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Veille Stratégique

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VEILLE STRATEGIQUE Professeur : Djibril DIAKHATE Durée : 1 semestre Classe : L3D

CHAPITRE I : INTRODUCTION GENERALE A LA VEILLE Contrairement à une idée reçue, la valeur stratégique de l informat ion n est pas venue avec le vent de la mo ndialisat ion. Tous les anciens chefs de guerre, d Alexandre le Grand à Napoléon Bonaparte ont usé de l informat ion pour affaiblir leurs ennemis. Puis ce sont les polit iciens qui l ont utilisée pour imposer leurs idées et leurs visées aux populat ions. Dans le mo nde contemporain cette utilisat ion stratégique de l information désignée sous le concept guerre de l informat ion a surtout connu son apogée avec la confrontation Est-Ouest durant la guerre fro ide. Aujourd hui dans le contexte de durcissement de la co mpét it ion écono mique tant au niveau des acteurs mo ndiaux, nationaux que régio naux, les entreprises sont confrontées à de nouvelles techniques de " co mbat " dans lesquelles la maîtrise, le contrôle et la diffusio n de l informat ion(réelle ou retouchée) sont utilisés, non plus seulement comme un vecteur de connaissance et d ant icipat ion, mais comme une arme offensive. Dans certains Etats modernes, le renseignement n est plus seulement assujetti aux beso ins militaires ou sécuritaires mais aussi à la recherche de nouveaux marchés, de nouveaux clients et à la création de la valeur ajoutée. L informat ion devient donc la principale mat ière première de l écono mie et const itue également un instrument de compét ition. Sa manipulat ion ou simplement son utilisat ion à des fins malveillantes contre les acteurs économiques d un Etat, entreprises, régions, ou individus est aujourd hui facilitée du fait, notamment de l émergence des Nouvelles Techno logies d'Informat ion et de Communicat ion (NTIC). Ainsi sont nées les pratiques qui se proposent de rechercher la bonne informat ion, de vérifier les bonnes sources, de la diffuser afin de créer de la valeur ajoutée au sein des entreprises. Il s agit de la veille stratégique et/ou de l intelligence économique

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Veille Stratégique
INFORMATION, CONNAISSANCE, INNOVATION.

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INFORMATION, MATIERE PREMIERE DE L ENTREPRISE L informat ion est la mat ière première sur laquelle se fo nde la stratégie. Elle est devenue la base essentielle du développement des sociétés (A. Bousso, 1982.). Elle peut être une donnée, un fait, un renseignement, une image, un chiffre etc. Elle est l élément essent iel sur lequel se fo nde la connaissance1. Selon (D. Bougnoux), le fait qu elle puisse désigner tantôt des nouvelles (news), tantôt des données (data) et tantôt le savo ir (knowledge), fait de ce terme un « caméléon intellectuel »2 L interdiscipline des sciences de l informat ion et de la communicat ion dont elle représente un des concepts fondamentaux, explique largement ces difficultés définit io nnelles. Les SIC ont la réputatio n de rallier à la fo is plusieurs disciplines aussi bien sociales que scient ifiques. Cette richesse est à la fo is un handicap sérieux pour une ho mogénéisat ion des paradigmes et concepts. La tendance des chercheurs est, en effet, de penser les SIC du coté de leur discipline antérieure. Ce qui est parfo is source d un cafouillage sémantique et de querelles d éco le. En défit de cette confusio n, une chose reste certaine. Dans la société actuelle, l informat ion est le « pétrole gris », vecteur de la co mpét itivité des entreprises. Avec son nouveau statut, elle « remplit des fonctions multiples : facteur de production (plus un produit est à forte valeur ajoutée plus il aura nécessité d'informations à tous les stades de sa conception, de sa réalisation, de sa mise sur le marché), denrée stratégique, ferment d'innovation, atout commercial, matière à participation des travailleurs; elle est socle des décisions »3. Cette pluralité de définit io ns et de fonct ions de l informat ion nous permet d ident ifier les différentes formes qu elle peut revêtir. On peut distinguer selo n sa valeur stratégique et/ou ses mo yens d acquisit io n, trois types d informat ions (AFNOR, 1998)4 : · « L information blanche » qui désigne les données licit ement et aisément accessibles. Connue aussi sous le no m d « information ouverte », elle passe souvent par les

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Guinchat, Claire ; Skouri, Yolande. Guide pratique des techniques documentaires. Vol.1. Nouv. Ed. revue et mise à jour. Paris : EDICEF, 1996, p. 13 2 Bougnoux, Daniel. la communication contre l information. Paris : Hachette, 1995, p. 7. Cité par A. Mucchielli (les sciences de l information et de la communication.
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SUTTER, Eric; Bureau van Dijk. - La fonction "Information-Documentation" dans les entreprises : Guide pour sa mise en place. - Guide professionnel ADBS, n°2, Paris, mars 1994. In : http://www.adbs.fr/uploads/ouvrages/1918_fr.php. consulté le 24 avril 2006. .
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AFNOR, Association Française de Normalisation. Norme expérimentale XP X50 053 : Prestation de veille et mise en place d un système de veille. Paris : Afnor, 1998

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circuits normaux de publication et de commercialisation. Elle peut se trouver dans les livres, la presse, les revues, les bases de données, Internet et représente environ 80% des flux informat ionnels (vo ir schéma Daniel Rouach.). · « L information grise », elle aussi est licitement accessible. Elle se caractérise par des difficultés dans la connaissance de son existence ou de son accès car elle ne fait l objet d aucune public ité. Elle est d une valeur stratégique énorme. · Et enfin « l information noire » hautement sécurisée. Elle est à diffusio n restreinte. Seule une po ignée de personnes peut en avo ir l accès. Le fait de la détenir peut entraîner des poursuites judiciaires et des sanct ions pénales à l encontre de la personne ou de la société en cause.

Schéma 1 : typologie de l information

DE L INFORMATION

A LA CONNAISSANCE

Informat ion, vecteur de la stratégie mais aussi élément de connaissance. Il faut préciser, dans ce même ordre d idée que, contrairement à un amalgame très récurrent, l informat ion n est pas la connaissance. La différence entre informatio n et savoir n a pas su se faire au fil du temps, entraînant ainsi l échec de bon no mbre de processus de Management des Connaissances. « L information est à la connaissance ce que le revenu est au capital »5 dira, K. E. Boulding. Les spécialistes ont pendant longtemps pris indifféremment les données recueillies dans les livres et revues et dans d autres sources. La connaissance est le résultat
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Cronin, Blaise. In : La société informationnelle : enjeux sociaux et approches économiques, sous la direction de Anne Mayère. Paris : Harmattan, 1997, p.11.

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Ce dernier est « une stratégie qui vise à structurer formellement le capital de connaissances explicites et tacites d'une organisation. 2 mars 2002. veille et intelligence stratégiques. la connaissance permet de passer à une entreprise innovante.3 no. 7 Cohen. Real . l informat ion. Pariat.). invention. il s agit de la capitalisat ion des connaissances. Elle est de l informat ion analysée. avec l'humain comme premier lieu d'interaction et de création de connaissance. sa gestion en l occurrence. Du coté de l entreprise. p. vol. ne peut suffire pour améliorer la performance de l entreprise si elle n a pas été interprétée et intégrée au travail. élément de produit ou élément de service mis pour la première fo is à la disposit io n des conso mmateurs soit parce qu il dét ient des caractérist iques singulières (performance. organisée autour de procédés ou méthode. en lien avec ses orientations stratégiques et ses besoins d'innovation et d'amélioration de compétitivité. supportée par une infrastructure technologique et organisationnelle. l inno vat ion est toute tentative d amélioration de l existant (Giget 2004. Paris : Lavoisier. soit parce qu il répond à un type nouveau de besoins. Gestion des connaissances et compétitivité des entreprises.Veille Stratégique 20102011 d un apprent issage et d un processus d appropriation de l informat ion. Corinne. En effet. 2004. Elle ne peut revêtir sa forme stratégique qu après avo ir été transformée en connaissance opérationnelle. inno ver c est introduire des nouveautés dans le processus afin de rendre efficace la production. » 6 A la lumière de cette définit ion. Le KM assure à l organisat ion une postérité certaine et une maîtrise de son expert ise et de son savoir-faire afin de mieux doper l inno vat ion. experte. l innovat ion est le produit. par le biais d infrastructure humaine et matérielle const itue une nécessité dans l entreprise co mme en atteste l émergence du KM (Knowlegde management. (Cohen. sa capitalisat ion. Lucile. D une entreprise savante. CONNAISSANCE. elle seule. 4. contextualiseé et opérationnelle. la gestion des connaissances peut être vue co mme étant le prolongement des activités de veille stratégique et d intelligence économique. Autrement dit. Plus spécifiquement elle est une mis e en uvre originale et porteuse d une découverte. Aujourd hui la création du savo ir. In : réseaux. Dans le marche. 2004)7 Elle peut être vue du coté du marché comme du coté de l entreprise. prête à être mise à pro fit dans une fonctio n spécifique. Cependant il est difficile de se prévalo ir d une t ypo logie impartiale et 6 Jacob. design ) par rapport aux autres produits ou service. p Djibril DIAKHATE | INFORMATION.). DE LA CONNAISSANCE A L INNOVATION De manière générale. réfléchie. procédés etc. le service. sa circulat ion. la créat ion de sens à partir des données informat ionnelles recueillies dans le processus de veille. INNOVATION. 4 .

