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Mois européen de la photographie

Luxembourg 2006
Mois Européen de la Photographie

Berlin, Bratislava,Luxembourg,
Paris, Vienne 2006

Rome, Moscou 2007

Mois Européen de la Photographie Luxembourg


Coordination et direction générale: Paul di Felice, Pierre Stiwer ( Café-Crème asbl )
Direction de la communication : Sneja Dobrosavljevic
en collaboration avec la Galerie Nei Liicht, le Centre national de l’audiovisuel et Christian Gattinoni

Nous tenons à remercier:


Nadine Abel-Esslingen, Stan Berbec, Nicolas Buck, Marie-Claude Beaud, Boy Bofferding, Gabriel
Boissanté, Marguy Conzemius, Philippe Dupont, Claude Frisoni, Robert Hornung, Danielle Igniti, Enrico
Lunghi, Monique Kieffer, Jo Kox, Christian Mosar, Claude Moyen, Marthe Noesen, Françoise Pirovalli,
Michel Polfer, Monica Portillo, Alex Reding, Marita Ruiter, Martine Schneider, Romain Schuman, Lucien
Schweitzer, Edmond Thill, Gérard Tournier, Michèle Walerich ( tous Luxembourg )

Hans van Beeck ( Bruxelles ), Margherita Brancolini (Rome ), Christine Fain, Frédéric Valentin (Paris)

Les artistes suivants pour un engagement particulier:


Olivo Barbieri, Jacques Bosser, Christophe Clark, Nina Dick, Alain Fleischer, Eva Frapiccini, Nicolas
Moulin, Jorma Puranen, Gary Schneider, Ola Kolehmainen, Elisabeth & Carine Krecké, Patrick Raynaud,
Virginie Pougnaud,....l

Les institutions ou galeries suivantes;


Le domaine de Chamarande ( France ), la collection Lhoist ( Belgique ), Galerie Brancolini Grimaldi (
Florence ) ,Galerie Chez Valentin, Galerie Xippas ( Paris ), Galerie Hans Knoll ( Vienne ), Moscow House
of Photography , Maison européenne de la photographie.

Du Mois Européen de la Photographie:


Anna Gianesini et Emiliano Paoletti ( Rome ) Gunda Achleitner, Berthold Ecker, Marie Gouriano, Thomas
Licek ( Vienne ) Oliver Baetz, Thomas Friedrich, Kathrin Kohle ( Berlin ), Zuzanna Lapitkova, ( Bratislava),
Olga Sviblova, Michael Krasnov ( Moscou ), Jean Luc Monterosso, Pascal Hoël, Carole Prat, Sophie
Robnard, Barbara Wollfer ( Paris )

avec le soutien de :
Le Mois européen de la photographie - Luxembourg

Présentation

Le Mois européen de la photographie regroupe, au sein d’un réseau, les 7 festivals photogra-
phiques de Berlin, Bratislava, Luxembourg, Moscou, Paris, Rome et Vienne.
En 2004, sous l’impulsion de la Maison européenne de la photographie et de son directeur
Jean-Luc Monterosso, le Museumpädagogischer Dienst de Berlin et le département culturel
de la Ville de Vienne décident de travailler ensemble pour promouvoir la photographie en
Europe. Ces trois villes sont rejointes en 2005 par l’association Zone Attive pour la Ville de Galerie Nei Liicht Dudelange
Rome, la Fotofo Society de Bratislava, la Maison de la Photographie de Moscou et par Café-
Crème asbl pour le Luxembourg.
Toutes ces institutions ou associations ont, dans le domaine de la photographie, une expérience
de longue date, remontant pour la majorité d’entre elles à la fin des années soixante-dix ou au
début des années quatre-vingts. Elles bénéficient également de l’appui de leur municipalité
respectivement de leur Ministère de la culture.
L’objectif premier était de définir des structures de collaboration et de diversifier les activités
en suivant de près l’évolution de la photographie et de l’image dans son contexte contemporain
sans négliger son histoire. Par ailleurs, il s’agissait d’échanger les compétences, de dévelop-
per une programmation commune en co-produisant des expositions, des conférences et en
favorisant la recherche académique. Dans un premier temps, les partenaires se sont engagés
sur trois ans, de 2006 à 2009.
De façon générale, c’est le souhait des organisateurs de convaincre tant les institutions, beaumontpublic +königbloc

les professionnels, les artistes et le public au sens large, qu’il est dans l’intérêt de tous de
développer des synergies en Europe pour promouvoir un art qui a déjà une longue histoire et
qui est actuellement pris dans les bouleversements technologiques extraordinaires dont les
retombées ne sont pas encore complètement saisies et dont il faut rendre compte.
Notre association, fondée en 1984, bénéficie depuis de longues années de la reconnaissance
de nombreuses institutions, musées, galeries et artistes en Europe et nous sommes fiers
de pouvoir présenter le Mois européen de la photographie au Luxembourg ensemble avec
nos partenaires dont certains nous soutiennent depuis longtemps. Nous tenons également
à remercier les institutions publiques, les galeries privées, banques ou collectionneurs au
Luxembourg qui ont spontanément répondu à notre appel et nous ont accompagnés dans
la mise en place de cet événement d’envergure européenne. Sans eux, cette manifestation
n’aurait pas été possible.
C’est ainsi que, pour la première fois, le grand public aura accès, sur une période de quelques
semaines, à une offre très diversifiée de la création dans le domaine de la photographie. Il
pourra également, à l’occasion d’un déplacement cet automne / hiver à Berlin, Bratislava, Paris
ou Vienne, continuer son parcours photographique en attendant le printemps où l’attendent
Rome ou Moscou avec d’autres expositions et événements.

pour Café-Crème asbl


Paul di Felice & Pierre Stiwer


Table des matières

bibliothèque nationale de luxembourg 4


La photographie en image: Livres et magazines

musée nationale d’histoire et d’art 8


Un tableau peut en cacher un autre
O. Barbieri, Bosser, Clark&Pougnaud, C. Colvin, A. Fleischer, J. Puranen, P. Raynaud

casino luxembourg, forum d’art contemporain 16


Mutation 1 Ph. Ramette, AES&F

chapelle du rham 20
« Mutation 1 » N. Dick, E. Frapiccini, B. Gütschow, E&C Krecké, M. Kvetan

mudam 24
Ch. Freger, V. Belin, J. Tettamanti

galerie nei liicht dudelange 28


Refocusing Realities: O. Barbieri, N. Dick, N. Moulin, G. Schneider

centre national de l’audiovisuel / fondation des architectes 32


Give me your image: B. van Manen et la collection photographique du CNA

ccr abbaye de neumünster & centre aldringen 38


Robert Hornung, « Sunflowers Roadmovie »

beaumontpublic + königblock 42
Ellen Kooi, Pavel Wolberg

galerie clairefontaine 46
Espace 1 « Cyber Cities » Giacomo Costa, City(E)scapes Act II
Espace 2 « Reflexiones intimas » L. Velasco, C. M Diaz, E. M. M. Tamayo

galerie nosbaum & reding 50


V. Weisgerber, E, & C. Krecké, G. Biwer, R. Wagner

galerie lucien schweitzer 54


Réel-Virtuel: Georges Rousse

banque et caisse d’epargne de l’etat ( galerie am tunnel ) 58


Histoire(s) de voir ( La collection de la banque )

arendt & medernach 62


Une collection: B. Baltzer, Nanna H. O. Kolehmainen, Ch. Mosar, A. Puntari,
St. Reusse, S. Wolf

fortis banque luxembourg 66


Man Ray : The Photographic Image


Olivio Barbieri, Site Specific-Las Vegas, Courtesy BrancoliniGrimaldi di Arte Contemporanea


Bibliothèque nationale de Luxembourg

La photographie en image
37, boulevard Roosevelt des zones livresques d’expérimentation temporaire
L-2450 Luxembourg
Tél. 22 97 55 – 1
9.10 - 18.11. 2006
www.bnl.lu

la médiathèque
La revue a toujours été dans l’art moderne et contempo-
Ouverture rain, comme dans l’Histoire de la photographie un espace
Mardi - vendredi : 10h30 – 18h30
temporaire de débats et d’expériences au service de la
Samedi: 9h00-12h00
création d’une époque, contre ses présupposés et ses aca-
démismes. Souvent limitées dans leur production comme
La médiathèque de la BnL offre une sélection
dans leur diffusion, les revues visent une approche quali-
de médias non imprimés, soit en consultation
tative. L’influence de ce ces publications se voit donc liée à
sur place soit en prêt à domicile:
leur exigence et à leur originalité et non pas à leur audience
- une grande sélection de films de fiction en
qui peut rester élitiste. Une étude quelque peu rétrospec-
version originale par des réalisateurs classi-
tive de leur action dans la création contemporaine ne peut
ques, comme Fellini, Fassbinder, Tarkovski,
que réévaluer leur importance.
Truffaut, Satyajit Ray, Kazan, et contempo-
rains, tels Spike Lee, Kusturica, Wong Kar
Wai, Almodovar, Lars von Trier; des pièces l’ère des militantismes
de théâtre d’Ibsen, Beckett, Arthur Miller, Au temps des pictorialistes les revues des cercles ama-
Brecht etc., ainsi que des mises en scène de teurs européens diffusent les images à côté des Salons
et expositions. A l’époque moderne elles sont intimement
proches de l’aventure des avant-gardes, dadaïsme, sur-
réalisme, lettrisme leur donnent les formes théoriques et
expérimentales les plus audacieuses. Ainsi le mouvement
d’André Breton est indissoluble de l’action de Littérature
(1919-1924), de la « Révolution surréaliste » (1925-1929)
et enfin de « Le surréalisme au service de la révolution »
(1929-1933).Et entre les deux guerres la presse illustrée
fait l’apologie auprès du plus grand public de la Nouvelle
Vision . Comme l’écrit Alain Fleig dans « Naissance de la
photographie comme média » : « Les rédactions des agen-
pièces d’auteurs classiques comme Molière, ces et des grands magazines parisiens sont de véritables
Shakespeare, Goethe ou Pirandello creusets où l’art, la société et l’histoire en train de se faire
- des films documentaires en provenance bouillonnent dans une ambiance des plus cosmopolites où
du monde entier et recouvrant toutes les frontières et langues semblent ne plus créer d’obstacles. »
disciplines : sciences pures, sciences humai- Ainsi à partir de 1928 « Vu » de Lucien Vogel, « Jazz » de
nes, photographie, peinture, architecture, Carlo Rim mais aussi les suppléments annuels de « Arts et
géographie … En plus, des inédits tels les métiers graphiques » (1930-1939) mais encore des sup-
documentaires de Jean Rouch, Depardon, ports plus inattendus comme « La revue du Médecin » ou
Wiseman, Michael Moore ainsi que des « Art et Médecine » développent ces nouvelles créations.
documentaires sur des personnalités comme Si aujourd’hui la situation est plus complexe et le rôle des
Leonard Bernstein, Claude Levi-Strauss, Béjart, revues amoindri, on constate des situations qui trouve
Bacon, Sartre etc. leur origine dans ces périodes modernes.


un partage graphique - un fonds de documents sonores parlés com-
Au début des années 70 toute une génération se forge prenant des œuvres classiques de la littérature
avec « Zoom » une culture visuelle à caractère internatio- mondiale, des témoignages d’acteurs éminents
nal qui ouvre pareillement sur les champs du graphisme de l’histoire du XXe siècle ainsi que des biogra-
et de la photographie. Il s’agit d’une revue de grand for- phies et des interviews de personnalités hors
mat qui regroupe, études courtes, critiques d’ouvrages et du commun du monde politique et artistique,
dont le corps principal est constitué de portfolios . Cette des méthodes audiovisuelles d’apprentissage
tradition ne s’est pas prolongée, du fait que la défense du des langues et un choix de cassettes et CD
photographique dans ses nouvelles formes à suscité dès de musique luxembourgeoise.
les années 80 une spécialisation des publications. Le mo- Dans son coin de lecture, la médiathèque offre
dèle économique est alors celui des grands groupes édi- une sélection de livres de photographie et de
toriaux qui verront la publication de « Photo Magazine », cinéma en rapport avec l’actualité.
« Newsreporter » et « Photo » la seule à rester active
aujourd’hui. Leur vocation est de toucher un très grand
public. L’outsider de l’époque est « Contrejour » qui dé-
fend la jeune création, française et européenne.
Une revue plus spécialisée comme Etapes Graphiques n’a
pas négligé la présence de la photographie et s’est d’ailleurs
renommée « Etapes » pour marquer son ouverture. Le
premier numéro de Aman Iman, co-publié par Filigranes,
en 2005 semble renouer à part égale les liens photo-
graphisme en abordant le thème des « Appartenances »
aussi bien par des projets images que par des portfolio
mixtes à l’initiative de deux créateurs, graphiste et artiste.
Ce premier ensemble paraît prouver que la photographie
a d’abord revendiqué sa proximité aux arts graphiques,
avant d’affirmer sa spécificité, puis d’accepter les champs
de recherche communs.

