d’œuvre.  Fond de cohésion économique : mis en place par le traité de Maastricht en 1992. Il avait comme objectif de limiter les écarts de niveaux et de développement entre les pays (contrairement au FEDER pour les régions). Il existe 3 objectifs pour ces fonds : – objectif n°1 (70% des fonds de cohésion) : favoriser la convergence entre régions (au sein d’un pays, il y a différents niveaux de vie) – objectif n°2 (13%) : favoriser les restructurations à adoucir les conséquences de restructuration de certains secteurs économiques – objectif n°3 (12%) : destiné à l’enseignement, la formation, l’accession à l’emploi Agenda 2000 (2000-2006) : 200 milliards d’euros ont été versés aux 15 ans membres. C’est un chiffre considérable. Seulement 62 milliards sont destinés aux PECO (dépenses pré et post-adhésion, le 1/3 est déjà versé au bénéfice des 10 pays membres (limité à 4% du PIB des nouveaux pays membres). L’élargissement de l’Europe aura comme conséquence qu’un certain nombre de pays qui tirait grand bénéfice de ces aides ne bénéficieront plus de beaucoup d’aides communautaires. Par exemple, en France, seuls les DOM pourront encore bénéficier de l’aide. A. L’Europe sociale Le traité de Rome détient de rares dispositions à caractère social (égalité hommes/femmes, protection sociale des travailleurs migrants, liberté de circulation des travailleurs). Le fond social européen sert à favoriser la reconversion des salariés. Le traité de Rome avait pour objectif de favoriser l’intégration économique, le social viendrait après (harmonisation des conditions sociales). C’est à partir des années 70 que l’Europe commence à voter un certain nombre de directives de nature sociale portant sur la sécurité des travailleurs, la santé, l’égalité hommes/femmes pour les salaires. La première crise pétrolière de 1973 a entraîné une hausse du chômage et un ralentissement de l’activité. Donc l’Europe vote des directives mais qui ne concernent pas le cœur des relations sociales. C’est avec l’acte unique de 1986 et la charte sociale de 1989 (charte communautaire des droits sociaux fondamentaux) que les premières dispositions importantes sont prises. La charte sociale est signée par tous les pays membres à l’exception de la GrandeBretagne. Elle porte sur un certains nombres de droits fondamentaux, la protection sociale… C’est une déclaration de principes. Ces dispositions concernent les travailleurs et non les citoyens européens. L’Angleterre n’a pas signé la Charte sociale mais Tony Blair l’a signé. Le traité de Maastricht reprend les dispositions de la charte sociale. 3 domaines sont concernés : – hors du champ communautaire : elle relève des Etats, rémunération des salariés, droit de grève et le local – les relations sociales sur lesquelles l’Europe peut prendre des directives mais la majorité qualifiée est nécessaire ; égalité de traitement entre hommes et femmes, santé, sécurité, droit de formation, condition de travail… – règle de l’unanimité pour qu’une décision soit prise : sécurité sociale, protection des salariés en cas de licenciement, défense des intérêts des salariés. 23 Depuis les années 2000, avec le traité de Nice, il y a la réaffirmation d’un certain nombre de droits fondamentaux mais il s’agit que de principes : la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité, la citoyenneté, la justice. Donc, l’Europe sociale n’existe pratiquement pas. Les raisons sont : – la conception fondatrice du traité de Rome de la construction de l’intégration européenne : on va construire l’Europe économique et tout le reste viendra automatiquement après. – La diversité des positions des Etats membres : la Grande Bretagne est libérale. Les nouveaux pays membres, les PECO ont demandé d’être exempté de l’Europe sociale. C’est compréhensible vu leur situation économique. – La diversification des systèmes sociaux européens et des systèmes de protection sociale : Bismarckien pour la Grande Bretagne et beveridgien pour l’Allemagne. – Les salaires et le niveau de l’emploi sont devenus des variables d’ajustement : depuis une vingtaine d’années, il y a une unification de la politique monétaire donc les Etats membres n’ont plus la politique monétaire à gérer, la pacte budgétaire est contrainte par le pacte de stabilité (taux de déficit public inférieur à 3% du PIB donc les politiques budgétaires sont de rigueur, il y a une liberté complète des mouvements de capitaux qui a pour conséquence la concurrence fiscale. Les entreprises s’implantent là où les impôts sont faibles donc les ressources des pouvoirs publics diminuent. Les pressions fiscales pour les entreprises entraînent une hausse des charges sociales sur les salariés. Donc, les pouvoirs publics peuvent agir sur très peu de variables dont les salaires et le niveau de l’emploi. Donc, il y a une compression des salaires. 