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2009–2010

5 ème edition - janvier 2010

SOMMAIRE

Avertissement et remerciements…………….…………

 

p. 3

Introduction……………………………………….…………

p. 4

Les rapports parus en 2010………………………….………

p. 7

TF1…………………………………………………………….…

p. 10

France Télévisions………………………………………

p. 16

CANAL +………………………………………………………

 

p. 21

M6………………………………………………………………

p. 24

Les Chaînes d’Information…………………………………….

p. 29

Les Chaînes de la TNT…………………………………

 

p. 31

TV5 MONDE…

…………………………………

………

p. 32

La Fiction

p. 33

L’Animation.……………………………………………………

 

p. 39

Le Doublage…………………………….………………………

p. 42

Les Radios …………………………………………………………

p. 44

La Presse Ecrite………………………………………………

 

p. 49

La Publicité……………………………………………………

p. 51

Annexes………………………………………………………

….

p. 62

- Place des cultures urbaines dans les médias

p. 63

- Place des minorités dans la bande-dessinée…

p. 65

- Place des minorités dans les jeux vidéos………

p. 67

AVERTISSEMENT

Ce présent document a été réalisé par les membres du Club Averroes 1 , tous professionnels des médias. Il porte sur la période qui court de septembre 2009 à décembre 2010. Il ne s’agit pas d’un travail de chercheur. Il est le produit d’un travail de collectes, d’observations, d’échanges et d’analyses d’informations sur la problématique de la diversité dans les médias français. Les rédacteurs de ce rapport ont privilégié l’approche opérationnelle et factuelle sur ce sujet. Ce rapport est volontairement orienté sur la diversité « franco-française », même si la question de la représentation de la diversité dans les médias s’appréhende de manière plus large.

Ce travail a pour objectif de mettre en lumière les politiques exemplaires et celles qui le sont moins en matière de reflet de la diversité. A différentes étapes de sa réalisation, les rédacteurs ont consulté de nombreux professionnels des médias :

diffuseurs, producteurs, journalistes, animateurs, comédiens, scénaristes, institutionnels, etc.

Ce document est proposé sous la seule responsabilité de ces auteurs et doit donc être utilisé avec les précautions d’usage. Nous nous réservons le droit de revoir ou réviser le contenu de ce rapport à la lumière de toute information additionnelle dont nous pourrions prendre connaissance après la publication de ce rapport.

Sa reproduction, totale ou partielle, est autorisée à condition que son origine et ses auteurs soient explicitement cités.

REMERCIEMENTS

Nous tenons à remercier tous les membres du Club Averroes pour leur disponibilité, leur intérêt et leur mobilisation en faveur de la promotion de la diversité dans nos médias. Nos remerciements vont également à toutes les personnes, collaborateurs des diffuseurs, des éditeurs, d’institutions publiques, pour leur contribution collective autour de cette problématique. Ce rapport n’aurait pas pu être établi sans leur précieuse collaboration.

1 Le Club Averroès a été fondé en 1997 et rassemble près de 400 professionnels des médias autour de la promotion de la diversité dans les médias français.

INTRODUCTION

2010 est une année importante et probablement l’année charnière pour la diversité dans nos médias, et en particulier à la télévision.

L’année passée a été marquée par trois faits majeurs :

- C’est l’année de tous les rapports, de signature de charte de la diversité, de candidature au label Afnor pour la diversité, de changement de direction à France Télévisions,

- C’est encore une année de crise économique et de difficultés structurelles pour le monde des médias

- Mais c’est surtout l’année de l’émergence de nouveaux visages de la diversité…

2010 a été l’année de tous les rapports mais également l’année de mis en place de politiques pérennes en matière de diversité dans les grands groupes audiovisuels. Citons par exemple, le rapport d’Hervé Bourges pour France Télévisons, celui du CSA, celui de Bernard Spitz auquel le Club Averroès a participé, ou encore celui de La Halde sur les conditions d’emploi à France Télévisions et à Radio France.

L’autre nouveauté est que tous ces rapports convergent pour la première fois pour reconnaître que les avancées en matière de promotions de la diversité dans nos médias sont trop inégales d’un média à l’autre et notoirement insuffisantes, et que le temps de l’action ou de la sanction des médias est venu. Tous les rapports reconnaissent que la question de la diversité est insuffisamment prise en compte, pire elle est trop souvent négligée. Loin de se contenter de dresser un constat, tous les rapports lancent des pistes de réflexion, proposent des recommandations, des solutions concrètes (qui il faut le noter sont à budget constant ! voir à ce sujet le rapport de Bernard Spitz).

Année charnière, parce que de nombreuses chaines hertziennes en ont profité pour mettre à plat leur politique en la matière, pour dessiner des moyens et des objectifs concrets à atteindre. Certaines ce sont engagées, comme TF1 et France Télévisions, dans les procédures d’obtention du label diversité, d’autres se sont limitées à signer une charte de bonnes intentions…

L’année 2010 a également été marquée par l’arrivée d’une nouvelle direction à France Télévisions. A sa tête, Rémy Pflimlin est davantage à l’écoute et clairement engagé sur ces problématiques.

Dès ses premières auditions, d’abord par le CSA, le 8 juillet 2010, puis par l’Assemblée Nationale et le Sénat, Rémy Pflimlin a mis en exergue la question de la diversité, dès les premières minutes de son intervention. C’est la première fois dans l’histoire du processus de désignation des Présidents de sociétés de l’audiovisuel public que cette question de la diversité est présentée comme l’un des dossiers prioritaires. Nous avons été également très agréablement surpris d’entendre Monsieur Pflimlin associer la diversité à l’innovation. Le nouveau Président présente la diversité et le numérique comme les deux dossiers prioritaires de son plan stratégique.

Quelques semaines après sa prise de fonction fin août, Rémy Pflimlin confirme cette orientation en nommant Bertrand Mosca, directeur délégué aux programmes, chargé de l’innovation, des nouvelles cultures urbaines et de la diversité. Bertrand Mosca a été le directeur des programmes de France 3 dans les années 2000-2005, lorsque Rémy Pflimlin était Directeur Général de cette chaîne.

Il est trop tôt pour juger les orientations de cette nouvelle Présidence de France Télévisions, dans le domaine des programmes.

Mais, au moment où nous bouclons ce rapport, nous apprenons l’arrivée, à partir du 31 janvier, de Patricia Loison à la présentation de Soir 3, le journal de la mi-soirée de France 3. Patricia Loison est une grande journaliste passée par LCI, puis I-Télé, avant de présenter « Faut pas rêver » sur France 3 depuis l’été 2009, déjà sous la Présidence de Patrick de Carolis.

Le bilan de l’ancienne équipe, dont le mandat s’est achevé l’été dernier, au niveau des ressources humaines, est fortement critiqué en interne et en externe. Le rapport du Comité Bourges et celui de La Halde font un constat accablant qui fait « peser de fortes présomptions de discrimination indirecte au sein de l’entreprise ». Même la grande réorganisation de France Télévisions, en janvier 2010, n’a pas donné lieu à un rééquilibrage qui aurait permis une meilleure représentation de la diversité au sein des directions opérationnelles.

Mais au niveau des programmes, des impulsions réelles ont été faites ces deux dernières années. Elles ont permis quelques réalisations de qualité que nous détaillons dans les chapitres suivants.

Incontestablement, les chaînes de France Télévisions font des progrès. Mais « nous sommes encore loin d’une télévision publique à l’image de la société française », selon Hervé Bourges, Président du Comité diversité de France Télévisions.

La faute encore à la crise économique ? L’année 2010, est encore marquée par une crise économique profonde de la presse et des médias en général.

« La presse a expliqué le manque de diversité dans ses rédactions par une conjoncture économique spécifiquement difficile » peut-on lire dans le rapport « Médias et Diversité » de Bernard Spitz.

On ne peut pas le nier, mais on constate que la crise touche davantage une catégorie d’individus plus que d’autres. La chaîne Direct Star (anciennement Virgin 17) a été lancée en juillet 2010, il y a à peine 6 mois, avec une certaine indifférence, voire un mépris au regard de la diversité, qui n’y a pas droit de citer.

Il apparaît pour beaucoup d’entreprises de presse que ce n’est pas qu’une question de conjoncture défavorable mais que c’est la redéfinition d’un nouveau modèle économique qui s’esquisse pour elles. Avec des remises en cause fondamentales :

quelle ligne, quel public, quel contenu, quel support ? Nous pensons au Club Averroes que la notion de diversité prise ici au sens transversal peut être la solution à de nombreux médias qui, au travers de son prisme d’innovation, peuvent développer une stratégie globale.

En 2010, les téléspectateurs ont pu découvrir des professionnels de talents, dont Tahar Rahim, l’acteur du film « Un Prophète » de Jacques Audiard et nouveau visage du cinéma français, mais également Marc Gosy acteur principal aux côtés de Corinne Touzet sur TF1 dans la série « Interpol », ou encore Mhamed Arezki (prix du meilleur jeune acteur) et Jina Djemba révélés dans la série « les Bleus » sur M6

Les nouveaux acteurs des fictions télé sont révélateurs des nouveaux visages de la société française comme Edouard Montoute, Alex Descas dans la série « un Flic » sur France 2 ou Anthony Kavanagh dans « Les amants de l’ombre » le succès d’audience de France 3.

Autre élément de réjouissance, la récompense du talent de la jeune Alice Belaïdi qui remporte le Molière de la révélation théâtrale de l’année 2010 pour son interprétation dans la pièce « Confidences à Allah », adaptée du roman de Saphia Azzeddine. Et que dire encore de Mabrouk El Mecheri dont la fiction de la rentrée 2010 sur Canal + « Maison Close » connait un triomphe sans précédent. En quelques semaines la série sensation se hisse en tête des créations originales les plus regardées sur Canal +.

Dans le monde littéraire, en 2010, on note la consécration de Mohammed Aïssaoui (Prix Renaudot de l’essai pour « L’Affaire de l’esclave Furcy »), Abdellah Taïa (Prix de Flore 2010 pour « Le jour du roi ») et Abd Al Malik (Prix Edgar Faure 2010 de littérature politique pour « La guerre des banlieues n'aura pas lieu »).

Des nouveaux visages de la diversité apparaissent donc, malgré les difficultés et contredisent les sceptiques. Bref, promouvoir la diversité n’est pas un pari, c’est une nécessité qui enchante le public.

Alors 2011, devrait être une année de vérité et de transparence. Elle devrait faire le tri en ceux qui s’obstinent à ne pas vouloir reconnaitre l’évolution de notre société et ceux qui au contraire l’accompagnent intelligemment.

Les Rapports

au contraire l ’accompagnent intelligemment. Les Rapports Le Club Averroès qui milite depuis 1997 pour une

Le Club Averroès qui milite depuis 1997 pour une meilleure représentativité de la diversité dans les médias, est conforté cette année dans son combat par la publication de plusieurs rapports qui font tous le même constat : « la télévision française n’est pas à l’image de la société française ». Tous ces rapports se recoupent pour la première fois pour dénoncer la lenteur, le manque d’avancées en matière de diversité dans les médias.

Le premier, dans l’ordre des dates de publication, est celui du Comité Permanent de la Diversité de France Télévisions présidé par Hervé Bourges, un grand professionnel respecté de tous, qui a occupé de nombreuses hautes fonctions dans l’audiovisuel.

Voici des extraits de ce rapport rendu public le 12 avril 2010 : « …En dix ans, depuis la première étude quantitative mise en place par le CSA, la diversité n’a pas progressé de manière suffisante sur les antennes du service public.

Des initiatives ont été prises. Un premier tournant significatif fut engagé après les émeutes de l’automne 2005, qui révèlent au niveau national une fracture sociale incontestable, et le mal-être de milliers de jeunes issus de quartiers défavorisés.

«… Cependant, elles n’ont pas inscrit la lutte contre la discrimination et la promotion de la diversité au cœur des politiques de management et de gestion des ressources humaines du groupe. De même, la visibilité à l’antenne de personnes issues de la diversité sociale et ethnoculturelle demande à s’affirmer enfin de façon décisive. Les contenus quant à eux, ne font pas toujours assez de place à la diversité. »

Le deuxième est le rapport du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, remis le 21 avril 2010 au Parlement, sur la « Représentation de la diversité de la société française à la télévision ».

Présentant les progrès infimes relevés par l’Observatoire de la Diversité du CSA, Michel Boyon, le Président de cette instance, s’exprime ainsi :

« Je ne dirai pas que ces résultats ne sont pas satisfaisants, je dirai qu’ils sont inacceptables. Ils sont intolérables. La diversité, c’est la vie. Et malheureusement, notre télévision aujourd’hui ne reflète pas ce qu’elle devrait exprimer et représenter aujourd’hui. »

Le troisième, enfin, est le rapport de la Commission « Médias et diversités, présidée par Bernard Spitz. Un rapport commandé par le Commissaire à la Diversité et à l’Egalité des Chances, Yazid Sabeg, et publié le 27 mai 2010.

Cette commission note, en ce qui concerne la représentation de la diversité, que le compte n’y est pas. Elle ajoute : « En dépit de progrès timides, des blocages de toute nature subsistent ».

Progrès infimes dit le CSA, progrès timides écrit Bernard Spitz. Des progrès, il y en a eu certes, mais le rythme lent de ce mouvement n’est pas à la hauteur des attentes d’une partie importante de la société française.

Le Club Averroès espère que 2011 sera une année décisive et que ces rapports ne resteront pas lettre morte. Nous demandons aux pouvoirs publics de doter le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel d’une véritable capacité de sanctions, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Sans pouvoirs de sanctions, le CSA n’a malheureusement pas les moyens d’imposer quoique ce soit aux dirigeants des chaînes. Ni la loi de 2006, ni celle de 2009, ne lui en donnent les moyens.

La loi du 31 mars 2006 sur l’égalité des chances confie au CSA « la responsabilité de veiller à la représentation de la diversité, à l’expression de la diversité des programmes des médias audiovisuels, de participer aux actions entreprises pour la cohésion sociale, et de lutter contre les discriminations. »

Celle de 5 mars 2009 sur l’audiovisuel public qui supprime la publicité après 20h et donne le pouvoir de nomination des Présidents de chaînes au Président de la République, comporte deux articles portant sur la diversité.

- Le premier article oblige le CSA à présenter chaque année un rapport au Parlement sur « les programmes reflétant la diversité de la société française ». La première livraison de ce rapport est celle évoquée plus haut, remise le 21 avril 2010, à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

- Le second article demande à La Halde de dresser un bilan 2009 de la politique de gestion des ressources humaines des sociétés de programmes de l’audiovisuel public (Radio-France, France Télévisions et la Société de l’Audiovisuel Extérieur de la France). Le rapport a été remis, lui aussi, au Parlement le 24 décembre 2009. Il montre que la dimension prévention des discriminations (handicap, salariés âgés, égalité homme/ femme et diversité « sociale ») est très peu prise en compte dans ces sociétés.

En ce domaine des ressources humaines aussi, aucune autorité publique ne peut obliger les chaînes à des actions afin de remédier au peu de représentativité de la diversité, surtout au sein des équipes dirigeantes et des directions opérationnelles.

Enfin, j’aimerai remercier et rendre un hommage appuyé à Veronique Cayla, ancienne directrice du CNC et actuellement présidente d’Arte, pour l’ensemble de son travail, pour avoir su tracer des perspectives claires, pour avoir défriché et éclairé la route. Pour avoir accompagné tous les producteurs et les créateurs dans ce difficile chemin qu’est la gestation d’une œuvre audiovisuelle et cinématographique.

TF1

L’année 2010 est également une année charnière pour le Groupe TF1 dans le cadre de la promotion de la diversité sur ses antennes comme au sein de l’entreprise.

L’année 2010 a plus été marquée par la mise en place d’une stratégie structurante et pérenne, que par de nouvelles réalisations visibles à l’antenne. La promesse serait à venir…nous serons particulièrement vigilant pour que ces intentions se retrouvent dans des actes.

Après avoir signé la charte de la diversité comme à peu près toutes les chaînes du PAF, TF1 a décidé de porter en premier sa candidature à l’obtention du label diversité délivré par l’Afnor. Elle est la première entreprise issue du secteur des médias à s’intégrer dans ce processus complexe et approfondi qui permet de récompenser une action à la fois volontariste et couvrant tous les champs d’intervention de la société.

Le label diversité décerné le 15 décembre 2010 à TF1 est venu couronner au même instant, le record d’audience du journal de 20h de TF1 avec 8,4 millions de téléspectateurs. Ce soir là, le journal de 20h était présenté par le journaliste Harry Roselmack… coïncidence ou non.

Voici les éléments de la « politique de diversité » du groupe TF1 :

I - Une ambition renouvelée dans les programmes de TF1

Sous l’impulsion du Comité Diversité créé en juillet 2009 et placé sous la présidence d’Edouard BOCCON-GIBOD, un certain nombre d’actions concrètes ont été mises en œuvre dans le domaine des programmes au cours de l’année 2010, de manière inégale selon les domaines.

1) L’Information :

Harry Roselmack, journaliste télé préféré des français selon plusieurs sondages, a vu sa présence renforcée sur l’Antenne grâce notamment au succès du magazine « Harry en immersion » qui n’hésite pas à traiter des problèmes de société dans toute leur complexité : après un premier numéro à Villiers-Le-Bel, le deuxième numéro de l’émission, consacré à un groupe de jeunes salafistes de Marseille, au-delà de son succès d’audience, a été un succès critique en raison de son caractère fouillé et nuancé.

