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I-L ’histoire de la musique mandingue.

Plusieurs des grands musiciens d'Afrique de l'Ouest sont des griots perpétuant la tradition


de leurs ancêtres, chanteurs de génération en génération des généalogies et des louanges
des cours royales et des familles nobles de l'ancien empire mandingue ou empire du Mali.
Ils sont originaires du Mandé, une région à cheval sur l'est de la Guinée et le sud-ouest
du Mali, entre Siguiri, Kéla et Kita, berceau de grandes familles de griots comme
les Kouyaté ou les Diabaté.
Les griots ou djélis étaient rattachés à une famille (diatigui). Ils jouaient un rôle de
mémoire des généalogies des lignages, rappelant les exploits des ancêtres et des figures
légendaires de l'empire du Mali, et entretenaient ainsi les histoires identitaires de la
société. Ils appelaient à la sagesse, à la raison, et aux règles fondatrices des valeurs de
leur société. Ils jouaient aussi un rôle de porte-parole entre le peuple et les gouvernants,
usant du charme de leur musique et de leur verbe pour faire savoir ce qui est difficile à
dire.
Répartis aujourd'hui entre la Guinée, le Mali, le nord de la Côte d'Ivoire, l'est
du Sénégal et la Gambie, la plupart des griots mandingues partagent une même tradition
de chants déclamatoires et l'usage de certains instruments emblématiques dont la kora,
le balafon, le n'goni et le djembé. Depuis les années 1970, certains musiciens ont
introduit des instruments occidentaux pour populariser et actualiser cette musique en
milieu urbain et ont ainsi contribué à la faire connaitre au-delà de ses frontières.

II- Les percussions mandingues


La musique mandingue est une musique traditionnelle qui se transmet à l’oral de
génération en génération. Elle accompagne toutes les fêtes, les célébrations et les rites
des pays mandingues.
Elle est incontestablement la plus répandue et la plus connue de toutes les musiques
africaines en France.
Parmi les instruments les plus utilisés figurent le djembé, le n’goni, la kora, le Doun-
Doun et le balafon. Ces musiques racontent l’histoire de leur peuple. Fruit des échanges
et des métissages des peuples mandingues, cette musique est souvent associée à la parole
des griots. Ceux-ci sont artistes qui racontent l’histoire de leur peuple en chantant au
cours de cérémonies diverses
En terre mandingue, la musique et l’histoire sont indissociables. Elle se caractérise par
une classe et une élégance incomparables et le niveau des musiciens mandingues est très
élevé.
Elle allie la danse africaine, le chant, les performances d’un percussionniste et acrobate
africain.
L’énergie et la fougue des artistes mandingues, la beauté des mélodies, la diversité des
instruments comme le djembé ou la flûte mandingue font que c’est une musique africaine
connue dans le monde entier.
1-Le djembé
Un djembé est un instrument de percussion africain composé d'un fût de bois en forme
de calice sur lequel est montée une peau de chèvre ou d'antilope tendue grâce à un
système de tension (originellement des chevilles en bois ou des cordes en peaux,
maintenant le plus souvent utilisées sont des cordes synthétiques et des anneaux en fer à
béton), que l'on joue à mains nues et dont le spectre sonore très large engendre une
grande richesse de timbre. La forme évasée du fût viendrait de celle du mortier à piler le
grain.

