Vous êtes sur la page 1sur 19

Le livre électronique

au service
de l'Art des Idées.
Richard ANDRÉ

Intérêt du livre électronique.

Réflexions prospectives sur le livre électronique.

LE LIVRE ÉLECTRONIQUE…

Que sont ces livres électroniques ?


Les livres électroniques (ou eBooks ou livres numériques
ou perso-livres…) sont des versions virtuelles et
imprimables semblables aux livres-papier. Au contraire des
sites HTML sur le Web dont la lecture n'est pas linéaire
comme un livre (même si on le picore en sautant les pages
au gré de la fantaisie), mais à accès multiples.
GRATUITS, ou parfois vendus en ligne sur des sites
commerciaux ou ceux des auteurs, à côté ou non de leurs
doubles imprimés, ces livres électroniques vont
certainement changer, dans les temps à venir, la capacité
d'expression de très nombreux créateurs et rendre les
lecteurs plus participatifs. Ils peuvent avoir leur propre
carrière !…Comme les livre de poche ont leur propre vie, en
parallèle avec les versions reliées et de luxe. Ces mondes se
côtoient, se croisent mais ne se télescopent pas. Les livres
électroniques correspondent à des besoins et des habitudes
différents.
Un livre est le déroulement d'une pensée, que l'on peut
suivre sans les "disruptures", pour utiliser un néologisme
dérivé du vocabulaire électrique, créées par les habitudes
modernes de surfer sur les pensées et de glisser d'association
d'idée en association d'idée. C'est-à-dire que l'énergie
mentale-électrique peut s'accumuler pour réfléchir sur les
sens des idées. Il a donc une place à part entière, à côté des
pages mises en ligne par les internautes.
Le format qui semble actuellement s'imposer est le format
PDF , lisible sur tous les ordinateurs avec un logiciel gratuit,
1

comme les navigateurs. Le format TEXTE, très proche,


semble cependant moins attractif, moins professionnel…?
Mais n'est-ce pas une simple question de psychologie ?
Le livre électronique n'est qu'un moyen, modeste, mais
un moyen révolutionnaire si on réfléchit à ce qu'il peut
permettre dans l'avenir.

1
Accessible gratuitement dans la fonction "imprimer" (et non sauvegarder !) des logiciles de texte.
…POUR DES LECTEURS SATISFAITS…

Le plaisir du lecteur.

Si le plaisir du papier n'est pas directement satisfait par le


livre électronique, il y a d'autres avantages.
L'invention de Gutemberg à permis la diffusion des idées au
rythme des moyens de déplacement ; le livre électronique, à
la vitesse de la lumière, instantanément sur toute la planète !
Cela est tellement évident que nous n'y faisons même plus
attention.

La lecture pour les personnes dont la vue commence à


baisser est rendue très confortable pour peu que l'on
agrandisse le texte à la largeur de l'écran ou que l'on modifie
la taille des caractères. L'expérience montre que beaucoup
n'en ont encore pas acquis le réflexe! Lorsque l'on possède
un écran de grande taille, alors le plaisir est incomparable.
Pour ceux qui aiment faire des annotations, le fameux
copier-coller ou encore mieux le glisser-déposer permet
ensuite d'organiser ses notes, de réaliser un florilège de
citations, ou même d'éditer une analyse originale.
Une recherche par mot-clé, même si elle est prévue dans
certains ouvrages, est d'une grande efficacité et rapidité avec
les moteurs de recherche intégrés à Acrobat Reader ou
autres logiciels de texte.
Et puis, si on veut du papier, il y a toujours la possibilité
d'imprimer soi-même, et de faire relier dans une officine de
photocopies…
Autrefois, au coin du feu, on avait l'habitude de lire en
famille à haute voix. Ceux qui en font l'expérience régulière
savent le plaisir que cela procure. Il y a même des clubs de
lecture. Avec les moyens modernes de lecture informatique,
le livre électronique trouve la parole ! Faites-en
l'expérience . 2

Le livre électronique, une fois sur Internet, y


demeure…
…Si l'on y prête un minimum d'attention. Alors que les
livres des libraires – gestion de stocks oblige – disparaissent
souvent avant qu'on ait pu se décider. À moins d'acheter
systématiquement tout ce qui passe sous nos yeux et nous
fait envie !… Et les catalogues des éditeurs suivent les
mêmes contraintes économiques, dans un délai à peine plus
long. Quant à aller à la Bibliothèque Nationale : qui a le
temps de s'y rendre ?

