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Technologie SDH – Mise en œuvre d’une architecture en anneau

Marie-Bernadette PIEL (1) et Laurent PARIZE (2) Département Réseaux et Télécoms, IUT St Malo (1) Marie-bernadette.Piel@univ-rennes1.fr (2) Laurent.Parize@univ-rennes1.fr

Résumé - Le département R&T de l’IUT de Saint-Malo s’est orienté depuis plusieurs années vers l’enseignement des réseaux opérateurs, principalement en raison du contexte industriel local (forte présence des opérateurs, nombreuses plates-formes de supervision de cœurs de réseaux). Dans ce cadre, nous avons abordé l’enseignement de la technologie SDH (Synchronous Digital Hierarchy) sous forme de cours et de travaux pratiques en 2 ème année. L’objet du présent article est de présenter notre démarche.

I - Introduction La technologie SDH est une technique de multiplexage pour les transports très hauts débits. Située au niveau de la couche physique, elle est basée sur le principe des pointeurs et des conteneurs virtuels. Il s’agit d’une architecture particulièrement complexe, à laquelle nos étudiants (particulièrement en apprentissage chez des opérateurs) sont souvent confrontés. L’objet du présent article est de montrer de quelle manière elle est enseignée au sein du département R&T de l’IUT de Saint-Malo, en insistant tout particulièrement sur les aspects abordés en travaux pratiques.

Après un bref rappel du multiplexage PDH et de l’ensemble des matériels nécessaires, les enseignements traitent des aspects suivants : les différents débits rencontrés, l’intérêt de ce type de multiplexage, le contenu de la trame avec l’enveloppe de charge utile et les « surdébits », le principe du mapping avec les conteneurs virtuels, les différentes architectures possibles, les équipements SDH ou MIE (Multiplexeur à Insertion et Extraction), la gestion des alarmes en tout point d’une liaison, la protection avec la possibilité de reroutage en cas de défaillance et enfin, une présentation de la technologie SDH nouvelle génération.

Toute la difficulté est d’illustrer de manière concrète et synthétique l’ensemble de ces concepts. C’est l’objet des travaux pratiques que nous souhaitons présenter. Ces derniers permettent de mettre en œuvre deux MIE STM4 et deux MIE STM16 de marque Nortel, ainsi qu’un analyseur SDH. Ce dernier permet à la fois de générer un lien de débit choisi (E1 à STM 16), et d’analyser le lien reçu. Les MIEs, sur lesquels travaillent les étudiants, sont placés selon une architecture en anneau. Ces travaux pratiques consistent à réaliser par étape une liaison point à point en paramétrant quatre MIE placés sur des anneaux pour faire transiter un lien E3 et quatre liens E1 d’un point A vers un point B puis analyser ces liens.

Ce papier est structuré de la manière suivante : une première partie résume la technologie SDH, une

deuxième partie décrit le sujet des travaux pratiques, une troisième partie décrit l’évolution de la technologie SDH et la quatrième partie présente le coût financier des équipements des travaux pratiques.

II – Présentation de la technologie SDH

1- Intérêts de la technologie SDH La technologie Sonet (Synchronous Optical Network) est la norme ANSI prédominante aux USA et au Canada. La technologie SDH (Synchronous Digital Hierarchy) est la norme ITU-T adoptée par le reste du monde. Ces technologies sont présentées dans le livre [1]. Sonet et SDH sont identiques pour les débits au dessus de 155 Mbits/s. Ces deux technologies ont permis de résoudre les problèmes d’incompatibilités entre Amérique du Nord, Europe et Asie. En effet, la technologie pré-SONET/SDH, appelée PDH (Plésiochronous Digital Hierarchy), optimisée pour la voix, offrait des débits différents entre Amérique du Nord / Europe / Asie. (cf tab n°1)

Niveau

Amérique du

   

PDH

Nord

 

Europe

Asie

1

DS1

1,544

E1

2,048

1,544

2

DS2

6,312

E2

8,448

6,312

3

DS3

44,736

E3

34,368

32,064

4

   

