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Contrats spéciaux

Introduction

Généralités Le droit des contrats, difficile à définir, peut être considéré, de manière simpliste, comme le droit qui s’applique au contrat. Mais les contrats sont multiples, hétérogènes et les règles s’appliquant à eux ne sont pas toujours identiques.

Les contrats peuvent être régis par le droit privé (droit civil, droit commercial, droit du travail, etc.) ou par le droit public (marchés publics, contrats administratifs). Ainsi, selon que le bail est un bail à usage d’habitation ou un bail commercial, le contrat de location obéit à une législation qui varie. Les contrats peuvent également être régis par le droit interne, par des lois étrangères, par des conventions internationales ou par des règlements communautaires (actuellement, l’OHADA prévoit d’ailleurs un acte uniforme sur le droit des contrats qui s’appliquerait directement dans l’ensemble des Etats parties dès son adoption et son entrée en vigueur).

Bien que les contrats soient multiples, leur régime juridique comporte des règles communes relatives à la formation et aux effets de tout contrat ainsi qu’aux obligations qui en résultent. Il s’agit de la théorie générale du contrat qui est importante pour l’étude de tout contrat et étudiée dans le droit des obligations. Elle sert de support aux contrats spéciaux.

2 Notion de contrats spéciaux Les contrats spéciaux doivent, sauf exceptions (mais elles sont de plus en plus nombreuses), respecter les principes juridiques généraux. Ils sont étudiés par le droit des contrats spéciaux qui est le droit spécial des contrats. Ce dernier est d’une grande utilité professionnelle mais, en raison du foisonnement des contrats, l’étude de ses règles est généralement effectuée sur la base du choix de certains d’entre eux. Il est en effet exclu de l’étude des contrats spéciaux les contrats faisant l’objet d’une discipline ou d’un enseignement autonome comme les contrats de droit public, les contrats d’assurance, les contrats de société, les contrats de travail, les contrats de succession, les contrats de transport…etc. Etudier le droit des contrats spéciaux revient à analyser les contrats usuels les plus fréquents notamment le contrat de vente, le contrat de location, le contrat de dépôt, le contrat de prêt…etc.

Sources du droit des contrats spéciaux Les sources du droit des contrats spéciaux sont multiples. En effet, aux termes de l’article 257 du COCC : « Les règles applicables aux différents

contrats résultent de la convention des parties, de la loi et des usages ».
A la lecture de cette disposition, il apparaît que le législateur met en place une hiérarchie dans les sources du droit des contrats spéciaux. Une telle hiérarchie dont le sommet est occupée par la volonté des parties est due au fait que les règles applicables aux contrats spéciaux sont généralement des règles supplétives (article 258 COCC : cet article précise toutefois en son alinéa 2 que certaines règles applicables à certains contrats sont des règles d’ordre public notamment celles applicables au contrat d’assurance, au contrat de bail, contrat sur le fonds de commerce et les contrats sur les immeubles immatriculés).

3 Après la volonté des parties, vient la source législative (la loi) contenue dans plusieurs corps de règles. En effet, certaines de ces règles sont dans un corps de règles général où l’on retrouve un certain nombre de contrats : il s’agit du code des obligations civiles et commerciales (COCC). D’autres règles sont contenues dans des corps de règles spéciaux comme le code du travail, l’acte uniforme portant droit commercial général, l’acte uniforme portant droit des sociétés commerciales et des GIE, le code CIMA, la loi bancaire de 1990…etc. Viennent, en dernière position dans la hiérarchie des sources des contrats spéciaux, les usages. L’usage ne se caractérise pas par la conviction collective (élément psychologique) qui caractérise la coutume ; ce qui le différencie de celle-ci. La coutume est en effet constituée de deux éléments : l'un matériel, l'autre psychologique. L'élément matériel de la coutume est lié par la répétition constante d'un fait ou d'une tradition ; l'élément psychologique consiste en la croyance chez les personnes que leur comportement obéit non à un usage, mais à une règle de droit). Comme le précise le COCC, ne sont reconnus que des usages constants très circonscrits, à une profession, une place ou une région. En cas de contestation, ils sont prouvés par tous moyens.

Contenu du cours Etant entendu que l’on s’intéresse à un nombre de contrats bien limité, les contrats usuels les plus fréquents, le support textuel à utiliser essentiellement est le COCC. L’analyse de ce corps de règles fait apparaître une multitude de contrats qui peuvent être classés en trois catégories : les contrats translatifs de propriété dont l’objet est le transfert de la propriété d’une chose. Il s’agit notamment de la vente et de l’échange ;

les contrats relatifs à la remise d’une chose à savoir le dépôt. ensuite les contrats relatifs à la remise d’une chose (Chapitre II) et enfin les contrats de prestations de service (Chapitre III). . Plan du cours Ces trois catégories de contrats constitueront les différents chapitres de notre cours.4 les contrats générateurs d’obligations de faire ou contrats de prestations de service à savoir le contrat d’entreprise et le contrat de mandat . le prêt et le louage. Ainsi. verrons-nous d’abord les contrats translatifs de propriété (Chapitre I).

Le contrat translatif de propriété par essence est le contrat de vente. Mais.Les contrats translatifs de propriété Plusieurs droits peuvent être transférés par le biais d’un contrat. les parties à un contrat peuvent s’obliger à transférer l’un quelconque des droits dont elles sont titulaires. de l’apport en société qui n’est translatif de propriété que lorsqu’il est effectué en propriété (articles 46 et 47 AUSC-GIE). Le second contrat translatif de propriété le plus connu est l’échange qui opère transfert de la propriété d’une chose moyennant le transfert de la propriété d’une autre chose. appelés contrats translatifs de propriété. des droits réels principaux comme des droits réels accessoires. . les contrats qui nous intéressent ici sont ceux dans lesquels les parties s’obligent à transférer la propriété d’une chose d’un patrimoine à un autre. D’autres contrats translatifs de propriété sont prévus par le COCC. En effet. C’est seulement lorsque cette condition est remplie que le transfert de propriété opéré par le contrat fait de l’acquéreur le propriétaire de la chose (article 261 alinéa 2 COCC). De tels contrats.5 Chapitre I. exigent l’existence d’un droit de propriété sur la chose appartenant à l’auteur du transfert. Il s’agit : de la dation en paiement qui consiste en un remplacement en nature de la prestation due par le débiteur par une autre prestation (article 212 COCC). Celui-ci transfère la propriété moyennant une somme d’argent.

