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7 Secrets d'Un Regard Manipulateur Il est peu de créatures qui échappent à la domination du

7 Secrets d'Un Regard Manipulateur

Il est peu de créatures qui échappent à la domination du regard.

S’il est impérieux, il subjugue ; s’il est tendre, il émeut ; s’il est triste, il nous pénètre de mélancolie.

Mais cette fascination ne peut être réelle et forte que si elle est provoquée par la pensée qui maintient et fixe ce regard, en lui communiquant l’expression terrible ou propice, persuasive ou défiante, que seules peuvent maintenir la fermeté et la persévérance des forces actives de notre cerveau.

Le regard doit être la projection d’une pensée

Quelques personnes, dit Yoritomo, possèdent naturelle- ment un regard fascinateur ; ce sont, généralement ceux qui, par une disposition naturelle, peuvent fixer longtemps sans cligner des yeux.

“Mais il ne suffit pas de pouvoir projeter un regard dont la persistance occasionne un malaise passager, qui aboutit toujours, ou presque toujours, à l’asservissement du plus faible.

“Ce regard doit être la projection d’une pensée dont la forme fixe est assez définie pour que sa pénétration d’influence devienne efficace.

“Mais, dira-t-on, il n’est pas toujours nécessaire de penser, puisque nombre d’animaux possèdent ce pouvoir de fascination, tel le serpent qui tient l’oiseau immobile sous la domination de son regard, au point que celui-ci ne songe pas à faire usage de ses ailes pour échapper à son ennemi.

“Mais si la pensée consciente n’existe pas chez l’animal, elle n’en est pas moins vivace à l’état instinctif.

“Il y a dans le cerveau du serpent une force aveugle, mais très accentuée qui se traduit par la volonté violente de s’emparer d’une proie, et cette force, mise au service d’un instinct puissant, détermine une contrainte qui, dans l’être le plus faible, suffit à paralyser toute velléité de résistance.

Le regard de l’homme peut devenir un agent redoutable d’influence et de suggestion

Le serpent, du reste, ne monopolise pas ce privilège de fascination s’il faut en croire certaines chroniques françaises, postérieures à Yoritomo.

Dans un vieux livre qui fut publié au 17 ème siècle par Rousseau, il est dit qu’un crapaud enfermé dans un vase dont il ne peut sortir, subit difficilement la fascination du regard humain .

Il cherche d’abord, sous l’influence d’un malaise évident, à s’échapper, puis, lorsqu’il est bien convaincu qu’il n’y peut parvenir, il se retourne, fixe l’homme son tour et finit parfois par mourir de cette contrainte.

Faut-il ajouter foi à son dire quand il raconte qu’un jour, un crapaud, plus robuste ou plus irritable que les autres, arriva à river si longtemps son regard sur le sien, qu’il subit lui-même l’influence de l’animal et s’évanouit sous 1a fixité implacable de son regard ?

Je ne crois pas que de pareilles expériences aient été constatées bien officiellement.

Mais il est quand même intéressant de conclure que, si sous l’empire d’une pensée instinctive, l’œil de l’animal peut acquérir une puissance rare, le regard de l’homme, quand il est animé d’une pensée active et raisonnée, peut devenir un agent redoutable d’influence et de suggestion.

Pour convaincre un adversaire, dit le philosophe nippon, il est nécessaire de le regarder bien en face, entre les 2 yeux, à la racine du nez.

Mais il serait très maladroit d’employer cette méthode sans discrétion.

“Les uns y verraient une insolence, et leur irritation les déroberait à l’influence du fluide.

D’autres en ressentiraient un malaise particulier qui les ferait détourner les yeux avant d’avoir subi l’entière influence, ou qui les empêcherait de renouer un entretien avec la personne qui les aurait si fâcheusement impressionnés.

Comment préparer l’action du regard

“Le mieux est donc de préparer l’action du regard par une entrée en matière qui ne donne aucun soupçon à l’interlocuteur.

“On doit se présenter d’une façon aisée et réservée et écouter, sans donner de signes d’impatience, pour éviter les objections qu’on pourrait vous faire.

Il est de ces objections qui ne sont pas dépourvues de justesse et l’on aurait d’autant plus mauvaise grâce à les combattre qu’il faut savoir réserver son influence pour les questions primordiales.

“Il est inutile d’ajouter que le moindre emportement, en déplaçant le point de concentration de la pensée, serait nuisible et gravement pernicieux pour la réussite de ce que nous désirons.

“Un trop grand excès de modestie serait encore à redouter car le rayonnement de la pensée – et, partant de là, celui de l’influence – s’opérerait à nos dépens.

“La timidité est encore un obstacle à l’influence du regard qui doit, dès le premier échange, tomber droit et franc dans celui de l’interlocuteur.