E4

139,264

97,728

Tab n°1 : débits des niveaux PDH en Mbits/s

La technologie SONET/SDH, apparue dans les années 90s, propose des débits plus élevées (cf tab n°2):

SONET

Mbits/s

SDH

électrique

optique

   

STS-1

OC-1

51,84

 

STS-3

OC-3

155,52

STM-1

STS-12

OC-12

622,08

STM-4

STS-24

OC-24

1244,16

 

STS-48

OC-48

2488,32

STM-16

STS-192

OC-192

9953,28

STM-64

Tab n°2 : débits des niveaux SDH en Mbits/s

Par ailleurs, la technologie PDH utilise un multiplexage bit à bit. Il faut multiplexer quatre liens E1 pour obtenir un lien E2, quatre liens E2 pour obtenir un lien E3 et quatre liens E3 pour obtenir un lien E4. Pour récupérer un lien E1 dans un train binaire E4, il est nécessaire de démultiplexer l’ensemble du flux. (cf figure n°1)

E3 E3 E3 E3 E2 E2 E4 E4 E3 E3 E1 E1 E2 E2 E3
E3
E3
E3
E3
E2
E2
E4
E4
E3
E3
E1
E1
E2
E2
E3
E3
E1
E1
E2
E2
E1
E1
E2
E2
E1
E1

Fig n°1 : multiplexage/demultiplexage en PDH

La technologie SONET/SDH utilise un multiplexage temporel à travers des multiplexeurs appelés ADM (Add/Drop Multiplexeur) ou MIE (Multiplexeur à Insertion/Extraction) (voir fig n°2) qui permettent de récupérer n’importe quel niveau inséré dans la trame. C’est une technologie beaucoup plus souple et qui nécessite moins d’équipements que la technologie PDH. Elle offre également une fonction OAM (Operation, Administration, Management) qui sera détaillée plus loin.

MIE STM 4 MIE STM 4 STM4 Résultant (ou aggregate) Affluents ou
MIE STM 4
MIE STM 4
STM4
Résultant (ou aggregate)
Affluents ou

tributaries

fig n°2 : liaison SDH avec deux MIE STM4

Les multiplexeurs MIE (cf fig n°2) peuvent extraire ou insérer des liens, appelés affluents (ou tributaries) dans un train binaire appelé résultant (ou aggregate).

2- Architecture SDH est une technologie de la couche physique qui est elle-même décomposée en sous-couches. Selon la figure n°3, le signal numérique est implanté dans un conduit appelé enveloppe de charge utile (SPE- Synchronous Payload Enveloppe). Un surdébit de section de multiplexage s’ajoute à ce conduit pour obtenir un bloc. Celui-ci est complété par un surdébit de section de régénération afin d’obtenir la trame SDH. Le support utilisé étant généralement de la fibre optique, le signal obtenu au niveau de la trame est embrouillé, puis convertit en signal optique.

Signal numérique

Enveloppe de charge utile Conduit bloc Section multiplexeur Trame SDH Section régénération Opto-électrique
Enveloppe de charge utile
Conduit
bloc
Section multiplexeur
Trame SDH
Section régénération
Opto-électrique

Fig n°3 : modèle SDH en sous-couches

Afin d’en illustrer le principe, prenons un exemple de transmission d’une liaison point à point (cf fig n°4). Sur cette figure, on illustre les sous-couches

auxquelles chaque équipement, participant à la liaison,

a accès.

MT MT Répéteur-régénérateur MIE MIE utilisateurs utilisateurs MT MT Conduit Conduit Section multiplexeur
MT
MT
Répéteur-régénérateur
MIE
MIE
utilisateurs
utilisateurs
MT
MT
Conduit
Conduit
Section multiplexeur
Section multiplexeur
Section multiplexeur
Section multiplexeur
Section régénérateur
Section régénérateur
Section régénérateur
Section régénérateur
Section régénérateur
Opto-électronique
Opto-électronique
Opto-électronique
Opto-électronique
Opto-électronique

Fig n°4 : équipements de la transmission point à point et sous- couches auxquelles chaque équipement a accès.