Le livre électronique prend très peu de place. Une


fois téléchargé, un livre de 300 pages, illustré, va prendre
moins de 4 Mo sur un disque dur, ou un DVD, par exemple.
2

Les voix en français peuvent s'installer, grace à Infovox iVox et s'utilisent très facilement
(http://www.assistiveware.com/index.php?lang=french )
Qui a la place et l'argent pour posséder une bibliothèque
moyenne de 3000 ouvrages, représentant plus d'une dizaine
de mètres de rayonnages, et un investissement de quelque
30 000 € ?…!
Bien des lecteurs ont sans doute déjà constitué leur
bibliothèque électronique privée.

…ET DES ARTISTES HEUREUX

Le plaisir de l'artisan écrivain,


qui prend son temps, peaufine, et ne pense plus au monde
oppressé par la finance et l'économie désaxées, peut séduire
bien des écrivains. N'oublions pas que pour beaucoup,
l'édition traditionnelle ne sera pas à la hauteur de leurs
espoirs et que les tirages resteront limités, voire
confidentiels. Avec Internet, si l'on s'en donne la peine, on
peut toucher dans certains cas bien plus de monde. Mais
surtout BIEN PLUS LONGTEMPS !…Si le livre papier
vient en plus, alors tant mieux !
Le débutant peut être rebuté par la complexité, ou plutôt la
difficulté de trouver une explication à la fois synthétique et
suffisamment détaillée pour maîtriser les outils
informatiques. Mais l'aventureux, le chercheur que rien ne
rebute, trouvera du plaisir à venir à bout de cette "bête"
rébarbative !

La gratuité ne s'oppose pas à la rémunération…


Ces livres électroniques gratuits peuvent au contraire se
renvoyer la balle aux ouvrages sur support papier. Des
auteurs inconnus peuvent être remarqués par des éditeurs. Et
d'autre part, des auteurs qui ont déjà un éditeur confirment
que la mise à disposition d'une version électronique gratuite
peut relancer les ventes après six mois de parution – durée
habituelle de vie dans l'édition de nos jours.
Cependant, la gratuité du Web est une tradition originelle.
Beaucoup de lecteurs ayant peu de moyens : les retraités, les
étudiants, les chômeurs en particulier, sont bien heureux de
pouvoir profiter de la Connaissance dans tous les domaines
du Savoir, ou simplement d'un moment de détente, grâce à
ce support.

L'AVENIR DU LIVRE ÉLECTRONIQUE


PEUT-IL DÉCOULER DE QUELQUES
ÉVIDENCES ?…

La toile d'araignée mondiale est entrée véritablement dans


les foyers depuis à peine une dizaine d'années, ne l'oublions
pas. Quelques secondes à l'aulne de l'Histoire !… Aussi,
l'avenir de ce moyen de communication - le livre
électronique – est-il encore difficile, sinon impossible, à
percevoir. Dans tout ce qui se dit, il faut distinguer entre ce
qui est purement conjoncturel, souvent à juste titre, et ce qui
pourrait correspondre à l'Avenir de la Pensée et de la
Communication des peuples dans la Civilisation à venir.
Le livre imprimé vient de couvrir cinq siècles et demi
d'histoire, participant à de grands courants de vulgarisation
scientifiques et démocratiques en particulier. Quel sera
l'apport pour les cinq siècles à venir du livre électronique ?
Et au-delà, quel support de la pensée y aura-t-il ? La
maîtrise de la télépathie sera-t-il le pas suivant ?… Personne
ne peut le dire. Mais cette envolée imaginative fait saisir que
l'apparente banalisation du livre électronique, dans ce
monde qui ne s'étonne plus de rien, est certainement
erronée !

Les avancées techniques ne sont pas tout.