“Une fois ce premier choc essuyé, on doit détourner les yeux sans affectation.

Évitez surtout le regard de l’adversaire, dans les premières minutes de la conversation, avant que le vôtre n’ait pris contact.

Il doit, en quelque sorte, s’agrafer au sien sans laisser son œil avoir prise sur vous.

“En un mot, celui qui veut influencer l’autre, doit prendre grande attention de ne pas le lui laisser deviner sinon ce dernier se mettrait sur la défensive et rendrait tous les efforts vains.

L’histoire du jeune homme qui fut battu par ses propres armes

“J’ai connu, ajoute Yoritomo, un jeune homme nommé Yon- Li, qui était venu trouver un daïmo(maître) dans l’intention de servir de médiateur entre lui et un de ses amis.

“On doit à la vérité d’ajouter que le but de cette démarche n’était pas désintéressé, car il s’agissait de pousser le daïmo à conclure une transaction qui le lésait dans ses intérêts.

“Aussi l’ami avait-il promis une bonne somme à Yon-Li s’il arrivait à influencer le grand personnage au point de le forcer à cette solution.

“Depuis longtemps déjà, le jeune homme s’exerçait à des pratiques pour le développement de l’influence psychique et se

croyait arrivé au point où l’on est sûr de soi-même.

“Il entra donc et darda immédiatement sur le daïmo un regard que l’autre trouva singulier.

Il chercha à démêler la cause d’un coup d’œil qui devenait presque agressif à force de vouloir être dominateur.

“C’était un homme de grande résolution, dont la pénétration était depuis longtemps exercée.

“Il n’eut pas grand peine à découvrir le mobile qui dictait l’attitude du jeune Yon-Li et il conçut l’idée de le battre par ses propres armes.

“Évitant de mirer ses prunelles dans celles de son visiteur, il le fixa de la façon que nous avons décrite, à la racine du nez en concentrant fortement sa pensée sur l’idée de domination.

“Le jeune maladroit n’était pas préparé à une riposte plus impérieuse que l’attaque.

Sa belle assurance fléchit un peu sous l’influence de ce regard pénétrant, il cligna des yeux, abaissa les paupières et se détourna légèrement ...

“Il était vaincu.

Et c’est en balbutiant qu’il essaya de produire sa demande.

Non seulement, elle ne fut ni écoutée ni admise, mais il eut encore la confusion de se laisser confesser et d’avouer, presque malgré lui, le marché indélicat qu’il s’était fait fort de conclure.”

Et Yoritomo ajoute :

“L’influence du regard est indéniable.

C’est la puissance occulte mise en vibration par la force de la pensée.

C’est le résultat de l’action des forces qui nous entourent, combinées avec notre propre force vitale.

“Ce n’est pas au hasard qu’il faut se servir de ces forces.

Avant tout, il est bon de les asservir, afin de les produire comme des armes, offensives ou défensives, dans la grande bataille ou triomphent la sagesse et le savoir humain.”

Mais comme lorsqu’il s’est agi de la conquête de l’Énergie, aussi bien que lorsqu’il enseigne à vaincre la timidité, Yoritomo ne se contente pas d’énoncer des préceptes :

-Il nous donne le moyen d’acquérir les précieux dons qu’il préconise.

Exercices pour développer la puissance du regard

“Pour parvenir, dit-il, à cette puissance du regard qui est une des conditions premières de l’édification de l’Empire mental, quelques exercices sont nécessaires :

“Par exemple, il est bon de traverser d’un bambou une feuille de vélin puis de s’asseoir à quelques pas de distance en fixant le bambou sans que le regard erre sur le vélin.

Papier vélin : Sorte de calque imprimé ou non, embossé ou non et parfois même avec des paillettes.

“Ce n’est pas au hasard qu’il faut se servir de ces forces. Avant tout, il est

Papier vélin

“On doit employer sa force de volonté à ne pas laisser battre les paupières.

“Cet exercice doit se faire d’abord en comptant jusqu’à 20, puis jusqu’à 30, 40 en augmentant jusqu’à 200 c’est assez.

“Lorsqu’on fera facilement ce premier effort, il sera temps de passer à un autre plus compliqué :

“Après avoir troué la feuille de vélin, on retirera le

bambou, en ayant soin de couper les bords de la déchirure, de façon à la rendre bien nette, et c’est cette déchirure qu’il faudra fixer, 1, 2, 3 minutes, davantage s’il est possible.

“Il est aussi bon de se placer devant une surface brillante, – de l’étain de préférence, – à son défaut de l’argent et de l’or, et d’y rechercher l’image de ses propres yeux.

“Plongez votre regard dans le fond de vos yeux.

Ce sera d’abord un bon moyen pour vous exercer à subir celui d’autrui.