Il est à noter que les émissions d’Harry Roselmack figurent également parmi les plus regardées en télévision de rattrapage sur TF1.fr avec plus d’un million de vidéos vues en intégralité.

Au-delà de Harry Roselmack, le 20h de TF1 et ceux de LCI, à l’opposé du 13h, ont été particulièrement attentifs à correspondre dans leur traitement à une représentation équilibrée de la diversité, en mettant en exergue la valorisation de parcours positifs, en couvrant notamment toutes les grandes manifestions de promotion de la diversité (exemple : Opération du Progrès à LYON et de Rhône-Alpes Diversité sur les trophées de la diversité, le 25 mai 2010). Sur la chaîne d’information LCI, on note le départ du journaliste économique Benaouda Abdeddaim parti pour BFM Business, et l’arrivée de Nordine Nabili (président du Bondy Blog, et de la prépa ESJ Bondy), présentateur de la chronique « dans nos quartiers ». Cette chronique, diffusée chaque jeudi dans LCI Matin, est consacrée à l'actualité des quartiers populaires. Au programme : des reportages sur des initiatives positives mises en place dans des quartiers populaires et "l'oeil" de Nordine NABILI sur la façon dont l'actualité est perçue dans les cités.

2) Les Jeux :

Au-delà des efforts relevés dans tous les jeux de TF1, la présence dans la grille du jeu « Une famille en or », en access prime time, a été l’occasion de renforcer la représentation de candidats issus de la diversité, avec en particulier un grand nombre de familles d’origine antillaise ou maghrébine. Ce qui permet d’atteindre l’objectif de banalisation de la représentation de candidats issus des minorités dans les jeux télévisés.

3) La Fiction :

C’est plus particulièrement dans ce domaine que 2010 est une année charnière à TF1 et que les avancées de la chaîne seront les plus visibles et les plus marquées à l’avenir.

En effet TF1 a solennellement pris, devant le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, les engagements que :

- 60 % des pilotes de séries comportent au moins un acteur récurrent « vu comme non blanc » selon le terme du baromètre du CSA,

- 60 % des téléfilms unitaires comporteront au moins un acteur « vu comme non blanc », pour l’exercice 2010,

Les téléspectateurs ont ainsi pu découvrir un acteur de talent avec Marc Grosy, acteur principal aux côtés de Corinne Touzet dans la nouvelle série phare de la chaîne, « Interpol », dont le pilote a été diffusé en mai 2010.

Ces progrès marquent une vraie rupture et une prise de conscience non seulement chez TF1 Fictions, mais aussi chez ses producteurs de fiction, et ses directeurs de casting. « Désormais ils ne peuvent plus présenter à TF1 un casting qui ne respecterait pas cette obligation, faute de quoi ils s’exposeraient au risque de la voir rejeté » affirme Edouard Boccon Gibod au sujet des prochaines fictions. Un engagement que le Club Averroes a promis de suivre de près et qui fera l’objet d’une communication à la fin du premier semestre 2011.

4) Le Sport :

2010 a également été une année charnière dans un domaine où par nature la diversité est bien représentée chez les sportifs professionnels mais finalement peu chez les journalistes. Sur cette question TF1 a pourtant été particulièrement en pointe cette année, grâce au talent du journaliste - présentateur David Astorga.

Il s’est imposé aujourd’hui comme co-présentateur de « Téléfoot », tous les dimanches matin, auprès de Christian Jeanpierre.

David Astorga a commenté 5 matches de la Coupe de monde de football avec Bixente Lizarazu comme consultant. Il s’agit de souligner qu’à cette occasion, David Astorga est devenu le premier journaliste et commentateur noir de l’histoire de la télévision française.

David Astorga est désormais en charge au sein de la rédaction de « Téléfoot » du suivi des grands clubs et des stars du football européen, après son choix de ne plus être le journaliste référent de l’équipe de France, notamment en raison des événements de Knysna. Il mène ainsi la plupart des interviews de prestige de TF1 Foot (José Mourinho en exclusivité par exemple, le dimanche 10 octobre).

5) Les Programmes courts :

TF1 a diffusé deux séries de programmes courts en 2010 :

- « Vivre ensemble » en association avec SOS racisme : 10 visions de 10 réalisateurs pour témoigner en faveur de la tolérance sous forme de fiction, documentaire, animation…

- «Flagrants délits » en association avec la HALDE : 10 programmes pour dénoncer 10 types de discriminations (emploi, logement, boîtes de nuit, auto-école…).

II - L’année 2010 est une année charnière pour la nouvelle politique de diversité du groupe TF1 :

TF1 privilégie comme toutes les chaînes, une vision globale et stratégique de la diversité pour tous, quelles que soient l’origine, le sexe, l’âge, le handicap avec 2 axes majeurs :

- En externe, le groupe TF1 prend de plus en plus conscience de sa responsabilité de 1 er média en audience, dans son engagement à favoriser la cohésion sociale en France.

- En interne, la politique de diversité de TF1 est fondée sur le double enjeu de performance et de responsabilité sociale du groupe.

Cette politique de diversité s’illustre selon deux approches complémentaires (source : TF1) :

sociale du groupe. Cette politique de diversité s’illustre selon deux ap proches complémentaires (source : TF1)

Il faut reconnaître que les engagements du label diversité sont exigeants car approfondis et précis. A titre d’exemple, TF1 devra réaliser annuellement les objectifs suivants :

- Sensibiliser et former ses dirigeants et collaborateurs impliqués dans le recrutement, la formation et la gestion des carrières aux enjeux de la non-

discrimination et de la diversité

- Respecter et promouvoir l’application du principe de non discrimination sous toutes ses formes et dans toutes les étapes de gestion de ses ressources

humaines (embauche, formation, avancement, promotion,

)

- Refléter la diversité de la société française, et notamment sa diversité culturelle

et ethnique, dans l’effectif de TF1 et ce aux différents niveaux de qualification

- Communiquer auprès de ses collaborateurs, l’engagement en faveur de la non-discrimination et de la diversité, et informer sur les résultats pratiques de cet engagement

- Faire de l’élaboration et de la mise en œuvre de la politique de diversité un objet de dialogue avec les représentants des personnels

- Inclure dans le rapport annuel de TF1, un chapitre descriptif de l’engagement de non-discrimination et de diversité de la chaîne : actions mises en œuvre, pratiques et surtout résultats concrets.

A ce titre des actions originales et innovantes ont été mises en œuvre au cours de l’année 2010 :

1)

représentation de la diversité de la société française a été adressée à tous les collaborateurs participant à la fabrication de l’ensemble des programmes du Groupe TF1

la

Une

note

(cf.

document

ci-joint

en

annexe

du

rapport

Averroes)

sur

Edouard Boccon-Gibod, directeur de TF1 productions et directeur délégué à la Diversité pour le groupe nous confie que « cette note vise à sensibiliser les journalistes, monteurs, conseillers de programmes, responsables artistiques soit plus de 600 personnes dans le groupe TF1. Elle part du constat que sans l’implication personnelle de chacun, l’amélioration de la représentation de la diversité restera trop lente ». Et d’ajouter « chacun des destinataires a donc pu comprendre que sur cette question il fallait faire preuve d’engagement personnel pour notamment prévenir la stigmatisation de certaines composantes de la communauté française, valoriser les parcours positifs des personnes issues de la diversité, choisir les acteurs issus de la diversité dans des rôles de premier plan et non strictement identitaires et banaliser la représentation des populations issues de la diversité dans tous les milieux (professionnel, éducatif, sportif, familial…) ».

2) Un module de sensibilisation et de formation

Le Comité Diversité de TF1 a décidé de lancer la plus importante session de formation à la diversité parmi toutes les chaînes du PAF. Celui –ci s’articule selon un double cursus de sensibilisation et de formation à l’égard de deux populations distinctes :

- Les 500 principaux managers du Groupe TF1

- Les 450 journalistes du Groupe TF1

« Ces deux populations ont été identifiées comme essentielles à la fois comme relais de la prise de conscience de la nécessité d’agir sur cette question et comme maillon le plus important à cibler pour créer un enjeu de performances pour le Groupe » nous confie Edouard Boccon-Gibod.

Après un appel d’offres auprès de plusieurs sociétés ou institutions spécialisées (Altidem, Alain Gavand Consultants, Diverséo, ESJ MEDIAS de Lille, CFPJ de Paris), la société Altidem a été retenue pour les deux formations « en raison d’une approche originale de nature philosophique » nous déclare Edouard Boccon-Gibod (les formateurs ont tous un cursus en philosophie). Le choix de cette formation permet à chacun des participants de réfléchir au-delà des enjeux juridiques et managériaux de la politique diversité du Groupe TF1, à identifier le rôle des représentations et stéréotypes dans la production potentielle de ruptures d’égalité de traitement.

En permettant à chacun des participants de s’interroger individuellement sur les mécanismes de formation de ses propres représentations mentales grâce notamment à un test d’associations implicites mis au point par l’université de Harvard (https://implicit.harvard-cdu/implicit/france/).

La formation spécifique à l’égard des journalistes au delà du tronc commun, présente la particularité de travailler à partir d’exemples pratiques tirés de sujets de journaux télévisés de chaînes de télévision diffusées dans différents pays membres de l’Union Européenne.

Ces deux formations sont chacune d’une durée d’une journée. La totalité des populations ciblées aura achevée sa formation d’ici février 2011.

En conclusion, 2010 restera une étape d’importance dans l’histoire de TF1, pour la promotion de la diversité. Même si elle est marquée par peu de réalisations concrètes, de la volonté de quelques-uns au sein de l’entreprise, la chaîne est passée à une stratégie de Groupe touchant tous les secteurs afin de changer les mentalités, de créer des reflexes, et des pratiques.

L’obtention du label diversité délivré par l’AFNOR devrait à terme (nous l’espérons et nous serons vigilants à ce sujet) couronner à la fois les efforts et les ambitions du Groupe TF1.

France Télévisions

L'année 2009/ 2010 marque un tournant dans la politique de diversité du groupe FTV par l'installation le 3 Juin 2009 du Comité permanent de la diversité par Patrick De Carolis et le rendu du premier rapport par Hervé Bourges, président de ce Comité le 12 avril 2010 en présence de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication.

Rémy Pfimlin, nouveau Président de France Télévisions, avant même sa désignation et ses auditions devant les commissions parlementaires à l'Assemblée et au Sénat a rappelé avec détermination sa volonté que la diversité soit au cœur des objectifs de son mandat. A ce titre, le Club Averroes se félicite de la nomination de Bertrand Mosca au poste de « Directeur délégué aux programmes, chargé de l’innovation, des nouvelles cultures et de la diversité».

C’est probablement sur le plan du documentaire et de la fiction que le groupe audiovisuel public s’est le mieux illustré en matière de diversité, avec des succès retentissants en 2010.

Les faits marquants des programmes 2009/2010

1) La Fiction :

En fiction, parmi les films ou téléfilms qui ont œuvré à mieux refléter la diversité sans préjugés, on peut citer « La Fracture » d’Alain Tasma, à partir d’un scénario d’Emmanuel Carrère. Ce téléfilm, diffusé sur France 2, et qui raconte la vie d’un collège en Seine Saint-Denis, est servi par une excellente interprétation, notamment du jeune Samy Seghir. C’est une adaptation de l’ouvrage de Thierry Jonquet, « Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte ».

L’autre fiction qui a marqué cette année est « Fais danser la poussière », une production de France Zobda et Jean-Lou Monthieux réalisée par Christian Faure et diffusée sur France 3. Cette adaptation du livre éponyme par l’auteure elle-même, Marie Dô, qui raconte sa propre histoire à travers celle d’une petite métisse, Maya, née d’un père africain qu’elle n’a pas connu et élevée par une mère bretonne. C’est une belle histoire de quête d’identité et de passion pour la danse qui lui permet de s’émanciper, loin des carcans d’une société conventionnelle. Une très belle œuvre.

Dans le cadre de sa collection Histoire de vie, France 2 a diffusé, en deuxième partie de soirée, « Le Clandestin » d’Alain Bedouet. On y découvre l’histoire d’un jeune africain envoyé à Paris par ses parents pour retrouver son frère et les conditions effrayantes de la vie des clandestins dans notre pays. Un téléfilm qui a obtenu plusieurs récompenses dans les festivals français et internationaux.

Nous pouvons ajouter que depuis deux ou trois ans, les chaînes de France Télévisions commencent à faire confiance à des comédiens, auteurs, réalisateurs et producteurs issus de la diversité. On peut citer, entre autres, Yamina Benguigui qui vient de terminer le second volet de « Aïcha » qui sera diffusé en 2011, Abdellatif Kechiche, Djamel Bensalah, Hafsia Herzi, Azzouz Begag, Safy Nebbou, Mehdi Charef, Fellag , Aïssa Maïga, Yin Hang ou Thiên Châu, etc.

2) Les documentaires :

France Télévisions est le premier diffuseur et producteur de documentaires en France. Plus de 65% des documentaires français se retrouvent sur l’une des cinq chaînes du service public, France 2, France 3, France 4, France 5 ou France Ô, sans oublier les antennes régionales de France 3 ou les Télé Pays de RFO qui sont à l’origine de nombreux documentaires diffusés localement.

Dans ces productions, la diversité française est présente d’une manière plus équilibrée que par le passé. Il y a un net progrès, tant au niveau du nombre des documentaires qui évoquent cette question que dans la qualité de son traitement.

France 5 est certainement le bon élève de France Télévisions. A l’initiative d’Arnaud Ngatcha et d’Annick Cogean, la collection Empreintes a permis la réalisation des portraits de grandes personnalités de la diversité, Manu Dibango, Tahar Ben Jelloun et Edouard Glissant ou encore le portrait d’Abdou Diouf. Des portraits sont en préparation, Maryse Condé, Patrick Chamoiseau et Azzedine Alaïa. Deux films qui nous permettent de mieux comprendre notre Histoire ont été produits et programmés par cette chaîne, le superbe documentaire en quatre volets de 90 minutes, « Afrique (s), une autre histoire du XXe Siècle » de Elikia M’Bokolo, Philippe Santeny, Alain Ferrari et Jean-Baptiste Péretié, et « Musulmans de France », en trois volets de 52 minutes, de Karim Miské, Emmanuel Blanchard et Mohamed Joseph. On peut également citer l’énorme succès d’audience sur France 5 du documentaire « Marocs », une grande fresque sur le Maroc vu du ciel.

On peut aussi citer sur France Ô, « De Gaulle et l’Afrique », en deux volets de 52 minutes ( « La fin de l’Empire » et « Le temps des indépendances ») de Ben Salama et Antonio Wagner sur le destin commun du général de Gaulle et de l’Afrique, base arrière de la France Libre dès l’été 1940, jusqu’aux indépendances des années 1960. Ce film a été produit dans le cadre de la commémoration du cinquantenaire des indépendances des colonies françaises d’Afrique.

France 2 et France 3 sont restées plus frileuses sur ces thématiques, dans le secteur du documentaire. Gageons que l’année 2011 verra des progrès significatifs sur ces chaînes du service public.

Enfin, France 4 a lancé en 2010 un rendez-vous hebdomadaire de deuxième partie de soirée, consacré aux documentaires, qui permet d’aborder, sans concessions et sans tabous, les sujets qui agitent notre société.

3) Les magazines :

Dans ce secteur aussi, la réussite en termes de diversité et d’innovation nous vient de France 5 avec sa nouvelle émission « Teum Teum ». C’est une version urbaine de ce genre télévisuel en vogue, les émissions en immersion, mais sans le sensationnalisme qui les caractérise en général.

Pour animer ce magazine qui nous fait découvrir la vie urbaine dans toutes ses dimensions, humaines et culturelles, la chaîne a fait appel à Juan Massenya, un ancien boxeur et ancien membre d’un groupe rap. C’est un enfant de la banlieue qui a grandi à Chanteloup-les-Vignes, dans les Yvelines. Il conduit cette émission, parfois en embarquant avec lui des têtes d’affiche, Olivia Ruiz ou autres, dans les quartiers à la découverte d’une réalité pas toujours visible sur nos écrans de télévision. Bravo à toute l’équipe de ce magazine qui apporte un souffle nouveau.

Il y a incontestablement une évolution positive dans les magazines de France Télévisions, tant au niveau des invités, experts ou témoins, que dans le traitement des sujets. Nous saluons le travail effectué par Frantz-Olivier Giesbert dans ses émissions sur France 2, « Vous aurez le dernier mot » ou Semaine critique, Daniel Picouly pour son «Café Picouly » sur France 5, et Frédéric Taddéï « Ce soir ou jamais » sur France 3. Tous les trois ont reçu cette année de nombreuses personnalités issues de la diversité : auteurs, comédiens, chanteurs, réalisateurs ou experts.