Origine et évolution
Danse dans le village de Nafadié au Mali au son de deux djembés et d'un konkoni.
Il vient de l'Afrique de l'Ouest, créé au sein de l'Empire Mandingue, dit aussi empire du
Mali, mis en place par Soundiata Keïta au XIIIe siècle, qui s'étendait de la Guinée à l'est
du Mali, et au nord de la Côte d'Ivoire en passant par le Burkina Faso.
Le djembé, appelé par les Soussous de Guinée « boté », fait partie d'un
ensemble polyrythmique, et ne s'entend que très rarement seul. Les membres de cet
instrumentarium sont le doundounba, le sangban, le kenkeni, plusieurs djembés
d'accompagnement et un djembé soliste. De plus, il est presque indissociable de
la danse africaine dont les phrases du soliste marquent les pas.
C'est dans les années 1950 que le djembé commence à s'exporter en dehors de l'Afrique,
grâce à Fodéba Keïta et les ballets africains, puis grâce à la Guinée et son
président Sekou Touré, qui érigea le ballet national de la république comme vitrine de
son régime.
C'est dans les années 1980 que le djembé conquit le monde, grâce à de
grands djembefola (joueurs) issus des ballets nationaux (Mamady Keïta, le plus connu
d'entre eux, mais aussi Amadou Kiénou, Famoudou Konaté, François Dembélé, Adama
Dramé, etc.) qui jouent régulièrement et ont fondé des centres d'apprentissage,
en Europe, aux États-Unis et au Japon.

Le djembé
Le djembé est taillé en une seule pièce de bois
massif composée de trois parties :

 La tête, où le son prend forme, est tournée


vers le ciel et se trouve en contact avec la
peau.
 La voix est un passage, la partie
intermédiaire où le son prend son ampleur et qui
fait l'objet d'une cérémonie spécifique lors de
sa conception.
 Le pied, tourné vers la terre, est l'amplificateur sonore de l'instrument.
Souvent, les solistes ajoutent des Seke-Seke, sortes « d'oreilles métalliques » qui
résonnent avec les vibrations du djembé et qui aident à clarifier la tonalité de la peau.
Traditionnellement, les djembés ont une hauteur de 45 à 65 cm et un diamètre de 25 à
35 cm et sont taillés en bois de lengue, iroko, dugura, acajou, goni, djala, acacia, cola...
On les monte avec une peau rasée d'antilope, de chèvre, de vache et parfois même de
chameau, maintenue au moyen de trois cercles en métal et tendue à l'aide de cordages.

Principaux sons du djembé


Les trois sons principaux basse-tonique-claqué dans un accompagnement.
Les maîtres africains enseignent trois sons principaux : ils dépendent à la fois de l'endroit
où l'on frappe la peau et de la manière dont la main est positionnée :

 le son « bas » ou « basse » : C'est un son grave, obtenu en frappant la partie centrale
de l'instrument avec toute la main à l'exception du pouce qui est relevé. La main doit
être suffisamment avancée pour ne pas être à cheval sur le bord du djembé, mais il
n'est pas nécessaire d'avancer la paume jusqu'au milieu de la peau. La main ne doit
pas rester collée sur la peau, car le son serait étouffé.
 le son « tonique » : C'est un son plein qui se situe dans les fréquences médianes. Pour
obtenir ce son, on frappe le bord de la peau avec l'ensemble des doigts resserrés ; ni le
pouce ni la paume de la main ne doivent toucher la peau (il est aussi possible d'obtenir
ce son en jouant avec la main un peu plus avancée, jusqu'à environ un tiers de la
paume). La main ne doit pas rester « collée » sur la peau, car celle-ci doit résonner
librement. Le son doit être bref : on identifie souvent un problème de structure
(mauvais profil de la frappe, cerclages supérieurs non parallèles au fût entraînant des
irrégularités de tension de la peau...) ou de tension de la peau lorsque la « tonique »
sonne long : généralement on perçoit des harmoniques métalliques.
 le son « claqué » : c'est le son le plus aigu, souvent considéré – à tort – comme le plus
puissant (nb : chez Famoudou Konaté, comme chez d'autres grands djembéfolas, ce
sont les toniques qui sont plus fortes que les claqués). On l'obtient de deux manières
différentes :
o la claque dite « malienne » est obtenue en avançant la main par rapport à la
position du son tonique, de telle sorte que le pouce, qui est un peu relevé, soit
presque au niveau du cerclage en fer. La main est légèrement en cuiller afin que
seul le bout des doigts vienne frapper la peau (le bas de la paume vient en contact
avec le bord du djembé). La position exacte dépend de la dimension du djembé, de
la longueur des doigts de celui ou celle qui joue, etc. et ne peut être acquise que
par la pratique. Le son ainsi obtenu est plus sec qu'avec la méthode qui suit.
o la claque dite « guinéenne » est obtenue en adoptant sensiblement la même
position que pour le son tonique mais en écartant légèrement les doigts ; c'est toute
la surface des doigts, augmentée d'environ un tiers de la paume, qui vient claquer
sur la peau. Là encore l'explication ne suffit pas; seule une pratique assidue et
régulière permet de maîtriser les différents sons que l'on peut tirer d'un djembé.
En plus de ces trois sons principaux, il en
existe d'autres que l'on retrouve dans le jeu
traditionnel :