l attitude de l entreprise à appréhender son environnement afin de prévenir les menaces et d ant iciper les opportunités. . qui est elle-même liée au recueil et à la capitalisat ion des données informat ionnelles. en elle-même s opposer « au concept même d innovation. qui.techniques-ingenieur.fr/dossier/l_innovation_dans_l_entreprise/A4010. Real . LA VEILLE STRATEGIQUE ET SES DIFFERENTES ACCEPTIONS A l instar de la société industrielle qui a révo lutionné les techniques de production de s unités industrielles et. l innovation dans l entreprise.consulté le 25 avril 2006.Veille Stratégique 20102011 exhaust ive de l inno vat ion. dans ce contexte de Mondialisat ion de l écono mie l accès à l informat ion pertinente. mai 1994. comme le soutiennent Jacob et Pariat. Ce qui donne naissance à un processus cyclique entre elle. Marc. accessible in : http://www. 2 mars 2002. toute tentative de catégorisat ion risque d être réductrice et peut. 9 Jacob. 4 Djibril DIAKHATE | 5 . fiable est devenu indispensable à la survie de nos entreprises dans une écono mie internat ionale à la concurrence impitoyable. l informat ion. Ces prouesses techniques semblent aujourd hui être occultées par la surexplo sio n de l information qui pose le problème de l accès aux bonnes sources. La veille. de publicat ion et d accès. vol. no. Nul doute qu une inno vat ion quelle que so it sa nature a comme soubassement la connaissance et l expertise de l entreprise. est ouvert à autre chose que ce qui peut être identifié. un juste « maillage entre 30% des connaissances tacites et 70% des connaissances explicites dont dispose l organisation »9. Elle est un gage de survie dans un marché à la concurrence impito yable. et la connaissance où chaque élément enrichit l autre de manière cont inue. est l act ivité se proposant de maîtriser l informat ion aussi bien interne qu externe se rapportant aux beso ins de l entreprise afin d aider les dirigeants à la prise de décisio n. »8. p. 8 Giget. Elle suppose. diversifié les produits de conso mmation.3 no. par nature. Pariat. L innovat ion repose sur la créat ion de connaissance. In : technique de l ingénieur. Etant donné que l inno vat ion peut intervenir dans tous les domaines de l entreprise. l avènement des Nouvelles Techno logies de l Informat ion et de la Co mmunicat ion a eu le mérite de contribuer à la vulgarisat ion de l informat ion et au perfect ionnement des ses mo yens de production. Il n est pas beso in de rappeler que. Gestion des connaissances et compétitivité des entreprises. Lucile. In : réseaux. AGC2. L inno vat ion est devenue un enjeu stratégique pour l entreprise.

pour être efficace doit être sectorisée. la veille n a rien de passif dans la démarche.Veille Stratégique 20102011 Cette activité relat ivement récente se no ie dans un « chao sémantique » et dans de s querelles acerbes d auteurs autour du terme de « veille ». Humbert Lesca. 2004 Djibril DIAKHATE | LA VEILLE STRATEGIQUE ET SES DIFFERENTES 6 ACCEPTIONS . le caractère actif du processus de veille est acquis. pour anticiper les évolutions »10. le définit co mme « un processus collectif continu par lequel un groupe d individus traquent de façon volontariste et utilisent les informations à caractère anticipatif concernant les changements susceptibles de de réduire les risques et l incertitude en général »11 Cependant si divergence il y a dans la définit io n. ed. commerciale. Paris : Dunod. Association Française de Normalisation. etc. uvre un dispositif efficace afin de collecter. Norme expérimentale XP X50 053 : Prestation de veille et mise en place d un système de veille.org. les auteurs s accordent sur le fait qu une veille. Pour s élever au-dessus de ces inco mpréhensio ns entre théoriciens. Intelligence stratégique sur Internet : Comment développer des activités de veille et d intelligence économique sur le web. Carlo. traiter et diffuser les informations pertinentes à la prise de décisions stratégiques 10 AFNOR. Selon l Associat ion Française de Normalisat ion. une définit io n jugée la mo ins polémique a été édictée par l AFNOR. 12 Revelli. Accessi ble in http://www. Il préfère l appellat ion « Intelligence stratégique » co mme syno nyme de veille du mo ment où « une organisation met en pour renforcer sa compétitivité »12 Cependant malgré les différences d appellat ion. Veille stratégique : concepts et méthodes de mise en place dans l entreprise. de l informat ion brute exhaust ive viennent la stratégie et l act ion de l entreprise. Cette concept ion est défendue par Carlo Révelli qu i soutient que. Bien que le terme renvo ie à la passivité. dès l instant que. préférant le terme de « veille stratégique » parce que jugeant le concept de veille (tout court) trop passive. Ceci suppose qu il existe plusieurs t ypes de veille. 1998 11 Lesca Humbert. la veille est « une activité continue et à grande partie itérative visant à une surveillance accrue de l environnement technologique. Paris : Afnor. 2e. du po int de vue de la pratique il n y a nullement de différence. ou sur le terme à ut iliser.veille-stratégique. Mais se produire dans l environnement extérieur de l entreprise dans le but de créer des opportunités d affaires et contrairement à Lesca.

La veille technologique et l intelligence économique. et domaines d activités. Veille commerciale et marketing La veille co mmerciale porte l attention sur l environnement commercial de l entreprise. 1998 Djibril DIAKHATE | LA VEILLE STRATEGIQUE ET SES DIFFERENTES 7 ACCEPTIONS . fausses pistes et leurres destinées à égarer les curieux. Il s agit de la recherche. et ceci de la part des concurrents »13 De manière prat ique. les achats. Elle consiste à « pister les démarches actives. intrusions diverses etc. leur recrutement. en vue de son explo itation des renseignements. de traiter et de diffuser. Elle s occupe de la surveillance des inno vat ions technologiques des concuurents à partir des dépots des brevets. la veille concurrentielle a pour principales cibles la stratégie de s concurrents. Daniel. alliances etc. aux procédés de fabricat ion des produits. à son circuit de distribut ion et ses prospectus. const itue un atout non négligeable pour accroître la performance des entreprises. Veille concurrentielle Act ivité se rapportant à la recherche. La veille brevet peut être affliée à la veille techno logique. actuels et potentiels. au traitement et à la diffusio n de l informat io n relat ive à la concurrence. A ceux là s ajoutent les accords et partenariats. La veille techno logique se propose ainsi de rechercher. Une veille commerciale do it se focaliser aussi sur la surveillance des appels d o ffres publics et privés. les actions de développement. sur la santé financière de ses clients et fournisseurs. leurs clients. la veille concurrent ielle surveille les concurrents directs et indirects.Veille Stratégique LES DIFFÉRENTES FORMES DE VEILLE 20102011 Veille technologique Avec l état de développement de la recherche scient ifique et des inno vat ions techno logiques de plus en plus rapides. leurs prat iques tarifaires. communiqués ou articles de presse.. déploiement vers d autres secteurs. Son importance réside dans le fait qu elle 13 Rouach. du traitement et de la diffusio n de l informat ion afférente aux clients et fournisseurs. leurs contrats. et données relat ifs aux informat ions techno logiques ou ayant trait aux acquis scient ifiques et techniques. Paris : PUF. leurs nouveaux produits ou services. une po lit ique de recueil et de gest ion des informat ions relat ives aux nouvelles créat ions.