Les répéteurs-régénérateurs sont des équipements qui permettent, dans une transmission longue distance, d’amplifier et de remettre en forme le signal optique. Ils n’ont accès qu’au signal et aux octets de gestion contenus dans le surdébit de section de régénération. Les multiplexeurs terminaux (MT) sont les derniers équipements avant de délivrer le flux aux utilisateurs. Ce sont les seuls qui peuvent accéder aux différentes sous-couches SDH.

3- Format d’une trame SDH La trame SDH est représentée comme un rectangle de 9 rangées, et 270 colonnes et plus (cf fig n°5). Chaque intersection ligne/colonne contient un octet de données. Les octets sont transmis de gauche à droite, rangée par rangée. La durée de la trame est de 125 microsecondes et celle-ci est continue.

270 colonnes 261 colonnes
270 colonnes
261 colonnes

Surdébit de

   

section de

P

régénération

O

H

 

s

Charge utile

Surdébit de

u

section de

p

multiplexage

surdébit

STM-1 enveloppe de charge utile synchrone (SPE)

Fig n°5 : trame STM-1

Selon la figure n°5, le débit de base SDH est de : 9

rangées x 270 colonnes x 64 kbits/s = 155,52 Mbits/s Le débit de l’ensemble des surdébits est de : 9 rangées

x 9 colonnes x 64 kbits/s = 5,184 Mbits/s

Le débit de l’enveloppe de charge utile est de : 9 rangées x 261 colonnes x 64 kbits/s = 150,336 Mbits/s On peut en déduire que le débit d’information est de :

9 rangées x 260 colonnes x 64 kbits/s = 149,76

Mbits/s.

L’enveloppe de charge utile (SPE) peut être sous- divisée en des conteneurs standards de données. Ces conteneurs ont toujours 9 rangées mais un nombre variable de colonnes. Les signaux E-n, appelés affluents, sont implantés dans des conteneurs virtuels (VC) (cf tab n°3). Par exemple, un signal de débit E1

(2,048 Mbits/s) est implanté dans un conteneur virtuel VC-12 de débit 2,304 Mbits.

   

Conteneur

   

Conteneur

débit

vituel

débit

Taille

DS-1

1,544

VC-11

1,728

9X3

E1

2,048

VC-12

2,304

9X4

E2

6,312

VC-2

6,912

9X12

E3

34,368

VC-3

48,384

9X84

E4

139,264

VC-4

149,76

9X260

Tab n°3 : débits et taille des conteneurs virtuels

Dans une enveloppe de charge utile SPE STM-1, on peut implanter au maximum 1 E4 ou 3 E3 ou 63 DS1 ou 63 E1 mais également 2 E3 et 21 E1 ou 1 E3 et 42

E1.

4- Principe du multiplexage SDH L’opération de correspondance entre un conteneur et un conteneur virtuel est une première étape de l’opération de multiplexage. Prenons l’exemple d’un débit E1 de 2,048 Mbits/s à implanter dans une trame SDH-1. L’opération de multiplexage peut être détaillée en 3 étapes :

a- Mapping (mise en correspondance) C’est le placement des affluents dans des conteneurs. Ex : E1 + POH = VC12 POH est un surdébit de conduit (path overhead). Le VC12 est appelé un VC inférieur.

b- Multiplexage bas débit VC + PTR(pointeur) = TU (unité d’affluent). Multiplexage temporel des TU = TUG (groupe de TU). Le multiplexage temporel est appelé entrelacement. TUG + PTR = VC d’ordre supérieur.

c- Multiplexage haut débit VC sup + PTR = AU (Unité Administrative). Entrelacement des AU = AUG (groupe de AU). AUG + RSOH (surdébit de section de régénération) + MSOH(surdébit de section de multiplexage) = STM-n.

La figure n°6 présente trois débits E1, E3 et E4 et leurs étapes de multiplexage permettant d’obtenir soit un STM-1, soit un STM-4, soit un STM-16.