2ème partie : l’union européenne : l’intégration par les politiques économiques 2 phases du processus d’intégration européenne : - du traité de Rome jusqu’au projet de l’UEM : phase qui se caractérise par le rôle prédominant des marchés dans le processus d’intégration européenne - depuis l’UEM : l’unification monétaire aura des effets intégrateurs car elle va amener à la coordination car elle va amener à la coordination et l’intégration des autres volets des politiques économiques. Chapitre 1 : du système monétaire européen (SME) à l’union économique et monétaire (UEM) I. Le SME A. Les raisons de la mise en place du SME L’UEM est l’aboutissement d’un processus assez long qui commence au début des années 70 avec le rapport Werner (1970) qui fixait l’UEM avant la fin des années 1970. Il y a le système monétaire international (SMI) depuis les années 24 1945 jusqu’aux années 1970 avec Bretton Woods. C’est un système de taux de change fixe mais ajustable : les parités des monnaies entres elles étaient stables mais ajustables. Par exemple, la parité $/FF avec 1$ = 5FF et ça ne changeait pas. La parité de toutes les monnaies nationales était exprimé en $ et elles étaient convertibles en $. Seul le $ était convertible en or. 35$ valaient une once d’or (31 grammes d’or). Les différents pays devaient veiller que la parité entre leur monnaie et le $ ne doit pas changer. Il peut y avoir un réajustement monétaire exceptionnel résultant d’un commun accord possible en tant de crise. En 1970, Nixon rend le $ inconvertible en or (car il y a une diminution des réserves d’or américaines) et écroulement du système. Depuis, le système de taux de change est flottant. Cela a comme conséquence une instabilité du taux de change. C’est un inconvénient pour le marché commun qui est censé être un marché unique. C’est l’écroulement du système monétaire international qui a amené à la mise en place d’une monnaie unique (rapport Werner qui l’évoquait pour la première fois). Tous les pays n’étaient pas d’accord pour les conditions de mise en place de la monnaie unique. Les pays à monnaie forte (Allemagne et Pays Bas) qui considéraient qui la monnaie unique ne peut intervenir qu’après un processus préalable de rapprochement des structures et des niveaux de développement entre pays européens. Les pays à monnaie faible (France, Italie) voulaient une unification rapide (« sorte de big bang monétaire ») et pour eux le rapprochement des structures et des niveaux de développement étaient la conséquence de l’union monétaire. La première tentative de collaboration monétaire est le serpent monétaire européen, mis en place de 1974 à 1979. Il y a un flottement des monnaies européennes par rapporta au $ mais le flottement est concerté, il y a la stabilité des taux de change entre monnaies nationales européennes (+ ou – 2,5% de marge de fluctuation). En 1979, il y a la mise en place du SME car les petits pays européens voulaient préserver la stabilité des parités entre monnaies européennes (un peu comme Brettons Wood à l’échelle européenne avec un taux de change fixe mais ajustable). Giscard d’Estaing et Schmidt : accord de mise en place du SME Ils veulent une zone de stabilité monétaire entre pays européens pour faciliter le développement des échanges intra-communautaires. Conséquences de la variabilité du taux de change : 1DM = 4FF 1FF = 0,25DM 1 voiture qui vaut 40 000 DM vaut 160 000 FF. Si il y a une dépréciation du FF par rapport au DM et que 1DM = 6FF. La voiture allemande qui vaut 40 000 DM vaut 240 000 FF. B. Objectifs et caractéristiques 1 objectif : maintenir la stabilité interne du marché commun 2ème objectif : favoriser grâce à la mise en place d’un système de taux de change fixe la convergence des politiques macroéconomiques européennes. 