Pour en revenir à « Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddéï, force est de reconnaître que cette émission est probablement le meilleur de ce que la télévision nous a offert depuis ces trente dernières années. La force de Frédéric Taddéï est d’avoir préservé l’authenticité et la qualité de son émission sur la durée, réussissant à faire débattre des personnes très diverses, de tous horizons, de toutes origines, sur de nombreux thèmes : culture, politique, économie, arts, sciences, grands sujets de société…

Championne de la diversité du service public, France Ô donne naturellement la parole à des personnalités représentant toutes les populations françaises dans des émissions telles que «Toutes les France » animée par Ahmed Elkeiy, « Studio » animé par Marijose Alie, ou «Ô quotidien » animée par Flyy Leandri. Mais le réflexe est de faire de cette chaîne le réceptacle de toutes ces questions de diversité à France Télévisions, alors même qu’elle doit être présente sur l’ensemble des chaînes du groupe. Si cette chaîne est exemplaire en diversité, elle est la chaîne la moins dotée financièrement du point de vue de la production d’œuvres audiovisuelles. Un paradoxe alors qu’elle remplie le mieux les obligations de service public sur ce sujet.

Toujours plus proche de la génération des 15-35 ans, France 4 a lancé en 2010 deux nouveaux magazines (Certains l’aiment show et Génération Reporters), donnant à voir le monde à travers les yeux des jeunes d’aujourd’hui (comment faire ses preuves dans un monde qui ne vous considère ni comme des enfants, ni tout à fait comme des adultes).

4) Les programmes Jeunesse :

Il existe une véritable démarche d’ouverture et de tolérance dans les programmes jeunesse des chaînes de France Télévisions, que ce soient dans les productions françaises ou achetées à l’étranger. Ces émissions reflètent la diversité des populations et ont une portée pédagogique. Voir, dans ce rapport, le chapitre consacré aux séries d’animation.

5) L’Information :

Le traitement de l’information sur le service public audiovisuel (à quelques exceptions près… polémique Guerlain) s’est nettement amélioré avec la recherche de plus de nuances, de diversité d’illustrations, de témoins, d’experts, etc.

Depuis quelques années, de réels efforts sont faits pour le recrutement de jeunes journalistes et des partenariats sont développés avec des écoles de journalisme (Sciences Po, IPJ, CFJ) afin de favoriser des contrats en alternance pour des jeunes issus des banlieues. En outre, le nouveau Président de France Télévisions, M. Rémy Pflimlin a octroyé deux nouvelles bourses à l’ESJ de Bondy qui mène une formation- prépa en collaboration avec l’ESJ de Lille.

Dans les rédactions de France Télévisions, surtout dans les rédactions régionales de France 3, nous trouvons de plus en plus de figures de la diversité. Mais nous déplorons que dans l’encadrement des rédactions nationales et régionales, un plafond de verre semble toucher les professionnels de la diversité qui ont, par ailleurs, de très beaux parcours professionnels.

On note avec satisfaction l’arrivée de Patricia Loison à la présentation de Soir 3, et nous suivons avec intérêt l’évolution de Nabila Tabouri et de Samah Soula qui présentent en alternance le journal de Télématin sur France 2 et celle de Sophie Gatrin, une ancienne de RFO Polynésie, qui office à France 5 pour le journal de fin d’après-midi, C l’info.

6) Les Ressources Humaines :

Depuis l'arrivée de Rémy Pflimlin, nouveau Président de France Télévisions, un net coup d'accélérateur a été décidé afin que la diversité soit une priorité du groupe au même titre que le tout numérique.

Le nouveau Président du groupe public audiovisuel souhaite faire de cette politique volontariste en matière de diversité, « un élément structurant de sa stratégie », en l’intégrant au sein des valeurs sociétales de l’entreprise et en l’inscrivant au cœur de l’ensemble de ses processus de management et de gestion des ressources humaines, lesquels doivent être abordés avec le prisme de la non-discrimination.

France Télévisions a décidé d’élaborer un diagnostic sur le traitement de la diversité dans les modes de fonctionnement et procédures, en cours de révision, dans le cadre de la réorganisation de l’entreprise. C’est le moment opportun. Ceci permettra dans un premier temps de déployer un plan d’actions dans ce domaine et de pouvoir entreprendre ensuite, la démarche d’obtention du label « Diversité » délivré par l’AFNOR. Ce diagnostic a démarré début janvier 2011.

Quant aux postes décisionnaires sur les programmes, à l’exception notable d’Arnaud Ngatcha, la présence de managers issus de la diversité est quasi nulle.

Aucun des membres du Comité directeur, directeurs de chaines, des directeurs d'unités, directeur d'antennes, de programmes… ne sont issus de la diversité.

Seul élément positif, la promotion d'Augustin Hoareau comme directeur délégué aux ressources humaines auprès de Patrice Papet, directeur général en charge des ressources humaines.

7) A noter : les nouveaux Partenariats de France Télévisions :

Le Comité de la diversité :

1) A créé le « Prix de la diversité FTV/CNC/ACSE » qui va récompenser trois projets de fictions en mars 2011. Les prix, remis par le président de FTV, le directeur général de l'ACSE et la présidente du CNC, seront d’un montant respectif de :

5.000 €, 10.000 et 15.000 2) A signé un partenariat avec la Fondation "Culture et diversité" de Marc Ladreit de La Charrière, afin de placer 5 jeunes dans des productions de la filiale MFP.

Canal+

On retrouve encore cette année le groupe Canal+ comme la chaîne la plus exemplaire en matière de diversité.

« Nulle Part ailleurs », l’un des slogans de Canal+, n’a jamais été aussi juste en matière de diversité dans les programmes de flux. Rodolphe Belmer, directeur général de Canal+ a toujours eu le souci de proposer des antennes plus ouvertes sur la société française et sur le monde. C’est l’occasion pour le Club Averroès de lui rendre hommage.

Canal + a été souvent à la pointe de l’innovation audiovisuelle. Elle est aujourd’hui en 2011, la chaine à la pointe de la diversité.

Ce qui explique peut-être le secret de Canal +, c’est que la diversité n’y est pas une problématique mais une solution, un gage de réussite. A Canal+ pas de comité diversité ou de monsieur diversité, la prise en compte de la diversité a toujours fait partie de sa stratégie tant du point de vue de l’antenne (toutes les émissions en clair), dans le contenu de ses programmes, ses ressources humaines, ses producteurs, ses réalisateurs, ses scénaristes

Sur la base des cet acquis, il semble que le groupe soit passé à la vitesse supérieure et déploie une phase de normalisation totale de cette diversité sur ses antennes.

Dans la plupart des domaines (la fiction, le documentaire, l’information, la production, le divertissement) Canal+ affiche un volontarisme aux résultats concrets, quantifiables et extrêmement riches.

1) Fiction :

Quelques exemples en 2010 :

- les acteurs Samir Guesmi et Nader Boussandel s’illustrent magnifiquement dans « M. Tanner »,

- Reda Kateb et Joey Starr dans « Mafiosa » saison 3…

- « La vraie vie des jeunes » offre un casting de jeunes comédiens pour la plupart issus des minorités,

- ou encore « Omar m’a tuer », de Roschdy Zem avec Sami Bouajila,

- « Poulet aux prunes » le deuxième film de Marjane Satrapi,

- « Les Mythos » de Denis THYBAUD, comédie de banlieue sur 3 jeunes gars des cités qui s'improvisent gardes du corps de célébrité…

- « Case Départ » avec Fabrice Eboué et Thomas Ngijol dans les rôles principaux…

- « Il reste du jambon » avec Ramzy Bedia…

- « Capitaine Khalid » de Djamel Bensallah avec Booder…

- « Aya de Youpogon » dessin animé avec Aissa Maiga en voix off…

- Et « Un homme qui crie » de Mahamat-Saleh Haroun, primé cette année à Cannes (Prix du Jury), dans « Notre étrangère» de Sarah Bouyain sur le retour d'une jeune femme dans son Burkina-Fasonatal, tiraillée entre ses origines et sa vie en France

- « Une bouteille à la mer de Gaza »…

- toutes ces œuvres originales confirment la bonne vitalité de la création de la fiction à Canal+.





 Les constats qui précèdent pointent l’engagement de la chaine cryptée à insuffler de la diversité et de l’innovation dans ses productions. Elle a brisé la politique de clonage, si courante en télévision, tant sur les scénarios que, et c’est une première, sur la fiction de la rentrée de la chaîne. Elle l’a prouvée, en confiant le vaisseau amiral de l’année 2010 à Mabrouk El Mechri. Le metteur en scène a réalisé « Maison close », la série phare de l’année 2010. Il a bénéficié d’un budget important de 12 millions d’euros. En allant chercher pour sa première série en costumes un énorme talent dans l’inspiration de ses fictions, Canal+ franchit un palier réjouissant.

Cette vision d’ensemble est fondée sur une compréhension claire des enjeux de la diversité, bien loin d’une logique souvent incompréhensible, dont le danger est de glisser vers une politique de justification, d’objectifs à atteindre, etc… Elle se poursuivra en 2011 avec par exemple le préachat de « Les hommes Libres» d'Ismaël Ferroukhi avec Tahar Rahim. Une fiction sur le comportement des dignitaires de la Mosquée de Paris, qui ont caché des juifs et travaillé contre l'Occupant durant la seconde Guerre Mondiale.

En tournage en 2011 : les équipes de Canal + nous préparent également

- « 30 degrés couleur », le deuxième film de Lucien Jean-Baptiste, ainsi que

- « Pauvre Richard », de Malik Chibane, ou bien encore

- « La Pirogue » de Moussa Toure.

2) L’information et le divertissement :

La diversité des talents rayonne sur l’ensemble de la grille en clair de Canal+. De « la Matinale » avec Sylvère-Henry Cissé, Elé Asu, Rokhaya Diallo et Abdel Bounane, en passant par « L’Edition Spéciale » avec Abdel Alaoui, jusqu’au « Grand Journal » avec Mouloud Achour, Omar Sy, Kamel Le magicien et Ali Baddou, “joker” de Michel Denisot à 6 reprises en 2010… Canal + maintient le cap d’une exigence professionnelle aiguisée par une concurrence accrue tout en offrant des opportunités aux créateurs de talents issus de tous les horizons. Ce qui vient tordre le

cou à ceux qui claironnent à tort que les minorités visibles à la télévision ne sont pas assez formées, ou pire pas encore prêtes !

Découvert par le Grand Journal, Kamel le Magicien présente depuis une émission de divertissement et de « street magie » sur les antennes de Canal+, émission produite Yannis Chebbi, DG d’Electron Libre Production.

Même constat pour les émissions d’information : la chaine compte dans son effectif des journalistes de talents tels que Karim Rissouli (reporter de « Dimanche+), Antoine Ly (reporter de « L’Edition spéciale »), etc.

Une prime à la Matinale et au Grand Journal de Canal +, programmes qui respirent la diversité dans leur ensemble. Voilà des émissions présentés respectivement par une femme et par un homme, qui se reposent sur des journalistes et des chroniqueurs d’expérience, jeunes et moins jeunes, et dont la tonalité mélanique est composée d’une large palette chromatique. Elle est une preuve que l’association de toutes les diversités n’est pas un obstacle à la qualité et à la performance.

Rodolphe Belmer avait promis en 2008 une amélioration notable de la représentation de la diversité sur les antennes « sports » du groupe. Son engagement se vérifie à l’antenne. Cette tendance ce confirme avec la présence de Messaoud Benterki à la présentation de JOUR DE FOOT (C+) et des Décodeurs (Infosport), de Patrice Boisfer, présentateur d'Infosport le dimanche matinet de Sylvère-Henry Cissé à la tête quotidiennement de la présentation du journal des sports de la Matinale.

Karim Nedjari qui officiait au Parisien, est venu rejoindre les équipes de Canal+ au poste de directeur des rédactions « sports ».

A noter que la diffusion, en mars 2010 sur Canal+ Sport du match amical France 98 Algérie a réalisé un record d’audience ! Ce qui est encore plus surprenant pour une rencontre de foot salle sans enjeu… si ce n’est l’amitié entre deux peuples.

Le Club Averroes est heureux que le Groupe Canal+ poursuive son rôle de locomotive du PAF, pour entrainer les autres chaînes vers un modèle de télévision où les créations originales sont tournées vers l’ensemble de la communauté nationale… constituée de toutes ses composantes, sans exclusive.

2010, année de créations et de découvertes de talent a également été une année d’audiences records pour la chaîne. Paradoxalement, certains préjugés restent tenaces : selon certains médias, les minorités seraient néfastes pour l’audience, car les téléspectateurs français ne seraient pas encore prêts à les accepter sur les écrans de TV !

L’effort doit être porté maintenant sur un renforcement de la diversité sur les directions opérationnelles de programmes, d’information, et d’administration.

M6

La stratégie du Groupe M6 repose en grande partie sur le constat que les téléspectateurs s’y retrouvent dans leur diversité. Les magazines, fictions, reportages et séries cherchent à être un reflet le plus fidèle possible de la société française d’aujourd’hui et véhiculent des valeurs fondamentales telles que celles de la cohésion sociale, de la tolérance, du partage, de la solidarité.

« Le Groupe M6, conscient de sa responsabilité sociale particulière en matière d’éducation et de respect de la différence, a poursuivi en 2010 ses démarches pour mettre en œuvre des initiatives et des actions concrètes afin de favoriser la représentation dynamique de la pluralité culturelle et de la diversité des composantes de la population française à l’antenne et dans ses équipes » déclare Nicolas de Tavernost, Président du groupe M6 .

Ce défi de tous les jours pour la diversité, permet au groupe M6 d’offrir sur ses antennes dans le choix des animateurs et intervenants une image un peu plus juste de la France pluriculturelle. Les équipes en interne en revanche ne ressemblent pas encore assez à ses publics.

1) Les animateurs :

L’image de M6 tend de plus en plus à être incarnée par des hommes et des femmes d’origines diverses.

- Après s’être intéressée cet été à la vie amoureuse des agriculteurs dans « L’amour est dans le pré », Karine Lemarchand a retrouvé à la rentrée le magazine « C’est ma vie » et présentera deux nouvelles émissions : « L’espoir de l’année » et « On ne choisit pas ses voisins » avec Stéphane Plaza.

- Vikash Dhorasoo, d’origine indo-mauricienne, a intégré l’équipe de « 100% Foot » où il est désormais chroniqueur. L’ancien international qui participait déjà régulièrement à l’émission, commente désormais chaque semaine l’actualité du football aux côtés de Vincent Couëffé.

- En 2010, un nouveau membre a intégré le jury de la 8ème saison de « Nouvelle

Star » : Marco Prince, compositeur et ex-membre du groupe FFF, né au Bénin.

- Aïda Touihri, d’origine tunisienne, est présentatrice du 12.50 et du magazine « 66 Minutes »

- Les chroniqueurs de 100% Mag : Michael Zazoun, spécialiste santé, et Laurence Roustandjee, chroniqueuse « week-end » et également présentatrice de « A vos papilles » chaque semaine sur Teva.

- Karima Charni, d’origine tunisienne, présente « 100% Poker » depuis octobre

2010.

Paris Première, chaine du groupe M6 entame un travail similaire à celui de la maison mère. Sous l’impulsion de Jacques Expert, Paris Première fait désormais appel à des castings plus ouverts à la diversité dans ses émissions de flux (dans « Ca balance à Paris » notamment).

2) Les participants aux divertissements :

Les jeux, émissions participatives et compétitions de M6 sont ouvertes à tous, sans discrimination. Les participants des programmes de M6 représentent la France dans son ensemble et sa diversité : milieux, nationalités, sexes…

Qu’il s’agisse des candidats de « Top chef », « A la recherche de la Nouvelle Star », « X factor » ou encore « Pekin Express », tout comme ceux de « Incroyable Talent » (Yaman, danseur professionnel spécialisé en hip hop ; Lya, ancien footballeur qui propose des numéros spectaculaires de football Freestyle ; Djamel, un contrôleur de bus de profession passionné par les imitations et l’humour…), l’objectif est de mettre en avant des aptitudes, des dons, des énergies, quelle que soit leurs origines.

En avant-soirée « Un dîner presque parfait » et en prime « Un dîner presque parfait, le combat des régions » reflètent la diversité à de très nombreux points de vue : c’est l’occasion d’aller à la rencontre des Français, de faire un tour des régions et des spécialités culinaires, comme la cuisine créole.

De même, les docu-réalité de rencontres comme « Maman cherche l’amour » qui met les femmes à l’honneur, et « L’amour est dans le pré » sont l’occasion d’offrir un panel de la population française dans toute sa richesse.

Le lancement de « L’espoir de l’année » confirme son rôle de découvreur de talent.

La série documentaire en 4 parties « Les Français l’amour et le sexe » a réuni jusqu’à 2.6 millions de téléspectateurs en deuxième partie de soirée. Les témoignages provenaient de personnes d’âges, de milieux sociaux et de nationalités variés.

3) L’Information :

Des intervenants issus de la diversité dans de nombreux reportages

Fidèle à son savoir-faire en matière de décryptage, la chaîne M6, pour mieux appréhender les enjeux du monde contemporain et de la société dans laquelle nous évoluons, a abordé les problématiques liées à la diversité, loin des clichés, en présentant différents profils et différentes approches au sein de ses magazines d’information.

Un reportage de « Zone Interdite » a mis à l’honneur l’internat d’excellence Sourdun (12/09/2010) qui accueille beaucoup d’élèves issus de milieux défavorisés d’origines diverses, qui ont choisi de s’installer dans un environnement studieux et favorable au

travail. L’internat de Sourdun est une alternative aux échecs liés au cadre de vie et a pour mission de donner leur chance à ces adolescents par un encadrement strict, un enseignement de qualité et un dialogue permanent.