fait référence chez les spécialistes de la veille en France. In : http://www.14 Du fait de la proximité de leurs cibles. les sondages et les « chasseurs de tendance »15. à un espio nnage industriel ou écono mique. Pour ce faire les méthodes utilisées varient selon la spécialit é de l entreprise et se partagent entre les études de marché. de traitement et de diffusion (en vue de son 14 15 http://www. INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE : QUELLE DEFINITION ? Adaptation du concept anglo-saxon « compétitive intelligence ». l intelligence économique. Cette définit io n proposée à la suite de l étude qu il avait dirigée sur « l intelligence économique et stratégie des entreprises » pour l Etat Français. En effet Martre évoque l intelligence écono mique comme « l'ensemble des actions de recherche. célèbre consultant américain en intelligence économique et stratégie. « l intelligence économique consiste à : fournir la bonne information.com Technique très répandue dans l industrie de mode 16 Michael Porter. de bien agir et idéalement de faire évoluer son environnement dans un sens propice ». au bon moment. en plus de surveiller le marché de l entreprise. de prime abord.htm.Veille Stratégique 20102011 permette aux entreprises d ident ifier de nouveaux produits. consulté en Mars 2004. à la bonne personne pour lui permettre de prendre la bonne décision.fr/informer/ie/ie11. les axes de co mmunicat ion des concurrents ou sur l efficacité ou non d une campagne de co mmunicat ion. Selon Michaël PORTER16. Djibril DIAKHATE | INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE : QUELLE DEFINITION 8 ? . L origine de cette inco mpréhensio n est à rechercher dans la significat ion du mot anglais « intelligency » qui veut dire : espio nnage. ne fédère pas tous les praticiens et théoriciens de la veille.cci. versio n française. viennent se greffer d autres liées à la définit io n même de l activité d intelligence économique ainsi qu à sa posit ion par rapport à la veille. la veille commerciale est parfo is affiliée à la veille marketing. Cependant la définit io n la mieux acceptée est celle proposée par le Groupe de Henr i Martre. Cette définit ion jugée la plus simpliste et fondée sur l o bjet de l intelligence économique (l informat ion) et son object if (la bonne décisio n).doubleveille. Cette dernière. en 1994.moselle. permet d informer les dirigeants et agents marketing de l entreprise sur le co mportement des conso mmateurs. souffre de ses origines anglaises qui l assimile. d optimiser les achats ou encore de retrouver rapidement une source d approvisio nnement en cas de défaut d un fournisseur. A ces difficultés de nature étymo logique.

matériels. Intelligence stratégique sur Internet : Comment développer des activités de veille et d intelligence économique sur le web. l efficacité des veilles sectorielles ou spécialisées. en général. Paris : la documentation Française. montre. Carlo Révelli18 dans ce débat. INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE ET VEILLE : ÉTUDE D UNE FRONTIÈRE SI PEU ÉLUCIDÉE En référence aux définit io ns des deux concepts précédemment évoqués. Cependant la surveillance accrue de l informat ion fait que l entreprise est réceptive et très dépendante de son environnement. 1994. 2004. ed. 2e. Paris : Dunod. il est très difficile de mo ntrer une ligne de démarcat ion entre la veille et l intelligence écono mique. Elle est un élément de la veille informat ionnelle orientée vers le développement économique de l entreprise. Ce qui fait qu elle est. henri. l intelligence économique. dans les meilleures conditions de qualité de délai et de coût ». la majeure partie du temps de travail sera consacrée au traitement de l informat ion . Malgré qu elles so ient toutes des démarches de management stratégique de l informat ion pour la co mpét it ivité de l entreprise. Djibril DIAKHATE | INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE ET VEILLE : ÉTUDE 9 D UNE FRONTIÈRE SI PEU ÉLUCIDÉE . Cette difficulté explique la divergence des auteurs et praticiens sur l utilisat ion des concepts. Afin de lever tout équivoque entre la démarche d intelligence économique et l espio nnage industriel. ces deux act ivités souffrent de leur appellat ion. financiers et technologiques très importants. elle. Aussi avec l importance des masses d informat ions qu i seront collectées. à partir de la définit io n du Commissariat du Plan. Carlo. peine à séduire les entrepreneurs parce qu assimilée à tort à l espio nnage industriel. p. Cette immense act ivité de recherche d informat ion mobilise des mo yens humains. 212p 18 Revelli. Selo n bon no mbre de théoriciens. La veille stratégique est une act ivité de recherche tout azimut de l informat ion qui peut intéresser l entreprise afin d en définir les act ions de développement à prendre. Naturellement c est une démarche glo bale qui intègre d autres types de veilles sectorielles cho isies en fo nct ion des préoccupations de l entreprise. il précise que ses actions do ivent être menées « dans le respect des règles légales et déontologiques.Veille Stratégique 20102011 exploitation) de l'information utile aux acteurs économiques » 17. intelligence économique et stratégie des entreprises. Le concept « veille » se refuse dans les entreprises du fait de sa connotation passive . l apanage des grands groupes internationaux. l int elligence écono mique fait partie de ces dernières. ce qui rend inopérationnel le processus de décisio n et montre du même coup. que l intelligence 17 Martre.

2001. aux administrateurs des collectivités locales. no. 60p.. no.2ème édition.11 20 Rapport de Henri Martre. 19 Jakobiak. aux acteurs publics et privés. Djibril DIAKHATE | INTELLIGENCE ÉCONOMIQUE ET VEILLE : ÉTUDE 10 D UNE FRONTIÈRE SI PEU ÉLUCIDÉE . In : Regards sur l intelligence économique. Franço is Jakobiak dira que l intelligence écono mique. janvier février 2004. 22 Observatoire critique du Rapport Carayon. elle suppose un ensemble d actions d influence so it au niveau de l entreprise. 1. p. un rapport sur l intelligence écono mique qui a eu le mérite de sensibiliser les entrepreneurs français sur l intérêt d avo ir une po lit ique de maîtrise de l informat ion écono mique . 1. cette démarche explique la mise en exergue du concept « exploitation de l information » dans la définit ion du Co mmissariat du Plan. Selon Révelli.11-19. p. janvier février. 2004. à l opposé des autres types de veille est bien « une organisation au niveau national et non plus uniquement au niveau de l entreprise »19 Cette conception semble être comprise par l Etat français en co mmandant en 199420. Paris : Editions d Organisation. soit au sein même de l appareil étatique. François . compétitivité et cohésion sociale »21 dirigé par Bernard Carayo n22. Commissariat du Plan 21 Regard sur l intelligence économique. et un deuxième rapport en 2003 sur « l intelligence économique. Intelligence économique avec l apport des NTIC : comment bâtir son propre système d intelligence économique. député et maire de Tarn.Veille Stratégique 20102011 économique ne se limite pas seulement à la recherche. de son environnement immédiat. à la co llecte au traitement et à la diffusio n de l information . Appuyant la même idée.

des marchés. La veille devenant un do maine d'intervent ion où tout invest issement peut générer d'importants gains et dividendes. du libéralisme et le caractère fluctuant de la Nouvelle Economie mondiale qui en a résulté. Ils intègrent le système d informat ion globale de l entreprise et cohabitent. Curieusement. aux évo lut ions incessantes. d'être compét it ive et de générer une valeur ajoutée. des trusts. à l image des formes de veille. elles n'arrivent pas à maîtriser facilement et à mo indre coût l'informat ion ut ile dont elles ont réellement beso in et surtout au moment approprié. Elle y est un lieu d'observat ion stable. Mais tout cela au prix d une organisation sans faille de l entreprise. on a vu apparaît re et proliférer de nouvelles entreprises de veille qui se posit io nnent sur le marché. Ainsi.Veille Stratégique 20102011 CHAPITRE II : MISE EN UVRE D UNE DEMARCHE DE VEILLE La place prise par l'informat ion spécialisée dans la vie. Dans l'entreprise. donc de produits. parmi les plus rentables et les plus florissantes. dans les meilleures condit ions possibles. divers et variés. Le développement tous azimuts des techno logies. l'organisat ion et le développement de l'entreprise cro ît sans cesse. Dès lors. un mécanisme d'aide à la prise de décisio ns. une banque de scénarios possibles. de la concurrence. une mémo ire. Autrement dit. elle met en jeu dans l'entreprise des mécanis mes nouveaux en suscitant une structuration adaptée. Et pourtant l informat ion qui est capitale dans cette « Nouvelle Société » est l'élément qui catalyse la production. toute entreprise qui veut survivre devra organiser sa veille et en faire une fonct ion essent ielle. un disposit if matériel utilisant des techno logies de po inte (NTIC. Elle const itue aussi pour l'entreprise un marché important en développement. réseau). impose désormais à l'entreprise d'avo ir une réflexio n stratégique afin de prévo ir l'évo lut ion des marchés. en Djibril DIAKHATE | CHAPITRE II : MISE EN UVRE D UNE DEMARCHE 11 DE VEILLE . pour faire face. En fait. une gestion nouvelle. les entreprises souffrent d'avantage d'un trop-plein que d'un manque d'informat ions. une organisat ion nouvelle. de saisir les opportunités. Plus que jamais. la Veille stratégique est devenue un élément qu'une entreprise peut structurer sous forme d'offre de biens et de services. le développement et même la survie des entreprises passent par la maîtrise de l'informat ion. Les systèmes d informat ion de veille (SIV) sont. de minimiser les incert itudes. la veille amène les décideurs à changer leur façon de vo ir les choses. permet à l'entreprise de faire face à la concurrence.