 le son « matté » : c'est le son étouffé,


obtenu en empêchant la peau de vibrer.
Une des deux mains est posée sur la peau
(même position que pour la basse)
pendant que l'autre frappe. Il existe donc le
matté claqué et le matté tonique.
 le « fla » : Ce n'est pas un son à proprement
parler, mais une technique de jeu
intervenant dans de nombreux morceaux. Il
s'agit de deux frappes très rapprochées dans le
temps, se chevauchant presque et
produisant une sorte de « mini-roulement ».

2- Le n’goni

Le n’goni est la guitare traditionnelle malienne. C’est un instrument à cordes


pincées du Mali. C'est un terme désignant plusieurs instruments similaires qui sont soit
des luths, soit des harpes-luths.

Origine et évolution
Le n'goni comme luth désigne un instrument typiquement malien, aussi appelé djéli
n'goni (« luth de griot ») chez les Bambaras et nkoni ou koni. C'est l'une des nombreuses
appellations pour les luths utilisés dans la musique des différentes ethnies d'Afrique de
l'Ouest : le bappe, le diassaré, le duru, le gambaré, le garaya, le goumbale, le gurumi,
le hoddu, le keleli, le koubour, le molo, le n'déré, le taherdent, la tidinit ou le xalam.
Certains guembris en sont très proches aussi.
Principaux sons du n’goni
Seules les deux cordes du milieu sont jouées, les autres n'étant que des bourdons. On en
joue avec pouce et index droits, comme un banjo, dont il est certainement l'un des
ancêtres
Parmi les virtuoses de l'instrument on peut citer Bazoumana Sissoko, Moriba
Koïta, Bassekou Kouyaté, Abou Sy et Baba Sissoko, Badje Tounkara et dans la plus
jeune génération Abdoulaye Koné dit "Kandiafa", Youssouf Diabaté de Kita au
Mali.
Le n’goni