C4
C4

VC4

AU4

AUG

STM1 STM4 STM16
STM1
STM4
STM16
 
TUG3
TUG3

C3

VC3

TU3

C3 VC3 TU3
 
TUG2
TUG2
 
 

C12

VC12

TU12

Fig n°6 : étapes de multiplexage

On n’en déduit qu’une trame :

STM16 (2,5Gb/s) contient 16 AU4,

STM4 (622Mb/s) contient 4 AU4, STM1 (155Mb/s) contient 1 AU4, AU4 contient soit 1 VC4 soit 3 TUG3, TUG3 contient soit 1 VC3 soit 7 TUG2, TUG2 contient 3 VC12.

5- Gestion à l’aide des surdébits Dans la trame STM-N apparaît différents surdébits (MSOH, RSOH, POH supérieur) dont nous allons maintenant détailler le contenu et illustrer leur rôle dans le fonctionnement des opérations de gestion, appelées aussi OAM pour opération, administration et management. En effet, en plus de la surveillance physique du signal s’ajoute les octets contenus dans les surdébits pour assurer la maintenance et la localisation des pannes. Dans la représentation de la trame SDH, ces surdébits sont placés sur neuf rangées et sur les dix premières colonnes de la trame STM-n (cf fig n°7):

Surdébit de

Framing

Framing

Framing

Framing

Framing

Framing

Ident C1

section de

A1

A2

A3

A4

A5

A6

régénératio

             

n

Bip-8 B1

Order-wire

User F1

RSOH

E1

Data-com

   

Data-com

   

Data-com

D1

D2

D3

 

Pointer H1

   

Pointer H2

Pointer H3

Pointer H3

Pointer H3

Surdébit de

             

section de

BIP 24

APS K1

APS K1

multiplexage

B2

B2

B2

MSHO

Data-com

   

Data-com

   

Data-com

D4

D5

D6

Data-com

   

Data-com

   

Data-com

D7

D8

D9

Datacom

   

Datacom

   

Datacom

D10

D11

D12

Z1

Z1

Z1

Z2

Z2

Z2

Order-wire

E2

S

U

R

D

E

B

I

T

D

E

C

O

N

D

U

I

T

Path Trace

J1

BIP-8 B3

Signal

Label C2

Path Status

G1

User

Channel

Multiframe

H4

Z3

Z4

Z5

Fig n°7 : contenu des octets de surdébits de la trame STM-n

a- Surdébit de section de régénération RSOH

Ces octets sont traités par tous les équipements (cf

fig n°4). Les octets de RSOH servent au :

verrouillage de trame,

contrôle de qualité,

contrôle de connexion.

b- Surdébit de section de multiplexage

Ces octets sont traités par tous les équipements sauf les répéteurs-régénérateurs. Ce surdébit MSOH contient des pointeurs qui vont se

positionner sur le début de l’enveloppe de charge utile (SPE). Lors d’un démultiplexage, le MIE lit la position du pointeur et sait où commence la charge utile. C’est pourquoi, la technologie SDH ne nécessite pas de démultiplexer toute la trame. Quant à l’opération de gestion, les octets MSOH servent au :

contrôle de qualité,

mise en œuvre de la protection,

transport d’alarmes,

contrôle de connexion.

c- Surdébit de conduit (POH sup)

Ces octets ne sont traités que les équipements terminaux. Ils servent au :

contrôle de qualité,

transport d’alarmes,

vérification de pointeurs,

mise en œuvre de la protection,

contrôle de connexion.

Dans la charge utile, il peut y avoir des Conduit d’ordre inférieur (POH inf) qui vont aussi contenir des octets pour la gestion :

contrôle de qualité,

transport d’alarmes,

vérification de pointeurs,

mise en œuvre de la protection,

contrôle de connexion.

Après avoir vu la structure de la trame SDH, nous allons voir les topologies.

6- Topologie d’un réseau SDH La technologie SDH se retrouve aussi bien en topologie point à point, bus et surtout anneau. Il faut préciser que le principal support est la fibre optique sur laquelle il est possible d’utiliser un multiplexage WDM (multiplexage en longueur d’onde). La technologie SDH est donc, souvent, couplée à une technique WDM quant elle relie deux MIEs distants. Ceci permet de ne pas avoir à multiplier le nombre de fibres entre 2 localités.