sur son environnement concurrentiel. Paris : ed.De l'organisation des données dans les systèmes d'information : Réalisation d'un outil de gestion de données hétérogènes et formelles appliqué à la veille technologique. H . sa couverture. Djaouzi. sa mise en opposit ion avec les modèles de gest ion de l information dans certaines PME (le recours à des prestations extérieures notamment) aux mo yens limités n est-elle pas tout aussi suffisante pour comprendre notre visio n de ce système à l interne. d organisation. de traitement et de diffusio n et de validat ion. Dou. pourvu qu elles puissent avo ir un impact sur les décis io ns de l entreprise. Analyse bibliométrique multi bases pour l élaboration d un dossier électronique de veille technologique. En somme notre système d informatio n 23 Léveillé. Henri . »26 Le système d informat ion interne dont il est le cas dans notre étude. 2000. S. Valerie. p. Exemples commentés de veille technologique. 1999. les types d informat ion. Toulouse. Sa mise en uvre do it préalablement répondre à un certain no mbre de quest ions25( l enjeu. 31 Djibril DIAKHATE | CHAPITRE II : MISE EN UVRE D UNE DEMARCHE 12 DE VEILLE . son coût ) LE SYSTEME D INFORMATION STRATEGIQUE DANS L ENTREPRISE Avant de parler des systèmes d informat ion stratégique nous pensons qu il est nécessaire de rappeler notre compréhensio n du concept par rapport à certains auteurs. CRRM. les outils de co llecte. Université d Aix Marseille 3. 9p. 1992. technologique. Intégration d un système de veille dans le système d information de l entreprise. Aussi. oct obre 1995 (cité par Léveillé) 25 Jakobiak. Les informations co llectées doivent être analysées et validées par les experts du domaine concerné. 24 Rostaing. François. techno logique mais également normat if et juridique24. En effet Valérie Léveillé définit le système d informat ion interne co mme le contraire du système d informat ion externe qui a pour missio n de « collecter les informations extérieures à l entreprise. Le dossier d informat ion résultant de ces opérations est ensuite diffusé aux décideurs pour aider à la prise de décisio n. Il tient sa fonct ion stratégique du fait qu il s inscrit dans une dynamique de maîtrise de toutes sortes d informat ions internes ou externes. Actes du colloque : VSST 95 Veille stratégique. Montréal (Canada) : CRRM. Henri . son organisation. n est pas défini en fo nct ion de la provenance de l informat ion mais plutôt du fait de son implantation à l intérieur même de l entreprise. Le système de veille do it maîtriser parfaitement la co llecte et le traitement des informat ions de t ype scient ifique et technique.Veille Stratégique 20102011 général avec d autres systèmes d informat ion en l occurrence le système d informat ion de gestion et le système d information documentaire23. Rostaing. thèse de doctorat en science de l information et de la communication. scientifique et technologique. . Valerie . scientifique et législatif à des fins à la fois opérationnelles et décisionnelles. 26 Leveillé.

1998. quelle que so it l entreprise. Association Française de Normalisation.Veille Stratégique 20102011 stratégique est plus proche de celui que définit l Afnor dans sa Norme expérimentale XP X50 053. Paris : Afnor. »27 Sa mise en place. 27 AFNOR. obéit à un processus dont les détails sont ci-après. C est à dire un « système structuré qui permet de recueillir l information sur l environnement de l entreprise susceptible d impacter de façon favorable ou défavorable l avenir et doit fournir l information nécessaire pour bâtir la stratégie. Norme expérimentale XP X50 053 : Prestation de veille et mise en place d un système de veille. Djibril DIAKHATE | CHAPITRE II : MISE EN UVRE D UNE DEMARCHE 13 DE VEILLE .

PMI ou d une antenne d une grande entreprise. Degoul. Un système d informatio n stratégique est une démarche sérieuse parfo is budgétivore.119. des mises en uvre et des résultats bien différenciés » : La préparation : la définit io n du cadre d action et clarification des priorités . Il est tout aussi nécessaire de mo ntrer que le gros des PME et TPE « veilleuses » externalise leurs beso ins en informat ions stratégiques. Les mo yens nécessaires sont à la 28 29 Facteurs de clés de surveillance équivalent aux axes de veille ou aux axes prioritaires de développement. en effet. La mise en uvre qui correspond au cycle de production de la Veille avec une forte proportion du renseignement . Paul Dégoul. La phase évaluat ion-amélioration qui permet. L EXTERNALISATION DES DEMARCHES DE VEILLE STRATEGIQUE L externalisation d une démarche de veille et d intelligence stratégique est une pratique plus fréquente chez les petites mo yennes et micro-entreprises. sont aussi possibles dans les petites entreprises. services de veille ou disposit ifs de veille pour certains. qu il s agisse dans une PME. à partir d indicateurs de mesurer l efficacité du disposit if mis en place29 Il nous semble important de rappeler que les systèmes d informations stratégiques. à des except ions prés est très proche de celles que proposent d autres auteurs de la veille. In : actes du colloque ISCO. Djibril DIAKHATE | CHAPITRE II : MISE EN UVRE D UNE DEMARCHE 14 DE VEILLE . Leur démarche de mise e n place reste ident ique. ident ifie succinctement « quatre séquences en interactions continue formant quatre grands formats d actions interdépendants mais correspondants à des finalités. Elle dénote la plupart du temps d un certain manque de mo yens de l entreprise. Processus de mise en place d un système de veille (source : Norme XP X50-50 de l Afnor) Cette démarche. Paul. Mise en place collaborative du système d IE et stratégique. La planificat ion ou la définit io n de ce qu il désigne co mme des « facteurs clés de surveillance »28 et l élaboration du cahier de charge . s inscrivant dans ce même souci de rendre compte des différentes étapes nécessaires à la mise en place d un système d intelligence économique et stratégique. Ce qui est lo in d être le cas dans les autres processus. p. même s ils sont plus visibles dans les grands groupes. Son mérite réside dans son souci du détail.Veille Stratégique 20102011 Schéma 1.

Laurent . Manque de mo yens financiers et techniques Cherté des services des grands cabinets de veille Manque de personnels formés pas de mo yens d'embaucher un spécialiste Absence d'une dynamique nat ionale Implication des administrations Non-coordination des différents projets d'aide Pas de cohésion nat ionale (il manque un mouvement nat ional à l'init iative des PME)30 Cependant malgré ces contraintes. .) LA SOUS-TRAITANCE D UN PROCESSUS VEILLE C est le fait de faire appel à des sociétés spécialis ées en information stratégique pour traiter tout ou partie de la démarche de veille. Malard. Djibril DIAKHATE | CHAPITRE II : MISE EN UVRE D UNE DEMARCHE 15 DE VEILLE . la définit ion des secteurs de surveillance. La consultance peut concerner par exemple.consulté le 18 avril 2006. Plusieurs barrières peuvent expliquer cette situation dans les PME et TPE Non-implication du chef d'entreprise Ignorance de la nécessité de la veille Manque de connaissance des structures d'aides existantes Manque de connaissances des outils de veille automat isée. le traitement des données informationnelles. Le recours au savo ir-faire externe est un mo yen de surpasser certaines difficultés liées au manque de personnel qualifié et de se délester du poids de piloter un disposit if de veille interne. Il s agit de la sous-traitance et la veille mult i-partenaire (veille en coopération. humain et techno logique.fr/veille2. des ressources humaines disponibles et des outils matériels et techno logiques. Jérôme .Veille Stratégique 20102011 mesure des axes à surveiller. Conscientes de leur fragilité d ordre économique. ce qui montre une certaine ignorance de la valeur stratégique de l informat ion. la veille : les principales barrières a la mise en place d'un système de veille en PME-PMI [résumé] In : http://www. la cueillette des informat ions ou la surveillance en elle-même. la priorité est ailleurs. financier. Gros. Stéphane et al. Dans certains PME et TPE françaises.urfist. de plus en plus d entreprises de petites tailles commencent à s intéresser à la veille et à y investir. Les consultants du fait de leur 30 Bourthoumieu.html. elles adoptent des formes d organisat ions originales adaptées à leurs condit io ns.cict.