Le plus époustouflant dans ce domaine, comme dans bien
d'autres, est l'avancée de la Science. Au point d'oublier
qu'hier encore nous avions une plûme et un encrier, une
gomme et un crayon, et une machine Japy (ou Underwood)
à ruban de soie…! C'étaient les années 1950-1985…
Les ordinateurs portables sont de plus en plus légers et
performants. Les logiciels opensource, GRATUITS se
développent, à côté des logiciels payants.
Comme l'impression domestique sur support papier se
réalise maintenant à partir des appareils photo magnétiques,
on peut penser qu'un jour on pourra imprimer et relier en un
tour de main les livres électroniques que l'on souhaitera
avoir sur papier… ou que l'apparence informatique des
livres sera identique aux livres papiers, comme ces "papiers
électroniques à puce", ayant l'apparence d'une page de livre,
et contenant des ouvrages à l'infini. Des essais vont déjà
dans ce sens. Alors, qu'en sera-t-il dans plusieurs
décennies?… De "vrais livres électroniques" aux dimensions
sonores, animées, en holographie, etc… verront sans doute
le jour. Et quoi d'autre encore ?…

Mais le livre électronique ne doit pas perdre son âme :


regorger de technologie au détriment d'un moment de calme
réflexion, à un rythme lent, ponctué par la respiration du
souffle, de la méditation… et des neurones. En contrepoint
d'un monde moderne qui s'accélère.

Le livre électronique ne gardera-t-il pas avant tout sa


simplicité, comme le livre papier reste discret au profit des
idées?

L'avenir commerciales sous la contrainte de la


nouvelle conscience écologique.
Les sociétés commerciales se sont précipitées sur ce
nouveau créneau en pensant qu'il pouvait être "juteux". Elles
semblent en être revenus. Pour le moment. Reviendront-
elles à la charge ? De même que les journaux se remettent
fondamentalement en cause actuellement…
Une des critiques souvent lue est la préférence pour le
papier ! Mais comment pèsera sur l'Opinion publique la
nouvelle conscience écologique de respect des arbres, par
exemple, parmi une multitude de facteurs d'évolution des
mœurs ?
Pourtant, livre papier et livre électronique, livre payant et
livre gratuit ne s'opposent pas, mais sont parallèles.

Le livre électronique ne grignotera-t-il pas, comme une "petite


souris", le papier?

L'état actuel finira un jour…


Nous vivons une période de veillée de la Civilisation
nouvelle, caractérisée par cette conflagration mondiale,
économique, idéologique, où se heurtent les points de vue
divergents dont la "polémique" est l'étendard ; où une
fluidité quasi instable des idées débouche sur une
cacophonie assourdissante dans toutes les réunions,
rencontres, et même dans la recherche de son silence
intérieur.
Cela conduit à un rejet des pensées obsolètes et des
préoccupations anciennes, douloureux pour beaucoup.
Personnes ne sait bien où il en est, dans ce monde qu'il ne
reconnaît plus. Et cela entraîne aussi le rejet de l'autre…
Une recrudescence des intégrismes : religieux, politiques,
administratifs autorisent de moins en moins le citoyen à
vivre librement, sous le couvert de grands principes :
précaution, bonnes pratiques, sécurité, etc… qui, poussés
au-delà du raisonnable, ne profitent plus qu'aux marchands
et aux dictateurs déguisés… Ce phénomène de notre
civilisation mourante exacerbe le besoin de liberté et les
réactions de résistance des hommes.

Mais la conséquence positive est l'élévation des


intérêts qui pousse à une créativité artistique nouvelle,
encore dans l'enfance sans doute.
Ce processus de transition s'est périodiquement
rencontré au cours de l'Histoire. À la Renaissance, par
exemple. Il s'agissait plutôt alors d'un changement de
Culture que vraiment de Civilisation.
Dans le monde plein de rumeurs que nous connaissons
actuellement, où la 3e guerre mondiale – économique – qui
ne dit pas son nom mais fait rage, où bien des gens
s'interrogent sans trouver de "sens" profond à leur existence
- croient-ils -, où l'anxiété est partout présente, où la peur est
le fonds de commerce des tout ce qui s'appuie sur l'argent
mal compris, mal utilisé, ne peut-on raisonnablement penser
que cet état de choses aura une fin ? Et pourquoi pas une fin
HEUREUSE !

L'exception culturelle - innovation française - pourrait bien


dans le futur venir sur le devant de la scène (parce que
l'homme est en son cœur) et prendre le pas sur tous les
intérêts conflictuels. Comme c'est déjà le cas dans la
communauté scientifique à propos de la science.

Des aspirations accrues.