Point à point :

MT (ou MIE en mode terminal) MT MT E1 E1 E1 E1 Résultant Affluents E3
MT (ou MIE en
mode terminal)
MT
MT
E1
E1
E1
E1
Résultant
Affluents
E3
E3
E3
E3

Fig n°8 : topologie en point à point

Bus :

MT (ou MIE en mode terminal)

MIE

MT

E1 E1 Résultant Résultant Affluents Affluents E3 E3 Affluents E1 E2
E1
E1
Résultant
Résultant
Affluents
Affluents
E3
E3
Affluents
E1
E2

Fig n°9 : topologie en bus

Anneau La topologie en anneau peut se présenter sous deux formes : l’une est appelé anneau unidirectionnel et l’autre anneau bidirectionnel.

B Fibre active A C Fibre protection D
B
Fibre active
A
C
Fibre protection
D

Fig n°10 : Anneau unidirectionnel (2 fibres)

Dans le cas de l’anneau unidirectionnel (cf fig n°10), sur la fibre dite ‘active’, les trafics d’émission et de réception circulent dans le même sens. La paire de fibres de protection peut être utilisée pour la duplication du trafic.

B émission C A réception D
B
émission
C
A
réception
D

Fig n°11 : Anneau bidirectionnel (2 fibres)

Dans le cas de l’anneau bidirectionnel (cf fig n°11), les trafics d’émission et de réception circulent en sens opposé et utilisent donc les 2 fibres de la paire.

La topologie en anneau est la plus utilisée en technologie SDH car elle permet d’offrir une technique de protection en cas de défaillance. Il existe 2 types de protections : protection de conduit et protection de section. Différents cas de protection sont détaillés dans le document [2].

Afin d’illustrer ce principe de protection, prenons le cas d’un anneau unidirectionnel. La protection de conduit consiste à dupliquer le trafic sur les 2 fibres, fibre active et fibre de protection. Le signal de meilleure qualité est sélectionné en réception au niveau de chaque conteneur virtuel de la trame STM. En cas de coupure entre les MIE B et C (cf fig n°12), le trafic passe sur la fibre de protection entre les points A et C.

B Fibre active C A Fibre protection D
B
Fibre active
C
A
Fibre protection
D

Fig n°12 : Protection de conduit sur un anneau unidirectionnel

La protection de section de multiplexage (cf fig n°13) est basée sur la détection du défaut au niveau section de multiplexage pour les deux MIEs placés en amont et en aval. Le signal est complètement rerouter en basculant sur la fibre de protection.

B Fibre active C A Fibre protection D
B
Fibre active
C
A
Fibre protection
D

Fig n°13 : Protection de section sur un anneau unidirectionnel

Pour le TP SDH décrit dans cet article, c’est cette topologie en anneau qui a été mise en place. Nous en présentons le principe dans le chapitre suivant.

III – Mise en place d’une liaison sur un anneau SDH

Pour réaliser ce TP, nous disposons de deux baies Nortel (cf fig n°14) contenant chacune un multiplexeur MIE4 et un multiplexeur MIE16.

chacune un multiplexeur MIE4 et un multiplexeur MIE16. Fig n°14 : Baie Nortel Ces MIEs sont

Fig n°14 : Baie Nortel

Ces MIEs sont placées sur des anneaux via des liaisons optiques selon la configuration de la figure

n°15.

MIE STM4 MIE STM4 MIE SM16 MIE STM16 Anneau STM16 AnneauSTM4 Anneau STM4
MIE STM4
MIE STM4
MIE SM16
MIE STM16
Anneau
STM16
AnneauSTM4
Anneau STM4

Fig n°15 : Schéma de l’installation des quatre MIE sur les anneaux

Normalement, sur un anneau SDH, sont disposés environ 6 à 8 MIE. Dans le cadre du TP, seuls deux MIE sont placés sur chaque anneau, voire même, sur deux anneaux est placé un seul MIE pour l’étude de la protection de l’affluent et du résultant.