le crédirentier. ses effets et ses modalités. § I.La constitution de la vente . Aussi. C’est la raison pour laquelle.La vente La vente est le contrat par lequel une personne. toute chose dans le commerce peut être vendue librement.6 du bail à nourriture qui est l’engagement que prend à titre onéreux une personne. les parties au contrat de vente bénéficient de la liberté contractuelle. ont-elles en principe la liberté de vendre ou de ne pas vendre. de vendre telle ou telle chose. le débirentier. à savoir la vente et l’échange. Mais. certaines choses peuvent être interdites à la vente soit par la loi. moyennant un prix fixé en argent (article 264 COCC). s’engage à transférer la propriété d’une chose corporelle ou incorporelle à une autre personne. les parties peuvent faire l’objet d’interdictions ou d’obligations de vendre ou d’acheter. Toutefois. il convient de voir sa constitution. Pour une étude exhaustive de la vente. Celles-ci ne peuvent résulter que de la loi (article 265 alinéa 1 COCC). Comme dans tout contrat. nous nous intéresserons seulement aux deux premiers contrats translatifs de propriété cités. à tel ou tel prix et selon telle ou telle forme. soit par une clause d’inaliénabilité insérée dans un contrat. d’assurer à une autre. l’acquéreur. le vendeur. De même. Section I. son entretien complet sa vie durant (article 752 COCC).

A. La chose vendue doit exister au moment de la vente. pour que le contrat de vente soit valable. des conditions relatives à son domaine qui consistent en l’absence d’interdictions de vendre ou d’acheter. a. Chose future .Les conditions relatives au contenu de la vente Il s’agit de la chose objet de la vente et du prix de vente. il faut la réunion de deux types de conditions : des conditions relatives à son contenu à savoir la chose objet de la vente et le prix de vente. la vente est nulle. 1. C’est le cas notamment de la vente de meubles déjà fabriqués ou d’immeubles déjà construits.La chose objet de la vente La chose vendue doit non seulement exister mais également appartenir au vendeur sous peine de nullité du contrat de vente. En effet.L’existence de la chose objet de la vente En l’absence d’objet.7 La vente est constituée si un certain nombre d’éléments requis par la loi sont réunis. C’est seulement lorsque ces conditions sont remplies que le contrat de vente est considéré comme valablement conclu.

l’acquéreur peut abandonner la vente ou demander la livraison de la partie restante. la vente est conclue sous la condition résolutoire que la chose existera et sera délivrée ultérieurement. Si la chose a totalement péri au moment de la vente. Ainsi. si la partie qui a péri est infime. Cela suppose que le vendeur soit titulaire du droit . Si la partie qui a péri est importante. b. il peut arriver que la chose objet de la vente soit une chose future. une distinction est effectuée en tenant compte de l’importance de la partie de la chose qui a péri.8 Toutefois. dès lors que la chose objet de la vente n’existe pas à la période prévue. le prix est déterminé par ventilation. comme s’il n’avait jamais existé. le contrat de vente est résolu de plein droit. si la chose a péri partiellement. Dans ce dernier cas. Dans ce cas. objet de la vente Par contre. Exemple : décès du mouton.Le droit de propriété du vendeur sur la chose vendue Exigence de la propriété du vendeur La vente a pour objet le transfert de la propriété d’une chose du patrimoine du vendeur à celui de l’acheteur. En revanche. de la promotion immobilière ou de la vente de produits finis non encore fabriqués. La loi attache des effets différents à la perte de la chose selon qu’elle est totale ou partielle. Perte de la chose L’exigence légale de l’existence de la chose objet de la vente a également pour corollaire la prise en compte de la perte de la chose qui peut être totale ou partielle. l’acquéreur ne dispose pas d’une option et ne peut demander que la diminution du prix. celle-ci est nulle pour défaut d’objet. Il en est ainsi de la vente en l’état futur d’achèvement.

en raison du droit de suite qui caractérise le droit de propriété et de la présomption de bonne foi. en matière mobilière. le contrat de vente est nul. En effet. Dans tous les autres cas de vente de la chose d’autrui. Cette nullité n’est écartée qu’en matière mobilière lorsque l’acquéreur de la chose est de bonne foi. Il ne peut. le propriétaire de la chose perdue ou volée doit être protégé et l’acquisition définitive de la propriété de la chose d’autrui par son acquéreur non automatique. Effets de la revendication Lorsque l’acquéreur est de mauvaise foi. l’acquéreur peut être évincé sans contrepartie. lorsque la chose perdue ou volée a été achetée dans le commerce ou dans une vente publique. 2. A défaut. l’acquéreur de la chose d’autrui en devient propriétaire lorsqu’il l’a reçue de bonne foi (article 262 alinéa 1 COCC). le propriétaire de la chose retrouve son droit sans rien devoir à l’acquéreur. il devient propriétaire de la chose objet de la vente. en principe.Le prix de vente . Lorsque l’acquéreur est de bonne foi. Ainsi. le propriétaire de la chose perdue ou volée dispose-t-il d’une action en revendication prescrite pour trois ans à compter du jour du vol ou de la perte. le propriétaire doit en restituer le prix à l’acquéreur ajouté des impenses nécessaires et des améliorations utiles évaluées en fonction de la plusvalue donnée au bien (articles 262 al 3 et 263 COCC). Action en revendication Toutefois.9 de propriété sur la chose objet de la vente. être évincé de son droit sans contrepartie. Ainsi.

10 En sus de son existence (a).L’existence du prix Exigence de fixation du prix Le transfert de propriété sur la chose objet de la vente ayant pour contrepartie une somme d’argent. En effet. A défaut. le caractère dérisoire. la vente est nulle. il ne peut pas y avoir de vente sans prix fixé . 1 Voir notamment Cass. le prix de vente doit être déterminé ou déterminable (b). 24 avril 1999. Dans ce cas. a. il faut également qu’il ne soit pas fictif. Prix dérisoire Le prix fixé par les parties à la vente ne doit pas également être dérisoire. Pouvoir souverain d’appréciation de la réalité du prix Dans tous les cas. Dans ce cas. Le prix est dérisoire lorsqu’il est si bas qu’il ne peut être mis en rapport avec la valeur de la chose vendue. arrêt n° 91 . celui-ci doit toujours être stipulé dans le contrat. le caractère fictif et la réalité du paiement du prix de vente sont des questions de fait laissées à l’appréciation souveraine des juges du fond. il n’y a pas de vente en ce sens que le transfert de propriété n’a pas de contrepartie. celle-ci doit être fixée. Le prix est fictif lorsqu’il a été convenu que le vendeur n’en demanderait jamais le paiement. il n’y a pas de vente1. Prix fictif Il ne suffit pas cependant qu’il soit fixé .