3-La kora
La kora est un instrument de musique à cordes originaire du Mali que l'on trouve en
l'Afrique de l'Ouest (Mali, Gambie, Sénégal, Guinée et Guinée Bissau)
Selon la légende, la première kora était l’instrument personnel d’une femme-génie qui
vivait dans les grottes de Missirikoro au Mali. Impressionné et ému par la musique de
l’instrument, un grand chef de guerre, Tiramakhan Traore, décida d’en déposséder la
femme-génie. Aidé de ses compagnons de chasse, Waly Kelendjan et Djelimaly Oulé
Diabaté, il récupéra l’instrument qui échut à Djelimaly, le griot du groupe. Djelimaly la
transmit à son fils Kamba. Et ainsi elle passa de père en fils jusqu’à Tilimaghan Diabaté
qui l'introduisit au Mali.
Il ne faut pas confondre la kora avec d’autres instruments à cordes assez similaires tels
le n'goni ou le bolon. La première description de la kora, appelée konting (confondue
avec le luth ekonting) par les explorateurs des siècles derniers, évoquait un instrument à
10 cordes.
La kora est constituée d'une grosse demi-calebasse de 40 à 60 cm de diamètre, évidée et
percée d'un trou de 10 cm de diamètre en guise d'ouïe (dans la partie supérieure droite).
Deux autres trous (au-dessus et en dessous) permettent de faire passer le manche à travers
la calebasse.
Elle est recouverte d'une peau de vache (ou de chèvre) parcheminée tendue mouillée, qui
sert de table d'harmonie et dont dépend l'ampleur du son. Elle est maintenue par des clous
de tapissier enfoncés dans la calebasse suivant des motifs variés, puis la peau est
découpée. Une « traverse » (appelée barambando) et deux supports de mains (des
poignées appelées bulkalamo) en bois servent de « barrages » (comme sur les guitares) et
sont glissés sous la peau qui sera percée pour les laisser sortir.
Le manche long d'environ 1,20 m à 1,40 m assure la liaison entre les principaux éléments
vibrants de la kora (cordes et calebasse). Il est fait traditionnellement d'une longue pièce
de bois de vène appelée guénou ou guéni (palissandre du Mali) qui sert pour la
fabrication des balafons, et est parfois orné de sculptures. Dans sa partie inférieure le
manche traverse la calebasse. Dans sa partie supérieure, le manche assure la tension des
cordes au moyen d'anneaux ou de clefs (mécaniques de guitare ou chevilles).
Les cordes de la kora reposent sur un grand chevalet en bois, maintenu sur la peau par la
seule pression des cordes dont le nombre est généralement de 21. Cependant, on
rencontre parfois des koras équipées de 22 à 28 cordes, notamment en Pays
Dogon au Mali, et il existe même un modèle spécial de 32 cordes.
La plus grosse des cordes est appelée bajourou, ce qui signifie la mère-corde. Les boyaux
d'autrefois ont été aujourd'hui remplacés par du fil de pêche de différents diamètres (de
0,5 mm à 2,40 mm - les cordes les plus basses sont parfois des tresses de fils de diamètre
inférieur), voire des cordes de harpe chez les choristes professionnels. Les cordes sont
traditionnellement accrochées au manche par des anneaux en peau de vache (ou de
bœuf), serrés autour de celui-ci. Aujourd'hui, des chevilles en bois à friction ou des clés
mécaniques (type guitare) peuvent équiper les koras afin de faciliter leur accordage. À
l'autre extrémité, les cordes sont reliées par de la drisse à un cordier en passant par
un chevalet en bois qui assure la liaison mécanique entre les vibrations des cordes et la
peau
On en joue debout ou assis, l'instrument devant soi, le manche bien en face, à hauteur des
yeux. On empoigne les bulkalamo des deux mains et on joue avec les doigts (pouces et
index) des deux côtés du chevalet, comme pour une harpe
Parmi les grands joueurs de kora, on peut citer Lamine Konté, qui est le griot qui a le plus
popularisé la musique mandingue, Djelimady Sissoko, Toumani Diabaté, Ballaké
Sissoko, Ablaye Cissoko, Soriba Kouyaté, Seckou Keita, Sekou Kouyate (le « Jimi
Hendrix de la kora »), Papa Susso, Ba Cissoko, Foday Musa Suso, Prince
Diabaté, Yancouba Diebaté ou des virtuoses de la nouvelle génération tel Ali Boulo
Santo qui a rajouté des pédales d'effets (wah wah, flanger) sur son instrument, ainsi
que Djeli Moussa Diawara, qui a 32 cordes à son instrument, sans oublier Ousmane Kalil
Kouyaté, Kandia Kouyaté du groupe Kanjha kora, et Zoumana Diarra, qui a 44 cordes à
son instrument. Comme interprète féminine peut être citée Sona Jobarteh.
Une nouvelle approche de la kora, qui prend ses racines dans les travaux des moines de
l'Abbaye de Keur Moussa (Sénégal), est principalement incarnée par le Frère Dominique
Catta, moine de Keur Moussa, et par le compositeur français Jacques Burtin. Le Frère
Dominique Catta a introduit la kora dans la liturgie chrétienne à partir des années 1970 ;
avec lui, la harpe africaine a dialogué pour la première fois de son histoire avec des
instruments occidentaux13. Jacques Burtin, tout en prolongeant ces acquis, a également
introduit la kora dans le monde de la création artistique contemporaine (dialogue avec les
arts plastiques, création interdisciplinaire, musiques de scène).
En 2016, Sidiki Diabaté, fils de Toumani Diabaté, propose sur scène lors du concert
de Booba à Paris Bercy, un solo de kora pour introduire la chanson Validée, accompagné
de Benash14
4-le dum-dom
Les dum dum sont des instruments à percussion de l'ancien empire mandingue qui
regroupe la Guinée, l'Est du Mali, l'Ouest du Burkina Faso et le Nord de la Côte d'Ivoire).
Ces tambours sont traditionnellement joués par trois dumdumfolas (joueurs de dum dum)
en accompagnement du djembé et de certaines danses africaines et servent de base à de
nombreux rythmes africains pour rendre la polyrythmie remarquable.
Cette famille d'instruments regroupe :