Le reportage de « Zone Interdite » sur les trains de banlieue s’est intéressé aux usagères très actives et engagées pour faire signer une pétition contre les retards du RER B.

L’enquête de « 66 Minutes » sur les « vrais gens dans la publicité » met en valeur des profils issus de la diversité : asiatique, métis et handicapé paraplégique en fauteuil roulant.

Le sujet Jeux de plage dans « Capital » du 18/07 a suivi Albert, jeune entrepreneur mi- black-mi-beur, en Chine où il est venu faire son marché de jeux de plage qu’il commercialisera ensuite en France. Il négocie avec les entreprises chinoises en anglais courant etc.

Deux reportages de « Zone Interdite » du 27/06 traitent des mariages multi-culturels et du mixage des traditions, symbole de la France métissée.

L’émission « Zone Interdite » du 14/07 a consacré un sujet à l’association Pachamama qui soutient le développement de l’île de Madagascar. L’équipe a suivi trois jeunes chefs cuisiniers malgaches en formation à l’institut Paul Bocuse à Lyon en vue de créer une école de cuisine à Madagascar dont ils pourront à leur tour être formateurs.

4) La Fiction :

Les acteurs des fictions françaises de M6 sont révélateurs du désir de la chaîne de coller à l’image de la société : talent et diversité.

Les rôles principaux de la série « Les Bleus, premiers pas dans la police » sont tenus par Mhamed Arezki (qui a obtenu le prix de meilleur jeune acteur en 2006 grâce à cette série), Jina Djemba (nouvelle recrue de la saison 3) et Elodie Yung. La diversité y est également abordée à travers l’homosexualité d’un jeune agent, sujet qui reste tabou dans certains corps de métiers.

Diffusé tous les soirs à la suite du JT, le programme court « Scènes de ménage » met en scène trois couples de générations et d’origines différentes.

Suite au succès du premier épisode, la conseillère principale d’éducation « Victoire Bonnot » officie toujours auprès de lycéens de toutes nationalités.

M6 programme des unitaires originaux « Le pot de colle » diffusé le 07/04/10 avec pour acteurs principaux Edouard Montoute et François Berléand, « Bataille natale » avec Arié Elmaleh (le 12/05/10), « Ma femme, ma fille, 2 bébés » avec Pascal Legitimus (le 20/10/10).

La diversité sur M6 c’est aussi de nombreux autres téléfilms et séries

- Des séries incarnées par des personnages black : « Kevin Hill », « Ma famille d’abord »

- Des téléfilms relais de messages sur la diversité : « Le bal de fin d’année »

diffusé cet été ayant pour thématique les injustices et la ségrégation raciale.

- « Une burqa par amour » mini-série sur la tolérance.

- « Au nom de l’amitié » sur l’apprentissage du respect mutuel inter-racial en

1964.

- « Mariage à la turque » sur la difficulté de vivre un amour entre 2 cultures

(allemande et turque).

- « L’amour n’a pas de couleur » sur la condition de femme noire dans un Etat ségrégationniste et une société dominée par les hommes, en 1961 en Louisiane.

La chaine travaille actuellement sur de nouvelles écritures en fiction et prépare pour 2011 des séries originales en association avec Kader Aoun, producteur et découvreur de talents.

5) Relais de messages contre le racisme :

Le Groupe M6 est très investi dans la promotion d’une télévision plus citoyenne, responsable et solidaire et entend aider et favoriser les actions associatives et caritatives et y sensibiliser le public. De nombreuses campagnes d’oeuvres humanitaires, organisations non gouvernementales et associations caritatives, sont ainsi diffusées à titre gracieux sur M6 et sur les chaînes numériques, soutenant des causes dans les domaines de la solidarité.

- Le « Trophée Rose des sables » présente une course féminine qui véhicule les valeurs de tolérance, de partage et d’entraide et met l’accent les échanges entre ces femmes et les populations locales.

- Le programme court « Sortie d’artiste spécial African Footprint » présente un spectacle dansé et chanté sur l'art du métissage et la fin de l’apartheid en Afrique du Sud.

- M6 diffuse le clip « ça me regarde » contre le racisme de Yannick Noah.

- De plus, M6 est le co-producteur du « Concert pour la tolérance » qui se tient chaque année à Agadir. Ce concert gratuit promeut les valeurs de respect de l'autre et des différences. C’est un moyen de sensibiliser le public au respect des différences et à la diversité, grâce à la musique. Cette alliance méditerranéenne s’est faite au profit d’un but commun : la promotion de la paix et de la tolérance. Le Groupe M6 témoigne de son engagement pour ce rassemblement culturel en assurant un relais média complet avec diffusions sur ces antennes.

Via l’humour également :

Les spectacles d’humoristes comme « Antony Kavanagh.com » ou de Gad Elmaleh « L’autre c’est moi » permettent également d’aborder le sujet de la diversité culturelle.

6) Dans les équipes :

La chaine reconnait elle-même son manque de diversification des profils rencontrés dans la chaine, pour y remédier M6 mène deux actions concrètes :

un système de formation en alternance orienté vers les populations défavorisées

et/ou les minorités visibles :

- M6 est engagé depuis 2007 avec le CFJ sur leur filière apprentissage "diversité" (diversité à la fois d'origine et sociale). A la clé : des contrats en apprentissage à la rédaction nationale et chez Cproductions.

- Partenariat avec le Bondy Blog : M6 soutient, via le financement de 2 bourses, un projet intitulé « Journalisme et diversité » qui consiste à lancer une classe préparatoire d'un nouveau genre, permettant à 20 jeunes de talents mais d'origine modeste (et issus en très grande partie de la diversité) de préparer les concours d'entrée aux écoles de journalisme (Lille mais aussi les autres). M6 comme toutes les autres chaines hertziennes apporte également une aide technique éditoriale (interventions de Jérôme Bureau et d’Aida Touirhi, notamment dans le cursus scolaire).

un travail avec les associations afin de casser les phénomènes de reproduction

sociale et de cooptation.

M6 collabore avec de nombreuses associations (IMS, Nos Quartiers ont du Talent, le Club Averroes) dans le but de recruter des profils de diversité et d’embaucher des personnes habitant les quartiers populaires.

LES CHAÎNES D’INFORMATION

Rien de nouveau du côté des chaînes d’information en continu. Elles n’ont guère fait d’efforts en matière de minorités visibles sur leurs antennes cette année.

Cet écueil est incompréhensible pour les membres du club Averroès alors que ces chaînes, à l’instar de France 24, se doivent d’être ouvertes sur la France et le monde tel qu’il est.

A LCI, Samira Hara continue d’officier sur LCI Radio dans l’émission le Mix Info. Quant

à Benaouda Abdeddaim, qui a travaillé 10 ans sur la chaîne, il vient de la quitter

pour rejoindre les équipes de la chaîne BFM TV Business, où il est désormais animateur

et rédacteur en chef. A noter, l’arrivée de Nordine Nabili en hebdo sur LCI pour animer une nouvelle chronique info sur « l’actualité des quartiers ». Cette chronique est une idée originale d’Eric Revel, Directeur de LCI, qui a lui-même grandi dans les quartiers populaires de Nanterre.

Rachid M’Barki est à la fois au service reportage et à la présentation sur BFM TV. Il présente le journal de 21h à 22h et de minuit à minuit trente. Sur BFM TV également, on retrouve Anicet Mbida, le présentateur de l’émission Culture Geek programmée entre 21h et minuit, trois fois par semaine et Karim Bennani, présentateur sport qui officie également sur RMC.

En 2010, Pierre Fraidenraich, patron d’itélé, a consacré deux nouveaux talents sur ses antennes : Patrice Boisfer (venu d’Infosport) et Léa Salame (venue de France 24). Pour information, Pierre Fraidenraich officiait auparavant sur Infosport où il avait déjà recruté à l’époque Messaoud Benterki qui aujourd’hui anime l’émission phare de Canal + « Jour de Foot » tous les samedi soir.

Seule véritable nouveauté : Euronews, la chaîne d’information tout en images, et bon élève en matière de diversité, a annoncé l’arrivée de nouveaux visages, issus notamment de la diversité, sur ses antennes.

Le Club Averroès espère donc d’autres embauches. Recruter un nombre conséquent de jeunes pigistes issus de la diversité serait bienvenu et permettrait à ces chaînes de confirmer de façon plus crédible leur volonté de changer de cap.

Voici à présent un « Point Focus » consacré à la chaîne France 24 :

France 24, le bon élève des chaînes d’information

Quatre ans après son lancement, France 24 confirme les espérances que le Club Averroès avait portées sur la chaîne française d’information internationale. Les objectifs en termes d’insertion des professionnels issus des minorités visibles ont été atteints. Le Club estime même que le travail effectué par la direction de France 24 est sur ce plan exemplaire. Il se réjouit également de la persévérance d’Alain de Pouzilhac, président de France 24 à soutenir le canal en langue arabe de France 24. Un soutien qui a permis à la rédaction arabe d’assurer depuis la mi-octobre 2011 une diffusion en continu 24 heures sur 24.

En mai 2006, soit plusieurs mois avant le lancement officiel de la chaîne (6 décembre 2006), le Club Averroès invitait son PDG, Alain de Pouzilhac, à un dîner-débat avec les membres du Club. C’est au cours de cette soirée qu’Alain de Pouzilhac mesura l’importance de l’enjeu d’embaucher des journalistes et autres professions des médias issus des minorités visibles. Il reconnut lui-même que ce dîner fut fondateur dans sa prise de conscience du problème. Alain de Pouzilhac s’engagea donc auprès des membres du Club pour faire de la promotion de la diversité, une véritable priorité pour la chaîne. But largement atteint.

Les progrès furent continus tout au long de ces quatre années. Dans ces précédents rapports, le Club a toujours marqué sa satisfaction pour le travail accompli par la direction de France 24. Toutefois, certaines questions restaient en suspend comme la présence de la diversité dans le management de la chaîne. Le Club n’a cessé d’encourager les dirigeants de la chaîne à promouvoir plus de rédacteur en chef issus de la diversité. Là encore, le bilan est satisfaisant grâce notamment au recrutement de la rédaction arabe. Nous atteindrions la complète perfection si des managers issus de la diversité se retrouvaient au sein de la chaîne française ou anglaise, ou encore dans les autres services de la chaîne : distribution, technologie, marketing, publicité…

Mais ne boudons pas notre plaisir. Le travail réalisé depuis quatre ans pourrait faire rougir les autres médias tant la question a été prise au sérieux par les plus hautes instances de la société audiovisuelle extérieur de la France. Nombreux sont les témoignages positifs d’observateurs étrangers que le Club entend autour de lui pour ce travail accompli par France 24.

Autre raison de se réjouir : la diversité des points de vus à l’antenne. Le Club Averroès observe un véritable changement à l’antenne de France 24. Celle-ci offre dorénavant plus de place aux opinions différentes, au casting des experts et des invités, venus de tous les horizons. Le Club encourage les dirigeants de la chaîne à ne pas relâcher leurs efforts dans ce domaine et en profite pour leur rendre un hommage appuyé pour l’excellente couverture des évènements en Tunisie. Aujourd’hui, on ne peut plus nier le rôle et l’influence du réseau des chaînes de France 24 à travers le monde, en particulier dans les pays où il n’existe pas de presse libre.

LES CHAÎNES DE LA TNT

La TNT : le mauvais élève du PAF

Pour 2010, nous déplorons une fois encore l’inertie de l’ensemble des grilles de programmes des chaines de la TNT en matière de diversité à l’antenne. Celles-ci restent particulièrement en retard dans le domaine de la représentation des minorités. Ce constat tranche par le paradoxe de la situation qui nous est offerte.

Au moment où les chaines hertziennes ont compris les enjeux de la diversité et appliquent les clauses en vigueur dans les conventions avec le CSA et font évoluer leurs politiques à l’antenne, leur contenu, leur recrutement dans la durée, la TNT (chaines jeunes puisque créées en 2005, jeunes également par leur public), reste quant à elle hermétiquement sourde aux avancées de ses ainées, alors qu’elle est soumise aux mêmes règles.

Alors que très logiquement les chaines hertziennes assument lentement leur responsabilité éditoriale, sociale, etc., et se lancent dans la création de programmes avec une réelle prise en compte de la diversité dans une séquence en phase avec la modernité… La TNT se repose sur une présence à l’antenne de productions anglo- saxonnes déjà multi rediffusées par ailleurs. Elle néglige, à quelques rares exceptions, dans ses nouveaux programmes la présence des minorités de notre pays à l’antenne. La plupart du temps, cette présence relève du symbole et nous laisse prendre conscience du fossé qu’elles creusent avec les chaines hertziennes.

A l’exception de France Ô (traité avec France Télévisions), ni TMC, ni NT1, ni LCP- Public Sénat, ni Gulli n’ont réalisé de progrès en la matière et ont même régressé pour certaines chaines. Néanmoins, le Club Averroes souligne que W9 a fait des timides avancées avec l’arrivée de Derka (Kader de son vrai prénom) et de son JT décalé présenté en rap, Karima Charni aux commandes de « Fan de stars », et les concerts de « Talent tout neuf le live », Amélie Bitoun pour le « E-classement » ou encore Taïg Khris, ancien champion du monde de roller agressif, de nationalités grecque et algérienne, qui a trouvé sa place en animant le concert Starfloor diffusé en direct sur la chaîne ou avec « Unbreakables au delà des limites ». NRJ 12 avec Patrice Boisfer et Chakib Lahceni est encore la chaîne de la TNT qui fait le mieux, même si elle n’a pas progressé en 2010. Notons que Public Sénat est la seule chaine parlementaire à faire sa place à la diversité à l’antenne. Elle a confié la présentation et l’animation de son journal de 22h à la talentueuse Sonia Mabrouk.

Le Club Averroès se félicite aussi du « Nouveau Journal » de Direct 8 lancé mi- octobre, un format inédit de journal télévisé permettant tous les jours à 3 Français de discuter de l’actualité avec un invité généralement politique. En faisant le pari de

l’interactivité, la chaîne a fait le choix de donner la parole à la France dans toute sa diversité. Ces 3 intervenants sont choisis dans un panel représentatif de la société française tant dans sa diversité culturelle que sociale. Au moins un des participants ainsi choisi est systématiquement issu de la diversité. Cette formule permet donc quotidiennement d’échanger avec des représentants de toutes les facettes de la société française sur les principaux sujets d’actualité.

Le Club Averroès fondait de nombreux espoirs sur l’avènement de Direct Star. Or, cette nouvelle chaine, après 6 mois d’existence, a totalement fait abstraction de la diversité et se contente de gérer la présence de la diversité avec une diffusion à l’antenne d’artistes issus de la diversité.

La question essentielle est donc de savoir pourquoi la TNT refuse d’engager les nécessaires réformes qu’imposent la législation et le CSA ? Ce qui est d’autant plus incompréhensible que ces chaines de la TNT appartiennent pour la plupart aux mêmes propriétaires que les chaines hertziennes. Quoi qu’il en soit, il nous semble qu’il est encore temps pour elles de se référer à leurs aînées, avant que le CSA ne les y oblige et pourquoi pas envisager des sanctions éventuelles.

Donc, c’est un appel que le Club Averroès lance aux opérateurs des chaines de la TNT : Sortez de votre immobilisme et faites le choix d’entreprendre pour votre propre compte les politiques de diversité appliquées par les chaînes hertziennes. Bien sûr, pour les enjeux de société qui se présentent à nous, mais surtout pour le facteur de croissance économique créatrice de richesses et de parts de marché.

TV5 MONDE

Première chaîne mondiale de télévision en français, TV5 MONDE est un espace d’expression plurielle. La chaîne revendique des contenus universels, porteurs de sens et de valeurs humanistes, et privilégie la qualité, l'innovation, la découverte dans le choix et la conception de ses programmes. Tous reflètent la ligne éditoriale de la chaîne : "Montrer ici ce qui vient d'ailleurs, montrer ailleurs ce qui vient d'ici".

La programmation de la chaîne, construite autour de l’information, s’enrichit d’une politique de cinéma, de fictions, de sports, de documentaires et de productions propres.

Depuis 2008, TV5 MONDE est partenaire de la Holding de l'Audiovisuel Extérieur de La France qui détient 49% du capital et regroupe France 24 et RFI.

En 2010, TV5 MONDE confirme son volontarisme en matière de diversité, et affirme son rôle de révélateur et de vivier de jeunes talents.

LA FICTION

Edito d’Alexandre Michelin,

Président de la Commission Image de la Diversité Acse & CNC

« On n'est pas condamné à l'échec ! », il me semble opportun de commencer la présentation de ce bilan 2010 par cette sentence provocatrice, affirmative et forte parce que le formidable succès de la Commission images de diversité le prouve chaque jour !

Un succès réel en effet, qu’à l’heure du bilan 2010, 3 ans après sa mise en place en 2007 il me revient de saluer, car au delà des chiffres qui sont impressionnants : 412 œuvres soutenues et 12 millions d'euros d'aides distribuées. Il faut célébrer la passion et l'engagement tant des institutions que des créateurs.

La Commission Images de la Diversité a ouvert la voie en n’ayant pas peur d’aider des œuvres aux thèmes profonds et difficiles qui ont eu le mérite d’ouvrir le débat et de déclencher, parfois, de saines polémiques.