La détermination du prix Définition Le prix de vente doit être déterminé ou déterminable. Celles-ci peuvent également demander à un tiers désigné dans le contrat ou ultérieurement de fixer le prix de vente. Dans certains cas. La liberté dans la détermination du prix n’est pas totale. le prix est fixé par juge sur demande de la partie la plus diligente. Il en est ainsi notamment des denrées de première nécessité ou encore du carburant. Dans ce cas. le prix de vente est fixé par les usages. les parties sont présumées s’en être référées au prix moyen pratiqué sur la place où doit s’effectuer la délivrance ou sur la place la plus voisine si n’existe aucune taxation spécifique. En effet. Auteur de la détermination du prix La détermination du prix est en principe librement effectuée par les parties. Ainsi. dans certains cas. le prix de vente fait l’objet d’une règlementation par l’autorité publique.11 b. en l’absence de prix fixé ou de références de détermination du prix dans le contrat de vente portant sur des choses que le vendeur vend habituellement. Ce tiers est généralement un expert indépendant. Il est déterminable lorsque les parties mettent en place les moyens de détermination du prix en fixant des références. la pratique d’un prix différent est sanctionnée par la nullité absolue de la vente suivie d’une répétition des sommes versées et des prestations effectuées sur la base de cette convention. Le prix est déterminé lorsque son montant est fixé de manière non équivoque dans le contrat de vente. Lorsque les parties ne s’accordent pas sur la désignation du tiers ou si celui-ci ne peut remplir sa mission. Si la répétition est .

des collectivités publiques ou des établissements publics ne peuvent acquérir les biens confiés à leur administration ou à leur gestion .12 impossible. soit conventionnelles (2). les ventes administrateur dans lesquelles l’acheteur est un mandataire ou (article 273 COCC). les administrateurs des biens de l’Etat. . B. acheteurs des biens confiés à leur administration ou à leur gestion ou dont ils sont chargés de la vente. Les mandataires ou administrateurs font donc l’objet d’une interdiction d’acheter portant sur des biens déterminés. Vente aux administrateurs ou mandataires Ensuite. Celles-ci sont soit légales (1).Les interdictions légales Elles sont de quatre ordres. 1. ni par personne interposée. Ainsi. les mandataires et les administrateurs ne peuvent être.Les conditions relatives au domaine de la vente Etudier les conditions relatives au domaine de la vente revient à appréhender les interdictions de vendre ou d’acheter. En effet. l’une des parties est tenue de verser à l’autre la prestation compensatoire. Vente entre époux Il s’agit d’abord des ventes entre époux qui sont nulles sauf si la loi ou les usages les autorisent (article 272 COCC). ni par eux-mêmes.

2. Il s’agit de .Les interdictions conventionnelles Elles consistent en une clause d’inaliénabilité (1) ou une clause d’exclusivité de vente ou d’achat (2). les mandataires ne peuvent acquérir par adjudication des biens qu’ils sont chargés de vendre . l’article 265 alinéa 2 du COCC. Ce texte ne contient que sa validité de principe mais ne fixe pas son régime juridique. Seules quelques règles spéciales contenues dans le code de la famille mettent en place un régime juridique de la clause d’inaliénabilité spécifique au domaine concerné. les officiers publics ne peuvent acquérir par adjudication des biens vendus par leur ministère.La clause d’inaliénabilité Validité Il n’existe au Sénégal qu’une disposition générale relative à la clause d’inaliénabilité. les ventes ou achats de biens sous monopole (article 274 COCC) par des personnes non bénéficiaires du monopole légal.13 les administrateurs de biens d’autrui ne peuvent acquérir les biens confiés à leur administration . Vente de choses inaliénables légalement Elle est prévue par le code de la famille (articles 386 et 790). a. Vente de biens sous monopole Enfin. Ces contrats sont nuls et de nullité absolue.

Toutefois. Le caractère temporaire de la clause d’inaliénabilité signifie que celle-ci ne doit pas paralyser la liberté de disposition du bénéficiaire d’un don ou d’un legs sa vie durant. . Portée En vertu de la clause d’inaliénabilité. raisons appréciées souverainement par les juges du fond. la clause d’inaliénabilité n’aura d’effet à l’égard des tiers qu’à condition que l’acte la contenant ait fait l’objet d’une publicité foncière. en matière immobilière. personnes physiques uniquement. La clause d’inaliénabilité ne peut être insérée que dans des conventions ou actes instituant des libéralités au profit des particuliers. il est accordé au donataire ou au légataire la possibilité de demander à être judiciairement autorisé à disposer de son bien si l’intérêt qui avait justifié la clause a disparu ou s’il advient qu’un intérêt plus important l’exige. ou encore d’hypothéquer son bien. Deux exigences sont posées pour que la clause d’inaliénabilité soit valable : elle doit avoir un caractère temporaire et être motivée par un intérêt sérieux et légitime. ou donner. comme il est interdit à ses créanciers de le saisir. Le gratifié doit donc justifier de raisons valables pour obtenir que soit écartée la clause d’inaliénabilité qui paralyse son droit de disposer du bien donné ou légué . le bien donné ou légué ne peut faire l’objet d’aucun acte de disposition totale ou partielle.14 celles relatives au régime dotal (article 386 du code de la famille) et de celles relatives à la substitution au profit des petits-enfants (articles 790 et s du code de la famille). Exceptionnellement cependant. Elle ne saurait convenir aux libéralités consenties aux personnes morales. Il est interdit au bénéficiaire de la libéralité de vendre.

La clause d’exclusivité est fréquente dans les contrats de distribution et se heurte parfois au droit de la concurrence. la révocation de la donation ou l’annulation de l’acte d’aliénation conclu.La clause d’exclusivité de vente ou d’achat Définition La clause d’exclusivité est prévue par l’article 275 du COCC. Validité Elle est valable à condition qu’elle approuvée par l’autorité administrative compétente qui est. La clause d’exclusivité d’achat est celle par laquelle un commerçant s’engage à s’approvisionner exclusivement chez un fournisseur. le ministère chargé du commerce.15 Sanctions En cas de violation de la clause d’inaliénabilité. La clause d’exclusivité de vente est celle par laquelle un fournisseur s’engage à ne vendre ses produits qu’à certains commerçants exclusivement. b. le débiteur de l’obligation peut être sanctionné par la condamnation à des dommages-intérêts. la clause s’impose non seulement aux parties. en l’occurrence. mais également à leurs ayants-droit. La clause d’exclusivité de vente interdit au fournisseur de vendre à des commerçants non bénéficiaires de la clause et la clause d’exclusivité d’achat interdit au commerçant de s’approvisionner chez un autre fournisseur. Portée Durant toute la durée de la convention. .