Peut-on discerner quelques ASPIRATIONS DE LA
CIVILISATION NAISSANTE?
Une fois terminée cette fameuse 3e guerre mondiale
invisible, par la réconciliation du physique et du
métaphysique ou du matériel et du spirituel, de l'économie et
de l'humanisme, …par la Paix, que restera-t-il ?
Sans doute une plus large mesure pour une aspiration
à la Connaissance. Une aspiration à la Liberté. Une
aspiration pour l'Art. Une aspiration à l'expression de
soi. Une aspiration à la connaissance de soi… conduisant
tout droit à la métaphysique. Une aspiration pour des
échanges créatifs et fraternels. Une bonne volonté de
tendre vers le Bien, le Beau, le Vrai, pour reprendre les
principes philosophiques fondamentaux… Est-ce si utopique
que cela ? Ces aspirations existent depuis bien longtemps,
mais des dimensions et des colorations nouvelles les
marqueront certainement, comme il en fut à chaque tournant
de l'Histoire.
Le livre électronique, par sa simplicité et sa souplesse, ne sera-
t-il pas un vecteur non négligeable pour répondre à ces
aspirations?…

• Une aspiration à la Connaissance.


Le vieux rêve d'Alexandrie de réunir la totalité du
savoir n'est pas loin de se réaliser. Les bibliothèques ont
maintenant une section "ouvrages électroniques", mettant
sur support virtuel les fonds existants mais aussi recueillant
ces nouveaux supports. À côté de Bibliothèques nationales
électroniques gratuites, partageant le Savoir avec le Monde,
quelle place peut avoir ce livre électronique artisanal ?
Si des communautés développent des bibliothèques
électroniques thématiques, les artisans façonnant leurs
propres ouvrages les fournissent. Et ce développement est
dit-on exponentiel! Le support électronique comme le papier
y concourent.

Avec la réalisation et la publication de L'encyclopédie,


le monde ancien s'est libéré de la superstition entretenue par
l'église temporelle. Un des mirages dans lequel le monde
contemporain est plongé est l'utilisation de la peur, à des fins
doctrinaires et commerciales. Cette peur s'insinue dans tous
les domaines de la pensée et la pollue. Elle est à la base
d'une conception erronée de la publicité, de la politique, de
l'économie, et même de l'information, qui par essence
devrait justement permettre aux citoyens de penser
librement!…
Comment se réalisera cette émancipation de la Conscience ?
Qui peut le dire aujourd'hui ? Mais elle arrivera
obligatoirement, sous peine de stagnation de la Civilisation.
Et d'autres domaine seront libérés du joug de
l'obscurantisme. L'économiisme, la financiarisme3 , les
sectes, l'intégrisme… etc. pour ne parler que de ce qui est
visible aujourd'hui. On comprend qu'il y aura beaucoup à
faire. Et la Connaissance est le meilleur moyen de se libérer,
cela ne fait aucun doute.

Quels grands courants de l'histoire à venir le livre électronique


favorisera-t-il ? …

• Une aspiration à la Liberté et à la maîtrise des


éléments.
Le monde libéré par la science, par les guerres,
s'organise peu à peu, ou rapidement selon le point de vue
considéré. Les gens s'expriment et veulent de plus en plus le
faire. Il leur reste à le faire avec un degré de liberté
croissant. Mais pour cela, le chaos de l'information doit
s'organiser. C'est un des défis de la Nouvelle Civilisation.
La parole ne peut être donnée à tous sur les ondes, en
particulier. En revanche, dans le monde virtuel, il semble
qu'il n'y ait guère de limites. Une police sur Internet existe
bien, mais elle concerne surtout la délinquance. Des
contraintes sont votées… mais aussitôt contournées ! Sans
prendre parti sur le plan de la morale, notons simplement
cette tendance à s'affranchir des interdits - pour le moment,
il s'agit de ceux concernant l'économie -. Mais aussi
progressivement à forger une nouvelle conscience du net.

Attention !… Vous avez dit attention ?