). 2. experts. Elisabeth . à l existence d une so lide culture de partage de l informat ion et une définit io n précise des différentes fonctions du réseau (le pilotage stratégique du réseau. les vocables utilisés pour désigner l apprentissage collect if des démarches de veille dans les petites et mo yennes structures sont très différents. Cependant pour toutes prestations dans ce cadre il existe des clauses à respecter entre l entreprise et le prestataire concernant les exigences du client. les engagements du prestataire et les évaluat ions éventuelles de la collaboration (Norme XP X50-50 de l Afnor. -36p 32 Cissé. Cotonou. Ainsi vue. veille en réseau.Veille Stratégique 20102011 expert ise. concurrentielles ou commerciales qui relèvent d'un tissu géo-économique particulier.) coopérant de manière distribuée. son animat ion. son évaluation et la format ion des acteurs. p.. veille en coopération (Lesca et Chapus)31.) 31 Chapus. dans un processus d'échange d'informations animé par des médiateurs actifs et des experts de différents domaines sensibles. la coopération avec les experts et l acquisit io n d un savo ir-faire dans le management de l informat ion stratégique. techniques. Humbert . adaptant leur comportement aux circonstances et planifiant leurs propres stratégies. »32 Son succès est condit ionné à la confiance mutuelle des coopérants. Ndiaye. 8 au 12 décembre 2003. Cependant cette différence s arrête dans les appellat ions qui sont des mo yens pour les auteurs de marquer leur territoire. Lesca. Dans la pratique elles se rapportent à la même significat ion et aux mêmes motivations : Partage de l informat ion entre entreprises de même secteur afin de soutenir le développement industrie l d une localité.Le maillage des bibliothèques parlementaires francophones dans la société de l information. la réduct ion des coûts d accès à l informat ion. Djibril DIAKHATE | CHAPITRE II : MISE EN UVRE D UNE DEMARCHE 16 DE VEILLE . Louis. « La veille en réseau est entendue au sens réseau d'entreprises et d'organismes divers (spécialistes de l'information. à la sécurité de l information. Souleymane. de leur connaissance des sources et de la richesse de leur carnet d adresse peuvent apporter un regard neuf sur les problémat iques à étudier. Rémy et al. comme un ensemble d'acteurs semi-autonomes. qui communiquent à travers un dispositif technique (le réseau de veille. Apprentissage collectif d un dispositif de veille en coopération pour les petites PMI au sein des régions : vers une modélisation. Alassane .. Raymond. . réglementaires. Martin. Lyon : Centre d études et de recherche Rhônes-Alpes-Canada-Quebec. L'objectif principal est de permettre la diffusion d'informations scientifiques.) LA VEILLE EN COOPERATION Veille mult ipartenaire.

consulté le 18 avril 2006. Paris 2002. In : http://www. Elles do ivent être géographiquement proche et appartenir à un même secteur d activité. Dans cette pluralité de concepts se cache une même réalit é : une mutualisation des mo yens pour soutenir la compétit ivité.php. notamment le partage d informat ion stratégique. La Documentation française.Veille Stratégique 20102011 Les PME et TPE peuvent aussi se regrouper en SPL (Système productif local) connu sous les no ms : Districts industriels ou Clusters. en Parfum.districts-industriels. centres de recherche. Djibril DIAKHATE | CHAPITRE II : MISE EN UVRE D UNE DEMARCHE 17 DE VEILLE . en Mode. organismes de formation. Dans la régio n PACA. etc. Cette organisation fonctionne comme un réseau d'interdépendances constituées d'unités productives ayant des activités similaires ou complémentaires qui se divisent le travail (entreprises de production ou de services. Paris : Datar. (Provence Alpes Cote d Azur) par exemple. Plus exactement le SPL est « une organisation productive particulière localisée sur un territoire correspondant généralement à un bassin d'emploi.com/definition. . la DATAR (Délégat ion à l aménagement du Territoire et à l Act ion Régionale) a ident ifié plusieurs SPL notamment en Réparat ion navale. 33 "Les systèmes productifs locaux" -. centres de transfert et de veille technologique. en Horticulture. en Agroalimentaire et en Microélectronique.) »33 Les entreprises coopérantes peuvent se regrouper autour d un produit ou d un service.

Veille Stratégique VeilleMAP 20102011 Djibril DIAKHATE | VeilleMAP 18 .

techniquesingenieur. distinguer l ivraie de la bonne graine. Il faut se rappeler que l appellat ion « cycle de renseignement » est empruntée au domaine militaire. La représentation qu il en fait (figure ci-dessous) mo ntre les détails des opérations le const ituant. a pour object if de la traquer. Ce qui. le traitement et la diffusion. La démarche dont il s agit. juillet 2004. Veille technologique : méthodologie de collecte d information. de l interpréter afin de la transformer en intelligence. Il s agit. qui vont de la co llecte des données à la diffusio n avec l élaboration de produits d information stratégique. · Ensuite pour lever toute équivoque entre la veille et l intelligence écono mique et le renseignement milit aire ou l espio nnage industriel. en passant naturellement par le traitement symbo lisé. dans ce cas de figure.htm#I4 Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 19 . Ainsi nous essayerons de faire la synt hèse des différentes démarches parrainées par les chercheurs. ne fait qu accentue l inco mpréhensio n suscitée par l intelligence écono mique qui souffre de plus en de son assimilat ion à une pratique guerrière aux méthodes parfo is à la limit e de la légalité. l adoption d une méthodologie s avère indispensable.Veille Stratégique 20102011 CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE Afin de faire profiter à l entreprise de l informatio n. 34 Dou. LE CYCLE DE L INFORMATION Le cycle de l informat ion peut être subdivisé en trois étapes essentielles : l acquisit io n ou la collecte de l information. Henri.fr/affichage/DispMain. cycle de le processus l int elligence pour les autres ou encore cycle de l informat ion pour certains reste à quelques infimes except ions le même. In : Techniques de l ingénieur. accessi ble in : http://www. par le gestion et l analyse des experts. à mo n avis. d où son appellat ion « cycle de l intelligence »34. Malgré les différences remarquées dans l appellat ion de cette dernière cycle de renseignement pour les uns. Pour ce faire nous préférons « cycle de l informat ion » pour deux raisons : · D abord pour mettre en exergue l informat ion qui est au c ur de la démarche. « d un processus cyclique » qui est à la base du système de création des connaissances.asp?ngcmId=ag2050&file=ag2050/ag2050-4. selon Henri Dou. de la maîtriser.

Frank. Ils peuvent être liés parfo is à la subjectivité et au statut des gens qui l expriment. .expressio n. Le plan de renseignement selon Henri DOU (source : techniqueingénieur. Cette étape est d autant plus cruciale qu elle « définit avec précision les thèmes pour lesquels les acteurs ont besoin d informations. Elle aboutit à l élaboration d un plan de veille et de recherche d information qui sera à la fois un guide et un cadre pour le veilleur.. analyse ou études des beso ins est la phase première et reconnue d une act ivité de veille. décliné selon des axes de recherche ou de veille.com) Cependant l efficacité du cycle de l informat ion est tributaire d un bon diagnostic des beso ins en informat ion de l entreprise. du nécessaire et de l indispensable. Elle permet d identifier l informat ion nécessaire au bon fonctionnement de l entreprise. p 188. à en croire à Bruno Martinet et Yves-Miche l 35 Bulinge. malgré la diversité des désignations . afin de couper court au bruit. Thèse de doctorat en science de l information et de la communication de l université Toulon Var. passage obligé dans ce contexte actuel de surabondance de l informat ion. Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 20 . »35.Veille Stratégique 20102011 Schéma 3. ETUDE DES BESOINS EN INFORMATION L expressio n des beso ins. Elle procède d une analyse de l ut ile. Cependant l importance de cette étape est à la hauteur des difficultés qui peuvent s inviter dans la démarche dans la mesure où les besoins en informat ion des entreprises ne sont pas tous ratio nnels. 2002.Pour une culture de l'information dans les petites et moyennes organisations : un modèle incrémental d'intelligence économique.