De ces heures de travail et d'échanges il ressort une exacte photographie d’une grande famille : La France. Car la France est diverse. Chacun d’entre nous porte en lui une individualité qui enrichi la famille et le talent de notre Commission fut de savoir présenter à tous, les histoires de chacun en les intégrant dans la grande Histoire :

celle de la famille France. Il se dégage ainsi l’image d’une diversité nationale, unique et puissante.

Lieu d’échanges et de confrontations, notre Commission a été une place où l'on a entendu les voix des créateurs s'exprimer et rencontrer le public, toujours le grand public, sur ces thèmes complexes de société de mémoire et d’identité collective. L’art et la création ont permis une résilience profonde. Pour mieux se réinventer un destin commun en somme.

Le bilan de cette commission nous prouve qu’elle n’a jamais aussi bien porté son nom. Riche d’une diversité féconde et porteuse de succès concrets.

Discrètement, efficacement, sans bruit, le bilan de la Commission Images de la Diversité est exceptionnel. En trois ans nous avons offert une richesse de sensibilités et points de vue fait de plusieurs centaines d’heures d’émotions cinématographiques et audiovisuelles qui ont rencontré des millions de Français.

De records d’audience en records d’audience, de succès en salles en succès en salles, le grand public a en effet plébiscité une fois de plus l’audace, l’authenticité et

la force de ces 412 œuvres construites en reflet et pour la France dans laquelle nous

vivons.

L’émergence de cinéastes, de réalisateurs, d’auteurs, de comédiens et j’en passe dont le talent éclatant n’a nullement échappé aux membres de cette Commission et aux publics qui ont été à chaque fois au rendez-vous. Je voudrais qu’ils soient tous salués collectivement pour leur talent, leur persévérance et leur ténacité !

Soulignons aussi la reconnaissance des professionnels, qui par les récompenses remportées à Cannes, aux Césars, par les sélections en compétition à Venise et dans les plus grands festivals de télévision, ont légitimé et encouragé cette démarche singulière à la fois volontaire et efficace.

Il me reste à remercier pour leur contribution tous les membres des institutions, les institutions elles-mêmes (CNC et l’ACSE) et leurs tutelles (Ministère de la Culture et Ministère des Affaires Sociales) qui nous ont offert le cadre juridique, technique et financier idéal tout en menant à bien avec un véritable esprit de service public la mission indispensable de cohésion sociale et de lutte contre les discriminations.

A nous aujourd’hui de maintenir ce précieux héritage de tolérance, de respect des

autres et de soi même. Grace au plus bel outil qui soit à savoir : l’Image.

Nous sommes condamnés au succès !

DIVERSITÉ, MOI NON PLUS

De Catherine Jean-Joseph Sentuc

Depuis bientôt 10 ans en France les enquêtes pour une meilleure représentation de la diversité dans les médias et principalement dans la fiction française se suivent et se ressemblent. Le constat, toujours le même, met en avant l’iniquité de cette représentation. Aujourd’hui le terme diversité maintes et maintes fois galvaudé est synonyme pour certains de contraintes et pour d’autres de non action, de frustration ou d’exaspération, mais comment se fait-il qu’aujourd’hui nous en soyons encore là ? La presse, les organismes pare-feux, les politiques, les associations, les grands médias, tout le monde a son mot à dire sur la question ! Mais quid des résultats !. Le mot « diversité » est utilisé comme une sorte de couverture pour cacher quelque chose dont on n’arrive pas vraiment à se dépatouiller, il met mal à l’aise, il fâche et pourtant il est ô combien nécessaire! On répète inlassablement que la République étant une et indivisible il est du devoir de nos institutions et de ses représentants de s’assurer du respect des valeurs qu’elle véhicule. Mais comment faire confiance alors que patine encore le combat pour une meilleure représentation féminine en politique, comment donner du crédit au politique lorsqu’il est fermé à la diversité tout en donnant des leçons d’ouverture. L’ambiguïté du modèle républicain dans la défense des minorités, les politiques se déclarant anti communautaristes tant le mot contient de charges péjoratives, tout cela opacifie avec évidence la lisibilité des progrès ou des reculs. Nous avons tous besoin de nous reconnaître quelque part, ici c’est le petit d’écran, mais à condition de ne pas user de caricatures ni de clichés. Si nous sommes séduits par tel ou tel personnage dans un film, c’est aussi parce que nous nous identifions à lui, c’est parce qu’il va réveiller cette fibre émotionnelle enfouie en chacun de nous. La diversité, on la veut à la folie, passionnément ou pas du tout. Une vraie schizophrénie collective avec comme carburant l’Histoire de France, les non-dits, les non réparations, les dénis, la peur de la mondialisation, l’inquiétude sur les mouvements de population et les bouleversements économiques. Cocktail indigeste qui nous mange la tête à tous. La fiction française n’échappe ni à cette ambiguïté ni à cette schizophrénie, elle en est même trop souvent le reflet.

Bien sûr il y a eu des avancées ; cette année les films traitant d’une problématique sur la diversité ont tous indiscutablement rencontré leur public, les audiences le prouvent. Que ce soit « Aicha » de Yamina Benguigui, « Les amants de l’ombre » de Philippe Niang, qui met en scène une passion forte mais interdite pendant la libération entre une jeune femme blanche et un GI noir interprété par Anthony Kavanagh ou encore « Fais danser la poussière » de Christian Faure, une adaptation du livre de Marie Dô qui traite de la résilience à travers le destin d’une jeune fille métisse (Prix du Jury et du Public au Festival de Luchon 2010 et meilleure audience pour France 2), ou encore plus récemment « Fracture » d’Alain Tasma qui traite de la misère sociale dans les banlieues. Ces résultats devraient faire tomber l’argument majeur des conformistes. La diversité segmentante non garante d’audience devient tout d’un coup obsolète. Mais malgré ces bons résultats on voit bien que ces fictions

restent des opportunités au coup par coup. Traiter de la diversité n’est pas et n’a jamais été un risque pour les chaînes. Seuls restent frileux certains décideurs. Sans désirs ni volonté peu de progrès à attendre. Quand il s’agit de fictions traitant d’une problématique directement liée au thème de la diversité, nous avons une distribution de premiers rôles évidemment colorée, mais quand il s’agit de fictions aux thèmes plus généralistes, alors là, la distribution perd de sa couleur. Seuls restent quelques seconds rôles. N’y a-t-il pas là, consciemment ou inconsciemment, une posture communautariste ? Pour le moment, à part quelques rares exceptions comme la série « Un Flic » sur France 2 où le rôle récurrent principal est tenu par l’acteur noir, Alex Descas, ou encore « Les Toqués » sur TF1 où l’acteur Edouard Montoute partage l’affiche avec Ingrid Chauvin, les fictions sont comme saupoudrées de diversité sans aucune réflexion préalable. On peut même se demander pourquoi tel rôle a été confié tant l’inconsistance et le décalage du personnage laisse à penser qu’il a été attribué à coup sûr pour de mauvaises raisons. Cela sert à calmer les consciences, colorer le film pour justifier d’une volonté d’ouverture et faire baisser la pression. De même peu ou pas de rôles principaux, souvent dû au manque de volonté d’y inscrire de la diversité. Nous parlons précisément de volonté car nous savons tous que le désir en la matière existe peu ou pas. Mais franchir le pas en intégrant pour de bonnes raisons la diversité dans la distribution des rôles, c’est-à-dire intégrer la société française telle qu’elle est, n’est pas encore chose aisée pour les décideurs. On a beau proscrire les quotas, ils sont bel et bien dans les têtes. Alors le vieil argument fétiche maintenant largement éventé refait surface, « il n’y en a pas » ou bien « ils ne sont pas bons » ou « pas suffisamment identifiables par le public…etc ». Même si le contraire a déjà été affirmé maintes et maintes fois, à noter que le dernier Festival de la Rochelle l’a encore démontré en septembre dernier en récompensant par deux fois le téléfilm de Virginie Sauveur « Frères » meilleur téléfilm unitaire et meilleure interprétation masculine à Tewfik Jallab ainsi qu’une belle pléiade d’acteur pour « La loi de mon pays » de Dominique Ladoge, le déni reste une dérobade et les clichés une facilité (trop compliqué de remettre toute une éducation en question). Nombre de comédiens de la diversité doivent s’étouffer, comme Jenny Alpha, doyenne des comédiennes françaises, décédée en septembre dernier à l’âge de 100 ans, comme Darling Légitimus, récompensée à la Mostra de Venise pour son rôle dans « rue Case Nègres » d’Euzhan Palcy, tout comme nombre de générations de comédiens de la diversité passées à la poubelle. Alors que faire, que dire ! Pour ceux qui doutaient encore du talent des comédiens issus de la diversité ils ont maintenant avec les films cités ci-dessus à nouveau un vivier supplémentaire assuré. Alors qu’attendent-ils pour passer à l’acte ? Pouvons nous forcer nos décideurs à ouvrir les yeux sur la France telle quelle est et non plus sur la France telle qu’ils imaginent qu’elle est ? Pour cela il reste les lois, le rôle du CSA n’est pas négligeable non plus mais sa marge d’influence est encore trop faible en raison de la liberté éditoriale, certes nécessaire, dont dispose les médias. Au bout de 10 ans de discussions, de conférences, de rapports et d’analyses nous n’y sommes toujours pas. Pourtant il y a matière à un casting représentatif de la population française. Alors où cela coince-t-il ? C’est l’idée que se font tour à tour certains castings, producteurs, et bien sûr les décideurs, de la diversité. Par manque de proximité, elle leur est pour beaucoup totalement étrangère. Il y a d’une façon évidente une méconnaissance criante de la diversité française au sein des centres

de décisions mais également des décisions à l’emporte pièce sur des rôles donnés ou supprimés aux comédiens issus de la diversité. Ces choix ne sont toujours pas le résultat d’une politique volontariste ou réfléchie mais encore et encore le résultat d’un arbitrage dur et tranchant même si le public est demandeur.

On ne peut s’empêcher de noter que 6 ans après le Colloque Écrans Pâles en présence de tous les présidents des chaînes hertziennes, où tous ont reconnu l’énorme abîme dans lequel se trouvait la fiction française en matière de diversité, on se retrouve encore en 2010, à débattre du sujet. Les travaux du Club Averroes avec Amirouche Laidi, les différents rapports, la Commission diversité conduite par Bernard Spitz et le Rapport du club Galilée élaboré par Philippe Chazal et Olivier Zegna-Rata arrivent aux mêmes conclusions.

Comment sortir de ces amalgames ? En donnant plus de sens aux différentes actions entreprises pour la valorisation des minorités visibles. En matière de fiction c’est assumer définitivement la diversité pour leur différence en donnant du sens aux rôles qu’on lui propose. Accepter la différence c’est aussi évoluer vers l’universel. C’est aussi accepter de la banaliser. Un Gérard Depardieu reste crédible en Alexandre Dumas, puisqu’il s’agit d’un rôle de composition, ce choix n’est donc pas porteur d’un problème quelconque (Richard Burton ou Anthony Hopkins ont bien joué Othello, mais Lawrence Fishburne également), même si l’identification demeure quand même corrompue par ce maquillage identitaire. N’oublions pas que ces identifications sont pourtant de vraies références dans la construction et la valorisation d’une identité. On aimerait bien que l’inverse soit possible, Anthony Kavanagh aurait pu interpréter un « Arsène Lupin » tout comme Will Smith dans le rôle de James West dans « Wild Wild West ».

Dans ce domaine les chaînes TV devraient donc être des locomotives à idées plutôt que des TGV conformistes, des initiateurs et des innovateurs dans le nécessaire changement de la mentalité française. Aider à faire prendre conscience qu’une meilleure représentation de la diversité est une voie vers la décrispation de la société, dans le désamorçage des tensions sociales, dans le rétablissement de certaines vérités historiques…etc. C’est précisément ce à quoi s’active le Club Averroès auprès des médias depuis plusieurs années.

Il serait temps d’arriver enfin à clore ce débat sur la diversité dans la fiction car tous les protagonistes sont bel et bien présents pour raconter une histoire qui pourra plaire à un public aujourd’hui averti, quoiqu’on en dise. La diversité est un passage obligé pour plus de modernité et de mieux vivre ensemble.

A l’instar de la démocratie qui a besoin de tous et de chacun, le travail pour une meilleure représentation de la diversité a besoin d´être alimenté en permanence et soutenu dans le temps. C’est nécessaire, rien n’est acquis. On ne peut pas prendre les gens par la main et les obliger à changer, mais on peut leur montrer que la possibilité existe. Pour moi, il s’agit d’un élément fondamental de ce travail et si l’on ne fait pas usage de cette possibilité, elle sera perdue également pour les générations futures. La fiction n’échappe pas à ce travail. Commençons déjà par combattre un lieu commun car si un acteur fédère autour de lui c’est qu’il possède ce talent quelles que soient ses différences.

Il y a bien longtemps que le débat sur la diversité n’est plus d’actualité chez les anglo-saxons. Il a évolué à travers Richard Dyer et son livre « White », vers une réflexion sur l’ethnocentrisme où le blanc se voit dans son imaginaire comme l’universel… Dans « White » la représentation de cette suprématie tire ses racines de ces dominations égocentriques millénaires mais fragilisée et maintenant déstabilisée par les émergences d’autres rapports de force, la montée en puissance d’autres nations et par les mouvements de population corollaires.

L’animation : un enjeu pour favoriser la diversité

L’animation contribue chaque jour à l’éducation et à l’imaginaire des enfants. C’est un enjeu majeur de la problématique de diversité dans les médias, dans la « représentation » qu’il donne aux enfants et aux parents de notre société.

Cette note ne peut être exhaustive. Elle s’appuie sur les programmes actuellement diffusés par les grandes chaines (cf. site Internet et échanges avec les diffuseurs) et ne prend pas en compte tous les programmes actuellement en développement.

Dans le cadre de cette note, on s’attachera aux séries dont les héros sont des humains.

1/ Un aperçu du marché de l’animation française en 2009

(sources SPFA, Syndicat des Producteurs Français d’Animation)

- 351 heures de programmes audiovisuels d’animation produits.

- 4231 heures de programmes d’animation (y compris 194 heures de films d’animation) diffusées par les chaînes hertziennes historiques (TF1, France 2, France 3, Canal+, France 5 et M6).

- 42,7 % de l’offre diffusée d’animation est d’origine française.

- France Télévisions a commandé 130 heures sur les 351 (contre 143 heures sur 259 en 2008).

- France Télévisions a contribué pour un volume financier de 27,5 M€ sur les 58 M€ investis par tous les diffuseurs français (contre 23,8 M€ sur 40 M€ en 2008)

2/ La diversité à l’antenne

M€ sur 40 M€ en 2 008) 2/ La diversité à l’antenne TF1 : une représentativité

TF1 : une représentativité clairement affichée

TF1 offre dans les programmes jeunesse une place visible pour la diversité. Citons « Niaho, Kai-lan » (héroïne asiatique), « Dora » et « Diego », « Inami », « Les Mistigris »….

Sur la cible 7 ans et plus, la présence de héros issus de la diversité est tout aussi importante : « Di Gata Defenders », « Glurps Attacks » (l’ami scientifique des héros est afro-américain) ou « Metajets ». A noter que tous ces programmes sont des productions anglo-saxonnes.

Pour les programmes d’initiative française, citons « Monster Buster Club », « Totaly Spies », « Spiez » voire « Eliot Kid » (avec le meilleur ami Ketou, issu de la minorité maghrébine).

A noter aussi le programme « Ouf le Prof » animé par le comédien Cartouche, lui- même issu de la diversité.

le comédien Cartouche, lui- même issu de la diversité. France Télévisions balance entre l’animation et les

France

Télévisions balance

entre

l’animation et les nouvelles écritures

une

représentation

patrimoniale

de

France TV a opté pour une politique patrimoniale.

La plupart des séries d’initiative française diffusées sont des adaptations, issues du patrimoine BD : « Tintin », « Le Marsupilami », « Gaston Lagaff », « Rahan », « Titeuf », « Capitaine Biceps », « Sam Sam», « Garfield »… Ces programmes patrimoniaux n’offrent quasiment aucune diversité à l’écran.

Concernant les productions originales de France Télévisions, citons :

- « Sally Bollywood » (héroïne indienne) qui est enquêtrice

- « Angelo la débrouille » avec son ami Victor (origine indienne).

- « Le Club des Cinq » dont une des héroïnes est anglo-indienne.

- Enfin, « Le monde de Pahé » et « Foot de Rue », clairement inscrits dans la société française d’aujourd’hui, avec une représentation des populations issues de la diversité. Ex : le héros de Pahé vit dans une cité, dans une famille nombreuse en difficulté (cadenas au frigidaire familial,…). Dans « Foot de rue », le héros s’appelle Tag, les deux jumeaux Tarek et Norredine sont les frères aînés d’une famille nombreuse, une joueuse adolescente porte un turban, …

Sur France 2, on note dans « Iron man » la présence d’un personnage noir Jim Rodes (coproduction avec le studio US Marvel), ami du héros.