Chaque MIE contient des cartes avec un nombre d’affluents et de résultants. Par exemple, le MIE STM4 contient 13 slots de type affluents ou résultant,

de support cuivre ou support fibre et de débits E1 à

STM4.

N° de

Type

média

Débit

Nombre

slot

de ports

S1

Tributaire

Cuivre 120Ω

2Mb/s (E1)

32

S2

Tributaire

Cuivre 120Ω

2Mb/s (E1)

32

S3

Tributaire

Cuivre 75Ω

34Mb/s (E3)

3

S4 – S5

       

S6

Aggregate

FO

622Mb/s (STM4)

1

S7

       

S8

Aggregate

FO

622Mb/s (STM4)

1

S11

Tributaire

Cuivre 75Ω

155Mb/s (STM1) ou 140Mb/s (E4)

2

S13

Tributaire

FO

155Mb/s (STM1)

2

A l’aide

d’une

station

d’administration

graphique

dédiée

aux

MIEs

Nortel

et

d’un

analyseur

SDH

Anritsu

(fig

n°,

les

étudiants

abordent

les

points

suivants :

mise en place du mapping,

compréhension

des

notions

résultant,

d’affluents

et

de

compréhension d’une architecture en anneau,

configuration des quatre MIEs,

visualisation et analyse des erreurs,

compréhension de la technique de protection.

erreurs, • compréhension de la technique de protection. Choix du type de lien à insérer et
erreurs, • compréhension de la technique de protection. Choix du type de lien à insérer et

Choix du type de lien à insérer et analyser

Choix des

fenêtres

Visualisation

des alarmes

Fig n°16 : Analyseur SDH Anristsu

Les manipulations sur la plate-forme SDH reposent

sur trois étapes.

1 ère étape : Connexion affluent vers affluent sur un MIE STM4. Selon le schéma de la figure n°17, sur le MIE de l’anneau STM4, le multiplexage va d’un affluent vers

un autre affluent sans passer par le résultant.

résultant MIE STM4 affluents
résultant
MIE STM4
affluents

Fig n°17 : schéma de la connexion trib to trib

On peut ainsi réaliser une connexion trib to trib en insérant le S1-1 (slot 1 port 1) dans le port S11- 1-J1- K111 (slot 11, port 1, AUn°1, TUG3n°1, TUG2n°1,

VC12n°1).

Après avoir configuré la connexion à l’aide de la station d’administration, l’analyseur SDH génère un lien E1 à 2 Mbits/s et permet d’analyser le lien issu du TX de S1-1. Il permet de visualiser, entre autre, les alarmes type LOS (loss of signal) ou AIS (alarm indication signal). Ces alarmes sont aussi visualisables sur la station d’administration (cf fig n° 18).

sur la station d’administration (cf fig n° 18). Visualisation des alarmes Etat des MIEs Fenêtre de

Visualisation

des alarmes

(cf fig n° 18). Visualisation des alarmes Etat des MIEs Fenêtre de mapping Fig n°18 :

Etat des

MIEs

Fenêtre de

mapping

Fig n°18 : Ecran de la station d’administration

2 ème étape : Connexion Insertion/Extraction avec un seul MIE (cf fig n°19), un affluent est inséré et extrait d’un VC de l’anneau (résultant).

affluents

résultant MIE STM4 Anneau STM4
résultant
MIE STM4
Anneau STM4

Fig n°19 : Schéma de la connexion affluent/résultant

3 ème étape : Connexion Insertion/Extraction avec 4 MIEs. Pour cette dernière étape (cf fig n°20), les étudiants doivent réaliser et analyser une liaison avec un lien E3 et quatre liens E1 entre le point A et le point B. Ils doivent alors configurer les quatre MIEs et analyser les liens avec l’analyseur SDH. Ici, il faut noter que l’anneau STM4 devient un affluent de l’anneau