Paris : Economica. Cette étape se rapporte à la catégorisat ion (classement par type d information : scient ifique. selo n une enquête auprès des PME. les décideurs et les spécialistes du traitement. p. · · La conception des produits d informat ion : réfléchir sur leur contenu.Veille Stratégique 20102011 Marti36. Une analyse des besoins en informat ion. 2004. Ils désignent les secteurs vitaux de l entreprise sur lesquelles elle doit être systématiquement renseigné. 13. Marti. 2000)37 peut mener à : · · · Un volume excessif d informat ion (45% des enquêtés) Une inadéquat ion aux beso ins (19% des enquêtés) Caractère imprécis de l informat ion (16% des enquêtés) La so lut ion à ces problèmes réside dans le respect des différentes étapes du processus de recueil et d analyse des besoins en Intelligence économique. 1999. Il s agit d un processus qui s enrô le autour de quatre points essent iels : · · Le recueil des beso ins des décideurs à savo ir comment ils prennent leur décisio n et quelles sont les informat ions auxquelles ils feront appel. 2004. Yves-Michel. Maryse. Il est nécessaire au préalable de rappeler qu une analyse des besoins en IE ne saurait de limiter seulement aux seuls beso ins ou typo logie d informat ion. Paris : Economica. La méconnaissance des beso ins réels d informat ion. p. Bruno .) à la hiérarchisat ion ou priorisat ion. 37 Salles. Paris : Ed. d organisation. 10. Enfin la validation de ce qui est retenu par les utilisateurs des futurs produits. 38 Salles. leur support. Stratégies des PME et intelligence économique. Contrairement à notre sujet qui applique les FCS à la démarche de veille te d IE : les points sur lesquelles sont basés une réussite ou un échec d un projet de veille Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 21 . technique. Stratégies des PME et intelligence économique. 1995. L intelligence économique : les yeux et les oreilles de l entreprise. entretien Mais la définit ion des axes prioritaires de développement ou facteurs crit iques de succès39 (Jakobiak 36 Martinet. Ce qui peut constituer une part ie de l explication de la négligence de cette phase que déplore Maryse Salles. Maryse. Cette négligence a généralement comme conséquence une inadéquat ion des produits d informat ion stratégiques aux beso ins des entreprises. 17. Lo in de là. 39 Les Facteurs critiques de succès (FCS) du point de vue de Jakobiak sont appliqué à l activité générale de l entreprise. p. leur fonction etc. juridique etc. leur forme.38 En général les méthodes utilisées sont variés : enquête (questionnaire). techno logique. PMI (1997.

et une ident ificat ion préalable des sources pertinentes d informat ion. Actuellement les mo yens modernes de stockage et de recherche d informat ions (bases de données. Cette dernière suppose une bonne définit io n des mots clés se rapportant à chaque secteur à surveiller. Ce dernier do it savo ir ut iliser ses outils en formulant des équations de recherche lui permettant de se reprocher le plus possible à l informat ion recherchée. Elles sont différentes selo n le t ype d informat ion recherché et peuvent être formelles ou informelles. moteurs de recherche ) ouvrent une porte vers le mo nde informationnel mais ne donnent généralement pas tous à l ut ilisateur. L ident ification de ces dernières doit permettre d extraire tous les descripteurs qui se rapportent à chaque secteur. COLLECTE DE L INFORMATION L étude des beso ins qui permet d ident ifier les axes prioritaires de développement.Veille Stratégique 20102011 et Dou) qui permet de surveiller les secteurs sensibles de l entreprise peut contribuer à une bonne analyse des beso ins stratégiques d informat ion. les t ypes d informat ions souhaités et le cho ix des supports de présentation permet de se lancer dans l acquisit io n de l informat ion par la recherche. · Les sources formelles Il s agit des sources consignées sur un support papier ou électronique. L approche est différente dans les pet ites et mo yennes structures. L opération qui est d une importance capitale est réalisée dans les grandes entreprises en co llaboration avec les chercheurs de la R&D qu i ont une maîtrise avérée du domaine dans lequel ils travaillent. les mots clés doivent être choisis en fo nct ion des axes prioritaires de l entreprise. Identification des sources Les sources d informat ion de veille sont diverses et variées. Une bonne équat ion de recherche est cependant constituée d abord d un bon cho ix des mots clés. Elles seront cho isies en fonct io n de leur correspondance aux thèmes de surveillance et par niveau de pertinence. Dans le cadre d un processus de veille. L option qui est général privilégié est de faire appel à l expertise externe. const ituées de plusieurs de catégories parmi lesquelles : Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 22 . Définition des mots clés La masse actuelle de l informat ion est aujourd hui telle qu un mauvais choix des descripteurs hypothèque d avance les possibilités d accès à la bonne informat ion.

ce qui rend le produit indéchiffrable. Certaines informations sont parfois obsolètes avant la publicat ion tellement le délai de rédact ion est long. Larousse42etc. il faudra. Ils sont pour la plupart du temps accessibles dans les bibliothèques et centre de recherche et de plus en plus en ligne. Thèse de doctorat en science de l information et de la communication de l université Toulon Var. Elles sont en général payantes. .». - Les livres et encyclopédies : Riches en synt hèses et analyses les livres ne donnent pas de l informat ion récente comme les revues. Ecrits dans un jargon juridico-technique hermét ique. - Les banques et bases de données : elles drainent de l informat ion spécialisée mise à jour accessible so it en ligne so it par CD ROM. 41 www. ils ne sont pas néanmo ins si faciles à explo iter. p. Bruno . relat ionnels que textuels (F. Yves-Michel. Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 23 . Marti. 1995. Les encyclopédies représentent.Veille Stratégique - 20102011 les périodiques scient ifiques et techniques. L originalité de ces sources c est qu elles 40 Martinet. Ex : Encyclopédia Universalis41. Cependant avant de trouver ce que l o n recherche. les rapports annuels des entreprises.fr 42 www. 2002. Bulinge)43. - Les brevets d invent ion : sources inépuisables d informat ion pour l inno vat ion. L intelligence économique : les yeux et les oreilles de l entreprise. ce qui n est généralement pas évident pour des non-spécialistes de l information. p. économiques ou financières ou encore la presse généraliste. - Les études publiques réalisées par des prestataires. et les autres médias (Radio. Paris : Ed. Elles commencent également à être diffuser sur CD-ROM. Le casse-tête est encore épuisant s il est rédigé en langue étrangère. Les spécialistes s accordent sur le fait que l analyse des brevets est un art difficile (Martinet et Marti)40. d abord. passer par une étape de formulat ion de l équation de recherche. ils ne donnent pas toujours les info rmat ions cruciales . Frank. 195.Pour une culture de l'information dans les petites et moyennes organisations : un modèle incrémental d'intelligence économique. d organisation.33. télévis io n ) · Les sources informelles Ce sont les sources d information d origines humaines qui fo nt appel plus à des procédés oraux. elles aussi une source d informations très riche mais le coût d acquisit io n des co llect ions est assez élevé.universalis.fr 43 Bulinge.encycl opedie-larousse. Cependant les plus grandes d entre elles sont accessibles en ligne ce qui intéresserait les pet ites « entreprises.

