Vous êtes sur la page 1sur 2

Pasteur Celine Nchang : « Je prie pour que les nombreux groupes

occultes qui se cachent sous des noms d’église soient


démasqués ! »

Depuis septembre 2002, cette jeune femme originaire de Mankon, dans le Nord-
Ouest, la quarantaine sonnée et mère de trois enfants est dans l’œuvre de Dieu en
tant que pasteur, malgré les défis qu’elle rencontre non seulement comme
célibataire, mais surtout en tant femme.

Par Kadje Kamga

Le parcours de Pasteur Celine Nchang est atypique, et propre à ces personnes qui
ne s’avouent jamais vaincues, peu importe les difficultés de la vie. L’allure est sobre,
le propos mesuré. C’est avec la posture d’une femme qui a connu les revers de la
vie, et qui sait ce qu’est l’humilité que la femme de Dieu se raconte, s’excusant de
n’avoir pas été présente à notre arrivée. Après son First School Leaving Certficate,
que les francophones appellent le « Cep », obtenu en 1982, elle a quitté l’école pour
se livrer à divers jobs. C’est quinze ans après qu’elle décide de retourner à la source
du savoir. Ce retour à l’école est motivé par un événement important de sa vie : Sa
conversion à Jésus-Christ en 1996. Elle était née de nouveau, devenue une « born
again », pour utiliser l’expression appropriée chez les chrétiens pentecôtistes. Il y a
aussi l’appel à servir Dieu en tant que pasteur qu’elle a reçu, alors qu’elle gérait une
cafétéria. Mais que faire ? Son niveau académique est très modeste. « Comment
entrer dans le service de Dieu alors que je n’ai que le Cep ? », se disait-elle. Après
prière et réflexion, la décision est prise. « J’ai dû repartir à l’école en 1997, et j’ai
obtenu mon GCE-O Level en 1999 », poursuit-elle dans un Anglais parfait.
Galvanisée par cette réussite, Celine Nchang ne va pas s’arrêter. L’année d’après,
en 2000, elle réussit le GCE A - Level, l’équivalent du bacc chez les francophones.

Ecole biblique

Son « Advanced Level » en main, la nouvelle bachelière est convaincue qu’il lui faut
une formation pour mieux répondre à l’appel de Dieu. Aussi s’inscrit-elle à la Christ
Army Bible Institute à Yaoundé. Affectée à Bafoussam à la fin de sa formation, elle y
passera six mois avant de retourner dans la capitale. Elle rejoint alors la Gospel
Liberation Ministry, et est ordonnée pasteur en juillet 2002 à Bamenda, par l’évêque
Bernard Nwaka de Zambie. « Après mon ordination, j’ai continué le ministère, et le
Seigneur a ouvert une autre porte pour une formation. » Ainsi en 2003, le pasteur
Celine Nchang participe à deux mois de cours intensifs pour serviteurs de Dieu à
Bata en Guinée Equatoriale, sous les auspices du Mouvement Missionnaire Mondial
(MMM), dont le siège est à Porto Rico. Cette même année en novembre, elle est
affectée à Douala où elle exerce jusqu’à ce jour.
En tant que femme pasteur, les défis, bien que difficiles, sont ceux dont parle la
Bible. Rien d’étonnant donc. « D’abord en tant que célibataire et dirigeant seule
l’église, ensuite l’opposition de certaines dénominations qui n’approuvent pas le
ministère de la femme », lance-t-elle la mine triste, avant d’ajouter avec
vigueur : « Mais je tiens ferme, et je continue, parce que c’est Dieu qui m’a
appelée ! » Commence alors une longue rhétorique pour expliquer que la présence
de la femme dans le service de Dieu n’est pas un phénomène nouveau. Pasteur
Nchang passe alors en revue les femmes qui ont marqué l’Ancien et le Nouveau
testament par leur engagement. « Déborah a conduit le peuple juif à la victoire, alors
que les hommes avaient déserté. » Et d’ajouter que même Jésus-Christ pendant son
périple sur terre était entouré de femmes qui soutenaient son travail sur le plan
financier. D’ailleurs, Dieu ne fait pas de différence entre homme et femme : « Il a
déversé son Esprit sur toute chair, sans distinction, lors de la Pentecôte », s’est-elle
plu à conclure.

Travail et collaboration

Avec les autres femmes pasteurs, « mama pasto » déclare que tout coule à
merveille, en dépit des barrières dénominationnelles. « Nous sommes ensemble sur
le même champ, et nous devons nous donner la main quand c’est nécessaire. »
Le travail au sein de son église locale est constitué de programmes spéciaux, qui
placent généralement le Cameroun au centre de tant de préoccupations : « Nous
sommes actuellement dans un programme de quarante jours de jeûn pour la Nation,
priant pour que Dieu la préserve. Pour que les nombreux groupes occultes qui se
cachent sous des noms d’églises et qui tordent la Bible soient démasqués ! »,
explique cette femme de Dieu, soulignant sa satisfaction pour les mesures prises par
le gouvernement relatives à la publication de la liste des mouvements religieux
clandestins.
Quant à la situation socio-politique qui prévaut au Cameroun, pasteur Nchang invite
tous les chrétiens à « prier pour la Nation et pour les autorités, sans condamner les
dirigeants, mais prier pour que Dieu leur accorde la sagesse. » Elle est convaincue
que la solution aux problèmes du Cameroun réside dans un réveil spirituel
catégorique dont les camerounais ont la clé, et non les étrangers. C’est l’affaire de
tous, surtout des femmes, qui « ont une place de choix dans l’agenda de Dieu pour
notre pays. » Celles qui sont appelées à servir Dieu ne doivent pas se décourager à
cause des obstacles. « De manière générale », a lancé pasteur Celine Nchang avant
de nous quitter pour diriger une réunion de prière, « Dieu a besoin des femmes pour
sauver le Cameroun, l’Afrique, et le monde. »
KK