la reconnaissance comme arts plastiques

A partir du cent cinquantième anniversaire de la naissance


de la photographie en 1989, le mouvement de reconnais-
sance de la photographie comme art à part entière, en-
tamée dans la décennie précédente, se matérialise dans
tous les domaines, institutions, marché de l’art, édition.
De nombreuses revues d’art engagent des critiques spé-
cialisés Régis Durand ou Dominique Baqué pour Art
Press, Natcha Wolinski pour Beaux Arts ou plus récem-
ment Damien Sausset pour l’Oeil. Travaillant sur le mode
de l’article d’humeur, de l’exposé thématique ou de la mo-
nographie illustrée. Les grandes occasions comme le Mois
de la Photo où le Salon Paris Photo donnent lieu à des
bilans qui contribuent à établir la photographie comme un
art non seulement reconnu, mais bientôt, au début des an-


nées 2000, un art officiel.
Les grands courants européens et internationaux et leurs
suiveurs français sont systématiquement mis en avant.
Les écoles comme Dusseldorf avec les Becher ou celle de
Vancouver autour de Jeff Wall y sont systématiquement
publiés. Ces revues relaient aussi
les tenants de l’école française appelée après Jean -
François Chevrier « Une autre objectivité ».
Par ailleurs ces publications se dotent de numéros spé-
ciaux dirigés par un des membres de l’équipe et faisant
appel à de nombreux spécialistes, ce fut le cas à plusieurs
reprises d’Art Press dont en 90 le numéro sur «  l’intime
et le public » et plus récemment de Beaux Arts avec en
2005 « Qu’est ce que la photographie aujourd’hui ».Une
revue pour les amateurs comme « Réponses Photo, elle
aussi dépendant d’un grand groupe récemment racheté
par Berlusconi n’hésite pas non plus à publier d’importants
dossiers sur la création contemporaine.
Depuis près de deux ans « Connaissance des arts » publie
même un trimestriel « Spécial photographie » avec une
rédaction indépendante. Cette reconnaissance peut se faire
à l’échelle de tout un continent avec la « Revue noire » qui
a diffusé et publié aussi en ouvrages les créations visuel-
les et plastiques issues des artistes africains. Elle a relayé
aussi l’action dans le domaine photo des « Rencontres
de Bamako qui ont montré la vitalité et l’originalité de ces
pays neufs.
Dans le cadre d’une reconnaissance internationale , mais
dans une grande ouverture théorique, la revue « Dits »
émanation du Musée d’Art Contemporain le Grand Hornu
en Belgique développe une réflexion active avec des colla-
borations photographiques originales.
Sous titrée « Petites pièces traitant d’un sujet familier
ou d’actualité » Dits travaille par thèmes « Rock » ou
« L’hybride » . Dans « Violences » elle réunit ainsi dans
une iconographie riche et variée, les images ambigües de
Patrick Everaert à côté des éléments d’archives reconsti-
tuées par l’Atlas Group de Whalid Raad, en contrepoint
des mises en scènes au glamour morbide de Izima Kaoru
pour ses « Belles à mort ».
Revenant sur l’éditorial de 1990 de Régis Durand nous
pouvons y lire : « Ni bilan historique, ni simple aperçu de
la création contemporaine, ce numéro souhaite plutôt faire
un double constat.(…) Et sans doute ne pouvait il qu’en
être ainsi, puisque nous ne faisons que figer un instant une
situation mouvante. ». ce caractère momentané concerne
pareillement toutes les revues.

des galeries temporaires

De nombreuses publications européennes à partir des an-


nées 80 , conscientes que la diversité des pratiques plas-

Café-Crème Magazine
Café-Crème Magazine, fondé en 1984 au Luxembourg, Café-crème Magazine a été fondé en 1984 par Paul
est resté, jusqu’à sa disparition en 1997, la seule publi- Bretz, Paul di Felice et Pierre Stiwer. Après le départ
cation luxembourgeoise consacrée exclusivement à la de Paul Bretz , l’équipe fut complétée par Robert
photographie et aux mani- Theisen dès 1986.
festations contemporaines
des arts plastiques utilisant
des supports visuels. A
ses origines, Café-Crème
Magazine a été un support
glamour dans la veine des
coffee-table  magazines
accordant autant de place
à une publicité savante et
visuellement forte qu’au
contenu proprement dit.
Mais dès la deuxième
année, le magazine sut ac-
compagner les manifesta-
tions les plus contemporai-
nes de la photographie en
publiant des numéros sur New York, Barcelone, Rome et
sa jeune création ( textes en français et anglais). Ainsi fu-
rent publiés, dès le milieu des années 80, des noms aussi
connus aujourd’hui que Mapplethorpe et Prince du côté
américain, Struth et Gursky pour l’Allemagne, Fleischer
et Raynaud pour la France, Xavier Vallhonrat ou encore
Oukelele pour l’Espagne, Gioli pour l’Italie. De parution ir-
régulière, le magazine eut, malgré des difficultés considé-
rables dans la distribution d’un support resté confidentiel
et connu essentiellement par le public expert des galeries
et des musées, une diffusion internationale pendant plus
de 10 ans dans les librairies spécialisées d’Amsterdam
à San Francisco. Reconnu pour la qualité de sa mise en
page et son choix judicieux d’artistes-photographes inno-
vateurs, le magazine est resté dans la mémoire comme un
support ayant joué un rôle important dans l’instauration de
la photographie comme pratique des arts plastiques. Ayant
toujours bénéficié de la reconnaissance de ses pairs, le
magazine est considéré aujourd’hui comme support histo-
rique incontournable de langue française dans le domaine
de la photographie. Il a été retenu récemment parmi les
revues photos importantes des années 80 du monde fran-
cophone et a figuré dans l’exposition « En français sous
l’image » à l’Espace Electra de Paris. Les fondateurs de
la revue ont organisé en 1997 l’exposition «The 90’s, A
Family of Man ? » au Casino Luxembourg, Forum d’art
contemporain; ils continuent actuellement leur activité édi-
toriale en publiant des catalogues d’exposition.


ticiennes, co-existant avec de nouvelles lectures des prati- photo pour sponsoriser « la recherche photographique ».
ques plus spécifiques ne sont pas encore assez relayées par L’ensemble de leurs parutions ont constitué un corpus
le monde du livre et par les centres d’art, choisissent l’outil irremplaçable sur les sources historiques de la contem-
éditorial de la réunion de portfolios. Il s’agit d’Aperture poranéité comme sur la création vivante. Cette tradition
aux Etats Unis , de Camera Austria, ou Eikon en Autriche, a été reprise par « Etudes photographiques » organe de
de Photofiction en Espagne, et de European Photography la Société Française de Photographie, qui à côté de son
en Allemagne. On peut y ajouter récemment NextLevel en Bulletin fait les liens entre histoire du medium et actualité.
Grande Bretagne, Portfolio en Ecosse, Eyemazing aux Pays Le mode opératoire de telles publications entre livre et
Bas ou Images de l’association Objectif Image et Photos projet personnel se veut transversal dans une action dia-
Nouvelles en France. Elles n’échappent pas toujours à l’in- lectique. Elle rejoint les initiatives d’autres disciplines de
fluence de la mode et des groupes de pression idéologi- la pensée humaine, sociologie, sémiotique, philosophie
que, dans une sorte d’effet d’époque. Mais l’ensemble de qui prennent momentanément un corpus ou une orienta-
leurs parutions constitue des ensembles d’une vraie co- tion photographique comme objet de leur propre avancée.
hérence. European Photography parie sur des directions Ainsi « Horizons philosophiques » consacre son n° 1 vo-
thématiques , « La nouvelle photo chinoise », « Qu’est ce lume II à l’interrogation sur « L’amodernité de la photogra-
que la photo concrète » ou « Le document entre fait et fic- phie » qui mêle des approches aussi étonnantes que celle
tion ». Si le dernier numéro publie comme tant de revues de l’internationale de la pauvreté  Sebastiaô Salgado avec
d’art les vues chinoises grand format d’Edward Burtinsky, celle de Ludwig Wittgenstein. « Communications », publie
elle contrebalance la majesté de ces prises par un dialogue son numéro 71 en 2001 (Edition du Seuil) sur le thème
avec celles intimes et sensuelles de la japonaise Aoi Sora, « Le parti pris du document » un des champs importants
ses portraits nus contredisant l’esthétique froide et désin- de la recherche actuelle. Quant à « Visio », la revue de
carnée des « jeunes filles à la caméra » mise en place par l’association Internationale de sémiotique visuelle,elle
Hiromix à partir des années 90. s’engage dans son n° 1 de 1999 à explorer la « Post
Une ouverture semblable se manifeste au sein de Photos photographie ».
Nouvelles qui met en valeur aussi bien les productions des Une nouvelle discipline se développe depuis 10 ans grâce
récents collectifs de jeunes créateurs comme Tendance à Régis Debray et son équipe éditoriale, avec entre autres
Floue ou le Bar Floréal, les nouveaux documentaristes et Daniel Bougnoux ou Louise Merzeau, des « Cahiers de
photoreporters que les tenants d’une poésie visuelle du médiologie ». Ils entretiennent des réflexions aussi diver-
quotidien. ses que « Qu’est ce qu’une route » ou « La querelle du
spectacle ».
des zones théoriques temporaires Ces préoccupations particulières à caractère scientifique
Dans un petit ouvrage important pour la pensée sociale de rejoignent les interrogations de la critique d’art contem-
la création contemporaine « TAZ zone autonome tempo- poraine telle que les développe par exemple la revue ca-
raire » Ed. L’Eclat 1997 Rachid Bey affirme « Nous recher- nadienne « ETC Montréal ». Ses avancées se font dans
chons des espaces (géographiques, sociaux, culturels, des domaines très divers ainsi dans « Entre flux et excès,
imaginaires) capables de s’épanouir en zones autonomes la fable contrariée », on trouve des études abondamment
et des espaces-temps durant lesquels ces zones sont rela- imagées d’œuvres d’Alain Fleischer, Sophie Calle mais
tivement ouvertes ». Dans le domaine d’une critique spé- aussi Tony Hoursler ou Ann Hamilton. Ils exploitent aussi
cifique « Les cahiers de la photographie » autour de Gilles l’évolution du médium dans « Du pigment au pixel, l’image
Mora tentent de copier leur grand frère du cinéma pour revisitée ». Dans le numéro de l’été 2006 les « Chantiers
aborder une réflexion tout à fait radicale, les illustrations y s’appuient sur les projets iconiques de la canadienne
sont moins importantes que le texte pour la fondation d’une Karen Linke, mais aussi sur ceux des français Stéphane
pensée du médium.Au début des années 90 deux revues Couturier ou Claire Chevrier.
se disputent ce champ théorique.Elles sont le fait d’une
initiative individuelle relayée par institution. Le premier des corpus livresques

Jean François Chevrier réussit à convaincre le Ministère Explorant les effets d’archive certaines publications consti-
de la Culture du financement d’une publication régulière, tuent des corpus dont l’homogénéité n’est pas toujours im-
historique et critique « Photographie ». André Rouillé, as- médiatement lisible. L’une des plus exemplaires au début
sisté de Emmanuel Hermange emporte l’adhésion de Jean des années 90 est « L’Observatoire » créé à Marseille par
Luc Monterosso et de la future Maison Européenne de la Laurent Malone et Francine Zubeil. Le numéro 1 s’intitulait


« Point zéro » il accueillait des collaborations aussi diver- géographique nationale en cours, le Japon ou la Hollande
ses que celle de Claude Lévèque, Tom Drahos et Corine ont été ainsi explorés via leurs créateurs les plus radicaux.
Mercadier. Ils développent ensuite une réflexion originale Cette idée de la revue comme chantier en lien à une action
sur des thématiques comme « Les lieux du passage », de réflexion et de création a été portée à son apogée par
« Pas d’original » ou « La fondation anon ». L’ensemble Jean-François Chevrier , ses invités artistes et ses étu-
des cahiers se constituent avec très peu de texte comme diants pour son séminaire de l’Ecole Nationale Supérieure
des corpus autonomes qui développent une pensée de des Beaux Art de Paris. La publication étagée sur plus d’un
l’image. an et quatre numéro a suivi l’évolution de cette recherche à
Sur le même modèle « L’inventaire », à parution irrégu- propos « des territoires en revue ». Elle a été réunie dans
lière entre 1993 et 2005 , crée des ensembles qui consti- un emboitage pour trouver un autre marché de diffusion.
tuent ces zones temporaires , dans leur texte introductif De même le caractère temporaire d’une revue aussi radi-
de ce premier numéro ils en théorisent ainsi la construc- cale et essentielle que « Provoke » pour la reconnaissance
tion : « La photographie documentaire, à partir de la réa- de la recherche photographique au Japon a trouvé un nou-
lité anonyme dont elle se nourrit peut générer un espace veau destin commercial en 2001 grâce aux éditions Steidl
public existant en dehors des adiscours fonctionnalistes avec « The japanese box : provoke n°1 ».
sociaux ou politiques et instaurer l’image mentale d’une .D’autres écoles d’art se sont dotées d’un outil de com-
ville contemporaine. Sa forme reste alors à être investie munication régulier, ainsi l’Ecole Nationale Supérieure de
et redéfinie. ». la Photographie d’Arles coproduit depuis 2005 avec Actes
La réflexion sur l’image anonyme qui a nourri des œu- Sud une revue annuelle au format livre « Inframince » qui
vres comme celle de Joachim Schmid, a suscité des pu- garde un juste équilibre entre portfolios et textes théori-
blications souvent sans aucune indication textuelle qui ques, dont un certain nombre sont traduits pour la premiè-
ont trouvé un aboutissement dans la revue de Maurizio re fois en français. Les numéros à venir questionnent les
Cattelan « Permanent food ».publiée par les Presses du champs de l’existence de l’image avec « Un , personne et
réel qui regroupe des images de provenance, d’époque cent mille » et le prochain numéro se demande comment
et de statut très différents qui constituent notre imaginaire « Voir avec son temps ».
mental dans une société du tout-à-l’image en une sorte de Un programme que pourrait revendiquer toutes les publi-
digest des magazines du monde entier. cations abordées dans ce
court panorama qui permet de comprendre comment les
revues de photographie demeurent aujourd’hui le sismo-
des zones de chantiers créatifs graphe de la création contemporaine et de la pensée de
Dans l’exposition du Centre Georges Pompidou sur Los l’image, elles pallient leur caractère apparemment limité
Angeles « 1945-1965 » on était accueilli par les œuvres dans le temps et l’espace par la création et la défense de
trop méconnues de Wallace Bermann, une vitrine présen- zones livresques d’expérimentation temporaire qui restent
tait divers numéros de sa revue « Sémina » (1955-1964). irremplaçables.
Elle recueillait dans une sorte de couverture des docu-
ments, des images sans légende, des collages de diverses Christian Gattinoni
tailles qui se voulaient comme les pièces d’un dossier à
reconstituer par le lecteur. Cela correspond bien entendu à
cette théorie de l’œuvre ouverte, du work in progress qui
trouve dans l’espace revue une finalisation momentanée.
Les responsables rochelais de la revue Orbe construisent
chaque numéro en étroite collaboration avec un artiste qui
s’approprie l’espace , la matière du papier, la couverture
pour un projet éditorial proche du livre d’artiste. Une colla-
boration semblable est mise en place par l’agence d’événe-
ments culturels Mouvement Arts Plastique avec sa revue
pliée MAP qui donne un espace au projet personnel d’un
artiste. Une publication irrégulière de grand format fait de
même depuis 1991 sous l’intitulé « L’insensé » en ren-
dant compte par de nombreux portfolios d’une situation