“Dans cette situation, tournez la tête de droite à gauche, puis de gauche à droite sans perdre de vue l’image de vos yeux.

“Cela fortifie les muscles des yeux et donne au regard leur fermeté et la puissance désirables.”

“En tout temps, vous devez éviter de cligner des yeux et de battre des paupières et vous exercer à subir fermement le regard des hommes.”

L’unité de pensée est indispensable pendant le développement du regard

Mais toutes ces pratiques seront vaines si, pendant le temps de cette contemplation, vous ne savez pas concentrer votre pensée sur un sujet unique.

Quelle influence voulez-vous donc exercer sur les autres si vous ne savez pas d’abord vous maîtriser vous-même ?

L’unité de pensée est indispensable pendant le dévelop- pement du regard.

S’il semblait trop difficile de la maintenir sur le même point, pendant tout le temps de la fixité, il faudrait alors avoir recours à des moyens de suggestion comme ceux-ci :

“1° Compter d’abord jusqu’à 10 avec la seule préoccupa- tion de le faire lentement et de laisser le même espace entre l’énoncé des chiffres.

“2° Rouler dans ses doigts un chapelet d’une soixantaine

de grains enfilés et les compter tout bas, sans perdre de vue le point que l’on fixe.

“On comptera d’abord jusqu’à 5 ou jusqu’à 10.

Puis on augmentera, en ayant soin de recommencer si on constatait que l’attention a dévié et que pendant que l’on prononce les chiffres, elle a bifurqué ou s’est écartée, ne fût-ce qu’un instant, de l’unique pensée qui doit faire l’objet de notre application.”

Expérimenter la puissance du regard

Mais ce n’est pas tout, dès que nous avons acquis les qua- lités de la culture du regard, il s’agit de les expérimenter et voici ce que le philosophe nous conseille :

“Lorsque vous vous êtes rendu maître de votre regard et que vous avez pu conquérir en même temps la fixité de la pensée, essayez, dans une assemblée, de faire subir votre ascendant visuel à quelqu’un parmi la foule.

Pour commencer, choisissez-le d’apparence plus débile que vous-même et attachez votre regard sur sa nuque, avec l’idée unique, envahissante, obsédante de le voir se retourner.

“Si votre influence est déjà suffisamment formée, au bout d’un temps plus ou moins long, vous le verrez s’agiter, puis remuer imperceptiblement la tête comme pour secouer une pensée importune.

Enfin, il portera la main au point que couve votre œil, puis, invinciblement se retournera.

“Cette expérience peut être renouvelée sur toutes sortes de sujets, et elle réussira toujours à condition que vous sachiez envelopper ceux que vous visez d’un courant mental intense dont l’action se combinera avec celle du regard.

“Vous voyez donc de quelle portée cette faculté peut être dans les circonstances ordinaires de la vie :

-C’est le secret de ceux qu’on appelle des charmeurs, ceux auxquels on résiste mal et qui savent obtenir toutes les faveurs qu’ils réclament en parlant de la joie qu’ils auraient à les

posséder.

Pourquoi?

Car ils savent bien qu’en concentrant leur pensée avec force sur l’objet de leur demande, l’esprit influencé de l’interlocuteur en conçoit plus aisément l’abandon.

Surtout si la domination de l’œil vient accroître cette conviction en créant en lui un état psychique qui l’asservit à ce pouvoir.”

L’homme doué d’une volonté bien ferme n’a rien à craindre

Ces préceptes, du reste, étaient ceux de cet autre dompteur d’âmes, Mahomet, qui disait :

“L’effet du regard est vrai.

S’il y avait au monde une chose qui puisse aller plus rapidement que la destinée, ce serait le coup d’œil.”

De là, du reste, sont nées force superstitions contre lesquelles le Shogun nous met en garde :

“Une des raisons, dit-il, qui militent en faveur de la culture du regard, c’est la nécessité d’échapper à certaines gens qui prétendent avoir hérité de la puissance occulte des magiciens.

“L’homme doué d’une volonté bien ferme n’a rien à craindre de ces effrontés menteurs, mais le sensitif, l’impulsif, celui qui ne sait se dominer, leur devient une proie facile, et les suggestions de ces misérables le conduisent bientôt à dilapider sa fortune pour répondre à leurs stupides exigences.”

“Du reste, ajoute encore Yoritomo, ceux qui voudraient se servir de leur influence occulte pour contraindre autrui à une mauvaise action seraient vite punis par la perte même de cette influence. Elle ne se développe bellement que sous l’action des pensées salutaires, alors qu’elle se rétracte et finit par s’annihiler quand la pensée qui la projette habituellement est du nombre de celles dont il est dit :

“Les pensées mauvaises à l’égard d’autrui sont des verges qui serviront un jour à nous frapper nous-mêmes.”

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