M6 : une absence totale de diversité(coproduction avec le studio US Marvel), ami du héros. Force est de constater que la politique

Force est de constater que la politique de M6 en matière d’animation jeunesse n’offre aucune vitrine à la diversité. M6 a opté pour des adaptations de BD : « Le Manège Enchanté », « Le Petit Nicolas », « Spirou & Fantasio », « Les Schtroumpfs », « Charlotte aux Fraises » et, à venir « Les Blagues de Toto »…

aux Fraises » et, à venir « Les Blagues de Toto »… Canal Plus : le

Canal Plus : le cartoon avant tout et les nouvelles écritures

Via Canal Plus Family, la chaine cryptée développe des programmes d’animation plutôt cartoon, mettant en scène des animaux (Diego Oasis, Oggy et les cafards, Kaelou…).

A noter la coproduction par Canal Plus des Lascars (saisons 1 et 2) et d’un long- métrage.

3/ Quelques réflexions

De la cour d’école au petit écran : :

A quelques exceptions, le petit écran reflète rarement la réalité de la cour d’école. Il serait opportun pour les chaînes de télés françaises de promouvoir une série d’animation qui offre une image plus réaliste, et pourquoi pas valorisante, de la mixité et des minorités visibles en France.

De l’intérêt des coproductions internationales : :

Une politique orientée à l’international ne saurait que favoriser la présence à l’antenne des minorités visibles (« Monster Buster Club », « Totally Spies », « Spiez », « Lola & Virginia », « Corneil & Bernie »

Une réorientation vers les coproductions favoriserait par ailleurs les exportations, et offrirait des recettes pour le financement du service public français.

Situation du Doublage en 2010

Il n’y a aucun changement notable dans ce que nous avons pu observer en 2010 sur le plan du doublage et de la problématique de diversité.

Un exemple, dans la série américaine "The Barber Shop" diffusé en ce moment sur France Ô et qui raconte l’histoire du salon de coiffure sans doute le plus populaire du sud de Chicago. Ce salon de coiffure tenu par Calvin connaît un succès qui ne s'est jamais démenti. Pourtant, la prospérité de l'entreprise est bientôt menacée : la chaîne américaine de salons de coiffure «Nappy Cutz», qui bénéficie d'un équipement dernier cri, a en effet pour projet de s'implanter dans le quartier.

The Barber Shop est une série où les personnages sont tous noirs et les doubleurs/doubleuses, tous blancs/blanches qui prennent/prend pour certains, certaines un "accent noir" ! Cet état de fait est significatif d’une situation qui se caractérise par son immobilisme en matière de diversité dans le doublage, malgré la mise en garde de la Halde à ce sujet.

Voici le communiqué de presse diffusé par La HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) le 29 décembre 2008 :

Prévention des discriminations dans le doublage :

La HALDE rappelle que le choix d’un comédien-doubleur doit se faire en fonction de la qualité de sa voix et de sa compétence, et non en raison de sa couleur de peau ou de son origine.

La HALDE a été saisie par une comédienne métisse estimant avoir été écartée d’une session de doublage en raison de son origine.

L’enquête de la HALDE a révélé l’existence de préjugés selon lesquels « les comédiens-doubleurs noirs ne pourraient doubler que des comédiens noirs, contrairement aux comédiens-doubleurs blancs qui auraient une voix universelle ».

La HALDE adresse un rappel à la loi aux responsables du doublage de la société mise en cause.

La HALDE recommande à la Fédération des industries du Cinéma, de l’Audiovisuel et du Multimédia (FICAM) ainsi qu’à l’Union des sociétés de doublage, de diffuser une

information sur le principe de non-discrimination, et de mettre en œuvre des actions de formation pour les directeurs de plateau.

La HALDE transmet également sa délibération à la Ministre de la Culture et de la Communication, au HCI, au CSA et au CNC.

Propositions :

1. Rares sont les chaînes de télévisions, les producteurs, les entreprises de doublage qui semblent être au courant des recommandations de la Halde sur le doublage. Pour le Club Averroes qui en a sensibilisé certains d’entre eux, il y a ignorance de la problématique et très certainement une inertie du département des achats.

Une information voire une formation avec rappel des recommandations de la Halde serait nécessaire auprès des chaînes de TV, des producteurs, des entreprises de doublage et en particulier à destination des services achats…

2. Certains doublages reçoivent l'aide du CNC, y compris les séries anglaises… Dans les secteurs de l'audiovisuel et de l'industrie cinématographique, il existe donc de vraies possibilités de sanction (ex: attribution, ou non, d'aides du CNC), et donc de vraies possibilités d'action en faveur d’une meilleure mixité des doublages.

3. Un nouveau marché est en train de s'ouvrir, celui de l'audio-description. A nouveau marché, nouvelles pratiques.

Le CSA a demandé à TF1, Canal+ et M6 d'audio-décrire au moins 1 programme inédit par mois en 2011, objectif : 1 par semaine en 2013 (loi de mars 2009 prévoyant l'audio-description pour les chaînes privées réalisant plus de 2.5% d'audience).

Cette obligation est également inscrite dans le cahier des charges de France Télévisions. Leurs audio-descriptions sont produites par MFP, une de leurs filiales.

Cela concerne 1.7 millions de téléspectateurs en France.

LES RADIOS

1 - LE PÔLE RADIOPHONIQUE PUBLIC :

Radio France

Le Club Averroes n’a pas cessé de se féliciter des engagements de Radio France en faveur de la diversité. Dans ce nouveau rapport, il réitère ses félicitations. Le pôle radiophonique public reste un exemple en matière de promotion de la diversité et chaque année depuis 2004, la diversité progresse sur ses antennes, dans le contenu des programmes ainsi que parmi son personnel.

Après 5 ans d’action soutenue par une démarche structurée, Radio France est devenue la radio de tous les publics faite par tous les publics.

Au sein de l’entreprise, les équipes sont mobilisées autour de la diversité sociale, culturelle et des âges, mobilisées autour de l’égalité professionnelle à tous les niveaux, de l’emploi et de l’intégration des personnes en situation de handicap.

Le visage de Radio France change et ce nouveau visage commence à ressembler aux belles couleurs de notre pays.

Les antennes évoluent. Il y a de nouvelles voix, de nouvelles signatures et de nouvelles émissions, de nouvelles histoires, de nouveaux personnages… petits et grands événements de la périphérie sont traités par toutes les antennes.

À son arrivée en mai 2009, le Président Jean-Luc Hess a souhaité « aller plus loin » en matière de lutte contre les discriminations et de promotion de la diversité.

Le président-directeur général l’a inscrite comme priorité dans le contrat d’objectifs et de moyens (COM) signé avec le l’Etat en juillet 2010.

Autre

Diversité ».

ambition

majeure

du

président-directeur

général,

l’obtention

du

« Label

Depuis 2004, année de la signature de la charte avec plusieurs écoles pour la formation de plusieurs journalistes d’origines diverses au sein de ses rédactions, le service public n’a pas faibli dans ses promesses. Jean-Paul Cluzel, d’abord, affirmait que « pour faire des politiques qui comptent, il faut compter ». En réalité, il espérait mesurer « les réalités et les avancées ».

La charte de la diversité dans l'entreprise a permis d’entendre plus de voix venant d’ailleurs. Prenons l’exemple de France Inter où le changement est frappant.

Audrey Pulvar, la journaliste est depuis septembre aux commandes de la première partie des matinales, dès 6h du matin. On écoute également régulièrement les reportages de Nasser Madji, jeune journaliste formé par l’ESJ et qui travaille d’ailleurs aux cotés de Nour- Eddine Zidane.

Comment ne pas faire remarquer la place que les humoristes ont prise cette année ? Saphia Aram intervient deux fois par semaine dans les matinales. Le Comte de Bouderbala livre lui aussi son journal intime chez Pascale Clark dont le joker à l’antenne n’est autre qu’Ali Rebeihi. Pascale Clark a invité dans son émission quotidienne « Comme on nous parle » deux jeunes du Bondy Blog : Mehdi Meklat et Badroudine Said Abdallah.

Edouard Zambeaux est toujours aux manettes de son émission hebdomadaire « Périphéries » consacrée aux villes et aux projets dans les banlieues. « L’Afrique Enchantée » avec Soro Solo a toujours autant de succès.

Sur le plan des antennes, Radio France donne la chance à de nouvelles voix radiophoniques et à de nouvelles signatures.

A titre d’exemple, Ali Rebeihi présente chaque été sur France Inter, l’émission micro- Fictions qui a rencontré le succès d’audience de l’été (en moyenne ½ million d’auditeurs chaque soir).

La radio jeune du Mouv a recruté pour la rentrée l’animateur de France 4 Yassine BELATTAR pour animer La Matinale.

Dans le contenu des journaux, les témoignages, les interviews d’experts et les portraits sont de plus en plus ouverts à des acteurs de la diversité grâce à la mise en place d’un outil comme le « carnet d’adresses ».

Les émissions emblématiques comme « Périphéries », « L’Afrique Enchantée » ont toujours leur place dans la grille de France Inter. Cet été la direction de la chaîne a créé « Ondes urbaines » animé par Laurence WURTZ, un magazine sur les cultures urbaines, l'art, les modes de vie, la technologie, l'urbanisme, le territoire.

France Bleu Ile de France a installé des journalistes de façon permanente dans la banlieue parisienne.

La diversité fait également son apparition au travers d’opérations spéciales et de partenariat. Le Président Jean-Luc Hess a signé, le 25 mai 2010, avec le groupe de la radio algérienne publique une convention portant sur l’échange d’expertises et des partenariats éditoriaux.

- 19 mai 2010 : Le Mouv’ et Radio Bahdja ont fusionné leurs antennes pour une émission musicale de 2heures.

- 27 octobre 2010 : Le Mouv à Clichy

- 27 Octobre 2010 : Clichy-sous-Bois, 5 ans après, un grand reportage dAntoine Marette sur France Culture

- 26 Octobre 2010 : avec Jean-Christophe Lagarde, France Inter est revenu sur les émeutes de Clichy.

A France Info également, un réel effort est à souligner. Lucie Montchovi a présenté

cet été la chronique « Histoire d’une vie », et depuis la rentrée elle est la nouvelle voix

des initiatives qui naissent dans les quartiers.

Hind Meddeb, quant à elle propose un autre regard positif sur les itinéraires de personnalités qui ont réussi.

Certaines locales de radio France poursuivent leur engagement de formation des jeunes journalistes recrutés en alternance.

Radio France s’est dotée d’un carnet d’adresses. Un outil pour varier ses sources et ses invités. Toutes les rédactions disposent de cette base de données.

Nous pouvons donc dire que le service public répond aux engagements pris et progresse chaque année. Petit bémol : si les chaines du service public ont participé ainsi à la formation de nombreux jeunes issus des milieux populaires… peu on réussit à intégrer le pôle public de radios, et beaucoup ont abandonné le secteur.

A noter :

La Maîtrise de Bondy. Après le premier site historique de la Maîtrise de Radio France de Paris, rattaché au groupe scolaire Jean de la Fontaine dans le 16e arrondissement, un deuxième site a été ouvert en septembre 2007 à Bondy au sein de l'école Olympe de Gouges. Elle initie ses élèves à la musique, dispense un enseignement en chant, piano et formation musicale. Pour résumer le projet Thierry BEAUVERT, directeur de la musique de Radio France explique « Il s'agit de montrer que l'on peut obtenir les mêmes résultats musicaux et scolaires dans une ZEP et dans

le XVI e arrondissement. » Il s’agit d’un partenariat entre Radio France, l’Education, la

mairie de Bondy.

2 - LE POLE RADIOPHONIQUE PRIVE :

Dans le paysage audio des stations privées, pas vraiment de changement, à l’exception notable d’Europe 1 et de RMC. Une fois de plus, le Club Averroes

constate que ses conseils n’ont pas été suivis, et ce même quand il rencontre parfois une certaine bonne volonté de la part des dirigeants de chaines. De façon générale, pour toutes les stations, nous ne pouvons que regretter le décalage entre le nombre et la pluralité des auditeurs et l’absence de jeunes talents représentant cette diversité dans les rédactions ou les programmes.

Seule exception notable : Europe 1, qui a su surprendre en donnant cet été le pré- morning à Sylvère-Henri Cissé, le journaliste en charge de la rubrique Sports de la Matinale de Canal Plus. A renouveler ! Faut-il rappeler que la station emploie également Nagui, le 2ème animateur préféré des Français ? Et puis, il y a Aline Afanoukoé qui anime sur la chaine un magazine hebdomadaire sur les nouveautés musicales.

RTL, la première radio de France, a certes embauché Harry Roselmack, l’animateur préféré des Français pour présenter « Le journal inattendu », mais dort sur ses lauriers. Avec la plus grande part d’audience, la station n’éprouve visiblement pas le besoin de faire plus.

RMC a en revanche fait un effort dans son émission « Les grandes gueules ». En plus de Karim Zéribi et de Gaston Kelman, les intervenants sont un peu plus diversifiés. Mais, c’est sur le sport que RMC fait mieux que ses collègues, avec le journaliste sportif Karim Bennani qui a commenté cet été les matchs de la Coupe du Monde de foot.

Quant à la radio économique du même groupe, BFM Radio, l’absence de la diversité y est flagrante, comme si ce domaine économique restait encore fermé aux minorités.

Pas plus de progrès dans les radios dites musicales ! Virgin Radio n’a aucun animateur issu de la diversité. On attend mieux d’une station qui se veut « branchée » et tournée vers la jeunesse.

Même constat à Chérie FM, Nostalgie et à Rire et Chansons.

A NRJ, sur les ondes de la deuxième radio nationale, à l'exception de DJ Hassad, les voix sont « blanches ».

SKYROCK reste tout de même la radio qui privilégie le métissage avec un seul animateur ! Mehdi, anime la tranche musicale des fins d'après-midi.

Le Club Averroes adresse le même avertissement que dans son précédent rapport :

que font les radios dites jeunes sur le sujet de la diversité ? Quel signe donne-on aux auditeurs ?

Certaines initiatives, bien souvent personnelles méritent d’être signalées. Ainsi l'animateur Maurad avec l'opérateur Free, Microsoft et les grandes radios régionales ont lancé l'émission « AVIS A LA POPULATION. » Celle-ci vise entre autre à valoriser toutes les diversités. L'équipe est composée à 40% de minorités. A noter que Maurad met en place une opération nationale autour du lancement de l’émission dans de

nombreuses discothèques françaises. Objectif : lutter contre les discriminations raciales et homophobes à l'entrée des boites de nuit ainsi que l'alcoolisme chez les jeunes.

Le CSA

Le CSA a promis d’être vigilant sur les comportements corporatistes, notamment dans l’attribution de fréquences de radio. Nous attendons à ce jour des actes qui puissent accompagner les bons élèves et sanctionner ceux qui s’obstinent à ne rien faire.

Comment faut-il traduire ce désintérêt ? Les préoccupations des directions des radios semblent encore bien éloignées des réalités des Français. Pourtant, Michel Boyon, président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, a récemment estimé « impératif que chaque Français se reconnaisse dans sa télévision et dans sa radio ». Il est impératif qu’en 2011, le CSA se saisissent de la problématique de diversité en radios et impose à ces dernières comme pour les télévisions une clause de diversité dans leur cahier des charges, avec obligation de remettre un rapport annuel.

Europe 1, meilleur élève des radios privés

Alexandre Bompard peut quitter la direction d’Europe 1 avec le sentiment du travail accompli … du moins pour avoir lancer un chantier quasi-inexistant avant son arrivée rue François 1er. Il a redessiné les contours de la radio périphérique en plaçant la diversité et l’innovation au cœur de son dispositif. Son engagement sincère pour une meilleure prise en compte des différentes composantes françaises se sont traduites par l’apparition en 2009 et 2010 de professionnels, journalistes, animateurs, chroniqueurs issus de la diversité. Ainsi on peut entendre sur les ondes d’Europe 1, les voix du journaliste-reporter Walid Berrissoul, de la meneuse de jeu Fatima, de l’animatrice Aline Afanakoué, , de la présentatrice des journaux Kady Adoum-Douass ou encore de Sylvère-Henry Cissé à la tête de la tranche d’informations matinale à l’été 2010. L’arrivée de ces professionnels aux talents reconnus est la traduction de la volonté d’Europe 1 de combler son retard.

Ce volontarisme s’est aussi clairement manifesté avec l’installation de rendez-vous et de débats innovants. Nicolas Demorand et Pierre-Louis Basse de 18h à 22h interrogent notre société à travers le prisme complexe des diversités : politiques, sociales, de sexes, d’âges et ethniques. Ils s’engagent dans un traitement égalitaire des thèmes qui concernent l’ensemble des Français, avec des invités qui ressemblent à cette France diverse. Au delà du modèle naissant à Europe 1, les objectifs de cette radio doivent demeurer celles d’un média qui a pénétré dans une ère de modernité sociale. Le Club Averroes espère vivement que le successeur d’Alexandre Bompard consolidera ses avancées.

LA PRESSE ECRITE

« En raison du mode de fonctionnement de la société et des mécanismes de recrutement dans la presse, les classes moyennes et supérieures y sont sur- représentées, les milieux populaires sous-représentés. Et par conséquent, la diversité aussi. »

L’analyse de Laurent Joffrin, Directeur de publication du quotidien Libération sonne très juste !

Dans notre précédent rapport, nous faisions le constat que la presse nationale (qui ne cesse pourtant de consacrer de nombreux sujets à la diversité) s’est longtemps crue en dehors du débat, et n’a rien proposé pour améliorer la situation au sein de ses rédactions monochromes.