Musée national d’histoire et d’art

Marché-aux-Poissons
Un tableau peut en cacher un autre
L - 2345 Luxembourg Positions « photographiques » sur le thème de la peinture
Tél. : +352 47 93 30-1
14.10 - 26.11. 2006
Fax : 47 93 30-271
musee@mnha.etat.lu olivo barbieri, jacques bosser,

www.mnha.public.lu calum colvin, alain fleischer,


jorma puranen, clark &
Heures d’ouverture : pougnaud, patrick raynaud
mardi-dim.10h00 à 18h00
jeudi 10h00 à 20h00 Commissaires : Paul di Felice, Pierre Stiwer
fermé le lundi
La question de dématérialisation de
exposition avec le soutien de: l’oeuvre et de la représentation dans
Istituto italiano di cultura & la photographie plasticienne depuis
Fortis Banque le début des années 80 est au cen-
tre de la recherche de la génération
d’artistes qui a utilisé le médium
photographique à la fois comme dé-
marche conceptuelle et comme œuvre
« auratique.»
les fonds photographiques
Si « l’après peinture » est marquée
Les fonds photographiques principaux du par le questionnement ontologique
MNHA sont constitués par le fonds historique de l’œuvre, il n’en demeure pas moins
Alain Fleischer, Fenêtre sur Cour, courtesy Maison européenne de la photographie, Paris

(de 1860 à 1939) et le fonds documentaire (de qu’un certain nombre d’artistes se
1940 à nos jours). Chacun de ces fonds se sont servis de la chambre photogra-
compose de plusieurs collections. phique pour explorer les qualités du
L’essentiel du fonds historique est constitué tableau photographique en utilisant
par : et en détournant les modèles de l’his-
- des vues du Grand-Duché : Luxembourg ville toire de l’art.
(la forteresse, les bâtiments, les rues, etc.) et Cette recherche ne se limite pas à imi-
les autres centres habités du Grand-Duché ter la peinture ou à réaliser des pho-
- des portraits : ce sont des tirages sur papier tographies « d’après peinture ». Au
et quelques exemples de daguerréotype contraire, la démarche pratiquée, avec
- des albums : il s’agit de souvenirs de voyages, beaucoup de succès, depuis vingt ans
de campagnes militaires, etc. par de grands artistes contemporains
- des diapositives en noir et blanc et de négatifs travaillant l’image photographique,
sur plaque de verre met en scène une approche complexe
Le fonds documentaire regroupe essentielle- qui « re-contextualise » les différen-
ment des inventaires photographiques. tes représentations historiques, artis-
Ce fonds est constitué par : tiques et culturelles.
des vues du Grand-Duché; Des « Museumsbilder » de Thomas
des photographies de fouilles Struth dont trois œuvres font partie
archéologiques; de la collection du MUDAM au grand

10
11
l’inventaire des objets des différentes sections « Untitled VI » de Gursky, représentant un tableau de Pollock, les exemples sont
du MNHA; nombreux où les artistes de la génération de «l ’école des Becher » utilisent le
La collection de photos d’art regroupe des dispositif performant de la reproduction mécanique pour exalter l’esthétique de
photographies d’Edward Steichen : 148 tira- la peinture à travers une espèce de « fétichisme photographique ».
ges offerts au MNHA en 1985 par la George L’Italien Olivo Barbieri montre très bien dans sa série intitulée “Paintings” l’am-
Eastman House, International Museum of biguïté du propos. En choisissant ce titre équivoque en confrontation avec la
Photography and Film, Rochester et Madame photographie, il détermine bien l’objet photographié mais en même temps il
Joanna Steichen. Les sujets représentent pose le problème de l’œuvre en terme ontologique. Le travail photographique
principalement des portraits de célébrités, à en jouant sur la mise au point et le flou met à l’épreuve les qualités esthétiques
côté de natures mortes et de paysages. des grands maîtres pour en révéler de nouvelles sensations chromatiques et
La collection comporte également des artistes formelles.
luxembourgeois et étrangers comme Andres Comme chez Barbieri, les œuvres photographiques de Jorma Puranen de la
Serrano , Mikka Heinonen, Christian Mosar, série « shadows » créent la surprise chez le spectateur par le dépaysement et la
Bert Theis, Roger Wagner, etc.. distanciation de l’image. Plutôt que de reproduire un tableau de maître, Jorma
Puranen met en avant la complexité de la perception jusqu’à faire disparaître
par un travail purement photographique le portrait pictural.
L’idée de conservation, de pérennité et de transport de l’œuvre domine dans
les pièces de Patrick Raynaud des années 80. Ses « flight cases » simulant le
transport d’œuvres en se transformant en caisson lumineux sont à la fois un
hommage aux grands peintres du 19e siècle qui accompagnent le début de la
photographie et une appropriation critique qui relativise l’aura du tableau. Très
différent est le travail d’Alain Fleischer qui dans une série photographique inti-
tulée Fenêtre sur cour (1990) juxtapose ingénieusement l’espace privé aseptisé
d’intérieur banal et le corps exhibé de la Grande Odalisque d’Ingres projeté sur
Jorma Puranen, Shadows, Reflections and all that sort of Thing, n°16, collect. privée

Calum Colvin, Narcissus, 1987, collection privée

12
8

13
Jorma Puranen, Shadows, Reflections and all that sort of Thing, n°20, collection privée, Luxembourg
14
Jacques Bosser, Onoe, 120x120cm Jacques Bosser, Kayaga
Olivio Barbieri, Tavola VI, 120x150cm, edition of 6, BrancoliniGrimaldi- Arte Contemporanea

15
les murs d’une cour. L’effet est saisissant avec des images
aux lumières bleutées qui viennent perturber la relation
entre espaces intérieur et extérieur, entre réalité quotidien-
ne et illusion. En empruntant à la peinture et au cinema
des fragments d’images, Alain Fleischer met en scène la
culture de l’image en l’interrogeant constamment.
La culture japonaise du Kabuki, mais aussi la tradition pic-
turale d’un Hokusai, apparaît dans les portraits de Jacques
Bosser. Le modèle Sue Tilley, qu’on associe à Lucian Freud
et à la scène londonienne, devient ici le sujet et le sup-
port d’un tableau photographique qui en cache d’autres.
Plusieurs degrés de lecture se superposent dans ces pho-
tographies où le photographe se découvre aussi peintre.
Chez Calum Colvin, la magie de la peinture investit tout le
processus photographique. Il pose son trépied devant un
ensemble d’objets trouvés sur lesquels il peint des figures
mythologiques qui ne s’assemblent que grâce à la pers-
pective de la caméra. Ainsi le corps de son « Narcisse »
se prolonge au-delà de la table sur les papiers peints du
mur de fond et n’est visible réellement qu’à travers la trace
photographique.
Le couple Clark&Pougnaud, un photographe et un pein-
tre, quant à eux, travaillent ensemble la photographie mise
en scène en intégrant de véritables personnages “solitai-
res” dans des décors virtuels souvent inspirés d’Edward
Hopper.
Conçue en tant que participation au « Mois européen de
la photographie » l’exposition « Un tableau peut en cacher
un autre » au MNHA regroupe une sélection non exhaus-
tive d’œuvres des deux dernières décennies. Elle s’articule
autour des problématiques qui se fondent sur la spécificité
photographique et sur la notion d’œuvre. Ces quelques
exemples singuliers sur le thème de la peinture et sur le
« photographique » montrent aussi comment certaines de
ces positions ont déterminé la place qu’occupe la photo-
graphie au sein de l’art contemporain.
Paul di Felice

P. Raynaud, Manet’s suit-case: Le fifre, 1990


Dimensions (fermé): 170x110x8Ocm. Flight-case, cibachrome, plexiglass,
tubes fluorescents - Collection Christine Fain , Paris

P. Raynaud, Monet’s tub n°3, 1991


Dimensions diamètre 73xH43cm
Tôle galvanisé, cibachrome sous plexiglass (Diasec) tubes fluorescents
- Collection de l’artiste.

16
Clark&Pougnaud, Kathy, 142 X 180 cm épaisseur 8 cm
Clark&Pougnaud, Corinne

17
Casino Luxembourg, Forum d’art contemporain

41, rue Notre-Dame -


L-2013 Luxembourg
Tél. (+352) 22 50 45
Fax. (+352) 22 95 95
Mutations 1
e-mail: info@casino-luxembourg.lu
14.10 - 19.11.2006
www.casino-luxembourg.lu
philippe ramette, groupe aesf &f
Ouvert tous les jours de 11h00 – 19h00, Commissaires: Mois Européen de la photo

Philippe Ramette, Balcon 2, Hong-Kong


le jeudi de 11h00 – 20h00,
sam. et dim. 11h00 – 18h00 Dans le cadre du Mois européen
fermé le mardi et le 1er novembre de la Photographie (Paris, Berlin,
Vienne, Rome, Bratislava, Moscou et
Luxembourg) le Casino Luxembourg
La photographie est utilisée ou associée, présente les œuvres du Français
d’une manière ou d’une autre, à la plupart des Philippe Ramette et du collectif russe
pratiques artistiques contemporaines. Ainsi, AES&F. Cette sélection fait partie d’un
elle est régulièrement présente dans les projets choix commun des divers commissai-
du Casino Luxembourg depuis ses débuts, res d’exposition d’artistes représen-
dans des expositions de groupe (Jeff Wall tant les sept capitales européennes.
de son fardeau de représentation.
dans Arrêts sur images, Louise Lawler dans Les oeuvres des autres artistes sélec-
Open House, Lucinda Devlin dans Power...) tionnés sont exposées à la Chapelle Le thème de mutation est aussi forte-
ou des monographies (Sam Samore, Marc du  Rham.  (B.  Gütschow,   Berlin, ment lié à la question de la post-pho-
Trivier, Michael Light, Zbigniew Libera...). Des M.Kvetan, Bratislava, C.&E. Krecké, tographie qui se veut aussi quitte des
expositions thématiques ont également exploré Luxembourg, E. Frapiccini, Rome, effets séduisants des logiciels que du
les dimensions plasticiennes ou critiques de N.Dick, Vienne). devoir de rendre décisifs des instants
la photographie ainsi que ses liens avec la électifs.
Sous le titre de « Mutation 1» chaque
peinture (Photopeintries en 1996, The Nineties :
ville propose une sélection d’œuvres C’est certainement le cas du grou-
A Family of Man ? en 1997, Veronica’s Revenge
différentes à partir des sept lauréats pe moscovite AES&F (Tatiana
en 1999...), sans compter les présentations
qui posent les questions du paradigme Arzamasova, Lev Evzovich, Evgeny
de démarches artistiques où la photographie
de la photographie à travers des atti- Svyatsky et Vladimir Fridkes) qui
intervient de manière fondamentale (Didier
tudes « photographiques » et des dé- présente des photographies de très
Bay, Jim Shaw, Jacques Charlier...).
marches qui s’émancipent des règles grand format sur lesquelles des en-
Enrico Lunghi
préétablies et qui s’ouvrent à toutes fants habillés en blanc, au regard
sortes de pratiques liées à l’image. figé, dominent la scène dans une
attitude « fashion-fascistoïde ». Leur
De la photographie, les tendances
apparence immaculée, entre ange et
actuelles gardent l’attitude, la dé-
mutant, est en décalage avec leurs
marche, le processus ou les moyens
gestes manipulant des armes qui
plastiques. Mais la photographie
dépassent largement le registre des
aujourd’hui joue de la lumière inscrite
jouets d’enfants.
chimiquement ou recréée chiffre à
avec le soutien de
chiffre sur une surface sensible.Elle La séduction de l’apparente beauté de
intervient comme marquage dans le l’image est en décalage avec la repré-
flux temporel, mais s’est débarrassé sentation dichotomique.

18
Philippe Ramette, Hommage à la Mafia 19
courtesy Galerie Xippas, Paris
D’autres contradictions de notre monde actuel, où le réel
et le virtuel se côtoient en permanence, l’artiste français
Philippe Ramette les développe à travers un travail de
sculpteur et de photographe autour de la notion d’ape-
santeur. Impliqué personnellement dans chacune de ses
photographies-actions, il invente des objets, des disposi-
tifs et des situations à partir desquelles il questionne nos
schèmes de pensée et de perception. A contre-courant des
tendances digitales ses photographies analogues devien-
nent le prétexte à toutes expérimentations physiques et
mises à l’épreuve de l’artiste dans des situations extrê-
mes. Ces mises en scène de son propre corps et de ses
objets fabriqués à cette occasion, malgré l’intervention
réelle vérifiable, sèment toujours le doute chez le specta-
teur non averti.
L’interrogation d’un réel réinterprété et « photographique-
ment » décliné se fait dans l’ensemble des propositions
choisies pour illustrer cette première édition de mutation.
Les artistes envisagés ne se veulent d’aucune école, leur
rapprochement tente de montrer ce que le caractère sin-
gulier de leur démarche peut dessiner comme prospective
artistique de l’image contemporaine.