conférences Les salo ns et foires Les stagiaires.html. du fait de leur informalités peuvent être très variées. le débriefing etc. LE TRAITEMENT DE L INFORMATION L opération de traitement est à mi-chemin de la collecte de l information et de la diffusio n et l utilisat ion. congrès. le compte rendu. Ce qu il faut éviter tout de même c est de verser dans l illégalité car certaines pratiques tels que le vol de documents le haking. Elle consiste au tri. l enregistrement de conversat ions etc. Les plus fréquemment utilisées sont Les concurrents Les fournisseurs et sous-traitants Les missio ns et voyages Les rencontres scient ifiques (forums. les associat ions des pro fessio nnels de veille et d intelligence écono mique ont mis sur pied des règles éthiques et déontologiques indétectables à la pratique de la professio n.. C est un processus sérieux qui do it mobilier des mo yens humains. Les réseaux relat ionnels ) Chacune de ces sources a ses avantages et ses inconvénients. la transformat ion de l information en connaissance. colloques. In : http://www. Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 24 . Le traitement permet la création de sens. la diversité des sources et des mo yens de collecte imposent une profonde réflexio n sur la véracité des données et leur pertinence par 44 Vademecum Ethique de l'Intelligence Economique. Le fait qu elles ne soient pas formalisées suppose le travail de formatage incombe aux co llecteurs.44.consulté le 11 avril 2006. à la validat ion (évaluation) et à l analyse des données recueillies (interprétation) lors de la surveillance et à la synt hét isat ion. L évaluation de l information Le contexte de surabondance de l informat ion. financiers et surtout techno logiques. Les sources quant elles. Pour cela plusieurs outils sont utilisés : le rapport d étonnement.Veille Stratégique 20102011 demandent un effort individuel de la personne qui veut la co llecter. . Avert ies de ces possibles dérapages.egideria. Les co llègues de travail Les prestataires de services.fr/ethique. sont répréhensibles et peuvent coûter chères à l entreprise.

une seconde phase de mesure de la valeur des contenues permet de juger du niveau de pertinence des documents. Cependant. traduisent pertinemment et succinctement ce que l on attend du professio nnel de l intelligence économique à savo ir un esprit ouvert. c est savoir voir l iceberg sous la mer lorsqu on en voit que la partie émergée [Elle] consiste à reconstituer la photo générale primitive à partir de quelques morceaux »45 . Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 25 . dénaturée. Ces deux citatio ns de Martinet et de Marti. En général cette opération se fait par des experts qui ont une bonne connaissance du domaine et des sources en question. l évaluation permet de dégager des critères selo n lesquelles les informat ions do ivent être validées. les options de co mptages et de représentations graphiques. imaginat if. Une fo is le tri terminé. à la fo is intuit if. la tâche sera humainement impossible. Parmi ceux les plus fréquemment utilisés sont les logiciels biblio métriques ou scientométriques. p. Il s agit de so lutions informat iques qui o ffrent la possibilité de mesurer par des méthodes statistiques et à l aide de descripteurs bien cho isi le degré de pertinence d un document et parfo is de faire des confrontations avec d autres sources. Paris : Ed. les logiciels biblio métriques const ituent une réponse aux craintes de perte de temps face à l avalanche informat ionnelle. Il s agit d une opération du traitement qui consiste à donner du sens. La diffusio n consiste à une mise à disposit ion des données 45 Martinet. de faire surgir par un processus intellectuel co mplexe. Le recours aux outils techno logiques est à ce niveau inévitable. à donner une significat ion aux informations. Dans une première phase. LA DIFFUSION DE L INFORMATION C est la phase terminale du cycle de l informat ion qui mène directement vers l ut ilisat ion des fruit s de l act ivité de veille. Son meilleur atout est sa connaissance du domaine d act ivité de l entreprise.).Veille Stratégique 20102011 rapport aux intérêts de l entreprise. Il est chargé de l enrichissement interne de l informat ion. Marti. Yves-Michel. d organisation. 1995. L intelligence économique : les yeux et les oreilles de l entreprise. « Interpréter. Bruno . catégorisées en fonct ion de la priorité du mo ment. vu les quant ités d info rmat ion qui sont habituellement collectées. exploratoire et systémique des éléments de connaissances à partir du matériel informat ionnel (Bulinge.64. L analyse ou l interprétation de l information. Avec notamment le système d occurrence qui permet de comprendre la fréquence d un terme et de cooccurrence qui répond à la quest ion : combien de fo is un groupe de termes apparaît ensemble dans un document. De leur expérience ils pourront faire le tri entre la varie information et l informat ion truquée.

Il appartient à chaque entreprise d adapter ses outils à ses beso ins. L idéo logie de certains emplo yés qui vo ient toujours en l informat ion un élément du pouvoir. de supports préalablement évoqués lors de l étude des beso ins. Il ne faut pas négliger les outils modernes de diffusio n de l informat ion. Afin d en tirer le meilleur profit qui so it. L appropriat ion de la démarche do it être complète afin que chacun puisse se sent ir concerné et s emplo yer à ancrer le partage de l information co mme une culture dans l entreprise. sont de plus en plus numérisés. L informat ion de veille doit circuler convenablement dans l entreprise afin de part iciper à la création de valeur ajoutée. à ses mo yens et à sa culture. Les produits d informat ion précités. Pour cela elle do it arriver au bon mo ment à la bonne personne et sous une forme explo itable et succincte. Parmi les classiques nous pouvons citer l élaboration des produits d informat ion tels que : Les lettres d informat ion Les revues de presse Les dossiers documentaires ou de veille Les journaux internes Les conférences etc. est nécessaire.Veille Stratégique 20102011 informat ionnelles aux personnes concernées. Ces dernières peuvent être classiques (sur papier) ou modernes (numériques. Un grand travail de sensibilisat ion des emplo yés à l enjeu que constitue l informat ion est un préalable à tout succès d une démarche de veille.). Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 26 . En effet l efficacité d une act ivité de diffusio n de l informat ion tient beaucoup à cette culture d entreprise. En d autres termes les résultats de veille do ivent être synthétisés fidèlement et irriguer l entreprise à travers des solut ions qui sont diverses et variées. un mo yen de pressio n et de valorisatio n professio nnelle peut en effet freiner toute circulation de l informat ion. on assiste à une reconversion des outils d informat ion classique. Il s agit entre autre : Des intranets Les mailing lists Les forums de discussio n Avec les possibilités offertes par les NTIC et l émergence des systèmes d informat ion d entreprise. une so lide culture du partage de l information. même s ils existent toujours sous formes papier. Elle doit répondre aux attentes en mat ières de formatage. de contenus.

cité par Henry. Il est auss i possible de jauger la popularité d un site en cherchant toutes les pages qui pointent vers son adresse. de l importance de son système d informat ion. L accès se fait par la formulat ion d une équation de recherche dans une case réservée pour l occasio n. les portails et annuaires etc. xls ) ou aux pages similaires. 47 Un outil électronique de recherche d information qui utilise plusieurs autres moteurs en même temps. de cho isir les outils les plus adaptés à son processus de veille. Les intervenants dans le disposit if do ivent disposer d une maîtrise certaines des outils de recherches d informat ion dédiés à l act ivité de veille. Ils quadrillent le web et offrent des so lut ions intéressantes. L informat ique est un support. Gratuits pour la plupart du temps. aux types de documents (format Pdf. Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 27 . Lyon. ils indexent des milliers de pages web et les classent par ordre de pertinence. septembre 1998. doc. »46 Les différents outils utilisés dans le cadre de la veille pour la recherche d informat ion sont d une grande variété. Ce disposit if non mo ins important pourrait aider les pro fessio nnels 46 Durand. 17. Il appartient à l entreprise. Il existe : Les outils généraux de recherche d informat ion accessibles et utilisables partout tels que les moteurs de recherche. un soutien à l act ivité. d où l émergence du concept « veille automat isée. toutefo is se souvenir que la masse encombrante d informations mo ntre certainement la nécessité de recourir à des outils informat iques performants tout au long d un processus de veille et d intelligence écono mique mais en aucun cas ne doit mettre en cause la dimensio n humaine du processus. Mémoire de DEA. La tendance aujourd hui est l automat isat ion de tout le processus. ppt. » Il faudra. Une kyrielle d outils techno logique à l o ffre aussi variée est aujourd hui proposée dans le marché. Pour une approche intelligence de l intelligence stratégique. Son utilisation pert inente est conditionnée aux co mpétences de l ut ilisateur.Veille Stratégique 20102011 LES OUTILS DE RECHERCHE D INFORMATION Une veille efficace suppose une combinaiso n équilibrée des mo yens humains et techniques. Ce qui mo ntre le sens de l intervent io n humaine dans la démarche de veille. p. mais ils ne sont pas doués de la faculté d'analyse stratégique. Thomas et al. les méta moteurs47. aux titres des documents. 1993. Par exemple une recherche peut être restreinte pour le cas de Google. Les moteurs de recherche d informat ion se co mptent par milliers dans Internet. In : IDT. Ils proposent aussi des possibilités de recherche avancées qui permettent d affiner la recherche et de la tailler sur mesure. Enssib. à un site web. Ex : coopernic. Kartoo. « Les outils peuvent être programmés pour effectuer une tâche de recherche ou de traitement de l'information. Valerie : le processus et les outils technologique dans une centre de développement et de recherche. et en fo nct ion de ses mo yens.