Dans le rapport de la Commission sur la Diversité dans les médias, présenté par M. Bernard SPITZ en 2010, la Commission a organisé une enquête auprès des principales entreprises d’information dont la presse écrite. Premier constat : « la difficulté d’aborder ce sujet : certaines rédactions se sont étonnées d’être associées à cette réflexion en recevant ce questionnaire » ironise le rapport Spitz. Et d’observer que «la thématique de la diversité n’est pas prise en compte dans la réflexion stratégique des managers ».

En 2009, il y avait bien des groupes de presse qui s’étaient engagés à recruter des jeunes journalistes de tous horizons, en respectant bien sûr les critères de compétences. Bilan : rien, ou si peu.

Or, l’argument qui nous était le plus souvent avancé ne tient plus. On nous disait :

« mais, il n’y a pas de journalistes issus de la diversité qui sont formés par les écoles ». C’est faux : toutes les écoles de journalistes peuvent aujourd’hui se targuer d’apporter leurs enseignements et de délivrer des diplômes à des étudiants venant de la banlieue et/ou dont les parents ont fait partie de vagues d’immigration.

Aujourd’hui, c’est un autre argument, la « crise », qui est avancé. « La presse écrite a expliqué le manque de diversité dans ses rédactions par une conjoncture économique spécifiquement difficile », peut-on lire dans le rapport « Médias et Diversités » de Bernard Spitz.

On ne peut pas le nier, mais on constate que la crise touche une certaine catégorie d’individus davantage que d’autres…

Résultat : un constat d’échec, déjà observé les années passées. Et ce, sur tous les plans. Pendant que le secteur de la télévision, et dans une moindre mesure la radio, effectuent de timides avancées, la presse écrite reste sourde et aveugle. Dans le rapport de Bernard Spitz, on observe ainsi que dans la presse écrite « les chiffres d’auto-évaluation de la diversité » sont spectaculairement bas, inférieurs à 5 % en moyenne ».

Comme nous le disions l’an dernier, rien ne bouge au sein des rédactions, et les remarques de 2009 valent pour 2010 :

- Pas ou très peu de journalistes issus de la diversité : aussi bien dans les quotidiens, les magazines, que dans les rédactions web des titres.

- Concernant le traitement des sujets : le problème s’aggrave. Nous l’avons toujours souligné, mais il semble que le problème demeure. Dans le contenu des journaux (en presse écrite comme en presse télé et radio) lorsqu’il s’agit de traiter des sujets liés aux minorités, aux religions, aux banlieues, aux problèmes de société en général, et même aux sujets internationaux, on a le sentiment qu’il y a de moins en moins de prudence, et que des mots et des « opinions » à l’emporte-pièce sont « balancés » sans réflexion et sans mesure.

- Sur les portraits et les illustrations, une avancée sensible se fait jour. Il semble que la situation évolue positivement et que l’on diffuse des témoignages et des portraits plus équilibrés des personnes issues de la diversité.

Malgré tout, ce constat d’ensemble nous attriste, d’autant que, comme nous le soulignions l’an dernier, la presse écrite bénéficie d’aides publiques importantes ! Les discours d’intention et certains arguments fallacieux ne suffisent plus.

C’est pour remédier à cette situation, que Bernard Spitz suggère dans son rapport, la création d’une « Charte des Entreprises de Presse » pour le développement de la diversité dans ce secteur. Dans cette charte, les entreprises de presse signataires s’engageraient sur les points suivants :

- Les contenus que les entreprises de presse produisent et diffusent concourent à la représentation équitable de la diversité de la société française.

- Elles veillent à une représentation dynamique de la diversité dans les recrutements des journalistes et pigistes, ainsi que dans le choix des experts et éditorialistes s’exprimant dans ses pages.

- Et enfin, elles contribuent à la formation et à l’accès des jeunes issus de la diversité aux stages et aux métiers du secteur de la presse ».

Tout cela assorti de l’obligation de publication de leurs résultats annuels en la matière, sous la forme d’un rapport ou de toute autre forme de communication.

Une nouvelle occasion qui nous fait dire que l’année 2011 sera décisive, dans le sens ou elle permettra de faire le tri entre ces entreprises de presse qui s’engagent, et celles qui s’obstinent à ne rien faire, au mépris du bon sens.

DIVERSITE DANS LA PUBLICITE

Depuis la parution de notre dernier rapport annuel (novembre 2009), aucune nouvelle étude statistique portant sur la représentation de la diversité dans la publicité n’a été publiée par les organismes en charge de cette tâche (ARPP et CSA). Par conséquent, à défaut de statistiques permettant de faire le point sur l’évolution de cette représentation, nous allons consacrer notre « Bilan 2010 Publicité et Diversité » aux faits marquants de l’année écoulée.

I CONFERENCE PUBLICITE ET DIVERSITE DU CLUB AVERROES (4EME EDITION / 29 JUIN 2010) :

Cette conférence, qui s’est tenue le 29 juin 2010 dans le cadre de l’Université d’Eté du SNPTV 2 , a été l’occasion pour le Club Averroes de convier médias, agences et annonceurs à débattre des thèmes suivants :

quelle importance la diversité culturelle revêt-elle dans la publicité télévisée des grandes marques?agences et annonceurs à débattre des thèmes suivants : comment la publicité télévisée et la communication

comment la publicité télévisée et la communication des grandes marques intègrent-t-elle la diversité et les dynamiques en œuvre dans une société mosaïque ? namiques en œuvre dans une société mosaïque ?

comment s’organise la nécessaire complémentarité entre le global et le localet les dy namiques en œuvre dans une société mosaïque ? ? la représentation des «

?

la représentation des « minorités visibles » et de la diversité dans la publicité progresse-t-elle en France ?nécessaire complémentarité entre le global et le local ? Ces thèmes trouvent leur justification dans la

Ces thèmes trouvent leur justification dans la recherche par notre société de nouveaux modèles, entre universalisme et micro-société, entre planétaire et villageois. La publicité intègre de plus en plus cette idée d’interpénétration du global et du local. D’autre part, la fusion d’influences d’origines diverses constitue aujourd’hui la forme d’expression privilégiée de la créativité, notamment dans le domaine de la publicité télévisée. C’est particulièrement vrai pour les marques qui s’adressent aux jeunes générations.

Concernant la représentation des minorités visibles dans la publicité, les résultats des récentes études (de l’ARPP et du CSA) nous permettent d’affirmer que le secteur de la publicité évolue progressivement vers une meilleure intégration de la diversité. Les

2 Syndicat National de la Publicité Télévisée

campagnes que nous avons évoquées durant la conférence en sont le meilleur témoignage. Cependant, il faut veiller à ce que cette amélioration soit durable, tant la responsabilité sociale de la publicité dans le processus d’évolution des mentalités est grande.

La conférence, qui a reçu près de 300 participants, a été l’occasion d’échanges de très grande qualité, et a réuni pour la première fois autour de cette problématique les orateurs les plus exceptionnels :

Marie-Laure SAUTY de CHALON : Présidente d’aufémi nin.com Laure SAUTY de CHALON : Présidente d’auféminin.com

Olivier ZEGNA-RATA, Directeur des Relations Extérieures du Groupe CANAL+Laure SAUTY de CHALON : Présidente d’aufémi nin.com Patrick LOZES, Président du CRAN Elise LONGUET, Directrice

Patrick LOZES, Président du CRANDirecteur des Relations Extérieures du Groupe CANAL+ Elise LONGUET, Directrice des Relations Extérieures et du

Elise LONGUET, Directrice des Relations Extérieures et du Mécénat de FIMALAC, Administratrice de la Fondation « Culture et Diversité »du Groupe CANAL+ Patrick LOZES, Président du CRAN Nora ME LHLI, Directrice Générale d’ENDEMOL Fiction,

Nora MELHLI, Directrice Générale d’ENDEMOL Fiction, Productrice LHLI, Directrice Générale d’ENDEMOL Fiction, Productrice

Emmanuel PINTEAUX, Directeur Marketing de PEPSICO France, branche « Soft Drinks »LHLI, Directrice Générale d’ENDEMOL Fiction, Productrice Olivier LAOUCHEZ, Président du Groupe TRACE Le Club

Olivier LAOUCHEZ, Président du Groupe TRACEMarketing de PEPSICO France, branche « Soft Drinks » Le Club Averroes remercie très chaleureusement tous

Le Club Averroes remercie très chaleureusement tous ceux qui ont contribué au succès de cette manifestation, et notamment : Stéphane Martin 3 et Aude Trémedet (SNPTV) ainsi que les équipes de Trace TV.

Voici quelques clichés de cette manifestation :

Trace TV. Voici quelques clichés de cette manifestation : A MIROUCHE LAÏDI C LUB A VERROES

AMIROUCHE LAÏDI CLUB AVERROES, PRESIDENT

3 Stéphane MARTIN a été nommé le 22 avril 2010 Directeur Général de l’ARPP (Autorité de Régulation Professionnelle de la Publicité)

O LIVIER ZEGNA-RATA M ARIE -L AURE SAUTY DE CHALON O LIVIER LAOUCHEZ C ANAL
O LIVIER ZEGNA-RATA M ARIE -L AURE SAUTY DE CHALON O LIVIER LAOUCHEZ C ANAL
O LIVIER ZEGNA-RATA M ARIE -L AURE SAUTY DE CHALON O LIVIER LAOUCHEZ C ANAL

OLIVIER ZEGNA-RATA

MARIE-LAURE SAUTY DE CHALON

OLIVIER LAOUCHEZ

CANAL+

aufeminin.com

TRACE TV

DIRECTEUR DES RELATIONS EXTERIEURES

PRESIDENTE

PRESIDENT

DES R ELATIONS E XTERIEURES P RESIDENTE P RESIDENT E MMANUEL PINTEAUX P EPSI -C OLA

EMMANUEL PINTEAUX

PEPSI-COLA DIRECTEUR MARKETING « SOFT DRINKS »

P EPSI -C OLA D IRECTEUR M ARKETING « S OFT D RINKS » P ATRICK

PATRICK LOZES

LE CRAN, PRESIDENT

S OFT D RINKS » P ATRICK LOZES L E C RAN , P RESIDENT N

NORA MELHLI

ENDEMOL FICTION DIRECTRICE GENERALE

N ORA MELHLI E NDEMOL F ICTION D IRECTRICE G ENERALE E LISE LONGUET F ONDATION

ELISE LONGUET

FONDATION CULTURE & DIVERSITE, ADMINISTRATEUR

Après le compte-rendu de cette conférence, analysons à présent quelques autres faits marquants ainsi que
Après le compte-rendu de cette conférence, analysons à présent quelques autres faits marquants ainsi que

Après le compte-rendu de cette conférence, analysons à présent quelques autres faits marquants ainsi que des tendances apparues en 2010 :

II FAITS MARQUANTS ET TENDANCES EN MATIERE DE DIVERSITE DANS LA PUBLICITE POUR LANNEE 2010 :

Tendance n°1 : grâce aux campagnes publicitaires des produits et services high-tech (smart phones, consoles de jeu, internet, opérateurs de téléphonie mobile, etc…) la diversité est davantage représentée dans les spots de pub, aussi bien qualitativement que quantitativement. Ce constat est logique compte tenu du profil des consommateurs de ces nouveaux produits (les nouvelles générations urbaines).

1 er exemple : la marque APPLE

Ci-dessous, deux visuels des récentes campagnes de lancement de l’IPhone 4 et du nouvel iPodTouch d’Apple, mettant en scène la fonction « FaceTime » des appareils.

mettant en scène la fonction « FaceTime » des appareils. Ces campagnes se singularisent par une

Ces campagnes se singularisent par une volonté affichée de montrer toute la diversité de la société, multiculturelle et métissée. Ces visuels, diffusés en France, ont été réalisées aux Etats-Unis et témoignent d’un pragmatisme commercial que bien peu d’annonceurs hexagonaux ont intégré.

2 ème exemple : BOUYGUES TELECOM Bouygues Télécom : spot « La Fée » (1

2 ème exemple : BOUYGUES TELECOM

2 ème exemple : BOUYGUES TELECOM Bouygues Télécom : spot « La Fée » (1 ère
2 ème exemple : BOUYGUES TELECOM Bouygues Télécom : spot « La Fée » (1 ère

Bouygues Télécom : spot « La Fée » (1 ère diffusion TV le 14/11/10)

Les spots de pub de l’opérateur Bouygues Télécom confirment cette année encore leur engagement à représenter les minorités visibles dans leur communication TV. Le défi était d’autant plus difficile à relever dans ce spot qui met en scène un monde fantastique peuplé de fées, de géants, et de chiens volants ! L’écran final du spot est illustré par le témoignage d’une conseillère de vente prénommée Naïma…

Tendance n°2 : les couples « mixtes » font désormais parti du paysage publicitaire français.

1 er Exemple : spot McDonald’s

français. 1 e r Exemple : spot McDonald’s Au réveil, un jeune homme apporte un capuccino
français. 1 e r Exemple : spot McDonald’s Au réveil, un jeune homme apporte un capuccino

Au réveil, un jeune homme apporte un capuccino à sa dulcinée. Il lui fait croire qu’il l’a préparé lui-même, alors qu’il est allé le chercher chez McDonald’s…

2

ème Exemple : la campagne TV institutionnelle de l’UFSBD 4

Exemple : la campagne TV institutionnelle de l’UFSBD 4 Un jeune couple « mixte » enlacé
Exemple : la campagne TV institutionnelle de l’UFSBD 4 Un jeune couple « mixte » enlacé

Un jeune couple « mixte » enlacé sur un divan. Le garçon est trahi par son « haleine de chacal » (dixit la voix off du spot). Un rendez-vous chez le dentiste s’impose…

Tendance

n°3 :

Progression

de

l’indifférenciation.

Evolution

particulièrement

notable pour les spots des marques du groupe DANONE, ainsi que pour EDF.

1 er Exemple : la marque TAILLEFINE

ainsi que pour EDF. 1 er Exemple : la marque TAILLEFINE « Taillefine Fizz » et
ainsi que pour EDF. 1 er Exemple : la marque TAILLEFINE « Taillefine Fizz » et
ainsi que pour EDF. 1 er Exemple : la marque TAILLEFINE « Taillefine Fizz » et
ainsi que pour EDF. 1 er Exemple : la marque TAILLEFINE « Taillefine Fizz » et

« Taillefine Fizz » et « Taillefine Mousse de fruit » (marques du Groupe Danone)

Les images ci-dessus sont tirés de quatre spots de pub réalisées d’une part pour la boisson Taillefine Fizz (spots 1, 2 et 3) et d’autre part pour la crème dessert Taillefine Mousse de fruit. Ces deux marques du groupe Danone intègrent avec naturel la

4 Union Française pour la Santé Bucco-dentaire

diversité de leur consommateurs(trices) dans leur communication publicitaire. Un exemple à suivre par certains concurrents de Danone 5 … Nestlé par exemple…

2 ème Exemple : EDF

Danone 5 … Nestlé par exemple… 2 ème Exemple : EDF Accroche n°1 : « Etudiant,

Accroche n°1 : « Etudiant, Sami Barbouchi voulait faire preuve d’inventivité. Aujourd’hui, il mixte créativité et réalité. »

Accroche n°2 : « Walid apprend le pilotage d’une centrale nucléaire. Nous l’entraînons à devenir un formateur de haut vol. »

Voici deux excellents visuels qui présentent des cas d’intégration réussie pour deux jeunes maghrébins. Seuls le talent et les compétences de ces jeunes servent d’arguments, loin de toute considération misérabiliste ou paternaliste. Exemples à suivre.

Tendance n°4 : les leçons ont été retenues des erreurs de stratégies marketing passées :

Dans notre rapport 2008, nous avions critiqué l’absence de représentants des minorités dans le spot TV « Les étudiants » de la banque LCL. Ces critiques semblent avoir porté leurs fruits. La banque et son agence de pub ont fini par se rendre à l’évidence : les écoles et les universités de 2011 sont riches d’étudiants de toutes les cultures et de toutes les origines…

5 A titre d’exemple : à quand une version du spot mythique « Bonjour de Nestlé » (avec le célèbre refrain : « Bonjour le café au lait à la chicorée ») mettant en scène une famille noire, asiatique, maghrébine ou métissée… ?

Rentrée universitaire 2008 : une promotion désespérément pâle… Rentrée universitaire 2010 : des rangs plus

Rentrée universitaire 2008 :

une promotion désespérément pâle…

2008 : une promotion désespérément pâle… Rentrée universitaire 2010 : des rangs plus clairsemés,

Rentrée universitaire 2010 :

des rangs plus clairsemés, mais nos étudiants ont clairement pris des couleurs !