Paul di Felice
série: Action Half Life 3; courtesy Moscow House of Photography, Galerie Knoll Vienna

courtesy Moscow House of Photography série: Action Half Life 3

20
21
Chapelle du Rham
2eme partie de l’exposition au casino luxembourg, forum d’art contemporain

Plateau du Rham
Rue de Trèves / montée du Rham
Mutations 1
Luxembourg – Cents 14.10 - 19.11. 2006
L-2427 Luxembourg nina dick, eva frapiccini, beate gütschow, elisabeth
& carine krecké, marek kvetan
dans l’enceinte de la CIPA
Commissaires : Mois européen de la photographie / Paul di Felice & Pierre Stiwer
Heures d’ouverture:
Avec l’apparition des nouvelles technologies, les jeunes artistes d’aujourd’hui
Ouvert tous les jours de 13:30-18:30
réagissent singulièrement à la prolifération des moyens de travailler l’image en
samedi et dimanche de
utilisant l’analogue et le numérique à travers toute sorte d’outil « photographi-
fermé le mardi, le 1er novembre
que » sans privilégier le grand format et en s’ouvrant à d’autres pratiques de
l’image comme la vidéo, et les installations.
pour toute information, s’adresser au:
Ces « mutations » apparaissent autant dans les thèmes abordés que dans la ma-
Casino Luxembourg, Forum
nière de les exprimer. Ces nouvelles attitudes dans le processus artistique libè-
d’Art Contemporain
rent le photographe d’une catégorisation trop technologique et ouvrent de nou-
Tél.: +352 22 50 45
velles perspectives critiques dans la construction de l’image contemporaine.
e-mail: info@casino-luxembourg.lu
L’artiste viennoise Nina Dick procède par une démarche conceptuelle qui ex-
plore „visuellement“ les notions de „compression“ et de „cartographie“ aussi
bien rationellement que physiquement en analysant l’espace urbain mathéma-
tiquement et en l’expérimentant avec son propre corps.
Ses photographies, ses vidéos, ses dessins et ses installations sont des inter-
ventions critiques et poétiques sur le flux d’informations véhiculées à travers
les médias sur le thème de l’espace urbain et du paysage.
Proche dans la conceptualisation du travail de Nina Dick le Slovaque Marek
Kvetán utilise aussi la compression d’images en partant de différents films de

Elisabeth & Carine Krecké, Ludwig

Exposition présentée sous le haut patronage de :


Bertrand DELANOË, Maire de Paris,
Andrej ĎURKOVSKY, Maire de Bratislava,
Michael HÄUPL, Maire et Gouverneur de Vienne,
Youri LOUJKOV, Maire de Moscou,
Octavie MODERT, Secrétaire d’Etat à la Culture, à l’Enseignement
Supérieur et à la Recherche du Luxembourg,
Walter VELTRONI, Maire de Rome,
Klaus WOWEREIT, Maire et Gouverneur de Berlin.

culte qu’il réduit à une seule image fixe et qu’il présente sous forme de grand
tirage photographique.
avec le soutien de
Ainsi ces photographies qui contiennent une masse d’informations semblent
réduites à des compositions verticales et horizontales abstraites qui rendent

22
Beate Gütschow, LS 7

23
Eva Frapiccini,
Muri di piombo

l’analyse hermétique.
Dans la série „Muri di piombo“ la jeune Italienne Eva Frapiccini fixe des lieux
de mémoire qui, dans la prise de vue contemporaine, ne révèlent plus aucun
signe de l’évènement historique. Comme chez Nina Dick, mais dans un autre
registre, les informations sont réduites à tel point que l’image semble s’évider
du vrai contenu. Le titre qui est un jeu de mot sur les années de plomb en Italie
nous indique la piste du sujet qui est la perte des traces concernant ces actes
de terrorisme dans les années 70. Les photographies, silencieuses et impuis-
santes, deviennent elle-mêmes des murs de plombs.
Avec ses « collages électroniques » subtiles de paysage mi-fictif, mi-réel, Beate
Gütschow montre à sa façon comment selon Leonardo da Vinci « le paysage
est une chose mentale ». Plus qu’un enregistrement la photographie devient
une construction de la réalité, et finalement quand on voit les grands tirages de
cette artiste on se demande si justement le paysage n’est rien d’autre que cette
nouvelle réalité subtilement assemblée.
Un autre type de jonction entre réalité et fiction nous est donné par les sœurs
jumelles Carine & Elisabeth Krecké qui fabriquent des images à caractère pho-
tographique mais sans utiliser les moyens du photographe. La démarche, com-
binant dessin au crayon et traitement numérique n’a rien de « photographique »
au sens premier du terme: il n’y a pas de prise de vue, pas d’utilisation d’un
procédé photographique et même pas de modèle photographique comme point
de départ. Les personnages stéréotypés et glamour inspirés des scénarios de
films faisant référence au mythe hollywoodien sont de pures inventions.
Produites à partir de diverses étapes de « mutations », leurs images hybri-
des font éclater nos schémas de représentation et de perception et interpellent
notre mémoire visuelle.
Ce sont probablement ces aspects post-photographiques de la distanciation
représentative qui marquent le tournant de la photographie du début de ce
nouveau millénaire.
Paul di Felice

24
Marek Kvetan, Vidoc 05

Nina Dick, Brache

25
MUDAM

« pour bien regarder, il ne faut pas trop voir » régis debray

3, Parc Dräi Eechelen Regards distanciés sur le Luxembourg


L-1499 Luxembourg
Tél. +352 45 37 85 1 exposition 14.10 - 20.11 ( valérie belin, joël tattamanti )
info@mudam.lu / www.mudam.lu
les expériences photographiques de valérie belin, charles fréger et joël tattamanti

Ouv. ts les jours de 11:00 à 18:00


nocturne le mercredi jusqu’à 20:00
fermé le mardi Le choix porté sur trois photographes contemporains pour le projet « Portraits
du Luxembourg » que le Mudam a initié en 2002, semble au premier abord plu-
tôt fortuit. Néanmoins le résultat de ces études frappe par la complémentarité
et la cohérence des démarches. En effet, malgré leurs différences stylistiques,
toutes les œuvres de cette commande répondent à un travail de conceptualisa-
tion autour des notions de réel et d’apparence.
Convoquer le regard de trois photogra- A l’opposé de l’immédiateté de ce qu’on a tendance à appeler la photographie
phes étrangers pour dresser un portrait du documentaire, ces images montrent plutôt le processus de déconstruction-
Luxembourg – fût-il parcellaire – dans le cadre reconstruction avec lequel les artistes réussissent une espèce d’extraction du
de l’ouverture du Mudam en juillet dernier réel que chacun remet en scène selon ses propres dispositifs stylistiques.
ne consistait pas en une simple commande. Dans la série des portraits de jeunes Luxembourgeois de Charles Fréger
Au-delà des qualités plastiques et de la perti- comme dans les vitrines de Valérie Belin ou les paysages post-industriels de
nence des travaux qu’ont fournis Valérie Belin, Joël Tettamanti, on sent manifestement un certain degré de distanciatio. Valérie
Charles Fréger et Joël Tettamanti, il s’agissait Belin choisit son sujet afin de recomposer un réel, qui se situe dans l’intervalle
surtout de provoquer la rencontre entre l’artiste du « ça a été » barthien et le « devenir image ».
et ses sujets, d’éprouver le territoire grand- A travers cette mise en abyme, où se confondent décontextualisation, intérêt
ducal dans ses particularités géographiques, pour le sériel et l’abstraction, elle pose la question de l’ontologie de l’image pho-
sociales, linguistiques et communautaires qui tographique. Comme elle l’exprime dans une interview avec Michel Poivert, elle
lui confèrent ce statut tout à fait passionnant pense que le rôle de la photographie n’est pas uniquement de « …représenter
de microcosme singulier, champ d’étude rêvé et de décrire mais transmettre une forme d’existentialisme des choses ».
de l’artiste. Ainsi, tous trois sont passés par La série « vitrines » Luxembourg 2003 est composée de sept vitrines photo-
une phase d’immersion – parfois longue –, graphiées dans la ville de Luxembourg qui se présentent sous forme de grands
mais indispensable pour mieux appréhender tirages en noir et blanc aux nuances de gris d’une grande qualité plastique.
ce contexte. Les vêtements démodés et les décorations et aménagements de vitrines dé-
En mettant en place ce projet, nous étions suets participent d’une force métaphorique qui émane des objets que nous
convaincus d’apporter notre pierre à l’édifice regardons à travers des photos-vitrines. Les reflets qui semblent hanter le sujet
auquel travaillent déjà depuis de nombreuses photographié se mélangent à la réalité pour combler l’absence de l’être. Les
années la Galerie Nei Liicht, Café-Crème et artéfacts qui décrivent notre quotidien témoignent de notre rencontre avec les
le CNA. Il consiste en effet à proposer au choses et les événements.
Luxembourg un fonds hétéroclite d’images En adaptant la série de portraits photographiques et uniformes commencée
rendant compte de réalités à la fois communes en 1999 à la situation luxembourgeoise, Charles Fréger réussit à développer
à nos voisins européens – et plus largement à sa recherche sur l’individuel et le collectif à travers l’inventaire des groupes
un monde globalisé, mais qui dans le même sportifs et professionnels. Sous le titre de « Lux », il rassemble une quantité
temps revêtent ici, au Luxembourg, des formes d’images réalisées tout au long des trois années auprès des majorettes, des
tout à fait originales. nageurs, des footballeurs, des cavaliers, des choristes et des militaires. Cette

26
Charles Fréger - Série LUX
2002-2004
C-Print sur aluminium
Mudam collection

27
démarche typologique, dans la tradition de la photographie
allemande d’un August Sander, révèle des détails significa-
tifs qui font resurgir l’identité singulière de personnes qui
souvent ne sont perçues qu’à travers l’uniformisation et la
neutralité du groupe.
Avec les photographies de paysages industriels du
Luxembourg de Joël Tettamanti, on passe du sociologique
à l’archéologique. Ses études de lieux et non-lieux tradui-
sent l’idée de palimpseste et nous poussent à réagir face
au vide, au déconstruit d’un territoire abandonné. Tout en
Valérie Belin
Vitrines Luxembourg, 2003
Série de 7 photographies noir et blanc
Tirage au gélatino bromure d’argent sur papier à
support barité
© photo : Valérie Belin

nous confrontant aux problèmes de l’environnement, ces


états des lieux rendent aussi hommage à une région active
dans le passé qui aujourd’hui n’est plus « regardée » qu’à
travers l’œil du photographe.
De même ces sites en ruines, aux formes et couleurs éton-
nantes qui composent ces photographies parfois étranges,
nous incitent à développer notre regard créatif.
Ainsi les travaux de Joël Tettamanti mais aussi ceux de
Valérie Belin et de Charles Fréger nous obligent à regarder

28
ce qui n’est pas toujours dans notre champ de vision et à
participer de façon critique à leur vision détachée d’une
certaine réalité luxembourgeoise.
Leurs photographies analysent les aspects cachés de
l’identité du pays et constituent comme chez Eugène Atget
« une leçon d’un imagier qui fait œuvre de ce qu’on ne
regarde pas. »
Paul di Felice

Joël Tettamanti, LUX, 2005


C-Print sur aluminium
Mudam collection

29
Galerie Nei Liicht Dudelange

L’unique galerie publique d’arts audivisuels


du Luxembourg.
Refocusing Realities
Expositions régulières 14.10 - 30.11.2006
25, rue Dominique Lang artistes : olivo barbieri, nina dick, nicolas moulin, gary schneider
Dudelange
Commissaires : Paul Felice, Pierre Stiwer

tél. : +352 516121-292


fax + 352 516121-291 L’image qu’elle soit photographique ou vidéographique nous permet souvent
e-mail: danielle.igniti@dudelange.lu de prendre conscience de faits, de réalités et d’idées dans un espace–temps
déterminé. Cependant quand nous parlons de photographie contemporaine les
ouverture : de 15.00 à 19.00 heures tous les motifs abordés par les photographes démontrent que l’image, aujourd’hui, se

Nina Dick, Kurzstreckengrenze


jours sauf le lundi nourrit d’un travail conceptuel qui va au-delà de l’information véhiculée nor-
malement par les medias. Les recherches menées depuis l’émergence du nu-
Rien a priori ne destinait cette petite ville mérique questionnent souvent les transformations que subit la photographie
frontalière, jadis dominée par l’industrie aujourd’hui : du simple miroir de la réalité au développement complexe de la
lourde, à devenir un lieu privilégié d’action réalité virtuelle qui a bouleversé notre sens de la perception et de l’esthétique.
culturelle dans le sud du pays. Aujourd’hui Dans “refocusing realities” les artistes choisis proposent de façon singulière
pourtant, parallèlement à un développement leur travail sur les notions de réalité et de fiction en plaçant le sujet issu de la
économique favorable et l’accroissement “réalité” sous des points de vue inha-
progressif de sa population, les activités bituels voire « irréels ».
culturelles se sont multipliées ces dernières C’est le cas chez Gary Schneider
années à Dudelange. qui à travers ses photographies de
La Galerie Nei Liicht ,créée en 1982, fut pen- grands nus réalise des œuvres ma-
dant longtemps la seule et unique galerie au giques qui sont le produit d’une per-
Luxembourg à être consacrée exclusivement à formance interrelationnelle entre le
l’art photographique. Au fil des années, elle a modèle et l’artiste. En manipulant des
su offrir un panorama représentatif de la photo- petits flashs ponctuels sur les corps
graphie classique et moderne, luxembourgeoise exposés dans un lieu complètement
et internationale. Suivant de près l’évolution obscurci il photographie en tournant
récente, ses responsables ont fait une place autour avec une gestualité rituelle. Le
importante à la photographie plasticienne et résultat est stupéfiant : la frontalité
contribué à son essor au Luxembourg. Son des personnages grandeur nature gi-
espace d’exposition considérablement élargi, sant devant nous en sortant du noir
la GNL a pu accueillir e.a. des œuvres de par fragments corporels éclairés crée une relation ambiguë avec le spectateur
Barbara &Michael Leisgen, Rineke Dijkstra, qui se situe entre réel et fiction, voire entre être et non-être.
Vladimir Zidlicky, Dominique Auerbacher, Les photographies de Nicolas Moulin de la série Novomonde abordent aussi le
Holger Trülzsch ainsi que les ressortissants thème du passage du réel au fictif. En s’inspirant des architectures modernistes
luxembourgeois Gast Bouschet, Roger Wagner, du Nord de la France il crée des points de vues étranges d’espaces vides aux
Luc Ewen, Véronique Kolber. N’hésitant pas tons bleus qui symbolisent en quelque sorte un monde à venir où le présent se
à l’occasion d’élaborer leur propres concepts, définit plus par l’absence que par la présence.
les gestionnaires de la galerie ont pu présen- Dans les vidéos « Site specific Las Vegas ou Rome » d’Olivo Barbieri les distor-
ter, dans le cadre de « 1995 - Luxembourg, sions d’échelle, la technique spécifique de mise au point et les détails parfaits
capitale européenne de la culture «  , la nous enduisent en erreur de sorte à croire que ces villes ont été filmés d’après

30
création originale « Dudelange : 24 heures dans
la vie d’une ville » constituée sur base de son
importante mémoire collective audiovisuelle et
comprenant entre autres commandes, les sténopés
de Christine Felten et Véronique Massinger, le
portfolio « Nocturne » de Marie-Françoise Plissart
et les travaux réalisés avec la caméra polaroïd
50x60 de Jan Hnizdo.
Aujourd’hui, la Galerie Nei Liicht fait partie du
paysage de l’art contemporain luxembourgeois. Elle
veille, d’une part, à réserver une place importante à
la jeune création photographique luxembourgeoise
et transfrontalière en produisant des expositions
individuelles de jeunes artistes émergents. En
témoigne la récente exposition « Regards intimes
– visions publiques », Éléments de la jeune
photographie contemporaine au Luxembourg .
En cela, elle est aussi fidèle à la mission qui doit
être celle d’une institution publique.
De l’autre côté, en invitant des artistes de renommée
internationale pour des expositions et installations
individuelles - Marylène Negro, Jean-Luc Moulène,
Ola Kolehmainen, Hsia-Fei Chang - elle a su se
construire une réputation d’excellence qui dépasse
les frontières.