 le kenkeni (aigu), dont le nom est une déformation du nom original kenseréni,


le kenken étant la cloche qui se joue avec.
 le sangban (médium),
 le doundounba, dounounba ou dununba (grave), dont le nom signifie
simplement gros tambour. C'est aussi une danse pratiquée en Haute-Guinée, dans la
région de Kouroussa. Appelée également « danse des hommes forts », elle est
pratiquée lors de fêtes de village et durant les cérémonies d'initiation, où on entend
particulièrement résonner ses basses.
Le kenkesereni (kenkeni étant une petite cloche) donne le tempo de la polyrythmie, le
sangban en donne la mélodie, pendant que le doundounba répond au djembé soliste. C'est
souvent par le kenkeni que débute l'apprentissage des futurs djembéfola (joueurs de
djembé).

Un dum dum est constitué d'un fût cylindrique en bois sur lequel sont tendues deux peaux
de vache ou de veau (non rasées), une à chaque extrémité (une peau de frappe et une peau
de résonance), et d'un système de tension (cordages avec cerclages métalliques).

Jeu[modifier | modifier le code]
Les dum dum sont disposés horizontalement sur des tréteaux, le musicien joue debout.
Avec la main droite, le dumdumfola frappe à l'aide d'une baguette en bois, droite ou
courbée, la peau de frappe. Avec la main gauche, il fait sonner une cloche fixée au dum
dum (style khassonké) avec une tige métallique, un clou, un boulon, ou encore une bague.
Ces cloches sont importantes car elles forment, à elles seules, une polyrythmie.
Il existe deux sons :

 ouvert : la peau est frappée au centre, en rebondissant, de façon à laisser le son durer.
 fermé (ou bouché, ou encore étouffé) : la baguette doit "coller à la peau" un instant, de
façon que le son ainsi attaqué ne dure pas. Le bouché sonne en général plus aigu que
l'ouvert.

Doundounba
 

Sangban
 

Kenkeni
5-le balafon
Le balafon, également appelé bala ou balani, est un instrument de
percussion idiophone mélodique originaire du Mali. C'est une sorte
de xylophone, pentatonique, heptatonique ou Chromatique comportant généralement
entre 16 et 27 notes produites par des lames de bois que l'on percute avec des baguettes,
et dont le son est amplifié par des calebasses disposées en dessous. En malinké,
« balafon » vient des termes bala (l’instrument) et fon (sonne). Particulièrement présent
dans la musique mandingue où son existence est attestée depuis le XIVe siècle, on
retrouve des balafons dans de nombreuses régions d'Afrique, tous différents. Certains
sont très sophistiqués, d'autres très simples ; d'autres encore sont gigantesques.
Le premier balafon serait né dans le Royaume de Sosso (XIIe siècle), dans l’actuel Mali.
Ce balafon existe encore et est nommé Sosso Bala.
On peut remarquer que deux types de balafons tendent à se « démocratiser » en Afrique
occidentale :

 Bala est le balafon à grosses calebasses, et lames larges (régions de Kolokani et Bobo