16 Dès lors que les conditions relatives à son contenu et celles relatives à son domaine sont remplies. Ainsi. Si l’objet est un immeuble. Ainsi.Les effets de la vente La vente valablement conclue produit des effets qui sont liés aux obligations qui en résultent pour les parties. A.Les obligations du vendeur La vente a pour objet le transfert de la propriété d’une chose du patrimoine du vendeur à celui de l’acheteur. Si l’objet est un meuble. c’est la mise à disposition. la .L’obligation de délivrance Définition La délivrance est le fait pour le vendeur d’accomplir les actes nécessaires pour procurer la chose à l’acquéreur . le vendeur et l’acheteur. Mais. à côté de cette obligation de délivrance. le mode de délivrance dépend de la volonté des parties qui tient compte de la nature de la chose et des usages du commerce. il y a délivrance dès lors que les formalités de publicité requises par les dispositions particulières à la propriété foncière ont été satisfaites et que le titre foncier est établi au nom de l’acquéreur. la vente est valablement conclu et produit des effets. § II. Ce transfert de propriété s’effectue par l’exécution de son obligation de délivrance. le vendeur est également tenu d’une obligation de garantie envers l’acquéreur. le vendeur s’oblige à transférer la propriété de la chose vendue. 1.

Dans ce cas. En effet. . même en présence d’un délai de paiement stipulé. il est tenu compte des usages du secteur concerné. Dans ce cas. le vendeur ne peut être tenu de délivrer que si la masse des créanciers s’engage à payer le prix au terme convenu.17 délivrance peut-elle parfois consister en une simple remise de titre ou de documents. le vendeur n’est pas tenu de délivrer la chose si l’acheteur n’en paie pas le prix. le vendeur n’est pas tenu de délivrer la chose si l’acquéreur fait l’objet d’une procédure collective d’apurement du passif. la délivrance est effectuée chez l’acquéreur. Il peut toutefois arrivé que les parties ne fixent pas une date précise mais déterminent une période pendant laquelle la délivrance doit être effectuée. elle doit être respectée par le vendeur sans que l’acquéreur ne soit tenu d’accomplir une quelconque formalité. Dans ce cas. le vendeur est libre de fixer une date dans cette période. Cette obligation peut toutefois exister en l’absence de paiement si un délai de paiement est fixé par les parties ou les usages. Mais. En l’absence d’usages. Son existence est subordonnée au paiement du prix par l’acquéreur. Lieu de délivrance Le lieu de délivrance est en principe fixé par les parties. Existence d’obligation de délivrance L’obligation de délivrance n’est pas automatique. Date de délivrance La date précise de délivrance est en principe fixée par les parties. A défaut.

le vendeur est tenu de respecter la date de délivrance et ne peut bénéficier d’aucun délai de grâce de la part du juge. Frais de délivrance Les frais de délivrance incombent au vendeur sauf convention contraire des parties. le poids fixé est présumé être le poids net. 2. Si elle est stipulée au poids. Dans tous les cas. Aussi. A défaut d’usage. être loyale et marchande et répondre à la destination de la chose vendue.L’obligation de garantie En transférant la propriété d’une chose. Quant à la qualité convenue.18 Lorsque la date de délivrance n’a pas été fixée par les parties. à défaut d’être spécifiée dans le contrat de vente. l’acquéreur peut acheter chez un tiers la chose non délivrée si celle-ci est une chose de genre et exiger du vendeur le remboursement du prix de remplacement. le vendeur doit également garantir une jouissance paisible et utilitaire de celle-ci par son acquéreur. Si la chose convenue au moment de la vente n’a pas été délivrée. La quantité convenue ne peut être écartée que par les tolérances admises par les usages du commerce. elle doit. garantit-il . Chose délivrée La chose délivrée par le vendeur doit être conforme en qualité et en quantité à ce qui a été convenu. elle est déterminée en tenant compte des usages. Elle doit être accompagnée de tous ses accessoires et de ce qui est indispensable à son utilisation et à sa remise à l’acquéreur. la délivrance doit être effectuée dans un délai raisonnable.

Elle ne peut être écartée par une convention contraire. a. Elle peut être réduite. Cela se justifie par la publicité obligatoire des informations portant sur les biens immobiliers qui écarte toute méconnaissance des droits portant sur . Toutefois. dans le cadre du contrat. Cette garantie est due que l’éviction soit totale ou partielle. le vendeur peut.La garantie contre l’éviction Objet de la garantie Le vendeur doit garantir l’acquéreur contre l’éviction non seulement de son fait personnel mais également du fait d’un tiers. Garantie contre l’éviction du fait personnel La garantie contre l’éviction du fait personnel est due en cas de trouble de droit ou de fait. augmentée ou supprimée par les parties au contrat de vente.19 l’acquéreur contre l’éviction (a) de son fait personnel ou du fait d’un tiers mais également contre les vices cachés de la chose vendue (b). En effet. Elle est également due en cas de perte de jouissance de la chose par l’acquéreur du fait de la découverte d’une charge non déclarée au moment de l’acquisition du bien. en matière immobilière. Garantie contre l’éviction du fait d’un tiers Elle n’est due par le vendeur qu’en cas de trouble de droit. Exclusion de la garantie contre l’éviction La garantie contre l’éviction n’est pas due par le vendeur d’une chose immobilière. préciser le contenu de son obligation de garantie en cas de trouble de fait. l’action en garantie contre l’éviction est irrecevable.

celui-ci peut. b. la garantie contre l’éviction cesse lorsque l’acquéreur s’est laissé condamner par un jugement définitif sans appeler son vendeur en cause en garantie si celui-ci justifie qu’il existait des moyens suffisants pour rejeter la demande. En outre. tout droit sur un immeuble qui n’a pas fait l’objet d’une publicité est inopposable aux tiers. que demander la restitution du prix au vendeur. les frais et loyaux coûts du contrat. L’acquéreur de mauvaise foi ne peut. Lorsque l’éviction est partielle et en cas de découverte de charges antérieures ignorées de l’acheteur lors du contrat. les frais sur sa demande en garantie et ceux faits par le demandeur originaire.20 l’immeuble vendue. les dommagesintérêts et les impenses voluptuaires faites sur la chose lorsque le vendeur est de mauvaise foi. quant à lui. Lorsque l’éviction est totale.La garantie contre les vices cachés . la garantie contre l’éviction n’est pas due par le vendeur lorsque l’acquéreur a déclaré acheter à ses risques et périls. il faut distinguer selon que l’acquéreur est de bonne foi ou de mauvaise foi. Effets de la garantie Les effets de la garantie contre l’éviction diffèrent selon que l’éviction est totale ou partielle. à son gré demander la résolution de la vente ou la réduction de ses propres obligations notamment celle du prix. L’acquéreur de bonne foi désintéressé du prix par le revendiquant peut en outre demander au vendeur la restitution des fruits qu’il est tenu de rendre au revendiquant. Par ailleurs. Ainsi.