STM16. MIE STM4 MIE STM4 MIE MIE STM16 SM16 B A Anneau STM 16 AnneauSTM
STM16.
MIE STM4
MIE STM4
MIE
MIE STM16
SM16
B
A
Anneau
STM 16
AnneauSTM 4
Anneau STM 4

Fig n°20 : Schéma de la transmission A vers B

Cette dernière étape est répétée en ajoutant des protections de lien. Sur la station d’administration, il

est possible de visualiser si le lien de protection est activé, ou de forcer l’activation de ce lien. L’analyseur SDH permet de mesurer le temps de rétablissement de la transmission après coupure du lien actif. Enfin, on reboucle le point B pour récupérer le signal en A et ainsi analyser la transmission dans les deux sens.

Ce TP a l’avantage de présenter pas à pas une technologie complexe à expliquer dans un cours. La station d’administration est un outil graphique qui réconcilie les étudiants un peu réticents face aux étapes théoriques du multiplexage. Ce TP permet également de pouvoir réaliser concrètement une liaison entre deux points tout en visualisant les alarmes. Enfin, la topologie en anneau permet d’aborder le reroutage du trafic en cas de coupure, ce qui est un atout essentiel de cette topologie et de la technologie SDH associé.

IV – Evolution vers SDH nouvelle génération

Le TP présenté est de type SDH « ancienne génération ». Aujourd’hui lors de l’achat de multiplexeurs, il est possible de travailler sur du SDH « nouvelle génération NG ». La présentation de ces nouveautés est détaillée dans les documents [3] et [4].

Pour SDH ‘ancienne génération’, les flux transportés étaient de type E1 à E4 et STM-n selon le niveau du résultant, avec au niveau supérieur de la voix, du Frame Relay, de l’ATM. SDH NG est une évolution permettant de transporter des flux de type SAN, DVB, GigabitEthernet (cf fig n°21). Il s’agit de pouvoir utiliser la couche physique avec la technologie SDH tout en transportant tout type de flux avec différents protocoles et des capacités modulables.

IP DVB VLAN PDH MPLS Fiber Channel ATM 10/100/1000 Ethernet ESCON HDLC/PPP/LAPS FICON GFP-F GFP-T
IP
DVB
VLAN
PDH
MPLS
Fiber Channel
ATM
10/100/1000 Ethernet
ESCON
HDLC/PPP/LAPS
FICON
GFP-F
GFP-T
Concaténation contigüe
Concaténation virtuelle
LCAS
SDH NG

Fig n°21 : Transport de tout type de flux sur SDH NG

Comme on l’a déjà présenté, la technologie SDH fournit des débits très élevés, une OAM (Operation, Administration, Management), et une architecture

avec possibilité de protection qui permet un reroutage du trafic en cas de coupure. Pour SDH NG, comme cela est décrit dans la figure n°21, l’idée est donc de pouvoir encapsuler des signaux de tout type de flux avec la norme GFP (Generic Frame Protocol), de faire une concaténation virtuelle VCAT (Virtual Concatenation) pour optimiser le remplissage des conteneurs et de faire de l’allocation dynamique de débits avec LCAS (Link Capacity Adjustment Scheme).

GFP est défini par la norme IUT-T G.7041 selon 2 modes de transmission : GFP-F (Frame) et GFP- T(Transparent). La trame GFP-F est de taille variable et permet d’encapsuler des paquets de données, par exemple, Ethernet, PPP/HDLC … La trame GPF-T est de longueur fixe et est adaptée aux flux de type Fiber Chanel, Escon, GigabitEhernet c'est-à-dire aux flux codés en 8B/10B.