1ère caractéristique : mise en place d’un système de change fixe mais ajustable, les fluctuations ne devaient pas varier de plus de 2,25% (pour la lire italienne 6%) 2ème caractéristique : mise en place de l’ECU (unité de compte) : ce n’était pas une véritable monnaie, c’était uniquement une monnaie de compte. L’ECU est déterminé à partir d’un panier de monnaie européenne. Les monnaies des différents pays européens intervenaient pour le calcul de l’écu. Le poids des monnaies était proportionnel aux poids économique et démographique des pays. L’ECU servait comme unité de compte (obligations émises en ECU, règlements de dettes entre banques centrales). 25 er 3ème caractéristique : les pays européen ont mis en place le FECOM (fond européen de coopération monétaire). Tous les pays européens devaient remettre à ce FECOM 10% de leurs réserves de changes. Les différents pays européens pouvaient faire appel au FECOM en cas de besoin.  Les banques centrales intervenaient sur le marché des changes pour assurer la stabilité des taux de change. Exemple : la banque de France dont la monnaie se déprécie devait pour soutenir la monnaie nationale acheter le FF. La Bundesbank dont la monnaie s’appréciait devait acheter des DM. Donc il y a avait un rétablissement de l’équilibre. Il y a une symétrie dans les interventions des banques centrales des deux pays. C. Bilan et critiques 1. Bilan Le SME a eu des conséquences positives : – protection des pays européens au dérèglement du système international après l’effondrement de Brettons Wood – favoriser la convergence des taux d’inflation entre pays européens. Toutefois, il faut préciser que la désinflation et la diminution des écarts entre pays n’est pas un phénomène européen, dû au contrechoc pétrolier (14 points avant le SME et 4 points d’écarts après le SME) 1. Conséquences négatives – – – pour les pays à monnaie faible surtout (notamment France) : la mise en place du SME a empêché des pays à monnaie faible de pratiques des politiques de dévaluation compétitive (politiques avec objectif de favoriser la dépréciation du taux de change national car ceci a des conséquences positives sur les exportations). Les produits nationaux deviennent plus compétitifs car il y a une baisse des prix dans les pays étrangers (cas inverse de tout à l’heure avec la voiture en FF et en DM). Fonctionnement asymétrique : l’économie allemande avait une balance commerciale largement excédentaire. Le DM était une monnaie forte (tendance à s’apprécier par rapport aux autres monnaies des pays membres). Donc, la politique allemande était imposée au reste de l’Europe. Une banque centrale doit fixer les taux d’intérêts directeurs. Les autres pays devaient suivre la Bundes Bank. Par ailleurs, la mise en place du SME a eu pour conséquence pour les pays à monnaie faible d’arrêter de pratiquer les politiques de dévaluation compétitive, surtout pour l’Italie. Selon les accords conclus, s’il y avait un risque de dépréciation de la monnaie d’un pays par rapport à un autre, les 2 banques devaient intervenir sur le marché des changes pour soutenir le cours de la monnaie faible en achetant des devises de ce pays et inversement. Les pays intervenaient lorsque les limites de 2,25% étaient atteintes. Les autorités monétaires des pays à monnaie faible intervenaient avant d’atteindre ces limites donc il y a un risque d’épuiser des réserves de change de ce pays. La France voulait que la Bundes Bank agisse avant cette limite. La France voulait une monnaie unique. Au SME va succéder la monnaie unique. Les modalités sont mises en place par le traité de Maastricht en 1992 et mise en place de la BCE en 1999. A. Globalisation financière, triangle d’incompatibilités Mundell et crise du système monétaire européen (SME) de La globalisation financière est le processus qui conduit à l’unification, à l’intégration du système monétaire, aboutissant à l’émergence d’un marché financier mondial. L’essence de la globalisation financière est la liberté complète des mouvements de capitaux, le capital peut 26 aller d’un marché financier à l’autre. Elle va de pair avec la dérégulation et ma déréglementation des systèmes nationaux. Elle a débuté aux Etats-Unis à la fin des années 70, puis s’étend sur le reste du monde. Il y a eu le big bang de la City à Londres entraînant une libéralisation complète du marché londonien. En 1985, il y a la libéralisation complète du système japonais. En Europe, il y a l’acte unique en 1986. Liberté complète des mouvements de capitaux