Dans le domaine du livre électronique, s'il y a liberté de
créer, en revanche il faut trouver les moyens d'être perçu,
reconnu puis d'être accepté dans une sphère, de l'agrandir,
jusqu'à devenir un espace stabilisé facilement repérable. Des
sites marchands y parviennent rapidement. Des sites gratuits
également. Dans chaque domaine de l'art, des sciences, des
religions, de la politique,… il existe des cas de réussite
ponctuels. Mais dans le domaine du livre numérique, les
tentatives privées sont encore au début. Les annuaires des
sites fournisseurs d'accès au Web sont encore trop
parcellaires et axés sur l'actualité au détriment d'une Culture
de fond. L'utilisation des moteurs de recherche, des
encyclopédies, tout en étant très pratique, a de nombreuses
contraintes et imperfections.
La Bibliothèque Nationale est un bon exemple, bien qu'à ses
débuts, de l'accessibilité aux livres. Mais le domaine privé a
encore beaucoup à faire. Il reste encore confiné dans ses 2
dimensions. Des musées font des expériences intéressantes
de salles virtuelles où les tableaux sont exposés et où l'on
peut déambuler.
Peut-on imaginer un jour se promener virtuellement en 3
dimensions sur le Web entre des tables où des livres
exposeraient leurs couvertures attrayantes, rencontrer les
auteurs dans des espaces réservés, aller saisir d'une main
impalpable les ouvrages dans des rayonnages tissés
d'électrons, ou même inviter chez soi des bibliothèques
holographiques entières, comme le cinéma de science-
fiction le montre déjà ?…
Mais cette créativité est sans doute encore très rudimentaire
et trop marquée par les modes de pensée du passé. La
révolution d'Internet montre qu'il y aura certainement encore
bien des ruptures totales dans le futur.

Il reste donc au livre électronique, à trouver comment être

pour être lisible ?…

Une protection inadaptée des droits d'auteur « © ».


Paradoxalement, l'auteur veut être libre mais protégé !… Or
s'ouvrir aux autres nécessite une prise de risque, ou plutôt un
abandon d'une fausse notion de nous-même.
Les créateurs ont besoin des autres pour vraiment exister.
Sous peine de s'enfermer dans un monde illusoire dont ils
deviennent les dupes.Aussi, "lâchent-ils" un bout de leurs
créations tout en mettant des garde-fous comme : les
enregistrements officiels, les doits de reproduction, les
procès pour plagiats, et les interdits variés.
Les contraintes existant actuellement pour citer un autre
auteur, reproduire un élément de ce qu'il a "révélé" au
monde sont encore un frein trop important. Ne nous référons
pas à ceux qui se contentent d'un copié-collé sans
participation personnelle, quoique la collecte d'éléments
dispersés est en soi un travail. Regardons par exemple les
anthologies d'auteurs, de poètes… Mais la tendance de
l'esprit de lucre venu d'outre-atlantique, des juristes-
procéduriers-opportunistes jouant du copyright pour un
profit parfois illicite bien que légal, nuit gravement à la
Culture !

Et tout cela ne ralentit-ils pas la circulation des idées à une


époque où l'information traverse la planète à la vitesse de la
lumière ?

Les idées n'appartiennent à personnes ; donc tout le monde


peut en jouer. C'est le bien commun de l'Humanité.
L'expression originale en est cependant "protégée" par la
Loi. Et c'est la porte ouverte à tous les abus, dans un sens
comme dans l'autre.
Mais les artistes savent bien par expérience que lorsqu'ils
ont créé une œuvre, quel que soit le domaine, quelqu'un, à
l'autre bout du monde a eu en même temps la même idée, la
même vision. Où est "l'originalité" ? Alors, la Loi est-elle
vraiment adaptée ?

Le sujet est trop vaste pour que nous le traitions en ces


lignes. Mais simplement, réfléchissons à ce que pourra être
l'avenir…
La reconnaissance intellectuelle devra sans doute évoluer
vers plus de grandeur, de noblesse, de souplesse et de
transparence…… PERMETTANT UN MEILLEUR
ÉCHANGE ENTRE AUTEURS, MAIS SURTOUT ENTRE
IDÉES.

S'affranchir du sens illusoire de "paternité" d'une


œuvre.
À la base, il y a une fausse notion psychologique. Un
écrivain-créateur a presque toujours un réflexe de paternité
ou de maternité. Comme ces parents qui s'imaginent, parfois
toute une vie, que leur progéniture leur appartient. Ce que
cette progéniture, par ailleurs, s'empressent de les détromper
bien vite!…
La reconnaissance bienveillante à celui qui a fait un effort
vers l'autre, pour l'autre, en partageant son savoir, son art,
son inspiration, ne sera-t-elle pas une valeur qui pourra se
substituer à la rémunération d'une œuvre dont il ne sera
JAMAIS propriétaire, sinon aux canons de la loi. La
courtoisie qui consiste à citer ses sources ne sera-t-elle pas
facilitée lorsque les obstacles sans fin : pour trouver les
"propriétaires" d'une œuvre, se justifier, se protéger
légalement, etc… seront aplanis?