Il répertorie et présente par le biais de résumés succincts des liens qui po intent directement vers des sites. De manière plus claire. Les outils de recherche avancés ou agents intelligents. voila.google. des fonctions automatiques de traitement. de recevo ir. et en aval l utilisateur n a qu à procéder par éliminat ion en allant du plus générique au plus spécifique. salon et fo ire ). Dans cette catégorie on peut citer Lycos.fr/alerts?hl=fr Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 28 . Enfin les portails peuvent être considérés co mme des annuaires selo n le modèle de fo nct ionnement (recherche préalable. D autres moteurs il y en aussi qui cartographient l informat ion. selo n l Afnor « un objet utilisant les techniques de l'intelligence artificielle : il adapte son comportement à son environnement et en mémorisant ses expériences. index etc. de 48 http://www. Ils peuvent être généraux ou spécialisés. sont des sites qui co llectent traitent et classent les informat ions par do maine et par pertinence. ces moteurs affichent les résultats d une recherche plus les thèmes et sous thèmes qui lui sont liés. se comporte comme un soussystème capable d'apprentissage : il enrichit le système qui l'utilise en ajoutant. à l aide d un affichage en forme carte. Yahoo. Le travail de recherche est déjà effectué en amo nt par des professio nnels de l informat ion. Il constitue une porte sur le mo nde du web. Les annuaires quant à eux. dans une périodicité cho isie toutes les nouveautés du we b dans ce do maine. achat d un produit. Leur différence par rapport aux moteurs est liée au fait qu ils n exigent pas la formulat ion de requêtes pour accéder à l informat ion. Le portail est en général orienté vers un do maine d act ivité. Cependant l outil de veille par excellence de Google est Googlealert48. de contrôle. En guise d exemple il y a Kartoo qui est un méta moteur de cartographie de l informat ion du web. au cours du temps. à partir de la définit io n de son pro fil et de ses centres d intérêt par le biais de mots clés. il permet à l utilisateur. Il s agit. chercher une informat ion spécifique (rencontres scientifique. Leur importance réside dans le fait qu ils procèdent par mesure de proximité. Ils permettent ainsi à l utilisateur de peaufiner sa recherche sans pour autant être obligé de reformuler sa requête. catégorisation ) mais ils ont quand même de grandes différences.Veille Stratégique 20102011 de l informat ion à la validat ion des sources d info rmat ion. Cet outil est surtout important pour découvrir un domaine. Comme son no m l indique. Il s agit plutôt d un outil d orientation vers les bonnes sources d informat ion.

htm Exemples d agent de recherche : WebFerret (http://www.com) 51 Exemple d agent de e-commerce : Bargainbot (http://www. des milliers de fo is plus grande. Préalablement il faudra définir les critères de produits souhaités et le logiciel ne sortira que les informat ions qui se rapprochent le plus des critères établis. éliminer les redondances et stocker le résultat sur disque dur.scroller. PointCast (http://www. DigOut4U (http://www.pointcast.u-strasbg. § Les agents de veille 52 quant à eux surveillent l actualité sur un secteur. Ces outils. L informat ion circule par le système de bouche à oreille.cstar. L utilisateur n est pas tenu d être présent lors de l opération. Bargain Finder http://bf. § Les agents de co mmerce électronique51 font un vérit able benchmarking de produits et de service. congrès. »49. la participat ion à des clubs. Leur utilité réside dans leur faculté de rechercher sur le net. A tout mo ment il peut consulter et évaluer ses résultats. 49 50 http://eme. remonter les informat ions. L autre partie.arisem. Ce qui démo ntre encore une fo is toute la dimensio n humaine de l intelligence économique. Une bonne définit ion des do maines à surveiller par un cho ix pertinent de mots clés est indispensable.com/) Djibril DIAKHATE | CHAPITRE III : LA METHODOLOGIE DE VEILLE 29 .ece.com).Veille Stratégique 20102011 mémorisation ou de transfert d'information.com/). La différence subsiste dans le fait que ces robots sont installés dans l ordinateur de l ut ilisateur et peuvent travailler en hors connexio n. des produits et services et de faire leur co mparaison. Les agents intelligents s ident ifient à trois catégories : § Les agents de recherche d informat ion50 qui fonctionnent comme des moteurs de recherche. plus intéressante n est pas accessible à ces moteurs et agents intelligents : c est le web invisible.au/~saounb/bargainbot/) . et conférences fo nt partie des mo yens les plus fréquemment utilisés pour accéder à cette partie immergée du web.com/bf/ 52 WorldFlash News Ticker (http://www. Ils sont de très bons outils de veille concurrent iels.fr/auto. La const itution de réseaux relat ionnels.curtin.ac.ferretsoft. L accès ne peut se faire que par la connaissance de l adresse exacte du site. malgré leur diversité et leur performance recherchent sur une infime part ie du web.edu. Ils sont dits intelligents parce qu à partir de la définit ion de la requête ils peuvent fouiller tous le web.

Les nouvelles techno logies de l informat ion et de la communicat ion constituent à cet effet une mine d informat ions pour se renseigner sur ce qu i se fait ailleurs. A partir de ces informat ions l entreprise ant icipe des act ions inno ve et devient plus co mpét it ive. techno logiques etc. de nos jours. Co mme nous l avons indiqué dans l introduction. commerciales. Ceci est d autant plus important qu aujourd hui la glo balisation des échanges et l insuffisance des marchés locaux ou régionaux imposent les entreprises nat ionales à s ouvrir vers de nouveaux débouchés.Veille Stratégique CONCLUSION 20102011 L acharnement. Ce qui repose la quest ion de l accés pertinent. à temps réel aux données écono miques. Ainsi la quest ion qui se pose est de savo ir co mment gérer ces nouvelles connaissances pour péréniser cette compét it ivité et favoriser l inno vation. les TIC ont reconfiguré le mo nde de l entreprise. Aujourd hui ce dernier patauge dans un trop-plein d informat ions. de nouveaux clients. des entreprises et des Etats sur l informat ion stratégique mo ntre toutes son importance dans le développement et la co mpétit ivité. Le Knowledge management semble apporter des éléments de réponses à ces interrogations Djibril DIAKHATE | CONCLUSION 30 .

2004. 1. Paris : Afnor. Franço is. Commissariat du Plan 7. p. 4. Djaouzi.2ème édit io n. Rapport de Henri Martre. janvier février 2004. Léveillé. Associat ion Française de Normalisat ion. no. AFNOR. Toulouse. Carlo. H . Paris : Edit ions 3.février. Paris : Dunod. Observatoire crit ique du Rapport Carayon. 8.Veille Stratégique BIBLIOGRAPHIE 20102011 1. Jakobiak. 60p. activités de veille et d intelligence écono mique sur le web. 2001 Intelligence écono mique avec l apport des NTIC : comment bât ir son propre système d intelligence écono mique. Jakobiak. 2004 Intelligence stratégique sur Internet : Comment développer des 2e. Rostaing. économique. janvier . Intégration d un système de veille dans le système d informat ion de l entreprise. S. Actes du colloque : VSST 95 Veille stratégique. Analyse biblio métrique mult i bases pour l élaboration d u n dossier électronique de veille techno logique. no. d Organisat ion. scient ifique et techno logique. 1. Dou. Regard sur l intelligence écono mique. Henri . Revelli.. ed. Norme expérimentale XP X50 053 : Prestation de veille et mise en place d un sys tème de veille. Henri . d organisat ion Exemples co mmentés de veille techno logique. Paris : ed. Valerie . 1998 2. 9. In : Regards sur l intelligence 6. Franço is . Djibril DIAKHATE | BIBLIOGRAPHIE 31 . Rostaing. Montréal (Canada) : CRRM 5.

http://www. htm 3.moselle. http://www. http://www. http://www. fr/informer/ie/ie11.org. 4.com Djibril DIAKHATE | 32 . http://www. http://www.doubleveille.co m 2.infoguerre.com/ 5.co m 6.regards-intelligence-econo mique.veille.Veille Stratégique 20102011 WEBLIOGRAPHIE 1.cci.veille-stratégique.