Autonomie des politiques monétaires stabilité des taux de change Selon ce triangle, un pays ne peut pas avoir à la fois un régime de liberté complète des mouvements de capitaux, une autonomie des politiques monétaires nationales et la stabilité des taux de change. Il peut y en avoir 2 au maximum. Donc, s’il y a liberté complète des mouvements de capitaux, il y a soit une autonomie des politiques monétaires soit une stabilité des taux de change. Supposons qu’un pays vivant dans un monde globalisé veut relancer l’activité économique en baissant les taux d’intérêt pour diminuer les coûts du crédit et ainsi relancer l’investissement. La stabilité des taux de change ne peut plus être maintenue car les actifs et donc les capitaux vendraient massivement des titres de ce pays pour être placés ailleurs où les taux d’intérêt seraient plus élevés. Donc, il y a une hausse de l’offre de cette monnaie sur le marché de change donc il y a une pression vers la dépréciation et un risque d’aller en dessous des 2,25%. Les conséquences de la libéralisation complexe des capitaux à partir de 1992 : les conditions économiques des différents membres du SME n’étaient pas les même, alors que la compétitivité de l’économie allemande s’améliorer, le DM était toujours la monnaie la plus forte et la lire sterling, la lire italienne et le franc se dépréciaient. Attaques spéculatives considérées comme faibles du SME Mécanisme de la spéculation : Hedge Funds : un spéculateur s’endette massivement en lires italiennes contre des DM. Ensuite, il les vend massivement sur le marché des changes. Il y a donc une dévaluation de la monnaie car la monnaie augmente. Donc, les 2,25% de marge ne sont plus respectées. Ensuite, je rembourse ma dette avec une monnaie qui est dévaluée. Il y a la décision d’abandonner le SME et d’adopter la monnaie unique. Les marges de fluctuation sont passées de 2,25 à 15%. L’autre raison qui a accentué la hausse de la pression en faveur de l’unification monétaire est la réunification allemande qui a eu comme conséquence l’augmentation des dépenses du gouvernement allemand en faveur de l’Allemagne de l’est. C’est un processus de rattrapage du niveau de développement de l’est vers celui de l’ouest. La Bundesbank a donc augmenté beaucoup ses taux directeurs. Donc, les autres pays ont augmenté beaucoup leur taux d’intérêt alors que la conjoncture n’y était pas favorable puisque la croissance était très faible. Il y a donc des critiques croissantes vis-à-vis du SME. 27 II. Le processus d’unification monétaire européenne A. Etapes et critères pour la mise en place de la monnaie unique Ils ont été décidés en 1992 à la suite du traité de Maastricht. Il y a une mise en place de la monnaie unique en 3 étapes : – libéralisation des mouvements de capitaux (9294) – introduction de la monnaie unique (1994). L’institut monétaire européen est mis en place pour promouvoir l’unification de l’écu. Si, en 1997, au moins 7 membres remplissaient les conditions fixées pour la mise en place de la monnaie unique alors on passerait à la monnaie unique dès 1998. – Monnaie unique introduite et BCE mise en place en 1999. C’est le début de l’UEM en 1999 mais uniquement avec la monnaie scripturale. L’utilisation de la monnaie fiduciaire avec les billets se fait à partir de 2002. Il y a plusieurs critères : – le taux d’inflation des pays membres ne doit pas être supérieur de 1,5 points au taux d’inflation moyen des 3 pays ayant les meilleures performances. – Le déficit public ne doit pas dépasser 3% du PIB – Le taux d’endettement public ne doit pas être supérieur à 60% du PIB – Les taux d’intérêt longs ne doivent pas être supérieurs à 2% de la moyenne des taux d’intérêt des trois pays qui ont les taux d’intérêt les plus faible – Maintien des parités des monnaies nationales dans les limites de variations de plus ou moins 2,25% Cela concerne tous les pays de la zone euro sauf la Grande-Bretagne, la Suède et la Danemark. Ces trois pays font partie du SME bis. Ils participent au conseil général de la BCE, l’une de ses trois instances de décision. Les PECO appartiennent aussi au BCE bis. La zone euro se compose aujourd’hui des 12 pays membres du début, de Chypre, de Malte et de la Slovénie. Les fonctions du SME bis sont : – la coordination entre pays zone euro et pas non zone euro pour la politique monétaire – maintenir la stabilité des