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L'ETUDE GEOTECHNIQUE

L'ETUDE GEOTECHNIQUE_________________________________________________ 2
1. INTRODUCTION ______________________________________________________________ 2
1.1 Qu'est-ce qu'un sol ? __________________________________________________________________ 2
1.2 Le matériau "sol" _____________________________________________________________________ 2
2. LES MOYENS D'ETUDE _______________________________________________________ 3
2.1 Détermination des moyens______________________________________________________________ 3
2.2 Qui doit commander l'étude_____________________________________________________________ 3
2.3 La carte géologique, une aide pour le géologue______________________________________________ 3
2.4 Les moyens de reconnaissance in-situ _____________________________________________________ 4
2.5 Les moyens d'étude en laboratoire ________________________________________________________ 6
3. CONCLUSIONS SUR LES ETUDES GEOTECHNIQUES ___________________________ 6
3.1 Que doit-on trouver dans une étude de sol ? ________________________________________________ 6
3.2 De la nécessité de dialogue entre le géologue et les autres intervenants de la construction ____________ 6
3.3 Synoptique des sols. ___________________________________________________________________ 7

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L'ETUDE GEOTECHNIQUE

1. INTRODUCTION

1.1 Qu'est-ce qu'un sol ?


Un sol est un matériau. Il peut être rocheux ou sableux ou argileux ou de toute autre
composition. Dans le cadre de la construction, on va utiliser ce matériau pour appuyer
l'ouvrage. Il supportera les charges appliquées par le bâtiment par l'intermédiaire des
fondations.

Il convient donc d'en fixer les caractéristiques de façon à déterminer les lois de
fonctionnement (déformation, rupture...) sous sollicitations.

L'objet de l'étude de sol est précisément de fournir aux constructeurs les caractéristiques
des sols dans l'emprise du projet et dans la zone interessée par celui-ci, afin de permettre
le calcul des éléments du bâtiment par application des lois de la mécanique des sols.

La notion de "bon sol" est relative à un contexte géotechnique donné et à un projet


également donné. Un "bon sol" pour l'édification d'une maison individuelle - des marnes
offrant 0,3 MPa par exemple - ne sera pas considéré comme un "bon sol" dans le cadre de
la construction d'une installation nucléaire sensible.

1.2 Le matériau "sol"


Le sol est un matériau un peu particulier. Il diffère du matériau type étudié en RdM par son
caractère en général non hogène et non isotrope. Les règles simples de la RdM que l'on
cotoie couramment ne s'appliquent donc pas directement sur les sols.

Les études fondamentales menées depuis de nombreuses années par des théoriciens
comme Cassan, Terzaghi ou Ménard visent à rapprocher les lois générales de la RdM des
savoirs expérimentaux acquis au cours de l'histoire de la construction.

En première approximation, le schéma mécanique se rapprochant du comportement du


matériau sol pris dans son ensemble est le schéma élasto plastique :

Les déformations engendrées par l'application d'une contrainte sont en partie du domaine
élastique (donc réversibles), et en partie du domaine plastique (donc irréversibles).

Se reporter aux croquis présentés en cours.

Il est bien évident qu'un sol de type rocheux est plus facilement utilisable dans un domaine
purement élastique (avec une contrainte adéquate, les déformations y sont même
négligeables) qu'un sol meuble type argiles molles, dans lequel une faible contrainte
engendre une déformation importante.

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La repartition entre les deux types de déformations dépend du moment du passage entre
l'augmentation des contraintes entre "grains" et le début du réarrangement du squelette
solide du sol.

2. LES MOYENS D'ETUDE

2.1 Détermination des moyens


Il demeure une ambiguité quant à la personne à qui revient la charge de la détermination
des moyens à employer.

Dans tous les cas, même lorsque le programme est déterminé par la Maîtrise d’Ouvrage ou
par une Maîtrise d’Oeuvre, le géotechnicien demeure responsable de l'adéquation du
programme de reconnaissance au problème à traiter, et il doit solliciter, si nécessaire, une
extension de sa mission. On entre ici dans un large débat qui concerne tous les
intervenants « sachants » du bâtiment. Il s’agit du devoir de conseil. Cette notion sera
réévoquée souvent durant l’année.