Toutefois. Mise en œuvre de la garantie L’action en garantie de vices cachés doit être déposée dans un bref délai. L’appréciation du caractère caché ou apparent du vice est effectuée en tenant compte de la qualité et des connaissances techniques de chacune des parties. les parties peuvent en fixer librement l’étendue et la durée ou la supprimer. Le vice bénin n’est donc pas garanti.21 Objet de la garantie La garantie contre les vices cachés portent sur les vices cachés connus ou non du vendeur. l’exonération totale de garantie prévue dans le contrat de vente est nulle. Exclusion de la garantie La garantie contre les vices cachés ne joue pas lorsque la chose a été vendue par autorité de justice. lorsque le vendeur connaissait l’existence du vice au moment de la vente. l’essai ou l’agrément de la marchandise par l’acquéreur ne libèrent-ils pas le vendeur de son obligation de garantie (article 303 COCC). . Par ailleurs. un délai raisonnable fixé en tenant compte de la nature du vice et des usages du lieu de conclusion de la vente. Sont garantis les vices qui sont d’une gravité suffisante pour rendre la chose impropre à son usage normal ou pour en diminuer l’utilité à tel point qu’elle n’aurait pas été acquise au prix convenu. Toutefois. Aussi. Elle ne concerne pas les vices apparents de la chose c’est-à-dire ceux dont un acheteur diligent aurait pu se convaincre jusqu’au moment de la délivrance en procédant à un examen attentif de la chose. tous les vices cachés ne sont pas garantis.

les intérêts légaux courent à compter du jour de l’expiration du délai de paiement. B. soit par le juge en cas de litige.22 Effets de la garantie En présence d’un vice caché. En l’absence de volonté exprimée. Dans cette dernière hypothèse.Le paiement du prix Objet du paiement Le montant à payer par l’acquéreur est composé du prix et des frais du contrat. celui-ci doit en restituer le prix et rembourser les frais et loyaux coûts du contrat. soit à dire d’expert. si la chose vendue et délivrée produit des fruits ou autres revenus ou si l’acquéreur a été sommé de payer. Si le vice n’était pas connu du vendeur. . Toutefois. A ce montant. 1. tout dépendant de la volonté des parties au contrat de vente. doit être ajouté l’intérêt du prix de vente jusqu’au paiement du capital s’il est prévu dans le contrat. lorsque la sommation est faite après l’expiration du délai de paiement productif d’intérêts accordé à l’acheteur. il est en outre tenu de réparer le dommage causé à l’acquéreur par la vente. l’intérêt court à compter du jour de la sommation. Paiement total ou partiel Le paiement peut être total ou partiel. il peut être tenu compte des usages. l’acquéreur a une option entre rendre la chose et s’en faire restituer le prix ou la garder moyennant restitution d’une partie du prix fixée soit à l’amiable. Dans le cas contraire.Les obligations de l’acheteur L’acheteur est tenu de payer de prix et de prendre livraison de la chose vendue.

le paiement est fait lors de la délivrance. il est déterminé en tenant compte des usages. A défaut. le paiement doit être effectué au domicile de l’acquéreur : c’est l’application du principe selon lequel « la dette est quérable et non portable ». Cette obligation de prise de livraison consiste à retirer la chose vendue si la délivrance est faite chez le vendeur ou en un lieu désigné par lui. Lorsque la . 2. il est déterminé par les usages. En l’absence d’usage. A défaut de volonté exprimée. A défaut de date conventionnellement fixée.La prise de livraison Contenu de l’obligation de livraison et lieu de livraison L’acquéreur doit prendre livraison de la chose vendue au lieu où la délivrance est effectuée. En cas de paiement partiel antérieur à la délivrance. Mode de paiement Le mode de paiement est également librement fixé par les parties. Date de paiement Il doit s’effectuer à la date convenue par les parties. Lieu de paiement Le lieu de paiement est librement fixé par les parties. il s’agit alors d’un paiement partiel. la somme versée en acompte produira au profit de l’acquéreur intérêt au taux légal trois mois après le versement jusqu’au jour de la délivrance ou de la résolution de la vente.23 Tout versement fait sans stipulation particulière par l’acquéreur avant la livraison de la chose est présumé acompte sur le prix .

un délai raisonnable doit être respecté. Dans ce cas. A défaut. En l’absence d’usages. La résolution de la vente peut toutefois être écartée par la volonté du vendeur. l’acquéreur doit prendre livraison de la chose dans le délai fixé par les usages. dans certains cas. soit dans un autre lieu désigné par le juge. au transfert de propriété et au prix. ce dernier peut lui-même prendre livraison de la chose en procédant au retirement aux frais de l’acquéreur et en faisant transporter la chose soit dans un local de l’acquéreur. En cas de retard dans la prise de livraison. ne disposent pas d’une liberté. A. à la formation du contrat. toutefois. elle consiste à accomplir tous les actes nécessaires pour permettre au vendeur de délivrer la chose vendue. § III. la vente est résolue de plein droit au profit du vendeur qui peut aussitôt revendre la chose et demander à l’acquéreur défaillant réparation du préjudice à lui causé par le refus de prise de livraison. Elles sont relatives aux parties elles-mêmes. Absence et retard de prise de livraison En l’absence de prise de livraison.Les modalités relatives aux parties à la vente .24 délivrance doit se faire chez l’acquéreur ou en un lieu désigné par lui.Les modalités de la vente Elles sont essentiellement fixées par les parties qui. Délai de prise de livraison Le délai de prise de livraison est fixé librement par les parties. l’acquéreur peut être condamné à des dommages et intérêts.

La déclaration n’est valable que si l’acquéreur. le commandé. Le droit de préemption peut s’exercer dans toute espèce de vente. Dans le cas contraire ou en l’absence d’acceptation du command. Il impose au vendeur. le promettant. le droit de céder le contrat à un tiers (article 316 COCC).La déclaration de command La déclaration de command est la stipulation contractuelle émanant de l’acquéreur qui lui permet de céder le contrat à un tiers dans un certain délai et de ne plus être considéré comme acquéreur. . pendant un délai fixé.Le droit de préemption Il est défini comme le droit donnant à une personne la faculté de se porter acquéreur d’un bien de préférence à toute autre personne (article 318 COCC).25 Il s’agit de la déclaration de command et du droit de préemption. l’acquéreur peut. justifie d’une acceptation du command. contrairement au vendeur qui n’a pas le droit de céder le contrat à un tiers. le commandé reste définitivement acquéreur. En effet. il résulte d’un pacte de préférence considéré par la loi comme une promesse de vente. par une déclaration expresse de command insérée dans le contrat de vente. se réserver. de faire connaître au bénéficiaire sa décision d’aliéner et les conditions du contrat qu’il projette de passer avec un tiers. le commandé étant censé n’avoir jamais été acquéreur. Dans ce dernier cas. 2. elle entraîne la substitution du command au commandé de manière rétroactive. Lorsqu’elle est régulièrement faite pendant le délai fixé. Il d’origine légale ou conventionnelle. 1.