parités des monnaies non zone euro A. Le pacte de stabilité et de croissance (PSC) Il a été décidé en 1996 mais mis en place en 1997. En 1997, il y a le traité d’Amsterdam. Pour qu’il soit modifié, il faut l’unanimité de tous les pays. Il a été conclu par l’Allemagne surtout. Ce pacte doit prolonger pour la période, après l’introduction de la monnaie unique, un certain nombre de disciplines économiques au niveau du déficit public. A la base, c’était le pacte de stabilité et non de croissance. Il a plusieurs objectifs : – imposer aux pays membres une discipline en ce qui concerne les finances publiques – encadrer la politique budgétaire des pays membres de l’UE après la mise en place de l’euro – empêcher les pays membres qui auraient la tentation de mettre en place des politiques expansives de le faire. – A la demande de la France, le pacte de stabilité aurait comme objectif de relancer la croissance. 28 1. Dispositif Le pacte de stabilité se construit sur 3 piliers : – Impose la surveillance multilatérale des politiques budgétaires des pays membres. Les pays membres doivent présenter aux autres pays les objectifs de leur politique budgétaire – Fixe les règles concernant la procédure relative aux déficits excessifs : le taux de déficit public ne doit pas dépasser 3% du PIB. On prévoit un certain nombre d’exceptions :  En cas de récession économique (lorsque les taux de baisse du PIB d’une année sur l’autre est supérieur à 2%. Il n’y a pas de sanction dans ce cas.  Si le taux de baisse du PIB est compris entre 0,75 et 2%, dans ce cas c’est le conseil des ministres des finances (Ecofin) qui tranche s’il y a sanction ou non. Il y a 3 ou 4 ans, l’Allemagne et la France avaient dépassé les 3% alors qu’il n’y avait pas de récession. L’Ecofin a refusé de les sanctionner.  Si le taux de baisse est inférieur à 0,75%, il y a une sanction. Le pays condamné doit verser dans un compte non rémunéré 0,02% du PIB. Au bout de 2 ans, ce dépôt est perdu. L’amende peut même augmenter mais ne peut pas dépasser 0,5% du PIB. Il y a un délai de 2 ans pour revenir à l’équilibre et si elle y arrive, on lui rend son argent. – le retour à l’équilibre voire à l’excédent des dépenses publiques s’il y a amélioration de la situation économique du pays 1. La logique du PSC Le pacte de stabilité repose sur l’idée que lorsqu’il y a union économique et monétaire, la charge d’une politique budgétaire excessivement expansive est supportée par l’ensemble des pays membres. Donc, il faut imposer des limites et des sanctions. Les différents arguments pour le PSC, contre le dépassement du déficit public de 3% sont : – effets négatifs de la politique budgétaire expansionniste au niveau de la balance des échanges extérieurs de l’union. Si un pays membre mène des politiques budgétaires trop expansionnistes ça va accroître les importations. Il y a donc un effet négatif au niveau de la balance extérieure au sein de l’union. – Si un pays membre d’une UEM augmente trop son déficit public donc augmente ses besoins de financement, la demande de titres publics va augmenter donc cela entraine une pression à la hausse des taux d’intérêt longs – Une hausse excessive du déficit public pourrait entraîner des risques de ne pas réussir à rembourser sa dette, donc il y a danger pour la BCE de devoir assouplir sa politique monétaire et donc de ne plus respecter la stabilité des prix 1. Les critiques – le commerce intra zone représente la plus grande part des échanges. Si un pays augmente son déficit public ça sera bénéfique pour les autres pays membres. En effet, les agents ont plus de revenus à dépenser. Donc, il y a une relance de la croissance et une hausse des importations intra zone 29 – – – – – même si un pays membre de la zone euro augmente trop son déficit public, c’est lui seul qui devrait supporter l’augmentation du taux d’intérêt long car les marchés financiers savent discriminer. La règle no bail out (non renflouement) : selon cette règle, les pays de l’UE ne doivent pas venir en aide à un autre pays en difficulté Le PSC a été fortement critiqué pour son orientation théorique (nouvelle macroéconomie classique) qui préserve la substitution aux politiques économiques conjoncturelles l’imposition des règles pour guider la politique monétaire, enlever aux pouvoirs publics, la maîtrise des politiques macroéconomiques Critique de l’arbitraire des