Dans tous les cas, le DTU recommande que la reconnaissance soit conduite au moins
jusqu'à une profondeur de 1,5 fois la hauteur du bâtiment à concurrence de 15 m. Le
nombre de sondages et leur nature sont normalement de la responsabilité du
géotechnicien.

2.2 Qui doit commander l'étude ?


Cela devrait toujours être le Maître d'Ouvrage dans la mesure où le sol demeure sa pleine
propriété, même dans le cadre la présence d'un Maître d'Oeuvre. Dans la mesure où les
contingences géotechniques influencent les contenus de mission de l'équipe de conception
et peuvent faire varier la consistance du projet, il serait parfait que l'étude soit réalisée très
tôt.

Mais à vouloir commander l'étude trop tôt, on s'expose à ce qu'elle ne soit pas adaptée au
projet.

Il y a donc là un moyen terme à trouver.

De toute façon, ce n'est jamais au Maître d'Oeuvre à commander l'étude de sol !

Dans la pratique, on la rebascule souvent sur le lot GO.

2.3 La carte géologique, une aide pour le géologue


Présentation d'une carte.

- Echelle 50 000 ne permet qu'une approche reltivement grossière.

- Limite des relevés lors de la réalisation de la carte

- Uniquement l'équivalent d'un écorché en anatomie.

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2.4 Les moyens de reconnaissance in-situ
Ils sont très nombreux et divers. On passera rapidement en revue les moyens les plus
souvent utilisés.

2.4.1 Fouille à la pelle

- Moyen aussi vieux que le chantier. Permet une visualisation parfaite des terrains, avec
relevé de pendage, stabilité en fouille ouverte... Mais aucune quantification possible en
dehors de l'appréciation du géotechnicien.

2.4.2 Pénétromètre dynamique

- Plusieurs type suivant la puissance, mais tous basés sur le même principe.

- Enfoncement d'une pointe par battage à énergie contrôlée et mesure de l'enfoncement


par tranche de 10 ou 20 cm. Le poids du mouton peut varier de 20 à 750 daN pour des
hauteurs de chute de 20 à 80 cm.

- Déduction de la valeur "résistance dynamique" par le biais de la formule des Hollandais


ou de Lherminier.

- Présentation des résultats sur un diagramme appelé pénétrogramme.

- Exemple de pénétro.PwP

- Utilisation de cette valeur pour déterminer une portance. (Qd/20)

- Pas de possibilité de calcul de tassements vraiment fiable.

- Essai peu coûteux : de 500 à 1000 francs le sondage.

2.4.3 Pénétromètre statique

- C'est le même principe que le pénétromètre dynamique mais avec un mode


d'enfoncement différent.

- Au lieu d'obtenir l'énergie par battage, on appuie de manière continue sur l'outil grâce à
un ou plusieurs vérins hydrauliques. On mesure la pression (donc l'effort) nécessaire à
l'enfoncement de l'outil.

- La puissance du pénétro dépend directement de la masse à soulever disponible, donc du


poids du camion. Ce truisme explique que les pénétromètres statiques sont, s'ils sont
puissants, montés sur de gros engins et ne peuvent pas être mis en oeuvre dans des
endroits exigus.

- L'enfoncement est dit "statique" tant que la vitesse ne dépasse pas 2 cm/s.

- Cela permet une mesure pratiquement en continu de la résistance des terrains.

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- Le nombre de paramètres mesurés est plus important qu'avec le dynamique et l'on peut
mesurer la force de frottement sur le fut de la pointe qui permet une approche du caractère
plus ou moins argileux du sol investigué.

- Calcul des tassements avec le sondage pénétro stat. C'est relativement difficile et la
validité des résultats est controversée. Dans les milieux sableux, cela marche plutôt bien.
C'est plus aléatoire en milieux argileux.

- Coût moyen d'un sondage au pénétromètre statique à 20 m : 2500 f.