Le livre électronique, en perdant sa substance matérielle


aidera-t-il l'artiste, à se dépouiller de ses illusions ?…

• Une aspiration pour l'Art.


Certains philosophes pensent que la Civilisation à venir sera
caractérisée par l'Art de l'expression des Idées, comme l'ère
chrétienne fut marquée par la magnification de la Beauté de
la Nature et du Corps. Les musées témoignent amplement de
cela.
Pour exprimer les idées, il y eut dans l'Antiquité l'Art
Oratoires des Grecs, pour parfaire la maîtrise du verbe. Et
l'Art théâtral, pour communiquer et éduquer le peuple. Le
livre, avec sa nouvelle dimension électronique aux
possibilités encore incalculables, ne sera-t-il pas le vecteur
idéal, ou un des vecteurs, de la création artistique, de la
diffusion des idées et des échanges entre les individus ? Ce
tournant, amorcé grâce à l'invention de Gutenberg, au profit
de privilégiés, ne fait que s'amplifier comme une lame de
fond infinie!

Le livre électronique, dans sa simplicité, sera-t-il un bon


serviteur de l'Art des Idées?…
• Une aspiration à l'expression de soi.
Le besoin de s'exprimer pleinement, non avec une
pensée bouillonnante, parfois vindicative, intolérante ou
brouillonne, parfois réduite au baraguinage des "sms", mais
comme une expression artistique majeure. Elle découle des
progrès de l'instruction, des Sciences et de sa vulgarisation
inspirée de la philosophie des Encyclopédistes. Les peuples,
en se libérant des contraintes vitales grâce aux techniques, et
en libérant du temps grâce aux progrès sociaux, aspireront
certainement de plus en plus à s'exprimer, à créer, à
échanger. Le triste spectacle centré sur l'économiisme
auquel nous assistons actuellement, ne sera certainement pas
représentatif d'une Civilisation apaisée. S'affranchissant des
valeurs morales collectives désuètes cette expression de soi
pourra déboucher sur une conscience individuelle éthique,
au service du bien de tous.
Et cet Art de l'écrit, que de plus en plus de personnes
posséderont inévitablement, pourra couler comme une
source vive, dans l'univers virtuel.

Le livre électronique favorisera-t-il la Renaissance d'une belle


langue française ?

• Une aspiration à la connaissance de soi… conduisant


tout droit à la métaphysique.
A partir de l'expression libre de soi le chemin est
amorcé vers la connaissance de soi. La science
psychologique qui a réémergé au XXe siècle, depuis la
période hellénistique, grâce aux trois grandes écoles de
psychologie matérielles Freudienne, Adlerienne et
Jungienne, ainsi que des écoles apparentées, a développé un
goût pour l'introspection. Si celle-ci n'est pas toujours en
odeur de sainteté, à cause d'un excès de psychologiisme
(comme il en est de l'économiisme) cela ne vaut pas dire 3

que la psychologie ne sera pas une Science essentielle de la


3
le néologisme "psychologiisme" ou psychologisme est cette tendance à tout interpréter en fonction de la psychologiques, et a occulter
toutes autres explications . idem pour économiisme, financiarisme…
Civilisation à venir. N'oublions pas qu'elle ne dit pas
toujours son nom, mais elle est à la base de la publicité, du
management, des campagnes politiques, de l'enseignement
bouddhiste contemporain, etc…
Pour le moment, les peuples en sont encore les victimes. À
la télévision il existe pratiquement pas ou peu d'émission
décodant le dessous psychologique des cartes !… Parfois,
les "explications" sont même utilisées pour mieux
conditionner les masses, comme le font de tout temps les
fakirs qui abusent de la crédulité.
Ce monde foisonnant d'informations aura certainement à
maîtriser un autre défi majeur : mieux se connaître pour ne
pas être la marionnette du jeu et devenir le témoin objectif et
scientifique de la pensée mondiale.