Les modalités relatives à la formation du contrat Les parties mettent ici en place les modalités de la conclusion du contrat qui permettent de savoir le moment de la conclusion du contrat de vente. B.Les promesses de vente et d’achat Le contrat de vente peut être précédé d’une promesse de vente. Lorsque la promesse unilatérale détermine les conditions nécessaires à la formation du contrat de vente. elle oblige les parties à parfaire le contrat en accomplissant les formalités nécessaires à sa formation. Promesse de vente La promesse de vente est synallagmatique lorsque les parties sont d’accord. . l’acheteur pour acheter. Elle est une vente parfaite lorsque le contrat peut être passé librement. 1. le moment de la rencontre des volontés du vendeur et de l’acquéreur. La promesse de vente est unilatérale lorsque le bénéficiaire de l’offre n’est pas obligé d’acheter alors que le promettant est tenu de vendre. Dans le cas contraire. le vendeur pour vendre. Elle est parfaite dès l’échange des consentements et la vente est conclue au moment de la levée de l’option par l’acquéreur.26 En cas de violation du droit de préemption. Il peut poursuivre la nullité de la vente conclue avec un tiers que si le tiers acquéreur est de mauvaise foi. le bénéficiaire peut demander des dommages et intérêts au vendeur. une chose déterminée pour un prix fixé. synallagmatique ou unilatérale ou d’une promesse unilatérale d’achat. la promesse de vente engage le vendeur et fait naître l’option au profit de l’acheteur.

Le dédit Les parties peuvent s’accorder sur une clause de dédit qui doit. Promesse unilatérale d’achat La promesse d’achat est la convention par laquelle une personne s’engage à acheter une chose si le vendeur consent à la vente. elle fait peser sur le promettant une obligation d’acheter la chose objet de la vente. acomptes) si les parties le prévoient expressément. le bénéficiaire peut réclamer au promettant des dommages et intérêts mais ne peut poursuivre l’annulation du contrat contre le tiers acquéreur sauf mauvaise foi de ce dernier au moment de son acquisition. les droits consentis par l’acquéreur avant l’exercice du dédit sont maintenus au profit des tiers de bonne foi. être expresse. lorsque la vente est devenue définitive. . Mais.27 En cas de violation de la promesse de vente. 2. à défaut de convention. Le dédit est exercé dans un délai librement fixé par les parties ou. La clause de dédit donne au contrat un caractère conditionnel et produit ses effets au profit du bénéficiaire moyennant le paiement d’une somme déterminée. Cet obstacle au dédit est mis en place par le législateur dans le but de protéger les tiers. par les usages commerciaux. Le dédit ne peut être exercé si l’acquéreur est en faillite. Elle peut être une stipulation réciproque constituée par les arrhes (avances. Dès que les conditions de la vente sont fixées dans le contrat et l’acceptation du vendeur obtenue. La vente est en effet conclue dès que le vendeur fait connaître son adhésion à vendre la chose. pour sa validité. Ainsi. les arrhes constituées en nature doivent être restituées.

de racheter la chose vendue dans un délai qui ne peut être supérieur à trois ans. il est tenu de verser au vendeur le double de la valeur de la chose. Il impose au vendeur la restitution du prix de vente à l’acquéreur ajouté des frais du contrat.Les modalités relatives au transfert de propriété . Le réméré peut bénéficier conjointement à plusieurs vendeurs ou être exercé à l’encontre de plusieurs acquéreurs. C. Le délai fixé peut être prorogé par le juge par un jugement définitif.Le réméré La vente à réméré est celle dans laquelle une clause expresse est stipulée par le vendeur se réservant le droit de reprendre. En cas de désaccord entre les bénéficiaires du réméré qui l’exercent. des réparations nécessaires et des impenses utiles jusqu’à concurrence de la plus-value créée. La clause de réméré fait de la vente un contrat sous condition résolutoire pour l’acquéreur. le propriétaire qui demande le partage doit mettre en cause le vendeur qui peut exercer son droit jusqu’au partage définitif. Lorsque la vente à réméré porte sur une part indivise. Lorsque l’acquéreur n’a pas dévoilé le caractère conditionnel de son droit de propriété. Le vendeur peut exercer le réméré à l’encontre des ayants-cause qui ont eu connaissance de l’existence du pacte de rachat. L’exercice du réméré impose à l’acquéreur la restitution de la chose vendue en contrepartie du remboursement des sommes à lui dues par le vendeur. il est exercé pour le tout. le droit de l’acquéreur est définitif. Dans les deux cas.28 3.

1. Vente à l’essai La vente à l’essai est celle qui est conclue sous la condition suspensive que la chose sera. la vente devient pure et simple et la délivrance vaut transfert de propriété. lorsque celui-ci paie tout ou partie du prix sans réserves ou use anormalement du bien dans l’essai. au profit de l’acquéreur.29 La délivrance et la prise de livraison entraînent en principe le transfert de propriété du vendeur à l’acquéreur. à l’agrément.Le transfert de propriété retardé dans l’intérêt de l’acquéreur Les parties peuvent subordonner le transfert de propriété. soit dans celui du vendeur. la vente est présumée vente faite à l’essai. en l’absence de décision de l’acquéreur essayeur dans le délai. cette délivrance ne va valoir transfert de propriété à l’acquéreur que si celui-ci aura donné son acceptation. Vente sur échantillon . conforme à la destination prévue par les parties. En cas de contestation des résultats de l’essai. le vendeur peut recourir à une expertise amiable ou judiciaire. Toutefois. à la dégustation. Mais ce transfert peut être librement retardé par les parties par le biais de stipulations contractuelles soit dans l’intérêt de l’acquéreur. après essai de l’acquéreur. au résultat positif de l’essai de la chose vendue. Il ne peut s’exercer sans délivrance de la chose vendue à l’acquéreur. Devant le doute. à l’échantillonnage. L’essai est indispensable s’il est imposé par les parties ou prévu par les usages. L’essai doit être effectué dans le délai et suivant les modalités établies par les parties ou les usages. Mais.