Voici le détail d’une trame GFP :

1

2

3

4

1 : Core Header (4 octets) : longueur de charge utile

2 : Payload Header (4 à 64 octets) type de charge utile

3 : Payload Information Field (0 à 64koctets) charge utile

4 : Payload FCS (4 octets) Frame check sequence

La trame GFP est transportée dans les conteneurs virtuels de la technologie SDH. De multiples conteneurs virtuels SDH sont regroupés afin d’obtenir un plus grand débit. Deux techniques de concaténation existent : la concaténation contigüe et la concaténation virtuelle (VCAT). Par exemple, le VC- 4-4c, de débit 622 Mbits/s, est l’association de quatre VC-4. Il est obtenu par concaténation contigüe. Il pourra être transporté dans un STM-4. La concaténation virtuelle (VCAT) utilise des conteneurs virtuels qui n’ont pas besoin d’être choisis dans des intervalles de temps contigus. Dans ce deuxième cas, pour un VC-4-3v, les trois VCs sont transportés individuellement et la concaténation n’a lieu que dans les équipements terminaux. Cette concaténation virtuelle permet d’optimiser les débits (cf fig n°23). Chaque conteneur transporté individuellement est une partie d’un VCG (groupe de VC). Elle nécessite toutefois une bufferisation à l’arrivée du aux différents parcours possibles pour le transport des VC.

service

débit Mbits/s

sans VCAT

avec VCAT

FastEthernet

100

VC-4 (67%)

VC-3-2v (99%)

GigabitEthernet

1000

VC-4-16c (42%)

VC-4-7v (95%)

Fibre Channel

1700

VC-4-16c (42%)

VC-4-12v (90%)

ESCON

160

VC-4-4c (26%)

VC-3-4v (83%)

DVB

270

VC-4-4c (37%)

VC-3-6v (93%)

Fig n°23 : Comparaison des débits avec ou sans VCAT

Quant au protocole LCAS, normalisé par l’ITU-T G.7042, il permet de modifier l’allocation de débits des conteneurs virtuels (VCAT), ou d’ajouter/déplacer un conteneur d’un VCG, et également de rerouter le trafic dans le cas de liens défaillants.

V - Coût financier d’un TP SDH NG

Afin d’aborder le coût financier d’un TP SDH, nous allons étudier une proposition pour un équipement SDH STM1 16xE1 -4 Ethernet 10/100 SDH NG selon la figure n°24 :

AXX9100 STM1 AXX9100 STM1 Affluents : 16 E1, 4 ports Ethernet Anneau STM1
AXX9100 STM1
AXX9100 STM1
Affluents :
16 E1,
4 ports Ethernet
Anneau STM1

Fig n°24 : Schéma de TP SDH NG avec deux MIE AXXP9100

La solution de prix proposée par Mr Floquet de la

société MIC DATA (78320 La Verrière) coûte environ 9600 euros. Cette solution comprend :

STM1 AXX9100Connect

2

ADM

optiques

Ericxxon

16 interfaces E1

4 interfaces Fast-Ethernet port RF 45

Alimentation 230 AC 48 DC

Craft Terminal (interface web pour le multiplexage et la gestion)

Cordons optiques LC-UPC monomode 9/125

Autre possibilités :

Radcom propose des ADM FCD155E pour 3000 euros l’unité

CXR Andersen et Jacobson propose des ADM

HX9100.

Pour générer et analyser le trafic, il est nécessaire de disposer au minimum d’un analyseur lien MIC 2 Mbits et de 2 PC équipé d’un logiciel générant du flux IP/Ethernet, ou d’un générateur de trafic.

VI – Conclusion

Dans cet article, nous avons présenté un sujet de TP sur la technologie SDH appliquée à une topologie en anneau. Cette technologie est encore très utilisée chez les opérateurs car d’une part, elle offre des débits, une infrastructure, une OAM et une protection avec reroutage du trafic en cas de défaillance et d’autre part, le parc d’équipements SDH est encore très présent. La technologie SDH NG a permis de s’adapter à l’évolution des flux tout en utilisant les équipements déjà existants.

Bibliographie

[1]

Gérard Bouyer, “Les Réseaux synchrones étendus

PDH et SDH”, Hermès 1997.

CXR Anderson Jacobson, “Topologies et type de

protection du HX9100”, 2005. [3] José M. Caballero, “SDH Next Generation, Trend Communications”, 2005. [4] Cisco Systems, “Efficient and flexible transport of next-generation data services over Sonet/SDH using GFP, VCAT, LCAS”, 2005.

[2]