31
maquette. L’absence d’imperfection, les rues dégagées, la
nature qui semble artificielle contribuent à ce que ces vil-
les apparaissent d’après Barbieri comme « les avatars »
d’elles-mêmes.
La jeune artiste autrichienne Nina Dick intervient aussi sur
la « remise au point » de la réalité à travers la vidéo et la
photographie. Si ces photographies fixent les informations
en les retranscrivant dans un langage numérique qui ques-
tionne notre perception, ses vidéos interpellent souvent
notre manière de voir l’environnement urbain en pertur-
bant la spécificité du médium.

Les langages photographiques et vidéographiques utilisés,


qu’ils soient analogues ou numériques, explorent les diffé-
rents genres et thèmes (paysage urbain, corps, paysage)
en tenant compte des nouvelles représentations de notre
environnement auxquelles nous sommes confrontées
quotidiennement. En intervenant de façon créative sur la
mise au point du sujet, en utilisant le flou et en jouant sur
les effets de lumières et les temps de pose ou en brouillant
les perspectives, toutes ces images provoquent chez nous
le doute du regard et nous obligent à une vérification des
notions de réalité représentée.
Paul di Felice
Nicolas Moulin, série Novomonde

32
Olivo Barbieri, Site Specific - Las Vegas Olivo Barbieri, Site Specific - Rome

33
34
Gary Schneider, Jeanne, 2004
Gary Schneider, Trevor, 2004

35
Centre national de l’audiovisuel

5, route de Zoufftgen
L-3598 Dudelange
Tél. : +352 52 24 24 – 1
Email : info@cna.etat.lu
www.cna.lu

Exposition dans les locaux de


la Fondation de l’Architecture et de
Les archives photographiques du CNA invitent...
l’Ingénierie Bertien van Manen : Give Me Your Image
1, rue de l’Aciérie / Luxembourg-Hollerich

Le Centre national de l’audiovisuel (CNA) 10.10 - 03.11.2006


est un institut culturel créé en 1989 et placé
vernissage 11.10 à 18:00 h
sous l’autorité du Ministère de la Culture, de
l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Il
s’est vu attribuer les missions de sauvegarde,
de mise en valeur et de promotion du patrimoine
audiovisuel luxembourgeois. Afin de répondre Cette exposition à deux volets a été Auteur inconnu, Fonds Norbert Theis, Coll. CNA
à ces missions, le Département photographie élaborée par le Département photo-
du CNA a initié d’importants projets de sau- graphie du CNA en collaboration avec
vegarde : la restauration, la digitalisation, la l’archiviste-documentaliste  Claire
conservation et le traitement documentaire Lathuille.
de tous ses fonds photographiques, voire Le premier volet mettra en valeur le
350.000 documents historiques et contem- patrimoine photographique luxem-
porains. Outre la sauvegarde à long terme, il bourgeois, plus précisément, le por-
importe de garantir la diffusion du patrimoine trait. En entrant aux archives, ces ima-
photographique au Luxembourg et à l’étranger ges perdent toute notion privée. Elles
par des voies multiples et diversifiées. Dans deviennent des documents publics et
ce sens a été installée en 1994 au Château de dès lors, leur intérêt est de caractère
Clervaux / Luxembourg la dernière version historique, sociologique, esthétique
encore existante de la célèbre exposition et technique. Leur sauvegarde, archi-
The Family of Man, ont été organisées des vage et valorisation ont pour consé-
expositions, des projections audiovisuelles quence des traitements tels que la
et des commandes. A part la promotion et restauration, la digitalisation, l’inté-
la valorisation du patrimoine, il importe gration dans une base de données, la
d’encourager la création photographique à mise à disposition pour des recher-
Ernest Groff, Fonds Groff, Collection CNA

travers des aides à la création (Programme ches et la présentation dans des pu-
Mosaïque, Découverte Jeunes Talents) et des blications et des expositions, telle que
résidences d’artistes (Pépinières européennes présentée ici lors du Mois européen
pour jeunes artistes (PEJA)). Et en organisant de la Photographie.
des projets impliquant la photographie inter- Le deuxième volet prévoit une
nationale, des stages et des conférences, le confrontation et une mise en dialogue
Département photographie du CNA permet au des portraits archivés au CNA avec la
public local de rencontrer d’autres artistes, photographie artistique contemporai-
styles et «façons de voir». ne, qui a comme sujet ce même genre

36
Bertien van Manen, Novokuznetsk 1991
de photographies. Pour ce faire, le CNA a choisi de collabo- nement privé et intime. Tout en définissant des cadrages et
rer avec la photographe néerlandaise Bertien van Manen et des mises en scène précises, Bertien van Manen nous fait
d’exposer son travail photographique Give Me Your Image. découvrir cet univers de souvenirs, d’émotions et l’impor-
Le point central de cette série sont des portraits de famille, tance qu’ils ont dans la vie quotidienne de chacun.
d’amis, de célébrités qu’elle a découvert dans un environ-

Bertien van Manen, Tirana 2003

37
bertien van manen: give me your image

Give Me Your Image est issu d’une commande de la part


du Ministère des Affaires étrangères suisse sur les immi-
grants dans les banlieues de Paris. Très vite, Bertien van
Manen décide d’élargir le sujet. Entre 2002 et 2005, elle
voyage à travers l’Europe (la Lituanie, la Grèce, l’Allema-
gne, l’Italie, l’Autriche, la France, la Bulgarie, la Moldavie
etc.) afin de rencontrer des familles pour documenter
comment elles présentent des photographies personnelles
dans leurs lieux de vie. Elle a trouvé des images dans des
albums (qu’elle arrangeait dans l’espace en accord avec
les propriétaires), sur les murs, dans des vitrines et parmi
tout genre d’objets. Le fait de voir chez des immigrants
des photographies rappelant leur pays natal, chez d’autres
des moments de leur histoire de famille, des souvenirs de
vacances, l’adoration d’idoles politiques l’intriguait. Give
Me Your Image est ainsi devenu une documentation intime
sur la mise en espace et la valorisation de portraits dans
le domaine privé et attire en même temps l’attention sur
la guerre, l’oppression, des moments de bonheur, de tris-
tesse ou de joie de vivre.

Bertien van Manen, Sofia 2002

38
Bertien van Manen : Give Me Your Image

39
le portrait dans les collections
photographiques du cna

Les images d’archives présentées lors de l’exposition ont


été sélectionnées dans les fonds photographiques du CNA.
De provenance privée, ces derniers sont constitués d’œu-
vres de photographes professionnels ou amateurs. Les
portraits, souvent classiques, et les photographies inti-
mes, sont liés à un support et à un format variant avec leur
époque de réalisation et leur finalité. Daguerréotypes, am-
brotypes, tirages, photographies peintes, présentées dans
des albums, sur des bijoux ou aux murs, ces souvenirs de
proches, d’inconnus ou de célébrités ont entretenu chacun
un rapport particulier de cohabitation avec des personnes
privées. Par la suite, ces œuvres ont suivi différents par-
cours avant leur arrivée au CNA. Pour cette exposition, des
œuvres ont été choisies dans différents fonds ayant un in-
térêt spécifique selon leur provenance. La sélection finale
dans ces différents fonds a été réalisée en collaboration
avec Bertien van Manen, photographe auteur du travail ex-
posé. Ainsi, le CNA rend visible et valorise ses archives par
ce regard contemporain.
Cosi Wolff, Fonds Famille Wolff Delvaux, Collection CNA

Avec le soutien de :
la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie du Luxembourg ( www.fondarch.lu )

40
41
CCR Abbaye de Neumünster & Centre Aldringen

28, rue Münster


L-2160 Luxembourg
Qu’est ce qui est vrai? - qu’est
Tél : +352 26 20 52 1 ce qui ne l’est pas ?
Fax: +352 26 20 19 80
E-mail: contact@ccrn.lu mouvement, ombre et lumière, souvenirs et réalité se
URL: www.ccrn.lu rencontrent, se croisent, se mêlent et se démêlent.

1.10 - 15.10. 2006


installation aldringen: 12.10 - 20.11. 2006

Le Centre Cultuel de Rencontre Abbaye de En mélangeant habilement les images capturées par l’appareil photo
Neumünster avait de bonnes raisons de s’as- le plus répandu et le plus populaire, celui se trouvant au dos de
socier au Mois européen de la photographie. nos téléphones portables et un travail plus précis plus brossé sur la
D’une part dès sa création, il a accordé une figure naturelle du tournesol Robert Hornung livre avec Sunflowers
place importante au médium photo, qu’elle Roadmovie un travail original, sincère, spirituel.
soit documentaire, historique, contemporaine, Le récit du livre se constitue de photos décolorées et hyper pixelli-
classique. Et les photographes accueillis, les sées. Un récit peuplé de blancs, de vides, de marges, d’images par-
projets organisés, par, avec ou à l’abbaye, sont fois méconnaissables, opérant une dramatisation et une déformation
déjà nombreux, de l’exposition de Réza aux du réel. C’est sur cette trame asymétrique, que se dessine donc ce
Photomeetings, en passant par la présentation Roadmovie délirant, auquel le spectateur essaye de se raccrocher,
des travaux de Jürgen Schadeberg. D’autre d’y associer les éléments, de comprendre, pour finalement se cou-
part l’ouverture des anciennes Semaines per, accepter de se perdre, d’abandonner l’idée de suivre le sens. De
européennes de l’image à d’autres pays, les se laisser aller dans une succession d’images de personnes de lieux
collaborations nouvelles établies avec Paris, inconnus et dégageant paradoxalement une familiarité profonde.
Bratislava, Berlin, Moscou, Vienne et Rome, Ces moments intimes, flous et tremblants font face à une série de
faisaient entrer de plein pied le projet de portraits de tournesols, symboliques et lumineux. Protagonistes
Café-Crème, dans une sphère plus large, principaux de l’image, ces fleurs, se dressent ici tels des tours, ob-
plus diversifiée, amplifiant encore, cette fois servant le monde, complétant le récit de manière statique et figée, à
par la pratique photographique, le dialogue l’instar de gardiens du jardin, dans lequel tout existe. Formant une
culturel cher au CCRN. boucle au récit, renvoyant sans cesse à ce qui se trouve sur la page
Enfin le projet “Sunflowers Roadmovie” du d’en face, va-et-vient incessant, insufflant la fermeture d’un circuit.
Luxembourgeois Robert Hornung, auquel Les souvenirs s’en trouvent continuellement reflétés et se mettent en
le CCRN a donné carte blanche, s’inscrivait mouvement, devenant insaisissables et impalpables, sans récepteur
parfaitement dans le projet “Mutations” de ce stable, ni destination finale.
nouveau réseau dont l’objet est de brosser un Pour l’exposition des tirages lambda grand format ont été réalisés.
panorama de la jeune création photographique Mais au lieu d’un montage en diptyque comme dans le livre, les
européenne privilégiant les mutations tech- tournesols investissent cette fois le centre de l’image, le cœur de
nologiques et artistiques. la scène. Cette nouvelle position donne inévitablement une nouvelle
dimension au travail de Robert Hornung.
Que cache alors le tournesol ? Où est l’important? Est-ce la fleur
qui est mis en avant ou bien les éléments assemblés du récit ? La
réponse est elle dans le livre ?
C’est dans cette incessante alternance de questions et d’interroga-
tions que prend corps le travail du photographe. Continuer de remet-
avec le soutien de la Ville de Luxembourg tre en question : « La relativité « absolue » de nos convictions… »

42
Robert Hornung, diptyque Paddy-smile

43
Installation Aldringen
12 octobre - 20 novembre 2006

Sunflower Downtown
*Parce que c’est dans l’ombre que l’on voit
le mieux la lumière

Sunflowers Roamovie 2005, qu’évoque ce titre pour vous ?


Robert Hornung, Sehan Comme pour chacun de mes livres, une histoire d’amour avant tout,
mais particulièrement intense pour celui-ci. Peut être parce que le
résultat est plus abouti ou parce que j’ai l’impression d’avoir mis
plus de moi dans ce travail. Sunflower c’est une réflexion autour du
« beau », de sa quête, de la vie.

Pourquoi chercher le beau ?


Oui pourquoi le chercher alors qu’il est là, tout autour de nous.
L’opposition de ces photos de tournesol à celles pixellisées, dra-
matisées, de scènes quotidiennes nous renvoie à une idée simple :
ouvrons tous les yeux, sur la simplicité de l’accès à ce beau, qui peut
paraître si élitaire par moment.

C’est pour cette raison, que vous vouliez faire « sortir » vos photos au
travers de l’installation à l’Aldringen ?
Exposer mes photos de manière « conventionnelle » dans le cadre du
mois de la photo était évident, et la chapelle de Neumünster est un
cadre prestigieux, parfaitement adapté. Mais pourquoi ne pas aller à
la rencontre des gens, du monde en investissant le cœur de la ville
de Luxembourg, en créant une installation où nous deviendrions tous
acteurs et spectateurs d’une page vivante de ce Roadmovie.