seuils retenus (3% du déficit public). Ces normes ont été proposées par Mitterrand (60% car c’était le taux d’endettement public moyens des pays européens des années précédentes et 3% car c’est le taux de déficit public qui permet de stabiliser le taux d’endettement public à 60% si on considère que le taux de croissance est de 5% Les nouveaux pays doivent réaliser des taux de croissance plus élevés s’ils veulent espérer rattraper le niveau de développement. Il y a donc un risque de hausse de l’inflation et des dépenses publiques I. L ’union économique et monétaire A. Avantages de la monnaie unique – – – – – la centralisation de la conduite de la politique monétaire entre les mains de la BCE permettrait aux pays membres de se soustraire de la domination de la Bundesbank réalisation d’économies importantes notamment pour les entreprises. Il y a une progression des rythmes de croissance de 0,5% du PIB. Ces économies seraient liées aux économies dues à la disparition du besoin de conversion en différentes monnaies et à la suppression du risque de changer de frais de couverture contre les risques de change coordination, harmonisation des politiques macroéconomiques des pays membres cela permettrait à l’euro de menacer la domination du dollar en tant que monnaie internationale l’UEM était une zone monétaire optimale A. Théorie des zones monétaires optimales et UEM Les théoriciens des zones monétaires optimales recherchent les facteurs économiques qui justifient la mise en place entre plusieurs pays d’un système de change fixe ou d’une monnaie unique. Quelles sont les conditions économiques ? L’unification monétaire européenne a des conséquences importantes pour les pays parce que l’introduction de l’euro signifie que les pays membres perdent la maîtrise de leur politique monétaire et leur politique de change. La politique monétaire c’est la capacité de déterminer le niveau des taux directeurs (taux d’achat de liquidité pour les banques). Ceci permet d’influencer le niveau des taux d’intérêt à court terme voire à long terme. Désormais, c’est la BCE qui s’en charge. La politiques de change c’est la capacité à fixer la valeur de la parité nationale par rapport aux autres monnaies. Ce sont deux leviers qui permettent de modifier la conjoncture économique. Les pays membres disposent de 4 instruments pour agir sur la conjoncture : – maîtrise des politiques macroéconomiques – flexibilité des salaires nominaux 30 – – mobilité des facteurs de production transfert budgétaire en faveur des régions en crise 1. L’analyse de Mc Kinnon Le critère est le taux d’ouverture commerciale des uns vis-à-vis des autres. Estce qu’ils commercent entres eux ou avec d’autres pays ? Quelle serait la part du commerce intra zone ? Si les pays qui veulent faire une union monétaire échangent surtout entres eux alors ils peuvent mettre en place un système de change fixe ou de monnaie unique sinon les monnaies nationales flotteraient et ces flottements auraient des conséquences négatives au niveau des produits exportés. Les pays de la zone euro satisfont ce critère puisque la plus grande partie des échanges extérieurs sont des échanges intra zone. 2. L’analyse de Mundell Il s’appuie sur 2 critères : – il faut que les chocs subis par ces pays soient symétriques – il faut la mobilité des facteurs de production et surtout du facteur travail Il faut au moins un des deux critères pour mettre en place la zone monétaire. Un choc symétrique frappe tous les pays de la même façon (même nature et même ampleur). Exemples : le choc pétrolier de 1973, le contre choc pétrolier de 1980, la crise des subprime Un choc asymétrique frappe seulement certains pays. Exemples : hausse des salaires en France après mai 68, la réunification allemande Si les chocs qui touchent les pays susceptibles de constituer une zone monétaire sont symétriques alors il y a création de la zone monétaire. Si les chocs sont symétriques, la politique monétaire et de change par la banque centrale peuvent résoudrent les problèmes. Avec le choc pétrolier de 1973, l’inflation a augmenté dans tous les pays européens donc ils ont le même problème et la même solution une hausse des taux d’intérêt. Si les chocs sont asymétriques, la politique unique ne peut pas répondre à cette situation. Si les chocs sont asymétriques, il faut au moins la deuxième condition remplie c'est-à-dire la mobilité des facteurs de production surtout du facteur travail. Par exemple, si le pays A pratique une hausse trop importante des salaires, la compétitivité du pays augmente et donc la compétitivité du pays B augmente. Le facteur travail peut rétablir l’équilibre. Dans la zone euro, il y a des chocs asymétriques et la mobilité des facteurs de production surtout du facteur travail est faible. Avec l’unification monétaire, les Etats pourront juste changer la flexibilité des salaires nominaux. Selon la théorie de Mundell, l’union européenne ne répond pas aux critères et un pays n’aura comme instrument que la flexibilité des salaires. 