L’acquéreur sur échantillon est définitivement lié si les marchandises livrées sont conformes à l’échantillon. une clause de tempérament. Elle est conclue dès que l’acquéreur aura donné son agrément dans le délai fixé par les parties ou par les usages. Il peut poursuivre la résolution ou réfaction de la vente.30 La vente sur échantillon est une vente à l’essai conclue sur la présentation d’un échantillon destiné à faire connaître et apprécier la qualité des marchandises vendues. Ainsi. il est libéré.Le transfert de propriété retardé dans l’intérêt du vendeur Le vendeur. 2. S’il ne se prononce pas dans le délai alors qu’il détient le bien. le vendeur est libéré s’il n’y procède pas pendant le délai fixé. une clause de résolution de plein droit. L’acquéreur qui reçoit en échantillon une chose non conforme à la qualité convenue et l’accepte n’est pas considéré comme ayant renoncé à la qualité convenue. Si l’examen s’effectue chez le vendeur. Dans le cas contraire. En cas de contestation relative à la conformité ou non des marchandises à l’échantillon. Elle est soumise aux règles de la vente à l’agrément. Vente à l’agrément La vente à l’agrément est celle qui implique une promesse unilatérale. une clause de réserve de . un expert est désigné qui doit tenir compte des tolérances admises par les parties ou les usages. avec de tels aménagements préserve ses intérêts en se prémunissant contre tout défaut de paiement de l’acquéreur. il est censé l’agréer. Vente à la dégustation La vente à la dégustation est une vente à l’agrément subordonnée à la dégustation d’un échantillon de la chose par l’acquéreur.

Clause de résolution de plein droit – clause nullité La clause de résolution de plein droit applicable en cas de non paiement d’une ou de plusieurs échéances est interdite et déclarée. il est stipulé que le prix sera payable en plusieurs fractions à intervalles réguliers. le cas échéant. La stipulation d’un tempérament n’empêche pas à l’acquéreur de se libérer entièrement par le paiement intégral du prix qui reste dû sauf si des effets de commerce ont été émis pour son règlement. le vendeur peut poursuivre le recouvrement de l’arriéré ou demander la résolution de la vente. à s’acquitter d’une somme plus importante. Vente à tempérament La vente à tempérament est celle dans laquelle. la tendance actuelle reste la location-vente. Lorsque l’acquéreur ne s’acquitte pas d’une échéance. sous peine de nullité de la convention. non écrite sauf si elle est incluse dans les ventes conclues par l’Etat. Toutefois. l’acquéreur ne peut s’engager. indépendamment du paiement des sommes restant dues. Clause de réserve de propriété . les collectivités publiques ou les entreprises de constructions immobilières.31 propriété sont-elles insérées dans la vente. malgré la délivrance immédiate de la chose. Pour ces dernières. La résolution prononcée peut voir ses effets subordonnés au paiement intégral de l’arriéré dans un délai déterminé. Par ailleurs. les parties devant revenir au statu quo ante. Elle est rétroactive. la clause ne sera valable que si elle est conforme à un contrat-type approuvé par décret. Le vendeur peut également exiger un loyer équitable et une indemnité pour l’usure de la chose.

Elle est encore appelée crédit-bail. elle n’est pas opposable à ses créanciers. Ainsi. La location-vente est spécifiée par le fait qu’elle est une vente et une location simultanément. pour être valable. Il lui est toutefois interdit d’aliéner la chose pendant toute la durée du contrat. elle se produit de plein droit et sans sommation. dans chaque redevance. Dans ce dernier cas.32 Elle est généralement contenue dans les ventes à tempérament et doit. La location-vente peut être résiliée judiciairement ou conventionnellement. Quant au vendeur. Elle n’est pas opposable au tiers de bonne foi et. Dans le cas contraire. le loyer est présumé représenter les 2/3 de chaque versement. la conclusion de la vente est subordonnée au versement du dernier terme par le crédit-preneur. d’une indemnité pour détérioration ou usure excessive de la chose. Il doit donc jouir de la chose en bon père de famille. la convention dans . il est tenu comme le bailleur. les parties doivent préciser dans le contrat la part qui. Ici. être expresse. en cas de faillite de l’acquéreur. qu’ils soient de bonne foi ou de mauvaise foi. de fournir à l’acquéreur la jouissance de la chose. représente le loyer de la chose. Elle fait naître pour l’acquéreur les mêmes obligations que pour le preneur en matière de bail pendant toute la durée du contrat. ne pas en changer la destination mais également payer le prix. dès qu’il y a résiliation. Toutefois. le vendeur doit restituer à l’acquéreur la part de la redevance excédant le loyer diminué. Location-vente C’est un bail assorti d’une promesse synallagmatique. le cas échéant. La clause de réserve de propriété est celle qui subordonne le transfert de propriété de la chose vendue au paiement intégral du prix. Dans tous les cas.

le vendeur peut imposer à l’acquéreur un prix maximum pour la revente. Un prix minimum ne peut donc être imposé. Lorsque la vente à tempérament est déguisée en location-vente. Elle ne peut donc porter sur une chose future. Prix règlementé . l’acquéreur s’engage seulement à ne pas revendre la chose à un prix supérieur. D. Mais. Vente à livrer C’est celle dans laquelle un délai de livraison est fixé. dès lors que le terme a été fixé dans l’intérêt exclusif du vendeur ou si le défaut de retirement est dû au fait de ce dernier. Cette règlementation sur les prix imposés a pour fondement la protection du marché et surtout des consommateurs. une telle convention serait nulle et de nullité absolue.Les modalités relatives au prix Prix imposé Le prix est en principe fixé d’un commun accord par le vendeur et l’acheteur. Vente en disponible C’est celle par laquelle la délivrance est concomitante à la conclusion du contrat. Mais.33 laquelle l’acquéreur s’engage à s’acquitter d’une somme plus importante est réputée non écrite. Elle oblige à l’acquéreur de retirer la chose au terme convenu sous peine de résolution du contrat. Le moment de la délivrance peut toutefois être retardé par les parties ou par les usages. la résolution de la vente est écartée. Dans ce cas. elle ne fait pas obstacle aux droits des créanciers en cas de faillite de l’acquéreur.