Avez vous choisi le site de l’Aldringen pour une raison particulière


Ce qui me tenait à cœur dans le lancement de ce projet était d’y rat-
tacher les gens en leur faisant profiter d’une installation originale,
vivante, où chacun y trouverait sa propre lecture.
Il fallait un lieu de vie urbain, dégageant une atmosphère particulière,
contrastant avec la dimension naturelle des tournesols. Un endroit
souterrain, bétonné, hors du temps, où le décalage y serait le plus
grand, l’effet le plus vrai.
De plus j’aime profondément la ville, ma ville alors mélangez tous ces
facteurs et l’Aldringen s’impose comme le choix idéal.

44
Robert Hornung, Catalona

45
beaumontpublic + königbloc

21A av. Gaston Diderich Ellen Kooi


L-1420 Luxembourg
www.beaumontpublic.com Née en 1962, l’artiste néerlandaise Ellen Kooi trouve son
inspiration dans le paysage hollandais, par essence ins-
Heures d’ouverture : table de par sa géographie maritime. En constants mou-
mardi – samedi : 12h00-18h00 vements, ces scènes se déroulent comme une pièce de
théâtre entre ciel et terre. Inconscience et subconscience
Tél: (+352) 46 23 43 se superposent, en éternel mouvement, reliant ainsi le pay-
Fax: (+352) 46 39 37 sage psychologique de notre société à ces «vedute» où
beaumontpublic@vonet.lu l’horizon est la seule orientation réelle. Par la manipulation
numérique, l’artiste crée une palette presque surréaliste
qui vient rompre l’harmonie, choquant le paysage sinon
ellen kooi & pavel wolberg
parfait.
17.10 - 25.11. 2006
Ayant débuté son métier de photographe dans le milieu du
théâtre, tel un metteur en scène, l’artiste utilise ses modè-
les comme des acteurs.

beaumontpublic est née suite à la galerie


Beaumont, fondée en 1984 avec une orientation
plus près du public, offrant des expositions de
haut niveau aussi bien que des conférences,
débats, des séances de films, une librairie
avec le support de Walther Koenig de Cologne,
des échanges de projets avec des institutions
ou galeries, des visites guidées, des voyages
ainsi que des expositions hors lieu.
Toujours à l’affût de nouveaux talents, la
galerie propose ses lieux aussi bien à de
jeunes artistes moins connus qu’à des artis-
tes de très grande renommée. Très près des
artistes qu’elle expose, elle soutient leurs
productions autant que leurs projets hors
galerie. N’excluant aucune discipline depuis
1984, elle privilégie les oeuvres véhiculant
une forte charge humaniste.

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Ellen Kooi, Amsterdam-the Dogs 2006

Ellen Kooi, Amsterdam - Silodam, 2005

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Pavel Wolberg

Né à Leningrad en 1966, immigré en


Israël en 1973, Pavel Wolberg couvre
les conflits de guerre de cette région
si cruellement malmenée. A travers
sa lentille les scènes violentes devien-
nent des paysages proustiens. On y
ressent comme une fuite pathologique
du réel. Les photos de Wolberg ont la
lumière du crépuscule, hésitant entre
nuit et jour et créant une multitude
d’ombres. Au moment même d’une
explosion, il se concentre sur le si- Pavel Wolberg, Arafat’s Funeral, 2004
lence qui suit en marge de la catastro-
phe, vers l’absurde beauté de la tragé-
die, vers l’acrobatie virtuose inhérente
au mouvement du corps au moment
culminant d’un geste cruel ou de la
vue embarrassante de la compassion
qui accompagne l’hostilité.

Pavel Wolberg, Evacuation of Mitzpe Yiyzhar, 2004

48
49
Galerie Clairefontaine
Nouvelle photographie cubaine
Reflexiones intimas: Elsa Maria Mora Tamayo. Cirenaica Moreira Diaz, Liudmila Velasco
Espace1
7, Place de Clairefontaine
Espace2 Les petits navires en papier dans la série “Silencios” de Liudmila Velasco, da-
21, rue du St-Esprit tant de 1995, symbolisent le voyage vers un avenir plus prometteur.
En 1994, donc un an avant la réalisation de la série photographique, a eu lieu
Tél : +352-47 23 24 une énorme vague d’émigrations de Cubains vers la Floride, provoquée par
Fax : +352-47 25 24 l’effondrement des pays de l’Est et la désintégration de l’URSS. Sur la côte
galerie.clairefontaine@pt.lu cubaine, on verra fuir des milliers de Cubains sur des barques et des navires
Ouv.ert mardi - vendr. :14:30 - 18:30 bricolés et construits de leurs propres mains. Cet événement marquera toute
sam. : 10:00 -12:00 / 14:00 - 17:00 une génération d’artistes cubains. Ce qui importe dans l’oeuvre photographi-
que de Liudmila ce n’est pas seulement le choix du sujet mais également celui
C’est en 1988 que la galerie ouvre son pre- du matériel. Elle utilisera la pellicule en couleur, bien que consciente que les
mier lieu d’exposition, l’Espace 1, avec une
programmation diversifiée qui comprend des
artistes contemporains, des grands classiques,
mais aussi de jeunes artistes luxembourgeois

Cirenaica Moreira Diaz.


et étrangers.
En 1997 est inauguré l’Espace 2, situé à
quelques mètres du premier espace, où est
montré principalement la photographie clas-
sique, la photographie plasticienne ainsi que
l’art conceptuel. Le concept des deux espaces
consiste à confronter d’une part des œuvres
traditionnelles et établies et d’autre part un art
jeune et provocateur.
La galeriste Dr. Marita Ruiter a, en plus,
lancé quelques projets à long terme, comme
le festival de photographie « photomeetings
luxembourg » dont la troisième édition aura
lieu en 2007. En 1997 et 2002, la série des «
Portraits de Luxembourgeois » a été produite
et éditée. Cette étude de la société luxembour-
geoise, reprise tous les 5 ans, sera également
poursuivie en 2007.
En collaboration avec des instituts culturels,
la galerie fait voyager dans le monde entier
des collections de photographies comme
«Gisèle Freund, portraits d’artistes et d’écri-
vains», «Hugo Ernst vom Hagen, Prises de
vue aériennes de Berlin», «Fidel Castro et
la Révolution cubaine 1959/60». La Galerie
Clairefontaine participe régulièrement aux
foires telles que ArtBasel, Art Cologne, Paris
Photo, Art Brussels, FIAC, AIPAD New York,
Artissima Turin, ARCO Madrid, DFOTO San
Sebastián, etc.

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Espace2
Reflexiones intimas: 21.9. – 28.10.2006
vernissage: jeudi, 21, 18-20 hrs

tirages sur papier ne se feront que beaucoup plus tard.


Et ce n’est que 10 ans après la prise, que seront réalisés
les premiers tirages en couleur. Les produits chimiques
faisant constamment défaut dans un pays qui connaît la
pénurie, cette réalisation ne se fera pas sans grandes diffi-
cultés techniques, situation qui se fera d’ailleurs ressentir
à travers la qualité technique de la photo.
Contrairement à d’autres artistes, Elsa Mora touche à la
quasi totalité des formes d’expression artistique. Dans ses
œuvres hybrides, conceptuelles, elle aborde fréquemment
Liudmila Velasco, Silencios, 1995
Elsa M. Mora Tamayo, Perda do Sentido

51
des sujets religieux et les rites de la Santeria. L’utilisation d’éléments typogra- Giacomo
phiques dans ses photos expriment sur un mode léger mais parfois aussi
Costa
plus grave une réflexion ouverte à des interprétations multiples, comme dans
l’œuvre “Perda do Sentido”.
Dans l’œuvre de Cirenaica M. Diaz, la douleur physique et mentale forme Espace1
le thème principal. Se servant de son propre corps, elle jouit d’abord de sa 9.11. – 23.12.2006
position dominante et privilégiée en tant qu’auteur qui oriente et détermine. City(E)scapes Act II
Puis cette situation est renversée lorsque ce même corps ( ou encore l’auteur ) vernissage: jeudi,
devient objet ou partie de l’œuvre d’art, remettant ainsi la position initiale « de 9.11, 18:00 - 20:00
dominer » en question et provoquant des décalages dans les rapports entre
les différents éléments. Dans tout ceci sont intégrés habilement la littérature,
des éléments propres à Santaria ainsi que son vécu personnel.

Cyber
Cities

Cirenaica M. Diaz.

52
Depuis dix ans, Giacomo Costa analyse la ville en la repré- série de ses “vedute” ( vues ). Dans
sentant sur un mode décontextualisé et déstructuré, mon- ses images de cités gigantesques pri-
trant l’espace urbain comme une sorte d’organisme qui ses en vue plongeante, les artères de
se reproduit selon des schémas indépendants de l’action la ville sont traversées par des élé-
humaine. La métropole bouge et se réplique elle-même, ments curieux et inquiétants qui font
animée peut-être par un code génétique propre qui en dé- de ces métropoles une entité hybride
termine le développement. Avec le temps, cette conception hésitant entre super-architecture et
de concevoir la ville a éloigné G. Costa de l’image photogra- projection métaphysique.
phique de ses premiers travaux élaborée électroniquement
et il est passé au 3D ainsi qu’à des techniques utilisées au
cinéma. A la Biennale de l’Architecture de Venise, Costa
présentera trois caissons lumineux extraits de la dernière

La galerie représente: Dieter Appelt, Gabriele Basilico, Peter Bialobrzeski, Jean-Marie Biwer, Daniele Buetti, Giacomo Costa,
Stéphane Couturier, Otto Ehrhardt, Roland Fischer, Franco Fontana, Gisèle Freund, Daniel & Geo Fuchs, Jochen Gerz, Horst P.
Horst, Mimmo Jodice, Yvon Lambert, Tung-Wen Margue, Michel Medinger, James Nachtwey, Michael Najjar, Max Neumann,
Helmut Newton, August Sander, Roland Schauls, Edward Steichen, Hiroshi Sugimoto, Massimo Vitali, Hugo vom Hagen,
Thea Warnke

Giacomo Costa, City(E)scapes Act II, Veduta 22

Giacomo Costa, City(E)scapes Act II, Veduta 21

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Nosbaum & Reding

4, rue Wiltheim
L-2733 Luxembourg
Tel.: +352 26 19 05 55
Fax +352 26 19 05 56
www.artcontemporain.lu
reding@artcontemporain.lu

mardi-samedi: 11h00-18h00

28.09 - 18.11.2006

Fondée en 2001 par Véronique Nosbaum et


Alex Reding, la galerie Nosbaum & Reding
– Art Contemporain (auparavant appelée
Alimentation Générale car aménagée dans une
ancienne épicerie) aura déménagé en septembre
2006 dans ses nouveaux locaux situés dans Vera Weisgerber, 2006 - Composition de tirages photographiques avec interventions graphiques
le prestigieux centre historique de la ville de
Luxembourg. Depuis ses débuts, la galerie s’est
concentrée sur de jeunes et émergents artistes Vera Weisgerber
venant du Luxembourg et des pays voisins,
occasionnellement se tournant vers d’autres Vera Weisgerber pousse à l’extrême l’utilisation du cliché photographique en
pays européens comme la Suisse, la Slovénie cadrant dans l’immatérialité du ciel. Elle fige les nuages, corps sans surface ne
et la Pologne. Son programme est fortement se laissant pas décrire, ni ramener aux coordonnés d’un jeu d’assemblage qui
axé sur la peinture figurative et conceptuelle, ne retiendrai des objets que le profil nettement délinéé sous lequel les appré-
en alternant avec de la sculpture, de la pho- hende un observateur placé en un point donné.
tographie et des installations. En confrontant Le classement et l’observation minutieuse du matériel recueilli permet à Vera
son public avec de nouveaux talents, Nosbaum Weisgerber d’unifier les vues instantanées en une image composée, donnant
& Reding – Art Contemporain a toujours aimé accès à une rêverie sur le mouvement. Le redoublement des éléments constitu-
privilégier la création en stimulant les artistes tifs et l’association de leurs états variables en dehors des contraintes temporel-
à produire de nouvelles œuvres pour leurs les et d’échelle, aboutissent à une multitude de soleils existants.
expositions. Sur ce fond se greffent des interventions graphiques perceptibles de maniè-
res variables interférant avec les principes contemplatifs de la décortication
La galerie représente Yoshitaka Amano, Marcel des images. Dans la composition où fond et objet se confondent, s’inscrivent
Berlanger, Karina Bisch, Aline Bouvy / John des trajectoires d’oiseaux migrateurs libres sans obstacles fixes ni hiérarchie,
Gillis, Valentin Carron, Nicolas Chardon, contrastant avec les lignes organisées des déplacements d’aéronefs, garantes
Gaston Damag, Damien Deroubaix, Günther de l’optimisation de la sécurité et de l’efficience d’un trafic aérien en pleine
Förg, Tina Gillen, Claude Lévêque,Myriam expansion.
Mechita, Jean-Luc Moerman, Manuel Ocampo, Ces manipulations, au premier abord poétiques, renvoient à la peinture et
Jan Stieding, Wawrzyniec Tokarski, Roger à l’histoire de l’art et miroitent, comme souvent le font les œuvres de Vera
Wagner, Maja Weyermann et Jens Wolf. Weisgerber, mille et une traces des multitudes de l’existence.