Dioulasso entre autres), aux sons graves.[réf. nécessaire] Ce balafon est parfois appelé
Bala dioula ou Bala sénoufo. Le nombre de lames qu'il comporte et la manière de
l'accorder varient en fonction des régions, mais les balas de 14 à 18 lames en
accord pentatonique sont les plus fréquents.
 Balani (ni est un diminutif), est le balafon à petites calebasses[réf. nécessaire], aux lames
étroites (3 à 4 cm), usuellement utilisé dans les orchestres, et à la tessiture plus élevée
mais à l'ambitus généralement égal ou plus faible que le Bala. Il comporte
généralement 21 lames. Aujourd'hui, l'accord le plus souvent rencontré est diatonique.
Traditionnellement, l'accord serait plus proche d'un accord équiheptatonique, très
différent du système musical occidental...
Il est composé d'une structure de bois légère nouée avec des lanières en cuir, sur laquelle
des lames en bois durs sont rangées en taille et hauteur croissantes (plus les lamelles sont
courtes, plus le son est aigu) et des paires de petites calebasses sont placées en dessous
formant des caisses de résonance. Parfois ces calebasses sont percées et les trous sont
recouverts de membranes qui vibrent (système du mirliton). Traditionnellement ces
membranes sont des toiles d'araignées ou des ailes de chauves-souris, aujourd'hui
remplacées par du papier à cigarette ou une fine membrane en plastique. Comme
les calebasses sont de plus en plus grandes d'un côté, le balafon est plus haut d'un côté
que de l'autre.
Pour éviter d'avoir un instrument trop large, les facteurs les courbent légèrement en arc
de cercle, afin de permettre au musicien placé en son centre, de toucher toutes les lames
sans se déplacer. Un balafon est généralement capable de produire de 18 à 25 notes (et
comporte donc autant de lames). Cependant, certains balafons portables en comportent
beaucoup moins (16, 12, 8 voire 6 ou 7).
On en joue soit debout avec des sangles soutenant le balafon, soit assis, et on le frappe au
moyen de deux baguettes recouvertes de caoutchouc.
Un orchestre est souvent composé de trois balafons, un grave, un médium et un aigu
accompagnés de tambours verticaux djembé et de tambour d'aisselle tama. Au Cameroun,
certains orchestres comportent aussi un saxophone, ce qui permet à la musique
traditionnelle d'évoluer.
Parmi les joueurs de balafon, on trouve El Hadj Djeli Sory Kouyaté, Mory Kanté, Adama
Condé, Aly Keita, Gert Kilian le balafoniste blanc, Moussa Hema, Mamadou
Diabaté, Seydou Diabaté dit « Kanazoé », Amadou Kienou, Lansiné Diabaté, Nani
Palé, Les Zawagui
Un festival qui lui est consacré, Triangle du balafon, se déroule chaque année
à Sikasso (Mali). La construction d’un musée du balafon est prévue à Sikasso2, à
Bougoula-Hameau, une nuit dénommée nuit du balafon d'or est organisée chaque année à
Bobo-Dioulasso.

Le balafon
III-Les danses mandingues
Les danses traditionnelles d’Afrique de l’ouest, et en particulier de la Guinée Conakry
révèlent une culture riche et dynamique.
La précision du rythme soutenu par le djembé et dundun est impressionnante. Les
performances accomplies par les danseurs et musiciens prouvent que cet art appartient
bien à l’Afrique.
L’intérêt en Europe pour cette culture est sans cesse grandissant, sans doute la pratique
de ces danses a un aspect thérapeutique et permet aussi de nous ressourcer et nous
rééquilibrer.
A l’origine, c’est un véritable moyen de communication. Plus importante que la parole,
elle permet de s’exprimer, d’exister et d’affirmer son identité.
La danse d’expression africaine telle qu’on la connait dans les pays occidentaux s’inspire
largement des danses traditionnelles d’Afrique. Techniques, mouvements, rythmes: elle
en a gardé les caractéristiques tout en abandonnant l’aspect rituel. Très énergique, cette
danse sollicite tout le corps, particulièrement les hanches pour les femmes. Un exercice
idéal pour bouger, se défouler et évacuer le stress accumulé.
Vous libérez ainsi vos émotions tout en renforçant articulations, dos, sternum, bassin et
torse. Discipline particulièrement endurante, la danse africaine apporte aussi souffle,
résistance et souplesse !

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