les parties ne disposent pas d’une liberté dans la fixation du prix. Ainsi. La chose échangée doit donc exister et appartenir à l’échangiste. Lorsqu’il s’agit de meubles. l’une des parties sera condamnée à verser à l’autre la prestation compensatoire. On parle alors de prix règlementé par l’autorité publique. le prix fixé est à respecter par les contrats conclus postérieurement à la publication de la règle (article 371 COCC) et tout contrat prévoyant un prix différent est nul et de nullité absolue. Devant l’impossibilité de la restitution. § I. La délivrance est effectuée de manière différente selon que les choses échangées sont des meubles ou des immeubles. Dans ce cas. sont-elles tenues d’une obligation de délivrance de la chose échangée et d’une obligation de garantie contre l’éviction et contre les vices cachés. la .Les effets de l’échange Obligation de délivrance et de garantie Toutes les parties à l’échange. Cette nullité est rétroactive et le juge doit ordonner la restitution des sommes versées et des prestations effectuées en vertu de la convention illicite. Mais. les échangistes sont tenues des mêmes obligations que le vendeur dans la vente. Section II. Il transfère la propriété dès lors que la délivrance réciproque des biens qui en font l’objet est effectuée. les parties décident du mode de délivrance. Il exige des choses échangées les mêmes conditions que la vente exige à la chose vendue. s’il s’agit d’immeubles.34 Dans certains cas.L’échange Définition et conditions L’échange est le contrat par lequel les parties s’engagent respectivement à la délivrance d’une chose en contrepartie d’une autre.

il n’y a aucune difficulté. la délivrance des choses promises entraîne le transfert de propriété réciproque et les deux parties sont soumises aux mêmes règles que le vendeur. Obligation de paiement de la soulte Lorsque l’échange est effectué avec soulte. En effet.35 délivrance s’effectue par l’inscription de chacun des transferts de propriété au titres fonciers respectifs (article 391 COCC). . Echange sans soulte Lorsque l’échange est sans soulte. l’échangiste qui doit s’en acquitter est également tenu. concernant son paiement. Lorsque l’échangiste est évincé de la chose qu’il a reçue. il peut demander la résolution du contrat ou demander simplement des dommages et intérêts. La soulte est donc une simple compensation. aux mêmes obligations que l’acquéreur dans la vente. L’existence de la soulte dépend de celle d’une différence de valeur entre les choses échangées . la soulte équivalant à la différence de valeur accompagne la chose de moindre valeur pour constituer la contrepartie de la chose de valeur supérieure.Les modalités de l’échange L’échange peut se faire avec ou sans soulte. il peut refuser de s’exécuter s’il restitue celle qu’il a reçue. un correctif de la valeur de la chose. dans ce cas. Exclusion de l’obligation de délivrance L’obligation de délivrance de la chose promise ne pèse cependant pas sur l’échangiste qui prouve que la chose qu’il a reçue en échange n’appartient pas à son cocontractant. § II.

le contrat est qualifié vente avec dation en paiement. lorsqu’il est avec soulte. .36 Echange avec soulte En revanche. l’échangiste qui doit payer la soulte est soumis aux mêmes obligations que l’acquéreur dans la vente en ce qui concerne son paiement. Si la soulte dépasse la valeur de chose fournie par la partie qui doit la verser.

Présomption de dépôt La remise de la chose est l’élément essentiel du dépôt et permet de le qualifier.Les obligations des parties au dépôt Le dépôt fait peser des obligations sur le déposant et sur le dépositaire. celle-ci pouvant être prouvée par tous moyens. Ainsi.Les contrats relatifs à la remise d’une chose Il s’agit du dépôt. sauf convention contraire des parties. lorsque les parties ne qualifient pas le contrat qui les lie ayant entraîné une remise de chose. Cela se justifie par le fait que la notion de dépôt renferme celle de déplacement préalable de la chose.Le dépôt Définition et conditions Le dépôt est le contrat par lequel un déposant remet une chose mobilière à un dépositaire qui accepte d’en assurer la garde (article 497 COCC). un contrat à titre onéreux. . Le contrat de dépôt est. Section I. Or. Il est conclu par la remise de la chose. cette remise de la chose est présumée de manière irréfragable contrat de dépôt et soumise au régime juridique de ce dernier. l’immeuble n’est pas susceptible de déplacement.37 Chapitre II. § I. du prêt et du louage. Il résulte de cette définition que seuls les meubles peuvent faire l’objet de dépôt.

La restitution de la chose peut être demandée par le déposant à tout moment même si un terme a été fixé pour la durée du dépôt. . Obligation de restitution Le dépositaire doit rendre la chose déposée dans l’état où elle se trouve lors de la restitution avec ses accroissements. en présence d’un terme fixé. Il doit garder la chose déposée en bon père de famille. Cette obligation existe aussi bien dans le dépôt à titre onéreux que dans le dépôt à titre gratuit. en s’acquittant d’une indemnité représentant la valeur de la chose détruite ou endommagée. A défaut de stipulation contractuelle relative au lieu la restitution. la bonne conservation et la bonne garde assurées par le dépositaire s’apprécient en tenant compte de la diligence qu’il apporte à ses propres affaires. ses produits et les fruits qu’il a perçus.Les obligations du dépositaire Obligation de conservation Le dépositaire s’oblige à assurer la conservation de la chose suivant les stipulations du contrat et des usages. Il répond de la destruction de la chose. les frais et risques du transport de la chose. Il ne peut également chercher à connaître les choses déposées lorsqu’elles lui ont été remises dans un coffre ou une enveloppe cachetée sauf cas de force majeure. Dans ce dernier cas. sauf cas de force majeure. Par contre. Si la restitution doit s’effectuer en un autre lieu. Dans tous les cas.38 A. celle-ci s’opère dans le lieu où la chose a été entreposée. la restitution ne peut être effectuée unilatéralement par le dépositaire avant son arrivée. le dépositaire ne peut pas se servir de la chose sans l’autorisation du déposant.

la chose déposée doit être restituée à ses héritiers. Le dépositaire dispose même du droit de retenir la chose déposée et de subordonner sa restitution au déposant au paiement intégral de ce qui lui est dû par ce dernier. une simple justification de son identité suffit. par ailleurs.39 La restitution n’est pas subordonnée à la preuve de la qualité de propriétaire du déposant . Le remboursement des dépenses et pertes peut être dû dans le dépôt à titre gratuit. en cas de décès de ce dernier.Les obligations du déposant Obligation de paiement de la rémunération Le dépôt à titre onéreux fait peser sur le déposant l’obligation de s’acquitter de la rémunération convenue. la restitution est due à la personne représentée ou à son représentant désigné pour la restitution. Le déposant doit. B. rembourser au dépositaire les dépenses faites pour la conservation de la chose et l’indemniser de toutes les pertes occasionnées par le dépôt. Mais. § II.Les modalités du dépôt Droit de substitution du dépositaire . Lorsque le dépôt a été fait pour le compte d’un tiers. Elle peut s’opérer aux mains du mandataire du déposant.