54
Elisabeth & Carine Krecké

Le travail paradoxal des sœurs Krecké


est de soumettre, [...] dans un geste de
pastiche amoureux, nullement vindi-
catif, la ressemblance à la semblance.
Pareille démarche est éminemment
artistique, qui réunit dans et par leur
écart la réalité et l’illusion. Avec cette
particularité que la réalité, en l’espèce,
est déjà une image : ces visages spec-
traux à la beauté un peu inquiétante,
semi-hallucinés, n’appartiennent ni au
monde perçu ni même à un film ou à
un type particulier de cinéma ; ce sont
des photogrammes d’un film quel-
conque. Nous sommes sensibles à la
Elisabeth & Carine Krecké / Untitled # 33 / Evoking Fellini, 2006 / Dessin numérique.
véracité qui accompagne cette fasci-
nante simulation, et cependant nous
ne nous sentons pas tenus de recon-
naître la figure, le cadre, la situation
etc. Ambigus, androgynes, en bascule
entre l’émotion extrême, brute et le Les photos de Geneviève Biwer
plus subtil des sentiments capables
Texte: David Coupret
de modeler une bouche, les visages
de Elisabeth et Carine Krecké finissent Dans ses travaux récents - Série bleue - , Geneviève Biwer revient à ce qu’il
par ressembler à ce qu’ils semblent. convient d’appeler la photo-photo, tout autrement qu’il y a dix ans. Tous ses
Ils ne représentent pas des visages acquis de la période des superpositions, ce savoir de l’image «double» est bien
de (ou au) cinéma, ils représentent le là, à tout moment, mais cette fois-ci sans le détour du dédoublement par les
cinéma comme tel - ou plutôt le pho- moyens techniques, de façon immédiate: le monde EST double, en permanence
tographique qu’il y a dans le cinéma, et de fait. Bonheurs éphémères, espoirs et angoisses, rêve et réalité, vie et mort
et, au-delà, le photographique qui, sont traduits dans des œuvres d’une grande sonorité, d’une grande beauté dans
comme l’avait vu Walter Benjamin le meilleur sens du terme.
existe désormais en tout art, y com-
pris le dessin ; et que ce dernier, pa-
tron des arts comme voulait Vasari,
retourne plaisamment, non point
contre mais vers la photographie.
Extrait de « Il semble » de Michel
Guérin.

Geneviève Biwer, Série bleue – 2, 2006

55
Roger Wagner
Texte: Boris Kremer

Dans la droite lignée du regard objec-


tiviste de la nouvelle photographie al-
lemande, les photographies de Roger
Wagner dissèquent notre environne-
ment avec une précision redoutable.
À l’affût des plus insignifiants détails,
elles donnent à voir une réalité impla-
cable, recelant tantôt une poésie in-
soupçonnée, tantôt les indices d’une
aliénation vertigineuse. Pour sa série
intitulée de façon ambiguë «Lieux
communs», Wagner a braqué son
objectif sur des locaux à la réputation
douteuse, dont un bar de nuit et un
stand de tir. (...) Shooting Range - I
montre la froideur toute calculée de
l’architecture d’un stand de tir. Tout
en rendant compte d’esthétiques dis-
tinctes, les enregistrements placides
de Roger Wagner laissent entrevoir
un aspect commun aux différents en-
droits, qui est celui d’une fonctionna-
lité à toute épreuve.

Roger Wagner, Shooting Range - 1


de la série Common places, 2005;
C - print / Diasec 180x255x5 cm

56
57
Galerie Lucien Schweitzer

Réel - Virtuel
Georges Rousse
12.10 - 25.11. 2006

24, avenue Monterey « … A première vue, les images que les photographies de Georges Rousse
L-2163 Luxembourg offrent à voir semblent procéder d’une savante manipulation. Comme si elles
du mardi au samedi de 10h à 18h étaient composées de la superposition de deux plans distincts, l’un ayant été
www.lucien-schweitzer.lu plaqué sur l’autre. Comme si elles étaient faites d’un fond sur lequel l’artiste
aurait reproduit en surface – voire incrusté par on ne sait quel procédé - une
Email: galerie@lucien-schweitzer.lu figure destinée à le parasiter. Le regard qui s’y porte ne peut en effet s’empêcher
de les appréhender autrement que dans l’intelligence d’un trafic à la fabrication,
Tél.: +352 23 61 656 exploitant les ressources des technologies nouvelles. Si tel a priori n’est pas
Fax: +352 46 90 54 complètement dépourvu de bon
sens, c’est que les fabricants
d’images contemporaines y
ont volontiers recours. Depuis
l’époque moderne, l’avènement
du photomontage les a instruits
La galerie Lucien Schweitzer se consacre depuis de la force d’impact de ce
1989 à la promotion d’artistes peintres et genre de création et ils en ont
sculpteurs, tout en proposant des manifes- multiplié les possibles.
tations diverses et variées consacrées, par En revanche, face aux ima-
exemple, aux livres d’artistes. Lucien Schweitzer ges de Georges Rousse dès
évolue dans un univers artistique aussi bien lors que le regard s’y attar-
national, qu’international. de, quelque chose de plus
En 2001, la rencontre avec l’artiste français complexe y apparaît à l’œu-
Patrick Bailly-Maître-Grand introduira, pour vre qui les désigne à l’ordre
d’un tout autre champ d’ap-

G. Rousse, Cologne
la première fois, la photographie dans la
galerie. Et cette première exposition sera le plication. La première vue
prolongement de la ligne de conduite, qui est est très vite battue en brè-
« la recherche de la Plasticité ». Ici univers che, de même l’idée d’une
étranges et nouvelles techniques se côtoient quelconque superposition
pour vous faire découvrir des chefs d’oeuvres d’images, par la complexité
à part entière. Depuis 2001, se sont succédé évidente que celles-ci affichent. De fait, la figure inscrite en surface ne s’avère
des artistes de renommée internationale pas simplement superficielle mais semble faire bel et bien partie intégrante du
tels Patrick Bailly-Maître-Grand, Laurence fond sur lequel elle se détache. Comme si elle en épousait tous les événements
Demaison, Tom Drahos, Pascal Kern, Joël formels, voire les accidents, qui le constituent. C’est dire si elle paraît dès lors
Leick et Andrej Pirrwitz et de jeunes espoirs échapper à tout entendement rationnel.
luxembourgeois tel Didier Sylvestre. C’est justement de cela dont il s’agit : les œuvres de Georges Rousse ont cela
Aujourd’hui, la galerie vous propose un tour- de particulier qu’elles nous fascinent et nous déroutent tout à la fois. Ce qu’elles
nant photographique avec George Rousse qui nous donnent à voir nous enchantent par une force poétique inédite, un aspect
se détermine sur la trace des grands maîtres du merveilleux et magique qui est le propre de l’art, tout en même temps qu’elles
Land Art, pour une pratique artistique d’inter- nous déstabilisent parce qu’elles rudoient nos bonnes vieilles habitudes cultu-
vention dans l’espace photographique. relles et perceptives.… » Philippe Piguet

58
G. Rousse, Memory

G. Rousse, Vitre

59
« Je suis dessinateur
G. Rousse, Grand Moulin

du projet, peintre
dans le lieu, archi-
tecte par mon inter-
prétation de l’espace
et la construction
q u e j ’ y o r g a n is e ,
enfin photographe
pour rassembler tou-
tes ces actions. »
G.Rousse

60
61
Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat

Une collection
2.10.2006 - 14.01.2007

Galerie d’Art Contemporain “Am Tunnel”, BCEE Depuis de nombreuses années, la BCEE a
(Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat) conduit une vaste politique de mécénat à
Luxembourg, employant des ressources à
Lieu d’exposition: la réalisation d’une importante collection
BCEE Bâtiment Rousegaertchen internationale de photographie, rassemblant
16, rue Zithe, Luxembourg Ville les auteurs les plus renommés de cette
Tél: +352 4015-1 discipline.
www.bcee.lu En 1993, lorsque l’idée du projet vit le jour, la
photographie, comme médium d’expression
Ouverture artistique, suscita encore peu d’intérêt à
lundi - vendredi de 9h00 à 17h30 et les Luxembourg. Or, la passion exprimée par le
dimanches de 14h à 18h. projet d’une telle collection à la BCEE, soutenue
rapidement par l’enthousiasme du public, nous
Visites guidées les dimanches à 15h00 avait confortés dans l’idée de poursuivre cette
belle aventure jusqu’à aujourd’hui.
Profitant de la Galerie d’Art Contemporain «
Am Tunnel », devenue depuis lors un forum
culturel de premier rang, la collection dispose
d’une place privilégiée pour faire partager avec
son public des valeurs culturelles d’avenir à
partir de ses acquisitions artistiques.
Riche aujourd’hui de 1054 œuvres photogra-
phiques, la collection occupe une place impor-
tante parmi les autres initiatives internationales
consacrées à cette même discipline.
La valeur culturelle de ce patrimoine a éga-
lement servi à renforcer la reconnaissance
internationale de l’œuvre du photographe
d’origine luxembourgeoise Edward Steichen,
dont 182 œuvres forment partie de la collection
BCEE. Conséquence anecdotique mais égale-
ment moment de fierté nationale, le travail de
promotion et de communication conduit par la
Galerie d’Art Contemporain « Am Tunnel » a
joué un rôle important pour la reconnaissance
des origines luxembourgeoises d’Edward
Steichen qui était trop souvent considéré
comme un artiste purement américain.
Inscrite dans la ligne directe des quatre exposi-
tions antérieures en rapport avec la collection,
l’exposition actuelle présente quelques 140

62
Sam Samore, the Eye

œuvres dont nombre d’entre elles ont été acquises après 2001 et qui
n’ont pas encore été montrées dans le cadre de la banque.
Cette exposition offre ainsi au visiteur accès à des œuvres dont la
présentation dans un cadre luxembourgeois est inédite et qui, ensemble
avec toute la collection Steichen de la BCEE, revêtent une importance
culturelle de premier rang.

63
Thomas Florschutz, Encolure IV

HISTOIRE(S)
DE VOIR
commissaire d’exposition : Christian Mosar

Le principe selon lequel a été consti-


tué la collection photographique de
la BCEE peut être ramené au terme de
«panorama ».
En effet, cette archive d’images a un
caractère esthétique aussi disparate
que prolifique. A la visite des archives
de la collection on se trouve confronté
à une espèce de «Wunderkammer», de
cabinet photographique de curiosités.
Un peu comme la « Kunstkammer »
de Pierre le Grand qui avait pour vo-
cation de « conserver des curiosités
et des rarités issues de la nature et de
l’activité humaine ».
Le but est maintenant de montrer une
partie de cette collection photogra-
phique de la BCEE en essayant par le
choix de créer de nouvelles possibili-
tés de voir ou de revoir des images
qui font, pour bon nombre d’elles,
partie d’une sorte de mémoire collec-
tive visuelle de la fin du 19ème et de la
totalité du 20ème siècle.
« Histoire(s) de voir » proposera une
iconologie alternative, qui s’articu-
lera par le dialogue et la confrontation
d’images dont la faculté narrative sera
remise en question par un accrochage
à la recherche de correspondances et
de comparaisons autres que celles
des classifications chronologiques et
stylistiques.

Christian Mosar

64
Candida Höfer, Trésor

65
Arendt & Medernach
bruno baltzer, nanna h. , ola kolehmainen, christian
14, rue Erasme mosar, anja puntari, stefan reusse, silvio wolf

B.P. 39
L-2010 Luxembourg
Tél.: (+352) 40 78 78 205
Une collection
Fax: (+352) 40 78 04 685 14.10 - 24.12 2006

www.arendt-medernach.com L’image de marque véhiculée à travers les œuvres photo-


graphiques contemporaines est en symbiose avec la phi-
losophie de l’étude qui se reflète d’ailleurs aussi à travers
son architecture . Le choix des œuvres correspond à une
La jeune collection d’art de l’étude Arendt & esthétique qui sans exclure la photographie dite documen-
Medernach n’est pas le produit d’un simple taire est plus proche d’une démarche plasticienne que de la
calcul spéculatif, mais elle est avant tout le photographie pure. La jonction entre la peinture et la pho-
fruit d’une passion commune des associés tographie à travers des œuvres photographiques à la limite
fondateurs. Progressivement constituée autour de l’abstraction a été déterminante pour rassembler dans
du thème de la photographie contemporaine, le cadre du Mois Européen de la Photographie quelques
elle se caractérise par son esprit d’ouverture. œuvres sous le titre de « transForm ». Parmi les artistes
de renom, se démarquent
plus particulièrement Ola
Kolehmainen et Nanna H.
de l’Ecole de Helsinki ainsi
que l’Italien Silvio Wolf dont
les travaux récents excellent
de façon singulière dans ce
processus de conceptualisa-
tion formaliste.
Sans pour autant être éclec-
tique la collection témoigne
néanmoins d’une grande
ouverture par la diversité
des origines des œuvres et la
variété des sujets abordés.
Parmi les talents émergents
étrangers on peut citer Denis
Darzacq et Xavier Padros
alors que parmi les artistes
luxembourgeois on notera
plus particulièrement les
œuvres de Carole Chaine et
de Roger Wagner.
Nanna H. Ouverture d’abord par la coexistence de la Exposées en permanence dans les salles de conférence
collection permanente de l’étude et d’un espace qui ne portent pas par hasard les noms de grands musées
d’expositions temporaires organisées par Café toutes les photographies de la collection sont accessibles
Crème a.s.b.l. Ouverture ensuite en ce qu’au au public par un système de rotation d’accrochage. Ainsi
sein de la collection, des œuvres d’artistes chaque nouvelle mise en place ou confrontation d’œuvres
confirmés côtoient celles de jeunes artistes participe à la construction d’une collection toujours en
prometteurs. évolution.

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Ola Kolehmainen.