Tendance n°5 : tel le village gaulois d’Asterix, quelques groupes d’irréductibles persistent à ignorer ostensiblement la diversité de la société française. Voici un exemple édifiant ci-dessous :

française. Voici un exemple édifiant ci-dessous : On note chez Groupama Asset Management l’intention
française. Voici un exemple édifiant ci-dessous : On note chez Groupama Asset Management l’intention

On note chez Groupama Asset Management l’intention louable de respecter scrupuleusement la parité homme-femme (50%-50%) dans ses visuels publicitaires. La diversité des origines y est par contre totalement absente. Rappelons que Groupama est signataire de la « Charte de la Diversité 6 »…

6 Ce cas est révélateur d’une situation endémique au sein des compagnies d’assurances françaises : l’extrême difficulté pour des candidats issus des minorités visibles d’y trouver leur place. Le cas célèbre de Tidjane Thiam, franco-ivoirien, CEO de la compagnie d’assurance britannique Prudential, en est la preuve : dans une interview au Guardian, M. Thiam, pourtant diplômé de Polytechnique et de l'Ecole des Mines, raconte comment il était désespéré de ne jamais trouver en France un poste à sa mesure, et d'entendre des choses comme : "Vous êtes formidable, mais il s'agit de diriger 10.000 personnes qui ne comprendraient peut-être pas l'arrivée de quelqu'un comme vous". M. Bernard Spitz, Président de la FFSA (Fédération Française des Sociétés d’Assurance) aura sûrement à cœur de corriger cette situation…

Tendance n°6 : des publicités corporate en faveur de la diversité continuellement inefficaces et indigentes, comparées aux pubs corporate américaines :

Ces publicités, véritables « vaches à lait » de certains « magazines dits de la diversité », font preuve pour la plupart d’une créativité médiocre, et se révèlent par conséquent totalement inefficaces pour changer les mentalités et mettre fin aux préjugés à l’égard des minorités visibles dans le monde de l’entreprise.

des minorités visibles dans le monde de l’entreprise. Ci-dessus : des visuels à la banalité affligeante,
des minorités visibles dans le monde de l’entreprise. Ci-dessus : des visuels à la banalité affligeante,
des minorités visibles dans le monde de l’entreprise. Ci-dessus : des visuels à la banalité affligeante,

Ci-dessus : des visuels à la banalité affligeante, mornes, « rédigées » à la va vite, inefficaces pour capter l’attention du public, fédérer les collaborateurs en interne, et promouvoir la diversité. Qu’on en juge :

- Michael Page : « Un engagement au service de l’égalité des chances »

- PPR : « Un groupe ouvert sur les hommes et sur le monde » …

- « A la MACIF, la diversité est une force » …

Michael Page, PPR et la MACIF sont des marques renommées, dont l’image auprès du public souffre d’un manque d’engagement en faveur de la diversité. Ces visuels anémiques ne les aideront sans doute pas à améliorer la situation…

En comparaison, les pubs corporate américaines font preuve de talent et d’ingéniosité pour promouvoir les valeurs de la diversité. Voici quelques exemples :

pour promouvoir les valeurs de la diversité. Voici quelques exemples : ERNST & YOUNG MASTERCARD CARGILL

ERNST & YOUNG

pour promouvoir les valeurs de la diversité. Voici quelques exemples : ERNST & YOUNG MASTERCARD CARGILL

MASTERCARD

pour promouvoir les valeurs de la diversité. Voici quelques exemples : ERNST & YOUNG MASTERCARD CARGILL

CARGILL

PEPSI-COLA KRAFT FOODS SOUTHERN COMPANY - PEPSI : « Diversity is refreshing ! » .

PEPSI-COLA

PEPSI-COLA KRAFT FOODS SOUTHERN COMPANY - PEPSI : « Diversity is refreshing ! » . -

KRAFT FOODS

PEPSI-COLA KRAFT FOODS SOUTHERN COMPANY - PEPSI : « Diversity is refreshing ! » . -

SOUTHERN COMPANY

- PEPSI : « Diversity is refreshing ! ».

- CARGILL : « Of all the ingredients in a DIVERSE company, the most important one is YOU!”

- SOUTHERN COMPANY : « Everyone should have the opportunity to stand out ».

- KRAFT FOODS : “The Delicious Difference”

- ERNST & YOUNG : “Thinking Globally?”

- MASTERCARD : “When different people come together, it’s not just beautiful, it’s priceless”.

Last but not least : le spot TV du géant mondial des assurances ALLIANZ

least : le spot TV du géant mondial des assurances ALLIANZ Autour d’une table sont r
least : le spot TV du géant mondial des assurances ALLIANZ Autour d’une table sont r
least : le spot TV du géant mondial des assurances ALLIANZ Autour d’une table sont r

Autour d’une table sont réunis divers personnages, représentant chacun une « qualité » : la curiosité, la nostalgie, l’optimisme, le cynisme, la colère, etc… Le personnage de Charlotte Rampling préside la réunion et il incarne « la raison ». Un seul représentant des minorités autour de la table : un Noir à dreadlocks, assoupi, les pieds sur la table, et il incarne « la paresse » (image ci-contre). Certains clichés ont la vie dure

En France, la publicité représente jusqu’à 12 minutes par heure sur les chaînes privées. Son influence est réelle, les images, la culture qu’elle véhicule, contribuent aussi à l’image que les Français se font d’eux-mêmes. Par conséquent, cantonner les « minorités visibles » à des rôles stéréotypés (schématiquement, les Noirs font forcément du sport ou de la musique, l’Asiatique des arts martiaux et l’Arabe tient une épicerie) serait très préjudiciable. Tous les efforts observés dans les programmes TV pour améliorer la représentation des minorités quantitativement et qualitativement, risqueraient d’être réduits à néant par certains spots (cf spot TV

Des progrès sont clairement perceptibles en 2010 comme le montrent les

Allianz)

exemples ci-dessus, mais du chemin reste à faire, en particulier en termes de ressources humaines et de diversité dans les effectifs des agences de publicité.

Pour conclure sur une note optimiste :

de publicité. Pour conclure sur une note optimiste : Le 11 janvier 2011, à Paris, la
de publicité. Pour conclure sur une note optimiste : Le 11 janvier 2011, à Paris, la

Le 11 janvier 2011, à Paris, la marque Cadum a organisé l’élection du plus beau bébé. Le jury du concours était présidé cette année par le comédien Gérard Klein. Et c’est Issa, un beau bébé d’origine africaine qui a remporté l’élection !

(photo ci contre : Issa et Laure Manaudou)

LES ANNEXES

Annexe 1

La place des cultures urbaines dans les médias

Les émissions à fort audimat, telles que H.I.P H.O.P. de Sydney sur TF1 en 1984 ou C.U.L.T. sur France 5 sur la saison 2004-2005 ont été arrêtées sans explications et indépendamment de l'impact réel du programme ou de son succès d'audience. La première a marqué à tout jamais une génération qui a fait du mot Hip Hop son fer de lance, la seconde C.U.L.T. a été récompensée d'un Grammy awards en 2006 soit un an après son interruption.

Sydney a disparu des écrans et Alexandre Michelin, l'ancien directeur des programmes de France 5 a depuis pris la tête de MSN Europe.

C'est en quelques lignes l'histoire d'une rencontre ratée entre les cultures urbaines et la télévision française.

Il s'agit maintenant d'analyser le traitement de l'information concernant les acteurs et les disciplines de la culture urbaines.

On peut constater que ce traitement médiatique a accompagné la montée en puissance des disciplines des cultures urbaines que sont la danse et le street art.

De nombreuses manifestations à succès (fondation Cartier, le Festival de danses urbaines à Suresnes, Gallizia au Grand Palais, Juste Debout, Hip Hop à Chaillot , Paris Hip Hop) ont donné l'occasion aux rédactions et aux émissions de type concours & casting de traiter ce sujet sous l'angle culturel.

Depuis Rue au Grand Palais en 2006, le travail d'identification et de popularisation se fait en parallèle de l'arrivée de ces esthétiques au cœur de l'élite culturelle et médiatique.

Néanmoins ce traitement ne s'inscrit pas dans un cadre culturel global et c'est souvent qu'on ramène cette esthétique à la question de la création en banlieue alors que c'est la question de l'émergence d'une nouvelle culture populaire globale qui serait plus pertinente.

Le vrai point de blocage aujourd’hui, voire de discrimination assumée réside dans le traitement des genres musicaux : les musiques urbaines françaises demeurent le parent pauvre du traitement médiatique.

En effet, le caractère soi-disant subversif de certains artistes peut engendrer un boycott ou à contrario le fait de n'être pas assez subversif pour certains ne leur permet pas d'entrer dans l'info sous l'angle du traitement d’un fait divers (provocation ; appel à la haine ; etc.).

Une des conséquences concrètes de cette situation est l'énorme écart de traitement des artistes selon leur esthétique.

La différence se fait principalement sur les programmes des chaines hertziennes suivants :

- Talks : très peu d'artistes de musique urbaine excepté quand la thématique de l’émission est la violence ou les problèmes de quartiers à l’exception de « Ce soir ou jamais » et des « Mots de minuits » sur France Télévisions.

- Les émissions live excluent quasi systématiquement les artistes de musique urbaine, que ce soit sur France Télévisions ou TF1 :

* « chanson de l’année »

* « disques d’or »

* « 500 choristes »

* « Taratata » (aucun rappeur n’est jamais invité car l’animateur n’aimerait pas le rap, et cela est considéré comme un argument à part entière ; à tel point qu’on aurait tendance à ne même plus les proposer). Diam’s et NTM constituent les seules exceptions, alors que des artistes comme Kery James ou Soprano ont tout à fait leur place dans ce type d’émission, et sont à même d’évoluer avec un groupe de musiciens

- Les journaux télévisés : rares sont les sujets dans les « JT » de Tf1 ou France

2 ; de France 3 ou de M6 sur les artistes de musique urbaine, sauf à les lier à des

évènements tragiques en banlieue.

Cette situation engendre une spirale négative dans la vision qu'ont les artistes des médias généralistes et des journalistes. Cette vision peut ensuite se retranscrire dans les textes dénonçant un boycott réel et ne facilite certainement l'apaisement des relations avec les jeunes notamment issus des quartiers.

Encore plus grave, les maisons de disques ont tendance à refuser des signatures en prétextant qu'une fois le cœur de cible atteint il est impossible de dépasser le plafond de verre.

Malgré ces contraintes les artistes urbains sont nombreux chaque année à atteindre des scores très importants alors qu'ils ne partent pas sur la même ligne de départ ce qui reflète certainement l'importance de la promotion digitale et du buzz sur la cible jeune.

Nous préconisons néanmoins la mise en place d'outils permettant de cerner précisément l'exposition musicale en fonction de l'esthétique et sa réelle représentativité en terme d'impact populaire (concerts, vente de disques) et ce dans la continuité de la politique en faveur des artistes francophones qui avait été imposé aux radios.

Annexe 2

REPRESENTATION DE LA DIVERSITE DANS LA BANDE-DESSINEE

Exemple : Bilal Asselah, l'associé français de Batman est un musulman sunnite algérien !

français de Batman est un musulman sunnite algérien ! Criminels, schizophrènes, psychopathes : le super-héros de

Criminels, schizophrènes, psychopathes : le super-héros de comics américain Batman a affronté de nombreux ennemis depuis sa création en 1939. Mais depuis qu'il a recruté un musulman pour l'aider à combattre le crime à Paris, c'est à des conservateurs de son propre pays qu'il doit faire face.

"Le Batman français est un immigré musulman. Son nom est Bilal Asselah et c'est un musulman sunnite algérien, un immigré en excellente forme physique, adepte du parkour (discipline de gymnastique et escalade urbaine, ndlr)", écrit ainsi le blogueur américain Warner Todd Huston sur son site Publius Forum.

"Apparemment Batman n'a pas pu trouver un vrai Français pour être le +sauveur français+", ironise l'écrivain américain, conservateur militant, qui semble ainsi écarter de sa définition de "vrai Français" les millions de Français d'origine nord-africaine.

Dans deux revues éditées par DC Comics et parues en décembre, le héros au masque de chauve-souris décide de choisir des super-héros afin de l'aider à combattre le crime dans les principales villes du monde.

En France, il sélectionne Nightrunner, un jeune homme de 22 ans originaire de Clichy- sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, d'où sont parties les émeutes des banlieues qui ont enflammé la France en novembre 2005.

La première page de la bande dessinée rappelle ces événements, à travers trois vignettes "Paris, ville de la culture", "Paris, ville de l'amour" et "ville de la musique, de la gastronomie et du vin", illustrées par des graffitis "vive la rage", des jeunes émeutiers cagoulés et un cocktail Molotov.

Bilal Asselah est arrêté par erreur par la police et passé à tabac au cours de ces affrontements. Grâce à l'influence de sa mère, une pieuse musulmane, il rejette tout

sentiment de haine et, dissimulé sous le masque et le costume noir de Nightrunner, devient un super-héros déterminé à faire triompher la justice.

un super-héros déterminé à faire triompher la justice. Mais pour des blogueurs conservateurs américains, choisir

Mais pour des blogueurs conservateurs américains, choisir un musulman comme super-héros n'est qu'une nouvelle concession au politiquement correct.

"Au moment où de jeunes musulmans terrorisent la France, alors que le terrorisme musulman agresse le monde entier, les lecteurs de Batman sont plongés dans la confusion", dénonce Warner Todd Huston

Le blog d'Angry White Dude (le mec blanc en colère) raille l'éditeur en suggérant de donner à "Nightrunner le musulman d'étranges nouveaux pouvoirs, comme celui d'enterrer les femmes jusqu'à la taille et d'écraser leurs têtes à coups de rochers", une référence à la pratique de la lapidation.

"Si vous êtes aussi malade et fatigué de ces islam-âneries, guettez la sortie de mon prochain album, L'Infidèle, mettant en scène Pigman (l'homme cochon), un ancien super-héros musulman devenu le cauchemar des jihadistes", avance de son côté le dessinateur de comics Bosch Fawstin.

L'éditeur DC Comics a refusé de s'exprimer sur la controverse, mais l'auteur du comics associant Batman et Nightrunner, le Britannique David Hine, a confié au site Death and Taxes qu'il avait "tenté de créer le héros que je voudrais voir dans une bande dessinée si j'étais Français".

"Les problèmes en banlieue et avec les minorités ethniques dominent l'actualité française sous le gouvernement de Nicolas Sarkozy et il était pour moi inévitable de faire de mon héros un Français d'origine algérienne", a-t-il précisé.

Cette mini-tempête agitant la sphère des blogueurs américains - où les sites de gauche ou musulmans attaquent les conservateurs pour leur hostilité à l'idée d'un super-héros musulman - n'a jusqu'à présent guère suscité d'écho dans l'internet francophone.

Les albums concernés, en anglais, sont en vente en France depuis le mois de décembre. Le petit nombre d'exemplaires disponibles a vite été écoulé, selon des libraires.

Source : Rory MULHOLLAND (AFP) 7 janvier 2011

REPRESENTATION DE LA DIVERSITE DANS LES JEUX VIDEOS

Avec la série GTA, les studios de Rockstar ont donné les premiers rôles à des minorités visibles. Mais d’après une nouvelle étude de l’University of southern California, cette exception est loin d’être la règle dans la production ludique.

En comparant plus de 8500 personnages de 150 jeux, sortis entre 2005 et 2006, avec la structure réelle de la société américaine, d’importantes disparités apparaissent. Medium en concurrence aux Etats-Unis avec la télévision, le jeu vidéo ne parvient pas à offrir une vision adéquate de la diversité. Ce genre de déséquilibre avait déjà été constaté dans les univers virtuels.

D’après le recensement de 2000, les blancs, qui représentent 75 % de la population américaine, sont sur-représentés dans les jeux, à plus de 80 %. Le nombre de personnages asiatiques est aussi légèrement supérieur au nombre réel aux Etats-Unis.

légèrement supérieur au nombre réel aux Etats-Unis. La représentation des africains-américains correspond

La représentation des africains-américains correspond presque aux chiffres démographiques. Toutefois, dans les jeux, les personnages noirs semblent cantonnés dans des simulations sportives ou dans des jeux qui renforcent les stéréotypes, comme par exemple, dans le titre 50 Cent : Bulletproof. Notons toutefois que l’étude de l’université de Californie est quantitative, et non qualitative : elle ne mesure pas le rôle du personnage (personnage princiapal, ennemi, adjuvant), en fonction de sa couleur de peau.

Les Hispaniques, qui représentent 12, 5 % de la population en 2000 aux Etats-Unis, sont de loin, les moins présents dans les jeux vidéo, avec à peine 3 % de l’échantillon de l’étude. Mis à part Dominic Santiago, personne secondaire de Gears of War, les héros latino sont rares.

“Les enfants hispaniques jouent plus que les enfants blancs. Et ils ne peuvent tout simplement pas se jouer”, souligne Dmitri Williams, l’un des auteurs de ce recensement virtuel. “Pour la formation de l’identité, c’est un problème. Et cela pourrait également limiter l’intérêt des groupes sous-représentés pour les nouvelles technologies”, poursuit-il.

Inégalités multiples

Pour expliquer ces disparités, les chercheurs avancent deux hypothèses : la demande globale, qui pousserait à sur-représenter les blancs. La sociologie des développeurs de jeux contribuerait aussi à renforcer les déséquilibres.

L’étude s’attache aussi à relever les inégalités des personnages masculins et féminins. Dans les univers ludiques, 85 % des personnages sont des hommes, et 15 % des femmes ; en réalité : la répartition est de 49,1 et de 50,9 %. Les travaux des chercheurs montrent enfin que les héros des jeux sont principalement des adultes, au détriment des enfants et des personnes plus âgées.

Si ce recensement est riches d’enseignements, remarquons toutefois qu’il ne prend pas en compte les personnages non-humains, qui dans le jeu vidéo, sont légion. Dans le champ d’étude, les héros de jeu à la première personne - considérés comme non-visibles - étaient aussi exclus a priori.

Source : Laurent CHECOLA (lemonde.fr) 3 août 2009