1. L’analyse de Kennen Le critère choisi est le degré de diversification de l’appareil productif. Si l’appareil productif est peu diversifié, le pays n’a pas intérêt à intégrer une zone monétaire mais garder le taux de change de sa monnaie flexible. Si l’appareil productif est diversifié, il pourra intégrer une zone monétaire. Même s’il y a un choc sur un secteur, les conséquences seront de moins grande ampleur car il y a d’autres secteurs. II. Le processus d’élargissement de l’union européenne A. Le calendrier et les critères 31 Il y a – – – – différents critères : politique : les pays candidats doivent avoir des institutions stables économique : économie de marché viable nécessaire mise en conformité de leur législation avec la législation européenne remplir les critères du traité de Maastricht A. Le coût de l’élargissement Les PECO ont bénéficié d’un soutien financier multilatéral notamment de l’Europe et surtout de l’Allemagne avant leur intégration, dans le cadre du programme Phare et de la BERD avec 27 milliards d’euros de soutien financier net (somme nettement inférieure à l’aide du plan Marshall de 97 milliards de dollars). B. Les conséquences économiques de l’élargissement Pour les PECO, ils ont fait un effort important pour leur législation. Il y a la mise en place d’un système financier solide selon le modèle de l’économie de marché. Il y a un renforcement de l’hétérogénéité de l’espace européen, entraînant ainsi un risque accru des chocs asymétriques. Il y a un renforcement de la dynamique inégalitaire. Tous les PECO ne bénéficient pas de la même façon de l’intégration européenne. Il y a des conséquences au niveau agricole. Les prix agricoles européens sont plus élevés que les prix internationaux donc il y a une hausse des prix agricoles dans les PECO avec leur intégration. Il y a des conséquences négatives sur leur niveau de vie. La mise en place de la PAC permet des gains de productivité importants. Il y a 2 effets : – hausse du revenu agricole – exode rural Il y a des conséquences économiques importantes pour les anciens pays membres. Il y a des conséquences positives pour les entreprises : possibilité d’abaisser les coûts de production, nouveaux marchés, pressions vers la baisse des salaires notamment dans les industries travail intensives, menaces de délocalisation à l’est. Il y a des conséquences au niveau budgétaire : déplacement des fonds communautaires vers les nouveaux pays membres. 32 Chapitre 2 : les politiques macroéconomiques de l’union fortement contraintes, faiblement convergentes. I. La politique monétaire unique A. Cadre institutionnel et stratégie de la BCE La BCE est dirigée par le conseil des gouverneurs et le directoire. Le conseil des gouverneurs est composé de gouverneurs des banques centrales de la zone euro. Le directoire est composé de 6 membres élus par les pays membres pour 8 ans non renouvelables. Les instances de direction se réunissent tous les 15 jours. La BCE est indépendante vis-à-vis des pouvoirs publics des pays membres. Selon la NEC, il faut enlever aux pouvoirs publics la maîtrise de la politique monétaire pour relancer la croissance car ils seraient tenter de mettre en place des politiques inflationnistes en période électorale. Mais comme les agents sont rationnels, ils voient les effets de ces politiques sur l’inflation. Le bilan de la politique monétaire unique La BCE n’a pas failli à sa mission malgré quelques erreurs de communication. Elle a mené une politique monétaire plutôt pragmatique. Cependant, la flexibilité a été insuffisante dans des périodes de ralentissement de la croissance contrairement à la FED. Les taux directeurs de la BCE ont été plus élevés que les taux de la FED pendant une certaine période (2003) alors que les taux de croissance aux Etats-Unis étaient 7 fois plus forts que ceux de la BCE. On considère que la FED en baissant ses taux d’intérêt a augmenté trop la liquidité et a contribué aux bulles financières (bulle internet et bulle immobilière). B. Pouvoir partagé au niveau de la politique de change Il y a codécision entre la BCE et le conseil des ministres des finances (ECOFIN). La politique de change est contrainte par la politique monétaire et par l’objectif de stabilité des prix. Un euro fort a comme conséquence la baisse du prix des importations (pétrole par exemple) donc il y a un effet positif dans la lutte contre l’inflation. La BCE a plutôt tendance à favoriser l’apprécier de l’euro par rapport au dollar mais ceci a des effets négatifs sur les exportations et donc sur la croissance. Il y a 3 phases : – 1999 – 2002 : dépréciation de l’euro par rapport au dollar – 2002 – été 2008 : appréciation de l’euro par rapport au dollar (taux directeurs BCE plus élevés que ceux de la FED et les autorités américaines voulaient déprécier le dollar) – Depuis été 2008 : dépréciation de l’euro (initiative des Etats-Unis pour que les créanciers achètent encore des bons du trésor) 33 I. Des politiques budgétaires fortement contraintes, répartition symétrique des pouvoirs économiques et hétérogénéité de la zone euro Le policy mix européen (combinaison politique budgétaire et monétaire) est assez particulier : il y a combinaison entre une politique monétaire unique et des politiques budgétaires nationales mais fortement contraintes par le pacte de stabilité. Il y a un rôle prépondérant de la BCE et de la politique monétaire sur la politique budgétaire. Aujourd’hui, les taux directeurs sont très bas et bientôt la politique monétaire n’aura plus aucun effet. On considérait que la politique monétaire était plus efficace pour stabiliser l’économie. La BCE peut durcir sa politique monétaire si elle juge les politiques budgétaires menées par certains membres trop accommodantes. La politique de change doit être conforme à l’objectif de stabilité des prix. La tâche de la BCE devient plus difficile à cause de l’hétérogénéité de la zone euro. Les taux d’intérêt réels sont différents entre les pays. Idem pour les taux de croissance et les taux d’inflation. Les taux d’intérêt réels pour les pays avec une croissance faible sont positifs. Les taux d’intérêt réels pour les pays avec une forte croissance et une forte inflation sont négatifs. Il y a une diversité des mécanismes de transmission de la politique monétaire unique. Les taux directeurs influencent le comportement des agents économiques. En Espagne, les taux d’intérêt au logement sont variables. Si la BCE change ses taux directeurs cela se répercutera sur ce taux d’intérêt. En Allemagne, les taux d’intérêt au logement sont fixes. Si la BCE change ses taux directeurs, il n’y aura aucune répercussion. II. Le problème de la concurrence fiscale La concurrence fiscale c’est lorsque un ou plusieurs pays essayent par l’abaissement du taux d’imposition d’attirer vers le territoire national les facteurs de production les plus mobiles (les entreprises notamment). Ce phénomène est aujourd’hui présent au niveau mondial à cause de la globalisation financière. Il est encore plus présent en Europe depuis l’application de l’acte unique. Les fiscalités des pays européens sont disparates, la concurrence fiscale a des effets négatifs : – faiblesse des recettes fiscales de l’Etat, ce qui crée des contraintes au niveau économique – la concurrence fiscale est source d’injustice fiscale (taux de pression fiscale sur les facteurs les plus mobiles diminue alors que sur le facteur travail il augmente) Il y a un effet boule de neige : les différents pays européens cherchent à attirer des entreprises en baissant la fiscalité sur les entreprises (d’abord Irlande, PaysBas, Allemagne et France). Quand un pays commence, les autres suivent pour éviter les délocalisations. Il y a une harmonisation fiscale en Europe avec un progrès au niveau de la TVA, problème de l’harmonisation de la localisation de l’épargne (certains pays européens considérés comme des paradis fiscaux avec peu ou pas d’imposition). Il y a une attitude négative de la Belgique, de l’Autriche et du Luxembourg. Ils ne veulent pas faire de concessions si les autres paradis fiscaux n’en font pas (Etats-Unis,…). 34 35