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SCREENS AND MIRRORS de Silvio WOLF

Double représentation
« Screens and mirrors » de l’artiste italien Silvio Wolf est lumières, les corridors miroités…
une pièce d’une série intitulée « Scala zero » réalisée dans Quand la critique italienne Roberta
la Scala de Milan entre 1999 et 2004. Elle fait partie de la Valtorta parle d’une  « autre dimen-
collection Arendt & Medernach. Ce travail qui initialement sion » dans la série « Scala Zero »
a été une commande du renommé opéra est devenu à fur elle pense à un « espace élastique,
et à mesure un parcours engagé dans le sens « artistique » plastique…un lieu spécial de la vision
le plus pur. Ses expérimentations conceptuelles et visuel- qui se crée lui-même et qui se définit
les dans ce lieu mythique témoignent à la fois d’une cer- comme un espace d’ interrogation de
taine légèreté poétique et d’une recherche profonde sur la nature métaphysique. »
représentation photographique. Chaque image nous interpelle sur
En jouant sur l’idée d’écrans et de miroirs il dégage toute l’ambiguïté de la perception et la com-
la problématique de l’équivoque. Mais le double n’est pas plexité de la vision. Mais le plaisir
seulement du côté du sujet, l’objet renvoie à la re-présen- n’est pas seulement rétinien. Les ima-
tation (en deux mots). Le lieu d’expérimentation est lui- ges de Silvio Wolf sont sensibles et
même connoté de fictions. intelligibles à la fois. Elles contribuent
Déjà le titre du cycle en dit longuement sur ce double ques- à « abstraire », disons « à tirer » da-
tionnement. « Scala Zero », jeu de mot entre le nom de vantage de la réalité, que l’habituel
l’opéra et sa signification première qui veut dire « échel- cadrage photographique, pour nous
le », donc ici à la fois scala zéro et échelle zéro.
Où sommes-nous par rapport à l’espace-temps repré-
senté. De quel degré zéro s’agit-il ? Sommes-nous encore
dans le tangible, sensible ou sommes-nous déjà dans le
virtuel ? Ce que nous voyons sur les images ou ne devrait-
on pas dire ce que nous essayons de regarder, va au-delà
de la réalité du théâtre pour devenir en quelque sorte le
théâtre même de la réalité.
Les photographies de Silvio Wolf de ce cycle témoignent
toutes de cette déconstruction-reconstruction, toujours
recommencée, comme au théâtre.
L’enregistrement de ce décorum aux couleurs dominantes
rouges et dorées est guidé par une forte démarche concep-
tuelle qui semble mettre en doute la photographie de son
point de vue ontologique.
Plutôt que de traces photographiques ne parlons-nous
pas d’images mentales où l’écran remplace le palimpseste
pour y graver ses reflets éphémères ?
Degré zéro de la photographie ? D’une certaine photogra-
phie, sans doute, celle qui se limite au documentaire pour
retracer une réalité objective.
L’approche post-photographique a permis à l’artiste d’aller
au-delà des choses afin d’en dégager les faces cachées en
jouant sur le double et l’absence.
Voilà donc que se dessine cette autre dimension du thème :
dimension zéro - l’absence dans la machinerie du specta-
cle comme les fauteuils sur lesquels nous sommes assis,
les écrans de surveillance, les claviers de commandes des

68
rappeler dans d’autres mots ce que
Hiraclite avait pensé quand il affirmait
qu’un dessin « invisible », aujourd’hui
nous dirons abstrait, « est plus har-
monieux que celui qui est visible. »
Il y a quelque chose de « sublime »
malévitchien dans cette série photo-
graphique a-temporelle et a-spatiale.
Plus que jamais, et en cherchant la
double nature du théâtre, Silvio Wolf
a su tourner le miroir sur sa propre
création en élaborant plastiquement
un langage réfléchi sur la complexité
de la représentation.
Il ne suffit pas de voir, il faut
regarder.
© Silvio Wolf

Paul di Felice

© Silvio Wolf

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Fortis Banque Luxembourg

The Photographic Image


27, avenue Monterey
L-2951 Luxembourg
Téléphone: (+352) 4242-1
www.fortis.lu Man Ray
jusqu’ au 10 novembre 2006

Ouvert lundi-vendredi 9:00 - 16:30 h


Né le 27 août 1890 à Philadelphie,
Coordination: M. Toto Bergamo Rossi Emmanuel Radnitzky, peintre, desi-
Venetian Heritage & gner et réalisateur de films d’avant-
garde, est plus connu sous le nom
La première édition de cette exposition date de de Man Ray et comme photographe
1976 et a été réalisée par le département des surréaliste.
Arts visuels et d’Architecture de la Biennale C’est en 1915 qu’il rencontre à New
de Venise. Constituée de 160 photographies York - où il vit - Marcel Duchamp ce
en noir et blanc, elle témoigne de l’activité qui permet de former une sorte de
de Man Ray du début de sa carrière en 1917 branche américaine du mouvement
jusqu’à sa fin en 1971. L’exposition est un Dada, né en Europe par rejet de l’art
événement artistique mais également une traditionnel. Après quelques expé-
contribution critique importante pour la riences artistiques infructueuses, et
compréhension de l’œuvre de Man Ray. Bien notamment une publication sur le
que déjà considérablement affecté dans sa Dada new-yorkais en 1920, Man Ray
santé et dans l’impossibilité de voyager, Man conclut que « Dada ne peut pas vivre à
Ray avait suivi de près la mise en place de New York », et il s’établit à Paris, dans
l’exposition et s’était pris d’une telle ferveur le quartier de Montparnasse, pour y
pour la tâche qu’il avait lui-même réalisé les vivre et travailler. C’est là qu’il fera la
tirages à partir de négatifs originaux, de livres, rencontre de la fameuse chanteuse et
catalogues ou publications sur lui ou en se danseuse Kiki de Montparnasse qui
servant de tirages personnels. allait devenir l’égérie du mouvement
L’exposition explore les diverses façons Dada.
qu’avait Man Ray de travailler avec le médium Avec Jean Arp, Max Ernst, André
photographique, procédés qui ont permis Masson, Joan Miró et Pablo Picasso,
l’émancipation de la photographie et de il présente ses œuvres à la première
devenir un art ayant sa spécificité propre, une exposition surréaliste de la galerie
expression artistique autonome. L’exposition Pierre à Paris en 1925.
inclut des photographies d’objets trouvés, de Durant trente ans à Montparnasse,
nombreux « rayographies » et d’extraordinaires Man Ray révolutionne l’art photo-
portraits des personnalités les plus connues graphique. Les grands artistes de
des milieu artistiques et culturels de l’époque son temps posent sous son objectif,
ainsi qu’une merveilleuse série de portraits comme James Joyce, Gertrude Stein
Man Ray, L’Occhio

de femme dans un style surprenant, subtil ou Jean Cocteau. Il contribue à valo-


et érotique. Les photographies font partie riser l’œuvre d’Eugène Atget, qu’il fait
d’une donation de l’artiste aux Archives de la découvrir aux surréalistes. En 1934,
Biennale de Venise. Meret Oppenheim pose pour Man

70
71
Ray; cette série de photos de nus devient la plus célèbre
de leur auteur.
Plus tard, Man Ray revient aux États-Unis, pour vivre à
Los Angeles mais décide de retourner à son domicile pa-
risien où il meurt le 18 novembre 1976. Il est inhumé au
cimetière du Montparnasse où on peut lire son épitaphe :
Unconcerned, but not indifferent.

Man Ray, Nera & Bianca


Man Ray, le Violon d’Ingres

72
73
Charles Bernhoeft

L’exposition consacrée au printemps dernier à Charles Bernhoeft au de la bourgeoisie, de se faire photographier en format « carte de visite
Musée national d’histoire et d’art avait permis de découvrir une importante » ou alors « cabinet », et l’échange ainsi que la collection de ces
figure de la photographie luxembourgeoise à ses origines. images sont rapidement devenus une activité à la mode.
Cette première rétrospective sur son œuvre photographique avait Charles Bernhoeft est un photographe tout à fait typique de son époque.
permis de combler un vide dans l’histoire de la photographie Un professionnel de l’image qui réalise des clichés photographiques
luxembourgeoise. bien dans le style et les conventions esthétiques de son temps et qui,
Si l’on ne sait que peu de choses sur la vie privée de Charles Bernhoeft, en même temps, a réussi à commercialiser avec succès le produit de
sa production d’images photographiques jouit d’une grande recon- cette activité prolifique.
naissance, entre autres dans le milieu des collectionneurs de cartes L’exposition fut préparée par Paul Reiles et Edmond Thill, qui ont
postales anciennes. également mis à profit leurs recherches sur Charles Bernhoeft pour
Entre 1887 et 1910, il réalisa une production presque industrielle de faire publier prochainement une monographie.
prises de vue photographiques et leur diffusion à travers les médias Texte ( extrait ) : Christian Mosar
populaires de son temps. Albums de luxe réalisés avec la technique
onéreuse de la phototypie, revues illustrées et, surtout, toute une suite
de séries de cartes postales illustrées. Le Ministère de la Culture, de l’enseignement supérieur et de la Recherche
Charles Bernhoeft s’était forgé, dès ses débuts, une solide réputation publiera, dans le cadre du Mois européen de la photographie, un ouvrage sur
de portraitiste et son commerce de portraits individuels et de groupe le photographe. Ce livre, richement illustré, replace le photographe dans son
s’est développé en conséquence. Comme dans toutes les capitales époque historique.
européennes, il était de bon ton, essentiellement parmi les membres Format fermé 245x320 cm / 420 pages en quadrichromie

74
75
Berlin
www.mdf-berlin.de

museum ephraim-palais- stiftung


stadtmuseum berlin

20.10.2006 -7.1.2007
camera berolinensis

Das Berliner Album des Fotografen F. Albert Schwartz


(1836-1906)

fotomuseum / helmut newton stiftung martin-gropius-bau

4. 6. - 19. 11. 2006 3.11 - 7.1.2007


helmut newton: yellow press fotoklub , «berühmt»
/ playboy projections Wer oder was ist eigentlich berühmt, wer
Helmut Newton arbeitete bekanntlich nicht nur für möchte es sein, oder: wie sieht die moderne
viele Mode- und Publikumszeitschriften, er photo- Ruhmeshalle aus? Der Eifelturm, das
graphierte seit den Siebzigerjahren auch regelmäßig Schweizer Armee Messer, die Currywurst,
für den «Playboy». Mit seiner unnachahmlichen Jesus oder ist heutzutage jeder für 15 Minuten
Bildsprache hat er auch in diesem Bereich bestehende ein Superstar, wie Warhol vermutete?
Tabu-Grenzen erweitet, jenseits der herkömmlichen 73 Fotografen/innen aus den unterschiedlichsten
Centerfold-Ästhetik. Genres wie Mode, Still-Life, Porträt, Werbung,
Journalismus und Kunst, sind der Einladung
.von klubfoto gefolgt und zeigen ihre Antworten.

76
Paris
www.mep-fr.org

galerie passage de retz


azzedine alaïa
25.10.2006 - 3.12.2006
10.11. photomontages soviétiques 1917-1953
- 17.12.2006
une arme visuelle
tout goude
L’exposition présente l’évolution du photomontage
La galerie pré-
russe en écho à la transformation du système
sentera les docu-
politique et de la vie en Union Soviétique.
ments originaux,
les photographies,
les peintures et les
découpages qui
ont participé à la
notoriété de jean-
Paul Goude.

bibliothèque nationale de
france / site richelieu
31.10.2006 - 28.01.2007
boubat, doisneau, ronis
et les autres:

La photographie humaniste
(1945-1968 )
musée de la publicité jeu de paume, site sully
Cette exposition, outre des tirages
d’époques de photographes deve-
08.11.2006 3.10.2006 - 24.12.2006
nus célèbres, présente les oeuvres
- 25.03.2007 joel meyerowitz d’auteurs moins connus mais tout
une histoire de
la photographie cette exposition, la première en Europe consacrée aussi prolifiques, talentueux et
publicitaire en france au travail en couleurs du photographe new-yorkais représentatifs de ce courant.
Joel Meyerowitz, propose une sélection d’images
de Man Ray à
prises entre 1970 et 1980, période de changement maison européenne
Jean-Paul Goude
radical dans son oeuvre, un retour sur dix années de la photographie

de questionnement du médium, de recherche 2.11.2006


esthétique et d’élaboration d’un nouveau style de - 25.02.2007
photographie .
regarder VU
magazine photographi-
que 1928-1940
Rétrospective de l’heb-
domadaire illustré VU
- qui grâce à son audace
éditoriale -fut à la tête de
la révolution médiatique
des années 1920.

77
Vienne
www.monatderfotografie.at
Dorotheum leopold museum
land in Sicht 13.10.2006 - 13.01.2007
4.11.2006 - 14.11.2007 erich lessing: budapest 1956
Eine Gruppe von acht in Wien lebenden FotografInnen Die Ungarische Revolution begann mit einer
werden Mitglieder von b-sides zum Thema „land in ersten Massen-Demonstration in Budapest am 23.
Sicht – acht fotografische Positionen zur heimat“ Oktober 1956. Sie wurde von sowjetischen Panzern
ausstellen. und Artillerie, nach Tagen der Straßenkämpfe
niedergeschlagen.

wien museum

16.11.2006 - 28.01.2007
barbara pflaum. eine bildjournalistin aus wien

Niemand vor Pflaum hatte es gewagt, mächtige


Politiker so respektlos zu fotografieren. Ihre
eigentlichen «Lieblinge» waren jedoch die ein-
fachen Leute,

kunsthalle

3.11.2006 - 4.02.2007
americans

meisterwerke amerikanischer
fotografie von 1950 bis heute
Diane Arbus, Robert Frank, Lee Freedlander, Richard
Avedon, Pieter Hugo, Marry Ellen Mark, Larry Fink,
Helen Lewitt, Steven Shore, Larry Clark
Ein gesellschaftskritischen, analytischen bis
dokumentarischen Blick auf die amerikanische
Gesellschaft.

78
Bratislava
www.sedf.sk
FOTOFO, the main organizer of the Mesiac fotografie Bratislava, is curating
and commissioning 35 exhibitions around dual themes – Central and Eastern
European Photography and From the East to the East for the 16th edition of
the festival.

dom umenia

opening 2.11. 2006


jana ilková, yvonne
and naemi

About the fading


away of social roles
and identities.

dom umenia galeria mesta


opening 2. 11. 2006 bratislavy
romualdas pozerskis, opening 31. 10. 2006
hill of crosses jiri david,

from the series zdena 3 & zdena 4


“Lithuanian
Pilgrimages»

Moscou ( 2007 ) Rome ( 2007 )


www.mdf.ru www.fotografiafestival.it

79
Café-Crème asbl
2 rue Alphonse Munchen,
L-212 Luxembourg
www.cafecreme-art.lu
bureau @ cafecreme-art.lu
tel.: +352 691 44 68 56
tel.: +352 691 50 78 78

Imprimé au Luxembourg par


l’imprimerie Victor Buck
octobre 2006

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