L'observation scientifique expérimentale des causes et des


effets, à la base de la Science psychologique, débouchera
sur une plus large reconnaissance de la responsabilité de nos
actes… et de leur déculpabilisation ! Pour le moment notre
culture occidentale préfère parler de ce que nous légueront
aux générations futures… Mais la frontière est ténue avec la
reconnaissance de la loi de cause à effet ou du karma. Ce
que Shakespeare illustre avec beaucoup d'humour et de
verve dans "Beaucoup de bruit pour rien"…
Ces interrogations sur notre moi superficiel, subconscient,
inconscient, puis notre Soi profond, conduisent tout droit à
la métaphysique, dont Malraux a dit qu'elle serait la
caractéristique de la Civilisation du XXIe siècle.
Pour cette connaissance de soi, quel meilleur moyen, pour
commencer, que de lire des textes éclairés ? Même si ce
n'est pas tout.

Des livres d'étude philosophique et psychologique commencent


à se vulgariser grâce au livre électronique 4.

4
Un seul exemple entre mille : Le bestseller de Yogananda qui offre une bonne approche de la métaphysique pour le grand public, (gratuit,
en anglais). (http://www.gutenberg.org/etext/7452 )
• Une aspiration pour des échanges créatifs.
La communauté scientifique, la communauté Internet
initiale sont de bons exemples d'univers apaisés, fraternels,
gratuits où se développe le paradoxe du partage sans lien.
Des penseurs libres, évitant de se mettre sous tutelle
psychologique de groupes idéologiques, partagent leur
savoir. Même si rien n'est parfait. N'est-ce pas une aspiration
de ce type qui gagnera peu à peu toutes les couches sociales
? Les réponses ne se feront pas alors sous forme de
"blogues" souvent réactionnels et indigestes, qui ont aussi
un certain intérêt par ailleurs, mais d'une pensée
scientifiquement étayée, artistiquement élaborée.

Le livre électronique est facile à échanger.

• Une bonne volonté de tendre vers le Bien, le Beau, le


Vrai.
La seconde guerre mondiale a développé un immense
courant de bonne volonté de PAIX. "Plus jamais cela", fut le
leith motiv qui a accompagné la création de l'Europe.
Cet esprit essaime maintenant vers le monde méditerranéen,
encore trop déchiré. Comme autrefois l'Esprit des Lumières
à déferlé sur le Monde. Dans cette Nouvelle Civilisation
apaisée, les grands principes philosophiques éternels de
Bien, de Beau, de Vrai, pourront plus facilement refleurir. Il
reste sans doute encore beaucoup à faire dans tous les
domaines. Mais lorsque les auteurs parviennent à exprimer
une véritable expérience, aussi minime soit-elle, selon les
canons de la beauté, n'en résulte-t-il pas du bien pour le
lecteur et pour l'auteur ? Il n'est peut-être pas inutile de
rappeler cette évidence commune dans cette période en
quête de Sens.

Le livre électronique ne sera-t-il pas un modeste outil de tout


cela?…
***

C ette courte réflexion, un peu utopique, n'est peut-être


pas un rêve….
Qui peut prédire comment la Civilisation basculera ?…
Qui peut dire comment l'échange d'hypothèses, de
démonstrations, de thèse… Sur un mode scientifique
commun, pourra se développer dans l'avenir ?…
Une CRÉATION ARTISTIQUE LIBRE, DIFFUSÉE SANS
CONTRAINTE, S'HARMONISANT DANS DES
ÉCHANGES CRÉATIFS sera certainement favorisée…
grâce à ce moyen, et bien d'autres.
Le flux des idées est libéré — comme jamais — des carcans
matériels, et rien ne pourra l'arrêter… Il reste aux citoyens
du futur la tâche de se libérer des cristallisations doctrinaires
et des courants d'opinions qui façonnent sans cesse le
Monde.

Richard ANDRÉ

rich-andre@orange.fr

Copyright : Ce texte peut être librement cité et reproduit, sans autorisation préalable. Prière
simplement de citer la source :
Les Éditions Électroniques Richard ANDRÉ - http://alivresraeditelect.site.voila.fr/
Les Éditions électroniques Richard André mettent à disposition des
lecteurs une série d'ouvrages de l'auteur, dans le pur style artisanal et de gratuité du
Web ; ainsi que d'auteurs amis. Le dénominateur de ces écrits est l'esprit scientifique
expérimental, la recherche de compréhension des grandes questions qui inaugure la
nouvelle Civilisation, le soucis d'une pensée libre de toute école mais qui n'en exclut
aucune, mettant l'accent sur la synthèse de ce qui les unit. Il n'y a pas d'engagement
véritable possible dans un service fraternel, sans une compréhension libre du pourquoi
des évènements.

Catalogue