2.4.4 Sondage pressiométrique

- Principe : . Perforation d'un trou calibré (64 mm)

. Mise en place d'une sonde gonflable et mesure de la déformation des


terrains soumis à la pression.

- C'est un essai basé sur la recherche de la loi de déformation des terrains avant la
rupture.

- On obtient une courbe contrainte déformation qui se rapproche de la courbe habituelle en


RdM.

- Du fait du mode de réalisation, c'est un essai qui permet une bonne approche des
tassements.

- C'est a priori le seul essai permettant de dimensionner des micropeiux de façon conforme
au DTU.

- Par contre, c'est un essai par nature ponctuel. L'évaluation des caractéristiques d'un
terrain variable est difficile. (exemple de la sonde à cheval sur deux niveaux ou du terrain
stratifié).

- C'est un essai coûteux : un sondage à 15 m : 6 000 fr environ.

2.4.5 Sondage carotté

- Prélèvement d'un échantillon en continu grace au système du carottier.

- Permet une très bonne identification des sols en profondeur.

- Aucune mesure mécanique en place.

- Destiné à fournir du matériel pour les essais au laboratoire.

- Couteux : 800 fr du ml.

D'autres types de sondages existent (prospection réfraction, scissomètre, SPT ...) mais il
n'entre pas dans le cadre de ce cours d'en faire un relevé exhaustif.

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2.5 Les moyens d'étude en laboratoire
2.5.1 Introduction

Les techniques de déterminations des caractéristiques mécaniques en laboratoire sont


nombreuses. On mentionnera pour mémoire la détermination des limites d'Atterberg, l'essai
triaxial, les essais dits "routier" (CBR, PROCTOR...), etc... Toutefois, dans le cadre du
cours on s'interessera seulement à l'essai oedométrique que l'on rencontre fréquemment
dans nos régions présentant des sols argileux.

2.5.2 L'essai oedométrique

- Principe : Déterminer le comportement du sol en jouant sur la contrainte et la teneur en


eau du matériau. Un échantillon prélevé dans le sol par réalisation d'une fouille ou par
carottage est soumis à dessication puis il est mis en cellule. Il est alors soumis à
réhydratation et on mesure la pression de gonflement en fonction de la teneur en eau aunsi
que les variations du volume.

- On cherche notamment à déterminer les possibilité de variation volumétrique de


l'échantillon lorsque sa teneur en eau varie.

- On détermine aussi la pression de gonflement qui peut survenir en cas de réhydratation


du matériau et qui est cause de nombreux sinistres.

3. CONCLUSIONS SUR LES ETUDES GEOTECHNIQUES

3.1 Que doit-on trouver dans une étude de sol ?


- Une description des sols en présence.

- Une détermination des caractéristiques mécaniques des différents niveaux identifiés.

- Un classement de ceux-ci en fonction de leur capacité à servir de sol d'assise au projet


(portance, stabilité dans le temps...).

- Une approche des solutions de fondement envisageable.

- Une évaluation des tassements absolus et différentiels en fonction des solutions


envisagées.

- Toute remarque de type environnemental pouvant interesser le projet (stabilité latérale du


site, risque de chutes de pierres, innondabilité...)

- Dans le cas de zone de sismicité reconnue, le géologue doit apprécier les risques de
modification des caractéristiques mécaniques des sols sous sollicitations de type
vibratoires (possible solifluction, présence d'une faille active...).

3.2 De la nécessité de dialogue entre le géologue et les autres intervenants de la


construction
- Au niveau du projet initial

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- Au niveau des études d'exécution

- Au niveau de la réalisation

3.3 Synoptique des sols.


Echelle de A à E du facilement utilisable au nécessitant une grande prudence.

Portance Tassements Gonflement / Solifluction et


instabilité
Rétractation latérale

ARGILES D-C D E E

MARNES D-B D-C C C

LIMONS E E B E

SABLES D-C B A D
notamment risque
de renard

GRES +OU- B-A B-A A B


INDURES

MARNO- B B B B
CALCAIRE

ROCHE A A A A
(GRANIT,
CALCAIRE EN
MASSE,
GNEISS)

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